SAUVÉ EN PRISON

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SAUVÉ EN PRISON

 

Décembre 1825. Dans sa prison, après avoir maudit Dieu et les hommes, l’accusé, épuisé de fatigue, se jeta sur sa paillasse. Avec violence, il clamait son innocence, mais personne ne le croyait. Qui était-il ? Un jeune noble russe accusé à tort d’avoir participé à un complot dirigé contre l’empereur.
Le neuvième jour de sa détention, un chrétien vint le visiter et tenta de lui apporter les consolations de l’évangile. Une explosion de colère et un rire moqueur furent la seule réponse du prisonnier. Avant de se retirer le visiteur lui remit une Bible que celui-ci repoussa d’un coup de pied. Le livre resta à terre plusieurs jours, mais pour chasser l’ennui, le prisonnier se décida à l’ouvrir au hasard. Et il lut : « Invoque-moi au jour de la détresse : je te délivrerai et tu me glorifieras » (Ps. 50. 15). Il ferma le volume. Pourtant, la Parole divine agit malgré lui dans son cœur et, le lendemain, dès le lever du jour, il reprit la Bible. Plus il lisait, plus la lumière pénétrait en lui. S’il n’était pas coupable devant la justice des hommes, il était coupable devant Dieu. Il découvrait tout à la fois : sa culpabilité de pécheur et le Sauveur que Dieu lui avait donné. Ayant trouvé la paix avec Dieu, il écrivit à ses parents :
– Vous avez appris par les journaux que je suis condamné à être pendu le 15 février prochain. Ne pleurez pas. Je ne crains pas la mort. « Je sais qui j’ai cru ». Je désirerais beaucoup vous revoir avant de mourir, mais puisque cela m’est refusé, je me soumets. Que Dieu, qui m’a donné la liberté dans mes chaînes, vous console…
14 février 1826. A la maison, une famille accablée de douleurs ; dans une cellule, le prisonnier et son visiteur en prière.
Avant l’aube, des voix et des pas résonnent dans le couloir de la prison. Le cœur du prisonnier battit plus fort. La porte s’ouvrit, et sur le seuil un homme de loi, une lettre à la main, se présenta. On venait de trouver sur un conspirateur un document ainsi libellé : « Nous avons tout fait pour enrôler W., le jeune noble, mais tout a été inutile ; il veut rester fidèle au souverain ». Preuve certaine de l’innocence du condamné qui fut aussitôt libéré.
« Invoque-moi au jour de la détresse : je te délivrerai » (Ps. 50. 15). C’est la première parole que Dieu lui adressa. La délivrance paraissait impossible, mais le Dieu d’amour se proposait d’accomplir une double délivrance, de l’âme d’abord, du corps ensuite.

D’après Almanach Évangélique 1980

 

MATHÊTRIA MAGAZINE

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MATHÊTRIA

Le magazine Mathêtria paraît tous les trois mois. Il s’adresse particulièrement aux jeunes femmes chrétiennes. Comme son nom l’indique, mathêtria signifie : femme disciple !

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Quatre numéros sont disponibles sur:

 

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Bonne lecture !

AUX ÎLES FIDJI

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AUX ÎLES FIDJI

 

Aborder aux îles Fidji était autrefois chose dangereuse ; le capitaine Bertram ne s’y aventurait qu’en cas de nécessité absolue ; ce jour-là, il ne pouvait hésiter : la provision d’eau douce était épuisée, les vivres même venaient à manquer.

Navigateur expérimenté, le capitaine en savait long sur la population des îles Fidji. Ces îles de corail étaient habitées par de cruels cannibales qui avaient déjà réservé une mort effroyable à maints étrangers. Aussi n’était-il pas en humeur de plaisanter lorsque, accompagné de quelques hommes armés, il quitta son navire et monta dans le canot qui l’amena jusqu’à la rive.

Les indigènes avaient promptement aperçu l’embarcation et nombreux furent ceux qui vinrent accueillir le canot. Le capitaine sauta à terre. Un homme d’apparence étrange s’approcha de lui, un homme de haute taille et vêtu presque à l’européenne. C’était le chef de la tribu. Le capitaine fut encore plus surpris lorsque cet homme lui tendit la main et lui cria en anglais : « Sois le bienvenu, mon frère ». Le capitaine ébahi ne put prononcer un seul mot, tandis que l’homme, se tournant vers ses gens, leur criait : « Un homme qui arrive du pays des chrétiens ».

Bertram comprit alors que ces insulaires, si redoutables autrefois, étaient devenus chrétiens, si bien qu’un homme venant « du pays des chrétiens » était pour eux « un frère bienvenu ».

– Maintenant, dit l’indigène, c’est l’heure à laquelle nous prononçons la prière du soir. Rassemblez-vous ; aujourd’hui c’est notre frère du pays des chrétiens qui fera la prière du soir.
A ces mots, le capitaine fut effrayé.
– Je ne peux pas, répondit-il.
L’indigène le regarda avec surprise :
– Crains-tu que mes gens ne te comprennent pas ? Bien sûr, ils ne savent pas l’anglais, mais je traduirai.
Bertram devenait de plus en plus embarrassé. Les choses de la mer, il les connaissait à fond, mais de la Bible, il ne savait rien, il ne s’était jamais occupé des choses de Dieu. Comment ferait-il la prière du soir ?
Il restait honteux devant le chef qui ne comprenait pas ce qui le gênait. Il ne pouvait dire un mensonge à un si honnête homme, seule une confession franche et ouverte s’avérait utile et nécessaire.
– Ma mère priait avec moi, finit-il par dire, lorsque j’étais enfant. Puis elle est morte, je me suis embarqué sur mer et j’ai oublié la Parole de Dieu.
– Oublier la Parole de Dieu ? répéta l’indigène qui n’en croyait pas ses oreilles. Peut-on posséder un pareil trésor et l’oublier ? Les Blancs sont vraiment des hommes étranges.
– Tu crois pourtant à notre Seigneur Jésus-Christ ? poursuivit l’insulaire, les yeux fixés sur le marin.
Le capitaine, à cet instant, eut l’impression d’être en face d’un tribunal et ressentait soudain le vide qui était en lui. Il eut honte en présence de ces indigènes encore jeunes dans leur foi ; il était pourtant incapable d’un détour et, secouant la tête, il murmura un « non » confus.
Une profonde douleur se répandit aussitôt sur les traits du chef et une sincère compassion s’exprima sur son visage lorsqu’il s’écria :
Un homme des pays chrétiens, et il ne croit pas en notre Seigneur Jésus-Christ !
Puis il fit signe à ses hommes et ceux-ci le suivirent sur une colline ombragée de superbes palmiers d’où la vue s’étendait au loin sur la pleine mer. Comme chaque soir, le chef pria mais cette fois il pria en anglais par égard pour son hôte étranger. Jamais le capitaine Bertram n’avait assisté à une cérémonie aussi impressionnante ; il ne pouvait détourner ses yeux de ces hommes sauvages qui se recommandaient pour la nuit à la protection divine avec un pareil sérieux. Quelle onction dans la prière de ce chef ! Il parlait comme avec un ami présent, invoquant la protection et la bénédiction de Dieu sur tout son peuple ; il pria aussi pour l’étranger blanc, si misérable au point de vue spirituel, et demanda à Dieu de secourir ce frère qui, bien qu’élevé dans un pays chrétien, ne croyait pas en Jésus-Christ.
– Seigneur Jésus, dit-il, ne le laisse pas s’éloigner de notre île sans t’avoir trouvé.

