Bienvenue ! Ce site a été réalisé spécialement pour les enfants, les adolescents et les jeunes. Il est là pour présenter l’évangile et vous aider à grandir dans votre vie avec le Seigneur. N’hésitez pas à poser des questions ou à nous suggérer des sujets qui vous intéressent, par l’intermédiaire de l’espace questions. Nous essayerons d’y répondre !
« Veillez donc à marcher soigneusement, non pas comme dépourvus de sagesse, mais comme étant sages, saisissant l’occasion, parce que les jours sont mauvais » Éphésiens 5. 15 et 16.
UNE LIGNE DE CONDUITE JUDICIEUSE
En tant que chrétiens croyants, nous vivons dans un monde qui se détourne de Dieu. De plus, notre temps sur terre est compté. Bientôt, le Seigneur Jésus reviendra nous chercher et nous emmènera auprès de Lui au ciel. Tant que nous sommes ici-bas, Dieu veut que nous L’honorions par notre conduite. Cela exige une vie sage.
Le monde qui nous entoure est dangereux. Il cherche à nous influencer par ses idées impies et à nous distraire par ses nombreuses tentations. Nous ne pouvons échapper complètement à cette influence, car nous vivons encore dans le monde. Mais comment y faire face avec sagesse ? Un verset de la Bible nous éclaire : « La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse » (Prov. 9. 10). Si nous craignons de déplaire au Seigneur, nous devons être sages dans nos relations avec le monde et agir selon ce principe : le strict nécessaire, le strict minimum.
Notre temps est généralement bien rempli. Nous avons de nombreuses activités : le travail, la vie de famille et les réunions chrétiennes. À cela s’ajoutent quelques heures de temps libre. Bien sûr, nous avons aussi besoin de repos. Cependant, nous devons nous interroger sur la valeur de l’utilisation de notre temps. Examinons chacune de nos actions à la lumière de l’éternité ! Cela nous conduira à un usage judicieux de notre temps.
D’après Näher zu Dir février 2026
« Ne crains pas, car je suis avec toi ; ne sois pas inquiet, car moi je suis ton Dieu ; je te fortifierai ; oui, je t’aiderai ; oui, je te soutiendrai par ma main droite, la main de ma justice » Ésaïe 41. 10.
NE CRAIGNEZ PAS
La Bible nous exhorte plus d’une centaine de foisà ne pas avoir peur. Dieu sait combien il est facile pour nous d’avoir peur.
L’une des causes de la peur est le doute. Il alimente notre insécurité et notre anxiété. Lorsque nous remettons en question ou doutons de ce que Dieu a prévu et promis pour nous, la peur s’installe. Si nous ne parvenons pas à surmonter ces doutes, la peur prendra le dessus.
Que pouvons-nous y faire ? Souvenons-nous consciemment que, en tant que croyants, nous appartenons au Seigneur et sommes en sécurité entre ses mains ! Il nous fait une merveilleuse promesse : « Ne crains rien, car je t’ai racheté ; je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi » (És. 43. 1). Accueillons personnellement cette assurance, qui s’applique à tous les siens : « Je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais, et personne ne les arrachera de ma main » (Jean 10. 28). Dans la prière du Seigneur Jésus au Père, nous trouvons la confirmation que nous Lui appartenons : « Je ne fais pas de demandes pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi » (Jean 17. 9).
En tant que croyants, nous appartenons au Seigneur. Il prend soin de nous. Sa puissance et son amour nous suffisent. Devrions-nous alors douter de ses promesses ? Non, certainement pas ! « Ne crains point, car je suis avec toi ».
D’après Näher zu Dir février 2026
« N’abandonnant pas le rassemblement de nous-mêmes comme quelques-uns ont l’habitude de faire, mais nous exhortant l’un l’autre » Hébreux 10. 25.
ABSENCE OU PRÉSENCE AUX RÉUNIONS CHRÉTIENNES
Quelqu’un a dit, un dimanche matin :
C’est aujourd’hui le jour du culte
où je devrais me trouver ;
mais j’ai eu une semaine chargée,
et je me pose la question :
Est-ce que je vais rester à la maison, ou sortir ?
Qu’est-ce que je vais faire ?
Quelqu’un a dit, un dimanche soir :
Ce soir, réunion d’évangélisation !
Qui va prêcher ? M. Untel
Euh ! Il n’est pas très brillant
Et en plus, il va pleuvoir.
Ce serait bien ennuyeux ;
Je crois que je vais écrire ces lettres
Avec mon beau stylo neuf.
Quelqu’un a dit, un mardi soir :
C’est la réunion d’études,
Mais je suis tellement fatigué,
Je n’ai presque plus de forces.
Il est vrai que c’est dans une heure
Que la réunion commencera ;
Aussi, ai-je le courage ? Non, je crois que,
Ce soir je reste à la maison.
Quelqu’un a dit tout à coup,
Un jeudi soir, par hasard :
La réunion de prières, c’est ce soir,
Et elle est bien prévue pour moi ;
Est-ce que j’y vais ? Mais je suis épuisé,
Même sans être vraiment malade
Non, je crois que je vais rester à la maison,
Et laisser les autres y aller s’ils le veulent.
Quelqu’un d’autre, juste en même temps,
A parlé de la même façon,
Et ainsi les pauvres réunions en ont souffert
C’est bien certain !
Les réunions souffrent, ai-je dit ?
Mais qu’en est-il du Seigneur ?
Les pauvres excuses de chacun,
Apportent-elles de la joie à son cœur ?
Quelqu’un a pris une bonne résolution,
Ce même jour :
Dès maintenant je ne manquerai plus
Les différentes réunions.
Nous retiendrons cette parole :
« N’abandonnant pas le rassemblement de nous-mêmes ».
Et ainsi, quant à nous,
Il n’y aura plus de plaintes.
D’après the Lord is near août 1988
« Et de la nuée vint une voix : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le. Au moment où la voix se fit entendre, Jésus se trouva seul » Luc 9. 35 et 36.
JÉSUS, LE PREMIER ET LE DERNIER
Il fut permis aux disciples de voir la gloire de Christ sur la sainte montagne avant le moment de sa manifestation. Ils ne comprirent pas alors la portée de cette scène. Nous-mêmes, n’ayant pas été appelés à la contempler avec eux, nous ne la connaissons que par leur témoignage. Mais nous possédons déjà une scène de gloire, car il est dit : « Nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3. 18).
Pierre oubliait la prééminence de Christ aussi longtemps qu’il voyait Moïse et Élie. Il dit : « Faisons trois tentes ». En fait, il voulait mettre la loi et les prophètes au même niveau que Christ en les associant avec Lui ; et beaucoup d’entre nous faisons de même. L’Esprit dirige son regard vers la gloire du royaume ; la chair abaisse cette gloire au niveau de l’homme déchu. Les disciples entendent ce que la présence du Fils appelle des lèvres du Père, une parole qui nous permet d’entrer dans le secret de son cœur : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le ».
Telle est notre bénédiction présente. Il nous a été permis de partager le secret du Père. Une telle intimité avec Lui ne pourra pas être dépassée même dans l’état éternel – bien que, alors, nous en jouirons pleinement. Nous verrons alors tout le déploiement de la gloire de Christ ; nous serons vus dans cette gloire ; mais maintenant nous sommes les dépositaires des pensées du Père révélant le Fils – le Père révélé par le Fils. En écoutant cette voix, nous apprendrons toujours plus ce que le Père est pour Lui et pour nous.
D’après the Lord is near août 1988 (H. Rossier)
« Demeure avec moi, ne crains pas ; car celui qui en veut à ma vie, en veut à ta vie, et près de moi tu seras bien gardé » 1 Samuel 22. 23.
LA PROTECTION DU SEIGNEUR
« Tu seras bien gardé ». Mentionner la sécurité fait penser au danger, et nous nous demandons : À quel danger étions-nous exposés ? Comme pécheurs, nous étions exposés au jugement de Dieu. Tous les péchés méritaient la perdition éternelle – et nous aurions été dans l’étang de feu, si l’amour de Dieu n’avait pas pourvu à un lieu d’habitation de parfaite sécurité. Nous étions incapables de pourvoir à une telle protection. Toutes nos œuvres, tous nos efforts ne pouvaient écarter les coups de la justice. Qu’est-ce qui pouvait le faire ? Cherchons la réponse dans l’histoire d’Israël.
Le chapitre 12 d’Exode est bien connu comme celui qui rapporte la dernière plaie, et la plus grave, sur l’Égypte. Il parle de la nuit solennelle où, au travers de tout le pays, il n’y avait pas une maison où la mort n’était pas entrée. Dieu agissait en jugement selon son propre caractère. Dans les maisons de tous les Égyptiens, le premier-né était mort. Pour les maisons d’Israël, l’agneau avait été mis à mort – la mort était tombée en sacrifice sur la victime sans défaut, au lieu du premier-né. Le sang de l’agneau avait été aspergé sur la porte, et ainsi ceux qui, autrement, seraient tombés sous les coups de l’Éternel, étaient en parfaite sécurité même au milieu de ses jugements. Dieu avait dit : Quand je verrai le sang…
Toutes les tribus étaient à l’abri pendant la nuit de la pâque, et ensuite Dieu les amena hors de l’esclavage et les délivra de tous les ennemis dangereux du désert. Quand ils furent près d’entrer dans le pays, Dieu parla d’un lieu d’habitation de sécurité. Heureux peuple !
Il est trois fois heureux, celui qui, par la valeur du sang de Jésus, a Dieu pour justification et protecteur jusqu’à ce que tout danger soit passé et qu’il arrive dans la demeure lumineuse de la paix !
D’après the Lord is near août 1988
« Heureux ceux qui sont doux, car c’est eux qui hériteront de la terre » Matthieu 5. 5.
LA FORCE DANS LA FAIBLESSE
Mao Tsé Tung enseignait que le pouvoir sort du canon d’un fusil. Sa philosophie est partagée par des millions d’humains qui voient l’affirmation de soi et « faire feu contre le feu » comme le seul moyen d’obtenir ses droits et d’hériter leur part de la terre. De telles personnes confondent habituellement la douceur avec la faiblesse, et la voient comme la caractéristique des masses écrasées, défaites et désolées. Elles se moquent des paroles de notre Seigneur.
Mais qui sont ceux qui sont doux ? Qui sont ces puissantes myriades qui triomphent au travers d’une défaite apparente et qui, en s’abaissant, s’élèvent à des hauteurs de gloire ? Leur force est comme un puissant fleuve qui ne se perd pas et ne détruit pas les autres en débordant par-dessus ses rives et en devenant une inondation destructive – mais comme un feu dans un foyer, qui donne de la chaleur et de la lumière, plutôt que de la destruction dans une forêt.
Voici Moïse, conduisant les milliers d’Israël au travers des hurlements de la solitude du désert, supportant leur rébellion et leurs murmures, leur manque de reconnaissance, et même les reproches insensés de ceux qui étaient ses plus proches. Avec douceur il se rejetait sur l’Éternel, regardant à Lui seul comme son bouclier et son protecteur. L’Écriture le nomme « très doux, plus que tous les hommes » (Nomb. 12. 3). Héritera-t-il le pays ? Moïse n’est pas entré dans le pays et n’en a pas « hérité ». Sa part a été de le voir tout entier depuis la montagne et dans la proximité de Dieu.
Mais par-dessus tout, il y a le Seigneur Jésus, qui parle de Lui-même comme étant « doux et humble de cœur » et qui promet le repos à ceux qui prennent sur eux son joug et apprennent de Lui (Mat. 11. 29). Sa douceur s’est manifestée jusqu’à la mort de la croix. Bientôt Il régnera sur toute la terre, partageant son héritage avec ceux qui ont souffert, dans la faiblesse, pour son nom. En vérité, ceux qui sont doux hériteront de la terre !
D’après the Lord is near août 1988 (G.W. Steidl)
« Et le peuple parla contre Dieu et contre Moïse : Pourquoi nous avez-vous fait monter hors d’Égypte pour mourir dans le désert ? Car il n’y a pas de pain, et il n’y a pas d’eau, et notre âme est dégoûtée de ce pain misérable » Nombres 21. 5.
LE CŒUR HUMAIN EST FONCIÈREMENT OPPOSÉ À DIEU
Voici la description du cœur humain – de votre cœur et du mien. « Le peuple parla contre Dieu ». C’est ce que nous faisons toujours, chaque fois que nous grommelons et que nous nous plaignons au sujet de nos circonstances. Il n’était question que de pain et d’eau – de manger et boire. Ils imaginaient que Dieu les avait amenés hors de l’Égypte pour mourir, alors que, en fait, Il les avait délivrés des fours à briques et des surveillants, afin qu’ils puissent Lui célébrer une fête dans le désert.
Il en était donc tout le contraire de ce qu’ils disaient – et il en est toujours ainsi de nos cœurs incrédules quand nous les écoutons : ils nous disent toujours les pires mensonges – et du caractère le plus grave – des mensonges quant à Dieu, quant à son caractère, quant à sa nature, quant à ses actes et ses voies. Toutes nos plaintes au sujet de nos circonstances sont des mensonges quant à Dieu.
Et d’où viennent toutes ces plaintes ? Du père du mensonge – du serpent ancien, le diable – de celui-là même qui entra dans le jardin d’Éden et poussa nos premiers parents à être mécontents de leurs circonstances. Il leur fit croire que Dieu n’avait pas de bonté – qu’ils n’étaient pas aussi bien traités qu’ils auraient dû l’être. Le serpent parla contre Dieu. C’est ce qu’il a toujours fait – ce qu’il fait toujours – et fera toujours.
Souvenons-nous de cela. N’oublions jamais que tous les murmures, toutes les plaintes, c’est vraiment parler contre Dieu. C’est la voix du serpent par les lèvres de l’homme. Il enfonce d’abord l’épine du mécontentement dans le cœur – puis les paroles de mécontentement viennent des lèvres. Nous parlons contre Dieu.
D’après the Lord is near août 1988
« Christ Jésus… s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a élevé très haut » Philippiens 2. 5 à 9.
L’ABAISSEMENT DU SEIGNEUR JÉSUS
Voici le remède divin contre l’envie et la jalousie, les disputes et la vaine gloire, contre l’intérêt pour soi-même dans toutes ses formes hideuses. L’auteur inspiré introduit dans nos cœurs l’Homme sans égoïsme, humble, obéissant, Jésus Christ. Il était Celui qui possédait toute la puissance au ciel et sur la terre. La majesté et la gloire divines étaient siennes. Il était Dieu sur tous béni à toujours. Par Lui toutes choses ont été créées, et par Lui elles subsistent. Et cependant Il est apparu dans ce monde comme un homme pauvre – un serviteur – Celui qui n’avait pas un lieu où reposer sa tête. Les renards et les oiseaux, créatures formées par Lui, étaient mieux protégées que Lui, leur Créateur. Ils avaient un lieu pour se reposer. Lui n’en avait pas. Il n’a pas recherché à se faire une réputation.
Il n’a jamais pensé à Lui-même. Il pensait aux autres, prenait soin d’eux, travaillait pour eux, pleurait avec eux, les servait ; mais Il ne fit jamais une chose pour Lui-même. Nous ne Le trouvons jamais prenant soin de se fournir de quoi que ce soit. Sa vie était celle d’un parfait renoncement. Lui, qui était tout, s’est fait n’être rien.
Il faisait un contraste parfait avec le premier Adam qui, n’étant qu’un homme, pensa à se faire être comme Dieu, et devint l’esclave du serpent. Le Seigneur Jésus, qui était le Dieu très-haut, prit la place la plus basse parmi les hommes. Il est absolument impossible que quelque homme puisse jamais prendre une place aussi basse que Jésus. La Parole dit : « Il s’est anéanti Lui-même ». Il est descendu si bas que personne ne pouvait Le mettre plus bas. Il est « devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix ».
D’après the Lord is near août 1988 (C. H. Mackintosh)
« Comme David arrivait à Mahanaïm, Shobi, fils de Nakhash, de Rabba-des-fils-d’Ammon, et Makir, fils d’Ammiel, de Lodebar, et Barzillaï, le Galaadite, de Roguelim, amenèrent des lits, des bassins, des vases en poterie, du froment, de l’orge, de la farine, du grain rôti, des fèves, des lentilles, des grains rôtis, du miel, du caillé, du petit bétail, et des fromages de vache, pour David et pour le peuple qui était avec lui, pour qu’ils en mangent, car ils disaient : Le peuple a faim, il est fatigué, et il a soif dans le désert » 2 Samuel 17. 27 à 29.
LE DÉVOUEMENT DES AMIS DE DAVID
Quel encouragement pour David ! Il est beau et heureux de trouver une telle affection sincère, et à un tel moment ! Nos jours ne sont-ils pas sombres, et le vrai David n’est-Il pas encore rejeté ? Et quelles occasions innombrables il y a de montrer notre amour et notre dévouement pour Celui qui nous a aimés et s’est donné Lui-même pour nous !
Pensez à la manière dont de tels actes touchent le cœur du Seigneur. Qu’est-ce pour Lui, de voir une âme en sympathie avec ses pensées et son cœur, comme ces aides pour David ? C’est certainement une grâce précieuse, dont le parfum remplit la maison, et dont le souvenir ne sera jamais oublié – ou à Gaïus, le bien-aimé, dont la maison était un refuge pour ceux qui sortaient pour servir le Seigneur, en ne prenant rien de ceux des nations. N’est-ce rien ? Soyez assuré que tout cela est gardé en mémoire par le vrai David, et aura sa place et sa récompense quand Il rappellera ses trésors et leurs actions.
Quelle belle galerie de tableaux que la Parole de Dieu ! Elle comblera l’étudiant qui la regardera avec son Maître, et admirera, avec la lumière et l’enseignement du Saint Esprit, ces beaux caractères qu’Il Lui a plu de donner pour notre instruction et notre contemplation, afin que nous soyons remplis de leur esprit, et que nous imitions leur foi, leur amour, et leur piété.
D’après the Lord is near août 1988
« Car en lui habite toute la plénitude de la déité corporellement » Colossiens 2. 9.
LA DIVINITÉ ET L’HUMANITÉ DU SEIGNEUR JÉSUS CHRIST
La vérité extraordinaire exprimée dans ce passage est telle qu’elle fait que toute créature, dans l’univers, courbe son cœur dans l’adoration et la louange devant le Seigneur Jésus Christ, le Fils éternel du Père éternel. La perfection de son humble humanité fut reconnue par Marie, Sa mère, et d’autres, qui vinrent en contact avec Lui – et cependant sa vie, tranquille et normale, était celle d’un enfant obéissant lors de sa croissance. Mais la réalité de sa gloire divine brillait toujours, bien que voilée en quelque mesure, de sorte qu’elle n’attirait pas particulièrement l’attention. Tout ce qu’Il faisait, en tout temps, était en parfaite communion avec son Père. Quand sa mère, sans sagesse, Lui fit des reproches, alors qu’Il n’avait que douze ans, Il dut la reprendre doucement, en lui disant : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon père ? » (Luc 2. 49).
Comment est-il possible que la déité absolue et la véritable humanité soient unies en une seule Personne ? C’est une question à laquelle nous ne pouvons pas répondre, car c’est un miracle dans lequel Dieu seul peut pénétrer. Mais dans le saint Enfant de la crèche de Bethléem, Dieu était manifesté en chair. Toute la plénitude de la Déité habitait corporellement dans ce petit Enfant béni, et cette même plénitude demeurera en Lui à toujours !
En Lui nous avons le privilège d’être témoins de toute la gloire de Dieu. Dieu ne s’est pas révélé personnellement d’une autre manière. C’est seulement quand Il a été manifesté en chair que les anges ont eu le privilège de voir Dieu (1 Tim. 3. 16). Car aucune créature ne peut voir Dieu d’une autre manière que lorsqu’Il est révélé dans la Personne de son Fils. Ne sommes-nous pas tout à fait satisfaits de contempler ce Seigneur de gloire béni, saint et précieux, pleinement révélé ? C’est notre joie d’adorer Celui en qui toute la gloire de Dieu demeure corporellement.
D’après the Lord is near août 1988 (L.M. Grant)
« Éternel ! tu m’as sondé et tu m’as connu » Psaume 139. 1.
DIEU NOUS CONNAÎT PARFAITEMENT
Toutes les pages de notre cœur sont ouvertes les yeux de Dieu. Est-ce qu’Il vous lit, et qu’Il s’occupe de toutes les pensées et des désirs de votre cœur ? Il connaît toute notre faiblesse, et nous devons la reconnaître aussi. Si Jean est à ses pieds en Apocalypse 1. 17, c’est en fait pour que le Seigneur puisse lui dire : Je te toucherai et te ferai sentir ce qu’est ma force, mais tu dois ressentir ta propre faiblesse. Tous ceux qui connaissent Christ ont un sens toujours plus profond de cela à mesure qu’ils avancent. Mais tout le long de la traversée du désert nous avons le Seigneur pour nous, nous disant : Tu ne peux pas faire un pas sans moi, et je marche devant toi.
Oh ! Que dans tout le chemin, dans toutes nos circonstances ici-bas, vous et moi, nous nous tournions toujours vers le ciel, sachant que nous pouvons avoir toute la sympathie du cœur de ce Christ vivant là-haut ! Lui, un Homme vivant, est là-haut, avec un cœur et un esprit qui l’ont conduit à entrer dans toutes les circonstances des siens. Chaque croyant, individuellement, chacun dans ses propres circonstances, est l’objet de ses pensées. Il peut être occupé d’Étienne, de Saul, de Pierre, et de Jacques au même moment. Pouvez-vous dire : Je connais la sympathie du cœur de Christ ; je sais comment Il m’a relevé, et m’a toujours soutenu depuis lors ?
La seule chose, pour nous garder dans la conscience de notre entière faillite, c’est d’avoir la lumière des yeux de ce Seigneur béni brillant dans notre cœur, et mettant à nu tout ce qui est contraire à sa pensée.
La paix qu’Il donne ne brille jamais aussi bien qu’au milieu des eaux de tempête ici-bas. Lui, comme étant ma paix, vient entre moi et tout ce qui me cause du souci, en disant : Tu viendras bientôt à un autre endroit ; tu n’es pas destiné à la terre, mais à moi. Il m’appellera par mon nom et me prendra dans la gloire.
D’après the Lord is near août 1988
« Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été à la mesure de l’homme ; et Dieu est fidèle, qui ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de ce que vous pouvez supporter, mais avec la tentation il fera aussi l’issue, afin que vous puissiez la supporter » 1 Corinthiens 10. 13.
RENDRE DOUCES LES EAUX AMÈRES
Vous êtes donc arrivés à Mara, et avez trouvé amères les eaux de cet endroit. Vous avez déjà appris que ce monde n’est maintenant qu’un désert – une terre sèche et altérée, avec une grande famine et point d’eau. Mais il semble que le Seigneur vous conduit près d’une source dans le désert, et vous avez, plus que jamais, envie de boire. Mais lorsque vous goûtez aux eaux, et vous les trouvez amères ; vous ne pouvez pas les boire, et vous criez au Seigneur. Moïse a fait ainsi en Exode 15 et rappelez-vous comment l’Éternel a répondu à ce cri : « L’Éternel lui montra un bois, et il le jeta dans les eaux, et les eaux devinrent douces ». Il ne créa pas une chose nouvelle pour l’occasion, en répondant à cette nouvelle difficulté par une nouvelle action de puissance miraculeuse ; mais Il dirigea le regard de Moïse sur quelque chose qui était déjà sur les rives mêmes des eaux de Mara, qui avait l’effet de rendre douces les eaux amères.
Maintenant, chers compagnons de pèlerinage, que demandez-vous au Seigneur de faire pour vous dans cette nouvelle épreuve ? De créer quelque chose de nouveau sur la terre pour répondre à votre cas ? De ramener l’objet chéri dont Il vous a privé, ou d’ôter tout de suite la lourde épreuve qui est un poids pour votre esprit et vous accable ? Est-ce là son habitude ? Non, je vais prier le Seigneur pour vous, afin que, si c’est vers des eaux amères qu’Il vous conduit, Il vous montre le Bien-aimé dont la présence en amour et sympathie peut les rendre douces. Non pas un nouveau Sauveur, mais « Celui qui était dès le commencement » – qui est le même qu’Il était hier et le sera toujours.
D’après the Lord is near août 1988 (G.V. Wigram)
« J’ai fait la perte de toutes (choses) et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ, et que je sois trouvé en lui, n’ayant pas ma justice qui vient de la Loi, mais celle qui est par la foi en Christ » Philippiens 3. 8 à 14.
BIEN COURIR LA COURSE CHRÉTIENNE
Le coureur des Jeux Olympiques doit fixer les yeux sur le but s’il veut gagner le prix. Mais quel est le but ? Le but, pour vivre comme un chrétien, c’est de connaître le Seigneur. Comment apprenons-nous à mieux connaître le Seigneur ? La réponse est évidente : En passant du temps avec Lui ! En s’impliquant dans ses intérêts ! Nous devons passer du temps avec le Seigneur, étudier et méditer sa Parole, et Lui parler dans la prière pour avoir une relation croissante. Cinq minutes par jour ne suffisent pas pour avoir une relation de connaissance ! Il n’y a pas de raccourci !
Apprendre à connaître le Seigneur est lié à la marche par la foi en Lui et dans la puissance de sa résurrection. Cette puissance incroyable est disponible pour nous, mais son flux est limité par notre manque de foi et de confiance en Lui. Croyez-vous que le Seigneur pourrait débuter un ministère sur votre campus ou dans votre voisinage à travers vous ? Avancez avec foi, et non seulement vous ferez l’expérience de sa puissance, mais vous Le connaîtrez mieux !
Accepter de souffrir pour le nom de Christ est une partie essentielle d’une connaissance plus profonde de sa Personne. Nous n’avons pas à courir deçà-delà en recherchant des épreuves et des persécutions, mais nous pouvons être certains qu’elles viendront sous une forme ou une autre si nous marchons avec le Seigneur. Que vos règles élevées d’éthique, comme chrétien, soient connues, et la mer de votre vie deviendra peut-être un peu orageuse. Mais dans l’orage vous apprendrez à connaître le Seigneur et sa présence avec vous.
Apprendre à connaître le Seigneur toujours plus était ce que l’apôtre Paul désirait plus que toute autre chose. Est-ce votre but ? En vue du prix glorieux qui nous attend, avançons vers le but !
L’évangile de Jean présente la personne du Seigneur Jésus sous son caractère de Fils de Dieu : c’est le Fils de Dieu venu dans ce monde, venu ici-bas comme un homme, Des quatre évangiles, c’est celui qui, semble-t-il, nous présente le caractère le plus élevé de la personne du Seigneur Jésus. Il présente un caractère particulièrement attachant.
Lire, méditer l’évangile de Jean, y considérer les différents aspects de la personne du Seigneur Jésus sous son caractère de Fils de Dieu venu dans le monde, c’est extrêmement précieux, et le faire donnera à nos âmes ; sans aucun doute, une riche bénédiction : le Fils de Dieu venu dans ce monde : l’évangile du Fils de Dieu ! Nous pouvons dire que cet évangile nous présente le Fils de Dieu dans l’intimité.
Dans la première partie, nous avons les intimités du Fils de Dieu avec le pécheur. Il n’y a aucun évangile qui, comme Jean, nous présente le Seigneur opérant seul ; les disciples sont comme laissés de côté dans la première partie de cet évangile.
Nous ne voyons pas, dans Jean, le Seigneur appeler et envoyer les disciples comme nous le trouvons dans Matthieu ou dans Marc. Nous ne le voyons pas envoyer les soixante-dix comme nous le trouvons dans Luc. Le Seigneur travaille dans l’intimité avec le pécheur : Il est seul. Sans doute, le Seigneur parle et s’adresse à des foules, mais nous trouvons surtout, des entretiens personnels et individuels du Seigneur avec le pécheur.
Et puis, dans la deuxième partie de l’évangile, son ministère public étant terminé, nous avons les intimités du Fils de Dieu avec ses disciples. À partir du chapitre 13, le Seigneur est avec ses disciples. C’est à eux qu’Il parle pour leur révéler le cœur du Père, pour leur parler de la maison du Père, des secrets de la maison du Père, de la joie de la maison du Père ; c’est une scène d’intimité de la vie du Seigneur avec ses disciples.
Dans la première partie, le contact est individuel, c’est au singulier, c’est l’intimité du Seigneur avec le pécheur.
Dans la deuxième, c’est au pluriel, c’est le Seigneur au milieu de ses disciples, avec eux ; Il veut rassembler les siens.
Il faut que le Seigneur soit seul avec une âme pour la sauver, la délivrer, mais sa pensée est de rassembler ensuite les siens, de se trouver au milieu d’eux pour leur parler du Père, de la maison du Père, pour leur ouvrir son cœur, comme Il le fait dans les chapitres 13 et suivants de cet évangile.
Au chapitre 4, nous assistons à l’un de ces entretiens tout à fait remarquables du Seigneur avec une âme : le Seigneur dans l’intimité avec cette pauvre pécheresse, une femme dont le monde ne voulait pas, qui était tenue à l’écart, mais à laquelle le Seigneur va se faire connaître. Le Seigneur va être manifesté dans cette scène dans la méditation de laquelle Dieu veut nous faire discerner les gloires de cette personne adorable.
Pourquoi est-il écrit que le Seigneur ne baptisait pas ? C’est encore le temps du baptême de Jean ; Jean baptisait les disciples pour les inviter à suivre le Christ vivant sur la terre ; c’était le baptême de la repentance ; ceux qui étaient baptisés au Jourdain confessaient par là leur péché et étaient invités et exhortés à suivre le Christ vivant sur la terre : « Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché ». Il n’était pas encore question du baptême chrétien qui est le signe de la mort de Christ.
Le baptême de Jean de même que celui que les disciples du Seigneur effectuaient en son nom montrait que Dieu faisait auprès des Juifs un essai pour voir s’ils sauraient reconnaître et suivre Jésus vivant. Cet essai, dont le résultat n’a pas surpris Dieu, s’est soldé par un échec. Alors le Seigneur annonce : « À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure il demeure seul » (Jean 12. 24).
Si le baptême est mentionné au commencement du chapitre 4 ce n’est pas pour attirer l’attention sur le baptême auquel on a tendance, dans plus d’un endroit, à donner une importance qu’il n’a aucunement, mais bien plutôt sur l’état du cœur des pharisiens qui avaient entendu dire : « Jésus fait et baptise plus de disciples que Jean » et dont nous savons qu’ils étaient pleins de jalousie à l’égard du Seigneur ; le Seigneur savait dans quel esprit ces rapports avaient été faits et reçus.
Les pharisiens avaient envoyé des émissaires et leurs rapports excitaient leur jalousie. Cela a pénétré le cœur du Seigneur et sans doute a contribué à provoquer sa lassitude dont il est question quelques versets plus loin ; Il était fatigué du chemin. Nous savons combien les souffrances morales influent sur les forces physiques, et combien cela devait se vérifier dans un homme divin, infiniment sensible, car le Seigneur était infiniment sensible – les Psaumes nous l’enseignent – à ce qu’on pensait de lui et à ce qu’on disait de Lui.
Arrêtons quelques instants notre attention sur les rencontres de Jésus en tête à tête qui sont caractéristiques de cet évangile. La valeur immense de ces récits, de ces faits historiques mais divinement présents, c’est qu’ils révèlent, dans une instruction définitive, éternelle, la façon dont Dieu le Fils et une âme se rencontrent.
Différents suivant l’état des âmes, ils constituent des tableaux d’une éternelle vérité : c’est Nicodème, le docteur instruit quant à l’ancienne alliance – une rencontre de Dieu avec une âme qui s’était appliquée à être fidèle à ce que Dieu avait donné antérieurement ; nous savons ce qui en résulte et quelle lumière jaillit de cette rencontre ! – ; c’est la femme de notre chapitre – rencontre pleine d’une lumière merveilleuse révélant que le dessein divin va bien au-delà du salut du pécheur, c’est, au chapitre 5, la rencontre de Dieu avec l’infirme de Béthesda, une âme dans sa misère et son incapacité absolue, absolument sans aucune ressource devant les exigences de la loi.
Au chapitre 8, c’est la rencontre de Dieu avec une âme condamnée à mort par la loi.
Au chapitre 9, avec l’aveugle-né, les ténèbres et la lumière se rencontrent.
Ces récits nous élèvent à une hauteur incomparable, c’est la hauteur de Dieu vis à vis d’hommes dans des états différents dans chaque cas il jaillit des vérités immortelles en même temps qu’une instruction pratique permanente sur la façon dont les serviteurs – les chrétiens donc – ont à rencontrer les âmes… car un chrétien représente Dieu. Ces faits ont donc, d’une part, une valeur morale exceptionnelle et, d’autre part, une instruction pratique pour les serviteurs ; or les chrétiens sont tous serviteurs.
Dieu fait toujours très bien son travail ; nous voyons qu’il l’a fait parfaitement en Christ et nous devrions être des instruments qui permettent à Dieu de faire de la même manière son travail, quelles que soient les âmes auxquelles nous avons affaire.
Dans toutes les rencontres dont nous venons de parler, qu’il s’agisse du docteur de la loi qui ne connaît rien des vérités de la nouvelle naissance (ch. 3), de l’homme dans sa misère morale (ch. 4), de l’homme incapable de se servir de la loi (ch. 5), de l’homme dans son état d’aveuglement spirituel (ch. 9) et même de l’homme dans son état de mort morale (ch. 11), eh bien, le Seigneur est là pour répondre au besoin de l’homme dans quelque état qu’il se présente ; Il le fait toujours avec grâce, vérité : « La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » et mises en évidence de cette manière, elles font resplendir devant nous la gloire morale du Fils de Dieu.
Cet abaissement de Jésus se trouve dans l’évangile de Jean en même temps que les traits brillants de sa grandeur présentée continuellement dans les faits. Ici, Il est lassé du chemin. Voilà celui sur qui repose toute la gloire des conseils de Dieu : un homme lassé du chemin, qui n’a rien, pas d’argent, pas de relations, pas d’influence, qui ne peut s’appuyer sur rien, qui paraît le plus faible de tous les hommes; les hommes influents sont contre lui !
Il n’a pas un lieu où moralement reposer sa tête tandis que les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des demeures ! Voilà ce devant quoi il faut s’arrêter ! Un jour viendra où « la gloire de Dieu couvrira la terre comme les eaux couvrent le fond de la mer » mais, pour la foi, la gloire morale de Jésus remplit déjà et la terre et le ciel, et c’est cette gloire qu’il nous est donné de contempler dans ces scènes. Quand Dieu s’abaisse, Il est aussi grand que quand Il s’élève, et même, en un sens, davantage.
Ceci ressort particulièrement dans cet évangile qui ne fait pas mention de l’abaissement du Seigneur, mais où l’on voit cet abaissement dans les faits. Remarquons en effet que lorsque le Seigneur s’abaisse pour laver les pieds des disciples Il ne se déclare pas serviteur mais plutôt « Seigneur et Maître » : « vous m’appelez Seigneur et Maître, et vous dites bien car je le suis ».
À ce propos, soulignons qu’il nous faut toujours chercher, dans l’Écriture l’intention du Saint Esprit ; si nous suivons le courant de l’intention du Saint Esprit, nous recevons beaucoup plus largement le bénéfice de la portion que nous lisons. Nous sommes trop disposés à tout mélanger, alors qu’il y a une intention particulière dans chaque portion de l’Écriture, ce qui constitue une diversité infinie, dans une unité absolue. Pour discerner quelque chose de cette diversité, il faut lire beaucoup l’Écriture et la lire comme il faut.
On a toujours du profit, lorsqu’on lit une portion des Écritures, à considérer les vérités d’ensemble présentées dans cette portion. Dans un évangile, par exemple, il faut voir la pensée de l’Esprit de Dieu dans l’ensemble de cet évangile et dégager, conduits par l’Esprit de Dieu, les grandes lignes de la pensée qui nous est présentée.
Quelque portion des Écritures que nous considérions, nous devons en rechercher la portée générale et nous serons conduits à nous arrêter ensuite sur les détails. Souvent – généralement même, pourrait-on dire – cette vue d’ensemble d’une portion de l’Écriture nous manque et cela nous fait perdre beaucoup dans la méditation.
Le Seigneur avait donc quitté la Judée ; c’était un lieu, au milieu d’Israël, où on aurait pu penser qu’il trouverait la justice ; il ne l’avait pas trouvée, de sorte qu’il quitte la Judée et s’en va vers la Galilée, pays des pauvres du troupeau ; c’est là que le Seigneur a rempli la plus large partie de son ministère.
Il fallait qu’Il traversât la Samarie – la Samarie impure – ; Il ne va pas là pour chercher la justice ; Il va y apporter la grâce et en même temps la vérité – les deux sont inséparables – Il va rencontrer une âme dans sa misère profonde, une âme qui ne peut rien lui apporter, mais à laquelle Il va se révéler lui-même. Il va déployer pour elle tous les trésors de sa grâce en même temps qu’Il va lui ouvrir les yeux sur son véritable état ; c’est selon l’ordre divin et, en fait, cela caractérise le ministère du Seigneur.
Cela doit caractériser aussi le service que nous sommes appelés à remplir encore aujourd’hui à l’égard d’âmes qui se trouvent dans ce monde et dans la misère morale : parler de la grâce, mais, en même temps, présenter la vérité.
Nous allons voir, dans les versets suivants, comment le Seigneur agit pour atteindre la conscience de la Samaritaine car il faudra qu’Il en arrive là, qu’Il réveille la conscience de cette personne ; ce n’est que lorsque la conscience est réveillée que le travail de Dieu peut s’effectuer, qu’il s’agisse d’ailleurs d’une personne inconvertie ou d’un croyant qui a besoin d’être restauré : il faut toujours un travail de conscience. Le Seigneur va agir de manière à atteindre la conscience de cette femme.
La première parole que le Seigneur lui adresse c’est : (v. 7) : « Donne-moi à boire ». Le Seigneur va se servir de ses propres circonstances et des circonstances de cette femme pour se révéler à elle et ouvrir ses yeux sur son état. C’est souvent la manière d’agir du Seigneur envers nous : Il se sert d’une circonstance pour se révéler à nous et pour ouvrir nos yeux sur notre propre état. De plus, la Parole qu’Il adresse à cette femme fait ressortir quelque chose de la gloire de son abaissement : Celui qui est le Créateur des mondes, celui qui a dit : que la lumière soit et la lumière fut, est là, un homme assis au bord du puits.
Créateur des mondes, l’eau qu’Il réclame à cette femme c’est lui qui l’a créée ; cette femme elle-même est une de ses créatures ; et le Seigneur, qui aurait pu agir comme créateur, comme Seigneur, s’adresse à cette femme dans une demande qu’Il lui adresse : « Donne-moi à boire ».
L’attitude du Seigneur et sa parole font briller quelque chose de sa gloire dans son abaissement mais cette femme est incapable de discerner cette gloire. Nous verrons comment elle répond à la demande du Seigneur.
À Nicodème, qui était un docteur, le Seigneur parle comme le docteur suprême, révélateur de toute la vérité. Dans son entretien avec lui Il ne cède devant rien. Il lui parle avec une netteté qui paraît même dure. Ici, le chemin merveilleux que le Seigneur fraye lui-même pour atteindre la conscience et le cœur est différent.
Il y a là une instruction pour tout service, c’est bien évident. Il prend cette femme au point où elle en est ; jamais une instruction n’est reçue dans une âme lorsqu’elle est au-dessus de l’état de celle-ci. La vérité n’est d’aucun effet sur l’âme lorsqu’elle est au-dessus de l’état pratique de cette âme. C’est toujours vrai. Le Seigneur ne se présente pas à cette femme comme un docteur, mais comme le Sauveur suprême, Il se met à la portée de cette âme, à son niveau.
