LA COURONNE D’ÉPINES
LA COURONNE D’ÉPINES
Une jeune femme pâle et frêle, tenant par la main une fillette âgée d’environ sept ans, s’était arrêtée devant la vitrine d’un grand magasin de tableaux. Elle regardait attentivement une peinture à l’huile représentant le Sauveur couronné d’épines. L’enfant, elle aussi, contemplait gravement le tableau. Tout à coup, de sa voix claire, elle demanda :
– Dis, maman, pourquoi le Seigneur Jésus a-t-il dû porter une couronne d’épines ?
Au moment où la fillette prononçait ces paroles, un monsieur, très bien mis, passa rapidement à côté d’elle sur le trottoir. Il entendit la question et même un observateur superficiel n’aurait pas eu de peine à remarquer que la question de l’enfant ne le laissait pas indifférent. Il était trop pressé, il est vrai, pour entendre la réponse de la mère, mais les paroles enfantines le poursuivaient et sans cesse résonnait à son oreille la question naïve :
– Dis, maman, pourquoi le Seigneur Jésus a-t-il dû porter une couronne d’épines ?
De toutes ses forces il chercha à échapper à l’impression qu’il avait reçue. Que lui importait donc la question d’une enfant ? C’était un médecin renommé, ayant une nombreuse clientèle, et son esprit était occupé de trop de choses importantes pour qu’il pût s’arrêter à de semblables pensées.
Il fit ses visites habituelles ; partout il rencontrait la douleur et la tristesse, parfois aussi des murmures et la rébellion contre Dieu. Pourquoi tant de souffrances, pourquoi aussi tant de méchanceté ? Les pensées du médecin se reportèrent vers le passé. II y a toujours eu de la souffrance et les hommes ont toujours été méchants. L’histoire de l’humanité ne parle guère d’autre chose. Au milieu de ce sombre chaos, une seule exception surgit : Jésus de Nazareth, le grand prophète, l’homme de bien, et Lui, qu’en a-t-on fait ? On L’a cloué à la croix et on L’a couronné d’épines. Mais pourquoi a-t-Il dû porter cette couronne sanglante ? Cette question résonnait toujours à nouveau dans le cœur du médecin, malgré tous ses efforts pour l’oublier.
Le jour suivant, il dut repasser devant le magasin de tableaux. Cette fois, il s’arrêta lui-même pour examiner la devanture. Qu’est-ce qui avait pu, dans cette peinture, attirer à tel point l’attention de la femme et de l’enfant ? Des personnes aussi simples ne pouvaient juger de la valeur artistique de l’œuvre. Les regards de l’homme s’arrêtèrent longuement sur la couronne, et il lui semblait peu à peu que chaque épine se changeait en un point d’interrogation. Il se passa la main sur le front comme pour en chasser une idée obsédante, rebroussa brusquement chemin et regagna son logis. Non, il ne voulait plus penser à ces choses.
Mais les pensées ne se laissent pas si facilement étouffer. Dès qu’il se trouvait seul, le Dr Henning voyait se dresser devant lui une figure enfantine aux grands yeux bleus, et il entendait à nouveau la question si simple. De quel accent convaincu la petite avait parlé du « Seigneur Jésus », comme s’il s’agissait de quelqu’un qu’elles connaissaient toutes deux personnellement. Pourrait-il en dire autant ? Non, certainement pas. Il ne doutait pas que Jésus de Nazareth n’eût réellement existé. Mais pour lui, il n’était qu’un grand homme, un modèle remarquable à suivre. Il avait souvent admiré l’amour du Sauveur pour les pauvres et les malades, mais il estimait que les miracles dont parle la Bible ne sont qu’une invention forgée par l’imagination des écrivains sacrés. Mais pourquoi donc cet homme si noble et si bon avait-il dû porter la couronne d’épines ? Pourquoi avait-il expiré dans des circonstances si étranges ! Oui, pourquoi ?
Le docteur regrettait maintenant de n’avoir pas écouté la réponse de la mère. Naturellement, le point de vue d’une femme sans éducation ne pouvait avoir d’importance pour lui, un homme cultivé, mais cela l’aurait tout de même intéressé de le connaître. Involontairement, chaque fois qu’il sortait, il cherchait l’enfant du regard ; il était sûr de reconnaître entre des centaines de visages les beaux yeux bleus de la petite. Mais il ne la rencontra plus.
Une épidémie de scarlatine éclata. Les médecins ne savaient où donner de la tête pour combattre la maladie et en empêcher l’extension.
La soirée était avancée. Fatigué de ses nombreuses visites aux malades, le Dr Henning, rentré chez lui, s’apprêtait justement à aller se coucher, lorsque retentit la sonnette de nuit. Il ouvrit la fenêtre. Une femme était dehors et, d’une voix tremblante, lui cria :
– Ah ! monsieur le docteur, je vous en prie, ne voulez-vous pas venir encore auprès de ma fillette malade ? Ce n’est pas loin d’ici. Venez ! Moi-même je dois m’en retourner très vite, car elle est toute seule.
– Bien, je viendrai, répondit le médecin, après s’être informé de la rue et du numéro de la maison. Puis, en soupirant profondément, il referma la fenêtre et se mit en devoir de sortir. Cela ne cesserait-il donc jamais ?
Le docteur dut gravir quatre étages. Il entra dans une pièce simple, mais accueillante. La mère le reçut et le conduisit au lit de son enfant.
– C’est venu si subitement, dit-elle. Hier, Dora était encore en bonne santé.
Puis, elle se mit de côté et attendit le verdict du médecin.
D’un coup d’œil il se rendit compte de la situation.
Puis il considéra attentivement la femme et il lui sembla l’avoir déjà vue quelque part. Puis il regarda la petite fille, qui justement soulevait ses lourdes paupières, et il reconnut les yeux bleus. La petite les fixait en haut comme si elle y voyait quelque chose, puis elle tendit ses petits bras. Mais cela ne dura qu’un instant. Les bras retombèrent inertes et, à bout de forces, elle ferma les yeux avec un heureux sourire, comme si elle avait entrevu quelque chose de merveilleux. Puis, doucement, elle s’endormit.
