TRADUCTION DE FEUILLETS (153)

« Use de grâce envers moi, ô Dieu, selon ta bonté ; selon la grandeur de tes compassions, efface mes transgressions » Psaume 51. 3.

LES CÔTÉS OBSCURS

Nous écrivons tous un livre, le livre de notre vie. Si chaque jour ne remplit qu’une seule page, cela formera tout de même un livre épais de plusieurs milliers de pages. Que contiendra-t-il ?

Certaines pages débordent de joie et de bonheur. Elles racontent de beaux moments et des expériences heureuses.

Certaines pages sont pleines de suspense et de drame ! Combien de dangers et de batailles nous avons traversé !

Certaines pages portent clairement des traces de larmes. Elles témoignent de la souffrance, de la douleur, du chagrin et de la solitude.

D’autres pages relatent certaines de nos erreurs. Elles révèlent notre égoïsme et nos injustices.

Ces derniers points pèsent lourdement sur notre conscience, car les péchés que nous avons commis nous accusent. Nous essayons de les cacher aux autres. Mais devant Dieu, tout est révélé. Il ne passe rien sous silence.

Dieu, qui nous connaît parfaitement, nous aime malgré les épreuves de notre vie. Il veut pardonner tous nos péchés car son Fils, Jésus-Christ, les a rachetés par sa mort. C’est pourquoi, dans son amour, Dieu nous appelle à confesser nos fautes et à accepter le Seigneur Jésus par la foi, comme notre Sauveur personnel.

Dieu accomplit sa promesse envers tous ceux qui répondent à son appel : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1. 9).

D’après Näher zu Dir janvier 2026

« Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans les détresses, toujours facile à trouver » Psaume 46. 2.

REFUGE ET FORCE

Mieux nous connaissons Dieu, plus il nous est facile de Lui faire confiance. Dans les épreuves et les tribulations, Il est notre plus grand secours.

Dieu est notre refuge lorsque le diable nous assaille de doutes. L’ennemi remet parfois en question la vérité de la Bible. Ou bien il tente de nous convaincre que Dieu ne nous aime pas, et que c’est pour cela que notre vie est si difficile. Face à de telles attaques, réfugions-nous en Dieu par la prière. Il nous offre la meilleure protection. En Lui, nous trouvons un courage nouveau pour croire en sa parole et nous reposer dans son amour.

Dieu est notre force, nous permettant de demeurer actifs et inébranlables dans notre foi. Par nos propres forces, nous ne pouvons rien faire pour la gloire du Seigneur, ni résister indéfiniment à la tentation. Mais grâce à la force que Dieu nous donne chaque jour, nous sommes capables de suivre courageusement le Seigneur Jésus malgré l’opposition. Par sa Parole, Il veut nous fortifier et raviver notre foi. C’est pourquoi encourageons-nous à la lecture régulière de la Bible.

Dieu est facile à trouver dans le besoin, et son aide est abondante pour tous les problèmes. Souvenons-nous-en afin que, dans une situation difficile, nous puissions immédiatement nous tourner vers Lui. Au lieu de chercher nous-mêmes une solution, adressons-nous directement à Dieu, en qui nous pouvons avoir une confiance absolue.

D’après Näher zu Dir janvier 2026

« Les richesses ne profitent de rien au jour de la colère, mais la justice délivre de la mort » Proverbes 11. 4.

UNE MACHINE À BILLETS

Aujourd’hui marque le 120ème anniversaire de la naissance de l’armateur grec Aristote Onassis. À sa mort à Paris, le 15 mars 1975, à l’âge de 69 ans, il figurait parmi les hommes les plus riches du monde. Onassis repose sur une île grecque lui appartenant, auprès de son fils unique, décédé deux ans plus tôt dans un accident d’avion. Au moment de son décès, son épouse, veuve du président américain Kennedy, se trouvait à New York. Seule sa fille Christina était à ses côtés.

Sans aucun doute, nombreux étaient ceux qui enviaient Onassis pour sa richesse et son influence. En fait, d’un point de vue matériel, son parcours est l’une des plus belles réussites du 20ème siècle.

Mais à quoi cela lui a-t-il servi ? Il devait bien se rendre à l’évidence : il n’avait pas trouvé le bonheur. Peu avant sa mort, il confia à un ami : « J’étais une véritable machine à faire de l’argent. J’ai passé ma vie comme dans un tunnel doré, les yeux rivés sur la sortie censée mener au bonheur. Mais le tunnel semblait interminable ».

Beaucoup d’autres humains vivent comme dans un tunnel. Il ne s’agit pas forcément de gagner de l’argent ; bien d’autres activités nous donnent cette impression d’être enfermés dans un tunnel. La vie se concentre alors sur un point précis où le vrai bonheur est censé enfin commencer : Quand j’aurai enfin une promotion dans mon entreprise… ; Quand nous aurons notre propre maison…

Mais le chemin du bonheur est sans fin ! Nous ne pouvons trouver la véritable satisfaction et le bonheur que lorsque Jésus-Christ demeure dans notre cœur. Et ce bonheur ne peut alors jamais nous être ravi, ni par la pauvreté, ni par la maladie, ni par la mort.

D’après die gute Saat janvier 2026

« Ils vinrent à Mara ; mais ils ne pouvaient boire les eaux de Mara, car elles étaient amères : c’est pourquoi on appela ce [lieu] du nom de Mara… [Moïse] cria à l’Éternel qui lui enseigna un bois ; il le jeta dans les eaux, et les eaux devinrent douces » Exode 15. 23 à 25.

LE BOIS QUI ADOUCIT LES EAUX AMÈRES

Aucune chose nouvelle ne vint du ciel ou ne poussa de la terre pour adoucir les eaux de Mara pour les pauvres pèlerins assoiffés. Mais en réponse à l’appel de Moïse, l’Éternel lui montra un bois qui avait déjà été là bien avant que les eaux aient été goûtées. De même, le Saint Esprit qui est avec vous et en vous, exerce ce bienheureux office en prenant les choses du Seigneur Jésus et en vous les montrant (Jean 16. 14 et 15), vous amenant à voir ce qu’Il est pour vous, et à en jouir. Alors, au lieu de Naomi devenant Mara, comme on le voit en Ruth 1. 20, Mara deviendra Naomi – c’est-à-dire plaisante.

Le Seigneur qui vous a conduits aux eaux amères est le même Berger qui vous a fait passer à sec à travers les eaux de la Mer Rouge de la mort et du jugement, qui sont maintenant derrière vous pour toujours. Il est Celui qui, quand Il le juge sage, vous conduira près des eaux calmes et douces, de l’oasis d’Élim. Et s’Il vous guide maintenant vers Mara, Il y est allé avant vous, et a planté un arbre de douceur à votre portée.

Il se peut que le monde ait goûté quelque chose de l’amertume de l’eau, et lui ait donné un nom ; il n’est pas donné de nom à l’arbre de guérison, car ils n’ont pas découvert sa valeur. L’Esprit du Seigneur est avec vous pour vous montrer que le Seigneur Jésus est suffisant et précieux, et plus que suffisant pour vos désirs les plus profonds. Il vous a annoncé à l’avance Mara : « Vous avez de la tribulation dans le monde » (Jean 16. 33) mais Il est Lui-même toujours près et disponible comme le grand adoucisseur des peines, en nous disant « afin qu’en moi vous ayez la paix » (Jean 16. 33).

D’après the Lord is near août 1988

« Ce que l’œil n’a pas vu, que l’oreille n’a pas entendu, et qui n’est pas monté au cœur de l’homme… Dieu nous l’a révélé par Son Esprit » 1 Corinthiens 2. 9 et 10.

LA PAROLE DE DIEU RÉPOND À TOUS LES BESOINS

Ni une éducation religieuse ni l’intelligence naturelle ne peuvent ouvrir les trésors des Écritures. Mais l’Esprit de Dieu les ouvre aux cœurs humbles et croyants. Toutefois, même ceux-là trouvent dans la Bible beaucoup de choses qu’ils ne peuvent pas comprendre. En fait, plus ils croissent dans la grâce et la connaissance de Christ, plus ils sont impressionnés par les profondeurs inconnues de la Parole de Dieu. Ils commencent à s’identifier avec l’astronaute qui, tout excité, pénètre, par des télescopes toujours plus performants, pour trouver seulement que de nouvelles merveilles de l’univers sont prévues mais pas clairement discernées par les dernières découvertes.

Il y a quelque temps, j’ai participé à une réunion où nous avons étudié 1 Chroniques 11 et 12.Nous y avons admiré les belles illustrations de Christ et des siens. Mais après des heures d’une heureuse étude de la Bible, avons-nous pensé ensuite que nous avions épuisé le sens du passage ? Tout au contraire ! Nous n’avions fait qu’en effleurer la surface.

Telles sont les merveilles et les gloires de la Parole de Dieu. C’est comme un étang inépuisable dans le désert, où l’oiseau peut se satisfaire d’une petite gorgée, et où l’éléphant peut s’abreuver de toute sa soif. Le petit enfant en Christ peut lire et comprendre la Parole de Dieu parce qu’il a l’onction de la part du Saint et qu’il connaît toutes choses. Et le croyant âgé de cinquante ans peut se reposer avec bonheur sur cette même Parole, connaissant Celui qui est dès le commencement.

D’après the Lord is near août 1988 (G.W. Steidl)

« De Benjamin il dit : le bien-aimé de l’Éternel ! il habitera en sécurité auprès de lui ; [l’Éternel] le couvrira tout le jour, et il habitera entre ses épaules » Deutéronome 33. 12.

CROIRE DIEU AVEC SIMPLICITÉ DE CŒUR

Dans ce beau chapitre du Deutéronome, il n’y a pas de bénédiction plus brillante que celle pour Benjamin. Nous pouvons bien la considérer comme indiquant les bénédictions qui, maintenant, sont pour celui qui croit en Jésus. La bénédiction de Benjamin, comme celle de tout Israël, était d’abord d’un caractère temporel, tandis que la nôtre est céleste et spirituelle. Cependant, l’une peut être interprétée comme donnant une indication simple et belle de l’autre.

Le bien-aimé de l’Éternel. Benjamin était un fils de chagrin, et fut nommé ainsi par sa mère (Ben-oni : Gen. 35. 18). Cependant, ici il est parlé de lui comme l’objet de l’amour de l’Éternel.

« L’homme est né pour la misère » (Job 5. 7). Mais qu’il est précieux de savoir que nous sommes « les bien-aimés de Dieu » (Rom. 1. 7). Toutes les bénédictions que nous possédons proviennent de cela. L’homme, quand il est éveillé au sens de son besoin, et qu’il désire posséder la bénédiction de Dieu, regarde à son propre cœur, espérant y trouver l’amour pour Dieu qui peut être le fondement de la bénédiction qu’il désire. Hélas ! Il est amèrement déçu. Dans sa misère, il s’écrie :

C’est une chose que je désire tellement savoir et souvent cela me cause des pensées anxieuses :

Est-ce que j’aime le Seigneur, ou non ?

Est-ce que je suis à Lui, ou non ?

L’Écriture répond ; « En ceci est l’amour : non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que lui nous aima et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés » (1 Jean 4. 10). Ne cherchons donc pas à édifier quoi que ce soit sur notre amour pour Lui, mais réjouissons-nous en ceci, c’est que nous sommes les objets de son amour immuable et éternel.

D’après the Lord is near août 1988

« Je considère toutes choses comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur, à cause de qui j’ai fait la perte de toutes et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ » Philippiens 3. 8.

TOUT PERDRE DES CHOSES DE LA TERRE, MAIS GAGNER CHRIST

Paul avait un but qui lui fut arraché sur son chemin vers Damas, mais il en eut un autre qui lui fut donné. Il déposa l’un pour prendre l’autre. Dieu ne demande jamais à l’un des siens d’avancer dans la vie sans but. Notre vie est beaucoup formée par le caractère de l’objectif que nous avons devant nous, et cela n’est jamais aussi vrai que dans la vie des chrétiens.

Nous devons avoir un objectif ; Dieu le sait, et quel objet il nous a donné – Celui dont ce pauvre monde ne connaît rien ! Dieu a placé un objet pour nous : une Personne, et cette Personne, c’est le Fils de Dieu. L’apôtre pouvait parler du « Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2. 20). Dans la course de la vie de Paul sur la terre, il y avait non seulement de la détermination pour son but, mais de l’amour et de l’affection, tous centrés sur l’Objet devant lui.

Remarquez que l’apôtre ne dit pas Christ Jésus le Seigneur, mais mon Seigneur. L’apôtre Paul ressentait dans son âme que le Seigneur Jésus Christ était son Seigneur. Que signifie cela ? Celui qui avait l’autorité absolue sur sa vie. Retiendrions-nous quelque chose loin de Lui ? Ne prendrons-nous pas tout ce que nous avons – le meilleur de ce que nous avons – ambitions et désirs, pour les mettre à ses pieds en disant « Mon Seigneur » ? Thomas a fait cette confession : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Si nous Lui apportons tout et mettons tout dans sa main en disant : Maintenant, Seigneur Jésus, je te remets tout. Tu seras le seul but de ma vie. Une vie vécue avec cette pensée dans l’âme peut-elle être perdue ? Ce sera plutôt un bonheur !

D’après the Lord is near août 1988

« Ton peuple sera [un peuple] de bonne volonté, au jour de ta puissance, en sainte magnificence. Comme la rosée née de l’aurore, tes jeunes gens viendront vers toi » Psaume 110. 3.

LA BÉNÉDICTION À VENIR POUR ISRAËL

Ces paroles sont adressées par l’Éternel au Seigneur de David, le Seigneur Jésus Christ, comme le montre le premier verset. Celui dont Dieu avait dit avant sa naissance ; « C’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Mat. 1. 21) – Lui ne pouvait pas dire que son peuple serait « de bonne volonté » au jour de sa profonde humiliation. À ce moment-là, Israël, son propre peuple, ne L’a pas reçu, mais plutôt L’a crucifié de sa propre volonté.

Des siècles ont passé. Le jour de la puissance de Christ est encore à venir, et Israël est encore rebelle. Sa longue patience a été merveilleuse ; mais très bientôt Il prendra sa grande puissance et régnera. Quel changement se produira quand la nation, traversant les terribles souffrances de la Grande Tribulation, aura devant elle ce même Seigneur Jésus venant sur les nuées du ciel ! Une nation sera comme née en un jour (És. 66. 8), quand les âmes se courberont à ses pieds dans une profonde repentance. L’entêtement et la rébellion disparaîtront, et le peuple deviendra des serviteurs de bonne volonté de Celui qu’on leur avait appris à haïr pendant des siècles. Quelle sainte splendeur, en vérité !

Le matin de brillante lumière du soleil se lèvera pour Israël. « La rosée de ta jeunesse », la puissance rafraîchissante de l’Esprit de Dieu apportera un regain de vigueur et de joie qui remplacera la décrépitude et la misère qui ont longtemps affligé une nation adonnée à l’obscurité de l’incrédulité.

Il est certain, aujourd’hui, que tout enfant de Dieu devrait aussi se réjouir de cultiver un caractère de bonne volonté pour obéir à Celui qui s’est prouvé si plein de grâce et d’amour, et pour Le servir – en nous souvenant que nous sommes, déjà aujourd’hui, liés à Celui duquel vient la rosée rafraîchissante du Saint Esprit.

D’après the Lord is near août 1988 (L.M. Grant)

PRINCIPES DU RASSEMBLEMENT

L’apôtre écrivant à la dame élue insiste surtout sur trois choses : la vérité – l’amour – l’obéissance (inséparables).

La table du Seigneur. Le seul corps. Le seul pain. La cène.

Se retirer. Poursuivre. Persévérer (2 Tim. 2)

Quel est le centre de notre rassemblement ?

Matthieu 18. 19 et 20. 1 Corinthiens10. 16 à 22.

1 Corinthiens 11. 20 à 34.

2 Timothée 2. 14 à 26.

Nous avons, dans ces passages, une expression qui doit retenir tout particulièrement notre attention, c’est l’Assemblée de Dieu. Parce qu’ils ne célébraient pas dignement la cène, il pouvait être reproché aux chrétiens de mépriser l’Assemblée de Dieu, dont il nous est dit que Dieu se l’est acquise au prix du sang de son Fils (Act. 20. 28).

L’Assemblée de Dieu est totalement distincte du monde. L’apôtre, dans cette même épître aux Corinthiens, distingue nettement l’Assemblée et puis les juifs et les grecs. L’Assemblée est quelque chose de tout à fait différent, tout à fait en dehors de la religion juive et des nations.

C’est également l’Assemblée de Christ. « Sur ce roc, je bâtirai mon assemblée ». « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mat. 16. 18 et 16). L’Assemblée que Christ a aimée, pour laquelle Il s’est livré, dont Il s’occupe et qu’Il se présentera bientôt.

Il est bien nécessaire que nous ayons devant nous cette réalité de l’Assemblée de Dieu. Il y a une Assemblée de Dieu sur la terre qui sera bientôt dans le ciel et elle se composera alors de tous les croyants de la période entre la Pentecôte et la venue du Seigneur. Mais elle est présentement sur la terre et l’enseignement du ch. 12 de cette même épître nous le montre particulièrement. Elle est formée de tous ceux qui appartiennent au Seigneur par les liens de la vie nouvelle et qui ont été baptisés du Saint Esprit, qui ont part au baptême par un seul Esprit, de sorte qu’ils sont montrés comme étant un seul corps, qui est le corps de Christ (expression trouvée au ch. 10).

Cette Assemblée est donc en fait dispersée par toute la terre, les membres du corps de Christ dispersés de telle manière, dans l’état présent des choses, que comme nous l’avons trouvé dans le ch. 2 de la 2ème épître à Timothée, seul le Seigneur connaît ceux qui sont siens. Ils ne sont pas tous reconnaissables mais Lui les connaît.

La réalité, le fait de l’Assemblée de Dieu sur la terre, du corps de Christ sur la terre, que l’on peut montrer aussi comme la famille de Dieu sur la terre, existe. Que son unité ne soit pas apparente comme elle devrait l’être, c’est notre faute à tous, c’est le résultat des manquements qui se sont produits dès le début et qui se sont multipliés et aggravés de siècle en siècle pour aboutir à la confusion actuelle. Mais, quelle que soit cette confusion, l’unité des chrétiens existe. L’Assemblée de Dieu existe, quand on parle aujourd’hui de vouloir faire l’Église, ou faire l’Assemblée de Dieu, c’est réellement nier l’œuvre de Dieu Lui-même, c’est nier ce qui existe.

Il faut donc bien partir de cette notion fondamentale d’une unité que nous n’avons pas à faire, mais qui est faite, seulement que nous avons à réaliser, que nous avons à garder dans la mesure où cela est placé devant nous et s’il s’agit alors des rassemblements effectifs, c’est-à-dire de chrétiens, d’enfants de Dieu qui se réunissent, le seul fondement ou le seul terrain sur lequel ce rassemblement visible peut s’opérer ne peut être que cette unité de l’Assemblée de Dieu telle que Christ la voit, telle que Dieu la voit, telle qu’elle existe dans ce monde et si nous nous rassemblons ainsi, ce doit être selon les vérités qui nous sont enseignées concernant cette Assemblée de Dieu, cette Église.

On pourra dire que nous sommes appelés à nous rassembler comme si toute l’Église était là, comme doit se rassembler, se montrer, l’Église toute entière et comme expression de l’Église.

Il y a deux grands écueils dont il faut bien nous garder. Le premier serait de dire : nous sommes l’Église, nous sommes l’Assemblée. C’est oublier qu’il y a beaucoup de membres du corps de Christ, de vrais croyants qui appartiennent effectivement à l’Assemblée de Dieu et que nous ne connaissons pas et qui en font partie tout aussi bien que nous-mêmes. L’autre grand écueil, c’est de dire : nous sommes dans la confusion générale, nous sommes une Église.

Si nous nous rassemblons sur le terrain de l’unité du corps, nous ne pouvons nous dire ni l’Église, ni une Église. Mais le grand privilège et la grande possibilité offerte à tous les croyants aujourd’hui comme dans tous les temps et par conséquent aussi notre responsabilité à cet égard, c’est de nous réunir comme l’Église tout entière devrait se réunir.

Dans les passages que nous avons, il n’est nulle part question d’un effort à faire de notre part pour créer l’Assemblée, pour la former. Il est question simplement d’appliquer ce qui nous est enseigné, de jouir de ce privilège, de nous trouver là comme faisant partie d’un tout formé dans la puissance de Dieu par l’opération de l’Esprit, sous la Seigneurie de Christ. C’est le ch. 12 et rien d’autre.

Nous ne voulons pas former l’Assemblée, même pas former une Assemblée locale, mais nous venons exprimer cette unité, ce qui est tout autre chose. Comment l’exprimer ? Avant tout, par ce seul pain exprimant le seul corps, cette participation à ce qui parle de la communion du sang de Christ, et la communion du corps de Christ.

Ensuite, nous avons, dans les rapports entre croyants, à nous souvenir sans cesse que nous sommes membres du même corps. Garder l’unité de l’Esprit (Éph. 4. 3), agir toujours les uns à l’égard des autres comme faisant partie du même corps et ayant le même Esprit, de sorte que cette réalité, ce fait de l’existence du corps de Christ retentisse sur toute la vie chrétienne, et cela, nous le perdons de vue, assurément.

Comment ne pas nous souvenir que, dès que nous parlons de ces grandes choses et de cette expression de l’unité du corps, ce qui nous a été rappelé tout à l’heure prend toujours son importance capitale. Comment la vérité, l’amour, l’obéissance se sépareraient-ils de la réalisation de ce qui est le corps de Christ ?

Cette expression du corps du Christ, elle se fait particulièrement là, à sa table, où l’on se souvient de Lui. Ce souvenir touche le cœur, engage les affections et nous rappelle aussi, quant à la table du Seigneur, ce caractère de sainteté qui est celui de la Personne bénie qui rassemble et dont nous rappelons la mort en exprimant l’unité de son corps.

Alors la vérité est là, qui ne permet pas d’associer cette expression de l’unité du corps de Christ avec un mal connu, moral ou doctrinal. De là la séparation qui nous est prescrite dans le passage de Timothée. : « Qu’il se retire… » (2 Tim. 2. 19) non pas pour rester seul, mais pour se lier ensuite avec ceux qui, d’un cœur pur, poursuivent la justice, la foi, l’amour. Toutes ces choses vont ensemble.

Elles nous deviendront toujours plus précieuses à mesure que nous réaliserons qu’il ne s’agit pas là de l’application froide de certains principes, qu’il ne s’agit pas là de théories, de règlements, d’organisations, mais de l’expression de quelque chose de vivant : le corps de Christ, et ceci exprimé lorsque Lui-même est là, au milieu des siens, le souvenir de Lui-même, « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux (Mat. 18. 20).

Que l’unité de ton Église est belle,

Seigneur Jésus, qu’elle plaît à tes yeux !

Dans ton amour tu t’es livré pour elle :

Tu veux l’avoir près de toi dans les cieux.

Cantique 20 strophe 1

Qu’est-ce qu’une secte ? C’est un rassemblement de gens autour d’une pensée particulière, d’une doctrine particulière. Dans le Nouveau Testament, nous avons le terme employé d’une part à l’égard de divers groupements religieux ou philosophiques parmi les juifs : secte des pharisiens la plus exacte de notre culte, dit l’apôtre Paul en rappelant qu’il avait été pharisien.

Quant au christianisme, quant à la chrétienté, l’expression est employée également dans la Parole déjà dans les Actes, l’apôtre Paul parlant devant le gouverneur : « selon la Voie qu’ils appellent secte » (Act. 24. 14). Ce sont les juifs qui appelaient ainsi à tort le christianisme une secte. De même, à la fin du livre des Actes, les juifs disent : « de cette secte, nous savons que partout on la contredit » (Act. 28. 22). C’est dans le livre des Actes que le terme est le plus employé, je crois 6 fois. Ensuite dans les épîtres, on le trouve à trois reprises et toujours dans un sens défavorable. Nous l’avons vu. En 1 Corinthiens 11. 19, il s’agit ici du résultat de divisions parmi les croyants, parce que certains entraînaient après eux des disciples.

Nous le trouvons – et c’est là que le sens du mot secte apparaît sous son jour le plus défavorable – en Galates 5, lorsqu’il est parlé des fruits de la chair, des œuvres de la chair, les sectes sont nommées parmi elles. « parmi lesquelles sont les divisions, les sectes, les envies ».

Enfin, en 2 Pierre 2. 1 : « il y a eu aussi de faux prophètes parmi le peuple, comme il y aura aussi parmi vous de faux docteurs, qui introduiront furtivement des sectes de perdition ». Ce sont des enseignements – particuliers entraînant des disciples, les séparant du reste des croyants. D’après la Parole de Dieu les sectes sont un fléau de l’Église de Dieu.

Dans la chrétienté, le sens est plus ou moins étendu. Prenons garde de ne pas être une secte. Si nous prétendions être une Église entre beaucoup d’autres, nous serions une secte dans le sens le plus défavorable du terme.

Cela n’enlève rien, tout au contraire, à l’obligation qui est faite au fidèle de se séparer du mal, ce qui est tout autre chose.

Dieu s’est toujours conservé un témoignage, s’est toujours formé un témoignage. Nous avons été occupés, ces jours derniers, du peuple juif. L’histoire de ce dernier étant terminée, en tous cas sur les bases qui étaient au début, Dieu est intervenu pour établir un témoignage d’un autre genre. C’est le mystère de l’Assemblée, caché dès les siècles. Les prophètes ne le connaissaient pas (Éph. 3).

Du moment où Dieu aurait décidé de n’avoir plus de témoignage dans ce monde, il n’y aurait plus de raison pour que ce monde continue. Il a remplacé le passé par l’Assemblée, avec laquelle nous sommes assez familiers, mais sur laquelle nous avons beaucoup à apprendre, et même ceux des chrétiens qui ne sont pas jeunes. Cette Assemblée est formée par le Saint Esprit unissant tous les saints en un seul corps, La distinction entre juifs et autres, qui était indispensable au temps du judaïsme et qui conditionnait pour le juif sa fidélité vis-à-vis de Dieu, est abolie entièrement.

Dieu n’a plus un peuple terrestre choisi. Il appelle parmi tous les peuples, toutes les langues, toutes les nations, des croyants pour qu’ils soient membres de son Assemblée. Ce travail est accompli par l’Esprit, Jésus étant caché, étant à la droite de Dieu, a envoyé l’Esprit et le travail de l’Esprit pendant cette période, c’est de former l’Assemblée de Dieu, dont l’origine et les destinées sont célestes. Elle est provisoirement une maison terrestre, elle est le vase du déploiement de la gloire de Dieu dans le monde.

Elle est vue dans l’Écriture de trois façons :

– Une habitation de Dieu par l’Esprit.

– Le corps de Christ.

– L’Épouse de Christ.

Il n’y a pas de position, dans ce que Dieu confie à l’homme, de laquelle il ne découle une responsabilité. L’Assemblée aussi n’a pas manqué à cette règle divine et elle a été soumise à cette responsabilité. Elle est déchue de sa position de fidélité. Elle est tombée très tôt. Les difficultés de nos jours, pour ceux qui veulent comprendre ce qu’est l’Assemblée, viennent de ce que l’Assemblée est dans un état de désordre sans remède possible.

Mais alors, ce qui reste, c’est la Parole de Dieu, la pensée de Dieu à l’égard de l’Assemblée et nous revenons donc au commencement, à la pensée de Dieu ; et dans les derniers jours, Dieu a ouvert un chemin pour que puisse être réalisée partiellement sa pensée de toujours à l’égard de l’Assemblée.

Il n’y a pas de membres de l’Assemblée locale. Quand un homme est converti et scellé, il fait partie de l’Assemblée universelle. Il en est un membre. On ne trouve jamais dans l’Écriture qu’un chrétien était membre de l’Assemblée d’Éphèse ou de Corinthe. Il fait partie de l’Assemblée universelle. Il est entré dans ce corps, il a reçu le Saint Esprit. Tant qu’un chrétien n’a pas le Saint Esprit, il ne fait pas partie du corps, donc de l’Assemblée.

Voilà une différence importante entre la vie et le sceau, fait qui, paraît-il, suscite parfois une certaine surprise. Cela est déclaré en toutes lettres dans l’Écriture et cela a des conséquences.

Au commencement, tous les chrétiens étaient ensemble, nous le savons. Matériellement, cela est devenu très vite impossible ; il est impossible que tous les chrétiens du monde se réunissent en un même endroit. Voilà pourquoi nous trouvons dans l’Écriture la formation scripturaire de groupes dont chacun représente l’Assemblée universelle. Ce sont les assemblées locales.

Il est impossible que les chrétiens soient ensemble et même se connaissent ; il était difficile que les saints de l’Achaïe connussent les saints de Jérusalem ou d’autres endroits. Il y avait là des difficultés qui surgissaient de la nature des choses. Dieu, dans sa sagesse et dans sa grâce, a résolu la question, a levé la difficulté en établissant des groupes, des assemblées locales, chaque assemblée locale représentant l’Assemblée universelle.

2 Corinthiens 12. La conséquence immédiate c’est que les assemblées ne sont pas indépendantes les unes des autres, mais il y a une entière dépendance entre les assemblées et chacune représente l’Assemblée universelle. Par exemple, pour une admission ou une exclusion, il est impossible de consulter tous les chrétiens du monde ; pour cela, en principe, il le faudrait. L’autorité pour prendre ces décisions a été confiée aux assemblées locales.

Chaque assemblée représente l’Assemblée universelle et par conséquent, il y a un point d’une très grande importance, dont la négligence est la cause de bien des misères dans les assemblées de nos jours. C’est qu’une décision d’une assemblée locale était valable pour toutes les Assemblées, quand bien même il fût impossible de les consulter toutes ; mais en principe, toutes les assemblées du monde ont voie de consultation dans les décisions d’une assemblée.

Cela est une application de l’unité du corps au groupe dont chacun représente l’Assemblée universelle dans une localité donnée.

L’Assemblée est la colonne et le soutien de la vérité, c’est-à-dire que l’Assemblée est la manifestation dans le monde, pendant la période chrétienne, de toute la vérité révélée dans l’Écriture. Une assemblée locale a cette responsabilité et cette mission. Si elle n’est pas colonne et soutien de la vérité (sans doute la perfection n’est nulle part) si elle n’est pas établie sur ce terrain là, il sera difficile de dire qu’elle est l’expression de l’Assemblée universelle.

Nous disons d’une assemblée locale qu’elle représente l’Assemblée de Dieu. On dit quelquefois qu’elle est l’Assemblée de Dieu. On vient de nous dire avec opportunité qu’il faut éviter cela et chasser de nos esprits toute pensée qui nous conduirait à dire : l’assemblée de X. est l’Assemblée de Dieu. Elle en est l’expression, oui, si elle est sur le terrain que l’Écriture définit. Une personne reçue ici est reçue en principe dans toutes les assemblées du monde et, de là, la nécessité de cette pratique que nous n’avons pas inventée : les lettres de recommandation.

Une secte est un ensemble de chrétiens que nous supposons authentiques, tous vrais chrétiens, mais qui, dans les principes de son établissement, admet des pensées humaines ou abandonne une partie des pensées divines. Ce qui n’est pas secte, c’est ce qui est fondé entièrement sur la Parole de Dieu et exclusivement sur elle.

« Rejette l’homme de parti (ou : sectaire) après un premier et un second avertissements » (Tite 3. 10). Un homme peut être sectaire, un chrétien qui peut être animé du désir d’introduire des principes personnels étrangers à l’Écriture. On peut dire sectaire, par exemple, à propos du baptême ; on met le baptême en avant. Nous ne devons pas nous effrayer si des chrétiens fidèles sont appelés sectaires. Un ensemble de chrétiens que Dieu considère comme l’assemblée locale représentant l’Assemblée universelle, qui est très fidèle, ne doit pas s’émouvoir s’il entend qu’on le traite comme une secte.

À cela doit se lier l’exercice constant, chez les frères et les sœurs, de ne pas mériter son appellation. Nous avons besoin de faire attention.

Une assemblée locale représente donc tous les chrétiens du monde, mais il ne faut pas nous attendre ce que tous les chrétiens qui nous entourent viennent sur ce terrain-là ; cela est une grande épreuve et une grande douleur – pour les affections spirituelles. Si, lorsque nous rompons le pain, le dimanche, nous n’avons pas devant nous ce que le Seigneur a devant Lui, à savoir l’ensemble de tous les chrétiens du monde, dans notre esprit, nous sommes sectaires.

Quelle importance il y a à ne pas avoir l’esprit sectaire, c’est-à-dire, à ne pas être les esclaves d’une pensée particulière !

Or, se réunir selon que la Parole l’enseigne sur ce fondement de l’unité du corps, autour de la Personne du Seigneur Jésus, qui est le seul centre et s’il s’agit du culte en exprimant l’unité du corps, c’est évidemment aux antipodes du sectarisme. Nous commençons à être sectaires quand nous considérons cela comme un principe propre aux frères qui nous met à part dans chrétienté.

Il y a des croyants dans l’Église catholique, dans le protestantisme. Ils font partie du même corps. Ce qui est important, c’est de préserver dans toute la mesure où nous le pouvons la sainteté du nom du Seigneur et cela s’appelle la séparation du mal.

Le terme qui, dans la Parole, est traduit par secte veut dire : le résultat d’un choix ; c’est l’esprit humain faisant un choix entre des vérités et groupant des gens autour d’une pensée.

Les expressions locales de ce qui a été appelé à juste titre l’Assemblée universelle, ces assembles locales sont l’expression de l’Assemblée de Dieu. Il faut quand même, si nous employons l’expression de l’assemblée de X., il faut que la vérité demeure dans notre esprit. Nous ne trouvons pas dans la Parole l’assemblée d’Éphèse, mais « l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe » (1 Cor. 1. 2).

Nous trouvons le terme assemblée de Dieu appliqué à une assemblée locale, mais toujours dans le sens qu’elle n’est là que l’expression de l’Assemblée universelle.

1 Corinthiens 12. 27 : « Vous êtes le corps de Christ et ses membres chacun en particulier ». Nous avons les assemblées de Dieu (ch. 11. 16). Il s’agit des assemblées locales, chacune d’elles étant l’expression de la seule assemblée du corps de Christ.

Ce qui est courant dans la chrétienté, c’est qu’on est membre d’une Église. C’est en opposition absolue avec ce que la Parole nous enseigne.

Dans la chrétienté, on parle de la communion de l’Église universelle, on entend par là tous ceux qui font profession d’être chrétiens, c’est-à-dire ceux qui sont baptisés, mais l’Assemblée de Dieu est composée de membres vivants, baptisés du Saint Esprit. Cette confusion est courante et nous avons bien besoin d’y prendre garde. Nous n’avons pas le droit d’appeler Église chrétienne l’ensemble de la chrétienté.

L’Église universelle est employée de façon coupable par la profession sans vie et sera traitée comme ayant usurpé le nom d’Église. Lorsque la véritable Église, c’est-à-dire ceux qui ont la vie, sera enlevée au ciel, il ne restera que la profession sans vie et cela conduira à la grande Babylone, lorsque l’unité de nom sera faite. Ce sera celui de la grande prostituée du chapitre 17 de l’Apocalypse.

Il est dangereux aussi de dire que nous sommes les frères ; les questions d’appellation ne doivent pas nous préoccuper. Si nous disons que nous sommes les frères, c’est accaparer à notre avantage ce qui déborde bien largement le petit nombre qui se connaissent et qui ont le privilège de se réunir. C’est toute l’Assemblée de Dieu qui est composée des frères, mais ils sont dispersés dans la confusion actuelle. Par la grâce de Dieu, nous sommes des frères. « Honorez tous les hommes, aimez tous les frères » (1 Pier. 2. 17).