Ainsi se termina la prière du soir et tout redevint tranquille sous les palmiers. Les insulaires fidèles prièrent peut-être encore silencieusement, tandis que le capitaine priait aussi… pour la première fois depuis longtemps.

Le lendemain, lorsqu’il tendit la main au chef indigène, il put lui dire, d’un cœur ému et reconnaissant :
– Ta foi est la mienne.

D’après Almanach évangélique 1978

 

LE FIL DE L’ARAIGNÉE

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Si vous vous livrez vous-mêmes à quelqu’un pour lui obéir comme des esclaves, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez. Rom. 6. 16.
Si donc le Fils [de Dieu] vous affranchit, vous serez réellement libres. Jean 8. 36.

LE FIL DE L’ARAIGNÉE

Ma profession m’obligeait à être souvent en déplacement. Mes absences pesaient à ma famille. Un jour, à mon retour, ma fillette eut l’idée de me ligoter, afin que je ne puisse plus m’en aller. S’emparant d’une bobine de fil, elle se mit à la dévider en tournant autour de moi. Après quelques tours, elle s’arrêta, triomphante  : « Papa, essaie si tu peux te délivrer  ! » J’aurais pu casser les quelques fils avec la plus grande facilité, mais je ne voulais pas gâter le plaisir de l’enfant. Elle sautilla à nouveau autour de moi, la bobine à la main. « Peux-tu t’évader  ? » Je fis mine d’essayer en vain, ce qui la ravit. Et elle continua de m’emprisonner, tout heureuse. Enfin, je voulus briser mes liens, mais c’était trop tard. Ce qui aurait été un jeu d’enfant au début m’était devenu impossible, le nombre de fils qui m’entouraient à présent étant trop grand. « Te voilà prisonnier  ! » jubilait la petite en battant des mains. Je dus, bon gré, mal gré, appeler ma femme à la rescousse.
Cette anecdote rappelle la technique de l’araignée qui, pour neutraliser sa proie, l’entortille dans un fil très fin mais très résistant, et assez long pour la paralyser complètement. Le diable utilise aussi cette technique, amenant peu à peu sa proie à prendre des habitudes dont elle ne peut plus se débarrasser et à tomber dans des addictions fatales. Mais il n’est jamais trop tard pour crier à Dieu et obtenir la libération. « Invoque-moi au jour de la détresse  : je te délivrerai » (Ps. 50. 15).

 

D’après la Bonne Semence Décembre 2018
Éditeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com)

 

LA NATURE A HORREUR DU VIDE

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Ils m’ont abandonné, moi, la source des eaux vives, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées qui ne retiennent pas l’eau. Jér. 2. 13.
Que la parole du Christ habite en vous richement. Col. 3. 16

 

LA NATURE A HORREUR DU VIDE

 

Cette phrase a traversé les siècles sans perdre de sa valeur. Elle est attribuée au philosophe grec Aristote, et illustre une loi de la nature, qui veut que tout espace soit rempli de quelque chose. Le même principe s’applique à notre vie spirituelle.
Dans l’évangile selon Matthieu (12. 43 à 45) Jésus parle d’une maison, autrefois occupée par un démon, puis débarrassée de son occupant. Balayée et décorée, elle ne reste vide que peu de temps  : des démons plus méchants que le premier viennent pour occuper l’habitation.
Chrétiens, cette image nous montre que si notre cœur n’est pas occupé du bien, tourné vers le Seigneur, il le sera d’autre chose. Nous ne pourrons faire autrement que d’être remplis des futilités qu’offre le monde, de ses joies passagères, ou pire, de toutes les impuretés qui s’y étalent au grand jour.
Si nous voulons être préservés du mal et de la corruption ambiante, nous devons penser à Christ, à ce qui est « en haut » (Col. 3. 2), à tout ce qui est vrai, honorable, juste, pur, aimable (Phil. 4. 8). L’apôtre Paul priait pour que le Christ habite, par la foi, dans le cœur des croyants, et qu’ils soient « enracinés et fondés dans l’amour », et « remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu » (Éph. 3. 18 et 19). Son cœur en était rempli parce qu’il avait été « saisi par le Christ » (Phil. 3. 12).
Donnons toujours plus de place dans notre vie au Seigneur Jésus qui a dit  : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera  ; nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14. 23).

D’après la Bonne Semence Décembre 2018
Éditeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com)

 

1 ROIS 17

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1 Rois 17

 

« Et Élie, le Thishbite, d’entre les habitants de Galaad, dit à Achab : L’Éternel, le Dieu d’Israël, devant qui je me tiens, est vivant, qu’il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie, sinon à ma parole. Et la parole de l’Éternel vint à lui, disant : Va-t’en d’ici, et tourne-toi vers l’orient, et cache-toi au torrent du Kerith, qui est vers le Jourdain. Et il arrivera que tu boiras du torrent, et j’ai commandé aux corbeaux de te nourrir là. Et il s’en alla et fit selon la parole de l’Éternel, il s’en alla et habita au torrent du Kerith, qui est vers le Jourdain. Et les corbeaux lui apportaient du pain et de la chair le matin, et du pain et de la chair le soir, et il buvait du torrent. Et il arriva, au bout de quelque temps, que le torrent sécha, car il n’y avait pas de pluie dans le pays. Et la parole de l’Éternel vint à lui, disant : Lève-toi, va-t’en à Sarepta, qui appartient à Sidon, et tu habiteras là ; voici, j’ai commandé là à une femme veuve de te nourrir. Et il se leva et s’en alla à Sarepta ; et il vint à l’entrée de la ville ; et voici, il y avait là une femme veuve qui ramassait du bois ; et il lui cria et dit : Prends-moi, je te prie, un peu d’eau dans un vase, afin que je boive. Et elle s’en alla pour en prendre. Et il lui cria et dit : Prends-moi dans ta main, je te prie, un morceau de pain. Et elle dit : L’Éternel ton Dieu est vivant, que je n’ai pas un morceau de pain cuit, rien qu’une poignée de farine dans un pot, et un peu d’huile dans une cruche ; et voici, je ramasse deux bûchettes, afin que j’entre, et que je prépare cela pour moi et pour mon fils ; puis nous le mangerons et nous mourrons. Et Élie lui dit : Ne crains point ; va, fais selon ta parole ; seulement fais-moi premièrement de cela un petit gâteau, et apporte-le-moi ; et, après, tu en feras pour toi et pour ton fils ; car ainsi dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : Le pot de farine ne s’épuisera pas, et la cruche d’huile ne manquera pas, jusqu’au jour où l’Éternel donnera de la pluie sur la face de la terre. Et elle s’en alla, et fit selon la parole d’Élie. Et elle mangea, elle, et lui, et sa maison, toute une année. Le pot de farine ne s’épuisa pas et la cruche d’huile ne manqua pas, selon la parole de l’Éternel, qu’il avait dite par Élie » (v. 1 à 16).

