TEMPÊTE SUR NOTRE MER

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Il a commandé, et a fait venir un vent de tempête, qui souleva ses flots : ils montent aux cieux, ils descendent aux abîmes : leur âme se fond de détresse… Alors ils ont crié à l’Éternel dans leur détresse, et il les a fait sortir de leurs angoisses. Il arrête la tempête, la changeant en calme, et les flots se taisent, et ils se réjouissent de ce que les [eaux] sont apaisées, et il les conduit au port qu’ils désiraient. Qu’ils célèbrent l’Éternel pour sa bonté, et pour ses merveilles envers les fils des hommes. Ps. 107. 25 à 31.

TEMPÊTE SUR NOTRE MER

 

L’évangile de Matthieu nous rapporte un fait qui s’est produit au temps où le Seigneur Jésus était en Palestine. Les disciples avaient reçu de Lui l’ordre de traverser en barque le lac de Génésareth et de le précéder sur l’autre rive. Il faisait nuit et le vent soufflait…
Matthieu raconte ainsi cet épisode : « Or la barque était déjà au milieu de la mer, battue par les vagues, car le vent était contraire. À la quatrième veille de la nuit, il (Jésus) alla vers eux, marchant sur la mer. Les disciples, le voyant marcher sur la mer, furent bouleversés ; ils dirent : C’est un fantôme ! Et ils crièrent de peur. Mais Jésus leur parla aussitôt, disant : Ayez bon courage ; c’est moi, n’ayez pas peur ! Pierre lui répondit : Seigneur, si c’est toi, commande-moi d’aller vers toi sur les eaux. Il dit : Viens. Alors Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais voyant que le vent était fort, il eut peur ; et comme il commençait à enfoncer, il s’écria : Seigneur, sauve-moi ! » (Mat. 14. 24 à 30).
Nous devons être conscients de deux choses : nous sommes de grands pécheurs et nous avons besoin d’un grand Sauveur. Et nous devons nous rendre compte que nous nous enfonçons et que Jésus est le seul qui puisse demeurer debout sur les eaux agitées de notre vie et de notre monde.
Il est étonnant que nos fautes et nos désobéissances puissent être pardonnées par Dieu et que nos pas vacillants puissent être affermis. Mais il en est ainsi ! Il suffit que nous Lui fassions confiance, que nous croyions en ce qu’Il dit.
Si quelqu’un nous demande comment nous faisons pour rester en équilibre dans les moments de tempête, ne nous en vantons pas. Montrons avec assurance Jésus Christ, Celui qui rend cela possible, et souvenons-nous qu’il est nécessaire que notre regard demeure fixé sur Lui.
Si nous considérons le problème d’une manière logique et naturelle, nous devons admettre que personne ne peut rester debout sur la surface de la mer, d’autant moins si elle est agitée et que le vent souffle avec force. Mais dans la vie de tous les jours, nous enfonçons souvent dans la mer des préoccupations et des frayeurs, parce que nous avons la prétention d’y arriver tout seuls, sans tenir compte que Dieu est le Maître de la mer et du vent et qu’Il peut transformer la tempête en calme.
Nous coulons parfois entraînés vers le fond par l’orgueil : – Après tout, je ne suis pas un aussi grand pécheur que cela, je me débrouille mieux que beaucoup d’autres. Je fais beaucoup de bonnes choses que les autres ne font pas. Je serai certainement récompensé…
Ou bien c’est le légalisme : – Je veux bien croire que Jésus fasse Sa part, mais c’est à moi de faire le reste. Son intervention seule ne peut pas suffire.
C’est souvent aussi le doute qui nous entraîne vers le bas : – Je suis trop méchant, j’ai commis trop d’erreurs, trop d’infidélités. Je suis malhonnête, égoïste. Dieu ne peut pas me regarder avec faveur et s’occuper de moi. Et ainsi nous enfonçons, alourdis par le ciment de nos doutes et de nos incertitudes.
Et Pierre ? Pierre a crié au Seigneur et Il l’a sauvé : « Aussitôt Jésus, étendant la main, le saisit et lui dit : Homme de petite foi, pourquoi as-tu douté ? » (v. 31).
« Cette parole est certaine et digne d’être pleinement reçue : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont moi je suis le premier » (1 Tim. 1. 15).
Acceptons le pardon que Dieu nous offre, en croyant dans l’œuvre accomplie par le Seigneur Jésus sur la croix, et faisons-Lui entièrement confiance.

D’après « Paroles de grâce et de vérité »

 

LE BAPTÊME CHRÉTIEN

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LE BAPTÊME CHRÉTIEN

 

1. BAPTISÉS POUR LE CHRIST JÉSUS

Nous… avons été baptisés pour le Christ Jésus. Rom. 6. 3.
Nos pères ont tous été sous la nuée, tous ils ont passé à travers la mer, tous ils ont été baptisés pour Moïse dans la nuée et dans la mer. 1 Cor. 10. 1 et 2.

Quand le Seigneur Jésus donne à Ses disciples le signe du baptême, Il les invite à faire Ses disciples toutes les nations, « les baptisant pour le nom du Père, du Fils et du Saint Esprit » (Mat. 28. 19). C’est le grand mystère de la foi chrétienne : un Dieu unique, révélé en trois Personnes : Père, Fils, Saint Esprit. Mais en lisant le Nouveau Testament, nous trouvons à plusieurs reprises l’expression « baptisés pour le nom du Seigneur Jésus » (Act. 8. 16 ; 19. 5), ou « baptisés pour le Christ Jésus » (Rom. 6. 3). Pour comprendre ces expressions – baptisés pour Jésus et en Son nom – nous pouvons faire une comparaison avec le verset de l’épître aux Corinthiens : « tous ils ont été baptisés pour Moïse dans la nuée et dans la mer ». C’est une allusion au moment où le peuple d’Israël a traversé la Mer Rouge, sous la direction de Moïse. Ils sortaient d’un pays où ils avaient tous leurs points de repère, pour aller vers une terre nouvelle, inconnue ; ils devaient traverser un « grand et terrible » désert (Deut. 8. 15), mais ils n’étaient pas seuls pour ce voyage : Dieu les guidait par Moïse.
L’expérience de ce peuple est une image de notre vie chrétienne : nous ne savons pas ce qui arrivera dans notre vie, mais nous avons la certitude que nous ne serons pas laissés à nous-mêmes, sans but et sans direction. Le Seigneur Jésus sera avec nous tous les jours.
Si nous sommes baptisés, c’est parce que nous avons cette conviction : nous croyons au Seigneur Jésus et nous désirons vivre pour Lui ; Nous sommes certains qu’Il ne nous abandonnera pas, mais qu’Il nous conduira chaque jour jusqu’en l’éternité, car Il est notre Berger.

2. UN ACTE SYMBOLIQUE

Allez-donc et faites disciples toutes les nations, les baptisant pour le nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, leur enseignant à garder tout ce que je vous ai commandé. Mat. 28. 19 et 20.

Notre vie est pleine d’actes symboliques : se serrer la main pour se saluer, applaudir pour montrer notre admiration, lever les bras en signe de victoire, faire un geste de la main pour remercier, etc. Un acte symbolique est donc un geste qui a une signification précise.
Le baptême est l’un des deux symboles qui nous parlent de la mort du Seigneur ; l’autre symbole est représenté par le pain et le vin que Jésus Lui-même a donnés à Ses disciples à l’occasion du dernier repas qu’Il partageait avec eux, avant Sa mort sur la croix. (1 Cor. 11. 23 à 25).
La « cène du Seigneur » est centrée sur la Personne du Seigneur Jésus, sur Son sacrifice et Son amour victorieux. C’est un signe de Sa mort pour nous. Le « baptême » – l’acte d’entrer dans l’eau et d’en sortir – évoque les effets de Sa mort pour ceux qui croient en Jésus.
Quand le Seigneur Jésus a commencé Son service terrestre, Ses disciples connaissaient bien le baptême que Jean avait prêché, c’est-à-dire le baptême de la repentance pour le pardon des péchés (Marc 1. 4). Mais Jésus, au commencement de Son ministère, a institué cet acte au nom de Dieu le Père, du Fils et du Saint Esprit, pour tous ceux qui croient (Marc 16. 16) et deviennent Ses disciples. C’est un signe de notre mort avec Lui, du fait que notre nature pécheresse a été jugée par Dieu, et que les croyants vivent parce que leur Sauveur est ressuscité. Être disciple de Jésus, cela signifie être à Son école et apprendre de Lui, l’Homme doux et humble de cœur.

3. LE SIGNE DU PARDON DES PÉCHÉS

Frères, que devons-nous faire ? Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, pour le pardon de ses péchés ; et vous recevrez le don du Saint Esprit. Act. 2. 37 et 38.

Les auditeurs que l’apôtre Pierre invitait à être baptisés sont ceux qui avaient demandé en criant aux soldats romains de clouer Jésus sur une croix. Quand ils se sont rendu compte de la gravité de ce qu’ils avaient fait, ils ont été épouvantés et ont demandé : « Que devons-nous faire ? ». Pierre leur a alors répondu : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, pour le pardon de ses péchés » (Act. 2. 37 et 38).
Ces paroles ne signifiaient pas que le pardon leur était accordé en vertu du baptême. Plusieurs passages du Nouveau Testament nous montrent clairement que le salut s’obtient par la foi au Seigneur Jésus (Jean 1. 12 ; 3. 16 ; Act. 16. 31 ; Rom. 10. 9). Le baptême est le signe que nous avons cru au Seigneur qui nous a pardonné tous nos péchés. « Ayant été ensevelis avec lui dans le baptême, dans lequel aussi vous avez été ressuscités ensemble par la foi en l’action puissante de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts » (Col. 2. 12).
Il est clair, par la lecture de ces versets, que cette certitude est à la base de la foi chrétienne. Nos péchés sont pardonnés et nous avons été lavés, purifiés : « Et maintenant, pourquoi tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé, et lave-toi de tes péchés, en invoquant son nom » (Act. 22. 16). Mais une chose est certaine, c’est que si Dieu nous a pardonnés et purifiés, c’est seulement en vertu de la mort du Seigneur à la croix. Et nous mettons notre ferme confiance dans le fait que notre Dieu est un Dieu de grâce.
Dans le chapitre 2 du livre des Actes, ceux qui ont été baptisés ont montré par cet acte qu’ils étaient publiquement séparés de ceux qui avaient crucifié Jésus, et qu’ils étaient désormais de Son côté. Cela est toujours vrai : par le baptême, nous nous plaçons publiquement sous l’autorité de Christ.

4. IDENTIFIÉS AVEC JÉSUS DANS SA MORT

Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés pour le Christ Jésus, nous avons été baptisés pour sa mort ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême, pour la mort, afin que, comme Christ a été ressuscité d’entre les morts… de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. Rom. 6. 3 et 4.

L’apôtre Paul illustre cet enseignement sur le baptême dans le chapitre 6 de son épître adressée aux croyants de Rome. Se plaçant devant la question : « Allons-nous demeurer dans le péché afin que la grâce abonde ? », il répond fermement : « Absolument pas ! », articulant son argument de réponse sur quatre points :
1. Cela est incompatible avec le fait que nous sommes identifiés avec Christ par le baptême (Rom. 6. 1 à 11) ;
2. Il est possible de ne pas pécher parce que la puissance du péché a été vaincue par la grâce (v. 12 à 14) ;
3. Nous ne devons pas tolérer le péché dans notre vie, parce qu’il deviendrait notre maître (v. 15 à 19) ;
4. Pratiquer le péché conduit à la mort (v. 20 à 23).
Le baptême est le signe qui nous identifie avec le Seigneur dans Sa mort, afin que nous puissions vivre une nouvelle vie avec Lui. En tant que croyants, nous sommes morts pour vivre – c’est-à-dire morts à notre ancienne manière de vivre, et de vivre centrés sur nous-mêmes, sur notre égoïsme, sur nos mensonges et sur toutes sortes de convoitises – tout ce qui, en d’autres termes, est notre ancien ‘‘moi’’, qui a été enseveli avec Christ. Et la Parole de Dieu nous encourage à vivre selon cette nouvelle condition spirituelle : « De même vous aussi, considérez-vous vous-mêmes comme morts au péché, mais comme vivants à Dieu dans le Christ Jésus » (Rom. 6. 11).
Oui, nous sommes désormais appelés à regarder à nous-mêmes d’une manière différente, avec un regard de foi, pour nous reconnaître définitivement en Christ et vivre d’une nouvelle manière, en nouveauté de vie – vivre pour Lui !

5. LE SIGNE QUE L’ON EST REVÊTU DE CHRIST

En effet, vous tous qui avez été baptisés pour Christ, vous avez revêtu Christ : il n’y a plus ni Juif, ni Grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus ni homme, ni femme : car vous tous, vous êtes un dans le Christ Jésus. Gal. 3. 27 et 28.

Dans sa lettre aux croyants de la Galatie, l’apôtre Paul illustre le baptême chrétien en le comparant à un changement de vêtement. Notre nouvel « habit », c’est Jésus. Dans une autre épître, Paul écrit : « Revêtez-vous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d’affection miséricordieuse, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience » (Col. 3. 12). Tous ces caractères, ceux mêmes que le Seigneur Jésus a manifestés, constituent la trame du tissu.
Le vêtement est ce que les autres voient, autrement dit, notre façon de vivre au quotidien. C’est seulement quand nous avons cru au Seigneur Jésus qu’un changement s’opère en nous, dans notre comportement ; c’est le résultat de la vie nouvelle, même s’il s’agit d’un changement le plus souvent graduel, sujet à des hauts et des bas. Dieu veut que nous nous fassions reconnaître et que nous reflétions les qualités morales du Seigneur Jésus.
Un autre concept, rappelé par le symbole du vêtement, est celui de l’appartenance. Quand un militaire endosse son uniforme, les personnes qui le rencontrent reconnaissent, en voyant sa tenue, qu’il est un soldat. L’uniforme révèle aussi l’appartenance à un régiment. De même, le baptême nous identifie publiquement comme appartenant à Jésus, abolissant les barrières sociales, culturelles et identitaires. C’est le signe que nous sommes de Christ et que, par conséquent, nous sommes en communion avec tous ceux qui, par la foi, sont venus à Lui pour recevoir la vie éternelle.
« Revêtez le Seigneur Jésus Christ et ne prenez pas soin de la chair pour satisfaire ses convoitises » (Rom. 13. 14).

