VIE SPIRITUELLE ET SPORT

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L’exercice physique est utile à peu de chose, mais la piété est utile à toutes choses, ayant la promesse de la vie présente et de la vie à venir. 1 Tim. 4. 8
Je souhaite qu’à tous égards tu prospères et que tu sois en bonne santé, comme ton âme prospère. 3 Jean 2.

 

VIE SPIRITUELLE ET SPORT

 

Florian et Romain sont deux garçons chrétiens aux caractères très différents. L’un est sportif et passe toutes ses soirées à des entraînements, l’autre a horreur du sport et préfère rester tranquillement chez lui, sans faire aucun exercice physique. Ils échangent leurs points de vue au sujet du verset cité dont ils font une lecture très différente :
– Florian met l’accent sur le mot utile, il prête peu d’attention à la suite : « à peu de chose ».
– Romain insiste sur les mots  » à peu de chose  » pour excuser sa paresse.
Chacun insiste sur la partie de verset qui convient le mieux à ses idées  !
Florian devrait réfléchir à la suite :  » la piété est utile à toutes choses « . La piété, c’est un attachement fervent à Dieu. Quand on fait du sport tous les soirs, il reste peu de temps et d’énergie pour lire la Bible et prier… Donner au sport la place prédominante dans son emploi du temps, pour le bien de son corps, peut nuire à sa vie spirituelle et à sa relation avec son Dieu.
Et Romain ferait bien de tenir compte du fait que l’exercice physique est utile, même si c’est à peu de chose. Il est responsable de prendre soin de son corps.
Chrétiens, il est facile de retenir de la Parole ce qui nous convient. Ne déformons pas ce qui est écrit, mais soumettons nos pensées à la Parole, au lieu de soumettre la Parole à nos pensées  ! Lisons-la soigneusement de la première à la dernière page, et laissons-la régler nos vies et nos emplois du temps. Voilà le moyen d’être en bonne santé sur tous les plans.

 

D’après la Bonne Semence Avril 2019
Éditeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com)

 

UN PROBLÈME PEUT EN CACHER UN AUTRE

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On crie à cause de la multitude des oppressions… et on ne dit pas : Où est Dieu, mon créateur, qui donne des chants de joie dans la nuit  ? Job 35. 9 et 10.

 

UN PROBLÈME PEUT EN CACHER UN AUTRE

 

C’est sans doute pour susciter de la part de Jésus une réaction d’indignation qu’on lui rapporte un horrible fait-divers : Pilate a fait massacrer des Galiléens, mêlant leur sang aux sacrifices qu’ils offraient. Jésus répond en citant une autre circonstance dans laquelle la méchanceté de l’homme n’est pour rien : « Ces dix-huit sur qui tomba la tour à Siloé, et qu’elle tua, croyez-vous qu’ils étaient plus coupables que tous les habitants de Jérusalem  ? Non, vous dis-je » (Luc 13. 1 à 5). Jésus montre par là qu’une catastrophe n’est pas à associer automatiquement à une punition divine.
La recherche d’un sens aux événements négatifs est toujours d’actualité et fait couler beaucoup d’encre, tant les catastrophes naturelles ou les accidents laissent chacun désemparé et angoissé.
Jésus ne répond pas directement à la question  ; il va à l’essentiel en disant : « Si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous pareillement » (Luc 13. 5). Combien sont-ils aujourd’hui, ceux qui aimeraient interroger Dieu sur l’existence du mal et de la souffrance sur la terre  ? Il n’a pas de comptes à nous rendre, mais il avertit chacun de fuir le terrible jugement réservé à tous, parce que tous lui ont désobéi. Et il indique le moyen de salut : la repentance et la foi dans le sacrifice de Jésus Christ.
Quelle va être notre réponse à la grâce de Dieu qui offre le salut à celui qui se repent  ? Prenons garde aux avertissements de Dieu et ne nous trompons pas de problème : avant tout, il nous faut être sauvés, et cela est possible !

D’après la Bonne Semence Avril 2019
Éditeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com)

 

EMPLOI DU DIMANCHE

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EMPLOI DU DIMANCHE

 

Un épicier, installé dans une ville côtière du sud de l’Angleterre, ouvrait sa boutique le dimanche. L’inspecteur de police lui rappela que la loi exigeait la fermeture des magasins le dimanche ; de plus, ajouta-t-il, non seulement vous enfreignez le divin commandement, mais encore vous faites tort à vos concurrents.
– Je fermerai puisque vous me le demandez, répliqua l’épicier, mais je ferai des pertes, car je tire mon plus grand profit le dimanche.
– Faites ce que vous devez, répondit l’inspecteur, et mettez votre confiance en Dieu, car Il pourvoira à vos besoins ; au cas contraire, vous feriez dire que Dieu nous a donné un commandement impossible à observer.
L’épicier accepta finalement de fermer durant un mois d’essai.
Le lundi qui suivit le premier dimanche, un capitaine de bateau demanda à l’inspecteur de police l’adresse d’un épicier. Après avoir satisfait cette première commande, l’épicier fut obligé de se réapprovisionner tant son stock avait diminué. Quelques jours plus tard, un autre commandant de bateau survint ; il avait besoin d’un supplément de provisions.
L’épicier comprit et n’ouvrit plus le dimanche.

*

Un marchand chrétien passait ses dimanches après-midi à distribuer des traités dans la rue. Une fois, comme il pleuvait, et se sentant fatigué, il préféra rester à la maison. Son fils entra soudain dans la pièce.
– Oh ! Papa, dit-il, tu ne sors pas aujourd’hui ?
– Il pleut trop fort ; et puis, je suis fatigué.
– Veux-tu que j’aille pour toi ?
– Ce n’est pas agréable avec cette pluie.
– Ce n’est pas grave, je vais m’habiller en conséquence.
Très excité, le garçon partit ; les rues étaient quasi désertes, et sa provision de traités ne diminuait que lentement. L’obscurité venait, la pluie tombait toujours, il lui restait encore un traité, et personne en vue. Que faire ? Il eut l’idée d’entrer dans la maison la plus proche et de frapper à la première porte. Il dut frapper deux fois, et quand la porte s’ouvrit, une vieille femme au visage angoissé se montra.
– Pardon, dit le jeune homme, je viens spécialement pour vous apporter un Évangile.
Quelques jours plus tard, une vieille femme se présenta chez le pasteur.
– Monsieur, dit-elle, Dieu a envoyé un petit ange pour me sauver. Dimanche soir, je luttais contre mon désespoir, ma solitude et ma pauvreté, je livrais une rude bataille, et je venais de décider de me pendre lorsqu’on frappa à ma porte. Je ne voulais pas ouvrir, mais comme on insistait, j’allai voir. Le jeune garçon me donna un traité ; j’ai compris mon péché ; je pus implorer Dieu de me pardonner, et Il m’a sauvée.

D’après Almanach Évangélique 1969

 

DIEU LES GARDE

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DIEU LES GARDE

 

Le docteur Barnardo, fondateur d’établissements pour enfants malheureux et pour orphelins, fait le récit suivant.
Je sortais d’une séance de comité, c’était la fin d’une journée de septembre, triste et sombre, quelques gouttes de pluie commençaient à tomber.
Tout en marchant, je réfléchissais aux décisions qui venaient d’être prises. Très absorbé par mes pensées, je ne fis tout d’abord pas attention à une voix faible et timide qui s’efforçait de se faire entendre. « Des allumettes, monsieur ! » Je continuai ma route. « Des allumettes, monsieur ! Deux pour un demi-penny ! Achetez-en, monsieur, s’il vous plaît ! » Une pause. « Trois, en voulez-vous trois pour ce prix ? » Cette plainte continuelle et la souffrance qu’elle trahissait m’arrêtèrent brusquement. Ce que je vis n’avait rien de nouveau, c’était même très courant dans les rues de Londres : un petit marchand d’allumettes, nu-pieds, sali de boue, à peine couvert par un pantalon déguenillé et une veste en lambeaux ; en apparence, le gamin pouvait avoir huit ans.
– Bonne vente, aujourd’hui ? Dis-je.
L’enfant hocha la tête.
– Six boîtes, ce n’est pas beaucoup ; quatre pence pour le tout.
– Qui t’envoie ?
– Ma mère ; elle est malade, il n’y a qu’elle, à la maison, et la petite Bessie.
– Gagnes-tu suffisamment ?
– Quelquefois, quand j’ai de la chance. Hier j’en ai eu une fameuse ; un monsieur m’a donné un shilling parce que, m’a-t-il dit, « tu es un pauvre petit garçon ».
– Pourquoi ne rentres-tu pas à la maison maintenant ?
– Inutile, il me faut au moins six pence.
– Où habite ta mère ?
– 13, Plough Connt, Banner Street.
Je connaissais cette rue, pas très loin de l’endroit où nous nous trouvions.
– Viens avec moi, je veux voir ta mère. Je suis docteur, peut-être pourrai-je faire quelque chose pour elle.
Sans répliquer, le petit bonhomme se mit à trotter à côté de moi, et, heureux de cette diversion, il parlait de toutes sortes de sujets. À Banner Street, nous nous trouvâmes à l’entrée d’une cour misérable, entre deux maisons presque en ruine. Le bruit y était discordant, et tout respirait la saleté et la misère ; un escalier branlant nous conduisit jusqu’aux combles. La chambre dans laquelle je pénétrai était totalement dépourvue de meubles, pas de chaise pour s’asseoir, pas de table ; le mobilier consistait en un fourneau et quelques ustensiles, le tout parfaitement propre. J’aperçus une femme couchée sur une paillasse ; quelques mots de sympathie la mirent en confiance, et elle me raconta son histoire.
Veuve, âgée de quarante-cinq ans, elle s’était blessée à une jambe ; elle avait pu se rendre deux fois au dispensaire de l’hôpital, mais la plaie s’était infectée, et elle dut y renoncer, ainsi qu’à son travail, car elle était femme de ménage. Depuis lors, la famille connaissait la misère ; seul Billy, le petit garçon, apportait de la nourriture à cette pauvre famille et, courageusement, faisait tout pour nourrir sa mère et sa petite sœur de six ans.
– Pourquoi n’êtes-vous pas entrée à l’hôpital ? Demandai-je à la femme.
– Que seraient devenus les enfants ? répondit-elle.
– Pourquoi ne pas demander pour eux l’admission dans un établissement où ils seraient soignés pendant votre maladie ?
– C’est bien là mon désir, mais je ne sais comment m’y prendre.
Puis elle ajouta tout simplement :
– Depuis que je suis couchée, je prie le Seigneur de prendre soin de mes enfants et de garder Billy des dangers de la rue.
Une émotion m’étreignit : dans cette misérable chambre, privée des choses les plus nécessaires, dépendant entièrement d’un enfant de neuf ans pour la nourriture et le chauffage, une pauvre femme ne se laissait pas abattre par la souffrance et regardait à Dieu dans un esprit de foi et d’espérance.
– Voyez, monsieur, reprit-elle ; et elle tira de dessous son oreiller la feuille d’un journal hebdomadaire qui contenait un article sur mon œuvre pour les enfants abandonnés. Ce qui l’avait le plus frappée, c’était l’affirmation du docteur Barnardo qui n’avait jamais repoussé une seule demande d’admission pour des enfants pauvres.
– C’est pourquoi, monsieur, je n’ai cessé de prier et d’espérer dans la bonté de Dieu pour qu’il conduise mes enfants au docteur Barnardo. Je sais que, chez lui, ils seraient dans un lieu sûr, et je pourrais aller à l’hôpital.
J’attendis un instant avant de lui répondre.
– Je suis le docteur Barnardo, dis-je, c’est pourquoi j’ai demandé à Billy de me conduire ici. Si je peux vous venir en aide, je prendrai volontiers vos enfants dans notre maison pendant le temps nécessaire.
Impossible de décrire l’émotion de la pauvre femme. De grosses larmes roulaient le long de ses joues.
– Billy ! s’écria-t-elle. Bessie, ma chérie ! Ce monsieur est celui qui reçoit les pauvres enfants. Je vous le disais bien que Dieu m’exaucerait. Il a envoyé ici ce monsieur pour prendre soin de vous en attendant que je sois guérie.

Le malheureux s’abandonne à Toi, Tu es le secours de l’orphelin (Ps. 10. 14).
Il délivrera le pauvre qui crie à lui, et l’affligé qui n’a pas de secours. Il aura compassion du misérable et du pauvre, et il sauvera les âmes des pauvres (Ps. 72. 12 et 13).

 

D’après Almanach Évangélique 1969

 

QUI EST JÉSUS POUR VOUS ?

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Qui est Jésus pour vous ?

Sommaire
Le jugement qui attend l’homme pécheur
Le salut de Dieu
Les réponses de l’évangile
Qui est Jésus ?
La pensée des hommes
La grandeur du Fils de Dieu devenu homme
La pensée de Dieu à l’égard de Jésus
Qu’a fait Jésus ?
Sa vie et son service
Le sacrifice de sa vie
La victoire de Jésus
Où est Jésus ?
Jésus est ressuscité
Jésus dans le ciel
L’espérance du retour de Jésus pour les siens
Mon Seigneur et mon Dieu

Le jugement qui attend l’homme pécheur

« Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Rom. 3. 22)
Tout homme doit prendre conscience du fait que, aux yeux de Dieu, il est un pécheur qui ne mérite que le juste jugement qui viendra bientôt sur les habitants de la terre, au terme de sa longue patience avant l’exécution de « son travail inaccoutumé » (És. 28. 21). Ce jugement sera suivi de ce que la Bible appelle « la seconde mort » (Apoc. 20. 14 et 15 ; 21. 8), c’est-à-dire l’éternité à venir passée loin de la présence de Dieu. En effet, il ne faut pas croire que la mort est le terme de l’existence, que ce soit pour ceux qui croient en Dieu comme pour ceux qui refusent de croire. Si tout croyant est déjà assuré d’avoir la vie éternelle, il est important de réaliser que tout incrédule est condamné à une mort éternelle. Le gouverneur Félix avait écouté l’apôtre Paul qui discourait sur le jugement à venir. Effrayé par ces paroles, Félix ne veut plus entendre parler de ces choses. Il laisse passer l’occasion, qu’en est-il de son sort éternel ? (voir Act. 24. 24 à 27).
La Bible, qui est la Parole de Dieu, dresse un portrait vrai et sans concession de l’état de l’homme devant Dieu. Si nous sommes honnêtes, nous ne pouvons que nous reconnaître dans les descriptions qui nous sont données. Nous lisons par exemple :
– « … aussi bien Juifs que Grecs (tous les hommes, donc), sont sous l’emprise du péché, comme il est écrit : ‘’Il n’y a pas de juste, non pas même un seul ; il n’y a personne qui ait de l’intelligence, il n’y a personne qui recherche Dieu ; ils se sont tous détournés, ils se sont tous ensemble rendus inutiles ; il n’y en a aucun qui pratique la bonté, il n’y en a pas même un seul’’… il n’y a pas de crainte de Dieu devant leurs yeux » (Rom. 3. 10 à 18) ;
– « …nous avons tous vécu… dans les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et des pensées : nous étions, par nature, des enfants de colère… sans Christ… n’ayant pas d’espérance, et étant sans Dieu (athées) dans le monde » (Éph. 2. 3,… 12) ;
– « … nous étions… insensés, désobéissants, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la méchanceté et la jalousie, détestables, nous haïssant l’un l’autre » (Tite 3. 3) ;
– « … nous marchions dans la débauche, les convoitises, l’ivrognerie, les orgies, les beuveries et les idolâtries criminelles » (1 Pier. 4. 3).
Les passages au passé sont le rappel aux croyants de ce qu’ils étaient, comme tous les hommes, avant que la grâce de Dieu ne les cherche, les trouve et les sauve. Pour ceux qui refusent encore aujourd’hui le salut de Dieu et sont toujours dans leurs péchés, ces descriptions correspondent à leur état actuel. Quelle situation désespérée ! Même si quelqu’un estime vivre honnêtement, sans causer de tort à quiconque, la parole de Dieu dit cependant clairement : « Tous ont péché » (Rom. 3. 22). Toute personne qui prend conscience de l’état dans lequel elle se trouve devant Dieu est amenée à se poser des questions lorsqu’elle est placée devant le fait qu’ « après la mort vient le jugement » (Héb. 9. 27) et qu’il semble qu’il n’y ait pas moyen d’y échapper. En effet, il n’est pas possible de se sauver soi-même, aucune œuvre accomplie par soi-même ne peut ôter un seul de nos péchés de devant les yeux de Dieu – on ne peut être sauvé « sur la base d’œuvres accomplies en justice que nous, nous aurions faites » (Tite 3. 5 ; voir Éph. 2. 9). La pensée d’un jugement inéluctable à venir n’est-elle pas propre à amener tout homme à s’informer au sujet de son avenir éternel ? Y a-t-il alors, en-dehors de nous-mêmes, une possibilité d’être épargnés lorsque le jugement viendra ? Que faut-il faire ? Existe-t-il quelqu’un vers qui se tourner ?

