BERACA 54 : SAMUEL, DERNIER JUGE ET PREMIER PROPHÈTE

« Depuis le jour où l’arche vint demeurer à Kiriath-Jéarim, il se passa un long temps, vingt années ; alors toute la maison d’Israël se lamenta après l’Éternel. Samuel dit à toute la maison d’Israël : Si de tout votre cœur vous retournez à l’Éternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers et les Ashtoreths, attachez fermement votre cœur à l’Éternel, et servez-le lui seul ; et il vous délivrera de la main des Philistins » (1 Sam. 7. 2 et 3).

Où était le prophète pendant ces vingt années ? Certainement au milieu du peuple de Dieu. Il n’est pas parlé de culte rendu à l’Éternel, et ce temps apparaît comme un temps d’affliction pour l’âme. Le Psaume 107 le décrit bien : « Ils étaient affamés et assoiffés, leur âme défaillait en eux. Alors ils crièrent à l’Éternel dans leur détresse, et il les délivra de leurs angoisses, et les conduisit dans un chemin droit » (v. 5 à 7).

Au moment voulu, le serviteur de l’Éternel apparaît pour leur rappeler la volonté de Dieu. « Les fils d’Israël ôtèrent les Baals et les Ashtoreths, et servirent l’Éternel seul ». Se purifier de ce qui est inconvenant aux yeux de Dieu était le chemin vers la restauration. Ces actions, émanant de cœurs vrais, permirent à Samuel d’agir : « Assemblez tout Israël à Mitspa, et je prierai l’Éternel pour vous. Et ils s’assemblèrent à Mitspa et ils puisèrent de l’eau qu’ils répandirent devant l’Éternel ; ils jeûnèrent ce jour-là, et dirent en ce lieu : Nous avons péché contre l’Éternel. Et Samuel jugea les fils d’Israël à Mitspa » (1 Sam. 7. 5 et 6). Le chemin de la restauration passe toujours par la confession. Dieu est lumière, il ne veut pas que nous marchions dans les ténèbres ; alors, « si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier… » (1 Jean 1. 9).

Sachant les fils d’Israël assemblés à Mitspa, les Philistins se regroupent pour la guerre et, devant cette menace existentielle, « les fils d’Israël dirent à Samuel : Ne cesse pas de crier pour nous à l’Éternel, notre Dieu, afin qu’il nous sauve de la main des Philistins. Samuel prit un agneau de lait et l’offrit tout entier à l’Éternel en holocauste ; Samuel cria à l’Éternel pour Israël, et l’Éternel l’exauça » (v. 8 et 9). La délivrance est venue du ciel car, au moment où Samuel offrait l’holocauste, l’Éternel fit tonner ce jour-là un grand tonnerre sur les Philistins, et les mit en déroute, et ils furent battus devant Israël.

La victoire remportée, « Samuel prit une pierre qu’il plaça entre Mitspa et le rocher ; il l’appela du nom d’Ében-Ézer, et dit : L’Éternel nous a secourus jusqu’ici » (v. 12). « La main de l’Éternel fut sur les Philistins pendant tous les jours de Samuel. Les villes que les Philistins avaient prises sur Israël retournèrent à Israël, depuis Ékron jusqu’à Gath ; Israël délivra aussi leur territoire de la main des Philistins. Et il y eut paix entre Israël et l’Amoréen » (v. 13 et 14). « Et Samuel jugea Israël tous les jours de vie ». Il allait d’année en année faire le tour, à Béthel, et à Guilgal, et à Mitspa, et jugeait Israël dans tous ces lieux-là ; puis il s’en retournait à Rama, car là était sa maison, et là aussi il jugeait Israël ; il bâtit là un autel à l’Éternel » (15 à 17).

Cinq noms sont à retenir : Ében-Ézer, Béthel, Guilgal, Mitspa et Rama.

– Ében-Ézer (pierre de secours) : il est bon de se souvenir des délivrances passées et de savoir que le Seigneur viendra à notre secours, encore et toujours, si nous marchons humblement devant Lui. Pour Israël, une prise de conscience des péchés commis, accompagnée d’une vraie humiliation par des pleurs et un jeûne à Mitspa, était indispensable. Ainsi, l’Éternel pouvait exaucer l’intercession de Samuel et manifester sa puissance en délivrance. Le serviteur dresse une pierre pour qu’un témoignage demeure. Il était important que quiconque passerait devant, soit rendu intelligent pour marcher dans un chemin droit – un témoignage pour la génération montante comme les douze pierres, tirées du Jourdain, que Josué dressa à Guilgal.

– Béthel : De Rama, quittant sa demeure, Samuel, juge et prophète, se rendait à Béthel pour juger les fils d’Israël. Béthel (maison de Dieu) a une signification bien édifiante. C’est là que Jacob s’était arrêté, sous la voûte étoilée, pour passer la nuit. Des menaces de mort, émises par son frère, l’obligeaient à entreprendre un long voyage. Les circonstances si difficiles qu’il traversait étaient le fruit de ses mauvaises actions. Malgré cela, Jacob avait reçu la bénédiction paternelle et se trouvait être dans le plan de Dieu. C’est à Béthel qu’il eut la visite de l’Éternel – un premier contact véritable avec le Dieu d’Abraham et d’Isaac, son père, qui lui donne des promesses accompagnées de la certitude d’une présence dans sa vie : « Voici, je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras et je te ramènerai dans cette terre-ci, car je ne t’abandonnerai pas » (Gen. 28. 15). Jacob dressa la pierre qui lui avait servi d’oreiller et versa de l’huile dessus. Plus tard dans sa vie, il reçoit l’ordre de retourner habiter à Béthel et d’y bâtir un autel. Il a compris la sainteté de la présence de Dieu et donne des ordres à sa maison pour s’y présenter sans aucune trace d’idolâtrie.

– Guilgal : est sur le rivage du Jourdain. Ce lieu nous parle de notre mort et de notre résurrection avec Christ. Josué avait dressé douze pierres en témoignage de la délivrance. Le peuple était définitivement hors de portée de l’opprobre de l’Égypte. Là, les fils d’Israël ont été circoncis, image pour nous de notre séparation des principes de ce monde pour vivre une vie nouvelle à la gloire de Dieu.

– Mitspa : représente le chemin de la restauration en passant par l’humiliation, le jeûne et l’intercession, comme cela est vu au début de cet article.

– Rama : était la résidence de Samuel. Là, il avait son autel qui représente la communion avec Dieu. Aujourd’hui, nous n’avons pas littéralement d’autel, en ce sens que notre relation est spirituelle et que les vrais adorateurs adorent « le Père en esprit et en vérité ; car aussi le Père en cherche de tels qui l’adorent » (Jean 4. 23). Samuel faisait « le tour d’année en année » ; cette phrase nous appelle à la fidélité dans le service. Savoir écouter, savoir donner la parole à propos, savoir intercéder, tel est l’instruction de ces mots : « Et Samuel jugea Israël tous les jours de sa vie ». Dans cet état d’esprit, nous porterons les charges les uns des autres, et ainsi nous accomplirons « la loi du Christ » (Gal. 6. 2).

LE TUNNEL

« Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante qui va croissant jusqu’à ce que le plein jour soit établi » Proverbes 4. 18.

Dans le Sud-Ouest de la France, une ancienne voie de chemin de fer qui reliait les gares de Puyoo à Saint-Palais sur une distance d’environ 29 kilomètres, a été transformée en « voie verte » sur la section reliant Puyoo à Salies-de-Béarn. Elle est utilisée maintenant pour la promenade des cyclistes et piétons sur près de 8 kilomètres. À un moment, cette voie emprunte un tunnel de presque 850 mètres de long. À pied, il faut environ 10 minutes pour en effectuer la traversée.

Entrée dans l’obscurité

Lorsqu’on arrive devant la voûte d’entrée et qu’on pénètre à l’intérieur du tunnel, on se trouve dans l’obscurité. On franchit la voûte de 6 mètres de haut et on commence à avancer dans le tunnel. On s’enfonce dans le noir, dans l’inconnu… On hésite à poursuivre car on ne voit rien, mais il n’y a pas d’autre chemin, alors il faut avancer… On se rend compte combien la lumière est précieuse pour voir où on va – comme aussi dans la vie chrétienne. On peut se demander, comme Job autrefois : « Par quel chemin se distribue la lumière ? » (Job 38. 24) Et on se rappelle alors avec reconnaissance que ce chemin, c’est Jésus Lui-même – « le chemin, et la vérité, et la vie » (Jean 14. 6) – et que, par la foi en Lui, nous sommes venus au Père qui « nous a rendus capables d’avoir part au lot des saints dans la lumière » (Col. 1. 12).

Après quelques pas dans l’obscurité, le sombre tunnel s’illumine soudain sur une centaine de mètres. On peut avancer ainsi jusqu’au tronçon suivant qui s’allume à son tour au moment où nous y parvenons. Le chemin que nous parcourons s’éclaire et se dévoile ainsi petit à petit. De la même manière, le Seigneur nous ouvre le chemin jour après jour et nous comprenons que le lendemain ne nous appartient pas ; Il le préparera pour nous. Nous n’avons pas besoin d’être en souci pour le jour qui vient (voir Mat. 6. 34).

Vers le but

Après avoir marché pendant une minute ou deux, on s’arrête pour regarder en arrière : une partie du chemin est encore éclairée, celle que nous venons de franchir. Dans notre marche chrétienne, si nous considérons le chemin parcouru depuis que nous sommes venus au Sauveur, nous nous souvenons de nos manquements, de nos faux pas… mais aussi de la miséricorde divine, du support et du soutien de notre Seigneur, qui nous a accompagnés et secourus à chaque pas, malgré nos faiblesses.