Voilà le service. Il lui parle de ce qu’elle peut comprendre ; la porte d’entrée, Il la prend sur le terrain de ses pensées courantes. C’est toujours ainsi qu’un vrai service s’effectue. La doctrine la plus sûre, si c’est une doctrine qui reste théorique, est d’un effet nul ; elle doit s’appliquer à l’état précis de l’âme à laquelle elle est présentée.
C’est difficile d’avoir un contact avec une âme, un contact réel ; c’est loin d’être facile, c’est même impossible sans que la grâce de Dieu le produise. Trouver vraiment le point de contact entre la vérité que nous pouvons avoir à dire selon Dieu et l’état d’une personne avec qui nous entrons en rapport n’est pas une chose qui se fait sans exercice. C’est pourquoi nos travaux sont si souvent stériles.
Il nous arrive, à nous, de consoler une âme qui a besoin d’être reprise, et d’avertir une âme qui a besoin d’être consolée, ce qui n’est pas le travail de Dieu. Il nous arrivera d’insister sur la grâce vis à vis d’une âme endurcie et rebelle à laquelle il faudrait une autre parole que celle-là. Il nous arrivera de présenter uniquement la responsabilité à une âme dont la conscience est très délicate et tourmentée qui aurait besoin d’une autre parole.
Trouver le point de contact vital d’une âme est fondamental dans le service spirituel. Il faut souvent beaucoup de patience, d’exercice préalable, en tout cas il faut être appelé de façon précise au service considéré.
Marc 4. 33 : « Il leur annonçait la parole, selon qu’ils pouvaient l’entendre ».
Que de fois un frère, ou une sœur, bien intentionné, aura fait un travail négatif. C’est très délicat !
Le Seigneur est là, très humble, lassé du chemin ; Il présente une demande ; Il se met extérieurement au-dessous d’elle et comme dépendant d’elle. Quelle humilité ! quelle beauté morale !
Il est en effet frappant de constater que le Seigneur occupe cette âme en premier lieu de questions matérielles. Elle est venue avec une cruche pour puiser de l’eau ; elle a besoin d’eau pour se désaltérer ; le Seigneur lui-même est fatigué du chemin, Il a soif. Voilà les circonstances matérielles, les besoins physiques, le Seigneur parle de cela à cette femme.
Il désire lui parler d’autre chose, mais Il commence par là ; Il ne veut pas lui dire une parole qui risquerait de la rebuter, de la faire partir ; Il cherche d’abord à la gagner. Se plaçant comme au-dessous d’elle, Il lui présente une requête, presque une prière : « Donne-moi à boire ».
Au lieu de s’empresser à lui donner un peu d’eau, elle a des questions à poser : « Comment, toi qui es Juif, me demandes-tu à boire à moi qui suis une femme samaritaine ? » Voilà le cœur humain manifesté avec ses questions, ses pourquoi, ses comment, et tout le long de cette scène nous verrons que cette femme a toujours une objection à faire, un comment ou un pourquoi ou un doute elle a toujours une question à poser.
Le Seigneur ne plane aucunement au-dessus de l’âme qu’Il veut servir. Cette tendance de vouloir planer au-dessus de ceux qu’on prétend servir est universelle et ceux qui veulent servir le Seigneur doivent y prendre garde en s’occupant des autres. Si nous faisons état de nos capacités, de notre niveau social, de notre pouvoir matériel, de nos connaissances, nous ne suivons pas l’exemple du Seigneur et nous risquons fort de ne rien apporter à la personne que nous désirons servir. Le dépouillement de soi est indispensable !
Ce n’est pas une petite chose qu’entrer dans la sphère où évolue une âme et d’y entrer d’une façon telle que la confiance naisse dans cette âme. Le Seigneur est avec cette femme comme s’Il n’avait eu que cela à faire, comme si tout son service s’était réduit à cette rencontre ; Il s’y consacre entièrement ; c’est ce dévouement complet qui nous manque beaucoup aussi et qui nous ferait nous enquérir avec un intérêt sincère et profond des circonstances de ceux à qui nous avons affaire, même si ce sont des inconvertis. Il n’y a pas d’autre entrée auprès d’elles. Tandis que parler comme d’une position supérieure n’est jamais le service du Seigneur.
Nous sentons que nous mettons le doigt sur bien des choses qui enlèvent à la valeur et à l’efficacité du service. Il est très facile de faire différents services ; il l’est beaucoup moins de faire un bon service, un service obscur, sans témoins. Nous aimons les témoins. Or, le travail de Dieu se fait, en général, dans un tête à tête.
Que de fois c’est au cours d’une conversation patiente, sage, dépendante, que le Seigneur révèle ou fait la brèche par laquelle entrera la bénédiction. Ici le Seigneur qui n’avait rien à apprendre quant à l’état de cette femme, bien entendu, nous montre de quelle façon on doit avoir des rapports avec une âme. Rappelons que l’état pratique du serviteur est plus important que les circonstances du service.
Il convient toujours d’avoir dans le service le sentiment que c’est l’œuvre du Seigneur, son travail à lui qui doit être accompli, le travail de Dieu ; si nous n’en avons pas le sentiment profond, si nous ne le réalisons pas pratiquement, notre service sera vain. Pour parler à un cœur, à une conscience, il faut connaître l’état de ce cœur et il n’y a que Dieu qui le connaisse ; par conséquent le serviteur ne peut atteindre utilement la personne à laquelle il s’adresse que s’il est gardé dans la crainte de Dieu, dans la dépendance du Seigneur ; alors le Seigneur lui donnera la parole à propos qui pourra, sinon immédiatement atteindre et toucher le cœur et la conscience, du moins commencer le travail que Dieu y accomplit, parce que ce travail ne se fait généralement pas en une fois.
Il faut de la patience et, dans cette scène, nous voyons avec quelle patience le Seigneur agit : sans faire un reproche à cette femme, sans lui dire : mais, je t’ai demandé à boire… pourquoi est-ce que tu ne me donnes pas un peu d’eau ? pourquoi as-tu une question à poser, un comment ? Nicodème avait dit « comment » quand le Seigneur ouvre les yeux du docteur de la loi sur l’état de ruine du vieil homme. Qu’Il lui présente les vérités de la nouvelle naissance ou qu’Il demande à boire à une Samaritaine, la première réponse, chaque fois, c’est « comment » ; l’homme est toujours prêt à raisonner, toujours prêt à dire « comment ».
Eh bien, le Seigneur ne se laisse rebuter ni par le « comment » de Nicodème, ni par le « comment » de la femme samaritaine et Il continue son travail. Il a une autre parole à dire à cette femme, c’est celle que nous avons au verset 10 : « Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, toi, tu lui eusses demandé, et il t’eût donné de l’eau vive ».
Le Seigneur présente le don de Dieu, d’une part, et, d’autre part, Il se présente lui-même comme le Donateur. Dans le chapitre 3, le don de Dieu, c’est la personne même du Fils : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » au chapitre 4, c’est le Saint Esprit dont l’eau est une figure : « fontaine d’eau, jaillissant en vie éternelle » ; et en parlant à cette femme de l’eau, en lui demandant à boire, le Seigneur voulait la conduire à la connaissance de ces vérités concernant le Saint Esprit comme « fontaine d’eau, jaillissant en vie éternelle : « Si tu connaissais le don de Dieu et celui qui te parle… » ; le Seigneur ne dit pas : qui je suis, l’expression aurait pu être dans sa bouche, mais Il se présente en grâce.
Il est là dans l’humilité la plus profonde : « qui est celui qui te parle » – et Il n’ajoute pas : tu lui eusses donné de l’eau aussitôt, non, mais « tu lui eusses demandé et il t’eût donné de l’eau vive ». Ensuite, Il va lui parler de l’eau vive, fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle.
Dans le travail de Dieu l’amour est en exercice (Jean 3. 16). Que ses serviteurs montrent aussi l’amour divin en exercice ; c’est l’amour divin qui conduit le Seigneur vis à vis de cette âme.
C’est l’amour qui sait servir à la gloire de Dieu. Le Seigneur a gagné la confiance de cette femme. Elle a connu qu’Il n’était pas un Samaritain, qu’Il était un Juif, et elle a dit : tiens, voilà quelqu’un qui ne me méprise pas, qui ne me fait pas sentir sa supériorité. Cette attitude du Seigneur ne nous juge-t-elle pas ?
La manière de faire du Seigneur nous étonne ; elle étonne la femme, elle étonne les disciples : « ils s’étonnaient de ce qu’il parlait avec une femme ». C’est tellement la tendance naturelle du cœur de l’homme d’établir des règles, des principes, des façons de faire selon ses propres pensées, que lorsque le Seigneur Jésus se présente et qu’Il va directement au cœur, Il étonne ; cela, en effet, nous sonde !
Dans l’esprit de la femme samaritaine, il s’agit simplement des distances que la vanité de l’homme établit entre les diverses classes de personnes, quelles qu’elles soient (ici, c’est sur le plan religieux, entre Juifs et Samaritains).
Eh bien, le souci que nous devons avoir, c’est de ne pas faire sentir une distance quelle qu’elle soit. Quand nous serons remplis de l’amour de Dieu par le Saint Esprit nous le réaliserons. On ne le réalise pas une fois pour toutes ; il faut être exercés. On ne peut le réaliser qu’en se tenant pour soi-même dans la présence de Dieu.
Cela fait ressortir toute l’abomination des hiérarchies ; c’est une abomination affreuse. « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur » ; c’est un principe immuable dont on doit se souvenir continuellement.
Avant de pouvoir servir selon l’exemple du Seigneur, il faut avoir été à la place de la Samaritaine, avoir eu affaire avec lui. Si nous sommes abreuvés par cette eau vive dont Il parle, alors, l’Esprit de Christ nous fera passer par-dessus les distances qui peuvent exister, fera disparaître tous les préjugés et les pensées des hommes.
Et cet abaissement, cette humilité réelle, parfaite, dont le Seigneur nous donne l’exemple ne peut pas être le fruit d’une décision volontaire. L’imitation de l’humilité n’est pas meilleure aux yeux de Dieu qu’un orgueil découvert. Il faut faire très attention à cela. De même, l’imitation du dévouement n’a aucune valeur aux yeux de Dieu. Les seules choses qui comptent aux yeux de Dieu, c’est ce dont nous voyons les traits brillants, parfaits, en Christ, c’est ce que Dieu produit en nous, « ce qui était vrai en lui et ce qui est vrai dans les siens » : le dévouement produit par Dieu, l’humilité produite par Dieu, manifestations du nouvel homme toujours et jamais du vieil homme ; ces choses manquent beaucoup aujourd’hui parmi nous ; il faut bien le dire, elles sont beaucoup perdues parmi les frères par rapport à des générations antérieures.
La nature de nos devanciers n’était pas meilleure, mais ils avaient plus d’exercice pour que les fruits de la réalité divine soient manifestés. Aujourd’hui nous suivons le même chemin, extérieurement : on travaille, on sert, mais la qualité n’est plus la même parce qu’on ne boit pas aux mêmes sources. Ne nous encourageons donc pas à une imitation humaine du dévouement, à une imitation humaine de l’humilité ; tout cela disparaîtra, mais encourageons-nous à réaliser l’humilité que la présence de Dieu produit dans le croyant et qui se traduit par le dévouement dans la dépendance.
L’influence de la Parole et de l’Esprit, même sur l’homme naturel, est indiscutable, les familles des chrétiens ont un caractère différent de celui des familles des inconvertis même si tous les membres ne sont pas chrétiens, il y a une influence extérieure dont ils bénéficient. Dans les milieux où la Bible est lue elle imprime un cachet connu dans le monde entier ; mais cela n’implique en aucune manière un effet vital. Il y a là inconsciemment une imitation, un reflet de la nature divine.
Mais nous, croyants par grâce, gardons-nous d’imiter des choses extérieures c’est du dedans au dehors que nous devons les réaliser, c’est au-dedans que le travail de la grâce de Dieu doit se faire et quel travail que celui de la grâce de Dieu en nous !
En 1 Corinthiens 15. 10, Paul peut dire : « J’ai travaillé beaucoup plus qu’eux tous, non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi ».
Un serviteur peut avoir fait une visite, rencontré une âme dans un mauvais état et accompli dans la dépendance le service du Seigneur et ensuite faire tout le contraire ; on n’a pas un état acquis pour toujours ; la dépendance dans le service doit être un exercice constant. Le danger des habitudes existe en tout, dans le service en particulier ; le Seigneur n’avait pas d’habitudes. La vie chrétienne n’a pas une seule habitude.
Il est bien écrit : « ceux qui, par le fait de l’habitude, ont les sens exercés à discerner le bien et le mal », mais cela veut dire : par la pratique, nous n’avons pas à vivre d’habitudes. Le service n’est pas un métier ; s’il devient un métier, il n’est plus un service. Mais dans la chrétienté, on a trouvé plus commode de transformer les services en professions, alors que le service chrétien suppose, comme la vie chrétienne elle-même, un exercice constant.
Au reste, nous voyons bien, par la diversité des attitudes du Seigneur combien il faut être, à nouveau, dans chaque cas, dépendant.
Il peut arriver qu’on recule devant un service à accomplir parce qu’on recule devant l’exercice préalable qu’il suppose. Dans ce cas, on est paresseux. Une vie de service, c’est une vie de communion continuelle avec le Seigneur ; pour servir il faut être avec lui avant l’accomplissement du service, pendant celui-ci, et ensuite, car ensuite, il y a des dangers, quand le service a été accompli. Servir, c’est être avec lui.
Remarquons que nous ne sommes pas appelés à choisir les services à accomplir. Le Seigneur n’a pas choisi ; tout son service était celui qui était tracé devant lui. Nous n’avons pas à choisir et que de fois, néanmoins, nous le faisons. Ne reculons pas devant une visite ou un service parce que nous avons peu d’affinités avec la ou les personnes intéressées, ou bien parce que ce service nous appellerait à aller dans l’ombre et que nous aimons nous mettre en relief. Le Seigneur place devant nous le secret d’un grand bonheur : « Ma viande est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé ».
D’autre part, le dévouement manque beaucoup. Il faut un après-midi pour aller faire une visite, pendant qu’on fait cela on ne fait pas autre chose. Ou bien, même si on n’a pas autre chose à faire, on peut préférer sa quiétude à la peine que, toujours, suppose une visite.
Un autre enseignement nous est donné ici : le Seigneur est seul ; il n’y a pas d’entraînement dans le service ; on peut sans doute s’encourager et faire le service à deux cela se voit, bien sûr ; mais le service à deux n’exclut en aucune manière la dépendance pour chacun.
C’est pour cela que le service à deux est beaucoup plus difficile à réaliser que le service individuel à cause de la tendance à marcher l’un avec la foi de l’autre. C’est très difficile de réaliser la dépendance individuelle dans un service à deux.
On a un peu tendance aujourd’hui, même parmi nous, à pousser des personnes dans le service ; nous ne trouvons jamais cela dans l’Écriture ; on ne doit ni s’y pousser soi-même ni en pousser d’autres ; on fait broncher quelqu’un en le poussant au service ; sa foi peut n’être pas au niveau que le service suppose.
Le fait qu’un service à deux soit très difficile à remplir ne veut pas dire qu’il ne puisse pas être rempli. Notons que le Seigneur a envoyé ses disciples deux à deux, mais remarquons aussi que cela donnait au message qu’ils annonçaient, un message final, un caractère officiel : deux témoins de la part du Seigneur.
Dans un service à deux, les deux ne sont généralement pas sur le même plan. L’esclave de Jonathan portait ses armes ; en apparence il n’a pas fait grand-chose ; c’était un soutien pour Jonathan ; cela correspond à un ami qui prie pour le service d’un serviteur. Quand Paul travaillait, avec Barnabas, ils n’étaient pas sur le même plan, il n’y avait pas de jalousie entre eux, chacun avait sa part, celle de Paul était plus en vue ; c’était bien pour lui que Barnabas soit avec lui. Timothée a travaillé avec Paul, un jeune avec un plus âgé ; le plus jeune était formé en collaborant au service de celui qui était plus âgé.
Les exemples sont instructifs par leur diversité, et instructifs à l’égard du sujet qui nous occupe ; Marc a commencé et n’a pas tenu et même Barnabas, une personne de si grande valeur, se sépare d’avec Paul (Act. 15. 39 et 40). Et Paul peut dire qu’il n’y a personne que Timothée qui soit animé d’un même esprit avec lui. Le service à deux était donc difficile même en ce temps-là.
Le Seigneur appelle un serviteur ; chaque serviteur est appelé spécialement ; cela n’exclut pas les collaborations, au contraire ; mais elles ne peuvent être heureuses que si chacun a été appelé comme s’il avait été seul. Quelqu’un peut suivre un serviteur, et ce peut être selon la volonté de Dieu, pour son instruction, cela peut faire partie de l’école de Dieu. Il n’y a pas de règle, évidemment, sauf la règle de la dépendance.
Nous lisons que Paul a voulu que Timothée aille avec lui, mais nous lisons aussi que le don de grâce du service lui avait été donné par prophétie et par l’imposition des mains du corps des anciens. Certainement l’Esprit a parlé le premier, comme c’est le cas aussi à Antioche. Là où il y a de la piété il y a des vocations qui viennent de Dieu, comme nous le trouvons en Ésaïe 6 : « qui enverrai-je, et qui ira pour nous ? Et je dis : Me voici, envoie-moi ». C’est Dieu qui l’envoie.
Ce fait que l’appel doit être de Dieu est d’autant plus important à considérer qu’on a tendance à l’oublier. Tout serviteur doit accomplir son service par sa foi personnelle, même s’il le fait en collaboration avec d’autres ; il doit l’accomplir par sa foi personnelle, ce qui exclut les entreprises générales, collectives, pour lesquelles on s’accommode d’un mélange de personnes dont certaines peuvent être appelées et d’autres pas.
Nous ne trouvons pas d’entreprises générales de service dans l’Écriture et cette remarque est de toute importance aujourd’hui. Le Seigneur est le Maître du service et c’est de lui que tous dépendent et doivent dépendre directement ; cela n’exclut d’ailleurs pas le secours matériel donné pour le service et qui manifeste la communion à son sujet.
Aujourd’hui, dans ce monde, on voit de plus en plus des directions collégiales et cette tendance gagne du terrain dans les milieux chrétiens, parce que la conformité au monde les envahit de plus en plus ; cette méthode dans l’œuvre de Dieu est en opposition avec ce que l’Écriture nous enseigne.
En aucun cas, un frère ne doit pousser un frère mais il peut lui aider. Si le premier frère a du discernement et qu’il craigne Dieu, il peut dire : voilà, un jeune frère qui a reçu du Seigneur quelque chose ; il priera d’abord pour lui, l’encouragera, mais sans le pousser ; pousser quelqu’un c’est le faire broncher, c’est le placer dans une position dans laquelle il n’est pas appelé.
Et cela est le cas, à plus forte raison, si l’on veut entreprendre des activités collectives au milieu des frères, peut-être même avec des éléments qui ne sont pas de vrais chrétiens. Comme cela est dangereux ! Ce ne serait pas selon l’Esprit. il faut, au départ, et uniquement, la volonté du Seigneur, alors que dans une entreprise la chair est encouragée au lieu d’être combattue ; les entreprises sont généralement fondées sur l’existence et le jeu de la volonté personnelle qui est en dehors de la dépendance et de l’obéissance au Seigneur.
Nous devons bien désirer qu’il y ait, dans les assemblées, une ambiance telle que l’Esprit puisse s’exprimer comme dans l’assemblée d’Antioche où il y avait des prophètes et des docteurs (Act. 13. 2). « Et comme ils servaient le Seigneur et jeûnaient, l’Esprit Saint dit : Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saul, pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés ». Ce ne sont ni les prophètes ni les docteurs qui ont envoyé Barnabas et Saul ; mais une atmosphère de piété a permis à l’Esprit d’exprimer clairement la volonté divine c’est en cela, que ces serviteurs ont été aidés.
Il existe deux grands dangers relativement à l’activité dans le service : le premier, c’est d’être porté à dire : comme Dieu fait tout, je ne fais rien – c’est la chair qui dit cela. Dans ce cas, on est paresseux purement et simplement. N’oublions pas que Dieu fait par les siens comme dans les siens, c’est scripturaire.
L’autre danger, opposé, c’est d’entreprendre et de faire sans un réel, constant et profond exercice. Que Dieu nous garde de ces deux dangers ! Car si nous voulons remplacer la paresse par un zèle volontaire, par du dévouement humain, un mélange de qualités humaines, cela n’est certainement pas selon Dieu.
Il est certain qu’une atmosphère de piété est évidemment désirable, d’une manière générale, dans les assemblées. L’Esprit peut alors agir sans être contristé et si, peut-être nous avons à souffrir de faiblesse et de manquement dans l’exercice du service, d’une activité selon Dieu, cela vient de ce que, d’une manière générale, notre niveau spirituel a baissé et de ce que l’état des assemblées ne correspond pas à ce qu’il devrait être, selon la pensée de Dieu ; cela a une répercussion inévitable sur le travail, sur l’activité des serviteurs, et cela peut être un obstacle au déploiement de la puissance de l’Esprit par le moyen de ceux que le Seigneur veut employer dans son œuvre.
Il y a donc une responsabilité d’ensemble, une responsabilité de chacun comme faisant partie de l’assemblée du Seigneur. Il faut que chacun y pense si nous voulons que l’œuvre du Seigneur puisse s’accomplir par le moyen de ceux qu’il a qualifiés pour cela.
Puisque nous parlons de service, rappelons enfin la parole du Seigneur que : « Nul ne peut servir deux maîtres » qu’il nous soit donné de nous arrêter devant tout ce qu’elle comporte et que nos seuls motifs soient vraiment, véritablement, l’amour du Seigneur, exclusif de toute pensée, volonté ou intérêt personnels !
Nous avons considéré le début de l’entretien du Seigneur avec la femme samaritaine et nous avons été conduits à dégager quelques pensées en rapport avec le service du Seigneur et la manière dont il l’accomplit, et nous avons considéré comment ses gloires ont brillé dans son abaissement et dans la façon dont il a rempli ici-bas son service. Nous l’avons vu s’adressant à la femme samaritaine, lui présentant une demande en rapport avec ses circonstances mêmes, une demande qui n’a aucun écho dans le cœur de cette femme, qui ne l’amène pas à donner, mais qui provoque de sa part une question : Comment…?
Le Seigneur poursuit son travail et s’adressant à son intelligence lui dit ce verset que nous avons considéré : « Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, toi, tu lui eusses demandé et il t’eût donné de l’eau vive ». C’est en quelque sorte une explication que le Seigneur lui donne ; Il ne lui parlait plus de l’eau qui était dans le puits, mais d’une eau vive, le Saint Esprit, fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle.
Cette femme ne comprend pas davantage, son intelligence est fermée et cela montre bien que si nous voulons faire comprendre à quelqu’un par l’intelligence les vérités de l’évangile, nous n’aboutirons généralement pas au résultat que nous désirons ; l’intelligence humaine ne peut pas saisir les choses de Dieu, elle ne peut pas les comprendre une intelligence renouvelée peut seule entrer dans le domaine des choses divines et, pour que l’intelligence d’une personne soit renouvelée et puisse entrer dans ces choses, il faut d’abord que cette personne ait cru.
Il faut d’abord croire, c’est le premier point. Quand nous avons cru, alors notre intelligence spirituelle peut s’ouvrir et les choses de Dieu nous sont révélées : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » (Jean 11. 40). C’est le principe que nous trouvons partout dans l’Écriture. L’intelligence d’un incrédule ne peut donc pas recevoir les choses de Dieu même si elles sont expliquées de la façon la plus claire et la plus compréhensible ; elles restent un domaine fermé à l’intelligence de l’homme.
Cette femme ne comprend pas, elle pose encore une autre question : d’où as-tu donc cette eau vive ? Elle n’a pas compris que l’eau vive dont le Seigneur lui parle ici, c’est autre chose que l’eau du puits. « Tu n’as rien pour puiser, le puits est profond, d’où as-tu donc cette eau vive ? » Alors Jésus souligne la différence entre l’eau du puits qui ne désaltère pas à jamais et l’eau qu’il peut donner, et qui désaltère à jamais.
La femme ne comprend toujours pas et l’effet des paroles du Seigneur n’est pas encore de l’attacher à lui-même, de produire en elle la foi qui s’attache à un objet ; au contraire, elle ne voit que la possibilité pour elle de ne plus être obligée de revenir à la fontaine. « Donne-moi cette eau afin que je ne revienne pas ici pour puiser ».
Il n’y a aucun attachement produit pour la personne du Seigneur. En fait il n’y a encore aucun sentiment de produit dans le cœur de cette femme ; il faudra que sa conscience soit atteinte pour que le travail de Dieu se fasse en elle ; et c’est bien là l’important, quand Dieu s’adresse à quelqu’un, il faut que la conscience soit atteinte ; alors le travail de Dieu peut se faire dans le cœur.
Eh bien, le Seigneur va toucher la conscience de cette femme et en même temps son cœur. Il est merveilleux de voir la délicatesse du Seigneur vis-à-vis de cette femme : il agit avec grâce et vérité. La vérité lui est présentée mais par celui qui est amour elle est présentée avec une touchante douceur, sans aucun reproche ; le Seigneur lui montre qu’Il connaît tout son passé, mais Il lui a montré auparavant combien Il s’intéresse à elle. Après s’être adressé à elle, lui ayant montré qu’Il ne méprise pas le triste état où elle est, sans lui avoir fait le moindre reproche, Il lui présente la vérité en des termes tellement simples et naturels que la femme est convaincue et touchée.
L’homme inconverti ne peut connaître ni la paix, ni le repos tant que la question de son péché n’a pas été réglée, de même un croyant qui a manqué ne peut pas connaître la communion avec le Seigneur ni avoir la connaissance de ses pensées tant que la question de son manquement n’a pas été réglée.
Le début de l’entretien du Seigneur avec la femme samaritaine, cet échange de paroles empreint de beaucoup de délicatesse de la part du Seigneur, est un heureux acheminement pour arriver au résultat que le Seigneur voulait produire, mais ce résultat ne sera produit que lorsque cette femme sera placée en présence de son péché.
Il paraît surprenant qu’après ce que le Seigneur a dit à cette femme sur l’eau du puits de Jacob et sur la fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle, tout aussitôt le Seigneur, comme interrompant, en quelque sorte, l’entretien, lui dise : « Va, appelle ton mari et viens ici ». Quel rapport cela avait-il avec ce qui précédait ? En apparence il n’y en avait aucun ; mais, en fait, c’était le nœud de tout. « Va, appelle ton mari », et le Seigneur ajoute aussitôt, car Il ne repousse pas : « Viens ici ». Il veut la placer dans la lumière.
« Tu veux la vérité dans l’homme intérieur » (Ps. 51. 8) – mais en même temps il déploie le trésor de sa grâce. S’il l’appelle à venir devant lui, ce n’est pas pour la condamner mais bien plutôt parce qu’Il veut user de grâce. Seulement, il ne peut user de grâce que quand il y a la confession des péchés. Cette confession des péchés n’est pas produite tout de suite chez cette femme ; elle éprouve une certaine honte et la honte souvent cache le mal ; elle n’ose pas confesser son péché ; elle répond : « je n’ai pas de mari ». C’est une flèche que le Seigneur a lancée dans sa conscience : « Va, appelle ton mari et viens ici » ; la femme écarte la flèche : « Je n’ai pas de mari ».
Elle pense avoir réglé la question, avoir évité que son passé soit mis à nu, que son état soit dévoilé, mais aussitôt le Seigneur lui montre qu’Il est au fait de tout, qu’Il connaît toutes choses, qu’elle ne peut rien lui cacher. « Tu as bien dit : Je n’ai pas de mari, en cela tu as dit vrai », en cela seulement. Alors, la femme est convaincue ; elle a été amenée par la parole du Seigneur en présence de celui aux yeux de qui toutes choses sont nues et découvertes, de sorte qu’elle pourra dire un peu plus tard : « Venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ».
Le Seigneur n’agit pas toujours exactement de cette façon ; cette femme était accablée, puisqu’elle venait au puits au milieu du jour, c’est-à-dire à l’heure à laquelle elle devait ne rencontrer personne. Elle avait honte et n’osait pas rencontrer ses semblables. Cela explique la manière dont le Seigneur s’occupe d’elle. Sa situation était publiquement connue et elle en portait la honte, de sorte qu’elle était, à cet égard, spécialement sensible ; le moindre manque de tact spirituel, moral, aurait effarouché cette âme et l’aurait fait fuir.
Mais il peut y avoir des cas où il faut moins de ménagements ; il y a une grande variété d’états d’âme, et, par conséquent, une grande variété dans la façon dont on doit s’occuper de quelqu’un ; c’est là d’ailleurs le grand secret des soins pastoraux qui constituent un des services les plus difficiles, par cela même ; ils requièrent une science que le Seigneur seul peut donner. Mais quels que soit le processus et, l’ensemble de ces soins, le résultat doit être le même, en fin de compte ; deux éléments fondamentaux doivent être touchés : le cœur, et la conscience, ou la conscience et le cœur ; et la restauration – ou bien la conversion – ne sont pas des réalités tant que la conscience n’a pas été atteinte. Il faut tenir cela très ferme.
En ce qui concerne les personnes inconverties qui sont comme des morts à l’égard de Dieu et sourds à ses appels, ils n’ont rien que la mort en eux, comment pourraient-ils être touchés si ce n’est par la conscience qui constitue une brèche, une porte, un passage pour la lumière divine ? On ne saurait trop insister sur ce point.
Dieu n’a pas permis que l’homme tombe en chute sans acquérir cette faculté mystérieuse, universelle, qui échappe à l’analyse, qui se trouve chez les païens les plus endurcis comme chez les chrétiens les plus endurcis par la profession chrétienne et comme chez les chrétiens les plus spirituels, ce fait mystérieux qui fait partie de l’homme : la conscience. C’est là la supériorité de l’homme et, en même temps, la démonstration permanente de sa chute. Il a une conscience, elle peut être endurcie, obscurcie, mais elle est là. Toute lumière dans l’homme entre par la conscience, ne l’oublions jamais.
La femme samaritaine se met à discourir ; le Seigneur lui parle de choses profondes ; elle le suit en apparence sur ce terrain ; de même, bien des personnes parleront volontiers des mystères de Dieu, de Dieu, de l’Église, elles suivront le chrétien sur ce terrain, mais attention ! Que Dieu accorde à ce chrétien de mettre, pour ainsi dire, le doigt sur sa conscience en prononçant une parole qui tout à coup va les atteindre au vif dans leur conscience, leurs discours s’arrêtent. L’homme raisonne, il peut disserter très savamment et très habilement, il a un esprit, une intelligence – il est très fier de les avoir – il se croit supérieur par cela ; il l’est ; mais il a une autre faculté, et c’est celle sur laquelle Dieu agit, c’est la conscience : tu as fait ceci, cela ; nous allons en parler.
Aucun homme ne résiste à cela, pas un seul homme n’accepterait que ce qu’il a fait soit publié sur les murs de sa maison ; personne ne pourrait supporter cela, plutôt la mort ! Discourir sur le mal, sur l’enfer, sur Dieu, tout le monde le fait, c’est une forme d’intellectualisme qui existe du haut en bas de l’échelle sociale mais s’entendre dire : tu es un pécheur, nous allons mettre à nu ton état de péché, dire un peu ce que tu fais, c’est insupportable absolument.
Pour confesser un manquement, une faute, il faut que la grâce de Dieu le produise. Nous parlons d’une confession selon Dieu, car il y a des confessions humaines. Judas a dit : « J’ai péché » et il va se pendre ; le Pharaon, Saül, disent : « J’ai péché », cela ne les a pas fait changer. Leur conscience parlait, mais ils n’étaient pas, moralement, dans la présence de Dieu. Retenons donc ceci, qu’il y a en n’importe quel homme, qu’il soit très dur, très orgueilleux, ou très fort pour parler, un élément sur lequel les chrétiens peuvent agir, si Dieu veut l’amener à sa connaissance.
Quand quelqu’un a été touché par Dieu dans sa conscience, il parle moins, l’abondance de ses paroles est tarie, son habileté à parler et à discourir sur tous les sujets, même sacrés, prend fin ; cette âme se trouve devant Dieu ; elle a vu… elle se trouve devant celui qui lui fait voir ce qu’elle est, et cela personne ne le supporte à moins qu’il réalise la présence de Dieu.
Nous avons besoin, comme chrétiens, de nous en souvenir ; c’est le nœud, le cœur de la question. Nous sommes tous très forts pour disserter sur la question générale du bien et du mal, mais lorsqu’il s’agit de moi, c’est un tête à tête que l’on ne recherche pas. Tout le monde est d’accord pour dire que c’est facile à dire ; mais réaliser combien moi je suis vil, c’est autre chose !
Ce travail de la conscience doit être très profond ; le Seigneur ne se contente pas d’un travail superficiel ; le travail a commencé dans la conscience de la Samaritaine quand Il lui a dit : « Va, appelle ton mari et viens ici ». Cette parole était une flèche atteignant sa conscience ; mais le travail de la conscience commençait seulement ; la femme essaie de secouer la flèche et de s’échapper en disant : « Je n’ai pas de mari ».
Le Seigneur poursuit son travail, Il sonde la conscience, Il va plus loin ; Il montre à cette femme qu’Il est au fait de tout, qu’Il sait tout parfaitement ; les hommes de son entourage ne savaient pas si elle avait eu trois, quatre ou cinq maris. Le Seigneur connaît tout et peut dire à cette femme : « Tu as eu cinq maris » ; voilà le travail de conscience approfondi et qui amène cette femme dans la lumière de Dieu ; de sorte qu’elle peut dire : « Je vois » ; ses yeux sont ouverts ; « Je vois que tu es un prophète ».
Mais souvent, quand une âme est amenée là, elle cherche à s’isoler ou essaie de détourner la conversation. Souvent, quand une âme est ainsi travaillée dans sa conscience, qu’elle est placée en présence du péché et que ce travail de la conscience se fait de plus en plus profond, elle cherche à détourner la pointe de l’épée en parlant de sujets religieux ; il semble bien que cette femme ait abordé un tel sujet pour détourner l’entretien : « Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous dites que c’est à Jérusalem qu’il faut adorer ».
Bien des personnes aujourd’hui posent la question : Où faut-il se réunir ? Comment vous réunissez-vous ? Comment adorez-vous ? Et pourquoi y a-t-il tant de dénominations chrétiennes et où est la vérité ?
Voilà une discussion religieuse engagée pour détourner la pointe de l’épée afin que le travail de conscience ne se fasse pas. Eh bien, le Seigneur produira un travail de conscience complet ; il saura l’accomplir jusqu’au bout dans la conscience de cette femme et les résultats en seront manifestés.
Ne pensons pas que ce travail de conscience accompli dans cette femme doive être moins profond chez un homme qui a eu une marche extérieure impeccable et qui n’aura pas sombré dans les péchés qui avaient marqué ou rempli la vie de cette femme ; c’est là que l’erreur est si courante. Nous n’avons pas besoin de nous être jetés dans le fossé pour apprendre ce que nous sommes ; et le Seigneur doit nous atteindre d’une façon aussi profonde qu’Il atteint cette femme, même si nous sommes de très braves gens, comme en général, dans la moyenne, c’est le cas des chrétiens aux yeux des hommes, et ces chrétiens, hélas, écoutent souvent complaisamment ces déclarations approbatives : Ce sont de braves gens, sérieux ; ils ne font pas de bruit.
Nous, nous recevons cela comme un encens. Mais le Seigneur ne nous parle pas comme cela ! Et même si ce témoignage rejaillit sur son peuple à la gloire du Seigneur, ce sera justement parce que lui nous aura tenu un autre langage et nous ne nous jugerons pas ainsi ; nous n’aurons pas eu nécessairement des irrégularités de conduite comme celles de cette femme, mais nous aurons eu certainement des péchés aussi graves.
Il y a d’ailleurs un péché courant, grave, universel, que nous nourrissons tous très volontiers et qui s’appelle l’orgueil ; il a mille visages ; de plus il y a la racine de tous les péchés : la volonté propre ; elle est la racine de tous les péchés, petits et grands, et il faut que le Seigneur nous aide à juger cette racine, et c’est d’autant plus difficile qu’on croit être un très brave homme, approuvé à droite et à gauche ; on a besoin de recevoir une flèche qui aille jusqu’au fond de la conscience.
Paul dit : « Je sais qu’en moi c’est-à-dire en ma chair il n’habite point de bien » ; il ne dit pas : nous savons ; car ce n’est pas un fait général pour les chrétiens, mais : je sais. Le Seigneur avait mis le doigt sur les ressorts qui étaient à la base de l’activité de Paul. Cela est certainement plus rare aujourd’hui ; c’est une leçon qui, nous le sentons, est moins profondément et moins largement apprise et enseignée qu’autrefois.
Si nous désirons jouir du Seigneur, nous devons avoir une expérience semblable à celle de cette femme ; nous goûterons alors la joie qui a rempli son âme. Son âme est remplie de joie. Veut-on voir l’exemple d’une libération ? En voilà une ; les chaînes de cette femme sont brisées sur-le-champ. Si nous voulons connaître une telle libération, demandons au Seigneur qu’il nous atteigne dans tous nos ressorts secrets.
Nos devanciers nous ont enseigné, cette leçon si sérieuse ; lisons-les, ils nous le disent encore ; d’autres, qui ne l’ont pas écrit, nous l’ont appris verbalement. Mais on dira que tous les chrétiens sont plus que parfaits d’un seul coup, qu’ils vont être bien contents de ce qu’ils sont. Précisément, seuls les chrétiens qui savent ce qu’ils sont dans leur nature, et qui en gardent conscience, peuvent se glorifier en Christ (2 Cor. 12. 5).
Nous avons rappelé plus d’une fois ceci : Les frères ont le privilège de pouvoir penser à eux avec un mépris silencieux, voilà ce que nos devanciers ont dit, au lieu d’avoir une bonne opinion de nous parce que nous sommes des gens sérieux, penser à nous avec un mépris silencieux, ce qui n’empêchera pas que le Seigneur fasse son travail en nous et que nous puissions dire comme cette femme : Je connais celui qui est mort sur la croix, Il est celui même qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; Il m’a donné de l’eau vive qui est le symbole et le secret du bonheur.
Voilà bien pourquoi nous avons moins de joie que les frères qui nous ont enseignés, parce que nous sommes contents de nous-mêmes alors que nous devrions seulement nous glorifier en Christ. Cet état, dont nous avons à nous éloigner, s’est déjà trouvé il y a bien longtemps ! Job a dû apprendre à s’en juger : c’était un homme intègre, extérieurement sans tâche, et tout le monde le louait ; seulement, il le savait et il se louait lui-même. Il faut lire ce livre. Le Seigneur s’occupe de lui et lui envoie une série de désastres, et Job reste aussi fidèle qu’avant ; à la fin de ses désastres Job était encore plus content de lui parce qu’il pouvait dire, comme Satan le lui suggérait : tu as tenu bon, tu as été fidèle à Dieu, tu es un homme comme il n’y en a pas d’autres.
Mais Dieu lui envoie une autre sorte d’épreuve sous la forme de ses consolateurs fâcheux, et le fond du cœur de Job est manifesté. Alors Dieu met le doigt-sur la conscience de Job, et Job est amené à dire en quelque sorte : Il m’a dit tout ce que j’ai fait ; et « J’ai horreur de moi ». Il n’y a rien de comparable dans la vie chrétienne à cette forte et indispensable leçon ; c’est un progrès d’une valeur, d’une importance qui ne sont surpassées que par la conversion. Voilà ce que nous devrions rechercher.