On peut aussi lire dans l’évangile de Luc. C’est le Seigneur Jésus qui parle. « En vérité, je vous dis qu’aucun prophète n’est reçu dans son pays. Et, en vérité, je vous dis qu’il y avait plusieurs veuves en Israël, aux jours d’Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois, de sorte qu’il y eut une grande famine par tout le pays ; et Élie ne fut envoyé vers aucune d’elles, sinon à Sarepta de la Sidonie vers une femme veuve » (4. 24 à 26).

Ces passages, il me semble, nous encouragent, quel que soit le temps dans lequel nous sommes parvenus. Comme nous l’avons compris c’est le moment où il y a un homme particulièrement méchant et corrompu qui règne sur ce pays. Il est dit : « Achab, fils d’Omri, fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, plus que tous ceux qui avaient été avant lui » (1 Rois 16. 30). De sorte que nous voyons dans l’Écriture qu’Israël tout entier est dans une très mauvaise posture, il se détourne de plus en plus de son Dieu sous la férule d’Achab qui est un très mauvais exemple pour eux. Le roi à ce moment-là avait une influence ou très bonne ou très fâcheuse sur tout le peuple qui était le peuple de Dieu. Dieu a préparé, dans sa grâce fidèle, comme nous le verrions à plusieurs reprises dans ces périodes si douloureuses du livre des Rois, quelqu’un qui va venir de sa part pour secourir ce peuple dans la misère, dans une situation désespérée. C’est une période en effet où la sacrificature et la royauté sont complètement dans le désordre, mais Dieu dans son amour leur envoyait encore des prophètes. Ici nous avons ce prophète tout à fait extraordinaire, remarquable, qui est venu de la part de Dieu, Élie, le Thishbite. Il est simplement dit qu’il faisait partie des habitants de Galaad. Nous nous souvenons certainement que Galaad appartenait aux deux tribus et demie. Elles sont restés de l’autre côté du Jourdain alors qu’elles auraient dû entrer dans le pays. Ici Dieu se sert de quelqu’un en communion étroite avec lui. Il vient devant Achab, ce qui était, une démarche très dangereuse en soi quand on connaît la méchanceté d’Achab et surtout de sa femme Jésabel qui le poussait à mal faire. Et puis il leur dit la vérité, il dit qu’il vient de la part de « l’Éternel, le Dieu d’Israël, devant qui je me tiens ». Il leur annonce, si on peut dire, un terrible jugement qui n’avait rien de commun. « L’Éternel, le Dieu d’Israël devant qui je me tiens » : il pouvait parler ainsi, parce qu’il était un homme de Dieu, il avait une vie de sainteté et de séparation du mal, une vie aussi d’obéissance et de dépendance. On voit cela d’une façon touchante dans la vie de cet homme. On peut dire qu’il est vraiment un envoyé de la part de Dieu. « L’Éternel devant qui je me tiens » : voilà une expression extrêmement précieuse. Nous pourrions demander au Seigneur qu’il nous aide à rester dans ces dispositions-là : se tenir devant Lui, chercher sa volonté pour la faire. Alors ici Élie annonce « qu’il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie, sinon à ma parole ». Comme on l’a lu tout à l’heure, ça été trois ans et demi, quelque chose, on peut dire, de presque insupportable. On pourrait s’étonner de la fermeté d’Élie. Il faut qu’il soit, comme on a rappelé, un envoyé de l’Éternel et qu’il ait Sa force en lui. Quand même la Parole de Dieu nous aide à comprendre et je crois que nous pouvons lire ce passage. Pourquoi est-ce qu’Élie est si courageux ? Pourquoi ne craint-il pas de rendre témoignage devant cet homme ? On trouve cela dans l’épître de Jacques, au chapitre 5. Déjà au v. 16 il est dit : « la fervente supplication du juste peut beaucoup ». C’est ce que la Parole de Dieu vient nous dire et qui doit nous encourager beaucoup à la prière. « Élie était un homme ayant les mêmes passions que nous » (v. 17), dans un sens on dirait « un homme ordinaire », il avait des points sur lesquels il avait beaucoup besoin de lutter, il était aidé du Seigneur. Mais voilà il avait aussi une ressource merveilleuse, chers amis. C’est aussi la nôtre et on peut se demander sérieusement devant le Seigneur si nous en usons assez : c’est la prière. Paul dit : « Priez sans cesse » (1 Thess. 5. 17). On peut dire qu’ici nous avons la clé de ce qui a caractérisé la vie d’Élie. C’est qu’il a prié avec instance « qu’il ne plût pas, et il ne tomba pas de pluie sur la terre durant trois ans et six mois ». Cet homme avait du discernement et l’intelligence de la pensée de Dieu. Le moment est ensuite venu où « il pria de nouveau, et le ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit » (v. 18). Donc il y a eu, un service de prière permanent. Combien nous pourrions demander au Seigneur qu’il accorde à chacun de nous qui connaissons le Seigneur et qui avons cette ressource constante à notre disposition, de prier sans nous lasser. Nous avons évidemment l’exemple suprême avec le Seigneur Jésus lui-même quand il était sur la terre. Bien sûr il avait une dépendance et une proximité de Dieu qui dépassent celles de tout homme sur la terre, mais nous sommes appelés à marcher sur ses traces. Nous voyons combien de fois le Seigneur savait se mettre à l’écart pour prier. En particulier on se souvient de la fois où il a prié toute une nuit avant de choisir ses disciples.