On avance encore un peu, et on s’aperçoit alors que la lumière s’est éteinte derrière nous, un moment après que nous soyons passé… on entrevoit encore la lumière du jour, à l’entrée du tunnel, au loin, mais le chemin parcouru a disparu dans l’obscurité. Ce que nous avons laissé derrière nous n’est plus visible et, pour ainsi dire, effacé. Cela ne nous fait-il pas penser aux paroles de l’apôtre Paul : « Je fais une [seule] chose : oubliant ce qui est derrière et tendant avec effort vers ce qui est devant, je cours droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » (Phil. 3. 14). Avons-nous, comme l’apôtre, un (seul) objectif, une (seule) pensée : atteindre le but, qui est Christ dans la gloire du ciel ?

« Je cours droit au but », dit l’apôtre avec l’énergie que donne une sûre espérance. Dans le tunnel, tout est sombre autour de nous et seul le faible éclairage nous indique le chemin, qui s’illumine au fur et à mesure que nous avançons. Alors, il nous faut aller de l’avant, oubliant ce qui est derrière nous et nous tournant résolument vers ce qui est devant. Nous pouvons nous souvenir que nous étions « autrefois ténèbres », lorsque nous vivions et marchions dans le péché ; mais maintenant, nous sommes « lumière dans le Seigneur » et nous marchons « comme des enfants de lumière… éprouvant ce qui est agréable au Seigneur » (Éph. 5. 8 à 10).

Le croyant suit Celui qui est la lumière (Jean 8. 12) et qui lui fraye le chemin dans l’obscurité morale de ce monde. Il met ses pieds dans l’empreinte de ses pas, la Parole de Dieu illumine son chemin : lumière à mon pied, elle éclaire ma marche ; lampe à mon sentier, elle me montre le chemin (Ps. 119. 105). C’est ainsi que notre marche sur la terre pourra être « digne du Seigneur afin de lui plaire à tous égards » (Col. 1. 10).

Marcher par la foi vers le but

Le tunnel décrit une longue courbe, ce qui fait que, pendant un temps, on ne voit plus l’entrée et on ne voit pas encore la sortie. On est comme immergé dans le tunnel. Il n’y a plus que la lumière fragile des néons pour nous montrer le chemin, et l’assurance que nous allons revoir la lumière du jour dans quelques instants. Dans la vie du croyant, il y a ainsi des moments où l’on a l’impression de ne pas savoir où l’on est et où on va. On se trouve dans une situation difficile, un temps d’épreuve, et nous pensons peut-être : « Qui nous fera voir du bien ? » Mais le croyant demande alors : « Lève sur nous la lumière de ta face, ô Éternel ! » (Ps. 4. 7). Nous savons qu’il y aura une issue (voir 1 Cor. 10. 13) ; Dieu l’a déjà prévue pour nous, mais elle nous est cachée. Alors nous comprenons que le croyant ne marche pas par la vue, mais par la foi. Ce qui est devant lui, il n’en a pas la connaissance, mais il sait que Dieu a préparé son chemin, que « tout travaille pour le bien de ceux qui aiment Dieu ».

Ami croyant, vous traversez peut-être un sombre tunnel dans votre vie ; prenez courage : le Seigneur Jésus est avec vous (Mat. 28. 20). Il marche devant les siens, se tient à leur côté et Il est leur arrière-garde. Quelle assurance de pouvoir s’appuyer sur sa promesse : « Ne crains pas, car je suis avec toi ; ne sois pas inquiet, car moi je suis ton Dieu. Je te fortifierai, oui, je t’aiderai ; oui, je te soutiendrai par ma main droite, la main de ma justice… Car moi, l’Éternel, ton Dieu, je tiens ta main droite, [moi] qui te dis : Ne crains pas, moi je t’aiderai » (És. 41. 10, 13) ! Alors, sentant sa main puissante qui nous affermit, nous pouvons dire comme le psalmiste autrefois : « Je suis toujours avec toi : tu m’as tenu par la main droite » (Ps. 73. 23) ; « ta main droite me soutient » (Ps. 63. 9).

Même si nous ne voyons pas la sortie du tunnel, toutefois nous savons qu’elle se rapproche alors que nous avançons. Nous avons l’assurance que le moment va arriver où nous allons à nouveau apercevoir la lumière qui nous indiquera que le but est près d’être atteint. Le chemin du croyant n’est-il pas semblable à cela ? Il demande foi et patience, et dans le cœur l’espérance certaine que nous allons bientôt arriver à destination. L’apôtre aura ces belles paroles : « Or une espérance qu’on voit n’est pas une espérance : ce que quelqu’un voit, pourquoi aussi l’espère-t-il ? Mais si ce que nous ne voyons pas, nous l’espérons, nous l’attendons avec patience » (Rom. 8. 24 et 25). Notre « patience d’espérance » va bientôt être récompensée : le Seigneur vient, selon qu’Il l’a promis (Apoc. 22. 20).

Regarder en haut

Dans notre traversée du tunnel, si on lève les yeux, on ne voit que la voûte sombre ; le ciel nous est caché. On sait qu’il est au-dessus de nous, mais on ne le voit pas. Parfois, dans des moments difficiles de la vie, nous ne voyons plus le ciel où se trouve le Seigneur Jésus, notre aide et notre secours. Nous ne voyons pas au-delà et au-dessus de nos circonstances. Nous nous demandons peut-être alors : « J’élève mes yeux… d’où viendra mon secours ? » Mais la foi sait répondre à cette question, et elle répond elle-même : « Mon secours vient d’auprès de l’Éternel » (Ps. 121. 1). « Ayez foi en Dieu », nous dit le Seigneur Jésus (Marc 11. 22). Demandons-Lui qu’Il ouvre nos yeux et, comme le serviteur du prophète, nous verrons alors autour de nous les armées de l’Éternel qui nous protègent et nous secourent (voir 2 Rois 6. 17).

Dans le tunnel, le sol n’est pas très régulier, et l’eau qui coule de la voûte et des murs produit des flaques qu’on ne discerne pas. Il faut donc être attentif pour ne pas risquer de trébucher ou de marcher dans l’eau. Dans notre cheminement sur la terre, il peut y avoir bien des embûches que nous tend l’ennemi de nos âmes. Il cherche à nous faire trébucher et tomber (Jean 11. 10). Les occasions de chute et les pièges sont nombreux dans la vie du croyant. Comment en être gardés ? La Parole de Dieu est notre guide et notre soutien pour une marche sûre dans un monde ennemi « Soutiens-moi selon ta parole, et je vivrai » (Ps. 119. 116). Notre Dieu Lui-même, qui nous a délivrés de la mort éternelle – et il nous délivrera encore (1 Cor. 1. 10) – est Celui qui nous gardera dans sa lumière, afin que nous ne trébuchions pas dans les ténèbres. David pouvait écrire : « Éternel  ! enseigne-moi ton chemin et conduis-moi dans [le] sentier aplani, à cause de mes ennemis » (Ps. 27. 11) ; « Car tu as délivré mon âme de la mort : [ne garderais-tu] pas mes pieds de trébucher, afin que je marche devant Dieu dans la lumière des vivants  ? » (Ps. 56. 14). Sachons nous appuyer sur le bras puissant de Celui qui nous aime, afin de marcher d’un pas ferme et sûr – comme la bien-aimée du Cantique des cantiques, montant du désert « s’appuyant sur son bien-aimé (Cant. 8. 5).

Pas d’échappatoire

Dans le tunnel, on ne peut s’écarter ni à droite, ni à gauche car on est entre deux murs. Il y a un chemin tracé et il n’est pas possible de prendre à droite ou à gauche. N’en est-il pas ainsi du chemin que le Seigneur Jésus a tracé pour nous sur la terre ? Un chemin étroit, mais qui conduit directement vers Lui. Dans le livre des Proverbes, le père avertit son fils : « N’incline ni à droite ni à gauche ; éloigne ton pied du mal » (Prov. 4. 27 ; voir aussi Deut. 5. 32 et 33). Le chemin dans lequel le Seigneur invite chacun de nous à le suivre (Jean 21. 19 et 23) est peut-être difficile – combien le sien l’a été ! – mais c’est celui de la bénédiction : « Heureux l’homme dont la force est en toi, [et ceux qui ont] dans leur cœur des chemins tout tracés » (Ps. 84. 6). C’est le chemin opposé à celui de la propre volonté, mais c’est le seul chemin dans lequel le croyant sera béni et heureux en Christ.

Il faut avancer droit devant soi, pas à pas, jusqu’à ce qu’on arrive au bout du tunnel, pour y trouver le plein jour et le prix à gagner, la récompense du vainqueur que Christ Lui-même donnera à ceux qui, comme les témoins de la foi d’autrefois, auront couru « avec patience la course qui est devant eux » (Héb. 12. 1).

Dans des circonstances difficiles de la vie, on souhaiterait pouvoir s’échapper, en sortir – et nous réalisons que ce n’est pas possible. Mais ne vaut-il pas mieux pour nous traverser un « tunnel » dans notre vie dans la compagnie du Seigneur Jésus, plutôt que faire un grand détour sans Lui ? N’est-ce pas au plus profond de l’épreuve, s’il nous faut peut-être même marcher « par la vallée de l’ombre de la mort », que l’on ressent d’une manière toute particulière ce que David avait expérimenté avec son divin Berger : « Je ne craindrai aucun mal ; car tu es avec moi » (Ps. 23. 4).

Marcher de force en force

Nous ne nous arrêtons pas lorsque nous traversons le tunnel. Les ténèbres n’attirent pas le croyant, il ne s’y sent pas dans son élément. Il réalise qu’il n’a pas de part commune avec elles (voir 2 Cor. 6. 14 – comparer Gen. 1. 4 : « Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres »). Le racheté n’est « pas de la nuit ni des ténèbres », il est un « fils de la lumière et fils du jour » (1 Thess. 5. 5). Il est exhorté à n’avoir « rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres » (Éph. 5. 11) mais plutôt à les rejeter (Rom. 13. 12).