Profondément ému de tout ce qu’il voyait, le médecin se tourna de nouveau vers la mère pour lui donner quelques directives pour la nuit. Il reviendrait le lendemain matin. Pensif, il retourna lentement chez lui. Que n’avait-il pas su plus tôt que la petite demeurait dans son voisinage ? Elle était à même de répondre, et mieux qu’il ne l’avait pensé, à tout ce qui troublait son cœur. Ses mouvements, toute l’expression de son visage, disaient qu’elle était en étroite relation avec un monde au-dessus de la terre. Jusqu’à présent il n’avait pas voulu croire à l’existence de cet au-delà. Mais cet autre monde devait exister. L’enfant le savait sûrement. Elle avait vu un spectacle merveilleux dont lui, l’homme savant et cultivé, n’avait aucune idée. Non, avec la mort, tout n’était pas terminé, il en avait de plus en plus le sentiment. Pourquoi ses aspirations après quelque chose de plus élevé ? Pourquoi les soupirs de la création tout entière après la délivrance ? N’y avait-il pas de réponse à ces questions ? Et de nouveau, l’image de l’homme avec la couronne d’épines passa devant ses yeux. De nouveau la voix de sa conscience : « Pourquoi Christ dut-il porter la couronne d’épines ? pourquoi dut-il mourir à la croix ?
Cette nuit-là, le Dr Henning ne trouva pas de repos. Son désir ardent de connaître la solution du grand mystère de la vie devint de plus en plus intense. En même temps, il lui vint à l’idée que la petite fille, qui connaissait la solution, pouvait la lui expliquer. Il ne se reconnaissait plus. N’y avait-il pas assez de gens qui pourraient mieux le satisfaire à cet égard qu’une jeune enfant ? Mais une pensée unique le dominait complètement : elle, et personne d’autre, tenait dans ses petites mains la clef qui pouvait lui ouvrir l’entrée dans le royaume des choses célestes. Profondément troublé, l’homme qui, jusque-là, ne s’était appuyé que sur sa science et son intelligence, joignit les mains et s’écria, dans l’angoisse de son âme : « O Dieu qui es au ciel, permets que demain je puisse interroger cet enfant sur les choses qui te concernent ! » Alors seulement il se tranquillisa un peu et s’endormit.
Le lendemain, il fut plus occupé que jamais. Sa salle d’attente ne se vidait pas. Toujours de nouveaux malades se présentaient pour la consultation. Le médecin avait peine à être tout à son affaire. Ses pensées étaient auprès de l’enfant. Enfin le dernier malade partit. Il put s’en aller à son tour. Comment trouverait-il l’enfant ?
De nouveau il gravit les quatre étages et ouvrit la porte en hésitant. Son premier regard tomba sur la couchette et s’arrêta devant deux beaux yeux bleus. Il s’approcha du lit. Dora n’avait plus de fièvre. Les taches rouges avaient disparu. Durant sa longue pratique, le médecin n’avait jamais vu cela. Une puissance plus haute était intervenue. Il s’assit près du lit et tâta le pouls ; qu’il était faible !
Dora jouissait de toute sa connaissance, de sorte qu’elle pouvait répondre à ses questions. Il l’examina d’abord et s’étonna de nouveau de la disparition soudaine et inexplicable de la maladie.
– Comment te sens-tu maintenant, mon enfant ? N’as-tu pas de douleurs ? interrogea-t-il.
Dora secoua la tête et répondit en souriant :
– Je me sens si légère, que je pourrais m’envoler au ciel.
– Aimerais-tu donc aller au ciel ?
Étonnée de cette question, elle répondit :
– Au ciel, il fait bien beau, dit-elle d’un ton solennel. Là demeure le Seigneur Jésus qui aime tellement les enfants.
– « Laissez venir à moi les petits enfants », murmura à part lui le docteur. Puis, se penchant sur la petite malade, il demanda doucement : D’où sais-tu que Jésus t’aime tant ?
– C’est dans la Bible, répondit-elle toute surprise. Là nous lisons que le Seigneur Jésus nous aime tellement qu’Il est mort sur la croix pour nos péchés.
Le docteur avait maintenant la réponse simple et explicite à sa question. Pour nos péchés, Jésus est mort sur la croix. Le docteur se passa la main sur les yeux. C’était comme si un voile lui avait été enlevé. Voilà pourquoi Jésus était venu dans le monde et pourquoi il avait porté la couronne d’épines : c’était afin de pouvoir appeler grands et petits, vieux et jeunes, et leur dire : Venez à moi ! Il était mort pour délivrer les hommes de leurs péchés.
– Mais Dora, demanda-t-il presque timide, tu n’as pourtant jamais péché ?
– Mais si, répliqua-t-elle franchement, en soupirant profondément. Je suis quelquefois volontaire et désobéissante ; je fais souvent de la peine à maman et aussi au Seigneur Jésus. Mais le bon Sauveur m’a tout pardonné et m’a donné un cœur nouveau. Je pourrai aller auprès de Lui au ciel parce qu’il m’a rendue pure.
– Le sais-tu sûrement ?
– Oh ! oui, c’est aussi dans la Bible. Puis joignant les mains, elle dit d’un ton solennel : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle ».
De nouveau une parole claire et facile à comprendre : « Quiconque croit en Lui ». Pourquoi n’avait-il pas compris cela auparavant ? Il connaissait pourtant la Bible. Et voilà qu’une autre parole du Seigneur lui revint : « Si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux ». C’était la raison. Pour bien comprendre ces choses, il devait devenir comme un enfant, croire comme un enfant. Et pour lui, l’homme savant, cela était si difficile. Pour l’instruire, Dieu avait dû employer une petite fille. Prenant la main de Dora dans la sienne, il demanda avec émotion :
– Comment puis-je trouver le Seigneur Jésus ?
Elle dit alors :
– Je veux prier le Seigneur Jésus afin que je puisse parler de Lui à Monsieur le docteur.
