CELUI-LÀ ME GLORIFIERA

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« CELUI-LÀ ME GLORIFIERA » (Jean 16. 14)
L’Esprit Saint glorifie le Seigneur Jésus

Quelques aspects de la glorification du Seigneur Jésus par l’Esprit Saint

 

Comme toujours j’aime bien commencer par la lecture de quelques strophes d’un cantique, le cantique 204 :

Vers toi, Jésus, vers ma patrie,
Je vais guidé par l’Esprit Saint ;
Sans crainte, à lui je me confie
De jour en jour, jusqu’à la fin.

Il me soutient, il m’encourage
Dans le chemin qui mène au ciel ;
Bientôt, au bout de mon voyage,
Je vais te voir, Emmanuel.

Cependant, le long de la route,
Fermant l’oreille à tout vain bruit,
En silence mon âme écoute
La douce voix de ton Esprit.

Le Saint Esprit, cette personne divine, est sur la terre avec ce but de glorifier le Seigneur Jésus. Le Seigneur Jésus dans ses discours dans l’évangile selon Jean montre les activités du Saint Esprit et il dit du Saint Esprit qu’il glorifie le Seigneur Jésus. Bien sûr le sujet est vaste. Nous n’en considèrerons que quelques aspects en rapport avec cela et notamment j’ai sur mon cœur de considérer avec vous ce soir quelques expressions en rapport avec le Saint Esprit, en relation avec le Seigneur Jésus. Parfois l’Esprit Saint est appelé l’Esprit de Dieu, mais il y a plusieurs versets où nous lisons que l’Esprit Saint est en relation avec le Seigneur Jésus. Nous désirons considérer ce soir ces passages où nous avons différentes expressions en rapport avec l’Esprit Saint et nous allons voir que c’est toujours avec le but que le Seigneur Jésus soit glorifié, c’est-à-dire que la personne du Seigneur Jésus soit révélée, et que des traits du Seigneur Jésus soient mis en évidence et cela est toujours pour la gloire du Seigneur Jésus. Dans ce sens l’Esprit Saint glorifie le Seigneur Jésus afin que lui-même devienne visible.