Revenons au livre des Rois. Nous voyons que sitôt qu’Élie a eu délivré son message, il en a reçu un autre de la part de Dieu. « La parole de l’Éternel vint à lui, disant : Va-t’en d’ici, et tourne-toi vers l’orient, et cache-toi au torrent du Kerith, qui est vers le Jourdain » (versets 2 et 3). Une chose qui frappe beaucoup chez ce serviteur, c’est qu’il est très dépendant et obéissant. Voilà qu’il reçoit un commandement précis de la part de Dieu qui lui dit : « Va, cache-toi ». Il est intéressant de comparer avec le chapitre 18 où, là aussi « la parole de l’Éternel vint à Élie, la troisième année, disant : Va, montre-toi à Achab, et je donnerai de la pluie sur la face de la terre ». Va, cache-toi ; va, montre-toi. Là aussi je crois que le Seigneur voudrait nous donner de comprendre que Dieu n’a pas la même manière de compter que nous certainement, mais ce qui est important c’est qu’avec son secours nous nous trouvions là où il veut et au moment où il le veut. Là c’était un temps pour se cacher, non pas pour être inactif et perdre de vue le service de la prière. Mais il fallait quand même se cacher, se cacher au torrent du Kerith. Dieu annonce à son serviteur comment il va prendre soin de lui puisqu’il lui dit : tu boiras du torrent et il annonce qu’il a commandé aux corbeaux de le nourrir là. Immédiatement Élie obéit. Il s’en est allé, il a habité au torrent du Kerith qui allait au Jourdain, selon la pensée de Dieu. Nous avons cette surprise, dans un sens, si du moins nous avons quelque idée concernant les corbeaux, c’est que ce sont des oiseaux connus pour leur voracité, pour leur inconstance et aussi le fait qu’ils ont un comportement très irrégulier. Dans Job au chapitre 39. 3 il est dit que Dieu prépare la nourriture pour les petits du corbeau. Ce sont des oiseaux qui ne sont pas habituellement d’un commerce bien agréable. Mais ici nous voyons un exemple merveilleux de ce que Dieu fait. Toutes choses le servent dans ce monde, ne l’oublions pas (Ps. 119. 91). Et ici il commande à ces corbeaux qui vont s’occuper d’une manière extrêmement régulière du prophète, qui viendront le matin et qui viendront le soir, qui lui apporteront de la chair et du pain. Ensuite il a l’eau du torrent, du moins au début de cette période parce que nous devons retenir qu’il était entré dans une période où il n’y aurait ni pluie ni rosée, de sorte que ces choses les plus nécessaires à la vie, étaient sujettes à disparaître. Nous voyons aussi la communion qu’à Élie avec son Dieu, il lui fait entièrement confiance. Il peut y avoir dans notre vie une période où les choses, on pourrait dire, les plus évidentes, semblent manquer définitivement. Mais notre Dieu a des ressources vraiment bénies et qu’il tient à la disposition des siens. Au fond il nous faut plus réaliser que jamais ce qu’on chante dans un beau cantique : « Ah ! sans la marche de la foi, ma vie est languissante ». C’est évidemment une chose capitale. Nous voyons ici qu’Élie a une confiance entière en Dieu et Celui-ci se sert de moyens plus qu’inattendus avec ces corbeaux qui font leur service. Voilà que Dieu permet qu’au bout de quelque temps le torrent sèche. Il n’y avait pas de pluie dans le pays. C’est quelque chose de très sérieux, un moment très solennel pour chacun. Chers amis, nous aussi nous pouvons avoir dans nos vies des torrents, de puissants torrents, comme était ce torrent de Kerith et Dieu permet que ces torrents – par lesquels nous avons reçu de la part de Dieu beaucoup de bénédiction, peut-être cela vient de notre famille, de l’assemblée, ou même de notre travail – Dieu peut permettre que ces torrents sèchent. Il nous faut comprendre que c’est le chemin que Dieu a choisi pour nous. Le chemin qu’Il nous fait suivre, c’est toujours le meilleur. Peut-être que nous n’en sommes pas du tout conscients sur le moment. Dans la présence de Dieu nous le comprendrons vraiment : le Seigneur l’a choisi pour notre bénédiction. La terre est le lieu où les pourquoi se posent ; au ciel, nous recevrons les réponses. Dieu le montrera certainement à chacun, et ce sera pour lui un sujet de louange ; il devrait en être déjà ainsi maintenant. Dans le ciel nous verrons que toutes choses travaillaient ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu. Il y a ces torrents où nous avons trouvé de l’eau fraîche pendant un certain temps. Nous trouvons dans Jérémie que ces eaux fraîches viennent de loin (18. 14), du ciel directement. Dieu se sert de différentes choses pour bénir notre âme, si nous nous tenons près de lui. Dieu change sa façon de faire mais s’il le fait, c’est pour notre bien.

La parole de Dieu, à nouveau, vient vers Élie et il lui donne un commandement assez surprenant. Nous avons lu dans l’évangile de Luc (ch. 4) qu’il y avait plusieurs veuves en Israël à ce moment-là. Le Seigneur Jésus dit que ce n’est pas vers elles qu’Élie est envoyé. Humainement, et même au point de vue religieux, c’est surprenant. Il choisit cette veuve qui est en Sidonie, un pays très idolâtre. Il fallait s’y rendre, c’était un long voyage. Elle habitait à Sarepta. On voit par la Parole qu’elle n’avait plus rien. Elle décrit elle-même sa situation. Elle est venu ramasser quelques brindilles de bois comme font les pauvres et voulait s’en servir pour faire un dernier repas avec son fils et puis, elle le dit : « nous mourrons ». Le prophète entre en contact avec elle. Dieu a déjà travaillé dans son cœur, elle n’en pas du tout conscience. Dieu dit à son serviteur : « j’ai commandé ». Il avait commandé aux corbeaux, et à présent « commandé là à une femme veuve de te nourrir ». Il faut faire entièrement confiance au Seigneur. Combien souvent – à notre honte – nous avons des doutes dans nos cœurs, nous manquons de certitudes, nous oublions que nous avons à faire au Souverain, qui est omnipotent, omniscient, omniprésent, parfaitement le Maître sur toutes choses. C’est notre Dieu. Quel bonheur ! Cette femme veuve dit à Élie : « l’Éternel ton Dieu est vivant, que je n’ai pas un morceau de pain cuit, rien qu’une poignée de farine dans un pot, et un peu d’huile dans une cruche » (verset 12). Il semblait qu’il n’y avait plus d’espoir. Mais Dieu fait toujours des merveilles. Combien de fois certainement nous en avons déjà fait l’expérience dans des circonstances extrêmement difficiles. Le Seigneur était là ; si nous savions nous appuyer sur lui, nous n’aurions absolument rien à craindre. Ce n’est pas toujours notre cas, chers amis, pourtant nous en avons grandement besoin. Crions à Lui, prions avec instance, demandons-Lui d’intervenir et Il le fera.
Le prophète se tient à l’entrée de la ville, il dit à cette femme : « Prends-moi, je te prie, un peu d’eau dans un vase, afin que je boive ». C’est une chose tout à fait normale à laquelle elle est encore disposée. Et au moment où elle s’en va, il crie encore : « Prends-moi dans ta main, je te prie, un morceau de pain ». Cette si simple requête suffit pour amener cette femme à ouvrir réellement son cœur, ce que nous faisons difficilement, chers amis. Il y a quelqu’un qui est toujours prêt à nous écouter et nous n’avons pas besoin de faire toujours les choses à voix haute, bien au contraire.
Nous pouvons toujours aller dans notre chambre, fermer la porte et là nous pourrons parler au Seigneur, sans crainte, Il nous reçoit dans son amour. Il est précieux de savoir qu’Il ne change pas ! Nous pouvons avoir bien sûr des peines, des torrents qui sèchent, mais Lui désaltère toujours.
La veuve dit : voilà, je n’ai plus rien, pas même un morceau de pain cuit, je n’ai qu’un peu de farine et un reste d’huile. Ce récit nous rappelle d’autres circonstances similaires : on n’a pas toujours une appréciation juste, bien loin de là ; ce que nous avons n’est rien à nos yeux. Mais Dieu peut faire beaucoup avec peu et il le fait ici avec le peu de farine dans un pot et un reste d’huile. Ce qui semblait sans attrait ni importance, Dieu va s’en servir. Tout se passe au moment où le pays d’Israël connaît une grande famine, Achab va chercher à manger pour ses chevaux au lieu de s’occuper de ses frères juifs etc. Il y a des choses qui sont racontées dans les chapitres suivants, mais nous voyons ici une chose extraordinaire. On est dans un pays idolâtre, nous avons à faire à une veuve qui, au départ en tout cas, ne connaissait certainement pas Dieu, mais Il va se révéler à elle et mettre de la foi dans son cœur. Élie lui dit : « ne crains point » (verset 13) ce qui paraît être une parole extraordinaire au moment où elle dit : Nous allons manger un peu pour la dernière fois et mourir.

