ÉCLAIRAGES

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Les choses qui se voient sont temporaires, mais celles qui ne se voient pas sont éternelles (2 Cor. 4. 18).
Quel profit y aura-t-il pour un homme s’il gagne le monde entier et fait la perte de son âme  (Marc 8. 36) ?
Par la foi, Moïse, devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille du Pharaon, choisissant d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, plutôt que de jouir pour un temps des délices du péché : il estima l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte (Héb. 11. 24 à 26)

ÉCLAIRAGES

 

L’éclairage, dans une exposition, est soigneusement étudié pour mettre les tableaux en valeur. Deux éclairages différents d’un même tableau peuvent donner l’impression qu’il s’agit de deux œuvres distinctes. Si j’imagine ma vie comme un tableau, l’éclairage sous lequel je la considère est essentiel. Le plus souvent, nous apprécions les circonstances de notre vie à la lumière de l’existence sur la terre. Mais il existe un autre éclairage, qui consiste à la voir en rapport avec Dieu et avec notre avenir éternel. Le tableau que constitue ma vie reste le même, mais l’image obtenue est très différente. Prenons l’exemple d’un jeune qui, à la suite d’un accident, reste handicapé à vie. Pour son existence sur la terre, quel gâchis  ! pense-t-on. Après un temps de révolte, cet événement dramatique peut l’amener à réfléchir, à connaître Jésus comme son Sauveur, et à témoigner pour Lui. L’apparent gâchis fera place à un bonheur éternel. À l’inverse, pour celui qui, en pleine santé, mène une existence facile et remplie de succès, mais sans Dieu, on estimera volontiers que son parcours est une belle réussite. Mais si cette vie facile l’a amené à négliger l’avenir de son âme, quelle perte dramatique pour l’éternité  ! Réfléchissons ; l’important pour notre vie sur la terre, que notre situation soit difficile ou heureuse, c’est bien de la considérer à la lumière que Dieu nous donne dans sa Parole, la Bible. Lisons-la attentivement, et alors, c’est avec Son regard que nous en verrons les vraies perspectives  : présentes et éternelles.

Les circonstances de notre vie peuvent être appréciées très différemment, selon l’éclairage que donne le regard naturel ou celui de la foi.
La Bible nous rapporte l’exemple de Moïse, né dans une famille israélite, au temps des Pharaons. L’ordre avait été donné par l’un d’eux de faire mourir tout garçon israélite qui naîtrait.
Les parents de Moïse cachent alors leur bébé pendant trois mois. Puis sa mère le place dans un petit coffret étanche et le dépose parmi les roseaux au bord du fleuve. Là, il est découvert par la fille du Pharaon, qui le confie (sans le savoir) à sa vraie mère pour la durée de l’allaitement, puis l’adopte. Moïse, élevé à la Cour, est considéré comme le fils de la fille du Pharaon. Il est instruit dans toute la sagesse des Égyptiens (Act. 7. 22). Quelle situation enviable, alors que les Israélites, esclaves, sont cruellement opprimés par ce même Pharaon  !
Pourtant, devenu grand, Moïse abandonne tout. Il renonce au confort et aux honneurs de la Cour. Choisi par Dieu pour cette mission, il rejoint son peuple opprimé pour le faire sortir d’Égypte. Puis il le conduira, au prix de multiples difficultés, à travers le désert. Folie, par rapport à la carrière qu’il aurait pu envisager ?
Non, la foi de Moïse, en Dieu et dans Ses promesses, l’élevait au-dessus des choses visibles et passagères. Elle lui permettait d’apprécier les besoins du peuple aimé de Dieu, et de s’y dévouer entièrement. Moïse « tint ferme, comme voyant celui qui est invisible » (Héb. 11. 27).

 

D’après La Bonne Semence Février 2022
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LES TRIBUS D’ISRAËL

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LES TRIBUS D’ISRAËL

« Et les fils de Jacob étaient douze », est-il écrit au livre de la Genèse (35. 23). Ce sont eux qui devinrent les pères des douze tribus d’Israël.
A la fin de sa vie, Jacob les a rassemblés pour leur donner à connaître ce qui leur arriverait à la fin des jours. Il a parlé de chacun d’eux, selon leur ordre de naissance, depuis Ruben, l’aîné, jusqu’à Benjamin, le plus jeune : « Tous ceux-là, est-il ajouté, sont les douze tribus d’Israël » (Gen. 49. 1 et 28).
A propos de chacune d’elles la Parole de Dieu nous donne divers enseignements. Nous désirons en rappeler quelques-uns selon l’ordre du chapitre 49 de la Genèse.

1. La tribu de Ruben

Ruben est le fils aîné de Jacob. Par ce nom Léa, sa mère, a exprimé sa joie et sa reconnaissance : Voyez, un fils ! car l’Éternel avait vu le chagrin qui l’accablait de ne pas avoir d’enfant.
Ruben a eu quatre fils : Hénoc, Pallu, Hetsron et Carmi (Gen. 46. 9). Par eux et leurs descendants s’est formée la tribu de Ruben.

Ses limites

Tribu du midi, en deçà du Jourdain, elle était limitée au sud par le pays de Moab ; au nord par le pays de Galaad, territoire de la tribu de Gad ; à l’ouest par la mer Morte et à l’est par le désert de Syrie.
Elle a occupé le pays des Amoréens, dont le roi Sihon avait été vaincu par les enfants d’Israël (Nomb. 21. 24). « L’Éternel, notre Dieu, dit Moïse, le livra devant nous… l’Éternel, notre Dieu, livra tout devant nous » (Deut. 2. 33 et 36). Cette victoire sera un grand encouragement pour le peuple à persévérer dans le combat contre les ennemis en Canaan : « Ne les craignez pas ; car l’Éternel, votre Dieu, est Celui qui combat pour vous » (Deut. 3. 22).

Ses villes

Selon le partage de la Terre promise, quatorze villes furent accordées aux Rubénites (Jos. 13. 15 à 23), dont Aroër, la ville la plus méridionale et, au nord, Hesbon, ancienne capitale du roi des Amoréens, dont les prophètes parlent souvent.
Nous ne mentionnerons que trois endroits de la terre de Ruben, qui parlent plus à nos cœurs que d’autres :
– Le mont Nebo, le sommet du Pisga, où Moïse, âgé de 120 ans, fut recueilli par son Dieu (Deut. 34. 1).
– Le sommet du Péor, où Balaam prononça de glorieuses prophéties (Nomb. 23. 28) et où le peuple se livra à l’idolâtrie, dite de Baal-Péor (Nomb. 25. 3). Le châtiment divin, exécuté par Phinées, petit-fils d’Aaron, fut terrible.
– La ville de Bétser, l’une des six villes de refuge en Israël où pouvait séjourner un meurtrier involontaire sans crainte d’être frappé par le vengeur du sang (Jos. 20. 8).

Son histoire

De l’histoire de la tribu des Rubénites nous soulignerons les faits suivants :
– Au désert, un lévite du nom de Coré, prétendant que Moïse et Aaron s’emparaient de toute autorité en Israël, et voulant aussi exercer la sacrificature, s’est élevé contre les serviteurs de Dieu, c’est-à-dire contre l’Éternel Lui-même (Nomb. 16. 11). Il a été soutenu dans cette sombre entreprise, que l’apôtre Jude appelle la contradiction de Coré, par trois fils de Ruben : Dathan, Abiram et On (Nomb. 16. 1). Dathan et Abiram, selon d’autres passages, semblent avoir porté une lourde responsabilité dans cette révolte : « C’est ce Dathan et cet Abiram… qui se soulevèrent contre Moïse et Aaron… contre l’Éternel », est-il écrit (Nomb. 26. 9). L’auteur d’un psaume, rappelant ce tragique épisode de l’histoire d’Israël au désert, parle du jugement de Dieu qui suivit, mais ne cite pas le nom de Coré : « La terre s’ouvrit, et engloutit Dathan, et couvrit l’assemblée d’Abiram… une flamme consuma les méchants » (Ps. 106. 17).
– Au terme du pèlerinage dans le désert, les hommes de Ruben ont préféré rester en deçà du Jourdain. Certes, ils sont allés combattre avec leurs frères en Canaan, mais n’ont pas désiré prendre possession du pays pour eux-mêmes. Ils avaient vu des enclos pour leurs troupeaux qui étaient en très grande quantité, et des villes pour leurs petits enfants (Nomb. 32. 16). Cela leur suffisait, la Terre promise ne les intéressait pas. Trop nombreux sont les chrétiens dont le champ d’intérêts est limité aux nécessités de la vie présente. Leurs intérêts spirituels sont extrêmement réduits. On ne pense pas au ciel, ni au Seigneur dans le ciel, assis à la droite de Dieu (Col. 3. 1).
– En Canaan, dans la guerre contre Sisera, le chef des armées du roi de ce pays, les Rubénites ne sont pas allés combattre. On a préféré délibérer plutôt que de passer à l’action, comme l’exprime Débora, la prophétesse, dans son cantique : « Aux divisions de Ruben, grandes considérations de cœur ! Pourquoi es-tu resté… à écouter le bêlement des troupeaux ? Aux divisions de Ruben, grandes délibérations de cœur ! » (Jug. 5. 15 et 16). Les douceurs de l’oisiveté au milieu de leurs troupeaux l’ont emporté sur le désir de secourir leurs frères.
– Désir de s’élever, indigence spirituelle, oisiveté, tels sont les traits que la Parole de Dieu nous donne jusqu’ici des Rubénites. C’est un tableau peu édifiant, humiliant. Il y a toutefois un autre épisode de leur existence qui ne saurait être oublié, où s’est manifestée leur dépendance de Dieu : la guerre qu’ils ont soutenue contre un peuple arabe, les Hagaréniens. Ils remportèrent la victoire parce que, est-il écrit, « ils crièrent à Dieu qui se rendit à leurs prières, car ils avaient mis leur confiance en Lui » (1 Chron. 5. 20). C’est un bel exemple de l’instante prière de la foi, qui a été conservé pour notre instruction.
– Enfin, lors du grand dévouement du peuple en faveur de David, les Rubénites ne sont pas restés en arrière. Ils se joignirent nombreux à ceux qui vinrent à Hébron d’un seul cœur et d’un cœur droit pour l’établir roi sur tout Israël (1 Chron. 12. 37).

La fin

La tribu de Ruben, comme toutes les autres tribus, s’est adonnée à l’idolâtrie au cours de son histoire. Finalement le Dieu d’Israël réveilla l’esprit des rois d’Assyrie qui transportèrent les Rubénites et les emmenèrent dans les villes de leur empire. C’est là qu’« ils sont jusqu’à ce jour », c’est là que prend fin leur histoire passée (1 Chron. 5. 26).
En réalité la tribu de Ruben, reléguée aux confins des possessions du peuple de Dieu, nous apparaît comme étant une pauvre tribu, privée de tous les privilèges appartenant au droit d’aînesse, marquée par les conséquences du grave péché que l’ancêtre, un jour, commit vis-à-vis de son père. Elle est sans gloire humainement parlant. Jamais il ne nous est parlé d’un conducteur, d’un juge ou d’un prophète qui soient issus d’elle.

L’avenir

Toutefois ce n’est point sur ces tristes considérations que la Parole de Dieu cite pour la dernière fois le nom de Ruben. L’enseignement prophétique mentionne encore deux fois le nom de cette tribu :
– Lorsque l’apôtre Jean entend le nombre de ceux qui, de toute tribu des fils d’Israël, étaient scellés, le nom de Ruben retentit en deuxième lieu, tout de suite après celui de Juda – Juda qui a la prééminence au milieu de ses frères (1 Chron. 5. 2). Il n’est pas relégué à la douzième place, c’est-à-dire la dernière.
– Mieux encore, lors de la restauration finale d’Israël et de la construction du temple nouveau, le prophète Ézéchiel nous apprend que la ville de Jérusalem, qui s’appellera alors Jéhovah-Shamma – l’Éternel est là – aura douze portes « selon les noms des tribus d’Israël ». Ces noms sont cités, et le premier mentionné est celui de Ruben, non celui de Juda : « la porte de Ruben, une ; la porte de Juda, une ; la porte de Lévi, une » (Éz. 48. 31).
En fait, le jugement n’est pas le dernier acte de Dieu dans l’histoire de Ruben. N’est-ce pas au contraire la grâce qui finalement lui accorde, en un détail peut-être, quelque chose de cette prééminence qui aurait dû être la sienne au début et au cours de son existence ? La porte de Ruben n’est pas la dernière, elle est la première de la Jérusalem millénaire ! Il est toujours vrai que la miséricorde divine, insondable, se glorifie vis-à-vis du jugement (Jac. 2. 13).
Pécheurs autrefois perdus, pauvres témoins, faibles serviteurs, nous aurons des motifs infiniment nombreux de chanter d’âge en âge la grâce adorable de Dieu, pleinement révélée en Jésus.

2. La tribu de Siméon

Siméon est le deuxième fils de Jacob. Par ce nom, qui signifie entendu, Léa, sa mère, rend grâces à Dieu, qui a vu qu’elle était haïe et qui a répondu à sa prière en lui accordant un second enfant (Gen. 29. 33).
Deux faits de la vie de Siméon retiennent notre attention :
– Son comportement en Canaan, brutal et déchaîné à l’égard des hommes de Sichem quand, avec Lévi, son frère, il a voulu venger l’honneur de sa sœur Dina (Gen. 34. 25). Plus tard Jacob, en ses dernières paroles, ne manquera pas de le rappeler : « Dans leur colère, ils ont tué des hommes… maudite soit leur colère, car elle a été violente, et leur furie, car elle a été cruelle ! » (Gen. 49. 6).
– Sa détention en Égypte, quand il a été désigné par Joseph comme otage dans l’attente de l’arrivée de Benjamin, son frère. Notons que ce n’est pas Ruben, l’aîné, ni un autre frère, qui ont été pris. C’est le second, Siméon, l’homme perfide et cruel des jours d’autrefois, qui a été lié sous les yeux de ses frères (Gen. 42. 24).
Siméon a eu six fils : Jemuel, Jamin, Ohad, Jakin, Tsokhar et Saül. Par eux et leurs descendants s’est constituée la tribu de Siméon (Gen. 46. 10).

Ses limites

Du fait que l’héritage des fils de Siméon a été pris du lot des fils de Juda (Jos. 19. 9), il est difficile d’en préciser les limites. On peut dire cependant que la région méridionale des possessions de Juda a été la part de la tribu de Siméon, de sorte qu’elle a occupé l’extrême sud de la Palestine, le Négeb ou pays desséché, ou encore le Midi dont parlent souvent les patriarches (Gen. 12. 9, note). Ce territoire confinait, à l’occident, au pays des Amalékites vers la mer Méditerranée, et à l’orient au pays des Édomites vers la mer Morte. Au midi il se prolongeait par d’immenses étendues désertiques vers l’Arabie ou vers l’Égypte.
Si l’on se souvient que ce pays est la suite de l’arête montagneuse qui traverse la Palestine, arête dont un versant est orienté vers la mer Méditerranée et l’autre vers la mer Morte, on se rend compte que la terre de Siméon n’était qu’un sol pauvre, inculte et improductif.

Ses villes

Lors du partage de la Terre promise, dix-sept villes sont revenues à la tribu des fils de Siméon (Jos. 19. 2 à 7). Nous rappellerons le nom de trois d’entre elles :
– Beër-Shéba, la ville la plus méridionale de la Palestine comme Dan était la plus septentrionale, d’où l’expression fréquemment rencontrée dans l’Écriture pour indiquer toute l’étendue du pays : depuis Dan jusqu’à Beër-Shéba (1 Sam. 3. 20 ; 1 Rois 4. 25, p. ex.). Ce fut un lieu cher aux patriarches, le lieu où Abraham, entre autres, ayant foi en une terre où un jour tout refleurira, planta un tamarisc et invoqua le nom de l’Éternel, le Dieu d’éternité (Gen. 21. 33).
– Horma, le lieu où les fils d’Israël, malgré la défense de Moïse, montèrent contre les Cananéens. Le résultat de cette obstination fut leur défaite totale (Nomb. 14. 45).
– Tsiklag, ville qui fut donnée à David par le roi des Philistins et qui fut incendiée par les Amalékites. Plutôt que de se laisser abattre, David, dans sa grande détresse, se fortifia en l’Éternel, son Dieu (1 Sam. 30. 6).
Un enseignement pratique se rattache donc à la mention de ces trois localités : persévérer dans la foi comme Abraham, ne pas persévérer dans une fausse direction comme les fils d’Israël, persévérer dans les jours d’adversité comme le fit David.

Son histoire

De l’histoire de la tribu de Siméon, nous soulignerons les faits suivants :
– Après la mort de Josué, Juda fut le premier à poursuivre la lutte contre le Cananéen, comme l’Éternel l’avait dit, pour entrer en possession de son pays. Il demanda l’aide de Siméon, son frère, partit au combat et fut vainqueur (Jug. 1. 3, 17). Le chrétien, lui aussi, a un combat à soutenir contre les artifices du diable, contre les puissances spirituelles de méchanceté (Éph. 6. 12). Il est exhorté à résister, à vaincre, à tenir ferme. Il pourra alors aider son frère dans une telle lutte.
– Aux jours du roi Asa, quand « beaucoup d’Israélites passèrent à lui », les hommes de Siméon ne restèrent pas en arrière. Ils vinrent à Jérusalem et, avec leurs frères d’autres tribus, « s’engagèrent ensemble à rechercher l’Éternel, le Dieu de leurs pères, de tout leur cœur et de toute leur âme » (2 Chron. 15. 9).
– Aux jours du roi Ézéchias, les fils de Siméon, qui habitaient un pays sans ressources, cherchèrent des pâturages pour leur menu bétail et trouvèrent « un pâturage gras et bon, un pays spacieux, paisible et fertile » (1 Chron. 4. 40). Le chrétien est exhorté à chercher aussi, mais des choses d’un ordre supérieur, « les choses qui sont en haut ». S’il les cherche, il les trouvera, car le Seigneur a dit : « Celui qui cherche, trouve » (Mat. 7. 8).
– Assistance fraternelle, esprit de décision pour le témoignage du Seigneur, recherche de nos biens spirituels, telles sont les instructions qui nous sont données par divers traits de la vie des Siméonites. Il y a toutefois un épisode pénible que nous devons relever et que la Parole de Dieu appelle l’affaire de Baal-Péor. Les fils d’Israël, « serrés de près par les ruses des Madianites », au terme du long voyage dans le désert, se sont adonnés à l’idolâtrie avec une affligeante ardeur. Parmi les nombreux idolâtres, un seul est cité par son nom. C’est un homme de Siméon, Zimri, prince d’une maison de père des Siméonites (Nomb. 25. 14). L’ampleur du châtiment divin dit à quel point sont graves la mondanité et l’idolâtrie aux yeux de Dieu.

La fin

La tribu de Siméon a trouvé sa fin dans la transportation des dix tribus d’Israël par le roi d’Assyrie Shalmanéser. Il est écrit qu’ils avaient révéré d’autres dieux : « L’Éternel fut très irrité contre Israël, et il les ôta de devant sa face… Israël fut transporté de dessus sa terre en Assyrie, où il est jusqu’à ce jour » (2 Rois 17. 7, 18 et 23).
En réalité la tribu de Siméon a été une pauvre tribu, plus pauvre encore que celle de Ruben. Elle eut la moins bonne part de toute la terre de Canaan. Reléguée à la limite du désert, elle ne trouva point ce sol fertile, découlant de lait et de miel, qui fut la part des autres tribus. Son sol ne fut que du rocher ou du sable.
Aucune tribu n’a connu un appauvrissement numérique comme celle de Siméon. Lors du premier dénombrement, au désert de Sinaï, le nombre de ses hommes était de 59 300 ; lors du deuxième, dans les plaines de Moab, il avait diminué de plus de moitié : 22 200. On peut bien penser que l’extermination de Baal-Péor joua un rôle déterminant dans cette extrême diminution. Aussi l’héritage de Siméon fut-il réduit dans de grandes proportions, car l’Éternel avait dit à Moïse : « A ceux qui sont peu nombreux tu diminueras l’héritage » (Nomb. 1. 23 ; 26. 14 ; 26. 54).
On a souvent remarqué enfin que le nom de Siméon est omis dans la bénédiction dont Moïse bénit les fils d’Israël avant sa mort (Deut. 33. 1). Cette omission est d’autant plus surprenante que douze tribus sont cependant mentionnées. La tribu de Siméon, flétrie et réduite à presque rien par l’énormité du crime commis autrefois par l’ancêtre au mépris de la parole donnée et de l’alliance contractée, paraît être ignorée. Ce silence n’est-il pas comme une sentence de destitution ?

L’avenir

Mais ce n’est point sur ce silence et sur ces tristes considérations que la Parole de Dieu tait le nom de Siméon. Le ministère prophétique le cite encore à plusieurs reprises.
Il n’est plus omis, quand l’apôtre Jean entend le nombre de ceux d’Israël qui étaient scellés. Des douze noms prononcés, il retentit en septième : de la tribu de Siméon douze mille (Apoc. 7. 7).
Par le prophète Ézéchiel, nous apprenons qu’aux jours de la restauration finale d’Israël, la tribu de Siméon aura en Palestine sa part nettement délimitée : depuis le côté de l’orient jusqu’au côté de l’occident, une part pour Siméon (Éz. 48. 24). Comme les autres tribus, elle bénéficiera des promesses faites aux pères. Sa place lui sera rendue en Israël, entre la part de Benjamin et celle d’Issacar, et non pas quelque part au fond du désert.
Enfin l’une des douze portes de la Jérusalem millénaire, la première des portes du midi, portera le nom de la tribu de Siméon : « La porte de Siméon, une ; la porte d’Issacar, une ; la porte de Zabulon, une » (Éz. 48. 33).
En Siméon, dans la gloire future, il sera donc montré une fois de plus que Dieu ne garde pas Sa colère à perpétuité, mais qu’Il prend Son plaisir en la bonté (Michée 7. 18).
Pécheurs autrefois perdus, indignes de toute bénédiction divine, ne méritant au contraire que la colère de Dieu, celle qui a frappé Son saint Fils, nous connaîtrons pour nous-mêmes, à jamais, la gloire qui Le couronne dès maintenant dans la cité céleste. Ainsi seront montrées dans les siècles à venir les immenses richesses de Sa grâce, dans Sa bonté envers nous dans le Christ Jésus (Éph. 2. 7).

