Bienvenue ! Ce site a été réalisé spécialement pour les enfants, les adolescents et les jeunes. Il est là pour présenter l’évangile et vous aider à grandir dans votre vie avec le Seigneur. N’hésitez pas à poser des questions ou à nous suggérer des sujets qui vous intéressent, par l’intermédiaire de l’espace questions. Nous essayerons d’y répondre !
« Heureux les miséricordieux, car c’est à eux que miséricorde sera faite » Matthieu 5. 7.
« Qui méprise son prochain pèche, mais heureux celui qui use de grâce envers les malheureux » Proverbes 14. 21.
Dans sa vie sur la terre, Jésus a montré une profonde compassion à plusieurs occasions : envers une foule affamée, envers une personne aveugle, envers un homme lépreux, envers une mère en deuil de son fils unique… Ses compassions devant la souffrance s’exprimaient non seulement en paroles, mais aussi concrètement, par ses actes.
Le mot « miséricorde » vient du latin « misereo » – avoir pitié, et « cor, cordis » – cœur. Ce mot exprime un sentiment dans lequel la misère des autres touche notre cœur et nous fait éprouver de la pitié, nous poussant à soulager cette misère.
Jésus a donné un exemple de miséricorde véritable dans la conclusion de la parabole du « bon Samaritain », avec l’exhortation : « Va, et toi fais de même » (Luc 10. 37). Bien des fois, malheureusement, nous sommes égoïstes et nous répondons avec dureté à celui qui nous fait du tort. N’oublions jamais les paroles de Jésus : « Aimez vos ennemis, et faites du bien, prêtez sans rien espérer en retour ; votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, envers les ingrats et les méchants. Soyez miséricordieux, comme aussi votre Père est miséricordieux » (Luc 6. 35 et 36).
N’oublions jamais la grandeur du pardon de Dieu et de sa miséricorde envers nous, qui avons bien besoin de son aide. Nous comprendrons mieux les sentiments que Jésus éprouvait devant la misère et le désespoir des autres, et nous pourrons y répondre par des actes de véritable bonté. Dieu nous montrera de nombreuses occasions et de nombreuses manières de pouvoir manifester notre sympathie envers notre prochain : par un service, par un don, par une visite… Si nous Le laissons agir, Il nous remplira du sentiment de la miséricorde, et nous pourrons devenir des instruments dans sa main.
« L’insensé a dit en son cœur : Il n’y a pas de Dieu » Psaume 14. 1.
DIEU EXISTE-T-IL OU NON ?
Cette question a occupé l’esprit des humains depuis le début du temps. Si vous questionnez les gens, vous obtenez des réponses contradictoires. Les uns disent : Oui, il y a un Dieu. D’autres, avec autant d’assurance, disent : Non, il n’y a pas de Dieu.
La meilleure chose à faire, c’est de demander à Dieu Lui-même s’Il existe. Il déclare : « Je suis celui qui suis » (Ex. 3. 14) et « Voyez maintenant que c’est moi, moi, le Même, et il n’y a pas de Dieu à côté de moi » (Deut. 32. 39). La réponse ne pourrait être plus claire. Maintenant nous savons qui nous pouvons croire. Comment peut-Il parler s’Il n’existe pas ?
Soit Dieu est ce qu’Il dit être, ou Il est le plus grand des menteurs. Cependant, Tite 1. 2 dit que Dieu ne peut pas mentir. Dieu dit toujours la vérité. Du reste, d’innombrables fois, dans la Bible, il est écrit : « Dieu dit ». Comment peut-Il parler s’Il n’existe pas ?
Qu’arrive-t-il quand Il parle et que nous n’écoutons pas ? Il rendra tous, un jour, responsables de cela. Alors, chacun fera l’expérience pour lui-même que Dieu existe. Mais alors, il sera trop tard pour se ranger de son côté.
L’appel de la Bible est assez clair : « Prépare-toi… à rencontrer ton Dieu » (Amos 4. 12) et « C’est maintenant le jour du salut » (2 Cor. 6. 2). Chacun doit se décider pour Dieu pendant sa vie, sinon il se sera inévitablement décidé contre Lui – et devra en subir les conséquences.
Ne pas croire en Dieu est la plus grande folie qu’une personne puisse commettre.
D’après the good Seed octobre 2025
« Un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon » Psaume 49. 8.
« Chacun de nous rendra compte pour lui-même à Dieu » Romains 14. 12.
PERDU PAR MA FAUTE
Benjamin est découragé. Il vient d’apprendre la mort tragique de Vincent, un camarade d’école. Et il se reproche de ne lui avoir jamais parlé du Seigneur Jésus, le Sauveur. Vincent se moquait toujours de Dieu et Benjamin l’évitait parce que ses remarques lui déplaisaient. Mais maintenant, c’est trop tard, il n’aura plus l’occasion de lui parler. Benjamin ne peut se consoler, et finalement il va en parler à son grand-père et lui raconte tout.
– Grand-père, tu sais, c’est ma faute si Vincent n’a jamais entendu l’évangile.
Le grand-père l’arrête : Il est vrai que tu es responsable de saisir les occasions que Dieu te donne pour parler de Jésus. Si tu manques ces occasions, tu perds le privilège d’être employé par Dieu, qui se servira de quelqu’un d’autre. Si Dieu te fait l’honneur de t’employer, tu dois faire simplement ce qu’Il te dit de faire. Tu sais certainement que Dieu ne te demande pas de convertir personne : cette œuvre est toujours la sienne, pas la tienne, ni même celle du meilleur prédicateur. Dieu ne fera jamais dépendre de ta fidélité le salut de ton compagnon – et s’il est perdu, ce ne sera pas par ta faute. Si c’était le cas, ton salut dépendrait de tes efforts. Mais le salut est un don de la grâce de Dieu, tu le sais bien ! D’une manière ou d’une autre, Dieu a parlé à Vincent. L’a-t-Il écouté ?
Vous qui lisez ces lignes, si vous n’avez pas encore donné votre cœur au Seigneur Jésus, vous êtes personnellement responsable devant Dieu, pour vous-même, d’accepter son invitation d’amour. Ne tardez pas, la vie est courte !
D’après Il buon Seme octobre 2025
« Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » Jean 1. 18.
JÉSUS CHRIST, LE FILS ÉTERNEL DE DIEU
Oui, Dieu a un Fils depuis l’éternité. Même un croyant, dans l’Ancien Testament, et donc avant l’incarnation, pouvait lui-même demander : « Qui est monté dans les cieux, et qui en est descendu ? Qui a rassemblé le vent dans le creux de ses mains ? Qui a serré les eaux dans un manteau ? Qui a établi toutes les bornes de la terre ? Quel est son nom, et quel est le nom de son Fils, si tu le sais ? » (Proverbes 30. 4).
Comment pouvait cet Agur pouvait-il, inspiré par l’Esprit de Dieu, poser cette question, si Dieu n’avait pas déjà un Fils de son temps ?
Mais ce même livre des Proverbes confirme que Dieu avait un Fils dans l’éternité. Le chapitre 8 des Proverbes nous présente la Sagesse personnifiée. Et les versets 17, 22, 23, 30 et 31 confirment que ces passages concernent effectivement une Personne. Et nous savons, par le Nouveau Testament, que cette Personne était Christ. Colossiens 2. 3 nous dit que, en Lui « sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance », tandis que 1 Corinthiens 1. 24 parle de Christ comme étant « la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu ». Proverbes 8. 30 et 31 nous présente cette Personne comme un nourrisson avec Dieu, Ses délices tous les jours, se réjouissant toujours en Lui – et cela avant l’incarnation. Vu cela, qui oserait affirmer que le sein du Père, dont il est parlé dans le verset ci-dessus, n’est pas éternel, et que le Père et le Fils, en conséquence, ne sont pas également éternels ?
D’après The Lord is near février 1988
« (Le Fils,)… Lui, le resplendissement de sa gloire et l’empreinte de ce qu’il (Dieu) est, il soutient tout par la parole de sa puissance. Ayant fait par lui-même la purification des péchés, il s’est assis à la droite de la Majesté dans les hauts lieux » Hébreux 1. 3.
LA GLOIRE DE LA SUPRÉMATIE ÉTERNELLE DE JÉSUS CHRIST
Ce chapitre, en termes précis, présente la magnificence de la grandeur de la gloire de Dieu telle qu’elle est manifestée dans son Fils. Ce n’est pas sur la grâce humble de son œuvre qu’il est insisté en Hébreux, mais sur sa majesté et sa grandeur. C’est une œuvre digne de Celui dont la dignité est tellement grande. La gloire infinie de cette Personne donne une valeur infinie à son œuvre.
Il est Lui-même le resplendissement de la gloire de Dieu, l’éclat même de cette gloire, comme la lumière du soleil révèle la merveille du rayonnement et de la chaleur de cet astre. Il ne reflète pas simplement cette lumière : Il est le resplendissement-même de cette lumière. Il n’exprime pas simplement quelque chose à propos de Dieu : Il est l’expression de la substance de Dieu. Il est impossible de parler trop hautement de la grandeur de la majesté qui est sienne. Il n’est pas seulement le Créateur de toutes choses : Il soutient toutes choses par la parole de sa puissance. Sans l’action constante de sa propre puissance, rien dans l’univers ne pourrait rester en existence comme c’est le cas.
Ce grand Créateur et porteur de l’univers a fait par Lui seul l’œuvre immense de la purification des péchés, dans l’offrande sans égale de Lui-même en sacrifice sur la croix du Calvaire. Aucun autre ne pouvait accomplir cela. Il en aura la gloire pour l’éternité, avec des multitudes de cœurs de bonne volonté répondant dans la louange et l’adoration devant sa face. Il est, à bon droit, exalté à la droite de la Majesté en-haut, étant descendu Lui-même sur la terre et dans la mort pour remporter une victoire parfaite sur la puissance de Satan et du mal – étant maintenant l’Objet de l’adoration et de la louange de son peuple bien-aimé, toute la création se courbant à la fin devant ses pieds bénis !
D’après The Lord is near février 1988 (L.M. Grant)
« Le soleil s’arrêta, et la lune demeura où elle était, jusqu’à ce que la nation se soit vengée de ses ennemis… le soleil demeura au milieu des cieux et ne se hâta pas de se coucher, environ un jour entier. Il n’y a pas eu de jour comme celui-là, ni avant ni après, où l’Éternel ait écouté la voix d’un homme, car l’Éternel combattait pour Israël » Josué 10. 13 et 14.
LES ANNÉES BISSEXTILES
Tous les quatre ans, notre calendrier imparfait doit ajouter un jour entier pour rattraper le calendrier parfait de Dieu, de la création – l’année solaire, qui est 348 minutes, 46 secondes plus longue que notre année de 365 jours par an. Il y a environ 5000 ans, les premiers fabricants de calendriers ajoutaient 5 jours à la fin de chaque année pour compenser la différence entre leur calendrier de 12 mois de 30 jours et l’année solaire. Les différences subsistèrent toutefois. Il y a environ 3600 ans, le roi Hammurabi dut ajouter un mois entier au calendrier babylonien, parce que [leur année avait un grand décalage], comparé aux changements de saison.
Environ 238 ans avant J.C., Ptolémée Auguste, souverain de l’Égypte, proposa la première année bissextile, comme nous la connaissons aujourd’hui. Mais la classe religieuse rejeta l’idée. En 46 avant J.C., le calendrier était tellement décalé par rapport aux saisons que Jules César dut ajouter 90 jours à une année. Il décréta alors que l’année bissextile, comme nous la connaissons aujourd’hui, devait se perpétuer dans le calendrier. Son ajout systématique est encore appliqué aujourd’hui.
Alors que l’homme doit continuellement agir pour garder son calendrier synchronisé avec la création parfaite de l’Éternel, le Créateur modifia sa création à volonté, pour l’adapter à son propos – pour sauver son peuple. Remarquez ceci : Ceux qu’Il a choisis, ceux qui crient à Lui, sont plus importants pour Lui que l’ordre même de son univers ! Au moment où nous ajoutons ce jour supplémentaire, souvenons-nous de l’Éternel, qui écouta la voix d’un homme plaidant pour son peuple.
D’après The Lord is near février 1988 (L.J. Ondrejack)
« Dès l’enfance tu connais les Saintes Lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi qui est dans le Christ Jésus » 2 Timothée 3. 15.
LA BIBLE RÉVÈLE LE PASSÉ ET LE FUTUR
Par la Parole de Dieu nous recevons non seulement de la lumière au sujet de notre vie passée, mais notre temps présent, la période de l’Église, est éclairé par la lumière du Nouveau Testament ; et de plus, la lumière du Nouveau Testament pénètre dans ce qui est autrement inconnu – les choses à venir.
Car, par la lumière qui nous est ainsi donnée, nous voyons que le temps présent, la période de l’Église, laissera bientôt la place à la période de la Grande Tribulation. La période du Millénium lui succédera. Même les années du Millénium, bien que caractérisées par la bénédiction pour l’homme, les animaux, et la terre, feront place, au temps propre, à l’état éternel bienheureux, où Dieu sera tout et en tous pour toujours.
D’autre part, nous identifions un fil d’or, un fil d’argent, et un fil écarlate au travers du Livre entier, de la Genèse à l’Apocalypse : Christ, notre Seigneur, se discerne du début à la fin. Sa Personne est présentée dans sa parfaite déité et sa parfaite humanité. Son œuvre ressort en sacrifice, en substitution et en rédemption. Ses gloires personnelles, éternelles, divines, sont à Lui de droit. Ses gloires acquises, le résultat de tout ce qu’Il fit depuis le moment où Il vint du ciel jusqu’à ce qu’Il retourne au ciel, sont montrées comme Lui étant justement dues. Ses gloires officielles, gloires associées à sa nouvelle position comme étant le Fils, que ce soit dans l’Église ou dans le Royaume, au ciel ou sur la terre, sont manifestées. Il porte plusieurs couronnes. Il est la colonne centrale autour de laquelle tout le corps est formé ; toutes les parties Lui rendent témoignage. Un type après l’autre est tissé, par le Saint Esprit, dans le beau tissu de l’histoire sainte, une prophétie après l’autre, un psaume après l’autre. Puis, dans le Nouveau Testament, dans les évangiles ou dans les épîtres, Christ est le thème central. Finalement, dans l’Apocalypse, nous entendons sa voix et voyons sa face du premier au dernier chapitre.
D’après The Lord is near mars 1988
« Et Dieu leur dit : Fructifiez, multipliez-vous , remplissez la terre et assujettissez-là ; dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux des cieux, et sur tout être vivant qui se meut sur la terre » Genèse 1. 28.
L’ORDRE SUR LA TERRE SELON DIEU
Ce passage, la Parole de Dieu à l’homme avant la chute, est la base pour l’attitude du chrétien quant à l’usage de la terre, de ses plantes et de ses animaux. Quand Dieu a dit à l’homme de se multiplier et de remplir la terre, Il savait que les multitudes qui naîtraient auraient besoin d’être nourries – et dans les climats froids, vêtues et logées. Il savait que ces besoins ne pouvaient être assurés qu’en assujettissant la terre. Ne nous faisons pas l’illusion que tout le travail est la conséquence de la chute, car l’homme avait à faire, non pas une corvée, mais du travail, même en Éden, « pour le cultiver et pour le garder » (Gen. 2. 15).
Assujettir la terre signifie bêcher le terrain de la prairie originale pour en faire des champs pour cultiver le blé, abattre des arbres dans la forêt vierge pour avoir du bois de construction, creuser des trous dans la terre pour en retirer des pierres pour construire des bâtiments, et miner la terre pour en sortir des métaux pour faire des outils. Beaucoup de personnes passionnées pour l’environnement comprennent ce passage clairement et se rebellent contre cela. Étant anti-bibliques, et anti-chrétiens, ils voient l’enseignement de l’autorité de l’homme sur la nature et son besoin de dominer sur la terre comme la racine et la cause d’un désastre écologique imminent.
Mais le désastre ne peut pas résulter de la soumission aux instructions de Dieu ! Ainsi, même s’il y aura un emploi sans précédent des ressources de la terre pendant les mille ans du règne de Christ, il n’en résultera pas une catastrophe, parce qu’il n’y aura pas les abus que nous voyons maintenant. Dieu ne dit pas à l’homme de piller la terre pour satisfaire son appétit, mais de la soumettre pour répondre à son besoin !
D’après The Lord is near mars 1988 (A.H. Crosby)
« Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, ne leur imputant pas leurs fautes et mettant en nous la parole de la réconciliation » 2 Corinthiens 5. 19.
LE PLAN DE SALUT DE DIEU POUR LES HOMMES PÉCHEURS
Certains enseignent que le Seigneur Jésus, par sa mort, a trouvé le moyen d’apaiser Dieu quant aux pécheurs, afin que Dieu puisse user de grâce envers eux. Mais cela n’est pas l’évangile ; car l’évangile commence dans le cœur de Dieu Lui-même. Dieu n’a jamais été l’ennemi de l’homme ; toute l’inimitié est du côté de l’homme. L’homme s’est détourné de Dieu en rébellion et en péché, déterminé à avoir sa propre voie volontaire ; il n’avait ni le désir ni la capacité de franchir la barrière que le péché avait dressée entre lui et son Dieu.
Dieu Lui-même a donc commencé l’œuvre merveilleuse de ramener l’homme à Lui-même. Il a envoyé son Fils pour qu’Il soit la propitiation pour les péchés de l’homme. En fait, « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec Lui-même ». Christ était le représentant de bonne volonté de Dieu dans cette œuvre sans égale, la représentation même du grand cœur de Dieu, car Lui-même n’est rien de moins que Dieu sur toutes choses, béni à toujours. C’est l’homme qui avait besoin d’être réconcilié, car il était l’ennemi ; mais Dieu seul pouvait accomplir l’œuvre nécessaire pour cela, et Il l’a fait parfaitement dans le don de son Fils bien-aimé. La propitiation a été faite au profit du monde entier, car c’était dans le cœur de Dieu de réconcilier le monde avec Lui-même.
Les hommes, maintenant, sont invités à être réconciliés avec Dieu, à trouver la paix avec Dieu par le Seigneur Jésus Christ. Cette parole de réconciliation a été confiée aux apôtres, et par extension aux enfants de Dieu aujourd’hui. Nous savons que le cœur des hommes, par nature, est inimitié contre Dieu. Pour cette raison même, nous sommes appelés à exhorter les hommes perdus à être réconciliés avec Dieu en se confiant dans Celui qui a été fait péché pour nous, qui amène des pécheurs à Dieu, afin qu’ils manifestent la justice de Dieu en Christ.
D’après The Lord is near mars 1988 (L.M. Grant)
« Dieu se pourvoira de l’agneau pour l’holocauste » Genèse 22. 8.
« Vous avez été rachetés de votre vaine conduite… par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache… manifesté à la fin des temps pour vous » 1 Pierre 1. 18 et 19.
JÉSUS CHRIST, LE SAINT AGNEAU DE DIEU
Il y a environ deux mille ans, un agneau très spécial est né à Bethléhem. Il était né pour mourir comme l’agneau du sacrifice à Jérusalem. Il était né sans défaut et fut soigneusement observé pour qu’on soit sûr qu’il était le parfait agneau pour être sacrifié. Au temps propre, cet agneau fut amené par Dieu Lui-même à la place du sacrifice – un sacrifice pour les péchés du peuple qu’Il aimait. Ainsi, comme Jean le baptiseur l’annonçait, Jésus était l’Agneau de Dieu « qui ôte le péché du monde » (Jean 1. 29).
L’Agneau de Dieu était sans défaut. Deux fois, pendant la vie terrestre de notre Seigneur Jésus, la voix du Père fut entendue depuis les cieux quand Il regardait son Agneau sans défaut : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai trouvé mon plaisir ». Remarquez que cette déclaration divine fut faite, non seulement dans la dernière année du ministère public de notre Seigneur, mais qu’elle a été prononcée aussi à son baptême, avant le début de son ministère public.
D’après The Lord is near mars 1988 (D.R. Reid)
« Il a été opprimé et affligé, et il n’a pas ouvert sa bouche. Il a été amené comme un agneau à la boucherie, et a été comme une brebis muette devant ceux qui la tondent ; et il n’a pas ouvert sa bouche » Ésaïe 53. 7.
« Et je vis, au milieu du trône… un agneau qui se tenait là, comme immolé » Apocalypse 5. 6.
L’AGNEAU DE DIEU, VICTIME PUIS TRIOMPHANT
L’Agneau de Dieu était silencieux. Quand Il était maltraité, le Seigneur Jésus ne prononçait pas de paroles inconvenantes ou de menaces. Quand Il était faussement accusé, Il ne se plaignait pas et n’exprimait pas d’amertume ou d’appels pour une réparation immédiate – même s’il était en son pouvoir de le faire. Notre Seigneur était extraordinairement différent de nous dans son silence. Trop souvent nous sommes tellement remplis de pitié pour nous-mêmes et tellement désireux d’être justifiés, que nous trouvons impossible de nous retenir de parler. Nous sommes appelés à suivre l’exemple de notre Seigneur, et à ne pas protester même quand nous sommes traités injustement (1 Pier. 2. 19 à 23).
L’Agneau de Dieu a été sacrifié. La mort de Christ n’était pas un incident de l’histoire. Vu de la manière naturelle, il semblait que Jésus de Nazareth se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment. Si seulement Il était resté en Galilée ! Si seulement Il s’était défendu ! Si seulement Il s’était échappé quand Il en avait l’occasion ! Mais dans la perspective divine, tout était conforme au plan, et juste quant au programme.
L’Agneau de Dieu se tient maintenant debout. Quand l’épître aux Hébreux dit que Christ, comme sacrificateur, s’est assis, nous comprenons que le sacrifice de Christ pour nos péchés était suffisant. Son œuvre en sacrifice comme notre substitut est accomplie ! La question de nos péchés est réglée, et il n’y a pas besoin d’un nouveau sacrifice sanglant. Gloire à Dieu ! Et la vision de l’agneau se tenant debout comporte la même vérité. L’Agneau de Dieu ne repose plus, mis à mort, sur l’autel. Ayant été mis à mort une fois pour toutes, Il se tient maintenant debout dans le triomphe de la résurrection !
D’après The Lord is near mars 1988 (D.R. Reid)
« Il nous sauva, non sur la base d’œuvres accomplies en justice que nous, nous aurions faites, mais selon sa propre miséricorde, par le lavage de la régénération et le renouvellement de l’Esprit Saint » Tite 3. 5.
MIRACLE PHYSIQUE OU CONVERSION ?
Ceux qui ne comprennent pas le sens de l’évangile pensent que « conversion » ou « régénération » signifient simplement un éveil de puissances qui sont en attente chez tous les hommes.
Même des chrétiens au service du Seigneur emploient quelquefois, pour illustrer une vérité spirituelle, des incidents qui ne sont pas adaptés comme véritables illustrations. Comme exemple de cela, voici ce que publia un périodique chrétien bien connu.
– Une petite fille qui avait été sourde-muette depuis sa naissance, fut emmenée par son père pour être témoin de l’éclatement d’un grand rocher. Quand l’énorme choc eut lieu, l’enfant tressauta, puis fit sortir de ses lèvres le premier son clair qu’elle eût jamais formé. Le père l’emmena chez un spécialiste. Depuis ce jour-là ses capacités de parler et d’entendre se développèrent progressivement. Le choc avait fait vibrer des nerfs qui étaient restés passifs jusque-là.
On tira de cette expérience impressionnante la leçon que : quand le Saint Esprit tout-puissant remplit notre cœur, cela réveillera des puissances et des facultés qui étonneront les hommes.
Mais cela n’est pas la signification de la conversion chrétienne ou régénération. Celle-ci va bien au-delà de tout ce que les capacités naturelles de l’homme peuvent effectuer ; cela ne peut pas s’expliquer par des lois de psychologie. Car ce n’est pas le réveil de puissances en sommeil ou non exprimées ; c’est le don d’une vie entièrement nouvelle.
Le mot régénération, bien sûr, signifie simplement nouvelle naissance. La conversion signifie effectuer un demi-tour – se tourner vers Dieu par la foi. Quand une personne est ainsi « convertie », ou se tourne vers Dieu par la foi en son Fils comme Sauveur, une chose tout à fait surnaturelle se produit – quelque chose que l’homme est incapable de faire, quelque chose que Dieu seul peut faire. Le Saint Esprit crée une vie entièrement nouvelle dans cette personne. Elle est née de nouveau d’en-haut.
D’après The Lord is near mars 1988
« Ton serviteur a frappé et le lion et l’ours » 1 Samuel 17. 36.
DAVID FORMÉ DANS LE SECRET
Un secret de la vie de David nous est révélé dans ces paroles. Au début de sa vie, il avait pris soin des brebis de son père et les avait nourries de la même manière que Jésus, plus tard, était « aux affaires de son Père ». Ce premier service de la part de David est heureux à contempler. Dieu, à ce moment-là, formait et préparait son jeune serviteur pour un service futur et public. Au milieu des brebis, il apprit ces leçons importantes qui lui donnèrent courage et confiance en Dieu quand il fut élevé par l’Éternel pour guider son peuple, pour les délivrer de leurs ennemis. Nous savons aussi qu’il remit à leur juste place l’arche et le culte de l’Éternel en Israël.
Loin de la vue des hommes, occupé avec les brebis, il était avec Dieu. C’est alors qu’apparurent le lion et l’ours, et qu’ils furent vaincus par le jeune David. En ce temps-là, rien ne fut rendu public au sujet de ce combat et de cette victoire de David. Le secret en apparaît plus tard, au temps opportun. « Ton serviteur a frappé et le lion et l’ours ».
En fait, une telle préparation des serviteurs de Dieu est rapportée dans de nombreux cas. Nous voyons Josué, comme jeune homme, servant Moïse avant que Dieu l’amène à être conducteur de son peuple. Timothée, depuis l’enfance, avec sa pieuse mère, avait connu « les Saintes Lettres », et cela le rendit propre à être le compagnon proche et fidèle de Paul, plus tard dans sa vie. Il en est de même pour nous aujourd’hui. Nous avons besoin de commencer tôt dans la vie – le plus tôt est le mieux – à apprendre dans le secret à combattre les premières batailles et à surmonter l’ennemi dans la présence secrète de Dieu ; et quand l’âme est ainsi établie dans la communion avec Lui, un état moral est formé, qui permet à Dieu d’être avec nous plus tard dans un service à venir. Souvenons-nous toujours que la première période prépare la seconde.
D’après The Lord is near mars 1988
« Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ? Ils dirent : Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé » Actes 16. 30 et 31.
UNE CONVERSION REMARQUABLE
En 1880, D.L. Moody prêcha une série de sermons à Saint-Louis. Le journal de la ville publia les messages avec des titres typiques du journalisme. Quand Moody prêcha sur le geôlier de Philippes, cela parut dans le journal démocrate sous le titre : Le geôlier à Philippes prisonnier.
Ce titre, par la grâce de Dieu, attira l’attention de Valentin Burke, le criminel le plus notoire du jour à Saint-Louis. À l’âge de 40 ans, il avait déjà passé la moitié de sa vie derrière les barreaux, et attendait une nouvelle sentence. Burke lut d’abord l’article parce qu’il crut qu’il s’agissait d’un geôlier corrompu à Philippes, une ville qu’il connaissait. Il oublia tout ce qu’il pensait de l’article sauf les versets ci-dessus qui avaient touché son cœur.
Pour la première fois, Burke s’adressa à Dieu par la prière. Le dimanche, il questionna, au sujet du salut, des chrétiens qui faisaient une réunion dans la prison. Burke fut sauvé, et cela fut prouvé par le changement de son attitude. Au début, le shérif crut que Burke feignait la piété pour être traité avec faveur ; mais, sans aucune aide, il fut libéré légalement. La nouvelle conduite de Burke impressionna le shérif, mais ayant des soupçons, ce dernier le fit surveiller. Les rapports montrèrent qu’il restait continuellement fidèle au Seigneur, et le shérif prit contact avec lui et lui offrit un poste de travail. Dix ans plus tard, il était monté de poste en poste jusqu’à être trésorier du bureau du shérif, et il était son employé le plus respecté – tout cela par l’œuvre de Christ.
Si la grâce de Dieu peut changer le cœur d’un geôlier et d’un criminel, elle peut en faire autant pour quelque incrédule que ce soit, si seulement il veut poser la question, écouter la réponse, remettre sa vie au Seigneur et Le laisser accomplir son œuvre.
D’après The Lord is near mars 1988 (L.J. Ondrejack)
« Jésus lui dit : – Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Elle, pensant que c’était le jardinier, lui dit : – Seigneur, si toi tu l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi je l’ôterais » Jean 20. 15.
LES FEMMES DANS LA BIBLE
La part que prennent les femmes dans toute l’histoire de Christ est très instructive, en particulier pour elles. L’activité du service public, ce qu’on peut appeler l’œuvre (tout ce qui fait partie de ce qu’on appelle en général le ministère), relève naturellement des hommes, bien que des femmes aient en cela une activité très précieuse en privé. Mais il y a un autre côté de la vie chrétienne qui est particulièrement à elles, c’est le dévouement personnel et la piété envers Christ. C’était une femme qui a oint le Seigneur alors que les disciples murmuraient ; des femmes qui étaient près de la croix alors que tous, sauf Jean, L’avaient abandonné ; des femmes qui allèrent au sépulcre, et qui furent envoyées pour annoncer la vérité aux apôtres (qui, après tout ce qui était arrivé, étaient retournés chez eux) – des femmes qui avaient répondu aux besoins du Seigneur. Et en fait cela va plus loin.
Le dévouement dans le service est peut-être la part de l’homme ; mais l’affection instinctive, ce qui vient plus intimement en relation avec les sentiments, en communion plus proche avec les souffrances du cœur – cela, c’est la part de la femme – certainement une part heureuse. L’activité du service pour Christ sort un peu hors de cette position, au moins si le chrétien ne veille pas. Cependant, tout a sa place ; car il y a des femmes qui ont plus servi, et des hommes qui ont plus ressenti. Notez aussi que le cœur attaché au Seigneur Jésus est la position où les communications de connaissance véritable sont reçues. Le premier évangile complet est annoncé à la pauvre femme qui était une pécheresse, et qui lava les pieds du Seigneur, l’embaumement pour sa mort, à Marie, notre position élevée, à Marie de Magdala.
D’après The Lord is near mars 1988 (J.N. Darby)
« Fais-moi entendre dès le matin ta bonté, car en toi j’ai mis ma confiance ; fais-moi connaître le chemin où j’ai à marcher, car c’est à toi que j’élève mon âme » Psaume 143. 8.
LA PARFAITE DÉPENDANCE DU SEIGNEUR JÉSUS
Cette prière de dépendance exprimée par David aurait pu être celle de l’homme Christ Jésus. Tous les croyants savent que la seule voie, pour le bonheur et la prospérité de l’âme, c’est la communion avec le Seigneur. Mais trop souvent, nous manquons d’avoir conscience que nous ne possédons pas la puissance pour maintenir cela. Le psalmiste ressentait cela, et priait que Dieu lui fasse entendre sa bonté dès le matin, au début de la journée. Il ne demande pas des règles et des directives pour gouverner sa vie, mais désire entrer dans la douceur de la nature même de son Seigneur – car sa confiance est en Lui personnellement, non pas dans les lois qu’Il peut prescrire.
Nous pourrions penser qu’une telle foi devrait caractériser ceux qui ont connu la merveilleuse grâce du Seigneur Jésus ; mais David, le psalmiste de l’Ancien Testament, pouvait regarder au-delà de la Loi, à Celui qui l’avait donnée, et désirer sa propre présence et sa bénédiction fidèles.
Que les croyants d’aujourd’hui ont plus de raisons d’avoir cette attitude, ayant connu le salut éternel qui est dans le Christ Jésus, la valeur précieuse de sa grande œuvre de rédemption, la gloire de la puissance de sa résurrection, et son œuvre actuelle d’intercession en grâce à la droite de Dieu ! Ne désirons-nous pas nous trouver dans sa présence sainte, pour connaître sa bonté au début de chaque jour, en nous confiant continuellement en Lui ?
Mais David est aussi exercé pour savoir dans quel chemin il doit marcher ; car il n’est pas donné à l’homme d’être capable de diriger convenablement ses pas. Nous aussi avons besoin d’être dirigés un matin après l’autre. Si nous prions avec une foi sincère pour cela, nous réjouirons certainement le cœur du Seigneur Jésus car, sur la terre, c’était son habitude d’avoir l’oreille ouverte chaque matin pour entendre, comme Celui qu’on instruit.
D’après The Lord is near mars 1988 (L.M. Grant)
« J’ai le désir de partir et d’être avec Christ, car c’est, de beaucoup, meilleur » Philippiens 1. 23.
LA MORT D’UN ENFANT : LE PRIVILÈGE ET LA SAGESSE DE DIEU
Johnny, âgé de sept ans, dormait souvent dans la véranda ouverte. Un matin, il s’élança vers ses parents en s’exclamant : – J’ai vu Jésus la nuit passée !
– Oh, c’était un beau rêve, répondirent ses parents.
– Non, protesta-t-il, ce n’était pas un rêve. J’étais couché, et réveillé. Les nuages se sont ouverts, et Il était là. Il était jeune et merveilleux.
Le soir suivant, il demanda s’il pouvait aller au lit de bonne heure, pour voir Jésus de nouveau. Puis, le matin suivant, il demanda à ses parents : – Si je demande à Jésus de me prendre pour être avec Lui, est-ce qu’Il le fera ?
Son père répondit avec sagesse : Il ne te prendra que quand ce sera son moment.
Peu de temps après Johnny tomba malade, et en trois jours il était parti pour être avec Jésus. Pendant sa maladie, sa maman lui avait dit : Nous t’emmènerons en vacances quand tu iras mieux.
Johnny avait répondu : Je ne vais pas aller mieux. Je vais aller voir mon Seigneur.
Johnny avait été enseigné au sujet du Seigneur Jésus depuis l’enfance, son amour pour Lui fut visible très tôt. Étant encore un bambin, il se tenait à la haie devant la rue, et demandait aux passants s’ils connaissaient Jésus. Ses parents pensaient qu’il deviendrait peut-être un missionnaire, mais le Seigneur avait en vue quelque chose de meilleur pour lui. Étant le Jardinier divin, Il était entré dans son jardin et avait cueilli cette fleur particulière, dans la fraîcheur et le parfum de son enfance. N’est-ce pas son privilège de faire cela ?
« Car comme dans l’Adam tous meurent, de même aussi dans le Christ tous seront rendus vivants » 1 Corinthiens 15. 22.
« Si les morts ne ressuscitent pas, Christ non plus n’a pas été ressuscité ; et si Christ n’a pas été ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés » 1 Corinthiens 15. 16 et 17.
Voilà un sujet essentiel, parce que la mort, conséquence du péché dans ce monde, détermine la fin de la vie terrestre. Et qu’y a-t-il après la mort ?
Les Évangiles attestent la résurrection de Jésus Christ, confirmée par de nombreux témoins. « Or si Christ est prêché comme celui qui a été ressuscité d’entre les morts, comment certains parmi vous [peuvent-ils] dire qu’il n’y a pas de résurrection de morts ? » (1 Cor. 15. 12)
La Bible dit que tous les hommes ressusciteront – mais pas tous au même moment ni pour la même finalité. « Ne vous étonnez pas de cela ; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix, et ils sortiront ; ceux qui auront pratiqué le bien, pour une résurrection de vie ; et ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement » (Jean 5. 28 et 29).
Ceux qui auront refusé l’offre de Dieu ressusciteront pour être jugés. Cela se passera après le règne glorieux de Christ sur la terre. Ce sera à ce moment-là que se réalisera la vision terrifiante de l’apôtre Jean : « Et je vis les morts, les grands et les petits, se tenant devant le trône ; et des livres furent ouverts ; et un autre livre fut ouvert, qui est celui de la vie. Et les morts furent jugés d’après ce qui était écrit dans les livres, selon leurs œuvres » (Apoc. 20. 12 et 13).
Avant cet évènement, tous ceux qui, alors qu’ils étaient encore en vie, auront reconnu qu’ils étaient pécheurs et auront accepté Jésus comme leur Sauveur personnel, ressusciteront au moment où Il viendra prendre les croyants vivants sur la terre. « Car le Seigneur lui-même, avec un cri de commandement, avec une voix d’archange et avec [la] trompette de Dieu, descendra du ciel ; et les morts en Christ ressusciteront en premier lieu ; puis nous, les vivants qui restons, nous serons enlevés ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air : et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thessaloniciens 4. 16 et 17).
« Croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » 2 Pierre 3. 18.
« Que la parole du Christ habite en vous richement » Colossiens 3. 16.
Dans les Saintes Écritures, l’histoire de Ruth, à laquelle un livre est dédié, nous offre un bel exemple de la grâce de Dieu. Originaire du pays de Moab, dans la Jordanie actuelle, Ruth était une étrangère pour le peuple de Dieu. Elle était la belle-fille de Naomi qui, comme elle, était veuve.
Quand Naomi, après de nombreuses épreuves, décide de quitter Moab pour revenir dans son pays d’origine, en Israël, Ruth, qui lui était affectionnée, choisit résolument de la suivre. Et elle lâche tout : sa famille d’origine, ses amis et ses idoles, pour se confier dans le Dieu de Naomi, le Dieu vivant et vrai. Unies par une foi et une espérance communes, les deux femmes arrivent ensemble à Bethléhem, appauvries, et sans aucune nourriture. C’était l’époque de la moisson.
Mais Dieu veillait sur elles. En Israël, pendant la moisson, les bords des champs devaient être laissés au pauvre et à l’étranger. Ruth, conduite par la main de Dieu, alla glaner dans le champ de Boaz, qui la prit sous sa protection, parla à son cœur, et lui donna à manger. Toute la journée, Ruth récolta des épis d’orge en abondance, puis elle les battit pour en récolter les grains précieux. Et elle en mangea et en donna à sa belle-mère.
Cela nous parle de la nécessité, après la conversion, de lire chaque jour la Parole de Dieu, pour trouver la nourriture spirituelle qu’elle contient, et en particulier la Personne de Christ. Amis chrétiens, faisons l’effort d’étudier la Sainte Écriture avec prière, humilité et persévérance. Étant ainsi nourris des pensées de Dieu, nous ferons des progrès dans la connaissance du Seigneur et de sa volonté, afin de Lui plaire dans notre vie et de transmettre aux autres ce que nous avons reçu de Lui.
David, en fuyant Saül, était venu « vers Akish, roi de Gath » (1 Sam. 21. 10 à 15). Là il avait pris peur et s‘était déshonoré en se faisant passer pour fou. C’est certainement à la suite de ces tristes circonstances que fut composé le psaume 56 que nous avons considéré lors du numéro 62, et aussi le psaume 34. L’Esprit de Christ s’est servi de cet épisode vécu dans la vie de David pour lui dicter les paroles de ces deux psaumes. Cela nous montre que toutes nos expériences, mêmes les plus humiliantes, peuvent nous amener à bénir Dieu. Ce psaume est écrit par une âme restaurée qui invite le lecteur ou celui qui le chante à louer le Seigneur.
« Je bénirai l’Éternel en tout temps ; sa louange sera continuellement dans ma bouche. Mon âme se glorifiera en l’Éternel ; les humbles l’entendront, et se réjouiront. Magnifiez l’Éternel avec moi, et exaltons ensemble son nom » (Ps. 34. 1 à 3).
L’épreuve a été bénéfique, en ce qu’elle a amené celui qui avait failli à revenir en contact avec le Seigneur et à être à même d’écrire et de chanter : « J’ai cherché l’Éternel ; et il m’a répondu, et m’a délivré de toutes mes frayeurs » (v. 5).
Notre Seigneur enseigna ses disciples dans ce sens : « Et moi, je vous dis : Demandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et il vous sera ouvert ; car quiconque demande reçoit ; et celui qui cherche trouve ; et à qui frappe, il sera ouvert » (Luc 11. 9 et 10). Telle doit être notre attitude, celle qui consiste à se tourner vers le Seigneur : « J’ai cherché l’Éternel ; et il m’a répondu » (Ps. 34. 5).
Les enfants de Dieu, seuls ou assemblés au nom du Seigneur, qu’ils soient deux ou trois ou plus, réalisent la pensée du verset 6 de ce psaume : « Ils ont regardé vers lui, et ils ont été illuminés, et leurs visages n’ont pas été confus ». De tout temps, des croyants ont éprouvé cette béatitude. Ce fut le cas d’Abraham à Morija, de Moïse en face du buisson ardent, ou sur le mont Sinaï – ou encore dans la tente d’assignation, quand « la peau du visage de Moïse rayonnait » (Ex. 34. 35). Étienne, à l’heure de son martyre, rayonnait. Saul de Tarse fut terrassé et sauvé par « une lumière plus éclatante que la splendeur du soleil » (Act. 6. 15 ; 26. 13).
Le prophète Ésaïe annonça cette lumière : « Le peuple qui était assis dans les ténèbres a vu une grande lumière » (És. 9. 2 ; Mat. 4. 16), des bergers l’ont vue : « Et voici, un ange du Seigneur se trouva avec eux ; et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux » (Luc 2. 9). Ensuite, trois disciples, sur la montagne, quand Jésus « fut transfiguré devant eux ; son visage resplendit comme le soleil, ses vêtements devinrent blancs comme la lumière » (Mat. 17. 2). Le résidu juif, au temps de la fin, la verra : « Venez, maison de Jacob, et marchons dans la lumière de l’Éternel ! » (És. 2. 5). Un jour nouveau se lèvera pour Israël et pour la terre, il mettra un terme à la grande tribulation. Notre Seigneur apparaîtra dans sa gloire et la prophétie sur Jérusalem sera enfin réalisée : « les nations marcheront à ta lumière, et les rois, à la splendeur de ton lever » (És. 60. 3).
Cette lumière sera celle de « la ville du grand roi », éclairée par la Jérusalem céleste illuminée de la gloire de Dieu (Ps. 48. 2 ; És. 60. 1 à 3 ; Apoc. 21. 23 et 24).
Par la foi, les fidèles contemplent : « à face découverte la gloire du Seigneur » pour être, « transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3. 18). Pour traverser les difficultés, les épreuves, les persécutions même, nous avons, dans le ciel, la présence d’un Sauveur glorieux intercédant pour les saints (Rom. 8. 34) ; Il entre en sympathie avec ceux qui sont éprouvés car Il a été éprouvé, étant « tenté en toutes choses de façon semblable à nous, à part le péché » (Héb. 4. 15).
« Cet affligé a crié et l’Éternel l’a entendu, il l’a sauvé de toutes ses détresses. L’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et les délivre » (Ps. 34. 7 et 8). Quelle précieuse réalité ! Oui, apprécions la bonté du Seigneur, confions-nous-en Lui, marchant dans la crainte de Lui déplaire « car rien ne manque à ceux qui le craignent » (v. 9 et 10). La suite du psaume démontre la restauration de l’auteur. Oui ! il est conduit par l’Esprit de Christ pour l’écrire, mais le fait d’avoir jugé sa conduite devant Dieu lui permet d’exhorter : « Garde ta langue du mal, et tes lèvres de proférer la tromperie ; retire-toi du mal et fais le bien ; cherche la paix et poursuis-la » (v. 14 et 15).
Les versets 15 et 16 expriment cette réalité, que l’Éternel voit tout et connaît tout, qu’Il écoute et répond : « Les justes crient, et l’Éternel entend, et il les délivre de toutes leurs détresses. L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux qui ont l’esprit abattu. Les maux du juste sont en grand nombre ; mais l’Éternel le délivre de tous » (v. 18 à 20). Le verset 21 est particulier, en ce qu’il dirige nos pensées sur une prophétie qui concerne Christ : « Il garde tous ses os, pas un d’eux n’est cassé ». Déjà, dans la loi donnée par Moïse aux fils d’Israël, une ordonnance concernant l’agneau pascal parlait de cela : « vous n’en casserez pas un os » (Ex. 12. 46).
Qu’est-il arrivé à la mort de Jésus ? « … une fois venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes ; mais l’un des soldats lui perça le côté avec une lance ; et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau » (Jean 19. 33 et 34). La croix de Christ est le fondement de la rédemption, l’Agneau était connu « dès avant la fondation du monde », quiconque croit en lui est racheté par son sang précieux (1 Pier. 1. 20 et 21). C’est la pensée du psaume : « l’Éternel rachète l’âme de ses serviteurs ; et aucun de ceux qui se confient en lui ne sera tenu pour coupable » (v. 23). L’apôtre Paul confirme qu’il n’y a « aucune condamnation pour ceux qui sont dans le christ Jésus » (Rom. 8. 1).
Un autre aspect, découlant de la mort de Christ, est aussi annoncé : « Le mal fera mourir le méchant ; et ceux qui haïssent le juste en porteront la peine » (Ps. 34. 22). D’une part les Juifs porteront la peine d’avoir rejeté leur Messie, jusqu’au jour où ils se tourneront vers « celui qu’ils auront percé » (Zach. 12. 10 ; Jean 19. 37). Jésus reviendra et « le méchant » – c’est-à-dire l’antichrist – sera jugé et « jeté vivant dans l’étang de feu embrasé par le soufre » (Apoc. 19. 20). Dans l’attente de son retour « exaltons ensemble son nom » !
Il semble que, avant de méditer sur ce chapitre 2 du livre des Juges, on puisse dire au moins un mot sur le livre précédent, le livre de Josué, et un mot sur le chapitre 1 du livre des Juges. Nous le savons, le livre de Josué est un livre de victoires. Le peuple conduit par Josué entre dans le pays de Canaan et en prend possession. Dans les douze premiers chapitres, le peuple prend possession du pays ; dans les chapitres suivants, le pays est divisé entre les douze tribus.
Le livre des Juges, nous l’avons lu dans ce chapitre 2, est un livre de défaites. Et si nous lisons le livre suivant, le livre de Ruth est un livre merveilleux où l’on voit la puissance de Dieu qui intervient.
Ce livre des Juges, on pourrait dire que c’est une vallée au milieu de deux montagnes, où la lumière divine a brillé. Il y a une distinction très nette à faire entre le livre de Josué où le peuple entre dans le pays et en prend possession, et ce qui lui reste à faire ; et le sujet du livre des Juges est de s’approprier les bénédictions que Dieu a pour son peuple – ici c’est Israël, mais nous comprenons la portée pour le peuple céleste aujourd’hui.
Dieu, dans sa grâce, nous a révélé toutes les bénédictions qui découlent pour nous de l’œuvre accomplie à la croix par le Seigneur Jésus. Et quand nous lisons la Parole de Dieu avec le secours du Saint Esprit, nous connaissons toutes ces bénédictions. Mais connaître n’est pas suffisant, nous avons besoin de nous les approprier, pour qu’elles pénètrent dans nos cœurs et que nous puissions les vivre.
C’est ce qui est placé devant nous dans le livre des Juges. Quand nous lisons ce livre, nous discernons ce que nous savons bien par expérience, combien il est difficile pour nous-mêmes de ne pas se contenter de savoir, mais de se laisser pénétrer par tout l’enseignement de la Parole et vivre selon cet enseignement.
Quand nous lisons le premier chapitre du livre des Juges, nous voyons – on peut dire – un bon début pour ce peuple. Josué est mort. Ce peuple d’Israël a été conduit jusque-là par ceux que l’Éternel avait mis à leur tête : Moïse pour la sortie d’Égypte et la traversée du désert, Josué pour entrer dans le pays.
Ce peuple avait eu devant les yeux deux conducteurs, deux hommes de Dieu, que Dieu avait préparés et disposés pour son peuple. Et, l’un après l’autre, ces deux hommes de Dieu meurent. On pourrait comprendre combien ces fils d’Israël auraient pu être découragés, disant : Voilà, maintenant il n’y a plus rien à faire, ceux qui nous conduisaient ont disparu. Comment allons-nous nous conduire ? Ils auraient pu dire : Allez, il n’y a plus rien à faire, on va tout abandonner !
Non, au début du livre des Juges, au premier chapitre, à la mort de Josué, ces fils d’Israël ont l’attitude qui convient : ils crient à l’Éternel. Et c’est tout le récit du premier chapitre, avec tout ce que Dieu, dans sa grâce, accorde aux siens. Nous voyons comment Dieu entend nos prières et y répond, des prières qui sont bien, quelquefois, marquées par de la faiblesse. La première tribu qui intervient est celle de Juda. Elle crie à l’Éternel, mais elle dit qu’elle va s’associer à la tribu de Siméon. Est-ce que c’était la pensée de Dieu ?
Humainement parlant, c’était faire preuve de sagesse de s’associer à une autre tribu pour être plus fort. Mais la sagesse humaine n’est pas celle de Dieu. Et on voit, s’il y a un bon départ, que malgré cela déjà, une certaine faiblesse et un manque de foi se manifestent. Et quand nous lisons tout ce premier chapitre où l’on voit des victoires mais aussi bien des défaillances, des victoires incomplètes, on voit aussi à plusieurs reprises que l’Éternel a été avec eux. Quelle grâce que, malgré toute la faiblesse de ce peuple, l’Éternel ne les abandonne pas !
Et c’est le premier mot du chapitre 2 du livre des Juges : « l’Ange de l’Éternel monta ». Voilà ! Ce dont nous avons toujours besoin, c’est de jouir de la communion avec le Seigneur Jésus, avec Dieu, de jouir de sa présence. Et cette présence, cette communion, elles nous sont assurées. Le Seigneur est le même, et Il ne nous abandonne jamais. C’est nous qui, trop souvent, pouvons détourner nos regards de sa personne pour les fixer sur d’autres objets. Mais l’Ange de l’Éternel est toujours là pour conduire son peuple.
Une autre remarque d’ordre plus général sur l’importance de la lecture de l’Ancien Testament et comment nous avons à lire et à retenir les instructions de ce livre. Romains 15. 4 : « Toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance ».
Il y a donc dans ces pages, comme dans toute page des écritures de l’Ancien Testament, une instruction à retirer. Il y a une différence d’époque, on dit aussi de dispensation, ce qui fait qu’on n’applique pas ces pages à la lettre, mais on en retire l’esprit. C’est ce que nous lisons aussi : nous sommes des administrateurs, c’est ce qu’on trouve en 2 Corinthiens 3. 5 : « notre capacité vient de Dieu, qui nous a rendus propres aussi pour être des ministres de la nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’esprit, car la lettre tue, mais l’Esprit vivifie » (2 Cor. 3. 5 et 6).
Ainsi le Saint Esprit, veut nous conduire pour que nous recevions l’instruction de ces pages de l’Ancien Testament. Une instruction pour que que « … par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance » (Rom. 15. 5), l’Écriture nous conduit à la patience et nous donne des consolations ; et c’est bien ce que l’on trouve en particulier dans le livre de Ruth qui prend sa place historiquement et chronologiquement pendant le temps des Juges (voir ch. 1. 1), mais qui donne une porte d’espérance.
Un autre passage que nous voulons souligner concernant l’application que nous devons porter aux écrits de l’Ancien Testament, c’est un passage dans la première épître aux Corinthiens chapitre 10. 11 : « Or toutes ces choses leur arrivèrent comme types, et elles ont été écrites pour nous servir d’avertissement, à nous que les fins des siècles ont atteints ». Ces choses leur sont arrivées à eux comme types, elles ont été écrites pour nous, pour nous avertir.
Et cela rejoint sans doute cette pensée qui a été exprimée dans plusieurs prières : ces types reflètent ce que nous sommes, et nous instruisent quant à ce que nous sommes, et placent devant nous les dangers auxquels nous sommes exposés, et aussi les ressources que Dieu veut nous donner. Ce sont des avertissements, et ils sont pour nous dans ce temps où les fins des siècles nous ont atteints.
Le cœur de l’homme n’a pas changé, l’histoire de l’homme sur la terre a évolué, nous sommes dans des temps différents, à l’époque de la grâce et non plus sous la loi, mais il y a là des avertissements pour nous et nous devons en retirer ainsi des leçons. Il y a donc dans ces pages une instruction spirituelle et une instruction morale auxquelles nous devons faire attention.
On a souligné encore le contraste entre le livre de Josué et celui des Juges. On pourrait dire aussi que le livre de Josué est caractérisé par un lieu et celui des Juges par un autre lieu. Et c’est ce que nous trouvons au début de notre lecture.
– Le livre de Josué est caractérisé par Guilgal, la mise de côté de la chair, de ce qu’est l’homme dans sa nature. C’est l’image que nous en avons. C’est la circoncision ; et quand la chair est mise de côté, on va de victoire en victoire, non pas par ses propres forces mais parce que Dieu a agi en faveur de son peuple, en faveur des siens, pour donner la victoire. Et on voit cela dans plusieurs pages de l’Écriture où il est bien dit que ce n’est pas l’épée d’Israël qui a remporté la victoire mais Dieu qui était allé au-devant d’eux. Cela apparaît d’une façon claire dans la conquête de Jéricho.
– Le livre des Juges est caractérisé par un autre lieu, Bokim, c’est le lieu des pleurs. Et ils pleurent ; pourquoi ? Parce qu’ils ont manqué de foi pour s’approprier les bénédictions que Dieu donne, et ce manque de foi fait qu’on a perdu quelque chose que Dieu voulait nous donner et qu’on ne peut pas retrouver.
Ce manque de foi apparaît clairement dans le chapitre 1 de ce livre des Juges. On a souligné cette façon de faire de Juda qui fait appel à Siméon. C’était son frère – faire appel à un frère dans une circonstance difficile, est-ce qu’il peut y avoir quelque chose de mauvais en cela ? Absolument pas ! Mais il y avait sans doute ce manque de foi chez Juda pour aller avec la puissance du Seigneur uniquement, au lieu de s’appuyer sur son frère qui, tout spirituel qu’il soit, n’était quand même pas le Seigneur.
Et puis, si on lit attentivement ce premier chapitre, on voit que les victoires ne sont que partielles, il y a des lieux qui ne sont pas conquis parce qu’on a peur des chars de fer (1. 19). Benjamin dépossède le Jébusien à Jérusalem, mais il ne le dépossède pas en entier – c’est assez frappant : Jérusalem était le lieu où Dieu voulait faire habiter son nom – ils ont été à la porte de ce lieu et ils ne l’ont pas conquis. Ils durent attendre pratiquement quatre cents ans pour que ce lieu soit bien habité. Ce manque de foi pour s’approprier ce que Dieu avait donné parce qu’on a craint les chars de fer, parce qu’on a craint la puissance de l’ennemi, fait que l’Ange de l’Éternel doit monter de Guilgal à Bokim.
On souligne ce fait que Dieu n’abandonne pas son peuple, mais Il le laisse apprécier les conséquences de son manque de foi. Et c’est quelque chose que nous devons retenir. On ne peut pas revenir en arrière, bien qu’il faille que nous apprenions ce que signifie Guilgal. Mais il y a dans les circonstances qui concernent le peuple de Dieu, et l’assemblée aujourd’hui, des choses qui nous font pleurer. Il n’est pas dit que le Seigneur va rétablir ce qui était au commencement, mais Il veut nous apprendre à discerner quel est son chemin dans les circonstances auxquelles nous sommes parvenues.
Une remarque encore concernant les livres de Josué et des Juges. Nous avons été enseignés autrefois par nos prédécesseurs et c’est la grâce du Seigneur, c’est tout. Le livre de Josué, nous disaient-ils, c’est l’épître aux Éphésiens : Christ est dans le ciel ; l’Esprit de Christ combat en moi, à travers ce que je suis, pour que je m’empare du bonheur du ciel. Le bonheur du ciel, c’est Jésus. Mon bonheur présent, le vrai, le seul, c’est Jésus.
L’épître aux Éphésiens, le livre de Josué, la conquête. Le pays m’est donné, et je dois combattre, par la foi les murs de Jéricho sont tombés. Les fils d’Israël revenaient toujours à Guilgal. On a demandé dans une prière la mise à mort de la chair. C’est fondamental. Et puis ce livre des Juges, on nous l’a enseigné, c’est la seconde épître à Timothée.
Chers amis, l’Ange de l’Éternel monte de Guilgal à Bokim. Aujourd’hui la Parole se fait encore entendre. C’est Jacques qui nous le dit dans son épître : « Sentez vos misères, et menez deuil et pleurez » (Jac. 4. 9). Pourtant là, il y a le sentiment de ce que nous avons fait, que nous n’avons pas été à la hauteur de ce que Dieu attendait et pourtant, on l’a remarqué dans la lecture, ils ont sacrifié à Bokim. Il y a ce qui demeure, la fidélité de notre Dieu. Jésus dans le ciel est notre joie, Il est notre force, Il est notre victoire.
Josué est mort et le peuple est laissé à lui-même. Et quelque part, pour nous aussi, on peut dire que nous sommes laissés à nous-mêmes. Nous avons réellement à nous l’appliquer à nous-mêmes Deutéronome 31. 6 : « Fortifiez-vous et soyez fermes, ne les craignez pas, et ne soyez point épouvantés devant eux ; car c’est l’Éternel, ton Dieu, qui marche avec toi ; il ne te laissera pas et il ne t’abandonnera pas ».
Et combien ces paroles sont pour nous, et nous avons besoin de nous les approprier. Nous avons dit tout de suite que Juda s’est appuyé sur Siméon. C’est sur Dieu seul que nous pouvons nous appuyer. L’Éternel de l’Ancien Testament, c’est le Seigneur Jésus.
Et nous avons besoin de le réaliser et de nous l’approprier, autrement nous serons épouvantés par tout ce qui est devant nous. Et cela a été le cas de ces fils d’Israël. Moïse dit à tout Israël : Fortifiez-vous. Le chapitre 31 du livre du Deutéronome jusqu’à ce verset 6 est plein d’instructions pour nous. L’Éternel, ton Dieu est celui qui marche avec toi : c’est avoir le sentiment de sa présence.
Dans ces livres de Josué, Juges, Ruth, et le début du livre de Samuel, la situation en Israël est la suivante : Dieu est le chef. Il n’y en a pas d’autre.
Il y a des serviteurs qui sont donnés : Josué, ensuite les juges, mais ce sont des serviteurs qui sont à leur place, la place que Dieu leur donne. Nous avons une analogie très importante quant au rassemblement : nous sommes réunis sur le principe de l’unité du corps, c’est-à-dire dépendants du Seigneur Jésus, chef (tête) sur toutes choses à l’assemblée (Éph. 1. 22). C’est ce qui est reconnu.
Dans ces livres nous avons des instructions pratiques pour l’assemblée. Nous avons différents cas qui nous sont donnés, nous avons des cas heureux dans le livre de Josué, à savoir des cas où on s’appuie sur Dieu, où on se laisse conduire par Dieu ; et puis d’autres cas, où l’esprit humain entre en lice, et alors cela produit toujours la détresse. Et il est très important que nous ne nous trompions pas. Il est très facile de nous emparer des choses, par exemple dans ce que nous avons là devant nous, c’est très facile de parler et dire : nous pleurons sur des situations, nous déplorons telle situation mais comment les déplorons-nous ?
Il y a deux manières : il y a la manière charnelle de déplorer la situation, les choses ne sont pas comme nous voulons, les choses ne sont pas comme nous aimerions qu’elles soient ; et puis il y a l’autre manière, c’est une manière entre nous et le Seigneur, il y a là réellement des larmes. Que de fois on entend les choses présentées d’une manière théorique – mes frères et sœurs gardons-nous de cela ! Si nous ne savons pas pleurer devant le Seigneur, nous ne sommes même pas à la hauteur des Israélites dans ce livre. Que le Seigneur nous amène à plus de sérieux, plus de réalité dans notre vie pratique.
Dieu souligne aussi qu’Il est là, qu’Il n’a pas abandonné son peuple. D’ailleurs il y avait beaucoup de points qui, pour le peuple, devaient être des souvenirs vivants, qui devaient rester. On se rappelle bien ce que Josué avait dit : « Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel » (Jos. 24. 15). Cela, c’était le grand exemple que le peuple avait devant lui. Et à ce moment-là, Josué avait dit aussi : « Choisissez aujourd’hui ». Choisissez ! Vous avez un choix à faire. Dieu avait permis à Josué de dire ces choses-là au peuple.
Après, Josué avait rappelé au peuple quelles étaient les paroles de l’Éternel, et même érigé une pierre qui devait leur rappeler tout le temps que l’Éternel avait parlé, et que ses paroles étaient des paroles de vérité, et qu’Il attendait d’eux qu’ils les suivent vraiment. C’est un témoignage.
Le deuxième témoignage, nous le voyons ici : « L’Ange de l’Éternel monta de Guilgal à Bokim » (Jug. 2. 1). Donc, l’Ange de l’Éternel paraît être resté à Guilgal. Le peuple était aussi dans leur contrée qu’il avait héritée de la part de Josué, qui avait donné les parties pour le peuple, d’où ils devaient aussi chasser les habitants. Mais l’Ange de l’Éternel paraît être resté à Guilgal pour montrer que c’est là la place où ils allaient trouver sa présence. Nous ressentons la présence de notre Seigneur seulement quand nous avons la chair mise à mort. C’est cela que le premier verset nous apprend.
C’est à Guilgal que l’Ange de l’Éternel était. Maintenant Il monte à Bokim, et alors l’Ange de l’Éternel parle encore. C’est encore un témoignage : « Je vous ai fait monter d’Égypte », et qu’est-ce que c’était d’être sorti d’Égypte ? Cela devrait toucher le cœur du peuple. Il les avait conduits à travers la mer Rouge, Il les avait sauvés de la puissance du Pharaon d’Égypte, Il leur avait fait traverser le désert – ce n’est pas mentionné ici – et Il les avait fait entrer dans le pays.
Et Dieu leur dit : Écoutez ! Je suis le vrai Dieu, ce que je vous avais promis, je l’ai fait. Et alors – n’est-ce pas un appel qui nous touche ? Dieu devait dire, Malheureusement, quant à votre côté de l’alliance : « vous n’avez pas écouté ». Il semble aussi que les sentiments de l’Ange de l’Éternel deviennent visibles ici. Et ces sentiments trouvent maintenant, heureusement, un écho dans le cœur du peuple. On pourrait dire, l’Ange de l’Éternel a été attristé à cause du peuple, et maintenant le peuple commence à pleurer. Voilà l’effet quand Dieu parle.
Espérons que Dieu arrive aussi à avoir un tel effet dans nos cœurs. Il nous voit, Il nous montre, Il nous dit aussi ce qu’Il pense de nous. Sa Parole est pleine d’instructions nous concernant. Et alors, est-ce que nous suivons aussi ce que Dieu pense de nous, est-ce que nous nous soumettons et cherchons à nous humilier devant Lui de tout notre cœur ?
Les sentiments de l’Éternel apparaissent clairement dans cette expression de la fin du v. 2 : « Pourquoi avez-vous fait cela ? ». C’est une parole qui nous touche profondément. Dans ce verset 2, il est dit : « et vous, vous ne traiterez point alliance avec les habitants de ce pays, vous démolirez leurs autels. Et vous n’avez pas écouté ma voix. Pourquoi avez-vous fait cela ? ».
L’Éternel avait donné des instructions très précises quant à la conduite du peuple à l’égard des habitants du pays. Deutéronome 18. 9 à 12 : « Quand tu seras entré dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne, tu n’apprendras pas à faire selon les abominations de ces nations : il ne se trouvera au milieu de toi personne qui fasse passer par le feu son fils ou sa fille, ni devin qui se mêle de divination, ni pronostiqueur, ni enchanteur, ni magicien, ni sorcier, ni personne qui consulte les esprits, ni diseur de bonne aventure, ni personne qui interroge les morts ; car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Éternel ; et à cause de ces abominations, l’Éternel, ton Dieu, les dépossède devant toi ».
Dieu avait donné un tableau très précis de l’état spirituel du peuple cananéen qui habitait le pays. Il ne fallait pas traiter alliance avec eux, il fallait les détruire. « Et vous n’avez pas écouté ma voix », dit l’Éternel. « Pourquoi avez-vous fait cela ? » C’est une instruction de toute importance pour nous. Dieu ne cache pas, Il ne nous a pas caché l’état moral du monde. La Parole le décrit. Et elle nous dit que les hommes iront de mal en pis (2 Tim. 3. 13), et ne nous trompons pas sur l’appréciation que nous pouvons avoir des choses qui sont dans le monde, pour nous en séparer.
Le peuple avait à détruire les habitants. Nous ne sommes pas appelés à porter des jugements, mais à nous séparer du monde ; et on peut dire que l’introduction au milieu de nous des principes qui régissent le monde, c’est ce qui amène la ruine. Et le Seigneur peut nous dire : « Pourquoi avez-vous fait cela ? ». Que nous ayons davantage conscience de ce qui caractérise le monde dans son état moral que Dieu condamne !
Parfois nous nous lamentons de l’évolution de ce qui se passe dans le monde. Mais en fait ce n’est que le chemin logique de ceux qui ont rejeté Christ, et Dieu n’avait pas caché l’état moral du monde, ni qui est son chef. Avant de partir à la croix le Seigneur a dit : « Le chef du monde vient, et il n’a rien en moi » (Jean 14. 30). Il ne peut pas y avoir de lien entre ce qui est de Christ et ce qui est du monde, et notre responsabilité est de nous en séparer.
Si nous laissons le monde entrer dans nos cœurs, dans nos maisons, si nous laissons ses principes dans une certaine mesure agir au milieu de nous, cela nous conduit à la ruine. Et ces principes, nous pouvons les laisser agir de plusieurs façons. C’est, par exemple, donner place aux relations de famille dans l’administration de l’assemblée – c’est un principe qui est du monde ; laisser place à des considérations humaines, c’est aussi un principe qui est du monde, alors que nous sommes appelés à être conduits par l’Esprit de Dieu. Que le Seigneur nous aide – on ne veut pas aller trop loin – à discerner ce qui amène la ruine, non pas pour avoir des esprits critiques, mais pour discerner où est le remède pour trouver, dans un temps de ruine, un chemin qui correspond à ce que Dieu désire.
C’est ce que les juges ont fait. On l’a vu à la fin de notre lecture dans cet exemple d’Othniel, fils de Kenaz : il avait réglé sa propre vie, c’était un homme de foi, et un homme qui s’emparait des bénédictions que Dieu lui avait données pour lui-même ; et à ce moment-là il a pu être un serviteur fidèle, pour engager le peuple dans le chemin de la foi et mener le peuple à combattre contre cet ennemi qui avait envahi le pays, et remporter une victoire.
Nous ne sommes pas appelés à rétablir ce qui était au commencement, nous pouvons remporter par la puissance du Seigneur des victoires sur l’ennemi qui cherche à nous entraver dans notre course afin, non pas que nous retrouvions la situation des temps d’autrefois, mais que nous puissions jouir des bénédictions et honorer le Seigneur dans notre marche.
Nous avons ici à bien nous souvenir qu’il y a une différence importante entre ce qui est placé devant nous dans le premier chapitre du livre des Juges et l’instruction que nous avons dans le deuxième chapitre. Dans le premier chapitre, il est question de la situation extérieure des fils d’Israël, leur conduite extérieure. On en a dit un mot, mais nous pouvons juste souligner que, dans les combats qu’ils réalisent, il y a deux endroits qui sont mentionnés : Jérusalem et Béthel.
C’est quand même extrêmement significatif de voir que les combats que les fils d’Israël doivent mener concernent Jérusalem, le lieu où Dieu veut habiter ou pour nous là où Christ est le centre, et Béthel, la maison de Dieu. Et quand nous considérons, dans ce premier chapitre du livre des Juges, la façon dont les fils d’Israël ont mené de manière partielle ces combats, nous comprenons combien nous sommes enseignés à donner au Seigneur toute la place, non seulement dans nos vies mais dans l’assemblée. C’est Lui qui est le centre, c’est Lui qui est le Seigneur, c’est de Lui que tout découle. Si nous ne laissons pas au Seigneur toute la place, nous connaissons le déclin et la ruine.
Concernant la maison de Béthel, la maison de Dieu, nous voyons comment ces fils d’Israël ont voulu entrer dans Béthel en faisant appel à une connaissance humaine qui voulait les enseigner. L’enseignement des hommes est totalement inutile pour entrer dans la maison de Dieu.
Dans le chapitre 2 du livre des Juges, c’est l’état intérieur des fils d’Israël, du peuple d’Israël, qui est placé devant nous. Et c’est quelque chose d’extrêmement sérieux, parce qu’il y a ce que nous pouvons vivre extérieurement, ce que nous pouvons manifester extérieurement, ce qui peut être vu ; mais ce qui est fondamental – c’est la source de tout – c’est notre état intérieur. Si nous vivons quelque chose extérieurement, est-ce que c’est l’intérieur de nous-même qui produit en nous ce qui est visible ?
Concernant les fils d’Israël, il y a un lieu où l’Ange de l’Éternel se trouvait, Guilgal, qui est le lieu où, dans le livre de Josué, le peuple se trouve et remporte la victoire ; et nous arrivons à Josué 10. 15 : « Josué, et tout Israël avec lui, retourna au camp, à Guilgal ». Et à partir de ce moment-là – sauf au chapitre 14 concernant Caleb – le peuple ne retourne pas à Guilgal.
Et quand nous lisons le premier verset de Juges 2, l’Ange de l’Éternel est à Guilgal, mais le peuple n’y est pas. Guilgal est le point de départ et la source de toutes les victoires. Concernant notre état intérieur, c’est la source de toutes nos victoires. Si nous ne nous tenons pas à Guilgal, nous serons défaits comme les fils d’Israël ont connu la défaite. Ce lieu de Guilgal a une signification fondamentale pour notre vie individuelle de tous les jours. C’est le lieu où nous devons nous tenir continuellement, et c’est là la source de toute la force, de tout le discernement, de toute la sagesse, pour résister aux sollicitations du monde, aux sollicitations de Satan.