Cette appellation de frères traduisait, dans les années précédentes, un degré de communion. Nous pouvons saisir l’occasion pour signaler la différence qu’il y a entre l’amour et la communion. S’il y a dans le voisinage, un chrétien connu comme tel, il a en principe le droit de venir rompre le pain à la table du Seigneur, le dimanche, comme le plus excellent des frères de la localité.

Du moment où il accepterait cela, il tombe tout de suite sous le coup des disciplines qui régissent un groupement local, qui est l’expression de l’assemblée de Dieu, c’est-à-dire comme on l’a rappelé tout à l’heure, la séparation du mal doctrinal et c’est ainsi que nous arrivons à 1 Corinthiens 10.

Un tel homme qui a tout à fait le droit, comme n’importe qui, de prendre la cène, doit être instruit sur la vérité et une fois instruit, les saints sont responsables d’agir à son égard suivant son comportement devant la vérité qui lui a été enseignée. Il ne peut pas mettre le rassemblement local en communion avec le système dans lequel il continue à vivre et en particulier en y prenant aussi la cène. Ce sont des choses qu’il est bon de rappeler aux jeunes.

Tout chrétien a sa place là, mais d’un autre côté, dans les jours de ruine, les fidèles ont le devoir de maintenir ce très grand principe : la sainteté de la table du Seigneur. C’est ce que nous trouvons en 1 Corinthiens 11. Quant à la moralité, la conduite et au point de vue religieux en 1 Corinthiens 10.

En ce qui concerne l’amour et la communion, si nous rencontrons un chrétien dans un milieu quelconque, nous le reconnaissons comme tel et nous pouvons avoir avec lui une libre communion sur pas mal de points. Nous avons à aimer ce chrétien comme nous aimons un frère avec lequel nous marchons depuis 50 ans.

Nous pouvons demander que notre cœur s’élargisse et que nous pensions à tous ces enfants de Dieu et les aimions tous autant. Le Seigneur les aime autant et le Père les aime autant. Ce serait alors du sectarisme de cœur de ne pas les aimer autant. Nous avons le devoir, vis-à-vis de ces personnes-là, par notre marche, ou à l’occasion par la Parole, de leur dire que le terrain sur lequel ils se trouvent n’est pas le terrain de la vérité.

La communion donc, avec ces personnes, n’atteint pas le degré que nous avons avec un frère avec lequel nous marchons, mais l’amour que nous avons pour cette personne peut atteindre le même niveau. Ce même amour à l’égard de ces personnes nous force à leur faire sentir que nous ne pouvons pas aller avec elles pour des raisons scripturaires.

Nous aimons Dieu et nous aimons ses enfants, et nous aimons les enfants de Dieu quand nous aimons Dieu (1 Jean 5. 2). Il est impossible d’aimer un chrétien si nous ne l’aimons pas dans la vérité et si nous manifestons de l’amour à son égard en faisant fléchir des principes de la vérité divine. Nous n’aimons plus.

Les versets sont encourageants pour les fidèles, parce qu’ils les engagent à surmonter la souffrance que leur cause le fait qu’ils sont obligés d’avoir de la réserve envers des chrétiens qu’ils aiment et de ne pas aller avec eux dans le chemin où ceux-ci marchent. Nous devrions penser à tous ces chrétiens dispersés, en souffrant, en éprouvant de la douleur.

C’est une cause de souffrance pour le Seigneur de voir tous les siens dispersés comme ils le sont. Nous devons accepter le gouvernement sous lequel Il nous tient, gouvernement de cette dispersion ; et ne pensons pas que nous verrons le rétablissement de l’Église primitive. Nos devanciers n’ont jamais cherché à faire cela d’ailleurs, ils n’en avaient aucunement l’intention. Ne pensons pas que nous pourrons rétablir l’Église primitive. Si des frères, dans un endroit, ont à cœur de réaliser l’Assemblée de Dieu, colonne et soutien de la vérité, Dieu amènera là des personnes qu’Il voudra y conduire. Si nous étions plus fidèles, nous verrions cela plus fréquemment.

Si nous avons le sentiment qui a été exprimé, à l’égard des nombreux chrétiens, véritables enfants de Dieu, dispersés dans tous les systèmes de la chrétienté, il y aura cette souffrance qui sera quelque chose de tout différent de la hauteur, pour ne pas dire davantage, avec laquelle il arrive que nous les traitions et c’est une chose à laquelle nous avons besoin de faire grande attention. Ces attitudes de supériorité, comme si nous avions quelque mérite à avoir été mis à part, sont très graves. Que Dieu nous donne d’avoir un cœur large dans le chemin étroit.

Les personnes chrétiennes, parmi les frères, qui ont une tendance à élargir le chemin, sont extrêmement coupables et constituent un danger pour ce qui est le témoignage. Le témoignage, c’est l’expression de la pensée de Dieu dans le christianisme, du conseil de Dieu, de l’œuvre de Dieu dans le christianisme.

Mais ce danger existe, les tendances à élargir existent. D’autre part, c’est peut-être une réaction non justifiable, une réaction à des tendances étroites coupables. S’il y a de la piété dans un groupe de chrétiens, dans un rassemblement local, s’il y a de la piété, de la crainte de Dieu, le Seigneur aide à réaliser cet équilibre entre les deux. Le témoignage fait son chemin entre ces deux dangers extrêmes, c’est-à-dire que le Seigneur l’y conduit.

Ce sont des questions d’une très grande importance de nos jours. Ne pensons pas qu’un rassemblement local peut vivre d’habitudes et de traditions. Un rassemblement local vit de foi dans chacun de ses membres, de piété, de crainte de Dieu. C’est bien un danger qu’après tant d’années de témoignage derrière nous, nous en soyons réduits bien des fois à agir d’une façon machinale et sans avoir été exercés personnellement sur la vérité. C’est probablement pour cela qu’on nous a proposé cette méditation.

« Là où deux ou trois sont assemblés… ». Comme chacun le sait bien, cette parole du Seigneur vient après la réunion de prières, en rapport avec la prière : « si deux sont d’accord… ». À ce propos, le Seigneur donne ce principe valable pour tous les temps, cette ressource immanquable et extérieurement si facile à réaliser. Il n’est question ni de lieu, ni d’édifice, ni de hiérarchie, ni d’organisation quelconque, ni de nombre, puisque cela est réduit à l’expression la plus simple : deux ou trois, et la présence du Seigneur est assurée là où on est assemblé en son nom.

Il est le Saint et le Véritable. Voilà la ressource dans les temps les plus fâcheux. Il est toujours le Même. Qu’il s’agisse de vérité, qu’il s’agisse d’amour, c’est en Lui que nous trouvons l’expression parfaite de tout cela. Il est Celui qui est venu apporter la grâce et la vérité, Il est Celui dont l’amour l’a mené à se livrer pour les siens, Il est Celui qui a glorifié Dieu en toutes choses et qui est maintenant glorifié.

Nous avons la réalisation du rassemblement le plus béni qui ait eu lieu sur la terre, lorsqu’aussitôt après la résurrection, Jésus a accompli la promesse que nous avons ici. Lorsque le soir de ce jour-là, les siens ont été rassemblés en son nom, ils étaient rassemblés autour de Celui qu’ils avaient connu comme leur Maître, mais c’était son nom qui les réunissait : Jésus vint… et les disciples se réjouirent (voir Jean 20. 19 et 20).

Depuis, tous les rassemblements au nom du Seigneur ont été marqués de la même précieuse faveur, la même précieuse bénédiction.

Nous l’avons ici en rapport avec la réunion de prières et cette évocation d’une réunion de prières est liée même à cette autorité confiée à l’Assemblée. « Tout ce que vous lierez sur la terre… ». Cela étant amené par les difficultés entre frères, l’Assemblée agit en dernier ressort.

C’est le principe qui est posé, ce qui est dit de l’Assemblée s’applique à l’Église chrétienne telle que Paul la désignera. L’Assemblée a une autorité qui s’exerce précisément pour le bien de ses membres, pour que soit rétabli entre ceux qu’une contestation a divisés, une harmonie, une communion ; si cela n’est pas possible, une décision doit être prise par l’Assemblée elle-même. Nous avons là le principe de tout ce qui est administration par l’Assemblée.

L’attitude demandée à l’égard de ceux du dehors se trouve dominée, commandée par ce fait que le Seigneur est là avec l’autorité qui Lui appartient. Il y a une autorité dans l’Assemblée qui découle de la seigneurie de Christ et alors, combien il est solennel de prendre une décision au nom du Seigneur, combien il est solennel aussi de dire que nous sommes rassemblés au nom du Seigneur.

L’Assemblée n’est pas infaillible, mais elle a une autorité parce que le Seigneur est là. Que de fois il peut nous arriver de dire que nous sommes réunis au nom du Seigneur ou réclamer la présence du Seigneur au milieu de nous sans qu’en fait nous éprouvions ou réalisions que nous sommes réunis au nom du Seigneur. Là encore, que la routine, les accoutumances ne nous troublent pas ! Nous avons besoin d’y prendre garde.

Il nous arrive de dire : le Seigneur nous donne rendez-vous, il faut que nous y allions. C’est l’inverse de ce que nous avons ici. « Là où deux ou trois sont… ». Quant à l’attitude prise vis-à-vis de ceux du dehors, ce ne doit être que l’application de ce que nous avons ici. Ce n’est pas un corps particulier au sein du grand corps de Christ ou de la chrétienté qui fonctionne pour admettre celui-ci ou celui-là selon qu’on a des affinités avec lui ou pas.

Il s’agit d’un rassemblement au nom du Seigneur qui agit vis-à-vis de ceux qui sont et de ceux qui désirent faire partie conformément à ce qu’exige le nom du Seigneur et la sainteté de la table du Seigneur.

Les frères ne sont pas l’Assemblée. Deux ou trois frères ne sont pas l’Assemblée. Tous les frères du rassemblement local ne sont pas l’Assemblée. C’est l’ensemble des frères et des sœurs qui constituent l’assemblée de la localité, qu’ils soient habituellement présents au rassemblement local ou pas. Ce n’est pas du tout superflu de le rappeler.

L’activité administrative du rassemblement local est d’une très grande importance. Dans un rassemblement local, le Seigneur agit soit pour le développer, soit pour l’entretenir et l’édifier. Il agit par les dons. Ce n’est pas notre sujet. Pour le bon ordre de l’assemblée locale, en principe, il devrait y avoir des anciens, non pas officiels, mais revêtus par le Seigneur de qualification de ce genre.

Un rassemblement de chrétiens authentiques n’est pas à l’abri de toutes sortes de misères, de désordres, et même hélas ! de scandales.

Cela suffirait à nous rappeler avec plus de force encore ce qui nous a été dit tout à l’heure. Les frères n’ont pas à lever la tête ; au contraire, ils ont à la baisser plus que tous les chrétiens du monde entier. Étant donné ce qu’ils ont entre les mains, ils sont bien loin d’être fidèles comme le sont les chrétiens dans certains milieux qui nous feront honte quand leur vie sera manifestée. Nous nous réjouissons à cette pensée qu’il y a des saints qui, en apparence, sont bien moins privilégiés que nous et auront donné beaucoup de joie au Seigneur. Cela nous garde d’une étroitesse de cœur.

Il est donc nécessaire qu’une vigilance s’exerce pour l’ordre dans l’Assemblée, l’ordre de toutes manières. Qu’est-ce que l’ordre ? Nous le trouvons dans l’épître aux Corinthiens. Dieu est un Dieu d’ordre. Cela suffit à répondre à bien des questions à propos de ce qui se passe ailleurs. Qu’est-ce que l’ordre en tous points ? La volonté de Dieu.

Comme nous avons tous notre volonté propre, il y a toujours, dans le rassemblement des saints, des questions plus ou moins graves qui finissent par surgir. Si nous sommes réunis au nom du Seigneur et autour du Seigneur, par conséquent, c’est la présence du Seigneur qui régit tout ce qui doit se passer.

Les décisions sont réglées par l’assemblée comme telle. Les frères peuvent savoir beaucoup de choses et n’en dire qu’une partie, car il n’est pas nécessaire de tout étaler, mais l’assemblée doit en savoir assez pour qu’une admission ou une exclusion soit prononcée au nom du Seigneur par l’assemblée réunie exprès pour cela, toute entière, frères et sœurs.

La valeur de ces décisions, de ces actes administratifs : une réception ou le fait d’ôter un méchant, la valeur de l’acte et son sens, réside dans le fait de la présence du Seigneur dans l’Assemblée.

Est-ce que la présence du Seigneur est assurée en dépit de tout ce qui peut se passer quelquefois ? Où est l’assemblée d’Éphèse aujourd’hui ? Nous avons l’air de nous réclamer de la présence du Seigneur comme si automatiquement elle était assurée pour toujours. Ce n’est pas vrai du tout.

« Repens-toi… sinon j’ôterai ta lampe de son lieu, à moins que tu ne te repentes » (Apoc. 2. 5). C’est donc très sérieux. Veillons à ce que l’assemblée soit exercée pour réaliser cette présence dans son sein ; cela se fait par l’action du Saint Esprit, par la Parole de Dieu et les effets de la présence du Seigneur. Une assemblée exercée sera très heureuse et sera marquée par un caractère de gravité remarquable de la présence de Dieu car, où Dieu est, la chair est tenue en bride.

« L’Éternel est dans le palais de sa sainteté, que toute chair fasse silence devant Lui » (Ps. 11. 4).

Lorsque la présence du Seigneur est réalisée, nous sommes bien obligés de reconnaître que les joies que le Seigneur nous donne sont les joies les plus propres à nous fortifier dans la foi, dans le chemin pendant la traversée de ce désert.

L’assemblée elle-même n’a pas de pouvoir, mais elle a un devoir. Ce devoir est en rapport précisément avec ce dont le Seigneur l’investit. Il s’agit de l’autorité du Seigneur, il s’agit de l’action de l’Esprit dans l’assemblée mais c’est l’assemblée comme telle qui a à prendre des décisions et c’est là son devoir, le devoir toujours en rapport avec la position où l’on est placé, aussi bien que la relation dans laquelle on est mis.

En rapport avec les points essentiels qui ont été présentés, l’assemblée doit recevoir ceux que le Seigneur reçoit et elle est dans l’obligation douloureuse sans doute d’ôter du milieu d’elle ceux que le Seigneur appelle « les méchants ». Voilà les deux côtés : faire entrer ; exclure.

Romains 15. 7 : « C’est pourquoi recevez-vous les uns les autres, comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu ».

1 Corinthiens 5. 12 et 13 : « Est-ce à moi de juger ceux du dehors… Ôtez le méchant du milieu de vous-mêmes ».

Premier devoir, heureux entre tous. Le second, douloureux et humiliant. Mais, dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de rendre au Seigneur ce qui Lui est dû.

Pratiquement aussi, il est très important de laisser à l’Assemblée tout le temps nécessaire pour que les exercices aient lieu dans un cas et dans l’autre. Il arrive hélas fréquemment que la chose ne se réalise pas.

Cet oubli du fait que l’assemblée comme telle a affaire au Seigneur, qu’elle doit être exercée dans sa conscience devant le Seigneur, fait que des désordres s’ensuivent et bien des douleurs. Il faut respecter la conscience de l’assemblée et, à priori, penser que c’est la présence du Seigneur dans l’assemblée qui produit des exercices et des réserves chez des saints.

Il se peut que ce ne soit pas toujours le cas, mais s’attendre au Seigneur est toujours le grand point. D’autre part, c’est aussi là qu’il est important qu’il n’y ait pas d’esprit de parti.

L’Assemblée est la colonne et le soutien de la vérité, elle est aussi la colonne et le soutien du fait qu’il n’y a en elle ni homme, ni femme, ni Grec, ni Juif. Voilà la vérité. Ce n’est pas peu de chose que d’être réunis sur ce terrain là, et c’est tellement vrai que beaucoup de chrétiens refusent de s’engager sur un pareil terrain parce qu’ils aiment mieux un état plus mélangé. Le mélange est très commode, il réunit des choses qui sont de Dieu et des choses qui sont de l’homme.

Ces dernières, nous les reconnaissons et les apprécions tous. Mais, dans le domaine propre de l’Assemblée, ces éléments là n’ont pas de place. Personne ne peut contester cela. Nous pouvons reconnaître que nous avons manqué sur bien des points d’une manière ou d’une autre. Considérons mieux ce que c’est que d’être réunis au nom du Seigneur pour tous les actes administratifs et pour tout autre chose.

Lorsqu’il s’agit, par exemple, d’une exclusion, fait très douloureux, il faut encore, peut-être plus que pour une admission, qu’il y ait tout l’exercice nécessaire et ne découvrir devant tous que le minimum du mal commis, seulement ce qui est nécessaire pour que ce mal pèse sur l’assemblée comme il se doit. Le grand principe, c’est que l’assemblée soit laissée libre pour être exercée tout le temps nécessaire. Quand le moment est venu pour prendre ainsi cette décision au nom du Seigneur, cette décision que Lui-même revêtira de son sceau sera approuvée dans le ciel.

L’assemblée n’a jamais la place d’un juge. Chers frères et sœurs, c’est hélas souvent que l’on a l’impression que les frères agissent là en juges, en justiciers. Sur ce point là, comme sur pas mal d’autres, peut-être que des personnes qui ont une certaine tendance à critiquer nos devanciers feraient bien de lire un peu mieux ces derniers, et ils verront que ce sont ceux-là qui nous ont toujours mis en garde contre les dangers de droite ou de gauche, en particulier pour un acte d’exclusion.

Ils nous disent avec une fidélité qui est celle de leur dévouement pour le Seigneur et pour les saints : une assemblée ne doit jamais s’ériger en juge et quand elle exclut quelqu’un, elle ne doit pas le faire comme des juges qui condamnent un coupable. Il faut que ce soit dans un esprit de brisement, d’humiliation et l’assemblée prend sur elle la faute du coupable ; c’est quelqu’un qui a fait partie de l’Assemblée, c’est un mal qu’elle peut confesser comme étant sien.

En outre, chacun des frères et des sœurs de l’assemblée doit se connaître assez pour se rendre compte qu’en aucun cas, l’attitude d’un juge indemne ne lui convient, mais bien plutôt l’attitude contraire.

L’exclusion est toujours le terme final de tous les exercices de discipline et a pour dessein de la part du Seigneur et pour l’assemblée elle-même la restauration du fidèle. L’assemblée n’a donc qu’une chose à faire, à mener deuil, parce qu’elle a été obligée de se séparer de quelqu’un qui a vécu dans son sein. Sûrement, nous avons tous en cela quelque chose à apprendre : la dureté ne sied pas aux saints.

Nous sommes tous très misérables. Dans l’assemblée, nous devrions en avoir le sentiment plus qu’ailleurs. Cela d’ailleurs ne nous fera pas fléchir quand il s’agira de prendre un acte et quand on sentira que le moment est arrivé qu’on ne peut plus supporter la présence de quelqu’un dont on est obligé de dire : il est un méchant.

Si le terme est employé dans la Parole quant à une action exercée de la sorte dans l’assemblée, c’est en rapport avec la discipline à l’intérieur de l’assemblée. Il y a une discipline fraternelle qui a pour objet de juger le mal de sorte qu’il soit ôté et, dans ce sens, les frères sont appelés à juger. « Ceux du dedans, vous les jugez vous-mêmes ». Quand vient le moment où il faut ôter le méchant, il n’y a plus d’exercices de discipline, c’est l’exécution d’un acte profondément douloureux. Il devrait en être ainsi pour nous. Autrement dit, il n’y a plus de discipline possible à leur égard. Nous n’avons plus à nous occuper de ces choses pour les juger ensemble. Il faut nous séparer de celui qui a été entraîné par Satan dans un tel état.

L’apôtre reprochait aux Corinthiens d’être enflés d’orgueil. L’esprit de jugement paraît être chez nous la manifestation de cet esprit d’orgueil. « Vous n’avez pas plutôt mené deuil ».

Une décision d’assemblée lie les autres assemblées. L’unité du corps entraîne cela.

L’exercice de la discipline de l’assemblée, de quelque action que ce soit, revêt ainsi une importance particulière et doit être envisagé avec une solennité d’autant plus grande que cela ne lie pas seulement l’assemblée locale, mais l’ensemble de l’Assemblée de Dieu.

Seulement le même principe de l’unité du corps fait que, dans les autres assemblées locales, des chrétiens appartenant à d’autres assemblées locales que celle où les décisions ont été prises, s’ils sont amenés à connaître des circonstances que l’assemblée locale qui a pris la décision ne connaît pas ou peut être à voir les choses d’une certaine manière plus juste, plus conforme à la vérité que l’assemblée qui a pris la décision, ils ont individuellement et l’assemblée peut avoir collectivement à présenter à cette assemblée locale, dans l’amour et avec toute la prudence et toute la patience nécessaire, les observations nécessaires pour que celle-ci examine devant le Seigneur, si elle ne se serait pas trompée, car l’autorité de l’Assemblée ne veut dire en aucune manière infaillibilité.

C’est une mauvaise pratique que de recevoir, dans un rassemblement local, une personne qui a été exclue d’un autre, nous savons bien qu’elle a cours et justement parmi des chrétiens qui, par ailleurs, ont de grandes qualités chrétiennes, mais avec lesquels nous ne pouvons pas avoir communion à cause de cela.

Si un frère est exclu pour mauvaise conduite dans l’assemblée de X. et qu’on le reçoive à Y. nous voyons tout de suite que le chemin est ainsi frayé à tous les maux possibles, l’installation du mal dans les groupes chrétiens, puisqu’il n’y a plus de jugement. On voit, si cela se généralisait, à quels désordres cette pratique pourrait conduire ; elle détruit la conscience des individus et des assemblées elles-mêmes.

Il peut arriver aussi que l’on doive se séparer d’une assemblée. Rappelons à ce sujet, qu’on n’excommunie pas une assemblée. Une assemblée locale a, de la part du Seigneur, un droit d’action dans son sein. Elle exclut un frère ou une sœur qui fait partie de cette assemblée locale et c’est un devoir.

On ne trouve pas que ce devoir de l’assemblée s’étende de cette manière là à une autre assemblée. On n’excommunie donc pas une assemblée.

Sur quel principe peut-on faire reposer le fait que l’on se sépare de cette assemblée ? Excommunication d’une assemblée par une autre n’est pas dans l’Écriture. Excommunication d’un chrétien, ceci est dans l’Écriture. Sur quels principes une assemblée qui marche avec le Seigneur peut-elle agir vis-à-vis de l’assemblée dont l’état est sans remède ? Sur le grand principe établi par la Parole : « Qu’il se retire de l’iniquité » (2 Tim. 2. 19).

Celui qui prononce le nom du Seigneur, individu ou groupe chrétien, reçoit l’injonction de se séparer de l’iniquité (ce principe de la séparation, d’ailleurs, peut s’appliquer même à un chrétien professant, qui est plus responsable qu’un païen, à cet égard là).

L’assemblée se sépare du mal en obéissant à ce principe qui traverse toute la Bible. Ceux qui ont affaire à Dieu doivent toujours avoir pour souci, de la part de Dieu, de se séparer du mal, ou alors ils se placent eux-mêmes sous le gouvernement de Dieu.

Une assemblée qui, sciemment, soutient le mal, perd, si elle persiste dans cette attitude son caractère d’assemblée.

Ce principe d’assemblée est bien établi dans la 2ème épître à Timothée.

La première face du sceau : « le solide fondement de Dieu demeure,… le Seigneur connaît ceux qui sont à lui ». Voilà le côté encourageant pour nous. Deuxième face : « Qu’il se retire de l’iniquité ».

D’un autre côté, nous avons vu, dans la première épître aux Corinthiens, ch. 10, le devoir du croyant, individuellement, puis des croyants ensemble, de ne pas associer la table du Seigneur à ceux qui déshonorent le nom du Seigneur. Il y a là l’expression de la communion.

La communion est la réalisation en commun de nos privilèges, qui ne peut pas se faire dans tous les cas. L’apôtre établit que la table du Seigneur et la participation à la table du Seigneur expriment l’unité du corps, mais la communion du corps de Christ, la communion du sang de Christ.

L’exemple est pris du culte d’Israël : « ceux qui mangent du sacrifice n’ont-ils pas communion avec l’autel ? » (1 Cor. 10. 18).

Il y a un même caractère moral qui est exprimé collectivement.

Or, dit l’apôtre, vous ne pouvez pas mettre la table du Seigneur en communion avec la table des démons. Ceci est dit en rapport avec l’idolâtrie. Le fait de s’associer à des païens qui, eux, voyaient quelque chose derrière l’idole et sacrifiaient aux démons et non à Dieu, mettait ces chrétiens en communion avec les idoles ; par là même, ils mettaient la table du Seigneur à laquelle ils participaient, en communion avec cette table des démons.

Aujourd’hui, nous n’avons plus à faire avec des idoles de la sorte. Le principe demeure. Gardons-nous d’appeler table des démons quelque table que ce soit dans la chrétienté – mais le principe demeure. Être en communion avec ceux qui participent à une table : autrement dit, lorsqu’un rassemblement de croyants prend la cène du Seigneur, réuni à une table et admet des doctrines, qui ruinant les fondements du christianisme ou tolère ouvertement, sciemment, en toute connaissance de cause, un mal moral déclaré, il se trouve souillé. Participer à cette table-là c’est participer à cette souillure, c’est se trouver dans le même cas que ces croyants.

On peut penser être responsable seulement individuellement, mais non, nous engageons la table du Seigneur. « Toutes choses sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses et n’édifient pas » (1 Cor. 10. 23). C’est le principe moral, général, mais là s’ajoutait tout ce que faisaient ces gens qui voulaient appartenir à la table du Seigneur et en même temps se permettre d’aller chez les démons.

Dans les admissions, nous ne devons pas nous contenter de savoir qu’il y a la vie en ceux qui demandent à prendre leur place. Il faut aussi se demander comment ils comprennent cela. Connaître leur position ecclésiastique aussi bien que leur conduite morale. Il s’agit là d’obéissance à la Parole.

Pas de communion entre deux frères et qui, pourtant, l’expriment pratiquement à la table du Seigneur ? Nous nous retrouvons ici dans le cas de Matthieu 18.

La séparation, qui a caractérisé tout témoignage et dans les derniers jours aussi bien, n’est pas un principe inventé. On a souvent l’air d’avoir accusé des chrétiens, des frères, d’avoir inventé cela. C’est l’Écriture qui trace ce chemin. On comprend qu’il y ait bien des chrétiens qui aient de la peine à s’engager dans ce chemin-là et à rompre des liens avec des chrétiens, d’ailleurs qui peuvent être très pieux et très dévoués. Nous en souffrons aussi tout particulièrement.

Il ne faut pas croire que cette position de séparation, on puisse la tenir de gaîté de cœur. Au contraire, nous devons accepter cela comme un châtiment du Seigneur à la suite des infidélités qui ont été commises depuis le commencement dans l’Église et de celles que nous avons tous commises nous-mêmes.

Si nous étions plus fidèles, il est bien évident qu’on verrait beaucoup plus de chrétiens être groupés par le Seigneur autour de Lui ; la séparation à laquelle nous sommes appelés n’a rien qui nous permette de nous élever et faire de nous des pharisiens. C’est une séparation douloureuse, humiliante, une séparation avec larmes, mais la Parole est là, elle est notre ressource, notre consolation et notre lumière dans ce chemin de la séparation.

Si c’était une séparation de forme que nous héritons, des attitudes que nous avons vues chez d’autres qui nous ont devancés, attitudes qui étaient chez eux le fruit de la foi et de la piété, nous risquerions d’avoir seulement de l’imitation, et c’est contre quoi nous avons à lutter, chacun et dans les assemblées, ou alors ce serait bien triste si nous ne faisions qu’imiter les actes de ceux qui nous ont devancés.

La fidélité dans les derniers jours conduit inévitablement à la séparation.

Heureusement que l’Écriture est là. Si elle n’était pas là, il est bien évident que nous irions, nous aussi, partout, et ce serait bien plus agréable, humainement parlant.

Paroles d’un frère qui nous a beaucoup enseignés : on lui demandait : si vous alliez selon votre cœur, vos sentiments, qu’aimeriez-vous le mieux, où iriez-vous ? Oh ! certainement pas avec les frères.

Seulement, c’était là que le Seigneur le voulait et c’est là que son amour s’exerçait avec les frères et il a été là en bénédiction.

D’après Réunion au Riou août 1963

1 CORINTHIENS 1 à 4

La pensée des frères du Plateau a été de considérer, dans la première épître aux Corinthiens, la responsabilité du croyant dans l’Assemblée et le ministère de l’Esprit dans l’Assemblée, sans peut-être faire une étude suivie de l’épître toute entière.

L’introduction de l’épître est déjà quelque chose de toute importance. La première épître aux Corinthiens est, entre toutes les épîtres de Paul, celle qui traite de la manière la plus directe, la plus profonde et pratique à la fois, la question de l’ordre dans ce qui porte ici-bas le nom d’Assemblée de Dieu.

Avant de parler de questions précises particulières dont il avait à entretenir les Corinthiens, avant de leur parler de tant de choses qui, parmi eux, n’étaient pas convenables dans l’Assemblée de Dieu, des désordres, des scandales, des souillures, avant toute chose – et c’est l’objet des versets ci-dessus – il replace devant eux quelle est l’excellence de leur position comme saints, individuellement et comme Assemblée, en Christ, devant Dieu, de la part de Dieu, l’excellence de ce que Dieu a fait, de ce qu’Il a donné et de ce qu’Il fera. Il commence par là.

Et cela seul serait pour nous un enseignement du plus haut prix. Toutes les fois que nous parlons de l’Assemblée, que nous nous occupons de l’Assemblée, qu’il y a une activité de l’Assemblée, il importe que nous revenions toujours au point de départ, à ce que Dieu a voulu, à ce qu’Il a fait et ce qu’Il fera, à la pensée de Dieu, au conseil de Dieu, à l’amour de Dieu.

Le caractère de Dieu est ici imprimé à l’Assemblée ; c’est « l’Assemblée de Dieu ». Il y avait une « assemblée de Dieu à Corinthe ». Il y avait un ensemble de gens qui se rassemblaient et qui pouvaient être appelés « l’Assemblée de Dieu ».

C’était quelque chose d’entièrement nouveau alors, dans un monde païen, monde marqué par tout le déploiement et toutes les prétentions de la sagesse humaine, mais aussi tout le débordement d’une immoralité dont précisément cette ville de Corinthe était comme un symbole, ville à la fois très riche et très dissolue, riche en temples aussi bien qu’en toutes sortes de choses matérielles, mais l’un des lieux par excellence du paganisme dans ce qu’il avait de plus brillant. Il y avait aussi une synagogue, où Paul a prêché (Act. 18).

Mais voici qu’il y avait là maintenant autre chose : une Assemblée de Dieu, « l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe » ; une expression visible – et responsable, mais comblée de dons et de privilèges – de ce qui peut être appelé « l’Assemblée de Dieu ».

Elle est caractérisée par Dieu Lui-même, par ce que Dieu est, et elle est appelée alors à marcher en rapport avec ce que Dieu a révélé de Lui-même en Christ. Il ne s’agit pas de nous, lorsque nous parlons de l’Assemblée : il s’agit de Dieu et de l’Assemblée de Dieu ; ce n’est pas notre caractère qui est à mettre en avant, c’est le caractère de Dieu. Et il semble que cela prend un relief particulier quand nous pensons à cette Assemblée « à Corinthe ».

C’était une assemblée jeune ; elle existait depuis trois ou quatre ans au plus quand Paul a dû leur écrire cette lettre. Elle avait été enseignée par Paul, par Apollos, certainement aussi par des docteurs venus des milieux juifs, par Céphas. Ils avaient reçu des dons de grâce. Ils avaient été enrichis en toute parole et toute connaissance. En peu de temps, ils avaient certainement appris beaucoup.

Mais ils n’avaient pas la Parole telle que nous l’avons : ils n’avaient pas l’épître aux Éphésiens, ni celle aux Colossiens, ni celle aux Romains. Seules les deux épîtres aux Thessaloniciens avaient été écrites. Cela explique dans une mesure cette ignorance dans laquelle beaucoup se trouvaient, malgré la connaissance dont ils étaient fiers.

Cela nous amène à dire et à confesser combien nous sommes plus responsables et moins excusables qu’ils ne l’étaient. S’ils avaient été enrichis en toute parole et toute connaissance, qu’avons-nous entre les mains ? La Parole toute entière : et tout ce qui, génération après génération, réveil après réveil ; selon les opérations de l’Esprit de Dieu et la sagesse de Dieu a été remis en lumière suivant les besoins. Combien sommes-nous plus privilégiés que-les Corinthiens !

Or, nous sommes vite disposés à leur jeter la pierre, à dire : comme ils jouaient puérilement avec les dons qu’ils avaient reçus… ils s’enorgueillissaient des dons reçus. Mais que dire de l’esprit auquel nous ne participons que trop, qui est l’esprit de Laodicée, qui ne dit pas : Dieu m’a enrichi, mais : « je me suis enrichi, je n’ai besoin de rien ».

Car, nous sommes à l’autre extrémité de l’histoire de-l’Église sur la terre. Mais, pour les Corinthiens à ce moment-là, à la mise en route de ces assemblées formées dans le monde païen, aussi bien que dans nos temps, ce qui importe, c’est de revenir à ce que Dieu a établi.

Et dans ces versets, bien qu’ils fassent appel sans cesse à notre responsabilité, il y a, on peut dire, uniquement ce qui est de la part de Dieu.

C’est notre responsabilité de maintenir cela et de le faire ensemble. Il faut d’abord marcher individuellement. Dieu nous a donné une position et tout ce qui est nécessaire pour nous y maintenir. Le niveau n’a pas changé ; la sainteté du nom de Christ est toujours la même, c’est nous qui en abaisserions vite le niveau.

Mais les ressources sont immenses, infinies ; elles vont jusqu’à « la journée de notre Seigneur Jésus Christ » et tout est fondé, d’un côté sur les conseils de Dieu, de l’autre sur sa fidélité dans ses voies pour amener toutes choses à l’accomplissement de ses desseins.

Dans ce chapitre tout particulièrement, le nom qui domine est celui de Dieu Lui-même. Paul est apôtre appelé « par la volonté de Dieu ». L’assemblée qui est à Corinthe, c’est l’assemblée de Dieu. Plus loin, quand l’apôtre rend grâce à Dieu, il parle de « la grâce de Dieu qui vous a été donnée » ; puis « Dieu est fidèle » ; puis ensuite, il sera question de ce qu’il a plu à Dieu, en contraste avec la folie des hommes, puis de « Dieu qui a choisi les choses folles du monde pour couvrir de honte les choses sages ». Enfin, l’apôtre dira ce que nous, les croyants, ce que vous, les Corinthiens, « vous avez été faits de la part de Dieu ».

Alors, quand il est question de l’Assemblée de Dieu, nous voyons à quelle hauteur nous nous trouvons placés, quelle dignité est conférée à une assemblée, qui est « l’Assemblée de Dieu ». Il est plus souvent parlé, dans la Parole, de « l’assemblée de Dieu » que de « l’assemblée de Christ » ; ici, en contraste aussi bien avec le monde païen qu’avec le peuple juif. C’est certainement la pensée à laquelle nous avons toujours à revenir, que l’Assemblée n’est pas notre chose, qu’elle n’est pas une réunion de chrétiens selon leurs meilleures intentions, leur meilleure volonté. Elle est l’assemblée de Dieu, elle n’est pas l’assemblée des hommes.

L’épître aux Éphésiens nous fait connaître de la plus complète manière le conseil de Dieu quant à l’Église, l’Assemblée, et la position de celle-ci ; elle affirme les choses de la façon la plus forte et la plus sensible. La position des chrétiens, de l’Église, est aussi immuable que la volonté de Dieu. Dans l’épître aux Éphésiens, nous avons la nature, le caractère, la constitution de l’Assemblée ; c’est là que nous apprenons qu’elle n’avait pas été connue auparavant. C’est Paul, et Paul seul, qui a fait connaître l’Assemblée. Mais, quelque élevé que soit le point de vue présenté dans l’épître aux Éphésiens, le Saint Esprit descend aux exhortations les plus ordinaires.

