LETTRE À UN AMI PERTURBÉ

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« Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu » 1 Jean 5. 13.

 

LETTRE À UN AMI PERTURBÉ

 

« Tu me demandes comment tu peux être absolument certain que Dieu t’a pardonné, car tu es épouvanté quand tu penses au mal que tu as fait.
La Bible te répond que Dieu t’a pardonné en vertu du sacrifice de Son Fils, Jésus Christ, et non par les efforts que tu pourrais faire pour t’améliorer ou en observant des règles religieuses déterminées. Dieu t’a cherché quand tu étais loin de Lui, tu as cru et Lui t’a sauvé parce qu’Il t’aime, même s’il déteste le mal que tu as commis. Et il te fait grâce, c’est-à-dire qu’Il te pardonne sans que tu l’aies mérité.
Puisqu’Il est juste, Il ne peut simplement pas oublier le mal, comme nous le faisons. Il a Lui-même préparé un moyen pour rendre juste le coupable sans ressources : Il a offert le sacrifice qui apporte la paix ; c’est le Seigneur Jésus qui, devenu semblable à un homme (quoique sans péché), a subi de la part de Dieu, à notre place, le jugement que nous méritions (1 Pier. 1. 18 à 21).
La seule chose qui t’est demandée c’est de prendre Dieu au mot et de croire à ce qu’Il dit dans la Bible. Si tu te repens devant Dieu et que tu acceptes le Seigneur Jésus comme ton Sauveur, Dieu te pardonne et te considère comme juste, te donnant la possibilité de commencer une nouvelle vie avec Lui. Tu peux en être certain car Dieu ne peut mentir ; mettre en doute Son offre de salut c’est comme faire de Lui un menteur et même porter outrage à Son amour. A la repentance et à la foi doivent succéder, évidemment, un changement de vie qui honore Son Nom et fasse de toi Son témoin, fiable et conséquent.
Sois tranquille, mon ami ! c’est à une relation de confiance avec Lui que Dieu t’appelle ; et Il ne te décevra pas ! »

D’après « Il buon seme » Juillet 2019

 

LA VRAIE GRÂCE DE DIEU

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« Étant ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils » Rom. 5. 10.
« Quand la bonté de notre Dieu sauveur et sont amour envers les hommes sont apparus, Il nous sauva… selon sa propre miséricorde » Tite 3.4 et 5.

 

LA VRAIE GRÂCE DE DIEU

 

Dans l’Ancien Testament, l’histoire de Mephibosheth (2 Sam.9) nous aide à comprendre que la grâce de Dieu est l’amour qu’Il a pour nous et que nous ne méritions pas.
Le roi David, qui a succédé à Saül, a demandé un jour : « N’y a-t-il plus personne de la maison de Saül ? et j’userai envers lui d’une bonté de Dieu » (2 Sam. 9. 3). On lui a répondu qu’il restait encore un fils de Jonathan, fils de Saül, qui était estropié.
Quand Saül régnait sur Israël, il détestait David, dont il était terriblement jaloux, et il l’a haï jusqu’à la mort, cherchant à le tuer en plusieurs occasions. Mephibosheth, son petit-fils, boiteux des deux pieds, n’avait rien en lui qui puisse lui attirer la faveur de David, bien au contraire ! Et pourtant, David le fait appeler, et quand il se présente devant lui, rempli de crainte, il l’accueille avec bonté ; il lui donne des biens qui avaient appartenu à sa famille, et des serviteurs, et il ordonne que dès ce moment il mange tous les jours à sa table, comme l’un des fils du roi !
La façon dont David agit nous montre comment Dieu veut faire grâce : l’homme est ennemi de Dieu et pécheur, « haïssable pour Dieu » (Rom. 1. 30). Il n’y a rien en nous qui puisse nous faire mériter sa faveur. Mais Dieu nous cherche avec amour, Il nous accueille, Il pardonne les péchés et Il va même jusqu’à faire de nous ses enfants, des enfants bien-aimés. Il faut seulement que quelqu’un croie en Jésus et mette sa vie dans Ses mains.

« Dieu, qui est riche en miséricorde… alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec le Christ (vous êtes sauvés par la grâce) » Éph. 2. 4 et 5.
« Le Dieu de toute grâce… vous a appelés à sa gloire éternelle dans le christ Jésus » 1 Pier. 5. 10

L’histoire de Mephibosheth nous aide donc à comprendre ce qu’est la grâce divine. Considérons donc quelques-unes de ses caractéristiques :

