UNE QUITTANCE
UNE QUITTANCE
Un sénateur français vint se fixer à Paris pour quelque temps et loua un appartement pour lequel il paya d’avance un acompte sur le prix du loyer.
– Dois-je vous donner une quittance ? demanda le propriétaire.
– Non ! répondit le sénateur. Dieu a vu notre transaction.
– Croyez-vous donc en Dieu ? demanda l’homme, étonné.
– Assurément ! Et vous aussi, je pense.
– Ah ! non, Monsieur. Pas moi !
– Non ? Dans ce cas, donnez-moi une quittance.
D’après l’Almanach Évangélique 1942
UN SAUVETAGE AU NIAGARA
UN SAUVETAGE AU NIAGARA
Il y a bien des années, la population aux abords du Niagara, fut alertée un jour par des cris : Un homme dans le Niagara ! Un homme dans le Niagara !
Chacun se mit à courir sur le pont suspendu qui traverse le fleuve un peu en amont de la chute ; certains spectateurs s’étaient même juchés sur les rochers environnants.
Tout à coup quelqu’un cria : Le voilà ! Là-bas ! Il se cramponne à un rocher !
Il montrait du doigt un écueil qui émergeait à peine des eaux, plus bas que la chute, près de la rive américaine.
Là dessus la question se posa alors : y a-t-il moyen de le sauver ? Comment arriver jusqu’à lui ?
On apporta une longue échelle de corde qu’on lança dans la direction du malheureux, mais elle resta accrochée à des broussailles qui poussaient dans une anfractuosité à mi-hauteur ; il semblait tout à fait impossible de la dégager.
Une seconde question se posa alors :
Qui aura l’audace d’aller dégager l’échelle et d’arriver jusqu’à l’homme ?
C’était une entreprise des plus téméraires ; celui qui s’y risquerait ne pouvait le faire qu’au péril de sa vie.t
Après quelques instants d’attente, un jeune homme se présenta en disant simplement : J’irai.
Il se mit à descendre avec précaution les échelons branlants et libéra l’échelle des buissons qui la retenaient, si bien qu’elle tomba près de l’homme qu’il fallait sauver.
Mais comme elle n’était fixée nulle part, le sauveteur courait le plus grand danger d’être précipité lui-même dans les eaux tourbillonnantes.
Qu’il fît un faux pas, qu’il perdît tant soit peu l’équilibre et c’en était fait de lui. Il n’en poursuivit pas moins la périlleuse descente.
Enfin il atteignit l’endroit où la malheureuse victime de l’accident se blottissait, trempé jusqu’aux os et très affaibli par cette longue attente.
Le jeune homme planta son pied solidement sur le roc, retint l’échelle de toutes ses forces, puis, de l’autre main, il soutint le pauvre blessé et l’aida à gravir l’escalier branlant.
La montée fut bien plus laborieuse que la descente, mais à force de peine, les deux hommes parvinrent en haut. Des bras vigoureux les aidèrent à faire le dernier pas et des cris de joie, d’enthousiasme, des applaudissements sans fin leur souhaitèrent la bienvenue.
Ce récit nous rappelle en très petit, l’œuvre accomplie par le Seigneur Jésus en faveur des pécheurs.
Il descendit du ciel pour nous sauver et endura la colère de Dieu à cause de nos péchés. Il descendit jusqu’à nous.
Il ne resta pas à nous regarder, comme l’avaient fait les spectateurs du drame dont il s’agit ici, qui demeuraient sur la berge et se contentaient de pousser des cris d’encouragement.
Le Seigneur quitta la gloire du ciel et vint nous chercher à l’endroit même où nous gisions loin de Lui.
Il ne se contenta pas de nous apporter l’échelle qui nous aurait donné le salut, si nous avions pu la saisir – mais nous en étions incapables par nos faibles moyens ;Il nous aida par Sa propre puissance, pour nous permettre de gravir les échelons.
« Car Christ, alors que nous étions encore sans force, au temps convenable, est mort pour des impies. » (Rom. 5. 6)
Ne résistons pas à Ses sollicitations répétées ; que nos âmes défaillantes mettent en Lui toute leur confiance.
C’est ainsi que le Seigneur Jésus est venu Lui même à nous ; il n’y a donc personne qui n’ait le moyen de trouver le salut qu’Il offre gratuitement à tous les pécheurs.
Mais que l’on vienne à Lui avant qu’il ne soit trop tard !
D’après Almanach Évangélique 1949
POUR SON ENNEMI
POUR SON ENNEMI
Pendant la guerre de sécession qui divisa les États-Unis de 1861 à 1865, un soldat du nord tomba, grièvement blessé, devant les murs d’une ville du sud. A cause du feu intense, ses camarades ne purent le relever et il resta là, gisant, entre les deux armées opposée. La chaleur, la fièvre engendrée par ses blessures, lui donnaient une soif si ardente qu’il ne cessait de crier :
« De l’eau, de l’eau ! par pitié, quelqu’un ne m’apportera-t-il pas une goutte d’eau ? »
Enfin un lieutenant du camp adverse, n’y tenant plus, cria à ses hommes :
« Camarades ! je ne puis attendre. Je vais aller porter un peu d’eau à ce malheureux.
