LA PRIÈRE DES CINQ DOIGTS

« J’exhorte donc, avant tout, à faire des supplications, des prières, des intercessions, des actions de grâce pour tous les hommes » 1 Timothée 2. 1.

Le verset de la Bible ci-dessus nous montre l’importance de la prière pour nous en tant que chrétiens. Dans des situations d’urgence, nous crions sans cesse à Dieu et nous Lui demandons son aide. Mais dans la vie de tous les jours, il est également important pour nous de prier régulièrement et d’adresser nos requêtes à Dieu, toujours à nouveau. En agissant ainsi, nous ne penserons pas seulement à nos besoins personnels, mais nous intercéderons aussi pour les autres. Combien de raisons nous avons de remercier le Seigneur Jésus chaque jour pour les preuves nombreuses de sa bonté !

J’ai découvert récemment « la prière des cinq doigts », qui peut nous aider pour l’intercession :

1. Quand vous joignez les mains, c’est le pouce qui est le plus proche de vous. Ainsi, quand vous priez, commencez par ceux qui vous sont les plus proches : votre épouse, vos enfants, vos parents.

2. Ensuite, vous avez votre index, qui est le symbole de l’instruction. Priez pour tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, enseignent les croyants dans la Parole de Dieu.

3. Le majeur est le doigt le plus long. Cela vous rappelle de prier pour ceux qui sont au-dessus de vous : ceux qui nous gouvernent, les autorités, les enseignants, les supérieurs dans le travail.

    4. Le quatrième doigt, l’annulaire, est généralement le plus faible. Priez pour ceux qui sont faibles et malades. Dans la prière, pensez aux croyants qui sont opprimés ou persécutés, ou qui ont d’autres problèmes.

    5. Enfin, il y a le petit doigt. Il vous rappelle que nous sommes bien petits, devant le grand Dieu Tout-puissant. Demandez-Lui de prendre soin de vous, de vous aider et de vous garder.

    D’après « The Good Seed » – juillet 2024

    GENÈSE 41. 53 à 45 ; 50. 15 à 21

    La vie de Joseph peut se diviser en quatre parties. Dans la première, il est chez son père, depuis sa naissance jusqu’à l’âge de dix-sept ans. Le début du chapitre 37 nous dit : « Ce sont ici les générations de Jacob : Joseph, âgé de dix-sept ans » (v. 2). Il est le seul nommé dans cette génération, ce qui nous montre qu’en lui seul se trouve la satisfaction de son père Jacob. C’est une image, nous l’avons vu et nous l’avons répété. Joseph est un type remarquable et très complet du Seigneur, toutefois en étant bien inférieur. C’est donc une image de ce que le Seigneur Jésus est pour le cœur du Père de toute éternité, son Fils bien-aimé en qui il a mis son plaisir, celui en qui il a trouvé toute sa satisfaction, l’objet de son cœur.

    Ainsi Joseph pendant ces premières années reçoit deux songes qui annoncent sa prééminence sur ses frères. Les gerbes nous parlent de la terre, les étoiles nous parlent du ciel. Ce sont les deux domaines où brilleront la domination et la gloire du Seigneur Jésus. 1 Pierre 1. 10 et 11 : « les prophètes qui ont prophétisé de la grâce qui vous était destinée se sont informés et enquis avec soin, recherchant quel temps ou quelle sorte de temps l’Esprit de Christ qui était en eux indiquait, rendant par avance témoignage des souffrances qui devaient être la part de Christ et des gloires qui suivraient ».

    La deuxième période de la vie de Joseph sera une période de souffrances terribles. Il est l’objet de la haine et de jalousie de ses frères. Lorsque Jacob envoie Joseph pour prendre des nouvelles de ses frères, ceux-ci complotent contre lui et décident de le mettre à mort. Ils le dépouillent et finalement ils le jettent dans une citerne. Cette citerne était vide alors que le Seigneur a subi toutes les cataractes du jugement de Dieu en réalité.

    Ils l’ont vendu à une caravane d’Ismaélites, il a été vendu comme esclave en Égypte. Puis sur une dénonciation calomnieuse de la femme de Potiphar, il a été emprisonné et il est resté en prison pendant peut-être au moins dix ans. C’est cette période de souffrances qui correspond tout à fait à ce que le Seigneur, lorsqu’il est venu sur la terre, a rencontré de la part de l’humanité déchue, de la part des Juifs et de notre part : la haine, le mépris, la réjection, la mort, la crucifixion.

    Ses rêves annonçaient sa gloire. Au chapitre 39 Dieu dans sa providence permet que le Pharaon ait deux songes que personne ne pouvait interpréter. Et il est fait appel à Joseph. Il est extrait de sa prison, est présenté au Pharaon et il lui donne l’interprétation de ses deux rêves, c’est-à-dire que Dieu lui déclare solennellement qu’il y aura sept années de prospérité suivies de sept années de famine. Le Pharaon, subjugué par cette sagesse, décide d’élever Joseph à la dignité suprême ; et il l’établit sur toute sa maison et l’établit comme dominateur sur le peuple tout entier. C’est une image de l’élévation du Seigneur.

    En quelque sorte, on peut dire que Joseph est comme sorti de la mort et ressuscité en figure. Le Seigneur de même a été ressuscité et nous lisons ce passage où il nous est dit que « Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié » (Act. 2. 36). Et puis nous connaissons bien ce passage de Philippiens qui nous dit que, après cette période de souffrances, Dieu a donné à Jésus un nom au-dessus de tout nom : « C’est pourquoi aussi Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Phil. 2. 9 à 11).

    Voilà Joseph établi dans cette dignité suprême, cette gloire royale, et le peuple s’incline devant lui et on crie : « Abrec ! » – Qu’on s’agenouille ! Le monde entier, comme on le lit dans ce passage, s’inclinera devant la gloire de Celui qu’ils avaient rejeté. Il y a aussi une réponse pour le cœur de Joseph. Le Pharaon lui donne une épouse, Asnath, fille de Poti-Phéra, sacrificateur d’On. Cette épouse est tirée des nations, elle est égyptienne, de même que l’Église est tirée des nations et d’Israël. L’Église est associée maintenant à Christ dans sa réjection, mais elle est associée aussi à Christ dans la gloire et elle sera formellement et publiquement unie au Seigneur lorsqu’il viendra pour prendre son assemblée auprès de Lui.

    Il lui est aussi donné deux enfants. Ainsi nous commençons aujourd’hui la troisième période de la vie de Joseph. Il a maintenant trente-neuf ans et il s’agit d’une période relativement courte dans sa vie, c’est la rencontre avec ses frères. Joseph aimait ses frères. Il aimait son père et malgré tout ce qui s’était passé vingt-deux ans auparavant, et qui n’était pas oublié, il n’avait aucun esprit de vengeance vis-à-vis de ses frères, au contraire. Il voulait les introduire dans les bénédictions dont lui-même était l’administrateur. Mais il ne pouvait pas les y introduire dans l’état moral où ils étaient. Il y avait ce poids sur leurs consciences, ils n’en parlaient pas, ils faisaient comme s’ils l’avaient oublié, mais cependant on verra que ce crime qu’ils avaient commis vis-à-vis de Joseph, avait pesé sur leur conscience pendant toutes ces années.

    Joseph entreprend un travail qui paraît dur qui n’est en vérité que le produit de l’amour profond de Joseph pour ses frères et le désir qu’il n’y ait plus d’ombre entre lui et eux, et qu’ils puissent venir jouir de toutes les bénédictions qui étaient sous sa main. Nous verrons donc ce travail de restauration, ce travail de repentance et certainement nous serons amenés à parler plusieurs fois de ce qu’est la repentance.

    Chapitre 41. 53 : « les sept années d’abondance qui avait été dans le pays d’Égypte finirent, et les sept années de famine commencèrent ». Ce verset se place vingt ans après que Joseph a été vendu par ses frères. C’est deux ans après, comme nous le voyons au chapitre 45 que Joseph se fait connaître à ses frères et qu’il leur dit : « il y a encore cinq ans, pendant lesquels il n’y aura ni labour, ni moisson » (v. 6).

    C’est vingt-deux ans après que Joseph se fera reconnaître à ses frères. Joseph avait été vendu pour vingt pièces d’argent. Dieu permet que vingt ans s’écoulent. Les vingt pièces d’argent ont certainement été largement dépensées. Les vingt ans pourraient faire penser qu’on a oublié, ou que Dieu a oublié le méfait que les frères de Joseph ont accompli à l’égard de Joseph, comment ils ont agi de façon ignominieuse contre lui, l’ayant vendu pour l’Égypte. Mais Dieu n’oublie pas.

    Cela se lie peut-être aussi à une parole que Joseph a dû dire lorsqu’il répond au Pharaon au sujet des songes qu’il a eus : « que le songe ait été répété deux fois au Pharaon, c’est que la chose est arrêtée de la part de Dieu » (41. 32). Nous pouvons remarquer qu’il y avait deux songes de Joseph concernant la gloire qui allait être la sienne et deux songes du Pharaon concernant les voies de Dieu pour faire aboutir ses propos.

    Cela parle à nos cœurs concernant la personne du Seigneur Jésus. Il y a ce que Dieu s’est proposé de toute éternité pour la gloire de son Fils. Nous avons rappelé comment et le peuple d’Israël et les nations l’ont rejeté. Mais Dieu a arrêté dans ses voies, les moyens qu’il a par devers lui pour que tout genou vienne se ployer devant lui. Nous sommes dans la période de la grâce et c’est le temps où l’on peut se courber devant le Seigneur sans y être contraint, mais par obéissance. Mais il viendra un temps où à la fois le peuple d’Israël et les nations seront contraints de courber les genoux devant lui.

    Nous voulons aussi faire ressortir l’aspect moral qu’il y a pour nous. Effectivement dans cette histoire de Joseph nous pouvons voir un aspect prophétique, un aspect moral pour nous et puis aussi cela nous parle d’une manière particulièrement douce et précieuse de la façon dont le Seigneur agit à notre égard lorsqu’il veut opérer un travail de repentance et un retour vers Lui.

    Il y a peut-être des choses passées que nous avons faites dans lesquelles nous avons déshonoré le Seigneur. Peut-être que les souvenirs en sont relativement pâles pour nous, mais le Seigneur n’a pas oublié. Et tant que ces choses ne sont pas jugées et confessées, le Seigneur opèrera en nous pour nous amener à confesser et à nous repentir, c’est-à-dire à porter le même jugement que Dieu sur ce que nous avons fait. Le Seigneur nous rend attentifs par ce laps de temps qui s’est écoulé, vingt années, entre le moment où Joseph a été vendu pour l’Égypte et le moment où il est dit « les sept années de la famine commencèrent » (v. 54).

    On peut bien penser que c’était le début du travail de Dieu dans les cœurs des frères de Joseph, ne serait-ce que par la réflexion de Jacob à ses fils lorsque la famine est là et qu’il sait qu’il y a du pain en Égypte. Il leur dit : « Pourquoi vous regardez-vous les uns les autres ? » (42. 1) Est-ce que ce temps de famine avant même qu’ils descendent en Égypte, n’était pas déjà un moyen utilisé par Dieu pour réveiller leurs consciences et leurs cœurs ? Un temps de famine peut nous parler aussi d’une famine spirituelle qui peut se manifester parmi nous. Est-ce que ce n’est pas quelque chose qui doit réveiller nos consciences et nos cœurs ?

    Au moment où commence notre lecture, Joseph a donc été élevé par le Pharaon et depuis ce moment-là il dispose de toute la puissance sur tous les peuples d’Égypte et même sur toute la terre. Le résultat, avant même que la famine vienne sur le pays, nous l’avons vu, c’est que « dans tout le pays d’Égypte il y avait du pain » (v. 54). Joseph avait amassé comme on le voit au v. 49 « Joseph amassa du blé, comme le sable de la mer, une immense quantité, jusqu’à ce qu’on cessa de compter, parce qu’il était sans nombre » (v. 49).

    N’y a-t-il pas là une image pour nous de la condition dans laquelle Christ se trouve maintenant, élevé à la droite de Dieu ? Il n’est pas connu des siens, en particulier du peuple juif, de ses frères, pas connu non plus du monde, même s’il bénéficie de sa sage dispensation et de ses soins. Mais le point important, c’est de voir toutes les richesses qui sont déjà amassées par Joseph. N’est-ce pas une image des résultats de l’œuvre que Christ a accomplie et qui va être la base de toutes les bénédictions qui sont proposées aux hommes pour être reçues par la foi et ensuite pour être publiquement dispensées pendant son règne effectif sur la terre ?

    Certes, on l’a dit, Joseph est un type de Christ, mais bien inférieur à beaucoup d’égards, quoique sa gloire soit grande dans ces passages qui sont placés devant nous. En particulier dans les souffrances que Joseph a endurées, il n’y en avait aucune qui ait le caractère des souffrances que Christ a endurées sur la croix pour nos péchés. Ce sont des choses uniques que Lui seul a connues et qu’aucun des types de Lui n’a en aucune manière traversées.

    Mais la Parole nous permet de constater qu’à cette période de l’histoire de Joseph, il a amassé une immense quantité de bénédictions qui vont être offertes ensuite libéralement. On pense à cette expression d’Ésaïe 53 : « Il verra du fruit du travail de son âme » (v. 11). Certes cela a un sens particulier pour Christ, mais c’est une de Ses gloires d’avoir ainsi par son œuvre accomplie une fois pour toutes, préparé et on pourrait dire accumulé ainsi tout ce qui était nécessaire pour que les desseins de Dieu en grâce à l’égard des hommes, et en gloire à l’égard de son Fils, puissent être ainsi pleinement accomplis.

    Est-ce que dans le pays d’Égypte, ça poussait mieux qu’en Canaan ? Ça nous est dit clairement : « la famine sévissait dans le pays d’Égypte » (v. 55). Il n’y avait pas plus de ressources dans le sol de l’Égypte qui nous parle toujours du monde dans toute la Parole. Les ressources sont dans une Personne.

    Par rapport à ce qu’on a entendu, comment ne pas penser à ce verset d’Éphésiens 2 qui donne cette expression : « les immenses richesses de sa grâce » (v. 7) ? Ne nous faisons aucune illusion. Il n’y a pas moralement quelque chose qui puisse nourrir nos âmes dans le monde dans lequel nous sommes, que ce soit en Canaan, que ce soit en Égypte, que ce soit dans le monde en général. Les ressources sont dans une Personne, en Christ.

    Dans toutes les prétendues ressources aujourd’hui – et le monde est fourni, arrivée d’Internet par exemple – il n’y a rien pour le cœur, il n’y a rien pour l’âme. Les ressources sont dans une Personne, la Personne de notre Seigneur Jésus. « Allez à Joseph » (v. 55).

    Y a-t-il qui a faim, Y a-t-il quelqu’un ici qui est dans un besoin terrible, personnel, familial, du rassemblement ? « Allez à Joseph », le divin Joseph, notre Seigneur Jésus. Il reste aujourd’hui la ressource de la foi qui peut parfaitement rassasier toute âme qui s’approche de lui. Le Pharaon n’a pas dit : allez vers les greniers qui sont pleins. Il n’a pas dit cela, il a dit : « Allez à Joseph ».

    Alors Joseph a ouvert les ressources. Et en Canaan, le peuple d’Israël est obligé de frapper à la porte des nations. « Un endurcissement partiel est arrivé à Israël jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée » (Rom. 11. 25), plénitude liée encore à Christ, à celui qui est la ressource de la foi, qui le sera aussi pour Israël, dans cette terrible épreuve dont celle des frères de Joseph nous parle.

    Nous pouvons être impressionnés par les circonstances extérieures, les famines, l’abondance. Quand nous lisons le premier verset de notre lecture (41. 53), il est dit que les sept années d’abondance finirent et que les sept années de la famine commencèrent à venir. Il y a un commencement, il y a une fin. C’est ce qui caractérise la terre, c’est ce qui caractérise le temps présent. Mais nos regards ne s’arrêtent pas sur les circonstances extérieures, nos regards s’arrêtent sur une Personne, sur Celui qui est le même, hier, aujourd’hui, éternellement.

    Il se présente à nous dans toute la beauté, toute la gloire qui est la sienne. Ce qu’il est éternellement auprès du Père, c’est ce qu’il a manifesté dans sa vie ici-bas et ainsi, comme on l’a déjà remarqué, le regard du Père avec satisfaction a pu s’arrêter sur lui et dire : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ». Maintenant assis à la droite de la majesté Il est le même. Et quand nous contemplons la Personne du Seigneur Jésus et quand nous faisons le parallèle avec ce que nous avons dans ce livre de la Genèse, dans ces passages, s’il y a sur la terre des moments de famine, des moments d’abondance, le Seigneur Jésus est toujours dans l’abondance.

    Auprès de lui il y a toujours des ressources. Nous pouvons effectivement toujours regarder à lui et trouver avec satisfaction ce qui convient pour nos cœurs et pour nos âmes. Quand nous pensons à ce que le Seigneur Jésus a accompli, et aux résultats qui découlent de son œuvre accomplie à la croix, on a dit qu’il y a ces bénédictions éternelles qui sont en réserve pour nous, dans lesquelles nous allons entrer et pleinement jouir éternellement.

    Mais déjà sur la terre, les ressources sont là. Nous pouvons comparer toujours avec bonheur ce que le Seigneur Jésus est et ce qu’il a fait.

    En Luc 12, il y a la parabole de cet homme riche qui avait un champ qui avait beaucoup produit. Cet homme récolte toutes les richesses de son champ, il construit des greniers, il amasse tout dans son grenier et quand il a fini de construire et d’amasser, que dit-il ? « Ah ! maintenant je vais pouvoir me reposer, je vais pouvoir manger ». Il veut jouir pour lui-même égoïstement de tout ce qui lui a été donné.

    Le Seigneur, lui, a connu ce travail de son âme, il a ces résultats merveilleux. Toutes les ressources qu’il a acquises par son œuvre à la croix sont à la disposition de chacun et il les donne librement et avec abondance. Le Seigneur manifeste l’immensité de l’amour qu’il y a dans son cœur.

    Quand nous pensons à Joseph, nous avons dit qu’il y a ces années passées dans lesquelles il a été dans la détresse, et puis maintenant il est gouverneur, il est élevé. Le Seigneur Jésus a été aussi rejeté, méprisé et il l’est encore ; demain il sera reconnu publiquement. Le Seigneur a manifesté d’une manière parfaite ce que l’apôtre Paul exprime en Philippiens 1. 12 : « Je sais être abaissé, je sais aussi être dans l’abondance ».

    Le Seigneur Jésus est parfait en toute circonstance, jamais les circonstances n’ont pu l’atteindre. Dans toute sa vie, dans toute sa marche, dans tout ce qu’il a dit, dans tout ce qu’il a fait, il a été parfait. Il a su être abaissé, il sait être dans l’abondance. C’est effectivement cet Ami fidèle qui ne change pas, vers lequel nous pouvons continuellement nous tourner.

    Quand nous considérons Joseph, type de Christ, on peut dire qu’il y a au moins deux caractères qui sont soulignés le concernant.

    Un caractère dans le chapitre précédent : le Pharaon peut dire : « Trouverons-nous un homme semblable à celui-ci, en qui est l’esprit des dieux ? » (v. 38) Ce qui caractérisait aux yeux du Pharaon la valeur de Joseph, c’est qu’en lui il y avait l’esprit des dieux, nous pouvons traduire la présence du Saint Esprit. C’est ce qui a fait la force, la valeur, du caractère de Joseph et c’est ce qui marquait le Seigneur Jésus dans toute sa vie. « En lui habite toute la plénitude de la déité corporellement » (Col. 2. 9).

    Et puis dans notre chapitre il y a un autre caractère de Joseph qui est mentionné. Joseph peut dire au v. 18 : « moi je crains Dieu ». Il y avait dans le cœur de Joseph cette crainte de Dieu. Et c’est bien un caractère sur lequel nous devons nous arrêter et peut-être aujourd’hui plus que jamais. Nous avons devant nous la Personne du Seigneur Jésus qui est celui qui vient vers nous avec toute la douceur et toute la grâce qui sont ses caractères.

    C’est aussi celui que nous connaissons comme le Fils de Dieu dans toute sa grandeur, dans toute sa puissance. Si nous pouvons nous approcher avec douceur de lui, c’est aussi dans toute la crainte et la révérence qui conviennent. Il est remarquable de voir dans ce chapitre combien Joseph discerne tout, il sait tout. C’est bien les traits de l’amour tel que le chapitre 13 de la 1ère épître aux Corinthiens nous le présente.

    On pourrait peut-être ici voir une allusion aussi dans le cadre de l’assemblée. Sur le plan de l’assemblée, Christ est le chef de l’Église. Ici il nous est dit que « Joseph ouvrit tous les lieux de dépôt, et vendit du blé aux Égyptiens » (v. 56). C’est lui donc qui gère tous les lieux de dépôt qu’il avait placés dans les villes. « Il mit dans chaque ville les vivres provenant des champs qui étaient autour d’elle » (v. 48).

    Chaque assemblée locale garde le bon dépôt qui lui a été confié. Chacun de nous doit garder le bon dépôt de la foi comme Paul le faisait. Chaque assemblée locale, nous le savons, est l’expression de l’ensemble du corps. Donc on pourrait voir peut-être ici aussi ce privilège des assemblées, là où le Seigneur rappelle la mémoire de son nom, autour de Lui, à sa table, le reconnaissant comme Seigneur.

    Ces assemblées qui ont aussi des dons dans les vases que le Seigneur a formés, sont là et elles peuvent dispenser gratuitement du blé – ici ils vendaient, c’est sur un plan terrestre – mais pour nous : prenez gratuitement de ces biens célestes qui sont la part des croyants et que le Seigneur a en réserve dans le ciel maintenant. Que le sentiment de notre responsabilité aussi de « vendre » du blé aux Égyptiens nous anime ! Il y a des besoins dans ce monde.

    Le Seigneur a donné des dons au milieu de son assemblée, les évangélistes, les pasteurs, et tous les autres dons. Quel privilège d’être à cet égard un serviteur, une servante, dans la main du Seigneur pour vendre gratuitement du blé aux Égyptiens qui ici sont le type de ceux qui sur le plan de l’assemblée ne sont pas encore des pierres vivantes de l’édifice.

    Mais ici il y a aussi les frères de Joseph qui viennent chercher du blé. Nous savons quel travail profond va s’accomplir dans ces frères de Joseph, un travail de repentance et ils vont enfin comprendre, tout à la fin peut-être (ch. 50), ce que c’est que l’amour de Joseph. Dieu veuille que chacun de nous nous soyons persuadés que dans notre assemblée locale nous avons aussi un grand privilège, celui de faire fructifier les dons que le Seigneur nous a donnés !

    Il est vrai que nous sommes dans une période très privilégiée de l’histoire du monde puisque le Saint Esprit est venu sur la terre pour nous apporter tout ce qui est de Christ. Nous voyons aussi dans cette histoire ce voile qui a été sur la famille de Jacob, une vingtaine d’années. Depuis qu’Étienne a été lapidé, il y a aussi vingt siècles que ce peuple a été mis de côté.

    Mais nous voyons que le figuier pousse des feuilles. C’est une manifestation très particulière qui doit aussi parler à nos cœurs bien que l’Église soit une parenthèse et n’entre pas dans les prophéties de l’Ancien Testament, si ce n’est dans des tableaux remarquables. Après cette période viendra ce temps extrêmement solennel dont le Seigneur a parlé dans l’évangile de Matthieu au chapitre 24 où il est dit : « car alors il y aura une grande tribulation, telle qu’il n’y en a point eu depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant, et qu’il n’y en aura jamais » (v. 21).

    Tant les juifs que les nations traverseront un océan de misères. Nous avons un verset pour nous montrer aussi que pour un temps Dieu a mis de côté son peuple et qu’il va travailler aussi dans ce temps de détresse pour les ramener à lui. « Je m’en irai, je retournerai en mon lieu, jusqu’à ce qu’ils se reconnaissent coupables et recherchent ma face. Dans leur détresse, ils me chercheront dès le matin » (Osée 5. 15). Nous voyons donc tout ce travail que Dieu va opérer dans le cœur de son peuple pour qu’ils reconnaissent celui qu’ils ont percé.

    Et maintenant pour nous d’une manière très pratique, Dieu permet quelquefois des épreuves pour nous ramener à lui. Il travaille dans son amour parce qu’il désire, comme on l’a rappelé quelquefois déjà, nous amener tout près de son cœur. Puisque nous avons parlé de cette grande tribulation qui est citée plusieurs fois dans la Parole, cette détresse de Jacob, nous savons que nous sommes encore dans ce temps de la grâce. Bientôt la porte va se fermer. Alors cette Parole est encore pour nous aujourd’hui : « Allez à Joseph ; faites ce qu’il vous dira ».

    Il est le Sauveur, mais il est aussi le Seigneur, « faites ce qu’il vous dira ». C’est encore ce temps merveilleux où l’on peut aller à lui. Il y a une réserve de grâce merveilleuse pour le pécheur qui est éloigné de lui. Dieu a toujours ouvert un chemin pour qu’il puisse revenir à lui. Mais il y a aussi cette réserve de grâce pour celui qui est tombé, un saint, un enfant de Dieu, un croyant. Si nous pensons à David, de quelle manière il est revenu, quel enseignement il y a pour nous !

    Si vous ouvrez un livre d’histoire concernant l’Égypte, vous allez trouver des dynasties, la puissance des Pharaons, les noms de ceux-ci. Mais c’est curieux, on va rarement trouver quelque chose concernant Joseph, pour ainsi dire pas et puis rarement trouver aussi quelque chose concernant cette famine.

    Dieu s’intéresse au monde, bien sûr, puisqu’il a envoyé son Fils unique pour que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle (Jean 3. 16). Mais Dieu s’intéresse aux siens d’une manière toute particulière. Tout ce qui arrive ici, c’est à cause d’une seule raison, c’est intéressant, ces sept années d’abondance, c’est magnifique. Tout le monde a pu dire : c’est extraordinaire, puis maintenant on se laisse aller sur ces abondances.

    Vous savez, on a parlé de cette famine mais d’abord cette abondance juste avant. Cette abondance vous l’avez connue, nous l’avons connue. Il y a peut-être à peu près deux siècles, quelle abondance de nourriture, extraordinaire, tout ce réveil qui a eu lieu. Tout le monde a aimé cette Parole de Dieu. Quelle abondance il y avait ! Mais peu de personnes ne se sont soucié qu’un petit peu plus tard, il y aurait une famine et une des pires famines qui puissent exister, si ce n’est peut-être la pire justement. C’est quand Dieu se tait, Dieu ne dit plus rien.

    C’est ce qu’on voit dans Amos 8. 11 : « J’enverrai une famine dans le pays ; non une famine de pain, ni une soif d’eau, mais d’entendre les paroles de l’Éternel ». Alors quand on est jeune peut-être des fois on est extrêmement enthousiaste, puis on aime les choses de Dieu, on aime les immenses richesses de sa grâce, parce que on se dit : à part cela, il n’y a rien d’autre dans ce monde.

    On part pour le Seigneur Jésus avec un cœur sans compromis. Puis tout à coup les choses s’effilochent, notre amour se refroidit, et puis à moment donné on dit : mais voilà il y a une épreuve, ou il y a quelque chose qui ne va pas et Dieu, on l’interroge et il se tait. Ah ! cela c’est la pire des famines qui puisse arriver, Dieu se tait et on ne sait pas où aller.

    Et c’est intéressant de voir dans le chapitre 43 que Jacob ne dit pas : « Allez à Joseph ». Il ne dit pas cela mais il dit : « Allez en Égypte ». Il ne se rappelle pas de Joseph, parce que pour lui, d’après ce qu’on lui a dit, Joseph est mort. On lui avait dit un mensonge, mais il va au bon endroit, il va exactement là où il y a de la nourriture.

    Dieu intervient dans ces sept années d’abondance, dans ces sept années de famine, uniquement pour ramener à lui son peuple, mais aussi pour ramener à lui une famille ici, des frères, mais parfois juste pour ramener à lui une personne. Combien de fois dans la Parole de Dieu on voit ces choses !

    Les frères de Joseph arrivent. Heureusement ils sont arrivés au bon endroit. Ils arrivent vers Joseph et Joseph les reconnaît. C’est notre Seigneur, ça c’est clair. Joseph les reconnaît. Après ces vingt années, il est clair que ça pesait sur leurs consciences, de temps en temps ils pensaient à ce péché parce qu’on dit bien des fois ça nous revient un peu plus tard, une semaine, un mois, une année c’est vite passé.

    Puis tout à coup il y a une circonstance, ça c’est vrai il y a quelque chose que je n’ai pas confessé, il y a quelque chose qui reste, il y a une obscurité, il y a un nuage, il y a une noirceur encore dans mon cœur qui n’est pas effacée. La lumière de Dieu n’est pas venue et on continue comme ça. Et puis là maintenant, les frères de Joseph arrivent, mais Joseph attend, il patiente.

    On n’est pas tellement caractérisés par cette patience. Joseph, immédiatement, aurait pu leur sauter au cou et puis dire : « Tout va bien. Maintenant on va recommencer les relations qu’on avait autrefois, vous savez ». Non. Non parce que justement le propos de Joseph, la pensée du frère qui voit quelque chose – ou du Seigneur d’abord – mais la pensée du frère qui voit quelque chose, c’est relever mais non pas d’écraser ou de relever légèrement quelqu’un.

    Joseph aurait pu dire : « Ah ! maintenant le moment de régler les comptes est arrivé. On va voir qui avait raison quand il y a vingt-deux ans, j’avais songé ces songes ». Non. Il ne dit pas cela. Cela aussi est un avertissement pour nous. On ne peut pas comme cela, sans problème, revenir sur un passé.

    On le voit avec David d’une manière particulière avec Absalom. Absalom revient. Il n’y a pas de confession, il n’y a rien. Et pendant ce temps Absalom nourrit dans sa pensée cette conjuration pour renverser et assassiner son père, parce que simplement il n’y a pas eu de confession. David n’a pas attendu cette confession. Il a sauté au cou de son fils pratiquement. Mais ici Joseph ne saute pas au cou de ses frères.

    On a parlé d’un certain Erino Dapozzo. C’est un évangéliste italien. Il avait connu les camps de concentration nazis et puis il avait été souvent convoqué devant le commandant du camp nazi de concentration, lequel confisquait tous les cadeaux que la femme de Dapozzo lui envoyait. Il les interceptait au passage. Une fois il avait invité Dapozzo et il avait mangé devant lui tous les petits biscuits que sa femme avait confectionnés exprès pour Dapozzo.

    La guerre se termine. Dapozzo retrouve ce commandant de camp. Il arrive vers lui, puis il lui apporte des biscuits. Il dit : « Voilà on va partager un peu maintenant ». L’autre était terrorisé. Il s’est dit : « le règlement des comptes est arrivé ».

    Vous voyez si Joseph avait agi comme cela, en disant : le règlement des comptes est arrivé, il n’y avait rien qui se serait fait, rien. Cela nous apprend à être patients, et bien sûr cela nous apprend à agir toujours dans le but de relever quelqu’un, jamais de l’écraser, jamais. Si nous avons dans notre cœur le but de relever une personne qui est tombée, d’abord : « l’amour couvre une multitude de péchés » (1 Pier. 4. 8), c’est clair, donc ce sont des choses qu’on n’a pas à propager à gauche ou à droite, on va les tenir le plus longtemps possible secrètes comme ici Joseph.

    Il n’a rien dit à ses frères. Il agit même avec une dureté apparente, mais cette dureté apparente est tellement remplie de tendresse et d’amour pour ses frères, il est tellement rempli de tendresse, que qu’est-ce qu’on voit ? On voit Joseph qui va pleurer. Voilà le cœur qu’il nous faudrait avoir, voilà le cœur de Joseph que nous devrions aussi pouvoir un peu imiter.

    La police judiciaire, les juges d’instruction quelquefois lorsqu’un crime date un peu, vont opérer ce qu’on appelle une reconstitution. On va prendre le coupable présumé, on va le ramener sur les lieux de son méfait et on va essayer de mieux comprendre quelle est la vérité. Mais les juges d’instruction n’ont rien inventé puisque c’est exactement ce qui se passe ici.

    Dans notre lecture nous sommes obligés de faire des va-et-vient entre le chapitre 37 et ce que nous avons sous les yeux. On a dit qu’ils avaient tenu deux ans et que déjà là cela les renvoyait à un problème de nourriture. Souvenons-nous que dans le chapitre 37 ils avaient jeté leur frère au fond de la citerne et qu’avaient-ils fait ? Ils s’étaient assis pour manger. Cela ne leur avait pas coupé l’appétit. Qu’est-ce que nous avons au début du chapitre 42 ? Nous avons les mêmes dix frères qui quittent leur père en laissant le petit dernier à la maison. La raison pour laquelle Jacob ne laisse pas aller Benjamin est bien explicité dans ce texte. Cela nous est dit : « De peur qu’un accident ne lui arrive ! » (v. 4) Avait-il discerné un petit peu la responsabilité de ses fils dans ce qui s’était passé vingt-deux ans avant ? Il semblerait, parce que quand il dit : « Vous m’avez privé d’enfants, Joseph n’est plus » (v. 36) il lie donc le fait que « Joseph n’est plus » à l’accident dont ils lui avaient parlé : vous m’avez privé d’enfants.

    Et puis si on continue ces va-et-vient, nous arrivons à ce moment devant Joseph où il va leur dire : « vous êtes des espions ». Est-ce qu’il y avait quelque chose dans le chapitre 37 à ce sujet ? Certainement, dans les mauvais coups que nous trouvons dans le chapitre 37, il y avait quelque chose qui les gênait, c’est le témoin que représentait Joseph de toutes leurs malversations, de tous leurs mauvais coups. Il était témoin de cela, il les rapportait à son père.

    Ils disent : « nous sommes d’honnêtes gens ». On voit qu’on peut complètement se tromper sur notre état. Ils peuvent dire : « nous sommes d’honnêtes gens et l’un n’est plus ». Les deux choses qui auraient dû quand même remuer un peu leur conscience : « l’un n’est plus », « nous sommes d’honnêtes gens ». On peut s’illusionner complètement sur notre état dans la mesure où nous ne nous tenons pas devant Dieu.

    C’est dans la mesure où nous nous tenons dans la lumière du Seigneur, que nous connaîtrons la vérité de notre état. Ils le croient quand ils disent : « nous sommes d’honnêtes gens », ils le croient. David aussi avait pu invoquer l’Éternel : « l’Éternel est vivant » (2 Sam. 12. 5) et il venait de tuer Urie et de lui prendre sa femme. Cela ne l’empêchait pas de parler du Seigneur. « Tu veux la vérité dans l’homme intérieur » (Ps. 51. 6).

    Ce qui s’est passé aussi, c’est qu’ils ont été enfermés pendant trois jours et ils l’avaient jeté dans la citerne. Et puis il y a eu le moment où ils ont vu qu’on a lié Siméon. C’est bien une reconstitution. On va rentrer avec un en moins.

    On a dit que la première visite des frères en Égypte était par rapport au problème qu’ils avaient eu vis-à-vis de Joseph alors que la deuxième visite est plutôt par rapport au père, par rapport à Jacob.

    Encore un exemple ou deux. Ils ouvrent leurs sacs, et l’argent est là. Nous avons de la nourriture volée, on ne l’a pas payée cette nourriture. Y avait-il eu un problème d’argent ? Joseph lui-même disait : « j’ai été volé du pays des Hébreux » (40. 15). Leur frère ne leur appartenait pas, ils l’avaient vendu. Il y avait aussi un problème d’argent. Tout cela était là de la part de Dieu pour travailler leur cœur, pour les amener à juger ce qu’ils avaient fait.

    Vingt-deux ans entre le moment du chapitre 37 et la reconstitution des faits qui s’étaient alors produits. Le péché, devant Dieu, ne vieillit pas. Bien-aimés, le péché devant Dieu, ne vieillit pas. Nous l’avons peut-être occulté de notre conscience, on a mis plein de choses par-dessus, mais devant Dieu notre péché ne disparaît pas, sinon dans la confession et la repentance. Quelquefois on dit : « Oh ! il y a tellement longtemps ! » Mais pour Dieu, c’est comme si Christ avait été crucifié hier soir. Voilà l’acuité du péché devant Dieu. Un frère écrit dans son étude sur Joseph : « Les moulins de Dieu tournent lentement, mais ils broient très fin ».

    On est aussi frappé par ce lien qu’il y a entre le chapitre 37 et le chapitre 42 dans l’accusation que Joseph porte sur ses frères. Il leur dit : « vous êtes des espions ». Qu’est-ce qu’un espion ? C’est quelqu’un qui complote en cachant son attitude pour arriver à des fins très mauvaises. Et qu’avaient fait les dix frères de Joseph au chapitre 37 ? « Ils le virent de Loin ; et avant qu’il fût proche d’eux, ils complotèrent contre lui pour le faire mourir » (37. 18).

    On voit avec quelle insistance Joseph accuse ses frères d’être des espions. À première lecture on est surpris, mais en fait il leur dit exactement ce qu’ils sont. Ils ne venaient certes pas pour espionner le pays d’Égypte, mais il leur dit ce qu’ils sont. C’est par cette accusation même qui extérieurement paraît être une fausse accusation, mais qui en fait en est une réelle, que les frères de Joseph vont arriver à dire : « Certainement nous sommes coupables à l’égard de notre frère ».

    Cette accusation de complot contre l’Égypte les amène à reconnaître leur culpabilité dans le complot qu’ils avaient organisé, qu’ils avaient ourdi, à l’égard de leur frère Joseph. « Certainement nous sommes coupables à l’égard de notre frère ». Dieu n’oublie pas ce qui s’est passé et la gravité en demeure sans être atténuée. Il amène l’âme, il amène nos âmes, à reconnaître la gravité de ce qui s’est passé. « Certainement nous sommes coupables à l’égard de notre frère ; car nous avons vu la détresse de son âme quand il nous demandait grâce, et nous ne l’avons pas écouté » (v. 21).

    Même lorsque le travail de Dieu s’effectue dans le cœur, il y en a toujours qui cherchent des excuses. Ruben dit : « Ne vous ai-je pas parlé, disant : Ne péchez pas contre l’enfant ? Mais vous n’avez pas écouté ». Ruben qui certainement avait une responsabilité particulière, c’était l’aîné, avait essayé, comme on le voit au chapitre 37, de soustraire Joseph des mains de ses frères. Mais il semble bien qu’il n’avait pas usé de toute l’autorité qu’il aurait pu avoir pour les empêcher de commettre leur méfait. Alors il rejette la faute sur ses frères. Au lieu de s’associer à cette culpabilité, il la rejette. C’est bien un exemple de ce que nous avons tendance à faire et de ce que nous faisons si vite : Ne vous ai-je pas dit et vous n’avez pas écouté – au lieu de courber la tête et de reconnaître notre part de culpabilité.

    En lisant ces chapitres nous avons différents enseignements, on peut dire de plusieurs manières. Nous avons devant nous tout premièrement, littéralement, cette rencontre des frères de Joseph avec Joseph et comment Joseph agit à leur égard dans l’amour et dans la vérité. Il y a là quelque chose qui nous étreint parce qu’on voit vraiment à la fois comment Joseph aime ses frères – on le voit pleurer sept fois – et en même temps comment il désire vraiment les amener dans la lumière.

    Il y a aussi un tableau prophétique qui parle de ce moment où le peuple d’Israël qui aura rejeté son Messie, sera amené à le reconnaître, un tableau de ce travail de la grâce de Dieu dans les cœurs et dans les consciences pour les amener à reconnaître ce qu’ils ont fait en rejetant leur Messie, pour qu’ils puissent être bénis parce que le but de Dieu est toujours de bénir. Donc après ce moment où Joseph est élevé dans la gloire, il y a l’apparition d’Asnath qui lui est donnée comme femme, type de l’Église. Il y aura ce moment aussi où le peuple d’Israël (représenté par les frères de Joseph) sera amené à reconnaître Christ comme le Messie, et il sera réconcilié avec Dieu et admis à jouir de la bénédiction dans le règne millénaire. Donc il y a aussi des types intéressants à ce niveau-là.

    Il y a aussi donc pour nous cette image, ce type de Joseph, nous montrant comment le Seigneur s’occupe de nous. Il désire aussi nous faire prendre conscience de ce qui a pu ne pas être en règle avec lui, que peut-être nous avons oublié, que nous avons laissé passer. Là aussi il y a des choses très importantes : comment le Seigneur agit à notre égard, comment il veut nous ramener, son amour. Il y a là quelque chose qui nous pénètre profondément chacun.

    À la fois le Seigneur n’oublie rien, il ne veut rien laisser dans l’ombre et il va travailler pour nous amener à reconnaître les choses, à les confesser, pour que ces choses puissent vraiment être ôtées et qu’on puisse jouir avec lui d’une heureuse et libre communion. Comme on l’a vu dans les exemples qui sont là, dans cet exemple qui est placé là devant nous, il peut se servir de diverses circonstances qui apparemment n’ont pas de lien direct avec ce qui s’est passé.

    Lorsque Joseph dit à ses frères : « Vous êtes des espions », on peut dire : effectivement ils sont là pour venir acheter du blé, ils ne sont pas des espions. C’est ce qu’ils vont dire. Mais on voit comment cette parole peut travailler leur conscience pour les amener à réaliser qu’effectivement à un certain moment ils ont bien comploté, ils ont bien agi en se cachant, en faisant des choses cachées vis-à-vis de leur père, etc. vis-à-vis de Joseph.

    Déjà dans ce chapitre au v. 21 « ils se dirent l’un à l’autre : Certainement nous sommes coupables à l’égard de notre frère ». Joseph ne s’est pas encore fait connaître et ce travail ne fait que commencer, à travers ce que Joseph a pu leur dire, ce qu’il place devant eux, une flèche qui atteint leur conscience.

    Le Seigneur travaille de cette manière-là avec nous, peut-être en permettant des circonstances dans nos vies qui n’ont pas de lien direct avec ce qui s’est passé il y a longtemps, mais il veut réveiller notre conscience, il veut nous faire ressouvenir, nous amener à juger la chose. Il y a quelque chose de très instructif pour nous dans ces versets. Ils sont conservés dans la Parole dans leur détail pour sonder nos consciences et nous amener à vraiment revenir et marcher dans la lumière.

    Puis, cet autre enseignement sur un autre plan qui est instructif pour nous, dans nos relations les uns avec les autres. Lorsqu’il y a des choses qui se sont passées, qui ne sont pas justes, mais mauvaises – quand nous sommes coupables à l’égard de notre frère, par exemple, comment agir ? Il ne s’agit pas de vouloir profiter comme Joseph aurait pu le faire effectivement, du fait que ses frères étaient là devant lui, pour leur asséner en quelque sorte ce qu’ils avaient fait de mauvais.

    Il leur dit la vérité mais on voit comment il agit pour gagner leur cœur, pour les amener vraiment à être dans la lumière. Il y a là, quelque chose de très instructif pour nous, et non pas non plus, faire comme si rien ne s’était passé en disant : on est plein de grâce, on est plein d’amour, on oublie et puis on tourne la page. Il y a chez Joseph vraiment un équilibre. Son but, c’est un amour vrai, il veut que toutes choses soient réglées dans la lumière. Nous avons là aussi une instruction particulière pour ce côté-là de nos rapports les uns avec les autres. On passe d’un sujet à un autre souvent lorsqu’on présente ces versets. Il est important pour nous de réaliser qu’il y a donc ces quatre points différents : ce qui s’est passé pour Joseph, l’aspect prophétique, le Seigneur à notre égard et l’exemple pour nous vis-à-vis de nos frères.

    Dans cette comparaison que nous pouvons faire avec les circonstances du chapitre 37, il y a un passage extrêmement frappant et qui est sans doute au cœur de tout le travail que Joseph va faire envers ses frères. Il leur dit : « amenez-moi le plus jeune de vos frères, et vos paroles se trouveront vraies » (42. 20). Pensons au chapitre 37. Joseph, leur frère, était venu à eux, leur jeune frère à l’époque. Qu’ont-ils fait ? Ils l’ont vendu, ils ont pris son vêtement, ils l’ont trempé dans le sang, ils l’ont envoyé à leur père et lui ont dit : « reconnais si c’est la tunique de ton fils, ou non ».

    Qu’est-ce qu’ils ont fait ? Au lieu de revenir avec leur plus jeune frère, ils ont envoyé à leur père un mensonge, un terrible mensonge. Le mensonge est lié fondamentalement au péché. Le péché est fondamentalement lié au mensonge, mensonge à l’égard du Seigneur Jésus, mensonge à l’égard de Dieu, mensonge dans nos vies. Ils ont menti et ils ont menti précisément en ne ramenant pas leur frère, en le rejetant, en le vendant. Leurs paroles peuvent se trouver exactes, c’est-à-dire que la façon dont ils pouvaient prétendre se tenir devant Joseph, en fait, elles ne pouvaient se trouver vraies que s’ils ramenaient leur plus jeune frère, que s’ils venaient avec Benjamin.

    Nous aurons l’occasion de voir comment Benjamin est un type, une figure du Seigneur Jésus ressuscité et que pour pouvoir nous tenir en vérité devant Dieu, nous ne pouvons le faire qu’en ayant avec nous, en quelque sorte, le Seigneur Jésus ressuscité, celui qui par sa mort, par ses souffrances, a réglé la question de notre péché et par sa résurrection nous a justifiés. Il a été livré pour nos fautes, ressuscité pour notre justification. Mais combien cela nous montre cette profonde sagesse de Joseph, qu’il n’y avait rien de gratuit, de superficiel, dans sa façon d’agir, combien il était nécessaire qu’ils viennent avec leur plus jeune frère, que tout ce chemin de péché et de mensonge qu’ils avaient parcouru depuis ce chapitre 37 soit complètement inversé lorsqu’ils viendraient, si nous parlons dans le langage du Nouveau Testament, avec Christ ressuscité dans leur cœur.

    Ce qui peut correspondre à des expériences très pratiques que l’on peut vivre les uns ou les autres, qu’on peut réaliser, au sujet de l’accusation de Joseph : « vous êtes des espions ; c’est pour voir les lieux ouverts du pays que vous êtes venus ». C’est vrai qu’ils n’étaient pas venus pour cela.

    Quelquefois dans notre vie, dans nos expériences, nous pouvons faire l’objet d’accusations qui ne sont pas justes, extérieurement. On nous dit : « vous avez fait ceci, vous vouliez faire cela » et c’est inexact. Et cela peut nous troubler, cela peut nous amener effectivement à des réponses comme celle des frères de Joseph : « Mais non, nous sommes d’honnêtes gens. Mais non, nous sommes des gens bien, nous n’avons pas fait cela, loin de nous l’idée de faire cela, jamais nous n’aurions pensé faire cela » et nous nous retournons sur nous-mêmes et nous sommes remplis du désir de nous justifier nous-mêmes.

    Nous verrons deux chapitres plus loin quel est le progrès, quelle immense différence il y a entre ce que nous trouvons dans ce chapitre 42 et ce que nous trouvons dans le plaidoyer de Juda : « comment nous justifierons-nous ? » (44. 16) Maintenant ils sont en train d’essayer de se justifier. Devant Dieu ce n’est pas possible. Le Seigneur peut se servir d’accusations fausses qui sont portées contre nous. Il s’en est servi dans l’histoire de Joseph pour mettre à l’épreuve la foi de Joseph, la réalité de sa foi, la réalité de sa crainte. L’accusation de la femme de Potiphar était manifestement fausse.

    Qu’a fait Joseph ? Est-ce qu’il avait dit : « Mais, moi je suis un homme honnête. Tu m’as confié tout ce que tu avais, tu vois bien que je suis quelqu’un qui a tout fait prospérer ». Joseph n’a rien dit de tel. Il s’est soumis. Il s’est soumis parce que c’était les voies de Dieu. Et c’est l’épreuve de sa foi qui est manifestée là, l’épreuve de sa foi bien plus précieuse que celle de l’or qui périt. Il peut arriver pour les uns ou pour les autres, que nous ayons pu faire l’objet d’accusations injustes. Cela est certainement arrivé à plusieurs d’entre nous et en particulier des jeunes, parce que quand on est jeune, on réagit plus vivement à ces choses-là ; ou dans notre travail, ou dans d’autres circonstances.

    Comprenons d’abord que la première chose que le Seigneur veut à travers cela, c’est mettre notre foi à l’épreuve, nous enseigner la façon dont nous acceptons toutes choses, non pas comme venant des hommes, mais comme étant permises par Lui. La deuxième chose c’est que cette accusation a pour but de travailler dans la conscience des frères de Joseph. Certes ils n’étaient pas venus pour espionner le pays, mais ils avaient des choses bien plus lourdes et bien plus graves sur leur conscience et il fallait que ces choses reviennent devant eux. Le Seigneur peut se servir aussi d’accusations injustes pour nous amener, non pas à dire : « Nous, nous ne sommes pas capables de cela, nous sommes des gens très bien. Moi je suis quelqu’un de très bien, je n’aurai jamais fait cela », mais pour se dire : qu’est-ce que le Seigneur veut me montrer sur ce que je suis ?

    Qu’est-ce qu’il peut y avoir dans ma vie ? Je n’ai pas fait cela, certes, mais dans ma vie, dans mon cœur, dans mes pensées, dans mes paroles, qu’est-ce que j’ai fait ou qu’est-ce que je pourrais faire ? Le Seigneur veut nous amener à ce genre de choses, à des exercices comme celui-là pour nous faire comprendre ce que nous sommes. Alors le Seigneur le permet. Il le permet dans notre vie, nous en avons fait l’expérience les uns ou les autres.

    Certainement. David en a fait l’expérience quand Shimhi sort et lui lance des pierres en lui disant : « Sors, sors, homme de sang » (2 Sam. 16. 7). Dans un sens David était un homme de sang, mais pas comme Shimhi le pensait. Mais David au lieu de dire de Shimhi : cet homme-là m’accuse injustement, David a compris, lui, quelle était la portée des choses pour lui, pour sa conscience, pour sa relation avec Dieu.

    C’est important pour nous parce que je pense, particulièrement quand on est jeune, quand on a un sentiment profond de l’injustice qui nous atteint, on peut se dire : « Non, surtout pas », et on va se défendre. Avant de penser à se défendre, pensons plutôt à laisser le Seigneur sonder notre cœur et notre conscience et nous nous apercevrons qu’effectivement il y a des choses à régler et sur lesquelles il met le doigt.

    Sur les vingt ans, juste une expression que l’on trouve dans le 1er livre de Samuel : « il se passa un long temps, vingt années » (7. 2). Vingt années, c’est un long temps. Dieu lui-même nous le dit. Mais Dieu intervient et n’oublie pas.

    Et nous, chers amis, est-ce que nous sommes d’honnêtes gens ? La grâce a permis des choses en nous, mais n’oublions-nous pas trop souvent que la chair demeure en nous ? Alors posons-nous la question sans vouloir faire du catastrophisme car la grâce est là, mais en laissant sonder notre cœur par le Seigneur.

    Souvent lorsque nous sommes accusés injustement, Dieu travaille dans les cœurs et atteint nos consciences. Nous voyons que dans les chapitres 9 d’Esdras, de Néhémie, de Daniel, qu’ils disent : l’Éternel est juste. « Tu es juste dans tout ce qui nous est survenu » (Néh. 9. 33). La repentance est l’état moral que nous portons sur nous, sous l’action de la Parole de Dieu et du Saint Esprit. C’est la découverte de ce que nous sommes, des êtres profondément pécheurs, ce qui fait pousser un cri tel qu’Ésaïe a pu l’exprimer quand il était en présence de la gloire de Dieu : « Malheur à moi ! car je suis perdu » (6. 5).

    Même Pierre a pu dire au Seigneur : « retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur » (Luc 5. 8). Nous voyons aussi le travail dans le patriarche Job, la parole qu’il a prononcée à la fin après tout cet exercice qu’il a connu : « je me repens dans la poussière et dans la cendre » (42. 6). Et dans le chapitre 39 : « Et Job répondit à l’Éternel et dit : Voici, je suis une créature de rien, que te répliquerai-je ? Je mettrai ma main sur ma bouche. J’ai parlé une fois, et je ne répondrai plus ; et deux fois, et je n’ajouterai rien » (v. 36 à 38).

    On a dit que la parole de Joseph « vous êtes des espions », c’était traiter injustement ses frères. Que fait un espion ? Il va dans un domaine qui ne lui appartient pas, il va regarder ce qui ne le regarde pas. Est-ce que nous ne sommes pas des fois des espions quand on va sur un site qui ne nous regarde pas, qui n’apportera que souillure et meurtrissure ? Est-ce que nous ne sommes pas des espions quand nous allons dans ce domaine inculte, sollicités par tous les concours qu’on nous offre pour gagner des cent mille euros et les horoscopes bien sûr ? C’est peut-être un peu loin, mais soyons gardés d’entrer dans ces domaines qui ne nous appartiennent pas.

    Les frères de Joseph avaient-ils comploté contre lui parce qu’ils n’acceptaient pas ses songes et en particulier le fait que Joseph avait au milieu d’eux une place d’élévation. Et il y a un danger pour chacun de nous de vouloir prendre et même peut-être au milieu de l’assemblée, une place qui n’appartient qu’au Seigneur seul ? On sait que dans la troisième épître de Jean il y avait un homme, Diotrèphe, qui voulait être le premier.

    Cette place de prééminence appartient au Seigneur. C’est lui qui dirige toutes choses et qui a la haute autorité sur toutes choses et nous devons la lui laisser, ne pas vouloir entrer, comme cela a été dit, dans un domaine qui ne nous appartient pas. Il y a là aussi un danger, sans minimiser les autres dangers dont notre frère a parlé en allant voir des choses qui ne peuvent que nous souiller.

    Une autre pensée aussi sur ce paquet d’argent que chacun trouve à l’entrée de son sac. Est-ce que cela ne rappelait pas cruellement ces vingt pièces qu’ils avaient eues dans leurs mains, qui étaient le prix de la vente de leur frère ?

    Et puis il y a peut-être autre chose. Quand le Seigneur agit envers nous, il n’attend pas que nous payions nos dettes. Si les frères de Joseph avaient payé leur blé, ils n’auraient pas été amenés à ce travail de conscience et de cœur. Ils auraient pu dire : « nous sommes effectivement d’honnêtes gens, nous avons payé notre blé, on ne doit rien à personne ». Mais Joseph a voulu leur faire sentir qu’ils avaient une dette. Comme le Seigneur qui nous donne tout gratuitement, veut aussi que nous ressentions que nous avons une dette envers lui, mais que notre dette, c’est lui qui l’a payée.

    Il y a une beauté particulière dans cette façon d’agir de Joseph qui nous parle de la sagesse divine qui lui était donnée et qui saisit profondément nos cœurs.

    On voit au v. 24 que Joseph « se détourna d’auprès d’eux, et pleura » (v. 24). C’est la première fois qu’on voit Joseph pleurer. Il est signalé à sept reprises que Joseph a pleuré. Dans les deux premières parties de sa vie, en particulier quand il était en prison, on ne le voit pas pleurer. Il ne s’est jamais plaint. Là, il pleure, il pleure d’affection, d’émotion, devant la contrition de ses frères.

    Il est tout à fait étrange de voir que ses frères qui étaient devant Joseph ne savaient pas que c’était Joseph. Ils pensaient que c’était un grand de l’Égypte, rien de plus. Lui, Joseph savait, mais eux ne savaient pas. C’est tout à fait étrange de voir que la première chose qui revient sur leur conscience – certainement ils avaient beaucoup péché, et on voit en Genèse 38 que Juda avait gravement péché, entretemps il y avait bien d’autres péchés qu’ils avaient commis, mais devant cet étranger qui les traite d’espions – la première chose qui revient à leurs cœurs, c’est ce crime qu’ils avaient commis vingt-deux ans avant.

    Nous voyons que dans ce crime, lorsqu’ils ont jeté Joseph dans la fosse, il demandait grâce. On peut signaler en passant que lorsque le Seigneur a été accusé, a été traîné devant le tribunal pour être crucifié, il n’a pas demandé grâce. Il est allé accomplir l’œuvre que Dieu lui avait donné à faire. Et puis au v. 28 une réflexion qui est venue au cœur des frères lorsqu’ils retournent chez eux : « Qu’est-ce que Dieu nous a fait ? » (v. 28)

    Ils sont terrorisés en retrouvant cet argent dans leurs sacs et ils comprennent qu’il y a quelque chose de tout à fait anormal dans le fait qu’on leur ait rendu leur argent. Ils ne se réjouissent pas, ils sont très troublés. Mais là au lieu de dire : Qu’est-ce que nous avons fait autrefois à Joseph, comme ils l’avaient dit au v. 21, là ils disent : « Qu’est-ce que Dieu nous a fait ? »

    On peut revenir juste un instant sur le caractère moral de Joseph : « moi je crains Dieu ». On a souligné tout à l’heure l’expression du Pharaon au sujet de Joseph. Le Pharaon dit : « Trouverons-nous un homme semblable à celui-ci, en qui est l’esprit des dieux ? » nous pourrions dire l’Esprit de Dieu si nous l’appliquons au Seigneur, bien sûr (41. 38). C’était l’appréciation du Pharaon saisi par la sagesse de Joseph.

    Lorsque Joseph dit : « je crains Dieu », il se place lui-même en quelque sorte dans ce qui marque sa vie. Il y a deux moments, je crois où Joseph parle de lui, où Joseph parle des caractères de sa vie. Il ne parle pas de ce qu’il a vécu, mais de la façon dont sa vie a été formée, du caractère moral de sa vie. C’est la première fois en quelque sorte qu’il parle à ses frères : « moi je crains Dieu ».

    Et puis la dernière fois qu’il parle à ses frères, il va leur dire : « Vous, vous aviez pensé du mal contre moi, Dieu l’a pensé en bien, pour faire comme il en est aujourd’hui, afin de conserver la vie à un grand peuple. Et maintenant, ne craignez point » (50. 20 et 21). J’aurais simplement voulu attirer notre attention sur ces deux expressions et la façon dont elles peuvent nous parler : « moi je crains Dieu » et « Dieu l’a pensé en bien ». Dans nos circonstances, dans notre vie, quelle est notre relation avec Dieu ? Qu’est-ce que la crainte de Dieu ?

    On voit dans le chapitre 42 que les frères de Joseph ont peur : « ils furent saisis de peur » (42. 28). Quel contraste ! Joseph dit : « moi je crains Dieu », les frères de Joseph ont peur. Ils ont peur parce que leur conscience est chargée, il y a des péchés qui ne sont pas réglés dans leur vie, parce qu’ils ne peuvent pas se tenir devant Dieu et que quand Dieu intervient – ils sentent bien que Dieu est intervenu dans leur vie – ils disent : « Qu’est-ce que Dieu nous a fait ? » et ils sont effrayés. Joseph dit : « moi je crains Dieu ».

    Parce que Joseph craignait Dieu, cette crainte de Dieu a dirigé son chemin. Elle a dirigé son chemin dans la maison de Potiphar. Cela lui a valu la souffrance, cela lui a valu l’épreuve, mais Joseph avait cette relation avec Dieu qui était maintenue pure. Joseph avait le sentiment de ce qui était juste et saint devant Dieu. Joseph avait le sentiment de ce que devait être sa conduite devant Dieu, il craignait Dieu. Craindre Dieu, ce n’est pas avoir peur de Dieu comme les frères de Joseph, c’est avoir le sentiment de ce qui est juste et droit devant Dieu dans notre vie et de ne pas nous permettre ce qui n’est pas juste et droit devant Dieu tel que nous le connaissons.

    Est-ce que nous avons l’un ou l’autre, chacun de nous, cette crainte de Dieu dans notre cœur, dans notre vie ? C’est quelque chose de fondamental cette crainte de Dieu. C’est ce qui nous gardera. Ce n’est pas la Loi, ce n’est pas des commandements, ce n’est pas des ordonnances. Joseph n’avait pas de Loi à cette époque-là mais il avait cette crainte de Dieu. On trouve cette crainte de Dieu dans les patriarches, on la trouve chez Job, on la trouve chez tous les croyants. « Je crains Dieu ».

    Est-ce que nous pouvons nous laisser tous sonder par cette parole ? Est-ce que je crains Dieu ? C’était le commencement si l’on peut dire, le fondement de la marche pratique, de la vie pratique de Joseph. Cette crainte de Dieu, c’est ce qui l’a guidé, c’est ce qui a fait qu’il n’y a pas eu de peur en lui. Joseph n’est pas quelqu’un qui a peur. Les frères de Joseph ont peur. Ils ont peur parce que précisément il y a des choses dans leur vie qui ne sont pas selon la pensée de Dieu, qui ne sont pas justes devant Dieu et ils ne les ont pas encore réglées. Dès que la main de Dieu apparaît dans leur vie, ils ont peur. Il faudra beaucoup de choses pour qu’ils cessent d’avoir peur.

    Nous comprenons que Dieu ne veut pas que nous ayons peur. Dieu désire que nous ayons cette crainte qui le glorifie et il veut en même temps chasser la peur de nos cœurs. « L’amour parfait chasse la crainte » (1 Jean 4. 18), au sens de la peur. L’amour parfait, c’est évidemment l’amour de Dieu pour nous. Jamais notre amour à nous ne sera parfait. Mais l’amour parfait de Dieu envers nous, chasse la crainte au sens de la peur. Dieu ne veut pas que nous ayons peur. Il veut que nous ayons la crainte de lui déplaire pour que nous puissions jouir de sa communion, pour que nous puissions trouver auprès de lui la sagesse, le discernement dans nos vies.

    Il y a cet autre aspect de la vie de Joseph, il le dit tout à la fin, et il le laisse entendre dans ses divers entretiens avec ses frères : « Dieu l’a pensé en bien ». Est-ce que nous pouvons dans notre vie placer cette inscription devant nous : « Dieu l’a pensé en bien » ? Pendant ces années, qu’est-ce qu’on aurait pu dire de Joseph ? Vendu, emprisonné, oublié par le chef des échansons qui lui devait pourtant beaucoup, tout cela « Dieu l’a pensé en bien ». Quel contraste avec Jacob qui dit : « Toutes ces choses sont contre moi » (42. 36) !

    Dans notre vie, est-ce que nous ne nous surprenons pas souvent à penser : « Toutes ces choses sont contre nous, alors ça nous n’en avions pas besoin, il ne manquait plus encore que ça pour que nous soyons encore plus malheureux que nous ne le sommes, il ne manquait plus que cela, ah ! ça je n’en avais pas besoin, cette épreuve-là, pourquoi me tombe-t-elle dessus ? » « Dieu l’a pensé en bien ». Cela a été les deux piliers dans la vie morale de Joseph : « Je crains Dieu », « Dieu l’a pensé en bien ».

    Demandons au Seigneur qu’il nous aide à réaliser des choses aussi grandes. Jamais par nous-mêmes nous ne les réaliserons. Nous aurons peur si le doigt de Dieu intervient et si nous n’avons pas cette crainte. Nous penserons que toutes les choses sont contre nous, si nous n’avons pas cette certitude que Dieu l’a pensé en bien. Jacob avait oublié ce que Dieu avait pensé, Jacob avait oublié la portée des songes de Joseph, il n’avait vu que la tunique trempée dans le sang, il avait oublié la pensée de Dieu. « Dieu l’a pensé en bien ».

    Toutes les pensées de Dieu en bien, il nous les donne dans sa Parole. Notre Dieu est un Dieu qui veut du bien. « Tu es bon et bienfaisant » (Ps. 119. 68). « Tu es bon » : c’est ce que Dieu est en lui-même, il est « bienfaisant » : il veut nous faire du bien et il nous fait du bien et là cela va encore plus loin : il le pense en bien.

    Revenons un moment à cette question d’atteindre la conscience des frères de Joseph. C’est tout un chemin pour atteindre cette conscience. Nous avons ici le début où Joseph montre aussi ses sentiments, il pleure. Nous avons parlé déjà de ces pleurs. Mais qu’est-ce que les frères avaient dit ? « Certainement nous sommes coupables à l’égard de notre frère ; car nous avons vu la détresse de son âme quand il nous demandait grâce » (v. 21). Ils se sont rappelé quelque chose.

    C’est dans les sentiments de leurs cœurs, que tout à coup une étincelle de lumière se montre, tout à coup ils remarquent : voilà ce que nous avons fait contre notre frère. « La détresse de son âme ». En allemand, nous avons une autre expression : la peur de son âme. C’est peut-être la même chose, mais nous pouvons très bien voir comment ils étaient là en face de leur frère et comment leur frère leur a demandé grâce.

    Non, pas de grâce. La dureté du cœur de ses frères, c’est là le grand sujet parce qu’après, nous retrouvons la même chose quand Joseph remarque qu’ils ont commencé à penser à leur père. Ici c’est leur frère. Ils avaient péché contre leur frère, ils l’avaient vendu, ils avaient voulu le tuer, et pour finir ils l’ont vendu. Il a demandé grâce, ils étaient durs. Ensuite cette dureté envers leur père. La même chose quand ils commencent à parler de leur père, si nous pouvons arriver chez notre père, il mourra quand nous lui raconterons qu’il a perdu encore cet autre fils.

    Tout à coup il y a des sentiments de grâce, de grâce c’est peut-être trop dire, mais – un certain sentiment qui apparaît dans leur cœur. Et voilà c’est quelquefois à cela que le Seigneur nous amène aussi, c’est intéressant de le voir. Quelquefois il nous amène à comprendre quelque chose lorsqu’il fait appel à notre âme, à nos sentiments, à ce que nous trouvons dans notre intérieur, pour atteindre aussi notre conscience, pour pouvoir vraiment confesser ce qu’il y a parce que la confession ne vient qu’à la fin. La confession est après encore liée au fait qu’ils ont dû comprendre, apprendre aussi (au chapitre 50) que Joseph est un homme qui les aime. Ils ne le savaient pas encore.

    Ils avaient toujours peur : « Est-ce que maintenant que le père est mort, Joseph va agir autrement avec nous ? Peut-être qu’il l’a fait par égard pour notre père ? » Eh bien ! non, c’était l’amour de Joseph envers ses frères. C’est tout à fait à la fin qu’ils en arrivent là. Voilà un chemin très long mais je pense qu’il commence ici en touchant leur cœur. C’est là que Joseph remarque la première étincelle qui est arrivée dans leur cœur et il pleure.

    Justement on remarque que lorsque Joseph entend ses frères parler entre eux – ses frères ne savent pas qu’il comprend, ils ne savent pas non plus que c’est Joseph qui est là. Il est très remarquable et instructif pour nous de voir ce que Joseph fait lorsqu’il entend qu’ils disent : « Certainement nous sommes coupables à l’égard de notre frère » et puis ensuite à la fin du v. 22 : « voici, son sang est redemandé », que fait Joseph ? On voit que le cœur de Joseph est étreint, on voit qu’il se détourne pour pleurer.

    Mais est-ce qu’il va se faire connaître à ses frères tout de suite, voyant qu’il y a ce travail de conscience en eux ? Non, on voit qu’il se contient et il voit que ce n’est que le début du travail. Il faut aller plus profond, jusqu’au bout. Et que fait-il ? « Il revint vers eux, et leur parla, et prit d’avec eux Siméon, et le lia devant leurs yeux » (v. 24).

    On pourrait dire encore une fois  : « Mais, Joseph est dur. Ils ont quand même dit qu’ils étaient coupables, ils ont dit : « son sang est redemandé ». Est-ce que ce n’est pas le moment de se faire connaître, de parler de grâce, de pardon ? » Non. Au contraire, Joseph fait lier Siméon. Il va les renvoyer. Bien sûr aussi il va remettre leur argent dans leurs sacs. On voit ce que cela va produire dans le cœur de ses frères. Par ailleurs on voit que son intendant va dire que leur argent lui est bien parvenu. Donc il semble bien, qu’en fait, c’est Joseph lui-même qui a payé à leur place ce qu’ils ont acheté.

    Quand on voit que Joseph aussi parle à leur cœur par cet acte de grâce, on peut dire, ce don qu’il leur fait, on voit ce résultat : « Qu’est-ce que Dieu nous a fait ? » Il y a là quelque chose de très instructif dans la façon dont le Seigneur agit à notre égard, par des choses qui paraissent peut-être quelquefois dures. Le Seigneur doit quelquefois nous parler sévèrement parce qu’il veut que nous nous rendions compte de ce que nous sommes, de ce que nous avons fait quelquefois, et non seulement de commencer en quelque sorte à nous en rendre compte, mais il faut que ce travail aille plus profond comme on le verra dans le chapitre 44 pour les frères de Joseph, jusqu’à ce que cela aille vraiment à fond. « Dieu a trouvé l’iniquité de tes serviteurs » (v. 16) dira Juda. On voit que Joseph attend jusqu’à ce que le travail soit réellement fait jusqu’au fond. Le Seigneur agit de même à notre égard.

    Et puis il y a aussi une instruction pour nous dans la pratique, on peut dire, dans nos relations les uns avec les autres lorsqu’il y a des cas difficiles, lorsque quelqu’un a péché contre son frère, lorsqu’il y a des choses qu’il faut reconnaître. Là aussi combien nous avons besoin de nous laisser instruire par le Seigneur pour savoir justement comment agir, dans la lumière et dans l’amour, ces deux choses étant maintenues ensemble dans un juste équilibre pour que ce travail ne soit pas interrompu, qu’il aille jusqu’au fond et que vraiment nous ne fassions pas obstacle à ce que le Seigneur veut produire jusqu’au fond.

    Il fait lier Siméon. Siméon était le second dans la fratrie. Ruben n’était pas là lorsqu’ils ont vendu Joseph. Donc Siméon était le plus âgé parmi les frères qui étaient là et c’est lui qui est lié. Il y a là aussi un point. C’était lui qui était le plus responsable, et c’est lui que Joseph fait lier. Cela aussi, ce n’est pas par hasard. On peut se poser la question : Mais pourquoi Siméon ?

    Joseph connaissait tout. Le Seigneur aussi connaît tout de nos vies. Rien ne lui est caché. Lorsqu’il permet des choses, soyons attentifs aussi aux détails. Peut-être qu’il veut mettre le doigt sur ceci, le doigt sur cela. Il veut aller au fond mais son but c’est de nous bénir, de nous amener dans une pleine lumière pour jouir pleinement de son amour.

    On voit que Joseph pleure. Bien sûr, c’était par rapport à ce que les frères ont dit. Mais est-ce qu’il n’y a pas aussi des pleurs liés à ce que dit Ruben, celui qui tire son épingle du jeu, qui n’endosse pas la responsabilité collective ? La responsabilité collective, c’est quelque chose qui est de plus en plus gommé dans ce monde. Simplement le patriotisme est quelque chose qui existait il y a cinquante ans, qui n’existe plus, ou très peu.

    Cette solidarité que nous avons en tant que peuple de Dieu et plus particulièrement dans le rassemblement local est quelque chose de fondamental dans la Parole. N’idéalisons pas trop Ruben parce que même si dans le chapitre 37 il a manifesté des sentiments humanitaires – le monde en est plein de sentiments humanitaires – mais quand ce n’est pas Christ qui en est le mobile, le but, ce sont des choses qui ne passeront pas à l’éternité, même si nous n’avons pas à dénigrer ces choses.

    D’ailleurs Ruben s’est trahi, parce que même s’il a voulu sauver son frère – c’était peut-être par rapport à ce qu’on a entendu – qu’étant le fils aîné, il avait des comptes à rendre au père et il le dit : « L’enfant n’y est pas, et moi, où irai-je ? » (37. 30) c’est-à-dire qu’il pense à lui, il ne pense pas à son frère qui a été vendu, il pense à lui. Finalement derrière quelque chose qui peut paraître très très beau, des sentiments humanitaires, il y a un égoïsme effrayant, celui de dire : « Maintenant il faut que je rende compte à Papa de ce qui s’est passé ».

    Ruben tire son épingle du jeu, ce que nous n’avons pas à faire dans le rassemblement local. Et puis nous voyons après ce qu’il va dire à Jacob : « Tu feras mourir mes deux fils » (42. 37). Mais enfin dans quelle logique est cet homme, il pense que son père va avoir un désir sanguinaire de se venger sur deux de ses petits-enfants ? Voilà les dispositions légales de cet homme qui s’engage à ramener leur frère et qui montre les prétentions pharisaïques du peuple juif aussi qui a dit : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons » (Exode 19. 8). En disant « tu feras mourir mes deux fils », quels sentiments pouvaient animer Ruben ?

    Dans le chapitre 49 où les choses sont mises à plat par Jacob lors de la bénédiction de Jacob pour ses fils, c’est celui qui va concrétiser ce qu’est le monde aujourd’hui, à savoir la corruption : « tu es monté sur la couche de ton père ; tu l’as alors profanée… Il est monté sur mon lit ! »

    Concernant Siméon, dont on a dit que c’était l’aîné, remplaçant sans doute, souvenons-nous que dans le chapitre 34 avec son frère, Lévi, Siméon avait agité son épée d’une manière sanguinaire et avait tué tous ces gens à cause de l’histoire de Dina. Il pouvait penser avoir raison, parce que ce n’était pas normal que la fille de Jacob épouse un Cananéen. Mais nous pouvons avoir raison sans le Seigneur, à coups de versets sans que ces choses soient appliquées d’abord sur notre conscience et sur nos cœurs.

    La preuve, c’est que dans le chapitre 46, nous voyons que Siméon va tomber dans le même travers que ce qu’il a tellement reproché à sa sœur, puisque dans le deuxième paragraphe du chapitre 46 on voit qu’il avait épousé une Cananéenne et qu’il avait des enfants d’une Cananéenne. Siméon, sans repentance, va être enfermé. Ce sont les soins de la grâce de Dieu qui cherche à toucher sa conscience.

    Lévi, quant à lui, n’est pas enfermé, il est libéré. Lévi montrera que le travail du Seigneur s’est fait dans son âme, puisque les fils de Lévi dans le chapitre 32 de l’Exode, ont détourné la colère de l’Éternel par rapport à l’idole. Plus tard on verra que Phinées fils d’Eléazar, fils d’Aaron, de la tribu de Lévi, dans le chapitre 25 des Nombres, alors qu’Israël commet fornication avec les filles de Moab, il va se lever avec son épée, montrant qu’il avait jugé le mal.