– La grâce est souveraine : rien n’obligeait le roi David à prendre soin des descendants de Saül qui l’avait haï ; il aurait très bien pu laisser le petit-fils de son ennemi là où il se trouvait ;
– La grâce se tourne vers ceux qui ne méritaient rien, et brille d’autant plus que celui qui en bénéficie en est indigne. Descendant de Saül et estropié, Mephibosheth n’avait aucun mérite à faire valoir devant le roi David.
– Elle agit en pleine connaissance de cause. David connaissait les origines et la condition physique de Mephibosheth ; il savait bien qui il invitait à sa table !
– Elle donne gratuitement et avec abondance. David appelle Mephibosheth, le comble de biens, lui offre une place d’honneur, et tout cela sans aucune contrepartie. Prétendre payer quelque chose aurait été comme une insulte envers le roi.
– La grâce chasse la crainte et produit la confiance. Mephibosheth se présente tout effrayé devant le roi qui lui dit : « Ne crains pas » (2 Sam. 9. 7). Ainsi le roi apaise ses appréhensions et gagne sa confiance. Mephibosheth demeure boiteux, mais il peut s’asseoir en paix, heureux, honoré et tout à son aise à la table du roi.
– La grâce produit l’adoration. Devant les bienfaits immérités dont David le comble, Mephibosheth est émerveillé et confus ; conscient de sa propre indignité, il se prosterne et dit : « Qu’est ton serviteur, que tu aies regardé un chien mort tel que moi ? » (2 Sam. 9. 8).

D’après « Il buon seme » Juillet 2019

 

LA JOIE D’ÊTRE PARDONNÉ

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« Un homme se cachera-t-il dans quelque cachette où je ne le voie pas ? » Jér. 23. 24
« Si tu prends garde aux iniquités, Seigneur, qui subsistera ? Mais il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint » Ps. 130. 3 et 4.

 

LA JOIE D’ÊTRE PARDONNÉ

 

– Et si je devais un jour rendre compte de ma vie à Dieu ? Comment ferai-je ? Je ne me suis jamais préoccupé de Lui, je n’en ai toujours fait qu’à ma tête. J’ai accompli de mauvaises actions, devant les hommes et certainement devant Lui. Ma conscience m’accuse… Je cherche des excuses, mais plus je considère mon passé, plus j’ai peur de Dieu. Je voudrais me cacher, mais où ? Dieu me voit partout où je suis, à la maison et dehors, de jour comme de nuit… Rien de ce qui me concerne ne lui est caché, même mes pensées les plus secrètes. Qui pourra me faire sortir de cette situation terrible ?
– Ami, ce que tu dis est vrai. Tu es coupable devant Dieu, comme nous le sommes tous. Cependant Dieu n’est pas seulement un juste Juge, il est aussi « amour » ! Il t’aime personnellement. Tu l’as outragé et offensé, mais Lui t’aime quand même. C’est incompréhensible, mais en même temps merveilleux. Dieu a un amour tellement fort qu’Il est allé jusqu’à envoyer son Fils Jésus dans ce monde, afin de témoigner de Sa grâce et de Sa vérité.
Mais Dieu est en même temps saint, et Il ne peut passer par-dessus le mal sans le punir. Pour cela, Jésus s’est sacrifié. Sur la croix, où Il a subi le supplice, Il a demandé à Dieu de pardonner à ses bourreaux. Pendant trois heures, Il a été abandonné de Dieu (Mat. 27. 46). Il est mort à notre place. Ainsi, le jugement que tu méritais et que tu craignais à juste titre, c’est Lui qui l’a subi. Reconnais devant Dieu que sans son pardon tu es perdu, et accepte sa grâce. Dieu ne repousse personne. Dès maintenant tu peux avoir la paix avec Dieu et la joie en Jésus Christ.

 

D’après « Il buon seme » Février 2019

 

DIEU VEUT SAUVER LES HOMMES

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« Est-ce que je prends plaisir à la mort du méchant ? dit le Seigneur, l’Éternel ; n’est-ce pas plutôt à ce qu’il se détourne de ses voies, et qu’il vive ?… Revenez-donc et vivez ! » Éz. 18. 23…32

 

DIEU VEUT SAUVER LES HOMMES

 

Comment Dieu pourrait-Il trouver du plaisir dans la mort d’une personne, même si c’était le pire des hommes ? Il aime ses créatures et Il désire que tous soient sauvés. Il n’est pas indifférent à quiconque passe dans l’éternité sans avoir tenu compte de son appel à la repentance. Nous pouvons tirer cette conclusion du verset cité ci-dessus.
Même si Dieu permet que les hommes sur la terre ressentent les conséquences de leurs œuvres, dans un certain sens cela Lui est insupportable. Et Il ne laisse pas cela se produire sans manifester sa grâce. Dans sa miséricorde, Il souhaite avertir le méchant du jugement à venir, comme de nombreux exemples de la Bible nous le montrent.
Nebucadnetsar, ce cruel souverain de l’empire Babylonien, est l’un d’entre eux. Dieu ne l’a pas simplement abandonné, mais Il l’a averti par des songes. C’est seulement alors qu’Il lui a révélé sa puissance. Il y a eu aussi Judas Iscariote. Jésus savait dès le commencement que Judas Le livrerait à Ses ennemis. Il l’a averti à plusieurs reprises et lui a offert la possibilité de changer ses voies. Quand le Seigneur s’est adressé à lui comme « ami », dans le jardin de Gethsémané, quelle tristesse il y avait dans cette expression !
Peut-être que l’un ou l’autre de ceux qui lisent ces lignes se considère comme trop mauvais, trop fier, trop simple ou trop occupé par ses études (ou son travail) pour pouvoir espérer que Dieu lui pardonne. Cependant, Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2. 4). L’offre de grâce de Dieu s’adresse à tous, mais elle doit être acceptée par la foi.

