DE LA MORT A LA VIE

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DE LA MORT A LA VIE

 

Un jour où il neigeait et où il faisait particulièrement froid, le Sadou Sundar Singh parcourait la montagne avec un ami tibétain.
Ils souffraient tous deux de la température excessive et se sentaient presque gelés, si bien qu’ils désespéraient d’atteindre le but de leur course.
En chemin, ils trébuchèrent sur un homme qui allait être enseveli par la neige, inconscient et à demi mort.
Le Sadou proposa de porter cet homme jusqu’à un abri, mais le Tibétain refusa de l’aider, disant qu’ils éprouvaient suffisamment de difficultés pour eux-mêmes. Et il continua sa route.
Alors le Sadou, à grand peine, réussit à charger l’homme sur ses épaules. Par suite de cet effort supplémentaire, il commença à se réchauffer et peu à peu, l’homme à moitié gelé se réchauffa aussi lui-même par ce contact.
Ils arrivèrent sur le corps du Tibétain, qui était gelé, et par contre, quand Sundar Singh atteignit le village, l’homme à moitié mort avait repris connaissance.
« Quiconque voudra sauver sa vie la perdra ; et quiconque perdra sa propre vie pour l’amour de moi et de l’évangile la sauvera » (Marc 8. 35).

D’après l’Almanach Évangélique 1957

C’EST DIEU QUI NOUS GARDE

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C’EST DIEU QUI NOUS GARDE

 

Un enfant fut amené un jour en visite chez des voisins de ses parents. Dès son arrivée, il fut reçu par un beau chien Terre-Neuve qui excita son admiration.
Le petit garçon n’avait aucune crainte de l’excellent animal, qui se laissa longtemps caresser par son nouvel ami, qui était pourtant moins grand que lui.
Étonné néanmoins de la haute taille du chien, l’enfant demanda à la dame qu’il visitait, à quoi lui servait ce gros animal.
– Il sert à nous garder, répondit la dame.
Le petit garçon resta silencieux un instant, mais remarqua ensuite avec sérieux :
– C’est étonnant pourtant…Chez nous, c’est Dieu qui nous garde !

D’après Almanach Évangélique 1944

MON DIEU, PLUS PRÈS DE TOI

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Que la parole du Christ habite en vous richement, vous enseignant et vous exhortant l’un l’autre en toute sagesse, par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels, chantant de vos cœurs à Dieu dans un esprit de grâce. Col. 3. 16

 

MON DIEU, PLUS PRÈS DE TOI

 

Notre père aimait nous raconter certains épisodes de la guerre, et en particulier quelques expériences qui l’avaient impressionné et encouragé malgré la cruauté des temps.
Sa compagnie se trouvait un jour en première ligne du front et avait reçu la visite de l’aumônier. Le lieutenant avait autorisé les hommes qui le souhaitaient à se regrouper, une dizaine, dans un petit bosquet tout proche d’où ils pouvaient être rappelés d’un instant à l’autre. L’aumônier leur parla du Seigneur Jésus et de sa promesse d’être constamment près des siens, quel que soit le lieu. Après une lecture de la Bible et une prière il proposa le chant d’un cantique. Tout le monde fut d’accord pour choisir un cantique universellement connu :

Mon Dieu, plus près de toi, c’est le cri de ma foi.
Donne-moi ton secours, soutiens ma foi.

Le chant s’éleva, d’abord timide, à peine audible, puis il prit de la force et c’est finalement à pleine voix que les soldats chantèrent le refrain :

Dans le jour où l’épreuve déborde comme un fleuve,
Garde-moi près de toi, plus près de toi.

Les soldats rejoignirent leur poste. Mais tout à coup s’éleva des lignes d’en face le même cantique chanté dans une autre langue. C’était le chant de la foi, celui qui n’a pas de frontière, celui qui unit tous les croyants dans une même communion sous la protection d’un même Père, le Dieu et Père de notre Sauveur et Seigneur Jésus Christ.