Les frères devraient être des exemples d’hommes qui proclament, par leur façon d’être : L’homme, en lui-même, le vieil homme, c’est fini ; Dieu en a assez, nous aussi. Et quand nous annonçons la mort du Seigneur, le dimanche, nous n’annonçons pas seulement que le Seigneur est mort pour nous ouvrir le ciel, mais que si Jésus est mort, nous aussi nous sommes morts avec lui, ayant été condamnés à mort ; nous proclamons notre condamnation à mort et en même temps notre résurrection en lui.
Il n’y a pas grand bien dans des condamnés à mort : Voilà ce que nous avons à apprendre. Que le Seigneur nous garde tous, frères et sœurs, dans cette orientation et y engage les jeunes. Tout ce qui ne reconnaît pas cela, c’est de la fumée pour les narines, comme dit le prophète.
Que personne n’hésite à considérer de près ces choses Ce n’est pas en les regardant de loin qu’on fait des progrès, mais en les regardant de près… Chacun a beaucoup de choses à apprendre.
Ce qui marquait cette femme, c’était l’inconduite ; mais, encore une fois, l’égoïsme, n’est-ce pas également un affreux péché. Et ce qui mène le monde : l’orgueil, la bonne opinion de soi ! Et l’amour du monde, les mille formes de l’amour du monde, l’amour des grandeurs, de ce qui est grand parmi nous ! alors que nous proclamons dans la mort de Christ que tout ce qui paraît grand dans l’homme est mis à mort.
Dans l’Ancien Testament, deux fois au moins (à propos du lépreux et de la génisse rousse) on mettait ensemble dans la mort le cèdre et l’hysope et l’écarlate, ce qui est grand, ce qui est petit et ce qui est brillant aux yeux des hommes. Sommes-nous exercés sur tous ces points, chers amis ? Est-ce que nous luttons contre nos tendances ou est-ce que nous les nourrissons ? Voilà toute la question !
Lutter contre elles, c’est avoir Dieu avec soi, et l’on est heureux ; si on les nourrit, on a en cela même, Dieu contre soi. Nous devrions être les témoins permanents, ayant appris cela de la part du Seigneur comme Il l’apprit à cette femme, que le premier Adam est mort ; c’est un homme mort ; nous ne connaissons que le dernier Adam, le second homme venu du ciel. Si les frères ne savent pas cela avec réalité, ils n’ont pas de raison d’être !
La femme samaritaine a conscience d’avoir entendu de la bouche du Seigneur la parole de Dieu ; elle a conscience que c’est Dieu qui lui a parlé. Les prophètes étaient porteurs de la parole de Dieu et elle dit : « Je vois que tu es un prophète ». Celui qui prononce de la part du Seigneur, au moment même où il lui enseigne à le faire, la parole qui atteint la conscience, a placé l’âme en présence de Dieu, il lui a apporté une parole de Dieu, et cette âme a conscience que c’est, non pas un serviteur, mais Dieu qui lui a parlé ; elle considère ainsi le serviteur comme un prophète.
C’est aussitôt après, comme nous l’avons remarqué, que cette femme introduit la controverse en évoquant la rivalité religieuse qui existait entre Garizim et Jérusalem. « Nos pères ont adoré sur cette montagne-ci, et vous, vous dites qu’à Jérusalem est le lieu où il faut adorer ». Elle ne se doutait pas que, malgré les réponses qu’elle pouvait faire et le désir qu’elle avait d’échapper à l’action qui s’opérait en elle et atteignait au fond de sa conscience, le Seigneur poursuivrait son travail à travers tout cela.
C’est encourageant pour nous de savoir que le Seigneur poursuit son travail en nous et que « Celui qui a commencé en nous une bonne œuvre l’achèvera jusqu’au jour de Jésus Christ » malgré l’opposition plus ou moins marquée que nous pouvons y faire. Cette femme ne se doutait pas qu’elle allait entendre de la bouche du Seigneur les paroles si élevées qui nous sont rapportées ici. Il pourrait sembler que le Seigneur aurait dû choisir un apôtre distingué comme Pierre ou Jean, ou Nicodème, ou un Joseph d’Arimathée, ou d’autres encore… c’est une femme samaritaine qu’Il a choisie pour lui révéler ces vérités si importantes et si bénies concernant le culte, pour lui dire ces paroles que nous rappelons si souvent : « Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité ».
C’est la femme samaritaine qui a entendu de telles paroles de la bouche du Seigneur ! et cela nous dit en particulier que ces vérités concernant le culte peuvent être données à connaître – c’est très important à remarquer – à quelqu’un dès que sa conscience a été touchée, à toute âme qui a été amenée à la connaissance de son état de péché, qui peut dire : Seigneur, je vois. Elle a en effet du discernement spirituel parce que sa conscience a été réveillée.
Le Seigneur a déjà présenté les vérités concernant la nouvelle naissance (ch. 3) et le Saint Esprit, fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle. Pour adorer, il faut non seulement être né de nouveau, mais aussi la puissance de l’Esprit Saint ; c’est par le Saint Esprit seul que nous pouvons adorer, selon la pensée de Dieu, en esprit et en vérité.
Remarquons en outre que c’est le Père qui désire être adoré. Il faut aujourd’hui connaître Dieu comme Père pour pouvoir l’adorer comme Il le désire. Et cela rend d’autant plus évident que si quelqu’un du monde peut assister au culte des enfants de Dieu, il ne peut pas y prendre part. Si on voulait associer le monde au culte des enfants de Dieu, ce serait un feu étranger.
D’autre part, si les vérités concernant l’adoration que nous trouvons dans ce chapitre avaient été révélées par le Seigneur à Nicodème, à ce personnage plein de science qui n’était pas le premier venu, ou à un autre homme haut placé, c’eût peut-être été décourageant pour la masse des chrétiens ou simplement pour ceux qui sont pénétrés du sentiment de leur misère. On aurait pu penser qu’une classe privilégiée, une élite seule aurait le droit, ou plutôt le privilège de l’adoration.
Mais Dieu choisit la femme la plus méprisée pour faire connaître sa pensée à ce sujet et cela nous fait comprendre que le privilège de l’adoration est offert à ceux qui ont été les plus misérables, et c’est tout à fait ce qu’il faut. Ceux qui useront le mieux du privilège de l’adoration, ceux qui adoreront le mieux, ce sont ceux qui savent le plus profondément ce qu’ils étaient et ce que Dieu a fait d’eux. Ces pauvres pécheurs, comme cette femme, on les verra dans la gloire de Dieu ; on verra les immenses richesses de la grâce, ce qui est d’ores et déjà un motif d’adoration.
Dans sa réponse, la femme samaritaine montre que, pour elle, ce que le Seigneur dit est revêtu d’une autorité divine qui la saisit. Il en est ainsi chaque fois qu’un service fidèle est accompli, en particulier le service de prophète par lequel, sans même que celui qui l’exerce connaisse l’état d’âme de l’auditoire auquel il s’adresse, des âmes pourront être atteintes avec le sentiment d’une autorité divine… non pas seulement par la prédication des vérités mais par leur application à leur conscience.
C’est exactement le service du prophète tel que nous le trouvons en 1 Corinthiens 14 et c’est un service si utile qu’il est dit : « Désirez avec ardeur des dons spirituels et surtout de prophétiser ».
Il serait très désirable que ce service s’exerce dans le rassemblement des saints, réalisant un travail profond et profitable dans les âmes et pour l’état général des assemblées. C’est ainsi que la parole ne glisse pas sur l’âme, et on n’est pas dans le même état après qu’avant. Il faut prier pour que la présence du Seigneur soit réalisée (le Seigneur est présent en esprit) et l’Esprit Saint nous fait réaliser sa présence.
Nous n’avons pas le Seigneur comme il se trouve dans cette scène du chapitre 4, mais nous l’avons mieux dans ce sens que l’Esprit Saint nous fait réaliser sa présence, de sorte que ce travail accompli vis-à-vis de cette femme peut se produire de la même façon dans le rassemblement. Pourquoi les réunions ne seraient-elles pas aussi heureuses et avec des effets aussi marqués que dans cette scène ?
Il n’y a pas de raisons pour qu’il n’en soit pas de même ; il faut avoir beaucoup à cœur le bien des âmes et, pratiquement, leur bien dans et par les réunions. Combien il serait désirable que, pour chaque réunion, les frères et sœurs prient à l’avance chacun chez soi ; les frères et les sœurs ne veulent-ils pas être exercés à cet égard !
Est-ce, que, souvent, les personnes qui demandent à prendre leur place à la table du Seigneur ne la demandent pas uniquement pour obtenir un privilège, ou même simplement une sorte de laissez-passer pour toutes les assemblées ? C’est triste quand il en est ainsi. Prendre sa place, c’est aussi s’engager sur un chemin de service et de dévouement.
Il n’y a pas une jeune sœur, un jeune frère ou une sœur ou un frère âgé qui ne devrait avoir à cœur de façon précise le bien de chaque réunion… ou alors pourquoi nous réunissons-nous ? Voilà une des raisons pour lesquelles il y a de la langueur dans une réunion d’assemblée : on oublie de prier le Seigneur pour qu’Il nous fasse réaliser sa présence là, au milieu de nous. Il est là, selon sa promesse, Il n’a pas changé et Il veut nous faire éprouver sa présence comme dans cette scène.
Nous comptons trop sur nos habitudes de nous réunir, on oublie que le Seigneur doit être là et sa présence réalisée et ainsi, nous aggravons notre état. Nous sommes appelés à réaliser un grand travail de cœur relativement aux réunions, comme Epaphras qui combattait toujours par ses prières. Il ne faut pas croire que les frères qui parlent sont les seuls à porter les responsabilités des réunions ; chacun les a. Il faut dire cela aux jeunes qui demandent leur place : qu’êtes-vous ? Une aide ou une entrave ?
L’activité des frères qui prennent la parole sera précisément utile dans la mesure où il y aura eu un exercice collectif, des prières de la part de chacun des frères et sœurs à propos des réunions et de la vie de l’assemblée. Cet exercice, sans doute, manque beaucoup dans les assemblées ; le travail de l’Esprit est entravé, on agit par habitude ; il y a des frères qui ont l’habitude d’agir et quelquefois se font violence pour dire quelque chose alors qu’ils n’ont rien à dire.
Mais si la plupart des cœurs étaient exercés et savaient s’attendre au Seigneur, le Seigneur ne pourrait pas ne pas répondre à l’attente des siens ; ayons des consciences exercées à cet égard ! Il est particulièrement frappant que nous ayons ici d’abord l’exercice de la conscience et ensuite les vérités concernant le culte. Nous trouvons cette même succession de pensées à propos de la cène. Avant d’instituer la cène le Seigneur adresse aux disciples une parole qui avait précisément pour but de produire cet exercice de conscience : « L’un d’entre vous me livrera. Et, en étant fort attristés, ils commencèrent, chacun d’eux, à lui dire : Seigneur est-ce moi ? » (Mat. 26. 21).
L’exercice de conscience est nécessaire avant chaque réunion, pour chaque réunion et d’une manière spéciale pour la réunion de culte. Il faut que les consciences soient exercées et que nous soyons dans la présence de Dieu avec des consciences purifiées par le travail de la Parole de Dieu.
Pourquoi ne voyons-nous pas davantage de conversions nettes ? Pourquoi ne voyons-nous pas généralement, au milieu de nous, le travail du Seigneur s’effectuer comme dans cet entretien direct du Seigneur avec la Samaritaine ? C’est sans doute parce que nous ne savons pas laisser le Seigneur s’occuper d’une âme et que nous nous plaçons facilement entre l’âme et le Seigneur comme si nous nous estimions absolument indispensables.
Le Seigneur peut se servir de serviteurs, mais il peut s’en passer ; les serviteurs ne sont rien en eux-mêmes. Si nous étions vraiment exercés pour toutes nos réunions et dans nos rapports avec les âmes au contact desquelles Dieu nous place, nous pourrions être, à l’occasion, ce par quoi une âme peut être bénie. Sur ces points, nous péchons et manquons de diverses manières ; soit que nous nous contentions de présenter des lieux communs sans aucun intérêt pour les âmes, soit que nous présentions les choses à rebours.
Ce n’est pas en couvrant d’une approbation affectueuse quelqu’un qui a besoin d’être atteint dans sa conscience que nous lui serons en aide ; le Seigneur ne fait pas ainsi avec la Samaritaine ; Il ne lui présente pas une désapprobation dure, mais Il sonde sa conscience, la lame acérée de la Parole est entrée dans cette âme et c’est ce qui est indispensable ; aucun travail n’est fait sans cela. Il s’agit de vie ou de mort, du ciel ou de l’enfer ; c’est sérieux à un degré infini. Le Seigneur prenait son travail au sérieux. Il nous faut faire ainsi.
Il nous sera demandé compte de la façon dont nous aurons associé la grâce et la vérité. Il y va du salut d’une âme, de son sort éternel ! Remplissons notre service avec crainte et humilité, laissons le Seigneur faire son travail et prions-le en intercesseurs, ne contribuons pas à faire qu’une âme passera à la légère sur ce sur quoi Dieu ne veut pas qu’elle passe à la légère. Nous savons par expérience – plus ou moins pauvrement hélas – que c’est ainsi qu’entre dans une âme la bénédiction, le bonheur, Dieu lui-même.
Cette parole : « Seigneur, je vois que tu es un prophète » prononcée par la femme samaritaine après que le Seigneur eut mis à nu devant elle son état, nous fait comprendre que tout ce qui concerne la vieille nature en nous doit être mis de côté avant qu’il soit question du culte. Il faut que la Parole agissant dans le cœur et la conscience produise pratiquement un effet destructif de tout ce qui est du vieil homme en nous ; la chair qui, devant Dieu, a pris fin à la croix de Christ, n’a aucune place dans le culte ; si elle se manifeste, c’est, de toute évidence, un feu étranger offert sur l’autel et non pas le culte en esprit et en vérité.
Nous savons comment l’Éternel est intervenu lorsque Nadab et Abihu présentèrent un feu étranger sur l’autel. Qu’il n’agisse plus de la même manière aujourd’hui, ne veut pas dire qu’il puisse accepter ce que l’homme dans la chair pourrait prétendre lui présenter. C’est dans la puissance de la vie nouvelle, par l’Esprit de Dieu, que le croyant peut adorer. Le Saint Esprit, cette eau vive dont parlait le Seigneur à la femme, agit pour développer les affections du nouvel homme et pour produire ce culte qui monte vers Dieu, vers le Père, comme un parfum de bonne odeur : Dieu est connu comme Dieu, ses droits sont reconnus, maintenus – où l’ont-ils été d’une manière plus grande, plus profonde qu’à la croix de Christ ?
C’est là qu’ils ont été revendiqués – la position du croyant devant Dieu est connue et, d’autre part, la relation avec Dieu comme Père est goûtée – par l’Esprit nous disons : « Abba » c’est-à-dire : Père. Ainsi nous pouvons rendre culte par la puissance de l’Esprit, adorer le Père en esprit et en vérité.
On prétend quelquefois dans la chrétienté que Dieu n’a pas donné dans sa Parole d’enseignements concernant le culte et que la chose est laissée à la responsabilité de chacun. Eh bien, c’est absolument faux. Ce passage nous montre, à l’évidence, que Dieu, dans sa Parole, s’est exprimé de façon que sa pensée puisse être connue des siens, et qu’ils réalisent, dans la puissance de l’Esprit qui juge tout ce qui est de la chair en nous et qui développe les activités du nouvel homme, ce culte en esprit et en vérité qu’il attend de ses chers enfants.
Ces révélations, semble-t-il, ne touchent guère la femme samaritaine ; il ne semble pas qu’elle soit entrée dans ce que le Seigneur a présenté ; il semble qu’elle avait abordé le sujet pour essayer d’arrêter ce travail de conscience (un travail de conscience est toujours douloureux), et quand le Seigneur a exposé ces vérités si élevées concernant l’adoration, cette femme ajoute : « Je sais que le Messie qui est appelé le Christ, vient ; quand celui-là sera venu il nous fera connaître toutes choses ».
Elle semble donc ne pas recevoir entièrement ce que le Seigneur lui dit, elle semble ne pas être convaincue et elle attend la venue du Messie pour régler toutes choses. C’est alors que le Seigneur se présente à elle et se fait connaître à elle. C’est une personne qu’elle a maintenant devant elle : « Je le suis, moi qui te parle » ; après toutes les questions qu’elle a posées, le travail opéré en elle, le Seigneur se présente à elle comme une personne et c’est une personne qui va maintenant captiver son cœur. Le travail que le Seigneur devait produire en elle est achevé et cette femme va pouvoir s’engager dans un service pour le Seigneur. Ce travail fait, elle peut servir.
Cette femme laisse là sa cruche dans laquelle on peut voir le symbole de ses occupations qui formaient la sphère bornée de sa vie, l’image d’une misère sans nom pour un être humain créé à l’image morale de Dieu, son horizon était là et la voilà arrachée à cette misère ! Et puis, elle, qui jusque-là se cachait, va au-devant des hommes sans avoir honte ; la joie qui la remplit ou la laboure remplace la honte qui la faisait se cacher. C’est toujours un bon signe.
La présence de Dieu nous fait faire des choses que jamais nous n’aurions cru pouvoir faire ; c’est une puissance qui est au-delà de toute puissance humaine, et si une âme n’a pas connu quelque chose de cela on peut douter que le travail de Dieu se soit accompli en elle.
Nous chantons parfois que « l’amour éternel, insondable de Jésus Christ m’arrache à la mort, à la terre ». Il faut peser ce que cela veut dire ; est-ce que c’est vrai qu’Il m’arrache à la mort, à la terre, à moi-même ? sinon nous sommes de faux riches, nous paraissons être riches et nous sommes pauvres pratiquement : nous paraissons avoir des trésors plein les mains et en réalité nous ne les avons pas saisis.
Nous avons considéré différents caractères du service en parlant du service du Seigneur maintenant nous allons trouver une femme qui va s’engager dans ce service, elle va être un ouvrier dans cette ville où elle avait été méprisée.
Il peut paraître que le Seigneur aurait pu choisir d’autres instruments pour annoncer l’évangile dans cette ville que cette pécheresse eh bien, c’est elle qui sera l’ouvrier qualifié, envoyé par le Seigneur pour annoncer l’évangile dans cette ville, c’est à elle qu’Il a annoncé les vérités concernant le culte, c’est elle qui va présenter Christ aux âmes.
Elle était venue auprès du Seigneur au puits de Sichar avec une cruche vide ; elle s’en va le cœur rempli et son fardeau ôté, entièrement dégagée de ce qui pesait sur sa conscience, entièrement libérée, dans la puissance de la vie nouvelle qu’elle possède maintenant et elle peut dire aux hommes de la ville : « Venez ». Elle les invite à venir à lui : « Venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ». La grâce et la vérité sont la substance du message qu’elle présente.
Elle reprend les paroles du Seigneur que nous trouvons dans le premier chapitre : « Venez et voyez » ; c’est la parole même que le Seigneur avait dite aux deux disciples de Jean qui le suivaient. Elle reprend les paroles du Seigneur « Venez, voyez », comme l’a fait aussi Philippe en parlant à Nathanaël ; elle veut amener à Christ les hommes de la ville et les placer dans la lumière de Dieu – les amener à Christ, non pas pour que leur vie passée et tout ce qui les caractérise soit caché, mais qu’au contraire tout soit mis dans la lumière de Dieu : « Un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ».
Autrefois, elle se cachait, s’isolait de tous, avait peur de se montrer, ne voulait pas qu’on parle de sa misère, de son péché ; maintenant elle n’a aucune honte : « Venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ». Quel travail s’est accompli chez cette femme : Elle a été sondée par la puissance de la Parole, sa conscience a été profondément atteinte et elle a été amenée en présence de la personne de Christ. Elle connaît les vérités concernant l’adoration, elle est maintenant un serviteur qualifié par le Seigneur pour présenter son évangile.
Il semble opportun de revenir sur la question du culte qui est la caractéristique du témoignage du Seigneur quel qu’il soit, qui devrait être un caractère distinctif, essentiel de tous les chrétiens considérés individuellement comme enfants de Dieu.
Dans l’Ancien Testament le service sacerdotal était réservé aux sacrificateurs : Aaron et ses fils, selon un choix que Dieu avait fait ; eux seuls avaient le droit de toucher aux choses saintes ; pour les autres il y avait une distance, les lévites venaient d’abord et ensuite, encore plus loin, le peuple ; tandis que maintenant, les vrais croyants, quelque jeunes qu’ils soient, font partie de la famille sacerdotale, c’est-à-dire de la famille qui offre les sacrifices ; le mot sacrifice signifie : ce par quoi on est approché de Dieu. Chaque chrétien est appelé à être adorateur et devrait le savoir.
Dans une assemblée locale – expression de l’Église tout entière, frères et sœurs sont des adorateurs, des sacrificateurs.
Ils ont le privilège, le droit par grâce, d’entrer dans la demeure de Dieu ; le voile est déchiré maintenant et nous entrons dans les lieux saints ; le culte s’offre dans les lieux saints, il se rend dans le ciel même, exclusivement dans le ciel, c’est le service céleste et éternel.
Notre cantique est juste : « Nous entrons dans le ciel même pour t’adorer en ce jour ». Nous sommes sur la terre quant à nos corps, mais par la foi et spirituellement, nous jouissons du ciel et cela n’est pas une illusion ; notre âme peut être remplie de ce qui est dans le ciel, et ce qui peut le produire c’est le Saint Esprit et la Parole ; nous réalisons la présence de Dieu par le Saint Esprit ; ce sont des réalités, c’est divin.
Vous ne ferez jamais comprendre à un inconverti ce que c’est que d’être né de nouveau ni qu’un chrétien jouit de la relation d’enfant de Dieu ; de même que vous ne saurez faire comprendre à quelqu’un qui ne sait ce qu’est l’adoration quelle est la joie d’entrer dans le ciel même, une joie d’une qualité telle qu’il n’y a pas de joie plus grande pour les croyants, c’est une joie goûtée dans les lieux saints.
C’est la joie suprême parce que, dans les lieux saints, nos âmes sont remplies de Dieu et non pas par un effort de pensée, mais par la plénitude du Saint Esprit qui nous fait jouir de ce qu’est Dieu, nous remplit de ce qu’est Dieu et c’est de cette plénitude que jaillit la louange, l’adoration de nos cœurs qui se répandent en actions de grâces ; ceci n’est pas une doctrine, c’est une activité, un état d’âme : nous contemplons Dieu, moralement parlant, et ce n’est pas du mysticisme mais une réalité vivante et puissante dans l’âme.
Rendre culte n’est pas à proprement parler bénir Dieu parce qu’on est lavé dans le sang de Christ et le remercier parce qu’on est sauvé ; le culte est plus que cela, c’est la joie que le cœur des saints ne peut pas contenir quand ils jouissent de Dieu, c’est une effusion des cœurs que Dieu remplit ; cela sera réalisé en perfection dans le ciel. Le culte est évidemment lié à l’offrande de Christ, sans laquelle nous n’aurions pas de sacrifice spirituel à présenter ; voilà pourquoi la cène est liée au culte ; mais on peut adorer en dehors de la célébration de la cène. Il serait souhaitable que dans des réunions comme celle-ci il y ait une part d’adoration pour le Père et le Fils… Mais gardons-nous des vaines redites et des formules sans réalités !
Le culte de la famille sacerdotale qu’est l’Église devrait jaillir spontanément. Voilà pourquoi il est parlé de l’eau qui jaillit : manifestation de l’activité du Saint Esprit. On ne devrait jamais savoir d’avance ce qu’on pourra avoir à exprimer au culte, et le frère qui ouvre la bouche est la bouche de l’assemblée, il n’exprime pas ses pensées à lui. C’est pourquoi c’est l’état général de l’assemblée qui importe dans la réalisation du culte et des services divers dans l’assemblée.
C’est à ce service de l’adoration que nos devanciers tenaient peut-être le plus, considérant que c’était le caractère essentiel du témoignage ; on trouve déjà ce trait distinctif chez les croyants revenus de la captivité de Babylone. La première chose qu’ils font c’est de relever l’autel. Le peuple de Dieu est un peuple choisi pour adorer Dieu ; Dieu d’abord, les services autres que le sien après, tandis qu’on fait souvent, hélas ! le contraire.
Et dans la chrétienté, même dans les milieux évangéliques, tous les autres services passent avant, de telle manière que l’adoration manque absolument. Or, si un seul service devait subsister sur la terre, il est évident que, pour tous les chrétiens, ce devrait être le service vis à vis de Dieu, pour la joie de Dieu, sa gloire et notre joie en lui.
Mais Dieu seul peut délivrer de cette erreur qui consiste à attribuer plus de valeur au service dont l’homme est l’objet qu’à celui dont Dieu seul est l’objet.
En adorant Dieu, les saints ont ce sentiment profond que le premier Adam est éliminé à jamais ; ne lui reconnaissons aucune place et soyons exercés pour l’éliminer pratiquement. Nous ne pouvons pas adorer le dernier Adam qui est mort sur la croix, qui est maintenant dans la gloire et en même temps reconnaître le premier Adam ; notre cœur ne peut pas être un temple qui offre une place pour l’un et pour l’autre. Le cœur de l’Église ne le peut pas non plus.
Il n’y a rien qui conserve ce sentiment de la mise de côté du premier Adam, avec ses qualités comme avec ses péchés, comme l’esprit d’adoration. Voilà pourquoi la mise de côté du premier Adam est une chose abandonnée dans beaucoup de milieux chrétiens : on trouve que cela va trop loin ; cela va, en effet, très loin, puisque la mise de côté de l’homme est complète. Puissions-nous être exercés pour faire des progrès dans ce sens.
« Nous… rendons culte par l’Esprit de Dieu » nous dit l’apôtre Paul (Phil. 3. 3). L’Esprit Saint conduit le culte en esprit et en vérité, nous présente les gloires de Christ les perfections et la grandeur de son œuvre, et nous le disons au Père ; il ne peut pas y avoir de culte rendu selon la pensée de Dieu autrement que par l’activité du Saint Esprit ; il n’est pas une aide, car seul il peut produire dans le cœur des adorateurs ce parfum agréable au cœur du Père ; on ne peut rendre un culte réel à Dieu si ce n’est par l’Esprit de Dieu.
La cène est le centre du culte : la mort du Seigneur. C’est ce dont elle nous parle, toujours actuelle devant Dieu. Au ciel, au milieu du trône, nous verrons l’Agneau (le sacrifice) comme immolé (c’est à dire sa mort). Nous venons alors avec une conscience purifiée, reconnaissant, en célébrant la cène, que Christ est mort et que nous sommes morts avec Lui. Par ailleurs, Pour la gloire de Dieu, il n’y a rien de plus grand.
C’est ainsi seulement que nous pouvons adorer, le nouvel homme, la vie nouvelle dans le croyant, manifestant ce fruit de la puissance de l’Esprit de Dieu : la louange montant comme un encens de bonne odeur. Mais nous devrions adorer sans cesse ; le croyant, individuellement, peut adorer constamment et il devrait le faire, le cœur du croyant devrait sans cesse être rempli de reconnaissance et faire monter vers Dieu des louanges incessantes : « Offrons donc par lui sans cesse à Dieu » – non pas seulement le dimanche matin à la réunion de culte – un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom ».
Et comme nous l’avons dit nous pouvons être amenés à rendre culte dans les réunions d’édification, ou d’entretiens sur la Parole, ou dans les réunions de prières. Cependant, n’oublions pas que chaque réunion a son caractère propre : si, dans le culte, nous offrons à Dieu nos sacrifices de louange, dans la réunion de prières nous nous adressons à Lui pour demander et dans la réunion d’édification nous recevons de Lui.
Il est très important – et il faut le souligner – d’être débarrassé dans le culte de ce qui nous concerne, non pas seulement de la chair, mais des pensées les meilleures que nous ramenons à nous-mêmes. Souvent, hélas, notre culte ne va pas au-delà de ce qui nous concerne, nous parlons de notre délivrance, de nos privilèges, de nos bénédictions, de ce que Dieu a fait pour nous par l’œuvre de Christ et, en fait, nous n’avons pensé qu’à nous.
Il arrive souvent que la réunion de culte est terminée sans que nous ayons vraiment présenté Christ à Dieu, selon ce qu’Il est pour lui, ni exalté le nom de Christ, ni proclamé la grandeur de son œuvre, ni célébré ses gloires. Oui, il arrive souvent que la réunion soit terminée sans que nous ayons effectivement célébré les gloires du Père et du Fils, nous n’avons pensé, avec égoïsme, qu’à notre propre délivrance, à nos propres bénédictions. Dans ce cas, nous avons, sans doute exalté la grâce dont nous avons été et sommes les objets, mais le culte doit aller beaucoup plus loin.
Si vraiment nous entrons dans le ciel, si nous jouissons du sanctuaire, alors nous contemplerons Christ et nous ne parlerons que de lui à Dieu le Père, nous exalterons son nom ; parlant de l’œuvre de la croix, nous ferons briller sa gloire, la gloire de Dieu, du Père, et nous pourrons ainsi, dans toute la puissance de l’Esprit, faire monter dans le sanctuaire des accents qui exalteront le Père et le Fils.
L’adorateur devait autrefois – et ce n’est pas écrit seulement pour Aaron et ses fils, mais pour nous au moins autant que pour eux – se garder de toutes boissons fortes et choses semblables. Nous devons donc, pour être adorateurs, pour réjouir le cœur du Père, le cœur de Christ, et pour goûter notre joie, cette joie qui est aussi la source de notre force la plus sûre, nous devons veiller à rejeter tout ce qui est représenté par ces boissons fortes, toute excitation, tout ce qui nourrit la chair, (nous ne parlons pas ici de la chair caractérisée par des choses que tout le monde rejette et condamne, mais nous en parlons dans ce qu’elle a d’apparemment noble et excellent et dont elle se vante) veillons de même à rejeter toute mondanité…
Voilà de grandes entraves au culte. Nous devrions être des gens parfaitement dépouillés d’eux-mêmes et très heureux de l’être, parce que, si nous sommes dépouillés de ce que la chair et le monde nous donnent, eh bien, dans la même mesure, nous serons remplis de Dieu, de Christ. Et s’il en est ainsi, le culte jaillira de nos cœurs sans effort vers le Père et vers le Fils.
Dans l’adoration que nous sommes appelés à réaliser, le Père a la première place et ceci, sans qu’il soit fait de règle, nous porte à considérer que la réunion de culte commencera normalement par la louange au Père. Au lieu de cela, nous voyons parfois des réunions de culte dans lesquelles nous n’adorons pas le Père… On louera l’Agneau, on adorera le Seigneur, mais il n’y aura rien pour le Père.
Cela arrive plus souvent de nos jours que dans les jours où il y avait plus de forces : il est toujours plus difficile de rendre culte au Père ; cela suppose la jouissance de notre relation avec le Père, un état d’âme plus élevé, la jouissance de la liberté des enfants de Dieu, du Père lui-même. Dans les cantiques des milieux évangéliques extérieurs au témoignage, la louange au Père tient très peu de place et les cantiques que nous possédons, quoique plus spirituels, trahissent eux-mêmes que nous savons bien peu présenter la louange au Père. Or « il nous a faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père » (Apoc. 1. 6), et dans les versets que nous considérons le Seigneur parle d’adorer le Père en esprit et en vérité.
Si nous étions en meilleur état, si nous nous tenions au niveau spirituel, moral, qui est celui du sanctuaire – nous ne devrions pas en avoir d’autre – certainement la louange au Père tiendrait une plus grande place ; les sentiments exprimés seraient plus simples, il y aurait plus d’effusion, nos accents seraient plus spontanés. Le culte n’est pas un exposé de doctrine. Adorer, c’est exprimer – fût-ce sans paroles – à la fois la joie, l’amour, la reconnaissance… la joie dans la contemplation de Dieu, et une joie qui s’exprime en parlant à Dieu. Ce n’est pas proprement qu’on parle de Dieu, on parle à Dieu, au Seigneur et c’est le privilège le plus élevé.
Que le culte soit le bouillonnement du cœur pour Dieu (Ps. 45. 1) ne veut pas dire qu’il soit le fruit de la sentimentalité, bien au contraire. La sentimentalité n’est autre chose que l’excitation de la chair, c’est ce à quoi conduit l’abus du vin et des boissons fortes, spirituellement parlant. Tandis que le vrai culte vient du cœur renouvelé du fidèle, dans lequel l’Esprit du Seigneur agit, et qui s’ouvre devant Dieu.
Si dans le Deutéronome, l’adorateur devait rappeler, à la gloire de Dieu, l’état duquel il avait été tiré et s’il nous appartient de faire de même, il ne convient pas, pour autant, de s’appesantir, dans le culte, sur les infirmités qui nous caractérisent ; ce n’est pas le moment d’en être occupé. C’est une chose humiliante que nous sachions si peu adorer dans nos jours de la fin. L’adoration est relative à ce que Dieu est : on bénit Dieu pour ce qu’il est, et ce que Dieu est, est inépuisable pour l’âme : nous rendrons culte à Dieu éternellement.
Nous louons le Père qui a ressuscité Jésus et l’a fait asseoir à sa droite, juste et glorieuse récompense des souffrances qu’Il a endurées, et nous louons le Fils. Quelle merveille que d’entrer dans ces pensées ! comme cela nous sort de tout ce qui est de l’homme et de la terre ! Dans quel monde cela nous fait entrer ! Dans quel univers ! Dans quelle éternité ! Et c’est ainsi que, lorsque nous reprenons contact avec les réalités de la vie sur la terre, eh bien cette entrée dans le ciel nous a beaucoup aidé à traverser les choses en étant moins entamés par elles nous sommes très heureux en Dieu ; c’est un grand secret, peut-être le seul vrai secret pour être gardé de tout ce qui nous égare si facilement.
Oui, quelle heureuse portion que celle de l’adorateur, quelle source de joie, de force, de sanctification ! On a pu dire que Dieu s’en sert pour nous renouveler, nous faire faire des progrès. Dieu se sert pour cela de trois grands moyens principalement : la prière, la Parole et aussi le culte, la cène.
Ne faisons pas du christianisme un ensemble de vérités, une sorte de catéchisme, dont nous pouvons penser qu’il nous abritera, nous aidera à traverser les difficultés, les tentations ; le christianisme, c’est : Dieu avec nous,Christ en nous. Voilà ce qu’est le christianisme : Christ en nous pour réaliser le ciel, tout en étant sur la terre.
Quelqu’un disait : montrez-moi un homme plein de Christ, alors je vous montrerai un homme qui saura comment adorer.
Nous pouvons donc, nous humilier de ce que, dans la profondeur du travail de cœur et de conscience et dans l’intelligence de la position où la grâce nous a amenés comme enfants du Père et adorateurs, nous soyons si peu avancés. Nous avons si peu, d’une part, cette connaissance profonde de nous-mêmes, de ce que nous sommes, comme une conviction qui devrait aller croissant d’un jour à l’autre – c’est le secret du bonheur – et, d’autre part, l’intelligence de notre position auprès du Père et devant lui comme adorateurs.
On dirait que, dans les jours de déclin où nous sommes arrivés, le ciel s’est refermé pourtant Jésus l’a ouvert… On dirait que, dans les jours de ruine où nous sommes, nous ne voulons pas suivre le Seigneur dans le ciel, nous sommes rétifs à suivre le Seigneur dans le ciel, de même qu’à le suivre sur la terre, portant sa croix !
Quand nous nous arrêtons devant certains cantiques, nous disons : quel chrétien que celui qui a composé ces cantiques ! Quel état d’âme extraordinaire ! Combien je me sens loin de cela ! Comment se fait-il que des chrétiens aient eu le cœur assez débordant pour exprimer cela ! Nous nous sentons souvent repris lorsque nous chantons leurs cantiques… par exemple ce verset : « Descends du ciel, nos âmes te désirent… ».
La présence du Seigneur devrait être aussi tangible et réelle pour nous qu’elle l’était pour cette femme samaritaine, nous devrions peut-être même en avoir le sentiment plus profond parce que le Saint Esprit est en nous. Il est bon de nous arrêter, chacun pour soi, sur ces paroles : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux », et de les peser un peu devant Dieu. Si nous réalisions vraiment la présence du Seigneur, on ne pourrait pas se résoudre à s’en aller, on trouverait les réunions trop courtes, alors qu’on les trouve souvent trop longues…
Seulement, le niveau de la réunion de culte, dans laquelle nous sommes appelés à goûter d’une manière toute spéciale la présence du Seigneur, correspond, d’une façon générale, au niveau spirituel de l’assemblée. Nous pouvons bien désirer que nos réunions de culte aient un caractère plus élevé, que notre culte réponde mieux à la pensée de Dieu ; eh bien, pour cela, il faut que le niveau spirituel de l’assemblée s’élève, nos âmes étant davantage nourries de Christ.
Si nous habitons et possédons en réalité les lieux célestes et en recueillons les fruits, c’est à dire s’il y a une vie spirituelle nourrie chez les frères et chez les sœurs – ce qui suppose le jugement de soi-même réalisé soigneusement chaque jour -, nous goûterons chaque jour la paix et la joie du sanctuaire et, le dimanche, nous pourrons vraiment réaliser ensemble, par l’Esprit, le service d’une sainte sacrificature, pour offrir sans distraction d’esprit « des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ ».
Ainsi, lorsque, dans un rassemblement, nous souffrons du caractère du culte, commençons par considérer où nous en sommes, et avant tout où nous en sommes nous-mêmes personnellement ; il peut y avoir autour de nous des plaies à soigner, à panser, et c’est un travail qui échoit à ceux que le Seigneur a qualifiés pour cela ; mais en dehors des cas particuliers qui peuvent nécessiter l’exercice de soins pastoraux nous avons à réaliser chacun pour soi le jugement de nous-mêmes.
Si chacun des frères et sœurs réalisait cela et désirait vivre chaque jour plus près de Christ, le niveau de nos réunions de culte s’élèverait et nous réaliserions bien davantage, pour la gloire et la satisfaction de Dieu – et ce serait aussi notre indicible bonheur – ce que doit être le culte chrétien.
On a dit avec juste raison que le culte se rend dans le ciel, or il ne peut entrer dans le ciel que des fruits venant de Dieu ; nous avons à recueillir ces fruits dans une vie de communion avec Dieu. Remarquons, d’ailleurs, qu’il n’y a plus de religion terrestre depuis que Jérusalem a été détruite : l’Église s’est installée sur la terre, mais Dieu condamne cette position. Le seul Sauveur et Seigneur qu’il reconnaisse aujourd’hui est au ciel. Dieu rétablira la religion terrestre mais plus tard, pour le millénium.
Revenons un peu à la rencontre du Seigneur avec la Samaritaine : c’est en vivant près du Seigneur qu’on sent combien son cœur est sensible. Au commencement de ce récit, nous le voyons lassé du chemin, attristé de l’état de la Samaritaine, de la dureté du cœur de l’homme ; à la fin, le Seigneur est réjoui, en sorte qu’il parait oublier la faim du corps. Les disciples lui disent : « Rabbi, mange ». Il leur répond : « Moi, j’ai de la viande à manger que vous, vous ne connaissez pas » : faire la volonté de son Père, et, en rapport avec la scène que nous considérons, lui appeler des adorateurs.
Nous pouvons apprendre aussi par cette scène que les joies excellentes que nous trouvons avec Dieu, avec le Seigneur, sont exemptes de mysticisme, d’excitation ; le Saint Esprit nous fait garder l’équilibre. Nous pouvons avoir des joies supérieures en Dieu et en même temps être maintenus dans le meilleur équilibre, et même rendus sobres dans la marche de tous les instants.
Si nous étions dépendants il y aurait dans le culte un ordre pour ainsi dire parfait, pour la gloire de Dieu et pour la joie parfaite de nos âmes. On verrait quelque chose d’une beauté, d’une pureté, d’une grandeur incomparables qui ne tiendraient pas aux personnes qui sont là – tous de misérables pécheurs par eux-mêmes – mais qui tiendraient à la présence de Dieu. Soyons exercés à cet égard !