D’après « The Good Seed » Juillet 2019

 

D.L. MOODY

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D.L. MOODY

 

D.L. Moody était le fils d’un fermier très pauvre des États-Unis, qui mourut, qui mourut en laissant une veuve et neuf enfants. Cette femme était une chrétienne, et c’était là sa seule richesse. Ses voisins lui conseillaient de placer quelques-uns de ses enfants dans des institutions charitables, mais elle les aimait trop pour accepter facilement de se séparer d’eux. Un soir, après avoir beaucoup prié et pleuré, elle ouvrit au hasard la Bible que son mari lui avait laissée et tomba sur ces mots de Jérémie 49. 11 : « Laisse tes orphelins, moi je les garderai en vie, et que tes veuves se confient en moi ». Ces paroles la décidèrent à garder tous ses enfants auprès d’elle.
Son fils, Dwight Lyman, devint plus tard un simple employé dans un magasin de chaussures de Boston. Il fallait bien vivre ! Dans ce magasin, il eut le bonheur d’avoir pour camarade un jeune chrétien qui fut l’instrument de sa conversion. Nous ne sommes pas capables de donner ici des détails sur les débuts de sa vie chrétienne ; nous savons seulement que, s’étant établi à Chicago, en 1856, il réussit à y fonder une école chrétienne pour les enfants pauvres, qui donna naissance à une église dont Moody fut le premier pasteur, sans avoir jamais fait d’études théologiques régulières ni reçu la consécration pastorale.
Cette église se développa sous la prédication populaire, ardente et fidèle du jeune évangéliste. Cependant quelque chose y manquait encore puisque, raconte-t-on, deux dames âgées qui suivaient le culte de Moody lui disaient de temps en temps :
« Cher ami, nous prions pour vous, afin que vous receviez la puissance d’En Haut ».
Ce à quoi Moody répondait intérieurement : Que veulent-elles dire ? L’église prospère, il s’y produit des conversions ; que me manque-t-il donc encore ?
A la suite d’un incendie qui réduit la chapelle en cendres, Moody fut conduit à visiter l’Europe. Il parcourut l’Angleterre et l’Irlande et prit part à beaucoup d’assemblées chrétiennes où il fit beaucoup de bien. Un soir, après une dernière réunion à Dublin (Irlande), un autre évangéliste dont il avait fait la connaissance et dont il était devenu l’ami, lui dit :
« M. Moody, il nous reste encore à voir ce que Dieu peut faire d’un homme qui lui est entièrement consacré ».
Moody rentra en Amérique, en méditant, pendant tout le parcours du navire, ces paroles de son ami Varley, et c’est alors que commença la période miraculeusement féconde de ce ministère déjà pourtant si béni.
Moody n’était pas ce qu’on aurait appelé un grand orateur. Il n’avait pas fait d’études classiques ; il n’avait suivi que l’école primaire dans un village éloigné des grands centres de culture. Son accent trahissait l’Américain de campagne. Mais il connaissait sa Bible à fond ; il croyait sans réserves à son inspiration, et cela par le fait que, dans toutes ses pages il avait trouvé la nourriture de son âme et qu’il avait vu, par ce seul livre, les pécheurs se convertir et naître à une vie nouvelle. N’est-ce pas un fait bien remarquable et incontestable que tous les réveils religieux ne se sont produits, y compris la Réformation du 16ème siècle, que par le retour à la Bible, tout entière divinement inspirée ? Le succès de sa prédication fut unique et dépassa toute comparaison. A Londres, des milliers d’auditeurs se réunissaient soir après soir, pendant des semaines et même des mois, accourant longtemps avant l’heure de l’ouverture pour entendre les deux évangélistes, Moody et Sankey. Ce dernier était un musicien chrétien doué d’une voix admirable et qui chantait des cantiques jusque-là inédits dont il avait composé la musique et parfois même les paroles. Ainsi, un soir, un peu avant la réunion, Moody passa à son ami un petit poème en lui disant : « Vous pourriez peut-être chanter ces paroles-là ; elles sont si belles ! »
Sankey lit soigneusement le petit poème, puis se met à l’harmonium portatif qui l’accompagnait dans toutes ses campagnes ; il improvisa l’air bien connu maintenant en France et ailleurs de ce cantique qui commence ainsi :

L’heureux troupeau reposait sûrement
Dans un gras pâturage,
Une brebis seule errait follement
Dans la nuit, dans l’orage.