D’après La Bonne Semence Juillet 2019
Éditeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com)

 

VOILÀ CE QU’IL ME FAUT

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VOILÀ CE QU’IL ME FAUT

 

Un pauvre Hindou, tourmenté dans sa conscience, désirait savoir comment ses péchés pourraient être effacés. Il alla voir l’un des prêtres de sa religion, qui, ne connaissant pas lui-même Dieu, ni la voie de la paix et de la miséricorde, dit au pécheur que ses souffrances seules pouvaient effacer ses péchés ; et voici le cruel supplice qu’il lui indiqua comme devant apaiser sa conscience troublée :
– Ôtez vos sandales, lui dit-il, plantez-y des pointes de fer, puis en marchant avec ces sandales, vous ferez deux cents kilomètres, et vos péchés seront effacés.
Que le cœur de l’homme est cruel, n’est-ce-pas ? Et quelle est sa folie de croire que le cœur de Dieu est semblable au sien ! Il n’en est pas ainsi, béni soit-Il ! Dieu eut compassion du pauvre Hindou et lui fit connaître Sa miséricorde. Il ne faisait que commencer son terrible voyage, quand la douleur et la fatigue l’obligèrent à s’arrêter sous un arbre. Dieu avait vu les pieds saignants du pauvre Hindou, et son cœur accablé sous le poids de ses péchés, et Il lui envoya un messager de sa grâce.
Un missionnaire chrétien vint sous le même arbre, et se mit à annoncer l’évangile à ceux qui étaient autour de lui, après avoir lu ce verset : « Le sang de Jésus Christ, Son Fils, nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7).
Le pauvre Hindou écouta, et Dieu lui ouvrit le cœur et l’intelligence, si bien que, avant que le missionnaire ait fini de parler, il se leva en s’écriant : – Voilà ce qu’il me faut ! C’est de cela que j’avais besoin. Et, ôtant ses sandales, il les jeta au loin.

 

D’après La Bonne Nouvelle 1884

 

UNE PAROLE À PROPOS

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UNE PAROLE À PROPOS

 

Une personne encore jeune, qui était l’institutrice privée d’une famille nombreuse de Londres, avait été invitée à passer ses vacances en Irlande, chez des cousines qu’elle estimait un peu trop religieuses, mais où elle avait beaucoup de plaisir à peindre les paysages pittoresques de la région.
Un jour qu’elle était ainsi occupée près de la maison, elle entendit soudain une voix derrière elle :
– Vous semblez prendre grand plaisir à votre peinture, Mademoiselle.
Elle se retourna et vit derrière elle un monsieur âgé à l’air vénérable.
– C’est en effet un grand plaisir pour moi, dit-elle.
– Cela ne m’étonne pas, reprit le vieillard. Peindre aussi joliment doit être un plaisir. Mais, continua-t-il, vous occupez-vous du Seigneur Jésus autant que de votre peinture ?
Pour toute réponse, la jeune fille ramassa rapidement papiers, crayons et pinceaux, et s’éloigna à grands pas.
– Je suis bien fâché pour vous, dit l’étranger, qui l’avait suivie.
– Pourquoi seriez-vous fâché pour moi ? dit-elle sèchement. Vous ne savez rien de moi.
– Je suis fâché pour vous parce que ne croyez pas au Seigneur Jésus, et que je sais que vous ne pourrez jamais être heureuse jusqu’à ce que vous ayez cru en Lui.
– Vous n’avez aucun droit à me dire que je ne crois pas en Christ, et d’ailleurs cela ne vous regarde absolument pas.
– Cela me regarde, reprit le vieillard, car je suis un serviteur de Christ, envoyé pour porter son message. Je suis fâché pour vous, et je prierai pour vous.
– Je n’ai pas besoin de vos prières.
En retournant à la maison, elle se disait : – J’aurai bien soin que mes cousines ne sachent rien de cela. Elles triompheraient.
Mais dans la nuit suivante, elle se sentit tout à coup si mal qu’au matin, il fallut appeler le médecin, qui donna un sombre diagnostic, en ajoutant : – Il faut vous attendre à ce qu’elle délire.
La malade souffrait beaucoup, mais répétait continuellement, avec angoisse :
– Je vais mourir et je ne suis pas une croyante ; le vieux monsieur l’a dit, et c’est vrai. Faites-le venir, je vous en prie.
Comprenant alors que ce n’était pas de la fiction, les cousines allèrent demander à la cure s’il n’y avait pas là un vieux monsieur à cheveux blancs.
– Oui, répondit le pasteur, c’est le Docteur Malan, de Genève.
Le vieillard se rendit immédiatement à la maison où était la jeune malade, qui le reconnut tout de suite, mais s’écria :
– Vous m’avez dit la vérité. Je ne crois pas au Seigneur Jésus, et je suis perdue. Et maintenant je vais mourir, et c’est trop tard.
– Non, ce n’est pas trop tard, affirma le Dr Malan. Dieu m’a envoyé vers vous hier, et Il m’envoie de nouveau vers vous pour vous dire que vous pouvez jouir d’un pardon éternel si vous voulez croire que Son Fils Jésus Christ a porté en Son corps, sur la croix, tout le châtiment dû à nos péchés. Et il lui lut de nombreux passages de la Bible confirmant ses paroles et annonçant la miséricorde de Dieu pour tout croyant. Puis il pria avec elle, et elle, vaincue enfin, accepta le message du salut en Jésus Christ.
Avec la paix de la conscience, et le bonheur de se savoir une enfant de Dieu, elle reprit des forces et, après quelques semaines, ayant retrouvé la santé, elle put retourner à son poste de gouvernante dans la famille nombreuse de gens aisés à Londres, où ses élèves l’attendaient avec impatience.
Et dès son arrivée, elle prit l’habitude de lire à ses élèves, chaque jour, une portion de la vieille Bible de la famille, et de leur parler de l’amour du Seigneur Jésus. Et ainsi, toutes ces jeunes filles, et plusieurs autres membres de leur famille, furent amenés à recevoir le salut que Dieu, dans Sa miséricorde, offre à quiconque croit, par la foi, en Son Fils Jésus Christ.