Puis elle ferma les yeux et le médecin vit que ses lèvres remuaient. Il se leva et quitta la chambre pour ne pas déranger l’enfant dans sa prière. La mère l’accompagna à la porte. Il lui serra la main et lui dit, très ému :
– Vous avez un précieux joyau dans la maison, Madame !
Ce jour-là, le docteur Henning avait été convaincu qu’il existait un Dieu vivant qui, dans Sa sagesse et Son amour, dirige la destinée des Siens. Aujourd’hui, il avait vu que la foi est une réalité. Ah ! s’il pouvait pourtant acquérir cette foi qui rend si riche et si belle la vie du plus simple mortel. Du fond du cœur il s’écria :
– Aide-moi à Te trouver !
La prière du médecin fut exaucée.
Un jour, le médecin arriva avec un projet. Caressant les joues de Dora, il lui dit :
– Ma chère enfant, l’air de la ville ne vaut rien pour toi. N’aimerais-tu pas faire avec moi un voyage dans les montagnes ? Là-haut nous nous reposerons bien, car moi aussi je suis fatigué. Nous serions quatre semaines ensemble, entends-tu ? Alors tu pourras me parler du Seigneur Jésus. Ma femme viendra aussi, ajouta-t-il, en se tournant vers la mère. Vous pouvez donc être tout à fait tranquille, Dora ne manquera de rien.
La mère ne put que bégayer quelques mots de remerciements. Comme le Seigneur avait de nouveau accordé son secours ! D’abord Dora n’articula pas un mot. Enfin, elle s’écria :
– Qu’il est bon pourtant, mon Sauveur !
Peu de jours après, Dora et ses amis s’installaient dans les montagnes, au milieu des sapins et parmi les sources jaillissantes. L’illustre médecin était devenu comme un enfant. Dans la tranquillité de la grande nature, il prêtait attention à la voix de Dieu, et sa jeune institutrice l’y guidait. L’enfant entretenait avec son Sauveur une communion si intime que sa foi se reflétait, à son insu, dans son langage et sa manière d’être. Le docteur essayait de l’imiter, mais inutilement. Il devait faire l’expérience que sa propre nature formait un obstacle. Et ceci l’amena à reconnaître ce qu’il était : un pauvre pécheur perdu, incapable d’aucun bien. Il arriva là où il devait arriver. Le dessein de la grâce de Dieu envers lui l’atteignit. Pour sa conversion, il n’y avait plus qu’un pas à franchir. Dora lui vint en aide. Il agissait comme elle le lui disait. Il confessa ses péchés à Dieu, implora Son pardon, apprit à comprendre que Dieu justifie l’impie. Il rentra chez lui, un homme né de nouveau.
D’après Almanach Évangélique 1915
LE CHRÉTIEN ET LA QUESTION DU MARIAGE
Le chrétien et la question du mariage
Le chrétien, dans ses jeunes années, doit prendre des décisions qui influeront sur sa vie tout entière. Leurs conséquences s’étendront même jusque dans l’éternité. Tôt ou tard, il devra répondre aux questions suivantes :
Dois-je me marier ?
Avec qui ?
Quand ?
C’est un fait connu que, dans nos pays, la maturité du corps humain se manifeste plus rapidement aujourd’hui que dans les générations précédentes. Par conséquent, il est d’autant plus important que le jeune croyant demande à Dieu la grâce de pouvoir attendre, dans la pureté, le moment choisi par Lui, où il pourra, vraiment, penser au mariage. Une communion constante avec le Seigneur, une humble soumission à sa Parole, qui nous révèle ses pensées, permettra de discerner ce moment. Bien entendu, le jeune homme doit être en mesure d’entretenir une famille, si modestement que ce soit, sans aide extérieure et sans avoir des dettes.
Admettons que ce moment est arrivé. Le jeune croyant doit alors donner une réponse tout à fait personnelle aux questions posées ci-dessus. A certains égards, le Seigneur le laisse libre. Il ne lui ordonne pas de rester célibataire, mais ne l’engage pas non plus à se marier. Dans toutes les circonstances, la vie d’un chrétien est soumise à certaines règles, qui contribuent à le faire progresser dans un chemin agréable à Dieu. Ces principes nous ayant été donnés pour notre direction, rappelons-les ici.
Soyez saints, car moi je suis saint (1 Pierre 1. 16).
Dans le monde, la conscience est toujours moins exercée à l’égard de l’impureté morale. Plus le respect de Dieu et de sa Parole diminuera dans la chrétienté, plus les péchés contre les ordonnances bibliques seront jugés légèrement. On s’accoutume si aisément au mal !
Mais le croyant est lavé dans le sang de Jésus. Il est mort et ressuscité avec lui. Dieu attend de ce racheté qu’il abandonne sa conduite passée, le vieil homme qui se corrompt selon les convoitises trompeuses (Eph. 4. 22), et que, renouvelé dans l’esprit de son entendement, il marche en nouveauté de vie.
Si la vie intérieure d’une enfant de Dieu est saine, il cherchera dans ses relations avec le sexe opposé à garder une conscience sans reproche, se rappelant cette parole : « Comme celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite ». Il évitera les amourettes ou l’amitié changeante, inconstante, légère, cause de tant de malheurs. Il se souviendra du sens profond du mariage, cette union entre l’homme et la femme, union voulue de Dieu. Quelle bénédiction lorsque de jeunes croyants maintiennent intacts et purs leur corps et leur âme pour le conjoint qui leur sera peut-être donné, et qu’ils marchent selon les pensées de Dieu dans le chemin qui les conduit vers la création d’un tel foyer !
Notre corps, un sacrifice agréable à Dieu
Le mariage n’est pas le but principal, ni le problème le plus important de notre vie ! L’Agneau de Dieu nous « a achetés pour Dieu » en payant le prix de son propre sang. Nous lui appartenons. Il a tous les droits sur notre corps, sur notre cœur, sur nos dons, sur notre temps et sur tout ce que nous possédons. Notre « service intelligent », ici-bas, consiste à présenter nos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu. Nous devons dépenser nos forces à son service, comme l’holocauste était consumé sur le foyer de l’autel. En toutes choses nous devons examiner quelle est sa volonté, agréable et parfaite.