Ce n’est pas en établissant des règles, en disant : – Nous ne devons pas faire ceci vis-à-vis du monde, nous ne devons pas aller à tel endroit, mais c’est dans la mesure où nous réalisons la signification de Guilgal qu’alors la sagesse nous sera donnée, et nous remporterons les victoires concernant le monde et tout ce qui nous concerne dans notre vie de tous les jours. Nous avons besoin d’y revenir pour vivre cette mise de côté totale de notre vieille nature. . Nous ne voulons pas insister là-dessus, mais cet enseignement est fondamental.
Nous savons bien qu’il y a deux aspects : les fils d’Israël ont traversé le Jourdain dont la signification est la mise à mort de notre vieille nature à la croix, et puis il y a la réalisation pratique, la circoncision de cœur et de chair, qui fait que nous mettons de côté notre vieille nature et que nous vivons dans la puissance du Saint Esprit en nouveauté de vie.
Et il est frappant, de lire dans ce premier verset de Juges 2, que l’Ange de l’Éternel monta de Guilgal à Bokim. En général dans la Parole c’est toujours un aspect positif de s’élever, mais dans ce verset il y a une autre instruction : l’Ange de l’Éternel est obligé de monter de Guilgal à Bokim. Le peuple n’était plus à Guilgal, alors l’Ange va où se trouve le peuple, à Bokim et il faut monter parce que le peuple s’est élevé dans son cœur, il y a eu de la fierté et de l’orgueil dans son cœur.
Quand nous disons qu’il y a eu de la fierté et de l’orgueil dans le cœur du peuple, nous disons : dans mon cœur il y a eu de la fierté, il y a eu de l’orgueil, je me suis élevé et je suis passé de Guilgal à Bokim, et au lieu de connaître la victoire j’ai connu la défaite. À Bokim, que se passe-t-il ? On pleure, c’est une bonne chose de pleurer devant l’Éternel, mais cela ne donne aucune force, et ce n’est pas en pleurant que nous remportons des victoires.
La victoire, nous la remportons quand nous nous tenons à Guilgal, dans la présence de l’Éternel, de l’Ange de l’Éternel, du Seigneur Lui-même. Alors, nous l’avons dit, il y a toute la grâce du Seigneur, le peuple, les fils d’Israël sont à Bokim. Ils pleurent dans la misère qui est la leur, ils n’ont pas de force, ils sont dans la faiblesse, mais ils peuvent sacrifier à l’Éternel. Au milieu de la ruine qui est la nôtre, il nous est encore possible de nous trouver réunis autour du Seigneur et de sacrifier, d’apporter la louange. Quel Seigneur que Celui auquel nous avons à faire, qui ne nous met pas de côté à cause de nos infidélités, mais qui encore s’occupe de nous, et nous parle, et veut nous ramener à Guilgal !
La question qui est posée et dont on a déjà fait mention, « Pourquoi avez-vous fait cela ? », cette question est posée par l’Éternel Lui-même. C’est solennel et en même temps extrêmement encourageant que Dieu qui nous connaît, qui nous voit, qui nous aime, s’intéresse encore à nous individuellement et collectivement. Il y a des moments – et que le Seigneur veuille qu’il y en ait davantage – où nous entendons cette voix d’en haut nous parler à chacun : « Pourquoi avez-vous fait cela ? ».
Sans revenir trop longtemps sur le premier chapitre, nous voyons bien qu’un grand nombre de fois, il est écrit : « il ne déposséda pas ». Puis Israël habite au milieu de ces nations qu’il n’a pas dépossédées. Et ces nations habitent au milieu d’Israël. Si l’Amoréen ne permet pas de rester, puis chasse dans la montagne une tribu, il y a une dégradation visible qui aboutit à Bokim. Entre ces deux paroles de Dieu : « Pourquoi avez-vous fait cela ? », il y a entre cette parole de l’Éternel et ce qu’Il dit ensuite : « Et aussi j’ai dit : Je ne les chasserai pas de devant vous », il y a comme un silence dont nous avons besoin de profiter.
Il y a dans nos vies des moments où le Seigneur nous arrête d’une manière ou d’une autre par un verset, des circonstances. Nous avons besoin de nous arrêter, il nous faut nous arrêter pour écouter cette voix. Il y a beaucoup de jeunes ici qui rencontrent en tant que rachetés du Seigneur des moments tels que celui-là. Ils ont besoin, et nous qui avons un peu avancé combien plus, de s’arrêter, d’écouter. Nous pensons à ce verset du Cantique des cantiques : « Prenez-nous les renards, les petits renards qui ravagent les vignes, car nos vignes sont en fleur » (Cant. 2. 15).
Nous savons bien qu’il y a en chacun de nous des tendances à nous éloigner de Dieu, du Seigneur, la chair n’est pas tenue dans la mort – on l’a rappelé plusieurs fois. Lorsque nous éprouvons cette morsure du péché, cette voix du tentateur, cher jeune comme pour chacun de nous, que le Seigneur nous accorde la grâce de dire : Non ! Nous avons besoin de nous juger devant Dieu tous les jours, et d’une manière particulière bien sûr avant de nous présenter autour du Seigneur Jésus pour prendre part à ce qu’Il a préparé dans son amour pour nous afin que nous nous souvenions chaque premier jour de la semaine de ses souffrances et de sa mort expiatoire de la croix.
Nous avons besoin de nous arrêter, d’écouter, et de reconnaître où nous en sommes devant Dieu. C’est Lui qui voit notre cœur tellement mieux que nous. Et puis nous avons besoin de recevoir ce que Dieu nous dit, et sa Parole, et aussi Jésus, de nous courber devant Dieu en reconnaissant que c’est Lui qui est vrai et que nous, nous ne pouvons que bénéficier de ses avertissements, de sa grâce, Lui qui veut nous soutenir, nous fortifier et nous prendre, pour ainsi dire, par la main pour marcher après Lui. Oui, nous avons perdu bien des choses mais Dieu veut être là avec nous. Le Seigneur désire que nous ne restions pas loin de Lui. Le Seigneur est plein de grâce, de vérité.
Nous avons à avoir conscience de notre vrai état devant Lui et de marcher avec Lui. C’est là la part que Dieu veut pour nous, les pleurs sans doute mais en même temps la communion avec le Seigneur, les choses étant en ordre devant Lui et prenant la place qui est la nôtre, celle qu’Il nous a donnée. Bientôt ce sera la joie de la maison du Père avec le Seigneur Jésus. En attendant nous avons à marcher avec le Seigneur, un pas après l’autre avec Lui, comptant sur Lui. Il est fidèle : ce qu’Il a promis, Il l’accomplira.
Au sujet de pleurs dont il en est question ici au v. 4 : « Le peuple éleva sa voix et pleura » (Jug. 2. 4). Psaume 84. 5 : « Bienheureux l’homme dont la force est en toi, [et ceux] dans le cœur desquels sont les chemins frayés ! Passant par la vallée de Baca, ils en font une fontaine ; la pluie aussi la couvre de bénédictions » (Ps. 84. 5 et 6). Il faut pleurer. Dans le chemin, le croyant a à pleurer mais il a été dit tout à l’heure qu’effectivement ce ne sont pas les pleurs qui donnent de la force.
Nous trouvons les pleurs en méditant sur le chapitre 20 du livre des Actes où il est question des frères qui voient partir l’apôtre et versent beaucoup de larmes. Il y a cette situation-là, et puis il y a des pleurs qui sont bien regrettables parce qu’ils ne sont pas sincères. Nous connaissons la situation de Saül. Il a pleuré, Saül (1 Sam. 24. 17).
Les raisons de ces pleurs ne sont pas trop précisées, mais on peut craindre – et cela peut souvent être le cas pour nous – que ce soit des pleurs parce que bien sûr les conséquences de nos manquements produisent des corrections qui font souffrir.
Un frère avait eu à corriger son enfant qui s’est mis à pleurer, et le papa a dit : En fait il pleure parce qu’il a surtout mal à son amour-propre, mais pas tellement parce qu’il a pris conscience de la faute qu’il a commise. Et pour nous il y a cette sincérité que le Seigneur doit produire dans nos cœurs quand nous avons à pleurer sur un manquement. Et s’il y a cette sincérité – nous pouvons penser à l’exemple de Pierre qui a pleuré et ses pleurs ont été sincères -, il y a pu avoir la restauration après.
Que le Seigneur nous accorde de savoir pleurer sur nos manquements quand ils sont là, mais pleurer réellement, avec sincérité. David eut bien à pleurer, à mener deuil, à jeûner quand il a pris conscience de cette terrible faute qu’il avait commise. Dans le livre du Lévitique après que Nadab et Abihu aient présenté un feu étranger devant l’Éternel, « Moïse dit à Aaron, et à Éléazar et à Ithamar, ses fils : Ne découvrez pas vos têtes et ne déchirez pas vos vêtements, afin que vous ne mouriez pas, et qu’il n’y ait pas de la colère contre toute l’assemblée ; mais vos frères, toute la maison d’Israël, pleureront l’embrasement que l’Éternel a allumé » (Lév. 10. 6).
Moïse avait ainsi demandé à toute la maison d’Israël de prendre conscience de ce qui était arrivé, de la situation de Nadab et Abihu. Et donc, pour nous, il y a inévitablement dans le chemin des moments où nous avons à pleurer pour nos manquements personnels, comme David, comme Pierre. Que le Seigneur nous donne d’être sincères, de trouver les raisons de nos pleurs.
Et puis il y a peut-être des situations où le Seigneur nous a gardés, où nous vivons une bonne période, où nous sentons que nous sommes en heureuse communion – avec certainement quand même encore des choses à juger toujours -, mais où tout semble heureux ; et il se peut que l’on soit dans un rassemblement où peut-être il y a bien des circonstances tristes, qui font pleurer ; alors, combien nous avons besoin de réaliser ce que réalisaient des hommes comme Jérémie, comme Néhémie, comme Esdras, comme Daniel, qui n’étaient pas personnellement dans un mauvais état mais ils prenaient conscience de ce qu’il en était de l’état du peuple.
On a parlé de la question de la séparation et on peut voir que c’est exactement pour cette raison qu’Esdras est assis désolé, et prononce cette prière d’humiliation (au chapitre 9) parce que le peuple ne s’est pas séparé des peuples des pays, quant à leurs abominations. Voilà ce qui le faisait pleurer et ensuite adresser cette prière, comme l’ont fait aussi Daniel, Néhémie, nous le savons. Eh bien, que nous sachions que nous avons à mener deuil sur les situations dans les rassemblements en étant conscients que, de toute manière nous avons une part de responsabilité dans le déclin que nous pouvons constater, et s’il n’y a pas de force dans les pleurs, nous pouvons dire avec ces versets du Psaume 84 que nous avons lus : « Bienheureux l’homme dont la force est en toi ».
C’est là que nous pouvons trouver la force, même quand nous passons par la vallée de Baca – et il est précisé : « … dans le cœur desquels sont les chemins frayés ». C’est un cœur dans lequel Dieu, le Seigneur fraye son chemin à Lui. Il y a dans nos cœurs des obstacles constants qui font que nous ne marchons pas convenablement devant le Seigneur. Mais Il s’occupe de nous et fraye son chemin dans nos cœurs pour que les obstacles soient éliminés. Et en éliminant ces obstacles Il nous fait passer par des pleurs. Mais « ils en font une fontaine ; la pluie aussi la couvre de bénédictions ».
Après les pleurs, et la restauration qui peut ainsi intervenir puisqu’il y a confession et humiliation, il y a la fontaine. On peut penser à ce que dit le Seigneur en Jean 4. 14 : « celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais » – voilà la fontaine. L’eau vive est ici la Parole de Dieu rendue vivante par l’Esprit Saint qui est en nous.
Et plus loin dans ce même évangile de Jean, le Seigneur dit : « Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre », (or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui » (Jean 7. 38 et 39). Ils en font une fontaine, le Saint Esprit est là pour nous aider, nous encourager à persévérer, à tirer bien sûr les leçons de ce qui nous a fait pleurer.
Ensuite il y a la pluie, le secours d’en haut – nous savons aussi qu’il y a le Seigneur Jésus Lui-même, en haut, qui est notre avocat. C’est Lui qui a intercédé pour que nous puissions effectivement prendre conscience de nos manquements ; comme Il l’a fait pour Pierre, Il le fait aussi pour nous, et Il le fait même avant que nous manquions parce qu’Il sait ce qui va se passer. Et maintenant Il est aussi ce souverain sacrificateur qui est capable de sauver entièrement. Nous avons dans ces versets du Psaume 84, cette force qui revient après les pleurs, une fontaine et la pluie qui nous couvre de bénédictions.
Proverbes 28. 13 : « Celui qui cache ses transgressions ne prospérera point, mais celui qui les confesse et les abandonne obtiendra miséricorde ». Il peut paraître que le peuple, par les pleurs, montre une confession. Nous avons bien compris que les pleurs peuvent être des pleurs concernant les conséquences que nous devons supporter parce que bien des choses qui sont mauvaises, le mal que nous faisons, tout cela peut entraîner des conséquences. Nous pleurons peut-être sur les conséquences, mais il faut pleurer sur autre chose, il faut pleurer sur ce qui est dans notre cœur, ce qui est la source des maux qui sont là, dont nous souffrons.
Il est dit dans ce passage que ce n’est pas seulement confesser, mais aussi c’est abandonner. Et il est très important de voir ce deuxième côté. Nous pouvons bien confesser quelque chose, mais sommes-nous vraiment prêts à sonder nos cœurs pour dire : c’est là la faute, et je dois faire autrement ? Il faut le retour : ce que nous avons fait était mal, jugeons le mal qui est là. Et cela manque ici, on le remarque. Il apparaît qu’il y a des pleurs, peut-être une confession, mais y a-t-il un vrai retour ?
La suite du chapitre nous montre que ce n’est malheureusement pas le cas. Et cela nous parle aussi. Nous avons peut-être bien souvent confessé quelque chose, mais avons-nous pris aussi cette résolution ferme de faire autrement, de changer nos voies, de changer de direction, et de vraiment suivre la Parole de tout cœur et de ne pas croire : maintenant tout va bien ; parce que j’ai confessé, tout est en ordre. Et tout n’est pas en ordre si je ne prends pas la résolution et que je la suis dans la pratique pour changer de direction. C’est absolument nécessaire. Confesser et abandonner !
Nous devons tous rendre grâce à Dieu de ce que l’Ange de l’Éternel quitte Guilgal pour aller à Bokim, là où les enfants d’Israël étaient. Pourquoi ? Parce que Dieu veut leur retour, Dieu veut leur cœur, Dieu veut leur faire comprendre la distance qu’il y a entre les bénédictions qu’Il a pour eux et la situation qui est la leur maintenant. Et tant qu’ils n’ont pas fait ce chemin – et nous devons le prendre pour nous-mêmes – l’attente de Dieu est toujours là, le cœur du peuple est loin. On peut pleurer, mais qu’est-ce qu’on pleure ? Nous devons nous poser la question pour nous-mêmes.
En Hébreux 12. 17, il nous est dit d’Ésaü : « quoiqu’il l’eût recherchée avec larmes ». Qu’est-ce qu’il a recherché ? Le retour ? Non. Ésaü a recherché avec larmes la bénédiction qu’il avait méprisée et que Jacob lui avait prise (Gen. 27. 34 à 38).
Et ici qu’est-ce que le peuple recherche ? En Jacques 4. 8 à 10 : « Nettoyez vos mains, pécheurs, et purifiez vos cœurs. Sentez vos misères, et menez deuil et pleurez. Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera ». Il nous fera monter là où Il veut que nous soyons. Et il faut que nous fassions ce chemin. Les ressources sont là.
Nous avons parlé d’Esdras, de ce qu’il a fait, et nous avons besoin d’avoir un cœur comme le sien, qui sent le déshonneur porté sur le nom du Seigneur, qui sent la volonté de Dieu en faisant revenir Israël de la captivité, en lui redonnant ce qu’il avait presque définitivement perdu.
Et puis cette situation ressemble à la nôtre. Nous pouvons bien comprendre que pleurer ce que nous avons perdu, cela ne nourrit pas. Ce n’est pas ce que Dieu attend de nous. Il attend que nous revenions réellement. Il faut que nous le comprenions.
Une dernière chose aussi sur les pleurs, et elle nous concerne tous aussi. Actes 20. 31 : « C’est pourquoi veillez, vous souvenant que, durant trois ans, je n’ai cessé nuit et jour d’avertir chacun de vous avec larmes ». Il s’agit de l’assemblée. Que voyons-nous ? Sommes-nous indifférents ? Pleurons-nous ? Cherchons-nous à ce que les choses soient guéries ?
Nous avons vu la situation générale du peuple, ses raisons, et ce qu’en éprouvait le cœur de Dieu, avec cette expression que nous soulignons encore : « Vous n’avez pas écouté ma voix. Pourquoi avez-vous fait cela ? » (Jug. 2. 2). C’est une parole qui nous touche, et qui doit produire dans nos cœurs une réelle et profonde humiliation.
On a parlé des pleurs. Il y a différentes sortes de pleurs : il y a les pleurs de la repentance, ces pleurs amers qu’a versé Pierre après avoir renié le Maître, mais Pierre a abandonné sa mauvaise voie, et au début du livre des Actes il peut dire : « Vous, vous avez renié le saint et le juste » (Act. 3. 14). Comment aurait-il pu le dire s’il n’avait pas abandonné, comme cela nous a été souligné dans ce passage des Proverbes, sa mauvaise voie (Prov. 28. 13) ?
Puis il y a les pleurs parce qu’on a manqué une bénédiction, et ce sont les pleurs d’Ésaü. « (Car il ne trouva pas lieu à la repentance) », est entre parenthèses pour bien montrer que « quoiqu’il l’eût recherchée avec larmes » (Héb. 12. 17), c’est la bénédiction qu’il avait recherchée, et non pas la repentance. Si on cherche la bénédiction avec larmes, mais sans qu’il y ait la réelle repentance, Dieu ne peut pas bénir. Il faut qu’il y ait la repentance, la confession, et l’abandon de ses mauvaises voies.
Il y a aussi les pleurs dus à l’épreuve, et une épreuve n’est pas toujours une épreuve corrective, elle peut être formative, afin de nous amener à corriger des choses en nous-même et nous rapprocher du Seigneur. On peut bien dire que l’épreuve de Job lui a appris à connaître ce qui était dans son cœur et ce qu’était Dieu.
Puis, la suite du chapitre revient en arrière en parlant de Josué, et comment Josué avait renvoyé le peuple, chacun à son héritage, on trouve cela dans la deuxième partie du livre de Josué, où le pays est distribué par le sort, et chacun est responsable de prendre possession de son pays. Et il y a sans doute un enseignement pour nous tous. Il y a des frères qui nous ont enseignés, puis ces frères deviennent âgés, puis il vient un moment où le Seigneur estime que leur service est terminé et Il les reprend à Lui. Et alors ce qu’ils nous ont enseigné, ce qu’ils ont placé devant nous, nous avons à nous l’approprier, donc à prendre possession de ce que sont nos bénédictions.
Et une chose importante que nous disons, c’est que nous les aînés nous ne pouvons pas prendre possession pour vous les plus jeunes. Il faut que vous vous empariez de ce que la Parole nous dit, que vous la fassiez vôtre, qu’elle s’imprime dans vos cœurs, et que vous en retiriez le profit pour vous-même. Ce qui peut être la part des plus âgés, c’est de vous conduire (si le Seigneur nous l’accorde), vous montrer le chemin, mais nous ne pouvons pas prendre possession pour vous.
Josué avait conduit le peuple, il avait distribué le pays en parts d’héritage, et puis le Seigneur l’a repris, son service était terminé. Ceux qui avaient vu l’œuvre ont continué dans cette même voie, et puis il y eut un jour où le Seigneur a retiré ces anciens en Israël, et le peuple s’est tourné – vers quoi ? vers le Seigneur pour prendre possession des bénédictions qui ont été leur part ? Non, ils se sont tournés vers les Baals et vers les Ashtoreths, vers les idoles.
Ils ont peut-être joui un temps de la bénédiction qui était accordée par la présence de ces anciens, mais ils n’y ont pas mis leur cœur, ils ne s’en sont pas emparé, et alors leur foi a dévié, et c’est une chose qui est là pour notre enseignement à tous. Nous le disons avec affection pour nos plus jeunes, vous avez besoin de vous emparer pour vous-même de ces bénédictions spirituelles qui nous sont révélées dans la Parole de Dieu, de les faire vôtres, et non pas seulement de profiter de l’enseignement qui vous est donné, d’en jouir – on jouit d’une réunion, on jouit du rassemblement – mais il faut s’en emparer pour soi-même parce que, si on n’en jouit que passagèrement, on risque de se tourner ensuite vers des choses vaines, des idoles, ce que la Parole appelle ailleurs des vanités mensongères (Jonas 2. 9).
Le peuple s’égare, alors Dieu laisse faire et les livre dans la main des pillards ; et nous avons tout ce paragraphe de la fin du chapitre 2, qui nous montre comment le peuple s’est égaré et, malgré cela, les soins de Dieu à son égard, car l’Éternel leur suscitait des juges pour les délivrer.
Dieu suscite bien des fois des frères pour nous enseigner et nous sortir de notre état de torpeur, de négligence, de cet état qui fait qu’on s’attache aux choses du monde au lieu de s’attacher aux vraies valeurs, à ce qui est vraiment la vie, à ces trésors que nous avons dans la Parole de Dieu.
Nous voyons que la première chose, c’est qu’ils ont transgressé l’alliance que Dieu avait faite avec eux, et on voit que cette transgression les amène à contracter des alliances contraires à la pensée de Dieu. On verra au chapitre 3 ces alliances par mariage avec les filles du pays, de ceux qu’il aurait fallu exterminer. Il y a là tout un enseignement pour nous, un enseignement moral, un enseignement spirituel que nous recevons, et auquel nous désirons être attentifs pour nous-même et nous rendre attentifs les uns aux autres.
Que le Seigneur nous donne d’y prendre garde. Ce sont des enseignements, nous le comprenons, qui sont tout à fait d’actualité pour nous, et des enseignements que nous désirons recevoir de la main du Seigneur pour les garder dans nos cœurs. On cite encore ce qu’on trouve au Psaume 119. 11 : « J’ai caché ta Parole dans mon cœur, afin que je ne pèche pas contre toi ». Je ne l’ai pas cachée dans ma tête, dans mon intelligence, mais dans mon cœur. Et cette expression montre bien que nos affections, les affections profondes de nos cœurs, doivent être engagées pour le Seigneur.
Nous avons et les uns et les autres à avoir à faire à Dieu, chacun pour soi-même. Autrefois, nous avons entendu un serviteur, quand nous étions jeunes, qui nous disait ceci : « Que de fois le Seigneur se sera servi de la souffrance pour entrer dans un cœur ».
Et quand on lit, ne serait-ce que la fin du v. 15 : « Et ils furent dans une grande détresse », oui ils étaient coupables, ils avaient abandonné le Seigneur. Peut-être extérieurement aujourd’hui, voilà, on continue son chemin, on va à la réunion, on essaie d’être fidèle, de ne pas manquer une seule réunion. Pourquoi ? À cause de la présence du Seigneur Jésus. Mais qu’est-ce qu’il y a dans mon cœur ? Est-ce que je vais à la réunion pour Lui réellement ?
Alors bien sûr, tout ce qui vient d’être rappelé, c’est ce que nous avons dans ces versets. Dieu veut nous placer dans sa lumière. « À bénir, Il se complaît ». Mais pour qu’il y ait l’accomplissement de ses promesses d’une manière effective, il faut qu’on apprenne à se tenir devant Lui comme il convient. Il faut bien se souvenir que l’homme n’est rien, rien ! Christ est tout.
Il faut quelquefois passer par cette grande détresse pour abandonner les choses du monde. Un cher serviteur l’a dit autrefois : au jour de notre conversion, avec le Seigneur devant soi, les choses du monde on les a toutes balayées. C’est sa grâce qui a produit cela. Et puis les semaines ont passé, des mois, des années quelquefois, et puis on a repris une chose à droite, et puis on a repris une chose à gauche. Et le Seigneur peut nous laisser. On a parlé de ce fait qu’Il ne nous abandonnait jamais. Dans son cœur, le Seigneur ne nous abandonne jamais mais dans ses voies gouvernementales, Il peut nous abandonner. « L’Éternel est avec vous quand vous êtes avec lui ». C’est écrit ! (2 Chron. 15. 2). On dira : c’est l’Ancien Testament. C’est écrit. « Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner » (2 Tim. 3. 16) et il est dit dans ce même passage de 2 Chroniques : « si vous l’abandonnez il vous abandonnera ». Ah oui, la Parole ne se contredit jamais !
Un jour, l’Éternel a dit à son serviteur Jacob : « Je ne t’abandonnerai pas jusqu’à ce que j’aie fait ce que je t’ai dit » (Gen. 28. 15). Jacob, je ne t’abandonnerai jamais. Mais pendant vingt ans tu vas pleurer. Vingt ans ! Voilà les voies gouvernementales de Dieu : Tu vas pleurer ! Dieu ne l’a pas abandonné car dans son cœur il était pour Lui, mais dans ses voies il était contre Lui. Et à la fin de sa vie, le résultat est qu’ « Appuyé sur le bout de son bâton », il est mort en adorant (Héb. 11. 21). Le travail de la grâce de Dieu !
Nous encourageons encore chacun de nos jeunes ici, chacun de nos enfants, de nos petits-enfants. Chacun pour vous-même, ayez à faire avec le Seigneur Jésus, ouvrez-Lui votre cœur, dites-Lui tout ce qui pèse. Il répondra toujours. Il est saint, Il est amour, Il est fidèle. Quelle grâce de savoir que pour les siens Il aura toujours le dernier mot.
Mais ressaisissons-nous. Nous pouvons peut-être perdre notre course, ne pas l’achever, mais notre place est assurée dans le ciel, c’est sûr ! Mais, comment allons-nous y entrer ? Est-ce que cette entrée nous sera richement donnée ? Chers frères et sœurs, chère jeunesse, ayons à faire au Seigneur pour nous-mêmes, donnons-Lui chaque jour dans notre vie, dans notre cœur la première place. Qu’est-ce que nous verrons dans notre vie ? Parce que dans la mesure de ce qu’Il nous donnera, Lui, nous aurons eu à faire avec Lui, nous aurons eu sa gloire devant les yeux. Il fera pour nous déjà présentement des merveilles. Parce qu’Il est fidèle, Il ne peut pas se renier Lui-même. Ce qu’Il a dit, Il l’accomplira toujours.
Dans les versets 6 à 9 de ce deuxième chapitre du livre des Juges, nous avons probablement la dernière mention de Josué. Il est à la fois un type de Christ, et un serviteur qui marchait dans la puissance de l’Esprit. Nous avons lu dans le premier paragraphe l’état dans lequel se trouvaient les fils d’Israël qui ont abandonné Guilgal pour se trouver à Bokim, le lieu des pleurs, avec ce que l’Éternel a pu leur dire. Il semble que là, les fils d’Israël soient arrivés dans un état le plus bas possible.
Mais voilà que dans sa grâce, l’Éternel place encore devant eux Josué, et ce qui s’est passé dans les jours de Josué. Nous sommes dans un temps de misère, de déclin, mais gardons-nous de nous nourrir de ces paroles. Nous en sommes, et nous devons en être, pleinement convaincus, et ce n’est pas en répétant que nous sommes dans le déclin que nous allons en sortir. Mais dans sa grâce, alors que les fils d’Israël sont dans la misère la plus complète, voilà que l’Éternel vient placer devant eux Josué et l’œuvre que Josué a accomplie devant eux.
Pour nous, c’est toujours la même ressource. Où que nous en soyons dans notre état individuel ou collectif, nous avons toujours devant nous la personne du Seigneur Jésus et ce qu’Il a accompli. Quelle grâce que le Seigneur prenne soin de nous rappeler cela continuellement. Dans ces versets, il nous est dit : « Et le peuple servit l’Éternel tous les jours de Josué, et tous les jours des anciens dont les jours se prolongèrent après Josué, et qui avaient vu toute la grande œuvre de l’Éternel » (Jug. 2. 7).
Il a permis qu’il y ait des serviteurs qui accompagnent Josué, et qui puissent rendre témoignage de ce que Josué avait accompli. Nous avons rappelé combien nous sommes privilégiés d’avoir eu avant nous des générations qui nous ont enseigné la vérité et toutes les beautés de la personne du Seigneur Jésus.
Puis dans ce paragraphe, Josué est retiré et il est mentionné, non seulement la mort de Josué mais que Josué a été enterré, et le lieu où il a été enterré : v. 9, à Thimnath-Hérès. En Josué 24. 29 et 30, il est aussi question de la mort de Josué, de son enterrement, et il nous est dit : « Et on l’enterra dans les limites de son héritage, à Thimnath-Sérakh ». Et d’après ce que nous avons appris, ces deux lieux, Thimnath-Sérakh et Thimnath-Hérès, sont l’endroit où Josué a été enterré, et ces deux noms ont une signification différente : Thimnath-Sérakh signifie héritage abondant, et Thimnath-Hérès portion de terre.
Alors quand le peuple était autour de Josué, qu’ils ont vu Josué partir et qu’ils l’ont enterré, se souvenant de Josué ils avaient devant eux un héritage en abondance, et puis quand le peuple est tombé dans la misère, dans la ruine, dans le déclin, ce lieu n’était qu’une portion de terre. L’héritage que nous avons reçu, l’héritage que nous avons dans la Parole de Dieu, pour nous qu’est-ce qu’il est ? Un héritage en abondance, ou une portion de terre misérable, qui ne vaut pas la peine qu’on s’en occupe, et qu’on s’en préoccupe, et qu’on essaye de l’acquérir ? Nous voyons combien notre état a de l’importance pour nous faire apprécier, écouter les choses de Dieu.
Dans le paragraphe suivant, à partir du verset 10, alors : « Après eux, se leva une autre génération qui ne connaissait pas l’Éternel, ni l’œuvre qu’il avait faite pour Israël ». Quand on lit ce verset, on ne peut pas ne pas être saisi. Comment peut-il se faire qu’il y ait une génération qui ne connaisse pas l’Éternel ni l’œuvre qu’Il avait accomplie ?
Et nous comprenons bien que nous devons nous interroger pour nous-mêmes. Comment peut-il se faire qu’il y ait une génération qui ne connaisse pas le Seigneur et l’œuvre qu’Il a accomplie à la croix ? C’est sûr, probablement que tous, quel que soit notre âge, nous en avons entendu parler, et nous savons que le Seigneur est venu sur la terre. Dans un feuillet du calendrier de la Bonne Semence, il nous est dit qu’une personne a été frappée parce qu’au cours d’une rencontre avec un professeur, celui-ci lui a dit : « Dieu existe, et Jésus Christ est vivant » ; elle pensait que ça suffisait et qu’avec ça on était sauvé.
Il a fallu qu’elle entende une prédication pour qu’on lui dise : Oui Il est vivant, mais avant Il est mort à la croix. Nous voyons bien qu’il ne suffit pas de savoir que Dieu existe, que le Seigneur Jésus a été sur la terre, mais il faut Le connaître Lui dans sa divinité, dans sa perfection, dans l’œuvre expiatoire qu’Il a accomplie à la croix, pour pouvoir jouir de l’héritage qui est entre nos mains.
Alors on se pose la question : comment peut-on en arriver là ? Et nous avons toujours devant nous cette succession de générations. Nous avons entendu, déjà maintenant : une génération est là, elle enseigne ; une génération suit, elle écoute, elle reçoit. Ce que nous entendons, ce qui seulement peut être profitable à nos cœurs, c’est si nous l’entendons et le recevons par la foi. Nous avons besoin de nous approprier par la foi la vérité, tous les enseignements de la Parole de Dieu, et de discerner qui est le Seigneur, et quelle est l’œuvre qu’Il a accomplie.
Nous donnons un exemple pour souligner ceci : 2 Timothée 1. 5 : « me rappelant la foi sincère qui [est] en toi, et qui a d’abord habité dans ta grand-mère Loïs et dans ta mère Eunice, et, j’en suis persuadé, en toi aussi ». Nous avons là, dans ce verset, trois générations placées devant nous : la grand-mère de Timothée, sa mère et Timothée lui-même. Et le lien entre ces générations, c’est la foi. La foi de la grand-mère de Timothée qui lui a permis de s’approprier les pensées de Dieu, la mère de Timothée qui avait la même foi et a pu s’approprier les mêmes bénédictions. Timothée à son tour, a écouté et a eu la même foi.
Et nous avons besoin de recevoir par la foi ces enseignements, ces vérités, tout ce que contient la Parole de Dieu. Nous avons tous été enseignés, nous avons tous pu entendre au cours de réunions, l’évangile et la prédication de la Parole dans tout son ensemble. Dans nos maisons, nos parents nous ont enseigné, mais ni ce que nous avons entendu, ni ce que nos devanciers nous ont présenté, ni ce que nos parents nous ont répété jour après jour dans nos maisons, ils ne peuvent en aucune manière nous obliger à le recevoir. Il est indispensable qu’il y ait ce travail de la foi pour recevoir, pour croire, pour acquérir, pour vivre les enseignements de la Parole.
Et c’est dans cette mesure-là que nous pouvons connaître l’Éternel et l’œuvre qu’Il a accomplie. Et c’est bien parce que nous avons été défaillants à ce niveau-là que nous sommes dans l’état dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui. Nous voyons dans ce verset qu’on peut dire qu’il y a deux générations : une première génération qui a connu et qui enseigne, et puis une deuxième génération qui reçoit, et on voit que cette deuxième génération a été défaillante.
La question que nous devons nous poser est : À quelle génération appartenons-nous ? On pourrait dire que, même avancés en âge, nous appartenons aux deux générations, parce qu’il y a eu un moment où nos parents nous ont enseignés, nous avons entendu dans l’assemblée l’enseignement de la Parole, et nous avons sûrement manqué de la foi nécessaire pour recevoir et nous approprier toutes ces bénédictions. Alors ayant été défaillants à cette époque-là, nous avons peut-être changé de génération, mais, n’ayant pas su recevoir pour nous-mêmes comme il convenait tous ces enseignements, nous ne sommes pas aptes à les communiquer dans la puissance de l’Esprit, comme il convient. Nous sommes défaillants à toutes les générations.
Il ne s’agit pas de dire que la génération qui monte ne reçoit pas, mais nous sommes tous défaillants. C’est bien parce que nous ne savons pas enseigner comme il convient, que probablement la génération qui monte a plus de peine à recevoir cet enseignement. Laissons la Parole de Dieu nous sonder et nous montrer ce que nous sommes. Ne regardons pas à droite et à gauche, regardons à ce que nous sommes et à notre cœur.
Un exemple encore pour illustrer cette génération qui ne connaissait pas l’Éternel ni l’œuvre qu’Il avait accomplie, dans laquelle la foi était absente. L’exemple d’Abraham et de Lot. Abraham est appelé à quitter toute sa parenté ; Lot entend, regarde Abraham et le suit. Abraham descend en Égypte, Lot qui était avec Abraham le suit. Abraham remonte d’Égypte ; Lot remonte d’Égypte. Mais si le travail de cœur pour remonter d’Égypte s’était opéré dans le cœur d’Abraham, il ne s’était pas opéré dans le cœur de Lot.
Alors, quand arrive un moment où il faut choisir, Abraham a toute la foi nécessaire, toute la confiance en Dieu, et il laisse Lot choisir ; Lot regarde avec ses yeux, et les plaines, ce qui est agréable et qui plaît aux yeux, et c’est cela qu’il s’approprie. Voilà ce que c’est que ce manque de foi pour nous approprier tout ce que Dieu place devant nous et qui peut seulement nous garder dans un chemin où on peut L’honorer.
Une dernière pensée concernant ces versets : ces fils d’Israël ont d’abord servi l’Éternel, et puis ils servent les Baals. C’est quelque chose ! On peut commencer par servir Dieu, et puis on continue son chemin, et quelques années après on sert les Baals. C’est solennel ! Ils servent les Baals, et puis ils s’égarent progressivement. On s’arrête beaucoup à ces égarements progressifs, on en voit le côté extérieur, et dans le chapitre suivant, il est dit qu’ils prirent les filles des Cananéens pour femmes. C’est quelque chose de visible, c’est un moment où visiblement on s’écarte totalement de la pensée de Dieu.
Mais n’oublions pas que, dans ce chapitre 2 du livre des Juges, c’est le côté intérieur du cœur qui est mis en évidence. Et s’il arrive un moment où extérieurement on en vient à servir Baal et Ashtoreth et à se mêler au monde, c’est parce que, avant, dans notre cœur, il y a eu un éloignement de Dieu, et nous avons oublié les pensées de Dieu ; nous avons laissé les pensées du monde entrer dans notre cœur. Probablement nous sommes peut-être plus vigilants sur le côté extérieur. Nous savons bien qu’aujourd’hui il y a des endroits où il ne convient pas que nous allions. Cela, nous savons probablement le faire.
Est-ce que dans notre cœur nous sommes pleinement convaincus que la pensée de Dieu est que nous fuyions de tels endroits ? Nous ne mesurons pas comment l’ennemi accapare nos pensées et, accaparant nos pensées, chasse de nos esprits la pensée de Dieu, et nous ne sommes plus en accord avec celle-ci, nous ne sommes plus en harmonie avec elle. Et s’il y a un danger subtil aux jours d’aujourd’hui, c’est bien tout ce qui existe par les moyens électroniques qui sont développés d’une manière qui nous effraye.
Nous ne nous imaginons pas comment – appelons les choses par leur nom -, par les réseaux sociaux, l’ennemi arrive à captiver nos pensées et nous amener à nous égarer totalement. Et si nous en sommes arrivés ensuite à servir le monde, c’est parce que dans nos cœurs et dans nos pensées nous avons oublié la pensée de Dieu. Nous savons combien nous sommes fragiles et nous ne donnons de leçons à personne. C’est pour nous-même que nous recevons ces enseignements.
Nous avons certainement compris combien notre responsabilité est grande, la responsabilité de chaque génération. Pour la génération dans laquelle nous nous trouvons, nous sommes responsables de montrer vraiment à ceux qui arrivent, aux générations suivantes, ce que c’est que la vie avec le Seigneur. Nous connaissons nos familles, nous savons que dans nos familles les enfants ont une vue très claire sur ce qui se passe chez nous les parents, chez les grands-parents. Ils savent bien mieux que nous ne le pensons où est notre cœur.
Et alors, quand ils voient où est notre cœur, parce qu’ils voient tant de choses que nous faisons et tant de choses que nous disons, où nous parlons peut-être de quelque chose et nous ne le faisons pas, ils le remarquent très, très vite. Ils voient très bien ce qui est vrai dans nos cœurs et dans nos actions, et ce qui ne l’est pas. Donc la responsabilité nous incombe clairement.
Et quand nous en arrivons à ces mots : « Après eux, se leva une autre génération qui ne connaissait pas l’Éternel, ni l’œuvre qu’il avait faite pour Israël » (Jug. 2. 10), qu’est-ce que cela veut dire : connaître ? Nous pourrions nous poser la question : Est-ce que nous connaissons Dieu ? Est-ce que nous Le connaissons vraiment ? Je le dis dans un certain sens. Oui, oui, je connais le Seigneur Jésus. Oui, oui, je connais aussi Dieu. Est-ce que je sais vraiment qui est Dieu, c’est-à-dire : est-ce que je connais aussi véritablement les traits de caractère de Dieu ?
Je Le connais peut-être comme Celui qui m’a aimé, c’est bien vrai. Je Le connais comme Celui qui est plein de grâce. Oui, parfait ! Mais je Le connais aussi comme Celui qui est saint, je Le connais aussi comme Celui qui me regarde chaque jour, à chaque moment, qui me connaît à fond. Je Le connais dans tous ces traits de caractère. Mais est-ce que vraiment je Le connais ? Et connaître dans le vrai sens profond du mot, veut dire : je suis dans une véritable relation avec Lui. C’est cela connaître Dieu, c’est avoir une relation vivante et vraie avec Lui.
Et dès que je mens à moi-même pour quelque chose, dès que je commence à m’excuser, dès que je commence à dire que tout va bien chez moi, alors je ne montre pas que je suis et que je vis dans cette relation avec Dieu qui est saint, qui me connaît et qui veut me montrer où j’en suis.
Donc ces paroles sont très simples : ils ne connaissaient pas Dieu, ni ce que Dieu avait fait. Ah oui, ce sont ceux qui ne sont pas encore convertis. Chers amis, cela peut être nous, qui ne connaissons pas Dieu, parce que nous ne regardons pas vraiment qui est Dieu dans sa sainteté, dans sa justice, dans tous ses traits de caractère, et n’avons pas égard aussi à Lui dans notre vie, en en étant conscient à chaque moment de notre vie.
Nous savons bien combien nous sommes faibles. Nous parlons aussi pratiquement de notre faiblesse, mais ce n’est pas une chose de laquelle nous pouvons nous excuser parce que Dieu nous le montre. Lui, Il est fidèle. Il me montre qu’il y a là dans mon cœur quelque chose qui ne peut pas Lui plaire. Est-ce que je passe outre en disant : Oui, mais oh Dieu, tu es plein de grâce ! C’est vrai, qu’Il est plein de grâce. Mais attention ! Soyons vraiment aussi, dans ce sens, sobres dans ce que nous pensons de nous et ce que nous savons de Dieu.
Il faut Le connaître vraiment pour être dans une véritable relation vivante avec Lui, dans laquelle Il peut nous conduire, et peut nous montrer ce qui ne Lui plaît pas, Il peut nous donner la direction, et nous donner aussi la force. Tout cela, Dieu veut nous le donner. Et ce que nous venons d’entendre est-ce que cela nous a touchés ? Est-ce que nous remarquons la profondeur de ce qui a été dit, de ce que la Parole présente là avec quelques petits mots devant nous ?
1 Chroniques 28. 9 : « Et toi, Salomon, mon fils, connais le Dieu de ton père, et sers-le avec un cœur parfait et avec une âme qui y prenne plaisir ». Nous le prenons pour nous aussi bien dans les deux sens. C’est David qui parle, nous savons qui il est, et nous savons parfaitement que Salomon connaît Dieu. Nous comprenons que nous n’aurons pas de fin à cela, et quand David parle ici, ce n’est pas une connaissance comme nous l’entendons généralement ; David désire que Salomon soit introduit dans une relation vivante avec Dieu, et marche dans une telle relation vivante avec Lui, une relation intime.
« Toi, Salomon, mon fils, connais », il faut que le cœur soit impliqué et nous le disons pour nous-même. Est-ce que nous en sommes là ? On voit la suite de ce que David dit à Salomon et on comprend maintenant le désir de David que Salomon soit imprégné de tout ce que Dieu est. Que nous nous y appliquions !
Un cœur parfait est un cœur qui est droit devant Dieu, qui ne cache rien. Et puis une âme qui y prenne plaisir. On a dit : on va à la réunion, on peut s’en faire un devoir, mais est-ce que notre plaisir est là, de nous trouver dans le rassemblement autour du Seigneur ? Est-ce que nous le faisons avec une âme qui y prenne plaisir ? On lit la Parole, on peut le faire comme un devoir, prendre le temps tous les matins de lire quelques versets parce qu’on nous a appris à faire comme cela, mais est-ce que nous y trouvons notre plaisir, notre joie ? Et c’est bien ce qui conditionnera notre vie.
Les fils d’Israël ne connaissaient pas l’Éternel, ni l’œuvre qu’Il avait faite, et ils n’avaient pas trouvé leur plaisir dans le rappel et le souvenir de ce que Dieu avait fait à l’égard de son peuple Israël. Est-ce que, pour nous-mêmes, nous trouvons notre joie, notre plaisir à la fois dans la lecture de la Parole de Dieu et aussi dans le rassemblement des saints autour du Seigneur ?
Psaume 119. 162 : « J’ai de la joie en ta parole, comme un [homme] qui trouve un grand butin » ; Psaume 122. 1 : « Je me suis réjoui quand ils m’ont dit : Allons à la maison de l’Éternel ! »
2 Timothée 1. 12 : « Car je sais qui j’ai cru, et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder ce que je lui ai confié, jusqu’à ce jour-là ». La note nous dit : « mon dépôt ». « Je sais qui j’ai cru ». On peut dire : j’ai saisi Christ, mais c’est insuffisant. Philippiens 3. 12 : « Non que j’aie déjà reçu [le prix] ou que je sois déjà parvenu à la perfection ; mais je poursuis, cherchant à le saisir, vu aussi que j’ai été saisi par le Christ ».
« Saisi par le Christ ». Et qui mieux que l’apôtre Paul – qui avait été arrêté sur le chemin de Damas et qui avait entendu la voix du Seigneur : « Je suis Jésus que tu persécutes » (Act. 26. 15) – avait pu saisir ces deux choses qui sont placées devant nous dans le livre des Juges ? Il connaissait le Seigneur et l’œuvre qu’Il avait accomplie pour acquérir son assemblée – ces deux choses intimement liées, et alors l’apôtre Paul peut dire deux fois dans la 1ère épitre à Timothée : « Mais miséricorde m’a été faite » (1 Tim. 1. 13 et 16). Il sentait qu’il avait été un objet de la miséricorde de Dieu.
Est-ce qu’aujourd’hui nous avons ce même sentiment dans le tréfonds, au plus profond, de nos cœurs ? Alors il y a quelque chose, bien-aimés, que nous ne voyons jamais : oublié, ou délaissé. Celui qui est la source de l’eau vive, le Seigneur Lui-même, ne nous laissera ni ne nous abandonnera jamais. Mais ce qui est dit, c’est encore un trait de caractère des versets 1 à 5 du livre des Juges, dans la deuxième épître à Timothée : il y avait donc à s’attacher à l’Éternel et à la Parole de l’Éternel. Qu’y avait-il ici ? L’oubli de la Parole de Dieu, l’oubli de l’autorité de la Parole de Dieu. Elle n’a plus cet effet pratique et bienfaisant.
Non seulement on oublie l’Éternel, mais on L’abandonne, et alors on sert les Baals. Alors, il y a une génération qui nous a enseignés par la grâce de Dieu, de laquelle nous avons abondamment reçu parce que cet enseignement qui nous a été donné par l’Esprit de Dieu qui a conduit ces frères à découper droit la Parole de Dieu et à nous laisser un précieux dépôt que nous devons garder, qui nous a été confié – et il nous sera redemandé par rapport à cela ; il nous a été richement donné, il nous sera redemandé.
« Achète la vérité, et ne la vends point, – la sagesse, et l’instruction, et l’intelligence » (Prov. 23. 23). Nos pères ont acheté la vérité, est-ce que nous serions, nous, prêts à la brader ou à la vendre ? Que nous est-il dit comme conséquence de cette inconséquence ? Juges 2. 14 : « L’Éternel… les vendit en la main de leurs ennemis, et ils ne purent plus se maintenir devant leurs ennemis ». Il les vendit. Ils avaient délaissé la source des eaux vives, la Parole de Dieu.
Encore aujourd’hui il nous faut peut-être rappeler qu’il y avait des puits qui avaient été creusés au temps d’Abraham, puis ensuite ils ont été rebouchés. Ils avaient été bouchés par la terre, par les ennemis, les Philistins (Gen. 26). Et alors que faut-il faire ? Il faut recreuser ces puits et trouver là cette source abondante qu’est la Parole de Dieu, pour y trouver le Seigneur.
2 Timothée 3. 14 à 17 : « Mais toi, demeure dans les choses que tu as apprises et dont tu as été pleinement convaincu, sachant de qui tu les as apprises, et que, dès l’enfance, tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi qui est dans le christ Jésus. Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre ».
« Sachant de qui tu les apprises », du Seigneur et, au temps de Timothée, de la grand-mère Loïs, de la mère Eunice. Tant de générations nous ont enseignés, par la grâce de Dieu. Avons-nous été saisis par la Parole de Dieu ? Et puis ensuite avons-nous été convaincus par la Parole de Dieu ? Convaincus ! C’est ce qui manque aujourd’hui, cette conviction pour marcher dans le chemin de la foi d’une manière qui honore Dieu.
On s’est déjà arrêté sur le fait que, en suivant sa propre volonté, et ainsi en honorant les Baals et les Ashtoreths, le peuple est livré en la main des ennemis, et pire, Dieu les vendit. Mais ils se vendent eux-mêmes, et alors le peuple est dans une grande détresse. Lorsque nous nous écartons des enseignements de la Parole et que nous suivons un chemin de propre volonté qui veut toujours s’attacher aux choses de la terre, il s’ensuit une détresse spirituelle, des maux qui nous gagnent dans les rassemblements, des peines dont nous pleurons, un manque de ferveur, un manque de nourriture, bien des choses de ce genre.
Alors il nous est dit que l’Éternel suscite des juges. Un peu plus loin, à la fin du verset 18, il nous est dit : « L’Éternel avait pitié, à cause de leur gémissement devant ceux qui les opprimaient et qui les accablaient ». Et plus loin dans ce livre, on a une expression particulièrement touchante, au chapitre 10. 16 : « et son âme [celle de l’Éternel] fut en peine de la misère d’Israël ». Cela touche profondément nos cœurs de penser que, lorsque nous sommes dans une situation affligeante, triste, accablante, à cause de nos propres voies, Dieu en est en peine, et Il est certainement plus en peine que nous. Et Il a pitié de la misère d’Israël, Dieu a pitié de notre misère, et pour les délivrer, il leur a suscité des juges (v. 16).
Si nous comprenons bien ce que c’est, un juge est quelqu’un qui donne la juste appréciation des choses, et qui le fait déjà pour lui-même. Si on considère ce qu’a été la vie de Gédéon, il a donné une juste appréciation des choses. Il a commencé par mettre de côté de la nourriture pour lui et sa propre maison, il la battait dans le pressoir – c’est insolite – mais il avait à cœur de se nourrir lui-même.
Et la première chose à faire est d’avoir à cœur de se nourrir soi-même de la Parole de Dieu dans le secret de notre cœur. Ensuite, quand Dieu lui a parlé et l’a enseigné, il a eu à cœur de démolir l’idole et l’autel qui était à côté, dans la maison de son père. Donc la deuxième chose qu’il a faite c’est qu’il a réglé ce qui se passait dans sa maison, et qu’il en a enlevé les idoles.
Nous savons bien que les idoles, c’est ce qui prend de la place du Seigneur Jésus dans nos cœurs, et on pourrait, si on était honnête, peut-être bien trouver des idoles dans nos maisons, qu’il faudrait démolir. Et puis Dieu lui a montré les ressources qu’il avait pour délivrer le peuple. Et ainsi nous voyons le chemin du juge : d’abord se nourrir, ensuite ôter ce qu’il y a de mauvais dans sa propre maison, et après, avec le secours de Dieu, on peut peut-être être utile au milieu du peuple de Dieu.
C’était pour le bien du peuple qu’Il a suscité des juges mais même leurs juges, ils ne les écoutèrent pas. Et c’est triste de voir que Dieu suscite des instruments pour ramener le cœur des siens à ses voies, et qu’ils ne sont pas écoutés. C’est une cause de larmes pour ceux qui servent le Seigneur, et le verset 31 d’Actes 20, où il nous est dit que Paul a enseigné avec larmes, nous parle justement de cet exercice qu’il y a dans les cœurs pour enseigner alors qu’un peuple ne veut pas écouter. Jérémie en a été un exemple. « Mais, même leurs juges, ils ne les écoutèrent pas » (Jug. 2. 17).
Et alors soulignons un mot au verset 19 : « Et il arrivait que, lorsque le juge mourait, ils retournaient à se corrompre plus que leurs pères, marchant après d’autres dieux pour les servir et pour se prosterner devant eux : ils n’abandonnaient rien de leurs actions et de leur voie obstinée ». C’est ce mot « obstinée » que j’aimerais souligner. 1 Samuel 15. 23 : « La rébellion est comme le péché de divination, et l’obstination comme une idolâtrie et des théraphim ». À force de fermer son cœur aux avertissements que le Seigneur nous donne, on finit par marcher dans une voie obstinée, et la Parole nous dit que l’obstination est comme une idolâtrie.
Et c’est là un des avertissements des plus sérieux pour nous de nos jours. Dieu parle une fois, deux fois, peut-être davantage, et on s’obstine dans son chemin, et Dieu dit que c’est une idolâtrie. Nous n’insistons pas outre mesure mais, ne nous sentons-nous pas repris par cette expression, et par cette façon de parler du Seigneur ? Ajoutons simplement une chose : il est facile de voir chez les autres, peut-être, de l’obstination, mais est-ce que nous nous laissons sonder par Dieu ?
Psaume 139. 23 et 24 : « Sonde-moi, ô Dieu ! et connais mon cœur ; éprouve-moi, et connais mes pensées. Et regarde s’il y a en moi quelque voie de chagrin, et conduis-moi dans la voie éternelle ». Est-ce que je suis prêt à reconnaître que j’ai pu marcher dans une voie d’obstination ?
Juges 21. 25 : « En ces jours-là, il n’y avait pas de roi en Israël ; chacun faisait ce qui était bon à ses yeux ». Voilà le caractère de tout le livre : chacun était son propre maître. L’Éternel était leur roi, ils L’ont rejeté. Même les juges, ils les ont rejetés. Chacun faisait ce qui était bon à ses yeux. Pensant à nos rassemblements, est-ce que nous n’avons pas nos propres pensées plutôt que les siennes ? Il y a la pensée de quelqu’un que nous devons rechercher avant toute chose dans l’assemblée, la pensée de Celui qui est le chef. Est-ce que nous en sommes là ? Nous avons à y réfléchir.
Une remarque concernant l’exemple de Gédéon. Pourquoi Gédéon a-t-il eu une telle appréciation des choses ? Finalement, il a répondu à la pensée de Dieu. Quel était son secret ? C’est une question que nous avons à nous poser. La Parole répond et dit, suite à tout ce qu’il a fait, pourquoi il a été conséquent : « L’Éternel est avec toi, fort et vaillant homme » (Jug. 6. 12). « L’Éternel est avec toi », voilà le secret de Gédéon. Juges 2. 16 : « L’Éternel suscita des juges ; et ils les délivrèrent ». Et puis au v. 18 : « Et quand l’Éternel leur suscitait des juges, l’Éternel était avec le juge ».
Alors nous pouvons nous poser la question : nous avons tous reçu quelque chose. Est-ce que vraiment le Seigneur est avec nous ? On a cité tout à l’heure ce passage : « L’Éternel est avec vous quand vous êtes avec lui » (2 Chron. 15. 2). On pourrait se demander pourquoi l’Ange de l’Éternel avait pu dire à Gédéon : « L’Éternel est avec toi, fort et vaillant homme ». Justement, Gédéon était conséquent. « L’Éternel est avec vous quand vous êtes avec lui ». Le secret aujourd’hui, à travers tout ce que nous sommes, c’est que pour répondre à la pensée de Dieu il faut que Dieu soit là.
Pour agir selon ce que Dieu veut, faire quelque chose qui correspondra à l’attente de son cœur et qui sera pour sa gloire, il faut – c’est une nécessité – que Dieu soit là. « L’Éternel était avec le juge, et les délivrait ». Voilà le secret pour tous. Qu’a dit le Seigneur Jésus ? « Séparés de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15. 5). Si le Seigneur est là, dans mon cœur, alors je pourrai faire quelque chose. Est-ce moi qui agirai ? Non, c’est Lui. La gloire Lui revient.
L’Éternel était avec le juge. Le millier de Gédéon était le plus pauvre en Manassé, et lui était le plus petit dans la maison de son père (Jug. 6. 15). Mais Dieu qualifie ce que Gédéon reconnaît en lui disant : « L’Éternel est avec toi, fort et vaillant homme ». Et que dit l’apôtre Paul ? « Quand je suis faible, alors je suis fort » (2 Cor. 12. 10). Quand l’homme est mis de côté et que Christ seul est vu, alors cela est à la gloire de Dieu.
Et ce qui vient d’être dit, c’est dans le fond l’introduction à la fin de notre chapitre et au début du chapitre 3 : apprendre ce que c’est que la guerre. Bien sûr, il y a une application pour les combats personnels, mais là il s’agit de combats collectifs. Déjà on a vu au verset 10 du chapitre 2 l’œuvre que Dieu avait faite pour Israël. C’est une œuvre collective, et ici est placée devant nous la guerre collective. Quelle situation avons-nous ? Nous avons des nations que Dieu a laissé subsister. Pourquoi ? Pour amener le peuple à s’appuyer sur Lui.
C’est facile de dire qu’on s’appuie sur Dieu, mais c’est une autre chose de le faire. Et c’est là la grande différence : s’appuyer sur Dieu. On vient de citer Gédéon. Et malgré la faiblesse de sa foi, Gédéon s’est appuyé sur Dieu. Il a demandé des confirmations pour sa foi, et Dieu les lui a données parce que Dieu donne toujours ce qui est nécessaire pour notre foi. Alors il y a des nations que Dieu a laissé subsister. Et il ne faut pas s’étonner si, dans le rassemblement selon le Seigneur, Dieu laisse subsister des difficultés. Évidemment, ce ne sont pas des nations physiquement, mais des difficultés de différentes sortes. Et pourquoi sont-elles là ? Pour que nous soyons dans la défaite ? Pour que nous prenions notre parti de ce qui ne va pas ? Pour que nous disions que c’est la faute des autres ? Non, la défaite, c’est parce que nous ne nous appuyons pas sur Dieu.
On a beaucoup parlé de l’idolâtrie. C’est très bien. Mais l’idolâtrie commence quand on s’appuie sur soi-même, quand on s’appuie sur l’homme. Qu’est-ce que c’est qu’une idole ? C’est simplement une divinité imaginée par l’homme, c’est une ressource humaine. Je suis idolâtre quand je m’appuie sur quelque chose qui vient de moi-même. C’est déjà de l’idolâtrie. Et le Seigneur veut nous amener à autre chose, à s’appuyer sur Lui, à se fortifier en Lui et dans la puissance de sa force.
Et alors on découvre que Dieu agit au milieu de l’assemblée. Nous disons souvent que le Seigneur est au milieu de nous. Eh bien, l’un des aspects du Seigneur au milieu de nous, c’est qu’Il agit au milieu de nous. Si dans une assemblée le Seigneur n’agit pas, il faut peut-être se poser la question si on n’est pas en train de mettre le Seigneur à la porte.
Ici, il faut apprendre ce que c’est que la guerre, il faut apprendre à s’appuyer sur le Seigneur. Un frère pouvait dire : Si le Seigneur est honoré, Il peut mettre l’ordre dans le plus grand désordre. Et nous ne pouvons pas dire qu’il n’y a pas de désordre parfois au milieu de nous. Eh bien, nous avons un Seigneur capable de mettre de l’ordre.
Et un autre frère du 19ème siècle, pouvait dire : Si nous croyons que le Seigneur est le Seigneur dans l’assemblée, croyons aussi qu’Il est capable de mettre les choses en ordre.
Il y a des choses qui ne vont pas, et nous ne pouvons pas les régler nous-mêmes, nous n’avons pas les forces. Alors nous avons deux solutions : ou la solution humaine et on prend parti : C’est la faute de ceci, c’est la faute de cela ; ou bien l’autre solution : ayons à cœur les intérêts de Christ dans l’assemblée, ayons à cœur ce que l’assemblée est pour Christ : c’est la plénitude du Seigneur Jésus (Éph. 1). Eh bien, ayons à cœur cela, on en parle, on s’attend à Lui. Et quand on s’attend à Lui, on Le voit faire des miracles. La puissance du Seigneur n’a pas changé. Elle existe. Est-ce que nous savons nous appuyer sur Lui ? C’est ce que c’est que d’apprendre la guerre. Est-ce que nous l’avons appris ?
C’est le combat pour le Seigneur. Rappelons-nous que, quand le Seigneur nous amène dans un combat, c’est toujours pour nous amener, non pas à notre victoire, mais à sa victoire, la victoire du Seigneur. Et quel bonheur quand nous expérimentons que le Seigneur agit au milieu de l’assemblée. C’est un aspect du Seigneur présent au milieu des deux ou trois. Le Seigneur agit à Philadelphie, on comprend pourquoi ; le Seigneur n’agit pas à Laodicée parce qu’Il est à la porte.
Juste un mot encore sur les idoles. Dans le chapitre 2 du livre des Juges, les idoles sont mentionnées : Baal et Ashtoreth. Baal, c’est un maître, et c’est toute l’énergie que nous consacrons pour servir un maître, et nous comprenons que c’est toute l’énergie humaine, charnelle, que nous manifestons pour servir un maître qui nous éloigne de plus en plus de Dieu. Et Astaroth, c’est ce qui prend nos affections, ce qui prend nos esprits. Et aujourd’hui aussi, il y a quelquefois dans certains pays, et ça vient jusque chez nous, des méditations qui sont proposées, qui emportent l’esprit ailleurs, et qui sont d’une dangerosité qu’on n’a pas besoin de souligner. Voilà ce que sont ces deux idoles qui sont soulignées là.
Quand on parle des idoles, on pense au dernier verset de la première épître de Jean qui se termine par : « Enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jean 5. 21). Ce qui est extrêmement sérieux, c’est quand on pense à qui cet avertissement est donné. Dans le deuxième chapitre de la 1re épître de Jean, il est question des petits enfants, des jeunes gens et des pères, et on sait tous les caractères qui leur sont donnés : les petits enfants connaissent le Père, les jeunes gens sont forts parce qu’ils s’attachent à la parole, les pères connaissent « celui qui est dès le commencement ».
C’est à de tels que l’avertissement : « Enfants, gardez-vous des idoles » (ch. 5. 21), est donné. Ce qui veut dire que cet avertissement s’adresse à chacun de nous. Que nous soyons au début de notre carrière ou à la fin du chemin, que nous ayons acquis quelque connaissance de la personne du Seigneur Jésus, que nous connaissions Dieu comme un bon et tendre Père, ou que nous ayons une connaissance plus limitée, l’avertissement est là : « Enfants, gardez-vous des idoles ».
Concernant les idoles, il y a un exemple dans le livre de l’Exode. Nous connaissons bien cette scène qui nous est rapportée au chapitre 32 de ce livre. Pendant que Moïse était sur la montagne et que l’Éternel lui donnait les tables de la loi, le peuple faisait un veau de fonte. Exode 32. 3 à 6 : « Et tout le peuple arracha les pendants d’or qui étaient à leurs oreilles, et ils les apportèrent à Aaron ; et il les prit de leurs mains, et il forma l’or avec un ciseau, et il en fit un veau de fonte. Et ils dirent : C’est ici ton dieu, ô Israël ! qui t’a fait monter du pays d’Égypte. Et Aaron vit [le veau], et bâtit un autel devant lui ; et Aaron cria, et dit : Demain, une fête à l’Éternel ! Et lendemain, ils se levèrent de bonne heure, et offrirent des holocaustes, et amenèrent des sacrifices de prospérités ».
Dans cette scène, il y a ce qui est manifeste – il n’est pas besoin de le détailler – avec ce veau d’or qui est fondu, une idole ; et cette idole, on l’utilise pour faire une fête à l’Éternel. Cela nous montre ce danger qu’il y a, pour nous, de vouloir mélanger ce qui doit être totalement séparé. Les idoles doivent être mises de côté, exclues, pour s’en séparer totalement, pour ne pas s’en mêler et s’en garder totalement. Quand on s’approche de l’Éternel et qu’on veut Lui sacrifier, évidemment toute idole doit être ôtée.
On comprend qu’il y a une portée morale et spirituelle. Mais il y a toujours un danger, dans nos cœurs, de vouloir le faire, quand on a au fond de notre cœur quelque chose qui n’est pas forcément selon la pensée de Dieu, peut-être ne voulant pas le détruire, peut-être même voulant l’utiliser pour Dieu. Quelle idolâtrie est là devant nous !
Juges 3. 2 : « [et cela] seulement afin que les générations des fils d’Israël connaissent, en l’apprenant, ce que c’est que la guerre ». L’enseignement qui est là aussi, c’est que toutes les générations doivent apprendre ce que c’est que la guerre. La guerre, les combats ne sont pas exclusifs d’une certaine génération. On n’apprend pas le combat, et on ne combat pas seulement quand on est arrivé à un certain âge ou à un certain stade. Non, le combat est pour toutes les générations, et nous avons besoin de revêtir en tout temps l’armure complète qui nous est décrite en Éphésiens 6 pour pouvoir livrer les combats de l’Éternel. Mais nous comprenons bien que cette armure complète pour le combat est étroitement liée à un état moral. C’est dans la mesure où nous sommes dans l’état moral qui convient que nous pouvons combattre les combats de l’Éternel.
Dans le premier paragraphe de Juges 3 (v. 1 à 4), nous avons cet éloignement progressif dans lequel le peuple, les fils d’Israël, sont tombés. Ils habitent d’abord au milieu des Cananéens. Ensuite, la conséquence qui s’ensuit, inévitable, c’est qu’ils s’associent à ces Cananéens, et là ce sont les filles des Cananéens qui sont prises pour femmes. Et puis ils font ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, ils servent leurs dieux, les Baals, les ashères.
Et la colère de l’Éternel s’embrase contre Israël et Il les vend en la main de Cushan-Rishhathaïm. Nous nous souvenons d’où le peuple d’Israël est parti sous la conduite de Moïse. Il était en Égypte, il était dans l’esclavage du Pharaon. Il en a été délivré, il a traversé le désert et est arrivé dans le pays de la promesse. Et là, au bout de quelques temps, qu’est-ce qu’il devient, ce peuple ? Il va servir ce roi, Cushan-Rishhathaïm, il retombe dans l’esclavage.
Nous avons à un moment de notre vie commencé à nous séparer de l’esclavage dans lequel nous étions mais ne pensons pas que, s’il n’y a pas combat, veille et séparation de toutes les idoles quelles qu’elles soient, nous ne soyons pas en danger de retomber sous un autre esclavage. Et le nom de ce roi Cushan-Rishhathaïm signifie : double méchanceté. Nous avons bien là une illustration de l’esclavage sous lequel nous pouvons tomber quand nous nous laissons entraîner par Satan et toutes ses ruses.
Alors un juge est suscité. On a eu l’exemple de Gédéon avec tout ce que l’Éternel a opéré pour le former et l’amener à être utile pour les fils d’Israël. Nous avons avec Othniel un tableau aussi remarquable. Au verset 10, il est dit : « L’Esprit de l’Éternel fut sur lui ». C’est le premier homme dans l’Ancien Testament qui soit mentionné comme celui sur lequel l’Esprit de l’Éternel est venu. Nous ne voulons pas développer cela, mais non seulement c’est un caractère tout particulier d’Othniel, mais nous devons saisir aussi que, si l’Esprit de l’Éternel est venu sur Othniel, c’est qu’Il pouvait se reposer sur lui.
Et quand nous lisons le 1er chapitre de l’évangile selon Jean, nous voyons le témoignage de Dieu à Jean : « Celui qui m’a envoyé baptiser d’eau, celui-là me dit : Celui sur lequel tu verras l’Esprit descendre, et demeurer sur lui, c’est celui-là qui baptise de l’Esprit Saint ». Et c’est sur le Seigneur que l’Esprit est descendu, sous la forme d’une colombe. C’est un oiseau qui ne peut demeurer que dans un lieu qui est pur. Nous comprenons combien cette colombe, cet Esprit, pouvait demeurer dans la personne du Seigneur Jésus à la pureté parfaite et dans lequel cet Esprit pouvait trouver du repos.
Alors, s’il nous est dit ici que l’Esprit de l’Éternel fut sur Othniel, c’est bien pour nous mentionner le caractère qu’Othniel pouvait présenter à ce moment-là. Et cette histoire d’Othniel nous est déjà décrite dans le 1er chapitre du livre des Juges. Dans les versets 8 à 15, Othniel nous est présenté déjà comme quelqu’un qui combat, à la demande de Caleb, pour remporter une victoire sur une ville, Kiriath-Sépher qui va devenir Débir.
Elle devient pour Othniel une source qui peut jaillir et apporter des encouragements et des bénédictions pour tous ceux qui sont autour de lui. L’enseignement profond qu’il y a dans cette scène c’est que, ayant combattu et ayant remporté la victoire, en récompense Caleb lui donne une épouse, Acsa. Othniel est caractérisé par la fidélité, le combat dans sa vie personnelle et pour acquérir une épouse. Et ce combat, cette victoire qu’il remporte, le qualifient pour que Dieu puisse l’utiliser au chapitre 3 pour délivrer Israël.
Nous voyons le lien qu’il y a entre notre vie individuelle, notre vie dans nos maisons ; et, dans la mesure où, par la grâce de Dieu, nous pouvons manifester quelque fidélité et obéissance à la Parole de Dieu, alors Dieu peut, dans sa grâce aussi, nous utiliser pour un service, comme pour lui, Othniel, au milieu du peuple d’Israël.
Juste une dernière remarque concernant Othniel. Le peuple est tombé, il a servi les dieux, et quand ils sont sous la domination de ce roi, Cushan-Rishhathaïm, il nous est dit au v. 9 du chapitre 3 : « Et les fils d’Israël crièrent à l’Éternel ; et l’Éternel suscita aux fils d’Israël un sauveur », un juge, et il faut attendre huit ans avant que la délivrance avec Othniel apparaisse. Et encore là, il y a un enseignement qui montre la sagesse d’Othniel.