 

D’après La Bonne Nouvelle 1994

 

TRENTE KILOMÈTRES POUR AVOIR UNE BIBLE

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TRENTE KILOMÈTRES POUR AVOIR UNE BIBLE

 

L’entrée de tes paroles illumine, donnant de l’intelligence aux simples (Ps. 119. 130).

Peu de temps après la fondation de la Société Biblique de Londres, et à une époque où la Bible était généralement proscrite en France, il fut possible, avec de grands efforts, d’ouvrir un dépôt à Nantes, qui fut confié à un pasteur.
Un mendiant qui, chose rare à l’époque, savait lire et possédait une Bible, offrait aux gens sans instruction de leur en lire un chapitre pour un sou de paiement !
Un soir d’été, il arriva à la porte d’un sabotier âgé, à qui il demanda la charité.
– Vous me demandez la charité, dit le vieillard, j’aurais autant besoin que vous qu’on me la fasse.
– Eh bien, donnez-moi un sou, et je vous lirai un chapitre dans la Bible.
– Dans quoi ?
– Dans la Bible.
– Qu’est-ce que c’est ?
– C’est un livre qui parle de beaucoup de choses au sujet de Dieu.
Ayant reçu un sou, le mendiant se mit à lire le chapitre 3 de l’Évangile de Jean. Le vieillard l’écoutait avec attention et beaucoup d’émotion, en particulier quand il entendit le verset 16 : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle ». Mais après le dernier verset du chapitre : « Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui », le lecteur s’arrêta.
– Continuez, ne vous arrêtez pas, s’écria le sabotier.
Mais après avoir reçu trois sous pour la lecture de trois chapitres, le lecteur ne voulut plus continuer.
Le vieillard, alors, demanda où il pouvait se procurer ce livre, et le mendiant lui indiqua le nom d’un pasteur à Nantes. Et quelques jours après, le sabotier, dont le cœur et la conscience avaient été profondément touchés, décida de se rendre à pied à cette ville, distante de plus de trente kilomètres, malgré les protestations de son fils. Il trouva la maison du pasteur, à qui il demanda un livre qui parle de tout ce qui concerne Dieu.
Et bien que le pauvre homme n’eut pas un sou pour la payer, le pasteur, frappé par le sérieux de son désir, et impressionné en apprenant la distance qu’il avait parcourue à pied, lui donna une Bible. Le sabotier lui-même ne savait pas lire, mais il expliqua que sa fille, et plusieurs personnes de son village, pourraient la lui lire.
Ayant refait à pied le même chemin au retour, il invita effectivement ces personnes à venir lui faire la lecture, et comme il y mettait tout son cœur, il mémorisa de longs passages par cœur, qu’il se répétait et méditait.
Mais, six mois plus tard, le sabotier se trouvait de nouveau à la porte du pasteur, bien étonné de le revoir, à qui il expliqua sa perplexité :
– J’ai prié toute ma vie la vierge Marie, et elle avait besoin d’un Sauveur autant que moi !
– Et qui vous a appris cela ?
– Il est dit dans ce livre qu’elle se réjouissait en Dieu son Sauveur !
Le vieillard eut ensuite un long entretien avec plusieurs chrétiens, qui se réjouirent en voyant sa piété et la connaissance approfondie qu’il avait acquise des vérités divines.
Le pasteur lui remit une carte en souvenir de cette visite. En rentrant chez lui, il vit sur l’enveloppe qu’il y était annoncé une réunion quelque temps après. Il se remit donc en route une troisième fois pour Nantes, mais le pasteur, à qui il dit qu’il était venu pour la réunion annoncée, reconnut qu’il y avait eu erreur de date, car du fait de l’opposition environnante, ils avaient renoncé depuis longtemps à cette rencontre. Mais, stimulés par la présence du vieillard et sa persévérance, ils se réunirent à nouveau ce jour-là. L’année suivante ils se retrouvèrent encore autour de la Parole de Dieu, et de même la troisième année, chaque fois avec la présence du fidèle vieillard, qui peu après, fut recueilli dans la Maison du Père.