Le travail accompli par le Seigneur dans le cœur et la conscience de cette femme (dont le péché a été manifesté, découvert, dont la conscience a été atteinte) a révélé à celle-ci quelque chose de la personne du Seigneur. Elle a été amenée à la connaissance du Seigneur et elle a été instruite des vérités concernant l’adoration, l’adoration du Père en esprit et en vérité ; c’est ainsi qu’elle est devenue une servante zélée pour son Maître.
Le travail du cœur et de la conscience a précédé le service ; il devrait toujours en être ainsi. Elle a donc proclamé une heureuse nouvelle dans cette ville et l’évangile ainsi prêché a atteint plusieurs personnes puisqu’il nous est dit que « plusieurs des Samaritains de cette ville-là crurent en lui, à cause de la parole de la femme qui avait rendu témoignage : Il m’a dit tout ce que j’ai fait ». Le travail accompli par le Seigneur a conduit cette âme à faire entendre l’heureuse nouvelle.
Voilà un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; celui-ci n’est-il pas le Christ ? Elle a été placée en présence de Dieu, elle a connu Dieu révélé en Christ et d’autres âmes sont atteintes à leur tour ; voilà comment s’opère l’œuvre du Seigneur, comment le Seigneur se glorifie, et désormais les âmes s’attachent à lui : on le prie de demeurer là. C’est sa personne qui est recherchée et quand ils sont venus vers lui, ils le prient de demeurer avec eux ; le Seigneur y reste deux jours. Il est l’ouvrier, le serviteur parfait ; Il reste là deux jours ; d’autres seraient restés peut-être beaucoup plus longtemps, auraient dit voilà un champ d’activité : Ils auraient recherché la gloire qui vient des hommes.
Lui reste deux jours, Il est le serviteur parfaitement dépendant ; son service étant accompli dans cette ville des Samaritains, Il continue la mission qui lui est confiée, Il s’en va plus loin… Pendant deux jours l’œuvre de la grâce s’est accomplie et beaucoup plus de gens crurent à cause de ses paroles, de sorte qu’ils purent dire à la femme : « ce n’est plus à cause de ton dire que nous croyons, car nous-mêmes nous l’avons entendu, et nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde ». Tout est à la gloire du Seigneur ; c’est sa gloire qui est proclamée tout disparaît pour mettre en évidence la gloire du Seigneur et c’est le résultat auquel devrait aboutir tout service accompli pour lui.
Comme cette scène nous le montre, la réalisation de la présence de Dieu ne fait en aucune manière appel aux ressources de l’homme ni à des éléments matériels. Dans l’économie Lévitique, les services religieux et les vêtements des sacrificateurs étaient somptueux, cela distinguait un homme ; il n’y a plus rien aujourd’hui qui distingue extérieurement un sacrificateur ou le service religieux lui-même. Et même les ressources de l’homme constituent des choses que l’on sent incompatibles avec cette sainte et glorieuse présence. Il n’est pas hors de propos de le rappeler aujourd’hui.
Dieu n’a besoin de rien d’extérieur et non seulement dans l’adoration, mais d’une façon générale, la puissance de Dieu et sa gloire sont purement, exclusivement, spirituelles. Dieu fait son travail. Il se sert d’instruments, de serviteurs, de servantes, mais Il ne se sert pas en eux de ce qui honore et glorifie le premier Adam ; Il se sert du nouvel homme. Il convient de méditer ce principe, cela règle beaucoup de choses.
Pourquoi aussi, par exemple, disons-nous : Je ne peux pas aller avec ces chrétiens…, tout en ayant ce sentiment profond, spontané : ils sont supérieurs à bien des égards, mais je ne peux m’associer à ce qu’ils font, à la manière dont ils le font, je ne peux pas… connaissant Dieu comme je le connais ? Et il ne faut jamais chercher à convaincre la volonté d’un homme ; Dieu brise la volonté d’un homme, jamais Il ne la convainc.
On pourrait dire aussi un mot de cette parole merveilleuse : « Ma viande est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre » ; dans notre petite mesure, cela devrait être vrai de chacun de nous ; nous avons une viande à manger, une nourriture qu’aucun homme du monde ne connaît. C’est le secret de la vie du chrétien.
Cette portion de l’Écriture nous a montré comment le parfait Serviteur s’adressait à, la conscience et au cœur de sa créature pour l’amener à « rendre culte par l’Esprit », à « adorer le Père en esprit et en vérité »… Puissions-nous, à l’exemple de cette femme, saisir la pensée de Dieu, et réaliser que notre part, présente et éternelle, est celle d’heureux adorateurs !
« Dieu a composé le corps… afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient un égal soin les uns des autres. Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est glorifié, tous les membres se réjouissent avec lui » 1 Corinthiens 12. 24 à 26.
« Portez les charges les uns des autres, et ainsi accomplissez la loi du Christ » Galates 6. 2.
Il n’est pas toujours facile de mettre en pratique l’enseignement contenu dans ces versets, même dans le groupe de chrétiens avec lequel le croyant se retrouve habituellement.
Pourtant la Parole de Dieu nous appelle à vivre cet enseignement avec l’ensemble de tous les croyants. Le Seigneur désire que nous prenions conscience de la dimension universelle de la famille de Dieu et de ce qui nous lie à tous ses enfants, connus ou inconnus, quelle que soit leur origine.
Sommes-nous capables de prêter attention aussi aux croyants que Dieu nous accorde de rencontrer occasionnellement ? Quelques-uns peuvent se sentir incompris, même par les croyants, ou se trouver peut-être en marge de la société actuelle. Ils sont pourtant des enfants de Dieu et, comme tels, ils ont une grande valeur pour Lui « qui a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui (Jésus) ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3. 16). Puisque Dieu les aime, ne serions-nous pas sensibles à la solitude, à la souffrance et aux difficultés qui les affligent ? Sommes-nous capables de les considérer sans préjugés, comme des frères et des sœurs aimés de Dieu ?
Dans diverses parties du monde, les chrétiens sont persécutés ouvertement et violemment, ou sont la cible de moqueries et de vexations. Ne manquons pas d’apporter notre soutien à ces frères ! L’exhortation suivante est valable et actuelle pour chacun de nous : « Ainsi donc, tant que nous en avons l’occasion, faisons du bien à tous, mais surtout à ceux de la maison de la foi » (Gal. 6. 10). « Quiconque aura donné à boire seulement un verre d’eau fraîche à l’un de ces petits, en qualité de disciple, en vérité, je vous dis : il ne perdra pas sa récompense » (Mat. 10. 42).
Nous avons considéré, entre autres vérités, celle relative à la position de séparation qui est celle du témoignage et, en fait, nous avons dégagé les enseignements qui découlent de cette position de séparation. Le passage de 2 Timothée 2. 20 établit la position de séparation du témoignage.
Ce n’est pas parce que les frères, les sœurs ont eu la pensée de se réunir en dehors des dénominations chrétiennes déjà existantes et des organismes officiels que le témoignage a été constitué ; la pensée de Dieu, dès le commencement, était d’avoir un témoignage et le Saint Esprit travaille pour rassembler les âmes autour de Christ ; le témoignage se définit dans la sainteté, la vérité, l’amour, car l’Esprit est l’Esprit saint, l’Esprit de vérité, l’Esprit d’amour et garder l’unité de l’Esprit ne peut être réalisé en dehors du maintien de l’amour, de la sainteté de la vérité.
Et si dans la suite de l’histoire de l’Église, le témoignage du commencement a été terni par l’infidélité des témoins, Dieu, cependant, ne s’est jamais laissé sans témoignage au cours des siècles ; au travers des jours les plus sombres, Dieu a toujours eu ses témoins.
L’histoire de l’assemblée, telle que nous l’avons dans les chapitres 2 et 3 de l’Apocalypse, nous montre cette histoire de l’Église responsable depuis les premiers jours d’Éphèse jusqu’à la fin.
Le témoignage est établi dans la séparation. 2 Timothée 2 nous dit tout d’abord dans les versets que nous avons lus : « Le Seigneur connaît ceux qui sont siens » ; ne pourrions-nous pas être préoccupés en disant mais pourquoi sommes-nous séparés ? Il y a des enfants de Dieu partout, pourquoi tant de barrières ? C’est une pensée qu’on entend souvent exprimer et on trouve chez beaucoup le désir de démolir les barrières afin que les enfants de Dieu soient un.
Sans doute la pensée de Dieu c’est que ses enfants soient un, unis, mais unis dans l’amour et dans la vérité. Il n’y a pas d’unité selon la pensée de Dieu en dehors d’un tel terrain. Il y a, sans doute, des barrières qui ont été élevées et qu’il faudrait jeter par terre, toutes celles qui résultent des pensées des cœurs naturels : orgueil, propre volonté, esprit sectaire autant de barrières qui doivent être démolies. Mais il y en a qui ont dû être placées et qui doivent être maintenues pour que le témoignage soit réalisé d’une manière pratique sur ce terrain de sainteté et de vérité et la Parole nous le déclare ici dans ces passages.
Nous pourrions être préoccupés en pensant à tous les enfants de Dieu dispersés çà et là ; mais la Parole nous dit : « le Seigneur connaît ceux qui sont siens » ; le Seigneur sait quels sont ceux qui lui appartiennent dans tous les milieux de la chrétienté sur la surface entière de ce monde ; Il les connait, ils font partie de l’Assemblée universelle et le Seigneur nourrit et chérit cette assemblée, il la purifie par le lavage d’eau par la Parole, il en prend soin, il connaît ses brebis nom par nom et prend soin de chacune d’entre elles.
C’est une pensée consolante : le Seigneur connait. Et notre responsabilité à nous est définie par cette invitation : « qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur ». Voilà la responsabilité des fidèles. Ne nous mettons pas en peine ; s’il y a tant de croyants dans tant de dénominations, avec lesquels nous ne pouvons pas marcher et que Dieu connait, notre responsabilité, comme dans Hébreux 13. 13, est une responsabilité individuelle : « qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur ».
Nous avons rappelé quels sont les principes qui caractérisent le camp : propre volonté ; Hébreux 13. 13 est lié aux deux versets qui le précèdent : « Christ a souffert hors de la porte » et le croyant est crucifié avec lui, c’est la fin de l’homme dans la chair.
Eh bien, tout ce qui porte la marque de la volonté de l’homme dans son état naturel, la chair, tout cela c’est l’iniquité. L’homme va dans ce chemin de propre volonté, celle-ci n’est pas toujours, en apparence mauvaise ; elle est mauvaise dans son principe parce que c’est la volonté de l’homme ; mais en apparence elle n’est pas toujours mauvaise.
Nous parlions de la bonne volonté de l’homme, celle-ci est une chose mauvaise dans son principe parce que c’est la volonté de l’homme : pratiquement la Parole de Dieu est bien maintenue sur certains points, elle n’est pas rejetée, mais elle n’est pas acceptée tout entière du commencement à la fin ; on ajoute, retranche, on tord les Écritures (souvent « à sa propre destruction »).
Si un croyant a compris qu’il se trouve dans un milieu ou, malgré de très belles apparences, il y a, au fond, de tels principes, sa responsabilité devant Dieu c’est de se retirer de l’iniquité s’il prononce le nom du Seigneur, c’est-à-dire s’il reconnaît les droits du Seigneur comme Chef de l’assemblée, il est responsable de se retirer de ce milieu et ensuite de se rassembler – non pas de rester isolé, mais de se rassembler – de « poursuivre la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur ».
Voilà le rassemblement sur le terrain de la sainteté et de la vérité avec un seul but qui doit être poursuivi par tous ceux qui ont compris leur responsabilité de se séparer de l’iniquité et de se rassembler sur un terrain de sainteté et de vérité. Cela nous conduit au service et nos versets nous disent comment on peut être « un vase à honneur sanctifié, utile au maitre, préparé pour toute bonne œuvre ».
Il est bon de retenir ce qui nous a été dit sur ce qu’est l’iniquité, parce que volontiers on s’en tiendrait à la manifestation de choses que la conscience naturelle réprouve ; sans doute ce que la conscience naturelle réprouve est de l’iniquité et ne saurait être toléré, supporté dans l’Église, d’une façon générale dans le royaume de Dieu ; mais l’iniquité va beaucoup plus loin.
On peut très bien nous dire et on pouvait dire à nos devanciers les plus sérieux, les plus dévoués, les plus pieux… et on aurait pu dire à l’apôtre Paul : Mais, Paul, toi aussi tu as la chair – il aurait dit : J’ai la chair – mais il nous montre de quelle façon il traitait la chair en lui (la chair, non pas le corps physique) ; il nous montre aussi de quelle façon le Seigneur lui aidait à la tenir par terre il avait une écharde pour la tenir par terre ; pour être un bon témoin il avait une écharde.
Et, ainsi que cela s’est vérifié souvent dans le témoignage du Seigneur, plus le témoignage est selon le Seigneur, plus le Seigneur s’emploie à tenir les témoins qui le composent serrés de près ; il ne veut pas que l’on donne gloire à Dieu d’un côté et gloire à l’homme de l’autre.
L’iniquité donc, d’une façon générale, c’est la présence de la chair tolérée ou même encouragée dans le christianisme pratique ; au fond, l’iniquité, c’est la chair, partout. Nous ne trouvons, bien sûr, aucun lieu au monde ou là chair ne soit pas, aucun groupe de chrétiens au milieu duquel la chair ne se manifeste pas d’une manière ou d’une autre – il n’y aura qu’au ciel qu’elle aura entièrement disparu mais une grande différence intervient, qui fait que le Seigneur encourage, approuve, aide à discerner la chair, l’iniquité, et à la désapprouver.
Voilà ce qui fait un état de choses que le Seigneur aime, dont il s’occupe pour le purifier davantage. Tandis que là où un corps de chrétiens est établi avec, au départ et comme fondement, l’excitation de la chair, fût-ce sous ses formes supérieures, la chair ainsi étant nourrie et des droits lui étant plus ou moins reconnus, le Seigneur n’approuve pas cela. Il se pourra qu’il le supporte ; mais un chrétien éclairé par la Parole ne s’engage pas sur ce chemin-là, il ne veut pas perdre sa vie ; nous n’avons pas deux vies à vivre. Quand le chemin est fini, nous n’avons pas d’occasion pour le recommencer, c’est ce qui fait que c’est si sérieux.
Si, par notre volonté agissante, nous établissons quelque chose qui n’est pas selon le Seigneur, nous pourrons peut-être aller toute notre vie comme cela, et nous apercevoir trop tard, peut-être seulement au tribunal de Christ, que nous avons perdu notre vie.
Nous voyons donc que le principe défini par le mot iniquité va très loin. Nous ne parlons pas ici comme des gens qui ne courraient pas le danger d’admettre l’iniquité, car nous sommes tous ici sous le danger de la tolérer, tous également. Et ce n’est pas le rassemblement extérieur qui nous garde, la connaissance non plus ; Dieu seul nous garde.
Un autre enseignement qui est évident dans l’invitation « qu’il se retire de l’iniquité… » c’est que nous n’avons pas à balayer toute la terre, toute la chrétienté de l’iniquité, nous avons à nous retirer de l’iniquité. C’est de la prétention que de vouloir établir la paix sur la terre par l’évangile et c’est anti scripturaire.
Ce l’est aussi de vouloir rétablir l’Église dans son état primitif. Ce serait, dans un sens, faire quelque chose comme Caïn, toute proportion gardée, que de lever son front et ses yeux vers Dieu comme si l’Église était dans l’éclat de ses premiers jours, alors qu’il vaut mieux mettre le front dans la poussière et arroser le sol de nos larmes, vu l’état de l’Église. Cette dernière attitude est celle que le Seigneur aime !
Si on nous dit que c’est de la prétention de se séparer et qu’en cela nous jugeons les autres, nous pouvons répondre : pourquoi vous séparez-vous des malfaiteurs et des criminels ?
C’est une règle d’or divine que la séparation du mal– mal moral ou doctrinal. Se séparer du mal, c’est faire la déclaration publique que Dieu est contre cela, et s’en tenir le plus loin possible ; c’est aussi faire l’aveu de sa faiblesse, ce qui est exactement l’opposé de l’orgueil. Un des hommes les plus pieux que nous ayons connu a pu dire : Si j’avais été avec des voleurs, je serais probablement devenu un voleur. En voilà un qui n’avait pas confiance en lui ! c’est ce qu’il faut.
C’est le plus pieux des hommes qui réalisera qu’il est capable de commettre quelque mal que ce soit. La conséquence pratique de tout ceci, c’est que je me sépare et que je demande à Dieu de me garder de toutes les occasions dans lesquelles je montrerais ce que je suis par nature ; c’est une règle d’or pour les jeunes chrétiens comme pour les vieux, pour les individus comme pour une assemblée.
Un point à souligner, parce que bien des croyants séparés s’imaginent un peu que cette séparation est réalisée en vertu d’une quelconque supériorité sur les autres chrétiens (et c’est ce qui est beaucoup reproché aux croyants réunis au nom du Seigneur, cette séparation leur est beaucoup reprochée et on estime qu’ils la maintiennent parce qu’ils se croient supérieurs aux autres, ce qui est une grave erreur).
C’est que la séparation n’est pas une position de supériorité, mais une position d’obéissance à la Parole à laquelle nous sommes conduits parce qu’elle nous enseigne à obéir et parce que nous réalisons quelque peu ce que nous sommes et ce que Dieu désire pour nous.
En résumé, le chemin que Dieu trace au croyant c’est la séparation de l’iniquité, séparation du mal, et puis, sur le terrain de la séparation, la poursuite du bien : « Poursuis la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur ».
Un cœur pur c’est celui dans lequel la Parole a opéré, dont les motifs sont sanctifiés et qui peut ainsi produire, par la puissance de Dieu, des fruits qui sont à la gloire de Dieu. Ces fruits devraient être constamment portés par ceux que la grâce du Seigneur a rassemblés sur le terrain de la séparation ; et c’est ce qui ferait la puissance du témoignage.
La chrétienté est comparée à une grande maison dans laquelle il y a des vases à honneur et des vases à déshonneur. Ce qui caractérise les vases à honneur, c’est : « si quelqu’un se purifie de ceux-ci », voilà ce qui les caractérise : se purifier des vases à déshonneur. Ce n’est pas parce qu’il a des qualités morales plus élevées, plus belles, c’est parce qu’il se purifie du mal, des vases à déshonneur, alors il est un vase à honneur préparé pour le service du Maître ; il peut être utile au Maître. Pour être utile au Maître, préparé pour toute bonne œuvre vraiment utile selon la pensée de Dieu, il faut que cette séparation soit réalisée et maintenue.
Rappelons que les bonnes œuvres, Dieu les a « préparées à l’avance afin que nous marchions en elles » ; il les prépare lui-même et il prépare le serviteur pour les accomplir. Ce passage nous dit comment le serviteur peut être ainsi préparé pour accomplir les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance.
La séparation du mal ne se limite pas au terrain du rassemblement, elle a une portée générale. Sans elle, on ne peut avoir l’intelligence des pensées de Dieu. Si on ne se sépare pas du mal, la lumière fait défaut, si on se sépare du mal, Dieu donne la lumière. Dieu donne toujours de la lumière quand on à fait un pas avec la lumière précédemment donnée.
Se séparer du mal peut coûter ; si nous y sommes exhortés, c’est que ce n’est pas une tendance naturelle. Se séparer de certains maux grossiers, c’est une chose toute admise, mais mettre de côté la volonté de l’homme et les choses agréables qui sont dans l’homme, ce n’est pas toujours facile. Mais si nous voulons nourrir l’homme et en même temps glorifier Dieu, nous n’aurons jamais la lumière, jamais le même discernement dans l’âme.
Voilà pourquoi il y a des âmes qui ne font pas de progrès ; elles piétinent parce qu’elles ne font jamais le pas décisif qui les ferait entrer dans la lumière ; elles ne se retirent pas pour des raisons diverses, on peut avoir de très fortes affections auxquelles il faut plus ou moins renoncer.
On a vu des chrétiens parmi nous – c’est moins courant aujourd’hui, et pourtant, ne faut-il pas refaire le même chemin moralement – on a vu des chrétiens, appelés par le Seigneur, rompre avec des choses très chères pour entrer dans le témoignage.
Le Seigneur a voulu les retirer de choses qu’il n’approuve pas, même s’il supporte et même s’il bénit. Si le Seigneur bénit quelque chose, cela ne veut pas dire qu’il l’approuve ; s’il bénit une assemblée fidèle – s’il y en a une – cela ne veut pas dire qu’il bénisse tout ce qui s’y fait.
« Se retirer, fuir et poursuivre » (2 Tim. 2. 19 à 22). Deux attitudes négatives : se retirer, fuir ; et puis une positive : poursuivre. Mais combien de chrétiens – et cela nous arrive à tous, dans les détails – voudraient saisir ce qui est bon sans se retirer de quelque chose dont le Seigneur pourtant nous dit qu’il ne l’aime pas !
Pensons à ce que le Seigneur, durant sa vie, a dit pour chacun, et que ses paroles tombent dans notre cœur ; nous pouvons bien les méditer en baissant la tête : « Si quelqu’un aime quiconque plus que moi, il n’est pas digne de moi ».
C’est écrit ; on peut commenter, disserter, ce que les générations ont fait les unes après les autres, alors que c’est simple comme la lumière du jour et que cela nous jugera quand nous paraîtrons devant le Seigneur. Un chrétien, jeune enfant, comprendrait cela ; on n’a pas besoin d’être un docteur dans les vérités : « Celui qui aime quiconque plus que moi n’est pas digne de moi et ne peut être mon disciple ».
Les raisons qui auront retenu des chrétiens ici ou là seront un jour manifestées de même que celles du manque de dévouement des frères qui les aura portés à s’écarter du chemin tracé ; on les connaîtra, elles gisent souvent très profond dans le cœur et on couvre souvent cette carence des affections vraies pour Christ par de l’activité ; on entreprend parce qu’on ne sait pas obéir ; et pourquoi n’obéit-on pas ? parce qu’on n’aime pas.
L’obéissance, c’est l’amour, c’est le renoncement ; et on ne peut pas aimer et avoir sa volonté ; avoir une volonté, c’est s’aimer soi, donc ce n’est pas aimer Dieu. Nous touchons aux ressorts profonds qui nous font mouvoir. Ce n’est pas à coups de discussions que nous aurons la lumière ; c’est lorsque nous nous placerons devant Dieu que Dieu nous aidera à voir les motifs qui nous faisaient aller ici ou là, faire ceci ou cela, et nous fera sentir que nous nous recherchions nous-mêmes au lieu de chercher Christ et nous serons jugés de cette façon.
On ne sera pas jugé d’après ce qu’on aura fait, d’après l’extérieur, mais le Seigneur jugera « les secrets des cœurs selon mon évangile », dit Paul. Si nous entreprenons une œuvre et que ce ne soit pas l’obéissance à Christ – et nous pouvons passer notre vie à cela – nous serons repris par le Seigneur une fois, ou l’autre, et au moins devant son tribunal.
Qu’est-ce qu’un cœur pur ? C’est un cœur qui n’a que Dieu pour objet. La connaissance des frères même nous enflera si nous n’avons que cela et elle ne nous gardera pas quand Satan nous présentera quelque chose à côté du chemin, mais la connaissance de Dieu n’enfle pas parce qu’elle apporte Dieu dans l’âme et avec Dieu dans l’âme la chair est tenue en échec, elle ne l’est jamais autrement, nulle part.
Lisons Matthieu 6. 22 et 23. Si ton œil est simple (n’a qu’un objet) ton sens moral sera plein de lumières si ton œil est méchant – non pas si ton œil est double, car c’est une iniquité pour ceux qui appartiennent au Seigneur de donner leurs affections à un autre objet que lui, qui devient une idole – « Ton corps tout entier sera ténébreux » ; « si donc la lumière qui est en toi est ténèbres combien seront grandes les ténèbres ! » Cela explique le manque de discernement spirituel. Il y a tel manque de discernement qui vient du mal et qui conduit à appeler bien ce qui est mal et à faire ce qui est mal croyant faire le bien.
Un cœur pur, c’est un cœur qui a été purifié par la vérité : « Ayant donc purifié vos âmes par l’obéissance à la vérité, pour que vous ayez une affection fraternelle sans hypocrisie, aimez-vous l’un l’autre ardemment, d’un cœur pur » (1 Pier. 1. 22),et cette purification par l’obéissance à la vérité, c’est donc la Parole reçue dans le cœur, non pas seulement entendue, mais effectivement reçue et mise en pratique : l’obéissance à la vérité ; cette parole reçue dans le cœur et mise en pratique gouverne les pensées du cœur et les oriente vers un seul objet qui est Christ : « sortons vers lui ».
Voilà l’objet qui captive le cœur et amène l’âme à sortir hors du camp. Voilà le même objet présenté ici dans notre passage et conduisant le fidèle à réaliser cette position de séparation, poursuivant la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur.
Nourrir la grandeur humaine dans l’Église, c’est une iniquité. Si l’on considère les plus belles choses humaines comme des éléments de valeur dans le christianisme, c’est une iniquité, les puissances humaines, lorsqu’elles sont comptées comme ayant de la valeur dans le christianisme, l’Église, c’est une iniquité ; la puissance de l’argent s’exerçant dans l’Église, c’est une iniquité.
Voilà pourquoi, dans tous les temps, mais surtout dans l’Église nous trouvons que le témoignage de Dieu et du Seigneur est un témoignage abaissé, pauvre, sans force ; et s’il y en a quelques-uns dans ce témoignage qui soient nobles, quelques-uns… (1 Cor. 1. 26), eh bien, s’ils sont des témoins fidèles, le Seigneur commence par les abaisser ; c’est ce que l’on a toujours vu. Retenons cela, car c’est de toute importance.
On n’appelle pas mal la grandeur humaine et nous sommes portés à la mettre dans le même plateau de la balance que les choses élevées selon Dieu il ne doit pas en être ainsi ; il nous faut regarder cela dans la crainte de Dieu et bien en face. De même, les capacités humaines n’ont de valeur que dans la mesure où Dieu se sert du vase, et la puissance de l’argent devrait être nulle dans l’Église.
Un serviteur du Seigneur du siècle dernier qui était sollicité de se faire inscrire dans un groupe de chrétiens dans lequel il y avait quelque chose à payer pour être inscrit, a su répondre : Pierre n’aurait pu être des vôtres : « Je n’ai ni argent, ni or ».
L’influence de l’argent dans l’église professante est devenu considérable. Dieu fasse qu’elle ne joue pas dans le témoignage où elle peut se manifester de beaucoup de façons. Nous n’avons pas à parler de riches et de pauvres – bien qu’on puisse en parler sans blesser personne, aucunement ; le pauvre n’a pas à envier le riche ou il est en mauvais état ; mais que Dieu nous accorde de ne reconnaître dans le christianisme, dans le royaume de Dieu, que les seules grâces qui comptent, celles de l’Esprit Saint.
Les moyens humains pour prêcher l’évangile ou édifier quelque chose au nom du Seigneur, notamment l’argent, c’est plus que dangereux. L’apôtre Paul était pauvre. Moïse était un grand homme, et pourtant ce n’était pas la période du christianisme, – et Dieu commence par lui faire renoncer à tout il était très grand, vice-roi d’Égypte pour ainsi dire ; il aurait pu dire : ma fortune, mon pouvoir, ma situation, je vais m’en servir pour Israël ; Israël va connaître un heureux moment : Dieu le fait partir de là.
Nous avons connu d’autres serviteurs qui, au siècle dernier – il faut le dire aux jeunes qui ne le savent pas, qui l’ignorent, et c’est triste – des serviteurs du Seigneur qui, ayant une haute naissance, une très grande fortune, un immense avenir selon les hommes, au lieu de se servir de tout cela en faveur du témoignage, ont tout abandonné et sont devenus pauvres sur le-champ.
(Disons vite qu’il ne faut pas le faire si ce n’est pas par la foi et que si quelqu’un voulait penser à restaurer les choses comme elles étaient dans l’Église primitive (Act. 2. 44 et 45) qu’il sache qu’il faudrait autre chose que la vérité : la puissance !)
On voit parmi nous des tendances à faire appel à des moyens humains et matériels ; prenons garde avec le plus grand soin ! Ce que le Saint Esprit ne fait pas n’est pas fait et sera défait. C’est un très grand danger qu’une puissance comme celle de l’argent joue dans l’Église du Seigneur ; les frères qui ont de l’argent ont affaire au Seigneur, l’Écriture nous enseigne à cet égard ; mais nous parlons ici de l’atmosphère morale et spirituelle qui doit caractériser l’Église, le témoignage.
Un frère disait à juste titre qu’à certains égards les richesses matérielles dans l’Église pouvaient être considérées comme un malheur. Tenons compte du danger qu’il y a d’oublier Dieu ; on dit qu’on se confie en Dieu, mais, au fond, on se confie en beaucoup de choses.
On veut de grands moyens pour prêcher la Parole et diffuser les Écritures ! Autrefois, les apôtres allaient à pied ; autrefois, il y avait trois mille convertis au cours d’une prédication ; aujourd’hui, avec de très grands moyens, quels sont les fruits ?
Soyons exercés pour ne pas mêler à la vie de l’assemblée des éléments qui ne sont pas de Dieu : ce doit être un exercice partout et pour chacun. Remarquons que d’autres choses que la fortune, peuvent être aussi néfastes ; l’attention de chacun doit être attirée sur ce point.
Un frère disait que l’argent du monde n’a pas cours dans le domaine de la grâce. Et l’on pense quelquefois qu’on peut l’utiliser pour accomplir ce qu’on voudrait être l’œuvre de Dieu !
C’est extrêmement sérieux cela ; aussi est-ce le devoir et la responsabilité de notre génération – pour parler selon l’expression des Actes – de redire ce que nous avons reçu, car ce que nous venons de dire, nous l’avons reçu de ceux qui nous ont enseignés depuis le commencement du témoignage et nous pouvons le dire d’après l’Écriture. Nous dégageons notre responsabilité vis-à-vis de ceux qui sont plus jeunes.
Il est très dangereux d’innover. On a peine à croire que ce soit l’humilité qui conduise quelqu’un à faire des innovations.
Puisque nous parlons du terrain tout à fait pratique et actuel du témoignage, rappelons que nos devanciers, non seulement étaient exercés à l’égard des éléments de puissance qui sont néfastes pour le témoignage – et chacun peut bien s’en humilier – mais que, lorsqu’ils ont rencontré dans leur chemin personnel les grandes difficultés qu’ils ont connues, ils ont déclaré qu’il y avait eu relâchement quant à la piété, quant à l’absence de mondanité et cela dans la vie courante, sans même parler de la vie de l’Église.
Nous pouvons donc nous humilier nous-mêmes beaucoup pour les mêmes motifs et veiller continuellement sur ces points. Pourrions-nous demander l’appui du monde et de l’argent du monde pour un témoignage qui est contre le monde ? Nous ne serions pas droits vis-à-vis du monde.
Ce courant de pensées nous conduit au dernier passage que nous avons lu dans 1 Chroniques.
Qu’est-ce que c’est que l’arche, et qu’est-ce que c’est que porter l’arche ? L’arche est un type de Christ, elle était faite de bois de sittim, recouverte d’or, ce qui nous présente le caractère du Seigneur, parfaitement homme et parfaitement Dieu, et c’est le témoignage que nous sommes appelés à présenter dans ce monde : le témoignage c’est Christ, Dieu sur toutes choses, béni éternellement, venu ici-bas comme homme, Dieu manifesté en chair ; Christ homme ici-bas, Christ dans sa mort, Christ dans sa résurrection glorieuse. Porter Christ, présenter Christ dans ce monde, voilà le témoignage.
Nous avons déjà considéré que Christ, comme objet du cœur, nous appelle à sortir vers lui hors du camp. Nous avons, rappelé qu’un cœur pur est orienté vers Christ, et le témoignage c’est Christ. Ainsi nous sommes responsables de présenter Christ dans ce monde et de porter Christ comme autrefois, au travers des étapes, le peuple d’Israël portait l’arche, d’étape en étape ; nous sommes appelés à porter Christ chacun individuellement et à plus forte raison et essentiellement comme témoignage collectif.
Quels sont les moyens par lesquels nous pouvons présenter Christ à ce monde ? Les moyens humains sont mis en évidence dans le chapitre 13 : un chariot trainé par des bœufs. Combien cela paraissait infiniment supérieur aux moyens que Dieu avait indiqués. Dieu avait donné des enseignements pour porter l’arche : Elle ne devait être portée par personne, excepté par les Lévites et parmi les fils de Lévi chacun avait son service particulier ; le chapitre 4 des Nombres nous donne des enseignements détaillés sur ce sujet.
Quelqu’un a eu l’idée de faire porter l’arche par un chariot tiré par des bœufs. Quelle joie, que de cantiques sont chantés ! Il semble que le bruit des chants et des cantiques eût étouffé une protestation s’il s’en était élevé une c’étaient les moyens humains en apparence, c’était tellement beau, tellement réjouissant ! Si quelqu’un avait voulu rappeler à ce moment les enseignements de la Parole, sa voix eut été étouffée aussitôt ; on aurait dit oui, mais nous avons trouvé beaucoup mieux.
On pense que la fin justifie les moyens ; eh bien, la Parole nous montre ce qui s’est produit : les bœufs ont bronché, cela n’était jamais arrivé avec les Lévites. Pourquoi ? parce que, comme il l’a fait ensuite, Dieu aida les Lévites. Les Lévites avaient le secours de Dieu, la puissance de Dieu était avec eux pour porter le témoignage. Les bœufs ont bronché, voilà ce à quoi conduit l’utilisation des moyens humains, et pour essayer de retenir l’arche, quelqu’un élève la main, il est frappé aussitôt, c’est la brèche d’Uzza et David est irrité contre l’Éternel. Voilà le résultat produit.
Il faut que les cœurs soient ramenés à l’obéissance à la Parole, que l’arche soit portée par les Lévites selon l’enseignement que l’Éternel avait donné au peuple et alors Dieu aida les Lévites, la bénédiction est accordée au peuple, l’arche est amenée dans le lieu préparé pour elle, et nous voyons le cantique de louange, d’action de grâces qui peut être chanté ; à ce moment-là tout est à la gloire de Dieu.
Voilà un enseignement important qu’il faut retenir et qui devrait nous amener à savoir nous défier de tous les moyens humains, de tout ce qui est de l’homme pour aller, avec les ressources de Dieu, selon les enseignements de la Parole qui ne changent pas, qui sont les mêmes dans tous les temps, aussi bien aujourd’hui qu’aux premiers jours de l’histoire de l’Église.
Les passages de 2 Timothée nous mettent en garde également contre cet emploi des moyens humains ou contre les associations qui peuvent nous paraître favorables à la propagation de l’évangile ou à la présentation du témoignage : c’est lorsque le vase à honneur se purifie des vases à déshonneur qu’il est un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre ; la préparation se fait dans la séparation et non pas dans les associations que la Parole condamne.
On pense fortifier le témoignage, on pense obtenir des résultats meilleurs et l’on perd de vue que l’on ne peut aller qu’à un résultat opposé de celui que l’on cherche. On cherche peut-être ces résultats avec les meilleures bonnes intentions, les meilleurs désirs, certainement, cela n’est pas mis en question mais les désirs de nos cœurs, ce n’est pas la pensée de Dieu.
« Nous ne l’avons pas », dit David, « recherché conformément à l’ordonnance ». Il met le doigt sur la plaie : pourquoi les bœufs avaient-ils bronché ? pourquoi une brèche avait été faite ? pourquoi David s’était irrité contre l’Éternel ? Parce que « nous ne l’avons pas recherché conformément à l’ordonnance ».
Si nous faisons bien des choses sans les faire conformément à l’ordonnance nous risquons d’aller au-devant d’expériences de même nature.
Tous les frères sont bien d’accord, en général, pour reconnaître et déclarer que dans le salut de leur âme, tout est de Dieu. Cette vérité a été gardée, non seulement comme vérité abstraite, générale, mais comme vérité sentie dans le cœur… et pas seulement chez les frères mais la vérité qui consiste à sentir qu’une fois chrétiens nous avons besoin de Dieu pour tout faire, aussi bien que nous avons eu besoin de Dieu pour être sauvés, cette vérité est beaucoup plus longue à apprendre parce qu’elle va de pair avec la connaissance de soi-même et celle-ci ne s’acquiert pas en un jour.
On a besoin de Dieu pour le servir et si on le sait vraiment, on n’aura pas de plan, on n’ira pas créer un comité ; des comités, un groupe de sages qui étudieront telle ou telle affaire en vue d’une action à entreprendre, nous ne trouvons pas cela dans l’Écriture ; nous ne trouvons pas cela dans le témoignage du Seigneur, chez nos devanciers. Que l’on se consulte entre soi, oui ; tous les serviteurs et les servantes qui ont cherché à obéir à l’Écriture ont consulté ensemble le Seigneur et cela ne veut pas dire consulter le Seigneur que le prier pour apaiser sa conscience et continuer à faire comme on voulait faire avant ; nous le trouvons à la fin de Jérémie comme exemple frappant.
Le peuple dit à Jérémie : Consulte l’Éternel. L’Éternel dit de rester – et il voulait aller en Égypte – Oh ! mais nous ne ferons pas ce que tu dis ; ce n’est pas vrai, l’Éternel ne l’a pas dit, tu veux nous détruire. Et ils avaient demandé à Jérémie de prier pour connaître la volonté de Dieu. Jérémie savait que leur décision était arrêtée d’avance et la réponse de Dieu n’y a rien changé. Que de fois cela arrive ! Gardons-nous de cela.
On pourrait mettre en doute l’appel d’un frère évangéliste qui aurait besoin d’être encadré d’une dizaine d’autres frères (sauf pour l’aider par la prière). S’il est appelé à un service, il a affaire à son Maître qui l’aidera par les prières des saints, sans aucun doute, mais pas par un bras de chair ; et dans le service de la Parole les frères peuvent dire que le soutien du serviteur, à quelque degré que ce soit, c’est le Seigneur ; on ne doit pas en connaître d’autre ; c’est Lui seul qui ne manque pas, on doit aller avec le Seigneur dans ce que l’on fait : service dans l’assemblée, visite, etc. il faut aller avec le Seigneur. On n’édifie pas une œuvre ; on suit le Seigneur, sinon on pèche.
Il y a là une différence radicale quant à l’état de l’âme ; et on peut demander au Seigneur qu’il nous encourage et encourage ceux qui viennent, les frères devant qui se présentent des responsabilités, qu’il encourage, enseigne les frères à avoir beaucoup affaire au Seigneur et à s’encourager mutuellement à cela, si un frère pousse un autre frère au service, il pèche et en fait pécher un autre, bien qu’on puisse engager quelqu’un à avoir affaire au Seigneur. Chercher le Seigneur, se tenir près du Seigneur, voilà ce que nous avons y rechercher en vue de le réaliser continuellement ; c’est difficile, cela ; c’est cela qui est exerçant.
Il n’est pas possible que des chrétiens ou un chrétien simple, humble, droit, exercé, pieux, craignant et aimant le Seigneur, il n’est pas possible que s’il s’attend au Seigneur, le Seigneur ne lui réponde pas d’une manière ou d’une autre. Même si on fait des maladresses (qui n’en fait pas !), le Seigneur aide.
Il ne faut pas oublier que l’un des caractères de l’Église est aussi celui qui caractérise la femme, la soumission : elle est soumise au Christ.