L’entente parfaite qui régnait entre les deux évangélistes, leur admirable simplicité, leur amour pour les âmes, leur donnaient une emprise qui n’avait jamais été égalée sur l’âme des peuples anglo-saxons. Un trait montrera le secret de ces victoires :
Il y avait dans l’Est de Londres une vieille dame et ses deux nièces, toutes les trois de pieuses chrétiennes vivants ensembles. La tante était trop âgée et trop infirme pour pouvoir aller aux réunions du dimanche ; elle restait donc à la maison pour prier. Un dimanche matin, ses deux nièces revinrent de l’église qu’elles fréquentaient, beaucoup plus tard qu’à l’ordinaire.
« Tante », s’écrièrent-elles, « nous avons été retenues parce que le prédicateur était un étranger qui a parlé plus longtemps que d’ordinaire et a mis l’église en révolution ».
« Et qui donc était cet étranger ? » demanda la vieille dame.
« C’est un américain, Moody, de Chicago ».
La tante, très émue, dit à ses nièces :
« Laissez-moi toute seule dans ma chambre, j’ai besoin de me recueillir devant le Seigneur ».
Plus tard elle leur raconta qu’elle avait lu dans un journal religieux, concernant ce Moody, de Chicago, quelque chose qui l’avait poussée à demander à Dieu qu’il fût envoyé à Londres, et il était venu sans qu’elle eût besoin de  faire aucune démarche autre que cette prière.

D’après Almanach Évangélique 1940
R. Saillens

 

BESOIN D’UN SAUVEUR

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« Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu »1 Pier. 3. 18.

 

BESOIN D’UN SAUVEUR

 

Si je tombe à l’eau et que je ne sais pas nager, ce n’est pas de bons conseils ou de leçons de natation que j’ai besoin, mais de quelqu’un qui me sauve en me sortant de l’eau.
Si j’ai de nombreuses dettes que je ne peux pas payer, j’ai besoin de quelqu’un qui accepte de payer à ma place et me libère des créditeurs et des officiers de justice.
Par nature je suis un pécheur, coupable aux yeux de Dieu ; ce dont j’ai besoin, ce n’est pas d’une leçon de morale ou de théologie, mais d’un Sauveur qui prenne sur Lui mes fautes en subissant à ma place le châtiment de la justice divine.
Comme une pièce de monnaie a deux faces inséparables, Dieu est inséparablement amour et lumière. Il est lumière et Il ne peut supporter aucun péché dans sa présence ; Il est amour et Il cherche les pécheurs pour faire d’eux ses enfants. Sa justice exige notre condamnation parce que chaque acte mauvais, chaque parole méchante, doivent être punis ; Dieu est juste en punissant le pécheur. En même temps, cependant, Il veut pouvoir rendre juste les coupables. Comment ces deux choses peuvent-elles se concilier ?
Les exigences de la justice de Dieu et l’immensité de son amour se sont exprimées ensemble à la croix de Christ ! Le mal devait être puni et il l’a été quand le Fils de Dieu a accepté de mourir sur la croix pour nos péchés. En même temps, parce qu’Il a subi le jugement de Dieu, si nous croyons en Lui, l’amour de Dieu se répand sur nous avec son pardon et le don de la vie éternelle.
« Quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes sont apparus, il nous sauva, non sur le principe d’œuvres accomplies en justice que nous, nous aurions faites, mais selon sa propre miséricorde » (Tite 3. 4 et 5). Jésus Christ « a porté nos péchés en son corps sur le bois » de la croix (1 Pier. 2. 24).

D’après « Il buon seme » Août 2019

UNE ÉCOLE AU CIMETIÈRE

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UNE ÉCOLE AU CIMETIÈRE

 