    Il nous est dit que celui qui a commis adultère et qui a été frappé, était un prince des Siméonites, montrant que le travail de conscience et de cœur que Dieu sollicite dans le cœur de Siméon, n’a pas porté de fruit. Quand nous lisons Deutéronome 33, la bénédiction de Moïse, où est passé Siméon ? C’est le grand absent. Il va être question des onze tribus des fils d’Israël et plus de Siméon. Combien c’est solennel !

    Rappel de deux pensées :

    Dans le dernier paragraphe du chapitre 41, il y a la famine dans le pays, le peuple crie et le Pharaon dit au peuple : « Allez à Joseph ». On a rapporté que les bénédictions que le Seigneur veut nous distribuer, c’est lui seul qui les dispense. Nous ne trouvons aucune ressource pour nos âmes dans ce monde, qui est représenté par l’Égypte. Toutes nos ressources sont dans le Seigneur représenté par Joseph. La famine sévit au chapitre 42 et Jacob envoie ses fils en Égypte pour chercher de quoi survivre. Ils se présentent devant leur frère et se prosternent devant lui, réalisant ainsi ce que Dieu avait révélé dans les deux songes que Joseph avait eu au chapitre 37.

    On a remarqué l’attitude de Joseph vis-à-vis de ses frères. Lui, les reconnaît très bien alors que ses frères ne le reconnaissent pas. Pour eux, cet homme qui est devant eux est un Égyptien qui est riche et qui est susceptible de leur apporter de la nourriture. Ils ne savent pas que cet homme qui est devant eux est tout à fait au fait de leur vie, de ce qu’ils ont vécu et Joseph, secrètement, entreprend un travail pour amener ses dix frères à revenir sur le péché qu’ils avaient commis vingt-deux ans avant et à reconnaître que c’était un crime, un crime contre Joseph, s’en humilier et le juger.

    Il y a plusieurs façons de lire ces passages. Une façon morale : d’abord le Seigneur veut que nous comprenions que la mesure de sa sainteté est toujours la même et qu’il ne peut pas accueillir des enfants qui sont souillés par un péché et que dans son amour il veut les purifier de façon qu’ils soient rendus dignes de lui et qu’ils puissent jouir des bénédictions que lui-même a acquises par son œuvre à la croix et entrer dans une véritable, une vraie communion avec lui. C’est ce travail que le Seigneur entreprend vis-à-vis du pécheur coupable pour l’amener à reconnaître son péché, mais aussi vis-à-vis du croyant qui a péché et qui a ce péché sur sa conscience, ce qui a interrompu sa communion avec le Seigneur. Le Seigneur ne veut pas le laisser dans cet état et dans son amour il peut permettre des circonstances éprouvantes dans la vie pour amener ce croyant à se repentir. La repentance c’est le jugement que l’on porte sur soi-même, un jugement qui est selon le témoignage de Dieu. On ne se convertit pas plusieurs fois, on ne se convertit qu’une fois dans sa vie, mais on peut être amené à se repentir souvent.

    À la fin du chapitre on voit qu’il y a plusieurs caractères qui animaient Joseph, mais on a souligné celui-là au v. 18 : « moi je crains Dieu ». Les frères sont amenés à confesser leur culpabilité concernant ce crime vis-à-vis de Joseph, mais ils ne le font qu’entre eux. Cette démarche, ce travail du Seigneur, est un travail par étapes, progressif. La main de Joseph devra s’appesantir sur ses frères, on le verra dans la suite, jusqu’à ce qu’ils arrivent à une véritable confession. Mais là, comme on l’a dit, il y a la première étincelle à laquelle le cœur de Joseph est très sensible et qui l’amène à pleurer, peut-être aussi de déception parce que Ruben essaye de se disculper.

    Ensuite Joseph renvoie ses frères mais il veut qu’ils ramènent Benjamin. C’est ce qui prouvera qu’ils ne sont pas des méchants, mais qu’il y a un travail dans le fond de leur cœur. « À ceci je connaîtrai que vous êtes d’honnêtes gens : Laissez auprès de moi l’un de vos frères, et prenez du blé pour la faim de vos maisons, et allez-vous-en. Et amenez-moi votre plus jeune frère » (v. 33 et 34). Joseph avait fait remettre l’argent dans les sacs de blé. Lorsque dans le caravansérail ils ont ouvert leurs sacs, ils ont retrouvé l’argent et cela les a remplis de désarroi, se demandant ce que signifiait cette chose qu’on ait remis l’argent dans leurs sacs. Ils n’ont pas compris – ils ne pouvaient pas le comprendre – que tout ce que le Seigneur donne, ce que Joseph donnait, était gratuit pour ses frères dans son amour. Tout ce que le Seigneur nous donne est gratuit. Nous n’avons rien à payer. La seule chose, c’est de reconnaître que nous avions une dette et que lui a payé cette dette.

    À la fin du chapitre lorsqu’ils arrivent près de Jacob, nous voyons l’attitude de Jacob qui s’aperçoit que Siméon manque – il a été retenu par Joseph – et il n’a pas la façon dont devrait parler un croyant qui se soumet. Il dit : « Toutes ces choses sont contre moi » (v. 36). Peut-être que d’ailleurs ces choses étaient bien un peu contre Jacob et que Dieu voulait aussi parler à Jacob parce que Jacob avait un passif très ancien vis-à-vis de Dieu. Peut-être que Dieu permettait ces circonstances aussi pour parler à Jacob.

    Depuis que les frères de Joseph sont revenus en Égypte, nous voyons au début du chapitre 42 que Joseph reconnut ses frères et eux ne le reconnurent pas. Jusqu’à la fin du chapitre 44 qu’est Joseph pour ses frères ? Un homme riche, puissant, étranger, qui avait pouvoir de porter des ressources à leur famine, et plus encore, Joseph est pour eux un ennemi. Mais Joseph ne cherche pas à démentir cela puisqu’il est dit au chapitre 42 que « Joseph vit ses frères, et les reconnut ; et il fit l’étranger vis-à-vis d’eux, et leur parla durement » (v. 7).

    Nous voyons que lorsqu’ils reviennent vers lui pour la deuxième fois, ils ont peur, ils disent : « C’est à cause de l’argent qui fut remis dans nos sacs au commencement, que nous sommes emmenés, pour qu’on se jette sur nous, et pour qu’on tombe sur nous, et pour qu’on nous prenne comme serviteurs, avec nos ânes » (v. 18). Et pourtant quels étaient les sentiments de cœur de Joseph pour ses frères. C’est tout à fait en contraste avec cela.

    Posons-nous la question : « Nous arrive-t-il, ou arriverait-il à un enfant de Dieu, de penser que Dieu est son ennemi ? Dans un sens Jacob ne va pas jusque-là parce qu’il dit : « Toutes ces choses sont contre moi ». Mais cependant il manifeste bien qu’il ne comprend pas le but et la cause des épreuves qui sont tombées sur lui depuis longtemps et spécialement dans ce moment-là. Alors posons-nous la question : Dieu se constitue-t-il effectivement l’ennemi des siens dans telle ou telle circonstance ?

    Il y a deux versets que nous pouvons lire brièvement. L’un dans le livre de Job au chapitre 30 : « Je crie à toi, et tu ne me réponds pas ; je me tiens là, et tu me regardes ! Tu t’es changé pour moi en ennemi cruel ; tu me poursuis avec la force de ta main » (v. 20 et 21). Voilà dans la situation où se trouvait Job, les pensées qui remplissaient son cœur, peu avant le moment où il va s’arrêter de parler – c’est au chapitre 31 qu’on lit « Les paroles de Job sont finies » (v. 40) – et alors Élihu lui parlera, puis l’Éternel lui parlera lui-même.

    On trouve plus loin dans le livre de Job, le travail qui s’est effectué dans son cœur et la bénédiction qui a suivi. Lorsque quelqu’un, et c’est sûrement un croyant, se trouve placé dans cette situation dans laquelle il pense que Dieu est contre lui, n’est-ce pas justement que le moment est proche où Dieu va réellement le bénir sous réserve qu’il cède devant Dieu et ouvre son cœur à cette repentance dont on a déjà parlé ?

    En Ésaïe 63. 7 à 10, c’est saisissant parce qu’on y voit à la fois les pensées intérieures du cœur de Dieu à l’égard des siens et cette attitude extérieure qu’il prend lui-même : « Je rappellerai les bontés de l’Éternel, les louanges de l’Éternel, selon tout ce dont l’Éternel nous a comblés, et les grands bienfaits envers la maison d’Israël, dont il l’a comblée selon ses compassions et selon la multitude de ses bontés. Et il dit : Certainement ils sont mon peuple, des fils qui ne mentiront pas ; et il est devenu leur sauveur.

    Dans toutes leurs détresses, il a été en détresse, et l’Ange de sa face les a sauvés ; dans son amour et dans sa miséricorde il les a rachetés, et il s’est chargé d’eux, et il les a portés tous les jours d’autrefois ; mais ils se rebellèrent et contristèrent l’Esprit de sa sainteté, et il se changea pour eux en ennemi ; lui-même, il combattit contre eux ».

    Il est saisissant de voir comment Dieu aime à rappeler en termes très touchants de quelle manière il a agi à l’égard de son peuple pour lui faire du bien, et même cette expression si évocatrice de ce qu’a été Christ : « Dans toutes leurs détresses, il a été en détresse ». Mais à cause de la désobéissance de son peuple, il a dû changer d’attitude extérieurement et on voit cette expression : « il se changea pour eux en ennemi ». Si bien que la Parole de Dieu nous montre par ces versets que le cœur de Dieu ne change pas. Ses compassions sont nouvelles chaque matin (Lam. de Jérémie 3. 22 et 23).

    Mais il peut arriver qu’à cause même de l’attitude de l’un ou l’autre et de la rébellion qui peut se manifester dans nos cœurs, Dieu doive prendre cette attitude comme l’a fait Joseph dans cette circonstance, d’être contre eux plutôt que pour eux. C’est un appel solennel pour chacun de nous. S’il y avait quelqu’un qui soit prêt à se tourner vers Dieu et à lui dire : « tu es mon ennemi en quelque sorte, en raison des circonstances, c’est insupportable ce que tu as fait à mon égard », qu’il sache que les compassions de Dieu pour lui seront aussi grandes que celles qui sont manifestées dans ces versets que nous avons lus et que le chemin que Dieu trace pour lui, c’est qu’il se tourne délibérément vers celui dont il se défie en quelque sorte, pour se confier en lui et en sa bonté.

    On peut remarquer aussi que Joseph même lorsqu’il doit maintenir à leur égard cette attitude non seulement de réserve mais d’accusation, – puisqu’il leur dit : « vous êtes des espions », oui « vous êtes des espions » -, il ne cesse pas cependant de leur donner libéralement et d’user de miséricorde envers eux, puisqu’on voit qu’après avoir gardé enfermés ses dix frères pendant trois jours, alors qu’il leur avait dit : « Envoyez l’un de vous, et qu’il aille chercher votre frère ; et vous, vous serez liés », il leur dit à ce moment-là : « moi je crains Dieu », vous serez tous libres, vous pouvez partir. Emportez de la nourriture pour vos maisons. Je garderai seulement Siméon jusqu’à ce que vous reveniez avec votre frère.

    On trouve une pensée semblable dans le même sens dans le premier verset de notre lecture : « Et la famine pesait sur le pays ». Il y a l’attitude de Joseph qui nous rappelle cette attitude que Dieu peut prendre à l’égard même des siens, se constituant leur ennemi, et puis il y a les circonstances que Dieu permet pour nous amener à une pleine confession.

    Cette expression « la famine pesait sur le pays » nous fait penser à ce que David exprime au Psaume 32. 3 et 4 : « Quand je me suis tu, mes os ont dépéri, quand je rugissais tout le jour ; car jour et nuit ta main s’appesantissait sur moi ; ma vigueur s’est changée en une sécheresse d’été ». On voit bien dans ce qui est devant nous, comment Dieu faisait s’appesantir sa main sur ces dix frères pour les amener à une réelle confession. C’est bien le but de Dieu.

    C’est ce qu’exprime aussi David dans ce même Psaume 32 : « Je t’ai fait connaître mon péché, et je n’ai pas couvert mon iniquité ; j’ai dit, Je confesserai mes transgressions à l’Éternel ; et toi, tu as pardonné l’iniquité de mon péché ». Il ne peut pas y avoir un pardon complet et un pardon dont on jouit, sans qu’il y ait une pleine confession. Si Dieu fait peser sa main sur nous, sur les siens, comme aussi il peut la faire peser sur un incrédule, sa main, c’est pour nous amener à une pleine confession, une pleine repentance et ensuite à un salut complet.

    Donc Israël est convaincu, on dirait même obligé, d’accepter le fait de se séparer de Benjamin. En somme son acceptation se marque par cette phrase : « Et moi, si je suis privé d’enfants, j’en serai privé ». C’est donc une dépendance de sa part devant les évènements. Mais malgré tout il y a une chose tout à fait positive, c’est que Israël – notez le nom Israël, ce n’est plus Jacob dont on parle – remet les choses au Dieu Tout-puissant, El-Shaddaï. Il se tourne vers Dieu dans cette circonstance pour lui hasardeuse, pour lui risquée, et une chose peut-être moins bonne, c’est qu’il souhaite apporter des présents à l’homme.

    Certes apporter des présents est une coutume habituelle en Orient, mais rendez-vous compte que ces présents dans cette circonstance étaient bien dérisoires puisqu’il s’agissait d’un peu de baume, un peu de miel, des épices et de la myrrhe, des pistaches et des amandes. Alors dans des circonstances plus glorieuses, plus favorables, plus spirituelles, ces éléments ont leur valeur, mais dans ces circonstances, c’était dérisoire par rapport aux biens essentiels qui étaient nécessaires, c’est-à-dire du blé et du blé en abondance.

    Alors on peut noter une propension à ce qu’on paye, pour ainsi dire, les bienfaits de Dieu. Cette propension est confirmée par le fait qu’il fallait prendre d’autre argent dans les sacs des frères. Mais on est consolé en considérant que Jacob, Israël dans cette circonstance, s’en remet au Dieu Tout-puissant, ce Dieu Tout-puissant qu’il a connu à Béthel, même imparfaitement, et qu’il a connu au gué de Jabbok.

    Ce que nous lisons à la fin du chapitre 42 et au chapitre 43 nous montre bien la nécessité qu’il y avait à ce que ce travail de conscience se poursuive, s’approfondisse, dans les frères de Joseph et aussi se fasse dans Jacob. On a vu que Joseph, même s’il avait entendu ses frères parler entre eux et qu’il y avait un début de prise de conscience de leur responsabilité, de ce qu’ils avaient fait, néanmoins il fait lier Siméon et après les avoir gardés, il les a renvoyés, tout en remettant leur argent dans leurs sacs pour que ce travail continue.

    On a rappelé aussi que Dieu se sert des circonstances elles-mêmes – la famine pèse sur le pays – pour que tout cela contribue à ce travail qu’il désirait faire à la fois dans les frères de Joseph et aussi dans Jacob. Il y a là un enseignement très important pour nous. Il y a bien des moments où nous ne comprenons pas. Pourquoi ? Les difficultés en quelque sorte se renforcent, ou se renouvellent. Alors peut-être même qu’il y a eu un moment de soulagement. Là les frères de Joseph ont pu quand même rapporter du blé, ils ont pu manger un certain temps et ils en ont profité tant qu’il y avait du blé dans leurs sacs, mais ils ont vu au fur et à mesure la quantité qui diminuait et la famine continuait, se renforçait. On peut penser qu’ils auraient pu espérer que la famine s’arrête, que ce serait simplement un temps.

    Puis voilà qu’au contraire, ça continue. Et donc il faut bien envisager de repartir en Égypte. C’était la seule solution pour trouver du blé. On voit comment ils s’adressent de nouveau à leur père et même Jacob est bien obligé de constater et on voit qu’il discute lorsqu’au début du chapitre 43 nous lisons : « Et il arriva, lorsqu’ils eurent achevé de manger le blé qu’ils avaient apporté d’Égypte, que leur père leur dit : Retournez, achetez-nous un peu de vivres ». Même Jacob se rend compte qu’ils ont à y retourner.

    Là on voit ce que Juda lui dit : « Cet homme nous a expressément protesté, disant : Vous ne verrez pas ma face, à moins que votre frère ne soit avec vous ». On voit Jacob qui discute, pourquoi lui avez-vous dit cela, etc. comme si cela pouvait changer quelque chose. Finalement il se soumet. C’est aussi par les circonstances que l’état des cœurs de chacun est manifesté. On a vu déjà que Ruben avait dit : « Tu feras mourir mes deux fils » etc. Chacun est révélé dans ce qu’il est.

    Tout cela Dieu le permet aussi, si on en fait une application pour nous, pour manifester ce qu’il y a vraiment dans nos cœurs, pour nous amener aussi à vraiment réaliser qu’il n’y a pas d’autre solution que de se tourner vers lui, de revenir à lui. C’est ce qui va se faire progressivement chez eux. Les frères de Joseph et Jacob comprendront petit à petit.

    Cela fait penser aussi à ce qui nous est dit concernant le fils prodigue lorsqu’il était dans le pays où il s’est retrouvé sans ressource. Quand il a eu faim, qu’a-t-il fait ? Il n’a pas envisagé de revenir tout de suite chez son père. Il a cherché à manger même des gousses qui étaient données aux cochons. Il cherchait à s’en sortir par lui-même, à trouver une solution. Il nous est dit simplement que c’est quand il a péri de faim que finalement il a pensé à retourner vers son père. Est-ce que nous ne sommes pas tous un peu comme cela ? Lorsque Dieu permet des difficultés pour parler à nos cœurs, à nos consciences, eh bien, non ! Au bout d’un certain temps un travail commence à se faire. Nous sentons que quelque chose ne va pas jusqu’à ce que vraiment nous acceptions de nous laisser sonder à fond, de réaliser la gravité de ce que nous avons fait, d’apprendre vraiment la leçon que le Seigneur veut nous faire apprendre.

    Bien souvent, cela peut prendre du temps – on le sent bien, expérimentalement – avant que nous réalisions vraiment que la seule solution c’est d’accepter ce que Dieu permet, de se soumettre vraiment et alors d’être disposé à apprendre ce qu’il veut nous faire apprendre en lui faisant confiance. On voit que ce que Jacob dit ici : « Et moi, si je suis privé d’enfants, j’en serai privé ». Il accepte la situation, forcé, en quelque sorte, mais déjà il accepte. Ainsi, on voit que c’est à cause du poids des circonstances mais il n’avait pas le choix finalement.

    Quelquefois Dieu doit aller jusque-là aussi pour nous, pour que nous n’ayons plus d’autre solution, pour que véritablement nous entrions dans le chemin qu’il a préparé pour nous faire du bien à la fin. Jacob ne le savait pas encore, il découvrira par la suite que toutes ces choses qui lui paraissaient contraires, Dieu allait les transformer en bénédictions. Que cela puisse aussi nous encourager parce que nous traversons peut-être des circonstances difficiles qui se renouvellent. Faisons confiance à notre Dieu qui nous aime, même si nous ne comprenons pas sur le moment. Il veut amener toutes choses à bonne fin, pour sa gloire et pour notre bien.

    On n’insistera sans doute jamais trop sur la nécessité du travail intérieur. Dans le Psaume 39 il est dit que « l’homme se promène parmi ce qui n’a que l’apparence » (v. 6). Souvent on s’occupe dans le monde de l’extérieur sans s’occuper de ce qu’il y a à l’intérieur. Quand il y a un conflit entre les hommes, au bout d’un moment on s’explique, on passe l’éponge et puis c’est fini. Notre Seigneur ne désire pas cela. « Tu veux la vérité dans l’homme intérieur » (Ps. 51. 6).

    À Samuel l’Éternel dira : « l’Éternel ne regarde pas ce à quoi l’homme regarde, car l’homme regarde à l’apparence extérieure, et l’Éternel regarde au cœur » (1 Sam. 16. 7). Le Seigneur désire que le travail se fasse dans nos cœurs, avant que simplement il y ait un changement de comportement. La plupart des nouvelles traductions ont banni le côté repentance. Chaque fois que vous avez le mot repentance, il est dit changement de disposition, changement de comportement. C’est grave parce qu’un changement de comportement, c’est un changement extérieur. Et c’est un travail intérieur qui est justement dans le terme repentance.

    Au sujet de la repentance, on a parlé du fils prodigue. Il est entré en lui-même : « étant revenu à lui-même ». Dieu fait plus en nous que par nous. Combien c’est important pour les frères de Joseph comme pour nous, que toute situation ne soit pas réglée extérieurement, que ce soit des situations personnelles, que ce soit des situations entre frères dans le rassemblement, mais que les choses soient amenées à leur racine, à leur source, pour que les choses soient réglées en profondeur. Nous avons un Seigneur qui nous aime en profondeur, qui nous aime intérieurement et qui désirerait qu’en effet il y ait la vérité dans l’homme intérieur.

    Celui que nous voyons entrer en scène, c’est Juda. C’est surtout lui qui va maintenant parler. Voilà un homme qui va s’engager, pensant maîtriser la situation. Il dit quand même : « Moi, je réponds de lui », sans se rendre compte que tout allait lui échapper complètement. C’est la prétention de la chair qui s’engage tout en se basant sur ses capacités, sur sa bienveillance. Moi, je suis bien capable de faire cela. Est-ce que d’autres n’auraient pas fait cette même expérience que j’ai faite bien souvent quand je me suis engagé en disant : « Tu peux compter sur moi » ? Est-ce que ça ne vous est pas arrivé de dire cela ? En général le Seigneur a fait en sorte qu’on ne puisse pas compter sur moi justement comme j’avais dit qu’on pouvait le faire. C’est ce que Juda va apprendre.

    Puis il y a aussi un cadeau. Le cadeau dont on a parlé tout à l’heure est quelque chose qui montre que l’homme dans la chair voudrait encore apporter quelque chose alors que le Seigneur désire nous placer sur le seul terrain sur lequel il peut nous bénir, le terrain de sa surabondante grâce. Le frère Mackintosh a écrit : « Plus nous réalisons notre état désespéré devant le Seigneur, plus nous réalisons en même temps les ressources immenses de la grâce de Dieu ».

    Qu’est-ce qui fait que je ne réalise pas toujours l’immensité de la grâce de Dieu à mon égard ? C’est que j’ai quelques prétentions, parce que je pense peut-être que je puis apporter quelque chose à Dieu, parce que je pense que ce que j’ai fait, ai été le moyen de la conversion de quelqu’un, peut-être qu’il y a quelque chose où le Seigneur a été avec moi et alors je veux en tirer du bénéfice. Et alors le Seigneur est obligé de briser cela.

    Nous ne voyons pas Joseph faire le moindre cas du cadeau, nous ne le voyons pas remercier pour le cadeau. On dira : c’est la moindre des choses de remercier pour un cadeau. Nous ne voyons pas du tout que Joseph remercie, il n’en parle même pas. Il faudra qu’ils soient débarrassés de toute prétention à fournir quoi que ce soit. Compter sur la seule grâce de Dieu, ne nous attendre qu’à cela, étant mis de côté, ce que la chair n’aime pas, pour que l’excellence de sa grâce soit souveraine et d’abord dans nos cœurs.

    Israël dit : « Pourquoi m’avez-vous fait le tort de déclarer à l’homme que vous aviez encore un frère ? » Les frères de Joseph doivent avouer qu’ils y ont été contraints. Dans ce cas il était bien question d’une contrainte extérieure par les questions de Joseph. Mais est-ce que cela ne nous parle pas du fait qu’on ne peut rien cacher à Dieu ? On essaye souvent dans nos circonstances de cacher certaines choses à Dieu, mais on ne peut rien Lui cacher. Il arrive un moment où Dieu nous amène à confesser et à déclarer tout ce qui nous concerne.

    Une remarque au sujet de ce présent, de ce cadeau que Jacob envoie en Égypte. Certes il ne semble pas que Joseph en ait fait cas. Mais il y a dans ce présent des choses qui touchent nos cœurs. La première chose qui est mentionnée, c’est le baume. On utilisait le baume lorsqu’il s’agissait de panser des plaies. Il y avait là une plaie qui durait depuis plus de vingt ans, une plaie qui commençait à être pansée et une plaie qui allait être bientôt guérie. Et puis il y a du miel. Le miel nous parle des affections naturelles, des affections qui sont justes devant Dieu et qui ont leur place. Les affections d’un père à l’égard d’un fils qu’il avait perdu, et d’un autre fils qu’il devait envoyer, étaient bien là tout entières. Et les épices, on peut y voir ce qui est nécessaire pour donner un peu de saveur à la vie.

    Je voudrais m’arrêter aussi sur la myrrhe. Nous savons ce qu’est la myrrhe. Elle nous parle des souffrances, des souffrances que le Seigneur a connues aussi et aussi des souffrances que nous pouvons connaître. Il me semble qu’elles nous parlent à la fois des souffrances de Joseph et des souffrances de Jacob, ces souffrances qui allaient avoir leur terme lorsque Joseph pourrait se jeter au cou de son père. Si effectivement ce présent n’est rien à côté de la nourriture que les frères de Joseph devaient aller chercher, et si Joseph n’en parle pas – il ne pouvait pas en parler, me semble-t-il devant ses frères dans ce chapitre – n’y a-t-il pas un sens profond pour nous dans ce que Jacob, peut-être sans en avoir conscience – a envoyé à Joseph ?

    Nous avons parlé des côtés moraux que nous trouvons dans ce chapitre. Nous voyons comment Dieu regarde les choses, que Dieu voit tout, que tout est dans sa main et aussi ce que nous devons apprendre pour nous de cette histoire. Nous avons encore une couche qui est plus basse. Il y a différents niveaux que nous trouvons ici. Nous avons parlé du niveau moral, nous avons parlé aussi un peu du niveau prophétique parce qu’il y a aussi beaucoup de prophéties dans ces pages – on a parlé déjà de Dieu qui a envoyé son Fils, le Fils qu’il va rechercher plus tard, cela arrivera aussi avec un résidu du peuple juif, du peuple d’Israël, tout cela c’est un côté prophétique.

    Mais il y a aussi cette couche toute normale. Joseph est un homme, un homme humble, mais très élevé. Il a des sentiments humains, il a des pensées, il a des attitudes. Donner un présent, c’est pour honorer cet homme en Égypte. C’est peut-être aussi pour le rendre plus prêt à comprendre l’état, les circonstances des dix hommes qui arrivent. Il y a aussi ce côté qu’ils rapportent l’argent. C’est normal, oui, c’est normal, mais il faut faire attention car c’est quelque chose que nous apprenons nous aussi.

    Quand nous avons une dette, quand il y a quelque chose qui ne va pas comme il faut dans notre vie de tous les jours, il peut y avoir aussi ces aspects. Ils apportent l’argent, ils apportent encore autre chose puis ils confessent aussi – Jacob le dit – que peut-être c’était une erreur. C’est aussi une manière de s’approcher de quelqu’un. Il y a des choses très simples aussi que nous apprenons en cela, aussi quant à notre attitude.

    Jacob pense et il dit : « peut-être était-ce une erreur ». Nous avons aussi cette pensée : est-ce que nous trouvons toujours déjà dans l’autre une faute, une culpabilité ? Est-ce que nous ne voyons pas non plus quelquefois aussi, et nous devrions le voir, qu’il y avait une erreur, c’est quelque chose qui s’est passé sans que l’autre l’ait voulu. Ce n’est pas exprès qu’il a fait cela.

    Il y a aussi des choses toutes simples qui se trouvent dans ce texte et qui sont aussi, je trouve en tout cas, de toute beauté, cette façon d’agir les uns avec les autres, cette façon de Jacob, cette façon de Joseph qui sait ce qu’il va faire et comment il le fait. Nous avons bien sûr compris que sur le plan moral, cela nous donne un enseignement très spécial et très élevé. Mais aussi au niveau humain, nous trouvons des choses très intéressantes à bien comprendre et à retenir : la façon dont Joseph a parlé à ses frères, la façon de leur montrer son affection – il les invite – ils n’ont pas encore compris et pourtant il veut montrer quelque chose de son amour, de son cœur. C’est pour cela qu’il les invite à ce repas. Nous voyons aussi dans les choses que nous trouvons dans l’Écriture, le côté historique et le côté normal que Dieu nous présente aussi.

    Les amis auront remarqué que dans plusieurs interventions a été prononcé le mot « circonstances » et un jour nous avons médité sur la manière dont Dieu parle à chacun. On a dit que dans les temps anciens, Dieu parlait directement à des hommes pieux et même il en avertissait d’autres. Et puis il y a une deuxième méthode, une deuxième manière dont Dieu parle, c’est quand on acquiert la conviction que la pensée de Dieu est telle ou telle. Il y a une troisième façon, si j’ose dire, c’est les circonstances.

    À vrai dire on devrait plutôt dire la providence de Dieu. Les circonstances, en tout état de cause, doivent nous parler. Nous devrions être attentifs aux diverses circonstances de la vie telles que ces circonstances se sont imposées par exemple aux frères de Joseph et se sont imposées à Jacob. Nous devrions être attentifs aux circonstances de la vie. Alors faut-il se laisser guider par les circonstances ?

    De temps en temps elles sont irrépressibles et donc on ne peut faire autrement, mais il est des circonstances qui sont telles qu’on ne doit pas les considérer comme un feu vert de Dieu pour continuer dans tel ou tel chemin. En tout état de cause, ces circonstances – on ferait mieux de dire la providence de Dieu – pourvoient à la manière dont nous devons agir quand peut-être par manque de piété, de consécration, nous ne comprenons pas directement la pensée de Dieu.

    On a déjà évoqué le fait que Dieu s’occupe des siens. Et dans les circonstances justement que nous voyons et que la Parole de Dieu nous décrit, il y a plusieurs personnes qui sont en cause. N’est-il tout à fait saisissant de voir que Dieu sait s’occuper de tous les participants ensemble ? Il a un dessein à l’égard de chacun d’eux et l’ensemble de ses voies qui s’exercent à l’égard de l’un, à l’égard de l’autre, fait partie de quelque chose qui est pour nous mystérieux, et qui est parfait parce que c’est Dieu qui l’opère et qui aura des résultats pour l’un, pour l’autre, pour l’ensemble, sans que nous soyons capables de discerner la manière dont Dieu agit réellement.

    Il y a plusieurs expressions dans la Parole qui nous montrent ce côté mystérieux des voies de Dieu, en particulier une expression dans l’Ecclésiaste qui nous montre que l’homme ne peut pas comprendre réellement la manière dont Dieu agit à l’égard des hommes. Mais ici nous avons en particulier Jacob ou Israël et ses fils : Joseph inconnu à ce moment-là et de son père et de ses frères, et les frères de Joseph, d’abord les dix frères plus âgés, et puis aussi Benjamin.

    On voit seulement Jacob d’un côté, et les dix frères de l’autre. On a dit que certainement Dieu agissant par le moyen de Joseph à l’égard des dix frères, s’occupait aussi de Jacob et qu’il y avait sans doute des motifs anciens pour cela. Il y avait la conduite de Jacob autrefois et la manière dont Dieu avait dû lui parler. Il semble qu’il y ait une très grande différence dans l’attitude de Jacob qui à ce moment-là, dans ce qui est devant nous dans ce chapitre, est appelé non plus Jacob, mais Israël et puis l’état des frères de Joseph, y compris Juda qui a commencé à parler à son père d’une manière qui va en quelque sorte être constructive, malgré tous ces caractères qu’il manifeste.

    On se souvient que Dieu avait parlé à Jacob, en particulier à Peniel. C’est à Peniel qu’il lui a dit : « Ton nom ne sera plus appelé Jacob, mais Israël » (Gen. 32. 28). Ici justement on voit que Jacob passe de l’état dans lequel il est appelé jusque-là Jacob au moment où l’Esprit de Dieu change et l’appelle Israël. Il me semble que Jacob est plutôt ici l’image de quelqu’un qui est soumis à l’épreuve, mais plutôt c’est sa foi qui est mise à l’épreuve car Jacob a toujours été un homme de foi.

    Sa foi était terriblement mise à l’épreuve. C’est ce qui s’exprime dans cette parole : « Vous m’avez privé d’enfants, Joseph n’est plus, et Siméon n’est plus, et vous voulez prendre Benjamin ! Toutes ces choses sont contre moi ». Il ne s’arrêtera pas là puisqu’on voit aussitôt après qu’il s’en remet effectivement au Dieu Tout-puissant. Il semble que déjà là le travail dans le cœur d’Israël que Dieu voulait opérer, a trouvé son accomplissement.

    Il est assez saisissant de voir que jamais on ne voit dans la bouche de Jacob – Israël quelque parole que ce soit qui exprime la défiance ou la crainte ou la peur vis-à-vis de l’homme dont ses fils avaient peur. Il en parle effectivement sous le nom de « l’homme », mais on ne voit jamais qu’il l’incrimine en quelque sorte cet homme et parle de sa dureté. Pourquoi ? Cela ne nous est pas dit mais il semble que c’est caractéristique cependant de l’attitude d’Israël en contraste avec celle de ses fils.

    Il faudra que le travail de Dieu se poursuive, on va le voir par la suite, avec la nouvelle intervention de Joseph, la nouvelle mise à l’épreuve, alors que pour Jacob déjà le chemin de la délivrance est en quelque sorte ouvert. N’y a-t-il pas là justement cette différence qu’il y a dans l’épreuve que nous pouvons rencontrer, dans laquelle le cœur est souvent disposé à se confier en Dieu, peut-être à la suite justement d’autres épreuves qui ont porté leur fruit, qui peuvent conduire à une épreuve très profonde sans qu’il y ait nécessairement de péché à confesser comme c’était le cas pour les dix frères de Joseph ?

    Ne pensons pas du tout que si quelqu’un rencontre une très grande épreuve, il y ait nécessairement un péché à confesser, si importante que soit l’instruction que nous trouvons dans ces chapitres à ce sujet. Il me semble qu’à l’égard de Jacob, la question de sa relation avec Dieu, et de sa discipline à son sujet avait déjà trouvé sinon sa fin, du moins son étape décisive à Peniel. Alors que pour les frères de Joseph, au contraire, tout était à faire et c’est ce que nous allons voir dans ce qui suit.

    Je termine simplement en rappelant cette parole que j’ai entendue il y a bien longtemps d’un frère qui méditait sur ce passage et qui relisait ce verset des paroles de Jacob en disant : « Toutes ces choses sont contre moi » et il ajoutait : « il n’avait jamais été aussi près de ne pas perdre Benjamin, de retrouver Siméon, mais aussi de retrouver Joseph ».

    Quand nous lisons ces chapitres 42, 43 et même 44, nous voyons effectivement tout ce travail qui s’opère dans le cœur des frères de Joseph. Il a bien été souligné que c’était un travail intérieur, profond, qu’il fallait qu’ils reviennent sur eux-mêmes. Il est frappant d’ailleurs en lisant ces chapitres de constater que ce qui est le sujet du retour des frères de Joseph vers Joseph, dans le pays d’Égypte, c’est le manque de nourriture pour ce qui les concerne personnellement, alors que depuis deux ans, Siméon est prisonnier et lié dans la maison de Joseph. On ne voit pas les frères de Joseph ni leur père dire : il faudrait quand même qu’on s’occupe de Siméon, qu’on aille vers lui pour le délivrer et le retrouver. Non, le motif principal, c’est leur propre état et c’est là où le Seigneur travaille dans les cœurs.

    Il est frappant aussi quand nous lisons ce chapitre 43 de lire ce verset 10 : « si nous n’avions pas tardé, certes nous serions déjà revenus deux fois » qui souligne l’importance de ne pas laisser passer le temps et de ne pas laisser en arrière ce qui doit être réglé. On pense à cette expression que les anges ont adressé à Lot quand il quittait Sodome en Genèse 19 : « Hâte-toi de te sauver » (v. 22). Il y a des choses qu’il convient de faire à la hâte. Autant nous avons besoin de considérer la patience de Dieu et de savoir manifester cette même patience dans bien des circonstances, autant il y a des circonstances où il convient de ne pas tarder.

    Le travail qui s’opère chez les frères de Joseph, est un travail difficile, dur. Nous pouvons bien penser, et nous l’avons éprouvé lorsque nous sommes amenés à passer par de telles circonstances, un tel travail de cœur, à toute la souffrance que cela peut entraîner dans chacun de nos cœurs. Nous pourrions peut-être dire : mais nous allons être découragés de passer par de telles circonstances, mais nous sommes est obligés de descendre encore une marche, de confesser encore quelque chose. C’est extrêmement douloureux et c’est vrai.

    Une fois encore, nous avons besoin de ne pas nous nourrir de nous-mêmes, ni de nos circonstances, ni de ce qu’il y a dans nos cœurs, encore moins de nos pensées. Nous avons pour nous encourager dans ce chapitre aussi l’attitude de Joseph. Joseph est un type de Christ absolument remarquable. Il y a tout ce que Joseph opère et c’est bien ce qui nous permet de retrouver la jouissance de la communion avec Lui. On l’a dit, ce qui est le plus important, ce n’est pas ce que nous faisons, c’est ce que le Seigneur opère en nous.

    Si nous lisons ces chapitres 42, 43 et 44, nous voyons tout ce travail de Joseph. Il y a tout d’abord, on pourrait dire, le travail caché de Joseph, que ses frères ne discernent pas, mais qui est là, présent. Dans ce travail caché il y a à deux reprises : « Joseph pleura ». Joseph pleure au chapitre 42. 24, il se détourne d’auprès d’eux ; au chapitre 43 également « Joseph se hâta, car ses entrailles s’étaient émues, envers son frère, et il cherchait où pleurer ; et il entra dans sa chambre, et y pleura » (v. 30).

    Ces pleurs de Joseph sont une manifestation de l’immensité de l’amour que Joseph avait pour ses frères. Mais c’était un temps où cet amour de Joseph pour ses frères ne pouvait pas être manifesté publiquement. Nous devons toujours être pleinement convaincus que l’amour du Seigneur Jésus pour nous est un amour qui demeure. C’est un amour qui se manifeste.

    Et puis dans ce chapitre 43 il y a comme on l’a souligné, Joseph qui accueille ses frères. Il y a d’abord le préposé sur la maison de Joseph qui va s’occuper du bétail, qui va s’occuper des frères de Joseph, qui va leur parler et qui rend un témoignage remarquable parce qu’on voit combien Joseph était quelqu’un de fidèle, puisque même son serviteur peut parler de « votre Dieu et le Dieu de votre père » (v. 23).

    C’est un premier pas : le préposé s’occupe, s’intéresse et répond aux besoins des frères de Joseph. Et puis Joseph va recevoir ses frères. Où va-t-il les recevoir ? Est-ce qu’il va les recevoir à l’écart ? Non, il les reçoit dans sa maison. Et dans sa maison, que va-t-il faire ? Il va leur donner de l’eau, il va manger avec eux. Quelle grâce de la part de Joseph ! On peut être étonné que Joseph reçoive dans sa maison ses frères et mange avec eux, symbole de la communion, alors qu’il faut attendre le chapitre 44 verset 33 pour entendre la confession de Juda : « Et maintenant, que ton serviteur, je te prie, reste serviteur de mon seigneur, à la place du jeune homme » qui est effectivement le point final où les frères de Joseph reconnaissent leur état.

    Mais alors que le travail est en cours, nous voyons toute cette grâce de Joseph, la grâce du Seigneur, qui dans sa maison reçoit ses frères et leur manifeste son amour et sa communion. Est-ce qu’il n’y a pas là pour nous un encouragement aussi parce qu’au bénéfice de l’œuvre accomplie à la croix, nous sommes rachetés, sauvés, mais quand le Seigneur va venir nous prendre, où va-t-il nous introduire ? Dans la maison de son Père.

    Aujourd’hui les places sont prêtes dans la maison de notre Père pour que nous puissions y être introduits par le Seigneur lui-même et pour que quand nous y serons introduits, nous puissions goûter une parfaite et complète communion avec le Seigneur. Nous avons cela déjà préfiguré dans cette attitude de Joseph à l’égard de ses frères et cela a été sans doute un encouragement pour eux de voir que ce gouverneur qu’ils n’avaient pas encore reconnu – ils n’avaient pas encore discerné qui il était – les recevait d’une telle manière, dans une telle intimité.

    « Joseph pleura ». Bien sûr on pense au Seigneur. Sur la terre, les siens l’ont vu pleurer au tombeau de Lazare, mais jamais le Seigneur n’a pleuré sur lui-même et pourtant le Seigneur a connu les difficultés, les peines et les épreuves et il les a profondément ressenties, mais sans jamais manifester extérieurement la souffrance qu’il avait au plus profond de son cœur. L’amour du Seigneur sondant, éprouvant toute l’aridité du mépris et des souffrances et des coups qu’il a endurés, les a gardés pour lui-même. Les frères de Joseph n’ont pas vu Joseph pleurer, mais ils ont vu quelque chose.

    C’est ce que nous avons lu au chapitre précédent : ils ont vu la détresse de son âme. C’est quelque chose la détresse d’une âme, c’est encore plus profond que les pleurs. Cela encore dirige nos regards vers la Personne du Seigneur Jésus. Il y a eu un moment où le Seigneur Jésus a exprimé la détresse de son âme, à Gethsémané : « Mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort ». Qu’est-ce qui a provoqué cette angoisse dans le cœur du Seigneur ? C’était la vue du péché qu’il allait rencontrer à l’heure de la croix. Est-ce que cette détresse de l’âme du Seigneur ne touche pas nos cœurs, ne les réveille pas, ne les fait pas brûler ?

    Nous sommes sans doute plus souvent dans l’attitude des disciples qui à Gethsémané, près du Seigneur, entendant le Seigneur leur parler, se sont endormis de tristesse. Puissions-nous, contemplant la Personne du Seigneur, entrant toujours davantage dans ce qu’il est dans ses souffrances, avoir des cœurs qui répondent à son amour.

    C’est en grâce que Joseph invite ses frères dans sa maison. C’est le but en effet du Seigneur, de nous introduire dans la maison de son Père. En même temps nous avons quand même le v. 32 qui nous dit : « on le servit, lui à part, et eux à part ». Pourquoi ? Parce que le travail n’est pas fait encore totalement. Si le fait de manger ensemble nous parle de communion, la communion n’est pas encore établie tant qu’ils n’ont pas pleinement reconnu l’ampleur de leur manquement et qu’ils l’aient confessé. Ce détail qui semble être une coutume égyptienne ne nous est pas rapporté en vain.

    C’est qu’il n’y a pas de communion entre le Seigneur et ceux qui ont gravement manqué et qui ne sont pas encore restaurés. Il y a là un enseignement aussi pour nous collectivement. On a souvent voulu faire du repas du Seigneur quelque chose d’individuel uniquement, sans tenir compte de l’état moral en disant : chacun s’éprouve et puis voilà, sans voir cette responsabilité collective et cette communion selon 1 Corinthiens 10, cette communion avec le Seigneur et cette communion entre nous et que nous ne pouvons pas associer la table du Seigneur où l’autorité du Seigneur est reconnue avec un mal, avec quelque chose qui déshonore le Seigneur.

    C’est frappant de trouver des petits flashs de ce qui nous sera donné en 1 Corinthiens 10 déjà ici où ce détail de la coutume égyptienne nous est rapporté, non pas en vain, pour nous montrer que le travail n’étant pas fait totalement encore dans les frères de Joseph, ils ne peuvent pas manger ensemble à la même table et qu’il y a encore cette séparation qui est soulignée dans ce v. 32.

    Nous lisons au v. 16 : « Joseph vit Benjamin avec eux ; et il dit à celui qui était préposé sur sa maison ». Est-ce qu’on peut voir dans cet homme préposé un représentant du Saint Esprit, le serviteur, comme Éliézer était le serviteur d’Abraham ?

    Une autre remarque : s’il y a quelque chose qui a dû frapper ces dix frères de façon extraordinaire, c’est la façon dont Joseph les a rangés autour de la table suivant leur ordre de naissance. Ils ont bien dû se demander comment cet homme étranger, égyptien, savait dans quel ordre ils étaient nés.

    Et puis la portion de Benjamin était cinq fois plus grande. Cela aussi a dû les troubler.

    Ce qui est effectivement frappant dans ces moments où les frères de Joseph sont là devant lui, la première fois, mais peut-être encore plus la deuxième fois, c’est de voir le décalage qui existe entre les pensées des frères de Joseph et celles de Joseph. On voit comment les frères de Joseph se mettent en souci.

    La deuxième fois, on voit qu’ils sont accueillis par Joseph qui les invite à manger à sa table, les fait entrer dans sa maison, les remet aux soins de celui qui est préposé sur sa maison et on voit qu’ils ont peur. Ils pensent qu’on va se jeter sur eux, qu’ils veulent même prendre leurs ânes comme si c’était quelque chose qui pouvait être désirable pour Joseph de leur prendre cela.

    Ils sont beaucoup en souci sur cette question d’argent qu’ils avaient retrouvé. Ils avaient apporté le double d’argent. On voit dans le chapitre 43 qu’ils en parlent plusieurs fois, ils préparent cela puis ils ont leur cadeau qu’ils ont apporté. Voilà tout ce qui les préoccupe. On voit comment ils s’adressent à celui qui était préposé sur la maison pour prévenir les choses en quelque sorte en disant : voyez, effectivement on a bien retrouvé notre argent dans nos sacs, on a apporté le double d’argent etc. On voit tout leur souci, leur préoccupation. Le préposé leur dit : « ne craignez pas… votre argent m’est parvenu ».

    Ce n’est pas cela qui, en fait, calme leur trouble. Il y a tout cela qui remplit leur cœur et puis ces étonnements dont on a parlé : le fait qu’ils soient là à table, ils mangent ensemble mais quand même séparément, ils sont rangés par ordre de naissance, Benjamin a cinq fois plus qu’eux. Des étonnements sont là. Est-ce que tout cela n’est pas aussi quelque chose d’instructif pour nous pour réaliser la façon dont le Seigneur s’occupe de nous et bien souvent il y a aussi ce décalage.

    Nous ne comprenons pas ce que le Seigneur veut faire vraiment. Nous nous mettons quelquefois en souci de beaucoup de choses qui nous paraissent importantes et qui en fait – on le voit bien ici, cette question d’argent qui mettait beaucoup en souci les frères de Joseph – et qui en fait ne sont pas du tout importantes. Par contre ce que Joseph voulait amener comme travail dans le cœur de ses frères, ils passaient à côté de cela. Ils n’en voyaient pas l’importance. Il va falloir – on va le voir dans le chapitre suivant – faire encore quelque chose en cachant sa coupe dans le sac de Benjamin pour que ce travail continue à s’approfondir.

    Dans tout cela, comme leçon pour nous, nous avons besoin d’apprendre vraiment à nous tenir aux pieds du Seigneur pour lui demander : Ce que je ne vois pas, montre-le-moi. On peut être préoccupé de choses qui nous paraissent importantes, qu’il faudrait régler, alors qu’en fait ce n’est pas vers cela que le Seigneur veut diriger notre attention. Il veut nous parler d’autres choses, de choses qui nous concernent peut-être sur d’autres plans sur lesquels nous n’avons pas fait attention et sur lesquels il voudrait nous apprendre des leçons.

    Il est très frappant dans ces chapitres de voir le décalage de pensées qu’il y a entre les frères de Joseph et Joseph lui-même. Bien sûr les frères ne savaient pas qui était Joseph. Joseph connaissait beaucoup de choses. En ce qui nous concerne sachons bien que le Seigneur nous connaît à fond. Bien sûr que Joseph connaissait ses frères, il savait qui était l’aîné, qui était le plus jeune. Le Seigneur nous connaît à fond, il connaît tous les détails de nos vies et il veut placer des choses devant nous pour nous amener quelquefois à juger des choses sur lesquelles nous n’avons pas prêté attention.

    Que nous puissions lui demander de nous éclairer s’il y a des choses que nous ne comprenons pas, des étonnements – les frères de Joseph s’étonnaient de certaines choses. C’est que le Seigneur peut-être veut nous apprendre quelque chose sur d’autres points que ceux que nous pensons être importants.

    Il y avait un très grand décalage entre les pensées de Joseph et celles de ses frères. Et en conclusion pour nous, le Seigneur Jésus nous connaît à fond, il connaît toutes choses. C’est peu de chose de dire, en quelque sorte, qu’il y avait un grand décalage entre les pensées de l’un et des autres. Elles étaient même à l’opposé complètement. Il est saisissant de penser à la manière dont Joseph connaissait ses frères et leurs pensées. En effet il avait vécu avec eux jusqu’à l’âge de dix-sept ans, il avait vécu ces circonstances terribles mentionnées dans le chapitre 37 de la Genèse.

    Et puis quand les frères sont venus vers lui, il les a questionnés, il les a amenés à parler d’eux, de leur père, de leurs circonstances. À un moment donné ils se sont dit : « Certainement nous sommes coupables à l’égard de notre frère ». Ce travail de repentance a commencé en eux. Ils pensaient que Joseph ne comprenait pas. Ils se sont dit : Ça c’est quelque chose que Joseph ne sait pas. Ils pensaient que Joseph ne connaissait rien d’eux. Mais l’Esprit de Dieu est là pour souligner qu’il y avait entre eux un interprète. Il fallait un interprète effectivement pour qu’en parlant comme un homme égyptien à ses frères, ses frères comprennent ce qu’il avait à leur dire.

    Mais Joseph connaissait aussi bien la langue de ses frères qu’eux-mêmes. Rien n’était caché à ses yeux et on voit que c’est à la suite de cette pensée de confession que l’on voit pour la première fois Joseph se mettre à pleurer. Est-ce que nous avons conscience de la manière dont le Seigneur nous connaît ? Plusieurs fois dans l’Écriture nous trouvons cela, la pensée que nous, nous connaissons en partie, notre connaissance est très limitée et pourtant c’est une immense bénédiction que nous ayons été amenés à connaître Dieu.

    Le Seigneur dira : « c’est ici la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jean 17. 3). L’apôtre a cette parole si touchante dans la 1ère épître aux Corinthiens au chapitre 8 versets 1 et 2 : « nous avons tous de la connaissance ; la connaissance enfle [elle produit en nous une certaine conscience de notre capacité en quelque sorte], mais l’amour édifie. Si quelqu’un pense savoir quelque chose, il ne connaît rien encore comme il faut connaître ».

    Ce « il faut » semble mettre devant nous la manière dont Dieu connaît les choses. Un autre passage nous dit que plus tard « je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu » (1 Cor. 13. 12). Ce sera la pleine connaissance que nous n’avons pas encore. Il est ajouté : « il ne connaît rien encore comme il faut connaître ; mais si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de lui ». Ici dans cette expression « est connu de lui » ce n’est pas seulement la connaissance absolue que Dieu a de tous nos faits et gestes et même de toutes nos pensées, mais qu’il nous connaît comme quelqu’un qu’il aime, comme dans une famille on connaît ceux qui nous sont particulièrement attachés.

    Dans le chapitre 42, si nous nous représentons cette scène de l’extérieur, nous voyons un homme plein de gloire et de dignité, revêtu de sa tunique de byssus avec le collier d’or, l’anneau d’or, entouré de ses serviteurs, probablement assis sur un trône et à ses pieds on voit dix hommes hébreux affamés, qui sont venus quémander du blé pour survivre.

    Cet homme devant lequel ils se tiennent reste impassible. Il a l’air insensible à la misère de ces dix hommes qui sont à ses pieds et même il les traite d’espions. Ces hommes essayent de se défendre en disant qu’ils sont d’honnêtes gens et ils expliquent, on ne sait pas pourquoi, la structure de leur famille en disant : il y a un seul père, il y avait douze enfants, dix sont là devant toi, le douzième est resté avec son père et puis le onzième, il a disparu, on ne sait pas ce qu’il est devenu.

    C’est étonnant que ce gouverneur d’Égypte ne demande pas ce qu’est devenu ce onzième frère, mais il maintient son accusation d’espions et il fait enfermer pendant trois jours ces dix hommes. Au troisième jour il les fait sortir et il leur dit : « moi, je crains Dieu » comme s’il leur disait : « Et vous, est-ce que vous craignez Dieu ? Si vous êtes d’honnêtes gens, vous rentrerez chez vous et vous devrez revenir avec votre plus jeune frère ».

    Il garde Siméon comme otage et les neuf frères retournent chez eux avec des sacs pleins de blé et en plus l’argent leur a été rendu. C’est un acte de générosité, de bonté, qui tranche un peu avec l’attitude dure qu’avait eu le gouverneur avec eux et ils sont en plein désarroi, ne comprenant pas ce que cela signifie.

    Il y a une deuxième scène où ils arrivent devant Jacob. Ils font le compte rendu de leur voyage et ils expliquent les exigences de ce gouverneur d’Égypte si sévère, réclamant qu’ils reviennent avec Benjamin. Jacob refuse en disant : « toutes ces choses sont contre moi ». On se rappelle la vie de Jacob qui avait été une vie qui avait nécessité la discipline de Dieu et cette discipline n’est probablement pas terminée. Jacob n’a probablement pas parlé comme devrait parler un croyant qui est éprouvé et qui est soumis. Il s’imagine que Dieu est contre lui. Non, jamais, on l’a vu, jamais Dieu n’est contre un croyant. Par contre il peut susciter des circonstances adverses pour arriver à parler à la conscience de son enfant, comme nous sommes enseignés dans Hébreux 12, pour qu’il puisse participer à sa sainteté.

    Si on voit les choses de l’intérieur, dans les cœurs, on peut voir le contraste qu’il y a entre le cœur de Joseph et le cœur des dix frères. Joseph, c’était lui ce gouverneur, au sommet de sa gloire. Il a reconnu ses frères et il était ému de les voir. Il désirait qu’eux-mêmes participent à l’administration de toutes les bénédictions dont il était l’administrateur. Mais il ne pouvait pas manifester ses sentiments à ses frères parce qu’ils avaient une culpabilité. On voit ces frères lorsqu’ils sont sortis de la prison qui disent entre eux : « Certainement nous sommes coupables à l’égard de notre frère ; car nous avons vu la détresse de son âme quand il nous demandait grâce, et nous ne l’avons pas écouté ; c’est pourquoi cette détresse est venue sur nous » (42. 21). Joseph a entendu ces paroles mais les dix frères ne savaient pas que Joseph comprenait et le cœur de Joseph a été ému. C’était le premier signe, on pourrait dire la première marche, vers un travail de restauration. Malgré sa gloire et malgré le souvenir de ses songes, Joseph n’a pas cherché à écraser ses frères, ni à se venger, mais il était plein d’amour pour eux et il s’occupe d’eux.

    Au chapitre 43 la famine se fait toujours plus pesante et Jacob est obligé de demander à nouveau à ses enfants qui restent, les neuf, dix avec Benjamin, de redescendre en Égypte pour aller chercher du blé. On voit que le cœur de Jacob a évolué en bien et il se décide à laisser partir Benjamin avec les neuf frères pour retourner en Égypte. Jacob prend des dispositions que nous lisons dans le chapitre 43 versets 11 à 14 dont il faut relever l’ordre. Il prépare premièrement des cadeaux, ensuite il prépare l’argent qu’il veut rendre, en dernier il invoque la puissance du Dieu Tout puissant. On aurait peut-être préféré un ordre inverse, mais c’est Jacob, c’est toujours l’homme selon la chair qui prend des dispositions pour, on pourrait dire, acheter par ses propres efforts la faveur de Dieu. Or c’est impossible.

    Les fils arrivent en Égypte, se présentent à nouveau devant le gouverneur qu’ils n’ont toujours pas reconnu et le gouverneur est assisté d’un chambellan, celui qui est préposé sur sa maison, image du Saint Esprit, qui exécute la pensée, la volonté de Joseph, fait entrer les frères dans la maison même de Joseph. Quelle faveur, on pourrait dire et quel honneur et combien cela aurait pu les réjouir ! Mais pas du tout. Cette faveur ne les réjouit pas, au contraire ils sont pleins d’inquiétude. C’est un signe assez marquant de ces frères qui ont sur leur cœur une culpabilité vieille de vingt-deux ans. Leur culpabilité, pesait sur leur conscience depuis le jour où ils avaient commis ce crime contre leur frère. Elle ne les lâche pas et tout ce qui se passe autour d’eux, même ces gestes de générosité de la part de Joseph, les trouble au plus haut point et les remplit de crainte et ils sont remplis de crainte relativement à leur devenir. Le chambellan leur dit : « Paix vous soit, ne craignez pas. C’est votre Dieu et le Dieu de votre père qui vous a donné un trésor dans vos sacs » (v. 23). Qu’en était-il de leurs relations avec Dieu ? Nous ne le savons pas très bien, mais peut-être qu’elles n’avaient pas été toujours très étroites. Ensuite l’homme introduit ces dix frères dans la maison de Joseph, fait laver leurs pieds, et à ce moment-là on les voit qui préparent le cadeau pour l’arrivée de Joseph, s’imaginant encore que ce cadeau aurait une utilité pour toucher l’intérêt et les compassions de Joseph. Combien ils se trompent !

    Joseph arrive et ne pose qu’une question : « Votre père, le vieillard dont vous m’avez parlé, est-il bien ? vit-il encore ? » Il voit Benjamin et il est ému pour la deuxième fois à tel point qu’il se met à pleurer mais il est obligé d’aller cacher ses larmes parce que le moment n’est pas encore venu de se révéler à ses frères. Ce travail de repentance n’est pas terminé. Il le sait bien. Il les fait tout de même entrer dans sa maison, ce qui est un honneur immense et il les dispose d’une certaine façon. Il se met à table. On le sert à part, on sert les Égyptiens à part et on sert les frères à part. Ce qui est remarquable, c’est qu’ils sont disposés par ordre de naissance. Ruben l’aîné d’abord et puis en dernier Benjamin. Et Benjamin reçoit une part cinq fois plus grande que ses frères, montrant l’amour tout particulier de Joseph pour son petit frère Benjamin qui est aussi un type de Christ.

    Il y a des leçons bien sûr à tirer de ces faits, des leçons de deux ordres au moins. On a vu sur le plan des types, que Joseph est un type du Seigneur, les frères sont un type des Juifs et aussi de toute l’humanité déchue qui a sur sa conscience ce poids, ce crime vieux de deux mille ans de la crucifixion du Seigneur. Mais il y a aussi des types d’ordre moral.

    Lorsqu’un croyant a péché, la communion a été interrompue. Le travail du Seigneur s’accomplit pour restaurer ce croyant et rétablir la communion. C’est ce que montre Joseph vis-à-vis de ses frères, ce travail persévérant, plein d’amour, patient, pour amener ses frères à confesser un péché. Pour Dieu il n’y a pas de délai de prescription. Un crime vieux de vingt-deux ans reste toujours un péché.

    D’autre part on voit que Dieu connaît tout. On n’a rien à lui apprendre. Quelle que soit notre situation morale, Dieu est au fait de tout. Et malgré cela, Dieu nous aime toujours et il veut notre bien et il veut nous faire participer à toutes ses bénédictions. C’est un Dieu de grâce mais aussi un Dieu de lumière qui ne peut pas supporter le péché et il faut que le péché soit ôté. Sur le plan moral c’est la leçon que nous avons retenue, que Dieu veut nous amener à la repentance. Il nous pousse à la repentance.

    La repentance n’est pas la conversion, c’est le jugement de soi-même, un jugement identique à celui que Dieu porte sur mes actes et ma conduite passée, tout cela par la lumière et la présence divines. C’est cela la repentance et Dieu veut nous amener à ce stade de repentance. S’il permet des épreuves, ce n’est pas Dieu qui est contre nous, ce sont des épreuves qui sont nécessaires comme le dit la 1ère épître de Pierre (1. 6).

    Il y a aussi l’enseignement typique qu’il faut signaler. Les frères représentent donc particulièrement les Juifs qui ont haï et crucifié le Seigneur et les Juifs devront traverser cette période de grande tribulation avant le second retour du Seigneur, cette période de grande tribulation qui sera permise pour leur donner un esprit de grâce et de supplication, pour les amener à se lamenter sur celui qu’ils ont crucifié et à se lamenter sur lui comme sur un fils unique. C’est un passage de Zacharie 12.

    Dieu dirige toutes les circonstances. Il n’y a pas de chance, il n’y a pas de hasard pour le croyant. Dans les versets que nous avons lus d’abord, nous avons vu Joseph qui traite ses frères d’espions, les enferme trois jours, lie Siméon devant eux, et puis au chapitre suivant il les reçoit dans sa maison, il leur fait un festin et puis dans notre chapitre il arrive quelque chose de bien terrible pour eux. Dieu dirige toutes choses. On le voit dans la Parole de Dieu.

    Il peut se servir d’une tempête pour Jonas pour l’amener à un travail de conscience, il peut agir aussi comme on le lit dans le livre de Ruth « fortuitement ». Elle a été conduite dans ce champ pour sa bénédiction. Mais rien n’arrive au hasard. Tout est là qui contribue au bien de ses rachetés. Toutes les circonstances sont dans sa main mais il est vrai que nous avons besoin de ne pas être conduits toujours par les circonstances. Nous savons que David était un jour au fond de la caverne et Saül était à l’entrée de la caverne. Ses hommes lui ont dit : Maintenant c’est le moment, Dieu livre ton ennemi. Mais non, il n’est pas conduit par les circonstances, il est conduit par Dieu. Dieu travaille très profondément dans nos cœurs.

    Comme quelqu’un l’a écrit : « le laboureur du cœur, comme celui du sol, a besoin de prendre patience jusqu’à ce qu’il voie le fruit précieux ». Mais, chers amis, un jour comme ces frères de Joseph, il faudra ouvrir ses bagages, il faudra défaire les sacs. Tout sera mis à la lumière. Comme on l’a dit : les années n’effacent pas les péchés. Il n’y a qu’une chose qui nous amène dans la lumière, c’est la confession, le jugement de soi-même.

    Si Dieu permet quelquefois des détresses, des choses incompréhensibles peut-être pour nous, c’est pour nous amener là, dans son amour, parce qu’il veut changer nos cœurs de pierre en des cœurs de chair. Salomon a su faire parler le cœur d’une mère en face de ces deux femmes qui prétendaient toutes les deux que l’enfant était le sien, Salomon a su faire parler le cœur d’une mère. Ici Joseph a su faire parler le cœur d’un frère et le cœur d’un père.

    Si on se met un tout petit peu dans la peau des dix frères, ils ont rencontré un homme dur alors qu’ils venaient, sans doute comme beaucoup d’autres, acheter des vivres. Ils ont aussi été les objets de la grâce, cette grâce qui leur a fait peur comme elle avait fait peur aussi à nos premiers parents à cause d’une conscience qui n’était pas à l’aise et qui était réveillée par les circonstances. Adam et Ève s’étaient cachés. « J’ai eu peur », peur de Dieu.

    On sait aussi que Jacob avait une conscience aussi très mal à l’aise dans le chapitre 28 du même livre. Il vient d’abuser de la faiblesse de son père pour extorquer la bénédiction, il a volé son frère. L’Éternel lui dit cette nuit-là : « tu sais, je vais te bénir », nous n’aurions peut-être pas parlé comme cela à Jacob. Jacob dit : « Que ce lieu-ci est terrible ! » Sa conscience n’est pas à l’aise.

    Mais là avec notre chapitre 44 nous faisons un pas de plus. Ce n’est pas seulement un homme dur, ce n’est pas seulement celui qui use de grâce et qui les met mal à l’aise, c’est celui qui devine, c’est celui qui connaît toute leur vie et l’objet qui est là, qui est le signe de sa connaissance parfaite de l’état de ses frères, et justement en argent. L’argent dans toute l’Écriture nous parle de rédemption. La rédemption, ils en ont besoin.

    Ils ont à faire à la fois à celui qui connaît tout ce qui s’est passé il y a vingt ans et en même temps l’argent montre ce rachat. Nous lui avons coûté infiniment cher et quand il s’est donné sur la croix pour expier nos péchés et nous racheter, il l’a fait en connaissance de cause. Il savait ce que nous étions, il était parfaitement au clair sur tout ce que nous avions fait, dit ou pensé. Il savait même ce que nous serions comme chrétiens et il nous a rachetés au prix même de son sang.

    C’est vrai, il devine mais c’est un homme apparemment dur, mais plein de grâce. J’aimerais m’arrêter un petit peu sur cela. Comment se fait-il que ces onze frères partent, ils rentrent chez eux, puis ils disent : tout va bien maintenant, on est les onze. Il y a toujours Joseph qui manque. Ils partent mais ils sont rattrapés en cours de route et ils sont accusés d’avoir volé une coupe et comment se fait-il qu’ils ne clament pas haut et fort leur innocence parce que vraiment ils sont innocents et celui qui est peut-être le plus innocent c’est Benjamin ? Ils ne disent rien.

    Ah ! mais c’est que Joseph a une autorité extraordinaire sur eux. Ce n’est pas seulement un homme dur, il a une autorité extraordinaire, mais une autorité pleine d’amour. Est-ce que ces deux choses se conjuguent : autorité et amour ? En principe, non. En principe quelqu’un qui a une autorité, il la fait valoir, peut-être avec amour si c’est pour quelqu’un de sympathique, mais pas toujours. Mais autorité et amour. Là, peut-on dire, la seule vraie autorité – et c’est le Seigneur aussi qui est comme cela, ou plutôt Joseph qui représente vraiment le Seigneur Jésus – la seule autorité qui peut se manifester comme étant une autorité, c’est celle qui est produite ou conduite par l’amour. C’est peut-être pour cela que les frères ne vont rien dire à Joseph. Ils se rendent compte que Joseph a une autorité telle et ils se soumettent à cette autorité. Personne ne dit rien.

    Le principe ou la maxime qui est si importante sur laquelle j’aimerais vraiment qu’on s’arrête est : Joseph est ferme et il est tendre. Mais il est ferme sans dureté et il est tendre sans faiblesse. Et cela c’est une conjugaison des deux choses qu’il nous est extrêmement important de réaliser et de garder. Parce que très souvent, il peut arriver qu’on soit ferme avec dureté ou qu’on soit tendre avec faiblesse, ou plus exactement qu’on soit ferme mais que notre fermeté ait dévié vers la dureté ou que notre tendresse, que notre affection, que notre amour, ait dévié vers la faiblesse.

    Voilà par exemple quelqu’un – ça peut arriver, ça nous est arrivé – qui est vraiment attaché à l’Écriture, il est attaché à la vérité et puis il sent que la vérité est quelque chose de très important et selon son appréciation il est rempli de zèle pour le Seigneur. Selon sa pensée, son appréciation, il faut absolument appuyer sur un tel point ou un autre point de doctrine peut-être ou de principe. Et puis il va peut-être s’en aller vers l’exagération ou vers la dureté.

    Un autre qui est peut-être rempli d’amour pour les âmes, se dit : l’amour vraiment doit surpasser toutes choses, il faut d’abord l’amour et on verra qu’on pourra atteindre un peu tout le monde et puis il fait fi peut-être de certains principes très importants et l’obéissance à la Parole passe au second plan.

    On a justement des exemples dans la Parole. Un des exemples les plus frappants, c’est vraiment celui de Joseph, extraordinaire. Il est ferme mais jamais dur et on croirait qu’il est dur, c’est vrai. Il « nous a parlé durement ». Il n’y a pas de dureté chez lui. Remarquez, on a vu juste avant qu’il semble dur et puis tout à coup il leur fait un festin. Il est dur apparemment, et puis il pleure, mais il ne le leur montre pas. Donc ferme sans dureté et puis plein d’amour mais sans faiblesse.

    Prenez Éli le sacrificateur. Il manquait de fermeté, il avait beaucoup d’amour pour ses enfants mais il a oublié de les reprendre, il ne les a pas repris et qu’en est-il advenu ?

    Prenez Moïse quand il aurait dû parler au rocher. L’eau est venue de toute façon. Il ne lui parle pas, il s’énerve en quelque sorte, il s’irrite, il est un peu dur. Mais pourtant prenez le même Moïse, les plaidoyers magnifiques qu’il va faire en faveur de son peuple, ce même Moïse qui était l’homme le plus doux de la terre, le voilà qui s’irrite. Le plus doux de la terre, remarquons bien, parce que celui qui est du ciel l’est infiniment plus.

    Mais le Seigneur Jésus aussi, jamais quand il a repris les disciples, quand il a repris quelqu’un, jamais vous ne voyez une distance s’installer entre lui et le disciple que le Seigneur reprend, que ce soit un Pierre, ou que ce soit Jacques et Jean qui disent : « Seigneur, veux-tu que nous disions que le feu descende du ciel et les consume ? » (Luc 9. 54) Le Seigneur est ferme, mais il est tendre aussi. Jamais il ne les reprend pour installer une distance. Nous, quand nous reprenons quelqu’un, nous sommes peut-être fermes, mais il y a peut-être un peu de dureté et puis voilà de la distance qui s’installe. Voilà un frère ou une sœur qui va peut-être bouder.

    Jeunes pères de famille, j’aimerais vous dire quelque chose, ou aux jeunes mères de famille aussi. C’est peut-être quelque chose d’important à voir. Dans nos familles avec nos enfants, c’est clair qu’on peut les décourager très vite en étant très fermes, pourtant fermes dans des choses qui sont justes, fermes pour obéir à la Parole : il ne faut pas faire ceci, il ne faut pas faire cela. Mais on est dur peut-être.

    Et on est peut-être relâché. On dit : « Oh ! il ne faut quand même pas exagérer avec nos enfants. Dans le monde actuel il faut les laisser se développer, il faut les laisser raisonner, il faut les laisser avancer eux-mêmes, prendre leurs responsabilités, il ne faut surtout pas trop les irriter ». Cela c’est clair : « Pères, n’irritez pas vos enfants » et puis on passe aussi à côté.

    Le Seigneur avait bien résumé ces choses-là en disant : « soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes » (Mat. 10. 16). Vous avez besoin de ces deux choses, la fermeté d’esprit et en même temps la douceur, fermes dans l’esprit et tendres dans nos affections. Ces deux choses ne se contrarient pas. Il faut que ces deux choses se conjuguent. C’est justement dans la conjugaison de ces deux caractères que l’on voit tellement bien chez Joseph, que les frères vont revenir à lui. Faisons attention à cela, à ces deux caractères et sachons les conjuguer, que ce soit pour le bien de notre entourage, le bien de nos familles d’une manière toute particulière, le bien de l’assemblée aussi.

    J’aimerais qu’on s’arrête sur quelques autres leçons de ce chapitre. Il y a une parole que Joseph va dire à ses frères que nous trouvons pour la première fois au v. 4 : « Pourquoi avez-vous rendu le mal pour le bien ? » Nous trouvons prophétiquement la même parole dans la bouche du Seigneur au Psaume 109 – cité d’ailleurs dans l’évangile selon Jean : « ils m’ont rendu le mal pour le bien, et la haine pour mon amour » (v. 5). C’est une parole qui s’adresse à chacune de nos consciences quant à notre conduite à l’égard du Seigneur.

    Certes elle s’adresse prophétiquement au peuple juif qui a rejeté son Messie, mais souvenons-nous aussi que les nations ont été d’un même sentiment à l’égard du Seigneur. Les Juifs et les nations se sont ligués ensemble pour rejeter le Seigneur. Et elle s’adresse aussi à chacun de nous individuellement. Est-ce que cela ne nous est jamais arrivé de dire : Pourquoi Dieu agit-il ainsi alors qu’il veut toujours notre bien ? « Pourquoi avez-vous rendu le mal pour le bien ? »

    Et puis une autre leçon que nous apprenons, c’est que cette coupe de Joseph, n’a pas été trouvée, comme on l’a souligné, dans le sac d’un des dix frères, d’un des dix coupables de la vente de Joseph en Égypte et on peut même dire du meurtre parce que c’est ce qu’ils avaient pensé faire. Elle a été trouvée dans le sac de l’innocent, de Benjamin. Nous pensons à cette expression du prophète Ésaïe : « l’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous » (53. 6). Ce mal que nous avons rendu pour le bien, Dieu en a fait tomber le jugement sur la Personne du Seigneur.

    Et puis encore une leçon au sujet de l’argent. Il est vrai que l’argent nous parle dans l’Écriture de la rédemption. On se souvient que les bases des piliers du tabernacle étaient en argent. C’est le seul fondement sur lequel nous pouvons nous tenir. Mais il y a l’argent des frères de Joseph dans leurs sacs. Cet argent, ils le retrouvent dans leurs sacs. Pourquoi ?

    Est-ce que cela ne nous parle pas de ce que nous trouvons au Psaume 49. 7 : « Un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon ». Ce n’est pas avec nos richesses qui sont des richesses injustes, que nous pourrons nous présenter devant Dieu. Elles n’ont aucune valeur. Mais c’est par le rachat que Dieu a opéré que nous pourrons nous tenir devant lui.

    Encore un point : Juda arrive à dire et je pense qu’il est la bouche de ses frères : « Dieu a trouvé l’iniquité de tes serviteurs » (v. 16). Il ne dit pas à Joseph : « Tu as trouvé l’iniquité de tes serviteurs » mais il dit : « Dieu a trouvé l’iniquité de tes serviteurs ». On a rappelé déjà que rien n’est caché à Dieu et qu’un péché commis il y a vingt-deux ans revient en mémoire dans toute son horreur. S’il est tel devant Dieu, pour qu’il soit effacé, il faut qu’il arrive à être tel devant nous. Et il est dit : « Dieu a trouvé l’iniquité de tes serviteurs ». Les dix fils de Jacob doivent confesser non pas leur péché contre leur frère, mais contre Dieu. Nous nous souvenons de ce que David doit dire au Psaume 51. 4 : « Contre toi, contre toi seul, j’ai péché ».

    Et puis encore un point : il y avait beaucoup de taches dans la vie de ces dix : Ruben avait commis la fornication en montant sur le lit de son père ; Siméon et Lévi avaient usé de leur épée comme instrument de mort devant des personnes sans force ; Juda dont la triste histoire nous est rapportée au chapitre 38. Ces choses-là ne sont pas rapportées. Ce qui est le point central de la culpabilité de ces hommes, c’était le rejet de Joseph. Le point central de la culpabilité de l’homme et de tout homme, c’est le rejet de Christ.

    Et au jour du jugement, si les actes de tout homme seront mis en évidence, ce qui déterminera le sort éternel de quiconque, c’est sa conduite par rapport au Seigneur. Ceux qui l’ont reçu, ont le droit d’être appelés enfants de Dieu. Ils ne connaîtront pas le jugement. Mais ceux qui ne le reçoivent pas, ceux qui désobéissent, la colère de Dieu demeure sur eux.