Au sujet des questions matérielles dans l’Église, rappelons-nous que nous les trouvons dans les Actes, presque toujours d’une façon triste, d’une façon douloureuse. La première fois, c’est Ananias et sa femme ; la fois suivante, c’est une discussion à propos de distribution de biens matériels, la grâce a encore pris le dessus ; un peu plus loin, Simon voulait acheter avec l’argent le pouvoir d’imposer les mains en vue de la réception du Saint Esprit ; on le comprend, il avait des habitudes païennes. La puissance intellectuelle aussi est un danger.
Il n’y a pas de plus grands égarements que ceux des intellectuels qui ne sont pas gardés par Dieu ; ils s’avancent dans des hérésies plus que les autres, leur esprit étant plus puissant ; c’est un fait historiquement reconnu.
Nos devanciers, je désire le répéter ici parce que beaucoup n’ont peut-être pas les documents pour cela, et Dieu veuille faire qu’ils se les procurent – ont toujours encouragé à retenir que le témoignage du Seigneur est caractérisé par la petitesse, par le sentiment profond et vivant de son néant ; – il n’est rien – l’homme, le chrétien le plus insignifiant par nature a besoin d’apprendre cela, car sans la grâce de Dieu agissant puissamment personne ne se croit rien, chacun se croit quelque chose. Job l’a confessé pour lui-même.
Pouvons-nous venir à la réunion qui est le centre de la vie pratique du témoignage – la réunion du culte -, prendre part à la cène qui fait que nous nous identifions à la mort du Seigneur et, en même temps, glorifier, mettre en évidence le vieil homme que Dieu a tué à la croix !
Bien que ce ne soit pas notre sujet, rappelons encore une fois, en rapport avec la séparation, que ce qui caractérise aussi le témoignage selon l’Écriture c’est qu’il est établi sur le terrain de l’unité du corps. Le seul pain que nous rompons parle du corps tout entier de Christ ; nous pensons à tous les chrétiens du monde quand nous rompons le pain ; seulement nous ne pouvons pas avoir communion avec eux, parce que nous avons à garder les droits et la gloire du Seigneur, à garder la table du Seigneur pure du mal.
On peut dire que les caractères du témoignage dans les jours auxquels nous sommes parvenus, c’est qu’il est composé par ceux qui sentent vraiment la ruine, qui la portent dans leur cœur, qui mènent deuil, qui sont gouvernés par la Parole et par l’Esprit de Dieu, qui se séparent de l’iniquité et qui attendent le Seigneur.
Ce sont là les différents caractères du témoignage fidèle dans les jours de la fin. Et cela ne peut en aucune manière être compatible avec ce qu’on voudrait faire parfois du témoignage : un témoignage nombreux, ayant grande apparence ; tout au contraire – Juges 7 l’enseigne – le témoignage dans les jours de la fin est peu nombreux, il a peu d’apparence.
L’accroissement que nous pouvons désirer dans le témoignage, c’est surtout un accroissement spirituel : que les âmes soient nourries de Christ, que l’Esprit opère avec puissance, que l’Esprit demeure un Esprit de puissance (2 Timothée) ; dans les jours les plus sombres de l’histoire du témoignage, c’est cette puissance que nous avons à rechercher.
Et l’œuvre de Dieu s’accomplit par la puissance de son Esprit bien davantage qu’avec les ressources que l’homme peut-mettre en avant. Les ressources et les moyens que l’homme peut mettre en avant auront comme résultat d’empêcher le déploiement de la puissance de l’Esprit. De telle sorte qu’en les mettant en avant pour obtenir de grands résultats, on empêchera souvent le travail que Dieu voudrait accomplir dans la puissance de son Esprit.
On peut redire aussi ce que nous avons reçu, qui nous a été enseigné à l’égard du témoignage : c’est qu’il n’a pas été suscité d’abord en vue de l’évangélisation, quoique, grâces à Dieu, il y a eu et il y a des frères évangélistes (y en aurait-il davantage, personne ne s’en plaindrait si c’est Dieu qui les appelle).
Mais le témoignage est, avant tout, – le témoignage des derniers jours – pour la proclamation de la gloire du Seigneur, de sa personne, de l’intégrité de la Parole de Dieu, son intégrité totale : « Tu as gardé ma parole et tu n’as pas renié mon nom » ; les œuvres de Philadelphie – comme disait quelqu’un – étaient trop sous la surface pour qu’on puisse les voir, elles n’étaient pas apparentes, mais bien chères à Christ parce qu’elles donnaient la preuve de l’amour qui est d’obéir.
On peut désirer et demander que le Seigneur produise cela, que les frères et les sœurs qui viennent n’oublient pas ces choses ; que le témoignage est un témoignage à la gloire du Seigneur, à sa vérité, à sa personne dans les temps de la ruine générale et de l’iniquité dans la chrétienté.
Rappelons aussi ce qui a été dit en face de certaines tendances à méconnaître ce que le Seigneur a confié au témoignage, c’est que le Seigneur pourra remplacer ses serviteurs par d’autres, ses témoins par d’autres et que ce sera, pour les premiers, une immense perte.
Il ne faudrait pas que le désir de répandre l’évangile et d’amplifier le mouvement pour la diffusion de l’Évangile qui s’est dessiné au siècle dernier, lors du réveil de Philadelphie – car il ne faut pas perdre de vue que l’origine de ce grand mouvement d’évangélisation est né précisément dans le réveil de Philadelphie – il ne faudrait pas que ce désir d’évangélisation, extrêmement heureux en soi, conduise à penser que l’assemblée est une sorte d’association pour la propagation de l’évangile.
En un certain sens, l’assemblée est bien sur la terre pour faire briller la lumière du témoignage et présenter Christ, incontestablement, mais sans doute pas de la manière à laquelle on pense en général : l’évangélisation par parole, c’est en un certain sens une évangélisation assez facile ; d’ailleurs dans le service on peut dire que tout est facile, quand le service est réalisé suivant la pensée de Dieu, avec son secours.
Mais nous sommes appelés à une évangélisation beaucoup plus difficile, une évangélisation en actes. L’assemblée est, dans ce monde, et vis-à-vis du monde, la colonne et le soutien de la vérité.
Les personnes inconverties qui sont amenées dans une réunion d’assemblée devraient voir un organisme vivant, dans son fonctionnement, chacun remplissant le service et la fonction pour lesquels Dieu l’a appelé, un organisme fonctionnant tout entier dans la dépendance de l’Esprit et par la puissance de l’Esprit, de telle manière qu’il soit manifeste que le Seigneur est présent au milieu de ces deux ou trois réunis en son nom, de sorte que ces personnes, comme nous trouvons en 1 Corinthiens 14, puissent tomber sur leur face en disant : « Dieu est véritablement parmi vous ».
On recherche de grands moyens d’évangélisation aujourd’hui. Je suis toujours frappé de voir que parmi les grands moyens dont on parle, on ne pense pour ainsi dire jamais à celui-ci, qui est le grand moyen et qui est le meilleur selon Dieu : une assemblée, quand la présence du Seigneur est réalisée, quand tout est fait en obéissance à la Parole, ou chacun fonctionne à sa place, où l’on sent la vie de Dieu, la puissance et l’activité de l’Esprit et où un homme inconverti peut réaliser qu’il a été amené dans la présence de Dieu.
Voilà l’évangélisation la plus puissante. Ayons à cœur de la réaliser vraiment, alors Dieu pourra déployer une puissance spirituelle qui amènera des âmes à la connaissance de Christ c’est cela qu’il nous faut désirer, et nous travaillerons à l’œuvre de Dieu, nous poursuivrons l’œuvre de Dieu dans son assemblée avec les moyens de Dieu et avec l’assurance que nous aurons la bénédiction de Dieu et pour chacun des frères et sœurs et pour l’assemblée ; la bénédiction débordera au dehors et tous ceux qui seront mis en contact avec l’assemblée éprouveront qu’il y a là la bénédiction de Dieu.
C’est ce qui s’était passé pour Thessalonique : le témoignage avait retenti de chez les Thessaloniciens en tous lieux. Le simple attachement au Seigneur dans l’assemblée est un témoignage de puissance extraordinaire.
Ils n’avaient pourtant pas des moyens bien rapides à ce moment là pour faire connaître la vérité au bout du monde, alors qu’aujourd’hui on préconiserait volontiers les moyens ultra-modernes et ultra-rapides ! Dieu se sert de tout, mais l’état des Thessaloniciens et ce qui en est résulté doit parler à nos consciences !
Considérons 1 Jean 5. 1 à 5. La position de séparation que la grâce de Dieu nous a amenés à connaître et qui est selon l’enseignement de la Parole ne peut pas nous conduire à nous isoler, dans les affections de nos cœurs, de tous deux qui constituent la famille de Dieu.
« Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu ; et quiconque aime celui qui a engendré, aime aussi celui qui est engendré de lui », voilà ce qui caractérise l’enfant de Dieu en quelque milieu chrétien qu’il se trouve ; nous aimons les enfants de Dieu parce que nous aimons Dieu. Mais comment manifester cet amour ? « Par ceci nous savons que nous aimons les enfants de Dieu, c’est quand nous aimons Dieu et que nous gardons ses commandements ».
Ce passage appuie ce qui a été dit, que c’est dans l’obéissance à la Parole et par l’obéissance à la Parole que nous pouvons aimer tant d’enfants de Dieu dispersés dans de multiples dénominations chrétiennes. Ce n’est pas en perdant de vue la position de séparation que nous pouvons leur manifester un amour selon Dieu.
La pierre de touche de l’amour selon Dieu c’est l’obéissance à la vérité, le maintien de la vérité c’est en cela et par cela que nous pourrons vraiment montrer aux enfants de Dieu que nous les aimons ; et cela suppose bien entendu, qu’on leur soit utile en saisissant l’occasion. Cette expression des Éphésiens s’applique non pas seulement à la présentation de l’évangile ; elle signifie certainement saisir toutes les occasions de manifester la vie que nous possédons, et nous pouvons le faire dans un amour vrai en parlant à nos frères, à nos sœurs, en leur montrant les enseignements de la Parole sans chercher à en faire des prosélytes.
Dans la présentation de l’évangile, il y a comme une contrainte à exercer : « contrains les gens d’entrer » ; mais en ce qui concerne le témoignage, jamais nous ne devrions le faire. Nous pouvons être utiles à quelqu’un qui se trouve dans un milieu comme Thyatire et qui possède la vie de Dieu, mais nous irions peut-être à l’encontre de la pensée de Dieu si nous voulions le contraindre à quitter son milieu ; nous ne savons pas quelle est la pensée de Dieu à cet égard.
Nous pouvons lui être utiles en lui présentant la pensée de Dieu relativement au rassemblement, mais laissons Dieu accomplir son œuvre et amener cette âme, s’il le trouve bon. Nous ne pouvons être utiles à une âme que dans la mesure où nous maintiendrons ce terrain de séparation. C’est là l’appel de Jérémie 15. 19 : « Qu’ils reviennent vers toi, mais toi ne retourne pas vers eux ».
Nous voyons dans ces versets comme dans les chapitres qui précèdent comment Jérémie avait pensé surtout au peuple au lieu de penser à la gloire de l’Éternel et ce sont souvent les sentiments qui remplissent nos cœurs : nous pensons aux enfants de Dieu, au peuple de Dieu, en perdant de vue la gloire de Dieu.
L’Éternel doit dire au prophète : « Si tu te retournes, je te ramènerai, tu te tiendras devant moi ». Il ne pouvait être un instrument pour le bien du peuple de Dieu qu’en recherchant la gloire de Dieu de sorte qu’en revenant vers Jérémie il se tournait vers Dieu : « Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche ».
On a dit que la position de Jérémie était analogue à la position du fidèle de nos jours parce que Jérusalem allait être détruite et parce que Jérémie est appelé à séparer ce qui est précieux de ce qui est vil. On dira que Jérémie était un prophète, mais l’enfant de Dieu est aujourd’hui dans une position plus proche de Dieu que celle dans laquelle était Jérémie : il a le Saint Esprit, l’Esprit d’adoption, toute l’Écriture, la révélation de toutes les pensées de Dieu ; ce n’était pas la position de Jérémie.
Le danger aujourd’hui, c’est que l’on fasse boire du vin aux prophètes et que les prophètes ou les nazaréens que nous sommes appelés à être n’aient plus le discernement nécessaire pour séparer ce qui est précieux de ce qui est vil. Sachons prier pour que le Seigneur suscite des serviteurs et des servantes qui maintiennent cette séparation de ce qui est précieux de ce qui est vil. C’est le vin qui ôte le discernement ; tout ce qui enivre, tout ce qui nourrit la chair que nous avons.
Si celle-ci n’est pas combattue, si elle est nourrie, le discernement s’en va et on appelle pur ce qui est impur. Le discernement va toujours avec la séparation dumonde, retenons-le. Le discernement spirituel est toujours lié, non pas à la somme de connaissances sûres, exactes, des vérités, mais à la séparation du monde ; c’est un fait qui a toujours été reconnu.
Plus la séparation est réalisée, plus il y a de discernement et la séparation est réalisée dans la mesure où le caractère céleste du croyant est compris, retenu, mis en pratique comme aussi le caractère céleste de l’assemblée.
Si l’assemblée réalise sa position hors du camp et dans les lieux célestes, elle pourra y trouver la puissante action de l’Esprit de Dieu, elle sera nourrie des choses célestes, la spiritualité se développera et il y aura alors ce sain discernement des choses ; il est nécessaire dans les jours actuels de veiller plus que jamais, car l’ennemi ne nous présente pas des choses que l’on sent devoir rejeter immédiatement ; l’ennemi, très rusé et très subtil, nous présente des choses qui ont de très belles apparences, qui paraissent bonnes et il est difficile de voir, derrière ces apparences remarquables, la réalité des choses, et l’ennemi nous égare ainsi et nous fait perdre la jouissance des choses célestes.
Il faut donc réaliser notre position dans les lieux célestes en Christ, non seulement le christianisme pratique dans les circonstances du désert mais aussi le caractère céleste du christianisme et c’est dans cette mesure que, nourris de la nourriture excellente, prenant la nourriture solide qui est pour les hommes faits, nous aurons les sens exercés à discerner le bien et le mal, alors, nous n’appellerons pas bien ce qui est mal, nous saurons tout de suite voir ce qui est à rejeter malgré les plus belles apparences et Dieu nous montrera son chemin, un chemin de dépendance, d’humilité, de fidélité ; Dieu nous enseignera ce qu’est la vie de la foi, la vie de tous les jours dans le sentier où il n’y a rien de l’homme, où tout ce qui est du vieil homme est jugé, mis de côté, mais où il y a la puissance d’une vie nouvelle, d’une vie céleste.
Ce qui est vil, c’est ce qui est de nous-mêmes, de l’homme naturel quel qu’il soit, où que ce soit, chez n’importe qui, voilà ce qui est vil. Quand on est jeune (même jeune chrétien), on est porté à se laisser éblouir – et cette illusion va souvent bien loin dans la vie – par les éléments brillants de l’homme qu’on met ensemble avec ce qui est de Christ et on est étonné que des chrétiens plus âgés soient si stricts dans leur séparation ; puis, quand on a fait du chemin, on voit ce qu’est l’homme, ce qu’on est, ce qu’est le monde et on dit : combien ils avaient raison, ces chrétiens, d’appeler vil ce qui ne paraissait pas tel quand on était jeune ; c’était vil, entièrement, l’homme était vil, nous sommes vils entièrement.
On a beau avoir de très bonnes apparences et par surcroît être imprégnés très fortement de christianisme et du christianisme le plus authentique, l’homme reste vil. Ce qui est précieux, c’est Christ et seulement Christ (un Christ glorieux dans sa vie et dans sa mort) et tout ce qui est du Christ. La vie divine dans un chrétien, voilà qui est précieux parce que c’est Christ dans un homme, quelqu’un qui est lié à Christ est un homme séparé.
Dieu ne fait pas de mélange : un peu de l’homme naturel et puis le reste du Christ. Non, il n’y a que deux hommes pour Dieu, le premier et le second ; Adam et le dernier Adam. Tout ce qui est du premier Adam est vil ; tout ce qui est de Christ est précieux, que ce soit dans la vie, le service, l’activité, les manifestations.
Tous ceux qui ont un certain âge ont connu des moments dans leur vie où ils étaient plus qu’étonnés, peinés de découvrir chez les frères plus âgés qu’eux, ayant du poids, des appréciations un peu décevantes et décourageantes ; mais, arrivés à l’âge que ces frères avaient alors, nous sentons que ces frères avaient pleinement raison ; la condamnation de tout ce qui est de l’homme, c’est une merveilleuse délivrance collective comme individuelle, il n’y a pas de plus grand progrès à souhaiter que celui-là. Mais comme disaient nos anciens : en avoir fini avec soi-même, c’est long ! Il faut faire des progrès en cela.
Voilà ce qui a caractérisé le témoignage. Il ne s’agit pas de vanter l’homme ; laissez l’homme tranquille, laissons-le où il est ; il est dans son tombeau, il y est très bien. Et la gloire de Christ remplira notre âme et, en contemplant Christ à face découverte, nous serons transformés en la même image, de gloire en gloire.
Je pense à un mouvement qui s’est produit il y a bien des dizaines d’années pour l’évangélisation, connu par le monde chrétien entier. Au début il y avait là des hommes extrêmement dévoués qui ne prétendaient à rien et qui allaient partout prêcher l’évangile, prêcher Christ. Là il y avait quelque chose à la gloire de Christ de tout à fait remarquable ; il n’y avait pas un témoignage, il avait des témoins qui prêchaient le salut aux pauvres pécheurs.
Mais cet ensemble et ce mouvement-là s’est lassé de souffrir et il s’est agrandi et a reçu les honneurs du monde, les honneurs officiels dans la personne de son chef, de sorte que l’opprobre de Christ sur ce mouvement a cessé ; et qu’a fait ce témoignage ? Que fait ce mouvement ? – je ne dis pas qu’il n’y ait pas encore des ouvriers qui continuent ce mouvement mais cette sève du début a tari ; il fait des œuvres publiquement, connues et reconnues ; il fait de la charité extérieure.
Tenir dans le témoignage toute une vie et tenir jusqu’à ce que le Seigneur vienne, tenir dans le sentier de l’humilité, de la séparation avec Christ, est-ce cela qui suffit pour l’âme ? Ce n’est pas une petite chose, cela ; c’est une mise à l’épreuve des affections, du cœur. Et sans nul doute les frères et les sœurs qui ont été gardés dans ce chemin ont joui du Seigneur au terme de cette carrière, ils n’ont pas regretté que le Seigneur les ait tenus séparés ; ils ont plutôt regretté plus d’une fois de n’avoir pas réalisé assez la séparation intelligente, dévouée envers d’autres, envers tout le monde, mais d’abord dévouée à Christ. Nous aurons bien assez de regrets à la fin de notre vie sans avoir à y ajouter celui d’un abandon positif de ce que le Seigneur nous avait donné.
On peut encourager aussi les jeunes, ceux qui ont maintenant la trentaine, et même moins, à beaucoup lire la Parole, les écrits des frères, – nous le leur disons, j’espère en toute humilité et en toute affection fraternelle et amour – beaucoup lire les écrits des frères avec régularité, piété, prière. La vie du chrétien peut en être entièrement changée, on fait des progrès et c’est ainsi que le Seigneur forme des ouvriers.
On disait autrefois à l’égard de tel ou tel frère qu’ils étaient bien fondés dans la vérité relativement au témoignage. Que le Seigneur veuille nous faire désirer cela, veuille produire le désir, le vouloir, mais aussi le faire.
Ps. 102. 1 à12 : Prière de l’affligé, quand il est accablé et répand sa plainte devant l’Éternel.
« Éternel, entends ma prière, et que mon cri vienne jusqu’à toi ! Ne me cache pas ta face ; au jour de ma détresse, incline vers moi ton oreille ; au jour où je crie, hâte-toi, réponds-moi. Car mes jours s’évanouissent comme la fumée, et mes os sont enflammés comme un brasier. Mon cœur est frappé, et il est desséché comme l’herbe ; car j’ai oublié de manger mon pain. À cause de la voix de mon gémissement, mes os s’attachent à ma chair. Je suis devenu semblable au pélican du désert ; je suis comme le hibou des lieux désolés. Je veille, et je suis comme un moineau solitaire sur un toit… Mes jours sont comme l’ombre qui s’allonge, et je deviens sec comme l’herbe ».
Ps. 6. 3 à 8 : « Use de grâce envers moi, Éternel ! car je suis défaillant ; guéris-moi, Éternel ! car mes os sont troublés. Mon âme aussi est fortement troublée… Et toi, Éternel ! jusqu’à quand ? Reviens, Éternel ! délivre mon âme ; sauve-moi à cause de ta bonté… Je suis fatigué à force de gémir ; toute la nuit je baigne ma couche [de mes pleurs], je trempe mon lit de mes larmes. Mon œil dépérit de chagrin, il a vieilli… »
Ps. 69. 4 : « Je suis fatigué de crier ; ma gorge est desséchée ; mes yeux se consument, pendant que j’attends mon Dieu ».
Bonjour mes chers amis,
Une année vient de se terminer. Une nouvelle année a commencé. On t’a souhaité, le jour de l’an et les jours suivants, une bonne année, une bonne santé, et plein de bonnes et de belles choses ! Certains l’ont fait par politesse, d’autres avec beaucoup d’affection. Nous sommes maintenant un mois plus tard… rien n’a changé par rapport à l’année passée. Les journées se déroulent de la même manière, elles sont monotones, sans attraits, sans lueur d’espoir ou de changement dans ta condition. Vu ton âge, vu tes handicaps, tu n’as plus de perspective d’avenir réjouissante. Tu as peu de visites, tu es de plus en plus solitaire, tu n’as plus de quoi te réjouir, tu es devenu morose, découragé, tu as souvent mal, si ce n’est pas dans ton corps, c’est dans ton âme… aucun soulagement durable. Les jours passent et se ressemblent. À quoi bon vivre ? Plus ou peu de sujets pour se réjouir ; que des ennuis, que de la misère !
– Oui, vas-tu peut-être me répondre, ce qu’on peut lire dans ces psaumes correspond pas mal à mon état d’esprit : je suis las, vraiment las ! D’ailleurs le Prédicateur l’avait dit : « Et souviens-toi de ton Créateur dans les jours de ta jeunesse, avant que soient venus les jours mauvais, et avant qu’arrivent les années dont tu diras : Je n’y prends pas de plaisir » (12. 1). Je suis dans cette situation, et ça dure déjà depuis si longtemps… je n’ai plus rien à espérer !
Chère brebis affligée du Seigneur… penses-tu vraiment que ton Sauveur veut te laisser dans cet état de tristesse et de désolation ? Est-ce que le Dieu d’amour, qui a voulu t’adopter et être ton Père, désire te voir dans cette situation où tu ne prends plus plaisir à rien ?
Il y a pourtant QUELQU’UN en qui tu peux prendre plaisir : « Comme le pommier entre les arbres de la forêt, tel est mon bien-aimé entre les fils ; j’ai pris plaisir à son ombre, et je m’y suis assise ; et son fruit est doux à mon palais. Il m’a fait entrer dans la maison du vin ; et sa bannière sur moi, c’est l’amour » (Cant. 2. 3 et 4).
À force de regarder autour de toi, ou en toi, tu ne fixes plus les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi (voir Héb. 12. 2). Le Seigneur est pourtant à tes côtés et il veut être ta protection, ton secours, ton ombre, ta paix. « L’Éternel est celui qui te garde ; l’Éternel est ton ombre, à ta main droite » Ps. 121. 5. C’est à toi à faire cette prière : « Use de grâce envers moi, ô Dieu ! use de grâce envers moi ; car en toi mon âme se réfugie, et sous l’ombre de tes ailes je me réfugie, jusqu’à ce que les calamités soient passées » Ps. 57. 2.
Les « calamités » vont peut-être durer jusqu’à la fin, mais tu peux les supporter courageusement, joyeusement, avec le Seigneur, dans sa présence vivifiante. En comptant sur Lui, en t’appuyant sur Lui… « Qui est celle-ci qui monte du désert, s’appuyant sur son bien-aimé ? » (Cant. 8. 5).
Dans la situation dans laquelle tu te trouves, quelle qu’elle soit, tu peux choisir de dire ceci : « ma vie se consume dans la tristesse, et mes années dans le gémissement » (Ps. 31. 11) ou ceci : « Car tu as été mon secours, et à l’ombre de tes ailes je chanterai de joie » (Ps. 63. 8).
Il s’agit d’une décision personnelle, de TON CHOIX ! Tu ne peux sans doute rien changer à ton état, mais tu peux changer ta manière de réagir et d’appréhender la réalité : près du Seigneur ou éloigné du Seigneur ! Tu peux dire : « le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié » (2 Tim. 4. 17), ou Dieu doit constater : « leur cœur est très éloigné de moi » Mat. 15. 8 !
Quand as-tu, la dernière fois, écouté/chanté des cantiques ? Combien cette activité est rafraîchissante, encourageante et joyeuse pour l’âme ! Chanter les gloires, la bonté, la tendresse, les soins, l’amour du Seigneur ; nous rappeler les passages de la Parole de Dieu en chants, en récits ; mais aussi nous ramener en arrière dans les jours de notre jeunesse (voir le passage déjà évoqué plus haut dans l’Ecclésiaste), en nous nourrissant de ces souvenirs agréables… combien cela fait du bien au cœur et à l’âme. Réécoutez vos cantiques d’enfants et appréciez la fraîcheur, la joie enfantine qui était la vôtre à ce moment-là !
Il est malsain de regarder en arrière avec nostalgie – tout était mieux avant, ma santé, l’assemblée etc. – mais on peut regarder derrière soi pour s’encourager : « je me souviendrai de tes merveilles d’autrefois, je penserai à toute ton œuvre et je méditerai tes actes » Ps. 77. 12 et 13.
En fait, il y a deux chemins qui s’offrent à toi : 1) gémir, te plaindre, te lamenter, te morfondre dans ta tristesse, rester « sur terre », penser à tout ce qui ne va pas, et la liste risque de s’allonger toujours plus, ou 2) chanter des cantiques, louer Dieu, le remercier, l’adorer, et regarder en haut, en attendant le retour du Seigneur. Loin de moi de minimiser vos difficultés, vos souffrances qui sont réelles. Mais permettez-moi de vous encourager – de m’encourager – par les exemples de Paul et Silas dans Actes 16. 22 à 24. « La foule s’ameuta contre eux ; et les préteurs, ayant fait arracher leurs vêtements, donnèrent l’ordre de les fouetter. Après leur avoir fait donner un grand nombre de coups, ils les jetèrent en prison, en commandant au geôlier de les tenir sous bonne garde. Celui-ci, ayant reçu un tel ordre, les jeta dans la prison intérieure et fixa sûrement leurs pieds dans des entraves »
En lisant cette scène, nous réalisons combien intensément ces deux disciples du Seigneur souffraient physiquement. Toi et moi, nous nous serions probablement lamentés, nous aurions pleuré sur nous-mêmes. Eux, ils ont fait « taire » leurs souffrances par des cantiques de louanges. Ils ont « surmonté, ils ont recouvert, ils ont effacé, ils ont oublié » leur douleur, en ne pensant plus à eux-mêmes, mais à Dieu et à sa gloire : « Vers minuit, Paul et Silas, en priant, chantaient les louanges de Dieu ; et les prisonniers les écoutaient » (v. 25).
S’ils l’ont fait, c’est que c’est aussi possible pour nous, avec la grâce et la puissance d’En-haut. Et quel témoignage puissant rendu aux autres prisonniers et au geôlier ! Ne négligeons pas notre témoignage vis-à-vis de nos voisins, de nos enfants et petits-enfants… et du personnel soignant qui entend nos récriminations… ou notre joie en Jésus !
« C’est pourquoi, nous aussi, ayant une si grande nuée de témoins qui nous entoure, rejetant tout fardeau et le péché qui [nous] enveloppe si facilement, courons avec patience la course qui est devant nous, fixant les yeux sur Jésus, le chef de la foi et celui qui la mène à l’accomplissement, lui qui, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu. Car considérez celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même, afin que vous ne soyez pas lassés, étant découragés dans vos âmes » Hébreux 12. 1 à 3. Regardons au Seigneur, notre Bon Berger, notre Modèle, notre puissant Maître et suivons son exemple – même de loin !
Nous avons relevé, au début, quelques causes de découragements : peu de visites, journées monotones, solitude etc. Tu attends quelque chose venant des autres, et ça se comprend aisément. Mais ce que tu ne reçois pas des autres… donne-le, toi, aux autres ! Fais, toi, des visites encourageantes (en personne ou par téléphone), intéresse-toi aux besoins, aux soucis des autres (tu oublieras momentanément les tiens), coupe ta solitude en allant vers les autres, en rendant service, ou « tout simplement » en priant pour eux. Tu feras d’une pierre deux coups, même trois coups : tu feras du bien aux autres, tu te feras du bien à toi-même, et surtout, tu serviras le Seigneur ! Tes journées et tes nuits s’illumineront, ton cœur reprendra espoir, ta joie reviendra égayer ton visage.
Ne subis plus, bouge-toi, lève-toi, agis ! Alors tu prospéreras, si tu prends garde à pratiquer les statuts et les ordonnances que l’Éternel a prescrits à Moïse pour Israël. « Fortifie-toi et sois ferme ; ne crains pas et ne t’effraie pas… lève-toi et agis, et l’Éternel sera avec toi » (1 Chron. 22. 13 et 16) ; « L’Éternel le soutiendra sur un lit de souffrances. Tu transformeras tout son lit quand il sera malade » (Ps. 41. 4) ; « soyez transformés par le renouvellement de [votre] intelligence, pour que vous discerniez ce qu’est la bonne, agréable et parfaite volonté de Dieu » (Rom. 12. 2) ; « Or nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3. 18).
« Quand mon cœur s’aigrissait, et que je me tourmentais dans mes reins, j’étais alors stupide… tu m’as tenu par la main droite ; Tu me conduiras par ton conseil et, après la gloire, tu me recevras. Qui ai-je dans les cieux ? Je n’ai eu de plaisir sur la terre qu’en toi. Ma chair et mon cœur sont consumés ; Dieu est le rocher de mon cœur, et mon partage pour toujours. Car voici, ceux qui sont loin de toi périront ; tu détruiras tous ceux qui se prostituent en se détournant de toi. Mais, pour moi, m’approcher de Dieu est mon bien ; j’ai mis ma confiance dans le Seigneur, l’Éternel, pour raconter tous tes faits » (Ps. 73. 21 à 28).
Recevez mes salutations fraternelles, Marco. Février 2026.
Retour en arrière pour mieux avancer, grâce à nos cantiques d’antan…
Bon Sauveur, Berger fidèle,
Conduis nos pas chaque jour,
Et, pour la vie éternelle,
Garde nous dans ton amour.
Refrain. Béni sois-tu, tendre Maître !
Jésus, nous sommes à toi ;
Qu’à toi seul nous voulions être :
Soutiens notre faible foi.
Remplis notre âme de zèle
Et porte-nous dans tes bras
Jésus bénit et protège
Ceux qui marchent par la foi ;
Il les garde de tout piège,
Dans leurs cœurs il met sa loi.
Heureux qui peut le connaître,
L’aimer et dire en tout temps :
C’est à lui qu’on ne peut être
Ni trop tôt, ni trop longtemps.
S’il veut bénir la jeunesse,
Il guide encor l’âge mûr ;
Dans la paix, dans la détresse,
Il est l’abri le plus sûr.
À lui venons nous soumettre,
Et disons, toujours contents,
Qu’à Jésus on ne peut être
Ni trop tôt, ni trop longtemps.
Le Seigneur m’aime,
Bonheur suprême,
Le Seigneur m’aime,
Il est amour !
Refrain.Je redirai toujours :
Le Seigneur m’aime, (bis)
Il est amour !
Ouvre mes yeux, (bis)
et je verrai les merveilles,
qui sont dans ta loi (bis)
Je sais qu’un jour mes yeux verront Jésus (bis)
Et je marche jusqu’au bout,
Par la foi et malgré tout.
Je sais qu’un jour mes yeux verront Jésus.
Oh ! que ta main paternelle
Me bénisse à mon coucher !
Et que ce soit sous ton aile
Que je dorme, ô bon Berger ! (bis)
Seigneur, j’ai fait ma prière ;
Sous ton aile, je m’endors,
Heureux de savoir qu’un Père
Plein d’amour veille au-dehors (bis)
Ta Parole est une lampe à mes pieds
Et une lumière, et une lumière.
Ta Parole est une lampe à mes pieds
Et une lumière sur mon sentier.
Je pars pour un très long voyage,
Mais je ne suis pas seul en chemin.
J’avance tout plein de courage,
Car Jésus me tient par la main.
C’est le voyage de la vie,
Qui commence quand on est petit …
Un jour, laissant tous mes bagages,
Au ciel j’arriverai tout heureux.
Ce sera la fin du voyage,
L’entrée dans le palais de Dieu
Dans mon cœur un beau soleil brille ;
Son rayon doux et joyeux
Répand un éclat qui scintille ;
C’est la présence de Dieu.
Oh ! quel beau soleil dans mon âme !
Il éclaire, illumine tout.
À ses rayons mon cœur s’enflamme
Et je vais chantant partout.
Joie, joie, mon cœur est plein de joie, (bis)
Mon Sauveur est tout près de moi,
C’est pourquoi mon cœur est toujours plein de joie.
Quand tout va bien,
Ou quand tout va moins bien,
Regarde à Jésus,
Car il est près de toi.
Oui, quand tout va bien,
Ou quand tout va moins bien,
Quand tout va de travers,
Regarde à Jésus.
Quand tout est gris,
Et quand rien ne va plus,
Regarde à Jésus,
Car il est près de toi.
Oui, quand tout est gris,
Et quand rien ne va plus,
Pour trouver le secours,
Regarde à Jésus.
Jésus me demande d’être
Un rayon de soleil,
Qui gaiement fasse connaître
Son amour sans pareil.
Refrain. Un rayon de joie,
Un doux rayon de soleil,
Que Jésus envoie,
Oh ! Quel bonheur sans pareil !
Comme un petit luminaire
Dans la plus sombre nuit,
Que je réjouisse, éclaire,
Mes voisins, mes amis.
Refrain. Aide-moi donc à sourire,
Toujours de bonne humeur.
Que tout mon être respire
Ton amour, ta chaleur !
Refrain. Oh ! que m’oubliant moi-même,
Je ne m’efforce plus
Que d’être pour ceux que j’aime
Un reflet de Jésus.
Refrain. Que Jésus m’emploie,
Et qu’il me rende pareil
Aux rayons de joie,
Aux doux rayons du soleil !
Seigneur, la nuit va tomber ;
A genoux, je vais prier.
Pour ton secours à chaque heure,
Oh ! merci, merci, Seigneur.
Cantiques pour enfants
Ces cantiques d’enfants évoquaient aussi parfois, sans qu’on y fasse alors attention, l’âge avancé. Que le Seigneur nous aide à retrouver cette fraîcheur et cette joie en Jésus, cette confiance et cette foi en Dieu. Et si à cette époque reculée de notre vie, le retour du Seigneur n’était pas trop envisagé ; combien plus maintenant nous devrions l’attendre avec espérance et avec joie !
« Nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur, qui transformera notre corps d’abaissement en la conformité du corps de sa gloire » Philippiens 3. 20 et 21.
« … et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » 1 Thessaloniciens 4. 17.
Le Seigneur Jésus a promis aux siens une place avec Lui et près de Lui : « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; s’il en était autrement, je vous l’aurais dit, car je vais vous préparer une place » (Jean 14. 2 et 3).
– Quand le Seigneur Jésus reviendra-t-Il ? Nous ne le savons pas, parce qu’Il ne nous a pas indiqué une date précise ; mais Il a dit : « Voici, je viens bientôt » (Apoc. 22. 12). Cet évènement se produira avant les jugements de la fin des temps, car il est écrit : « Je te garderai de (litt. : hors de) l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière » (Apoc. 3. 10). Mais n’oublions pas que « un jour est devant le Seigneur comme 1 000 ans, et 1 000 ans comme un jour » (2 Pier. 3. 8).
– Comment reviendra-t-Il ? « Le Seigneur lui-même, avec un cri de commandement, avec une voix d’archange et avec [la] trompette de Dieu, descendra du ciel » (1 Thess. 4. 16). Il ne viendra pas sur la terre, mais s’arrêtera « dans les nuées » (v. 17).
– De quelle manière nous prendra-t-Il ? « Les morts en Christ ressusciteront en premier lieu ; puis nous, les vivants qui restons, nous serons enlevés ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air » (1 Thess. 4. 16 et 17).
– Comment devons-nous l’attendre ? « Veillez donc ; car vous ne savez ni le jour ni l’heure » (Mat. 25. 13). « Le Seigneur est proche ; ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces ; et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus » (Phil. 4. 5 à 7).
« Car nous voyons à présent au travers d’un verre, obscurément, mais alors face à face. À présent je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu » 1 Corinthiens 13. 12.
Ce texte de la 1ère épître aux Corinthiens est basé sur le contraste entre deux adverbes : « maintenant » (ou « à présent »), qui nous montre la vie du chrétien sur la terre, et « alors », qui se réfère à son avenir céleste et éternel.
« Alors », c’est le moment où tous les croyants seront enlevés au ciel et vivront éternellement avec leur Sauveur.
« Maintenant », nous voyons comme à travers un verre semi-transparent, d’une manière confuse. Quoique le croyant voie Jésus par la foi (Héb. 2. 9), sa vision est encore floue et l’image qui en résulte est imprécise, comme celle que renvoie un miroir opaque. « Nous savons qu’étant présents dans le corps, nous sommes absents du Seigneur, car nous marchons par la foi, non par la vue » (2 Cor. 5. 6 et 7). Mais « alors », la foi fera place à la vue et nous le verrons, avec admiration, face à face, tel qu’Il est, et nous Lui serons rendus semblables (1 Jean 3. 2).
« Maintenant », nous connaissons « en partie ». Notre perception de la réalité céleste est partielle, parce que nous sommes limités dans notre corps, notre esprit et nos facultés. « Alors », nous connaîtrons pleinement comme nous avons été connus.
Avant de laisser les siens, le Seigneur affirme : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jean 17. 3). Connaître sans limitation le Père et le Fils qui nous ont connus sera une source de joie sans fin !
Déjà maintenant, pendant sa vie sur la terre, le croyant qui vit au contact de Dieu se transforme et transmet sa lumière aux autres : « Or nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3. 18). « Alors » les croyants verront la gloire de Dieu.
Nous pouvons comparer la condition actuelle du croyant à celle d’une chenille contrainte à se traîner sur la terre jusqu’à ce que, sa métamorphose étant accomplie, et qu’elle soit devenue un papillon, elle découvre les grands espaces dont elle était exclue dans sa condition initiale.
Le sujet qui est proposé aujourd’hui à notre méditation, à nos entretiens, est d’un très grand intérêt pratique ; il intéresse, en effet, notre vie pratique individuelle et la vie pratique des assemblées.
Nous sommes placés au sein de la chrétienté, nous en faisons partie ; ce serait une erreur de croire que nous sommes en dehors de la chrétienté ; ce serait également une erreur de croire qu’il n’y a des enfants de Dieu que parmi ceux qui se rassemblent avec nous autour du Seigneur, autour de sa table.
Il faut nous rappeler que l’Assemblée universelle est composée de tous ceux qui sont nés de nouveau, de tous ceux dans lesquels la Parole et l’Esprit de Dieu ont opéré et qui sont ainsi placés dans une position nouvelle devant Dieu, le connaissant comme un Père.
Il y a des enfants de Dieu dispersés dans ce monde, dans de multiples dénominations chrétiennes, au sein de la profession chrétienne précisément, et avec eux se trouvant bien d’autres personnes qui portent peut-être le nom de Christ mais qui n’ont pas autre chose qu’une profession chrétienne. Il y a une distinction à faire dans la chrétienté entre la simple profession sans la vie et la profession qui est accompagnée de la vie.