Nous commençons par trois versets dans la 1ère épître de Pierre : « duquel salut les prophètes qui ont prophétisé de la grâce qui vous était destinée se sont informés et enquis avec soin, recherchant quel temps ou quelle sorte de temps l’Esprit de Christ qui était en eux indiquait, rendant par avance témoignage des souffrances qui devaient être la part de Christ et des gloires qui suivraient ; et il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils administraient ces choses » (1. 10 à 12). Ces versets nous parlent de l’opération de l’Esprit Saint qui est appelé l’Esprit de Christ au v. 11 en rapport avec les prophètes de l’Ancien Testament. Nous savons bien que les croyants du temps de l’Ancien Testament, inclus les prophètes, n’ont pas eu la personne de l’Esprit Saint habitant en eux comme c’est le cas pour nous, les croyants du temps de la grâce.
Nous lisons cela très clairement dans l’évangile selon Jean au chapitre 7 où le Seigneur Jésus dit : « l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (v. 39). Il fallait que tout d’abord le Seigneur Jésus soit glorifié avant que l’Esprit Saint puisse venir sur la terre. Il peut alors habiter dans les croyants. Mais ayant dit cela, bien sûr l’Esprit Saint a conduit les écrivains de l’Ancien Testament comme il l’a fait pour les écrivains du Nouveau Testament. Ils étaient inspirés et ainsi sous la direction de l’Esprit Saint ils ont exactement dit ce que Dieu voulait. Le grand sujet, pourrions-nous dire, de l’Ancien Testament c’est déjà le Seigneur Jésus. Dieu nous parle de son Fils aussi dans les écrits de l’Ancien Testament et de différentes manières. Dans ces versets de 1 Pierre 1 que nous avons lus, tout d’abord nous avons le salut qui est mentionné. Les prophètes qui ont prophétisé de la grâce qui nous était destinée, se sont informés du salut. Donc le salut est un grand sujet dans l’Ancien Testament déjà, effectivement dans toutes les parties de l’Ancien Testament, mais comme quelque chose qui est encore futur. Il est vrai qu’il y a des illustrations du salut et bien sûr les croyants de l’Ancien Testament ont aussi fait l’expérience de la délivrance, notamment le peuple d’Israël quand Dieu a délivré son peuple de l’esclavage de l’Égypte. C’était un salut merveilleux mais bien sûr dans un sens assez limité, pas comparable avec le salut dont nous pouvons jouir aujourd’hui, le salut de nos âmes qui est mentionné juste auparavant ici au v. 9, le salut dont nous pouvons jouir, un salut éternel, un privilège merveilleux pour les croyants du temps de la grâce. Donc il y a bien des versets qui parlent du salut mais souvent dans un sens encore futur.
J’aimerai juste mentionner un verset du Pentateuque où nous avons le salut et le mot effectivement nous le trouvons pour la première fois en Gen. 49 dans les dernières paroles de Jacob qui a dit : « J’ai attendu ton salut, ô Éternel ! » (v. 18) Je n’entre dans les détails dans les dernières paroles de Jacob, mais il exprime qu’il attend le salut de l’Eternel. Un verset dans les Psaumes, les livres poétiques. Là il y a beaucoup de versets que nous pourrions lire qui parlent du salut. Je mentionne juste un verset pour illustrer cela au psaume 14 : « Oh ! si de Sion le salut d’Israël était venu ! » (v. 7) On voit de nouveau cette attente du salut et le salut vient de Sion, le salut d’Israël et le psalmiste, ici David, attend là aussi ce salut merveilleux. Un verset dans les prophètes et là je me tourne vers le prophète Ésaïe. Le nom Ésaïe veut dire même : le Seigneur est salut. Donc on n’est pas étonné que le sujet du salut occupe une grande place dans le livre du prophète Esaïe. Dans toutes les sept parties de ce prophète le sujet du salut est évoqué. Je lis un verset au chapitre 12 : « Voici, Dieu est mon salut ; j’aurai confiance, et je ne craindrai pas ; car Jah, Jéhovah, est ma force et mon cantique, et il a été mon salut » (v. 2). C’est un verset qui nous parle des bénédictions millénaires et on voit la jouissance du salut. Donc les prophètes notamment ont évoqué ce sujet si merveilleux. J’aimerai lire encore un verset tellement beau dans le chapitre 45 : « Et hors moi, il n’y a pas de Dieu ; — de Dieu juste et sauveur, il n’y en a point si ce n’est moi. Tournez-vous vers moi, et soyez sauvés, vous, tous les bouts de la terre » (v. 21 et 22). Ces versets nous montrent que ce n’est pas seulement le peuple d’Israël, mais que les bouts de la terre vont jouir un jour du salut. C’est merveilleux.
Donc les prophètes ont parlé de cela comme quelque chose de futur et qu’ont-ils fait ? Nous lisons qu’ils « se sont informés et enquis avec soin, recherchant quel temps ou quelle sorte de temps l’Esprit de Christ qui était en eux indiquait ». On voit cet intérêt des prophètes de l’Ancien Testament, des écrivains de l’Ancien Testament, pouvons-nous dire, de comprendre mieux ce que l’image exprimait. Ils n’ont pas tout compris mais ce désir de comprendre mieux ce qui était dirigé, d’écrire. C’est quelque chose qui nous encourage aussi pour avoir ce même zèle, ce même intérêt pour mieux comprendre la Parole de Dieu et ce que Dieu nous communique dans sa Parole et aussi dans l’Ancien Testament.
Nous pouvons méditer ces passages de l’Ancien Testament sous la direction de l’Esprit Saint et dans le Nouveau Testament aussi et ainsi nous pouvons mieux comprendre ce que Dieu a communiqué déjà dans ces passages de sa Parole. Les prophètes se sont informés et enquis avec soin, ils ont recherché pour comprendre mieux, et nous avons à comprendre mieux le temps que Dieu a à indiqué. Que le Seigneur nous encourage aussi ! Donc l’Esprit qui était en eux était l’Esprit de Christ. Il est donc appelé ainsi l’Esprit de Christ parce que le grand sujet dont les prophètes ont parlé était la personne de Christ. Cela nous l’avons aussi après quand nous lisons leur témoignage des souffrances qui devaient être la part de Christ et des gloires qui suivraient, les deux grands points des souffrances de Christ et les gloires qui ont suivi. Nous trouvons les deux choses dans le Pentateuque soit dans les livres poétiques, soit dans les livres prophétiques, les souffrances de Christ. Le Ps. 22, le Ps. 69, le Ps. 90 pour parler des prophètes, És. 53 ou aussi Zach. 13 et tant d’autres passages évoquent les souffrances du Seigneur Jésus et aussi les gloires qui ont suivi. Et là nous trouvons dans l’Ancien Testament notamment la gloire du Messie et la gloire millénaire qui est évoquée, développée en détail, quelque chose qu’il est beau de lire, de méditer. Que cela soit devant nos cœurs !
Ce qui est intéressant c’est qu’entre les souffrances de Christ et les gloires qui suivent il y a toute cette période de la grâce, cette période où vivent aussi des croyants qui ont reçu cette épître. Nous lisons encore au v. 12 « il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils administraient ces choses ». C’est très intéressant parce que ces croyants qui étaient les récepteurs directement de cette épître, mais avec eux aussi nous-mêmes, ils vivaient juste dans cette période entre les souffrances du Seigneur Jésus et les gloires qui suivraient. C’est quelque chose qui nous touche et j’aimerai juste encore revenir sur un point parce que j’ai insisté au début sur le fait que le v. 10 parle de la grâce qui vous était destinée. Dieu nous a destinés pour la grâce. Il a destiné la grâce pour nous. Il voulait nous donner le salut et nous donner et nous révéler toute sa grâce. C’est quelque chose merveilleux.
Et d’autre part au v. 11 en rapport avec « les souffrances qui devaient être la part de Christ ». Remarquez cela. Ce n’est pas tout simplement les souffrances de Christ, c’est vrai, comme expression les souffrances de Christ. Mais la Parole ne nous dit pas tout simplement les souffrances de Christ, mais les « souffrances qui devaient être la part de Christ ». Comme Dieu a destiné pour nous, nous pourrions dire, la grâce, pour le Seigneur c’était les souffrances qui étaient nécessaires. Mais c’était afin que Dieu nous montre toutes les richesses de sa grâce, quelque chose qui nous amène à nous prosterner devant le Seigneur toujours de nouveau pour le louer, pour l’adorer. Il a souffert pour nous afin que la grâce de Dieu et le salut puissent nous être donnés. Mais je répète c’était l’Esprit de Christ qui les a conduits et ainsi les a fait parler et écrire les souffrances de Christ mais aussi les gloires qui suivent. Nous avons l’expression « l’Esprit de Christ » au v. 11 et aussi au ch. 3 et aux v. 18 et 19 et là c’est plutôt en rapport avec ce que Noé a fait quand il a construit l’arche. Il a rendu témoignage aussi par l’Esprit de Christ.
J’aimerai me tourner vers d’autres passages maintenant dans l’épître aux Romains et là ce n’est pas en rapport avec les croyants de l’Ancien Testament ou les prophètes de l’Ancien Testament où l’activité de l’Esprit Saint est mentionnée. Là c’est clairement en rapport avec nous, les croyants du temps de la grâce. L’apôtre Paul s’adresse aux croyants à Rome et leur dit : « Or vous n’êtes pas dans la chair, mais dans l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous ; mais si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, celui-là n’est pas de lui » (8. 9). J’aimerai être relativement court maintenant, je ne peux pas développer le sujet vraiment en détail, mais j’aimerai quand même montrer quelques grandes lignes que l’apôtre Paul nous montre ici dans ces versets de Rom. 8. Il commence vraiment à parler de la position chrétienne quand il dit : « Or vous n’êtes pas dans la chair, mais dans l’Esprit ». Il indique quelque chose qui est vrai pour chaque croyant, chaque personne qui s’est repentie et qui a cru au Seigneur Jésus et à la suffisance de son œuvre et qui ainsi peut jouir du salut, qui est scellée de l’Esprit Saint parce que la foi à la suffisance de son œuvre est vraiment la base pour obtenir l’Esprit Saint comme nous le lisons clairement en Éph. 1 au v 13.
Avant notre conversion nous étions dans la chair. Le ch. 7. 5 le dit : « Car, quand nous étions dans la chair, les passions des péchés, lesquelles sont par la loi, agissaient dans nos membres pour porter du fruit pour la mort ». C’est vrai pour chaque être incrédule, c’est vrai pour nous avant notre conversion. On était donc dans la chair. Maintenant « vous n’êtes pas dans la chair, mais dans l’Esprit » (8. 9). C’est notre position. Dieu nous voit ainsi. Il faut faire attention ici parce que si nous lisons « vous n’êtes pas dans la chair » cela ne veut pas dire que la chair n’est pas en nous, c’est deux choses très différentes. Bien sûr la chair est encore en nous malheureusement, c’est une vérité et le nier est une erreur grave, parce que la chair et le péché sont encore là et peuvent agir, mais notre position nous ne sommes plus dans la chair mais dans l’Esprit si du moins l’Esprit de Dieu habite en nous. Un vrai croyant est dans l’Esprit. Pourquoi ? Parce que l’Esprit de Dieu habite dans le croyant. C’est ainsi que la position chrétienne est caractérisée. Après l’apôtre continue et dit : « Si quelqu’un n’a pas l’esprit de Christ, celui-là n’est pas de lui ». Nous constatons que, pour une raison certainement, l’apôtre Paul était dirigé par l’Esprit de pas dire maintenant. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Dieu, celui-là n’est pas de lui mais il dit : « Si quelqu’un n’a pas l’esprit de Christ, celui-là n’est pas de lui ». Pourquoi ce changement ? Et plus tard effectivement au v. 11 il dit : « Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts, vivifiera vos corps mortels aussi à cause de son Esprit qui habite en vous ». Encore une fois une autre expression « l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts » et là le verset montre clairement en rapport avec le futur, cette sécurité, cette certitude que le croyant qui passe par la mort ressuscitera. Mais ici au v. 9 dans la deuxième partie : « si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, celui-là n’est pas de lui ». La pensée est solennelle. Ce changement indique quelque chose qui est important. Si l’Esprit Saint habite dans le croyant, il peut ainsi agir dans le croyant, et produire dans le croyant des traits qui sont devenus visibles dans le Seigneur Jésus, dans le Christ quand il était ici-bas sur la terre.
Le v. 10 est intéressant : « Si Christ est en vous, le corps est bien mort à cause du péché, mais l’Esprit est vie à cause de la justice ». Christ est en vous et c’est vraiment la pensée, Christ est notre vie et ainsi comme notre vie il est en nous. D’une part notre position est en Christ, d’autre part Christ est en nous, c’est-à-dire qu’il est la vie qui est en nous et cette vie maintenant doit se manifester et cela par l’Esprit Saint. Donc la pensée est, ce qui est normal pour le croyant : il possède l’Esprit Saint et il est normal que l’Esprit de Christ peut aussi opérer pour que les traits du Seigneur deviennent visibles aussi dans le croyant. On voit les traits de cette nouvelle vie. On peut avoir cette certitude. Une personne vraiment au Seigneur est un croyant. L’apôtre Jean dans sa 1ere épître insiste beaucoup là-dessus. Il fait cette différence entre ces deux familles et il dit : Voilà ceux qui sont de la famille de Dieu, des personnes qui ont la vie de Dieu et la vie de Dieu se manifeste. D’une manière similaire l’apôtre Paul exprime cela dans le verset qui est devant nous. Il y a d’une part notre position et c’est bien de maintenir cela, nous ne sommes pas dans la chair, mais nous sommes dans l’Esprit. L’Esprit de Dieu habite en nous. C’est vrai pour le croyant.
La conséquence de cela : si l’Esprit de Christ est là en nous, cela se manifeste. Et s’il n’y a aucun signe de la vie qui se manifeste, une telle personne n’est pas de Lui. Ce n’est pas de mettre en question la sécurité du salut du croyant, pas du tout, mais juste constater que si l’Esprit Saint habite dans le croyant, l’Esprit de Christ les traits du Christ son obéissance et l’amour qu’il a manifestés et tout ce que nous voyons se manifeste ainsi dans le croyant et ainsi on peut voir que la personne en question appartient au Seigneur Jésus. Quelle est belle cette liberté chrétienne dont nous parle l’épître aux Romains, cette liberté du pouvoir du péché et l’Esprit Saint qui habite dans le croyant, qui opère (dans nos cœurs) et cela pour glorifier le Seigneur Jésus, pour ainsi opérer afin que les traits du Seigneur devienne visible dans le croyant.
Je lirai encore un verset dans l’épître aux Philippiens au chapitre 1. Le verset que j’ai à cœur est le v. 19 mais pour le contexte je commence à lire au v. 15 : « Quelques-uns, il est vrai, prêchent le Christ aussi par envie et par un esprit de dispute, mais quelques-uns aussi de bonne volonté ; ceux-ci par amour, sachant que je suis établi pour la défense de l’évangile ; ceux-là annoncent le Christ par esprit de parti, non pas purement, croyant susciter de la tribulation pour mes liens. Quoi donc ? — Toutefois, de toute manière, soit comme prétexte, soit en vérité, Christ est annoncé ; et en cela je me réjouis et aussi je me réjouirai. Car je sais que ceci me tournera à salut par vos supplications et par les secours de l’Esprit de Jésus Christ, selon ma vive attente et mon espérance que je ne serai confus en rien, mais qu’avec toute hardiesse, maintenant encore comme toujours, Christ sera magnifié dans mon corps, soit par la vie, soit par la mort » (v. 15 à 20).
L’apôtre Paul écrit cette épître aux Philippiens quand il était en prison à Rome. Et cela en soi était déjà une circonstance difficile, mais il se réjouit dans le Seigneur dans ces circonstances extrêmement difficiles pour lui. On voit dans ces versets qu’il évoque lui-même qu’il ne peut plus proclamer l’évangile comme il pouvait le faire auparavant.
Et maintenant il dit il y en a d’autres maintenant qui prêchent Christ, mais pas avec des bons motifs. Ils le font par envie et par un esprit de dispute. Comme il dit après c’est pour susciter de la tribulation pour ses liens, pour rendre la situation pour l’apôtre Paul encore plus difficile. Ce qui est tellement frappant c’est que l’apôtre Paul prend cela de la main du Seigneur et ce n’est pas quelque chose qui maintenant le trouble et en rapport avec lequel il réagit d’une manière charnelle. C’est tellement beau de voir dans cette épître l’apôtre Paul comme un croyant qui montre beaucoup de maturité, un père en Christ qui s’adresse à ces croyants à Philippes qui étaient chers pour son cœur.
A la fin de l’épître il remercie pour le don qu’ils ont fait pour lui. Et on voit comment il parle de ses circonstances. Il dit notamment quand c’était difficile qu’il appréciait les prières des croyants à Philippes pour lui-même. N’est-ce pas la pensée : « je sais que ceci me tournera à salut par vos supplications et par les secours de l’Esprit de Jésus Christ » (v. 19) ? Mais tout d’abord les supplications des Philippiens.
Et quand l’apôtre parle ici du salut, bien sûr ce n’est pas le salut de l’âme, mais il parle de la délivrance des circonstances difficiles et en effet jusqu’au salut final. Mais il parle avant tout cette délivrance des circonstances difficiles dans lesquelles il était. Il évoque ce qu’ont fait les Philippiens, leurs prières qu’il a appréciées.
Mais il ajoute et c’est une expression qui nous intéresse particulièrement : « je sais que ceci me tournera à salut par vos supplications et par les secours de l’Esprit de Jésus Christ ».
Je préfère lire avec la note où nous lisons à propos de « secours » le fournissement de l’Esprit de Jésus Christ. Qu’est-ce que l’apôtre veut dire avec cela ? Le fournissement de l’Esprit de Jésus Christ, ça veut dire, il me semble, tout simplement que à l’apôtre sera fourni, de réagir d’une manière comme le Seigneur l’aurait fait, une même attitude que le Seigneur Jésus a montrée quand il était ici-bas.
Nous savons que c’est un grand sujet dans cette épître. Au chapitre 2 il évoque une pensée bien similaire quand il dit aux Philippiens : « cette pensée qui a été aussi dans le christ Jésus » (v. 5) doit être aussi dans les Philippiens. La pensée, l’attitude du Seigneur Jésus. Quelle était son attitude ? Il s’est humilié, il a pris cette place d’humilité ici-bas sur la terre. Lui qui est Dieu est devenu homme et même a pris la forme d’esclave. Quel abaissement !
Cette attitude doit caractériser les Philippiens. Nous voyons au chapitre 1 que l’apôtre Paul désirait ce fournissement de l’Esprit de Jésus Christ, c’est-à-dire d’agir de la même manière que le Seigneur a réagi dans les circonstances difficiles. L’apôtre Pierre donne quelques détails. Nous connaissons bien cela dans 1 Pier. 2 où l’apôtre dit du Seigneur Jésus : « lui qui n’a pas commis de péché, et dans la bouche duquel il n’a pas été trouvé de fraude qui, lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement » (v. 22 et 23).
C’était la manière dont le Seigneur Jésus a réagi et on voit effectivement la manière dont l’apôtre Paul a réagi, est très similaire. D’autres désirs causent des difficultés, l’apôtre dit : « Ça ne trouble pas ma joie dans le Seigneur Jésus. Je me réjouis même quand Christ est proclamé ». Et il dit : « voilà s’il y en a d’autres qui se tournent vers le Seigneur, ils seront sauvés ». C’est quelque chose de merveilleux.
« Ce n’est pas nécessaire que moi je sois le moyen du salut de ces personnes qui viennent à la foi au Seigneur Jésus par une prédication qui est même donnée avec de mauvais motifs, ça ne me gêne pas s’ils sont sauvés, tant mieux ». Bien sûr cela suppose que le vrai évangile est prêché. En rapport avec cela il n’y avait pas de questions, donc ce sont les motifs qui ne sont pas bons mais le message était apparemment bon et clair. Et c’est pourquoi l’apôtre n’avait aucun problème avec cela. Pour souligner encore le côté comment le Seigneur a réagi, nous voyons cela dans Luc au ch. 9 quand il y a donc une personne qui a chassé des démons qui ne suivait pas le Seigneur Jésus. Les disciples font des reproches. Le Seigneur les reprend. Ils doivent être contents du fait que quelque chose est fait seulement pour le bien. « Jésus lui dit [à Jean] : Ne le lui défendez pas, car celui qui n’est pas contre vous est pour vous » (Luc 9. 50).
Le Seigneur Jésus a réagi aussi d’une manière remarquable quand il y avait des personnes qui ne le suivaient pas lui-même, mais dont on connaissait les miracles. Le Seigneur montre à ses disciples comment ils doivent agir. Que le Seigneur nous aide aussi à réagir de la bonne manière comme les disciples quand on est contre nous. Si nous réagissons d’une manière comme nous le voyons avec l’apôtre Paul ici, le Seigneur lui-même est glorifié et ainsi l’Esprit Saint opère afin que le Seigneur soit glorifié. Ici donc en Phil. 1 nous avons l’Esprit de Jésus Christ. J’ai mis notamment l’accent sur Jésus déjà, le nom que le Seigneur Jésus a comme homme, comme il est né de la femme, comme il est venu sur la terre. Le nom qu’il a pris dans son abaissement est Jésus. Maintenant il est haut élevé parce que son chemin l’a amené dans la gloire et cet Esprit de Jésus Christ doit aussi agir dans le croyant et quand il peut agir ainsi, le Seigneur est glorifié.
Un autre passage maintenant, le quatrième, dans les Actes des apôtres au ch. 16 : « ils traversèrent la Phrygie et le pays de Galatie, ayant été empêchés par le Saint Esprit d’annoncer la parole en Asie ; et étant venus jusqu’en Mysie, ils essayèrent de se rendre en Bithynie, mais l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas. Mais ayant passé par la Mysie, ils descendirent dans la Troade. Et Paul vit de nuit une vision : un homme macédonien se tenait là, le priant et disant : Passe en Macédoine et aide-nous. Et quand il eut vu la vision, aussitôt nous cherchâmes à partir pour la Macédoine, concluant que le Seigneur nous avait appelés à les évangéliser » (v. 6 à 10). Donc c’est le deuxième voyage missionnaire de l’apôtre Paul. Ici au ch. 16 il a revisité les mêmes lieux qu’il a visités déjà dans son premier voyage et maintenant comme il l’a annoncé aussi ce qui était convenu à Jérusalem au ch. 15 quand ils ont passé ce message dans les différentes assemblées qui étaient formées, l’apôtre était exercé : comment faut-il continuer maintenant ?
Donc on voit qu’ils ont visité la Phrygie dans une région qu’il a visitée auparavant aux ch. 13 et 14 et le pays de la Galatie, et maintenant nous lisons qu’ils étaient empêchés d’annoncer la parole en Asie. Cette partie du monde est aujourd’hui la Turquie. L’apôtre Paul venait de cette région qui est plutôt au sud-est de la Turquie d’aujourd’hui où est la Phrygie et la Galatie. C’est un petit peu plus grand qu’une région. Et on voit que l’Esprit Saint n’a pas permis à l’apôtre Paul d’aller en Asie. C’est la partie qui est plutôt au sud-ouest où l’apôtre est allé plus tard pendant son troisième voyage surtout. Là la capitale est Ephèse. Là il y est resté longtemps pendant son troisième voyage, mais pas pour le moment. Il a été empêché par l’Esprit Saint d’annoncer la Parole de Dieu en Asie pour le moment. Donc il monte vers le nord-ouest, en Mysie, et nous lisons par la suite que l’Esprit de Jésus ne leur permit pas d’aller en Bithynie. La Bithynie c’est plutôt au nord-est, c’était donc une région que l’Esprit Saint ne voulait pas qu’ils visitent. Mais c’est tellement beau : ici l’Esprit Saint est appelé l’Esprit de Jésus.
Cela nous rappelle quand le Seigneur Jésus était ici-bas. Il était toujours conduit par l’Esprit Saint. Il a été conçu par l’Esprit Saint (Luc 1), il a été oint de l’Esprit Saint (Luc 3) mais après il était toujours conduit par l’Esprit Saint, « mené par l’Esprit » lisons-nous en Luc 4. 1, mené par l’Esprit dans le désert où il a été tenté par Satan. On voit toujours le Seigneur conduit par l’Esprit Saint dans son ministère. Ici nous lisons que l’apôtre Paul, son serviteur, était aussi conduit par l’Esprit Saint et l’Esprit Saint est appelé l’Esprit de Jésus. Le Seigneur était toujours dépendant de son Dieu. Dans ces versets on a un bel exemple de l’apôtre Paul : il était dépendant de son Seigneur, dépendant de son Dieu.
Ainsi il allait en avant, pas selon ses propres pensées mais l’Esprit de Jésus lui a montré le chemin. Il était dépendant. Chers amis, quand nous sommes dépendants du Seigneur et quand l’Esprit de Jésus veut aussi nous conduire, le Seigneur est glorifié, Dieu est glorifié.
Ainsi l’Esprit Saint glorifie le Seigneur dans notre vie quotidienne pratique en agissant en nous comme il a agi dans le Seigneur Jésus et ainsi nous ne manquerons pas le chemin à suivre.
Ce que Dieu a voulu pour ce moment-là c’est que l’apôtre continue, traverse la Mysie et descende jusqu’en Troade. Après il prend le bateau pour aller en Macédoine, c’est-à-dire dans cette région qui est aujourd’hui la Grèce et ainsi l’évangile est arrivé en Europe. Dieu voulait qu’à ce moment l’évangile soit prêché là. On voit que l’apôtre Paul est un homme dépendant de son Seigneur. Il avait reçu cette vision par la suite, par laquelle le choix de Dieu était confirmé. Cet homme macédonien est là et lui dit : « Passe en Macédoine et aide-nous ». C’était une confirmation encore que Dieu donne à son serviteur, mais il était vraiment conduit par l’Esprit de Jésus.
Le cinquième passage est dans la 2ème épître aux Corinthiens où nous allons voir une autre expression. « Or le Seigneur est l’esprit ; mais là où est l’Esprit du Seigneur, il y a la liberté. Or nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur [l’Esprit ou] en Esprit » (3. 17 et 18). Le v. 17 de ce chapitre reprend la pensée du v. 6 parce que du v. 7 jusqu’au v. 16 on a clairement une parenthèse qui nous guide et qui nous aide pour bien comprendre le sujet. Le v. 6 de ce ch. 3 nous parle de l’apôtre Paul et de ses collaborateurs comme « ministres de la nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’esprit, car la lettre tue, mais l’Esprit vivifie ».
La pensée ici c’est que la nouvelle alliance comme telle sera conclue avec le peuple d’Israël. Jér. 31 nous montre cela très clairement. Et donc quand il dit que lui-même est ministre de la nouvelle alliance, il dit qu’il est ce ministre et son ministère porte un caractère bien similaire qui met en évidence l’œuvre de Dieu, pas ce que Dieu attend de l’homme – c’est l’ancienne alliance – mais ce que Dieu a fait et ce que Dieu fera. Et donc cette grâce se manifeste dans cette nouvelle alliance et l’apôtre dit : je suis ministre de la nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’Esprit Saint. Selon la lettre elle est conclue avec le peuple d’Israël pour un jour futur. Mais cet esprit de la nouvelle alliance se manifeste déjà dans le ministère comme l’apôtre Paul l’a réalisé. Il ajoute : « la lettre tue, mais l’Esprit vivifie ». En rapport avec cela il ne veut pas du tout mettre en question le sens littéral de la Parole de Dieu, mais il me semble que c’est tout simplement ce principe qu’en rapport avec la lettre de la loi que Dieu avait donnée à son peuple, par ce moyen si l’homme pratique vraiment ce que la loi demandait, l’homme vivra.
L’Ancien Testament le dit très clairement, comment l’homme a été incapable de garder cette ancienne alliance, de garder la loi. Mais Dieu voulait donner la vie et c’est l’Esprit qui vivifie et l’œuvre de l’Esprit est nécessaire pour produire la nouvelle vie et c’est seulement avec la nouvelle vie et dans la puissance de l’Esprit Saint qu’on est capable de vivre d’une manière qui plaît à Dieu, pas sur une autre base. Il y a bien des choses qui sont mises en contraste avec l’ancienne alliance et la nouvelle alliance, des choses qui ont tout à fait leur application ici.
Et aujourd’hui au temps de la grâce dans notre sujet maintenant, c’est intéressant. Mais le v. 17 nous dit : « le Seigneur est l’esprit ; mais là où est l’Esprit du Seigneur, il y a la liberté ». Donc ces expressions bien distinctes et notre traducteur nous a aidés en écrivant une fois esprit avec une lettre minuscule et une fois avec une lettre majuscule pour montrer la deuxième fois que l’Esprit Saint qui est appelé l’Esprit du Seigneur et avant le Seigneur est l’esprit, ce n’est pas la personne de l’Esprit Saint mais la pensée c’est que le Seigneur Jésus est vraiment le grand sujet de l’enseignement de l’Ancien Testament. Un petit peu similaire à ce que nous avons dit tout à l’heure dans la 1ère épître de Pierre au ch. 1. Pour donner une illustration encore en rapport avec la loi, nous avons tous les sacrifices, nous lisons dans le Lévitique tous les détails, comment il fallait présenter les sacrifices etc.
Alors on se pose la question : pourquoi tout cela ? Ici nous lisons que le Seigneur est l’esprit dans le sens que dans les sacrifices nous voyons la personne du Seigneur Jésus, les perfections de son œuvre. C’est seulement quand nous réalisons que Dieu parle de son Fils en rapport avec cela. Et tout le tabernacle, l’arche par exemple nous parle du Seigneur Jésus, tous les détails. Nous voyons quelques traits du Seigneur, de sa gloire. Si nous réalisons cela nous lisons l’Ancien Testament pas avec un voile sur nos faces mais nous pouvons tout à coup comprendre le message de l’Ancien Testament, certains détails.
Gen. 22 Abraham offre son fils Isaac. Si on ne voit pas derrière cela un acte de foi d’Abraham on pense à la souffrance d’Abraham mais aussi que c’était un type de ce que Dieu le Père a fait en nous donnant son Fils qu’il aime, en pourvoyant au sacrifice de l’agneau pour l’holocauste. Si nous réalisons cela, ça parle du Seigneur Jésus et de son œuvre et de ce que Dieu a fait, tout à coup nous voyons que l’Ancien Testament est un livre vivant et nous réalisons la grandeur du Seigneur Jésus. Il est parlé de la vie de Joseph etc. etc.
On pourrait donner beaucoup d’exemples et toujours le Seigneur Jésus, il est l’Esprit, il est le sujet, le contenu de ce que Dieu voulait communiquer déjà dans l’Ancien Testament. L’apôtre ajoute : « là où est l’Esprit du Seigneur, il y a la liberté ». Maintenant c’est l’Esprit Saint qui est appelé l’Esprit du Seigneur. L’Esprit du Seigneur comme celui qui a vraiment aussi cette place du Seigneur, qui peut exercer l’autorité aussi dans la vie du croyant. Si nous sommes vraiment soumis au Seigneur Jésus, soumis à la direction de l’Esprit Saint, s’il est vraiment Seigneur, nous pouvons jouir de la liberté, la liberté chrétienne, cette liberté que Dieu souhaite pour nous. Dieu ne désire pas que nous soyons des esclaves du péché maintenant. Non, c’était notre passé. Maintenant nous tenons comme morte la chair en nous, nous réalisons qu’elle a été jugée à la croix. Nous nous tenons comme morts et nous laissons l’Esprit Saint agir, avoir le contrôle, être le Seigneur, nous pourrons jouir de la liberté. « Là où est l’Esprit du Seigneur, il y a la liberté ».
On voit de nouveau cette parfaite harmonie entre l’Esprit Saint et le Seigneur Jésus. Il n’y a jamais de différence dans le désir de ces personnes divines, le Seigneur et son Esprit, l’Esprit du Seigneur. Mais vraiment ce qui est souligné ici la seigneurie du Seigneur et de son Esprit a comme résultat la liberté dont nous pouvons jouir. Je continue « Or nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » ou comme par le Seigneur l’Esprit (3. 18). Je préfère le traduire comme cela.
On voit ce que fait l’Esprit Saint. Ce n’est pas seulement qu’il dirige nos regards comme nous l’avons vu auparavant vers le Seigneur Jésus comme homme ici-bas sur la terre qui était toujours dépendant de son Père. Mais l’Esprit Saint dirige nos regards également vers le Seigneur dans la gloire et ainsi nous le voyons ici à face découverte, nous contemplons la gloire du Seigneur, nous regardons le Seigneur dans la gloire pour être occupés avec l’homme Christ Jésus dans la gloire et nos affections vont vers Celui qui est là, en haut.
En étant occupé du Seigneur dans la gloire, nous sommes transformés. L’Esprit Saint peut ainsi opérer en nous et opérer cette transformation, cette métamorphose et nous sommes changés et quelques traits de l’Esprit du Seigneur dans la gloire deviennent visibles en nous qui sommes encore ici-bas sur la terre.
On a un exemple remarquable avec Étienne dans Act. 7. Qu’a-t-il fait ? Il a contemplé à face découverte le Seigneur Jésus, il a vu le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. Et nous voyons par les prières qu’il a prononcées, cette similitude que l’Esprit Saint a pu opérer en lui. J’aimerai juste lire ces deux prières qu’Étienne a prononcées qui sont tellement semblables aux paroles que le Seigneur a prononcées sur la croix. D’une part « Seigneur Jésus, reçois mon esprit » (v. 59) et d’autre part « Seigneur, ne leur impute point ce péché » (v. 60), comme le Seigneur a dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34). Et comme le Seigneur a remis son esprit entre les mains de son Père, cette similitude est absolument remarquable, une transformation que l’Esprit Saint désire opérer en nous. Ainsi le Seigneur de nouveau est glorifié. « Celui-là me glorifiera » (Jean 16. 14), l’Esprit Saint, et il le fera en nous occupant du Seigneur dans la gloire.
Et quand nous sommes occupés avec le Seigneur dans la gloire, nos affections vont vers lui qui est dans la gloire et nous reconnaissons vraiment la seigneurie du Seigneur Jésus. Quand l’Esprit peut ainsi agir il y a la liberté, la vraie jouissance de la liberté chrétienne, cette liberté de la grâce que nous pouvons connaître déjà maintenant en attendant la liberté de la gloire du futur quand le Seigneur Jésus sera venu pour nous chercher et quand nous serons vraiment semblables à lui-même, quand nous aurons des corps de gloire que Dieu va nous donner à ce moment-là quand nous entrerons au ciel.
Le dernier passage pour ce soir est dans l’épître aux Galates au ch. 4. « Quand l’accomplissement du temps est venu, Dieu a envoyé son Fils, né de femme, né sous la loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption. Et, parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, criant : Abba, Père » (v. 4 à 6). Ces versets tout à fait remarquables placent de nouveau devant nous notre position chrétienne, position si bénie, Dieu nous a adopté. Nous avons reçu l’adoption.
En effet c’est dit ici notamment pour les croyants d’origine juive, nous voyons cela au v. 5. On a ces deux expressions, d’une part « nous » et quand l’apôtre dit « nous », il se voit comme croyant, il était d’origine juive, et quand il dit « vous » au v. 6 il parle aux Galates qui n’étaient pas d’origine juive mais des nations. On voit que l’adoption est la part et de ceux d’origine juive et de ceux des nations, une position que Dieu nous a donnée et pour nous donner cette position qu’a-t-il fait ? Il a envoyé son Fils. Et cela il l’a fait quand l’accomplissement du temps est venu. Donc le Seigneur Jésus est né de femme, né sous la loi. Il est vraiment la semence d’Abraham comme cela est dit aussi au ch. 3. 16 : la semence d’Abraham, c’est Christ. Donc le Seigneur est venu chez les siens, dans son peuple avec le but de racheter son peuple, ceux qui étaient sous la loi, afin qu’ils obtiennent la position de fils, c’est-à-dire l’adoption. Et cela comme chacun individuellement adopté, être mis dans la position d’un fils. Qu’est-ce qui caractérise cette position ? Cela nous le trouvons au v. 6 et là nous voyons que ceux des nations aussi sont fils, nous des fils, nous étions dans le monde, dans cette position et « Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, criant : Abba, Père ». C’est merveilleux. Donc on voit ces deux choses : Dieu a envoyé son Fils pour nous donner la position de fils. Cette position le Seigneur Jésus l’a toujours eue à cause de ce qu’il est, le Fils éternel de Dieu, inhérent à la vie à ce qu’il est. Pour nous c’est quelque chose que Dieu nous a donné par grâce. Mais on a reçu cette position, c’est le premier point. Deuxième point, c’est que Dieu désire que nous soyons conscients de cette position et que nous jouissons de cette position. Et pour cela il nous a donné l’Esprit de son Fils. Il l’a envoyé dans nos cœurs et il crie : Abba, Père. C’est quelque chose d’absolument remarquable, vraiment un sommet en rapport avec ce qu’on a lu ce soir. On a maintenant l’Esprit de son Fils. Le Seigneur Jésus était le seul qui a dit : Abba, Père. Il avait cette relation avec son Père de toute éternité, et comme homme ici-bas sur la terre le Seigneur a dit dans le jardin de Gethsémané : « Abba, Père, toutes choses te sont possibles » (Marc 14. 36). Et maintenant le croyant a le privilège de s’adresser aussi à Dieu comme à son Père, il peut même dire : Abba, Père. Rom. 8. 15 nous le dit : « nous crions : Abba, Père ! » Ici nous lisons aussi : l’Esprit de son Fils nous amène à crier : Abba, Père, de nous adresser ainsi à Dieu comme à notre Père, d’avoir cette intimité avec Dieu, la jouissance de cette relation avec Lui et vraiment dans cet esprit d’adoration, nous approcher de Dieu et de nous adresser ainsi à lui comme à notre Père et ainsi le Seigneur est glorifié, le Père est glorifié. Le Seigneur a ainsi donné son Esprit afin que lui-même soit glorifié. Et comme nous sommes là comme en présence de Dieu et nous nous réjouissons que Dieu voulant demain nous pouvons nous réunir de nouveau autour du Seigneur Jésus pour le louer, pour l’adorer et pour adorer aussi le Père, pouvant dire : Abba, Père. Nous pouvons de nouveau chanter des cantiques. Combien nous sommes reconnaissants pour cela et ainsi exalter et le Fils et le Père et être là comme des adorateurs qui jouissent vraiment de cette position bénie : être ses fils et puis jouir avec le Père de la personne de son Fils et de l’œuvre que le Seigneur Jésus a accomplie quand le Saint Esprit, l’Esprit de son Fils peut ainsi agir et nous conduire afin que nous exprimions quelques traits de la personne du Seigneur, de sa gloire, de nouveau le Seigneur est glorifié.
Que le Seigneur bénisse sa Parole !