D’après « Il buon seme » juillet 2021

 

ÊTRE PARDONNÉ ET PARDONNER

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ÊTRE PARDONNÉ ET PARDONNER

 

Le pardon : on en parle souvent, on sait que c’est un sujet très important dans la Parole. Nous avons été les objets du pardon et nous en sommes les objets encore tous les jours en tant que croyants. Mais d’abord , qu’est-ce que le pardon? Il faut bien comprendre aussi ce qu’implique ce mot. En quelque sorte, si je pardonne à quelqu’un, cela veut dire que je lâche prise, que je n’ai plus quelque chose à attendre de lui, à lui réclamer dans les torts qu’il m’a fait. Je lui pardonne, donc même si je ne suis pas capable d’oublier carrément tout ce qu’il m’a fait, je n’ai aucune rancœur contre lui, je ne demande aucune contrepartie au tort causé. J’accepte même l’injustice que m’a causé ce tort, sans chercher à rétablir mes droits. Bien sûr, dans le pardon de Dieu il y a bien d’autres choses. Le pardon mutuel ne signifie pas qu’on reparte à zéro. Trop souvent, quand quelqu’un demande pardon, il s’attend à ce qu’on fasse comme avant. Le pardon ne signifie pas qu’on ne tient pas compte de l’expérience, qu’on puisse agir comme avant. Bien sûr, la confiance peut être légèrement diminuée, mais le pardon peut être effectif. Nous avons besoin d’abord, pour pardonner à autrui, d’avoir conscience que nous avons été pardonnés par Dieu Lui-même. Et nous devons parler d’abord du pardon de Dieu.
Le pardon de Dieu n’est pas seulement le pardon du salut. Il y a aussi le pardon lié à la marche pour le rétablissement de la communion. Le pardon du salut est quelque chose de définitif. Il nous est accordé une fois que nous avons cru au Seigneur Jésus et nous n’avons pas à y revenir. Nous savons bien que notre salut est éternel et que nous pouvons avoir tout à fait confiance quant à l’avenir. Nous arriverons au but. Si nous avons cru au Seigneur Jésus, Il nous prendra. Il n’y a aucun doute, parce que, lorsqu’Il viendra, Il nous prendra auprès de Lui dans la maison du Père. Mais pour la marche, nous avons aussi besoin de pardon. Il y a le pardon pour la restauration de notre marche et pour que nous puissions vivre en communion avec le Seigneur. Dans ce sens il y a principalement deux pardons, il y a le pardon de Dieu, le pardon pour l’homme qui se tourne vers Dieu pour son salut, et ainsi Dieu devient son Père, et alors dans sa marche il a besoin de pardons multiples pour la marche, pour le rétablissement de sa communion avec son Père et avec le Seigneur Jésus.
Premièrement, quelques versets concernant le pardon lié au salut. D’abord dans l’épître aux Éphésiens : « il nous a rendus agréables dans le Bien-aimé ; en qui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des fautes selon les richesses de sa grâce » (1. 6 et 7). Nous avons donc la rémission par le sang de Christ, et nous l’avons par Christ. Au chapitre 4. 32 il est dit : « vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné ». En Colossiens 1. 14 : « le royaume du Fils de son amour, en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés » (v. 13 et 14). Nous savons, bien sûr, que rémission et pardon ont le même sens. Ces versets nous disent donc que nous avons la rémission par le sang de Christ et en Christ. Dieu est un Dieu de pardon. Nous lisons en Néhémie 9. 17 qu’Il est un Dieu de pardons, mais pas celui qui passe sur le mal lorsqu’on lui demande pardon, et qui nous absout simplement par une parole ou par un geste. Ce pardon est nécessaire pour notre salut. C’est un pardon qui implique l’œuvre expiatoire du Seigneur Jésus sur la croix. C’est par Son sang que nous sommes pardonnés. Dieu ne peut pas passer par-dessus le mal. Il n’est pas possible que Dieu, parce qu’on le souhaite, parce qu’on se repent, ne prenne pas en compte tout le mal que nous avons fait. Ce n’est pas possible, à cause de Sa justice. Dieu est parfaitement juste et Il reste juste même en pardonnant. Mais Il pardonne en vertu de l’œuvre de Christ qui nous est attribuée par la foi en Son sang, par la foi en Son œuvre. Ce pardon est donc lié pleinement à l’œuvre de Christ. Nous savons, évidemment, qu’il faut recevoir le Seigneur Jésus pour être sauvé. Ce pardon est donc lié à l’œuvre de Christ. Dieu ne peut pas pardonner sans qu’il y ait une contrepartie, même s’Il l’a fait autrefois. Dans l’épître aux Romains, lorsqu’il est question de la justification, nous lisons : « le Christ Jésus, lequel Dieu a présenté pour propitiatoire, par la foi en son sang, afin de montrer sa justice à cause du support des péchés précédents dans la patience de Dieu, afin de montrer, dis-je, sa justice dans le temps présent, en sorte qu’il soit juste et justifiant celui qui est de la foi de Jésus » (3. 24 à 26). Dieu a sauvé des âmes pendant toute la longue période qui a précédé la venue du Seigneur Jésus. Comment Dieu pouvait-Il pardonner, si aujourd’hui cette œuvre est nécessaire pour notre pardon, pour notre salut ? Il a pardonné par anticipation. Pour Lui toutes choses sont présentes. L’œuvre n’était pas accomplie, mais en vue et par anticipation, Il pouvait pardonner. On voit les croyants de l’Ancien Testament se réjouir dans le pardon qu’ils ont reçu de Dieu et dont ils peuvent jouir . Nous avons donc ce pardon, le pardon du salut, en Christ. Son œuvre à la croix était nécessaire, Ses souffrances étaient nécessaires pour que Dieu puisse nous accorder, en pleine justice, Son pardon pour l’éternité, sans avoir à y revenir. Encore 2 versets dans l’épître aux Hébreux 9. 22 : « Sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission ». Aucun pardon n’est possible sans l’effusion du sang de Christ sur la croix. Puis au ch 10. 17 : « je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités. Or, là où il y a pardon de ces choses, il n’y a plus d’offrande  pour le péché ». Maintenant l’œuvre qui permet à Dieu de pardonner définitivement est accomplie et ainsi nous sommes les objets de ce pardon de façon définitive, de telle sorte que Dieu peut dire : « je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités » (Héb. 8. 12). Nous sommes lavés dans le sang de Jésus, nous sommes blanchis, comme on le chante aussi, sans nulle tache parce que ce sang nous lave, parce que par Sa mort Il a expié nos fautes, et nous sommes définitivement à Lui pour l’éternité. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est dit dans l’épître aux Hébreux au chapitre 5 : « ayant été consommé, il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, l’auteur du salut éternel » (v. 9). Et un peu plus loin, dans le chapitre 9, : « Christ étant venu, souverain sacrificateur des biens à venir, par le tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas fait de main, c’est-à-dire qui n’est pas de cette création, et non avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang, est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle » (v. 11 et 12). Il est donc acquis clairement que notre salut ne peut pas être perdu, que nous avons une rémission entière de tous nos péchés pour l’éternité. Peut-être que certains se feront du souci en disant : je comprends bien que mes péchés que j’ai commis avant ma conversion ont été expiés et qu’ils sont pardonnés, mais ceux que je commets maintenant en tant que chrétien ? Mais nous pouvons dire déjà que quand le Seigneur est mort sur la croix, je n’étais pas né, je n’avais pas péché et pourtant Il a expié tous mes péchés un à un et j’en suis maintenant totalement délivré, délivré de la culpabilité de ces péchés que j’ai commis depuis ma naissance jusqu’à aujourd’hui. Évidemment tous les péchés que je vais peut-être être amené à commettre, non pas que ce soit la volonté de Dieu, mais dans lesquels je pourrais tomber car nous faillissons tous à plusieurs égards, ces péchés-là sont déjà expiés parce que l’œuvre du Seigneur Jésus a été accomplie pour l’éternité, et le Seigneur, étant Dieu, se place dans l’éternité. Toutes choses sont présentes pour lui et nous avons une rédemption éternelle, et aucun péché, ni d’avant notre conversion, même s’il n’a pas été confessé, ni après notre conversion, même s’il n’a pas été confessé, sont déjà pardonnés et inclus dans ce grand salut que nous avons reçu par la foi en Son sang, par la foi en Son œuvre à la croix. Ce pardon-là est une chose acquise, et nous le devons entièrement aux souffrances expiatoires du Seigneur Jésus sur la croix. Même en nous réjouissant dans le salut que nous avons, n’oublions pas les souffrances que le Seigneur a endurées pour nous l’acquérir. Que le Seigneur nous accorde de prendre toujours plus conscience du prix qu’Il a payé pour nous offrir ce pardon ! Ce pardon n’était pas gratuit pour Lui ! Il l’est pour nous, et c’est une grâce immense. Ce que nous ne pouvions pas obtenir par nos efforts, quels qu’ils soient, Lui nous l’a obtenu sur la croix et nous ne pouvons que Lui en rendre grâces tous les jours, en Lui demandant de nous en rendre conscients, en lui demandant de nous aider à voir toujours à quel point nous étions loin, à quel point nous étions dans le mal, et comme nous L’avions offensé, et comment Il nous a rachetés du mal et nous a pardonné nos péchés. Le pardon, c’est, en quelque sorte, que nous n’avons plus rien à craindre devant Dieu. Il ne nous redemandera plus rien, Christ a payé pour moi.
Mais il y a une autre facette à ce pardon. Je parlais tout à l’heure du pardon que nous devons obtenir lorsque nous sommes croyants, non pas en vue de renouveler notre salut, mais en vue de retrouver la communion avec le Seigneur. Nous lisons dans la 1ere épître de Jean : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur et sa parole n’est pas en nous. Mes enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas ; et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le juste » (1. 9 et 10 ; 2. 1). Ce passage est également précieux car si, ayant été pardonnés du pardon éternel pour le salut, nous faisons un faux pas sur la route et que nous perdions la communion avec le Seigneur, quelle serait notre vie s’il n’y avait pas une ressource pour nous pour retrouver cette communion avec le Père et avec le Fils ? Nous vivrions misérablement sur la terre en attendant le jour où nous serions enlevés au ciel. Mais l’œuvre du Seigneur a pourvu à tout. Son œuvre est parfaite et alors – si même le péché est intolérable pour Dieu- quant à la communion, il y a une ressource. C’est encore l’œuvre du Seigneur Jésus qui est en vue. Ici nous avons lu que « si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité ». Nous pourrions dire que cela, c’est le pardon du Père. On l’a lu dans la suite au chapitre 2 v. 1 : « nous avons un avocat auprès du Père ». Ce n’est pas auprès de Dieu. Il y a déjà la relation – la relation n’est pas rompue, mais la jouissance de cette relation est interrompue pour un temps. Elle ne demande qu’à être restaurée. Dieu ne veut pas que nous marchions sur la terre dans la misère. Il veut que nous jouissions des choses du ciel, Il veut que nous ayons toujours la liberté devant Lui dans notre vie et qu’il n’y ait pas d’obstacles à cette communion dans laquelle nous sommes, à la jouissance de Son amour, à la jouissance de tout ce qu’Il nous a fait connaître, et aussi pour jouir de l’action de Son Esprit en nous. C’est par l’Esprit que nous pouvons nous approcher de Lui et jouir de Lui. Cette jouissance est perdue dès que nous avons péché, ne serait-ce que par une mauvaise pensée. Beaucoup de choses viennent dans notre vie chaque jour pour entraver, entacher cette communion, nous éloigner de Christ et nous faire perdre la jouissance de Son salut, de Son amour, de toutes les choses qu’Il nous a données. Que faire ? Nous avons à confesser nos péchés. L’homme qui s’approche de Dieu pour être sauvé doit se repentir – la Parole nous l’enseigne – et ensuite confesser ses péchés. Mais ici il n’est pas parlé de repentance, il est parlé seulement de confession. Mais comment pour un croyant confesser un péché dont il ne se serait pas repenti ? – tant que je dis : « Non, cela c’est une petite chose, cela ne vient pas gêner ma communion avec le Seigneur, je n’ai pas envie de la confesser ». La confession va toujours avec la repentance. Elle la suit en général. Et alors nous avons à confesser nos péchés en ayant pris conscience de notre culpabilité d’avoir commis un péché qui a déshonoré Dieu, ne serait-ce que ce qu’on pourrait appeler un « petit péché ». Tout cela vient progressivement baisser, obstruer le canal de la jouissance des choses de Dieu. Souvent ce sont de petites choses qui s’accumulent. Le déclin se manifeste progressivement : nous n’avons plus trop envie de lire la Parole, nous n’avons plus trop envie de prier, beaucoup de choses viennent perturber notre vie spirituelle. Nous pouvons nous demander dans ce cas-là : que faut-il faire ? Que s’est-il passé ? Je n’ai pas pris conscience de tel ou tel péché. Le Seigneur veut nous éclairer. Il intervient Lui-même, sans même que nous le Lui demandions comme à notre Avocat. Il est là pour nous amener à prendre conscience de notre péché, à prendre conscience que nous avons contristé l’Esprit Saint, à prendre conscience que nous avons perdu cette jouissance à cause de ce que nous avons fait. Et une fois que nous avons pris conscience de ce mal, nous le confessons, non pas légèrement, mais avec humiliation, dans la conscience que ce péché a exigé la mort du Seigneur sur la croix. Et même si ce péché nous est pardonné quant au salut, c’est lui qui vient troubler notre communion maintenant, mais alors nous savons que Dieu est fidèle et juste envers Son Fils, envers le Seigneur Jésus. Il est juste envers Celui qui a expié ce péché-là et Il peut nous pardonner et nous purifier de toute iniquité. Ainsi la communion est retrouvée. C’est le pardon du Père envers Ses enfants. Dans une famille, quand un enfant fait une bêtise et que les parents l’ont vu, mais que lui croit qu’ils ne l’ont pas vu, il cherche à la cacher. Et puis un beau jour il s’est senti malheureux, il la confesse à ses parents. Et alors c’est la joie qui revient. Sa conscience est libérée. Maintenant il peut jouir de nouveau de l’amour de ses parents. Il est ainsi heureux de nouveau. De la même façon le croyant, lorsqu’il a péché, lorsqu’il a laissé s’accumuler peut-être des petites choses qui l’ont éloigné de Dieu, il en arrive à se placer devant le Seigneur dans Sa lumière pour pouvoir confesser ce qu’il reconnaît avoir mal fait, en laissant travailler l’Esprit en lui pour la restauration, pour recevoir ce pardon paternel, et être ainsi purifié de son péché et retrouver la communion. Maintenant, il arrive parfois qu’un croyant soit resté dans le péché plus longtemps , sans l’avoir confessé, que sa conscience se soit endurcie et que son éloignement soit très grand. Alors, quand il prend conscience de son péché, il s’humilie, il confesse, mais il ne retrouve pas tout de suite cette joie dans le Seigneur, cette communion revient lentement. Il y a un travail nécessaire, mais le pardon est déjà là. On voit des personnes qui se posent des questions : « J’ai péché, je l’ai confessé dans la semaine, je ne me sens pas bien pour participer à la Cène ». La Parole ne dit pas cela. Dans 1 Cor. 11. 28 il est dit : « Mais que chacun s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe ». Que veut dire ce passage ? – Que nous avons à nous éprouver, et une fois que nous nous sommes éprouvés, c’est-à-dire que nous nous sommes jugés devant le Seigneur, que nous avons confessé ce qui ne va pas, nous pouvons manger le pain. Pourquoi ? – Même si ma restauration spirituelle n’est, pour ainsi dire, pas achevée, je sais que je suis pardonné, je sais que je suis purifié, je peux participer à la Cène sans crainte. Bien sûr, le Seigneur poursuivra Son travail et m’amènera à une pleine restauration, parce que ce qu’Il veut, c’est que je puisse me réjouir en Lui, que je puisse jouir des choses qu’Il m’a acquises et que je puisse être un croyant heureux.
J’aimerais que nous lisions maintenant quelques versets généraux sur le pardon, que nous pouvons trouver déjà dans les Actes des apôtres. « Tous les prophètes lui rendent témoignage, que, par son nom, quiconque croit en lui reçoit la rémission des péchés » (10. 43). « Sachez donc, hommes frères, que par lui vous est annoncée la rémission des péchés, et que de tout ce dont vous n’avez pu être justifiés par la loi de Moïse, quiconque croit est justifié par lui » (13. 38 et 39). Un autre verset encore nous montre justement que le pardon du salut ne peut être qu’en Christ. C’est un pardon qui nous est donné et qui est remis à la foi. Nous savons que le pardon fait partie du salut. Il y a de nombreuses facettes de ce grand salut que le Seigneur nous a acquis. Ce pardon, on le reçoit par la foi. Il nous a été acquis par le Seigneur Jésus, on le reçoit par la foi. C’est ce qui nous est dit dans ces deux versets. Or ce salut nécessite – je l’ai dit tout à l’heure – la repentance. On a une image très claire dans l’évangile selon Luc lorsque le Seigneur présente la parabole des deux fils. Il nous est dit que le fils prodigue, après avoir tout dépensé, étant malheureux, étant dans la famine, « Et étant revenu à lui-même, il dit : Combien de mercenaires de mon père ont du pain en abondance, et moi je péris ici de faim ! Je me lèverai et je m’en irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme l’un de tes mercenaires » (15. 17 à 19). On a ici l’image de ce qui se passe lorsque quelqu’un prend conscience de sa culpabilité. D’abord il revient à lui-même. Son désir, avant ce retour sur lui-même, était de jouir de la vie, de ne pas être entravé par ce qu’il avait comme enseignements dans la maison de son père. Il voulait en finir avec cela. Il a dépensé tout son argent dans la débauche. Et maintenant il revient en lui-même. Sa pensée avait changé. C’est cela la repentance. Sa pensée a changé quant aux choses qu’il a faites. Au début il disait : « les affaires de mon père, je n’en ai rien à faire, je veux aller faire ma vie tout seul et être libre ». Cette liberté l’a amené à l’esclavage du péché.
Maintenant il revient sur lui-même. Il se dit : « Après tout, ce que j’avais chez mon père était bien mieux que ce que j’ai maintenant. Je n’ai rien gagné à faire tout cela ». Alors il revient à lui-même et il a conscience de sa culpabilité, puisqu’il dit : « je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ». C’est une chose importante de se sentir, devant Dieu, indigne de Son amour. Mais ce qui ne serait pas bon, c’est de dire : « traite-moi comme l’un de tes mercenaires ». Nous savons que ce n’est pas connaître Dieu que de penser cela. Nous savons qu’Il nous accueille, nous savons qu’il nous veut dans sa maison,  que Dieu veut nous placer dans une position où nous pouvons jouir de son amour, où nous serons au bénéfice de cet amour et la grâce veut nous bénir abondamment.
Ce que je voulais remarquer dans ce passage, c’est que la confession suit la repentance. Il est vrai que nous ne pouvons pas affirmer que nous avons confessé tous nos péchés. Nous sommes bien loin d’avoir conscience de tout ce que nous avons pu faire contre Dieu, et pourtant ces péchés nous sont pardonnés. Mais de même que pour le salut, pour la restauration de la communion, il y a besoin d’une repentance et d’une confession : « Je lui dirai ». On a le besoin de l’exprimer. Cela est vrai aussi entre frères. Lorsque nous avons péché contre quelqu’un, il est très difficile de confesser. On préfère se contenter de régler cela devant Dieu et puis de ne rien dire au frère. Pourtant la Parole nous enseigne à confesser. Ce n’est pas du tout facile, mais le Seigneur veut que nous le fassions.
Maintenant je voudrais lire quelques versets dans Luc 24, après que le Seigneur Jésus est ressuscité : « Et il leur dit : Il est ainsi écrit ; et ainsi il fallait que le Christ souffrît, et qu’il ressuscitât d’entre les morts le troisième jour, et que la repentance et la rémission des péchés fussent prêchées en son nom à toutes les nations » (v. 46 et 47). Ici nous avons la repentance suivie de la rémission des péchés. Nous lirons encore dans Marc 11 : « Et quand vous ferez votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez-lui, afin que votre Père aussi, qui est dans les cieux, vous pardonne vos fautes. Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est dans les cieux ne pardonnera pas non plus vos fautes » (v. 25 et 26). Ici nous avons le pardon lié à la prière. Il s’agit bien sûr ici du pardon mutuel. Un croyant qui veut prier, s’il a quelque chose contre quelqu’un, n’est pas à l’aise devant Dieu en ayant ce ressentiment contre son frère. Alors il doit lui pardonner, afin qu’aussi il soit accepté par le Père. Nous parlerons tout à l’heure de ce pardon gouvernemental, mais ici on peut souligner que le pardon est lié à la prière. Quelquefois nous pouvons nous poser la question : nous avons quelquefois des difficultés qui s’amoncellent et puis nous prions, nous prions, et nous ne voyons pas de réponse. Est-ce que, dans ce cas-là, il ne faudrait pas aller plus loin et nous poser la question : Est-ce qu’il n’y a pas quelque chose que j’ai contre quelqu’un comme ici ? Est-ce qu’il n’y a pas un péché qui entrave la communion avec le Père et bloque ainsi ma prière ? La réponse à ma prière que Dieu veut me donner, Il ne peut pas la donner à cause de mon état. Donc je dois aussi prendre conscience que les prières qui peuvent être tout à fait selon la volonté de Dieu, n’ont pas de réponse immédiate parce qu’il faut d’abord passer par le jugement de soi et par la confession pour le pardon nécessaire envers autrui. C’est beau de voir comment notre pardon mutuel est lié à notre vie spirituelle, à la prière ici. Nous lisons dans Mat. 5. 23 et 24 : « Si donc tu offres ton don à l’autel, et que là il te souvienne que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton don devant l’autel, et va d’abord, réconcilie-toi avec ton frère ; et alors viens et offre ton don ». Nous avons là une image du culte. Il s’agit d’un contexte juif. Mais offrir son don, en quelque sorte c’est venir au culte dans l’assemblée. Dans quel état d’esprit, dans quel état de cœur, sommes-nous lorsque nous venons aux réunions ? S’il nous souvient qu’un frère a quelque chose contre nous, ce n’est pas toujours facile. Il y a des frères, des sœurs qui peut-être ne cherchent pas à nous rencontrer. On peut se demander : – Mais qu’est-ce qu’il y a qui gêne la relation ? Peut-être que la personne a quelque chose contre moi. Ce n’est pas moi qui ai quelque chose contre elle. C’est elle qui a quelque chose contre moi. Dans ce cas-là je dois me réconcilier avec elle, je dois régler la question. Ainsi je pourrai venir et offrir mon don. Comme le pardon mutuel est dépendant de notre état spirituel devant Dieu et selon qu’il y a un problème entre quelqu’un et moi, que ce soit lui qui ait quelque chose contre moi, ou moi qui aie quelque chose contre lui, je dois régler la question. Donc notre vie collective est liée à ce pardon mutuel dont nous parlerons tout à l’heure. Je souligne ces versets seulement pour montrer que la prière, le culte sont entravés lorsqu’il y a quelque chose dans ma vie qui vient faire obstacle à la communion avec Dieu le Père, un obstacle qui fait que j’hésite pour ce pardon mutuel, pardon entre frères et sœurs, un obstacle qui est là pour entraver ma vie spirituelle. On pourrait retrouver cette même pensée un peu dans Matthieu 18. 18. D’une façon indirecte on peut voir qu’il en est question au v. 15 « Et si ton frère pèche contre toi, va, reprends-le, entre toi et lui seul etc. ». Le paragraphe se termine par : « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (v. 20). Il s’agit bien ici d’une réunion d’assemblée. Un frère qui a péché contre moi, je vais le voir, ce n’est pas facile. Il a péché contre moi alors qu’il refuse de le reconnaître, peut-être qu’il va m’accuser aussi d’avoir péché contre lui, il va me retourner la balle. Je vais le voir. Bien sûr les choses sont claires, ce n’est pas un péché supposé, c’est une chose réelle. Je vais le voir, je prends un autre frère et après je suis obligé de le dire à l’assemblée. Mais je ne peux pas laisser mon frère dans cet état-là. Je pourrais me dire : je vais lui pardonner intérieurement et puis voilà, je ne fais cas de rien. Est-ce que je serai libre devant lui ? Je ne pourrais pas être libre. Ma relation avec lui sera entravée. La Parole nous montre bien qu’il faut qu’il y ait de la part de celui qui a péché une repentance et une confession. Ici nous avons la dépendance de notre prière, de notre culte, la dépendance de notre état spirituel, de nos relations avec nos frères et ainsi nous pourrons être tout à fait libres dans l’assemblée lorsque nous n’aurons aucune rancœur, rien dans le cœur contre qui que ce soit. Bien sûr c’est une chose vraiment triste si des frères et sœurs qui rompent le pain ensemble ne se sont pas pardonnés. Je crois que cela a fait beaucoup de mal dans les assemblées.