Le salut de Dieu

« Un si grand salut… a commencé d’être annoncé par le Seigneur et nous a été confirmé par ceux qui l’avaient entendu » (Héb. 2. 3).
La réponse vient de Dieu Lui-même, de ce Dieu saint qui « a les yeux trop purs pour voir le mal » (Hab. 1. 13) et qui doit, dans sa justice, condamner le pécheur. « C’est une chose terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant ! » (Héb. 10. 31). Mais ce même Dieu, saint et juste, est aussi amour (1 Jean 4. 8) ; s’Il a le péché en horreur, Il aime le pécheur. Il ne veut pas « qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3. 9). Il l’encourage à se tourner vers Lui afin d’être pardonné : « Cherchez l’Éternel, tandis qu’on le trouve ; invoquez-le pendant qu’Il est proche. Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme inique ses pensées, et qu’il retourne à l’Éternel, et Il aura compassion de lui, – et à notre Dieu, car Il pardonne abondamment ». La bonté de Dieu pousse l’homme à la repentance, Il ordonne même aux hommes que tous, ils se repentent (Rom. 5. 4 ; Act. 17. 30 et 31).
Ainsi, dans la Bible, la Parole de Dieu donnée aux hommes, se trouvent les réponses aux questions que l’homme pécheur peut et doit se poser un jour :
– Que faut-il faire pour être sauvé ? « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé » ; « L’œuvre de Dieu, c’est celle-ci : que vous croyiez en celui qu’Il a envoyé » (Jean 6. 29 ; Act. 16. 31) ;
– Vers qui faut-il se tourner ? « De Dieu juste et sauveur, il n’y en a point si ce n’est moi. Tournez-vous vers moi, et soyez sauvés, vous, tous les bouts de la terre ; car moi je suis Dieu, et il n’y en a pas d’autre » ; « … qu’ils se tournent des ténèbres à la lumière, et du pouvoir de Satan à Dieu » (És. 45. 22 ; Act. 26. 18) ;
– Quel est le moyen de salut ? « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Éph. 2. 8) ;
– Comment puis-je échapper au jugement ? « En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole (celle de Jésus), et qui croit celui qui m’a envoyé (Dieu), a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie ».
Dieu affirme donc dans sa parole qu’il y a possibilité pour tout homme de ne pas venir en jugement. Cette parole nous dit que Dieu est amour (1 Jean 4. 8) et elle nous révèle de quelle manière Il a déployé son amour envers les hommes. Nous lisons, sous la plume de l’apôtre Jean : « En ceci a été manifesté l’amour de Dieu pour nous : c’est que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui ; en ceci est l’amour : non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que Lui nous aima et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés » (1 Jean 4. 9 et 10). Combien le moyen offert par Dieu est merveilleux ! C’est une personne divine qui est devenue homme afin de sauver les hommes, selon ce que le Dieu d’amour s’est proposé. Cet homme divin, c’est Jésus, dont le nom signifie : secours ou salut de l’Éternel.
Connaissez-vous Jésus ? Savez-vous qui Il est, ce qu’Il a fait pour délivrer les hommes du châtiment éternel, où Il se trouve actuellement ?
Dans les lignes qui suivent, nous voulons essayer, en nous appuyant sur la seule base fiable, la Parole de Dieu qui est la vérité (Jean 17. 18), d’apporter une réponse à ces questions. Seule cette parole divine peut nous conduire, si nous la lisons sans a priori, vers la Personne de Jésus. Elle nous fera connaître l’œuvre par laquelle, si nous croyons simplement, nous serons sauvés pour toujours de la mort et du jugement, pour vivre avec notre Seigneur une éternité de repos et de gloire.

Les réponses de l’évangile

« L’évangile… est la puissance de Dieu pour sauver quiconque croit » (Rom. 1. 26).
Les évangiles – les premiers livres du Nouveau Testament – nous présentent la personne du Seigneur Jésus, le Fils de Dieu. Il a été envoyé sur la terre par Dieu, son Père, afin d’accomplir l’œuvre qu’Il Lui a donnée à faire pour le salut des hommes. Il est tout à la fois véritablement Dieu et véritablement homme – c’est « le mystère de la piété : Dieu a été manifesté en chair » (1 Tim. 3. 16). L’évangéliste Jean résume la bonne nouvelle (ou évangile) du salut en un seul verset : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3. 16).
Dieu, dans sa Parole, nous a donné quatre évangiles. Chacun a son caractère propre et un thème particulier, afin de nous présenter un aspect différent de la personne de Jésus. Ainsi,
– l’évangile de Matthieu dirige nos yeux vers le Messie (l’oint de Dieu), le Roi d’Israël ;
– l’évangile de Marc nous montre le Serviteur fidèle, par contraste avec le peuple d’Israël qui a été un serviteur défaillant ;
– l’évangile de Luc place devant nous « l’Homme Christ Jésus » dans sa parfaite humanité, Celui qui a « refait » l’histoire de l’homme, glorifiant Dieu à chacun de ses pas sur la terre, à l’inverse du premier homme, Adam, qui L’a déshonoré ;
– l’évangile de Jean nous révèle Jésus comme le Fils de Dieu, la Parole (le Verbe), la vie éternelle qui est venue parmi les hommes, à la rencontre des pécheurs perdus.
Tous ensemble, dans une parfaite harmonie, les évangiles nous dévoilent les gloires et les perfections de la personne du Seigneur Jésus et de l’œuvre salvatrice qu’Il a accomplie pour la gloire de Dieu et le salut de tous ceux qui croient en Lui.
Lorsque nous lisons les évangiles nous y trouvons les réponses à toutes les questions que nous pouvons nous poser quant à la personne du Seigneur Jésus et quant à son œuvre, sa mort sur la croix. La Parole de Dieu répond pleinement à celui qui cherche à connaître Jésus. Elle apporte ainsi, dans le Sauveur que Dieu a donné au monde dans son amour, un salut assuré, un plein pardon, une joie complète, une paix sans ombre pour le cœur.
Le salut est universel, il s’adresse à tous les hommes, sans exception : le Dieu sauveur « veut que tous les hommes soient sauvés » ; « Christ est mort pour tous » ; « la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes » (1 Tim. 2. 3 ; 2 Cor. 5. 15 ; Tite 2. 11). Pour être sauvé, il n’y a rien d’autre à faire que d’accepter par la foi le salut qu’offre la grâce de Dieu. A la question du geôlier de la prison de la ville de Philippes qui le suppliait disant : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? », l’apôtre Paul répondait : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé » (Act. 16. 29 à 32). Nous lisons cette déclaration simple et certaine dans l’épître écrite par l’apôtre Paul aux croyants de Rome : « Si, de ta bouche, tu reconnais Jésus comme Sauveur, et que tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé » (Rom. 10. 9).
Nous ne devons ni ne pouvons rien ajouter à l’œuvre de Christ à la croix. « Il a porté nos péchés en son corps, sur le bois » (1 Pier. 2. 24) devant le Dieu saint et en a subi le jugement. Tout ce qui est nécessaire et suffisant pour le salut de l’homme a été accompli à la croix. Christ a scellé Lui-même son œuvre, en s’écriant : « C’est accompli ! ». Dieu a entièrement accepté son sacrifice en déchirant le voile du temple, montrant ainsi que désormais un accès est ouvert à Sa présence pour tous ceux qui acceptent et reçoivent dans leur cœur le Sauveur et son œuvre achevée. « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » (Rom. 8. 1).

Qui est Jésus ?

La pensée des hommes

Dans l’évangile selon Matthieu le Seigneur Jésus interroge ses disciples par deux fois. Tout d’abord Il leur demande : « Qui disent les hommes que je suis, moi, le Fils de l’homme ? » (16. 13). La réponse qu’Il reçoit montre comment Il était vu par les hommes de son temps, ce qu’ils pensaient de Sa personne. Nous avons là la plus haute estimation que les hommes avaient de Lui. D’autres n’ont vu dans cet homme humble et doux, « qui n’avait pas d’apparence en lui pour nous le faire désirer », que « le charpentier, le fils de Marie », et il était « méprisé et délaissé des hommes » (És. 53. 2 ; Marc 6. 3). Au mieux, donc, ils le comparent à Jean le baptiseur ou à Élie, Jérémie ou un des prophètes. C’étaient tous des hommes de Dieu de valeur, mais aussi grands qu’ils aient été, aucun d’entre eux ne pouvait être comparé à Jésus. Les hommes de ce temps n’avaient qu’une idée très imparfaite de Celui qui était au milieu d’eux. De telles estimations de la personne de Jésus Christ montrent qu’il n’y a ni foi, ni intelligence spirituelle, ni discernement de ce qu’Il est réellement.
Il en est de même aujourd’hui : plusieurs ont peut-être une haute idée de Jésus et admettent qu’Il a été quelqu’un d’exceptionnel, mais il n’est pour la plupart d’entre eux qu’ « un certain Jésus qui est mort » (Act. 25. 19). Cependant, comme l’a dit quelqu’un : « il faut aux hommes un Sauveur et non des opinions sur le Sauveur ». C’est quelque chose de très important, car seul le Sauveur est Celui qui donne la vie, le bonheur et la paix auxquels les hommes aspirent de tout temps.

La grandeur du Fils de Dieu devenu homme

Le Seigneur Jésus pose alors une deuxième question, s’adressant cette fois directement à ses disciples : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? ». Et Pierre répond immédiatement : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mat. 16. 15 et 16). A un autre moment, le Seigneur testera à nouveau ses disciples : alors que plusieurs d’entre eux le quittaient par incrédulité, il leur demande : « Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? » Pierre répond sans hésiter : « Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ; et nous, nous croyons et nous savons que toi, tu es le saint de Dieu » (Jean 6. 67 à 69). Dans ces deux épisodes que nous rapportent les évangiles, la réponse à la question de Jésus est celle de la foi des vrais croyants qui ont discerné la Personne du Fils de Dieu et dont le cœur s’est attaché à Lui.
Jésus était cet homme simple et sans apparence cheminant sur la terre d’Israël, méprisé et rejeté par les siens qui ne l’ont pas reçu lorsqu’Il est venu parmi eux (És. 53. 3 ; Jean 1. 11). Il a été « celui que l’homme méprise, celui que la nation abhorre, le serviteur de ceux qui dominent » (És. 49. 7). Mais la foi a su discerner en Lui le Fils de Dieu, qu’Il a envoyé vers les hommes, « né de femme », la Parole devenue chair, le Christ Jésus qui, « étant en forme de Dieu… s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes, … a été trouvé quant à son aspect comme un homme » (Gal. 4. 4 ; Jean 1. 14 ; Phil. 2. 7 et 8).
Mais ce Jésus qui était autrefois un homme « à tous égards rendu semblable à ses frères » (Héb. 2. 17), n’ayant ni argent, ni un lieu de repos sur la terre, est celui que Dieu « a établi héritier de tout, par qui aussi il a fait les mondes… le resplendissement de sa gloire et l’empreinte de ce qu’Il est… Il soutient tout par la parole de sa puissance » (Héb. 1. 2 et 3).
Il est « l’image du Dieu invisible, [le] Premier-né (titre de prééminence) de toute la création ; car c’est par Lui que tout a été créé : ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre, le visible et l’invisible… tout a été créé par Lui et pour Lui ; et Lui est avant tout, et tout subsiste par Lui » (Col. 1. 15 et 16).
Il nous est aussi présenté comme la Parole (le Verbe), qui était « au commencement » – c’est-à-dire avant que toute chose soit créée par Lui-même. Cette Parole éternelle était depuis toujours près de Dieu, elle était Dieu elle-même et a tout amené à l’existence (voir Jean 1. 1 à 3). Quelle grandeur incomparable que celle du Fils de Dieu, du Christ qui est « sur toutes choses Dieu béni éternellement » (Rom. 9. 5) !
Nous l’ayant présenté dans la gloire de sa Personne dans les premiers versets de son évangile, l’apôtre Jean nous révèle alors ce mystère merveilleux : « Et la Parole devint chair et habita au milieu de nous… pleine de grâce et de vérité » (1. 14).
L’apôtre Paul dira encore : « Incontestablement, le mystère de la piété est grand : Dieu a été manifesté en chair » (1 Tim. 3. 16).
Dans le chapitre 16 de l’évangile de Matthieu évoqué plus haut, Pierre a donc reconnu en Jésus « le Fils du Dieu vivant », de Celui en qui est la vie. Le Seigneur lui répond alors : « Tu es bienheureux, Simon, fils de Jonas, car ce ne sont pas la chair et le sang (la nature humaine) qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux » (v. 17). L’homme dans sa nature ne peut discerner la Personne de Jésus ; il faut pour cela être enseigné de Dieu le Père.
Dans l’évangile de Jean, au chapitre 1, Nathanaël entend Jésus dire de lui : « Voici un vrai Israélite, en qui il n’y a pas de fraude » (v. 47). Il s’étonne de ce que Jésus le connaisse, et celui-ci lui révèle qu’Il le voyait lorsqu’il était sous le figuier. Alors Nathanaël réalise qui est ce Jésus, le fils de Joseph, qui est de Nazareth, la ville méprisée, et il s’écrie : « Rabbi (maître), tu es le Fils de Dieu ; tu es le roi d’Israël » (v. 49).
Au chapitre 4 de ce même évangile, le Seigneur, fatigué dans son chemin, s’assied sur le bord du puits de Sichar. Une femme pécheresse vient là chercher de l’eau à une heure où elle pense ne rencontrer personne. A l’issue de l’entretien qu’elle a avec Lui, la femme rend témoignage aux hommes de la ville et s’écrie : « Venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; celui-ci n’est-il pas le Christ ? » (v. 29). Sa conscience et son cœur ont été touchés par les paroles de ce pauvre Juif fatigué qui lui avait demandé à boire, mais qui s’est révélé à elle comme étant le Christ (v. 25 et 26). Elle veut alors faire connaître à tous Celui qu’ils confesseront comme le Sauveur du monde (v. 42).
Au chapitre 9 encore, Jésus rend la vue à un homme aveugle de naissance. Celui-ci est chassé par les hommes religieux, à cause du témoignage qu’il rend à Celui qui l’a guéri. Même ses parents ne le soutiennent pas, par crainte des Pharisiens. Mais Jésus le trouve et lui demande : « Crois-tu au Fils de Dieu ? » L’homme répond : « Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? Jésus lui dit : et tu l’as vu, et celui qui parle avec toi, c’est lui. Il dit : Je crois, Seigneur ! Et il lui rendit hommage » (v. 35 à 38). Guéri de son aveuglement, cet homme a été amené progressivement à la connaissance du Seigneur, du Fils de Dieu.
L’évangile selon Matthieu nous décrit la crucifixion du Seigneur Jésus, rejeté par les hommes auxquels Il était venu apporter la bonne nouvelle du salut. L’œuvre unique et merveilleuse du sacrifice de Lui-même étant achevée, Jésus remet son esprit entre les mains de son Père (Luc 23. 46). Voyant ce qui venait d’arriver et les signes qui accompagnaient la mort de Jésus (Mat. 27. 50 et 51), le centurion qui veillait sur Lui s’écrie : « Véritablement celui-ci était Fils de Dieu » (v. 54).

La pensée de Dieu à l’égard de Jésus

« L’Éternel m’a dit : Tu es mon Fils ; aujourd’hui,  je t’ai engendré » (Ps. 2. 7)
L’auteur de l’épître aux Hébreux nous rapporte les paroles de Dieu Lui-même, lorsqu’Il a fait entrer son Fils dans le monde, l’ayant « fait un peu moindre que les anges » (Héb. 2. 7 et 9) – Lui, le créateur des anges -, lui ayant créé un corps semblable à celui des hommes (2. 1). Il dit : « Tu es mon Fils, moi je t’ai aujourd’hui engendré » (1. 5). Il le glorifie ainsi, répétant un peu plus loin les mêmes paroles : « Celui-là (Dieu) l’a glorifié, qui Lui a dit : Tu es mon Fils, moi je t’ai aujourd’hui engendré » (5. 5).
Lorsque le Seigneur Jésus, âgé d’environ trente ans, est entré dans son service, Il est venu au milieu des publicains et des pécheurs repentants, qui confessaient leurs péchés et que Jean baptisait. A l’étonnement de Jean, Il lui a demandé de le baptiser, se mettant ainsi, Lui qui était sans péché (1 Jean 3. 5), au niveau des pécheurs ayant besoin de se repentir. Mais Dieu a aussitôt distingué Jésus, rendant un témoignage d’amour et d’approbation à sa Personne : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 16 et 17). Quelques temps plus tard, vers la fin du ministère de Jésus, alors que les disciples mettent le Seigneur à la même hauteur que ces grands hommes de Dieu qu’avaient été Moïse et Élie, Dieu fait entendre à nouveau sa voix et leur rappelle la grandeur incomparable de Celui qu’ils avaient accompagné sur la sainte montagne et dont ils avaient vu la gloire : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai trouvé mon plaisir ; écoutez-le » (Mat. 17. 1 à 8).
Que de témoignages sont ainsi rendus à l’homme Christ Jésus, qu’Il était véritablement le Fils du Dieu vivant, venu parmi les hommes pour leur apporter le salut de la part de Dieu et pour effectuer l’œuvre de notre salut par ses souffrances et sa mort sur la croix !

Qu’a fait Jésus ?