J’aimerai lire encore une strophe dans le cantique 16 :

Nous sommes tes enfants : ton nom si doux de Père
Nous remplit de bonheur, d’assurance et de paix.
Ton Esprit, gage et sceau, nous instruit, nous éclaire,
Et près de toi toujours nous avons libre accès.

D’après edification.bible
Avril 2021

 

NORA ET SA VACHE

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NORA ET SA VACHE

 

C’était vers la fin d’un beau jour d’automne ; malgré l’éclat du soleil, la fraîcheur de la brise du soir annonçait l’approche de l’hiver. Un homme, du comté de Kerry en Irlande, qui s’était mis en voyage et se trouvait très éloigné de son lieu natal, cherchait avec anxiété quelque endroit où il pût loger pour la nuit. Ce voyageur était accompagné de sa fille, âgée de quinze ans, et d’une petite vache qu’il poussait devant lui. À la bêche qu’il portait sur l’épaule, il avait suspendu un paquet contenant toute sa garde-robe.
Quoiqu’ils aient été en route depuis le grand matin, l’homme marchait encore d’un pas ferme, mais la jeune fille paraissait avoir de la peine à suivre son père.
– Es-tu fatiguée, Nora, demanda-t-il, en s’arrêtant jusqu’à ce qu’elle l’ait rejoint.
– Pas trop, père ; mais je crains que la pauvre « Chérie » ne le soit, répondit l’enfant en caressant le poil de la petite vache. Si seulement nous trouvions une maison ! Mais, père, ajouta-t-elle vivement, n’est-ce pas de la fumée que nous apercevons là-bas au-dessus des arbres ?
Nora avait raison, et bientôt les voyageurs, quittant les marais et les tourbières que leur route traversait depuis des heures, atteignirent enfin une ferme. Cette habitation, avec ses meules de blé d’un côté, ses grands tas de tourbe de l’autre, annonçait ce qu’un paysan irlandais appelle le confort et l’abondance.
À l’époque où se passe le récit, jamais une chaumière n’était fermée pour le passant, quel qu’il fût, et Nora et son père pensaient bien que, pour ce jour-là du moins, leur marche était terminée. Ils ne furent pas trompés dans leur attente.
La maîtresse du logis se tenait sur le seuil, donnant à manger à ses poules.
– Oui, vous pouvez loger ici cette nuit, répondit-elle à la demande de l’étranger. Et il y aura de l’ouvrage pour demain et les jours suivants, continua-t-elle en jetant un coup d’œil sur la bêche, car nous avons commencé à arracher les pommes de terre. Votre petite fille pourra rester avec nous ; une bouche de plus ne fait pas de différence. Mais où donc allez-vous avec votre vache ? De ma vie, je n’ai vu une si jolie bête ; une vraie beauté !
– En effet, madame, répondit le voyageur, c’est une bête de race. Ma femme qui l’a élevée l’appelait « Grabegga » (petite chérie) parce qu’elle l’aimait beaucoup. Mais nous devons nous en séparer maintenant et la vendre aux meilleures conditions possibles. On nous a dit que les gens de ce côté-ci nous en donneraient un bon prix.
– Et où est votre femme ?
Il a plu à Dieu de nous la reprendre, répondit-il.
– Cette pauvre petite fille est donc orpheline, dit la fermière en regardant Nora. L’enfant avait caché son visage sur le cou de sa vache pour que personne ne voie ses larmes.
– Pauvre enfant ! Entrez tous les deux. Venez vous reposer. Quand à votre petite vache, ce soir, elle prendra bien une poignée d’herbe avec les nôtres.

En parlant ainsi, Mme Doyle, la fermière, ouvrait la porte et faisait entrer le père et la fillette dans la vaste cuisine de la ferme.
La nuit était arrivée. Sur le large foyer, la tourbe et le bois du marais flambaient joyeusement. Le fermier et ses fils, rentrant du travail, s’étaient assis autour du feu après avoir salué les étrangers avec la courtoisie innée chez le paysan irlandais. Pendant ce temps, les femmes préparaient le souper, qui consistait en une grande marmite de pommes de terre, versées toutes fumantes au milieu de la longue table de sapin, autour de laquelle étaient posées des vases de bois remplis de lait.
Le simple repas terminé, M. Doyle dit aux nouveaux venus :
– J’ai entendu dire que les gens de Kerry ont beaucoup d’instruction. Peut-être auriez-vous quelque histoire intéressante à nous raconter.
Je puis vous en lire une qui est vraie d’un bout à l’autre, répondit le voyageur.
La réponse de l’étranger causa un plaisir général. Il sortit de sa poche un volume tout usé et commença à lire en anglais l’histoire de la naissance du Sauveur dans l’évangile de Luc. Ses auditeurs l’écoutaient avec intérêt, l’interrompant seulement lorsqu’il s’y trouvait quelque expression qu’ils ne comprenaient pas. Alors il traduisait le passage en irlandais et tout devenait clair à l’instant.
– Eh bien ! c’est la plus belle lecture que j’aie jamais entendue, s’écria le fermier lorsqu’on fut arrivé à la fin du second chapitre. Ne voulez-vous pas continuer ?
– Faites-le, je vous prie, insistèrent plusieurs voix, et l’étranger poursuivit sa lecture jusqu’à ce que l’heure habituelle du coucher soit passée depuis longtemps.

Le lendemain matin il fut convenu que l’étranger, dont le nom était Mahony, resterait à la ferme et recevrait les gages ordinaires d’un ouvrier de campagne tant qu’il y aurait des pommes de terre à arracher. Sa petite fille et sa vache seraient aussi entretenues par les braves paysans qui les avaient hébergés avec tant de bonté. Cet arrangement, si avantageux pour les voyageurs, était dû en partie à l’intérêt que le livre avait excité et au désir qu’éprouvait le fermier d’en entendre davantage. Mais aussi la bonne Mme Doyle s’était prise d’affection pour la petite Nora, et de plus –avouons-le – la digne femme désirait depuis longtemps posséder une vache du Kerry, telle que « Chérie ». Son intention était d’acheter l’animal à Mahony ; mais, avec le tact inné chez le paysan irlandais, elle et son mari ne voulaient pas conclure un marché avec l’étranger après lui avoir rendu service. Dans peu de jours, il devait y avoir une foire dans un village voisin. M. et Mme Doyle conseillèrent à Mahony d’y conduire sa petite vache, se proposant eux-mêmes de l’acheter le plus cher possible.
Dès lors, chaque soir après souper, Mahony dut apporter son livre, et les Doyle en écoutaient la lecture avec un intérêt toujours croissant. Nous trouvons en Héb. 13. 2 : « N’oubliez pas l’hospitalité ;  en la pratiquant certains, à leur insu, ont logé des anges ». Sans le savoir, ces paysans généreux avaient reçu chez eux un messager du ciel qui leur apportait de bonnes nouvelles et leur annonçait un grand sujet de joie ; il leur faisait connaître l’évangile qui proclame le salut par le sang de la croix. Et l’on pouvait être assuré que la foi serait donnée à ceux qui écoutaient ainsi le message divin, car « la foi est de ce qu’on entend et ce qu’on entend par la Parole de Dieu » (Rom. 10. 17). Pendant ce temps, Nora, dont le jeune cœur avait été réchauffé par la bonté de la fermière, cherchait à se rendre utile en secondant cette brave femme et ses filles dans les travaux du ménage. Mme Doyle possédait une laiterie, et c’est dans ce domaine-là que la petite étrangère se montrait fort compétente, suggérant même, pour la fabrication du beurre, certaines améliorations inconnues dans la contrée.
– Où donc as-tu appris tant de choses, mon enfant ? demanda Mme Doyle un jour où la qualité des produits lui donnait toute satisfaction.
– Ma mère avait aussi une petite laiterie, répondit Nora, pas si belle que la vôtre, mais une dame qui habita pendant quelque temps dans notre voisinage lui avait appris à la diriger et à la tenir en ordre.
– C’était bien aimable de la part de cette dame !
– Ah ! elle nous a appris bien d’autres choses encore et bien meilleures que celles-là, quoique, pour nous, les résultats en aient été tristes à bien des égards.
– Que veux-tu dire, enfant ? demanda la fermière.
– Elle nous a appris à aimer Dieu et Sa sainte Parole, et j’espère que nous le ferons toujours, mon père et moi. Ce fut la dernière recommandation de ma chère mère. Oh ! pourvu que nous ne l’oubliions jamais !
Et Nora cacha son visage dans ses mains en pleurant.
– Pauvre petite ! dit Mme Doyle avec bonté ; c’était, en effet, de bien bonnes choses que cette dame vous a enseignées, mais pourquoi dis-tu qu’il en résulta de la tristesse pour vous ?
Nora semblait peu disposée à entrer dans les détails, mais l’affectueux intérêt que lui témoignait Mme Doyle eut raison de son hésitation et bientôt la brave femme entendit la simple et triste histoire de sa jeune amie.
Le père de John Mahony louait quelques arpents de terre et habitait une chaumière dans le comté de Kerry, où son père et son grand-père avaient demeuré avant lui. Ils étaient tous catholiques romains. John épousa une jeune protestante, mais celle-ci, dans la complète ignorance de la foi qu’elle professait, ne s’inquiétait pas de celle de son mari ; ainsi tous deux vivaient dans une complète indifférence des choses religieuses. Ils négligeaient même les pratiques extérieures, ne mettant jamais les pieds à l’église et n’ouvrant jamais une Bible.
La demeure de Mahony était située dans le voisinage des lacs de Killarny. Aujourd’hui cette région pittoresque et sauvage attire des touristes en grand nombre ; mais autrefois, quelques paysans étaient seuls à en savourer la beauté. Nora en avait compris quelque chose et sa voix tremblait un peu lorsqu’elle essaya de décrire la demeure de son enfance, blottie sur le penchant d’une haute colline et dominant le lac Inférieur aux îles verdoyantes. De sa fenêtre, lorsque les oiseaux cessaient de chanter, la fillette pouvait entendre le mugissement de la cascade qui se précipitait des flancs de la montagne dans les eaux paisibles du lac.
Un jour, des étrangers, M. et Mme Gray, arrivèrent dans ces lieux écartés. Ils en subirent le charme et résolurent d’y passer quelques mois. À cet effet, ils louèrent une chaumière à peu de distance de celle des Mahony. Ils s’intéressèrent bientôt à leurs voisins et Mme Gray chercha à aider Mme Mahony dans le domaine matériel. Mais elle n’en resta pas là. Les nouveaux venus aimaient le Seigneur Jésus et cherchaient à faire connaître à d’autres le trésor qu’ils avaient trouvé en Lui. Comme la mère de Nora était protestante de nom, leurs efforts pour l’instruire ne rencontrèrent pas d’opposition, sinon celle qu’offrait son propre cœur. Mais il plut à Dieu d’enlever cet obstacle par son Saint Esprit, car Il ouvrit son cœur, comme autrefois celui de Lydie, pour comprendre les Écritures. Le mari, lui aussi, commença à s’intéresser aux choses d’en-haut, et Nora recevait une instruction particulière de la part de ses nouveaux amis.
M. et Mme Gray se faisaient souvent accompagner par l’enfant dans leurs excursions à la montagne. Ils s’intéressaient à la botanique et la petite fille était une aide précieuse dans leurs recherches. Elle comprenait très vite quelle espèce de fougère ou de bruyère ils désiraient ; agile comme un chamois, elle escaladait rochers et ravins à la recherche de ces trésors. Ses rapports avec les étrangers développèrent les facultés naturelles de Nora et lui donnèrent le désir d’en apprendre davantage. Mais le moment du départ arriva trop tôt au gré de chacun et M. et Mme Gray quittèrent la contrée, accompagnés des regrets de tous ceux qu’ils avaient connus.
La santé de Mme Mahony, qui n’avait jamais été forte, commença dès lors à décliner rapidement. Ce fut avec beaucoup de peine que Nora réussit à dire quelque chose de la dernière maladie de sa mère. La pauvre femme s’affaiblissait de plus en plus et dut peu à peu renoncer à toutes ses occupations.
– La dernière chose qu’elle put faire, ajouta Nora, fut de donner à manger à notre petite vache « Chérie ». Elle l’aimait tant et la petite vache la suivait partout. Vous comprenez maintenant, Madame, pourquoi mon père et moi sommes attachés à Chérie, et pourquoi nous l’avons gardée avec nous aussi longtemps que nous l’avons pu. Ma mère enfin, fut trop malade pour pouvoir faire quoi que ce soit, sinon lire sa Bible, dans laquelle elle trouvait une grande consolation, car il y est parlé – elle m’a fait apprendre ce verset – de notre Seigneur Jésus Christ qui S’est donné Lui-même pour nos péchés, afin de nous retirer du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père (Gal. 1. 3 et 4).

Lorsque la mère de Nora fut sur son lit de mort, le prêtre vint la visiter et lui offrit « les secours de la religion ». La pauvre femme refusa positivement de les recevoir. Il s’en suivit une scène fort pénible, au cours de laquelle le prêtre se fâcha, tandis que la malade, douce et humble, cherchait à surmonter le mal par le bien, à l’exemple de Celui dans Lequel elle se confiait uniquement pour son salut. Mahony était trop intelligent pour ne pas remarquer le contraste. Nora et lui promirent à la mourante de lire régulièrement la Bible quand elle les aurait quittés. Ils n’y manquèrent pas et Mahony, à son tour, trouva dans ces pages bénies la connaissance du Sauveur et la paix que Lui seul peut donner. Mais il comprit en même temps qu’il devait se séparer d’une église dont les principes étaient en désaccord avec la Parole de Dieu. Il fut persécuté ; ses voisins reçurent l’ordre de n’avoir rien à faire avec lui et de ne lui porter aucun secours, en sorte que, à la fin, il se vit complètement ruiné et obligé de vendre ses champs pour payer son loyer arriéré. Il ne lui resta rien que la petite vache, et encore voulait-il s’en débarrasser et ainsi se procurer l’argent nécessaire pour émigrer en Amérique.
– Ma pauvre petite ! s’écria Mme Doyle, à ce moment du récit – cela ne se peut pas. Toi si jeune et si délicate, traverser les mers – et à l’entrée de l’hiver. Non, mon enfant, écoute-moi. Reste avec moi jusqu’à ce que ton père soit établi là-bas, qu’il ait trouvé de l’ouvrage et qu’il t’envoie chercher. Je prendrai soin de toi.
Cette offre pleine de bonté fut reçue par la pauvre Nora avec autant de tristesse que de reconnaissance. Son cœur se serrait en pensant qu’elle allait être séparée du seul parent qui lui restât pour vivre dans un milieu étranger. Son père, lui aussi, ressentait profondément l’angoisse de la séparation d’avec son enfant, mais il jugeait l’offre de Mme Doyle trop sage pour oser la refuser…
Nora versa d’abondantes larmes lorsqu’elle apprit la décision paternelle, mais par crainte de se montrer ingrate vis-à-vis des Doyle, elle cacha ses pleurs autant qu’elle le pût. Sa petite vache « Chérie », était la confidente de tous ses chagrins. Dès qu’elle pouvait disposer d’un instant, Nora se glissait dans le pré où la bête paissait et lui parlait à cœur ouvert, comme si elle avait pu la comprendre.
– Quelques jours encore, et toi aussi tu seras partie, disait-elle en appuyant sa tête sur le poil lustré de la bonne bête, tu seras vendue à des étrangers, ensuite mon père s’en ira de l’autre côté de la vaste mer et alors, je serai toute seule !
Un soir, tandis qu’elle se plaignait ainsi, Nora se rappela une parole de sa mère. « Mon enfant, quand tu te trouves dans quelque difficulté, prends ta Bible ». La petite fille s’assit donc sur l’herbe à côté de son amie à quatre pattes, et ouvrant son livre, elle lut ces paroles : « Étant contents de ce que vous avez présentement ; car lui-même a dit : « Je ne te laisserai pas et je ne t’abandonnerai pas » (Héb. 13. 5).
La pauvre enfant était très ignorante, mais elle savait que la Bible est vraie ; elle ajouta donc foi à la promesse de Dieu et trouva des consolations que ce monde ne peut ni donner ni ôter. Son jeune visage s’illumina d’une expression d’espérance et de joie et, s’essuyant les yeux, elle se releva pleine d’un nouveau courage. Alors seulement elle aperçut Mme Doyle qui se trouvait tout près d’elle et, pensant que ses paroles avaient été entendues, Nora rougit, un peu gênée.
– Ma pauvre enfant, dit la brave femme, ne crois pas que je sois fâchée contre toi. Je ne t’aimerais pas si tu n’aimais pas ton père et s’il ne t’en coûtait pas de te séparer de lui. Mais je voudrais bien savoir ce que tu as trouvé dans ce livre pour te consoler ainsi tout à coup ?
Nora lui lut le verset.
– C’est une belle promesse, mais comment savoir si elle est pour nous ? demanda Mme Doyle.
– Je ne suis qu’une petite fille bien ignorante, répondit Nora, mais je sais que si nous nous confions en Dieu, Il ne nous trompera pas. Il y a un autre verset que Mme Gray a marqué dans ma Bible. « Béni l’homme qui se confie en l’Éternel, et de qui l’Éternel est la confiance » (Jér. 17. 7).
Mme Doyle pesait ces choses dans son cœur. Il faut que ce soit une bonne religion, pensait-elle, qui donne tant de courage à une si jeune enfant. Et pourtant sa conscience lui reprochait de trouver quelque bien à ce qu’on lui avait appris à considérer comme une erreur fatale. Elle s’efforça donc de bannir ces choses de son esprit en annonçant à Nora qu’elle avait une bonne nouvelle pour elle.
Elle lui fit part de son intention d’acheter la petite vache, en sorte que la fillette n’aurait pas à s’en séparer. L’affaire fut bientôt arrangée avec Mahony et ce fut une grande consolation pour sa fille quand le jour du départ s’approcha.
Il arriva enfin. Quel moment douloureux pour le père et l’enfant ! Le soir qui précéda leur séparation, ils gravirent la colline qui dominait la ferme des Doyle. De ce point élevé, on apercevait les montagnes de Killarney, ce coin de terre où ils avaient vécu si heureux ensemble. Le père et l’enfant s’assirent sur un banc de gazon et les contemplèrent en silence.
Les larmes coulaient le long des joues de Nora. Son père essaya de la consoler, mais elle n’en pleura que davantage.
– Ne te souviens-tu pas de ce que ta mère t’a dit de faire lorsque tu serais dans l’affliction, chère enfant ? lui dit-il.
– Oui, mon père ; elle m’a dit de lire la Bible, parce que ce livre était le meilleur des consolateurs. Mais je ne puis pas lire maintenant, je n’y vois plus…
Et, en effet, les grosses larmes obscurcissaient les yeux de la pauvre petite.
– Ma fille, si tu ne peux pas chercher ce que Dieu te dit par Sa Parole, toi, parle-Lui. Élève ton cœur vers Lui et Il te consolera. Et maintenant, Nora, je sais que tu te souviendras des dernières paroles de ta mère et que tu auras toujours soin d’ouvrir ta Bible et de la lire dans le temps de l’épreuve. Mais, souviens-toi aussi des dernières paroles de ton père, qui bientôt sera au-delà de la grande mer : – Lis ta Bible aussi dans le temps de la prospérité. Et quand tu seras embarrassée sur le chemin à suivre, quand tu ne sauras pas distinguer entre ce qui est bien et ce qui est mal, lis ta Bible, Nora. Elle sera toujours pour toi le meilleur Guide.
Ces recommandations si simples d’un paysan pauvre renfermaient plus de sagesse que les discours des théologiens les plus éloquents. Le roi Salomon a dit : « Écoute, mon fils, l’instruction de ton père, et n’abandonne pas l’enseignement de ta mère ; car ce sera une guirlande de grâce à ta tête, et des colliers à ton cou » (Prov. 1. 8 et 9)
Nous verrons jusqu’à quel point la vérité de ce passage se réalisa pour Nora Mahony, laissée seule au milieu d’étrangers, sans autre guide dans les voies de la justice que la Parole de Dieu. Mais ce Guide est infaillible « pour donner aux simples de la prudence, au jeune homme de la connaissance et de la réflexion » (Prov. 1. 4).