On a vu, j’ai pu voir à l’occasion, un frère qui a quitté l’assemblée et qui finalement s’est développé spirituellement en dehors de l’assemblée, et découvrir qu’il avait beaucoup, beaucoup de rancœur contre beaucoup de frères et sœurs. Et c’est cela qui le gênait dans sa vie. Il ne pouvait pas avoir une vie spirituelle normale, heureuse devant Dieu, dans cette situation. Ayant quitté l’assemblée, ce n’était pas une bonne chose, mais cela libérait de cet état de choses, je pense. C’est comme cela que je l’ai interprété alors, peut-être que j’ai pu me tromper aussi.
On a aussi dans ce même évangile de Matthieu, encore deux versets qui vont nous acheminer vers une autre sorte de pardon. « Car si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi à vous ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs fautes, votre Père ne pardonnera pas non plus vos fautes » (6. 14 et 15). Puis nous avons au chapitre 18 aussi dans la parabole de celui à qui le maître avait beaucoup pardonné, beaucoup remis comme dette – parce que le pardon, c’est aussi une dette qui est remise, une dette envers Dieu d’abord, qui est remise et qui nous libère de ce poids. De ces deux serviteurs l’un avait une lourde dette qui lui a été remise, et le second serviteur avait une dette auprès du premier, et il ne veut pas lui remettre sa dette. La conclusion c’est que son seigneur, étant en colère, le livra au bourreau jusqu’à ce qu’il ait payé tout ce qui lui était dû. « Ainsi aussi mon Père céleste vous fera, si vous ne pardonnez pas de tout votre cœur, chacun à son frère » (v. 35). On a dans ces deux versets une situation très particulière : quelqu’un qui refuse de pardonner à son frère. Alors comme conséquence Dieu refuse de lui pardonner. Il ne s’agit, bien sûr, pas là du pardon du salut. Il s’agit du pardon lié à la restauration de la communion. Je voudrais raconter une petite histoire que j’ai lue il y a longtemps à ce sujet, qui m’avait beaucoup explicité la chose. C’était un croyant qui a constaté jour après jour qu’il y avait un frère qui était toujours triste, toujours malheureux, jamais à l’aise. Un jour, il l’a pris à part et lui a dit : « Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qui ne va pas dans ta vie ? » Alors ce frère lui a raconté : mes frères m’avaient privés de l’héritage. Je leur ai fait un procès, j’ai obtenu gain de cause, mais maintenant je suis malheureux. Il n’avait pas voulu accepter l’injustice. Il n’avait pas voulu pardonner ce tort et même en ayant obtenu justice il était malheureux. C’est un peu ce que nous lisons ici, votre Père ne vous pardonnera pas. Comment retrouver la communion avec notre Père céleste si nous avons des brouilles avec quelqu’un et que nous ne pouvons résoudre ? La parole nous dit : soyez en paix  avec tous autant que cela dépend de vous. Il est vrai que quelque fois on ne peut pas changer les gens, même si nous désirons de bonnes relations avec eux, parfois c’est difficile. Mais si je pardonne de tout mon cœur à tous ceux qui ont fait du tort, je rentrerai même avec des injustices dont je suis l’objet, dans la jouissance de l’amour de Dieu, dans la liberté devant Dieu, dans la joie d’avoir pu accepter de souffrir une injustice. C’est un peu ce que Dieu a fait envers nous. Il a souffert beaucoup de choses de notre part, nos péchés sont pour ainsi dire des injustices à son égard. Il a fallu que Christ meure pour cela et le Père dans sa grâce nous pardonne en vertu de l’œuvre de Christ, Il ne tient plus cas de ce que nous avons fait, car Christ a tout réglé, tout expié pour nous. Ce pardon pourrait être appelé le pardon gouvernemental. Le gouvernement de Dieu c’est quelque chose que nous trouvons dans toute la parole. Nous le lisons dans Mat. 7. 2 il nous est dit : « de la mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré » et puis dans Gal. 6. 7 il est dit : « ne soyez pas séduits ; on ne se moque pas de Dieu ; car ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera ». Nous pouvons dire : je croyais que mes péchés étaient pardonnés et maintenant je dois moissonner ce que j’ai semé ? Voilà que ce que je fais à l’égard de quelqu’un je recevrai autant ? ce que nous voyons dans l ‘évangile selon Matthieu. Nous sommes libérés de notre culpabilité par l’œuvre de Christ devant Dieu. Nous recevons une nouvelle responsabilité lorsque nous avons cru, responsabilité de marcher d’une manière digne de Christ devant Dieu et si nous ne marchons pas d’une telle manière alors nous le moissonnerons. D’ailleurs dans la suite du verset de Galates 6, il nous est dit : « soit bien soit mal » Si je fais le bien, même un incrédule qui fait du bien il en reçoit une récompense. Ce gouvernement n’est pas seulement pour les incroyants mais aussi pour les croyants. Ce jugement de la maison de Dieu que nous trouvons dans l’épître de Pierre, nous en sommes les objets chacun individuellement dans notre marche individuelle et collectivement aussi, et nous sommes sous ce gouvernement de Dieu quoique nous en disions. Nous aimons bien répéter que l’église est en ruine. Ce n’est pas l’église qui est en ruine, c’est son témoignage. Et son témoignage est en ruine parce que nous sommes sous le gouvernement de Dieu et que nous avons manqué, et que nous subissons les conséquences de nos manquements. Il ne faut pas se faire d’illusions, toutes ces choses qui sont arrivées au cours des siècles sont là comme une tache dans notre témoignage et nous sommes ainsi les objets de ce gouvernement. Mais ce gouvernement ne nous empêche pas de jouir de la grâce, de jouir du salut. Prenez David par exemple, David lorsqu’il a péché, qu’il a commis adultère, qu’il a fait tuer Urie, le Héthien, son meilleur soldat peut-être dans la guerre, il a fallu un an pour qu’il se repente quand le prophète Nathan est venu vers lui. Nathan a commencé par lui raconter une parabole. Et David s’est fâché. Il a dit : – cet homme-là doit rendre sa brebis au quadruple. Nathan peut lui dire : « Tu es cet homme ! » Alors il a dû payer au quadruple, il a perdu quatre enfants. L’épée qui avait tué Urie, cette épée-là devait tuer quatre de ses fils. Tu le rendras au quadruple. Cela, c’est le gouvernement de Dieu. En tant que croyants, nous n’y échappons pas. Mais pendant ce temps même, David a écrit les plus beaux psaumes, par exemple les psaumes concernant son pardon. Dans le psaume 51, on voit sa confession. Sa conscience est chargée par ce péché, puis dans le psaume 32 on voit la joie qu’il a dans ce pardon. Donc ce gouvernement de Dieu est quelque chose auquel tous les croyants ont part. Et dont nous avons à en prendre pleine conscience parce que la communion avec Dieu dans le refus d’un pardon à quelqu’un entrave notre communion avec Dieu. Par exemple quand le Seigneur Jésus du haut de la croix dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34), ce n’était pas le pardon pour le salut, c’était un pardon gouvernemental, en quelque sorte pour retarder le jugement que méritait cet acte. Il n’y a pas de plus grand péché qui ait été commis sur la terre que la crucifixion du Seigneur Jésus. Et alors le Seigneur Jésus a dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ». C’est une grande grâce qu’Il manifeste à leur égard, qui avait pour objet de les amener à prendre conscience de leur mal, à s’en repentir. On voit dans la suite comment Dieu a patienté, et quand Étienne est lapidé, on voit le Seigneur debout dans le ciel, prêt à revenir si le peuple s’était repenti. Mais le peuple n’a pas voulu se repentir et depuis ce jour-là il est sous le gouvernement. Quand on pense à tout ce qui s’est passé pendant vingt siècles, à toutes les souffrances qu’a subies le peuple juif pendant ces vingt siècles, comment il a été persécuté – et on pense particulièrement à la dernière guerre mondiale – il leur aurait suffi de se repentir de leurs péchés, du péché si grave de la crucifixion de leur Seigneur, de leur Messie, et toute cette souffrance aurait été annulée. Que le gouvernement de Dieu est terrible, et comme nous avons aussi à craindre, à avoir connaissance de ce gouvernement. Nous avons lu dans un livre qu’un croyant disait : Si j’avais compris avant ce qu’est le gouvernement de Dieu , je n’aurai pas mené la vie que j’ai menée. Souvent nous sommes sous la conséquence de nos péchés, ce qui ne nous empêche pas de jouir du salut que nous avons quand nous avons été pardonnés. Je pèche, mon péché est confessé, mais je demeure encore sous la conséquence de ce péché-là. Dans tous les cas, Dieu est celui qui décide des conséquences de mes péchés, mais cela n’empêche pas de jouir de la grâce. Par exemple dans le cas d’Adam et Eve, à cause de leur péché ils ont été chassés du jardin d’Éden, mais la grâce les a revêtus de vêtements de peau. La grâce agissait simultanément avec le gouvernement et que l’un n’élimine pas l’autre. Ce n’est pas parce que nous sommes sous la grâce que nous n’avons pas le gouvernement. Il y a d’autre cas où le gouvernement a été positif. Par exemple nous lisons en Genèse 18. 26, lorsque Abraham rencontre Dieu, il prie, il intercède pour la ville de Sodome. Après avoir dit : « Le juge de toute la terre ne fera-t-il pas ce qui est juste ? » l’Éternel dit : « Si je trouve dans Sodome cinquante justes, au-dedans de la ville, je pardonnerai à tout le lieu à cause d’eux. Et Abraham répondit et dit : Voici, je te prie, j’ai osé parler au Seigneur, moi qui suis poussière et cendre » et il intercède. Dieu dit : Voilà je suis prêt à pardonner à cette ville si j’y trouve cinquante justes. Et alors les milliers d’autres qui sont dans le péché, est-ce qu’ils seraient pardonnés, est-ce qu’ils seraient sauvés parce qu’Abraham a pensé que Dieu pardonnerait ? Non, il s’agit d’un pardon gouvernemental. C’est un ajournement, en quelque sorte, du jugement qui va tomber sur la ville. On voit souvent que Dieu attend que le péché soit arrivé à son comble. C’est ce qui s’est passé avant la déportation des Israélites à Babylone. Ce gouvernement est un sujet très important qui touche au pardon mutuel puisque nous avons aussi ce fait que si nous ne pouvons pas pardonner chacun de tout notre cœur à nos frères, Dieu ne nous pardonnera pas non plus nos péchés. La communion ne pourra pas être retrouvée, elle sera entravée, il n’y aura plus la liberté. Combien nous avons à gagner de subir même des injustices s’il le faut et de pardonner avec l’aide de Dieu, parce que ce n’est pas une chose facile de pardonner chacun à son frère.
Dans ce chapitre 18 de Matthieu nous pouvons parler du pardon mutuel puisque nous sommes sur ce sujet. Dans ce chapitre il est dit : « Pierre, s’approchant de lui, dit : Seigneur, combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi, et lui pardonnerai-je ? Sera-ce jusqu’à sept fois ? Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois » (v. 21 et 22). Donc c’est-à- dire quatre cent soixante-dix fois par jour, c’est-à-dire tout le temps. Donc combien de fois pardonner ? La Parole nous dit : pardonnez sans limite. Sans doute c’est une situation très éprouvante quand on a à faire à quelqu’un qui demande pardon sans cesse, mais nous ne devons pas donner une limite au pardon que nous devons offrir à ceux qui nous demandent pardon.
Maintenant aussi dans l’épître aux Éphésiens : « mais soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné. Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur » (4. 32 ; 5.1). « Vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné » : C’est une mesure extraordinaire, unique, de pardon,. Dieu nous a tout pardonné en vertu de l’œuvre de Son Fils, et nous sommes appelés à pardonner tout, même si nous avons subi des torts. N’attendons pas de contrepartie. C’est ce que nous lisons aussi dans 1 Cor. 6 lorsqu’il est dit : « Quelqu’un de vous, lorsqu’il a une affaire avec un autre, ose-t-il entrer en procès devant les injustes et non devant les saints ? » (v. 1). Un peu plus loin il est dit : « un frère entre en procès avec un frère, et cela devant les incrédules. C’est donc de toute manière déjà une faute en vous, que vous ayez des procès entre vous. Pourquoi ne supportez-vous pas plutôt des injustices ? » (v. 6 et 7) Quand un frère a péché contre moi, je vais le voir, non pas pour obtenir justice, je vais le voir pour qu’il puisse être rétabli dans la communion avec le Père et dans la communion fraternelle aussi. Mais j’accepte l’injustice. C’est ainsi que le pardon mutuel doit s’exercer entre frères, et nous pouvons dire, chacun pour soi, dans quelle mesure nous manquons à cela. Bien sûr, une condition pour pouvoir prier avec les autres dans les réunions de prière, rendre culte à Dieu ensemble en assemblée, cela est indispensable de pouvoir vraiment être à l’aise entre nous. Il n’y a pas de limite à la mesure du pardon que nous avons reçu de Dieu, sans tenir compte de la gravité de l’injustice que nous avons subie.
Maintenant il est intéressant de voir quelles sont les conséquences, pour l’âme, du pardon de Dieu. Nous avons déjà cela dans le psaume 32 où nous voyons comment David a pu réaliser ce pardon. « Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée, et dont le péché est couvert ! Bienheureux l’homme à qui l’Éternel ne compte pas l’iniquité, et dans l’esprit duquel il n’y a point de fraude. Quand je me suis tu, mes os ont dépéri, quand je rugissais tout le jour, car jour et nuit ta main s’appesantissait sur moi ; ma vigueur s’est changée en une sécheresse d’été. Je t’ai fait connaître mon péché, et je n’ai pas couvert mon iniquité ; j’ai dit : Je confesserai mes transgressions à l’Éternel ; et toi, tu as pardonné l’iniquité de mon péché » (v. 1 à 5). Cela nous dit toute la joie de celui qui a reçu le pardon de Dieu. A la conversion souvent on éprouve une grande joie. Quelle est cette joie ? C’est la joie du pardon. L’homme est chargé par ses péchés et c’est comme un joug qui pèse sur ses épaules. Lorsqu’il vient au Seigneur Jésus il apprend par la Parole que ses péchés sont pardonnés et le croit. Alors c’est un lourd fardeau qui est enlevé. Il peut se réjouir et dire comme David : « Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée ». Jouissons-nous de cela tous les jours de notre vie ? Être pardonné par Dieu Lui-même, d’un pardon éternel, d’avoir toujours accès à Lui lorsque nous avons péché en tant que croyants, pour recevoir ensuite le pardon et pour retrouver une pleine communion avec le Père, avec le Fils et entre frères.
Le pardon produit aussi l’amour. C’est ce que nous lisons dans Luc 7. Nous avons là l’histoire d’une pécheresse qui vient aux pieds du Seigneur, qui pleure et qui arrose de ses larmes les pieds du Seigneur et les essuie avec ses cheveux. Le Seigneur, à la fin, dit au pharisien : « Ses nombreux péchés sont pardonnés, car elle a beaucoup aimé ; mais celui à qui il est peu pardonné, aime peu » (v. 47). Ce verset peut nous exercer parce que nous avons tous reçu un grand pardon et même si la masse de nos péchés est différente de l’un à l’autre, nous avons reçu un immense pardon de la part de Dieu.Et c’est dans la mesure où nous apprécierons de quoi nous avons été pardonnés et combien grand est ce pardon, que nous pourrons aimer le Seigneur. Cela produira en nous un sentiment de reconnaissance, d’amour envers Lui. Mais quelquefois on entend des croyants qui disent : lorsqu’on sait qu’on est pardonné, on peut faire comme avant, c’est-à-dire mener une vie comme les incrédules, si on veut. Ceux qui parlent ainsi n’ont pas connaissance de ce que peut produire le pardon et la grâce dans un cœur. Au psaume 130 nous voyons au v. 3 : « Ô Jah ! si tu prends garde aux iniquités, Seigneur, qui subsistera ? Mais il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint ». Voilà ce que fait la grâce. Quand nous recevons la grâce, un pardon définitif pour tous nos péchés, quels qu’ils soient, les petits comme les grands, cela nous remplit de reconnaissance, cela nous remplit de joie mais aussi de crainte, non pas la crainte qui est la peur de Dieu, mais la peur de Lui déplaire. La crainte de Dieu, c’est la peur de Lui déplaire. Quand nous avons senti le poids de nos péchés, quand nous nous sommes repentis, lorsque nous avons reçu ce pardon comme un cadeau merveilleux, alors nous disons en nous-mêmes : pourvu que je ne déshonore pas Celui qui m’a tant aimé et qui a donné Son Fils pour moi, qui m’a pardonné définitivement. Je suis dans la crainte de Dieu et cette crainte est salutaire. Si j’ai peur de déplaire à Dieu par amour pour Lui, par reconnaissance envers Lui, alors ma vie sera transformée, je veillerai sur mes pas, je prendrai garde à mes voies, comme on le trouve dans le livre du prophète Aggée. Le pardon ne conduit pas au péché comme on pourrait le croire par un raisonnement purement humain qui n’a pas de sens. Le pardon nous conduit toujours à la crainte de Dieu, toujours à l’amour pour Dieu, à la reconnaissance, et nous remplit de joie. C’est un pardon merveilleux auquel nous devons revenir sans cesse dans notre vie. Je me souviens avoir visité un croyant qui était à l’hôpital, qui avait subi une opération, et il disait : Dans ces moments-là on pense au salut, qu’on est sauvé, dans ces moments-là où on croit que ses derniers jours sont arrivés, il ne reste plus que cela. Tout s’éclipse devant tout ce que la grâce nous a donné, un salut merveilleux, le pardon, et qu’on va vers le Seigneur sans crainte parce que nous savons que nos péchés sont expiés. Il nous faut toujours revenir à la source. Dans nos réunions nous parlons souvent de la mort du Seigneur. On pourrait se dire : Est-ce une habitude ou est-ce une nécessité qui nous revient dans le cœur ? Il ne faudrait pas que ce soit une habitude, il ne faudrait pas que nous pensions au Seigneur par Son œuvre à la croix seulement parce que nous le disons. La source de tout ce que nous avons et de tout ce que nous sommes, c’est la croix et nous ne pouvons pas nous tromper en revenant à la croix. Un chrétien me disait un jour : Vous vous êtes béni parce que vous regardez au roi, vous regardez à Christ comme roi. Le roi est riche, il peut nous bénir. Nous, nous sommes pauvres parce que nous avons la croix. Je lui ai dit : Détrompez-vous, c’est la croix qui est la source de toutes nos bénédictions, ce n’est pas la couronne. Nous savons ce qui doit arriver et cela nous réjouit. Ce n’est pas que nous ne pensions pas à la gloire qu’il recevra lorsqu’Il régnera, mais tout découle de la croix. Revenir à la croix, c’est revenir à la source. Même si nous avons beaucoup de choses en plus, la source de tout c’est la croix.
Maintenant un dernier mot sur le pardon qu’on appelle parfois le pardon administratif, le pardon de l’assemblée envers un croyant qui a péché et qui a dû être discipliné, et exclu par l’assemblée. Nous lisons dans Matthieu 18. 18 : « En vérité, je vous dis : Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel ». Le Seigneur s’exprime là dans un contexte où il est question de l’assemblée. Et dans la 2eme épître aux Corinthiens on voit la pratique de cette chose-là. Dans la 1ere épître au chapitre 5 le croyant a été mis hors communion à cause d’un péché et il a été ôté de l’assemblée. Il a été lié par l’assemblée – et dans la 2eme épître, chapitre 2, nous voyons qu’il s’est repenti et il a été restauré. L’apôtre peut dire : « Car c’est aussi pour cela que je vous ai écrit, afin que je connaisse, à l’épreuve, si vous êtes obéissants en toutes choses. Or à celui à qui vous pardonnez quelque chose, moi aussi je pardonne ; car moi aussi, ce que j’ai pardonné, si j’ai pardonné quelque chose, je l’ai fait à cause de vous dans la personne de Christ ; afin que nous ne soyons pas circonvenus par Satan, car nous n’ignorons pas ses desseins » (v. 9 à 11). Donc ce croyant a pu être pardonné par l’assemblée, réintégré dans l’assemblée. L’amour des frères et sœurs a pu lui être ratifié et ainsi ce croyant a été restauré publiquement dans l’assemblée. Bien sûr il y a ce qui se passe dans le cœur, il y a aussi ce qui se passe dans l’assemblée envers ceux qui sont sous une discipline. Nous avons beaucoup de soin à apporter au pardon mutuel et ce soin ne pourra être apporté que dans la mesure où nous jouirons nous-mêmes du pardon que nous avons en Christ dans son sang, que Son œuvre à la croix nous a acquis pour l’éternité. Et ainsi notre marche sera plus vraie, plus sincère. Nous serons heureux. La joie du pardon sera manifestée tous les jours de notre vie. Nous serons reconnaissants, pleins d’amour pour Celui qui nous a pardonné et aussi nous marcherons dans Sa crainte. Que le Seigneur veuille bénir sa Parole et nous aider à la réaliser, dans la vie de chacun. Nous avons à prier sans cesse pour que nous soyons capables de pardonner. Ce n’est pas par nous-mêmes que nous pouvons le faire. Ne l’oublions pas. Quelquefois on entend dire : « Je ne peux pas pardonner ». Si, nous pouvons pardonner avec la grâce de Dieu, avec le secours de Dieu, non pas par nous-mêmes. Que le Seigneur veuille bénir Sa Parole et que nous puissions, chacun, la mettre en pratique – et moi le premier !