Avant l’abolition de l’esclavage dans les Antilles, il n’y avait que bien peu d’hommes capables de lire et d’écrire. Personne ne se préoccupait d’eux ; presque personne ne pensait qu’ils possédaient, eux aussi, une âme immortelle. Aussi, tout en vivant au milieu de gens qui professaient le christianisme, ils passaient leur existence, en semblant destinés uniquement à exécuter les travaux les plus pénibles, et mouraient.
Dès que l’esclavage fut aboli, on vit beaucoup de personnes qui ne pouvaient qu’avec peine s’habituer à leur liberté, ou qui furent asservis à leurs passions et à leurs vices. Néanmoins, d’une manière générale, la mesure du gouvernement eut d’heureux résultats. Avant tout, les personnes ignorantes eurent le temps de s’occuper à d’autres choses que de leur travail journalier ; et beaucoup d’entre eux, en retour des efforts des missionnaires, se montrèrent des élèves reconnaissants et studieux.
Pour éveiller leur zèle, des chrétiens d’Angleterre envoyèrent aux Antilles un grand nombre de Bibles à jolies reliures, et firent savoir que tout esclave affranchi, qui apprendrait à lire, en recevrait un exemplaire en cadeau. Cette nouvelle fut reçue avec joie par ces pauvres gens. Jeunes et vieux s’appliquèrent à l’étude, et il fallait faire venir d’Angleterre beaucoup de lunettes pour ceux dont les yeux affaiblis ne pouvaient déchiffrer les lettres. Les plus zélés et les plus habiles furent bientôt assez avancés pour venir en aide à leurs frères moins doués, et ainsi l’œuvre fit d’heureux progrès.
On donna la Bible promise à plusieurs de ceux qui ne lisaient pas encore couramment, afin d’encourager aussi les autres. Ce ne fut pas en vain, car dès ce moment-là, pas un dimanche ne se passa sans que quelques-uns viennent subir l’examen, et reçoivent le précieux livre. C’était vraiment touchant de voir leur joie quand, après avoir reçu leur Bible, ils retournaient chez eux, fiers et heureux.
Bientôt tous les livres de lecture furent épuisés, mais les besoins étaient encore nombreux. Alors, avec ingéniosité, ils apprirent à lire sans livres. Les plus avancés d’entre eux réunissaient leurs élèves au cimetière, et là, au moyen des inscriptions sur les tombes, ils leur enseignaient les lettres et les mots. Ils arrivaient ainsi à pouvoir lire le récit merveilleux de la venue dans le monde de Jésus-Christ pour sauver les pécheurs. La joie rayonnait sur leur visage et le bonheur remplissait leur cœur alors qu’ils apprenaient à connaître et à aimer Celui qui est venu dans ce monde pour chercher et sauver les pécheurs, et dont le sang versé à la croix purifie de tout péché.
De merveilleuses conversions eurent lieu, comme celle-ci. Un jeune homme était assis, un jour, à l’ombre d’un grand arbre, et lisait la Bible qu’il avait reçue la veille. Un autre jeune homme, d’une vingtaine d’années, moins avancé que lui, se glissa derrière lui, et regardant par-dessus son épaule, lut le verset 2 du chapitre 3 de l’Évangile de Matthieu : « Repentez-vous, car le royaume de Dieu s’est approché ». Frappé par ces paroles, il s’éloigna doucement, se demandant le sens de ce passage. Et cela l’amena à suivre les prédications de l’Évangile. L’œuvre de Dieu s’accomplit en lui, et il put se réjouir du salut par la foi en Jésus Christ.
Bien des années plus tard, une chapelle fut construite dans le village de ce jeune homme. Et c’était maintenant lui qui, avec sérieux et conviction, annonçait l’Évangile de la grâce de Dieu.
Puissent tous les lecteurs de ce récit avoir reçu, comme ce jeune homme, la foi au Seigneur Jésus et dans son œuvre de salut.
Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs (Héb. 4. 7).

D’après La Bonne Nouvelle 1908

 

PLUTÔT MOURIR QUE MENTIR

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PLUTÔT MOURIR QUE MENTIR

 

Il y a bien longtemps, à bord d’un navire se rendant de Liverpool à New-York, des marins trouvèrent dans la cale un garçon déguenillé. Ils l’amenèrent au premier pilote, qui avait le devoir de s’occuper de cas de ce genre. Quand celui-ci vit le gamin avec son joli visage et ses yeux brillants, il lui demanda qui l’avait conduit à bord du navire, et pour quelle raison on l’avait ainsi caché. Le garçon répondit que son beau-père avait fait cela parce que, ayant déjà plusieurs autres enfants, il n’avait pas les moyens de le nourrir, ni de lui payer son voyage pour Halifax, où il avait une tante riche, chez laquelle il voulait se rendre.
Malgré le joli visage de l’enfant, et sa conduite digne de confiance, le pilote ne crut pas un mot de son récit.
Il avait déjà vu trop de gamins introduits ainsi en contrebande à bord, pour se laisser tromper par eux. Il affirma donc que c’était sûrement les matelots qui l’avaient amené à bord et lui avaient donné à manger.
Le pauvre enfant fut traité avec beaucoup de cruauté. Jour après jour, on lui redemandait les mêmes choses, mais c’était toujours la même réponse ; il ne connaissait, disait-il, pas un homme à bord du navire, et c’était son beau-père seul qui l’avait caché là ; à moins de mentir, il ne pouvait rien dire d’autre.
Enfin, irrité de la prétendue obstination du jeune garçon, le pilote décida d’essayer d’un dernier moyen. Il l’empoigna un jour par le collet, le traîna jusqu’au mat de devant, et lui déclara qu’il le pendrait là si, au bout de dix minutes, il n’avait pas avoué la vérité. Alors l’enfant dut s’accroupir sur le pont. Autour de lui se trouvaient les passagers, attirés par ce spectacle, et l’équipage ; devant lui se tenait le pilote, inexorable, la montre à la main, et à ses côtés, les autres officiers du navire. La figure pâle et soucieuse du noble enfant, ses beaux yeux qui brillaient, pleins de larmes, formaient un tableau touchant.
Quand huit minutes se furent écoulées, le pilote lui dit qu’il n’en avait plus que deux à vivre, et lui intima l’ordre de dire la vérité. Le garçon lui répondit, avec simplicité et sincérité, qu’il n’avait pas menti, et demanda la permission de prier avant de mourir. L’officier, sans dire un mot, fit signe de la tête, et devint pâle comme la mort. Alors, tandis que tous les yeux étaient fixés sur lui, le brave et noble enfant, dont les hommes ne voulaient rien savoir, et que ses propres parents avaient repoussé, s’agenouilla, les mains jointes, les yeux tournés vers le ciel, et demanda au Seigneur de le prendre auprès de Lui.
Il est impossible de dire l’impression que fit cette scène sur les spectateurs ; il sembla qu’un souffle du ciel avait passé sur tous. Les hommes soupiraient, sanglotaient.
Le pilote s’élança vers l’enfant, le pressa sur son cœur, l’embrassa tendrement, en lui disant que, maintenant, il croyait bien certainement à son récit, et qu’il avait été impressionné au plus haut point par son courage, qui lui avait permis de regarder même la mort en face, et d’accepter de sacrifier sa vie plutôt que de mentir.