Après le départ de son père, Nora se sentit bien triste. Mais la bonté des braves gens avec lesquels elle vivait, l’affection de Mme Doyle et le travail continuel qui occupait son esprit, lui rendirent bientôt sa gaîté. Elle était toujours prête à rendre service et se faisait ainsi aimer de chacun.
Lorsque Mme Doyle et Nora se trouvaient seules et que tout le ménage était en ordre, la bonne femme prenait son tricotage et disait :
– Nora, prends ton livre et fais-moi la lecture pendant que nous sommes tranquilles.
Mais comme elle n’ajoutait rien ensuite, Nora ne pouvait savoir quel effet la Parole de Dieu produisait sur son cœur.
Le dimanche soir, le fermier était ordinairement à la maison. Il paraissait écouter avec autant d’intérêt que sa femme, disant parfois :
– Lis cela encore une fois, fillette, et lis-le lentement. Oh ! si seulement ton père était ici pour me l’expliquer en irlandais ! Pourquoi ne nous a-t-on pas appris à lire dans notre jeunesse, comme aux habitants de Kerry ?
Cette lacune qu’ils sentaient vivement avait engagé M. et Mme Doyle à envoyer leurs enfants à l’école ; mais, comme cela arrive trop souvent, ils les en avaient retirés dès qu’ils avaient pu être de quelque utilité à la ferme. Le peu qu’ils avaient appris fut vite oublié, excepté par l’un des fils, nommé Jacques. Celui-ci avait pris un tel goût pour la lecture qu’il dévorait tous les livres qu’il pouvait se procurer.
Environ six mois après le départ de Mahony, Nora eut la joie de recevoir une lettre de son père. Elle était courte, car le brave homme n’était pas un écrivain habile. Cependant il annonçait qu’il avait trouvé de l’ouvrage, ce qui, avec le temps, lui permettrait de faire venir sa fille. En attendant, il lui envoyait une petite somme pour s’acheter des vêtements. Après avoir exprimé sa reconnaissance pour la famille du fermier, il terminait en rappelant à Nora sa promesse de prendre la Bible pour son guide en toute occasion.
Nora se sentit toute joyeuse quand, en compagnie de Mme Doyle, elle se mit en route pour la ville voisine, pour y employer le don de son père à refaire sa garde-robe.
Avouons-le, ce ne fut pas tout à fait sans vanité que, le dimanche suivant, elle revêtit son nouveau costume pour aller au temple.
Jusqu’alors elle avait eu l’habitude, pendant que ses amis étaient à la messe, de lire sa Bible et de prier à la maison, Mme Doyle la trouvant trop pauvrement vêtue pour qu’elle ose assister au service divin. Mais maintenant cette objection tombait d’elle-même.
A son retour, toute la famille complimenta Nora.
– Ta robe te va vraiment très bien, lui dit Mary Doyle, jeune fille toujours vive et gaie. Ce serait dommage que personne ne la voie que nous. Tu es toujours si aimable avec nous que nous avons décidé de te faire plaisir. Ainsi donc, je resterai ce soir à la maison et ce sera toi qui iras à la danse avec mes sœurs et mes frères.
On était alors en été et, les soirs de dimanches et de jours de fête, les paysans avaient coutume de se réunir dans une vallée distante d’environ deux kilomètres de la ferme des Doyle. Les vieux se groupaient à l’ombre d’un bouquet d’arbres et parlaient entre eux, tandis que la jeunesse dansait sur le gazon au son de la flûte. Nora avait si souvent entendu ses jeunes compagnes parler du plaisir qu’elles trouvaient à ces réunions, qu’elle avait parfois éprouvé le désir d’y prendre part. Lorsqu’elle entendit la proposition de Mary, ses joues se colorèrent et ses yeux étincelèrent de joie. Auparavant, lorsque ce désir s’était élevé dans son cœur, elle l’avait bien vite refoulé, comme une chose impossible à réaliser ; mais maintenant qu’elle avait une toilette convenable, rien ne l’empêchait de se joindre aux autres. Cette pensée l’absorba complètement pendant qu’elle aidait à préparer le dîner.
Lorsque le repas fut terminé, Nora se glissa hors de la maison. Hélas ! ce n’était pas, cette fois, pour penser à ce qu’elle avait lu ! Un ruisseau courait à travers les champs. L’eau en était pure et claire comme un miroir. La jeune fille y courut afin de pouvoir jeter un coup d’œil sur sa personne et juger si vraiment sa robe neuve était aussi jolie qu’on le lui avait dit. Arrivée au bord du ruisseau, elle s’arrêta pour contempler son image ; mais elle avait eu à peine le temps de se former une opinion que son miroir se troubla. Elle leva les yeux et vit sa petite vache « Chérie » debout au milieu du ruisseau dont elle savourait la fraîcheur.
La vue de l’animal rappelait toujours à Nora ses parents. Ces images chéries prirent alors immédiatement possession de son esprit et en chassèrent toute autre pensée. Elle s’assit au bord de l’eau.
– Ai-je donc oublié la promesse faite à mon père ? pensa-t-elle. Il m’a dit de prendre la Bible pour mon Guide dans la joie aussi bien que dans l’affliction ; et voilà que j’étais sur le point d’aller à la danse, sans avoir même réfléchi si c’était bien ou mal.
Le Seigneur Jésus, quand Il était sur la terre, dit un jour à Ses disciples, en parlant de Celui qui l’avait envoyé : « si quelqu’un veut faire sa volonté… il connaîtra, au sujet de cette doctrine, si elle vient de Dieu » (Jean 7. 17). Et nous pouvons être assurés que le plus faible et le plus ignorant des croyants qui ouvre sa Bible avec le désir sincère de connaître la volonté de Dieu et de la faire, verra s’accomplir cette promesse et sera amené par l’Esprit de Dieu à comprendre comment il doit agir. Il en fut ainsi à l’égard de cette jeune fille bien simple.
– Comment serais-je éclairée sur ce que je désire savoir ? pensait-elle, en tirant de sa poche le précieux volume.
Après avoir réfléchi un instant, elle se souvint qu’un jour, à l’église, elle avait entendu lire les dix commandements donnés par Dieu à Moïse, et que l’un de ces commandements avait trait au sabbat. Nora était si ignorante que pour elle le sabbat des Juifs et le dimanche chrétien avait un seul et même sens. Ils représentaient pour elle le jour du Seigneur, qui doit être sanctifié. Nous, qui avons été instruits dès notre enfance dans les choses de Dieu, savons que les ordonnances concernant le sabbat ne nous concernent pas, mais avons-nous toujours le respect qui convient pour le premier jour de la semaine, le jour du Seigneur ? Quoiqu’il en soit, Dieu se servit des passages de l’Ancien Testament pour éclairer Nora sur ce qu’elle avait à faire.
Elle commença à chercher le chapitre 20 de l’Exode et s’arrêta au verset 8. Elle lut jusqu’au verset 11, puis se mit à réfléchir. Sa Bible avait des références, et Mme Gray, qui la lui avait donnée, lui avait appris à en faire usage. Elle trouva bientôt par ce moyen le chapitre 58 d’Ésaïe, où elle lut ces mots au verset 13 : « Si tu gardes ton pied de profaner le sabbat, de faire ton plaisir en mon saint jour, si tu appelles le sabbat tes délices et honorable le saint jour de l’Éternel, si tu l’honores en t’abstenant de suivre tes propres chemins, de chercher ton plaisir et de dire des paroles vaines, alors tu trouveras tes délices en l’Éternel, et je te ferai passer à cheval sur les lieux hauts de la terre ».
Nora n’aurait pas été une enfant si, tout en cherchant sincèrement des directions dans sa Bible, elle n’avait pas nourri au fond de son cœur le désir de trouver que ce n’était pas mal d’aller danser.
– Je sais que nous ne devons pas travailler en ce jour, pensait-elle, mais danser n’est pas travailler. Mais encore ! je ne dois pas faire ma propre volonté, je dois appeler ce jour un jour saint et en faire mes délices. Ceci ne peut pas se concilier avec la danse. Je dois aussi honorer Dieu en ce jour en ne suivant pas mon propre chemin et en ne disant pas des paroles vaines. Qu’est-ce que cela signifie ?
Nora ne tarda pas à le comprendre. Peut-être n’aurait-elle pas été capable d’ordonner ou d’exprimer ses pensées à ce sujet, mais elle sentait que de ne pas « profaner » le jour du Seigneur, c’était consacrer, tout particulièrement, le dimanche, son temps, ses pensées, ses paroles et ses actions à Dieu.
Comme elle faisait rarement des remarques sur ce qu’elle entendait, Nora ne pouvait savoir quel effet la lecture produisait sur son cœur.

Lorsque Nora rentra à la ferme, elle trouva les jeunes gens se préparant à partir pour la fête. Grande fut leur surprise quand elle refusa de les accompagner.
– J’ai vu dans ma Bible, expliqua-t-elle, que ce n’est pas un moyen convenable d’employer le jour du Seigneur.
Les jeunes gens se mirent à rire si fort que la pauvre Nora en demeura toute interloquée. Mais Mme Doyle les fit taire.
– Si Nora croit que c’est mal d’y aller, dit-elle, elle a raison de rester à la maison. Petite, ajouta-t-elle, tu me liras ce que la Bible dit à ce sujet. C’est un bon livre qui m’a déjà beaucoup appris.
– Certes, dit Mary, en riant toujours, je suis bien aise que nous n’ayons pas de Bible, puisqu’elle empêche d’aller danser !
– Mais, Mary, je crois que la Bible est aussi bien pour toi que pour moi, reprit Nora timidement, comme si elle craignait d’être tournée de nouveau en ridicule.
– Ne savez-vous pas, s’écria William, un des jeunes garçons, que la Bible n’empêche personne de s’amuser un peu le dimanche ?
– Comment peux-tu le savoir puisque tu ne l’as jamais lue ? répliqua son frère Jacques.
– Est-ce que la Bible n’est pas aussi la Parole de Dieu ? demanda Nora. Ne l’a-t-il pas donnée pour « être une lampe à nos pieds et une lumière à notre sentier ? »  (Ps 119. 105).
– C’est ce que nous ne pouvons pas te dire, Nora, répondit Jacques, puisque nous ne l’avons jamais lue, et c’est d’autant plus honteux pour nous si ce livre est la « Parole de Dieu ».
Ces mots mirent fin au badinage, car Jacques, à cause de ses connaissances supérieures, était fort considéré dans sa famille. Les autres frères et sœurs se rendirent à la fête, mais lui resta à la ferme pour s’occuper du bétail.
– Dis-moi, Nora, fit-il lorsqu’il se retrouva seul avec la fillette, pourquoi n’as-tu rien répondu quand nous nous sommes moqués ? Je croyais que tu allais nous dire notre affaire, tu étais toute rouge et tu avais l’air fâché, puis tu t’es reprise.
– C’est vrai que j’étais en colère, Jacques, mais au moment où j’ouvrais la bouche pour vous répondre, un verset de ma Bible, que j’ai appris ce matin, m’est revenu à l’esprit. C’est celui-ci : « Que toute amertume, tout emportement, et toute colère, tout éclat de voix, et toute injure soient ôtés du milieu de vous, de même que toute méchanceté » (Éph. 4. 31). Alors j’ai retenu ma langue.
– Eh bien ! dit Jacques, il faut que ce soit un bon livre. Si j’avais connu ce verset, je n’aurais pas roué de coups Tom Murphy qui se moquait de moi parce que je ne voulais pas entrer au cabaret avec lui. Ainsi je n’aurais pas été cité en tribunal, et n’aurais pas eu d’amende à payer. Prête-moi ta Bible, Nora, pour ce soir, je veux apprendre à la connaître.
Depuis cette conversation, Jacques emprunta souvent la Bible de Nora. Un jour enfin, il lui dit :
– J’ai acheté une Bible de Douay, comme on l’appelle par ici, lorsque je suis allé conduire les veaux à la foire de Cork. Depuis ce moment je l’ai lue de jour et de nuit, dès que j’avais un moment de loisir.
– Je suis sûre que vous l’aimez, Jacques, puisque c’est la Parole de Dieu.
– Oui Nora. Écoute, continua-t-il en baissant la voix comme s’il avait craint d’être entendu, je suis décidé à ne pas croire autre chose que ce que j’y trouverai. Pour autant que cela me sera possible, dans ma faiblesse et mon ignorance, je désire me laisser guider par la Bible comme tu le fais. C’est en voyant les directions que tu y puises que ces idées me sont venues dans la tête.
– Comment cela, Jacques ?
– Te souviens-tu, Nora, d’un certain soir, peu après votre arrivée ici. Je t’ai demandé, si mon père me cherchait, de lui dire que j’étais fatigué et que j’étais monté me coucher. Pourtant mon intention était de passer ma soirée dans une maison où il n’aime pas que j’aille. Tu m’as répondu : « Non, Jacques, je ne peux pas le faire car ce serait un mensonge, et Dieu nous défend de mentir ». Je me suis moqué de toi, mais tu as continué sans te fâcher : « Oh ! Jacques, gardez-vous du mensonge, car Dieu déclare dans Sa Parole que la part de tous les menteurs sera dans l’étang brûlant de feu et de soufre ». Ensuite, je t’ai promis de te donner de belles pommes à condition que tu me rendes le service demandé. Mais tu m’as répondu, par un autre passage de la Bible : « A quoi me servirait-il de gagner le monde entier, si je fais la perte de mon âme ? » Alors je me mis en colère, je t’ai menacée et je suis même allé jusqu’à t’appeler une petite mendiante de Kerry. Oh ! que j’ai regretté cette parole cruelle quand j’ai vu à quel point je t’avais fait de la peine. Mais rien n’a pu t’engager à faire ce que te défendait ta Bible, « mon Guide », comme tu l’appelles. Cet incident, et plusieurs autres du même genre, m’ont amené à réfléchir et à comprendre que tu devais avoir raison, et que la Bible est le meilleur des guides. Et maintenant, j’en ai fait la preuve pour moi-même et je n’en veux pas d’autre. Cependant, en suivant les préceptes du Livre divin, je serai sans doute conduit dans un chemin qui ne plaira pas à ma famille et qui, du reste, pourrait lui attirer des ennuis. J’ai donc pris la résolution de partir pour l’Amérique comme l’a fait ton père.
La décision de Jacques fut annoncée à sa famille. Son départ, qui suivit de près, causa bien des regrets, mais ce n’était là que le commencement des malheurs qui survinrent à la ferme.