Mais, dans l’épître aux Corinthiens, dans la première surtout, l’Assemblée nous est présentée sous un jour extrêmement instructif. Nous y avons l’Assemblée, pour ainsi dire « portes et fenêtres ouvertes ». Nous voyons ce qui se passe, pratiquement, dans une assemblée comme celle de Corinthe. Et nous comprenons alors combien ces instructions sont opportunes, car ce qui se passe à Corinthe, dans cette ville cultivée et corrompue, se reproduit bien des fois, et surtout de nos jours où la culture et les « progrès », comme on les appelle, se manifestent d’une façon frappante. Le développement de la culture, de la civilisation, va de pair avec le développement de la volonté de l’homme et de la corruption.

L’assemblée de Corinthe vivait dans cette atmosphère, qui l’influençait particulièrement. Cela est encore vrai aujourd’hui. Chacun qui est exercé dans son assemblée peut se rendre compte de quelle manière le monde actuel produit de profonds ravages dans l’état des saints, l’état intérieur, et leur comportement collectif : la culture, la richesse – les frères n’ont jamais ,été aussi riches qu’aujourd’hui ; ce n’est pas un avantage.

Alors, aussi, nous sommes extrêmement reconnaissants envers le Seigneur qu’Il nous ait donné ces récits, ces faits, l’histoire de Corinthe dans des faits sans lesquels, si nous n’avions pas cette épître, nous pourrions être tout à fait découragés et nous pourrions nous demander s’il existe au monde, en ce jour, une assemblée digne de ce nom, étant donné les choses qui se manifestent dans les rassemblements des saints.

Eh bien, avec Corinthe, et dans la manière dont le Seigneur s’occupe d’un état qui n’était pas brillant, nous pouvons trouver des encouragements et des instructions pour pouvoir allier la grâce à la vérité, comme c’est fait dans toutes ces lignes. La grâce fermerait les yeux sur tout, et Dieu ne ferme les yeux sur rien. Il nous dit tout ce qui se passe là ; et les choses écrites ici sont telles que ceux qui ne veulent pas écouter Dieu disent que la Bible n’est pas faite pour être mise entre toutes les mains.

Et pourtant la Bible est faite pour toutes les mains. Grâce soient rendues à Dieu de ce qu’Il veut nous élever jusqu’à Lui pour que nous sachions descendre dans toutes les circonstances qui ne peuvent pas ne pas se produire dans les assemblées des saints. Dieu ne veut pas que nous fermions les yeux. Il nous enseigne à les ouvrir, mais avec un esprit que Lui veut nous donner. Si la vérité doit être à l’œuvre, la grâce est liée à elle, elles ne se séparent jamais.

Nous n’avons pas à reculer devant les tableaux donnés là, au contraire. Dieu est toujours pratique envers nous. Il ne nous donne jamais une vérité haute sans qu’Il en fasse découler des conséquences élémentaires. Nous en avons besoin tous les jours. Et Dieu veuille que ce sujet soit profitable à chacun de nous et aux assemblées auxquelles nous nous rattachons.

Une assemblée ne se tient pas debout seule, ni par la vertu des frères et sœurs ; la chair est plus forte que tous les frères et toutes les sœurs, mais elle n’est pas plus forte que Dieu. Le monde est plus fort que tous les frères, mais il n’est pas plus fort que Dieu. C’est notre ressource, la seule.

Et dans ce chapitre – il est impossible de séparer le préambule de ce qui suit – nous voyons que si Dieu met l’Église à une position si élevée, position assurée pour toujours, nous voyons à cause de quoi Il a pu faire cela, et nous voyons ce qu’Il a fait pour chaque croyant qui fait partie de cette assemblée : la destruction de l’homme ; du premier Adam rempli de prétentions autant que de vices, sa destruction par la croix de Christ.

Et c’est pourquoi ceux qui sont des membres de cette Assemblée, sont des personnes chez lesquelles, en tous lieux et dans tous les temps, Dieu avait produit une transformation intérieure, fondamentale. Il les avait liés à Christ. Il leur a donné de saisir Christ, et par là de trouver en Christ sagesse, justice, sainteté, rédemption. Ces problèmes ne pouvaient pas être éludés, sans quoi jamais Dieu n’aurait pu amener quiconque dans sa présence glorieuse.

Dans ce chapitre, Dieu montre de quelle façon l’homme a été annulé. C’est une chose importante, et dont nous reparlerons aussi. C’est intéressant, parce que Corinthe était une ville brillante aux yeux du monde. On se vante aujourd’hui de la civilisation grecque, on s’y reporte volontiers, on y conduit les générations qui viennent. Le Seigneur nous conduit à ce qu’Il a donné, Lui, à Corinthe, non pas à ce que le monde à donné à Corinthe, et pour tous les saints de Dieu, dans tous les temps ; voilà la culture que Dieu donne à ses saints, celle que nous avons à rechercher avec diligence.

« Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur ». Il y a aussi des philosophes, des moralistes, des théologiens de nos jours, partout, de toute nature et de toute espèce, et des gens qui enseignent des vérités dites chrétiennes et qui sont la destruction de la vérité chrétienne. Mais ceux qui sont liés à Christ sont personnellement dans une position inchangeable, fixée pour toujours.

L’Assemblée ne comprend pas que les chrétiens parmi les frères mais les chrétiens où qu’ils soient. Si nous ne pensons pas à cela, nous sommes sectaires de cœur. Mais ayons le cœur aussi large que Dieu, – ce qui doit être. Nous devons avoir nos pieds dans le sentier très étroit de la séparation de tout ce qui est du monde, de la chair : tout cela a été condamné à la croix. Mais n’oublions jamais. que dans cette localité, il y a sûrement beaucoup de personnes qui font partie de l’Assemblée, sans bien savoir ce qu’est l’Assemblée. Nous devons penser à elles. Tout cela s’adresse à elles.

C’est une épître très importante de nos jours ; elle nous instruit quant à la vie pratique de l’Assemblée. C’est là que nous voyons qu’on doit ôter le méchant ; nos conducteurs ont appliqué cela, mais ils nous montrent dans quel esprit cela doit être fait. Cette seule pensée montre que la position de ceux qui limitent la responsabilité d’une faute à celui qui l’a commise bravent l’Écriture.

Dans tout ce premier chapitre, nous avons la destruction des prétentions de l’homme. C’est important pour la jeunesse chrétienne. Les frères et sœurs plus âgés qui l’entourent ne l’aident pas toujours, nous pouvons le reconnaître. Le Seigneur veut les convaincre de ce fait, fondamental pour la carrière chrétienne, que si Jésus est mort pour le chrétien, pour lui assurer son salut, le chrétien est mort avec Christ, et toute la volonté du chrétien est détruite. Un chrétien n’a pas le droit de faire sa volonté : voilà la perfection chrétienne. Et si nous étions tels, bien des choses ne se verraient pas dans les assemblées.

La grâce présente le conseil de Dieu, la pensée de Dieu quant aux saints et quant à son Assemblée ; avec le secours de l’Esprit, tournons-nous toujours vers les Écritures.

À la fin de ce premier paragraphe, nous lisons que « Dieu… est fidèle ». Fidèle à ses conseils immuables, parce qu’Il les a conçus Lui-même et pour sa propre gloire ; fidèle à ses promesses : dans le Christ Jésus, elles sont « oui et amen » ; fidèle à son conseil de grâce à notre endroit, nous accompagnant comme saints et prenant soin de nous comme Assemblée, dans bien des circonstances où, comme on vient de le dire, nous risquerions d’être désemparés, cherchant en vain dans les archives de l’expérience chrétienne, ou dans nos propres expériences chrétiennes, la sûre ligne de conduite. Et cette fidélité de Dieu produit dans nos cœurs la confiance.

Y aurait-il possibilité de découragement pour ceux qui portent le deuil, qui mènent vraiment deuil sur l’état présent de l’Assemblée ? Des sujets à humiliation, certes. Et nous ne porterons jamais trop le deuil de ces circonstances, en confessant la part que nous avons prise à la faiblesse et à l’infidélité. Là nous sommes dans le chemin du Seigneur. Mais le sentiment que l’Assemblée est l’Assemblée de Dieu, la certitude que le fondement qu’Il en a posé lui-même (ce qu’en 2 Timothée 2. 19, Paul appelle « le fondement de Dieu »), la certitude qu’il est inébranlable parce qu’il est divin, voilà qui garde nos cœurs de tout découragement. L’apôtre revient à cette parole : « Dieu est fidèle ».

Au résidu remonté de la captivité, qui avait eu un élan de cœur – il y avait eu de la joie, du dévouement ; puis l’ennemi était entré dans la place, les avait conduits à perdre de vue les droits de Dieu ; interrompant le travail de sa maison, ils étaient allés s’occuper de leurs propres maisons – nous savons comment l’Esprit de Dieu, par le moyen d’Aggée, produit en eux des sentiments de vraie contrition et renouvelle en eux le sentiment de la consécration.

Alors, après avoir réveillé, fait des reproches, présenté la nécessité d’un redressement, voilà que Dieu s’approche d’eux et les rassure : « Ne craignez pas ; ma Parole et mon Esprit demeurent au milieu de vous », et il porte leurs regards vers la gloire dernière de la maison et vers la Personne de Celui qui l’occupera dans les jours près d’être manifestés, quand « les cieux béniront la terre et que la terre répondra aux cieux ».

Chers frères et sœurs, si en toute droiture, humilité, nous portons le fardeau de circonstances qui nous affligent, si nos cœurs confessent en toute vérité devant Dieu la part que nous y avons prise, voici que, dès l’entrée de cette épître si riche en instructions, mais aussi en reproches, il est dit : « mépriseriez-vous l’Assemblée de Dieu ? » Voilà que Dieu affirme sa fidélité envers Lui-même et envers ce qu’Il a établi.

Dieu nous rappelle ses ressources, il applique comme de nouveau à nos âmes cette Parole, qui est sa parole à Lui, pour qu’il ne reste rien de nous-même, mais nous présente Christ, son Envoyé ici-bas, Celui dont l’œuvre ici-bas est le fondement sûr de ce qui s’appelle l’Assemblée de Dieu.

Cette épître peut se résumer par ces mots : « l’ordre dans l’Assemblée de Dieu – l’ordre dans la Maison de Dieu ».

Une maison revêt le caractère de celui qui en est le chef, qui l’a bâtie. De sorte qu’on n’a pas de peine à discerner – le monde le premier – dans cette maison, le caractère de celui qui en est le chef. Dieu va nous dire tout ce qui, dans nos maisons, par notre faute, ne porte pas son caractère. Il avait bien des égarements à reprendre, et il va mettre le doigt sur ce qui laisse à désirer et donnera le moyen d’y remédier. Il peut ramener toute âme à l’obéissance qui lui est due.

Que Dieu nous accorde de penser à ces choses en toute soumission, en toute humilité, mais en toute confiance. « Dieu est fidèle ».

Corinthe a disparu, il y a longtemps. Éphèse aussi, et les autres assemblées de ces époques-là. Quel est le chemin qu’a suivi l’Église, depuis ce temps jusqu’au siècle dernier ? Ce serait un sujet intéressant à pouvoir considérer, mais des devoirs plus pressants nous appellent.

En rapport avec cette fidélité de Dieu, qui heureusement est éprouvée en tous temps par la foi, nous sommes au bénéfice de l’œuvre que Dieu, dans sa fidélité, a accomplie il y a maintenant pas mal de dizaines d’années, et par laquelle ont ressurgi dans le monde chrétien des rassemblements. Ils étaient fondés sur les principes donnés par l’Écriture au temps des apôtres. Sans donner de développement sur ce point, je désire insister sur l’extrême importance de ce fait historique, et le lier à une parole du Seigneur, dans laquelle se montre la fidélité de Dieu et la fidélité de Christ à l’égard de l’Église ; elle a été un point d’appui et elle peut être un point d’appui pour nous tous, cette parole du Seigneur dans l’évangile, souvent citée : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20).

Voilà un fait merveilleux et en rapport avec ce qui nous a été dit du résidu revenu, quoiqu’il n’ait pas été aussi spectaculaire que ce qui s’est produit par exemple à la Réforme, le fait merveilleux que la grâce de Dieu, du Dieu fidèle, que ce que le Saint Esprit à produit au siècle dernier : il a conduit des âmes fidèles à retrouver dans des jours de ruine l’essentiel des bénédictions du commencement, sauf la différence entre ces temps de la fin et ceux du commencement, qui réside surtout dans le fait qu’il ne pouvait plus y avoir la même puissance. Mais c’est le même Esprit, le même terrain. Et les rassemblements qui ont été produits, qui existent encore – en tout cas s’ils ont été formés sur le terrain scripturaire – sont dans la même position qu’étaient les assemblées au temps de l’apôtre Paul.

Ceci donne un aperçu de l’immense importance du rassemblement fondé sur le terrain scripturaire, l’immense prix pour Dieu Lui-même et le Seigneur.

Pourquoi la puissance n’est pas, et ne peut pas être la même ? Parce que, depuis les temps des apôtres, trop de péchés, trop de choses répréhensibles se sont produites dans la chrétienté et contristent le Saint Esprit, pour que la puissance du Saint Esprit puisse se déployer comme autrefois. Mais, en grâce, les fidèles de nos jours peuvent goûter les bienfaits apportés par l’Esprit à un rassemblement par le ministère de la Parole, si les cœurs sont droits.

L’Assemblée a toujours existé depuis la Pentecôte. Dans les temps les plus sombres de son histoire sur la terre, il y a toujours eu, par la grâce de Dieu, des croyants, il y a toujours eu des enfants de Dieu ; peut-être entraînés par des enseignements erronés dans les pires ténèbres, mais il y en a toujours eu ; il y a une continuité dans cette histoire ; il y a toujours eu le travail de Dieu, de l’Esprit de Dieu, pour réveiller, appeler, vivifier des âmes.

L’Assemblée, si nous la considérons quant la pensée de Dieu, quant à ce qu’elle est pour Dieu, pour Christ a toujours existé. Mais, comme cela a été rappelé, par la faute des hommes, par l’incurie de ceux qui avaient à nourrir les âmes par tout ce qui s’est glissé parmi les saints et qui a supplanté l’action de l’Esprit, la manifestation visible de l’Assemblée sur la terre, on peut dire qu’elle a été, d’une manière générale totalement interrompue pendant des siècles et des siècles.

Nous disons d’une manière générale parce que nous ne savons pas tout ce que Dieu a pu produire, permettre, ici et là, ce qu’Il a pu reconnaître, les quelques rassemblements de croyants très ignorants, très simples, mais réunis malgré tout au nom du Seigneur.

Mais puisqu’Il nous a fait l’immense grâce d’avoir reçu un enseignement qui est bien celui du Saint Esprit éclairant la Parole dans nos temps et en vue du retour du Seigneur, nous sommes placés en présence de ceci : Dieu a voulu, et Il veut, qu’il y ait maintenant des rassemblements de chrétiens exprimant ce qu’est l’Assemblée de Dieu.

Et voilà notre responsabilité ; elle a été celle des chrétiens de tous les temps ; elle est devant nous d’une manière toute particulière ; elle se lie à la grâce de Dieu qui a ainsi opéré dans les derniers jours.

De même que, dans ce temps-là, l’apôtre inspiré pouvait écrire aux Corinthiens (1. 4) : « Je rends toujours grâce à mon Dieu pour vous, à cause de la grâce de Dieu qui vous a été donnée dans le Christ Jésus, de ce qu’en toutes choses, vous avez été enrichis en lui en toute parole et toute connaissance » eh bien, de même nous pouvons dire, dans les temps où nous sommes, que ce réveil, celui du cri de minuit, ce réveil merveilleux a été par l’Esprit de Dieu. Nous en sommes des bénéficiaires et il nous en sera demandé compte.

Nous sommes ramenés, ici, à ce-qui dès le commencement, a été placé devant les saints quant à l’Assemblée et quant à ce que les saints rassemblés doivent montrer sur cette terre, c’est-à-dire les caractères d’une Assemblée de Dieu, non pas d’une assemblée des hommes. L’épître est adressée « à l’Assemblée de Dieu qui est à Corinthe », mais pas seulement à elle : « … avec tous ceux-qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, et leur Seigneur et le nôtre », qui invoquent ce Nom et reconnaissent sa seigneurie, qui sont placés là non pas selon leur propre volonté, d’après leurs propres efforts, mais de par le conseil de Dieu en Christ.

Première chose : « sanctifiés dans le Christ Jésus » – voilà le propos de Dieu – et qui ensuite ont été l’objet d’un appel particulier, distinct, de Dieu : « saints appelés ». Ensuite, au v. 9 : « … appelés à la communion de son Fils » ; v. 24 : -« … ceux qui sont appelés ». Aussi (v. 26) leur est-il recommandé de considérer leur appel : « Car considérez votre appel, frères… ». Ah ! ce n’est pas de la volonté de l’homme, de la volonté de la chair ; c’est de la puissance de Dieu.

Et Dieu met à la disposition des siens, de ceux qui sont sanctifiés, saints par appel et maintenant appelés à vivre dans cette séparation, dans cette sainteté, toutes les ressources nécessaires. On ne saurait trop insister là-dessus, parce que nous sommes toujours tentés de rabaisser le niveau en considérant l’état où nous sommes. Dieu dit : je n’ai rien à faire avec l’état où vous êtes, sinon pour vous amener à le juger. Dieu dit : C’est mon Assemblée, portant mon caractère. C’est ainsi qu’elle sera dans la gloire.

Dans l’Apocalypse, nous voyons l’Assemblée qui descend du ciel ; c’est l’avenir sans doute, mais, c’est ce qui est placé devant nous. Nous attendons la révélation de notre Seigneur Jésus Christ, et nous avons besoin d’être assurés que l’Assemblée de Dieu aura bien ce terme glorieux. Oui ! Pourquoi ? Parce qu’il s’agit des conseils de Dieu. Mais comment attendre cette révélation de Jésus Christ, quand nous sommes sans cesse ramenés si bas, quand nous nous trouvons dans un état si déplorable ? Vous pensez avoir quelque force en vous, quelque énergie.. ? Non.

Mais, il y a quelqu’un qui est fidèle, et qui a la puissance de vous affermir jusqu’à la fin, pour être irréprochables dans la journée de notre Seigneur Jésus Christ (v. 8) c’est-à-dire sa manifestation en gloire au milieu de ce monde, « glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2 Thess. 1. 10).

La ressource est là ; il n’y en a point en nous-mêmes, il n’y en aura jamais. Ce que nous sommes, ce que nous étions dans notre état de nature, incapables et indignes, nous le trouvons plus loin. Et il a fallu l’appel de Dieu, la grâce de Dieu. Quant à notre état précédent, notre état naturel, nous étions voués à la mort, dignes de mort, et nous avons été mis à mort. Le vieil homme est entièrement mis de côté.

La promesse est sûre : « il vous affermira jusqu’à la fin ». Comment se fait-il que nous boitions à chaque pas, que nous parlions, avec tant de raisons, de notre faiblesse, de nos misères ? Parce que nous ne saisissons pas la promesse dans sa valeur sa simplicité et nous n’en savons pas tirer les conséquences pratiques.

Toutes les promesses sont toujours faites à la foi, pas à l’homme naturel. C’est la foi qui s’empare des promesses. Ce qui nous manque au premier chef, c’est la foi, c’est de nous emparer des paroles de Dieu et de paroles d’encouragement comme celles-ci et comme celles qui terminent l’épître de Jude (v. 20) : « Or, à celui qui a le pouvoir de vous garder sans que vous bronchiez et de vous placer irréprochables devant sa gloire avec abondance de joie ». Que notre foi saisisse ces choses ! Elles sont écrites pour notre encouragement.

Mais, c’est à la lumière même de ces expressions de la grâce de la puissance de Dieu – ce qu’Il a fait de vous : corme individus, des saints ; comme ensemble, une assemblée de Dieu ; l’excellence de tout ce qu’il vous a donné demeure : la Parole, les dons nécessaires ; par ce côté-là, tout est parfait. C’est à la lumière de cela que les manquements, les souillures, les inconséquences apparaissent sous leur vrai jour comme le produit du vieil homme : « Vous êtes charnels » (3. 2).

L’apôtre met en relief ces divisions sur le plan de l’enseignement (doctrine) ; ils se réclamaient de docteurs différents et on comparait et on rivalisait, on se rangeait sous un nom : « moi, je suis de Paul ; et moi, d’Apollos ; et moi, de Céphas ; et moi, de Christ ». – comme si Christ était un docteur parmi les autres ! – « Le Christ est-il divisé ? » D’un mot, l’apôtre met en lumière la vérité fondamentale, essentielle, celle que l’on oublie parce que l’on s’attache à des portions de vérités auxquelles alors s’ajoute facilement l’erreur et ainsi peut se former une secte, une division, telle que nous l’avons ici : l’homme est mis en avant au lieu de Christ.

C’est pourquoi la croix de Christ est présentée ensuite. Paul dit : mon service n’était pas de faire des adeptes à ma doctrine, mais présenter Christ Lui-même. Et qu’est-ce que présenter Christ ? C’est présenter au monde Celui que le monde a mis en croix. Voilà ce que la sagesse du monde et la religion des Juifs ont produit : ils ont crucifié Christ Lui-même.

Mais cette parole de la croix, elle est la puissance de Dieu, qui est folie à ceux qui périssent. « … la folie de la prédication ». Il s’agit pour les hommes de mettre en regard de leur propre sagesse, de leurs propres pensées, de leur religion, la présentation d’une personne, Personne dans laquelle Dieu est venu révéler son amour, sa puissance pour le salut des âmes, et glorifier ainsi sa propre sagesse.

Celui que le monde a mis en croix, c’est Celui par qui nous obtenons le salut, et « nous prêchons Christ crucifié ». Or, c’est ce Christ qui vous a été fait – à vous qui avez cru en cette Personne, qui avez reçu simplement cette parole qui est folie pour la sagesse humaine – la prédication de la croix – c’est un tel Homme qui vous a été fait de la part de Dieu Lui-même, sagesse, justice, sainteté, rédemption (1. 30).

Vous avez un sujet de gloire désormais. Le croyant a un sujet de gloire. Dans ce monde, on se glorifie facilement de ses relations, de ses ascendances, de ses mérites – tout cela est quelque chose de bien pauvre au regard même d’une sagesse humaine. Mais pouvoir se glorifier dans le Seigneur, pouvoir dire : il y a quelqu’un qui est pour moi, que Dieu a fait pour moi sagesse, justice, sainteté, rédemption, tout ce dont j’avais besoin et que je ne trouvais pas en moi, quel sujet de gloire !

Alors, appelés d’une telle Personne, d’un tel Nom, que comptent Paul, Apollos, Céphas, le nom de Christ Lui-même si on le rabaisse, comme c’est le cas aujourd’hui, à un conducteur d’hommes, à un moraliste ? Se glorifier dans le Seigneur !

Et c’est ainsi que, dès le début de cette épître, donnant le ton à toute l’épître, l’apôtre inspiré place ce qui est, visiblement, sur la terre, un rassemblement d’hommes, de gens, sur ce plan infiniment élevé de l’Assemblée de Dieu. Voilà ce que vous êtes : vous n’avez pas à marcher de façon à l’être, mais vous êtes l’Assemblée de Dieu et vous avez à marcher comme l’étant. C’est tout autre chose que ce que bien souvent nous serions tentés de rechercher.

On peut souligner encore un point relatif au v. 2. On le retrouve au ch. 12. C’est un point d’une immense valeur. L’apôtre s’adresse, au v. 2, aux croyants de Corinthe et aussi à « tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, et leur Seigneur et le nôtre ». Et au ch. 12 : « vous êtes le corps de Christ ». Chacun pourra étudier cela d’un peu plus près, mais nous voyons là une vérité que nous citons quelquefois et une pensée que nous devrions tous avoir : c’est qu’une assemblée locale est la représentation de l’Assemblée toute entière.

Au début, tous les chrétiens étaient en un même lieu. C’était réalisable. Et puis, le nombre augmentant, cette réalisation devenait impossible. Le Seigneur a pourvu à cela en établissant des rassemblements locaux. Nous trouvons ici que chacun d’eux représentait l’Assemblée universelle ; c’est encore plus vrai lorsque les chrétiens sont disséminés un peu partout.

Une assemblée locale établie par le Seigneur, qu’Il approuve et reconnaît, représente l’ensemble de tous les chrétiens du monde, de tous les milieux. L’assemblée de cette localité représente l’ensemble de tous les chrétiens de la localité, mais plus largement l’Assemblée universelle.

Conséquence pratique : une admission ou une exclusion est automatiquement valable pour tous les rassemblements du monde et l’existence de lettres de recommandation confirme cela.

Il est hautement souhaitable que les frères et les sœurs plus jeunes sondent les Écritures. Sinon, qu’ils ne chantent pas comme ils le font, et nous tous avec eux, que nous aimons le Seigneur : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole » – toute la Parole. Que faisons-nous souvent ? Nous ne prenons même pas la peine de lire le travail d’ouvriers du Seigneur, ouvriers de première force, d’une très grande fidélité. Nous pouvons encourager les jeunes à remonter à cette source-là.

Nous avons aussi été frappés de l’insistance avec laquelle ces conducteurs – ils sont dignes de ce nom – revenaient à ces questions de rassemblement, du terrain de l’unité du corps, question de la position des chrétiens et de l’Église en Christ, en dehors du monde, et en dehors de la chair (car la chair et le monde ne se confondent pas toujours). En avançant, nous nous rendons compte un peu plus de la valeur de ces serviteurs, de ces chrétiens attachés aux fondements de la vérité. Veuille le Seigneur faire que l’étude de la vérité attire nos cœurs. L’engagement ne se réalise pas sans des renoncements : vous ne vous engagez pas dans des études humaines sans réaliser souvent pendant de longues années, de sévères sevrages. À combien plus forte raison, et par la foi, vaut-il la peine de savoir se sevrer, parce qu’on a des motifs divins de le faire.

Ce v. 2 et le v. 27 du ch. 12 sont peut-être les deux seuls passages dans l’épître qui nous donnent d’une manière positive l’importance du rassemblement local. N’y aurait-il qu’une seule assemblée que le Seigneur reconnaisse, elle représenterait à elle seule l’assemblée universelle.

Un chrétien n’est pas à lui seul « colonne et soutien de la vérité », même pas un apôtre, mais l’assemblée seule. Dans des jours de désordre inouï comme les nôtres, un rassemblement local doit se comporter comme si toutes les assemblées du monde avaient suivi fidèlement les enseignements que le Seigneur a donnés par les apôtres : ils ne sont jamais périmés, ils sont une vérité éternelle dans leur valeur et dans leur application pratique pour tous les temps de l’histoire de l’Église ici-bas.

Le Saint Esprit nous élève toujours à la hauteur de Dieu ; c’est toujours la bonne façon de voir la vérité, de la. voir comme Dieu – soit qu’il s’agisse de notre anéantissement comme homme, soit qu’il s’agisse de notre élévation en Christ.

Nous nous sommes demandés, nous aussi : mais où ont puisé ces docteurs qui ont fait ces écrits si riches ? Ils étaient des travailleurs, ils vivaient simplement. Heureux serviteurs ! Heureux chrétiens ! car ils nous intéressent autant comme chrétiens que comme serviteurs. On ne peut s’attribuer le don d’un autre, mais on est exhorté à imiter sa foi. La fidélité est supérieure à tout don. La reproduction de la vie de Christ dans un individu est supérieure à tout don, parce que c’est Dieu dans l’homme et c’est le seul vrai témoignage.

La valeur d’un rassemblement scripturaire réside en ceci : c’est que le Seigneur est là ; Dieu est là. Éphésiens 2. 22 : « vous êtes une habitation de Dieu par l’Esprit ». La qualité humaine de ceux qui forment le rassemblement est d’une importance nulle. On nous ferait croire qu’il y faut des élites. Dieu se charge de les appeler. Et la qualité du témoin est le fruit de l’attachement au Seigneur. Christ doit suffire.

Nous n’en sommes pas là, mais comme application; nous retrouvons ce qui est dit ici. S’il est parlé de ce que Dieu a fait en Christ et par Christ, de ce que Christ est pour nous, c’est pour nous montrer la nécessité de cette élimination du moi avec ses capacités et ses qualités aussi bien que ses défauts. Un frère très aimable peut n’être pas du tout spirituel. Ce ne sont pas les qualités naturelles qui donnent la supériorité à un croyant ; c’est la présence de Dieu dans un homme, par le Saint Esprit, qui l’ait que cet homme est spirituel.

Plus les chrétiens sont évangéliques et bibliques (près de la Bible) plus ils sont divisés. Nous avons à courber la tête devant cela, mais nous avons à chercher et à suivre le sentier que le Seigneur a maintenu pour le jour de tous les désastres.

Il y a un-sentier. « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux ». Mais « assemblés en son nom » sous-entend l’activité de la foi.

Le Saint Esprit savait bien qu’il y avait des disputes à Corinthe. Et les disputes qui n’ont pas une origine doctrinale ne sont pas moins nuisibles. Le remède, c’est que chacun revienne à la vérité que le Seigneur est la seule ressource pour la vie pratique du croyant comme Il a été sa seule ressource pour qu’il puisse devenir tel.

Ne se glorifier qu’en Dieu ! Frères et sœurs, nous savons combien vite percent des pensées de satisfaction, même quant à notre fidélité, quant à notre service indiscutablement reçu du Seigneur. Il faut veiller à ne pas nous glorifier autrement que dans le Seigneur. Cela exige un exercice quotidien de la part de chacun.

Les troubles dans les assemblées, en dehors des questions de doctrine, proviennent toujours de ce que la chair perce, se montre, que quelqu’un que ses capacités mettent en avant oublie qu’il n’est rien aux yeux du Seigneur et ne doit être rien à ses propres yeux. Il y a des remèdes divins pour que les maux trouvent une guérison : ce n’est pas une morale, c’est Christ prenant dans le cœur une place qu’Il n’avait pas ou qu’Il avait perdue.

Toute la vie chrétienne de l’individu, de l’Église, se joue dans le cœur des saints et dans leur conscience.

Et alors, aussi, nous devons nous aider. Supposons qu’un frère s’imagine tout à coup qu’il est un chef, qu’il ait cette pensée dans son cœur ; s’il ne le juge pas, il peut se troubler et troubler les autres. C’est un mal de tous les temps.

On n’a pas Dieu avec soi quand on en est là et quand on ne l’a pas avec soi, on l’a contre soi, parce que Dieu n’est jamais indifférent à ce que nous sommes. L’apôtre réalise qu’il n’est rien ; il écrit : « ni celui qui plante n’est rien, ni celui qui arrose » (3. 7).

Et nous avons eu des frères et des sœurs qui nous ont fait sentir cela, cette réalisation de Christ en eux qui élimine le moi, sans qu’un effort personnel soit à l’origine de cela, mais la grâce divine. Ils manifestaient cette vie de Christ. L’apôtre disait : Je ne suis rien, que le premier des pécheurs. Cette place est prise par lui. Heureux Paul, heureux homme ! « Je suis moins que le moindre des apôtres ».

Quels que soient nos services, quelle que soit la fidélité avec laquelle nous pouvons les accomplir, que Dieu nous fasse la grâce d’être remplis du sentiment croissant de notre néant. C’est le bon état. Il n’y a pas de bonheur pareil sur la terre au milieu des exercices et des peines.

Et lorsque des corps de chrétiens, de vrais chrétiens, ont été établis, édifiés par la volonté des hommes pour former un rassemblement qui n’est pas fondé sur la vérité de l’unité du corps de Christ dans la condamnation du premier Adam, dans la recherche de la présence du Seigneur seul et de sa gloire seule, sans qu’aucun homme ait le droit de s’attribuer dans cette présence une parcelle de cette gloire, alors un tel groupement est condamné. Dieu peut bénir la foi et il le fait. Mais ce terrain là n’est pas scripturaire. L’Assemblée rend le témoignage dans le monde entier que le premier Adam est condamné entièrement. Et si même des frères tendent à faire d’eux un certain centre, ils ont dévié du chemin de la vérité.

Le Seigneur est la seule tête du corps, le seul chef de l’assemblée. De la tête, qui est unique, et seulement d’elle découlent toutes les grâces nécessaires pour tous les temps, pour tous les services, évangélisation comprise ; si ce n’est pas le Seigneur qui envoie un évangéliste, il n’est pas un évangéliste fidèle.

C’est le Seigneur qui commande ; nous n’avons tous qu’à obéir. Il n’y a pas de place meilleure que celle-là.

Mais aussi, lorsqu’un frère ou des frères ont une tendance à exercer une activité indépendante, ils s’écartent du chemin que le Seigneur a tracé. Les frères sont instruits quant au sens à la valeur du rassemblement autour du Seigneur. Rassemblés autour de Jésus, c’est reconnaître sa seigneurie seule, sans qu’aucune autre autorité vienne intercepter la gloire du Seigneur.

Vous frustrez un frère si votre service fait que vous vous interposez entre lui et le Seigneur. Nous frustrons les âmes si nous nous plaçons, d’une manière ou d’une autre, entre ces âmes et le Seigneur, quand nous cherchons, même sans nous en rendre compte, à détourner sur nous ce qui est dû au Seigneur seul. Ceci est d’une bien grande importance de nos jours.

Je voudrais seulement attirer l’attention sur ce qui a été l’objet de la prédication de l’apôtre, ce qui est à la base de toute connaissance de Christ, de Dieu par Christ, comme aussi de nous-mêmes : Jésus Christ crucifié.

Si l’homme naturel, la chair, est mis à sa place – et non seulement ici quant à ses prétentions religieuses et à sa sagesse, Juifs d’un côté, païens de l’autre, mais quant à toute la vie, toutes les activités, toutes les pensées, toutes les tendances, – c’est par la croix de Christ. « Jésus Christ crucifié ». « … afin que la croix de Christ ne soit pas rendue vaine ».

Un des triomphes de Satan a été de faire de la croix, la croix de Christ, un élément du monde, de mondaniser la croix. Il n’y a qu’à regarder autour de nous pour voir ce qu’il en est dans la chrétienté et ce que représente la croix d’une manière générale.

Mais la croix de Christ – plus que cela : Jésus Christ crucifié ! – Galates 2. 20 : « Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi ».

Galates 6. 14 : « Qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde ».

Sur la croix : Jésus Christ crucifié nous, dans son amour. Sur la croix, le monde crucifié ; Christ victorieux clouant le monde sur la croix même où le monde a pensé se débarrasser de Lui.

Mais puissions-nous réaliser que, « par la croix de Christ, moi je suis crucifié au monde ».

Ch. 2.

Sans revenir sur ce qui a été présenté, je rappellerai seulement cette distinction qui a été faite, et qu’il ne faut pas oublier, entre l’Assemblée de Dieu qui existe quoi qu’il en soit de ce que manifestent les enfants de Dieu ici-bas, l’Assemblée de Dieu telle qu’elle existe selon son conseil, son propos, en vertu de l’œuvre accomplie par le Seigneur Jésus sur la croix et par l’opération de l’Esprit de Dieu dans le monde pour amener des âmes et les vivifier.

Ce grand fait de l’Assemblée de Dieu qui existe, qui a existé de tous temps depuis la Pentecôte jusqu’au moment où elle sera enlevée de cette terre pour la révélation en gloire du Seigneur Jésus, c’est quelque chose de parfait, selon la pensée de Dieu : elle est en Christ ; de même que chaque croyant vu en Christ, vu par Dieu en Christ se trouve là dans une position inaltérable, une position de perfection qui est celle de la position même de Christ. Et d’un autre côté, cette Assemblée de Dieu, l’Église, les croyants sur la terre sont appelés à en réaliser l’existence, à la montrer.

Et les ressources ne manquent pas à cet égard, mais la responsabilité est engagée. Dieu, selon sa parfaite sagesse et à la fois dans sa fidélité, dans sa grâce et dans le maintien constant de ses droits, suivant les temps, les époques, a permis qu’il y ait sur la terre des expressions de cette Assemblée de Dieu.