Chers amis, nous connaissons sans doute pour la plupart très bien ces mots qui se trouvent un peu partout dans toute l’Écriture, une parole pour chaque jour : C’est une assurance, nous nous appuyons sur Lui. En dehors de Lui, tout est incertain. Un verset, dans le psaume 11, dit : « Si les fondements sont détruits, que fera le juste ? » (verset 3). Peut-être que nous éprouvons, à juste titre, que les « fondements » sur cette pauvre terre sont complètement ébranlés. Le Seigneur vient dire à chacun, comme Élie le disait à la veuve « Ne crains point » ; va, fais selon ta parole ; seulement – c’était le point important – fais-moi premièrement de cela un petit gâteau ».

Il demande qu’elle lui fasse un petit gâteau. Il semble impensable de demander de retirer le peu de nourriture qu’elle a de la bouche de son enfant. Cependant, il faut que sa « disponibilité » à obéir soit manifestée autour d’elle ; qu’il soit clair qu’elle est prête à répondre à Dieu et à son prophète à ce qu’il lui demandait de lui donner premièrement. Élie lui dit : « fais-moi premièrement de cela un petit gâteau, et apporte-le-moi ; et, après, tu en feras pour toi et pour ton fils ». Et il lui dit : « car ainsi dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : Le pot de farine ne s’épuisera pas, et la cruche d’huile ne manquera pas, jusqu’au jour où l’Éternel donnera de la pluie sur la face de la terre ». Sa foi encore faible, s’en s’empare : elle l’accepte. Demandons au Seigneur de mettre dans nos cœurs des dispositions similaires à celles de cette veuve.
Il y a un verset dans Hébreux 11 qui est extrêmement important : « sans la foi il est impossible de lui plaire » (verset 6). Souvenons-nous que le Seigneur nous appelle à marcher par la foi – non pas par la vue – C’est pourtant ainsi que de pauvres incrédules marchent sur cette terre. On comprend qu’ils soient souvent désespérés.
Cette veuve et sa maison ainsi que le prophète mangent toute une année. Ce que Dieu a promis, s’accomplit. Chers amis, il faut serrer dans nos cœurs ce beau verset 16 : « Le pot de farine ne s’épuisa pas et la cruche d’huile ne manqua pas, selon la parole de l’Éternel, qu’il avait dite par Élie ». Dans sa Parole qui est entre nos mains, il y a des promesses. Les nôtres sont « les très grandes et précieuses promesses » comme elles sont appelées dans la 2ème épître de Pierre (1. 4). Elles sont à notre disposition : il faut que notre foi s’en empare. Sachons bien que le Seigneur voudrait nous bénir, comme il le fait ici. Mais ce qui peut le retenir c’est la présence de doutes dans notre cœur. Nous n’avons pas toujours pleinement confiance dans le Seigneur. Je le dis en pensant à cet homme qui demandait au Seigneur Jésus de s’occuper de son fils. Le Seigneur lui demande : « Crois-tu que je puis faire cela ? » L’homme répond : « Je crois, viens en aide à mon incrédulité » (Marc 9. 24). Peut-être avons-nous besoin de parler ainsi ce soir au Seigneur : Tu vois, Seigneur, il y a tant de choses dans ma vie à ma honte, je me suis souvent laissé aller à avoir le même comportement que les hommes de ce monde. C’est un grand danger. Il y a des façons de vivre en s’appuyant sur des choses qui se voient mais aussi sur des personnes importantes. Au fond on ne se confie pas en Dieu. Cela devrait-il être notre cas ? Certainement pas. Je pense que ce que nous lisons ici est très pratique, très utile et que le Seigneur nous le rappelle. C’est ce que nous lui demandons.

On peut peut-être prolonger encore un peu la lecture avec le dernier paragraphe dans le chapitre 17 de 1 Rois. « Et il arriva, après ces choses, que le fils de la femme, maîtresse de la maison, tomba malade ; et sa maladie devint très forte, de sorte qu’il ne resta plus de souffle en lui. Et elle dit à Élie : Qu’y a-t-il entre moi et toi, homme de Dieu ? Es-tu venu chez moi pour mettre en mémoire mon iniquité et faire mourir mon fils ? Et il lui dit : Donne-moi ton fils. Et il le prit de son sein, et le monta dans la chambre haute où il habitait, et le coucha sur son lit. Et il cria à l’Éternel, et dit : O Éternel, mon Dieu ! as-tu aussi fait venir du mal sur la veuve chez laquelle je séjourne, en faisant mourir son fils ? Et il s’étendit sur l’enfant, trois fois, et il cria à l’Éternel, et dit : Éternel, mon Dieu ! fais revenir, je te prie, l’âme de cet enfant au-dedans de lui. Et l’Éternel écouta la voix d’Élie, et fit revenir l’âme de l’enfant au-dedans de lui, et il vécut. Et Élie prit l’enfant, et le descendit de la chambre haute dans la maison, et le donna à sa mère. Et Élie dit : Vois, ton fils vit. Et la femme dit à Élie : Maintenant, à cela je connais que tu es un homme de Dieu, et que la parole de l’Éternel dans ta bouche est la vérité » (v. 17 à 24).