    Voilà quelques leçons, me semble-t-il, que nous avons dans ce chapitre et que nous devons retenir, nous souvenir de ce qui a été rendu au Seigneur, le mal pour le bien. « L’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous ». « Un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon ».

    C’est Dieu qui met à nu notre iniquité à chacun et c’est contre lui que nous avons péché, même si nous avons péché contre un frère. Je peux pécher contre un de mes frères, lui faire un tort, mais c’est avant tout contre Dieu que j’ai péché. Si j’ai fait tort à un frère, je dois d’abord confesser ma faute devant Dieu avant de confesser ma faute devant le frère. Et puis ce qui conditionne notre état éternel, c’est notre conduite par rapport à la Personne du Seigneur Jésus.

    Rappelons ces deux expressions que nous trouvons dans ce chapitre : « et la coupe fut trouvée dans le sac de Benjamin » et ensuite dans la bouche de Juda : « Dieu a trouvé l’iniquité de tes serviteurs ». Quand la première est prononcée, nous voyons les frères de Joseph qui sont là dans ce désarroi plus grand encore que ce qu’ils avaient connu jusque-là : la coupe a été trouvée dans le sac de Benjamin. Comme on l’a dit, ils sont certainement remplis du sentiment d’une injustice profonde. Ils ont conscience que, eux ne l’ont pas volée. En tout cas Benjamin ne pouvait pas l’avoir fait.

    Qu’est-ce qui s’est passé ? Mais la coupe a été trouvée dans le sac de Benjamin. Est-ce que nous ne nous trouvons pas quelquefois dans des situations de ce genre où une question est posée et tout à coup il y a un élément qui paraît éclairer la situation ? On va s’interroger là-dessus pour savoir véritablement quelles sont les responsabilités des uns ou des autres, sans aller plus loin en quelque sorte.

    Combien on voit que ça peut être une chose dans laquelle on va se tromper si on s’arrête au fait que la coupe a été trouvée dans le sac de Benjamin et à l’évidence personne ne peut le contester. Mais, on l’a dit, Dieu qui a tout disposé et qui peut permettre même qu’une apparente injustice se commette, est manifesté. La vérité est là dans la bouche de Juda dans lequel le travail de Dieu commence à s’accomplir et à s’approfondir : « Dieu a trouvé l’iniquité de tes serviteurs ». Quel contraste entre les conclusions que l’on peut tirer de ce fait avéré aux yeux des hommes auquel tous vont peut-être s’attacher avec force d’une manière que rien ne pourrait les en détacher et puis cette vérité qui découle de ce qu’on se tient devant Dieu : « Dieu a trouvé l’iniquité de tes serviteurs ».

    L’argument était trop facile : « Ah ! tu es un homme qui sait deviner, alors tu sais bien comment la coupe est arrivée là ». Rien de tout cela. Parce que Dieu agissant, cela les amène bien plus loin, bien en arrière.

    Un petit mot par rapport à la réaction des frères lorsqu’ils sont arrêtés. On voit qu’ils essayent de recoller leur honnêteté en disant : « Tu vois, mais l’argent, on l’a rapporté ». Et puis on voit qu’ils vont prononcer eux-mêmes un terrible jugement : « celui qui l’a prise, il faut qu’il meure et nous, nous serons serviteurs ». D’une certaine manière ils affirment leur solidarité : « Qu’il meure celui chez qui on va trouver la coupe, mais nous, nous serons serviteurs ». Ils n’avaient pas manifesté cette solidarité dans le chapitre 37 vis-à-vis de leur frère.

    Nous voyons comment il leur est dit : « Maintenant donc, qu’il en soit selon vos paroles ». Et en même temps nous voyons la grâce parce que ce qui va être dit au v. 10 et qui n’est pas du tout le jugement aussi dur qu’ils ont eux-mêmes prononcé. On sait qu’il y a d’autres exemples.

    Je voudrais en citer deux en tout cas où des gens ont prononcé leur propre jugement. Tout le monde y pense, c’est David. « L’homme qui a fait cela est digne de mort ! » (2 Sam. 12. 5). Nous sommes souvent très durs lorsque nous ne sommes pas concernés. Nous savons très très bien la gravité de ce qu’ont fait les autres. C’est bien ce David qui dit : il est digne de mort. Et puis ensuite Nathan va simplement déplacer le problème. Jusqu’à présent David, pour toi c’était extérieur et tu étais très clairvoyant. Maintenant on va simplement le pousser un peu, on va le mettre sur ta conscience : « Tu es cet homme ! ». Ah ! nous savons bien que ce jugement que David avait lui-même prononcé va l’atteindre au quadruple dans quatre de ses enfants.

    Il y a un autre homme, c’est le troisième serviteur dans Luc 19. « Tu es un homme sévère, tu prends ce que tu n’as pas mis, et tu moissonnes ce que tu n’as pas semé… Je te jugerai par ta propre parole » dit le maître (v. 21 et 22). Quand est-il prononcé ce jugement allégé ? C’est très intéressant.

    Vous voulez qu’il meure et que vous, vous soyez serviteurs. Eh bien, non, celui chez qui sera trouvée la coupe sera serviteur et vous, vous serez innocents. Que propose-t-il ? Justement cette désolidarisation entre les frères. Ce sera son affaire et vous, vous serez innocents. Et en cela nous voyons le travail de Dieu. Ils refusent de se désolidariser parce que Dieu a travaillé dans leur cœur. Nous sommes dans un monde où c’est chacun pour soi et même plus, Dieu pour tous. Nous avons parlé de ce principe de solidarité avec Ruben qui a voulu se désolidariser dans la culpabilité, on a cité Esdras 9, on a cité Daniel 9, on a cité Néhémie 9. Qu’y trouvons-nous ? « Nous avons péché, nous avons commis l’iniquité » (Dan. 9. 5).

    Et Élie n’était pas dans un bon état lorsqu’il tire aussi son épingle du jeu dans le chapitre 19 du 1er livre des Rois et qu’il dit : « les fils d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels et ils ont tué tes prophètes par l’épée » et pas moi.

    Bien-aimés du Seigneur, nous sommes dans une grande misère dans les rassemblements. Est-ce que nous disons que c’est les autres ? Est-ce que nous nous désolidarisons avec une propre justice pharisaïque ? Ou bien est-ce que nous réalisons que nous sommes de la même pâte, comme dit Élihu à Job, que nous sommes solidaires de toutes ces misères qui nous ont atteints et que nous avons à en porter l’humiliation et la culpabilité. Voilà le beau travail qui a été produit.

    « Oh ! vous êtes innocents, vous pouvez partir, moi je garde uniquement celui qui a péché ». Non, non, non, Juda ne peut pas accepter cela et les autres non plus. Que nous puissions réaliser cette solidarité à laquelle nous sommes invités, aujourd’hui, dans ce monde qui l’a jetée loin : vous êtes un seul corps, nous dit l’Écriture. Nous ne sommes pas des miettes, nous sommes un seul corps. Que cette solidarité nous puissions avec exercice en tirer les conclusions qui s’imposent pour marcher ensemble dans l’humiliation certainement, mais avec le secours de notre Seigneur !

    L’Ecclésiaste nous dit : il y a « un temps de se taire, et un temps de parler » (3. 7). Se taire et parler, dans ces chapitres et dans nos vies, sont des choses qui méritent que nous nous y arrêtions. Parler : les frères de Joseph avaient beaucoup parlé, on l’a rappelé tout à l’heure dans l’introduction de la réunion. Ils avaient beaucoup parlé d’eux, expliqué beaucoup de choses sur leur famille. Pourquoi ? Parce qu’ils cherchaient à se donner, face aux questions de cet homme qui était là devant eux, une légitimité, une apparence, une bonne réputation.

    On a bonne réputation quand on est dans une grande famille, qu’on est de nombreux frères, qu’il y en a un qui est plus jeune, on a un père âgé, on peut retracer sa généalogie, on a une bonne réputation. Dans le monde on aime beaucoup ce genre de choses, si on peut remonter à ses ancêtres, si on peut remonter à celui qui a fait ceci, à celui qui a fait cela, si on peut parler de ce que font ses enfants qui font de grandes études etc. tout ceci vous donne une légitimité. Quelle valeur cela a-t-il ?

    Cela n’avait aucune valeur face aux vrais problèmes, aux vraies questions, qui étaient ce qu’avaient vécu et fait les frères de Joseph. Ils pouvaient se donner une légitimité, expliquer qu’ils étaient d’une grande famille, qu’avaient-ils fait ? Ils pouvaient dire avec une sorte de façon de faire passer les choses, qu’un de leurs frères n’était plus. On emploie comme cela des expressions qui atténuent la réalité et puis on glisse sur la réalité.

    L’un de leurs frères n’était plus : ils ne voulaient pas parler ni de la mort, ni de ce qu’ils avaient fait eux-mêmes. Ce sont des choses dont on ne parle pas. Mais ils vont bien être obligés d’en parler.

    Il y a un moment où l’on parle et dans notre chapitre il est très intéressant de voir d’abord quand l’intendant de Joseph vient les arrêter, ils parlent : « Ah ! mais nous n’avons jamais fait cela et nous sommes innocents et puis que celui chez qui la coupe se trouvera meure et que nous, nous soyons des serviteurs ». Ils sont tout près de parler beaucoup pour revendiquer leur innocence, pour revendiquer qu’ils sont d’honnêtes gens, comme ils l’avaient dit au début.

    Et puis voilà que la coupe est trouvée. Alors là, ils se taisent. Parce qu’il y a un moment où il faut se taire, où on se tait devant Dieu. Il y a un moment où Dieu nous met face à face avec lui et met devant nous ce que nous sommes et là on se tait. Il y a un moment où Dieu va nous amener à nous taire. « Que toute chair fasse silence devant l’Éternel » (Zach. 2. 13). Celui qui est dedans « dira : Silence ! car nous ne pouvons faire mention du nom de l’Éternel » (Amos 6. 10). Il y a un moment où il faut se taire devant Dieu. C’est vrai pour l’incrédule, c’est vrai aussi pour le croyant qui est sous une discipline parce que d’une manière ou d’une autre il a manqué.

    Il y a un moment où il faut que toutes nos justifications, toutes nos explications, tout ce que nous pouvons faire valoir pour nous-mêmes, eh bien Dieu nous dit : « Non, prends conscience que cela n’a aucune valeur devant moi ». Il faut que toute bouche soit fermée devant Dieu et face au Seigneur, aujourd’hui si quelqu’un a des choses à régler avec Dieu, ou parce qu’il viendra un jour où toute bouche sera fermée devant Dieu – mais ce sera dans le jugement, ce sera trop tard.

    Et puis chose extraordinaire, les voilà devant Joseph et la suite de ce chapitre, la moitié du chapitre, est consacrée de nouveau à ce plaidoyer de Juda. Parce que s’il y a un moment, non seulement où la bouche doit être fermée, mais il y a un autre moment où la bouche doit être ouverte. Cela rappelle la fin du livre du prophète Osée : « Israël, reviens à l’Éternel, ton Dieu, car tu es tombé par ton iniquité. [Que dire ?] Prenez avec vous des paroles, et revenez à l’Éternel ; dites-lui : Pardonne toute iniquité, et accepte ce qui est bon, et nous te rendrons les sacrifices de nos lèvres » (14. 1 et 2). Il y a un moment où il faut prendre des paroles. Il faut d’abord que notre bouche soit fermée, mais après nous pourrons prendre des paroles et revenir vers Dieu.

    Dieu veut que notre cœur s’ouvre devant lui et qu’il s’ouvre. Comment ? Qu’il s’ouvre dans la confession et qu’il s’ouvre dans le sentiment que lui est le Dieu qui pardonne. On nous a parlé de cette dureté apparente, de la tendresse. Il y a l’œuvre qui s’opère profondément. Le fer est porté jusqu’au fond de la conscience mais Dieu veut se révéler comme le Dieu qui pardonne, comme le Dieu Sauveur. « Prenez avec vous des paroles, et revenez à l’Éternel ; dites-lui : Pardonne toute iniquité ». Et c’est ce que va exprimer Juda au nom de tous ses frères, mais lui particulièrement c’est ce qu’il va exprimer en posant d’ailleurs cette question fondamentale : « Que dirons-nous à mon seigneur ? »

    Et voilà un homme qui va parler mais que dirons-nous donc, qu’est-ce que je vais dire. « Que dirons-nous à mon seigneur ? Comment parlerons-nous, et comment nous justifierons-nous ? » C’est la question cruciale : « comment nous justifierons-nous ? » C’est la question cruciale que la Parole de Dieu pose à l’homme depuis que le péché est entré dans le monde et que l’homme quand sa conscience est réveillée, se pose, lorsqu’il se sent devant Dieu. « Comment l’homme sera-t-il juste devant Dieu ? » (Job 9. 2 ; 25. 4).

    « Comment nous justifierons-nous ? » Qu’est-ce que nous pouvons dire pour nous-mêmes ? Rien. Mais alors il reste une chose. C’est ce que nous montre le prophète Osée : « Pardonne toute iniquité ». Pour pouvoir venir à Dieu en lui demandant : « Pardonne toute iniquité, et accepte ce qui est bon, et nous te rendrons (la louange alors suivra la confession). Pour pouvoir lui dire cela, il faut d’abord en avoir fini avec nos prétentions, en avoir fini avec nos excuses, en avoir fini avec nos prétextes, en avoir fini avec notre bonne réputation, en avoir fini avec « nous sommes ceci, nous sommes cela ». Nous ne sommes que des pécheurs devant lui, nous n’avons aucun argument à faire valoir.

    Nous ne pouvons que nous taire et lorsque nous nous sommes tus devant lui, alors il nous dit : Viens, ouvre ta bouche, prends des paroles, des paroles de confession, des paroles dans lesquelles tu pourras dire oui, tu pourras venir à moi, en me disant : « Pardonne toute iniquité », non pas : Pardonne parce que je suis quelqu’un de bien. Pardonne, parce que ce pardon est dans ton cœur, pour nous qui sommes au Seigneur parce que nous savons que l’œuvre sur laquelle ce pardon est fondé a été pleinement et parfaitement accomplie. « Comment nous justifierons-nous ? » : la question est fondamentale.

    Elle est posée à celui qui ne connaît pas encore le Seigneur Jésus comme son Sauveur, qui se trouve devant Dieu, qui prend conscience que devant Dieu il n’est rien d’autre qu’un pécheur qui n’a rien à faire valoir pour lui. Elle se pose aussi pour nous lorsque nous réalisons que d’une manière ou d’une autre, dans notre chemin, nous avons manqué, nous avons péché, nous avons failli – « nous faillissons tous à plusieurs égards » (Jac. 3. 2) – et que le Seigneur nous amène par sa discipline à prendre conscience de ce que nous avons fait.

    Là aussi il n’y a pas d’excuse. Ce n’est pas : « Ah ! oui mais… bien sûr j’ai fait cela, mais lui qu’est-ce qu’il avait fait ? Bien sûr j’ai fait cela, mais dans une telle situation, que fallait-il faire ? Il fallait bien que quelqu’un s’engage, il fallait bien que quelqu’un prenne une décision, il fallait bien que moi qui connais la Parole, je l’affirme, je la défende, je la soutienne, il fallait bien que je mette ma main sur l’arche pour l’empêcher de tomber comme aurait pu dire Uzza ». Tous ces raisonnements, toutes ces questions-là, le Seigneur veut que nous en finissions avec cela, que nous sachions nous taire devant lui.

    Il y a un moment où Jonas se tait aussi. Ce n’est pas Jonas qui a le dernier mot dans le livre de Jonas. Il avait beaucoup de raisonnements, Jonas. Une bonne partie du livre de Jonas c’est : « mais oui, il y a ceci, il y a cela et puis je fais bien d’être mécontent, je fais bien d’être irrité ». Est-ce qu’on n’a pas pensé quelquefois dans nos cœurs qu’on faisait bien d’être irrité ? Jonas se tait à la fin. Job aussi se tait. Il y a un moment où les paroles de Job sont finies. Ce qui est beau c’est que le livre de Job ne s’arrête pas quand les paroles de Job sont finies. Il y aura un moment où Job reprendra la parole.

    Lui aussi Job prendra des paroles et parlera à Dieu. Job aussi prendra ces paroles et confessera : « J’ai donc parlé, et sans comprendre, de choses trop merveilleuses pour moi, que je ne connaissais pas. Écoute, je te prie, et je parlerai ; je t’interrogerai, et toi, instruis-moi » (42. 3 et 4). Job sera amené lui aussi à offrir des sacrifices en louange et en intercession. Il est essentiel devant Dieu qu’il y ait un moment où toutes nos prétentions soient réduites à néant. Ce n’est que là que nous prenons notre vraie place devant Dieu.

    Mais la grâce est merveilleuse, Dieu ne s’arrête pas là. Il veut remplir nos cœurs d’une confession droite et il veut nous faire connaître qu’il est celui qui justifie, qu’il est celui qui pardonne. Il y a ce magnifique plaidoyer de Juda, un homme qui venait de dire : on n’a rien à dire. Eh bien il a un merveilleux sujet d’intercession qui est fondé sur cet appel à la grâce. Il pensait que Joseph était un homme dur. Il n’a qu’une seule ressource : faire appel à la grâce de cet homme devant qui il se trouve maintenant prosterné.

    Juda fait appel à la grâce de Dieu comme on vient de le dire, à la grâce de Joseph qui est devant lui, mais il n’en connaît pas encore l’étendue. Nous le voyons dans ce qu’il dit au v. 33 : « maintenant, que ton serviteur, je te prie, reste serviteur de mon seigneur, à la place du jeune homme ». Juda a compris sa propre responsabilité. Elle était d’autant plus grande que c’est lui qui avait suggéré que Joseph soit vendu aux Ismaélites. Il a compris sa propre responsabilité et il veut en porter le châtiment. « Que ton serviteur, je te prie, reste serviteur de mon seigneur ».

    Mais ce n’est pas la pensée de Dieu. Ce n’est pas la pensée de Dieu que nous portions le châtiment de notre péché. C’est exactement le raisonnement qu’avait le fils prodigue en Luc 15 : « traite-moi comme l’un de tes mercenaires » (v. 19). Telle était sa pensée quand il est retourné vers son père. Mais ce n’était pas la pensée du père. Nous voyons que si dans le plaidoyer de Juda, il y a ce désir de la grâce, il n’y a pas encore la connaissance de l’étendue de cette grâce. C’est bien souvent ce qui nous caractérise. Nous faisons appel à la grâce de Dieu, mais nous voulons racheter quelque chose de ce que nous avons pu faire, mais cela est impossible. Il faut nous attendre à la grâce de Dieu.

    Ésaïe 1. 18 : « Venez, et plaidons ensemble, dit l’Éternel : Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ». Il y a d’un côté ce que Dieu nous appelle à confesser et puis il y a d’un autre côté notre méconnaissance. Nous ne pouvons pas connaître par nous-mêmes l’étendue de la grâce tant que nous n’en avons pas eu la pleine jouissance, tant que nous n’avons pas réalisé cette grâce dont nous sommes les objets.

    Il manquait celui par lequel est venue la grâce. Il fallait que cette grâce soit personnifiée par l’apparition même, la révélation de Joseph. Le début de Jean nous dit bien cela : « la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (1. 17).

    Je voudrais que nous puissions ouvrir un tout petit peu le dossier de Juda tel que la Parole l’établit. On vient de l’entendre, Juda était moteur pour vendre Joseph aux Ismaélites. Qui est-ce qui était dans le pays lorsque le Seigneur Jésus a été mis sur la croix ? Qui est-ce qui a été moteur de la crucifixion quand on a hurlé : « Ôte, ôte ! crucifie-le ! » ? (Jean 19. 15) C’est toujours cette même tribu. Cela est sujet d’émerveillement lorsque nous voyons la précision de la Parole de Dieu ! C’est Juda qui a été moteur.

    Nous arrivons ensuite au chapitre 38. Et ce chapitre où nous voyons Juda se comporter d’une manière infâme, où nous avons Juda dans ses péchés, est à mettre en relation avec le chapitre 39. Pour ne donner qu’un seul détail, il juge vile une femme qui ne l’est pas. Joseph fera juste le contraire. Il jugera respectable une femme qui est vile. L’un laissera dans la main de Tamar un gage, gage de sa faute ; l’autre laissera le vêtement gage de son innocence. Il est intéressant – chacun peut le voir – ce parallèle à faire entre le chapitre 38 et le chapitre 39.

    On voit ensuite Juda qui va s’engager pour ramener en faisant fond sur lui-même comme les Juifs du temps du Seigneur ont fait fond sur eux-mêmes. Je m’engage à cela. Et puis c’est le travail que la grâce produit en Juda. En Deutéronome 33, un magnifique verset concerne Juda. C’est la bénédiction de Moïse. Que nous est-il dit de Juda ? « Et ceci pour Juda, et il dit : Éternel, écoute la voix de Juda » (v. 7).

    Est-ce que ce passage n’a pas une application passée à la scène que nous avons sous les yeux ? La grâce : « écoute la voix de Juda ». Il n’a pas d’argument, il n’a rien à faire valoir, il est enfin sur le terrain de la seule grâce qui implore le pardon. « écoute la voix de Juda ». Si ce verset de Deutéronome 33 a une application passée à ce que nous avons sous les yeux, ce verset a aussi une application future lorsqu’ils regarderont vers celui qu’ils ont percé. Ils se lamenteront comme on se lamente sur un fils unique lorsque Juda après cette terrible tribulation, sera pleinement restauré.

    Nous en trouvons des accents qui touchent si profondément le cœur à la fin d’Ésaïe : « si Abraham ne nous connaît pas, et si Israël nous ignore, toi, Éternel, tu es notre Père » (63. 16). Mais si nous avons cela, on dira : « mais on n’est pas concerné, c’est une dispensation à laquelle nous n’appartenons pas ». Nous avons un principe général : nous tenir toujours devant notre Seigneur sur le terrain de sa seule grâce dans la confession de tout ce qui n’a pas été pour sa gloire et en nous confiant en la suffisance de grâce qui remplit son cœur, sans aucun argument.

    Vous auriez eu cinquante, soixante ans de vie chrétienne sans une défaillance, après cela que vous reste-t-il, quel argument ? Rien du tout. Il vous reste la surabondante grâce de Dieu, simplement cela, mais elle reste suffisante pour la pleine restauration de chacun d’entre nous.

    C’est justement ce que nous voyons lorsque Juda dit au nom de ses frères : « Que dirons-nous à mon seigneur ? Comment parlerons-nous, et comment nous justifierons-nous ? Dieu a trouvé l’iniquité de tes serviteurs » (v. 16). On aurait pu s’attendre une fois que Juda a dit cela, que ce soit suffisant pour que Joseph se fasse connaître. Nous voyons qu’il ajoute : « Voici, nous sommes serviteurs de mon seigneur, tant nous que celui dans la main duquel la coupe a été trouvée ». Il connaît que Dieu a trouvé leur iniquité. Il ne cherche plus à se justifier, mais à assumer les conséquences : nous sommes serviteurs, esclaves, tous. Ils restent solidaires. On l’a dit, ils ont appris cela.

    Nous voyons que Joseph dit : non. « Loin de moi de faire cela ! Celui en la main duquel la coupe a été trouvée, lui, sera mon serviteur ; et vous, montez en paix vers votre père ». Apprendre ce qu’est la grâce, qu’ils ne pouvaient pas même solidairement assumer cette conséquence de leur faute et cela pouvait être suffisant. Maintenant Joseph rappelle avec force que celui qui a péché, c’est celui-là qui doit en subir les conséquences, les autres ne pouvaient pas remplacer leur frère ou même être associés avec lui. Nous voyons justement cette parole de Joseph qui est là et c’est ce qui va amener ce que va dire Juda dans la suite. Il ne va plus invoquer ce qu’ils peuvent faire eux-mêmes, mais faire appel à la grâce.

    En même temps Juda sent pleinement sa propre responsabilité. On est aussi frappé de voir que même dans ce que Juda va dire dans la suite, il n’apparaît pas du tout ce qui s’est passé par rapport à ce qu’ils ont fait à Joseph. On ne voit pas que Juda soit amené à dire clairement : « voilà ce que nous avons fait, nous avons effectivement vendu notre frère, on avait pensé le tuer ». Il n’y a pas tous ces détails. Tout cela n’est pas mis en évidence. Nous voyons ce que le travail de Dieu fait dans ce cœur, dans le cœur de Juda et des autres frères. Ce travail est amené par ce que Joseph employé par Dieu fait à leur égard, entraîne un travail tout à fait profond, mais sans même que finalement le détail soit mis à jour. On voit que Joseph n’en parle pas. Il n’en sera pas fait mention.

    Mais ce qui est exprimé par Juda montre vraiment comment le travail s’est fait jusqu’au fond et c’est cela qui importe à Joseph. On voit qu’il n’attend pas forcément que le détail soit manifesté. On ne reviendra pas du tout là-dessus. C’est quand même assez extraordinaire. Mais ce qui est manifesté, c’est qu’ils ont jugé profondément la gravité de ce qu’ils ont fait et là dans ce que dit Juda il n’y a plus rien, ils n’ont aucune ressource, ils font simplement appel à la grâce. Et alors Joseph peut se dévoiler. C’est ce qui aura lieu dans le chapitre suivant. Il y a là quelque chose de très instructif pour nous.

    Quelquefois on voudrait s’attacher à ce que les choses soient dans les détails, qu’on aille jusqu’à dire le pourquoi, le comment. On est des fois très formel en s’appuyant même sur l’Écriture. Il faut que les choses soient confessées donc il faut qu’il y ait tout le détail. En fait ce que Dieu recherche, c’est qu’il y ait vraiment ce jugement profond des causes, des racines de ce qu’on a fait. C’est cela qui est important. C’est Dieu qui l’apprécie. Nous avons aussi à apprendre à apprécier les choses comme lui, comme le Seigneur, sans vouloir nous attacher à des formes, à des choses formelles, mais à voir si réellement les racines du mal ont été jugées et si on se tient uniquement sur ce plan de la grâce.

    À la fois comme on l’a dit toute bouche est fermée, on n’a plus rien à dire à faire valoir devant Dieu, et puis alors on prend des paroles pour faire appel à la grâce : Pardonne. Je ne mérite rien, mais je fais appel à la grâce, même si, comme on l’a rappelé – on ignore l’étendue de cette grâce. Mais on se place sur ce terrain-là uniquement.

    On dit que la foi sans les œuvres est morte. Mais la repentance sans les œuvres est morte, on vient de l’entendre. Ici il y a des œuvres qui accompagnent la repentance. Juda ne confesse rien, mais Joseph n’a besoin d’entendre rien d’autre. Pour quelle raison ? Justement il voit ici dans ces paroles, des œuvres. Autrefois ces frères-là étaient vraiment cruels, ils étaient méchants, cruels envers leur père, aucun amour, pas de compassion. Ils vendent leur frère. On dirait qu’ils n’ont pas d’état d’âme. Égoïstes, ils ne pensent qu’à eux. Quel profit, disait Juda, on a de le tuer ? Il faut le vendre. Profit, gain, performances, voilà ce qui anime ce monde, voilà ce qui anime les gens qui ne connaissent pas Dieu. Quel profit on en a ? Si on fait cela, on n’en a pas de profit. On va agir comme cela, on a plus de profit.

    Mais là tout à coup il montre dans ses paroles : ce n’est pas cela qui était important pour lui maintenant, ce qui était important c’était de confesser. Il confesse avec ses paroles, l’amour, la compassion. Elle a remplacé la haine, l’égoïsme, la dureté de cœur et cela suffit amplement à Joseph. On voit ces paroles là ou cette attitude que nous pouvons avoir. Je me demande des fois si ça ne fait pas aussi pleurer notre Seigneur en quelque sorte.

    Tout à l’heure on a parlé de se taire. Et puis il y a un des frères dont on n’entend pas un mot et qui pourtant aurait été le seul qui ait le droit de parler. C’est Benjamin. Pas un mot pour se justifier. Il nous fait penser à celui qui a dit : « ce que je n’avais pas ravi, je l’ai alors rendu » (Ps. 69. 4), à celui qui a été comme un agneau muet, celui qui n’a pas ouvert sa bouche.

    Il y a tous ces côtés qui ont été développés mais est-ce qu’il n’y a pas quelque chose qui étreint nos cœurs dans cette présence de Benjamin, présence silencieuse de celui qui est accusé à tort d’avoir volé la coupe de Joseph ? Nous sommes touchés de voir que dans tous ces passages il n’y a pas un seul mot de sa part.

    Benjamin était le seul qui n’avait pas part à la culpabilité. Il n’était pas là quand on a mis Joseph dans la citerne, quand on l’a vendu. C’est lui qui est accusé, c’est lui qui doit rester comme serviteur et le signe que le travail est fait est exprimé par Juda qui s’identifie avec celui qui est l’image de notre Seigneur Jésus. C’est lui qui doit rester serviteur, eh bien moi je vais le remplacer. C’est moi qui vais le remplacer pour qu’il puisse monter vers son père. Voilà le résultat du travail de Dieu dans son cœur.

    Il n’avait eu aucun problème pour dire : « reconnais si c’est la tunique de ton fils » lorsqu’ils avaient montré la tunique trempée dans le sang, sans une palpitation. La souffrance de leur père n’avait pas étreint leur cœur. Mais maintenant ils montrent que le travail est fait en ce qu’il entre dans la souffrance de son père en disant : « mais on ne peut pas rentrer sans Benjamin, on va tuer notre père ».

    Alors il s’identifie à l’innocent en disant : Eh bien c’est moi qui reste serviteur, c’est moi qui prends cette culpabilité. Et c’est en cela aussi que le résidu montrera sa pleine restauration, lorsqu’ils s’identifieront pleinement avec celui qu’ils ont crucifié, lorsqu’ils réaliseront leur solidarité avec lui. Ils s’en étaient désolidarisés complètement en le livrant aux nations. Le Seigneur n’est même pas mort d’un supplice juif qui était la lapidation. Il a été crucifié. Les Juifs ne faisaient pas cela, les Romains faisaient cela, les Grecs aussi. Les Juifs lapidaient, une solidarité d’ailleurs, chacun lançait sa pierre.

    Mais là ils s’étaient désolidarisés de lui le livrant aux Romains pour qu’ils le fassent mourir. Maintenant ils se solidarisent, Juda se solidarise : « le jeune homme montera avec ses frères » mais moi je resterai serviteur. Pas besoin de déballer toutes les péripéties du chapitre 37. Le travail est fait, les motifs sont purifiés, il a mis tout à plat. Là il dit les choses avec clarté, il est dans la lumière, il dit : « Voilà tu nous as dit cela et puis on t’a répondu cela ». On voit que dans tout le discours de Juda, il parle enfin la vérité sans aucun calcul, sans aucune dissimulation. Il dit les choses telles qu’elles sont. Être vrai, être vrai devant le Seigneur, ne pas être calculateur, et encore une fois s’identifier avec celui qui est tenu pour coupable bien qu’innocent.

    Ces versets sont aussi là pour faire entrer dans la pensée de l’amour du Père pour son Fils. Juda peut dire : « Nous avons un père âgé, et un enfant de sa vieillesse, encore jeune ; et son frère est mort, et il reste seul de sa mère, et son père l’aime ». Un peu plus loin il dira : « maintenant, si je viens vers ton serviteur, mon père, et que le jeune homme à l’âme duquel son âme est étroitement liée ne soit pas avec nous, il arrivera qu’il mourra ». L’amour du Père pour son Fils. « À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie » (Jean 10. 17).

    Il y a une injure terrible qui a été prononcée prophétiquement dans le Psaume 22 et dans les évangiles lorsque le Seigneur était sur la croix : « qu’il le délivre maintenant, s’il tient à lui » (Mat. 27. 43). C’est le pire des blasphèmes qu’on a pu prononcer concernant le Seigneur Jésus et l’amour que le Père avait pour son Fils. Il est bon que nous revenions toujours à la croix. Pourquoi le Seigneur a-t-il été sur la croix volontairement ? N’est-ce pas à cause de notre méchanceté à nous aussi ? On a parlé de la méchanceté des cœurs des frères de Joseph. On chante quelquefois dans un cantique le dimanche matin en parlant de la croix du Seigneur Jésus et de tous ceux qui étaient là autour : « Et tout ce que nous sommes fut là manifesté ».

    Nous sommes touchés par l’amour du Seigneur. Il est bon que nous revenions jusque-là aussi pour que nos cœurs ne s’habituent pas à tout ce que le Seigneur Jésus a supporté pour que nous puissions maintenant être pardonnés, le pardon pour celui qui vient à lui. On a dit tout à l’heure qu’il ne faut pas attendre trop tard pour ouvrir les bagages et confesser ses péchés. Un jour il sera trop tard. Il faut venir à lui aujourd’hui.

    Mais comme croyants nous avons aussi besoin de revenir à lui et de nous souvenir que le prix que le Seigneur a payé est là pour que nous puissions de nouveau connaître cette intimité avec lui. Il y a une ressource merveilleuse pour nous, on peut toujours revenir à Dieu. « Reviens, Israël l’infidèle, dit l’Éternel ; je ne ferai pas peser sur vous un visage irrité, car je suis bon, dit l’Éternel » (Jér. 3. 12). Revenons au Seigneur dans ces ressources de la grâce dont nous avons parlé. Souvenons-nous toujours du prix que le Seigneur a payé pour nous dans son amour, mais aussi du prix que le Seigneur Jésus, le Fils bien-aimé du Père, avait pour son Père, « son père l’aime » (44. 20).

    On nous a montré ce qu’est le travail de Dieu dans le cœur des frères de Joseph qui s’exprime par la bouche de Juda. On a souligné aussi qu’il y a cependant quelque chose qui n’est pas mentionné, c’est notamment le crime qu’ils avaient commis. Certes il y a des leçons pour nous et notamment dans le fait que nous avons besoin de ne pas, comme on l’a dit, chercher à élucider toutes les circonstances, les détails sur tout, faire pression parfois sur d’autres dans la conscience qu’ils ont à avouer quelque chose que nous supposons, sans le savoir. Il y a là un enseignement qui est extrêmement important auquel nous devons être attentifs.

    Mais n’y a-t-il pas aussi encore quelque chose d’autre relativement à l’aspect prophétique de cette scène ? Il semble que nous avons ici dans le langage de Juda quelque chose de ce que nous trouvons dans les Psaumes, en particulier dans le troisième livre des Psaumes où l’on voit le résidu qui souffre, qui est amené à beaucoup de droiture de cœur et pourtant qui implore effectivement le secours de Dieu sur qui il compte. Mais il y a encore un voile sur leur cœur et le voile n’est pas encore levé. Il y aura un moment où le voile sera levé et la profondeur de la confession ne sera atteinte qu’ensuite. Elle est encore à venir à la fin de ce chapitre. Elle se fera lorsque les frères pourront pleurer avec Joseph lui-même.

    Nous avons constaté que les frères de Joseph n’ont pas avoué peut-être l’essentiel de leur péché, à savoir leur attitude passée envers Joseph, ils n’ont pas avoué cela. On a noté qu’ils avaient beaucoup progressé dans leur prise de conscience de ce qui n’était pas bien en eux mais peut-être que l’essentiel manquait encore. Ils ont évité de dire : « C’est nous les coupables ». Nous constatons que Juda a dit : « que ton serviteur, je te prie, reste serviteur de mon seigneur ».

    Alors nous pensons à la parabole du fils prodigue. Le fils prodigue s’est rendu compte de sa situation, mais pas entièrement. Il a dit : « Je me lèverai et je m’en irai vers mon père, et je lui dirai : … traite-moi comme l’un de tes mercenaires », comme Juda l’a fait. Effectivement il y a des raisons qui viennent de nous être exposées, mais cette confession à cent pour cent, n’a pas eu lieu à ce moment-là. Et les choses sont apparues à la surface au chapitre 45 lorsque Joseph dit : « Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour l’Égypte ».

    Voilà le fond des choses. Il y a des aspects prophétiques qui viennent de nous être exposés, mais ce n’est qu’à ce moment-là qu’on a pu constater que « après cela, ses frères parlèrent avec lui » (v. 15). Ils ont sans doute et notamment parlé de cette triste situation. Mais auparavant il y avait la mission donnée par Joseph : « vous raconterez à mon père toute ma gloire en Égypte » (v. 13). Nous pouvons constater cette imperfection relative dans la confession. Qu’a fait le père du fils prodigue ? Alors que le fils prodigue était encore loin, il s’est avancé vers lui et l’a complètement rassuré sur son état de fils et comme on l’a dit, c’est la grâce, la grâce du père du fils prodigue et la grâce de Joseph qui est allé au-devant de ce qui pouvait être encore incomplet dans la réalisation des fautes de l’un et des autres.

    Nous nous sommes posés un peu la question où est-ce que nous trouvons vraiment la confession de ces frères devant Joseph ? Nous n’avons pas une confession directement concrète et pourtant nous la trouvons. Je pense que nous trouvons cette confession dans la façon dont Juda parle ici à Joseph et je pense surtout au v. 28 quand il parle d’un fait qu’il décrit ainsi : « et l’un s’en est allé d’avec moi, et j’ai dit : Certainement il a été déchiré ». Il a été déchiré : dans ce mot-là il me semble que nous trouvons les deux côtés. Nous avons d’un côté « nous l’avons déchiré », c’est nous les frères, moi peut-être en premier, parce que moi j’ai donné le conseil de le vendre aux Ismaélites et d’autre part il se trouve là aussi le côté du mensonge qu’ils ont dit à leur père.

    C’est le père qui dit : « il a été déchiré », il ne parle pas de cette bête mauvaise dont il a parlé au chapitre 37, mais simplement « il a été déchiré ». Est-ce que cela ne montre pas ce qui se trouve dans le cœur de Juda ? Et un homme sensible comme Joseph a bien vu et compris : là il y a la confession.

    Si nous continuons ce verset 28 « Certainement il a été déchiré ; et je ne l’ai pas revu jusqu’à présent » il est dit au v. 29 : « et si vous prenez aussi celui-ci ». Le « aussi » montre bien que la disparition de Joseph, il la liait à l’attitude des frères. Mais est-ce que nous n’avons pas aussi ceci ? Malgré tout ce qui a été dit, je ne veux pas du tout l’enlever, mais le fait que les frères n’avouent pas et que Joseph n’exige pas qu’ils avouent, est-ce que nous n’avons pas la même chose dans la restauration de Pierre dans le chapitre 21 de Jean ? Le Seigneur n’a pas dit à Pierre : « Maintenant, avoue, avoue que tu étais près du feu, avoue que tu as dit ceci », parce que ce qui est plus important que nos actes, ce sont nos motifs intérieurs, c’est notre état profond.

    La 1ère épître de Jean nous dit cela. Elle nous dit que « quiconque hait son frère est un meurtrier » (3. 15), c’est-à-dire que les motifs intérieurs sont exactement les mêmes que ceux d’un meurtrier. C’est pour cela que nous avons à prendre garde à nos motifs. Le Seigneur a dit par trois fois à Pierre – c’est vrai que Pierre l’avait renié trois fois – mais il lui dit trois fois quelque chose qui nous paraît complètement général, qui nous paraît déconnecté du reniement de Pierre et pourtant que le Seigneur lie intimement parce que le motif de toutes nos chutes c’est le manque d’amour pour le Seigneur Jésus. « M’aimes-tu ? »

    Et là nous avons certainement la même chose. Ce n’est pas la peine de dire l’état de Juda et de ses frères dont Juda est le porte-parole, mais ce qu’il dit montre que le travail est fait et qu’il n’a même pas besoin de parler de ce qui s’est passé. Peut-être même que reparler de toutes ces turpitudes, risquerait de ternir un petit peu l’ampleur du travail qui a été fait. Parce qu’en parler, ce n’était pas quand même très très joli. Alors qu’il y a un travail qui est entièrement de l’Esprit de Dieu, revenir sur le moment où il leur demandait grâce et tout ça, aurait peut-être terni ce travail où l’état des frères de Joseph est pleinement manifesté et pleinement mis dans la lumière.

    On pourrait peut-être encore ajouter simplement une pensée. C’est que ce que nous avons dans ce chapitre 44. Les frères de Joseph ne sont pas vraiment devant Joseph, mais devant un gouverneur, un homme très important. Mais si important que soit cet homme, à ce moment-là ils n’avaient pas reconnu Joseph. Ce n’était pas vraiment à lui qu’ils avaient à confesser leur faute, c’était à Dieu, et ensuite à Joseph. C’est ce que nous verrons dans le chapitre 45.

    Je voudrais encore apporter cet élément-là, c’est que si nous revenons à Joseph, à ce qui tient au cœur de Joseph, nous voyons dans la suite, nous savons que ce n’était pas tant le crime qu’ils avaient commis à l’égard de Joseph, mais c’était ce qu’ils avaient fait à leur père commun, à Israël. C’est pourquoi Joseph dans sa sagesse on peut dire, et aussi dans sa perception des choses, leur dit : « Celui en la main duquel la coupe a été trouvée, lui, sera mon serviteur ; et vous, montez en paix vers votre père » (v. 17). Autrement dit, celui qui est innocent sera esclave « et vous, montez en paix vers votre père ».

    C’est ce qu’ils avaient fait, n’est-ce pas ? Celui qui était innocent est devenu un esclave, combien de temps pour Joseph ? Dans ce temps-là ils ont pu monter en paix vers le père et lui raconter l’histoire que nous venons d’évoquer. Ils ont trompé leur père. Il y avait une chose qui habitait le cœur de Joseph, c’était l’amour pour son père. Il y avait une chose que Joseph désirait voir dans le cœur de ses frères, c’est l’amour pour leur père.

    Dans ce sens on peut dire que dans ce chapitre il y a une vraie restauration, non pas l’apparence des choses, ce que pourraient dire les frères. Mais nous voyons bien que dans le plaidoyer de Juda, ce qui lui tient maintenant à cœur, c’est l’amour pour son père et il est l’expression sans doute des autres frères. Voilà enfin, on peut dire, ce long cheminement pour que Joseph retrouve ses frères et pour que les frères retrouvent Joseph. Ils ont retrouvé ensemble l’amour pour leur père.

    Résumé.

    Au chapitre 44, nous voyons que Joseph a conçu une sorte de mise en scène pour piéger ses frères, dirions-nous. La première réaction est de dire : mais quelle chose méchante, quelle chose injuste, de monter ceci pour créer une fausse accusation ! En réalité le but de Joseph c’était de garder auprès de lui, Benjamin, son petit frère, qui lui n’était pas coupable comme les autres frères.

    Le but de Joseph était de mettre à l’épreuve ses frères pour voir comment ils allaient se comporter maintenant que Benjamin était retenu auprès de Joseph. Benjamin est aussi une image du Seigneur dans la mesure où il est privé de liberté comme substitut de ses frères qui, eux, peuvent rentrer chez eux tranquillement. L’expérience va montrer qu’il y a eu un gros travail dans le cœur de ces frères qui est exprimé par Juda dans ce plaidoyer qui est tout à fait émouvant, qu’on trouve entre le v. 18 et le v. 34. Dans ce plaidoyer nous lisons au v. 16 : « Dieu a trouvé l’iniquité de tes serviteurs ». Manifestement Juda a pris conscience de sa faute, de sa culpabilité. Il en a pris conscience essentiellement devant Dieu. Quelle était la profondeur de cette confession de Juda ? On ne voit pas dans ce chapitre Juda disant : « Oui, c’est bien nous qui avons été méchants avec toi et qui t’avons mis dans la citerne ». La confession ne semble pas avoir été complète et effectivement la confession n’est pas tout à fait complète. Mais Joseph, image du Seigneur, lit dans le cœur, et Joseph a vu cette contrition dans le cœur et a vu que ce travail de confession du péché était tellement avancé, qu’on pourrait dire, que dans sa grâce il s’en est contenté. On voit qu’à partir de là dans le chapitre 45, c’est à partir de ce moment-là que son cœur peut s’ouvrir et qu’il se découvre à ses frères.

    Le premier verset de ce chapitre nous montre ce qu’il y avait dans le cœur de Joseph pendant ce temps où il écoutait le plaidoyer de Juda. L’expression qui le révèle, c’est : « Joseph ne put plus se contenir ». Quelle abondance de sentiments montait ainsi dans son cœur en voyant se produire les fruits de ce qu’il avait été conduit lui-même à placer devant ses frères en vue de ramener leur cœur, quand il voit cette lumière qui a brillé dans le cœur de Juda et de ses frères dans leur ensemble, lorsqu’il a entendu « Dieu a trouvé l’iniquité de tes serviteurs » et par la suite quand il a vu la profonde affection qu’il y avait dans le cœur de ses frères pour leur père qui avait été par leur faute si profondément éprouvé !

    « Certainement il a été déchiré » sont les paroles de Jacob au sujet de Joseph. Le cœur de Joseph – on le voit depuis le début – débordait d’affection pour ceux dont il avait été privé si longtemps par leur faute, mais ses affections à lui n’avaient nullement été affaiblies, bien au contraire. Combien il a dû lui en coûter d’avoir à faire l’étranger vis-à-vis de ses frères alors que son désir était effectivement de les avoir devant lui dans une pleine liberté.

    Combien cela peut évoquer pour nous justement ces soins et ces affections du Seigneur pour nous tous ! Combien son cœur souffre lorsqu’il voit que nous nous écartons, que d’une manière ou d’un autre nous différons ou nous refusons de revenir vers lui de tout notre cœur ! Le Seigneur attend ce moment où alors il va pouvoir faire éclater sa grâce et son amour en faveur de ceux qu’il aime et de ceux dont il s’occupe sans cesse avec une si grande sagesse et une si grande bonté.

    Arrive ce moment où Joseph ne peut plus se contenir. Il y a une issue dans les voies de Dieu à l’égard de chacun. Combien de fois on voit cette pensée qui est présentée dans la Parole, nous pensons en particulier à Paul lorsqu’il s’adresse aux Philippiens. Il dit : « celui qui a commencé en vous une bonne œuvre, l’achèvera jusqu’au jour de Jésus Christ » (1. 6). Quand le Seigneur commence une œuvre dans une personne, ce qu’il s’est proposé, ce qu’il a commencé, malgré tous les obstacles qu’on pourra y mettre, il l’achèvera.

    Il y a un moment où les fruits du travail du Seigneur, non seulement le fruit bien sûr du travail de son âme, qui est la base de tout, lorsqu’il a sur la croix porté nos péchés qui est la base de tout, mais aussi le fruit du travail de sa grâce tout au long de la vie de chacun de nous seront manifestes. Nous ne le voyons pas nécessairement sur la terre mais il y a un moment où chacun sera amené dans sa Présence. C’est ce moment-là si merveilleux qui arrive ici.

    Joseph désire être seul avec ses frères. Il ne peut pas y avoir de témoins de ce monde. Le monde n’en aura jamais aucune connaissance. « Faites sortir tout le monde d’auprès de moi. Et personne ne se tint près de Joseph quand il se fit connaître à ses frères. Et il laissa éclater sa voix en pleurs ». Cette fois, il ne se cache plus. Il a cette liberté, les affections peuvent se manifester d’une manière pleine et entière.

    Auparavant il a été dit que Joseph pleura et puis ensuite qu’il se contint, il essuya son visage puis il revient vers eux. Ici c’est une expression qui dépasse : « il laissa éclater sa voix en pleurs ». Il y a quand même un témoignage qui est donné puisque « les Égyptiens l’entendirent, et la maison du Pharaon l’entendit ». Mais c’est à ses frères qu’il se fait connaître : « Et Joseph dit à ses frères : Je suis Joseph ». C’est le moment, chers amis, où tout va s’éclairer dans les cœurs.

    Pendant la plaidoirie, les frères de Joseph ont encore le sentiment à ce moment-là qu’il y a quelque chose qui reste en suspens puisque l’objet même du délit, du crime, n’a pas été révélé jusque-là. Il y a certainement là un aspect prophétique. S’ils ne l’ont pas prononcé, cela évoque quand même pour nous le fait que Dieu permet actuellement pour son peuple – les frères de Joseph sont aussi l’image du résidu d’Israël – qu’il y ait un voile sur leur cœur, l’apôtre le dit – ils ne saisissent pas réellement ce qu’ils ont fait – pour l’amener à une pleine confession jusqu’à ce qu’ils le voient.

    Il est dit : « Mais leurs entendements ont étés endurcis, car jusqu’à aujourd’hui, dans la lecture de l’ancienne alliance, ce même voile demeure sans être levé, lequel prend fin en Christ. Mais jusqu’à aujourd’hui, lorsque Moïse est lu, le voile demeure sur leur cœur ; mais quand il se tournera vers le Seigneur, le voile sera ôté » (2 Cor. 3. 14 à 16). Nous voyons ce travail de cœur, de préparation, qui se produit ainsi dans les frères de Joseph, qui se produira aussi dans le résidu. Mais c’est seulement lorsqu’ils verront le Seigneur que la chose pourra être définitivement tirée au clair et qu’alors ils se lamenteront en regardant celui qu’ils ont percé.

    Il y a là aussi un enseignement très profond pour nous, mais certainement nous y reviendrons. La perspective qui est devant nous, c’est que nous attendons le moment où nous allons voir le Seigneur. On a un exemple remarquable dans la Parole à ce sujet, c’est l’exemple de Jean dans l’Apocalypse. Il est encore dans le corps certainement quoiqu’il ait une vision en esprit, il est encore dans la condition d’homme sur la terre. Quand il voit le Seigneur Jésus, il tombe à ses pieds comme mort, pourtant qui avait été près de Christ sur la terre comme Jean ? Il entend la voix du Seigneur qui lui dit : « Ne crains point ; moi, je suis le premier et le dernier, et le vivant ; et j’ai été mort ; et voici, je suis vivant ». Il n’y a nulle crainte pour le croyant à la perspective de voir le Seigneur, alors qu’ici nous voyons que même lorsque Joseph se fait connaître, et dit : « Je suis Joseph », ils sont troublés encore. Il faut que leur frère leur parle pour que le trouble soit ôté de leur cœur et qu’alors ils puissent ensuite parler avec lui.

    Quant à cet aspect prophétique concernant Israël nous avions déjà remarqué que Joseph leur dit au v. 4 : « Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour l’Égypte ». Là il rappelle l’origine de ce geste terrible qu’ils avaient fait. Mais on a dit à juste titre qu’ici Joseph use de grâce et de douceur en parlant à ses frères, tout en rappelant l’acte coupable. Immédiatement, pour ainsi dire, étant donné leur trouble, il use de grâce et leur parle de son père : « Mon père vit-il encore ? »

    Il détache leur regard intérieur d’eux-mêmes et de leur détresse intérieure en constatant ceci, pour les porter vers son père. De même pour nous il porte nos regards en haut et il nous demande d’être occupés des choses qui sont en haut où le Christ est assis à la droite de Dieu. N’y aurait-il pas ici, en effet, dans ces versets 1 et 2 une allusion très voilée au fait que quand le Seigneur viendra pour enlever les siens, son Église dont l’appel est céleste, on entendra peut-être la voix de la trompette, mais il nous appellera en haut pour ce moment extrêmement précieux où nous le verrons.

    Comme le dit l’apôtre aux Thessaloniciens : « le Seigneur lui-même, avec un cri de commandement, avec une voix d’archange et avec la trompette de Dieu, descendra du ciel ; et les morts en Christ ressusciteront premièrement ; puis nous, les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées » (1 Thess. 4. 16 et 17).

    On a dit qu’on ne voyait pas Asnath à partir du moment où il a été question des frères de Joseph et de tout ce processus que nous avons, on peut dire, vécu avec lui dans ces moments d’étude. Asnath est là malgré tout et nous savons bien que l’Église règnera avec Christ. Combien il est précieux aussi de voir ici quelque chose de ce que le Seigneur a dû réaliser, ayant à son côté son épouse, que le Seigneur viendra et que nous serons avec lui là-haut, présentés à son Père.

    Quand nous lisons les épîtres de Paul, nous le voyons se dépeindre. Il ne se dépeint pas comme orateur ou comme dépositaire des mystères d’en haut ou comme un surhomme. Il se dépeint dans son renoncement, dans sa patience, dans son amour. Et quand vous parlez de quelqu’un, de n’importe qui, vous trouvez tout de suite le caractère saillant de cette personne : Vous dites : oh ! qu’est-ce qu’il est patient ou bien qu’est-ce qu’il est brutal, ou tout ce que l’on voudra.

    Quand on parle de Paul ou quand on lit ses discours, il y a un trait saillant de son caractère qui ressort, c’est ses larmes. On voit cela par exemple en Actes 20 : « je n’ai cessé nuit et jour d’avertir chacun de vous avec larmes » (v. 31). Le temps ? « nuit et jour ». Les personnes, quelques-unes ? « chacun de vous ». Ce qu’il y a d’extraordinaire et c’est le paradoxe chrétien, c’est que ce même apôtre peut dire : « Réjouissez-vous dans le Seigneur ». Il pleure et il peut se réjouir.

    Au début de sa conversion le Seigneur pouvait dire de l’apôtre Paul : « Voici, il prie ». Quand on arrive à la fin de sa vie, on pourrait presque dire : « Voici, il pleure ». Sept fois on voit Joseph pleurer (chap. 42, 43, 45 (2 fois), 46, 50 (2 fois). On peut vraiment dire que Joseph a pleuré. La Parole nous rapporte ces sept reprises, comme pour nous dire : Joseph n’a pas pleuré que ces fois-là, mais qu’est-ce qui était la source de ses pleurs, pourquoi a-t-il pleuré ? Ce n’était pas des pleurs de sensiblerie, non, c’était des pleurs vrais, des pleurs sérieux, des larmes significatives. Elles avaient chacune leur raison d’être.

    D’où ces larmes coulaient-elles ? De son amour, de son cœur plein d’amour. Je me demande des fois si nos yeux sont secs, les miens aussi. Pas pleurer sur nous-mêmes, Joseph n’a pas arrêté de pleurer sur les autres. Regardez, là, il pleure, il ne peut plus se contenir, il laisse éclater sa voix en pleurs, il pleure parce qu’il a entendu comme le dit Genèse 49. 21 par rapport à Nephthali : « Nephthali est une biche lâchée ; il profère de belles paroles ». Quand le Seigneur entend ces belles paroles de repentance, sans arrière-pensée, sans se dire, qu’est-ce que je vais gagner en retour de la belle confession que je suis en train de faire, quand le Seigneur entend ces belles paroles, je ne veux pas dire qu’Il pleure, mais Joseph ici a pleuré.

    Il pleure parce qu’il a entendu cela et après il pleure de nouveau sur ses frères, il pleure sur le cou de Benjamin, à la fin du paragraphe. On ne voit pas ses frères pleurer. La plupart du temps, Joseph pleure tout seul, sauf exception ici on le voit pleurer et Benjamin pleure aussi avec lui. Benjamin avait sept ans à l’époque où Joseph a été pris. Vous vous rendez compte que pendant vingt-deux ans je suppose, les frères n’ont jamais dit à Benjamin : « tu sais, Joseph, nous pensons qu’il n’est peut-être pas mort ». Ils n’ont jamais rien dit, pendant vingt-deux ans ils ont caché à leur petit frère le crime qu’ils avaient commis.

    Le plus jeune frère arrive là et il entend cette confession. Tout à coup il se rend compte après vingt-deux ans de cachoterie en quelque sorte, il se rend compte : « Ah ! mais mes frères, ce ne sont pas des honnêtes gens, je suis en train de le découvrir maintenant. Mes frères ont réussi à faire ça, c’est incroyable ». On comprend pourquoi Benjamin pleure. Vous vous rendez compte qu’on peut cacher des choses pendant si longtemps à ceux qui nous sont chers. Alors c’est clair, ici Benjamin pleure.

    Plus tard au chapitre 46 à la cinquième reprise on voit Joseph pleurer au cou de son père quand il le revoit. Et cela c’est magnifique aussi. On ne voit pas Jacob pleurer mais je suis sûr qu’il a versé des larmes. Vous savez, un père quand il retrouve son fils après vingt-deux ans d’absence, je pense qu’il pleure. Quand on voit le fils prodigue qui revient après plusieurs années d’absence, le père ému de compassion court vers lui et se jette à son cou. Il n’est pas dit qu’il pleura, mais je suppose que des sentiments devaient étreindre le cœur de ce père. Quelle chose lorsqu’un fils revient, lorsqu’une fille revient !

    Quelle tristesse peut envahir le cœur d’un père ou d’une mère, des parents, lorsque les enfants s’en vont ! Plus d’un connaît ces cas-là où un enfant dit : « J’en ai assez, je m’en vais, je pars, ça ne m’intéresse plus, j’ai d’autres intérêts, j’ai d’autres passions, j’ai ma profession ». N’arrêtez jamais de prier pour ces enfants. Je pense que pendant vingt-deux ans Joseph n’a pas arrêté de prier et de pleurer aussi. Prier, pleurer.

    Voilà il retrouve son père, ils se jettent au cou l’un de l’autre. Jacob ici ne dit pas à son fils : « Ah ! mais dis donc quelle position tu as ! C’est magnifique, c’est remarquable les progrès que tu as faits dans ta vie ». Pas du tout, ce n’est pas cela qui l’intéresse, et Joseph, non plus. Il faut remarquer que chaque fois qu’il pleure, chaque fois qu’il est de nouveau avec ses frères, il est le même. Notre Seigneur Jésus Christ, lorsqu’il était  sur la terre, il était doux et humble de cœur, il a aussi pleuré, c’est un sujet merveilleux les larmes de notre Seigneur – je crois aussi qu’il en est parlé sept fois pas uniquement dans les évangiles mais avec les Psaumes et l’épitre aux Hébreux.

    Notre Seigneur est le même dans la gloire, il est exactement le même. Vous voyez Joseph sortir ici, il ne peut plus se contenir, il laisse éclater sa voix en pleurs et il pleure. Vous prenez quelqu’un, il est en bas, il fait les poubelles ou autre chose, je n’en sais rien, et puis tout à coup il monte, il grimpe dans la société, il arrive en haut, il est ministre ou autre chose. Mais vous voyez comme il a changé, voyez comme cette situation haut placée a transformé son cœur. Il regarde les autres avec hauteur. Il est hautain, il est devenu orgueilleux, il est devenu sûr de lui etc. Notre Seigneur ne change pas, il est exactement le même et toujours. Cela aussi est une leçon, une merveilleuse leçon pour nous.

    Dans le chapitre 50 on voit Joseph qui pleure encore deux fois. Il pleure au début lorsque son père est mis dans le cercueil, c’est fini. Non, ce n’est pas fini. Notre frère vient de nous le rappeler (1 Thess. 4). Joseph a l’assurance que son père ressuscitera. Il a la foi, il est dans Hébreux 11, il sait. Il pleure ici non pas comme ceux qui pleurent sans espérance mais il pleure avec l’espérance de la résurrection. Lorsque nous sommes dans les soucis, dans le deuil, dans tant de circonstances graves qui sont adverses, nous pouvons continuer à avoir la foi. Nous voulons nous appuyer sur tes promesses, Seigneur.

    Et puis à la fin du chapitre 50, il pleure. Il pleure avec ses frères, de nouveau. Là, chers amis, là c’est triste. Pourquoi ? Pourquoi pleure-t-il dans le chapitre 50 avec ses frères ? Il pleure parce que ses frères se méfient de lui. La méfiance engendre la méfiance, mais pas avec Joseph, pas avec notre Seigneur. Si nous nous méfions du Seigneur, si nous nous méfions de lui parce que nous disons : Maintenant que l’affaire est conclue, comme ici, maintenant que Jacob est mort, il va peut-être être dur, être sévère. Ils se méfient de lui. La confiance engendre la confiance.

    Il arrive que des frères peuvent se méfier d’un autre frère, pour diverses raisons. On se méfie, on porte toujours un jugement sur un frère ou sur quelqu’un. C’est si triste que Joseph en pleure. Comment vous ne me connaissez pas encore ? Vous ne connaissez pas cette grâce, ce pardon que j’avais pour vous ? En Genèse 45 il pleure, il laisse éclater sa voix en pleurs. On le voit pleurer. Ses frères ne le connaissent pas encore. Nous ne connaissons pas encore notre Seigneur.

    Quelle grâce, quelle faveur, d’avoir un tel Sauveur que notre Seigneur Jésus Christ ! Alors tu jouiras du fruit de ta victoire. « Il va en pleurant, portant la semence qu’il répand » (Ps. 126. 6). C’est Joseph aussi pendant vingt-deux ans. Il est arrivé en pleurant. Quelle semence ! Vous allez aussi en pleurant, vous vous dites : mais je ne récolterai jamais, je sème, je sème et quand est-ce que je vais moissonner, et qu’est-ce que je vais moissonner ? Continuez, continuez à intercéder, continuez à prier, continuez presque à pleurer.

    Quelqu’un a dit que le Seigneur ne nous fera jamais verser une larme de trop. S’il nous afflige il a aussi compassion car ce n’est pas volontiers qu’il afflige et contriste les fils des hommes (Lam. 3. 32 et 33). C’est bien ce que nous voyons au début de ce chapitre, cette promptitude, le cœur de Joseph qui s’ouvre lorsqu’il constate que le travail est fait dans ses frères. L’obstacle est toujours de notre côté, jamais du côté du Seigneur.

    La porte de la repentance est toujours de notre côté. Le Seigneur est toujours prêt à laisser éclater ses pleurs mais c’est notre responsabilité et notre endurcissement qui risquent d’empêcher cela. Sommes-nous dans ce processus, bien-aimés du Seigneur ? Nous avons un exemple, bien sûr c’est le résidu, bien sûr c’est prophétique tout cela, mais est-ce que ce n’est pas moral pour nous aussi ? La poignée est de notre côté.

    Certains pourraient dire après avoir lu ces chapitres : voilà Joseph leur a pardonné. Le pardon ouvre un grand sujet. Mais ce n’est pas là que Joseph leur a pardonné. On peut penser que Joseph à l’image du Seigneur n’a jamais eu le moindre ressentiment vis-à-vis de ses frères et même quand il partait enchaîné derrière la caravane madianite, il n’avait pas de ressentiment personnel. Bien sûr à l’exemple de Joseph, à l’exemple de notre Seigneur, nous avons à pardonner si notre susceptibilité a été touchée, qu’on trouve qu’on n’a pas fait cas de nous comme on aurait dû. C’est la chair qui réagit comme cela.

    Mais le fait de pardonner, ce à quoi nous sommes invités, ne veut pas dire faire comme si de rien n’était. Joseph nous apprend cela. On peut penser qu’il n’a jamais conservé le moindre ressentiment vis-à-vis de ses frères, mais en même temps lorsqu’il traite ainsi ses frères, gardons-nous de penser : « Je vais le leur faire payer ». Ce n’est pas cela du tout. Quand il les enferme, son but est le bien intérieur, la restauration intérieure de ses frères.

    Est-ce que nous sommes préoccupés dans les rassemblements par le bien profond de nos frères et sœurs ? On est quelquefois tellement préoccupés de ce que les autres pensent de nous et peut-être très peu occupés de la relation – bien sûr on me dira : c’est le secret de son âme, on ne peut pas entrer là-dedans, mais lorsque nous sentons qu’il y a un problème, est-ce que nous voyons les problèmes d’une manière horizontale, entre un frère et un autre ? Ou bien est-ce que nous réalisons ce que nous avons déjà dit que le problème est peut-être entre mon frère et le Seigneur et que la poignée est de son côté ?

    Joseph nous apprend cela. Il aimait ses frères fondamentalement et il désirait que la relation entre l’Éternel et ses frères soit rétablie pleinement. Ah ! l’apôtre Paul avait aussi ce souci quand il écrit aux Philippiens. On voit le désir qu’il a du bien de ses frères. Quelquefois on s’occupe de soi-même cahin-caha, c’est nous et puis notre relation et puis on fait de notre vie spirituelle le centre de notre vie. Pas Joseph, pas le Seigneur.

    On peut être très étonné au v. 3 de lire : « Je suis Joseph. Mon père vit-il encore ? » Il l’avait demandé quelques heures avant, dans le chapitre 43, lorsqu’ils étaient dans sa maison. Il leur avait demandé : « Votre père, le vieillard dont vous m’avez parlé, est-il bien ? vit-il encore ? » (v. 27) Ce n’est pas dans les quelques heures que Jacob risquait de trépasser.

    Mais c’est que cette fois, le terme de père a une autre acception et nous pensons à ce que le Seigneur dira à Marie de Magdala : « Je monte vers mon Père et votre Père » (Jean 20. 17). Le Seigneur avait dit : « mon Père », autrefois mais il était seul à pouvoir dire cela. À partir de ce moment-là « Je monte vers mon Père et votre Père », il ne sera plus jamais seul à pouvoir employer ce mot, même s’il est premier-né entre plusieurs frères, mais il partage cette relation avec tous ceux qui sont de la famille de Dieu et qui désormais connaissent Dieu comme leur Père.

    Simplement deux remarques. La première concerne les frères de Joseph. Souvenons-nous où ils ont laissé Joseph, vendu à des Ismaélites qui passaient. Pour eux, quel était le devenir de Joseph ? En Égypte, vendu comme un esclave. Quand ils descendent envoyés par leur père pour acheter la nourriture, s’ils pensent à Joseph, s’ils pensent le trouver, où vont-ils le chercher ? Dans un palais ? Absolument pas. S’ils pensent à Joseph, ils vont le chercher au milieu d’autres esclaves, en train peut-être de faire des briques.

    On comprend alors comment ces frères de Joseph étaient bien dans l’incapacité humaine, en voyant ce gouverneur, de pouvoir penser que c’était Joseph. On comprend aussi que la confession qu’ils ont faite dans ce chapitre 44 que nous avons lu ce matin, est merveilleuse parce qu’elle est tout à fait adaptée à la situation. Et c’est ainsi que cette confession devait être faite. Effectivement Joseph a pu accueillir ses frères. Concernant l’attitude de Joseph envers ses frères, il nous faut attendre le chapitre 50 pour voir les frères de Joseph reconnaître le mal qu’ils ont pu faire à leur frère.

    Deuxième remarque concernant ce chapitre 45 que nous venons de lire. On a fait remarquer ce v. 2 où il est dit qu’on fasse sortir tout le monde. Quelle est la portée aujourd’hui de cet enseignement ? C’est qu’il y a un seul médiateur entre Dieu et les hommes. Pour s’approcher du Seigneur Jésus, pour le connaître, il n’y a pas un moyen humain, il n’y a pas une personne qui peut nous aider. Un seul médiateur entre Dieu et les hommes.

    Et puis cette déclaration de Joseph, extrêmement simple, mais qui est, on peut dire, le tournant dans ce chapitre, puisqu’après il va pouvoir révéler tout ce qu’il est et inviter ses frères à aller parler à son père de sa gloire.

    Mais comment commence ce chapitre ? « Je suis Joseph ». Oh ! c’est extrêmement simple. Quelle est la portée, quelle est la signification de cette déclaration de Joseph ? Lui seul peut se révéler à une âme. Ce n’est pas par un moyen humain, ce n’est pas par notre intelligence humaine que nous pouvons découvrir la personne du Seigneur Jésus. C’est lui qui vient à nous et qui nous dit qui il est.

    Nous avons plusieurs exemples dans les évangiles de personnes qui ont rencontré le Seigneur, qui l’ont vu, qui ont parlé avec lui, qui ont été les objets de ses soins. Mais tant que le Seigneur ne s’est pas révélé d’une manière directe à elles, elles n’ont pas discerné qui il était. Citons simplement trois exemples dans l’évangile selon Jean. Au chapitre 4, la femme samaritaine. Lisons le v. 25 : « La femme lui dit : Je sais que le Messie qui est appelé le Christ, vient ; quand celui-là sera venu, il nous fera connaître toutes choses ».

    Elle avait parlé avec le Seigneur, elle l’avait vu, elle l’avait entendu et elle n’avait pas discerné qui il était. Alors « Jésus lui dit : Je le suis, moi qui te parle ». « Je le suis [c’est comme « je suis Joseph »], moi qui te parle ». C’est par ses paroles que le Seigneur Jésus se révèle et se fait connaître à une âme. Nous avons la même pensée un peu plus loin dans cet évangile au chapitre 9 concernant l’aveugle-né, objet de la délivrance du Seigneur.

    Il faut encore que le Seigneur s’adresse à lui : « Jésus apprit qu’ils l’avaient chassé dehors, et l’ayant trouvé, il lui dit : Crois-tu au Fils de Dieu ? Il répondit et dit : Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? Et Jésus lui dit : Et tu l’as vu, et celui qui te parle, c’est lui » (v. 35 à 37). C’est encore la parole du Seigneur qui se révèle, qui se fait connaître à cet aveugle-né. Et alors il peut dire : « Je crois, Seigneur ! Et il lui rendit hommage ».

    La connaissance de la personne du Seigneur Jésus nous fait discerner ce qu’il est et nous amène à lui rendre hommage. Dernier exemple : l’apôtre Paul. « Qui es-tu, Seigneur ? » Voilà une lumière resplendissante qui l’arrête sur le chemin. « Qui es-tu, Seigneur ? » Et la réponse vient : « Je suis Jésus que tu persécutes ». Ne pensons pas, pour ce qui nous concerne que même maintenant nous connaissons le Seigneur Jésus. Si nous voulons croître dans sa connaissance, ce n’est pas par notre intelligence humaine naturelle, par quelque capacité humaine, que nous pourrons croître dans la connaissance de la personne du Seigneur Jésus.

    C’est toujours lui qui se révèle à nous, qui fait briller devant nous la perfection et l’excellence de sa Personne. Alors avec le secours du Saint Esprit, nous pouvons apprendre à discerner qui il est et il vaut la peine d’apprendre à discerner qui il est et de lui rendre l’hommage qui lui est dû.

    Quand les frères de Joseph ont vendu Joseph aux Ismaélites, ils l’ont appelé de ce nom : « Le voici… ce maître songeur », terme de mépris. Quand ils ont parlé de lui à Jacob, en revenant de leur première descente en Égypte pour acheter du pain, ils ont dit de lui : « L’homme, le seigneur du pays » (42. 30), un homme, un mot quelconque. Nous pensons bien à ce qu’il en a été du Seigneur. Il a été le méprisé et puis il a été considéré simplement comme un homme, même s’il avait une autorité particulière.

    Et puis quand Joseph se présente à ses frères, il dit : « Je suis Joseph. Mon père vit-il encore ? » La première chose, la façon dont Joseph se présente, met en évidence sa relation avec son père. Et quand nous apprenons à connaître le Seigneur, nous apprenons à le connaître comme le Fils de Dieu. « Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu » (1 Jean 5. 1).

    La deuxième fois que Joseph s’adresse à eux, il leur dit : « Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour l’Égypte ». Il ne dit pas : « Je suis Joseph, celui que vous avez vendu pour l’Égypte », mais « votre frère ». C’est lui qui établit la relation entre lui, ses dix frères et Benjamin. Ce n’est pas les dix qui vont dire : « Ah ! tu es notre frère ». Non, c’est lui qui établit cette relation.

    Dans les chapitres précédents lorsque les dix viennent devant Joseph pour acheter du pain, ils se courbent devant lui, ils se prosternent, mais ils se prosternent devant un étranger. Dans ce chapitre 45 nous ne les voyons pas se prosterner. Par contre dans le chapitre 50 nous les voyons se prosterner et ils se prosternent devant lui en connaissant sa personne. Les incrédules devront se prosterner devant le Seigneur. Nous avons le privilège de nous prosterner devant lui déjà dans nos cœurs dans la connaissance de sa personne, à la fois quant à sa relation avec Dieu le Père, mais aussi dans la relation dans laquelle il nous introduit.

    Bien sûr dans ce chapitre 50, il y a ce doute qui est manifesté par rapport aux sentiments du cœur de Joseph envers ses frères mais est-ce qu’il n’y a pas aussi ce côté que ses frères sont amenés à se prosterner devant lui en connaissant qui il est, quelle relation il a avec Jacob leur père et qu’il est celui qui s’est déclaré comme leur frère. Est-ce que tout cela ne nous parle pas de la Personne merveilleuse du Seigneur Jésus ? On peut à son égard avoir des pensées de mépris et le monde le méprise. Nous espérons bien qu’ici personne ne le méprise. Mais dans le monde il est toujours méprisé.

    Et puis il y a l’homme, un mot quelconque, celui certes devant qui on doit s’incliner, mais c’est une personne quelconque. Mais pour nous, nous apprenons à connaître le Seigneur comme le bien-aimé du Père et celui qui nous fait entrer dans cette relation précieuse : « Va vers mes frères ».

    On a déjà cité ce passage : « va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père ». En disant « va vers mes frères », il nous met dans la même relation que lui avec son Père. Et puis il y a cette disposition volontaire de nos cœurs de nous courber devant lui.

    Ce chapitre, on pourrait dire, est un épilogue qui nous surprend. Pourtant Joseph avait déjà annoncé à ses frères quelle serait leur part. Quand les dix viennent parler à Jacob leur père au chapitre 42 ils lui disent les paroles de Joseph : « amenez-moi votre plus jeune frère, et je connaîtrai que vous n’êtes pas des espions, mais que vous êtes d’honnêtes gens, je vous donnerai votre frère, et vous trafiquerez dans le pays » (v. 34). Il y avait déjà un espoir, une parole d’espérance, que les dix ont relevé puisque c’est eux qui l’ont rapporté à Jacob. Ils n’en ont certainement pas noté toute l’importance.

    Au chapitre 43 il y avait aussi une parole heureuse. Au v. 23 le préposé de la maison de Joseph leur avait dit : « Paix vous soit, ne craignez pas ». On est touché par cette expression. C’est la première fois que dans l’Écriture on trouve cette expression : « Paix vous soit ». « Combien sont beaux sur les montagnes les pieds de celui qui… annonce la paix » (És. 52. 7). « Paix vous soit, ne craignez pas ». Mais les frères de Joseph n’ont pas compris non plus la portée de cette parole. Il faudra qu’il y ait la pleine confession de ce qu’ils ont fait, pour jouir de la paix.

    Encore une autre chose. Au v. 4 Joseph leur dit : « Approchez-vous de moi ». C’est le Seigneur qui nous fait approcher. « Bienheureux celui… que tu fais approcher » (Ps. 65. 4). Combien ce récit nous fait entrer de façon plus palpable dans les privilèges qui sont les nôtres en apprenant à connaître qui est la Personne du Seigneur Jésus et jusqu’où nous sommes introduits !