La maladie des pommes de terre se déclara bientôt après. Il faudrait une plume plus autorisée que la nôtre pour décrire ce fléau qui, presque en un seul jour, transforma la campagne fertile en un vaste désert et amena à sa suite la famine et la maladie. Les Doyle, qui étaient fort à leur aise, furent pendant quelque temps moins malheureux que d’autres. Ils continuèrent comme par le passé à recevoir chez eux, et à nourrir les malheureux que la pauvreté avait obligés à quitter leur demeure. Mais il vint un temps où leurs ressources s’épuisèrent et où ils ne purent plus que pleurer sur les misères qu’ils ne pouvaient plus soulager.
On avait reçu à la ferme une lettre de Jacques. Il était arrivé heureusement à New-York, était parvenu à retrouver Mahony, et celui-ci espérait lui trouver de l’ouvrage. Cette lettre contenait encore un affectueux message pour Nora de la part de son père, qui promettait de la faire venir bientôt auprès de lui. Cette espérance fut pour la jeune fille comme un rayon de soleil dans un ciel noir.
Avec la nouvelle année, la détresse générale ne fit que s’accroître. Les Doyle furent obligés de se défaire d’une grande partie de leurs terres afin de subvenir aux besoins de la famille. Personne à la ferme n’avait jamais fait sentir à Nora que sa présence puisse être à charge, et cependant la jeune fille sentait que dans un pareil moment il y aurait lieu de diminuer plutôt que d’augmenter les bouches à nourrir. Elle attendait avec anxiété des nouvelles d’Amérique, mais des mois s’écoulèrent sans apporter la confirmation de la lettre de Jacques. Celui-ci n’écrivait pas non plus à ses parents.
Mary Doyle venait de se marier avec un jeune fermier qu’elle avait refusé quelques années auparavant, ses parents ne l’ayant pas trouvé assez riche. Maintenant il avait été obligé de vendre son petit domaine, et il ne lui restait plus que la somme nécessaire pour émigrer en Amérique avec sa femme. Les parents de Mary ne s’opposèrent pas à ce départ, car la patrie ne leur offrait plus aucune ressource. Mary et son mari se rendaient aussi à New York ; ils furent chargés de chercher Jacques et Mahony et d’informer les amis de la ferme de la cause de leur long silence.
– Peut-être, disait la pauvre Mme Doyle, ont-ils amassé quelque argent, et attendent-ils de nous envoyer une bonne somme pour nous aider en ces temps si durs.
Mais hélas ! quand la lettre de Mary arriva, elle apporta de bien tristes nouvelles. Dès leur arrivée dans la grande ville américaine, son mari et elle s’étaient rendus dans le vaste établissement où Mahony et Jacques avaient été occupés, mais ils avaient trouvé la maison fermée. Les affaires avaient mal tourné ; le directeur était parti pour une destination inconnue ; ses employés s’étaient dispersés, et il fut impossible de retrouver les traces de Jacques et de Mahony.
Comment décrire la consternation que ces nouvelles apportèrent à la ferme ? La foi de ces pauvres gens était bien faible, et cependant ils espéraient encore contre toute espérance. La lecture de la Parole de Dieu avait porté des fruits et le fermier et sa femme savaient que tôt ou tard Dieu leur enverrait de l’aide, et malgré tout ils demeuraient persuadés que leurs amis ne les oubliaient pas. Les affaires allaient en empirant, et toujours rien n’arrivait d’Amérique. Comme bien d’autres intérieurs d’Irlande, autrefois heureux, il semblait que la ferme des Doyle dût être abandonnée et la famille dispersée. La pauvre Mme Doyle commençait à perdre courage. Sa douleur était parfois si violente qu’elle ne permettait à personne de lui offrir des consolations. Mais si, dans de tels moments, Nora trouvait l’occasion de lui lire quelques versets de la Parole de Dieu, elle cessait ses lamentations et écoutait en silence.
Enfin l’événement tant redouté arriva. La ferme, tenue en bail pendant plusieurs générations par la famille Doyle, fut abandonnée, vu que le loyer ne pouvait plus être payé. Tout ce que possédaient les Doyle, excepté les meubles, devait être vendu aux enchères. Cependant, le propriétaire, qui était un homme généreux, permit au vieux couple de continuer à demeurer dans la maison. Il promit aussi de l’ouvrage à William, dont le travail allait maintenant être leur seule ressource, et Ellen, la seule fille qui fût encore avec eux, s’en alla en service.
– Mère, dit un jour Nora à sa protectrice qu’elle avait appris à appeler de ce nom, mère, il faudra que je vous quitte, moi aussi. Je dois essayer de gagner ma vie et de vous aider si faire se peut.
En parlant ainsi la jeune fille se mit à pleurer comme si son cœur allait se briser. C’était une perspective bien sombre pour Nora. Une fois de plus, elle allait se trouver seule et abandonnée dans le monde, car où retrouverait-elle une famille comme celle qui l’avait recueillie ? Le cœur oppressé par ces pensées, Nora se rendit une fois encore la veille de la vente aux enchères dans le champ où paissait Chérie qui devait aussi être vendue le lendemain. La jeune fille tourna les yeux vers les montagnes de Kerry et, au moment où elle se sentait accablée de désespoir, les paroles de sa mère lui revinrent à l’esprit. Nora se mit à genoux et supplia son Père céleste de lui donner l’intelligence de Sa Parole, puis elle ouvrit sa Bible, sa compagne habituelle, et y puisa les consolations dont elle avait besoin. Se confiant en la promesse de Celui qui a dit : « Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point », Nora reprit courage. Appelant Chérie qui accourut du bout du pré au son de la voix bien connue, elle jeta un dernier regard sur l’animal qu’elle aimait, caressa son poil si luisant et revint promptement sur ses pas pour rentrer à la ferme.
Elle fut surprise de voir un monsieur et une dame traverser la prairie et s’avancer au-devant d’elle. Lui portait un petit panier rempli de fleurs des champs et de fougères fraîchement cueillies. La dame… était-ce possible ? Nora ne s’y trompait pas ! c’était l’ancienne amie de sa mère, Mme Grey.

La figure illuminée par le bonheur, et poussant un cri de joie, Nora s’élança au-devant du couple. Mais si elle reconnaissait ceux auxquels elle devait tant, eux ne retrouvèrent pas dans cette grande jeune fille l’enfant dont ils s’étaient occupés autrefois.
– Chère, chère Mme Gray, cher M. Gray, ne vous souvenez-vous plus de moi, de Nora Mahony ? Nous avons fait connaissance lorsque vous demeuriez dans la cabane près des lacs ; c’est vous qui m’avez appris à lire la Bible, et vous avez été si bons envers ma pauvre mère. Et ne vous souvenez-vous pas de Chérie ? Elle était alors une petite génisse. Regardez, madame, la voilà.
Les bons vieillards n’avaient pas attendu la fin de ce torrent d’explications pour reconnaître leur petite amie d’autrefois. Ils lui témoignèrent le grand plaisir que leur faisait cette rencontre inattendue. Ils questionnèrent Nora, qui leur apprit tout ce qui lui était arrivé depuis leur séparation, et le but de sa promenade, qui était de prendre congé de sa vache.
– Que lisais-tu donc quand nous sommes arrivés ? demanda M. Gray.
– C’était ma Bible, monsieur, celle que Mme Gray m’a donnée.
Puis, avec simplicité, Nora parla de la promesse qu’elle avait faite à ses parents et dit ce que sa Bible avait été pour elle : son Guide dans la joie et dans la douleur.
M. et Mme Gray étaient très émus, et de leurs cœurs s’élevaient des actions de grâces à Celui qui a dit : « Ma parole… ne reviendra pas à moi sans effet, mais fera ce qui est mon plaisir, et accomplira ce pour quoi je l’ai envoyée » (És. 55. 11).
– Ainsi donc, ma pauvre enfant, tu es obligée de quitter les braves gens qui t’ont témoigné tant de bonté, et de t’en aller en service, dit Mme Gray.
– Oui, madame, si je puis trouver une place quelconque, mais c’est difficile maintenant.
M. et Mme Gray s’entretinrent à voix basse pendant quelques minutes, puis la dame s’adressa de nouveau à Nora :
– Nous avons besoin d’une employée de maison. Aimerais-tu venir chez nous ?
Nora, dans l’excès de sa joie, perdit presque la respiration :
– Oh, madame ! Si j’osais espérer pouvoir vous convenir ! Si je pouvais vous servir, je…
Elle fut incapable de continuer.
– Notre femme de charge te mettra au courant du service, dit Mme Gray. Maintenant, allons à la ferme afin de consulter tes amis au sujet de nos projets. Le cabriolet est sur la route.
Là, en effet, était la petite voiture dont Nora se souvenait si bien, et Pierre, le vieux domestique, et Chardon, le cheval blanc, aussi gras et aussi bien soigné que jamais. Le cœur de Nora était plein à déborder, tout lui rappelait les jours d’autrefois.
On peut aisément supposer que la proposition de Mme Gray fut bien accueillie par les habitants de la ferme. Les bonnes gens, quoique affligés de perdre Nora, furent heureux de la savoir si bien placée.
M. et Mme Gray habitaient une maison de campagne près de Cork. Ils devaient y retourner le lendemain, et enverraient chercher Nora de bonne heure. Le bon vieillard n’en resta pas là. Il avait remarqué l’attachement de Nora pour sa vache, et désirant éviter un nouveau chagrin à l’enfant, il chercha à se persuader à lui-même, ainsi qu’à sa femme, que « Chérie » leur serait très utile dans leur retraite. Il l’acheta donc à Doyle et lui en donna même un prix très élevé.
On a souvent dit, et chacun de nous en a fait l’expérience, qu’il n’y a pas de rose sans épines et que chaque joie terrestre à son souci caché.
En tout temps il eût été douloureux pour Nora de se séparer de ses amis de la ferme et surtout de sa bonne maîtresse. Les quitter dans les circonstances actuelles lui était particulièrement douloureux. Mais Nora devait encore apprendre que, même dans sa nouvelle position, si enviable qu’elle parût à première vue, les difficultés ne lui manqueraient pas.
Nora fut confiée à la direction de la femme de charge, Mme Benson, personne fort honorable sans doute, mais froide, imposante, et absolument dépourvue d’amour chrétien. Ce n’est pas sans doute dans une ferme irlandaise que l’on peut acquérir des habitudes d’exactitude et de régularité, et les manquements fréquents de Nora à cet égard lui attiraient souvent les remontrances justifiées de Mme Benson. Mais ce qui rendait ces réprimandes particulièrement amères à Nora, c’est qu’elles se terminaient toujours par des mots piquants à l’adresse des « gens grossiers qui l’avaient élevée ».
En de pareilles occasions, le cœur de Nora se gonflait d’amertume et sa patience était mise à une rude épreuve. Mais comme d’habitude, elle avait recours à « son meilleur Guide » et c’est là qu’elle apprenait à apaiser sa colère par sa persévérance à bien faire, par son silence ou ses réponses douces. Les moments les plus heureux de sa vie actuelle étaient ceux qu’elle passait dans la chambre de Mme Gray, qui la faisait venir chaque jour pour lui faire lire l’Écriture et les lui expliquer. La bonne dame prenait aussi plaisir à instruire Nora dans bien des domaines. L’intelligence de la jeune fille une fois réveillée, ses progrès furent si rapides que sa maîtresse s’en montrait aussi surprise que réjouie. Mais surtout, Nora croissait dans la connaissance de son Seigneur et Sauveur Jésus Christ.
L’affection de son jeune cœur avait été gagnée par la bonté de sa maîtresse. Sans peut-être se l’expliquer à elle-même, Nora réalisait que, malgré la différence de position et d’âge qui existait entre elles, elles étaient pourtant unies par un lien puissant, le lien de l’amour chrétien que Dieu verse dans les cœurs de ceux qui Lui appartiennent.
M. et Mme Gray voyaient, en cette jeune fille pauvre qui ne connaissait que sa Bible, une âme dont Dieu avait ouvert le cœur afin qu’elle sache quelle était l’espérance de son appel, et quelles étaient les richesses de la gloire de Son héritage dans les saints (Éph. 1. 18).
Dans leurs rapports avec la jeune fille, ils se souvenaient de l’injonction adressée par l’apôtre aux maîtres croyants : « Sachant que leur maître qui est aussi le vôtre est dans les cieux et qu’il n’y a pas de partialité en Lui » (Éph. 6. 9). De son côté, Nora ne se prévalait pas de la bonté qui lui était témoignée pour prendre des libertés déplacées vis-à-vis de ses excellents maîtres. En effet, elle trouvait dans son Guide habituel des directions positives et sur lesquelles nous voudrions attirer l’attention des jeunes filles de nos jours : « Que ceux qui ont des maîtres croyants ne leur manquent pas de respect parce qu’ils sont frères, mais qu’ils les servent d’autant mieux que ceux qui profitent de leur bon et prompt service sont des croyants et des bien-aimés » (1 Tim. 6. 2).
Plusieurs mois s’écoulèrent rapidement, et la conduite de Nora la rendait de plus en plus chère à ceux avec lesquels elle vivait. Avec le temps, le caractère aimable de la jeune fille, et surtout l’attention qu’elle portait aux instructions de Mme Benson, surmontèrent les préventions de la femme de charge, qui en vint même à reconnaître que Nora Mahony, pour une Irlandaise, était devenue vraiment soigneuse et propre, et qu’elle était très habile à l’aiguille. Elle lui reprochait encore, cependant, son goût pour la lecture et l’affection qu’elle portait à sa vache. En effet, « Chérie », liée si intimement dans l’esprit de Nora à tous ses souvenirs d’enfance, lui était toujours aussi chère. Ce sentiment, désapprouvé par Mme Benson, était pourtant compris et encouragé par les bienveillants vieillards. M. Gray se félicitait souvent de l’acquisition qu’il avait faite. Le lait de la vache du Kerry lui semblait le meilleur qu’il eût jamais bu et il assurait souvent que sa présence, dans la vaste prairie, à côté de Chardon, le poney, ajoutait beaucoup de pittoresque à la vue dont on jouissait depuis la fenêtre du salon.

À cette époque, il restait encore un nuage qui jetait son ombre sur le tranquille horizon de la vie de Nora : elle ignorait complètement le sort de son père. Il y avait plus de trois ans qu’elle n’avait plus reçu aucune nouvelle de lui, ni de Jacques Doyle. « L’attente différée rend le cœur malade », dit le proverbe (Prov.13. 12); mais maintenant Nora n’osait plus espérer les revoir sur la terre. Elle avait tout lieu de croire que son cher père et son ami Jacques, quoique pauvres dans ce monde, étaient de ceux que Dieu a choisis, « riches en foi et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qu’il aime » (Jac. 2. 5). Elle avait ainsi une bonne espérance par grâce, sachant qu’elle les retrouverait dans la maison du Père.
Elle avait de temps en temps des nouvelles des habitants de la ferme par des voisins qu’elle rencontrait à la ville. Elle apprit ainsi que M. et Mme Doyle se portaient bien et qu’ils étaient presque entièrement entretenus par leur fils William. Ellen s’était mariée loin de la maison paternelle. Ils recevaient quelquefois des nouvelles de Mary, qui leur avait envoyé quelques secours. Elle, Nora, leur fille adoptive, ne les oubliait pas non plus et leur faisait parvenir chaque fois qu’elle en avait l’occasion la plus grande partie de ses gages.
Le temps s’écoulait ainsi pour Nora et pour son entourage, aussi rapidement et aussi paisiblement que les eaux pures et calmes de la belle rivière qui bordait le jardin. Leur vie, comme ses eaux, réfléchissaient l’azur lumineux du ciel qui les éclairait et les réjouissait.
L’automne approchait, quand un jour, Mme Gray entra dans la chambre où Nora et la femme de charge étaient à l’ouvrage.
– Je viens, dit-elle, te faire part d’un projet que, si Dieu le permet, nous allons mettre à exécution. Tu sais que nous avons loué notre domaine pour un certain nombre d’années. Ce temps est maintenant écoulé et nous pensons rentrer sur nos terres et nous y fixer pour le reste de notre vie. Dieu aidant, nous nous efforcerons d’améliorer la condition de nos gens et surtout de les instruire dans les choses d’En-haut. Mme Benson aura à diriger une maison bien plus grande que celle-ci et toi, Nora, je compte profiter de ton amour pour l’étude en te confiant la petite école que nous espérons ouvrir pour les enfants du voisinage. Les médecins conseillent à mon mari d’aller passer encore un hiver dans un climat plus chaud avant de s’établir définitivement à la campagne. Nous irons donc dans le Midi de la France, et nous pensons te prendre avec nous, Nora. Tu auras ainsi le temps de lire encore avec moi, et je sais que tu feras ton possible pour te préparer à remplir, avec l’aide de Dieu, la place à laquelle je te destine.
Un voyage ! A Dublin d’abord, puis à travers toute l’Angleterre, pour arriver en France ! Nora avait assez lu et assez profité des instructions de sa bonne maîtresse pour comprendre un peu le charme d’une pareille proposition. Elle voulut essayer d’exprimer sa reconnaissance pour cette nouvelle preuve de bonté que lui témoignait sa maîtresse, mais Mme Gray l’interrompit aussitôt.
– Ne me remercie pas, dit-elle, je sais que tu nous seras très utile. Si c’était la volonté de Dieu que M. Gray tombe malade, je puis compter sur toi pour me seconder et me soutenir.
– Et vraiment, Madame, vous ne pourriez avoir une plus gentille fille, dit Mme Benson, pleine de bonne volonté et vraiment très exacte pour une Irlandaise. Puisque je ne puis accompagner mon bon maître à l’étranger, je suis contente que ce soit Nora qui prenne ma place auprès de lui.
C’était là un excellent témoignage aux progrès qu’avait faits Nora. Celle-ci n’en conçut aucun orgueil, mais remercia Dieu qui avait béni ses efforts, à elle, une faible enfant, dont le grand désir était de suivre les traces du Seigneur Jésus.
Il fallut immédiatement s’occuper des préparatifs du voyage. Nora en était très heureuse et elle apportait à tous ces travaux la souplesse de la jeunesse. Visiter des pays étrangers, voir des personnes différentes, admirer quelques-unes des merveilles de la création, dont elle avait lu des descriptions dans les livres ; par-dessus-tout, ne pas être séparée de ses chers amis chrétiens, continuer à lire la Bible et à prier avec eux… Quelle délicieuse perspective !
On jugea nécessaire, avant de partir, de faire quelques adjonctions à la garde-robe de Nora, et dans ce but on la conduisit à Cork. M. et Mme Gray la laissèrent faire ses emplettes seule dans un grand magasin, et lui promirent de la reprendre lorsqu’ils auraient terminé leurs propres affaires.
Nora attendait donc patiemment que la vendeuse ait le loisir de s’occuper d’elle. La cliente que l’on servait à ce moment-là était une paysanne, et lorsqu’elle se retourna, Nora reconnût une voisine des Doyle. Elle lui demanda aussitôt des nouvelles de ses anciens amis.
– Eh ! quoi, c’est toi Nora ! s’écria la campagnarde. Comme tu as grandi ! Quel plaisir de te voir !
– Oh ! je vous en prie, répondit Nora, parlez-moi de Mme Doyle, de son mari, de tout le monde à la ferme.
Le visage jovial de son interlocutrice se rembrunit.
– Il paraît donc que tu ne sais rien. J’ai de tristes nouvelles à t’annoncer.
Nora, très inquiète, la pressa d’en dire davantage.
La bonne femme ne demandait pas mieux que de vider son sac. Et voici ce que Nora apprit.
Une fièvre maligne avait éclaté dans le voisinage de la vieille ferme. William Doyle, le soutien de la famille, en avait été atteint. Sa forte constitution avait résisté pendant longtemps, mais après deux ou trois rechutes, il avait succombé au terrible fléau. Maintenant, c’était le père âgé qui était malade. Les uns disaient qu’il était atteint de la même fièvre que William ; d’autres pensaient qu’il se mourait d’un cœur brisé. Les souffrances des dernières années, au lieu de produire, dans les cœurs que Dieu frappait ainsi, des fruits qui soient à Sa gloire, semblaient au contraire avoir même éteint chez les villageois leur bonté naturelle. Aussi, par crainte de la contagion, les Doyle étaient-ils absolument abandonnés à eux-mêmes. On savait seulement que le vieux fermier était malade et que sa femme le soignait.
Nora fut extrêmement affligée de ces nouvelles. Quittant la paysanne, elle se réfugia au fond du magasin, où elle s’efforça de coordonner ce qu’elle venait d’apprendre. Mais plus elle y pensait, plus elle se sentait bouleversée. Elle se représentait la bonne Mme Doyle, qu’elle avait vue si heureuse au milieu de tous ses enfants, maintenant pauvre et abandonnée au temps de sa vieillesse, et soignant seule son mari malade. Nora en fut extrêmement triste.
– Puis-je aller en France, pensait-elle, pour y être à l’aise et goûter mille plaisirs divers, tandis que ceux qui ont été si bons pour moi sont dans une grande affliction ? Non, je dois renoncer à ce projet. J’irai à la ferme et je ferai pour mes vieux amis tout ce qui sera en mon pouvoir. Ce sera peu de chose sans doute, mais je peux les aimer et l’affection aide toujours. Mais que dira Mme Gray ? Qui est-ce qui l’accompagnera et la servira à l’étranger ? Elle comptait sur moi. Que dois-je faire ? Seigneur, dirige-moi !
Tandis que Nora réfléchissait à la difficulté de quitter Mme Gray, il y avait au fond de son cœur le secret désir de réussir à se persuader que c’était bien son devoir de rester avec sa bonne maîtresse et de l’accompagner en France. Nora était encore jeune, et il lui était très pénible de devoir renoncer au beau rêve dont son imagination se nourrissait depuis quelques jours. Mais sa conscience lui disait tout bas que ce désir était égoïste, et elle supplia Dieu de le bannir de son esprit et pria de nouveau : – Seigneur, dirige-moi !
On dira peut-être que le magasin bruyant et encombré dans lequel se trouvait la jeune fille n’était guère un lieu bien choisi pour la prière. Mais l’enfant de Dieu, qui est conscient de la présence continuelle du Seigneur avec lui, sait qu’en tous lieux et en tous moments il peut s’adresser à son Père céleste. La prière ne consiste pas en certaines phrases, répétées en un certain lieu et en un certain moment, mais souvent elle est exprimée par un soupir, par une larme, par un regard dirigé en haut, quand Dieu seul est près. Il est écrit : « Dans toutes tes voies connais-le et il dirigera tes sentiers » (Prov. 3. 6).
– Vous avez demandé à voir ceci, dit à Nora un des commis du magasin, en étalant devant elle de jolies étoffes aux couleurs gaies.
– Pas pour le moment, je vous remercie, répondit la jeune fille.
Et elle s’assit à l’écart, attendant l’arrivée de ses maîtres.
– Monte vite, Nora, nous sommes en retard, dit Mme Gray. Lorsque la voiture eut repris le chemin de la maison, la vieille dame parla avec une vivacité inusitée :
– Nous devons hâter notre départ, et nous mettre en route après-demain matin. Les amis que nous devons rejoindre en Angleterre nous attendent, aussi ne pouvons-nous plus retarder notre départ. J’aurais préféré attendre jusqu’à ce que M. Gray soit tout à fait bien portant, mais tu seras avec nous, ma bonne fille, et j’en suis heureuse et reconnaissante, car tu connais si bien toutes nos habitudes.
Ces paroles allèrent au cœur de la pauvre Nora, mais elle ne répondit pas. Arrivée à la maison, sa maîtresse lui dit :
– Je sonnerai dans quelques minutes. Alors monte dans ma chambre et montre-moi tes achats.