« N’en faites rien, lieutenant », fut la réponse unanime. « Vous n’en réchapperez pas ».
« Je le crois bien », répliqua le vaillant officier. Il attendit quelques instants, puis de nouveau l’appel déchirant se fit entendre :
« De l’eau ! de l’eau ! Pour l’amour de Dieu, apportez-moi de l’eau ! »
Les yeux du lieutenant se remplirent de larmes et il dit à ses soldats :
« C’en est trop. Je vais porter de l’eau à ce pauvre soldat, dussé-je mourir en chemin ».
Il remplit d’eau sa gourde et la suspendit à son côté. Puis, attachant un mouchoir blanc à une baïonnette, il la brandit par-dessus le mur derrière lequel sa compagnie se retranchait, dans l’espoir que les ennemis comprendraient son geste ; mais il n’en fut rien et le feu continua de plus belle. Il enjamba donc le mur malgré une vraie grêle de balles et descendit rapidement la pente pour porter secours au misérable blessé. Par un pur miracle il ne fut pas atteint. Il donna à boire au pauvre homme, puis l’installa de son mieux en l’adossant à son sac, et laissa la gourde sur sa poitrine, afin qu’il pût boire autant qu’il le voudrait. Après quoi il regagna son poste, acclamé par les soldats des deux armées. Ils avaient raison, car celui qu’il venait de soulager était son ennemi qui, dans le cours normal des circonstances, aurait pu tout aussi bien tuer l’homme qui lui rendait ce service, et un grand nombre d’autres avec lui.
Il y a plus de vingt siècles, le Seigneur Jésus quitta la demeure de Son Père pour descendre dans ce monde où Il voyait d’innombrables créatures, mortellement blessées sur le champ de bataille de la vie. Le poison du péché avait engendré chez tous une soif fiévreuse, une agitation sans trêve ni repos. Tous cherchaient la paix, sans la trouver jamais. « Il n’y a pas de paix, dit mon Dieu, pour les méchants » (És. 48. 22 ; 57. 21). C’est donc alors que le Fils de l’homme, non pas au risque de Sa vie, mais bien pour la donner, vint ici-bas afin d’étancher cette soif dévorante, en disant : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive » (Jean 7. 37). Et comment le monde a-t-il traité Celui qui venait lui apporter le salut ? Il Le rejeta, Le couvrit de mépris, Lui donnant à entendre qu’on n’avait pas besoin de Lui, alors qu’on voyait Son front couronné d’épines, Ses mains percées par les clous, Son côté déchiré par la lance du soldat.
Que dirait-on de ce soldat mourant de soif, si, au lieu d’accepter le breuvage que lui offrait le lieutenant, il l’avait repoussé en lui disant : « Arrière ! je ne veux pas de ce que vous m’apportez là ! » – « Mais », dirait l’autre, « ne voyez-vous pas que j’ai risqué ma vie pour vous donner une goutte d’eau ? » – « Peu importe » rétorquerait le blessé. « Je n’en veux pas ; je la refuse ». On dirait sûrement qu’un homme qui prendrait une attitude pareille mériterait de mourir de soif et tout le monde approuverait ce verdict. C’est pourtant là ce qu’ont fait les hommes du don de la grâce de Dieu ; ils ont préféré suivre chacun son propre chemin : « Nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin » (És. 53. 6). Peut-être n’est-ce pas un chemin aussi mauvais que d’autres ; peut-être n’est-il pas marqué par l’immoralité, par la fourberie. Il n’en reste pas moins que c’est votre chemin, non celui de Dieu.
Aucun homme n’est sauvé parce qu’il est bon, mais aucun homme n’est nécessairement perdu parce qu’il est mauvais, car « Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures » (1 Cor. 15. 3). Et maintenant retentit encore cette bonne nouvelle : « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé » (Rom. 10. 9).
D’après Almanach Évangélique 1945
NEUF JOIES
NEUF JOIES
1. La joie du salut. « Lequel, quoique vous ne l’ayez pas vu, vous aimez ; et, croyant en lui,…vous vous réjouissez d’une joie ineffable et glorieuse » (1 Pier. 1. 8).
2. La joie de la communion avec le Père et le Fils. « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous aussi vous ayez communion avec nous : or notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ. Et nous vous écrivons ces choses, afin que votre joie soit accomplie» (1 Jean 1. 3 et 4).
3. La joie qu’il y a à se nourrir de la Parole de Dieu. « Tes paroles se sont-elles trouvées, je les ai mangées ; et tes paroles ont été pour moi l’allégresse et la joie de mon cœur » (Jér. 15. 16).