Il a vécu près de l’Éternel qui l’a formé, et l’a qualifié. Il a vu la misère de son peuple Israël, il savait ce qu’il fallait faire, mais il est resté là pendant huit ans à attendre que l’Éternel lui dise : Maintenant c’est le moment, il faut aller livrer bataille. Nous avons encore là une image de la dépendance de ce serviteur qui ne dit pas : Ça y est ! Maintenant je suis fort, je vais aller délivrer le peuple. Non, avec toute dépendance, humilité et confiance en Dieu, il attend huit ans, puis il agit et remporte la victoire.
Une pensée sur les quatre premiers versets de ce chapitre 3. Une première chose, c’est que nous sommes dans le monde, c’est clair. Et comme le Seigneur l’a dit, nous ne sommes pas du monde. Et il faut que ces choses soient bien empreintes dans nos pensées. Nous sommes dans le monde, et nous voyons ici la pensée de Dieu dans le fait que ces peuples sont laissés dans le pays : « [et cela] seulement afin que les générations des fils d’Israël connaissent, en l’apprenant, ce que c’est que la guerre » (Jug. 3. 2).
Donc la guerre n’est pas facultative si nous voulons jouir de nos bénédictions. C’est clair également. Et quand nous en arrivons au verset 4, il nous est dit : « elles étaient [laissées] pour éprouver par elles Israël », et il y a ici la réalité de la foi. Est-ce que nous sommes des hommes et des femmes de foi ? « Pour éprouver par elles Israël, pour savoir s’ils écouteraient les commandements de l’Éternel, qu’il avait commandés à leurs pères par Moïse ».
Alors, de deux choses l’une, soit nous combattons, soit nous laissons aller les choses. Et la pensée de Dieu est que ces nations sont là comme un baromètre quant à la fidélité du peuple. Mais dans le même temps, les ressources pour la fidélité sont là, c’est tout aussi clair. 1 Jean 2. 14 : « Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, et que la Parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le méchant ». Voilà, d’abord, l’adversaire est un adversaire vaincu. C’est ce que nous dit Jean 16.
Si bien que, quand nous partons au combat, si nous sommes dépendants du Seigneur, nous aurons la victoire. Et les jeunes gens, qu’est-ce qui les rend forts ici ? C’est la Parole de Dieu. « Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, et que la Parole de Dieu demeure en vous ». Et nous avons à supplier le Seigneur que cette Parole demeure véritablement en nous comme nous le dit Colossiens 3. 16.
Et rappelons-nous la tentation du Seigneur dans le désert. Si nous nous en tenons à la Parole, le diable s’enfuira de nous comme il s’est enfui du Seigneur Jésus. « Parce que vous êtes forts, et que la Parole de Dieu demeure en vous ». Et nous avons la suite du passage : « N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde » (1 Jean 2. 15). Nous avons à y prendre garde. Que le Seigneur nous aide !
Le peuple crie, l’Éternel écoute et intervient. Nous pouvons le voir dans la suite des quelques évènements que nous trouvons dans ce chapitre 3, aux versets 9, 10, et 11. D’abord Dieu prend la chose en main et Il suscite un juge.
Ensuite nous voyons qu’Il a un serviteur, celui qu’Il peut employer, Othniel. Le nom d’Othniel veut dire : Dieu est fort, lion de Dieu. Voilà ce qui est important. Un serviteur n’a pas de force en lui-même, mais déjà par son nom il est clair que la force se trouve dans l’Éternel. Et ensuite nous voyons qu’il est le fils de Kenaz, et dans ce nom de Kenaz il y a aussi cette expression de la force. Son nom veut dire : flanc, la chasse.
Puis nous avons : « L’Esprit de l’Éternel fut sur lui ». Cela veut dire que l’Esprit de l’Éternel s’empare de lui. L’Esprit de Dieu vint sur lui pour le conduire. C’est l’Esprit de Dieu qui agit. Et alors Othniel juge Israël. C’est-à-dire que de nouveau les droits de l’Éternel deviennent le principe. Il est simplement dit : « Il jugea Israël ». La loi et les droits de Dieu sont mis en avant et quand c’est le cas, il y a le combat qui commence. Quand l’ennemi voit que les droits de l’Éternel sont mis en avant, alors c’est là qu’il travaille contre le peuple de Dieu, qu’il opère et le combat commence alors. Il y a combat quand les droits de l’Éternel sont revendiqués.
Il y a aussi là un enseignement pour nous. Quand nous restons lâches, alors l’ennemi n’a pas besoin d’être contre nous et il n’y a pas de combat. Quelquefois pour les chrétiens, et nous quand nous ne sommes pas vraiment fidèles, il n’y a pas vraiment de combat contre l’ennemi. Quand nous restons lâches et que nous ne prenons pas la Parole comme notre conducteur, alors l’ennemi est d’accord. C’est quand les droits de l’Éternel sont revendiqués qu’il y a le combat.
Et ensuite il est dit : « il sortit pour la guerre ». Cet homme-là, sur qui est l’Esprit de Dieu, est capable aussi de livrer bataille contre l’ennemi. « Et l’Éternel livra en sa main Cushan-Rishhathaïm ». Là nous voyons que Dieu prend à nouveau les choses en main. C’est la confiance en l’Éternel chez Othniel qui lui fait commencer le combat contre l’ennemi, et Dieu prend son parti. Cela est vrai aussi pour nous : quand nous comprenons que nous avons un combat à livrer et que nous avons confiance en Dieu, Dieu se met de notre côté et prend les choses en main. Ensuite, « sa main fut forte contre Cushan-Rishhathaïm », c’est la victoire, amenée par l’Éternel. Et alors, « le pays fut en repos ».
C’est toute une suite que Dieu opère par Othniel. C’est très beau de voir que d’abord Dieu prend la chose en main, l’Esprit de Dieu prend un homme que Dieu connaît, qu’Il peut employer, Othniel ; et puis Othniel juge, il est responsable et donne de nouveau tous les droits à l’Éternel, aux pensées de l’Éternel. Puis le combat commence en confiance, car l’Éternel sera de leur côté. Il combat et Dieu donne la victoire et le repos pour le peuple pour quarante ans. C’est très beau, quarante ans, et nous connaissons les quarante ans que nous avons quelquefois dans l’Écriture. Et c’est un temps heureux auquel le peuple est amené, par pure grâce, par pure miséricorde de la part de Dieu.
L’Éternel suscita des Juges (Jug. 2. 16). Puis au chapitre 3. 9, l’Éternel suscita un sauveur qui les délivra. Luc 1. 67 à 69 : « Et Zacharie, son père, fut rempli de l’Esprit Saint, et prophétisa, disant : Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, car il a visité et sauvé son peuple, et nous a suscité une corne de délivrance ». Dans l’évangile de Jean, l’Esprit est descendu sur le Seigneur Jésus comme une colombe. L’Esprit était sur Lui, ce Sauveur annoncé à l’avance par Othniel qui nous parlait d’un plus grand que lui, le Seigneur Jésus.
Une autre pensée. Il est dit : « Sa main fut forte » (Jug. 3. 10). L’Esprit fut sur lui, ensuite il jugea – il avait le gouvernement qui lui était donné de Dieu. Et nous pensons à ce qui est dit dans le livre d’Ésaïe : « Le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom… Dieu fort » (És. 9. 6). L’Éternel est puissant avec Othniel. Voilà, tout nous parle de la personne du Seigneur Jésus qui allait venir.
Le peuple allait être conduit à la victoire, mais insistons sur un point : il est dit ensuite que sa main fut forte contre Cushan-Rishhathaïm. Pour une victoire complète, définitive, il fallait de l’aide, comme on le voit dans un exemple qui nous est donné : 2 Samuel 23. 10. « Il (Éléazar) se leva, et frappa les Philistins, jusqu’à ce que sa main soit lasse et que sa main reste attachée à l’épée ; et l’Éternel opéra une grande délivrance ». La main attachée à l’épée ! La main attachée à la Parole de Dieu. Et celle-ci est-elle non seulement dans notre main, mais aussi dans notre cœur ?
Voilà l’exemple que nous donne Othniel. Et nous pouvons simplement citer ce qui est dit dans Zacharie 4. 6 : « Ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit ». Voilà ce qui a caractérisé Othniel. La force n’était pas en lui-même, mais par l’Esprit de Dieu et par ce Dieu qui le fortifiait. Othniel signifie aussi : lion de Dieu. Proverbes 30. 30 : « Le lion, le fort parmi les bêtes, et qui ne se détourne devant qui que ce soit ». Le lion de Dieu.
Le Seigneur Jésus a été le lion qui est de la tribu de Juda et qui a vaincu (Apoc. 5. 5) ? Et lorsqu’on vient se saisir de Lui au jardin de Gethsémané, Il dit : « Si donc vous me cherchez, laissez aller ceux-ci » (Jean 18. 8), et les ennemis tombent par terre. Mais le Seigneur Jésus avait dressé sa face résolument pour aller à Jérusalem, s’appuyant sur son Dieu pour ne réaliser qu’une chose : la volonté de son Dieu.
Si nous avons fait attention, en Juges 3. 5, il est parlé de 6 nations qui étaient censées être dépossédées au temps de Josué (Jos. 9. 1 et 2). Elles sont encore là, elles reparaissent de nouveau. Et de quoi nous parlent ces ennemis déclarés ? Les Cananéens, leur nom signifie : trafiquants. Trafiquons-nous pour le Seigneur en attendant sa venue, ou trafiquons-nous pour nous-mêmes ? Et nous avons l’esprit du monde qui nous pénètre aujourd’hui dans tout ce qui est le commerce de sorte que vous allez être très exercés par rapport à des jeunes qui s’engagent dans des études commerciales parce qu’il peut y avoir différents pièges subtils dont l’ennemi pourrait se servir pour détourner les cœurs de Christ.
Puis les Amoréens, dont le nom signifie : parleurs, vantards. Les Héthiens, ou fils de terreur. Voilà tous ces ennemis qui se présentent à nous aujourd’hui. Et en liaison avec ce qui peut être placé devant nous, en 2 Timothée 3. 1 à 5, on voit là ce qui va se passer dans les derniers temps, les temps de la fin : « Or sache ceci, que dans les derniers jours il surviendra des temps fâcheux ; car les hommes seront égoïstes, avares, vantards, hautains, outrageux, désobéissants à leurs parents, ingrats, sans piété, sans affection naturelle, implacables, calomniateurs, incontinents, cruels, n’aimant pas le bien, traîtres, téméraires, enflés d’orgueil, amis des voluptés plutôt qu’amis de Dieu, ayant la forme de la piété, mais en ayant renié la puissance ».
Nous avons encore là le côté de l’égoïsme qui peut se traduire dans le fait de trafiquer pour soi-même, pour ce monde qui périt. Et puis en même temps est placé devant nous le côté de la vantardise. L’amour (1 Cor. 13. 4) ne se vante pas. Et ces quatorze traits qui nous sont donnés dans 1 Cor. 13 quant à l’amour nous parlent du Seigneur qui les a pleinement accomplis.
Il est dit « implacables », c’est-à-dire qui ne tiennent pas leurs engagements (qu’on ne peut apaiser, fléchir. Synonyme : impitoyable, inflexible). On ne tient pas toujours ses engagements vis-à-vis de nos frères et sœurs, avec le monde, mais premièrement tenons-nous nos engagements avec le Seigneur ?
Jérémie 30. 21 et 22 dit : « Car qui est celui qui engage son cœur pour venir à moi ? dit l’Éternel. Et vous serez mon peuple, et moi je serai votre Dieu ». « Qui est celui qui engage son cœur » – c’est sur le plan individuel – « pour venir à moi », dit l’Éternel. Et en 2 Chroniques 15. 2 : « Écoutez-moi : L’Éternel est avec vous quand vous êtes avec lui ; et si vous le cherchez, vous le trouverez, et si vous l’abandonnez il vous abandonnera ».
Puis on voit la situation au verset 5 : « il y avait beaucoup de troubles… et nation se brisait contre nation, et ville contre ville, car Dieu les troublait par toutes sortes d’angoisses », on a parlé d’une grande détresse. Mais qu’est-il dit ensuite ? Verset 12, pour nous montrer le côté de l’engagement : « Et ils s’engagèrent ensemble à rechercher l’Éternel, le Dieu de leurs pères, de tout leur cœur et de toute leur âme ». Verset 15 : « Et tout Juda se réjouit du serment, car ils avaient juré de tout leur cœur, et ils avaient recherché l’Éternel de toute leur âme, et ils l’avaient trouvé ». Et qu’est-il dit ensuite ? « L’Éternel leur donna du repos ».
Aujourd’hui, dans les exercices présents dans la vie des assemblées, nous pourrions tous dire : nous sommes défaits par l’ennemi. Mais il y a un engagement à avoir, un engagement du cœur pour rechercher l’Éternel, la pensée de l’Éternel, la Parole de Dieu. Il y a un engagement qui doit d’abord se faire individuellement, et qui ensuite doit être un exercice collectif : « Ils s’engagèrent ensemble à rechercher l’Éternel ». Il y a eu ce désir, qui était heureux, mais ensuite il y a eu une concrétisation. Ils L’avaient recherché de toute leur âme, de sorte qu’ensuite la bénédiction est là, le repos est accordé, le repos est dispensé.
Aujourd’hui encore, c’est en nous tenant en repos, en nous appuyant sur le Seigneur que nous goûterons ensemble ce repos que Dieu seul peut nous accorder. Nos cœurs sont-ils disposés et engagés pour suivre le Seigneur et nous attacher à Lui ?
Nous avons vu ces différents ennemis qu’il y a au verset 5 de Juges 3. Et le verset 3 nous parle aussi d’autres ennemis et soulignons simplement un de ces ennemis : « cinq princes des Philistins ». Les Philistins nous parlent des professants qui n’ont pas la vie. Si on cherche dans la Parole, on trouve que les Philistins descendent d’Égypte, ils sont des descendants de Mitsraïm, qui est l’Égypte (Gen. 10. 6), et il est dit dans le livre d’Amos (9. 7) qu’ils sont venus en Palestine en passant par l’île de Caphtor, c’est-à-dire la Crète.
Voilà un peuple qui est venu d’Égypte dans le pays de Canaan, et un peuple qui n’a connu ni la pâque, ni la mer Rouge, ni la traversée du Jourdain. Et ces professants sont mêlés au peuple de Dieu. Et nous faisons référence à 2 Timothée 2. 20, à la chrétienté devenue une grande maison où il y a le mélange ; et le mélange conduit à des situations où le peuple de Dieu est mélangé à ce qui a la forme de la piété mais en a renié la puissance, et c’est une source de faiblesse. Voilà encore un de ces ennemis que nous pouvons rencontrer. Alors méfions-nous de ceux qui n’ont qu’une profession extérieure mais qui n’ont pas la vie.
Et la vie se manifeste par des fruits qui montrent l’attachement au Seigneur, un cœur engagé pour le Seigneur et un cœur qui se défie de lui-même. Prenons garde aussi à ce genre d’ennemi qui peut aussi nous séduire en nous faisant croire que nous avons le même Seigneur, que nous servons le même Maître alors que c’est faux, et que l’on ne peut pas trouver parmi ces professants les fruits de la vie nouvelle.
Nous avons entendu cette exhortation adressée à chacun : Qui est celui qui engagera son cœur pour venir après moi ? Nous avons considéré cet exemple d’Othniel, oh combien encourageant pour notre foi ! L’exemple d’Othniel est-il seulement pour les frères âgés qui ont marché cinquante ou soixante ans avec le Seigneur ? Non ! Il est pour tous ceux qui connaissent le Seigneur Jésus. Alors, avons-nous à cœur de répondre à cet appel que nous avons tous entendu ici : « Qui est celui qui engage son cœur pour venir à moi ? » Jér. 30. 21. C’est du cœur dont il est question.
Et le fruit de cet engagement d’Othniel est remarquable. Il a été suscité par l’Éternel Lui-même, mais Othniel, qu’a-t-il permis ? Le peuple a été sous la servitude pendant huit ans, et la délivrance que l’Éternel a accordée par Othniel, ce fut quarante ans de repos. C’est cinq fois plus ! Et ne voyons-nous pas là la miséricorde de notre Dieu ? Il a dû châtier son peuple, Il a dû le faire passer sous la domination de l’ennemi pendant huit ans, et ensuite, en réponse à la foi d’un serviteur, le peuple a joui de quarante ans de repos.
Voilà ce que nous avons à cœur ici tous, qui que nous soyons, d’être utiles pour le peuple de Dieu, de nous tenir dans la lumière du Seigneur Jésus, d’être dépendants, et d’avoir à cœur ce que le Seigneur Jésus a de plus cher sur cette terre, son assemblée. Quel exemple nous avons eu devant nous ! Cet homme, on ne sait pas grand-chose de sa vie, mais le peu que nous connaissons, combien il encourage nos cœurs !
L’Esprit de l’Éternel fut sur lui, il sortit pour la guerre, il a réalisé une victoire complète. Voulons-nous, dans notre toute petite mesure, être des Othniel, réalisant que notre force est exclusivement dans le Seigneur Jésus ? C’est une chose de toute importance. Peut-être que, quand on est jeune avec l’énergie de la jeunesse et les capacités toutes fraîches que le Seigneur a confiées, on peut se dire : Oh ! moi, je peux. Moi je suis prêt, Seigneur, à aller avec toi et en prison et à la mort, je suis prêt ! J’aime le Seigneur ! C’est vrai mais il nous faut faire attention. « Seigneur, tu connais toutes choses, tu sais que je t’aime » (Jean 21. 17), mais la force n’est pas en moi.
Combien nous avons tous besoin d’apprendre et de réapprendre cette leçon essentielle : la force est dans le Seigneur Jésus. Et si je peux faire quelque chose pour Lui, c’est uniquement par sa grâce, et cela n’enlève en rien notre responsabilité. Si je peux faire quelque chose à la gloire du Seigneur, c’est uniquement par sa grâce. Alors qui engagera son cœur pour venir à Lui ? Cette parole est adressée à chacun. Puissions-nous y répondre avec toute humilité avec des affections renouvelées pour Celui qui pour nous a donné sa précieuse vie.
L’épître aux Colossiens a été écrite par Paul lors de sa première captivité à Rome. Colasses ou Colosses, ville de la Phrygie, Turquie actuelle, proche de Laodicée, n’a pas été visitée par l’apôtre puisque lui-même évoque que les Colossiens n’ont pas vu son visage. Il semble que ce soit par son compagnon de service, Épaphras, qu’elle a entendu et connu la grâce de Dieu en vérité.
Dans cette lettre, un des thèmes majeurs est la prééminence de la Personne du Seigneur Jésus, montré dans toute sa gloire, particulièrement en tant que chef ou tête de son corps – « chef » que les Colossiens sont encouragés à tenir ferme dans la foi (ch. 2. 19). Cette présentation du Seigneur, image du Dieu invisible, s’impose pour réfuter et combattre les erreurs propagées par de faux docteurs qui s’attaquaient à sa Personne, la rabaissant au rang d’une créature.
Leurs raisonnements conciliaient des ordonnances légales judaïsantes et des idées gnostiques diffusées par les philosophies du moment qui, entre autres, niaient que la création soit l’œuvre de Dieu et qui préconisaient l’ascétisme. De nos jours le légalisme remplace le judaïsme, l’intellectualisme et le mysticisme se substituent au gnosticisme, cette « connaissance faussement ainsi nommée » (1 Tim. 6. 20) comme le définit la Parole. Ces courants se révèlent être dangereux pour la foi et la jouissance de la grâce de Dieu.
Paul, après avoir, selon son habitude, souligné le bien manifesté par les Colossiens et prié avec sollicitude pour eux, va les avertir et les mettre en garde en reprenant point par point les erreurs qui se sont infiltrées parmi eux. Ainsi peut-on esquisser un plan s’articulant en cinq parties.
– La première : les Colossiens et la grâce de Dieu (ch. 1. 1 à 8) : « Ayant entendu parler de votre foi dans le Christ Jésus et de l’amour que vous avez pour tous les saints ».
– La deuxième partie : la prière de Paul et les gloires de Christ (ch. 1. 9 à 29) : « Que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur », le Seigneur étant présenté comme le Fils de l’amour du Père, en qui la plénitude s’est plu à habiter et comme étant « le premier-né d’entre les morts, afin qu’en toutes choses il tienne, lui, la première place ».
– La troisième partie : la pleine valeur de Christ et de son œuvre (ch. 2. 1 à 19) : « Et vous, lorsque vous étiez morts dans vos fautes… il vous a vivifiés ensemble avec lui… ayant effacé l’obligation qui était contre nous… il l’a ôtée en la clouant à la croix » (v. 13 et 14).
– La quatrième partie : morts et ressuscités avec Christ, la vraie vie chrétienne (ch. 2. 20 au ch. 4. 6).
– Et enfin la cinquième : Paul, les Colossiens et ses salutations (ch. 4. 7 à 18).
Notre propos est de considérer le chapitre 3 où nous sont présentés Christ notre vie, les caractères de Christ, la parole du Christ en nous ainsi que l’attitude du chrétien dans trois contextes : le mariage, la famille, la société. Remarquons que dans cet exposé les verbes impératifs nous invitent à une activité cohérente, croissante et constante.
C’est pour cela que nous avons toujours à lever les yeux vers Jésus. Le cantique 100 des Hymnes et Cantiques dit : « Vers Jésus élevons les yeux ». Voilà la réponse de Dieu, voilà celui qui est la révélation de Dieu. Non seulement il est au centre de la révélation mais il est la révélation elle-même.
Les Colossiens étaient en danger par rapport aux choses de Dieu de penser accéder à une certaine connaissance de ces choses d’en haut en dehors de Christ. Nous voyons tout de suite que l’ennemi était derrière la scène, mais comme toujours il a fait une œuvre trompeuse et Dieu, dans sa souveraineté, a permis qu’à cause de cela même, cette épître nous soit écrite. Elle est comme toute la Parole d’une actualité évidente. La foi saisit la valeur de la révélation et Jésus Christ est au centre de cette révélation.
Dès le début de ce chapitre nous sommes exhortés à lever les yeux vers Jésus, vers le ciel, vers la gloire. C’est là notre ressource, notre sécurité, c’est là et là seulement que nous serons rendus intelligents parce que Christ est déjà en nous l’espérance de cette gloire (ch. 1. 27). Il n’y a rien, absolument rien – pour ce qui concerne la révélation, la connaissance des choses d’en haut dont nous entrevoyons quelque chose en lisant toute l’Écriture – en dehors de Christ.
Et démasquer l’adversaire qui a fait cette chose-là pour, s’il le pouvait, porter atteinte à la gloire de Christ, c’est notre devoir aujourd’hui, le plus réel, si nos affections sont engagées pour le Seigneur Jésus d’avoir non seulement ce saint désir, mais cette énergie pour que nous sachions aussi dans notre vie personnelle, dans la vie de nos familles et dans la vie du rassemblement démasquer l’adversaire. Christ doit être au centre de tout.
Il est tout comme Objet, il est en tous comme puissance de vie. Rien ni personne ne devrait nous détourner, comme dira Paul aux Corinthiens, « de la simplicité quant au Christ » (2 Cor. 11. 3). Sachons laisser au Seigneur Jésus la place qui est la sienne.
Pour entrer dans le vif du sujet, tout le monde a été frappé certainement, même si on n’a pas lu le v. 20 du chapitre 2, de la symétrie qu’il y a entre « si vous êtes morts avec Christ » et le début de notre lecture « si donc vous avez été ressuscités avec le Christ ». Personne ne peut ressusciter s’il n’est pas d’abord mort. Le « si » que nous avons n’est pas un « si » dubitatif comme : si demain il fait beau j’irai me promener. Quand on dit cela, on n’est pas sûr du temps : peut-être qu’il fera beau, alors j’irai me promener. Ce n’est pas du tout le « si » que nous avons là. Le « si » que nous avons là, c’est « puisque vous avez été ressuscités avec le Christ ». C’est une chose faite, c’est lié à notre position.
Pour les enfants : Ces passages où on a « si vous êtes morts » et « si vous êtes ressuscités », nous amènent à une image qu’ils peuvent très bien comprendre. Le peuple d’Israël était en Égypte et puis il y a eu un jour, la Pâque, où ils ont été délivrés du jugement. Et puis ils ont traversé la mer Rouge et, juste derrière eux, les Égyptiens ont été engloutis. Et 40 ans plus tard, le peuple d’Israël se trouve au bord du Jourdain. Ce n’est pas un très grand fleuve, mais c’est quand même un obstacle.
Le Jourdain sépare le désert du pays que Dieu leur a promis et il va falloir le traverser. Alors il est question de 24 pierres. Si tu fais 12 plus 12, ça te donne 24. Que s’est-il passé quand ils ont été devant le Jourdain ? L’arche qui manifestait la présence de Dieu au milieu d’eux va s’arrêter au milieu du Jourdain. Les eaux vont être arrêtées bien en amont vers la source et ils ont pu passer à sec. Le Jourdain est le fleuve de la mort : « Si vous êtes morts avec Christ ».
On a tout d’abord pris 12 pierres qui représentent les douze tribus d’Israël et on va les mettre dans les eaux du Jourdain qui se sont remises à couler une fois que le peuple est passé de l’autre côté. Ces pierres qu’on ne voit plus, mais qu’on sait être au fond du Jourdain, veulent dire : « vous êtes morts avec Christ », là où l’arche qui nous parle de Christ s’était arrêtée dans le fleuve de la mort, ce qui nous parle de sa mort. Nous sommes identifiés c’est-à-dire collés si l’on peut dire à l’arche. Les 12 pierres qui représentent tout le peuple sont là dans la mort.
Et puis, n’oublie pas, ils sont passés de l’autre côté, ils sont en Canaan, à un endroit qui s’appelle Guilgal. Il y a, j’ai dit, 24 pierres. Il y en a donc 12 au fond du fleuve. On ne les voit plus parce que le Jourdain s’est remis à couler dessus. Mais de l’autre côté il y a 12 autres pierres, les 12 autres pierres, que cette fois on voit, là où on les a mises. Elles représentent le peuple qui est passé de l’autre côté de la mort et de l’autre côté de la mort, c’est la résurrection. « Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ ».
Tu vois cette image du peuple d’Israël, douze pierres dans le Jourdain, et douze pierres de l’autre côté du fleuve, est une image comme l’Ancien Testament est un peu un livre d’images qui montrent le dessin de ce que nous avons là. Il y a douze pierres qui sont au fond du Jourdain, et puis il y a douze pierres qui sont de l’autre côté, sur le rivage du fleuve traversé. Ces 24 pierres nous disent que nous sommes « collés » à Christ dans sa mort, identifiés avec Christ dans sa mort, mais que nous sommes associés aussi, « collés » à Christ dans sa résurrection.
Les enfants, j’espère que tous vous connaissez le Seigneur Jésus comme votre Sauveur, parce que si vous connaissez Jésus comme votre Sauveur, vous êtes « collés » à lui, aussi bien dans sa mort que dans sa résurrection et dans sa gloire, définitivement. Vous ne pouvez pas être « décollés » de ce qui se passe pour Christ, de ce qu’il est. C’est pour cela qu’il est dit : « vous êtes morts avec Christ », « vous avez été ressuscités avec le Christ ». C’est à lui que vous êtes liés pour toujours et c’est de cela que nous entretient le début de notre lecture.
Nous avons trois verbes au début de ce verset : « cherchez les choses qui sont en haut », « pensez aux choses qui sont en haut » et « quand… vous serez manifestés avec lui en gloire ». Le dernier verbe, « manifestés » est une certitude. Les deux premiers verbes sont placés sur notre conscience. C’est l’exercice de foi de la famille chrétienne ici-bas. Combien cet exercice de foi est bon parce qu’en levant les yeux en haut, c’est l’image, le signe, que nous nous détachons des choses d’ici-bas. « Cherchez ». Lorsqu’on lit les évangiles, le Seigneur nous dit : « cherchez, et vous trouverez » (Mat. 7. 7). La patience est mise à l’épreuve.
On a bien entendu qu’il y a ce que Christ a accompli à la croix et ses résultats, et de l’autre côté ce qui est laissé à notre responsabilité. La vie chrétienne, c’est croire que Jésus est mort et que je suis mort avec lui, c’est croire qu’il est ressuscité et que je suis ressuscité avec lui. Ce verbe croire qui est lié à la foi, c’est le verbe propre au temps où nous sommes sur la terre. Parce que nous sommes là dans une salle, nous ne voyons pas de nos yeux physiques le Seigneur et pourtant il est là. Lorsque nous sommes réunis, peut-être y aurait-il une plus grande facilité à le voir.
Dans ce premier paragraphe, ce premier verbe « cherchez » s’adresse à moi, quand je suis seul aussi. Et en traversant ce monde, en allant à l’école, vis-à-vis de mon voisinage, vis-à-vis de mes frères et sœurs, est-ce que je cherche ? La foi est toujours individuelle. Si c’est conjugué au pluriel, c’est bien parce que c’est une exhortation générale. Est-ce que je cherche, est-ce que je pense ? Il nous est parlé deux fois des choses qui sont en haut. Les choses qui sont en haut, c’est celles que nous ne pouvons pas perdre, parce que les choses d’ici-bas, les choses matérielles, c’est celles que nous perdrons un jour ou l’autre lorsque le Seigneur nous recueillera. Les choses matérielles d’ici-bas disparaîtront définitivement.
Et Dieu accorde par le salut qu’il donne à nos jeunes régénérés d’être une nouvelle création en Christ, cette capacité par la foi, de jouir de la personne du Seigneur. C’est pour cela qu’il nous est parlé du Christ, d’une personne. La vie chrétienne n’est pas un mouvement de foule. C’est d’abord la relation dans laquelle Dieu m’a introduit comme résultat de l’œuvre de Christ à la croix, qui est cet heureux mouvement de l’âme, d’une âme régénérée, d’une âme qui est passée des ténèbres à sa merveilleuse lumière. C’est cela la vie chrétienne.
Mais tant que nous sommes ici-bas, nous avons cette tendance à regarder en bas, dans nos propres cœurs, peut-être comme David a regardé dans ce monde. Et qu’y trouvons-nous ? La misère. Quand nous parlons avec des camarades, des collègues, des voisins, qu’est-ce qui occupe les hommes d’ici-bas ? C’est les choses matérielles, c’est la jouissance de la vie, mais d’une vie loin de Dieu. Par grâce nous connaissons celui qui nous a donné la vie, la vie éternelle et si nous avons ces exhortations, c’est parce que d’un côté nous avons beaucoup reçu, c’est une certitude, mais nous avons à faire l’expérience de notre responsabilité.
Quand on se met à « chercher », à « penser » en rapport avec la responsabilité, on va s’apercevoir que si je m’efforce de « chercher » et de « penser », je ne vais pas y parvenir. J’ai besoin de l’aide du Seigneur. Il y a la prière, il faut regarder à lui pour qu’il nous soutienne en traversant ce monde dans l’attente de son retour, pour que nous trouvions les sources en lui. Mais c’est une réalité de chercher et de penser aux choses qui sont en haut. C’est cela qui nourrira nos âmes et les élèvera au-dessus des circonstances présentes.
Nous venons de rappeler un verset de Matthieu : « Cherchez, et vous trouverez ». C’est valable aujourd’hui comme il y a deux mille ans parce que le Seigneur Jésus est le Même. J’aimerais rappeler deux versets de l’évangile selon Jean où il est question de chercher et de ce qu’on trouve – ou plutôt de celui qu’on trouve.
« Le lendemain encore, Jean se tint là, et deux de ses disciples ; et regardant Jésus qui marchait, il dit : Voilà l’agneau de Dieu ! Et les deux disciples l’entendirent parler, et ils suivirent Jésus. Et Jésus se retournant, et voyant qu’ils le suivaient, leur dit : Que cherchez-vous ? Et ils lui dirent : Rabbi (ce qui, interprété, signifie maître), où demeures-tu ? Il leur dit : Venez et voyez. Ils allèrent donc, et virent où il demeurait ; et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là » (1. 35 à 40).
Quelle parole : « Voilà l’agneau de Dieu » ! Le cœur des disciples de Jean est touché par la grâce de Dieu. Ils écoutent cette parole et il se forme dans leur cœur ce désir puissant, heureux, de connaître le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, le Sauveur, le Seigneur. Il y a une question du Seigneur Jésus : « Que cherchez-vous ? » Elle est adressée aujourd’hui à chacun. Nous pensons aux jeunes. Que cherchez-vous ? Quel est le besoin de votre cœur, quel est le besoin de ton cœur ? Et nous aussi plus âgés, que cherchons-nous ? Question solennelle et question pénétrante parce qu’elle nous amène à ouvrir nos cœurs tout grands devant celui qui désire, comme on l’a lu, être notre Maître, notre Sauveur d’abord et aussi notre Seigneur.
« Maître, où demeures-tu ? » La réponse n’est pas tout à fait en harmonie avec la question du Seigneur : « Que cherchez-vous ? », mais elle montre, oh combien ! que leur cœur désirait être avec celui qui était venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Est-ce qu’il y a maintenant dans nos cœurs une telle réponse pour celui qui s’est donné lui-même pour nous, pour celui auquel nous sommes unis maintenant pour l’éternité ? « Et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là ».
Deuxième passage, presque à la fin de cet évangile. Le Seigneur s’adresse à Marie de Magdala : « Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Elle, pensant que c’était le jardinier, lui dit : Seigneur, si toi tu l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi je l’ôterai. Jésus lui dit : Marie ! Elle, s’étant retournée, lui dit en hébreu : Rabboni (ce qui veut dire, maître) ! » (20. 15-16)
« Qui cherches-tu ? » C’est une personne, c’est la personne glorieuse et bénie de celui qui l’avait délivrée de sept démons. Pour elle – cela a été dit bien des fois – le monde n’était plus qu’un sépulcre vide. Mais, lui, le Seigneur, le ressuscité, est là vivant. Il vient prendre soin de sa brebis qui n’avait qu’un désir : le retrouver, être avec lui. Y a-t-il quelqu’un ici qui peut-être sent dans son cœur qu’il s’est distancé du Seigneur Jésus ? Que lui dit le Seigneur ? Il lui dit : « Qui cherches-tu ? » Ah ! Que le Seigneur nous donne de venir ou de revenir à lui ! Et lui, plein de grâce, plein de bonté, l’appelle par son nom : Marie. Cela suffit à ce cœur éprouvé, éploré. Que répond-elle ? « Maître ».
Elle est aux pieds de Jésus, elle est dans l’adoration de son cœur, elle a retrouvé celui qui est vivant, qui est ressuscité pour l’éternité. Elle est chargée de ce merveilleux message : « va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu ». La communion est là. Quelle chose merveilleuse ! Que le Seigneur nous accorde la grâce de goûter en sa présence la communion avec lui, avec notre Dieu et Père et les uns avec les autres !
Un mot sur la différence entre la position et la réalisation. Si nous lisons le verset 1 il y a quelque chose au début qui est lié complètement à notre position. « Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ » : est-ce nous qui avons fait cela ? Absolument pas. C’est Christ qui est ressuscité par la gloire du Père (Rom. 6. 4). Mais à ce privilège immense d’être lié à Christ dans sa résurrection, comme à tout privilège, s’attache une responsabilité. Il y a ce qui est absolu, ce que Christ a fait, et il y a ce qui est relatif, notre réalisation de ces choses.
Laissez-moi donner cette image – les enfants vous pouvez aussi la comprendre – qu’on trouve dans un petit écrit qui s’intitule : « Certitude et joie du salut » où l’image a été donnée d’une nuit chaude, étoilée. Vous avez le ciel noir avec la lune et puis par terre vous avez un étang. Quand on voyait la lune dans le ciel, elle était complètement nette et quand on regardait la lune qui se reflétait dans l’étang, elle était complètement nette. Seulement voilà, sur la terre il y a toutes sortes de choses qui peuvent nous arriver.
Dans cette nuit étoilée il y a quelqu’un qui a lancé un caillou dans la mare. La lune est « cassée ». Mais la lune est « cassée » ! Mais non, la lune n’est pas cassée. Selon que c’est lié à la position dans le ciel, ressuscité avec Christ, l’astre est toujours là, aussi net qu’avant, alors que l’image dans l’étang est complètement brouillée. Ça c’est notre responsabilité dans tout ce qui peut nous arriver. Parce qu’au lieu de chercher les choses qui sont en haut, comme nous l’avons entendu tout à l’heure, trop souvent, nous cherchons les choses qui sont sur la terre, comme font les gens du monde.
Et alors notre vie est brouillée et ce que le Seigneur a fait de nous est complètement brouillé, mais ça ne touche pas à cette position inattaquable. Personne ne peut brouiller notre position et personne ne peut porter atteinte à l’œuvre du Seigneur Jésus ressuscité, à la droite de Dieu. C’est une image que l’on trouve dans cet écrit qui m’a beaucoup aidé. Peut-être que cela peut aider quelqu’un aussi ici.
C’est une chose qui est du passé, c’est un verbe qui est au passif. Si on revient au chapitre 2. 20 il est dit : « Si vous êtes morts » ou « si vous mourûtes » comme nous le dit la note. Je fais un peu de vocabulaire. Les enfants, vous avez appris à l’école qu’il y a une différence entre un passé simple et un imparfait. Si je dis : la « porte claqua », c’est une fois et c’est fini. Et si je dis : « la porte claquait », ça veut qu’elle claque et re-claque. Ici nous avons quelque chose de définitif lié à ce que Christ a fait. Il est mort une fois pour toutes, nous dit l’épître aux Hébreux.
Si vous êtes ressuscités, c’est quelque chose qui est fait et qui est inattaquable, quelque chose qui m’est acquis, quelque chose qui est lié à ma position, que personne ne peut prendre. Mais ensuite il y a le « cherchez », c’est-à-dire ma réalisation de ces choses. Et finalement l’enjeu de toute notre vie chrétienne, c’est que la lune dans la mare reste toujours conforme à la lune dans le ciel, c’est-à-dire que mon exercice est que je réalise, même si c’est toujours avec faiblesse et partiellement, que je réponde à cette position inattaquable dans laquelle le Seigneur m’a placé.
« Nous avons donc été ensevelis avec lui » (Rom. 6. 4). Quand est-ce que cela s’est passé ? À la croix. Quand Christ est mort pour nous, nous sommes morts avec lui. C’est une vérité, c’est un fait. Maintenant ce que nous avons à faire c’est de tenir compte de ce fait et de nous l’approprier. On remarquera que dans le même verset 4 il nous est dit : « afin que comme Christ a été ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père ». Quand nous revenons à notre chapitre, le verset 3 nous dit : « car vous êtes morts ». C’est un fait. Nous ne pouvons rien changer à cela.
Tous ceux qui sont en Christ sont morts à cette vie à laquelle Christ est mort. Notre vie est dans le Christ. Nous l’avons au début de notre chapitre : « si donc vous avez été ressuscités avec le Christ » : voilà notre place. Ce que nous avons à faire, c’est nous approprier cela. Notre sphère de vie, c’est là où le Seigneur est. Les choses qui sont en haut, c’est notre domaine d’activité : « cherchez les choses qui sont en haut, là où le Christ est ». Ce qui concerne notre vie passée est passé. Nous sommes morts à cela et notre sphère d’activité ce sont les choses qui sont en haut.
On peut lire dans le chapitre 6 de Matthieu : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la mite et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni la mite ni la rouille ne détruisent, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent » (v. 19 et 20). Cela veut dire que tout ce qui est pour la terre passe. On verra que nos occupations, nos centres d’intérêt, ce pour quoi nous avons à travailler, c’est la sphère qui est notre vie, c’est-à-dire les choses qui sont en haut. Dans le chapitre 1er de l’épître aux Galates, il nous est dit de Christ : « en sorte qu’il nous retirât du présent siècle mauvais » (v. 4).
Nous sommes retirés de cette sphère. Notre sphère c’est l’amour du Seigneur. Maintenant, nous sommes identifiés avec lui, c’est ce que nous avons ici : « Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ » : là où il est, c’est notre place aussi.
On peut peut-être ouvrir le livre d’images qu’est l’Ancien Testament. Il y a un homme qui s’appelle Abram et justement, dans le chapitre 14 il est dit au v. 13 : « Abram, l’Hébreu ». Hébreu veut dire « celui qui passe », ça veut dire « qui est de l’autre côté », ça veut dire « l’étranger ». Voyez déjà la relation que nous avons, l’étranger. Dans ce chapitre-là vous avez à un moment un roi de Sodome très content de savoir qu’Abram avec ses trois cent dix-huit hommes exercés l’a délivré et qui va justement lui proposer les choses d’en bas. Satan est prêt à acheter très cher une âme, très cher. « Donne-moi les âmes, et prends les biens pour toi » (v. 21).
Ces paroles sont terrifiantes. Satan n’a pas changé de stratégie. Cette séparation ce n’est pas Abram qui peut la fabriquer, qui va pouvoir la manifester, il ne valait pas mieux que nous finalement. Mais juste avant qu’arrive le roi de Sodome, il y a quelqu’un de mystérieux qui apparaît, quelqu’un qui s’appelle Melchisédec. Melchisédec n’est pas une image du Seigneur, il est « assimilé au Fils de Dieu » (Héb. 7. 3). Ce n’est pas seulement une image, comme Joseph est une image, il est « assimilé au Fils de Dieu ».
C’est le Seigneur avant son incarnation si on peut dire. Et voilà que Melchisédec vient avec deux choses. Il vient avec du pain et du vin. De quoi nous parlent le pain et le vin que l’on a tous les dimanches sur la table, sinon de mort, de la mort du Seigneur. C’est dans la mesure où nous réalisons que les choses d’en bas et les gens d’en bas ont crucifié le Seigneur de gloire, celui qui m’a aimé jusqu’à la mort… On l’a mis sur une croix. Peut-être que quand on réalise cela on verra les choses d’en bas un petit peu autrement, même si elles brillent, même si elles paraissent belles. N’oublions pas que ce monde des choses d’en bas qui nous fait tant de sourires, a les mains rouges du sang de notre Seigneur Jésus.
Et quand Melchisédec disparaît, nous aussi, nous avons à réaliser l’injonction que nous avons là, savoir où nous avons à chercher cette force. C’est dans le sanctuaire, avec notre divin Melchisédec. Nous avons besoin d’avoir à faire à lui, et dans sa mort et dans sa résurrection. Que ces choses puissent remplir nos cœurs de manière à ce que Christ les remplisse et que le monde ne puisse rien y mettre !
Si tout à l’heure on sort de la salle et que quelqu’un dise : avec ce qu’on a lu, à partir de demain c’est fini – une bonne résolution comme on en prend le 1er janvier – et puis le 2 il n’y a plus rien… vous allez « droit dans le mur ». Mais dans la mesure où Christ remplit notre cœur, le monde n’y pourra rien mettre. Qui est-ce qui a dit que l’adoration c’était uniquement pour le dimanche matin entre dix heures et midi ? Qui est-ce qui a dit cela ? Où est-ce écrit ? Nulle part, bien-aimés du Seigneur ! Est-ce que nous n’avons pas à avoir cette adoration de notre Seigneur tous les jours de notre vie ?
Peut-être qu’on est très occupés, mais prendre cinq minutes, dix minutes avant d’aller au travail, avant de commencer le tournis des activités, prendre un moment : « Seigneur, tu m’as aimé jusqu’à la mort ». Il y a une jouissance que moi je n’ai pas, que vous n’avez pas non plus, mais qui est dans le Seigneur et c’est dans cette mesure-là qu’Abram va pouvoir dire au roi de Sodome : « si, depuis un fil jusqu’à une courroie de sandale, oui, si, de tout ce qui est à toi, je prends quoi que ce soit ». « Tu n’attacheras pas mon pied, ma marche, tu n’attacheras pas mon cœur. Mon cœur est ailleurs que dans ces choses ».
C’est la puissance de Christ en moi qui fera le pas de la foi. Je serai alors un vainqueur. La loi disait : faites ceci et vous vivrez. La grâce vient nous dire : vivez et vous ferez. C’est dans la jouissance de Christ connu dans l’âme, dans le cœur, dans l’être intérieur, que par la foi, je m’emparerai de la position que j’ai en Christ. On a dit : la grâce nous a tout donné en Christ. On a rappelé que notre responsabilité est entière. La lune dans l’étang doit refléter la lune dans le ciel. La puissance est en Christ, en Christ seul.
L’expression du v. 4, « le Christ qui est notre vie », c’est quelque chose qui devrait nous faire goûter, réaliser, la profondeur de ce que Dieu dans sa grâce met aujourd’hui encore à la disposition de chacun. Peut-être que les jeunes pourraient en effet se poser cette question : « Mais comment faire pour accorder notre marche à la hauteur d’une telle position ? » Faire, faire, nous en avons trop fait ! Un jour les juifs ont dit au Seigneur Jésus : « Que ferons-nous pour faire les œuvres de Dieu ? » (Jean 6. 28).
Quelle a été la réponse du Seigneur Jésus ? « C’est ici l’œuvre de Dieu, que vous croyiez en celui qu’il a envoyé » (v. 29). La foi, chers amis, chère jeunesse, « la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi ». Je regarde à lui. Je tends la main pour saisir ce que Dieu me donne. Voilà la foi. En quelque sorte on pourrait peut-être dire que la foi se place entre la grâce et la responsabilité.
Mais, chers amis, nous nous empressons d’ajouter que, bien sûr, il est écrit dans la Parole que la foi est un don de Dieu. « La foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la Parole de Dieu » (Rom. 10. 17). Mais chère jeunesse, vous remarquerez un jour ou l’autre, si vous ne l’avez pas déjà vécu dans votre vie personnelle, le jour où vous avez fait le pas de la foi, où vous avez saisi pour vous-même ce qui était vraiment la vie, c’est-à-dire Christ dans le ciel, dans la gloire, ce jour-là vous avez pu réaliser que ce n’était pas vous qui avez fait cette chose-là. Dieu vous l’avait donnée.
La foi est un don de Dieu. Encore une fois nous aimons à le redire, tout est grâce. Jouissons de ce que Dieu a fait, jouissons de ce que Christ a fait, de ce qu’il est, là-haut dans le ciel, et de ce qu’il est présentement en nous, l’espérance de la gloire. Il est notre vie, la puissance de cette vie nouvelle que Dieu nous a donnée. D’ailleurs quand il s’agit de mortifier, de renoncer, où est la puissance ? Elle n’est qu’en Christ.
Encore un mot pour illustrer ce verset de Matthieu 7. 7 qui a été cité plusieurs fois : « Cherchez, et vous trouverez ». C’est bien le côté de notre responsabilité. Je voudrais rappeler en pensant particulièrement aux jeunes, un passage des Proverbes où il est question justement de chercher, de rechercher. Je commence au début du chapitre : « Mon fils, si tu reçois mes paroles et que tu caches par devers toi mes commandements pour rendre ton oreille attentive à la sagesse, si tu inclines ton cœur à l’intelligence, si tu appelles le discernement, si tu adresses ta voix à l’intelligence, si tu la cherches comme de l’argent et que tu la recherches comme des trésors cachés, alors tu comprendras la crainte de l’Éternel et tu trouveras la connaissance de Dieu » (2. 1 à 5).
Il y a huit verbes qui sont donnés d’abord, du verset 1 au verset 4 sur le fait de lire la Parole, de la sonder. « Sondez les écritures… ce sont elles qui rendent témoignage de moi » (Jean 5. 39). Et puis larecevoir dans son cœur, s’y soumettre, rendre son oreille attentive, incliner son cœur. Et puis aussi sans doute lalire avec prière puisqu’il est dit « si tu appelles le discernement, si tu adresses ta voix à l’intelligence ». L’apôtre Paul pouvait dire à Timothée : « Considère ce que je dis ; car le Seigneur te donnera de l’intelligence en toutes choses » (2 Tim. 2. 7).
Et puis la creuser, la méditer, avec le secours bien sûr de l’Esprit, mais pour y trouver la personne de celui dont elle nous parle. Nous désirons qu’elle attache nos cœurs à sa Personne.
Nous voyons au verset 5 la conséquence, le résultat : « alors tu comprendras la crainte de l’Éternel et tu trouveras la connaissance de Dieu ». Que nous soyons gardés dans cette crainte de Dieu en lisant sa Parole. En rapport avec le fait de « pensez aux choses qui sont en haut » nous pouvons citer Philippiens 4. Nous connaissons bien ce verset où il est question des pensées (Phil. 4. 7). D’abord le résultat de la prière : la paix de Dieu est connue. Ensuite présenter ses requêtes à Dieu avec des actions de grâces. « Et que la paix du Christ… préside dans vos cœurs » (Col. 3. 15).
Et ensuite au verset 8 de Philippiens 4 : « Au reste, frères, toutes les choses qui sont vraies, toutes les choses qui sont honorables, toutes les choses qui sont justes, toutes les choses qui sont pures, toutes les choses qui sont aimables, toutes les choses qui sont de bonne renommée, s’il y a quelque vertu et quelque louange, que ces choses occupent vos pensées ». Ce sont bien les choses qui sont en haut. « Ce que vous avez et appris, et reçu, et entendu, et vu en moi, faites ces choses [il y a bien la mise en pratique], et le Dieu de paix sera avec vous ». L’apôtre Paul peut dire aussi à Timothée : « Occupe-toi de ces choses ; sois-y tout entier » (1 Tim. 4. 15).
Au verset 3, il est dit : « vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu ». Quelle magnifique réalité ! Cette nouvelle création où nous sommes, c’est être régénéré. On est avec le Christ. On a parlé de la position. Il n’y a rien à ajouter à l’œuvre de Christ à la croix. Bientôt nous serons manifestés avec lui en gloire. Combien de fois la Parole nous montre que nous ne sommes pas destinés à rester ici-bas. Le racheté est lié à Christ qui est dans les cieux et qui viendra chercher les siens.
On a parlé de la responsabilité, de notre difficulté et même de l’impossibilité, par nous-mêmes, d’honorer cette responsabilité. Dans ce chapitre 3 l’accent est mis davantage sur ce qu’il y a à faire – c’est notre responsabilité – pour vivre à la gloire du Seigneur. On a ce premier paragraphe qui constate que Christ est ressuscité et que nous Lui sommes associés.
Ensuite il y a les choses positives : cherchez, pensez. Et puis il y a les choses à écarter : « Mortifiez donc vos membres » (v. 5), « renoncez, vous aussi à toutes ces choses » (v. 8) : au verset 12 : « Revêtez-vous » et au verset 16 : « Que la parole du Christ habite en vous richement ».
La vie chrétienne est un ensemble mais on prend les choses les unes après les autres dans ce chapitre. « Mortifiez ». Si on veut qu’une plante périsse, on va éviter de l’arroser. Cela va dans le même sens. Ce qui suit commence par cette liste sur laquelle nous passons souvent rapidement parce qu’elle nous effraye d’un côté et puis peut-être que nous nous disons : « J’ai été gardé de cela jusqu’à ce jour ». Mais remarquons l’ordre dans lequel les choses sont données : la fornication en premier, la cupidité à la fin. La fornication, la cupidité, l’idolâtrie, ce sont les traits caractéristiques de ce monde. Et c’est dans ce monde où nous vivons que la fornication est pratiquée, et non seulement pratiquée, mais encouragée. Et ce n’est plus appelé péché, c’est normal.
« Mortifiez donc vos membres », c’est tenir cela, ne pas se nourrir de ces choses. C’est un exercice profond pour lequel tout particulièrement nous avons besoin du secours du Seigneur. Je reviens sur le mot foi et le mot croire. « Le juste vivra de foi ». On sait bien que nous sommes sauvés par la foi. Mais est-ce qu’on oublierait que la marche chrétienne est encore et toujours par la foi ? Croire ce que la Parole nous dit. Je le crois mais d’autant plus si je réalise qu’en appliquant ces choses, en les mettant de côté – mortifier d’abord, renoncer ensuite -, c’est le chemin du bonheur.
Le livre des Psaumes commence par « bienheureux » et c’est ce que Dieu désire pour chacun d’entre nous ici-bas. Et Satan, lui, nous montre des choses brillantes, des choses attrayantes, des choses qui n’ont l’air de rien. Mais c’est la tristesse, les pleurs, alors que justement Christ est venu ici-bas pour nous tirer de cela en réglant la question du péché. Nos péchés sont couverts, mais nous sommes encore sur la terre. Nous sommes des êtres responsables.
C’est une chose essentielle de savoir que Dieu a créé l’homme à son image, il a soufflé ce souffle de vie et tant pour le salut que pour la marche chrétienne, nous devons prendre conscience que nous sommes responsables d’accepter la grâce et une fois que l’on connaît Jésus pour son Sauveur personnel, de vivre de foi, de marcher par la foi, de s’appliquer par la foi, c’est-à-dire de croire que ce que Dieu me dit par sa Parole est vrai et que le chemin de la paix, d’une vie heureuse, c’est de mettre de côté les choses de ce monde, les choses qui sont prisées et qui sont recherchées.
La fornication, c’est le premier pas pour mettre de côté tout ce qui est relatif à la sainteté du mariage. L’impureté et les affections déréglées : tout est fait pour que dans ce que nous présente ce monde, nous marchions dans l’impureté. On ne vous dit pas que c’est de l’impureté, surtout pas. Mais nous avons par la grâce de Dieu la Bible qui fait la différence entre ce qui bien et ce qui est mal pour le bonheur de nos cœurs.
C’est tellement important de nous souvenir de cela. Christ et son œuvre : la perfection, rien ne peut nous l’enlever. Nous ne pouvons pas perdre cette part, mais nous pouvons en perdre la jouissance. La Parole de Dieu et ces écrits de l’épître aux Colossiens, sont des aides pour nous dire que Dieu désire que nous jouissions dès ici-bas, dans nos cœurs, de ce que Christ nous a acquis à si grand prix.
On pourrait donner quelque chose pour qu’il n’y ait pas d’équivoque. Il nous est dit « ne pensez pas aux choses qui sont sur la terre » (v. 2). Quelqu’un peut rétorquer : « Attendez, moi, si je dois faire mes courses – pour une mère de famille – il faut que je pense quand je suis au supermarché à ce qu’il n’y a pas dans le frigidaire ; il faut que je pense à cela, je ne peux pas penser à ce moment-là aux choses d’en haut. Il faut que j’y sois ». Un étudiant dira : « avant mon examen, je suis 100 % dans mes révisions et alors je désobéis à un verset comme cela ». Un travailleur dira : « Mais moi je suis au travail, je suis 100 % dedans je ne peux pas penser au Seigneur ». Alors est-ce que c’est en contradiction avec ce que nous avons là ? Certainement pas.
Toute la Parole de Dieu nous parle, à notre être moral. Et qu’est-ce que c’est que notre être moral ? On peut se demander ce que ça veut dire : « moral ». On entend parler dans les rassemblements de « pensée morale » ; qu’est-ce que c’est ? C’est quelque chose qui est lié à la fois à notre cœur et à notre conscience. Pour reprendre ce que disait un frère autrefois, les plus hautes facultés d’un homme ce n’est pas son intelligence, les plus hautes facultés d’un homme, c’est son cœur et sa conscience.
Et toute la Parole de Dieu, du premier chapitre de la Genèse jusqu’au dernier chapitre de l’Apocalypse s’adresse à notre être moral, c’est-à-dire à nos cœurs et à nos consciences. Donc penser, ou ne pas penser aux choses sur la terre, ce sont les pensées de notre cœur. Quels sont les plans chéris de mon cœur ? Cela ne veut pas dire qu’on ne doit pas faire notre travail et le faire bien vis-à-vis de notre employeur et le faire d’abord pour le Seigneur. Mais est-ce que nos cœurs sont dans ces choses, est-ce que ce sont les plans chéris de notre cœur comme Achab qui voulait faire un jardin potager à côté de sa maison ? (1 Rois 21. 2) Est-ce que nous en sommes là ?
Est-ce que nos cœurs sont attachés à cette terre ? Est-ce que toutes nos affections tournent autour des choses que ce monde nous présente et par lesquelles – je reprends l’image d’Abraham – il veut nous attacher, ou bien est-ce que nos cœurs sont avec le Seigneur Jésus ? Cela ne nous empêchera pas de faire notre travail, de penser et de nous appliquer – et dans votre ménage, frères et sœurs, et dans le travail, pour les travailleurs, ça ne nous empêchera pas. Nous ne sommes pas en contradiction avec cela, mais nos cœurs ne sont pas dans ces choses. Ne pas penser aux choses qui sont sur la terre : si quelqu’un n’a qu’une idée et si le plan chéri de son cœur, c’est de s’élever et de gagner de l’argent, alors ce verset-là est pour lui. Si une ménagère ne pense qu’à une chose, c’est de briller pour que les invités en aient « plein la vue », parce qu’elle a fait des choses extraordinaires et finalement qu’elle se cherche elle-même, ce verset est encore pour elle. Si l’étudiant travaille, bachote, en se disant : « je vais être dans les premières places, ça me permettrait d’avoir une bonne situation et de gagner beaucoup d’argent », ce verset est pour lui.
Mais nous devons jouir des choses sans que nos cœurs soient dans ces choses. Pour qu’il n’y ait pas d’équivoque, cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas obligés de penser matériellement aux choses qui sont sur la terre, mais où sont nos cœurs ? Il me semble que ce passage parle essentiellement et exclusivement de cela.
Le rappel d’un verset des Proverbes, c’est bien là la clé. « Garde ton cœur plus que tout ce que l’on garde, car de lui sont les issues de la vie » (4. 23).
« Quand le Christ qui est notre vie » : là aussi nous avons une vérité. Notre vie, c’est Christ, notre vie ce n’est pas la sphère de ce monde. Dans l’évangile de Jean, la vie éternelle c’est la personne du Seigneur Jésus : « c’est ici la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (17. 3). Nous vivons de la vie du Seigneur et notre vie doit refléter ce que le Seigneur est.
On peut voir que ce que l’apôtre dit des Thessaloniciens au chapitre 1. 10 est l’expression de cela. C’est une vie sainte dans les choses de ce monde mais nous pouvons voir – la suite du chapitre 3 va nous le montrer – qu’il faut que nous soyons conscients que notre vie n’est pas la vie de ce siècle, c’est la vie du Seigneur Jésus. Dans l’exemple que notre frère nous a donné, on a vu qu’Abram a refusé les choses proposées par le roi de Sodome.
Le chapitre 15, à la fin du verset 1, vient nous dire : « Abram, ne crains point ; moi, je suis ton bouclier et ta très grande récompense ». Voilà, son bouclier, et sa très grande récompense. Qu’est-ce qu’on s’approprie comme très grande récompense ? C’est la personne du Seigneur. « Je suis… ta très grande récompense ». On le voit ici dans ce que l’Éternel lui dit : « ton bouclier et ta très grande récompense ». Cette récompense, nous l’avons déjà, c’est Christ. Ce qu’il nous appartient de faire c’est de vivre de lui.
Ce qui est exprimé dans ce chapitre 3 et aussi dans le v. 20 du chapitre précédent, ce sont des choses qui se succèdent dans l’ordre voulu par l’Esprit de Dieu. « Si vous êtes morts avec Christ aux éléments du monde » et puis « Si [puisque] donc vous avez été ressuscités avec le Christ, cherchez les choses qui sont en haut », et ensuite : « quand le Christ qui est notre vie, sera manifesté, alors vous aussi, vous serez manifestés avec lui en gloire ». Dieu nous donne pour ainsi dire des motifs puissants, heureux.
Il nous a donné tout ce qui suffit pour pouvoir réaliser la suite, c’est-à-dire : « Mortifiez donc vos membres qui sont sur la terre », « renoncez, vous aussi à toutes ces choses » et « revêtez-vous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés… ». Qu’est-ce que Dieu nous a donné par grâce ? Il nous a donné le Seigneur Jésus comme Sauveur personnel et comme Seigneur de nos vies. Il nous a donné son pardon, la vie éternelle et il nous a donné le Saint Esprit qui habite dans chaque croyant et dans l’assemblée.
Par nous-mêmes nous ne pouvons pas avoir l’énergie pour réaliser ce qui est dit dans les versets 5 et suivants. Mais Dieu nous a donné toutes choses pour que nous puissions demeurer en Christ et marcher par l’Esprit. Nous trouvons dans l’épître aux Galates qu’il y a cette lutte qui est toujours la même entre la chair et l’Esprit. C’est une chose qui est inhérente à notre vie jusqu’à sa fin, ou jusqu’à ce que le Seigneur vienne nous chercher pour nous prendre auprès de Lui.
Galates 5. 16 et 17, 22 à 25 : « Mais je dis : Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point la convoitise de la chair. Car la chair convoite contre l’Esprit, et l’Esprit contre la chair ; et ces choses sont opposées l’une à l’autre, afin que vous ne pratiquiez pas les choses que vous voudriez… Mais le fruit de l’Esprit est l’amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance : contre de telles choses, il n’y a pas de loi. Or ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’Esprit ».
On est jeune, on a donné son cœur au Seigneur, on sait qu’on lui appartient, on est sauvé pour l’éternité. Et puis il y a cette lutte : « Le bien que je veux, je ne le pratique pas ; mais le mal que je ne veux pas, je le fais » (Rom. 7. 19). Que faire ? « Je sais qu’en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien » (v. 18) ; la solution n’est pas là ; c’est la réalisation de ce que je suis. La réponse divine est plutôt au chapitre 8. 1 : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus ».
J’ai reçu du Seigneur cette certitude dans mon âme par l’Esprit que ce n’est plus moi que Dieu voit, il ne me voit plus en Adam, il me voit en Christ. Et alors le premier verset du chapitre 8 dit : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus ». La puissance de vie, c’est le Saint Esprit et demeurant près du Seigneur, demeurant en lui et lui en nous, ayant sa Parole pour nous conduire par l’Esprit dans toute la vérité. Alors par sa grâce seule, nous pouvons vivre par l’Esprit, marcher par l’Esprit, mortifier nos membres, c’est-à-dire toutes les choses mauvaises qui nous sont énumérées et bien d’autres et renoncer à bien d’autres choses aussi dont on pense peut-être souvent qu’elles ne sont pas si graves que cela parce qu’elles interviennent hélas ! bien trop souvent dans nos vies de chaque jour. Tout cela c’est vivre dans le péché.
Dieu nous a donné tout ce qu’il nous faut pour demeurer dans les choses que nous avons reçues et pour que nous les pratiquions afin que Dieu, que le Seigneur, soit honoré dans nos vies, que nous goûtions ensemble ce que le Seigneur a payé si cher sur le bois de la croix pour nous les acquérir, prélude à ce que nous allons goûter bientôt là-haut avec lui et pour toujours.
Au verset 5 on a vu la fornication, l’impureté, les affections déréglées, la mauvaise convoitise, et la cupidité. Ce sont des péchés plutôt en relation avec le corps. On pourrait penser que ce sont des péchés graves et que cela concerne plutôt les gens du monde. Quand on voit les versets 8 et 9 il est parlé de la colère, du courroux, de la malice, des injures, de paroles honteuses venant de votre bouche, « ne mentez point l’un à l’autre, ayant dépouillé le vieil homme avec ses actions ». Là ce sont des péchés en relation avec les lèvres.
On pourrait sous-estimer ce danger en pensant que ce n’est pas si grave que cela de mal parler, de pécher de ses lèvres. Dieu dit que c’est aussi grave que ce que nous avons au verset 5. Prenons garde à ce que nous pouvons dire de nos frères et sœurs.
On voit dans Jacques au chapitre 3 qu’on peut dire des choses très belles et puis ensuite on peut dire des choses très mauvaises. On peut lire ce verset : « la langue… c’est un mal désordonné, plein d’un venin mortel. Par elle nous bénissons le Seigneur et Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à la ressemblance de Dieu » (v. 8 et 9). Puis il est dit un peu plus loin : « Mes frères, il ne devrait pas en être ainsi » (v. 10). Combien c’est grave de pouvoir à la fois bénir Dieu et dire du mal de ses frères et sœurs !
C’est frappant parce qu’il y a deux versets pour ce péché des lèvres. On a l’impression que l’on a parlé de choses très hautes, notre position en Christ. Il est de notre responsabilité de mettre en pratique cette position, de réaliser que nous sommes morts et ressuscités avec Christ. Et puis tout à coup on a un peu l’impression de dégringoler. On se dit : mais maintenant voilà que la Parole de Dieu vient nous parler de choses très intimes et nous dit : Voilà, attention il faut que vous renonciez à ces choses-ci. La Parole nous parle à chacun.
On n’a pas besoin de commenter peut-être tous ces caractères qui sont donnés au verset 8 mais on est frappé de voir combien aux yeux de Dieu le péché des lèvres est quelque chose de grave.
En Jacques 3. 5, il nous est dit : « Ainsi aussi la langue est un petit membre et elle se vante de grandes choses. Voici, un petit feu, quelle grande forêt allume-t-il ! » Ici on a lu au v. 5 « mortifiez donc vos membres ». On a parlé du corps. Nous avons donc dans Jacques un petit membre du corps : la langue.
« Mortifiez » (v. 5) : c’est bien notre réalisation pratique de quelque chose qui est fait, d’une position, quand il est dit : « vous êtes morts ». Ça veut dire : vous êtes morts, parce que lorsque Christ a été crucifié, vous avez été crucifiés avec lui. Lorsque Dieu a frappé Christ sur la croix, par son jugement, il a dit exactement ce qu’il pensait de vous et de moi, pas seulement nos défauts, les choses dont on souffre, non, mais de l’homme dans la chair.
Je n’ai pas le droit devant le Seigneur de faire l’économie de cette pensée fondamentale dans ma vie pratique. Paul dit dans la 2ème épître aux Corinthiens : « portant toujours partout dans le corps la mort [le mourir] de Jésus » (4. 10). Voilà la conséquence. Que signifie pour nous ce verset de 2 Corinthiens 4. 10 ? Ce n’est pas seulement dire : « Oui, je suis mort avec Christ ». C’est porter un jugement, le même que Dieu, sur toutes les manifestations de l’homme dans la chair. C’est cela, mortifier. Ce n’est pas se flageller. Ce n’est pas se décortiquer la conscience et essayer de dire beaucoup de mal de soi. Ça c’est encore mettre le projecteur sur soi, de la fausse modestie et de l’orgueil en clair.
Mais c’est de porter dans la vie pratique, dans le jugement de moi-même tout ce que peut produire l’homme dans la chair en moi. Hélas ! Je ne peux pas m’en débarrasser et jusqu’à mon dernier souffle je vais traîner ce mort qui cherchera toujours à se manifester. Je crois que c’est tellement important pour les jeunes – et pas seulement pour les jeunes – que de mortifier nos membres qui sont sur la terre. C’est porter le même jugement que Dieu en condamnation sur ce que je suis, sur ce que j’ai fait, sur ce que j’ai pensé, sur ce que j’ai dit, mais aussi sur cette nature qui ne peut produire que du mal, qui ne peut pas plaire à Dieu. Dieu ne peut que la condamner.
Et cela c’est quelque chose de pratique. Mon premier point de communion avec Dieu, mon premier point de contact avec Dieu, ce n’est pas d’abord les gloires de Christ, non. Mon premier point de contact avec Dieu, c’est être d’accord avec Dieu sur ce que je suis. Dieu dit : « Si on est d’accord là-dessus, maintenant on va pouvoir être d’accord sur bien d’autres choses et je vais te montrer les gloires morales du Seigneur Jésus ». Et d’abord combien il est important que nous soyons d’accord avec Dieu pratiquement, pas intellectuellement, mais dans ma vie pratique de chaque jour, dans la confession même de l’indépendance qui est tout simplement un fruit de la chair. Et qui peut dire ici, qui peut lever la main en disant : je n’ai jamais été indépendant ? L’indépendance est la racine du péché. Quand cette indépendance se manifeste, je lis moins la Parole, j’estime que je n’en ai pas vraiment besoin. Intérieurement je ne le dis pas parce que je suis bien élevé spirituellement mais je n’ai pas vraiment à cœur de prier. C’est un péché, c’est l’homme dans la chair qui veut faire ce qu’il veut, c’est l’indépendance.
Je me jette aux pieds du Seigneur et je lui dis : « Tu vois, je suis un homme indépendant ». et cela sera la santé de notre vie spirituelle. « Portant toujours partout dans le corps la mort [le mourir] de Jésus ». Cette déclaration : « vous êtes morts avec Christ », c’est fondamental pour notre vie à chacun de manière à ce que nous ne soyons pas des chrétiens de circonstance. Aujourd’hui on est bien et puis on aime le Seigneur, on a chanté des cantiques et puis le lundi je perds les pédales. Non. Mais j’ai besoin de réaliser cette mort du Seigneur de manière aussi à ce que la vie de Christ soit manifestée en moi. Je n’aurai pas besoin de me forcer, de trouver des stratégies. Non. Lorsque je réalise cette mort, l’Esprit se chargera de manifester la vie qu’il m’a donnée, qui est mon identité dans la vie de tous les jours.
Il est important de se souvenir quand on aborde une telle page de l’Écriture, comme d’ailleurs toute la Parole, qu’en vérité Christ est tout. C’est la fin du verset 11 « Christ est tout et en tous ». Cette même épître dira : « vous êtes accomplis en lui » (2. 10). L’apôtre travaillait pour que tout homme soit présenté « parfait en Christ » (1. 28). Nous voyons bien que Christ est au centre de tout et qu’il est tout. On aborde toujours en tremblant le livre de Dieu. Nous avons le secours de l’Esprit de Dieu. C’est une Parole vivante. Elle doit s’implanter en nous. Il s’agit de la recevoir avec douceur (voir Jac. 1. 21).