D’après edification.bible juillet 2021

 

LE REGISTRE DU PÉCHÉ

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L’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix (du Fils de Dieu) ; et ils sortiront, ceux qui auront pratiqué le bien, pour une résurrection de vie ; et ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement. Jean 5. 28 et 29.
Le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur. Rom. 6. 23.

 

LE REGISTRE DU PÉCHÉ

 

Le titre d’un article en première page d’un journal, il y a quelques années était : Le registre du péché s’allonge toujours plus. Il s’agissait d’un reproche, de l’opposition au gouvernement, au sujet de décisions politiques qui avaient été prises, qui semblaient erronées, et même malhonnêtes et louches sur plusieurs points.
On peut être surpris que, dans un tel contexte, le mot « péché » ait été employé, car il est aujourd’hui complètement tombé en désuétude lorsqu’il s’agit de comportements individuels inconvenants et immoraux. Dans le meilleur des cas, mais sur un ton moqueur, on parle de « péché » quand on ne se tient pas rigoureusement aux directives d’un régime alimentaire, et qu’on se laisse aller au « péché » de gourmandise. Mais même dans ce cas, de toute façon, le registre des péchés est assez long…
Les hommes politiques qui sont accusés, très souvent à raison, savent que, probablement, ils devront rendre compte de leurs actes devant une commission d’enquête parlementaire, et en répondre devant un tribunal. Et ils savent aussi qu’aux prochaines élections, ils risquent de ne pas être réélus.
Mais, que nous devions rendre compte de nos péchés est un fait qui ne concerne pas seulement la politique ou les activités professionnelles, mais bien toute notre vie. Il ne sert à rien de chercher à se convaincre que Dieu n’existe pas, que nous n’aurons pas à Lui rendre compte de nos actes, qu’après la mort il n’y a plus rien…
Éloigner de ses pensées Dieu et le concept même du péché, est un grave « péché » qui s’ajoute à tous les autres et duquel on devra répondre, un jour, devant le Juge suprême.
Les exigences de Dieu ne changent pas en fonction de nos idées ; le fait de ne pas croire en Lui n’enlève rien à la responsabilité que nous avons vis-à-vis de Lui et ne diminue pas du tout notre faute.
Nous sommes tous pécheurs. L’histoire de l’humanité le dit et, surtout, la Parole de Dieu l’affirme en termes clairs : « Il n’y a pas de juste, non pas même un seul… ils se sont tous détournés, ils se sont tous ensemble rendus inutiles… il n’y a pas de crainte de Dieu devant leurs yeux » (Rom. 3. 11 à 18). Si nous examinons notre vie, notre comportement, nos pensées, les preuves en sont plus qu’évidentes pour nous.
Bientôt, lorsque notre vie sur la terre arrivera à son terme, nous devrons tous comparaître devant Dieu : « Il est réservé aux hommes de mourir une fois – et après cela le jugement » (Héb. 9. 27). Celui qui ne croit pas ou qui s’imagine pouvoir compenser ses péchés par de bonnes œuvres, sera condamné de la même manière lorsqu’il devra comparaître devant le tribunal de Dieu (Rom. 14. 10).
Mais il y a un moyen d’éviter la condamnation – un seul, établi par Dieu Lui-même : Lui confesser nos péchés et croire que le Seigneur Jésus Christ en a payé le jugement pour nous à la croix.
« Quiconque croit en lui reçoit le pardon des péchés » (Act. 10. 43).
« Il n’y a de salut en aucun autre » (Act. 4. 12).
« Celui… qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie » (Jean 5. 24).
Dieu est amour et le sacrifice de Jésus, Son Fils, en est la preuve suprême. Croyez en Lui.

D’après « Paroles de grâce et de vérité »

 

DU TEMPS POUR LIRE LA PAROLE DE DIEU

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Arrête-toi un moment, et je te ferai entendre la parole de Dieu. 1 Sam. 9. 27.