Toutes ces choses furent pour Élie une expérience de vie très particulière. Tout d’abord il est sous la menace d’Achab et Dieu prend soin de lui en lui disant de se cacher et en lui assurant aussi qu’il veillera sur lui. Il lui dit : « cache-toi au torrent du Kerith, qui est vers le Jourdain. Et il arrivera que tu boiras du torrent, et j’ai commandé aux corbeaux de te nourrir là ». Élie saisit la parole de Dieu, il comprend que Dieu l’envoie au torrent du Kerith. Ensuite le torrent sèche. Élie est envoyé à Sarepta vers la femme veuve et là c’est quelque chose de très différent que d’être nourri par des corbeaux. Il est mis en contact, en relation avec une personne. Certainement Dieu veut faire par le moyen du prophète beaucoup plus que de le nourrir au torrent du Kerith. Il veut bénir une personne. Il faut qu’Élie soit utile à cette âme. Nous avons deux fois dans ces passages le verbe « commander ». Dieu avait commandé aux corbeaux et il commande à la femme veuve. Lorsque la femme dit qu’elle n’a que ce peu de ressources pour nourrir le prophète ; déjà la solution est annoncée et donnée à la femme veuve. Élie la connaît. Dieu a décidé de multiplier la pauvre ressource, la foi le saisit et ensemble ils font cette merveilleuse expérience. Mais ensuite les choses deviennent beaucoup plus difficiles. On peut dire que c’est un évènement qui fait dans un sens tout s’écrouler. Tout allait si bien jusqu’ici, et pour l’un et pour l’autre, pour ces trois personnes, pour Élie qui était nourri chaque jour, pour la veuve et l’enfant qui survivaient. Tout s’écroule du fait de la chose la plus terrible qui est sur la terre : la mort. Ici il s’agit de la mort de l’enfant. Nous voyons aussi qu’à deux reprises l’enfant est mis en péril. D’abord il est sur le point de mourir de faim et ensuite il meurt de maladie. Ce Dieu dont Élie était le témoin, qui était-il donc ? Pouvait-il faire une chose pareille ? Il faut que ces trois personnes apprennent à connaître le Dieu de toute grâce. C’est pour Élie une très grande épreuve de foi, parce que le problème qu’il a devant lui est plus grand que tous les autres. Ce n’est pas seulement sa survie personnelle, son malheur personnel mais le malheur de ceux qui lui ont fait du bien qui est en jeu, c’est aussi la crédibilité du Dieu de grâce, du Dieu parfait. Dieu peut-il faire une chose pareille ? Comment Élie va-t-il affronter une chose aussi terrible ? Cette fois-là, dans cette nouvelle circonstance, Dieu ne lui dit pas du tout quelle est la solution, il ne lui dit pas : tu peux prier pour cet enfant ; Moi, c’est sûr, je vais le ramener à la vie, Je vais le ressusciter. Élie n’a que la foi pour avancer, il a ce moyen de la prière, que nous avons évoqué, pour avancer dans cette situation extrême qui pour lui-même est inexplicable parce qu’il dit : « O Éternel, mon Dieu ! as-tu aussi fait venir du mal sur la veuve ? ». Mais Élie peut s’entretenir avec Dieu de ce problème. Et c’est aussi un grand encouragement pour nous. On peut toujours s’entretenir avec Dieu de nos problèmes et de ce que nous ne comprenons pas. Nous pouvons Lui en parler et c’est déjà une grande prière que de le faire. Ensuite Élie exprime une prière précise pour la résurrection de cet enfant et d’après la description qui nous est donnée, ce n’est pas une courte prière. Quand il est parlé d’une prière instante dans le passage que nous avons lu dans l’épître de Jacques, la petite note e dit : c’est une prière instante, répétée, persévérante. Il se peut que Dieu suscite cela dans nos cœurs, que nous ne fassions pas seulement une prière une fois, mais plusieurs fois. Nous savons par l’exemple de l’apôtre Paul que Dieu peut aussi nous arrêter à moment donné, peut-être spécialement dans des choses qui nous concernent nous-mêmes. Quand nous prions pour quelqu’un, Dieu nous amène à répéter plusieurs fois la prière. Ce n’est pas que Dieu n’entend pas la première prière, mais il se laisse certainement implorer avec respect. On n’arrache rien à Dieu. Il y a peut-être des attitudes, parfois des comportements de prière, dans certaines circonstances où l’on voudrait arracher quelque chose à Dieu. Ce n’est pas une instante prière. Une instante prière est toujours une prière avec ferveur, mais aussi de soumission, pleine de soumission. Donc ici, cette dernière expérience, on peut dire la plus difficile pour Élie, est celle qui est dans un sens le plus grand témoignage. Non, non, Dieu n’est pas du tout un Dieu qui veut faire venir du mal sur la veuve. Et puis ce n’est pas du tout un Dieu qui cherche l’iniquité de la veuve. Nous voyons aussi dans les épreuves que l’on peut avoir, toutes les pensées qui peuvent monter dans notre tête, des pensées sur Dieu qui ne sont pas du tout justes, ce ne sont pas de bonnes pensées. On peut chercher des explications. De toute manière il y a beaucoup de choses que nous ne comprenons pas. Alors ne cherchons pas toujours à tout éclaircir, mais faisons vraiment confiance à Dieu. Répandons notre âme devant lui. C’est ce qu’Anne a fait si bien dans le 1er livre de Samuel. Elle a répandu son âme devant Dieu, un Dieu qui donne la vie.

Réunion Novembre 2018

UNE PRIÈRE EXAUCÉE

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UNE PRIÈRE EXAUCÉE

 