Comme il est écrit dans cette épître, c’est dans ce mystère de Dieu que « sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (2. 3). C’est Christ en nous l’espérance de cette gloire (1. 27). Cette parole, nous devons nous en souvenir. Qu’elle reste gravée sur les tablettes de nos cœurs tout au long de ces moments et que dans sa grâce Dieu permette que cela soit une réalité jusqu’à ce qu’enfin nous entrions dans la gloire ! Quelle est cette parole ? Christ est tout !
On sait bien qu’à quelqu’un qui va s’engager dans l’armée, on va lui donner un uniforme : celui qu’il va revêtir – il est bien question de revêtir – indique celui qu’il sert, quel est son chef. Le vêtement dans l’Écriture nous parle toujours de notre témoignage, de ce que nous manifestons. Ce sont des caractères moraux que nous sommes invités à revêtir pour manifester Christ, revêtir cet uniforme de Christ. Ces vêtements nous parlent du témoignage de quelqu’un, c’est ce qu’on voit de lui, l’uniforme qu’il a revêtu. Tout de suite au verset 12 il nous est dit : « Revêtez-vous donc comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés ».
« Élus de Dieu » montre notre appartenance. Nous sommes engagés et c’est bien Dieu que nous servons. « Saints et bien-aimés » : ces deux termes nous parlent déjà des caractères de celui duquel nous avons revêtu l’uniforme, à savoir la sainteté et l’amour. Dieu est lumière, Dieu est amour. Après les choses vont être détaillées ensuite, elles vont être déclinées, mais c’est le caractère général : nous sommes des saints, c’est-à-dire ceux qui sont mis à part et bien-aimés. Ces deux caractères devraient imprégner notre vie, d’abord bien sûr dans un exercice intérieur, une réalisation intérieure et puis aussi par rapport au témoignage, quelque chose qui doit se voir autour de nous.
On a lu au verset 10 : « ayant revêtu le nouvel homme qui est renouvelé en connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé ». Il est très frappant de voir qu’il y a toujours dans la Parole des choses à mettre de côté – c’est le dépouillement du vieil homme – et d’autres à revêtir. Pour reprendre l’image de l’habit, on ne peut pas mettre deux habits l’un sur l’autre, surtout que Dieu le voit. Dieu ne nous laissera pas ainsi parce qu’il désire que nous soyons non seulement revêtus, mais renouvelés en connaissance, selon l’image de celui qui nous a créés.
C’est dans ce renouvellement qu’alors nous aurons quelque chose de ces entrailles de miséricorde. Je dis « quelque chose », parce que la Parole nous dit sans limitation, revêtez-vous « d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité ». Cela nous est impossible si nous n’avons pas vraiment revêtu le nouvel homme, si nous n’avons pas laissé agir Dieu en nous, celui qui a usé de miséricorde envers chacun d’entre nous. Avant de parler de miséricorde – on l’a bien souligné juste avant – il est dit : « saints et bien-aimés ». C’est une parole qui s’adresse au cœur, qui nous montre que nous avons à faire à ce Dieu aimant, plein de bonté.
La vie de nos familles et la vie collective d’assemblée sont heureuses et pourront se développer si ces sentiments nous animent et se concrétisent dans nos rapports les uns avec les autres. Si on lit l’épître aux Éphésiens il y a aussi ce support et ici il nous est parlé de bonté, d’humilité, de douceur, de longanimité. Est-ce que nous n’arrivons pas à « jouer » les humbles ? David nous dit dans le psaume 51 : « tu veux la vérité dans l’homme intérieur » (v. 6).
Dieu désire une humilité réelle. Comment vient-elle cette humilité ? Est-ce que ce n’est pas justement en nous apercevant que notre nature est orgueilleuse ? L’humilité est l’inverse de notre nature. Mais l’humilité, c’est Christ qui l’a manifestée ici-bas. Il est le créateur des cieux et de la terre, il est à l’origine de toutes choses et Christ est venu pour naître dans une étable. Ce sont des choses de base et ces choses de base nous sont laissées pour que nous réalisions qui nous sommes et pourquoi Il désire que nous manifestions ces caractères. C’est pour que nos vies de famille, nos vies de couple aussi – parce que ça commence là – soient heureuses.
C’est l’inverse de manifester ce qu’on est par nature, d’aller de l’avant quoi qu’il en soit. La Parole nous enseigne l’inverse. Elle nous donne ce bel exemple du Seigneur, ce support l’un pour l’autre et ce pardon. Il est bien ajouté : « comme aussi le Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même » (v. 13). C’est le pardon qui est à la base de notre salut. Nos péchés ont été pardonnés. Dieu désire que nous pardonnions encore. Nos vies de famille et d’assemblée ne pourront être prospères qu’en mettant ces choses en pratique et en regardant à Christ, au Christ qui est tout et en tous (v. 11).
On peut citer un passage par rapport aux entrailles de miséricorde qui semblent être l’état intérieur qui conditionne tous ces caractères qui viennent après. « Pour donner la connaissance du salut à son peuple, dans la rémission de leurs péchés, par les entrailles de miséricorde de notre Dieu, selon lesquelles l’Orient d’en haut nous a visités, afin de luire à ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour conduire nos pieds dans le chemin de la paix » (Luc 1. 77 à 79).
Quels merveilleux versets qui nous montrent que nous ne pouvons pas avoir ces entrailles de miséricorde par nous-mêmes ! C’est notre Dieu qui les communique. Les entrailles, c’est ce qu’il y a de plus profond dans notre être. C’est bien notre état intérieur qui est rempli de miséricorde. Miséricorde, les enfants, il y a deux mots dans « miséricorde » : misère : la misère, et corde : le cœur. Un cœur pour notre misère. Voilà ce que Dieu a pu nous donner en nous envoyant le Seigneur Jésus ; nous avons lu en Luc 1 : « les entrailles de miséricorde de notre Dieu ».
À l’instar de notre Dieu nous sommes exhortés à manifester ces caractères de notre Dieu. Si nous réalisons la misère dans laquelle nous étions et le cœur de Dieu pour notre misère – le réaliser, pas seulement le dire comme cela, mais le réaliser au fond de nous-mêmes – tous les caractères qui sont déclinés après prendront du sens. Encore une fois ce n’est pas en décidant : « Maintenant il faut que je sois gentil, il faut que je sois bon, il faut que je fasse ceci ». Non. C’est dans la mesure où nous sommes nourris de cette source d’amour, de cette source de miséricorde qui nous a sauvés, mais pas seulement un jour, mais jour après jour, réaliser la miséricorde, en n’oubliant pas la purification de nos péchés d’autrefois.
Si ces choses remplissent notre cœur, c’est tout naturellement qu’elles vont couler. À la Samaritaine le Seigneur dit : « celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi ». C’est bien lié aussi à ce que Dieu est, à ce que Dieu donne. « L’eau que je lui donnerai, sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle », c’est-à-dire quelque chose qui s’en va vers les autres, quelque chose qui sera en bénédiction pour les autres.
D’ailleurs dans Hébreux 12, le premier « de peur » nous enseigne que nos problèmes viennent toujours de tous petits commencements ? « De peur que quelqu’un ne manque de la grâce de Dieu » (v. 15). Lorsque nous sortons pratiquement de ce terrain de la grâce, cette grâce à laquelle nous devons tout, alors nous risquons de regarder les autres autrement. On se prend comme l’aune de ce qui est bien et de ce qui est mal. On trouve que le plus gros défaut de nos frères c’est de ne pas être comme nous.
On a oublié la miséricorde dont nous avons été les objets, cette bonté, cette humilité. Mais il m’a sorti du bourbier, je n’ai pas de drapeau à sortir. C’est sa grâce qui a fait cela. Il faut que l’on retourne toujours à la source. Les problèmes dans les rassemblements commencent par ce petit « de peur » et puis dans nos vies de famille aussi. Ça commence par une petite racine, quelque chose de tout petit. Et puis ensuite qu’est-ce que ce manque de grâce engendre ?
Le deuxième « de peur » : « de peur que quelque racine d’amertume, bourgeonnant en haut, ne vous trouble ». Et alors ne comptons pas sur un filet pour nous rattraper lorsque nous dégringolons, de peur que quelqu’un ne soit comme Ésaü, c’est-à-dire profane. C’est terrible. Vous voyez qu’il n’y a pas d’arrêt dans la dégringolade. Alors méfions-nous des petits commencements. Tenons-nous attachés à cette miséricorde à laquelle nous devons tout. Restons sur ce terrain de sa grâce.
Alors cette bonté, cette humilité, découleront tout naturellement. On n’aura pas besoin de se forcer parce que ce sera l’amour, ce sera la grâce, et la miséricorde que nous avons reçue de la part du Seigneur, qui se manifestait naturellement, comme pour Moïse. Moïse ne savait pas que son visage rayonnait, mais son visage rayonnait pour la bénédiction de ceux qui l’ont vu.
Nous avons un très bel exemple de ces entrailles de miséricorde dans l’épître à Philémon qui nous parle d’une manière très spéciale de l’amour entre frères et pour les frères de la part du Seigneur. « Car nous avons une grande joie et une grande consolation dans ton amour, parce que les entrailles des saints sont rafraîchies par toi, frère » (v. 7). Quel beau témoignage rendait Philémon auquel l’apôtre écrivait son épître ! Il avait un témoignage personnel auquel étaient sensibles tous ceux qui étaient rattachés à l’assemblée où il se trouvait.
On a dit déjà que le témoignage commence dans notre propre cœur à chacun, nos pensées d’abord, nos paroles, notre comportement en couple. Dans la famille où nous sommes, nous avons une responsabilité, les parents mais les enfants aussi et puis dans l’assemblée. Nous savons que l’apôtre était en prison, mais la Parole de Dieu, malgré tout pouvait courir. Même certains de ceux de la maison de César étaient venus à l’évangile par le témoignage de l’apôtre, tout prisonnier qu’il était. Nous savons aussi qu’il écrit à ce frère dont l’esclave fugitif s’était réfugié à Rome où il avait été converti, sans doute par le moyen de l’apôtre. L’apôtre le renvoie à son maître. Peut-être avait-il dérobé quelque chose. En tout cas l’apôtre se plaît d’abord à rendre ce témoignage à Philémon, un encouragement. Un encouragement peut être bien sûr une parole, peut être un sourire, quelque chose qui vient du Seigneur et qui fait du bien.
Deuxième passage : « Onésime, qui t’a été autrefois inutile, mais qui maintenant est utile à toi et à moi, lequel je t’ai renvoyé, – lui, mes propres entrailles » (v. 10 à 13). Quelle joie pour l’apôtre d’avoir été dans la main du Seigneur l’instrument pour annoncer Jésus à cet esclave qui a reçu la Parole de Dieu, qui est ainsi passé de la mort à la vie, qui est devenu un frère en Christ avec l’apôtre et tous ceux qui appartiennent au Seigneur.
L’apôtre parle de Timothée comme son enfant dans la foi, son enfant bien-aimé. Ici il dit d’Onésime : « mes propres entrailles ». Vous savez, jeunes gens, quand on voit – parce que cela se voit – qu’il y a des progrès, peut-être pensez-vous que ce n’est pas grand-chose ; mais si c’est le Seigneur qui les produit, cela a une très grande valeur.
Et quand vous avez saisi que le Seigneur vous invite à participer, à sa table, au mémorial de ses souffrances et de sa mort, quelle joie pour ceux qui sont plus âgés et qui voient que le Seigneur travaille ainsi en bonté, en vérité. C’est le travail du Seigneur et combien cela réjouit nos cœurs et combien plus le cœur de celui qui s’est donné lui-même pour nous. Un petit peu plus loin encore, au v. 20 : « Oui, frère, que moi, je tire ce profit de toi dans le Seigneur, rafraîchis mes entrailles en Christ ». C’est une épître qui mérite d’être lue souvent. Elle nous ramène à la bonté, à la débonnaireté et à l’humilité du Seigneur Jésus.
L’apôtre était prêt à payer, à rembourser peut-être la dette qui correspondait à ce qu’Onésime avait dû garder pour lui. L’apôtre, le grand apôtre des nations, était prêt à faire cela, mais en appelle au cœur comme à la conscience aussi de Philémon. Il peut lui dire : « rafraîchis mes entrailles en Christ ». Voilà la source et le but de tout vrai service, de tout vrai bonheur, de tout ce que le Seigneur place devant nous encore aujourd’hui, moment après moment, et combien il désire que nos cœurs soient sensibles à ce qu’il met devant nos pas pour que, comme cela est écrit, nous entrions dans ces bonnes œuvres que Dieu prépare à l’avance. Il nous prépare et il prépare ces œuvres aussi. Ce sont des bonnes œuvres, pourquoi ? Parce qu’elles sont faites en Christ et elles sont de lui, et elles sont pour lui parce qu’elles sont pour les siens.
Concernant les entrailles de miséricorde, simplement la citation d’une belle expression dans le livre du prophète Ésaïe : « Regarde des cieux, et vois, de la demeure de ta sainteté et de ta magnificence ! Où sont ta jalousie et ta puissance, [et ce à quoi je faisais allusion] le frémissement de tes entrailles ? » (63. 15) Ce mot évoque un bruit, un son, qui peut être un murmure ou un rugissement…
Dans la mesure où nous serons revêtus toujours plus de la personne du Seigneur Jésus, nous serons en mesure nous aussi d’être étreints par ce frémissement de nos entrailles et de pouvoir manifester une vraie miséricorde vis-à-vis de ceux qui souffrent.
À la fin du verset 13 il est dit : « comme aussi le Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même ». Dans l’épître aux Éphésiens on lit : « soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné » (4. 32). Voilà la mesure parfaite du pardon. Dieu nous a pardonné, ici « Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même ».
Dans le début du chapitre 5 des Éphésiens il y a le modèle pour la marche avec également l’expression « comme aussi ». « Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur » (v. 1 et 2). Quel motif élevé, l’amour de Christ !
« Comme Christ nous a aimés ». Il est parlé du modèle dans 1 Pierre 2 : « Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces » (v. 21). En Jean 13 aussi lorsque Jésus lave les pieds de ses disciples, il peut dire : « si donc moi, le Seigneur et le Maître, j’ai lavé vos pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous ai fait, moi, vous aussi vous fassiez » (v. 14 et 15).
L’auteur de l’épître, l’apôtre Paul, peut dire aux Corinthiens : « Soyez mes imitateurs, comme moi aussi je le suis de Christ » (11. 1). Également il peut dire aux Philippiens : « Soyez tous ensemble mes imitateurs, frères, et portez vos regards sur ceux qui marchent ainsi suivant le modèle que vous avez en nous » (3. 17). Le croyant en suivant Christ, en fixant ses regards sur lui, en l’ayant devant lui comme le modèle parfait, est appelé aussi à être un modèle pour les croyants.
Dans la première épître aux Thessaloniciens, l’apôtre leur dit : « de sorte que vous êtes devenus des modèles pour tous ceux qui croient dans la Macédoine et dans l’Achaïe » (1. 7). Quel modèle infiniment glorieux que celui de Christ lorsque l’apôtre peut dire : « Qu’il y ait donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus, lequel, étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes ; et, étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (Phil. 2. 5 à 8).
Ensuite, dans ce chapitre, nous savons qu’il y a plusieurs modèles à suivre. L’apôtre Paul dit au verset 17 : « Mais si même je sers d’aspersion sur le sacrifice et le service de votre foi, j’en suis joyeux ». Quelle humilité de la part de Paul, se contentant en quelque sorte d’être seulement ce qui était ajouté au sacrifice, l’aspersion de vin ! Ensuite il y a Timothée qui est mentionné comme ayant « une sincère sollicitude à l’égard de ce qui vous concerne » (v. 20). Et enfin Épaphrodite.
Nous retrouvons les traits que nous avons vu dans Philémon, cette affection profonde, cette délicatesse de Paul quand il s’adresse à Philémon. Il est dit à propos d’Épaphrodite : « il pensait à vous tous avec une vive affection, et il était fort abattu parce que vous aviez entendu dire qu’il était malade » (v. 26). Encore dans 1 Timothée chapitre 4, l’apôtre Paul écrivant à son enfant Timothée, peut lui dire : « Que personne ne méprise ta jeunesse ; mais sois le modèle des fidèles, en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté » (v. 12). Remarquons que la première chose, ce sont les paroles.
Nous avons vu au verset 8 « …paroles honteuses venant de votre bouche ». Renoncez à cela pour être un « modèle » en parole, cette parole qui est bonne, propre à l’édification selon le besoin (Éph. 4. 29). Et puis, en conduite, en amour, en foi, en pureté. C’est bien le christianisme pratique, la mise en application de ce qui a été placé devant nos cœurs, qui est vécu. Le modèle de Christ étant devant nous, alors il nous est dit : « Celui qui dit demeurer en lui, doit lui-même aussi marcher comme lui a marché » (1 Jean 2. 6).
« Épaphras qui est des vôtres, esclave du Christ Jésus, vous salue, combattant toujours pour vous par des prières, afin que vous demeuriez parfaits et bien assurés dans toute la volonté de Dieu ; car je lui rends témoignage qu’il est dans un grand travail de cœur [les entrailles de miséricorde] pour vous, et pour ceux qui sont à Laodicée, et pour ceux qui sont à Hiérapolis » (Col. 4. 12 et 13).
Tous ces passages tournent nos regards vers le Seigneur et c’est bien de lui que nous recevons tout. C’est lui qui donne tout. Si nous aimons bien recevoir, il nous faut donner et ne pas attendre de recevoir mais donner avant même de recevoir.
Luc 10. 36 et 37 : « Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé entre les mains des voleurs ? Et il dit : C’est celui qui a usé de miséricorde envers lui. Et Jésus lui dit : Va, et toi fais de même ». Nous savons de quoi nous parle cette parabole que le Seigneur a donnée à ce docteur de la loi. Ce docteur de la loi, à ce moment-là, en avait devant lui l’illustration. Pour nous elle nous parle de ce que le Seigneur a fait pour nous. « Va, et toi fais de même » de telle sorte que dans nos rapports nous avons conscience de ce que le Seigneur a fait, de ce que le Seigneur peut faire pour nous. Il nous est dit : « comme aussi », c’est ce que nous avons ici. « Comme aussi le Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même ».
On se rappelle ce que le Seigneur pouvait dire en Matthieu 18 de celui à qui avait été remis tant de talents ; il lui a dit : « n’aurais-tu pas dû… ». Voilà c’est un devoir. Et dans nos rapports nous avons besoin de regarder à la personne de notre Seigneur Jésus. Vous ayant pardonné toutes vos fautes. Si nous regardons à ce qui nous a été remis par le Seigneur, ce que nous avons à remettre à notre prochain, c’est très peu de chose. Nous avons été si enrichis, il nous a été tant pardonné. Deutéronome 15 parle de l’année du relâche, la septième année. Ayant conscience de tout ce que le Seigneur a fait pour nous, nous aussi nous relâcherons.
Si on ouvre encore le livre d’images de l’Ancien Testament par rapport à ces entrailles de miséricorde, dans l’histoire de David en 2 Samuel 7, qu’avons-nous ? Nous avons un David qui dit à Nathan : « Voilà, moi j’habite une [belle] maison, et l’arche est sous des tapis » (v. 2). Nathan, de la part de l’Éternel, va parler de telle manière à David que ses paroles sont descendues jusqu’au fond de ses entrailles. « Éternel Dieu ! Tu t’es montré grand » (v. 22), expression de louange. Il est assis devant l’Éternel dans la deuxième partie de ce chapitre. Il lui a été dit : « j’ai usé de miséricorde, je t’ai pris du milieu des parcs, tu étais un simple berger, tu n’étais rien du tout. Mais c’est moi qui vais te bâtir une maison ». Et c’est dit par la grâce. David va avoir ses entrailles pleinement réchauffées par cet amour qui est dans le cœur de l’Éternel.
Si nous lisions le chapitre 8 du 2ème livre de Samuel, nous verrions que David a subjugué ses ennemis. Qu’est-ce que cela veut nous dire ? Ça veut nous dire que c’est dans le sanctuaire que nous pouvons tirer la force, les jeunes particulièrement, pour combattre contre l’ennemi. Le monde est terrible. Les ennemis qui sont là, il va les subjuguer par la force qu’il est allé chercher dans le sanctuaire.
En 2 Samuel 9, David dit : « N’y a-t-il plus personne de la maison de Saül ? Et j’userai envers lui d’une bonté – de David ? Non ! – de Dieu » (v. 3). C’est la bonté dont il est question dans Colossiens 3 qu’il est allé puiser dans le sanctuaire. Il n’y a aucune bonté dans aucun d’entre nous. Ne pensons pas que nous pouvons produire la miséricorde, la bonté, l’humilité, tous ces caractères qui sont là. C’est impossible et David ne savait pas mieux faire que nous. Mais il savait qu’elles étaient dans le cœur de Dieu et il les a puisées là. Et alors il va pouvoir manifester une bonté de Dieu vis-à-vis de la famille de son ennemi, vis-à-vis d’un Mephibosheth. Ces caractères ne sont pas de cette terre, ne sont pas liés à l’homme naturel, mais sont liés à ce qu’est le Seigneur dans sa grâce et cela s’adresse bien sûr à des croyants, c’est-à-dire ceux qui peuvent, eux seuls, puiser à cette source, comme on le chante, à la source de l’amour.
Quant au pardon, il me semble que quelquefois on est un petit peu superficiel en disant : il faut pardonner. Oui, mais « comme aussi le Christ vous a pardonné » (v. 13). L’exemple qui nous a été donné tout à l’heure dans les Éphésiens c’est aussi « comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné » (4. 32).
Là aussi on pourrait peut-être ouvrir le livre d’images de l’Ancien Testament. Il y a un exemple qui est plein d’enseignements quant au pardon, c’est l’exemple de Joseph. S’il y avait quelqu’un qui avait été offensé, c’était bien lui. « J’ai été volé du pays des Hébreux » (Gen. 40. 15). Ses frères l’avaient vendu, comme on vend une marchandise, à des Madianites qui passaient. Quand est-ce que Joseph leur a pardonné ? Peut être que quand il s’éloignait avec les Madianites, il leur a pardonné, il n’a pas gardé d’amertume. Il a sans doute pardonné immédiatement quant à l’outrage qui lui était fait. Mais cela ne veut pas dire qu’il a « passé l’éponge », comme on dit dans le monde et qu’il n’a pas cherché le bien profond de ses frères.
Vous avez vu comment il les traite ! Il les met trois jours en prison, il garde Siméon et puis ensuite il leur fait toutes les misères possibles et imaginables. Pourquoi ? Parce qu’il les aimait vraiment. Si nous pardonnons et que nous faisons comme si de rien n’était, alors que nous savons bien que l’autre a un problème, si nous gardons ce problème par rapport à nous et que nous avons de l’amertume, nous ne ressemblons pas à Joseph et encore moins au Seigneur qui nous a tout pardonné. Mais peut-être qu’avec le pardon il y a une attitude à avoir, non pas pour lui faire payer, non, mais pour que par amour pour notre frère qui a quelque chose à régler, comme Joseph l’a fait vis-à-vis de ses frères, les choses soient réglées entre lui et le Seigneur. C’est cela aimer notre frère. Pardonner, oui, quant à nous-mêmes, sachant bien que notre susceptibilité n’est pas un fruit de l’Esprit.
Notre susceptibilité, c’est le fruit de la chair. Si on a un problème par rapport à cela, si l’on dit : « il m’a fait ceci, il m’a fait cela », c’est certainement que nous ne ressemblons pas au Seigneur et que nous avons un problème à régler, lui peut-être, mais moi j’ai un problème à régler vis-à-vis du Seigneur. Si dans ma susceptibilité, j’estime que je n’ai pas été traité comme il fallait par mon frère, si j’ai un sujet de plainte, si je ne lui pardonne pas de tout mon cœur, quant à moi-même je n’ai pas la pensée du Seigneur. Mais ensuite, quant à l’attitude à avoir vis-à-vis de lui, pour son bien à lui, pas pour régler les choses entre lui et moi, mais pour son bien à lui, pour qu’il puisse goûter avec le Seigneur une pleine relation, cela c’est aussi agir comme le Seigneur désire que nous agissions. Je crois : le pardon, oui, mais pas d’une manière simpliste. Il faut que nous pensions aussi au bien de l’autre. Nous sommes appelés à prendre soin les uns des autres.
En Luc 17. 3 et 4 il s’agit du pardon : « Si ton frère pèche, reprends-le, et s’il se repent, pardonne-lui ; et si sept fois le jour il pèche contre toi, et que sept fois il retourne à toi, disant : Je me repens, tu lui pardonneras ». On voit ici l’activité de celui qui va reprendre, et c’est une illustration de tout le travail de cœur que je ne sais pas faire vis-à-vis de ce frère. « Va, reprends-le », et qu’il soit dans la lumière, pour qu’il y ait cette pleine jouissance de la liberté ». Sinon, si on met une couverture sur les choses, ça ne sert à rien, ça ressortira d’une manière ou d’une autre.
On a parlé de ce pardon les uns envers les autres, si quelqu’un a un sujet de plaintes. On sent qu’il y a là un tort qui a été fait et dans lequel nous avons à pardonner, peut-être aussi à pouvoir revenir sur ces choses-là. On en a déjà un petit peu parlé. Il y a quelque chose dans la ligne précédente, qui a un caractère un petit peu différent, mais qui est aussi d’une grande importance dans nos relations fraternelles : la « longanimité, vous supportant l’un l’autre ». On n’est pas là dans quelque chose qui relève justement d’un tort fait à ce frère. On est plutôt peut-être dans quelque chose qui m’agace chez mon frère, chez ma sœur, qui n’est pas la façon dont moi je comprends telle ou telle chose.
Il ne s’agit pas d’un point sur lequel il y a un aspect de doctrine, d’enseignement de la Parole sur lequel il faut être clair et voir ensemble ce que la Parole dit. C’est quelque chose qui relèverait plus de la pensée personnelle, peut-être plus de l’âge, du tempérament, de l’éducation, de ces choses-là. Dans ces choses-là ce n’est pas un enseignement de la Parole auquel nous avons à nous soumettre ensemble. Cela relève plus d’une propension, d’une situation, de bien des choses qui font que nous sommes différents, entre frères et sœurs. Nous avons à supporter ces choses-là, les supporter dans l’amour.
Il y a un grand danger, peut-être dans plusieurs sens, en particulier entre générations, que ce soit peut-être de frères et sœurs plus jeunes en particulier envers des frères et sœurs plus âgés, d’être agacés par des choses et peut-être de nourrir un peu de rancœur contre tel frère ou sœur qui a cette habitude-là qui doit un peu nous peser, peut-être de ressasser un petit peu cela, de dire « si c’est lui qui parle on sait comment c’est », quelque chose qu’on peut nourrir et il nous est vraiment rappelé par ces versets qu’il faut demander au Seigneur qu’il nous donne d’abandonner ces pensées-là, de supporter avec amour ce frère, de recevoir ce qu’il va pouvoir nous dire et d’accepter peut-être ce trait de comportement qu’il peut avoir, de paroles, de choses qui ne sont pas ce que l’on souhaiterait, mais dans l’amour avec ce lien de la perfection, à supporter cela par amour.
Il peut y avoir aussi un peu dans l’autre sens, un frère ou une sœur plus âgé, qui pense que ce serait utile d’aller rappeler – mais peut-être, d’une façon plus ou moins adroite ou avec plus ou moins d’amour – à des frères plus jeunes : « je viens t’exhorter à ceci, à cela, il faut que tu fasses attention ». Là aussi il faut distinguer entre ce qui est selon la Parole, un enseignement de la Parole auquel il faut se soumettre, que peut-être nous n’avons pas compris ; il faut le recevoir et puis ce qui peut être le fait de chercher à imposer une pensée personnelle, une façon qu’on a compris pour soi-même, la Parole qu’on souhaite s’appliquer à soi-même, à sa famille.
Cela peut concerner bien des domaines de la vie personnelle, de l’habillement, de ce que nous faisons de notre temps etc. dans lequel chacun a à éprouver ce qui est agréable au Seigneur. Chacun éprouve ce qui est agréable au Seigneur dans sa propre vie. Il faut aussi se garder de chercher à ce que ce frère ou sœur plus jeune comprenne la chose de la même façon que moi. Par la suite, il lui faudra ce temps, il faut cette longanimité il faut cette patience, mais supporter cela, même si c’est peut-être quelque chose qui parfois peut me froisser. Est-ce que c’est un péché contre lequel j’ai à avertir mon frère, ma sœur et aller les voir pour cela, ou est-ce quelque chose que le Seigneur m’a amené à comprendre ?
Pour moi j’en suis là avec le Seigneur, je le vis comme cela. Je vois que mon frère, ma sœur, vit pour l’instant cela autrement avec le Seigneur. Ce n’est pas tout à fait comme cela que moi je vois les choses. Mais dans ce cadre-là, est-ce qu’on est dans des choses où il faut aller voir et chercher à le reprendre, ou est-ce qu’on est dans quelque chose où il faut se supporter l’un l’autre, avoir cette longanimité, cette douceur, cette patience, les uns envers les autres ? Et alors, si chacun sait s’attendre au Seigneur, Il nous montre, Il nous fait faire des progrès, des expériences.
Puis nous ne sommes pas appelés sur ces choses, encore une fois, aux mêmes comportements sur la façon de vivre la vie chrétienne. Je n’aurais pas exactement la même liberté que lui sur cette chose-là ou au contraire je ne comprends pas que lui me semble un peu légaliste dans sa façon de faire, dans sa façon d’agir etc. « Vous supportant l’un l’autre ».
Un verset en rapport avec un aspect de ce qui vient d’être présenté. Dans la 1ère épître de Pierre, au chapitre 5. 1, 3 et 5, l’apôtre dit : « J’exhorte les anciens qui sont parmi vous… en étant les modèles du troupeau… Pareillement, vous, jeunes gens, soyez soumis aux anciens ; et tous, les uns à l’égard des autres, soyez revêtus d’humilité ; car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles ».
Cette humilité nous placera toujours aux pieds du Seigneur lui-même. Ce n’est qu’aux pieds du Seigneur que nous apprendrons à supporter ce que lui supporte et à ne pas supporter ce que lui ne supporte pas. Le grand point pour nous personnellement c’est de rester dans la présence de Dieu. Alors les choses sont claires. Être revêtu d’entrailles de miséricorde et d’humilité, c’est notre place. Elle est par terre, le front dans la poussière. Un seul est grand, c’est le Seigneur Jésus. Que Dieu dans sa grâce nous accorde de voir les choses un peu comme lui les voit.
Nous avons continuellement besoin du secours d’en haut. Ce point de rester dans la présence de Dieu est quelque chose qu’il nous faut serrer dans notre cœur. En d’autres termes, c’est la communion avec le Seigneur Jésus, ce contact avec lui. Parce que tout ce qui nous est demandé là nous dépasse pas complètement ! Et puis il y a une chose dont il faut toujours se souvenir, c’est que, que ce soit l’amour, que ce soit la miséricorde, que ce soit le support, que ce soit le pardon, nous ne l’aurons jamais en dehors de Christ.
Dieu ne nous donnera jamais quelque chose en dehors de Christ. Donc, ce qu’il nous faut à chacun, ce qu’il me faut, ce qu’il nous faut à tous, un de nos chers frères d’autrefois nous a souvent dit cette parole si belle, si précieuse, si merveilleuse : « Le Seigneur Jésus, il est pour les grands et il est pour les petits ». Tu ressens qu’il te manque cet esprit de pardon, tu ressens au-dedans de toi qu’il n’y a pas cet amour que tu voudrais avoir pour ton frère, pour ton prochain. Eh bien ! En fait Dieu me dit : il te manque quelque chose de Christ. Ce qu’il me faut, c’est cette communion avec le Seigneur Jésus.
Chaque fois que nous sentons que nous sommes peut-être en train par exemple de ressasser quelque chose qui nous a fait de la peine, nous sortons de la présence de Dieu. Nous devrions dire : « Seigneur, regarde, regarde ce que j’ai entendu, Seigneur, regarde ce que j’ai vécu, regarde Seigneur mon incapacité ». On confesse toute sa misère au Seigneur. La miséricorde, le cœur de Dieu, la misère de l’homme. « Seigneur, reste avec moi ». Voilà ce que chacun devrait dire au plus profond de lui-même, en face de tout ce qui lui est demandé, de tout ce qui nous est demandé.
Quand il s’agit de revêtir, l’épître aux Romains nous dit : « revêtez le Seigneur Jésus Christ » (13. 14). Il s’agit de le revêtir, lui. Je suis incapable par moi-même de produire quoi que ce soit qui sera pour la gloire de Dieu, mais si Christ est là, s’il est en moi, lui le fera.
Nous avons toujours besoin de support. De la même façon, nous avons besoin aussi que nos frères nous supportent parce que nous ne sommes pas tous pareils. Il y a une très belle lettre de notre frère Henri Rossier dans le Messager Évangélique de 1928 où, à la fin de sa vie, il écrivait aux frères avec lesquels il se réunissait. Il leur demandait pardon. Il les remerciait de l’avoir supporté. Parce que nous ne sommes pas tous pareils, nos sensibilités ne sont pas pareilles.
C’est d’ailleurs pour cela que l’apôtre prend soin de nous donner ces exhortations ici. Ces caractères ont été vus en perfection dans le Seigneur Jésus. Combien de fois il a supporté. Est-ce qu’il a été compris ici-bas ? En Matthieu 18, il dit : « Quiconque donc s’abaissera comme ce petit enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des cieux ; et quiconque reçoit un seul petit enfant tel que celui-ci en mon nom, me reçoit. Et quiconque est une occasion de chute pour un de ces petits qui croient en moi, il serait avantageux pour lui qu’on lui eût pendu au cou une meule d’âne et qu’il eût été noyé dans les profondeurs de la mer » (v. 4 à 6). On sent, dans le fait de ne pas prendre soin de la sensibilité des autres, la profonde désapprobation du Seigneur dans ce qu’il nous dit ici. Nous avons besoin de sentir où en est notre frère, ce que nous pouvons lui dire, ce que nous ne pouvons pas lui dire.
Jésus de ton amour
Viens remplir notre âme,
Et fais-la, nuit et jour,
Brûler de ta flamme.
Rédempteur précieux,
Maintenant dans les cieux,
Soumets tout notre cœur
À ton doux empire ;
Que pour toi seul, Seigneur,
Il batte, il soupire.
Hymnes et Cantiques n°68 strophe 1
Le cantique 68 parle du doux empire, de l’amour du Seigneur Jésus. La Parole nous parle aussi de la douceur, de la débonnaireté du Seigneur Jésus. Sans nous appesantir, nous pourrions dire quelque chose de la douceur dont il est fait mention dans cette chaîne de qualités. Qu’est-ce que la douceur ? Dans plusieurs passages, c’est la manifestation d’une attitude humble du cœur et de l’esprit (Éph. 4. 2 ; Col. 3. 12…)
C’est un sujet sur lequel nous avons à être attentifs parce que nous évoluons dans une société où les droits, quels qu’ils soient, sont revendiqués et où le maintien de ces droits s’instaure et où les contestations s’instaurent. Ce n’est pas du tout à cela que nous sommes appelés. Le seul droit que nous puissions revendiquer c’est l’amour du Seigneur Jésus, « Notre seul droit, c’est ton amour ».
Si nous avons un exemple à suivre, c’est bien celui du Seigneur Jésus qui n’a pas « regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu » (Phil. 2. 6). Dans une certaine mesure il n’a pas revendiqué ses droits. Il nous est dit que comme Dieu il s’est anéanti et comme homme il s’est abaissé. C’est un exemple qu’il nous laisse et nous comptons sur Lui pour que nous le réalisions davantage dans nos vies personnelles et parfois dans notre vie collective.
Ces passages touchent à nos relations collectives. Il n’est pas dit : « Revêts-toi » mais « revêtez-vous ». Cela nous amène particulièrement à notre vie d’assemblée. Ce que nous avons vu commence par les entrailles de miséricorde et son couronnement c’est ce que nous avons au verset 14 : « revêtez-vous de l’amour, qui est le lien de la perfection ». Faut-il encore insister pour dire que ce n’est pas un amour humain de gens qui ont des affinités comme dans le monde où on se met ensemble lorsqu’on a le même hobby et puis on fait la route ensemble, on se met ensemble, on collectionne des timbres… Non !
Ce qui devrait nous cimenter c’est l’amour dont nous avons été aimés et il devrait être l’atmosphère de toutes nos relations. Le Seigneur dit : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13. 35). Il n’y a rien de plus triste, bien-aimés du Seigneur, qu’un rassemblement où il y a des partis, où on se cabre, où on ne se salue plus, où on est un contre témoignage de ce que le Seigneur a fait. On dit : « mais on a une bonne doctrine ». Oui, sans doute. On peut avoir une excellente doctrine, camper sur les positions. Terrain de l’unité du corps, liberté du Saint Esprit, tout cela on sait le dire par cœur, sans reprendre même sa respiration. Mais si on a la guerre dans l’assemblée, comment voulez-vous que nous soyons un témoignage d’abord pour le Seigneur et puis pour le monde ?
Le Seigneur a demandé à son Père « qu’ils soient un, comme nous, nous sommes un » (Jean 17. 22), unité du Père et du Fils et unité des saints comme cela nous est dit après : « vous avez été appelés en un seul corps » (v. 15). Bien sûr on peut dire : nous nous réunissons sur le terrain de l’unité du corps. Oui, très bien. Mais comment ça va avec vos frères et sœurs dans le rassemblement local ? Nous pouvons donner un démenti de ce que nous assurons si fort par une réalisation complètement à l’opposé de ce que le Seigneur attend. Alors on a beau se gargariser de bonne doctrine, qu’est-ce que ça veut dire une bonne doctrine ? Je ne dis pas que la doctrine n’est pas importante. Mais il peut arriver que nous la démentions dans les faits et que nous soyons complètement divisés.
C’est la première chose qui est dite aux Corinthiens. Vous vous rendez compte qu’il y avait de l’inceste à Corinthe, vous vous rendez compte qu’ils faisaient des espèces d’orgies au lieu de prendre le repas du Seigneur, vous vous rendez compte qu’il y avait cet esprit de parti. La première chose que l’apôtre dit aux Corinthiens c’est : vous êtes divisés. Il n’y a que l’amour du Seigneur qui peut cimenter nos relations par la douceur dont on vient d’entendre parler, par ce support dont on vient d’entendre parler, par cette humilité, toutes ces choses dont on a aussi parlé. Philadelphie, est l’assemblée à qui, avec Smyrne, il n’est fait aucun reproche – qu’est-ce que signifie Philadelphie ? L’amour des frères.
Si quelqu’un du monde rentre – cela n’arrive hélas ! pas très souvent dans les rassemblements – ce n’est peut-être pas une démonstration époustouflante qui va le frapper, mais s’il ressent cet amour du Seigneur, cet amour qui n’est pas de cette terre, mais qui est surabondamment dans le cœur de notre Seigneur Jésus, il ne peut qu’être saisi. On à un cher frère dans le rassemblement local qui est venu du monde il y a déjà de nombreuses années. Il a dit : Quand je suis rentré dans la famille de celui qui a été l’instrument de ma conversion, ce n’est pas tellement les versets qui étaient au mur, ce n’est pas tellement ce qu’on m’a dit qui m’a frappé.
J’ai vu, j’ai senti, j’ai respiré, une ambiance de joie, de paix, d’amour. Ça ne lui entrait pas par les oreilles ou par les yeux, ça lui rentrait par les pores, dirait-on. Ça l’a imprégné. C’est cela qui l’a frappé. Que le Seigneur nous aide dans les rassemblements, qu’il nous jette par terre si nous avons la guerre dans le rassemblement, si nous avons des dissensions, nous sommes alors un contre témoignage. Le Seigneur désire que nous soyons à l’inverse de cela et ces passages nous y exhortent.
Lorsqu’il y a une communauté ou un centre d’intérêt ici-bas, on nomme un président. On lit le verset 15 : « que la paix du Christ, à laquelle aussi vous avez été appelés en un seul corps, préside dans vos cœurs ; et soyez reconnaissants ». Présider : régner, ou dominer. C’est cela qui est le moteur.
Je fais une parenthèse pour la vie de couple. Pour ceux qui cherchent un conjoint, un jeune frère, qui peut être déboussolé, inquiet, en disant : « Mais comment est-ce que le couple que j’aimerais former sous le regard du Seigneur pourra-t-il tenir ? » Il y a tellement de contre témoignages. Que nous disent ces passages ? D’un côté notre responsabilité, mais on l’a dit et redit, cette responsabilité nous ne pouvons l’assumer valablement qu’avec le secours du Seigneur et sa Parole est là pour nous dire : « ne crains pas, car je suis avec toi » (Gen. 26. 24).
Dans tout ce que nous pouvons projeter dans cette vie, projeter pour la gloire de Dieu – le mariage est quelque chose de normal – ne pensons pas que nous y arriverons par nos propres forces. Et cela n’est pas seulement un exercice avant de se marier, mais pendant toute la vie conjugale. Nos frères et sœurs plus âgés se recommandent aux prières des plus jeunes, parce que nous sommes aussi exposés, à tout âge et nous avons besoin des prières des plus jeunes.
Josias – ce roi qui a manifesté une piété, un allant pour que la Pâque soit célébrée, pour qu’on revienne à l’Éternel – à la fin de sa vie, à l’instar de Salomon, il a fauté, il s’est cru fort, il a voulu résister à l’ennemi, au roi d’Égypte qui montait. Nous n’arriverons pas à tenir ni à titre personnel, ni à titre collectif, sans ce lien de la perfection. Cette présidence dans nos cœurs et cette paix du Christ, c’est un magnifique sujet, un long sujet, celui de la paix du Christ. Souvenons-nous que le Seigneur après sa résurrection (Jean 20) vient vers ses disciples pour parler de cette paix. C’est la première chose qu’il fait après sa résurrection.
Le paragraphe se termine par « et soyez reconnaissants ». Est-ce que ce n’est pas justement cette expression de l’expérience chrétienne : c’est que le Seigneur nous a secourus ? « Soyez reconnaissants ». Et ensuite il y a la parole et les psaumes, les hymnes, les cantiques spirituels, « chantant de vos cœurs à Dieu dans un esprit de grâce ».
On a besoin de ces choses-là pour élever nos âmes, les attacher au Seigneur. Dieu nous a créés comme hommes avec ces facultés du chant et d’y lier des paroles et d’exprimer ce que Dieu a laissé dans nos cœurs, et c’est vrai on pourra dire peut-être que : – Voilà, on chante ces cantiques, ce sont les mêmes, on les répète, mais lorsqu’on essaye de les apprendre un peu plus par cœur, avec la musique, avec le moment où un cantique est indiqué et qui correspond à l’ambiance du moment que ce soit au culte, que ce soit dans une réunion, tout cela produit cette respiration de l’âme, et c’est l’esprit de reconnaissance. Tout vient de Lui.
C’est une parole qui devrait se graver dans nos esprits parce que c’est bien là la grâce, tout vient de Lui. Quand nous réalisons, si faiblement que ce soit, ce que nous venons d’entendre, par ce qui vient d’être exprimé, il y a cette conclusion magnifique : tout vient de Lui. On est en quelque sorte imprégné de l’atmosphère du ciel et Dieu dans sa grâce nous donne comme un avant-goût de ce que sera l’éternité bienheureuse, « tous consommés dans l’unité et dans la charité », dans l’amour. Sans jamais nous lasser là-haut dans le ciel, nous chanterons les gloires de l’Agneau.
Quand quelque peu le cœur est occupé de cela au moment où nous nous rendons au lieu où le Seigneur nous convie et nous convoque tout à la fois, chers amis, nous en avons tous fait l’expérience – nous l’espérons, même nos plus jeunes. On n’est jamais déçu, on ne repart jamais à vide lorsqu’on est là tous ensemble dans la présence de celui qui daigne, pourrions-nous dire, se trouver au milieu de nous comme la toute première fois, lorsqu’il a dit ces paroles magnifiques : « Paix vous soit ». Et tout de suite après il leur a montré ses mains et son côté (voir Jean 20. 19 et 20).
Chers amis : respirons davantage l’atmosphère du ciel. Notre vie personnelle, la vie de nos familles et la vie des assemblées s’en ressentira.
« Par-dessus toutes ces choses, revêtez-vous de l’amour », l’amour qui est la nature de Dieu comme cela a été dit au début de cette journée. Si nous sommes profondément inscrits dans ce sentier, le résultat, ce qui sera produit, sera selon Lui. Et ce sera, il nous est dit ici, le « lien de la perfection ». Nous avons besoin que la motivation de toutes choses soit cet amour-là, l’amour pour le Seigneur, l’amour pour les frères et sœurs, l’amour qui est le lien de la perfection.
Il s’agit de quelque chose qui était personnel au Seigneur qui a traversé cette terre en n’étant en aucune manière perturbé par tout ce qu’il pouvait voir à gauche et à droite, qui lui était hostile. Nous aussi nous traversons un lieu hostile. Mais le Seigneur savait qu’il était soutenu d’en haut et nous aussi nous sommes soutenus. Nous avons parlé du secours du Seigneur, nous savons que nous sommes soutenus, nous désirons marcher dans ce chemin. Cette paix est le produit de la communion du Seigneur avec son Dieu et nous aussi nous pouvons jouir de cette paix. Il y a une chose dans ce passage dans toute cette épître que nous avons devant nous, c’est que tout est de Christ.
Le Seigneur disait à ses disciples : « Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix » (Jean 14. 27). Cette paix, elle est du Christ et la parole que nous avons ici au v. 16, c’est « la parole du Christ ». Cela nous renvoie à Jean 14 : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime » (v. 21). C’est la personne du Seigneur lui-même qui est devant nous tout ce qu’il a été dans sa vie. Et nous sommes invités à le considérer et à le reproduire.
« Que la parole du Christ habite en vous richement », Qu’est-ce que cela veut dire d’habiter quelque part richement ? Il suffit de changer une lettre au départ et on pourrait trouver un peu l’opposé en remplaçant le « r » par « ch », que la parole de Dieu habite en vous chichement, voilà l’opposé. Si on reçoit quelqu’un chez soi, on l’invite chez nous richement, cela veut dire : – Tu es chez toi ici. Il n’y a pas un endroit qu’on te réserve », et pas les autres. Recevoir quelqu’un chichement c’est lui dire : – Tiens, on t’a réservé une petite pièce, dans ce coin-là. Le reste de la maison ce n’est pas pour toi. Cette partie-là tu ne peux pas t’y mettre, dans ce coin là ça ira bien ».
Recevoir quelqu’un richement, un invité à qui on désire faire un grand honneur, le recevoir, c’est lui dire : – Tu es dans ma maison comme chez toi, partout, tu es le bienvenu, ta place est préparée, partout où tu peux être. Je désire que tu habites partout dans ma maison, que tu ne restes pas dans un petit coin ». Que la parole de Dieu habite en nous richement, cela veut dire avec aisance, avec grandeur, prenant toute la place. On a cité ces versets au début du Deutéronome, une illustration de ce qu’est habiter richement. Instructions que Dieu donne à son peuple.
« Écoute, Israël : L’Éternel, notre Dieu, est un seul Éternel. Et tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force. Et ces paroles que je te commande aujourd’hui, seront sur ton cœur : Tu les inculqueras à tes fils, et tu en parleras, quand tu seras assis dans ta maison, et quand tu marcheras par le chemin, et quand tu te coucheras, et quand tu te lèveras ; et tu les lieras comme un signe sur ta main, et elles te seront pour fronteau entre les yeux, et tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes » (6. 4 à 9).
Déjà, à ce moment-là Dieu dit à son peuple : Mes paroles, je veux qu’elles habitent chez vous richement, elles doivent habiter chez vous dans toute la maison, à tous les moments de la journée, quand vous vous levez, quand vous vous couchez, quand vous êtes en famille, à l’entrée de la maison, sur les portes, partout, la parole a sa place partout dans notre vie, partout dans votre maison, partout dans votre vie de famille. Il n’est pas dit : ces paroles seront sur ton intelligence, mais il est dit : ces paroles seront sur ton cœur. Il désire que vous aimiez ces paroles, pas simplement que vous les connaissiez, mais que vous les aimiez, et pas seulement les aimer, mais que vous ayez le désir de les mettre en pratique. Non pas les mettre en pratique en les réservant à certains moments, le jour du sabbat, peut-être un petit moment le matin etc.
C’est à tous les moments et on sent à quel point c’est quelque chose qui concerne l’atmosphère, pas seulement individuellement. On sent que c’est quelque chose qui va se répandre, parce qu’il est dit là « Tu les inculqueras à tes fils, et tu en parleras ». Ce n’est pas quelque chose que tu vas garder pour toi parce que tu aimes mes paroles, parce qu’elles habitent richement chez toi. C’est quelque chose qui va être cette bonne odeur de Christ qui va se communiquer aux enfants. Comment est-ce qu’on peut désirer que nos enfants aiment la Parole de Dieu s’ils nous voient la mettre dans un petit coin, ne jamais l’ouvrir en famille, ne pas en tenir compte, citer quelques exhortations et puis après ils vont nous voir dans nos relations avec nos voisins, avec notre employeur, avec des collègues qui viennent à la maison.
Ils vont nous dire : je ne reconnais rien de ce qu’on a lu l’autre jour dans la façon dont mes parents vivent. Ce n’est-pas cela la parole qui habite richement. C’est le fait de la connaître, de l’avoir sur notre cœur, et puis que ce soit quelque chose qui soit mis en pratique, qui s’applique à toutes les circonstances de notre vie. On sent quand on dit cela à quel point on a des manquements, on a des faiblesses, on tombe, mais le Seigneur désire pour nous que sa Parole habite dans nos cœurs et puis dans nos maisons, richement.
Un mot sur la notion de chanter des hymnes. On pense qu’on chante des hymnes souvent quand les circonstances sont favorables, quand c’est facile. Mais on a l’exemple de Paul et de Silas qui chantaient dans la prison. Ils étaient prisonniers, dans la souffrance, et ils ont chanté à Dieu. Et puis aussi on a le très bel exemple du Seigneur lui-même en Matthieu 26 : « Et ayant chanté une hymne, ils sortirent et s’en allèrent à la montagne des Oliviers » (v. 30). Le Seigneur avait réuni les siens, il avait institué la cène, il savait ce qui l’attendait, il allait être crucifié et malgré tout il a chanté cette hymne avec les siens.
Pour cette Parole quel exemple prendre sinon celui du Seigneur lui-même ? On sait que les tables de la loi avaient été brisées, elles ne pouvaient pas entrer dans le camp. Mais la deuxième fois, en Deutéronome 10 quand il est dit : « Taille-toi deux tables de pierre » (v. 1), il est ajouté : il faut faire tout de suite autre chose. Quoi ? Eh bien : « tu les mettras dans l’arche » (v. 2) parce qu’il n’y a que là qu’elles seront en sécurité. Nous savons de quoi nous parle l’arche, de la personne de notre Seigneur Jésus. « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi [la Parole] est au dedans de mes entrailles » (Ps. 40. 8).
Ce n’est pas une parole superficielle, quelques versets qui traînent dans la tête, c’est une parole qui modèle mon être profond. En Jacques, au chapitre 1, il est parlé d’une « parole implantée » (v. 21), c’est-à-dire qui a des racines profondes en chacun de nous, dans nos cœurs. Une fois qu’on a dit ceci, je voudrais exhorter, et moi-même en même temps, et les jeunes. Vous êtes dans une société de « zapping ». On passe d’une chose à l’autre, on passe rapidement d’une chose à l’autre.
On a un exemple dans la Parole. L’animal pur par excellence, est le ruminant, celui qui repasse sa nourriture, comme Marie qui repassait ces paroles dans son cœur (Luc 2. 19). Mais, dites donc, ça demande beaucoup de temps ! Alors cela, c’est une question de priorité. Quelles sont vos priorités ? Beaucoup de travail, beaucoup d’études, un métier de plus en plus prenant, une pression professionnelle terrible, tout cela est indéniable.
Mais il y avait un homme qui s’appelait Gédéon. Il s’est mis à un endroit peu usité, pour mettre quelque chose de côté par rapport à Madian qui voulait s’emparer de tout. C’est une exhortation pour chacun de nous : lire la Parole. Entrer dans les pensées de Dieu, ça demande du temps, ça demande de l’application, ça demande qu’on coupe Internet, ça demande qu’on coupe son portable, ça demande qu’on ferme un peu sa porte, ça demande qu’on prenne du temps. Bien sûr on travaille beaucoup mais vous voyez aussi dans cette société de loisirs quelles sont vos priorités. Il y a quelque chose là que je mets sur votre conscience et sur votre cœur.
D’ailleurs Gédéon – c’est quelque chose de tellement beau – reçoit une visite montrant que le ciel n’est pas indifférent à un homme de rien du tout, qui était en train de mettre de côté de la nourriture pour que Madian ne lui prenne pas tout. Et cela mérite une visite divine. « L’Éternel est avec toi, fort et vaillant homme » (Jug. 6. 12). Il y a une vaillance aujourd’hui pas tellement pour aller avec une épée et un arc quelque part, mais une vaillance peut-être pour se lever tôt, il y a une vaillance pour mettre de côté du temps, de l’énergie pour la Parole de Dieu, cette Parole qui est notre vie, de manière à ce que cette Parole habite en nous richement, qu’elle modèle nos pensées, qu’elle façonne notre manière de vivre, qu’elle soit l’aliment de toute notre vie.
Pour illustrer ce qu’on vient de dire, on peut lire en Deutéronome 17. 18 à 20 ce qui est demandé au roi qui gouverne. « Et il arrivera, lorsqu’il sera assis sur le trône de son royaume, qu’il écrira pour lui, dans un livre, une copie de cette loi, faite d’après le livre qui est devant les sacrificateurs, les Lévites. Et il l’aura auprès de lui ; et il y lira tous les jours de sa vie, afin qu’il apprenne à craindre l’Éternel, son Dieu, et à garder toutes les paroles de cette loi, et ces statuts, pour les faire ; en sorte que son cœur ne s’élève pas au-dessus de ses frères [c’est un roi, mais il doit demeurer dans l’humilité, que cette parole habite richement en nous], et qu’il ne s’écarte pas du commandement, ni à droite ni à gauche ; afin qu’il prolonge ses jours dans son royaume, lui et ses fils, au milieu d’Israël ».
Nous avons dit que la Parole de Dieu est l’aliment de notre âme. Si elle a du prix pour nos cœurs, nous pourrons un peu réaliser ce que dit Jérémie : « Tes paroles se sont-elles trouvées, je les ai mangées ; et tes paroles ont été pour moi l’allégresse et la joie de mon cœur » (15. 16).
Dans le psaume 119 nous voyons le prix qu’avait la Parole pour le psalmiste lorsqu’il dit par exemple : elle « est meilleure pour moi que des milliers de pièces d’or et d’argent » (v. 72). Et puis cette Parole reçue dans le cœur comme le dit aussi ce psaume 119 : « J’ai caché ta parole dans mon cœur, afin que je ne pèche pas contre toi » (v. 11). « Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? Ce sera en y prenant garde selon ta parole » (v. 9).
Puissions-nous contempler, imiter l’homme parfait, le serviteur parfait : « Il me réveille chaque matin, il réveille mon oreille pour que j’écoute comme ceux qu’on enseigne » (És. 50. 4). Puissions-nous prendre cette place et le temps qui souvent nous manque. Reconnaissons que certains ont un travail très prenant, mais il vaut la peine de venir se placer à l’écoute de cette Parole.
Au sujet de la reconnaissance envers Dieu nous avons lu la fin du v. 15 : « soyez reconnaissants » et puis encore au v. 17 : « rendant grâces par lui à Dieu le Père ». Nous l’avons dit, par Christ, c’est-à-dire comme nous le lisons en 1 Chroniques 29. 14 : « tout vient de toi ; et ce qui vient de ta main, nous te le donnons ». Cette reconnaissance doit monter de nos cœurs pour ce don inexprimable qui nous a été fait dans la personne du Seigneur.
Au psaume 116 aussi nous lisons : « Que rendrai-je à l’Éternel pour tous les biens qu’il m’a faits ? Je prendrai la coupe du salut, et j’invoquerai le nom de l’Éternel » (v. 12 et 13). Nous avons certainement souvent tendance à manquer de reconnaissance, même à nous plaindre. Nous pensons à cet épisode de l’histoire du peuple d’Israël dans le désert en Nombres 11. 1 où il est dit : « comme le peuple se plaignait, cela fut mauvais aux oreilles de l’Éternel » et l’Éternel envoie un châtiment. L’Éternel l’entendit est-il dit. Il voit ce qu’il y a dans nos cœurs, cette ingratitude, ce manque de reconnaissance pour tout ce que nous avons par grâce, déjà sur le plan matériel. Et alors Dieu châtie son peuple en envoyant le feu, Tabhéra (incendie), qui brûle au bout du camp.
L’apôtre Paul exhorte à plusieurs reprises à être reconnaissant. En Éphésiens 5 il écrit : « rendant toujours grâces pour toutes choses » (v. 20) et en 1 Thessaloniciens 5. 18 : « En toutes choses rendez grâces ». L’apôtre Paul est un exemple pour nous de ce contentement. Il le dit à Timothée : « La piété avec le contentement est un grand gain… ayant la nourriture et de quoi nous couvrir, nous serons satisfaits ». (1 Tim. 6. 6 et 8). Et puis aussi dans l’épître aux Hébreux : « étant contents de ce que vous avez présentement » (13. 5). Combien nous avons à être gardés de cet esprit du monde, de mécontentement, de revendication, mais la piété avec le contentement est un grand gain » (1 Tim. 6. 6).
Encore un mot sur l’expression « l’un l’autre ». On a lu au verset 13 : « vous pardonnant les uns aux autres » et au verset 16 : « vous enseignant et vous exhortant l’un l’autre ». On a dit que les exhortations sont bien pour la vie collective. C’est la réalisation que nous sommes membres d’un même corps, « membres l’un de l’autre » lisons-nous en Romains 12. 5.
Dans cette épître aux Romains on rencontre plusieurs fois l’expression « l’un l’autre ». En commençant sa lettre l’apôtre Paul dit aux Romains qu’il désirait leur « faire part de quelque don de grâce spirituel, pour que vous soyez affermis, c’est-à-dire pour que nous soyons consolés ensemble au milieu de vous, vous et moi, chacun par la foi qui est dans l’autre » (1. 11 et 12). Cet encouragement mutuel, cet affermissement, ayant des intérêts communs, nous pouvons partager et nous encourager, nous consoler.
Dans la même épître, au chapitre 12, après avoir dit que nous sommes membres l’un de l’autre, il y a l’expression : « soyez pleins d’affection les uns pour les autres » (v. 10). Et au verset 16 « ayant, les uns envers les autres, un même sentiment ; ne pensant pas aux choses élevées, mais vous associant aux humbles » – l’humilité. Il y a d’autres expressions dans l’épître aux Galates. « Par amour, servez-vous l’un l’autre » (ch. 5. 13). Nous avons parlé de l’amour qui est le lien de la perfection. Ici c’est le service l’un à l’autre par amour. Dans l’épître aux Éphésiens aussi au chapitre 4 : « soyez bons les uns envers les autres… vous pardonnant les uns aux autres » (v. 32). « Étant soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ » (5. 21).
Nous avons évoqué le support mutuel, savoir ne pas accuser son frère s’il a peut-être une pensée un peu différente de la nôtre. Apprendre la soumission les uns aux autres mais dans la crainte de Christ. On a parlé aussi je crois du respect de la Parole, de l’enseignement mais avec la soumission les uns aux autres. Dans la 1ère épître aux Thessaloniciens aussi il est écrit au chapitre 4, ce que nous avons déjà vu en Romains 1. 12 : « Consolez-vous donc l’un l’autre par ces paroles » (v. 18).
Après avoir présenté la venue du Seigneur, peut-être pour des personnes dans le deuil, il nous faut diriger nos regards vers ce jour de la venue de notre Seigneur. Quelle consolation peut être apportée l’un à l’autre par ces paroles, par ce qui vient d’être vu dans le paragraphe précédent. Dans la même page, au verset 11, nous lisons : « exhortez-vous l’un l’autre et édifiez-vous l’un l’autre, chacun en particulier, comme aussi vous le faites » (5. 11).
Enfin, dans l’épître aux Hébreux, nous connaissons bien ce passage du chapitre 10 où il est dit : « prenons garde l’un à l’autre pour nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres… nous exhortant l’un l’autre, et cela d’autant plus que vous voyez le jour approcher » (v. 24 et 25). L’amour aussi est lié aux bonnes œuvres. À la fin du chapitre il est justement question de ces œuvres, ces bonnes œuvres préparées à l’avance afin que nous marchions en elles. Il est dit au verset 17 : « quelque chose que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus ».
On a évoqué les rassemblements locaux mais ça va bien au-delà parce que nous sommes tous membres les uns des autres autour du même Maître, autour du même Seigneur. Nous avons à vivre à sa gloire. Le monde nous regarde, nous l’avons déjà dit, et il voit vite là où nous manquons. « Tu inculqueras cela à tes fils » (Deut. 6. 7). Le Seigneur permet que nous lisions ces passages. Nous sommes des enfants de Dieu. Le Père nous parle et nous répète, nous rappelle, nous renouvelle ses exhortations. Et puis « tu en parleras ».
Nous l’avons au verset 16 : « vous enseignant et vous exhortant ». Ayant reçu tout cela de sa part que pouvons-nous faire sinon en reparler et nous entretenir de ces choses qui nous concernent, qui concernent notre Seigneur. C’est ce à quoi encore il veut nous appeler.
Ajoutons encore quelque chose sur le chant. Chanter ensemble dans le rassemblement nous permet d’exprimer tous, la même chose au même moment. Le chant, la musique est donc un véhicule de communion, dans ce sens aussi d’exprimer ensemble dans une communion, d’un seul cœur, d’une seule voix et c’est quelque chose d’extrêmement heureux de pouvoir chanter ensemble. On a déjà entendu quelque chose tout à l’heure sur les chants. « Chantant de vos cœurs à Dieu » : cette expression est importante. Nous ne chantons pas d’abord pour nous-mêmes. Bien sûr nous nous exhortons, nous nous enseignons, nous nous exhortons. Nous nous enseignons par le chant de ces cantiques, c’est vrai, mais nous chantons à Dieu.
Cela, c’est une dimension que nous ne devons jamais perdre de vue. Quand déjà nous nous réunissons, avant même de chanter, le but, ce n’est pas d’abord nous, mais d’abord on se réunit pour Dieu, pour le Seigneur et non pas pour nous. On ne cherche pas à être simplement une espèce de rassemblement où on est bien ensemble. Non. Le Seigneur nous appelle à nous rassembler pour lui. Une prière, c’est pour Dieu ; un cantique, c’est pour Dieu. Bien sûr nous en recevons un enseignement, une exhortation.
Il est bon aussi d’exprimer quelque chose parce que souvent les jeunes savent que c’est une question récurrente qui vient en disant : – Pourquoi est-ce que dans les rassemblements il n’y a pas d’instruments de musique ? Il y a eu quelqu’un qui est venu dans le rassemblement – on le raconte comme une anecdote – et qui à la fin de la réunion, a dit : – Mais vous n’avez même pas un instrument ! Bien sûr il a défendu sa thèse en disant : – Mais, voyez bien, David avait bien une harpe, il y a bien dans l’intitulé des Psaumes, « chef de musique » et avec toutes sortes d’instruments à corde, des choses comme cela ». Seulement ce ne sont pas des cantiques spirituels.
Le Seigneur dit à la femme samaritaine : « les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jean 4. 23). En esprit, c’est le contraire de matériellement, concrètement. Tous les Samaritains, les Juifs aussi, avaient un culte avec des choses concrètes, à palper, à faire, avec un rituel. Alors que maintenant nous sommes dans le spirituel et plus dans le matériel.
Et d’ailleurs j’ai répondu à cet ami croyant qui était là : – Où trouvez-vous une seule fois dans le Nouveau Testament – l’Ancien Testament on comprend qu’il y avait des instruments, tout était matériel – où ils auraient chanté avec un instrument ? On ne le trouve pas dans le Nouveau Testament ». On a lu tout à l’heure : « ayant chanté une hymne ». Ils ont chanté avec leur instrument naturel qui était leur voix. Il ne faut pas être trop carré non plus, c’est-à-dire que dans un rassemblement où l’on n’arrive pas à chanter parce qu’on est trop peu nombreux, et que personne ne connaît la musique, il y a peut-être un tout petit guide-chant, uniquement pour nous permettre de chanter ensemble et non pas faire la plus belle musique.
La plus belle musique risque d’avoir trop facilement cette appréciation de la part de Dieu : « Ôte de devant moi le bruit de tes cantiques » (Amos 5. 23). Ce qui est important, même si on ne chante pas très bien dans le rassemblement, c’est l’état de nos cœurs, ce qui monte de nos cœurs et qui ne trompe pas le Seigneur. Nous devons nous méfier de tout ce qui pourrait nous distraire par une plus jolie musique de la vocation du chant qui est d’exprimer en commun quelque chose qui soit pour la gloire de Dieu, l’édification des saints aussi, mais pour la gloire de Dieu. Tout ce qui risque de nous distraire de cet objectif est quelque chose qui est plutôt négatif.
On a médité toute une série de versets qui nous parlent de ce que Dieu est, de ce que Christ a fait pour nous. On arrive à la fin de ces moments de lecture, où nous passons un examen dans nos couples, (v. 18 à 20), les enfants vis-à-vis de leurs parents, les esclaves ou les employés vis-à-vis de leurs employeurs et puis les employeurs vis-à-vis de ceux qui travaillent pour eux. Comment mettons-nous la Parole en pratique ?
Au verset 18 c’est la notion de la soumission, au verset 19 de l’amour en contraste avec le risque de s’aigrir. Je cherche un peu les mots parce qu’on a crainte quand on vit dans ce monde et tout ce qu’on entend, de parler de la soumission de la femme au mari. Et pourtant c’est ce que la Parole dit. Mais ce n’est pas simplement une soumission. Il est ajouté « comme il convient dans le Seigneur ». C’est cela, toute la différence.
Et tout le privilège du couple chrétien, c’est qu’au-dessus de chacun des époux, il y a le Seigneur. On peut lire un verset en 1 Corinthiens 11 : « je veux que vous sachiez que le chef de tout homme, c’est le Christ, et que le chef de la femme, c’est l’homme, et que le chef du Christ, c’est Dieu » (v. 3). On voit cette chaîne de l’autorité. Mais l’autorité qui est confiée au mari n’est absolument pas du despotisme et c’est ce despotisme qui détruit les couples. Comme mari je ne m’en rends peut-être pas compte.
Dans la première épître de Pierre en rapport avec les épouses il nous est dit : « Pareillement, vous, femmes, soyez soumises à vos propres maris, afin que, si même il y en a qui n’obéissent pas à la parole, ils soient gagnés sans la parole par la conduite de leurs femmes, ayant observé la pureté de votre conduite dans la crainte ». Qu’ils soient gagnés : ce verbe gagner, si on lit attentivement ce chapitre 3 de la 1ère épître de Pierre, on pourrait penser que c’est en particulier pour les couples où l’un des conjoints, le mari, n’appartient pas au Seigneur. Dans ce cas-là, l’attitude de l’épouse gagnera son conjoint.
Alors quand on a un couple où les deux conjoints appartiennent au Seigneur, est-ce que l’enseignement est différent ? Ce verbe « gagner » est très beau parce que ce n’est pas seulement dans les relations de couple. Est-ce que ce n’est pas dans toutes nos relations ? On a parlé du support, on a parlé d’amour. Et gagner, est-ce que ce n’est pas ce temps qu’on prend, cette patience, pour que ce ne soit pas les influences du monde, mais l’influence du Seigneur qui fasse changer les choses ? C’est dit en très peu de mots dans Colossiens 3 : la soumission « comme il convient dans le Seigneur ».
Et puis on a vu que l’amour est le lien de la perfection et ce lien-là est rappelé aux maris parce que si facilement nous agissons avec dureté ce qui est l’inverse de l’amour. Et puis s’aigrir. On voit les défauts, on est irrité et ce sont ces choses-là que l’ennemi de nos âmes soutient pour que la famille, ce noyau vital pour la société, soit si possible anéanti. On commence par s’aigrir et c’est frappant, c’est attribué aux maris. Est-ce que nous ne passons pas notre examen quand on lit ces passages et puis qu’on voit l’attitude qu’il faut avoir vis-à-vis des enfants ?
Il leur est dit : « Enfants, obéissez » parce qu’il y a cet ordre de l’autorité voulu par Dieu. On vient de lire dans 1 Corinthiens 11. 3 : il y a Dieu, il y a Christ, il y a l’homme, il y a la femme et puis il est confié une famille, peut-être des enfants. Nous sommes là ensemble des adultes, des adolescents, des enfants, Dieu dit aux enfants : « Obéissez à vos parents en toutes choses ». Et quand on entend « toutes choses » et que nous sommes enfants, ce n’est pas rien, « en toutes choses ». Mais il est ajouté : « car cela est agréable dans le Seigneur », ce qui suppose que l’enfant réalise que l’autorité qu’ont ses parents sur lui, est une autorité que Dieu a conférée aux parents.
L’autorité conférée n’est pas notre autorité, mon autorité, c’est celle que Dieu m’a donnée. Et lorsque Dieu nous donne, nous devons apprendre constamment à en faire un bon usage. C’est pour cela qu’il est dit aux pères : « n’irritez pas vos enfants, afin qu’ils ne soient pas découragés ». Dieu nous confie des enfants. Qu’est-ce que l’éducation ? C’est bien sûr de les élever, de les nourrir, qu’ils grandissent. Mais du point de vue spirituel, c’est se mettre petit à petit de côté pour que nos enfants reconnaissent sur leur vie l’autorité du Seigneur, pour qu’ils reconnaissent que cette autorité (Rom. 12) est bonne, agréable et parfaite.