3. La tribu de Lévi

Lévi est le troisième fils de Jacob. Par ce nom qui signifie attachement, Léa, sa mère, exprime sa joie et l’assurance que désormais, selon la déclaration divine du commencement, son mari s’attacherait à elle : « L’homme s’attachera à sa femme » est-il écrit (Gen. 29. 34 ; 2. 24).
De la vie personnelle de Lévi la Parole de Dieu relate un seul évènement : le crime commis contre les hommes de Sichem au mépris de la parole donnée quand, avec Siméon, son frère, il voulut venger l’honneur de sa sœur Dina (Gen. 34. 25). Jacob, à la fin de sa vie, pensera encore avec horreur à cette perfidie et cette brutalité : « Mon âme, n’entre pas dans leur conseil secret ; … car dans leur colère ils ont tué des hommes… Maudite soit leur furie, car elle a été cruelle ! » (Gen. 49. 6).
Lévi a eu trois fils : Guershon, Kehath et Merari (Gen. 46. 11). Par eux et leurs descendants la tribu de Lévi s’est constituée. Ils sont devenus les pères des trois familles des Lévites : les Guershonites, les Kehathites et les Merarites (Nomb. 3. 17 à 37).
Lévi a vécu 137 ans, dix ans de moins que son père Jacob (Ex. 6. 16).

Le service des Lévites

Les descendants de Lévi sont les Lévites. Ce ne sont pas seulement les lévites dans le sens de serviteurs du tabernacle ou du temple, ce sont aussi et d’abord les sacrificateurs. Dès ses origines, en effet, la tribu de Lévi a été représentée par deux grandes familles de serviteurs consacrés à l’œuvre de leur Dieu : les sacrificateurs et les lévites proprement dits.
Aaron a été le père de la famille des sacrificateurs : « Aaron fut séparé pour qu’il fût sanctifié comme très saint, lui et ses fils, à toujours » (1 Chron. 23. 13). Il était fils d’Amram, fils de Kehath, fils de Lévi, et de Jokébed, elle-même aussi une fille de la tribu de Lévi (Ex. 2. 1). On peut remarquer que, lorsque la Parole de Dieu mentionne son nom pour la première fois, Aaron est qualifié de lévite. L’Éternel en effet dit à Moïse : « Aaron, le Lévite, n’est-il pas ton frère ? » (Ex. 4. 14).
Les autres descendants de Lévi, c’est-à-dire les Guershonites, les Kehathites moins la famille d’Aaron, et les Merarites, ont constitué la famille des lévites. Leur chef était un fils d’Aaron, Éléazar, dit « le prince des princes des Lévites » (Nomb. 3. 32). Ils étaient donc dépendants de la sacrificature, « absolument donnés à Aaron d’entre les fils d’Israël ». Selon la signification du nom de Lévi, ils lui étaient adjoints et le servaient (Nomb. 3. 9 ; 18. 2).
Sacrificateurs et lévites avaient des attributions nettement distinctes. Aux sacrificateurs seuls appartenaient le service de l’autel, l’oblation des sacrifices, la dissipation de l’encens, la surveillance de la table des pains de proposition, l’entretien des lampes du chandelier, l’usage des trompettes sacrées dans les circonstances solennelles, la bénédiction prononcée de la part de Dieu en faveur du peuple.
Quant aux lévites, ils avaient la garde du tabernacle du témoignage (Nomb. 1. 53). Durant le voyage dans le désert, d’étape en étape, ils devaient le transporter. Les fils de Kehath s’occupaient des objets précieux, les fils de Guershon des tentures et des rideaux, les fils de Merari de la charpente du sanctuaire (Nomb. 4. 4, 24 et 31). Au temps du roi David ils furent répartis en quatre classes : ceux qui surveillaient l’œuvre de la maison de l’Éternel, ceux qui exerçaient la justice, ceux qui veillaient aux portes, et ceux qui chantaient les louanges de Dieu (1 Chron. 23. 4). Plus tard, sous le règne de Josias par exemple, l’enseignement du peuple leur fut confié : « aux lévites qui enseignaient tout Israël », est-il écrit (2 Chron. 35. 3). C’est ce que Moïse avait déjà annoncé par les glorieuses paroles de bénédiction de la fin de sa vie : « Ils enseigneront tes ordonnances à Jacob et ta loi à Israël » (Deut. 33. 10). Enfin, au retour de la captivité de Babylone, ils furent chargés de la surveillance des travaux de la reconstruction du temple (Esd. 3. 8), ainsi que de la lecture déférente et de l’interprétation exacte du livre de la loi de Dieu en présence du peuple rassemblé (Néh. 8. 8).

Les villes lévitiques

Lors du partage du pays de Canaan entre les diverses tribus d’Israël, celle de Lévi ne reçut pas, comme les autres, de territoire propre et distinct. Consacrée à Dieu, elle devait Lui appartenir entièrement : « Les sacrificateurs, les lévites, et toute la tribu de Lévi, n’auront point de part ni d’héritage avec Israël… l’Éternel est leur héritage » (Deut. 18. 1 et 2). Mais alors, en retour, ils devaient être sans souci à l’égard des nécessités de la vie, d’où l’avertissement adressé à tout Israélite : « Prends garde à toi, de peur que tu ne délaisses le Lévite, tous les jours que tu seras sur la terre » (Deut. 12. 19).
Conformément à l’ordre donné, Josué, arrivant au terme d’une vie marquée par de nombreuses victoires, répartit par le sort le pays en héritage : à la tribu de Lévi seule il ne donna point d’héritage (Jos. 13. 14). Elle vécut ainsi disséminée dans le pays conquis. Comme il fallait bien qu’elle habite quelque part, son séjour lui fut garanti en certaines villes. Quarante-huit villes lui furent assignées, non pas en possession mais comme simple lieu de résidence (Nomb. 35. 7 ; Jos. 21. 41) : treize villes pour les sacrificateurs et trente-cinq pour les lévites, dont dix pour les Kéhathites, treize pour les Guershonites et douze pour les Merarites (Jos. 21. 19, 26, 33 et 40). Parmi ces villes on peut relever le nom des six villes de refuge que l’Éternel avait prescrites à Moïse et qui furent mises à part par Josué (Nomb. 35. 6 ; Jos. 20. 2 et 7).

Histoire des Lévites

De l’histoire des Lévites nous ne rappellerons que quelques faits :
– Lorsque Moïse revendiqua la gloire de Dieu aux jours de l’élévation du veau d’or, les fils de Lévi seuls ont répondu à son appel : « A moi, quiconque est pour l’Éternel !» Ils ont frappé les idolâtres, même leurs proches, sans ménagement. C’est ce que Moïse rappellera à la fin de sa vie en disant qu’ils ne connurent ni père ni mère, ni frères ni fils (Deut. 33. 9). Aussi est-ce le jour même qu’ils reçurent la promesse de l’investiture des fonctions saintes : « Consacrez-vous aujourd’hui à l’Éternel… afin de faire venir aujourd’hui sur vous une bénédiction » (Ex. 32. 26 à 29).
– Quand Dieu eut frappé dans la nuit de la pâque tout premier-né des Égyptiens, Il dit à Moïse de sanctifier tout premier-né des fils d’Israël : il est à moi, dit l’Éternel (Ex. 13. 2). Cependant, au lieu d’affecter au service du tabernacle les premiers-nés de toutes les tribus d’Israël, on fit choix d’une tribu qui fut la tribu de Lévi : les Lévites seront à moi, dit l’Éternel, car tout premier-né est à moi (Nomb. 3. 12 ; 8. 17 et 18).
– Le privilège sacerdotal accordé à la famille d’Aaron fut pour certains lévites un objet de jalousie. Coré, un descendant de Lévi, s’élevant dans son esprit et voulant aussi exercer la sacrificature, s’insurgea avec d’autres contre Moïse et Aaron. Promptement atteints par le châtiment divin, « ils périrent du milieu de la congrégation » (Nomb. 16. 3 et 33).
– Quand Esdras prit la décision de monter de Babylone à Jérusalem, il ne voulut pas partir avec des sacrificateurs seulement, mais aussi avec des lévites, avec « des serviteurs pour la maison de notre Dieu ». Or il n’en trouva aucun. Demeurés au milieu des villes des nations, occupés de leurs intérêts et de leurs aises, ils n’eurent pas le moindre désir de monter avec leurs frères. On était devenu indifférent et paresseux à l’égard de Dieu et de Son œuvre (Esd. 8. 15).
Recherche zélée des intérêts du Seigneur, renoncement à nous-mêmes qui sommes Sa propriété, respect de l’autorité conférée et estime fraternelle dans l’humilité, engagement de cœur et énergie spirituelle, ce sont là des exhortations d’une haute importance, qui nous sont dictées par ces divers récits de l’histoire des Lévites.

La fin du service lévitique

Le service lévitique, tel que la Parole de Dieu le dépeint, s’étend sur une période de dix siècles environ. C’est l’histoire d’une longue décadence jusqu’au jour où, par le dernier prophète de l’Ancien Testament, le verdict divin se fait entendre : vous vous êtes écartés du chemin, vous avez fait broncher beaucoup de gens à l’égard de la loi, vous avez corrompu l’alliance de Lévi, dit l’Éternel des armées.
Mais, tandis que cette tribu paraît finir dans l’obscurité – cette tribu qui aura été l’âme d’un peuple mis à part pour rendre au vrai Dieu le culte qui lui est dû – il est accordé au prophète d’entrevoir le jour où viendrait un plus grand que Phinées, le petit-fils d’Aaron. C’est Lui qui détournerait de l’iniquité beaucoup de gens, Lui dont toute la carrière serait celle du Lévite fidèle et dont toute l’œuvre serait à la gloire de Son Dieu – afin que mon alliance subsiste avec Lévi, dit l’Éternel des armées (Mal. 2. 4, 6 et 8).

L’avenir

Mais, quant aux fils de Lévi eux-mêmes, ce n’est pas avec le tableau de leur déchéance que le prophète clôt leur histoire. Il salue la venue soudaine du Seigneur à Son temple, dont ils avaient autrefois la garde. Celui qu’ils n’auront pas servi avec fidélité s’assiéra, est-il écrit, Il les purifiera, Il les affinera comme l’or et comme l’argent. Formés par Lui-même et pour Lui-même, ils seront ainsi rendus capables de Lui apporter une offrande en justice, ils raconteront Sa louange, ils chanteront hautement Sa justice durant les jours glorieux de la magnificence de Son royaume (Mal. 3. 1 à 3 ; Ps. 145. 7 et 12).
C’est là le triomphe final de la grâce, quand enfin les rachetés du Seigneur célébreront dignement, dans les cieux et sur la terre, la gloire de Celui qu’ils auront eu le privilège et l’honneur de servir ici-bas !

4. La tribu de Juda

Juda est le quatrième fils de Jacob. Par ce nom, qui signifie louange, Léa, sa mère, comblée par le don d’un nouvel enfant, exprime sa joie et adore en disant : « Cette fois, je louerai l’Éternel » (Gen. 29. 35).
De la vie personnelle de Juda, la Parole de Dieu, sans passer sous silence les fautes commises, fait mention d’attitudes nobles réalisées en diverses occasions :
– La protection de son jeune frère Joseph, lorsqu’il propose qu’il soit vendu à une caravane d’Ismaélites et non pas mis à mort (Gen. 37. 27).
– L’intervention auprès de Jacob, son père, quand il lui demande, avec autant de ménagement que de fermeté, de laisser partir Benjamin en Égypte (Gen. 43. 9).
– L’approche de Joseph, de « l’homme qui est comme le Pharaon », lorsqu’il l’invite avec éloquence et prudence à laisser Benjamin revenir auprès de son vieux père (Gen. 44. 18).
– L’ouverture du chemin vers l’Égypte, lorsqu’il prépare la rencontre du patriarche avec Joseph, le fils qu’il croit mort depuis longtemps (Gen. 46. 28).
Ce comportement, marqué par la nécessité du devoir, la compassion, le dévouement et une hardiesse qui sait se contenir dans les limites du respect, met en évidence la prééminence de Juda vis-à-vis de ses frères, qui sera plus tard celle de la tribu, selon qu’il est écrit : « Juda eut la prééminence au milieu de ses frères, et le prince sort de lui » (1 Chron. 5. 2).
Juda eut cinq fils : Er, Onan, Shéla et des jumeaux : Pérets et Zérakh (Gen. 46. 12). Er et Onan étant morts en Canaan, c’est par les trois derniers et leurs descendants que la tribu de Juda s’est constituée.

Ses limites

La tribu de Juda a été la plus grande de toutes les tribus d’Israël. Son territoire, avec celui de Siméon, dont l’héritage a été pris du lot des fils de Juda (Josué 19. 9), a occupé pratiquement toute la Palestine méridionale.
Selon les indications très précises du livre de Josué (15. 1 à 12), il était limité au midi par les pays d’Édom et d’Amalek ; à l’orient par la mer Salée ou mer Morte ; au nord par le territoire des tribus de Benjamin et de Dan, depuis l’embouchure du Jourdain jusqu’à la grande mer ou mer Méditerranée ; à l’occident, le long de la mer Méditerranée, par la plaine du pays des Philistins.

Ses villes

Selon le partage de la Terre promise 115 villes ont été attribuées aux fils de Juda. Elles étaient réparties dans les quatre régions naturelles de leur territoire (Jos. 15. 20 à 62) :
– Les villes de négeb ou du midi, au nombre de 29 (v. 21) ;
– Les villes de la shéphélah ou du pays plat, au nombre de 42 (v. 33) ;
– Les villes du har ou de la montagne, au nombre de 38 (v. 48) ;
– Les villes du midbar ou du désert, au nombre de 6 (v. 61).
C’est dans ce désert, le désert de Juda, une terre aride et altérée, sans eau, qu’un jour David a exprimé la soif qu’il avait de son Dieu, pour voir Sa force et Sa gloire (Ps. 63. 1).
Il est enfin parlé de la ville même de Jérusalem, dont les habitants, les Jébusiens, n’ont pu être dépossédés : « le Jébusien a habité avec les fils de Juda à Jérusalem jusqu’à ce jour » (v. 63). Il faudra attendre les jours de David, où alors les Jébusiens seront vaincus et où la ville de Jérusalem deviendra « la ville de David » (1 Chron. 11. 5).

Son histoire

La tribu de Juda tient sans contredit la première place parmi les tribus d’Israël. Le fils aîné de Jacob, Ruben, puis Siméon et Lévi, par leurs crimes, ont perdu leur droit de primogéniture. Juda leur a été substitué, selon ce qu’avait annoncé leur père : « Toi, Juda, tes frères te loueront… les fils de ton père se prosterneront devant toi » (Gen. 49. 8).
Cette prééminence s’affirme dès le début par le nombre. A la sortie de l’Égypte, la tribu de Juda était de beaucoup la plus grande. Lors du premier recensement, au désert de Sinaï, elle comptait 74 600 hommes propres au service militaire. Lors du deuxième, dans les plaines de Moab, elle s’était encore accrue de près de 2000 hommes : 76 500 (Nomb. 1. 26 ; 26. 22).
Lors des ordres donnés au sujet du campement des tribus d’Israël autour de la tente d’assignation, dans le désert, c’est la tribu de Juda qui est citée la première (Nomb. 2. 3).
Un peu plus tard, lorsque Moïse eut achevé de dresser le tabernacle et que la dédicace de l’autel fut célébrée, celui qui présenta son offrande le premier jour fut Nakhshon, prince de la tribu de Juda (Nomb. 7. 12).
Quand les fils d’Israël partirent du désert de Sinaï, ce fut la bannière du camp des fils de Juda qui partit la première (Nomb. 10. 14).
Lorsque l’Éternel parla des hommes qui devaient procéder au partage de la terre de Canaan, c’est le nom de Caleb qui fut indiqué en premier lieu : « Pour la tribu de Juda, Caleb, fils de Jephunné (Nomb. 34. 19). Et, lorsque le partage eut lieu, c’est à Juda que revint le premier lot (Jos. 15. 1).
Nous notons encore qu’après la mort de Josué, Juda a été la première tribu désignée par l’Éternel pour monter contre le Cananéen (Jug. 1. 2) et que, quant au nombre des hommes équipés qui sont venus vers David pour lui confier le royaume après la mort de Saül, les fils de Juda sont cités les premiers (1 Chron. 12. 24).
Et si, allant plus loin, nous pensons au règne d’un David et au royaume de Juda constitué lors du terrible schisme des jours du roi Roboam (1 Rois 12. 20) – à un Daniel, « d’entre les fils de Juda », et au témoignage éclatant qu’il rendit au seul vrai Dieu dans la terre de Babylonie (Dan. 1. 6) – à un Zorobabel, prince et gouverneur de Juda, prenant le chemin de Jérusalem pour rebâtir la maison de l’Éternel (Esd. 1. 8 ; Aggée 1. 1), nous voyons que la prééminence de la tribu de Juda apparaît malgré tout, même si à un moment donné l’autorité royale est tombée de ses mains, quand l’Éternel fit monter contre Son peuple le roi des Chaldéens (2 Chron. 36. 17). Ne peut-on pas dire qu’elle lui est conservée d’un bout à l’autre de l’histoire, et même au-delà… jusqu’à l’accomplissement des prédictions du patriarche mourant ?

L’avenir : le Lion de Juda

En ses dernières paroles Jacob déclare en effet : « Juda est un jeune lion… il se couche comme un lion… qui le fera lever ? » (Gen. 49. 9). De cette prophétie du premier livre de la Parole de Dieu, l’Esprit Saint porte nos regards vers Celui qui, dans le dernier livre, apparaît comme étant le Lion de Juda, la racine de David, Celui qui a vaincu et qui a été trouvé seul digne d’ouvrir le livre et ses sept sceaux. « Parce qu’Il est l’Agneau, le Messie qui a souffert et qui a été immolé, selon que l’a écrit un serviteur de Dieu du début du siècle, Il devient au milieu du trône le centre de tous les conseils de Dieu, Celui qui seul est digne de rompre les sceaux du livre et de donner essor aux voies de Dieu à l’égard de Son règne » (H. R.).
Jacob ajoute : « Le sceptre ne se retirera point de Juda… jusqu’à ce que Shilo vienne ; et à lui sera le rassemblement, l’obéissance des peuples » (Gen. 49. 10). C’est de la tribu de Juda qu’est né le Roi-Messie, comme l’apôtre le souligne : « Il est évident que notre Seigneur a surgi de Juda » (Héb. 7. 14). N’est-ce pas en cela finalement, dans la Personne du Messie et dans Sa gloire, que réside la raison première de la prééminence de la tribu de Juda ? Quand David dit à la fin de ses jours : « L’Éternel a choisi Juda pour prince… il m’a choisi pour être roi sur Israël à toujours » (1 Chron. 28. 4), nos regards ne se portent-ils pas vers Jésus, racine et postérité de David ? (Apoc. 22. 16).
C’est encore au livre de l’Apocalypse que, pour la dernière fois, nous entendons le nom de Juda et la mention de sa prééminence. Comme autrefois, au registre généalogique du peuple d’Israël, Juda a été mentionné en premier lieu (1 Chron. 2. 3), ainsi dans les jours de la gloire à venir, lorsque retentira la glorieuse énumération des élus marqués du sceau de Dieu, Juda occupera encore la première place : « J’entendis le nombre de ceux qui étaient scellés, dit l’apôtre, cent quarante-quatre mille scellés de toute tribu des fils d’Israël : de la tribu de Juda, douze mille scellés » (Apoc. 7. 5).
Engendrés par la parole de la vérité, pour que nous soyons une sorte de prémices de Ses créatures (Jac. 1. 18), nous adorons dès ici-bas notre Dieu, le Père des lumières, non seulement pour tout ce qui nous est donné de bon et pour tout don parfait, mais avant tout pour le don inexprimable du Fils de Son amour, de Celui qui bientôt, en toutes choses, tiendra la première place.

5. La tribu de Zabulon

En parlant de ses quatre premiers fils, c’est-à-dire Ruben, Siméon, Lévi et Juda, Jacob, en ses dernières paroles (Gen. 49), cite leur nom selon l’ordre de leur naissance.
Zabulon, qu’il mentionne ensuite, n’est pas son cinquième fils, mais le dixième, soit le sixième qui lui est né de Léa. Celle-ci lui a donné ce nom, qui signifie habitation, parce que, dit-elle, « Dieu m’a fait un beau don ; cette fois mon mari habitera avec moi » (Gen. 30. 20). En disant cela, non seulement elle exprime à Dieu sa profonde reconnaissance, mais encore elle souhaite que Jacob comprenne qu’elle est la compagne que Dieu lui a donnée.
Il est à noter que Zabulon est cité avant Issacar, qui est le cinquième fils. La raison de cette inversion, que l’on retrouve dans les dernières paroles de Moïse (Deut. 33. 18), réside en ce que Jacob, conduit par l’Esprit prophétique, est amené à parler d’abord de ce que serait l’activité maritime du peuple juif, représenté par Zabulon, puis du repos que ce peuple, représenté par Issacar, goûterait après avoir pris place parmi les nations.
Zabulon a eu trois fils : Séred, Elon et Jakhlel (Gen. 46. 14). C’est par eux et leurs descendants qu’a été constituée la tribu de Zabulon.

Ses limites

La tribu de Zabulon se trouvait au centre de la Basse Galilée. La Galilée, l’une des quatre grandes provinces de la Palestine quand le Seigneur était sur la terre, occupait la partie septentrionale du pays et se divisait en Haute Galilée et Basse Galilée. Les habitants de la Haute Galilée étaient essentiellement des Phéniciens et des Syriens, d’où le nom de Galilée des nations qui lui est donné par le prophète (És. 9. 1). Ceux de la Basse Galilée étaient des ressortissants des tribus de Zabulon, Aser, Nephthali et Issacar.
Le territoire de la tribu de Zabulon était une enclave comprise entre les territoires des trois autres tribus. Il était limité au nord par les montagnes de la Haute Galilée, à l’est par les pentes qui descendent vers le lac de Tibériade, et à l’ouest par celles qui s’inclinent vers la plaine côtière de la mer Méditerranée ; au midi par les collines qui bordent la vallée de Jizrea (ou plaine d’Esdraelon, qui est le nom admis aujourd’hui, comme on peut le voir sur la carte de Palestine). La tribu de Zabulon occupait donc un espace restreint. Il s’y alterne un paysage de montagnes hautes de 500 à 600 mètres, dont le Mont Thabor, et de plaines fertiles, dont la plus importante est la plaine dite de Zabulon.