 

DU TEMPS POUR LIRE LA PAROLE DE DIEU

 

Ce fut l’un des moments les plus marquants de la vie du roi Saül, lorsque le prophète Samuel s’est adressé à lui par ces paroles. Dieu s’adresse aussi parfois à nos cœurs et à nos consciences par un appel tout particulier. Il est alors nécessaire que nous soyons dans un état de paix intérieure et de tranquillité, pour que nous prêtions une attention particulière à Sa voix.
Nous avons probablement tous fait l’expérience d’avoir entendu ou lu la Parole de Dieu sans en recevoir un bénéfice réel. La raison en est certainement que nous n’étions pas véritablement paisibles. Peut-être l’étions-nous physiquement, mais, en nous-mêmes, nous n’étions pas prêts à recevoir la Parole de Dieu. Nous n’étions pas préparés à entendre ce qui nous était nécessaire. Combien de bénédictions avons-nous perdues de cette manière !
Notre adversaire, Satan, est certainement trop content quand nous ne trouvons ni le temps ni la paix dont nous avons besoin pour lire et entendre la Parole de Dieu. Le tohu-bohu de notre vie, avec tous ses devoirs et ses distractions, rend toujours plus difficile de trouver un moment et une occasion pour nous détendre mentalement. Ce sont souvent des choses importantes et légitimes qui nous sollicitent.
Néanmoins, chacun de nous devrait prendre chaque jour le temps de venir se placer sous l’influence de la Parole de Dieu. Nous avons besoin de libérer notre esprit des pensées qui concernent le jour présent, afin d’être réceptifs à ce que Dieu a à nous dire. Nous devons prier le Seigneur, pour qu’Il ouvre notre intelligence spirituelle quant à ce que nous lisons dans la Bible. Nous serons alors bénis, et nous serons davantage prêts à obéir à Sa Parole. Le Seigneur Jésus a dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole » (Jean 14. 23).

D’après « The Good Seed » juin 2021

 

CORONA 71

CORONA 71

Psaume 45

Le deuxième livre des Psaumes décrit les états d’âme du résidu des tribus de Juda et Benjamin, en fuite depuis Jérusalem, pendant la grande tribulation. Les expressions des psaumes 42 à 44 qui suivent, montrent la détresse et le questionnement qu’apporte la souffrance : « Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant. Quand viendrai-je et paraîtrai-je devant Dieu ? » (42. 2). « Je dirai à Dieu, mon rocher : Pourquoi m’as-tu oublié ? Pourquoi marché-je en deuil à cause de l’oppression de l’ennemi ? » (42. 9).
« Juge-moi, ô Dieu ! et prends en main ma cause contre une nation sans piété ; délivre-moi de l’homme trompeur et inique (43. 1). « Tu nous as mis comme proverbe parmi les nations, comme hochement de tête parmi les peuples. Tout le jour ma confusion est devant moi, et la honte de ma face m’a couvert, à cause de la voix de celui qui outrage et qui injurie, à cause de l’ennemi » c’est-à-dire l’Antichrist (44. 14 à 16). Mon âme, … attends-toi à Dieu ; car je le célébrerai encore : il est le salut de ma face et mon Dieu » (42. 11). « Et je viendrai à l’autel de Dieu, au Dieu de l’allégresse de ma joie » (43. 4). Le regard de la foi se tourne, avec l’espérance, vers la délivrance et le retour à Jérusalem. C’est dans ce contexte que le psaume 45 est placé pour présenter le Messie, le Roi.
Il a été composé par les fils de Coré. Il est particulièrement encourageant de considérer la grâce de Dieu envers les fils d’un lévite qui s’était révolté contre Dieu en méprisant le service qu’il avait reçu pour prendre une place qui ne lui appartenait pas (Nomb. 16. 1 à 33). Coré et ceux qui s’étaient joints à lui, contre Moïse et Aaron, furent engloutis vivants dans la terre qui s’ouvrit en jugement contre eux. Dieu épargna les fils de Coré et les employa plus tard à composer une dizaine de psaumes. Héman, l’un d’entre eux, est enregistré comme chantre pour la tente d’assignation (Nomb. 26. 11 ; 1 Chron. 6. 33 à 38).
Les descendants de Coré ont chanté : « Mon cœur bouillonne d’une bonne parole ; je dis ce que j’ai composé au sujet du roi ; ma langue est le style d’un écrivain habile » (45. 1) – et nous ? Pouvons-nous nous poser cette question dans notre cœur : qu’ai-je à dire de mon Seigneur ? La bien-aimée en contemplation dit : « voici, tu es beau, mon bien-aimé ; oui, tu es agréable ! » (Cant. 1. 16) et les psalmistes continuent leur chant : « Tu es plus beau que les fils des hommes ; la grâce est répandue sur tes lèvres : c’est pourquoi Dieu t’a béni à toujours » (Ps. 45. 2). À Nazareth, dans la synagogue, quand Jésus S’est assis après avoir lu dans le livre du prophète Ésaïe « tous…, s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche » (Luc 4. 22).
Si le psaume 40 nous a présenté Christ ressuscité, le psaume 45 met l’emphase sur le Roi. Dès qu’Il apparaîtra en gloire à Jérusalem, dans Sa magnificence Il mènera en avant son char « à cause de la vérité et de la débonnaireté et de la justice » (Ps. 45. 3 à 5).
Il établira Son règne « en jugement et en justice » (És. 9. 7). Le psaume continue Sa description : « Ton trône, ô Dieu, est pour toujours et à perpétuité ; c’est un sceptre de droiture que le sceptre de ton règne. Tu as aimé la justice, et tu as haï la méchanceté ; c’est pourquoi Dieu, ton Dieu, t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes compagnons » (v. 6 et 7).
Tous ceux qui sont nés de nouveau, entre la Pentecôte et l’enlèvement, forment l’Église que le Seigneur Se présentera « à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, … sainte et irréprochable » (Éph. 5. 27). Elle sera Son épouse céleste (Apoc. 19. 9 ; 21. 9). Comme les Psaumes nous entretiennent d’Israël et du Messie, les prophéties qui y sont contenues traitent des souffrances et des gloires de Christ, comme aussi des souffrances des fidèles et de leur délivrance.
Les versets 9 et 10 pourraient nous laisser penser que le psaume parle de la fille du Pharaon, que Salomon avait prise pour femme (1 Rois 3. 1), ou dans la mention de la « fille de Tyr » qui recherche la faveur du roi (Ps. 45. 12), y voir l’attitude de Hiram, roi de Tyr, durant les règnes de David et de Salomon, qui ne sont que des types du vrai Roi de gloire. Leurs règnes n’ont eu que des promesses terrestres et ont été de courte durée, mais le psaume dirige vraiment nos regards sur Christ dont le trône est « pour toujours et à perpétuité ». Au verset 8, tous Ses vêtements « sont myrrhe, aloès, et casse » ; ils rappelleront la mort et la résurrection du Seigneur. Nicodème, pour honorer le corps de Jésus, apporta « une mixtion de myrrhe et d’aloès » ; la casse, fruit d’un grand et bel arbre, parle de la gloire de Christ ressuscité.
Dans les prophètes, l’alliance de l’Éternel avec Israël est souvent présentée sous la figure du lien entre un époux et son épouse (És. 54. 5 ; Jér. 2. 32 ; 3. 14), lien que l’infidélité du peuple a rompu. Mais Dieu se plaît à annoncer comment Il établira avec ce peuple une nouvelle alliance : « Voici, moi, je l’attirerai, et je la mènerai au désert, et je lui parlerai au cœur… Et il arrivera, en ce jour-là, dit l’Éternel, que tu m’appelleras : Mon mari » (Osée 2. 14 à 16). « Tu seras une couronne de beauté dans la main de l’Éternel… et de la joie que le fiancé a de sa fiancée, ton Dieu se réjouira de toi » (És. 62. 3 et 5).
Au v. 9 du psaume 45 : « Des filles de rois ont été parmi tes dames d’honneur » : elles pourraient représenter les nations qui monteront « d’année en année pour se prosterner devant le roi, l’Éternel des armées, et pour célébrer la fête des tabernacles » (Zach. 14. 16) ; la reine « à ta droite, parée d’or d’Ophir » donne une belle image d’Israël restauré. Il faut souligner que la prophétie dirige nos regards sur Jérusalem : « La fille du roi est tout gloire, dans l’intérieur du palais » comme on le voit en Zach. 8. 3 : « Ainsi dit l’Éternel : Je suis revenu à Sion, et j’habiterai au milieu de Jérusalem ». « Exulte, fille de Sion ; pousse des cris, Israël ! Réjouis-toi et égaye-toi de tout ton cœur, fille de Jérusalem ! » (Soph. 3. 14). Au v. 10 du psaume 45, nous trouvons une invitation que nous pouvons aussi faire nôtre : « Écoute, fille ! et vois, et incline ton oreille, … car il est ton Seigneur : adore-le ». Soyons réjouis par Sa beauté, par Sa grâce, par la gloire à venir, pour L’adorer en esprit et en vérité.

LA PIÉTÉ, UNE DISCIPLINE

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Exerce-toi toi-même à la piété : car l’exercice physique est utile à peu de chose, mais la piété est utile à toutes choses, ayant la promesse de la vie présente et de la vie à venir. 1 Tim. 4. 7 et 8.

 

LA PIÉTÉ, UNE DISCIPLINE

 

Personne ne peut contester l’utilité d’une bonne hygiène de vie : manger avec sobriété, dormir un certain nombre d’heures et faire régulièrement de l’exercice physique, ne serait-ce que de la marche. Il est indispensable de prendre soin de son corps, mais il l’est encore plus de nous exercer à la piété, de la même manière que l’on pratique un sport, car c’est ainsi que l’on veille sur la bonne santé de son âme.
La piété est une relation entretenue avec Dieu, et elle s’exprime par une vie de foi, par la lecture de la Bible et la prière régulières – une vie qui honore Dieu et respecte Sa volonté avec une sainte crainte. Cultiver cette relation demande des efforts, de la persévérance, et une discipline quotidienne. Le terme grec employé ici pour « exerce-toi » est celui duquel est tiré le mot gymnastique.
Le sportif a un but et il fait tout son possible pour l’atteindre ; il vit sobrement, il s’entraîne régulièrement ; il est déterminé à respecter les règles ; il évite les tenues qui pourraient restreindre sa liberté de mouvement.
Ainsi, le croyant qui veut plaire au Seigneur doit développer plusieurs qualités : énergie spirituelle, piété, soumission à la volonté divine, sens de sa mission. Il a les yeux fixés sur Christ, le but de sa vie. Il a un seul objectif et il connaît ses priorités. L’apôtre Paul en est un excellent exemple. « Je fais une chose : oubliant ce qui est derrière et tendant avec effort vers ce qui est devant, je cours droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » (Phil. 3. 13 et 14).

D’après « Il buon seme » juillet 2021

 

QU’EST-CE QUE L’ENFER ?

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Celui qui croit en lui (en Jésus Christ) n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Jean 3. 18.

 

QU’EST-CE QUE L’ENFER ?

 

« Va en enfer ! » Qui de nous n’a jamais entendu cette terrible exclamation ou une autre semblable ?
Et si nous l’avons entendue, nous sommes-nous arrêtés pour réfléchir à ce qu’est vraiment l’enfer ?
L’enfer n’est pas un mot inventé, par Dieu ou par les hommes, dans le but de faire peur et de pousser ainsi les gens à adopter un meilleur comportement.
Non. C’est un endroit effrayant où l’on continue à exister dans les ténèbres, dans les tourments et les pleurs, sans aucun espoir que cet état de choses puisse changer, parce que, comme le dit le Seigneur Jésus Lui-même, il s’agit d’une punition éternelle – « les tourments éternels » (Mat. 25. 46). « Jetez-le dans les ténèbres de dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents » (Mat. 22. 13 ; 25. 30).
L’enfer n’a pas été créé pour les hommes, mais pour Satan et ses anges, qui y seront tourmentés à toujours : « Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges » (Mat. 25. 41). Mais ce sera aussi la part de tous ceux qui refusent consciemment le paradis, parce qu’ils ne veulent pas de l’offre de salut que Dieu leur propose, leur demandant seulement de se repentir de leurs péchés et de croire au Seigneur Jésus et à la valeur de Son œuvre à la croix. Ce sera la part de tous ceux qui refusent de croire que Dieu a donné Son propre Fils, Jésus Christ, qui a vécu comme un homme parmi les hommes. Dieu a permis qu’ils Le fassent souffrir, qu’ils Le méprisent, Le frappent, Le condamnent à mourir sur une croix comme le pire des malfaiteurs… et tout cela pour nous !
Alors qu’Il était sur la croix, Dieu, Son Père, jugeait sur Lui nos fautes et nos péchés, faisant tomber sur Lui le châtiment que nous méritions.
Vous devez savoir que nous (et non pas Lui, qui seul est Saint et Juste), nous aurions dû répondre à Dieu de nos péchés, de nos transgressions, de notre méchanceté, de la haine… mais « Dieu a tant aimé le monde (même chacun de vous), qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque (quiconque, y compris vous qui lisez ces lignes), croit en lui, ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3. 16).
Les occasions n’ont certainement pas manqué dans votre vie, où Dieu vous a parlé de Son Fils Jésus Christ ; Il vous a dit qu’Il est mort pour vous, qu’Il s’est substitué à vous comme s’Il était, Lui, coupable ; qu’Il a pris votre propre place. Et en ce moment-ci, Il vous parle encore et vous offre le pardon et une place dans le ciel.
Dieu vous demande seulement ce que vous êtes en mesure de donner, c’est-à-dire de confesser que vous êtes un pécheur perdu et d’accepter le pardon et le salut que Lui, le Dieu sauveur, vous offre, parce qu’Il vous aime. Vous avez la possibilité de dire « Oui » ou « Non », mais sachez que si vous dites « Non », vous rencontrerez Dieu comme juge et l’enfer sera votre demeure éternelle.
Ne vous trompez pas vous-même. En ce moment-même, vous avez entendu l’Évangile, la bonne nouvelle ; acceptez-la dans votre cœur, croyant en Dieu qui a fait écrire : « Christ est mort pour nos péchés » (1 Cor. 15. 3).

D’après « Paroles de grâce et de vérité »

CHRISTIANISME VÉCU

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L’Éternel est ma lumière et mon salut : de qui aurai-je peur  ? L’Éternel est la force de ma vie : de qui aurai-je frayeur  ? Quand une armée camperait contre moi, mon cœur ne craindrait pas. (Ps. 27. 1 et 3).
Quand mon père et ma mère m’auraient abandonné, l’Éternel me recueillera. (Ps. 27. 10).

 

CHRISTIANISME VÉCU

 

De nombreux récits rapportent des actes de courage accomplis en France pendant la deuxième guerre mondiale. Plusieurs livres et films ont fait connaître l’histoire du Chambon-sur-Lignon de 1940 à 1945. Dans ce village et aux alentours, plusieurs milliers de Juifs, principalement des enfants, ont été accueillis. La plupart ont survécu aux persécutions. Avec discrétion, ils étaient répartis dans les fermes souvent pauvres des alentours, où ils étaient nourris et entourés d’affection.
Durant les années qui ont suivi, ces actes de courage et d’humanité sont restés plutôt cachés. En fait, ceux qui avaient ouvert leurs maisons, et leurs cœurs, considéraient cela comme normal. Aux journalistes qui venaient se renseigner, une femme âgée avait l’habitude de répondre en ouvrant sa Bible. Elle lisait ces paroles du Christ : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger et vous m’avez recueilli ; j’étais nu et vous m’avez vêtu ; j’étais malade et vous m’avez visité » (Mat. 25. 35 et 36). Elle expliquait avec simplicité et conviction que Dieu demande d’aimer son prochain comme soi-même. C’est ce qu’ils avaient fait.
Derrière ce dévouement se cachait très souvent une foi solide, appuyée sur une connaissance sérieuse de la Bible. Voilà pourquoi ces personnes ont pris des risques pour en sauver d’autres. Et surtout, voilà pourquoi elles ont su rester humbles et discrètes. Au-delà du courage et de la bonté, elles avaient un seul motif : être fidèles à Dieu.