Même comme parents cet apprentissage que l’autorité du Seigneur est bonne, agréable et parfaite, est un apprentissage de toute la vie parce que nous l’avons vu aujourd’hui, la chair est encore là et nous nous laissons trop facilement influencer par tout ce que nous entendons, par tout ce que nous voyons. Mais Dieu par ces quelques versets de la fin du chapitre 3 et du début du chapitre 4 de Colossiens nous enseigne et nous dit en très peu de mots : – Comment mets-tu la Parole en pratique ?
Il y a quelque chose qui devrait nous encourager, nous motiver en quelque sorte pour réaliser ce que nous venons d’entendre, ce qui vient d’être rappelé, savoir qu’il y a un ordre voulu de Dieu et que si cet ordre est respecté, Dieu sera glorifié. Le motif le plus puissant, si ce n’est le seul, et en même temps la force qui nous sera donnée pour progresser dans ce qui nous est demandé, c’est cette expression remarquable : « Vous servez le Seigneur Christ ». Il s’agit de faire les choses comme pour lui.
D’ailleurs après les exhortations qui nous ont été données au sujet des cantiques et cette Parole qui doit habiter en nous richement, il ne faut pas que nous oubliions le verset 17 à savoir : « quelque chose que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, rendant grâces par lui à Dieu le Père ». Cela règle bien des questions dans toute notre vie. Est-ce que je fais les choses au nom du Seigneur Jésus ? J’engage son nom. Je dois respecter l’ordre de Dieu, faire les choses comme pour le Seigneur.
Quand on a le Seigneur devant les yeux, chers amis, chers enfants, chère jeunesse, quand on a réellement le Seigneur devant soi, on ne se pose pas tant de questions. Quand on commence à se poser des questions – est-ce que je peux faire ceci, est-ce que je peux faire cela ? Quel mal y a-t-il à faire ceci, quel mal y a-t-il à faire cela ? Déjà, je suis sur un terrain glissant et je montre par là même que l’état de mon cœur n’est pas tout à fait celui que Dieu voudrait. Si je disais : quel bien y a-t-il ? Ce serait déjà mieux. La Parole nous dit : « Quoi que vous fassiez, faites-le de cœur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes » (v. 23).
De toute manière c’est du Seigneur que nous recevrons la récompense. Il vaut bien la peine aujourd’hui pour chacun de nous de nous étudier à être « approuvé à Dieu » (2 Tim. 2. 15). Ah ! S’il y avait davantage parmi nous, chers amis, des Appellès ! « Saluez Appellès, approuvé en Christ » (Rom. 16. 10). Faire les choses de cœur, comme pour le Seigneur.
Alors que je sois femme, mari, père, enfant, esclave, maître, est-ce que j’ai le Seigneur Jésus devant mes yeux et dans ce que je fais en parole ou en œuvre, dans mon comportement, est-ce que j’ai le Seigneur Jésus devant moi ? Est-ce que je pourrais dire que les choses que je fais, je les fais au nom du Seigneur Jésus et par cela même j’ai donc son approbation et alors je peux rendre grâces par le Seigneur Jésus à Dieu le Père ? De toute manière je me souviens que tout est grâce. Mais la Parole nous l’a rappelé bien des fois aujourd’hui, ma responsabilité est entière.
La Parole nous dit que nous devrions être des docteurs vu le temps et souvent nous avons besoin d’entendre les premiers rudiments. Mais par rapport à une autre pensée « ne soyez pas beaucoup de docteurs, mes frères, sachant que nous en recevrons un jugement plus sévère » (Jac. 2. 1), donc chaque chose à sa place, le Seigneur devant les yeux, son nom, sa personne, sa gloire, ses intérêts, et tout est réglé.
Alors au sein de la famille comme d’ailleurs dans la société, dans mon travail, que je sois un ouvrier avec un maître au-dessus ou ou que je sois un maître et que j’ai des employés, est-ce que je fais les choses de cœur comme pour le Seigneur ? Personne ne pourra dire que ce verset 17 comme ce verset 23 et à travers de tout ce qui vient à l’instant de nous être rappelé, qu’il ne se sent pas sondé par cette Parole au plus profond de lui-même. Et il montera dans notre cœur à chacun cette prière instante : Seigneur, magnifie ton grand pouvoir dans mon infirmité.
Le peuple que nous avons ici est le peuple de Dieu. Dieu a voulu avoir un peuple pour Lui, un peuple au milieu duquel Il voulait habiter, au milieu duquel Il voulait être honoré, glorifié. Et il y avait aussi toutes ces promesses qu’Il a voulu accomplir.
Si nous regardons en arrière sur l’histoire de ce peuple historiquement, nous pouvons dire que, dès le début, il a été caractérisé par la désobéissance. Dieu lui avait donné une loi parfaite, des commandements, des statuts qui étaient pour le bien du peuple et ils n’ont pas voulu vraiment écouter.
Et Dieu a permis qu’alors le peuple soit divisé en deux. C’était un acte de Dieu. Il a permis cela, mais bien sûr nous voyons la responsabilité du roi de ce temps Roboam, et aussi des anciens de cette époque. Dieu a permis cela parce qu’il y avait tant de désobéissance.
La première partie du peuple, les dix tribus, a dû quitter le pays. Ils ont été emmenés en captivité par le roi d’Assyrie en l’an 721 av. J.-C. environ. Donc ils n’ont pas été dans le pays très, très longtemps. Dieu, dans sa grâce, avait encore laissé les deux tribus de Juda et de Benjamin ; Il les a laissées un temps un peu plus long.
Là aussi, Il a dû voir cette désobéissance, cette rébellion du peuple. Il a vu aussi la dégradation morale qui se trouvait dans ce peuple, combien celui-ci a voulu imiter le monde, suivre les dieux et les idoles des nations qui les entouraient. Et puis Dieu, pour finir, a aussi permis que ces deux tribus, en tout cas une grande partie de ces deux tribus, ont dû quitter le pays ; elles ont été emmenées en captivité à Babylone.
Mais ce qui nous a frappés aussi c’est cette compassion de Dieu, cette grâce de Dieu qu’Il avait dans son cœur, qui, à cause des promesses qu’Il avait données à Abraham, Isaac et Jacob, n’a pas abandonné son peuple tout à fait, mais Il a permis qu’une grande partie de ce peuple a pu retourner en Israël, disons à Jérusalem et en Judée. Quelle grâce de la part de Dieu !
Il y a eu un premier retour avec Jéshua et Zorobabel, puis un deuxième retour avec Esdras ; puis, nous avons après encore un homme comme Néhémie, et là nous arrivons à notre livre, historique en grande partie. Nous arrivons à Néhémie qui avait un cœur pour son peuple, mais qui avait aussi un cœur pour son Dieu ; Néhémie qui, dans le premier chapitre, avait confessé ses péchés à lui, mais aussi les péchés de ses frères et les péchés du peuple ; et il a trouvé grâce auprès de Dieu, et il a pu venir à Jérusalem.
Le temple avait déjà été érigé, c’était au temps d’Esdras, mais alors il y avait la ville de Jérusalem dont la muraille avait été détruite ; et avec une œuvre que Dieu a opérée dans les cœurs de Néhémie et des anciens du peuple et dans le cœur de tout le peuple, un travail de conscience et de cœur, ils se sont mis ensemble pour reconstruire et réparer cette muraille tout autour de Jérusalem, l’ériger de nouveau.
Puis, Dieu a permis que l’administration de cette ville soit établie, qu’on y avait mis de l’ordre, et cela jusqu’au septième chapitre de ce livre de Néhémie.
Ensuite nous avons trois chapitres qui sont, pour ainsi dire, intercalés parce que l’histoire qui se termine au chapitre 7 reprend au chapitre 11. Et ces chapitres 8, 9 et 10 sont comme un cœur à l’intérieur, et pourquoi ? Parce que Dieu a opéré dans le peuple, et dans le peuple tout entier maintenant, si bien qu’ils ont soif de l’écriture, qu’ils ont soif de la Parole de Dieu.
C’est le retour à la Parole de Dieu et tout le peuple qui veut l’écouter. Ils ont bien compris, peut-être aussi dans le travail qu’ils ont dû faire ensemble pour reconstruire et réparer la muraille, que Dieu avait opéré dans beaucoup de détails pour eux.
Ils avaient bien vu que, si en 52 jours, ils ont pu réparer et ériger la muraille, ce n’était pas un travail à mesure d’homme ; combien Dieu les a aidés et les a bénis dans ce travail. Peut-être que c’est ce sentiment aussi qui les a amenés à dire : nous avons besoin de connaître vraiment la volonté, les pensées de Dieu ; et ainsi ils se sont mis à écouter Esdras, « le sacrificateur, le scribe » (Esd. 7. 11), qui leur a présenté la parole.
Les lévites – on en a parlé aussi dans une de nos prières – étaient là aussi pour expliquer au peuple. Attention ! Certains du peuple n’étaient pas capables de lire et de comprendre parce qu’il y en avait certainement qui ne connaissaient plus la langue hébreue. Ils étaient à Babylone, et n’avaient pas tellement de contacts avec cette langue, et ce sont donc les lévites qui l’ont fait comprendre.
Nous en avons tiré certainement beaucoup de profit en considérant ce chapitre. Et dans ce chapitre, ils ont remarqué qu’il y avait bien des choses qu’ils avaient oubliées, dans lesquelles ils n’avaient pas été obéissants, ils avaient été infidèles. Et alors, quelle en fut la conséquence ? Ils ont pleuré.
Nous nous sommes demandés aussi quelle attitude nous avons aussi parce que ces pleurs étaient déjà un début d’humiliation, n’est-ce pas ? Avons-nous aussi cette attitude à la lecture de la Parole de Dieu ? Nous allons voir encore dans ce chapitre qui est devant nous combien c’était nécessaire de lire la Parole. C’était d’abord le peuple, ensuite les anciens, qui se sont dit : Il faut lire la Parole, il faut connaître la pensée de Dieu, et ils se sont rassemblés pour lire.
Nous avons encore dans le chapitre précédent, le chapitre 8, à partir du verset 13 : « Et le second jour, les chefs des pères de tout le peuple, les sacrificateurs et les lévites, s’assemblèrent auprès d’Esdras, le scribe, et [cela] pour devenir intelligents dans les paroles de la loi. Et ils trouvèrent écrit dans la loi que l’Éternel avait commandée par Moïse, que les fils d’Israël devaient habiter dans des tabernacles pendant la fête du septième mois, et qu’ils devaient faire entendre et faire passer une proclamation dans toutes leurs villes et à Jérusalem… » (v. 13 à 15).
Ils ont appris dans tout cela que le premier jour du septième mois, c’était le jour de jubilation (ou la fête des trompettes), c’était là qu’ils avaient eu cette pensée de revenir à la Parole de Dieu.
Maintenant c’était le quinzième jour, et ils ont bien vu qu’il y avait une fête qui devait être célébrée, la fête des tabernacles, et ils se sont mis à la faire. Si nous regardons les fêtes dans l’Écriture, Lévitique 23, nous avons la fête de Pâque, la fête des pains sans levain, la fête des prémices ou des premiers fruits, la fête de la Pentecôte ou des semaines ; et puis au 7ème mois le 1er il y avait cette fête des jubilations, et ensuite au dixième jour il y avait le grand jour des propitiations mais il manque ici. Et pourquoi ?
On s’est posé la question. Ils parlent plus tard de la fête du 15ème jour c’est-à-dire de la fête des tabernacles, mais pourquoi ce grand jour des propitiations manque-t-il ? Il me semble qu’il manque parce que le vrai jour des propitiations avec toute cette confession de péché qui était nécessaire – vous connaissez cette fête où il y avait ce bouc sur la tête duquel les péchés du peuple devaient être confessés et l’autre bouc qui devait être sacrifié et son sang apporté dans le sanctuaire, dans le lieu très saint, une fois par an, justement ce jour-là le souverain sacrificateur devait y aller une fois – eh bien la vraie réalisation de cette fête n’était pas encore possible parce que ce grand jour des propitiations préfigure cette humiliation, cette confession que le peuple dans le futur va présenter devant Dieu, avec la conscience de ce grand péché d’avoir rejeté le Messie.
Le rejet du Messie, voilà, c’était le grand péché du peuple d’Israël qui, aussi au jour des propitiations, plus tard va occuper le peuple. Ici ce n’est pas encore le moment, mais, cela est très beau, ils avaient déjà le sentiment de leur état, qu’ils devaient pleurer.
Mais Dieu dit par Néhémie et les lévites que ce n’était pas le moment de pleurer, il y a aussi une grande joie. « La joie de l’Éternel est votre force ». Vous avez besoin de force, et cette joie ne doit pas être interrompue maintenant par la pensée de l’humiliation. D’abord Dieu leur donne cette joie ensemble, et pour tout le peuple il y a aussi de la bénédiction.
Après ils comprennent qu’il faut regarder, on peut dire encore plus, et notre chapitre 9 commence exactement avec cela, que le grand jour des propitiations n’était pas possible. Mais l’humiliation était quand même non seulement possible mais nécessaire. Ils avaient bien cette pensée par la Parole de Dieu que maintenant l’humiliation devant Dieu était à sa place.
Dans le chapitre 9, nous voyons donc que : « Et le vingt-quatrième jour de ce mois » – c’est-à-dire le jour après la fête des tabernacles qui durait jusqu’au vingt-troisième jour, le vingt-quatrième jour ils se rassemblent en se disant : maintenant c’est absolument le moment où nous devons nous humilier devant notre Dieu.
Ils le font d’abord d’une manière qui convient à un peuple terrestre « avec jeûne et vêtus de sacs, et avec de la terre sur eux ». C’était pour montrer cette attitude de cœur, mais ils le montraient aussi extérieurement par ce comportement. Et ils étaient là pour confesser leurs péchés et leurs iniquités. Mais il faut commencer avec autre chose qu’ils font. Il y a trois choses :
1° Il y a cette humiliation qui se manifeste par cette attitude dont on vient de parler, avec jeûne et vêtus de sacs et avec de la terre sur eux ;
2° Il y a l’activité nécessaire qui était de se séparer de tous les fils de l’étranger ;
3° La confession.
Ces trois choses ensemble sont nécessaires. La séparation sans humiliation, non ; cela nous rend seulement orgueilleux. La confession sans la séparation, cela nous fait retomber dans le mal d’avant. Donc les trois choses sont absolument liées, nécessaires, et aujourd’hui encore.
Et puis nous voyons qu’ils commencent à s’occuper vraiment de la Parole de Dieu. « Et ils lurent dans le livre de la loi de l’Éternel, leur Dieu, pendant un quart de la journée ; et pendant un quart, ils firent confession et se prosternèrent devant l’Éternel, leur Dieu » (Néh. 9. 3).
L’autre partie de la journée, bien sûr ils avaient aussi le travail qu’ils devaient faire. Mais il est très beau de voir combien de temps ils étaient prêts à sacrifier à cela. Un quart de la journée, 3 heures (1/4 de la journée = 3 heures – « N’y a-t-il pas 12 heures au jour » dit le Seigneur Jésus (Jean 11. 9) ; un quart de la journée, encore 3 heures, qui étaient voués à l’humiliation, à la confession, à la lecture de la Parole.
Puis nous voyons les lévites. Ils commencent avec une chose très belle à voir : La première pensée qu’ils ont – et ce devrait aussi être le cas pour nous – c’est qu’ils commencent par louer l’Éternel.
Ils disent, aux versets 4 et 5, « Levez-vous, bénissez l’Éternel, votre Dieu, d’éternité en éternité ! Et qu’on bénisse le nom de ta gloire, qui est haut élevé au-dessus de toute bénédiction et de toute louange ».
Et maintenant nous avons certains alinéas dans ce chapitre 9 : le premier montre l’attitude du peuple entier (v. 1 à 4). Puis du verset 5 au verset 15, le peuple se rappelle qui est Dieu :
D’abord le Dieu éternel, le créateur, Celui qui soutient tout ce qui vit, qui fait vivre toutes les choses ;
Puis un autre point, Il a choisi Abram et Il en a fait un autre homme Abraham – on a parlé aussi de ce changement de nom, n’est-ce pas ?
Ensuite nous trouvons qu’Il est celui qui accomplit ses promesses, qui est fidèle et qui reste fidèle. Tous ces caractères de Dieu qui sont d’abord présentés devant Dieu, et loués.
Après, nous avons trois parties dans lesquelles nous trouvons les confessions que le peuple fait : du verset 16 au verset 21, c’est la confession concernant les circonstances qu’ils ont vécues dans le désert, leur comportement et comment Dieu a agi. La confession est répétée, et c’est beau de les voir dire combien ils étaient en faute, combien ils avaient péché.
Nous trouvons trois confessions, v. 16 et 17 :
1° confession, v. 26 de nouveau :
2° confession, et puis
3° confession : v. 29.
Et toujours, quand il y a eu cette confession, ils comparent leur état, leur attitude, leur comportement, avec ce que Dieu avait fait. Combien Dieu dans sa grâce, dans ses compassions, a toujours de nouveau aidé le peuple. C’est très beau !
Et je pense juste à un mot qu’on trouve au v. 19 : « Toi, dans tes grandes compassions, tu ne les abandonnas pas dans le désert ». Et aussi dans la deuxième partie, du verset 22 au verset 27, nous avons les circonstances dans la conquête du pays et dans le pays même. Et depuis le verset 28, nous avons les circonstances quand ils sont dans les combats et où ils sont menés en captivité.
Mais, dans toutes ces circonstances, Dieu restait fidèle, ses compassions étaient grandes et le contraste toujours énorme. Un verset qui va encore nous occuper de ce que Dieu leur avait donné, v. 25 : « Et ils prirent des villes fortifiées, et un pays fertile, et ils possédèrent des maisons pleines de tout bien, des puits creusés, des vignes et des oliviers, et des arbres fruitiers en abondance ; et ils mangèrent, et furent rassasiés, et s’engraissèrent ; et ils vécurent dans les délices par ta grande bonté.
Mais ils se rebellèrent et se révoltèrent contre toi, et jetèrent ta loi derrière leur dos, et tuèrent tes prophètes qui rendaient témoignage contre eux pour les ramener à toi, et ils te firent de grands outrages ». Nous remarquons le contraste qu’il y a entre la grande bonté de l’Éternel, et juste après s’être souvenus de cette grande bonté, ils doivent dire « mais », comment étaient leurs pères et comment ils sont.
Chers amis, nous avons bien remarqué que ce que nous trouvons ici, à savoir des faits historiques mais aussi des faits moraux, nous parle aussi directement à nous. Nous avons eu besoin parfois de nous arrêter sur certains versets pour dire : mais c’est exactement ce qui est dit de nous. Et la fidélité de Dieu, tout ce qu’Il donne, est-ce que vraiment nous l’estimons à sa vraie valeur ? Est-ce que nous sommes reconnaissants ? Est-ce que nous sommes de ceux qui remercient Dieu d’une part, de ceux qui pour remercier Dieu restent et sont fidèles ? Est-ce qu’il n’y a pas lieu aussi de nous humilier ?
Nous avons pu parler de la grâce de Dieu, des bénédictions de Dieu, nous avons pu aussi demander à notre Dieu de nous bénir par sa Parole qui est là et reste toujours. Est-ce que nous sommes aussi vraiment humiliés de ce qui se trouve au milieu de nous, autour de nous, dans mon cœur, dans mon attitude journalière ? Y a-t-il là vraiment de l’humiliation, vraiment le jugement de soi-même, vraiment la confession ? Voilà quelque chose que nous apprenons de ce chapitre. Que le Seigneur nous donne que l’étude de ce chapitre de la Parole soit utile pour chacun de nous.
En rappelant l’histoire de ce peuple, nous voulons souligner aussi quelques points qui ont une application très pratique pour nous. Les premières tribus qui ont été transportées en Assyrie étaient les dix tribus qui s’étaient séparées des deux tribus de Juda et de Benjamin. Et quel est le mal moral qu’il y avait eu chez eux ? En fait, ils avaient érigé des autels et des lieux de culte en dehors du lieu que Dieu avait choisi à Jérusalem. Ils avaient établi un culte dans l’imagination de leurs cœurs, de leurs propres pensées comme on le lit en 1 Rois 12. 26 à 33. Et c’est un danger qui peut nous guetter. Dieu a établi un lieu, un lieu de rassemblement où la louange et l’adoration doivent Lui être apportées. Et si nous quittons ce lieu, nous plaçons Dieu sous la nécessité d’agir en gouvernement, Il ne peut plus reconnaître là un peuple qui L’honore, et alors Il le transporte parmi les nations.
Juda et Benjamin étaient restés attachés à Jérusalem et au temple. Mais quel est le mal qui s’y est commis ? On le voit d’une manière particulière en Ézéchiel 8. Le peuple avait introduit l’idolâtrie dans le temple même de Dieu, et Dieu doit dire que ce peuple Lui avait tourné le dos pour se tourner vers les idoles.
Et c’est aussi un danger qui peut nous guetter et auquel nous devons être attentifs : laisser s’introduire, tout en ayant à cœur de conserver ce que Dieu nous a donné quant au rassemblement de nous-mêmes, ou laisser nos cœurs se tourner vers des choses qui sont des choses du monde et qui font qu’on tourne le dos à Dieu pour se tourner vers ce que l’on recherche. Et alors les deux tribus de Juda et de Benjamin ont dû être transportées.
Et puis lors du retour, qu’est-ce qui a eu lieu ? Quelle est la première chose que le peuple a faite ? Il a rétabli l’autel sur son emplacement. Et c’est un point qui a aussi son importance morale pour nous. C’est retrouver le service de la louange et de l’adoration selon l’enseignement de la Parole de Dieu, en se réunissant autour du Seigneur seul, sans organisation humaine, en dehors de tout principehumain.
C’est ce que nos frères au 19ème siècle ont saisi et nous ont transmis ; et d’une manière particulière nous avons aussi ces enseignements dans les écrits qu’ils nous ont laissés et qui n’ont de valeur que dans la mesure où ils nous ouvrent et nous font comprendre l’enseignement de la Parole de Dieu. Disons entre parenthèse que, si nous nous engageons à lire ces écrits, c’est parce qu’ils nous aident à entrer dans l’intelligence et la pensée de Dieu.
Première chose donc, retrouver le service de la louange et de l’adoration selon les enseignements de la parole. Et pourquoi cela ? C’est parce que c’est le service le plus élevé pour le croyant. C’est le service qui durera éternellement, et c’est le service auquel nous devons attacher la plus grande importance. Et tous les croyants frères et sœurs en Christ sont appelés à être des adorateurs. Nous ne remplissons peut-être pas tous ce service de la même manière, et ce service peut être accompli de façon élevée dans la mesure où nous nous tenons près du Seigneur et que nos cœurs sont saisis par ce qu’Il est pour nous mais aussi pour le cœur de Dieu. Donc, première chose rétablir l’autel sur son emplacement.
Puis après, ils ont construit la maison, ils ont travaillé à la maison de Dieu. Et on voit combien leurs mains ont été lâches dans ce travail, et il a fallu que Dieu intervienne par les prophètes Aggée et Zacharie pour réchauffer les affections, pour raviver l’énergie de ce peuple. Et c’est aussi un danger qui nous guette, de travailler à nos propres intérêts et non pas de nous consacrer – tout en reconnaissant qu’on doit vivre dans ce monde et y travailler pour nous nourrir – que nos cœurs soient consacrés au service de la maison de Dieu, travailler pour l’édification de cette maison de Dieu.
Et la Parole et les épîtres, nous montrent comment on peut y travailler, nous pensons en particulier à la 1ère et 2ème épîtres aux Corinthiens où il est parlé de ce travail et de cet exercice des différents services qui peuvent être accomplis pour le bien de la maison de Dieu. Et la maison de Dieu, nous savons ce qu’elle est actuellement : l’ensemble de tous les croyants. Cette maison est l’habitation de Dieu par l’Esprit. Donc, 2ème chose, travailler à la maison de Dieu.
Puis il y a eu cette construction de la muraille qui nous parle de séparation. Ce qui est de Dieu ne peut pas se mêler au monde. Cela a aussi été exprimé dans une des prières, que Dieu nous a séparés de ce monde pour nous faire jouir des choses célestes, et c’est ce que nous avons vu dans le livre de Néhémie. Et puis s’il y a la séparation du monde pour le peuple de Dieu, il faut aussi que personnellement aussi nous nous séparions, et c’est ce que nous voyons au début de ce chapitre 9 de Néhémie : « Et la race d’Israël se sépara de tous les fils de l’étranger » (v. 2).
Et c’est dans la mesure où nous nous tenons sur ce terrain de la séparation que nous serons amenés à comprendre l’état spirituel de l’assemblée et à nous en humilier. Et il est beau de voir que ceux qui se sont humiliés dans l’Ancien Testament – et on pense en particulier à Daniel – étaient des croyants qui se séparaient du monde et qui avaient une vie de piété et de fidélité envers Dieu.
C’est dans la mesure où nous nous appliquerons à être fidèles que nous discernerons l’état réel de l’assemblée de Dieu. Et si nous discernons cet état, nous sommes appelés à nous juger nous-mêmes, et nous ne jugeons pas cet état mais nous nous en humilions. C’est ce qu’ont fait ici ces Juifs de retour de la captivité. Ils ont rappelé ce qu’a été l’histoire de leurs pères et ils s’en sont humiliés.
Ils n’ont pas porté des accusations contre les uns ou les autres, ils se sont humiliés eux-mêmes. C’est aussi une chose que nous avons à faire. Nos cœurs le saisiront dans la mesure où nous nous tiendrons près du Seigneur. Nous saisirons le déshonneur qui a été apporté sur le nom du Seigneur par la conduite des croyants au cours des âges ; et nos cœurs en seront humiliés parce que nous reconnaissons là notre tendance naturelle, ce que nous sommes naturellement portés à faire.
Et alors, nous verrons cela vers la fin du chapitre, cela les ramènera à la Parole et à l’obéissance à la Parole de Dieu. Il y aura la question de l’alliance, peut-être, qui nous enseignera aussi à cette défiance de nous-mêmes, à ne pas avoir confiance en nous-mêmes, mais à revenir à la Parole et à crier pour qu’Il nous donne le secours pour saisir ses enseignements, mais aussi y demeurer fidèles. Par nous-mêmes, nous ne pouvons rien faire. Il n’y a aucune force naturelle en nous pour être fidèles.
Penserions faire mieux que nos pères, ce serait un orgueil démesuré, alors que l’histoire de ceux qui nous ont précédés nous amène à nous courber, le front dans la poussière, comprenant : ce que nous sommes capables de faire, en être humiliés et rechercher le secours auprès du Seigneur, la force en Lui.
Et il est beau de voir que la première chose qu’il fait quand il va tracer le chemin du fidèle dans les temps où l’assemblée est devenue la grande maison : « Fortifie-toi dans la grâce qui est dans le christ Jésus » (2 Tim. 2. 1). Notre force ne se trouve que dans la grâce du Seigneur qui vient au devant de nous. Ainsi humiliation et recours à la grâce de Dieu vont ensemble.
On voit d’une façon frappante la façon dont la Parole de Dieu s’adresse à nous à travers ces récits qui ont une portée morale d’une très grande valeur. À partir du verset 22 et jusqu’au verset 24, nous sont rappelées les bénédictions que Dieu accorde à son peuple dans cette période où le peuple se trouvait dans le pays de Canaan. Et il y a une succession de bénédictions qui sont rappelées : « Tu leur donnas… Tu multiplias… Tu abaissas… ».
C’est l’Éternel qui déploie, en grâce et en miséricorde, les bénédictions à l’égard de son peuple. Et puis, dans les versets suivants, il est question de « ils » : « Ils prirent des villes… ils possédèrent… ». Alors, il y a d’un côté la bénédiction de l’Éternel, des bénédictions qui sont déployées avec abondance et de l’autre côté, dans les versets suivants, on a la responsabilité de ceux qui ont reçu ces bénédictions. Et nous voyons que, concernant les bénédictions, il ne manque rien pour les besoins du peuple. Ils ont tout ce qui leur est nécessaire concernant le pays dans lequel ils se trouvent, le royaume, leurs maisons ; les bénédictions concernant leurs fils, et leurs propres maisons.
Et puis au verset 25, ils possédèrent des maisons, ils creusèrent des puits, ils ont eu des vignes, ils ont eu des arbres fruitiers en abondance. Ces bénédictions qui leur sont dispensées par l’Éternel, ils les utilisent d’une manière telle que Dieu peut les bénir et faire fructifier ce qui a été mis entre leurs mains. Si nous nous arrêtions là, nous serions surpris de voir cette relation qu’il y a entre ces bénédictions que Dieu donne et l’utilisation que les fils d’Israël ont pu en faire.
Seulement nous lisons à la fin du verset 24 : « Pour leur faire selon leur bon plaisir ». Et là, nous sommes quelque peu touchés quand nous lisons le comportement de ce peuple parce que, bien évidemment, nous le ramenons à nous-même. Les bénédictions que Dieu nous donne sont des bénédictions spirituelles qui sont pour le bien de nos cœurs et de nos âmes. Nous sommes appelés à en jouir et à vivre d’une manière qui honore Dieu.
Est-ce que c’est pour notre propre plaisir que nous sommes appelés à vivre et être laissés sur la terre ? Ou est-ce que nous sommes appelés à honorer Dieu dans toute notre marche ? Cette expression, « selon leur bon plaisir » nous met à notre place.
Quand le Seigneur est venu sur la terre, à son entrée dans son ministère, après toutes ces années passées à Nazareth dans sa famille, quel est le témoignage que Dieu peut rendre à l’égard de son Fils ? « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17). Quel contraste entre ce qui a caractérisé le Seigneur Jésus sur la terre dans toute sa vie, dans toute sa marche, du commencement à la fin marchant à la gloire de Dieu – et le regard que Dieu a toujours pu poser, avec son plein plaisir, sur son Fils unique et bien-aimé – et nous. Et nous voyons l’égoïsme et l’étroitesse de nos cœurs qui nous poussent à utiliser les bénédictions que Dieu nous donne pour notre propre plaisir.
Et alors, que voyons-nous quand nous lisons ce verset 25 ? « Ils mangèrent et furent rassasiés ». Et là encore c’est bien ce que nous avons dans la multiplication des pains accomplie par le Seigneur Jésus : « et ils furent rassasiés » (Jean 6. 12). Dieu donne toujours avec abondance pour que nos cœurs soient pleinement satisfaits et rassasiés. Mais à la suite il est dit : « ils s’engraissèrent » (voir Deut. 32. 15). Une fois encore, c’est pour leur propre plaisir, c’est pour eux-mêmes qu’ils utilisent les bénédictions. Quel avertissement !
L’expression suivante dit : « Et ils vécurent dans les délices par ta grande bonté » (fin du v. 25). Combien nous recherchons souvent ces délices, préférant éviter les exercices et nous satisfaire d’une vie tranquille où nous avons notre plaisir et où nous oublions les intérêts et la gloire de Dieu.
Le résultat, c’est que nous avons à la fin du verset 26 : « Ils te firent de grands outrages ». Quelle expression terrible ! Outrager Dieu ! C’est ce que, en son temps, Goliath proclamait. Il était venu pour outrager les armées de l’Éternel. Et quand David s’adresse à Goliath, que lui dit-il ? Est-ce qu’il lui dit : Tu as outragé les armées de l’Éternel ? Non, il lui dit : Tu as outragé l’Éternel ! (1 Sam. 17).
Tous les outrages, tous les mépris que nous faisons, s’adressent directement à Dieu. Combien cela est solennel ! Outrager Dieu, c’est mépriser son autorité, c’est ne pas reconnaître ce que Dieu est, ce qui Lui est dû. Et c’est, on pourrait dire, un point essentiel dans toutes nos vies. Le verset 6 place devant nous ce qu’est Dieu, ce Dieu éternel, ce Dieu créateur, ce Dieu puissant, ce Dieu juste.
C’est bien dans la mesure où nous nous attachons à Dieu, où nous avons une relation bénie et étroite avec Dieu, que nous pouvons jouir des bénédictions spirituelles que Dieu veut nous dispenser, et que nous pouvons marcher et vivre, non plus pour notre propre plaisir, mais d’une manière qui honore Dieu. Le point de départ et ce qui doit caractériser toute notre vie, c’est cette relation avec Dieu, une communion étroite, bénie et continuelle avec Dieu.
Et notre privilège et notre bonheur sont de connaître Dieu dans tout ce qu’Il est, dans toute sa grandeur, dans toute sa puissance ; et de Le connaître aujourd’hui comme un bon et tendre Père, et de connaître l’amour qu’il y a dans son cœur. Et c’est dans la mesure où cet amour remplit nos cœurs et que nous avons cette relation avec Dieu que nous pouvons goûter ces bénédictions que Dieu nous donne et les utiliser à sa gloire.
Nous avons prononcé plusieurs fois le mot « humiliation ». Et peut-être que ce mot semble un petit peu difficile à saisir. Et il est très important que l’enfant de Dieu sache ce que cela veut dire. Ici nous voyons l’humiliation produite par la lecture de la Parole de Dieu. Cette lecture de la Parole de Dieu produit l’humiliation chez celui en qui cette Parole pénètre, c’est-à-dire le sentiment de ce que nous sommes devant Dieu, le sentiment de ce que sont nos voies devant Dieu, et nous comprenons bien ce sentiment, nous, les enfants de Dieu.
Dans l’économie du Nouveau Testament, nous avons le Seigneur Jésus qui nous est présenté d’une façon constante. Eh bien, en voyant le Seigneur Jésus, en voyant ce qu’Il réalise, en voyant ce à quoi Il nous appelle, qu’est-ce que nous sommes obligés de constater ? Que nous avons d’énormes progrès à faire. Eh bien, voilà le sentiment d’humiliation qui est produit. Et alors, ce sentiment qui vient par l’Esprit de Dieu, qui découle d’une communion avec le Seigneur, va nous amener à pleurer non pas seulement sur nos propres péchés mais aussi sur les péchés de l’assemblée.
On a parlé de l’état de l’église depuis des siècles, de toutes ses infidélités, et nous allons en souffrir parce que, en communion avec le Seigneur Jésus, nous allons souffrir de ce qui fait souffrir son cœur. L’humiliation, c’est donc, non pas un sentiment produit par le raisonnement humain, mais un sentiment produit par l’action de l’Esprit de Dieu qui nous met dans la lumière de Dieu quant à nous-même et quant à ce qu’il en est de l’assemblée.
Quelques expressions qui nous rappellent que Dieu est un Dieu qui donne : Il a donné des ordonnances droites (v. 13), Il a donné du pain pour leur faim (v. 15), Il leur a donné son bon Esprit (v. 20), Il leur a donné de l’eau pour leur soif (v. 20). C’est un Dieu qui donne. Chers jeunes amis, chers enfants, si on vous demande, si on vous pose cette question : Quelle est la plus grande chose que Dieu nous a donnée ? Vous allez tous répondre sans doute : mais c’est son Fils Lui-même, c’est le Seigneur Jésus.
Alors, Dieu donne. Qu’est-ce qu’on fait ? Il y a ceux qui L’ont reçu, parce que dans l’évangile de Jean au premier chapitre, on ne L’a pas cru, on ne L’a pas reçu. Quand Dieu nous donne, quand Il fait un don, il faut ouvrir son cœur pour recevoir ce don. Dieu donne à ceux qui L’ont reçu, et ensuite Christ habite dans nos cœurs.
C’est la même chose pour la Parole de Dieu. Dieu nous a donné sa Parole. Les Thessaloniciens l’ont reçue comme étant véritablement la Parole de Dieu (voir 1 Thess. 2. 13). On reçoit cette Parole avec reconnaissance. Et ensuite elle habite richement dans nos cœurs. C’est la même chose avec le Saint Esprit. Il y a ce travail que Dieu peut opérer dans nos cœurs. Et ensuite on a lu aussi qu’Il leur a donné des royaumes. C’est Dieu qui nous donne toutes choses (Jac. 1. 16 et 17).
Chers enfants, nous vous demandons instamment d’ouvrir votre cœur à l’amour du Seigneur. Si vous ne l’avez pas fait encore aujourd’hui, laissez le Seigneur Jésus entrer dans votre cœur. Et s’Il habite dans votre cœur, il y en aura des fruits. On connaîtra davantage sa bonté et son amour, et c’est ce qui touche nos cœurs, c’est ce qui nous fait avancer dans le chemin.
Vous savez quand on lit dans le Psaume 136 et qu’on a lu dans notre 1er paragraphe qu’il nous est parlé de la grande bonté de Dieu (Néh. 9. 25), quand ce peuple regardera en arrière et sera de nouveau introduit, qu’est-ce qu’ils vont célébrer ? Dans le Psaume 136, on voit tous les actes que nous trouvons dans ce chapitre 9 de Néhémie : la création. Il est dit au verset 4 : « Celui qui seul fait de grandes merveilles, car sa bonté demeure à toujours : qui a fait les cieux par [son] intelligence, car sa bonté demeure à toujours » (Ps. 136. 4 et 5).
On a rappelé le Dieu Créateur, le Dieu Sauveur. On peut dire qu’Israël regarde en arrière et qu’il voit que toutes les voies de Dieu envers lui n’ont été que bonté. On a lu dans notre paragraphe qu’Il leur a donné les pays de Sihon et de Og (Néh. 9. 22).
« Qui a conduit son peuple par le désert, car sa bonté demeure à toujours ; Qui a frappé de grands rois, car sa bonté demeure à toujours ; Et a tué de puissants rois, car sa bonté demeure à toujours : Sihon, roi des Amoréens, car sa bonté demeure à toujours, Et Og, roi de Basan, car sa bonté demeure à toujours ; Et a donné leur pays en héritage, car sa bonté demeure à toujours » (Ps. 136. 16 à 21). On voit un peu tout le déroulement que nous avons dans ce chapitre 9 de Néhémie, et de quelle manière il y a cette louange dans le cœur de ce peuple pour rappeler les voies de la bonté de Dieu envers lui.
Si nous considérons un peu le chemin, qu’il soit personnel, ou du peuple de Dieu, nos âmes ne sont-elles pas confondues en voyant la bonté de Dieu ? Combien de fois Dieu aurait pu nous mettre de côté, nous rejeter ; mais sa miséricorde, sa bonté, permettent que nous soyons encore quelques-uns là pour que nos cœurs soient sondés.
L’humiliation doit commencer dans notre propre cœur. Ce n’est pas que pour les autres de dire : on voit bien ce qui s’est passé dans ce chapitre. C’est d’abord quelques-uns, et puis après, cet engagement. On aimerait des fois que tout le monde s’humilie, mais le travail doit commencer dans notre propre cœur.
Et qu’est-ce qui fait fondre nos cœurs, qu’est-ce qui humilie le plus nos cœurs ? C’est la grâce de Dieu, la patience de Dieu, sa bonté, c’est tout ce que Dieu fait pour nous. Que le Seigneur veuille toucher nos cœurs dans sa grâce, réveiller nos affections pour Lui. On est dans un pauvre siècle où il y a un flot d’informations, n’est-ce pas ? Et il faut une énergie très particulière pour s’arrêter devant la Parole de Dieu, et pouvoir quelque peu sonder la grâce et l’amour de Dieu d’abord personnellement, mais aussi comme peuple de Dieu, afin que nos cœurs soient touchés.
Que le Seigneur qui va venir puisse encore trouver quelques-uns des siens pour sa gloire, qui soient conscients de cette grâce et de cet amour, qui désirent vivre pour Lui.
Un appel vient d’être adressé, peut-être à un jeune homme ou une jeune fille qui sait, dans le plus profond de son cœur, qu’il n’est pas encore sauvé. Cher ami, l’évangile de la grâce de Dieu est là pour toi. La bonté de notre Dieu sauveur, de ton Dieu sauveur, est là placée devant toi.
Peut-être penses-tu que tu as entendu ces choses depuis des années. Tu n’as pas fait ce pas merveilleux, ce pas décisif de connaître cette bonté du cœur de Dieu qui te veut pour Lui, du Seigneur Jésus. Vois-Le sur la croix pour toi. C’est aujourd’hui le temps du salut, le jour de la grâce. Oh ! Ne tarde pas, viens à Lui ! Tu vois peut-être tant de manquements parmi les croyants ici, là, peut-être dans ta propre famille. Mais sache bien, c’est vers le bon berger que tu as à regarder, Lui ne te décevra jamais.
Un mot peut-être encore à propos de l’humiliation. Un frère disait autrefois : il n’y a rien qui anéantit l’homme que la grâce, la grâce de Dieu. Cette humiliation, on vient de le rappeler, c’est d’abord dans mon cœur qu’elle doit être connue devant Dieu, aux pieds du Seigneur Jésus, en Le contemplant. Les disciples dans la chambre haute, ayant appris de la bouche du Seigneur que l’un des siens allait Le livrer, que disent-ils l’un après l’autre ? « Seigneur, serait-ce moi ? » (Mat. 26. 22 ; Marc 14. 19). Ils avaient la conscience que chacun d’eux pouvait être amené à trahir le Seigneur.
Chers amis, combien il nous faut nous placer dans le secret personnellement devant Dieu. Seigneur, ouvre mes yeux afin que je voie les merveilles qui sont dans ta loi. « Ce que je ne vois pas, montre-le moi » (Job. 34. 32). Le Seigneur va me montrer à la fois ce que je suis et ce qu’Il est Lui.
Il y a aussi la famille des siens, et en tant que parents, grands-parents nous avons beaucoup de choses à apprendre du Seigneur par sa parole, par l’action de l’Esprit. Nous avons à Le laisser agir, veillons-y. C’est si important ! Il y a peut-être bien des choses qui ne sont pas en ordre dans notre famille. Commençons par le dire ensemble, mari et femme, aux pieds du Seigneur Jésus.
Et nous verrons là la bonté de Dieu qui est si grande, si pleine de miséricorde, si pleine de compassion, qui connaît chaque détail de la vie de nos familles, n’est-ce pas, pour amener peut-être un enfant égaré qui n’a pas encore répondu aux appels de la grâce de Dieu ; peut-être un jeune qui est en train de s’en aller ; et puis nous verrons aussi les progrès que le Seigneur donne, quelqu’un qui vient au Seigneur Jésus, quelqu’un qui a saisi que c’est à la table du Seigneur que nous pouvons manifester ce que le Seigneur a demandé. Combien cela est précieux !
Il y a encore l’humiliation dans l’assemblée locale à laquelle nous nous rattachons. Cela est-il sur notre cœur ? Est-ce un exercice que nous pouvons porter au Seigneur, ensemble quand nous sommes assemblés pour la prière ? Quelle chose merveilleuse de voir que, peut-être lorsque nous sommes venus tristes, chargés, le Seigneur est là, le Seigneur répond, et déjà nous éprouvons combien Il est bon et dépasse même ce que nous pouvons demander ou penser.
Et puis, on y a fait allusion tout à l’heure, il y a l’état du témoignage, de la chrétienté. Et cela va nous paraître tellement vaste et lourd que nous le laissons peut-être de côté. Combien nous avons, si on peut dire, à gagner à nous placer devant le Seigneur Jésus, devant Celui qui aime son assemblée, celle pour laquelle Il a donné sa vie.
Combien nous avons besoin de considérer Celui qui a souffert une telle contradiction de la part des pécheurs contre Lui-même. Que nous sachions Le voir dans sa vie parfaite, toute entière de consécration et de dévouement pour son Dieu et Père. Et puis, n’oublions pas de considérer, là-haut, Celui qui prie et intercède pour nous, sans se lasser, à chaque instant.
Chers frères et sœurs, chers amis, le Seigneur prie et intercède pour nous. Il nous porte sur ses épaules et sur son cœur. Il connaît tous nos besoins, Il connaît nos défaillances. Sachons les Lui dire, reconnaître ce que nous avons à reconnaître ; et nous verrons, alors, combien la bonté de notre Dieu sauveur est grande. Nous serons confondus, et qu’est-ce qui sera produit en nous ? L’adoration. On l’a dit : service éternel. Quelque chose qui jaillit d’un cœur qui a saisi qu’il n’est rien mais que Christ est tout pour lui. Que cela remplisse nos pensées et nos cœurs !
1- Tes saints, dans la lutte,
Et de tous côtés
Ici-bas en butte
Aux infirmités,
Sont, dans le ciel même,
Portés sur ton cœur,
Ô notre suprême
Sacrificateur.
2- Plein de sympathies,
De tendres bontés,
Jamais tu n’oublies
Aucun racheté.
C’est toi qui nous aides
Dans chaque combat,
Et pour nous tu plaides,
Divin Avocat !
3- Pour toute souillure
C’est toi qui te ceins,
Et lavant d’eau pure
Les pieds de tes saints,
Tu dis au fidèle :
« Sois l’imitateur
Du parfait Modèle,
Du vrai Serviteur ».
4- Fruits de ta victoire,
Sauvés par la foi,
Quand les tiens en gloire
Seront avec toi,
Au parvis céleste,
Sous l’œil paternel,
Ton amour nous reste :
Service éternel !
Hymnes et Cantiques n°122
On a rappelé que Dieu donne, et donne abondamment. Et quel est le don qu’Il nous a fait ? C’est bien son Fils bien-aimé. Nous venons de chanter : « Sois l’imitateur du parfait Modèle, du vrai Serviteur ». Nous avons lu que le peuple recherchait son bon plaisir, avait recherché ses délices. Le Seigneur, quel plaisir avait-Il devant Lui ? Le plaisir du Père, le plaisir de Celui qui L’aimait, de Celui qu’Il est venu glorifier ici-bas.
« C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (Ps. 40. 9). C’était ses délices d’accomplir la volonté du Père. Et c’est bien à cela que nous avons à regarder : chercher à accomplir ce que le Seigneur veut pour Lui, pour notre Dieu, ses délices aussi. Nous avons dit que nous pouvons bien nous humilier de tout ce que nous sommes. L’humiliation ne se commande pas, elle vient du cœur envers Celui qui nous a aimés jusqu’à donner sa vie.
Il nous est dit que le Seigneur prononça ces mots alors : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir ». Et nous savons qu’il est ajouté : « Et ta loi est au dedans de mes entrailles » (Ps. 40. 9). On a lu, dans ce chapitre 9 de Néhémie, ce que ces Juifs ont fait quant à la loi : ils l’ont jetée derrière leur dos (v. 26).
Chers amis, chère jeunesse, chers enfants, que faisons-nous de l’Écriture ? Est-ce que cette Écriture, cette Parole vivante, a vraiment du prix pour notre cœur ? Comment vais-je le montrer ? En la gardant jalousement. Est-ce qu’elle a cette autorité sur notre conscience ? « Ta loi est au dedans de mes entrailles ». Voici, « je fais toujours ce qui lui est agréable » (Jean 8. 29). « C’est pourquoi, en entrant dans le monde, il dit : « Voici, je viens pour faire ta volonté » (Héb. 10. 5 et 9).
Que dit l’Écriture ? Qu’est-ce que le Seigneur attend de moi ? Quel a été ce prix que Lui-même a estimé concernant ce témoignage des frères d’autrefois dont nous avons parlé, et un jour le Seigneur le révèlera – « Ils reconnaîtront que moi je t’ai aimé » (Apoc. 3. 9). « Tu as gardé ma Parole » (Apoc. 3. 8). Est-ce que je garde aujourd’hui la Parole ? Comment le saurai-je ? En m’y soumettant. Parce qu’elle aura du prix pour mon cœur, elle produira en moi un attachement profond à Christ.
La Parole qui a été chère à Celui qui, seul, peut remplir mon cœur aujourd’hui de cette louange, de cette reconnaissance, de cette adoration, Christ qui est en nous, l’espérance de la gloire (Col. 1. 27) ; ayons nos yeux fixés sur Lui. Regardons à Lui et jamais nous ne serons déçus.
Quant Il va paraître tout à l’heure – peut-être qu’aujourd’hui nous allons partir, nous allons entendre ce cri enfin, cette voix connue – comment vais-je me présenter devant mon Dieu, devant le Seigneur ? Est-ce qu’Il pourra me dire : « Tu as gardé ma Parole » ?
« … Non pas nous plaire à nous-mêmes. Que chacun de nous cherche à plaire à son prochain, en vue du bien, pour l’édification. En effet, le Christ n’a point cherché à plaire à lui-même, mais selon qu’il est écrit : « Les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi ». Car tout ce qui a été écrit auparavant l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance » (Rom. 15. 1 à 4).
Ce passage place devant nous la personne du Seigneur. Dans tout ce qui a été sa vie, Il n’a pas cherché à plaire à Lui-même. Il avait Quelqu’un devant Lui : « Je fais toujours ce qui lui est agréable ». Il place aussi devant nous la Parole de Dieu. Et quel est le rôle de cette Parole de Dieu ? D’abord, nous encourager : « afin que, par la patience et par la consolation des Écritures, nous ayons espérance » en regardant à ce but et à la personne du Seigneur.
« Vous savez de tout votre cœur et de toute votre âme qu’il n’est pas tombé un seul mot de toutes les bonnes paroles que l’Éternel, votre Dieu, a dites à votre sujet : tout vous est arrivé » (Jos. 23. 14). Ici nous avons ce que Dieu a dit quand Il a parlé à Moïse, et maintenant ils sont dans le pays et quelque chose venait de se terminer. Alors, voici : ce que Dieu a dit, Il l’a fait. Il n’y a rien qui soit tombé à terre, et vous le savez au plus profond de votre cœur. Parce qu’Il l’a dit, Il l’a fait.
Ici nous avons tout ce que Dieu a fait et tout ce qu’ils ont possédé. Seulement, pourquoi vivons-nous ? Si nous vivons pour nous-même, nous ramènerons les choses à nous, nos yeux seront fixés sur les bénédictions au lieu d’être fixés sur Celui qui donne. Réalisons ce que nous avons en 1 Corinthiens 4 « Qu’as-tu, que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu ? » (v. 7)
Si nous avons le sentiment que tout nous vient de Lui, ce qui animera nos cœurs, ce sera la reconnaissance, la dépendance de Lui, cherchant à ne pas Lui déplaire. Par contre si nous tournons le regard vers nous-mêmes, nous sommes engraissés, nous faisons de nous-même la référence.
On nous a parlé de la Parole de Dieu. Deux versets : 1 Jean 2. 14 : « Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, et que la Parole de Dieu demeure en vous ». Et un autre verset dans l’évangile de Jean, chapitre 14. 23 : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui ». Versets solennels, n’est-ce pas ? Qu’en faisons-nous ?
Dieu, même dans ses ordonnances, désire que nous lisions sa Parole. Et nous voyons dans le livre de Néhémie que le départ des retrouvailles, le fait déterminant, c’est la lecture de la Parole de Dieu ; que le départ de l’humiliation du chapitre 9, c’est la lecture de la Parole de Dieu.
On voit par cette ordonnance que, si les Juifs lisent la Parole de Dieu en Néhémie 8, c’est aussi tout simplement parce qu’ils obéissent à cette ordonnance. « Et Moïse écrivit cette loi, et la donna aux sacrificateurs, fils de Lévi, qui portaient l’arche de l’alliance de l’Éternel, et à tous les anciens d’Israël. Et Moïse leur commanda, disant : Au bout de sept ans, au temps fixé de l’année de la remise des dettes, à la fête des tabernacles, quand tout Israël viendra pour paraître devant l’Éternel, ton Dieu, au lieu qu’il aura choisi, tu liras cette loi devant tout Israël, à leurs oreilles ; tu réuniras le peuple, hommes et femmes, et enfants, et ton étranger qui sera dans tes portes, afin qu’ils entendent, et afin qu’ils apprennent, et qu’ils craignent l’Éternel, votre Dieu, et qu’ils prennent garde à pratiquer toutes les paroles de cette loi ; et que leurs fils qui n’en auront pas eu connaissance, entendent, et apprennent à craindre l’Éternel, votre Dieu, tous les jours que vous vivrez sur la terre où, en passant le Jourdain, vous [entrez] afin de la posséder » (Deut. 31. 9 à 13).
On voit combien Dieu attache de l’importance à ce que nous lisions la Parole. Le Seigneur connaissait la Parole. Il a répondu à Satan dans le désert simplement avec la Parole de Dieu. C’est important pour nous, pour nos enfants, pour nos familles, de lire la Parole, de la connaître, pour pouvoir répondre aux ruses de Satan qui ne cesse pas de vouloir nous faire déchoir de notre position comme témoins sur la terre.
On vient de souligner l’importance de la lecture de la Parole, 1 Jean 2. 14 : « Jeunes gens…la Parole de Dieu demeure en vous ». Colossiens 3. 16 : « Que la parole du Christ habite en vous richement ». On peut souligner le fait qu’il y a là trois étapes : la lecture, la Parole de Dieu qui habite en nous, la Parole qui demeure. La lecture, c’est la première étape pour prendre connaissance de ce que Dieu nous donne.
Quand Dieu donne quelque chose, il nous convient de le recevoir. Si Dieu nous a donné sa Parole, nous devons en prendre connaissance. C’est la responsabilité de chaque enfant de Dieu de s’enquérir de ce que Dieu nous dit dans sa Parole. Et puis après, la Parole doit habiter en nous richement. Elle habite en nous. C’est une connaissance profonde que nous ne pouvons acquérir qu’en lisant la Parole avec attention et méthode.
Puis il y a encore une autre étape. La Parole demeure. Il me semble que dans ce mot « demeurer » il y a quelque chose de plus qu’« habiter ». Il y a le fait que cette Parole nous imprègne tellement qu’on en voit l’application dans notre vie.
Et alors cela donne la force pour le croyant. Cette Parole demeure en nous. Alors nous pouvons bien encourager chacun. Le premier pas est de reconnaître la nécessité d’un Sauveur, que nous sommes par nature pécheurs et que nous avons besoin de Christ comme Sauveur. Puis, quand on connaît Christ comme son Sauveur, eh bien, sondons les Écritures. Ce sont elles qui nous enseigneront à la fois sur ce que le Seigneur est, et sur ce qu’Il veut pour nous, afin que cette Parole habite en nous richement. Et si nous nous laissons pénétrer par cette Parole, il viendra un moment où nous pourrons acquérir ce niveau de « jeunes gens » parce que la Parole de Christ demeure en nous ; et dans notre vie pratique, nous manifesterons que ce qui nous dirige, ce qui nous conduit, c’est la Parole de Dieu.
Nous trouvons, dans ce verset de Jean 14, une instruction très solennelle pour nous. Il y a deux versets en Jean 14 qui nous parlent de cet amour pour le Seigneur et que celui qui fait, aime le Seigneur. Nous avons d’abord le verset 21 : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime, sera aimé de mon Père ; et moi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui ».
Voilà une conséquence, un résultat lié à celui qui aime, qui garde les commandements, et puis alors le Seigneur se manifestera à lui. C’est aussi un effet très salutaire pour nous dans la lecture de la Parole que nous entrons en communion avec le Seigneur Jésus Lui-même. Il se manifestera à nous, Il se montrera. C’est une promesse. Si tu lis la Parole de Dieu, que tu le fais avec révérence et avec un véritable amour pour le Seigneur, tu auras aussi cette bénédiction que le Seigneur se manifestera à toi.
Et puis vient le verset 23 : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui ». Il est parlé d’abord au verset 21 d’un commandement. Maintenant le Seigneur change le mot et dit : Ma parole. Le commandement nous rappelle d’être obéissant. Le Seigneur nous dit quelque chose, nous l’acceptons, nous sommes obéissants, et le Seigneur donne sa réponse en se manifestant à nous.
Et maintenant, nous aimons le Seigneur, nous cherchons sa communion, nous vivons dans cette communion ; et dans sa communion, Il nous fait comprendre sa pensée, ses sentiments, ce qui Lui plaît, sans nous dire : Fais ceci, fais cela. Mais Il nous le fait comprendre parce que nous sommes près de Lui, parce que nous vivons avec Lui. Alors, c’est sa Parole.
Peut-être un exemple seulement. L’apôtre Jean qui était dans le sein du Seigneur, qui avait son oreille pour ainsi dire sur la poitrine du Seigneur, cette proximité du Seigneur lui faisait comprendre. Et surtout nous pensons à Marie qui était aux pieds du Seigneur, qui goûtait la communion avec le Seigneur, qui n’a pas seulement compris le commandement, mais qui a compris la Parole du Seigneur, la profonde pensée du Seigneur, ce qu’Il aime voir, sans le dire. C’est comme quelqu’un qui connaît [et agit en fonction de cela].
Un exemple. Une fille dans une maison, qui connaît sa maman, qui a entendu quelque chose sans que sa maman ait donné un commandement, et a compris ce qui aurait plu à sa mère, et par amour pour sa mère, tout simplement elle le fait. Pas de commandement, elle a compris que cela plairait à sa mère, elle le fait par amour. Voilà une situation telle que le Seigneur aimerait pour nous : nous avoir auprès de Lui. Et nous serons heureux avec la Parole du Seigneur, et dans sa communion. Et comme conséquence, le Père et le Fils viendront pour faire leur demeure chez nous, dans notre cœur.
1 Samuel 3. 10 : « Samuel dit : Parle, car ton serviteur écoute ». Quelle disposition ! Et comment puis-je écouter ce que Dieu dit ? En lisant sa Parole. Et un peu plus loin, au verset 19, nous lisons : « Samuel grandissait ; et l’Éternel était avec lui, et il ne laissa tomber à terre aucune de ses paroles ». Tout jeune, tout petit, il avait dit : « Parle, car ton serviteur écoute ». Et il grandit, et quel attachement de cet enfant, de ce jeune homme, pour l’Éternel et pour sa Parole ! « Il ne laissa tomber à terre aucune de ses paroles ».
Si nous avons notre cœur attaché au Seigneur, si comme Samuel nous ne laissons « tomber à terre aucune de ses paroles », ce sera pour nous le chemin de la bénédiction. Au verset 26, il est parlé d’une chose d’abord, de cette triste disposition : ils ont jeté la loi derrière leur dos – ce que nous sommes toujours, nous aussi, en danger de faire pratiquement, du moins ce qui nous dérange. Mais c’est le reste aussi : ils « tuèrent tes prophètes ».
Dieu, dans sa bonté, quand la sacrificature et la royauté avaient failli, a envoyé des prophètes. C’est encore une forme remarquable de ses compassions. Et les prophètes sont venus, et ils ont annoncé la venue du Juste, n’est-ce pas, du Seigneur Jésus Lui-même, et nous savons comment, en effet, ils ont souvent été mis à mort. Il faut aussi que nous réalisions bien que le Seigneur, dans sa grâce, aujourd’hui, peut se servir de certains de ses serviteurs pour nous présenter la Parole, toute la Parole, celle qui évidemment réjouit notre cœur et fait notre joie dans le Seigneur, et aussi ce qui est de nature à nous aider à suivre le chemin et faire ce qui plaît au Seigneur.
Demandons-Lui aussi cette grâce de recevoir, comme de la part du Seigneur, ce qui nous est présenté, bien sûr dans la mesure où il est présenté en accord avec la Parole de Dieu. C’est quelque chose de très important. Peut-être que chacun de nous ressent ce danger pour lui-même que nous pouvons écouter la Parole de Dieu, en avoir de la joie un moment, et puis voilà, la vie continue, très agitée présentement nous le savons bien, et nous perdons de vue ce que le Seigneur avait voulu, dans sa grâce, nous rappeler.
Nous trouvons plusieurs fois dans ce chapitre que le peuple était dans l’abondance : « des maisons pleines de tout bien », « des arbres fruitiers en abondance » (v. 25), et au verset 35 aussi : « Et ils ne t’ont pas servi dans leur royaume, et dans l’abondance des biens que tu leur avais donnés ». Il y a quelqu’un qui a dit : « Souviens-toi de moi, quand tu seras dans la prospérité ». Qui a fait cette demande ? C’est Joseph (Gen. 40. 14). Mais c’est le divin Joseph qui nous fait cette demande aujourd’hui.
Cet échanson avait reçu une bonne nouvelle. Nous aussi, nous avons reçu une bonne nouvelle. Et la bonne nouvelle, c’est l’évangile. L’échanson allait être délivré de la mort, et si on ne possède pas le Seigneur, si on n’a pas reçu cette bonne nouvelle, c’est la mort éternelle. C’était une nouvelle extraordinaire qu’il avait reçue. Alors, c’est le Seigneur qui nous fait cette demande si nous avons reçu cette bonne nouvelle : « Souviens-toi de moi, quand tu seras dans la prospérité ».
Peut-être qu’au début, on est plein de bonheur, de reconnaissance, heureusement si on connaît ce temps du premier amour. Souhaitons-le, mais parfois le temps est facile, et on oublie peut-être cette parole du Seigneur qui nous a dit, un jour aussi, qu’Il nous a laissé un souvenir : « Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22. 19 ; 1 Cor. 11. 24 et 25).
Bien sûr, il y a une parole un peu dure en Jérémie 22. 21, où il est dit : « Je t’ai parlé dans le temps de ta prospérité ; [mais] tu as dit : Je n’écouterai point ». C’est un cœur qui est endurci. Il y a toujours un danger dans les temps plus faciles. Donc, que cette parole du divin Joseph soit toujours là pour nous aujourd’hui.
Maintenant, il y a d’autres expressions que nous avons lues. Les prophètes exhortaient le peuple « pour les ramener à toi » (v. 26). Au verset 29, c’est « les ramener à ta loi ». Mais si on lit le premier chapitre, au verset 9 il est dit : « Je les ramènerai au lieu que j’ai choisi ». Ramener à Toi, ramener à la loi – c’est-à-dire à la Parole de Dieu, ramener au lieu que Dieu a choisi. Pourquoi « ramener » ?
Plusieurs psaumes qui sont des prières disent à l’Éternel : « Ramène-nous » (Ps. 60. 2 ; 80. 4, 8 et 20 ; 85. 5). Pourquoi ? Parce qu’on tombe, parce qu’on s’éloigne. Qui est-ce qui peut dire qu’il ne s’est jamais éloigné, qu’il n’est pas tombé ? Et le Seigneur nous tend la main pour nous ramener. Il y a toujours un chemin ouvert, même pour celui qui est allé le plus loin possible. En Jérémie, justement pour ce peuple qui s’était tellement éloigné, il est dit : « Ils m’ont abandonné, moi, la source des eaux vives », mais qu’est-ce qu’Il dit ? « Reviens à moi », « Reviens, Israël l’infidèle, dit l’Éternel ; je ne ferai pas peser sur vous un visage irrité » (Jér. 2. 13 ; 4. 1 ; 3. 12).
Le Seigneur nous tend toujours la main pour nous ramener à Lui. C’est son amour qui touche nos cœurs, et c’est cela aussi qui nous fera comprendre sa grâce merveilleuse. Il ne faut pas souhaiter que nous tombions, que nous nous éloignions ; mais notre nature s’en va toute seule, il n’y a pas besoin de faire d’effort. Et lorsque le Seigneur nous a pris par la main, nous connaissons mieux notre Seigneur Jésus, nous connaissons mieux la grâce du Seigneur qui nous ramène près de son cœur et dans la jouissance de sa Parole.
Et puis, au lieu qu’Il a choisi. Il n’est pas dit : Tu choisiras le lieu. Non. C’est le lieu que l’Éternel a choisi. Alors, c’est peut-être une petite parenthèse, mais gardons-nous de dire : Nous avons la table du Seigneur, parce qu’elle n’est pas à nous. C’est la table du Seigneur. Et rappelons-nous que chaque chrétien a une place à la table du Seigneur. C’est pour cette raison qu’on demande à prendre sa place.
Et on pense que le dimanche matin, chaque chrétien, tout ceux qui sont au Seigneur, ont leur place à la table du Seigneur. C’est dans ce sens qu’on dit qu’on demande à prendre sa place là où le Seigneur réunit quelques-uns des siens. Mais c’est la table du Seigneur, et cette expression sonde aussi nos cœurs.
Versets 23 et 24 : « Et tu multiplias leurs fils comme les étoiles des cieux, et tu les introduisis dans le pays dont tu avais dit à leurs pères, qu’ils y entreraient pour le posséder. Et leurs fils entrèrent et possédèrent le pays ». Bien sûr pour le peuple d’Israël, c’était des promesses que le Seigneur avait données. Dieu leur avait promis un pays ruisselant de lait et de miel (Ex. 3. 8, etc.), oui, un pays de bénédictions. Ils ont trouvé ce pays. Le Seigneur Dieu les y a conduits, et ils devaient posséder le pays. Ils étaient heureux dans ce pays.
Et ils ont vu aussi que le Seigneur Dieu avait aussi opéré quelque chose : il y avait des fils qui étaient là. Il y avait donc de la prospérité dont nous avons entendu parler tout à l’heure, la prospérité dans le pays. Tout cela, bien sûr, nous parle aussi à nous. N’est-ce pas, nous connaissons bien le pays. Nous savons que c’est un pays dans un sens spirituel. Nous avons aussi un pays dans lequel nous pouvons vivre. C’est le pays où il y a les bénédictions célestes, toutes les bénédictions qui ne sont pas les mêmes que celles du peuple d’Israël, mais elles sont de toute importance, spirituelles.
Sommes-nous dans le pays ? Aimons-nous le pays ? Avons-nous des fils qui aiment le pays et qui y vivent ? Y vivent-ils avec plaisir ? « Tu multiplias leurs fils ». Chers amis, nous sommes reconnaissants, nous qui ne sommes plus des « tout jeunes », n’est-ce pas, de ce qu’il y a des fils, de ce qu’il y a une génération qui vit aussi dans le pays et qui y trouve son plaisir, sa joie. Aimez le pays, le pays où il y a les bénédictions spirituelles dans le Christ Jésus, liés à Lui, à cette Personne. Vivons dans ce pays, et comme il est dit ici : « Et leurs fils entrèrent et possédèrent le pays ».
Nous avons dans ce petit paragraphe, avant cette confession qui vient après, les opérations de la grâce de Dieu. Nous le savons, c’est la grâce de Dieu qui les a conduits là. Pour nous, pareillement, c’est la grâce de Dieu qui nous a conduits là où nous sommes, qui fait que nous connaissons quelques vérités de la Parole.
Soyons reconnaissants parce que c’est une grâce qui nous est donnée. Il y a tant de chrétiens qui ne sont pas conscients de cette grâce. Mais aimons aussi le pays, aimons vivre là où il y a cette place, ce lieu où Dieu veut être adoré, où il y aura un culte qui Lui plaît, et où nous pouvons ouvrir notre cœur dans la reconnaissance envers Dieu. Qu’est-ce que « le pays » pour le croyant de l’économie de la grâce ? C’est le ciel, là où se trouve le Seigneur. Nous y entrons par la foi et où nous sommes « bénis de toute bénédiction spirituelle » en Christ. Voir Genèse 13. 14 et 15 ; Deutéronome 26. 1 ; Éphésiens 1. 3 ; Philippiens 3. 20…
Voilà, les fils y entrèrent et possédèrent – c’est-à-dire ils possédaient quelque chose. Ils avaient donc reçu quelque chose et ils l’avaient pris pour eux. La même chose est nécessaire pour chacun de nous. Que le Seigneur donne la grâce pour que vous possédiez aussi ce qu’Il nous donne dans son amour, dans sa grâce ; et pour que vous possédiez aussi cette connaissance des vérités spirituelles que le Seigneur nous donne dans sa Parole.
Dans l’épître aux Éphésiens – ce n’est pas cela ici bien sûr, nous le comprenons. Mais spirituellement, c’est quand même cela. Est-ce que vous vous êtes occupés de connaître la vérité de l’assemblée ? Est-ce que vous possédez, est-ce que vous êtes entrés et est-ce que vous possédez vraiment cette vérité et est-ce qu’elle habite aussi dans votre cœur ?
Pourquoi est-ce important ? Parce que c’est l’objet du cœur du Seigneur. Il aime son assemblée, Aimons-la aussi, et soyons très reconnaissants de ce que nous faisons partie de ce corps de Christ, de ce que nous sommes des membres du corps de Christ. Voilà des vérités que nous devrions connaître et qui doivent nous intéresser de tout notre cœur. Prenons le temps de nous pencher sur ces vérités pour les posséder.
Avant que les Israélites aient pu découvrir les bénédictions que Dieu avait préparées dans le pays, ils eurent deux guerres, et cela nous est dit au verset 22 : ils eurent à lutter contre Sihon et contre Og. Et je crois que, quand nous sommes intéressés à découvrir les bénédictions spirituelles dans les lieux célestes que le Seigneur nous a données, il faut que nous soyons victorieux contre ces deux rois aussi.
Sihon était un roi qui pensait être autonome, pour ainsi dire. Tout ce qu’il avait c’était parce qu’il était si intelligent, qu’il était si fort, et il n’avait rien à faire avec le Dieu d’Israël. Quand nos choses terrestres ne sont pas liées au Seigneur, c’est un danger parce que toutes les choses que nous avons aussi sur la terre sont des bénédictions de Dieu, les choses terrestres aussi. Alors il faut que ce roi qui dit que ce sont des choses avec lesquelles le Seigneur n’a rien à faire, il faut qu’il soit vaincu.