Manifesté fidèle par l’épreuve (Jac. 1. 12).
Sois fidèle jusqu’à la mort et je te donnerai la couronne de vie (Apoc. 2. 10).

D’après La Bonne Nouvelle 1908

 

LE VIEUX TRAPPISTE

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LE VIEUX TRAPPISTE

 

Il y a bien des années, en Allemagne, un vieillard, qui depuis longtemps connaissait le Seigneur Jésus, entra dans la boutique d’un libraire. Cet ami avait pour principe de ne jamais laisser échapper une occasion de parler de Jésus Christ. Il trouva le libraire seul derrière son comptoir, et après quelques minutes de conversation, il découvrit vite qu’il ne croyait pas à l’Évangile. Cependant, l’entretien continua, avec courtoisie de part et d’autre, et devint bientôt si absorbant que les deux hommes ne s’aperçurent pas de l’entrée d’un étranger, qui se tenait à l’écart dans un coin du magasin, ne voulant pas les interrompre, mais attendait qu’on eut le temps de s’occuper de lui. Dès que le vieillard le vit, il lui laissa la place. Il fut bien étonné d’entendre le nouveau venu dire au libraire : – J’espère que vous croyez tout ce que ce monsieur vous a dit, car c’est la vérité de Dieu telle qu’elle est révélée dans sa Parole. Puis l’étranger se mit à expliquer lui-même au libraire bien étonné, comment Christ est mort pour les pécheurs, afin que, par son sacrifice, nous recevions le salut et la vie éternelle. Il parlait avec clarté et conviction, et le vieux chrétien sentait son cœur brûler au-dedans de lui en l’écoutant. Lorsque l’étranger quitta la boutique, le vieillard le suivit et, l’abordant dans la rue, lui demanda où il avait appris à connaître le Sauveur
– Dans le dernier endroit du monde où vous jugeriez la chose possible, répondit le jeune homme, et voyant l’intérêt que montrait son interlocuteur, il lui demanda s’il désirait connaître son histoire, et continua :
– Je suis né dans l’Allemagne du nord, et élevé dans la religion catholique romaine. Mais, dès l’adolescence, j’abandonnai tout ce qu’on m’avait appris à respecter, et me lançai à corps perdu dans les plaisirs désordonnés et la débauche, entraînant même mes compagnons dans le mal.
Mais un soir, ma conscience se réveilla, et je me dis tout à coup ; – Et si c’était vrai, après tout, qu’un châtiment éternel tombera sur les pécheurs ? J’avais entendu parler, étant enfant, de Jésus Christ comme Juge des vivants et des morts, et de l’étang de feu et de soufre qui attend les impies, et je pensai que ce serait bien moi, qui avais tellement péché, qui serai jeté là.
Depuis ce moment-là, je fus terrifié à la pensée d’un tel avenir et je quittai mes compagnons de débauche, désespéré. Au milieu de mon angoisse, je pensai que, si j’allais dans un monastère à la règle très stricte, je pourrais peut-être ensuite, après des milliers d’années de purgatoire, échapper aux peines éternelles. Après bien des recherches, j’entendis parler d’un monastère en Sicile, des frères trappistes.
Or, voici quelle est la règle des trappistes : tous les matins ils doivent se lever à 2 heures, de la planche qui leur sert de lit – et, les jours de grandes fêtes, déjà à minuit. Ils assistent alors aux offices, dans la chapelle ou dans leur cellule jusqu’à sept heures. Ils sortent ensuite pour cultiver les champs, travail pénible, et par tous les temps. Jour et nuit, et toute l’année, ils portent le même vêtement, qu’ils n’ont pas le droit de retirer ou de laver.
A dix heures et demie, ils ont le droit de manger un peu de pain et de légumes. Puis ils retournent à leur travail jusqu’à cinq heures du soir, avec seulement une interruption pour assister aux offices. Ils se réunissent alors dans le réfectoire pour manger un peu de pain avec de l’eau : ils n’ont droit qu’à 300 grammes de nourriture par jour. Puis les offices reprennent jusqu’à huit heures, heure à laquelle ils retournent dans leur cellule, meublée seulement de la planche qui est leur lit, d’une couverture, et d’un crâne. Et de plus, ils peuvent s’infliger toutes sortes de pénitences physiques qui sont de vraies tortures.