«Cherchez premièrement le royaume de Dieu». Toute autre chose doit être la conséquence de cette première et sainte aspiration. Ainsi Paul, appelé au difficile travail de pionnier, devait porter l’évangile dans les pays lointains. Il a dû passer par des détresses et des tribulations sans nombre. Comment aurait-il pu être accompagné d’une femme et peut-être d’enfants ? – Aujourd’hui aussi on rencontre de tels hommes « qui se sont faits eux-mêmes eunuques pour le royaume des cieux » (Matt. 19. 12). Ils ont renoncé volontairement au mariage pour pouvoir servir le Seigneur sans entrave. Ils restent fermes dans leur cœur et leur continence désintéressée. Ils trouvent par le Saint Esprit la force de maîtriser leur corps.
Il y a des sœurs dont l’aspiration première est de se marier. Elles sont hantées par le désir ardent de posséder un foyer et des enfants. Si cela leur est refusé, elles pensent avoir manqué le véritable but de leur vie. Elles se sentent mises de côté. Elles se rendent et rendent les autres malheureux parce qu’elles voient passer les années. Mais que dit l’Écriture ? « Celle qui n’est pas mariée a le cœur occupé des choses du Seigneur pour être sainte et de corps et d’esprit » (1 Cor. 7. 34). Adopter ce motif dominant, de tout son cœur, remplira la vie de sa paix et de sa joie.
Cependant, pour la plupart des croyants, le mariage est le chemin conforme aux pensées de Dieu. Mais pour eux aussi ces paroles sont valables : « Car nul de nous ne vit ayant égard à lui-même, et nul ne meurt ayant égard à lui-même : mais… nous vivons ayant égard au Seigneur » (Rom. 14. 7-8). Choix du conjoint, création d’un foyer, la première question ne doit pas être : Y trouverons-nous le bonheur pour notre vie terrestre ? Mais au contraire : Pourrons-nous servir ensemble le Seigneur ? Serons-nous l’un pour l’autre une aide véritable dans la tâche qu’il nous a confiée ? Pourrons-nous ensemble élever pour lui les enfants qu’il nous donnera ? Nous sera-t-il possible d’être en bénédiction à d’autres, étant mariés ? Le mari sera-t-il un homme qui « sache bien conduire sa maison » ? (1 Tim. 3. 4, 5, 12). L’épouse possédera-t-elle « l’incorruptibilité d’un esprit doux et paisible qui est d’un grand prix devant Dieu » ? Montrera-t-elle quelques-unes des vertus de la femme de Proverbes 31 ? Les personnes mariées ne doivent pas non plus oublier de présenter à Dieu leur corps en sacrifice vivant. « Le temps est difficile : au reste, c’est pour que ceux mêmes qui ont une femme soient comme n’en ayant pas… et ceux qui usent du monde comme n’en usant pas à leur gré ; car la figure de ce monde passe » (1 Cor. 7. 29-31).
Dieu « le donateur », ne restera pas débiteur de celui qui se donne à lui. Celui qui est à son service expérimentera la promesse de Luc 6. 38 : « Donnez, et il vous sera donné : on vous donnera dans le sein bonne mesure, pressée et secouée, et qui débordera ; car de la même mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré en retour ».
Le joug mal assorti
Les jeunes chrétiens qui n’ont pas le désir de suivre le Seigneur de plein gré et ne jugent pas leurs sentiments mondains, se préparent une vie de malheur. Une fréquentation commencée dans le « monde » met le cœur à l’unisson des pensées du monde.
Nous connaissons les suites de telles amitiés. Et précisément parce que ces jeunes sont influencés par le monde, ils ne prennent pas au sérieux le flirt à ses débuts. « Tout le monde fait bien ainsi ! Aujourd’hui on a des vues plus larges à ce sujet ». Mais arrive un moment où, le cœur étant engagé, la liaison sera établie définitivement.
Une autre étape sera franchie. Il faut apaiser ses hésitations de chrétien entraîné dans le monde. Le conjoint mondain, poussé par son amour humain, est apparemment d’accord de suivre son compagnon dans un chemin plus ou moins étroit. « Je peux lire la Bible avec elle, elle montre de l’intérêt ; tout ira certainement pour le mieux ! » Ou bien : « Il est déjà venu aux réunions ; c’est d’ailleurs un homme remarquable ». Ou encore : « Je suis fermement persuadée qu’il est un enfant de Dieu ; il a seulement un peu de difficulté à le manifester ». Bref, le mariage est célébré ; la vie conjugale commence… les désillusions surviennent, l’ivresse des sens étant passée. La lecture de la Bible et la prière en commun cessent. Dès lors, il ne vient plus à la réunion. Le croyant n’a pas trouvé, pour sa vie spirituelle et son service chrétien, une aide dans son conjoint, mais, au contraire, un frein puissant. Un tel état persistera peut-être la vie durant. Le manque de respect pour le Seigneur s’ensuivra, ce qui portera du tort aux enfants qui grandiront dans cette atmosphère d’indifférence. – Des unions de ce genre présentent naturellement plusieurs variantes. Mais, dans la plupart des cas, les difficultés et les larmes marquent le chemin parcouru par de telles familles.
Oh ! que dès leur jeunesse les croyants prennent à cœur ce clair avertissement de la Parole de Dieu : «Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules ; car quelle participation y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? ou quelle communion entre la lumière et les ténèbres ? ou quel accord de Christ avec Béliar ? ou quelle part a le croyant avec l’incrédule ? » (2 Cor. 6. 14-18).