4. La joie qu’il y a à garder Ses commandements. « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour… Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit accomplie » (Jean 15. 10 et 11).
5. La joie de voir une prière exaucée. « Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit accomplie » (Jean 16. 24).
6. La joie d’adorer le Seigneur. « Lui ayant rendu hommage, [les disciples] s’en retournèrent à Jérusalem avec une grande joie » (Luc 24. 52).
7. La joie du service. « Le Seigneur en désigna aussi soixante-dix autres, et les envoya deux à deux devant sa face dans toutes les villes et dans tous les lieux où il devait lui-même aller… Les soixante-dix s’en revinrent avec joie » (Luc 10. 1, 17).
8. La joie de souffrir pour Christ. « Ayant appelé les apôtres, ils leur enjoignirent, après les avoir battus, de ne pas parler au nom de Jésus Eux donc se retiraient de devant le sanhédrin en se réjouissant d’avoir été estimés dignes de souffrir des opprobres pour le nom » (Act. 5. 40 et 41). « Les Juifs… suscitèrent une persécution contre Paul et Barnabas… Et les disciples étaient remplis de joie. » (Act. 13. 50 et 52).
9. La joie de donner. « Le peuple se réjouit de ce qu’ils avaient offert volontairement, car ils offraient volontairement, d’un cœur parfait, à l’Éternel ; et aussi le roi David en eut une grande joie » (1 Chron. 29. 9).
D’après Almanach Évangélique 1943
LES PÉCHÉS DE LA LANGUE
LES PÉCHÉS DE LA LANGUE
Les péchés de la langue sont une forme très répandue d’assassinats qui, pour la plupart, demeurent impunis. En avez-vous commis ? Ne vous hâtez pas de répondre : Non ! Éprouvez votre vie devant Dieu ! Qu’on se rappelle cette affirmation du Seigneur : « Je vous dis que, de toute parole oiseuse qu’ils auront dite, les hommes rendront compte au jour du jugement ; car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné » (Mat. 12. 36 et 37). Que de monceaux de péchés sont ainsi accumulés !
Le tsar Pierre le Grand, le fondateur de la puissance russe, par ailleurs un prince grossier et emporté, interrompit une fois un calomniateur en lui disant fort à propos : Celui dont tu parles a certainement ses bons côtés ; dis-moi donc ce que tu sais de bien de lui. Ce n’est pas difficile de couvrir un homme d’ordures. Quant à moi, j’aimerais pouvoir aider chacun à garder ses vêtements propres.
Le monde sait que la calomnie est criminelle ; c’est pourquoi elle rampe dans les ténèbres. Celui qui fait courir une nouvelle calomniatrice s’empresse aussitôt d’en rejeter la responsabilité sur un autre. Se basant sur des indices superficiels, l’un crée une rumeur malveillante ; un autre dénature actes et paroles en mélangeant adroitement la vérité et le mensonge, ce qu’il a entendu et ce qu’il a inventé ; un troisième recourt à des propos ambigus, faisant en sorte que ses auditeurs se forgent l’opinion la plus malveillante. On se complaît à être intéressant, à raconter quelque chose de nouveau. Le récit s’amplifie à mesure qu’il se répand, comme le ferait une boule de neige. Ainsi le vent entraîne la semence pernicieuse et la disperse. Que l’on prenne la capsule d’une mauvaise herbe mûre, qu’on l’ouvre et qu’on en répande le contenu aux quatre vents : pourra-t-on ensuite recueillir ces semences si légères, pour les replacer dans la capsule ? C’est absolument impossible. Le vent les a emportées ; elles sont tombées sur le sol et germeront partout où elles auront trouvé un terrain favorable ; elles se multiplieront par centaines et par milliers. Il est tout aussi vain de prétendre retirer des paroles prononcées. Un petit fait, faux, ou simplement inexact, mais calomniateur, traverse le pays le plus vaste à une rapidité incroyable. Qu’en sera-t-il dans l’intérieur d’une localité, où les nouvelles se transmettent combien plus facilement d’une maison à l’autre ? Ne connaissez-vous pas cette démangeaison de la langue qui la pousse à énoncer ce que l’esprit lui suggère et que l’oreille recueille avec une avidité trop souvent portée à nuire ? Voici un homme tourné en ridicule, ou bien inculpé d’adultère, parce qu’on a fait courir les bruits les plus sinistres sur son passé, bruits qui n’ont aucun fondement. En voici un autre dont on salit la réputation ; on lui refuse toute confiance ; on compromet son avenir. Savez-vous que vous êtes un calomniateur, vous qui allez chuchoter tous ces faux bruits à droite et à gauche ? Satan vous trompe en vous faisant croire que vous vous ferez passer pour un homme grand et vertueux en cherchant à en ruiner un autre, plus petit que vous. « L’homme pervers sème les querelles, et le rapporteur divise les intimes amis » (Prov. 16. 28).