On peut dire que les-croyants sont appelés à marcher ensemble ici-bas selon ces caractères de l’Assemblée de Dieu qui sont les caractères de Dieu Lui-même révélés en Christ. Que les croyants y aient manqué, que nous continuions, hélas, à y manquer, c’est également un fait. Mais la grâce de Dieu, et tout particulièrement dans les temps où nous sommes, a permis que des croyants, réveillés à cette pensée qui est celle de l’Esprit même, de l’existence de l’Assemblée, aient le privilège de croyants se réunissant au nom du Seigneur Jésus de vivre ensemble comme l’Assemblée de Dieu. Dieu a permis qu’il y ait des expressions locales, là où il l’a trouvé bon, de l’Assemblée de Dieu.

L’assemblée de Dieu, dans son acception locale, n’est que l’expression de l’Assemblée que nous pouvons appeler l’Assemblée universelle (bien que l’expression ne se trouve pas dans la Parole appliquée à l’Église), qui n’est pas visible par les hommes dans son intégralité. Mais alors, c’est à la fois le privilège, et comme toujours la responsabilité, de ceux que le Seigneur rassemble comme une Assemblée de Dieu, assemblée locale, de manifester les caractères de l’Assemblée de Dieu, d’être ce que l’ensemble de tous les croyants devraient être dans ce monde.

Comment y répondre ? Il n’y a aucune force en nous. Dieu nous a parlé, dans sa Parole, de ses ressources, de ses promesses, de sa fidélité. Mais nous sommes mis également en présence – c’est une grâce de sa part – de ce en quoi nous manquons, et des dangers qui n’ont pas tardé à se montrer dans les assemblées locales du début comme celle de Corinthe ; dangers, fautes et manquements qui se retrouvent aujourd’hui. Et combien réels sont aujourd’hui le manque d’unité pratique, le manque de pensée commune des croyants, les divisions !

Et nous avons l’exhortation d’être « parfaitement unis dans un même sentiment et dans un même avis » (1. 10). Il semble que ce soit une impossibilité. Effectivement, si nous ne pensons qu’à ce que nous sommes, pour peu que nous nous connaissions, nous disons : c’est impossible. Et pourtant, nous y sommes appelés ; et pourtant, le témoignage par excellence de l’Assemblée, c’est cela ; ce devrait être l’expression même de cette Assemblée de Dieu, l’Assemblée visible dans les quelques-uns – le nombre importe peu – se réunissant simplement au nom du Seigneur, comme appartenant à l’Assemblée de Dieu.

Or, ce qui est placé devant les Corinthiens ici et devant nous aujourd’hui, c’est le moyen de revenir à ce qui a été vu un instant au tout début de l’histoire de l’Assemblée ici-bas, quand les frères et les sœurs n’avaient qu’une pensée, qu’une âme. Et Dieu, dans sa Parole, et l’Esprit de Dieu par la Parole emploie comme moyen ceci : il place devant nous ce que Dieu a voulu, ce que Dieu a fait ; ce qu’Il a fait de nous, ce qu’Il veut faire pour sa gloire. C’est à cette lumière que nous voyons ce que nous sommes appelés à juger.

Les Corinthiens se trouvaient divisés. Ayant reçu beaucoup de dons, de connaissances, ils se rangeaient derrière des chefs d’école, des docteurs auxquels ils étaient particulièrement attachés ; ils suivaient des hommes. Ils étaient enseignés par l’Esprit il y avait les dons de grâce, mais leur cœur charnel était là et ils s’enorgueillissaient d’appartenir, l’un à Paul, l’autre à Apollos, l’autre à Céphas et l’autre à Christ. Je suis de celui-ci, c’est-à-dire d’un homme. Si hautement qualifiés qu’ils fussent – et qu’il s’agisse de Paul, Apollos ou Céphas, ils étaient bien remarquablement qualifiés – ils n’étaient que des hommes, et ainsi en fait, certains rabaissaient Christ à n’être qu’un homme, un chef d’école.

Alors, l’apôtre vient leur dire, de la part de Dieu : vous, vous dites : je suis de celui-ci, de celui-là ; mais vous oubliez une chose, c’est que, ce que vous êtes pour moi, c’est moi qui l’ai voulu, moi qui l’ai fait ; vous êtes quelque chose pour moi à cause, non pas d’un grand docteur qui est venu vous enseigner ici-bas, mais à cause de mon Fils bien-aimé, qui est, venu sur la terre parce que vous étiez des pécheurs, qui est mort sur la croix. Et toutes les prétentions sont mises à néant : c’est le tout de cette épître. Voilà quant à vous-mêmes. Mais Dieu a choisi, non pas les choses qui ont de l’apparence dans ce monde – tout cela est jugé par la croix de Christ – ; la folie de la prédication de la croix aux yeux des hommes, c’est la sagesse et la puissance de Dieu. Tout est de Dieu.

Mais alors, vous ayant tirés d’un tel état, au prix de la croix de Christ, Dieu a fait de vous des êtres nouveaux en Christ, vus, en Christ. Alors, vous n’êtes pas de Paul, ni d’Apollos, ni de Céphas, ni de Christ comme un grand docteur ici-bas ; vous êtes de moi-même. Au v. 30, l’expression est aussi forte que possible : « vous êtes de Lui dans-le Christ Jésus ».

Ah ! à cette lumière-là, vis-à-vis de ce niveau-là, que comptent les affirmations « je suis d’un tel » ? Tous sont réduits au même dénominateur, mis en présence de Celui qui les a dénommés d’un bien autre nom que Paul, Céphas ou Apollos. Le nom de Christ est là. Quant à vous-mêmes dans la chair, il n’y a rien, absolument mais j’ai pour vous quelqu’un en qui je vous vois, et c’est Christ. « Vous êtes de lui dans le Christ Jésus » – voilà comment Dieu vous voit. Et puis, ce Jésus Christ nous a été fait de la part de Dieu « sagesse, et justice, et sainteté, et rédemption ».

On a à cœur d’insister sur ce contraste : « Je suis de… » et « vous êtes de Dieu dans le Christ Jésus ». Et puissions-nous nous souvenir qu’aux yeux de Dieu, nous sommes de Lui, non pas des hommes ; nous ne suivons pas des hommes.

Tout le travail humain, dans le domaine religieux comme dans les autres, est pour la gloire de l’homme, pour élever tel ou tel ; et les hommes qui s’élèvent, en réalité, suivent les pensées du cœur humain, de chacun de nos cœurs, et en même temps ils se trouvent portés par des hommes qui se glorifient en quelqu’un d’entre eux.

Car, ce n’étaient pas Paul, Apollos, Céphas, qui se glorifiaient par la grâce de Dieu, ils avaient été gardés dans l’humilité. Ils devaient avoir à lutter beaucoup (1 Cor. 12) mais nous ne voyons pas qu’ils s’élevaient. C’est une tendance de tous les temps, et c’est un des moyens par lesquels Satan a particulièrement réussi à ruiner le témoignage en amenant des divisions par les frères, les sœurs manifestant plus de sympathie, d’affection charnelles pour tel ou tel plutôt que pour tel ou tel autre.

Ainsi, Dieu nous amène à élever nos pensées, – non pas les pensées de la chair, mais celles du nouvel homme – au niveau de ses propres pensées. Et pour cela, après nous avoir, quant à nous-mêmes, quant à la chair, réduits à néant, placés dans la mort par la croix de Christ, ainsi disqualifiés de ce dont les hommes pouvaient se réclamer, après nous avoir parlé de notre position en Christ, voilà qu’il vient nous dire, dans ce ch. 2 qu’il y a dans le croyant, individuel, et dans l’Église, l’Assemblée, il y a d’une manière toute nouvelle ; depuis l’ascension et la glorification de Christ, Celui que Christ, depuis la gloire, a envoyé sur là terre. Il y a ici-bas à l’œuvre, dans le monde pour en tirer des âmes, dans l’Assemblée pour la gloire de Christ et la gloire de Dieu en Christ, il y a l’Esprit de Dieu.

Et ce ch. 2 est rempli de cette pensée de l’Esprit de Dieu, dans sa puissance, sa sagesse, sa pénétration, dans ce qu’il a à la fois de profond et d’heureux, de doux et de solennel en même temps, mettant à nouveau de côté toute sagesse humaine. Dans le premier chapitre, la sagesse du monde est confondue par la croix de Christ ; au ch. 2, c’est l’Esprit de Dieu en contraste avec l’esprit de l’homme, Dieu Lui-même parlant de Jésus Christ crucifié, qui apparaît comme vivant, non pas aux incrédules, mais aux croyants amenés à comprendre qu’ils ne sont rien quant à eux-mêmes, et qu’ils ont tout en Christ, qui ont été amenés à juger le vieil homme comme Dieu le juge, pour arrêter leurs regards sur Jésus seul.

Alors le Saint Esprit, dans de tels croyants, peut parler la sagesse de Dieu, une sagesse divine. Mais cela suppose qu’on le laisse agir. L’apôtre peut donner son propre exemple quant à son ministère à Corinthe. Lorsque l’Évangile avait été proclamé pour la première fois et que l’Assemblée avait été formée : quant à lui-même, extérieurement, pas de belle apparence, pas de langage qui attira, pas de démonstration d’éloquence. Cela encore n’était que l’extérieur. Car l’apôtre peut parler de ce qu’il ressentait à ce moment là : au-dedans, crainte, tremblement.

En Actes 18, nous voyons Paul à Corinthe en butte à l’opposition non seulement de la part des païens, mais surtout de la part des Juifs. Le Seigneur Lui-même l’encourage. Voilà l’apôtre aussi bas que possible, dans la faiblesse quant à lui-même, mais heureuse faiblesse parce que c’est dans cette faiblesse là que se déploie la puissance du Saint Esprit, et il peut dire (v. 4) : « … ma parole et ma prédication n’ont pas-été en paroles persuasives de sagesse, mais en démonstration de l’Esprit ».

C’est l’Esprit de Dieu qui avait sorti les Corinthiens de leur paganisme et avait constitué une Assemblée de Dieu à Corinthe. Or le rôle du Saint Esprit, le consolateur des croyants (Jean 14. 15 et 16) est de les occuper de Christ, de glorifier Christ : « celui-là me glorifiera, car il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera » (Jean 16. 14). Il n’agit pas à la gloire de l’homme, mais à la gloire de Dieu en Christ. Il demande à agir toujours davantage et à donner aux croyants, et à l’Assemblée, tout le développement qui serait si heureux, si béni pour eux, une anticipation du ciel, et si glorieux pour Christ et pour Dieu Lui-même.

Mais cela demande l’obéissance à cet Esprit et que la liberté lui soit donnée. Lui a toujours sa puissance; il n’en a jamais été démuni ; l’Esprit Saint est aussi puissant aujourd’hui qu’au temps des apôtres. Aujourd’hui, au milieu d’une chrétienté qui ne lui fait pas sa place, qui a mis l’homme à sa place, il déploie une puissance qui est toujours la même pour sauver des âmes et pour parler aux croyants et-à nos consciences ; si seulement nous le laissions agir, si nous lui laissions la place dans nos cœurs, dans nos vies, dans l’Assemblée !

C’est là être « parfaits ». « Nous parlons sagesse parmi les parfaits » (v. 6) ; ce ne sont pas ceux qui sont arrivés à être tellement saints dans la pratique qu’ils ne pèchent plus jamais ; mais ce sont des gens qui ont bien compris qui ont fait leur compte que « en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien » et que tout ce qu’ils ont, ils l’ont en Christ. Si nous ne sommes pas parmi ceux-là, nous sommes charnels ; nous nous laissons encore guider, gouverner par la chair, par le vieil homme. Pour « parler sagesse » il faut parler à des hommes spirituels. Est-ce que nous ne souhaiterions pas cela ?

Ce que Dieu veut pour nous, c’est que Christ soit glorifié ; que l’Esprit soit libre d’agir dans les croyants de telle manière que ce qui s’exprime, ce qui se montre, l’activité des saints, soit non pas la pensée humaine, mais la pensée même de Christ.

Christ, nous a été fait sagesse à nous aussi, non pas aux grecs seulement, mais à nous, dans notre 20ème siècle qui peut se piquer de dépasser les grands siècles de l’antiquité. Pour la jeunesse d’aujourd’hui, dite chrétienne ou qui désire l’être, ces déclarations sont de toute importance. En Christ, nous avons la réponse à toutes les questions fondamentales ; ailleurs nous n’en avons pas une.

Il n’y a pas une des questions qui harassent les esprits des hommes, leurs cœurs, leurs consciences, pas une des questions redoutables, qu’ils ne peuvent et n’osent pas considérer en face, à laquelle Christ, dans sa Personne et son œuvre, ne peut répondre. Et pour la création c’est de Lui que nous tenons la lumière. De sorte que le chemin du chrétien ne consiste pas à essayer tous les chemins des hommes, mais à suivre le chemin que Christ indique.

Il ne va pas passer toute sa vie à essayer tous les chemins qui ne mènent à rien et perdre ainsi sa vie, et risquer ainsi de perdre son âme. Christ ouvre un chemin. Heureux qui peut le prendre au départ de sa vie. C’est là la sagesse de Dieu.

Christ est la sagesse de Dieu et la puissance de Dieu. Le chrétien qui vit avec le Seigneur a un jugement moral qu’on ne trouvera nulle part ailleurs ; sur le sens de la vie, de la mort, sur le bien et le mal, sur les vraies valeurs, le chrétien a sur ces points une lumière définitive ; il l’a, et peut croître dans cette connaissance ; il est sur le chemin où l’on croît dans cette connaissance. Il y a des certitudes reçues définitivement, pas par l’acquisition des sciences humaines ; c’est Christ qui est la source de la révélation de la pensée de Dieu sur tout ce qui est nécessaire.

C’est d’une bien grande importance pour les jeunes. L’apôtre peut dire qu’il est inutile qu’ils aillent chercher la vérité dans les livres des philosophes : c’est un grand danger, d’abord, et cela n’aboutit à rien de bon. Ils sont tous capables de faire douter sur tous les points, et pas un n’est capable de communiquer une assurance sur quelque point que ce soit. Dieu donne l’assurance et la certitude sur tous les points.

La rédemption, c’est ce par quoi Christ nous tire de cet état dans lequel nous gisons de par notre nature, caractérisé par l’erreur, la violence, la corruption, l’inimitié contre Dieu, Étant dans l’impossibilité de se tirer d’affaire tous seuls, les hommes ne font, d’une génération à l’autre, que s’enfoncer de plus en plus dans les ténèbres.

Comme nous désirerions que la jeunesse soit persuadée de cela ! On ne peut pas l’être sans être chrétien et encore il faut avoir affaire au Seigneur pour que cette conviction divine croisse. Alors, on voit les choses sous un autre jour.

Christ nous a abattus entièrement. Christ nous a élevés parfaitement. Il nous a détruit et Il nous a établis. Voilà ce qu’a fait l’œuvre de Christ.

En dehors du christianisme, il n’y a pas une lumière dans le monde. C’est effrayant, mais comme c’est vrai ! Tous les sages finissent souvent dans des conditions qu’on ne publie pas, mais quand il arrive qu’on en a connaissance, on est saisi d’effroi en pensant à toute cette fausse sagesse humaine.

Un point évidemment caractéristique de l’Assemblée de Dieu, de ce corps de personnes, hommes aussi hommes que les autres, un point caractéristique de ce corps d’hommes formé par Dieu, c’est évidemment la présence du Saint Esprit. C’est le fait caractéristique de la période chrétienne. Il y avait des croyants avant, il y en aura après, mais aucun qui soit dans l’état où se trouvent les chrétiens, période au cours de laquelle les croyants qui en font partie sont appelés aux plus hautes destinées ; pas plus tard, mais présentement.

C’est le privilège de l’Assemblée de posséder déjà la réalisation de ses très hautes destinées ; nous pensons beaucoup au ciel ; nous avons besoin d’avoir des choses pour la terre et Dieu nous a donné le ciel sur la terre. Rien moins. Et c’est cela qu’il nous faut à tout prix, sinon nous serons des chrétiens mondains et larges, et s’élargissant toujours, et par l’insuffisance de ressources spirituelles pratiques, cherchant en vain à se satisfaire par ce que le monde donne.

Le Saint Esprit est là, dans chaque croyant et dans l’Église toute entière, il habite dans la maison de Dieu. C’est la présence de cette Personne divine qui définit la responsabilité de tous ceux qui invoquent le nom du Seigneur. Les chrétiens professants seront jugés plus sévèrement que les païens, parce qu’ils ont habité la maison de Dieu, devenue une grande maison.

Le Père et le Fils sont objet, le Saint Esprit est agent. C’est pourquoi nous ne prions pas le Saint Esprit, On prie par l’Esprit, on rend grâce, on agit, on sert par l’Esprit. Toutefois nous nous rappelons aussi que les trois Personnes de la déité sont très généralement engagées ensemble dans les activités divines. La jeunesse chrétienne doit étudier l’Écriture, et chacun pour soi-même.

Le Saint Esprit est donc l’agent dans la vie de l’individu. Ce qu’il ne produit pas dans un individu n’est pas reconnu de Dieu. N’abaissons pas la mesure, elle est celle-là. Et d’une façon générale, plus nous acceptons de franche volonté ce que Dieu dit, quelque difficile que cela paraisse, plus nous serons bénis, toujours.

Le Saint Esprit est aussi celui qui agit dans l’Église. Dieu n’a chargé aucun homme de prendre la direction de l’Assemblée. Le Seigneur s’en charge, du commencement à la fin. Et tous ceux qui font partie de l’Assemblée, dans le sens large du mot, ce qui est vrai de tout croyant scellé, tous ceux-là ont à dépendre du Saint Esprit.

Notre sujet est l’Assemblée, assemblée locale et Assemblée universelle. Dans une assemblée locale, représentant l’Assemblée universelle, le Saint Esprit est celui qui produit ce qui est à la gloire de Dieu, du Seigneur, et pour la bénédiction des saints. C’est Lui seul qui peut le faire. Nous avons donc à veiller à ce qu’il ne soit pas attristé dans l’Assemblée.

La marche individuelle est déjà quelque chose de compliqué et n’est utile et à la gloire de Dieu que dans la mesure où le Saint Esprit est actif dans un chrétien ; si je manque, le Saint Esprit est attristé, me voilà sans force, en chute ; si la grâce n’intervenait, il n’y aurait pas de limite à cette descente. Le Saint Esprit est la puissance de la vie dans le croyant, qui a la vie divine, mais qui doit toujours être dépendant. Le Seigneur Lui-même nous en donne l’exemple : le Saint Esprit l’a dirigé dans tout ce qu’Il a pensé ; dit et fait ; Il était l’Homme de l’Esprit, comme on l’a dit ; Il a été oint de l’Esprit etc… de puissance au commencement de sa carrière.

Alors, chers frères et sœurs, chers amis chrétiens, veillons chacun pour son compte, à ne pas attrister le Saint Esprit. C’est très vite fait. Des frères l’ont dit : une pensée folle l’attriste. La vigilance est de rigueur. Mais, c’est une douce loi, parce que c’est la condition d’un chemin heureux, chemin sûr d’une carrière faite au milieu de toutes les tempêtes de la vie, mais avec le secours de l’Esprit, c’est-à-dire du Seigneur qui agit dans les saints par le Saint Esprit. Nous avons des ressources suffisantes.

Mais on ne peut pas dissocier l’état de l’assemblée de celui des individus ; il dépend de l’état pratique des individus qui la composent. (On n’est pas membre d’une assemblée locale, on est membre du corps ; on fait partie d’une assemblée locale ; un chrétien est membre de l’Assemblée universelle).

Alors, pour le bien d’une assemblée locale, l’exercice quotidien et soutenu de chacun est absolument indispensable, sinon un chrétien peut attrister l’Esprit, alourdir l’atmosphère des réunions ou rompre l’unité de l’Esprit, comme nous trouvons dans l’épître aux Éphésiens. Et c’est justement de cela que nous souffrons dans les assemblées. Quand la piété baisse, la chair fait des siennes, dans la vie de chacun et dans les rassemblements. Quand il y a des troubles, il y a à l’origine des causes, publiques ou cachées – la plupart du temps secrètes – un frère a des attaches mondaines un relâchement dans ses voies, ou il nourrit dans son cœur des pensées qui ne sont pas bonnes à son égard. Tout cela gâte l’atmosphère de l’assemblée à laquelle on se rattache, et trouble l’état de l’Assemblée en général. On nous en a parlé, et combien c’est important. Chacun de nous a à se juger, et non pas à se contenter d’éliminer de sa vie un mal que la conscience naturelle condamne.

La mesure du bien et du mal pour le chrétien, c’est le sanctuaire de Dieu – pas moins. Dans la mesure où nous vivons dans le sanctuaire, nous avons le sentiment du bien et du mal, et nous nous apercevons que tel comportement, qui nous paraîtrait supportable, devient insupportable quand nous sommes dans la présence de Dieu. Un peu de légèreté, de vanité, de folie, choses qui sont monnaie courante, que de choses nous tolérons et supportons, dont, si le Seigneur était là visible, nous sentirions immédiatement qu’elles ne conviennent pas dans sa présence. Il n’est pas là visible, la règle est la même.

Il semble que nous tous, dans ces derniers jours, nous manquons de ce sérieux heureux, le seul état heureux où l’on a affaire au Seigneur, à Dieu notre Père, par la grâce et par la puissance de l’Esprit, pour que la chair soit détectée dans ses détails, et ainsi pratiquement éliminée. Il n’y a pas un d’entre nous qui n’ait pas besoin d’être exercé devant le Seigneur à cet égard. S’il en était ainsi, beaucoup de maux qui surgissent ne verraient pas le jour.

C’est le bienfait de la présence, dans une assemblée de personnes, frères ou sœurs, pas nécessairement très qualifiées mais pieuses, qui vivent dans le sanctuaire. « Là-haut, dans la maison du Père, en Toi, Jésus, j’ai tous les biens, tous les trésors du sanctuaire… ». C’est une réalité possible, c’est une réalité offerte, et à propos de quoi il nous sera demandé compte. Notre atmosphère à chacun, dans quelle mesure est-elle beaucoup plus mondaine qu’elle n’est celle du sanctuaire ?

N’allons pas chercher plus loin la cause de nos douleurs. Dans le sanctuaire, c’est la perfection, et c’est l’unité des pensées et des sentiments que ne peut pas ne pas produire la présence de Dieu. Avec Dieu on a la force, on voit clairs on a la lumière, on a la sagesse, on a tout.

Mais ce serait faire une insulte à Dieu que de laisser supposer que c’est seulement dans une réunion qu’on a le privilège de parler de ces choses ou d’en jouir. Cela nous est offert tous les jours. Quelle est notre vie à chacun, a cet égard ? De quel côté notre cœur se tourne-t-il ? Le Seigneur le sait. Les infidélités, la légèreté sur ce point ont leur incidence dans la vie du témoignage, et ont peut-être, par leur multiplicité, les plus fortes conséquences quant à l’état du témoignage.

La vie chrétienne, on nous l’a répété, est faite de détails ; on n’a pas besoin d’avoir commis un vol, d’avoir menti, pour nuire à l’Assemblée de Dieu (bien que ces choses, évidemment, le font). Il suffit de choses beaucoup plus anodines en apparence dans l’état de chacun pour que le niveau de l’assemblée baisse ; et alors, l’ennemi qui est toujours aux aguets saura entrer pour faire son travail.

Et puis, il y a dans le rassemblement lui-même une vigilance quant à notre état intérieur. L’apôtre Paul était instruit et cultivé, mais la source de son activité n’était pas en cela ; en lui, c’était le nouvel homme qui agissait, la croix de Christ était appliquée à la chair et à son orgueil. Tel était le secret de sa vie et de son service. Nous ne pouvons être fidèles et utiles autrement. Paul (Apollos à coup sûr, Pierre sûrement aussi) bien loin d’encourager l’esprit, de parti qui se manifestait chez les Corinthiens, le condamne en lui et le reprend chez les autres.

Qu’il nous soit donné, à tous et à chacun, et surtout aux frères qui ont des charges et des services, de lutter avec toutes les forces que la grâce donne, contre tout ce qui pourrait encourager la tendance de faire de l’homme un centre. Si le Seigneur n’est plus le centre, on quitte le terrain de la vérité.

Le verset, que même les enfants connaissent par cœur, de Matthieu 18. 20 : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » exprime que c’est le Seigneur qui compte, qui gouverne. Il est le Seigneur et nous sommes là comme des gens amenés dans sa présence. S’il y avait une seule assemblée au monde qui réalise cela d’une façon fidèle, quel puissant témoignage en résulterait, comme on savait en tous lieux des Thessaloniciens qu’ils attendaient le Seigneur.

Nous nous tourmentons pour faire connaître la vérité aux âmes oubliant souvent qu’avant de faire, il est beaucoup plus important pour nous d’être ; d’être là où II nous a placés et dans l’état où Il voudrait que nous fussions. C’est beaucoup plus difficile. Et si un frère, dans une assemblée, est légitimement reconnu et qualifié comme ayant un service, que le Seigneur le garde, et nous garde. tous dans ce sentiment que nous ne sommes exactement rien. Qu’il nous garde de nous enfler et de nous préoccuper de nous-mêmes.

Un frère est le serviteur de tous jusqu’à sa mort. Il pourrait n’être payé en échange que d’une très mauvaise monnaie, il doit être le serviteur de tous jusqu’à sa mort et il doit être content de n’être que cela. Nous sommes les domestiques de la foi.

Dans l’Église, il n’y a pas de chef humain, pas de roi, pas d’autorité, – sauf morale, c’est-à-dire, celle que donne la manifestation de la présence de Christ dans un homme. La manifestation du Saint Esprit dans un homme, malheur à celui qui ne la reconnaît pas.

Dans le même ordre d’idées, se manifeste aussi ce grand mal qu’est l’égoïsme : l’égoïsme individuel, ou de groupe, de clan, quelquefois même pour du service. Tout cela ne peut qu’être ruineux pour l’Assemblée de Dieu. Au début, ils étaient « un cœur et une âme ». Nous ne prétendons pas retrouver ces beaux jours, hélas ! mais nous avons à nous rappeler que la mesure n’est pas autre que celle-là.

Nous n’avons pas la force de réaliser cela aujourd’hui, mais nous avons à veiller à ne pas laisser se développer un esprit de clan, d’organisation, de comité. Un comité, ce n’est pas la foi. La foi compte sur Dieu, quels que soient les problèmes. Une réunion de trois ou quatre frères exercés pour présenter une affaire au Seigneur, ce peut être une très bonne chose, mais cela n’est pas un comité. Un comité ne règle rien. C’est toujours le Seigneur qui doit diriger. « Il produit en vous le vouloir et le faire ». Tout est dit en deux mots.

Que le Seigneur nous soit en aide ! Il ne nous a pas abandonnés nous l’aurions mérité bien des fois – ceux qui sont plus âgés le ressentent plus que d’autres – mais ne nous moquons pas de Dieu. Le plus grand péché de la chrétienté, c’est de méconnaître la présence du Saint Esprit ; alors on organise, on agit comme s’Il n’était pas là. C’est un outrage qui est déjà puni par un aveuglement croissant. Certains brûlent ce qu’autrefois ils ont adoré et qu’ils auraient dû continuer à reconnaître. Pratiquement, ils éliminent les serviteurs de Dieu qui ont souffert et lutté pour la vérité que le Seigneur leur a donné de mettre au jour.

Ne pensons pas que le Seigneur maintient l’intelligence, la perception spirituelle de sa pensée quand on se moque de Lui, ce qu’on peut faire simplement en méprisant ce qu’Il a dit, et en cherchant à se tirer d’affaire autrement que de la manière qu’Il a indiquée.

Paul ne préparait pas ses discours d’après ce que nous trouvons là. Il paraîtrait que, dans certaines régions de témoignage des derniers jours, on s’est laissé aller à cette erreur, à cette faute. « Paroles enseignées de l’Esprit », au moment même. Pierre dit : « parler comme oracle de Dieu ». Ce n’est pas parler avec les oracles de Dieu, ou même comme les oracles de Dieu, mais « comme oracle de Dieu » (1 Pier. 4. 11).

Paul ne préparait pas ses discours ; nous non plus. Mais il doit y avoir pour les frères une préparation morale, pour que le Seigneur les vide de ce qui est en eux, de ce qui peut les embarrasser dans leurs services. Il y a aussi une préparation plus lointaine et continue. Un frère qui n’est pas occupé des choses de Dieu et de la Parole n’est pas prêt pour accomplir un service. Il faut qu’il y ait cette préparation de longue haleine, spirituelle et morale, continue – sans se placer sous un joug dur – mais c’est à cette condition que, dans l’Assemblée, le Saint Esprit a sa liberté et peut agir, chacun étant à sa place pour que le rassemblement soit rafraîchi, consolé, édifié, et que la présence du Seigneur soit goûtée. Il n’y a rien au-dessus de cela comme bénédiction pour les saints.

Pour l’individu comme pour l’assemblée, il y a toujours deux choses à distinguer : la position, qui est immuable ; elle ne dépend que de l’œuvre de Christ ; elle est celle du chrétien parce qu’il a cru véritablement, il a la vraie foi ; de même pour la position de l’Assemblée en Christ. Voilà une chose qui dépend exclusivement de Dieu, de l’œuvre de Dieu, soit en dehors de nous, soit en nous. Elle est à distinguer de l’état pratique.

Notre état est loin d’être toujours à la hauteur de notre position. C’est le grand problème de la vie du chrétien. Normalement, en avançant dans sa carrière, son état se rapproche toujours plus de la réalisation de sa position en Christ. C’est là faire des progrès. De même pour une assemblée.

L’Esprit ici insiste sur cette position dans laquelle sont les saints : sagesse, justice, sainteté, rédemption… parce que lorsqu’ensuite Il s’occupe des tristes exploits des chrétiens eux-mêmes et met le doigt sur leur conscience à cet égard, ils pourraient risquer d’être troublés et de se demander s’ils sont de vrais chrétiens. Il pose le principe et ensuite s’emploie à améliorer l’état des saints qui se sont écartés. Si on voyait un chrétien en mauvais état, qui traite à la légère son manquement, ce n’est pas de ce côté-là qu’il faudrait lui présenter : « Christ vous a été fait, de la part de Dieu, sagesse, justice, sainteté et rédemption » parce que cela pourrait l’endurcir dans son mauvais état.

Il y a d’autres passages pour réveiller sa conscience endurcie. Les Corinthiens ont répondu à ce que Paul leur a dit sans les ménager. Ce n’est pas à l’honneur des Corinthiens que cela soit inscrit dans la Parole éternelle ; c’est quelque chose de bien solennel. Mais les manquements de tous les chrétiens seront aussi, au moment convenable, tous manifestés.

La façon dont l’apôtre parle aux Corinthiens, d’un bout à l’autre de cette épître, est marquée à la fois par ce sérieux, cette gravité qui est propre à atteindre la conscience, cette vérité qui n’hésite pas à mettre .à nu et à appeler par leur nom les choses les plus humiliantes et les plus affligeantes ; et d’autre part, il parle toujours avec un amour profond, véritable. Tout à la fois, il leur fait honte, et il dit : « mais je n’écris pas pour vous faire honte ».

Il s’agissait pourtant de choses qui auraient été propres à toucher profondément l’apôtre personnellement, dans ce qu’il était lui-même, savoir qu’on méprisait quelque peu (et certains même beaucoup) son ministère, pour se prévaloir de dons marquants auprès desquels il semblait que la parole de l’apôtre fût bien peu de chose. Alors, il peut leur dire (4. 8) : « Déjà vous êtes rassasiés ; déjà vous êtes riches ; vous avez régné sans nous ».

Or, au v. 14 : « Ce n’est pas pour vous faire honte que je vous écris ces choses, mais je vous avertis comme mes enfants bien-aimés. Car quand vous auriez dix mille maîtres dans le Christ, vous n’avez cependant pas beaucoup de pères, car moi je vous ai engendrés dans le Christ Jésus par l’évangile ». Il est obligé de rappeler que, alors qu’eux étaient sages en Christ, « nous, nous sommes fous pour l’amour de Christ », vous êtes forts, nous sommes faibles, « vous en honneur, mais nous dans le mépris… nous souffrons la faim et la soif… nous sommes devenus comme les balayures du monde et le rebut de tous jusqu’à maintenant » (v. 10 à 13). Voilà de quoi faire honte aux Corinthiens qui se glorifiaient dans ce qu’ils avaient reçu et dans les dons de grâce dont ils faisaient parade.

Or, dit l’apôtre, je ne vous écris pas cela pour vous faire honte, mais pour que remède soit apporté à un tel état, pour que vous vous ressaisissiez, que vous receviez les bénédictions dont vous vous frustrez.

C’est un père qui écrit à ses enfants, et sans doute il est obligé de les morigéner et même de leur parler avec sévérité. Mais, dit-il, je voudrais bien aller à vous uniquement avec un esprit de douceur, non pas avec la verge. Il ne met pas en avant son autorité d’apôtre. C’est un père parlant à des enfants bien-aimés le langage de l’amour, et aussi un langage qui convient selon l’âge, la responsabilité, l’état, selon le stade de ces progrès dont il a été question tout à l’heure.

Il y avait parmi eux des croyants de différents développements. Parlant à l’ensemble, il doit leur dire : dans l’ensemble, comme assemblée, vous vous conduisez comme des enfants ; des enfants en Christ, et même « de petits enfants en Christ » (3. 1), et il laisse percer le grand regret de ne pouvoir leur développer comme son cœur le désirerait, toutes les bénédictions qui leur appartiennent et dont ils ne savent pas s’emparer parce qu’ils veulent satisfaire leurs propres cœurs, leur vieil homme.

De sorte qu’il ne peut pas leur donner de la nourriture comme il le désirerait « je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants en Christ. Je vous ai donné du lait à boire, non pas de la viande, car vous ne pouviez pas encore la supporter, et même maintenant, vous ne le pouvez pas, car vous êtes encore charnels ». Ils devraient se conduire en rapport avec ce qu’ils ont déjà reçu. Mais, s’ils sont encore de petits enfants, qu’au moins ils se montrent, comme de petits enfants, soumis à leur père ; conduisez-vous d’une manière digne de Dieu qui vous a appelés, dont vous êtes devenu les enfants, encore bien ignorants sur bien des choses. Alors, l’apôtre les enseigne avec douceur, mais en restant à ce stade de petits enfants.

Ce n’était pas que l’Esprit de Dieu n’ait pas travaillé parmi eux et en eux, non seulement par le déploiement de manifestations de puissance, des miracles, des guérisons, des langues, mais par un travail intérieur : la nouvelle naissance et la vivification d’âmes qui pouvaient ensuite se réjouir en Christ.

Mais il semble qu’ils n’étaient pas allés bien loin dans la jouissance des choses célestes, des trésors du sanctuaire. Dieu « nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ », mais comme nous sommes loin d’en jouir. Et il y a un état qui est celui où se trouvaient la majorité des Corinthiens, et où se trouvent une multitude de véritables enfants de Dieu, qui ne sont pas allés au-delà du pardon de leurs péchés, du fait qu’ils ont Jésus pour Sauveur, qu’ils ont une assurance pour l’éternité, que s’ils meurent, ils vont auprès du Seigneur – et même, pour la plupart, c’est beaucoup plus vague.

« .. je n’ai pas jugé bon de savoir quoi que ce soit parmi vous sinon Jésus Christ et Jésus Christ crucifié ». Non pas qu’il ait parlé uniquement de la croix de Christ, uniquement de Jésus lorsqu’il était sur la croix, mais tout ce qu’il avait présenté concernait Jésus Christ, se rapportait à cette Personne que le monde a mise en croix et que Dieu a glorifiée.