Ses villes

Lors du partage de la Terre promise, douze villes ont été accordées aux fils de Zabulon (Jos. 19. 15). Nous rappellerons le nom de deux d’entre elles, puis le nom de deux bourgades qui ont pris naissance dans le pays de Zabulon et dont le nom ne se rencontre que dans le Nouveau Testament :
– Kisloth-Thabor, nom qui signifie « les flancs du Thabor ». Le Mont Thabor est le lieu d’où partit le juge Barak, sur l’invitation de Débora, la prophétesse, pour aller combattre contre Sisera, le chef de l’armée du roi de Canaan (Jug. 4. 14).
Il est bon de savoir que, dès le début du christianisme, cette montagne a été considérée sans conteste comme étant la montagne où le Seigneur Jésus a été transfiguré. Mais il est bon de savoir aussi que le Nouveau Testament parle simplement d’une haute ou sainte montagne, sans la situer.
– Gath-Hépher, ville sise entre Nazareth et Cana, à 5 km au nord de Nazareth et à 3 km au sud de Cana. Elle est le lieu de naissance du prophète Jonas (2 Rois 14. 25).
– Nazareth de Galilée, située à 7 km à l’ouest du Mont Thabor. C’est une petite ville qui a été décrite comme étant « une silencieuse retraite, préparée pour abriter la vie cachée de l’Homme Christ Jésus », avant qu’Il entrât dans son ministère public (Mat. 2. 23 ; 4. 13).
– Cana de Galilée, qui se trouvait à 8 km au nord de Nazareth. Elle a été le lieu d’origine de Nathanaël, devenu un disciple du Seigneur (Jean 21. 2). C’est là que Jésus a fait son premier miracle, en changeant de l’eau en vin, et le deuxième, en guérissant le fils gravement malade d’un seigneur de la cour (Jean 2. 11 ; 4. 54).

Son histoire

De l’histoire de la tribu de Zabulon nous rappellerons les faits suivants :
– La tribu de Zabulon a été, par le nombre, une grande tribu. Lors du premier dénombrement elle a compté 57 400 hommes vaillants, ce qui a fait d’elle la quatrième tribu en importance après Juda (74 600), Dan (62 700) et Siméon (59 300). Lors du deuxième dénombrement, près du Jourdain, elle s’est encore agrandie de plus de 3000 hommes : 60 500 (Nomb. 1. 31 ; 26. 27). Au sujet de la part qui devait revenir à chaque tribu en Canaan, l’Éternel avait dit : « A ceux qui sont nombreux, tu augmenteras l’héritage ; et à ceux qui sont peu nombreux, tu diminueras l’héritage » (Nomb. 26. 54). En pensant aux tribus dont le nombre a régressé à la suite de leurs infidélités, nous nous rappelons ce que dit l’apôtre : « En faisant ces choses vous ne faillirez jamais ; car ainsi l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ vous sera richement donnée » (2 Pier. 1. 11). Il y aura une entrée pour tout croyant, mais cette entrée pourra être riche ou pauvre.
– Lors de la guerre contre Sisera, le chef de l’armée du roi de Canaan, les fils de Zabulon ont répondu à l’appel de Débora, la prophétesse. Ils ont combattu avec le juge Barak et l’Éternel leur a accordé la victoire. Plus tard, ils sont nommés comme ayant accompagné avec d’autres le juge Gédéon dans la guerre contre Madian et Amalek (Jug. 4. 14 ; 6. 35). Dans son hymne à l’Éternel, le Dieu d’Israël, Débora reconnaît leur courage : « Zabulon est un peuple qui a exposé son âme à la mort » (Jug. 5. 18).
– Quand il s’est agi du transfert du royaume de Saül à David, de nombreux hommes équipés du peuple d’Israël sont venus à Hébron : de Zabulon, est-il écrit, cinquante mille, gardant leur rang, n’ayant point un cœur double (1 Chron. 12. 33). N’est-ce pas une cause fréquente de défaite chez le chrétien, qui a un combat à soutenir pour son Seigneur, que l’abandon de sa place ou les affections partagées, un cœur ballotté entre Christ et le monde, entre Ses intérêts et nos intérêts ?
– Lorsque le roi Ézéchias donna ordre qu’on prépare la Pâque, il dépêcha des courriers dans tout le pays, même au milieu des dix tribus séparées, pour qu’on vienne célébrer la fête à Jérusalem. Mais, quand on les vit arriver, on se rit et on se railla d’eux. « Toutefois, est-il dit, des hommes de Zabulon s’humilièrent et vinrent à Jérusalem » (2 Chron. 30. 11). Notons que, six ans plus tard, cette tribu, et neuf autres avec elle, s’en allaient en Assyrie, brutalement arrachées de leur terre !
A ces divers récits nous ajoutons que la Parole de Dieu ne paraît pas relever d’actes déshonorants commis par Zabulon ou les hommes de sa tribu, comme cela a été le cas chez Ruben, Siméon, Lévi ou Juda. Persévérance et fidélité, dévouement jusqu’à la mort, fermeté dans la résolution et engagement du cœur, esprit de contrition, tels sont les enseignements que nous donne l’histoire d’une tribu dont le comportement, par ailleurs, a été un comportement effacé. Certes, ces enseignements ont été conservés pour notre édification et notre exhortation.

L’avenir

Lors de la restauration finale du peuple d’Israël, la tribu de Zabulon, aujourd’hui inconnue, retrouvera sa place dans la terre de Canaan, non plus au nord, mais au midi. Son nom même sera attaché à l’une des douze portes de la ville du grand Roi (Éz. 48. 26 et 33 ; Ps. 48. 2). Comme les autres tribus, elle exaltera son Dieu, son Roi, et fera connaître la magnificence glorieuse de Son royaume (Ps. 145. 1 et 12).
N’est-ce pas digne de remarque que, lors de l’appel à la louange millénaire, seules les tribus de Zabulon et de Nephthali, parmi les dix tribus, sont mentionnées ? – « Dans les congrégations bénissez Dieu, le Seigneur, vous qui êtes de la source d’Israël !… les princes de Zabulon, les princes de Nephthali » (Ps. 68. 26 et 27). C’est précisément le pays de ces deux tribus qui aura abrité les premières années de l’existence humaine de Jésus, avant qu’Il entre dans Son ministère public. Le prophète avait annoncé Sa venue et ses paroles sont citées dans l’Évangile : « Terre de Zabulon, et terre de Nephthali… le peuple a vu une grande lumière ; et à ceux qui sont assis dans la région et dans l’ombre de la mort, la lumière s’est levée sur eux » (És. 9. 1 ; Mat. 4. 15). La vraie lumière en effet était celle qui, venant dans le monde, éclaire tout homme. Elle était apparue. Elle allait briller sur la terre de Palestine, puis parmi les nations, « dans toute la création qui est sous le ciel ».
Tandis qu’Israël tout entier célébrera la gloire du Roi-Messie, Zabulon et Nephthali, eux, pourront chanter l’honneur unique qui fut celui de leurs tribus d’abriter les jours de Son enfance, à Nazareth, et d’être le théâtre de Son premier miracle, à Cana. N’est-ce pas en ce fait merveilleux que résidera avant tout la gloire de Zabulon ?

6. La tribu d’Issacar

Issacar est le neuvième fils de Jacob, soit le cinquième qui lui est né de Léa (Gen. 35. 23). Celle-ci a considéré comme une récompense de son sacrifice le don de ce nouvel enfant, né longtemps après Juda, le quatrième, et lui a donné le nom d’Issacar qui signifie : il y a salaire (Gen. 30. 18). On retrouve en deux autres passages de la Parole de Dieu cette expression :
– En 2 Chroniques 15. 7 où un prophète, Azaria, encourage le roi Asa et son peuple en les assurant qu’il y aurait une récompense pour ce qu’ils feraient, s’ils recherchaient leur Dieu ;
– En Jérémie 31. 16 où l’Éternel console Rachel dans son affliction en lui disant qu’il y aurait un salaire pour son travail.
Ainsi, au cours des temps, il demeure toujours vrai que Dieu n’est pas injuste pour oublier l’œuvre de Ses enfants et l’amour qu’ils montrent pour Son nom (Héb. 6. 10).
Issacar a eu quatre fils : Thola, Puva, Job et Shimron (Gen. 46. 13). C’est par eux et leurs descendants que s’est constituée la tribu d’Issacar.

Ses limites

Le territoire de la tribu d’Issacar était limité, au nord par celui des tribus de Zabulon et de Nephthali, au midi et à l’ouest, vers la mer Méditerranée, par celui de la tribu de Manassé, à l’est par le Jourdain.
La tribu d’Issacar occupait une vaste plaine, la plaine de Jizreël ou, en grec, d’Esdraelon, appelée aussi plaine de Meguiddo ou encore, plus simplement, la Grande Plaine. Arrosée par le torrent du Kison, elle était célèbre par l’abondance de ses productions, l’étendue de ses blés et de ses vignes. Cette fertilité du reste est déjà suggérée par le nom de Jizral qui signifie : Dieu sème (Os. 2. 22).
La plaine de Jizreël est appelée quelquefois vallée de Jizred (Os. 1. 5). Elle est en effet dominée par les montagnes de la Galilée au nord, avec le mont Carmel à l’ouest et le mont Thabor à l’est, et par les montagnes de la Samarie au midi.

Ses villes

Lors du partage de la Terre promise, seize villes furent accordées aux fils d’Issacar (Jos. 19. 17 à 23), plus six villes qui, quoique situées dans leurs limites, ne leur ont pas appartenu, mais sont revenues à la tribu de Manassé (Jos. 17. 11). Nous rappellerons le nom de quatre d’entre elles, puis celui d’une bourgade dont la mention ne se trouve que dans le Nouveau Testament :
– Jizreël, ville sise à l’entrée de la plaine de Jizreël. C’est de là que les hommes d’Israël s’enfuirent devant les Philistins sur la montagne de Guilboa, où le roi Saül trouva sa fin (1 Sam. 29. 1 ; 31. 1).
C’est à Jizreël également que le roi Achab, qui y avait sa résidence, s’est rendu odieux par le meurtre de Naboth, le Jizreélite, homme juste et fidèle, dont il convoitait la vigne (1 Rois 21. 1). Mais c’est là aussi que, plus tard, son fils Joram, puis sa femme, la reine Jézabel, furent mis à mort, comme l’Éternel l’avait révélé à Son serviteur, le prophète Élie (2 Rois 9. 26 et 36).
– Sunem, ville où habitait une femme pieuse et riche (2 Rois 4. 8). Quand son fils mourut, la Sunamite, soumise et pleine de foi, s’adressa au prophète Élisée qui le lui rendit vivant.
– En-Dor, ville où le roi Saül entendit une dernière fois, par l’intermédiaire d’une évocatrice d’esprits, de la bouche même de Samuel revenu d’entre les morts, quelle serait sa fin prochaine (1 Sam. 28. 7).
– Meguiddo, ville qui a donné son nom à la partie occidentale de la plaine de Jizreël. La plaine de Meguiddo a été le plus célèbre champ de bataille de la Palestine. C’est là que, entre autres, l’armée des rois cananéens, conduite par Sisera, a été défaite (Jug. 5. 19) et que le roi Josias, lors de son intervention contre le Pharaon Neco, a été mortellement atteint (2 Chron. 35. 22). C’est là encore, à Armagédon (nom hébreu qui renferme celui de Meguiddo) que se déroulera, au grand jour de Dieu le Tout-puissant, dans un temps à venir, la dernière bataille des rois de la terre habitée tout entière et que leur défaite finale sera consommée (Apoc. 16. 16).
– Man, bourgade située à 3 km. à l’ouest d’En-Dor et à 8 km au sud-est de Nazareth. C’est près de la porte de cette ville qu’un jour le Seigneur Jésus est entré en contact avec un convoi funèbre et qu’Il a ressuscité un jeune homme, fils unique d’une veuve. Cet acte de puissance a été l’occasion pour une foule considérable, saisie de crainte, de glorifier Dieu (Luc 7. 11 à 17).

Son histoire

De l’histoire de la tribu d’Issacar, nous rappellerons les faits suivants :
– La tribu d’Issacar a été, par le nombre, une grande tribu. Lors du premier dénombrement, au désert de Sinaï, elle a compté 54 400 hommes vaillants. Elle s’est encore accrue d’environ 10 000 hommes lors du deuxième dénombrement, dans les plaines de Moab : 64 300 (Nomb. 1. 28 ; 26. 23).
– Lors de la victoire remportée sur Sisera, Débora, la prophétesse, dans l’hymne qu’elle chante à l’Éternel, souligne l’esprit de décision des princes d’Issacar qui ont combattu avec Barak, le juge : « Issacar est allé sur ses pas dans la vallée », dit-elle (Jug. 5. 15). Ce n’est qu’en allant sur les pas du Seigneur que nous serons vainqueurs dans le combat que nous avons à soutenir : plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés (Rom. 8. 37).
– Deux hommes établis en autorité sur Israël sont issus de la tribu d’Issacar : le juge Thola, homme d’Issacar, et le roi Baesha, roi d’Israël, de la maison d’Issacar, qui a été l’instrument de la destruction totale de la famille de Jéroboam, l’idolâtre (1 Rois 15. 27).
Thola a été suscité après la sombre période où Abimélec, d’une ambition sans frein, sema la terreur et la mort parmi les enfants d’Israël. Il se leva, est-il dit, pour sauver Israël (Jug. 10. 1). Durant 23 ans, son seul but a été de rechercher le bien de son peuple. L’activité de Thola et d’Abimélec montre qu’il est vrai dans tous les temps qu’un homme, à lui seul, peut faire beaucoup de bien au milieu du peuple de Dieu et qu’un autre, au contraire, peut faire beaucoup de mal.
– Nombreux furent les hommes d’Israël équipés pour l’armée qui vinrent vers David pour lui confier le royaume de Saül. Des fils d’Issacar, il est écrit qu’« ils savaient discerner les temps pour savoir ce que devait faire Israël » (1 Chron. 12. 32). Capables de connaître la vraie intention de Dieu, ils étaient conscients que le temps était venu de s’unir tous ensemble autour de David, seul centre reconnu de Dieu. Il est à souhaiter que nous aussi nous soyons de vrais fils d’Issacar, comme ces frères à Rome, auxquels l’apôtre Paul écrit : « Connaissant le temps, que c’est déjà l’heure de nous réveiller du sommeil… » (Rom. 13. 11). Sachons que le triomphe du divin David est proche et réveillons-nous !
– Lorsque Ézéchias ordonna la célébration de la Pâque, beaucoup d’habitants des dix tribus, d’Issacar entre autres, vinrent à Jérusalem. Mais, ne s’étant pas purifiés, « ils mangèrent la pâque, non comme il est écrit » (2 Chron. 30. 18). Alors éclata une plaie, qui prit fin à la prière d’Ézéchias. La Parole de Dieu enseigne que nous devons nous éprouver nous-mêmes avant de participer à la cène du Seigneur, sinon nous mangeons un jugement contre nous-mêmes. Dieu devra alors intervenir en discipline comme Il dut le faire, un jour, dans l’assemblée à Corinthe (1 Cor. 11. 28 à 30).
Accroissement, esprit de décision, recherche du bien du peuple de Dieu, discernement des temps, sanctification pratique, tel est le noble exemple qu’en cela nous laissent les fils d’Issacar.

L’avenir

Lors de la restauration finale du peuple d’Israël, la tribu d’Issacar retrouvera sa place dans la terre de Canaan, dans la partie méridionale du pays, entre Siméon et Zabulon, et non plus au nord, comme dans le passé (Éz. 48. 25). Inconnue aujourd’hui comme toute autre des dix tribus, elle réapparaîtra à la fin des jours. Le peuple tout entier connaîtra une vraie résurrection, tant du point de vue moral que national. Les deux résurrections qui auront eu lieu autrefois en la terre d’Issacar, à Sunem aux jours d’Élisée et à Nain quand le Seigneur était sur la terre, étaient déjà la figure de la puissance du Dieu de Jacob tirant Son peuple hors de la mort. Il leur donnera en effet un cœur nouveau et une vie nouvelle en mettant Son Esprit au-dedans d’eux. Ils ne seront plus deux nations, deux royaumes : « un seul roi sera leur roi à tous… il y aura un seul pasteur pour eux tous » (Éz. 37. 22 et 24).
Dans la puissance de cet Esprit, ils auront une haute mission à accomplir. Moïse, dans les paroles prophétiques qu’il a prononcées à la fin de sa vie, invite Zabulon et Issacar à se réjouir, et ajoute : « Ils appelleront les peuples à la montagne », c’est-à-dire la montagne de la maison de l’Éternel où toutes les nations afflueront, dit le prophète, et diront : Venez et montons… à la maison du Dieu de Jacob ! (És. 2. 2). C’est là qu’ils offriront des sacrifices de justice, car, est-il encore écrit, « ils suceront l’abondance des mers et les trésors cachés du sable » (Deut. 33. 19). La conjonction car n’est pas sans importance. Ils béniront d’une part le Dieu de leurs pères et d’autre part eux-mêmes, abondamment bénis, en appelleront d’autres à faire de même. Ils seront pour eux des instruments de bénédiction.
Rachetés par Jésus Christ, ressuscités en Lui, nous adorons notre Dieu par l’offrande de sacrifices spirituels, qui Lui sont agréables par Jésus, le Fils de Son amour. Par ce fait même nous annonçons les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à Sa merveilleuse lumière. Après les avoir bénis de toute bénédiction spirituelle, Il veut bien se servir de Ses enfants pour qu’ils deviennent à leur tour des canaux de bénédiction pour ceux qui, ignorant Sa miséricorde, ne font pas encore partie de Son peuple (1 Pier. 2. 5, 9 et 10).

7. La tribu de Dan

Après Ruben, le premier-né, puis Siméon, Lévi et Juda, un cinquième fils est né à Jacob, non pas de Léa comme les précédents, mais de Bilha, servante de Rachel. En l’appelant du nom de Dan, qui signifie juge, Rachel exprime sa reconnaissance à Dieu qui a jugé bon de lui donner cet enfant: Dieu m’a fait justice, dit-elle. Il a aussi entendu ma voix et m’a donné un fils (Gen. 30. 6).
Lors de l’énumération des fils d’Israël qui vinrent en Égypte, nous apprenons que Dan n’a eu qu’un enfant : Hushim (Gen. 46. 23), ce qui ne l’a pas empêché d’avoir une nombreuse postérité. La tribu de Dan en effet, à la sortie d’Égypte, comptait 62 700 hommes capables de porter les armes. Elle a été la plus grande tribu après celle de Juda, forte de 74 600 combattants.

Ses limites

Le territoire de la tribu de Dan était limité au nord par celui de la tribu d’Éphraïm, à l’est par celui de Benjamin, au sud par celui de Juda, et à l’ouest par la mer Méditerranée. C’était un territoire restreint, au centre de la plaine fertile, qui s’étend parallèlement à la mer. Vers le nord, c’est la plaine du Saron dont le prophète célèbre la beauté, quand il parle de « la magnificence du Carmel et du Saron » (És. 35. 2). Vers le midi, c’est la shéphélah ou pays plat de Juda, dont la végétation abondante est soulignée (2 Chron. 1. 15). A mesure qu’on avance vers l’est, la plaine se relève en collines. On s’approche des monts d’Éphraïm et de Benjamin qui forment une partie de ce qu’on a appelé l’épine dorsale de la Palestine.
L’exiguïté de leur territoire amena les fils de Dan à désirer posséder encore d’autres terres, d’autant plus que les Amoréens les repoussaient dans la montagne (Jug. 1. 34) : ils se cherchèrent un héritage pour y demeurer, est-il dit (Jug. 18. 1). Six cents d’entre eux partirent alors vers le nord, incendièrent la ville de Lais, la rebâtirent et lui donnèrent le nom de l’ancêtre, Dan (Jug. 18. 29).
La tribu de Dan a donc occupé deux régions de la Terre promise : l’une à l’ouest, au bord de la mer Méditerranée, et l’autre au nord, aux sources du Jourdain.

Ses villes

Lors du partage du pays de Canaan, dix-huit villes furent accordées à la tribu des fils de Dan (Jos. 19. 40 à 48). Nous rappellerons le nom de quatre d’entre elles, puis celui d’une autre, mentionnée ailleurs que dans le livre de Josué.
– Tsorha, patrie de Manoah, de la famille des Danites, et ville natale de son fils Samson (Jug. 13. 2).
– Eshtaol : béni de l’Éternel et poussé par l’Esprit, Samson commença son service entre Tsorha et Eshtaol. C’est là aussi, dans le sépulcre de son père, qu’il fut enterré (Jug. 13. 25 ; 16. 31).
– Ajalon, célèbre par la prière de Josué qui fit arrêter le soleil et la lune en leurs demeures, jusqu’à ce qu’il se fût vengé des ennemis de sa nation (Jos. 10. 12).
– Japho, en grec Joppé, actuellement Jaffa : c’est là qu’on fit amener par la mer le bois de cèdre du Liban destiné soit à la construction du temple de Salomon (2 Chron. 2. 16), soit à sa reconstruction lors du retour de la captivité de Babylone (Esd. 3. 7).
C’est là aussi que le prophète Jonas s’embarqua pour se rendre à Tarsis contre la volonté de son Dieu (Jon. 1. 3).
Le Nouveau Testament nous apprend que c’est à Joppé que Dorcas fut ressuscitée par le moyen de l’apôtre Pierre et que c’est de Joppé que ce serviteur fut conduit à Césarée pour parler à Corneille et à sa famille de la vérité chrétienne (Act. 9. 36 ; 10. 5).
Le port de Joppé ou Jaffa est aujourd’hui le port le plus prospère de la Palestine. C’est en fait le port de Jérusalem, qui en est distant de 60 km environ. L’un des faubourgs de Jaffa est devenu Tel-Aviv, qui est actuellement la métropole économique de l’État d’Israël.
– Lod (Esd. 2. 33) ou Lydde, située à 17 km au sud-est de Joppé. C’est là que l’apôtre Pierre rendit la santé à Énée, paralysé depuis huit ans, et que de nombreux habitants se tournèrent vers le Seigneur (Act. 9. 35).