« Ainsi aussi la langue est un petit membre et elle se vante de grandes choses. Voici, un petit feu, quelle grande forêt allume-t-il ! Et la langue est un feu. La langue, un monde d’iniquité, est établie parmi nos membres ; c’est elle qui souille tout le corps, et enflamme tout le cours de la nature, et est enflammée par la géhenne. Car toute espèce de bêtes sauvages et d’oiseaux, de reptiles et d’animaux marins, se dompte et a été domptée par l’espèce humaine ; mais pour la langue, aucun des hommes ne peut la dompter : c’est un mal désordonné, plein d’un venin mortel » (Jac. 3. 5 à 8).
Christophe Colomb a eu un triste sort bien qu’il eût fait de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle de Castille les souverains de l’empire le plus vaste et le plus riche qu’il y eût alors dans le monde entier. Des calomniateurs osèrent l’accuser de trahison ; on envoya après lui une flotte en Amérique et il fut ramené en Europe chargé de chaînes, comme un malfaiteur, malgré sa fidélité et son esprit indomptable. L’ingratitude et l’amertume dont on l’abreuva abrégèrent sa vie.
Ce qui arriva à ce grand homme est le lot de bien d’autres, plus petits que lui. Et comment en serait-il autrement ?
Que dirent les hommes du Fils de Dieu, qui marchait parmi les pécheurs, reflétant dans toute Son existence, la grâce et la bonté de Son Père ? On Le traita de « mangeur et de buveur, d’ami des publicains et des pécheurs » (Mat. 11. 19).
« La mort et la vie sont au pouvoir de la langue » (Prov. 18. 21).
Que chacun s’examine devant Dieu et se demande combien de fois il a laissé échapper de ses lèvres des propos malveillants envers son prochain ! Et l’ayant constaté, qu’on s’en humilie devant le Seigneur ; puis, quand c’est encore possible, que l’on cherche à réparer le tort ainsi commis, quoi qu’il en doive coûter à son amour-propre !
D’après Almanach Évangélique 1944
LA MEILLEURE PRÉDICATION
LA MEILLEURE PRÉDICATION
La meilleure prédication qui puisse être prêchée est celle qui est remplie de Christ.
Un jeune prédicateur venait de parler devant un très vieux prédicateur et, désireux d’obtenir son approbation, lui demanda :
– Que pensez-vous de ma prédication, Monsieur ?
– C’était, à mon avis, une bien pauvre prédication.
– Que dites-vous là ? C’est un sujet sur lequel j’ai beaucoup réfléchi.
– Je n’ai pas le moindre doute à cet égard.
– Pourquoi donc dites-vous que c’était une pauvre prédication ? L’explication que j’ai donnée de mon texte n’était-elle pas exacte ?
– Elle l’était tout à fait.
– Mais alors, encore une fois, pourquoi traitez-vous ma prédication de cette façon ? Les métaphores n’étaient-elles pas appropriées ? Et ma conclusion ne répondait-elle pas à mes développements ?
– Il n’y a rien à dire à cela. Mais je maintiens que c’était une pauvre prédication.
– Dites-moi donc sur quoi se base votre appréciation.
– Sur le fait que Christ ne figurait pas dans tout ce que vous avez dit.
– Rien d’étonnant à cela, puisque le nom de Christ ne figure pas dans le texte que j’ai choisi. Nous n’avons pas à parler toujours du Seigneur, mais bien de ce qu’il y a dans notre texte.
– Jeune homme, répondit le vieillard d’un ton sérieux, vous savez que, de toute l’Angleterre, de chaque ville, de chaque village, depuis le plus petit hameau, il y a une route qui conduit à Londres. N’est-ce pas vrai ?
– Assurément.
– Eh bien ! De chaque passage de la Bible part un chemin qui conduit à Celui qui se trouve au centre des Écritures, à Jésus Christ. Lorsque vous avez choisi un texte, la première pensée qui doit vous venir à l’esprit est celle-ci : « Où est le chemin qui conduit à Christ ? » et vous devez le suivre. Je ne connais pas un seul passage de la Parole de Dieu qui ne conduise pas directement vers le Seigneur Jésus. Si par aventure j’en rencontrais un qui ne contînt pas ce chemin, je construirais moi-même la route à travers tous les obstacles, afin d’arriver aux pieds de mon Sauveur. Une prédication qui n’exhale pas le parfum de Christ, qui ne parle pas de Lui du commencement à la fin, cette prédication-là n’a pas la moindre valeur et mérite d’être jetée au panier.
D’après Almanach Évangélique 1944
LA FOI D’UN CAPITAINE
LA FOI D’UN CAPITAINE
Un navire norvégien, chargé d’une grosse cargaison de poutres, passait, de nuit, par grosse mer, le long d’un écueil, dénommé le Rocher de la Mort.
A cette époque, aucun phare ne signalait le danger de ces lieux.
Le capitaine du navire était un chrétien, qui lisait sa Bible et priait Dieu chaque jour.