Faisons encore un pas en avant. Savoir que le conjoint choisi est un croyant ne doit pas me suffire. Dans la confusion des systèmes et des pensées religieuses, je me suis séparé, en soumission à la Parole de Dieu, de tout ce que l’homme a introduit dans la « grande maison » de la chrétienté. J’aspirais ainsi à obéir à Dieu et à devenir un vase à honneur utile et sanctifié pour lui. Puis-je rester indifférent au fait d’être marié avec une personne qui, devant le Seigneur, n’attache aucune importance à de telles questions ? Elle ne serait pas une aide mais un obstacle pour moi. Nous n’aurions pas la même pensée à l’égard du royaume de Dieu, qui doit occuper la première place dans notre cœur. Nous marcherions dans des chemins opposés. Cette absence de communion serait un mauvais signe, car, dans ce domaine, on doit combattre ensemble d’une même âme, avec la foi de l’évangile.
Doit-on tenir compte de l’avis des parents ?
Parmi les jeunes croyants d’aujourd’hui, il existe ce penchant – dû une fois de plus à l’influence du monde – de placer les parents devant un fait accompli, quand l’union intérieure est déjà réalisée avec la personne de son propre choix. Dieu a confié aux parents la tâche d’élever leurs enfants dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur (Eph. 6. 4), de les diriger dans le bon chemin durant toutes leurs jeunes années, d’aider leurs fils et leurs filles devenus grands par leurs conseils.
Pourquoi donc les jeunes gens, qui avec leurs parents aiment le Seigneur, ne se confieraient-ils pas en eux pour les questions les plus importantes de leur vie ? Craignent-ils peut-être que leurs parents désapprouvent leur choix ? Cette appréhension même devrait les encourager à tenir compte de leur opinion.
D’autre part les parents pieux et sages savent bien que ce n’est pas eux qui doivent unir leurs enfants. En Genèse 24, l’Eternel choisit Rebecca pour Isaac (v. 14 et 44). L’Eternel envoie son ange en réponse aux prières de ses bien-aimés qui tenaient sérieusement compte des principes divins (v. 27 et 48). Il provoque la rencontre du serviteur et de la jeune fille élue (v. 12 et 14) ; l’Eternel fait prospérer tout le voyage (v. 21 et 56) et chacun peut reconnaître que la chose avait « procédé » de l’Eternel (v. 50). A la fin du chapitre seulement nous lisons : Rebecca dit : « J’irai » (v. 58) ; « Et Isaac prit Rebecca, et elle fut sa femme, et il l’aima » (v. 67).
Chers jeunes amis, celui qui examine toutes ces questions dans une patiente dépendance de Dieu et de ses enseignements et qui, avec son approbation, s’engage dans le chemin du mariage, trouvera le conjoint qui lui est destiné. Bien des années plus tard, tous deux rediront avec reconnaissance : «La chose a procédé de Dieu».
Adapté de « Halte fest », Beröa-Verlag
W. Gschwind, Zurich
D’après Feuille aux Jeunes n°158
SAUVÉ PAR UNE BREBIS
SAUVÉ PAR UNE BREBIS
Il y a bien longtemps que dans un certain port de mer se trouvait un bateau de guerre portant quatre-vingt-dix-huit canons. Un soir, une épouvantable explosion éclata à bord. En quelques minutes le bateau entier fut en flammes, chacun essayait de se sauver comme il pouvait et de gagner la côte. Au moment du désastre, il y avait à bord un jeune marin, sa femme et son enfant, un charmant petit garçon de dix-huit mois. Tous les moyens de se sauver semblaient perdus, lorsque le jeune homme eut une idée qui lui sembla lumineuse ; il courut à la cale où l’on avait mis le bétail servant à la nourriture de l’équipage, et attrapant une grosse brebis, il attacha son petit garçon sur son dos et les laissa tomber par-dessus le parapet dans la mer, en disant : « Voilà, dirigez-vous vers la terre et que Dieu soit avec vous ! »
Le marin en détresse était conscient du danger, il se rendait compte que la mort était imminente sur ce bateau en feu et que bientôt il serait la proie des flammes, ainsi que les deux êtres qu’il aimait. Aussi, c’est avec le courage du désespoir qu’il jeta son enfant à la mer… Puis sa femme sauta par-dessus bord, suivie de près par son mari qui la soutint hors de l’eau. Enfin, un bateau de sauvetage les recueillit, et au même moment la brebis après avoir nagé vigoureusement, arrivait à terre avec son précieux fardeau que les spectateurs détachèrent aussitôt. Peu après, le bébé retrouvait ses parents et ils furent ainsi réunis après avoir échappé à une mort presque certaine.
Combien ces heureux parents durent être reconnaissants d’avoir eu cette bonne brebis sans laquelle ils n’auraient jamais revu leur enfant !
Ce touchant récit nous fait penser à un Agneau pur et sans tache, l’Agneau de Dieu qui a porté sur Lui tous nos péchés. Sans Lui, nous étions perdus à jamais, mais grâce à Lui le ciel nous est ouvert ; l’abîme qui s’ouvrait devant nous est à jamais fermé et nous ne pourrons que l’adorer et l’aimer, en retour d’un amour semblable.
D’après la Bonne Nouvelle 1949
COURONS LA COURSE (BD)
L’AMITIÉ
L’amitié
L’Écriture est riche en enseignements sur ce sujet ; elle présente aussi pour notre instruction beaucoup d’exemples d’amitiés heureuses ou malheureuses qui méritent toute notre attention. En effet les exigences de la vie actuelle et les occasions de déplacements plus fréquents qu’autrefois favorisent des contacts plus variés entre jeunes croyants. Ainsi peuvent se nouer des relations utiles, confiantes, solides, qui marqueront de leur empreinte une vie entière ; mais le danger demeure aussi d’amitiés aux fruits amers. On aime ses parents, ses frères et sœurs, mais on est lié à un ami par des sentiments d’une autre nature ; des considérations d’âge, d’orientation ou d’expériences communes ont souvent déterminé le choix de tel ami ; il est bien vite devenu un confident à qui l’on fait part, plus volontiers qu’à sa propre famille quelquefois, de ses aspirations, de ses projets, de ses problèmes intimes ; on accepte ses remarques, ses conseils, on subit son influence ; d’où le sérieux de telles liaisons.