Son histoire

Il peut y avoir intérêt à savoir que, de la tribu de Dan, sont issues diverses personnalités :
– Oholiab : de la tribu de Dan, graveur, et inventeur, et brodeur, qui exécuta avec Betsaleël, de la tribu de Juda, les travaux d’art du tabernacle (Ex. 38. 23).
– Samson : de la famille des Danites, qui jugea Israël durant vingt ans (Jug. 13. 2 ; 16. 31).
– Huram-Abi : fils d’une femme d’entre les filles de Dan, intelligent et habile dans le travail des métaux et des tissus, qui fut envoyé par le roi de Tyr au roi Salomon pour la construction du temple (2 Chron. 2. 14).
D’autre part, les faits suivants retiendront notre attention :
– Un jour, au désert, lors d’une rixe entre un homme égyptien et un homme israélite, l’homme égyptien maudit Dieu et blasphéma Son nom. La Parole de Dieu précise que la mère de l’homme égyptien, Shélomith, était de la tribu de Dan (Lév. 24. 11).
– Les fils de Dan, en se rendant dans le nord du pays dans le but de trouver un territoire plus étendu, s’étaient arrêtés chez un homme de la montagne d’Éphraïm, nommé Michée. Sa maison était devenue « une maison de dieux », remplie d’images et d’idoles (Jug. 17. 5). Avec une ruse dénuée de tout scrupule ils firent main basse sur ces objets et s’en allèrent à Laïs, la ville qu’ils détruisirent, puis rebâtirent et appelèrent du nom de Dan. Ils y dressèrent pour eux, est-il écrit, « l’image taillée de Michée… pendant tout le temps que la maison de Dieu fut à Silo » (Jug. 18. 31). La demeure du vrai Dieu n’eut donc plus aucun attrait pour eux.
– Il est digne de remarque que c’est dans cette même ville de Dan que le roi Jéroboam, lors du schisme des dix tribus, plaça l’un des veaux d’or qu’il avait faits. En choisissant cette ville, tout au nord du pays, il voulait empêcher le peuple de retourner à Jérusalem, le lieu de la présence de Jéhovah. Il le déclare du reste dans les paroles qu’il adresse au peuple : « C’est trop pour vous de monter à Jérusalem ; voici tes dieux, Israël ! qui t’ont fait monter du pays d’Égypte. Et cela devint un péché, et le peuple alla devant l’un des veaux jusqu’à Dan » (1 Rois 11. 28). C’est ce péché que dénonce le prophète, quand il parle de ceux qui jurent par le péché de Samarie et qui disent : Dan, ton dieu est vivant ! (Amos 8. 14).

L’avenir

Cette offense faite à Dieu paraît avoir marqué l’histoire de la tribu de Dan. Au désert, c’est le fils d’une Danite qui blasphème le Nom de Dieu. En Canaan, au temps des Juges, ce sont des hommes de Dan qui dressent une image taillée et se prosternent devant elle. Aux jours de la royauté, c’est une ville de cette tribu qui devient le centre d’un culte idolâtre.
Jacob, sur son lit de mort, avait fait savoir à ses fils ce qui leur arriverait à la fin des jours. De Dan il avait dit : « Dan sera un serpent sur le chemin, une vipère sur le sentier, qui mord les talons du cheval, et celui qui le monte tombe à la renverse » (Gen. 49. 17). Il vaut la peine de noter que le terme vipère, cité dans ce passage, ne se trouve nulle part ailleurs dans la Parole de Dieu. C’est le céraste ou serpent à cornes, redoutable, dont la couleur est celle du sable et qui, brusquement, surgit d’une ornière du sentier. Un cheval mordu s’écroule rapidement et celui qui le monte tombe à la renverse. L’homme, touché par cette vipère, meurt en moins d’une demi-heure.
Par cette comparaison l’Esprit de Dieu dépeint d’une manière saisissante ce que sera, dans l’histoire future du peuple d’Israël, la puissance de la ruse diabolique. Un homme surgira, l’Antichrist, n’ayant point égard au Dieu de ses pères et proférant contre Lui des choses impies (Dan. 11. 37). Il entraînera le peuple dans une révolte ouverte, l’apostasie, c’est-à-dire le rejet de toute vérité concernant le Dieu d’Abraham et Son Messie. Le peuple en effet « tombera à la renverse », à l’exception toutefois d’un petit nombre qui demeureront fidèles et qui, dans le feu de la persécution, s’écrieront : « J’ai attendu ton salut, ô Éternel ! » (Gen. 49. 18).
Si Jacob a parlé de Dan comme étant un serpent qui mord, Moïse, à la fin de ses jours également, l’a comparé à un jeune lion qui s’élance – qui s’élance pour attaquer et pour dévorer (Deut. 33. 22). Le serpent et le lion sont souvent, dans la Parole de Dieu, l’image de l’astuce et de la fureur de Satan, lesquelles atteindront leur apogée sous le règne de 1’Antichrist. Le Seigneur Jésus Lui-même n’a-t-il pas parlé de la septuple puissance de l’esprit de méchanceté qui envahira la maison d’Israël aux derniers jours ? (Mat. 12. 45.)
Il a été donné à l’apôtre Jean d’entendre le nom des élus marqués du sceau de Dieu (Apoc. 7. 4). L’un après l’autre, les noms des tribus d’Israël ont été entendus. Un seul n’a pas retenti, celui de Dan. Omission solennelle, au sujet de laquelle un conducteur du début du siècle a écrit : « Dan est entièrement omis ; il est jugé selon la prophétie de Jacob ; l’Antichrist et son peuple, représenté par Dan, ne peuvent être scellés » (H.R.).
La tribu de Dan aura néanmoins sa place, comme toutes les autres tribus, dans la terre d’Israël renouvelée sous le sceptre du Messie, le Lion de Juda. Le Lion de Dan, après avoir dominé un temps, aura disparu à jamais. Mais elle retrouvera la place qu’elle a toujours occupée, c’est-à-dire à l’extrémité nord du pays (Éz. 48. 11). « Dernière tribu, tout au nord, elle sera la plus éloignée possible du sanctuaire de Jéhovah » (H. R.).
En conclusion, nous dirons qu’il ne fait pas de doute que l’idolâtrie a marqué l’histoire de la tribu de Dan. Cette idolâtrie sera consommée en l’Antichrist, l’homme de péché, l’inique, le fils de perdition, lequel se présentera lui-même comme étant Dieu (2 Thess. 2. 4). On comprend dès lors que les lecteurs attentifs de la Parole de Dieu, dans tous les temps, aient émis la pensée que cet homme surgirait de la tribu de Dan. Pour les Pères de l’Église déjà, cette supposition était devenue une certitude.
Le chrétien sait que toutes ces choses ont été écrites pour lui servir d’avertissement: ne soyons pas non plus idolâtres, dit l’apôtre Paul (1 Cor. 10. 7). Un autre apôtre termine les enseignements de sa première épître en dirigeant nos regards sur la grandeur de Celui qui est venu dans le monde révéler le Dieu qui est lumière et amour : « Le Fils de Dieu est venu… et nous sommes dans le Véritable, savoir dans Son Fils Jésus Christ. Lui est le Dieu véritable et la vie éternelle ». (1 Jean 5. 20). C’est Lui qui doit être l’objet de tout notre amour et de toute notre adoration, le trésor de notre cœur.
Par conséquent : « Enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jean 5. 21).

8. La tribu de Gad

Gad est le septième fils de Jacob. Il lui est né de Zilpa, servante de Léa. Ayant vu son désir réalisé d’avoir encore des fils, Léa l’a appelé du nom de Gad, qui signifie : La bonne fortune vient (Gen. 30. 11). Par ce nom elle a montré tout le bonheur qui lui était accordé dans le don de ce nouvel enfant.
Gad a eu sept fils : Tsiphion, Haggui, Shuni, Etsbon, Eri, Arodi et Areéli (Gen. 46. 16). Ils sont devenus les pères d’autant de familles qui constituèrent la tribu de Gad (Nomb. 26. 15).

Ses limites

Comme la tribu de Ruben et la demi-tribu de Manassé, celle de Gad n’a pas désiré habiter dans la Terre promise. Elle est demeurée en deçà du Jourdain : « La possession de notre héritage en deçà du Jourdain sera à nous », avaient dit à Moïse les fils de Gad et de Ruben (Nomb. 32. 32).
En effet la tribu de Gad, à l’est du Jourdain, a reçu en partage une partie du pays montagneux de Galaad. Ce pays, cité environ cent fois dans la Parole de Dieu, était divisé en son milieu par le torrent du Jabbok, l’affluent le plus important du Jourdain (Jos. 12. 2).
Le territoire de Gad était limité à l’ouest par le Jourdain, par tout son cours depuis la mer de Kinnéreth ou lac de Tibériade jusqu’à la mer Morte ; au sud par le territoire de Ruben avec, près de la frontière, la ville de Hesbon, capitale du royaume des Amoréens ; à l’est par le pays des fils d’Ammon, dont Rabba, la ville principale, est devenue Amman, capitale de la Jordanie actuelle ; au nord-est par le torrent du Jabbok et au nord par le territoire de la demi-tribu de Manassé.

Ses villes

Plusieurs villes, dont le nombre n’est pas précisé, ont été accordées par Moïse aux fils de Gad (Jos. 13. 24 à 28). Nous rappellerons le nom de quatre d’entre elles, puis de deux endroits appartenant aussi à la tribu de Gad.
– Hesbon : ville de Sihon, roi des Amoréens (Deut. 3. 2), qui a d’abord appartenu à la tribu de Ruben (Jos. 13. 17). Plus tard, comme ville lévitique, elle a fait partie des villes de la tribu de Gad (Jos. 21. 39).
– Ramath-Mitspé ou Ramoth en Galaad : ville de refuge pour le meurtrier par mégarde, fuyant la colère du vengeur du sang (Jos. 20. 8), mais aussi point de départ du châtiment divin exercé par Jéhu contre la maison impie du roi Achab (2 Rois 9. 4 à 10). La croix du Calvaire n’est-elle pas ce lieu de refuge proposé par Dieu à l’homme pécheur ? Et n’est-ce pas aussi parce qu’un tel refuge est méprisé que l’homme pécheur amasse pour lui-même la colère dans le jour de la révélation du juste jugement de Dieu (Rom. 2. 5) ?
– Mahanaïm : lieu appelé de ce nom par Jacob lors de sa rencontre avec les anges de Dieu, lorsqu’il se rendit vers Ésaü, son frère (Gen. 32. 32). C’est là que le roi David et ses hommes fatigués connurent les soins de plusieurs, tandis qu’ils fuyaient devant la coalition d’Absalom, le fils ambitieux et dénaturé (2 Sam. 17. 27).
– Succoth : lieu appelé de ce nom quand Jacob s’y établit, après avoir traversé le torrent du Jabbok et s’être réconcilié avec Ésaü (Gen. 33. 17). C’est là que les principaux de la ville refusèrent leurs soins à Gédéon et à ses hommes fatigués, tandis qu’ils poursuivaient les rois de Madian (Jug. 8. 6).
– Le torrent du Jabbok : lieu où Jacob, demeuré seul, lutta avec l’Ange jusqu’à la victoire, mais aussi acheva le combat, marqué du signe de l’infirmité (Gen. 32. 22 à 32).
– Une vallée dans le pays de Moab : Moïse mourut sur le mont Nebo, dans le territoire qui allait appartenir à la tribu de Ruben, mais fut enseveli dans une vallée qui ferait partie du territoire de Gad, selon ce qu’il exprima lui-même, peu avant sa mort : « Et de Gad il dit :… là était réservée la part du législateur » (Deut. 33. 21, note).

Son histoire

De l’histoire de la tribu de Gad nous relevons les faits suivants :
– La tribu de Gad est l’une de celles qui ont connu une diminution numérique au cours du voyage dans le désert. Elle a perdu plus de 5000 hommes vaillants. Lors du premier recensement, au désert de Sinaï, elle comptait 45 650 hommes ; lors du deuxième, près du Jourdain, 40 500. Il est digne de remarque que les tribus qui campaient au midi de la tente d’assignation, soit Ruben, Siméon et Gad, ont toutes les trois régressé en nombre (Nomb. 1. 25 ; 26. 18).
– Les fils de Gad n’ont pas habité dans le pays de Canaan. Ayant trouvé « un lieu propre pour des troupeaux », ils sont restés en deçà du Jourdain. La Terre promise, dont Dieu avait parlé depuis longtemps, ne les a pas intéressés (Nomb. 32. 5).
– Ils ont toutefois traversé le Jourdain pour aider leurs frères à conquérir le pays. Ils se sont même placés en tête du peuple pour combattre dans les plaines de Jéricho (Jos. 4. 12).
– La guerre contre les Hagaréniens, peuplade arabe voisine, a montré que les Gadites savaient se confier en leur Dieu. Il est dit qu’avec ceux de Ruben et de Manassé, ils crièrent à Dieu qui se rendit à leurs prières et leur donna la victoire (1 Chron. 5. 20).
– Lorsque David, poursuivi par Saül, errait dans le désert, les Gadites se sont joints à lui. Hommes exercés pour la guerre, dont la face était comme une face de lion, est-il écrit, ils étaient prompts comme des gazelles sur les montagnes (1 Chron. 12. 8).
– Il est enfin rappelé qu’au jour où, à Hébron, le royaume de Saül fut transféré à David, les Gadites ne restèrent pas en arrière pour venir d’un cœur droit établir David roi sur tout Israël (1 Chron. 12. 37).
La Parole de Dieu nous parle par ces divers épisodes de l’histoire des fils de Gad. D’une part, appauvrissement, recherche des intérêts matériels, indifférence à l’égard des bénédictions spirituelles, mais d’autre part, confiance en Dieu, ardeur au combat, franche et joyeuse soumission à l’autorité du Seigneur, notre divin David, et communion d’action dans le dévouement. Telles sont les leçons importantes que nous donne le comportement des fils de Gad.

La fin

La fin de l’histoire des Gadites est marquée par l’entrée de Dieu en jugement à l’égard de son peuple idolâtre. « L’Éternel, est-il écrit, commença à entamer Israël ». Il suscita en effet le roi de Syrie qui frappa « tout le pays de Galaad, les Gadites, et les Rubénites, et les Manassites » (2 Rois 10. 32).
Ils continuèrent néanmoins à servir les idoles des nations. Ils péchèrent contre le Dieu de leurs pères qui réveilla contre eux l’esprit des rois d’Assyrie. Ceux-ci transportèrent les Rubénites, et les Gadites, et la demi-tribu de Manassé dans les villes de leur empire. « Ils sont là jusqu’à ce jour » (1 Chron. 5. 26). C’est là que prend fin l’histoire de la tribu de Gad. Ainsi sa combativité, que la Parole de Dieu souligne à plusieurs reprises, ne l’aura pas protégée contre la puissance assyrienne. C’est Dieu qui a le dernier mot. Il ne donnera pas Sa gloire à un autre (És. 48. 11). Quand le jour de Sa colère est venu, qui peut subsister ?

L’avenir

Lors de la restauration finale du peuple d’Israël, la tribu de Gad, aujourd’hui inconnue, aura sa place, non pas en deçà du Jourdain comme dans le passé, mais en Canaan, comme toute autre des dix tribus. Elle sera la dernière, au sud du pays, toutefois sensiblement moins éloignée du sanctuaire que la tribu de Dan, tout au nord. Son nom sera aussi écrit sur l’une des portes de Jérusalem, sur la première des portes de l’occident : « la porte de Gad, une ; la porte d’Aser, une ; la porte de Nephthali, une » (Éz. 48. 28 et 34).
Gad, Aser et Nephthali sont les trois noms qui, dans la prophétie de Jacob, dépeignent les bénédictions qui seront la part du peuple d’Israël restauré : en Gad la victoire finale, en Aser l’abondance royale, en Nephthali une pleine et joyeuse liberté (Gen. 49. 19 à 21).
De Gad, le patriarche avait dit : « Gad, une troupe lui tombera dessus ; et lui, il leur tombera sur les talons ». La prophétie nous apprend en effet que les fidèles du résidu juif connaîtront d’amères défaites : « Il fut donné à la Bête, image du vaste système politique à venir, de faire la guerre aux saints et de les vaincre » (Apoc. 13. 7). Mais finalement ils seront vainqueurs, triomphant par la victoire de leur Messie, de l’Agneau qui vaincra la Bête et détruira les rois, ses représentants, car Il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois (Apoc. 17. 14). Ainsi sera inauguré le règne de mille ans, qui sera marqué par les chants de triomphe, l’allégresse et la joie éternelle de ceux que l’Éternel aura délivrés. Tous les rois, courbés dans l’obéissance, se prosterneront devant Lui, toutes les nations le serviront (És. 35. 10 ; Ps. 72. 11).

9. La tribu d’Aser

Aser est le huitième fils de Jacob. Comme Gad, il lui est né de Zilpa, servante de Léa. A la vue de ce nouvel enfant, Léa s’est écriée : Pour mon bonheur ! Et l’a appelé du nom de Aser, qui signifie heureux.
En lui donnant ce nom, elle ne déclare pas seulement tout son bonheur, mais que d’autres aussi la diront bienheureuse (Gen. 30. 13).
Selon le dernier oracle de l’Ancien Testament, de telles paroles, aux jours de la gloire millénaire, seront dites du peuple d’Israël, représenté par Léa, l’épouse autrefois méprisée : « Toutes les nations vous diront bienheureux, car vous serez un pays de délices, dit l’Éternel des armées » (Mal. 3. 12).
Aser a eu quatre fils : Jimna, Jishva, Jishvi, Beriha, et une fille, Sérakh (Gen. 46. 17). C’est par eux et leurs descendants que s’est constituée la tribu d’Aser.

Ses limites

La tribu d’Aser, avec celles de Zabulon, Nephthali et Issacar, a occupé la région qu’on a appelée plus tard Basse Galilée. Son territoire était limité au nord par la Phénicie avec les derniers contreforts du Liban ; l’est par les tribus de Nephthali et Zabulon ; au midi par celles d’Issacar et Manassé avec le mont Carmel ; à l’occident, sur toute sa longueur, par la mer Méditerranée.
La terre d’Aser était donc encadrée par le Liban au nord et par le Carmel au sud. Le Carmel atteint une altitude de 1000 mètres. Le Liban, avec un sommet qui est en dehors des limites du pays de Canaan, dépasse les 3000 mètres. Les prophètes de l’Ancien Testament parlent souvent de ces deux chaînes de montagnes pour célébrer soit la magnificence du Liban soit la prospérité du Carmel, mais aussi pour annoncer la juste colère de Dieu qui frappera les enfants de Son peuple à cause de leur attitude superbe et ingrate (És. 33. 9 ; Nah. 1. 4 p. ex.).

Ses villes

Lors du partage de la Terre promise, vingt-deux villes furent accordées à la tribu des fils d’Aser (Jos. 19. 24 à 31). A ce nombre, il faut ajouter les sept villes qu’Aser ne déposséda pas : «… et l’Asérite a habité au milieu des Cananéens, habitants du pays, car il ne les déposséda pas », est-il écrit (Jug. 1. 31).
De ces vingt-neuf villes, nous rappellerons le nom de trois d’entre elles qui ont été des ports importants sur la mer Méditerranée. Ce sont, citées du nord vers le sud :
– Sidon : « jusqu’à Sidon la grande » (Jos. 19. 28). Sidon est une ville très ancienne, puisqu’elle est mentionnée au livre de la Genèse (10. 19), la plus ancienne cité phénicienne, située à 30 km au nord de Tyr. Elle porte aujourd’hui le nom de Saïda.
A Sidon se rattachait la ville de Sarepta, citée plusieurs fois dans les Écritures. Elle est appelée Sarepta qui appartient à Sidon (1 Rois 17. 9) ou, selon l’expression même du Seigneur, Sarepta de la Sidonie (Luc 4. 26). C’est là qu’une veuve, durant une période de famine, vit ses provisions de farine et d’huile multipliées et son fils rendu à la vie par les soins du prophète Élie.
Si la tribu d’Aser, en son jour, ne s’est pas emparée de la région de Sidon et Sarepta, nous savons par la parole prophétique que les fils d’Israël, en un jour à venir, s’en rendront maîtres (Abdias 20).
– « Jusqu’à la ville forte de Tyr » (Jos. 19. 29), située à 40 km au nord d’Acco. Avec Sidon, elle a été la ville la plus florissante du royaume de Phénicie comme l’attestent les prophètes. Elle est aujourd’hui une petite bourgade, connue sous le nom de Sour. On se souvient que le Seigneur Jésus est allé jusqu’aux frontières de Tyr et de Sidon pour y révéler les bienfaits de la grâce de Dieu. C’est là qu’entre autres Il a rendu la santé à la fille d’une femme syrophénicienne (Marc 7. 24).
– Acco, située à 12 km au nord du Carmel (Jug. 1. 31). Lorsqu’un des Ptolémée d’Égypte s’en est emparé, elle a reçu le nom de Ptolémaïs. C’est là que l’apôtre Paul, venant de Tyr et se rendant à Jérusalem, s’est arrêté un jour pour saluer les frères (Act. 21. 7).
Au temps des Croisades le nom de Saint Jean d’Acre a été donné à cette ville. Elle est connue aujourd’hui sous le nom d’Akko.