Sa vie et son service

« Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme trouve son plaisir » (Es. 42. 1).
C’est en lisant les évangiles que nous découvrons la Personne du Seigneur Jésus, ce qu’a été sa vie parfaite devant Dieu, à la gloire et pour la joie de son Père. Ils nous dévoilent quelques-unes des œuvres de grâce et des miracles qu’Il a accomplis parmi son peuple. Il a marché constamment devant Dieu, sans un écart. Toutes les paroles et les actes du Seigneur Jésus rendent témoignage qu’Il était véritablement le Fils de Dieu. Il a été l’homme parfait, obéissant, dépendant, patient, humble, dévoué, soumis. C’est l’homme que David nous présente prophétiquement dans le Psaume 16, dont la vie pouvait se résumer ainsi : « Je me suis toujours proposé l’Éternel devant moi » (v. 8).
En le regardant par la foi, en l’écoutant, en considérant ce qu’Il a été et ce qu’Il a fait, nous sommes conduits à confesser que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et, en croyant nous avons la vie par son nom (voir Jean 20. 31).
Nous pouvons citer, parmi tant de passages, quelques témoignages du service inlassable du Seigneur Jésus durant les trois années environ où Il a parcouru la terre d’Israël :
– l’évangéliste Matthieu nous le montre « parcourant toutes les villes et les villages, enseignant dans leurs synagogues, prêchant l’évangile du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité » (Mat. 9. 35).
– Marc ajoute dans son évangile : « (Jésus)… dit : Allons… dans les bourgs voisins, afin que j’y prêche aussi ; car c’est pour cela que je suis venu. Il prêchait dans leurs synagogues, par toute la Galilée, et chassait les démons » (Marc 1. 38 et 39).
– Luc écrira à son tour : « Tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies les lui amenèrent ; et Lui, imposant les mains à chacun d’eux, les guérit » (Luc 4. 40).
– Jean, à la fin de son évangile, témoigne : « Jésus fit aussi devant ses disciples beaucoup d’autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre » ; « Il y a aussi beaucoup d’autres choses que Jésus a faites : si elles étaient rapportées une à une, je ne pense pas que le monde même pourrait contenir les livres qui seraient écrits » (Jean 20. 30 ; 21. 25).
– Les paroles de Pierre à Césarée, chez Corneille affirment : « Jésus qui était de Nazareth… Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance, lui qui a passé de lieu en lieu, faisant du bien et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance,  car Dieu était avec Lui » (Act. 10. 38).
– Le témoignage de Jésus Lui-même, en réponse à Jean le baptiseur qui doutait : « Allez, rapportez à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient et les boiteux marchent ; les lépreux sont rendus purs, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et l’Évangile est annoncé aux pauvres » (Mat. 11. 4 et 5).
Mais la vie du Seigneur Jésus, pour le plaisir et la gloire de Dieu, et en guérison et bénédiction pour de nombreuses âmes, ne pouvait sauver personne du jugement que tout pécheur, coupable devant Dieu, mérite de la part du Dieu saint et juste. Les hommes étaient moralement morts dans leurs fautes et leurs péchés, loin de Dieu et sans espoir de salut.

Le sacrifice de sa vie

« Moi je laisse ma vie » (Jean 10. 17)
Ayant honoré son Dieu et Père dans toute sa marche sur la terre, le Seigneur Jésus aurait pu remonter au ciel et reprendre la place qu’Il occupait auprès de Dieu de toute éternité. Il avait accompli pleinement son service envers Dieu et les hommes. Mais Il a réalisé en perfection ce que le serviteur hébreu autrefois pouvait exprimer à la fin de sa période de service : « Si tu achètes un serviteur hébreu, il servira six années, et, la septième, il sortira libre, gratuitement… Mais si le serviteur dit positivement : J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas sortir libre ; alors son maître… lui percera l’oreille avec un poinçon ; et il le servira à toujours » (Ex. 21. 2 à 6).
Le Seigneur Jésus Lui-même, se présentant comme le grain de blé, dira : « En vérité, en vérité, je vous dis : À moins que le grain de blé ne tombe en terre et ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12. 24).
Ces deux passages nous éclairent sur ce que Jésus a fait, sur ce qu’a été « l’œuvre que le Père lui avait donnée à faire » et qu’Il a accomplie entièrement (Jean 17. 4), à la gloire de Dieu et pour le salut des pécheurs.
Dans ses plans d’amour, le grand Dieu sauveur voulait « amener plusieurs fils à la gloire » (Héb. 2. 10), des fils pour Lui-même, et aussi une épouse pour son Fils. Il avait choisi de prendre ces pauvres pécheurs que nous étions, dans la poussière et sur le fumier (1 Sam. 2. 8), pour les élever jusqu’à Lui et les introduire dans le ciel, en sa présence, des enfants devant leur Père.
Mais comment le Dieu qui a en horreur le péché, mais qui aime le pécheur et veut l’amener à Lui-même, pouvait-il concilier sa sainteté et son amour ? Il a Lui-même trouvé la solution à cette question que personne n’aurait pu résoudre : Il a donné son Fils unique et bien-aimé pour le salut des hommes. L’apôtre Paul affirme : « Cette parole est certaine et digne d’être pleinement reçue : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs » (1 Tim. 1. 15). Jésus s’est présenté pour accomplir la seule œuvre par laquelle il était possible que nos péchés soient ôtés de devant les yeux de Dieu et qu’Il puisse nous faire entrer librement devant Lui. La croix de notre Seigneur Jésus Christ a répondu à toutes les exigences du Dieu saint quant à la question du péché. Là, sa sainteté, sa justice, mais aussi son amour et sa grâce ont été pleinement magnifiés par l’œuvre de Jésus.
Afin que nous soyons lavés de nos péchés et ainsi rendus propres pour la présence de Dieu, Christ a accepté de se placer sous le jugement divin en portant en son corps, sur la croix, nos innombrables péchés (1 Pier. 2. 24). Il a pris la place que nous méritions sous la juste sentence du Dieu saint. Il a été frappé par Dieu, « le châtiment qui nous apporte la paix a été sur Lui » ; « par ses meurtrissures nous sommes guéris… ; Il a été blessé pour nos transgressions, Il a été meurtri pour nos iniquités… l’Éternel a fait tomber sur Lui l’iniquité de nous tous » (És. 53. 5…6).
Au moment où Dieu a jugé le péché en son propre Fils, Il a dû détourner de Lui son regard et l’abandonner aux coups de son jugement – Il ne l’a pas épargné, Il l’a livré pour nous tous (Rom. 8. 32). La souffrance extrême du Seigneur Jésus en cet instant est incompréhensible pour nous. Personne n’a été témoin de ce qui s’est alors passé entre la sainte victime et le Dieu juste et saint. Durant les trois heures d’une douleur infinie pour Jésus, Dieu a enveloppé le pays de ténèbres. Alors le Seigneur Jésus a fait monter vers le ciel ce cri douloureux résumant toute son indicible souffrance : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Ps. 22. 1 ; Mat. 27. 46).

La victoire de Jésus

Mais Il s’est ensuite écrié, d’une forte voix : « C’est accompli ! » (Jean 19. 30). Christ est mort pour que les droits de la sainteté et de la justice de Dieu soient rétablis, que le péché soit expié et les péchés ôtés – et pour que Dieu puisse faire grâce aux pécheurs. L’œuvre de notre salut, que Dieu Lui avait confiée, a été pleinement et entièrement achevée par Jésus sur la croix. Il a laissé sa vie de Lui-même (Jean 10. 16  à 18). Il est descendu dans la mort où Il est resté pendant trois jours (du vendredi au dimanche). Mais il en est sorti en vainqueur. Il a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort et a délivré tous ceux qu’il avait asservi à sa puissance (Héb. 2. 14 et 15). Sa victoire sur Satan, sur la mort, sur le péché, est totale et définitive.
Il n’y a rien à ajouter, rien à retrancher à l’œuvre de Jésus. Dieu a été glorifié par le sacrifice de son Fils, et peut dès lors faire couler à flot, sans retenue, son amour et sa grâce envers le pécheur qui vient s’abriter sous la valeur infinie et éternelle du sang précieux de Christ. Grâce à « l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes », Dieu peut dire des croyants : « Et je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités » (Héb. 10. 10, 17).
Lorsque tout a été entièrement accompli, Jésus « remet son esprit » entre les mains de son Père (Luc 23. 46), Dieu déchire le voile du temple, montrant ainsi que le chemin est désormais ouvert jusqu’à Lui. L’auteur de l’épître aux Hébreux nous engage ainsi à nous approcher de Dieu en vertu de l’œuvre de Jésus : « Ayant donc, frères, une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, par le chemin nouveau et vivant qu’Il a ouvert pour nous à travers le voile, c’est-à-dire sa chair… approchons-nous avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi » (Héb. 10. 19 à 22).
Lavé de ses péchés dans le sang de Jésus (Apoc. 1. 5), le pécheur peut désormais se tenir devant Dieu sans aucune crainte, dans la pleine liberté d’un fils devant son Père.

Où est Jésus ?

Jésus est ressuscité

« Dieu l’a ressuscité d’entre les morts » (Act. 13. 30).
« Ne fallait-il pas que le Christ endure ces souffrances et qu’Il entre dans sa gloire ? » (Luc 24. 26)
Nous lisons dans l’épître aux Hébreux que Jésus « a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu » (12. 2).
Une fois l’œuvre de notre salut achevée, le Seigneur Jésus scelle l’œuvre qu’Il vient d’accomplir à la croix : « Quand donc Jésus eut pris le vinaigre, il dit : C’est accompli. Puis, ayant baissé la tête, Il remit son esprit » ; « Et ayant crié d’une voix forte, Jésus dit : Père ! entre tes mains  je remets mon esprit. Ayant dit cela, Il expira » (Jean 19. 30 ; Luc 23. 46).
Comme Il l’avait annoncé, Il laisse (met) sa vie de Lui-même : « A cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie afin que je la reprenne. Personne ne me l’ôte, mais moi, je la laisse de moi-même ; j’ai le pouvoir de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre : j’ai reçu ce commandement de mon Père » (Jean 10. 17 et 18). Il devait donner Lui-même sa vie et mourir sur la croix, mais Il annonce aussi qu’Il reprendra vie une fois l’œuvre de grâce et de gloire accomplie.
Deux hommes pieux ont descendu de la croix le corps mort de Jésus. Ils l’ont placé dans un sépulcre neuf, dans lequel personne n’avait jamais été mis – « Il a été avec le riche dans sa mort » (És. 53. 9). Puis, comme le sabbat commençait, ce n’est qu’à l’aube du troisième jour, appelé dans la parole de Dieu « le premier jour de la semaine », que quelques femmes se rendent au tombeau de Jésus (Luc 24. 1). Elles ont pris avec elles des aromates afin d’embaumer son corps selon la coutume des Juifs, pour Lui rendre un dernier hommage. Elles sont inquiètes, ne sachant pas comment elles vont rouler la lourde pierre qui bloque l’ouverture du lieu où le corps de Jésus a été déposé.
Mais, arrivant au tombeau, elles constatent que la pierre est déjà roulée sur le côté… et que le tombeau est vide ! Tout est rangé avec soin, il n’y a aucune trace de lutte ou d’enlèvement. Perplexes, elles ne savent que penser jusqu’à ce que « deux hommes se tinrent devant elles, en vêtements éclatants de lumière » – c’était des anges. Ils leur révèlent que ce n’est pas parmi les morts qu’il faut chercher Jésus, car Il est ressuscité : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts Celui qui est vivant ? Il n’est pas ici, mais Il est ressuscité » (Luc 24. 5 à 8). Lui-même le leur avait annoncé : « Jésus leur dit (à ses disciples) : le Fils de l’homme va être livré entre les mains des hommes ; ils le feront mourir, et le troisième jour il sera ressuscité » (Mat. 17. 22).
N’ayant plus rien à faire au tombeau, les femmes vont vers les disciples et leur rapportent les paroles des anges. Pierre et Jean courent à leur tour au tombeau et font le même constat que les femmes : le tombeau est vide, Jésus n’est plus parmi les morts (Jean 20. 3 à 9).
L’évangile selon Marc nous rapporte que la première à avoir vu le Seigneur Jésus vivant est Marie de Magdala (16. 9). Le chapitre 20 de l’évangile de Jean nous donne le récit de la rencontre de Marie, désespérée de la perte de son Seigneur, avec Celui qui se montre à elle vivant, au-delà de la mort. Il lui confie un message pour ceux qu’Il peut maintenant appeler ses frères (lire Jean 20. 11 à 18).
En ce même jour le Seigneur Jésus apparaît à deux disciples qui s’en retournaient de Jérusalem profondément perturbés par les évènements de ces trois derniers jours. Ils le reconnaissent lorsqu’il rompt le pain avec eux, dans leur maison ; alors Il disparaît de devant eux, mais demeure dans leurs cœurs (Luc 24 . 13 à 49). Il se manifeste ensuite aux disciples assemblés à Jérusalem. Il leur montre ses mains et ses pieds percés à la croix. Les disciples sont remplis de joie en voyant le Seigneur (Luc 24. 36 à 43 ; Jean 20. 19 et 20).
Puis le Seigneur Jésus, « après avoir souffert… se présenta Lui-même, vivant, avec beaucoup de preuves certaines : pendant quarante jours, Il se montra à eux (les apôtres) » (Act. 1. 3). L’apôtre Paul confirmera plus tard : « Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures ; il a été enseveli, et Il a été ressuscité le troisième jour, selon les Écritures ; Il a été vu de Céphas [Pierre], puis des douze. Ensuite il a été vu de plus de cinq cents frères à la fois… Ensuite Il a été vu de Jacques, puis de tous les apôtres ; et, après tous… Il a été vu aussi de moi » (1 Cor. 15. 4 à 8).
Nous avons rappelé que le Seigneur Jésus, lorsqu’Il était avec ses disciples, leur avait annoncé à l’avance ce qui devait Lui arriver : « Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il fallait qu’Il aille à Jérusalem, et qu’Il souffre beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, et qu’Il soit mis à mort, et qu’Il soit ressuscité le troisième jour » (Mat. 16. 21 – voir encore Marc 8. 31, 9. 31, 10. 33 et 34). Les anges, au tombeau, rappellent aux femmes les paroles que Jésus leur avait dites avant sa mort. Le Seigneur Jésus Lui-même amènera les disciples à se ressouvenir de ses paroles : « Il fallait que le Christ souffre, qu’Il ressuscite d’entre les morts le troisième jour » (Luc 24. 46).
L’apôtre Paul consacrera tout un chapitre de sa première lettre aux croyants de Corinthe à la résurrection du Seigneur Jésus et aux conséquences de ce fait glorieux pour les croyants : lire le chapitre 15 de 1 Corinthiens où l’apôtre affirme avec force, à quatre reprises, que Christ a été ressuscité.
La résurrection du Seigneur Jésus est un fait historique avéré. Mais, plus encore que cela : d‘une part, elle est la preuve que Dieu a entièrement accepté l’œuvre accomplie, qui répond pleinement aux exigences de sa sainteté et de sa justice ; d’autre part elle est, pour tous les croyants, la parfaite assurance du fait qu’ils sont libérés du péché et de la mort, et qu’ils sont unis à leur Sauveur pour l’éternité. « Si Christ n’a pas été  ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés… Mais, maintenant, Christ a été ressuscité d’entre les morts » (1 Cor. 15. 17…20).
Le croyant, réalisant qu’il est justifié devant Dieu sur la base de la foi (Rom. 5. 1), peut dire en pleine assurance : « Nous… croyons en celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur, qui a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification » (Rom. 4. 24 et 25).

Jésus dans le ciel

« Ayant fait par Lui-même la purification des péchés, Il s’est assis à la droite de la Majesté dans les hauts lieux » (Héb. 1. 3)
A la fin de cette période de quarante jours où le Seigneur Jésus s’est montré aux siens, Il a rassemblé ses disciples auprès de Lui à Béthanie. Ils sont alors les témoins de son ascension au ciel. Deux évangélistes nous rapportent ce merveilleux évènement : Marc et Luc.
Nous lisons, à la fin de l’évangile écrit par Marc : « Le Seigneur donc… fut élevé dans le ciel et s’assit à la droite de Dieu » (16. 19). Luc écrit à son tour : « Il [Jésus] les mena dehors jusque vers Béthanie, puis, levant les mains en haut, Il les bénit. Et il arriva qu’en les bénissant il fut séparé d’eux et fut élevé dans le ciel » (24. 50 et 51). Le même évangéliste ajoutera au début du livre des Actes : « Il fut élevé de la terre, tandis qu’ils [les disciples] regardaient : une nuée le reçut et le déroba à leurs yeux » (1. 9).
Son œuvre de rédemption étant pleinement accomplie, la purification des péchés ayant été faite par Lui-même, Christ est entré « une fois pour toutes dans les lieux saints », c’est-à-dire dans le ciel. Il a « enduré la croix, ayant méprisé la honte » et Il est maintenant « assis à la droite du trône de Dieu » (Héb. 1. 3b ; 9. 12 ; 12. 2). Dieu a été entièrement satisfait par l’œuvre de son Fils qui L’a glorifié et qui a pleinement satisfait aux exigences divines quant au péché (la racine – notre nature en Adam) et aux péchés (les fruits – nos actes). Aussi Il a « exalté et élevé, et placé très-haut » son serviteur Jésus (És. 52. 13). Il L’a invité à s’asseoir à côté de Lui, sur son propre trône. David dira dans un Psaume, en parlant par avance du Seigneur Jésus : « L’Éternel a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis pour le marchepied de tes pieds » (Ps. 110. 1 – ce passage est cité six fois dans le Nouveau Testament, donc sept fois dans l’Écriture, ce qui montre son importance).
D’autres écritures nous montrent le Seigneur Jésus glorifié et haut élevé :
Psaume 8. 5 et 6 : « Tu l’as couronné de gloire et d’honneur… tu as mis toutes choses sous ses pieds » – passage cité en Héb. 2. 6 à 9, qui nous dit encore : « nous voyons Jésus, couronné de gloire et d’honneur ».
Ps. 21. 3 à 6 : « Tu l’as prévenu par des bénédictions excellentes ; tu as mis sur sa tête une couronne d’or fin… Sa gloire est grande dans ta délivrance ; tu l’as revêtu de majesté et de magnificence ».
Dans le livre des Actes, de nombreux témoignages sont rendus par les apôtres à la résurrection du Seigneur Jésus : Actes 2. 24, 32 ; 3. 13, 15 …, mais aussi à son exaltation par Dieu. Pierre et les apôtres diront aux chefs religieux des Juifs : « Dieu… a ressuscité Jésus que vous, vous avez fait mourir, le pendant au bois. C’est Lui que Dieu a exalté par sa droite Prince et Sauveur » (Act. 5. 30 et 31).
Lorsqu’Étienne, le premier martyr chrétien est lapidé par les Juifs qui ont mis à mort leur Messie, il lève les yeux vers le ciel et là, il voit « la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu ». Il en rend témoignage, disant à haute voix : « Voici, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » (Act. 7. 55 et 56).
Quand Saul, le persécuteur des chrétiens (il deviendra l’apôtre Paul), est arrêté par le Seigneur Lui-même sur le chemin de Damas où il se rendait pour capturer « des personnes de la voie » – c’est-à-dire ceux qui suivaient Jésus, c’est du ciel que lui parvient la voix qui lui dit : « Je suis Jésus que tu persécutes » (Act. 9. 1 à 6).
Plus tard, l’apôtre Jean, exilé sur l’île de Patmos, en esprit dans la journée du dimanche (Apoc. 1. 10) est appelé à monter dans le ciel. Il y voit un trône et quelqu’un assis sur ce trône (Apoc. 4. 1 et 2). Il contemple alors le Seigneur, qui a créé toutes choses (chapitre 4), mais qui est aussi « l’Agneau immolé », qui a « acheté pour Dieu, par [son] sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation » et qui « les a faits rois et sacrificateurs pour… Dieu » (Apoc. 5. 9 et 10).
Depuis le ciel, le Seigneur Jésus, quoiqu’assis dans le repos de son œuvre accomplie, ne reste pas inactif en faveur de ceux qui sont les objets de son amour et de ses soins constants. Il est pour eux, le « grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux » et qui est « élevé plus haut que les cieux » – c’est-à-dire qu’Il est maintenant dans le ciel de la présence de Dieu (appelé « le troisième ciel » – 2 Cor. 12. 2) où Il exerce cet office en faveur des siens encore sur la terre. Il est ce souverain sacrificateur qui paraît pour nous devant Dieu, miséricordieux et fidèle, sympathisant à nos infirmités, toujours vivant pour intercéder pour nous, et qui nous « convient » parfaitement dans tous nos besoins » (Héb. 4. 14 et 15 ; 7. 25 et 26 ; 2. 17 et 18). Il est aussi en même temps, notre avocat auprès du Père, si nous avons péché (1 Jean 2. 1 et 2).