 » J’ai de la joie en ta parole, comme un homme qui trouve un grand butin « (Ps. 119. 162).

D’après La Bonne Nouvelle 1884

RÉPONSES D’UN JEUNE GARÇON SOURD-MUET

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RÉPONSES D’UN JEUNE GARÇON SOURD-MUET

 

Un chrétien visita un jour un établissement de sourds-muets pour faire subir aux enfants un examen par écrit. Il posa d’abord cette question à un jeune garçon :
– Qui a fait le monde ? L’enfant écrivit immédiatement cette réponse :
– « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » (Gen. 1. 1).
A la deuxième question :
– Pourquoi Jésus est-Il venu dans ce monde ? l’enfant écrivit, avec un visage joyeux et reconnaissant :
– « Cette parole est certaine et digne de toute acceptation, que Jésus-Christ est venu dans ce monde pour sauver les pécheurs » (1 Tim. 1. 15).
On lui posa alors une troisième question, bien propre à l’atteindre dans ses sentiments les plus profonds :
– Pourquoi es-tu né sourd-muet, alors que moi je puis parler et entendre ? Il écrivit très calmement :
– « Père, … c’est ce que tu as trouvé bon devant toi » (Mat. 11. 26).
N’est-ce pas beau de voir un enfant ainsi handicapé, heureux de connaître le Seigneur Jésus et de se savoir sauvé par Lui, et connaissant si bien sa Bible pour en citer spontanément des passages ?

 