Nora se retira dans sa chambre pour y attendre l’appel et l’on peut aisément imaginer comment elle employa son temps. Enfin la sonnette se fit entendre et lorsqu’elle entra dans l’appartement de sa maîtresse, la jeune fille était triste, mais tout à fait calme.
– Eh bien ! Nora, fais-moi voir tes achats, dit Mme Gray. Nous avons peu de temps devant nous et beaucoup à faire. Mais où sont donc tes paquets ? demanda-t-elle d’un air fort surpris.
– Chère madame ! Excusez-moi, pardonnez-moi. Je n’ai rien acheté. Voici l’argent, continua Nora. Je ne puis pas, non vraiment, je ne puis pas vous accompagner. Et Nora fondit en larmes.
M. et Mme Gray, consternés, demandèrent une explication, et aussitôt que Nora put parler, elle raconta ce qui s’était passé.
– Je suis très peinée d’apprendre ces tristes nouvelles, dit la vieille dame, et je plains ces pauvres gens de tout mon cœur. Nous devons leur envoyer immédiatement du secours, cher ami, ajouta-t-elle en se tournant vers son mari. Mais, Nora, j’avoue que je ne vois pas de nécessité à ce que tu nous quittes pour aller auprès d’eux. D’ailleurs, la chose n’est, pour ainsi dire, plus possible maintenant. Le temps nous manque absolument pour chercher quelqu’un qui te remplace. M. Gray est en mauvaise santé et j’estime que ton devoir…
– Un instant, ma chère, interrompit M. Gray. Écoutons quelles sont les raisons de Nora pour agir de la sorte. Ma chère enfant, as-tu consulté ta Bible, ton meilleur Guide, comme tu l’appelles à si juste titre ? Si c’est elle qui t’a indiqué le parti à prendre, nous ne saurions nous y opposer, quelles que soient nos propres circonstances.
– Je l’ai consultée, monsieur, et ma Bible m’exhorte à témoigner ma gratitude envers ceux qui sont bons pour moi. Mais comme j’ai autant de sujets de reconnaissance vis-à-vis de vous, Monsieur, que vis-à-vis des Doyle, j’étais bien embarrassée. Mais voici ce que j’ai pensé : vous, Monsieur, ainsi que Madame, êtes à même de continuer à me témoigner de la bonté ; le peu que je puis faire pour vous, vous m’en récompenseriez et au-delà. Mais il n’en est pas ainsi de la pauvre Mme Doyle ; elle se trouve dans une profonde affliction, et ils ont tant fait autrefois pour mon cher père ! Alors monsieur, j’ai lu ces paroles qui semblèrent me donner l’indication dont j’avais besoin.
Nora, incapable d’en dire davantage, montra du doigt le verset. M. Grey lut à haute voix : « N’abandonne point ton ami, ni l’ami de ton père » (Prov. 27. 10).

La voix de l’excellent homme s’altéra :
– Marie, ma chère, il n’y a rien à répondre à ceci, dit-il à sa femme. Cette chère fille se montre tout à fait désintéressée ; efforçons-nous de l’être aussi. Nous rencontrerons sans doute quelques difficultés, mais ce sera peu de chose en comparaison de ce que Mme Doyle est appelée à supporter. Avec le secours du Seigneur, Nora pourra lui être utile à bien des égards. Regarde le passage qui précède immédiatement celui qu’elle nous a montré. « L’huile et le parfum réjouissent le cœur, et la douceur d’un ami est le fruit d’un conseil qui vient du cœur ».
– Vous avez raison, cher ami, et comme toujours c’est moi qui ai tort. J’ai parlé en égoïste, répondit Mme Gray. Va, ma bonne Nora, et puisses-tu, en effet, réjouir le cœur de cette pauvre femme affligée, par la bonne nouvelle de l’évangile, semblable à l’huile et au parfum. Reprends cet argent, il t’appartient. Mme Benson te remettra diverses choses qui pourront être utiles au malade. Cependant, ma fille, as-tu calculé la dépense, as-tu bien réfléchi à ce que tu vas faire ? tu cours un grand risque ; ne crains-tu pas la contagion ?
– Un peu, madame, je l’avoue ; j’ai eu peur pendant un moment. Mais le psaume 91 m’a rassurée. Je le lirai chaque jour et cela me donnera du courage.
Nora fut bien reconnaissante de voir M. et Mme Gray approuver sa décision. Ils oubliaient leurs propres désagréments pour l’aider à mettre son dessein à exécution. Mme Benson, bien malgré elle, avouons-le, prépara pour Nora tout ce qui pouvait faire du bien à un malade. Le lendemain matin, la jeune fille se mit en route, accompagnée par la bénédiction de ceux qu’elle quittait. Les bons vieillards lui dirent que leur maison lui serait toujours ouverte et lui recommandèrent de venir auprès d’eux aussitôt qu’elle pourrait le faire avec bonne conscience.
Pierre, le vieux domestique, la conduisit à Cork., d’où une diligence l’amena à quatre kilomètres de la demeure des Doyle. Arrivée là, elle laissa son bagage chez une ancienne connaissance qui promit de l’apporter à la ferme dans sa charrette, et elle fit à pied le reste de la route.
La nuit tombait quand elle arriva. C’était précisément l’heure où, autrefois, les membres de la famille avaient l’habitude de revenir de leurs diverses occupations, où l’on faisait rentrer le bétail et où tous se réunissaient dans la vaste cuisine, autour de l’âtre flamboyant. Mais maintenant tout était tranquille. La cour était déserte. Cependant on voyait de la lumière à la fenêtre de la chambre à coucher du fermier.
Le cœur de Nora battait bien fort ; elle s’arrêta, se demandant ce que pouvait signifier ce calme inhabituel quand, tout à coup, dans le silence, elle entendit s’élever les accents du chant triste et monotone par lequel les Irlandais ont coutume de pleurer leurs morts. Ces chants sont improvisés et, en cas de décès, on a l’habitude de faire venir, dans la maison de deuil, des poètes villageois dont les compositions ne sont pas sans valeur. Cette coutume est fort ancienne ; elle tire son origine de l’Orient, car il y est fait souvent allusion dans l’Écriture ; ainsi en Jér. 9. 17, nous lisons : « Considérez, et appelez les pleureuses, et qu’elles viennent ; et envoyez vers les femmes sages, et qu’elles viennent, et qu’elles se hâtent, et qu’elles élèvent une voix de lamentation sur nous, et que nos yeux se fondent en larmes, et que l’eau coule de nos paupières ».
– Tout est donc fini ! pensa Nora et, consternée, elle écouta immobile le chant de mort. Quand il eut cessé, elle franchit le seuil de la ferme et pénétra directement dans la chambre mortuaire. Ainsi qu’elle s’y attendait, sur le lit était couché le corps du pauvre vieux Doyle. Quelques-uns de ses amis et de ses voisins entouraient la couche funèbre, mais ils étaient peu nombreux, la crainte de la contagion dominant les anciennes coutumes, et faisant taire même la voix de l’amitié. L’entrée de Nora fut saluée par de tristes exclamations, puis un long silence suivit.
– Dites-moi donc où est la pauvre Mme Doyle, demanda tout bas Nora à une femme assise à côté d’elle.
– Oh ! c’est encore ce qu’il y a de plus étrange, répondit cette dernière. Elle est assise dans un coin de la cuisine, pas une parole ne sort de sa bouche, pas une larme ne coule de ses yeux. Pourtant elle a perdu un si bon mari ; mais dire qu’il a quitté ce monde d’une telle manière !

Nora sortit immédiatement et se mit à la recherche de sa vieille amie. Connaissant le caractère de Mme Doyle et la vivacité de ses impressions, Nora n’augurait rien de bon de cette tranquillité extraordinaire ; elle craignait que cet état n’annonce un profond désespoir. En entrant dans la cuisine, elle vit son ancienne maîtresse, assise solitaire auprès du foyer. Elle était immobile, les yeux fixés sur les restes d’un maigre feu de tourbe. Nul ami ne lui restait plus, excepté le vieux chien, couché à ses pieds. Le fidèle animal entendit le pas léger de Nora et, reconnaissant sa compagne de jeux d’autrefois, il s’élançât au-devant d’elle en agitant sa queue, et en poussant de petits gémissements plaintifs.
– Pauvre Carlo ! dit Nora en caressant la tête frisée du vieil animal. Elle craignait de s’adresser directement à Mme Doyle, mais, au son de sa voix bien connue, la pauvre femme tressaillit, leva la tête et, rencontrant le regard aimant de la jeune fille, lui ouvrit les bras. Alors enfin la malheureuse put pleurer. Quand sa jeune amie voulut lui dire tout bas quelque parole de consolation, Mme Doyle l’interrompit :
– Laisse-moi pleurer, mon enfant ; je n’ai pas pu verser une larme depuis la mort de William, et cela fait du bien à mon cœur.
Nora s’assit à ses côtés, caressant tendrement la main durcie par le travail, et garda le silence pendant longtemps. Mme Doyle continua à pleurer tranquillement, mais ses larmes n’étaient plus amères. Enfin, s’essuyant les yeux, elle dit :
– Mon cœur est moins lourd maintenant, Nora. Mais tu es sans doute surprise de me voir assise ici, alors que je devrais être avec les autres femmes à pleurer mon pauvre mari. Si je ne me suis pas jointe à elles, c’est que je me suis souvenue de ces paroles : « Or je nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance à l’égard de ceux qui dorment, afin que vous ne soyez pas affligés comme  les autres qui n’ont pas d’espérance » (1 Thess. 4. 13).
La figure de Nora s’illumina.
– Serait-il possible ? s’écria-t-elle. Mon cher vieux maître se serait-il endormi en Jésus ?
– J’ai tout lieu de l’espérer, reprit Mme Doyle. Je me souviens qu’il est écrit de notre Seigneur : « qu’il a été manifesté une fois pour l’abolition du péché par son sacrifice » (Héb. 9. 26) et mon mari n’avait pas besoin d’autre chose.
Cette citation montrait une connaissance des Écritures qui étonna et réjouit Nora. En effet, elle n’aurait jamais osé espérer un résultat pareil des lectures qu’elle avait faites avec sa vieille amie.
Peu à peu Mme Doyle lui raconta qu’au milieu de toutes les épreuves et les angoisses qui avaient suivi le départ de Nora, elle n’avait jamais oublié les bonnes choses qu’elle avait entendues de la Parole de Dieu. Elle ne les avait souvent comprises que bien imparfaitement, mais cependant Dieu s’en était servi pour la nourriture de son âme et, dans mainte circonstance pénible, elle avait trouvé aide et consolation dans le souvenir de quelque passage que l’Esprit Saint rappelait à son souvenir. Enfin son désir de lire le Livre béni, comme elle l’appelait, devint si ardent qu’elle s’adressa à un vieux maître d’école qui visitait son mari ; elle le supplia de lui faire la lecture de quelques portions de l’Écriture. Elle mit beaucoup d’insistance, lui expliquant les choses merveilleuses contenues dans la Bible, et éveilla chez le vieillard le désir d’en prendre connaissance pour lui-même.
Un soir, il arriva à la ferme et, s’étant assis comme de coutume, il se mit à parler d’un ton très animé :
– Eh bien ! Mme Doyle, j’ai trouvé un livre que vous aimerez sans aucun doute. C’est un livre écrit en notre belle vieille langue à nous, qui ne peut nous tromper.
Et en disant cela, le brave homme tira de sa vaste poche une Bible irlandaise dont il se mit immédiatement à lire un chapitre à ses auditeurs attentifs. Cela se renouvela presque chaque jour pour la plus grande joie du fermier et de sa femme.
Même mon pauvre fils, mon William, l’aimait, continua Mme Doyle, et quoiqu’il fût très réservé, je suis sûre que le Saint Esprit lui a enseigné à mettre sa confiance en Celui qui peut sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par Lui. Il prit la fièvre et mourut, Nora. C’est Dieu qui l’a voulu ainsi. Mon vieux mari et moi restions seuls, sans ressources et sans autre refuge que l’hospice. Oh ! Nora, c’était une pensée amère et Doyle ne pouvait la supporter. Assurément, me disait-il, ce n’est pas offenser Dieu de Le supplier de nous épargner cette dernière épreuve, et de permettre que nous restions ensemble jusqu’à la fin. Dieu entendit cette prière, car mon mari, dont la santé allait en s’affaiblissant depuis quelque temps, tomba sérieusement malade. On a dit que c’était la fièvre, mais je n’en suis pas sûre moi-même. Enfin, quoiqu’il en soit, sentant la mort approcher, il m’assura qu’il n’avait aucune crainte, parce que Christ avait porté tous ses péchés sur la croix et qu’Il était suffisant pour le sauver.
Le Seigneur Jésus est suffisant, pensa Nora et, tout en mêlant ses larmes à celles de la veuve, son cœur n’en était pas moins débordant de reconnaissance envers Dieu qui travaille de si merveilleuse manière.
Lorsque la dépouille mortelle du vieux fermier eut été déposée dans la tombe, Mme Doyle, qui était restée étonnamment calme durant la pénible cérémonie, dit à Nora :
– Je suis seule au monde maintenant, et je n’ai plus d’autre devoir devant moi que de parler de l’amour du Seigneur à ceux qui ont besoin de Lui. Toi, mon enfant, retourne auprès de tes amis et moi… j’irai à l’hospice. Dieu a abaissé mon orgueil et je Lui en rends grâces. Maintenant je puis même Le remercier de m’avoir préparé un tel refuge.
– Non, ma mère, vous n’irez pas à l’hospice, s’écria Nora, tant que je pourrai l’empêcher. Aussi longtemps que Dieu me laissera ici-bas, vous ne serez pas seule au monde. Vous avez été une mère pour moi quand j’étais une enfant abandonnée, et maintenant, c’est à mon tour d’être votre fille. Je travaillerai pour vous et, avec l’aide du Seigneur, je vous soutiendrai jusqu’au bout.
Mme Doyle protesta bien un peu, mais Nora savait où était pour elle le chemin du devoir et elle persévéra dans sa résolution. Pendant son séjour chez Mme Gray, la jeune fille avait appris à travailler fort bien de ses doigts. Elle excellait surtout dans les ouvrages de broderie fine. Elle pensait maintenant obtenir, par l’intermédiaire de Mme Benson, des commandes de quelque grand établissement de Cork et, à force de travail, elle espérait pouvoir s’entretenir elle-même ainsi que sa vieille amie. Sans doute ce moyen d’existence était des plus précaires, mais il suffirait peut-être à les faire vivre jusqu’au retour de M. et Mme Gray, qui viendraient sûrement à leur aide. En outre, il était probable que Mary Doyle, qui s’était fixée en Amérique, enverrait quelques secours à sa mère. Il y avait peu à attendre d’Ellen et, quand à Jacques, on pouvait à peine espérer qu’il fût encore vivant.
Nora, pleine d’ardeur et de confiance dans la réussite de son projet, retourna à la villa près de Cork afin de réclamer l’assistance de Mme Benson. Celle-ci l’engagea à louer une petite chambre dans le voisinage et à venir y habiter avec Mme Doyle. Elle serait ainsi à proximité de la ville, soit pour recevoir les commandes, soit pour se procurer les fournitures nécessaires pour ses travaux.
– D’ailleurs, Nora, ajouta Mme Benson, je serai bien contente de t’avoir près de moi pour t’aider de mes conseils et de mon expérience.
Ces paroles, dites avec bonté, touchèrent Nora. Comme elle était reconnaissante que ses rapports précédents avec la femme de charge aient été réglés par son meilleur Guide. Ainsi Dieu lui avait accordé la grâce de surmonter le mal par le bien.
Avec l’aide de Mme Benson, l’installation fut bientôt faite et Mme Doyle se réjouit d’avoir trouvé un chez-elle, si modeste fût-il. Nora obtint l’ouvrage espéré et, en travaillant avec persévérance, elle gagna de quoi suffire – très modestement il est vrai – à son entretien et à celui de sa vieille amie.
L’hiver passa et le printemps ramena les fleurs et le chant des oiseaux. Mais le gai soleil ne ramenait pas les couleurs sur les joues pâles de Nora. Sa santé souffrait du manque d’exercice et d’un labeur trop assidu. L’angoisse la saisissait parfois, lorsqu’elle sentait ses forces décliner et qu’elle craignait ne plus pouvoir peut-être travailler pour sa chère compagne. Alors, elle avait recours à la Parole de Dieu où, comme toujours, elle trouvait consolation et directions. Le Saint Livre lui enseignait à ne s’inquiéter de rien, mais, en toutes choses, à faire connaître ses requêtes à Dieu, par des prières et des supplications, avec des actions de grâces (Phil. 4. 6).

Cependant, chez Nora, comme chez bien d’autres chrétiens plus expérimentés qu’elle, le mauvais cœur d’incrédulité prenait parfois le dessus. Un jour donc, voyant que ses forces déclinaient rapidement, elle se sentit particulièrement découragée. Vers le soir, elle fut obligée de mettre de côté son ouvrage et d’aller respirer un peu d’air frais. Elle dirigea ses pas vers la propriété de M. Gray. La prairie, émaillée de fleurs, était du plus beau vert ; l’eau coulait doucement dans la rivière, reflétant les gloires du couchant. Il semblait à Nora que tout était serein, excepté son propre cœur. Même sa vieille amie, la petite vache Chérie, et son fidèle compagnon, le poney, avaient l’air tout heureux en paissant la fraîche verdure.
Certainement, pensa Nora, les compassions de Dieu sont sur toutes Ses œuvres. Je puis bien dire : – Pourquoi es-tu abattue, mon âme ? – quand je pense que pas un de ces petits oiseaux ne tombe en terre sans Sa volonté. Et pourtant… que deviendrions-nous si je ne puis plus travailler ? Que ce serait différent de voyager avec mon cher maître et ma chère maîtresse, sans souci du lendemain…
Pauvre Nora ! Elle avait ouvert la porte à l’Ennemi, qui lui suggéra bientôt cette pensée : – Pourquoi les choses vont-elles si mal, si Dieu est mon Père et s’Il prend soin de moi ?
Mais Dieu veillait sur son faible enfant, et le Saint Esprit lui rappela le passage de la Parole inspirée qu’elle avait lu le matin même à Mme Doyle : « Toutes choses travaillent ensemble au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8. 28). Et une fois de plus, Nora trouva la force de regarder en haut, en s’appuyant sur les promesses immuables de son Dieu et Père.