Il ÿ a bien d’autres sujets que Paul était capable de développer à ceux qui pouvaient l’entendre, que le Saint Esprit pouvait et voulait développer à des croyants, seulement il fallait qu’il y ait eu certains progrès.

Il y a des étapes marquantes dans la vie spirituelle des croyants, résultant de l’activité du Saint Esprit en eux. Et il y a ce stade dont il est question ici : « Nous parlons sagesse parmi les parfaits ». Il s’agit d’un état spirituel où quelqu’un a saisi, compris qu’il ne peut avoir aucune confiance en lui-même dans la chair, mais qu’il a tout en Christ. C’est ce que l’apôtre exprimait aux Philippiens quand il leur écrivait (3. 3) : « nous… qui n’avons pas confiance en la chair ».

Il y aura sans doute encore bien des expériences à faire, mais on a porté avec Dieu, par l’Esprit de Dieu, selon la Parole de Dieu, sur son moi et sur la chair, le jugement que Dieu même a porté. Ah ! il a fallu dire : « Misérable homme que je suis » et on rend grâce à Dieu par notre Seigneur Jésus Christ. Et alors le Saint Esprit peut présenter Christ et le présente d’une manière nouvelle. Si vraiment on a saisi que, n’ayant rien en soi, on a tout en Christ, le Saint Esprit n’est pas là pour nous ramener continuellement en face de nous-même : est-ce que vraiment il n’y a rien en moi… non. Il dirige nos regards sur Christ, parce que, si nous avons tout en Christ, cela suppose que nous n’avons rien en nous. Il faut réaliser l’un pour réaliser l’autre.

Tout ce qui est en opposition avec la sagesse humaine, avec tout ce que les hommes prétendent offrir pour le développement de l’esprit de l’homme pour l’élever, pour l’amener même à connaître Dieu – à quoi ne prétend pas l’esprit de l’homme !… et en réalité il est capable de bien des choses – mais il ne peut pas dépasser ses propres limites. Et même s’il prend dans son fonds bien des choses dont ensuite il se vante, tout cela reste du domaine de la pauvre créature qui s’est éloignée de Dieu, et qui est livrée aux ténèbres quant à elle-même ; et la preuve a été faite de ce que la sagesse humaine peut donner, et de l’impossibilité où elle est d’entrer en quelque mesure que ce soit, dans la connaissance des choses de Dieu : elle a crucifié Jésus Christ.

Jésus, son nom d’homme. Christ, le nom sous lequel son peuple aurait dû le recevoir. Et tout montrait qu’il était Celui que les Écritures avaient annoncé. Jésus Christ a été crucifié. Le monde s’en est débarrassé. La croix de Christ est là. Mais qu’est-Il maintenant ?

Quel contraste dans les deux appellations que nous trouvons dans ce ch. 2 ! D’abord, au v. 3 : « Je n’ai pas jugé bon de savoir quoi que ce soit parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié ». Et puis, v. 8 : le monde, les chefs de ce siècle, les représentants les plus qualifiés de la culture de l’humanité, ils ont « crucifié le Seigneur de gloire ».

Il est le Seigneur. Il est revêtu de la gloire. Il amènera à la gloire ceux qui sont au bénéfice de son œuvre, ceux qui participent de sa vie, ceux en vue desquels Dieu avait des pensées datant d’avant la fondation du monde. « Le Seigneur de gloire ». Ah ! si la sagesse humaine avait eu la moindre idée de la gloire divine et de la qualité de la Personne, qui est faite maintenant « le Seigneur de gloire », eut-elle pensé à le crucifier ? L’opposition est totale, absolue : la sagesse humaine n’a rien vu.

On a fait appel à la jeunesse, mais aussi à nous tous, à tous les âges. Plus que jamais, chacun dans son coin est sollicité par les voix du monde et la sagesse du monde à tous les degrés, avec des prétentions très diverses. Nous avons à jauger la sagesse humaine à cette mesure de la gloire de Dieu et de la dignité du Seigneur de gloire.

Mais si cela ne compte pas pour le monde et pour la sagesse humaine, nous, croyants, comment les apprécions-nous ? L’apôtre « parlait sagesse parmi les parfaits ». Il avait des paroles de sagesse. Nous n’avons qu’à lire l’épître aux Éphésiens, et d’autres, pour voir qu’il avait été appelé à présenter la sagesse de Dieu « en mystère », c’est-à-dire absolument inconnue du monde et des plus sages du monde, mais choses mises à la disposition des hommes spirituels. Apprécions-nous ces choses, dont l’Esprit veut nous entretenir ?

L’Esprit de Dieu connaît les choses de Dieu. Et à qui peut-il les communiquer ? À ceux qui ont reçu la vie, la vie de l’Esprit ; comment ? par l’Esprit lui-même, et par les moyens que Lui trouvera bon d’employer : serviteur, Parole, message écrit, mais toujours des moyens spirituels, des canaux de l’Esprit lui-même. La sagesse humaine ne communique jamais, la pensée de l’Esprit, ce n’est pas possible. C’est une eau pure, qui ne peut garder sa pureté que dans des canaux purs.

Et puis, pour recevoir ces choses – l’apôtre ne pouvait pas les communiquer à des chrétiens charnels, c’est-à-dire chez qui la chair empêchait les progrès spirituels ; ils étaient animés par les pensées de l’homme naturel, bien qu’ils eussent la vie de l’Esprit. Alors, il s’agit pour nous d’être dans cet état pratique où l’Esprit a sa libre action, où il n’y a rien de nous-mêmes, de la sagesse humaine.

On attend tout de Dieu, Celui qui donne, car il nous est dit (v. 12) : « … nous avons reçu non l’esprit du monde, mais l’Esprit qui est de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont-été librement données par Dieu ». Pas des choses que nous puissions acquérir, connaître par notre propre étude, sinon l’étude de la Parole de Dieu, sous l’action de l’Esprit de-Dieu, dans la prière, l’humilité, l’obéissance, dans le sentiment de notre incapacité totale quant à nous-mêmes.

Dieu donne. En Romains 8. 32, nous lisons : « Celui même qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous fera-t-il pas don aussi, librement, de toutes choses avec Lui ? » Mais, c’est à titre de don de grâce, c’est à recevoir comme donné par Dieu seul.

Que Dieu, nous accorde de rechercher cet état spirituel où, réalisant que nous n’avons rien en nous et tout en Christ, nous recevions par l’Esprit de Dieu ce qu’Il communique Lui-même, mais seulement à des vases remplis de l’Esprit : « Soyez remplis de l’Esprit ». Une eau pure, provenant d’une source pure, coulant dans des canaux purs, et parvenant dans des réceptacles purs. Voilà ce que Dieu veut donner à des hommes sur la terre. « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ… ».

Recevoir ces choses, en jouir, n’est-ce pas le ciel sur la terre ? Et si ces choses sont placées devant nous, n’est-ce pas pour que nous en apprécions la valeur, et que nous nous demandions : vraiment, je mépriserais ces choses d’un prix infini pour les vanités trompeuses, éphémères, souillées de ce monde ?

Je désirerais insister sur l’importance de ce passage qui a joué un rôle immense dans le service qu’ont accompli les ouvriers du Seigneur au commencement du témoignage des derniers jours. Ils ont eu des ennemis de tous côtés, car la vérité, dans ce monde, personne ne lui ouvre le chemin, au contraire, les obstacles lui sont multipliés. Le chemin du témoignage exercé à la fidélité est le plus difficile qui soit, tellement que des frères en viennent à souhaiter un chemin plus large.

Ce passage, extrêmement remarquable (1 Cor. 2. 12 à 14) nous donne les trois étapes de l’activité divine, dans sa communication à l’homme de la vérité de Dieu :

– v. 12. La révélation à Paul ici des choses à lui données par Dieu. Paul a reçu par l’Esprit cette révélation.

– v. 13. Il l’a communiqué par l’Esprit et par l’Esprit seulement.

– v. 14 et 15. Cette communication est reçue par l’Esprit seulement, donc en fait, par ceux en qui cet Esprit vit et agit.

La révélation au vase inspiré; la communication de cette révélation faite à lui seul, communication qui est l’Écriture ; et la réception par une âme de cette communication, sont trois opérations divines et toutes les trois indispensables pour qu’une âme soit rendue à même de posséder les pensées de Dieu.

Toute cette activité divine est absolument hors de la portée de l’esprit de l’homme, quelque capable qu’il puisse être.

Le Saint Esprit est celui sans lequel aucun bien ne peut se faire dans l’Assemblée ni ailleurs : enseignement, exhortations, culte en tout premier lieu, appel aux âmes inconverties.

Sans prétendre à une perfection pratique, que nous n’atteindrons pas, ne prenons pas notre parti du laisser-aller. Nous avons à être exercés pour tout : faire une lecture par l’Esprit, indiquer un cantique par l’Esprit, nous sentons bien souvent quand il en est ainsi ou non. Plus un croyant est spirituel, plus il le sent ; le ministère doit être par l’Esprit. Les réunions d’administration même ne peuvent être profitables que si le Saint Esprit agit et s’il est contristé, nous avons à nous humilier et attendre pour qu’il reprenne son action.

Il y a ici trois catégories d’hommes : spirituel, animal, charnel. L’homme animal, c’est l’homme inconverti. On est saisi de constater dans quelles ténèbres se trouvent des esprits même distingués et capables è l’égard des choses divines. Pas de vie, pas le Saint Esprit : pas d’intelligence !

Ch. 3.

Dans le premier chapitre, l’apôtre avait établi de la manière la plus forte qu’il y avait, pour les chrétiens, un seul sujet de se glorifier, c’était dans le Seigneur. Les Corinthiens avaient oublié cela, car ils se glorifiaient dans les docteurs qui les avaient enseignés. « Vous êtes de Dieu ».

Dieu s’occupe des siens, d’un côté en appliquant la croix – et cela met de côté toutes les prétentions de l’homme – et de l’autre, présentant Christ qui nous a été fait sagesse, justice, sainteté et rédemption. Ensuite, l’apôtre établit que les croyants ont d’autant moins de raison de se réclamer de chefs, même de vrais serviteurs de Dieu, que tous ces serviteurs ne sont que des exécuteurs de la pensée de Dieu, des moyens employés par l’Esprit même, et des ouvriers dépendants d’un même Maître. Ce qui compte, c’est ce que Dieu donne par le Saint Esprit.

Le chapitre 3 insiste essentiellement sur le travail accompli ici-bas par des serviteurs dépendants d’un même Maître et appelés à administrer les mêmes trésors pour le bien des élus. Il leur est demandé d’être fidèles. Seulement, intervient alors l’état du cœur, de la conscience et de l’esprit de ceux qui sont appelés à recevoir. Ces apôtres, ces serviteurs de Dieu, ont été appelés à communiquer ces choses excellentes, mais comment les recevoir ? La responsabilité des serviteurs est grande.

L’apôtre doit leur dire : Comment avez-vous profité de ces ministères divers, mais donnés par le moyen du même Esprit et par le même Dieu ?… mais je vous ai présenté Jésus Christ et Jésus Christ crucifié. Les Corinthiens n’étaient pas encore en état d’en profiter comme Dieu le voulait. L’apôtre aurait voulu communiquer des choses plus profondes concernant les gloires de Christ et tous les mystères se rapportant à sa Personne. Mais les Corinthiens n’étaient pas en état de recevoir ces choses.

Il y avait eu arrêt dans leur développement spirituel. L’apôtre ne pouvait pas parler de cette sagesse dont il parlait parmi les parfaits, c’est-à-dire ceux qui ont compris que tout est en Christ et qui n’ont aucune confiance en la chair. Les choses spirituelles ne peuvent être reçues que par des âmes spirituelles, c’est-à-dire dans lesquelles l’Esprit occupe une telle place qu’il puisse y apporter ses révélations bénies. Des cœurs et des esprits débarrassés des choses humaines, des choses de la terre, et où les choses saintes, comme dans des vases purs, peuvent être déposées.

Fin du chapitre 2 et début du chapitre 3 : distinction entre trois catégories de personnes :

L’homme animal ou l’homme naturel.

Ce sont évidemment tous les hommes inconvertis, qui n’ont que leur âme reçue de la descendance d’Adam, mais dans laquelle le Saint Esprit ne peut pas agir. Il n’y a pas la vie nouvelle. Cette âme a ses propres pensées. Son domaine est celui des choses visibles, son intelligence appliquée aux choses terrestres, mais cela n’a rien à faire dans les choses de Dieu. L’esprit de l’homme connaît les choses de l’homme.

Si les autres hommes ne peuvent porter leur regard dans le fond d’une âme, n’oublions pas que Dieu y porte le sien, qu’il n’y a pas de domaine qui lui soit caché, que les choses profondes de l’homme sont sondées par Dieu et que nul ne peut échapper à ce regard. Cela est sérieux et solennel pour quelqu’un qui serait encore dans cet état naturel, c’est-à-dire n’ayant pas la vie nouvelle.

– À l’opposé, il y a celui qui est appelé l’homme spirituel, qui est spirituel et qui discerne toutes choses. L’homme spirituel, c’est celui chez qui l’action de l’Esprit est assez libre pour que cette communication soit effective. Ceux chez qui les pensées de la chair n’empêchent pas cette action bienfaisante de l’Esprit prenant de ce qui est à Christ pour l’annoncer aux siens et cela pour la gloire du Christ et non pas pour la gloire de l’homme.

– Puis, entre ces deux catégories si opposées, l’homme animal et l’homme spirituel, nous avons ceux que l’apôtre appelle des hommes charnels.

Un homme charnel, c’est un chrétien, un croyant. Seulement, c’est un croyant chez lequel les pensées de la chair, les impulsions de la chair, les pensées qui sont encore celles de l’homme animal, empêchent que cette âme qui devrait être et pourrait être ouverte à ces choses spirituelles, puisse en jouir. Cette capacité de la vie nouvelle n’est pas employée. Nous restons toujours avec nos deux natures dans un seul être : la vieille nature et la nouvelle nature, qui nous a été donnée par la nouvelle naissance. Si ce qu’il y a en nous de charnel se déploie, comment les choses spirituelles seraient-elles alors connues ?

« Vous êtes encore charnels » (ch. 3. 2) . A cet égard, les Corinthiens sont considérés ici tels que l’apôtre les avait connus lorsqu’il était au milieu d’eux et lorsqu’il les enseignait au début de son ministère. Il doit dire : « Je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants en Christ ». Cela est normal qu’au tout début, ces Corinthiens qui sortaient du paganisme et n’avaient pas encore reçu d’enseignements, sauf les premiers éléments du christianisme, soient encore dans la faiblesse qui est propre au petit enfant.

L’apôtre leur avait donné la nourriture toute élémentaire qui leur convenait, afin que la vie de l’Esprit se développât, pour que ces éléments charnels soient rapidement surmontés par l’action de l’Esprit et qu’ils deviennent peu à peu des hommes spirituels, mais il doit leur dire : Où en êtes-vous maintenant ? Vous ne vous êtes pas développés comme vous auriez dû et, comblés de toutes sortes de dons de grâce comme vous l’avez été, vous n’avez pas fait de véritables progrès dans la connaissance de Christ.

Ce qui vous a été donné, vous l’employez pour vous-mêmes et vous vous glorifiez des instruments dont Dieu s’est servi pour votre accroissement. Vous vous laissez gouverner par ce qui caractérise la chair, alors que vous devriez l’avoir jugée et vous devriez marcher comme des hommes spirituels. Je ne puis pas encore vous communiquer les choses excellentes.

Ce chapitre 3 établit que c’est en Christ seul que nous avons à nous glorifier, mais aussi que toutes choses nous appartiennent car nous appartenons à Christ. Les serviteurs que Dieu emploie sont là pour que, précisément, les choses de la terre soient mises de côté. Il s’agit de ne pas marcher à la manière des hommes mais comme des hommes spirituels, comme des saints par la grâce de Dieu.

Lorsqu’on a affaire à quelqu’un qui est nouvellement converti, authentiquement converti, il n’y a pas lieu de s’étonner si ce nouveau converti est encore charnel. Il n’y a là rien qui puisse surprendre. Et si l’on a un service à accomplir à l’égard de cette personne, c’est de l’aider à faire des progrès et à passer à un autre stade de la vie spirituelle, comme l’épître de Jean nous l’apprend.

Dieu nous connaît bien et Il ne nous trompe pas et II ne dit pas que, quand quelqu’un est converti, tout ce qu’Il veut faire en lui est fini. La conversion est une fin si l’on veut, mais elle n’est pas vue dans le Nouveau Testament comme une fin dans les pensées de grâce de Dieu. C’:est un commencement aussi, c’est ce que, dans l’ensemble de la chrétienté on a perdu de vue et il arrive alors que nombre de chrétiens sont charnels toute leur vie, mais nous n’avons pas besoin d’aller chercher ailleurs pour en voir.

Nous pouvons souligner en passant la grande importance de l’enseignement dans les soins à donner aux âmes qui sont au Seigneur, les soins à donner au troupeau du Seigneur. Là, tout de suite, apparaît la responsabilité des parents à leur place et des frères et des sœurs dans le rassemblement. Y pensons-nous ? Il. arrive que l’on entend, au culte, des actions de grâce qui ne dépassent pas le stade de la conversion. Comment s’étonner alors que le développement n’ayant pas été produit, les manifestations charnelles aient lieu ?

L’apôtre traite ce sujet en toute bonne conscience et nous devons le considérer de près et l’imiter à cet égard. Il s’était toujours défendu de se faire un centre, le centre d’un groupe quelconque de chrétiens. On peut dégager un enseignement pour les chrétiens eux-mêmes, afin que, nous tous, nous nous attachions au Seigneur et que, quel que soit l’instrument par lequel nous avons pu être amené au Seigneur, cet instrument ne soit pas celui auquel nous nous attachons, bien qu’il puisse y avoir des affections particulières, et c’est tout à fait légitime.

Mais, il est très important que les serviteurs du Seigneur veillent continuellement sur eux-mêmes pour qu’on ne s’attache pas à eux et qu’ils ne soient pas le centre de l’activité qu’ils déploient.

Et alors, il n’est pas étonnant que le caractère charnel des saints se manifeste ensuite. Il n’est pas étonnant qu’il y ait là une source de dissension entre les frères et les sœurs.

Ici, le caractère charnel est sur le plan religieux. Il peut se manifester dans d’autres domaines. Sur le plan religieux, c’est probablement le plus grave par les conséquences qu’il a sur l’état général des saints, l’état du témoignage. Le témoignage est aussi ce par quoi le Seigneur maintient la vérité que Lui seul est le centre digne d’être honoré, recherché, aimé, servi, adoré.

Nous n’avons pas deux cœurs : un pour nous attacher au Seigneur et un autre pour nous attacher à l’homme, bien que nous puissions être attaché à des frères. C’est notre devoir de ne pas leur faire de mal. Nous pouvons rendre cette justice à ceux qui nous ont enseignés, à ces conducteurs du commencement, c’est qu’ils se sont effacés devant leur Maître, ils n’ont jamais dit : mon troupeau, mon œuvre, bien qu’il y ait eu un travail qui était le leur, et ils ont travaillé dans l’esprit qui est dit ici et dont nous tous, frères, nous devons demander à Dieu qu’Il nous en imprègne.

Il ne sert de rien de nous lamenter sur nos misères et sur la ruine. Il faut aller aux ressources qui sont données. Tant que le Seigneur n’a pas abandonné les siens, les ressources sont à leur portée. Celui qui plante n’est rien, celui qui arrose n’est rien, le seul qui compte, c’est Dieu qui donne l’accroissement.

Y aurait-il autant de misères, de larmes et de craintes si dans le cœur de chaque frère, de chaque sœur, et de tous, cette pensée était maintenue, gravée, et vivante par l’Esprit de Dieu. Ce n’est que Dieu qui peut faire cela. Vous ne pouvez pas vous débarrasser de vous-même et Dieu ne vous demande pas de le faire. Les remèdes à nos maux sont de tous les temps. Ils sont les mêmes que du temps de Corinthe ; nous n’en avons pas d’autres. Dire, d’une manière plus ou moins claire ou sous-entendue, que la vérité a vieilli et que ce que l’on nous a enseigné est périmé et n’est plus ce qu’il faut à la jeunesse qui monte, nous disons : alors, il ne nous reste plus qu’à délaisser la Bible.

Il n’y a pas deux christianismes. Que, les jeunes chrétiens ne fassent pas trébucher des serviteurs en les entourant d’une manière qui dépasse ce qui est selon le Seigneur et que les serviteurs eux-mêmes s’attachent à avoir dans leur cœur Christ et, par suite, le sentiment que l’on n’est rien du tout. Heureux Paul et heureux ceux à qui il a été donné de marcher sur ses traces !

Dans le monde religieux, il y a des écoles, des églises. Une Église, c’est un groupement. Il y a des chefs à la tête, souvent toute une hiérarchie, tandis que dans le troupeau du Seigneur qu’Il conduit Lui-même, dont II est le centre, chacune des brebis du troupeau regarde au Seigneur. Tout le monde est heureux de reporter au Seigneur tout ce qui se fait. Soyons bien sûrs que jamais rien de bien ne se fait autrement que par le Saint Esprit. Ces passages sont d’une extrême importance de nos jours où le moi tend à s’affirmer de plus en plus. Toute puissance, sagesse, énergie, qui n’est pas de Dieu, doit être considérée comme mauvaise et chacun doit demander la grâce nécessaire pour la rejeter.

Que le Seigneur nous accorde la grâce d’être gardés de tout esprit de parti et de vaine gloire ! Il n’y a pas de partisans dans l’Écriture ; il y a des enfants de Dieu, des rachetés de Christ, avec Christ comme centre. Fuyons tout ce qui tend à nous attacher à un autre centre que Christ. Que nous nous rappelions que l’existence pratique d’un rassemblement local et des rassemblements dépend de l’application des vérités qui nous sont données à l’égard de l’Assemblée. Il n’y a pas de chefs, et pas de descendance dans l’assemblée. Chacun a reçu la vie du Seigneur, est un enfant de Dieu, est à sa place un serviteur.

Mais une autre influence, individuelle ou familiale, ou ayant d’autres sources, cela est introuvable dans l’Écriture. L’oubli de cela produit des maux sans nombre. Nous avons le privilège de pouvoir être autour du Seigneur tous ensemble, comme membres de la famille de Dieu et comme étant des membres du corps de Christ, devant pour toutes choses, nous attendre au Seigneur, pour le service et pour les réunions, même pour les réunions d’administration, bien que celles-ci ne soient pas des réunions d’assemblée, puisqu’elles ne comprennent que des frères.

L’apôtre était un homme très distingué. Il y a eu des chrétiens extrêmement distingués, dont le bonheur fut de n’être rien, et le Seigneur s’est servi d’eux comme Il l’entendait. Si le vase avait la capacité (les capacités sont différentes) le Seigneur emploie le vase pour l’objet qu’Il a en vue. Vase de grande capacité ou de petite capacité, l’un et l’autre ne peut être utile au Maître que dans la mesure où il est mû par la main de son Maître.

Tant de maux seraient évités ou guéris très vite si nous pensions à cela ! Quelqu’un disait, au siècle dernier : Je ne suis pas étonné de voir beaucoup de maux et beaucoup de misères dans les assemblées. J’en vois au temps des apôtres, mais la différence entre ce temps là et ceux de nos jours, c’est qu’il y avait beaucoup plus de puissance, parce qu’il y avait plus de piété.

C’est bien ce qui manque le plus. Ce qui a baissé, ce qui nous manque tellement, c’est simplement la foi. La piété, après tout, c’est la foi dans la pratique, c’est ce lien entre l’âme et Dieu connu personnellement. Dieu craint, Dieu reconnu, adoré, Dieu en qui on se confie, à qui on remet toutes choses, Dieu à la place de l’homme.

C’est bien remarquable de voir, dans le chapitre 1er : « de Dieu » dans tout ce qui concerne cette assemblée à Corinthe. Ici, nous retrouvons Dieu qui donne l’accroissement. S’il s’agit des apôtres, nous sommes collaborateurs de Dieu. Voilà la véritable humilité, en même temps que l’expression de la plus grande dignité qui soit conférée à des hommes ici-bas : collaborateurs avec Dieu. Nous travaillons avec Dieu, ce n’est pas notre œuvre et ce n’est pas selon un programme à nous, mais il s’agit de l’œuvre de Dieu. Dieu qui en dirige l’exécution, qui nous appelle à cet honneur d’y travailler. Voilà pour les serviteurs.

Ceux parmi lesquels l’apôtre travaillait, c’est le champ dans lequel les serviteurs qui sont envoyés déploient leur activité : vous êtes le labourage de Dieu, ces croyants dans lesquels Dieu travaille par le Saint Esprit. C’est l’œuvre dans ses moyens d’exécution, dans son développement propre, comme un champ qu’on laboure, sillon après sillon ; comme un travail matériel où l’ouvrier emploie différents instruments selon les instructions reçues et en vue d’un but donné. L’apôtre peut dire : nous sommes entrés dans ce travail, mais ce n’est pas le nôtre, c’est celui de Dieu.

« Vous êtes l’édifice de Dieu ». Ici, l’assemblée locale à Corinthe, quelque chose de visible aux yeux des hommes et où Dieu habite. Vous êtes l’habitation de Dieu par l’Esprit. C’est ce qui est vu des hommes dans ce qui est édifié, quelque chose de nouveau sur la terre et portant le sceau de Dieu Lui-même, mais confié à la responsabilité de ceux auxquels Dieu confie un travail différent de l’un à l’autre, en vue d’un seul et même édifice. C’est l’assemblée de Dieu vu sous ce caractère de maison construite sur la terre.

Quand il s’agit du Seigneur édifiant Lui-même, il n’est pas question d’agents, d’ouvriers, mais tout est vu en perfection : « Je bâtirai mon assemblée, les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle ». C’est là un travail que le Seigneur poursuit et qui est parfait. De même, en Éphésiens 2, il est parlé de la maison qui s’élève, l’édifice sera bientôt parfait ; la maison vue sur la terre, mais comme habitation de Dieu par l’Esprit, que le Seigneur Lui-même établit. Pas d’intermédiaires, toutes les pierres sont là, selon la pensée de Dieu. De même, en 1 Pierre 2 : « vous êtes édifiés une maison spirituelle ». C’est le Seigneur qui édifie et il ne se mêle là que des matériaux auxquels il n’y a rien à reprendre, vu du côté de Dieu, ce sont des pierres vivantes.

Mais quand il, s’agit du côté de l’édifice vu des hommes, avec une responsabilité donnée à différents ouvriers, les choses sont différentes. Alors, notre incapacité propre, tout ce que nous sommes en danger de produire venant de notre propre fond, de la chair, tout cela est mis en avant.

A côté de ce qui subsistera quand le feu viendra mettre à l’épreuve tout ce qui aura été ainsi construit, tout ce qui est la pensée du Seigneur, il y a hélas, le bois, le chaume, tout ce qui porte notre pauvre marque humaine et qui sera consumé par le feu. Alors, l’apôtre, en quelques mots d’une grande énergie et d’une grande portée, peut dire : « que chacun considère comment il édifie dessus ».

Le fondement est posé, Christ Lui-même étant le roc. Le fondement de l’Assemblée sur la terre a été posé par les apôtres et ce fondement, c’est Jésus Christ, maîtresse pierre de coin, pierre d’angle. C’est toujours la même pensée. Jésus Christ mort, ressuscité, vainqueur de Satan, du monde, de la mort. Rien ne peut prévaloir et le fondement subsiste et ne peut pas être attaqué. La maison est devenue une grande maison (2 Tim. 2), le solide fondement de Dieu demeure. C’est là la ressource pour tous les temps. Le fondement ne peut pas être détruit, mais alors, que chacun considère comment il édifie dessus. Cela demandera de l’énergie, un exercice continuel et une attention qui devrait être aussi continuelle.

Il y a un encouragement : chacun recevra sa propre récompense, selon son propre travail, c’est-à-dire selon la façon dont il aura accompli le travail dont il aura été chargé. Le Seigneur seul peut apprécier la manière dont il a été accompli.

Ce que nous avons donc à faire, dans le travail du Seigneur, dans l’Assemblée et pour elle, c’est de ne pas nous écarter des vérités fondamentales, afin que le travail de Dieu soit fait par Lui et pour Lui, à sa gloire. Dans la grande maison, il y a toutes sortes de matériaux, dont le plus grand nombre ne résistera pas au feu et personne n’oserait dire que, dans l’ensemble des rassemblements des saints, tous les éléments qui, visiblement en font partie, ont été amenés à cet état représenté par ces trois mots qui les rend propres pour la présence de Dieu : l’or, l’argent, les pierres précieuses.

Ces matériaux ne sont produits que par le travail de Dieu dans une âme et les serviteurs sont responsables de présenter la vérité pour que ce travail soit produit. Ce n’est pas eux qui le produisent, mais ils sont responsables de ce qu’ils disent et de ce qu’ils font à cet égard, responsables de présenter la vérité.

Une âme n’est pas en rapport avec Dieu si elle n’est pas dans un état comme représente l’or, l’argent et les pierres précieuses.

Le travail du serviteur, travail que le Seigneur bénit, est tout autre chose qu’une simple éducation chrétienne. L’éducation chrétienne n’amène pas à cet état là. Nous sommes responsables de maintenir que le sang de Jésus seul rend quelqu’un digne de se tenir devant Dieu et que, par la foi en l’œuvre de Christ, une âme est passée de cet état de mort à un état tel que Dieu la considère avec faveur. Ce qu’est le salut, ce qu’est un chrétien sauvé, tout cela doit être enseigné dans l’assemblée avec beaucoup de précision. Les conséquences en découlent.

Une personne ne peut être introduite dans le témoignage public de l’Assemblée que si on découvre en elle les caractères représentés par ces images, caractères produits par le Seigneur en elle. C’est alors une pierre vivante, c’est une personne qui peut entrer dans l’Assemblée.

Proclamons avec force et netteté que l’homme est entièrement perdu. Il faut la foi du cœur, la foi qui est un don de Dieu (non pas une foi de « tête ») le fruit de l’opération de Dieu dans une âme. Alors, quand l’âme est liée à Christ, les caractères donnés ici lui appartiennent. C’est un matériau qui ne sera pas détruit par le feu. Mais ce qui n’est que l’effet d’habitudes religieuses parmi nous comme ailleurs, ne résistera pas au feu.

Il faut prendre les choses avec simplicité, mais aussi beaucoup de sérieux et ne pas avoir peur de demander à une âme si vraiment elle connaît le Seigneur et s’il y a un doute, il faut laisser le temps d’examen nécessaire. Nous avons à laisser à l’assemblée tout le temps nécessaire pour l’examen d’une demande, pour que l’on voie si cette âme a autre chose que des connaissances même bibliques, pour voir si elle a véritablement Christ. Quelqu’un qui n’a pas Christ n’a rien. Il n’est pas toujours facile de discerner un vrai chrétien de quelqu’un qui ne fait que ressembler à un chrétien. Mais si nous savions nous attendre au Seigneur, Il nous éclairerait.

Plus loin, nous voyons ceux qui détruisent le temple de Dieu. C’est plus grave. Quelqu’un a écrit ceci : Si je vais dans une assemblée, établie sur le terrain de la vérité, et que je trouve là des personnes en communion qui n’ont pas la vie, que ferais-je ? J’irai quand même dans ce rassemblement, mais je me comporterai à l’égard de ces personnes comme je crois devoir le faire devant le Seigneur. Le grand point pour un rassemblement, c’est la sûreté du terrain du rassemblement.

Le même serviteur du Seigneur disait ceci : Je vois un groupe de chrétiens, tous chrétiens, mais réunis sur un terrain sectaire (un homme est à la tête), je ne pourrai aller avec eux.

Corrompre le temple de Dieu, c’est plus grave, c’est le travail de l’hérésie et tout ce qui peut tendre à une dissidence.

Quand nous parlons d’admission, comprenons bien qu’il ne s’agit, en aucune manière, d’admettre quelqu’un dans une église meilleure que les autres ou dans un groupement de chrétiens qui valent mieux que d’autres. La seule question qui se pose est celle du fondement et ensuite d’être conséquent avec ce terrain sur lequel se trouvent les croyants, en n’oubliant jamais que ce n’est pas pour eux-mêmes qu’ils administrent les choses, mais qu’ils administrent là ce qui appartient à l’assemblée, c’est-à-dire tous les croyants connus de Dieu seul.

Édifier avec du bois, du chaume, ce n’est pas seulement porter atteinte au témoignage, mais à l’Assemblée de Dieu, ce dont le rassemblement local n’est qu’une expression. Et encore, dans une localité, le rassemblement de deux ou trois au nom du Seigneur n’est que l’expression, par rapport à l’ensemble, de ce que Dieu voit comme son Assemblée dans cette localité.

C’est toujours à ce niveau là qu’il nous faut voir les choses, le niveau de Dieu Lui-même.

Dans l’épître à Timothée, il nous est enseigné comment nous conduire à l’intérieur de la maison de Dieu. Dans cette maison, il y a des vases à honneur et d’autres à déshonneur. Ce n’est pas tout à fait le sujet que nous avons ici. Il s’agit ici de la contribution, par la grâce, de Dieu, que nous sommes appelés à apporter à l’édification de ce qu’est l’assemblée de Dieu, la maison de Dieu, l’édifice de Dieu.

Qu’il s’agisse d’un apôtre, ou d’un Aquilas ou Priscilla, qui enseignent dans leur maison, il s’agit toujours de la présentation de la vérité chrétienne par l’Esprit, par le moyen d’hommes et de femmes vivant ici-bas et alors, la question de la substance ainsi enseignée, voilà ce qui importe. Cela concerne aussi bien les doctrines, les enseignements que les résultats de ces enseignements, c’est-à-dire les personnes qui sont amenées et qui sont caractérisées par ce qu’elles ont reçu.

Actes 18. 24 à 26. Quand Apollos vient et qu’il parle avec puissance, certainement le Saint Esprit l’avait amené là et il est dit qu’Aquilas et Priscilla lui expliquèrent plus exactement la voie de Dieu. Avec toute sa connaissance, toute sa foi et sa piété, tout son zèle et toute son ardeur, Apollos risquait d’introduire un faux enseignement dans l’assemblée de Dieu, d’apporter de mauvais matériaux.

Mais Aquilas et Priscilla sont fidèles pour lui enseigner la voie de Dieu et lui est assez humble pour se laisser enseigner. Il pourra ainsi apporter de vrais et bons matériaux à l’édification sur le fondement que Paul avait posé. Ensuite, Paul peut s’associer à Apollos. L’apôtre insiste sur ce fait : c’est Dieu qui donne l’accroissement.

Puissions-nous travailler ensemble à cette œuvre, qui est celle du Seigneur, à l’édifice qui est l’édifice de Dieu, ne regardant pas à ce que chacun a reçu pour lui-même, mais à ce que l’autre a reçu, de façon à ce que tout soit employé pour le vrai bien des âmes, la gloire de Dieu et le témoignage sera rendu tel que le Seigneur le demande.

Il ressort de ce passage qu’il y a trois catégories d’ouvriers il y a de bons ouvriers, qui recevront la récompense de leur travail, avec une œuvre qui n’aura pas été détruite lorsque le feu mettra tout à l’épreuve. Il y a aussi de mauvais ouvriers qui, pourtant, sont des chrétiens, mais qui ont été eux-mêmes mal enseignés ou qui se sont laissé séduire ou entraîner par leurs propres pensées ou leur propre cœur et n’ont pas apporté de bons matériaux. L’ouvrage, même s’il a paru être de bonne qualité, se révèle vain par la mise à l’épreuve par le feu. Tout sera consumé, il ne restera rien. Un tel ouvrier, se rendant compte de cela, peut en éprouver beaucoup d’amertume et peut arriver à douter de sa qualification pour servir, et même à douter de son salut. Mais, dit l’apôtre, quoi qu’il en soit, il sera sauvé, toutefois comme à travers le feu.