Voilà bientôt deux millénaires, Pierre et Jean avaient grandi ensemble dans le cadre du lac de Tibériade ; ils avaient ensuite exercé en commun leur activité de pêcheurs (Luc 5. 10). Un jour une voix s’était fait entendre : Jésus avait appelé. Tous deux avaient donné une même réponse à cet appel ; ils avaient tout quitté pour suivre le même Maître. Au cours du ministère public du Seigneur se tissa entre ces deux disciples la trame d’une amitié plus profonde dont les Évangiles rapportent quelques épisodes :
Occasions perdues
« Pierre et ceux qui étaient avec lui étaient accablés de sommeil », lisons-nous en Luc 9. 32, pendant la scène de la transfiguration. Et plus loin, dans le jardin de Gethsémané, Jésus « vint vers ses disciples, qu’il trouva endormis de tristesse » (Luc 22. 45).
Dieu offre à Pierre et à Jean deux occasions uniques d’entrer dans l’intimité de la gloire et des souffrances de son Fils. Et tous deux dorment dans des heures aussi solennelles ! Lequel secouera son ami pour l’éveiller ? Ne trouvons-nous pas comme l’écho douloureux du cœur du Seigneur dans sa parole : « Ainsi vous n’avez pas pu veiller une heure avec moi » ? Occasions perdues et qui ne se présenteront jamais plus de veiller aux côtés de Jésus en prière.
On a passé entre jeunes gens d’agréables journées de vacances, on s’est entretenu pendant de longues soirées de sujets bien divers, tout cela est légitime ; mais qui va prendre l’initiative de lire un chapitre de la Parole, de prier ? Ce sera l’occasion donnée de passer à un entretien sérieux et édifiant dont chacun tirera profit ; ce sera peut-être pour tel ami le point de départ d’un réveil spirituel…
Occasion de chute
« L’autre disciple donc, qui était connu du souverain sacrificateur, sortit, et parla à la portière, et fit entrer Pierre » (Jean 18. 16).
Jean désirait, dans un but louable, permettre à Pierre de suivre Jésus dans le parloir du souverain sacrificateur ; mais le moyen n’était pas digne d’un disciple : il usait de relations mondaines, et ne se doutait pas que, en faisant ainsi, il ouvrait à Pierre la porte qui le conduirait jusqu’au reniement de son Maître. Il faudra le long et patient travail de Jésus dans la conscience ébranlée de son impétueux disciple pour l’amener, des pleurs amers de Luc 22. 61-62, jusqu’au rétablissement complet de Jean 21. 15-23. – Mais combien alors l’attitude du disciple que Jésus aimait est belle : réservé et discret, il suit, respectant l’intimité du moment où Jésus, qui marche en avant avec Pierre, vient sceller l’œuvre achevée dans la conscience et dans le cœur de son disciple repenti.
Quelque chose de peu d’importance au cours d’une amitié peut laisser parfois des années plus tard une tache indélébile : on a bien rejeté globalement le monde, ses vanités, sa folie, mais on le laisse se réintroduire dans de petits faits de la vie courante, où il vient se présenter sous des visages flatteurs mais nuisibles ; et les relations amicales peuvent favoriser souvent son emprise sur les esprits et sur les cœurs : on se prête un ouvrage léger, on s’attarde à des discussions philosophiques, on va écouter une musique à la mode… et l’on devient une occasion de chute pour son ami.
Occasions d’encouragement
« Ils couraient les deux ensemble ; et l’autre disciple courut en avant plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre » (Jean 20. 4).
Le reniement avait profondément marqué Pierre ; comment chasser le souvenir du regard attristé de Jésus posé sur lui ? Mais le tombeau est vide ; Marie de Magdala vient d’apporter l’étonnante nouvelle. Pierre s’est aussitôt levé ; il court au sépulcre avec Jean. Un moment, ils courent les deux ensemble, puis… Pierre hésite-t-il ? Redoute-t-il le moment de la rencontre avec Jésus ? Jean est alors passé devant, entraînant à sa suite son ami hésitant. Et ils vont ainsi tous deux jusqu’au sépulcre vide, jusqu’à un Seigneur ressuscité.
« Dites à ses disciples et à Pierre : Il s’en va devant vous en Galilée ; là vous le verrez », a dit l’ange aux saintes femmes (Marc 16. 7). « Allez annoncer à mes frères qu’ils aillent en Galilée, et là ils me verront » (Matt. 28. 10), leur a répété Jésus.
Les disciples sont allés en Galilée mais pour y retrouver leurs barques de pêcheurs et leur vain travail. « Et le matin venant déjà, Jésus se tint sur le rivage… Ce disciple donc que Jésus aimait, dit à Pierre : c’est le Seigneur » (Jean 21. 4-7). Malgré les cœurs oublieux des siens, Jésus, fidèle à sa promesse, est là. Jean confus, mais rassuré et heureux, laisse parler son cœur. Encouragé par le cri de joie de son ami, Pierre quitte, et pour toujours, la petite nacelle, souvenir d’une vie révolue. Il se porte au-devant de Jésus – Non, plus jamais pêcheur, mais désormais berger des brebis du Seigneur.
…Une parole à propos, un geste d’encouragement ; si le seul but recherché est la gloire du Seigneur et le bien de l’ami, les conséquences en seront heureuses et bénies.
Occasions de communion
Jean, l’évangéliste, n’ajoute rien sur ces relations d’amitié. Mais quelques pages plus loin, et si peu de temps plus tard, on aime à retrouver ces deux amis tous deux mûris par les journées inoubliables qu’ils viennent de vivre ensemble.
« Et Pierre et Jean montaient ensemble au temple, à l’heure de la prière » (Actes 3. 1). – « Pierre et Jean… dirent… : nous ne pouvons pas ne pas parler des choses que nous avons vues et entendues » (Actes 4. 19-20). – « Les apôtres… ayant appris que la Samarie avait reçu la parole de Dieu, leur envoyèrent Pierre et Jean… » (Actes 8. 14).