Ainsi, on ne s’attarde pas dans le tunnel, mais on poursuit son chemin vers l’avant, à la lumière qui nous vient d’en haut : « Marchez pendant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne s’emparent pas de vous ; et celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va » (Jean 12. 35). Pour nous, nous ne faisons que passer dans ce monde, mais nous suivons Celui qui nous a précédés et nous a ouvert le chemin vers « le séjour de la lumière » ; nous avons en Lui « la lumière de la vie » et, en le suivant, nous ne marchons pas dans les ténèbres (Jean 8. 12).

Lorsque nous sommes dans le tunnel, nous réalisons que « ce n’est pas ici un lieu de repos » (Michée 2. 10). Il n’y a pas, ici où là, un banc sur lequel on peut s’asseoir et souffler un moment. On ne peut pas s’attarder, il faut poursuivre son chemin jusqu’au bout. Nous devons imiter Gédéon et ses hommes, « fatigués, mais poursuivant toujours » (Jug. 8. 4). Fortifié par le Seigneur, nous marcherons « de force en force » jusqu’à ce que nous paraissions devant Lui au jour de sa venue (Ps. 84. 5 et 8).

Nous trouvons le courage pour continuer à avancer lorsque nous pensons à ce qui nous attend lorsque nous serons arrivés. Nous savons que bientôt l’obscurité fera place à la lumière et cela nous remplit de détermination et d’espoir. Lorsque, au bout du chemin, nous verrons sa face, nous serons rassasiés d’une joie éternelle (Ps. 16. 11).

L’espérance de la gloire

Le chemin se poursuit, vers l’issue du tunnel, là où la lumière du jour brille avec éclat. Nous pensons alors à ce que sera le « plein jour », lorsque nous serons enlevés « à la rencontre du Seigneur, en l’air », pour être « toujours avec le Seigneur » (1 Thess. 4. 17). Enfin arrivés, nous serons

Toujours dans la lumière de la Maison du Père !

Toute ombre a disparu devant l’éclat du jour.

Et, bien loin de la terre, notre âme tout entière

Goûtera, près de Lui, le repos de l’amour.

(Hymnes et Cantiques n° 167)

On marche alors dans la pénombre, à la faible lumière des néons placés sur les murs du tunnel, soutenu par la pensée de la venue du Seigneur Jésus pour nous prendre auprès de Lui. Là où Il est, nous y serons aussi, avec Lui, et nous verrons éternellement sa beauté et sa gloire dans la pleine lumière de la gloire de Dieu (voir Jean 17. 24 ; Apoc. 21. 23). Quelle espérance encourageante alors que le monde autour de nous est plongé dans les ténèbres morales du péché !

Confiance en Dieu

On arrive enfin au bout du tunnel… On voit de mieux en mieux la lumière du jour « qui va croissant, jusqu’à ce que le plein jour soit établi » (Prov. 4. 18), et devant laquelle la lumière des néons pâlit. À la sortie du tunnel, la pleine lumière du jour est là ; elle nous paraît plus resplendissante que jamais, après que nous en avons été privé pendant la traversée. La nature autour de nous, nous paraît plus belle qu’avant.

Lorsqu’on a cru en Jésus et en son œuvre rédemptrice, on est moralement « retiré du présent siècle mauvais » (Gal. 1. 4) et on réalise ce qu’est devenu le monde pour le croyant : un système « qui est plongé dans le mal » (1 Jean 5. 19), dans les ténèbres morales du péché et dominé par Satan. S’il n’est plus « du monde », le croyant est toujours « dans le monde » (Jean 17. 14, 16 et 11). Il doit y marcher, il a devant lui la course chrétienne, et c’est un peu comme s’il traversait un sombre tunnel. Mais Dieu, dans sa grâce, fait briller sa lumière sur lui dans l’obscurité du monde, afin de le guider jusqu’à ce qu’il arrive dans « la lumière resplendissante » de sa présence dans le ciel.

Alors qu’il suit son chemin sur la terre, le croyant n’en connaît pas le terme. S’il traverse un sombre « tunnel », il n’en connaît pas la longueur et n’en voit pas la sortie. Mais il se confie en son Dieu et reçoit de Lui la lumière, la direction, les instructions, pour chaque pas de sa marche. Le croyant est quelqu’un de dépendant, d’obéissant et confiant, comme l’a été son divin Modèle sur cette terre – « Christ a souffert pour vous, vous laissant un Modèle, afin que vous suiviez ses traces » (1 Pier. 2. 21).

La lumière de sa face

Veuille le Seigneur nous donner à chacun de le suivre en gardant les yeux fixés sur Lui (Héb. 12. 2), le modèle et le guide, dans un chemin qui sera à l’honneur de notre Dieu, et dans lequel Il marchera avec nous (Luc 24. 15). Quelle assurance, quelles que soient les difficultés du chemin – les « tunnels » à traverser -, de savoir qu’Il est passé dans ce chemin avant nous et qu’Il nous tient par la main sans jamais nous lâcher ! Bientôt, nous verrons la lumière de sa face, qui brillera sur nous dans le bonheur éternel du ciel. Amis croyants, prenons courage, s’il nous faut traverser un « tunnel » dans notre vie, nous avons l’espérance et l’assurance que :

Mais le chemin se termine dans ce pays glorieux

Où luit ta beauté divine, ô Sauveur victorieux.

Là, bonheur incomparable, adorant, glorifiés ;

Nous serons rendus semblables à toi pour l’éternité !

(Hymnes et Cantiques n° 176)

Ph. F. avril 2025

LES PATINS DE RENÉ

– René, dit Mme Dumas, cours au village et rapporte-moi tout ce que j’ai inscrit sur cette liste. Voilà cent francs, ne les perds pas.

Le petit garçon eut vite fait d’arriver au village. L’épicier prit la liste, lui remit les denrées, et René paya avec le billet de cent francs. Comme il était pressé, il prit toute la monnaie dans sa main, puis tout de même, craignant de perdre quelque chose, il s’arrêta, posa son sac, et se mit en devoir de mettre cet argent en sûreté. Mais quoi ! l’épicier s’était trompé. René avait en main deux billets de cinquante francs et de la menue monnaie – il y avait cinquante francs de trop !

– Quelle chance, se dit René, je vais pouvoir acheter des patins ! Grand-père dit que la glace portera encore quinze jours, cela en vaut la peine. Ce sont les camarades qui vont être étonnés ! Et puis je ne vais pas acheter des patins en fer-blanc qui se tordent, non, je trouverai bien, pour ce prix-là, des patins en acier.

– Cet argent n’est pas à toi, fit une voix intérieure, M. Cordier s’est trompé, il faut le lui rendre.

– M. Cordier ne s’apercevra jamais qu’il lui manque cinquante francs, dit le tentateur, j’ai vu son tiroir plein de billets.

– Et si on te demande d’où viennent ces patins ? Il faudra que tu mentes ?

– Je dirais que j’ai trouvé cinquante francs, ce sera presque vrai, c’est une espèce de trouvaille, ça. Et puis je laisserai mes patins chez mon ami Louis, et mes parents ne sauront même pas que j’en ai.

– Cet argent n’est pas à toi.

– Ce serait idiot de laisser échapper une si bonne occasion, continuait le tentateur. M. Cordier n’avait qu’à faire attention ! S’il a été assez bête pour se tromper, je serais encore plus bête en lui rendant l’argent.

La conscience se tut, et René se dirigea vers le magasin de jouets où de beaux patins étincelaient dans la devanture.

– Où vas-tu, René, dirent des camarades qui admiraient les splendeurs qui s’étalaient en l’honneur du Nouvel-An.

– Je vais acheter des patins, dit René fièrement. À ce moment l’horloge de la mairie sonna onze coups.

– Je n’ai pas le temps, s’écria le petit garçon, maman attend ces provisions, mais je reviendrai !

Soudain, en repassant devant l’épicerie de M. Cordier, il s’arrêta. Sa conscience protestait et le mettait mal à l’aise.

– Tu es un voleur si tu gardes ces cinquante francs. Entre vite et rends cet argent.

René rougit. Comment avait-il pu penser garder ce billet ! Il ouvrit la porte de l’épicerie et se dirigea vers la caisse où M. Cordier faisait des additions.

– Monsieur, dit-il en lui tendant le billet de cinquante francs, vous m’avez donné ce billet en trop.

– Tu en es sûr ?

– Oh ! oui, dit l’enfant, maman m’avait donné cent francs, votre note était de quarante-deux francs, et voilà la monnaie que vous avez mise dans ma main.

L’épicier compta. L’enfant avait raison.

– Mon pauvre enfant, je suis désolé, tu as dû revenir de chez toi pour me donner cet argent, tu aurais pu attendre à demain.

René rougit.

– Non, je me suis aperçu de la chose quand j’ai quitté votre magasin, mais, d’abord… j’ai cru… qu’avec cet argent… je pourrais acheter des patins… et puis, j’ai compris que ce serait voler…

C’est dur d’avouer qu’on a presque été un voleur !

– Tu as bien fait, mon petit, c’est vrai que je ne me serais pas aperçu que ce billet manquait à ma caisse, mais tu aurais perdu plus que moi, et tu en aurais souffert toute ta vie peut-être. Quand on n’écoute pas sa conscience, elle finit par se taire, et c’est terrible. Mais tu es un brave enfant, et je vais te faire un cadeau.

Tout en parlant, l’épicier avait pris sur un rayon un paquet enveloppé de papier brun. C’était un peu lourd et à travers une déchirure du papier brillait un métal.

– Je viens de recevoir des patins, ils sont excellents. Je crois que cette paire te conviendra.

– Je ne les mérite pas, dit René confus, je n’ai fait que mon devoir.