Ainsi qu’on pouvait s’y attendre, le navire, poussé par les brisants, alla s’échouer contre le rocher et y resta accroché.
A vues humaines le bâtiment était perdu, car personne ne s’était aperçu de la catastrophe, toute la côte étant trop sauvage pour qu’on y habitât.
On fit néanmoins les signaux habituels, mais ils ne reçurent aucune réponse.
Une partie de l’équipage aurait voulu mettre à l’eau les embarcations de sauvetage, mais la violence des vagues montrait bien que ce serait courir à la mort que de s’aventurer sur des chaloupes, si solides qu’elles fussent.
Mais l’Éternel, qui tient les flots dans le creux de sa main, a dit :
« Invoque-moi au jour de la détresse : je te délivrerai, et tu me glorifieras » (Ps. 50. 15).
Le capitaine savait ce qu’il en était et, d’une voix forte, qui dominait le bruit des éléments déchaînés, il s’écria :
– Invoquons le Seigneur ! Il sait faire de grandes choses.
Tous les matelots s’agenouillèrent, à l’exception d’un Anglais, qui paraissait croire que la prière ne servait à rien.
Comme bien d’autres dans des moments pareils, il se figurait qu’il valait mieux faire ce que chacun jugeait opportun pour se tirer d’affaire, et cela malgré l’inutilité évidente de tous les efforts qu’ils avaient tentés.
Après la prière, tous se relevèrent, et quelqu’un demanda au capitaine :
– Et maintenant ?
– Attendons ! Nous verrons, fut la seule réponse qu’il reçut.
La situation allait en empirant. Une lame plus violente que les autres partagea le navire en deux.
Dieu voulait-il mettre à l’épreuve la faible foi de ces malheureux ? Ou bien la prière du capitaine ne devait-elle pas recevoir de réponse ?
Les hommes de l’équipage se serraient les uns contre les autres pour se donner une impression de force.
Et de nouveau la même question se fit entendre : Et après ?
– Attendons ! Nous verrons, dit une fois de plus le pieux capitaine.
Or Dieu fit tourner au salut du bâtiment en détresse la catastrophe qui l’avait atteint.
Par l’ouverture béante qui s’était produite dans la coque on vit les vagues et le courant entraîner les poutres qui remplissaient la cale et les diriger les unes après les autres du côté des rochers où elles s’entassèrent.
Petit à petit il se constitua ainsi un véritable pont qui finit par relier l’écueil à la terre ferme.
– Capitaine ! cria un matelot, nous pouvons gagner la côte !
Allaient-ils trouver la délivrance ? Elle ne venait pas d’eux, ni d’un produit de leur imagination. Telle était l’expérience qu’ils faisaient et que feront tous ceux qui cherchent le moyen d’être sauvés de leur état de péché ?
Qui eut jamais pensé au moyen employé par Dieu pour sauver les pécheurs ? Ce n’est point par un moyen humain ; tout est venu de Sa toute-sagesse, de Son bras puissant.
Un pont merveilleux franchit maintenant les eaux profondes de la mort.
C’est le chemin nouveau et vivant que le sang de Christ a consacré à travers le voile. (Héb. 10. 20).
Et le Seigneur Jésus dit lui-même : « Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie ; nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14. 6).
Le capitaine, homme d’expérience et de sens rassis, jeta un regard sur la construction que, dirigées par la main de Dieu, les vagues édifiaient lentement.
Il vit qu’elle était encore trop fragile. En outre, entre le dernier écueil et la côte subsistait un intervalle trop large pour qu’on pût le franchir d’un bond.
– Prions Dieu ! dit le capitaine, et de nouveau il adressa à Dieu une ardente supplication.
– Attendons encore ! ajouta-t-il d’un ton d’autorité devant lequel tous durent s’incliner.
Le jour commençait à poindre. On ne tarda pas à s’apercevoir que les poutres qui flottaient encore gagnaient lentement l’espace béant.
Il ne fallut pas longtemps pour qu’il fût comblé lui aussi, si bien que tout l’équipage put franchir le pont construit par la main de Dieu et gagner la terre ferme au fond d’une petite anse, à l’abri du vent.
De là, un sentier les amena à travers champs jusqu’à un grand chemin qui aboutissait à un village voisin, dont les habitants – les naufragés l’apprirent plus tard – avaient négligé le devoir qui leur incombait de surveiller les parages dangereux de la mer, surtout quand le temps était mauvais.
On fit grand accueil aux rescapés, mais avant qu’ils prennent le repas qu’on leur prépara, le capitaine invita ses hommes à bénir le Dieu des délivrances qui les avaient conduits au port qu’ils désiraient et les avaient fait sortir des leurs angoisses (Ps. 107. 28 à 30).