Il n’y a pas de milieu chrétien, même pas de témoignage constitué par la grâce de Dieu qui puisse penser que lui seul groupe tous les enfants de Dieu, c’est-à-dire ceux qui possèdent la vie de Dieu. Il faut donc que nos cœurs soient assez larges pour embrasser dans nos affections tous ceux auxquels nous sommes unis par des liens indestructibles, tous ceux qui ont une même foi un même Sauveur et une même espérance et cela quel que soit le degré de leur connaissance et de leur développement spirituel.
Il peut se faire que bien des croyants dans des dénominations chrétiennes soient peu avancés dans la connaissance de la vérité, qu’ils connaissent simplement les vérités du salut, peut-être même ne jouissent-ils pas du salut, ils n’en sont pas moins des enfants de Dieu ; et quand, le premier jour de la semaine nous rompons le pain à la table du Seigneur, nous sommes heureux d’embrasser dans .nos pensées, en rompant le pain, la multitude des croyants dispersés dans maintes dénominations chrétiennes et qui font partie du seul corps dont nous parle le pain qui est sur la table, puisqu’ils sont lavés dans le sang de Christ.
Que nos cœurs soient assez larges, soyons gardés de tout esprit sectaire, aimons les enfants de Dieu où qu’ils se trouvent ! Il peut y avoir et il y a des degrés de communion, mais que nos cœurs réalisent que nous sommes une même famille, que « le Saint Esprit, le Fils, le Père, à notre foi tout est commun ».
L’écueil sur lequel nous venons d’arrêter notre attention c’est celui de ne pas voir les enfants de Dieu dans toutes les dénominations chrétiennes et de manifester un certain sectarisme. Que nous soyons gardés de tout esprit sectaire ! que nos cœurs soient larges !
Mais il y a un autre écueil : c’est que nous nous laissions entraîner par les sentiments de nos cœurs – sentiments qui sont selon Dieu, qui découlent de la possession de la vie de Dieu car « quiconque aime celui qui a engendré, aime aussi celui qui est engendré de lui » – ce qui pourrait nous faire perdre de vue les vérités concernant le témoignage, la position dans laquelle la grâce de Dieu nous a placés et tout ce qui découle de cette position de témoignage.
Celle-ci nous est donnée absolument par grâce, par pure grâce, et Dieu fasse que nos cœurs soient gardés de s’enorgueillir de la part qui nous a été ainsi faite. Il n’y a là, en effet, aucune gloire pour nous, aucun mérite pour nous ; nous ne sommes pas meilleurs que les autres. Soyons gardés de le penser !
Il peut y avoir des chrétiens beaucoup moins avancés dans la connaissance de la vérité et qui manifestent beaucoup plus de piété que nous-mêmes. Soyons gardés de toute pensée d’orgueil, mais apprécions les vérités concernant le témoignage et la position du témoignage ; c’est la grâce de Dieu qui nous invite à cela et que la marche pratique, individuelle et collective, corresponde à une telle position !
Mais comment maintenir, dans la vie pratique individuelle et dans la vie de l’assemblée, des rapports selon Dieu avec les croyants qui nous entourent et qui font partie de telle ou telle dénomination chrétienne ? Les deux écueils sont devant nous : d’une part, manquer d’amour pour eux, d’un amour selon Dieu, et, d’autre part manifester, au contraire, dans notre marche, une largeur de vue qui ne correspondrait pas à l’enseignement de la Parole et perdre ainsi de vue la position de séparation dans laquelle la grâce de Dieu nous a placés et qui est selon Dieu et les enseignements de la Parole de Dieu.
On a résumé ces pensées dans une expression souvent employée : « le fidèle doit marcher dans ce monde dans un sentier étroit avec un cœur large ». Voilà le principe qui définit nos rapports avec les croyants de toutes les dénominations chrétiennes. Mais il faut appliquer le principe, et c’est dans l’application de ce principe que se posent les difficultés de tous les jours, pourrait-on dire, et que nous avons besoin de sagesse, de discernement spirituel ; nous avons besoin d’être dépendants, d’être-gardés, d’être conduits.
Différents passages ont été proposés à notre méditation pour examiner ce sujet ; d’autres pourront être proposés également au cours de nos réunions. Nous désirons dépendre de Dieu, être conduits par son Esprit et si, dans la dépendance de l’Esprit, d’autres passages sont proposés, nous nous y arrêterons pour les considérer, car nous désirons trouver et présenter l’enseignement de la Parole de Dieu sur ce sujet d’un grand intérêt pratique.
Rappelons tout d’abord ce que chacun doit savoir, c’est que l’Église a été formée à la suite de la descente du Saint Esprit et par cette descente même, elle n’a pas commencé avant que le Seigneur fût présent comme homme à la droite de Dieu, et ceci lie l’Église à un Christ céleste. C’est la base de toutes les vérités qui caractérisent l’Église : l’Église est céleste et c’est bien faute d’avoir gardé cela dans son cœur qu’elle a pris un visage et un caractère terrestres.
Au commencement de l’Église, nous voyons un moment de son histoire où elle brille d’une manière éclatante ; ils étaient un petit nombre portant les caractères de la beauté morale de l’Église, sans tache. Et si nous voulons percevoir réellement ce qu’est la situation actuelle, et en tirer les conséquences, il ne faut rien moins que nous reporter à cette origine pratique de l’Église, dépeinte dans le début du livre des Actes. Rien ne montre mieux la déchéance.
Ceux qui la formaient à ce moment-là étaient, dans l’ensemble, des Juifs, sortis du judaïsme. Nous savons aussi que pendant un certain temps, il y a eu des chrétiens qui pratiquaient à la fois le judaïsme et le christianisme, et que même des docteurs enseignaient qu’il fallait garder le judaïsme. C’est pourquoi nous avons l’exhortation dans Hébreux 13 : « Sortons vers lui hors du camp ».
Mais cette expression-là ne s’adresse pas seulement aux juifs devenus chrétiens, car l’histoire de l’Église, depuis son origine, montre très clairement hélas ! trop clairement- qu’elle est devenue un camp. Ainsi, l’appel s’adresse aux fidèles dans le temps actuel, comme d’ailleurs dans d’autres temps à sortir du camp.
L’Église est devenue un camp, non pas le camp juif, mais le camp chrétien et l’expression, ne l’oublions pas, a avant tout une portée religieuse beaucoup plus que proprement mondaine, bien que les deux soient étroitement liées. Eh bien, au cours des siècles, il y a eu des fidèles qui sont sortis du camp, individuellement, mais il doit être difficile, historiquement parlant, de découvrir une réponse collective a cet appel à sortir du camp sauf toutefois la réponse que Dieu a produite au siècle dernier.
Il y a eu, a ce moment-là, une réponse collective caractérisant un groupe de témoins bien défini dans l’histoire et bien défini dans l’Écriture, un groupe de chrétiens qui, ayant des oreilles pour entendre ce que l’Esprit disait, ont réalisé ensemble ce que c’était que sortir du camp. C’est le réveil que le Seigneur a suscité au siècle dernier, et qu’aucun frère, aucune sœur, si vraiment il a conscience de ce qu’il est, ne devrait ignorer et dont il ne devrait pas ignorer la portée.
Il est impossible d’’admettre qu’un frère ou une sœur puisse déclarer qu’il aime le Seigneur s’Il ne s’enquiert pas avec soin de ce témoignage que le Seigneur a produit au siècle dernier et dont la présence de ce frère ou de cette sœur dans le rassemblement est extérieurement la continuité ; je dis extérieurement.
On voit, dans le monde, chez tous les peuples et dans les familles, une diligence soutenue, pour s’enquérir des faits marquants, importants de la famille ou du pays ; on nous a appris les grands faits, de l’histoire de notre pays, chacun de son pays ; on a soin de nous lier à cela ; on sait que l’état d’un peuple est lié à cette connaissance. Un peuple, pratiquement, ne subsiste pas sans cela, il n’aurait pas d’unité morale ni de continuité dans l’histoire.
Eh bien, c’est un fait peut-être douloureux à placer devant notre méditation, que nous, chrétiens qui faisons partie du témoignage, nous ne montrons, pas la même ardeur (qui est, au fond, une ardeur des affections, une ferveur des affections pour savoir ce que le Seigneur a fait, relativement au témoignage, pour connaître son travail et savoir, par conséquent, la position qui est la nôtre aujourd’hui).
Et cette étude aurait pour effet de produire de la diligence pour sonder la pensée du Seigneur dans l’Écriture et aussi pour considérer ce que le Seigneur a fait dans les temps qui nous ont précédés. Il en résulterait certainement du profit, non seulement pour chacun, mais pour le témoignage tout entier.
Une autre pensée, liée à celle-là et qui est une vérité qui traverse toute l’Écriture, c’est que nous sommes devant Dieu, devant le Seigneur, responsables non pas seulement dans ce que nous réalisons d’un vrai christianisme mais, également responsables de la position extérieure que nous avons. Un frère, une sœur, et même à un autre degré quelqu’un qui suit les réunions simplement, fidèlement, est responsable de la position qu’il a dans le témoignage ; il est plus responsable que quelqu’un qui n’a jamais vécu dans le témoignage et qui n’en a jamais eu connaissance.
Nous serons toujours jugés d’après notre position extérieure ; même le serviteur incrédule, comme il est écrit, est appelé serviteur, pourtant c’était un incrédule ; il sera jugé comme serviteur car il a prétendu être un serviteur : Tu t’es réclamé de mon nom comme étant le nom de ton maître, tu seras jugé d’après la position même que tu as réclamée. C’est un principe absolument universel.
Par conséquent, nous, frères, nous sommes responsables selon la position où nous nous trouvons ; et nous sommes les descendants de ceux qui nous ont instruits ; nous sommes donc responsables de savoir ce qu’ils nous ont enseigné ; d’autant plus que ce que nos conducteurs nous ont enseigné n’est pas une chose qui a jailli à ce moment-là comme fruit d’une révélation nouvelle qui leur aurait été donnée ; en aucune manière ; nos conducteurs nous ont instruits en nous faisant remonter au point où le Seigneur les a fait remonter, c’est-à-dire au commencement.
Certains trouvent peut-être que le christianisme commence à vieillir et que le témoignage commence à vieillir ! le témoignage a 200 ans ; quant aux vérités du témoignage selon le Seigneur elles en ont bientôt deux mille, mais elles restent aussi valables qu’au premier jour !
Le peuple d’Israël est appelé un camp et cette expression correspond à la position du peuple rangé comme une armée autour du tabernacle. Ce caractère d’Israël s’est conservé ; en fait, jusqu’à la croix ; moralement, il prend fin à la croix. Nous savons toutefois qu’il s’est poursuivi encore un peu après, en réponse à l’intercession du Seigneur sur la croix, mais, effectivement, ce caractère a cessé d’exister comme reconnu de Dieu après la lapidation d’Étienne.
Ayant rejeté le témoignage d’Étienne, Israël est mis de côté et, dès lors, les vérités concernant l’assemblée, cette assemblée dont l’existence a commencé le jour de la Pentecôte vont être pleinement révélées par le ministère de Paul. Dès ce moment, c’en est fini du camp comme témoignage de Dieu sur la terre : il n’est plus question du peuple rassemblé autour du tabernacle par des cérémonies extérieures, mais il est question d’âmes à rassembler autour de Christ ; il est question d’un berger qui rassemble son troupeau, il est question d’un rassemblement par la puissance de l’Esprit de Dieu.
Et la pensée de Dieu est définie par ces mots : « Sortons vers lui hors du camp ». Dans le domaine chrétien, comme cela a été rappelé tout à l’heure, l’homme a fait un camp ; alors que Dieu a mis de côté tout ce qui caractérise le camp et a établi un ordre de choses nouveau, un rassemblement par la puissance de l’Esprit.
L’homme a fait un camp et ce camp est dans la chrétienté : un monde religieux, un domaine dans lequel on entre par des cérémonies extérieures, par une profession de foi, un domaine dans lequel on peut entrer sans être né de nouveau et dans lequel convertis et inconvertis sont mis sur le même pied. Voilà ce qui caractérise le camp aujourd’hui ; voilà quels sont les caractères généraux du camp.
Eh bien, Dieu désire avoir un témoignage au sein de ce monde et au sein de la chrétienté. Il adresse un appel aux âmes à sortir vers Christ, car Christ est le centre qui rassemble des témoins pour constituer un témoignage : « Sortons vers lui ». Les âmes sont appelées à sortir vers Christ, car Christ est le centre qui rassemble des témoins pour constituer un témoignage : « Sortons vers lui ».
Les âmes sont appelées à sortir parce que la puissance de Christ et du nom de Christ les attire, et si le nom de Christ attire l’âme, c’est parce que l’Esprit a opéré, a travaillé dans le cœur, de sorte que l’Esprit rassemble ainsi les âmes autour de Christ, et c’est là le témoignage. « Sortons vers lui hors du camp, portant son opprobre ». Il a été méprisé dans ce monde, il l’est encore et nous serons méprisés comme il l’est lui-même.
Cet appel de Hébreux 13. 13 a retenti d’une manière tout à fait particulière il y a un peu plus d’un siècle, et nos devanciers sont sortis « vers lui hors du camp ». Il faut penser quelquefois à ce qu’ont pu être leurs exercices pour réaliser cette position de séparation à laquelle nous attachons quelquefois peu de prix et peu de valeur.
Pensons à ce que cela a dû être pour nos devanciers, qui se trouvaient effectivement dans le camp et chez lesquels l’Esprit de Dieu a travaillé, opéré pour les amener à sortir vers Christ hors du camp. Il y a eu certainement des luttes, des combats, des douleurs.
Mais quand la puissance de l’Esprit de Dieu opère, il y a ce qui permet de passer sur tout ce que le cœur peut éprouver et la fidélité à Christ prime tout ; et c’est ce qui a conduit nos devanciers à sortir vers lui hors du camp pour réaliser pratiquement la position de témoignage que Dieu enseigne aux siens. Car, la pensée de Dieu, c’est que les siens dans ce monde soient ses témoins et ce qu’il voudrait c’est que tous ceux qui possèdent la vie divine sortent vers Christ hors du camp, portant son opprobre.
Lorsque nous disons qu’il serait d’un grand profit que les frères et sœurs considèrent de près ce qu’a été le travail du Seigneur, dans les générations d’origine du témoignage en particulier, nous ne nous écartons pas de l’Écriture ; l’esprit général de l’Écriture confirme cela, et ce même chapitre nous parle de nos conducteurs dont nous avons à imiter la foi ; nous souhaitons donc que l’examen de ce qu’a été la naissance du témoignage soit l’objet du désir de beaucoup.
Remarquons bien que cet appel à sortir du camp et les expressions analogues ne sont pas avant tout des développements doctrinaux, mais bien, d’abord, des appels que l’Esprit adresse au cœur et à la conscience. Et la façon dont on y répond ou dont on n’y répond pas est révélatrice du vrai état du cœur à ce moment-là.
Beaucoup de chrétiens ont entendu le cri : « Sortons hors du camp » que des fidèles ont fait retentir non pas avant tout en développant la doctrine, mais en marchant suivant la doctrine qu’ils avaient connue (c’est l’appel vécu). Pourquoi, à ce moment-là, tous les chrétiens n’ont-ils pas suivi un appel qui n’est pas un appel d’homme ? – Et il y a eu des hommes extrêmement dévoués et pieux, dans beaucoup de milieux. Il n’est pas dit : sortez vers tel ou tel ; mais « sortons vers Christ hors du camp ».
Pourquoi ne sont-ils pas sortis ? Dieu le sait. Et il en est ainsi dans toutes les générations, et cela de beaucoup de manières ; l’un reçoit dans son cœur avec profit une parole, un appel, une exhortation, un enseignement, et sur l’autre la même parole passe sans effet : c’est révélateur de l’état de l’âme de l’un et de l’autre.
Nous pouvons encore remarquer que si nos devanciers ont écouté cet appel à sortir hors du camp il nous faut peut-être aujourd’hui lancer un appel à veiller pour ne pas y rentrer ! Ne retournons pas dans le camp, restons dehors !
Une autre remarque : c’est que dans l’épître même où nous trouvons l’appel « Sortons hors du camp », il est dit « entrez dans le ciel même », et c’est bien là les deux caractères fondamentaux de la position de tout vrai croyant : entrer dans le ciel même et y demeurer ; et, il est impossible de réaliser l’entrée et l’habitation dans le lieu saint, avec ce que cela comporte, si on ne sort pas en même temps du camp et si on ne reste pas dehors.
Le lieu très saint et la position hors du camp se touchent ; et c’est une vérité extrêmement importante pour la vie morale et la vie spirituelle, non seulement des individus, mais des assemblées.
Notre position est liée au fait que, d’une part, Christ a souffert hors de la porte, rejeté du camp, et que, d’autre part, il est entré dans les lieux saints pour nous, nous ayant acquis une rédemption éternelle ; la position du croyant maintenant découle de ce grand fait qu’il est appelé à sortir vers Christ hors du camp et à entrer dans les lieux saints, à jouir de ce fait que sa position est dans les lieux célestes.
Ce côté céleste du christianisme est extrêmement important et on peut dire qu’il n’est guère connu dans le camp ; on pourrait même peut-être aller jusqu’à dire qu’il est méconnu. Il y a peut-être, dans le camp, de très belles apparences, un beau christianisme terrestre, la Parole de Dieu n’est pas rejetée, on l’accepte sur bien des points – pas sur tous – car on se réunit suivant des règles humaines, il y a un ministère qui est un ministère établi par l’homme, tant de choses qui sont en fait une désobéissance à la Parole, une méconnaissance de ce que la Parole nous enseigne.
Il n’y a donc qu’une acceptation partielle de la Parole ; et la connaissance et la jouissance de la position céleste du croyant, de la position céleste de l’assemblée et de tout ce qui découle d’une telle position est pratiquement méconnue. Or, ce sont des choses importantes que la Parole nous révèle et que le croyant est appelé à réaliser en sortant vers lui hors du camp.
Il faut rappeler cela aujourd’hui dans les assemblées, parce que la tendance universelle, du fait de la faiblesse, est de ne penser qu’à un christianisme terrestre, à ce que l’on fera sur la terre on ne pense guère qu’au service terrestre ; il y en a un, ce n’est pas le premier et ce n’est pas ce qui est la source de tout.
La réalisation pratique sur la terre du fait de sortir vers lui du camp conduit, de toute évidence, au lieu ou il a promis sa Présence.
De là l’importance de cette merveilleuse parole qui, précisément, au siècle dernier a été mise beaucoup en avant et à propos de laquelle il y a eu bien des échanges de pensées. « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » ; on ne pouvait pas pardonner à nos conducteurs de mettre en avant à ce point là, et ils ont répondu : ne voyez-vous pas que c’est une parole qui est valable pour tous les temps, quelque grande que soit la ruine.
Rien d’organisé, aucune organisation ecclésiastique : le témoignage des derniers jours n’a pas de prétention ecclésiastique mais se caractérise par la recherche et la découverte de Christ quand tout est en ruine.
Le camp a été un ensemble de choses juif, il faut le dire, institué par Dieu pour mettre l’homme à l’épreuve, pour montrer si le peuple juif – une classe d’hommes choisis, soignés et entourés de privilèges – c’était le peuple d’Israël dont Dieu s’occupait spécialement au milieu du monde – porterait des fruits. Dieu voulait, en lui donnant d’immenses privilèges (les prophètes, la Parole) montrer si l’on pouvait tirer, de l’homme quelque bien.
Il y avait là des sacrificateurs et des rapports du peuple avec Dieu. Il y avait des instructions divines, celles-ci étaient indirectes et incomplètes, ce que démontre le fait que le voile n’était pas déchiré, mais malgré cela les juifs avaient des rapports avec Dieu qu’ils étaient les seuls à avoir. C’était une mise à l’épreuve, elle s’est liquidée à la croix, c’est fini, on n’en parle plus.
Eh bien, la grave prétention du camp chrétien, son grave péché, à quelque degré qu’il se présente – et il peut se trouver même dans une assemblée si elle prend le caractère du camp et oublie ce qu’est l’assemblée aux yeux de Dieu – ce grave péché est celui-ci, d’avoir oublié que le monde religieux aussi bien que le monde dans sa généralité a été moralement jugé définitivement à la croix, c’est d’avoir rétabli, sous l’étiquette chrétienne, ce dont Dieu avait dit : c’est fini.
C’est une offense à Dieu qui est là, permanente à ses yeux, et que les témoins appelés par le Seigneur ont sentie et à propos de laquelle ils ont mené deuil toute leur vie. Ils ont dit : où y a-t-il un chemin, en face de cette offense, de cet outrage aux yeux de Dieu que constitue le fait de rétablir devant lui une chose qu’il a condamnée et de laisser croire, d’une façon plus grave que celle de Caïn qu’on peut faire quelque chose quand Dieu a dit qu’on ne pouvait rien faire, où est le chemin à suivre pour être agréable au Seigneur ? Le chemin, c’était de quitter tout cela ; c’est toujours le même.
Toutes les fois que, dans une assemblée ou dans notre vie personnelle, dans nos rapports entre nous et dans les assemblées, dans le témoignage, toutes les fois que nous faisons quelque chose qui a l’air de donner à l’homme du crédit, de la valeur, de la capacité à produire du fruit, nous reprenons dans ces choses-là l’esprit du camp, l’esprit de Caïn. Cela va très loin.
Dieu en a assez de l’homme, et le fidèle, aussi, en a assez.
Prenons garde que nos affections, notre amour pour les enfants de Dieu qui peuvent se trouver dans. le camp, ne nous conduisent pas à perdre de vue le véritable caractère du camp et de ce qu’il est aux yeux de Dieu.
On a insisté sur la double action de la Parole et de l’Esprit de Dieu. On ne saurait trop insister sur cette double action de la Parole et de l’Esprit, elles vont de pair non seulement pour apporter la vie nouvelle mais aussi pour former le croyant, l’instruire, l’enseigner. Elles vont de pair dans l’assemblée. Eh bien, ce côté est-il retenu dans la chrétienté ?
Nous ne voulons pas dire, certainement, que l’Esprit de Dieu n’agisse pas dans le camp. L’Écriture nous enseigne que l’Esprit souffle où il veut ; mais y a-t-il dans le camp la reconnaissance du ministère de l’Esprit, de la dépendance de l’Esprit dans tout ce qui règle la vie du rassemblement ?
Est-ce qu’il n’y a pas, au contraire, le service de l’homme, un service préparé, organisé à l’avance suivant des rites reconnus, suivant un ordre de choses organisé de telle manière qu’effectivement il n’y a pas la libre action de l’Esprit, par le moyen de la Parole afin que soient apportées dans le rassemblement édification, exhortation et consolation selon les enseignements même de cette Parole ? C’est encore un des caractères du camp qu’il est bon de ne pas perdre de vue.
Que Dieu ait eu la pensée d’avoir un témoignage à part alors même que le camp d’Israël existait, Exode 33 nous le montre déjà. Moïse dresse la tente hors du camp, loin du camp. Dieu annonçait à l’avance qu’un témoignage serait établi plus tard hors du camp.
La tente d’assignation que Moïse dressait était une figure du témoignage hors du camp. Les fidèles qui avaient à cœur la gloire de l’Éternel sortent vers la tente, et c’est le témoignage qui est rendu et qui est visible et doit être visible pour tous ceux qui étaient encore dans le camp (Ex. 33. 7). Et l’Éternel met le sceau sur l’acte de Moïse, la gloire de l’Éternel vint et la nuée descendit sur la tente d’assignation.
« Moïse prit une tente et la tendit pour lui hors du camp, loin du camp, et il l’appela la tente d’assignation. Et il arriva que tous ceux qui cherchaient l’Éternel sortirent vers la tente d’assignation qui était hors du camp ».
La fin de ce paragraphe d’Exode 33 nous présente deux vérités importantes qu’il faut rappeler aussi : Josué, qui représente la puissance de l’Esprit de Christ, ne sortait pas de l’intérieur de la tente. C’est là la place du fidèle. Mais Moïse retournait au camp. Pouvons-nous penser que Moïse retournait dans le camp parce qu’il avait conservé l’esprit du camp après avoir dressé la tente d’assignation ? C’est impossible. Moïse retournait dans le camp parce qu’il avait un service à y accomplir.
Si un serviteur a effectivement de la part de Dieu un service à remplir il peut entrer dans le camp et le remplir dans le camp dans la mesure où le Seigneur l’appelle à y aller, mais, bien entendu, gardé, préservé de l’esprit du camp, séparé du camp comme Moïse, en fait, l’était.
Mais soulignons qu’il y a un grand danger pour les jeunes frères qui désirent servir le Seigneur en allant dans le camp. Il a été rappelé que nous devons marcher dans un chemin étroit avec un cœur large ; nous trouvons tout cela dans ce verset 13 d’Hébreux 13 : « ainsi donc, sortons vers lui hors du camp », c’est là le chemin étroit, « portant son opprobre », c’est le fait d’un cœur large ; le Seigneur Jésus était dans l’opprobre avec un cœur large.
« Car Dieu a tant aimé le monde… ». Voilà le cœur large du Fils de Dieu. Tout cela doit être véritablement mis en pratique avec la force que nous pouvons trouver, non pas en nous-mêmes car il n’y en a pas, mais dans l’Esprit Saint qui est en nous.
Le camp va très bien à la chair, elle y est à son aise parce que la chair n’est pas seulement mondaine, mais elle est aussi religieusement mondaine. La chair s’accommode très bien du camp parce que le camp ne signifie pas sa mort. Tandis que le christianisme de Dieu – le témoignage du Seigneur par conséquent – est fondé notamment sur le fait que la chair est morte, que l’homme est tué. Dieu ne reconnaît que le nouvel homme, lié à l’homme ressuscité et glorifié qui est Christ, et tout à sa source, en Christ.
Tout ce qu’est l’homme selon la nature avec ses prétentions religieuses et ses capacités naturelles pour servir Dieu est mis à mort. Mais alors le nouvel homme a affaire à Christ et dépend de lui. Voilà les traits fondamentaux de la position du témoignage. C’est ce que la chair ne peut pas supporter et cela est manifeste chez beaucoup de chrétiens et également en chacun de nous à des degrés divers ; car nous sommes loin d’être aussi conséquents et fidèles que nos devanciers quant à la réalisation de la position hors du camp. Mais qu’il nous soit donné en tout cas de réaliser que la position de l’assemblée, d’une assemblée locale, c’est celle-là.
On dit : mais vous qui prétendez être sortis du camp et vous tenir dehors, vous avez la chair en vous aussi ! Oui, nous l’avons, nous l’aurons jusqu’à la fin. On nous dit : vous avez à la faire mourir. Bien entendu, nous sommes d’accord, mais nous ne partons pas avec la pensée que la chair peut quelque chose, et nous savons qu’elle ne peut rien, non pas en vertu d’un raisonnement mais nous partons avec cette vérité fondamentale que la chair devant Dieu et aux yeux de la foi est à considérer comme absolument incapable, religieusement comme autrement, et que tout ce qui tend à lui donner de l’importance aux yeux de Dieu, tout ce qui laisserait supposer qu’elle a de la valeur aux yeux de Dieu, nous considérons tout cela comme faux et comme venant de l’Ennemi.
Voilà ce qu’au moins on devrait garder, comme vérité de départ dans les rassemblements, et si nous la gardons dans notre cœur, Dieu nous aidera à réaliser pratiquement cette mise de côté de l’homme qui aime tant avoir une apparence religieuse et édifier toutes sortes de choses étrangères à la pensée de Dieu comme ou le constate en prenant connaissance de l’histoire de l’église professante.
Nos devanciers n’ont rien eu en eux ; ils n’ont pas eu de testament à faire, ils n’ont pas eu d’église à léguer ; ils ont servi le Seigneur jusqu’à la mort. Voilà des serviteurs et voilà des témoins ! Ils n’ont rien laissé de visible, sauf ce que le Seigneur a produit par leur travail, des hommes de cœur attachés à Christ ; mais ce fruit était pour Christ et non pas pour les hommes ; ils n’ont pas eu un troupeau ni une église à eux.
Dans le camp, il y a des églises, des troupeaux à un tel ; hors du camp il n’y a rien de tout cela, il n’y a que Christ.
C’est une différence morale immense et une source de bonheur infini. Plus l’homme est mis de côté, religieusement parlant et collectivement parlant, plus Dieu bénit, plus les saints sont heureux.
Arrêtons-nous pour considérer ce que veut dire cette expression : portant son opprobre. En liaison avec tout ce qui vient d’être dit, ce témoignage du Seigneur et dans tous les temps, la fidélité des individus et des corps de chrétiens a été inséparable du mépris du camp. Avec le camp, il n’y a pas d’opprobre ; les juifs se sont vantés que leur religion était la première du monde c’était la première, en effet, et cette première religion du monde a constitué un corps solide de pharisiens et ce solide corps de pharisiens a été le premier, le plus constant ennemi de Dieu !
Là où il y a l’exercice de la foi et de la fidélité, il y aura de l’opprobre jeté sur les fidèles pour les tenir humbles et petits, petits en fait et petits à leurs propres yeux. C’est une grâce immense lorsque Dieu nous pénètre véritablement dans nos cœurs, nos consciences et nos esprits, que nous ne sommes rien du tout ; c’est un des plus grands dons de grâce que Dieu puisse nous faire ; c’est ce qui nous manque aujourd’hui dans les assemblées, et c’est ce qui fait que l’on tend à penser au témoignage au point de vue extérieur et à ceci et cela au lieu de penser qu’on n’est rien du tout.
D’autre part, il est un fait connu, que le témoignage, là où il a été fidèle, a été toujours mis au ban du monde ; il s’est tenu à l’écart du monde et le monde le lui a bien rendu, et le monde le lui rendra toujours.
On a toujours fait la différence, et le monde religieux, en particulier, l’a faite, entre un groupe de témoins fidèle et un groupe mélangé. C’est ce qui fait que beaucoup d’entre nous ont connu des exemples où le Seigneur, appelant quelqu’un dans une famille, pour être à lui et le suivre, la famille, parfois chrétienne, apprenant qu’un de ses membres voulait suivre le témoignage que l’on méprise, disait : va ici ou là, mais chez ceux-là, jamais !
Il y a un opprobre lié au nom de Christ, partout ou ce nom est porté, nous n’y pouvons rien, c’est un fait absolu ; là où Jésus est aimé, recherché, il y a l’opprobre de la part du monde, que celui-ci soit religieux ou non.
Tandis que le camp est pratiquement reconnu officiellement dans le monde ; il a une place dans le monde. Rappelons, à l’inverse, l’expression d’Actes 28. 22 : « cette secte, il nous est connu que partout on la contredit » ; ce qu’on appelait « cette secte », c’était le témoignage aux jours de Paul, avec tous les caractères qu’il présentait alors, et l’opprobre était connu et goûté d’une manière bien autrement grande qu’il ne l’est aujourd’hui.
Mais le croyant, individuellement, n’a rien à perdre d’aimer le Seigneur et de le suivre. En Jean 14, il est dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui ». C’est une bénédiction individuelle – la bénédiction collective est décrite, notamment, au Psaume 133 : « C’est là que l’Éternel a commandé la bénédiction, la vie pour l’éternité ».
Cette expression si simple, connue de chacun parmi nous : « Sortons vers lui hors du camp » et dont nous pouvons demander à Dieu qu’il nous la fasse bien peser ne nous invite pas à en entraîner d’autres ; nous n’avons pas à dire : « Sortez vers Christ ». Rien ne nous autorise à en entraîner d’autres ; la foi obéit à la parole : « Sortons » ; c’est une question de foi pratique. Pourquoi certains ne veulent pas sortir, Dieu le sait. Mais répétons que ce à quoi nous avons à veiller, c’est de ne pas retourner en esprit ou en fait dans le camp ; en y retournant une assemblée perdrait son caractère d’assemblée de Dieu.
Cependant, le cœur large que doit avoir l’enfant de Dieu qui est, sorti du camp doit lui permettre de rendre témoignage auprès de ceux qui n’en sont pas sortis parce qu’ils ne connaissent pas les vérités que la plupart d’entre nous, connaissons dès le jeune âge.
Et si nous disons que nous ne sommes pas appelés à en entraîner d’autres, à faire du prosélytisme (les frères fidèles n’en ont jamais fait et ont écrit maintes fois que nous n’avons pas à en faire) nous disons aussi qu’aider, instruire, expliquer la position et la marche est un devoir de tout temps.
Ce fait de « sortir hors du camp » devrait être réalisé moralement par tout enfant de chrétien qui est converti et qui entre dans le témoignage, il devrait y avoir pour lui autre chose qu’une simple imitation des exemples, même bons, qu’il a ; il est souhaitable que ce travail là se fasse et c’est peut-être une des causes de la faiblesse actuelle, que ce travail n’ait pas été réalisé par tous les enfants de chrétiens entrés dans le témoignage.
Et peut-être qu’une certaine tendance à retourner dans le camp vient de ce que cet exercice n’a pas eu lieu, de ce qu’on n’a pas compris effectivement ce que c’est que le camp et ce que c’est que sortir vers Christ hors du camp.
Quand les exercices nécessaires n’ont pas eu lieu, quand on se trouve dans le témoignage parce qu’on est né de parents déjà dans le témoignage et que l’on fait seulement comme eux, on est en danger de perdre de vue à la fois le caractère du témoignage et celui du camp et de retourner facilement dans le camp et en croyant bien faire, souvent.
Il faut avoir vraiment un service à remplir de la part du Seigneur pour aller dans le camp ; si nous allons dans le camp sans avoir conscience d’y aller pour remplir un service de la part du Seigneur, sans que ce soit pour éclairer, instruire une âme et lui montrer ce que la Parole nous enseigne, nous sommes en danger de nous laisser attirer et entraîner. Il faut veiller.
Et il y a un autre point de vue très important à cet égard : dans tout contact avec le camp et dans toute activité au milieu de lui, absolument, ce qui est dangereux et certainement mauvais, c’est tout ce qui risque, de jeter de l’équivoque sur le caractère du témoignage. C’est pourquoi un frère doit faire très attention sur ce qui dans sa façon de faire peut jeter de l’équivoque sur la position et les caractères du témoignage.
Il risque en effet de jeter de l’équivoque vis-à-vis de ceux qui sont dans le témoignage et ceux qui sont dehors. Si nous avons, une position séparée et que nous sachions pourquoi, nous sommes inconséquents et infidèles lorsque nous faisons quelque chose qui contribue à obscurcir pour d’autres le sens de cette position et sa valeur, ou alors nous sommes tout à fait, nous-mêmes, inconséquents, en mauvais état ou alors nous boitons des deux côtés et nous ne sommes plus rien de la part de Dieu.
La valeur du témoignage, son sens aux yeux du Seigneur, pour son cœur, pour sa gloire, réside en ceci qu’il est en face de tout ce en quoi il y a des choses que Dieu produit et approuve mais qui n’est pas institué selon l’Écriture sainte. Le témoignage c’est cela ; s’il n’a pas cette attitude-là, il n’a plus de sens, il vaut mieux qu’il disparaisse. Toute équivoque à cet égard est grave et c’est ce qui fait que des frères refusent de donner la main d’association, pratiquement, quant au service – et nous l’avons tous fait – pour ne pas engager le caractère du témoignage.
Dire à quelqu’un qui est dans le camp et à qui nous voudrions être utiles : Évidemment, nous sommes séparés, nous allons dans une salle de réunions différente le dimanche mais, vous savez, de cœur nous allons avec vous, nous avons un même Sauveur, une même espérance, nous sommes enfants de Dieu. Ainsi marcher avec lui, aller avec lui, oublier sous prétexte d’avoir un cœur large que nous avons à maintenir une position de séparation, c’est manifester un amour qui n’est pas selon Dieu parce que cet amour n’est pas selon la vérité ; il nous manque le sel de la vérité et nous ne serons jamais utiles à quelqu’un qui est dans le camp en agissant et en parlant de cette manière.
Autrement nous faisons croire que cette position de séparation est quelque chose qui n’a aucune importance et devrait être oubliée. On dit quelquefois qu’il faudrait que toutes les barrières soient jetées par terre ; nous ne serons jamais utiles à quelqu’un qui est dans le camp si nous agissons et parlons de cette manière.
La position de ceux qui sont dans le camp est d’autant plus grave que, pratiquement, ils donnent la main au monde et la main du monde est une main rouge du sang de Jésus ; être dans le camp, c’est donner la main au monde, d’une façon ou d’une autre, c’est avoir une attitude qui approuve ce forfait qui est là sur le monde, dont le monde aura à rendre compte, ce forfait d’avoir versé le sang de Jésus.
Comme disait un frère, si des personnes dans telle ou telle localité avaient craché hier à la figure de mon père, est-ce que j’irai leur faire des amabilités ? C’est ce que le monde a fait à Christ ; de sorte que la séparation directe ou indirecte du monde c’est une question de cœur ; il ne s’agit pas d’être très savant dans les Écritures ; avant tout c’est une question de cœur, bien que la doctrine et l’enseignement aident au cœur à avoir de la lumière et à la suivre. Voilà où nous sommes touchés quand nous mondanisons religieusement ou autrement.
Dans le camp on emploie – et cela risque d’être imité dans le témoignage si l’on n’y prend pas garde – des moyens que Dieu ne peut pas approuver : Dieu n’approuve jamais la volonté de l’homme, même lorsqu’elle se propose, apparemment au moins, un bon but, on le voit bien dans l’Écriture.
La question est pour nous : qu’est-ce que Christ veut ? où est Christ, que nous puissions l’avoir. Comme Marie de Magdala : Je cherche mon Seigneur et je ne sais où on l’a mis (voir Jean 20. 13).
Nos devanciers ont pu dire cela ; ils ont cherché ici ou là, ils trouvaient bien Christ, mais pas tout le Christ des Écritures, pas tout entier ; il le leur fallait tout entier et il faut Christ tout entier au fidèle ; il ne nous faut pas un Christ à moitié, simplement un Christ mort sur la croix, mais il nous faut aussi, dans le témoignage, un Christ vivant, un Christ glorieux, et qui peut revenir aujourd’hui. Si Christ revient aujourd’hui, je ne penserai pas à fonder une religion sur la terre. Voilà le Christ de Dieu, comme il est écrit dans Luc, voilà la pierre de touche !
Et il est incontestable que si tous les chrétiens, mis au courant de la vérité divine, instruits à l’égard de cette vérité, étaient droits et n’avaient pas d’autre motif que l’amour de Christ, tous marcheraient dans ce chemin-là ; il y en a beaucoup qui n’y marchent pas parce qu’ils n’y sont pas instruits et qu’ils sont enfoncés dans les ténèbres. Mais s’ils étaient tous instruits et droits, ils marcheraient tous là, il n’y a pas deux sentiers.
Nous laissons à Dieu le soin de démêler les raisons pour lesquelles il y a tant de chemins divers mais, comme disait un chrétien si j’ai trouvé le chemin de Christ, je ne vais pas chercher les chemins qui vont se perdre dans le désert, je n’ai pas besoin de les essayer tous. Il faut savoir où nous sommes.
Et le fait que l’Esprit de Dieu peut travailler et opérer dans le camp n’affaiblit en rien la portée de ce que nous avons dit au sujet du camp : l’Esprit souffle où il veut.
Rappelons à cet égard la pensée exprimée il y a déjà longtemps : l’Esprit souffle où il veut, mais moi je dois obéir. La responsabilité du croyant c’est d’obéir si l’Esprit de Dieu agit et opère dans le camp et si des fruits sont produits, des âmes amenées à la connaissance de la vérité, réjouissons-nous, même quand l’Évangile est prêché par esprit de parti. L’apôtre Paul faisait ainsi (Phil. 1. 18). Mais se serait-il jamais associé à ceux qui prêchaient l’Évangile par esprit de parti ?