Son histoire

De l’histoire de la tribu d’Aser, nous rappellerons les faits suivants :
– Au terme de la guerre contre le roi de Canaan, Débora, la prophétesse, dans l’hymne qu’elle chanta à l’Éternel, se dut de relever l’inertie d’Aser qui, au lieu d’aller combattre avec ses frères, est resté au bord des mers et est demeuré dans ses ports (Jug. 5. 17).
– Dans la guerre contre les Madianites par contre, des hommes d’Aser se joignirent au juge Gédéon et l’aidèrent activement dans la poursuite de l’ennemi (Jug. 7. 23).
– Au jour où l’on transféra le royaume de Saül à David, les hommes d’Aser ne restèrent pas en arrière. Toujours prêts au combat, ils vinrent à Hébron avec l’un des plus importants contingents : 40 000 hommes (1 Chron. 12. 36).
– Lorsque le roi Ézéchias ordonna la célébration de la Pâque, il dépêcha des courriers, porteurs de lettres de sa main, par tout le pays. Les fils d’Israël, invités à revenir à l’Éternel, le Dieu d’Abraham, leur répondirent par des moqueries et des railleries. Toutefois des hommes d’Aser, est-il dit, s’humilièrent et vinrent à Jérusalem (2 Chron. 30. 11).
– Enfin, lorsque le Seigneur Jésus est venu sur cette terre, Anne, la prophétesse, a été là pour Le recevoir. L’Évangile dit qu’elle était fille de Phanuel, de la tribu d’Aser, et lui rend un témoignage qui est comme un rayon de lumière intense dans les ténèbres morales épaisses de la nation d’Israël. Ne quittant pas le temple, elle servait Dieu en jeûnes et en prières nuit et jour, chantait Ses louanges et parlait de Lui à tous ceux qui attendaient la délivrance, la rédemption (Luc 2. 36). Vraie veuve selon la pensée de Dieu, elle avait mis son espérance en Lui (1 Tim. 5. 5). Vraie fille d’Aser, elle trouvait tout son bonheur en Lui, dans Sa présence, et réalisait pleinement la signification du nom de la tribu de ses ancêtres : « Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison, est-il écrit; ils te loueront incessamment » (Ps. 84. 4).
Certes, la Parole de Dieu a conservé le souvenir de ces divers épisodes de l’histoire de la tribu d’Aser pour notre instruction. Dévouement, esprit de soumission, esprit de contrition, piété vivante, mais aussi indifférence et inertie spirituelle, telles sont les leçons qu’elle nous donne par l’exemple d’une tribu qui, par ailleurs, ne s’est jamais signalée par une attitude d’opposition ou par des actes de rébellion contre son Dieu, le Dieu de ses pères.

L’avenir

Lors de la restauration finale du peuple d’Israël, la tribu d’Aser, aujourd’hui inconnue, aura sa place au nord du pays comme dans le passé. Son territoire s’étendra au sud de celui de la tribu de Dan. Elle donnera son nom à la porte médiane de l’occident de la ville de Jérusalem: « la porte de Gad, une ; la porte d’Aser, une ; la porte de Nephthali, une » (Éz. 48. 2, 34).
Comme on l’a déjà noté, les noms de ces trois tribus définissent, selon la prophétie de Jacob, les bénédictions qui seront la part du peuple d’Israël restauré : en Gad la victoire finale, en Aser l’abondance royale, en Nephthali une pleine et joyeuse liberté (Gen. 49. 19 à 21).
De son fils le patriarche avait dit : « D’Aser viendra le pain excellent ; et lui, il fournira les délices royales » (Gen. 49. 20). Ce pain excellent, pain de vie, pain vivant qui est descendu du ciel, Christ Lui-même par qui nous avons la vie éternelle (Jean 6. 51), sera aussi pour les enfants d’Israël, à la fin des jours, la nourriture de leur âme. Il sera pour eux ces délices royales, quand ils auront reconnu en Jésus de Nazareth le Fils de Dieu, le roi d’Israël, et qu’ils se seront écriés : « Hosanna, béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur, le Roi d’Israël ! » (Jean 1. 50 ; 12. 13). Ils mangeront abondamment et seront rassasiés, dit le prophète, et ils loueront le nom de l’Éternel, leur Dieu, qui a fait des choses merveilleuses pour eux (Joël 2. 26).
A côté de l’abondance qu’ils trouveront en leur Messie, il est une autre bénédiction, invoquée au sujet d’Aser par Moïse à la fin de sa vie : « Ton repos, dit-il, sera comme tes jours » (Deut. 33. 25). Ce sont les dernières paroles du conducteur à l’égard des tribus d’Israël nommées l’une après l’autre. Cette remarquable et splendide bénédiction s’achève sur la pensée du repos, le repos final du grand jour. Il reste donc un repos sabbatique pour le peuple de Dieu, dit l’apôtre (Héb. 4. 9). C’est le repos du millénium, un repos glorieux qui sera enfin la part, non seulement de la tribu d’Aser mais de tout Israël après les vicissitudes de son existence. Ce sera aussi la part de l’Éternel, son Dieu, quand, après le travail d’une grâce incommensurable, Il se reposera dans Son amour et s’égayera en Son peuple avec chant de triomphe (Soph. 3. 17). En ce jour-là, il y aura une racine d’Isaï, le Christ, Jésus, la racine de David : son repos sera gloire ! (És. 11. 10).

10. La tribu de Nephtali

Nephtali est le sixième fils de Jacob. Comme Dan, il lui est né de Bilha, servante de Rachel. Comparant à un combat son désir intense d’être mère une seconde fois, comme l’avait été sa sœur Léa, Rachel déclare qu’elle a « soutenu des luttes de Dieu ». Ses supplications étant exaucées, elle donne alors à l’enfant le nom de Nephtali, qui signifie ma lutte (Gen. 30. 8).
Nephthali a eu quatre fils : Jahtsee, Guni, Jétser et Shillem (Gen. 46. 24). C’est par eux et leurs descendants que s’est constituée la tribu de Nephthali.

Ses limites

Comme les tribus d’Aser, de Zabulon et d’Issacar, la tribu de Nephthali a fait partie de la région qui a été appelée plus tard Basse Galilée. Son territoire était limité au nord par la montagne dite de Nephthali, prolongement avancé du Liban ; à l’ouest par les tribus d’Aser et de Zabulon ; au midi par celle d’Issacar ; à l’est par le Jourdain, les eaux de Mérom et le lac de Tibériade.
Depuis sa source jusqu’à la mer Morte, le Jourdain traverse en effet deux lacs : les eaux de Mérom, où la coalition des rois du nord de Canaan fut défaite par Josué (Jos. 11. 5 et 7), et le lac de Tibériade, appelé aussi lac de Génésareth ou mer de Galilée (Luc 5. 1 ; Jean 6. 1).

Ses villes

Lors du partage de la Terre promise dix-neuf villes échurent à la tribu des fils de Nephthali (Jos. 19. 32 à 39). Nous rappellerons le nom de deux d’entre elles, ainsi que celui d’une ville qui n’est citée que dans le Nouveau Testament :
– Kédesh : en Galilée, dans la montagne de Nephthali (Jos. 20. 7). Elle devint l’une des six villes de refuge, où l’homicide par mégarde pouvait s’enfuir de devant le vengeur du sang.
– Midgal-El : située au bord du lac de Génésareth, à 5 km au nord de la bourgade de Tibériade. C’est Magdala, le lieu d’origine de Marie dite de Magdala qui, délivrée de la puissance démoniaque (Luc 8. 2), a accompagné le Seigneur – mon Seigneur (Jean 20. 13) – jusqu’en Golgotha.
– Capernaüm : « qui est au bord de la mer de Galilée, sur les confins de Zabulon et Nephthali » (Mat. 4. 13), près de l’embouchure du Jourdain. C’est là que Jésus a séjourné le plus longtemps. En nulle autre ville, Il ne manifesta Sa bonté et Sa toute-puissance comme Il le fit à Capernaüm. Ville privilégiée entre toutes, demeurant incrédule, elle dut entendre les terribles reproches du Maître : « Et toi, Capernaüm, qui as été élevée jusqu’au ciel, tu seras abaissée jusque dans le hadès ! » (Mat. 11. 23).

Son histoire

De l’histoire de la tribu de Nephthali nous relevons les faits suivants :
– La tribu de Nephthali est aussi l’une de celles qui ont diminué en nombre au cours du voyage dans le désert. Huit mille hommes vaillants y ont trouvé la mort. Lors du premier recensement, en Sinaï, elle comptait 53 400 hommes ; lors du deuxième, dans les plaines de Moab : 45 400 (Nomb. 1. 43 ; 26. 50).
– Lors de la guerre contre les Cananéens les hommes de Nephthali, comme ceux de Zabulon, ont répondu à l’appel de Débora, la prophétesse. Ils ont combattu avec le juge Barak, lui-même originaire de Kédesh de Nephthali, et ont contribué à la victoire remportée. Dans l’hymne qu’elle chante à l’Éternel, Débora proclame leur dévouement qui fait contraste avec l’apathie des hommes de Ruben, de Dan et d’Aser : Nephthali a exposé son âme à la mort sur les hauteurs des champs (Jug. 4. 6 ; 5. 18). Plus tard, lors de la guerre contre Madian, des hommes de Nephthali ont encore, avec d’autres, prêté main forte au juge Gédéon et l’ennemi a été vaincu (Jug. 7. 23).
– Parmi les hommes équipés pour l’armée qui vinrent vers David à Hébron, « afin de lui transférer le royaume de Saül », les fils de Nephthali se présentèrent avec l’un des plus forts contingents : 37000 hommes (1 Chron. 12. 34). Il est dit qu’ils portaient le bouclier et la lance. Le chrétien aujourd’hui ne possède-t-il pas aussi le bouclier de la foi, l’arme défensive, et l’épée de l’Esprit, l’arme offensive ? (Éph. 6. 16 et 17).
– Puis, quand il a été question de leur entretien, il est ajouté que « tout le reste d’Israël, qui était aussi d’un seul cœur pour établir David roi », a fait preuve d’une grande générosité : leurs frères leur avaient tout préparé… jusqu’à Nephthali, apportant des vivres de toutes sortes en abondance (1 Chron. 12. 40). N’avons-nous pas nous-mêmes à apprendre à être les premiers dans les bonnes œuvres pour les choses nécessaires, afin que nous ne soyons pas sans fruit ? (Tite 3. 14).
Esprit de décision, hardiesse, dévouement jusqu’à la mort, reconnaissance de l’autorité du Seigneur, libéralité fraternelle, tels sont les enseignements qui nous sont donnés par les diverses attitudes des fils de Nephthali et que nous avons à prendre à cœur.

La fin

Le royaume des dix tribus d’Israël, entraîné par le roi Jéroboam, a marché dès le début de son existence dans le chemin de l’idolâtrie. La tribu de Nephthali, comme les autres tribus, eut à encourir le châtiment de Dieu, du seul vrai Dieu.
Déjà, aux jours du roi de Juda Asa, alors que le roi d’Israël Baësha faisait ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, le roi de Syrie envoya ses troupes contre les villes d’Israël et frappa « tout le pays de Nephthali » (1 Rois 15. 20). Le peuple persévéra dans le culte des idoles au point que finalement, deux siècles plus tard, le roi d’Assyrie vint et prit « Kédesh… la Galilée, tout le pays de Nephthali et en transporta les habitants en Assyrie » (2 Rois 15. 29). C’est là que prend fin l’histoire de la tribu de Nephthali, arrachée de sa terre pour être transportée en des lieux où elle a disparu jusqu’à ce jour.

L’avenir

Mais ce n’est pas sur l’exécution d’un jugement terrible que l’Écriture tait le nom de Nephthali. Nous le trouvons encore lié au plus haut fait de la grâce divine : la venue du Fils de Dieu sur la terre. Le prophète l’avait annoncée (És. 9. 1 et 2) et l’Évangile cite ces paroles, quand Jésus vient demeurer à Capernaüm : « Terre de Zabulon, et terre de Nephthali… le peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière » (Mat. 4. 15). En Jésus en effet la vraie lumière, la merveilleuse lumière de Dieu, a resplendi. Elle allait luire, non seulement sur les habitants de Zabulon et de Nephthali, non seulement sur la Palestine, mais encore parmi toutes les nations. Elle brille encore, et brillera jusqu’au jour où, à toujours, le Seigneur Dieu fera briller Sa lumière sur Ses rachetés (Apoc. 22. 5).
Jacob, à la fin de sa vie, avait dit : « Nephthali est une biche lâchée ; il profère de belles paroles » – de belles paroles, c’est-à-dire des paroles empreintes de grâce (Gen. 49. 21). Et Moïse, avant sa mort : « Nephthali, rassasié de faveurs et comblé de la bénédiction de l’Éternel, possède la mer et le Darôm » (Deut. 33. 23).
Dans les jours à venir, les enfants d’Israël, pénétrés du sentiment de la riche grâce de Dieu à leur égard, rassasiés de faveurs et jouissant d’une pleine liberté, celle de la gloire des enfants de Dieu (Rom. 8. 21), béniront Son nom. Mais les fils de Nephthali, eux, pourront célébrer la bénédiction unique qui fut celle de leur pays d’avoir été, à Capernaüm, la demeure prolongée du Seigneur de gloire. N’est-ce pas en ce fait que résidera une gloire particulière pour les fils de Nephthali, quand ils L’auront reconnu comme étant leur Roi-Messie ?

11. La tribu de Joseph

Joseph est le onzième fils de Jacob, « le fils de sa vieillesse » (Gen. 37. 3). Il est le premier enfant de Rachel qui, voyant enfin son désir accompli d’être mère, lui donne le nom de Joseph qui signifie qu’il ajoute ! Non seulement elle reconnaît que l’enfant lui est donné de Dieu, mais elle souhaite encore en avoir d’autres (Gen. 30. 24).
Joseph a épousé Asnath, la fille d’un sacrificateur égyptien. Il a eu deux fils, Manassé et Éphraïm, qui ont été adoptés par leur grand-père afin qu’ils deviennent, non pas deux branches d’une même tribu, mais deux tribus distinctes au même titre que ses premiers-nés. Jacob en effet avait dit à Joseph : « Tes deux fils, qui te sont nés dans le pays d’Égypte, sont à moi comme Ruben et Siméon ». Il avait en outre déclaré, en les bénissant, qu’Éphraïm, le plus jeune, serait plus grand que Manassé : « Et il mit Éphraïm avant Manassé », est-il écrit (Gen. 48. 5 et 20).
Nous n’avons donc pas à nous occuper de la tribu de Joseph, mais des deux tribus d’Éphraïm et de Manassé. Au reste, l’expression tribu de Joseph ne se rencontre qu’une fois dans l’Ancien Testament (Nomb. 13. 12) et une fois dans le Nouveau Testament (Apoc. 7. 8).
Il n’est pas sans intérêt de relever que le nom de Joseph, en dehors des passages où il est question du patriarche lui-même, désigne dans l’Écriture :
– Soit les deux tribus issues de la descendance de ses fils, comme l’indique le passage suivant : « Josué parla à la maison de Joseph, à Éphraïm et à Manassé » (Josué 17. 17) ;
– Soit le royaume des dix tribus d’Israël en contraste avec celui des deux tribus de Juda et Benjamin : « Je rendrai forte la maison de Juda et je sauverai la maison de Joseph » (Zach. 10. 6) ;
– Soit enfin le peuple d’Israël tout entier, selon l’expression du psalmiste : « Toi qui mènes Joseph comme un troupeau » (Ps. 80. 1).

La tribu d’Éphraïm

Éphraïm est le deuxième fils de Joseph. Ce nom, qui signifie double fertilité, lui a été donné par son père en souvenir des nombreuses bénédictions que Dieu lui avait accordées en Égypte, « le pays de son affliction » (Gen. 41. 52). Du jour où, sur le désir de son grand-père, Éphraïm a eu la prééminence, il est presque toujours cité avant son frère aîné, Manassé.
Il eut trois fils, Shuthélakh, Béker et Thakhan (Nomb. 26. 35). C’est par eux et leur descendance que s’est constituée la tribu d’Éphraïm.

Ses limites

La tribu d’Éphraïm a occupé la partie centrale de la Palestine. Son territoire était limité au nord par celui de Manassé, au sud par celui de Dan et de Benjamin, à l’ouest par la plaine de Saron, le long de la mer Méditerranée, et à l’est par le Jourdain. Parallèlement à ce fleuve, il était traversé par la chaîne des Monts d’Éphraïm dont, au nord, les deux sommets les plus élevés sont demeurés célèbres : la montagne de Garizim, d’une altitude de près de 900 m. et la montagne d’Ébal, de 1000 m. environ. C’est là que se faisaient entendre solennellement les bénédictions et les malédictions ordonnées de Dieu, selon que son peuple serait fidèle ou infidèle (Deut. 27. 11).

Ses villes

Lors du partage de la Terre promise, douze villes échurent à la tribu des fils d’Éphraïm (Jos. 16. 5 à 10 ; 1 Chron. 7. 28). Nous rappellerons le nom de quatre d’entre elles :
– Béthel, ville appelée de ce nom par Jacob, lorsque, dans une vision, il vit « la maison de Dieu, la porte des cieux » (Gen. 28. 19). C’est cette ville qui, après le schisme des dix tribus, devint l’un des deux sièges principaux de l’idolâtrie en Israël (1 Rois 12. 29).
– Silo, le lieu de la demeure du tabernacle durant trois siècles, depuis les jours de Josué jusqu’aux jours de Samuel (Jos. 18. 1 ; 1 Sam. 3. 21), puis abandonné par Dieu à cause de la malice de Son peuple (Jér. 7. 12).
– Sichem, ville de refuge située entre les monts Garizim et Ébal, appelée plus tard Sichar, connue aujourd’hui sous le nom de Néapolis ou Naplouse. C’est là que les os de Joseph ont été ensevelis (Jos. 24. 32). C’est là aussi que, plus tard, près de la fontaine de Sichar, le Seigneur Jésus révéla à une femme de la Samarie le don de Dieu, la vie éternelle, et qu’Il lui enseigna quel était le tribut du croyant, l’adoration rendue à Dieu en esprit et en vérité (Jean 4. 5 et 24).
– Timnath-Sérakh, dans la montagne d’Éphraïm où Josué a été enseveli (Jos. 24. 30).

La tribu (ou les deux demi-tribus) de Manassé

Ses limites

Au terme du voyage dans le désert, la tribu de Manassé s’est scindée en deux demi-tribus : une demi-tribu, dite par certains commentateurs Manassé occidental, qui, après avoir traversé le Jourdain, a pris sa place en Canaan, et une demi-tribu, dite Manassé oriental, qui est demeurée avec les tribus de Ruben et de Gad en deçà du Jourdain.

Limites et villes de la tribu de Manassé occidental

Le territoire de cette demi-tribu était limité par celui d’Éphraïm au sud, par celui d’Issacar et d’Aser au nord, par la mer Méditerranée à l’ouest, par le Jourdain à l’est. Ce fut un territoire largement ouvert sur la mer. Il constitua plus tard, avec celui d’Éphraïm, la province de la Samarie. Cette province, située entre la Judée au sud et la Galilée au nord, a été visitée à plusieurs reprises par le Seigneur Jésus (Luc 17. 11 ; Jean 4. 4), puis par son serviteur Philippe (Act. 8. 5).
Il importe de souligner que les termes Samarie ou Éphraïm sont souvent employés par les prophètes, Osée entre autres, pour désigner non seulement une contrée de la Palestine mais aussi le royaume des dix tribus d’Israël dans son ensemble.
Six villes et les villages de leur ressort furent accordées à la demi-tribu de Manassé en Canaan lors du partage du pays (Jos. 17. 7 à 11). Nous rappellerons le nom de deux villes célèbres, dont l’une ne fut bâtie que plus tard, au temps des rois :
– Thirtsa, ville connue pour sa beauté (Cant. 6. 4), première capitale du royaume des dix tribus. C’est là que mourut le fils de Jéroboam, cet enfant en lequel seul « avait été trouvé quelque chose d’agréable à l’Éternel, le Dieu d’Israël » (1 Rois 14. 13).
– Samarie, ville bâtie par le roi Omri et qui devint la capitale du royaume des dix tribus, quand le roi Zimri eut mis le feu au palais royal de Thirtsa. Elle devint aussi le centre du culte idolâtre (1 Rois 16. 18, 24 et 32).

Limites et villes de la tribu de Manassé oriental

Le territoire de cette demi-tribu s’est étendu dans la région septentrionale de la Transjordanie, dont la tribu de Gad a occupé le centre et la tribu de Ruben le midi. Il correspondait aux pays de Galaad et de Basan, c’est-à-dire au territoire du royaume de ce géant, 0g, roi de Basan, que Moïse avait vaincu (Jos. 13. 30).
Parmi les soixante villes qui ont été accordées à la demi-tribu de Manassé en deçà du Jourdain, le nom de deux d’entre elles retiendra notre attention (Jos. 13. 29 à 31):
– Edréhi, capitale du royaume de Basan, lieu de la défaite de l’armée du roi Og par l’armée d’Israël (Deut. 3. 1).
– Golan, l’une des trois villes de refuge établies par Moïse en deçà du Jourdain en faveur du meurtrier involontaire (Deut. 4. 43).

Histoire des tribus d’Éphraïm et de Manassé

De leur histoire nous relevons les faits suivants :
– La tribu d’Éphraïm est encore l’une de celles qui ont diminué en nombre lors du voyage dans le désert. Lors du premier dénombrement, en Sinaï, elle comptait 40 500 hommes forts ; lors du deuxième, en Moab, il n’y en eut plus que 32 500, soit un appauvrissement de 8000 hommes.
La tribu de Manassé par contre, la plus petite au départ de l’Égypte, a vu son effectif augmenter de 32 200 à 52 700, soit de 20 500 hommes (Nomb. 1. 33 et 35 ; 26. 34 et 37).
– De la tribu d’Éphraïm est issu un conducteur fidèle : Osée ou Josué, fils de Nun, l’un des explorateurs du pays de Canaan (Nomb. 13. 9 et 17 ; 1 Chron. 7. 27).
De la tribu de Manassé est issu un autre conducteur, le juge Gédéon. Alors qu’il disait : « Mon millier est le plus pauvre en Manassé », il lui a été répondu : « L’Éternel est avec toi, fort et vaillant homme » (Jug. 6. 15).
– Il y eut, comme déjà dit, une partie des hommes de Manassé qui n’entrèrent pas dans le pays de Canaan. Ils traversèrent toutefois le Jourdain avec les hommes de Ruben et de Gad et se placèrent même en première ligne pour aider leurs frères des neuf tribus et demie à prendre possession du pays. Ils revinrent ensuite en deçà du fleuve, où ils avaient bâti leurs villes et leurs enclos (Jos. 4. 12 ; 22. 9). Les bénédictions de la Terre promise n’ont pas eu d’attrait pour leurs cœurs.
– Au temps des Juges les hommes de Manassé, puis ceux d’Éphraïm, répondirent avec empressement à l’appel de Gédéon et contribuèrent largement à la victoire remportée sur les Madianites (Jug. 6. 35 ; 7. 24).
– Plus tard, lors de d’une guerre contre les Hagaréniens, peuplade arabe, nous apprenons que les fils de Manassé d’en deçà du Jourdain, avec les fils de Ruben et de Gad, furent aidés, car ils crièrent à Dieu, en qui ils avaient mis leur confiance (1 Chron. 5. 20).
– Lorsque le royaume fut confié à David, les hommes d’Éphraïm et de Manassé ne manquèrent pas de venir à Hébron : « Des fils d’Éphraïm 20 800 hommes forts et vaillants… et de la demi-tribu de Manassé 18 000, qu’on avait nommés par nom pour aller établir David roi ». De la demi-tribu de Manassé, en deçà du Jourdain, avec les hommes de Ruben et de Gad, ils vinrent nombreux, avec toutes les armes de guerre : 120 000 (1 Chron. 12. 30, 31 et 37).
– Sous le règne du roi Asa, parmi les nombreux Israélites des dix tribus qui passèrent à lui, il y eut des gens d’Éphraïm et de Manassé qui vinrent à Jérusalem et qui, sur la base d’un sacrifice offert, s’engagèrent à rechercher l’Éternel de tout leur cœur (2 Chron. 15. 12).
– Enfin, lors de la célébration de la Pâque, sous le règne du roi Ézéchias, il est écrit que des hommes de Manassé s’humilièrent et vinrent à Jérusalem, mais que beaucoup de ceux d’Éphraïm et de Manassé ne s’étaient pas purifiés pour manger la Pâque. Le roi pria pour eux, implorant le pardon de Dieu. On put alors célébrer la fête des pains sans levain avec une grande joie (2 Chron. 30. 18).
Accroissement ou appauvrissement, conscience de sa faiblesse (Gédéon) mais aussi conscience de la puissance de l’Esprit Saint dans les combats à soutenir (Josué), engagement de cœur à s’attacher au Seigneur, soumission à Son autorité, esprit d’humiliation, confiance en Dieu, intérêt ou manque d’intérêt pour les choses d’En haut, tels sont les enseignements que nous avons à tirer des différentes attitudes des fils d’Éphraïm et de Manassé.