Dans la première moitié du 19ème siècle vivait dans un petit village du Jura suisse, un homme dont la piété a laissé un souvenir béni à tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître. C’était un paysan, cultivant avec sa famille un petit domaine de maigre rapport.
Cet homme avait été converti à Jésus Christ par les écrits de César Malan, pasteur à Genève. Aussi son désir le plus vif était-il de réunir assez d’argent pour faire le voyage à Genève, pour voir Malan et s’entretenir avec lui des choses du salut et surtout lui exprimer de vive voix sa profonde gratitude pour tout le bien qu’il lui avait fait par ses écrits et par ses cantiques. Chaque année le brave paysan jurassien mettait de côté l’argent nécessaire pour entreprendre le voyage pour Genève. Mais ses gains étaient petits et, toutes les fois qu’il avait réuni une somme suffisante survenait un événement : grêle, perte de bétail, incendie, qui le forçait à employer d’une autre manière l’argent destiné au voyage à Genève.
Il avait souvent demandé à Dieu de lui permettre de voir César Malan avant de mourir, mais les années avaient passé, le paysan avait vieilli, la maladie l’avait visité et depuis bien des mois il était étendu sur un lit de souffrances sans espoir de guérison.
Ce fut justement à cette époque, dans les années 1850 à 1860 que César Malan, traversa le Jura en se rendant à Bâle et que, en chemin, il s’arrêta dans l’hôtel du petit village en question pour y prendre un repas.
Selon son habitude César Malan posa à la jeune fille qui le servait la question :
Avez-vous trouvé en Jésus Christ la paix de votre âme ?
Sans répondre directement à sa question et sans doute pour faire dévier l’entretien, la jeune fille lui dit :
– Ah, Monsieur, vous parlez tout à fait comme notre vieux voisin ; un homme bien sympathique, lui aussi nous parle toujours de notre âme, mais il est maintenant bien malade, il va mourir à ce qu’on dit.
Malan pria alors la jeune servante de le conduire auprès du vieillard.
– C’est un ami chrétien qui vient vous voir, cher monsieur, lui dit Malan mais sans se nommer ; je vais à Bâle et j’ai appris à l’hôtel que vous aussi vous aimez le Seigneur Jésus.
La conversation s’engagea et devint bien vite intime.
– Ah, monsieur, finit par dire le vieillard, je meurs en paix, plein de confiance en mon Sauveur. Il a été si bon pour moi toute ma vie. Tout ce que je lui ai demandé il me l’a accordé, toutes mes prières il les a exaucées, sauf une seule…
Et un voile de tristesse passa sur le visage du vieillard.
– Et quelle est cette demande qu’il n’a pas exaucée, demanda le visiteur ?
– Eh bien, voilà, je lui ai souvent demandé de me permettre de voir avant de mourir César Malan, de Genève. Car c’est lui, monsieur, qui a été, par ses écrits, l’instrument béni de ma conversion. Oh ! j’aurais tant aimé le voir ; que de fois j’ai économisé pour faire le voyage à Genève, mais chaque fois aussi le Seigneur a mis un empêchement sur ma route. Maintenance me voilà trop vieux et trop malade pour y songer.
Des larmes se mirent à couler sur ses joues amaigries. Le voyageur lui aussi était profondément ému. Il saisit dans les siennes la main du mourant et très doucement lui dit :
Dieu est bon, cher ami, il exauce aussi votre dernière prière. Je suis César Malan.
Dire la joie et la reconnaissance du vieillard serait impossible. Entre ces deux hommes une amitié solide et profonde venait de naître, aussi ne se quittèrent-ils que fort tard dans la soirée en se donnant rendez-vous dans l’éternité.
Les deux amis, en effet, ne devaient pas se revoir ici-bas ; le vieillard fut repris peu après et César Malan devait le rejoindre auprès du Seigneur quelques années plus tard en 1864.

D’après l’Almanach évangélique 1979

 

JETTE TON PAIN SUR LA FACE DES EAUX

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JETTE TON PAIN SUR LA FACE DES EAUX

 

Septembre 1854, au commencement de la guerre de Crimée. Le port de Toulon est en grande animation. Les drapeaux flottent en haut des mâts. La musique militaire retentit. Des soldats sont en train d’embarquer pour l’Orient. Certains plaisantent pour se distraire et refouler le regret de quitter leur pays et leurs familles. Au milieu du tumulte, un humble colporteur offre des Bibles et des Nouveaux Testaments aux soldats. Certains refusent poliment, d’autres se moquent, ou le repoussent.
Mais il a la satisfaction de trouver quelques soldats mieux disposés. Parmi eux, un jeune homme paraissait très désireux de posséder une Bible, et, comme il se déclarait pauvre, le colporteur lui offrit un bel exemplaire à moitié prix. Hélas ! Il n’avait pas un centime à y mettre et pourtant il désirait tellement cette Bible ! Le colporteur hésitait, car les instructions de sa société biblique l’obligeaient à vendre les Bibles, ne serait-ce que pour un prix minime, pour éviter qu’elles ne soient gaspillées, si elles étaient données gratuitement. Les supplications du jeune homme l’emportèrent. Le colporteur lui donna la Bible. A sa stupéfaction, il vit aussitôt le soldat et ses camarades éclater de rire:
– Votre Bible ne m’intéresse pas ! dit-il. J’avais fait le pari de l’obtenir sans payer un centime. En fait, elle me rendra quand même service ; elle me servira à allumer ma pipe, et je vais tout de suite en fumer une en votre honneur, continua le soldat en déchirant la première page.
Le pauvre colporteur, ridiculisé, eut un instant de découragement. Mais la parole de l’Écriture lui revint : « Jette ton pain sur la face des eaux, car tu le trouveras après bien des jours » (Eccl. 11. 1).
Il reprit sa tâche en continuant à proposer ses Bibles. Un peu plus tard, dans un endroit solitaire, il demanda instamment à Dieu de pardonner à ce jeune homme et de bénir cet exemplaire de sa Parole.

Dix-huit mois plus tard. Beaucoup de soldats partis de Toulon étaient tombés autour de Sébastopol ou avaient été victimes de terribles épidémies… Notre colporteur venait d’arriver dans un petit village de France. Il demanda une chambre à l’aubergiste. Au lieu de trouver les hôtes empressés à le recevoir, il les vit profondément tristes, car ce jour même avait eu lieu l’enterrement de leur fils unique. Ce fils était parti tout joyeux pour la Crimée, mais des nuits passées dans les tranchées humides, les fatigues et les privations avaient miné sa santé ; il était revenu au pays mais était mort quelques semaines après.
– Nous voyions bien qu’il allait mourir, dirent ses parents. Lui-même nous en avertissait souvent ; mais à notre grand étonnement, tandis que nous étions inconsolables, et que tout le village s’affligeait avec nous, il était heureux et ne craignait pas de mourir !
– Sûrement, dit le colporteur que ce récit intéressait visiblement, il avait une raison pour ne pas craindre la mort ?
– Ah, il possédait un livre qui s’appelle la Bible. Il le lisait sans cesse et nous disait qu’il avait trouvé là le secret pour mourir en paix.
– Voulez-vous me monter cette Bible ? demanda le colporteur.
On la lui apporta ; en l’ouvrant il vit que les vingt-cinq premières pages avaient été déchirées. Sur le revers de la couverture il trouva écrit ces paroles : « J’ai reçu cette Bible sur le port de Toulon ; je m’en suis d’abord moqué, mais le… j’ai commencé à la lire ; j’ai cru, et le … j’ai trouvé la paix avec Dieu ».
Ce soir-là, le colporteur, assis devant son maigre souper, repassait dans son cœur les paroles qui quelques mois auparavant avaient été pour lui une mise à l’épreuve de sa foi et qu’il voyait maintenant accomplies : « Jette ton pain sur la face des eaux, car tu le trouveras après bien des jours ». Il rendit grâces à Dieu tout en écrivant précieusement ce récit dans son journal personnel.