Dans une scène de l’Ancien Testament, on voit Eldad et Médad prophétiser dans le camp – il n’était certes pas question de le leur interdire – Moïse ne pouvait que s’en réjouir et, pourtant, qui plus que Moise était séparé du camp, de l’esprit du camp ? (Nomb. 11).
Ils auraient dû être autour de la tente, car c’est la place que devait occuper le témoignage (v. 24) ; ils avaient perdu de vue l’ordre de Moïse, et n’avaient pas pris la position de témoignage que devaient occuper les anciens, « et ils prophétisèrent dans le camp. Et un jeune homme courut et rapporta cela à Moïse, disant : Eldad et Médad prophétisent dans le camp. Et Josué, fils de Nun, qui servait Moïse… dit : Mon seigneur Moïse empêche-les » ; il eût voulu que Moïse les empêchât de parler. « Et Moïse lui dit : Es-tu jaloux pour moi ? Ah ! que plutôt tout le peuple de l’Éternel fût prophète ; que l’Éternel mit son Esprit sur eux ! »
Nous ne pouvons donc que nous réjouir si l’Esprit de Dieu souffle dans le camp, y accomplit du travail et si nous voyons des hommes qui agissent comme autrefois Eldad et Médad et si des fruits sont manifestes mais cela ne peut en aucune manière nous autoriser à méconnaître ce qu’est l’esprit du camp et la position du témoignage que nous avons à maintenir.
Un caractère désirable pour les frères et les sœurs, c’est l’humilité, être vidé de soi, de ses désirs, de ses pensées ; nous ne visons pas les mauvaises pensées, mais les pensées de vouloir quelque chose, cela est beaucoup plus subtil et tenace comme nous le savons les uns et les autres par expérience, Ne rien vouloir, s’attendre au Seigneur, ne rien organiser ; que Dieu nous donne de prendre garde à cela dans les assemblées, ne rien, absolument rien organiser.
Hors du camp, une seule puissance compte : l’Esprit de Dieu ; dans le camp il y a plusieurs puissances : celle de l’Esprit qui habite dans les vrais chrétiens, et la chair qui, elle, est en chacun. Dans le camp on la nourrit, hors du camp on la juge ; voilà l’immense différence ; dans le camp on nourrit la chair, il faudra dans le camp qu’un homme soit très instruit et qu’il ait fait de fortes études pour pouvoir s’occuper des choses de Dieu ; on le sait assez, cela ; s’il n’a pas passé cette épreuve et s’il ne s’est pas soumis à des disciplines humaines, cet homme ne peut pas s’occuper des choses de Dieu.
Il est vrai, à cet égard, que Dieu se moque des hommes ; il remplit un homme d’un don et cet homme prêche, présente la Parole sans passer par personne ; mais dans le camp, les capacités humaines sont prisées, elles sont cultivées et elles sont présentées comme indispensables au travail de Dieu. Voilà le camp ; et alors on organise et on fonde, nous le savons tous. Nous ne voulons pas manquer de charité, mais la vie du témoignage étant en jeu, il nous faut regarder les choses telles qu’elles sont, non pas pour juger ou critiquer qui que ce soit, mais être mis en garde. Hors du camp, en principe rien de soi.
Et s’il y avait des frères, des sœurs qui enseignaient qu’il faut avoir fait telles études pour être un serviteur du Seigneur, certains, grâces à Dieu, s’élèveraient encore contre cela, au moins quant au principe, quoique pas toujours peut-être avec la puissance et la sagesse désirables. Voilà les différences, pratiquement, tangibles et très importantes.
Qu’il y ait des défaillances et qu’il y ait des puissances autres que l’Esprit qui agissent hors du camp, bien sûr, mais il n’y en a qu’une qui soit reconnue : c’est celle de l’Esprit Saint. Le Seigneur peut donner à des frères, à des sœurs, cette autorité, cette puissance spirituelles. Malheur à ceux qui ne la reconnaîtraient pas.
En même temps, il y a le danger que la chair se mêle de tout cela, malheur à celui qui nourrirait la chair et ne la combattrait pas. Voilà la grande différence quant à l’état moral. Combattre la chair en soi hors du camp, voilà ce que nous avons à faire et que nous aurons à faire jusqu’à la fin ; mais le terrain doit être celui-là : la mise à mort de la chair et la dépendance du Seigneur et de l’Esprit Saint. Voilà pratiquement la grande différence.
Et cela se traduit profondément dans l’état de puissance intérieure. Nous n’avons pas besoin d’insister, mais si nous avions ou si une assemblée ou des frères d’une assemblée avaient des tendances à vouloir organiser quoi que ce soit sans l’Esprit…! Il n’y a qu’une chose qui doit s’édifier, il n’y a qu’un édifice, qu’une Assemblée qui soit légitime en tout temps, c’est l’Église, et le témoignage en est l’expression dans le témoignage, dans l’Assemblée, rien n’est de l’homme.
On nous dira : il y a bien de l’homme ! Oui, mais ce qu’il fait dans l’assemblée doit être considéré comme une faute et il faut s’en humilier ; c’est un péché ; il n’y a que ce que l’Esprit produit qui doit être reconnu par les fidèles. Que Dieu nous donne de le retenir !
Avec le déclin, dans le déclin, lorsque la puissance spirituelle hors du camp baisse, lorsque le Saint Esprit agit avec moins de force parce que la chair n’est pas jugée de la même manière, voilà que les caractères du camp reparaissent et ce qui était condamné comme principe à l’origine risque de reparaître comme principe et non pas comme acte de détail. Les tendances à vouloir organiser, bâtir quelque chose qui n’est pas ce que le Seigneur bâtit peuvent reparaître.
Que le Seigneur nous donne de prendre garde, à nous qui sommes plus âgés, mais aussi aux jeunes. Si les jeunes frères veulent être fidèles, qu’ils ne sortent pas de ce sentier. Ils ont pris le départ, que le Seigneur leur donne de ne pas sortir du sentier ou tout est de Lui.
N’édifions rien d’autre. N’admettons rien qui n’ait pas les caractères propres à l’assemblée de Dieu, soit enseignement, soit activité (en dehors du service individuel vis-à-vis des hommes). Dans son service un frère évangéliste travaille pour édifier l’assemblée, il est un instrument par lequel les âmes sont ajoutées à l’assemblée, s’il fait autre chose que cela, il fait mal. Nous avons à veiller de près à tout ce qui germe dans le sens des tendances dont nous venons de parler.
L’Église devrait être – et le témoignage a été – nous pouvons le dire – et le témoignage devrait être – le vase du déploiement de la grâce et de la puissance du Saint Esprit et rien d’autre, Sans doute le Seigneur se sert d’un frère, d’une sœur ; un frère a plus de capacités qu’un autre, mais les capacités qu’il a sont les capacités du vase ; le vase est ce qu’il est mais pour qu’il puisse être employé par l’Esprit, il faut que Dieu le brise d’abord ; le vase avec une volonté est pour le camp, le vase sans volonté est un vase hors du camp.
Certains frères ont été, au point de vue capacités, éminents, très au-dessus de la moyenne des hommes, d’une capacité très supérieure : Dieu a dû commencer par les briser entièrement, la capacité est restée, la volonté est partie ; ils pouvaient servir hors du camp.
D’ailleurs, le service, qu’il s’agisse d’un service individuel ou d’un service dans l’assemblée, ne peut être réalisé que dans une dépendance constante, incessante du Saint Esprit et dans une vie qui est une vie de foi tout cela est incompatible avec l’esprit d’organisation qui est en fait la négation du travail de l’Esprit de Dieu et de la réalisation de la vie de la foi qui attend de Dieu et de Dieu seul les directions pour le service à accomplir, pour le service de chaque jour soit dans l’assemblée, dans la vie de l’assemblée, et dans tout le service que nous pouvons avoir à remplir dans ce monde.
Cela touche à tous les points de la vie, de l’activité. C’est un fait digne de remarque que les apôtres – et nos devanciers dans leur mesure – n’ont laissé aucun héritage relativement à eux-mêmes. Des œuvres de charité organisées, nous n’en voyons pas ; nous n’en trouvons pas traces ; c’est tout à fait remarquable. Nous ne voyons pas d’ailleurs que le Seigneur se soit employé à guérir les maux dont souffrait l’humanité, sauf tout ce qu’il rencontrait.
Il n’a jamais encouragé ses disciples à fonder des œuvres philanthropiques ! C’est à remarquer. Eh bien l’Église a perdu ce chemin ; elle l’a abandonné. Quand la foi baisse, on remplace la puissance spirituelle par de bonnes activités qui sont des œuvres destinées à soulager l’humanité ; nous voyons cela. Que ce ne soit pas une mauvaise chose, d’accord, mais ce n’est pas. le témoignage proprement chrétien.
Que chaque chrétien soit appelé à soulager la misère autour de lui, dans la mesure du possible, c’est évident mais ce doit être fait pour la gloire de Dieu, sinon ce sera pour la gloire de l’homme.
Un chrétien, un de nos devanciers disait même ceci – c’était au moment où l’on s’occupait de la suppression de l’esclavage : si l’Église s’occupait de ces questions d’esclavage, elle manifesterait l’esprit du monde. Cela ne veut pas dire qu’on ne souhaite pas le soulagement ; mais le diable peut se servir de cela pour voiler aux yeux des hommes une chose bien plus terrible que la maladie, la pauvreté, l’esclavage ! celle d’être jeté dans la géhenne.
L’église, les frères, chrétiens fidèles, ont à présenter l’évangile dans sa pureté, la vérité dans sa pureté.
Dans le camp, certains disent : il n’y a pas d’enfer. Hors du camp, on dit : il y a un enfer. Voilà pourquoi le fidèle ne peut pas ne pas sortir du camp ; il ne le fait pas pour les hommes, mais pour Dieu. Si nos devanciers se sont séparés et si d’autres après eux sont restés séparés, ce n’est pas sans raison et ce n’est pas sans y avoir pensé… et séparés de la façon la plus stricte, sauf tout ce qui peut s’appeler le service d’amour individuel ne compromettant en rien ce caractère de séparation qui n’est pas une séparation voulue par l’homme mais une séparation par Dieu et pour Dieu.
On a fait allusion aux œuvres philanthropiques qui n’ont pour but que de soulager les misères. Voici ce que l’on peut encore dire à ce sujet : d’abord quant au but, nous ne devons jamais employer un mauvais moyen, quelque excellent que soit le but ; jamais Dieu ne nous autorise à faire cela ; Dieu emploie les moyens qu’Il veut ; nous ne pouvons pas employer un mauvais moyen et en tout premier lieu notre volonté pour un but, quelque excellent qu’il soit. En second lieu pour servir, et quel que soit le service, celui-ci doit mettre en œuvre, en jeu, la foi personnelle, ou alors c’est péché.
Lisons le livre des Actes, considérons les caractères du service tels qu’ils nous sont présentés dans ce livre qui nous montre le début de l’histoire de l’Église sur la terre et cherchons-y quelque justification de tout ce que nous voyons aujourd’hui se développer dans la chrétienté, nous n’y trouverons rien. Regardons la manière dont servait un apôtre Paul, par exemple, regardons-le tout le long de son service : il va à Philippes, il y demeure quelques jours et le Seigneur lui donne l’occasion d’annoncer l’évangile, et de quelle manière !
Il va à Corinthe, il fait des tentes, il travaille de ses propres mains, et il discourt dans la synagogue ; il va à Éphèse, la synagogue lui est fermée, il enseigne dans l’école de Tyrannus ; partout il est conduit par l’Esprit du Seigneur, sa vie est de foi, de dépendance journalière rien qui attire les regards de l’homme, rien qui cherche à être étalé d’une manière qui puisse séduire les cœurs tout est fait dans la crainte, le tremblement, il saisit l’occasion sans jamais la provoquer, mais il est assuré que Dieu la donnera, la fournira au moment opportun.
De sorte qu’il est manifeste que le travail c’est le travail de Dieu, que l’œuvre c’est l’œuvre du Seigneur ; il y a des fruits qui sont produits et le livre des Actes nous dit quels ils sont. C’est cela qu’il nous faut réaliser. Nous sommes parvenus dans des temps où l’on cherche de grandes choses dans tous les domaines, c’est ce qui caractérise l’esprit du monde ; aujourd’hui on veut ce qui est grand, et cet esprit du monde gagne même le témoignage et on en arrive à désirer de grandes choses !
Soyons petits, ne perdons pas de vue la faiblesse de notre foi, réalisons notre pauvreté et allons suivant la mesure de foi que Dieu nous a départie ; laissons les résultats aux mains de Dieu ; ce ne sont pas les résultats que nous, nous pourrons penser produire qui ont de la valeur, mais ce sont ceux que Dieu produira ; Il se glorifiera dans notre faiblesse, dans notre infirmité ; la puissance est de lui et quand le vase est brisé, alors il est manifeste que la puissance est de Dieu et non pas de l’homme ; c’est le véritable service selon Dieu tel qu’il nous l’enseigne.
Ne cherchons pas ce que nos cœurs peuvent penser souhaitable, désirable, mais retenons ce que Dieu nous présente dans sa Parole, dépendant de Dieu, dépendant de l’Esprit, réalisant un peu mieux chaque jour ce qu’est la vie de la foi. Alors, nous pourrons être des serviteurs utiles au Maitre.
Arrêtons-nous sur 2 Timothée 2 (v. 21) et lisons ce que la Parole nous dit du serviteur utile au Maître.
Les actions collectives – puisqu’on y fait allusion – sont toujours une chose très sérieuse parce que la foi est individuelle et qu’elles peuvent faire marcher quelqu’un bien au-dessus de sa foi.
Prenons le cas d’un frère s’associant des frères et sœurs et d’autres personnes parmi lesquelles très probablement des personnes non converties pour un service équivalent à la prédication de l’évangile. Voilà un frère qui entraîne des inconvertis à prêcher l’évangile ! Est-ce selon Dieu, cela ? En aucune manière.
Quant à la charité proprement dite, on ne peut y engager quelqu’un car il faut que la charité procède d’un mouvement réel du cœur produit par le Seigneur, qu’il y ait du dévouement. S’occuper des pauvres, par exemple : Nos devanciers ont dit : individuellement, oui.
L’un écrit : Je me suis toujours occupé des pauvres. C’est le chemin de Christ de s’occuper des pauvres : visiter les pauvres, les affligés. Il dit : Je, il n’a pas cherché à les rendre riches. Les pauvres sont plus accessibles à la vérité, parce qu’ils en ont besoin davantage, ils ont plus de misère, ils ne sont pas meilleurs, mais il y a des brèches ouvertes dans leur cœur ; s’occuper des pauvres, des misérables dans ce monde, c’est le chemin du chrétien, mais c’est une question de foi effective et de dévouement personnel.
Nos devanciers n’ont rien organisé collectivement, on peut chercher dans toute leur vie ; les apôtres ne l’avaient pas fait non plus. Prenons bien garde à ne pas innover et si nous innovons nous risquons bien de le faire d’une façon qui ne soit pas selon ce qui nous a été enseigné et qui ne serait pas approuvée par les serviteurs que nous avons eus comme conducteurs.
Le témoignage est, dans sa définition, un corps de chrétiens humbles et petits, qui n’est pas classé dans le monde religieux, qui n’a aucune place officielle.
Nous avons donc à être en garde à la fois contre le danger de passer à côté des douleurs sans s’en occuper, et celui d’oublier la mission essentielle du témoignage qui est de présenter la grâce de Dieu, Christ, le salut, à des âmes qui, sans la réception de celui-ci, seront toujours misérables, même si leur pauvreté disparaît.
« Use de grâce envers moi, ô Dieu, selon ta bonté ; selon la grandeur de tes compassions, efface mes transgressions » Psaume 51. 3.
LES CÔTÉS OBSCURS
Nous écrivons tous un livre, le livre de notre vie. Si chaque jour ne remplit qu’une seule page, cela formera tout de même un livre épais de plusieurs milliers de pages. Que contiendra-t-il ?
Certaines pages débordent de joie et de bonheur. Elles racontent de beaux moments et des expériences heureuses.
Certaines pages sont pleines de suspense et de drame ! Combien de dangers et de batailles nous avons traversé !
Certaines pages portent clairement des traces de larmes. Elles témoignent de la souffrance, de la douleur, du chagrin et de la solitude.
D’autres pages relatent certaines de nos erreurs. Elles révèlent notre égoïsme et nos injustices.
Ces derniers points pèsent lourdement sur notre conscience, car les péchés que nous avons commis nous accusent. Nous essayons de les cacher aux autres. Mais devant Dieu, tout est révélé. Il ne passe rien sous silence.
Dieu, qui nous connaît parfaitement, nous aime malgré les épreuves de notre vie. Il veut pardonner tous nos péchés car son Fils, Jésus-Christ, les a rachetés par sa mort. C’est pourquoi, dans son amour, Dieu nous appelle à confesser nos fautes et à accepter le Seigneur Jésus par la foi, comme notre Sauveur personnel.
Dieu accomplit sa promesse envers tous ceux qui répondent à son appel : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1. 9).
D’après Näher zu Dir janvier 2026
« Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans les détresses, toujours facile à trouver » Psaume 46. 2.
REFUGE ET FORCE
Mieux nous connaissons Dieu, plus il nous est facile de Lui faire confiance. Dans les épreuves et les tribulations, Il est notre plus grand secours.
Dieu est notre refuge lorsque le diable nous assaille de doutes. L’ennemi remet parfois en question la vérité de la Bible. Ou bien il tente de nous convaincre que Dieu ne nous aime pas, et que c’est pour cela que notre vie est si difficile. Face à de telles attaques, réfugions-nous en Dieu par la prière. Il nous offre la meilleure protection. En Lui, nous trouvons un courage nouveau pour croire en sa parole et nous reposer dans son amour.
Dieu est notre force, nous permettant de demeurer actifs et inébranlables dans notre foi. Par nos propres forces, nous ne pouvons rien faire pour la gloire du Seigneur, ni résister indéfiniment à la tentation. Mais grâce à la force que Dieu nous donne chaque jour, nous sommes capables de suivre courageusement le Seigneur Jésus malgré l’opposition. Par sa Parole, Il veut nous fortifier et raviver notre foi. C’est pourquoi encourageons-nous à la lecture régulière de la Bible.
Dieu est facile à trouver dans le besoin, et son aide est abondante pour tous les problèmes. Souvenons-nous-en afin que, dans une situation difficile, nous puissions immédiatement nous tourner vers Lui. Au lieu de chercher nous-mêmes une solution, adressons-nous directement à Dieu, en qui nous pouvons avoir une confiance absolue.
D’après Näher zu Dir janvier 2026
« Les richesses ne profitent de rien au jour de la colère, mais la justice délivre de la mort » Proverbes 11. 4.
UNE MACHINE À BILLETS
Aujourd’hui marque le 120ème anniversaire de la naissance de l’armateur grec Aristote Onassis. À sa mort à Paris, le 15 mars 1975, à l’âge de 69 ans, il figurait parmi les hommes les plus riches du monde. Onassis repose sur une île grecque lui appartenant, auprès de son fils unique, décédé deux ans plus tôt dans un accident d’avion. Au moment de son décès, son épouse, veuve du président américain Kennedy, se trouvait à New York. Seule sa fille Christina était à ses côtés.
Sans aucun doute, nombreux étaient ceux qui enviaient Onassis pour sa richesse et son influence. En fait, d’un point de vue matériel, son parcours est l’une des plus belles réussites du 20ème siècle.
Mais à quoi cela lui a-t-il servi ? Il devait bien se rendre à l’évidence : il n’avait pas trouvé le bonheur. Peu avant sa mort, il confia à un ami : « J’étais une véritable machine à faire de l’argent. J’ai passé ma vie comme dans un tunnel doré, les yeux rivés sur la sortie censée mener au bonheur. Mais le tunnel semblait interminable ».
Beaucoup d’autres humains vivent comme dans un tunnel. Il ne s’agit pas forcément de gagner de l’argent ; bien d’autres activités nous donnent cette impression d’être enfermés dans un tunnel. La vie se concentre alors sur un point précis où le vrai bonheur est censé enfin commencer : Quand j’aurai enfin une promotion dans mon entreprise… ; Quand nous aurons notre propre maison…
Mais le chemin du bonheur est sans fin ! Nous ne pouvons trouver la véritable satisfaction et le bonheur que lorsque Jésus-Christ demeure dans notre cœur. Et ce bonheur ne peut alors jamais nous être ravi, ni par la pauvreté, ni par la maladie, ni par la mort.
D’après die gute Saat janvier 2026
« Ils vinrent à Mara ; mais ils ne pouvaient boire les eaux de Mara, car elles étaient amères : c’est pourquoi on appela ce [lieu] du nom de Mara… [Moïse] cria à l’Éternel qui lui enseigna un bois ; il le jeta dans les eaux, et les eaux devinrent douces » Exode 15. 23 à 25.
LE BOIS QUI ADOUCIT LES EAUX AMÈRES
Aucune chose nouvelle ne vint du ciel ou ne poussa de la terre pour adoucir les eaux de Mara pour les pauvres pèlerins assoiffés. Mais en réponse à l’appel de Moïse, l’Éternel lui montra un bois qui avait déjà été là bien avant que les eaux aient été goûtées. De même, le Saint Esprit qui est avec vous et en vous, exerce ce bienheureux office en prenant les choses du Seigneur Jésus et en vous les montrant (Jean 16. 14 et 15), vous amenant à voir ce qu’Il est pour vous, et à en jouir. Alors, au lieu de Naomi devenant Mara, comme on le voit en Ruth 1. 20, Mara deviendra Naomi – c’est-à-dire plaisante.
Le Seigneur qui vous a conduits aux eaux amères est le même Berger qui vous a fait passer à sec à travers les eaux de la Mer Rouge de la mort et du jugement, qui sont maintenant derrière vous pour toujours. Il est Celui qui, quand Il le juge sage, vous conduira près des eaux calmes et douces, de l’oasis d’Élim. Et s’Il vous guide maintenant vers Mara, Il y est allé avant vous, et a planté un arbre de douceur à votre portée.
Il se peut que le monde ait goûté quelque chose de l’amertume de l’eau, et lui ait donné un nom ; il n’est pas donné de nom à l’arbre de guérison, car ils n’ont pas découvert sa valeur. L’Esprit du Seigneur est avec vous pour vous montrer que le Seigneur Jésus est suffisant et précieux, et plus que suffisant pour vos désirs les plus profonds. Il vous a annoncé à l’avance Mara : « Vous avez de la tribulation dans le monde » (Jean 16. 33) mais Il est Lui-même toujours près et disponible comme le grand adoucisseur des peines, en nous disant « afin qu’en moi vous ayez la paix » (Jean 16. 33).
D’après the Lord is near août 1988
« Ce que l’œil n’a pas vu, que l’oreille n’a pas entendu, et qui n’est pas monté au cœur de l’homme… Dieu nous l’a révélé par Son Esprit » 1 Corinthiens 2. 9 et 10.
LA PAROLE DE DIEU RÉPOND À TOUS LES BESOINS
Ni une éducation religieuse ni l’intelligence naturelle ne peuvent ouvrir les trésors des Écritures. Mais l’Esprit de Dieu les ouvre aux cœurs humbles et croyants. Toutefois, même ceux-là trouvent dans la Bible beaucoup de choses qu’ils ne peuvent pas comprendre. En fait, plus ils croissent dans la grâce et la connaissance de Christ, plus ils sont impressionnés par les profondeurs inconnues de la Parole de Dieu. Ils commencent à s’identifier avec l’astronaute qui, tout excité, pénètre, par des télescopes toujours plus performants, pour trouver seulement que de nouvelles merveilles de l’univers sont prévues mais pas clairement discernées par les dernières découvertes.
Il y a quelque temps, j’ai participé à une réunion où nous avons étudié 1 Chroniques 11 et 12.Nous y avons admiré les belles illustrations de Christ et des siens. Mais après des heures d’une heureuse étude de la Bible, avons-nous pensé ensuite que nous avions épuisé le sens du passage ? Tout au contraire ! Nous n’avions fait qu’en effleurer la surface.
Telles sont les merveilles et les gloires de la Parole de Dieu. C’est comme un étang inépuisable dans le désert, où l’oiseau peut se satisfaire d’une petite gorgée, et où l’éléphant peut s’abreuver de toute sa soif. Le petit enfant en Christ peut lire et comprendre la Parole de Dieu parce qu’il a l’onction de la part du Saint et qu’il connaît toutes choses. Et le croyant âgé de cinquante ans peut se reposer avec bonheur sur cette même Parole, connaissant Celui qui est dès le commencement.
D’après the Lord is near août 1988 (G.W. Steidl)
« De Benjamin il dit : le bien-aimé de l’Éternel ! il habitera en sécurité auprès de lui ; [l’Éternel] le couvrira tout le jour, et il habitera entre ses épaules » Deutéronome 33. 12.
CROIRE DIEU AVEC SIMPLICITÉ DE CŒUR
Dans ce beau chapitre du Deutéronome, il n’y a pas de bénédiction plus brillante que celle pour Benjamin. Nous pouvons bien la considérer comme indiquant les bénédictions qui, maintenant, sont pour celui qui croit en Jésus. La bénédiction de Benjamin, comme celle de tout Israël, était d’abord d’un caractère temporel, tandis que la nôtre est céleste et spirituelle. Cependant, l’une peut être interprétée comme donnant une indication simple et belle de l’autre.
Le bien-aimé de l’Éternel. Benjamin était un fils de chagrin, et fut nommé ainsi par sa mère (Ben-oni : Gen. 35. 18). Cependant, ici il est parlé de lui comme l’objet de l’amour de l’Éternel.
« L’homme est né pour la misère » (Job 5. 7). Mais qu’il est précieux de savoir que nous sommes « les bien-aimés de Dieu » (Rom. 1. 7). Toutes les bénédictions que nous possédons proviennent de cela. L’homme, quand il est éveillé au sens de son besoin, et qu’il désire posséder la bénédiction de Dieu, regarde à son propre cœur, espérant y trouver l’amour pour Dieu qui peut être le fondement de la bénédiction qu’il désire. Hélas ! Il est amèrement déçu. Dans sa misère, il s’écrie :
C’est une chose que je désire tellement savoir et souvent cela me cause des pensées anxieuses :
Est-ce que j’aime le Seigneur, ou non ?
Est-ce que je suis à Lui, ou non ?
L’Écriture répond ; « En ceci est l’amour : non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que lui nous aima et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés » (1 Jean 4. 10). Ne cherchons donc pas à édifier quoi que ce soit sur notre amour pour Lui, mais réjouissons-nous en ceci, c’est que nous sommes les objets de son amour immuable et éternel.
D’après the Lord is near août 1988
« Je considère toutes choses comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur, à cause de qui j’ai fait la perte de toutes et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ » Philippiens 3. 8.
TOUT PERDRE DES CHOSES DE LA TERRE, MAIS GAGNER CHRIST
Paul avait un but qui lui fut arraché sur son chemin vers Damas, mais il en eut un autre qui lui fut donné. Il déposa l’un pour prendre l’autre. Dieu ne demande jamais à l’un des siens d’avancer dans la vie sans but. Notre vie est beaucoup formée par le caractère de l’objectif que nous avons devant nous, et cela n’est jamais aussi vrai que dans la vie des chrétiens.
Nous devons avoir un objectif ; Dieu le sait, et quel objet il nous a donné – Celui dont ce pauvre monde ne connaît rien ! Dieu a placé un objet pour nous : une Personne, et cette Personne, c’est le Fils de Dieu. L’apôtre pouvait parler du « Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2. 20). Dans la course de la vie de Paul sur la terre, il y avait non seulement de la détermination pour son but, mais de l’amour et de l’affection, tous centrés sur l’Objet devant lui.
Remarquez que l’apôtre ne dit pas Christ Jésus le Seigneur, mais mon Seigneur. L’apôtre Paul ressentait dans son âme que le Seigneur Jésus Christ était son Seigneur. Que signifie cela ? Celui qui avait l’autorité absolue sur sa vie. Retiendrions-nous quelque chose loin de Lui ? Ne prendrons-nous pas tout ce que nous avons – le meilleur de ce que nous avons – ambitions et désirs, pour les mettre à ses pieds en disant « Mon Seigneur » ? Thomas a fait cette confession : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Si nous Lui apportons tout et mettons tout dans sa main en disant : Maintenant, Seigneur Jésus, je te remets tout. Tu seras le seul but de ma vie. Une vie vécue avec cette pensée dans l’âme peut-elle être perdue ? Ce sera plutôt un bonheur !
D’après the Lord is near août 1988
« Ton peuple sera [un peuple] de bonne volonté, au jour de ta puissance, en sainte magnificence. Comme la rosée née de l’aurore, tes jeunes gens viendront vers toi » Psaume 110. 3.
LA BÉNÉDICTION À VENIR POUR ISRAËL
Ces paroles sont adressées par l’Éternel au Seigneur de David, le Seigneur Jésus Christ, comme le montre le premier verset. Celui dont Dieu avait dit avant sa naissance ; « C’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Mat. 1. 21) – Lui ne pouvait pas dire que son peuple serait « de bonne volonté » au jour de sa profonde humiliation. À ce moment-là, Israël, son propre peuple, ne L’a pas reçu, mais plutôt L’a crucifié de sa propre volonté.
Des siècles ont passé. Le jour de la puissance de Christ est encore à venir, et Israël est encore rebelle. Sa longue patience a été merveilleuse ; mais très bientôt Il prendra sa grande puissance et régnera. Quel changement se produira quand la nation, traversant les terribles souffrances de la Grande Tribulation, aura devant elle ce même Seigneur Jésus venant sur les nuées du ciel ! Une nation sera comme née en un jour (És. 66. 8), quand les âmes se courberont à ses pieds dans une profonde repentance. L’entêtement et la rébellion disparaîtront, et le peuple deviendra des serviteurs de bonne volonté de Celui qu’on leur avait appris à haïr pendant des siècles. Quelle sainte splendeur, en vérité !
Le matin de brillante lumière du soleil se lèvera pour Israël. « La rosée de ta jeunesse », la puissance rafraîchissante de l’Esprit de Dieu apportera un regain de vigueur et de joie qui remplacera la décrépitude et la misère qui ont longtemps affligé une nation adonnée à l’obscurité de l’incrédulité.
Il est certain, aujourd’hui, que tout enfant de Dieu devrait aussi se réjouir de cultiver un caractère de bonne volonté pour obéir à Celui qui s’est prouvé si plein de grâce et d’amour, et pour Le servir – en nous souvenant que nous sommes, déjà aujourd’hui, liés à Celui duquel vient la rosée rafraîchissante du Saint Esprit.
L’apôtre écrivant à la dame élue insiste surtout sur trois choses : la vérité – l’amour – l’obéissance (inséparables).
La table du Seigneur. Le seul corps. Le seul pain. La cène.
Se retirer. Poursuivre. Persévérer (2 Tim. 2)
Quel est le centre de notre rassemblement ?
Matthieu 18. 19 et 20. 1 Corinthiens10. 16 à 22.
1 Corinthiens 11. 20 à 34.
2 Timothée 2. 14 à 26.
Nous avons, dans ces passages, une expression qui doit retenir tout particulièrement notre attention, c’est l’Assemblée de Dieu. Parce qu’ils ne célébraient pas dignement la cène, il pouvait être reproché aux chrétiens de mépriser l’Assemblée de Dieu, dont il nous est dit que Dieu se l’est acquise au prix du sang de son Fils (Act. 20. 28).
L’Assemblée de Dieu est totalement distincte du monde. L’apôtre, dans cette même épître aux Corinthiens, distingue nettement l’Assemblée et puis les juifs et les grecs. L’Assemblée est quelque chose de tout à fait différent, tout à fait en dehors de la religion juive et des nations.
C’est également l’Assemblée de Christ. « Sur ce roc, je bâtirai mon assemblée ». « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mat. 16. 18 et 16). L’Assemblée que Christ a aimée, pour laquelle Il s’est livré, dont Il s’occupe et qu’Il se présentera bientôt.
Il est bien nécessaire que nous ayons devant nous cette réalité de l’Assemblée de Dieu. Il y a une Assemblée de Dieu sur la terre qui sera bientôt dans le ciel et elle se composera alors de tous les croyants de la période entre la Pentecôte et la venue du Seigneur. Mais elle est présentement sur la terre et l’enseignement du ch. 12 de cette même épître nous le montre particulièrement. Elle est formée de tous ceux qui appartiennent au Seigneur par les liens de la vie nouvelle et qui ont été baptisés du Saint Esprit, qui ont part au baptême par un seul Esprit, de sorte qu’ils sont montrés comme étant un seul corps, qui est le corps de Christ (expression trouvée au ch. 10).
Cette Assemblée est donc en fait dispersée par toute la terre, les membres du corps de Christ dispersés de telle manière, dans l’état présent des choses, que comme nous l’avons trouvé dans le ch. 2 de la 2ème épître à Timothée, seul le Seigneur connaît ceux qui sont siens. Ils ne sont pas tous reconnaissables mais Lui les connaît.
La réalité, le fait de l’Assemblée de Dieu sur la terre, du corps de Christ sur la terre, que l’on peut montrer aussi comme la famille de Dieu sur la terre, existe. Que son unité ne soit pas apparente comme elle devrait l’être, c’est notre faute à tous, c’est le résultat des manquements qui se sont produits dès le début et qui se sont multipliés et aggravés de siècle en siècle pour aboutir à la confusion actuelle. Mais, quelle que soit cette confusion, l’unité des chrétiens existe. L’Assemblée de Dieu existe, quand on parle aujourd’hui de vouloir faire l’Église, ou faire l’Assemblée de Dieu, c’est réellement nier l’œuvre de Dieu Lui-même, c’est nier ce qui existe.
Il faut donc bien partir de cette notion fondamentale d’une unité que nous n’avons pas à faire, mais qui est faite, seulement que nous avons à réaliser, que nous avons à garder dans la mesure où cela est placé devant nous et s’il s’agit alors des rassemblements effectifs, c’est-à-dire de chrétiens, d’enfants de Dieu qui se réunissent, le seul fondement ou le seul terrain sur lequel ce rassemblement visible peut s’opérer ne peut être que cette unité de l’Assemblée de Dieu telle que Christ la voit, telle que Dieu la voit, telle qu’elle existe dans ce monde et si nous nous rassemblons ainsi, ce doit être selon les vérités qui nous sont enseignées concernant cette Assemblée de Dieu, cette Église.
On pourra dire que nous sommes appelés à nous rassembler comme si toute l’Église était là, comme doit se rassembler, se montrer, l’Église toute entière et comme expression de l’Église.
Il y a deux grands écueils dont il faut bien nous garder. Le premier serait de dire : nous sommes l’Église, nous sommes l’Assemblée. C’est oublier qu’il y a beaucoup de membres du corps de Christ, de vrais croyants qui appartiennent effectivement à l’Assemblée de Dieu et que nous ne connaissons pas et qui en font partie tout aussi bien que nous-mêmes. L’autre grand écueil, c’est de dire : nous sommes dans la confusion générale, nous sommes une Église.
Si nous nous rassemblons sur le terrain de l’unité du corps, nous ne pouvons nous dire ni l’Église, ni une Église. Mais le grand privilège et la grande possibilité offerte à tous les croyants aujourd’hui comme dans tous les temps et par conséquent aussi notre responsabilité à cet égard, c’est de nous réunir comme l’Église tout entière devrait se réunir.
Dans les passages que nous avons, il n’est nulle part question d’un effort à faire de notre part pour créer l’Assemblée, pour la former. Il est question simplement d’appliquer ce qui nous est enseigné, de jouir de ce privilège, de nous trouver là comme faisant partie d’un tout formé dans la puissance de Dieu par l’opération de l’Esprit, sous la Seigneurie de Christ. C’est le ch. 12 et rien d’autre.
Nous ne voulons pas former l’Assemblée, même pas former une Assemblée locale, mais nous venons exprimer cette unité, ce qui est tout autre chose. Comment l’exprimer ? Avant tout, par ce seul pain exprimant le seul corps, cette participation à ce qui parle de la communion du sang de Christ, et la communion du corps de Christ.
Ensuite, nous avons, dans les rapports entre croyants, à nous souvenir sans cesse que nous sommes membres du même corps. Garder l’unité de l’Esprit (Éph. 4. 3), agir toujours les uns à l’égard des autres comme faisant partie du même corps et ayant le même Esprit, de sorte que cette réalité, ce fait de l’existence du corps de Christ retentisse sur toute la vie chrétienne, et cela, nous le perdons de vue, assurément.
Comment ne pas nous souvenir que, dès que nous parlons de ces grandes choses et de cette expression de l’unité du corps, ce qui nous a été rappelé tout à l’heure prend toujours son importance capitale. Comment la vérité, l’amour, l’obéissance se sépareraient-ils de la réalisation de ce qui est le corps de Christ ?
Cette expression du corps du Christ, elle se fait particulièrement là, à sa table, où l’on se souvient de Lui. Ce souvenir touche le cœur, engage les affections et nous rappelle aussi, quant à la table du Seigneur, ce caractère de sainteté qui est celui de la Personne bénie qui rassemble et dont nous rappelons la mort en exprimant l’unité de son corps.
Alors la vérité est là, qui ne permet pas d’associer cette expression de l’unité du corps de Christ avec un mal connu, moral ou doctrinal. De là la séparation qui nous est prescrite dans le passage de Timothée. : « Qu’il se retire… » (2 Tim. 2. 19) non pas pour rester seul, mais pour se lier ensuite avec ceux qui, d’un cœur pur, poursuivent la justice, la foi, l’amour. Toutes ces choses vont ensemble.
Elles nous deviendront toujours plus précieuses à mesure que nous réaliserons qu’il ne s’agit pas là de l’application froide de certains principes, qu’il ne s’agit pas là de théories, de règlements, d’organisations, mais de l’expression de quelque chose de vivant : le corps de Christ, et ceci exprimé lorsque Lui-même est là, au milieu des siens, le souvenir de Lui-même, « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux (Mat. 18. 20).
Que l’unité de ton Église est belle,
Seigneur Jésus, qu’elle plaît à tes yeux !
Dans ton amour tu t’es livré pour elle :
Tu veux l’avoir près de toi dans les cieux.
Cantique 20 strophe 1
Qu’est-ce qu’une secte ? C’est un rassemblement de gens autour d’une pensée particulière, d’une doctrine particulière. Dans le Nouveau Testament, nous avons le terme employé d’une part à l’égard de divers groupements religieux ou philosophiques parmi les juifs : secte des pharisiens la plus exacte de notre culte, dit l’apôtre Paul en rappelant qu’il avait été pharisien.
Quant au christianisme, quant à la chrétienté, l’expression est employée également dans la Parole déjà dans les Actes, l’apôtre Paul parlant devant le gouverneur : « selon la Voie qu’ils appellent secte » (Act. 24. 14). Ce sont les juifs qui appelaient ainsi à tort le christianisme une secte. De même, à la fin du livre des Actes, les juifs disent : « de cette secte, nous savons que partout on la contredit » (Act. 28. 22). C’est dans le livre des Actes que le terme est le plus employé, je crois 6 fois. Ensuite dans les épîtres, on le trouve à trois reprises et toujours dans un sens défavorable. Nous l’avons vu. En 1 Corinthiens 11. 19, il s’agit ici du résultat de divisions parmi les croyants, parce que certains entraînaient après eux des disciples.
Nous le trouvons – et c’est là que le sens du mot secte apparaît sous son jour le plus défavorable – en Galates 5, lorsqu’il est parlé des fruits de la chair, des œuvres de la chair, les sectes sont nommées parmi elles. « parmi lesquelles sont les divisions, les sectes, les envies ».