La troisième catégorie, ce sont les corrupteurs, ceux dont il doit être dit : quelqu’un corrompt le temple de Dieu. Quelle chose ! Là, ce sont des éléments religieux, destructeurs de la Parole, qui détruiraient le fondement s’il était possible, mais il demeure, par la grâce de Dieu. Il est dit d’Hyménée et Philète « dont la parole ronge comme une gangrène, qui renverse la foi de quelques-uns ». Voilà des éléments destructeurs de la foi, destructeurs de la vérité chrétienne et entraînant des hommes après eux.

Dieu sait ce qu’il en est de chacun, mais la Parole est donnée ici avec toute sa solennité : « Si quelqu’un corrompt le temple de Dieu, Dieu le détruira ». Et la raison qui en est donnée ici : « Le temple de Dieu est saint et tels vous êtes ».

S’il y a dans les assemblées des frères et des sœurs qui sont spécialement exhortés à tenir compte de cela, c’est bien évidemment les plus âgés, les plus anciens dans la foi ; ce sont ceux-là qui sont responsables d’avoir d’abord appris pour eux-mêmes, dans le fond de leur âme, quelque chose de ces vérités, qui ne sont pas et ne seront jamais agréables à recevoir par la chair. Jamais la chair n’acceptera d’être anéantie. Et pourtant, c’est le point de départ du raisonnement de l’Esprit Saint dans tous ces passages.

Ne pas avoir l’air sage dans ce siècle, mais être traité comme un fou, c’est pourtant cela. Plus un chrétien aime le Seigneur, a affaire à Lui, plus il est une énigme pour le monde, pour les sages de ce monde. Qu’il nous soit donné, dans les assemblées, de nous aider mutuellement à réaliser cette position, cet état intérieur, qui conduit à laisser au Seigneur la première place dans l’assemblée, devant qui les considérations d’un autre ordre doivent s’effacer.

Nous avons tous constaté que des difficultés ont surgi faute d’avoir prêté attention à ces vérités fondamentales. Ainsi, si le Seigneur nous apprend quelque chose de cela, nous pouvons être en aide à d’autres et nous devrions nous aider mutuellement dans les assemblées, non pas nous exciter à nous faire valoir, mais nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres, c’est-à-dire à ce qui est du Seigneur et, à l’occasion, nous laver les pieds mutuellement quand la chair s’est manifestée. Elle peut se manifester d’une manière violente ou d’une manière très douce et pas toujours très droite. Tout cela, ce n’est pas Christ.

Quand on a le Seigneur, on a tout ce qui est au Seigneur. Nous pouvons aider les plus jeunes, si nous sommes ainsi en rapport avec le Seigneur, à se méfier des faux jugements, des illusions des jeunes chrétiens, des illusions quant aux valeurs humaines, quant aux valeurs mondaines. Les jeunes ne peuvent pas avoir le jugement qu’ils auront plus tard, ils sont encore charnels au sens qu’on nous a donné. C’est pourquoi ce n’est pas la jeunesse qui a la responsabilité première.

Seul a de la valeur dans l’Assemblée ce qui vient de Christ, ce qui est de Dieu.

Que ces déclarations si fortes qui sont données là à l’égard de ce qui est spirituel ou de ce qui est charnel, ou à l’égard de la sagesse du monde et des valeurs du monde, que nous y pensions un peu. Il ne doit pas être très facile à un frère très riche d’oublier toujours qu’il est très riche ; ou à un frère qui a de hautes capacités d’oublier toujours qu’il les a, et pourtant ce devrait être l’exercice de l’un et de l’autre. Celui qui plaît au Seigneur, c’est quelqu’un qui a le sentiment que, hors du Seigneur, il ne peut rien faire, rien de bon, ni dans son service privé, ni dans l’assemblée.

Que le Seigneur nous accorde à tous de prier beaucoup pour chaque rassemblement local, que l’ennemi s’acharne à faire disparaître comme témoignage.

Ch. 4.

Nous avons donc, avec ce chapitre, la terminaison de ce qui constitue une longue introduction. Nous avons là l’autorité de l’apôtre, pour intervenir dans des questions de discipline, d’ordre de conduite pratique dans l’assemblée à Corinthe. Chacune de ces questions demandant non seulement que l’apôtre agisse avec autorité et puissance, mais aussi en témoignant de son attachement aux Corinthiens et, par-dessus toutes choses, enseignant à propos des cas particuliers qu’ils auraient à examiner, la vérité de Dieu en Christ, élevant ainsi toutes choses au niveau convenable, c’est-à-dire de la gloire et de l’autorité du nom de Christ, du bien permanent de l’Église, des besoins qui seraient ceux de cette Église durant tous les temps, de sorte que cette épître a sa valeur pour nous tous.

L’apôtre avait déjà dû rappeler aux Corinthiens ce qu’est l’Assemblée de Dieu, son caractère, tout ce qu’elle a reçu. Il fallait d’autre part que l’apôtre rappelât et maintînt que Dieu avait donné des apôtres pour le service que lui était prêt à continuer à l’égard de ces Corinthiens. Lui, Paul, était un de ces apôtres, il avait des collaborateurs que l’Esprit Saint lui avait donné et il pouvait parler avec autorité à Corinthe.

Il rappelle aussi qu’il n’y avait qu’une source d’autorité, d’enseignement de puissance ; et que, malheureusement, l’état des chrétiens était tel qu’il fallait rappeler cela d’une manière toute particulière, parce qu’il y avait des divisions et qu’il se formait des écoles de doctrine derrière l’un ou derrière l’autre.

Ce que l’on pouvait déjà comprendre dans les chapitres précédents se présente ici avec plus de netteté, savoir que cet état de choses à Corinthe était aggravé par des gens qui se présentaient comme des docteurs et comme ayant des capacités pour conduire l’assemblée et amenaient ainsi ces Corinthiens à mettre en doute le ministère de l’apôtre et même à mépriser sa personne et son ministère.

On est frappé de voir de quelle manière l’apôtre est amené à parler à ces Corinthiens : J’ai beaucoup de choses à vous dire et j’ai l’autorité pour le faire. Si j’allais vers vous maintenant, il me faudrait employer la verge, mais je voudrais que vos cœurs soient gagnés à ce que j’ai à vous dire avec amour, avec douceur, vous parlant comme un père. Il faut donc que vous reconnaissiez que c’est comme serviteur de Dieu que j’agis à votre égard. Je vous ai rappelé ce qu’est une assemblée de Dieu et combien c’est affligeant qu’il y ait là des divisions, ce qui prouve que vous êtes encore charnels.

Vous avez oublié que la croix de Christ mettait entièrement de côté le vieil homme et vous le laissez produire ses tristes fruits. Vous avez oublié la part qui vous est faite en Christ et ce que c’est que la sagesse de Dieu, qui devrait être votre richesse, votre joie, et non pas la glorification des uns et des autres, vous glorifiant de connaissances qui peuvent être réelles, mais dont le résultat n’est pas cette vie de dévouement, d’humilité, de consécration à Christ, ce qui devrait être le fruit d’un véritable ministère. Il y a des gens qui vous troublent.

L’apôtre ramène ainsi les choses dans la lumière de la Parole de Dieu, sous l’autorité de Christ, et chacun est ramené à sa place. L’apôtre se présente comme administrateur de Dieu, serviteur de Christ, n’ayant pas de comptes à rendre aux hommes.

« Ne jugez rien avant le temps. Celui qui me juge, c’est le Seigneur ». Il fallait attendre le moment où le Seigneur mettrait tout en lumière et donnerait à chacun sa louange. S’étant ainsi présenté devant Dieu, l’apôtre peut ensuite se présenter directement devant les Corinthiens. C’est la première fois qu’il le fait du façon directe. Il se place en parallèle avec ceux qui cherchent leur propre gloire.

Ayant des dons spirituels remarquables, de grandes connaissances qui vous donnent une haute opinion de vous-mêmes, vous pensez vous établir sur la terre comme un groupe si favorisé de toutes manières qu’il peut fermer les yeux sur les désordres qui peuvent s’y produire. Au chapitre 5, on voit ce qu’il en est. Et nous, les apôtres, nous sommes dans la souffrance, dans la faiblesse, dans le mépris, mais c’est ainsi que le serviteur prend place à la suite de Celui qui n’a pas brillé dans ce monde. Il les amène à avoir honte, bien que, dit-il : « Je n’écris pas pour vous faire honte, mais pour toucher vos cœurs, pour que, vous détournant de ceux qui vous conduisaient ainsi à un christianisme relâché et mondain, vous soyez mes imitateurs » (v. 16).

Nous voyons, dans ce chapitre, tout un ensemble de considérations du serviteur de Christ dans la soumission au Seigneur, dans le vrai attachement de l’apôtre pour ceux qu’il peut appeler ses enfants, le complet détachement de lui-même dont il donne ici l’exemple. Ceci est d’une très grande instruction pour nous, dans tous les temps, et plus que jamais dans les temps auxquels nous sommes parvenus, où l’on recherche l’homme. C’est en fait l’exaltation du vieil homme.

Pour un vrai serviteur de Christ, un bon dispensateur de ce que Dieu veut faire connaître des mystères cachés jusqu’ici, ce qui importe, ce n’est pas que de tels serviteurs soient renommés, qu’on courre après eux, mais c’est qu’ils soient fidèles à Celui qui les a envoyés, Celui duquel ils administrent les biens. Ce terme peut être aussi « économe ». Le serviteur, c’est celui qui est au-dessous de quelqu’un qui lui commande sa tâche.

Dans le chapitre précédent, l’apôtre aurait pu tout aussi bien, au lieu de dire Paul et Apollos, parler de tel ou tel docteur qui était venu à Corinthe, qui les enseignait et les détournait de. Christ, mais il ne le fait pas. Littéralement : J’ai transporté la chose d’eux sur moi-même et sur Apollos.

Des serviteurs fidèles ne peuvent pas se considérer autrement qu’étant au service des saints.

Les développements précédents présentent davantage les opérations divines, opérations vis-à-vis de l’homme et opérations qui ont source dans la personne et l’œuvre de Christ. Le christianisme a été diffusé et les instruments de la diffusion étaient des hommes. Paul, en particulier, n’était pas seulement un instrument de diffusion comme d’autres, mais il avait été le vase choisi pour la révélation, puis pour la communication, par inspiration.

Paul, en définitive, seul parle de l’Église. C’est lui qui la fait connaître. C’est ce à quoi il fait allusion aussi au début du chapitre quand il dit : pensez ce que vous voulez, j’ai reçu communication de la pensée de Dieu, je la fais connaître, c’est une affaire qui, en fin de compte, ne regarde que moi seul vis-à-vis de Dieu et mon affaire, c’est de faire connaître fidèlement ce que j’ai reçu. Mais il ne veut pas dire qu’il échappera au contrôle des frères. Nous ne pouvons pas nous abriter derrière des paroles qui sont ici pour dire : personne n’a rien à voir à ma façon de travailler.

Paul avait reçu une mission qui lui était absolument propre, personne ne pouvait se mettre à côté de lui pour dire qu’il avait reçu les révélations et qu’il les avait transmises par inspiration ; cela s’était fait par lui. Il n’y avait qu’à diffuser la vérité, à être un bon administrateur des choses qu’il avait reçues, un bon administrateur au milieu des hommes.

L’apôtre dit cela, en passant, sans insister. Cela lui est arrivé d’autres fois de rappeler que c’est Dieu qui lui a assigné un travail. Ce n’est pas moi qui me suis fait apôtre, c’est Dieu. De même, de nos jours, lorsque Dieu appelle un frère et le qualifie comme docteur, cela se passe entre lui et le Seigneur. Cela ne veut pas dire que les frères ne peuvent pas avoir à considérer de quelle façon le serviteur s’acquitte de sa tâche, car nous ne devons pas oublier que nous sommes bien faibles et infidèles et que nous avons besoin de nos frères parfois pour nous redresser dans notre service.

Paul a bien souvent été malmené. Dans le chapitre 4, on a dit qu’il y avait là les manifestations, le jeu des sentiments d’un cœur très noble blessé par l’ingratitude des Corinthiens. Cela fait partie des éléments que le Seigneur met dans la coupe que nous avons à boire.

Mais alors, ce qu’il y a de très intéressant dans ce chapitre c’est ce que nous voyons inséré entre ce qui précède et ce qui suit ; l’apôtre, ainsi traité de la part des Corinthiens, apprend à connaître ce que son Maître a connu. Qui s’est tenu près de Jésus à la croix ? Personne. Parmi ses disciples, même l’un fut un traitre ; c’était une épreuve peu ordinaire.

N’imaginons pas que le serviteur fidèle sera toujours approuvé. Ce chapitre nous montre que si Paul a enseigné si nettement que le premier Adam était entièrement annulé par le christianisme, l’instrument dont le Seigneur s’est servi pour révéler ces vérités et les faire connaître par inspiration, ce serviteur était, moralement parlant, à la hauteur de sa tâche. C’est ce qu’il y a d’admirable. Il pouvait être le héraut de la vérité qu’il annonçait, parce que cette vérité produisait en lui des effets à la hauteur de cette vérité. C’est un principe pour nous tous, n’est-ce pas, serviteurs ? Nous ne pouvons en bonne conscience parler des choses saintes que dans la mesure où elles ont eu, dans notre cœur et notre conscience, de l’effet.

Heureux serviteur Paul ! Calomnié à Corinthe et ailleurs… s’il n’avait pas été appelé à cette tâche, il n’y eût pas tenu, mais il était moralement préparé. Une chose par quoi le Seigneur l’avait formé, c’est qu’il avait été pris en train de persécuter l’assemblée jusqu’à la mort et il se considérait par là comme le premier des pécheurs. Le Seigneur l’a ainsi brisé.

Paul a été fidèle dans l’administration qui lui fut confiée. « Je n’ai pas frelaté la Parole de Dieu ». Il l’a donnée comme il l’avait reçue. Nous ne sommes-pas inspirés, nous, mais nous sommes responsables de donner la vérité comme elle nous a été enseignée. C’est très important de nos jours : ne pas frelater la vérité, ne pas la mélanger avec l’erreur. Nous avons tous à veiller à la pureté des doctrines enseignées ; toute indifférence à cet égard serait une grave infidélité.

Le christianisme est quelque chose de pratique en toutes choses. Le ministère n’est pas la chose la plus importante chez un chrétien, mais c’est son propre état moral et spirituel. Paul nous parle autant par son comportement moral que par les vérités qu’il nous fait connaître. Voilà un homme soumis à toutes sortes d’épreuves, son équilibre n’est pas perdu pour autant, parce que le Seigneur lui aide et lui accorde la force d’accomplir sa tâche fidèlement, ce qui n’est jamais facile.

Considérons l’état de ce serviteur : il était sans ressource ne possédant rien On penserait de nos jours que si l’on n’a pas de grands moyens, on ne peut rien faire. La grande affaire, c’est de laisser agir le Saint Esprit qui seul fait l’œuvre.

Il ne faut pas penser que l’apôtre Paul ne souffrait pas de la manière dont on le traitait ainsi, au contraire, il en était profondément atteint dans ses affections. Ne pensons pas que le Seigneur était insensible à ce que lui faisaient les hommes. Il a senti cela d’une manière d’autant plus profonde que sa perfection même le rendait infiniment sensible à tout. Toutes ses souffrances étaient le résultat de ce qu’était une nature parfaitement, divinement, infiniment sensible au moindre mal. C’était une souffrance pour le Seigneur dont nous n’avons guère l’idée, endurcis comme nous le sommes, à cause de notre mauvaise nature.

On peut aussi admirer le ménagement avec lequel Paul, de la part du Seigneur, traite sans les nommer ceux qui étaient coupables de cet esprit de parti.

La grâce et la vérité vont ensemble. N’étouffons pas la vérité par la grâce et non plus n’éteignons pas la grâce par la dureté de la vérité. Paul a de la grâce, sa façon d’agir est admirable, mais nous voyons quand même qu’il tient dans la main un instrument qui donnerait autre chose que des manifestations de tendresse et d’approbation, un instrument qui pourrait produire de très durs effets chez les Corinthiens. Plus loin, nous voyons qu’il était capable de livrer un homme à Satan. Quelle belle chose que le christianisme ! Quand on abuse de la vérité, voilà la grâce. Quand on abuse de la grâce, voilà la vérité. La grande affaire pour nous, c’est de savoir ce que le Seigneur veut à chaque circonstance.

Dans la seconde épître, on voit que du bien avait été produit à Corinthe, que la première lettre avait eu de l’effet, chez un grand nombre, et en particulier, les points sur lesquels l’apôtre avait donné son sentiment et ses ordres de par l’Esprit Saint. En cela, il avait été obéi et il peut louer les Corinthiens de leur obéissance. Mais il restait toujours – et cela dût rester encore dans la suite et dans d’autres assemblées, et jusqu’à la fin de sa vie – cette situation si pénible à son cœur, cette blessure dont il a été question dans le premier chapitre : la présence de l’activité d’éléments qui sapaient non seulement l’autorité de l’apôtre, mais sa personne et son ministère. Aussi, on le voit reprendre dans la seconde épître cette question de son ministère et de tout ministère.

Ce que nous n’avons ici qu’en quelques mots est développé dans la 2ème épître aux Corinthiens (ch. 3 et 4) mais l’apôtre y revient dans les derniers chapitres et étant amené, inspiré pour cela, à plaider sa cause avec un langage qu’il qualifie lui-même de langage insensé tellement l’ennemi restait à l’œuvre et ses instruments actifs pour ruiner, si possible, la parole de l’apôtre et en empêcher les effets.

Il serait intéressant de voir ce que l’apôtre dit de son ministère et de ce que cela entraîne pour lui, et de cette mort à laquelle il était livré tous les jours pour l’amour de Jésus, la vie de Jésus se manifestant dans sa chair mortelle. Il peut dire : cette fois, je viens et je crains que quand j’arriverai, je ne vous trouve pas tels que je voudrais. Tout n’avait pas été réglé et essentiellement cette question des mauvais ouvriers et des faux apôtres qui travaillaient contre Paul, étant des instruments de Satan et travaillant contre le nom de Christ. De sorte qu’il peut dire que quand il viendrait, il n’épargnerait pas. Il userait alors de cette autorité, cette puissance apostolique dont par lettre, il avait pu parler à ces Corinthiens.

Mais, de façon pratique pour nous, quel exemple que celui qui est placé là devant nous : je vous supplie d’être mes imitateurs, « Pour vous, ne jugez rien avant le temps ». C’est la tendance à nous juger les uns les autres, en nous targuant d’une autorité, d’un discernement que nous n’avons pas.

S’il s’agit de juger le mal, c’est autre chose, les manifestations du mal auxquelles nous serions coupables d’être indifférents, car cela concerne tous les croyants. Nous devons alors rechercher ensemble, dans l’humilité, le remède au mal et nous juger ensemble. C’est un côté extrêmement important.

Notre action commune et notre action individuelle, dans l’exercice d’une saine et heureuse discipline fraternelle, doivent avoir pour résultat d’amener telle personne, dont la conduite laisse à désirer, qui donne de l’inquiétude, l’amener à se trouver elle-même dans la présence du Seigneur et à se laisser juger par Lui.

« Prends garde au service que tu as reçu dans le Seigneur ». Nous avons chacun à être fidèle dans le service que lu Seigneur nous confie. Nous devons avoir affaire avec le Seigneur pour connaître le service que nous avons reçu de Lui, ensuite être fidèle vis-à-vis de Lui, quoi qu’en pensent les hommes.

La première chose c’est de n’avoir rien sur la conscience, dit l’apôtre. S’il avait eu des manquements, ils avaient été confessés et jugés. C’est quelque chose de n’avoir rien sur la conscience. Pouvons-nous poursuivre notre service lorsque le Seigneur nous reprend ? Si quelque chose ne va pas en moi, Il me le montrera. Toutefois, cela n’annule en aucune manière : « Prenez garde les uns aux autres » (Héb. 10). La sainte et vigilante attention que nous avons à nous porter les uns aux autres, dans l’amour, dans l’humilité, chacun estimant l’autre supérieur à soi-même, de façon à pouvoir porter ensemble ce qui est à porter et poursuivre la course, nous attendant à Lui moment après moment.

Un jour, tous les secrets des cœurs seront manifestés. Paul en reparle en 2 Corinthiens, quand il parle du tribunal de Christ. Il marche dans le sentiment qu’il est conduit par le Seigneur, il est comme déjà devant le tribunal de Christ. Quelquefois, ces conseils des cœurs sont manifestés sur la terre, le Seigneur permettant que cela soit fait aux yeux des autres, que se révèle la faute, par exemple, d’avoir nourri dans son cœur des pensées de jalousie ou d’orgueil. Qu’en sera-t-il quand les conseils des cœurs seront manifestés ?

A propos des matériaux, il a été dit : « Si l’ouvrage de quelqu’un qu’il aura édifié dessus demeure, il recevra une récompense ». Voilà quant aux choses visibles, au travail extérieur dans ses résultats. Mais quant aux conseils des cœurs, quant aux mobiles qui nous font agir, il est dit : « Chacun recevra sa louange de la part de Dieu ». Il y aura une riche entrée, mais aussi des entrées bien pauvres. Il y aura une voix de louange pour le serviteur fidèle, non pas le plus encensé, mais celui dont la fidélité cachée aura été connue, appréciée par le Seigneur Lui-même : « Bien, bon et fidèle esclave » et il y aura peut-être de plus petites louanges de la part de Dieu là où il y aura eu de grandes louanges de la part des hommes.

La question de juger est très importante, parce qu’elle se présente pour nous. D’une part, il est dit : « Ne jugez pas ». D’autre part, il est dit : « Jugez ». Dans les évangiles, le Seigneur dit : « Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés ». Dans cette épître, il est dit : « Jugez ceux du dedans ». L’Assemblée locale doit avoir le caractère de Dieu Lui-même. Dieu est lumière, Dieu est amour. Tout ce qui ne répond pas à ce qui est en Dieu, à sa nature essentielle, tout ce qui ne correspond pas à ces deux caractères de la nature de Dieu, cela ne devrait pas se voir parmi les saints.

Nous avons, pas mal de choses à juger, chacun pour son compte. L’apôtre pouvait dire : c’est Dieu qui a tout fait. Voilà ce qui donne une bonne conscience pour un serviteur, avoir ce sentiment qu’on est appelé par le Seigneur, qu’on a affaire à Lui, et comment cela se prouve-t-il aux autres ? Le Seigneur s’en charge. S’il y a des opposants, il faut avoir affaire au Seigneur, s’attendre à Lui qui a la haute main sur tout et qui peut apprendre à son serviteur à dépendre davantage. On n’a qu’à s’en remettre au Seigneur. Un frère disait : Je n’ai jamais vu que le service de quelqu’un qui vit beaucoup avec le Seigneur dans sa communion ne soit pas reçu dans l’ensemble. Les serviteurs ont donc à vivre très près du Seigneur, chacun pour son compte.

On ne peut pousser quelqu’un. Il n’est peut-être pas qualifié pour un service, il n’est peut-être pas prêt quant à l’état de son âme On risquerait de le faire broncher et de lui causer beaucoup de mal. Le serviteur doit marcher et servir en dépendant de son Maître ; le reste, c’est l’affaire du Seigneur. Nous ne pouvons pas juger ce qui se passe dans le cœur de nos frères, mais il faut juger ce qui se manifeste. Mais, ce qui se manifeste dans la vie d’un frère, d’une sœur, nous le jugeons d’autant plus que nous sommes plus spirituels, mais avec plus de grâce et non dans un esprit de jugement ; ceci est un mal dangereux auquel on est d’autant plus porté que l’on est moins spirituel.

Ceux dont la vie est aux trois-quarts mondaine sont parfois les premiers à porter un jugement qu’ils voudraient définitif, alors qu’il faut être dans un état autre pour porter un jugement sain et juste. On juge ce qui est manifestée ; un mal est là, il faut le juger. Mais il faut le faire avec le Seigneur.

Que les frères qui ont une certaine autorité ne se laissent pas entourer par une sorte de phalange de personnes qui, à l’occasion, les flattent et les poussent. Que le Seigneur nous garde en cela ! L’apôtre s’appliquait à être ce qu’il enseignait. C’était tout. Quelle admirable chose ! Il est très humiliant de voir que ce que nous disons dépasse parfois ce que nous réalisons intérieurement. S’il y a des frères qui sont qualifiés pour un service, il nous faut les reconnaître et nous sommes heureux de les reconnaître.

Un serviteur doit garder son indépendance. Paul le réalisait. On pouvait chercher à l’influencer en présentant quelque avantage. Il s’en détournait. On pouvait le mettre en prison, le calomnier, il restait fidèle. Quel brillant témoin ! Des hommes sont allés au bûcher pour suivre les traces de leur Maître. Une honnêteté morale, foncière, caractérisait Paul.

Tout ce que nous tolérons dans notre vie et qui n’est pas selon Christ, c’est un manque d’honnêteté morale. Que le Seigneur nous encourage, chers frères, chers jeunes, croyants ! L’humilité, la patience, l’absence de toute mondanité, une séparation pour Christ et avec Christ, voilà la gloire d’un chrétien. La fortune ne l’embarrassait pas, Paul. Moïse non plus, dans d’autres temps. Car la vie divine est, au fond, toujours la même. C’est une question de foi personnelle.

Nous suivons Paul de très loin. Nous sommes des imitateurs très pâles de ce modèle. Le christianisme devrait-il être changé et adapté au siècle ? Mais où trouve-t-on cela ? Il risque de s’éteindre en puissance dans le cœur des chrétiens mondains, mais il est en lui-même aussi vivant et aussi puissant aujourd’hui qu’au temps de l’apôtre Paul, et le Seigneur offre à chacun l’occasion de le montrer.

Si nous avons été appelés par le Seigneur et faisons valoir ce qu’Il nous a confié, restons près de Lui, Il donnera sa bénédiction. Il ne faut pas dépasser sa mesure. Pour l’accomplissement des charges, il faut aussi une grande dépendance du Seigneur et être à sa place. Cela est vrai pour un ancien, un serviteur, une servante. Chacun a besoin d’être dépendant continuellement et cela n’est pas pénible.

L’humilité profonde : voilà ce qui a caractérisé le modèle de celui qui a pu dire ici : soyez mes imitateurs.

Ici, ce n’est pas tellement la faute des conducteurs qui est mise en avant, mais celle de ceux à qui l’apôtre s’adresse directement. Qu’est-ce qui nous délivre de cet esprit de parti ? Avoir la pensée de Christ, nous glorifier dans le Seigneur. Il y a des sujets de gloire pour les croyants : nous nous glorifions dans les tribulations. Là, il n’y a pas place pour nous-mêmes, mais seulement place pour Celui en qui on se glorifie.

Paul était un architecte et d’autres doivent édifier sur le fondement. Il y a une grande diversité dans les activités chrétiennes, mais ici l’accent est mis sur l’unité de leur service, sur le soin qu’ils doivent montrer dans la fidélité à ce que chacun a reçu du Seigneur. Les Corinthiens avaient reçu en abondance des dons de grâce et ils se glorifiaient de les exercer.

L’apôtre est obligé de leur dire : il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que vous soyez satisfaits et vous passez légèrement sur les désordres moraux qui sont là, parmi vous. Avez-vous l’entendement si obscurci ? Est-ce le temps pour l’Église de paraître triomphante ? La part de l’Église est céleste. L’Église sera l’Épouse unie au Roi, mais ce sera sur une terre où aura passé le jugement. Jusque là, l’Église est étrangère ici-bas.

Nous, les apôtres, non seulement nous ne régnons pas, mais nous sommes exposés à toutes les persécutions et nous sommes voués à la mort. Le Seigneur a été livré à la mort et maintenant nous, les derniers, nous sommes aussi voués à la mort. L’apôtre a donné sa vie pour Christ et, sans doute, il y a eu, en même temps, d’autres martyrs qui ont donné leur vie. L’apôtre peut dire : nous sommes mis à la dernière place et nous sommes dans le mépris.

Le reproche qu’il leur adresse est plein d’amour : vous comportant comme vous le faites, vous vous associez à tout ce que le monde fait à notre égard; vous méprisez à ce point les serviteurs de Christ. Quant à nous-mêmes, nous n’avons pas d’autre désir que de contribuer dans le chemin où nous avons été placés, être fidèles, quoiqu’il puisse nous en coûter.

Quel tableau nous avons dans ces versets 10 à 13 ! C’était le plus fidèle reflet de Christ qui avait pu être donné. Que le Seigneur nous donne de ne pas oublier ce tableau, qui est celui du christianisme qui l’a toujours honoré. Qu’Il nous donne de ne jamais faire passer le service avant le Seigneur, quel que soit le service ou quelle que soit la charge. Les manifestations de cette faute sont fréquentes. Un frère qui a beaucoup de dons peut finir par ne penser qu’à ses dons, c’est-à-dire à lui-même tandis que s’il est avec le Seigneur, il ne pense pas à ses dons, il pense au Seigneur.

« Pour moi, vivre c’est Christ » disait l’apôtre. Le christianisme rend heureux, aussi bien aujourd’hui qu’alors, lui seul rend heureux et donne à la vie un sens. Sans le christianisme, la vie n’a pas de sens. Il répond aux questions philosophiques les plus redoutables.

Si, dans l’Assemblée, il y avait un frère qui ait une activité dissidente, on ne peut pas appeler cela bien et on ne ferait pas son devoir si on ne l’appréciait pas comme on doit l’apprécier. Fermer les yeux sur cette affaire est une infidélité. Les choses ne s’arrangent pas toutes seules. Le Seigneur peut guérir, mais Il nous engage dans des exercices à propos de cela parce qu’Il veut que nous apprenions à connaître la chair par ses perfidies et que nous appréciions les ressources qui sont en Lui.

Fermer les yeux sur un mal de ce genre, ce serait n’aimer ni l’Assemblée ni le Seigneur ni le coupable. Cette sorte d’indépendance crée un esprit de parti et est un germe de division. Ce fut une des marques de la ruine du peuple quand il en fut venu à appeler le bien mal et le mal bien.

L’Assemblée est la colonne et le soutien de la vérité dans tous les domaines. Si un frère prend la place de Christ, ce n’est pas agir selon la vérité : il attire à lui-même des disciples comme les pharisiens qui attiraient les disciples après eux. Un frère ne devrait jamais, dans son cœur, penser à former un troupeau autour de lui : nous sommes responsables de le discerner et de le dire.

Attachons-nous à la vérité comme à Dieu Lui-même. Il faut que chacun apprenne pour lui-même et fasse le chemin pour lui-même. Sinon celui qui suit en imitant peut être perdu ou alors, si c’est un chrétien, c’est un traînard. L’apôtre Paul était un chrétien décidé ; il avait beaucoup de souffrances, mais il n’avait pas que cela. Il avait devant lui la louange que lui donnera le Seigneur. « Chacun recevra sa louange de la part de Dieu ». Ici-bas, les louanges se trompent souvent d’adresse. Nous risquons même de nous adresser la louange à nous-mêmes, ce qui est encore la pire des choses.

Ce cher apôtre Paul était un homme pauvre. Peut-être n’aurions-nous pas été heureux de frayer avec lui ? On aime plutôt ce qui brille. Pour la foi, il y avait de quoi être extrêmement honoré d’avoir à faire à un homme pareil, et mieux encore, d’avoir à faire à Celui duquel il était lui-même l’imitateur.

Ayons des relations vivantes avec le Seigneur. Est-ce les relations que nous recherchons dans notre vie ? Sinon, lesquelles ? Notre christianisme ne peut pas ne pas être marqué par nos relations.

Mais Paul était comme les balayures du monde ; voilà une brillante position. On ne pouvait s’y tromper : la position était sans équivoque. il n’était plus nécessaire de rappeler l’exhortation : « N’aimez pas le monde » à quelqu’un qui était comme les balayures du monde.

L’enseignement et la force de la Parole de Dieu sont rendus manifestes dans cet homme-là. Nous devrions être la vérité vécue. Que le Seigneur nous donne de faire des progrès. Il y a toujours des progrès à faire, mais il faut se tenir dans le chemin où l’on en fait. Il ne faut pas être dans celui où l’on recule.

Ce cher apôtre, dans ce chemin de souffrance, de renoncement, avait des compensations inexprimables. Il nous en fait connaître quelques-unes. Il a eu une extase. Il n’est pas dit qu’il en ait eu d’autres (2 Cor. 12). Il a été ravi au troisième ciel. C’est un encouragement pour un homme qui souffre ! Ce n’était pas un mystique, mais cet évènement a marqué ensuite sa carrière.

Mais il a eu aussi d’autres expériences : « Tous m’ont abandonné, mais le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié ». Quelle parole aussi : « Je puis toutes choses en Celui qui me fortifie ». Impossible d’abattre un tel homme. Il était pauvre et enrichissait tout le monde. Le christianisme apporte la vérité totale. Le véritable état du monde s’est manifesté à l’occasion du christianisme ; partiellement avant avec les prophètes, mais, après la croix, toute la vérité à été prêchée et vécue dans ces hommes. Cela reste, c’est toujours la seule vérité.

Toutes les fois que nous cherchons à nous associer avec ce que le monde donne, nous nions cette vérité vécue des apôtres, Ces derniers, moralement parlant ; dans la succession des opérations divines vis-à-vis de l’homme. Le terme final, le règlement complet et définitif, le jugement moral de ce qu’est le monde et de ce qu’est l’homme, a été donné dans le christianisme, d’abord en Christ, et ensuite par ses serviteurs, et le Seigneur a permis que leur vie, leur témoignage pratique et vivant, fussent à la hauteur de l’immensité de la vérité qui était apparue. Rien comme le christianisme n’a passé sur le monde. Combien c’est vrai ! Et vous voudriez chercher autre chose ! Un christianisme mélangé avec toutes sortes de pensées humaines et mondaines ?

L’apôtre n’enviait rien. Il a tout abandonné au départ et il ne s’est pas laissé embarrasser en cours de route. Il n’a pas repris en cours de route ce qu’il avait abandonné au départ. Quelle heureuse carrière !

Si nous n’avions pas cet homme, nous ne connaîtrions pas la mesure de la vie chrétienne dans un homme, ayant les mêmes passions que nous. Dieu a permis que le christianisme ait été vécu dans cet homme pour que nous ayons une expression du christianisme presque entièrement réalisé dans un homme ayant les mêmes passions que nous. Par nature, il aimait ce que nous aimons, il aimait la vanité du monde, les plaisirs…

Que le Seigneur nous donne de ne jamais oublier que le christianisme est toujours vivant ! Ne le réduisons pas à des connaissances de mémoire. Le christianisme, c’est Christ vivant dans les siens. Nous sommes facilement routiniers ; souvent, nous avons l’esprit de la tradition, l’esprit de ceux qui se réclament du privilège de descendre de générations antérieures. Les enfants de frères doivent faire le chemin pour eux-mêmes. Heureux sont-ils d’avoir des parents convertis mais la foi est individuelle, la foi qui sauve et la foi pour toute la carrière ici-bas.

D’après Réunions d’études au Plateau 1966

TRADUCTION DE FEUILLETS (152)

Le fils prodigue dit à son père : « Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils » Luc 15. 21.

LE RETOUR DU FILS PRODIGUE

Le fils confesse son péché, mais il est interrompu par son père avant qu’il puisse parler – comme il en avait l’intention – d’être un ouvrier. Il fut bienvenu et traité comme un fils. Pas un mot de reproche ne sortit de la bouche de son père affectionné. Son retour et sa confession étaient les témoins de sa repentance, et immédiatement un cœur plein d’amour répand cet amour sur l’objet de son affection. C’est la manière dont s’exprime l’amour.

Triomphe béni de la grâce ! Heureux tableau de la grâce de notre Dieu ! Et que connaissez-vous de tout cela ? Avez-vous jugé et confessé votre passé ? Savez-vous ce que c’est que d’être réconcilié avec Dieu, d’être reçu dans ses bras éternels ? Avez-vous reçu le baiser de la paix et de la réconciliation ?