D’après La Bonne Nouvelle 1896

L’HISTOIRE DU VIEUX DOCTEUR

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L’HISTOIRE DU VIEUX DOCTEUR

– Nelly, je t’en prie, cours vite à la poste me chercher les journaux, dit M. Darbel.
Nelly, une jeune fille de quatorze ans, était assise au jardin, absorbée dans la lecture d’un livre. Elle fronça les sourcils en entendant la voix de son père, et répondit d’un ton languissant :
– Oh ! papa, pas maintenant, je lis !
– Voyons, voyons, un peu d’amabilité, dit le père, toujours trop indulgent pour sa fille.
– Ne pourrais-tu pas attendre qu’oncle Jacques aille chercher ses lettres ? Il est près de quatre heures, reprit Nelly avec toujours moins d’entrain.
– Ton oncle ne sort pas cet après-midi, et il me faut mes journaux tout de suite, insiste M. Darbel, et cette fois avec une nuance de sévérité qui ne lui est pas habituelle.
– Bon, je vois bien qu’il faut que je me décide, dit Nelly sèchement. Et, se levant, elle ferme son livre d’un air maussade.
Nelly monte dans sa chambre pour chercher son chapeau ; un instant plus tard, elle franchit le seuil de la maison et se trouve dans la rue.
– Vous allez à la poste, Nelly ? dit à ses côtés une voix cordiale ; attendez une minute ; ma voiture est tout près ; nous ferons route ensemble.
C’était le docteur Neuhaus, un vieil ami de la famille, qui lui aussi sortait de la maison, où il venait de visiter la mère de Nelly, malade depuis longtemps.
– M’aurait-il entendue répondre à papa ? se demanda la jeune fille, et elle se sentit rougir, car sa conscience n’était pas très tranquille.
Bientôt Nelly se trouva assise à côté du docteur dans le vieux cabriolet où tous les enfants des environs ambitionnaient de trouver une place, car le Dr Neuhaus savait se faire aimer des jeunes ; sa bonté était proverbiale dans toute la contrée.
Mais ce jour-là le docteur restait silencieux ; puis, après quelques minutes, ce fut très sérieusement qu’il adressa la parole à sa jeune compagne :
– Nelly, j’ai une histoire à vous raconter.
– Oh ! tant mieux, répondit Nelly, car les histoires du vieillard étaient toujours les bienvenues.
– Un soir, commença le docteur – j’avais alors treize ans – je sortais de l’école avec d’autres garçons de mon âge. Depuis une semaine déjà, nous avions convenu, mes camarades et moi, de profiter du premier beau jour pour aller nous baigner dans la rivière. Ce soir-là, l’air était surchauffé par le soleil ardent qui avait brillé depuis le matin ; et nous songions avec délices à la fraîcheur du bain. Nous nous hâtions, tout joyeux à la pensée du plaisir qui nous attendait.
Nous approchions de notre destination, quand je vis mon père venir à notre rencontre. Il marchait lentement sur la route poussiéreuse, et portait un lourd paquet sous son bras. Lorsqu’il m’aperçut, il m’arrêta et me dit, en hésitant un peu :
– Henri, me porterais-tu ce paquet à la poste ?
Je suis certain qu’il était visible sur mon visage que j’étais consterné ; mon premier mouvement fut de me détourner, plein de mauvaise humeur. Mais depuis une semaine, mon père n’était pas bien, et si je refusais de lui rendre ce service, je savais qu’il devrait aller au village lui-même. Pourtant la rivière, et l’eau fraîche, et l’ombre mystérieuse des sous-bois… J’hésitai un instant, puis Dieu me donna la victoire.
– Oui, papa, j’irai, dis-je gaiement. Et me tournant vers mes camarades :
– Vous autres, ne m’attendez pas, ce sera pour une autre fois.
Mon père me remit le paquet.
– Merci, mon garçon, dit-il. Cela me fait de la peine de gâter ton plaisir. Je voulais aller moi-même au village, mais, je ne sais pourquoi, je me sens étrangement faible ce soir.
Il fit encore quelques pas avec moi, en me donnant les directives nécessaires, puis, au moment de me quitter, il mit sa main sur mon épaule et répéta :
– Je te remercie, mon fils. Tu as toujours été pour moi un enfant soumis, Henri.
Je courus jusqu’au village et revins à la maison aussi vite que possible. Comme j’approchais de notre demeure, je remarquai un rassemblement devant la porte et, par la fenêtre ouverte, j’aperçus un mouvement inhabituel dans l’intérieur de la maison. Un de mes voisins se détacha du groupe qui se tenait à l’entrée et vint au-devant de moi. De grosses larmes coulaient sur ses joues.
– Ton père, me dit-il, est tombé mort en arrivant à la maison, quelques minutes après t’avoir quitté.
– Nelly, je suis maintenant un vieillard, mais durant toutes ces années, j’ai rendu grâces à Dieu de ce qu’Il n’a pas permis que je refuse la dernière demande de mon père.
Le vieux docteur passa la main sur ses yeux ; Nelly, de son côté, pleurait doucement, le visage caché dans ses mains. Lorsqu’elle releva la tête, ce fut pour dire :
– Oh ! mon cher papa, jamais plus je ne te ferai de la peine !
C’était une heureuse jeune fille qui revint de la poste ce soir-là. En apercevant son père assis tranquillement devant la maison, elle poussa un cri de joie, courut à lui et jeta ses bras autour de son cou, en lui disant tout bas :
– Je suis bien fâchée d’avoir été insolente avec toi, ce soir. Pardonne-moi, je t’en prie.
Nelly n’oublia pas sa bonne résolution. Elle avait toujours avec elle une feuille de papier sur laquelle elle avait écrit : Souviens-toi de l’histoire du docteur.
Mais le cœur humain est si faible et si mauvais, et Nelly dut en faire l’expérience. Cela l’amena au Seigneur Jésus, qui seul peut nous donner le pardon de nos péchés et un cœur nouveau. Et elle fut ensuite un soutien et une bénédiction pour ses parents.

Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car cela est juste (Éph. 6. 1).
Enfants, obéissez à vos parents en toutes choses, car cela est agréable dans le Seigneur (Col. 3. 20).
Un fils sage réjouit son père (Prov. 10. 1).