Les trappistes sont tenus au silence absolu, sauf pendant une heure le dimanche, pour parler de sujets religieux. Ils ne doivent pas parler entre eux, ni raconter leur histoire passée. Ainsi, lorsqu’un jeune trappiste mourut, n’ayant pas pu supporter ce régime, on vit alors un autre trappiste, plus âgé, qui avait soigné le plus jeune, se tenir, désolé, devant la tombe du jeune homme. Et longtemps après, quand le plus âgé mourut, on découvrit alors, d’après l’inscription sur leurs pierres tombales, que le plus jeune était le fils de ce moine plus âgé.
Le jeune allemand expliqua alors :
– Je me décidai à me rendre à ce monastère, mais n’étant pas fortuné, je fis toute la route à pied, en mendiant le long du chemin, ce qui représentait des centaines de kilomètres, et plusieurs mois de marche jusqu’au détroit de Messine. Enfin j’arrivai en vue du monastère aux hautes murailles et aux sombres tours. Épuisé, je me traînai jusqu’à la porte et frappai. La porte s’ouvrit et un moine parut, très âgé et presque infirme, qui me demanda, d’une voix chevrotante, ce que je désirais.
– Je désire trouver le salut, répondis-je
Le vieillard me dit avec bienveillance : – Suivez-moi. Et il me conduisit dans une petite pièce voisine où nous nous nous sommes assis.
– Maintenant, dit le moine, expliquez-vous. Racontez-moi votre histoire.
– Je lui racontai alors ma vie lamentable de péché, et le seul espoir qui me restait, pour échapper aux peines éternelles, qui était de subir les pénitences les plus rigoureuses, selon la règle des trappistes.
– Dans ce cas, mon ami, si vous voulez m’en croire, répondit le vieux moine, vous retournerez immédiatement dans votre pays. Il y a Quelqu’un qui est venu ici-bas et qui a accompli tout ce qu’il y avait à faire pour votre salut, longtemps avant votre arrivée ici. Il a entièrement achevé l’œuvre, à votre place, et maintenant il ne vous reste rien à faire. Tout est accompli.
– Je l’ai regardé, stupéfait, et lui ai demandé : – Qui a fait cela ?
– N’avez-vous jamais entendu parler du Seigneur Jésus-Christ ?
– Mais, sans doute, tout le monde a entendu parler de Lui.
– Le connaissez-vous ? insista le moine.
– Mais, bien sûr. Il est dans le ciel.
– Mais, dites-moi – et il me regardait bien en face – savez-vous pourquoi Il est dans le ciel ?
– Je n’en sais rien. Il a toujours été là-haut, je pense.
– Non, Il n’a pas toujours été là-haut, répondit gravement le vieillard. Il est descendu dans ce monde pour accomplir l’œuvre que vous voulez faire vous-même. Il est venu subir le châtiment que vos péchés avaient mérité. Il est dans le ciel maintenant parce que l’œuvre est achevée. Ne savez-vous pas qu’Il a dit sur la croix : « C’est accompli » ? Qu’est-ce qui est accompli ? C’est l’œuvre que vous voudriez commencer à faire vous-même. Et maintenant, si vous voulez ajouter un péché de plus à votre vie d’iniquité, et commettre quelque chose de pire que tout ce que vous avez fait jusqu’ici, vous resterez dans ce lieu et vous prouverez ainsi que vous méprisez l’œuvre parfaite du Fils de Dieu. Il ajouta :
– Il peut vous paraître étrange que je demeure dans une maison où Christ est pareillement méconnu, mais je suis très vieux, et c’est à peine si je puis me traîner jusqu’à cette porte. Je ne puis m’en aller. J’attends que le Seigneur Lui-même m’appelle auprès de Lui. Mais vous, vous pouvez partir. Retournez donc auprès de vos amis, et dites-leur quelles grandes choses Dieu a faites pour vous. Vous avez le droit de rester ici trois jours, et pendant ce temps je vous dirai tout ce que je sais au sujet de Christ. Après cela, vous vous remettrez en route vers votre pays.
Et ainsi, pendant les trois jours où je demeurai à la Trappe, mon vieil ami me parla de Jésus Christ.
Il m’expliqua que, non seulement Il était mort pour moi, mais qu’Il était aussi ressuscité, afin que par Lui j’obtienne la vie éternelle. Il me dit encore que Jésus m’a acquis une place dans le ciel, où Il me prendra, moi et tous ceux qui croient en Son nom.
Je suis revenu en Allemagne, et depuis ce moment-là, je m’efforce d’annoncer, à tous ceux qui veulent m’écouter, la bonne nouvelle de l’œuvre parfaite accomplie par le Seigneur Jésus.
Le vieux moine de Trappe est mort depuis longtemps, introduit par le Seigneur Jésus dans le repos près de Lui, mais son message est toujours vivant.
« Étant mort, il parle encore » (Héb. 11. 4).