Ce même soir un bateau, sorti du port de Cork, remontait la rivière. Deux hommes, l’un courbé par les années, l’autre dans la fleur de l’âge, étaient assis à l’avant. Tous deux semblaient en proie à une vive préoccupation.
Si nous écoutons leur conversation, peut-être apprendrons-nous quelque chose de plus sur le compte des deux voyageurs.
– Jacques, disait le plus âgé, nous avons vu bien des rivières, mais il n’en est aucune qui égale celle-ci en beauté.
– Je suis absolument de votre avis, répliqua son compagnon, quoique l’on parle tant du San Joachim et du Sacramento qui coulent dans le pays de l’or.
– Ah ! l’or, reprit le premier interlocuteur, c’est le désir d’en gagner davantage qui a poussé notre pauvre maître à s’en aller en Californie où il a perdu la vie. Cela me fend le cœur d’y penser.
– C’est bien triste, en effet, reprit le plus jeune, et s’il avait suivi nos conseils, il en aurait été peut-être tout autrement pour lui. Mais puisqu’il s’obstinait à entreprendre ce lointain voyage, je suis reconnaissant que nous n’ayons pas refusé de l’accompagner, nous qu’il aimait tant, parce que nous étions du même pays que lui.
– Tu as raison, Jacques, répartit l’autre, car ainsi, par la bonté de Dieu, nous avons pu l’assister à ses derniers moments en lui parlant de l’amour du Seigneur Jésus pour les pécheurs.
– Certes, nous pouvons rendre grâces, répliqua son ami, car Dieu nous a préservés de bien des dangers. L’or que l’on gagne dans ce pays lointain est chèrement acheté, mais cependant, si nous étions restés quelques années de plus, nous aurions pu rapporter une ample fortune.
– Ne le regrettons pas, Jacques. Dieu nous a donné en abondance ce qui nous est nécessaire et, dans Sa Parole, Il nous recommande de ne pas nous attacher aux richesses de ce monde. Quand je quittai mon enfant, la dernière recommandation que je lui fis fut de suivre les instructions de la Bible, parce qu’elle est le meilleur Guide et il me conviendrait mal de ne pas faire de même.
Depuis longtemps déjà nos lecteurs auront reconnu le père de Nora et Jacques Doyle. Aux paroles de Mahony, Jacques répondit :
– Nul ne peut avoir un meilleur Guide, en effet. Puissions-nous toujours savoir Lui obéir. En tout cas je suis satisfait, puisque ce que nous rapportons est suffisant pour faire vivre dans l’aisance ceux que nous aimons, pourvu que Dieu nous permette de les retrouver.
– Oui, Jacques, on ne nous attend certainement pas, puisque ta sœur Mary nous a dit que nos dernières lettres ne sont jamais parvenues à la ferme. Elle avait appris aussi que ma pauvre petite fille était employée chez des personnes. Où ? Je n’en sais rien, et comment la retrouver maintenant ?
– Si ma vieille mère vit encore, elle pourra nous donner des nouvelles, dit Jacques. Mais je crains qu’elle n’ait passé par de terribles épreuves depuis mon départ. Ma sœur en avait appris quelque chose par la lettre du vieux maître d’école.
– Eh ! bien, Jacques, confions-nous en Celui qui nous a aidés jusqu’ici. Il ne nous a sûrement pas ramenés au pays pour nous abandonner au dernier moment.
Le bateau avançait toujours. Sur les rives qu’il côtoyait d’assez près on voyait de charmantes maisons de campagne, entourées de jardins et de vertes pelouses.
– Regarde, Jacques, s’écria tout à coup Mahony, cette petite vache ne ressemble-t-elle pas comme deux gouttes d’eau à notre Chérie que ton père m’acheta ?
Jacques dirigea du côté désigné la longue vue qu’il tenait à la main.
– Non seulement elle lui ressemble, mais c’est elle-même, j’en suis certain. Et voyez ! Il y a près d’elle une jeune fille qui ressemble beaucoup… elle est trop grande pourtant… mais Nora doit avoir grandi depuis mon départ. Faites-nous aborder, bateliers, vite, vite !
En silence et remplis d’impatience, les deux hommes débarquèrent. Pendant quelques instants ils regardèrent Nora qui, de son côté, les contemplait avec étonnement. Puis Mahony ouvrit ses bras. Nora s’élança vers lui et fut bientôt serrée sur le cœur de son père.
C’était là une bienheureuse réunion. La première émotion passée, Jacques se hasarda à demander, d’une voix qui tremblait d’émotion :
– Nora, peux-tu me dire quelque chose de ma pauvre mère ?
– Elle va bien, Jacques, et dans dix minutes, vous la verrez. Venez avec moi. Je vous conduirai auprès d’elle.
Ce qui suivit n’a pas besoin d’être raconté. Mais nos lecteurs devinent que, de l’humble demeure de Mme Doyle et de Nora, les actions de grâces et la louange montèrent vers le trône de Dieu. En vérité, celui qui s’attend à Lui ne sera jamais confus.
Le soir de ce jour à jamais mémorable, Nora reçut une nouvelle qui devait mettre le comble à sa joie. En effet, M. et Mme Gray annonçaient leur très prochain retour. Cet heureux événement eut lieu quelques jours plus tard. Les bons vieillards se proposaient de passer le reste des jours que Dieu leur accorderait, dans leur propre domaine, en cherchant à faire quelque bien à ceux qui les entouraient.
– J’espère que vous vous fixerez sur mes terres, où vous me serez d’un grand secours, Mahony, avait dit M. Gray. Ma femme désire ne pas se séparer de votre fille et ainsi vous pourriez rester près d’elle.
Cette offre fut acceptée avec reconnaissance, mais Mme Doyle, qui était présente, jeta sur Nora un regard chargé de tristesse.
– Il faudra donc que je me sépare de ma fille !
– Non pas, fit M. Gray en souriant. Jacques, continua-t-il, je crois que vous avez acquis un bon bagage de connaissances utiles pendant votre séjour à New York ?
– Ce n’est pas à moi à le dire, Monsieur, répondit modestement le jeune homme, mais il est vrai que notre ancien maître nous encourageait à nous instruire…
– En tout cas vous avez étudié avec profit le meilleur des livres, interrompit le digne vieillard, aussi avons-nous pensé, Mme Gray et moi, à vous confier la direction de l’école qui vient de s’ouvrir dans notre village.
On pense bien que cette proposition rencontra l’approbation générale. Tous les amis se trouvèrent ainsi réunis et, un peu plus tard la nouvelle école se trouva dotée non seulement d’un maître, mais encore d’une maîtresse dans la personne de Nora, devenue l’heureuse femme de Jacques Doyle. Nous ne devons pas oublier que « Chérie » fit partie du cadeau de noces de M. Gray à Nora. Mais le plus précieux trésor du jeune ménage fut toujours la vieille Bible où Nora avait trouvé force et secours au moment du besoin.

 

D’après la Bonne Nouvelle 1930

 

QUE SIGNIFIE CROIRE ?

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QUE SIGNIFIE CROIRE ?

 

1. CROIRE… À SA MANIÈRE !

C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ; non pas sur la base des œuvres, afin que personne ne se glorifie. Éph. 2. 8 et 9.

On entend souvent dire : Je crois à ma façon, j’ai ma religion. C’est une réponse facile qui permet d’éviter les questions essentielles. Chacun s’invente une religion personnelle, qui ne le dérange pas trop, mais plutôt qui l’arrange. C’est ainsi qu’un criminel de guerre nazi disait qu’il croyait en un Dieu « qui ne juge pas le péché et ne condamne personne ».
N’est-il pas dangereux de se baser sur des opinions personnelles sans chercher à savoir ce que Dieu en pense ?
Caïn et Abel étaient deux frères qui croyaient en Dieu. Tous les deux ont eu le désir de Lui faire une offrande : Abel offrit des agneaux de son troupeau, Caïn s’approcha de Dieu « à sa manière », avec des fruits de la terre, sans doute les meilleurs parmi ceux qu’il avait cultivés. Mais Dieu n’a pas eu égard à son offrande : Caïn ne tenait pas compte de ce que Dieu avait dit : « maudit est le sol » (Gen. 3. 17). Le seul sacrifice que Dieu pouvait accepter était un agneau qui annonçait par anticipation « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1. 29), Jésus offert pour le salut des hommes.
Que penserait-on d’une personne qui demanderait audience à un chef d’État sans respecter le protocole ? Serait-elle reçue ? Eh bien, Dieu nous dit dans la Bible que pour s’approcher de Lui, il existe un simple et unique moyen : croire en Son Fils Jésus, ne nous confiant pas dans nos œuvres, aussi bonnes soient-elles. Jésus a déclaré : « Personne ne vient au Père si ce n’est par moi » (Jean 14. 6).

2. CROIRE ET METTRE EN PRATIQUE

(Jésus dit) : Moi, je suis le cep, vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit ; car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire. Jean 15. 5.

– Je suis croyant, mais non pratiquant, entend-on dire parfois. Que penserait-on de quelqu’un qui dirait : Je suis pianiste, mais je ne pratique pas ? C’est une contradiction ! Un croyant qui ne pratique pas sa foi ne peut pas affirmer être un vrai croyant, parce que « la foi sans œuvres est morte » (Jac. 2. 26).
Que signifie « pratiquer » la foi, selon la Bible ? Faut-il comprendre qu’il faut aller régulièrement à l’Église, respecter des traditions et des rites précis, respecter les préceptes religieux communément imposés ? Non. Cela signifie avoir une relation personnelle avec Jésus Christ, le Fils de Dieu. Comment pourrait-on négliger une telle relation ? L’apôtre Pierre écrivait à ceux qui avaient cru au Seigneur Jésus : « Jésus Christ… croyant en lui, bien que maintenant vous ne le voyiez pas, vous vous réjouissez d’une joie ineffable et glorieuse » (1 Pier. 1. 8).
Paul écrivait : « Ce que je vis maintenant dans la chair,  je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2. 20). Comment pouvons-nous croire au Seigneur sans que cela produise des effets concrets et visibles dans notre vie ?
La foi et les œuvres accomplies par la foi sont inséparables. Une vie vécue avec Jésus à nos côtés s’exprime d’une manière concrète par l’amour envers les autres, la générosité, le désir de parler de notre Sauveur et d’obéir spontanément à Ses enseignements. Elle se réalise par la lecture de la Bible, la prière, et le désir de se réunir avec d’autres chrétiens. Dans l’Évangile, il est écrit : « c’est au fruit que se reconnaît l’arbre » (Mat. 12. 33). Chacun de nous devrait se demander s’il ressemble à un bon ou à un mauvais arbre.

3. CROIRE ET VOIR

L’insensé a dit dans son cœur : Il n’y a pas de Dieu. Ps. 14. 1.
Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître. Jean 1. 18.
Bienheureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. Jean 20. 29.

– Je suis comme Thomas : je ne crois que ce que je vois. Souvent prononcées sur un ton moqueur, de telles paroles sont très dangereuses. Est-ce que nous nions l’existence des virus et des atomes sous le simple prétexte que nous n’en avons jamais vu à l’œil nu ? Thomas refusait de croire au témoignage des apôtres qui avaient vu Jésus ressuscité. Celui qui est incrédule comme Thomas est dans l’erreur, exactement comme lui. Thomas a su toutefois reconnaître son erreur et, en présence de Jésus qui l’avait invité à toucher de la main les blessures de Son côté, il s’est ravisé et s’est exclamé : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jean 20. 28).
Nous devons devenir plus sensibles, en contemplant et en écoutant Dieu dans la création, car Ses perfections invisibles, Sa puissance éternelle et Sa divinité se discernent et s’entendent dans la nature de différents manières (Rom. 1. 20) : dans un coucher de soleil, dans le chant des oiseaux, sur un ciel étoilé, dans le fonctionnement extraordinaire du corps humain, dans l’harmonie des lois de la physique… Dieu se révèle aussi à notre conscience – dont nous entendons tous plus ou moins la voix, surtout lorsque nous avons mal agi. Bien sûr, nous pouvons ignorer cette voix intérieure et nous endurcir, mais ce serait risqué…
Dieu nous parle de plusieurs manières, en particulier par le moyen de Sa Parole. Lisons la Bible, spécialement les Évangiles, qui sont le témoignage de ceux qui ont vu Jésus et ont vécu avec Lui.
Dieu s’est révélé en Christ, qui a dit : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14. 9).

 

D’après « Il buon seme » avril 2021

 

CHERCHEZ LE SEIGNEUR !

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Vous chercherez l’Éternel, ton Dieu ; et tu le trouveras, si tu le cherches de tout ton cœur et de toute ton âme. Deut. 4. 29.
Cherchez l’Éternel tandis qu’on le trouve ; invoquez-le pendant qu’il est proche. És. 55. 6.

 

CHERCHEZ LE SEIGNEUR !

 

Dans l’époque où nous vivons, nous consacrons beaucoup de temps à satisfaire nos besoins matériels. Cependant, même quand cela semble être une réussite, on n’est jamais complètement satisfait. Pourquoi ? Parce que notre nature humaine a aussi des besoins spirituels, des besoins de l’âme.
Aujourd’hui plus que jamais, dans la société matérialiste dans laquelle nous vivons, au milieu de tant d’égoïsme individuel, ces besoins se font sentir. Il y a quelque chose en nous qui, au fur et à mesure que les certitudes viennent à manquer, cherche un appui, des références sûres.
Nous regardons autour de nous et nous constatons que tout devient de plus en plus précaire. Il n’y a pas de travail vraiment assuré, pas d’emploi dont on soit certain qu’il durera jusqu’à la retraite. Il n’y a pas d’entreprise qui ne puisse tomber en faillite d’un instant à l’autre. Les lois elles-mêmes peuvent changer et abolir des privilèges que nous pensions stables et durables. Même une armée moderne, très bien équipée, grâce aux technologies les plus complexes et les plus avancées, n’est plus suffisante ni adaptée pour combattre les nouveaux ennemis qui apparaissent dans nos pays, nos villes, nos maisons…
Ainsi, la précarité et un sentiment d’impuissance créent anxiété et dépression. Si l’âme est vide, elle n’a pas de ressources pour être soutenue, il n’y a pas d’énergie.
Il faut rechercher Dieu, parce que c’est de Dieu que nous avons besoin !
Plusieurs pensent calmer leur soif de surnaturel, de sacré, en recherchant des signes ou des évènements extraordinaires. S’il y a un problème intérieur, affectif, de famille ou de santé, plusieurs tentent de le résoudre en recourant à quelqu’un qui a la réputation d’accomplir des choses extraordinaires, un mage, un guérisseur, un voyant.
C’est ainsi que, sans s’en apercevoir, on s’éloigne du chemin qui conduit à Dieu, on perd confiance en Lui, et même en Son existence. Et Satan, l’ennemi de nos âmes, s’empare de nos pensées, et souvent même de notre vie.
Recherchons Dieu ! Nous Le trouverons dans la Bible, lue avec humilité et avec la foi d’un petit enfant. C’est par Sa Parole que Dieu nous parle, nous encourage, nous apprend à marcher par la foi. Mais surtout, par les Évangiles, Il nous fait connaître Jésus Christ, et par Son intermédiaire, Il nous indique le chemin du salut.
Parlant aux foules, quand Il était encore sur la terre, le Seigneur Jésus invitait tous Ses auditeurs à venir à Lui, et à Lui seul : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos… vous trouverez le repos de vos âmes » (Mat. 11. 28).
Cette invitation, nous vous l’adressons à vous qui êtes troublé et peut-être désespéré. Jésus Christ vous promet non seulement la paix et le repos de l’âme et du cœur, mais aussi le pardon de Dieu pour vos péchés, et la vie éternelle. Croyez en Lui ! Il « s’est donné lui-même pour nos péchés, afin de nous retirer du présent siècle mauvais » (Gal. 1. 4).
Le Seigneur vous appelle aujourd’hui par la lecture de ces lignes. Répondez-Lui par un acte résolu de foi, comme Il le désire et l’attend de vous, et faites-Le entrer dans votre cœur, dans vos pensées, et dans votre vie de tous les jours.

D’après « Paroles de grâce et de vérité »

 

LE FILS DE L’HOMME « ÉLEVÉ » DANS L’ÉVANGILE DE JEAN

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LE FILS DE L’HOMME « ÉLEVÉ » DANS L’ÉVANGILE DE JEAN

 

Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, de même il faut que le Fils de l’homme soit élevé. Jean 3. 14.

Nous trouvons à trois reprises, dans l’Évangile de Jean, une affirmation au sujet du Fils de l’homme « élevé » ( 3. 14 ; 8. 28 ; 12. 32 à 34). Dans ces trois occasions, c’est le Seigneur Jésus Lui-même qui le déclare, et il est évident d’après Ses paroles qu’Il parle de Sa mort prochaine sur la croix. Le Seigneur le mentionne en premier lieu dans Sa conversation avec Nicodème, un pharisien et un chef religieux des Juifs. Il est beau de voir ici Christ cherchant à sauver des âmes, comme c’est souvent le cas, en particulier dans l’Évangile de Jean. Il explique à Nicodème qu’il doit être né de nouveau – une chose que cet homme sincère avait de la peine à comprendre (ch. 3. 4 et 9). Le Seigneur lui fait alors le récit du serpent d’airain que Moïse avait dressé dans le désert. Nicodème devait bien connaître ce passage de Nomb. 21. 4 à 8.
Les fils d’Israël avaient été mordus par des serpents à cause de leur péché contre l’Éternel, ce qui est une image de la condition de pécheur de l’homme, et du pouvoir de Satan sur l’homme (cf. Éph. 2. 1 à 3). Cependant Dieu avait fourni le remède : un serpent d’airain, élevé. L’airain, dans la Bible, parle souvent du jugement inflexible de Dieu sur le péché. Oui, Satan a été jugé sur la croix ; c’est dans ce but que le Fils de Dieu a été manifesté (1 Jean 3. 8 ; Héb. 2. 14 ; Jean 16. 11). Tout Israélite regardant vers la perche serait guéri et vivrait. En appliquant ce type au cœur de Nicodème, le Seigneur Jésus lui a dit que, quand Moïse a élevé la perche portant le serpent d’airain, c’était une image de Lui-même, le Fils de l’Homme, élevé sur une croix. Tous ceux qui croient en Lui ne périront pas, mais ils auront la vie éternelle (Jean 3. 14 et 15).

Jésus leur dit : « Quand vous aurez élevé de Fils de l’homme, alors vous connaîtrez que c’est moi » . Jean 8. 28.