La fin

La tribu d’Éphraïm et la demi-tribu de Manassé ont trouvé leur fin dans la transportation des dix tribus d’Israël par le roi d’Assyrie. A cause de leur idolâtrie, « l’Éternel fut très irrité contre Israël, et il les ôta de devant sa face ; il n’en resta que la seule tribu de Juda » (2 Rois 17. 18).
Quant à la demi-tribu de Manassé, demeurée en deçà du Jourdain, elle tomba déjà sous le jugement de Dieu à la fin du règne de Jéhu, quand le roi de Syrie frappa « tout le pays de Galaad, les Gadites, et les Rubénites, et les Manassites » (2 Rois 10. 33). Plus tard, comme ils continuaient à s’attacher aux idoles, ils furent emmenés en captivité dans l’empire d’Assyrie, « où ils sont jusqu’à ce jour » (1 Chron. 5. 26).

L’avenir

Durant les jours du millénium les deux tribus d’Éphraïm et de Manassé auront leur part dans la terre de Canaan, vers le nord, non loin du sanctuaire, à Jérusalem. Éphraïm s’y trouvera plus près que Manassé, selon la prééminence que Jacob lui avait décernée en Égypte (Éz. 48. 5).
Lorsque l’apôtre Jean entendit le nombre de ceux qui étaient scellés de toute tribu des fils d’Israël, « les esclaves de notre Dieu », soit le résidu fidèle du peuple juif qui apparaîtra bientôt sur la scène, il entendit le nom de Manassé, mais pas celui d’Éphraïm qui a disparu pour faire place à celui de Joseph : « de la tribu de Joseph, douze mille ». Il est en outre parlé de la tribu de Manassé, et non plus des demi-tribus (Apoc. 7. 6 et 8).
Enfin, il est écrit que les portes de la Jérusalem millénaire seront selon les noms des tribus d’Israël. La première des portes de l’orient sera celle de Joseph : « La porte de Joseph, une ». Les noms d’Éphraïm et de Manassé auront disparu. Seul le nom de Joseph subsistera (Éz. 48. 32).
Jacob avait dit à la fin de sa vie : « Joseph est une branche qui porte du fruit… ses rameaux poussent par-dessus la muraille » (Gen. 49. 22). Ces paroles dirigent nos pensées vers la personne de Christ, auteur de toute bénédiction pour la terre entière. Branche des racines d’Isaï qui fructifiera (És. 11. 1), « Il étendra ses rameaux par-dessus la muraille d’Israël pour apporter la bénédiction aux nations » (H. R.).
Moïse de même, à la fin de ses jours, en parlant de Joseph, laisse entrevoir la puissance de Celui qui dominera sur « les peuples ensemble jusqu’aux bouts de la terre » et les gouvernera (Deut. 33. 17). Dans une entière communion avec le Messie enfin reconnu, réalisant une belle unité, Israël et les nations viendront en Sion, le lieu de Sa présence, pour chanter Ses louanges et pousser des cris de joie devant Lui, le Roi, l’Éternel ! (Ps. 98. 5 et 6).

12. La tribu de Benjamin

Benjamin est le dernier des fils de Jacob, le douzième, le seul qui lui soit né en Canaan. Peu avant d’arriver à « Éphrath, qui est Bethléem », Rachel lui donna le jour et, tandis que son âme s’en allait (car elle mourut), est-il écrit, elle l’appela du nom de Ben-oni, fils de ma douleur. Mais Jacob ne retint pas ce nom qui lui rappelait l’absence pénible de la compagne de ses jours. Profondément attaché à cet enfant et plus encore, après avoir perdu Joseph, il lui donna le nom de Benjamin, fils de ma droite (Gen. 35. 18), un nom qui parle de puissance et de gloire. Selon la prophétie du Psaume 80, la main de Dieu en effet sera un jour sur un plus grand que Benjamin, « l’Homme de sa droite, le Fils de l’homme manifesté dans sa puissance en vue de la délivrance finale du peuple d’Israël » (H. R.).
Benjamin eut dix fils : Béla, Béker, Ashbel, Guéra, Naaman, Ekhi, Rosh, Muppim, Huppim et Ard (Gen. 46. 21). C’est par eux et leurs descendants que s’est constituée la tribu de Benjamin.

Ses limites

La tribu de Benjamin, parmi les tribus d’Israël, a été celle qui a occupé le plus petit territoire. Elle était limitée au nord par la tribu d’Éphraïm ; à l’ouest, vers la Méditerranée, par la tribu de Dan ; au sud par celle de Juda et à l’est par les derniers méandres du Jourdain, avant son embouchure dans la mer Morte.
En fait le pays de Benjamin était représenté par un haut plateau, de 700 à 800 mètres d’altitude, l’un des versants descendant vers la Shéphélah et la mer Méditerranée et l’autre vers l’Arabah et le Jourdain (Jos. 3. 16, note). La route qui allait de Jérusalem à Béthel, soit du midi vers le nord, marquait la ligne de démarcation entre les deux versants.
Les auteurs, qui se sont penchés sur le problème des limites des tribus d’Israël, s’accordent à dire que l’exiguïté du pays de Benjamin était largement compensée par l’excellence du sol. Que l’on songe seulement à l’extrême fertilité de la plaine du Jourdain ! Sa situation, dit l’historien Josèphe, ne pouvait donner à la culture et à la végétation que les plus magnifiques développements.

Ses villes

Quand Josué, fils de Nun, et Éléazar, fils d’Aaron, eurent distribué en Canaan l’héritage qui revenait aux fils de Juda et de Joseph, les fils d’Israël dressèrent la tente d’assignation à Silo. C’est là que Josué répartit le pays aux sept tribus qui n’avaient pas encore reçu leur part. Le premier lot échut aux fils de Benjamin.
Vingt-six villes leur furent assignées (Jos. 18. 11 à 28). Nous rappellerons le nom de sept d’entre elles :
– Jéricho, la ville des palmiers (Deut. 34. 3), la première ville de Canaan conquise par les fils d’Israël, puis incendiée et maudite (Jos. 6. 26), reconstruite cinq siècles plus tard, aux jours du roi Achab (1 Rois 16. 34).
Jéricho a été la patrie de Rahab qui, par la foi, ne périt pas avec ceux qui n’avaient pas cru (Héb. 11. 31), et le lieu d’habitation de Zachée, le chef de publicains qui fut sauvé parce qu’il crut, étant un vrai fils d’Abraham (Luc 19. 9).
C’est sur la route qui descendait de Jérusalem à Jéricho que le Seigneur Jésus a situé le récit du miséricordieux Samaritain, image remarquable de Lui-même qui, allant son chemin, est descendu du ciel pour sauver l’homme pécheur, non seulement laissé à demi-mort, mais mort dans ses fautes et dans ses péchés (Luc 10. 33).
– Luz, qui est Béthel (Jos. 18. 13), appelée par Jacob de ce nom, « la maison de Dieu » (Gen. 28. 19). Sise sur la frontière d’Éphraïm, elle a été comptée par la suite avec les villes de cette tribu, comme l’indique le premier livre des Chroniques (7. 28).
– Gabaon, « le principal haut lieu » où se trouvait le tabernacle de l’Éternel, le lieu de l’offrande des sacrifices aux jours des rois David et Salomon, avant la construction du temple (1 Rois 3. 4 ; 1 Chron. 16. 39).
Mais c’est aussi en ce lieu que s’est exercée la colère de Dieu contre les ennemis de son peuple : « A Baal-Peratsim… David les frappa… ils frappèrent l’armée des Philistins depuis Gabaon jusque vers Guézer » (1 Chron. 14. 11 et 16). Comme le dit le prophète, elle devait être l’image d’une colère à venir, plus terrible encore : « L’Éternel se lèvera comme en la montagne de Peratsim, il sera ému de colère comme dans la vallée de Gabaon, pour faire son œuvre, son œuvre étrange, et pour accomplir son travail, son travail inaccoutumé… une consomption décrétée sur toute la terre » (És. 28. 21).
– Rama, patrie de Samuel, juge et prophète, qui y naquit et y vécut jusqu’à sa mort (1 Sam. 2. 11 ; 7. 17 ; 25. 1).
C’est à Rama aussi qu’une voix a été ouïe lors du massacre des enfants de Béthléem, ordonné par Hérode peu après la naissance de Jésus, « des pleurs et de grands gémissements, Rachel pleurant ses enfants… parce qu’ils ne sont pas » (Mat. 2. 18).
– Mitspé ou Mitspa, le lieu où, comme à Béthel, Guilgal et Rama, Samuel jugeait Israël. C’est là qu’il pria pour le peuple rassemblé et c’est près de là qu’après la victoire remportée sur les Philistins il dressa une pierre : « Eben-Ezer, l’Éternel nous a secourus jusqu’ici » (1 Sam. 7. 12).
– Jébus, qui est Jérusalem (Jos. 18. 28), sise exactement sur la frontière de Juda et de Benjamin. C’est la ville où habitaient les Jébusiens, que les fils de Juda n’avaient pas pu posséder (Jos. 15. 63), et qui a été comptée parmi les villes des fils de Benjamin.
– Kiriath ou Kiriath-Jéarim ou Jaar, lieu de séjour temporaire de l’arche de l’Éternel (1 Sam. 7. 2; Ps. 132. 6, note), avant que David l’achemine en Sion, « un lieu pour l’Éternel, des demeures pour le Puissant de Jacob ! ».

Son histoire

L’histoire de la petite tribu de Benjamin, telle que la Parole de Dieu la relate, est riche en événements. Nous n’en mentionnerons que quelques-uns, en nous souvenant toutefois que « toutes les choses qui ont été écrites… ont été écrites pour notre instruction ».
– La tribu de Benjamin a été l’une des plus petites tribus d’Israël. Lors du départ de l’Égypte, elle comptait 35 400 hommes vaillants. Seule la tribu de Manassé lui était inférieure (32 200). Le second dénombrement, près du Jourdain, a révélé un accroissement de plus de 10 000 hommes : 45 600 (Nomb. 1. 37 ; 26. 41).
– Plusieurs conducteurs sont issus de la tribu de Benjamin :
Un juge, Éhud, le Benjaminite, vainqueur des Moabites (Jug. 3. 15 et 29) ;
Un roi, Saül, qui, lors de la solennelle confrontation avec Samuel, dit : « Ne suis-je pas Benjaminite, de la plus petite des tribus d’Israël ?» (1 Sam. 9. 21) ;
Un libérateur, Mardochée, homme juif, Benjaminite, devenu le second après le roi Assuérus, et sa fille adoptive, la reine Esther (Esther 2. 5 ; 10. 3). Il est un type remarquable du Seigneur dans les jours de son humiliation, puis dans la gloire de son royaume.
Un apôtre, Saul de Tarse, dont le nom fait revivre celui du premier roi d’Israël, mais qui, dès l’entrée dans le ministère public, prend le nom de Paul et devient l’apôtre des nations (Act. 13. 9). « Moi aussi, écrit-il aux frères à Rome, je suis Israélite, de la semence d’Abraham, de la tribu de Benjamin » (Rom. 11. 1).
Au temps des Juges, lors de la guerre contre les Cananéens, Benjamin a répondu à l’appel de Débora, la prophétesse : « Derrière toi, dit Débora à Barak, le juge, vient Benjamin, au milieu de tes peuples » (Jug. 5. 14).
Au temps des Juges encore un crime avait été commis à Guibha, qui est à Benjamin – une énormité et une infamie en Israël, dit l’Écriture. Les fils d’Israël se levèrent comme un seul homme et anéantirent la tribu de Benjamin, qui avait pris fait et cause pour les coupables. Elle faillit disparaître : 600 hommes seulement survécurent (Jug. 20. 4, 6 et 47). Grave avertissement pour nous tous à l’égard du mal qu’on tolère et qu’on ne veut pas juger !
C’est aussi un homme de Benjamin qui est venu à Silo annoncer à Éli, le sacrificateur presque centenaire, la prise de l’arche de Dieu par les Philistins. En entendant cette nouvelle, Éli, qui aimait l’Éternel et son peuple, tombe à la renverse et meurt (1 Sam. 4. 12).
Il est beau de voir les fils de Benjamin venir à Hébron au nombre de 3000 pour se joindre à David, lorsque le royaume de Saül lui fut confié. Ils vinrent les premiers. C’était un acte de foi d’autant plus remarquable que, « frères de Saül », « la plus grande partie d’entre eux faisant la garde de la maison de Saül », ils auraient eu, selon la nature, toute raison d’hésiter ou de ne prendre une décision qu’après les autres. « Il y eut chez eux, a-t-on écrit, l’ardente foi de la première heure, précédant l’aurore du règne » (H. R.), cette foi qui a su vaincre tous les obstacles (1 Chron. 12. 2, 16 et 29).
Enfin, lors du schisme des dix tribus, celle de Benjamin s’est rangée du côté de Juda, la seule qui avait suivi la maison de David. Le roi Roboam tenta de rétablir l’unité des douze tribus en invitant « toute la maison de Juda et la tribu de Benjamin » à faire la guerre à la maison d’Israël. Mais telle n’était pas la pensée de Dieu : on s’en retourna chacun à sa maison (1 Rois 12. 21).
Dès lors l’histoire de la tribu de Benjamin se confond avec celle du royaume de Juda. Les prophètes ne parleront plus d’un royaume, mais de deux royaumes : celui des deux tribus et celui des dix tribus. Terrible division sans contredit, qui est demeurée au cours des siècles, qui subsiste aujourd’hui encore !

L’avenir

Dans la terre millénaire la part de Benjamin sera près du sanctuaire, le lieu de la présence de Jéhovah, à Jérusalem. Des deux tribus restées fidèles au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, au cours de leur histoire, Juda aura sa place près du sanctuaire, au nord, et non plus au midi comme autrefois, et Benjamin au midi et non plus au nord : « Ce qui est entre la frontière de Juda et la frontière de Benjamin sera pour le prince » (Éz. 48. 22). Le territoire de Benjamin en outre s’étendra vers l’orient, au-delà du Jourdain : « Et Benjamin possédera Galaad » (Abdias 19), soit le pays occupé jadis par la tribu de Gad. C’est d’ailleurs vers l’orient que s’ouvrira la porte de la ville, marquée de son nom : « Vers le côté de l’orient… trois portes : la porte de Joseph, une ; la porte de Benjamin, une ; la porte de Dan, une » (Éz. 48. 32).
Le patriarche, à la fin de sa vie, avait dit de Benjamin, le fils de sa droite : « Benjamin est un loup qui déchire ; le matin, il dévore la proie, et le soir, il partage le butin » (Gen. 49. 27). Trois noms, dans les paroles dernières de Jacob, dirigent nos regards, non pas comme les autres noms sur l’une des tribus d’Israël ou sur le peuple dans son ensemble, mais sur la Personne du Christ, le Messie. Juda est le type de Christ, le Shilo, centre de rassemblement des peuples. En Joseph, Christ est vu comme étant l’Auteur de toute bénédiction pour la terre entière. Benjamin enfin préfigure Christ comme étant l’Homme qui doit juger en justice la terre habitée (Act. 17. 31), le Juge qui, par tout et établira Son règne. La venue d’un loup avait déjà été annoncée par le prophète au peuple transgresseur et infidèle : « un loup du soir les ravagera » (Jér. 5. 6). Le roi de Babylone est venu, le pays a été détruit, le peuple a été transporté de son lieu. Mais quand le Seigneur viendra, redoutable, avec les anges de sa puissance, en flammes de feu, Il se ceindra « du reste de la colère » (Ps. 76. 10 ; 2 Thess. 1. 7). Le courroux de Dieu sera consommé. Le monde habité à venir sera assujetti à Jésus (Héb. 2. 5).
Alors se réalisera, non seulement pour la tribu de Benjamin, mais pour tout le peuple qui aura enfin retrouvé son unité, l’apaisante prophétie de Moïse, homme de Dieu, qui, peu avant de s’en aller, a béni les fils d’Israël : « De Benjamin il dit : Le bien-aimé de l’Éternel – il habitera en sécurité auprès de lui ; l’Éternel le couvrira tout le jour, et il habitera entre ses épaules » (Deut. 33. 12). Le peuple d’Israël connaîtra, comme il ne l’a jamais connu, l’amour de son Dieu – n’est-il pas bien-aimé à cause des pères ? – et, dans cette connaissance, il goûtera une sécurité parfaite, une protection assurée, une habitation tranquille : repos et sécurité à toujours, dit le prophète (És. 32. 17; Rom. 11. 28).
Détenteur de telles bénédictions, il sera amené à adorer son Dieu. Lors des appels à la louange millénaire que le psalmiste adresse, Benjamin est cité en premier lieu : « Dans les congrégations bénissez Dieu, le Seigneur – vous qui êtes de la source d’Israël ! Là est Benjamin, le petit, qui domine sur eux ». Juda, qui a été la plus grande des tribus, ne vient qu’en second lieu. Puis sont mentionnés les princes de Zabulon et de Nephthali. Toutes les tribus d’Israël et tous les royaumes de la terre chanteront les louanges du Seigneur (Ps. 68. 26, 27 et 32). Les parvis célestes en haut et les vastes champs de la terre en bas retentiront de puissants alléluias à la gloire de Celui qui sera l’objet de l’hommage universel.

D’après la Bonne Nouvelle 1979

LES CIEUX OUVERTS

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LES CIEUX OUVERTS

 

Après avoir été baptisé, Jésus remonta aussitôt de l’eau. Et voici, les cieux lui furent ouverts. Mat. 3. 16.

Jésus Christ, l’objet des délices du ciel

Il y a quatre occasions, dans le Nouveau Testament, où les cieux sont ouverts (Mat. 3. 16 ; Jean 1. 51 ; Act. 7. 56 ; Apoc. 19. 11). Toutes les fois qu’un ciel ouvert est cité, le Seigneur Jésus en est l’objet particulier.
La première occasion, qui donne le ton à celles qui suivent, se produit tout au début du ministère de Christ sur la terre. Le Seigneur Jésus vint vers Jean pour être baptisé, mais Jean essayait de l’en empêcher (Mat. 3. 14). Jean déclarait que cela devrait être à l’inverse, que Christ devrait le baptiser ! Mais le Seigneur Jésus répondit : « Il nous est convenable d’accomplir toute justice » (v. 15). En répondant ainsi, en grâce, « Il nous est convenable » d’agir ainsi, Christ s’identifiait avec le ministère de Jean. Mais prenons garde, il n’y avait aucune nécessité que Christ soit baptisé, sauf le fait que c’était « pour accomplir toute justice ». On ne peut insister trop fortement sur cela : c’était la justice qui amenait Jésus là – non pas le péché.
C’est pour cela que les cieux se sont ouverts et que nous entendons la voix du Père exprimant ses suprêmes délices dans Son Fils (v. 16 et 17). Que Christ ait pris cette position d’humilité risquait de permettre aux hommes d’abuser de cette grâce et de mettre Christ au même niveau que les hommes pécheurs. Le ciel ne permettrait pas cela, ou même la pensée de cela, d’où la Voix et les cieux ouverts : Christ était l’objet des délices du ciel !
Il est écrit que lorsque « l’Éternel a regardé des cieux sur les fils des hommes, pour voir s’il y a quelqu’un qui soit intelligent, qui recherche Dieu », la conclusion, c’est : « il n’y a personne qui fasse le bien, non pas même un seul » (Ps. 14. 2 et 3). Jusqu’à ce que – naturellement – le Fils de Dieu vienne prendre sa place au milieu des hommes – et alors les cieux se sont ouverts avec délices sur un Homme baptisé !

 

Désormais vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme. Jean 1. 51.