D’après La Bonne Nouvelle 1905

 

JEANNIE, UNE PROTÉGÉE DU Dr BARNARDO

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JEANNIE, UNE PROTÉGÉE DU Dr BARNARDO

 

Jeannie, une mignonne fillette de deux ans, fut retirée d’une cour horrible, dans un des pires quartiers de Londres ; et elle fut arrachée à son environnement complètement dégradé, et introduite dans l’asile secourable par une porte de derrière.
Elle était si petite et chétive pour son âge qu’elle fut tout de suite reçue chaleureusement par la dame chrétienne qui servait de mère à ces pauvres fillettes. A la différence de beaucoup d’enfants qui ne se remettaient que très lentement des conséquences de leur premier environnement, Jeannie se développa normalement en une gentille enfant au joli caractère.
Mais les personnes dépravées au milieu desquelles elle était née cherchant à poursuivre le Dr Barnardo en justice, il décida de l’envoyer au Canada, avec un groupe d’autres enfants ; là-bas, elle séjourna d’abord quelque temps dans un asile de la même œuvre, où elle se fit aimer de chacun, puis fut adoptée par un fermier écossais, de bonne réputation, qui avait déjà plusieurs fils, jeunes adultes.
Le fermier vint la chercher avec une voiture à cheval – les trains étant rares à cette époque – et ils arrivèrent dans la ferme à l’heure du repas, servi dans la grande cuisine, et très plantureux. La fermière, au visage sérieux, plutôt sévère, comme celui de son mari, vint prendre Jeannie dans ses bras hors de la haute voiture, mais, pas plus que son mari, elle ne pensa à donner à la petite fille un baiser de bienvenue.
Les cinq jeunes gens, grands et austères comme leurs parents, arrivèrent bientôt, et le repas commença. Mais tout à coup le cliquetis des couteaux et fourchettes s’arrêta net, et tous les yeux se tournèrent vers Jeannie, assise sur un haut tabouret près de la fermière. Elle penchait la tête sur ses mains jointes, et elle répétait à haute voix la prière qu’on lui avait enseignée :

O Seigneur, nous te rendons grâces
Pour tous ces biens qui viennent de toi !
Viens dans nos cœurs prendre ta place
Et fais-nous vivre par la foi. Amen

Le profond silence qui suivit fut rompu par la voix du fermier, un peu tremblante, semblait-il :
– Jeannie, répète cela encore une fois, et nous le dirons après toi.
Et comme poussés par la même force, tous ceux qui entouraient la table se mirent à genoux, et courbant la tête, répétèrent à haute voix les paroles de la prière de l’enfant.
Quand ils se relevèrent, plus d’un essuya une larme. Les paroles de cette petite fille avaient touché dans ces cœurs une corde muette depuis longtemps, et fait vibrer des souvenirs sérieux. A la fin du repas, tous s’approchèrent de Jeannie, et les uns après les autres, le père, la mère et leurs fils, la prirent dans leurs bras et lui donnèrent un baiser de bienvenue. Jeannie avait trouvé une famille, et ce fut aussi là le commencement de l’œuvre de Dieu dans cette maison.
Ce soir-là, ils revinrent tous du travail plus tôt que d’habitude. Le fermier prit Jeannie sur ses genoux et lui demanda :
– Jeannie, peux-tu encore nous dire une petite prière?
La petite fille acquiesça, se mit à genoux, et ferma les yeux, puis répéta :

Seigneur Jésus, oh ! Daigne entendre
Un faible enfant qui vient à toi.
Je connais ton amour si tendre
Qui sans cesse a veillé sur moi.

Donne-moi de suivre ta trace,
De te servir en ces bas lieux,
Jusqu’au beau jour où, par ta grâce,
Je t’exalterai dans les cieux.

Le père ajouta quelques mots à cette prière, puis tous se séparèrent, émus mais heureux.
Le dimanche suivant, la voiture fut attelée et toute la famille était prête à parcourir les vingt kilomètres qui la séparaient du seul endroit où il y eût un rassemblement de chrétiens. Depuis longtemps la distance avait été pour eux un prétexte pour excuser leur négligence. Mais maintenant se réalisait le passage : « Un petit enfant les conduira » (És. 11. 6).
La piété si simple de Jeannie, sa confiance enfantine dans le Seigneur Jésus, avaient réveillé le cœur de ces parents, leur rappelant leurs responsabilités vis-à-vis de Dieu, et vis-à-vis de leurs enfants. Et il y eut une riche bénédiction sur cette famille – par le moyen, tout d’abord, de la piété d’une petite fille.

D’après Bonne Nouvelle 1907