D’après La Bonne Semence juillet 2021
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SANCTIFIÉS DANS LE CHRIST JÉSUS

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SANCTIFIÉS DANS LE CHRIST JÉSUS

Juges 13

 

Le titre de ce message, aujourd’hui, c’est : Sanctifiés dans le Christ Jésus. Quelques pensées sur Juges 13. Avant d’aller dans l’Ancien Testament et de considérer ce chapitre du livre des Juges, j’aimerais m’arrêter sur cette expression, citée dans le titre, qu’on trouve dans la 1ère épître aux Corinthiens au chapitre 1. C’est l’introduction de l’épître : « Paul, apôtre appelé de Jésus Christ par la volonté de Dieu, et le frère Sosthène, à l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe, aux sanctifiés dans le christ Jésus, saints par appel, avec tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, et leur Seigneur et le nôtre » (v. 1 et 2). L’apôtre Paul appelle les croyants qui habitent à Corinthe, ainsi que ceux qui lui sont associés : « tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ » – il les appelle les « sanctifiés dans le Christ Jésus, saints par appel ». Je m’arrête sur la signification de ce mot « sanctification ». Elle est parfois diversement interprétée par les croyants. Souvent on la comprend principalement comme cette transformation progressive qui s’opère dans la vie du croyant, en particulier par le Saint Esprit, le travail de Dieu, pour amener le croyant à croître dans la sainteté, à manifester davantage chaque jour les caractères que Dieu cherche dans la vie du croyant, ce qui correspond à ce que Lui-même a voulu. C’est une croissance dans la sainteté, une croissance dans une vie qui glorifie Dieu. Nous avons en effet deux passages de la Parole qui parlent de cet aspect progressif de la croissance dans la sainteté dans la vie du croyant. Le premier, dans l’épître aux Hébreux chapitre 12 : « Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté [ou la sanctification], sans laquelle personne ne verra le Seigneur » (v. 14). Il s’agit bien de quelque chose à poursuivre, de quelque chose qui s’opère dans la vie du croyant au fur et à mesure de sa vie. On a la même pensée dans 1 Thessaloniciens au chapitre 5 : « Que le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement ; et que votre esprit, votre âme, et votre corps tout entiers soient conservés sans reproche à la venue de notre Seigneur Jésus Christ » (v. 23). C’est la pensée que tout notre esprit, notre âme et notre corps soient conservés sans reproche avec la perspective de la venue proche de notre Seigneur Jésus Christ, de Son retour. A part ces deux passages, la plupart des passages, dans la Parole, qui nous parlent de sanctification, dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament, mettent l’accent sur un autre aspect de la sanctification auquel on pense moins au premier abord. Il s’agit en fait de cette séparation, parce que la sanctification signifie séparation, mise à part. La sanctification, telle que la majorité des passages de la Parole en parle, aussi dans le Nouveau Testament, c’est cette séparation, cette mise à part par Dieu et pour Dieu de celui que Dieu a choisi. Un passage remarquable dans ce sens, c’est dans le chapitre 10 de l’épître aux Hébreux. Au verset 9 il est parlé du Seigneur Jésus qui s’est donné pour nous. Il dit : « Voici, je viens pour faire ta volonté ». Et au v. 10 : « C’est par cette volonté que nous avons été sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes », « que nous avons été… » : Il n’est pas dit « nous sommes progressivement », mais que, par l’offrande du corps de Jésus Christ, par la volonté de Dieu le Père et sur la base de l’offrande du corps de Jésus Christ, de l’œuvre merveilleuse accomplie sur la croix par notre Sauveur qui s’est donné lui-même pour nous, par cela nous avons été sanctifiés, mis à part par Dieu et pour Dieu. Il y a un passage complémentaire dans 1 Pierre au chapitre 1er : il est parlé des croyants qui sont « élus selon la préconnaissance de Dieu le Père, en sainteté de l’Esprit, pour l’obéissance et l’aspersion du sang de Jésus Christ » (v. 2). Là aussi nous trouvons les trois Personnes de la Déité, comme dans bien d’autres passages, qui nous parlent de l’œuvre du salut. Ici nous voyons ceux qui sont préconnus par Dieu le Père, élus selon la préconnaissance de Dieu le Père, en sainteté de l’Esprit ou selon les traductions : sanctification de l’Esprit. C’est cette mise à part par la volonté de Dieu le Père, opérée par le Saint Esprit, sur la base de l’œuvre du Seigneur Jésus à la croix, qui prend une personne du monde, la retire du monde, la met à part pour Dieu, pour le salut, pour être à Dieu pour l’éternité par l’œuvre du Seigneur Jésus Christ accomplie sur la croix. C’est de cette sanctification que parle l’apôtre Paul dans ce deuxième verset de la 1e épître aux Corinthiens : « aux sanctifiés dans le Christ Jésus », ceux qui ont été ainsi mis à part par Dieu. Ensuite nous lisons : « saints par appel » ou, dit la note : saints par l’appel de Dieu, c’est-à-dire déclarés saints par Dieu. Ils ont été mis à part, placés dans cette position décrétée de Dieu. Cela correspond aussi à un appel : saints par l’appel de Dieu, dit la note. Ils sont appelés à être saints parce qu’ils ont été mis à part par Dieu. Et pourtant les Corinthiens sont loin d’être, parmi les destinataires des épîtres, les plus spirituels qu’on puisse trouver dans la Parole. Au contraire, combien de reproches l’apôtre Paul doit leur faire de la part du Seigneur. Déjà au chapitre 3. 1, il peut leur dire : « je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants en Christ ». Et l’explication est donnée au v. 3 : « Du fait qu’il y a parmi vous jalousies et querelles, n’êtes-vous pas charnels et ne marchez-vous pas à la manière des hommes ? » des jalousies, des querelles, des rivalités. Ensuite au chapitre 5. 1 on peut lire : « On entend dire partout qu’il y a de la fornication parmi vous », de l’immoralité et même « telle qu’elle n’existe pas même parmi les nations ». Et au chapitre 6 on peut lire ces choses incroyables à nos yeux – quoique parfois peut-être elles nous reprennent aussi : « Mais un frère entre en procès avec un frère, et cela devant les incrédules » (v. 6). Ils avaient même des procès entre eux, ils se traînaient devant les tribunaux. Quel comportement indigne ! C’est loin d’être la sainteté telle qu’on la conçoit. Et pourtant lorsque le Seigneur, par l’apôtre Paul, rappelle ce qu’étaient quelques-uns d’entre eux : adultères, voleurs, cupides, ivrognes, insulteurs, ravisseurs – bref des hommes perdus comme nous l’étions tous avant que le Seigneur Jésus vienne et nous sauve il est dit : « Et quelques-uns de vous, vous étiez tels ; mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du seigneur Jésus, et par l’Esprit de notre Dieu » (6. 11). Vous avez été lavés, sanctifiés, justifiés. C’est l’œuvre de grâce souveraine de Dieu qui prend des pécheurs perdus au milieu du monde, qui les met à part et qui par l’œuvre accomplie sur la croix par notre Seigneur Jésus les a lavés, sanctifiés, justifiés. Quelle grâce merveilleuse et souveraine de Dieu ! « Aux sanctifiés dans le christ Jésus ».
Maintenant j’aimerais passer dans le chapitre 13 du livre des Juges parce qu’il nous présente justement, à la fois cette mise à part absolue décrétée par Dieu de celui que Dieu a choisi pour le salut, pour la délivrance, et puis d’un autre côté la responsabilité qui s’y rattache, les conséquences pratiques que cela implique et comme c’est nécessaire aussi pour nous de toujours nous les rappeler.
« Et les fils d’Israël firent de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ; et l’Éternel les livra en la main des Philistins pendant quarante ans. Et il y avait un homme de Tsorha, de la famille des Danites, et son nom était Manoah ; et sa femme était stérile et n’enfantait pas. Et l’Ange de l’Éternel apparut à la femme, et lui dit : Voici, tu es stérile et tu n’enfantes pas ; mais tu concevras, et tu enfanteras un fils. Et maintenant, prends garde, je te prie, et ne bois ni vin ni boisson forte, et ne mange rien d’impur ; car voici, tu concevras, et tu enfanteras un fils ; et le rasoir ne passera pas sur sa tête, car le jeune garçon sera nazaréen de Dieu dès le ventre de sa mère ; et ce sera lui qui commencera à sauver Israël de la main des Philistins » (Jug. 13. 1 à 5). Ici nous avons un épisode du livre des Juges où se reproduit ce qui s’est déjà produit maintes et maintes fois dans l’histoire du peuple dans cette période, c’est-à-dire que les enfants d’Israël ont fait de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Eternel, ils se sont éloignés des commandements de Dieu, ils se sont livrés à l’idolâtrie, et Dieu a dû les livrer en la main des ennemis du peuple d’Israël. C’est quelque chose de très triste, de terrible que cette succession de chutes, d’égarements. Mais en même temps nous voyons la grâce de Dieu. Dieu discipline Son peuple. Son gouvernement est là, et le peuple souffre sous l’oppression de ses ennemis, les Moabites, les Ammonites, les Madianites, mais lorsque la souffrance est là, lorsque la main de Dieu en gouvernement est là et en discipline, alors le peuple s’humilie, se repent, crie à l’Éternel, et l’Éternel envoie un sauveur, il fait grâce, car c’est un Dieu qui fait grâce. Ici encore, l’Éternel envoie un sauveur. C’est ce qu’on voit à la fin du v. 5. « Ce sera lui qui commencera à sauver Israël de la main des Philistins ». Il y a quelque chose de nouveau, pourrait-on dire, dans cette dernière étape, dans cette dernière délivrance que l’Éternel accorde à son peuple au temps des Juges, dans ces temps de confusion du peuple terrestre de Dieu, la dernière des délivrances, dans ce livre, est là, et c’est contre la main des Philistins que Dieu utilise pour discipliner son peuple. C’est une chose différente de tout ce qui s’est passé avant. Auparavant, les ennemis étaient plutôt extérieurs, les Madianites, les Moabites, les Ammonites, mais là, ce sont des ennemis intérieurs. Il s’agit de ces Philistins qui étaient restés dans le pays au temps où Josué était vieux et avancé en âge, comme on le trouve dans Josué 13. Les Philistins faisaient partie de ceux qui étaient restés, des anciens habitants, des habitants naturels du pays, qui maintenant était devenu celui de la promesse, dans lequel Dieu avait fait entrer Son peuple. Il y a encore une expression très remarquable : « le chemin du pays des Philistins » (Ex. 13. 17). Dans Exode 13 au moment où l’Éternel fait sortir d’Égypte Son peuple Israël à main forte et à bras étendu, pour l’amener dans la terre promise, on lit : « Et il arriva, quand le Pharaon laissa aller le peuple, que Dieu ne les conduisit pas par le chemin du pays des Philistins, qui est pourtant proche… Et Dieu fit faire un détour au peuple par le chemin du désert de la mer Rouge » (v. 17 et 18). Il y avait un chemin qui permettait d’aller directement d’Égypte dans le pays qui devait être le pays de la promesse. Ce chemin était facile, proche et court. C’était le chemin du pays des Philistins, qui permet de passer directement dans le pays de la promesse. Mais ce n’est pas par ce chemin facile que l’Éternel a fait passer son peuple. C’est par la mer Rouge, après un détour, ensuite par le Jourdain. Est-ce que cela ne nous parle pas aussi à nous aujourd’hui ? Dans la chrétienté, dans l’église chrétienne, en général, dans ces temps de confusion qui sont les nôtres – qui ressemblent étrangement au temps des Juges dont il était dit que chacun faisait ce qui semblait bon à ses yeux – est-ce que nous ne voyons pas aussi quelque chose de semblable, des situations où on pourrait dire qu’on est rentré facilement dans la sphère chrétienne, on prend facilement le nom de Christ, le nom de chrétien, on se réclame facilement des choses de Dieu, et pourtant, est-ce qu’on est passé par le chemin facile, le chemin direct depuis le monde et là on bascule dans la sphère chrétienne ? Ou est-ce qu’on est passé par ce chemin par lequel l’Éternel avait décidé de faire passer son peuple, c’est-à-dire par la mer Rouge et par le Jourdain ? Nous savons que la mer Rouge et le Jourdain nous parlent de la croix de Christ. La mer Rouge, la croix de Christ pour nous, Christ est mort et a été ressuscité pour nos fautes. Celui qui reconnaît ses péchés, qui se reconnaît, par le Saint Esprit de Dieu, convaincu de péché, qui se reconnaît pécheur devant Dieu et condamné. Alors il voit la croix de Christ, il voit là le Sauveur en croix qui est mort pour lui. Il peut dire qu’Il est mort à sa place comme l’apôtre Paul avait pu dire : Le « Fils de Dieu… m’a aimé et… s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2. 20). Celui qui a reçu l’œuvre de la croix pour lui personnellement, et s’est reconnu pécheur, alors, par la croix de Christ il est justifié. « Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus, et par l’Esprit de notre Dieu » (1 Cor. 6. 11). La croix de Christ dont on a l’image dans le Jourdain, dont l’apôtre Paul pouvait dire : je suis crucifié pour le monde comme le monde l’est pour moi, c’est-à-dire que je suis identifié à cette mort, cette croix de Christ par laquelle je suis mort à mon ancienne vie, au péché, mort au monde, mort à la chair, à cette racine de péché qui est en moi, pour pouvoir maintenant vivre pour Dieu, non plus pour moi-même, mais pour le Seigneur Jésus Christ qui est mort pour moi et a été ressuscité. Oui, l’Éternel avait conduit son peuple pour le faire entrer dans le pays de la promesse. Il l’avait conduit à travers la mer Rouge d’abord qu’Il avait même ouverte et puis le Jourdain dans lequel le peuple devait mettre le pied afin que le fleuve s’ouvre et qu’il passe. Ainsi nous-mêmes par la foi nous prenons cette place d’identification dans la mort de Christ mais aussi dans Sa résurrection pour vivre, par la grâce de Dieu, en nouveauté de vie. Ceux-là sont de véritables chrétiens, des rachetés du Seigneur Jésus, ceux-là sont des sanctifiés dans le Christ Jésus. Et alors saints par appel, appelés à être saints.
Ce temps de confusion, où il y avait un mélange entre les Philistins – les anciens habitants du pays – et les nouveaux habitants du pays, ne nous parle-t-il pas aussi des temps de confusion et d’apostasie que nous voyons aujourd’hui, alors que nous nous savons si proches du moment où le Seigneur Jésus va venir chercher les siens ? Dans ce temps de confusion il y a délivrance encore aujourd’hui. Le gouvernement de Dieu est là, Sa main est là, mais nous voyons la grâce de Dieu briller dans ce passage et c’est la délivrance aussi car Il est le même. Il est le même qu’aux premiers temps de l’église. Sa grâce est la même, Sa puissance est la même aussi.