L’espérance du retour de Jésus pour les siens

« Je viens bientôt » (Apoc. 2. 7, 12, 20)
Depuis le ciel, le Seigneur va faire tomber des jugements terribles sur le monde incrédule, qui n’a pas voulu de Lui comme Sauveur, l’a rejeté et mis à mort. Dieu « a fixé un jour où Il doit juger avec justice la terre habitée, par l’Homme qu’Il a destiné à cela, ce dont Il a donné une preuve certaine à tous, en le ressuscitant d’entre les morts » ; « C’est Lui qui est établi par Dieu juge des vivants et des morts » (Act. 17. 31 ; 10. 42).
Mais les croyants seront gardés hors de « l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière » (Apoc. 3. 10). Avant les jugements, le Seigneur Lui-même descendra du ciel pour prendre les croyants qui sont sur la terre, les vivants et les morts. Il les fera entrer dans sa présence où ils seront pour toujours. L’apôtre Paul recevra du Seigneur cette parole qu’il nous transmet par l’intermédiaire d’une lettre aux croyants de Thessalonique : « Le Seigneur Lui-même, avec un cri de commandement, avec une voix d’archange et avec la trompette de Dieu, descendra du ciel ; et les morts en Christ ressusciteront en premier lieu ; puis nous, les vivants qui restons, nous serons enlevés ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air : et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thess. 4. 16 et 17).
Ainsi le Seigneur Jésus est celui en qui les croyants ont « une espérance vivante par la résurrection de Jésus Christ » ; Il est pour eux « le christ Jésus, notre espérance » (1 Pier. 1. 3 ; 1 Tim. 1. 1). Les croyants ont reçu en Jésus la vie éternelle, et Il a promis aux siens, avant d’aller à la croix, qu’Il reviendrait du ciel pour les prendre auprès de Lui pour toujours : « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; s’il en était autrement, je vous l’aurais dit, car je vais vous préparer une place. Et si je m’en vais et que je vous prépare une place, je reviendrai et je vous prendrai auprès de moi, afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi » (Jean 14. 2 et 3). Il en fait même la demande à Dieu et nous savons avec certitude que cette prière du Seigneur Jésus à son Père sera exaucée : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où je suis, moi [c’est-à-dire au ciel], ils y soient aussi avec moi » (Jean 17. 24). Pour ceux qui ont cru au Seigneur Jésus, la place est prête dans la maison du Père.
Le croyant sur la terre n’attend pas la mort mais le retour du Seigneur Jésus qui, selon sa propre parole, vient bientôt (vitement, promptement) – voir Apoc. 22. 7, 12, 20). La Parole de Dieu nous dit que Celui qui a promis est fidèle (Héb. 10. 23). Si Dieu patiente encore dans sa grâce jusqu’à ce que le dernier des pécheurs qui doit être sauvé vienne à Lui par la foi, toutefois le Seigneur ne tarde pas pour l’accomplissement de Sa promesse (2 Pier. 3. 9). « Car encore très peu de temps,« et celui qui vient viendra, et il ne tardera pas » (Héb. 10. 37).
C’est bien du ciel où Il se trouve actuellement que le Seigneur Jésus viendra pour prendre les siens auprès de Lui, et c’est de là qu’ils l’attendent « comme Sauveur, qui transformera notre corps d’abaissement en la conformité du corps de sa gloire » (Phil. 3. 21). Lorsqu’Il viendra pour eux, c’est à l’appel de sa voix puissante que tous les croyants, morts et vivants, quitteront à toujours la terre pour être avec le Seigneur Jésus dans un repos et une gloire éternels. « Christ a été ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui sont endormis… Car… dans le Christ tous seront rendus vivants ; mais chacun dans son propre rang : les prémices, Christ ; puis ceux qui sont du Christ, à sa venue » ; « Nous ne nous endormirons pas tous, mais nous serons tous changés : en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette (car la trompette sonnera), les morts seront ressuscités incorruptibles, et nous, nous serons changés » (1 Cor. 15. 20 à 23 ; 51 et 52).
Telle est l’espérance chrétienne, qui sera bientôt réalisée par Celui qui est le Sauveur et le Seigneur des croyants.

Mon Seigneur et mon Dieu

Est-ce que vous qui lisez ces lignes avez été en contact avec l’homme Christ Jésus venu sur la terre pour servir, souffrir et mourir pour le salut des hommes, et qui est maintenant vivant pour toujours dans le ciel ? Discernez-vous, dans la Parole de Dieu, Celui qui est ainsi placé devant vous ? Elle vous montre son suprême abaissement, du ciel jusqu’à la crèche, de la crèche à la croix, de la croix au tombeau ; mais aussi la grandeur de sa Personne, de son œuvre, sa résurrection et sa séance à la droite de Dieu dans le ciel ; et encore les résultats assurés et bénis du sacrifice de sa vie pour ceux qui croient en Lui.
N’est-Il toujours pour vous qu’un grand personnage, quelqu’un qui certainement, n’a fait que du bien sur la terre et dont on peut avoir une haute opinion ; mais un homme qui a été haï, rejeté et mis à mort par ceux qui n’ont voulu ni de Lui ni de Celui qui l’avait envoyé vers nous dans son amour envers les hommes ? Lui-même a pu dire : « Pour mon amour, ils ont été mes adversaires » ; « Ils m’ont haï sans cause » ; « Ils ont à la fois vu et haï aussi bien moi que mon Père » (Ps. 109. 4a ; 35. 19 ; Jean 15. 24b, 25).
Ou bien l’avez-vous reconnu comme ce qu’Il est véritablement, le Fils de Dieu, venu du ciel d’auprès de son Père, pour accomplir sur cette terre l’œuvre de notre salut ? Avez-vous contemplé la Personne et les œuvres de grâce de cet homme humble et plein de bonté, « qui a passé de lieu en lieu, faisant du bien et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance, car Dieu était avec Lui » (Act. 10. 38) ? Avez-vous trouvé en Lui le Sauveur du monde qui a donné volontairement sa vie sur la croix pour votre salut ?
Peut-être avez-vous alors confessé que vous êtes un pécheur perdu, ne méritant que le juste châtiment de Dieu ? Peut-être êtes vous alors venu à la croix de notre Seigneur Jésus Christ, saisissant par la foi qu’Il s’est chargé volontairement des péchés de tous ceux qui croient en Lui, et qu’Il a porté en son corps toute la peine et la souffrance du jugement divin sur le péché, que son âme a été dans l’angoisse et que son cœur a été brisé ? La parole de Dieu nous dit de Lui : « Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a fait péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en Lui » (2 Cor. 5. 21).
Puissiez-vous avoir reçu un tel Sauveur dans votre cœur, et être de ceux qui s’écrient du fond de leur cœur : « Le Fils de Dieu… m’a aimé et… s’est livré Lui-même pour moi ! » (Gal. 2. 20). Nous répétons ce que l’Écriture dit à tout homme : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé » (Actes 16. 31).
Alors, à la question de Celui qui est votre Sauveur et votre Seigneur – « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » – vous saurez répondre avec reconnaissance et joie, en pleine assurance de foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » ou, comme Thomas lorsqu’il a vu le Seigneur ressuscité : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ». Il a cru lorsqu’il a vu, mais le Seigneur dit : « Bienheureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru » (Jean : 20. 28 et 29). C’est là la part bénie de tous ceux qui ont placé leur foi en Lui et dans son œuvre accomplie.
Votre attente patiente et certaine, comme celle de tous les croyants, est désormais en Celui qui vient bientôt, fidèle à sa promesse.
Pendant le temps de son absence, vous éprouverez les soins constants de son amour et de sa grâce, sa protection et son soutien dans le chemin, ses consolations et ses encouragements dans les moments difficiles. Il a dit aux siens, avant de les quitter pour remonter au ciel : « Et voici, moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à l’achèvement du siècle » (Mat. 28. 20).
Et bientôt se réalisera la bienheureuse espérance : nous verrons face à face, non plus d’une façon imparfaite (1 Cor. 13. 12), Celui qui nous a aimés et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang. Transformés à sa ressemblance, nous Le verrons comme Il est et, à toujours dans le ciel, nous l’adorerons dans une joie et un bonheur sans fin.
Cher ami, cette perspective bienheureuse est-elle la vôtre ? Que le Seigneur veuille attirer votre cœur vers Lui, que son œuvre d’amour qui l’a conduit jusqu’aux souffrances et à la mort de la croix touche et pénètre votre cœur ! Si vous venez simplement à Lui, tel que vous êtes, pécheur perdu qui trouve en Lui son Sauveur, son amour vous recevra immédiatement. Il vous donnera la vie, le salut, la paix, le repos du cœur, et l’assurance d’être bientôt pour toujours avec Celui qui vous a aimé et s’est livré Lui-même pour vous.

« Voici, c’est maintenant le jour du salut » (2 Cor. 6. 2).
« Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 3. 15).

 

Ph. Fuzier Avril 2019

LA BREBIS PERDUE

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LA BREBIS PERDUE

 

Et tous les publicains et les pécheurs s’approchaient de Lui pour l’entendre. Et les pharisiens et les scribes murmuraient, disant : Cet homme reçoit des pécheurs et mange avec eux. Luc 15. 1 à 2.

Des personnes différentes réagissent de façon différente. Quand Jésus Christ vivait sur cette terre, certains le rejetaient ou refusaient de le suivre, trouvant pour cela diverses excuses. D’autres, intéressés, curieux ou recherchant quelque sensation, marchaient avec Lui. D’autres encore, comme dans le verset cité ci-dessus, étant attirés par sa grâce et son amour, surmontaient leur réticence pour venir à Lui. Aujourd’hui, les réactions des gens ne sont pas différentes. Il y a des personnes qui le rejettent encore, qui trouvent des excuses, qui montrent de l’intérêt ou qui viennent à Lui (voir Luc 14. 18 et 23).
Il y avait aussi les chefs religieux responsables qui affirmaient connaître le chemin qui mène à Dieu. Leur verdict au sujet de Jésus était clair : « Cet homme reçoit des pécheurs et mange avec eux ! » C’était quelque chose dont on n’avait jamais entendu parler ! Éviter-Le !
Remarquez bien la façon dont ils le décrivent : « Cet homme ». Nous ressentons leur mépris à son égard. Ils refusent de l’appeler par son nom. Et il se mêle aux pécheurs : quelle association ! Pour nous, c’est quelque chose d’inadmissible : Il reçoit des pécheurs et même Il mange avec eux.
Le discrédit déplacé qu’ils portent sur Lui ne font que confirmer la grâce sans limite de Dieu : Jésus n’est pas venu « pour appeler des justes à la repentance, mais des pécheurs » (Luc 5. 32). C’était des pécheurs, qu’Il recherchait, pas seulement pour les recevoir et manger avec eux, mais pour leur donner le pardon et la joie du salut.

Et Il leur dit cette parabole, disant : Quel est l’homme d’entre vous, qui, ayant cent brebis et en ayant perdu une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf au désert, et ne s’en aille après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée ? Luc 15. 3 et 4.

Le Seigneur Jésus répond à ces théologiens propres justes, par une parabole, un récit symbolique avec un but moral, dont le contenu était en relation avec les circonstances de la vie courante. Il choisissait ce genre de style pour expliquer certains aspects particuliers. C’est pour cela qu’une parabole ne traite pas toutes les situations possibles.
Dans le cas présenté ici, Jésus prend un exemple lié au travail de ceux qui l’écoutaient. Le propriétaire d’un troupeau, ou un berger, avait perdu une brebis. Il partait tout naturellement la chercher. Si nous pouvons nous imaginer la scène, nous la recevrons comme les auditeurs du Seigneur l’ont fait. Ils ne se contenteraient pas de hausser les épaules, mais ils commenceraient à chercher. Et, par cette parabole, Jésus Christ leur dit : « C’est justement ce que je fais, je cherche ceux qui sont perdus ! »
Le berger laisse les quatre-vingt-dix-neuf brebis dans le désert. Qu’allaient-elles devenir ? En fait, un désert n’est pas un abri, ni une bergerie, ni un parc à moutons. Le désert, ici, ne signifie pas un désert de sable, mais un espace rocheux comportant beaucoup de dangers, et même une menace de mort pour les animaux. Plus loin, dans la parabole, Jésus explique qui sont ces quatre-vingt-dix-neuf : ce sont ces propres justes « qui n’ont pas besoin de repentance » (v.7).
Les quatre-vingt-dix-neuf correspondent aux personnes qui sont si sûres d’elles-mêmes qu’elles estiment qu’elles n’ont pas besoin de Jésus, et ainsi elles le rejettent. Elles souhaitent trouver leur propre chemin jusqu’à Dieu, ou vivre et mourir sans Lui.
Beaucoup de personnes font partie des quatre-vingt-dix-neuf. Elles sont perdues pour l’éternité. Cela doit nous amener à nous demander si nous faisons partie de cette catégorie de personnes.

Quel est l’homme d’entre vous qui, ayant cent brebis et en ayant perdu une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf au désert, et ne s’en aille après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée ? Luc 15. 3 et 4.

La brebis court sans arrêt, s’éloignant toujours plus. Elle ne peut pas retrouver le chemin du retour ni se secourir elle-même. C’est sans espoir, elle se trouve bientôt perdue et c’est comme si elle était déjà morte.
Les gens ressemblent à une telle brebis, car « nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin » (És. 53. 6). La Bible ne prend pas de détours et ne cherche pas d’excuses. Ainsi, je suis une telle brebis errante et je me suis éloigné de Dieu dès ma naissance. Je suis perdu. Quelqu’un peut-il me sauver ?
Oui, certainement, car le berger cherche la brebis perdue. Cela dépend de sa puissance d’endurance, de son énergie et de son abnégation. Dans le vent et les intempéries, la chaleur ou le froid, la tempête, la neige ou la grêle, de jour ou de nuit, le berger reste dehors et ne renonce pas.
De nos jours, lors de tentatives de sauvetage de personnes perdues, on apprend souvent cette mauvaise nouvelle : « les secouristes ont été contraints d’abandonner les recherches ». Il n’en est pas ainsi de Dieu. Quoiqu’ « il n’y ait personne qui recherche Dieu ; ils se sont tous détournés », Dieu est venu chercher l’homme, dans la personne de Jésus Christ. Jésus est devenu Homme, Il a suivi un chemin d’humilité, pénible et difficile, jusqu’à la croix ; Il a été rejeté, frappé, méprisé et finalement, Il a laissé volontairement sa vie.
Le berger a cherché jusqu’à ce qu’il trouve. Sa recherche n’a pas été interrompue ou arrêtée prématurément.
Il a appliqué toute son attention et toute son énergie au salut de cette brebis, jusqu’à ce qu’il parvienne à la trouver. Quel dévouement et quel amour ont été consacrés à cette heureux dénouement !

Et l’ayant trouvée, il la met sur ses propres épaules, bien joyeux ; et, étant de retour à la maison, il appelle les amis et les voisins, leur disant : Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé ma brebis perdue. Luc 15. 5 et 6.

Le berger a cherché sans relâche et a fini par trouver la brebis ! Le temps et l’énergie dépensés ont été récompensés. La tristesse, les appels, le danger rencontrés, n’ont pas été vains.
Soulagé et tout joyeux, il la met sur ses épaules. Elle était sûrement épuisée, peut-être blessée aussi, mais, sur les épaules du berger, elle rentrera à la maison sans encombre.
Si quelqu’un, aujourd’hui, prend conscience qu’il est perdu devant Dieu, alors il y a un espoir pour lui ! Il admet son état de perdition et il peut alors être « trouvé ». Le Sauveur trouve quiconque reconnaît qu’il a besoin d’être sauvé, et l’amène à la maison. Il l’ajoute aux brebis de son troupeau sur la terre, et Il a préparé au ciel une place pour lui dans la maison de son Père.
Le berger se réjouit. La brebis avait une telle valeur pour lui, qu’il est allé la chercher. Maintenant qu’il l’a trouvée, elle a encore plus de valeur pour lui. La joie qu’il ressent est contagieuse et se répand vers ses amis et ses voisins ; peut-être que la brebis la ressent, elle aussi. Cependant, dans cette parabole, il est plutôt question que de la joie de celui qui a sauvé et pas tant de celle qui a été sauvée. Et il n’y a rien qui indique que cette joie ne cesse jamais.
Quand un pécheur, aujourd’hui, se repent et accepte Jésus Christ comme son Seigneur et Sauveur, il y a de la joie dans le ciel. Le Seigneur voit alors du fruit du « travail de son âme » et il en « est satisfait » (És. 53. 11).
Cette joie fait partie de la joie « qui était devant Lui », à cause de laquelle Il a « enduré la croix », Il a souffert et Il est mort (Héb. 12. 2).