C’est ici la deuxième occasion, dans cet Évangile, où le Seigneur parle d’être élevé – et expressément, qu’ils L’élèveraient comme Fils de l’homme. Le terme Fils de l’homme était souvent employé par le Seigneur Jésus en rapport avec Sa réjection et Ses souffrances – ou quand Il parlait de la gloire de Sa seconde venue et de Son royaume. Les souffrances et la gloire de Christ sont les deux éléments qui caractérisent ce nom. On peut le voir dans la première et dans la dernière mention du Fils de l’Homme, dans le Nouveau Testament. Et il est remarquable que dans les deux cas il s’agit toujours de notre Seigneur.
Dans la première mention, le Seigneur Jésus répond à une affirmation d’un éventuel disciple disant qu’il désirait suivre le Seigneur (Mat. 8. 19 et 20). Christ lui répond que les animaux ont leurs lieux de repos mais que Lui, comme étant le Fils de l’Homme rejeté, n’avait pas « un lieu où reposer Sa tête ». Dans la dernière mention du Fils de l’Homme, nous voyons la tête du Seigneur mentionnée de nouveau : Jésus porte sur la tête une couronne d’or (Apoc. 14. 14). Le temps est venu de moissonner la terre. Le Fils de l’Homme viendra avec puissance et une grande gloire (Mat. 24. 30 ; Dan. 7. 13 et 14). Ces références montrent à la fois Ses souffrances et Sa gloire.
En Jean 8, le Seigneur parle longuement avec les Pharisiens. Ces critiques religieux ne comprenaient absolument pas le Seigneur Jésus. Il leur dit : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme », annonçant la part qu’ils auraient dans Sa crucifixion. Qu’il est solennel, humainement parlant, que l’humanité soit responsable de la mort de Christ ! Mais aussi, « vous connaîtrez que c’est moi» : c’est par cela qu’ils pouvaient savoir qu’Il était réellement Celui qu’Il disait être – quelle grâce ! En fait, même lorsqu’Il parlait d’être élevé, « plusieurs crurent en lui » (Jean 8. 30).

Et moi, si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même. Or il disait cela pour indiquer de quelle mort il allait mourir. Jean 12. 32 et 33.

C’est ici la troisième et dernière référence relative au Fils de l’Homme élevé, dans l’Évangile de Jean. Cette affirmation est une réponse à la demande de quelques Grecs de « voir Jésus » (Jean 12. 21). Le Fils de l’Homme devait d’abord être glorifié par Sa mort sur la croix (v. 23). Cependant l’heure s’approchait où Il serait glorifié, et le Seigneur était « troublé » à cette pensée – bien-aimé Seigneur Jésus ! Nous trouvons ensuite une remarque qui en a rendu plusieurs perplexes : « Et moi, si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même ». Cela veut-il dire que tous les hommes seront sauvés comme résultat de la mort de Christ sur la croix ? – Certains, en effet, ont employé ce verset comme prétexte pour enseigner la fausse doctrine de l’universalisme.
Ce verset peut être compris de deux manières. D’une part, dans l’Évangile de Jean, il est insisté particulièrement sur la mission de Christ envers le monde entier, « Car Dieu a tant aimé le monde » (Jean 3. 16). Il avait « d’autres brebis » qui n’étaient pas de la bergerie du Judaïsme (Jean 10. 16). D’autre part, en Matthieu, Marc et Luc, Sa mission est présentée comme concernant plus exclusivement le peuple juif. (Mat. 10. 5 et 6). L’expression « tous les hommes » dans ce texte se réfère au fait que le dessein de Dieu était de sauver, non seulement les Juifs, mais aussi des personnes de toutes les nations. Il est le Centre d’attrait pour tous, non pas seulement pour Israël.
En second lieu, tous les hommes seront amenés à Dieu en jugement parce que le Fils de l’Homme a été élevé : « tout genou se plie » (Phil. 2. 10). En fait, le Seigneur venait de dire : « Maintenant, c’est le jugement de ce monde » (Jean 12. 31). Que ce soit en jugement ou en salut, Dieu sera glorifié par le fait que le Fils de l’Homme a été élevé sur la croix. Avez-vous ployé les genoux devant Lui comme Seigneur ? Alors, inclinons-nous aussi devant Lui aujourd’hui en adoration !

 

D’après B. Reynolds
The Lord is near Décembre 2021

 

CORONA 60

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CORONA 60

En attendant qu’Il vienne

 

« Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; s’il en était autrement, je vous l’aurait dit, car je vais vous préparer une place. Et si je m’en vais et que je vous prépare une place, je reviendrai et je vous prendrai auprès de moi, afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi » (Jean 14. 2 et 3). « Et quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui est pur » (1 Jean 3. 3).
Lorsque le Seigneur approchait du moment de Son départ, Il entretient Ses disciples de la nécessité de croire en Lui (Jean 14. 1), de demeurer attachés à Lui, le vrai cep (Jean 15. 4) et de ce qui leur arriverait après Son départ (Jean 16. 2). Puisque le Seigneur doit les quitter, Il ne les laissera pas orphelins ni sans secours, Il leur enverra le Consolateur, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir et « qui procède du Père » (Jean 14. 17 ; 15. 26). L’Esprit Saint viendrait faire Sa demeure en eux et le Seigneur leur promet une intimité : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14. 23). Quelle perspective ! Les Personnes divines venant habiter dans les croyants ! Une présence qui est et sera éternelle (Jean 14. 16).
Les disciples croyaient en Dieu, c’était bien, mais leur Maître les place en face de ce qui va arriver et les exhorte par ces mots : « Croyez aussi en moi » (Jean 14. 1). Il les prévient : « vous serez tous scandalisés ; car il est écrit : « Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées » (Marc 14. 27 – Zach. 13. 7). Celui qui était venu du ciel, « le Messie, qui est appelé le Christ » (Jean 4. 25), les avait choisis pour marcher avec Lui, et maintenant Il devait les quitter. L’Esprit de Christ en avait parlé longtemps à l’avance par les prophètes : « le Messie sera retranché » (Dan. 9. 26). Comme les fils d’Israël rejetaient l’Envoyé de Dieu pour leur salut, Jésus devait s’en aller et retourner en Son lieu, « jusqu’à ce qu’ils se reconnaissent coupables et recherchent sa face » (Osée 5. 15). Mais il y a un aspect plus important, lié au rejet de Christ, et annoncé par Ésaïe, à savoir que le Sauveur devait accomplir l’œuvre de la purification des péchés, qu’Il devait être meurtri et soumis à la souffrance ; qu’Il livrerait « son âme en sacrifice pour le péché » (És. 53. 10).
Lors de son dernier voyage, en se dirigeant vers Jérusalem, le Seigneur, accompagné des douze disciples, avait traversé Jéricho et fait une halte dans la maison de Zachée. Dans la foule qui les suivait, plusieurs avaient été scandalisés de ce que Jésus était entré chez un pécheur, alors Il leur dit : « le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19. 10). « Comme ils entendaient cela, Jésus ajouta une parabole, parce qu’il était près de Jérusalem, et qu’ils pensaient, eux, que le royaume de Dieu allait immédiatement paraître. Il dit donc : Un homme de haute naissance se rendit dans un pays éloigné, pour recevoir un royaume et revenir » (v. 11 et 12). Cette parabole annonçait qu’il y aurait un intervalle entre Sa présence sur la terre au milieu d’eux et Son apparition en gloire pour régner (És. 59. 20 ; Zach. 14. 1 à 7). Comme ce royaume, attendu par les fidèles, devait être reporté, Jésus entretient Ses disciples des raisons de Son départ : « je vais vous préparer une place. Et si je m’en vais et que je vous prépare une place, je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi » (Jean 14. 2 et 3). Où donc allait-Il ? « Il était venu de Dieu, et s’en allait à Dieu », « son heure était venue pour passer de ce monde au Père » (Jean 13. 1 à 3). Il y avait beaucoup de places dans la maison du Père, mais l’accès y était fermé aux hommes pécheurs. Pour qu’ils puissent y entrer, il fallait que le Christ souffre la mort de la croix, qu’Il soit ressuscité et reçu dans la gloire du ciel. C’est en ce sens que le Seigneur dit : « Si je m’en vais et que je vous prépare une place, je reviendrai ». Du côté de Dieu, tout est fait, la place est prête, l’Homme Christ Jésus a été reçu dans la gloire ! De notre côté, Dieu nous demande de nous reconnaître pécheurs et d’accepter par la foi que le Seigneur Jésus a « été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification » (Rom. 4. 25).
Le Seigneur reviendrait pour chercher les disciples et les prendre auprès de Lui, dans la maison du Père. Cela voulait dire qu’ils ne participeraient pas au royaume sur la terre mais que, lorsque le Fils de l’homme se sera assis sur le trône de Sa gloire, eux aussi seront « assis sur douze trônes, jugeant les douze tribus d’Israël » (Mat. 19. 28). Plusieurs passages nous montrent que ce sera dans le ciel. Ce Jésus, qu’ils ont connu avec un corps comme le leur, ils L’ont revu dans un corps de résurrection et ils Le connaîtront dans un corps glorifié. Ce qui est précieux, c’est que tous les croyants endormis en Jésus, depuis la Pentecôte jusqu’à l’enlèvement, seront ressuscités et unis à nous les vivants qui demeurons, pour être enlevés au ciel et paraître comme « l’épouse, la femme de l’Agneau » (Apoc. 21. 9). Les saints de l’ancienne économie, eux aussi, participeront au règne, mais dans la partie céleste du royaume (Dan. 7. 22).
En attendant l’apparition du Seigneur en gloire, les disciples ont vécu, comme nous aussi, avec la promesse d’entrer dans la maison du Père : « afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi » leur avait dit Jésus. L’apôtre Paul, conduit par l’Esprit Saint, écrivant aux Thessaloniciens et aux Corinthiens, donne une vision claire de la destinée céleste des croyants depuis Adam jusqu’au retour du Seigneur. L’apôtre Jean a reçu aussi une information concernant ceux qui mourront dans la période de la grande tribulation.
« Car si nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité, de même aussi, avec lui, Dieu amènera ceux qui se sont endormis par Jésus. Voici, en effet ce que nous vous disons par la parole du Seigneur : nous, les vivants, qui restons jusqu’à la venue du Seigneur, nous ne devancerons en aucune façon ceux qui se sont endormis. Car le Seigneur lui-même, avec un cri de commandement, avec une voix d’archange et avec la trompette de Dieu, descendra du ciel ; et les morts en Christ ressusciteront en premier lieu ; puis nous, les vivants qui restons, nous serons enlevés ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air : et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thess. 4. 14 à 17 ; 1 Cor. 15. 51 et 52 ; Apoc. 20. 4).
Que cette espérance glorieuse nous attache au Seigneur qui a dit : « Et voici je viens bientôt ».

 

RÉELLEMENT MORTS AU PÉCHÉ

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Notre vieil homme a été crucifié avec lui… afin que le corps du péché soit annulé, pour que nous ne soyons plus asservis au péché.
Considérez-vous vous-mêmes comme morts au péché, mais comme vivants à Dieu dans le Christ Jésus. Rom. 6. 6 et 11.

 

RÉELLEMENT MORTS AU PÉCHÉ

 

Chacun de nous a le péché qui habite en lui dès sa naissance. Ce mauvais désir est la source de toutes les pensées, les paroles et les actions par lesquelles nous péchons. Cela à de fâcheuses conséquences : depuis le début, tous les hommes sont des pécheurs devant Dieu, n’ayant aucune puissance pour résister aux sollicitations du péché en eux.
Cependant, à la conversion, un changement fondamental s’opère. Quiconque croit en Jésus Christ est mort au péché. Dieu met la mort de notre Sauveur au bénéfice de ceux qui sont convertis – qui ont cru en Lui – et les considère comme étant morts au péché. Cela se manifeste de trois façons :
1. Notre « vieil homme » a été crucifié. Le « vieil homme », c’est ce que quelqu’un était avant la conversion, quand il était dominé par le péché. En tant que croyants, nous savons maintenant que notre vieil homme a été condamné à la croix. Nous sommes donc maintenant dans une nouvelle position devant Dieu : non plus des pécheurs, mais des personnes justifiées.
2. Nous en avons fini avec le « corps » du péché, c’est-à-dire l’asservissement au mauvais désir de pécher. Avant notre conversion, nous péchions dans notre corps humain. Nous ne pouvions pas faire autrement. Mais la puissance du péché en nous a été vaincue. Parce que nous sommes morts au péché, celui-ci ne domine plus sur nous.
3. Nous ne servons plus le péché. Cela caractérise la vie après la conversion. En tant que croyants, nous sommes capables de résister et de ne pas céder aux exigences de ces désirs produits par le péché et de vivre à l’honneur et à la gloire de Dieu.

 

D’après « The Good Seed » avril 2021

 

PORTER SA CROIX

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Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et me suive. Mat. 16. 24

 

PORTER SA CROIX

 

L’expression « porter sa croix » semble sous-entendre que chacun doit supporter sa propre part de problèmes et de souffrances sur la terre, afin d’obtenir la faveur de Dieu dans l’au-delà.
En réalité, quand Jésus exhorte à Le suivre en portant chacun sa propre croix, Il Se réfère à la coutume romaine de l’époque, selon laquelle les condamnés à la crucifixion devaient porter eux-mêmes leur croix jusqu’au lieu du supplice. Et en fait il est écrit : « Et il (Jésus) sortit, portant sa croix, [et s’en alla] au lieu appelé [lieu] du crâne… où ils le crucifièrent » (Jean 19. 17 et 18).
Quand on voyait passer un homme avec la croix sur les épaules, deux choses étaient évidentes :
– Les plaisirs que l’esprit du monde peut procurer n’avaient plus aucun pouvoir sur cet homme : étant tout près de la mort, il n’était plus concerné par toutes ces choses.
– Même s’il avait eu des capacités qui auraient pu le rendre encore utile à la société, en tant que condamné on n’attendait plus rien de sa personne et personne ne voulait plus avoir quoi que ce soit à faire avec lui.
L’apôtre Paul fait allusion à cela lorsqu’il affirme que, dès lors qu’il s’était identifié avec Jésus Christ crucifié, il n’avait plus rien à faire avec le monde et que le monde n’avait plus rien à faire avec lui (Gal. 6. 14). Paul n’avait plus rien en commun avec la société sans Dieu de son époque.
Voila la relation dans laquelle la croix de Jésus nous place, en tant que chrétiens, à l’égard de ce monde organisé sous l’autorité de Satan. C’est à nous de vivre cette relation concrètement, « portant notre croix » pour suivre Jésus !
Nous ne serons pas perdants car, si nous sommes morts au monde, toutefois nous pouvons nous considérer comme « vivants à Dieu dans le Christ Jésus » (Rom. 6. 11) et « notre vie est cachée avec le Christ, en Dieu » (Col. 3. 3).
Dans cette nouvelle condition, nous serons des témoins vivants de Jésus dans ce monde.

 

D’après « Il buon seme » avril 2021

 

DIEU COMPTE LE NOMBRE DES ÉTOILES !

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C’est lui… qui compte le nombre des étoiles : à elles toutes il donne des noms. Notre Seigneur est grand et d’une grande puissance ; son intelligence est sans bornes. Ps. 147. 4 et 5.
C’est lui qui guérit ceux qui ont le cœur brisé, et qui bande leurs plaies. Ps. 147. 3.

 

DIEU COMPTE LE NOMBRE DES ÉTOILES !

 

Qui d’entre nous, par une nuit particulièrement claire, n’a pas admiré le ciel étoilé et n’a pas ressenti une sensation de vertige devant l’immensité de l’univers ? En fait, cet espace illimité dépasse tout ce que l’esprit humain peut concevoir.
À l’œil nu, il est possible de découvrir quelques milliers d’étoiles, mais les scientifiques estiment que, dans l’univers, il en existe des milliards de milliards. Et cependant, la Bible affirme que Dieu, non seulement en connaît le nombre exact, mais qu’Il donne un nom à chacune d’elles ! (Ps. 147. 4)
Comment peut-on ne pas reconnaître la grandeur infinie et la majesté du Créateur ? C’est justement par Ses œuvres que Dieu démontre Son existence et Sa puissance.
« Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue annonce l’ouvrage de ses mains » (Ps. 19. 1).
« Ce qui ne se peut voir de lui (Dieu), [savoir] Sa puissance éternelle et sa divinité, se discerne par le moyen de l’intelligence, par les choses qui sont faites » (Rom. 1. 20).
En considérant la grandeur de Dieu, on pourrait en déduire qu’Il est un Dieu lointain qui ne s’intéresse pas à Sa créature. Mais nous avons cité le psaume 147 où il est écrit : « C’est lui qui guérit ceux qui ont le cœur brisé, et qui bande leurs plaies ». Dieu n’est pas lointain et inaccessible. Non ! Il est le Créateur tout-puissant mais Il est aussi le Dieu d’amour et de compassion. Il a envoyé Son Fils unique, Jésus Christ, qui est venu sur la terre comme un homme pour sauver Sa créature perdue à cause du péché.
Vous qui avez le cœur brisé par les épreuves de la vie, venez à Jésus Christ. Il est mort sur la croix pour vous, dans la faiblesse et la souffrance, Lui qui, étant Dieu, est l’Auteur de la Création. « … le Fils… étant le resplendissement de la gloire de Dieu et l’empreinte de sa substance, et soutenant toutes choses par la parole de sa puissance, ayant fait par lui-même la purification des péchés, s’est assis à la droite de la majesté dans les hauts lieux » (Héb. 1. 3).
Oui, Il est maintenant dans le ciel, mais Il est en même temps tout près de ceux qui L’aiment. Il a dit à Ses disciples : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à l’achèvement du siècle » (Mat. 28. 20).
Reconnaissez vos péchés devant Lui et acceptez-Le comme votre Sauveur. Il deviendra votre fidèle ami, et vous expérimenterez, comme tant d’autres vrais chrétiens avant vous, qu’Il guérira votre cœur brisé et essuiera vos larmes !

 

D’après « Paroles de grâce et de vérité »

 

QUE SAVEZ-VOUS DU PÉCHÉ ?

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Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. Rom. 3. 23.
Celui qui n’a pas connu le péché [Jésus Christ], {Dieu] l’a fait péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en lui. 2 Cor. 5. 21.

QUE SAVEZ-VOUS DU PÉCHÉ ?

La notion de péché est peu connue aujourd’hui, et chacun a sa propre opinion sur ce qu’est le péché. L’un estimera qu’il s’agit d’un concept du Moyen Âge, introduit par l’Église de l’époque afin d’épouvanter les fidèles et de les garder attachés à la religion. Un autre soutiendra que cette question ne l’intéresse pas, et qu’elle ne concerne que les assassins, les voleurs, les criminels, c’est-à-dire tous ceux qui méritent la prison. Un autre encore ajoutera que la notion du péché dépend de la civilisation, de la culture et des époques auxquelles on se réfère. Heureusement – pense-t-on – les peines sont aujourd’hui moins rigoureuses qu’autrefois.
Cependant, ce qui compte, ce n’est pas tellement la façon dont nous définissons le péché, mais bien la façon dont Dieu le voit. Il nous le montre dans la Bible, et Il le juge. Le péché, c’est toute action humaine qui ne tient pas compte de la volonté divine. Ce qui est écrit dans la Parole de Dieu, et l’exemple de Christ, comme aussi Ses paroles, établissent ce qu’est la volonté de Dieu pour nous, ce qu’Il approuve ou ce qui, au contraire, est inacceptable à Ses yeux.
Dieu est saint et juste, et comme tel Il ne peut pas faire autrement que de condamner le péché, même si cela peut nous paraître inconcevable. Sur la base de l’œuvre accomplie à la croix par Jésus Christ, mort à notre place, Dieu pardonne le pécheur – mais à une seule condition, qu’Il nous exhorte à respecter : « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés » (Act. 3. 19). La grâce et le pardon de Dieu sont accordés gratuitement à chacun, pourvu qu’il reconnaisse qu’il en a besoin en tant que pécheur, qu’il croie au Seigneur Jésus et qu’il L’accepte comme son Sauveur personnel.

 

D’après « Il buon seme » avril 2021