D’après Almanach évangélique 1979

 

LE VERRE NE CASSA PAS

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LE VERRE NE CASSA PAS

Ce récit est authentique, il nous montre que pour sa gloire, Dieu répond à la foi. Cependant nous n’avons pas à tester notre foi en demandant à Dieu de faire des choses sensationnelles.

 

Chaque année, à la même date, notre professeur de chimie s’arrangeait à prononcer quelques mots pour narguer ceux qui croyaient à l’efficacité de la prière. A la fin de la dernière heure du cours, il disait : « A propos, y a-t-il quelqu’un ici qui croie en la prière ? Je veux vous expliquer ce que je vais faire ». Il se levait, tournait autour de la table, prenait un verre et le levait. Précisons que le plancher de la salle était en béton. Il ajoutait : « Si l’un d’entre vous croit en la prière, qu’il prie pour que ce verre ne se casse pas quand je le laisserai tomber. Je tiens à ce que vous sachiez que toutes vos prières, les prières de vos parents et de vos pasteurs ne pourraient empêcher ce verre de se casser en tombant ». Pendant quinze ans il avait parlé et fait de même.
J’étais déjà près de mes examens finaux lorsqu’un certain étudiant de première année fut renseigné sur les habitudes du professeur Lee. Il s’informa si vraiment il n’y avait personne dans cette école qui soit un croyant. On lui donna mon nom et il vint un jour me trouver dans ma chambre.
– Vous êtes bien Dick Harvey ? demanda-t-il en entrant.
– Oui, répondis-je.
– Croyez-vous en la prière ?
– Oui.
– Je suis converti depuis peu de temps, et Dieu m’a montré que je dois résister au professeur Lee. Je viens donc vous demander de prier pour que Dieu me donne le courage au moment voulu, et je vous demande encore de prier pour que le verre ne se casse pas.
– Entendu, dis-je, je prierai avec vous.
Avant de partir, il ajouta :
– Jésus a promis que, si deux sont d’accord, la chose sera faite (Mat. 18. 19). C’est une affirmation, il n’y a pas de « peut-être ».
Au jour fixé et comme le moment crucial approchait, je pénétrai dans la salle de cours et m’assis derrière l’auditoire. Je tremblais, le cœur rempli de crainte. Lorsque M. Lee dit : « Y a-t-il quelqu’un qui croie à la prière ? », le jeune homme se leva au milieu de trois cents étudiants, et dit :
– J’y crois.
– Ah ! répondit le professeur, c’est vraiment intéressant : un gars qui croit que Dieu répond aux prières !
Puis d’un ton sarcastique, en se tournant vers l’étudiant, il ajouta :
– Croyez-vous vraiment que Dieu répond à vos prières ?
– Oui, je suis certain que Dieu répondra à ma prière.
– Bien, dit le professeur. Peut-être vaut-il mieux pour vous que je vous explique ce que je vais faire.
Il accomplit les mêmes gestes, expliqua qu’il allait laisser tomber ce verre qui se casserait en mille morceaux, et que rien, ni dans le ciel ni sur la terre, ne pourrait l’empêcher de se casser. Puis il se tourna vers le jeune homme et posa sa question :
– Voulez-vous vraiment prier ?
– Oui, monsieur Lee.
– Bien, répondit le professeur, c’est intéressant, nous serons tous très respectueux pendant que ce jeune homme prie. Êtes-vous prêt ?
– Il y a longtemps que je suis prêt.
– Bien dit le maître, mettez-vous en face et priez ; nous inclinerons tous la tête.
Le jeune homme leva les yeux au ciel et dit :
– Père céleste, au nom de Jésus, je te remercie de ce que tu m’as entendu. Pour ta gloire et au nom de ton Fils, Jésus-Christ, ne permets pas que ce verre se casse. Amen.
M. Lee prit le verre, le leva, le lâcha. Mais Dieu changea la trajectoire de la chute : au lieu de tomber droit en bas, il toucha la pointe du soulier du professeur, roula par-dessus, et le verre ne se cassa pas…
M. Lee, après cette expérience, ne recommença plus et ne railla plus au sujet de la prière. Bien des années plus tard, on parlait encore à l’université du verre qui ne s’était pas cassé.
Quant à moi, je rentrai dans ma chambre profondément humilié, je m’agenouillai devant mon lit en disant : « O Dieu, pourquoi n’ai-je pas tenu bon ? Pourquoi n’ai-je pas eu le courage de te rendre témoignage ? »

 

D’après Almanach Évangélique 1978

 

ROMPTS AVEC TES PÉCHÉS !

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Celui qui cache ses transgressions ne prospèrera pas, mais celui qui les confesse et les abandonne obtiendra miséricorde. Prov. 28. 13.

« ROMPTS AVEC TES PÉCHÉS ! »

 

A quoi sert-il que je confesse un péché si, le lendemain, je le commets à nouveau volontairement ? Il est vrai que la grâce de Dieu est intarissable, mais quiconque en a fait l’expérience ne persévèrera pas dans le péché et ne vivra plus une vie de péché (voir Rom. 6. 1 et 2 : « Allons-nous demeurer dans le péché afin que la grâce abonde ? – Absolument pas ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrons-nous encore dans le péché ? »
Le commandement « Romps avec tes péchés ! » est une parole que Dieu a adressée autrefois à un puissant monarque Babylonien. Il avait été averti dans un rêve et avait convoqué le prophète Daniel afin qu’il interprète pour lui le rêve qu’il avait fait.
Le prophète conclut par ces mots : « Que mon conseil te soit agréable ; romps avec tes péchés par la justice… si ce peut être un prolongement de ta paix » (Dan. 4. 27).
Aujourd’hui encore, des avertissements sérieux nous sont donnés dans le monde où nous vivons. Ils ne concernent pas seulement les autres ; nous avons, vous et moi, à être attentifs à ce que Dieu veut nous dire par cela ; il nous appelle à « cesser de mal faire, apprenez à bien faire ; recherchez le juste jugement » (És. 1. 16 et 17).
Tout cela est en rapport avec la paix et la justice, devant Dieu et dans toutes les sphères de la vie. Mais cela ne pourra se produire que si nous rompons avec nos péchés et recevons par la foi Jésus Christ dans notre vie. Nous recevons alors la force pour agir selon Sa volonté et la fermeté qui nous permettra de rejeter tout ce que Dieu appelle péché et qui conduit à la perdition.
« La grâce de Dieu… nous enseigne… (que) nous vivions dans le présent siècle sobrement, et justement, et pieusement » (Tite 2. 11 et 12).

 

The Good Seed décembre 2018