Ensemble pour prier, ensemble pour témoigner de leur foi, ensemble pour enseigner d’autres. Quels fruits bénis des semences divines dans ces deux âmes ! Ils marchent d’un même pas, parlent un même langage, se dirigent vers un même but. Bientôt, demain peut-être, leurs chemins bifurqueront, l’un ira au martyre, et il le sait ; l’autre connaîtra l’isolement de l’île de Patmos ; mais qu’importe ! ; le Seigneur et Maître ne leur aura-t-il pas donné de puiser un moment ensemble à la même intarissable Source, et dans une amitié forgée de longue date, la force suffisante pour tout le chemin de cette terre ?
D’après Feuille aux Jeunes n° 227
A UN JEUNE CHAUFFEUR
A un jeune chauffeur
« C’est au volant que le vieil homme se montre le plus volontiers », remarqua cet ami chrétien en sortant de ma voiture. « Et c’est un bien mauvais conducteur ! »
J’approuvai sans bien réfléchir : « C’est vrai, les vieillards ne devraient plus conduire ; ils n’ont plus de réflexes ; ils se traînent sur les routes… »
Mon ami m’arrêta : « Tu ne vois pas de qui je veux parler ? Rappelle-toi le trajet de tout à l’heure. En réalité plusieurs personnes ont successivement tenu le volant. J’ai d’abord été conduit par un désobéissant, un rebelle aux lois. Tu as carrément brûlé un feu qui venait de passer au rouge. Puis tu as traversé le village à près de 90km/h. Quant à la ligne continue, tu l’as bien chevauchée trois ou quatre fois.
– Sans gêner personne, interrompis-je. D’ailleurs beaucoup de ces règlements sont exagérés ; tout le monde les enfreint plus ou moins.
– Ils existent cependant et les premiers à les respecter devraient être les chrétiens. Comment auraient-ils la liberté de demander au Seigneur de les garder d’accidents de la route s’ils ne se soumettent pas aux autorités que Dieu a instituées précisément dans le but de les protéger ? (Rom. 13. 1). Et notre témoignage sera d’autant plus remarqué qu’il constituera une exception.
Puis j’ai été piloté par un impatient. Ce camion malodorant que tu suivais depuis dix minutes t’avait mis les nerfs à fleur de peau, de sorte que tu as fini par le doubler dans des conditions plus que discutables.
A la sortie de B., j’ai constaté que j’étais conduit par un égoïste. Tu avais remarqué cet auto-stoppeur marchant sous la pluie avec sa valise ; tu ne t’es pas arrêté pour autant.
– Oh, chez moi c’est un principe ; ces gens n’ont qu’à rester chez eux ou prendre le train.
– Tu ne crois pas que nous avons ainsi perdu l’occasion non seulement de rendre service, mais surtout de parler de Jésus à un compagnon de route placé sur notre chemin ?
Après, il y a eu cette course disputée contre une voiture un peu moins puissante qui essayait néanmoins de te doubler. Et tu étais assez fier de tes acrobaties. Tu m’as rappelé Jéhu qui conduisait « avec furie » (2 Rois 9. 5). En même temps je me suis aperçu que tu étais tant soit peu orgueilleux. Je ne te connaissais pas sous ce jour. Or, mon cher, laisse-moi te mettre en garde, avec toute l’affection d’un aîné dans la foi, contre cet amour-propre de chauffeur et cette griserie de la vitesse qui font partie de ce que la Bible appelle l’orgueil de la vie. Il vous fait prendre de graves risques à toi et aux jeunes qui te ressemblent. Mais ton existence ne t’appartient pas, et encore moins celle d’autrui, pour les jouer ainsi dans des dépassements audacieux. Veux-tu terminer tes jours avec le remords permanent d’avoir projeté dans l’éternité une âme qui n’était peut-être pas sauvée ?
Enfin il y a eu ce petit accrochage dans la ville, au retour. Bien sûr, c’était la faute de « l’adversaire », un mot qui dans le langage des assurances traduit bien ce que cet homme est devenu aussitôt pour toi – alors que ce pouvait être un chrétien, un frère. Je ne t’avais jamais vu de si mauvaise humeur.
– Mais rendez-vous compte ! Ce maladroit a éraflé mon aile, fait un éclat dans la peinture…
– … Et fait apparaître, sous le vernis d’un garçon bien élevé, l’irritabilité de l’homme naturel, plus déplaisante qu’une voiture endommagée. Notre douceur doit être connue de tous les hommes (Phil. 4. 5), y compris des autres usagers de la route. Tu le vois, mon cher, nous n’avons pas eu besoin de rouler longtemps ensemble pour que se trahissent les traits les plus frappants de la vieille nature indomptable. Je suis sûr que tu les remarqueras dorénavant quand ils essayeront de se manifester. Jacques constate au chapitre 3 de son épître que l’homme sait faire obéir les chevaux les plus fougueux, gouverner les plus gros navires, dompter toute espèce de bêtes sauvages mais qu’il n’est pas maître de sa langue et pas davantage de son caractère. N’est-ce pas avant tout «l’espèce humaine», comme il l’appelle, qui est restée à l’état sauvage ? C’est le « vieil homme », que la civilisation, tout en lui donnant des moyens nouveaux de locomotion (et aussi de domination sur ses semblables) n’a aucunement modifié. Ce vieil homme, coléreux, insoumis, égoïste, insupportable, tu le retrouveras en toi à chaque carrefour, dans chaque village, à chaque embouteillage, avec ses multiples visages. Que faire de lui ? C’est simple : lui retirer son permis de conduire. Laisser un Autre prendre le volant ; quelqu’un qui sera en même temps un merveilleux compagnon de voyage. Si le temps d’attente au feu rouge est passé à t’entretenir avec Lui, ce ne sera pas du temps perdu. Au contraire, en méditant sur ce qui te manque et en demandant au Seigneur de te le donner, chaque contrariété, chaque incident de la route, se changera miraculeusement en une petite leçon profitable, en une prière, en une victoire. Je me souviens d’un frère colporteur qui avait surnommé sa voiture son « professeur de patience ». Elle lui donnait matin et soir une heure de leçons avec exercices pratiques.