D’après La Bonne Nouvelle 1903

 

LES TROIS CRIBLES

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LES TROIS CRIBLES

 

– Oh ! Maman, quelle triste chose j’ai entendue à propos d’Édith. Je n’aurais jamais cru qu’elle puisse être aussi méchante. Un …
– Ma chère enfant, interrompit sa maman, avant que tu continues, il faut voir si ce que tu as à dire peut passer par les trois cribles.
– Qu’est-ce que cela veut dire, maman ? demanda Blanche.
– Je vais te le dire. Premièrement, est-ce vrai ?
– Je le suppose. C’est Mademoiselle B. qui me l’a raconté, et elle est grande amie d’Édith.
– Et est-ce montrer son amitié pour elle de rapporter ce qu’elle a fait ? Ensuite, quand bien même tu pourrais prouver que c’est vrai, est-ce aimable ?
– Je n’ai pas voulu être méchante, maman, mais je crains bien que cela le soit. Je ne voudrais pas qu’Édith parle de moi comme j’ai parlé d’elle.
– Et, en troisième lieu, est-ce nécessaire ?
– Non, maman ; il n’y avait pour moi aucune nécessité d’en parler.
– Alors, ma chère Blanche, mets une bride à ta langue, et n’en dis plus un mot. Si nous ne pouvons dire du bien de nos amis, ne parlons pas d’eux du tout.

« Tu n’iras point çà et là médisant parmi ton peuple » (Lév. 19. 16).
« Rejetant … toutes médisances » (1 Pier. 2. 1).

 

D’après La Bonne Nouvelle 1891

Espace Enfants
Mots clés : les trois cribles, bride à la langue, médisance

LES DEUX ÉCUS

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LES DEUX ÉCUS

 

Par un bel après-midi ensoleillé, Anne, une jeune femme, était assise devant sa maisonnette, avec ses deux enfants, Marie, onze ans, et Henri, quatre ans. La maman, déjà veuve, et qui relevait de maladie, partageait à ses enfants le pain qui lui restait, en se demandant avec quoi elle pourrait les nourrir dès le lendemain. Elle avait travaillé courageusement pour élever ses enfants, mais ces dernières semaines avaient épuisé ses économies, et elle n’était pas encore assez forte pour reprendre son travail.
Marie, voyant les graves soucis de sa maman, voulut lui rappeler tout ce qu’elle avait entendu à l’école du dimanche : les promesses de Dieu qui avait rassasié les Israélites dans le désert après qu’ils aient murmuré. Et elle courut chercher sa Bible pour lire ces chapitres à sa mère, alors que celle-ci, en soupirant, lui disait :
– Dieu ne fait plus de miracles.
Marie s’assit sur un vieux tronc d’arbre aux pieds de sa mère. La lecture rappelant les soins répétés de Dieu pour Son peuple, apporta pourtant à Anne un peu de calme et d’espoir. Le petit Henri, pendant que sa sœur lisait, était appuyé tranquillement contre les genoux de sa maman.
Pendant ce temps, un jeune homme, sortant du bois voisin, s’était arrêté à la vue du joli groupe des enfants avec leur maman, et avait rapidement sorti son matériel de dessin pour faire le croquis de la scène.
Marie, relevant la tête après avoir fini de lire le chapitre, demanda à sa maman :
– Ne crois-tu pas que Dieu peut encore nous envoyer du pain, du miel, et de la viande ?
La maman, qui s’était apaisée, embrassa sa fille en lui disant :
Oui, toutes choses sont possibles pour Dieu.
Mais ces mouvements gênaient le peintre, que ni la maman ni les enfants n’avaient encore aperçu. Et il venait vers eux, en leur expliquant qu’il souhaitait faire un tableau de la scène, et en demandant à Marie de reprendre sa position de lectrice – et en même temps il lui tendit une pièce d’un écu, en lui promettant un second écu lorsqu’il aurait terminé son esquisse, si elle voulait bien rester tranquille encore un moment, ce qu’elle fit. Et rouvrant sa Bible, elle lut le 1er verset du Psaume 118 : « Célébrez l’Éternel ! Car il est bon ; car sa bonté demeure à toujours ».
Le peintre ayant terminé son dessin, le leur montra, en leur donnant le second écu promis.
La maman était très émue d’une telle réponse de Dieu à leurs besoins : ils auraient de quoi acheter à manger pendant deux semaines, et alors elle aurait retrouvé assez de forces pour reprendre son travail.
Confions-nous toujours dans le Seigneur comme cette petite Marie, car le Dieu d’Israël est aussi notre Père, si nous avons cru en Son Fils, le Seigneur Jésus.

« Tu garderas dans une paix parfaite l’esprit qui s’appuie sur toi, car il se confie en toi » (És. 26. 3).

D’après La Bonne Nouvelle 1887