– Prends-les, ça me fera plaisir, insista M. Cordier, et puis dans deux ou trois ans, quand tu quitteras l’école, viens me trouver si tu as besoin de travail.

Ceci s’est passé il y a plusieurs années. René est devenu le commis, puis l’associé de M. Cordier. Il n’a jamais regretté d’avoir obéi à sa conscience.

D’après La Bonne Nouvelle 1993

LE PETIT GABRIEL ET SA BIBLE

Un petit garçon était absorbé dans la lecture d’un livre qu’il avait devant lui. De temps à autre, il laissait échapper un soupir, qui seul troublait le grand silence de la chambre. À la fin, il ferma le livre et resta plongé dans ses réflexions.

La porte s’ouvrit et son père entra. C’était un grand et bel homme. Il s’approcha et jeta un regard indifférent sur le volume. « Quoi ! des contes encore, Gabriel, tant de lecture n’est pas bonne pour toi, mon garçon ».

L’enfant s’élança dans les bras de son père, mais la tristesse se reflétait encore sur sa figure pâle.

– Papa, dit-il en entourant de ses bras le cou de son père et en appuyant ses boucles dorées sur sa large épaule, est-ce que ce sont des contes ou des histoires vraies, dans ce gros livre ?

– Quel est ce livre, mon garçon ? Il prit le gros volume : « C’est une Bible », ajouta-t-il d’un air de dédain. « Il n’y a rien là qui puisse intéresser un petit garçon comme toi ». Et il le remit en place.

Mais Gabriel ne garda pas le silence.

– Il est question d’un homme qu’on a battu, continua-t-il ; on lui a craché au visage, mis sur la tête une couronne d’épines, et on l’a pendu sur une croix.

– Qu’est-ce que cela te fait ! répliqua le père, ne sachant que répondre et détournant les yeux du regard suppliant de son petit garçon.

– Je désire savoir si c’est vrai, et pourquoi on l’a pendu sur la croix. Était-il un bien méchant homme ?

Le père fut troublé. Il connaissait l’histoire du Sauveur ; il savait fort bien que Christ avait souffert pour un monde coupable. Sa femme, une aimable chrétienne que Dieu avait rappelée à Lui, lui avait souvent parlé du Sauveur. Mais ce sujet le remplissait de pensées dures et rebelles.

Hélas, semblable à beaucoup d’autres, le père de Gabriel n’avait jamais reconnu qu’il était un pécheur devant Dieu. C’était un homme moral, respectable, honnête devant tous, mais tristement ignorant de Dieu. Il n’avait jamais pris conscience de sa culpabilité devant ce Dieu saint et juste. Il ne pensait à Lui que comme à un Maître dur. Une grande épreuve était tombée sur lui par la mort prématurée de son épouse qu’il aimait beaucoup, et il attribuait ce malheur à un manque d’amour de la part de Dieu, ne voyant rien au-delà de son égoïsme. Pour ce cœur ignorant et rebelle, Dieu n’était pas un Dieu d’amour, mais Celui qui avait ravi son plus grand trésor, ne laissant autour de lui que des ténèbres sur lesquelles jamais la lumière ne brillerait.

Il déposa par terre son petit garçon et, les sourcils froncés :

– Non, Gabriel, ce n’est pas vrai. Maintenant, va jouer dehors et ne me pose plus de sottes questions.

En dépit d’un calme apparent, sa conscience n’était pas à l’aise. Mais ce père pensait peu qu’une autre épreuve était sur son chemin ; elle le frappa comme éclate un orage terrible en plein été.

Dans la chambre, il fait sombre, les rideaux sont tirés, il règne un silence de mort qu’interrompent seuls des gémissements. Le petit Gabriel est dans son lit, les joues brûlantes et les yeux brillants de fièvre.

– Ô papa ! je vois les gouttes de sang sur son front ! Pourquoi l’ont-ils tué ?

« C’est une histoire qu’il a lue juste avant de tomber malade », dit le père au docteur qui le questionnait du regard.

– Eh bien, tenez-le tranquille, dit le docteur en quittant la maison, je reviendrai cet après-midi.

Aussitôt que la porte fut fermée, le père s’assit au chevet de son petit garçon, attentif aux différentes expressions de sa figure attristée jusqu’à ce que ses yeux brûlants se ferment, et qu’il tombe dans un profond sommeil.

Qui pourrait dire les pensées de ce père veillant son enfant ? Il se rappelait son mensonge avec une honte écrasante. Mais ce n’était que le point de départ, une de ces choses dont Dieu se sert pour montrer à un homme sa condition réelle de pécheur perdu. Pour la première fois, il avait conscience de sa culpabilité.

Au seuil de l’Éternité, toute sa vie passa devant lui, et il lui parut que chaque pensée, chaque parole et chaque action l’accusait devant Dieu. Il reconnut avoir mis de côté Dieu dans tous les détails de son existence, dont il avait été jusqu’alors si satisfait. Le sentiment écrasant d’avoir, non seulement oublié Dieu, mais même de l’avoir méprisé dans son cœur, l’accablait. Il reconnaissait maintenant pour la première fois qu’il était un pécheur devant Dieu. Il apprenait que Dieu est lumière et qu’en Lui il n’y a point de ténèbres. Mais cette lumière le condamnait et, sachant qu’il le méritait, il était disposé à se laisser condamner.

Ignorant la bonté de Dieu, il considérait l’épreuve présente comme un châtiment de sa rébellion.

– Ô Dieu, j’ai péché contre toi, murmura-t-il, dans l’agonie des regrets et de la repentance. Prendras-tu l’enfant comme tu as pris la mère ?

Mais non ; les voies de Dieu ne sont pas nos voies ! Une heure après, le petit Gabriel se réveilla sans fièvre et paisible.

Le cœur plein de reconnaissance, le père se pencha vers lui et plaça sa petite tête sur son épaule. La réalité de son repentir se manifesta tout de suite. Il ne pouvait pas renvoyer un instant l’aveu de la vérité à son enfant.

– Gabriel, dit-il avec affection, je sais que l’histoire que tu as lue te préoccupe. Ce n’est pas un conte, mon enfant.

Il était étrange de voir comment la douce histoire de la croix, avec son amour profond et sa compassion infinie, avait pris possession de ce petit garçon isolé dans cette demeure loin sur la montagne. Aux paroles de son père, il leva des yeux avides de savoir.

– Qui est-il, papa ? demanda-t-il.

– C’est Jésus Christ, le Fils de Dieu, répondit le père profondément ému.

Quelle signification brillait dans ces mots : Jésus Christ le Fils de Dieu ! Il est le Fils de Dieu, il doit être le don de Dieu, et s’il est le don de Dieu à un monde ruiné et coupable, il doit y avoir miséricorde auprès de Dieu pour le pauvre pécheur. Jésus Christ était-il l’expression de cet amour ? Toute l’histoire de la croix, le Juste souffrant pour les coupables, Christ, l’Agneau de Dieu, le Substitut du pécheur subissant le jugement de Dieu, ces pensées merveilleuses, d’autres encore vinrent remplir, comme un fleuve de bénédictions, l’âme de ce père. Il crut « du cœur » et sa bouche le confessa. Il reçut le salut.

« Jésus Christ » … répéta son fils, tandis que ses pensées se reportaient à sa tendre enfance. Que ce nom lui était familier alors ! Comme il l’avait souvent entendu des lèvres de celle qui maintenant était avec son Sauveur bien-aimé.

– Pourquoi l’ont-ils tué, papa ? demanda-t-il.

– Ô Gabriel, répondit le père en serrant son petit garçon dans ses bras. Il mourut pour toi, pour moi et pour tous afin que nous puissions être sauvés et passer l’éternité avec Lui.

Là, dans cette chambre obscure où la mort avait presque fait son apparition, ce père raconta à son fils l’antique et merveilleuse histoire de Jésus et de son amour. Elle apporta la joie au cœur naïf de l’un, au cœur endurci de l’autre. Comme le volume négligé depuis si longtemps devint précieux à tous les deux ! Ils apprirent chaque jour à connaître l’amour de Celui qui avait quitté les demeures célestes pour venir dans ce pauvre monde et y mourir afin que ceux qui croient en l’efficacité de son sang puissent recevoir la vie éternelle.

« Celui qui vient à moi, je ne le mettrai pas dehors » (Jean 6. 37).

D’après La Bonne Nouvelle 1993

ENRACINÉ ET FONDÉ

« Que le Christ habite, par la foi, dans vos cœurs, et que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour… » Éphésiens 3. 17.

Dans ce verset de l’épître aux Éphésiens, l’apôtre utilise deux images pour notre vie de foi ; nous les comprenons facilement.

– Un arbre bien enraciné : Pour qu’un arbre reste debout quand le vent souffle avec violence, il a développé un solide réseau de racines. On ne peut pas les voir, mais elles sont généralement aussi importantes que son feuillage. C’est par les racines qu’il trouve la nourriture et l’eau pour sa vie et sa croissance. De même nous, chrétiens, nous devrions développer des racines spirituelles par lesquelles nous pouvons prendre de la nourriture pour notre nouvelle vie. Quand le Seigneur Jésus demeure dans notre cœur, et y prend toujours plus de place, quand son amour est devant nous chaque jour d’une manière nouvelle et grandissante, alors notre foi croît et notre confiance en Dieu grandit. Nous sommes alors fermement ancrés en notre Dieu – même lorsque la tempête arrive.

– Une maison aux fondations solides : Quiconque construit une maison prend soin d’établir de solides fondations. Ainsi, la maison de notre vie devrait être fondée sur l’amour de Dieu. En Romains 8. 31 à 39, l’apôtre Paul nous dit que rien ni personne ne peut nous séparer de l’amour de Dieu. Quoiqu’il arrive dans nos vies, Dieu est pour nous. Il a prouvé son amour envers nous lorsque son Fils est mort pour nous sur la croix. Dans cette conscience que le Seigneur Jésus nous aime, nous pouvons commencer chaque journée en nous confiant en Lui. C’est un ferme fondement sur lequel nous pouvons nous tenir en sécurité – spécialement dans un monde changeant et incertain.