    Chers amis, chers jeunes amis, après une tempête dans laquelle nous avons été sondés par Dieu, est-ce que nous avons connu aussi ce moment si précieux où le Seigneur se révèle à nos cœurs, dans cette proximité personnelle avec lui, dans cette intimité personnelle avec lui ? Le Seigneur, non seulement a voulu nous pardonner, mais il veut nous avoir pour lui. Il veut que nous puissions jouir de lui.

    Dans tout ce chapitre nous avons peut-être été surpris, parce qu’on n’entend pas parler les frères de Joseph. Ils sont là, ils écoutent tout ce que Joseph leur dit. Il ne leur laisse pas le temps de parler. Il rappelle ce qu’ils ont fait, mais c’est un peu comme dans les Actes quand Pierre parle au peuple, il leur dit : « vous avez renié le saint et le juste » (4. 14) mais « je sais que vous l’avez fait par ignorance » (v. 17). C’est la grâce et l’amour merveilleux qui se déploient envers ces rachetés.

    Mais il rappelle que Dieu l’a envoyé pour leur conserver la vie. Le Seigneur désire que nous connaissions cette intimité avec lui. On peut relever ces expressions : « Approchez-vous de moi » (v. 4), « descends vers moi » (v. 9), « tu seras près de moi » (v. 10), « venez vers moi ; et je vous donnerai ce qu’il y a de meilleur » (v. 18). Quand on a un cœur en règle avec le Seigneur, qu’on est dépouillé de soi-même, qu’on a perdu nos prétentions, alors il y a un message qui est pour nous aussi aujourd’hui : « vous raconterez à mon père toute ma gloire » (v. 13).

    On se rend compte quelquefois lorsque nous sommes au culte, que peut-être il y a quelques fardeaux sur les cœurs et sur les consciences qui nous empêchent de nous libérer. On a parfois l’impression qu’on est comme des petits pécheurs devant Dieu avec une certaine confession. Mais quand les choses sont réglées, que nous avons joui de la communion avec le Seigneur, que nous voyons le Seigneur, alors nous pouvons parler de lui.

    C’est seulement à la fin de ce chapitre qu’il est dit que quand les frères de Joseph sont retournés vers leur père, c’est là qu’on les entend parler. Ils racontèrent tout ce que Joseph leur avait dit. Enfin il leur donne aussi un merveilleux message : il faut se hâter et en même temps on peut dire que ce privilège nous est donné pour oublier notre misère. On a aussi un message de paix pour ceux qui nous entourent. C’est pour cette raison qu’il est dit : « Hâtez-vous » (v. 9) « il y a encore cinq années de famine, de peur que tu ne sois réduit à la misère » (v. 11).

    Donc il y a les deux côtés, on est occupé du Seigneur, les choses sont réglées dans nos cœurs. Quel bonheur quand on peut s’oublier lorsque nous sommes autour du Seigneur pour le culte ! Nous pouvons nous oublier, être occupés du Seigneur. Quelquefois on entend ceci : « on aurait voulu s’en aller au ciel pour continuer de contempler notre Seigneur ». Il y a ce côté-là mais il y a aussi un message de paix à délivrer à ce monde. Que le Seigneur nous aide, surtout nous donne de jouir de cette intimité personnelle avec lui, vers lui !

    On a parlé des pleurs de Joseph, des pleurs du Seigneur. Il me semble qu’il faudrait nous arrêter un instant sur ce que nous avons aussi dans ces chapitres. Les pleurs sont l’expression des sentiments, des sentiments de joie ou de tristesse d’ailleurs, c’est la manifestation de ce qu’il y a dans le cœur. On a souligné tout à l’heure cette expression : Joseph a laissé « éclater sa voix en pleurs » alors qu’il les avait retenus avant.

    Qu’en est-il de nous ? Est-ce que nous savons laisser s’exprimer nos sentiments ou est-ce que nous sommes éduqués à les réprimer, à ne pas les exprimer ? Il faut dire que dans la culture occidentale qui est la nôtre, il y a cela. Par exemple on dira à un petit garçon : un homme ne pleure pas, c’est bon pour les filles. On éduque peut-être un peu dans ce sens-là qu’on ne doit pas laisser s’exprimer nos sentiments, en tout cas par des pleurs.

    Mais qu’en est-il de l’enseignement de la Parole à ce sujet ? Quels exemples avons-nous dans l’Écriture et en particulier celui du Seigneur ? On voit que le Seigneur a pleinement assumé ses sentiments et les a exprimés. Il a pleuré. On le voit une fois regarder à l’entour avec colère. Il en fut indigné etc. On voit que le Seigneur, non seulement avait des sentiments, mais les exprimait. Peut-être est-ce important de saisir l’occasion qui est là devant nous en voyant Joseph, vraiment un bel exemple de quelqu’un qui ne se laisse pas guider par ses sentiments, mais qui a des sentiments très profonds, qui un moment les retient et un moment les exprime pleinement. C’est un exemple qui est placé là devant nous selon les pensées de Dieu.

    Joseph aimait ses frères, il désirait manifester le pardon qu’il leur avait accordé depuis longtemps, mais il ne le fait pas immédiatement. On voit comment il a agi à leur égard. Il a su retenir l’expression de ses sentiments pour amener vraiment ce travail, parce qu’il les aimait. Donc il ne se laissait pas guider par ses sentiments. Et en même temps il les a vraiment exprimés librement. On voit qu’il ne réprimait pas toujours ses sentiments. Il le fait quand c’était nécessaire mais sinon il les exprime.

    Est-ce qu’il n’y a pas un danger en ce qui nous concerne, du fait que nous sommes enseignés justement sur le fait qu’il ne s’agit pas d’être guidés par ses sentiments. On dira par exemple aussi pour la conversion, il ne s’agit pas de savoir si on se sent sauvé ou pas, ou les sentiments qu’on a par rapport à ceci ou à cela. Ce qui compte c’est d’avoir cru au Seigneur Jésus. On doit s’appuyer par la foi sur ce que nous dit la Parole, en mettant de côté tous les sentiments. Est-ce que c’est si juste que cela ? Attention ! Dieu travaille dans nos cœurs et le cœur est le siège des sentiments, la conscience aussi bien sûr.

    Nous avons notre responsabilité devant Dieu mais aussi dans nos cœurs. Nous enseignons aussi souvent que la connaissance, par exemple, ce n’est pas une connaissance simplement intellectuelle des choses. « Que votre amour abonde encore de plus en plus en connaissance » (Phil. 1. 9), donc ça passe par le cœur, les sentiments sont en jeu. Il y a aussi le côté de l’expression des sentiments. Est-ce que justement il y a ce danger de se laisser guider par les sentiments, de se fonder par exemple pour avoir la certitude du salut, sur ce qu’on sent ou qu’on ne sent pas.

    On a entendu dire quelquefois que si vraiment on aimait tous les enfants de Dieu, par exemple on ne leur refuserait pas la cène, on ne ferait pas de différence. Ce serait l’expression de l’amour chrétien que l’on a pour tous les enfants de Dieu. On a entendu des réflexions de ce genre. En réaction on pourrait dire : Attention ! ne nous fions pas aux sentiments, gommons tout ce qui est expression des sentiments, ce qui compte c’est la doctrine, ce que dit la Parole, tenons-nous-en là et tout ce qui est des sentiments, on le gomme, on met de côté l’expression des sentiments. Attention ! là aussi c’est tomber dans l’excès opposé en quelque sorte. La Parole ne dit pas du tout cela. Au contraire.

    Nous avons devant nous l’exemple parfait du Seigneur Jésus qui bien sûr ne se laissait pas guider par ses sentiments. On a l’épisode où les sœurs font dire au Seigneur : « celui que tu aimes est malade ». Le Seigneur ne va pas immédiatement se précipiter pour le guérir. Non, on voit qu’il était soumis à son Père. Il ne se laisse pas guider par ses sentiments. Mais en même temps il pleure au tombeau de Lazare. Il laisse publiquement exprimer ses sentiments, l’expression de ce qu’il ressent. Alors est-ce que nous n’avons pas à apprendre cela ?

    Quelquefois on a tendance à spiritualiser artificiellement en quelque sorte, même des choses culturelles comme je disais tout à l’heure : Non, ne pleure pas. Donc on spiritualise un peu cela en disant : le chrétien qui est spirituel, reste impassible, il ne manifeste pas ses sentiments, même au culte on est là, rien ne transparaît, même si dans le cœur on ressent des choses profondes. Nous avons à faire attention car nous pouvons tomber d’un côté ou de l’autre. Ne nous laissons pas guider par les sentiments.

    Nous avons un exemple en Joseph qui est extrêmement beau. On voit tout ce qui bouillonnait dans son cœur et en même temps comment il sait attendre, se laisser guider dans ce qu’il a à faire et le moment voulu il laisse éclater sa voix en pleurs. En ce qui nous concerne, est-ce que nous n’avons pas besoin d’apprendre à exprimer nos sentiments au bon moment, sans les cacher derrière un masque d’impassibilité, parce que l’expression des sentiments est aussi quelque chose d’important dans nos relations, dans ce que nous manifestons ?

    Bien sûr Dieu lit dans les cœurs, mais attention nous ne sommes pas dans le ciel, nous sommes sur la terre, nous avons des relations les uns avec les autres, un témoignage à rendre et nous avons à exprimer nos sentiments d’une façon juste. Ne gommons pas tout ce qui est l’expression des sentiments. C’est important parce qu’on a l’impression qu’on veut gommer tout cela. Non. Regardons au Seigneur, l’exemple qu’il nous donne, pour apprendre. On a besoin d’apprendre à exprimer nos sentiments de la bonne manière, à leur juste place, comme le Seigneur le désire.

    Encore une petite remarque concernant les sentiments. Les sentiments peuvent avoir différentes raisons, différentes origines. Nous avons aussi bien sûr nos sentiments naturels. Les sentiments naturels que nous avons les uns et les autres peuvent être très différents. Les uns montrent leurs sentiments d’une façon visible, par des paroles, ou peut-être par des pleurs. Cela peut être des sentiments naturels. D’ailleurs nos caractères sont très différents. Cela [l’expression de nos sentiments] a à faire aussi avec le caractère que nous avons.

    Mais d’autre part il existe aussi des sentiments spirituels et les sentiments spirituels ont une autre origine. Ils n’ont jamais leur origine dans notre être naturel, mais ces sentiments ont leur origine dans notre communion avec le Seigneur, notre communion vécue avec le Seigneur et avec la Parole. Ce sont des sentiments qui trouvent leur origine dans ce que nous lisons du Seigneur, de ce que nous lisons de sa façon d’agir etc., dans la Parole. Donc ces sentiments-là nous devons les avoir et là aussi je crois qu’il faut peut-être aussi penser que ces sentiments spirituels peuvent se montrer aussi de différentes manières.

    Nous avons chez nous un frère : je suis convaincu qu’il a des sentiments spirituels profonds et pourtant il n’arrive pas à pleurer. Il ne pleure pas. Tandis que pour d’autres leur façon de montrer leurs sentiments devient visible pour nous. Ce qui importe c’est quand nous avons des sentiments spirituels que nous les exprimions, comme notre frère vient de le dire, d’une façon spirituelle, que nous les exprimons peut-être par un cantique qui nous aide à exprimer nos sentiments. Très souvent nous ne sommes même pas capables de dire exactement ce que nous ressentons, ce qui est dans notre cœur comme sentiments spirituels, mais nous connaissons un cantique et nous trouvons dans ce cantique des sentiments qui sont les nôtres. Et nous aimons indiquer ce cantique. Et je suis convaincu que c’est aussi l’Esprit de Dieu, l’Esprit Saint, qui nous fait indiquer ce cantique pour faire entendre devant Dieu ensemble aussi notre adoration, nos sentiments d’amour pour le Seigneur, une étreinte dans notre cœur, une étreinte d’ailleurs qui se multiplie quand l’un exprime un sentiment spirituel et quand les autres y font écho.

    Voilà quelque chose que nous pouvons avoir en présentant nos sentiments spirituels en adoration à notre Seigneur. Encore une fois, ce qui est important, c’est que ce soit des sentiments spirituels qui proviennent de notre communion intime avec le Seigneur parce que c’est là que nous sommes vraiment touchés dans nos cœurs. Toutes les autres choses, les choses qui nous concernent nous, moi personnellement, ce que je ressens, moi, etc. tout cela a beaucoup trop cette couleur de sentiments naturels. Des sentiments spirituels, voilà ce qu’est l’adoration et ce que le Seigneur souhaite voir et entendre exprimer devant Lui.

    Sur les sentiments, suivons ce qui nous est dit à plusieurs reprises dans les Proverbes : « Mieux vaut une réprimande ouverte qu’un amour caché » (27. 5) et « une parole dite en son temps, combien elle est bonne ! » (15. 23)

    Une autre pensée : on est frappé par la sobriété de certains passages de la Bible pourtant des plus importants, par exemple la scène de la croix quand nous la lisons dans les évangiles, ces quelques mots : « ils le crucifièrent » ou « et l’ayant crucifié ». La description est très simple et courte. Ici nous avons dans une circonstance importante des choses courtes : « Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour l’Égypte ». La description qui en a été faite quelques chapitres plus tôt était très complète. Joseph n’insiste pas, il dit l’essentiel en deux mots et il fait suivre de « Et maintenant… » qui sont des paroles de réconfort pour ses frères.

    Et puis la suite du passage est essentiellement au futur maintenant. La plupart des mots jusqu’au v. 14 sont au futur et notamment ce qui nous a été indiqué dans ce passage : « vous raconterez à mon père toute ma gloire ». Et puis nous pouvons ressentir la jouissance d’une communion retrouvée, peut-être pas complètement comme nous le voyons au chapitre 50, « et après cela, ses frères parlèrent avec lui » (v. 15). Ensuite on voit l’accueil du Pharaon et de sa cour et l’invitation à venir dans le pays de Goshen, dans le pays d’Égypte.

    Jacob après avoir hésité et n’avoir pas cru ce que racontaient ses fils, a son esprit qui se ranime et il consent à aller en Égypte et à voir Joseph avant de mourir. Alors les quelques versets que nous avons lus au chapitre 50 sont bien pénibles quand nous considérons les scènes précédentes et relativisent l’état de nos cœurs et le fait qu’il est difficile et même impossible à l’homme charnel et au vieil homme de comprendre la bonté de Dieu, la bonté du Seigneur, typifié par Joseph.

    Je voudrais faire remarquer à propos des versets 5 à 9 qu’on voit à quatre reprises que Joseph en disant : « ne soyez pas attristés » à ses frères, ne les met pas en cause. Il reconnaît que c’est Dieu qui est au-dessus de tout. À la fin du v. 5 il dit : « c’est pour la conservation de la vie que Dieu m’a envoyé devant vous ». Au v. 7 : « Dieu m’a envoyé devant vous pour vous conserver de reste sur la terre ». Au v. 8 : « maintenant, ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici, mais c’est Dieu ». Au v. 9 : « Ainsi dit ton fils : Joseph, Dieu m’a établi seigneur ».

    Quelle belle attitude que celle de Joseph ! Il reconnaît que celui qui est derrière la scène, de toute manière, c’est Dieu, c’est Dieu qui a un plan. Il a un plan pour chacun de nous, il a un plan pour chacun de vous. Chers jeunes, chers enfants, chers tous ici, vous avez peut-être des difficultés, vous avez connu des détresses dans la vie. Est-ce que vous pouvez dire vraiment : c’est Dieu qui est derrière la scène ?

    Au chapitre 42 les frères de Joseph pouvaient dire : « nous avons vu la détresse de son âme quand il nous demandait grâce » (v. 21). Joseph avait demandé grâce à ses frères, il avait été dans une détresse profonde. D’ailleurs il appelle son fils Manassé car Dieu m’a fait oublier toute ma peine. Il n’était pas insensible. Le chrétien n’est pas insensible aux difficultés. Mais Joseph est passé par-dessus. La grâce de Dieu, la contemplation de Dieu, l’a fait passer par-dessus et il reconnaît que c’est Dieu qui était à l’œuvre. C’est Dieu qui est à l’œuvre dans nos vies à chacun.

    Que nous ayons cette pensée-là que Dieu a un plan pour chacun de nous, que Dieu veut nous bénir et comme l’apôtre Paul le dit en Rom. 8 : « nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos » (v. 28), toutes choses, même les choses difficiles, même les choses comme celles connues par Joseph, ces circonstances terribles derrière lui. La foi lui faisait voir cela. Il peut dire : « c’est Dieu ».

    Une remarque encore à propos de ces passages. Nous lisons au milieu du v. 4 du chapitre 45 : « votre frère, que vous avez vendu » et au v. 7 : « Dieu m’a envoyé devant vous ». Lorsqu’on considère l’œuvre de la croix, il y a trois côtés. Il y a le côté de la responsabilité de l’homme, il y a le côté du conseil de Dieu et puis il y a le côté du Seigneur lui-même.

    Pour illustrer ce propos, je rappelle ce passage de Jean 10 : « À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne. Personne ne me l’ôte, mais moi, je la laisse de moi-même ; j’ai le pouvoir de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre » (v. 17 et 18). Ce troisième côté Joseph ne pouvait pas le dire. Il avait été vendu par ses frères, c’est la culpabilité de l’homme, Dieu avait prévu cette chose.

    Actes 3. 13 : « le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, que vous, vous avez livré [la responsabilité de l’homme], et que vous avez renié devant Pilate, lorsqu’il avait décidé de le relâcher ».

    Actes 2. 23 : « Jésus le nazaréen… ayant été livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu ». Voilà les trois personnes qui sont à l’œuvre dans l’œuvre de la croix.

    Maintenant on pourrait dire que Joseph peut goûter des fruits du travail de son âme et en être satisfait comme il nous est dit du Seigneur en Ésaïe 53, ayant approché les siens autour de lui pour goûter cette paix, cette joie, en communion avec lui. Maintenant il les envoie. Nous avons dans la suite de ce chapitre une mission confiée aux frères de Joseph et on peut remarquer que cette mission leur est donnée en des termes extrêmement précis, qui n’est pas laissée à leur imagination.

    Joseph envoie ses frères pour qu’ils ramènent leur père en Égypte. On peut remarquer ceci : ce n’est pas Joseph qui va retourner en Canaan vers Jacob, mais c’est Jacob et les frères de Joseph qui vont descendre en Égypte vers Joseph. Est-ce que cela ne nous parle pas de ce qui est devant nous ? Le Seigneur ne reviendra pas sur la terre. Nous ne le connaîtrons pas comme l’ont connu les disciples comme homme ici-bas, mais nous allons vers lui, vers le ciel.

    Et puis en les envoyant il leur donne des gages à la fois du fait qu’il est vivant et de sa gloire. Ce sont ces chariots qui sont donnés pour ramener Jacob et sa famille en Égypte. On a remarqué dans notre lecture que Jacob a douté des paroles de ses fils, mais il n’a plus douté quand il a vu ce gage que Joseph avait envoyé. Nous aussi, le Seigneur nous a donné un gage, si j’ose dire – il me semble que le mot est impropre – de sa gloire. Nous avons reçu le Saint Esprit après qu’il ait été glorifié et nous avons l’assurance que nous nous rendons vers le ciel.

    Et puis je voudrais dire un simple mot sur l’exhortation de Joseph à ses frères. Elle est courte. « Il renvoya ses frères, et ils s’en allèrent. Et il leur dit : Ne vous querellez pas en chemin » (v. 24). On pourrait dire : mais comment faire pour ne pas se quereller ? Qu’est-ce qui amènerait les frères de Joseph à se quereller ? C’est l’oubli de la vision qu’ils ont eu de Joseph élevé dans la gloire et de Joseph vivant comme un homme ressuscité.

    Qu’est-ce qui amène tant de querelles, de troubles parmi les croyants et dans les assemblées ? C’est qu’on perd un œil simple et on oublie de regarder à Christ seul. Cet oubli de regarder à Christ seul et de ne voir que la personne du Seigneur, nous amène soit à nous quereller, soit à nous égarer. J.N. Darby écrit quelque part : « la cause de nos péchés par erreur ou par ignorance, c’est l’absence d’un œil simple ». Nous sommes en route vers le ciel. Fixons les yeux sur Jésus si nous ne voulons pas qu’il y ait entre nous des querelles et si nous ne voulons pas nous égarer dans le chemin.

    J’aimerais faire remarquer au v. 13 : « vous raconterez à mon père toute ma gloire en Égypte ». Il ne s’agit pas ici de la gloire millénaire que le Seigneur aura pendant son règne de justice et de paix. Ce n’est pas encore le temps bien que cela ait pu être exprimé parfois. Il s’agit de la gloire de Christ dans le ciel actuellement, nous l’avons dit, nous en avons parlé plusieurs fois. Il s’agit d’Actes 2. 36: « Que toute la maison d’Israël donc sache certainement que Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié » dit Pierre en s’adressant aux Juifs. C’est la position actuelle. C’est ainsi que nous Le voyons dans ce règne de gloire qui est le sien là-haut.

    Quand nous portons les yeux en haut, nous pensons à ce royaume du Fils de l’amour du Père dans lequel aussi nous avons été transportés pour ainsi dire par la foi et en esprit. Nous pensons aussi à Hébreux 2. 9 où il nous est dit : « nous voyons Jésus, qui a été fait un peu moindre que les anges à cause de la passion de la mort, couronné de gloire et d’honneur ». Il a goûté la mort pour tout, il est maintenant couronné. « Nous voyons Jésus » : c’est encore la même pensée.

    Si nous revenons à notre texte, il y a quelques points que l’on peut encore considérer. Au v. 20 : « Que vos yeux ne regrettent pas vos meubles ; car le meilleur de tout le pays d’Égypte sera à vous ». Ici c’est évidemment les bénédictions que nous avons dans les lieux célestes en Lui. Dieu « nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ » (Éph. 1. 3).

    Nous sommes dans cette période où nous attendons le Seigneur, où l’Église mystérieusement n’apparaît pas ici pour le monde mais où elle existe et où elle attend de régner avec Christ, mais c’est pour plus tard. Pour l’instant nos bénédictions sont en lui là-haut. Alors que nous nous réjouissions de lever nos yeux en haut en effet !

    Je désirerais faire remarquer au v. 15 qu’il y a les pleurs et qu’il y a le baiser, qui est le baiser de la réconciliation. Il y aura réconciliation avec le peuple d’Israël, avec le résidu de Juda en particulier et de Benjamin. Ce baiser de réconciliation est donné ici. Et pour nous il y a heureusement longtemps que nous nous appuyons sur l’œuvre de réconciliation accomplie à la croix par notre Seigneur. Il a « fait la paix par le sang de sa croix » (Col. 1. 20).

    On a pu dire aussi que ce qui est donné ici par Joseph à ses frères et à son père, pour nous ce sont les arrhes de l’héritage qui est à venir. Nous sommes héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ.

    Quelques remarques sur l’attitude des frères de Joseph, sur les réactions de Jacob, sur l’exhortation que Joseph donne à ses frères : « Ne vous querellez pas en chemin ». Ne démontrent-elles pas que toute cette scène – si précieuse d’enseignements qu’elle soit chargée pour nous qui connaissons maintenant le Seigneur Jésus venu du ciel et son œuvre accomplie – est une scène terrestre qui s’est déroulée effectivement sur la terre que nous la considérions au premier degré en quelque sorte comme récit de ce qui s’est passé, ou que nous la considérions aussi quant à son application prophétique pour le résidu qui viendra et auquel le Seigneur se manifestera.

    En particulier cette exhortation « ne vous querellez pas en chemin » montre bien que ces hommes qui ont vu Joseph ont à fournir ensuite un chemin dans lequel ils sont encore enclins à bien des faiblesses, ne serait-ce que dans la manière dont ils reviennent vers leur père, chargés des bénédictions très riches que Joseph leur a données, des paroles qui leur ont été données pour lui. Ils reviennent, il est dit : « ils montèrent de l’Égypte, et vinrent au pays de Canaan, vers Jacob, leur père ; et ils lui rapportèrent, disant : Joseph vit encore ; et même c’est lui qui gouverne tout le pays d’Égypte » (v. 25 et 26).

    Bien sûr c’était une nouvelle extraordinaire pour Jacob d’entendre : « Joseph vit encore », « mais son cœur resta froid ». « Il ne les crut pas » : il avait de bonnes raisons pour cela. « Et ils lui dirent toutes les paroles de Joseph, qu’il leur avait dites ; et il vit les chariots que Joseph avait envoyés » (v. 27). Tout ce qui vient de Joseph, ses paroles, ce qu’il a envoyé, atteint l’esprit et le cœur de Jacob.

    N’est-ce pas saisissant que là encore, comme dans plusieurs passages de la vie de Jacob, on voit que l’Esprit Saint change le nom de Jacob. Jusque-là c’est Jacob, et même l’esprit de Jacob, maintenant c’est Israël. « Et Israël dit : C’est assez ! Joseph mon fils vit encore ; j’irai, et je le verrai avant que je meure ».

    On a la même chose au chapitre 46 quand Jacob envoie Juda pour préparer devant lui le chemin pour aller en Goshen et puis que Joseph attelle son char et vient à sa rencontre. « Et Joseph attela son char, et monta à la rencontre d’Israël, son père, en Goshen. Et il se montra à lui, et se jeta à son cou, et pleura longtemps sur son cou. Et Israël dit à Joseph : Que je meure à présent, après que j’ai vu ton visage, puisque tu vis encore » (v. 29 et 30). Tout cela nous montre le déploiement de toutes les affections divines en faveur de ceux qui sont en relation avec lui, alors même qu’ils sont dans leur condition terrestre sur la terre.

    Bien-aimés, pour nous, il y a des instructions qui sont très profondes, qui s’adressent à nous, ne serait-ce que celle-ci : « ne vous querellez pas en chemin », parce que nous sommes encore sur la terre. Ne vaut-il pas la peine de nous rappeler que quand nous allons voir le Seigneur, plus rien de ce qui concerne notre condition sur la terre ne sera évoqué. Certes il est dit que toutes choses seront manifestées devant le tribunal du Christ, c’est vrai. Mais lorsque le Seigneur viendra pour chercher son Église, il se la présentera à lui-même glorieuse, n’ayant ni tache ni ride ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable.

    Il n’y aura même pas pour les croyants cette démarche de Jean évoquée tout à l’heure qui tombe à ses pieds comme mort. Non. Le Seigneur se présentera à lui-même son épouse préparée et il se la présentera à lui-même dans toute la beauté qu’il lui a donnée puisque c’est lui qui l’a bâtie. Il y a quelque chose de cela dans les derniers versets de l’Apocalypse où le Seigneur s’adresse en disant qu’il a voulu rendre témoignage de ces choses dans les assemblées, puis il est dit : « Et l’Esprit et l’Épouse disent : Viens ». Il y a déjà là une intimité qui précède de peu le moment de la rencontre de l’Époux et de l’Épouse sans qu’il y ait aucune question de responsabilité qui soit soulevée quant à celle qu’il accueille comme son Épouse.

    Si on s’arrête sur les dernières paroles de notre lecture, cette scène est une scène terrestre et nous sommes encore sur la terre. Que dit Joseph à ses frères au chapitre 50 ? « Maintenant, ne craignez point » (v. 21). Avec cette exhortation « ne vous querellez pas en chemin », il y a tout lieu de craindre quand nous réalisons ce que nous sommes et puis quand nous avons appris comme les frères de Joseph ce à quoi nous pouvons arriver, il y a tout lieu de craindre.

    La Parole nous dit : « ne craignez point » et Joseph ajoute : « moi je vous entretiendrai ». C’est le Seigneur qui répond à tous nos besoins, pas seulement matériels, mais à ces besoins spirituels profonds de nos âmes pour continuer la course. « Et il les consola, et parla à leur cœur ». Est-ce que de telles paroles ne nous consolent pas, ne parlent pas à nos cœurs pour nous encourager à continuer la course tout en ayant profondément conscience de ce que nous sommes par nature en l’ayant confessé, en l’ayant reconnu devant Dieu mais en nous confiant dans le Seigneur qui nous dit : « ne craignez point » ?

    Réunion d’études à Saint-Agrève (2015)

    2 SAMUEL 15. 19 à 23

    Le Seigneur veut nous enseigner tous. Depuis le moment où nous avons accepté le Seigneur Jésus comme notre Sauveur, nous sommes entrés à l’école de Dieu. C’est une école où l’on n’est pas diplômé, jusqu’à ce que le Seigneur vienne nous chercher. Dans cette école, il y a beaucoup de leçons à apprendre.

    Chacun d’entre nous doit être enseigné par le Seigneur. De bien des manières dans nos vies chrétiennes, le Seigneur nous fait passer par des épreuves pour voir ce que nous avons appris avec Lui !

    Nous voudrions regarder la mise à l’épreuve par laquelle Itthaï a dû passer. C’est une épreuve que vous et moi devons traverser dans notre vie chrétienne. Le Seigneur désire voir si notre foi est réelle ou pas. Il désire nous « tester » : notre amour pour Lui est-il réel ?

    Le Seigneur veut s’assurer de notre amour pour Lui, de notre « engagement » pour Lui. Sommes-nous réellement engagés dans les choses où nous disons que nous sommes engagés pour Lui ? C’est par cette mise à l’épreuve qu’Itthaï a dû passer. Pour vous donner l’arrière-plan de cette histoire, David est rejeté comme roi.

    Son fils Absalom essaie de s’emparer du trône. David est donc obligé de fuir. De la même façon le Seigneur est rejeté aujourd’hui dans ce monde ! Ce monde est dirigé par le « dieu de ce siècle ». Il a tourné le dos à Dieu et au Seigneur Jésus Christ. David avait toute une compagnie de personnes qui le suivaient. Et, de la même manière, aujourd’hui, dans ce monde, il y a des personnes qui suivent le Seigneur Jésus ! David a mis Itthaï à l’épreuve et le Seigneur Jésus nous fera aussi subir des tests !

    Qui était Itthaï ? Au v. 19 on voit que c’était « Itthaï, le Guitthien ». Nous devons nous poser la question : Pourquoi un Guitthien suit-il David ? Itthaï était donc de la région de Gath, l’endroit où habitaient les Philistins. Il y avait un célèbre champion dans la Bible qui venait de Gath. Savez-vous qui ? Il était fort et grand, son nom était Goliath.

    Maintenant nous avons devant nous Itthaï, lui aussi venait de Gath et il suivait David ; ce qui montre qu’il avait tourné le dos à tous les dieux de la Philistie. Il avait rejeté l’autorité des Philistins. Itthaï savait fort probablement ce que David avait fait à Goliath. David avait vaincu le champion de Gath.

    De la même manière, le Seigneur Jésus a vaincu l’ennemi de nos âmes, Satan, qui nous tenait captifs. Le Seigneur Jésus, quand Il est mort sur la croix du Calvaire, a vaincu Satan et a détruit le pouvoir de l’Ennemi. Du fait que le Seigneur Jésus est mort, il est maintenant capable de nous libérer, mais nous devons croire en Lui !

    Donc Itthaï avait la connaissance de ce que David avait fait à Goliath. Son cœur était attiré par David. De la même façon, Jonathan aussi a été attiré par David. Il est écrit que Jonathan aimait David. Jonathan était le fils de Saül. Saül n’avait pas pu combattre Goliath et Jonathan, non plus, ne s’est pas senti capable de combattre Goliath. Personne dans toute la nation d’Israël ne voulait combattre ce géant, Goliath !

    David a dit : Je vais aller au combat contre lui. Quand Jonathan a vu que David a triomphé de Goliath, il est dit : « l’âme de Jonathan se lia à l’âme de David ; et Jonathan l’aima comme son âme ». David a fait ce que personne d’autre n’a pu faire ! Le Seigneur Jésus a fait ce que personne d’autre ne pouvait faire ! Je ne peux pas mourir pour toi et tu ne peux pas mourir pour moi ! Tu ne peux pas mourir pour mes péchés et je ne peux pas mourir pour les tiens !

    Seul le Seigneur Jésus pouvait accomplir cette œuvre. Je ne peux pas vaincre Satan et tu ne peux pas le vaincre ! Le Seigneur Jésus est le seul qui pouvait le vaincre. Jonathan a vu ce que David a fait et il l’a aimé. Et nous devons aimer le Seigneur Jésus à cause de l’œuvre de rédemption qu’Il a accomplie pour nous. Ainsi Itthaï savait ce que David avait fait. Et nous, nous devons avoir une bonne connaissance de ce que le Seigneur Jésus a accompli en notre faveur.

    Donc Itthaï était de Gath : David le met à l’épreuve en lui disant : « Retourne-t’en, et demeure avec le roi ; car tu es étranger, et de plus tu as émigré dans le lieu que tu habites » (v. 19). David a dit à Itthaï : Retourne vers ton roi. Il lui dit : Tu es un étranger, ce qui voulait dire qu’Itthaï ne se trouvait pas dans sa patrie.

    Ce monde n’est pas la patrie du chrétien. Le chrétien est un étranger dans ce monde. Nous devons être conscients que notre maison est au ciel. Le Seigneur Jésus dit, en Jean 14 : « je vais vous préparer une place » (v. 2). Ainsi, le ciel est désormais notre maison. Nous sommes des étrangers dans ce monde que nous traversons. Nous devons toujours garder cette pensée dans notre esprit.

    David dit à Itthaï : « tu as émigré dans le lieu que tu habites ». Il ne désirait pas vivre dans sa patrie. Mais il n’appartenait pas au peuple d’Israël, il était complètement étranger pour David, qui lui dit : « Retourne-t’en, et demeure avec le roi ». Parfois nous sommes tentés de retourner vers notre ancien maître, qui nous tenait en esclavage, enchaînés, avant que nous connaissions le Seigneur Jésus. C’est toujours un « test » pour notre cœur : Allons-nous retourner à ces choses ?

    David dit au v. 20 : « Tu es venu hier ». Et il ajoute : « Et aujourd’hui je te ferais errer avec nous çà et là ? » C’était une mise à l’épreuve très dure pour Itthaï. David lui dit : « Retourne-t’en, et emmène tes frères. Que la bonté et la vérité soient avec toi ! » La question que nous devons nous poser, c’est : allons-nous retourner ? – retourner aux choses de ce monde ?

    Le Seigneur Jésus met notre cœur à l’épreuve. Il veut savoir si nous nous sommes engagés « pour Lui ». Itthaï avait peu de temps pour réfléchir à ce que David lui disait. Au v. 21 nous avons sa réponse : « L’Éternel est vivant, et le roi, mon seigneur, est vivant ». Dans la première mention Itthaï reconnaît Dieu comme Seigneur, il reconnaît le Dieu d’Israël comme étant le vrai Dieu. Ce qui montre qu’Itthaï en avait fini avec tout ce qui concernait les Philistins ! Il reconnaissait que le Dieu d’Israël est le Dieu vivant.

    Ce doit être aussi le cas dans notre cœur. Nous devons nous tourner vers le Dieu vivant ! Le Dieu du christianisme est le Dieu vivant. Les dieux de ce monde sont morts, il n’y a pas de vie en eux. Quand la Bible décrit les idoles, elle dit : elles ont des oreilles mais elles ne peuvent pas entendre ; des yeux mais elles ne peuvent pas voir, une bouche mais elles ne peuvent pas parler. Le Dieu des chrétiens peut entendre nos prières, voir nos afflictions et Il nous parle par sa Parole.

    Nous devons aimer le Seigneur Jésus de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre force Il est le Dieu vivant. Ensuite Itthaï dit : « le roi, mon seigneur, est vivant ». Il reconnaît la place qui appartient à David. Le Dieu d’Israël est le vrai Dieu. Absalom n’était pas le vrai roi. David seul est le vrai roi. Nous devons reconnaître dans notre cœur qui est le Seigneur Jésus : Dieu l’a fait et Seigneur et Christ (Act. 2. 36).

    Pourtant, quand Pilate a demandé au peuple d’Israël : « Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus qui est appelé Christ ? », Ils ont répondu : Barabbas ! Ils ont dit : « Nous n’avons pas d’autre roi que César » et ils ont rejeté le Seigneur Jésus. Mais, comme chrétiens, nous savons qui est le Seigneur de nos âmes : le Seigneur Jésus Christ.

    Il est le Seigneur de notre vie, Il a un contrôle complet sur nous. Nous devons Lui obéir comme Seigneur. Nous devons écouter ses directives parce qu’Il est notre Seigneur. Et comme Il est notre Seigneur nous devons Le servir fidèlement.

    C’est la première chose qu’Itthaï a dite. « Mais Itthaï répondit au roi, et dit : L’Éternel est vivant, et le roi, mon seigneur, est vivant, que dans le lieu où sera le roi, mon seigneur, soit pour la mort, soit pour la vie, là aussi sera ton serviteur ! » Itthaï a reconnu que David était rejeté. Vous et moi devons reconnaître que le Seigneur Jésus est rejeté dans ce monde ! Itthaï s’est engagé à suivre David partout où il irait.

    La question que nous devons nous poser est : « Sommes-nous prêts à suivre le Seigneur Jésus partout ? Cette question pénètre dans mon cœur. Parfois le Seigneur me parle et je lui dis : Non, pas ainsi. Ce sont les paroles de Pierre au Seigneur Jésus : Non, Seigneur. Nous ne pouvons pas l’appeler Seigneur et lui dire : Non !

    Comme serviteurs, nous devons obéir. Quand Il nous parle, nous devons Lui répondre et Lui obéir. Itthaï dit à David : Si tu meurs, je suis d’accord de mourir avec toi. Et si tu vis, je suis d’accord, de vivre avec toi !

    Il y a en tout cas une autre personne qui a subi presque le même test : c’est Ruth. Naomi l’a invitée à retourner dans son pays et vers ses dieux. Mais le cœur de Ruth avait été touché. Elle pouvait se dire : Dois-je retourner en Moab ou aller à Bethléhem de Juda ? Bethléhem était la « maison du pain » ! Où vas-tu aller ? À Moab ou à Bethléhem ? Ruth répond : Je vais à Bethléhem, et du fait qu’elle y est allée, elle s’est mariée avec Boaz, et je vous laisse lire la suite ! Tout cela parce que son cœur s’est tourné vers le Dieu vivant et vrai !

    Si notre cœur est tourné vers le Seigneur Jésus, si nous sommes décidés à Lui obéir, Il va nous bénir ! Itthaï s’était engagé et David en a été surpris. Que pouvait-il faire pour quelqu’un qui était si engagé pour lui ? Il ne pouvait pas le renvoyer vers ses dieux, le renvoyer dans son pays ! Qu’allait-il faire de cet homme ? David lui dit : « Va, et passe ! » Il dit simplement à Itthaï : Viens avec nous. Et Itthaï passe. Il n’y avait pas d’hésitation dans son cœur à l’égard de David.

    Regardez maintenant quelle influence a eue Itthaï sur les autres. Il n’a pas été seul à aller de l’avant. Il est dit au v. 22 : « Itthaï, le Guitthien, passa avec tous ses hommes ». On voit l’influence qu’Itthaï a eue sur eux. C’est à cela que les frères doivent s’employer : à s’encourager l’un l’autre à suivre le Seigneur. Les jeunes aussi doivent s’encourager à suivre le chemin avec le Seigneur. Certains vont-ils échouer à l’examen ? Peut-être que le monde a beaucoup d’influence sur eux ?

    Le Seigneur Jésus a dit : « J’ai vaincu le monde ». Et le Seigneur peut et veut nous délivrer des choses de ce monde ! Nous sommes-nous engagés à suivre le Seigneur Jésus ? Aidons-nous les uns les autres à le faire ! Ces hommes qui avaient suivi Itthaï depuis Gad, il les a influencés à suivre David ! Il n’a pas eu d’influence seulement sur les hommes, mais aussi sur les petits enfants qui étaient avec eux !

    Je voudrais poser une question à tous mes frères et sœurs : Sommes-nous désireux d’influencer les jeunes ? Sommes-nous capables de gagner leur cœur pour le Seigneur Jésus ? Cela suppose un engagement, un vif désir de les « gagner ».

    Je voudrais faire remarquer que David partait dans le désert. On lit qu’il a habité dans les montagnes et dans les cavernes. Les « petits » aussi ont suivi David dans ces montagnes, dans ces cavernes ! Tel a été le résultat de l’influence d’Itthaï. Partout où David est allé, Itthaï a convaincu les autres de le suivre.

    En Jean 6 on lit que le Seigneur Jésus a nourri cinq mille hommes. Il les a nourris avec « cinq pains et deux poissons ». Ils ont tous mangé et ils ont tous été rassasiés. Leur cœur a été touché de voir tout ce que le Seigneur Jésus leur a donné. Il y a des périodes où nous suivons le Seigneur Jésus à cause des bénédictions que nous recevons de sa part.

    Mais le Seigneur Jésus veut aussi nous poser une question. Il a commencé par annoncer la Parole, Il a prêché pour engager à Le suivre. Certains lui ont tourné le dos. Alors Il a regardé les douze disciples, il a parlé à leur cœur : « Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? » (v. 67)

    Je désire poser la même question ce soir aux jeunes : Quand l’épreuve devient difficile, voulez-vous vous en aller ? S’il y a des difficultés dans l’assemblée, voulez-vous tourner le dos à tout ce que Dieu vous a donné ? Itthaï s’était engagé à suivre David. Il a été aussi capable de convaincre les autres de suivre David.

    « Et tout le pays pleurait à haute voix, et tout le peuple passait ; et le roi passa le torrent du Cédron, et tout le peuple passa en face du chemin du désert » (v. 23). Que pouvons-nous apprendre par ce moyen ? Nous devons noter que la première pensée de David n’a pas été de combattre contre Absalom. Il s’était montré un puissant guerrier. Il aurait pu prendre aussitôt des hommes, et aller combattre contre Absalom. Mais David savait qu’il y aurait alors des morts et de blessés en quantité.

    C’est une des raisons pour lesquelles nous devons être prudents au milieu de nous. Quand il y a des « combats parmi les frères », il s’ensuit beaucoup de blessures. David prend humblement une place de rejet. Il laisse le problème entre les mains de Dieu – et Dieu s’occupera en son temps d’Absalom.

    Itthaï dit à David : Tu es le vrai roi et mon cœur est pour toi. Mon désir est que tous ceux que je puis influencer Te suivent. Il y a des moments – chacun en connaît – où il peut être difficile de suivre le Seigneur Jésus. Si vous parcourez ce 2ème livre de Samuel, vous verrez tous les endroits où David a dû se rendre, et mieux apprécier l’engagement d’Itthaï pour ce roi.

    Que recherche le Seigneur Jésus de notre part ? Il veut notre cœur. Car s’il peut le « gagner », là se trouvent mes affections. Le Seigneur ne veut pas une connaissance intellectuelle, Il veut notre cœur. Une fois qu’Il le possède, nos pieds suivront ses traces.

    Nous désirons demander ce soir à chacun : Quelles sont les épreuves que le Seigneur Jésus a permises dans votre vie ? Si vous n’avez pas été éprouvé, vous devez vous dire : il y a quelque chose qui ne va pas dans ma vie ! Dans la vie chrétienne, nous ne sommes pas toujours dans les cieux.

    Il y a des combats spirituels à mener, des épreuves à traverser, dans lesquelles nous pouvons être vainqueurs, car dans toutes ces épreuves, le Seigneur est avec nous. C’est ce qu‘Il dit dans le chapitre 1er de Josué. Le peuple d’Israël était sur le point d’entrer dans le pays promis. Les ennemis étaient tous devant eux, mais c’était le pays que Dieu avait promis.

    Alors Dieu dit à Josué : « fortifie-toi et sois ferme » parce que je suis avec toi. Il y aura beaucoup d’épreuves quand tu auras traversé le Jourdain. Fortifie-toi et sois ferme. Dieu désire que les croyants qui sont ici, soient fortifiés et tiennent ferme. Il y a beaucoup d’épreuves, il faudra les traverser, mais soyons prêts à nous « engager » à suivre le Seigneur.

    Gardons les yeux fixés sur Lui. Il est Celui qui est mort pour nous, Il a vaincu Satan et c’est aussi Lui qui a préparé des places pour nous dans les cieux. Il va revenir nous chercher : Quel moment ce sera quand le Seigneur Jésus reviendra et nous prendra avec Lui dans la gloire !

    Jusqu’à ce jour, Il veut ton cœur, Il veut tes affections Il a dit à Pierre : « M’aimes-tu ? » (Jean 21). Ce sont ces mêmes paroles que le Seigneur nous dit : « M’aimes-tu ? »

    Pour donner une bonne réponse à cette question, il faut ressembler à Itthaï. Il a quitté tout ce que Gath pouvait lui offrir et s’est engagé à suivre David. Puissions-nous délaisser aussi tout ce que ce monde nous offre et nous engager à suivre le Seigneur Jésus ! Que le Seigneur nous aide à « cultiver » de telles pensées et à Le suivre !

    D’après une méditation M. Wilson (Gelos – 2017)

    INTRODUCTION AU LIVRE D’AGGÉE

    Chronologie de Juda après l’exil

    606-536. En Palestine : Exil du peuple de Juda à Babylone.

    – « Juda » Non, pas Israël (le royaume est divisé depuis 975). Israël sera déporté en 586 par Nebucadnetsar (voir 2 Chron. 36 – 2 Rois 25). Déportation d’Israël en 721.

    – La déportation durera 70 ans, donc jusqu’en 536.

    538. Empire Perse : Prise de Babylone par Cyrus II le Perse (559-530) Hégémonie perse.

    536. (Esd. 1. 1 à 4). Empire Perse : Édit de Cyrus autorisant le retour d’exil des Juifs en Palestine et la reconstruction de la maison de Dieu (Esd. 6. 3). La Palestine n’est plus qu’une province perse.

    – La date de 536 (1ère année de Cyrus – 2 Chron. 36. 22 ; Esd. 1. 1 ; 6. 3, notes – correspond à la fin des 70 ans de captivité (à partir de 606).

    536. Esdras 3. 3. En Palestine : L’Autel est rebâti sur le Mont du Temple à Jérusalem.

    – Esdras 3. 3 : « au 7ème mois » de l’année du retour, soit 536. La « seconde année » n’est mentionnée qu’au v. 8 :

    535. Esdras 3. 8 et 10. En Palestine : Les fondations de second Temple sont posées.

    Esdras 3. 8 : « la seconde année », donc 536 + 1 = 535 (on compte bien sûr à rebours vers la naissance du Christ) Voir Esd. 3. 8, note k).

    529. Empire Perse : Cambyse II (529-522) – probablement l’Assuérus d’Esdras 4. 6 – succède à son père Cyrus II. Il régnera jusqu’en 522.

    529. Esdras 4. 6 ; Esdras 4. 23 et 24. En Palestine : C’est sous ce règne que la construction du temple a été interrompue pendant 7 à 8 ans, jusqu’à la 2ème année de Darius.

    522. Empire Perse : Darius 1er, fils d’Hystape (522- 486 – l’Artaxerxès d’Esdras (4. 7) ? – succède à Cambyse Il.

    521. Esdras 6. 1 à 15. En Palestine : Prophéties d’Aggée et Zacharie (les 4 messages d’Aggée). Empire Perse : 2ème année de Darius (Aggée 2. 10 ; Zach. 1. 1 et 7). Autorisation d’achever la construction de la maison de Dieu.

    Aggée 1. 14 et 15. En Palestine : Reprise des travaux sous la direction de Zorobabel, de Joshua.

    – Aggée et Zacharie : 519 (Aggée 1. 1 et Zach. 1. 1).

    515. Esdras 6. 15. En Palestine : Achèvement du temple la 6ème année de Darius (3ème jour du mois d’Adar).

    485. Empire Perse : Xerxes I (485-465). Xerxes est l’Assuérus du livre d’Esther (voir Est. 1. 1 à 3).

    465. Empire Perse : Artaxerxès I longue main (465-424).

    459. Esdras 7. 1 et 7. En Palestine : Retour du sacrificateur Esdras, enseignement de la Loi, réformes. Empire Perse : 7ème année d’Artaxerxès I (465-424).

    458 : Néhémie 1. 2 et 2. 1 situent le début du règne d’Artaxerxès I en 465.

    445. Néhémie. En Palestine : Néhémie 3. 1, 22 à 24 ; 4. 5 et 6 – Retour de Néhémie, construction des murs de la ville de Jérusalem.

    424. Empire Perse : Darius II (424-404).

    420. Malachie. Le dernier prophète écrivain de l’Ancien Testament – appel à la repentance, annonce du Messie et de son précurseur.

    Réunion d’études à Saint-Agrève (2016)

    NÉHÉMIE 8

    Néhémie, un homme de foi. Néhémie, un homme de prière. Néhémie, un homme de cœur. Il y a une expression dans le chapitre 7 que nous avons lue l’année dernière, qui concerne Néhémie. Il nous est dit en Néhémie 7. 5 : « Mon Dieu me mit au cœur de rassembler les nobles, etc. ».

    « Mon Dieu me mit au cœur ». Nous avons là un des secrets de la vie de Néhémie, cette intimité avec Dieu, qu’il pouvait appeler : Mon Dieu. Et cette relation qu’il y avait entre Néhémie et Dieu, son Dieu, était dans son cœur. Et c’est, nous le savons, ce qui est important, que Dieu travaille dans notre cœur ; et c’est le travail que Dieu opère dans notre cœur qui peut ensuite nous aider à marcher extérieurement d’une manière qui honore Dieu.

    Néhémie est un homme de prière, car il y a eu des combats, des ennemis qui ont montré toute leur ardeur à détruire ce qui était bâti. Et il est remarquable de voir que, face à ces ennemis la ressource utilisée par Néhémie est une ressource qui à des yeux humains pourrait être bien faible, mais qui est d’une valeur essentielle pour le croyant, la ressource de la prière.

    L’autre sujet qui se trouve dans le livre de Néhémie est la construction de la muraille. Cette muraille nous est décrite dans plusieurs chapitres, et nous avons pu nous arrêter sur le rôle de la muraille. La muraille qui est là pour la séparation, la muraille qui est là pour unir. Il ne peut pas y avoir d’unité sans séparation et sans muraille. La muraille qui est là pour protéger. La muraille qui est là pour nous permettre d’honorer Dieu et de nous tenir autour de la personne du Seigneur Jésus. Quel rôle important a la muraille dont la construction est décrite dans ces chapitres.

    Et puis on aurait pu dire : Voilà ! La muraille est construite, l’œuvre est terminée. Eh bien, non ! Pour Néhémie, l’œuvre n’était pas terminée, car il s’agissait maintenant de savoir comment il faut se conduire à l’intérieur de la muraille pour ceux qui s’y trouvaient. Et nous voyons tout le zèle qu’a Néhémie pour que cette vie à l’intérieur de la muraille soit une vie qui honore Dieu. Et dans ceux qui se trouvaient à l’intérieur de la muraille sont présentés différentes personnes avec chacune son caractère, son service. Il y a des chantres, des sacrificateurs, des Néthiniens. Il y a ceux qui sont là pour la louange, ceux qui sont là pour apporter, expliquer la Parole, tous sont présents, les Néthiniens qui semblent avoir un service à nos yeux humains de moindre importance, mais tous ont leur place, et nous savons combien cela illustre ce que nous avons aujourd’hui dans l’assemblée, le corps de Christ que Dieu a formé dans toute sa sagesse, où chaque membre est placé avec la fonction que Dieu lui attribue.

    Chacun a sa place, chacun est utile. Il n’y en a aucun qui puisse dire qu’il ne sert à rien. Pas du tout. Nous comprenons quelle crainte doit placer dans nos cœurs la sagesse de Dieu, et nous avons cette image dans ce que nous avons pu voir dans les chapitres précédents. Voilà le fonctionnement qui est placé là dans cette maison à l’intérieur de la muraille.

    Nous arrivons alors au chapitre 8, et si dans les chapitres précédents une ressource importante pour Néhémie a été la prière, ici nous avons l’importance de la Parole. Et nous savons combien, dans la vie du croyant, il y a ces deux ressources de la prière et de la Parole. Et ce chapitre commence d’une manière merveilleuse en nous montrant tout le peuple assemblé comme un seul homme sur la place qui est devant la porte des eaux.

    Dans le chapitre précédent, il y a eu ce moment où Néhémie a rassemblé les nobles, et puis à la fin du chapitre 7, les fils d’Israël étaient « dans leurs villes ». On pourrait dire que, dans le chapitre 7, il y a la diversité dans l’unité ; et au chapitre 8, c’est l’unité dans la diversité. Et nous avons besoin des deux aspects. Et ce chapitre 8, par l’importance de la Parole, nous montre toutes les ressources que nous avons. Et cette Parole nous est présentée, dans le premier paragraphe jusqu’au verset 8, comme étant lue à tout le peuple réuni là dans une unité parfaite, parce que la muraille n’est pas là pour nous séparer les uns des autres, mais pour que nous habitions tous ensemble.

    Cette Parole a son efficace sur les cœurs et les consciences – c’est ce que nous avons dans les versets 9 à 12. Mais la Parole n’est pas simplement là pour toucher nos cœurs, pour atteindre nos consciences, mais pour se traduire dans notre vie pratique de tous les jours. C’est ce que nous avons à la fin du chapitre.

    En Esdras 3, déjà tout le peuple s’était assemblé, et c’était évidemment un moment très important puisqu’il s’agissait de mettre l’autel sur ses bases. Et la raison qui nous est donnée, nous la connaissons, montre un peuple qui, tout en étant abaissé, humilié, réalise où se trouve la force. La terreur des peuples était sur eux. Et où ont-ils trouvé du secours ? Au seul endroit où il peut se trouver, devant leur Dieu, en redressant cet autel qui a une si grande signification.

    Et ici de nouveau, nous nous trouvons devant un peuple qui se rassemble. « Tout le peuple », il est dit, « s’assembla devant la porte des eaux – ce qui est sûrement une image de la Parole de Dieu elle-même. Je voudrais simplement ajouter qu’il ne faut peut-être pas se leurrer sur ce mot « tout » et comprendre qu’il veut insister sur l’unité de ce peuple parce que le peuple était très abaissé.

    On est bien loin de la période si glorieuse vécue du temps de Salomon. C’est un faible résidu qui est rentré, et si faible que, plus tard, dans ce livre de Néhémie, on en viendra à tirer au sort pour que certains viennent habiter à Jérusalem ; et le peuple se réjouira de ceux qui acceptèrent de venir.

    Et tout ceci, évidemment montre que, de toute manière – il faut le retenir pour nous-mêmes – il n’y a pas de différence pour notre Dieu entre peu de force et beaucoup de force. Et même le Seigneur met ses ressources à disposition de ses bien-aimés, peu nombreux sans doute mais d’un seul cœur, d’une seule âme – on voit cela aussi au début du livre des Actes, et le Seigneur est réjoui par cet état qu’Il désire voir produit, n’en doutons pas, au milieu de nous aussi.

    Quand nous avons la conscience d’être un peuple abaissé et humilié, les consolations de Dieu viennent vers nous. Néhémie veut dire « consolation, ou l’Éternel console ». Le Seigneur est Lui-même Celui qui console. Il a pu dire durant son ministère : « Le Père vous donnera un autre Consolateur… l’Esprit de vérité ».

    Eh bien, nous avons le privilège de connaître ce Dieu plein d’amour. Dans un temps où, nous le ressentons profondément, nous sommes abaissés et humiliés, le Seigneur désire nous consoler. Nous avons la consolation des Écritures, et puis Néhémie lui-même puisqu’il a ce nom « consolation ». On a au début des Actes un homme qui s’appelait Barnabas, « fils de consolation ». Veuille le Seigneur que dans son peuple il y ait beaucoup de « fils de consolation ». Nous avons besoin d’être fortifiés, d’être encouragés.

    En Esdras 2. 70, il est dit : « Tout Israël se trouva dans ses villes ». C’est pour nous encourager parce que nous savons bien que tout Israël n’était pas là, mais Dieu se plaisait à voir ce peuple à la place qu’Il voulait. C’était la place voulue de Dieu. Et à la fin du chapitre 7 de Néhémie, il est dit : « Les fils d’Israël étaient dans leurs villes » (7. 73). Dieu a aussi préparé une place pour son peuple aujourd’hui, une place en dehors du monde, où cette unité peut être réalisée dans la mesure où nous sommes séparés de tout mal et où la chair est jugée.

    « Tout le peuple s’assembla comme un seul homme ». Cela nous ramène à ce fait qu’ils avaient une même pensée. Et nous ne pouvons avoir une même pensée que dans la mesure où nous nous trouvons dans ce chemin de la séparation. Il est impossible d’avoir une même pensée quand on n’a pas suivi ce chemin. Mais le Seigneur est là qui veut nous bénir par sa Parole et qui veut sans doute nous réveiller parce qu’il s’agit ici du premier jour du septième mois, et comme nous le savons par Lévitique 23 et d’autres passages, en ce jour-là il s’agissait de la fête des trompettes – c’est l’action puissante de la Parole pour nous réveiller.

    Les fils d’Israël avaient le sentiment qu’ils avaient beaucoup perdu, et on ne voit pas ici que les trompettes aient sonné mais on en avait la réalisation pratique. Ce n’était pas seulement une fête extérieure où on sonne des trompettes, ce n’était pas les fêtes du temps du Seigneur, les fêtes des Juifs ; mais c’était l’action puissante de la Parole de Dieu qui veut réveiller nos cœurs – et combien nous en avons besoin ! Que Dieu veuille aussi réveiller nos cœurs au sentiment de tout ce que nous avons pu perdre à cause de notre négligence, et sans doute encore une fois, ce Dieu d’amour désire nous encourager et nous consoler.

    « Tout le peuple s’assembla comme un seul homme ». Cette expression que Dieu nous donne dans sa Parole n’est pas peu de chose. Pensons à la joie du cœur de Dieu, de l’Éternel, de voir ce petit résidu qu’Il avait appelé à revenir à Jérusalem, qui avait écouté, qui s’était lassé, qu’Il avait soutenu et fortifié pour en arriver là. Quelle joie pour le cœur de Dieu de voir ce faible résidu répondre à la pensée de son cœur.

    Au début du livre des Actes ceux qui avaient cru étaient un cœur et une âme (4. 32). Qu’en est-il pour nous ? Que chacun voie devant le Seigneur où il en est, et le Seigneur produira le désir d’être rassemblés autour de Lui – parce qu’Il ne désire que cela, que nous soyons là où Il a promis sa présence : « Là où deux ou trois sont assemblés en (ou à) mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20). Nous sommes autour du Seigneur Jésus, chose merveilleuse dont nous ne goûtons que les bords, mais le Seigneur par sa présence sainte et bénie désire que nos cœurs Lui soient fermement attachés, qu’il y ait cette louange qui monte vers Lui d’un seul cœur.

    Alors l’Esprit agit là et le cœur de Dieu, du Père est réjoui de ce que son Fils, Celui qui conduit la louange dans l’assemblée, est le centre des affections de ceux qui sont maintenant ses enfants bien-aimés. Frères et sœurs, pensons à cela, pensons à la joie du cœur du Père, du Seigneur Jésus quand, par une grâce merveilleuse, Il nous assemble dimanche après dimanche autour de son cher Fils bien-aimé.

    Nous avons donc dans ce passage un grand encouragement parce que, si l’on regarde selon l’homme on dira : c’est un tout petit résidu, un petit groupe, qui est rassemblé là. Et qu’est-ce que Dieu voit ? Il voit un groupe de ses rachetés qui sont là comme Lui le veut, et c’est une grande instruction pour nous.

    Où en est la chrétienté ? Dans un désordre terrible, dans une désunion que chacun de nous peut constater. Eh bien, il y a un chemin, et c’est le chemin qui est présenté là, un chemin selon le Seigneur, un chemin pour nous chrétiens où nous nous retrouvons autour du Seigneur Jésus comme le corps tout entier devrait se retrouver, où nous nous retrouvons là, attendant du Seigneur, attendant de son Esprit, étant conduits par Lui.

    C’est ce que nous avons ici dans un sens. Le temple est à sa place ; l’autel est à sa place ; la muraille est à sa place, qui sépare ce qui est de Dieu et ce qui ne l’est pas, cette muraille qui est là aussi pour protéger contre les influences extérieures, parce que tout ce qui vient de l’homme empêche le Seigneur Jésus d’être discerné au milieu de l’assemblée.

    Je me rappelle d’un cher frère qui pouvait nous dire, il y a bien des années : Le veau d’or chasse Dieu. Des affections qui ne sont pas à leur place chassent Dieu. Et là c’est le contraire. Tout est à sa place. Et alors, quand tout est à sa place, quand il y a l’exercice – il y a eu l’exercice de ces hommes qui ont bâti la muraille et ce n’était pas une petite chose ! En 52 jours, ils ont bâti une muraille, pourtant avec un petit nombre d’hommes.

    D’un côté il y avait l’épée, et de l’autre il y avait les instruments pour bâtir. Il y a eu cet exercice, et maintenant il y a une soif qui est produite. C’est un encouragement pour nous car nous sommes dans une période extrêmement triste, une période que l’Écriture nous présente comme celle de Laodicée. Eh bien, il y a moyen d’être un témoignage au nom du Seigneur Jésus, il y a moyen de réaliser faiblement quelque chose que le Seigneur désire, des frères et des sœurs qui se retrouvent autour de Lui, comme un corps, comme tout le corps devrait se retrouver. Que le Seigneur nous encourage les uns et les autres à désirer rechercher et cultiver cette position-là !

    Est-ce qu’on ne peut pas dire que cette position si précieuse au cœur de Dieu, cette position d’humilité jointe à la fidélité à son nom, est-ce qu’elle ne découle pas justement de ce que chaque cœur est occupé de Christ, chacun pour lui-même, dans le jugement de ce qu’il est devant Dieu ? Mais il n’a qu’un désir, la gloire de son Maître, la gloire de Jésus. L’homme n’est rien et Christ est tout.

    Chers enfants, l’avez-vous compris dans le secret de votre cœur ? L’homme n’est rien, RIEN. Il n’apportera rien, il ne vous satisfera jamais. Mais Christ, l’homme selon le cœur de Dieu, Il est TOUT, Il vous satisfera toujours, pleinement. Dans le ciel nous n’aurons en partage de n’aimer, Jésus, que Lui. Ah, s’il n’y avait que Jésus qui comptait pour nous, est-ce que nous ne marcherions pas ensemble, sous le regard de Dieu ? Est-ce que nous n’aurions pas aujourd’hui un même sentiment, un même amour, parce que nous serions conduits par un seul et même Esprit, chacun n’ayant devant lui que la gloire de Christ ? Qu’avons-nous lu ? « Alors tout le peuple s’assembla comme un seul homme ». Quelle joie pour le Seigneur !

    Il faut certainement insister sur le fait qu’il n’y avait rien de triomphaliste dans cette unité bénie sous le regard du Seigneur. Il y avait le sentiment profond de leur petitesse, l’absence de toute force en dehors de ce que le Seigneur pouvait leur apporter. Je crois que c’est extrêmement important pour nous.

    « Si, n’étant rien, quelqu’un pense être quelque chose…» (Gal. 6. 3). C’est peut-être le plus grand danger qui nous menace, chers amis. Et pourtant, nous chantons souvent ce beau cantique 114 : « En paix nous pouvons te suivre, Jésus, dans l’humble chemin où tu consentis à vivre inconnu du genre humain, avec toi n’ayant personne… ». Et c’était un chemin qui descendait toujours, et qui L’a conduit, comme nous le savons, jusqu’à la croix. Et c’est sur ce chemin-là que nous pouvons trouver la pensée de Dieu.

    Dieu a pu dire du Seigneur sur la montagne de la transfiguration : Écoutez-Le ! Et Il a permis que, tout d’un coup, ces trois disciples se retrouvent seuls avec Jésus. Et c’est bien ce qui est important pour nos cœurs. Et ce n’est pas une manifestation de nombre car nous savons que le nombre n’a pas d’importance en un sens aux yeux de Dieu. Ce qui a de l’importance pour Dieu, c’est un cœur qui vibre pour Lui.

    Nous avons entendu cette expression concernant Néhémie que l’Esprit de Dieu avait mis quelque chose dans son cœur : « Mon Dieu m’avait mis au cœur » (2. 12). Et nous pouvons être sûrs que Néhémie est aussi ici à la tête de ceux qui veulent maintenant suivre le Seigneur, et il est très beau de voir que la pensée de Néhémie trouve sa réalisation dans le cœur de tout le peuple. Ce n’était pas par hasard qu’ils se sont tous assemblés là sur la place devant la porte des eaux. C’était certainement aussi que chacun a compris que c’était là qu’ils devaient aller maintenant.

    Et d’ailleurs, c’était une très grande place, peut-être la plus grande. Mais chacun avait dans son cœur la pensée : On va là ! Et avec un certain but qui était d’écouter la Parole. Et je peux bien me représenter que c’était aussi entre les uns et les autres dans le peuple des paroles qui les encourageaient mutuellement : On va là, on va écouter la Parole de Dieu, parce qu’après ils appellent Esdras pour apporter la Parole de Dieu parce qu’ils voulaient l’entendre.

    Et voilà le lieu où on peut faire cela, où on peut être ensemble. Et cette place – c’est d’ailleurs aussi quelque chose d’intéressant – c’est une place qui se trouve juste entre la muraille d’un côté et pas très loin du temple de l’autre. Alors il me semble que cette place nous montre cette liaison étroite entre le temple où Dieu voulait habiter et aussi avoir l’adoration, où on servait Dieu, et de l’autre côté aussi cette séparation nécessaire de tout ce qui n’est pas de Dieu. Cette liaison me semble être aussi représentée par cette place où se trouve le peuple.

    Et maintenant c’est quelque chose de solennel de voir tout un peuple qui se réunit avec un seul but : écouter la Parole de Dieu, apprendre. Nous avons à apprendre – déjà ce sentiment : il y a des choses que nous ne savons pas, nous sommes faibles, il y a des choses que nous ne connaissons pas, nous avons besoin de la Parole de Dieu, nous avons besoin d’être enseignés. Combien de fois avons-nous ce sentiment que, personnellement, j’ai besoin d’être enseigné ?

    Et si je ressens ce sentiment d’avoir besoin d’être enseigné, alors mon cœur s’ouvre. C’est une opération de l’Esprit de Dieu qui ouvre le cœur pour recevoir maintenant ce que Dieu va nous dire. Et nous pouvons voir aussi à la fin que c’était une attitude spirituelle, si nous osons le dire, qui caractérise le peuple. Et Dieu fait son travail avec quelques serviteurs qui sont là : le premier Esdras, le scribe.

    Nous allons certainement dire quelque chose quant à cet homme remarquable qui était vraiment aussi dans la pensée de Dieu dans sa façon personnelle de vivre et d’avoir une appréciation très haute de la Parole de Dieu. Chers amis, et je vous parle aussi à vous, chers jeunes gens, peut-être pensez-vous le matin que vous allez lire un court passage de la Parole de Dieu. C’est très bien ! Mais mettez-vous à lire davantage.

    Vous savez, sans qu’on apprenne tout de suite beaucoup de chose, la Parole de Dieu a son influence, elle s’imprègne dans le cœur de la personne, elle a une influence. Elle vous garde, elle nous garde chacun dans le chemin, et nous fait comprendre : ceci est bon, ceci plaît à Dieu, et cela ne peut pas plaire à Dieu. Quand nous sommes habitués à lire la Parole, quel bonheur pour nous et quelle joie pour le Seigneur !

    Encore un mot à propos de cette attitude. Sur le terrain de l’unité du corps, nous venons nous retrouver autour du Seigneur. Que ce soit pour le culte, que ce soit pour la réunion d’édification, qu’est-ce que le Seigneur attend ? Il attend une unité de cœurs qui Le recherchent. C’est ce que nous avons là.

    Ce n’est pas Néhémie qui a produit cela dans les cœurs, ce n’est pas l’homme qui a produit cela dans les cœurs des Israélites, c’est un travail de Dieu. Et Dieu veut qu’il y ait un travail dans nos cœurs pour nous retrouver autour de Lui. Alors on arrive au culte, on s’attend à l’Esprit de Dieu pour qu’Il nous conduise dans ce qu’Il veut nous montrer du Seigneur Jésus. On va à la réunion d’édification ou à la réunion d’étude, et on vient pour écouter.

    Nous avons besoin d’être enseignés. On vient pour écouter ce que l’Esprit de Dieu a à nous dire. Et plus les frères et les sœurs (parce que les sœurs sont tout aussi concernées que les frères) viennent en s’attendant au Seigneur pour qu’Il donne, plus la réunion est bénie parce que le Saint Esprit peut se servir des serviteurs ou du serviteur pour conduire les choses afin que nous soyons nourris de Christ, afin que nous ayons la nourriture qu’il nous faut. Et, je le répète, c’est l’affaire de tous, des jeunes gens, des jeunes filles, de tous ceux qui sont au Seigneur ; c’est leur affaire de s’attendre au Seigneur et Il répond.

    Un mot sur ce cher Esdras, c’était un homme qui vivait à Babylone. Il était certainement prisonnier comme les autres. Et ce qui est encourageant c’est que, même dans cette situation tellement difficile à vivre, on voit un homme occupé des choses de Dieu.

    Esdras 7. 10 : « Esdras avait disposé son cœur à rechercher la Loi de l’Éternel, et à la faire [un point, chers amis, de toute importance], et à enseigner en Israël les statuts et les ordonnances ». Voilà le témoignage court mais puissant que la Parole de Dieu rend au sujet de cet homme. Un cœur disposé à rechercher la Loi de l’Éternel.

    Que le Seigneur nous donne un cœur disposé à cela. Il y a une manière, nous le comprenons bien, de nous approcher de la Parole de Dieu. Il y a une préparation, on peut dire, ne serait-ce que par la prière. On peut demander au Seigneur : Enseigne-moi ce qu’il te plaît. Et l’apôtre Paul insiste en disant qu’il nous faut amener toute pensée captive à l’obéissance de Christ (2 Cor. 10. 5). C’est quelque chose, cela.

    Un jeune frère récemment me disait qu’il y avait plusieurs manières de lire la Parole de Dieu. Oui, c’est vrai. Mais il n’y en a qu’une qui certainement est selon Dieu, et il n’y a qu’un seul conducteur dans ces choses et c’est le Saint Esprit. C’est Lui qui éclaire pour nous la Parole de Dieu et qui nous présente la Personne du Seigneur, qui prend de ce qui est à Christ et nous le communique. Et gardons-nous aussi de nos pensées personnelles.

    Je pense que nos jeunes gens et jeunes filles – ce n’est pas nouveau – baignent dans un contexte qui est tellement opposé à cela, où, au lieu de dire : Humiliez-vous, placez-vous devant le Seigneur simplement et Il va vous montrer sa pensée, on leur dit : il faut développer la personnalité, ne rien accepter, bref des pensées qui ont toute leur place dans un monde où Satan règne.

    Mais combien nous avons besoin que le Seigneur nous garde aussi à cet égard. La Parole de Dieu est claire là-dessus, et dans les Corinthiens il est dit « Si quelqu’un pense savoir quelque chose, il ne connaît rien encore comme il faut connaître » (1 Cor. 8. 2). Non, c’est vraiment aux pieds du Seigneur que nous pouvons être enseignés.

    Et ce qui est très beau aussi, et je crois que c’est un point important, c’est que Esdras après avoir eu un rôle très remarquable au milieu du peuple et nous connaissons bien ces passages de son livre – il y a un temps où on n’entend plus parler de lui.

    On a dans la Parole des exemples remarquables à ce sujet : Samuel, par exemple, est resté vingt ans sans qu’on entende parler de lui, mais le peuple savait une chose, c’est qu’il priait. Et le moment venu, Samuel réapparaît sur la scène. Ici c’est la même chose. Et on est étonné de voir que Néhémie, tout naturellement, malgré les hautes fonctions qu’il occupait, s’efface devant Esdras dont il reconnaît que c’est un homme de Dieu, qui vit dans la présence de Dieu, et qui est tout à fait qualifié pour venir parler au peuple, et qui lui-même prend la Parole de Dieu dans les mains.

    Chers amis, est-ce que cette soif qu’avait le peuple alors lorsque nous avons lu qu’il s’est assemblé comme un seul homme, et tout de suite ils dirent à Esdras, le scribe, d’apporter le livre de la Loi de Moïse, chers amis, est-ce que cette soif de la Parole du Dieu vivant est la nôtre ?

    Quelquefois, quand on lit sur les lettres sur l’œuvre du Seigneur à l’étranger, dans des pays lointains, en Afrique en particulier, lorsqu’un serviteur est envoyé, on lit que des croyants ont fait des kilomètres et des kilomètres dans des conditions quelquefois extrêmement difficiles, extrêmement éprouvantes pour entendre pendant quelquefois un petit moment la Parole de Dieu, est-ce que cela ne nous humilie pas profondément ?

    Quel prix a pour mon cœur, pour mon âme, le livre de Dieu. Chers enfants, certainement vos parents vous l’ont dit bien souvent, quel est votre livre de chevet ? Est-ce le livre de Dieu ? Si nous avions faim et soif de la Parole du Dieu vivant, nous dirions : « Tes paroles se sont-elles trouvées, je les ai mangées ; et tes paroles ont été pour moi l’allégresse et la joie de mon cœur » (Jér 15. 16). « J’ai de la joie en ta Parole, comme un [homme] qui trouve un grand butin » (Ps. 119. 162).

    Quel va être l’effet en présence des paroles du Dieu vivant ? L’affliction ! Comment ai-je fait pendant peut-être quelque fois de longues années pour passer à côté de ce que Dieu avait écrit dans sa sainte Parole, et je n’en ai fait que peu de cas. Comment ai-je fait ? Comment est-ce possible ? Mais alors, on le verra certainement (mais on l’a lu, parce que tout est lié dans ce chapitre) : Ne pleurez pas, ne vous affligez pas.

    La Parole a son effet sur le cœur, sur la conscience. Elle nous touche profondément, elle nous atteint, elle met tout à nu, tout ce qui n’est pas de Dieu dans ma vie. Alors, il y a de la tristesse, mais de la tristesse qui est selon Dieu. Elle opère une repentance dont on n’a pas de regret (voir 2 Cor. 7. 10). Non ! Mais, on ouvre son cœur, et comme tout à nouveau Jésus entre. Et avec Jésus qu’y a-t-il encore aujourd’hui ? La paix, la joie, le bonheur, l’assurance, des certitudes, voilà ce que nous donne encore aujourd’hui le livre de Dieu.