J’ai trouvé ma brebis perdue. Je vous dis qu’ainsi il y aura de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance. Luc 15. 6 et 7.

Avec quelle tendresse et quelle affection le berger parle de « ma brebis » ! Auparavant elle était simplement l’une des cent, maintenant prévaut un sentiment d’appartenance. De la même manière, nous lisons en Jean 10. 27 et 28 : « Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent ; et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main ».
La première illustration de cette parabole est complète et Jésus en tire la conclusion : il y a quelqu’un qui se repent et le ciel s’en réjouit ; et il y a les quatre-vingt-dix-neuf qui n’ont pas besoin de repentance.
Nous devons maintenant nous poser personnellement quelques questions :
– Est-ce que je reconnais que je ne peux me sauver moi-même et que je suis perdu ? Suis-je prêt à me repentir, c’est-à-dire à changer ma façon de penser et d’agir en conséquence ?
– Ou est-ce que je sais déjà que je suis l’une de Ses brebis, parce que je me suis repenti ? Est-ce que le ciel s’est réjoui à mon sujet ? S’il en est ainsi, je peux parler à d’autres du Dieu Sauveur « qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2. 3 et 4).
– Ou est-ce que je pense que je n’ai pas besoin de repentance ? Ai-je autant de confiance en moi-même que cette vieille dame de quatre-vingt-dix ans qui croyait sincèrement qu’elle n’avait rien fait dans sa vie qui nécessite qu’elle demande « Pardon ! ».
– Ou est-ce que j’estime que la repentance est quelque chose de dépassé et n’est que pour ceux qui ne sont pas de leur temps, ou coupables, ou qui ont un penchant sentimental ?

Ou quelle est la femme, qui, ayant dix drachmes, si elle perd une drachme, n’allume la lampe, ne balaie la maison, et ne cherche diligemment jusqu’à ce qu’elle l’ait trouvée ?
Un homme avait deux fils… Peu de jours après, le plus jeune fils ayant tout ramassé, s’en alla dehors en un pays éloigné. Luc 15. 8, 11 et 13.
La parabole de Luc 15 est constituée de trois illustrations : une brebis perdue, une pièce perdue, et un fils perdu.
Elles répondent toutes les trois à la question : pourquoi quelqu’un est-il perdu ?
Il est perdu :
– Parce que sa condition est sans espoir (la brebis perdue). Par lui-même il ne peut trouver le chemin de retour vers Dieu. Il est « sans espérance et sans Dieu dans le monde » (Éph. 2. 12) ;
– Parce qu’il est insensible quant à sa condition (la drachme perdue). Il est endurci dans son cœur et sans aucun sentiment, « mort dans ses fautes et dans ses péchés » (Éph. 2. 1) ;
– Parce qu’il est dans un chemin de propre volonté (le fils perdu). « Nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin » (És. 53. 6).
L’une de ces illustrations vient de la sphère du travail, l’autre de celle de la vie domestique, et la troisième de celle de la famille. Dans l’une, c’est Dieu, le Fils, qui agit, dans la suivante, c’est le Saint esprit, et dans la troisième, c’est Dieu, le Père. Tout d’abord la recherche est engagée « jusqu’à ce qu’il la trouve », puis c’est une recherche « soigneuse », et enfin le père, « ému de compassion… courut jusqu’à lui, se jeta à son cou et le couvrit de baisers ».
La brebis perdue se trouvait parmi cent autres, la drachme perdue était l’une des dix que possédait la femme et le fils perdu était l’un des deux fils de l’homme de la parabole.
Le Seigneur Jésus employait ces illustrations en les différenciant soigneusement. Il désirait que les personnes reconnaissent qui elles sont et qui Il est, ce qu’elles font et ce qu’Il fait.

D’après « The good seed » Février 2019

ÉRIC

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ÉRIC

 Chapitre 1er.

Une gentille figure un peu pâle, des cheveux blonds bouclés, des yeux bleus au regard pensif. Plus d’un passant jetait un regard de pitié à l’enfant étendu sur les coussins de sa petite voiture.
Mais Éric ne s’inquiétait, ni des passants, ni de l’impression qu’il pouvait produire.
Ses yeux étaient fixés sur la mer houleuse qui étendait son immensité à ses pieds. Même les cris joyeux des enfants occupés à construire leurs châteaux de sable sur la plage n’attiraient pas son attention. Sa bonne, habituée aux rêveries du petit malade, l’ayant installé à l’ombre de la falaise, s’était assise à quelque distance et n’avait pas tardé à s’absorber dans la lecture d’un roman.
– Je me demande si elle est aussi fatiguée que moi, dit l’enfant à haute voix, les yeux toujours tournés vers les vagues écumantes.
Un jeune homme, étendu sur le sable non loin de là, se retourna au son de sa voix.
– Je voudrais qu’elle soit assez fatiguée pour rester tranquille, continua le petit garçon. Elle essaye quelquefois de ne pas bouger, mais quand on est très, très fatigué, on n’y arrive pas.
– Nous n’avons pas en nous la force de résister à ce qui nous pousse ; tu as raison, mon petit homme.
L’enfant se tut une minute, puis il ajouta :
– Je l’ai vue endormie hier ; elle était si tranquille, elle respirait tout juste un peu et jouait sur le sable. Cela, elle ne pouvait s’empêcher de le faire.
Le jeune homme sourit : la confiance de l’enfant le touchait. Il s’approcha et la conversation s’engagea :
– C’est un monde bien ennuyeux, n’est-ce pas, disait l’enfant avec une gravité au-dessus de son âge. Ma bonne le dit souvent, et je le trouve aussi.
– On est souvent fatigué, remarqua le jeune homme avec un sourire amer.
– C’est toujours la même chose, n’est-ce pas ? Excepté quand il y a des surprises et je crois bien qu’il n’y en a plus pour moi.
– Depuis quand, mon petit homme ?
– Depuis que j’ai reçu mon dernier jouet de Paris. Mon père dit qu’il ne m’en apportera plus parce que ça n’a pas été une surprise pour moi ; je suppose que je suis trop grand à présent pour les surprises. Tout est toujours la même chose, n’est-ce pas ?
– Toujours, mon petit philosophe, quand on y est habitué.
– En réfléchissant aujourd’hui, je me suis demandé si je verrais jamais quelque chose de très, très étonnant. Le temps me paraît si long quand il n’arrive rien.
– Que voudrais-tu voir ?
– Oh ! Je ne sais pas. Quelque chose qui me rende différent. Je voudrais être heureux, content tout au fond de mon cœur. Vous aimeriez cela aussi, n’est-ce pas ?
– Ce bonheur n’existe pas dans ce monde, malheureusement.
– Moi, je crois qu’il ne se trouve que dans les livres et dans les rêves.
– Tu es un peu trop petit pour parler ainsi.
– J’ai été presque heureux une fois, et les yeux de l’enfant brillèrent. C’était quand j’étais un tout petit garçon. J’étais allé à la campagne dans une ferme et j’étais très fatigué. La fermière me prit dans ses bras et me porta dans une longue chambre basse bien chauffée, avec des assiettes et des plats tout le long des murs. La fermière me serrait contre elle, et elle disait : « Mon petit chéri ! On voit bien qu’il n’a point de mère ». Elle me racontait de si belles histoires ; je ne les ai jamais entendues depuis, et mon père m’a dit qu’elles n’étaient pas vraies.
– Le Chat botté, ou Cendrillon ?
– Oh non ! Elles étaient beaucoup plus jolies. Il était question d’un endroit, là-haut, et les petits doigts blancs indiquaient le ciel. J’ai oublié. Un pays où tout le monde est heureux. Et elle parlait aussi d’un Homme merveilleux qui en est descendu. Elle m’a dit qu’Il m’aimait, mais j’ai tout oublié maintenant, et mon père m’assure que ce sont des histoires inventées pour amuser les bébés.
Un sourire étrange erra sur les lèvres du jeune homme. On voyait sur son visage les traces d’une vie mal employée. Bien que relativement jeune quant aux années, il avait beaucoup vécu, et ayant épuisé tous les plaisirs du monde, il était arrivé à la conclusion que la vie est triste. Il regarda la petite figure innocente à côté de lui :
– Ton père a raison, il ne vaut pas la peine de s’en souvenir ; tâche d’oublier tout à fait ces choses, mon garçon.
Il y eut un silence, pendant lequel le petit malade examina attentivement celui dont il venait de faire la connaissance.
– Je vous aime, dit-il enfin avec une gravité bien au-dessus de son âge, parce que vous me parlez comme si vous compreniez. Ma bonne dit que je suis mécontent parce que je suis gâté et que j’ai tout ce que je veux, mais mon père assure que c’est à cause de ma maladie, et parce que je ne suis pas comme les autres garçons. Mais savez-vous que je n’ai aucune envie de leur ressembler : ils sont si bruyants, ils ne savent pas se tenir tranquilles et, s’ils viennent me parler, ils ne restent jamais auprès de moi. Ils disent que je suis original. Trouvez-vous que c’est vrai ?
– Toi et moi, nous sommes logés à la même enseigne, mon petit homme ! Nous sommes fatigués de la vie, et ceux qui peuvent encore en jouir ne le comprennent pas.
– Je voudrais être heureux, dit l’enfant, tout pensif, entièrement heureux. Croyez-vous que je ne le sois jamais ?
Le jeune homme ne répondit pas, et au même moment la bonne se rapprocha du petit garçon.
– C’est l’heure de rentrer, Éric, dit-elle, en lançant un coup d’œil inquisiteur sur l’étranger.
Le jeune homme se leva.
– Un enfant unique ? demanda-t-il.
– Oui, Monsieur, le fils unique de Sir Edmond Wallace à qui appartiennent presque toutes les terres du voisinage.
En parlant ainsi, la bonne se baissa pour arranger les coussins dans la petite voiture avant d’emmener l’enfant, et ajouta :
– Son père vient de partir pour l’étranger ; il sera absent pendant un ou deux mois ; aussi le pauvre enfant se sent bien seul.
Mais Éric secoua énergiquement la tête :
– Mon père m’écrit très souvent. J’aime les lettres, mais j’aime encore mieux causer. Serez-vous ici demain, Monsieur … je ne sais pas votre nom.
– Capitaine Grant, répondit le jeune homme. Oui, peut-être me trouverez-vous ici demain.
La petite voiture s’éloigna, et le jeune capitaine continua son chemin. Il se disait à part lui : Sir Edmond Wallace, le grand athée ! Après tout, peut-être a-t-il raison.

Chapitre 2

L’étrange paire d’amis se retrouva sur la plage. Presque malgré lui, le jeune homme, qui affichait l’indifférence pour tout ce qui l’entourait, était attiré par la douceur et l’originalité d’Éric Wallace.
– Il n’y a personne dans le monde qui puisse commander à la mer, n’est-ce pas ? disait le petit garçon en suivant des yeux les grosses vagues qui venaient se briser contre la jetée en projetant au loin leur écume blanche.
– Personne, répondit son ami. Ne connais-tu pas l’histoire du roi qui fit placer son trône sur le sable, à marée montante, et qui défendit aux vagues de s’en approcher ?
– Il était bien sot.
– Pas tant que cela. Il voulait donner une leçon à ses courtisans qui le croyaient divin.
– Qu’est-ce que cela, divin ?
Le jeune homme hésita.
– Divin, c’est être capable de tout faire.
– J’aimerais être divin.
– Pourquoi donc ?
– Je voudrais pouvoir monter là-haut, jusqu’à ce nuage blanc, loin de tout le monde, pour me reposer. J’y resterais jusqu’au coucher du soleil, et alors j’entrerais tout droit dans la gloire.
– Quelle gloire ?
– Vous l’avez vue, toutes ces traînées roses, rouges, dorées, si belles ! Il doit y avoir quelque chose derrière tout cela. Lisez-vous des contes, capitaine Grant ?
– Je crois que j’en ai lu autrefois.
– Mon père ne me permet pas de lire beaucoup. Il dit que c’est mauvais pour mon cerveau. Du reste, je suis un peu fatigué de ces petites histoires qui ne sont pas vraies. Quelle sorte de livres aimez-vous ? Ma bonne lit des romans, et mon père, des livres scientifiques …
A ce moment-là, le grand Terre-Neuve d’Éric, qui accompagnait toujours son petit maître sur la plage, parut à ses côtés, tout ruisselant d’eau de mer et tenant dans sa gueule quelques feuillets déchirés qu’il déposa dans la voiture de l’enfant.
– Bon Rex, dit l’enfant en les prenant. Rex m’apporte toujours ce qu’il trouve dans la mer, mais il sait maintenant que je n’aime pas les vieux souliers. Il avait l’habitude de m’en apporter, mais je lui ai appris à ne pas le faire. Ceci est une partie d’une histoire, regardez. Je sécherai ces feuillets et je les lirai. Seulement ne le dites pas à ma bonne, elle ne me permet pas de lire n’importe quoi pendant que mon père est absent.
Tout en parlant, Éric étendait soigneusement les feuilles mouillées. Le capitaine Grant les lui prit des mains, en disant :
– A ta place, je ne les garderais pas, mon garçon. Mais ayant regardé de plus près les lambeaux du livre, il les rendit à l’enfant avec un demi-sourire.
– Après tout, ceci ne peut pas te faire de mal, dit-il.
– Oh merci. J’aime lire quand ma bonne va goûter. Je suis fatigué de parler à Rex puisqu’il ne peut pas me répondre. Pourquoi les chiens ne parlent-ils pas comme nous, capitaine ?
– Nous appartenons à un degré plus élevé, répondit le jeune homme gravement.
– Je ne pense pas que les chiens se fatiguent autant que nous, n’est-ce-pas ? Ils paraissent toujours heureux. Cela me serait égal d’être un chien.
– Sans âme ?
Éric le regarda avec de grands yeux : – Qu’est-ce qu’une âme ? J’ai entendu ce mot une fois et j’ai demandé à mon père ce qu’il signifie. Il m’a répondu qu’il y avait des gens qui croyaient qu’ils en possédaient une, mais que la science a prouvé … j’oublie maintenant quoi. Mais vous, capitaine, qu’appelez-vous une âme ?
– Nous nous plongeons dans des mystères, changeons de sujet. Quand donc reviendra ton père ?
– Pas de longtemps. Capitaine Grant, qu’est-ce qu’une âme ?
– Vraiment, Éric, je l’ignore. On suppose que c’est quelque chose en nous qui nous rend supérieurs aux animaux. Ne te sens-tu pas beaucoup plus intelligent que Rex ?
– Non. La seule différence, c’est que je peux parler et lire, et Rex ne peut ni l’un ni l’autre. Mais il y a des enfants qui ne savent pas lire, et d’autres qui ne peuvent pas parler, ma bonne me l’a dit. Pourtant, nous ne nous ressemblons pas Rex et moi.
Le capitaine partit d’un grand éclat de rire.
– Assurément pas, mon enfant.
– J’ai entendu une fois la sœur de ma bonne qui disait, en parlant de moi, que sans doute je ne vivrais pas longtemps. Elle a jouté : – Pauvre petit ! Et dire que son père le laissera mourir comme un chien ! Comment donc meurt un chien, Capitaine ?
– Il vit un certain nombre d’années, puis s’éteint comme une bougie. On dit que nous ne mourons pas comme cela.
L’expression du visage d’Éric déconcerta le capitaine. La voix de l’enfant tremblait un peu en demandant :
– Que voulez-vous dire ? Comment mourrons-nous ?
– Qu’en dit ton père ?
– Il ne veut pas que je parle de mourir. Mais une fois, il m’a expliqué que mourir, c’était s’endormir et ne plus se réveiller. Est-ce qu’un chien fait cela ?
Ils se turent tous les deux. Ils regardaient l’Océan. Enfin Éric poussa un profond soupir.
– Quoi qu’il en soit, je suis bien fatigué. Le temps passe si lentement, et rien ne change.
– La vie n’est attrayante, ni pour toi, ni pour moi, mon petit homme.
Éric, sans répondre, étendait les feuillets mouillés du livre.
« L’Évangile selon Marc », lisait-il lentement à mi-voix. Quel drôle de nom. Qu’est-ce que l’Évangile, Capitaine Grant ?
– Je crois que cela veut dire « Bonne Nouvelle ».
– Croyez-vous que ce soit une histoire vraie ?
– Je crois que oui.
– L’avez-vous lue ?
– Oui, je l’ai lue quand j’étais un petit garçon.
– Est-ce une histoire seulement pour les petits garçons ?
– Il y a passablement de gens qui la lisent. Regarde donc la mer, ce matin, Éric. Comme elle est agitée !
L’enfant se tourna du côté de l’Océan.
– Ne croyez-vous pas qu’elle se fâche quelquefois ? Elle est furieuse ce matin. Personne ne peut la faire obéir. J’aimerais voir quelqu’un qui pourrait la maîtriser. Voyez ! Elle voudrait s’élever au-dessus du brise-lames, mais elle n’y arrive pas. Voilà une chose qui pourrait l’arrêter. Pourquoi les vagues font-elles tant de bruit ? J’aime mieux quand la mer est calme et tranquille, et que les petites vagues viennent jouer sur le sable …
Ainsi se terminèrent pour un temps les conversations d’Éric avec son nouvel ami. Le Capitaine Grant dut se rendre à Londres pour affaires, et ce ne fut qu’une semaine plus tard qu’il rencontra de nouveau le petit malade dans sa voiture.