D’après « The Good Seed » – août 2024

CE QUI EST ÉTERNEL

« Confiez-vous en l’Éternel, à tout jamais ; car en Jah, Jéhovah, est le rocher des siècles » Ésaïe 26. 4.

Dans le monde où nous vivons, tout se passe en accéléré et il devient particulièrement évident que tout sur la terre est passager. Ce qui était à la mode hier peut être déjà dépassé aujourd’hui. En tant que chrétiens, nous devons bien réaliser que les valeurs morales telles que la fidélité et la constance disparaissent progressivement de la société. Même l’ordre mis en place par Dieu à la création est rejeté comme n’étant plus au goût du jour.

Dans cet environnement changeant, ce qui subsiste pour toujours nous donne une profonde paix et une vraie sécurité :

– « La parole de notre Dieu demeure à toujours » (És. 40. 8). La Bible conserve toute sa valeur. Les gens peuvent la mettre en question ou l’attaquer, cependant Dieu maintient sa Parole. Nous devons croire fermement en ses déclarations.

– « Moi, je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais, et personne ne les arrachera de ma main » (Jean 10. 28). Par la foi au Fils de Dieu, nous possédons la vie éternelle. Personne ne peut nous ôter ce don. Pour le temps et l’éternité, nous sommes à l’abri dans la main du Seigneur Jésus.

« Mais le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ Jésus, … vous rendra accomplis, vous affermira, vous fortifiera, et vous établira sur un fondement inébranlable » (1 Pier. 5. 10). Nous sommes en route pour la gloire éternelle dans le ciel. Dans sa grâce, Dieu fera en sorte que nous atteignions cette destination sains et saufs.

D’après « The Good Seed » juillet 2024

BILLY

Jeune encore, Billy avait été engagé au service de M. Williams, médecin réputé, qui résidait à Londres dans une splendide maison de maître.

M. Williams, un chrétien vivant, invitait régulièrement des amis à venir chez lui pour lire et étudier la Parole de Dieu. Ces réunions se passaient dans la grande salle à manger et tout le personnel de la maison y assistait, Billy aussi, bien sûr.

Un soir, un évangéliste, ami du docteur, fut invité et annonça la bonne nouvelle du salut. Comme à l’accoutumée, les employés furent conviés.

L’orateur parla du Seigneur Jésus, du prochain moment où tous les croyants de la terre partiraient à sa rencontre en l’air pour être pour toujours avec Lui.

Billy, très sérieux, écoutait attentivement, mais ce langage lui était étranger car il ne connaissait pas encore Jésus comme son Sauveur personnel.

La réunion prit fin. Les auditeurs se dispersèrent et le maître de maison retourna dans son bureau.

Billy, selon son habitude, heurta un peu plus tard à sa porte pour s’enquérir d’un éventuel service à rendre.

– Tout va bien, merci, répondit le docteur; bonne nuit !

Au moment de refermer la porte, Billy s’entendit appeler.

– Billy, dit M. Williams, as-tu bien compris ce que tu as entendu ce soir ?

– Certainement, monsieur, affirma Billy sans bien réfléchir à la question.

– Je viens de penser à une chose, continua le médecin. Si le Seigneur Jésus vient ce soir, je n’aurai plus besoin de cette maison, alors tu pourras l’avoir.

Les yeux de Billy brillèrent d’émerveillement. Il pouvait à peine en croire ses oreilles. Posséder une maison pareille !

– Et puis, Billy, il y a aussi la voiture, parce que, tu vois, le chauffeur est un croyant, de même que tout le personnel de la maison. Ils partiront tous à la rencontre du Seigneur Jésus quand II viendra chercher les siens. Tu seras donc le seul à rester en arrière, alors tu pourras aussi avoir la voiture.

Billy en resta bouche bée et ne put qu’articuler péniblement :

– Je vous remercie beaucoup, monsieur, bonne nuit ! Puis il se dirigea vers sa chambre à coucher.

Tandis qu’il se déshabillait, Billy repensait à la chance inouïe, incroyable qui lui arrivait. Quel avenir insoupçonné j’ai devant moi…

Je vais devenir un homme important ! se répétait-il.

Une fois dans son lit, Billy éteignit la lumière. Il était fatigué, et pourtant il ne pouvait s’endormir. Ces mots « tu seras le seul qui resteras en arrière » résonnaient sans relâche à ses oreilles. Il se tournait et se retournait sans pouvoir dormir. Billy se sentait de plus en plus malheureux. Il savait bien que, devant Dieu, il était un pécheur, et que Dieu condamnait le péché. Le Seigneur Jésus allait revenir, et lui, il resterait en arrière… Il subirait les jugements qui devaient arriver… Dans son angoisse, il se leva.

Il était près de minuit. Le docteur achevait son travail, quand on frappa à sa porte.

– Entrez ! cria-t-il aussitôt, et la porte s’ouvrit doucement pour laisser passer un Billy tout bouleversé.

– Monsieur, implora-t-il sans préambule, je ne veux pas la maison, pas non plus la voiture… je veux partir avec vous et les autres… je veux être prêt si le Seigneur Jésus vient !

Ce cri d’angoisse réjouit M. Williams. Il expliqua à Billy que lui était un pécheur perdu, mais que Dieu avait donné son Fils unique et bien-aimé pour que Billy ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Ils s’agenouillèrent et prièrent ensemble. Le cœur tourmenté de Billy s’ouvrit à l’amour de Jésus, mort sur la croix pour ses péchés, et il ressentit une paix profonde. Billy savait maintenant que ni la maison ni la voiture ne lui donneraient le bonheur, mais qu’il partirait avec tous les croyants à la rencontre du Seigneur.

Billy retourna dans sa chambre. Seul, dans la nuit, il remercia de tout son cœur Jésus, son Sauveur, de l’avoir si merveilleusement aimé. Il s’endormit bientôt profondément.

Toute sa vie, Billy n’oublia jamais cette nuit-là !

D’après La Bonne Nouvelle 1993

GLORIFIER DIEU

I. Pourquoi ai-je été créé ? Quel est le but ultime de ma vie ?


A. Nous sommes créés pour la gloire de Dieu (pour glorifier Dieu dans nos vies).
a) 1 Corinthiens 10. 31 : « Donc que vous mangiez, que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu ».
b) Ésaïe 43. 7 : « Chacun qui est appelé de mon nom, et que j’ai créé pour ma gloire, que j’ai formé, oui, que j’ai fait ».


B. Nous sommes appelés à trouver nos délices dans le Seigneur pour toujours.
Psaume 37. 4 : « Confie-toi en l’Éternel et pratique le bien  ; habite le pays et repais-toi de fidélité ; fais tes délices de l’Éternel, et il te donnera les demandes de ton cœur ».


II. Comment devons-nous comprendre la gloire de Dieu ? (Définition)
La gloire de Dieu est composée de deux parties :


A. La gloire intrinsèque
1. Elle est inhérente à la déité (ça fait partie de sa nature) Il ne faut pas confondre déité et divinité. S’’il s’agit de la « nature divine » – ce qu’est Dieu, c’est la déité ; s’il s’agit des caractères divins, c’est la divinité.
a) Éphésiens 1. 17 : « … le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de gloire… »
b) Actes 7. 2 : « … Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham … »
2. C’est la somme de toutes ses perfections et attributs
a) Apocalypse 1. 8 : « Moi, je suis l’alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, et qui était, et qui vient, le Tout-puissant ».
b) Luc 1. 47, 49 et 50 : « … Mon esprit s’est réjoui en Dieu mon Sauveur, … et son nom est saint ; et sa miséricorde est de générations en générations sur ceux qui le craignent ».
c) 1 Jean 4. 8 : « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour ».
3. Il est « le Dieu de gloire », mais Il a bien d’autres caractères : « le Dieu d’amour », « le Dieu de toute consolation », « le Dieu d’éternité », etc.
a) Ésaïe 42. 8 : « Je suis l’Éternel : c’est là mon nom ; et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, ni ma louange à des images taillées ».
b) Genèse 41. 40 : « Toi, tu seras sur ma maison, et tout mon peuple se dirigera d’après ton commandement ; seulement quant au trône, je serai plus grand que toi ».
Ici, nous voyons que Pharaon a tout donné à Joseph, sauf son trône, qui ressemble à sa gloire. Donner son trône à Joseph signifiait le faire roi et dirigeant et placer Joseph au-dessus de Pharaon. Le trône, c’est surtout la majesté et la domination ; cependant il est parlé du « trône de sa gloire » (Jér. 14. 21 ; Mat. 19. 28 ; 25. 31… ).
c) Ésaïe 14. 13 à 15 : « Et toi, tu as dit dans ton cœur : Je monterai aux cieux, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de *Dieu, et je m’assiérai sur la montagne de l’assignation, au fond du nord. Je monterai sur les hauteurs des nues, je serai semblable au Très-haut. Toutefois, on t’a fait descendre dans le shéol, au fond de la fosse ».
Ici, nous voyons la chute de Satan à cause de son orgueil après avoir pensé qu’il pouvait avoir la gloire de Dieu pour lui-même.
Cela nous montre que Dieu est zélé pour sa gloire et ne permettrait jamais à quiconque de la lui enlever. (voir És. 42. 8 et 48. 11).
Cette gloire intrinsèque ne peut être ni augmentée ni diminuée par aucune de ses créatures.
4. C’est l’éclat de Dieu et son trône. Quant au trône, il y a le trône de Dieu (sur lequel Christ est actuellement assis), mais aussi le trône de Christ Lui-même, sur lequel Il s’assiéra plus tard.
a) Apocalypse 21. 23 : « Et la cité n’a pas besoin du soleil ni de la lune, pour l’éclairer ; car la gloire de Dieu l’illumine, et l’Agneau est sa lampe ».
b) Psaume 21. 5 : « Sa gloire est grande dans ta délivrance ».
c) Jérémie 14. 21 : « … n’avilis pas le trône de ta gloire… ».
C’est comme les rayons du soleil qui éclairent l’obscurité autour. Ce sont les rayons du soleil qui ne peuvent exister sans lui…
Il convient également de noter que lorsque Moïse revint de la montagne avec son visage brillant et reflétant la gloire de Dieu, il dut mettre un voile pour couvrir son visage parce que le peuple ne pouvait pas le regarder. (Ex. 34. 29 à 35).