D’après Almanach Évangélique 1946
JEAN-FRÉDÉRIC OBERLIN
JEAN-FRÉDÉRIC OBERLIN
(1740-1826)
Pour arriver au Ban de la Roche, région montagneuse au sud-ouest de Strasbourg, dans les Vosges, on remonte la petite vallée de la Bruche, assez large jusqu’à Rothau ; au-delà elle se resserre entre de hautes parois de rochers à pic. Le torrent s’y fraie avec peine un passage qu’on traverse pour aboutir au Champ de Feu, qui est le Ban de la Roche proprement dit. Au milieu du 18ème siècle, on s’y serait cru dans une contrée exotique et sauvage. A cause de la dureté du climat, rendu âpre par les vents violents qui s’y déchaînent sans que rien ne les arrête, le sol demeurait stérile. La population ne se donnait aucune peine pour développer les cultures. Chemins et moyens de communication n’existaient pas…De plus, les guerres avaient ruiné le peu qui restait aux paysans…
Tel était le milieu dans lequel Jean-Frédéric Oberlin arriva en 1767, âgé de vingt-sept ans, pour y exercer, sans interruption jusqu’à sa mort, survenue en 1826, un ministère remarquablement fécond. Philanthrope dans le sens le plus élevé du terme, il fut un précurseur dans ce qu’on appelle aujourd’hui le christianisme social. Mais ce qui distingua avant tout son activité, ce qui la rendit intensément efficace, c’est qu’elle était tout imprégnée de la crainte de Dieu, et que son désir primordial fut sans cesse d’amener ses paroissiens à la connaissance du Seigneur Jésus comme leur Sauveur…
A peine arrivé dans sa paroisse, il comprit que, si la pauvreté peut favoriser le progrès moral, en ce qu’elle détache l’esprit des préoccupations matérielles, la misère, elle, dégrade l’âme en même temps que le corps. Pour lutter contre ce fléau, Oberlin vit la nécessité urgente de créer des voies de communication. Certains villages étaient complètement isolés de leurs voisins…
Puis Oberlin conçut une entreprise hardie : celle de relier le Ban de la Roche au reste de l’Alsace par une route qui aboutirait à Strasbourg…
Oberlin fonda également une Société d’Agriculture, en lui assignant comme but primordial d’instruire les paysans sur les méthodes agricoles utilisées ailleurs avec succès…
La mauvaise saison dure longtemps au Ban de la Roche. Oberlin choisit autour de lui quelques jeunes gens qui paraissaient qualifiés et les envoya chez des artisans, disposés à les recevoir comme apprentis. Au bout de peu d’années, il y eut, dans les différents villages, des charpentiers, des menuisiers, des forgerons, des artisans, nouvelle source de prospérité pour la contrée, puisque l’argent y restait, au lieu d’être dépensé au dehors.
Avec tout cela, Oberlin ne perdait pas de vue le développement intellectuel et spirituel de ses paroissiens, de la jeunesse surtout. Dès qu’il en eut le loisir, il fit édifier des bâtiments d’école dans chaque village…Les instituteurs furent recrutés avec le plus grand soin. « On leur parlera aussi du cours de la nature, de la puissance, de la bonté et de la sagesse de Dieu, de l’immortalité de l’âme, des vertus et des vices, mais en leur rappelant sans cesse qu’ils seront incapables d’aucun bien si, au préalable, ils n’ont pas donné leur cœur au Seigneur Jésus, afin qu’ils suivent ses traces ». On voit qu’Oberlin comprenait ce principe essentiel qui doit inspirer tout éducateur digne de ce nom, à savoir que l’instruction et l’éducation marchent de pair. « Élève le jeune garçon selon la règle (ou mieux : à l’entrée) de sa voie ; même lorsqu’il vieillira, il ne s’en écartera point » (Prov. 22. 6)…
« Surtout, on s’efforcera de faire comprendre aux enfants la présence de Dieu en tout temps et en tout lieu. On les exhortera à se souvenir de Lui partout où ils se trouvent et dans tout ce qu’ils font. On s’efforcera de leur donner l’horreur du mensonge, des insultes, de la désobéissance, du mépris des pauvres, de la malpropreté, de la paresse. Enfin, on s’efforcera de leur enseigner la prière en priant avec eux à genoux ».
Mais Oberlin savait bien qu’au Ban de la Roche il fallait faire l’éducation des parents aussi bien que celle des enfants. Il ne se lassait pas de leur adresser des recommandations instantes et précises, exhortant en particulier les mères, à faire, autant que possible, leur besogne ménagère pendant que leurs enfants étaient à l’école, afin d’avoir le temps de s’occuper d’eux une fois qu’ils étaient rentrés à la maison. Ils ne devaient surtout pas vagabonder dans les rues.
« Il y a, disait-il, quatre choses que nous devons inculquer à nos enfants : la discipline, l’instruction, le bon exemple, la prière.