    Psaume 31. 15 : « Mes temps sont en ta main ». C’est un croyant qui dit cela, et j’aimerais bien en faire une application pour nous pour la vie de tous les jours. Ce n’est pas seulement que ce qui m’arrive, le Seigneur sait cela, c’est en sa main ; mais que ce soit aussi pour moi une sorte de devise : Mes temps sont en ta main, que toi tu décides de mon temps, que toi tu me montres à quoi je dois employer le temps que tu me donnes.

    N’est-ce pas quelque chose que, très souvent, après une journée nous remarquons : mais à quoi est-ce que je me suis occupé ? Je me suis occupé de ceci, de cela. Mais la Parole de Dieu, les affaires du Seigneur, un témoignage pour Lui, un petit service peut-être à rendre que le Seigneur me montre, est-ce que là aussi mon temps, mes temps sont dans la main du Seigneur selon ce que Lui décide et ce qu’Il peut m’envoyer ? Qu’il me donne aussi le temps pour lire la Parole, qu’Il m’accorde de faire un bon usage du temps que le Seigneur m’accorde.

    Le temps de notre vie est court. Pour vous les jeunes, vous avez, comme on dit, la vie devant vous. Mais, écoutez : la vie passe très vite et plus nous l’employons pour le Seigneur Jésus, plus c’est fructueux et plus c’est heureux pour nous, et d’ailleurs ce sont ces moments qui étaient pour le Seigneur que nous allons retrouver. Les autres seront passés, sont réduits à rien ; tandis que le temps que nous avons passé avec et pour le Seigneur, nous le retrouverons un jour là-haut.

    C’est bien là la prière qu’un frère faisait souvent à la réunion : Donne-nous d’avoir faim et soif de ta Parole.

    Les réveils dans le peuple de Dieu, les réveils dans notre vie personnelle, ont toujours été marqués par un retour à la Parole de Dieu. On pense à Josias, bien sûr, de quelle manière il a découvert la Parole de Dieu. Il a assemblé aussi tout le peuple, du tout petit jusqu’aux grands, et il y en a eu des fruits immédiats : on a jeté hors du temple tous ces ustensiles qui étaient de Baal.

    Et dans notre vie personnelle, quand, par la grâce de Dieu, Il nous accorde de jouir tout à nouveau de la Parole de Dieu, cette Parole nous affranchit, elle nous montre le monde sous un tout autre jour, elle satisfait nos cœurs. C’est quelque chose de merveilleux, car le monde ne peut jamais satisfaire nos cœurs, ne nous donne qu’une jouissance passagère.

    Mais lorsqu’on est en présence de la Parole de Dieu, on peut en jouir, et cela veut dire qu’on jouit de Christ, on a le cœur satisfait, et c’est quelque chose d’une immense grâce que le Seigneur peut accorder. Qu’Il accorde à chacun de nous aujourd’hui de découvrir, ou redécouvrir, les richesses de la Parole de Dieu.

    Nous voyons ici Esdras, et jusque-là il n’a pas été fait mention de lui dans ce livre de Néhémie. « Et ils dirent à Esdras d’apporter ». Voilà l’humilité du serviteur, il ne se met pas en avant. « Et ils dirent à Esdras, le scribe, d’apporter le livre de la loi… Et Esdras, le sacrificateur, apporta la Loi ».

    Chacun a son service, il y a des dons différents, on l’a aussi remarqué avec Esdras, Néhémie qui ont chacun leur propre don. Mais quelle heureuse communion quand chacun est à sa place, en toute humilité, qu’il n’y a pas de jalousie, qu’il n’y a pas cet esprit de parti comme on le trouve dans l’épître aux Philippiens. Chacun est à sa place pour la bénédiction du peuple de Dieu. On le voit aussi dans la suite avec ces lévites. Combien il est important d’être prêt à servir au moment où le Seigneur veut nous employer.

    Psaume 31. 15 : « Mes temps sont en ta main ». Dans ce chapitre 8 du livre de Néhémie, il y a un mot qui revient à plusieurs reprises : le « jour », et on l’a dès le tout début de ce chapitre avec : « le premier jour du septième mois ». Nous savons que cela correspondait au premier jour de la fête des Tabernacles. Mes temps sont en ta main.

    On l’a souligné, tous les instants de notre vie sont importants et sont à passer sous le regard du Seigneur, jouissant de ce qu’Il est, de sa communion. Mais nous avons besoin de repères. Les temps, on pourrait considérer que c’est un peu vague, et on a besoin de repères. Or la Parole nous parle de jours.

    Le jour, c’est aujourd’hui, c’est l’instant présent. Et aussi chaque jour a son importance, et il y a sans doute un jour qui a une importance toute particulière dans la vie du croyant, c’est le premier jour de la semaine, le jour du Seigneur. Est-ce qu’il n’y a pas pour nous dans le temps présent ce danger de banaliser un peu le jour du Seigneur ? Les conditions de vie ont changé, sans aucun doute. Nous ne sommes plus dans les mêmes conditions qu’il y a quelques années. Ce qui était exceptionnel il y a quelques années devient aujourd’hui quelque chose de familier, de plus régulier. Bien des personnes sont obligées de travailler le premier jour de la semaine.

    Est-ce qu’il n’y a pas là pour nous un danger de ne pas donner au Seigneur la place qui Lui revient, en particulier ce droit. J’ai été très frappé en lisant le début du livre de l’Apocalypse de ce que Jean peut nous dire concernant ce jour. Lisons simplement un verset en Apocalypse 1, le verset 10 : « Je fus en Esprit, dans la journée dominicale ».

    Est-ce que nous n’avons pas là un enseignement d’une valeur exceptionnelle pour notre conduite le premier jour de la semaine ? Dans quel état de cœur sommes-nous le premier jour de la semaine ? Sommes-nous encore préoccupés par les choses de la terre ou bien, sachant oublier tout ce qui est de la terre, pouvons-nous par la puissance du Saint Esprit avoir nos cœurs occupés de la Personne du Seigneur Jésus pour nous souvenir de Lui comme Il en est digne et pour Lui apporter la louange qui Lui revient ?

    Dans ce chapitre 8 du livre de Néhémie, on a souligné que ce qui est apporté à Esdras c’est le livre de la Loi de Moïse ; et le verset se poursuit : « que l’Éternel avait commandée à Israël ». Ne nous y trompons pas. Pour autant que nous puissions reconnaître en Moïse un fidèle serviteur de Dieu, la valeur du livre qui était apporté c’est qu’il contenait les commandements de l’Éternel, et c’est bien ce prix que la Parole doit avoir à nos yeux.

    Le livre que nous avons entre les mains, c’est le livre de la Parole de Dieu et, chaque fois que nous ouvrons ce livre, que nous méditons ce livre, nous devons avoir conscience que c’est Dieu qui nous parle. Et probablement, si nous avions davantage conscience que Dieu nous parle, nos oreilles seraient beaucoup plus attentives à entendre ce que Dieu a à nous dire. Il y a peut-être un danger pour nous, aujourd’hui, de laisser percer, d’une manière insidieuse et sans que nous ne nous en rendions compte, combien cette Parole de Dieu a moins de prix pour nos cœurs. Nous disons cela avec beaucoup de crainte.

    Il y a quelques années nous manifestions le désir que, lorsque la Parole de Dieu était présentée, elle nous donnât un enseignement pratique, ayant trouvé que, dans les générations précédentes, l’enseignement que nous avions reçu était un enseignement trop théorique. Et sans doute nous avons besoin tout à la fois du côté doctrinal de l’enseignement que renferme la Parole de Dieu parce que, si nous ne connaissons pas la pensée de Dieu nous ne pourrons pas la vivre et la mettre en pratique, et nous avons besoin d’un enseignement pratique pour que nous sachions comment vivre cette Parole de Dieu.

    Puis nous avons peut-être discerné que, s’il n’y avait qu’un enseignement pratique, rapidement nous nous égarerions. Et nous en sommes peut-être venus à exprimer cette pensée qu’il fallait que, chaque fois que nous ouvrions la Parole de Dieu, il y ait de la nourriture pour tous, et spécialement pour les enfants. C’est quelque chose d’extrêmement heureux quand chacun, chaque génération peut être rassasiée par la Parole de Dieu qui est lue et méditée. Mais, dans cette expression que nous employons, est-ce qu’il n’y a pas, si nous regardons au fond de nous-mêmes, dans notre cœur, une faim de la Parole de Dieu qui a diminué ?

    Est-ce qu’il n’y a pas dans notre cœur quelque désir d’entendre autre chose que ce que nous entendons ? Laissons-nous pénétrer par ce que la Parole de Dieu nous dit. Fermons nos oreilles à tout vain bruit et ne laissons pas monter dans nos esprits des pensées qui ne sont pas selon la pensée de Dieu. Laissons-nous sonder par la Parole de Dieu. Et s’il y a le besoin de nourriture pour toutes les générations, de nourriture pour les enfants, pour les adultes, et pour ceux qui sont plus avancée en âge, c’est une nourriture dont nous avons besoin tous les jours, dont nous avons besoin quand nous sommes assemblés autour du Seigneur, et dont nous avons besoin dans nos maisons.

    Et probablement, si nous savions davantage, rentrant dans nos maisons, parler de ce que nous avons entendu à la réunion avec chacun de ceux qui s’y trouvent, il y aurait dans chaque cœur une attention plus grande dans chaque réunion, et une bénédiction plus grande pour chacun de nous.

    Si nous parlons de certaines pratiques que nous avons prises dans nos maisons, peut-être encore ceci. Quand le père, par exemple, à table ouvre la Parole, quelle est notre attitude ? Est-ce que, quand la Parole est ouverte, tous les entretiens finissent, s’arrêtent ? C’est important parce que c’est le respect devant la Parole de Dieu qui est ouverte, comme ici le livre ouvert. Alors Dieu veut nous parler. Peut-être que nous trouvons que c’est extérieur, une façon de faire formaliste. Eh bien, non !

    C’est aussi un signe de notre attitude envers la Parole. Il faut vraiment avoir du respect envers la Parole : c’est Dieu qui parle. Et puis peut-être encore ceci : quand il y a des enfants et quand nous lisons quelque chose, il y a toujours aussi quelque chose que les enfants peuvent comprendre. Mais alors nous, pères et peut-être mères, sommes-nous prêts à expliquer quelque chose, à mettre en relief quelque chose, à le souligner, à peut-être aussi l’exprimer devant eux pour qu’ils comprennent, pour que leurs cœurs soient atteints ?

    Et encore une troisième remarque, à la fin, quand nous avons lu la Parole, est-ce que nous avons remercié de ce que le Seigneur nous a fait entendre ? Faisons-nous une courte prière après la lecture de la Parole pour remercier le Seigneur de nous avoir dit ceci ou cela ? Et ainsi pour les enfants, c’est quelque chose qui est très utile de voir que les parents, le père et la mère se soumettent à cette Parole, et qu’ils ont une attitude de gratitude envers ce que la Parole dit. Ce sont des petites choses pratiques, et pourtant je pense qu’elles peuvent nous aider aussi dans les relations familiales qu’on peut vivre avec la Parole de Dieu dans nos foyers.

    Quant à la Parole de Dieu, on vient d’être exhortés à ce que la Parole de Dieu ait la place qui convient dans nos vies. Si la Parole de Dieu n’a pas la place qui convient dans ma vie, qu’est-ce qui va prendre cette place ? Ma chair, et cela devient grave dans ma vie, mais c’est aussi grave dans l’assemblée, et c’est important que les choses soient à leur place selon Dieu. Dieu est un Dieu d’ordre, et les choses doivent être dans l’ordre de Dieu. Que le Seigneur nous encourage à cela.

    Ensuite, nous avons tendance, par l’air ambiant, l’intellectualisme qui est très répandu dans ce monde, à déterminer, dire que ceci est adapté à telle chose, telle chose est adaptée à tel autre. Dans les faits, selon Dieu, nous en sommes incapables. Je me souviens d’un cher serviteur de Dieu qui pouvait nous dire : « Nous sommes incapables de répondre à nos propres besoins, encore moins à ceux des autres ». Il y a beaucoup d’incrédulité dans ces pensées. En réalité, si nous comptons sur l’Esprit de Dieu pour être conduits, Il nous donnera ce qu’il faut.

    Ne nous imaginons pas que les choses de Dieu suivent le chemin des choses de la terre. Juste un exemple simple : telle chose à priori incompréhensible, hors de portée d’un enfant jeune dans les choses de la terre, dont nous dirions : mon petit garçon, ma petite fille, ne peuvent pas comprendre cela, mais c’est une chose que les jeunes parents découvrent en revenant du rassemblement, que le Saint Esprit a su communiquer à nos enfants des choses que nous n’aurions pas cru possible qu’ils comprennent. Les choses de Dieu sont communiquées par l’Esprit de Dieu qui sait communiquer à nos petits. C’est pour cela qu’il ne nous faut pas chercher à mesurer selon nos critères, selon notre sagesse humaine, ce qui est adapté. Comptons sur l’Esprit de Dieu pour nous conduire, et alors il y aura de la nourriture pour chacun.

    Ce qui est spirituel se communique par des moyens spirituels (1 Cor. 2. 13). Et nous comprenons bien que, dans cet ordre de choses – et c’est quand même extrêmement précieux, il n’y a rien de commun avec ce qui vient de l’intelligence naturelle. Dieu a tout dans ses mains et il en use comme Il entend.

    Et combien de fois on fait cette expérience merveilleuse, en effet, que le Seigneur a pu, vis-à-vis de personnes qui étaient encore très ignorantes quant aux choses de Dieu, toucher leur conscience, leur cœur, et la semence est jetée, et Dieu la fera prospérer. Tout vient de Dieu dans l’ordre spirituel.

    Tout ce chapitre a été noté pour notre bien, pour notre édification. Je ne pense pas qu’il faille se dire que c’est un modèle qu’il faut suivre nécessairement, mais nous voyons bien de quel respect la Parole de Dieu était entourée. On voit comment Esdras a prit soin de parler devant tous ceux qui avaient de l’intelligence pour entendre, et il a lu la Parole de Dieu pendant quelque chose comme six heures.

    Il n’y a pas eu cette lassitude qui se fait si souvent jour dans nos réunions. Et je dois vous dire que, quand on a le privilège d’aller dans d’autres pays, combien on est frappé de cette ferveur, de ce désir si profond d’apprendre. Et comment penserait-on que le Seigneur ne va pas répondre ? Mais bien sûr, et même Il donne la force et à celui qui parle et à ceux qui écoutent parce que sa Parole est comme l’aliment de notre âme et nous en avons un grand besoin.

    Esdras a parlé à tout le peuple quand il lève le livre devant tous. Il y avait de la déférence : quand Esdras s’est mis sur cette estrade, il avait avec lui d’autres serviteurs qui se tenaient à sa droite et à sa gauche, quand Esdras va ouvrir le livre, que se passe-t-il ?

    Le peuple se leva, se tint debout, si je peux dire spontanément. On sent qu’ils réalisent vraiment de cœur que c’est Dieu qui leur parle, et un peu plus haut il est précisé qu’ils étaient attentifs, « tout le peuple prêtait l’oreille au livre de la Loi » (v. 3). C’est cela que nous pouvons demander au Seigneur d’accorder dans toutes circonstances.

    Combien c’est important ainsi que, dans notre vie journalière, le Seigneur occupe toute la place qu’Il doit occuper. Alors beaucoup de choses vont disparaître.

    En Actes 19, on y voit un serviteur de Dieu, Paul, dans la ville d’Éphèse, qui a parlé avec hardiesse ; il avait été là pendant trois mois, et au v. 18 à 20 on lit : « Et plusieurs de ceux qui avaient cru, venaient, confessant et déclarant ce qu’ils avaient fait. Plusieurs aussi de ceux qui s’étaient adonnés à des pratiques curieuses, apportèrent leurs livres et les brûlèrent devant tous ; et ils en supputèrent le prix, et ils trouvèrent [qu’il se montait à] cinquante mille pièces d’argent. C’est avec une telle puissance que la parole du Seigneur croissait et montrait sa force ».

    Esdras avait eu à cœur la Parole de Dieu, et puis l’a mise en pratique dans sa vie, et c’est peut-être ce qui nous manque souvent, parce qu’il y a des choses que nous traînons comme des boulets. Il est quelquefois très instructif d’entrer dans une maison chrétienne, ne serait-ce que pour voir tous les livres désastreux qui s’y trouvent. Et je pense que nous avons chacun à veiller quand c’est à la disposition de tous ceux qui entrent, de nos enfants, et finalement il faut veiller à ne pas mettre dans leurs mains ce qui est mauvais.

    Nous avons ce verset bien connu de 1 Thessaloniciens où il est parlé de l’effet merveilleux que la Parole de Dieu avait eu sur ces Thessaloniciens. Chapitre 1. 7 : « Vous êtes devenus des modèles pour tous ceux qui croient », et cela avait été connu. Et il y a aussi l’importance de l’exemple. On sait qu’« un seul pécheur détruit beaucoup de biens » (Eccl. 9. 18).

    Mais il faut savoir aussi que, par quelqu’un de fidèle comme Shamma qui s’était tenu au milieu d’un champ de lentilles, Dieu a opéré par lui une grande délivrance (2 Sam. 23. 11 et 12). Et ici que s’était-il produit ? Verset 9 et 10 : « Car eux-mêmes racontent de nous quelle entrée nous avons eue auprès de vous, et comment vous vous êtes tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient ».

    Chacun peut se poser la question devant le Seigneur : Ma vie a-t-elle ce caractère ? Ai-je abandonné les idoles ? Nous sommes avertis que nous pouvons les reprendre en détail après les avoir abandonnées. Il faut donc que nous veillions, Pierre nous dit dans sa seconde épitre que nous pouvons revenir à aux péchés d’autrefois. Nous avons besoin que le Seigneur nous soit en aide tous les jours, mais dans la mesure où notre cœur sera plein de Christ, Satan n’y pourra rien mettre.

    Nous pouvons nous encourager quant au respect qui est dû devant la Parole de Dieu, devant Dieu, en la présence de Dieu. Une attitude relâchée dans les réunions dénote que nous avons oublié la présence de Celui qui nous rassemble.

    On peut donner l’exemple de Corneille en Actes 10. 33 : « Maintenant donc, nous sommes tous présents devant Dieu, pour entendre tout ce qui t’a été ordonné de Dieu ». Nous sommes devant Dieu. Il ne s’agit pas de formes extérieures, bien sûr. On dit : Dieu regarde au cœur. D’accord. Mais bien souvent, la tenue extérieure dénote aussi ce qu’il y a dans le cœur. Soyons gardés de tout formalisme, il est vrai, mais dans la conscience de ce qui revient à la présence de Dieu. « Tous ceux qui avaient de l’intelligence ».

    On a souvent pensé aux enfants qui sont là, peut-être, et à la place que les enfants ont dans le peuple de Dieu. Cantique des Cantiques 1. 7 : « Dis-moi, toi qu’aime mon âme, où tu pais [ton troupeau], où tu le fais reposer à midi ; car pourquoi serais-je comme une femme voilée auprès des troupeaux de tes compagnons ? »

    Le troupeau est composé des brebis, des petits agneaux, et les petits agneaux paissent avec leur mère, ils prennent le lait de leur mère, et petit à petit ils prennent un petit brin d’herbe ici et là. Ils sont au milieu du peuple de Dieu, ils reçoivent aussi quelque chose.

    Il y a l’intelligence, ceux qui ont l’intelligence, tous bien sûr, mais les enfants ont aussi une intelligence et on est souvent frappé après une réunion de voir les questions qu’ils peuvent poser. Même une petite fille qui avait huit ans a dit après la réunion : mais le frère qui a parlé, il a parlé pour moi ! Donc, pour tous ceux qui ont de l’intelligence, petits et grands, il y a cette intelligence que Dieu nous a donnée par sa grâce.

    Mais un peu plus loin, on lira au verset 13 qu’ils « s’assemblèrent auprès d’Esdras… pour devenir intelligents dans les paroles de la Loi ». Ici c’est l’intelligence spirituelle ! Et combien il est important et quel encouragement pour les parents d’amener leurs enfants là où le Seigneur rassemble son troupeau. Ils vont recueillir petit à petit quelques brins d’herbe, et puis ils pourront jouir peu à peu de cette nourriture que le Seigneur donne à chacun.

    Alors que nous voyons dans l’évangile les disciples disputer entre eux pour savoir qui serait le plus grand dans le royaume des cieux, le Seigneur Jésus a appelé un petit enfant, Il l’a placé au milieu d’eux et leur a dit : « Si vous ne vous convertissez et ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Quiconque donc s’abaissera comme ce petit enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des cieux ; et quiconque reçoit un seul petit enfant tel que celui-ci en mon nom, me reçoit » (Mat. 18. 3 à 5).

    Le Seigneur désire que nous ayons cette disposition de cœur d’un petit enfant qui écoute ce que son papa, sa maman disent, et il les croit. Il s’en trouve bien, il est heureux ; nous avons besoin de nous souvenir de cela.

    Nous lisons au premier verset : « Alors tout le peuple s’assembla comme un seul homme sur la place qui est devant la porte des eaux ».

    Fin du verset 3 : « Et tout le peuple prêtait l’oreille au livre de la Loi ».

    Verset 6 : « Et Esdras bénit l’Éternel, le grand Dieu, et tout le peuple répondit : Amen, Amen ! en élevant les mains, et ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant l’Éternel, le visage contre terre ».

    Nous avons là comme le déroulement heureux d’une réunion où le Seigneur et sa Parole ont toute leur place, et où tous sont unis par l’Esprit de Dieu pour s’assembler d’abord, pour écouter la Parole de l’Éternel et à la fin pour rendre grâce, pour louer Dieu de ce qu’Il a donné : « Amen, Amen ! » On l’a rappelé souvent, nous avons chacun à être exercé devant le Seigneur avant les réunions, pendant les réunions.

    Et combien sont précieux ces moments où le Seigneur nous accorde de jouir de Lui, de ce qu’Il nous dit, de ce qu’Il nous montre ; Il nous éclaire, Il veut nous fortifier, Il nous reprend, oui tout cela vient de Lui. Et quand il en est ainsi, le cœur du racheté peut se réjouir, et nous nous réjouissons ensemble, et notre communion qui est avec le Père et le Fils, est aussi les uns avec les autres. Quelle chose bénie que celle-là !

    Et quand la réunion se termine, alors on peut rendre grâce. Les cœurs sont heureux, cela se voit sur les visages. Et puis, que voit-on un peu plus loin dans ce passage, fin du verset 7 ? « Et le peuple se tenait à sa place ». Chacun a saisi quelle était sa place. C’est important cela, et pas seulement quand nous sommes réunis autour du Seigneur, mais tous les jours de notre vie. Alors il y aura de la bénédiction dans le rassemblement. Les choses qui nous paraissent insurmontables, ces grandes montagnes, le Seigneur Lui les enlèvera parce que nos cœurs seront avec Lui et pour Lui.

    Luc 4. 16 : « Et il vint à Nazareth où il avait été élevé ; et il entra dans la synagogue au jour du sabbat, selon sa coutume, et se leva pour lire ». Le Seigneur est Dieu. Le Seigneur est la Parole, la Parole qui est devenue chair. Quand Il est venu dans ce lieu où Il avait été élevé, Il a voulu lire la Loi et quand on lit la Parole de Dieu en assemblée, il est extrêmement important qu’elle soit lue avec beaucoup de crainte. On ne lit pas la Parole pour s’en débarrasser, la lire le plus vite possible pour ensuite exprimer des pensées humaines. Je prends le temps d’écouter ce que Dieu veut me dire.

    Et c’est important aussi qu’à la maison, quand on lit la Parole de Dieu, de veiller à ce que nos enfants lisent correctement la Parole de Dieu. Ce n’est pas un livre humain. C’est Dieu qui me parle, et il faut que j’écoute ce que Dieu veut me dire. L’essentiel est dit quand j’ai lu la Parole de Dieu. Alors veillons, quand nous allons lire la Parole de Dieu, à nous appliquer à la lire et à comprendre ce que Dieu veut nous dire.

    Et peut-être encore une prière qu’on peut faire monter quand on va lire la Parole de Dieu – on a parlé de la prière après la lecture, mais avant on peut peut-être dire : Seigneur, donne à ton serviteur un cœur qui écoute ! Faisons monter cette prière avant de lire la Parole de Dieu.

    Il me semble que chacun le ressent au-dedans de lui-même, n’est-ce pas ? On ne saurait trop insister sur l’importance, qui a été soulignée, de réaliser la présence de Dieu. Comme nous l’avons entendu autrefois de serviteurs pourtant très qualifiés, qui savaient garder le silence devant Dieu, ils nous ont dit plus d’une fois qu’il vaudrait mieux le silence dans la présence de Dieu que de se lever pour exprimer quelque chose, pour lire un passage, ceci cela. La réunion d’édification a toute sa valeur, tout son prix, toute son importance, quand les âmes sont placées devant Dieu.

    Il vaudrait mieux une réunion où il y ait un long silence et que chacun éprouve que Dieu est là, et la présence de Dieu me suffit pourvu que le nom de mon Seigneur soit honoré, que le nom de mon Sauveur soit glorifié.

    Un mot concernant la connaissance, l’importance de la doctrine. On a insisté dans ces années écoulées sur la pratique, cela manifeste, peut-être à notre insu, qu’il y a quand même un manque certain de crainte de Dieu parce qu’on a oublié que c’est le livre de Dieu. Il y a des choses extrêmement difficiles. Pierre le dira par rapport à ce que l’apôtre Paul a pu écrire. Des choses difficiles à comprendre ; et les ignorants, les mal affermis peuvent tordre aussi les autres écritures, et cela pourrait à notre insu nous arriver.

    On peut faire beaucoup de mal, croyant faire du bien avec la Parole en main, si on n’est pas conduit par l’Esprit de Dieu, si ce que nous exprimons ne vient pas de Dieu. C’est extrêmement important. Et la connaissance est de toute importance, chacun le comprend. On a fait cette comparaison avec le squelette pour le corps humain. C’est fondamental. Mais pour être gardés de tous les pièges de l’adversaire dans un temps où l’intellectualisme nous fait tant de mal, nous aimerions rappeler, pas seulement à notre jeunesse mais à nous-mêmes, ce que disait autrefois un pionnier du réveil, un frère hautement qualifié par Dieu, de qui nous avons beaucoup reçu, ce cher frère donnait ce conseil aux jeunes : quand vous ouvrez l’écriture, cherchez-y le Seigneur. Il voulait dire : Cherchez-y la communion avec le Seigneur, le contact avec le Seigneur.

    Et ce cher serviteur qui avait pourtant une connaissance hors pair pouvait ajouter : Et si la connaissance vous est nécessaire, elle vous sera donnée par-dessus. Mais le cœur ne se trompera jamais lorsque, en ouvrant l’Écriture, on y recherche le Seigneur, le contact avec Lui. Sinon, si nous n’avons pas cette appréciation des choses, nous risquons à notre insu, parce que nous avons telle et telle pensée, de trouver dans l’Écriture quelque chose qui correspond à cette pensée que nous avons, et nous croyons après que Dieu nous a parlé, et nous pouvons continuer notre chemin et nous fourvoyer complètement. À notre insu peut-être, nous sommes sortis de la présence de Dieu.

    Voilà pourquoi il est de toute importance d’insister sur l’état de notre cœur devant Dieu lorsque nous ouvrons l’Écriture, nous souvenant toujours que c’est le livre de Dieu. Et la meilleure façon, la seule façon d’être gardé – comme ce cher frère a pu l’écrire autrefois, ce conseil qu’il donnait, retenons-le, serrons-le dans notre cœur : quand nous ouvrons l’Écriture, cherchons-y le Seigneur.

    Un enfant, un jeune, pourra dire : Seigneur, bien sûr on vient de l’entendre, « ouvre mes yeux et je verrai les merveilles qui sont dans ta Loi » (Ps. 119. 18). Et Seigneur, donne-moi de goûter ta présence. Seigneur, c’est toi qu’il me faut. C’est ton livre, ce sont tes pensées, c’est ta Parole. Mais j’ai besoin de toi, du contact avec toi. La joie que tu veux me donner, voilà ce qui compte. Un cœur engagé pour Christ.

    En 2 Pierre 1. 3 : « Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui regarde la vie et la piété, par la connaissance de celui qui nous a appelés par [la] gloire et par [la] vertu ». Certainement l’enfant de Dieu découvre qu’il y a tout ce qu’il faut dans la Parole de Dieu, tout ce qui est nécessaire pour sa vie. Rien ne manque ! Nous ne savons pas toujours le voir, mais rien ne manque.

    Voyez-vous, le Saint Esprit ne parle pas seulement par la Parole de Dieu, quoique cela soit implicite, mais par la Personne du Seigneur dans la Parole de Dieu. C’est ce que notre frère vient de rappeler. Eh bien, c’est cela chercher la personne du Seigneur. Si nous cherchons la connaissance, nous sommes comme ces Grecs dont nous parle le 1er chapitre de l’épître aux Corinthiens, ces Grecs qui recherchaient la sagesse, « mais nous, nous prêchons Christ crucifié (1 Cor. 1. 22 et 23).

    On relève encore une fois cette expression : « Ils lisaient distinctement », pour nous encourager à lire distinctement la Parole de Dieu, particulièrement lorsque nous sommes rassemblés autour du Seigneur, pour Lui donner la première place. Un frère d’Allemagne, quand il lit, dit : Jusque-là la Parole de Dieu, et puis après il peut exprimer quelques pensées. C’est toute la Parole de Dieu : la doctrine, c’est le fondement ; elle est nécessaire, ensuite elle produit des fruits, elle nous enseigne dans notre vie pratique. Ce n’est pas la doctrine sans la pratique, ce n’est pas la pratique sans la doctrine, la Parole de Dieu est un TOUT.

    Et nous aimerions insister sur le fait que, quelquefois on insiste sur une pensée particulière de la Parole de Dieu, et on y revient toujours, et on oublie que la Parole de Dieu est un tout, qu’il y a un équilibre. D’où la nécessité des dons qui se complètent les uns les autres.

    On faisait comprendre la Parole de Dieu. Nous avons besoin de cette diversité dans la présentation de la Parole de Dieu. Un frère insiste peut-être plus sur la sainteté, un autre sur l’amour, sur la grâce, mais cet équilibre est selon Dieu, il est salutaire pour nos âmes. Nous avons besoin d’être gardés dans la pensée de cet équilibre concernant la Parole de Dieu.

    Les lévites nous parlent peut-être particulièrement de ceux qui ont reçu un don pour expliquer la Parole de Dieu. Dieu agit dans sa grâce, et le Seigneur est fidèle. Il a donné des dons à l’assemblée, et en plus on peut aussi reconnaître dans ces dons le ministère écrit, une précieuse mine et nous ne pouvons que nous encourager à y puiser, à y sonder.

    Quelquefois on entend des jeunes – c’est une prétention folle – dire : on ne veut que la Parole de Dieu. Oui, on a insisté sur la lecture de la Parole de Dieu d’abord, mais quelqu’un a dit que mépriser les dons c’est mépriser le Donateur. Dieu a donné des dons, Il a donné un ministère écrit si précieux qui nous rend la Parole plus compréhensible.

    Je ne crains pas de répéter encore une fois ceci : un frère disait aussi aux jeunes : vous lisez un chapitre de la Parole, vous essayez par vous-mêmes d’en retirer tout ce que vous pouvez, et comme on a entendu d’y trouver quelque chose qui parle du Seigneur Jésus. Si vous avez lu un chapitre et que vous ne trouviez rien du Seigneur Jésus, alors il vous faudra bien chercher.

    Mais après, quand vous aurez bien médité, vous allez prendre un de ces précieux écrits qui sont là à votre disposition, et vous verrez le flot de lumière qui viendra éclairer votre cœur. Ceux qui ont écrit sont absents, on ne pense pas à eux mais seulement à ce qu’ils nous disent concernant le Seigneur, ses pensées.

    Il y a ceux qui écoutent, qui sont devant Dieu pour écouter la Parole de Dieu puis ceux qui parlent et leur grande responsabilité. L’apôtre Paul disait aux anciens d’Éphèse : « Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau, au milieu duquel l’Esprit Saint vous a établis surveillants » (Act. 20. 28). Il y a une immense responsabilité quant à l’état du serviteur.

    Nous rappelons encore le verset, l’exhortation que Paul donne à Timothée en 1 Timothée 4. 16 : « Sois attentif à toi-même et à l’enseignement ; persévère dans ces choses, car en faisant ainsi tu te sauveras toi-même et ceux qui t’écoutent ». Sois attentif à toi-même : l’état du serviteur est primordial devant Dieu. Et puis ensuite il y a l’enseignement.

    Bien sûr que nous avons à nous placer devant Dieu pour recevoir ce que Dieu nous donne. Il y a les deux côtés, mais cela n’enlève pas la responsabilité de celui qui parle. Il a à le faire comme oracle de Dieu. « Tu te sauveras toi-même et ceux qui t’écoutent ». Autrement on voit que des serviteurs ont fait naufrage, et qu’ils en ont entraîné d’autres dans leur naufrage. Donc, il y a cette exhortation assez solennelle pour chacun, aussi bien pour ceux qui enseignent que pour ceux qui écoutent.

    Pour ceux qui écoutent, nous avons le verset très solennel dans l’épître aux Hébreux. Hébreux 4. 2 : « Mais la Parole qu’ils entendirent ne leur servit de rien, n’étant pas mêlée avec de la foi dans ceux qui l’entendirent ». C’est une chose solennelle. Nos cœurs naturels sont incrédules. Le Seigneur a pu dire aux disciples : « Gens sans intelligence et lents de cœur à croire ! » Mais alors, Lui leur a ouvert les Écritures et leur cœur a pu brûler. Est-ce que nous recevons la Parole de Dieu avec foi ?

    Au verset 8 nous avons : « Et ils lisaient distinctement dans le livre de la Loi de Dieu ». Notre frère vient de citer le chapitre 4 de la 1ère épître à Timothée, et quelques versets plus haut nous lisons : « Attache-toi à la lecture » (v. 13), c’est-à-dire la lecture publique qui a une place importante.

    Il peut même arriver, et peut-être que nous l’avons expérimenté, que l’Esprit de Dieu amène à lire simplement un long passage de l’Écriture, et puis c’est tout. Un de nos frères d’autrefois pouvait le raconter dans son étude sur la 1ère épître à Timothée, justement à propos de ce passage sur la lecture. Il pouvait raconter qu’il avait été amené une fois à lire un long passage de l’Écriture, et puis à se rasseoir.

    Et à la sortie les frères lui ont dit : Frère, vous ne nous avez jamais autant édifiés qu’aujourd’hui. Alors le ministère ne consiste pas à présenter des idées sensationnelles, il ne consiste pas à trouver des rapprochements ingénieux – c’est la chair qui fait cela. Il consiste, nous l’avons lu, à donner le sens et faire comprendre ce qu’on lisait. Le bon ministère dont un de nos frères vient de nous parler tout à l’heure, c’est un ministère qui nous ramène à la Parole de Dieu, qui fait que la Parole de Dieu s’ouvre devant nos cœurs, que nous y découvrions ce que nous n’avons pas su apprendre du Seigneur.

    Et alors les choses s’ouvrent, et nous sentons que ces bien-aimés qui ont écrit cela s’étaient tenus devant le Seigneur pour qu’Il leur ouvre l’intelligence des Écritures, et ils nous laissent ce ministère pour nous aider. Que le Seigneur fasse que, non seulement nous lisions leur ministère, mais que nous imitions leur foi, c’est-à-dire leur manière de se tenir devant Dieu, leur manière d’attendre de Dieu, leur manière de recevoir de Dieu.

    Esdras lit la Parole, et les Lévites en font comprendre le sens. Quand nous faisons un rapprochement avec notre époque, il y a un frère qui présente la Parole, et puis ensuite il fait ce travail des Lévites de l’expliquer. Mais dans quelle attitude le fait-il ?

    Premièrement, il ne se place pas au-dessus des autres, jamais d’ailleurs. Nous le trouvons ici sur une estrade. Pourquoi ? Parce qu’il est bien visible et parce qu’alors il est bien audible. Donc Dieu pourvoit à tout, et quant à cela nous pouvons bien en être reconnaissants. Ce sont des conditions extérieures mais qui sont quand même bien nécessaires pour nous. Nous sommes encore sur la terre.

    Deuxièmement, il a des personnes à côté de lui, à droite et à gauche. Si vous avez bien compté, vous pouvez voir que d’un côté il y a six personnes, et de l’autre côté il y a sept personnes. S’il y avait eu sept plus sept, il aurait été au milieu. Vous me comprenez, je pense. Mais ainsi il fait partie des sept, et il y a encore les autres sept. Alors lui aussi il n’a pas la place centrale, il n’est pas le centre. Le centre, c’est la Parole de Dieu qui est devant lui, qu’il ouvre.

    D’ailleurs c’est un grand livre. Je le dis aussi pour les jeunes. Il n’avait pas un livre comme nous avons aujourd’hui, petit comme cela, que nous pouvons ouvrir facilement. Mais il y avait un gros rouleau qui était à ouvrir, qu’on déroulait d’un côté et qu’on enroulait de l’autre côté. Voilà, il était bien visible que c’était la Parole de Dieu qui était ouverte. Et peut-être que ces quelques personnes qui étaient à droite et à gauche de lui avaient aussi ce travail tout à fait technique mais qui était nécessaire, et tout cela se faisait dans un grand respect devant ce livre qui était là au milieu du peuple.

    Donc c’est aussi pour nous peut-être un enseignement : celui qui présente la Parole n’est pas le centre, chers amis, jamais. Ne croyons pas que le frère qui dit quelque chose ait de l’importance. C’est la Parole qui a de l’importance, et c’est le Seigneur qui parle par sa Parole en utilisant un canal, un moyen qui est employé par le Seigneur pour que sa Parole soit entendue.

    Et puis, deuxièmement, celui qui parle s’adresse à toute l’assemblée et aussi à soi-même. Et combien de fois le frère qui a parlé a remarqué : ce que je viens de dire c’était pour moi, c’était quelque chose qui m’atteignait dans mon cœur, dans ma conscience ; et c’est bien quand c’est ressenti comme cela. Et cette attitude, quand on présente la Parole, est d’une grande importance. Donnons gloire au Seigneur qui, par sa Parole, nous parle même si c’est par un frère.

    Encore un mot sur le verset 8 : nous lisons, en parlant du livre de la Loi de Dieu : « Ils en donnaient le sens et le faisaient comprendre lorsqu’on lisait ». Quel sens donnaient-ils ? Le sens que Dieu leur donnait, et cela est extrêmement important.

    il nous a été appelé qu’il y avait différentes manières de lire la Parole de Dieu, mais qu’il n’y en avait qu’une seule qui avait l’approbation de Dieu. Pour présenter la Parole de Dieu, il n’y a qu’une seule manière qui ait l’approbation de Dieu. Et pourtant, dans ce monde chrétien, nous voyons bien des manières de présenter la Parole de Dieu. Si la Parole de Dieu est présentée comme il convient, ce qui sera présenté le sera par l’Esprit de Dieu, ce qui sera présenté donnera au Seigneur Jésus la place qui convient.

    Nous voyons parfois présenter la Parole de Dieu avec un luxe de détails historiques, géographiques, etc. Nous voyons quelquefois présenter la Parole de Dieu exactement comme un incrédule pourrait la présenter. Et c’est très grave cela parce que c’est la porte ouverte à toutes les déviations possibles, toutes les déviations de l’homme, c’est à dire toutes les déviations de la chair. Rappelons-nous que, dans la Parole de Dieu, les mots ont le sens que Dieu leur donne.

    Si un de nos bien-aimés, par exemple notre père ou notre mère nous écrit, nous savons que le vocabulaire utilisé dans la lettre, c’est le vocabulaire de notre père ou de notre mère. Il en est de même quand nous lisons la Parole de Dieu, c’est le vocabulaire avec le sens que Dieu lui donne. Dans le chapitre 14 de la 1ère épître aux Corinthiens, il est dit que les prophètes parlent et que les autres jugent (v. 29), ou discernent. Qu’est-ce que nous avons à discerner ? Discerner si c’est juste ? Nous n’en sommes pas capables la plupart du temps. Mais discerner si cela vient de Dieu ? Cela, c’est une chose ouverte à l’assemblée.

    On pourrait relever encore ce qui est dit d’Esdras, qu’il était le scribe, une autre fois le sacrificateur, un peu plus loin le sacrificateur, le scribe. Non seulement il était le scribe, mais aussi le sacrificateur. Il y a une pensée précieuse dans le fait qu’on peut apporter la Parole de Dieu comme les lévites étaient appelés à le faire, dans l’esprit du sacrificateur, dans un esprit d’intercession. Jérémie était prophète, et on relève souvent en lui cet esprit d’intercession. Il peut dire au chapitre 18 verset 20 : « Souviens-toi que je me suis tenu devant ta face afin de parler pour eux en bien ».

    Un peu plus loin au chapitre 27 il dira au verset 18 : « Et s’ils sont prophètes, et si la Parole de l’Éternel est avec eux, qu’ils intercèdent auprès de l’Éternel ». Voilà un peu l’esprit du sacrificateur. Ce n’est pas seulement jeter les paroles du haut d’une chaire, c’est porter le peuple devant Dieu dans un esprit d’amour, intercéder pour le peuple dans un esprit d’amour, c’est l’amour pour le peuple de Dieu.

    Il est important de relever ce fait qu’il nous est dit qu’il était aussi sacrificateur. Des lévites, on peut encore rappeler en passant qu’en Deutéronome 33. 10 il est dit : « Ils enseigneront tes ordonnances à Jacob et ta Loi à Israël ; ils mettront l’encens sous tes narines et l’holocauste sur ton autel ». Et nous savons comment se termine l’Ancien Testament, en Malachie 2 concernant les lévites, mais nous y voyons bien le divin Lévite, le Seigneur Lui-même, quand il est dit au verset 6 : « La Loi de vérité était dans sa bouche » ; à la fin du verset 7 « Il est le messager de l’Éternel des armées ».

    En contraste, il est dit de ces lévites ici [en Malachie] au verset 8 : « Mais vous vous êtes écartés du chemin, vous avez fait broncher beaucoup de gens à l’égard de la Loi ». Que le Seigneur nous donne toujours cet esprit d’intercession, d’amour pour le peuple. Du reste, comment commence ce chapitre de 1 Corinthiens 14 ? « Poursuivez l’amour ». C’est cela ! « Et désirez avec ardeur les dons spirituels ». L’amour pour le peuple de Dieu.

    Enfin relevons encore cette petite expression : « Tout le peuple dit : Amen ». On peut encourager nos frères et nos sœurs à dire Amen. Le frère qui s’exprime est la bouche de l’assemblée. C’est bien pour cette raison qu’il emploie la première personne du pluriel. C’est l’assemblée qui élève son cœur. Je crois qu’on peut s’encourager les uns les autres à dire Amen d’abord dans son cœur et d’une voix intelligible.

    Le sacrificateur, Esdras, fait d’abord ici une chose : il bénit l’Éternel. C’est très beau de voir que c’est la première pensée qui vient, de bénir l’Éternel, et c’est exactement ce que le sacrificateur devait faire. Ce que nous devons faire d’ailleurs aussi nous qui sommes devenus sacrificateurs pour Dieu notre Père ; comme nous le lisons dans le Nouveau Testament, chacun est sacrificateur.

    Bénir l’Éternel, c’est le premier privilège que nous avons. Parce que, dans le monde, qui bénit l’Éternel, qui remercie Dieu, qui rend grâce si ce ne sont les croyants, si ce ne sont les enfants de Dieu ? Dieu aime quand on Le bénit et quand on Lui rend grâce. Il en est digne, non ? Et alors, c’est quelque chose que nous ne devons pas oublier.

    Ajoutons quelque chose quant à ces Amen : nous pouvons être peut-être amenés à donner une appréciation par notre Amen. L’Amen pour tel frère est bien audible, l’Amen pour l’autre frère un peu moins. Je pense que nous devons faire attention de ne pas donner un jugement, une appréciation, par la façon dont nous disons Amen. Bien sûr, cela peut nous arriver quand il vient une action de grâce qui touche notre cœur, nous arrivons à dire un Amen plus fort.

    C’est possible, mais gardons-nous de vouloir apprécier ce qu’un frère a dit, peut-être en toute faiblesse, peut-être avec des expressions que nous ne trouvons pas tout à fait à propos, parce que c’est aussi quelquefois une question de vocabulaire, de connaissance, quand il y a un mot qui ne va pas tout à fait, qui n’est pas habituel. Usons d’indulgence. Ne donnons pas un jugement de la prière qui a été dite par notre Amen.

    Il n’y a pas seulement les frères et les sœurs, mais la Parole nous dit : « tout le peuple répondit : Amen ». Nos enfants, nos petits enfants, s’ils ont vraiment écouté la prière, ne sont-ils pas heureux, eux aussi, de pouvoir dire : « Amen ? Seigneur, je suis bien d’accord avec ce qui a été dit, alors je dis : Amen ! » Tout le peuple répondit, et même ici il dit deux fois : Amen, Amen ! Que veut dire : Amen ? En vérité en vérité, il en est bien ainsi. Le Seigneur ne peut-Il pas répondre encore aujourd’hui ?

    « Tout le peuple répondit : Amen, Amen ! en élevant les mains, et ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant l’Éternel, le visage contre terre (v. 6) ». On vient de nous parler d’un Amen de cœur. Mais, est-ce que notre attitude dans l’assemblée n’est pas une attitude où on élève nos mains, c’est-à-dire qui nous parle d’élever nos cœurs, de regarder à Celui de qui tout dépend ?

    Au chapitre 4 des Actes des Apôtres, nous voyons les croyants se rassembler. Il y a une grosse difficulté, et comment commencent-ils ? « Ô Souverain ! » (v. 24). Celui qui a toutes choses entre ses mains, Celui qui a toute puissance. Et notre affaire, c’est cela.

    Je voudrais insister sur des expressions de la fin de ce paragraphe : « Ils faisaient comprendre la Loi au peuple ». Et ensuite il est dit : « et le peuple se tenait à sa place » – c’est l’attitude qui convient, l’attitude de respect devant la Parole de Dieu, et il est ajouté : « Et ils lisaient distinctement dans le livre de la Loi de Dieu, et ils en donnaient le sens et le faisaient comprendre lorsqu’on lisait » (v. 7 et 8).

    On voit tout cet exercice d’amour fraternel les uns envers les autres. Combien c’est important de nous assurer que la Parole de Dieu a vraiment été saisie. On voit le souhait que ces lévites avaient, le désir profond de faire comprendre ; et nous devrions l’avoir aussi les uns pour les autres. Peut-être que nous-mêmes quand nous présentons la Parole, nous ne faisons pas assez attention aux mots que nous employons, ou nous faisons des ellipses dans notre façon de parler parce que nous tenons certaines choses pour connues, et ce peut être tout à fait le contraire, d’abord parce que ceux qui sont là sont grâce à Dieu pour la plupart des enfants de Dieu – la Parole de Dieu distingue bien entre les petits enfants, les jeunes gens, les pères.

    Nous avançons vers l’état d’homme fait que nous n’atteindrons d’ailleurs que dans la présence du Seigneur. Il y a donc des jeunes brebis qui ont besoin de soins tout à fait particuliers. C’est peut-être d’ailleurs l’occasion d’encourager nos jeunes gens, qui sont peut-être depuis peu en communion, à poser aussi des questions en réunions d’étude. Je crois que c’est vraiment quelque chose qui serait très heureux.

    Et là nous nous apercevons – et c’est humiliant – que nous avons peut-être présenté des choses d’une manière qui était un peu « barbare » – ce mot est employé plus loin justement en 1 Corinthiens 14 ; évidemment c’est en rapport avec l’exercice des langues particulièrement, mais nous pouvons être barbares – et manquer aussi, je le dis pour moi-même, de parler distinctement.

    La Parole de Dieu doit être l’objet de soins tout à fait particuliers. Je me souviens d’un frère dont sa façon même de lire la Bible était déjà un enseignement, et cela, c’est très important. Alors, que le Seigneur nous aide, qu’Il nous donne ce désir de lire distinctement, et aussi de donner le sens – bien sûr, nous-mêmes nous sommes limités – de bien veiller à ce que ceux qui sont là, qui justement sont attentifs, puissent vraiment recevoir ce que le Seigneur leur distille par sa Parole.

    Quand on lit le début du paragraphe, et tout le paragraphe, on est émerveillés par tout ce qu’on peut lire, par cette attitude combien heureuse qu’à le peuple, à la fois cette attention qu’il y a pour entendre la Parole de Dieu, cette attitude de respect et, on l’a souligné, ces Amen qui peuvent être prononcés, ces actions de grâce envers l’Éternel. Il semble que là ce peuple réuni soit dans l’attitude qui convient et à laquelle il n’y a rien à ajouter, qui répond tout à fait à la pensée de Dieu.

    Et puis au dernier verset [de ce paragraphe] il nous est dit qu’il fallait leur en donner le sens et leur faire comprendre ce qu’on lisait. On pourrait être surpris par ce contraste entre d’un côté tout ce qui était en accord avec ce que Dieu attendait de ce peuple, dans leur attitude, dans leur comportement, et maintenant il faut leur en donner le sens. Pourquoi était-il nécessaire qu’on leur en fasse comprendre le sens ? On a lu que ceux qui étaient réunis avaient de l’intelligence. On nous a bien expliqué que c’est l’intelligence spirituelle du Saint Esprit qui fait comprendre la Parole. Alors pourquoi avaient-ils cette nécessité ?

    Il ne faut pas oublier que ce résidu était resté en captivité où ils avaient été privés de la Parole, et ils avaient entendu autre chose, d’autres raisonnements, d’autres façons de parler. Nous voyons qu’il y a ce danger de laisser pénétrer dans nos esprits la façon de raisonner du monde. Et si nous voulons étudier la Parole, la comprendre, avec les mots, les raisonnements, les techniques du monde, cette Parole nous sera fermée, et nous avons besoin du secours du Saint Esprit pour que nos oreilles soient ouvertes et pour que nous comprenions le sens de la Parole. Et plus nous écouterons la Parole, plus nos oreilles et nos cœurs seront disposés pour la comprendre.

    Le Seigneur a donné des dons à l’assemblée, des pasteurs, des docteurs, des prophètes. Ils sont tous là pour la bénédiction de la chère assemblée du Seigneur. Mais ce qui est important dans tout ce qui est présenté, c’est qu’il y ait l’onction du Saint Esprit. Le danger peut être de parler par sa propre connaissance. C’est tellement important d’être près du Seigneur pour qu’il y ait l’onction du Saint Esprit. Et alors il y en aura des fruits. Mais nous venons de divers rassemblements, et peut-être que dans beaucoup il n’y a pas de pasteur, il n’y a pas de docteur, il n’y a pas de prophète. Mais chaque frère peut être exercé devant le Seigneur.

    S’il est conduit par le Saint Esprit, et on l’a réalisé plus d’une fois, un jeune frère a été appelé à lire au début d’une réunion un ou deux versets. On s’est dit : c’est ce qui répondait aux besoins de nos cœurs, et quand l’Esprit de Dieu agit, c’est très heureux qu’un autre frère, un deuxième, un troisième, continuent dans ce même esprit, et cela donne une réelle bénédiction. Donc il faut que ce soit un exercice de chacun, et il ne faut pas tomber dans le piège du cléricalisme.

    On vient à la réunion, il y a ce frère et celui-là, tout est là, je viens écouter, donnez-moi à manger ! Mais ce n’est pas comme cela. Ce doit être l’exercice de chaque frère, et c’est très heureux, chers frères, pour la bénédiction de toute l’assemblée quand chacun est exercé devant le Seigneur. Alors, il en résulte des fruits, et on voit ici les fruits qui sont produits. D’abord, ce peuple pleure en entendant la Parole de la Loi. Si la Parole de Dieu est présentée avec l’action de l’Esprit de Dieu, s’il y a l’onction de l’Esprit de Dieu, il doit y avoir des fruits dans notre cœur.

    S’il n’y en a pas, alors il faudrait se poser des questions : Qu’est-ce que je retiens à la fin d’une réunion ? Qu’est-ce que le Seigneur a voulu me dire aujourd’hui ? Ah, on a dit qu’on pouvait en arriver à penser : Ah ! Ça va bien. Ce soir il y avait ce jeune. Il a au moins pu entendre quelque chose. Et oui, et puis moi, qu’est-ce que j’ai entendu ? Parfois c’est la Parole pour les autres, mais Dieu me parle. Que nous ayons le sentiment de la présence du Seigneur. Si tout à coup le Seigneur était là – Il est là, invisible, c’est vrai – si le Seigneur était là présent physiquement, quelle réaction y aurait-il dans nos cœurs ?

    Encore sur le verset 6 : « Et tout le peuple répondit : Amen, Amen ! en élevant les mains, et ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant l’Éternel, le visage contre terre ». 1 Timothée 2. 8 : « Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, élevant des mains saintes, sans colère et sans raisonnement ». La note en bas de page nous dit qu’il s’agit de l’homme tout particulièrement en contraste avec la femme. Dans notre passage de Néhémie 8, nous voyons tout le peuple. Mais ce qui est dit ensuite ici [en 1 Timothée 2] a une grande importance morale : « élevant des mains saintes » ou pures.

    Comment prions-nous notre Dieu et Père, dans nos prières personnelles, en famille et dans l’assemblée ? Dans quel état moral sommes-nous quand nous nous adressons à notre Dieu et Père, le grand Dieu des cieux et de la terre, notre Dieu Sauveur, notre Père qui nous aime ? C’est important parce que, si la prière est agréable à Dieu, elle l’est avec un état moral spirituel qui convient devant Lui.

    Et tout cela est lié encore une fois à ce que dans nos cœurs, dans nos vies, il y ait cette crainte de Dieu, une crainte heureuse, celle d’un fils qui se sait aimé par son Père qui le connaît, et il sait qu’il a à apprendre de Lui. Alors du bien est produit. La communion est, pour ainsi dire, renforcée. Le Seigneur nous fait alors connaître davantage ses pensées. À celui qui a, il sera donné.

    On a commencé à voir dans ces versets, l’effet produit par cette Parole de Dieu. Que le Seigneur nous accorde, en particulier quand nous venons dans sa sainte présence, d’avoir nos cœurs jugés, nos cœurs sanctifiés par cette Parole. C’est fondamental quand nous nous trouvons autour du Seigneur pour nous souvenir de ses souffrances et de sa mort à sa table. Alors le Seigneur veut et peut bénir richement.

    Et l’action de l’Esprit est là manifeste, les cœurs sont à l’unisson, tout est à la gloire de Dieu, pour la joie du Seigneur. Pensons à cela. Le Seigneur nous donne encore de tels moments aujourd’hui, deux mille ans après sa venue ici-bas. Il vient bientôt. Regardons à Lui pour qu’Il nous garde près de Lui. Demeurons en Lui (Jean 15. 5). Oui, que ce soit notre désir et notre part aussi.

    Nous trouvons ici une fête, la fête des trompettes, et nous voyons que le peuple obéit aux ordonnances que la Loi avait données. C’était cette fête du premier jour du septième mois, la fête des trompettes. Après il y avait aussi les quatorzième et quinzième jours de ce même mois la fête des tabernacles qu’ils font. Et pourtant nous trouvons encore autre chose. Dieu n’avait pas prescrit qu’à la fête des trompettes il devait y avoir une lecture de la Parole comme c’est le cas ici.

    Alors je pense qu’on peut voir ici, dans l’Ancien Testament déjà, la liberté de l’Esprit qui agit sur les cœurs. L’Esprit agit ainsi en rapport avec l’état du peuple, avec la condition dans laquelle ils sont. Il a été rappelé que le peuple avait été à Babylone, et avait entendu, écouté, des paroles qui n’étaient pas les paroles de Dieu, un langage qu’ils ne connaissaient pas. Ce qu’ils avaient entendu n’était pas le langage de Dieu. Peut-être même que quelques-uns d’entre eux ne comprenaient plus l’hébreu. C’est pour cela aussi que le livre devait être expliqué.

    Mais aussi, au sens figuré nous pouvons comprendre que l’état du peuple était tel qu’ils avaient besoin d’être ramenés à ce langage de Dieu, à ce langage de la Parole de Dieu. C’est quelque chose qui est en rapport avec la condition dans laquelle ils étaient. Et quelquefois cela peut être le cas pour nous que nous n’avons peut-être pas l’oreille vraiment exercée pour comprendre le langage de Dieu. Nous entendons beaucoup de bruits autour de nous, beaucoup de langages autour de nous, le langage du monde, le langage de la culture, le langage de toutes sortes de choses que nous comprenons, et nous perdons la connaissance, la compréhension du langage de Dieu.

    À cette situation-là, l’Esprit de Dieu donne sa réponse, la liberté de l’Esprit qui peut agir. Plus tard nous trouvons la même chose dans cette fête dans l’attitude qu’ils ont d’envoyer des portions à ceux qui n’ont rien préparé, ce qui n’était pas prescrit dans la loi. C’était aussi l’action de l’Esprit sur leur conscience et leur cœur. Nous allons certainement voir aussi après qu’une fête manque : le grand jour des propitiations, le dixième jour du septième mois, n’est pas mentionné au verset 10. Cette fête du grand jour des propitiations n’a pas pu avoir lieu ici parmi le peuple.

    J’espère bien que, tout à l’heure, quand j’ai parlé de lire distinctement et de donner le sens, de faire comprendre les choses qu’on lisait, on a compris que ce n’est pas du tout prendre le vocabulaire de ce monde pour le faire. Je crois que c’est très important de le dire. On a quelque fois le sentiment que, peut-être avec de bonnes intentions, certains jeunes frères pensent qu’après tout il faudrait bien revoir le vocabulaire, et que ce n’est plus de notre époque, etc.

    Mais on voit le danger, pour ne pas dire plus, qu’il y a à ne pas garder justement ce que la Parole de Dieu choisit de nous enseigner, les termes qu’elle emploie. Et si nous cédons à ce genre de tendance très moderne bien sûr, nous allons défigurer la Parole de Dieu, nous allons nécessairement nous éloigner de ce que Dieu dit Lui-même avec ses mots personnels à Lui que, dans sa grâce, Il nous communique, et Il nous parle d’une façon que nous pouvons comprendre si nous cherchons. Ce ne sont pas des choses incompréhensibles que le Seigneur nous a données. Non.

    Et puis alors il y a aussi ce grand danger que, si nous prenons ce langage, nous allons nous éloigner du Seigneur dans nos cœurs, on est vite conduit à chercher des choses qui font de l’effet, etc. Tout cela n’a nulle place dans l’assemblée. Que le Seigneur nous en garde. On est toujours encouragé dans ce sens-là. Quand les disciples ont dit au Seigneur : Enseigne-nous à prier, par exemple. Bien sûr nous savons bien qu’on a fait un mauvais usage certainement de ce qu’on appelle la prière dominicale, et cela prouve combien l’homme est prompt à déformer la pensée du Seigneur.

    Mais combien c’est précieux de voir même comment cette prière a été prononcée. Dans les lignes générales, on est conduit par le Saint Esprit, c’est clair, mais il y a aussi un ordre moral, c’est-à-dire qu’on a d’abord devant soi les droits du Seigneur, sa gloire ; et puis on a le privilège d’exprimer ses besoins en assemblée, en famille, etc. Que le Seigneur nous aide parce que toutes ces distorsions vis-à-vis de l’Écriture viennent de ce que notre crainte de Dieu a beaucoup baissé.

    Cette crainte de Dieu a beaucoup baissé, alors qu’il est écrit qu’elle devrait être notre trésor (És. 33. 6) On en est convaincu lorsqu’on lit dans les versets du début du second paragraphe, à partir du verset 9, l’impact que la Parole a eu sur ces chères âmes d’alors, remontées de la captivité, privées de tout ce que Dieu pourtant autrefois avait donné au peuple, et à cause du jugement qui était tombé, n’est-ce pas ?

    Mais ici, ils sont saisis par les paroles entendues, depuis l’aube jusqu’à midi, probablement six heures de temps – est-ce que nous nous rendons compte un petit peu ? Six heures de temps, le peuple étant là debout par respect pour la Parole de Dieu. Tout le peuple qui répond après la bénédiction d’Esdras, Amen, Amen ! Et l’effet de la Parole. Qu’a-t-elle aujourd’hui comme effet sur mon propre cœur, sur ma conscience, cette Parole de Dieu, d’un Dieu qui ne peut mentir, mais un Dieu qui m’aime, un Dieu qui est amour, un Dieu qui est lumière, un Dieu qui m’a tout donné en Christ. Quel effet a cette Parole sur mon propre cœur ?

    Ici « tout le peuple pleurait en entendant les paroles de la Loi ». Quelle affliction ! Quelquefois on est saisi par ce qu’on lit, et on se demande : Mais comment se fait-il que j’ai oublié, peut-être négligé, telle ou telle partie des commandements de mon Dieu ? Bien sûr ce sont des commandements d’amour et le Seigneur attend une réponse de cœur mais elle se traduira nécessairement par des fruits. Il est impossible qu’il en soit autrement si véritablement la Parole de Dieu a son effet sur mon cœur, sur ma conscience ; il est impossible que des fruits ne soient pas produits.

    Et tout le peuple est dans l’affliction, dans une profonde contrition, parce que la Parole a mis à nu quelque chose, peut-être au-dedans de mon âme, qui n’était pas compatible avec la sainteté de Dieu, et je m’en afflige profondément. Mais alors, on va le voir, il y a un double effet : l’âme est heureuse, le croyant est heureux lorsqu’il a été jeté par terre, parce que là par terre le Seigneur le prendra par la main, Il le relèvera, lui disant : Ne crains point, prends courage.

    Encore aujourd’hui, chers frères et sœurs, chers enfants, chère jeunesse, il faudrait qu’il y ait de l’affliction à l’écoute de la voix de Dieu à travers l’Écriture, mais la joie du Seigneur sera notre force pour aller de l’avant parce que le jour est proche, le Maître va paraître, nous allons Le voir face à face. Il reste très peu de temps pour Le servir. Que nos enfants, notre jeunesse, se lèvent aujourd’hui pour ne désirer qu’une chose : mettre la Parole en pratique, en honneur. Et comment la mettre en honneur ?

    Parce que j’en jouirais profondément dans mon âme, je serais heureux en la lisant, j’y découvrirais le Seigneur, et l’impact que cela aura dans ma vie de chaque jour fera que je ne désirerai qu’une chose : la mettre en pratique. C’est cela, garder la Parole. Le Seigneur Jésus avait dit autrefois à Philadelphie – et quel prix pour son cœur, n’est-ce pas – « Tu as gardé ma Parole » (Apoc. 3. 8).

    La parole a été lue « devant la place qui est devant la porte des eaux, depuis l’aube jusqu’à midi ». Une période de six heures, et c’est encore quelque chose de vécu, dans des pays d’Afrique, mais, ce n’est pas quelque chose que nous connaissons dans notre pays. Cet enseignement de la Parole n’est-il pas pour nous, qu’il y aurait un verset de la Parole qui ne nous serait pas utile ?

    Nous connaissons la Parole. Tous les versets de la Parole sont utiles. Si nous ne pouvons pas aujourd’hui écouter pendant six heures durant, nous pouvons retenir que nous devons savoir utiliser le temps que Dieu nous donne pour être à l’écoute de sa Parole. Et si c’est quelque chose qui doit être un avertissement pour nous chaque jour, combien cela a de l’importance quand le Seigneur prépare des rendez-vous autour de Lui. Ne sommes-nous pas quelquefois en danger de négliger les rendez-vous que le Seigneur place devant nous dimanche après dimanche ? Nous devons nous laisser instruire par ce que la Parole de Dieu nous dit.

    Dans le verset 10, une autre catégorie de personne est mentionnée, que l’on n’a pas vue jusqu’à présent. Il a été question d’hommes, de femmes, de ceux qui avaient de l’intelligence. Et là il est question de « ceux qui n’ont rien de préparé ». Alors, cette catégorie de personnes va-t-elle être oubliée ? Va-t-elle être négligée ? Va-t-elle être mise au rebus ? Et nous voyons ceux qui se manifestent à leur égard. Pour ceux qui n’avaient rien préparé, on leur apporte des portions de ce qui est gras et de ce qui est doux à boire. Cela nous montre ce qu’est la communion fraternelle, et les soins que nous avons les uns à l’égard des autres.

    Il est remarquable de voir où cet enseignement est placé. Cela ne nous est pas dit en commençant, non. En commençant, nous sommes sous les avertissements de la Parole. La Parole est placée devant nous pour nous amener à jouir de la communion avec Dieu. Et c’est dans la mesure où nous jouissons de la communion avec Dieu, avec le Seigneur Jésus que nous pouvons goûter la communion les uns avec les autres. Et c’est quelque chose que nous avons à retenir : il y a toujours un ordre dans l’enseignement de la Parole, et nous avons à suivre toujours cet ordre.

    Ce qui est placé là devant nous dans ce paragraphe c’est deux attitudes : l’attitude de l’humiliation et de mener deuil, de pleurer, et l’attitude de la joie. Deux attitudes tout à fait différentes. La première est celle de ceux qui pleurent, qui traduisent par ces pleurs l’humiliation, l’abaissement dans lequel ils se trouvent. Et c’est une exhortation que nous avons dans de nombreux passages de la Parole : « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève quand le temps sera venu » (1 Pier. 5. 6).

    Cette attitude d’humiliation doit nous caractériser, [nous devons] être abaissés à nos propres yeux. Nous avons à y prendre garde et à le vivre continuellement. Mais n’oublions pas que, si l’humiliation est nécessaire, et si c’est le premier pas que nous avons à faire, elle n’a jamais donné de force à qui que ce soit. La force, où est-elle ? Elle est dans la joie.

    Et le sujet de la joie est placé là devant nous à ce moment-là. Il est frappant d’ailleurs de noter que, dans l’Ancien Testament, il est assez peu souvent question de joie. Le peuple d’Israël a traversé des circonstances bien différentes, mais il ne semble pas qu’il soit mentionné qu’il se soit spécialement réjoui.

    Et pourtant le Dieu auquel nous avons à faire est le Dieu bienheureux. Et dans ce verset de Proverbes 8 que nous aimons souvent à avoir dans nos cœurs le dimanche matin, nous avons ces relations entre le Père et le Fils au verset 30 : « toujours en joie devant lui » : ce qui caractérisait le Seigneur dans l’éternité, c’était la joie.

    Et ce qui caractérise l’éternité, c’est la félicité et le bonheur sans fin et parfait. Et c’est le désir de Dieu que nous ayons le cœur rempli de joie, et c’est ce qui est placé là devant ce peuple. Il convient de s’humilier, mais il convient aussi d’avoir un cœur rempli de joie. Nous n’allons pas en dire plus là-dessus. Nous comprenons bien de quelle joie il s’agit. Il ne s’agit pas d’une joie humaine, il s’agit de se réjouir dans le Seigneur. C’est Lui qui est la joie qui seule peut satisfaire et remplir un cœur. Et nous citons simplement ce verset d’Ésaïe 30. 15 : « C’est en revenant et en vous tenant en repos que vous serez sauvés ; dans la tranquillité et dans la confiance sera votre force ».

    Un mot sur le verset 9. On a souligné donc que toutes choses sont en ordre, que l’Esprit de Dieu a travaillé dans le cœur des fils d’Israël, les a amenés comme un seul homme, on l’a vu. Eh bien maintenant au verset 9, on peut dire qu’on voit un résultat. L’Esprit de Dieu continue à travailler, et Il travaille en qui ? En Néhémie le Thirshatha, c’est-à-dire le gouverneur. Nous ne le voyons pas agir, nous ne le voyons pas prendre une part active, mais il est au diapason, il a la même pensée – Dieu donne la même pensée à Néhémie, à Esdras, le scribe et sacrificateur qui a lu la loi, et puis aux lévites qui faisaient comprendre.

    Et c’est une chose heureuse de constater que l’Esprit de Dieu dans une assemblée amène ensemble. Que de fois on se réjouit, on a une pensée, et puis voilà un frère indique un cantique, fait une prière, et la pensée qui est sur notre cœur est non seulement exposée, mais exposée beaucoup mieux que nous l’aurions fait nous-mêmes. Voilà l’action de l’Esprit de Dieu. C’est ce que nous avons là. Chacun est à sa place, les cœurs marchent ensemble. L’assemblée n’est pas des individualités comme dans ce monde, c’est ensemble, conduits par le Seigneur. Il nous amène ensemble.

    Nous avons lu au milieu du verset 9 : « Ce jour est saint à l’Éternel votre Dieu », et au milieu du verset 11 : « Taisez-vous, car ce jour est saint, et ne vous affligez pas ». Et nous voyons, en même temps, cette joie profonde, donnée par l’Éternel dans les cœurs. Il n’y a pas d’incompatibilité entre la sainteté et la joie dans le Seigneur, bien au contraire.

    Mais dans la mesure où le Seigneur nous accorde la grâce de sentir notre vrai état devant Lui, et nous avons toujours à avoir la même pensée que Lui à cet égard, le Seigneur nous relève, Il nous donne cette joie que le monde ne peut jamais ni ôter, ni donner. Rappelons-nous ce que le Seigneur a dit à ses disciples avant de les quitter, dans l’évangile selon Jean, au chapitre 16 verset 20 : « En vérité, en vérité, je vous dis, que vous, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; et vous, vous serez dans la tristesse ; mais votre tristesse sera changée en joie ».

    Verset 22 : « Et vous donc, vous avez maintenant de la tristesse ; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira : et personne ne vous ôte votre joie ». Un peu plus loin au verset 24 : « Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit accomplie ». Nous trouvons cela aussi au milieu du chapitre 15 précédent, au verset 11 : « … afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit accomplie ».

    Cette joie accomplie, dans le Seigneur, en Lui et par Lui, n’est-ce pas le but que le Seigneur désire pour nous, comme un avant-goût de ce que nous goûterons là-haut dans la perfection de sa présence auprès du Père ? Il y a des tristesses, des tristesses dans l’assemblée, des tristesses dans nos vies, sans parler de ce qu’il y a dans ce monde. Mais que le Seigneur nous accorde la grâce de bien regarder les choses sous son regard, de les Lui apporter sans crainte.

    Nous pouvons tout dire au Seigneur, Il est toujours à notre écoute, Il a des choses à nous dire, certainement beaucoup plus que nous ne pensons. Mais Il veut aussi que les choses soient réglées devant Lui. Alors, Il nous montre combien son amour est grand, est infini, et cette joie dans le Seigneur que l’apôtre prisonnier goûtait tellement, qu’il désirait faire partager à ceux auxquels il écrivait, le Seigneur veut toujours nous y ramener. Ne le perdons pas de vue. Ce sera le thème de la louange éternelle avec Lui.

    Dans l’épître aux Philippiens, chapitre 3 à partir du verset 18, on voit ce que l’apôtre dit, et ce qui le fait pleurer « Car plusieurs marchent, dont je vous ai dit souvent et dont maintenant je le dis même en pleurant, qu’ils sont ennemis de la croix du Christ ». Voilà la situation générale.

    Mais en même temps, au chapitre 4 il peut dire à ses frères : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; encore une fois, je vous le dirai : réjouissez-vous ». Pourquoi ? Parce que le Seigneur est au-dessus de nos misères.

    Ce n’est pas en regardant à nous-mêmes que nous aurons quelque force que ce soit, ou que quoi que ce soit sera amélioré. Ce que nous avons dans le Seigneur est infiniment au-dessus de ce qui peut nous accabler. Quant à ce que nous lisons en Néhémie 8, il me semble que c’est là que le Seigneur voulait amener ceux dans les cœurs desquels Il avait travaillé, qui se sont levés comme un seul homme, et qui sont arrivés à ce point où ils sont dans ce second paragraphe que nous considérons.

    Ils avaient raison de s’humilier, et nous avons raison de nous humilier en considérant l’écart entre ce que la Parole de Dieu dit de tout le bien qui nous a été fait, et combien nous répondons si peu à cela. Rappelons-nous l’exemple de Josias : « Parce que ton cœur a été sensible, et que tu t’es humilié devant Dieu quand tu as entendu… » (2 Chron. 34. 27 ; 2 Rois 22. 19). C’est cela que le Seigneur attend, que nous soyons sensibles, mais cela ne nourrit pas.

    Le Seigneur veut nous amener à Lui pour que nous réalisions le privilège que nous avons en Lui. Alors, malgré la misère, nos cœurs seront dans la joie. Il n’y a aucune force en nous, la force est en Lui. On se rappelle ce que la Parole nous dit en 2 Corinthiens 3. 18 : « Or nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit ». Regarder à soi ne nourrit pas, mais si nous regardons à Lui nous serons de toute manière encouragés.

    Nous avons ici l’enseignement quant à cette humiliation nécessaire et qui plaît à Dieu, mais également cet autre côté, que Dieu aime aussi être honoré par cette joie qui est dans le cœur de ceux qui comprennent sa grâce et les privilèges qu’Il leur a donnés.

    Nous voyons ici la façon dont Dieu fait comprendre au peuple que c’est cela aussi sa pensée. Néhémie, qui était le Thirshatha, et Esdras, et les lévites parlent au peuple. On entend quelquefois qu’on n’a pas besoin de conducteur. C’est une pensée qui se répand un petit peu que nous n’avons pas besoin de conducteur, qu’autrefois il y avait des conducteurs. Eh bien, la Parole nous dit clairement qu’il y a des conducteurs.

    Le passage bien connu de Hébreux 13. 7 nous dit ce que l’apôtre écrit : « Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la Parole de Dieu, et, considérant l’issue de leur conduite, imitez leur foi ». Il y a des conducteurs, et nous faisons bien de les reconnaître. Et d’ailleurs c’est dans la première épître aux Thessaloniciens que l’apôtre les invite à bien écouter ceux qui travaillent parmi eux et qui sont à la tête parmi eux dans le Seigneur (1 Thess. 5. 12).