B. La gloire apportée à Dieu par sa création.
a) Psaume 19. 1 : « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue annonce l’ouvrage de ses mains ». Dieu glorifié par Christ. La gloire que Christ a apportée à Dieu par sa vie et sa mort, « refaisant » l’histoire de l’homme et s’offrant à Dieu en sacrifice sur la croix ? Par exemple : « Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire » (Jean 17. 4).
En rapport avec la gloire de Dieu en Christ, quelqu’un a écrit : « Les gloires et les perfections de Dieu ont été manifestées dans la Personne de son Fils ».


III. Qu’est-ce que c’est, glorifier Dieu ? (Définition)


A. Appréciation
1. Donner la priorité à Dieu avant toute autre chose
Matthieu 6. 33
« Mais cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus ».
2. Mettre Dieu au plus haut de nos préoccupations (dans nos pensées)
Psaume 97. 9 : « Car toi, Éternel, tu es le Très-haut sur toute la terre ; tu es fort élevé par-dessus tous les dieux ».
Psaume 73. 25 : « Qui ai-je dans les cieux ? Et je n’ai eu de plaisir sur la terre qu’en toi ».
Psaume 86. 9 et 10 : « Toutes les nations que tu as faites viendront et se prosterneront devant toi, Seigneur ! et elles glorifieront ton nom. Car tu es grand, et tu fais des choses merveilleuses ; tu es Dieu, toi seul ». Les nations n’ont pas mis Dieu « au plus haut de leurs préoccupations », mais se sont plutôt détournées de Lui ; elles seront amenées plus tard à glorifier Dieu à cause de ce qu’Il fait au temps du Millénium.


B. Adoration
1. Adoration quotidienne (piété)
2. Adoration divine (culte)
a) Apocalypse 4. 10 et 11 : « Les vingt-quatre anciens tomberont sur leurs faces devant celui qui est assis sur le trône, et se prosterneront devant celui qui vit aux siècles des siècles ; et ils jetteront leurs couronnes devant le trône, disant : Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, et l’honneur, et la puissance ; car c’est toi qui as créé toutes choses, et c’est à cause de ta volonté qu’elles étaient, et qu’elles furent créées ».
b) 1 Chroniques 16. 29 : « Familles des peuples, rendez à l’Éternel, rendez à l’Éternel la gloire et la force ! Rendez à l’Éternel la gloire de son nom ; apportez une offrande et entrez devant lui ; adorez l’Éternel en sainte magnificence ».
c) Psaume 50. 23 : « Celui qui sacrifie la louange me glorifie ».
d) 1 Chroniques 29. 14 : « Et qui suis-je, et qui est mon peuple, que nous ayons le pouvoir d’offrir ainsi volontairement ? car tout vient de toi ; et ce qui vient de ta main, nous te le donnons ».

C. Affection
a) Deutéronome 6. 5 : « Et tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force ».
b) Matthieu 22. 37 et 38 : « Il lui dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est là le grand et premier commandement ».

c) Jean 12. 42 et 43 : « Toutefois plusieurs d’entre les chefs mêmes crurent en lui ; mais à cause des pharisiens ils ne le confessaient pas, de peur d’être exclus de la synagogue ; car ils ont aimé la gloire des hommes plutôt que la gloire de Dieu ».
D. Soumission (dévouement)
1. Consacrer, dédier notre vie à Dieu
Rom 14. 7 et 8 : « En effet, aucun de nous ne vit pour lui-même et aucun ne meurt pour lui-même : car si nous vivons, c’est en ayant égard au Seigneur ; et si nous mourons, c’est en ayant égard au Seigneur ; donc, que nous vivions ou que nous mourions, nous sommes au Seigneur ».
2. Obéissance absolue avec humilité
a) Actes 5. 29 : « Et Pierre et les apôtres, répondant, dirent : Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ».
b) 2 Corinthiens 10. 5 : « Renversant les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, amenant toute pensée captive à l’obéissance du Christ ».

4. Pourquoi devons-nous glorifier Dieu ?


A. Parce que nous avons été créés pour sa gloire
Ésaïe 43. 7 : « Chacun qui est appelé de mon nom, et que j’ai créé pour ma gloire, que j’ai formé, oui, que j’ai fait ».


B. Parce qu’Il nous donne la nourriture, la santé, répond à nos besoins…
Psaume 100. 3 : « Sachez que l’Éternel est Dieu. C’est lui qui nous a faits, et ce n’est pas nous ; nous sommes son peuple, et le troupeau de sa pâture ».


C. Il a tout fait et possède tout
a) 1 Chroniques 29. 11 : « À toi, Éternel, est la grandeur, et la force, et la gloire, et la splendeur, et la majesté ; car tout, dans les cieux et sur la terre, est à toi. À toi, Éternel, est le royaume et l’élévation, comme Chef sur toutes choses ».
b) Romains 11. 36 : « Car de lui, et par lui, et pour lui, sont toutes choses ! À lui soit la gloire éternellement ! Amen ».
c) Apocalypse 4. 11 : « Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, et l’honneur, et la puissance ; car c’est toi qui as créé toutes choses, et c’est à cause de ta volonté qu’elles étaient, et qu’elles furent créées ».


D. Si les créatures au-dessus et au-dessous de nous glorifient Dieu, qui sommes-nous alors pour ne pas lui rendre gloire ? Pourquoi l’homme se dispense-t-il de glorifier Dieu ?
a) Ésaïe 43. 20 : « La bête des champs me glorifiera, les chacals et les autruches ; car j’ai donné des eaux dans le désert, des rivières dans le lieu désolé, pour abreuver mon peuple, mon élu ».

b) Apocalypse 5. 11 à 13 : « Et je vis : et j’ouïs une voix de beaucoup d’anges à l’entour du trône et des animaux et des anciens ; et leur nombre était des myriades de myriades et des milliers de milliers, disant à haute voix : Digne est l’agneau qui a été immolé de recevoir la puissance, et richesse, et sagesse, et force, et honneur, et gloire, et bénédiction. Et j’entendis toutes les créatures qui sont dans le ciel, et sur la terre, et au-dessous de la terre, et sur la mer, et toutes les choses qui y sont, disant : À celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau, la bénédiction, et l’honneur, et la gloire, et la force, aux siècles des siècles ! »
c) Ésaïe 6. 3 : « Et l’un (Séraphin) criait à l’autre, et disait : Saint, saint, saint, est l’Éternel des armées ; toute la terre est pleine de sa gloire ! »


E. Parce qu’Il nous a rachetés par son sang
1 Corinthiens 6. 20 : « Car vous avez été achetés à prix ! Glorifiez donc Dieu dans votre corps ».
Nous avons à réaliser le prix payé, et donc nous devons glorifier Dieu dans notre corps.

5. Comment pouvons-nous glorifier Dieu ?


A. En visant sa gloire, en en faisant notre but ultime dans la vie, et en la priorisant comme la première et la dernière chose au-dessus de toutes les autres choses.
Jean 8. 50 et 54 : « Mais pour moi, je ne cherche pas ma gloire … Jésus répondit : Si moi je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien… »
Le Seigneur Jésus n’a jamais cherché sa propre gloire sur terre. Il a constamment apporté la gloire à Dieu le Père.

B. Par contentement
1. En nous contentant du fait que la gloire et la volonté de Dieu passent avant notre propre gloire et nos propres besoins, même s’il s’agit de nourriture et de nécessités.
a) Matthieu 26. 39 : « … toutefois, non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux ».
b) Jean 12. 28 : « Père, glorifie ton nom. Il vint alors une voix du ciel :  Et je l’ai glorifié, et je le glorifierai de nouveau ».
2. En se contentant du fait d’être éclipsé par les œuvres des autres pour que la gloire de Dieu brille.
Philippiens 1. 15 à 20 : « Quelques-uns, il est vrai, prêchent Christ par envie et par esprit de dispute ; mais d’autres le prêchent avec des dispositions bienveillantes. Ceux-ci agissent par amour, sachant que je suis établi pour la défense de l’Évangile, tandis que ceux-là, animés d’un esprit de dispute, annoncent Christ par des motifs qui ne sont pas purs et avec la pensée de me susciter quelque tribulation dans mes liens. Qu’importe ? De toute manière, que ce soit pour l’apparence, que ce soit sincèrement, Christ n’est pas moins annoncé : je m’en réjouis, et je m’en réjouirai encore. Car je sais que cela tournera à mon salut, grâce à vos prières et à l’assistance de l’Esprit de Jésus-Christ, selon ma ferme attente et mon espérance que je n’aurai honte de rien, mais que, maintenant comme toujours, Christ sera glorifié dans mon corps avec une pleine assurance, soit par ma vie, soit par ma mort ».
3. En étant satisfait de ce que nous avons et de là où nous sommes (Reconnaissance pour toutes choses).
a) Hébreux 13. 5 : « Que votre conduite soit sans avarice, étant contents de ce que vous avez présentement ».
b) Philippiens 4. 11 et 12 : « Non que je parle ayant égard à des privations, car, moi, j’ai appris à être content en moi-même dans les circonstances ou je me trouve. Je sais être abaissé, je sais aussi être dans l’abondance ; en toutes choses et à tous égards, je suis enseigné aussi bien à être rassasié qu’à avoir faim, aussi bien à être dans l’abondance qu’à être dans les privations ».
c) Luc 17. 15 à 18 : « Or l’un d’entre eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix ; et il se jeta sur sa face aux pieds de Jésus, lui rendant grâces. Et c’était un Samaritain. Et Jésus, répondant, dit : Les dix n’ont-ils pas été rendus nets ? Et les neuf, où sont-ils ? Il ne s’en est point trouvé qui soient revenus pour donner gloire à Dieu, si ce n’est cet étranger ».
d) Luc 13. 13 : « Et il posa les mains sur elle : et à l’instant elle fut redressée, et glorifiait Dieu ».