Chapitre 3

Eh ! Bonjour, petit homme ! Tu as l’air tout à fait gai ce matin. Qu’est-ce que les médecins t’ont fait ?
En effet, Éric paraissait transformé. Son air apathique et un peu ennuyé avait fait place à une expression vive et gaie. Il porta un doigt devant sa bouche en regardant sa bonne, puis il tendit la main à son grand ami.
– M’aimez-vous, capitaine Grant ?
– Qui ne t’aimerait pas ?
– Mais, dites-moi, m’aimez-vous beaucoup ?
Le jeune homme se mit à rire de bon cœur.
– Que veux-tu dire, Éric ? Sais-tu bien que c’est tout exprès pour te voir que je suis venu sur la plage ce matin. Cela te suffit-il comme preuve d’affection ?
Éric le regarda sans bien comprendre, mais passant sa main menue sur celle du capitaine qu’il tenait encore, il dit timidement :
– Je voudrais vous demander de bien vouloir me sortir de ma voiture, et me porter sur ce rocher là-bas. Alors vous me permettrez peut-être, comme le fait mon père, de m’asseoir sur vos genoux. Seulement, dites un mot à ma bonne, sans cela elle nous suivra, et je voudrais vous raconter quelque chose qui est pour vous tout seul.
Il ne fallut pas longtemps au jeune homme pour mettre à exécution le désir de l’enfant. Tenant ce petit corps fragile dans ses bras vigoureux, il se sentit ému, mais il dit en riant :
– Éric, tu es si léger qu’un souffle t’emporterait !
– Alors, je ne vous fatigue pas, capitaine ? Tant mieux, car j’ai beaucoup de choses à vous dire. Maintenant, écoutez, s’il vous plaît. Mon cœur est si plein qu’il faut que je parle. Si vous n’étiez pas revenu me trouver, je ne sais ce que je serais devenu. Je n’ai rien laissé voir à ma bonne. Elle ne sait pas que j’ai ces feuillets. Mais vous et moi, nous comprenons les choses, n’est-ce-pas ? Vous ne m’appelez pas grognon et maussade parce que vous vous sentez comme cela vous-même. Vous savez ce que je veux dire. Vous êtes malheureux, fatigué, comme je le suis, moi, et nous voudrions tous deux que les choses soient nouvelles au lieu d’être vieilles.
– Précisément, mon vieux philosophe ! Continue, je t’écoute.
Les yeux d’Éric se mirent à briller d’un éclat étrange, ses joues se colorèrent tandis qu’il tirait de sa poche un petit paquet enveloppé de papier brun. L’ouvrant lentement, il montra à son grand ami les quelques pages du Nouveau Testament qu’il avait remportées chez lui.
– Vous m’avez dit que c’était vrai, et c’est merveilleux !
– Vraiment, mon petit homme, je suis bien aise de t’entendre.
– Mais, capitaine Grant, n’avez-vous jamais lu ce livre ? C’est l’histoire d’un Homme si bon ! Je l’aime ! J’ai pleuré en me couchant hier soir parce que je ne vivais pas de son temps. Oh ! Si seulement j’avais pu Le voir, L’écouter parler ! Il y a tellement de choses que je ne comprends pas et que je voudrais vous demander ! Il pouvait tout faire ! Figurez-vous qu’un jour où Il allait traverser la mer avec quelques hommes, Il était si fatigué qu’il se coucha dans le fond de la nacelle et s’endormit. Alors une tempête est survenue et l’eau est entrée dans le bateau, mais il dormait toujours, Il était si fatigué. Mais les autres étaient si effrayés qu’ils l’éveillèrent et lui demandèrent si cela ne lui faisait rien qu’ils se noient. Alors, que pensez-vous qu’Il fit ? Il se leva et vit les vagues qui menaçaient de faire chavirer le bateau. Alors Il a tout simplement dit à la mer d’être tranquille, et elle s’est calmée. N’auriez-vous pas aimé voir cela ? Mais ce n’est pas tout. Une autre fois, Il marcha sur les vagues quand les autres étaient tout seuls dans un bateau et qu’ils peinaient à ramer à cause du vent contraire. Il s’est approché d’eux et leur a dit de ne pas avoir peur !
Le visage de l’enfant était rouge d’émotion. Il regarda la mer et, étendant la main comme s’il parlait à l’océan, il continua :
– Personne ne peut te faire obéir maintenant, mais tu as dû te tenir tranquille, cette fois-là ! Oh ! C’est grand, cela ! J’aurais aimé te voir écrasée sous Ses pieds ! Capitaine Grant, pourquoi ne m’avez-vous jamais parlé de cet Homme merveilleux ?
– Ton père a raison, tu serais un petit enthousiaste si … le capitaine s’arrêta, mais Éric le regarda sérieusement.
– Qui est Dieu, capitaine Grant ?
– Mon enfant, tu te lances dans des choses trop profondes pour toi. Il vaut mieux que tu me donnes ce livre et que tu te dépêches de l’oublier.
Le capitaine paraissait mal à l’aise en caressant la petite tête bouclée reposant avec tant de confiance sur son épaule.
– Mais il faut que je sache ! L’oublier ! Comme si c’était possible ! Et je sens que c’est vrai, vous-même me l’avez dit ;
– Vrai ? Je ne crois pas t’avoir dit cela.
– Capitaine Grant, n’est-ce pas que c’est vrai ?
Quelque chose dans le regard anxieux de l’enfant arrêta les paroles de doute qu’il allait exprimer. Depuis longtemps il ne s’occupait plus de ces choses, mais il y avait tout au fond de son cœur le souvenir de la foi et des enseignements de sa mère, de ces jours, bien loin de lui maintenant, où il écoutait, lui aussi, l’antique histoire qui faisait battre si fort le cœur de l’enfant assis sur ses genoux.
– Ce sera intéressant de voir l’influence de cette lecture sur lui, pensa-t-il. Puis, à haute voix :
– Je ne veux pas dire que ce ne soit pas vrai, Éric, pour ceux qui peuvent l’accepter.
– Alors, qui est Dieu ? Car cet Homme était Son Fils
– Dieu créa le monde, dit le jeune homme en hésitant. Il a fait tout ce que tu vois et on dit que, quoique invisible aux yeux des hommes, Il dirige encore tout dans ce monde.
– Vit-Il quelque part, demanda l’enfant.
– Il ne peut jamais mourir.
– Où est-Il ?
– On dit qu’Il est présent partout.
Le petit garçon eut un regard perplexe
– Je ne comprends pas. Où est le ciel ? Là-haut ? Parce qu’il est dit : « Jésus fut élevé en haut dans le ciel, et s’assit à la droite de Dieu ». J’ai entendu quelqu’un dire un jour que c’était une bonne chose qu’il y ait un ciel. J’ai demandé à mon père ce que cela signifiait, mais il m’a répondu que le ciel, c’est ce que nous voyons au-dessus de nous. Oh ! Capitaine Grant, je voudrais savoir tant de choses ! La voix du petit garçon tremblait et il paraissait en proie à une profonde émotion.
– Pensez-vous que Jésus soit encore vivant ? Vit-Il aujourd’hui même ? Peut-être ne savez-vous pas qu’on L’a mis à mort. C’est une terrible histoire ! J’ai pleuré en la lisant. Mais jamais je n’aurais cru possible que la fin en soit si belle. Après qu’on l’eut enseveli, Il est revenu à la vie. N’est-ce pas merveilleux ? Alors je voudrais savoir s’Il vit maintenant ? Ou bien son histoire a-t-elle été écrite il y a bien, bien longtemps, et on ne peut plus rien savoir de Lui ?
– Tu devrais poser une seule question à la fois, mon enfant. Que tu es donc excité ! Tu trembles de la tête aux pieds ! Parlons d’autre chose. Dans ce pauvre monde il n’y a vraiment rien qui vaille la peine de causer une telle agitation !
– Mais il est question d’un autre monde. Comment pouvons-nous y arriver ? Est-ce là que se trouve Jésus maintenant ? Oh ! Capitaine, dites-le-moi, si vous le savez.
Éric se passa la main sur les yeux, mais son grand ami vit qu’ils étaient pleins de larmes, et il se rendit compte que l’âme de cet enfant avait été profondément touchée, et que tout ce qu’il venait de dire n’était pas à la légère. Et il prit une grande résolution.
– Éric, dit-il, mais pas sur son ton badin habituel, je te répéterai ce qu’on m’a dit autrefois.
Très lentement, en cherchant des mots simples pour être mieux compris, il raconta à Éric l’antique histoire que beaucoup connaissent : premièrement, celle de la création, puis l’entrée du péché dans le jardin d’Eden, le plan de la rédemption, et la vie éternelle promise à tout croyant.
Éric écoutait, retenant son souffle pour ne pas perdre un mot du merveilleux récit. De temps en temps il posait une question à laquelle le capitaine répondait de son mieux. Ainsi le temps passait rapidement, et la bonne d’Éric parut. Elle sembla quelque peu surprise de voir son petit maître sur les genoux du monsieur étranger, mais elle se borna à dire :
– Vous êtes trop aimable, Monsieur, de vous occuper d’Éric. C’est très rare qu’il se lie avec les étrangers. Il se tient toujours à l’écart.
– Capitaine Grant, serez-vous ici demain ?
– Peut-être.
– J’ai la tête tellement pleine qu’il faut que je réfléchisse à tout ce que vous m’avez dit, mais il y a encore bien des choses que je voudrais comprendre.
– Prends garde que cette petite tête n’éclate à force de penser. Je crains que ton cerveau ne soit vraiment trop fatigué maintenant.
La petite voiture s’éloigna et le capitaine la suivit des yeux en souriant.
– Que diraient mes amis s’ils me voyaient dans mon rôle de moniteur d’école du dimanche ? se dit-il. Vraiment, je n’aurais pas cru m’en tirer aussi bien. Mais cet enfant est extraordinaire.

Chapitre 4

Ce fut une petite figure bien inquiète qui accueillit le capitaine le lendemain. Éric paraissait très agité.
– J’ai quelque chose à vous remettre, capitaine Grant. Je voudrais que vous l’adressiez pour moi et que vous vous chargiez de la poster.
– Est-ce une lettre ?
– Oui, vous pouvez la lire. Peut-être que j’ai fait des fautes en l’écrivant.
Éric tira une enveloppe quelque peu froissée de sa poche et la tendit au capitaine. Plein d’anxiété, il ne quittait pas des yeux la figure de son ami pendant que celui-ci lisait. Le capitaine ne témoigna d’aucun étonnement. Seulement, en regardant l’adresse, il avait eu un étrange mouvement des sourcils, mais à mesure qu’il déchiffrait l’écriture un peu informe du petit garçon, une expression plus douce se répandait sur son visage, et ce fut presque avec respect qu’il replia la petite lettre et la remit dans l’enveloppe.
Elle était ainsi écrite :

A Jésus Christ, Fils de Dieu.
Cher Jésus,

J’ai pensé que j’aimerais vous écrire pour vous dire que je vous aime. Je voudrais bien vous avoir connu autrefois, mais je suis si heureux que vous soyez encore vivant. J’aurais voulu être un des enfants que vous avez pris dans vos bras, parce que vous êtes si bon. Je voudrais vous demander quelque chose. Voulez-vous me permettre de venir vous voir au ciel ? Je ne sais pas le chemin, mais peut-être pourrez-vous me faire chercher. Mon ami, le capitaine Grant, m’a dit que vous êtes mort pour sauver les pécheurs. Je ne sais pas ce que c’est qu’un pécheur, mais je lui demanderai de me l’expliquer. Je trouve que c’était très mal de vous mettre à mort, mais heureusement qu’ils n’ont pas pu vous empêcher d’être vivant maintenant. J’espère que vous répondrez à cette lettre, et que vous me direz si je puis vous voir bientôt.

Votre petit Éric Wallace

Est-ce que cela va, capitaine Grant ? Vous pourrez la lui envoyer, n’est-ce-pas ?
La voix d’Éric tremblait d’anxiété.
– Non, mon enfant, je ne le puis pas. A quoi as-tu donc pensé ? Comment pourrait-on l’envoyer ?
Les lèvres de l’enfant tremblaient.
– J’avais pensé …j’avais pensé … par télégraphe ou par avion … Je pensais que vous sauriez. Oh ! Capitaine, il doit y avoir un chemin pour aller au ciel. J’aimerais tant qu’Il reçoive ma lettre.
L’enfant réprima à grand-peine un gros sanglot. Le capitaine, qui le tenait sur ses genoux, attira la tête bouclée contre son épaule et dit tendrement :
– Ne pleure pas, Éric. Il n’y a pas besoin d’écrire une lettre. Si tu pries, cela ira beaucoup mieux.
– Qu’est-ce que prier ? Sanglota le pauvre enfant.
– Eh bien, c’est Lui parler comme tu me parles à moi. Il entend tout. Tu sais que Jésus est Dieu, et Dieu est Esprit. Il est tout près de nous à présent, quoique nous ne puissions pas le voir. Tu n’as qu’à Lui parler et Il entend immédiatement.
Éric le regardait avec une lueur d’espoir dans les yeux.
– Jésus peut-Il entendre ce que je Lui dis lorsque je Lui parle ? En êtes-vous tout à fait sûr ?
– Oui, je crois qu’Il le peut.
Éric se tut un instant, puis il regarda la lettre.
– Et cela ne sert à rien maintenant, dit-il tristement. J’ai fait deux brouillons pour que celle-ci soit bien propre, mais il vaut mieux la déchirer.
Le capitaine sortit la lettre de l’enveloppe et la relut, avec une émotion qu’il cherchait en vain à dissimuler. Puis subitement, un coup de vent s’empara de la feuille légère, la fit voler en tourbillonnant, puis l’emporta de l’autre côté de la falaise où elle disparut. Éric la suivait des yeux, les joues en feu. Puis, tout bas, il dit :
– Dieu a dit au vent de la Lui apporter, n’est-ce-pas ?
– Peut-être, dit le capitaine.
– Je suis si heureux. Il m’a fallu tellement de temps pour l’écrire. Et maintenant, capitaine Grant, qu’est-ce que c’est qu’un pécheur ?
– Celui qui fait le mal, pèche. Tout ce qui est mal est un péché.
– Ma bonne dit que c’est mal de dire des mensonges et de cacher les choses. Je pense que je suis un pécheur. J’ai caché à ma bonne cette histoire de Jésus. Etait-ce mal ?
– Je crois que oui.
– Êtes-vous un pécheur, capitaine ? Oh ! Pas maintenant, bien sûr. Vous êtes un homme et vous êtes si bon. Mais quand vous étiez un petit garçon comme moi ?
– Nous sommes tous pécheurs, Éric. Plus l’homme est âgé, plus il a de péchés sur sa conscience. Oui, je suis un assez grand pécheur.
– Quel bonheur ! s’exclama joyeusement l’enfant. Ainsi Jésus est mort pour vous et pour moi. Je ne sais pas exactement ce que cela signifie, mais c’est quelque chose de bon, n’est-ce pas ? Dites-moi encore pourquoi Il est mort.
– Vraiment, Éric, je ne puis pas te l’expliquer. Ton livre te le dira.
– C’est un peu difficile à comprendre, et hier, vous m’en avez parlé. Dites-m’en encore quelque chose, je vous en prie.
– Eh bien, je crois que s’Il n’était pas mort, personne n’aurait pu aller au ciel, tandis que maintenant nous le pouvons.
– Quand pourrons-nous y aller ?
– Quand nous mourrons.
– Mais j’ai entendu qu’on mettait les gens dans la terre ; comment peuvent-ils aller au ciel ?
– Ce n’est que le corps qui est mis dans la tombe. On dit que nous avons une âme, qui quitte le corps, et que cette partie de notre être peut aller au ciel.
– C’est beau ! s’écria l’enfant, les yeux brillants. Maintenant, dites-moi à quoi ressemble le ciel.
– Je n’en sais rien, fit le capitaine en riant, je n’y suis jamais allé.
– Mais hier vous m’en avez beaucoup parlé.
– Oh ! Je t’ai seulement répété ce que la Bible en dit.
– La Bible ? C’est justement ce livre que mon père m’a dit n’être pas pour les petits garçons. Continuez, parlez-moi du ciel.
– C’est … le jeune homme hésitait … c’est un monde bien loin du nôtre, où tout est bonté, bonheur et perfection. Il n’y a point de tourments, point de tristesse, point de trompeurs, rien de perfide ni d’hypocrite. La joie y est sans nuages.
Et Jésus est là, dit doucement l’enfant. Ce sera le meilleur de tout. S’Il me prenait dans Ses bras, je serais tout à fait heureux et pour toujours. Pensez-vous qu’Il le fera ?
– Je pense que oui, Éric.
– Mais pourquoi ne pouvons-nous pas aller au ciel sans que Jésus meure ? C’est cela que je ne comprends pas.
– Parce que Dieu ne peut pas laisser un pécheur entrer au ciel. Il a dit que nous devions être punis pour le péché, et cela voulait dire séparation d’avec Lui pour toujours. Alors, Jésus Christ, le Fils de Dieu, Lui qui n’était pas du tout un pécheur, a voulu subir la punition à notre place. C’est pour cela qu’Il est descendu du ciel et a vécu de manière sainte ici-bas, pour montrer aux hommes comment ils devaient vivre. Et à la fin, Il est mort en prenant tous nos péchés sur Lui, et ainsi Dieu peut nous pardonner.
– Alors, maintenant, vous et moi, nous irons au ciel ?
– Je n’en suis pas aussi sûr que cela.
– Mais vous avez dit que nous étions pécheurs : nous le sommes tous les deux, n’est-ce pas ?
– Un assez grand nombre de pécheurs seront exclus du ciel, Éric, d’après ce qu’on dit.
– Pourquoi ?
– Je ne suis pas bien au clair sur ce côté de la question, mon enfant. Ne penses-tu pas que nous avons assez parlé de ces choses, maintenant ?
– Mais, insista Éric d’une voix tremblante, je ne veux pas être exclu du ciel, capitaine Grant, et je ne vous comprends plus du tout. Vous changez d’idée d’une minute à l’autre. Vous me disiez tout à l’heure que Jésus est mort pour que nous puissions aller au ciel, et maintenant vous ne semblez plus sûr du tout. Pourquoi ne pourrions-nous pas y aller ?
– Tu le peux, Éric, tu es à peu près sûr d’y aller.
– Alors, vous y viendrez aussi, n’est-ce pas ?
– Si je le souhaitais, je suppose que je le pourrais.
– Mais, n’aimeriez-vous pas y aller ?
– Je n’y ai jamais pensé.
Éric était très embarrassé, mais il avait confiance en son capitaine. Il demeurait persuadé que si ses paroles étaient parfois difficiles à comprendre, c’était parce qu’il était un homme, et en savait beaucoup plus long que lui.
– Mon médecin vient me voir demain, reprit Éric après un long silence. Il vient de Londres tous les deux ou trois mois, de sorte que je ne serai pas ici demain matin. Il est très gentil, mon médecin ; il me palpe un peu partout, puis il s’en va en disant : – Il te faut prendre le dessus, mon garçon. Je ne sais pas ce que cela veut dire !
– Que pense-t-il pouvoir faire pour toi ?
– Il a dit une fois à mon père qu’il n’y avait rien qui m’empêche de vivre et de devenir un homme vigoureux. Il a expliqué qu’on devait me distraire et m’amuser. Alors mon père m’a fait faire le tour du monde dans son yacht, et je n’étais pas mieux après qu’avant. J’étais fatigué avant d’avoir fait la moitié du voyage.
– Tu es difficile à contenter, mon petit.
– Maintenant je ne le serai plus, capitaine Grant, ce sentiment de fatigue a presque disparu. Seulement je voudrais mieux comprendre ce qui est écrit dans ma Bonne Nouvelle.