Le Fils de l’homme, objet du service des anges

Le témoignage concernant un ciel ouvert est donné par le Seigneur Jésus lui-même, mais à nouveau, Lui, le Fils de l’homme, est l’objet de ce ciel ouvert. L’affirmation du Seigneur, ici, s’adressait à Nathanaël, « un vrai Israélite, en qui il n’y a pas de fraude » (v. 47).
Dans ce passage de Jean 1, Nathanaël représente les Juifs pieux qui se tourneront vers Christ dans un jour à venir. Nathanaël confesse le Seigneur en s’exclamant : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu » (v. 49). Cela, en fait, était la vérité même ; Nathanaël, en esprit, confessait le Psaume 2. 6 et 7, le grand psaume messianique. Dans ce psaume merveilleux, nous entendons les paroles prophétiques concernant le Roi de Dieu qu’Il a placé sur la sainte colline de Sion, et ce Roi serait Son Fils, qui hériterait des nations. Nathanaël avait l’assurance que Jésus de Nazareth était l’accomplissement de cela, et il a donc confessé Christ.
Cependant, Christ a dirigé le regard de Nathanaël sur quelque chose d’encore plus grand, « de plus grandes choses que celles-ci » (v. 50), de plus merveilleuses, en fait, que seulement un Messie pour les Juifs et pour la terre. Le Fils de l’homme serait, dès à présent et dans l’avenir, l’objet du ciel ! Le Fils de l’homme régnera sur le ciel et la terre, et non pas seulement sur Israël. Déjà maintenant Il est « à la droite de Dieu (étant allé au ciel), anges, autorités et puissances lui étant soumis » (1 Pier. 3. 22 ; cf. Éph. 1. 20 et 21 ; Mat. 28. 18).
Bien entendu, tout cela n’est pas visible maintenant, sauf pour la foi. Aux jours du millénium à venir tout sera révélé, et le Fils de l’Homme sera le grand Administrateur de la bénédiction dans toutes les sphères de l’univers de Dieu, et l’objet du service des anges. Le royaume sera sous Son gouvernement et non sous celui des anges (Héb. 2. 5). Comme le monde, même inconsciemment, désire ardemment et soupire après ce jour !

 

Voici, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. Act. 7. 56.

Jésus, le Fils de l’homme à la droite de Dieu

Toutes les fois que les cieux sont ouverts, le Seigneur Jésus est l’objet présenté à nos yeux, qu’Il soit sur la terre ou au ciel. Dans le verset ci-dessus, les cieux sont ouverts, mais ici Jésus est dans le ciel, et maintenant il devient l’Objet de la terre dans les cieux. « Jésus n’a pas Lui-même d’objet, mais Il est l’Objet du ciel quand celui-ci s’ouvre, et le croyant Le voit, Jésus Lui-même, au ciel » (J.N.D.)
Le martyre d’Étienne a été un tournant dans l’histoire de la nation d’Israël. Les Israélites, non seulement avaient rejeté et crucifié le Seigneur de gloire venu les visiter en grâce, mais maintenant ils avaient rejeté et mis à mort celui qui était un témoin de la gloire céleste de Dieu. Ceux qui lapidèrent le premier martyr chrétien mirent leurs vêtements aux pieds du jeune Saul de Tarse ; Dieu avait son regard sur celui qui, peu de temps après, deviendrait le témoin prééminent de l’évangile de la gloire de Christ.
Étienne a réellement le caractère du croyant sur la terre, plein de l’Esprit Saint, et contemplant Christ dans la gloire. C’est la position actuelle de tous les croyants : des cieux ouverts, être rempli du Saint Esprit, et, en contemplant la gloire du Seigneur, ils sont transformés en l’image de Christ (2 Cor. 3. 18). Étienne portait l’image de Christ, en Actes 7, quand il pria disant : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché » (ch. 7. 60). N’était-ce pas comme son Maître, qui avait dit : « – Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23. 34) ? Et, de la même manière que Christ, qui fut rejeté et crucifié, de même Étienne fut rejeté et mis à mort.
Étienne, « étant plein de l’Esprit Saint et fixant les yeux vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu » (Act. 7. 55). Ce privilège appartient à tout croyant – les cieux sont maintenant ouverts, et un Homme dans la gloire est l’objet de notre cœur.

 

Alors je vis le ciel ouvert : et voici un cheval blanc, et celui qui le montait, appelé Fidèle et Véritable. Apoc. 19. 11

Jésus, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs

Les cieux ont maintenant reçu le Seigneur Jésus Christ (Act. 3. 21). D’une certaine manière, Il est caché là de la vue de l’homme, mais bien sûr, non pas caché à la foi. « Car nous marchons par la foi, non par la vue » (2 Cor. 5. 7).
Mais à un certain moment dans l’avenir – un moment, un temps, que Dieu le Père seul connaît, qu’Il « a réservé à sa propre autorité » , Christ apparaîtra au monde (Act. 1. 7 ; Mat. 24. 36 et 44). Les hommes ne s’y attendront pas ; Il viendra « comme un voleur dans la nuit » (1 Thess. 5. 2). C’est exactement ce que nous trouvons en Apocalypse 19, à la différence que là, nous le voyons depuis la perspective du ciel. Il vient « pour juger et faire la guerre contre les hommes moqueurs qui refusent son autorité et qui oppriment la terre » (J.N.D.).
Avant que cela arrive, Christ viendra pour nous lors de l’enlèvement ; alors nous serons révélés avec Lui en gloire, comme on le voit clairement en Apocalypse 19. 14 : « Les armées qui sont dans le ciel le suivaient sur des chevaux blancs… vêtues de fin lin, blanc et pur » (cf. Col. 3. 4). Les cieux seront ouverts pour révéler le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Il sera le centre et l’objet du ciel et de la terre (cf. Éph. 1. 10).
Mais, merveille des merveilles, nous – l’Église – serons vus en relation avec Lui à Sa venue ; Il sera « glorifié dans ses saints » (2 Thess. 1. 10). Lorsqu’Il viendra en gloire, nous apparaîtrons en gloire avec Lui (Col. 3. 4) ; le monde nous verra dans cette même gloire (Jean 17. 22 et 23).
Il y a une autre référence de cieux ouverts quand nous lisons « une porte était ouverte dans le ciel » (Apoc. 4. 1). Cela, toutefois, était une vision. Quand Jean entendit l’appel : « Monte ici », c’est une image de l’enlèvement. La porte est ouverte pour nous faire entrer dans le ciel. Espérance bénie ! Mais en Apocalypse 19, nous sortirons des cieux ouverts avec notre Seigneur.

 

D’après B. Reynolds The Lord is near octobre 2022

 

LE MYSTÈRE DE LA PIÉTÉ

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LE MYSTÈRE DE LA PIÉTÉ

 

Incontestablement, le mystère de la piété est grand : Dieu a été manifesté en chair, a été justifié en Esprit, a été vu des anges, a été prêché parmi les nations, a été cru dans le monde, a été élevé dans la gloire. 1 Tim. 3. 16.

1. Un grand mystère

Le contenu de ce verset, qui va nous occuper en plusieurs étapes, a suscité émerveillement et adoration parmi de nombreux croyants.
Six déclarations importantes au sujet du Fils de Dieu se trouvent rassemblées sous le titre : « Le mystère de la piété ». Le mot « mystère » apparaît plusieurs fois dans le Nouveau Testament et il se rapporte généralement à ce qui était caché dans les temps de l’Ancien Testament, mais qui a été révélé par Christ et par les apôtres et prophètes du Nouveau Testament, et qui peut maintenant être compris par tous les croyants nés de nouveau.
La piété, telle qu’elle est décrite ici, est le résultat du fait que le Saint Esprit demeure dans les croyants.
Que signifie réellement le mot piété ? Il exprime la révérence pour Dieu, le respect qui Lui est dû. Nous identifions immédiatement un parfait exemple de vie de piété dans le Seigneur Jésus Lui-même. Il n’y a jamais eu sur la terre un homme qui ait cherché plus que Lui à honorer Dieu. C’est par Lui que nous apprenons ce qu’est la vraie piété.
Le Seigneur Jésus n’est plus sur la terre. Ne pouvons-nous donc plus voir de piété ? Bien sûr que si ! Tout d’abord, l’assemblée du Dieu vivant est désignée comme étant « la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3. 15). La vérité est, pour ainsi dire, gravée sur elle pour être vue de tous. La piété en fait partie intégrante.
Puis il y a des croyants, individuellement, qui sont intimement associés au Christ ressuscité et qui font connaître Ses voies sur la terre.
Christ Lui-même – non pas la loi ou des principes – est la puissance et le motif qui dirigent une vie menée à l’honneur de Dieu.

2. Dieu a été manifesté en chair

Le mot « piété » ou crainte de Dieu, n’indique pas particulièrement certaines formes de piété que les gens observent ; la vraie crainte de Dieu s’exprime plutôt par le fait que le Seigneur Jésus est la Personne centrale dans la vie du croyant. Il doit être toujours devant nos yeux, et pas seulement le dimanche ou lors de jours de fêtes religieuses.
La première déclaration au sujet de la Personne du Seigneur Jésus nous révèle quelque chose de merveilleux : le Fils éternel de Dieu est devenu Homme et nous a révélé tous les glorieux caractères de Dieu, comme l’amour, la grâce, la justice et la vérité.
Cependant notre verset nous dit encore plus : le Fils de Dieu était et est le Dieu éternel. Ce n’est qu’à l’incarnation qu’Il est devenu visible et connu, par Sa participation « au sang et à la chair » (Héb. 2. 14). L’apôtre Jean a écrit : « La Parole devint chair » et « Jésus Christ [est] venu en chair » (Jean 1. 14 ; 1 Jean 4. 2).
Ces trois descriptions de Son incarnation ne s’appliquent à aucune personne ordinaire : toutes étaient « chair » dès le début de leur existence, et présentes et visibles seulement physiquement. C’est du Fils de Dieu seul qu’il peut être dit qu’Il a été « manifesté en chair », car Son existence était éternelle.
Reconnaître Jésus Christ comme Dieu et Homme en une seule Personne est une caractéristique essentielle de la vraie piété. Quiconque ne voit en Jésus qu’un bienfaiteur ou un faiseur de miracles, n’a que « l’apparence de la piété », mais il en « renie la puissance » (2 Tim. 3. 5). Le croyant puise la force de sa piété dans une relation personnelle avec le Fils de Dieu, qui est devenu Homme, mais qui vit d’éternité en éternité.

3. Dieu a été justifié en Esprit

Nous avons vu que la vraie piété est associée au Fils éternel de Dieu devenu Homme. Nous apprenons maintenant qu’Il a été « justifié en Esprit ».
« Justifié », dans ce contexte, ne peut pas vouloir dire qu’Il a été disculpé du péché. Cela ne peut s’appliquer qu’à ceux qui sont accusés et trouvés innocents. « Justifié en Esprit » signifie qu’Il a été déclaré juste, ou qu’il a été prouvé qu’Il était juste, comme lorsqu’un juge a trouvé qu’une personne était irréprochable.
Chaque pas de la vie de notre Seigneur sur la terre était pleinement agréable à Dieu. Tout ce qu’Il pensait, disait ou faisait répondait aux justes exigences de Dieu. Le Saint Esprit était actif dans toutes les circonstances de Sa vie : Sa naissance, Sa marche, Ses paroles, Ses miracles et Sa mort sur la croix. « Toute sa personne est désirable » (Cant. 5. 16).
La résurrection de notre Seigneur et Son ascension au ciel sont le témoignage suprême rendu à Sa perfection. Par Sa résurrection, Il a été « démontré Fils de Dieu, en puissance, selon l’Esprit de Sainteté » (Rom. 1. 4). En relation avec Son ascension, le Saint Esprit produit les preuves irréfutables devant le monde au sujet de la justice, comme Jésus l’a dit à Ses disciples : « parce que je m’en vais à mon Père, et que vous ne me verrez plus » (Jean 16. 10).
L’injustice la plus grande a été commise quand « le Saint et le Juste » a été cloué sur la croix. Mais Il est maintenant auprès du Père. Il convenait que la place la plus élevée Lui soit donnée au ciel et que le monde ne puisse plus Le voir, ce monde qui L’a haï sans motif (Ps. 38. 19).

4. Dieu a été vu des anges

Quand le Seigneur Jésus était sur la terre, non seulement le monde visible pouvait Le voir, mais aussi le monde des anges. Les anges avaient été créés bien longtemps avant qu’ils voient leur Créateur pour la première fois, à la naissance de Jésus. Mais alors ils se sont immédiatement réjoui à haute voix : « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts ; et sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes ! » (Luc 2.14).
Le Fils de Dieu sur cette terre était l’objet de l’attention constante des anges. Ils désiraient se pencher sur les choses qui Le concernaient, Ses souffrances et Ses gloires qui viendraient ensuite (1 Pier. 1. 12). Ils ont été chargés d’annoncer Sa naissance, Sa résurrection, Son ascension et Son retour (voir Luc 2. 11 ; Mat. 28. 5 et 6 ; Act. 1. 10 et 11).
Les anges sont des « esprits administrateurs » (Héb. 1. 14) habituellement envoyés pour servir en faveur des croyants. Mais quand le Fils de Dieu était sur la terre dans des conditions hostiles, leur service se déployait tout spécialement envers Lui. Ils sont, après tout, toujours à Son service comme étant Ses anges.
Ils l’ont servi quand Il était au milieu des bêtes sauvages dans le désert, tenté par Satan pendant quarante jours (Mat. 4. 11). Plus tard, un ange L’a fortifié lors de Son intense combat à Gethsémané (Luc 22. 43). Ils devaient être heureux de pouvoir Le servir. Les anges ont aussi vu que le Fils de l’homme avait été fait « un peu moindre » qu’eux, « à cause de la souffrance de la mort » (Héb. 2. 9).
Ce n’est pas tout : le Fils de Dieu est remonté au ciel comme l’Homme glorifié. Les anges ont considéré cela avec joie et émerveillement. Et ils Le reconnaîtront à toujours comme étant « l’Agneau qui a été immolé », qui est « digne de recevoir la puissance, et richesse, et sagesse, et force, et honneur, et gloire, et bénédiction » (Apoc. 5. 11-12).

5. Dieu a été prêché parmi les nations

Les trois premières déclarations au sujet du Seigneur Jésus concernent Sa vie et Ses œuvres, depuis Sa naissance jusqu’à Son ascension. Nous considérerons maintenant un fait qui a une grande signification depuis que le Seigneur Jésus a été glorifié dans le ciel. C’est « la prédication de Jésus Christ » (Rom. 16. 25).
Il s’agit de l’Évangile, la bonne nouvelle qui a été donnée à connaître : « Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé ; celui qui n’aura pas cru sera condamné » (Marc 16. 16). C’est en fait Christ Lui-même qui est prêché, non pas une doctrine ou quelque philosophie ou religion. C’est une Personne qui est la substance de l’évangile de Dieu, et Christ doit être donné à connaître et annoncé à toutes les nations. C’est pourquoi nous lisons en Actes 5 : « Philippe… leur prêcha le Christ » (Act. 8. 5) ; et encore en Romains 1 : « … l’évangile de Dieu… concernant son Fils… Jésus Christ » (Rom. 1. 1 à 4).
Christ n’est pas seulement le Roi promis à la nation Juive. Il est en même temps « le Sauveur du monde » (Jean 4. 42). En Lui, « la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes » (Tite 2. 11).
L’évangile est adressé à tous. L’inscription sur la croix de Jésus Christ était en trois langues, ce qui la rendait claire pour tout le monde : en hébreu, pour le monde religieux ; en latin, pour le monde politique et en grec, pour le monde culturel. La Personne et le sacrifice de Jésus Christ sont trop grands pour être limités à un seul peuple. Dieu a fait de Son Christ « une lumière pour toutes les nations », Son « salut jusqu’aux bouts de la terre » (És. 49. 6).
« Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes, mais nous prêchons le Christ Jésus comme Seigneur » (2 Cor. 4. 5).

6. Dieu a été cru dans le monde

« Ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché » (1 Jean 1. 1). C’est ainsi que l’apôtre Jean considère le temps que lui et les onze autres disciples ont passé dans la compagnie du Seigneur Jésus. Il était véritablement présent et visible, même si Son apparence n’attirait pas l’attention.
Aujourd’hui, Il est caché à la vue des hommes. Le Seigneur avait préparé Ses disciples pour ce temps-là, lorsqu’Il leur avait dit : « Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi » (Jean 14. 1). Il fallait qu’ils apprennent à croire sans voir, ce qui n’était pas facile pour eux. À Thomas, l’un des douze, le Seigneur dira : « Bienheureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru » (Jean 20. 29).
Cela ne veut pas dire que la foi chrétienne est aveugle. Elle est basée sur des faits historiques qui ne peuvent pas être niés. Dieu s’est clairement fait connaître : dans la création, dans Son Fils Jésus Christ, et dans Sa parole. Si Dieu demande donc que les gens croient en Lui et Le prennent au mot, Il ne demande pas l’impossible.
Comment se crée la foi en Christ ? – Par la prédication : « Comment croiront-ils en celui dont ils n’ont pas entendu parler ? Et comment en entendront-ils parler sans quelqu’un qui prêche ? » (Rom. 10. 14). Ce message peut être accepté par tous. De la même manière que l’évangile ne connaît aucune restriction, nationale, sociale ou intellectuelle – parmi les croyants aussi, aucun n’est exclu : ils viennent de toute tribu, langue, peuple et nation. Quelles conséquences merveilleuses de la grâce de Dieu !

7. Dieu a été élevé dans la gloire

Le mystère de la piété se termine par la déclaration que Christ a été reçu au ciel, dans la gloire. C’est l’apogée de la description de la piété du Seigneur et de sa grande importance pour une vie selon Dieu.
L’expression « élevé » dans le Nouveau testament est souvent employée pour décrire l’ascension de Jésus (par exemple : Marc 16. 19 ; Act. 1. 2). Son ascension n’a pas été un grand spectacle public : le monde n’en a rien vu. Cependant tout, dans le ciel, était impliqué.
La résurrection de Christ a révélé le caractère essentiel de Dieu. C’était comme si le Père avait tout mis en œuvre pour faire sortir Son Christ hors de la mort et L’élever au-dessus de tout. « Celui qui est descendu (dans les parties inférieures de la terre) est le même que celui qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux » (Éph. 4. 9 et 10).
L’ascension est la réponse de Dieu à la croix et aux souffrances expiatoires du Fils de l’Homme. « Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même » (Jean 13. 32). Dieu n’a pas attendu le temps du règne de mille ans pour glorifier Son Fils, Il l’a fait immédiatement, quarante jours seulement après Sa résurrection.
En Israël, la nuée était le signe visible de la présence de Dieu. Il y a eu aussi une nuée lors de l’ascension de Jésus : elle a enlevé Jésus à la vue de Ses disciples (Act. 1. 9). Cela nous rappelle la nuée à la montagne de la transfiguration, d’où était venue une voix disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le » (Luc 9. 35).
L’ascension de Jésus : quelle manifestation impressionnante de l’honneur que Dieu place sur Son Fils !

D’après « The Good Seed » janvier 2021

 

CORONA 84

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CORONA 84
Parmi les choses précieuses (2)

 

 

Une demeure dans les cieux (1 Pier. 1. 3 et 4)

Les versets1 et 2 de la première épître de Pierre, chapitre 1er, nous montrent que le croyant a été choisi par Dieu pour obéir à Christ. Moralement, il est séparé du monde qui a crucifié son Seigneur. Il traverse ce monde non seulement comme un étranger mais aussi comme un ambassadeur pour Christ (2 Cor. 5. 20). Dirigé et soutenu par l’Esprit Saint, il rend témoignage à la valeur du « sang précieux de Christ » qui a été versé pour racheter quiconque croit. Sachant que sa citoyenneté est dans les cieux (Phil. 3. 20), il rend grâces à Dieu le Père « qui, selon sa grande miséricorde » lui a donné une vie nouvelle, et a placé dans son cœur « une espérance vivante » fondée sur « la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts ».

« Un héritage incorruptible, sans souillure », est « conservé dans les cieux » pour tous les enfants de Dieu. Cet héritage ne perdra jamais son éclat ! Nous contemplons cette vérité dans la description de la sainte cité qui est l’épouse, la femme de l’Agneau : elle a la gloire de Dieu, cette gloire « l’a illuminée, et l’Agneau est sa lampe » (Apoc. 21. 10 à 27).
« Toute l’espérance du croyant repose sur Christ ressuscité. Notre espérance est sûre et ferme, parce que Jésus est ressuscité. C’est une espérance vivante, parce que Christ est vivant » (H. S.).

« Gardés par la puissance de Dieu par la foi » (1 Pier. 1. 5)

« Non seulement les cieux sont réservés pour nous, mais, pendant notre pèlerinage, nous sommes gardés de tous les dangers inhérents à notre passage dans ce monde. C’est la puissance de Dieu qui nous garde, mais c’est « par la foi » que cette puissance opère. La puissance de Dieu soutient la foi des Siens qui sont ainsi gardés pour le salut qui est prêt à être révélé au dernier temps. Par la foi nous considérons la délivrance finale qui nous introduira dans la pleine jouissance de l’héritage céleste » (H. S.).

Se réjouir « tout en étant affligé,… par diverses tentations ou épreuves » (v. 6)

Les épreuves, « si cela est nécessaire » (v. 6), font partie de la formation des croyants. Elles sont au nombre de ces « toutes choses » qui « travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » et qu’Il a destinés à être « conformes à l’image de son Fils » (Rom. 8. 28 et 29). Les épreuves sont « pour un peu de temps », ce qui veut dire que Dieu en mesure la durée comme l’intensité. C’est un « Dieu fidèle, qui ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de ce que vous pouvez supporter » (1 Cor. 10. 13). Les premiers jours de l’histoire de l’Église furent marqués par la persécution (Act. 8. 1). Les apôtres Pierre et Paul l’ont connue. Animés d’un saint zèle, fidèles jusqu’à la mort, celle des martyrs, ils recevront la couronne de vie (Apoc. 2. 10). Pierre, afin d’encourager ses frères éprouvés et conduit par l’Esprit Saint, a écrit :

« Bien-aimés, ne trouvez pas étrange le feu ardent qui est au milieu de vous pour vous éprouver, comme s’il vous arrivait quelque chose d’extraordinaire ; au contraire,  réjouissez-vous dans la mesure où vous avez part aux souffrances de Christ, afin qu’aussi, à la révélation de sa gloire, vous vous réjouissiez avec allégresse » (1 Pier. 4. 12 et 13). Ce qui revient à dire que la joie peut habiter le chrétien éprouvé, parce que cette joie provient de la contemplation du Seigneur, « lui que, sans l’avoir vu, vous aimez ; et, croyant en lui, bien que maintenant vous ne le voyiez pas, vous vous réjouissez d’une joie ineffable et glorieuse » (1 Pier. 1. 8). Cette joie est alimentée par la perspective d’être délivré en recevant un salut complet. Nos âmes sont sauvées, elles appartiennent à Dieu qui nous a adoptés « pour Lui par Jésus-Christ » (Éph. 1. 5) ; quant à nos corps, condamnés à la mort physique, ils connaîtront « la puissance de sa résurrection » (Phil. 3. 10). Entretemps, nous sommes gardés « par la puissance de Dieu par la foi » en vue de ce jour merveilleux où Christ apparaîtra en gloire, et nous avec Lui.