Et le père dit aux serviteurs : « Apportez dehors la plus belle robe, et l’en revêtez ; mettez-lui un anneau au doigt et des sandales aux pieds ; puis amenez le veau gras et tuez-le ; mangeons et réjouissons-nous ». La grâce abonde. Pour celui qui est réconcilié, seul le meilleur de toutes choses satisfera un cœur de père. Ce n’était pas la question de ce que le fils méritait, mais d’un cœur plein d’amour étant satisfait en bénissant son objet. Grâce merveilleuse ! Et c’est là la manière d’agir de notre Dieu. Tout ce que l’amour peut concevoir et que la grâce peut donner est prodigué à tout pécheur qui revient à Lui. Revêtu de la plus belle robe du ciel ; scellé de l’Esprit Saint pour le jour de la rédemption ; propre à marcher devant Lui, c’est maintenant la joie et le privilège de tout enfant de Dieu, de nous réjouir avec un Père aimant sur les immenses richesses de sa grâce.

C’est ainsi qu’un pécheur est réconcilié avec Dieu. Êtes-vous réconcilié ?

D’après the Lord is near août 1988

« Heureux ceux qui sont purs de cœur, car c’est eux qui verront Dieu » Matthieu 5. 8.

QUI PEUT VOIR DIEU ?

Un capitaine surprit un mousse agenouillé en prière dans sa cabine. D’un ton bourru, le vieux loup de mer attrapa le garçon par le col et le redressa devant lui. Puis il hurla : « Dieu n’existe pas ! Tout cela n’est que pure invention de lâches. Montrez-moi Dieu ! Je ne l’ai jamais vu ».

Le mousse n’en eut pas honte. Calmement, il répondit : « Capitaine, heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ». Sans voix, le capitaine regarda le garçon. Puis, plongé dans ses pensées, il quitta la cabine.

Il est vrai que tant qu’une personne n’a pas le cœur pur, elle ne peut voir Dieu, et encore moins avoir une relation harmonieuse avec Lui. On peut argumenter et se contredire autant qu’on veut. Dieu ne se révèle qu’à ceux qui se prosternent devant Lui et croient en sa parole.

Dans la Bible, il nous montre que par la foi nous recevons un cœur pur (Act. 15. 9) . Cela fait référence à la foi personnelle en Jésus-Christ, qui a donné sa vie pour nous sur la croix.

Si nous croyons au Seigneur Jésus, nous serons purifiés de tout péché par son sang (1 Jean 1. 7).

Si nous croyons au Fils de Dieu, la vie éternelle nous est donnée (1 Jean 5. 13).

Ainsi, nos cœurs sont purifiés et renouvelés. Désormais, par la lecture de la Bible, nous apprenons à mieux connaître Dieu.

D’après Näher zu Dir janvier 2026

« En effet, la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent, mais pour nous qui obtenons le salut, elle est la puissance de Dieu » 1 Corinthiens 1. 18.

LE MESSAGE DE LA CROIX

Il y a environ 2000 ans, Jésus-Christ fut conduit de Jérusalem au lieu d’exécution. Là, les soldats romains le clouèrent sur une croix de bois comme un criminel. Ainsi, il fut rejeté par le peuple, malgré tout le bien qu’il leur avait fait. Telle fut leur réponse à son amour !

Comment réagit le crucifié ? Il endura la terrible douleur sans se rebeller. Il garda le silence face aux moqueries des spectateurs, même si leur raillerie le transperçait jusqu’au plus profond de son être. Au lieu de résister, il pria pour ses bourreaux. Son amour était plus fort que leur haine !

Lorsque Jésus-Christ était sur la croix, il fit nuit pendant trois heures, en plein midi. Durant ce laps de temps, le crucifié souffrit pour les péchés des autres. Il subit le jugement de Dieu pour tous ceux qui croient en lui. Telle est l’insondable grandeur de l’amour du Rédempteur !

Après ces trois heures terribles, Jésus-Christ s’écria : « C’est accompli ! » (Jean 19. 30). Puis il mourut. Par sa souffrance et sa mort sur la croix, il a posé les fondements du salut éternel de l’humanité. Quiconque croit en lui sera sauvé !

Ce glorieux message de la croix s’adresse à tous les peuples du monde. C’est pourquoi nous vous demandons : venez au Seigneur Jésus aujourd’hui ! Confessez-lui vos péchés et croyez en son sacrifice expiatoire sur la croix !

D’après Näher zu Dir janvier 2026

« C’est moi, c’est moi qui efface tes transgressions à cause de moi-même ; et je ne me souviendrai pas de tes péchés » Ésaïe 43. 25.

EFFACÉS

– Maman, dit Finn à sa mère, je ne comprends pas ce qu’il arrive de tous les péchés que Dieu pardonne. Est-ce qu’ils sont juste mis de côté pour un temps, et qu’ils vont tout à coup réapparaître un jour ?

– Eh bien, qu’est-ce qui est arrivé de tous les dessins que tu as faits sur ton ardoise, hier ? lui répond sa mère.

– Ils ont disparu. Je les ai effacés avec mon éponge.

– Tu vois, explique la maman, c’est exactement ce qui arrive de nos péchés quand nous les confessons à Dieu. Ils sont effacés et ne reviendront jamais.

C’est ce que dit la Bible, dans le verset ci-dessus. C’est une déclaration glorieuse qui donne un réconfort éternel. Dieu attend que nous nous tournions vers Lui, que nous Lui confessions honnêtement nos fautes, et Il nous les pardonne parce que le Seigneur Jésus est mort pour nous.

Nous pouvons affirmer avec confiance que le Sauveur a pris sur Lui-même, sur la croix, la punition pour nos péchés. Sa mort est le fondement de justice sur lequel Dieu accomplit sa promesse et efface notre culpabilité. Son pardon est valable pour l’éternité parce qu’Il ne se souviendra plus jamais de nos péchés.

« Si nous confessons nos péchés, il (Dieu) est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1. 9).

D’après the good Seed janvier 2026

« Et Quand la couche de rosée se leva, voici sur la surface du désert quelque chose de fin, de granuleux, quelque chose de fin comme la gelée blanche sur la terre. Les fils d’Israël le virent… les fils d’Israël recueillirent, l’un beaucoup, l’autre peu… La maison d’Israël donna à [cette nourriture] le nom de manne. Elle était comme de la semence de coriandre, blanche, et avait le goût d’un gâteau au miel » Exode 16. 14, 17 et 31.

UN PEU À LA FOIS

L’israélite ramassait une portion de manne et c’était une quantité tout à fait suffisante pour lui, selon son appétit. « Celui qui avait beaucoup n’eut pas trop ; et celui qui avait peu, n’en manqua pas » (Ex. 16. 18).

Recherchons-nous des grâces spéciales ? – de grandes révélations de Christ ? Et négligeons-nous de rassembler et de conserver les petites grâces et les révélations de Lui-même qui sont parsemées sur notre chemin tout le jour, et dans lesquelles nous apprenons à connaître le cœur de Celui qui les a semées autour de nous de tous côtés. Mes yeux pourraient-ils errer à la recherche d’une grande quantité, quand le désert est parsemé de tous côtés autour de moi de petites fractions ? Les ai-je rassemblées aujourd’hui ? Si c’est le cas, j’en ai plus que pour mon appétit, j’ai « toutes choses » et en abondance, j’en ai certainement assez.

L’âme va se retrouver à désirer du poisson, des oignons, et de l’ail, si elle perd son temps à chercher une grosse portion de manne. La vie ici-bas est faite de petites choses, et l’âme trouve Christ dans les petites choses ; et en Le trouvant, je m’attache à Lui et me nourris de Lui, et cela me rend toujours plus fort.

D’après the Lord is near août 1988

« Or sache que dans les derniers jours il surviendra des temps difficiles : les hommes seront égoïstes, avares, … n’aimant pas le bien, … amis des plaisirs plutôt qu’amis de Dieu » 2 Timothée 3. 1 à 4.

LES HOMMES DES DERNIERS JOURS

Le mot moderne pour l’amour de soi, c’est le narcissisme (un mot qui vient de la mythologie grecque). Narcis était un beau jeune homme, fier de sa propre beauté, qui finit par tomber amoureux de son propre reflet dans une mare, et en devint l’esclave. C’est un bon exemple de toute personne dont l’amour pour soi-même dégénère en une multitude d’autres convoitises, en particulier l’amour de l’argent et l’amour du plaisir. Le monde gémit sous les souffrances et la mort causées par ceux qui s’aiment eux-mêmes.

L’antidote à l’égoïsme, c’est l’amour de Dieu – reçu d’abord par des pécheurs perdus qui se tournent vers Christ pour être sauvés – et ensuite débordant de leur cœur racheté vers les autres. Le chapitre 4 de l’épître aux Éphésiens décrit ce qui arrive dans la vie d’une personne quand l’amour de Dieu remplace l’égoïsme : La fausseté est remplacée par la véracité ; l’amertume, la haine et le ressentiment sont refusés par le cœur et disparaissent avec le diable qui les y a introduits.

Le vol est remplacé par un travail honnête, qui permet aux cœurs aimants de partager avec ceux qui sont dans le besoin.

Les mauvaises paroles disparaissent de la langue et du cœur, à mesure que l’Esprit de Dieu remplit les cœurs et les bouches de paroles qui édifient et encouragent les autres.

Quel programme de vie ! Pourquoi est-ce que nous déshonorerions Dieu – et nous-mêmes – par les fruits misérables de l’égoïsme ?

D’après the Lord is near août 1988 (G.W. Steidl)

« Car, du fait qu’il a souffert lui-même, étant tenté, il est à même de secourir ceux qui sont tentés » Hébreux 2. 18.

LE SECOURS ASSURÉ DE CHRIST DANS NOS TENTATIONS

Au tout début de son parcours public dans les Évangiles, le Seigneur a dû rencontrer les tentations de Satan dans le désert. Sa perfection est vue en ce qu’Il a souffert, étant tenté. Pour Lui, Lui présenter quoi que ce soit de contraire à Dieu ne produisait que de la souffrance. Pour nous – si nous ne nous estimons pas, par la foi, comme étant morts au péché, et marchant dans l’Esprit comme puissance de la délivrance que Christ a accomplie pour nous – il y a, à la tentation venant de l’extérieur, la réponse horrible de la chair en nous. Il n’y avait rien de tel quant à Lui : Il souffrait d’être tenté, ce qui est l’opposé absolu de pécher. « Celui qui a souffert dans la chair en a fini avec le péché », comme le dit Pierre dans sa première épître (ch. 4. 1) – en nous exhortant à nous armer de cette même pensée que Christ. Nous serons tentés, mais seulement jusqu’au point où, dans notre faiblesse, nous nous rangeons du côté de Dieu contre nous-mêmes – en refusant le mal, le puissant secours du Seigneur venant nous soutenir. Autrement, la faiblesse sans son support dégénérerait en propre volonté et péché.

Dans ses vêtements de gloire et de beauté, Aaron portait en type les noms des fils d’Israël gravés sur les pierres d’onyx sur les épaules de force, et aussi sur le pectoral de jugement sur son cœur. Nous avons la réalité de ces deux choses lorsque nous considérons le Souverain Sacrificateur de notre confession. Car en plus de la force pour nous secourir, comme dans le chapitre 2, le chapitre 4 d’Hébreux nous apporte la merveilleuse sympathie de son cœur.

D’après the Lord is near août 1988

« Tu es un jardin clos, ma sœur, ma fiancée » Cantique des cantiques 4. 12.

L’ÉGLISE, PRÉCIEUSE POUR SON SAUVEUR ET SEIGNEUR

Le Cantique des cantiques lève le voile et nous permet d’être témoins des profondes affections de l’Éternel pour Israël, et en particulier pour ceux qui se tourneront vers Lui par la foi dans les derniers jours. En plus de cette application, nous voyons aussi dans le récit la relation d’amour entre Christ et l’Église. Le verset ci-dessus décrit ses pensées au sujet de celle qu’Il aime, l’Assemblée, son épouse. Toutes ses affections sont centrées sur elle. C’est pour elle qu’Il mourut (Éph. 5. 25). Il s’est donné pour elle, pour l’avoir pour Lui-même. Au milieu des conflits et du péché, il y a une compagnie de personnes dans le monde qui sont comme un « jardin clos » pour Lui. La beauté de ce jardin apporte de la joie au cœur de son Propriétaire, et n’est que pour Lui. Et il y a des sources dans ce jardin, mais elles sont fermées pour tous sauf pour Lui-même. Elle, sa fiancée, donne du rafraîchissement à son Bien-aimé. Son cœur est comme une fontaine pour Lui. Son plaisir est dans ceux qui sont à Lui.

Nous devons aussi nous attendre au vent du Nord. Les rafales de l’hiver représentent les conditions adverses que nous rencontrons chaque jour, l’opposition réelle que les chrétiens doivent affronter. L’Esprit de Dieu emploiera toutes ces conditions adverses pour répandre au dehors le parfum de cet amour, produit dans nos cœurs, afin que d’autres puissent reconnaître ce que le Seigneur est pour nous, et puissent, de plus, se rendre compte, par notre comportement, de l’œuvre du Bien-aimé dans nos cœurs. Mais cela commence par un jardin clos : pas de partage de notre amour et de nos affections avec d’autres !

D’après the Lord is near août 1988

« Beaucoup de taureaux m’ont environné… des chiens m’ont environné » Psaume 22. 13 et 17.

« Les liens de la mort m’ont environné » Psaume 18. 4.

LES SOUFFRANCES DU SEIGNEUR JÉSUS SUR LA CROIX

Le langage du Seigneur Jésus est vu, de manière prophétique, dans ces deux psaumes, qui expriment les sentiments profonds de son esprit dans les souffrances qu’Il endura. Les nombreux taureaux sont les dirigeants, forts dans leur caractère bestial, brutal et cruel, frappant ou secouant avec leurs cornes, ou piétinant la victime de leur haine vindicative. Qu’il est tragique de voir les scribes, les principaux sacrificateurs, et les pharisiens, ceux dont la connaissance de la Parole de Dieu aurait dû les placer au premier plan pour rendre honneur au Seigneur Jésus, unis pour Le persécuter cruellement !

Mais des chiens l’ont environné – le bas peuple, comme des chiens dans la rue, rassemblés par la vue de sa détresse, ajoutant leurs aboiements dans un chœur discordant d’inimitié, contre Celui qui souffrait, humble et patient. Ceux-là sont les masses insouciantes, sans réflexion, poussées par l’opinion populaire, prêtes à suivre n’importe quelle direction où leur humeur volage peut les conduire, inconscients de l’horrible énormité de leur honteux mépris pour le Fils éternel de Dieu !

Cependant, plus que cela, « les liens de la mort l’ont environné » Lui, qui est Lui-même la vie, est volontairement descendu dans la poussière de la mort. Ni les taureaux ni les chiens ne pouvaient le mettre à mort, mais Il a été Lui-même entouré des cordeaux serrés de cet ennemi terrible de l’homme. Portant nos péchés en son corps sur le bois, souffrant infiniment plus en cela que par la persécution de tous les hommes, Il a laissé sa vie, en mourant pour nos péchés.

Grâce merveilleuse et sans égale d’un cœur qui ressentait tout plus qu’aucun autre ne le pourrait jamais. Comme Il est digne d’une adoration éternelle – qu’Il recevra dans un jour à venir ! Cependant, nous qui sommes sauvés par sa grâce, nous pouvons déjà Lui rendre l’adoration et l’honneur, en attendant de le voir face à face.

D’après the Lord is near août 1988 (L.M. Grant)

« Je chanterai à mon bien-aimé un cantique de mon bien-aimé, sur sa vigne : Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau fertile. Et il en travailla le sol, en ôta les pierres et la planta de ceps excellents ; il bâtit une tour au milieu d’elle, et y fabriqua aussi un pressoir ; il s’attendait à ce qu’elle produise de bons raisins, mais elle produisit des raisins sauvages » Ésaïe 5. 1 et 2.

COMMENT PRODUIRE DE BONS FRUITS

La vigne est la maison d’Israël, de laquelle on attend de bons fruits, mais au lieu de cela, ce qui semblait d’abord être un bon cep s’est montré être un cep sauvage. C’est exactement ce qui est arrivé à Israël, la plante de ses délices – s’est produit avec l’homme comme race, lui aussi, « la plante de ses délices » (És. 5. 7). Dieu a chanté un chant d’amour et de joie sur lui, à sa création, car le passage de Genèse 1. 27 est vraiment un chant d’amour. « Dieu créa l’homme à son image ; il le créa à l’image de Dieu ; il les créa homme et femme ».

Hélas, ce chant s’est aussi transformé en chagrin, car après quatre « jours » de mise à l’épreuve, il peut être dit de lui aussi, que « il sent déjà, car il est là depuis quatre jours » (Jean 11. 39). Il en est ainsi du pauvre premier Adam.

Dieu peut bien être loué pour le dernier Adam. Le cantique à son sujet ne cesse pas et – merveille des merveilles ! – nous avons une part avec Lui en cela. Et en demeurant en Lui, qui est le vrai Cep, vous et moi pouvons porter un fruit tel qu’il sera à la gloire du Père, et Lui donne de la joie – mais cela, d’aucune autre manière.

D’après the Lord is near août 1988

« Car aussi Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu, ayant été mis à mort en chair, mais vivifié par l’Esprit ; c’est aussi par l’Esprit qu’il alla prêcher aux esprits qui sont en prison, qui ont été autrefois désobéissants, quand la patience de Dieu attendait dans les jours de Noé, tandis que se construisait l’arche, dans laquelle un petit nombre, soit huit personnes, furent sauvées à travers l’eau » 1 Pierre 3. 18 à 20.

L’APPEL DE DIEU EST DONNÉ AUX VIVANTS

Beaucoup d’enseignements erronés au sujet de Christ prêchant aux esprits qui sont en prison ont été basés sur une mauvaise application de ce passage. Souvenons-nous que l’apôtre Pierre écrivait à des Juifs chrétiens qui n’étaient qu’une petite compagnie méprisée, sauvés hors de l’ensemble de la nation. C’était comme s’il disait : Ne soyez pas découragés : même dans les jours où Noé prêchait, quand la patience de Dieu attendait aussi longtemps, huit personnes seulement ont été sauvées.

C’était l’Esprit de Christ en Noé qui leur prêchait avant le déluge, quand ils étaient encore en vie. Nous avons la même expression en 1 Pierre 1. 11 : « l’Esprit de Christ » dans les prophètes de l’Ancien Testament rendait témoignage à l’avance des souffrances de Christ et des gloires qui suivraient. En Genèse 6. 3, nous avons le contraste entre la chair et l’Esprit de Dieu : « Mon Esprit ne contestera pas à toujours avec l’homme, puisque lui n’est que chair ».

L’idée que Christ alla prêcher aux esprits en prison entre sa mort et sa résurrection est tout à fait erronée. Mais les esprits des hommes auxquels le témoignage fut rendu par Noé dans ses jours sont maintenant « en prison », attendant le jugement, parce qu’ils étaient incrédules quant au témoignage donné par l’Esprit de Christ par le moyen de Noé quand ils étaient en vie.

D’après the Lord is near août 1988

« Je cours droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » Philippiens 3. 14.

GAGNER LA COURSE

Les athlètes ont déjà le regard fixé sur les prochaines Olympiades, et s’entraînent pour cela. Quel est le but de ces hommes et femmes intensément occupés ? Est-ce le prix de la médaille d’or, ou le désir d’atteindre le but devant tous les autres ? Bien que le prix et le but soient en relation étroite, et que tous deux motivent l’athlète, ils sont distincts l’un de l’autre. Le concurrent olympique doit fixer les yeux sur le but et non pas sur le prix s’il veut gagner le prix.

Pensons au prix. Comme la médaille d’or, le prix est donné au gagnant à la fin de la course. Or, quel est le prix pour nous, chrétiens, à la fin de la vie, quand nous serons appelés à la maison – au ciel ? Est-ce le salut ? Non ! Nous commençons la course avec le salut. Sans le salut nous ne pourrions même pas faire partie de la course ! Le prix, alors, est-il notre entrée au ciel ? Eh bien, il en fait partie, mais il y a plus que notre admission au ciel. Nous allons voir le Seigneur dans toute sa gloire et partager avec Lui dans cette gloire pour toujours.

Notre gloire à venir n’est pas comme un bouquet de halos dorés que nous mettons en réserve, et ensuite porterons au ciel afin d’attirer l’attention sur nous-mêmes. Notre gloire à venir est toujours vue comme liée, sans pouvoir en être séparée, à la gloire de Christ. Notre gloire individuelle proviendra de sa gloire et lui sera absolument liée. Comme la médaille d’or autour du cou de l’athlète apporte de la gloire à son pays d’origine, de même les couronnes de gloire que nous gagnerons apporteront de la gloire au ciel à notre Roi. Nous devons nous souvenir que la couronne de récompense n’est pas le diadème royal d’un roi, donné par naissance, mais la preuve de la victoire d’un athlète triomphant, gagnée par la course !

D’après the Lord is near août 1988

« Une clochette d’or et une grenade, une clochette d’or et une grenade, sur les bords de la robe, tout autour » Exode 28. 34.

LA VIE ET LE TÉMOIGNAGE CHRÉTIENS

Comme étant sacrificateurs, nos vêtements devraient être décorés de clochettes et de grenades, tout autour de la bordure de notre vêtement. On remarquera d’abord les clochettes parce qu’on les entendra de loin. Elles parlent de notre témoignage ou de notre profession de foi. Les grenades parlent du fruit, ou de la vie pratique, de ce qui est vu plutôt qu’entendu. Ce n’est pas sans but que l’Éternel donna ces indications pour le vêtement du sacrificateur.

Ce serait une grave erreur pour nous, de faire retentir le bas de notre vêtement seulement avec les clochettes. Nous pourrions alors faire beaucoup de bruit, mais ce ne serait que du bruit (1 Cor. 13. 1 à 3) – et sans donner le témoignage du fruit. Nous serions comme les pharisiens, qui se montraient beaucoup mais sans actions. Nous serions hypocrites, sans vie pratique pour témoigner de nos prédications. De même, ce serait aussi une grave erreur de ne mettre que des grenades : nous serions alors comme ceux qui, aujourd’hui, prônent l’évangile social, actifs continuellement dans les bonnes œuvres, mais sans rendre aucun témoignage qu’ils sont de Lui et pour Lui. Éphésiens 2. 8 à 10 nous dit que nous ne sommes pas sauvés par les œuvres – mais plutôt que, étant sauvés par la grâce, par le moyen de la foi, nous avons été créés pour les bonnes œuvres.

C’est d’abord la clochette, ensuite la grenade.

Le dessein divin alterne donc les clochettes et les grenades. Avec toute profession de foi entendue par l’oreille, il devrait y avoir aussi la vie pratique visible pour les yeux. Le vêtement de notre service de sacrificateur est-il en accord avec le plan de Dieu ? Si nous affirmons avoir l’Esprit, nos fruits le montrent-ils ?

D’après the Lord is near août 1988

« Parce que tout ce qui est né de Dieu est victorieux du monde ; et la victoire qui a vaincu le monde, c’est notre foi. Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » 1 Jean 5. 4 et 5.

LA MONDANITÉ, L’ENNEMI DU CROYANT

La mondanité est un mal terrible pour le croyant. Ce qui est difficile, c’est de maintenir la proximité avec Christ, que le monde voudrait venir empêcher. Je suis alors réceptif à toutes sortes d’erreurs, car je ne prendrai pas soin d’être droit si je ne me tiens pas près de Christ.

Guéhazi, à la cour du roi, est un triste spectacle. Son cœur avait absorbé l’esprit du monde, et il était capable de raconter au monde des récits des actions puissantes de l’Esprit. Le monde a besoin qu’on lui parle, et on lui parlera de religion s’il ne peut pas avoir autre chose.

Tout ce que je sais du sentier du monde, de son esprit, de ses affections et de sa conduite, c’est qu’il a crucifié mon Seigneur – non seulement dans ses affections et ses convoitises, mais que, par des mains cruelles il a crucifié mon Maître. Supposez que ce soit juste hier que vous avez vu Ponce Pilate, le gouverneur, et les sacrificateurs et les anciens mettant à mort Christ – seriez-vous heureux, aujourd’hui, d’avoir communion avec eux ? La tache du sang de Christ est aussi fraîche, à la vue de Dieu, que si elle datait de hier. Le temps qui s’est écoulé depuis ne fait pas de différence dans sa culpabilité morale.

La question, donc, c’est : est-ce que je vais me mettre sous le pouvoir de ce monde, ou vais-je le surmonter ? Quand Christ était ici-bas, dans toute la beauté et la grâce attirante dans lesquelles Dieu le Père pouvait trouver ses délices, on ne trouvait pas, dans le monde, une pensée ou un sentiment d’intérêt ou de sentiments communs avec Lui.

D’après the Lord is near août 1988 (J.N. Darby)

« Balaam… dit : Celui qui entend les paroles de Dieu, et qui possède la connaissance du Très-haut, qui voit la vision du Tout-puissant, qui tombe et qui a les yeux ouverts » Nombres 24. 16.

VOIR LES CROYANTS COMME DIEU LES VOIT

Si je regarde le peuple de Dieu depuis le haut des collines, je le verrai comme Dieu le voit, revêtu de toute la beauté de Christ – accomplis en Lui – acceptés dans le Bien-aimé. C’est ce qui me permettra de m’accommoder avec eux, de marcher avec eux, d’avoir communion avec eux, de m’élever au-dessus de leurs particularités, de leurs manquements, de leurs fautes et de leurs infirmités. Si je ne les contemple pas depuis cette hauteur, je suis certain que je fixerai mes yeux sur un point ou un autre, insignifiant, et cela détruira complètement ma communion et refroidira mes affections.

Dans la dernière de ces paraboles de Balaam, nous atteignons, pour ainsi dire, la plus haute fissure des rochers, d’où nous pouvons discerner les rayons de la gloire qui dore l’horizon. « Alors il prononça son discours sentencieux : Balaam, le fils de Béor, dit : … je le verrai, mais pas maintenant : je le regarderai, mais pas de près. Une étoile surgira de Jacob, et un sceptre s’élèvera d’Israël, il transpercera Moab d’un côté à l’autre et détruira tous les fils de tumulte » (Nomb. 24. 15 à 17).

Dans la première parabole, le peuple est vu dans la séparation, demeurant seul. Puis, à mesure que Balak continue à déplacer d’un endroit à l’autre le prophète corrompu et avide, nous nous trouvons conduits d’une hauteur à l’autre, jusqu’à ce que nous nous trouvions au sommet lui-même et contemplions les plaines de gloire dans toutes leur longueur et leur largeur, s’étendant loin au-delà des limites de la vision des mortels.

Puissions-nous demeurer en esprit sur le haut des rochers ; puissions-nous avoir toujours les « yeux ouverts », entendre les paroles de Dieu, et avoir la connaissance du Très-Haut ; et puissions-nous ne voir que « la vision du Tout-puissant ».

D’après the Lord is near août 1988 (C.H. Mackintosh)

« D’en haut il étendit [sa main], il me prit, il me tira des grandes eaux ; il me délivra de mon puissant ennemi et de ceux qui me haïssaient ; car ils étaient plus forts que moi » Psaume 18. 17 et 18.

LE SEIGNEUR JÉSUS SOUFFRANT LA MORT SUR LA CROIX

Ce psaume contemple le Seigneur Jésus descendant dans les eaux profondes des souffrances et de la mort du Calvaire, entouré par des ennemis qui ne connaissaient rien de la raison extraordinaire de cette humble soumission à une telle mort. Ils n’avaient donc aucun intérêt pour ce merveilleux sacrifice qu’Il accomplissait au moment même où des hommes s’unissaient contre Lui dans la moquerie et le mépris.

Satan et les hommes, dans leur opposition amère, faisaient tout ce qu’ils pouvaient contre Lui ce jour-là. Plus que cela, Dieu, dans sa justice absolue, L’abandonnait pour qu’Il souffre dans une agonie solitaire, portant le péché et la culpabilité des péchés de beaucoup. Mais en même temps, le cœur du Père trouvait ses délices dans ce sacrifice précieux et parfait, et L’aimait parce qu’Il avait donné sa vie.

Quand tout fut terminé, les hommes scellèrent le tombeau pour rendre la victoire aussi certaine qu’ils le pouvaient.

Mais ils avaient oublié Dieu ! Christ avait été crucifié en faiblesse, et ceux qui étaient forts dans leur orgueil charnel pensaient qu’ils avaient triomphé. Mais Dieu s’approcha d’en-haut, et Le fit sortir des eaux profondes, Le délivrant de son puissant ennemi. Alors la force de la chair devint une misérable faiblesse. Les soldats, au tombeau, furent terrifiés et sans force ; les dirigeants, en entendant la nouvelle, furent frappés et effrayés, et s’appuyèrent, pour s’en blanchir, sur une fausse déclaration évidente. Dieu L’avait ressuscité d’entre les morts ! Celui qui avait souffert est le Vainqueur ! Il n’est plus mis en question que tout genou devra se ployer, et que toute langue devra reconnaître que Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père. Si les ennemis tremblent, les croyants se réjouissent et adorent en sincérité le Père et le Fils.

D’après the Lord is near août 1988 (L.M. Grant)

« Mais il n’est besoin que d’une seule (chose), et Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera pas ôtée » Luc 10. 42.

VIVRE LA VIE CHRÉTIENNE DE MANIÈRE ÉQUILIBRÉE

Il y a bien des années, un jeune chrétien parlait à un chrétien âgé de la grande valeur des livres – des livres de ministère sur les Écritures – d’une manière telle qu’il insistait sur leur côté intellectuel. Le vieillard répondit : Jeune homme, le Seigneur veut la vérité dans la marche, et pas seulement dans les livres. C’était une leçon salutaire pour lui, et pour nous tous !

Nous nous hâtons, maintenant, d’ajouter qu’il n’y a rien de mauvais à lire de la bonne doctrine qui nous est parvenue comme un héritage pieux. Dieu veuille que ces précieuses vérités qui ont été préservées pour nous par le moyen de la page écrite soient davantage lues. L’Écriture est tristement négligée aujourd’hui. Une telle lecture et sa méditation se perdent rapidement, tandis que les choses du monde sont lues avec plaisir. La raison qui fait que beaucoup de chers enfants de Dieu n’ont pas de croissance dans leur âme, c’est la triste négligence, dans leurs demeures, quant à la lecture de la Parole de Dieu et du ministère écrit disponible.

L’ennemi de votre âme cherchera à empêcher cette lecture et cette méditation en vous occupant tellement d’autres choses qu’il vous restera peu de temps ; mais il est quelquefois nécessaire de mettre du temps de côté pour cette occupation très importante. Nous trouvons du temps, en général, pour manger nos repas même si nous sommes très occupés ; serons-nous moins diligents pour nous assurer que nos âmes sont nourries ? En général, nous pouvons avoir du temps pour un repas spirituel si nous le désirons. Il se peut que nous devions choisir entre cela et autre chose mais souvenez-vous que le Seigneur approuvait le choix de Marie comme la bonne part : être assis à ses pieds et écouter sa parole.

D’après the Lord is near août 1988 (P. Wilson)

AFFERMISSEMENT ET ENCOURAGEMENT

« Nous avons envoyé Timothée, notre frère et compagnon d’œuvre au service de Dieu dans l’évangile du Christ, pour vous affermir et vous encourager dans votre foi » 1 Thessaloniciens 3. 2.

Les croyants à Thessalonique vivaient dans un environnement difficile. Leurs compatriotes incrédules les méprisaient et les persécutaient parce qu’ils s’étaient tournés vers le Dieu vivant et croyaient au Seigneur Jésus. L’apôtre Paul était en souci pour eux à cause de cela. Seraient-ils capables de résister à la pression ? Persévéreraient-ils dans leur confiance en Dieu ? Pour les soutenir dans leur foi, il leur avait envoyé Timothée, qui devait les affermir et les encourager.

Notre propre foi peut aussi être ébranlée par un évènement douloureux dans la vie, ou par la pression croissante de ce monde sans Dieu. C’est pourquoi nous avons grand besoin d’être affermis et encouragés par la Parole de Dieu.

Affermis : grâce à une bonne instruction biblique nous gagnons en stabilité spirituelle. Nous chercherons alors à tenir ferme avec le Seigneur en dépit des difficultés, comme nous le lisons en Philippiens 4. 1 : « Restez ainsi fermes dans le Seigneur, bien-aimés ». Nous apprenons aussi, par la Parole de Dieu, que les difficultés font partie de la vie d’un chrétien. Ainsi, la vérité biblique fortifie notre confiance en Dieu.

Encouragement : En nous rappelant les promesses de Dieu, nos cœurs sont encouragés. Savoir que le Seigneur est avec nous dans nos difficultés nous fortifie. La pensée de son retour renouvelle aussi notre courage : Il nous enlèvera du monde et nous prendra au ciel. Alors, tous les problèmes auront disparu. C’est pourquoi nous devons continuer à Lui faire confiance – jusqu’à ce qu’Il vienne.

D’après « The Good Seed » novembre 2025

UNE HISTOIRE FRAPPANTE

Peu après avoir quitté la ville, au tournant du chemin, je vis sur la route un homme qui venait dans ma direction. Il avait la tournure d’un chemineau. Pour ne pas user ses souliers, il les avait suspendus à une ficelle, mise en travers sur ses épaules ; il n’était chaussé que d’une vieille paire de savates tout en loques. Il avait fait déjà quinze kilomètres, et quand je lui demandai où il allait, il me répondit : « Je vais jusqu’à B. » et il ajouta : « J’aurais volontiers pris le train, mais je n’ai plus le sou ». Il m’eut bientôt raconté son histoire. Il était fort communicatif, car il me prenait (grâce à mon petit sac de voyage) pour un commis voyageur.

– Quel âge avez-vous, mon ami ? lui dis-je.

– Près de soixante-dix ans, Monsieur.

– Espérez-vous connaître un monde meilleur ?

– J’irai au ciel, me dit-il, avec une assurance imperturbable.

– Vous en êtes si sûr que cela ?

– J’ai toujours fait tout le bien que j’ai pu. Je n’ai pas fait de mal. Je l’ai bien mérité, allez !

– Si ce que vous dites est vrai, que vais-je faire ? dis-je. Car moi, j’ai été très méchant ; je suis loin d’avoir fait tout le bien que j’aurais pu faire.

– Vous n’avez pourtant pas l’air de ça, me dit mon interlocuteur.

– Ne vous fiez pas aux apparences. J’ai violé toute la loi, j’ai même été un meurtrier.

– Comment êtes-vous ici ? Dans ce cas-là, vous devriez être en prison !

– Si nous avions toujours ce que nous méritons, je ne serais certainement pas ici. Mais pour aller au ciel avec vous, que dois-je faire ? Car enfin, je ne suis pas dans votre heureux état.

– Mon pauvre homme, me dit-il avec compassion, il n’y a qu’une chose à faire : réformez-vous ; vous n’aurez pas tant de coups au jour du jugement. La Bible dit que, suivant ses mérites, on a plus ou moins de coups.

– Où reçoit-on des coups ? demandai-je.

– Ah ! dit-il tristement, en enfer, bien sûr.

– Quand on a été battu, peut-on sortir de cet endroit-là ?

– Non, non ! on y reste à jamais.

– Mais, je ne veux pas aller en enfer. Je veux aller au ciel. Comment dois-je faire pour y arriver ?

– Je ne sais pas. Mais n’est-ce pas, vous n’êtes pas si mauvais que vous le dites ?

Je le regardai en face, et après un moment de silence, je lui dis :

– Si, et je puis même affirmer et prouver que vous êtes aussi mauvais que moi.

– Ah, elle est raide, celle-là ! s’écria-t-il moitié surpris, moitié fâché.

– Je vais vous le prouver, car Dieu ne dit-il pas que celui qui a observé la loi, et cependant la viole en un seul point est coupable comme s’il l’avait violée toute entière ? Voyons, n’avez-vous jamais trop bu ?