– Nous devons sans cesse adresser des prières à Dieu pour nos enfants, des prières ferventes, de constants soupirs, puisque nous savons que le Seigneur a les yeux sur eux et ne veut que leur bonheur. Et comment y arriveraient-ils, comment seraient-ils gardés du mal qui les environne de toutes parts, si, dès leur jeune âge, ils ne lui donnaient leurs cœurs en venant au Seigneur Jésus qui a dit : « Laissez venir à moi les petits enfants et ne les en empêchez pas ».
Nous leur devons l’instruction. Celle-ci est de deux sortes : celle que les pères et mères doivent donner eux-mêmes à leurs enfants dès le plus bas âge et continuer tant qu’ils vivent ; celle que les maîtres leur donnent. A cet égard on ne doit pas épargner ni peine ni dépense, par exemple ne pas envoyer les enfants, sans la plus pressante nécessité, un été entier au pâturage où ils apprennent à ne rien faire ou à mal faire.
Nous devons aux enfants le bon exemple. Gardons-nous, de toutes nos forces, de dire ou de faire devant eux rien qui ne soit irréprochable. Mais que l’on ne viole pas terriblement cette loi ! Car de qui les enfants apprennent-ils à s’insulter l’un l’autre, à jurer, si ce n’est des adultes ? »
Toutes ces préoccupations souvent matérielles, ne faisaient pas perdre de vue à Oberlin la chose capitale entre toutes chez ses paroissiens. Celui qui veut se convertir, écrivait-il, doit se rendre compte avant tout de son état de pécheur perdu par nature et accepter le salut offert gratuitement à quiconque croit au Seigneur Jésus mort sur la croix. Il doit devenir un enfant de Dieu, plein d’obéissance, de soumission, de fidélité.
A un catholique venu le voir, alors qu’Oberlin avait atteint un âge très avancé, il disait : Etes-vous chrétien ? Si vous l’êtes, nous pouvons nous donner la main. Si vous êtes convaincu de votre état de péché devant Dieu ; si vous sentez le besoin de la repentance ; si, acceptant le salut que vous offre le Sauveur, vous Le suppliez de vous aider à suivre ses traces, alors vous êtes un enfant de Dieu. Il n’y a qu’un moyen par lequel l’homme puisse être sauvé ; le connaissez-vous ?
Oberlin n’était pas seulement un homme de foi ; c’était un homme de prière. De très bonne heure, il avait senti tout le prix d’une communion étroite et vivante avec le Seigneur. Aussi, à mesure que son activité se développa, il se réserva de plus en plus de longs moments de recueillement, pendant lesquels il s’adressait au Seigneur, implorant Sa direction, Son secours, Sa force pour ceux dont il avait la charge. Pas une tâche, même de minime importance, qui ne fût décidée par lui à genoux. Il répétait volontiers : Une seule chose est nécessaire : rester en communion avec le Seigneur par la prière. Dans une liste des devoirs qui incombent au chrétien, il inscrivit ces deux mots : Prière continuelle.
Mille fois, lit-on dans son journal, j’ai supplié le Seigneur de m’apprendre à me confier entièrement à Lui, pour la vie et pour la mort. Je Le supplie de me permettre de m’unir à Lui de telle sorte que je ne dise, que je ne pense, que je ne désire que ce que Lui-même dans sa sagesse et sa sainteté, veut et ordonne.
Oberlin sentait également la nécessité constante et indispensable de nourrir son âme en puisant continuellement dans la Parole de Dieu. Il insistait fortement sur ce sujet qui lui tenait vivement à cœur.- Chers amis, disait-il, à ses paroissiens, faites une très large place à la Parole de Dieu, afin que vos âmes immortelles y cherchent la nourriture indispensable à l’homme intérieur. Commencez toujours votre travail quotidien avec la Parole de Dieu et terminez-le de même. Vous ne regretterez pas cette habitude le jour où la mort viendra frapper à votre porte.
Répandre et faire lire la Bible, en donner l’amour à grands et petits, ce fut une des nombreuses tâches auxquelles Oberlin s’attacha de tout son cœur. Lorsque, en 1804, fut fondée la Société Biblique Britannique et Étrangère, il accepta avec joie la mission de fonder au Ban de la Roche un centre pour la diffusion des Saintes Écritures. Avec la collaboration de son fils cadet, il constitua des dépôts de Bibles dans différentes villes de France, ne faisant du reste par-là que développer une œuvre qu’il avait créée lui-même depuis longtemps par ses propres moyens.