    Nous voyons ici aussi que Dieu met en relief Néhémie le Thirshatha, et Esdras, et les lévites qui enseignent au peuple la pensée de Dieu pour ce moment-là. Nous faisons certainement bien aussi de faire attention à ce que les conducteurs nous disent. Il y en a encore aujourd’hui. Ils ne se sont pas nommés eux-mêmes, mais ils se sont révélés par leur conduite – comme on voit en Hébreux 13 – leur foi, parce qu’ils ont obtenu une autorité morale par leur conduite, par leur connaissance de la Parole mais aussi leur obéissance à la Parole de Dieu, par le modèle qu’ils montrent à tout le peuple de Dieu, comme c’est le cas ici.

    Néhémie était reconnu par cette autorité morale. Il était, comme nous l’avons vu au début de nos entretiens sur ce livre de Néhémie, un homme du peuple, assez simple. Il n’était pas de souche lévitique, ni de la sacrificature, ni de la lignée royale. Pas du tout. Il était un homme du peuple, et son autorité était une autorité que Dieu lui avait donnée à cause de sa conduite, de son comportement, de sa fidélité, envers Dieu et envers la voix de Dieu, qu’il a comprise et parce qu’il a fait ce que Dieu lui disait et lui montrait.

    Et nous avons encore aujourd’hui de tels frères, et nous faisons bien de les écouter. C’est d’ailleurs encore une grâce que Dieu nous ait laissé des hommes qui nous expliquent la Parole de Dieu et en donnent le sens. Voilà la pensée de Dieu, voilà ce qui plaît au Seigneur Jésus. Et ce sont des personnes – comme nous l’avons vu quelquefois aujourd’hui déjà – ce sont des personnes qui attirent les cœurs vers le Seigneur Jésus. Ce sont des hommes qui vivent avec le Seigneur Jésus, dont le Seigneur est la joie, qui vivent dans la communion avec le Seigneur, et ils sont des modèles à cause de cela.

    Hébreux 13. 17 : « Obéissez à vos conducteurs [il ne s’agit plus ici de ceux qui sont déjà auprès du Seigneur] et soyez soumis, car ils veillent pour vos âmes, comme ayant à rendre compte ; afin qu’ils fassent cela avec joie, et non en gémissant, car cela ne vous serait pas profitable ». Quel avertissement pour nous, n’est-ce pas, frères !

    Et justement quand on relit ces versets de Néhémie 8 qui sont devant nous, on voit que ce n’est pas en vain que Néhémie, Esdras et les lévites ont ainsi parlé parce qu’on lit au verset 12 : « Et tout le peuple s’en alla pour manger et pour boire, et pour envoyer des portions, et pour faire de grandes réjouissances ; car ils avaient compris les paroles qu’on leur avait fait connaître ».

    Vous voyez combien il est important d’être attentif à ce que la Parole de Dieu nous dit, peut-être au moyen de serviteurs. C’est là le chemin de la bénédiction. Et il faut bien comprendre combien ce peut être aussi douloureux pour nos frères qui ont reçu ce service de la part du Seigneur d’être des conducteurs. C’est en ce sens que, s’il y a un refus de se soumettre à ce qui est donné quand même par le Seigneur Lui-même, cela provoque beaucoup de peine pour ceux qui sont ainsi appelés à un tel service.

    Qu’est-ce que c’est un conducteur pratiquement ? Nous pouvons dire que nous en avons la définition dans le chapitre 13 de l’épître aux Hébreux : ce sont ceux qui ont annoncé la Parole de Dieu. Ils n’ont pas annoncé ce qu’ils pensaient ; ils n’ont pas annoncé le fruit de leur réflexion ; ils ont annoncé ce que Dieu avait à dire. Et certainement le caractère d’un conducteur, c’est qu’il ne dira jamais qu’il est un conducteur, il n’aura pas l’idée de le dire, il ne le pensera même pas.

    Mais notre affaire est de reconnaître quand un frère parle de la part du Seigneur, quand le Seigneur nous parle par ce frère. C’est toujours un mauvais signe quand nous ne reconnaissons pas cela. Mais si nous sommes dans un état qui convient, nous allons déceler que ce frère nous a parlé de la part de Dieu. Ce qui aura de la valeur, ce n’est pas le frère, mais ce que Dieu nous dit par son moyen.

    Ce que le Seigneur nous a dit par le moyen d’instruments qu’Il a employés, doit avoir nécessairement dans ma vie un effet que le Seigneur, dans sa grâce, manifestera, parce que nous lisons au verset 12 : « Et tout le peuple s’en alla pour manger et pour boire, et pour envoyer des portions, et pour faire de grandes réjouissances ».

    On peut dire que le peuple a été en contact avec son Dieu ; il a été mis, comme nous le sommes aussi par grâce, en présence de Dieu, des commandements d’un Dieu d’amour, mais un Dieu qui est saint, et Il emploie qui Il veut. L’instrument sera d’autant plus utile à son Maître s’il se tient caché derrière son Maître. Bien sûr la Parole quelquefois dérange. Il y a des choses aujourd’hui peut-être qu’on n’aime pas bien entendre. Pourtant, c’est écrit !

    Le Seigneur pourrait peut-être nous dire : mais comment lisez-vous la Parole ? Permettez-moi de faire une petite remarque concernant ce chapitre 2 de 1 Timothée parce que l’apôtre dit : « Je veux donc que les hommes prient en tous lieux » et comment doivent-ils élever leurs mains ? [Ils doivent élever des mains] saintes, dans la pureté. Et qu’ajoute l’apôtre ? « De même aussi, que les femmes se parent d’un costume décent, avec pudeur et modestie » (v. 9). N’a-t-on pas oublié cela aujourd’hui ? N’avons-nous pas à pleurer là-dessus aujourd’hui, et à nous humilier ?

    Est-ce qu’on va se ressaisir ? Ne peut-on pas encore poser la question à notre chère jeunesse aujourd’hui : Quelle est ma référence par rapport à ma tenue ? Quelle est ma référence ? Est-ce que c’est le monde ? Est-ce que c’est la mode ? Ou est-ce que c’est la Parole de Dieu ? Et, bien sûr, il est parlé de joie, et on a souligné tout à l’heure l’importance de la joie dans le cœur. Y a-t-il un bonheur plus grand que de connaître Jésus ?

    Et ce jour est saint, consacré à l’Éternel, notre Dieu ; il est consacré à notre Seigneur, à la sainteté, à la jouissance de l’amour du Seigneur, à la jouissance de ce fait que sa joie est ma force aujourd’hui encore pour aller de l’avant, mais Il est saint. Et sa présence, chers frères et sœurs, chers enfants, chère jeunesse, c’est sa présence dans mon cœur qui réclame et assure la sainteté !

    Nous lisons au verset 9 : « Ne menez pas deuil et ne pleurez pas ! » Dans l’épître de Jacques, ce verset que nous connaissons au chapitre 4. 9 dit : « Menez deuil et pleurez ». Y aurait-il une contradiction dans la Parole de Dieu ? Là encore nous connaissons la réponse. La Parole de Dieu ne se contredit jamais.

    Pensons à ce verset d’Ecclésiaste 3. 4 : « [Il y a] un temps de pleurer, et un temps de rire ; un temps de se lamenter, et un temps de sauter de joie ». Nous l’avons dit, le temps de l’humiliation et de mener deuil est un temps qui convient pour nous, mais nous devons aussi être attentifs aux bénédictions que Dieu nous donne, et gardons-nous de nous nourrir de nos larmes – ce qui serait, encore une fois, nous occuper de nous-mêmes.

    Mais sachons discerner toutes les bénédictions que Dieu nous dispense, et toutes les joies qu’Il aime à nous accorder dans les petites et les grandes choses. Et nous l’avons dans ce passage où nous avons vu que tout le peuple a béni l’Éternel. Sachons rendre grâce à Dieu pour toutes les bénédictions qu’Il nous dispense. Gardons-nous de mépriser quelque bénédiction que ce soit que Dieu se plaît à répandre sur les siens.

    Pour que les plus jeunes ne se trompent pas, dans ce passage de Jacques qui vient de nous être cité, il est question de rire et de joie, qui doivent disparaître. Mais si l’on regarde le contexte, il est dit au verset précédent (fin du verset 8) : « Vous qui êtes doubles de cœur », c’est-à-dire une joie, un rire de la terre. Alors, à la suite de cela, que nous dit l’Écriture ?

    « Humiliez-vous devant le *Seigneur » (v. 10), c’est-à-dire que je dois prendre la place que j’ai devant Dieu, la place où je reconnais ce que j’ai à faire. Je reprends cette place-là. Alors que lisons-nous ? « Et Il vous élèvera ». Et voilà la vraie joie ! Ce n’est pas élever ma chair, c’est élever ma part devant le Seigneur. Voilà la vraie joie !

    Il y a un ordre que nous avons bien discerné dans ces versets. Mener deuil, pleurer, ont leur place à leur moment, et c’est Dieu qui le produit dans nos cœurs, n’est-ce pas ? Cela a eu lieu à notre conversion, et Dieu nous a donné ensuite cette joie excellente de voir qu’Il avait Lui-même tout préparé. « Venez, car déjà tout est prêt (Luc 14. 17). C’est encore vrai aujourd’hui comme il y a deux mille ans quand le Seigneur disait ces paroles.

    C’est vrai pour nous aujourd’hui comme croyants. Il nous faut commencer par le commencement : sentir nos misères, mener deuil et pleurer. Dieu nous relève, Il nous montre ce qu’Il a en vue pour nous : une bénédiction excellente qui est la Personne de Christ Lui-même. Il est dit : « Mangez de ce qui est gras et buvez de ce qui est doux ». Le moment est venu de se réjouir.

    Nous voyons, à propos du sacrifice de prospérité dans le Lévitique, au chapitre 3 verset 16, que toute graisse appartenait à l’Éternel. Mais lorsque nous sommes assemblés autour du Seigneur, pour présenter à notre Dieu et Père l’adoration et la louange que Christ conduit – c’est Christ qui conduit la louange dans l’assemblée, et Il en est en même temps la substance – nos cœurs peuvent se réjouir avec notre Dieu et Père au sujet de Christ. C’est là quelque chose d’infiniment heureux et béni pour nos âmes.

    Dieu nous associe pour ainsi dire à Lui, pour entrer dans la jouissance de son cœur quant à son Fils bien-aimé. Nous n’entrons que bien faiblement dans ces choses mais, par l’Esprit, nous pouvons y entrer, et cela plaît à son cœur. « Buvez de ce qui est doux ». Eh bien, nous avons pensé aussi, sans doute, à la personne même du Seigneur Jésus.

    L’apôtre Paul exhortait les Corinthiens par la douceur et la débonnaireté du Christ (2 Cor. 10. 1). « Je suis débonnaire et humble de cœur » (Mat. 11. 29). Voilà le Seigneur dans ce qu’Il nous a montré, dans ce qu’Il veut être pour nous aussi chaque jour. La douceur de la sagesse, il en est question aussi relativement à notre conduite (Jac. 3. 13). Voilà encore un caractère qui n’est pas celui de l’homme naturel. Nous ne trouvons pas cela en nous, notre chair est impatiente. Mais la douceur de l’Ami suprême est comme le fruit de conseils qui viennent du cœur (Prov. 27. 9), quelque chose qui est donné par Dieu Lui-même.

    Nous ne pouvons pas l’expliquer mais Dieu, par son Esprit, nous la donne, nous pouvons en jouir et alors il y a ensuite ce que nous pouvons par grâce apporter à ceux qui n’étaient pas là. Une réunion vient d’avoir lieu. Pensons-nous au frère, à la sœur, au jeune homme, à l’enfant qui n’étaient pas là, pour leur dire quelque chose parce que notre cœur a été rempli de ce que le Seigneur nous a donné, de Lui-même.

    Qu’a fait Ruth ? Elle était peu de temps assise, elle a glané beaucoup, elle a apporté à sa belle-mère. Il y avait ainsi une communion réalisée. Quelle histoire que celle de Ruth ! « Pourquoi ai-je trouvé grâce à tes yeux » ? (Ruth 2. 10) Voilà des choses que nous avons besoin de méditer, et ensuite de rendre grâce à notre Dieu et Père pour nous les avoir données dans son Fils bien-aimé notre Sauveur, notre Seigneur, Celui qui nous aime, qui veut occuper nos pensées et nos cœurs chaque jour.

    Il est remarquable, encore une fois, que la Parole souligne cette expression « TOUT le peuple ». Quand on a été assemblé autour du Seigneur, qu’on a joui ensemble – tout le peuple – de sa présence, on peut dire qu’il y a eu de la pâture pour tous. Le Seigneur Jésus est, encore aujourd’hui, Celui qui répond à tous les besoins ; Il peut satisfaire pleinement, même un jeune enfant ; si petit qu’il soit, s’il connaît Jésus dans son cœur et qu’il a le désir, jour après jour, de faire sa volonté, le Seigneur dans sa grâce, parce qu’Il n’est jamais notre débiteur, lui donnera de goûter aux joies de l’éternité.

    N’est-ce pas merveilleux de lire : « Et tout le peuple s’en alla pour manger et pour boire ». Les petits ? Enfin ceux qui avaient de l’intelligence pour comprendre – on peut bien penser que les enfants étaient là, n’est-ce pas ? Un enfant comprend très vite, il n’a pas besoin d’être bien grand, il comprend très vite ce qui plaît au Seigneur et ce qui ne Lui plaît pas. Il a une conscience, il a ses parents qui lui ont enseigné ceci ou cela. Donc, il sait très bien.

    Mais à la réunion, s’il a joui de la présence du Seigneur avec ses parents, avec ses frères et sœurs, avec tout le peuple de Dieu dirait-on aujourd’hui, n’est-ce pas magnifique ? Comment allons-nous tout à l’heure ressortir de cette salle ? Allons-nous envoyer des portions ? Allons-nous dire à notre ami peut-être qui n’était pas là aujourd’hui (le Seigneur connaît les motifs) : Tu sais on a été heureux, le Seigneur nous a parlé, le Seigneur nous a bénis.

    Le Seigneur est Celui qui rassemble, Celui qui nourrit et qui suffit à tout. Allez, réjouissez-vous, envoyez des portions. Quelle joie dans le cœur ! Bien-aimés, qu’il y ait à travers toute notre affliction, aujourd’hui quelque peu quand même de cette joie, la joie du Seigneur connue dans le fond du cœur. On chante dans un cantique : « ne chercher qu’à te plaire en tout ce que l’on fait ». Mais cela va très loin ! Mais pourtant on le chante ! Alors soyons conséquents. Et qu’ajoute-t-on ? « C’est le ciel sur la terre, c’est le bonheur parfait ». N’est-ce pas ce que le Seigneur désire pour chacun, et pour tous, même nous tous ensemble malgré l’affliction ?

    Et plus on sentira la misère, plus on mènera deuil, plus on sera affligé, et plus on sera heureux et plus on réalisera qu’aujourd’hui encore, à la veille de son retour – Il va paraître le Seigneur de gloire – que sa joie est notre force. Il s’agit de tenir ferme. Il y a des ennemis partout, au-dedans, au dehors, mais la joie du Seigneur est ma force, Il est fidèle, Il est le même, hier, aujourd’hui, éternellement. N’a-t-Il pas gardé ceux qui nous ont devancé ? Y en aurait-il un qui aurait été déçu ? Impossible !

    Le Seigneur n’a jamais déçu qui que ce soit. Il est le même aujourd’hui dans ces temps de ruine, Il n’éteindra pas le plus faible lumignon, qui fume à peine. Il est puissant pour en raviver la flamme. En pensant à cette expression « s’assembla comme un seul homme », je pense à ce verset du Cantique des Cantiques où la Sulamithe dit : « Tire-moi : nous courrons après toi » (1. 4). Quelle belle conséquence ! Si chacun d’entre nous, jusqu’à nos plus jeunes enfants, pouvait avoir le désir dans son cœur : Seigneur, Tire-moi ! Alors nous allons courir ensemble vers Lui.

    Ésaïe 12. 1 à 6 : « Et tu diras en ce jour-là : Je te célébrerai, Éternel, car tu étais en colère contre moi, [et] ta colère s’est détournée, et tu m’as consolé. Voici, *Dieu est mon salut ; j’aurai confiance, et je ne craindrai pas ; car Jah, Jéhovah, est ma force et mon cantique, et il a été mon salut. Et vous puiserez de l’eau avec joie aux fontaines du salut. Et vous direz en ce jour-là : Célébrez l’Éternel, invoquez son nom ; faites connaître parmi les peuples ses actes, rappelez que son nom est haut élevé. Chantez l’Éternel, car il a fait des choses magnifiques. Cela est connu dans toute la terre. Pousse des cris de joie et exulte, habitante de Sion, car grand, au milieu de toi, est le Saint d’Israël ».

    Je voudrais simplement rappeler qu’il y a de saints désirs. Nous sommes invités à désirer avec ardeur des dons spirituels plus grands. Et ici, on voit au verset 13 que se manifeste ce désir de mieux comprendre la pensée du Seigneur. On peut Lui demander que ce désir habite chacun de nous, chacun dans le particulier. Je ne peux m’empêcher de rappeler ce que dit, bien sûr, l’apôtre Paul – et pourtant on aurait pu dire de lui qu’il était si près de son Seigneur : « Le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances » (Phil. 3. 10). C’était là un saint désir qui le remplissait ; et plus il approchait en fait du but, plus il avait le cœur tourné vers Celui qu’il allait bientôt contempler face à face. Et c’est ce que le Seigneur désire pour chacun de nous.

    Hélas, il peut y avoir – nous ne le savons que trop – de mauvais désirs dans nos cœurs, nous avons la chair en nous, il y a des convoitises, il y a beaucoup de choses. Mais encore une fois, il n’y a qu’une seule manière pour que les choses soient laissées là où la croix de Christ les a mises, dans la mort, et c’est que notre cœur soit rempli du Seigneur, qu’Il soit l’objet de notre méditation, que nous goûtions cette communion avec Lui. Qui de nous n’a pas eu ces moments bénis ?

    Demandons au Seigneur la grâce de nous tenir encore plus près de Lui, et d’avoir ce désir qui était là dans le cœur de ces hommes qui avaient des responsabilités particulières. C’étaient les chefs des pères, les sacrificateurs et les lévites, on connaît bien leur rôle qui nous appartient d’ailleurs aujourd’hui. Et ils s’assemblent auprès d’Esdras le scribe. Ils ont trouvé ce conducteur, celui qui dans toute sa vie a été un exemple, et quel bonheur d’apprendre ce que lui-même avait goûté avec Dieu.

    Et en effet il nous est dit que c’était « pour devenir intelligents dans les paroles de la Loi », pour comprendre la volonté de Dieu et pour la faire. Le Seigneur Jésus nous dit : « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13. 17). Et il y a eu des conséquences très pratiques et bénies. « Et ils trouvèrent écrit dans la Loi que l’Éternel avait commandée par Moïse » (v. 14), en fait ils ont retrouvé ces choses. Et nous avons souvent besoin de retrouver des choses, non pas qu’elles ne soient pas, dans un sens, connues, mais elles ne prennent vie, si j’ose dire, que dans la mesure où elles sont soutenues par un amour réel pour le Seigneur. Autrement cela devient des habitudes, qui ne sont pas mauvaises bien sûr en soi, mais qui n’ont pas de valeur parce que ce que le Seigneur désire c’est : « Mon fils, donne-moi ton cœur » (Prov. 23. 6).

    Nous voyons qu’ils s’assemblent encore, les chefs des pères de tout le peuple, les sacrificateurs et les lévites, ceux qui avaient une responsabilité particulière – peut-être que cela se fait encore en Afrique, où les distances sont très longues et où on réunit parfois des frères qui ont des charges particulières pour les enseigner. Mais parmi nous on n’a pas de longues distances à parcourir dans la brousse pour venir écouter la Parole.

    On désire tous devenir intelligents, faire des progrès dans les pensées de Dieu. Mais c’est très important de relever qu’ils avaient compris les paroles qu’on leur avait fait connaître (v. 12). C’est une responsabilité de ceux qui exposent la Parole de l’expliquer de manière qu’on puisse la comprendre pour la recevoir dans le cœur.

    Mais il y a aussi ce désir profond que le Seigneur veut mettre dans nos cœurs « pour devenir intelligents dans les paroles de la Loi ». Nous avons à croître dans les pensées de Dieu, dans la connaissance des pensées de Dieu. Il faut un équilibre dans l’enseignement : il y a des exhortations qui sont absolument nécessaires.

    Peut-être y a-t-il des versets qu’on n’ose plus trop lire. C’est sûr qu’il faut beaucoup d’amour et de sagesse. Seulement le peuple ne peut pas vivre seulement d’exhortations, cela on le comprend bien. Si on donne continuellement que, des exhortations, le peuple va se lasser, mais nous en avons besoin. Dans le même temps aussi, il faut l’équilibre, il faut de la nourriture pour nos âmes, afin qu’il y ait des progrès dans la connaissance du Seigneur Jésus.

    Et si, pendant une réunion, l’Esprit de Dieu a agi, il devrait y avoir dans nos cœurs ce désir d’être plus près du Seigneur, ce désir de Le connaître davantage, ce désir de L‘honorer davantage, de vivre davantage pour Lui. Tout cela, c’est le résultat de l’Esprit de Dieu comme quand la Parole de Dieu produit ses effets dans le cœur. Mais il y a aussi cette pensée que nous avons à croître dans la connaissance des pensées de Dieu.

    Dieu nous a révélé énormément de choses dans sa Parole, et nous sommes aujourd’hui surpris, épouvantés de voir, dans ce monde chrétien, l’ignorance des pensées de Dieu. On ne sait plus rien, on ne sait même pas que le Seigneur va venir – c’est quand même terrible – on ne sait pas ce qui viendra demain après que le Seigneur sera venu.

    Ici nous voyons que, après avoir été intelligents, ils ont trouvé dans la Loi qu’ils devaient habiter dans des tabernacles pendant toute la fête du septième mois. C’est par la Parole de Dieu qu’ils ont été intelligents concernant cette fête des tabernacles, qui avait lieu le quinzième jour du mois. Et on peut relever au verset 17 que « les fils d’Israël n’avaient pas fait cela depuis les jours de Josué, fils de Nun, jusqu’à ce jour-là ». Peut-être que des jeunes diront : Mais c’est étonnant parce que, dans le livre d’Esdras, il est dit qu’ils ont quand même fait la fête des tabernacles. Mais on peut accomplir plus ou moins la Parole de Dieu, selon ce qu’elle enseigne. Mais ici il y a un témoignage extraordinaire. Après avoir été enseignés par la Parole de Dieu, on voit des effets merveilleux, car depuis si longtemps on n’avait pas célébré cette fête selon ce qui est enseigné, « depuis les jours de Josué, fils de Nun ».

    Luc 11. 9 à 13 : « Et moi, je vous dis : Demandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez ; heurtez, et il vous sera ouvert ; car quiconque demande, reçoit ; et celui qui cherche, trouve ; et à celui qui heurte, il sera ouvert. Or quel est le père d’entre vous à qui son fils demandera un pain et qui lui donnera une pierre ? ou aussi, [s’il demande] un poisson, lui donnera, au lieu d’un poisson, un serpent ? ou aussi, s’il demande un œuf, lui donnera un scorpion ? Si donc vous qui êtes méchants, vous savez donner à vos enfants des choses bonnes, combien plus le Père qui est du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ».

    Notre Dieu est disposé à donner pourvu que nous sentions notre faim et que nous venions à Lui. Et nous sommes assurés qu’Il sera toujours disposé à donner. Je ne sais pas si vous avez remarqué qu’au début il y avait une joie, et à la fin c’est une très grande joie. Pourquoi ? Parce que le peuple avait à cœur d’être nourri par Dieu. Et si nous avons à cœur d’être nourri par Dieu, Il ne laissera pas ce besoin sans réponse. Que se passe-t-il dans ce troisième paragraphe ? Ils ont fait des progrès, ils ont trouvé d’autres vérités.

    Dans ce même sens qu’il faut demander, rechercher, nous avons en Proverbes 2. 1 à 7 : « Mon fils, si tu reçois mes paroles et que tu caches par devers toi mes commandements pour rendre ton oreille attentive à la sagesse, si tu inclines ton cœur à l’intelligence, si tu appelles le discernement, si tu adresses ta voix à l’intelligence, si tu la cherches comme de l’argent et que tu la recherches comme des trésors cachés, alors tu comprendras la crainte de l’Éternel et tu trouveras la connaissance de Dieu. Car l’Éternel donne la sagesse ; de sa bouche procèdent la connaissance et l’intelligence : il réserve de sains conseils pour les hommes droits ».

    On ne trouve pas ici la fête du grand jour des propitiations. Nous savons que, pour le peuple d’Israël, le septième mois était un mois important. Après une longue période, tout à coup le premier jour du septième mois, il y avait la fête des trompettes. On a parlé de sa signification, on trouve les symboles dans la Parole de Dieu.

    Les trompettes sont souvent le symbole de la Parole qui agit. En Nombres 10 par exemple il fallait sonner des trompettes quand on partait à la guerre, sur les holocaustes. C’est aussi une belle image dans la réunion de prière où on rappelle les promesses de Dieu. La guerre pour nous, c’est sur nos genoux, nous l’avons bien compris. Sur les holocaustes, un verset au culte qui parle du Seigneur, c’est la Parole de Dieu qui peut aussi élever le culte. Voilà la trompette.

    Le premier jour du septième mois, c’était quand même un moment de réveil après plusieurs mois où il n’y avait rien eu. C’était un réveil parmi le peuple d’Israël. Ils avaient le sentiment qu’ils avaient perdu beaucoup de ce que Dieu leur avait confié. Et c’est aussi important pour nous comme on l’a rappelé qu’on se réveille. « Réveille-toi, toi qui dors… et le Christ luira sur toi » (Éph. 5. 14).

    Mais le dixième jour, c’était le grand jour des propitiations. Le quinzième jour, c’était la fête des tabernacles. C’était un mois extrêmement important. Maintenant, pourquoi n’y avait-il pas ici ce grand jour des propitiations ? L’arche n’existait plus. Pour le grand jour des propitiations, il fallait une fois l’an aller mettre le sang sur le propitiatoire. On sait que le temple a été brûlé, l’arche n’existait plus.

    L’arche n’était plus là. Quand le résidu du peuple était rentré dans le pays, à Jérusalem, l’arche ne l’accompagnait pas. Et l’arche était absolument nécessaire comme le siège de la sainteté de Dieu, où devait être répandu le sang de ce bouc, qui était pour l’Éternel. Alors ce n’était plus possible de le faire.

    La deuxième pensée que nous pouvons peut-être trouver ici, est que, quand le Seigneur Jésus est mort, Lui le vrai sacrifice, quand la vraie expiation a été opérée, la propitiation, le temple était vide, dans le lieu très saint du temple il n’y avait pas l’arche de l’Éternel. Tout attendait. Et peut-être cela nous montre déjà ici que tout attendait ce moment où Dieu donnerait de Lui-même ce sacrifice du jour des propitiations. Il y aura ce sacrifice du Seigneur Jésus.

    Et il me semble aussi que le fait que le rideau du tabernacle a été déchiré au moment où le Seigneur Jésus est mort, nous montre d’une part, c’est vrai, que nous avons, comme l’épître aux Hébreux le montre, la possibilité d’entrer dans le sanctuaire, une image bien sûr, c’est en type, mais d’autre part cela nous montre aussi que maintenant, si on regarde bien dans le temple, dans le sanctuaire, il n’y a rien là dans le service de la Loi qui ait pu vraiment opérer cette expiation, cette propitiation absolument nécessaire aussi pour le résidu pour qu’il puisse vivre vraiment ce qui est caractérisé par la fête des tabernacles parce que celle-ci nous donne prophétiquement une vue dans le millénium, dans le règne des mille ans du Seigneur Jésus.

    Ce n’est pas par le judaïsme, par ce qui se faisait jusqu’à ce moment-là que c’était possible. C’était uniquement ce sacrifice que le Seigneur Jésus a réalisé. Il me semble que ce sont là aussi les raisons pour lesquelles on ne trouve pas ce grand jour ici. La Parole de Dieu n’en parle pas. Tout simplement la Parole de Dieu se tait sur cette fête, et nous ne la retrouvons plus. Mais prophétiquement, il nous est montré que le jour de la délivrance pour le peuple d’Israël est encore en vue, est un avenir, mais un avenir sûr dont parle cette fête des tabernacles.

    D’ailleurs cette fête des tabernacles a une autre signification pour nous. Ces tabernacles, c’étaient des tentes qu’ils ne faisaient pas avec des étoffes de laine ou autre chose comme cela, mais ils les faisaient avec ce que Dieu leur avait donné maintenant dans le pays comme bénédiction, les branches de ces arbustes et arbres qui sont mentionnés.

    Cela montre d’une part qu’ils trouveront la bénédiction, mais qu’ils ne devaient pas oublier qu’ils avaient dû faire un voyage à travers le désert – et c’est aussi une application pour nous, nous sommes encore dans un voyage à travers le désert, et les tabernacles nous rappellent cela ; et en même temps la joie d’être dans le pays, donc pour le règne des mille ans.

    Verset 14 : « Et ils trouvèrent écrit dans la Loi que l’Éternel avait commandée par Moïse, que les fils d’Israël devaient habiter dans des tabernacles pendant la fête du septième mois ». Le peuple est réuni et instruit de ce qu’il avait oublié. Il découvre alors des vérités nouvelles, qui n’avaient été auparavant annoncées, des vérités qui étaient écrites dans la Loi de Moïse, mais qu’ils avaient oubliées.

    Ne pensons pas qu’aujourd’hui il va nous être révélé autre chose que ce que contient la Parole de Dieu. Elle est complète, et ne cherchons pas à imaginer autre chose que ce que contient la parole de Dieu. Gardons la Parole de Dieu telle qu’elle nous est donnée, dans toute son intégrité.

    Il y a cette fête des tabernacles, qui est rappelée et qui va être célébrée. Nous savons, par le chapitre 23 du livre du Lévitique, qu’il y avait une série de fêtes qui devaient Lui être offertes. Et on peut dire qu’il y a deux séries de fêtes. On a depuis la Pâque, la fête des pains sans levain, la fête de la gerbe des prémices tournoyée (versets 9 à 14) ; et puis, en comptant cinquante jours depuis la fête de l’offrande tournoyée des prémices, la fête des semaines (versets 15 à 22). Voilà les premières fêtes qui entrent dans l’institution que Dieu a établie.

    Puis si nous lisons ce qui est dit de ces fêtes en Exode 23. 16 : « et la fête de la moisson des premiers fruits de tes travaux, de ce que tu auras semé dans le champ ; et la fête de la récolte, à la fin de l’année, quand tu recueilleras du champ [les fruits de] tes travaux ». Cette fête des tabernacles est une fête qui doit être célébrée à la fin de l’année.

    Est-ce que cela ne nous parle pas de ce qui nous convient à nous aujourd’hui ? Nous ne sommes pas à la fin de l’année, nous sommes plutôt à la fin d’une époque – on l’a dit à plusieurs reprises. Le moment où le Seigneur va revenir pour enlever son église approche. Ces temps de la fin dans lesquels nous sommes, c’est le temps pendant lequel la fête des tabernacles peut être offerte, une fête qui nous parle de joie.

    Mais nous sommes sur la terre, et cette fête, qui peut remplir le cœur de joie, est quand même marquée par les infirmités de la terre. Et si nous considérons ce qui nous est dit de cette fête en Nombres 29 nous voyons au verset 12 : « Le quinzième jour du septième mois, vous aurez une sainte convocation ; vous ne ferez aucune œuvre de service, et vous célébrerez une fête à l’Éternel pendant sept jours ». C’était donc une fête qui durait sept jours.

    « Et vous présenterez un holocauste, un sacrifice par feu d’odeur agréable à l’Éternel, treize jeunes taureaux, deux béliers, quatorze agneaux âgés d’un an (ils seront sans défaut)… Et le second jour, [vous présenterez] douze jeunes taureaux… Le troisième jour, onze taureaux… et ainsi de suite jusqu’au septième jour où on présentera sept taureaux. Est-ce que nous ne voyons pas là ce qui caractérise nos cœurs : quand il n’y a que le sujet de la joie qui est devant nous, combien nos cœurs rapidement ont leurs affections qui diminuent.

    Et au lieu de présenter la totalité des sacrifices, nous voyons bien que le sacrifice est limité à treize taureaux. Ce n’est pas deux fois sept, quatorze, ce n’est pas la perfection, nous sommes sur la terre, c’est encore la faiblesse. Et avec un taureau de moins chaque jour, on peut dire que dans ce qui est apporté à Dieu, nos affections diminuent chaque jour. Est-ce qu’il n’y a pas là pour nous un enseignement ?

    Jusqu’au bout nous avons besoin d’être vigilants, sinon nos affections vont continuer d’aller en diminuant. Mais, malgré ce que nous sommes, malgré notre grande misère, il y a toute la grâce de Dieu qui brille, parce qu’au verset 17, il nous est dit : « Il y eut une très grande joie ». Il est remarquable de voir cette part bénie qui est accordée à ce peuple à la fin de ce moment, une très grande joie.

    Au verset 12, il était question de faire de grandes réjouissances. On pourrait dire : c’est un temps de faiblesse, c’est un temps de ruine ; et tout le peuple, c’était ceux qui étaient remontés de la captivité en un tout petit nombre, quarante-deux mille personnes. Qu’est-ce que c’était par rapport au nombre qu’ils étaient du temps de Salomon ? Eh bien, il y a une très grande joie. C’est l’immensité de la bénédiction que Dieu veut donner.

    Et d’où vient cette très grande joie ? Elle vient de ce que nous avons au verset 6 : « Esdras bénit l’Éternel, le grand Dieu ». C’est Dieu qui est grand. Dieu est grand, et les bénédictions qu’Il donne sont à la mesure de ce qu’Il est. Alors, à quoi allons-nous nous attacher ? Aux bénédictions qui sont grandes ? Bien sûr que nous sommes heureux d’en jouir. Mais ce qui est encore plus privilégié, et encore plus béni que tout ce que Dieu peut nous dispenser, c’est le Donateur, c’est Dieu Lui-même.

    Et Dieu est grand dans tout ce qu’Il est, Il est grand dans sa puissance, Il est grand dans son amour, Il est grand dans sa miséricorde, Il est grand dans sa patience, Il est grand dans tout son être. Et notre plus grand bonheur est de jouir de ce qu’Il est.

    La fête des tabernacles se célébrait après la moisson et les vendanges qui nous parlent des jugements. Elle nous parle donc de cette bénédiction du règne millénaire. Il y en a ici des signes quand il est parlé des branches de myrte. Nous savons que c’est le signe de la bénédiction. Dans un autre passage il est dit : « au lieu de l’ortie croîtra le myrte » (És. 55. 13). On pourrait appliquer plusieurs signes dans ce qui est donné ici. Mais ces branches nous parlent de la bénédiction du règne millénaire.

    Mais en même temps ils devaient se souvenir de toute la grâce de Dieu tout au long du chemin dans le désert. C’est pourquoi pendant ces jours, ils faisaient des tentes, des cabanes, avec ces branches. Et pour nous, on peut se souvenir aussi qu’au temps du réveil il y a une vérité qui avait été oubliée depuis longtemps, et qu’on a retrouvée, la venue du Seigneur. On a découvert tout à coup que le Seigneur allait venir.

    C’est quelque chose qui a réveillé très fortement les affections de nos frères et sœurs, évidemment qui réveillent aussi nos affections dans la pensée que le Seigneur va venir. Et nous devons nous souvenir, nous nous souviendrons de toute la grâce du Seigneur tout au long de notre chemin.

    Jean 7. 1 et 2 : « Après ces choses, Jésus se tenait en Galilée, car il ne voulait pas se tenir en Judée, parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir. Or la fête des Juifs, celle des tabernacles, était proche ». Le Seigneur est absent, c’est la fête des Juifs. Alors les frères du Seigneur Lui disent : Mais va, « montre-toi au monde toi-même. Car ses frères ne croyaient pas en lui non plus. Jésus donc leur dit : Mon temps n’est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt. Le monde ne peut pas vous haïr ; mais il me hait » (Jean 7. 4 à 7).

    Pour nous, c’est un peu la même chose. On nous sollicite : montre-toi au monde, montre tes capacités. Il ne faut pas rester enfermé dans ton petit cercle. Mais notre temps n’est pas venu non plus. Ce n’est pas le temps de nous montrer au monde, c’est le temps de souffrir avec Christ. Si nous souffrons avec Lui, nous règnerons avec Lui (2 Tim. 2. 12).

    Mais ce qui est beau c’est que, si le Seigneur peut dire que son temps n’est pas venu : « Et en la dernière journée, la grande journée de la fête, Jésus se tint là et cria, disant : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre. (Or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié) » (Jean 7. 37 à 39).

    C’est l’amour de Dieu, l’amour du Seigneur Jésus pour ce peuple jusqu’à la fin, ce peuple qui cherchait à Le faire mourir. Si ce n’est pas le temps de nous montrer au monde, qu’il y ait aussi ce désir dans nos cœurs de proclamer cette bonne nouvelle : « Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie ». C’est la fin du livre de la Parole de Dieu qui se termine par ces exhortations. Que ce soit au chapitre 21 comme au chapitre 22, il y a encore cet appel qui est donné.

    « Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous rendre témoignage de ces choses dans les assemblées. Moi, je suis la racine et la postérité de David, l’étoile brillante du matin. Et l’Esprit et l’épouse disent : Viens. Et que celui qui entend dise : Viens. Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie » (Apoc. 22. 16 et 17).

    Au chapitre 21. 6 il est dit : « À celui qui a soif, je donnerai, moi, gratuitement, de la fontaine de l’eau de la vie ». Il y a une main qui se tend vers le ciel, qui dit : Viens, Seigneur ! « Que celui qui entend dise : Viens ». Mais il y a une autre main qui se tend encore vers mon prochain, vers mon voisin, qui lui dit : « Que celui qui a soif vienne ». Viens à Jésus, c’est peut-être le dernier jour !

    Réunion d’études près de Pau (2012)

    NÉHÉMIE 6

    Ce livre de Néhémie est le dernier livre historique de l’Ancien Testament, plaçant devant nous quelques traits de l’histoire du peuple d’Israël, du résidu d’Israël, remonté de la captivité. Nous savons les temps dans lesquels ce résidu se trouvait, temps particulièrement tristes et difficiles quand le peuple est descendu à Babylone dans la captivité, que le temple a été détruit, et que la gloire de l’Éternel a quitté le temple.

    Et si sous Esdras le temple a été reconstruit, la gloire de l’Éternel n’est jamais remontée dans le temple. Et c’est la période de l’histoire du peuple pendant laquelle Dieu doit dire à son peuple : « Lo-Ammi », pas mon peuple. Et la période de ce résidu, dont nous avons quelque chose dans ce livre de Néhémie, est annoncée par le prophète Daniel qui peut nous dire en Daniel 9 à la fin du verset 25 : « Et [cela] en des temps de trouble ».

    C’est donc une période particulièrement difficile et triste pour le résidu que celle qui est décrite par Néhémie. Ce livre de Néhémie, nous le savons, nous parle de la vie de Néhémie. On a pu dire que les sept premiers chapitres étaient pratiquement un récit autobiographique concernant Néhémie.

    Et nous savons que le sujet de ce livre, c’est la reconstruction de la muraille, alors que dans le livre d’Esdras, c’est la construction du temple qui est en vue. Mais n’oublions pas que, si le sujet principal du livre de Néhémie est la reconstruction de la muraille, il y a dans ce livre des enseignements tout particuliers concernant la condition de ce peuple, de ce résidu, qui est remonté de la captivité.

    Et les deux choses sont étroitement liées. Il était indispensable que la muraille soit reconstruite – et nous savons que la construction de cette muraille nous parle de séparation, et il était indispensable qu’il y ait cette réparation pour séparer les quelques Juifs remontés de la captivité de tous ceux qui étaient autour, et pour les protéger des ennemis qui les menaçaient, mais il était aussi indispensable que le peuple soit touché quant à son état et soit conduit par la Parole de Dieu – et ces deux côtés sont également vrais aujourd’hui.

    Ce sont deux côtés qui concernent entièrement la vie de l’assemblée. Par position nous sommes seuls, séparés, et nous sommes appelés à manifester une telle position et à en jouir ; et nous ne pouvons vivre d’une telle manière qu’avec des cœurs occupés de la personne du Seigneur Jésus, jouissant de ce qu’Il est, et conduits par sa parole.

    C’est dans la mesure où la Parole de Dieu opère dans nos cœurs et qu’il y a cet état de cœur, que la séparation a un sens. Sinon c’est quelque chose de théorique dont nous allons peut-être même nous glorifier, nous vanter, et qui sera un piège pour nous, et qui ne sera en aucune manière un témoignage rendu au nom du Seigneur et à sa gloire.

    Concernant ce livre de Néhémie, le caractère de Néhémie est particulièrement remarquable. Nous avons là un serviteur utilisé par Dieu et particulièrement utile dans des temps aussi difficiles. Nous connaissons les sujets des différents chapitres de ce livre de Néhémie.

    Dans le 1er chapitre, Néhémie est averti par son frère Hanani de l’état de ruine dans lequel se trouve Jérusalem. Dans le 2ème chapitre, Néhémie se rend lui-même sur place pour constater la ruine dans laquelle se trouve Jérusalem. Au chapitre 3, c’est la construction de la muraille. Dans le 4ème chapitre, alors que la muraille a commencé d’être bâtie et construite, des ennemis apparaissent et se manifestent essentiellement par la violence.

    Dans le 5ème chapitre c’est l’état intérieur du peuple qui devait être mis à nu, et qui devait être corrigé avec ces frictions qu’il y avait entre ceux qui étaient remontés et qui se trouvaient ensemble à l’intérieur de la muraille. Et dans le 6ème chapitre à nouveau les ennemis apparaissent, mais ils se manifestent ici moins sous la forme de la violence que sous la forme de la ruse, et nous verrons tout au long de ce chapitre que c’est par cinq ruses différentes que les ennemis se manifestent.

    On a remarqué, et c’est mentionné au début de ce chapitre 6, qu’il y a trois ennemis qui se présentent face à Néhémie et au peuple : Sanballat, Tobija et Guéshem.

    Et nous ne voulons pas aller plus loin dans l’identification de ces ennemis, mais simplement nous souvenir que nous croyants, ne l’oublions pas, nous avons toujours en face de nous trois ennemis : le monde, Satan, la chair ; et on pourrait dire, ne nous trompons pas d’ennemi : le monde – on en parle, on le sait ; Satan aussi, on en connaît toute la puissance ; peut-être sommes-nous moins attentifs à la chair qui est en nous, et quelquefois nous considérerions qu’il s’agit d’une attaque de Satan, alors que cela vient de nous-mêmes et d’un manque de vigilance et d’un manque de jugement de notre état, faisant reposer sur les assauts de Satan ce qui nous concerne nous d’abord, en premier lieu. Ne nous y trompons pas !

    Nous sommes toujours confrontés, et tant que nous sommes sur cette terre nous serons toujours confrontés, à ces trois ennemis : le monde, Satan et notre vieille nature, notre chair.

    Encore un mot sur Néhémie pour remarquer le caractère qui était le sien. On a dit que Néhémie était un homme de prière, et sans aucun doute il l’était ! Dans ces six premiers chapitres, si nous regardons attentivement nous verrons qu’à sept reprises Néhémie prie. Il y a là quelque chose de particulièrement encourageant pour nous.

    Nous le savons, la prière est le caractère, la manifestation de la dépendance. Et les prières que Néhémie fait monter, ces sept prières, sont souvent des prières extrêmement courtes, quelquefois un cri, et quelquefois des prières qui sont dans des circonstances où il n’y a pas le temps de s’arrêter et de se mettre à l’écart pour prier, et c’est au milieu de la vie de tous les jours, face au roi que, dans son esprit, il s’adresse à Dieu et fait monter une prière. Quel exemple !

    Des prières qui sont courtes, des prières qui sont simples. Des prières qui sont à la mesure et à la disposition de chacun, du commencement à la fin de notre vie, et des prières que nous pouvons adresser à Dieu en tout temps. Et nous sommes dépendants de Dieu en tout temps, non pas uniquement quand nous nous trouvons réunis en assemblée pour la prière, non pas uniquement quand dans nos maisons nous pouvons ployer nos genoux et nous adresser au Seigneur ou à Dieu. Mais cette dépendance, c’est une dépendance continuelle de notre Seigneur et notre Dieu et Père.

    Mais Néhémie n’était pas simplement un homme de prière, c’était aussi un homme d’action. Et nous avons aussi besoin de retenir ce caractère de Néhémie, l’énergie que Néhémie a su manifester face à toutes les difficultés qu’il a pu rencontrer. Il ne s’est pas contenté d’être dépendant, mais il a aussi su discerner ce que Dieu plaçait devant lui et, avec le secours qui lui était donné, accomplir ce qui était ainsi placé devant lui. Et lié à ce caractère de Néhémie comme homme d’action, n’oublions pas qu’avant d’agir il y a dans le premier chapitre et surtout dans le deuxième chapitre, cette attitude de Néhémie qui consistait à examiner la situation, à regarder le véritable état dans lequel se trouve Jérusalem avant de prier et d’agir.

    Et là il y a sans aucun doute, pour nous, une leçon à retenir. Nous avons besoin que nos yeux soient éclairés, que nous soit donné le discernement de l’état dans lequel nous nous trouvons, de l’état dans lequel nos maisons et l’assemblée se trouvent avant de pouvoir faire quoi que ce soit. Et nous ne pouvons agir qu’avec le secours qui nous vient d’en-haut. Nous avons ainsi, dans ce livre de Néhémie, bien des ressources pour ce qui nous concerne jour après jour.

    On ne peut qu’être frappés, et on devrait être profondément remués dans nos consciences et dans nos cœurs, quand on lit un tel chapitre de l’Écriture. On a là devant nous un serviteur – et on peut en être pleinement convaincus – qui n’avait qu’un seul souci, se tenir devant Dieu et répondre à sa pensée.

    Et son Dieu, parce qu’il se tenait à son contact, lui a donné l’intelligence des choses, et il a su en son temps combattre le bon combat de la foi. Quand on a lu ce chapitre tout à l’heure, certainement et suite à ce que nous venons d’entendre dans le chapitre précédent, il y a chez cet homme de Dieu une énergie, une foi, une confiance, un discernement, une sagesse, et aussi une vraie humilité ; on peut dire, un homme qui se tenait caché derrière son Dieu et qui luttait de toute sa force, de toute sa pensée, de toute son énergie et de tout son cœur pour la gloire de Dieu.

    Soyons reconnaissants envers notre Dieu qui nous a donné dans sa parole de tels exemples à l’image d’Un plus grand que toute cette nuée de témoins qui nous entoure, le Seigneur Jésus Lui-même qui a pu dire par l’Esprit prophétique – souvenons-nous-en tous les jours de notre vie – « Mon Dieu sera ma force » (És. 49. 5).

    Chapitre 5. 15. Ici Néhémie est amené à donner un court exposé de sa conduite personnelle, mais on voit le pourquoi de cette conduite quand il dit : « Mais moi, je n’ai pas fait ainsi, à cause de la crainte de Dieu ». Voilà bien le secret, chers frères et sœurs, qui devrait être toujours le nôtre.

    Nous voyons que ce qui fait hélas profondément défaut au milieu du peuple cela avait été justement cette crainte de Dieu au point qu’ils en étaient venus à agir d’une manière presque odieuse vis-à-vis de leurs frères et sœurs qui étaient dans le besoin, profitant de cette occasion pour s’emparer de leurs biens et même de leurs personnes ; si bien que les choses en étaient venues à un point extrêmement douloureux, et Néhémie bien sûr, c’était la grâce de Dieu qui avait préparé cet instrument et on peut dire qu’il était le seul à pourvoir parler à leurs consciences et à leurs cœurs parce que lui-même avait une telle manière d’agir qu’elle recommandait son message.

    Et il l’a fait, et finalement, à un moment donné – à la fin du verset 12 de ce chapitre 5 – il leur fit « jurer de faire selon cette parole », et il secoua aussi le pan de sa robe, et dit : « Que Dieu secoue ainsi de sa maison et du fruit de son labeur quiconque n’accomplira pas cette parole, et qu’il soit ainsi secoué et à vide ! Et toute la congrégation dit : Amen ! Et ils louèrent l’Éternel ».

    Et surtout la fin de ce beau verset : « Et le peuple fit selon cette parole » (Néh. 5. 13). On voit vraiment ici que la Parole de Dieu, qu’il nous est accordé encore une fois d’écouter, ait un plein effet dans nos cœurs. Il y a un réel danger, nous le savons, d’écouter sans entendre. Le Seigneur Jésus dit : « Si vous savez ces choses vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13. 17).

    Et je pense que chacun de nous – on a parlé de baisser la tête – réalise que c’est bien là que le bât nous blesse, que nous sommes assez loin justement de marcher d’une manière qui plaise au Seigneur à tous égards, et c’est pourtant ce dont nous avons besoin.

    Psaume 25. 14 : « Le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent ». Et c’est bien ce qui avait été le cas pour ce cher Néhémie. Et cela a été certainement un coup très dur pour l’ennemi, parce qu’il faut le dire et en nous humiliant de nos divisions, de nos querelles, de tant de choses qui viennent en effet de la chair, qui se manifestent au milieu de nous, nous prêtons le flanc à l’ennemi qui peut bien en profiter et même exciter ces choses. Et voilà par la grâce de Dieu l’état intérieur est restauré, et il y a déjà de quoi résister à l’ennemi.

    Et c’est ce que nous voyons dans ce beau chapitre 6 où Néhémie va être enseigné, au moment d’ailleurs où l’ennemi va user de ruse car il comprend qu’il lui reste peut-être un espoir, au moment où la muraille se termine, de faire tomber ce serviteur de Dieu ; et il va s’acharner contre lui comme dans le Psaume 38. 12 [où il est dit que ceux qui cherchaient sa vie tendaient des pièges] [et Jérémie 11. 19 où] « je ne savais pas qu’ils faisaient des complots contre moi ».

     « Mais moi, je n’ai pas fait ainsi, à cause de la crainte de Dieu ». Et Néhémie continue au verset 16 : « Et j’ai aussi tenu ferme, dans ce travail de la muraille ». Et le 1er verset de notre chapitre 6 nous montre un aspect de ce que c’est que de « tenir ferme ». Il y a un aspect positif, c’est-à-dire construire la muraille sans se laisser détourner de ce travail par qui que ce soit. Mais il y a aussi un aspect, on pourrait peut-être dire, un peu négatif, c’est de reconnaître les ennemis.

    Il est tout à fait frappant de voir au 1er verset : « Sanballat, et Tobija, et Guéshem, l’Arabe, et le reste de nos ennemis ». Voilà ce que nous dit la Parole de Dieu, et c’est une chose importante à la fois que nous laissions le Seigneur nous conduire dans les choses positives, mais aussi que nous reconnaissions ce qui ne vient pas de Lui, les ennemis.

    Il y a trois ennemis du chrétien. Eh bien ! Que nous reconnaissions ces ennemis et que nous les appelions par leurs noms. C’est une chose, quand nous nous tournons vers Apocalypse 2, c’est une chose qui est soulignée, que le Seigneur apprécie pour l’assemblée d’Éphèse : « Mais tu as ceci, que tu hais les œuvres des Nicolaïtes, lesquelles moi aussi je hais » (Apoc. 2. 6).

    Le cœur est au diapason du Seigneur pour cela. Il y a d’autres choses dites à l’assemblée d’Éphèse évidemment, que le Seigneur réprouve, mais [en ce qui concerne les Nicolaïtes] cela est au diapason. Que nos cœurs soient au diapason de Dieu quant à ce qui Lui est opposé.

    Peut-être pourrait-on ajouter ma chair : la chair de qui que ce soit est ennemie de Dieu. Ce n’est pas parce qu’une personne est sympathique que nous devons recevoir sa chair. Et c’est vrai des autres, c’est vrai des manifestations. Le monde est ennemi de Dieu, c’est son caractère. Il est opposé à Dieu. Les principes du monde sont opposés à Dieu. Eh bien c’est son caractère.

    Ne laissons jamais les affections humaines attaquer cela, amoindrir cela. Appelons les choses comme Dieu les appelle. Si nous sommes dans la crainte de Dieu, c’est ce que nous ferons.

    Néhémie 2. 19 : « Et quand Sanballat, le Horonite, et Tobija, le serviteur ammonite, et Guéshem, l’Arabe, l’apprirent, ils se moquèrent de nous et nous méprisèrent ». Ch. 2. 10 : « Et quand Sanballat, le Horonite, et Tobija, le serviteur ammonite, l’apprirent, ils furent très mécontents de ce qu’un homme fût venu pour chercher le bien des fils d’Israël ». C’est-à-dire, dès qu’il y a quelqu’un qui désire le bien de l’assemblée, dès qu’il désire la gloire du Seigneur, Satan et le monde tels que nous les voyons au verset 10 vont être très mécontents de ce travail.

    Immédiatement le monde et Satan vont se dresser dès que quelqu’un a ce désir du bien de l’assemblée même s’il n’a, à proprement dit, rien fait de manière visible. Le simple fait qu’il arrive, on voit ainsi que le monde et Satan sont mécontents, et ne nous trompons pas, il en sera toujours ainsi. Dès que nous manifesterons une intention de penser au peuple de Dieu, de penser à la gloire de Dieu, de penser à la gloire du Seigneur Jésus, le monde sera mécontent. Ne nous trompons pas, nous n’arriverons pas à en faire nos amis.

    Au verset 19, Guéshem s’ajoute aux deux autres, et tous trois se moquent. C’est bien ce que nous trouvons aussi : non seulement Satan, le monde vont se moquer de ceux qui veulent faire quelque chose pour Dieu, mais la chair – ne nous trompons pas aussi – elle se moque, elle n’a pas cette confiance en Dieu, elle ne croit pas, elle n’a pas la foi en Dieu, elle ne pense pas, elle ne connaît pas les vraies ressources intérieures qu’est la foi, de quelle manière la foi agit ainsi.

    Et combien de fois cela nous est arrivé, dès qu’une intention est manifestée, de voir non seulement Satan et le monde, mais aussi la chair, se dresser, et mépriser les choses de Dieu. On peut le voir dans ces différents passages. Il nous a été dit ensuite de quelle manière ils agissaient : quand le travail se fait, alors c’est le mépris dans un premier temps quand le travail commence, la moquerie – et nous savons combien peu nous savons résister à la moquerie – et comment ensuite c’est la violence qui agit.

    Ensuite il reste un autre point, et c’est ce que nous allons voir dans ce chapitre 6. Nous allons voir d’une manière particulière Satan qui vient en habit de lumière, nous allons voir de quelle manière l’ennemi va venir, de quelle manière il va essayer alors par la ruse quand le travail se fait et est suffisamment avancé ; et n’oublions pas que c’est Satan, c’est le monde, c’est la chair qui savent se déguiser pour essayer de détourner de ce que le Seigneur fait là. Rappelons de quelle manière pour le Seigneur, Satan s’est tourné vers Lui : il est venu avec la Parole.

    Que représente la construction de la muraille ? Où devons-nous la construire ? – La muraille parle de la séparation. Il y a plusieurs aspects concernant la muraille : la séparation et fondamentalement aussi l’unité. C’est à l’intérieur de la muraille que se trouve la vie. La muraille est la limite entre ce qui est à l’intérieur, l’unité intérieure et ce qui est à l’extérieur ; et en ce sens la muraille est fondamentale parce qu’elle exprime aussi cette unité.

    Ce n’est pas simplement un côté négatif que pourrait représenter la séparation, mais aussi un côté positif : il y a ce qui est à l’intérieur. Ce qui est d’un côté de la muraille et ce qui est de l’autre côté. Elle défend contre l’ennemi, mais remarquons bien : dans l’Apocalypse, la sainte cité, la sainte Jérusalem, quand elle nous est présentée, a une muraille, et quelle muraille ! C’est un ornement. Et pour nous, nous avons bien à réaliser que la muraille est aussi un ornement de ce qu’est le témoignage que nous avons à rendre ensemble, c’est un ornement aussi à cette unité.

    On peut dire : dans le ciel il n’y aura plus d’ennemi. Oui, mais il y aura la muraille, et quelle muraille ! Et quelle beauté sur cette muraille, et sur quels fondements elle est construite ! Ils sont ornés de toute pierre précieuse. Réalisons bien que cette séparation a des aspects tout à fait positifs. C’est quelque chose qui orne l’ensemble de l’assemblée, tout l’ensemble des chrétiens, des saints.

    Où doit-elle être bâtie ? Autour de la salle de réunion ? Si on regarde au chapitre 3, elle est d’abord construite devant nos maisons. Où sont nos maisons ? De quel côté de la muraille sont-elles ? Sont-elles à l’intérieur de la ville ? Avons-nous construit cette muraille autour de nos maisons ? Cette muraille passe-t-elle aussi dans nos cœurs ? Nos cœurs sont-ils du bon côté de la muraille ? Ne croyons pas que cette construction de la muraille soit quelque chose de théorique ! Mais c’est bien quelque chose de très pratique !

    Le chapitre 3 nous montre qu’elle est construite devant nos maisons qui sont donc à l’intérieur de la muraille, et c’est aussi quelque chose de fondamental pour nous : nos maisons, nos enfants, nos cœurs, ont à être du bon côté, et de manière très pratique.

    Dans ce passage, il y a aussi quelque chose qui nous est dit : cette muraille a des portes, des barres, des verrous. Et au début de ce chapitre 6 il y a quelque chose de très frappant : Néhémie dit que la muraille avait été bâtie, il n’y avait plus aucune brèche mais « quoique jusqu’à ce temps-là je n’eusse pas posé les battants aux portes ».

    Qu’est-ce que cela signifie ? Dans la muraille il y a plusieurs parties et, on le voit, elle avait été bâtie, il n’y avait plus aucune brèche. Il y a de grands principes aussi dans la Parole de Dieu quant à la marche, quant à la séparation du monde, quant à la façon de se comporter. On peut dire que c’est la partie pérenne, les pierres, des choses qui ne bougent pas. Que signifient les portes ? On est quand même dans le monde (Jean 17. 16) ; le Seigneur demande à Dieu que nous soyons gardés du monde, et nous avons à aller dans le monde pour nos activités professionnelles, nos activités scolaires, celles de tous les jours.

    La porte, c’est ce qui permettait effectivement de sortir de la ville pour aller faire du commerce, etc. C’est les grands principes ainsi aussi qui concernent notre vie en rapport avec nos activités dans ce monde, nos activités professionnelles, nos activités scolaires, celles de tous les jours. Est-ce que là aussi nous avons placé des portes ?

    Et remarquons une chose importante : la muraille avait été construite, mais les battants des portes n’avaient pas encore été posés, et Néhémie peut dire qu’il lui reste un grand travail. Ne croyons pas qu’il suffise d’avoir posé des pierres, les grands principes de la séparation quant à notre marche de tous les jours, pour que nous ayons terminé. Pas du tout ! Un grand travail reste encore à faire !

    C’est de poser les portes, les battants, c’est-à-dire que dans toutes ces activités nous sommes appelés aussi à poser ces grands principes. Nous avons aussi à être séparés, ne nous contentant pas d’être séparés dans notre marche de tous les jours, ne nous contentant pas de grands principes – ne pas voler, par exemple. Ce n’est pas ça ! Cela va beaucoup plus loin.

    Ce n’est pas tout : il y a les barres et les verrous. On a souvent fait remarquer qu’Éliashib avait posé les portes mais sans poser les barres et les verrous. Et si on ne les pose pas, la muraille ne sert à rien. On peut avoir une belle muraille, de belles portes, et si les barres et les verrous ne sont pas posés, l’ennemi peut entrer. Les barres et les verrous sur les portes, c’est la mise en pratique de toutes ces vérités concernant notre marche ici-bas sur cette terre en rapport en particulier avec ce monde qui nous entoure.

    On a rappelé de quelle manière on peut facilement, par égard pour certaines personnes du monde, ne pas veiller sur nos cœurs, sur notre marche, sur nos maisons. Est-ce qu’alors nous avons posé les barres et les verrous ? Un dernier point concernant les portes. Si on regarde dans l’Apocalypse, pour la sainte Jérusalem, il nous est dit que « chacune des portes était d’une seule perle » (Apoc. 21. 21). Il y a une beauté toute particulière dans chacune de ces portes.

    On ne peut revenir en détail sur chacune de ces portes ici, mais rappelons que chacune est en rapport avec un de ces grands principes pour notre marche sur cette terre : la porte des brebis est en rapport avec le culte, la porte des poissons avec le fait de remonter le courant, la porte du vieux mur en rapport avec le fait de revenir sur ce qui était placé au commencement. Combien il est important de replacer les choses qui étaient au commencement.

    La porte du fumier indique combien il est important de bien poser les vérités concernant la chair qui est en nous, dans nos cœurs. Réalisons bien qu’il ne suffit pas d’avoir posé les grands principes concernant la muraille, d’avoir comblé les brèches – combien ceci est important et fondamental, bien sûr – mais que le Seigneur nous accorde aussi de poser les battants des portes, les barres, les verrous.

    Néhémie dit qu’il lui reste un grand travail. L’autel avait été replacé sur son emplacement, le temple était reconstruit. Et pourtant ! On pourrait dire pour nous : « Ça y est, le Seigneur a rétabli les vérités concernant le rassemblement, et maintenant rendormons-nous ». Ah ! Que le Seigneur nous accorde de rester éveillés, de réaliser qu’il y a un grand travail à faire, de voir aussi – comme on le voit au chapitre 4 verset 6 – que le cœur du peuple était engagé dans ce travail : « Le peuple avait le cœur au travail ».

    Ce n’était pas simplement Néhémie, c’était bien tout le peuple. Frères, sœurs, et pour les enfants aussi qui ne sont pas en communion mais qui appartiennent au Seigneur Jésus et sont exercés sur cette question de l’assemblée, oui, que le peuple ait le cœur au travail !

    2 Corinthiens 2. 9 : « Car c’est aussi pour cela que je vous ai écrit, afin que je connaisse, à l’épreuve, si vous êtes obéissants en toutes choses ». Verset 11 : « afin que nous ne soyons pas circonvenus par Satan, car nous n’ignorons pas ses desseins ». On a dit que nous devons savoir identifier nos ennemis : le monde, la chair, Satan.

    Et ici la Parole, par la bouche de l’apôtre Paul, nous dit que nous ne devons pas ignorer non plus les desseins de Satan. Nous devons savoir à quoi nous attendre. Et justement l’apôtre Paul disait aux Corinthiens : Voilà l’épreuve qui est là pour voir si vous êtes obéissants ou non. Nos ennemis – Satan en particulier – chercheront toujours à nous faire sortir du chemin de Dieu, à nous faire désobéir, à nous faire pécher, à nous compromettre avec ce monde, peut-être nous associer avec ceux dont nous devrions être séparés.

    Et c’est bien ce que nous voyons aussi dans ce chapitre 6 de Néhémie. Il y a aussi ce point qui signale que Satan a peu de temps. Notre ennemi a peu de temps et redouble d’efforts. On a lu : « Nos ennemis apprirent que j’avais bâti la muraille et qu’il n’y restait aucune brèche, quoique jusqu’à ce temps-là je n’eusse pas posé les battants aux portes ». Voilà ! Le travail était presque achevé, il ne restait presque plus rien à faire.

    Et c’est justement là que, sentant qu’il a peu de temps, que le travail s’achève, l’ennemi va porter ses efforts pour faire sortir Néhémie du chemin de Dieu. Et n’est-ce pas ainsi que souvent nos ennemis agissent à notre égard. Peut-être le Seigneur nous a-t-Il accordé la grâce de marcher d’une manière qui L’honore, peut-être avons-nous été dans des dispositions où le Seigneur nous a aidés et avons-nous remporté une victoire, eh bien l’ennemi nous attend au dernier tournant.

    Et c’est pour cela aussi qu’on lit dans l’épître aux Éphésiens au chapitre 6, lorsqu’il est parlé de tenir ferme et de résister aux appels de l’ennemi, « après avoir tout surmonté » on pourrait s’attendre là à ce qu’il soit dit : Bon, eh bien maintenant on peut se reposer ! Non, « après avoir tout surmonté, tenir ferme » (Éph. 6. 13).

    Parce que c’est peut-être là, au dernier moment, alors que le travail est peut-être achevé, alors que nous serions prêts à nous reposer, que l’ennemi va peut-être trouver la faille. On voit que l’ennemi attaque sur plusieurs fronts en même temps, comme pour porter un dernier assaut avant que la muraille ne soit achevée. La muraille va être achevée, la dédicace de la muraille va avoir lieu, mais l’ennemi ne veut pas que Néhémie et le peuple qui était avec lui puissent arriver à ce résultat. Alors il y a sans doute la compromission.

    Peut-être peut-on simplement souligner aussi ce mot du verset 2 : « Viens et rencontrons-nous ensemble », puis à la fin du verset 7 : « Viens donc maintenant, et tenons conseil ensemble ». Peut-on être ensemble avec l’ennemi ? Pouvons-nous nous associer – au fond, c’est de cela qu’il est question – même pour tenir conseil, pour se retrouver, alors que nos objectifs sont tout à fait différents ?

    Être associés avec l’ennemi, c’est courir, comme le roi Josaphat l’avait fait, le risque que toute son œuvre soit détruite. Et cela c’est quelque chose contre quoi la Parole nous met en garde bien souvent. On pourrait penser peut-être que certaines associations vont nous aider, ou peut-être vont empêcher que l’ennemi nous attaque, mais c’est le contraire qui se passe.

    Et puis, un autre point que je voulais simplement souligner se trouve au verset 11 : « Un homme comme moi fuirait-il ? Et quel homme comme moi entrerait dans le temple et vivrait ? Je n’entrerai pas ». L’ennemi cherche à le faire désobéir, le faire sortir de la position qui est la sienne. Néhémie, avec le secours de Dieu et la crainte de Dieu qui le caractérise, et la grâce que Dieu lui accorde, résiste à ce piège.

    Nous savons que, pour ce qui nous concerne – on peut lire cela au début de l’épître aux Philippiens – « Celui qui a commencé en vous une bonne œuvre, l’achèvera » (Phil. 1. 6). Nous avons cette confiance dans le Seigneur que le travail qu’Il fait en nous, Il l‘achèvera. Mais quant à nous-mêmes, quant à notre responsabilité, nous avons besoin d’être vigilants jusqu’au bout.

    2 Corinthiens 4. 16 : « Ne nous lassons point ». C’est-à-dire, nous devons faire confiance, et être vigilants, et nous appliquer à cela, et tenir ferme jusqu’au bout, parce que nous n’ignorons pas les desseins du diable. Il a peu de temps, l’Église va être enlevée à la rencontre du Seigneur Jésus, bientôt nous allons quitter cette terre. Mais jusque-là l’ennemi cherche à nous faire tomber, à détruire – et c’est son propos jusqu’au bout, d’autant plus lorsque nous arrivons presque au bout du voyage. Alors, que le Seigneur nous aide à tenir ferme, à être vigilants, et à garder sa parole jusqu’au bout du voyage.

    D’abord la Parole de Dieu nous énumère les choses qui sont dans le monde – « la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie » (1 Jean 2. 16). On a fait ressortir qu’à la fin de la course, ce qui serait le plus dangereux, dans un sens, ce serait l’orgueil de la vie, mais tout est là, tout ce que la chair peut produire, toujours.

    2 Timothée 4. 6 à 8 – ici nous avons à faire avec un homme de Dieu, et quel homme de Dieu était Paul ! C’est lui qui peut dire : « Soyez mes imitateurs, comme moi aussi je le suis de Christ » (1 Corinthiens 11. 1). Et alors, cet homme de Dieu nous dit ceci : « Pour moi, je sers déjà de libation, et le temps de mon départ est arrivé », et il peut ajouter : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi : désormais m’est réservée la couronne de justice ».

    Alors on dit, il est arrivé, il est au but. Oui, il est très près du but, c’est vrai, mais il juge bon, conduit par le Saint Esprit de dire après, d’abord au verset 17 : « Mais le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié, afin que par moi la prédication fût pleinement accomplie et que toutes les nations l’entendissent ; et j’ai été délivré de la gueule du lion ».

    Mais c’est le verset 18 que j’aimerais laisser sur les cœurs de ceux qui sont quelque peu avancés en âge : « Le Seigneur me délivrera de toute mauvaise œuvre et me conservera pour son royaume céleste ». Est-ce possible ? Mais, oui ! On vient de l’entendre, et je crois qu’il faut que nous gravions cette Parole dans nos cœurs. Tant que nous sommes ici-bas, nous avons besoin de ne pas nous relâcher avec le secours du Seigneur, et si par grâce nous avons tout surmonté, eh bien, tenons ferme !

    2 Timothée 4. 5 : « Mais toi, sois sobre en toutes choses, endure les souffrances, fais l’œuvre d’un évangéliste, accomplis pleinement ton service ». Beaucoup de jeunes gens et de jeunes filles sont là. Peut-être se disent-ils : Qu’y a-t-il pour moi ? Néhémie était un conducteur formé à l’école de Dieu. Quel exemple pour chacun de nous ! Mais, jeune homme, jeune fille, tu es dans un milieu difficile, dangereux. Tu le sais, chaque jour tu le vois et tu l’entends. Tu as donné ton cœur au Seigneur Jésus, Il ne te laissera pas : personne ne peut ravir une brebis de la main du Seigneur. Lui-même l’a dit en Jean 10.

    Tu vois ce monde où tu te trouves. C’est chaque jour qu’il y a des combats. Et puis tu as appris quelque peu que, en toi – comme le dit l’apôtre – il n’habite aucun bien. C’est vrai. Notre nature pécheresse est entièrement corrompue. Que faire ? Eh bien ! Rappelle-toi ce que Daniel a fait : il « arrêta dans son cœur qu’il ne se souillerait point ». Le Seigneur avait dit à cet homme infirme près du réservoir de Béthesda : « Veux-tu être guéri ? » Veux-tu avoir la victoire ? Certes, c’est chaque jour que le combat reprend. En bien, c’est chaque jour que, par grâce, dès le premier instant où tu t’éveilles, il te faut dire au Seigneur : Seigneur, je ne puis rien. Toi, tu peux tout. Tu es celui qui m’aime, et pour toujours. Aide-moi ! Garde-moi ! Tiens-moi près de ton cœur ! Donne-moi de voir les choses comme Toi, tu les vois !

    Alors la journée se passera avec Lui, elle sera heureuse. Il y aura des combats sans doute, et pour chacun de nous. Et plus on avance en âge plus on sent la subtilité des attaques de l’ennemi. Et nous avons tous à prendre garde à cela. Le Seigneur est Celui qui nous aime, Il est le grand Vainqueur. Sans cesse Il prie et intercède pour nous, ne l’oublions pas, et quand tu auras saisi, oui, qu’il n’y a aucun bien en toi et que tu n’auras rien trouvé dans ce monde, alors quel refuge heureux, béni, à nul autre pareil, que celui de ton Sauveur, de ton Seigneur !

    Ne perds pas courage ! Le Seigneur est Celui qui t’aime, et qui t’aide. Bientôt tu comprendras combien Il t’a aimé. « Ils connaîtront que moi je t’ai aimé », dit le Seigneur à Philadelphie. Qu’Il nous accorde à tous de goûter cela, et chaque jour un peu plus !

    Nous avons rappelé cette parole : « Accomplis pleinement ton service » – dans le livre de Néhémie, nous l’avons vu, au chapitre 4 c’est contre le peuple tout entier que les ennemis se révoltent. Verset 1er : « Et il arriva que, lorsque Sanballat apprit que nous bâtissions la muraille, il se mit en colère ». Verset 7 : « Mais il arriva que, lorsque Sanballat et Tobija, et les Arabes, et les Ammonites, et les Asdodiens, apprirent que la réparation des murs de Jérusalem avançait, que les brèches commençaient à se fermer, ils se mirent dans une grande colère ».

    C’est le peuple tout entier qui subit les assauts de l’ennemi. Mais il y a ce conducteur fidèle, Néhémie, qui, comme on l’a rappelé, a pu dire : « Mais moi, je n’ai pas fait ainsi, à cause de la crainte de Dieu » (Néh. 5. 15). Et parce qu’il peut dire ces choses, alors au chapitre 6 l’ennemi s’attaque au serviteur lui-même. Mais comme Daniel aussi, il avait arrêté dans son cœur cette crainte de Dieu, et dans ce chapitre 6 son Dieu l’a fortifié et l’a conduit.

    On a parlé tout à l’heure aussi de cette difficulté qu’il peut y avoir d’avoir des contacts. Il y a des personnes qui veulent que nous les rencontrions. « Rencontrons-nous ensemble ». C’est un contact que nous pouvons avoir. Nous avons aussi des contacts, beaucoup de contacts, les jeunes comme les plus âgés. Attention d’ailleurs à ces contacts !

    Il y a des personnes qui veulent aussi nous rencontrer. Cela commence avec une entente, et cela continue avec une collaboration. Et nous voyons où ils devaient se rencontrer, dans la vallée d’Ono c’est-à-dire des artisans. Le peuple n’avait-il pas besoin d’artisans ? C’était d’ailleurs – nous le trouvons dans une note – des ouvriers habiles dans le travail de la pierre et du bois et du métal. Ils auraient pu être bien utiles, n’est-ce pas ? Bien utiles encore pour mettre les battants des portes, peut-être pour mettre les verrous.

    Eh bien, non ! Cette collaboration aurait été très dangereuse, et Néhémie la reconnaît comme étant tout à fait contre la pensée de Dieu, contre les principes qu’il avait appris de Dieu. Je dis cela parce que nous sommes quelquefois en danger de penser que parfois nous pouvons collaborer avec d’autres, peut-être dans l’évangile – nous avons les mêmes buts, n’est-ce pas ? Nous voulons chercher des âmes pour le Seigneur.

    Mais, attention ! La collaboration dans n’importe quel détail de notre vie de chrétien avec ceux qui ne connaissent pas la séparation, qui ne connaissent pas les murailles et ne sont pas à l’intérieur des murailles, est une chose dangereuse et néfaste pour notre vie spirituelle personnelle, comme aussi pour ceux qui nous entourent, et comme aussi pour les assemblées locales, pour l’assemblée. C’est une chose à laquelle, de nos jours, nous devons faire attention. L’Écriture nous en parle et avec raison.