– J’ai pris parfois plus que mon compte, c’est vrai.

– Vous avez bien juré, dit un petit mensonge ?

– Je ne puis pas dire le contraire.

– Sans aller plus loin, vous voyez que vous avez violé la loi en bien des points ; donc vous avez désobéi. Un autre passage dit encore : « Maudit est quiconque ne persévère pas dans tout ce qui est écrit dans le livre de la Loi pour le faire » (Gal. 3. 10). Si donc, dans votre vie, vous avez péché une seule fois, vous êtes sous la malédiction. Si vous avez violé toute la Loi, c’est donc comme si vous aviez littéralement désobéi à ce commandement : « Tu ne tueras point » ; vous êtes donc coupable de meurtre.

Mon compagnon commençait à comprendre.

– Ah ! c’est comme cela ? me dit-il étonné.

– Oui, dis-je. Essayez maintenant de vous rappeler votre passé, et dites-moi si vous avez jamais aimé Dieu ; car le plus grand commandement est celui-ci : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même » (Luc 10. 27).

– Ah ! j’ai dit de temps en temps mes prières.

– Quand cela, mon ami ?

– En route, parfois. Je Lui disais : Seigneur, aujourd’hui, aide-moi. Et Il le faisait.

– L’avez-vous remercié ?

– Oui, Monsieur.

– Croyez-vous que vous l’auriez prié si vous n’aviez pas eu peur de manquer de pain ?

– Non, je ne crois pas que je l’aurais fait.

– Vos prières ne prouvent donc pas que vous aimez Dieu, mais simplement que vous vous aimez vous-même. Laissez-moi vous poser encore une question : quand Dieu vous a aidé et que vous l’avez remercié, vous êtes-vous efforcé de Lui plaire, ou l’avez-vous oublié jusqu’à votre prochaine épreuve ?

Ces questions amenèrent le résultat désiré. La conscience du chemineau se réveillait, il voyait sa vie sous un jour tout nouveau. Voyant que le Saint Esprit le convainquait de péché, de justice et de jugement, j’essayai de lui montrer que Dieu demandait de nous une parfaite obéissance. Je lui dis que personne ne pouvait être justifié par les œuvres de la Loi, que le châtiment de ceux qui violaient la Loi de Dieu était la mort éternelle. Je lui fis voir que toutes les bonnes actions de sa vie passée n’étaient aux yeux de Dieu que « comme le linge souillé », que son cœur n’avait jamais été droit devant Dieu.

À mesure qu’il voyait combien il s’était mépris sur son état spirituel, son émotion grandissait ; elle était touchante à voir. Il éclata en pleurs et dit en sanglotant :

– Oh ! Monsieur, je suis aussi mauvais que vous ! Je suis aussi mauvais que vous ! Qu’allons-nous faire ?

Je ne pus m’empêcher de pleurer à mon tour en voyant ce malheureux vieillard perdre toutes ses espérances. Il n’y avait plus pour lui que « l’attente terrible du jugement, et l’ardeur d’un feu qui va dévorer les adversaires » (Héb. 10. 27).

Il sentait toute l’horreur de sa position. Il allait bientôt entrer dans l’éternité, et sans préparation. Son cœur était brisé.

– Prenez courage, dis-je, je sais ce que nous devons faire.

– Vraiment ? dit-il avec empressement. Il sentait qu’il n’avait pas une minute à perdre.

– Oui, il nous faut regarder au Seigneur Jésus. Vous avez entendu parler de Lui, n’est-ce pas ?

– Oui, Il est mort sur une croix.

– Effectivement. On Le mit dans un tombeau, Il ressuscita le troisième jour. Il remonta au ciel où Il est maintenant assis sur son trône. Il aime les pécheurs comme vous et moi. Il m’a aimé et s’est donné Lui-même pour moi. Il a dit : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28). « Tournez-vous vers moi, et soyez sauvés » (És. 45. 22). Nous n’avons qu’à regarder à Lui, à nous confier en Lui, et nous aurons le pardon de tous nos péchés. Il nous donnera son Esprit qui nous rendra saints et heureux, et ensuite Il nous prendra au ciel.

En apprenant que le salut était un don gratuit de Christ, le vieillard n’en pouvait croire ses oreilles. J’ajoutai :

– Je suis certain de ce que je vous dis, car je suis allé à Lui.

– Vraiment ? demanda-t-il surpris.

– Oui, et j’ai pu vérifier les promesses de Jésus. J’avais été malheureux longtemps, et j’étais dans votre état. Je me sentais coupable, ma vie avait été mauvaise, mon cœur méchant, et je me voyais incapable de me transformer. Ma conscience me tourmentait jour et nuit. J’entendis alors parler de l’amour de Dieu, qui a donné son Fils pour qu’Il meure pour les pécheurs. Je fus saisi par l’amour merveilleux de Jésus, descendant du ciel pour se sacrifier pour moi, et je me dis : Il m’a aimé et s’est donné Lui-même pour moi ! Mon cœur se remplit d’amour pour Lui et je Lui dis : Je crois en Toi. En un moment je fus rempli de joie. Maintenant je sais que j’irai au ciel, non pas à cause de mes mérites, car je n’en ai aucun, mais parce que Jésus a souffert pour moi, et qu’Il est mort à ma place.

Le vieillard écouta ces paroles avec la plus grande attention, et dit, les yeux brillants de joie :

– Pensez-vous qu’il veuille sauver un vieil endurci comme moi ?

– Certainement, c’est ce travail-là qui fait ses délices. Il sauve tous ceux qui viennent à Lui, car il est écrit : « Il peut sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par Lui » (Héb. 7. 25). Et encore : « Celui qui vient à moi, je ne le mettrai pas dehors » (Jean 6. 37). « Il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris. Nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin, et l’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous » (És. 53. 5 et 6). Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes (1 Pier. 3. 18).

À mesure que je lui expliquais ces passages, lui montrant que le salut est en Christ, que Jésus a tout fait, tout souffert pour nous, sa figure s’éclairait, et il cria soudain : – Je ne l’avais jamais compris de cette façon.

Tandis que je continuais à parler, le vieillard arrêta un instant sa marche et s’écria :

– Je vois, je comprends !

Enfin il s’arrêta net, et frappant le sol de sa canne, il dit avec netteté et avec joie :

– Béni soit-Il ! Je L’aime ! Je fais ce que vous dites ! Je crois en Lui ! Il semble que Dieu vous ait envoyé tout exprès sur mon chemin ce matin.

– Oui ! Dieu a été bon de me permettre de vous rencontrer et de vous montrer où se trouve le vrai bonheur.

Nous fîmes encore deux kilomètres avant de nous séparer. Nous ne pouvions nous lasser de parler de Jésus et de ce qu’Il avait fait pour nous.

Je lui tendis la main. Il la prit dans la sienne et me dit : Nous serons bientôt au ciel, et je vous y reconnaîtrai. Je ne serai pas longtemps ici-bas, et je vous attendrai là-haut.

Il ajouta (pensant encore à son Sauveur) : Béni soit-Il ! Béni soit-Il !

La Parole de Dieu dit :

« Par Lui vous est annoncé le pardon des péchés » (Act. 13. 38).

« Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’il juge le monde, mais afin que le monde soit sauvé par Lui » (Jean 3. 17).

D’après Le Salut de Dieu 1960

LA VIEILLE BIBLE DE FAMILLE

Une pauvre veuve qui avait éprouvé de nombreux revers, voyait saisir le peu de mobilier qui lui restait, et assistait à la vente de ces derniers débris d’une aisance passée.

L’huissier qui surveillait les enchères mit la main sur une vieille Bible, héritage vénéré des ancêtres de la pauvre femme, qui adressa les plus vives instances à l’homme de loi, lui demandant de bien vouloir lui laisser ce souvenir de ses chers et honorés parents – ce qu’il refusa inexorablement. Le précieux livre allait être vendu, lorsque la veuve, l’arrachant subitement aux mains de la personne qui le tenait, déclara en pleurant qu’elle voulait au moins conserver une pauvre relique de ceux qu’elle avait tant aimés : elle coupa le cordon qui serrait autour de la Bible une vieille enveloppe de toile, qu’on avait mise pour protéger la reliure ; cette enveloppe lui tomba des mains, et avec elle deux morceaux de papier très minces et jaunis par le temps. Quelle ne fut pas sa surprise, et sa reconnaissance envers Dieu, en voyant que chacun de ces morceaux de papier était un billet de banque de la valeur de cinq cents livres sterling. Sur le revers de l’un de ces billets on lisait, de la propre écriture de la mère de cette veuve, les paroles suivantes : Lorsque vous êtes dans la peine, que cette Bible soit votre refuge. Sur l’autre était écrit de la main de son père : Les oreilles de votre Père céleste ne sont jamais fermées.

D’après Le Salut de Dieu 1960

TRADUCTION DE FEUILLETS (151)

« Ta parole est une lampe à mon pied, et une lumière à mon sentier » Psaume 119. 105.

SUR UN PARCOURS PRÉCIS

De son vivant déjà, Gerhard Mercator (1512-1594) était considéré comme un génie. Né près d’Anvers, il se passionna très tôt pour la géographie. Il dévora les récits de marins et se tourna vers la cartographie et la construction de globes et d’instruments de navigation. En 1541, il présenta son propre modèle : avec un diamètre de 41 centimètres, son globe était le plus grand et le plus précis de son genre à cette époque. Il en fit fabriquer une série et devint rapidement riche.

Neuf ans plus tard, il quitta sa patrie catholique pour le duché de Juliers-Clèves-Berg, plus tolérant. Il s’installa à Duisbourg, y ouvrit un atelier et poursuivit son analyse minutieuse des récits de voyage, des guides nautiques et des données topographiques. En 1569, il présenta une carte du monde qui transformait la courbure de la Terre en une carte plane, acceptant une distorsion aux pôles. Les marins pouvaient désormais utiliser sa carte et une boussole pour déterminer leur route exacte sur les océans.

Après sa mort, son fils publia l’ouvrage inachevé, comprenant plus de 100 cartes, auquel le maître avait travaillé jusqu’à la fin : un atlas. La projection de Mercator demeure à ce jour le fondement de la cartographie et de la topographie.

De même que la carte de Mercator aidait les marins à déterminer la route exacte en mer, la Bible nous aide à tracer le chemin exact vers le ciel. Les Saintes Écritures sont inspirées de Dieu lui-même ; elles définissent le but, décrivent le chemin et indiquent les corrections à apporter. Quiconque les suit atteindra assurément sa destination auprès de Dieu.

D’après Näher zu Dir janvier 2026

« Comme j’ai été avec Moïse, ainsi je serai avec toi ; je ne te laisserai pas et je ne t’abandonnerai pas » Josué 1. 5 et 6.

LÂCHE OU COURAGEUX, SE LANCER ?

Il y a des gens qui semblent n’avoir peur de rien ni de personne. Et il y en a d’autres qui s’inquiètent beaucoup et se découragent donc rapidement. Mais au fond, nous connaissons tous le découragement, par exemple en face d’une nouvelle tâche ou d’un changement de vie. C’est précisément dans ces moments-là qu’il nous faut du courage pour nous engager sur une nouvelle voie.

Même dans l’Ancien Testament, (la première partie de la Bible), on trouve de nombreux exemples de personnes encouragées par Dieu. Josué, dont nous lisons aujourd’hui l’histoire, en est un. Il reçoit une mission importante : conduire le peuple d’Israël vers la terre promise de Canaan après la mort de Moïse – une responsabilité immense, semée d’embûches et de dangers inconnus.

Dieu rappelle à Josué que le courage ne signifie pas être sans peur ni se contenter d’attendre. Pour Josué, le courage, c’est savoir que Dieu est à ses côtés et qu’Il marche avec lui. C’est précisément ce que Dieu lui rappelle face à la tâche qui l’attend.

Peut-être sommes-nous, nous aussi, confrontés à une nouvelle épreuve ou à une situation que nous ne savons pas comment gérer. Alors, Dieu veut nous conduire à Lui à travers la Bible et nous inviter à Lui faire confiance. Dieu soutient ceux qui Lui font confiance. Et si, comme pour Josué, un second encouragement est nécessaire, Dieu y pourvoit également.

« Ne t’ai-je pas commandé : Fortifie-toi et sois ferme ? …, car l’Éternel, ton Dieu, est avec toi partout où tu iras » (Jos. 1. 9).

D’après Näher zu Dir janvier 2026

« Toute Écriture est inspirée de Dieu » 2 Timothée 3. 16.

LA BIBLE

Comparée aux innombrables livres du monde, la Bible est unique par son origine, sa création et son unité. Elle se compose de 66 livres écrits sur une période de 1500 ans par plus de 40 auteurs différents.

Les hommes que Dieu a choisis pour écrire ce livre provenaient de milieux sociaux très divers : des chefs du peuple (Moïse, Josué), des rois (David, Salomon), des ministres (Daniel, Néhémie), des scribes (Esdras, Paul), un médecin (Luc), un berger (Amos), des pêcheurs (Jean, Pierre).

Mais ces hommes n’ont pas écrit selon leurs propres caprices. En tant que « saints hommes de Dieu », ils ont composé leurs écrits « poussés par l’Esprit Saint » (2 Pier. 1. 21). Bien qu’ils aient vécu à des époques très différentes et souvent éloignées les unes des autres, ils ont contribué – sans se consulter – à ce Livre unique. Étant guidés par le Saint-Esprit, leurs écrits forment un tout harmonieux. Ces « saints écrits » sont « inspirés de Dieu » – ils sont la Parole de Dieu.

La Bible a pour but de révéler aux hommes qui est Dieu, à travers ses actes, ses paroles et ses pensées. Elle lève le voile sur l’éternité passée et offre un aperçu sur l’éternité future, autant aux croyants qu’aux non-croyants.

Avant tout, la Bible parle de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Dès l’Ancien Testament, elle Le désigne. Dans le Nouveau Testament, nous lisons ensuite comment Il a pleinement révélé Dieu et accompli l’œuvre de rédemption sur la croix.

D’après Näher zu Dir janvier 2026

« Puisque plusieurs ont entrepris de rédiger un récit des faits qui sont pleinement reçus parmi nous, comme nous les ont transmises ceux qui, dès le commencement ont été les témoins oculaires et serviteurs de la Parole, il m’a semblé bon à moi aussi, qui ai tout suivi exactement depuis le début, de t’en écrire [le récit] ordonné, très excellent Théophile, afin que tu puisses connaisses la certitude des choses dont tu as été instruit » Luc 1. 1 à 4.

L’ÉVANGILE SELON LUC

Cet évangile a été écrit au plus tard en 60 après J.-C. L’auteur, Luc, dédie son récit à un Grec, par ailleurs inconnu, nommé Théophile, et explique dans l’introduction qu’il a soigneusement étudié le sujet et interrogé des témoins oculaires afin de pouvoir rapporter les faits de manière fiable et véridique.

Luc décrit de nombreux événements que les autres Évangiles ne mentionnent pas, notamment des détails sur la naissance de Jésus, sa rencontre avec le collecteur d’impôts Zachée, sa conversation avec le criminel repentant sur la croix, et l’épisode avec les disciples sur le chemin d’Emmaüs (ch. 1, 2, 19, 23 et 24). Médecin de profession (Col. 4. 14), il comprend particulièrement bien les besoins et les souffrances des hommes. Il est le seul à rapporter les paraboles du Bon Samaritain et du Fils perdu (ch. 10 et 15). S’adressant principalement aux non-Juifs, il explique le contexte géographique et politique, précisant par exemple que Capernaüm est « une ville de Galilée » et qui régnait à l’époque de la première apparition de Jean-Baptiste (ch. 4. 31 ; 3. 1). Luc souligne à plusieurs reprises que la bonne nouvelle s’adresse à tous : « Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (ch. 19. 10).

Lorsque Paul écrivit sa première lettre à Timothée vers 64 après. J.-C., il cita l’Évangile selon Luc (1 Tim. 5. 18 ; Luc 10. 7). Cela montre que, même à cette époque, les chrétiens savaient que l’Évangile selon Luc faisait partie des Saintes Écritures et donc du canon du Nouveau Testament.

D’après Näher zu Dir janvier 2026

« Que le Dieu de paix soit avec vous tous ! » Romains 15. 33.

PAIX

Il est merveilleux d’être en paix avec Dieu. Par la foi dans le Seigneur Jésus, nous avons été justifiés. Nous savons maintenant que notre relation avec Dieu est juste. Personne ne peut nous ravir cette paix.

Il est également très important pour les croyants de ressentir la paix de Dieu, qui nous élève au-dessus des circonstances et nous apporte la sérénité. Nous recevons cette paix lorsque nous confions nos soucis à Dieu dans la prière et que nous avons confiance en lui.

Connaître le Dieu de paix apporte une bénédiction encore plus grande. La paix de Dieu est liée à la satisfaction de nos besoins. Cependant, lorsque nous pensons au Dieu de paix, nous sommes conduits à la source même, qui peut abondamment combler tous nos besoins.

Sans Dieu, point de paix. Lui seul peut la donner. Dans l’Ancien Testament, l’expression « Dieu de paix » n’apparaît pas encore. Ce n’est qu’après l’accomplissement de l’œuvre du Seigneur Jésus sur la croix que Dieu s’est révélé sous ce nom.

Le Dieu de paix, pour ainsi dire, entre dans nos vies et y prend une place durable. Il désire être avec nous afin que nous puissions communier avec lui et toujours compter sur son aide.

Tant que nous sommes sur terre, bien des choses troublent et ébranlent nos cœurs. Pourtant, nous savons que le Dieu de paix est avec nous. Il demeure le rocher de l’éternité, en qui nous pouvons avoir une confiance absolue (És. 26. 4).

D’après the Lord is near juillet 1988

Jésus dit : « Et moi, si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même » Jean 12. 32.

LE TÉMOIGNAGE DE MICHEL ANGE

Michel-Ange Buonarroti (1475-1564) compte parmi les plus grands artistes du monde occidental. Peintre, sculpteur et architecte de renom, il nous a également laissé de magnifiques poèmes. Dans l’un d’eux, écrit peu avant sa mort, il compare ses presque 90 années de vie à un long voyage sur une mer agitée. Michel-Ange savait qu’au terme de ce périple, il devrait rendre compte de son existence. Et il savait aussi que son talent artistique ne lui serait d’aucun secours. Aussi conclut-il par ces mots : Ni la peinture ni la sculpture ne m’enchanteront plus désormais : mon âme s’est entièrement abandonnée à l’amour de ce Dieu qui, sur la croix, a ouvert les bras pour nous accueillir.

Michel-Ange comprenait que l’œuvre de notre vie, aussi grandiose soit-elle, ne peut nous justifier devant Dieu. Ce n’est qu’en nous tournant vers Jésus, le Fils de Dieu, qui a porté sur la croix le châtiment mérité par nos péchés, que nous pouvons recevoir le pardon et le salut de nos âmes.

Les bras étendus du crucifié sont la plus haute expression de l’amour et de la miséricorde de Dieu, qui « ne veut pas qu’aucun ne périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3. 9).

Venez dans les bras de Jésus, votre Sauveur.

D’après die gute Saat janvier 2026

« Nous étions, nous aussi, autrefois, insensés, désobéissants, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la méchanceté et la jalousie, détestables, nous détestant l’un l’autre. Mais quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes sont apparus, il nous sauva » Tite 3. 3 à 5.

LES BECHUANAS

Au 19ème siècle, le pionnier et missionnaire Robert Moffat œuvra pendant cinquante ans en Afrique du Sud, parmi la tribu Bechuana, le long du fleuve Orange. Ses talents de jardinier, de charpentier et de forgeron lui valurent le respect des populations locales. Son objectif principal était cependant de leur apporter le message de Jésus-Christ. À cette fin, il traduisit la Bible dans leur dialecte. Un jour, un Bechuana vint trouver Moffat et lui dit : « Maître, j’ai une question à vous poser : les auteurs du Nouveau Testament connaissaient-ils notre tribu ? Nous en avons discuté dans notre village, et beaucoup le pensent ». « Comment le savez-vous ? » demanda Moffat, surpris.

« Eh bien, nous pensons qu’ils devaient nous connaître, car tout le mal que nous faisons et pensons est écrit dans ce livre ».

Nombreux furent les habitants de Bechuana convaincus par la clarté des affirmations de la Parole de Dieu, car elle dénonce sans détour le mal. Parallèlement, ils reconnurent l’amour avec lequel Dieu voulait les libérer de leur culpabilité. Par la foi en Jésus-Christ, leur vie fut profondément transformée.

D’après die gute Saat janvier 2026

« Quel profit a l’homme de tout son labeur dont il se tourmente sous le soleil ? » Ecclésiaste 1. 3.

« Car à beaucoup de sagesse, beaucoup de chagrin ; et qui augmente la connaissance, augmente la douleur » Ecclésiaste 1. 18.

« Mais la sagesse d’en-haut est premièrement pure, ensuite paisible, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie » Jacques 3. 17.

LA SAGESSE TELLE QUE DIEU LA VOIT

Ces trois passages sur la sagesse insistent sur la supériorité morale du céleste sur le naturel, la transcendance du don de Dieu sur les accomplissements de l’homme. Aucune expertise dans les sciences naturelles ne peut se comparer avec ce que Dieu enseigne par le Saint Esprit. L’homme pense, investigue, classifie, théorise, conclut – mais Dieu, et Dieu seul, connaît réellement.

Dieu ayant aussi parlé aux hommes qu’Il a créés à sa propre image « à bien des reprises et de bien des manières par les prophètes, à la fin de ces jours-là… nous a parlé dans le Fils » (Héb. 1. 1 et 2). Le Fils est la Parole de Dieu, la vérité, la Sagesse de la part de Dieu. En Lui, et par Lui – et d’aucune autre manière – nous savons qui est Dieu et ce qu’Il est : lumière et amour.

Le verset de l’épître de Jacques décrit la sagesse d’en-haut, du ciel. Le premier de ces attributs divins est la pureté – l’absence de mal sous quelque forme que ce soit. Puis viennent six caractères, tous des fruits de l’Esprit, qui étaient vus de manière si parfaite dans le Seigneur Jésus quand Il était sur la terre. En vérité, de manière parfaite, ils ne peuvent être vus – et on ne peut les apprendre – d’aucun autre enseignant que de notre Seigneur.

D’après the Lord is near juillet 1988

« Et n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption » Éphésiens 4. 30.

LA MARCHE DU CROYANT SELON L’ÉCRITURE

Certains supposent que l’enseignement de la vérité céleste est tout ce qui est nécessaire pour protéger du mal les enfants de Dieu. S’il en était ainsi, l’épître aux Éphésiens aurait pu se terminer au milieu du chapitre 4. Mais elle ne s’arrête pas là. De telles exhortations doivent certainement être appréciées. Peut-être qu’aucun serviteur de Christ n’exerça plus ce ministère que l’apôtre Paul. Cependant, dans cette épître où les choses célestes ont une si large place, il parle de péchés de manière si crue que cela pourrait choquer des oreilles sensibles.

L’apôtre Paul parlait clairement. Quand il avait quelque chose à dire, il le disait, et n’en cachait pas la signification par une abondance de mots. Il aimait les croyants, l’honneur de Christ lui était précieux, et il n’ignorait pas les ruses de Satan. Il voyait qu’il était possible d’être occupé de choses profondes de façon purement mentale, en négligeant même la moralité courante – la vérité céleste sur les lèvres, et les pieds dans la boue. C’est pourquoi il exhorte les croyants à ne pas attrister le Saint Esprit de Dieu par lequel ils avaient été « scellés pour le jour de la rédemption ». Et il les exhorte avec affection à être des imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et à marcher dans l’amour.

Nous avons besoin, aujourd’hui, d’un peu plus de ce christianisme pratique – mettant dans la trame de la vie quotidienne les saints préceptes qui, dans l’épître aux Éphésiens, suivent immédiatement la doctrine céleste. Le diable cherchera à les séparer, s’il le peut, dans les pensées et la vie des croyants. Beaux discours et marche mauvaise, cela est pratiquement devenu un proverbe. C’est le résultat d’intellectualiser les choses de Dieu. Si la vérité doit nous profiter, elle doit nous atteindre par la voie de la conscience, et quand c’est le cas, l’homme tout entier est sous son autorité.

D’après the Lord is near juillet 1988

« Comme l’aigle éveille son nid, plane au-dessus de ses petits, étend ses ailes, les prend, les porte sur ses plumes, l’Éternel seul l’a conduit, et il n’y a point eu avec lui de dieu étranger » Deutéronome 32. 11 et 12.

LES SOINS DE DIEU ENVERS SES ENFANTS

Les soins réels de Dieu pour Israël et pour nous sont illustrés de manière admirable dans la nature qu’Il a donnée à cet oiseau majestueux. Son nid étant souvent très élevé sur une falaise rocheuse, quand vient le temps ou les petits doivent apprendre à voler, l’aigle secoue le nid. Il n’est pas permis aux petits de décider eux-mêmes quand ils essaieront de voler : ils sont littéralement poussés hors du nid. Nous aussi, nous pouvons être lents à agir avec foi d’après la vérité de la Parole de Dieu, et il est nécessaire que Dieu nous pousse pratiquement à avancer par la foi sans support visible sur lequel nous appuyer.

Quand il en est ainsi, cependant, qu’il est bon d’avoir la confiance que notre Dieu plein de grâce plane au-dessus de nous, veillant avec tendre fidélité et compassion, pleinement conscient de nos craintes, de la faiblesse de nos efforts pour employer nos propres ailes à surmonter tous les dangers d’ici-bas, réels ou imaginaires – attendant le moment propice pour intervenir. Alors, tout comme l’aigle, au moment précis et les ailes déployées, vole sous le jeune qui se débat, pour le faire tomber doucement sur ses ailes – de la même manière notre Dieu et Père choisit juste le moment précis pour faire intervenir sa grâce et délivrer, et nous porter comme sur des ailes d’aigle au-dessus des circonstances qui nous ont alarmés.

Il est parlé des ailes spécialement comme une protection ; mais les plumes sont mentionnées aussi, qui pourraient parler du tendre réconfort du ministère de sa grâce envers nous.

Israël avait joui de cette faveur dans ses premiers jours, et avait compris que l’Éternel seul les conduisait. Malheureusement, plus tard ils oublièrent cela. Ne l’oublions pas, mais mettons notre confiance pleinement et uniquement sur Celui qui est Dieu manifesté en chair, notre Seigneur Jésus Christ.

D’après the Lord is near juillet 1988 (L.M. Grant)

« Pour moi, qu’il ne m’arrive pas de me glorifier, sinon en la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde… Pour tous ceux qui marcheront selon cette règle, paix et miséricorde sur eux et sur l’Israël de Dieu ! » Galates 6. 14 et 16.

SUIVRE LE MODÈLE : CHRIST

Ceci est le dernier argument de l’apôtre Paul dans sa défense de la libre grâce de Dieu contre les efforts subtils de l’ennemi pour la pervertir par le ritualisme chrétien. Il montre les faux docteurs qui se pervertissaient eux-mêmes par leur orgueil égoïste et se vantaient de leurs réussites religieuses.

Quant à lui, Paul avait travaillé plus qu’eux tous. Mais il désirait être complètement identifié avec la croix de Christ, qui engageait complètement son cœur. La croix démontrait le véritable caractère du monde, en particulier du monde religieux. Celui qui avait été crucifié là avait triomphé sur toutes les principautés, tous les pouvoirs régissant alors le monde. Le monde religieux serait encore d’accord de crucifier, avec Christ, tous ceux qui croient en Lui, les estimant impropres pour leurs desseins.

Sachant cela, comment un véritable disciple de Christ pourrait-il encore être trompé par les éléments religieux du monde, faibles et misérables, qui ont été montrés ainsi pleinement par la croix ?

Cherchons aussi à marcher selon cette règle et à nous identifier à Christ dans son rejet. En faisant cela, nous devenons vraiment ses disciples, le vrai « Israël de Dieu ».

D’après the Lord is near juillet 1988

« Que de fois ils l’irritèrent dans le désert, et le provoquèrent dans le lieu désolé ! Et ils recommencèrent et tentèrent Dieu, et affligèrent le Saint d’Israël » Psaume 78. 40 et 41.

DIEU RÉPOND À LA CONFIANCE DE SES ENFANTS

Dieu est tout-puissant. Lui, et Lui seul, a créé toutes choses. Lui seul peut créer quelque chose à partir de rien. Lui seul pouvait racheter et sauver des hommes pécheurs après qu’ils aient choisi la mort et aient rejeté la vie en se séparant de Lui.

Cependant ce Dieu tout-puissant, sans limites, peut être limité par nous.

Même les disciples du Seigneur Jésus, après le privilège sans prix qu’ils avaient, d’être avec Lui, de recevoir son enseignement, d’assister à ses miracles, tombèrent dans la même incrédulité, le même oubli de Lui. Il guérissait les malades, ouvrait les yeux des aveugles, faisait entendre les sourds, et ramenait même les morts à la vie. Un jour, Il dit à ses disciples, qui voulaient renvoyer une multitude de personnes qui avaient écouté l’enseignement du Seigneur, et qui avaient maintenant besoin de nourriture : « Ne les renvoyez pas. Vous, donnez-leur à manger ». Aussitôt, les disciples, oubliant complètement que leur Seigneur avait toujours répondu aux besoins des gens de manière miraculeuse, et pourrait le faire une fois de plus, protestèrent : « Nous n’avons ici que cinq pains, et deux poissons ».

Il y avait cette pensée qu’il n’y avait seulement que – et c’est ce que nous disons aussi à Dieu aujourd’hui quand nous avons devant nous un grand besoin auquel nous ne savons pas comment répondre : Nous n’avons que… Nous avons seulement…

Cependant, souvent Dieu ne tient pas compte de notre incrédulité et répond au besoin malgré cela. « Si nous sommes incrédules, Lui demeure fidèle, car Il ne peut se renier lui-même » (2 Tim. 2. 13). N’allons-nous par arrêter de limiter Dieu par notre incrédulité, et Lui faire vraiment confiance ? C’est le seul moyen de connaître « la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence » (Phil. 4. 7), et de vivre une vie de foi « d’une joie ineffable et glorieuse » (1 Pier. 1. 8). Dressons notre propre pierre de secours, Ében-Ézer, en nous souvenant avec reconnaissance que Dieu, qui nous a aidés jusqu’à maintenant, nous aidera toujours.

D’après the Lord is near août 1988

LA FOI DE MOÏSE ET LA FOI DE PAUL

La foi de Moïse

« Or la foi est l’assurance de ce qu’on espère, et la conviction de réalités qu’on ne voit pas » Hébreux 11. 1.

Voici le résumé d’une vie : « Par la foi, Moïse, devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille du Pharaon, choisissant d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, plutôt que de jouir pour un temps des délices du péché : il estima l’opprobre du Christ une plus grande richesse que les trésors de l’Égypte ; car il regardait à la récompense. Par la foi… il tint ferme, comme voyant celui qui est invisible » (Héb. 11. 24 à 27).

Moïse faisait partie du peuple hébreu alors déporté en Égypte et opprimé par le Pharaon. Encore nouveau-né, il échappa à la mort grâce à la foi de ses parents : accueilli miraculeusement par la fille du Pharaon, il grandit à la cour de celui qui tenait en esclavage le peuple d’Israël. Il se trouvait ainsi dans une position favorable pour intervenir en faveur de son peuple (voir Ex. 2. 1 à 10).

Et pourtant Moïse refusa cette position enviable. Il aimait son Dieu et son peuple, c’est pourquoi il choisit par la foi de partager l’humiliation et les souffrances plutôt que de rester à la cour et de profiter de plaisirs passagers et coupables. Pourquoi ce choix de Moïse ? Il estima « l’opprobre du Christ » – c’est-à-dire les outrages semblables à ceux que Christ souffrit lorsqu’Il vint dans ce monde – comme un véritable trésor auquel les richesses de l’Égypte ne pouvaient être comparées !

Cette évaluation lui faisait entrevoir l’objectif final : il regardait à la récompense que le Dieu fidèle réserve à ceux qui Le recherchent (Héb. 11. 6).

Moïse fixa le regard au-delà des circonstances de cette vie. Il demeura ferme à travers les épreuves résultant de ses choix, parce qu’il voyait Celui qui est invisible, Dieu Lui-même.

La foi de Paul

« Je cours droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » Philippiens 3. 14.

Moïse pensait à la récompense promise par Dieu, il voyait Celui qui était invisible et cela fortifiait ses motivations. De la même manière, l’apôtre Paul déclare : « Je considère toutes choses comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur, à cause de qui j’ai fait la perte de toutes et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ » (Phil. 3. 8).

Paul, autrefois connu comme Saul de Tarse, était un Hébreu religieux et très zélé. Comme Moïse à la cour du Pharaon, il avait reçu une excellente éducation et il pouvait envisager une carrière brillante. Un jour, alors qu’il était en voyage, se rendant à Damas dans le but de persécuter les chrétiens, Jésus lui apparut dans une lumière aveuglante. Saul tomba à terre, et lorsqu’il se releva il n’était plus le même. Le fanatique religieux était devenu un humble disciple. Il n’oubliera jamais cette vision et changera radicalement l’orientation de sa vie, son regard sur sa vie passée et la manière d’estimer les choses. Paul choisit d’être associé aux chrétiens persécutés et méprisés, et il renonça à ces avantages que, ayant connu Christ, il estimait désormais comme des « ordures » !

Moïse regardait « à la récompense », comme Paul courait « droit au but » afin d’obtenir « le prix de l’appel céleste de Dieu ». Leurs choix étaient liés à leur foi en Dieu : leurs perspectives allaient au-delà de leur vie terrestre et leur regard était fixé sur l’invisible.

Amis chrétiens, afin d’imiter une telle foi, tournons nos regards vers Celui qui est invisible, le Seigneur Jésus, le but de notre vie. Il dirigera nos choix et notre façon de vivre !

D’après « Il buon seme » novembre 2025

ESTIMATION CORRECTE OU INCORRECTE

« Par la foi, Moïse… estima l’opprobre du Christ une plus grande richesse que les trésors de l’Égypte ; car il regardait à la récompense » Hébreux 11. 24 à 26.

Le chapitre 11 de l’épître aux Hébreux présente une série de personnages bibliques comme exemples de personnes de foi. Tous ces hommes et ces femmes ont été confrontés à des situations difficiles, parfois dramatiques. Ils ont dû prendre des décisions, faire des choix qui ont donné une orientation décisive à leur vie. Pour se décider, ils ont « estimé », c’est-à-dire évalué les choix qui étaient devant eux, avant de prendre la décision qu’ils jugeaient être la meilleure.

« Par la foi, Sara… estima fidèle celui qui avait promis » (v. 11). Pour cette femme âgée, il semblait impossible d’être encore enceinte, mais elle crut que Dieu tiendrait sa promesse, car Il est un Dieu fidèle ; et elle eut un fils, Isaac.

« Par la foi, Abraham, mis à l’épreuve, a offert Isaac… il avait estimé que Dieu pouvait le ressusciter même d’entre les morts » (v. 17 à 19). Dieu lui avait fait une promesse certaine, et Abraham était assuré que Dieu pourrait ramener à la vie son fils, Isaac.

Moïse (dans le verset cité en en-tête) considéra qu’il était préférable de s’associer à son peuple dans l’esclavage, souffrant et méprisé, plutôt que de connaître les honneurs et les plaisirs que lui procurait sa condition de petit-fils par adoption du Pharaon : Cela parce qu’il regardait à l’avenir, aux bénédictions que Dieu lui donnerait.

Oui, ces modèles de foi ont considéré que, avoir une confiance absolue dans les promesses de Dieu était meilleur que suivre leurs propres sentiments ou leur propre raison. Ce comportement, du point de vue humain, paraît complètement déraisonnable, mais leur expérience a démontré qu’ils avaient eu raison, que leur estimation était juste et selon Dieu.

Chrétiens, quelle est notre « estimation » quand nous devons prendre une décision ?

D’après « Il buon seme » – mars 2025