Du deuxième roi, Og, nous ne lisons qu’une chose : il avait un lit très, très grand, Deutéronome 3. 11 : de 4m50 par 2m. Donc il aimait le confort, la tranquillité. Il ne voulait pas faire n’importe quoi, il voulait être tranquille. Mais, non pas seulement pour découvrir mais aussi pour recevoir ou avoir ces bénédictions spirituelles que nous trouvons dans le Nouveau Testament, il faut aussi travailler pour cela. Si nous aimons le confort, nous n’arriverons peut-être pas à découvrir ou à saisir ce que le Seigneur a préparé pour nous dans notre pays – qui est un pays spirituel, nous le savons.
Mais toutes les bénédictions spirituelles, le Seigneur les a préparées pour nous et l’épître aux Éphésiens dit que nous sommes bénis. C’est un cadeau, un cadeau emballé si on peut dire. Il faut donc déballer, ouvrir ce cadeau pour voir ce que le Seigneur a préparé pour nous. Ce sont des bénédictions qui nous donnent de la joie en Lui, de la joie dans les choses qui Le concernent Lui. Ce sont des choses qui sont nécessaires.
Mais Sihon et Og sont deux rois contre lesquels il faut lutter avant. Et après le verset 22, la vie dans le pays commence. La Parole de Dieu nous montre les bénédictions que les Israélites ont découvertes dans le pays. Et après le verset 22, spirituellement pour nous, le Seigneur nous montrera aussi les bénédictions spirituelles qu’Il a préparées pour chacun de nous.
Si nous continuons ce que nos frères nous ont présenté, nous lisons à la suite, au verset 24 : « Et tu abaissas devant eux les habitants du pays, les Cananéens, et tu les livras en leur main ». Il y a donc ces ennemis qui étaient de l’autre côté du Jourdain, Sihon roi de Hesbon et Og roi de Basan, et nous avons vu ce qui pouvait nous entraver pour nous engager à occuper le pays, à être occupés des bénédictions spirituelles que nous avons.
Et puis il y avait aussi des ennemis de l’autre côté du Jourdain contre lesquels il fallait lutter, et il y ceux contre lesquels il nous faut lutter pour nous approprier les bénédictions spirituelles. Il y a un engagement à avoir et des ennemis contre lesquels il faut lutter.
« Tu abaissas devant eux » (v. 24). Nous ne pouvons pas lutter par nos propres forces, et nous savons comment c’est Dieu Lui-même qui a détruit les habitants du pays devant le peuple d’Israël quand ils y sont entrés. Il a suffi de faire le tour de Jéricho pendant sept jours pour que les murailles tombent sur elles-mêmes. Ce n’était pas de l’inaction, mais ce n’était pas leur propre force qui leur a donné de posséder le pays.
Et de la même manière, pour nous, nous n’avons pas à être inactifs. Il y a ce que le Seigneur nous appelle à faire. Mais ne nous faisons pas d’illusions, ce n’est pas par nos propres forces que nous pourrons entrer dans les bénédictions spirituelles que le Seigneur veut nous donner. Il y a ces deux côtés, d’une part l’énergie à déployer et d’autre part aussi le sentiment que c’est le Seigneur seul qui peut nous faire entrer dans les bénédictions qu’Il veut nous donner.
Éphésiens 6. 10 et 11 : « Au reste, mes frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force ; revêtez-vous de l’armure complète de Dieu, afin que vous puissiez tenir ferme contre les ruses du diable ». Et les principautés et les autorités qui sont mentionnées ici, qui sont dans les lieux célestes, ce sont ces ennemis dont notre frère vient de parler, que nous trouvons et que Dieu a subjugués. C’est sa force qui l’a fait.
Au début du verset 24, il est dit : « Et leurs fils entrèrent ». On peut se poser la question : Et où sont les pères ? « Quels sont donc ceux qui, après l’avoir entendu, l’irritèrent ? Mais n’est-ce pas tous ceux qui sont sortis d’Égypte sous la conduite de Moïse ? Et contre qui fut-il indigné durant quarante ans ? N’est-ce pas contre ceux qui ont péché et dont les corps sont tombés dans le désert ? A qui jura-t-il qu’ils n’entreraient pas dans son repos, sinon à ceux qui ont désobéi ? Et nous voyons qu’ils n’y purent entrer à cause de [l’] incrédulité. Craignons donc,alors qu’il reste une promesse d’entrer dans son repos, que l’un de vous paraisse ne pas l’atteindre ; car nous aussi, comme eux,nous avons entendu la bonne nouvelle ; mais la parole entendue ne leur servit de rien, n’étant pas mêlée avec de la foi chez ceux qui l’entendirent » (Héb. 3. 16 à 19 ; 4. 1 et 2).
On voit que pour s’accaparer les promesses, il faut de la foi, de la confiance en Dieu, et Dieu fera le reste. Les murailles de Jéricho sont tombées parce qu’ils ont eu simplement foi dans le commandement de Dieu.
On est quelque fois arrêté, surpris, d’entendre parfois cette question : Comment se fait-il que Dieu frappe ainsi, et détruise les ennemis, ce Dieu dont nous aimons à considérer toute la bonté et tout l’amour ? Et nous avons lu aussi dans ce chapitre, et c’est mentionné au moins à deux reprises, que Dieu est un Dieu juste ; et ce que Dieu fait, Il le fait toujours en perfection et parce qu’Il est un Dieu juste.
Et nous ne devons pas oublier que dans les caractères de Dieu, il y a un caractère de justice. Et si Dieu doit frapper les ennemis, Il manifeste et montre qu’Il doit exercer son jugement envers tous ceux qui sont opposés, et qui suivent des faux dieux, et qui manifestent de l’idolâtrie. Nous avons là un enseignement extrêmement sérieux.
Si, d’un côté, il y a la grâce de Dieu – et nous sommes aujourd’hui encore dans le temps de la grâce de Dieu qui se présente comme un Dieu sauveur – il y a aussi un moment où Dieu se présentera comme un Dieu de jugement. Ce sont deux caractères différents de Dieu, aussi importants l’un que l’autre. Et si Dieu doit se manifester comme un Dieu de jugement, c’est non seulement parce que Dieu a horreur du mal, du péché, mais que la question du péché doit être réglée.
Non seulement la question de nos péchés, mais aussi la question du péché, ont été réglées à l’heure de la croix par le sang versé par le Seigneur Jésus qui a laissé sa vie. Mais n’oublions pas que, si le péché est quelque chose d’horrible aux yeux de Dieu, il y a, pourrait-on dire, un autre aspect qui est celui de la sainteté de Dieu. Ce caractère de Dieu saint est un caractère qui précède l’horreur du péché. Le péché est entré dans le monde par la désobéissance de l’homme. La sainteté de Dieu est un caractère de Dieu qui demeure toujours.
Ésaïe 6. 1 à 3 : « L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône haut et élevé. Les pans de son vêtement remplissaient le temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui… L’un criait à l’autre : Saint, saint, saint, est l’Éternel des armées ! » (És. 6. 1 à 3). Cela nous montre bien qu’éternellement la sainteté caractérise Dieu. Et quand le Seigneur est entré dans ce monde, dans l’évangile de Luc comment est-Il annoncé ? « Celui qui naîtra, saint, sera appelé Fils de Dieu » (Luc 1. 35).
Et dès le début du ministère du Seigneur, le Saint Esprit descend sur Lui. La sainteté est étroitement liée à la personne du Fils de Dieu, au Seigneur Jésus Lui-même. Ce caractère de sainteté amène Dieu à manifester, à exercer sa justice au temps convenable.
S’il y a le côté de la sainteté de Dieu, qui L’amène à exercer sa justice au temps convenable, il y a aussi sa patience, à l’égard de ce monde, que nous trouvons dans ces récits. Abraham était dans le pays. Pourquoi ne l’a-t-il pas possédé dès qu’il y est entré ?
Nous trouvons la réponse en Genèse 15. 16 : « L’iniquité des Amoréens n’est pas encore venue à son comble ». Dieu n’a pas jugé, par le moyen des fils d’Israël, les Cananéens, avant qu’il ne soit manifesté qu’ils étaient des pécheurs plongés dans une iniquité telle que Dieu ne pouvait plus la supporter. Il fallait qu’Il la juge.
Il en est de même pour nous dans les jours que nous vivons. Le monde est dans un mal très profond, nous voyons le mal grandir dans ce monde. Et Dieu use de patience, Il ne veut pas qu’aucun périsse, Il avertit encore. Et nous voyons aussi cette patience de Dieu s’exercer aussi envers le peuple d’Égypte avant que le peuple d’Israël en sorte ; et il est mentionné que les fils d’Israël ont souffert en Égypte. Verset 10 : « Et tu opéras des signes et des prodiges sur le Pharaon, et sur tous ses serviteurs, et sur tout le peuple de son pays, car tu savais qu’ils avaient agi avec fierté contre eux, et tu t’acquis un nom comme [il paraît] aujourd’hui ».
Dieu a demandé au Pharaon qu’il laisse sortir son peuple hors d’Égypte, et le Pharaon s’y est opposé. Mais Dieu n’a pas jugé le Pharaon et l’Égypte dès la première opposition : il y a eu dix plaies – et dix dans la Parole nous parle souvent de la responsabilité de l’homme. Et c’est quand le Pharaon s’est vraiment obstiné en présence des avertissements répétés de Dieu, que Dieu a jugé le Pharaon et l’Égypte dans leurs premiers-nés qui sont morts, et aussi dans son armée qui a été engloutie dans la mer Rouge.
Alors, si d’un côté nous avons souligné avec raison la justice de Dieu, d’un autre côté nous soulignons la patience de Dieu qui rend les hommes d’autant plus responsables. S’il y a quelqu’un ici qui n’a pas encore donné son cœur au Seigneur, Dieu est patient envers lui, mais cette patience le rend, vous rend, d’autant plus responsable.
Il viendra un jour où Dieu jugera. Et qu’est-ce qui amènera le jugement sur le monde d’aujourd’hui ? C’est le fait que le monde n’a pas voulu de Christ, et les incrédules seront jugés, non pas seulement à cause de leurs actes, mais parce qu’ils n’ont pas voulu recevoir l’évangile du salut.
Ne peut-on pas dire que cette patience de Dieu s’exerce aujourd’hui à notre égard ? (2 Pier. 3. 9) Dans ces versets, il s’agit bien du peuple de Dieu. Nous savons qu’il est écrit que le jugement de Dieu – c’est solennel – commence par sa propre maison. On voit tout ce que Dieu avait donné à ces Juifs, tous ces termes qui ont été soulignés, cette abondance de biens. Et qu’en est-il de nous, chers amis, nous qui avons dans le cœur le Christ Jésus, notre Sauveur, que nous avons saisi par la grâce et par la foi, parce que l’importance de la foi a été soulignée.
Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu. La foi, c’est la main qui se tend et qui saisit ce que Dieu donne. « La foi au Fils de Dieu », dira le cher apôtre Paul. « Ce que je vis maintenant dans [la] chair, je le vis dans [la] foi, la [foi] au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2. 20).
En face de tout ce que Dieu a donné, tout ce que Dieu avait fait, qu’est-ce que le peuple a montré, qu’est-ce que nous avons montré, qu’est-ce que je montre en retour ? Et comment Dieu agit-Il, comment Dieu réagit-Il ? Quelquefois, quand nous regardons un peu dans le passé pour que nous nous jugions nous-mêmes devant Lui, ne devons-nous pas reconnaître que parfois le Seigneur a dû nous jeter par terre et nous avons été dans une grande détresse ?
Et que faisons-nous quand nous sommes dans la détresse ? Nous ne savons plus vers qui nous tourner, nous levons les yeux et nous crions vers Dieu, et nous nous souvenons qu’Il mènera tout à bonne fin pour nous. La réponse est là : « Crie vers moi » (Jér. 33. 3). Il s’agit de crier. « Ils crièrent à toi… et selon tes grandes compassions, tu leur accordas ». Combien de fois, nous l’avons lu. Après ces grands outrages, il y a ses grandes compassions. Il répond toujours et « Il y a pardon auprès de toi », dit l’Écriture, « afin que tu sois craint » (Ps. 130. 4).
Ah, chers amis, la détresse, Dieu la permet, Il nous jette par terre. Il veut nous bénir mais Il ne pourra jamais le faire tant que nous marcherons dans un chemin qui ne correspond pas à sa pensée. Il y va de sa gloire car Il est un Dieu juste et saint, un Dieu de miséricorde, un Dieu de bonté – à bénir, Il se complait. À nous de saisir par la grâce et par la foi tout ce qu’Il met à notre portée.
Deux versets à propos de la patience de Dieu, en Apocalypse 2. Pour ce qui concerne l’assemblée qui est à Thyatire, nous pouvons lire ce qui est dit au v. 21 : « Et je lui ai donné du temps pour se repentir ; mais elle ne veut pas se repentir ». La patience de Dieu est là, et quand arrive-t-elle à son terme ? Quand nous manifestons que nous ne voulons pas ainsi, il n’y a pas d’excuse. La manifestation du cœur est là, que nous ne voulons pas. Lui veut, mais nous, nous ne voulons pas. Mais même s’il est laissé plus de temps, cela ne sert à rien.
Ecclésiaste 8. 11 et 12 : « Parce que la sentence contre les mauvaises œuvres ne s’exécute pas immédiatement, à cause de cela le cœur des fils des hommes est au dedans d’eux plein [d’envie] de faire le mal. Bien que le pécheur fasse le mal cent fois et prolonge [ses jours], je sais cependant que [tout] ira bien pour ceux qui craignent Dieu, parce qu’ils craignent sa face ».
Le monde suit son chemin, et, plusieurs fois dans la Parole, c’est comme si Dieu se taisait. Cela ne veut pas dire qu’Il ne voit pas, qu’Il n’apprécie pas. Mais celui qui craint Dieu ne suit pas ce chemin, parce que tôt ou tard le jugement tombera. Dieu est un Dieu juste. Le jugement tombera.
Il y a deux parties ici, ce qui concerne les hommes de ce monde : « Le cœur des fils des hommes est au dedans d’eux plein [d’envie] de faire le mal ». Mais quelle est la part du croyant ? « Je sais cependant que [tout] ira bien ». Notre part n’est pas de considérer comment le monde marche. Asaph l’a fait, son cœur était plein de tourment. Mais « je sais cependant que [tout] ira bien pour ceux qui craignent Dieu ».
Psaume 50. 16 à 23 : « Mais Dieu dit au méchant : Qu’as-tu à faire de redire mes statuts », on voit la dissimulation, n’est-ce pas, « et d’avoir mon alliance dans ta bouche ? Toi qui déteste l’instruction, et qui as jeté mes paroles derrière toi. Quand tu vois un voleur, tu te plais avec lui, et ta portion est avec les adultères ; Tu livres ta bouche au mal, et ta langue trame la tromperie ; Tu t’assieds, tu parles contre ton frère, tu diffames le fils de ta mère : Tu as fait ces choses-là, et j’ai gardé le silence ». C’est ce que nous pourrions quelquefois penser, n’est-ce pas ? mais voilà ce que Dieu dit : « tu as estimé que j’étais véritablement comme toi ; [mais] je te les reprocherai, et je te les mettrai devant les yeux. Considérez donc cela, vous qui oubliez Dieu, de peur que je ne déchire, et qu’il n’y ait personne qui délivre. Celui qui sacrifie la louange me glorifie ; et à celui qui met en ordre sa conduite je ferai voir le salut de Dieu ». Ce sont des versets très solennels.
Verset 27, Dieu – dans son amour extraordinaire, n’est-ce pas, dans ses grandes compassions -, leur envoya des sauveurs qui les sauvèrent de la main de leurs oppresseurs. Évidemment ces sauveurs sont ceux que nous trouvons dans le livre des Juges. Juges 10. 6, et c’est un véritable refrain douloureux dans ce livre des Juges : « Et les fils d’Israël firent de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, et ils servirent les Baals, et les Ashtoreths, et les dieux de Syrie, et les dieux de Sidon, et les dieux de Moab, et les dieux des fils d’Ammon, et les dieux des Philistins ; et ils abandonnèrent l’Éternel et ne le servirent pas ».
Il n’y a plus de limite à leur acharnement à se corrompre, eux qui connaissaient quand même la pensée de Dieu. « La colère de l’Éternel s’embrasa contre Israël, et il les vendit en la main des Philistins et en la main des fils d’Ammon, qui opprimèrent et écrasèrent les fils d’Israël cette année-là » (v. 7). Et cela a duré dix-huit ans et il leur fallu tout ce temps pour que leur conscience soit reprise, et alors au verset 10, il est dit : « Les fils d’Israël crièrent à l’Éternel, disant : Nous avons péché contre toi ; car nous avons abandonné notre Dieu, et nous avons servi les Baals ».
Et remarquons bien ce que Dieu quand même va répondre : « L’Éternel dit aux fils d’Israël : [Ne vous ai-je] pas [délivrés] des Égyptiens, et des Amoréens, des fils d’Ammon, et des Philistins ? Quand les Sidoniens, Amalek et Maon, vous ont opprimés, vous avez crié vers moi, et je vous ai sauvés de leur main » (v. 10 à 12).
Dieu rappelle justement ses grandes compassions dont Il a usé envers eux. Mais voyez ce qu’Il leur dit au verset 13 et 14 : « Mais vous, vous m’avez abandonné, et vous avez servi d’autres dieux ; c’est pourquoi je ne vous sauverai plus. Allez, et criez aux dieux que vous avez choisis ; eux vous sauveront au temps de votre détresse ! » Alors on voit un travail de conscience profond, et c’est ce que le Seigneur désire produire en nous dans un état de culpabilité de ce genre.
Ici ils dirent à l’Éternel : « Nous avons péché ; fais-nous selon tout ce qui sera bon à tes yeux ; seulement, nous te prions, délivre-nous aujourd’hui » (v. 15). Et ce qui est très important pour nous, c’est ce verset 16 : « Et ils ôtèrent du milieu d’eux les dieux étrangers, et servirent l’Éternel », il y eut vraiment un retour de tout leur cœur vers l’Éternel, et c’est une chose à laquelle nous devons être rendus attentifs.
Il ne suffit pas de dire : « Nous avons péché », mais il faut abandonner ce qui ne peut pas être toléré devant le Seigneur. Et ce que je tenais à laisser sur nos cœurs, c’est ce beau verset. Il est dit de notre Dieu : « et son âme fut en peine de la misère d’Israël » (v. 16). Quelle merveille que cet amour de Dieu, sa grâce. Cela semblait irrémédiable, et encore Dieu trouve des motifs dans son cœur pour être en peine de la misère d’Israël. Alors que nous L’avons déshonoré de tant de manières, il y a encore dans son cœur de l’amour en réserve, si seulement nous voulons nous tourner de tout notre cœur vers Lui, et ôter ce qui ne va pas.
C’est important pour nous aussi parce que nous parlons souvent des idoles, mais nous savons qu’il y a des idoles modernes et qu’il y a aussi bien des choses qui peuvent être dans nos cœurs et qui sont incompatibles avec la présence du Seigneur.
Dans l’Ancien Testament, nous avons des images qui nous parlent des réalités spirituelles. « Ces choses arrivèrent comme types de ce qui nous concerne » (1 Cor. 10. 6). Et nous avons rappelé que ce pays, pour le chrétien, est un pays spirituel. J’aimerais que nous nous interrogions sur l’origine de ce pays pour Israël, le pays que Dieu avait donné à Israël, et l’origine du pays que nous, nous avons.
Pour Israël, Dieu avait fait cette promesse à Abraham : « Je te le donnerai » (voir par exemple Gen. 13. 17). Nous connaissons bien ces passages qui sont répétés plus d’une fois dans l’Écriture. C’est la grâce de Dieu qui donnait ce pays à Abraham, qui n’en a pas joui sur le moment, et à ses descendants pour qu’ils en jouissent. Et pour nous, le pays que nous avons, d’où vient-il ? Jean 10. 10 : « Moi, je suis venu afin qu’elles – c’est-à-dire les brebis – qu’elles aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance ». Et le Seigneur Jésus continue un peu plus loin, à la fin du verset 15 : « Je laisse ma vie pour les brebis ». Il y a quelque chose de sérieux en cela. Le pays que nous avons, c’est un héritage acheté par le sang de Christ. Que le Seigneur fasse que nous en voyions la solennité.
Nous avons vu dans le livre des Juges, ce qui malheureusement nous arrive bien souvent. Nous avons des bénédictions spirituelles, puis quelquefois nous nous arrêtons rapidement. Ensuite notre confiance s’appuie sur les choses que nous présentent les idoles, alors notre confiance est en autre chose que Christ. Cela peut être nous-même, cela peut être les circonstances, les choses de la terre, ce qui nous entoure, que sais-je ! Et alors au lieu de nous appuyer sur Celui sur lequel nous devrions toujours nous appuyer, Celui qui en a le droit parce qu’Il nous a acquis si chèrement à la croix, nous nous appuyons sur toutes sortes de choses. Le prophète pouvait reprocher à Israël de s’appuyer sur un roseau qui lui perçait la main (És. 36. 6).
Maintenant, il y a le côté positif. Nous avons lu en Jean 10 : « Afin qu’elles aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance ». Ce pays n’est pas un pays où les choses sont chichement distribuées. Bien au contraire. C’est un pays où les choses sont données largement. Seulement voilà. Ce qui est donné, il faut le saisir et le saisir par la foi, et si on le saisit, quelque chose se produit. Et je pensais à l’exemple de l’apôtre Paul.
En Actes 16, voilà un serviteur qui est dans le chemin du maître, un serviteur qui est fidèle, qui délivre fidèlement le message de Dieu, qui est dans une remarquable dépendance. Voilà que la persécution s’abat contre lui. Il est battu avec son compagnon, et puis il est mis en prison et ses pieds sont mis dans les ceps, ou le bois. Certainement, il sentait les douleurs, mais il y avait quelque chose de plus : son cœur était dans le pays, il goûtait Celui qui remplit le pays, le Seigneur Jésus.
Je repense à quelques versets dans l’épître aux Philippiens où justement nous voyons ce même serviteur en prison. Nous le voyons parler aux croyants de Philippes pour les encourager, pour leur parler de posséder le pays que Christ leur avait acquis. Et que dit-il au chapitre 3 ? Au premier verset : « Au reste, mes frères, réjouissez-vous dans le Seigneur ». Voilà l’état normal du chrétien : se réjouir dans le Seigneur.
Il faut beaucoup de soins du Seigneur pour nous amener à cela mais ces soins mêmes devraient nous faire grandir dans la connaissance du Seigneur Jésus et nous réjouir de plus en plus en Lui. Nous voyons, un petit peu plus loin, au milieu du v. 8 de Philippiens 3, qu’il dit : « L’excellence de la connaissance du christ Jésus, mon Seigneur ». Frères et sœurs, voilà quelque chose du pays, quelque chose d’abondant : connaître quelque chose du Seigneur Jésus, le goûter, en avoir les encouragements.
Paul est en prison, et la prison romaine n’était pas quelque chose de grand luxe ; mais il se réjouit, et puis il parle de quelque chose qui remplit son cœur : « L’excellence de la connaissance du christ Jésus, mon Seigneur ». Et puis, en lisant la suite nous voyons un homme qui cherche à gagner Christ, qui cherche à être trouvé en Lui, qui poursuit ; parce que ce qu’il a trouvé en Christ est si riche que Paul désire en goûter plus, parce que c’est la vie éternelle, parce que c’est connaître le Seigneur Jésus, connaître le Père.
Philippiens 4. 18 : « Or j’ai amplement de tout, et je suis dans l’abondance ». L’apôtre Paul était dans une prison. « J’ai amplement de tout, et je suis dans l’abondance » : voilà ce que c’est qu’un homme qui jouissait du pays, de ses bénédictions en Christ.
2 Corinthiens 12. 2 : « Je connais un homme en Christ ». C’est cela jouir du pays. Peut-être nos jeunes amis ont du mal à comprendre ce que c’est que ces bénédictions spirituelles que nous avons en Christ, mais les voilà : Je connais un homme en Christ.
Dans un sens, Paul était absorbé par cette personne adorable. Le connaître Lui, nous l’avons entendu ; Le poursuivre, saisir le Christ. L’apôtre Paul ne pensait plus à lui. « J’ai amplement de tout, je suis dans l’abondance ». « Pour moi, vivre c’est Christ ». Voilà ce que c’est pratiquement que jouir du pays, jouir de ces bénédictions spirituelles en Christ, en avoir fini avec soi, ne voir que Christ. « J’ai amplement de tout, et je suis dans l’abondance ». « Je connais un homme en Christ ». Quel modèle ! L’apôtre Paul suivait, de bien près, le Seigneur Jésus, et il nous entraîne à sa suite.
J’aimerais souligner une expression en rapport avec cette connaissance et cette jouissance de nos bénédictions spirituelles, que nous trouvons un petit peu plus loin dans notre lecture, au verset 35 : « Et ils ne t’ont pas servi dans leur royaume, et dans l’abondance des biens que tu leur avais donnés, et dans le pays spacieux et fertile que tu avais mis devant eux, et ils ne sont pas revenus de leurs mauvaises actions ». Cette expression, c’est : « Ils ne t’ont pas servi dans leur royaume ». Les fils d’Israël étaient entrés dans le pays, et ils en ont possédé l’abondance comme cela nous a déjà été souligné.
Mais s’ils en ont possédé l’abondance, ils n’ont pas servi Dieu dans le royaume et dans l’abondance des biens qu’Il leur avait donnés. Si nous sommes invités à posséder le pays, à posséder ces bénédictions spirituelles qui nous sont données par grâce, c’est pour que nous servions Dieu avec cela, c’est-à-dire, pour que cela nous conduise à la louange et à l’adoration. Le peuple devait amener, on en a parlé, la gerbe des prémices, la gerbe des premiers fruits, avant de se nourrir lui-même. Eh bien, nous avons, nous aussi, à apporter devant Dieu, à faire tournoyer devant Lui, la gerbe des prémices.
Une gerbe, c’est un gros bouquet d’épis, et c’était la gerbe des prémices parce que c’était les premiers fruits qu’on ramassait ; et c’est un type du Seigneur Jésus ressuscité, parce qu’Il est le premier à sortir vainqueur de la mort, et qu’Il ne retournera jamais à la mort. Et les prémices, le premier, pourquoi ? Parce que nous, nous suivrons, par la grâce de Dieu. Nous avons maintenant à apporter devant Dieu, en jouissant des bénédictions que Dieu nous a données, Celui dont le nom est un parfum répandu, dont toute la personne est désirable, Celui en qui Dieu a trouvé et trouve son plaisir, Celui qui – lorsqu’Il a été offert à la croix – a été cette odeur agréable, cette odeur de repos pour Dieu.
Alors, jouissons des bénédictions spirituelles que Dieu nous a données, mais servons Dieu avec cela et réalisons que cela doit nous conduire à la louange et à l’adoration. Le peuple devait amener ces fruits du pays dans le lieu où Dieu avait choisi de faire habiter son nom, pour attester, rendre témoignage que Dieu les avait véritablement amenés dans un bon pays.
Deutéronome 28. 47. C’était un reproche de l’Éternel, mais pour nous cela doit être une exhortation. Il est dit : « Tu n’as pas servi l’Éternel, ton Dieu, avec joie et de bon cœur ». Que le Seigneur nous accorde de Le servir avec joie et de bon cœur. C’est une grâce de pouvoir servir le Seigneur.
Aimer, adorer Dieu,
Nous tenir en tout lieu
Sous son regard ;
Aimer, servir Jésus,
Proclamer ses vertus,
Suivre son étendard,
C’est notre part.
Hymnes et Cantiques n°112 strophe 6
Le verset 28 parle du repos, et on aurait pu penser que, quand ils avaient du repos, ils saisissaient l’occasion de regarder d’un peu plus près ces bénédictions, ou de s’en occuper un peu plus. Mais c’est tout à fait autrement. Ils avaient du repos, et ils recommençaient à faire le mal devant l’Éternel. Le repos est très nécessaire, mais il est aussi très dangereux.
Quand nous regardons dans 2 Chroniques 14, nous avons l’histoire d’Asa, et là nous lisons cinq fois que le pays était tranquille : « De ses jours, le pays fut en repos pendant dix ans » (2 Chron. 13. 23)… « Et le royaume fut tranquille devant lui (v. 4)… Le pays était tranquille… car l’Éternel lui donna du repos (v. 5)… nous avons recherché l’Éternel, notre Dieu : nous l’avons recherché, et il nous a donné du repos tout à l’entour (v. 6) ».
Et tout à la fin il est dit au chapitre 16 verset 10 : « Et Asa s’irrita contre le voyant, et le mit en prison », etc. Cela nous montre le danger du repos. Quand nous avons dans notre vie des temps de repos, cela peut être dangereux aussi, parce que les temps de repos nous donnent la possibilité de nous occuper d’autres choses aussi.
De retour de la mission que le Seigneur leur avait confiée, les disciples sont appelés par Lui à prendre du repos : « Et il leur dit : Venez à l’écart vous-mêmes dans un lieu désert, et reposez-vous un peu » (Marc 6. 31). Donc cela, c’est le côté nécessaire du repos qui répond à la fatigue résultant du service. Mais souvent l’ennemi saisit l’occasion pour nous irriter, nous amener sur un chemin qui n’est pas bon. Quand il y a du repos, il n’y a apparemment pas d’ennemi, on met peut-être l’armure complète de Dieu (voir Éph. 6) de côté pour un moment, et là c’est très dangereux.
Le repos que Dieu leur avait donné, ils ne l’ont pas utilisé pour Lui, mais pour d’autres choses, ils ont abandonné Dieu et ont recommencé à faire le mal à ses yeux. C’est un avertissement pour nous aussi. S’il y a un temps où il n’ya pas grand-chose à faire, donnons-nous la peine de nous occuper des choses du Seigneur. Si nous ne nous en donnons pas la peine, nous ferons peut-être autre chose qui ne sera pas à la gloire du Seigneur.
Nous sommes entrés dans le pays, nous avons à cœur de le posséder, nos pères ont combattu pour retrouver ces vérités sur le lieu du rassemblement, nous avons à cœur de l’habiter. Nous pourrions dire : Mais alors, normalement, tout doit bien aller. Nous sommes sur le bon chemin. Nous devrions être bénis.
Et pourtant, il ne faut pas nous cacher à nous-mêmes que des difficultés subsistent. Alors, est-ce que tous les ennemis ont été vaincus ? On a vu des ennemis avant d’entrer dans le pays : Sihon, Og. Et puis, pour entrer dans le pays, il fallait passer le Jourdain. Le Jourdain, c’est le fleuve de la mort, notre mort avec Christ. Alors, le réalisons-nous pratiquement ? Il y a là un ennemi terrible : c’est moi-même ! Est-il au fond du Jourdain ? Ou l’avons-nous emmené avec nous, et le laissons-nous s’exprimer ? Si nous avons beaucoup de difficultés, c’est que cet ennemi là est toujours présent.
Cela est exprimé au verset 29 : « Ils agirent avec fierté… ils opposèrent une épaule revêche, et raidirent leur cou, et n’écoutèrent pas ». C’est le moi qui s’exprime sous différentes formes ; le Moi, je suis, Moi, je suis quelqu’un de bien ; nous sommes, nous, les frères. Nous sommes à Laodicée quand il en est ainsi. C’est un ennemi que nous ne savons pas tenir dans la mort.
Après que le Jourdain avait été passé, il fallait rester à Guilgal qui est le lieu du jugement de soi-même. Savons-nous y rester ? Alors, chers jeunes, la vie chrétienne n’est pas une vie triste, d’auto flagellation permanente. Ce n’est pas cela le jugement de soi-même, c’est cette conviction d’en finir avec soi ; c’est cette conviction que nous ne sommes rien.
Pourquoi a-t-on besoin de parler d’humiliation ? On en a parlé ce matin. Normalement, elle n’est pas nécessaire. C’est cette action de descendre, de revenir au niveau où nous aurions toujours dû rester. Le Seigneur Jésus a dit qu’Il était débonnaire et humble de cœur (Mat. 11. 29). Si nous restons à cet état d’humilité, si nous marchons dans l’humilité, si nous sommes humbles à la suite du Seigneur, si nous n’estimons pas être quelqu’un, si nous tenons le moi dans la mort, si nous restons dans ce chemin, il n’y a pas besoin de s’humilier, de descendre plus bas, le Seigneur ne nous le demande pas.
Si nous avons besoin de nous humilier, c’est parce que nous sommes montés, nous nous sommes élevés dans nos cœurs. Et alors il faut redescendre, et c’est peut-être parfois difficile parce qu’on a vite fait d’opposer une épaule revêche, de raidir nos cous. Le moi n’aime pas plier, et pourtant c’est absolument nécessaire. Si nous ne restons pas, à la suite du Seigneur, dans ce chemin d’humilité, si nous ne sommes pas humbles, si nous nous élevons dans nos cœurs, si nous pensons être quelque chose, avoir des droits, avoir droit à la considération de nos frères, et voulons être au-dessus d’eux, ah ! il nous faudra redescendre par la petite porte si nous voulons jouir des bénédictions que le Seigneur nous a données.
Le moi peut s’exprimer ainsi par le désir d’être quelqu’un. Il peut s’exprimer lorsqu’on raidit notre cou avec fierté, et qu’on ne veut pas reconnaître ses torts si on en a, et on reste droit dans ses bottes plutôt que de reconnaître qu’on a manqué. Cela, c’est le moi qui s’exprime et qui fera souffrir tout le monde. Lorsque nous ne nous jugeons pas nous-même, si nous ne restons pas à Guilgal, nous voyons dans le livre de Josué qu’ils étaient montés à Bokim, le lieu des pleurs.
Un frère l’a exprimé ainsi : « À Guilgal, il y a des couteaux tranchants » – c’était pour la circoncision, c’est pour le jugement de soi-même, il y a des choses que nous avons nous-même à visiter quant à nous-même. Ce sont peut-être des choses pas agréables, mais bénies et heureuses. On s’en rend compte après, peut-être. Mais si on ne se tient pas dans ce lieu, à Bokim il y a des pleurs. À Guilgal, il n’y a pas de pleurs ; à Bokim, on pleure, il y a des pleurs amers. Pourquoi y a-t-il des pleurs amers dans les assemblées ? Il ne faut pas se cacher les difficultés. Je ne sais pas si les deux mains suffisent pour les compter. N’est-il pas possible de s’humilier vraiment ? Faut-il toujours rester droit dans ses bottes ? N’est-il pas possible d’aller voir nos frères, nos sœurs, qu’on a peut-être offensés et, plutôt que de raidir son cou, de s’humilier ?
Alors la paix revient, c’est une si belle chose. Si nous savions tenir cet ennemi, le moi, dans la mort, nous pourrions alors vraiment jouir du pays dans lequel nous sommes. Si nous n’en jouissons pas comme nous le devrions, c’est que l’Esprit opère en nous un travail pour nous restaurer, un travail peut-être pénible, nécessaire, parce que le Seigneur ne veut pas nous voir avec cet ennemi que nous mettons en avant. Cela ne convient pas.
Puissions-nous à sa suite – Il nous l’a dit : « Je suis débonnaire et humble de cœur » – être vraiment humble, ne pas nous élever dans nos cœurs, nous juger nous-même, confesser nos manquements au Seigneur, à nos frères et à nos sœurs que nous aurions peut-être pu offenser dans toutes les luttes qui nous auront marqués – dans les dernières années, les offenses n’ont pas manqué de toutes parts. Puissions-nous vraiment juger ces choses pour jouir vraiment du pays.
Quelques mots complémentaires sur cette expression du v. 29 : « Ils agirent avec fierté », expression qu’on retrouve encore au v. 16 pour les fils d’Israël, mais qu’on trouve aussi en relation avec le Pharaon et l’Égypte au v. 10. Peut-être que, pour comprendre cette expression, on pourrait rappeler l’enseignement qu’on trouve en Nombres 15 où il est parlé du péché par erreur et du péché avec fierté. Le péché avec fierté, c’est le péché en connaissant la volonté de Dieu et en ne s’y soumettant pas. Et nous rappelons que, dans le livre des Nombres, pour un tel péché il n’y avait pas de sacrifice. Dieu montre la gravité de ce péché, comment Il est déshonoré quand nous agissons selon notre propre volonté bien que connaissant sa volonté.
Et puis il y a le péché par erreur ou par ignorance qui, notons-le en passant, n’est pas un péché par-dessus lequel Dieu passe parce qu’il fallait offrir un sacrifice. Parfois on entend ceci : il vaut mieux se tromper en agissant de telle manière plutôt que de telle autre. C’est toujours une erreur, et on ne peut pas excuser une erreur. C’est du déshonneur porté sur le nom du Seigneur. Il y a un sacrifice, il y a un remède pour l’ignorance mais elle laisse apparaître une erreur souvent liée au fait qu’on n’a pas recherché la volonté de Dieu.
Mais ce que nous voulons souligner, c’est cette action avec fierté. C’est-à-dire, après tout ce que Dieu avait montré à l’égard de ce peuple, dans le support qu’Il avait eu à leur égard, ces soins qu’Il avait eus envers eux en leur donnant des sauveurs pour les ramener de leurs oppresseurs, ce repos qu’Il leur avait donné malgré leur infidélité, ils auraient dû à ce moment-là connaître la volonté de Dieu. Eh bien ils n’ont pas agi selon la connaissance qu’ils avaient reçue.
C’est une chose qui doit nous exercer profondément parce que nous savons ce que sont nos cœurs, nous le savons parce que la Parole nous le déclare : « Le cœur est trompeur par-dessus tout, et incurable » (Jér. 17. 9). Si la Parole ne nous le déclarait pas, nous ne pourrions pas l’apprendre. Prenons garde à ne pas agir contrairement à la volonté de Dieu bien que la connaissant. Que Dieu nous garde de cette épaule revêche, du cou raide de ceux qui agissent avec fierté.
« Ils agirent avec fierté » (v. 29) que l’on peut mettre aussi en association avec le v. 33 : « Nous avons agi méchamment ». Il y a deux manières de marcher pour le chrétien. Il y a la manière dans laquelle le Seigneur veut nous voir marcher, c’est-à-dire, avec confiance en Lui, en nous attendant à Lui pour qu’Il nous conduise. Il est le chef du corps, Il est la tête ; nous sommes des membres du corps. On n’a jamais vu un membre diriger un corps, c’est la tête qui dirige. C’est tout simple dans les choses de la terre, nous le comprenons et là cela nous remet à notre place.
Le Seigneur Jésus a une place qu’en tant que ressuscité, en tant que vainqueur de la croix, Dieu Lui a donnée ; une place particulière. Dans l’assemblée, Il est « chef sur toutes choses » (Éph. 1. 22). Ainsi donc nous n’avons aucune place par nous-même. Alors, si la première de marcher est de marcher dans la soumission, en demandant au Seigneur de nous conduire, l’autre manière, toute simple, qui est souvent la nôtre, c’est d’agir selon ce que l’on pense.
Eh bien, ici cela s’appelle « fierté », ailleurs c’est appelé « orgueil ». Quand on parle d’orgueil, on s’imagine que c’est vis-à-vis des autres. Bien sûr la Parole nous en parle aussi. Mais essentiellement dans l’Écriture, l’orgueil est vis-à-vis de Dieu. Ou bien je marche dans la soumission au Seigneur Jésus, cherchant à Lui plaire, ou bien je marche avec mes propres ressources et je marche avec orgueil.
L’Écriture nous montre ici quelque chose de plus. Elle amène ces rachetés – puisque ce sont des rachetés pour avoir cet exercice de cœur – à dire : « Nous avons agi méchamment ». Qu’est-ce que c’est qu’un méchant ? C’est quelqu’un qui ne tient pas compte de la pensée de Dieu. Un enfant de Dieu peut devenir un méchant. Nous avons le cas de 1 Corinthiens 5 : la Parole de Dieu n’a plus d’entrée sur cette personne qui est présentée là. Si la Parole de Dieu n’a plus d’accès sur notre personne et notre conscience, nous sommes en train de devenir ce que la Parole de Dieu considère comme un méchant. C’est tout à fait sérieux et le Seigneur veut nous encourager.
Ici, Il a amené ces rachetés à Lui dire : « Nous avons agi méchamment ». Et la caractéristique d’un véritable exercice, c’est que cela ramène ensemble le cœur des croyants. « Nous avons agi méchamment ». Ce n’est pas seulement le frère X ou le frère Y qui a agi méchamment. C’est nous, l’assemblée. Quand quelque chose se passe au milieu de nous, c’est l’assemblée. Nous avons déjà cela en image dans le livre de Josué : « Israël a péché » (Jos. 7. 11). C’était Acan qui avait péché, qui l’avait fait d’une manière cachée. Mais Dieu dit : « Israël a péché ». Nous sommes amenés, en tant que membres du corps de Christ, à prendre notre part : « Nous avons agi méchamment ».
Est-ce du même niveau ou encore un grade supérieur dans la méchanceté ? Hébreux 10. 26 : « Car si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une certaine attente terrible de jugement et l’ardeur d’un feu qui va dévorer les adversaires » (v. 26 et 27). Verset 29 : « Ne pensez-vous pas qu’il sera jugé digne d’une punition bien plus sévère celui qui a foulé aux pieds le Fils de Dieu, et qui a estimé profane le sang de l’alliance par lequel il avait été sanctifié, et qui a outragé l’Esprit de grâce ? » Est-ce cette fierté, ce péché ou est-ce encore un autre niveau de péché si nous péchons volontairement ?
Oui, cette question peut se poser. Mais il faut que nous ayons présent à l’esprit l’ensemble de l’épître aux Hébreux, écrite à des Juifs faisaient partie du peuple de Dieu et où il n’est pas nécessaire de passer par la conversion. Il n’en est pas ainsi du christianisme où la nouvelle naissance est nécessaire : « Il vous faut être nés de nouveau » (Jean 3. 7). Cela transparaît à travers toute l’épître. Le Saint Esprit conduit l’auteur de l’épître à justement mettre le doigt sur cette possible adhésion extérieure au christianisme.
Et là, ce n’est pas du tout quelque chose qui concerne un enfant de Dieu ; cela concerne quelqu’un qui s’est amalgamé aux enfants de Dieu sans être passé par la croix, sans être passé par la conversion. Simplement un exemple pour que chacun comprenne bien. La fin du verset 29 de Hébreux 10 dit : il avait été sanctifié. Quelquefois des croyants disent : Puisqu’il avait été sanctifié, il est converti. Pas du tout. Nous avons dans 1 Corinthiens 7 un exemple : le mari incrédule est sanctifié par la femme croyante, la femme incrédule est sanctifiée par le frère, son mari.
Au verset 30, nous avons d’abord la patience de Dieu : « Et tu patientas à leur égard pendant beaucoup d’années ». N’est-ce pas, c’est la patience de Dieu. Et puis après : « et tu rendis témoignage contre eux par ton Esprit, par le moyen de tes prophètes ; mais ils ne prêtèrent pas l’oreille ». Il y a dans ce verset, quelque chose de tout à fait actuel, de très actuel. Il y a l’Esprit de Dieu qui parle, il y a un prophète qui parle, il y a un frère qui nous a dit quelque chose de la part de Dieu : il a ouvert la Parole et nous avons lu avec lui, il nous a parlé et nous avons remarqué que c’était quelque chose pour notre cœur et nous sommes rentrés à la maison et nous avons dit : Oh non ! Pas maintenant, plus tard peut-être.
Combien de fois Dieu nous a, par exemple, donné un enseignement clair ? Demandons-nous, combien de fois Dieu a-t-Il mis le doigt dans ma vie personnelle peut-être, dans la vie de l’assemblée, et Il l’a fait une fois – patience, deux fois, trois fois ? Nous nous sommes dits quelquefois à la maison : Combien de fois Dieu nous a dit déjà cela ? Avons-nous écouté ? Écouter, cela veut dire non pas seulement c’est aussi avoir l’oreille ouverte, mais c’est avoir le cœur ouvert et être prêt à faire ce que le Seigneur a dit. Écouter, c’est prêter attention à ce qu’on entend – et obéir (voir 1 Sam. 15. 22). L’oreille est ce par quoi on reçoit les enseignements pour les mettre en pratique – voir Ésaïe 50. 4 et 5. Et combien de fois avons-nous agi ainsi ?
Et que faisons-nous alors ? Nous le reconnaissons, pour nous peut-être d’abord ; alors reconnaissons-le aussi devant le Seigneur. Disons-Lui : Seigneur, tu nous l’as dit, nous l’avons entendu, mais nous ne l’avons pas fait. Accorde-nous Ta grâce de vraiment changer notre vie, de prendre aussi, avec la force que Toi tu donnes, la décision de changer notre chemin ; donne-nous de comprendre et de faire ce que tu nous as dit maintes fois.
Dans les assemblées, j’en suis sûr, on entend très, très souvent les mêmes choses et pourquoi ? Parce que très, très souvent nous n’écoutons pas, et Dieu nous parle encore une fois. Je me rappelle que, chez nous, un frère de passage nous a parlé sur un certain sujet, et c’était bien, on a trouvé très beau. Le dimanche après, un autre frère qui n’en savait rien, nous a parlé encore une fois sur ce même sujet, et un troisième dimanche nous avons écouté, entendu méditer sur le même sujet. Alors enfin, dans la réunion de prière, un frère a pris le sujet et a exposé devant Dieu une prière, mais une prière…
Ésaïe 55. 2 : « Écoutez-moi attentivement, et mangez ce qui est bon ; et que votre âme savoure les choses grasses. Inclinez votre oreille et venez à moi ; écoutez, et votre âme vivra » (v. 2 et 3). « Écoutez-moi », dit Dieu. Oui, nous écoutons le frère, le serviteur, le prophète qui parle de la part du Seigneur, mais c’est « Écoutez-moi » ! Dieu nous parle, Dieu me parle. Est-ce que j’écoute ? Est-ce que je reçois sa Parole ? Est-ce que j’en tiens compte dans ma vie ?
Nous avons rappelé depuis ce matin que Dieu est un Dieu de grande bonté, miséricordieux. Combien de fois c’est écrit dans la Parole ! Notre expérience à chacun, dans une petite mesure, ne nous le montre-t-elle pas amplement ? « Écoutez-moi attentivement ». Quelquefois, quand on est professeur, on demande aux élèves d’écouter. C’est la moindre des choses. Si on n’écoute pas, on n’entendra pas, on ne recevra rien ou peu. Dieu prend la peine de nous parler dans sa Parole. Chaque verset est comme un diamant précieux pour notre âme.
Qu’est-il dit après ? « Et mangez ce qui est bon ; et que votre âme savoure les choses grasses ». Voilà tout ce que Dieu place devant nous, ces bénédictions spirituelles qui ont été devant nous encore en ce jour, et qui sont pour nous dans les lieux célestes en Christ. Là, nous avons tout ce qu’il nous faut. Nous faut-il autre chose ? Voilà la question que nous pouvons, et devons, nous poser à chaque instant de notre vie.
Jouir de ce que le Seigneur nous donne, jouir de Lui, « pour le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances » (Phil. 3. 10). Alors il y aura cette communion heureuse, bénie, quelque chose qui est du ciel, qui n’est pas de la terre. « Inclinez votre oreille et venez à moi ». Il y a des « Venez à moi » dans la Parole. « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés » (Mat. 11. 28).
Nous pouvons, en tant que croyants, entendre aussi une telle voix. C’est celle du Seigneur, notre Sauveur. Il y a aussi, on l’a dit déjà, des « Revenez à moi ». Il y a toujours un chemin ouvert pour l’inconverti comme pour le croyant. Combien Dieu prend soin, dans ses tendres soins envers ceux qu’Il appelle et envers ceux qui sont ses enfants, de les conduire dans un chemin bon et sûr. « Écoutez, et votre âme vivra ». Est-ce que nous n’avons pas, ayant reçu cette nouvelle nature, cette vie éternelle qui est dans le Fils – et Il est, Lui, la vie éternelle – ce désir de vivre, ce que tout homme a au fond de son cœur et auquel malheureusement après des appels réitérés de la grâce de Dieu il n’a peut-être pas répondu ? Ce désir, il est là inextinguible. Seulement, il faut répondre.
Quand nous voyons le Seigneur, dans les chapitres 2 et 3 de l’Apocalypse, Celui qui marche au milieu des sept lampes d’or, qui a les yeux comme une flamme de feu – Il voit tout et discerne tout, et Il juge de toutes choses avec justice, que dit-il à ces sept assemblées ? « Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées » (Apoc. 2. 7, 11, 17 et 29 ; 3. 6, 13 et 22). C’est pour moi ; c’est pour chacun de nous qui avons cru ; c’est pour chacun qui, dans la mesure que le Seigneur donne, aussi éprouve quelque chose de la responsabilité qu’Il nous a conférée.
Nous n’avons rien à faire valoir par nous-mêmes, mais le Seigneur s’adresse encore à nous parce qu’Il nous aime, et Il dit encore à chacun personnellement : « Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées ». Ce n’est pas pour rien qu’il est dit dans ce même prophète Ésaïe : « Le Seigneur l’Éternel… réveille mon oreille pour que j’écoute comme ceux qu’on enseigne » (És. 50. 4). Et combien l’exemple du Seigneur est là devant nous dans toute sa grandeur et sa beauté. C’est pour nous aussi, chers amis, chers frères et sœurs. Le Seigneur nous le redit encore, c’est pour notre bien, pour sa joie, pour la joie de notre cœur : « Écoutez, et votre âme vivra ».
Verset 30 : « Tu rendis témoignage contre eux par ton Esprit, par le moyen de tes prophètes ». Il avait été parlé des prophètes au verset 26 : « Ils tuèrent tes prophètes qui rendaient témoignage contre eux pour les ramener à toi ». Mais ici la Parole insiste : « Par ton Esprit, par le moyen de tes prophètes ». Ce que nous lisons là est très sérieux, parce que nous voyons que c’est Dieu Lui-même qui parle par son Esprit. Et les prophètes sont des instruments entre les mains de Dieu, pour communiquer les avertissements et la pensée de l’Esprit. Ils ne sont pas des instruments inconscients. Ils savent, ils connaissent, ils apprécient pour eux-mêmes les messages qu’ils ont à transmettre, mais ce sont des canaux pour communiquer la pensée de Dieu, et cela doit nous rendre d’autant plus attentifs à ce qui est communiqué.
Bien sûr il peut y avoir, comme il y en a eu en Israël, des faux prophètes. C’est peut-être d’eux qu’il est parlé au v. 32, ils y sont peut-être englobés quand il est dit : « Toutes les peines qui nous ont atteints, nous, nos rois, nos princes, et nos sacrificateurs, et nos prophètes ». Et nous avons à discerner les esprits et à reconnaître ce qui est de Dieu et ce qui ne l’est pas. La 1ère épître de Jean nous le dit.
Mais lorsqu’il est clair que l’enseignement qui est donné est selon la Parole de Dieu, et qu’il est donné avec ce caractère que Dieu donne à ses serviteurs – cette humilité, cette douceur, cette grâce, tout en ayant cette parole de grâce assaisonnée de sel – eh bien ! n’oublions pas que c’est Dieu qui nous parle par son Esprit. Alors, combien cela doit nous rendre attentifs à ce qui est dit.
Il y a une expression qui, à cet égard, est très solennelle, c’est qu’il est dit par trois fois dans ces versets : « contre eux » (v. 26, 29 et 30). Il ne faut pas que nous croyions que nous avons toujours le Seigneur pour nous. Il est quand même extrêmement solennel de dire, de lire ce que nous trouvons là : « contre eux ». Le Seigneur est avec moi, Il l’a dit : « Moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle » (Mat. 28. 20), c’est écrit. Le Seigneur ne manque pas. Dans son cœur, Il est toujours pour nous. Mais dans ses voies gouvernementales, Il sera peut-être contre nous. Nous en avons la preuve ici. Dans les détresses, on est jeté par terre. Le Seigneur est contre nous dans ses voies gouvernementales, même s’Il demeure profondément toujours pour nous.
Le gouvernement de Dieu est extrêmement solennel. Ce qu’un homme sème, il le moissonnera (Gal. 6. 7). Mais vous savez comment cela continue : « Toutefois, dans tes grandes compassions » (v. 31). Chers amis, on pourrait être accablés par le gouvernement de Dieu, mais n’oublions pas la grâce dans le gouvernement de Dieu. Autrement, où serions-nous ? Quand on lit ces versets, on dit : C’est fini pour l’homme, c’est tout fini ! La grâce de Dieu dans le gouvernement.
Combien de fois il est parlé de ses compassions. David a dénombré le peuple (1 Chron. 21), et le gouvernement de Dieu qui devait s’exercer à la suite de cela : il devait choisir. Alors il dit à Gad au verset 13 : « Je suis dans une grande détresse. Que je tombe, je te prie, dans les mains de l’Éternel, car ses compassions sont très grandes ; mais que je ne tombe pas dans la main des hommes ».
Nous avons parlé de la détresse, et Dieu nous amène quelquefois jusque-là. La détresse ne s’explique pas. Ceux qui y sont passé n’ont pas besoin d’explication. Mais quand on est dans cette situation, on peut dire : il ne nous reste plus rien. Mais, il nous reste encore la grâce de Dieu. Y a-t-il peut-être un frère, une sœur, profondément accablé, dans la détresse ? Qu’il se souvienne des compassions de Dieu. Elles sont très grandes.
Et comme on a dit quelquefois, David se jette dans les bras de Dieu, et c’est ce dont nous avons besoin. Cela n’enlève rien à la solennité du gouvernement de Dieu, mais certaines personnes ont été tellement accablées, c’est vrai, dans la détresse, alors à de telles personnes, on peut leur parler de la grâce encore dans le gouvernement de Dieu.
Nous avons été exhortés à écouter. Écouter veut dire obéir. On a entendu beaucoup de choses, mais, peut-être, une chose importante est de repasser dans nos cœurs, de méditer. Pourquoi y a-t-il tant d’exhortations dans la Parole ? Par exemple, Psaume 1 : « Heureux l’homme… qui a son plaisir en la loi de l’Éternel, et médite dans sa loi jour et nuit ! » (v. 1 et 2) Chacun en partant peut dire : Qu’est-ce que le Seigneur a dit à mon cœur ? Qu’est-ce qu’Il a voulu me dire ? Quel encouragement a-t-Il voulu me donner, quelle exhortation ? Ai-je encore une oreille pour écouter la répréhension ? Il faut repasser ce que nous avons entendu.
On est heureux de se trouver là, mais une ruse de l’ennemi est d’enlever aussitôt ce qu’on a entendu. On va sortir, on va se saluer avec bonheur, avec de l’affection fraternelle, une immense joie, et il y aura des occupations, des distractions. Méditons la Parole de Dieu, et posons-nous cette question : Qu’est-ce que le Seigneur a voulu me dire ? Quel encouragement, quelle parole a-t-Il voulu me dire ? Parce que parfois, c’est la parole pour les autres. On dit : Heureusement qu’un tel était là ce soir, il en a entendu ! Et moi, qu’est-ce que j’ai reçu ?
Jacques 1. 21 : « Recevez avec douceur la Parole implantée, qui a la puissance de sauver vos âmes. Seulement, mettez la parole en pratique, et ne vous contentez pas de l’écouter, vous séduisant vous-mêmes. Car si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui observe son visage naturel dans un miroir ; car il s’est observé lui-même et s’en est allé, et aussitôt il a oublié quel il était. Mais celui qui aura regardé de près dans la loi parfaite, celle de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais un faiseur d’œuvre, celui-là sera heureux dans ce qu’il fait » (v. 21 à 25).
1 Samuel 15. 22 : « Et Samuel dit : L’Éternel prend-il plaisir aux holocaustes et aux sacrifices, comme à ce qu’on écoute la voix de l’Éternel ? Voici, écouter est meilleur que sacrifice, prêter l’oreille, meilleur que la graisse des béliers ». Psaume 81. 12. « Mon peuple n’a pas écouté ma voix, et Israël n’a pas voulu de moi. Alors je les ai abandonnés à l’obstination de leur cœur : ils ont marché selon leurs conseils. Oh ! si mon peuple m’avait écouté ! si Israël avait marché dans mes voies ! J’aurais bientôt fait plier leurs ennemis, et tourné ma main contre leurs adversaires. Ceux qui haïssent l’Éternel se seraient soumis à lui ; et leur temps, à eux, aurait été à toujours » (v. 11 à 15).
On pressent, dans ce que nous venons de lire, dans ces versets, toute la peine de Dieu de voir ce peuple s’abandonner à l’obstination de leurs cœurs. Combien de fois on voit dans Jérémie qu’ils suivent l’obstination de leurs mauvais cœurs. Dieu n’a pas de doute sur le résultat si nous ne voulons pas écouter. Dans ce que nous avons lu en 1 Samuel 15, écouter la voix de Dieu honore Dieu, et cela est capital. C’est ce que nous avons lu ce matin : « Parle, car ton serviteur écoute » (1 Sam. 3. 10). Notre place est d’écouter, car Il ne veut que notre bien.
Luc 8. 15 : « Ce qui est dans la bonne terre, ce sont tous ceux qui, après avoir entendu la Parole, la retiennent dans un cœur honnête et bon, et portent du fruit avec patience ». Si nous la retenons, nous porterons du fruit, mais il faut que le cœur soit bien disposé : « dans un cœur honnête et bon ». Salomon a pu dire à Dieu : « Tu as usé d’une grande bonté envers David, mon père » (2 Chron. 1. 8). Il en était conscient parce que David avait écouté la voix de l’Éternel. Et que demande-t-il ? « Donne donc à ton serviteur un cœur qui écoute » (1 Rois 3. 9). Nous avons besoin que ce soit Lui qui le fasse.
Nous avons parlé tout à l’heure de la grâce de Dieu dans son gouvernement. Si un homme avait mérité le gouvernement de Dieu, c’était bien Manassé. 2 Chroniques 33. 6 : « Il fit outre mesure ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, pour le provoquer à colère ». Un débordement de mal. Alors, peut-être pour que nous écoutions sa parole, Dieu va permettre la détresse, et ce fut le cas pour Manassé. Pourtant Dieu lui avait parlé. Verset 10 : « L’Éternel parla à Manassé, et à son peuple ; mais ils n’y firent pas attention. Alors l’Éternel fit venir contre eux les chefs de l’armée du roi d’Assyrie, et ils prirent Manassé dans des entraves, le lièrent avec des chaînes de bronze et l’emmenèrent à Babylone » : voilà le gouvernement de Dieu, mais la grâce agit.
« Quand il fut dans la détresse, il implora l’Éternel, son Dieu, et s’humilia beaucoup devant le Dieu de ses pères, et le pria », et quel beau verset : « et il se laissa fléchir par lui, et écouta sa supplication, et le ramena à Jérusalem dans son royaume ; et Manassé reconnut que c’est l’Éternel qui est Dieu » (v. 10 à 13) On aurait pu dire : C’est fini pour Manassé, il a fait tellement de mal. Quand il a été dans la détresse, il s’est humilié beaucoup, et il a prié. Et quelle est la réponse ? Dieu a écouté la supplication de Manassé.
Les versets 30 et 31 nous amènent à la fin de l’histoire de ce peuple, en tout cas à la fin de ce que le peuple pouvait en dire à ce moment-là. La venue du Messie n’est pas envisagée dans ce livre de Néhémie. Mais nous voulons souligner deux choses. D’une part, « Tu les livras en la main des peuples des pays ». Après avoir beaucoup patienté, Dieu a agi en gouvernement et Il les a livrés entre les mains des peuples des pays (v. 30). Ce peuple qui était un peuple séparé, choisi parmi les nations, s’est retrouvé mêlé à ces nations.
Verset 31 : « Toutefois, dans tes grandes compassions, tu n’en finis pas avec eux, et tu ne les abandonnas pas ; car tu es un *Dieu faisant grâce, et miséricordieux ». Au verset 17 : « Mais toi, tu es un Dieu de pardons, faisant grâce, et miséricordieux, lent à la colère, et grand en bonté ». Ce verset 17 est le début de l’histoire de ce peuple responsable, le début du rappel de tous ses manquements. Et au début du rappel de tous ces manquements, le peuple pouvait alors dire : « Toi, tu es un *Dieu de pardons, faisant grâce, et miséricordieux, lent à la colère, et grand en bonté ».
Et quand on arrive à la fin de l’histoire, il dit : « Tu ne les abandonnas pas ; car tu es un *Dieu faisant grâce, et miséricordieux ». Il y a bien des choses, que ce soit dans nos vies individuelles, dans la vie de l’assemblée – que ce soit dans les assemblées locales, ou de façon plus large dans l’assemblée – qui nous amènent à courber la tête dans l’humiliation, dans la confession. Mais il y a une chose que nous pouvons dire avec certitude, c’est que notre vie est encadrée par la grâce et la miséricorde de Dieu. On chante toujours avec une profonde émotion ce verset 2 du cantique 209 :
Ah ! S’il est vrai que mes pieds ont laissé
Mille faux pas empreints sur la poussière…
Combien de fois, au lieu de me punir,
Tes tendres soins, ta pitié qui déborde,
N’ont, dans mon cœur, laissé qu’un souvenir,
Le souvenir de ta miséricorde.
Hymnes et Cantiques n°209 strophe 2
Bien-aimés, nous nous sommes arrêtés aujourd’hui, et cela est bien nécessaire, sur ce qui doit nous amener à une réelle humiliation, à une réelle contrition de cœur. Et nous ne voulons pas nous arrêter là, et considérer cette grâce et cette miséricorde de Dieu qui ont jalonné et encadré individuellement notre vie, qui ont jalonné et encadré la vie des rassemblements, qui jalonnent et encadrent la vie de l’assemblée toute entière.
Que fera la grâce de Dieu à la fin de l’histoire de l’église ? Le Seigneur ravira dans sa présence celle qu’Il s’est acquise par sa grâce, pour faire de nous des monuments de sa grâce, et pour que nous chantions éternellement ce que sa grâce a fait. Et c’est bien là un motif puissant d’encouragement non seulement à nous humilier, mais à nous séparer de ce qui est contraire à la pensée de Dieu dans nos vies, pour nous attacher au Seigneur de tout notre cœur. Certes, les avertissements sont nécessaires, et nous ne voulons pas les négliger, nous ne voulons pas en rabaisser la portée. Mais il y a une chose qui élève l’âme, et qui l’encourage, c’est ce que la grâce de Dieu fait. « Selon ce temps, il sera dit… : Qu’est-ce que Dieu a fait ? » (Nomb. 23. 23)
Une chose à propos des compassions de Dieu à travers son gouvernement. Mais d’abord, voyons ce que dit Néhémie, ce qu’il confesse aux versets 36 et 37. Il dit au v. 36 : « Voici, nous sommes aujourd’hui serviteurs ; et quant au pays que tu donnas à nos pères pour qu’ils en mangeassent le fruit et les bons produits, voici, nous y sommes serviteurs ». Il reconnaît la condition dans laquelle il est. C’est assez remarquable car c’est exactement le contraire de ce que les pharisiens disent au Seigneur : Nous ne sommes serviteurs de personne.
Confesser ce qui nous arrive et les conséquences de nos péchés est tout à fait dans l’esprit de ce que nous pouvons lire dans Lévitique 26, ce que Dieu avait prévu avant même que le peuple ne pèche. Lévitique 26. 40 : « Et ils confesseront leur iniquité et l’iniquité de leurs pères, selon leurs infidélités par lesquelles ils ont été infidèles envers moi, et aussi comment ils ont marché en opposition avec moi, en sorte que moi aussi, j’ai marché en opposition avec eux, et que je les ai amenés dans le pays de leurs ennemis.
Si alors leur cœur incirconcis s’humilie et qu’alors ils acceptent la punition de leur iniquité, je me souviendrai de mon alliance avec Jacob, et aussi de mon alliance avec Isaac, et je me souviendrai aussi de mon alliance avec Abraham, et je me souviendrai de la terre : la terre aura été abandonnée par eux, et elle aura joui de ses sabbats, dans sa désolation, eux n’y étant plus ; et ils accepteront la punition de leur iniquité, parce que… , oui, parce qu’ils ont méprisé mes ordonnances, et que leurs âmes ont eu en horreur mes statuts.
Même alors, quand ils seront dans le pays de leurs ennemis, je ne les mépriserai pas et je ne les aurai pas en horreur pour en finir avec eux, pour rompre mon alliance avec eux ; car moi, je suis l’Éternel, leur Dieu ; et je me souviendrai en leur faveur de l’alliance faite avec leurs ancêtres, lesquels j’ai fait sortir du pays d’Égypte, sous les yeux des nations, pour être leur Dieu. Moi, je suis l’Éternel » (v. 40 à 45).
Quelques mots concernant le gouvernement de Dieu, dans le côté qu’il faut s’y soumettre. Nous voyons qu’ils acceptent ce gouvernement, comme on vient de nous le rappeler en contraste avec les Juifs qui dirent au Seigneur : « Jamais nous n’avons été esclaves de personne » (Jean 8. 33). Ils sont complètement aveuglés, complètement aveugles. Mais c’est aussi un côté important. On a parlé de la grâce mais aussi de la soumission dans le gouvernement de Dieu.
On le voit très particulièrement dans le prophète Jérémie. Ils avaient été emmenés à Babylone, et ils ne voulaient pas se soumettre. Ils font une prière extraordinaire au chapitre 42 : ils disent à Jérémie d’aller demander à l’Éternel ce qu’il faut faire. « De beaucoup [que nous étions], nous sommes restés peu » (v. 2) ; et Dieu va leur donner la réponse. « Si vous continuez à habiter dans ce pays, je vous bâtirai, et je ne vous renverserai pas, et je vous planterai, et je ne vous arracherai pas ; car je me repens du mal que je vous ai fait. Ne craignez point le roi de Babylone, dont vous avez peur ; ne le craignez pas, dit l’Éternel ; car je suis avec vous pour vous sauver et pour vous délivrer de sa main » (v. 10 et 11).
Voilà, qu’avaient-ils dit ? Va demander à l’Éternel, notre Dieu ; et puis, nous écouterons la voix de l’Éternel, notre Dieu. Et puis, quand Jérémie vient leur donner la réponse, ils disent : Non, non, ce n’est pas vrai. Ils ne veulent pas se soumettre au gouvernement de Dieu. Et pourtant il y avait des promesses merveilleuses à ce peuple s’il voulait bien se souvenir, se soumettre au gouvernement de Dieu, mais ils ont continué à faire leur propre volonté, et ils sont partis, et il y a eu des conséquences extrêmement fâcheuses.
C’est un enseignement très particulier pour nous. Lorsqu’on prie, avons-nous déjà une volonté arrêtée ? Le Seigneur nous encourage dans ce sens également parce qu’on doit aussi comme peuple de Dieu aujourd’hui, même dans l’assemblée, se soumettre au gouvernement de Dieu. S’il arrive tellement de tristesses – on en a parlé – et de misères, il ne faut pas oublier que la main de Dieu est sur nous, et il faut se soumettre à ce gouvernement de Dieu. Et si nous nous y soumettons, il y a des promesses. La grâce de Dieu pourra abonder encore.
Nous avons un exemple de cela dans le livre de Ruth. Il y avait la famine en Israël. Il peut arriver qu’on éteigne l’Esprit – on trouve à la fin de la 1ère épître aux Thessaloniciens, qu’on méprise les prophéties (5. 19). Il n’y a pas ce qu’on veut dans l’assemblée. Eh bien, on va aller ailleurs, on va chercher ailleurs, mais loin du Seigneur. Et le résultat que cela donne c’est une profonde misère qui est tombée sur le mari et ses deux fils, et seule la maman a fini par revenir à elle ; et le fait qu’elle revienne a touché sa belle-fille. Et voilà que les deux sont montées, et ont découvert en Israël un homme puissant et riche, un ami de son mari – une image merveilleuse du Seigneur Jésus, celui vers lequel elles auraient dû aller dès le début.
Élimélec, le père de cette famille, avait pris une mauvaise décision, comme aussi les responsables du peuple ici. Au verset 32, il est parlé de plusieurs groupes : « Nous, nos rois, nos princes, et nos sacrificateurs, et nos prophètes, et nos pères, et tout ton peuple » (Du plus responsable au moins responsable).
Et au verset 34, nous trouvons la raison : ils « n’ont pas pratiqué ta loi » – qu’ils connaissaient ; ils « n’ont pas été attentifs à tes commandements et à tes témoignages » – qu’ils connaissaient. Mais ils ne voulaient pas faire ce qu’ils connaissaient, et c’est très triste quand il y a des responsables du peuple de Dieu qui ne font pas ce qu’il faut faire. À Jizreël, il y avait des nobles qui ont reçu une lettre de Jézabel, et ils ont agi contre leur connaissance, ils ont agi contre la pensée de Dieu. Mais je veux souligner un groupe spécialement ici : « et tout le peuple ».
À Jizreël, les responsables n’étaient plus dans le bon chemin, et le peuple non plus, parce qu’ils avaient mis Naboth en tête du peuple, et personne n’a dit qu’il n’avait jamais maudit le roi et dit quelque chose contre Dieu (1 Rois 21. 5 à 14). Alors, si jamais les responsables du peuple de Dieu, par exemple dans une assemblée locale, ne sont plus dans le bon chemin, il est possible que tout le peuple doive se sentir responsable. Tout le peuple, ce sont les jeunes, les sœurs. Il y en a beaucoup dans le peuple qui n’ont pas une place de responsabilité, disons comme ici les rois, les princes, les pères.
Mais si jamais ces gens responsables n’agissent pas selon leurs responsabilités, c’est chacun qui a la responsabilité d’agir selon les pensées de Dieu, et selon la loi et les commandements, selon les témoignages. Si jamais ceux qui sont vraiment responsables, les anciens, les nobles, ne prennent pas leur position, n’agissent pas selon leur responsabilité, tout le peuple est responsable. Comme c’est important de connaître la Parole de Dieu ! Et c’est très important aussi pour les jeunes, pour les sœurs, pour chacun de nous. Il faut lire la Parole de Dieu, il faut l’étudier, il faut l’appliquer.