La tourmente de la Révolution n’épargna pas la petite communauté alsacienne. Oberlin demeura inébranlable en présence de ce terrible déchaînement de violence et sa foi fut en exemple réconfortant à nombre de malheureux. Il accueillit aussi beaucoup de fugitifs, sans jamais s’inquiéter de savoir à quel parti ils appartenaient. Ils étaient pourchassés ; on en voulait à leur vie et à leurs biens ; il n’en fallait pas davantage pour qu’il les jugeât dignes de la protection qu’il pouvait leur offrir…
Sous le régime de la Terreur, un décret de la Convention nationale interdit l’exercice de tout culte quelconque. Le Ban de la Roche tombait sous le coup de cette mesure. Désobéir, c’était la mort à coup sûr. L’ordre vint aux « citoyens orateurs » de prononcer un discours sur ce thème : « La haine des tyrans et le moyen de s’en délivrer ». Oberlin n’hésita pas à développer le sujet. Il monta en chaire et débuta en ces termes :
Citoyens, pour obéir au décret, je dois vous parler aujourd’hui des tyrans dont parle l’histoire. Mais je vous parlerai d’autres tyrans qui règnent, non seulement sur notre canton, mais sur le cœur de chacun de nous. Ces tyrans sont l’avarice, l’impureté, la haine, l’impiété, l’égoïsme. C’est de ces tyrans-là que je vais vous entretenir, en vous indiquant le seul moyen de les combattre et de les détruire : la foi en notre Seigneur Jésus Christ, qui s’est livré Lui-même pour nous sur la croix et qui, par sa mort, donne la vie éternelle à quiconque croit en Lui. C’est Lui, et Lui seul, qui peut vous aider dans votre lutte contre ces tyrans cruels.
Oberlin demeura à son poste pendant soixante années ; la mort seule mit un terme à son activité si richement bénie. Jusqu’à la fin, il garda les habitudes qu’il avait prises dans sa jeunesse. Toujours levé à cinq heures du matin, il se couchait non moins régulièrement à dix heures du soir. Mais il dormait peu et ses nuits se passaient de plus en plus à méditer, et surtout à prier, ce qu’il faisait souvent à haute voix. Souvent, de la chambre voisine de la sienne, ses enfants l’entendaient supplier le Seigneur d’accorder telle ou telle grâce à l’un d’entre eux. Ou bien c’était la cause de ses paroissiens qu’il plaidait, parfois en versant d’abondantes larmes. On pouvait bien dire de lui que « de l’abondance du cœur la bouche parle » (Mat. 12. 34).
Jeune encore, Oberlin avait rédigé pour lui-même une règle de conduite, sous forme d’un engagement solennel, dans lequel il demandait à Dieu de lui accorder la grâce de demeurer fidèle sa vie durant. Il le renouvela deux fois au cours de sa longue carrière, se contentant d’ajouter ces mots à la troisième rédaction : Seigneur, aie pitié de moi !
Comme moyens d’arriver au but qu’il souhaitait, il indiquait entre autres les suivants : Lire et méditer la Parole de Dieu. Éviter et fuir les tentations. Tenir le corps en bride par le travail. La prière.
D’après Almanach Évangélique 1943
IL FAIT SOUFFLER SON VENT
IL FAIT SOUFFLER SON VENT
Ps 147. 18
Quand Hudson Taylor se rendit en Chine pour la première fois, il se trouvait à bord d’un navire qui, à un moment donné, était poussé à la dérive par les courants et se dirigeait vers une côte habitée par une population hostile.
Le capitaine ne savait plus que faire. Dans sa perplexité, et sachant que M. Taylor était un homme de Dieu, il vint vers lui.
– Monsieur Taylor, dit-il, j’ai fait tout ce qu’il m’était possible de faire pour sauver les passagers de ce navire. A bref délai nous aurons échoué sur cette terre, où nous serons attaqués et tués, à moins que votre Dieu ne nous vienne en aide. Vous croyez en un Dieu qui répond aux prières, priez donc qu’Il nous sauve.
– Certainement, répondit Taylor, je le ferai, à condition que vous mettiez les voiles afin de saisir le premier souffle que mon Dieu enverra.
– Vous me dites de mettre les voiles quand il n’y a pas un souffle d’air? demanda le capitaine. Je ne peux pas faire cela sans être la risée de l’équipage tout entier. Non, je mettrai les voiles quand Dieu aura exaucé votre prière.
– Alors je ne prierai pas, répondit fermement le missionnaire. Si vous n’avez pas assez de foi en mon Dieu pour mettre les voiles, je ne veux pas Lui demander du secours.
Quand le capitaine comprit que M. Taylor pensait réellement ce qu’il disait, il ravala son orgueil et fit mettre les voiles comme si le vent soufflait dans la bonne direction.
Pendant ce temps, le serviteur de Dieu était à genoux au niveau inférieur et priait.
Au bout d’un moment, il entendit un coup frappé à sa porte.
– Qui est là ? demanda-t-il.
– C’est moi, répondit le capitaine. Priez-vous encore pour avoir du vent ?
– Oui, certainement, répondit M. Taylor.
– Alors, dit le marin, il vaudrait mieux cesser d’en demander, car nous avons plus de vent que nécessaire.
« Et il arrivera que, avant qu’ils crient, je répondrai, et pendant qu’ils parlent, j’exaucerai » (És. 65. 24).
D’après Almanach Évangélique 1957