    Nous avons tous été des ennemis de Dieu, et moi le premier. Ne l’oublions pas ! Je le répète, nous avons tous été ennemis de Dieu. Et maintenant, que nous dit le Seigneur ? « Vous êtes mes amis » (Jean 15. 14). Quel privilège nous avons maintenant !

    Une fois, un chrétien travaillait avec un incrédule, et ils mangeaient à midi ensemble. Le chrétien parlait de son Seigneur, de l’amour de Dieu, mais l’autre refusa tout en bloc. Le lendemain le chrétien arriva au travail, suivi peu après par le collègue qui avait entendu parler du Seigneur. Ce collègue salue le chrétien par : « Bonjour, mon frère ». Le chrétien répliqua : « Non ! Non, tu n’es pas mon frère ! Je voudrais bien que tu le sois, mais tu n’es pas mon frère tant que tu refuses le Seigneur Jésus comme ton Sauveur ».

    Vous voyez l’ennemi est toujours rusé, il veut toujours nous ramener à l’état dans lequel nous étions autrefois. Soyons vigilants ! Demandons tous les jours à genoux que le Seigneur nous garde d’un tel danger !

    Au chapitre 4 de Néhémie, à un moment assez dangereux parce qu’on voit que plusieurs choses se liguaient ; au moment où la réparation des murs avançait, que les brèches commencent à se fermer, on entend que les ennemis s’apprêtent à venir combattre, et nous voyons la réaction très heureuse de Néhémie et de ceux qui sont avec lui : « nous priâmes notre Dieu, et nous établîmes une garde contre eux, jour et nuit, à cause d’eux » (v. 9).

    Mais Juda vient dire que les forces des porteurs de fardeaux faiblissent et qu’il y a beaucoup de décombres et qu’ils ne peuvent bâtir la muraille. Ils sont bien près du découragement, n’est-ce pas ? Mais je voulais faire ressortir la suite, au verset 12, qui est particulièrement douloureuse – et c’est quelque chose qui parle beaucoup à nos cœurs et à nos consciences aujourd’hui.

    « Et il arriva que, comme les Juifs », leurs frères, « qui habitaient près d’eux », c’est à dire près des ennemis « vinrent et nous le dirent par dix fois, de tous les lieux d’où ils revenaient vers nous », et que sont-ils venus dire ? L’ennemi est là, il va venir, etc. Et on voit la réaction de Néhémie : « Ne les craignez pas ; souvenez-vous du Seigneur, qui est grand et terrible, et combattez pour vos frères, pour vos fils et pour vos filles, pour vos femmes et pour vos maisons » (v. 14).

    On est obligé de remarquer en passant : Mais que faisaient donc ces Juifs d’habiter près de l’ennemi ? Ils étaient bien en dehors des murailles, et finalement ils pouvaient être un moyen de décourager le peuple. L’ennemi sait se servir, même d’enfants de Dieu, pour décourager, pour justement interrompre le travail. Alors, faisons attention !

    Nous avons parlé, et c’est évidemment quelque chose que nous ne pouvons pas éviter, des contacts que nous pouvons avoir – et que nous avons pratiquement – avec les incrédules dans nos activités, mais n’habitons pas avec eux. Habiter, c’est déjà un pas de recul terrible.

    Souvenons-nous de l’histoire d’Élimélec dans le livre de Ruth. Oh, il était allé en Moab pour quelque temps parce que, quand même il y avait de la famine en Israël. Nous pouvons nous aussi trouver qu’il y a de la famine là où Dieu pourtant a mis la mémoire de son nom. Oui, on peut quand même jouir un peu des choses qui sont utiles et bonnes pour la vie, et alors on va pour quelque temps en Moab. Et qu’est-il arrivé ? Ils y ont habité, et ils sont morts là-bas.

    Et en plus ici on voit qu’ils reviennent pour faire du tort. Et vous voyez combien le Seigneur peut nous demander d’être sur nos gardes, et pour nous-mêmes de veiller à nos compagnies. Pensons à ce verset des Corinthiens : « Ne soyez pas séduits : les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » (1 Cor. 15. 33).

    Juste deux pensées sur le début de ce chapitre. Nous voyons ici que, depuis le chapitre 4 jusqu’à maintenant [au chapitre 6], l’ennemi n’a pas réussi à arrêter [la reconstruction de] la muraille. Il pensait pouvoir réussir, mais il n’a pas pu jusqu’à maintenant. Et ce qu’il fait dans ce chapitre 6 c’est une attaque concentrée sur Néhémie, la personne de Néhémie lui-même.

    Et nous pouvons en rapport à ce verset de 2 Timothée 3, dire que « tous ceux aussi qui veulent vivre pieusement, seront persécutés », seront les objets des attaques de l’ennemi. Et dans le même ordre d’idée, l’ennemi savait que s’il réussissait à faire tomber Néhémie, c’est tout le travail qui serait remis en cause. « Frappe le berger, et le troupeau sera dispersé » est-il dit en Zacharie 13. 7. C’est ce qu’il cherche à faire ici. Il poursuit un but constant, quels que soient les moyens qu’il emploie.

    Et dans le même ordre d’idée, pensons à nos frères qui sont sur le front, à ceux qui sont à la tête et qui sont beaucoup plus l’objet des attaques de l’ennemi. Paul a pu dire plusieurs fois : « Frères, priez pour nous ». Alors l’ennemi vient dire : « Rencontrons-nous ensemble ». Et pour quoi faire ? À quoi l’ennemi fait-il référence ? À notre désir d’être un peu tranquille, et en même temps c’est à la chair que l’ennemi s’adresse en disant cela. Il pensait en lui-même que Néhémie irait et que la muraille serait arrêtée.

    Pensons à ce que David disait en son cœur en 1 Samuel 27. 1 : « il n’y a rien de bon pour moi ». C’est ainsi que nous raisonnons en nos propres cœurs au lieu de regarder à Celui qui nous a toujours conduits, au lieu de nous en remettre entièrement à Celui qui nous a soutenus jusqu’à maintenant. Ont-ils poursuivi le travail par leurs propres forces, vaincu l’ennemi par leurs propres forces ? Non. Rappelons-nous ce qui est arrivé à Aï après Jéricho. Et c’est à cela que l’ennemi fait référence. Que faire ? Regardons au Seigneur et c’est là la source de la victoire.

    Dans ce verset 2 ils envoient dire à Néhémie : « Viens et rencontrons-nous ensemble dans les villages de la vallée d’Ono », la vallée des artisans comme cela nous a été rappelé. Mais ce n’est pas une nouvelle attaque.

    Déjà en Esdras 4. 2 et 3 on peut lire : les ennemis « s’approchèrent de Zorobabel et des chefs des pères, et leur dirent : « Nous bâtirons avec vous, car nous recherchons votre Dieu, comme vous, et nous lui offrons des sacrifices depuis les jours d’Ésar-Haddon, roi d’Assyrie, qui nous a fait monter ici. Et Zorobabel, et Jéshua, et le reste des chefs des pères d’Israël, leur dirent : Vous n’avez pas affaire avec nous pour bâtir une maison à notre Dieu, mais nous seuls, nous bâtirons à l’Éternel, le Dieu d’Israël, comme nous l’a commandé le roi Cyrus, roi de Perse ».

    Néhémie 2. 20 : « Et je leur répondis et je leur dis : Le Dieu des cieux, lui, nous fera prospérer, et nous, ses serviteurs, nous nous lèverons et nous bâtirons ; mais vous, vous n’avez ni part, ni droit, ni souvenir à Jérusalem ». En Marc 1. 21 à 26 : « Et ils entrent dans Capernaüm ; et étant entré aussitôt le jour du sabbat dans la synagogue, il enseignait. Et ils s’étonnaient de sa doctrine ; car il les enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes. Et il y avait dans leur synagogue un homme possédé d’un esprit immonde ; et il s’écria, disant : Ha ! qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus Nazarénien ? Es-tu venu pour nous détruire ? Je te connais, qui tu es : le Saint de Dieu » – L’ennemi savait très bien qui Il était – « Et Jésus le tança, disant : Tais-toi, et sors de lui. Et l’esprit immonde, l’ayant déchiré et ayant crié à haute voix, sortit de lui » (v 21-26).

    Actes 16. 16 à 18 : « Or il arriva que, comme nous allions à la prière, une servante qui avait un esprit de python et qui, en prophétisant, procurait à ses maîtres un grand gain, vint au-devant de nous. Et marchant après Paul et nous, elle criait, disant : Ces hommes sont les esclaves du Dieu Très-haut, qui vous annoncent la voie du salut. Et elle fit cela pendant plusieurs jours. Mais Paul, affligé, se retourna et dit à l’esprit : Je te commande au nom de Jésus Christ de sortir d’elle ».

    Voilà cette façon de faire du chapitre 6 ce n’est pas quelque chose de nouveau. Pour la construction du temple, l’ennemi avait dit : mais c’est aussi notre temple, nous allons construire avec vous. Oui, mais leur origine était différente. Ce n’était pas Dieu qui les avait introduits dans ce pays. C’était l’ennemi qui les y avait introduits. Cela parle peut-être d’un christianisme formel mélangé avec le monde. Quand ils commencent à construire la muraille Néhémie dit de suite qu’ils n’avaient aucune part avec eux dans ce travail ni à Jérusalem. Et c’est aussi quelque chose que nous avons à réaliser.

    Ceux qui veulent se rencontrer ensemble dans la vallée des artisans – on l’a rappelé – à l’extérieur de la muraille avec nous, ont-ils la vie, la bonne ? Sont-ils des vrais croyants ? Et deuxièmement, sont-ils effectivement dans Jérusalem ? Cela peut être des vrais croyants qui habitent au milieu des ennemis. Quelle chose triste ! Cela peut être des chrétiens formels. Cela peut être des incrédules. Mais ils essaient de s’associer.

    Satan lui-même, le démon là dit : « Je te connais, qui tu es : le Saint de Dieu ». C’est merveilleux, il déclare les perfections de la Personne du Seigneur Jésus, que c’est le Saint. Jésus le fait taire immédiatement, Il le chasse de l’homme dans lequel il se trouve. C’est bien ce que nous avons à faire. Et en Actes 16, c’est la même chose.

    Le travail que nous avons à faire, ce n’est pas de nous associer, de nous rencontrer ensemble avec eux, c’est de chasser l’ennemi du cœur de la personne incrédule, qui n’appartient pas encore au Seigneur Jésus – si elle ne connaît pas le Seigneur Jésus comment pouvons-nous faire ? En lui présentant l’évangile, cela nous a été dit, en parlant de la personne du Seigneur Jésus, de son œuvre, de la nécessité de se convertir, d’avoir un Sauveur ; et si c’est un croyant en lui disant de venir dans Jérusalem, de venir là sur le terrain du rassemblement autour du Seigneur Jésus.

    Il faut bien sûr le dire avec bonté, avec miséricorde, avec patience (on le voit dans le cas d’Actes 16), avec vérité. Mais c’est bien là que nous avons à nous trouver, autour du Seigneur Jésus dans la sainte cité, dans Jérusalem, l’assemblée des premiers-nés, avec ceux qui ainsi sont vivants et appartiennent vraiment au Seigneur Jésus et qui sont là rassemblés autour de Lui.

    Ah ! L’ennemi va chercher de différentes façons à nous empêcher de nous réunir là ; ou si nous sommes là, à essayer de nous en faire sortir. Et combien nous avons à nous tenir ainsi autour du Seigneur Jésus. Rappelons cette histoire de l’autel de Hed quand les 2 tribus et demi avaient construit un grand autel de belle apparence de l’autre côté du Jourdain (Jos. 22). Ils avaient dit le construire pour leurs enfants. On peut soi-même se tenir à l’extérieur du pays de Canaan, et on peut essayer de construire des choses pour nos enfants.

    Oui, à ceux qui appartiennent au Seigneur Jésus, qui peut-être souffrent de l’état du monde, de ce qui se passe dans les milieux chrétiens où ils se trouvent peut-être, oui, venez avec nous autour du Seigneur Jésus, venez là dans Jérusalem. Et c’est ainsi, de cette manière-là que l’ennemi sera chassé. Parce que, ne nous trompons pas, si nous introduisons l’ennemi dans nos cœurs, dans nos maisons, dans nos assemblées, on le voit bien en Apocalypse 2 « Je sais où tu habites, là où est le trône de Satan… là où Satan habite » (Apoc. 2. 13), l’ennemi aura vite fait et on peut malheureusement le dire aujourd’hui dans les temps où nous sommes arrivés sans vouloir nommer un milieu chrétien particulier mais on l’a certainement tous devant les yeux, oui l’ennemi est là au milieu, il a pris possession, c’est lui qui est là au milieu, qui a pris possession, chose extraordinaire, là où Christ devrait être le Roi.

    Le Roi devrait avoir la première place. C’est l’ennemi qui la contrôle. Que le Seigneur nous accorde ainsi de bien rester sur ce terrain de la séparation autour du Seigneur Jésus, ce terrain du témoignage, ce terrain de l’unité, ce terrain de la vie, tous ces côtés positifs. Et ainsi, de cette manière-là l’ennemi sera chassé.

    N’oublions pas, comme cela est dit en Matthieu 5. 13, nous sommes le sel de la terre. Et aujourd’hui si le monde a encore une certaine moralité qui a été retenue, eh bien c’est parce que le Saint Esprit se trouve encore là, parce que le Seigneur permet encore qu’il y ait des serviteurs fidèles, réunis autour de Lui, et qui manifestent les vrais caractères moraux tels que Dieu les désire, et c’est une bénédiction à la fois pour nous, pour nos familles, pour les assemblées de Dieu, et aussi pour ceux qui sont autour de nous.

    Le début de ce chapitre est particulièrement solennel. On vient de s’arrêter longuement sur tous ces assauts de l’ennemi. Retenons : dans tout ce que nous avons vu, combien ces ennemis suivaient de près la construction de la muraille ! Du début jusqu’à la fin, ils ont suivi pas à pas cette construction. Et nous avons là cette pensée du regard de l’ennemi qui est continuellement dirigé vers chacun de nous. Quelle chose que l’ennemi nous suive ainsi d’aussi près ! Combien cela est sérieux et solennel ! C’est un danger continuel qui est à côté de nous. Et puis nous avons vu cette proposition pleine de douceur faite par l’ennemi : « Viens et rencontrons-nous ensemble ».

     « Viens », un appel. Il y en a des appels aujourd’hui. Il y en a des voix qui appellent et qui disent : « Viens ». Et ces derniers jours ici même nous nous sommes arrêtés plusieurs fois sur cet appel : « Viens ». Mais Qui celui qui dit « Viens ». Il n’y en a qu’Un qui a le droit de nous dire « Viens », c’est le Seigneur Jésus. C’est Lui seul qui a le droit d’attirer à Lui.

    Tous les autres, ce sont de faux appels. Gardons-nous de nous laisser entraîner par toutes les voix qui aujourd’hui peuvent retentir dans le monde. Et fermons nos oreilles et nos cœurs à toutes ces voix qui ne sont pas la vérité.

    « Ensemble ». Quel mot et combien cela contient de pensée ! On a parlé de cette impossibilité qu’il y a entre un croyant et un incrédule de marcher ensemble. Et le Psaume 14. 3 nous dit : « Ils se sont tous ensemble corrompus ». Il n’y a pas de juste. Voilà l’état naturel de tout homme. « Ensemble ». Là nous nous retrouvons tous, nous avons tous été identiques dans notre péché, nous avons tous commencé ainsi.

    Et puis, quand nous avançons dans cette réflexion sur cela, ensemble, alors oui, il y a cet appel à venir collaborer. Avec qui pouvons-nous travailler ensemble. Amos 3. 3 : « Deux [hommes] peuvent-ils marcher ensemble s’ils ne sont pas d’accord ? » Voilà un repère pour nous. Et quel est l’accord que nous devons avoir ? Est-ce un accord que nous allons trouver entre deux personnes de bonne moralité ? Est-ce un accord que nous allons trouver en prenant de bonnes résolutions ? Non !

    Le seul accord que nous puissions avoir, c’est avoir la même pensée que Dieu. Voilà ce que nous devons rechercher. Et nous en avons l’exemple dans ce verset de Genèse 22 que nous aimons citer souvent : « Et ils allaient les deux ensemble » (Gen. 22. 6). Communion parfaite entre le père et le fils : même pensée, même intérêt, même amour. Qu’est-ce que cela veut dire ? Que quand il y a une invitation comme celle qui est présentée ici dans ce verset 2, pleine de douceur et d’amabilité, devons-nous répondre sur le même terrain de l’amabilité, de la politesse ? Gardons-nous de cela ! Le principe est toujours là : la chair ne répond pas à la chair.

    Et ce n’est pas quand c’est une attaque violente de la chair qu’il faut dire : Ah ! C’est une attaque violente de la chair, je ne vais pas répondre à la violence. Mais c’est la même chose quand la chair se manifeste avec douceur. Elle reste toujours la chair. Elle est toujours opposée à Dieu. Et Dieu ne bénira jamais ce qui vient de la chair. Et la chair ne s’améliore jamais. Nous avons besoin de saisir que cette chair ne s’améliore jamais, et que nous avons une nouvelle nature, une vie divine, et que ce sont les caractères de la vie divine que nous sommes appelés à manifester et à vivre.

    Et c’est ainsi dans la vie et la puissance du Saint Esprit, manifestant les caractères de la vie divine, que nous allons pouvoir honorer et servir Dieu, et marcher ensemble avec ceux qui marchent en nouveauté de vie, dans la puissance du Saint Esprit.

    Et on peut aussi s’arrêter sur l’exemple du Seigneur Jésus. Il a été sollicité certaines fois pour qu’Il laisse agir ses sentiments. Marc 3. 31 à 35 : « Ses frères et sa mère donc viennent ; et se tenant dehors, ils l’envoyèrent appeler ; et la foule était assise autour de lui. Et on lui dit : Voici, ta mère et tes frères, là dehors, te cherchent. Et il leur répondit, disant : Qui est ma mère, ou [qui sont] mes frères ? Et regardant tout à l’entour ceux qui étaient assis autour de lui, il dit : Voici ma mère et mes frères ; car quiconque fera la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère ».

    Voilà ! Ceux qui viennent parler au Seigneur Lui parlent de ceux qui ont les mêmes sentiments humains que Lui, cette relation humaine : sa mère, ses frères, ses sœurs. Mais c’est vers eux qu’il faut qu’Il aille ! Et le Seigneur, avec toute la sagesse, tout le discernement, tout l’amour qui est dans son cœur, nous révèle que ceux vers lesquels Il va, ceux qui à ce moment-là ont du prix pour Lui, ce sont ceux qui font sa volonté. Et nous avons besoin de retenir cet enseignement.

    Gardons-nous de nous arrêter à des sentiments humains, gardons-nous de nous arrêter à tout ce qui est humain pour rechercher la pensée et la volonté de Dieu. Nous voyons bien en Néhémie 6 le but de l’ennemi : « ils pensaient à me faire du mal » (v. 2). C’est tout ce qui est opposé à la pensée de Dieu. Dieu veut nous faire du bien à la fin. La pensée de Dieu, c’est la bénédiction. La pensée des ennemis, c’est de nous faire du mal.

    Encore un mot sur cette expression : « Je fais un grand travail et je ne puis descendre » (v 3). Nous n’allons pas nous arrêter sur ce verbe « descendre ». Nous savons bien à quoi il nous fait souvent penser dans la Parole. Descendre, c’est s’éloigner de Dieu, s’éloigner du Seigneur. Mais Néhémie peut dire : « Je fais un grand travail ». Quel était ce grand travail ? La construction de la muraille, on en a parlé.

    Mais sans doute il y a plus que cela sur quoi il faut nous arrêter : ce que le Seigneur confie aux Siens, ce qui est un travail pour Lui, c’est un grand travail, quel qu’il soit. Peut-être qu’aux yeux des hommes c’est quelque chose qui n’a pas de valeur. Le Seigneur pouvait parler d’un verre d’eau froide, ce qui n’a pas beaucoup de prix aux yeux des hommes, c’est très classique dans notre pays, et pourtant ! Aux yeux de Dieu c’est sans doute un grand travail. Et nous avons besoin de discerner que ce que le Seigneur place devant nous, c’est un grand travail.

    1 Corinthiens 15. 58 : « Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, abondant toujours dans l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail n’est pas vain dans le Seigneur ». Dans ce verset il y a deux termes que l’on peut mettre à côté : le travail du serviteur qui « n’est pas vain dans le Seigneur », et puis surtout « l’œuvre du Seigneur ».

    On peut dire qu’il y a deux niveaux différents : d’un côté l’œuvre du Seigneur, et sans doute quand nous y pensons, nous pensons à l’œuvre accomplie à la croix, unique, parfaite, mais il y a aussi les œuvres de Dieu ; puis à un autre niveau, le travail qui est confié aux Siens. Toujours, ce qui est de Dieu est au-dessus de ce qui est confié à l’homme. Mais dans sa grâce, le Seigneur confie aux siens un travail.

    Puissions-nous être vigilants, discerner la valeur qu’a ce travail. Non pas à nos yeux, non pas pour en tirer quelque mérite pour nous, mais c’est le travail pour le Seigneur. Et ce qui est pour le Seigneur a toujours du prix et de l’intérêt pour Lui. Et si le travail est grand, n’oublions jamais que le serviteur, lui, est faible.

    Encore un mot sur cette expression : « Viens et rencontrons-nous ensemble dans les villages de la vallée d’Ono ». Quelle était la place de Néhémie ? Qu’est-ce que Dieu lui avait donné à faire ? Où Dieu l’avait-il envoyé ? À Jérusalem, pour reconstruire la muraille. Pour faire ce que Dieu avait demandé. Que lui demande-t-on, semble-t-il poliment ? D’aller à un autre endroit, de quitter ce que Dieu avait dit pour aller à un autre endroit.

    Notre frère a rappelé tout à l’heure ce qu’était la vallée d’Ono, que la vallée d’Ono c’était la vallée des artisans, c’est-à-dire la vallée de gens qui font des choses, qui bâtissent, qui calculent les choses, qui organisent. Une place pour l’homme et qui n’est pas bien loin de chez Sanballat, de chez Tobija, et de chez Guéshem. Elle n’est pas loin. Et voilà où l’ennemi veut amener le croyant fidèle : sortir de sa fermeté.

    Jérémie 15. 19 : « C’est pourquoi, ainsi dit l’Éternel : Si tu te retournes, je te ramènerai, tu te tiendras devant moi ; et si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche. Qu’ils reviennent vers toi, mais toi ne retourne pas vers eux ». Dieu, dans la personne de Jérémie, vient prendre un serviteur, l’appelle à son service, le forme, et en quelque sorte Dieu lui fait faire un pas important. Il faut que le cœur de Jérémie soit tourné du bon côté. Il avait été jusqu’à présent tourné comme nos cœurs sont tournés.

    Eh bien, maintenant Dieu veut le tourner autrement, et c’est bien ce qu’Il lui dit : « Si tu te retournes ». Le cœur se tourne, alors Dieu peut travailler. Dieu peut travailler en Jérémie et faire un bon travail à sa gloire. « Je te ramènerai », et quand Dieu nous ramène, c’est toujours vers Lui, c’est toujours vers le Seigneur.

    Ensuite, « tu te tiendras devant moi ». C’est la position d’un Néhémie, cela. Il était devant Dieu, il était à Jérusalem pour faire son service. « Tu te tiendras devant moi ». C’est une position extrêmement importante que de se tenir devant Dieu. C’est la position normale du chrétien.

    C’est la position que le Seigneur Jésus a occupée tout au long de sa vie. Nous lisons dans le chapitre 53 du livre du prophète Ésaïe : « Il montera devant lui » (53. 2). Le Seigneur Jésus non seulement s’est tenu devant Dieu mais s’y est tenu d’une manière tellement constante que Dieu peut dire : Il monte devant moi. Le Seigneur se tient devant Dieu, s’est tenu devant Dieu, et Il a pu dire : « Je fais toujours les choses qui lui plaisent » (Jean 8. 29).

    Et Dieu par son Esprit a travaillé le cœur du malfaiteur sur la croix, du malfaiteur repentant, et l’a amené à dire : « Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire » (Luc 23. 41). Non pas simplement, celui-ci était innocent, mais tout ce que le Seigneur Jésus avait fait. Le Saint Esprit s’est servi de ce misérable pécheur pour proclamer une gloire du Seigneur Jésus. Tout ce que le Seigneur Jésus a fait Il avait à le faire aux yeux de Dieu.

    Eh bien c’est exactement là où l’Esprit de Dieu veut placer Jérémie, et aussi veut nous placer, nous. Ensuite, la suite du verset de Jérémie. « Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil ». Ah ! La séparation entre ce qui est de Dieu et ce qui ne l’est pas, ce qui plaît à Dieu et ce qui ne Lui plaît pas. Il y a ce en quoi l’homme a une place, où Satan a une place, où le monde a une place, et puis il y a là où Dieu a toute la place et c’est bien à l’intérieur de la muraille – cela nous a été rappelé par plusieurs frères. L’intérieur de la muraille, c’est là que Dieu a commandé et c’est là que les choses sont selon Dieu et où les pensées de l’homme n’ont pas de place.

    Quelquefois nous voyons des personnes chrétiennes vouloir que l’on collabore, mais il y a une chose frappante : on veut toujours vous amener sur leur terrain, un terrain où l’homme a une certaine place. Je me souviens d’une personne qui m’avait demandé de venir parler du Seigneur Jésus à quelques croyants qu’elle allait rassembler chez elle. J’ai cru bon de le faire, et puis j’ai parlé de la personne du Seigneur comme Celui seul sur lequel notre cœur peut s’appuyer. Et j’ai exhorté les croyants qui étaient là à ne faire confiance en personne d’autre qu’en Jésus Christ, le seul qui ne déçoit jamais, ne faire confiance ni en moi, ni en la personne qui recevait.

    Oh là, frères, j’avais fait ce qu’il ne fallait pas faire ! J’avais commis le crime. Pensez ! Ne pas faire confiance à notre hôtesse ! Eh bien c’est là où on veut nous amener. C’est un terrain étranger où on veut nous amener, où l’homme a de la place. Il aurait fallu dire qu’on peut se confier en des hommes. Que le Seigneur nous garde ! Ce n’est pas de la raideur pharisaïque, c’est simplement de la crainte de Dieu.

    Séparer ce qui est précieux de ce qui est vil. Séparer ce qui vient d’en-haut et ce qui ne vient pas d’en-haut, ce qui vient de Christ et tout le reste. Les choses sont extrêmement tranchées dans la Parole de Dieu. Il y a ce qui vient de Dieu et ce qui ne vient pas de Dieu. Ne mélangeons pas les deux choses. L’ennemi est tellement habile pour essayer de nous faire mélanger les deux choses par toutes sortes d’excuses, sentimentales ou autres. Ah ! Mais nous n’avons pas à juger. Oui ! Nous avons à juger si cela vient de Dieu ou non.

    En 1 Corinthiens 14 il est dit que l’on parle et que les autres jugent ou discernent (1 Cor. 14. 29). Que va-t-on discerner ? Va-t-on discerner si le frère qui parle est un docteur ? Va-t-on pouvoir discerner si parfois il y a une petite erreur dans sa doctrine ? Nous en sommes incapables si nous ne sommes pas docteurs nous-mêmes. Mais ce n’est pas ce à quoi nous sommes appelés. Nous sommes appelés à discerner si ça vient d’en-haut, ou si ça ne vient pas d’en-haut.

    Alors que le Seigneur nous garde à être séparés, à séparer ce qui est précieux de ce qui est vil, et alors Dieu peut se servir de nous pour présenter sa vérité. La vérité de Dieu met Christ en premier. Alors nous avons la dernière partie de ce verset 19 de Jérémie 15 : « Qu’ils reviennent vers toi, mais toi ne retourne pas vers eux ». Nous avons tous connu ces périodes où nous aimions que l’homme ait de la place.

    On rencontre des croyants qui voudraient bien plus de fidélité, mais ils voudraient aussi que l’homme ait de la place, et quand l’homme a de la place, c’est toujours aux dépens de Dieu. On en rencontre comme cela, on se dit : ils sont tout près, mais il y a encore cette petite chose qui reste : il faut que l’homme ait une certaine place en ceci ou en cela. Eh bien qu’y a-t-il à faire ? Prier pour eux, certainement.

    Leur parler du Seigneur si le Seigneur m’en donne l’occasion, c’est certain. Mais certainement pas collaborer avec eux. Nous n’allons pas dans le même sens. Ils ont à revenir là où le Seigneur m’a amené, à un terrain d’obéissance au Seigneur Jésus, à un terrain où le Seigneur est le premier, un terrain où les choses sont selon Lui.

    Avant de continuer notre étude, je voudrais faire une parenthèse parce que des jeunes frères ont posé cette question : « Nous avons parlé des ennemis du peuple de Dieu, des ennemis de Néhémie, et nous avons fait une application quant à notre situation à nous de nos jours. Et on pourrait peut-être penser que nous voulions dire que nos frères et sœurs qui ne connaissent pas le chemin de la séparation du mal, ou qui ne connaissent pas la vérité de l’assemblée sont des ennemis ». Bien sûr que non !

    Ils ne sont pas des ennemis, ils sont des frères et sœurs que nous aimons de tout cœur. Seulement pour suivre le chemin de la vérité, pour suivre le chemin de l’Écriture, nous devons prendre garde à des influences qui peuvent venir de leur part pour nous conduire sur un chemin qui n’est pas celui de l’Écriture. Par exemple, un chemin d’ouverture vers le monde, ou un chemin dans lequel on ne peut pas manifester l’unité du corps de Christ.

    Bien sûr ces frères et sœurs, ce sont nos frères et sœurs que nous aimons avec une vraie affection. Seulement nous ne pouvons pas suivre leur chemin, et nous ne voulons pas être influencés par ce chemin. J’espère que cela explique un petit peu ce que nous voulions dire quand nous avons fait ces applications.

    Juste une remarque sur la différence, le contraste que nous avons entre les ennemis du peuple de Dieu et Néhémie. Les ennemis du peuple de Dieu, on le voit ici dans ce chapitre 6. 2 : Ils pensaient à faire du mal à Néhémie, ensuite au verset 9 : « ils voulaient tous nous effrayer ». On le voit encore au verset 13 : « pour que j’aie peur » ; et le reste des prophètes voulait effrayer Néhémie ; et à la fin, au verset 19 : « Tobija envoyait des lettres pour m’effrayer ». Voilà le travail de Satan, le travail des ennemis, qui est d’effrayer le peuple de Dieu.

    Quelle est l’attitude de Néhémie ? On l’a vu ce matin. À la fin du verset 10 du chapitre 2 il nous est dit : « Ils furent très mécontents de ce qu’un homme », c’est-à-dire Néhémie, « fût venu pour chercher le bien des fils d’Israël ». Quelle différence ! Néhémie est là pour chercher le bien. Puis à la fin du verset 19 du chapitre 5, il peut dire : « Souviens-toi en bien pour moi, ô mon Dieu, de tout ce que j’ai fait pour ce peuple ! » Néhémie est là pour le peuple de Dieu, pour le bien du peuple de Dieu.

    Il me fait penser à ce que dit David au Psaume 122. 6 à 9 déjà : « Demandez la paix de Jérusalem ; ceux qui t’aiment prospéreront. Que la paix soit dans tes murs, la prospérité dans tes palais ! À cause de mes frères et de mes compagnons, je dirai : Que la paix soit en toi ! À cause de la maison de l’Éternel, notre Dieu, je rechercherai ton bien ». Voilà ce qui nous est proposé, n’est-ce pas ? Ce qui est proposé à toute cette jeunesse, à nos frères et sœurs jeunes qui sont là. A-t-on à cœur le bien du peuple de Dieu ? A-t-on à cœur de se mettre à genoux et de prier pour le peuple de Dieu ?

    Pas comme Élie : dans Romains 11, l’Écriture est obligée de dire qu’il a fait requête à Dieu contre le peuple de Dieu. C’est quelque chose de grave. Il se croyait tout seul ! Moïse, quel exemple, en Exode 33 prie pour le peuple. Alors, que nous ayons à cœur comme Néhémie de rechercher le bien, d’avoir à cœur le peuple de Dieu. Même dans les difficultés, même dans la souffrance, que nous ayons cette disposition d’aimer l’assemblée de Dieu.

    Il valait la peine de préciser tous ces points qui sont d’une très grande importance pratique, et il n’est pas nécessaire d’insister là-dessus. Nous avons bien vu ce matin les ennemis qui sont : le monde, Satan, la chair, trois ennemis qui sont bien identifiés. Concernant ceux avec lesquels nous ne pouvons pas marcher, d’abord comprenons toute la prudence qu’il convient d’avoir quand nous sommes sollicités par des croyants qui ne bénéficient pas de toute la lumière de la Parole de Dieu, et qui vivent partiellement les enseignements de la Parole de Dieu.

    Et, par ces sollicitations, nous pouvons être amenés à vouloir vivre, mettre en pratique, des enseignements qui sont selon la Parole de Dieu et des enseignements qui ne sont pas selon la Parole de Dieu. Et probablement dans bien des situations, si on restait sur un terrain humain on dirait il y a 90% de juste et 10% d’erreur. Mais dans le domaine spirituel, dans la vie avec Dieu, on ne raisonne pas sur des pourcentages. Et ce n’est pas un faible pourcentage qui va diluer l’erreur et permettre qu’on puisse l’accepter. C’est vrai dans le domaine physique, c’est faux dans le domaine spirituel.

    Nous devons avoir une extrême vigilance pour ne pas nous laisser entraîner par quelque erreur que ce soit. Et la première question que nous devons nous poser, c’est : Avons-nous toute la sagesse pour discerner ce qui est une erreur, ce qui est faux ? Dans bien des cas probablement, gardons-nous de dire que nous avons ce discernement. Ce qui nous montre toute la prudence qui doit nous caractériser dans ces relations, ces rapprochements, ces sollicitations avec des croyants qui, hélas, ne marchent pas entièrement selon la pensée de Dieu.

    Pour ce qui est de l’assemblée, l’assemblée de Dieu, colonne et soutien de la vérité, elle est constituée de tous les croyants, de toutes les âmes, qui possèdent la vie divine. Il y a, à côté, ce que la Parole appelle « la grande maison » dans laquelle il y a un mélange de ceux qui ne font que professer avoir la vie et qui ne la possèdent pas, avec ceux qui professent et qui ont la vie. Tout ceci c’est la grande maison.

    Dans l’assemblée, colonne et soutien de la vérité, l’assemblée du Dieu vivant, toutes les âmes possèdent la vie divine. C’est un point. Après, pour ce qui est du service, pour ce qui est du fonctionnement du service, là encore soyons d’une très grande prudence, attachons-nous à ce que la Parole de Dieu nous enseigne, et nous avons en 1 Corinthiens 3 des enseignements très pratiques là-dessus. Nous sommes encouragés, invités, à être des ouvriers, des serviteurs, pour le Seigneur, et nous ne voulons pas nous arrêter sur ce sujet qui n’est pas forcément celui qui est devant nous aujourd’hui, mais nous sommes appelés le labourage de Dieu, et nous sommes des serviteurs. Le sujet des serviteurs est absolument remarquable.

    Il est d’ailleurs très frappant de voir comment ce sujet, d’une manière extrêmement curieuse, est traité dans le 1er livre des Chroniques. Mais c’est autre chose. Le Seigneur, dans sa grâce, utilise des serviteurs et nous sommes tous des serviteurs, et j’allais dire, nous ne sommes que des serviteurs, et nous ne pouvons servir qu’avec les ressources que Dieu nous donne. Et nous voyons bien dans ce chapitre 3 [de la 1ère épître aux Corinthiens] qu’il y a différents matériaux avec lesquels édifie ce serviteur, l’or, l’argent, le bois, le foin.

    Et il y a ce qui produit des fruits et qui demeure, et ce qui est brûlé au feu et qui disparaît. Et dans tout service quel qu’il soit, nous avons à nous attacher à utiliser ce que Dieu nous donne, les ressources, les capacités et la sagesse que Dieu nous donne, qui sont des ressources que nous ne pouvons utiliser que dans la puissance du Saint Esprit. Mais surtout, ce que nous devons bien retenir c’est que le serviteur est utilisé pour un service, mais Celui qui apporte la bénédiction, qui donne l’accroissement, c’est Dieu seul.

    Gardons-nous de penser que nous avons quelque capacité, quelque sagesse pour produire par nous-mêmes des fruits. Nous ne pouvons convertir qui que ce soit, ne nous y trompons pas. Que ce soit dans nos maisons, que ce soit dans nos relations avec ceux qui peuvent nous entourer au près ou au loin, nous n’avons aucune capacité pour convertir qui que ce soit. Notre responsabilité est de rendre un témoignage, de présenter la Parole de Dieu. Mais Dieu seul peut opérer dans un cœur et amener une âme à se reconnaître pécheresse et accepter le Seigneur Jésus comme son Sauveur. Ne pensons pas qu’il y a en nous quelque capacité qui dépasse celle du serviteur.

    Pour revenir au chapitre 6 de Néhémie, nous avons vu cette 1ère ruse de l’ennemi qui consiste en cette invitation pleine de douceur pour entraîner Néhémie, et par delà Néhémie, le peuple, à s’éloigner du travail que Dieu avait confié à Néhémie, et pour leur faire du mal à la fin. Ensuite, dans les versets suivants nous avons d’autres ruses de l’ennemi. Au verset 4, « ils m’envoyèrent dire la même chose quatre fois, et je leur répondis de la même manière ». Cette ruse de l’ennemi, c’est l’insistance.

    L’ennemi qui une 1ère fois vient nous solliciter et la 1ère fois nous répondons, « non ». Mais l’ennemi ne se décourage pas et revient à plusieurs reprises. Jusqu’à ce qu’il arrive à nous convaincre, il revient et représente sa demande. Au verset 5, la ruse suivante de l’ennemi, c’est la lettre ouverte à la main, c’est faire connaître de manière ouverte, publique, toutes les accusations que l’ennemi a à l’égard ici d’un serviteur. Et nous comprenons bien que dans cette lettre ouverte – et c’est ce que nous voyons – il y avait de fausses accusations qui étaient portées à l’égard de Néhémie.

    Dans la fin du chapitre, nous avons dans le paragraphe 10 à 14, ce qu’on pourrait appeler les faux amis, dans le dernier paragraphe [les versets 15 à 19] ce sont d’autres sollicitations qui sont apportées à Néhémie. Il y a donc là une multiplicité de ruses utilisées par l’ennemi pour détourner Néhémie du travail qui est le sien. Et nous voyons la sagesse avec laquelle Néhémie répond, on peut dire dans chaque cas. Il ne raisonne jamais avec l’adversaire, il ne cherche pas à convaincre l’adversaire quel qu’il soit de son erreur, non. Il ne fait que répondre avec brièveté, mettant en évidence la confiance qu’il a en son Dieu qu’il sert et qui l’a envoyé.

    Et c’est la même réponse qu’il peut apporter ainsi à chacune de ces ruses. Un mot encore sur cette 2ème ruse, sur cette sollicitation que l’ennemi présente à plusieurs reprises à Néhémie. C’est quelque chose qui peut-être est plus fréquent que nous ne pensons. Et nous avons dans la Parole un exemple extrêmement sérieux de cette attaque de l’ennemi qui se reproduit régulièrement, dans le chapitre 16 du livre des Juges concernant Samson.

    Nous connaissons cette histoire. Samson était quelqu’un qui avait une force remarquable et il va être sollicité pour révéler le secret qui était le sien qui lui permettait d’avoir sa force. Et si nous lisons ce chapitre de Juges 16, sollicité en particulier par Delila, Samson résiste jusqu’au moment où il va révéler son secret et ce sera pour lui la fin, il aura perdu toute force. Combien nous avons besoin d’être vigilants, pour tenir ferme et ne jamais céder aux attaques répétées de l’ennemi.

    À propos de cet exemple de Samson, on peut lire ce verset de Juges 16. 16 : « Et il arriva, comme elle le tourmentait par ses paroles tous les jours et le pressait, que son âme en fut ennuyée jusqu’à la mort ; et il lui déclara tout [ce qui était dans] son cœur » (v 16 et 17). On peut dire que Samson se laisse fléchir par cette pression insistante et il ne garde pas ce que Dieu lui avait confié.

    Mais regardons aussi un exemple qui est tout à fait encourageant. C’est celui de Joseph qui, dans une situation peut-être un peu similaire, trouve la force en Dieu pour résister à cette sollicitation. Simplement trois expressions en Genèse 39. 7 et 8 : « Et il arriva, après ces choses, que la femme de son seigneur leva ses yeux sur Joseph ; et elle dit : Couche avec moi. Et il refusa ». Verset 10 : « Et il arriva, comme elle parlait à Joseph, jour après jour, qu’il ne l’écouta pas ». Et au verset 12 : « Il s’enfuit, et sortit dehors ».

    Voilà quelqu’un qui a reçu la force et le secours de la part de Dieu pour ne pas varier dans sa réponse à cette sollicitation si pressante et si dangereuse. Il refuse, il n’écoute pas et finalement il s’enfuit. Et la Parole nous dit de fuir les convoitises. Eh bien, il y a cet exemple de Joseph que nous pouvons tous retenir et garder dans notre cœur. Mais nous sentons que nous avons tellement besoin du secours et de la grâce du Seigneur pour pouvoir résister à l’ennemi quand il se présente d’une manière si insistante et qui trouve parfois des appuis en nous-mêmes, dans notre propre cœur, dans notre chair.

    Il y a peut-être aussi à retenir l’exemple du Seigneur Jésus lorsqu’au désert Satan vient Le presser d’une manière insidieuse, en citant la Parole. Même s’il le fait d’une manière tronquée et tendancieuse, il cite la Parole. Et nous pourrions aussi nous laisser prendre par ce genre de piège lorsqu’il est présenté avec une apparence scripturaire. Mais le Seigneur à chaque fois répond de la même manière, et d’une manière invariable, « il est écrit ». Nous n’avons pas de ressource en nous-même dans notre propre force ou dans notre intelligence ou notre sagesse, mais uniquement en nous appuyant sur ce qui est écrit, sur la Parole de Dieu qui, elle, ne change pas parce que Dieu ne change pas tout au long des Écritures.

    Mais en même temps nous sentons tellement le besoin de pouvoir compter sur cette grâce du Seigneur et sur sa fidélité, sur Celui qui a dit qu’avec la tentation, Il fait aussi l’issue pour que nous puissions la supporter (1 Cor. 10. 13). Alors comme Néhémie dit à la fin de ce paragraphe de pouvoir se fortifier en l’Éternel, nous, nous avons cette ressource de pouvoir nous fortifier dans le Seigneur et dans la puissance de sa force (Éph. 6. 10).

    D’ailleurs, si chacun aura pu en faire l’expérience pour lui-même, c’est ce qui nous fortifie dans le chemin, c’est une garantie pour nous, cela a été pour Joseph dans le cas qui nous a été cité comme une conséquence de son énergie pour fuir le mal, la Parole souligne bien : « et l’Éternel était avec Joseph » (Gen. 39. 2 et 21). Et pour Samson, en quoi consiste cette grande force ? Et la révélation est donnée : « Je suis nazaréen de Dieu dès le ventre de ma mère » et « Le rasoir n’a jamais passé sur ma tête » (Jug. 16. 17).

    « Heureux qui n’aspire qu’à suivre en paix le Seigneur » (Hymnes et Cantiques n°105). Toute l’énergie de l’homme renouvelé par la puissance de l’Esprit, à travers une grande humilité – et nous le voyons chez Néhémie – devrait encore, malgré toute notre faiblesse, se réaliser aujourd’hui.

    Chère jeunesse, chers enfants, chers frères et sœurs, il est temps pour chacun de se lever et de se décider franchement pour Christ. Que ce chapitre 6 du livre de Néhémie reste gravé sur les tablettes de nos cœurs. On l’a lu ce que ce cher serviteur Néhémie a pu dire : « Souviens-toi en bien pour moi, ô mon Dieu, de tout ce que j’ai fait pour ce peuple ! » (Néh. 5. 19), et ici : « Maintenant donc, fortifie mes mains » (Néh. 6. 9).

    Qu’est-ce qui transparaît dans tout ce chapitre et dans tout ce livre ? Néhémie était en contact avec le ciel. La présence de Dieu. Se tenir devant Dieu. Le contact avec Dieu. La recherche de Dieu. Qu’est-ce qui pourra nous garder dans le chemin hormis cela ? Rien ni personne. Et en Néhémie – c’est remarquable et nous aimons à le souligner – on voit l’énergie, le discernement et l’humilité tout à la fois de ce cher serviteur.

    Que Dieu dans sa grâce nous donne à chacun de ne désirer que ces choses, la gloire de son nom, la joie du cœur du Seigneur, être des hommes, des femmes, des enfants, [attachés à Lui].

    Chers enfants, même dans votre tenue – chères jeunes filles, particulièrement – ne portez pas la livrée du monde, un monde qui a crucifié le Seigneur de gloire, un monde qui a les mains rougies du sang de Christ. « Je suis nazaréen de Dieu dès le ventre de ma mère ». On vient de l’entendre, c’est écrit, Satan se présente et accumule [les ruses] à l’égard d’un serviteur, il ne cherche qu’une chose : le déstabiliser. Et grâce à Dieu, ce serviteur a été gardé parce que, on pourrait dire aujourd’hui, il a tenu fermement la main de son Maître.

    Je ne sais pas si nous l’avons remarqué, Samuel et Samson sont nés en même temps. Et tous les deux, je le dis pour nos jeunes gens et nos jeunes filles, ont, par la grâce de Dieu, eu des parents pieux – Samson aussi avait des parents pieux – et l’un et l’autre ont été nazaréens dès le ventre de leurs mères. Je le dis en pensant à nos jeunes gens, parce qu’enfin avec nos frères qui ont un peu d’âge, nous avons vu beaucoup de jeunes gens beaucoup de jeunes filles, nous avons prié pour eux (c’était notre devoir) mais nous désirions que chacun ait le cœur saisi par le Seigneur et qu’ils Le suivent. Ils avaient des parents pieux et qui ont prié pour eux, et alors certains ont respecté leur nazaréat, Dieu soit béni !

    Notre frère a lu ce que Samson a dit à Delila, et c’était le moment où justement il a abandonné son nazaréat, où il s’est tourné vers une vie de misère qui a fini tragiquement. Eh bien, il ne faut pas oublier. Il y a un verset qui dit : « nous n’ignorons pas ses desseins » en parlant de Satan. Nous ne les ignorons pas. Je pense aussi à un autre serviteur, c’est Jérémie. Vous savez quel amour il y avait dans le cœur de Jérémie pour l’Éternel, on a dit qu’à bien des égards il ressemble beaucoup au Seigneur Jésus, il a connu beaucoup de haine, d’opposition aussi.

    Nous lisons en Jérémie 20 : « Tu m’as entraîné, ô Éternel ! et j’ai été entraîné ; tu m’as saisi, et tu as été le plus fort ; », mais cela n’a pas été sans exercices extrêmement douloureux, « je suis un objet de dérision tout le jour, chacun se moque de moi. Car toutes les fois que je parle, je crie, je proclame la violence et la dévastation ; » il n’avait pas un message facile mais il l’a donné fidèlement, « car la Parole de l’Éternel m’a été à opprobre et à moquerie tout le jour ».

    Alors il en vient à dire : « Je ne ferai plus mention de lui, et je ne parlerai plus en son nom ; mais », comme c’est précieux de lire cela, « elle a été dans mon cœur comme un feu brûlant, renfermé dans mes os ; je fus las de [la] retenir, et je ne l’ai pu ».

    Alors dans la suite nous pouvons penser à ce qui est dit de notre cher Jérémie. « Car j’ai entendu les diffamations de plusieurs : la terreur de tous côtés ! Rapportez, et nous rapporterons ! Tous mes familiers guettaient ma chute [disant] : Peut-être se laissera-t-il séduire ; » voilà le pourquoi de toute l’activité de l’ennemi, de son insistance, voyez la lettre ouverte dont on a parlé tout à l’heure et qui ne contenait que des diffamations, c’est bien le cas de le dire. Mais où est la force de Jérémie ? Eh bien elle est dans la suite ici : « Mais l’Éternel est avec moi comme un homme puissant ; c’est pourquoi mes persécuteurs trébucheront, et ne prévaudront pas ; ils seront fort honteux, car ils n’ont pas réussi : confusion éternelle qui ne sera point oubliée ! » (Jér. 20. 7 à 11).

    Le Seigneur nous encourage en nous montrant où ces hommes de Dieu ont puisé leur force, leur secours. Bien sûr, peut-être dirons-nous facilement – et dans un sens peut-être est-ce vrai – que le Seigneur ne nous a pas confié, comme il avait confié à Néhémie un grand travail, mais c’est quand même un travail pour Lui. Et comment ce travail peut-il être réalisé selon la pensée de Dieu ?

    Lisons encore un verset au début du livre des Chroniques. Il s’agit de gens simples, de potiers, et en 1 Chroniques 4. 23 il est dit : « C’étaient les potiers, et les gens qui se tenaient dans les plantations et dans les enclos ; ils habitaient là, auprès du roi, pour ses travaux ». Cela ne résumerait-il pas par grâce notre vie à chacun ? « Être là auprès du roi, pour ses travaux », quel que soit le travail que dans son amour le Seigneur veut bien me confier, eh bien c’est auprès de Lui que je trouverai la force.

    L’ennemi insiste et cette question de savoir quels sont nos ennemis n’est pas nouvelle. Ce ne sont pas nos frères qui sont nos ennemis ; en Éphésiens 6 il nous est dit que nos ennemis sont dans le ciel et c’est bien contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la [puissance] spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes que nous avons à combattre.

    Le combat est là et c’est bien vis-à-vis du monde, de Satan, de ces principautés et la chair qui est en nous que le combat est à mener. Et Satan le sait et il insiste. Les vérités sont là, et ce sujet a été devant nos frères qui nous ont précédés à savoir où est le combat, quels sont les vrais ennemis, et qu’elle est l’attitude que nous devons avoir vis-à-vis de nos frères et sœurs avec lesquels nous ne pouvons pas marcher, être en communion ?

    L’ennemi revient et veut amener le mélange dans nos vies, le mélange dans les assemblées. Et ici pourquoi insiste-t-il ? Le verset 9 nous donne la raison : « Leurs mains se lasseront du travail, et il ne se fera pas ». La première fois, la pensée était de faire du mal à Néhémie. Ils n’y arrivent pas, et la pensée change un peu, mais avec toujours le même objectif : faire que le travail cesse.

    Ils savaient très bien que s’ils touchaient à Néhémie, ce serait plus facile de faire arrêter le travail. Combien il est important de se garder, pour les frères qui ont un service dans l’assemblée, l’assemblée locale ! L’ennemi sait très bien que, s’il touche un frère qui enseigne dans l’assemblée, qui a un service pastoral, un service d’évangéliste, c’est plus facile de faire cesser le travail, et il vise les frères qui sont plus exposés, si on peut dire.

    Combien nous avons à prier pour nos conducteurs ! Et réclamons à nos sœurs des prières pour nos frères qui ont un service d’évangéliste, de pasteur, de docteur, de prophète. Il sait que, s’il touche ces frères-là, il peut faire cesser le travail. L’ennemi continue. Il a vu que cela n’avait pas réussi, alors il insiste une seconde fois et on a montré que Néhémie répondait exactement de la même façon. Et on pourrait dire : Mais il n’a pas compris ! Il insiste une troisième fois, puis une quatrième fois.

    Satan a très bien compris. Il nous connaît, il sait comment il faut jouer sur les leviers de nos cœurs, de nos âmes. Et il sait qu’en agissant ainsi le peuple va se lasser du travail. Il a été insisté sur le fait que c’était le travail de tout le peuple, ce peuple qui avait le cœur à l’ouvrage. Réalisons bien que ce n’est pas la marche de quelques-uns seulement, c’est la marche de tous.

    Et la cinquième fois, c’est avec une lettre ouverte, une lettre que tout le monde peut lire. Et son objectif c’est le peuple, car il a peut-être compris que dans un sens Néhémie était inaccessible, mais le reste du peuple… Alors c’est une lettre ouverte afin d’effrayer ceux qui se trouvent là. Le roi pourrait entendre dire qu’on pourrait se révolter contre lui. Ne nous y trompons pas, il était particulièrement dangereux de se révolter contre les autorités de l’époque. Les rois de ce temps-là n’hésitaient pas à faire raser une ville en cas de tentative de révolte ou de révolte avérée.

    C’était une calomnie excessivement dangereuse, voulue pour effrayer ceux qui étaient autour de Néhémie, qui participaient au travail, et atteindre le travail d’une manière indirecte. Et nous insistons sur ce point, le travail était un travail de tous. Nous avons tous à veiller sur nos cœurs, sur nos maisons et sur nos assemblées.

    Et combien il est important que nous soyons tous bien armés, bien attentifs à ces choses. On voit comment Néhémie répond d’une manière très simple et directe : « Aucune des choses dont tu parles n’a eu lieu ; mais tu les inventes dans ton propre cœur » (v. 8). Et c’est bien ce que fait l’ennemi, et on voit de quelle manière le peu de vérité que certains croyants ont, l’ennemi cherche aussi à le leur enlever, et la glissade est progressive, et la dégringolade peut être très rapide. Et pour nous sur quel terrain allons-nous nous tenir ?

    On peut rappeler ce qui est dit dans l’épître de Jude « Mais vous, bien-aimés, souvenez-vous des paroles qui ont été dites auparavant par les apôtres de notre Seigneur Jésus Christ, comment ils vous disaient que, à la fin du temps, il y aurait des moqueurs, marchant selon leurs propres convoitises d’impiétés » (v 17 et 18). L’apôtre Paul en 2 Timothée 3 nous rappelle ce que seront les hommes, (v. 2 à 5). Le Seigneur l’avait annoncé, et au début de cette épître de Jude il est dit que des hommes se glisseraient au milieu des fidèles afin d’essayer de les détourner. C’est quelque chose que la parole nous enseigne, quelque chose qui effraie.

    On le voit en 2 Timothée 3, ici, dans l’Apocalypse ; ne fermons pas les yeux, c’est bien ce qui est annoncé par le Seigneur, par les apôtres Mais nous, qu’avons-nous à faire dans de telles situations ? Eh bien c’est ce qui nous est dit au verset 20 de l’épître de Jude : « Mais vous, bien-aimés, vous édifiant vous-mêmes sur votre très sainte foi, priant par le Saint Esprit, conservez-vous dans l’amour de Dieu, attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus Christ ».

    Nous avons ainsi à nous tenir sur ce terrain, et c’est ce qu’a fait Néhémie – quatre fois on a essayé de lui faire quitter ce grand travail, de le faire sortir, et quatre fois il a tenu bon et est resté sur ce terrain sur lequel il se trouvait. Et pour nous, nous avons à nous rappeler ces choses, à les vivre et à les garder, et attendre Le Seigneur.

    Mais il nous est dit au v. 22 de reprendre ceux qui contestent et de sauver les autres « avec crainte, les arrachant hors du feu, haïssant même le vêtement souillé par la chair ». Et la fin de l’épître nous montre que c’est Dieu Lui-même qui a la puissance de nous garder sans que nous bronchions. Qui a délivré Lot quand il a été pris par l’ennemi ? C’est Abraham. Qui a prié pour Lot alors que Sodome et Gomorrhe allaient tomber sous le jugement et être brûlées par le feu ? C’est encore Abraham.

    Et Abraham était sur le terrain des promesses de Dieu, de la Parole de Dieu. Mamré, Hébron, d’un côté la ville de la mort, mort que tout le monde mérite mais dont on est sauvé par l’œuvre du Seigneur Jésus, et le terrain des promesses que Dieu lui avait faites concernant sa semence. C’est sur ce terrain-là des promesses de Dieu, de la Parole de Dieu, que nous avons à nous tenir. Et alors il nous sera peut-être donné d’aider ceux de nos frères qui sont pris dans le monde, ceux des croyants qui se sont détournés de la Parole de Dieu, ou qui sont dans des milieux où la Parole de Dieu n’a pas toute sa puissance.

    Dernier point. On peut rappeler 2 Timothée 3. 14 : « Mais toi, demeure dans les choses que tu as apprises et dont tu as été pleinement convaincu, sachant de qui tu les as apprises ». Dans l’état de ruine où se trouve l’assemblée, nous avons à approfondir la Parole de Dieu, nous en nourrir et faire qu’elle habite dans nos cœurs, voir ce chemin dans lequel ont marché les apôtres, y être attachés et alors peut-être le Seigneur permettra que nous soyons des témoins fidèles. Tenons-nous autour du Seigneur Jésus, vivant cette vie qu’il nous a donnée…

    Nous avons dit qu’il y a trois ennemis auxquels nous avons à faire. Il y a Satan, puis le monde et la chair. Il a été dit aussi que nous devons leur livrer une lutte. J’aimerais, bien simplement et courtement, ajouter une petite précision.

    Quant à l’ennemi Satan, nous devons résister. « Résistez au diable, et il s’enfuira de vous » (Jac. 4. 7). C’est quelque chose de très clair. Quand Satan, le diable, arrive pour nous attaquer, pour nous mener sur un faux chemin, résistons ! C’est la Parole qui nous le dit.

    Quant au monde, quel est le combat contre lui ? Dans l’épître de Jean, il est dit aux jeunes gens : « N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde », et il l’explique : « si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » (1 Jean 2. 15). Donc, quelle est la réponse que nous devons apporter au monde ? Aimer Dieu, aimer le Seigneur. C’est ce qui nous garantit du monde et des influences du monde. C’est l’amour de notre Seigneur qui nous garantit du monde et fait que nos affections pour le Seigneur sont réchauffées, vraiment vivantes, vraies. Et c’est le cas quand nous lisons la Parole, que nous nous occupons de ce cher Sauveur et Seigneur, quand Il peut toucher nos cœurs et nous attirer, et cela nous protège contre les assauts du monde.

    Quant à la chair, livrons-nous combat contre la chair ? Non ! Le combat contre la chair, c’est-à-dire le péché en nous qui est la source de tous les actes de péché que nous pourrions faire, nous allons toujours le perdre. L’Écriture nous dit autre chose : le Seigneur est mort pour cela. Il est dit en Romains 6 « De même vous aussi, tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus ». Le premier côté c’est : « tenez-vous pour morts au péché ». On peut parler à un mort, il ne réagit pas. Si nous sommes morts au péché, le péché en nous peut nous parler, nous inciter à faire des choses qui ne plaisent pas à Dieu mais qui plaisent à la chair, on ne réagira pas. Un mort n’écoute pas, un mort ne réagit pas. Il faut réaliser que le Seigneur a tout fait et que vraiment nous sommes morts au péché.

    Voilà des choses importantes. Très souvent les jeunes demandent : Que puis-je faire quand le péché en moi veut me tenter, veut me séduire. Eh bien, rappelle-toi, souviens-toi que tu es mort, que toi-même tu es mort. Et tu peux le dire. Je me rappelle un frère très simple qui, quand il y avait une tentation comme cela, disait à haute voix : « Herbert, tu es mort ! » Et voilà la tentation passait. Le Seigneur nous donne le moyen d’être toujours victorieux sur les trois ennemis. C’est toujours avec Lui.

    Contre le monde – permettez-moi de revenir sur ce point et je le répète encore parce que c’est un danger tellement grand, surtout pour les jeunes – aimons le Seigneur Jésus, occupons-nous de Lui et les choses du monde perdront alors tout à fait leur attrait, et le Seigneur Jésus sera le but de nos pensées, la joie de nos cœurs et aussi la force pour notre âme.

    La première victoire de l’ennemi sur l’homme, nous pouvons la voir en Genèse 3. 1. Nous connaissons tous cette histoire, et là dans le jardin le serpent dit à la femme : « Quoi, Dieu a dit ?… Vous ne mourrez point certainement » et nous savons ce qui s’est passé ensuite et qu’il a eu la victoire. Et depuis ce jour, il n’a pas arrêté. Quand a eu lieu la victoire définitive sur l’ennemi ? Lisons dans l’évangile selon Jean ce verset bien connu quand le Seigneur Jésus dit sur la croix : « C’est accompli » (Jean 19. 28). Accompli pour Lui ? Non, pour moi, pour toi. Accompli pour Dieu, aussi (Jean 17. 4).

    Maintenant le Seigneur Jésus est le vainqueur de l’ennemi, près du Seigneur. Maintenant nous savons que l’ennemi fait toujours une œuvre qui le trompe parce qu’il a été vaincu à la croix et le Seigneur s’occupe de chacun de nous à tout moment, dans toutes nos circonstances, dans toutes nos difficultés, dans toutes notre faiblesse. Soyons toujours aux pieds du Seigneur pour que nous puissions remporter la victoire et ne pas la laisser à l’ennemi.

    « Qui jamais nous condamnera,

    Nous, élus pour la vie ?

    Qui même nous accusera,

    Nous, que Dieu justifie ?

    Le Fils du Père,

    Mort et ressuscité,

    Ceint de lumière,

    Dans les cieux est monté.

    Pour nos faiblesses, nos langueurs,

    Il intervient Lui-même,

    Et nous sommes plus que vainqueurs

    En Celui qui nous aime ».

    « Oh ! Quand verrons-nous resplendir

    Ce jour où doit paraître

    Celui qui du ciel va venir,

    Jésus-Christ, notre Maître ?

    Sainte journée,

    Terme de nos travaux !

    Foi couronnée,

    Délicieux repos !

    Chrétiens, encore un peu de temps,

    Et le Seigneur de gloire

    Viendra donner aux combattants

    L’éternelle victoire ».

    Hymnes et Cantiques n°118

    On pourrait peut-être regarder encore comment l’ennemi s’y prend pour peser sur la chair de Néhémie. Notre frère nous a rappelé ce que nous avons à faire dans ce cas-là, en citant la Parole. Dans le premier exemple qui nous est donné, dans ce que nous avons déjà vu ce matin, Dieu avait donné des instructions, Il avait indiqué le chemin à Néhémie, et Néhémie a eu la sagesse de ne pas se laisser entraîner par ces invitations. Nous sommes en danger de tomber quand nous nous conduisons en consultant nos propres pensées.

    On pourrait dire : Sanballat et Tobija se sont radoucis, ils sont devenus aimables, ils nous parlent d’une manière sympathique. Non ! Satan a dit – notre frère vient de le rappeler tout de suite – « Quoi, Dieu a dit ». C’est toujours l’ennemi qui vient dire : « Quoi, Dieu a dit ». C’est toujours l’ennemi qui vient nous faire sortir de ce que Dieu a demandé.

    Dans le deuxième exemple, la chair n’aime pas être calomniée. Je me souviens d’un frère âgé, il y a bien des années, disant à un jeune frère qui avait très mal pris le fait d’être calomnié : « Attention ! C’est ta chair qui est bien trop en activité ». Ensuite il y a un deuxième côté, le côté de l’effroi. Qui est effrayé ? C’est encore la chair. J’imagine des conséquences. Un bien-aimé frère d’autrefois pouvait dire : Nous nous faisons du souci en imaginant des conséquences qui, la plupart du temps, ne nous arriveront jamais. Et la vie, c’est bien ça. Ils s’adouciront et elle sait nous le faire miroiter.

    Et qu’est ce que nous avons chez Néhémie ? Dans le fond, un homme qui tient sa chair pour morte, avant la lettre. Et cette magnifique expression, cette prière de Néhémie qui est touchante : « Maintenant, fortifie mes mains ! » Voilà le chemin. Et j’ai besoin qu’Il fortifie mes mains. Et le frère le plus âgé, la sœur la plus âgée, tout autant que les plus jeunes, ont besoin de dire : « Fortifie mes mains ! » Conduis-moi, que je ne quitte pas le chemin que tu m’as tracé. C’est Dieu qui trace le chemin. Les bonnes œuvres dans lesquelles nous avons à entrer, ce sont celles « que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles ». Ce ne sont pas celles que j’imagine, mais celles que Dieu a préparées. Et ce que nous avons à faire, c’est de suivre ce chemin-là.

    Jérémie 20. 10 : « Peut-être se laissera-t-il séduire ; et nous prévaudrons contre lui, et nous nous vengerons sur lui ». « Peut-être se laissera-t-il séduire », et nous savons ce que Jérémie a dit : « L’Éternel est avec moi comme un homme puissant ». Un frère, une sœur, un jeune homme, une jeune fille, qui se laissent séduire, qui se laissent entraîner par ce qui leur semble le plus juste, au lieu de se laisser conduire par le Seigneur, eh bien, l’ennemi a la prééminence sur lui (ou elle). Je me rappelle ce que nous disait un bien-aimé serviteur de Dieu que beaucoup ici ont connu : « Rappelez-vous que Satan est plus fort que vous », et il ajoutait « mais rappelez-vous que Christ a vaincu Satan ». Il n’y a rien d’autre à faire que de nous appuyer sur Christ qui a vaincu Satan.

    Psaume 37. 5 et 6 : « Remets ta voie sur l’Éternel, et confie-toi en lui ; et lui, il agira, et il produira ta justice comme la lumière, et ton droit comme le plein midi ». On l’a dit, Néhémie a été calomnié, mais finalement qu’a-t-il fait ? Nous l’avons vu, il a eu une réponse très simple dénonçant le mensonge, l’invention dans ce qui était dit par les ennemis. Et puis il a fait certainement ce que nous voyons là, ce que nous avons chanté : « Qui jamais nous accusera, nous condamnera, nous que Dieu justifie ? »

    Mais je voudrais lire les versets précédents : « Confie-toi en l’Éternel et pratique le bien ; habite le pays, et repais-toi de fidélité, et fais tes délices de l’Éternel : et il te donnera les demandes de ton cœur » (v. 3 et 4). Combien ces exhortations-là sont aussi ce que Néhémie nous montre, et combien nous pouvons les retenir pour que ce soit aussi le désir de nos cœurs, de nous confier en l’Éternel, de pratiquer le bien, d’habiter le pays, de nous repaître de fidélité. Quelles expressions !

    Et finalement dans l’attitude de Néhémie face à ceux qui l’ont calomnié, n’avons-nous pas encore là une évocation de ce qu’il en a été pour le Seigneur ? On pense à ce passage de 1 Pierre 2 où il est dit : « lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement » (2. 23).

    Lorsque les disciples sont sur la nacelle et que le Seigneur leur dit : « C’est moi », je pense à un petit poème que plusieurs d’entre nous connaissons qui s’intitule : « c’est de par moi ».

    Lorsque monte vers toi la rumeur mensongère,

    Retire-toi vers moi sous mon aile à l’abri,

    Car je mettrai bientôt toutes choses en lumière,

    Je répandrai ton droit comme le plein midi.

    Qu’il nous soit accordé de nous en remettre toujours au Seigneur, à Dieu, dans toutes nos circonstances !

    La fin de ce verset 9, « Maintenant donc, fortifie mes mains ! », intervient après que l’Éternel ait donné par deux fois la victoire sur les ruses de l’ennemi. Néhémie aurait pu se glorifier de ce qu’il avait résisté. Non ! Il a conscience de ce qu’il ne peut rien, il a conscience de sa faiblesse. « Quand je suis faible, alors je suis fort » dit l’apôtre (2 Cor. 12. 10). Combien c’est important, si le Seigneur nous accorde la grâce – et Il le fait – de remporter la victoire sur celui qui est l’ennemi de nos âmes, de ne pas succomber à ce piège si dangereux de se croire quelque chose. C’est là que nous sommes en grand danger.

    Rappelons-nous l’exemple d’Abraham revenant de la victoire sur les rois. Dieu envoya Melchisédec de sa part, pour le bénir de la part du Dieu Très-haut, avec le pain, le vin, symboles de ce qui venait de Dieu et de Dieu seul. Abraham eut les regards de sa foi tournés vers Dieu. Et quand le roi de Sodome voulut lui offrir quelque chose en remerciement de cette victoire, Abraham refusa. Il n’accepta pas même une courroie de sandale. Combien c’est important pour nous.

    Et on le voit dans la suite de ce chapitre où Néhémie, sentant ce besoin si impérieux de se fortifier en son Dieu, l’ennemi arrive avec une nouvelle ruse, peut-être encore plus dangereuse de l’un de ceux avec lesquels il était familier. Et nous le savons, cela nous parle de ce qu’il en a été pour notre Seigneur. On voit au Psaume 55. 13 et 14 : « mon conseiller et mon ami : nous avions ensemble de douces communications », il s’agit là de Judas qui L’a trahi. Si le Seigneur nous accorde la grâce, et Il le fait, de remporter des victoires – et ces victoires, peut-être personne ne le sait, c’est entre le Seigneur et nous – eh bien, venons tout de suite aux pieds du Seigneur Lui rendre grâce, et Lui demander son secours pour que nous soyons gardés de cette ruse terrible de l’ennemi qui veut encore nous faire tomber. Néhémie en a été préservé, la fin du chapitre nous le montre. Que cet exemple soit devant nous, pour chacun.

    Une pensée sur ce verset 9 que nous avons ici. Remarquons que c’est après coup que Néhémie a l’intelligence des choses, après que l’épreuve ait eu lieu. La réalité de ce que voulait l’ennemi c’est de toucher entièrement le cœur : « Car il voulait nous effrayer ». Voilà le but de l’ennemi. Et Néhémie a surmonté la difficulté, surmonté l’épreuve et comprend alors. Qu’est-ce qui a gardé Néhémie dans cette difficulté, dans cette épreuve ? C’est sa dépendance du Seigneur. Ce n’est pas une quelconque sagesse qui se trouverait en lui qui l’a gardé, ce n’est pas une quelconque connaissance qu’il aurait eue. C’est se trouver dans l’intimité du Seigneur.

    Si nous lisons le Psaume 91, il nous est parlé de « Celui qui habite dans la [demeure] secrète du Très-haut », celui qui y est réfugié. Et alors il peut dire au verset 2 : « J’ai dit de l’Éternel : Il est ma confiance et mon lieu fort ». Et il ajoute ensuite au verset 5 : « Tu n’auras pas peur des frayeurs de la nuit », c’est-à-dire tout ce que l’ennemi met devant nous pour nous épouvanter, toutes ces choses qui sont là pour nous bloquer. Et si nous regardons à nous-mêmes, si nous cherchons la force en nous-mêmes, nous n’en avons aucune.

    Quand on regarde au Seigneur, on Lui remet toutes choses et après Il peut dire : « Fortifie tes frères » (Luc 22. 32). Parce qu’il sentait qu’il en avait encore besoin, il sentait sa faiblesse, il n’avait aucune force. Et nous sommes comme eux sans force. Paul peut dire en Actes 26. 22 : « Ayant donc reçu le secours qui vient de Dieu », voilà le soutien, « me voici debout jusqu’à ce jour ». Jusqu’à ce jour, Il a été fidèle pour pourvoir à ce qui nous est nécessaire pour tenir debout. Et nous nous confions dans ce même secours. « Ayant donc reçu le secours qui vient de Dieu, me voici debout jusqu’à ce jour ». Bien sûr ce sera peut-être un peu différent, mais Il a pourvu jusqu’à maintenant. Alors, considérons maintenant ce qu’il y a devant : « Fortifie tes frères », Que ce soit aussi notre part.

    Il n’y a aucune force dans l’homme, aucune force dans le frère le plus pieux, la sœur la plus pieuse. La force est en dehors de nous, n’est-ce pas ? Et il faut la trouver dans le Seigneur. 2 Timothée 2. 1 : « Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est dans le christ Jésus ». L’apôtre Paul, alors que les Éphésiens étaient aux prises avec les artifices du diable peut leur dire au chapitre 6. 10 : « Au reste, mes frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force ». Voilà où se trouve la force pour chacun de nous.

    En Ésaïe 40. 40, il est dit : « Les jeunes gens seront las » – en Néhémie 6 il est dit : leurs mains se lasseront du travail, on peut être lassé et même les jeunes gens peuvent se lasser. Mais il est dit ensuite : « ceux qui s’attendent à l’Éternel renouvelleront leur force » (40. 31), et tout est dans la puissance du Seigneur, s’attendre au Seigneur. Et même si nous avons manqué, si par notre faute nous sommes tombés dans la misère, quelle qu’elle soit, il y a une expression remarquable à la fin du 1er livre de Samuel : « Et David fut dans une grande détresse, car le peuple parlait de le lapider ; car l’âme de tout le peuple était pleine d’amertume, chacun à cause de ses fils et à cause de ses filles » (1 Sam. 30. 6). Tsiklag avait été brûlée, les femmes avaient été enlevées, et les enfants aussi ; David était là seul, et même le peuple, pour qui il combattait, parlait de le lapider. Quelle détresse, quelle extrémité ! Et c’était par la propre faute de David parce qu’il était allé avec les Philistins. Et que nous est-il dit ? « Et David se fortifia en l’Éternel, son Dieu ». Dans toutes les circonstances, même les plus terribles, dans la détresse, il y a toujours une ressource, et c’est celle-là : « Et David se fortifia en l’Éternel, son Dieu ».

    C’est sans doute un piège particulièrement dangereux qui est encore placé devant cet homme de Dieu. Et d’ailleurs le moment de la délivrance approche puisqu’il est dit juste après que la muraille est achevée. Mais c’est une tentation d’un ordre presque religieux : cet homme qui vient, qui s’est enfermé, qui dit « rencontrons-nous dans la maison de Dieu » – Cela semble très remarquable – « à l’intérieur du temple » précise-t-il. « Fermons les portes ». Et pourquoi faut-il fermer les portes ? « Car ils vont venir pour te tuer, et c’est de nuit qu’ils vont venir pour te tuer ».

    Et cette première réaction de Néhémie est remarquable : « Un homme comme moi fuirait-il ? Et quel homme comme moi entrerait dans le temple et vivrait ? » (v 11) C’est quelqu’un qui s’est nourri de la Parole de Dieu, et il sait très bien que ses fonctions mêmes ne lui permettent pas d’entrer comme cela dans le temple. Cela ne lui appartient pas, il n’est pas un Lévite, il n’est pas un sacrificateur. Et l’expression qu’il nous faut noter, c’est celle-ci : « Et je reconnus que, voici, ce n’était pas Dieu qui l’avait envoyé » (v. 12). Cette expression remarquable nous parle chez Néhémie du discernement que Dieu lui avait donné.