Ce qui était vrai pour le peuple d’Israël à savoir la responsabilité du peuple, est aussi vrai pour nous. Les chapitres 2 et 3 de l’Apocalypse, les lettres adressées aux sept assemblées nous en parlent aussi. Elles commencent par : « À l’ange de l’assemblée qui est à Éphèse, Smyrne », etc. mais ces lettres se terminent toujours par : « Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées ».
Nous sommes chacun responsable d’écouter ce que l’Esprit dit aux assemblées, et on a insisté déjà sur ce que signifie écouter, n’est-ce pas ? Cela ne signifie pas seulement entendre – et on serait tenté de dire : et puis ça glisse ; mais faire attention pour retenir ce qui est dit pour le mettre en pratique.
Au verset 35, nous avons vu que le peuple a reconnu : « Et ils ne t’ont pas servi dans leur royaume ». Je le relie au verset 36 : « Voici, nous sommes aujourd’hui serviteurs ; et quant au pays que tu donnas à nos pères pour qu’ils en mangent le fruit et les bons produits, voici, nous y sommes serviteurs ». Ils n’ont pas voulu servir, ils ne L’ont pas servi, et voici ils sont serviteurs.
Quand on ne sert pas le Seigneur, on devient serviteur de quelqu’un d’autre. C’est une vérité qui s’y trouve aussi. Est-ce que nous avons envie de servir le Seigneur, est-ce que nous aimons vraiment servir notre Seigneur ? Nous L’aimons, chers amis, et Il nous a aimés le premier (1 Jean 4. 19).
Nous connaissons son amour, et plus nous connaissons et plus nous vivons dans l’éclat de son amour, plus nous allons L’aimer. Et plus nous L’aimons, plus nous avons le désir de Le servir, de Le suivre, et d’être des chrétiens, des esclaves, des serviteurs du Seigneur, qui ont le désir qu’un jour Il puisse nous dire, qu’Il puisse te dire : « Bien, bon et fidèle esclave ; tu as été fidèle en ce qui est peu, je t’établirai sur beaucoup ». Et surtout cette autre phrase : « Entre dans la joie de ton maître » (Mat. 25. 21 et 23).
Quelle récompense pour quelqu’un qui a servi en fidélité, dans la capacité que le Seigneur donne. Il donne différentes capacités. Il ne s’agit pas de grandes œuvres, il s’agit de fidélité. Si nous, les grands comme les petits, nous sommes fidèles dans les petites choses, quelle récompense que la joie du Maître !
Nous allons continuer avec quelques premières rencontres avec Jésus.
Pensons à « Nicodème, un chef des Juifs. Celui-ci vint à Jésus de nuit » (Jean 3. 1). C’est à lui que Jésus dit cette parole qui résume toute la Bible : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’il juge le monde, mais afin que le monde soit sauvé par lui » (Jean 3. 16 et 17). Le plus beau, le plus grand, le plus universel message de salut, de paix, d’amour.
Et que dire de la dernière « rencontre » de Nicodème avec celui qui est devenu son Sauveur ? Lisons Jean 19. 38 à 42 : « Or, après cela, Joseph d’Arimathée… Nicodème aussi… apportant un mélange de myrrhe et d’aloès, d’environ 100 livres. Ils prirent le corps de Jésus et l’enveloppèrent de linges, avec les aromates, comme les Juifs ont coutume d’ensevelir. Or il y avait un jardin, au lieu où il avait été crucifié, et dans le jardin, un tombeau neuf dans lequel personne n’avait jamais été déposé. Ils déposèrent donc Jésus là ». Deux disciples au début « en secret », mais qui à ce moment fort prennent parti pour le Seigneur et s’occupent de son ensevelissement. Un moment plein d’émotion !
À la naissance du Seigneur, il y a cette rencontre inoubliable entre les bergers et le petit enfant Jésus : « Ils partirent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. Quand ils l’eurent vu, ils divulguèrent la parole qui leur avait été dite concernant ce petit enfant » (Luc 2. 16 et 17). Ils n’ont certainement jamais oublié cette nuit où ils ont vu le Sauveur du monde.
Un petit peu plus tard, autre merveilleuse rencontre pour « Siméon ; cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait été averti divinement, par l’Esprit Saint, qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. Et il vint au temple, conduit par l’Esprit ; au moment où les parents apportaient le petit enfant Jésus pour faire à son égard selon l’usage de la Loi, il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : - Maintenant, Seigneur, tu laisses aller ton esclave en paix, selon ta parole ; car mes yeux ont vu ton salut » (Luc 2. 25 à 30).
Nicodème a porté le Seigneur sans vie, Siméon porte avec émotion dans ses bras ce nouveau-né, « celui qui naîtra, saint, sera appelé Fils de Dieu » (Luc 1. 35). C’était l’attente de sa vie, l’accomplissement de son espérance, sa joie ultime !
Mettons-nous à sa place, lorsqu’il a reçu la promesse divine de voir le Messie ; chaque jour il devait se dire « est-ce aujourd’hui ? ». Ses jours et ses nuits étaient sans doute rythmées par cette bienheureuse attente.
Et nous chers frères et sœurs, attendons-nous chaque jour, avec joie, la venue de notre Seigneur pour nous introduire dans le ciel ? En nous réveillant le matin, avons-nous cette même attente : « peut-être aujourd’hui ? » Ne sera-ce pas, alors, notre plus formidable rencontre, et qui n’aura jamais de fin ?
Quelle a été la rencontre suivante ? « Il y avait aussi Anne… veuve parvenue à l’âge de 84 ans -, elle ne quittait pas le temple, servant [Dieu] en jeûnes et en prières, nuit et jour. Arrivée elle aussi à ce moment-là, elle louait le Seigneur, et parlait de lui à tous ceux qui, à Jérusalem, attendaient la délivrance » (Luc 2. 36 à 38).
C’est à 84 ans, que cette veuve, toujours active pour parler du salut, et pour servir Dieu arrive fortuitement en même temps que l’enfant Jésus dans le temple. Quelle grâce de Dieu envers cette croyante fidèle, quel bonheur pour elle !
Quelques temps plus tard, il y aura la rencontre des mages venus d’Orient avec Jésus : « Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Une fois entrés dans la maison, ils virent le petit enfant avec Marie sa mère ; alors, se prosternant, ils lui rendirent hommage ; ils ouvrirent leurs trésors et lui offrirent des dons : de l’or, de l’encens et de la myrrhe » (Mat. 2. 10 et 11). Ces mages, qui avaient fait un voyage de plusieurs mois pour voir le roi des Juifs qui a été mis au monde, dirent : « – Où est le roi des Juifs qui a été mis au monde ? Car nous avons vu son étoile en orient et nous sommes venus lui rendre hommage » (Mat. 2. 2) et pour l’adorer. La joie remplissait leur cœur.
Mais il y a eu un homme, qui après avoir passé un moment avec Jésus, s’en est retourné tout triste. Lisons ce récit dans Marc 10. 17 à 22. « un homme accourut et, se jetant à genoux devant lui, lui demanda : - Bon maître, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle ?… Tu connais les commandements : Ne tue pas ; ne commets pas d’adultère ; ne vole pas… Il lui répondit : - Maître, j’ai gardé tout cela dès ma jeunesse. Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : - Une chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; et viens, suis-moi, ayant chargé la croix. Et lui, consterné par cette parole, s’en alla tout triste, car il possédait de grands biens ».
Pauvre, pauvre jeune homme qui n’a pas croisé ce regard plein d’amour dirigé sur lui ! Il est reparti avec ses richesses, mais dans la tristesse. Il a préféré garder ses richesses terrestres plutôt que s’acquérir un trésor dans le ciel.
Des adultes ont, un jour, fait la rencontre d’un garçon très particulier, « assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses ». Il était âgé de douze ans, et « avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes » (Luc 2. 46 à 52).
Plus tard, ceux qui l’écoutaient « s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche ». « Ils étaient frappés par son enseignement » (Luc 4. 22), « parce qu’il parlait avec autorité » (v. 32). « Et la grande foule prenait plaisir à l’entendre » (Marc 12. 37).
Des rencontres qui marquaient son auditoire, rien que par ses paroles.
Rappelons-nous cette rencontre entre Jésus et une femme, qui a bouleversé tout un village. Tout est paradoxal dans cette rencontre. C’est près d’un puits éloigné du village, sur le temps de la chaleur ! « C’était environ la sixième heure. Une femme de la Samarie vient pour puiser de l’eau. Jésus lui dit : - Donne-moi à boire. (Car ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres). La Samaritaine lui dit alors : - Comment ? Toi qui es Juif, tu me demandes à boire, à moi qui suis une Samaritaine ? (Car les Juifs n’ont pas de relations avec les Samaritains). Jésus lui répondit : - Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. La femme lui dit : Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond ; d’où as-tu donc cette eau vive ? Es-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné le puits et qui lui-même en a bu, ainsi que ses fils et son bétail ? Jésus répondit et lui dit : - Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif ; celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif, à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle. La femme lui dit : – Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie pas soif et que je ne vienne pas ici pour puiser. Jésus lui dit : – Va, appelle ton mari et viens ici. La femme lui répondit : – Je n’ai pas de mari. Jésus lui dit : – Tu as bien dit : Je n’ai pas de mari ; car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; en cela tu as dit vrai » (Jean 4. 6 à 18). Le Seigneur est fatigué, il a faim, il a soif. Il s’adresse à une femme, en plus une Samaritaine et par-dessus tout avec quelqu’un vivant dans le péché.
Et comble de cette scène surréaliste, il lui communique trois informations d’une portée profonde et universelle. La première concerne le salut, pour elle et pour tous les hommes : « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif, à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle » (v. 14).
La deuxième évoque le sujet si élevé de l’adoration, qui nous concerne tous encore maintenant : « Mais l’heure vient, et c’est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car aussi le Père en cherche de tels qui l’adorent. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité » (v. 23).
Et la troisième, c’est lorsqu’elle apprend que le Messie qui est appelé le Christ, est devant elle (« Jésus lui dit : - Je le suis, moi qui te parle » (v. 26).
Tout est hors-norme dans cette scène. Mais le récit ne s’arrête pas là.
« Alors la femme laissa sa cruche et revint à la ville ; elle dit aux gens : – Venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; celui-ci n’est-il pas le Christ ? Ils sortirent de la ville et venaient vers lui » (v. 28 à 30). Elle, qui avait une vie déréglée, qui fuyait la compagnie des villageois, sans doute honteuse de sa vie, retourne en hâte au village pour parler de Jésus afin qu’ils puissent aussi profiter de son message. Quel est le résultat : « Beaucoup de Samaritains de cette ville-là crurent en lui, à cause de la parole de la femme qui avait rendu témoignage » (v. 39). Quel retournement de situation pour cette femme et quelle transformation pour les gens du village ! Et à leur demande, il demeura là deux jours. Deux journées merveilleuses pour ces Samaritains, qui à la base, n’avaient pas part aux bénédictions du peuple juif. « Beaucoup plus de gens crurent à cause de sa parole ; ils disaient à la femme : – Ce n’est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons ; car nous-mêmes nous [l’]avons entendu, et nous savons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde » (v. 41 et 42).
Combien la sollicitude, le dévouement, la patience et l’amour du Fils de Dieu pour sa créature déchue sont grands et magnifiques !
Les évangiles regorgent de rencontres particulières avec le Sauveur, toutes extraordinaires. Pensons au petit garçon qui a vu ses 5 pains et 2 poissons se multiplier à l’infini dans les mains de Jésus, et à la foule nourrie avec abondance, loin de tout magasin (Jean 6) ; à l’homme qui avait la main desséchée et qui a été guéri un jour de sabbat (Marc 3) ; au couple de mariés et à leurs invités qui ont vu de l’eau se transformer en un vin excellent (Jean 2) ; au petit enfant qui s’est retrouvé entre les bras du Messie (Marc 9) ; à la belle-mère de Simon Pierre qui a vu le Seigneur à son chevet lui prendre la main et la guérir de sa fièvre (Marc 1)… etc. Lisons, pour terminer, Luc 17. 12 à 19 : « Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre… ils élevèrent la voix en disant : – Jésus, maître, aie pitié de nous ! … Et il arriva qu’en chemin ils furent rendus nets. Mais l’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas en glorifiant Dieu à haute voix ; puis il se jeta sur sa face aux pieds de Jésus, en lui rendant grâces. Et c’était un Samaritain. Jésus répondit : – Les dix n’ont-ils pas été rendus nets ? Et les neuf, où sont-ils ? Il ne s’en est pas trouvé pour revenir donner gloire à Dieu, si ce n’est cet étranger. Alors il lui dit : – Lève-toi et va ; ta foi t’a guéri ». Un seul revient pour rendre gloire à Dieu, et c’est un Samaritain. Bien-aimés, montrons-nous notre reconnaissance envers notre Seigneur pour nous avoir sauvés et pour prendre soin de nous jours après jours ? Où sommes-nous relativement ingrats pour tant de sollicitudes ?
Nous avons le sentiment, n’est-ce pas chers frères et sœurs, chère jeunesse, que nous sommes ensemble dans la présence de Dieu. Et nous devons avoir devant nos yeux, ensemble, Celui par lequel Dieu s’est pleinement révélé à nos âmes.
Que les jambes de ceux qui seront appelés à se lever pour apporter quelque chose de la part du Seigneur puissent réellement trembler parce que nous sommes dans la présence de Dieu.
Ces paroles rappellent à nos cœurs les merveilles de la grâce de Dieu, et comment à l’outrage que nos propres cœurs peuvent exprimer face à tant de bénédictions, à tant de grâces, à tant de miséricordes, Dieu est là pour nous rappeler à l’ordre, pour parler à chacun de nous, pour nous éclairer, nous fortifier, et nous donner quelque chose qui sera réellement pour notre édification.
Ayons l’assurance que, si nous réalisons que Dieu est là, Il ne peut pas ne pas répondre aux prières instantes qui montent devant le trône de la grâce.
Qu’en vérité, Christ soit placé au centre de notre vie ! Qu’est-ce qui compte ? La gloire de Christ. Qu’est-ce qui doit réellement compter ? La joie de Christ. Qu’ensemble, à travers nos vases de terre remplis d’infirmité, nous puissions, par les secours de l’Esprit, entrer quelque peu dans l’intelligence des choses qui nous sont si richement révélées dans cette Parole que nous avons entre les mains.
Nous prions d’une manière particulière pour toute cette jeunesse qui monte après nous ; et c’est une joie pour nos cœurs de voir tant de jeunesse, tant d’enfants qui sont là encore pour écouter la Parole de Dieu.
L’Esprit est là, et la Parole encore aujourd’hui pour nous dire à chacun et [à tous] ensemble : « Voici le chemin, marchez-y » (És. 30. 21).
Chère jeunesse, sachez une chose, que la réponse de Dieu aux prières qui sont montées pour vous spécialement, la réponse de Dieu, c’est Christ.
Il y a un petit mot qui nous frappe tous dans ce premier paragraphe, et c’est le petit mot « tu ». « Tu les conduisis… Tu descendis… Tu parlas… Tu leur donnas… Tu leur fis connaître », etc. De qui est-il question dans toutes ces expressions ? De Dieu Lui-même, n’est-ce pas ?
Moïse, après le veau d’or, est à la brèche pour demander à Dieu de ne pas donner libre cours à sa colère. Non seulement cela, mais il Lui demande sa présence de façon instante, sa présence personnelle.
« [L’Éternel] dit : Ma face ira, et je te donnerai du repos. [Moïse] lui dit : Si ta face ne vient pas, ne nous fais pas monter d’ici ; car à quoi saura-t-on que j’ai trouvé grâce à tes yeux, moi et ton peuple ? Ne sera-ce pas en ce que tu marcheras avec nous ? Ainsi, moi et ton peuple, nous serons séparés de tout peuple qui est sur la face de la terre » (Ex. 33. 14 à 16).
La façon dont Moïse s’adresse à Dieu est aussi bien remarquable, et nous devons prendre exemple sur lui. Il dit : « Ton peuple ». C’était après le veau d’or ciselé par Aaron lui-même. Moïse, connaissant le cœur de Dieu, ayant une communion habituelle avec son Dieu, Lui présente les choses de cette manière touchante. Il parle d’Israël qui venait de Le déshonorer encore une fois.
On vient de voir : « ils te firent de grands outrages », de grands outrages. Eh bien, il Lui dit : « Ton peuple ». Et c’est bien ainsi que nous Le connaissons. Malgré toutes nos défaillances, tout ce qui nous humilie, qui doit nous humilier devant Dieu, nous avons aussi à faire avec ses grandes compassions, comme nous venons de le lire. C’est ce que le Seigneur place devant nous parce que, on peut dire que dans notre vie personnelle comme actuellement croyants dans l’économie de la grâce, nous sommes aussi dans des relations similaires à celles qui sont ici, et même beaucoup plus bénies encore parce qu’elles sont toutes basées sur l’œuvre de Christ.
Le Seigneur nous arrête peut-être un petit peu sur cette pensée, sur ces « tu ». C’est à Lui que nous avons à faire, nous avons aussi à faire à notre Sauveur qui nous aime. Seulement évidemment, nous sentons tous que la grâce est une chose extrêmement précieuse, dont nous faisons l’expérience, mais nous devons veiller à ne pas agir de façon légère vis-à-vis de cette grâce.
Une prière que David fait : « Regarde s’il y a en moi quelque voie de malheur, et conduis-moi dans la voie éternelle » (Ps. 139. 24). Une « voie de malheur », une voie qui apporte de la peine, une voie qui mène dans la mauvaise direction, une voie qui fait de la peine à moi-même ; mais je crois que cela veut dire aussi une voie qui ferait de la peine au Seigneur.
Nous pouvons avoir des voies comme le peuple d’Israël, des voies qui apportent du chagrin, si j’ose dire ainsi, de la peine, de la tristesse pour le cœur de notre Seigneur.
Et il y a l’autre côté, « la voie éternelle ». Les voies éternelles ce ne peut être que les voies où le Seigneur marche devant nous, comme Il le dit d’ailleurs à plusieurs de ses disciples : « Toi », personnellement, « suis-moi ».
Alors nos regards seront vraiment dirigés sur Lui, fixés sur Lui, pour voir comment Il a marché, sa manière de marcher, tout son comportement quand Il était ici sur la terre, l’Homme parfait qui plaisait à Dieu. Voilà l’exemple, le grand exemple pour nous dans notre marche, mais aussi le but, le but que le Seigneur a pour nous.
Cela demande aussi cette dépendance, ces prières devant Lui, cette humilité devant Lui pour nous de ne pas savoir quelque chose, mais de demander que le Seigneur nous montre afin que nous apprenions vraiment de Lui.
Nous avons justement le Seigneur devant nous, et c’est quelque chose de très précieux de regarder à Lui. Cela ne paraît pas à première vue, quand nous relisons Néhémie 9, qu’il s’agit de suivre le Seigneur. Mais c’est exactement cela.
Si le peuple avait agi exactement comme Moïse l’aurait voulu, il aurait vraiment suivi l’Éternel. Que le Seigneur nous accorde de comprendre vraiment cela pour notre propre cœur. C’est d’abord quelque chose de tout à fait personnel. Encore une fois, « regarde s’il y a en moi quelque voie de malheur, et conduis-moi dans la voie éternelle ».
Le grand sujet de ce livre est en particulier la construction de la muraille, et l’introduction de ces quelques rachetés dans cette ville de Jérusalem.
Les chapitres 8, 9 et 10 de Néhémie sont une sorte de parenthèse à l’intérieur de ce livre dans laquelle l’état moral de ces quelques croyants est présenté. Et cela place devant nous le fait qu’aux yeux de Dieu tout est important.
Nous devons veiller sur tout ce qui concerne notre vie, aussi bien dans ce qui est extérieur que dans ce qui est intérieur. Et s’il y a une nécessité d’avoir une séparation complète, totale du monde, s’il doit y avoir cette proximité près du Seigneur, tout ceci dépend de l’état moral de nos cœurs.
L’ensemble de cela constitue nos relations intérieures avec le Seigneur Jésus. Et c’est sûrement ce qui est le plus important pour nous dans nos vies, nos relations, notre relation avec le Seigneur Jésus. Le connaître, jouir de ce qu’Il est, nous tenir près de Lui.
Dans ces trois chapitres, il est question d’abord [au chapitre 8] de la Loi, la Parole ; au chapitre 9, de l’humiliation, la confession, la prière ; et au chapitre 10, l’alliance. Nous voyons que nous avons besoin de toutes ces ressources pour nous tenir près du Seigneur et Le laisser agir dans nos cœurs, pour qu’Il puisse nous éclairer, nous révéler sa pensée, nous montrer ce qu’il y a dans nos cœurs.
Quand nous considérons ce chapitre 9, nous sommes frappés de voir qu’il s’agit d’une prière qui commence par la louange, une prière qui est présentée par huit lévites.
Quand nous nous souvenons du nombre de lévites qui étaient présents du temps de Salomon, nous sommes frappés de voir comment on est passé de 74 000 lévites à 8 à ce moment-là. Et cela nous parle du temps des petites choses dans lequel nous sommes aujourd’hui.
Mais pour autant, ce n’est pas parce que nous sommes passés dans un temps de petites choses que nous ne pouvons pas marcher dans la fidélité et l’obéissance à la Parole. Et nous avons à nous encourager sur le fait que Christ doit être au centre de cette journée, au centre de nos vies.
C’est bien là ce qui nous encourage dans un temps de petites choses, « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20). Et, malgré la faiblesse, malgré la ruine dans laquelle nous pouvons nous trouver, nous pouvons aujourd’hui goûter et réaliser les enseignements de la Parole qui demeure la même, qui ne varie pas, qui ne change pas comme en un temps où l’apparence extérieure devait être la plus grande.
Que nous ne nous laissions pas décourager par toute la misère, la faiblesse, par toutes les petitesses qui sont les nôtres ; mais regardons au Seigneur. Il est, Lui, toute notre ressource, toute notre force en tout le temps.
Pourquoi aller au Seigneur, et pourquoi suivre le Seigneur ? C’est tout simple. C’est ce qui est indiqué au verset 7 : « Tu es le Même ».
Nous avons vu combien nous sommes fluctuants, et nous savons bien que le monde dans lequel nous sommes est extrêmement fluctuant. De nos jours, il vacille. Qu’est-ce que Dieu rappelle ? Qu’est-ce qui est rappelé à nos cœurs aujourd’hui ? Toi, « tu es le Même ».
Dans la note, il est fait référence à Deutéronome 32, au Psaume 102, à Ésaïe 41 ; et jusqu’au dernier livre dans l’Apocalypse, le Seigneur se présente toujours ainsi, Il est le Même. Alors, c’est notre sûr fondement, c’est le rocher sur lequel nous sommes maintenant établis. Nous avons été tirés hors d’un bourbier fangeux pour être mis sur le rocher, le rocher qui est le Seigneur Lui-même. « Tu es le même ».
Dieu, le « Tout-puissant (El Shaddaï) » s’est révélé à Abram et son nom a été changé – de Abram – « père élevé », à Abraham – père d’une multitude » (Gen. 17. 5). Il était voué à la mort et il est devenu vivant pour l’éternité ; il est le père des croyants. C’est cette même grâce qui est annoncée aujourd’hui pour tous ceux qui croient.
On a alors parlé de ce qui est présenté aux jeunes et à chacun de nous, Christ, le Même. Voulez-vous un abri sûr, une ferme assurance ? Voulez-vous une espérance certaine ? Allez à Jésus. On a parlé des jours agréables, des bons jours. On a parlé des jours mauvais. Qui est-ce qui va nous conduire à travers tout ce chemin sûrement, pour que nous ne déviions pas, pour que nous ne nous éloignions pas, et pour que nous soyons guidés sûrement jusqu’à la fin ?
Prenez la main du Seigneur Jésus. Comment allons-nous arriver ? Qui sera là ? Qui va venir nous chercher ? C’est le Seigneur Jésus Lui-même. Alors, c’est bien à Lui qu’il vaut la peine de venir.
Mais prenons garde à ce qui nous est dit. Il s’était révélé ainsi à Abraham qui avait eu ce cœur fidèle, décidé pour Lui. Il L’a suivi, il a quitté son pays, sa patrie, sa famille, et il est venu là où l’Éternel l’avait conduit, un pays dans lequel il y avait des ennemis, ne l’oublions pas et prenons-y garde. Et Il a accompli sa promesse, parce que ce que Dieu dit, Il l’accomplit. Ce ne sont pas des choses vagues, Il le fait, c’est avéré.
Ensuite quand ils sont descendus en Égypte, l’Éternel entendit leur cri et il est dit : « Tu savais qu’ils avaient agi avec fierté contre eux ». L’Éternel entendit cela et vint délivrer le peuple. Celui-ci en a-t-il tenu compte ? Mais on voit que le peuple a été tristement influencé par les choses [de l’Égypte] puisqu’il est dit plus loin : « ils agirent avec fierté… ils roidirent leur cou » (v. 29). Alors prenons garde ! Nous sommes avertis.
Tenons ferme le Seigneur Jésus, et Lui nous conduira sûrement. Que chacun de nous ici puisse s’attacher au Seigneur de tout son cœur, et Le suivre patiemment en attendant qu’Il vienne, et Il vient bientôt. Nous serons toujours avec Lui parce que Lui nous en a fait la promesse. « Jésus Christ est le Même, hier, et aujourd’hui, et éternellement » (Héb. 13. 8).
« Conduis-moi dans la voie éternelle » (Ps. 139. 24). Dieu avait donné à son peuple la nuée comme on le lit au verset 12.
« Le jour où le tabernacle fut dressé, la nuée couvrit le tabernacle de la tente du témoignage ; le soir elle fut sur le tabernacle comme l’apparence du feu, jusqu’au matin. Il en fut ainsi continuellement : la nuée le couvrait, et la nuit, elle avait l’apparence du feu.
Et chaque fois que la nuée s’élevait au-dessus de la tente, aussitôt les fils d’Israël partaient ; et à l’endroit où la nuée demeurait, là les fils d’Israël campaient.
Au commandement de l’Éternel, les fils d’Israël partaient, et au commandement de l’Éternel, ils campaient ; pendant tous les jours où la nuée demeurait sur le tabernacle, ils campaient. Si la nuée restait sur le tabernacle plusieurs jours, alors les fils d’Israël gardaient ce que l’Éternel leur avait donné à garder, et ne partaient pas.
S’il arrivait que la nuée s’arrête sur le tabernacle peu de jours, ils campaient au commandement de l’Éternel, et au commandement de l’Éternel, ils partaient. S’il arrivait que la nuée s’y arrête depuis le soir jusqu’au matin, et que la nuée s’élève le matin, alors ils partaient ; ou si, après un jour et une nuit, la nuée s’élevait, ils partaient ; ou si la nuée restait pendant deux jours, ou un mois, ou [beaucoup] de jours sur le tabernacle, pour y demeurer, les fils d’Israël campaient et ne partaient pas ; mais quand elle s’élevait, ils partaient » (Nomb. 9. 15 à 22).
On l’a rappelé, la nuée, c’est la présence de Dieu au milieu de son peuple. Elle nous parle de la dépendance ; et l’exemple suprême de la dépendance, c’est bien notre Seigneur Jésus. Nous Le suivons dans l’évangile, et nous voyons de quelle manière Il était aussi guidé dans la dépendance de son Dieu. Un exemple : quand on vient de Lui annoncer que Lazare son ami est malade, que fait-Il ? Il reste encore deux jours.
La nuée, quelques fois, demeurait deux jours. Il fallait regarder la nuée pour savoir ce qu’il fallait faire. L’exemple suprême, c’est le Seigneur Jésus. Il a dit une fois : « Il faut que je marche aujourd’hui et demain et le jour suivant » (Luc 13. 33). Que le Seigneur veuille dans sa grâce nous aider à rester près de Lui dans cette dépendance. On chante dans un cantique : « Conduis-moi par la main, soutenant ma faiblesse et mon pas incertain » (Hymnes et Cantiques n°92 strophe 4).
Alors cette dépendance, cela veut dire qu’on pose des questions : Qu’est-ce que je dois faire ? Est-ce que ce que je fais est bien selon la Parole ? Il y a des exemples très pratiques.
On a rencontré une fois une chrétienne sur notre chemin, et elle a dit : « Vous savez, quand je veux m’acheter un habit, je regarde, et il y a beaucoup de choses dans les vitrines qui peuvent me tenter. Alors je dis : Seigneur, cette robe, est-ce qu’elle te plaît ? Et puis, vous savez, quand je l’ai achetée, je suis heureuse. J’ai un cœur plein de paix, et je suis heureuse ».
Ce sont des détails et c’est dans les détails de la vie qu’on est dépendant du Seigneur. Bien sûr, il y a des choses plus importantes. Mais la vie de la foi est faite de détails. Si on n’est pas fidèle dans les petites choses, on ne le sera pas dans les grandes. Bien sûr vous allez dire qu’il y a des décisions plus importantes, de choisir un métier, de choisir un lieu [de résidence]. Seigneur, je dois choisir une maison, je souhaite être près des frères. Toutes ces questions sont là pour nous. Que le Seigneur nous aide à être vraiment dépendants de Lui pour sa gloire et pour notre propre bonheur.
Deux pensées : La première, en rapport avec cette nuée dont notre frère vient de nous parler. Quand est-ce qu’on trouve la nuée pour la première fois dans l’histoire du peuple d’Israël ? C’est après la pâque, à la sortie d’Égypte, au chapitre 13 de l’Exode où il est dit à la fin du chapitre au verset 21 : « Et l’Éternel allait devant eux, de jour dans une colonne de nuée pour les conduire par le chemin, et de nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu’ils marchent jour et nuit : la colonne de nuée ne se retira pas, le jour, ni la colonne de feu, la nuit, de devant le peuple » (v. 21 et 22).
Et cela a une instruction très importante pour nous. Quand le Seigneur veut-Il commencer à nous conduire ? C’est à partir du moment où nous Lui appartenons. La pâque nous parle de ce jour nouveau de la conversion, de ce jour où nous nous sommes tournés des ténèbres à la merveilleuse lumière de Dieu.
Eh bien, c’est à partir de ce jour-là que le Seigneur veut nous conduire par cette nuée qu’Il avait donnée aux fils d’Israël. C’est à partir de ce moment-là que le Seigneur veut nous conduire dans le chemin. Ce qui veut dire que c’est vrai pour tous ceux ici qui ont donné leur cœur au Seigneur Jésus, du plus jeune enfant au plus âgé d’entre nous. Et comment Dieu nous conduit-Il ? C’est la grâce de Dieu qui nous conduit.
Une remarque au sujet de notre lecture d’aujourd’hui. On a souligné que le peuple avait agi avec fierté. C’est dit deux fois, [une fois des Égyptiens, et une fois du peuple]. On peut remarquer aussi qu’il est dit deux fois qu’il a fait de grands outrages.
Il est parlé quatre fois des grandes compassions de Dieu : « Dans tes grandes compassions, tu ne les abandonnas pas » ; « selon tes grandes compassions tu leur accordas des sauveurs » ; « tu les délivras maintes fois, selon tes compassions » ; « Toutefois, dans tes grandes compassions, tu n’en finis pas avec eux » (v. 19, 27, 28 et 31).
Et si le côté de notre responsabilité nous est présenté à travers ce qu’a été la marche du peuple d’Israël, nous avons un autre côté à considérer : c’est le côté des compassions et de la grâce de Dieu, qui ont dépassé tous les manquements d’Israël ; et nous devons bien confesser aujourd’hui que la grâce de Dieu a dépassé tout ce qui a été marqué par notre infidélité dans notre marche. Cela ne nous autorise pas à marcher comme nous le voulons. Ne changeons pas la grâce de Dieu en dissolution.
Mais cela nous amène à nous rejeter, non pas sur nos propres forces, sur des engagements que nous pourrions prendre, mais sur la grâce de Dieu qui veut nous conduire. Ce verset a été cité déjà, ou dans une prière ou quand un frère s’est exprimé, « cette [grâce] dans laquelle vous êtes est la vraie grâce de Dieu » (1 Pier. 5. 12). Et c’est dans cette grâce seule que nous trouverons le secours pour être fidèle dans le chemin.
Ne cherchons pas le secours dans nos propres forces, nous ne l’y trouverons pas. La nuée est là pour nous conduire. Elle a été là du moment où nous nous sommes tournés vers le Seigneur, et c’était la grâce de Dieu qui les sortait de ce pays d’Égypte. C’est la grâce de Dieu qui veut nous conduire tout le long du chemin.
Lamentations de Jérémie 3. 22 à 24 : « Ce sont les bontés de l’Éternel que nous ne sommes pas consumés, car ses compassions ne cessent pas ; elles sont nouvelles chaque matin ; grande est ta fidélité ! L’Éternel est ma portion, dit mon âme ; c’est pourquoi j’espérerai en lui ».
Est-ce que nous discernons tout ce que renferme ce terme de compassions de Dieu ? La définition, c’est ce sentiment, ce caractère de Dieu qui entre dans toutes les souffrances et les misères que nous pouvons éprouver, Dieu qui veut partager toutes les souffrances que nous connaissons, et nous apporter le secours et les consolations dont nous avons besoin. Cela montre la grandeur de Dieu et ce que Dieu seul peut véritablement réaliser.
Et pensons à des expressions que nous avons dans les évangiles concernant la personne du Seigneur Jésus qui était « ému de compassion ». Quel cœur que celui du Seigneur Jésus marchant sur la terre, côtoyant tous ceux qu’Il rencontrait ; voyant toute la souffrance et la misère du monde, Il pouvait avoir pour chacun l’attitude et la parole qui convenaient.
Et c’est ce que Dieu veut encore manifester à l’égard de chacun de nous dans le temps présent. Nous ne devons pas nous y tromper : Dieu est plein de compassion, et nous pouvons reprendre cette expression d’Hébreux 4. 15 : « un souverain sacrificateur qui sympathise à nos infirmités ». Les compassions de Dieu s’adressent bien à nos infirmités, et à notre souffrance et à notre misère.
Mais concernant le péché, Dieu ne peut pas sympathiser ou avoir compassion pour le péché. Dieu a horreur du péché, et ce péché doit être ôté de devant la face de Dieu. Nous savons comment Dieu a opéré pour qu’il puisse être ôté de ses yeux qui sont trop purs pour voir le mal, si on peut dire, de cette vision du péché. C’est l’œuvre à la croix, c’est le sang versé par le Seigneur Jésus.
Aux versets 12 à 15, Dieu prend l’initiative. C’est quelque chose qui nous encourage parce que, dans le chemin, si nous n’avions pas Dieu, nous serions sans ressource et dans la détresse la plus grande. Mais Dieu, du haut du ciel, nous voit et Il pourvoit à tout. Il a fait descendre la nuée, la colonne de feu, et puis, un peu plus loin, il nous est dit : « Tu parlas avec eux depuis les cieux, et tu leur donnas des ordonnances droites et des lois de vérité, de bons statuts et [de bons] commandements » (v. 13).
Dieu nous conduit de différentes manières, et ici l’accent est mis sur cette voie de Dieu qui se manifeste par des lois, des statuts et des commandements. Aux jours d’aujourd’hui, si nous regardons autour de nous dans ce monde, des lois, des statuts, des ordonnances, il en existe ; et on ne peut pas vivre dans la société sans lois, sans commandements et sans ordonnances, et les hommes sont habiles pour les multiplier. Mais que valent ces lois, ces statuts et ces ordonnances par rapport à ces lois que Dieu nous donne ? Des lois de vérité, de bons statuts, de bons commandements.
Tout ce que Dieu dit, tout ce que Dieu donne est parfait et correspond à ce qu’Il est. Quand nous lisons ces versets, bien sûr nous pensons au Psaume 19 où nous retrouvons ces mêmes lois, statuts et ordonnances, et nous y retrouvons les caractères de ces ordonnances et les buts qu’ils peuvent opérer, produire dans chacun de nos cœurs. Psaume 19. 8 : « La loi de l’Éternel est parfaite, restaurant l’âme ».
Si nous avons besoin – et nous en avons tous besoin, à un moment ou à un autre de notre vie, d’avoir notre âme restaurée, c’est-à-dire en premier lieu de trouver le salut pour nos âmes, eh bien, comment notre âme peut-elle être restaurée si ce n’est par la loi de l’Éternel qui est parfaite par ce que Dieu nous dit, la manière dont Dieu nous dit ce qu’Il nous dit, ce que contient cette loi.
Cette loi est parfaite. Elle est là pour toucher notre conscience, toucher notre cœur, pour restaurer notre âme. Et sans doute, on peut aller plus loin. Nous comprenons bien que, quand nous sommes fatigués, lassés dans le chemin, qu’est-ce qui peut faire du bien à nos âmes, à nos cœurs si ce n’est la loi de l’Éternel, sa Parole qui est parfaite.
Et puis après la loi il est question des statuts et des bons commandements en Néhémie 9. Nous avons ici les ordonnances au Psaume 19. 9 : « Les préceptes de l’Éternel sont droits, réjouissant le cœur ». Voilà aussi ce dont nous avons besoin, que nos cœurs soient réjouis. Dieu veut toujours la joie dans nos cœurs, et cette joie ne peut pas être en nous-mêmes – en nous-mêmes il n’y a rien qui puisse satisfaire notre cœur. Notre cœur est froid et sec quand nous nous nourrissons de nous-mêmes ; mais quand nous nous nourrissons des ordonnances de l’Éternel, de ce que Dieu nous dit, alors la joie peut remplir nos cœurs.
Et puis toujours au verset 9 du Psaume 19, il est question du commandement : « Le commandement de l’Éternel est pur, illuminant les yeux ». Nous pouvons voir que dans toutes ces lois, ordonnances et commandements, nous avons les caractères de Dieu, les attributs de Dieu. Vérité, pureté, sainteté. Et le commandement de l’Éternel est pur, illuminant les yeux.
Par nous-mêmes, nous sommes aveugles, nous ne savons pas discerner, nous ne savons rien voir de ce qui est selon la pensée de Dieu. Mais quand nous nous laissons enseigner par le commandement de l’Éternel, alors nos yeux sont ouverts, ils sont éclairés, ils sont illuminés, et nous sommes amenés à voir toutes choses comme Dieu les voit.
Christ au centre de cette journée. Nous désirons revenir aux compassions du Seigneur par la lecture d’un verset dans l’évangile de Marc, au chapitre 6, au verset 34 : « En sortant, Jésus, vit une grande foule » (le Seigneur voit) ; « il fut ému de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger ; et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses ».
Le bon berger à qui le Père a ouvert la porte voit cette grande foule qui est sans berger. Il est le grand pasteur des brebis. Dieu nous L’a donné. Il a donné sa vie pour les brebis. Mais Il voit, Il apporte l’enseignement, un bon enseignement, de bons commandements.
Un serviteur de Dieu a dit, il y a deux siècles : « La sécurité du troupeau ne dépend pas des murs d’un bercail, mais des soins du berger ». Vous retenez cela ? Les soins du berger.
Alors, dans le cœur du Seigneur, il y a ses compassions, et nous pouvons bien Lui dire : Seigneur Jésus, toi tu as eu compassion de moi parce que par grâce je suis ta brebis – Il va après celle qui est perdue. Y a-t-il ici une âme perdue ? [Il va après celle qui est perdue] jusqu’à ce qu’Il l’ait trouvée. C’est le chemin de l’amour du berger. Et puis que fait-Il ? Vous êtes-vous trouvé un jour sur les épaules du bon berger ? Ah ! Aujourd’hui, Il vous cherche pour vous emmener au bon endroit, à sa bergerie. Non pas à celle des hommes, à la sienne.
Et puis, après avoir avec compassion vu qu’ils étaient sans berger, que fait-Il ? Il fait ce que nous recevons maintenant, bien-aimés, de sa part. Il enseigne beaucoup de choses. Oh ! Combien nous avons à Le remercier. Il parle à nos cœurs. Parle-t-Il à nos consciences de ce que sa grâce veut toujours nous ramener quand nous nous sommes égarés ? Voilà ses soins.
Et puis il y a aussi les soins des serviteurs que Dieu a donnés à son peuple dans des moments très difficiles. Et je pense à ce qui est dit de Samuel dans le premier livre de Samuel au chapitre 12. 22 et 23 : « Car l’Éternel, à cause de son grand nom, n’abandonnera pas son peuple, parce que l’Éternel s’est plu à faire de vous son peuple », il a déjà été rappelé « Ton peuple » comme dit Moïse à l’Éternel. « Quant à moi » voilà quelque chose dont quant à moi j’ai à tirer exemple, « Quant à moi aussi, loin de moi que je pèche contre l’Éternel, que je cesse de prier pour vous », la sollicitude pour les saints, la sollicitude dont était animé Paul pour toutes les assemblées. « Loin de moi que je cesse de prier pour vous », et voilà l’enseignement : « mais je vous enseignerai le bon » (nous avons trouvé ce qualificatif dans le paragraphe qui nous occupe) « et le droit chemin ».
Il n’y a pas d’autre chemin. Le Seigneur le dit de Lui-même : « Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie ; personne ne vient au Père si ce n’est par moi » (Jean 14. 6). Et dans le prophète Ésaïe, au chapitre 30, verset 21 : « que vous alliez à droite ou que vous alliez à gauche », cela peut arriver mais il y a un seul bon et droit chemin, « tes oreilles entendront une parole derrière toi, disant : Voici le chemin, marchez-y ».
Le cœur du Seigneur a toujours été plein d’amour pour nous, pauvres pécheurs. Mais aussi Il a été ému de compassion pour nous. Je voudrais lire un verset dans le livre de Ruth. Ruth, au premier chapitre verset 19 : « Elles marchèrent les deux jusqu’à ce qu’elles arrivent à Bethléhem. Comme elles entraient dans Bethléhem, toute la ville s’émut à leur sujet ; et les [femmes] disaient : Est-ce là Naomi ? »
Là, ce sont Naomi et Ruth qui entrent dans la ville de Bethléhem, et toute la ville a été émue. Cela ne parle-t-il pas ? Quand nous voyons un frère, une sœur, dans les épreuves, est-ce que nous, ses frères et sœurs, nous sommes émus pour ce frère, pour cette sœur ?
Est-ce que nous agissons comme le Seigneur agissait vis-à-vis des âmes ? Prenons garde à cela ! Pourquoi parfois n’y a-t-il pas de restauration chez notre frère ou notre sœur ? C’est parce qu’on a manqué d’amour dans le cœur pour notre frère et notre sœur. Prenons garde parce que ce n’est pas la meilleure parole qui puisse réjouir le Seigneur. Ce sont nos actes, notre marche avec Lui.
Lorsque Marthe et Marie avaient dit au Seigneur : Celui que tu aimes est malade, le Seigneur est resté deux jours. Le Seigneur n’aimait-Il pas les sœurs ? Il nous est dit qu’Il aimait Marthe, et Marie, et Lazare. Il est resté deux jours là où Il était. Pourquoi ? Cela a été dit, mais s’Il était venu de suite, Il aurait guéri un malade. Il est resté deux jours, et Il a ressuscité un mort.
Comme Il a fait pour nous parce que nous étions morts dans nos fautes et dans nos péchés. Suivons le Seigneur de près pour que nos pas soient à sa gloire, et pour que nous puissions agir toujours par Lui. Soyons aussi prudents, n’agissons pas pour notre propre compte et soyons toujours attentifs à la voix du Seigneur.
Je voudrais revenir à quelque chose que notre frère a dit tout à l’heure concernant les commandements, les bons commandements, les ordonnances et puis aussi les statuts. Peut-être quelques détails concernant cette expression que nous trouvons ici au verset 13 : « Tu leur donnas des ordonnances droites et des lois de vérité, de bons statuts et [de bons] commandements ».
Les statuts, cela veut dire que Dieu avait donné des enseignements pour la vie que le peuple d’Israël devait mener ensemble. C’était l’ordre dans lequel ils devaient vivre. Les statuts, on entend encore cette expression pour décrire les devoirs les uns envers les autres, dans une association par exemple ; quels sont les droits, quels sont les devoirs de chacun. Si Dieu nous donne des statuts, c’est pour nous montrer comment nous devons nous comporter les uns envers les autres.
Dieu avait fait cela dans l’Ancien Testament. Nous trouvons ces expressions, par exemple, pour les parents : le père avait des devoirs à accomplir. Si ton fils demande, tu vas répondre, tu vas lui expliquer, lui dire comment Dieu a agi dans telle et telle situation. Donc c’était des choses importantes à communiquer aussi au fils. Aussi concernant la vie dans la famille, la vie aussi avec les différents services à accomplir.
Mais nous pouvons aussi appliquer cela à nos jours. N’avons-nous pas aussi des statuts que Dieu nous donne ? Des bons statuts qui servent non seulement à ce qu’il y ait de l’ordre dans les familles, dans l’assemblée, mais qu’il y ait aussi de la joie, de la paix. Parce que, si dans une famille il y a cet ordre selon Dieu, il y aura aussi la paix dans la famille, il y aura la joie parce que tous chercheront à avoir communion avec le Seigneur.
Il est intéressant de voir que, dans l’épître aux Éphésiens, l’apôtre Paul parle aux enfants : « Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car cela est juste » (Éph. 6. 1). De nouveau le regard est dirigé vers le Seigneur aussi quant à l’obéissance des enfants envers les parents.
Deuxièmement, « Et vous, pères, n’irritez pas vos enfants, mais élevez-les dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur » (6. 4). C’est-à-dire que la pensée est aussi dirigée vers le Seigneur. Donc, il faut regarder au Seigneur aussi quant à ces statuts, cette vie ensemble.
N’est-ce pas que c’est très important pour nous – je parle maintenant comme père ou grand-père. Est-ce que ce n’est pas important pour nous d’être vraiment en cela des exemples, des modèles aussi pour nos enfants, afin que nous ne parlions pas seulement, mais que nous agissions aussi selon ce que les statuts de notre Seigneur nous disent. Le Seigneur aime vraiment que nous soyons à notre place chacun, les pères, les mères, les enfants, les maris envers les épouses, les épouses à la bonne place qu’il faut, les maris aussi qui aiment leurs épouses, ayant égard à elles.
L’ensemble de tout cela constitue les statuts. Nous ne répondons pas que ce sont les détails, n’est-ce pas ? Notre frère vient de parler de petits détails mais qui ont leur importance. On s’étonne de l’importance qu’ils ont, ces détails. Si moi je n’agis pas bien avec ma femme comme le Seigneur me le demande, n’est-ce pas que cela peut provoquer quelque chose chez elle, et non pas seulement chez elle mais chez mes enfants qui regardent et qui voient comment je me comporte avec leur mère, et puis il y a du désordre qui en résulte.
Et puis, pour finir il y a même des situations qui provoquent alors une rupture dans la famille. Chers amis, les petits détails dans les statuts que l’Éternel a donnés, que notre Seigneur nous a donnés, sont de toute importance. Le peuple a failli dans tous ces détails concernant ces statuts. On peut le voir aussi dans la vie, quand on voit comment ils se sont comportés les uns avec les autres. De petits détails mais qui ont de grandes conséquences. Ils amènent ici le peuple à confesser que Dieu leur avait donné vraiment de bons statuts et de bons commandements, et ils ne les ont pas observés. Chers amis, nous avons de bons commandements, et nous avons un Seigneur qui est vraiment bon. Nous avons besoin de nous rappeler vraiment tout cela.
Il y a un détail dans ce verset 13, qui souligne la différence dans la position dans laquelle nous sommes présentement par rapport au peuple d’Israël. Ce peuple a reçu cette loi, il s’est mis sous cette loi quand il a dit à Moïse : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons » (Ex. 19. 8 ; 24. 7). Le peuple s’était donc placé sur le terrain de sa responsabilité, pensant pouvoir glorifier Dieu par lui-même, par ses propres actions.
Néhémie 9. 13 : « Tu parlas avec eux depuis les cieux », et nous savons comment Dieu a donné cette loi à Moïse sur la montagne de Sinaï, depuis les cieux, cette loi qui a été donnée par l’intermédiaire de Moïse. Mais maintenant nous avons quelque chose de plus excellent qu’une loi donnée depuis les cieux : Jean 1. 14 : « Et la Parole devint chair, et habita au milieu de nous ».
Cette loi donnée a manifesté ce qu’est le cœur de l’homme à travers le peuple d’Israël incapable d’accomplir la Loi. Et Dieu a eu compassion de nous. Il a envoyé son Fils unique dans le monde. « La Parole devint chair, et habita au milieu de nous ». Et si nous lisons un peu plus loin, il est dit : « La Loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ » (1. 17).
Et il est remarquable que ces statuts qui avaient été donnés pour régler la vie du peuple d’Israël demeurent, puisque nous avons lu tout à l’heure en Éphésiens 6 ces enseignements concernant la vie de famille, et particulièrement les relations entre enfants et parents ; dans le chapitre 5 nous voyons ce qui doit concerner les relations entre maris et femmes.
Mais nous sommes appelés à les vivre sur un terrain autre que le terrain d’ordonnances légales. Nous sommes appelés à les vivre en regardant au Seigneur comme on l’a souligné deux fois : « Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur », les instruire dans le Seigneur et regardant au Seigneur en comptant sur sa grâce pour nous donner les ressources, la force, pour réaliser pratiquement ces enseignements que la Parole nous donne. Les relations de famille n’ont pas changé entre ce qui était du temps de la loi et ce qui est maintenant. Mais les ressources sont là pour nous donner de le réaliser.
Le peuple a failli, il a montré ce qu’était son cœur. Nous devons bien nous aussi confesser que nous faillissons. Mais pourquoi faillissons-nous ? Eh bien parce que, au lieu de dépendre du Seigneur, de compter sur le Seigneur et sur la puissance de sa grâce, la puissance de son Esprit qui veut agir en nous, nous agissons selon nos propres pensées. Dieu avait parlé des cieux, maintenant Il est venu, Il nous a parlé dans [le] Fils (Héb. 1. 2). Il est venu sur la terre, et c’est la grande différence qu’il y a entre la dispensation de la loi dans laquelle le peuple se trouvait quand il a fait cette prière et la dispensation présente de la grâce dans laquelle nous sommes. Et en lisant ce chapitre, ne perdons pas de vue cette différence de dispensations.
Deutéronome 4. 7 et 8 : « Car quelle est la grande nation qui ait Dieu près d’elle, comme l’Éternel, notre Dieu, [est près de nous], dans tout ce pour quoi nous l’invoquons ? Et quelle est la grande nation qui ait des statuts et des ordonnances justes, comme toute cette loi que je mets aujourd’hui devant vous ? »
Peut-être que le peuple n’aimait pas les lois, les ordonnances, les statuts comme nous ne les aimons souvent pas nous-mêmes. Mais la base de tout ce que Dieu avait donné à son peuple, c’était l’amour de Dieu. Il avait choisi ce peuple, non pas parce qu’ils étaient meilleurs que les autres peuples, mais il est dit dans Deutéronome 7 verset 7 : « Ce n’est pas parce que vous étiez plus nombreux que tous les peuples, que l’Éternel s’est attaché à vous et vous a choisis ; car vous êtes le plus petit de tous les peuples ; mais parce que l’Éternel vous a aimés et parce qu’il garde le serment qu’il a juré à vos pères », etc. (Deut. 7. 7…).
« Parce que l’Éternel vous a aimés », c’est pourquoi Il leur avait donné ces statuts, et ces ordonnances et ces lois. Et ne pouvons-nous pas dire que c’est aussi à cause de l’amour de Dieu qu’Il nous a donné sa Parole pour nous manifester ses pensées, pour nous montrer comment nous pouvons marcher pour notre bien et pour l’honneur du Seigneur et pour la gloire de notre Dieu ? Donc, il est important pour nous comme pour Israël de garder ce que Dieu nous a donné. Et c’est vraiment la seule possibilité pour marcher avec le Seigneur, fidèlement derrière Lui.
Au début de ce verset 14, il est parlé de « ton saint sabbat ». Le caractère que la Parole de Dieu donne au sabbat, il en ressort que nous ne sommes plus sous la loi en quelque sorte ; nous sommes dans la parenthèse de la grâce, dans une autre économie. Et nous savons qu’il y a aussi pour l’enfant de Dieu aujourd’hui, un jour qui devrait avoir tout son prix pour nos cœurs, c’est le premier jour de la semaine, et tout ce qu’il rappelle à nos cœurs, et aussi le moment où le Seigneur nous demande de nous souvenir de Lui, de ses souffrances, de sa mort, et aussi de sa résurrection.
Ce devrait avoir un prix tout particulier pour nos cœurs. Bien sûr, toute notre vie appartient au Seigneur, et chaque jour de la semaine aussi. Tout de même il est clair pour un cœur qui L’aime un peu, qui a été formé à cela, eh bien le premier jour de la semaine devrait avoir tout son prix.
« Tu leur fis connaître ton saint sabbat ». La pensée de Dieu est d’amener son peuple dans le repos. Et nous pensons à ce qui est dit de Dieu : « Il se reposera dans son amour » (Soph. 3. 17). Mais déjà sur la terre, nous pouvons goûter le repos justement en étant attachés à la Parole et en marchant selon ses ordonnances, ses statuts qui nous sont donnés.
Mais l’expression que nous avons là est particulière. C’est « ton saint sabbat ». Cela souligne que le repos ne peut être goûté que dans une marche de sainteté, de séparation pour Dieu. Si nous laissons le mal s’introduire, que ce soit dans nos vies personnelles, dans nos familles, encore plus dans l’assemblée, il ne peut pas y avoir de repos.
Et si nous marchons dans cette séparation du mal pour Dieu, dans la sainteté – il y a la sainteté de position – mais dans cette sainteté pratique dans laquelle nous sommes appelés à marcher, nous pourrons jouir, nous jouirons de ce repos. Cela ne voudra pas dire qu’il n’y aura pas des exercices, que Dieu ne placera pas des exercices devant nous, mais il y aura ce repos de ceux qui se confient dans le Seigneur et qui s’appliquent à marcher soigneusement selon les enseignements de la Parole.
Le Seigneur pouvait dire : « Venez à moi… et moi, je vous donnerai du repos…vous trouverez le repos de vos âmes » (Mat. 11. 28 et 29). On trouve aussi ce repos dans la marche, cette paix que le Seigneur a donnée à ses disciples : « Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix » (Jean 14. 27). Cette paix de ceux qui se reposent sur Lui, qui marchent aussi dans la séparation pour Lui. Ne perdons pas de vue ce que comporte cette expression : c’est le sabbat, mais c’est le saint sabbat.
Il y a, si nous pouvons employer ce mot, un premier repos à goûter. Où ? Et avec qui ? En Matthieu 11, de la terre, de la bouche du Seigneur, monte un chant de louange vers le Père. « En ce temps-là, Jésus, répondant dit : Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants » (Mat. 11. 25).
« Si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume de Dieu » (Mat. 18. 2). Acceptons ce bon conseil de la part du Seigneur. Suis-je prêt, et je me le dis à moi-même d’abord, à être comme un petit enfant ? Voilà. Il y en a plusieurs ce matin avec nous. Merci Seigneur que les parents les ont pris avec eux, et il y a une bénédiction pour eux, pour vous, parents et petits enfants. « Il bénira ceux qui craignent l’Éternel, les petits avec les grands » (Ps. 115. 13).
Alors après ce chant de louange qui monte de la terre où le Seigneur se tourne vers son Père, nous lisons au verset 28 : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi », non pas l’homme ni la religion, « je vous donnerai du repos ».
Et l’enseignement continue : « Prenez mon joug sur vous », le joug du Seigneur. Autrefois on labourait avec des animaux dont on ne se sert plus aujourd’hui. Nous savons que quand Élie a trouvé Élisée, celui-ci labourait son champ avec douze paires de bœufs. Pour porter un joug, il faut marcher côte à côte, sous le même joug. Seigneur, aide-moi comme un petit enfant, dans l’humilité qui ressemble à la tienne, à marcher à côté de toi.
« Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes » (v. 29), le repos qui suit le premier.
Et maintenant, revenons à un passage de Jérémie pour le repos dans la marche. Jérémie 6. 16 : « Ainsi dit l’Éternel : Tenez-vous sur les chemins, et regardez, et enquérez-vous au sujet des sentiers anciens, quelle est la bonne voie ; et marchez-y, et vous trouverez du repos pour vos âmes ». Nous rappelons à notre lecture et à celle de nos jeunes frères et sœurs une brochure de Jean Muller sur les sentiers anciens.
On a dit à juste titre qu’on n’aimait pas les ordonnances, les règles, les lois ; pourtant le sabbat, le repos, pourquoi Israël ne l’a pas respecté, et quelle en est l’application pour nous ?
Même quand le Seigneur était au milieu de son peuple, Il a été accusé de guérir le jour du sabbat, parce qu’ils étaient sans compassion pour ceux vers qui le Seigneur se tournait avec compassion. Mais Jésus est le Seigneur du sabbat. Où a-t-il passé le jour du sabbat ? Dans le tombeau.
Peut-être peut-on répondre à la question posée, par la lecture d’un verset dans le prophète Ésaïe au chapitre 58 et au verset 13 et 14 : « Si tu gardes ton pied de [profaner] le sabbat, de faire ce qui te plaît en mon saint jour, si tu appelles le sabbat [tes] délices, [et] honorable le saint [jour] de l’Éternel, si tu l’honores en t’abstenant de suivre tes propres chemins, de chercher ton plaisir et de dire des paroles [vaines], alors tu trouveras tes délices en l’Éternel, et je te ferai passer à cheval sur les lieux hauts de la terre, et je te nourrirai de l’héritage de Jacob, ton père : car la bouche de l’Éternel a parlé ».
Qu’est-ce que le peuple d’Israël a fait de ce jour du sabbat ? Eh bien, il a fait son plaisir au lieu de respecter ce que Dieu lui avait ordonné. Il a cherché, il a suivi ses propres chemins, il a cherché son plaisir puisqu’il est dit : « si tu appelles le sabbat [tes] délices, [et] honorable le saint [jour] de l’Éternel, si tu l’honores en t’abstenant de suivre tes propres chemins, de chercher ton plaisir et de dire des paroles [vaines] ».
Et effectivement, si ce peuple n’a pas joui de ses sabbats et si le pays non plus à cause de l’infidélité du peuple n’a pas joui de ses sabbats, c’est parce que le peuple a cherché son plaisir en ce jour-là. Il a voulu marcher dans ses propres chemins, il a dit des paroles vaines. Et cela souligne encore le fait que ce sabbat est appelé « saint ». Si nous voulons jouir de ce repos que Dieu donne, que Dieu veut donner à son peuple, il nous faut marcher dans la sainteté. Et cette sainteté exclut de rechercher ce qui nous plaît.
On pourrait noter que rechercher ce qui nous plaît, c’est présenté dans l’Écriture comme un des caractères de l’idolâtrie. Et peut-être qu’on le trouve dans ce verset cité en 1 Corinthiens 10 lorsqu’il est dit que le peuple, au sujet du veau d’or, « s’assit pour manger et pour boire, et ils se levèrent pour se divertir » (1 Cor. 10. 7 ; voir Ex. 32. 6). Ils ont cherché ce qui leur plaisait dans les choses de la vie.
Nous pouvons rechercher ce qui nous plaît ; et alors, si nous marchons dans nos propres chemins, c’est-à-dire selon l’imagination de nos cœurs – et cela ne veut pas dire que ce sont des choses mauvaises en soi mais qui ne sont pas caractérisées par la conduite de l’Esprit – nous perdrons ce repos que Dieu veut donner à son peuple.
C’est une chose que, malheureusement, on rencontre au milieu des saints. On entend dire des fois : je me plais là. Mais est-ce qu‘il y aura du repos si on cherche son plaisir ? Non, c’est ce que la Parole de Dieu dit. Et même le peuple de Dieu profanait le sabbat en recherchant son plaisir et en suivant ses propres chemins. Alors, que le Seigneur nous donne de peser, et nous le répétons encore, ce qu’il y a dans cette expression : « le saint sabbat », ce repos que Dieu veut donner à ceux qui marchent dans la séparation du mal, et donc dans l’obéissance à la Parole de Dieu.
Un verset clé en Exode 20 et au verset 11. Il est question justement du sabbat et il est parlé du repos de Dieu et il est dit : « Il s’est reposé le septième jour ; c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié ». Il l’a mis à part. C’est pourquoi le Seigneur voudrait qu’on ait un exercice similaire quant au premier jour de la semaine. C’est un jour où nous avons la joie et la part bénie de nous trouver dans la présence du Seigneur d’une façon toute particulière, et c’est aussi la joie de son cœur s’Il nous voit rechercher ces moments de communion avec Lui.
Soulignons cette signification du sabbat, la grandeur du sabbat. Cette pensée du sabbat, du repos, est une pensée qui traverse toute l’Écriture. Dès le début du livre de la Genèse, la création terminée, nous lisons en Genèse 2 au verset 2 : « Au septième jour, Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite ; Au septième jour, il se reposa de toute l’œuvre qu’il avait faite. Dieu bénit le septième jour et le sanctifia ; car en ce jour il se reposa de toute l’œuvre de création qu’il avait faite » (Gen. 2. 2 et 3).
Nous savons que tout ce que Dieu a fait, tout ce que Dieu fait est toujours bon, parfaitement bon. Dieu se reposa. Il y a cette pensée du repos qui est une pensée chère au cœur de Dieu. Et ce repos a été troublé par le péché de l’homme. Nous avons frustré Dieu de la jouissance de ce repos, et nous avons cette expression que le Seigneur a pu dire : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille » (Jean 5. 17). C’est le temps du travail de Dieu qui opère à la fois pour chercher des âmes et pour la bénédiction des siens.
Mais Dieu a toujours le dernier mot, et il arrivera un moment où ce verset de Sophonie 3. 17 s’accomplira : « Il se reposera dans son amour ». Et ce qui est magnifique c’est que, quand Dieu fait quelque chose, le résultat est encore plus brillant que ce qui est au commencement. Au commencement, Dieu a cette pensée du repos ; et à la fin, c’est non seulement la pensée du repos qui est pleinement manifesté, révélé, qui sera pleinement goûté par Dieu, mais encore « Il se reposera dans son amour ».
Voilà la merveille de la grâce de Dieu qui opère, et Dieu qui arrive toujours à son but. L’homme peut se manifester, mettre des obstacles, Dieu a toujours les ressources pour transformer ces obstacles en bénédiction. Et cela dirige non seulement nos regards vers la personne du Seigneur Jésus mais sur son œuvre accomplie à la croix.
Ne pas vouloir garder le sabbat, cela montre aussi qu’on ne voulait pas dépendre de Dieu. Lui donnait le sabbat, le jour de repos, où Il voulait bénir son peuple. Le peuple veut agir de lui-même, il veut faire quelque chose de soi-même, ne pas dépendre de Dieu. C’est aussi une grave faute de notre part si nous agissons de cette manière.
Si nous ne nous reposons pas, c’est qu’il y a quelque chose d’actif. Qu’est-ce qui est actif ? C’est la chair en nous. En Lévitique 13, qu’est-ce qui caractérisait la lèpre ? C’était de la chair vive, quelque chose d’actif, qui ne se repose pas, qui recherche toujours quelque chose, une chair qui n’est pas mortifiée. C’est pourquoi il est important que cette chair soit mortifiée afin de nous reposer en Dieu.
Rappelons la situation de ce peuple qui est maintenant ici dans ce pays. Un résidu qui est revenu, un résidu qui est encore sous la domination d’un jugement de la part de Dieu, qui avait encore les nations qui dominaient sur eux. Mais il y avait un résidu du peuple qui voulait encore se réunir là où l’Éternel avait promis d’habiter au milieu d’eux. Et maintenant ils étaient revenus, ils avaient construit l’autel. Ils étaient encore dispersés dans le pays, mais ils voulaient quand même avoir cette muraille.
Une fois que cette muraille a été construite, maintenant ils se rassemblent devant cette porte des eaux, autour de la Parole de Dieu. Avons-nous ce désir, même si nous sommes dispersés, même si nous sommes sous un jugement de Dieu, de nous rassembler autour de la Parole pour être nourris de cette Parole, pour être réconfortés par elle ?
Nous voyons les effets que cela produit. Une fois qu’ils ont lu la Parole, ils se soumettent à elle mais en même temps ils se réjouissent. Au début de ce chapitre, un quart du jour ils confessent leur péché, un autre quart du jour ils lisent la Parole. Maintenant ce sont les lévites qui prient, d’abord en rendant grâce pour ce que Dieu leur a encore permis. Est-ce que nous rendons grâce pour ce que Dieu nous permet encore, que nous pouvons être en liberté dans ce pays, que nous pouvons étudier la Parole, où nous pouvons nous réunir ensemble sans que personne ait quelque chose contre ? Nous devons rendre grâce tous les jours pour cette liberté.
Ils louent ce Dieu qui a créé les mondes, on le voit aussi dans ce chapitre qui commence. Louer ce Créateur pour toute cette nature qu’on voit maintenant – est-ce que c’est quelque chose qui nous rend joyeux tous les jours quand nous nous levons qu’il y a encore un nouveau jour de grâce, qu’il y a toute cette nature, qu’il y a au printemps toutes ces fleurs ? On loue le Créateur pour cela. Le remercions-nous pour tout ce qu’Il nous accorde chaque jour ?
Là, ils Le louent d’abord : « Toi, tu es le Même », Il tient encore tout dans ses mains, Il est le Créateur de tout ce qui est sur la terre et dans les mers, etc., « et c’est toi qui fais vivre toutes ces choses… Tu es le Même ». Il a choisi Abraham, Il nous a élus, Il nous a fait sortir de l’idolâtrie, du paganisme, et nous pouvons connaître Dieu. Lui sommes-nous reconnaissants pour tout cela ? Il nous a tirés du pays de l’esclavage, Il nous a tirés de l’Égypte.
Nous connaissons cet agneau de pâque qui est mort pour nous. Il nous a fait sortir et nous a conduits de l’autre côté de la mer Rouge. Nous sommes maintenant séparés du monde, l’ennemi est mort, et nous sommes là et Il est là au milieu de nous. Ils se rappellent de tout cela. Nous rappelons-nous de tout cela ? Nous rendons-nous compte de tout cela ? Rendons-nous grâces à Dieu le Père qui nous a donné tous ces dons ? Ou sommes-nous des chrétiens avec des visages ternes, et tout le monde qui nous voit, pense : avec celui-là je ne veux pas être.
Ils ne sont pas en témoignage pour un Dieu qui leur a tout donné, qui les bénit richement. Alors ici ils rendent grâces pour tout, ils se rappellent de toutes les bontés de Dieu, qui a fait une alliance et a donné un pays, un héritage. Nous sommes cohéritiers de Christ, bénis de toutes bénédictions spirituelles. Voulons-nous prendre possession de ce pays ? Ils sont retournés dans ce pays, ils voulaient de nouveau y vivre. Il y avait déjà nos ancêtres, nos pères qui en ont vraiment pris possession.
Maintenant nous, cette troisième ou quatrième génération, nous reposons-nous sur tout que nos pères nous ont acquis, comme sur un bon fauteuil pour s’asseoir dessus. Nous avons à prendre possession, l’acquérir de nouveau. Ils ont lu la Parole, ils ont voulu vraiment comprendre, les jeunes et les vieux ensembles, et on leur faisait comprendre ce qui était dans la Parole. C’est la raison pour laquelle nous sommes ici ensemble, pour comprendre ce qui est dans la Parole. Jeunes et vieux, voulons-nous vraiment comprendre ? Ou sommes-nous là parce que nos parents sont venus, parce que c’est beau d’être ensemble ? Ou voulons-nous être ici pour apprendre de la Parole ?
On voit ici que le peuple est vraiment là pour cela, pour apprendre, se soumettre. Et puis il est dit : « Tu les conduisis ». Nous rappelons-nous comment Dieu nous a conduits, comment Il était une nuée qui nous a protégés le jour, la nuit Il a éclairé le chemin. Il était avec nous. Nous rappelons-nous ? Je me rappelle comment Dieu m’a guidé, m’a conduit. C’est un miracle. Voyez-vous que c’est aussi un miracle, la manière dont Il vous a conduit, guidé, gardé du mal ? Oui, c’est vraiment un miracle.
Il nous a donné sa Parole, Il nous a fait comprendre sa volonté pour vraiment Le suivre selon elle. Voulons-nous vraiment comprendre sa volonté pour la mettre en pratique, la suivre ? Que ce soit vraiment notre désir. Maintenant Il nous parle du pain de vie, Il leur avait donné la manne, le pain qui descendait du ciel. Le Seigneur Jésus, comment Il a marché sur cette terre, est-ce que nous Le voyons comme cela, cette source d’eau qui venait du rocher ? Maintenant nous avons tout cela devant nous. Nous nourrissons-nous et nous rafraîchissons-nous de cela vraiment ?
Au verset 15, le peuple avait reçu la manne et ils avaient eu l’eau du rocher. Et je voudrais souligner encore un point dans ce verset 15 : « Et des cieux tu leur donnas du pain pour leur faim, et tu leur fis sortir du rocher de l’eau pour leur soif ». C’est des cieux que Dieu avait parlé à ce peuple, c’est des cieux qu’Il les nourrit. Ils n’ont pas été nourris par le fruit de leur travail, ils ont été nourris par la manne qui venait des cieux.