C. Par la confession sincère du péché
1. La confession glorifie Dieu parce qu’elle révèle et annonce qu’Il est saint et juste dans tout ce qu’Il fait.
a) Josué 7. 19 : « Josué dit à Acan :  Mon fils, je te prie, donne gloire à l’Éternel, le Dieu d’Israël, et rends-lui louange ; déclare-moi, je te prie, ce que tu as fait ; ne me le cache pas ».
b) Néhémie 9. 33 : « Mais tu es juste dans tout ce qui nous est survenu, car tu as agi avec vérité, et nous, nous avons agi méchamment ».
2. Une confession glorifie Dieu si elle est faite librement et non forcée.
Luc 15. 18 et 19 : « Je me lèverai et je m’en irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ».
3. Au lieu d’une confession complète, Adam a blâmé Dieu de lui avoir donné la femme, dénonçant ainsi la sagesse, la justice et la souveraineté de Dieu, apportant ainsi la honte à Dieu au lieu de la gloire.
Genèse 3. 12 : « Et l’homme dit : La femme que tu m’as donnée pour être avec moi, elle, m’a donné de l’arbre ; et j’en ai mangé ».


D. En croyant et en ayant la foi
a) Romains 4. 20 : « Et il ne forma point de doute sur la promesse de Dieu par incrédulité, mais il fut fortifié dans la foi, donnant gloire à Dieu ».
b) 1 Jean 5. 10 : « Celui qui croit au Fils de Dieu, a le témoignage au-dedans de lui-même ; celui qui ne croit pas Dieu, l’a fait menteur, car il n’a pas cru au témoignage que Dieu a rendu au sujet de son Fils ».
c) Jean 3. 33 : « Celui qui a reçu son témoignage, a scellé que Dieu est vrai ».


E. En ayant du zèle pour la gloire de Dieu
Psaume 69. 9 ; Jean 2. 17 : « Car le zèle de ta maison m’a dévoré, et les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi ». « Et ses disciples se souvinrent qu’il est écrit : Le zèle de ta maison me dévore ».


F. En portant des fruits et en faisant de bonnes œuvres
a) Philippiens 1. 11 : « Étant remplis du fruit de la justice, qui est par Jésus Christ à la gloire et à la louange de Dieu ».
b) Jean 15. 8 : « En ceci mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit ; et vous serez mes disciples ».
c) Matthieu 5. 16 : « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, en sorte qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux ».
d) 1 Pierre 2. 12 : « Ayant une conduite honnête parmi les nations, afin que, quant aux choses dans lesquelles ils médisent de vous comme de gens qui font le mal, ils glorifient Dieu au jour de la visitation, à cause de vos bonnes œuvres qu’ils observent ».

Ne pas porter de fruits n’honore pas Dieu.
Les exemples du figuier en Matthieu 21. 19 et 20 :
« Et voyant un figuier sur le chemin, il s’en approcha ; et il n’y trouva rien que des feuilles ; et il lui dit : Que jamais aucun fruit ne naisse plus de toi ! Et à l’instant le figuier sécha ».
Luc 13. 6 à 9 : « Et il disait cette parabole : Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne ; et il vint y chercher du fruit, et il n’en trouva point. Et il dit au vigneron : Voici trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve point : coupe-le ; pourquoi aussi occupe-t-il inutilement la terre ? Et répondant, il lui dit : Maitre, laisse-le cette année aussi, jusqu’à ce que je l’aie déchaussé et que j’y aie mis du fumier ; et peut-être portera-t-il du fruit : sinon, après, tu le couperas ».


G. En témoignant et en annonçant son Nom, sa Divinité et son salut
a) Psaume 102. 21 : « Afin qu’on annonce dans Sion le nom de l’Éternel, et sa louange dans Jérusalem ».
b) 2 Corinthiens 4. 13 : « Or, ayant le même esprit de foi, selon ce qui est écrit : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé, nous aussi nous croyons, c’est pourquoi aussi nous parlons ».


H. En vivant pour Dieu
a) Romains 14. 8 : « Car si nous vivons, c’est en ayant égard au Seigneur ; et si nous mourons, c’est en ayant égard au Seigneur ; donc, que nous vivions ou que nous mourions, nous sommes au Seigneur ».
b) Philippiens 1. 20 : « … selon ma vive attente et mon espérance, que je ne serai confus en rien, mais qu’avec toute hardiesse, maintenant encore comme toujours, Christ sera magnifié dans mon corps, soit par la vie, soit par la mort ».
c) 1 Jean 2. 6 : « Celui qui dit demeurer en Lui, doit lui-même aussi marcher comme Lui (Jésus) a marché ».


1. Vivre dans la sainteté
a) 1 Thessaloniciens 4. 7 : « Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais dans la sainteté ».
b) Hébreux 12. 14 : « Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur ».


2. Vivre dans la piété
a) 1 Timothée 6. 6 et 11 : « Or la piété avec le contentement est un grand gain ».
« Mais toi, ô homme de Dieu, fuis ces choses, et poursuis la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience la douceur d’esprit ».
b) Tite 2. 12 : « … nous instruisant pour que, reniant l’impiété et les convoitises mondaines, nous vivions dans le présent siècle sobrement, et justement et pieusement ».


3. Vivre dans la justice
a) Romains 8. 10 : « Mais si Christ est en vous, le corps est bien mort à cause du péché, mais l’Esprit est vie à cause de la justice »
b) 2 Corinthiens 3. 9 : « Car si le ministère de la condamnation a été gloire, à plus forte raison le ministère de la justice abonde-t-il en gloire ! » Le « ministère de justice » est un ministère qui annonce la justice et glorifie ainsi Dieu.


4. Marcher par l’Esprit et non par la chair
 Galates 5. 16, 25 et 26 : « Mais je dis : Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point la convoitise de la chair… Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’Esprit. Ne soyons pas désireux de vaine gloire… ».


I. En marchant joyeusement au milieu des souffrances
a) 1 Thessaloniciens 1. 6 : « Et vous êtes devenus nos imitateurs et ceux du Seigneur, ayant reçu la parole, accompagnée de grandes tribulations, avec la joie de l’Esprit Saint ».

b) Psaume 100. 2 : « Servez l’Éternel avec joie, venez devant lui avec des chants de triomphe ».


J. Par nos louanges
Dans l’Ancien Testament, dans Hébreux, la louange est associée à la glorification de Dieu.
a) Psaume 86. 12 : « Je te célébrerai de tout mon cœur, Seigneur, mon Dieu ! et je glorifierai ton nom à toujours ».
b) Psaume 145. 21 : « Ma bouche dira la louange de l’Éternel ; et que toute chair bénisse son saint nom, à toujours et à perpétuité ». Le Psaume 145 est essentiellement un psaume de louanges. Mais cette louange exalte – entre autres – la gloire de Dieu dans sa grandeur, ses œuvres, son royaume (allusion au millénium et à la gloire de Christ, le Roi – voir v. 5, 11 et 12 : « Je parlerai de la magnificence glorieuse de ta majesté, et de tes actes merveilleux » ; « Ils parleront de la gloire de ton royaume… afin de faire connaître ses actes puissants et la magnificence glorieuse de son royaume ».
c) Hébreux 13. 15 : « Offrons-donc, par lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom ».


K. Dans notre vie naturelle et quotidienne (dans la fidélité)
a) 1 Corinthiens 10. 31 : « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu ».
b) Colossiens 3. 22 à 24 : « Esclaves, obéissez-en toutes choses à vos maîtres selon la chair, ne servant pas sous leurs yeux seulement, comme voulant plaire aux hommes, mais en simplicité de cœur, craignant le Seigneur. Quoi que vous fassiez, faites-le de cœur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes, sachant que du Seigneur vous recevrez la récompense de l’héritage : vous servez le Seigneur Christ ».


L. Par l’évangélisation
a) Ésaïe 52. 7 : « Combien sont beaux sur les montagnes les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui annonce la paix, qui apporte des nouvelles de bonheur, qui annonce le salut, qui dit à Sion : Ton Dieu règne ! »
b) Marc 16. 15 : « Et il leur dit : Allez dans tout le monde, et prêchez l’évangile à toute la création ».

M. Par nos souffrances, nos persécutions et nos tribulations pour la diffusion de l’Évangile.
Les souffrances des premiers saints ont glorifié Dieu et ont permis à l’évangile de se répandre dans le monde entier. Beaucoup prient « que cette coupe passe », mais rares sont ceux qui disent « que ta volonté soit faite ».
a) Jean 21. 18 et 19 : « … Or il dit cela pour indiquer de quelle mort il glorifierait Dieu. … »
b) 2 Corinthiens 11. 23 à 33 (les difficultés, souffrances, et persécutions de Paul).
c) Psaume 50. 15 : « Invoque-moi au jour de la détresse : je te délivrerai et tu me glorifieras ». Le croyant se tourne vers Dieu dans la souffrance. Cette confiance est récompensée et il est délivré. Il rend alors gloire à Dieu qui a répondu à sa prière.