Si nous revenons en Juges chapitre 13, nous voyons la grâce de Dieu au v. 2 : « Et il y avait un homme de Tsorha, de la famille des Danites, et son nom était Manoah ; et sa femme était stérile et n’enfantait pas ». Pour révéler et manifester la délivrance que Dieu a préparée pour Son peuple, Il va se révéler, non pas à un homme, mais à une femme, une femme stérile dont le nom n’est même pas mentionné. Et nous voyons à quel point la grâce de Dieu est merveilleuse dans un contexte aussi confus et triste. Cet homme, et sa femme à qui l’Éternel vient s’adresser, sont de la tribu des Danites. La tribu de Dan n’avait pas une histoire positive, au contraire. C’est de cette tribu qu’il est question, lorsque plus tard Jéroboam fait un veau d’or et que tout le peuple va à Dan pour l’adorer, et finit par tomber dans l’idolâtrie. C’est de cette tribu que Jacob, lorsqu’il prophétise sur l’avenir d’Israël, dit : « Dan sera un serpent sur le chemin, une vipère sur le sentier, qui mord les talons du cheval, et celui qui le monte tombe à la renverse. J’ai attendu ton salut, ô Éternel ! » (Gen. 49. 17 et 18). Voilà la tribu de Dan, et pourtant c’est d’une famille de cette tribu, que l’Eternel va tirer le juge qui va délivrer Son peuple, Samson. Dans cette tribu-là, dans cette famille, c’est à cette femme stérile, anonyme, inconsidérée, c’est à elle que l’Éternel s’adresse. Oui Dieu se plaît toujours à utiliser les choses faibles. Comme l’apôtre Paul l’a dit : « car lorsque je suis faible, alors je suis fort » (2 Cor. 12. 10). Peut-être qu’il est nécessaire aussi pour nous de nous rappeler qu’il en est de même pour nous, croyants. L’apôtre Paul, quand il s’adresse à ces mêmes Corinthiens au chapitre 1er de la 1ère épître, leur rappelle : « En effet, considérez votre appel, frères : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages selon l’homme, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour couvrir de honte les hommes sages ; et Dieu a choisi les choses faibles du monde pour couvrir de honte les choses fortes ; et Dieu a choisi les choses viles du monde, celles qui sont méprisées et celles qui ne sont pas, pour annuler celles qui sont ; afin que personne ne se glorifie devant Dieu » (v. 26 à 29). Et au v. 31 nous avons : « comme il est écrit, « celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur ». Pas beaucoup de sages, pas beaucoup de nobles. « Dieu a choisi les choses viles du monde, celles qui sont méprisées et celles qui ne sont pas » : c’est vraiment ce que nous trouvons ici. C’est toujours ainsi que la grâce agit pour que la gloire revienne à Dieu, pour que les richesses de Sa grâce et de Sa gloire puissent éclater là où la ruine de l’homme a été si clairement manifestée et constatée.
Il s’adresse à cette femme. Il lui dit : « Voici, tu es stérile… mais tu concevras, et tu enfanteras un fils ». Et quelle grâce ici : elle est stérile, elle ne peut pas donner la vie : quel opprobre et quelle tristesse ! Nous pouvons lire une situation tout à fait semblable dans 1 Samuel. Ce fils qui est né, Samuel, était un serviteur mis à part par Dieu d’une manière toute particulière. On l’a aussi dans le début du Nouveau Testament avec Zacharie et Élisabeth : Élisabeth aussi était stérile et Dieu lui-même annonce qu’elle enfantera un fils. Lorsque l’ange Gabriel s’adresse à Marie pour lui annoncer la naissance de notre bien-aimé Sauveur, il lui dit comme encouragement : « Et voici, Élisabeth ta parente, elle aussi, a conçu un fils dans sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile en est à son sixième mois ; car rien ne sera impossible à Dieu » (Luc 1. 36). Rien n’est impossible à Dieu et à Sa grâce. Nous voyons ces trois exemples, et dans 1 Samuel aussi Anne la mère de Samuel qui était stérile fait un vœu : « Éternel des armées ! Si tu veux regarder à l’affliction de ta servante, et si tu te souviens de moi et n’oublies pas ta servante, et que tu donnes à ta servante un enfant mâle, je le donnerai à l’Éternel pour tous les jours de sa vie ; et le rasoir ne passera pas sur sa tête » (1. 11). Nous voyons cette souffrance du cœur, cette souffrance de l’âme méprisée, de l’âme inconsidérée, de l’âme qui répand sa plainte devant l’Éternel et l’Éternel répond. Et ici il dit : « tu es stérile et tu n’enfantes pas ; mais tu concevras, et tu enfanteras un fils ». Nous avons la même chose au v. 5 : « et le rasoir ne passera pas sur sa tête, car le jeune garçon sera nazaréen de Dieu dès le ventre de sa mère ». Dans ces trois exemples de femmes stériles, qui souffraient de cette situation, c’était un opprobre terrible en Israël que ces trois situations désespérées, Dieu donne quelque chose, une grâce merveilleuse, Dieu donne un enfant qui est nazaréen à l’Eternel, un enfant consacré à l’Éternel, un enfant destiné à être un outil particulier, un serviteur particulier dans la main de l’Éternel. Oui, la grâce triomphe, la grâce brille, précisément là où est la difficulté, là où est la détresse, là où le sentiment d’indignité et de ne rien mériter est là. Alors la grâce a été manifestée dans toute sa beauté.
Il y a aussi dans ce passage un avertissement, en tout cas une instruction très solennelle : « Et maintenant, prends garde, je te prie, et ne bois ni vin ni boisson forte, et ne mange rien d’impur ; car voici, tu concevras, et tu enfanteras un fils ; et le rasoir ne passera pas sur sa tête, car le jeune garçon sera nazaréen de Dieu dès le ventre de sa mère » (v. 4 et 5). Ici l’Éternel donne Ses instructions. Cet enfant à naître sera nazaréen dès le ventre de sa mère. Il y a trois personnes qui ont été ainsi nazaréens. Nazaréen, cela veut dire séparé, consacré à l’Éternel. Il « sera nazaréen de Dieu » : cela veut dire qu’il sera consacré à Dieu dès le ventre de sa mère. Un peu plus loin l’expression est reprise : « nazaréen de Dieu dès le ventre de sa mère, jusqu’au jour de sa mort » (v. 7). Ces trois personnes, c’est précisément Samson, Samuel et Jean le baptiseur. Ils étaient nazaréens de Dieu dès le ventre de leur mère. On a en Nombres 6 une description plus précise de ce qu’était ce nazaréat, cette situation d’être consacré à l’Eternel. « Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Parle aux fils d’Israël, et dis-leur : Si un homme ou une femme se consacre en faisant vœu de nazaréat [littéralement : de nazaréen], pour se séparer afin d’être à l’Éternel, il s’abstiendra de vin et de boisson forte, il ne boira ni vinaigre de vin, ni vinaigre de boisson forte, et il ne boira d’aucune liqueur de raisins, et ne mangera point de raisins frais ou secs. Pendant tous les jours de son nazaréat, il ne mangera rien de ce qui est fait de la vigne, depuis les pépins jusqu’à la peau. Pendant tous les jours du vœu de son nazaréat, le rasoir ne passera pas sur sa tête ; jusqu’à l’accomplissement des jours pour lesquels il s’est séparé pour être à l’Éternel, il sera saint ; il laissera croître les boucles des cheveux de sa tête. Pendant tous les jours de sa consécration à l’Éternel, il ne s’approchera d’aucune personne morte. Il ne se rendra pas impur pour son père, ni pour sa mère, ni pour son frère, ni pour sa sœur, quand ils mourront ; car le nazaréat de son Dieu est sur sa tête. Pendant tous les jours de son nazaréat, il est consacré à l’Éternel » (Nomb. 6. 1 à 8). Le premier cas qui est mentionné dans le nazaréat de séparation à l’Éternel, c’est celui de quelqu’un qui fait un vœu pour un temps déterminé, pour une mission particulière, pour être particulièrement consacré à Dieu pendant un temps précis. Celui qui fait ce vœu était tenu par ce vœu d’une manière très forte en sorte que si, même indépendamment de sa volonté, il se trouvait que son nazaréat était cassé, il devait offrir un sacrifice. C’était, pourrait-on dire comme un péché. C’est quelque chose de très fort. Mais dans ce que décrit ce chapitre 6 il y a une condition du nazaréat. Il est question de celui qui fait une consécration volontaire et temporaire – comme beaucoup de choses dans l’Ancien Testament, qui sont volontaires et puis aussi temporaires, partielles. Mais certainement que nous-mêmes, comme croyants du Nouveau Testament, comme croyants rachetés par Dieu, comme sanctifiés dans le Christ Jésus, mis à part par Dieu, nous pouvons nous reconnaître dans cette deuxième catégorie, ces trois personnes qui ont été nazaréens de Dieu dès le ventre de leur mère, avant même leur naissance. L’apôtre Paul peut dire quelque chose de très frappant dans l’épître aux Galates, que certainement nous pourrions aussi appliquer à chaque croyant : « Mais quand il plut à Dieu, qui m’a mis à part dès le ventre de ma mère et qui m’a appelé par sa grâce, de révéler son Fils en moi, afin que je l’annonce parmi les nations, aussitôt je ne consultai pas la chair et le sang » (Gal. 1. 15 et 16. Il y a quelque chose de merveilleux. Là nous voyons le parallèle avec ce dont il est parlé au sujet de Samson. On peut aller encore plus loin, et ceci pour chacun de nous, croyants rachetés, sauvés, chrétiens véritables. C’est ce qui est dit dans l’épître aux Éphésiens au chapitre 1er : « il nous a élus en lui [en Christ] avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables devant lui en amour, nous ayant prédestinés pour nous adopter pour lui par Jésus Christ » (v. 4 et 5). Or, non seulement dans le ventre de ma mère, avant que je sois né j’ai été, comme croyant, mis à part, placé dans cette position de séparation, de mise à part pour Dieu, mais Dieu m’a dit – nous ne pourrions pas le dire si nous ne le lisions pas dans la Parole comme une chose mystérieuse et merveilleuse – Il m’avait élu en Lui avant la fondation du monde pour que je sois saint et irréprochable. Chacun de nous qui avons connu la vertu et la puissance de la croix pour nous sauver, peut dire cela. Et nous pouvons nous voir aussi dans celui qui est présenté ici dans Juges 13 comme nazaréen dès le ventre de sa mère. Ces trois instructions qui sont données dans le livre des Nombres s’appliquent aussi à nous. Considérons ce qu’elles peuvent signifier aussi pour nous. Bien sûr, dans l’Ancien Testament c’était dans un sens symbolique, sur un mode matériel, très souvent aussi temporaire, mais pour nous il s’agit des réalités spirituelles. La première chose dans le nazaréat, c’est qu’il fallait s’abstenir – et cela est très fortement rappelé dans ce passage de Juges 13 : ces instructions sont répétées trois fois et en particulier celle-ci : « il s’abstiendra de vin et de boisson forte, il ne boira ni vinaigre de vin, ni vinaigre de boisson forte, et il ne boira d’aucune liqueur de raisins, et ne mangera point de raisins frais ou secs ». C’est répété aussi d’ailleurs à la naissance de Jean le baptiseur en Luc 1. 15 : « il sera grand devant le Seigneur, et il ne boira ni vin ni boisson forte ; et il sera rempli de l’Esprit Saint déjà dès le ventre de sa mère ». Dans ces temps de confusion dans lesquels nous vivons, dans ces temps d’apostasie qui ressemblent fort à ce qui nous est décrit à la fin du livre des Juges, il y a un chemin que la Parole nous trace, un chemin fondé sur cette séparation, cette mise à part que Dieu a faite pour tous ceux qui Lui appartiennent avant même leur naissance. Il y a un chemin de séparation pratique auquel sont rattachés aussi la puissance et la plénitude du Saint Esprit. C’est ce que nous désirons voir dans ce passage. « Il s’abstiendra de vin et de boisson forte, il ne boira ni vinaigre de vin, ni vinaigre de boisson forte » (Nomb. 6. 3). Le vin nous parle principalement de deux aspects, sans que nous puissions penser être exhaustifs ou déterminer complètement l’image. Par exemple au psaume 4. 7, il est dit : « Tu as mis de la joie dans mon cœur, plus qu’au temps où leur froment et leur moût [c’est-à-dire le vin nouveau] ont été abondants ». C’est aussi ce que dit le psaume 104 au v. 15 : « Et le vin qui réjouit le cœur de l’homme, faisant reluire son visage avec l’huile ; et avec le pain il soutient le cœur de l’homme », le vin est ce qui réjouit le cœur de l’homme, ce qui avec le pain soutient le cœur de l’homme. Nous voyons là certainement dans le vin cette image de tout ce qui, sur le plan naturel, peut produire de la joie, de la satisfaction. Aussi dans le contexte des relations sociales, le vin est très présent pour souder, pour que les gens aient un bon moment ensemble. On voit ce côté de joie, de complaisance humaine, ainsi que ce qui soutient le cœur de l’homme, ce qui donne énergie – mais aussi parfois même trop d’énergie. On a dans les Proverbes beaucoup de passages à cet égard. « Le vin est moqueur, la boisson forte est tumultueuse, et quiconque s’y égare n’est pas sage » (20. 1) : ce qui va nous pousser dans des comportements qui ne sont pas ce qu’on devrait faire et dans une absence de contrôle de soi. Est-ce que cela ne nous parle pas aussi de tout ce qui peut déterminer à la fois nos joies, notre comportement et nos actions de manière complètement humaine, selon la chair ? L’apôtre Paul dans Romains 7 nous parle de cette situation : « ce que je ne veux pas, je le fais ». Il est poussé à faire des choses qu’il ne veut pas. Les relations sociales sont basées sur les principes du monde. Comme on peut vite être poussé à faire des choses dans des directions qui ne sont pas celles qu’on aimerait, à perdre ce contrôle de nous-mêmes et surtout à quitter le contrôle que Dieu doit et veut avoir sur nous. Oui, le vin et les boissons fortes, tout ce qui nous pousse à chercher des joies et aussi des motivations ou des sources de force et d’énergie dans ce qui est selon l’homme, dans ce qui est selon la chair, dans ce qui est des ressources naturelles – le nazaréen devait s’abstenir de tout cela. Comme c’est propre à nous sonder aussi ! Même parfois entre croyants on pourrait se dire : entre nous on peut passer du bon temps. On pourrait même parfois avoir des conversations et des échanges, des relations qui ressemblent tellement à celles des gens qui ne connaissent pas Dieu. Qu’est-ce qui fait le ciment de nos relations sociales entre croyants ? Est-ce la Personne du Seigneur Jésus ? Est-ce la part commune que nous avons en Christ et dans les bénédictions que Dieu nous a données ? Ou est-ce nos connaissances mutuelles, nos expériences passées, même nos atomes crochus, les manières que nous avons d’apprécier certaines choses en commun ? Toutes ces choses sont humaines. Elles ne doivent pas être le ciment de nos relations sociales entre chrétiens. Mais Christ est ce que Dieu nous a donné en partage. C’est ce qui doit nous réjouir lorsque nous pouvons avoir des relations entre chrétiens, entre vrais chrétiens, ceux qui sont rachetés par un même Sauveur. Et puis nous avons à laisser tout ce qui nous pousse à marcher dans un chemin de propre volonté, selon les pensées humaines, selon les critères humains. Tout cela, nous devons aussi le mettre de côté. N’est-ce pas que la volonté du chrétien, du racheté, n’a pas à s’exprimer elle-même, mais au contraire à être toujours ramenée dans une forme de brisement, dans la soumission à la volonté même de Dieu, ainsi que le Seigneur Jésus lui-même l’avait dit : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre » (Jean 4. 34) ? Toute cette énergie de la nature, énergie qui est selon l’homme, on doit veiller à s’en séparer. Combien de fois, peut-être dans les détails, ne sommes-nous même pas conscients que le principe de la volonté propre, le principe de la volonté humaine, intervient dans un si grand nombre de nos activités quotidiennes, de nos choix ! Combien de fois nous pouvons nous dire : Oh ! je peux bien me permettre ceci ou cela. N’est-ce pas cela aussi le vin, les liqueurs fortes, tout ce qui est selon l’homme et tout qui nous empêche de vivre vraiment pour la volonté de Dieu ? « Il s’abstiendra de vin et de boisson forte » mais aussi de tout ce qui en est l’origine. On devait même s’abstenir des pépins de raisin. Comme c’est sérieux pour nous, pour moi ! Et puis aussi il devait ne pas se couper les cheveux : « jusqu’à l’accomplissement des jours pour lesquels il s’est séparé pour être à l’Éternel, il sera saint ; il laissera croître les boucles des cheveux de sa tête » (Nomb. 6. 5). Là, j’aimerais juste rappeler ce passage que nous avons dans 1 Cor. 11 dans un autre contexte, davantage en rapport avec l’ordre de la création et la place de l’homme et de la femme sur la terre, dans l’ordre établi par Dieu sur la terre. Il est dit en 1 Cor. 11. 14 : « La nature même ne vous enseigne-t-elle pas que, si un homme a une longue chevelure, c’est un déshonneur pour lui ? ». C’est comme prendre, au contraire, une place de soumission, une place de dépendance, et n’est-ce pas là aussi quelque chose qui nous parle dans ce qui était demandé au nazaréen, non pas avoir cette place de celui qui est en pleine possession de ses droits, de celui qui assume pleinement ce qu’il estime pouvoir et avoir le droit d’être de ceux qui, au contraire, ont ce caractère de débonnaireté, le caractère de celui qui n’insiste pas sur ses droits. Cela nous fait penser au Seigneur Jésus, notre bien-aimé Sauveur, lorsqu’Il était sur la terre, Lui le parfait nazaréen comme nous venons juste de l’évoquer. Jamais Il n’avait pas à faire avec ces joies humaines, avec ces motivations de l’homme naturel, mais Il marchait en tout temps dans une parfaite obéissance à la volonté de Dieu. On peut aussi penser à notre bien-aimé Sauveur lorsque nous considérons ce 2ème aspect, celui qui n’insistait pas sur Ses droits. Le Seigneur Jésus avait dit à Ses disciples : « Vous m’appelez maître et seigneur, et vous dites bien, car je le suis ; si donc moi, le seigneur et le maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jean 13. 13 et 14). « Vous m’appelez maître et seigneur, et vous dites bien, car je le suis » et pourtant Il S’est mis aux pieds de Ses disciples, et leur a lavé les pieds. Il est le Seigneur de toute la terre, Celui à qui tout appartient, qui a tout créé, Il est Celui que tous doivent servir et devant qui tous doivent se prosterner, et pourtant Il est venu, non pour être servi, mais pour servir. Nous avons aussi ce merveilleux passage de l’épître aux Philippiens qui nous présente aussi le Seigneur Jésus comme exemple. « Ayez donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus, lui qui, étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes ; et, trouvé quand à son aspect comme un homme, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (2. 4 à 8). Le Seigneur Jésus était en forme de Dieu, Il est Dieu, mais Il n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu. L’humilité, la débonnaireté, l’abaissement de notre Sauveur : qu’il y ait en nous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus. « Le rasoir ne passera pas sur sa tête ».