Je dus convenir que j’avais échoué à mon examen ; je possédais bien mon permis mais je ne savais pas me conduire moi-même. Ce qui se trahissait au volant, je l’étais aussi dans la vie de tous les jours. Il était urgent que j’apprenne à conduire, ou plutôt que je change de conducteur. Que le nouvel homme prenne et conserve les leviers de commande et que le vieil homme prenne et conserve la place qui est justement la sienne d’après l’Écriture : « la place du mort ».
D’après Feuille aux Jeunes n° 220
LA CLÔTURE
La clôture
« Qui renverse une clôture, un serpent le mord ».
Eccl. 10. 8
Le pays était spacieux, et « de long en large », Abraham, l’homme de foi, était invité à s’y promener (Gen. 13. 17). Il avait quitté Ur, la ville de sa naissance ; il s’en était allé de sa parenté et de la maison de son père, pour venir au pays que Dieu lui avait montré. Là il se trouvait au large, mais il devait se garder d’en dépasser les limites. Son fils Isaac ne devait absolument pas retourner en Mésopotamie ; et lorsque lui-même, craignant la famine, avait voulu descendre en Égypte, le malheur l’avait atteint : le «serpent» l’avait «mordu». Plus triste encore, le souvenir de l’Égypte avait influencé Lot (Gen. 13. 11) qui, sans se laisser diriger par Dieu dans son choix, avait sans se poser des questions « franchi la clôture », dressant ses tentes jusqu’à Sodome, et pris petit à petit une place importante parmi ces « grands pécheurs » devant l’Eternel. La fin lamentable de son histoire montre clairement ce que signifie la « morsure » du « serpent ».
L’Eternel indique à Josué (chap. 1) les limites du pays : le désert, aridité du monde ; la montagne du Liban, puissance du monde ; l’Euphrate où se trouvait Babylone ; la grande mer, agitation et inquiétude de ceux qui ont leur part « sur la terre ». En dehors de ces limites, il ne fallait pas sortir, mais faire la conquête du pays lui-même, en tout lieu poser « la plante de son pied ». En réalité, Israël ne le fit jamais complètement, mais il « renversa la clôture ». Quel avertissement !
Notre temps et nos forces sont limités ; à quoi les employons-nous ? Savons-nous profiter des loisirs que laisse le travail quotidien pour nous « promener de long en large » (Eph. 3. 18) dans le pays, en faire la conquête, c’est-à-dire par la lecture et la méditation de la Parole de Dieu, nous en approprier les richesses ? Et les mettre en valeur en pratiquant les enseignements du Seigneur et en les communiquant à d’autres ? – Ou bien, franchissant la clôture, recherchons-nous dans le monde de quoi combler un vide que nous n’avons pas laissé le Seigneur remplir ? Prenons garde : « Qui renverse une clôture, un serpent le mord » !
Le pays est large et spacieux aussi pour nous. Dans la communion du Seigneur et la reconnaissance envers Dieu, nous pouvons jouir pleinement des bienfaits si nombreux qu’Il répand sur notre route. Et s’Il a mis des limites que nous ne devons pas franchir, c’est encore un bienfait de Sa part. Satan le savait bien quand il parlait à Dieu de la « haie de protection » dont Job était entouré. Dans ce cas particulier, Dieu permit à l’ennemi de démolir la haie, afin d’éprouver son serviteur. Mais combien c’est différent quand c’est nous-mêmes qui « renversons la clôture » ; personne ne peut alors prévoir où il sera entraîné : il est entré dans le domaine de Satan, proie facile pour ce lion qui « rôde autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer ».
Dans la maison de son maître l’Égyptien, Joseph pouvait disposer de tout. Une seule chose lui était interdite (Gen. 39. 9). Malgré les sollicitations les plus vives, il n’a pas renversé la clôture. Il a su dire «non», et le répéter ; « jour après jour, il ne l’écouta pas ». Mais David a passé outre. Un soir d’inactivité, par un regard (2 Sam. 11. 2) de convoitise charnelle, il a été entraîné dans le précipice : la « morsure » a été terrible, et malgré la restauration, les conséquences ont duré jusqu’à la fin de sa vie. Ne pensons pas : «cela ne m’arrivera pas à moi». Ces choses ont été écrites « pour nous servir d’avertissement » ; seule la puissance du Seigneur peut nous garder en réponse à la foi. Dans ce domaine plus que dans tout autre, la « clôture » est nette et précise : « Le corps est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps » (1 Cor. 6. 13 à 20). Il s’agit de « fuir », et non de regarder avec légèreté par-dessus la barrière. « Un homme prendra-t-il du feu contre lui sans que ses vêtements brûlent ? » (Prov. 6. 27). « Garde ton cœur plus que tout ce que l’on garde, car de lui sont les issues de la vie » (Prov. 4. 23).
Le chrétien a un centre : Christ. Tenons-nous près de Lui et nous serons préservés du désir même de « renverser la clôture » ; nous serons à l’abri des « morsures du serpent ». « Le monde s’en va et sa convoitise, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement ». «Et près de Moi, tu seras bien gardé» (1 Sam. 22. 23).
G.A.
D’après Feuille aux Jeunes n°85
L’HOMME LE PLUS RICHE DE LA VALLÉE
Un nouveau chant (Je suis la lumière du monde) et une nouvelle histoire (L’homme le plus riche de la vallée) !
Tiré de CD Vieilles histoires jeunes oreilles. B. Durst
Editeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com) et Éditions Bibles et Littérature Chrétienne (http://www.eblc.ch).
MOTS CROISÉS N°3
Vu le nombre d’intéressés, nous avons le plaisir de te proposer de nouveaux Mots croisés, cette fois sur les animaux de la Bible !
Cliques ici :
QUELQUES ANIMAUX DE LA BIBLE MOTS CROISÉS N°3
Pour avoir les réponses :