N. En rendant la gloire à Dieu
Nous devons rendre gloire à Dieu dans tout ce que nous faisons et accomplissons. Et nous cacher sous le voile de l’humilité et ne pas nous louer nous-mêmes, mais plutôt transférer tout ce que nous avons fait à Dieu et le laisser porter la robe de la louange.
a) Psaume 115. 1 : « Non point à nous, ô Éternel ! non point à nous, mais à ton nom donne gloire, à cause de ta bonté, à cause de ta vérité ».
b) Jean 3. 30 : « Il faut que lui croisse, et que moi je diminue ».
c) Actes 3. 12 à 15 : « Et Pierre, voyant cela, répondit au peuple : Hommes israélites, pourquoi vous étonnez-vous de ceci ? Ou pourquoi avez-vous les yeux fixés sur nous, comme si nous avions fait marcher cet homme par notre propre puissance ou par notre piété ? Le Dieu d’Abraham et d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, que vous, vous avez livré, et que vous avez renié devant Pilate, lorsqu’il avait décidé de le relâcher. Mais vous, vous avez renié le saint et le juste, et vous avez demandé qu’on vous accordât un meurtrier ; et vous avez mis à mort le prince de la vie, lequel Dieu a ressuscité d’entre les morts ; ce dont nous, nous sommes témoins ».
Il convient de mentionner ce qui est arrivé à Hérode, dans Actes 12. 21 à 23, lorsque l’ange du Seigneur l’a frappé parce qu’il n’avait pas donné gloire à Dieu après que le peuple israélite ait dit : « Voix d’un dieu et non pas d’un homme ! »

D’après Réunion de jeunes près de Pau Mars 2025

PRIEZ POUR CEUX QUI VOUS FONT DU TORT

Avez-vous déjà vu une ferme bernoise ? Son toit immense descend presque jusqu’à terre et cette coiffe protectrice lui offre une agréable fraîcheur pendant les chaudes journées d’été.

Dans une ferme du canton de Berne vivait une famille heureuse. Les parents et les enfants connaissaient l’amour de Dieu. Ils aimaient le Seigneur Jésus de tout leur cœur.

Pourtant une ombre planait sur leur vie. Comme ils ne s’associaient pas aux fêtes du village et se réunissaient le dimanche dans une petite ville voisine avec d’autres chrétiens, les villageois les regardaient avec méfiance. On n’aime pas les gens différents des autres. « Ils se croient meilleurs que nous », disait-on. L’été, quand ils chantaient des cantiques devant leur maison, les voisins ricanaient. Peu à peu l’animosité grandissait, et même à l’école, Anne et Pascal se sentaient mis à l’écart.

Un jour d’automne, alors que le ciel s’assombrissait, Pascal fit irruption dans la cuisine.

– Papa, dit-il, j’ai vu des gens sur le toit. Qu’est-ce qui se passe ? Il m’a semblé qu’ils ôtaient des tuiles.

– En es-tu bien certain ? Je n’ai pas fait venir d’ouvriers. Notre toit est en bon état.

Monsieur S. sortit de la maison et aperçut en effet au faîte du toit quelques jeunes gens. Ils lui tournaient le dos et ne virent pas le propriétaire, affairés qu’ils étaient à enlever une à une les tuiles. Il comprit qu’on lui jouait un tour.

Il fit semblant de n’avoir rien vu, et rentra pensif dans la grande cuisine où sa femme préparait le thé.

– C’est trop fort, s’écria Anne, lorsque le père de famille raconta ce qui se tramait. Il va pleuvoir dans notre maison. Ces garçons, ils faut les punir, appeler la police…

– Non, ma fille, ce n’est pas le bon moyen, dit le père. Le Seigneur nous dit de ne rendre à personne mal pour mal. J’ai vu, ma chère femme, que tu avais préparé une magnifique tarte aux pommes pour ce soir. Mets-la sur la table. Sors la glace au chocolat et apporte encore tous les meilleurs biscuits que nous avons. Je vais inviter ces jeunes à prendre le thé avec nous.

Ébahis, les enfants regardaient leur père sans mot dire.

Monsieur S. sortit par la porte de derrière. L’un des jeunes gens venait de sauter du toit. À la vue du propriétaire, il s’apprêtait à prendre ses jambes à son cou, mais le fermier l’arrêta d’un geste.

– Bonjour, Robert, dit-il, je te reconnais, tu es le fils du boucher. Alors ! mon toit vous intéresse ? A votre âge, on aime grimper, explorer, je vous comprends. Mais maintenant, appelle tes camarades. Nous venons de préparer un bon goûter en votre honneur. Faites-nous le plaisir d’accepter notre invitation. Ainsi nous ferons connaissance.

Fort mal à l’aise, le jeune homme restait muet, cloué au sol malgré lui. Finalement la bienveillance du fermier l’emporta. D’un bond il fut sur le toit et héla ses complices.

Ils descendirent lentement et regardèrent le fermier avec méfiance. « Avait-il vu ce qu’ils étaient en train de faire ? » se demandaient-ils. L’un d’eux prétendit qu’il devait rentrer chez lui.

– Pas de ça, mes garçons, je ne vous retiendrai pas longtemps. Vous nous feriez de la peine en refusant notre invitation, puisque nous avons tout préparé. Allez ! Entrez vite ! L’air fraîchit. Un bon goûter vous réchauffera.

Bientôt chacun trouva place autour de la grande table de cuisine.

– Mes amis, dit le fermier, nous avons l’habitude de remercier Dieu avant chaque repas.

Monsieur S. inclina la tête et dit :

– Notre Dieu, notre Père, nous te remercions pour la joie que tu nous donnes aujourd’hui. Veuille bénir chacun de nos invités. Amen !

Monsieur et Madame S. se montrèrent ensuite si chaleureux et pleins d’entrain que les langues se délièrent. Les garçons firent honneur aux gâteaux de toutes sortes qu’on leur offrait généreusement.

Anne et Pascal, entraînés par la gaieté de leurs parents, oubliaient leur rancœur. Le fermier qui avait fait un voyage en Afrique sut captiver ses hôtes par ses récits.

Il faisait encore jour lorsqu’on se sépara. Les garçons firent semblant de reprendre la route, puis, au bout d’un moment, ils revinrent à pas de loup, montèrent sans bruit sur le toit et remirent une à une toutes les tuiles qu’ils avaient enlevées. Ils venaient de poser la dernière, lorsque la pluie se mit à tomber.

Le lendemain, à midi, Pascal, ruisselant de pluie, entra comme un ouragan dans la ferme.

– Maman, cria-t-il, imagine-toi qu’à l’école tout a changé. Mes camarades m’ont demandé de jouer avec eux pendant la récréation.

– Et moi, dit Anne, j’ai aussi quelque chose à raconter. Sylvie, la sœur de Robert, m’a prêté son stylo-effaceur. Jusqu’ici elle m’a toujours ignorée.

Peu à peu l’atmosphère du village se transforma. Plus de malveillance ! Plus de paroles aigres ! L’amour avait triomphé du mal.

D’après La Bonne Nouvelle 1990 – R. Demaurex

LA QUESTION DE LA PAYSANNE

Il y a quelques années, un conférencier athée parcourait les campagnes, s’efforçant de semer le doute parmi les populations, en prouvant comme il est peu raisonnable de croire en Dieu et de considérer la Bible comme la Parole de Dieu.

Or, un soir, alors qu’il se croyait le maître de la situation, il lança un défi au Dieu tout-puissant.

– S’il y a un Dieu, s’écria-t-il, qu’Il se révèle Lui-même en frappant à mort le conférencier.

Comme rien ne se produisait, il se tourna vers ses auditeurs en ajoutant :

– Voyez, il n’y a pas de Dieu !

Une petite paysanne, un châle sur la tête, se leva alors et s’adressa directement à l’orateur.

– Monsieur, dit-elle, je ne sais pas répondre à vos arguments, votre savoir dépasse le mien. Vous êtes un homme instruit, tandis que je ne suis qu’une paysanne. Comme vous avez une intelligence très supérieure, répondez, je vous prie, à ma question. Je crois en Christ depuis bien des années ; je me suis réjoui dans le salut qu’Il m’a offert, et je trouve une grande joie dans la lecture de la Bible. Si, lorsque je viendrai à mourir, j’apprends qu’il n’y a pas de Dieu, que Jésus n’est pas le Fils de Dieu, que la Bible n’est pas la vérité, et qu’il n’existe ni salut, ni ciel ; dites-moi, Monsieur, qu’aurai-je perdu en croyant en Christ durant ma vie ?

L’assistance attendait, anxieuse, la réponse qui ne vint qu’au bout de quelques minutes.

– Madame, dit enfin l’incrédule, vous n’aurez absolument rien perdu.

– Monsieur, continua la paysanne, vous avez été aimable de répondre à ma question. Permettez-moi d’en poser une autre. Quand ce sera votre tour de mourir, si vous découvrez que la Bible dit la vérité, qu’il y a un Dieu, que Jésus est son Fils, qu’il y a un ciel et un enfer, dites-moi, Monsieur, qu’aurez-vous perdu ?

Immédiatement, l’assemblée d’un bond fut sur ses pieds, acclamant la paysanne ; quant au conférencier, il ne trouva pas de réponse.

La Bible qualifie de tels hommes d‘insensés, lorsqu’elle nous dit au Psaume 14. 1 : « L’insensé a dit en son cœur : Il n’y a point de Dieu ». Qu’il est solennel pour celui qui est sur le seuil de l’éternité d’être appelé un fou. La vraie sagesse nous fait comprendre que Dieu, étant juste et saint, doit punir le péché ; cette sagesse nous pousse à croire que le jugement annoncé d’avance va tomber sur ce monde à cause de la méchanceté de l’homme. Si vous êtes sage, vous chercherez l’abri qui nous est offert contre cette destinée terrible, et vous trouverez un refuge en Jésus Christ qui veut être votre Sauveur.

D’après La Bonne Nouvelle 1990