La troisième chose, c’est qu’il ne devait toucher aucune personne morte. « Pendant tous les jours de sa consécration à l’Éternel, il ne s’approchera d’aucune personne morte ». Est-ce que cela ne nous parle pas de tout ce qui porte la marque du péché, de tout ce qui est frappé, dans notre monde et autour de nous, par le jugement de Dieu sur le péché ? Le jugement de Dieu sur le péché, c’est la mort ; le salaire du péché, les gages du péché, c’est la mort (Rom. 6. 23). « Il ne s’approchera d’aucune personne morte ». Pour nous bien sûr cela peut signifier autour de nous les personnes qui sont encore étrangères à la vie de Dieu. Quelle part avons-nous avec elles, quelles associations ? Bien sûr que nous avons à les aimer, comme le Seigneur Jésus qui était ému de compassion en voyant toutes ces brebis qui n’ont pas de berger (Mat. 9. 36). Bien sûr, nous avons à être au milieu de ce monde, mais nous ne sommes pas du monde, nous n’avons pas de part commune, rien à partager avec quelqu’un qui est encore mort dans ses péchés. L’apôtre Pierre disait : « Je ne possède ni argent ni or, mais ce que j’ai, je te le donne » (Act. 3. 6). C’est cela que nous avons à partager avec ceux qui sont encore morts dans leurs fautes et dans leurs péchés. Nous lisons en 2 Corinthiens 6 : « Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules ; car quelle relation y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? ou quelle communion entre la lumière et les ténèbres ? et quel accord de Christ avec Béliar ? ou quelle part a le croyant avec l’incrédule ? et quelle compatibilité y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? » (v. 14 à 16) et au v. 17 il est dit : « C’est pourquoi sortez du milieu d’eux et soyez séparés, dit le Seigneur, et ne touchez pas à ce qui est impur, et moi, je vous recevrai ». Quelle merveilleuse promesse et aussi quel solennel avertissement ! Et certainement on peut l’étendre aussi à toutes ces bêtes mortes qui étaient impures dans l’Ancien Testament. Et n’est-ce pas aussi tout ce qui, dans notre monde, dans la culture qui nous environne, tout ce qui est marqué par ce jugement de Dieu contre le péché, tout ce qui est marqué d’impureté, de choses contraires à Dieu ? Nous n’avons rien à faire avec ces choses. « Pendant tous les jours de sa consécration à l’Éternel, il ne s’approchera d’aucune personne morte ». Comme nous sommes saisis par ce que signifie cette place de nazaréen, et surtout les conséquences qui s’y rattachent, qui sont étroitement liées à l’action du Saint Esprit dans celui que Dieu a ainsi séparé !
Un peu plus loin nous voyons quelque chose qui peut vraiment tourner maintenant nos yeux sur le Seigneur Jésus. Dieu nous a séparés et nous a mis à part, nous sommes appelés à être saints, et cela entraîne des applications pratiques dès le début de notre vie. Dès que nous appartenons au Seigneur nous sommes déjà séparés, avant même que nous soyons nés, avant même que nous soyons convertis. Des implications s’y rattachent, ces trois choses que nous venons d’évoquer. Nous savons bien sûr que ce ne sera pas par nos propres forces, pas par nos propres efforts, non pas sur un mode légaliste que nous pourrons y arriver mais c’est par la puissance du Saint Esprit, c’est en ayant devant nos yeux Celui qui est le véritable nazaréen, notre Seigneur Jésus, qui maintenant est dans le ciel. Il nous est dit que Celui qui est séparé des pécheurs est dans le ciel. Il a même mangé avec des publicains, mais toujours séparé moralement de tout le mal qui était autour de Lui. Il n’avait rien à faire avec ce monde. Et le Seigneur Jésus est vivant aujourd’hui, Il est ressuscité, Il est celui en qui nous vivons de la vie qu’Il nous a donnée. C’est dans cette vie et par la puissance du Saint Esprit, à travers l’œuvre de la croix à laquelle nous avons toujours besoin de revenir comme étant morts au péché, morts au monde et vivants pour Dieu en Jésus Christ – c’est en cela que nous pouvons aussi réaliser nous-mêmes ce nazaréat auquel nous avons été appelés, par lequel Dieu peut nous donner encore aujourd’hui la victoire, la délivrance et la force du Saint Esprit pour marcher d’une manière digne de Dieu.
Et cette femme dit à son mari : « Un homme de Dieu est venu vers moi, et son aspect était comme l’aspect d’un ange de Dieu, très-terrible ; et je ne lui ai pas demandé d’où il était, et il ne m’a pas fait connaître son nom » (Juges 13. 6). Elle dit à son mari ces instructions que Dieu lui a données. « Et Manoah supplia l’Éternel, et dit : Ah, Seigneur ! que l’homme de Dieu que tu as envoyé, vienne encore vers nous, je te prie ». Manoah n’était pas là, mais il le supplie, avec le désir de faire précisément ce que le Seigneur demandera. Et lorsque nos cœurs sont dans cette vraie supplication, viennent à Lui et Lui demandent Sa volonté dans le véritable et profond désir de la faire, alors Il répond toujours. « Et l’Ange de Dieu vint encore vers la femme, comme elle était assise aux champs » (v. 9). Dans cette humilité qui la caractérise, elle ne garde pas la chose pour elle-même, elle va de nouveau chercher son mari, qui finalement peut se trouver en face de cet homme de Dieu, de celui qui est l’Ange de l’Éternel. « Et Manoah se leva et suivit sa femme ; et il vint vers l’homme, et lui dit : Es-tu l’homme qui a parlé à cette femme ? Et il dit : C’est moi » (v. 11). Oh ! lorsque nous entendons ces mots, « c’est moi », est-ce que nous ne pensons pas à cette question que peu de temps avant que le Seigneur Jésus aille à la croix, les hommes ont dit qu’ils cherchaient Jésus de Nazareth, il leur répondit : « C’est moi » (Jean 18. 6) ? Nos yeux se tournent vers le Seigneur Jésus lui-même, le vrai Nazaréen. « Et il dit : C’est moi. Et Manoah dit : Quand donc ta parole arrivera, quelle sera la règle du jeune garçon, et que devra-t-il faire ? » (v. 11 et 12) Manoah est sur le mode de faire, mais le Seigneur lui répète les mêmes instructions qu’avant. Il ne s’agit pas de faire, il s’agit d’être intérieurement séparé d’une manière qui correspond à cet appel, à cette consécration que Dieu avait décrétée sur Samson. De même, pour nous aussi, il s’agit d’être individuellement, avant que ce soit collectivement, séparés dans nos cœurs de tout ce qui n’est pas digne du Seigneur, de tout ce qui est selon l’homme, de tout ce qui est selon la chair – intérieurement séparés – selon l’appel que Dieu nous a adressé, saints par appel. Une fois que Dieu lui a rappelé les instructions qu’il lui avait déjà données « Manoah dit à l’Ange de l’Éternel : Laisse-nous te retenir, et t’apprêter un chevreau. Et l’Ange de l’Éternel dit à Manoah : Si tu me retiens, je ne mangerai pas de ton pain ; et si tu fais un holocauste, tu l’offriras à l’Éternel. Car Manoah ne savait pas que ce fût l’Ange de l’Éternel » (v. 15 et 16). Manoah n’a pas compris qui il a rencontré. Là nous voyons une révélation progressive et pourtant merveilleuse. « Et Manoah dit à sa femme : Nous mourrons certainement, car nous avons vu Dieu » (v. 22). Manoah considère cet homme de Dieu comme étant sur son propre niveau. Il voudrait l’inviter à manger, avoir une relation avec lui qui soit sur un mode humain. Mais l’Ange lui dit : « si tu fais un holocauste, tu l’offriras à l’Éternel ». Ensuite Manoah lui demande son nom. Et l’Ange de l’Éternel répond : « Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux ». Cela nous amène tout de suite à És. 9. 6 : « Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix » (v. 6 et 7). « Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux ». Oui c’est le Seigneur Jésus en mystère, d’une manière voilée, que nous voyons se révéler ici, c’est l’Ange de l’Eternel, celui que, à de multiples reprises nous voyons d’une manière voilée dans l’Ancien Testament apparaître dans diverses circonstances comme, à la fois le messager de l’Eternel et en même temps si souvent l’Eternel lui-même, qui souvent apparaît sous cette forme humaine, celui qui dit ici : « Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux ». Là nous voyons notre Seigneur Jésus Christ, celui « qui est sur toutes choses Dieu béni éternellement » (Rom. 9. 5), Dieu manifesté en chair, Emmanuel, Dieu avec nous, et en même temps seul médiateur entre Dieu et les hommes, l’Homme Christ Jésus. Alors, lorsque Manoah prend le chevreau, le gâteau et les offre à l’Eternel sur le rocher, il se passe une chose merveilleuse : comme la flamme montait de dessus l’autel vers les cieux, l’Ange de l’Eternel monte dans la flamme de l’autel, Manoah et sa femme regardant. Nous avons encore ici deux merveilleuses images de notre Seigneur Jésus Christ, le vrai Nazaréen, Celui qui nous a donné Sa vie, et c’est en Lui que nous pouvons trouver les ressources pour manifester aussi pratiquement ce vrai nazaréat, cette vraie séparation pour Dieu. D’abord c’est le rocher. N’est-il pas lui-même le rocher des siècles ? Dans 1 Cor. 10, l’apôtre Paul en parle, à propos des temps passés quand Israël était dans le désert, comme de ce rocher qui suivait les enfants d’Israël. Les enfants d’Israël « buvaient d’un rocher spirituel qui les suivait : et le rocher était le Christ », Christ, notre rocher, Christ le fondement de toute notre vie, le fondement de notre séparation, de notre consécration pour Dieu, Celui qui est maintenant déjà, comme homme séparé des pécheurs, et qui dit en Jean 17. 19 : « je me sanctifie moi-même pour eux ». Lui est le fondement de notre vie, le fondement aussi de l’unité de tous ces vrais croyants, de tous ces vrais chrétiens, ces rachetés qui Lui appartiennent, le fondement de toute vraie relation entre croyants, Christ, le rocher des siècles, notre rocher. Et sur ce rocher nous voyons aussi le sacrifice qui monte et l’Ange de l’Éternel qui monte dans la flamme jusque dans le ciel. Est-ce que cela ne nous parle pas aussi de notre Seigneur Jésus Christ qui est maintenant monté au ciel ? Nous Le voyons dans la gloire, nos yeux sont fixés sur Lui, et nous Le voyons comme Celui qui est déjà là-haut, Lui le chef de notre salut, Celui que bientôt nous allons rejoindre, Celui qui a dit, anticipant ce moment où Il serait là dans le ciel notre souverain sacrificateur : je me sanctifie, je me sépare, je me consacre moi-même pour eux (Jean 17. 19). Oh ! Puissions-nous garder les yeux fixés sur notre Seigneur Jésus, sur Celui qui est merveilleux, sur ce vrai Nazaréen, les yeux fixés sur Lui tel qu’Il était sur la terre, contemplant Son chemin dans les évangiles, ce chemin de l’homme saint, juste et parfait, le chemin de l’homme obéissant, dont la viande était de faire la volonté de Son Père, le chemin de l’Homme humble et débonnaire, de l’Homme serviteur des autres, le chemin de Celui qui toujours est resté saint, juste et pur, qui n’a pas commis de péché, qui n’a pas connu le péché. Dans la 1ère épître de Pierre nous avons ce passage : « Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces, lui qui n’a pas commis de péché, et dans la bouche duquel il n’a pas été trouvé de fraude ; qui, lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas l’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement ; qui lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois, afin qu’étant morts aux péchés nous vivions à la justice ; par la meurtrissure de qui vous avez été guéris » (2. 21 à 24). Oui que nos yeux se portent vers le Seigneur Jésus, le parfait et divin Nazaréen, Lui qui maintenant nous attend dans la gloire et qui veut aussi nous communiquer, par le Saint Esprit, la force pour marcher d’une manière digne de Lui !
J’aimerais citer encore un dernier point, au v. 22 : « Et Manoah dit à sa femme : Nous mourrons certainement, car nous avons vu Dieu ». Il a maintenant pris conscience de qui était celui qui lui avait parlé. « Et sa femme lui dit : Si l’Éternel eût pris plaisir à nous faire mourir, il n’aurait pas accepté de notre main l’holocauste et le gâteau, et il ne nous aurait pas fait voir toutes ces choses, et ne nous aurait pas fait entendre, dans ce moment, des choses comme celles-là ». Oui c’est la grâce, la grâce de Dieu. Dieu nous a fait grâce, Il a tout accompli. Le Seigneur Jésus a donné Sa vie pour nous sur la croix. L’apôtre Paul, disait : « par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis ; et sa grâce envers moi n’a pas été vaine » (1 Cor. 15. 10). La grâce de Dieu qui nous a mis à part, qui nous a appelés, qui nous a sauvés, c’est aussi cette grâce qui veut nous rendre utiles pour Lui, c’est cette grâce que nous avons à honorer, à glorifier, comme nous le lisons dans le début de l’épître aux Éphésiens. Pour cela c’est aussi Sa grâce qui nous enseigne, comme nous l’avons dans l’épître à Tite : « la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes » (2. 11). Elle est apparue en Christ notre Sauveur. Elle « est apparue à tous les hommes, nous instruisant pour que, reniant l’impiété et les convoitises mondaines, nous vivions dans le présent siècle sobrement, justement et pieusement, attendant la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ » (v. 11 à 13). Oh ! puissions-nous le faire, non pas en suivant l’exemple que malheureusement ensuite Samson a donné dans sa vie, l’exemple de quelqu’un qui, tout en ayant été appelé à la sainteté, appelé à la séparation par Dieu, a marché de compromis en compromis, et a finalement cassé son nazaréat quoiqu’il ait été déclaré par Dieu nazaréen depuis le ventre de sa mère jusqu’au jour de sa mort. Mais que, en ce qui nous concerne, nous puissions laisser cette grâce de Dieu opérer chaque jour par le Saint Esprit en nous, pour nous tenir dans ce véritable nazaréat, dans cette vraie séparation à laquelle nous sommes appelés, de tout ce qui est du monde, de l’homme naturel, de tout ce qui est la chair, de tout ce qui est impur, pour que nous puissions être véritablement à Dieu, pour qu’aussi le Saint Esprit puisse avoir toute Sa place, pour que Dieu puisse agir encore aujourd’hui, pour que le Seigneur puisse encore être magnifié, pour que les délivrances qu’il veut encore nous donner aujourd’hui par le Saint Esprit puissent s’opérer alors qu’Il vient bientôt. Que le Seigneur veuille bénir Sa Parole et donner à chacun, moi le premier, de pouvoir être toujours plus sensibles à tout ce qui pourrait nous faire mépriser, nous faire perdre de vue, nous faire déshonorer ce nazaréat auquel nous sommes appelés, cette séparation à laquelle Dieu nous a appelés, dans laquelle Dieu nous a placés pour que nous soyons saints pour lui. Oh ! veuille le Seigneur nous aider à marcher d’une manière digne de Dieu, à marcher d’une manière digne de Celui qui nous a appelés à Son royaume et à Sa gloire.

D’après edification.bible juin 2021