    Je pense à un verset dans la première épître de Jean que nous pourrions lire. « Bien-aimés, ne croyez pas tout esprit, mais éprouvez les esprits [pour voir] s’ils sont de Dieu, car beaucoup de faux prophètes sont sortis dans le monde » (1 Jean 4. 1). Eh bien, voilà. C’est vrai qu’il y a eu des faux prophètes, maintenant des faux docteurs. Mais le Seigneur ne nous laisse pas sans ressource, Il nous donne même des ressources parfaites pour autant que nous en soyons pleinement nourris. Nous avons sa parole qui nous enseigne et qui nous aide à voir dans un monde si dangereux actuellement où il y a tant de voies de traverse, de voies qui se perdent dans le désert. Et puis bien sûr, peut-être quelque chose dont nous n’avons pas encore suffisamment rendu grâce au Seigneur, la présence en chacun de nous du Saint Esprit qui nous éclaire, qui prend de ce qui est à Christ et nous le communique.

    Et rien ne remplace finalement la proximité, la communion réalisée avec le Seigneur. Et c’est ainsi que cet homme, qui avait apparemment tant de bonnes intentions, et qui semblait en plus avoir une coloration religieuse – il est parlé du temple, de se mettre dans la maison de Dieu, c’est tellement attrayant dans un sens. Eh bien, nous voyons que le Seigneur a gardé son serviteur – et nous avons beaucoup besoin que le Seigneur nous garde. Sachons bien qu’en effet beaucoup de faux prophètes sont sortis dans le monde.

    Il y a bien des expressions dans ces passages sur lesquelles nous pourrions nous arrêter pour considérer toute la sagesse de Dieu. D’abord une expression au verset 7 : « Viens donc maintenant, et tenons conseil ensemble ». À nouveau cette invitation de la part de l’ennemi de se retrouver ensemble. Et sans doute il convient d’insister sur le fait que se retrouver ensemble est bien une pensée qui est tout à fait selon le désir du cœur de Dieu. « Voici, qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble ! » (Ps. 133. 1). Combien cela est quelque chose qui est doux à nos cœurs quand nous pouvons le réaliser.

    Mais on ne va pas insister là-dessus, on a déjà bien parlé des conditions et des caractères qu’il convient de manifester. Voilà l’ennemi qui revient à la charge et qui vient ajouter quelque chose : « Tenons conseil ensemble ». Quelle expression ! Tenir conseil ensemble. On peut dire que, quand on lit cette expression, on tremble. Il y a, à la fin des évangiles, cette même expression : « tenir conseil » dans la bouche des pharisiens. Lisons simplement un verset qu’on retrouve à plusieurs reprises à la fin des évangiles. En Matthieu 27. 1 il s’agit des sacrificateurs : « Or, quand le matin fut venu, tous les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple tinrent conseil ». Quelle est la suite ? : « contre Jésus pour le faire mourir ». On peut dire que c’est là, toujours, le but final de l’ennemi : s’opposer à la personne du Seigneur Jésus, et arriver à cette fin pour lui, évidemment qui n’était pas dans ses possibilités, de mettre à mort le Seigneur Jésus. « Tenir conseil ». Voilà les conseils humains, les conseils de Satan, qui sont ici dévoilés.

    Nous avons lu, à la fin du verset 9, cette expression concernant les mains : « Fortifie mes mains », et en parallèle juste avant : « les mains lassées ». On pourrait dire, Néhémie était âgé à cette époque-là, sûrement plus de 80 ans. Un serviteur qui avait déjà bien servi. Mais il avait toujours la même énergie, la même force. Il était comme Caleb. Il y a eu d’autres serviteurs qui ont eu les mains lassées. Nous pensons à Moïse en Exode 17 où il fallut que ses mains soient soutenues par Aaron et Hur (Ex. 17. 12). On pourrait dire que, dans notre passage, les mains lassées cela concerne des personnes qui sont fatiguées physiquement.

    Quand on commence la vie on est plein d’agilité, on est plein de zèle, on est plein de force et les mains peuvent agir facilement, elles ne se lassent jamais. Soyons prudents. En tout cas, retenons ce que la Parole de Dieu nous dit quant au moyen d’utiliser nos mains. On a insisté là-dessus, sur la confiance en Dieu, sur se fortifier en Dieu. Il y a encore un passage que nous pourrions citer dans le livre des Proverbes.

    Il s’agit d’un enseignement qui s’adresse à deux catégories de personnes : d’un côté quelqu’un que le livre des Proverbes appelle « mon fils », un terme rempli de douceur, et il vaut la peine de regarder de près (mais ce n’est pas ce que nous pouvons faire maintenant) à qui ce terme « mon fils » qui s’adresse d’une manière particulière, au seul fils que la Parole de Dieu nous désigne appartenir à Salomon, Roboam. Il y a là un enseignement tout particulier que Salomon donne à son fils Roboam dont il nous est dit, dans d’autres passages, qu’il était jeune et fragile. Salomon avait discerné combien son fils était fragile et avait besoin d’un secours tout particulier. Et il va laisser cet enseignement pour que ce jeune roi puisse avoir quelque secours.

    Et si nous regardons les caractères qui sont donnés à ce fils pour qu’il acquière la sagesse nous avons ces caractères dans le chapitre 2 du livre des Proverbes dans les premiers versets. Nous n’allons pas nous arrêter sur ces versets, mais plus sur ce que nous trouvons au chapitre 6 où nous voyons la deuxième personne qui est présentée dans ce livre des Proverbes, le méchant. D’un côté il y a « mon fils », celui qui va écouter l’enseignement de la Parole, qui va croître dans la crainte de l’Éternel ; et d’un autre côté, il y a celui qui va refuser d’écouter et qui va s’éloigner, suivant l’exemple de deux femmes qui sont présentées aux chapitres 7 et 9 de ce livre des Proverbes, la femme étrangère et la femme folle.

    Quand on considère l’enseignement de ces femmes, ce qu’elles ont dans leurs maisons, ce qu’elles offrent, la fin de ces deux femmes, et la fin pour ceux qui écoutent ce qu’elles disent, c’est la mort et c’est le shéol. Donc il est extrêmement sérieux de savoir qui on écoute, et ce que l’on met en pratique. Et dans le chapitre 6 du livre des Proverbes, nous avons les caractères du méchant, de celui qui n’écoute pas, au verset 12 : « Celui qui marche, la perversité dans sa bouche, est un homme de Bélial, un homme inique ; il cligne de ses yeux, il parle de ses pieds, il enseigne de ses doigts ; il y a des pensées perverses dans son cœur, il machine du mal en tout temps, il sème des querelles » (v. 12 à 14).

    Si nous regardons de près ce qui caractérise ce méchant, il y a cinq parties du corps qui sont mentionnées. Il y a tout d’abord au verset 12 sa bouche, au verset suivant ses yeux, ses pieds, ses doigts donc sa main, et enfin au verset 14 son cœur. Voilà donc quelqu’un qui a un cœur, des yeux, une bouche, une main, et qui va ainsi à la fois marcher, et avec sa main agir. Que va-t-il faire avec sa main ? Il est caractérisé comme un homme de Bélial. Où va-t-il marcher ? Sûrement pas dans un bon chemin. Alors, que lui manque-t-il pour agir ainsi ? Si nous regardons de près et si nous trouvons celui que la parole caractérise comme « mon fils », il lui manque des oreilles. Il n’a pas d’oreilles. Si nous n’écoutons pas la Parole de Dieu, nous ne saurons pas comment marcher et comment laisser nos mains agir. Il y a là une chose sur laquelle nous pouvons nous arrêter et méditer sur ce qui est placé là devant nous.

    Si nous continuons dans ce que nous avons déjà vu, nous voyons cette invitation faite à Néhémie d’aller à l’intérieur du temple, de fermer les portes du temple. Le premier piège qui avait été placé devant Néhémie, ce que nous avons vu ce matin, c’était de descendre dans la vallée d’Ono, avec une très grande agitation. Ici c’est de s’enfermer dans le temple. On aurait pu penser que c’était effectivement un lieu propice pour se rencontrer avec d’autres personnes pour tenir conseil, pour parler. Mais qu’enseignait la Parole à ce sujet ? Qui pouvait entrer dans le temple ? Deux catégories de personnes : les Lévites et les sacrificateurs. Or Néhémie n’était ni Lévite, ni sacrificateur.

    On aurait pu dire : On est dans un temps de difficultés, un temps de petites choses, dans un temps trouble. C’est un détail. On ne va pas s’arrêter à cela. On est invité à aller dans le temple, on va y entrer. Non ! Néhémie garde toute la Parole, l’enseignement est là : ne pas entrer dans le temple. Il n’entre pas, il refuse. Un geste de Néhémie : l’obéissance à la Parole. L’obéissance à la parole conduit toujours à la bénédiction.

    Ensuite il y a ces menaces de venir pour le tuer. Si précédemment Néhémie a pu dire qu’il avait un grand travail à accomplir, s’il considérait que ce qui lui était confié avait de la valeur aux yeux de Dieu, maintenant il met l’accent sur ce qu’est un serviteur aux yeux de Dieu : « un homme comme moi fuirait-il ? » Il a la certitude que le Seigneur prendra soin de lui comme Il a toujours pris soin de ses serviteurs. On l’a dit aussi à plusieurs reprises, dans tout ce qui est placé là devant nous, nos regards sont tournés vers la personne du Seigneur Jésus.

    Et Lui aussi, dans son chemin, à plusieurs reprises, Il a été l’objet de ces attaques de l’ennemi qui cherchait à Le faire mourir. Citons deux passages :

    Luc 13. 31 à 33 : « En ce même jour, des pharisiens vinrent, lui disant : Retire-toi et va-t’en d’ici ; car Hérode veut te tuer. Et il leur dit : Allez, dites à ce renard : Voici, je chasse des démons et j’accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour je suis consommé. Mais il faut que je marche aujourd’hui et demain et le jour suivant, car il ne se peut qu’un prophète périsse hors de Jérusalem ». Le Seigneur Jésus était venu ici-bas pour accomplir la volonté de son Dieu et Père, et rien ne pouvait Le détourner de son chemin. Aucune menace d’où qu’elle vienne ne pouvait L’arrêter.

    Jean 11. 7 à 10 : « Puis après cela, il dit à ses disciples : Retournons en Judée. Les disciples lui disent : Rabbi, les Juifs cherchaient tout à l’heure à te lapider, et tu y vas encore ! Jésus répondit : N’y a-t-il pas douze heures au jour ? Si quelqu’un marche de jour, il ne bronche pas, car il voit la lumière de ce monde ; mais si quelqu’un marche de nuit, il bronche, car la lumière n’est pas en lui ».

    Je voudrais encore placer devant nous un verset dans le livre des Psaumes dont Néhémie est le témoin. Psaume 111. 10 : « La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse ; tous ceux qui pratiquent [ses préceptes] auront une bonne intelligence ». On l’a lu ce matin, Néhémie avait cette crainte de Dieu. Il a su répondre, et fermement, aux attaques de l’ennemi. Il connaissait les préceptes, on vient de le voir, et il a eu l’intelligence nécessaire pour répondre et dire : « Je reconnus que, voici, ce n’était pas Dieu qui l’avait envoyé » (Néh. 6. 12). La crainte de l’Éternel, le commencement de la sagesse, et l’intelligence selon Dieu.

    « Un homme comme moi fuirait-il ? » Il serait peut-être utile de parler un peu de ce sujet, de cette question, fuir. Il y a bien des passages qui sont clairs, sans ambiguïté. Fuir les convoitises, l’idolâtrie, la fornication, etc. En tout cas la Parole est là pour nous montrer que nous avons à fuir le mal, à l’avoir en horreur. On a vu que Joseph a eu raison de fuir. On vient de citer ce passage dans Luc 13, le Seigneur n’a pas fui lorsque Hérode menaçait de Le tuer. Élie a fui devant les menaces de Jézabel. Y a-t-il des critères qui permettent de dire que dans tel cas je peux résister au mal ou plutôt au danger, et dans un autre cas je dois fuir ? Ici Néhémie n’avait pas le sentiment qu’il devait fuir.

    Je pense à cela parce qu’on a parfois bien de la crainte en entendant des jeunes qui sont placés devant bien des tentations, des invitations, des incitations à aller avec des camarades, et puis il y a telle réception pour telle occasion, on a parfois de la crainte quand on les entend nous dire : Mais je sais jusqu’où je peux aller. Je sens bien les limites jusqu’où je peux aller. Quand il faudra, je m’en irai. Et il semble qu’il n’y ait pas de critère précis pour rester dans un cas et fuir dans un autre. Je pense que bien des frères pourront dire quelque chose sur ce sujet.

    Mais en fait, la réponse se trouve dans tout ce qu’on a déjà vu, de se tenir près du Seigneur, ne pas laisser la chair nous dicter notre chemin, que ce ne soit pas notre propre volonté, que ce soit réellement la volonté du Seigneur que nous ayons le désir d’accomplir. Je pense que c’est bien là les seuls critères. Que nous sachions regarder au Seigneur et Lui demander, si c’est sa pensée, de nous donner la force de résister, ou bien s’Il nous demande au contraire de ne pas insister et de nous retirer et fuir telle situation.

    Dans le passage qui est devant nous, il y a une chose que Néhémie fuit, et une chose pour laquelle Néhémie ne fuit pas, et cela nous donne bien la balance, l’équilibre. Quand il dit : « Un homme comme moi fuirait-il ? », c’est fuir quoi ? Le service du Seigneur, l’ordre du Seigneur. Satan veut lui faire fuir l’ordre du Seigneur, l’œuvre du Seigneur pour une manigance humaine avec une portée grave. Par contre il y a ce que fuit Néhémie. Que fuit-il ? Il fuit la désobéissance. Et c’est ce que nous avons quand il dit : « Quel homme comme moi entrerait dans le temple et vivrait ? » La désobéissance, non ! Non, ce n’est pas possible.

    Cela paraît être un bel arrangement, et le christianisme autour de nous est plein de bons arrangements humains : La Parole de Dieu nous dit ainsi, mais c’est tellement mieux si on fait autrement. Voilà ce que l’ennemi vient susurrer aux oreilles des croyants. Et combien de fois on entend de telles choses. Un de nos frères d’autrefois, celui auquel nous devons la traduction de la Parole, s’entretenait avec un théologien célèbre de l’époque de la manière dont les enfants de Dieu étaient appelés à se rassembler. Et le théologien a fini par dire, Bible en main : « Bien sûr, vous avez raison ! Mais ce n’est plus possible de nos jours ». Et notre frère lui a répondu : « Mais, avez-vous essayé ? » Mais oui, ce que Dieu dit fonctionne. Cela fonctionne quand on recherche ce qu’Il dit. Dieu agit par son Esprit.

    Et quel bonheur de pouvoir se retrouver autour du Seigneur, comme on le chante dans le cantique 20, d’adorer tous ensemble dans ce culte de frères, où l’Esprit Saint est notre directeur ! Ainsi il nous faut fuir la désobéissance, fuir ce qui n’est pas selon Dieu, et en même temps ne pas fuir ce que Dieu place devant nous. Nous avons un exemple magnifique, c’est le Seigneur Jésus. Il a dressé sa face résolument vers Jérusalem, la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés. Il n’a pas détourné sa face. C’était la volonté de Dieu.

    Et puisqu’on parle du Seigneur Jésus, Il n’a jamais dû fuir quelque chose. Pourquoi cela ? Parce que ce que nous devons fuir, ce sont les convoitises de la chair, c’est la chair en nous, et tout ce que la chair nous présente. Il faut fuir cela. C’est pourquoi, notre frère l’a cité, nous devons fuir la fornication, nous devons fuir l’idolâtrie. Ce sont des choses qui viennent de notre chair. Alors il faut les fuir. Le Seigneur Jésus n’avait pas de péché. Une grande différence que nous pouvons retenir.

    Et d’autre part Néhémie a une tâche à accomplir, que Dieu Lui-même lui a donnée ; et lui, dans cette tâche, se tient devant Dieu. Il se sent responsable devant Dieu pour cette tâche. Donc il ne pouvait pas s’enfuir. C’est l’obéissance qui le tient à sa place. Et ce sont des principes qui sont très importants pour nous.

    Quant à l’exemple concernant les jeunes, et nous aussi les plus âgés, que peut-être nous pensons pouvoir résister, ou aller jusqu’à un certain degré sans que cela ne nous mette en danger : Attention ! Le danger est là ! Si déjà nous disons que nous allons connaître nos limites, nous faisons déjà fausse route. Parce que nous ne connaissons pas nos limites, nous les franchissons très facilement. Attention ! Prendre un tel chemin devrait déjà nous mettre en garde.

    Donc, n’allons pas à de telles rencontres. N’allons pas avec des personnes qui peuvent nous conduire dans des dangers qui nous ferons succomber. Il existe en allemand un adage qu’on connaît : « celui qui entre délibérément dans le danger y succombera ». Et aller dans une telle rencontre où on sait qu’on boit, qu’on danse, qu’on fait n’importe quoi, et dire : moi, je ne vais pas cela avec eux, c’est déjà entrer dans cette situation dangereuse où on succombe. Ou bien, on ne succombe peut-être pas en participant, mais on succombe dans le fait de ne pas être en témoignage pour le Seigneur. On ne peut pas l’être.

    Il y a aussi des jeunes qui disent : je vais être un témoin parmi ces autres personnes. On trouve que c’est une bonne idée, mais attention ! Le Seigneur ne nous a pas envoyé là pour être son témoin. Mais Il veut que nous le soyons par notre attitude en disant : « Non ! » à de telles rencontres, à de telles activités.

    On trouve dans la Parole plusieurs exemples d’hommes qui ont fui, et qui n’auraient pas dû fuir : dont Jonas. Nous connaissons bien ce passage par rapport à ce qui vient d’être dit : « Et Jonas se leva pour s’enfuir à Tarsis, de devant la face de l’Éternel » (Jonas 1. 3). L’Éternel l’avait envoyé à Ninive pour l’avertir à cause de sa méchanceté, et elle devait se repentir. Jonas, on le voit dans le 2ème livre des Rois, était un prophète qui avait aussi été utilisé pour annoncer la grâce (2 Rois 14. 25). Et là l’Éternel lui demande un autre service qui est d’annoncer le jugement.

    Et voilà un service qui ne lui plaît pas. Il choisit, en quelque sorte, son service. Et que fait-il ? Au lieu d’accomplir le service que Dieu lui confiait, le voilà qui s’enfuit de devant la face de l’Éternel. Et chose extraordinaire – on pourrait dire, l’Éternel va en utiliser un autre – l’Éternel va s’occuper de Jonas jusqu’au point où Jonas accomplira son service, et on voit par ailleurs comment aussi Dieu continue de travailler dans ce cœur qui, en fait, n’avait pas compris ce que c’était que la grâce de Dieu. Les deux vont ensemble. Pour comprendre la grâce de Dieu nous avons besoin de réaliser quel est le jugement de Dieu sur cette terre.

    2 Timothée 4. 16 et 17 : « Dans ma première défense, personne n’a été avec moi, mais tous m’ont abandonné : que cela ne leur soit pas imputé. Mais le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié, afin que par moi la prédication fût pleinement accomplie et que toutes les nations l’entendissent ». Et au début de cette 2ème épître à Timothée, l’apôtre invite Timothée à prendre part aux souffrances de l’évangile, à prendre sa part des souffrances comme un bon soldat de Jésus Christ. On peut être amené à fuir la face de Dieu en réalisant, en quelque sorte, tout ce que la chair va être amenée à souffrir. Parce que la chair ne peut pas marcher dans ce chemin-là, dans un chemin où on peut être amené à connaître la calomnie, peut-être la souffrance, peut-être la persécution. Et combien nombre de chrétiens ont fui devant cela. Et là l’apôtre a été saisi, et devant la crainte d’être eux-mêmes persécutés ceux qui étaient avec lui l’abandonnent, mais le Seigneur l’a fortifié.

    Nous avons un autre exemple encore. C’est de Marc (appelé aussi Jean) qu’il s’agit. En Actes 13 nous voyons que Barnabas prend ce jeune homme avec lui, mais il le prend trop tôt, et quand Marc est placé devant la difficulté, il revient en arrière, à tel point que cela produira des difficultés entre Paul et Barnabas. Mais il est extraordinaire de voir ensuite qu’un travail se fait dans ce serviteur, et quel serviteur c’est puisque l’apôtre parle de ce qu’il trouve en Marc, et c’est lui qui nous a donné l’évangile.

    On peut fuir parce que le service semble trop difficile, parce qu’on ne veut pas obéir au Seigneur, parce qu’on veut son service à soi. On peut fuir parce qu’on a été entraîné trop tôt dans le service qui est au fond celui que le Seigneur nous donnera mais on s’y est engagé trop tôt. Il est important de faire attention quand nous poussons un jeune frère ou une jeune sœur dans le service. C’est le cas de Marc. Dans l’exemple que nous avons là, on peut dire que c’est un côté qui est particulièrement dangereux.

    L’ennemi a essayé jusque-là d’entraîner Néhémie sur un terrain d’élargissement, et Néhémie a montré son attachement au service que Dieu lui avait confié, au peuple de Dieu, pour la maison de l’Éternel. Et l’ennemi utilise cet attachement pour essayer de le faire tomber. Et pour nous, il est important de faire attention à ce principe. L’ennemi va peut-être utiliser notre attachement pour Dieu, pour le Seigneur Jésus, notre souci de l’évangélisation, notre fidélité, notre confiance en Dieu, pour essayer de nous faire dévier du chemin dans lequel Dieu nous a demandé de marcher.

    Nous en avons un exemple avec le Seigneur Jésus quand dans la seconde de ses trois tentations l’ennemi lui rappelle ce verset : « Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, et ils te porteront sur [leurs] mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre une pierre » et il Lui propose de se jeter d’en-haut du temple. Autrement dit : Dieu s’occupera de toi. Alors vas-y, maintenant jette-toi en bas du haut du temple, et quel témoignage sera rendu quand le peuple te verra descendre ainsi, gardé par Dieu. Et c’est un sujet auquel nous devons être attentifs.

    Qu’est-ce qui a gardé Néhémie ? Si dans le premier danger ce qui l’a gardé c’était l’importance du travail, ici dans cette troisième tentation (la deuxième c’était la calomnie), il dit : « un homme comme moi », c’est la conscience de ce qu’il est, et de ce qu’il ne peut entrer ainsi dans le temple ; la conscience du service que Dieu lui a confié, la conscience de ce qu’il est, qu’il a été appelé par Dieu, c’est ce qui l’empêche de fuir. Comment fuirait-il de devant la face de Dieu, et aussi comment fuirait-il devant l’ennemi ? À ce moment-là, quel témoignage rendrait-il au peuple qui se trouve là ? Et en même temps il a conscience de sa place devant Dieu. Car s’il n’allait pas entrer dans le temple, c’était bien parce que c’était la place des sacrificateurs et des Lévites. Et nous avons à faire tout à fait attention à cela.

    C’est la connaissance de la Parole de Dieu qui nous gardera. Nous avons à veiller dans tous nos pas aussi bien d’un côté que de l’autre. Cela a quelque fois été rappelé : le chemin étroit a deux côtés. Prenons garde à veiller ainsi sur toute la Parole de Dieu, connaissant toute la Parole de Dieu.

    Nous avons l’exemple dans la Parole de Dieu d’un roi qui s’est élevé dans son cœur. Un roi qui avait été fidèle jusque-là. C’était Ozias. « Mais quand il fut devenu fort, son cœur s’éleva jusqu’à le perdre, et il pécha contre l’Éternel, son Dieu, et entra dans le temple de l’Éternel pour faire fumer [l’encens] sur l’autel de l’encens » (2 Chron. 26. 16). Et la suite nous montre comment il insista et fut châtié par Dieu. Pour nous, cela a été souvent dit, nous avons à nous garder, aussi bien quand on est, d’un côté, gardé des artifices du diable, des convoitises de la jeunesse, et aussi gardé de cet orgueil spirituel – on voit Ozias qui s’est élevé dans son cœur et il est entré dans le temple où il n’avait rien à faire.

    Pour Néhémie, ce n’était pas la même chose. Et combien l’ennemi va essayer de nous détourner de ce chemin. Quel est le secret ? Cela a été rappelé : nous tenir devant le Seigneur Jésus, dans sa présence, en réalisant ce qu’Il est [et ce qu’on est]. « Un homme comme moi ». Le Seigneur m’a confié un service, c’est sa gloire qui est en jeu. Mais en même temps, je suis indigne. Qu’est-ce que je ferais là où je n’ai pas ma place, où c’est la place du Seigneur Jésus – le souverain sacrificateur, c’est Christ. On voit combien nous avons à réaliser la ruse de l’ennemi qui veut nous amener à pécher contre l’Éternel.

    La question a été posée. Où pouvons-nous aller et que devons-nous fuir. Nous n’avons pas du tout la prétention de donner une réponse à cette question. Nous pensons à ce qui a été écrit par un frère il y a plus de cent cinquante ans dans un pays voisin, qui s’adressait justement à un jeune homme qui avait ce même genre d’interrogation et qui lui disait : Tu portes le nom de Christ. Partout où tu vas, tu amènes Christ avec toi. Gardons cette pensée dans nos cœurs. Partout où nous allons, nous portons le nom de Christ, nous amenons Christ avec nous.

    Pouvons-nous aller dans tous les lieux ? Chacun a la réponse à cette question. Nous voudrions souligner encore à ce sujet ce que nous avons déjà évoqué rapidement. Dans le livre des Proverbes, il y a là encore la réponse à cette question, des enseignements concernant cette question ; il y a là des avertissements. C’est bien un danger que de penser qu’on peut aller dans un chemin jusqu’à un certain endroit, et qu’on aura la sagesse et la force en temps voulu, en temps utile de s’arrêter. Il n’y a que la folie du cœur humain qui peut nous faire croire cela.

    Nous ne faisons que citer deux passages du livre des Proverbes, les laissant devant notre cœur et pour la lecture de chacun, soulignant seulement des expressions qui y sont contenues. Proverbes 7. 6 à 23, nous avons la sollicitation, l’invitation, que la femme étrangère fait à celui qui ici est appelé le jeune homme. Et je lirai versets 7 à 9 : « et je vis parmi les simples, j’aperçus parmi les jeunes gens, un jeune homme dépourvu de sens, qui passait dans la rue, près du coin où demeurait cette femme, et il prit le chemin de sa maison, au crépuscule, au soir du jour, au sein de la nuit et de l’obscurité ».

    Voilà quelqu’un qui n’a pas une volonté arrêtée de s’égarer. Non. Il va son chemin, on pourrait dire tranquillement, sans but, sans objectif bien précis. Peut-être que dans sa pensée, dans son cœur, intérieurement, il a quelque sollicitation, mais il va son chemin. Et un danger particulier est souligné ici : il le fait au crépuscule du soir, à la nuit. Et nous savons combien, dans la Parole, cette pensée de la nuit est associée au travail de l’ennemi. Le Seigneur pouvait parler de travailler de jour et dire : « la nuit vient, en laquelle personne ne peut travailler » (Jean 9. 4). Gardons-nous de ce crépuscule, de tous ces lieux d’obscurité.

    Et il y a là une femme bruyante, dont il nous est dit qu’elle a la mise d’une prostituée et le cœur rusé. Témoignage de quelqu’une qui a abandonné son premier amour, qui a abandonné l’amour auquel elle aurait dû demeurer attachée. Verset 14 : « J’ai chez moi des sacrifices de prospérités, j’ai aujourd’hui payé mes vœux ». Elle va avoir un discours très rusé, elle va donner l’impression qu’on peut mélanger les pensées humaines avec quelque service religieux, avec quelque pensée religieuse, peut-être quelque pensée trouvée dans la Parole. Gardons-nous de ces ruses de l’ennemi !

    Verset 21 : « Elle le détourna par beaucoup de douces paroles, elle l’entraîna par la flatterie de ses lèvres ». Gardons-nous de ces douces paroles et de ce qui peut nous flatter. Combien alors nous sommes vite pris ! Combien nous sommes sensibles à ces douces paroles, à ces flatteries, et combien facilement nous les écoutons ! Et, que nous est-il dit de celui qui au début allait simplement dans le chemin ? « Il est allé aussitôt après elle, comme le bœuf va à la boucherie » (v. 22).

    Rien ne va le sortir de ses griffes, il est pris dans ses filets, « comme l’oiseau se hâte vers le piège et ne sait pas qu’il y va de sa vie » (fin du v. 23). Voilà le commencement, voilà le terme d’un tel chemin, quand on écoute les flatteries, les douces paroles qui sont mélangées à ce qui peut paraître quelque chose d’agréable, dans l’obscurité.

    Et nous avons le même enseignement au chapitre 9. 13 à 18, où il s’agit de la femme folle et bruyante qui elle aussi a une maison, qui elle aussi appelle celui qui est simple, qui est dépourvu de sens. Et là encore, verset 17, elle dit : « Les eaux dérobées sont douces, et le pain [mangé] en secret est agréable ! » Ah ! On aime ce qui est dérobé, ce qui est sorti de son contexte, ces paroles qui sont attrayantes pour le cœur humain, ce pain qui est mangé en secret. Voilà quelque chose qui est ignoré de tous les autres. Quelles douces flatteries !

    Et la fin est la même : « Ses conviés sont dans les profondeurs du shéol » (v. 18). Avertissements sérieux ! Lisons ces passages. Sondons ce que nous dit l’Écriture. Mais entre ces deux passages lisons aussi le premier paragraphe de Proverbes 8 et nous verrons qu’il y a une autre femme, qu’il y a d’autres paroles, une autre maison : c’est la sagesse. Et elle crie, parce qu’elle s’adresse à tous, elle fait retentir sa voix. Et si nous lisons ce passage, on voit qu’elle crie à tous les endroits, pour tout ce qui concerne les maisons, les lieux de travail, pour ce qui concerne les relations avec les autorités, et elle donne la sagesse et elle apporte la bénédiction. Et le résultat ce sont les versets 17 et 18 : « J’aime ceux qui m’aiment ; et ceux qui me recherchent me trouveront. Avec moi sont les richesses et les honneurs, les biens éclatants et la justice ». Quelle bénédiction !

    Et cela nous ramène à notre chapitre. Parce que, dans ce chapitre, si nous continuons notre lecture, nous voyons l’objectif de l’ennemi au verset 13 : « C’est pour cela qu’il était payé, pour que j’eusse peur et que je fisse ainsi et péchasse, et qu’ils eussent de quoi me faire un mauvais renom, afin de me couvrir d’opprobre ». Me faire un mauvais renom.

    Si nous apportons Christ avec nous dans ces différents lieux auxquels les uns et les autres nous pouvons aller, et si nous écoutons ces voix douces, agréables au cœur humain mais combien dangereuses, n’allons-nous pas apporter un mauvais renom sur le nom du Seigneur ? Quel témoignage ! Alors pour Néhémie, était-ce important d’avoir un bon ou un mauvais renom ? Est-ce important pour nous d’avoir un bon ou un mauvais renom ? Si cela ne concernait que nous, cela n’a aucune importance. Mais nous devons nous en tenir à ce que la Parole de Dieu nous enseigne, et elle nous parle au moins à deux reprises du bon renom.

    « Mieux vaut une bonne renommée que le bon parfum » (Eccl. 7. 1). Nous avons une autre pensée en Proverbes, 22. 1 : « Une bonne renommée est préférable à de grandes richesses ». Que pouvons-nous retenir comme enseignement de ces deux versets ? Il semble que dans ces deux versets soit soulignée devant nous l’importance de la condition et de l’état moral dans lesquels se trouve le serviteur du Seigneur. Dans le verset d’Ecclésiaste 7, la bonne renommée est mise en parallèle avec le parfum. On peut penser que le bon parfum mentionné en Ecclésiaste 7 c’est le parfum qui était utilisé pour oindre le sacrificateur pour le qualifier pour le service qui était le sien. Ce qui est donc quelque chose d’extrêmement utile pour que le sacrificateur, revêtu de ses vêtements, soit oint de ce parfum pour être qualifié pour aller servir, et accomplir ce qui était devant lui.

    Eh bien, ce qui est encore plus utile pour le sacrificateur, et pour chacun de nous, c’est cette bonne renommée. C’est-à-dire, cet état moral dans lequel, partout où nous allons, nous pouvons effectivement apporter le nom de Christ. S’il y a en nous quelque état moral qui nous met en désaccord avec ce qui est de Christ, cela hélas nous disqualifie pour le service, quand bien même nous serions revêtus de ces vêtements qui étaient ceux du sacrificateur, quand bien même nous aurions cette préparation qui était celle du sacrificateur. Nous voyons donc l’importance de cette bonne renommée mentionnée ici, qui est cet état moral et cette condition dans lesquels nous devons continuellement nous trouver.

    En Proverbes 22, la bonne renommée est préférable à de grandes richesses. Nous sommes dans un enseignement qui concerne le peuple terrestre d’Israël pour lequel les bénédictions étaient des bénédictions terrestres, et pour qui la richesse était une bénédiction particulière que Dieu accordait aux Siens. Eh bien, il nous est dit que la bonne renommée est préférable à de grandes richesses. Pour le croyant les bénédictions ne sont pas matérielles mais elles sont spirituelles car nous sommes le peuple céleste de Dieu.

    Et ce que nous avons à rechercher, ce sont bien ces bénédictions spirituelles dont nous sommes bénis dans les lieux célestes dans le Christ Jésus. Nous avons à rechercher la jouissance de ces bénédictions spirituelles. Mais il y a quelque chose qui est encore supérieur, c’est cette bonne renommée, c’est cet état de cœur dans lequel nous jouissons continuellement de la personne du Seigneur Jésus, et nous pouvons aller avec Lui là où Il nous envoie.

    Il serait intéressant que nous regardions de près l’articulation des versets 13 et 14 : « C’est pour cela qu’il était payé, pour que j’eusse peur et que je fisse ainsi et péchasse, et qu’ils eussent de quoi me faire un mauvais renom, afin de me couvrir d’opprobre. Souviens-toi, ô Dieu, de Tobija et de Sanballat, etc. ». Devant qui Néhémie se trouve-t-il ? Devant Dieu. On voit bien que c’est un serviteur dont la chair est tenue en bride, elle est tenue dans la mort. N’oublions pas que le renom du chrétien, c’est d’abord pour Christ.

    En Apocalypse 3 le Seigneur peut parler de confesser le nom d’un vainqueur devant son Père et devant les anges (Apoc. 3. 5). Voilà un renom qui est autre chose que celui d’ici-bas. L’opprobre rejaillit si je suis infidèle et que je ne suis pas en témoignage. Et nous voyons d’une manière magnifique combien Néhémie chaque fois refuse les ruses de l’ennemi, chaque fois obéit tout au long du livre, dans tous les exemples qui nous sont donnés. Et cela se termine par la conclusion morale, c’est le verset 16 : « Lorsque tous nos ennemis l’apprirent, toutes les nations qui nous environnaient craignirent et furent fort abaissées à leurs propres yeux, et elles reconnurent que cette œuvre avait été faite de par notre Dieu ».

    Voilà un témoignage ! Et les ennemis ne peuvent pas faire autrement que de reconnaître un tel témoignage. Et il est important que nous nous rappelions que notre affaire c’est d’être fidèles, notre affaire c’est le chemin du Seigneur, parce que dans le chemin du Seigneur on n’est pas tout seuls, on est avec le Seigneur. Si le Seigneur me donne ce chemin dans cette direction, eh bien, si je suis ce chemin, le Seigneur est devant, et Il est avec moi.

    Si je veux prendre un chemin différent en pensant que c’est mieux, en pensant ma sagesse au-dessus de celle du Seigneur, eh bien c’est un chemin sans le Seigneur et c’est toujours une chute. Quelle que soit la manière dont les choses [se déroulent] c’est une chute, une chute morale.

    Réunion d’études près de Pau (2010)

    BERACA 48 : SAMSON

    Samson a tué un lion et quelques temps après « il y avait dans le corps du lion un essaim d’abeilles, et du miel » (Jug. 14. 8). Les victoires que les croyants en Jésus Christ remportent sur Satan, vu comme le lion rugissant ou le serpent ancien, leur procurent nourriture et douceur parce qu’ils les remportent par la seule force que Dieu fournit. En Apocalypse 5. 5, notre Seigneur Jésus Christ est présenté comme le lion de la tribu de Juda qui a vaincu. Il a vaincu Satan, le monde et la mort qu’il a dû connaître. Et, comme les enfants que Dieu lui a donnés, « ont eu part au sang et à la chair, lui aussi, de la même manière, y a participé, afin que, par la mort, il rende impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et qu’il délivre tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, tenus en esclavage » (Héb. 2. 14 et 15). De sa mort jaillit la vie par sa résurrection et l’effusion du Saint Esprit par sa glorification.

    Samson est donné au peuple d’Israël pour l’aider en des temps d’égarement ; il agit avec une force surhumaine qui lui vient de Dieu. À cause de ce que son beau-père, un Philistin, lui a fait comme affront en donnant sa femme à un autre, il « s’en alla, et prit trois cents chacals ; et il prit des torches, et tourna les chacals queue contre queue, et mit une torche entre les deux queues, au milieu. Et il mit le feu aux torches, et lâcha les chacals dans les blés des Philistins ; et il brûla tant les tas de gerbes que le blé sur pied et les plantations d’oliviers. Et les Philistins dirent : Qui a fait cela ? » (Jug. 15. 4 à 6). Ces derniers jugent la situation et tuent sa femme et son beau-père ; Samson n’accepte pas cela et les frappe « d’un grand coup, à leur casser bras et jambes » (v. 8).

    Il s’en suit que les Philistins viennent en assez grand nombre, sur les terres occupées par la tribu de Juda, comme pour livrer bataille mais ils veulent seulement Samson « pour lui faire comme il nous a fait » (v. 10). Les fils d’Israël sont tombés au plus bas, ils ne souffrent apparemment pas de la domination des Philistins et sont même honteux du libérateur que Dieu leur a donné. Alors des hommes de Juda montent pour lier Samson et s’en débarrasser. « Ne sais-tu pas que les Philistins dominent sur nous ? » v. 11). Cela revenait à lui dire : Nous sommes satisfaits de la situation présente, pourquoi viens-tu nous attirer des difficultés ? Alors, ses propres compatriotes, qui auraient dû prendre position contre l’ennemi, « le lièrent avec deux cordes neuves, et le firent monter hors du rocher. Il vint jusqu’à Lékhi, et les Philistins poussèrent des cris à sa rencontre. Et l’Esprit de l’Éternel le saisit ; et les cordes qui étaient à ses bras devinrent comme de l’étoupe qui brûle au feu, et ses liens coulèrent de dessus ses mains » (v. 14).

    Ne pas accepter celui que l’Éternel employait, pour les délivrer du joug de l’adversaire, c’était s’être détourné bien loin du seul vrai Dieu. Délié par la force que Dieu fournit, Samson « trouva une mâchoire d’âne fraîche, et il étendit sa main et la prit, et en frappa mille hommes » (v. 15). Ils étaient nombreux ceux qui avaient l’espoir de l’anéantir et, seul en face d’eux, comme David que ses frères méprisaient fut seul devant Goliath, il remporte une victoire sur les ennemis du peuple de Dieu.

    Notre Seigneur Jésus, lui aussi, fut seul et combien seul (voir Ps. 102. 6). Seul au désert, seul en Gethsémané, seul sur la croix.

    « Tu fus seul sur la croix, buvant la coupe amère,

    Sans qu’un cœur vînt répondre à ton cri douloureux ;

    Maintenant exalté sur le trône du Père,

    De ta louange, ô Christ, retentissent les cieux »

    (Hymnes et Cantiques n°11).

    Il y a une grande différence entre les héros de la foi et notre Seigneur. S’ils furent des types d’un plus grand à venir, ils l’ont été seulement en certains aspects. Jésus est plus grand que tous car il est Dieu. C’est un mystère appelé « le mystère de la piété » ; il est grand en ce que Dieu qui « est esprit » s’est manifesté aux hommes dans un corps d’homme (Jean 4. 24). Les victoires des hommes de foi ne se comparent pas avec celles de notre Seigneur, toutefois, elles sont enregistrées dans les Écritures (Héb. 11. 32).

    Le rocher spirituel qui suivait les fils d’Israël était le Christ. Ce rocher a été frappé pour qu’un peuple de plus de deux millions d’âmes soit désaltéré. Christ a dû mourir pour que nous ayons la vie et la puissance vivifiante de l’Esprit Saint par sa résurrection et sa glorification. Samson, la victoire remportée, « eut une très grande soif et il cria à l’Éternel, et dit : Tu as donné par la main de ton serviteur cette grande délivrance, et maintenant je mourrais de soif, et je tomberais entre les mains des incirconcis ! Et Dieu fendit le rocher creux qui était à Lékhi, et il en sortit de l’eau ; et il but, et son esprit revint, et il vécut » (v. 18 et 19). Cette source fut appelée : la source de celui qui crie !

    Nous pensons aux paroles de notre Seigneur, par les prophètes et par lui-même :

    « J’ai dit : Mon Dieu, ne m’enlève pas à la moitié de mes jours ! » (Ps. 102. 24).

    « Et s’en allant un peu plus avant, il se jeta contre terre, et il priait que, s’il était possible, l’heure passât loin de lui » (Marc 14. 35).

    « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Marc 15. 34).

    Jésus a dû passer par la mort pour que la victoire fut totale et définitive : « Tu m’as répondu d’entre les cornes des buffles. J’annoncerai ton nom à mes frères, je te louerai au milieu de la congrégation » (Ps. 22. 21 et 22).

    L’apôtre Jean, exilé sur l’ile de Patmos, entend une voix ; il se retourne et voit « … quelqu’un de semblable au Fils de l’homme, … son visage était comme le soleil quand il luit dans sa force. Lorsque je le vis, je tombai à ses pieds comme mort. Il mit alors sa main droite sur moi et dit : Ne crains point ; moi, je suis le premier et le dernier, et le vivant ; et j’ai été mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles » (Apoc. 1. 12 à 18). C’est à Lui que Samson a crié, c’est à Lui que nous devons crier pour être délivré dans tous nos combats. L’Esprit de Christ nous vivifie, sa Parole nous désaltère, poursuivons la course en « fixant les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi » (Héb. 12. 2).

    TRADUCTION DE FEUILLETS (98)

    « (Jésus) vint chez Lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, c’est-à-dire à ceux qui croient en son nom » Jean 1. 11 et 12.

    RELIGION OU LIEN DE VIE ?

    Deux voyageurs étaient arrivés tôt à la gare. Leur train était déjà à quai, et ils se cherchèrent les meilleures places dans la dernière voiture. Alors qu’ils discutaient, l’employé du train vint leur recommander de passer dans une voiture de l’avant du train. Qu’est-ce qui ne va pas avec cette dernière voiture ? demandèrent les voyageurs étonnés. Rien, répondit l’employé en riant. C’est seulement qu’elle n’est pas accrochée au train !

    Ces dernières années, le mot adéquat revient toujours plus dans les discussions, et pour de bonnes raisons ! Il faut que les moyens et les méthodes que nous choisissons conduisent réellement au but souhaité.

    Cela est particulièrement important quand il est question du but céleste. Il y a en effet beaucoup de wagons qui veulent nous prendre et nous promettent le ciel. Mais quel wagon nous amène réellement au but ?

    Il n’est pas question d’enseignement religieux ou de rituels. La deuxième partie du verset ci-dessus montre ce qui atteint son but : c’est une relation vivante avec Christ. Celui qui croit en Lui et L’a avec soi dans sa vie, devient un enfant de Dieu et reçoit l’assurance qu’il atteindra en sûreté le but céleste.

    Jésus Christ a assuré être le seul chemin vers Dieu (Jean 14. 6). Cela est contredit dans notre temps post-moderne. Cependant, si vous désirez vraiment avancer avec sûreté et connaître la vérité, croyez à cette affirmation du Fils de Dieu.

    D’après die gute Saat janvier 2025

    « En tout travail il y a profit, mais la parole des lèvres ne mène qu’à la disette » Proverbes 14. 23.

    ÉCOUTER AVANT DE PARLER

    Ce proverbe peut sembler être une platitude, une affirmation tellement évidente qu’il n’est pas nécessaire d’y insister. Il nous enseigne que des paroles prononcées facilement et à la légère, des expressions qui n’ont pas de saveur, ne produiront que des fruits sans valeur. S’il en est bien ainsi dans la vie courante, en famille, dans les magasins ou à l’école, combien plus dans le domaine spirituel.

    Certains d’entre nous ont ce don naturel de parler, depuis leur enfance, librement et sans hésitation sur n’importe quel sujet. Il ne s’ensuit pas, cependant, qu’un tel parleur, même dans une réunion, soit capable de toucher l’âme de ses auditeurs. Ceux qui l’écoutent avec attention et sensibilité remarquent presque instinctivement si l’orateur a été, ou non, sur ses genoux dans la présence du Seigneur avant d’exprimer ses pensées. Ses paroles sont-elles seulement le produit de son intelligence, ou jaillissent-elles d’un amour fervent pour le Seigneur et pour ses auditeurs ? Même si certains lui disent ensuite qu’ils ont joui de son ministère, ce n’est pas une preuve que ses paroles étaient réellement les oracles de Dieu. Le parler en public dans l’assemblée, quelque fluide et intéressant qu’il soit, n’est jamais aussi profitable qu’un humble travail d’amour patient, diligent, sérieux et humble avec les âmes.

    De plus, gardons-nous de clichés, d’expressions dénuées de sens, surtout si elles ont simplement été empruntées à d’autres. Souvenez-vous que « Les paroles de l’Éternel sont des paroles pures, un argent affiné dans le creuset de terre, coulé sept fois » (Ps. 12. 6).

    Tout cela, cependant, ne signifie pas que nous devions aller agir à l’opposé comme David qui dit, au Psaume 39. 2 : « J’ai été muet, dans le silence ; je me suis tu à l’égard du bien ». Plutôt, tout en étant attentifs à écouter et lents à parler, parlons comme oracles de Dieu.

    D’après The Lord is near février 1987

    « Il ne criera pas, et il n’élèvera pas sa voix, et il ne la fera pas entendre dans la rue. Il ne brisera pas le roseau froissé, et n’éteindra pas le lin qui brûle à peine » Ésaïe 42. 2 et 3.

    LES CONDUCTEURS DOIVENT USER DE DOUCEUR DANS LEURS RÉPRÉHENSIONS

    Le sens du verset 2 est éclairé par les directives de Paul aux serviteurs en 2 Timothée 2. 24 : « Il ne faut pas que l’esclave du Seigneur conteste, mais qu’il soit doux envers tous ». Les exclamations, le ton hystérique n’étaient pas entendus de la part du Serviteur, et ne doivent pas être entendus de la part de ses serviteurs. Dans un esprit de douceur, et capable d’enseigner, le serviteur de Christ doit se conduire d’après le modèle de son Maître dans son service, en attendant, avec prières, que Dieu intervienne et amène à la repentance les opposants à la foi.

    « Il ne brisera pas le roseau froissé, et n’éteindra pas le lin qui brûle à peine ». C’est là un beau trait du Serviteur. Sa tâche exige de lui une grande persévérance, et les opposants, par millions, doivent être surmontés avant que le royaume soit assuré ; mais Il n’écrase pas les faibles afin de l’établir.

    Il est vrai que les regards hautains de l’homme doivent être abaissés en ce jour-là, mais « Il ne brisera pas le roseau froissé, et n’éteindra pas le lin qui brûle à peine ».

    « Le lin qui brûle à peine » – il y a un moment où toucher le lin qui brûle à peine peut l’éteindre, ou des soins attentifs peuvent ranimer la flamme. Il y a un moment où toucher veut tout dire. Simon Pierre était certainement un lin qui brûle à peine quand, ayant renié le Seigneur avec des imprécations, il sortit et pleura amèrement. Le Maître n’a pas éteint le lin qui fumait. Par sa prière profonde et fervente, Il avait déjà intercédé pour Pierre, afin que sa foi ne défaille pas, que la flamme qui brûlait à peine ne s’éteigne pas : un regard au moment critique, et ensuite des paroles fortes et tendres ont restauré Pierre qui avait défailli, afin qu’il serve le Seigneur.

    D’après The Lord is near février 1987

    « Car je n’ai personne qui soit animé d’un même sentiment avec moi pour avoir une sincère sollicitude pour ce qui vous concerne ; en effet tous cherchent leurs propres intérêts, non pas ceux de Jésus Christ. Mais vous savez que Timothée a été connu à l’épreuve, pour avoir servi avec moi la cause de l’évangile comme un enfant sert son père » Philippiens 2. 20 à 22.

    L’HUMILITÉ, CARACTÈRE NÉCESSAIRE DU CHRÉTIEN

    Il y avait là du renoncement. Timothée consentait à être séparé de son inestimable ami et père dans la foi, pour tranquilliser l’esprit de celui-ci quant à l’état des Philippiens. C’était vraiment la preuve d’un dévouement et d’un renoncement à soi-même sans prix.

    Timothée ne parlait pas de ces choses – il les mettait en pratique. Il ne se vantait pas de ce qu’il faisait ; mais Paul, conduit par le Saint Esprit, les gravait sur une tablette où elles ne pouvaient jamais être effacées, ce qui était infiniment mieux. Qu’un autre vous vante, mais pas vous-même. Cela est divin. Le moyen assuré d’être élevé, c’est de s’abaisser. Telle est la loi du chemin du ciel. Un homme qui se donne beaucoup d’importance épargne aux autres la peine de le faire pour lui. On ne peut rien faire de deux personnes faisant la même chose.

    La satisfaction de soi-même est une mauvaise herbe qu’on ne trouve nulle part dans toute la création. Malheureusement, on la trouve souvent dans les voies de ceux qui professent appartenir à la création bénie et sainte, mais elle ne vient pas du ciel. Elle fait partie de la nature tombée – une mauvaise herbe qui pousse brillamment dans le terrain de ce monde. Les hommes de cette génération pensent qu’il est louable de se pousser et de se faire un chemin par eux-mêmes. Mais notre Maître céleste était tout le contraire de cela. Celui qui avait fait les mondes s’abaissait à laver les pieds d’un disciple ; et si nous Lui ressemblons, nous ferons de même. Il n’y a rien de plus étranger aux pensées de Dieu, à l’esprit du ciel, à l’esprit de Jésus, que de se rendre soi-même important, et de s’occuper de soi-même. Et d’autre part, rien n’a plus le parfum de Dieu, du ciel, et de Jésus, que le renoncement à soi-même.

    D’après The Lord is near février 1987 (C.H.M.)

    « Mieux vaut celui qui est d’humble condition, et qui a un serviteur, que celui qui fait l’important et qui manque de pain » Proverbes 12. 9.

    NOTRE MODE DE VIE PRÉSENT AURA SES CONSÉQUENCES

    Bien sûr ! Nous n’avons pas de mal à être d’accord avec une telle affirmation. C’est une autre question, de voir pourquoi le Seigneur nous dit, dans sa Parole, quelque chose d’aussi évident.

    Quel bénéfice spirituel pourrait-il y avoir là ? Mais, poser cette dernière question nous met sur la bonne voie pour trouver la réponse. Les déclarations de l’Écriture ont toujours une signification spirituelle.

    Êtes-vous allé au Seigneur Jésus en confessant vos péchés ? Croyez-vous en Lui et désirez-vous réellement Le suivre, en prenant votre croix dans ce monde ? Si vous le faites, vous serez peu estimé dans le monde, car « tous ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus seront persécutés » (2 Tim. 3. 12). Le monde ne pense pas grand-chose de ceux qui sont tellement vieux-jeu pour croire au Seigneur Jésus.

    Mais êtes-vous conscient que vous avez quelqu’un qui vous sert ? Qui cela peut-il être ? Le Seigneur Lui-même ! Pour ceux qui s’attendent à Lui, Il viendra, les fera mettre à table, et Il les servira. En vérité, pour eux, il ne manquera pas de nourriture, le pain ne manquera pas.

    Que cela est différent pour ceux qui prétendent se suffire, qui se considèrent comme trop hauts pour avoir besoin d’un Sauveur ! Pas de serviteur pour eux ! Et ils n’ont pas non plus un repas préparé pour eux. Au contraire, pour eux il n’y a pas de pain. Vides et affamés, ils doivent errer dans ce monde, et quand la fin viendra, ils n’auront rien.

    Quel encouragement pour ceux qui sont maintenant méprisés. Quelle riche provision ils ont ! Comme ils seront bien nourris ! Mais même maintenant, leur Seigneur prépare une table pour eux en présence de leurs ennemis. Qu’il vaut mieux être méprisé que de vivre avec la fausse prétention que nous méritons d’être honorés.

    D’après The Lord is near février 1987

    « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » Romains 8. 1.

    LE MIRACLE DU SALUT PAR JÉSUS CHRIST

    Avant d’être sauvé, vous étiez dans les ténèbres, et aveuglé par le péché. Bien que vous ayez eu une conscience qui vous convainquait de vos péchés, vous n’aviez pas conscience que votre nature était complètement pécheresse. Mais vos yeux ont été ouverts et vous avez l’Esprit de Dieu demeurant dans votre cœur ; vous avez aussi une nature nouvelle, divine, que vous avez reçu de Dieu – qui aime Dieu, se réjouit dans sa volonté, et hait le péché ; et en conséquence vous ressentez et êtes conscient du péché dans votre vieille nature, comme jamais auparavant. Et dans votre nouvelle nature vous détestez votre vieille nature et désirez en être débarrassée, pour vivre entièrement pour Dieu, car là votre nouvelle nature trouve réelle liberté et joie.

    Or, la première leçon difficile à apprendre, c’est que votre vieille nature ne sera jamais meilleure. Elle ne pourra jamais être améliorée, et Dieu non plus n’essaie pas de l’améliorer. Ce que Dieu a fait, c’est de la condamner et de la crucifier. Quand Christ était sur la croix, Il était là comme votre Substitut. Dieu vous voyait là, et toute votre vie – non seulement les choses que vous faites et que vous dites, mais tout ce que vous êtes dans votre nature tombée que vous avez reçue d’Adam – et Dieu a déclaré une sentence de mort sur vous, et l’a exécutée sur vous dans la Personne de Christ, votre Substitut. Dieu vous a vu là et toute votre vie – non seulement ce que vous faites et dites, mais tout ce que vous êtes dans votre nature pécheresse que vous avez reçue d’Adam – et Dieu a décrété la sentence de mort sur vous – et l’a exécutée sur vous dans la Personne de Christ, votre substitut. Ainsi, votre histoire qui se déroule maintenant jour après jour dans votre vie présente est comme si elle était, pour Dieu, une chose passée, qui s’est terminée par une sentence de mort et son exécution. En conséquence, il n’y a maintenant absolument plus de condamnation pour vous.

    Voilà le grand fait de l’évangile de Dieu ! Dieu n’a pas jugé seulement vos péchés quand Christ les a portés sur la croix, mais Il a jugé que vous étiez si complètement pécheur par nature qu’Il ne pouvait retirer aucune chose de vous. Aussi Il vous a simplement condamné à mort et a exécuté la sentence sur la Personne de Christ, qui a été fait péché pour vous – c’est-à-dire qu’Il a été traité comme s’Il était ce que vous êtes. Grâce merveilleuse !

    D’après The Lord is near février 1987

    « Et l’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et l’amena vers l’homme » Genèse 2. 22.

    LE MIRACLE DE LA CRÉATION DE LA FEMME

    Quelle façon merveilleuse, pour Dieu, de faire les choses ! Après avoir formé l’homme à partir de la poussière, Il s’occupa de former une femme à partir de la côte de l‘homme. Nous pouvons bien, tous, nous identifier avec la petite fille aux yeux grand ouverts qui demandait à sa mère : Mais pourquoi a-t-il fait ainsi ?

    Sans prétendre avoir des réponses finales à cette question, je voudrais suggérer que Dieu a agi de cette manière afin de nous donner une leçon pratique au sujet de son Fils et de l’épouse de son Fils : tout comme l’homme, dans le beau jardin d’Éden désirait avoir quelqu’un qui en jouirait comme lui, ainsi, depuis l’éternité passée, le Fils de Dieu s’est réjoui dans les fils des hommes. Il voulait en avoir de tels qui jouissent des gloires du ciel avec Lui.

    Dieu n’a pas fait la femme indépendamment de l’homme, mais l’a façonnée à partir d’une de ses côtes, de sorte que l’homme pouvait dire : « Celle-ci est os de mes os et chair de ma chair ». Ce n’était pas simplement un autre animal à nommer et à admirer, mais quelqu’un tout comme lui – quelqu’un qui pouvait parler avec lui, l’aimer, et partager les choses les plus intimes de la vie avec lui. De même, le Seigneur Jésus aura pendant toute l’éternité un peuple comme Lui-même, délivré du pouvoir des ténèbres, et conforme à son image.

    Pour qu’une femme soit façonnée à partir d’une côte de l’homme, l’homme devait passer par un profond sommeil. Mais, pour le Seigneur Jésus, cela représentait infiniment plus : Il fallait, qu’Il soit abandonné par Dieu et souffre sous son jugement contre le péché, puis qu’Il descende dans la poussière de la mort. Il n’y avait pas d’autre moyen pour qu’une épouse pour Lui soit rachetée, purifiée, et préparée pour être à Lui. Quel Sauveur !

    D’après The Lord is near février 1987 (G.W. Steidl)

    « La parole de l’Éternel vint à lui, disant : … celui qui sortira de tes entrailles, lui, sera ton héritier… Regarde vers les cieux, et compte les étoiles, si tu peux les compter… ainsi sera ta descendance » Genèse 15. 4 et 5.

    CROIRE SANS DOUTER AUX PROMESSES DE DIEU

    Il fut donné un rêve à Abraham – une révélation de la bénédiction à venir de Dieu – qui semblait impossible. Après des dizaines d’années de mariage avec une épouse stérile, et bien qu’il ait été âgé de soixante-quinze ans – et Sara, de soixante-cinq ans, Dieu promit à Abraham qu’il aurait sa propre famille. Abraham crut Dieu. Mais il se passa de nombreuses années, et le rêve n’était toujours pas devenu une réalité.

    Attendre que Dieu fasse se réaliser nos rêves donnés par Lui est extrêmement difficile : le temps érode lentement notre confiance. Il nous est facile de décider de faire que se réalise notre rêve indépendamment de Dieu. Sara s’impatientait. Vu qu’ils ne pouvaient pas avoir d’enfants ensemble, Sara persuada Abraham de prendre sa servante et d’avoir un enfant par elle.

    La voix de l’impatience nous crie : Ne reste pas assis, fais quelque chose, n’importe quoi ! Nous faisons nos plans, et cherchons à faire par nous-mêmes que se réalisent nos plans. Et nos tentatives, faites sans Dieu, ne nous apportent que misère, à nous et autour de nous. Quand Agar fut enceinte, Sara la haït et la tourmenta, et puis Sara blâma Abraham de tout ce qu’elle souffrait. Le rêve donné par Dieu était devenu un cauchemar fait par l’homme.

    Le secret, pour qu’un rêve donné par Dieu devienne réel, c’est de laisser Dieu prendre soin de l’avenir. Si nous faisons ce que Dieu veut que nous fassions aujourd’hui, nous pouvons avoir confiance que nous faisons ce qui est nécessaire pour permettre à Dieu de réaliser notre rêve. Dieu prendra soin que notre rêve se réalise au moment fixé par Lui, de quelque manière que les choses nous apparaissent aujourd’hui. C’est pourquoi nous pouvons, avec confiance, retenir le rêve que Dieu nous a donné et oser croire au rêve impossible.

    D’après The Lord is near février I987

    « Entre dans le rocher, et cache-toi dans la poussière, de devant la terreur de l’Éternel et de devant la magnificence de sa sainteté » Ésaïe 2. 10.

    LE SALUT PAR LA SEULE FOI EN CHRIST

    Le jour de la grande tribulation est proche, la terreur de l’Éternel est près de tomber avec une violence soudaine sur un monde impie en sommeil. Ésaïe en a parlé il y a bien des siècles et a averti sérieusement Israël de la terreur de ce jour. Mais aujourd’hui les signes abondent de toute part, montrant qu’il est tout proche : Qu’il est encore plus urgent de l’annoncer aux hommes en tout lieu !

    Y a-t-il un endroit de sécurité et de protection parfaites en prévision de cette catastrophe mondiale qui secouera le monde, quand Dieu fera connaître la gloire de sa majesté ? Oui, il y a une place de parfaite sécurité, maintenant, pour tous ceux qui veulent en profiter.

    « Entre dans le rocher ». Israël finira par découvrir que ce rocher est le Christ (cf. 1 Cor. 10. 4) – le Seigneur Jésus, qu’ils ont autrefois rejeté et crucifié. Comment entrons-nous dans le rocher ? – « À tous ceux qui l’ont reçu (Christ), il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, c’est-à-dire à ceux qui croient en son nom » (Jean 1. 12). « En son nom », c’est la place de sécurité absolue, le solide Rocher des âges, contre lequel tous les orages du temps ne peuvent rien faire. La foi personnelle dans le Seigneur Jésus est la protection contre la culpabilité des péchés des hommes et devant la juste terreur du jugement de Dieu. Ne restez pas dehors par incrédulité, mais entrez maintenant, par une foi ferme et décidée, croyant en Lui comme votre Sauveur éternel.

    « Et cache-toi dans la poussière ». Si le Rocher parle de la forteresse de la sécurité, la poussière, en contraste, est une place d’humiliation et de néant. Car l’orgueil de l’homme doit être abaissé dans la conscience qu’il n’est qu’un pécheur, dépendant de la pure grâce de Dieu pour le sauver, en vertu de la rédemption qui est en Jésus Christ. Entrer dans le rocher, c’est donc donner à Christ sa juste place – se cacher dans la poussière, c’est prendre sa place convenable.

    D’après The Lord is near février 1987 (L.M. Grant)

    « Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes » Matthieu 11. 29.

    SE SOUMETTRE DE BON GRÉ À LA VOLONTÉ DE DIEU

    Si nous ne sommes pas disposés à répondre à Dieu et à Lui dire : Père, je te rends grâces, cela prouve seulement que notre volonté ne Lui est pas soumise. Nous n’acceptons pas qu’Il ait son propre plan pour nous. Nous ne désirons pas Le laisser faire ce qui lui semble bon pour nous. Et ainsi nous nous débattons et murmurons, et nous nous plaignons, nous rendant encore plus misérables sans améliorer la situation.

    N’oubliez pas que, dans toutes les circonstances où vous vous trouvez, vous répondez à la voix de Dieu qui vous parle par elles. Vous pouvez répondre à Dieu en disant : Oh, Père, je te rends grâces, car c’est ce qui semble être bon à Tes yeux. Ou bien, vous pouvez dire : Père, je ne te remercierai pas, parce que je ne veux pas ce qui semble bon à Tes yeux. Oh ! dites-vous, je n’ai jamais osé dire une telle chose à mon Père céleste ! Bien, peut-être pas avec autant de paroles. Mais si vous vous débattez, et murmurez, et vous plaignez au sujet de vos circonstances, cela a juste ce sens-là pour Dieu. Il vaudrait bien mieux le dire en paroles, pour que l’état de votre cœur soit visible pour votre conscience, dans la présence de votre Père, que d’essayer de faire croire, à vous-même et aux autres, que vous avez des raisons de vous débattre et de vous plaindre, et que vous cherchez à vous justifier.

    Portez votre regard sur Celui qui était doux et humble de cœur, et prenez son joug sur vous. Apprenez de Lui le secret de vous réjouir dans des circonstances contraires et douloureuses, et vous trouverez du repos pour votre âme. Le Seigneur Jésus trouvait ses délices dans la volonté de son Père. Il n’avait pas d’autre volonté que celle de son Père. Vous aussi, vous trouverez un chant de joie et de reconnaissance quand vous serez prêt à renoncer à votre volonté et à accepter la sienne, et à répondre à votre Dieu, le Seigneur du ciel et de la terre : Père, je te rends grâces, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi. Essayez cela, et vous verrez quel changement merveilleux en résultera.

    D’après The Lord is near février 1987

    « Bienheureux le peuple pour qui il en est ainsi ! Bienheureux le peuple qui a l’Éternel pour son Dieu ! » Psaume 144. 15.

    AIMER, AGIR, ESPÉRER

    On a dit que les trois impératifs pour le bonheur sont : 1. Quelqu’un à aimer. 2. Quelque chose à faire, et 3. Quelque chose à espérer. Cela est vrai, aussi bien dans le domaine naturel que dans le domaine spirituel de la vie.

    Quelqu’un à aimer. Le vrai croyant a la meilleure Personne à aimer : le Seigneur Jésus Christ, car il n’y a aucune imperfection en Lui. « Toute sa personne est désirable » (Cant. 5. 16). Il est le plus grand qui nous ait aimés et Il a montré son amour en mourant sur la croix pour nos péchés. L’amour suscite l’amour ; c’est pourquoi « Nous, nous aimons parce que lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4. 19).

    Quelque chose à faire. Le Seigneur ne permet à personne de travailler pour son salut. La vie éternelle est le don de grâce gratuit de Dieu par Jésus Christ notre Seigneur (Rom. 6. 23). Il a enduré sur la croix le juste jugement de Dieu contre nos péchés. Et là Il s’est écrié : « C’est accompli », puis a baissé la tête et est mort. Maintenant le salut est par la grâce, par la foi, pas par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Mais nous avons été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres dans lesquelles nous avons à marcher (Éph. 2. 8 à 10). Ceux qui ont cru Dieu doivent s’appliquer « à être les premiers dans les bonnes œuvres » (Tite 3. 8).

    Quelque chose à espérer. Le croyant a la meilleure espérance possible ! Son espérance bénie et heureuse, c’est le retour de son Seigneur pour le prendre avec Lui et qu’il soit semblable à Lui. Le Seigneur a promis : « Si je m’en vais et que je vous prépare une place, je reviendrai et je vous prendrai auprès de moi, afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi » (Jean 14. 3).

    Celui qui aime le Seigneur Jésus et Le sert fidèlement aura une vie heureuse en attendant son retour avec patience.

    D’après The Lord is near mars 1987

    LA VALEUR DE LA BIBLE

    « Car la parole de Dieu est vivante et opérante, plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants : elle atteint jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; et elle discerne les pensées et les intentions du cœur » Hébreux 4. 12.

    Pendant de nombreux siècles il fallait être riche ou vivre dans un monastère pour avoir accès à une Bible – et il fallait connaître le latin pour la lire ! Au temps de Johannes Gutenberg (1400-1468), grâce à l’invention de l’imprimerie, une Bible imprimée coûtait environ 70 florins, alors qu’une copie manuscrite valait de 400 à 500 florins. Aux environs de l’an 1500, son prix était de 15 florins, et quelques dizaines d’années plus tard, de 1 à 2 florins.

    Quand Martin Luther (1483-1546) traduisit le Nouveau Testament en allemand avec des mots simples et des expressions courantes, elle fut ainsi mise à la portée de beaucoup de personnes. Ce fut un pas de géant ! Lire et étudier la Bible n’était plus un privilège réservé aux spécialistes : tous pouvaient la lire et fonder leur propre foi sur la Parole de Dieu.

    Aujourd’hui, dans les pays occidentaux, il est facile de se procurer une Bible. Cependant, pour certains, elle n’est qu’une œuvre littéraire, pour d’autres un héritage de famille qu’on laisse sur une étagère…

    Mais la Parole de Dieu est « vivante » et son message est d’une grande actualité. Elle est « opérante », elle a une action sur notre conscience et sur notre cœur et elle modifie notre comportement en profondeur ; elle est « plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants » : elle déclare ce qui est vrai, avec honnêteté et clarté. Elle nous aide à comprendre les motivations qui sont à l’origine de nos pensées et des intentions de notre cœur.

    Lire la Bible est nécessaire pour la vie ! La Bible est « la parole vivante » (1 Pier. 1. 23) qui me fait connaître le chemin qui mène à la vie par la foi en Jésus Christ. Elle est aussi « une lampe à mon pied et une lumière sur mon sentier » (Ps. 119. 105), qui m’aide à suivre fidèlement le Seigneur.

    D’après « Il buon seme » janvier 2025

    LA BIBLE EST-ELLE TROP COMPLIQUÉE ?

    « À cette même heure, Jésus se réjouit en esprit et dit : Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants. Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi » Luc 10. 21.

    1. Lisez la Bible

    Si vous êtes de ceux qui pensent que la Bible, la Parole de Dieu, est un livre difficile à comprendre, réfléchissez : Avez-vous déjà essayé de la lire ? Si vous ne l’avez pas encore fait, vous nourrissez peut-être des préjugés basés sur les impressions de quelqu’un d’autre, ce qui vous a conduit à vous faire une opinion négative, vous privant ainsi de tout ce que ce Livre extraordinaire pourrait vous apporter.

    Sans doute, la lecture d’un livre de plus de 1000 pages pourrait nous décourager. Il est certain qu’il faut être fortement motivé pour lire la Bible, vu qu’elle décrit ses lecteurs comme des personnes dignes de condamnation, qui toutes, sans exception, ont besoin de la grâce de Dieu pour être sauvées.

    Certaines parties de la Bible sont difficiles à comprendre, mais beaucoup d’autres, qui contiennent des principes de base, sont accessibles et faciles à comprendre. Chacun peut le vérifier personnellement, en lisant au moins les affirmations suivantes tirées de la Bible elle-même :

    « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » (Gen. 1. 1). Les scientifiques eux-mêmes admettent qu’il y a eu un début à notre univers. Il est peut-être trop difficile pour l’esprit humain de concevoir que Dieu ait toujours existé. D’autre part, comment une créature, nécessairement limitée, pourrait-elle espérer pouvoir expliquer Dieu ? Ne serait-il pas plus simple de penser que les atomes ont toujours existé, de même que la vie ?

    « Dieu créa l’homme à son image » (Gen. 1. 27). Même si nous ne pouvons pas saisir toute la profondeur et la richesse d’une telle affirmation, elle a le mérite de clarifier la raison pour laquelle l’homme a une dignité particulière qui le distingue des animaux, et qu’il soit la seule créature qui ait une position de prééminence sur la nature (v. 28) et de plus, la seule qui puisse connaître Dieu et entretenir un lien personnel avec Lui.

    • Des paroles compréhensibles, qui nous sont personnellement adressées

    « Les paroles de l’Éternel sont des paroles pures » Psaume 12. 6.

    « Ta parole est la vérité » Jean 17. 17.

    « L’entrée de tes paroles illumine, donnant de l’intelligence aux simples » Psaume 119. 130.

    « Maudit est le sol à cause de toi » (Gen. 3. 17) : ce sont-là les paroles sévères que Dieu a adressées à Adam après sa désobéissance dans le jardin d’Éden. « À la sueur de ton visage tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes au sol, car c’est de lui que tu as été pris ; car tu es poussière et tu retourneras à la poussière » (v. 19). Cette déclaration n’est-elle pas parfaitement claire et compréhensible ?

    « Ne tue pas ; ne commets pas d’adultère ; ne vole pas ; ne dis pas de faux témoignage ; ne fais de tort à personne ; honore ton père et ta mère » (Marc 10. 19). On ne peut pas dire que ces commandements soient difficiles à comprendre. En les lisant, comment ne pourrions-nous pas constater à quel point notre monde s’est éloigné de son Créateur ? Comment pourrons-nous rester indifférents, en pensant que cela ne nous concerne pas ?

    « … tous nos actes justes, [sont devenus] comme un vêtement souillé » ; « vos iniquités ont fait séparation entre vous et votre Dieu » (És. 64. 6 ; 59. 2). Bien qu’elles soient tristes et décourageantes, ces paroles ont le mérite d’être claires. Nous ne sommes pas en mesure de « compenser » par de bonnes actions le mal que nous faisons, et nous ne le sommes pas non plus, de connaître Dieu et d’entrer en relation avec Lui quand nous Lui désobéissons.

    « Et comme il est réservé aux hommes de mourir une fois – et après cela le jugement… » (Héb. 9. 27). Beaucoup aimeraient bien que cette affirmation soit fausse mais, au contraire, elle est vraie et se réalisera un jour, comme tout ce que la Bible a prophétisé. En niant ses affirmations, nous ne la priverons pas de son inéluctable vérité. La Bible peut réveiller notre conscience, mais son message va plus loin !

    • La Bible nous offre un Sauveur et un bonheur éternel

    « Philippe entendit [l’homme] qui lisait le prophète Ésaïe ; il dit : Mais comprends-tu ce que tu lis ?… et, commençant par cette Écriture, [Philippe] lui annonça Jésus » Actes 8. 30 à 35.

    « Jésus lui dit : Le Si tu peux, c’est : Crois ! tout est possible à celui qui croit. Aussitôt le père de l’enfant s’écria avec larmes : Je crois, viens en aide à mon incrédulité ! » Marc 9. 23 et 24.

    Le verdict que la Bible prononce sur les êtres humains est simple à comprendre, et la solution qu’elle leur offre est tout aussi claire et accessible :

    « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé » (Act. 16. 31). C’est là l’unique moyen pour obtenir la grâce de Dieu, et il est à la portée de tous. La Bible nous présente Jésus comme le Fils de Dieu, parfaitement juste, mort sur la croix à notre place, à nous pécheurs, pour expier nos fautes. C’est comme s’Il nous disait : Accepte le fait que j’ai été puni à ta place, autrement c’est toi qui le seras. Pourquoi ne pas ajouter foi à cette bonne nouvelle, dont l’effet est immédiat, direct et pour notre pleine bénédiction ?

    « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu » (1 Jean 3. 2). Les pères ne sont pas tous aimables, mais il y a un Père qui est bienveillant, parfait, puissant et éternel. Nous devenons ses enfants, si nous croyons en Jésus. Ne négligeons pas une telle offre, nous découvrirons que Dieu n’est ni muet, ni lointain.

    Jésus a dit : « Je reviendrai et je vous prendrai auprès de moi » (Jean 14. 3). Si une personne qui vous aime et que vous aimez vous promettait qu’elle reviendra pour être définitivement avec vous, lui répondriez-vous que ce qu’elle vous dit est incompréhensible ou ne vous intéresse pas ? Personne ne refuserait une telle promesse de bonheur ! La Bible contient l’essentiel de ce que nous devons savoir, elle est compréhensible même pour un enfant ; et elle a la puissance de transformer votre vie. Le premier pas à faire, c’est de la lire !

    D’après « Il buon seme » – novembre 2024