Un temps assez long s’écoula avant qu’Éric et son ami se rencontrent de nouveau. Le temps devint orageux, et la plage fut abandonnée, sauf par ceux qui ne craignaient ni le vent ni la pluie. Le capitaine Grant trouvait le temps long. Il arpentait sa chambre en jetant un regard impatient sur la pluie qui tombait à torrents. Faute d’interlocuteur, il se parlait à lui-même à mi-voix :
– Je suis resté bien assez longtemps ici. Heureusement que mon congé tire à sa fin. N’importe quel travail vaudra mieux que cette inaction. Et pourtant, en ai-je assez de notre corps d’officiers. Si je vendais mon grade ? Mais alors, que faire de ma personne ? Somme toute, rien ne me retient ici, si ce n’est cet enfant. On devrait en écrire un livre, mais il faudrait le faire mourir à la fin. Pourtant il paraît destiné à vivre. Je puis m’imaginer la colère de son père quand il reviendra et qu’il découvrira le sujet qui absorbe les pensées de son enfant. M’en rendra-t-il responsable ? Ce serait par trop drôle !
Le capitaine se mit à rire, mais son rire n’était pas joyeux.

Chapitre 5

« Mon cher ami, j’aimerais beaucoup que vous veniez me voir. Ma bonne me dit que vous ne le ferez pas, mais moi je sais que vous viendrez. Je ne peux pas sortir parce qu’il pleut toujours. Je suis très heureux. J’ai écrit à mon père et lui ai tout raconté. Ma bonne a été très en colère, mais elle dit qu’elle est seulement fâchée parce que mon père le sera. Je ne sais pas ce qu’elle veut dire, mais vous me l’expliquerez. Venez donc bientôt, je vous en prie. Le docteur Parker m’a dit beaucoup de choses.
Votre ami affectionné

Éric Wallace

Telle était la lettre qui fut remise au capitaine, et tôt après l’avoir lue, ce dernier, enveloppé dans son grand pardessus, se trouvait sur la route conduisant à la demeure d’Éric. Un sachet rempli de beaux raisins de serre sortait d’une de ses proches, et un paquet de bonbons de l’autre.
Il trouva Éric étendu sur une chaise-longue, dans une chambre meublée avec luxe, donnant sur le parc qui entourait la maison. La figure de l’enfant s’illumina en voyant entrer son visiteur.
– Je savais que vous viendriez ; vous m’avez beaucoup manqué ; j’ai une quantité de choses à vous raconter. Voilà le fauteuil de mon père, il est très confortable. Voulez-vous vous y asseoir ?
Le capitaine Grant s’installa en souriant, puis il sortit ses cadeaux ; de nouveau le visage d’Éric exprima la joie.
– Vous êtes un bon ami, dit-il en tendant les deux mains pour recevoir les paquets. Savez-vous que vous êtes la première visite que j’aie eue ici tout à moi. Nous serons comme deux messieurs ; tout d’abord nous causerons, et puis nous prendrons quelques rafraîchissements. J’ai demandé à Simmonds – c’est notre vieux domestique – d’acheter des cigares. Cela ne vous fera rien de fumer seul, n’est-ce pas ?
– Oh ! non, certainement, dit le capitaine gravement, mais en dépit de lui-même ses yeux riaient. Maintenant, dis-moi ce que tu as fait pendant ces jours de pluie ? Tu t’es bien ennuyé sans doute ?
– Oh ! Non ! Pensez donc, capitaine Grant, et Éric se souleva sur sa chaise-longue, ses yeux bleus rayonnant d’émotion. J’ai appris à connaître Jésus. Aimeriez-vous que je vous en parle ?
Le capitaine Grant, bien appuyé dans son fauteuil comme pour mieux écouter, répondit :
– Oui, beaucoup, Éric.
– Eh bien, c’est mon docteur qui m’a aidé. Quand il est venu me voir, je lui ai dit : – C’est dommage, Docteur, que Jésus ne soit pas ici pour me guérir. Le connaissez-vous ? Alors il m’a répondu que oui ; il s’est rassis et m’a dit beaucoup de choses, presque les mêmes que vous. Il m’a conseillé de parler à Jésus tout comme s’Il était debout à côté de ma chaise, parce que, vous savez, Il y est en réalité, seulement je ne peux pas Le voir. Puis le docteur s’est mis à genoux, juste à cette place, entre vous et moi, et il a parlé à Jésus Lui-même. Ensuite il m’a demandé si j’aimerais Lui parler aussi. Je l’ai fait au bout de quelques minutes, parce que, d’abord, je me sentais un peu embarrassé.
– Et qu’est-ce que tu Lui as dit ?
– J’ai dit à peu près ceci : Cher Jésus, j’espère que vous m’excuserez si je Vous parle, parce que je sais que Vous êtes une Personne merveilleuse. Mais ma Bonne Nouvelle me dit que Vous êtes si bon pour les enfants, ainsi je sais que Vous m’écouterez. Je voudrais Vous remercier beaucoup d’être mort pour moi : je suis si content d’avoir découvert que je suis un pécheur, parce que Vous aimez les pécheurs. Je ne Vous connais pas encore très bien, mais je Vous aime. Voulez-vous être mon ami et me parler quand je ne me sens pas très bien et que je suis tout seul ? Je Lui ai encore rappelé que je Lui avais envoyé une lettre, et je Lui ai demandé si elle Lui avait fait plaisir. Je crois que c’est tout.
– Et puis, qu’est-ce qui est arrivé ?
– Eh bien, après cela, mon docteur m’a dit beaucoup de choses. Figurez-vous que je puis demander au Seigneur Jésus n’importe quoi, et Il me le donnera si c’est bon pour moi. Vous savez cela, n’est-ce pas, capitaine Grant ?
– Oui, je crois en avoir entendu parler.
– Mais n’est-ce pas que c’est beau ? J’ai demandé plusieurs choses au Seigneur Jésus et Il a déjà répondu à quelques-unes. Je lui ai demandé de donner de l’ouvrage à la mère de Sara. Sara est une des femmes de chambre, et elle très gentille avec moi, et sa mère est si pauvre qu’elle ne peut presque jamais s’acheter de la viande ; et hier Il lui a envoyé une dame qui lui a apporté de l’ouvrage. Sara me l’a dit ce matin. Et je Lui ai demandé de nous faire retrouver notre petite chatte noire et de ne pas permettre que mon père soit fâché, comme ma bonne dit qu’il le serait. Et je lui ai demandé de vous faire venir aujourd’hui – ma bonne disait que cela vous ennuierait. Et puis je me suis souvenu du neveu de Simmonds, qui s’est cassé la jambe et qui a été obligé de quitter son métier de matelot. Alors j’ai demandé à Jésus de le guérir bien vite. Je ne puis pas tout vous dire. Je Lui parle, et je Lui parle, et ce qu’il y a de mieux, c’est qu’Il n’est jamais fatigué d’écouter, à ce que dit mon docteur, et puis Il est toujours tout près de moi.
– Et ton médecin, comment t’a-t-il trouvé, Éric ?
– Beaucoup mieux. Il a dit qu’enfin j’ai trouvé le remède qui pourrait me guérir. Je n’ai pas très bien compris ce qu’il entendait par là. Le savez-vous, capitaine Grant ?
– Je pense qu’il veut dire que tu as trouvé quelque chose qui t’intéresse, mon garçon.
– C’est bien vrai ! Et figurez-vous, capitaine, que je ne me sens plus jamais fatigué en dedans maintenant. C’est ce qui m’étonne le plus de tout. Oh ! Pourquoi personne ne m’avait-il parlé de Jésus avant vous ? Et puis, savez-vous ce que j’ai découvert ? C’est que je peux faire des choses qui font plaisir au Seigneur Jésus. Il aime que je sois patient et que je ne dise pas à ma bonne qu’elle est méchante, et que je ne jette pas loin mes remèdes quand ils sont très mauvais. Il désire que je lui ressemble autant que possible, mais vous pensez bien que cela me donne beaucoup à faire. Je suis obligé de m’arrêter très souvent et de réfléchir avant de faire les choses. Avant, j’essayais quelquefois d’être gentil parce que ma bonne me disait de l’être, mais je sais à présent que Lui désire que je sois sage et obéissant, et je veux Lui faire plaisir. Je l’aime tellement.
Éric s’arrêta pour reprendre haleine. Il se laissa retomber sur ses oreillers avec un soupir de bonheur. Le capitaine, de son côté, se taisait, mais son regard pensif errait sur les grands arbres du parc, et il évitait de rencontrer le clair regard du petit garçon. Il se décida enfin à parler, et il le fit d’un ton sérieux qui ne lui était pas habituel.
– Il me semble, Éric, que tu as appris tout ce que tu pouvais apprendre. Tu en sais maintenant plus que beaucoup de grandes personnes. Je pars dans une semaine pour rejoindre mon régiment, et j’ai voulu t’apporter quelque chose qui te fasse plaisir. J’ai pensé te donner un exemplaire complet de ta Bonne Nouvelle, comme tu l’appelles. Si cela ne plaît pas à ton père quand il reviendra, il te le reprendra. Tu as maintenant dans ta tête quelque chose qu’il ne pourra plus t’enlever, et si cela te rend la vie plus heureuse, ce serait cruel de t’en priver. Dis à ta bonne que je t’ai donné ce livre, et qu’au point où en sont les choses, elle fera mieux de te permettre de le garder.
En parlant ainsi, le capitaine mit un Nouveau Testament dans la main du petit garçon. C’était un beau volume, relié en cuir, et avec les tranches dorées. Le visage d’Éric s’illumina.
– Vous êtes si bon pour moi, capitaine Grant ; je ne sais pas ce que je ferai quand vous serez parti. Je voudrais que vous restiez toujours avec moi ! Vous connaissez toutes ces choses et nous pouvons en parler ensemble. Je n’aurai personne qui comprenne si vous vous en allez. Mon docteur ne reviendra pas me voir de longtemps. Seriez-vous très fâché si je demandais au Seigneur Jésus que vous restiez ici ?
– Je pense qu’il vaut mieux ne pas le faire, Éric. Regarde ! Je crois vraiment que le temps s’éclaircit. Voilà un rayon de soleil. Ne seras-tu pas content de retourner sur la plage demain matin ?
– Oui, dit Éric, sans insister davantage, et en couvant des yeux son nouveau trésor. J’espère que vous y serez aussi.
– Très probablement, mon petit ami. Mais je pense que je dois m’en aller maintenant.
– Attendez un instant, je vous prie. Voudriez-vous sonner, s’il vous plaît ? Je ne peux pas me lever.
Alors, lorsque le vieux domestique, correct et solennel, entra, apportant des liqueurs et des cigares, Éric, avec toute la gravité d’un homme d’âge mûr, les offrit à son ami. Le capitaine accepta avec la même gravité, bien qu’il ait de la peine à réprimer un sourire. Éric, le désignant d’un geste de la main, dit au vieux serviteur :
– Ce monsieur est mon ami, Simmonds. Vous ne l’aviez pas encore vu, parce que nous nous rencontrions sur la plage. C’est maintenant un très grand ami, et je l’aime de tout mon cœur. Je l’ai choisi moi-même, c’est-à-dire que nous avons arrangé les choses entre nous, n’est-ce-pas, capitaine Grant ?
– Certainement, Éric.
– Et pensez, Simmonds, le capitaine m’a apporté la plus belle Bonne Nouvelle que vous ayez jamais vue ; elle contient beaucoup plus de chapitres que la mienne. C’est le capitaine qui m’a rendu si heureux, et vous devriez l’en remercier avec moi. Vous disiez si souvent que vous aimeriez me voir plus heureux. C’est lui qui, le premier, m’a parlé de Jésus.
Le vieux serviteur regarda l’enfant avec des yeux humides, tout rempli d’affection.
– Vraiment, Monsieur, dit-il d’une voix qui tremblait un peu, il a l’air beaucoup mieux – et il quitta la pièce. Peu après, le capitaine prit congé.
Tandis qu’il regagnait son logis solitaire, ses pensées ne chômaient pas. – Ce sont des choses merveilleuses qui peuvent ainsi satisfaire une âme d’enfant, se disait-il. Cela durera-t-il ? Je me le demande. Et … serait-il possible que ces mêmes choses puissent aussi satisfaire mon âme à moi ? Ah ! Si je pouvais les accepter comme Éric !

Le temps redevint beau, et presque chaque matin on pouvait voir le jeune officier sur la plage, à côté de son petit ami. Tantôt Éric demandait au capitaine de lui faire la lecture d’un chapitre du Nouveau Testament, tantôt ils parlaient de ce qu’ils avaient lu.
Si l’empressement et l’intérêt ne venaient que du côté de l’enfant, du moins le capitaine n’en laissait rien voir. Les questions d’Éric le frappaient constamment par leur intelligence et leur à-propos.
Mais la dernière matinée arriva enfin. La gentille figure d’Éric s’était assombrie et ses lèvres tremblaient quand il fallut se séparer.
– Vous m’écrirez quelquefois, capitaine Grant, n’est-ce pas ? Je penserai si souvent à vous.
– Je te promets de t’envoyer quelques lignes de temps en temps, mon enfant.
– Et puis, capitaine, je voulais encore vous dire … Il y a quelque chose qui m’embarrasse depuis quelque temps … quelque chose que je ne comprends pas bien et… et je suis triste …
Éric hésitait, il semblait avoir perdu son assurance habituelle et regardait son ami avec une expression soucieuse que le jeune homme ne lui avait jamais vue.
– Qu’est-ce qu’il y a maintenant ? demanda le capitaine en essayant de rire.
Éric glissa sa petite main dans la forte main posée sur son bras.
– Je me demande pourquoi vous êtes si malheureux puisque vous connaissez Jésus. Je n’aurais jamais été triste autrefois si je L’avais connu, et pourtant vous étiez tout autant fatigué et aussi malheureux que moi quand nous nous sommes rencontrés.
– Toutes ces choses ne sont pas aussi nouvelles pour moi que pour toi, Éric.
La voix du capitaine était moins ferme que d’habitude. La pensée de perdre la confiance de l’enfant lui était insupportable, et pourtant il sentait qu’il devait lui dire la vérité.
– J’avais tout à fait oublié ces belles histoires, mon enfant. Elles ne me touchent pas comme toi. C’est ma propre faute, bien sûr. Tu en sais déjà infiniment plus long que je n’en ai jamais su.
Les grands yeux bleus d’Éric s’ouvrirent démesurément et il dit avec vivacité :
– Mais vous m’avez tout dit vous-même, et vous m’avez si bien expliqué toutes ces choses difficiles ! Oh ! Capitaine Grant, sans vous, je n’aurais jamais appris à connaître Jésus.
Le jeune homme se sentait à la fois honteux et ému. Mais il n’en continua pas moins :
– Ce n’est pas la connaissance qui manque, Éric. Tous ceux qui s’appellent chrétiens savent ces choses dans leur tête, mais le plus grand nombre n’en sont pas meilleurs pour autant. Ne te tracasse pas à cause de moi. Tu es un heureux petit homme ; reste ce que tu es, et quand tu prieras ton nouvel Ami, ne m’oublie pas.
Éric fit joyeusement un signe d’assentiment
– Il sait tout ce qui vous concerne, capitaine Grant. Je Lui ai tout dit. Je lui demanderai de vous rendre plus heureux, et sûrement Il le fera. Mais … devez-vous vraiment partir ? Oh ! Capitaine Grant !
Et bien que la plage fût loin d’être déserte, le jeune officier n’eut pas honte de se pencher pour se mettre à la portée de deux bras qui le serraient bien fort, tandis qu’Éric embrassait sa joue brunie.
– Adieu ! J’essayerai de ne pas être trop triste quand je ne vous aurai plus. Les chagrins me font moins mal maintenant, mais je ne vous oublierai jamais, jamais !
Les dernières paroles du petit garçon résonnaient encore dans le cœur du capitaine tandis qu’il s’éloignait à grands pas. – Je ne vous oublierai jamais, jamais ! Qu’auraient dit ses compagnons d’armes s’ils avaient vu avec qui il avait passé ses vacances – Je dois avouer, se disait-il, que j’envie la foi et le bonheur de cet enfant, et je me sens plus qu’à moitié tenté de suivre son exemple. Ce n’est pas une religion qu’il a trouvée, mais une Personne. Sans doute cela fait-il toute la différence !