De la même manière, la nourriture spirituelle que nous recevons et qui est là pour nos cœurs, nos âmes, nous vient du ciel ; elle nous vient de Dieu. Alors Dieu emploie des instruments qu’Il qualifie pour cela. Mais tout ce qui est utile pour notre édification spirituelle nous vient du ciel, et est donné par des moyens spirituels par le Saint Esprit.
Et nous sommes invités à recevoir de la part de Dieu les enseignements qui nous sont donnés. Alors cela, bien sûr, nous fait trembler en le disant parce que nous nous posons cette question : en présentant la Parole, est-ce que nous sommes véritablement des canaux qui dispensent ce que Dieu veut donner à son peuple ?
Malgré cela, bien qu’en tremblant, nous disons que c’est de Dieu que nous devons recevoir la Parole. Nous pouvons citer à cet égard ce que nous trouvons à la fin de la première épître aux Thessaloniciens : « N’éteignez pas l’Esprit ; ne méprisez pas les prophéties, mais mettez tout à l’épreuve ; retenez ce qui est bon » (1 Thess. 5. 19 à 21).
Et il est clair que, lorsque la Parole est présentée, nous avons à examiner dans les Écritures (comme le faisaient les Béréens qui, lorsque l’apôtre les enseignait, examinaient dans les Écritures) si les choses étaient bien ainsi. Mais Dieu veut nous nourrir Lui-même par sa Parole.
Et puis, Il leur a donné de l’eau du rocher, et 1 Corinthiens 10. 4 nous dit que le Rocher est le Christ. Et ce qui rafraîchit le cœur, c’est la personne de Christ. C’est Christ qui rafraîchit le cœur des siens et qui rafraîchit son assemblée. Alors nous recevons l’eau du rocher, de la même manière que nous recevons du ciel la nourriture spirituelle dont nous avons besoin.
Comptons sur Dieu qui donnera, au moment convenable, le pain qui vient du ciel et l’eau qui coule du rocher.
Le rocher nous parle de Christ, mais le pain, la manne nous parlent de Christ également. C’est d’une part la Parole, mais d’autre part c’est Christ. Et ce qui est très beau ici, c’est qu’il est dit que du ciel Il leur donna le pain, du ciel est venu Celui que Dieu a donné, le Seigneur Jésus Christ, et c’est de Lui dont nous devons nous nourrir. « Tu leur donnas du pain pour leur faim ». Avons-nous faim ?
Avons-nous la bonne faim de Christ, d’apprendre de Lui, de Le connaître toujours mieux ? Voilà une faim qui plaît à Dieu, qu’Il veut assouvir, et Il le fera pour notre bien et pour notre croissance spirituelle, pour que nous soyons encore plus empreints des caractères du Seigneur Jésus Christ.
« Nos pères ont mangé la manne au désert, ainsi qu’il est écrit : « Il leur a donné à manger du pain venant du ciel » (Jean 6. 31, citation du Ps. 78. 24). « Jésus donc leur dit : En vérité, en vérité, je vous dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel, mais c’est mon Père qui vous donne le véritable pain qui vient du ciel. Car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. Ils lui dirent : Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. Jésus leur dit : Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; et celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (v. 32 à 35).
Nous avons, dans ce qui vient de nous être lu, la réponse de Dieu aux besoins les plus profonds de sa créature. Christ, encore aujourd’hui, est cette réponse. N’est-ce pas, chère jeunesse qui vous trouvez ici encore par un pur effet de la grâce de Dieu, n’est-ce pas qu’il bat au-dedans de chacun de vous un cœur qui a de profondes aspirations, un cœur qui a de profonds besoins, un cœur qui a été créé par Dieu, et qui donc ne pourra être satisfait pleinement que par Lui ? Et cette Parole qui retentit encore aujourd’hui est merveilleuse : « Moi », dit Jésus, « je suis le pain de vie ».
Nous venons de l’entendre de sa bouche même. Ah ! Chère jeunesse, regardez à Jésus, comptez sur Lui, parlez-Lui, faites appel à Lui. Et s’il y a peut-être des choses que vous ne comprenez pas – et qui peut dire qu’il comprend tout ? – « Jésus seul est le chemin des cieux ». Et Jésus seul, encore aujourd’hui, est Celui qui peut répondre, parce qu’Il est le pain de vie, à cette faim intense intérieure qu’il y a au-dedans de chacun de nous. Et cette eau rafraîchissante de la grâce, d’où vient-elle ? Elle vient de la croix de Christ, du rocher frappé. L’eau de la grâce coule jour et nuit. Saisissez aujourd’hui la valeur de ce que Christ est et de ce que Christ a fait.
En 1 Corinthiens 10, il y a une parole d’avertissement : depuis ce matin, on trouve l’abondance du côté de Dieu, la bénédiction. Verset 4 : « Ils buvaient d’un Rocher spirituel qui les accompagnait : et le Rocher était le Christ ». Mais au verset 5, il est écrit : « Mais Dieu n’a pas pris plaisir en la plupart d’entre eux, car ils tombèrent dans le désert ».
Du côté de Dieu, tout est bénédiction, tout est richesse. Et malheureusement, de notre côté, la pauvreté de nos cœurs rejette souvent ces bénédictions et ces richesses. Et donc, verset 6, « ces choses sont arrivées comme types de ce qui nous concerne », cela nous concerne bien, « afin que nous ne convoitions pas des choses mauvaises, comme eux-mêmes ont convoité ».
Dans le livre des Nombres, où il est parlé spécialement de cette convoitise, il est dit : Et le ramassis [de gens ] qui était au milieu d’eux fut rempli de convoitise, et les fils d’Israël aussi se remirent à pleurer, et dirent : Qui nous fera manger de la viande ? Nous nous souvenons du poisson que nous mangions en Égypte pour rien, des concombres, et des melons, des poireaux, des oignons et de l’ail ; et maintenant notre âme est asséchée ; il n’y a rien, si ce n’est cette manne devant nos yeux » (Nomb 11. 4 à 6).
Voilà ce que sont nos cœurs. « Il n’y a rien, si ce n’est cette manne devant nos yeux ». Bien souvent le monde nous présente des concombres, des melons, des poireaux. Il y a tous les goûts. Il y a tout ce qu’il faut pour attirer notre convoitise dans le monde, et ces convoitises sont là pour assécher nos âmes, pour nous faire nous éloigner du Seigneur, et nous pouvons être dégoûtés, mais pas seulement dégoûtés mais lassés du Seigneur et de cette manne devant nos yeux.
La manne, c’était le pain descendu du ciel, Christ en richesse qui vient, qui nous est communiqué par l’Esprit, qui nous est révélé dans le cœur. Cette manne, que Dieu nous garde de la mépriser. Que le Seigneur nous aide à toujours nous nourrir de Lui-même.
Ce paragraphe des versets 12 à 15 de Néhémie 9 nous présente le côté de Dieu. Et de son côté, tout est parfait, tout est grâce. À plusieurs reprises, il nous est dit : « Il leur donna ». Ils n’avaient rien mérité, rien demandé ; mais Dieu, dans sa grâce, a donné. Et Il a donné ce qui convenait, et dans un ordre qui convenait. D’abord, la lumière, la nuée – Jésus la lumière ; puis Il leur a donné les ordonnances, les statuts, la loi – Jésus la Parole ; et puis nous voyons ce qu’Il donne, la manne, le rocher – Jésus la nourriture, le pain du ciel.
Et nous avons besoin de ces trois choses pour marcher ici-bas : nous avons besoin de la lumière, nous avons besoin de la Parole, nous avons besoin de nourriture. Et nous trouvons tout dans la personne du Seigneur Jésus. Gardons-nous de ne jouir que d’une partie de ce que Dieu nous donne. Si nous n’avons que la lumière sans la Parole et la nourriture, nous ne pourrons pas marcher selon la pensée de Dieu.
Il en est de même des autres dons que Dieu nous fait. Dans ce monde, des étincelles, des paroles diverses, des nourritures diverses, il y en a à tous les coins de chemin, à toutes les portes. Mais il n’y a qu’une seule lumière à laquelle nous pouvons marcher, il n’y a qu’une seule Parole qui peut nous instruire, il n’y a qu’une seule personne qui peut nourrir nos cœurs. Les nourritures frelatées dans ce monde, il y en a en abondance. Gardons-nous de nous tromper de lumière, de Parole, de nourriture.
Et nous voyons, à la fin de ce paragraphe, la promesse que Dieu leur fait : c’est d’entrer et de prendre possession du pays qu’Il avait juré de leur donner. Dieu s’était engagé, et nous savons que, quand Dieu fait une promesse, Il l’accomplit. Et pour nous, il en est de même. Si nous saisissons les bénédictions de Dieu, nous recevrons des bénédictions encore plus grandes car Dieu se plaît toujours à bénir encore plus.
Et puis, quand nous passons au paragraphe suivant, nous voyons alors ce qui est du côté de l’homme, ce qui est de notre côté. Et on vient de nous lire dans le livre des Nombres ce qu’il en a été concernant le ramassis du peuple. Mais ici, l’avertissement est encore plus solennel : « Mais eux, qui étaient nos pères, agirent avec fierté, et roidirent leur cou, et n’écoutèrent pas tes commandements, et refusèrent d’entendre, et ne se souvinrent pas de tes merveilles ».
Nos pères, c’est la partie la plus responsable du résidu du peuple qui a été la première à ne pas écouter, à ne pas se laisser guider par la lumière et à ne pas recevoir ni manger la nourriture. Quel avertissement pour nous ! Nous sommes facilement portés à considérer que la faiblesse dans laquelle nous sommes est liée à d’autres, à la conduite d’autres. Gardons-nous d’une telle appréciation, regardons ce qu’il y a dans nos cœurs : nous en sommes tous responsables. Et ceux qui sont les plus avancés dans le chemin, à qui le Seigneur a peut-être confié certaines bénédictions, en sont les premiers responsables.
Et quand nous voyons ce qui est dit de leur conduite, v. 17 – « ils établirent un chef, pour retourner à leur servitude » ; v. 18 – « Même quand ils se firent un veau de métal coulé, et dirent : C’est ici ton dieu qui t’a fait monter d’Égypte », nous sommes frappés de voir qu’il y a deux égarements du peuple qui sont soulignés dans ces versets. Ils établirent un chef, ils se firent un veau de métal coulé. Et le résultat ? Ils retournèrent à leur servitude. Nous sommes frappés de lire l’ordre dans lequel cet enseignement nous est donné.
Car si nous lisons Exode 32, nous voyons que le peuple fait d’abord le veau de métal coulé, avant de se choisir un chef. Et pourtant ici, c’est l’ordre inverse qui est donné. Il y a sûrement un enseignement placé là devant nous. Il y a dans toutes les difficultés que nous rencontrons, la difficulté elle-même et la cause qui en est à l’origine. Et nous voyons que, dans ce qui nous est donné ici, c’est la difficulté elle-même, le chef qu’ils choisissent pour les faire retourner dans la servitude, qui est mis en avant ; et la cause du choix de ce chef, le veau de métal coulé, n’est donnée qu’après.
Est-ce qu’il n’y a pas pour nous cet enseignement que, quelquefois, quand nous rencontrons des difficultés, nous nous en tenons à la surface, à ce que nous voyons, et nous oublions de considérer ce qui est à l’origine de cette difficulté, la source, et nous ne jugeons pas le mal dans sa profondeur ?
Et qu’est-ce que nous dit la Parole jusqu’à la fin ? Apocalypse 2 et 3 : « « Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées » (2. 7, 11, 17 et 29 ; 3. 6, 13 et 22). Non pas ce que les hommes disent, et cela nous a été rappelé : Que celui qui parle puisse parler « comme oracle de Dieu » (1 Pier. 4. 11), pour que celui qui écoute, celui qui a des oreilles, écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées. Et tout le remède est là.
Alors, celui qui vaincra… Ce qui nous est dit là de ce que l’homme fait, on pourrait dire, est inéluctable pour l’homme. Et nous en avons le témoignage dans ce qui se passe dans le monde aujourd’hui. Mais ce n’est pas du tout inéluctable pour celui qui a mis sa confiance dans le Seigneur.
Ce qui est mentionné là c’est que, si nous n’écoutons pas, si nous nous laissons aller, si nous agissons avec fierté comme tant de ce que nous sommes, si nous roidissons notre cou et disons : je veux bien entendre mais ne me demandez pas trop de faire quand même, alors que tout ce que nous avons vu depuis ce matin est relatif à notre marche chrétienne, à la pratique que nous avons dans ce que Dieu nous donne parce que la bénédiction est donnée avec abondance pour celui qui veut bien la recevoir, mais si nous ne la voulons pas ? Alors la chute d’un chrétien est toujours quelque chose de complètement anormal.
Et là encore, dans la grâce de Dieu, il y a un remède : « Toi, tu es un Dieu de pardons, faisant grâce, et miséricordieux » (v. 17). Voilà les merveilles de Dieu. Nous savons très peu ce que nous sommes, Dieu sait très bien ce que nous sommes. Dieu, au fond, n’attend rien de nous. Il n’y a rien en nous que nous puissions faire pour Lui. Mais Dieu met à notre disposition tous les moyens pour que nous marchions comme il Lui plaît, si nous sommes prêts à suivre le Seigneur, à tout Lui confier.
Alors ce Dieu de pardons, faisant grâce, miséricordieux, est là pour nous ramener à Christ pour qu’à nouveau nous goûtions ses merveilles. « Ils ne se souvinrent pas de tes merveilles ». Mais le jour où nous nous souvenons de ses merveilles, quel changement, n’est-ce pas ? Et alors nous pouvons à nouveau faire nos délices de l’Éternel.
« Lent à la colère ». Dieu, souvent, nous laisse du temps. Ce n’est pas pour Lui un travail habituel de punir, mais Il désire bénir, toujours. « Lent à la colère, et grand en bonté ». Et voilà à nouveau la bonté de Dieu qui demeure à toujours, comme on le lit souvent dans les Psaumes. La merveilleuse bonté de Dieu qui va nous conduire jusque dans la félicité éternelle ; la bonté de Dieu qui s’adresse aux pécheurs : ne connais-tu pas la bonté de Dieu qui te pousse à la repentance ? (voir Rom. 2. 4).
Parce que justement nous connaissons la bonté de Dieu, pourrions-nous accepter des choses mauvaises ? Impossible à cause de la bonté de Dieu. Et si nous sommes tombés, si nous avons péché, Il est un Dieu de pardons. Nous venons, nous confessons et nous revenons à Lui afin que nous connaissions sa grande bonté.
Et puis il y a encore ceci : « Et tu ne les as point abandonnés ». Combien de fois nous pouvons bien dire, confesser : Seigneur, attends-moi un peu, laisse-moi faire ce dont j’ai envie. Est-ce bien cela ? Non, nous allons faire des bêtises, nous allons perdre notre temps. Mais que nous nous en remettions au Seigneur, et quoi qu’il en soit, tu ne nous as pas abandonnés.
Quelle grâce merveilleuse de savoir que Celui qui a pris en main notre cause va nous mener jusqu’au but. Il est clair que nous en sommes incapables. Et Lui nous a pris par la main, Il a pris en main notre cause pour nous sauver jusqu’à l’achèvement, pour que, arrivés au bout du chemin, nous entrions dans la gloire avec le Seigneur. On a parlé des arrhes de l’héritage, c’est déjà un encouragement. Nous allons voir le Seigneur, nous allons Le voir comme Il est, nous Lui serons rendus semblables.
Alors, sachons peut-être nous connaître nous-mêmes pour que nous sachions nous défier de nous-mêmes. Mais il est bien mieux que nous apprenions à connaître l’amour du Seigneur, à croître dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur Jésus Christ, pour que nous goûtions ces merveilles qu’Il nous donne.
Et même dans ces derniers jours, quand on voit bien que le monde ne se souvient plus de rien, dans nos pays où nous qui avons dépassé la cinquantaine, dans notre jeunesse on parlait encore, on savait encore ce qu’étaient les choses de Dieu, on parlait de Dieu, on parlait du Seigneur, on savait qu’Il était le Sauveur. Aujourd’hui, on n’en veut même plus. Eh bien, dans ces temps sachons encore, soyons assurés que Dieu travaille et ne nous a pas abandonnés. Il n’a pas abandonné les siens.
Il veut faire encore grâce aujourd’hui, Il veut que tous les hommes soient sauvés. Alors ne nous lassons pas et soyons confiants en ce Dieu plein de grâce et de bonté, qui nous a donné cette manifestation suprême, unique : son Fils unique et bien-aimé, notre Seigneur et notre Sauveur Jésus Christ.
La description que nous avons dans ces versets est d’une très grande solennité car nous y avons, non pas la description de l’état du monde mais la description de la chrétienté, notre description. Et dans ces versets, répétons que le premier avertissement s’adresse aux pères.
Et il y a deux ou trois caractères qui nous sont donnés sur leur conduite :
Tout d’abord : « ils agirent avec fierté » (v. 16). Agir avec fierté, c’est agir en oubliant Dieu, sans tenir compte de Dieu, sans penser à Dieu. C’est quelque chose de terrible que nous puissions en arriver à nous conduire ainsi, à oublier Dieu, à agir avec fierté.
Et nous voyons que cette fierté est liée à l’action. Combien il nous arrive d’être précipités dans nos actions, de vouloir agir, de faire quelque chose. Et nous agissons comment ? Sans penser à Dieu, sans regarder à Dieu, voilà ce qu’est agir avec fierté.
Ensuite : « Ils raidirent leur cou » (v. 16). C’est faire sa propre volonté, et une fois encore c’est l’image de ce que nous sommes et de ce que nous faisons. Nous avons besoin de mesurer ces paroles et de nous les appliquer à nous-mêmes, car c’est à nous qu’elles s’adressent. Elles décrivent quelle est notre conduite, le danger qui nous menace tous, spécialement ceux qui sont appelés ici les pères. Alors, face à cet état, bien sûr il nous convient de nous jeter par terre.
Mais nous avons à faire avec un Dieu plein de grâce, qui aime à se révéler et Il nous fait connaître qui Il est (v. 17). Sans doute ce sont davantage les titres de Dieu qui nous sont donnés que le nom de Dieu, et il vaut la peine de s’arrêter sur ce Dieu auquel nous avons à faire. Pensons à ce verset de Proverbes 30 : Agur peut poser cette question : « Quel est son nom, et quel est le nom de son Fils » (Prov. 30. 4). Le nom du Père, c’est le nom du Fils.
Si nous connaissons le Fils, nous connaîtrons le Père. Connaissance merveilleuse qui, seule dans le chemin, peut nous guider, nous ramener vers Dieu. Et dans ce verset 17, il y a plusieurs titres de Dieu qui nous sont donnés. Mentionnons-en deux. Il est présenté comme le « Dieu de pardons ». Nous pouvons penser à ce verset du Psaume 103, le verset 3 : « C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes infirmités ». Dieu est un Dieu de pardons, et à plusieurs reprises déjà nous avons souligné ce désir de Dieu : le salut de toute âme, pardonner les péchés.
Mais, dans ce titre « Dieu de pardons » qui nous est donné là, comme souvent dans l’Ancien Testament, il y a une autre pensée qui est placée devant nous car, si Dieu est ce Dieu qui pardonne le péché, Il est aussi ce Dieu qui pardonne d’une manière gouvernementale.
Galates 6. 7 : « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera ». Et le fait que Dieu est un Dieu de pardons est lié à notre conduite, à nos actions. Et ce qui est frappant c’est que, quand nous considérons l’enseignement de la Parole au sujet de ce Dieu de pardons, Il nous est présenté étroitement lié à la prière que nous pouvons faire monter devant Dieu pour goûter et jouir de ce pardon gouvernemental lié à nos erreurs et à notre conduite en opposition à la pensée de Dieu.
Citons simplement deux exemples : dans le livre de la Genèse chapitre 18. Nous connaissons cette scène où Abraham a intercédé pour Sodome et nous lisons au verset 23 : « Abraham s’approcha, et dit : Feras-tu périr le juste avec le méchant ? ». Verset 26 : « L’Éternel dit : Si je trouve dans Sodome cinquante justes, au-dedans de la ville, je pardonnerai à tout le lieu à cause d’eux ». Le pardon de Dieu, peut-on dire, découle de la prière qu’Abraham fait monter.
Et nous voyons l’importance de la prière, de la supplication que nous pouvons adresser à Dieu pour pouvoir goûter le pardon de Dieu dans la marche qui peut être la nôtre.
Citons encore simplement pour illustrer ceci, cette Parole du Seigneur à la croix en Luc 23. 34 : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Le pardon que Dieu peut accorder est lié pour le peuple d’Israël, en particulier pour ceux qui L’ont crucifié, à cette prière pleine de grâce que le Seigneur adresse au moment où Il est sur la croix. C’est à ce Dieu de pardons que nous avons à faire.
La première fois, sauf erreur, où nous trouvons ce titre de Dieu de pardons, et les différents caractères que nous avons concernant Dieu, se trouve en Exode 32 à un moment qui est extrêmement humiliant pour le peuple de Dieu. C’est le moment où le peuple s’est éloigné de Dieu, et il a fait le veau de métal coulé, et à la suite de la prière de Moïse.
Là encore, nous voyons comment Dieu agit et quand Il se révèle. Quand la situation est, on peut dire, désespérée, Dieu se présente comme le Dieu de pardons.
Mais dans une situation désespérée, Il se présente aussi comme le « Dieu de bonté ». On a parlé de la bonté et c’est ce que nous avons encore en Néhémie 9, la bonté de Dieu qui demeure à toujours. C’est vrai ! Et nous aimons à goûter cette bonté de Dieu. Mais c’est bien une bonté de Dieu parce que nous sommes, nous êtres humains, prêts à agir avec bonté, avec faveur envers ceux que nous pouvons côtoyer quand tout va bien. Mais Dieu agit en bonté à l’égard des siens, on pourrait dire, aussi quand tout va mal.
Nous venons de lire l’état du peuple, comment ils se conduisent avec fierté, ils raidissent leur cou, ils n’écoutent pas la Parole. Eh bien, comment Dieu se présente-t-Il ? Comme un Dieu de bonté, et Il agit en bonté envers eux.
Il y a d’autres exemples dans la Parole. Il y a l’exemple dans l’Ancien Testament de Jonas. Nous connaissons son histoire. Jonas s’irrite contre Dieu. Il n’est pas content de Dieu. « Mais Jonas trouva [cela] très mauvais, et il fut irrité. Il pria l’Éternel et dit : Éternel, je te prie, n’était-ce pas là ma parole, quand j’étais encore dans mon pays ? C’est pourquoi j’ai d’abord voulu m’enfuir à Tarsis », et qu’ajoute-t-il ? « Car je savais que tu es un *Dieu qui fais grâce et qui es miséricordieux, lent à la colère et grand en bonté » (Jonas 4. 1 et 2).
La bonté de Dieu qui se manifeste à l’égard des siens dans les moments où ils sont dans le plus bas état. C’est à un tel Dieu que nous avons à faire. Ne pensons pas que cette bonté de Dieu ne se manifeste, n’est révélée que dans l’Ancien Testament.
Nous avons la même pensée dans le Nouveau Testament : Tite 3. 3 à 5 : « Car nous étions, nous aussi, autrefois, insensés, désobéissants, égarés, asservis à toutes sortes de convoitises et de plaisirs, vivant dans la méchanceté et la jalousie, détestables, nous haïssant l’un l’autre. Mais, quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes sont apparus, il nous sauva ».
En Tite 3, nous avons l’état naturel qui est le nôtre : insensés, désobéissants, égarés. C’est envers de tels êtres que la bonté de Dieu s’est manifestée et qu’elle est apparue. On peut dire que la bonté de Dieu se manifeste à titre individuel, chacun de nous étant désobéissant, asservi. La bonté de Dieu est pour chacun de nous individuellement.
En Éphésiens 2, nous trouverons la même pensée, mais alors non plus à titre individuel, mais à titre collectif. Dans le temps présent, à titre individuel, à titre collectif, quel que soit notre état, quels que soient nos besoins, la bonté de Dieu est là qui se manifeste.
Et nous savons que cette bonté de Dieu est incarnée dans la personne du Seigneur Jésus. C’est Lui qui est la bonté de Dieu, et c’est encore Lui que nous trouvons. Nous voyons combien dans ces quelques versets, successivement, devant nous est placée la personne du Seigneur Jésus dans toutes ses gloires, dans toutes ses beautés, dans toutes ses perfections.
Nous avons commencé avec une pensée encourageante pour les jeunes. Et c’est bien que vous les jeunes, vous soyez encouragés à suivre le Seigneur, et à rester fidèles sur le chemin, à lire la Parole, à l’étudier et à vraiment mettre la Parole dans vos cœurs.
Maintenant, nous avons une pensée plus solennelle parce que ce ne sont pas des jeunes qui sont encouragés, même si ce sont les pères qui sont exhortés, les pères qui n’avaient pas agi selon le devoir qu’ils avaient de la part de Dieu. Et ici on voit dans ce verset 16 ce que les pères ont dit.
Les lévites ont peut-être pensé à Juges 2 verset 10 : « Toute cette génération fut aussi recueillie vers ses pères ; après eux, se leva une autre génération qui ne connaissait pas l’Éternel, ni l’œuvre qu’il avait faite pour Israël ». Une génération après Josué, on ne connaissait plus le Seigneur. C’est une chose incroyable.
On ne connaissait pas les choses merveilleuses qu’Il avait faites pour son peuple. Même Lui-même n’était plus connu. Pourquoi ? Parce que les pères n’ont pas raconté à leurs enfants ce que Dieu avait fait pour son peuple. Et je crois que, quand nous voyons ici cette expression « nos pères », il faut que nous pensions à nous qui sommes des pères.
Le Seigneur nous a confié des enfants et nous avons la tâche de leur parler du Seigneur, de leur raconter tout ce qu’Il a fait pour nous. Il faut que nous leur racontions qu’Il a dû mourir pour nous sauver, et ce n’est pas une chose qu’il faut dire une fois, il faut qu’on vive vraiment dans ces choses. Et ces pères étaient occupés d’eux-mêmes, ils pensaient tout savoir et avoir l’œil clair. Mais pour finir, ils se sont éloignés de Dieu et ils L’ont oublié.
Quand il parle au verset 18 de ce veau de métal coulé qu’Aaron a fait, c’est très intéressant parce que c’était pas mal d’années en arrière. Mille ans à peu près. Pourquoi mentionne-t-il ce péché maintenant ? Nous pensons peut-être que nous n’avons rien à voir avec les fautes que nos pères, nos grands-pères, nos arrière-grands-pères ont faites.
Et souvent nous n’avons pas la possibilité de faire des corrections, de corriger quelque chose. Mais il est très important que nous, de tout notre cœur, nous nous humiliions de ces choses. C’est pourquoi ils se sont souvenus devant Dieu, pour ainsi dire, que ce gros péché a eu lieu dans le peuple de Dieu.
Apprenons de ce verset ce qu’il faut apprendre étant des pères qui ont des enfants, et où nous avons la tâche importante de leur montrer le Seigneur, de Le mettre devant leurs cœurs pour qu’ils Le suivent.
Lisons à nouveau un verset dans le livre de Ruth. Ruth 2. 8 : « Boaz », nous savons que c’est un type du Seigneur Jésus, « Boaz dit à Ruth : Tu entends, n’est-ce pas, ma fille ? ne va pas glaner dans un autre champ ».
Boaz l’avait dit à Ruth. N’entendez-vous pas aujourd’hui la voix du Seigneur ? Chers jeunes gens, chères jeunes filles, n’allez pas dans un autre champ, restez là. Il y a beaucoup de champs, il y a un champ très grand, qui est ce monde. Et croyez-moi, si vous mettez un pied dans ce monde, il y aura le deuxième de suite, et après c’est la ruine.
C’est la responsabilité de nous parents de parler à nos enfants. Et pour nous parents, il n’y a pas de plus grande joie que de voir nos enfants marcher dans la vérité (voir 2 Jean 4). Mais pour ceux qui se sont éloignés, que peuvent faire les parents ? Crier, crier chaque jour au Seigneur pour leurs enfants que nous voyons dans l’assemblée pour qu’on ne les voit pas partir dans un autre champ, dans ce monde.
Chère jeunesse, restez là, n’allez pas dans un autre champ, n’allez pas dans un autre lieu, restez dans l’assemblée, restez près du Seigneur. C’est la seule façon de pouvoir vivre dans la joie et dans la paix, comme aussi les parents.
2 Timothée 3. 10 et 11 : « Mais toi, tu as pleinement compris ma doctrine, ma conduite, mon but constant, ma foi, mon support, mon amour, ma patience, mes persécutions, mes souffrances », etc.
L’exhortation qui nous a été donnée par la lecture de ce verset du livre de Ruth est de toute importance. N’allez pas glaner dans un autre champ, mais ne restez pas non plus de façon statique, sans exercice, dans ce champ dans lequel le Seigneur vous a placés.
Timothée avait pleinement compris la doctrine de l’apôtre, sa foi, son but constant, et il y a une énergie à déployer pour comprendre ce que nous avons reçu par grâce, pour comprendre la doctrine, pour comprendre cette foi, la conduite, le but constant que doivent manifester les pères. S’il n’y a pas cette énergie dans la jeunesse pour s’approprier ce que par grâce nous avons quelque peu connu, eh bien vous ne pourrez pas faire de progrès. Et nous vous exhortons, non seulement à ne pas aller glaner dans un autre champ, ce que nous recevons pleinement, mais à vous approprier pour vous-mêmes ces richesses que nous avons en ayant connu, par pure grâce, ce terrain sur lequel le Seigneur nous appelle à nous rassembler, à vous approprier les vérités de la Parole et à les vivre.
Alors, que le Seigneur nous donne à tous, particulièrement à vous jeunes gens et jeunes filles, de ne pas aller chercher ailleurs, mais aussi de mettre l’énergie nécessaire pour vous approprier ce que par grâce nous avons reçu.
Dans ce paragraphe, nous voyons deux évènements dans le désert. D’abord au verset 16, il est mentionné que les pères étaient fiers, qu’ils avaient une haute estime d’eux-mêmes. Que pensons-nous de nous-mêmes ? Nous sommes grands à nos propres yeux. Ils étaient fiers, et que faisaient-ils ? Ils se choisissaient un chef. On peut voir en Nombres 14 verset 4. Ils étaient devant le pays, et après avoir envoyé des espions, ils croyaient qu’ils ne pouvaient pas entrer dans le pays. Ils n’avaient pas confiance dans les promesses de Dieu.
Ils avaient oublié comment Dieu les avait gardés et leur avait fait traverser le désert jusque-là. Ils ne croyaient pas en Dieu, ils ne croyaient qu’en eux, d’après leur propre jugement. Et là en Nombres 14. 4, ils se faisaient un chef : « Établissons un chef, retournons en Égypte ». Ici c’est dit comme s’ils l’avaient déjà élu.
« Moïse et Aaron tombèrent sur leurs faces devant toute l’assemblée de la communauté des fils d’Israël » (Nomb. 14. 5). Et Dieu était tellement en colère qu’Il voulait de suite détruire tout le peuple. Et on voit encore une fois, comme cela a déjà été mentionné, que Moïse intercède pour le peuple et il rappelle ce que Dieu avait déjà dit lors de l’évènement avec le veau d’or en Exode 34.
On voit que Moïse intercède là pour le peuple et que Dieu se révèle comme lent à la colère et grand en miséricorde. Et ici à nouveau, Moïse le rappelle à Dieu, qu’Il est lent à la colère et miséricordieux. C’est ainsi que Dieu pardonne ce péché et ne détruit pas le peuple.
On voit donc cette fierté de ces chefs, des anciens même du peuple, cette fierté qui croit qu’eux-mêmes peuvent élire un chef et retourner dans le pays d’esclavage, retourner dans ce monde. Est-ce qu’il n’y a pas aussi dans la chrétienté ? Des gens, des chefs – on se choisit des chefs – et ils conduisent les gens vers le monde.
L’autre évènement, c’est le veau d’or. Nous y voyons qu’ils se faisaient des idoles. Voilà, Moïse était sur la montagne, il était loin et ils ne le virent pas pendant quarante jours. Alors, il faut agir, il faut faire quelque chose. Alors sort le veau d’or, ils se font une idole. C’est le deuxième danger.
Le premier était de retourner dans le monde. L’autre était de se faire une idole, de se dire : voilà, c’est cela qui nous a conduit, qu’on veut suivre. C’est un dieu que nous faisons nous-mêmes. On se fait un culte humain. Si ces deux évènements sont mentionnés ici, c’est pour nous montrer notre caractère, comment nous sommes en nous-mêmes.
Nous aimons nous choisir nous-mêmes quelqu’un pour retourner dans le monde. Et l’autre danger, c’est de se faire des idoles.
Nous avons parlé beaucoup des péchés du peuple. Et nous avons ici une prière de confession de ce résidu avec Néhémie. Mais ce qui est aussi à voir, c’est aussi utile pour nous, c’est que, dans ce passage, nous trouvons surtout la pensée que le peuple dit : Nous sommes comme cela, nos pères étaient comme cela, ils sont pécheurs.
Et même quand ils ont fait le veau de métal coulé, même là, tu as été toujours Celui qui est miséricordieux, tu as eu toujours cette grâce envers ce peuple ; n’est-ce pas Daniel par exemple qui dit – quand il prie pour Jérusalem et pour le peuple, en Daniel 9 verset 17 : « Et maintenant, écoute, ô notre Dieu, la prière de ton serviteur et ses supplications, et, pour l’amour du Seigneur, fais luire ta face sur ton sanctuaire dévasté » ?
À la fin de cet alinéa, verset 19, il dit : « Seigneur, écoute ; Seigneur, pardonne ; Seigneur, sois attentif et agis ; ne tarde pas, à cause de toi-même, mon Dieu ; car ta ville et ton peuple sont appelés de ton nom ». Il s’agit de toi, notre Dieu. Et tu étais si miséricordieux, tu avais tellement de compassion. Nous faisons appel à ta compassion, à ta miséricorde, et nous confessons devant toi ce que nous avons fait. Et maintenant viens-nous en aide, secours nous.
Il me semble que c’est aussi un état de cœur qui fait parler d’abord de leur faute à eux, de leur attitude, de leur comportement et aussi de celui de leurs parents, de leurs pères ; mais en même temps, dans un deuxième point ils mettent toute leur confiance en ce Dieu de miséricorde et de compassion. C’est quelque chose que nous devons faire également, aujourd’hui encore.
C’est cela aussi qui reste là, ses ressources sont là. Nous avons un Dieu d’amour, nous avons un Dieu de compassion, nous avons un Dieu miséricordieux. Et dans notre détresse que nous avons aussi dans les assemblées, dans les familles, dans les couples, faisons appel aussi au Seigneur et à sa grâce, sa miséricorde nous reste toujours, ne l’oublions pas quand nous confessons. Il est plus grand, Il est plus grand encore que notre détresse.
Ecclésiaste 7. 10 : « Ne dis pas : Comment se fait-il que les jours précédents ont été meilleurs que ceux-ci ? Car ce n’est pas par sagesse que tu t’enquiers de cela ». Ézéchiel 18. 2 à 4 : « Que voulez-vous dire, vous qui usez de ce proverbe dans la terre d’Israël, disant : Les pères mangent du raisin vert, et les dents des fils en sont agacées ? [Aussi vrai que] je suis vivant, dit le Seigneur, l’Éternel, vous ne répèterez plus ce proverbe en Israël ! Voici, toutes les âmes sont à moi ; comme l’âme du père, ainsi aussi l’âme du fils est à moi : l’âme qui péchera, celle-là mourra ».
Ce chapitre 18 d’Ézéchiel est en rapport avec la responsabilité individuelle de chacun. La piété ne se transmet pas, et je ne suis pas sous le joug des conséquences des actes de mes parents. Chaque génération est responsable. On pourrait dire là des jeunes ici : bah, je suis né en 2014, je ne suis pas responsable de l’état de l’église, des deux mille ans d’histoire, je ne suis pas responsable de l’état des assemblées dans lesquelles on se trouve. Eh bien, ce n’est pas ce que la Parole de Dieu nous dit.
Chaque génération est responsable pour soi-même, mais ce n’est pas accuser, se disculper en disant que nos pères ont fait ceci ou cela, et je subis. Non, d’ailleurs un peu plus loin au verset 33, ils disent bien : « Nous, nous avons agi méchamment ».
À partir du verset 16, quand il est dit : « nos pères agirent… », quand il y a une confession, c’est qu’il faut toujours faire appel à la façon dont Dieu a agi en grâce, en miséricorde, en bonté, envers la génération précédente. Nous savons qu’à chaque génération la chair a pu se manifester, la fierté, l’idolâtrie. Mais les ressources de Dieu restent les mêmes.
Matthieu 23. 29 à 31 : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! car vous bâtissez les tombeaux des prophètes, vous ornez les sépulcres des justes, et vous dites : Si nous avions vécu dans les jours de nos pères, nous n’aurions pas été avec eux pour verser le sang des prophètes ; Ainsi, vous êtes témoins contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes ».
Alors, que se passe-t-il ici ? Ceux-là, à qui le Seigneur parle, se croient meilleurs que ceux qui les ont précédés. Et c’est toujours la propension de l’homme de se croire meilleur mais nous sommes faits de la même pâte. Ces choses leur arrivèrent alors qu’ils se croyaient meilleurs, justifiant par là ce que le Seigneur leur dit : vous êtes les fils de vos pères, ceux-là qui ont agi par fierté.
Nombres 15 nous dit que le péché par fierté est un péché en opposition claire et nette à Dieu, tout en le sachant. On se prend pour quelque chose. En Néhémie 9, en reconnaissant en quelque sorte ce qu’ils sont, ils reconnaissent qu’ils ne sont pas différents de leurs pères.
Ils confessent – c’est ce que nous avons lu dans Daniel 9 – exactement comme si c’était eux qui l’avaient fait. Rappelons-nous ce qu’on a dit au début : « moi aussi, j’ai péché », pouvait dire Néhémie au début. Nous ne sommes pas différents d’eux. Et si nous nous pensons différents, alors le Seigneur parle de nous dans ce chapitre de Matthieu 23.
Exode 34. 6 et 7 : « L’Éternel passa devant lui et cria : L’Éternel, l’Éternel ! *Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité, gardant la bonté envers des milliers [de générations], pardonnant l’iniquité, la transgression et le péché, et qui ne tient nullement [celui qui en est coupable] pour innocent, qui, pour l’iniquité des pères, fait rendre des comptes aux fils et aux petits-fils, jusqu’à la troisième et à la quatrième [génération] ! »
Voilà les caractères de Celui qui a été un rocher pour les enfants d’Israël. Et nous sommes heureux de Le connaître comme ce Dieu lent à la colère et grand en bonté. Mais nous aujourd’hui, nous Le connaissons mieux que cela. Nous le connaissons comme un Père en Jésus. Et c’est infiniment meilleur que ce qui est déclaré ici.
Nous sommes amenés beaucoup plus près de Lui que la déclaration que nous avons ici. Le Seigneur pouvait nous dire qu’Il nous avait dit tout ce qu’Il avait ouï de la maison de son Père. « Celui qui m’a vu, a vu le Père » (Jean 14. 9). Nous sommes dans la proximité la plus immédiate de Dieu, dans la pleine connaissance de ce qu’Il est.
Plus on avance dans le chemin, plus on apprend à connaître la grâce de Dieu, plus on apprend à connaître le cœur de Dieu. Dieu a fait des merveilles pour nous. La plus grande merveille, c’est que nous soyons passés de la mort à la vie. Si le Seigneur venait dans cinq minutes, pensez-vous à la bénédiction immense de pouvoir nous en aller vers Lui, à quel prix Il a payé pour nous ?
S’il y avait encore quelqu’un qui n’ait pas confessé ses péchés, il ne faut pas longtemps pour aller au Seigneur. Le brigand n’a pas fait de longues prières, vous savez ! Il s’est jugé lui-même, il a reconnu Celui qui était là parfait, comme un roi, il a seulement ajouté : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume ». Et le Seigneur lui dit : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23. 42 et 43).
On a peut-être le privilège d’être né dans une famille de croyants et c’est une immense grâce. On dit souvent : Ah, si on était né dans la maison d’à côté, où serions-nous, chers amis ? On a parlé de la responsabilité des parents de parler du Seigneur à leurs enfants. Et c’est une grâce immense d’avoir eu des parents qui nous ont parlé du Seigneur Jésus, et qui ont prié pour nous. D’autres n’ont pas eu ce privilège, mais ils ont peut-être saisi davantage la grâce de Dieu.
Parce qu’il y a le danger d’entendre une douce mélodie, des fois on entend : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé » (Act. 16. 31). Et puis, eh bien oui je crois au Seigneur Jésus. Mais est-ce qu’il y a ce profond travail de repentance dans le cœur pour saisir la grâce de Dieu ? Il faut saisir la grâce de Dieu dans notre chemin. En apprenant ce que nous sommes, on peut très bien apprendre ce que sont nos cœurs, en marchant avec le Seigneur.
Mais quelquefois, le Seigneur permet que nous fassions des chutes pour apprendre ce que sont nos cœurs, mais plus encore de cette grâce de Dieu. Et plus on avance dans le chemin, plus on est confondu par la grâce de Dieu. C’est un encouragement pour nous de pouvoir nous mettre constamment devant le Seigneur pour juger nos propres cœurs. On parle du jugement de soi-même. Qu’est-ce que cela veut dire ?
C’est une immense bénédiction que Dieu nous a donnée comme ressource dans le chemin de pouvoir avoir ce jugement de soi-même. Pas seulement dans un grand péché, n’est-ce pas ? Bien sûr on a parlé de David qui avait dénombré le peuple, c’est l’orgueil de nos propres cœurs, et il y a un gouvernement de Dieu qui s’exerce. C’est vrai. « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7). Nous sommes tous passés sous le gouvernement de Dieu.
Alors le gouvernement de Dieu, c’est qu’il y avait la famine dans le pays des ennemis et il y avait aussi dans le pays de l’Éternel la peste. Qu’est-ce que David a fait ? « Que je tombe… dans les mains de l’Éternel, car ses compassions sont très grandes » (1 Chron. 21. 13). Il s’est jeté sur le cœur de Dieu.
David a fait la même chose après être descendu à Tsiklag. Ce qu’il avait reçu du monde il l’avait entièrement perdu ; mais il est revenu, il a retrouvé la communion avec Dieu, il s’est jeté dans les bras de Dieu. Il faut connaître le cœur de Dieu. Et cela ce sont des choses très particulières. Et tous nos jours, voyez-vous, tout à coup on a une mauvaise pensée sur un frère, on a vite un esprit de critique, et puis après nous ne sommes pas heureux dans notre cœur. On peut revenir tout de suite au Seigneur, le confesser pour retrouver la communion avec le Seigneur.
C’est une ressource merveilleuse que Dieu nous donne de pouvoir même aller vers Lui plusieurs fois par jour pour reconnaître nos mauvaises paroles, nos mauvaises pensées. Voyez l’exemple que le Seigneur donne à Pierre qui lui avait demandé : « Combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi, et lui pardonnerai-je ? Jusqu’à sept fois ? Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois » (Mat. 18. 21 et 22).
Le Seigneur par cette parole voulait montrer à Pierre ce qu’il y avait dans le cœur de Dieu, cette grâce immense qui nous pardonne tout au long du chemin. Pourquoi ? Pour que nous puissions jouir de la communion avec Lui, et pour que nous nous souvenions aussi quel prix le Seigneur a payé pour nous amener bientôt dans la lumière, et que nous puissions déjà jouir de cette communion avec Lui.
Chers jeunes amis, connaissez le cœur du Seigneur, connaissez la grâce du Seigneur. On ne regrette jamais d’avoir fait quelques pas avec Lui. C’est un bon Maître, plein de pardons, de compassions, de grâces. Et peut-être vous vous dites : Ah, il ne faut pas se mettre sous la loi. Non, ce n’est pas sous la loi.
Romains 12. 1 : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à présenter vos corps en sacrifice vivant ». Qu’est-ce que les compassions de Dieu ? Ce sont tous ces chapitres qui précèdent, qui nous montrent d’où nous avons été pris. Le Seigneur est mort pour nous, et non seulement Il a effacé nos péchés mais Il a mis fin à cette nature, de telle sorte que l’apôtre pouvait dire – et nous pouvons le dire avec lui : « Je suis crucifié » (Gal. 2. 20).
Dieu n’a pas pardonné à notre vieille nature, nous jouissons des grandes choses que Dieu a faites, et c’est la doxologie qui précède le premier verset de ce chapitre 12 : « Ô profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! » (Rom. 11. 33). Que le Seigneur veuille toucher nos cœurs par sa grâce, son amour, ses compassions envers nous !
On nous a exhortés à rester sur ce terrain, comme on le dit quelquefois, le terrain de l’assemblée. Et vous savez que dans Malachie – cela a été la suite de l’histoire que nous avons ici – le peuple était là où Dieu le voulait, n’est-ce pas ? Il était bien remonté de la captivité. Ils étaient là où Dieu les voulait.
Mais, qu’est-il arrivé tout d’un coup ? Ils avaient des prétentions : vous dites… vous dites… vous dites ! Et nous aussi peut-être que nous avons eu quelques prétentions et peut-être que les jeunes en ont été un peu frustrés parce qu’on a dit : nous, nous avons la vérité. Et puis les autres chrétiens, eh bien c’est les autres, ils ne connaissent rien du tout. Et puis aujourd’hui, que disent les jeunes ? Ils écoutent des autres chrétiens qui sont vivants, qui aiment le Seigneur et ils disent : « Mais alors bon… ! » Mais est-ce une raison pour quitter le terrain de l’assemblée sans réfléchir ? Posez-vous la question : Pourquoi suis-je ici ?
Dieu vous a donné un héritage extraordinaire. Certains jeunes disent : « moi, je lis ma Bible, et puis voilà ! Ça suffit, je n’ai pas besoin d’autre chose ». Bon, c’est la première chose, c’est vrai. Mais Dieu a donné des richesses merveilleuses dans le ministère de la Parole de Dieu. C’est Dieu qui a donné les dons, c’est Dieu qui a donné dans le temps du réveil des richesses incomparables. Mais n’ayez pas la prétention de dire : « moi, la Bible me suffit ! »
Sondez ces richesses infinies que Dieu a données pour pouvoir continuer un petit témoignage dans ce monde, où la chair est mise de côté, où le monde est dehors, mais où on peut encore chaque dimanche matin venir L’adorer – c’est un privilège immense, vous savez, de jouir du Seigneur le dimanche matin où nous étions occupés de Lui. Nos cœurs sont saisis par son amour, par tout ce qu’Il a fait pour nous.
Et puis il faut continuer un bout de chemin. Chers jeunes, le Seigneur vous encourage et vous fortifie dans ce chemin que Lui-même a tracé pour nous.
Encore une pensée sur le jugement de soi-même. Le frère a dit avec raison que nous jugions ces mauvaises pensées qui montent dans nos cœurs et qui manifestent ce qu’est la nature de l’homme, et ce qu’est notre propre nature. Il y a deux façons de se juger soi-même. Il y a cette façon-là, et c’est sans doute la première par laquelle nous passons. Et il y en a une autre, et celle-là, elle est sans appel.
C’est la Parole de Dieu qui nous dit la conclusion qu’apprend celui qui se place dans la lumière. Et nous la trouvons en Romains 7. 18 : « Je sais qu’en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien ». Souvent, particulièrement nous les enfants des chrétiens, nous avons dû l’apprendre par l’expérience, non pas forcément par l’expérience d’une chute, mais l’expérience de ce qui monte dans nos cœurs. Et nous l’apprenons aussi par la Parole de Dieu qui nous laisse sans appel parce que nous devons bien reconnaître que, quand nous jugeons ce qui monte dans nos cœurs, nous risquons de garder encore une certaine estime de nous-mêmes. La Parole vient nous dire qu’en la chair il n’habite aucun bien. Et elle nous conduit un peu plus loin, au verset 24 de Romains 7 : « Misérable homme que je suis ! » Voilà ce que je suis ! « Qui me délivrera de ce corps de mort ? » Et le jugement de nous-même nous amène plus loin encore : « Je rends grâces à Dieu » (v. 25).
Et est-ce qu’on ne peut pas dire que c’est un peu ce que faisait le peuple dans sa confession quand il dit : « Mais eux, savoir nos pères » ? Ils reconnaissent qu’ils sont comme on l’a lu dans l’évangile selon Matthieu, qu’ils sont les descendants de ceux qui ont commis ces fautes. Et donc ils sont, en quelque mesure, participants de ces fautes, ou, selon l’expression que notre frère a employé tout à l’heure, ils sont de la même pâte.
Mais ils en arrivent à ce que Dieu a fait pour eux, et ils peuvent dire au verset 19 : « Tu ne les abandonnas pas dans le désert ; la colonne de nuée ne se retira point de dessus eux, le jour, pour les conduire dans le chemin, ni la colonne de feu, la nuit, pour les éclairer, et [leur montrer] le chemin dans lequel ils devaient marcher ». « Tu ne les abandonnas pas ».
Et c’est bien parce que Dieu ne les avait pas abandonnés qu’ils étaient encore là. Comme on le trouve au verset 31 : « Tu n’en finis pas avec eux ». C’est le constat de cette grâce de Dieu qui, – montrant l’incapacité entière de l’homme de faire quoi que ce soit pour Dieu, sa déchéance complète – nous dit qu’Il ne nous abandonne pas. Et pour nous, Il nous a donné un Sauveur, mais Il continue à donner ses directions pour le chemin le jour et sa protection la nuit. Et nous pouvons bien dire que nous faisons à la fois l’expérience des soins de Dieu pour nous diriger et des soins de Dieu pour nous protéger.
Je trouve particulièrement touchante cette expression du verset 21 : « Et tu les entretins quarante ans dans le désert ». Pourquoi quarante ans dans le désert ? Parce qu’ils s’étaient rebellés, qu’ils avaient désiré établir un chef pour retourner en Égypte. Et Dieu n’en a pas fini avec eux et, malgré cette rébellion, Il les entretint encore. Combien de temps ? Quarante ans.
Le peuple aurait dû entrer dans le pays. Toutefois ils sont entretenus par Dieu dans le désert. Cela n’a-t-il pas un enseignement pour nous ? Nous devrions jouir de toutes les bénédictions spirituelles que nous avons en Christ, et bien souvent nous sommes loin d’en jouir parce que nous avons montré notre esprit de contestation, de rébellion. Et pourtant Dieu continue à nous entretenir, à répandre par sa Parole ses soins sur nous. Il continue avec la colonne de nuée à nous conduire et nous protéger, et Il continue avec l’eau du rocher pour nous abreuver. Ne sommes-nous pas touchés par les soins de Dieu malgré ce que nous sommes ?
L’apôtre Paul parle de ces quarante ans dans le livre des Actes quand ils arrivèrent à Antioche de Pisidie. Actes 13. 16 : « Israélites, et vous qui craignez Dieu, écoutez : Le Dieu de ce peuple s’est choisi nos pères et a élevé bien haut le peuple pendant son séjour au pays d’Égypte ; il les en fit sortir par son bras puissant ». Et voilà le verset auquel nous pensions : « Et il prit soin d’eux dans le désert, comme une mère, environ quarante ans ». « Il prit soin d’eux » (Act. 13. 16 à 18). Ah ! Les soins, les soins de Dieu, les soins du Seigneur.
« Comme une mère ». Vous avez, selon la grâce que le Seigneur vous fait, dans les bras un petit enfant bien portant, et parfois un enfant malade. Et vous dispensez à votre enfant les soins que le Seigneur vous donne de dispenser. Eh bien, l’exemple ici de Dieu est celui d’une mère, dans certaines versions, le mot mère est rendu par nourrice. Il a nourri son peuple, Il l’a abreuvé. Et c’est ce que nous trouvons dans le passage dont nous sommes occupés.
Dieu leur a donné beaucoup de choses. « Tu leur donnas ton bon Esprit ». Bien sûr il a fallu que le Seigneur meure, qu’Il ressuscite, qu’Il soit glorifié avant qu’au jour de la Pentecôte le Saint Esprit vienne habiter pour constituer l’assemblée ici-bas. L’Esprit de Dieu habite dans l’assemblée, Il habite dans chaque croyant.
Mais déjà dans l’Ancien Testament, Dieu leur a donné son bon Esprit pour les rendre intelligents et Il ne refusa pas la manne à leur bouche – c’est le pain – et Il leur donna de l’eau pour leur soif. On a rappelé tantôt que le rocher frappé, c’est Christ. Pendant quarante ans, Dieu a pris soin de son peuple dans le désert.
Nous pensons à un autre « quarante ». Nous savons que souvent, quarante marque dans la vie un temps d’épreuve. Après que le Seigneur a été ressuscité, Il est resté quarante jours avec ses disciples avant qu’ils Le voient monter au ciel. Et pendant quarante jours, Il continue les soins qu’Il leur avait donnés avant sa mort, jusqu’au moment où Il est élevé au ciel.
Premier passage de l’évangile de Jean, « le premier jour de la semaine, les disciples se réjouirent quand ils virent le Seigneur ». Deuxième passage, « Thomas n’était pas là ». Deuxième manifestation du Seigneur, c’est le côté du résidu juif. « Bienheureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru » (Jean 20. 29). Et troisième passage, sur le rivage, de la braise, du poisson, du pain : les soins du Seigneur pour ses disciples – type du Millénium. Quarante jours avec les siens pour prendre encore soin d’eux, et Il prend soin de nous encore maintenant, bien-aimés.
Encore un verset en relation avec les « quarante » dont on vient de parler. Dans le Deutéronome au chapitre 2. Il serait bien sûr intéressant de lire tout le début de ce chapitre où nous trouvons énumérées toutes les étapes, mais surtout le verset 7 : « Car l’Éternel, ton Dieu, t’a béni dans toute l’œuvre de ta main ; il a connu ta marche par ce grand désert » pendant quarante années. Il a connu aussi la nôtre.
Nous avons lu en 1 Corinthiens 10 où il est dit : « ces choses arrivèrent comme types ». Il y avait tout ce qui s’était passé, les murmures, les fornications, la convoitise. Il y a beaucoup de choses. Rien n’était à la gloire de Dieu. Si peu de chose. Il y avait même deux témoins, Caleb et Josué – on pense souvent à ce que cela a été pour eux. Finalement il faut rester sur cette pensée : « Il a connu ta marche par ce grand désert ».
Pendant ces quarante ans, rien ne Lui a échappé. Ailleurs nous trouvons toutes les étapes. Il y en a qui sont inconnues, on ne sait même pas les situer (voir Nomb. 33). Mais aucune n’a échappé à Dieu. Et finalement, ce que je trouve remarquable, et qui doit nous encourager aussi, « pendant ces quarante ans, l’Éternel, ton Dieu, a été avec toi ; tu n’as manqué de rien ». Rappelons-nous cette parole du Seigneur à ses disciples : « Avez-vous manqué de quelque chose ? Ils dirent : De rien » (Luc 22. 35).
Cette fin de verset nous rappelle le psaume 23, ce qui est dit dans ce verset 7 de Deutéronome 2 : « L’Éternel, ton Dieu, a été avec toi ». Voilà la source, voilà la raison pour laquelle ils n’ont manqué de rien. Et c’est ce que confesse le Psaume 23 également. Nous avons pu dire que de son côté tout est parfait, et nous pouvons être assurés que nous ne manquerons de rien.
Nous ne manquerons pas de son secours. Nous ne manquerons pas de sa grâce. Nous ne manquerons pas de ses compassions. Nous ne manquerons pas de ses soins. Cela, nous en sommes conscients.
Hébreux 12. 15 : « De peur que quelqu’un ne manque de la grâce de Dieu ». Il nous a été dit que nous ne manquerons de rien, tout est complet de son côté. Mais notre problème, c’est la jouissance de ces choses. Il donne et sommes-nous dans la disposition de ne pas aller glaner dans un autre champ ? On chante quelquefois : « Auprès du bon berger, on ne craint pas l’orage ».
Ces choses sont à nous, et pourtant nous sommes dans une situation qui fait peine. Notre problème, c’est de jouir de ce que Dieu nous donne, de nous approprier de ce qu’Il nous donne et de vivre par Lui.
Il y a un verset qui, peut-être, nous étonne un peu. C’est le verset 20 : « Et tu [leur] donnas ton bon Esprit pour les rendre intelligents ». « Esprit » ici en français, dans cette version, est écrit avec une majuscule, et nous savons bien ce que c’est. Quand c’est « Esprit » avec la majuscule, cela nous parle de l’Esprit de Dieu. Et alors, Dieu avait-Il donné son Esprit au peuple d’Israël ? Nous savons que l’Esprit de Dieu est venu le jour de la Pentecôte habiter dans chaque croyant et aussi dans l’assemblée.
Pourquoi l’écriture nous dit-elle ici cela ? Eh bien, parce que c’est par l’Esprit que toute la Parole a été donnée, et ce sont les paroles avec lesquelles Moïse a enseigné le peuple qui ont donné de l’intelligence pour le chemin. Et nous pouvons lire combien de fois Moïse a dû parler à ce peuple. Quand Dieu lui avait dit quelque chose, c’est par l’Esprit de Dieu que Moïse parlait.
Chers amis, c’est quelque chose de grand, nous pouvons l’appliquer pour notre chemin à travers le désert. Nous avons Celui qui est devant nous, nous avons le Rocher, nous avons aussi la manne. Nous en avons parlé, mais il est mentionné aussi « ton bon Esprit » qui est là pour conduire, pour nous faire comprendre l’Écriture, pour nous réjouir aussi dans la personne du Seigneur. Le Seigneur Jésus parle du Saint Esprit qu’Il veut donner. Ce sont des choses qui nous touchent, n’est-ce pas ? Parce qu’Il dit que le Saint Esprit va donner ce qui était du Seigneur, et que le Saint Esprit va glorifier le Seigneur.
Voilà ce que le Seigneur se propose pour notre marche à travers le désert, le bon Esprit qui nous parle de Celui qui est notre grand conducteur, du Seigneur Jésus. « Et tu [leur] donnas ton bon Esprit pour les rendre intelligents », leur enseigner son chemin, leur enseigner ses pensées. Voilà l’intelligence spirituelle que nous trouvons ici, nécessaire pour chacun de nous pour suivre un chemin qui honore le Seigneur.
Soyons reconnaissants de ce que Dieu nous a donné son bon Esprit, et que c’est Lui qui nous accompagne à travers le désert, et d’ailleurs non seulement à travers le désert, mais le Saint Esprit va rester avec nous jusque dans l’éternité. Quand le Seigneur Jésus vient nous chercher, le Saint Esprit aussi va aller dans la gloire, avec nous. C’est quelque chose de merveilleux, et nous voyons d’ailleurs là aussi à la fin.
L’Esprit de Dieu et l’épouse ont la même pensée, certainement à ce moment qui est mentionné à la fin de l’Apocalypse, c’est-à-dire qu’ils disent : Viens, Seigneur Jésus. Quand nous lisons du bon Esprit de Dieu qu’Il nous a donné, je crois que nous avons vraiment lieu d’être reconnaissants, et de nous incliner devant Dieu qui dans sa grâce nous a donné un tel accompagnateur qui habite en nous.
Un petit rappel à propos du bon Esprit. C’est Aggée qui parlait pendant cette période, qui dit au chapitre 2 de son livre au verset 5 : « La parole [selon laquelle] j’ai fait alliance avec vous, lorsque vous êtes sortis d’Égypte, et mon Esprit, demeurent au milieu de vous ; ne craignez pas ».
Nous avons entendu beaucoup de choses pour que nous y marchions. C’est la Parole de Dieu qui nous a été communiquée par le moyen de l’Esprit qui nous conduit dans toute la vérité, pour que nous y marchions. Alors il est important que nous sachions nous exhorter les uns les autres.
Nous avons vu que la marche n’est pas une marche facile. C’est une marche dans le désert, c’est une marche dans laquelle il y a beaucoup de danger, où il y a des privations, mais une marche dans laquelle toutes les ressources sont disponibles pourvu que nous récoltions la manne tous les matins, pourvu que nous allions boire l’eau au rocher, pourvu que nous nous laissions garder en restant sous la nuée quand elle ne bouge pas, et que nous nous laissions conduire par la nuée ou la colonne de feu de nuit lorsqu’elles se déplacent, tout cela pour suivre le Seigneur.
Alors, que nous nous y appliquions soigneusement. Et nous avons vu que, s’il y a des difficultés, si ce n’est pas facile, il y a toujours les grandes compassions de notre Dieu afin que non seulement nous ne nous découragions pas, mais que nous puissions faire des progrès dans le Seigneur, en sachant nous encourager les uns les autres, nous édifier les uns les autres, sur notre très sainte foi.
Bien sûr qu’en chemin il y a des difficultés, il y a des questions qui se posent, il y a des obstacles à franchir. Tout seul ? Non, c’était le peuple tout entier qui était dans le désert, et le peuple tout entier qui était comme lui. Non pas des individualités en ordre dispersé. Non, il y avait une bannière pour chaque tribu, un ordre dans le déplacement, de sorte qu’ils allaient d’étape en étape comme le Seigneur le leur demandait.
Alors, que nous sachions nous appliquer à cela, que nous sachions parler l’un à l’autre, que nous sachions exposer nos requêtes à Dieu, que nous sachions nous encourager pour Le suivre, Lui ; et qu’ainsi cette Parole qui nous est donnée soit pour nous cette Parole vivante et permanente, dont nous avons besoin constamment pour être conduits jusque dans le pays.
On a parlé d’obéissance, de dépendance, de confiance dans le Seigneur. Si vous voulez construire un siège stable, que vous faut-il ? Une planche et trois points d’appui minimum. Confiance, dépendance, obéissance. Si l’un de ces appuis fait défaut, on va être instable, on risque de tomber. C’est valable pour la marche individuelle, pour toutes les choses qui nous concernent, mais aussi pour la marche collective bien sûr comme on a vu aujourd’hui.
Et on l’a déjà confessé devant vous. Il est vrai que notre génération, a été pour vous un modèle à ne pas suivre. Pourquoi ? Nous avons joué les équilibristes. Sur une chaise, vous savez, on se met sur deux pieds et puis on cherche l’équilibre. Il n’y a plus les trois points d’appui, il n’y en a plus que deux, voire un. Tôt ou tard, on tombe. C’est ce qui nous est arrivé, le constat a été devant nous. On l’a rappelé, la grâce de Dieu est là pour nous confondre, parce qu’Il permet des restaurations.
Mais, que ces choses puissent être toujours devant vous parce que la relève, c’est vous. Le Seigneur vient peut-être tout à l’heure, c’est vrai. Mais si, dans sa patience, Dieu attend encore avant d’envoyer le Seigneur nous prendre auprès de Lui, peut-être aurez-vous des responsabilités, peut-être déjà en avez-vous, et je parle là de notre marche collective.
Comment nous conduisons-nous dans nos réunions d’administration ? Alors là, c’est peut-être pour nous les plus âgés. Est-ce que seule la Parole est notre référence ? Obéissance.
Est-ce que nous dépendons vraiment du Seigneur dans la prière ? On demande. Si on ne demande pas – il n’y a pas trente-six solutions : soit on demande et on attend les réponses du Seigneur, soit c’est la chair en nous qui agit. L’apôtre dit : Nous qui n’avons pas confiance en la chair. Dans quelle mesure l’avons-nous mis en pratique ?
Et cette confiance, la confiance en Dieu ? C’est l’assemblée de Dieu, ce n’est pas la nôtre. Qui en prend soin ? Bien sûr que Dieu apprécie ce qu’il y a dans nos cœurs lorsque nous sentons qu’il y a des combats parce que l’ennemi veut mettre tout par terre. Il sait ce qu’il y a dans nos cœurs pour défendre les intérêts du Seigneur, on l’a dit, pour cette défense-là, pour ces combats-là. Nous faisons de l’équilibre sur un pied ou deux pieds comme cela nous est arrivé. On tombe tôt ou tard. On essaie de s’en sortir par soi-même et puis les chutes arrivent.
Alors que vous puissiez vous souvenir que pour être stable, il faut rester sur ces trois pieds : l’obéissance à la Parole dans la dépendance du Seigneur, toujours demander et attendre ses réponses ; c’est aussi là la confiance – on en parlait avec des frères l’autre jour. Il y a des Israélites à un moment en Jérémie 42 qui avaient une attitude de dépendance, et étaient allés vers le prophète demander la pensée de l’Éternel. C’était une bonne chose. Mais ils n’avaient pas confiance dans l’Éternel parce qu’ils avaient déjà préparé leur propre plan dans leur cœur. Ils savaient déjà ce qu’ils voulaient. Ils disaient dépendre de Dieu, ils le montraient comme cela, mais dans les faits ils préféraient se confier en leurs propres pensées, dans ce qu’ils avaient décidé dans leurs propres cœurs et là aussi cela ne va pas loin.
L’encouragement peut-être aussi pour nos sœurs. On vient de parler des réunions d’administration. Soyez sur vos genoux quand les frères sont ensemble pour qu’ils restent sur les trois pieds, et non pas sur deux ou sur un.
Un quatrième pied à ce que nous avons entendu pour la marche collective. Les trois points que je viens de citer étaient par rapport à Dieu : dépendance, confiance, obéissance. Et quand on marche ensemble, il y a nos frères et sœurs qui sont à côté de nous. Avons-nous cette attitude de compassion, sommes-nous dans cet état ?
On a parlé de combat, et il est remarquable que, dans la panoplie de combat de David quand il va à la rencontre de Goliath, on voit un bâton, une fronde, et puis ? Un sac de berger. Qu’est-ce que cela vient faire dans le combat avec Goliath ? Un sac de berger dans lequel il y a tout le nécessaire pour les soins des brebis blessées ou malades. Il nous faut l’avoir toujours sur nous, celui-là !
Parce que, dans les combats que nous avons eus et connus ou que nous connaissons encore, il y a toujours des blessures, peut-être que nous causons nous-mêmes mais que, par grâce, le Seigneur peut nous amener à soigner. C’est pourquoi il nous faut l’avoir. C’est peut-être le quatrième pied de ce siège qu’il ne faut pas oublier.
Le Seigneur nous l’a montré à la croix lors du plus grand combat qu’il y a eu sur cette terre. Il a utilisé, pour ainsi dire, son sac de berger alors qu’Il était sur la croix dans ce combat terrible : Il va prendre soin de sa mère, la confier à Jean parce qu’Il voyait ce cœur dont il avait été dit auparavant qu’une épée transpercerait sa propre âme, une brebis blessée terriblement. Voilà le Seigneur use de ces soins-là.
Alors, puissions-nous nous souvenir de ces choses, chers jeunes qui prendrez la relève si le Seigneur n’est pas venu. N’allez pas glaner dans un autre champ (voir Ruth 2. 8). Et pour garder ce qui nous a été donné à garder, restez sur ces trois ou quatre pieds bien stables. Et suppliez le Seigneur pour ses compassions qui sont nouvelles chaque matin et qu’Il accordera.
Les compassions du Seigneur sont importantes, mais lorsque nous sommes en réunion d’administration (ce à quoi il a été fait allusion), lorsque nous sommes occupés des intérêts de l’assemblée, des intérêts du Seigneur, nous sommes là quelques-uns réunis, la confiance, la dépendance et l’obéissance sont des points très importants et nous avons besoin d’avoir la Parole de Dieu qui nous guide là-dessus.
Nous sommes là ensemble ; ce qui est très important, c’est que nos cœurs soient tous ensemble remplis d’amour. Pierre pouvait écrire : « Mais la fin de toutes choses s’est approchée ; soyez donc sobres et veillez pour prier ; et avant tout, ayez entre vous un amour fervent » (1 Pier. 4. 7 et 8). Est-ce que c’est quelque chose qui réellement habite nos cœurs, cet amour pour les frères, pour les sœurs, pour l’assemblée ?
Allons au Seigneur. Sans doute c’est le point capital à ce sujet, mais ce qui en découle, ce que doit produire cet amour pour le Seigneur, c’est l’amour pour les frères, un amour fervent. Que le Seigneur réellement nous conduise à avoir cet amour. Et on peut dire que, dans toutes les difficultés confessées que nous avons rappelées avec humiliation, si nous avions toujours eu pour nos frères cet amour produit par l’Esprit de Dieu dans nos cœurs, si nous laissions cet amour de Dieu agir dans nos cœurs pour voir ce qu’il va donner, eh bien nous nous serions épargnés de bien d’expériences amères.
J’aimerais bien souligner ces mots : « Et tu… , et tu… ». À la fin du verset 28, il est dit : « Et tu les délivras maintes fois, selon tes compassions ». Maintes fois. Pourquoi es-tu là ? Pourquoi suis-je là ? Pourquoi sommes-nous là ? Parce que le Seigneur nous a délivrés maintes fois. Autrement, où serions-nous ?
Bien loin, bien loin du Seigneur, bien loin de l’assemblée, bien loin de toutes ces bénédictions que le Seigneur nous donne. Il ne craint pas de nous les donner aujourd’hui. Eh bien, que nos cœurs soient reconnaissants jour après jour pour toutes ces délivrances qu’il a faites pour chacun de nous selon son amour, sa miséricorde, sa bonté et sa grâce.
Éphésiens 4. 32 ; 5. 1 et 2 : « Mais les uns à l’égard des autres, soyez bons, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres, comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné ». « Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur ».
Quand Pierre demande combien de fois il pardonnerait à son frère, le Seigneur lui donne une parabole sur le caractère de deux créanciers, un qui est compatissant et un autre qui est rebelle (voir Mat. 18. 21 à 35). Comment nous comportons-nous avec nos frères quand nous sommes conscients de ce que la grâce du Seigneur fait dans nos vies ?