Enfin, en 2 Pierre 2. 1 : « il y a eu aussi de faux prophètes parmi le peuple, comme il y aura aussi parmi vous de faux docteurs, qui introduiront furtivement des sectes de perdition ». Ce sont des enseignements – particuliers entraînant des disciples, les séparant du reste des croyants. D’après la Parole de Dieu les sectes sont un fléau de l’Église de Dieu.
Dans la chrétienté, le sens est plus ou moins étendu. Prenons garde de ne pas être une secte. Si nous prétendions être une Église entre beaucoup d’autres, nous serions une secte dans le sens le plus défavorable du terme.
Cela n’enlève rien, tout au contraire, à l’obligation qui est faite au fidèle de se séparer du mal, ce qui est tout autre chose.
Dieu s’est toujours conservé un témoignage, s’est toujours formé un témoignage. Nous avons été occupés, ces jours derniers, du peuple juif. L’histoire de ce dernier étant terminée, en tous cas sur les bases qui étaient au début, Dieu est intervenu pour établir un témoignage d’un autre genre. C’est le mystère de l’Assemblée, caché dès les siècles. Les prophètes ne le connaissaient pas (Éph. 3).
Du moment où Dieu aurait décidé de n’avoir plus de témoignage dans ce monde, il n’y aurait plus de raison pour que ce monde continue. Il a remplacé le passé par l’Assemblée, avec laquelle nous sommes assez familiers, mais sur laquelle nous avons beaucoup à apprendre, et même ceux des chrétiens qui ne sont pas jeunes. Cette Assemblée est formée par le Saint Esprit unissant tous les saints en un seul corps, La distinction entre juifs et autres, qui était indispensable au temps du judaïsme et qui conditionnait pour le juif sa fidélité vis-à-vis de Dieu, est abolie entièrement.
Dieu n’a plus un peuple terrestre choisi. Il appelle parmi tous les peuples, toutes les langues, toutes les nations, des croyants pour qu’ils soient membres de son Assemblée. Ce travail est accompli par l’Esprit, Jésus étant caché, étant à la droite de Dieu, a envoyé l’Esprit et le travail de l’Esprit pendant cette période, c’est de former l’Assemblée de Dieu, dont l’origine et les destinées sont célestes. Elle est provisoirement une maison terrestre, elle est le vase du déploiement de la gloire de Dieu dans le monde.
Elle est vue dans l’Écriture de trois façons :
– Une habitation de Dieu par l’Esprit.
– Le corps de Christ.
– L’Épouse de Christ.
Il n’y a pas de position, dans ce que Dieu confie à l’homme, de laquelle il ne découle une responsabilité. L’Assemblée aussi n’a pas manqué à cette règle divine et elle a été soumise à cette responsabilité. Elle est déchue de sa position de fidélité. Elle est tombée très tôt. Les difficultés de nos jours, pour ceux qui veulent comprendre ce qu’est l’Assemblée, viennent de ce que l’Assemblée est dans un état de désordre sans remède possible.
Mais alors, ce qui reste, c’est la Parole de Dieu, la pensée de Dieu à l’égard de l’Assemblée et nous revenons donc au commencement, à la pensée de Dieu ; et dans les derniers jours, Dieu a ouvert un chemin pour que puisse être réalisée partiellement sa pensée de toujours à l’égard de l’Assemblée.
Il n’y a pas de membres de l’Assemblée locale. Quand un homme est converti et scellé, il fait partie de l’Assemblée universelle. Il en est un membre. On ne trouve jamais dans l’Écriture qu’un chrétien était membre de l’Assemblée d’Éphèse ou de Corinthe. Il fait partie de l’Assemblée universelle. Il est entré dans ce corps, il a reçu le Saint Esprit. Tant qu’un chrétien n’a pas le Saint Esprit, il ne fait pas partie du corps, donc de l’Assemblée.
Voilà une différence importante entre la vie et le sceau, fait qui, paraît-il, suscite parfois une certaine surprise. Cela est déclaré en toutes lettres dans l’Écriture et cela a des conséquences.
Au commencement, tous les chrétiens étaient ensemble, nous le savons. Matériellement, cela est devenu très vite impossible ; il est impossible que tous les chrétiens du monde se réunissent en un même endroit. Voilà pourquoi nous trouvons dans l’Écriture la formation scripturaire de groupes dont chacun représente l’Assemblée universelle. Ce sont les assemblées locales.
Il est impossible que les chrétiens soient ensemble et même se connaissent ; il était difficile que les saints de l’Achaïe connussent les saints de Jérusalem ou d’autres endroits. Il y avait là des difficultés qui surgissaient de la nature des choses. Dieu, dans sa sagesse et dans sa grâce, a résolu la question, a levé la difficulté en établissant des groupes, des assemblées locales, chaque assemblée locale représentant l’Assemblée universelle.
2 Corinthiens 12. La conséquence immédiate c’est que les assemblées ne sont pas indépendantes les unes des autres, mais il y a une entière dépendance entre les assemblées et chacune représente l’Assemblée universelle. Par exemple, pour une admission ou une exclusion, il est impossible de consulter tous les chrétiens du monde ; pour cela, en principe, il le faudrait. L’autorité pour prendre ces décisions a été confiée aux assemblées locales.
Chaque assemblée représente l’Assemblée universelle et par conséquent, il y a un point d’une très grande importance, dont la négligence est la cause de bien des misères dans les assemblées de nos jours. C’est qu’unedécision d’une assemblée locale était valable pour toutes les Assemblées, quand bien même il fût impossible de les consulter toutes ; mais en principe, toutes les assemblées du monde ont voie de consultation dans les décisions d’une assemblée.
Cela est une application de l’unité du corps au groupe dont chacun représente l’Assemblée universelle dans une localité donnée.
L’Assemblée est la colonne et le soutien de la vérité, c’est-à-dire que l’Assemblée est la manifestation dans le monde, pendant la période chrétienne, de toute la vérité révélée dans l’Écriture. Une assemblée locale a cette responsabilité et cette mission. Si elle n’est pas colonne et soutien de la vérité (sans doute la perfection n’est nulle part) si elle n’est pas établie sur ce terrain là, il sera difficile de dire qu’elle est l’expression de l’Assemblée universelle.
Nous disons d’une assemblée locale qu’elle représente l’Assemblée de Dieu. On dit quelquefois qu’elle est l’Assemblée de Dieu. On vient de nous dire avec opportunité qu’il faut éviter cela et chasser de nos esprits toute pensée qui nous conduirait à dire : l’assemblée de X. est l’Assemblée de Dieu. Elle en est l’expression, oui, si elle est sur le terrain que l’Écriture définit. Une personne reçue ici est reçue en principe dans toutes les assemblées du monde et, de là, la nécessité de cette pratique que nous n’avons pas inventée : les lettres de recommandation.
Une secte est un ensemble de chrétiens que nous supposons authentiques, tous vrais chrétiens, mais qui, dans les principes de son établissement, admet des pensées humaines ou abandonne une partie des pensées divines. Ce qui n’est pas secte, c’est ce qui est fondé entièrement sur la Parole de Dieu et exclusivement sur elle.
« Rejette l’homme de parti (ou : sectaire) après un premier et un second avertissements » (Tite 3. 10). Un homme peut être sectaire, un chrétien qui peut être animé du désir d’introduire des principes personnels étrangers à l’Écriture. On peut dire sectaire, par exemple, à propos du baptême ; on met le baptême en avant. Nous ne devons pas nous effrayer si des chrétiens fidèles sont appelés sectaires. Un ensemble de chrétiens que Dieu considère comme l’assemblée locale représentant l’Assemblée universelle, qui est très fidèle, ne doit pas s’émouvoir s’il entend qu’on le traite comme une secte.
À cela doit se lier l’exercice constant, chez les frères et les sœurs, de ne pas mériter son appellation. Nous avons besoin de faire attention.
Une assemblée locale représente donc tous les chrétiens du monde, mais il ne faut pas nous attendre ce que tous les chrétiens qui nous entourent viennent sur ce terrain-là ; cela est une grande épreuve et une grande douleur – pour les affections spirituelles. Si, lorsque nous rompons le pain, le dimanche, nous n’avons pas devant nous ce que le Seigneur a devant Lui, à savoir l’ensemble de tous les chrétiens du monde, dans notre esprit, nous sommes sectaires.
Quelle importance il y a à ne pas avoir l’esprit sectaire, c’est-à-dire, à ne pas être les esclaves d’une pensée particulière !
Or, se réunir selon que la Parole l’enseigne sur ce fondement de l’unité du corps, autour de la Personne du Seigneur Jésus, qui est le seul centre et s’il s’agit du culte en exprimant l’unité du corps, c’est évidemment aux antipodes du sectarisme. Nous commençons à être sectaires quand nous considérons cela comme un principe propre aux frères qui nous met à part dans chrétienté.
Il y a des croyants dans l’Église catholique, dans le protestantisme. Ils font partie du même corps. Ce qui est important, c’est de préserver dans toute la mesure où nous le pouvons la sainteté du nom du Seigneur et cela s’appelle la séparation du mal.
Le terme qui, dans la Parole, est traduit par secte veut dire : le résultat d’un choix ; c’est l’esprit humain faisant un choix entre des vérités et groupant des gens autour d’une pensée.
Les expressions locales de ce qui a été appelé à juste titre l’Assemblée universelle, ces assembles locales sont l’expression de l’Assemblée de Dieu. Il faut quand même, si nous employons l’expression de l’assemblée de X., il faut que la vérité demeure dans notre esprit. Nous ne trouvons pas dans la Parole l’assemblée d’Éphèse, mais « l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe » (1 Cor. 1. 2).
Nous trouvons le terme assemblée de Dieu appliqué à une assemblée locale, mais toujours dans le sens qu’elle n’est là que l’expression de l’Assemblée universelle.
1 Corinthiens 12. 27 : « Vous êtes le corps de Christ et ses membres chacun en particulier ». Nous avons les assemblées de Dieu (ch. 11. 16). Il s’agit des assemblées locales, chacune d’elles étant l’expression de la seule assemblée du corps de Christ.
Ce qui est courant dans la chrétienté, c’est qu’on est membre d’une Église. C’est en opposition absolue avec ce que la Parole nous enseigne.
Dans la chrétienté, on parle de la communion de l’Église universelle, on entend par là tous ceux qui font profession d’être chrétiens, c’est-à-dire ceux qui sont baptisés, mais l’Assemblée de Dieu est composée de membres vivants, baptisés du Saint Esprit. Cette confusion est courante et nous avons bien besoin d’y prendre garde. Nous n’avons pas le droit d’appeler Église chrétienne l’ensemble de la chrétienté.
L’Église universelle est employée de façon coupable par la profession sans vie et sera traitée comme ayant usurpé le nom d’Église. Lorsque la véritable Église, c’est-à-dire ceux qui ont la vie, sera enlevée au ciel, il ne restera que la profession sans vie et cela conduira à la grande Babylone, lorsque l’unité de nom sera faite. Ce sera celui de la grande prostituée du chapitre 17 de l’Apocalypse.
Il est dangereux aussi de dire que nous sommes les frères ; les questions d’appellation ne doivent pas nous préoccuper. Si nous disons que nous sommes les frères, c’est accaparer à notre avantage ce qui déborde bien largement le petit nombre qui se connaissent et qui ont le privilège de se réunir. C’est toute l’Assemblée de Dieu qui est composée des frères, mais ils sont dispersés dans la confusion actuelle. Par la grâce de Dieu, nous sommes des frères. « Honorez tous les hommes, aimez tous les frères » (1 Pier. 2. 17).
Cette appellation de frères traduisait, dans les années précédentes, un degré de communion. Nous pouvons saisir l’occasion pour signaler la différence qu’il y a entre l’amour et la communion. S’il y a dans le voisinage, un chrétien connu comme tel, il a en principe le droit de venir rompre le pain à la table du Seigneur, le dimanche, comme le plus excellent des frères de la localité.
Du moment où il accepterait cela, il tombe tout de suite sous le coup des disciplines qui régissent un groupement local, qui est l’expression de l’assemblée de Dieu, c’est-à-dire comme on l’a rappelé tout à l’heure, la séparation du mal doctrinal et c’est ainsi que nous arrivons à 1 Corinthiens 10.
Un tel homme qui a tout à fait le droit, comme n’importe qui, de prendre la cène, doit être instruit sur la vérité et une fois instruit, les saints sont responsables d’agir à son égard suivant son comportement devant la vérité qui lui a été enseignée. Il ne peut pas mettre le rassemblement local en communion avec le système dans lequel il continue à vivre et en particulier en y prenant aussi la cène. Ce sont des choses qu’il est bon de rappeler aux jeunes.
Tout chrétien a sa place là, mais d’un autre côté, dans les jours de ruine, les fidèles ont le devoir de maintenir ce très grand principe : la sainteté de la table du Seigneur. C’est ce que nous trouvons en 1 Corinthiens 11. Quant à la moralité, la conduite et au point de vue religieux en 1 Corinthiens 10.
En ce qui concerne l’amour et la communion, si nous rencontrons un chrétien dans un milieu quelconque, nous le reconnaissons comme tel et nous pouvons avoir avec lui une libre communion sur pas mal de points. Nous avons à aimer ce chrétien comme nous aimons un frère avec lequel nous marchons depuis 50 ans.
Nous pouvons demander que notre cœur s’élargisse et que nous pensions à tous ces enfants de Dieu et les aimions tous autant. Le Seigneur les aime autant et le Père les aime autant. Ce serait alors du sectarisme de cœur de ne pas les aimer autant. Nous avons le devoir, vis-à-vis de ces personnes-là, par notre marche, ou à l’occasion par la Parole, de leur dire que le terrain sur lequel ils se trouvent n’est pas le terrain de la vérité.
La communion donc, avec ces personnes, n’atteint pas le degré que nous avons avec un frère avec lequel nous marchons, mais l’amour que nous avons pour cette personne peut atteindre le même niveau. Ce même amour à l’égard de ces personnes nous force à leur faire sentir que nous ne pouvons pas aller avec elles pour des raisons scripturaires.
Nous aimons Dieu et nous aimons ses enfants, et nous aimons les enfants de Dieu quand nous aimons Dieu (1 Jean 5. 2). Il est impossible d’aimer un chrétien si nous ne l’aimons pas dans la vérité et si nous manifestons de l’amour à son égard en faisant fléchir des principes de la vérité divine. Nous n’aimons plus.
Les versets sont encourageants pour les fidèles, parce qu’ils les engagent à surmonter la souffrance que leur cause le fait qu’ils sont obligés d’avoir de la réserve envers des chrétiens qu’ils aiment et de ne pas aller avec eux dans le chemin où ceux-ci marchent. Nous devrions penser à tous ces chrétiens dispersés, en souffrant, en éprouvant de la douleur.
C’est une cause de souffrance pour le Seigneur de voir tous les siens dispersés comme ils le sont. Nous devons accepter le gouvernement sous lequel Il nous tient, gouvernement de cette dispersion ; et ne pensons pas que nous verrons le rétablissement de l’Église primitive. Nos devanciers n’ont jamais cherché à faire cela d’ailleurs, ils n’en avaient aucunement l’intention. Ne pensons pas que nous pourrons rétablir l’Église primitive. Si des frères, dans un endroit, ont à cœur de réaliser l’Assemblée de Dieu, colonne et soutien de la vérité, Dieu amènera là des personnes qu’Il voudra y conduire. Si nous étions plus fidèles, nous verrions cela plus fréquemment.
Si nous avons le sentiment qui a été exprimé, à l’égard des nombreux chrétiens, véritables enfants de Dieu, dispersés dans tous les systèmes de la chrétienté, il y aura cette souffrance qui sera quelque chose de tout différent de la hauteur, pour ne pas dire davantage, avec laquelle il arrive que nous les traitions et c’est une chose à laquelle nous avons besoin de faire grande attention. Ces attitudes de supériorité, comme si nous avions quelque mérite à avoir été mis à part, sont très graves.Que Dieu nous donne d’avoir un cœur large dans le chemin étroit.
Les personnes chrétiennes, parmi les frères, qui ont une tendance à élargir le chemin, sont extrêmement coupables et constituent un danger pour ce qui est le témoignage. Le témoignage, c’est l’expression de la pensée de Dieu dans le christianisme, du conseil de Dieu, de l’œuvre de Dieu dans le christianisme.
Mais ce danger existe, les tendances à élargir existent. D’autre part, c’est peut-être une réaction non justifiable, une réaction à des tendances étroites coupables. S’il y a de la piété dans un groupe de chrétiens, dans un rassemblement local, s’il y a de la piété, de la crainte de Dieu, le Seigneur aide à réaliser cet équilibre entre les deux. Le témoignage fait son chemin entre ces deux dangers extrêmes, c’est-à-dire que le Seigneur l’y conduit.
Ce sont des questions d’une très grande importance de nos jours. Ne pensons pas qu’un rassemblement local peut vivre d’habitudes et de traditions. Un rassemblement local vit de foi dans chacun de ses membres, de piété, de crainte de Dieu. C’est bien un danger qu’après tant d’années de témoignage derrière nous, nous en soyons réduits bien des fois à agir d’une façon machinale et sans avoir été exercés personnellement sur la vérité. C’est probablement pour cela qu’on nous a proposé cette méditation.
« Là où deux ou trois sont assemblés… ». Comme chacun le sait bien, cette parole du Seigneur vient après la réunion de prières, en rapport avec la prière : « si deux sont d’accord… ». À ce propos, le Seigneur donne ce principe valable pour tous les temps, cette ressource immanquable et extérieurement si facile à réaliser. Il n’est question ni de lieu, ni d’édifice, ni de hiérarchie, ni d’organisation quelconque, ni de nombre, puisque cela est réduit à l’expression la plus simple : deux ou trois, et la présence du Seigneur est assurée là où on est assemblé en son nom.
Il est le Saint et le Véritable. Voilà la ressource dans les temps les plus fâcheux. Il est toujours le Même. Qu’il s’agisse de vérité, qu’il s’agisse d’amour, c’est en Lui que nous trouvons l’expression parfaite de tout cela. Il est Celui qui est venu apporter la grâce et la vérité, Il est Celui dont l’amour l’a mené à se livrer pour les siens, Il est Celui qui a glorifié Dieu en toutes choses et qui est maintenant glorifié.
Nous avons la réalisation du rassemblement le plus béni qui ait eu lieu sur la terre, lorsqu’aussitôt après la résurrection, Jésus a accompli la promesse que nous avons ici. Lorsque le soir de ce jour-là, les siens ont été rassemblés en son nom, ils étaient rassemblés autour de Celui qu’ils avaient connu comme leur Maître, mais c’était son nom qui les réunissait : Jésus vint… et les disciples se réjouirent (voir Jean 20. 19 et 20).
Depuis, tous les rassemblements au nom du Seigneur ont été marqués de la même précieuse faveur, la même précieuse bénédiction.
Nous l’avons ici en rapport avec la réunion de prières et cette évocation d’une réunion de prières est liée même à cette autorité confiée à l’Assemblée. « Tout ce que vous lierez sur la terre… ». Cela étant amené par les difficultés entre frères, l’Assemblée agit en dernier ressort.
C’est le principe qui est posé, ce qui est dit de l’Assemblée s’applique à l’Église chrétienne telle que Paul la désignera. L’Assemblée a une autorité qui s’exerce précisément pour le bien de ses membres, pour que soit rétabli entre ceux qu’une contestation a divisés, une harmonie, une communion ; si cela n’est pas possible, une décision doit être prise par l’Assemblée elle-même. Nous avons là le principe de tout ce qui est administration par l’Assemblée.
L’attitude demandée à l’égard de ceux du dehors se trouve dominée, commandée par ce fait que le Seigneur est là avec l’autorité qui Lui appartient. Il y a une autorité dans l’Assemblée qui découle de la seigneurie de Christ et alors, combien il est solennel de prendre une décision au nom du Seigneur, combien il est solennel aussi de dire que nous sommes rassemblés au nom du Seigneur.
L’Assemblée n’est pas infaillible, mais elle a une autorité parce que le Seigneur est là. Que de fois il peut nous arriver de dire que nous sommes réunis au nom du Seigneur ou réclamer la présence du Seigneur au milieu de nous sans qu’en fait nous éprouvions ou réalisions que nous sommes réunis au nom du Seigneur. Là encore, que la routine, les accoutumances ne nous troublent pas ! Nous avons besoin d’y prendre garde.
Il nous arrive de dire : le Seigneur nous donne rendez-vous, il faut que nous y allions. C’est l’inverse de ce que nous avons ici. « Là où deux ou trois sont… ». Quant à l’attitude prise vis-à-vis de ceux du dehors, ce ne doit être que l’application de ce que nous avons ici. Ce n’est pas un corps particulier au sein du grand corps de Christ ou de la chrétienté qui fonctionne pour admettre celui-ci ou celui-là selon qu’on a des affinités avec lui ou pas.
Il s’agit d’un rassemblement au nom du Seigneur qui agit vis-à-vis de ceux qui sont et de ceux qui désirent faire partie conformément à ce qu’exige le nom du Seigneur et la sainteté de la table du Seigneur.
Les frères ne sont pas l’Assemblée. Deux ou trois frères ne sont pas l’Assemblée. Tous les frères du rassemblement local ne sont pas l’Assemblée. C’est l’ensemble des frères et des sœurs qui constituent l’assemblée de la localité, qu’ils soient habituellement présents au rassemblement local ou pas. Ce n’est pas du tout superflu de le rappeler.
L’activité administrative du rassemblement local est d’une très grande importance. Dans un rassemblement local, le Seigneur agit soit pour le développer, soit pour l’entretenir et l’édifier. Il agit par les dons. Ce n’est pas notre sujet. Pour le bon ordre de l’assemblée locale, en principe, il devrait y avoir des anciens, non pas officiels, mais revêtus par le Seigneur de qualification de ce genre.
Un rassemblement de chrétiens authentiques n’est pas à l’abri de toutes sortes de misères, de désordres, et même hélas ! de scandales.
Cela suffirait à nous rappeler avec plus de force encore ce qui nous a été dit tout à l’heure. Les frères n’ont pas à lever la tête ; au contraire, ils ont à la baisser plus que tous les chrétiens du monde entier. Étant donné ce qu’ils ont entre les mains, ils sont bien loin d’être fidèles comme le sont les chrétiens dans certains milieux qui nous feront honte quand leur vie sera manifestée. Nous nous réjouissons à cette pensée qu’il y a des saints qui, en apparence, sont bien moins privilégiés que nous et auront donné beaucoup de joie au Seigneur. Cela nous garde d’une étroitesse de cœur.
Il est donc nécessaire qu’une vigilance s’exerce pour l’ordre dans l’Assemblée, l’ordre de toutes manières. Qu’est-ce que l’ordre ? Nous le trouvons dans l’épître aux Corinthiens. Dieu est un Dieu d’ordre. Cela suffit à répondre à bien des questions à propos de ce qui se passe ailleurs. Qu’est-ce que l’ordre en tous points ? La volonté de Dieu.
Comme nous avons tous notre volonté propre, il y a toujours, dans le rassemblement des saints, des questions plus ou moins graves qui finissent par surgir. Si nous sommes réunis au nom du Seigneur et autour du Seigneur, par conséquent, c’est la présence du Seigneur qui régit tout ce qui doit se passer.
Les décisions sont réglées par l’assemblée comme telle. Les frères peuvent savoir beaucoup de choses et n’en dire qu’une partie, car il n’est pas nécessaire de tout étaler, mais l’assemblée doit en savoir assez pour qu’une admission ou une exclusion soit prononcée au nom du Seigneur par l’assemblée réunie exprès pour cela, toute entière, frères et sœurs.
La valeur de ces décisions, de ces actes administratifs : une réception ou le fait d’ôter un méchant, la valeur de l’acte et son sens, réside dans le fait de la présence du Seigneur dans l’Assemblée.
Est-ce que la présence du Seigneur est assurée en dépit de tout ce qui peut se passer quelquefois ? Où est l’assemblée d’Éphèse aujourd’hui ? Nous avons l’air de nous réclamer de la présence du Seigneur comme si automatiquement elle était assurée pour toujours. Ce n’est pas vrai du tout.
« Repens-toi… sinon j’ôterai ta lampe de son lieu, à moins que tu ne te repentes » (Apoc. 2. 5). C’est donc très sérieux. Veillons à ce que l’assemblée soit exercée pour réaliser cette présence dans son sein ; cela se fait par l’action du Saint Esprit, par la Parole de Dieu et les effets de la présence du Seigneur. Une assemblée exercée sera très heureuse et sera marquée par un caractère de gravité remarquable de la présence de Dieu car, où Dieu est, la chair est tenue en bride.
« L’Éternel est dans le palais de sa sainteté, que toute chair fasse silence devant Lui » (Ps. 11. 4).
Lorsque la présence du Seigneur est réalisée, nous sommes bien obligés de reconnaître que les joies que le Seigneur nous donne sont les joies les plus propres à nous fortifier dans la foi, dans le chemin pendant la traversée de ce désert.
L’assemblée elle-même n’a pas de pouvoir, mais elle a un devoir. Ce devoir est en rapport précisément avec ce dont le Seigneur l’investit. Il s’agit de l’autorité du Seigneur, il s’agit de l’action de l’Esprit dans l’assemblée mais c’est l’assemblée comme telle qui a à prendre des décisions et c’est là son devoir, le devoir toujours en rapport avec la position où l’on est placé, aussi bien que la relation dans laquelle on est mis.
En rapport avec les points essentiels qui ont été présentés, l’assemblée doit recevoir ceux que le Seigneur reçoit et elle est dans l’obligation douloureuse sans doute d’ôter du milieu d’elle ceux que le Seigneur appelle « les méchants ». Voilà les deux côtés : faire entrer ; exclure.
Romains 15. 7 : « C’est pourquoi recevez-vous les uns les autres, comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu ».
1 Corinthiens 5. 12 et 13 : « Est-ce à moi de juger ceux du dehors… Ôtez le méchant du milieu de vous-mêmes ».
Premier devoir, heureux entre tous. Le second, douloureux et humiliant. Mais, dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de rendre au Seigneur ce qui Lui est dû.
Pratiquement aussi, il est très important de laisser à l’Assemblée tout le temps nécessaire pour que les exercices aient lieu dans un cas et dans l’autre. Il arrive hélas fréquemment que la chose ne se réalise pas.
Cet oubli du fait que l’assemblée comme telle a affaire au Seigneur, qu’elle doit être exercée dans sa conscience devant le Seigneur, fait que des désordres s’ensuivent et bien des douleurs. Il faut respecter la conscience de l’assemblée et, à priori, penser que c’est la présence du Seigneur dans l’assemblée qui produit des exercices et des réserves chez des saints.
Il se peut que ce ne soit pas toujours le cas, mais s’attendre au Seigneur est toujours le grand point. D’autre part, c’est aussi là qu’il est important qu’il n’y ait pas d’esprit de parti.
L’Assemblée est la colonne et le soutien de la vérité, elle est aussi la colonne et le soutien du fait qu’il n’y a en elle ni homme, ni femme, ni Grec, ni Juif. Voilà la vérité. Ce n’est pas peu de chose que d’être réunis sur ce terrain là, et c’est tellement vrai que beaucoup de chrétiens refusent de s’engager sur un pareil terrain parce qu’ils aiment mieux un état plus mélangé. Le mélange est très commode, il réunit des choses qui sont de Dieu et des choses qui sont de l’homme.
Ces dernières, nous les reconnaissons et les apprécions tous. Mais, dans le domaine propre de l’Assemblée, ces éléments là n’ont pas de place. Personne ne peut contester cela. Nous pouvons reconnaître que nous avons manqué sur bien des points d’une manière ou d’une autre. Considérons mieux ce que c’est que d’être réunis au nom du Seigneur pour tous les actes administratifs et pour tout autre chose.
Lorsqu’il s’agit, par exemple, d’une exclusion, fait très douloureux, il faut encore, peut-être plus que pour une admission, qu’il y ait tout l’exercice nécessaire et ne découvrir devant tous que le minimum du mal commis, seulement ce qui est nécessaire pour que ce mal pèse sur l’assemblée comme il se doit. Le grand principe, c’est que l’assemblée soit laissée libre pour être exercée tout le temps nécessaire. Quand le moment est venu pour prendre ainsi cette décision au nom du Seigneur, cette décision que Lui-même revêtira de son sceau sera approuvée dans le ciel.
L’assemblée n’a jamais la place d’un juge. Chers frères et sœurs, c’est hélas souvent que l’on a l’impression que les frères agissent là en juges, en justiciers. Sur ce point là, comme sur pas mal d’autres, peut-être que des personnes qui ont une certaine tendance à critiquer nos devanciers feraient bien de lire un peu mieux ces derniers, et ils verront que ce sont ceux-là qui nous ont toujours mis en garde contre les dangers de droite ou de gauche, en particulier pour un acte d’exclusion.
Ils nous disent avec une fidélité qui est celle de leur dévouement pour le Seigneur et pour les saints : une assemblée ne doit jamais s’ériger en juge et quand elle exclut quelqu’un, elle ne doit pas le faire comme des juges qui condamnent un coupable. Il faut que ce soit dans un esprit de brisement, d’humiliation et l’assemblée prend sur elle la faute du coupable ; c’est quelqu’un qui a fait partie de l’Assemblée, c’est un mal qu’elle peut confesser comme étant sien.
En outre, chacun des frères et des sœurs de l’assemblée doit se connaître assez pour se rendre compte qu’en aucun cas, l’attitude d’un juge indemne ne lui convient, mais bien plutôt l’attitude contraire.
L’exclusion est toujours le terme final de tous les exercices de discipline et a pour dessein de la part du Seigneur et pour l’assemblée elle-même la restauration du fidèle. L’assemblée n’a donc qu’une chose à faire, à mener deuil, parce qu’elle a été obligée de se séparer de quelqu’un qui a vécu dans son sein. Sûrement, nous avons tous en cela quelque chose à apprendre : la dureté ne sied pas aux saints.
Nous sommes tous très misérables. Dans l’assemblée, nous devrions en avoir le sentiment plus qu’ailleurs. Cela d’ailleurs ne nous fera pas fléchir quand il s’agira de prendre un acte et quand on sentira que le moment est arrivé qu’on ne peut plus supporter la présence de quelqu’un dont on est obligé de dire : il est un méchant.
Si le terme est employé dans la Parole quant à une action exercée de la sorte dans l’assemblée, c’est en rapport avec la discipline à l’intérieur de l’assemblée. Il y a une discipline fraternelle qui a pour objet de juger le mal de sorte qu’il soit ôté et, dans ce sens, les frères sont appelés à juger. « Ceux du dedans, vous les jugez vous-mêmes ». Quand vient le moment où il faut ôter le méchant, il n’y a plus d’exercices de discipline, c’est l’exécution d’un acte profondément douloureux. Il devrait en être ainsi pour nous. Autrement dit, il n’y a plus de discipline possible à leur égard. Nous n’avons plus à nous occuper de ces choses pour les juger ensemble. Il faut nous séparer de celui qui a été entraîné par Satan dans un tel état.
L’apôtre reprochait aux Corinthiens d’être enflés d’orgueil. L’esprit de jugement paraît être chez nous la manifestation de cet esprit d’orgueil. « Vous n’avez pas plutôt mené deuil ».
Une décision d’assemblée lie les autres assemblées. L’unité du corps entraîne cela.
L’exercice de la discipline de l’assemblée, de quelque action que ce soit, revêt ainsi une importance particulière et doit être envisagé avec une solennité d’autant plus grande que cela ne lie pas seulement l’assemblée locale, mais l’ensemble de l’Assemblée de Dieu.
Seulement le même principe de l’unité du corps fait que, dans les autres assemblées locales, des chrétiens appartenant à d’autres assemblées locales que celle où les décisions ont été prises, s’ils sont amenés à connaître des circonstances que l’assemblée locale qui a pris la décision ne connaît pas ou peut être à voir les choses d’une certaine manière plus juste, plus conforme à la vérité que l’assemblée qui a pris la décision, ils ont individuellement et l’assemblée peut avoir collectivement à présenter à cette assemblée locale, dans l’amour et avec toute la prudence et toute la patience nécessaire, les observations nécessaires pour que celle-ci examine devant le Seigneur, si elle ne se serait pas trompée, car l’autorité de l’Assemblée ne veut dire en aucune manière infaillibilité.
C’est une mauvaise pratique que de recevoir, dans un rassemblement local, une personne qui a été exclue d’un autre, nous savons bien qu’elle a cours et justement parmi des chrétiens qui, par ailleurs, ont de grandes qualités chrétiennes, mais avec lesquels nous ne pouvons pas avoir communion à cause de cela.
Si un frère est exclu pour mauvaise conduite dans l’assemblée de X. et qu’on le reçoive à Y. nous voyons tout de suite que le chemin est ainsi frayé à tous les maux possibles, l’installation du mal dans les groupes chrétiens, puisqu’il n’y a plus de jugement. On voit, si cela se généralisait, à quels désordres cette pratique pourrait conduire ; elle détruit la conscience des individus et des assemblées elles-mêmes.
Il peut arriver aussi que l’on doive se séparer d’une assemblée. Rappelons à ce sujet, qu’on n’excommunie pas une assemblée. Une assemblée locale a, de la part du Seigneur, un droit d’action dans son sein. Elle exclut un frère ou une sœur qui fait partie de cette assemblée locale et c’est un devoir.
On ne trouve pas que ce devoir de l’assemblée s’étende de cette manière là à une autre assemblée. On n’excommunie donc pas une assemblée.
Sur quel principe peut-on faire reposer le fait que l’on se sépare de cette assemblée ? Excommunication d’une assemblée par une autre n’est pas dans l’Écriture. Excommunication d’un chrétien, ceci est dans l’Écriture. Sur quels principes une assemblée qui marche avec le Seigneur peut-elle agir vis-à-vis de l’assemblée dont l’état est sans remède ? Sur le grand principe établi par la Parole : « Qu’il se retire de l’iniquité » (2 Tim. 2. 19).
Celui qui prononce le nom du Seigneur, individu ou groupe chrétien, reçoit l’injonction de se séparer de l’iniquité (ce principe de la séparation, d’ailleurs, peut s’appliquer même à un chrétien professant, qui est plus responsable qu’un païen, à cet égard là).
L’assemblée se sépare du mal en obéissant à ce principe qui traverse toute la Bible. Ceux qui ont affaire à Dieu doivent toujours avoir pour souci, de la part de Dieu, de se séparer du mal, ou alors ils se placent eux-mêmes sous le gouvernement de Dieu.
Une assemblée qui, sciemment, soutient le mal, perd, si elle persiste dans cette attitude son caractère d’assemblée.
Ce principe d’assemblée est bien établi dans la 2ème épître à Timothée.
La première face du sceau : « le solide fondement de Dieu demeure,… le Seigneur connaît ceux qui sont à lui ». Voilà le côté encourageant pour nous. Deuxième face : « Qu’il se retire de l’iniquité ».
D’un autre côté, nous avons vu, dans la première épître aux Corinthiens, ch. 10, le devoir du croyant, individuellement, puis des croyants ensemble, de ne pas associer la table du Seigneur à ceux qui déshonorent le nom du Seigneur. Il y a là l’expression de la communion.
La communion est la réalisation en commun de nos privilèges, qui ne peut pas se faire dans tous les cas. L’apôtre établit que la table du Seigneur et la participation à la table du Seigneur expriment l’unité du corps, mais la communion du corps de Christ, la communion du sang de Christ.
L’exemple est pris du culte d’Israël : « ceux qui mangent du sacrifice n’ont-ils pas communion avec l’autel ? » (1 Cor. 10. 18).
Il y a un même caractère moral qui est exprimé collectivement.
Or, dit l’apôtre, vous ne pouvez pas mettre la table du Seigneur en communion avec la table des démons. Ceci est dit en rapport avec l’idolâtrie. Le fait de s’associer à des païens qui, eux, voyaient quelque chose derrière l’idole et sacrifiaient aux démons et non à Dieu, mettait ces chrétiens en communion avec les idoles ; par là même, ils mettaient la table du Seigneur à laquelle ils participaient, en communion avec cette table des démons.
Aujourd’hui, nous n’avons plus à faire avec des idoles de la sorte. Le principe demeure. Gardons-nous d’appeler table des démons quelque table que ce soit dans la chrétienté – mais le principe demeure. Être en communion avec ceux qui participent à une table : autrement dit, lorsqu’un rassemblement de croyants prend la cène du Seigneur, réuni à une table et admet des doctrines, qui ruinant les fondements du christianisme ou tolère ouvertement, sciemment, en toute connaissance de cause, un mal moral déclaré, il se trouve souillé. Participer à cette table-là c’est participer à cette souillure, c’est se trouver dans le même cas que ces croyants.
On peut penser être responsable seulement individuellement, mais non, nous engageons la table du Seigneur. « Toutes choses sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses et n’édifient pas » (1 Cor. 10. 23). C’est le principe moral, général, mais là s’ajoutait tout ce que faisaient ces gens qui voulaient appartenir à la table du Seigneur et en même temps se permettre d’aller chez les démons.
Dans les admissions, nous ne devons pas nous contenter de savoir qu’il y a la vie en ceux qui demandent à prendre leur place. Il faut aussi se demander comment ils comprennent cela. Connaître leur position ecclésiastique aussi bien que leur conduite morale. Il s’agit là d’obéissance à la Parole.
Pas de communion entre deux frères et qui, pourtant, l’expriment pratiquement à la table du Seigneur ? Nous nous retrouvons ici dans le cas de Matthieu 18.
La séparation, qui a caractérisé tout témoignage et dans les derniers jours aussi bien, n’est pas un principe inventé. On a souvent l’air d’avoir accusé des chrétiens, des frères, d’avoir inventé cela. C’est l’Écriture qui trace ce chemin. On comprend qu’il y ait bien des chrétiens qui aient de la peine à s’engager dans ce chemin-là et à rompre des liens avec des chrétiens, d’ailleurs qui peuvent être très pieux et très dévoués. Nous en souffrons aussi tout particulièrement.
Il ne faut pas croire que cette position de séparation, on puisse la tenir de gaîté de cœur. Au contraire, nous devons accepter cela comme un châtiment du Seigneur à la suite des infidélités qui ont été commises depuis le commencement dans l’Église et de celles que nous avons tous commises nous-mêmes.
Si nous étions plus fidèles, il est bien évident qu’on verrait beaucoup plus de chrétiens être groupés par le Seigneur autour de Lui ; la séparation à laquelle nous sommes appelés n’a rien qui nous permette de nous élever et faire de nous des pharisiens. C’est une séparation douloureuse, humiliante, une séparation avec larmes, mais la Parole est là, elle est notre ressource, notre consolation et notre lumière dans ce chemin de la séparation.
Si c’était une séparation de forme que nous héritons, des attitudes que nous avons vues chez d’autres qui nous ont devancés, attitudes qui étaient chez eux le fruit de la foi et de la piété, nous risquerions d’avoir seulement de l’imitation, et c’est contre quoi nous avons à lutter, chacun et dans les assemblées, ou alors ce serait bien triste si nous ne faisions qu’imiter les actes de ceux qui nous ont devancés.
La fidélité dans les derniers jours conduit inévitablement à la séparation.
Heureusement que l’Écriture est là. Si elle n’était pas là, il est bien évident que nous irions, nous aussi, partout, et ce serait bien plus agréable, humainement parlant.
Paroles d’un frère qui nous a beaucoup enseignés : on lui demandait : si vous alliez selon votre cœur, vos sentiments, qu’aimeriez-vous le mieux, où iriez-vous ? Oh ! certainement pas avec les frères.
Seulement, c’était là que le Seigneur le voulait et c’est là que son amour s’exerçait avec les frères et il a été là en bénédiction.