Le capitaine Grant rejoignit son régiment et reprit son ancien genre de vie. Pourtant il attendait avec une étrange impatience les lettres d’Éric ; et d’un autre côté, il faisait de son mieux pour étouffer la voix de sa conscience et pour faire taire les aspirations nouvelles qu’il découvrait dans son propre cœur.
Un soir, après avoir reçu un des singuliers messages de son petit ami, le jeune homme se retira de bonne heure et s’enferma dans sa chambre. Il avait pris la résolution de se rendre compte une fois pour toutes s’il y avait quelque chose pour lui dans cette religion, ou si elle ne s’appliquait qu’à de petits enfants ou à des femmes ignorantes et crédules.
– Je ne puis supporter plus longtemps cette incertitude. Il faut que je sache pourquoi ces questions ont pris une telle importance pour moi. J’ai beau faire, je ne puis les oublier, elles me poursuivent sans cesse et je n’ai de repos ni jour ni nuit.
Il relut une fois de plus la lettre d’Éric.

Mon bien cher ami,

J’ai été très heureux de recevoir votre bonne lettre. J’aime beaucoup quand vous me parlez des clairons, des soldats, et de votre beau grand cheval. Je me rétablis si vite que mon docteur a écrit que peut-être je pourrais bientôt monter moi aussi à cheval au lieu d’être traîné dans ma petite voiture. Vous pensez si j’aimerais cela !
Mon cher père est très malade. Il n’a pas pu répondre à la lettre où je lui disais quelle Bonne Nouvelle j’avais trouvée. Il a seulement fait écrire à ma bonne de ne pas me gronder puisque je n’y penserai bientôt plus. Je ne comprends pas ce qu’il veut dire, et vous ? Il a pris la fièvre en Afrique. Je demande au Seigneur Jésus de le guérir pour qu’il puisse revenir bien vite à la maison. Mon cher capitaine, n’êtes-vous pas plus heureux maintenant ? Moi, je le suis davantage tous les jours. Je parle de vous à Jésus parce que je sais qu’Il aime que les gens soient heureux. Ma Bonne Nouvelle le dit. Lui avez-vous raconté ce qui vous fait de la peine ? Je pense que vous Lui avez tout dit, et il n’y a rien qu’Il ne puisse faire, n’est-ce pas ? Savez-vous une très grande chose qu’Il a faite pour moi dernièrement ? Figurez-vous que j’avais perdu mon canif, celui que mon père m’a donné, avec mon nom dessus. Il avait disparu depuis des mois et vous savez bien que je ne pouvais pas aller le chercher. Alors, quand j’ai su que Jésus voulait bien me donner tout ce dont j’ai besoin, je Lui ai parlé de mon canif, en Lui demandant de me le faire retrouver. Je l’ai raconté à ma bonne, mais elle s’est moquée de moi et a bien ri. Et hier, Rex ma l’a apporté dans sa gueule. Je l’avais vu gratter dans un tas de feuilles sèches dans le jardin, et c’était parce que Jésus voulait qu’il trouve mon canif. N’est-ce pas que Jésus est bon pour moi ? Rex était bien content, et moi aussi. Ma bonne dit que je ne dois pas écrire davantage.

Votre ami bien affectionné Éric

– Ai-je dit au Seigneur ce qui me trouble ? pensait le jeune homme. Assurément non. Je ne le sais pas moi-même. Si ce Livre dit vrai, je n’aurai pas de repos avant de Lui avoir tout confessé. Et je sais que la Bible est la vérité. Mais comment m’y prendre ? Voilà la difficulté. Éric saisit la vérité avec tellement de simplicité ! Si j’étais encore un enfant, tout serait facile, mais à mon âge, et avec mon passé …
Ici, le capitaine tressaillit. Il tenait à la main sa Bible ouverte et, distraitement, en tournait les pages, comme s’il espérait y trouver ce qu’il cherchait. Et en cet instant ses yeux se fixèrent sur les paroles suivantes, qui lui semblaient écrites en caractères de feu : « Si vous ne vous convertissez et ne devenez comme de petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Quiconque donc s’abaissera comme ce petit enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des cieux ».
Était-ce une voix du ciel qui lui parlait à lui directement ? Le capitaine relut trois le passage puis, la tête enfouie dans ses mains, il médita longtemps. Minuit sonnant au clocher voisin trouva le jeune homme à genoux. De son cœur oppressé s’échappait le cri qui ne reste jamais sans réponse :
– Seigneur, je crois. Viens en aide à mon incrédulité.

Mon cher ami,

Je suis dans la peine et j’ai pleuré toute la journée. Mon cher père est mort, et je ne le reverrai plus jusqu’à ce que j’aille au ciel. Ma bonne a appris la nouvelle hier. Mon docteur est venu me voir aujourd’hui, et ma tante aussi. Je ne le connaissais pas du tout. Elle m’a dit que mon père lui avait demandé autrefois de ne pas venir me voir, mais elle était avec lui quand il est mort. Il revenait auprès de moi, et il est mort en débarquant à Plymouth. Ma tante connaît Jésus et elle L’aime comme vous et moi. Je suis si content que vous soyez heureux maintenant. Ma tante m’a donné une partie d’une lettre que mon père avait commencé à m’écrire, mais qu’il n’a pas pu finir. Mon père lui a dit de me prendre chez elle, ou de venir habiter avec moi ; c’est ici qu’elle viendra demeurer, parce que je ne veux pas quitter la maison. Ma tante dit que je peux vous envoyer la lettre de mon cher père. Je lui ai dit que, après mon père, c’était vous que j’aimais le mieux dans ce monde. Elle a pensé que cela vous ferait plaisir de voir cette lettre et que vous la comprendriez mieux si j’y joignais encore celle que je lui avais écrite. Il l’avait gardée sous son oreiller et il l’a donnée à ma tante avant de mourir. Je ne comprends pas tout à fait, mais je vous envoie les deux lettres, et vous m’expliquerez. Vous viendrez me voir, n’est-ce pas ? Je suis vraiment bien triste, mais j’ai tout raconté au Seigneur Jésus. Je me tiens tranquille, et Il me console.

Votre ami bien affectionné Éric

Voici maintenant la lettre d’Éric à son père :

Mon bien cher papa, J’ai beaucoup de choses à te raconter aujourd’hui. Tu seras bien content de savoir qu’enfin je suis heureux. J’ai trouvé le livre le plus merveilleux qui soit au monde. Il s’appelle l’Évangile, ce qui veut dire Bonne Nouvelle. Tout ce qu’il contient est vrai. Rex l’a trouvé dans la mer et me l’a apporté dans sa gueule. Le capitaine Grant m’a expliqué une masse de choses, encore beaucoup plus que ce que j’ai lu sur les feuillets. Je voudrais pouvoir tout te dire, mais je ne peux pas l’écrire. Ce serait trop long. Il est question d’un Homme merveilleux : Il est si bon que je L’ai aimé dès que j’ai lu ce que mon livre disait de Lui. Il a réellement vécu il y a bien longtemps. Mais de méchants hommes l’ont mis à mort. Et alors, pense comme c’est beau ! Il est revenu à la vie parce que personne n’avait le droit de Le faire mourir. Il était Dieu, et Il est remonté dans le ciel sur les nuées. Mais malgré cela, Il est présent partout dans le monde, seulement nous ne pouvons pas Le voir. Il aime tout le monde. Il m’aime, et Il t’aime. Son nom est le Seigneur Jésus. N’as-tu donc jamais entendu parler de Lui, mon cher papa, puisque tu ne m’en as jamais rien dit ? Mon capitaine m’a tout expliqué : Jésus est mort parce qu’Il voulait nous avoir avec Lui dans le ciel qui est un très très bel endroit. Nous n’aurions jamais pu y entrer s’Il n’était pas mort pour nous. Il n’a pas reculé devant les souffrances, parce qu’Il voulait nous rendre heureux en souffrant Lui-même à notre place. Il aime que nous Lui parlions, et le Docteur Parker m’a dit qu’Il me donnerait tout ce que je Lui demanderais si c’était bon pour moi. Ma Bonne Nouvelle dit que Jésus aime les pécheurs, et j’ai trouvé que je suis un pécheur, et mon capitaine en est un aussi. Es-tu un pécheur, mon cher papa ? J’espère que oui, parce que Jésus est mort pour les pécheurs. C’est si bon de pouvoir parler à Jésus. Je lui raconte tout, et je ne me sens plus jamais seul. Il m’aime, je le sens. Ma bonne dit que tu seras fâché. Tu ne le seras pas, je t’en prie ! Elle ne m’explique jamais les choses.
Rex a tué un petit poussin hier. Robert l’a corrigé et il est venu vers moi en pleurant. J’espère que tu m’écriras une vraie longue lettre, et que tu reviendras bientôt.

Ton fils qui t’aime très fort Éric

Voici enfin la lettre du père :

Mon cher petit garçon,
Il y a bien longtemps que je renvoie de t’écrire. J’ai déchiré trois lettres, et ta tante a refusé d’en envoyer une autre, écrite hier. Ainsi je dois recommencer. Ton pauvre père est bien malade, Éric, et je crains que tu ne le revoies jamais. J’ai reçu ta dernière lettre et je l’ai relue bien des fois.
Je suis heureux d’apprendre par le Docteur Parker que mon fils est en meilleure santé et que maintenant il est toujours gai et heureux. J’espère qu’en grandissant tu deviendras un homme robuste, et surtout que tu auras un caractère fort. Ainsi tu seras capable de mieux faire ton chemin que ton père ne l’a fait car, Éric, je sens que j’ai gâché ma vie. C’est triste de se rendre compte d’une telle chose sur son lit de mort.
Oui, crois en qui tu voudras, Éric, pourvu que tu aies des convictions vraies et fermes, et que ces convictions te rendent plus heureux que les miennes ne l’ont fait pour moi. Je ne t’ai jamais parlé de ces choses parce que … Je ne puis te l’expliquer maintenant. Pense à moi avec tendresse, mon petit garçon, et s’il en est encore temps quand tu liras ces lignes, prie pour ton pauvre père. Je te recommande expressément de brûler, sans en laisser un seul, tous les livres de ma bibliothèque, tous mes manuscrits, toutes mes annotations. N’épargne rien, m’entends-tu bien, Éric ? Ces choses ne seraient que du poison pour toi.
Adieu, mon petit enfant. Ta tante …
Ici, une autre écriture : -Ton père est trop faible pour finir ceci, Éric. Moi, ta tante, je viendrai auprès de toi, et je te raconterai tout.

Florence Wallace

Le capitaine Grant lut ces lettres avec émotion. En les repliant, il se disait tout bas :
– Pauvre petit ! Dieu veuille que son père ait trouvé la lumière au dernier moment. Ah ! Éric, si tel est le cas, le Seigneur Jésus t’aura accordé la grâce d’avoir amené deux pauvres pécheurs aux pieds du Sauveur !

 

D’après Éditions Bibles et Traités chrétiens Vevey 1975

QUEL SERA LE BILAN DE MA VIE ?

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[Jésus] est mort pour tous afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui pour eux est mort et a été ressuscité. 2 Cor. 5. 15.

 

QUEL SERA LE BILAN DE MA VIE ?

 

Nous n’avons qu’une vie, et elle aura une fin ! Il importe donc de la réussir. Mais qu’est-ce qu’une vie réussie, comment y parvenir  ? Une publicité affirmait que celui qui n’avait pas une montre de luxe à son poignet à 50 ans avait raté sa vie… Jésus a dit : « Quel profit y aura-t-il pour un homme s’il gagne le monde entier, mais qu’il fasse la perte de son âme (ou de sa vie) » ? (Mat. 16. 26). Il déclare aussi : « Celui qui croit en moi a la vie éternelle » (Jean 6. 47). Pourtant, même un croyant peut, lui aussi, « rater sa vie » !
La Bible nous donne ainsi le témoignage de deux croyants qui font le bilan de leur vie.
Jacob déclare : « Les jours des années de ma vie ont été courts et mauvais » (Gen. 47. 9). À 130 ans, il dit que sa vie a été courte ! Il était croyant  ; mais il doit reconnaître avec tristesse qu’il a aussi beaucoup trop vécu selon sa propre volonté. Cependant, il est en paix. Et à son dernier jour, il « adora, appuyé sur le bout de son bâton » (Héb. 11. 21).
L’apôtre Paul, lui, avait mis toute sa vie au service de Jésus Christ, son Sauveur. « Pour moi, vivre, c’est Christ », écrivait-il (Phil. 1. 21). Au moment du bilan, il peut dire : « Le temps de mon départ est arrivé ; j’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi  : désormais, m’est réservée la couronne de justice que le Seigneur, le juste juge, me donnera dans ce jour-là » (2 Tim. 4. 6 à 8). Il est heureux d’avoir pu servir son Maître.
Vivre pour soi, ou vivre pour Jésus Christ, quelle différence  !

 

D’après La Bonne Semence Avril 2019
Éditeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com)

 

DIEU NE SE TAIRA PAS TOUJOURS

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Dieu… ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent  ; parce qu’il a fixé un jour où il doit juger avec justice la terre habitée. Act. 17. 30 et 31.

DIEU NE SE TAIRA PAS TOUJOURS

 

Sur le mur d’un camp de concentration, un détenu a griffonné : « Je crois en Dieu, même quand il se tait ».
Le silence de Dieu est quelquefois interprété comme de l’indifférence ou, pire encore, comme une prétendue preuve qu’il n’existe pas  ! Devant des faits atroces, insoutenables, on s’écrie alors  : « Comment peut-il exister un bon Dieu  ? »
On voudrait un Dieu « garde-fou », capable de contenir tous les débordements qui nous révoltent, un Dieu qui remplisse le rôle que nous lui avons fixé. On lui trouve des obligations et des devoirs, en oubliant que c’est nous qui avons des comptes à lui rendre, et non l’inverse. On oublie simplement que Dieu est Dieu, qu’il est souverain et que ses plans échappent à notre compréhension.
Aujourd’hui comme autrefois, des hommes sont opprimés, des enfants souffrent, des injustices se commettent… et Dieu se tait et semble ne rien faire. Mais il voit tout et se souviendra de tout. « Qu’on écrase sous les pieds tous les prisonniers de la terre, qu’on fasse fléchir le droit d’un homme devant la face du Très-haut, qu’on fasse tort à un homme dans sa cause, le Seigneur ne le voit-il pas  ? » (Lam. 3. 34 à 36). Et le jour vient où il exercera le jugement, et ce sera alors « terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant » (Héb. 10. 31).
Mais Dieu aime les hommes  ; il ne veut pas les condamner, il veut les sauver. Il offre sa grâce à tous ceux qui lui confessent leurs péchés et font confiance à Jésus mort pour eux. N’abusez pas de sa patience !

 

D’après La Bonne Semence Mars 2019
Éditeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com)

UN BON BAROMÈTRE

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UN BON BAROMÈTRE

Vous savez vous-mêmes parfaitement que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand ils diront : « Paix et sûreté », alors une subite destruction viendra sur eux, comme les douleurs sur celle qui est enceinte, et ils n’échapperont point. 1 Thess. 5. 2 et 3.

En toi, Éternel ! J’ai mis ma confiance : que je ne sois jamais confus ! Dans ta justice, délivre-moi et fais que j’échappe ; incline ton oreille vers moi et sauve-moi. Sois pour moi un rocher d’habitation, afin que j’y entre continuellement ; tu as donné commandement de me sauver, car tu es mon rocher et mon lieu fort. Ps. 71. 1 à 3.

Un homme habitant sur la côte de la Floride commanda un jour un baromètre à une firme qui vendait en ligne. Lorsqu’il le reçut, il fut terriblement déçu : le baromètre indiquait en permanence : tempête. Il tapota le verre, secoua vivement le baromètre, mais l’aiguille ne bougea pas.
En colère, il écrivit une lettre de plaintes à la firme qui lui avait vendu le baromètre, la posta sans attendre, et partit pour un voyage d’affaires. Quand il revint de ce déplacement, il trouva qu’une surprise terrible l’attendait : non seulement le baromètre, mais sa maison entière avaient disparu : ils avaient été frappés par un cyclone ! Le baromètre n’était pas du tout détraqué, il avait dit la vérité. Cet homme aurait dû prendre l’avertissement au sérieux.
En ce qui concerne l’avenir du monde, êtes-vous conscients que Dieu nous a donné un baromètre fiable, la Bible ? Étant d’origine divine, elle est absolument précise, elle ne se démodera jamais, et ses prédictions sont de toute confiance. Le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, nous annonce qu’un ouragan terrible menace les habitants de la terre. Mais les gens ont mis Dieu de côté, ils vivent sans se soucier de leur Créateur, et méprisent le Sauveur qu’Il leur a donné. Dans son immense patience, Dieu les avertit, parce qu’Il les aime. Mais Sa patience a des limites, et le terrible ouragan annoncé éclatera sur « ceux qui habitent sur la terre » (Apoc. 3. 10).

Ne tenez-vous pas compte des annonces du baromètre divin ? Prenez-les au sérieux, trouvez sans délai le sûr refuge en Jésus le Sauveur. Quiconque met sa confiance en Lui est en sécurité, abrité de l’orage.

D’après The good Seed Août 2018