Parmi les choses précieuses

« L’épreuve de votre foi – bien plus précieuse que celle de l’or qui périt et qui pourtant est éprouvé par le feu –  se trouve être un sujet de louange,  de gloire et à d’honneur, dans la révélation de Jésus Christ » (1 Pier. 1. 7). « Aux yeux de l’homme, l’or est très précieux ; pour Dieu, la foi des siens est beaucoup plus précieuse que l’or. Si les hommes éprouvent leur or par le feu pour le purifier des scories, pourquoi Dieu ne ferait-il pas passer la foi des siens par l’épreuve du feu, pour en manifester la réalité comme aussi pour la purifier et la fortifier ? Par les afflictions, nous sommes éprouvés. Dieu n’attend pas des siens qu’ils soient impassibles devant les épreuves et indifférents aux afflictions ; mais par les peines et les douleurs il veut manifester notre foi en Lui » (H. S.). Les épreuves sont donc permises du Seigneur, pour tester et faire grandir notre foi. « … mais nous nous glorifions dans les tribulations, sachant que la tribulation produit la patience, et la patience l’expérience, et l’expérience l’espérance » (Rom. 5. 3 et 4).
Les fruits produits par les épreuves seront « un sujet de louange, de gloire, et d’honneur, dans la révélation de Jésus Christ » (1Pier. 1. 7). Bien souvent nous estimons comme du temps perdu la mise à l’écart du service actif pour le Seigneur, pour un temps, à cause d’une maladie ou d’un accident. « Non, dit Dieu, l’épreuve sera trouvée tourner à louange dans la révélation de Jésus Christ. Quelles que soient les épreuves que nous pouvons avoir à traverser sur la terre, nous avons en Christ un Objet pour nos affections, Quelqu’un en qui nous pouvons nous confier, Quelqu’un en qui nous pouvons nous réjouir d’une joie qui est un avant-goût de la gloire à venir. Ainsi, au milieu des épreuves, nous avons en Christ une ressource infaillible » (H. S.). Par la foi en Jésus-Christ, le salut de notre âme est acquis une fois pour toutes. Et si « nous soupirons intérieurement, attendant l’adoption, la délivrance de notre corps », le jour vient en lequel notre Seigneur « transformera notre corps d’abaissement en la conformité du corps de sa gloire » (Rom. 8. 23, Phil. 3. 21). Quelle heureuse espérance, quelle part à l’héritage !

 

LA PLUS GRANDE TRAGÉDIE

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Il n’y a pas de juste, non pas même un seul… tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. Rom. 3. 11 et 22.
Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue annonce l’ouvrage de ses mains. Ps. 19. 1.
Dieu… nous aima et… envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés. 1 Jean 4. 10.

 

LA PLUS GRANDE TRAGÉDIE

 

« Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort et… ainsi la mort a passé à tous les hommes, du fait que tous ont péché… Comme, par la désobéissance d’un seul homme, beaucoup ont été constitués pécheurs, de même aussi, par l’obéissance d’un seul, beaucoup seront constitués justes » (Rom. 5. 12 et 19).
Avant tout, il faut préciser que l’humanité n’est pas coupable du péché d’Adam et d’Ève, mais qu’elle a été impliquée dans ce péché en ce qu’elle a hérité, malgré elle, d’une nature corrompue et contaminée par le mal.
Il ne s’agit donc pas, par conséquent, d’être responsables d’une faute commise autrefois par nos premiers parents, mais d’avoir reçu, par le fait des générations, les effets et les conséquences de leurs erreurs. En fait, il y a en tout être humain une tendance innée à désobéir à Dieu, à transgresser Ses lois, à ne pas tenir compte de Sa volonté. Il y a chez tout homme une profonde rébellion, une volonté bien ancrée de se passer du Créateur et de Ses pensées.
Quelqu’un a dit avec raison que ce n’est pas parce que nous péchons que nous sommes pécheurs, mais que nous péchons parce que nous sommes pécheurs. Nous « contractons » le principe du péché, et celui-ci caractérise un état dans lequel se trouve chaque être humain.
En d’autres termes, notre nature, infectée par le mal, nous pousse inévitablement à pécher, c’est-à-dire à penser, parler, et agir d’une façon contraire à la volonté de Dieu ; et c’est ainsi que le péché devient une faute personnelle, consciente et voulue, de laquelle chacun devra rendre compte devant la justice de Dieu.
Mais ce n’est pas encore là la « tragédie » la plus grande de l’homme.
Ce drame plus grand, c’est quand l’homme, qui est pécheur par nature, ajoute à son état de culpabilité le refus de l’invitation de Dieu à se repentir et à croire en Jésus Christ comme Sauveur pour obtenir le pardon et la vie.
Dieu parle à notre conscience qui nous accuse, en mettant à nu notre état de pécheur. Mais Il nous parle aussi par le moyen de la création. Il est écrit :
« La colère de Dieu est révélée du ciel contre toute impiété et toute iniquité des hommes qui possèdent la vérité tout en vivant dans l’iniquité ; parce que ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste parmi eux, car Dieu le leur a manifesté » (Rom. 1. 18 et 19).
Comme cela nous est rappelé dans ce passage, Dieu a donné la preuve de « Sa puissance éternelle et de Sa divinité » (v. 20) par la création, et tout être intelligent peut le discerner ; c’est pourquoi tout être humain qui ne croit pas en Lui et ne se soumet pas à Lui comme Créateur n’a aucune excuse.
Mais il y a ensuite la révélation plus claire, plus brillante : la Parole de Dieu, la Bible, qui nous parle de Sa parfaite justice et de Son amour infini. Elle nous révèle Jésus Christ, le Fils de Dieu, venu sur la terre comme Homme pour nous libérer du poids du péché et de la juste condamnation de Dieu.
Ne pas vouloir écouter la Parole de Dieu, tourner le dos à l’Évangile, c’est là la plus grande tragédie pour l’homme. Ne pas croire à Sa Parole, c’est faire Dieu menteur. Ne pas croire à l’Évangile, c’est refuser le don immense que Dieu nous fait, c’est repousser l’offre de grâce et de pardon que Dieu a faite à l’humanité perdue et coupable.
Mais prenez garde, cette offre ne durera pas toujours, et nous ne vivons pas pour toujours sur cette terre. C’est aujourd’hui que nous devons prendre une décision, pendant que nous sommes en vie et que Dieu nous fait entendre Son appel.
Remettre à demain peut avoir des conséquences fatales et éternelles.

 

D’après « Paroles de grâce et de vérité »

 

LA FIN DU MONDE (2)

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Le Seigneur ne tarde pas en ce qui concerne la promesse, comme certains estiment qu’il y a du retard ; mais il est patient envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance. 2 Pier. 3. 9.

 

LA FIN DU MONDE

 

De nombreux physiciens s’accordent pour soutenir que notre univers a commencé par une sorte de gigantesque explosion. D’autres sont arrivés à la conclusion que, s’il y a eu un commencement soudain, il y aura probablement aussi une fin subite.
Nous n’avons pas besoin des calculs compliqués des scientifiques pour confirmer les déclarations du Créateur. Dans le premier verset de la Bible, nous lisons : « Au commencement Dieu créa les cieux et la terre » (Gen. 1. 1) ; et à la fin du Livre : « Les cieux et la terre de maintenant sont réservés par sa parole pour le feu, gardés pour le jour du jugement… dans ce jour-là, les cieux passeront avec un bruit strident, les éléments embrasés seront dissous, et la terre et les œuvres qui sont en elle seront brûlées entièrement » (2 Pier. 3. 7 à 10).
Dieu déclare dans sa Parole, que :
– Cette fin sera précédée par le retour du Seigneur Jésus, qui viendra prendre les croyants, ceux qui sont morts, qu’Il ressuscitera, et ceux qui seront encore vivants, pour les introduire tous dans le ciel où ils vivront pour toujours avec Lui (1 Cor. 15. 21 à 57 ; 1 Thess. 4. 15 à 17).
– La venue de Jésus mettra fin au temps de la patience de Dieu et marquera le début d’une période de terribles jugements qui tomberont sur ce monde incrédule. Tout semble montrer que cette venue est proche. Et il n’y aura plus d’espoir de salut pour ceux qui n’auront pas cru auparavant au Seigneur Jésus comme en leur Sauveur.
Jésus nous dit : « Veillez donc ; car vous ne savez ni le jour ni l’heure » (Mat. 25. 13).

 

D’après « Il buon seme » décembre 2021

 

ÉCOUTEZ, C’EST DIEU QUI VOUS PARLE

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Écoutez, je vous prie, ce que dit l’Éternel. Michée 6. 1.
Écoutez, car je dirai des choses excellentes. Prov. 10. 6.
Écoutez, et votre âme vivra. És. 55. 3.
Vous qui craignez Dieu, écoutez. Act. 13. 16.

ÉCOUTEZ, C’EST DIEU QUI VOUS PARLE

Les paroles qui suivent sont des passages de la Bible, la Parole de Dieu, que nous vous invitons à lire et à méditer avec sérieux, car elles vous indiquent le chemin de la vie éternelle.

Sache donc aujourd’hui, et médite en ton cœur, que l’Éternel est Dieu dans les cieux en haut, et sur la terre en bas : il n’y en a pas d’autre. Deut. 4. 39.

C’est lui qui a fait la terre par sa puissance, qui a établi le monde par sa sagesse, et qui, par son intelligence, a étendu les cieux. Jér. 51. 15.

Que tes œuvres sont nombreuses, ô Éternel ! tu les as toutes faites avec sagesse. La terre est pleine de tes richesses. Ps. 104. 24.

Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Jean 3. 16.

Quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes sont apparus, il nous sauva, non sur la base d’œuvres accomplies en justice que nous, nous aurions faites, mais selon sa propre miséricorde. Tite 3. 4 et 5.

Dieu met en évidence (ou : démontre) son amour à lui envers nous en ceci : lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous. Rom. 5. 8.

Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur. Rom. 6. 23.

Dieu donc…ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent ; parce qu’il a fixé un jour ou il doit juger en justice la terre habitée. Act. 17. 30 et 31.

Il n’y a de salut en aucun autre [qu’en Jésus Christ] ; car il n’y a pas non plus sous le ciel d’autre nom qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faut être sauvés… Par son nom, quiconque croit lui en reçoit le pardon des péchés. Act. 4. 12 ; 10. 43.

Le sang de Jésus Christ, son Fils, nous purifie de tout péché… Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité. 1 Jean 1. 7 et 9.

Maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez loin, vous avez été approchés par le sang du Christ. Car c’est lui qui est notre paix. Éph. 2. 13 et 14.

Seigneur, tu as pris en main la cause de mon âme, tu as racheté ma vie. Lam. 3. 58.
Et maintenant, qu’est-ce que j’attends, Seigneur ? Mon attente est en toi. Ps. 39. 7.
Éternel ! enseigne-moi ton chemin ; je marcherai dans ta vérité ; unis mon cœur à la crainte de ton nom. Ps. 86. 11.

Celui qui m’écoute habitera en sécurité et sera tranquille, sans crainte du mal. Prov. 1. 33.

Que le Dieu d’espérance vous remplisse de toute joie et paix en croyant, pour que vous abondiez en espérance par la puissance de l’Esprit Saint. Rom. 15. 13.

Ainsi, comme vous avez reçu le Christ jésus, le Seigneur, marchez en lui, enracinés et édifiés en lui, et affermis dans la foi, comme vous avez été enseignés, abondant en elle avec des actions de grâces. Col. 2. 6 et 7

D’après « Paroles de grâce et de vérité »

ADORER DIEU

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Le Dieu qui a créé le monde et tout ce qu’il contient, lui qui est le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite pas dans des temples faits de main ; et il n’est pas servi par des mains d’hommes, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous vie, respiration et absolument tout. Act. 17. 24 et 25.

 

ADORER DIEU

 

Le Dieu que Jésus Christ est venu nous faire connaître ne ressemble en rien aux divinités et aux idoles païennes. Dieu est esprit et Il n’habite pas dans des temples construits par les hommes (1 Rois 8. 27). Il ne demande aucun sacrifice à Ses créatures, mais qu’elles se confient en Lui, et qu’elles Lui rendent la louange et un vrai témoignage à Son amour et à Sa grandeur.
Jésus a dit à la femme samaritaine : « Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jean 4. 23). Le désir de Dieu est de sauver les pécheurs et d’en faire Ses propres enfants. Ils pourront alors l’adorer et Lui rendre l’honneur qui Lui est dû.
Dieu n’agrée pas une religion basée sur des rituels vides ; Il attend au contraire un élan du cœur de la part de ceux qu’Il a sauvés.
La plupart des religions enseignent qu’il faut accomplir des œuvres et célébrer des rites pour gagner la faveur de la divinité, calmer sa colère et satisfaire à sa justice. Quand quelqu’un se prosterne devant une idole et dépose une offrande devant elle, elle croit que le pouvoir que la divinité représente lui sera propice et éloignera la souffrance ou le malheur de sa vie. Mais ce n’est pas pour cette raison que le chrétien rend culte à Dieu le Père et à Son Fils Jésus Christ ! Il n’adore pas pour être sauvé, protégé ou libéré. Le culte qu’il rend à Dieu en Lui étant consacré, en étant engagé pour Le servir, pour faire Sa volonté (Rom. 12. 1) et le louer, est l’expression de sa reconnaissance, le moyen de Lui rendre gloire en reconnaissant Sa grandeur et Son amour.
« Célébrez l’Éternel ! Car il est bon ; car sa bonté demeure à toujours » (Ps. 106. 1).

 

D’après « Il buon seme » décembre 2021

Espace pour tous
Mots clés : Dieu est esprit, élan du cœur, reconnaissance

QUATRE EXHORTATIONS AUX BIEN-AIMÉS

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QUATRE EXHORTATIONS AUX BIEN-AIMÉS

 

 

Je vous écris déjà, bien-aimés, cette seconde lettre ; et, dans l’une comme dans l’autre, je réveille votre pure intelligence en vous remettant tout cela en mémoire, afin que vous vous souveniez des paroles qui ont été dites à l’avance par les saints prophètes, et du commandement du Seigneur et Sauveur par vos apôtres. 2 Pier. 3. 1 et 2

Souvenez-vous

Le chapitre 3 de la deuxième épître de Pierre contient ses toutes dernières paroles aux croyants. Il leur avait déjà dit qu’il allait bientôt souffrir le martyre (ch. 1. 14 ; cf. Jean 21. 18). L’apôtre, quatre fois dans ce chapitre, s’adresse aux saints avec ce terme d’affection : bien-aimés (v. 1, 8, 14 et 17). Il serait donc d’un grand profit pour nous de considérer ces dernières paroles de ce serviteur du Seigneur.
Pierre exprime ici son but : « Je vous écris déjà, bien-aimés, cette seconde lettre » pour le leur rappeler. Il souhaitait que les bien-aimés se souviennent. C’est un thème qui revient dans cette épître ; il est important pour nous que nous nous rappelions les choses que nous avons entendues (cf. 1. 12, 13 et 15). Ils avaient entendu les paroles des prophètes et du Seigneur Jésus, cependant ils avaient besoin qu’on les leur rappelle. Les chrétiens du début n’avaient pas chacun un exemplaire de la Bible, il était donc important qu’ils se souviennent ; mais cela est également important pour nous qui avons la Bible. Il y a une tendance à devenir satisfait, négligeant ou indifférent à certaines choses, par cela même qu’elles nous sont très familières – nous avons besoin d’être réveillés à cet égard (cf. 1. 13).
Pierre désirait que les saints se souviennent que, aux derniers jours, des moqueurs viendraient et se moqueraient de l’idée de la seconde venue de Christ. Nous vivons actuellement dans ces jours-là.

Il est très courant d’entendre les gens dire : « Où est la promesse de sa venue ? » (v. 4). Notre propre cœur, bien que sans se moquer, peut se refroidir et devenir indifférent à l’égard de cette vérité. Le monde peut faire que notre esprit soit par moments fatigué. Bien-aimés, nous avons besoin de nous souvenir de notre espérance bénie !

 

N’oubliez pas ceci, bien-aimés : c’est qu’un jour est devant le Seigneur comme mille ans, et mille ans comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas en ce qui concerne la promesse, comme certains estiment qu’il y a du retard ; mais il est patient envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance. 2 Pier. 3. 8 et 9.

Ne soyez pas ignorants

Dieu ne désire pas que ses chers enfants, ses bien-aimés, soient dans l’incertitude. C’est le sens du passage ci-dessus « N’oubliez pas ceci » (que cela ne vous soit pas caché). Dieu aime trop ses enfants pour les laisser se débattre dans une misérable ignorance ; c’est pourquoi il s’adresse à eux comme à des bien-aimés ; ils sont ceux qu’il aime.
Il y a une chose en particulier que Dieu ne veut pas que nous ignorions : c’est que le retard apparent de la venue de Christ n’est en fait pas du tout un retard ; c’est seulement les hommes qui le voient de cette manière. Le fait merveilleux et assuré, c’est que « le Seigneur ne tarde pas en ce qui concerne la promesse ». Il ne veut pas que nous soyons comme le « méchant esclave » qui dit « Mon maître tarde à venir » (Mat. 24. 48).
Premièrement, « N’oubliez pas ceci, bien-aimés : c’est qu’un jour est devant le Seigneur comme mille ans, et mille ans comme un jour ». Dieu ne compte pas le temps comme nous. Sa perspective est très différente. Pierre, ici, cite en fait le psaume 90. 4 ; ce psaume considère la brièveté de la vie de l’homme, en contraste avec l’Éternel, qui est « d’éternité en éternité » (Ps. 90. 2). L’homme est comme l’herbe qui pousse le matin et qui est coupée le soir (v. 5 et 6).
Deuxièmement, Dieu accomplit son dessein de grâce en appelant des pécheurs à Lui-même. La patience du Seigneur ne doit jamais être comprise comme s’Il tolérait le mal dans le monde, mais plutôt comme une preuve de sa grâce pour sauver des pécheurs.

 

C’est pourquoi, bien-aimés, en attendant ces choses, appliquez-vous à être trouvés sans tache et irréprochables devant lui. 2 Pier. 3. 14.

Appliquez-vous

Les deux premières exhortations de Pierre aux « bien-aimés » sont en relation avec la venue du Seigneur ; les bien-aimés étaient exhortés à s’en souvenir et à ne pas l’oublier (v. 1). Cela était en vue des moqueurs qui apparaîtraient aux derniers jours. Les bien-aimés ne devaient pas ignorer ce fait. Dieu ne compte pas le temps comme nous le faisons ; un délai à la venue du Seigneur n’est pas un retard, mais une preuve de la grâce de Dieu (v.8).
Quand nous considérons le verset d’aujourd’hui, nous voyons que l’exhortation aux bien-aimés est aussi en relation avec la venue de Christ : être appliqué dans la piété est nécessaire à la lumière des évènements en relation avec le jour du Seigneur. Ils sont appelés à être appliqués, parce que tout ce que nous voyons autour de nous, dans la création actuelle, sera « dissous », et que « de nouveaux cieux et une nouvelle terre » vont venir (v. 12 et 13 ; Apoc. 21. 1). C’est une profonde motivation pour nous, pour être « trouvés sans tache et irréprochables devant lui, en paix » (v. 14). Vu que tout, ici, va se dissoudre et se fondre, il serait déraisonnable pour les bien-aimés d’être profondément engagés dans les plans, les poursuites et les désirs du monde. Conservons-nous « sans tache » (cf. Jac. 1. 27 ; Jude 23).
La Bible ne pourrait être plus claire qu’elle ne l’est : « la figure de ce monde passe » (1 Cor. 7. 31 ; 1 Jean 2. 16).
Bien-aimés, « quelles gens devriez-vous être en sainte conduite et en piété » (v. 11). Amen !

 

Vous donc, bien-aimés, sachant cela à l’avance, prenez garde, de peur qu’entraînés par l’erreur des pervers, vous ne veniez à déchoir de votre propre fermeté ; mais croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. 2 Pierre 3. 17 et 18.

Prenez garde

L’apôtre Pierre continue avec les exhortations pratiques dans le cadre de la pensée de la deuxième venue du Seigneur et de la dissolution finale du monde actuel. « Vous donc, bien-aimés, sachant cela à l’avance ».
Quelle pensée remarquable que nous, comme chrétiens, nous sachions à l’avance ce qui va arriver !
Le but de la prophétie n’est pas de nous donner une loupe pour voir dans l’avenir afin de satisfaire notre curiosité ou de prouver la véracité de la Parole de Dieu, comme cela est fait quelquefois dans des enseignements apologétiques.
La prophétie est donnée, comme Pierre lui-même le dit dans cette même épître, pour être « une lampe qui brille dans un lieu obscur » (2 Pier. 1. 19). Elle est une lumière pour notre sentier dans un monde mauvais, réconfortant notre cœur par l’espérance de « l’étoile du matin », et nous donnant la force de régler notre marche si cela est nécessaire.
Dieu ne maintient pas ses bien-aimés dans les ténèbres quant à ses desseins. Il nous les révèle : « Or le Seigneur, l’Éternel, ne fera rien, qu’il ne révèle son secret à ses serviteurs les prophètes » (Amos 3. 7). « Et l’Éternel dit : Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ? » (Gen 18. 17). « Je vous ai fait connaître tout ce que j’ai entendu de mon Père » (Jean 15. 15). Nous voyons ces choses à l’avance.
Sachant cela « à l’avance », nous devons être attentifs. Il y a des dangers de toute part : le monde, la chair, et le diable. Pierre prévenait les bien-aimés quant au risque de déchoir de leur propre fermeté.
Il savait ce que c’est que de tomber quand on ne prend pas garde.

Comme nous avons besoin de dépendre de la grâce du Seigneur, et de nous défier de nous-mêmes ! Pierre nous met en garde contre l’influence corruptrice des méchants : Ne soyez pas emportés par l’erreur des gens iniques en perdant votre propre stabilité. Dans un temps d’impiété et d’iniquités croissantes, nous avons besoin de trouver de la stabilité en croissant dans la grâce.

 

D’après Brian Reynolds
The Lord is near 2022