REGARDER VERS DIEU

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Mon secours vient d’auprès de l’Éternel, qui a fait les cieux et la terre. Il ne permettra point que ton pied soit ébranlé  ; celui qui te garde ne sommeillera pas. Ps. 121. 2 et 3.

 

REGARDER VERS DIEU

 

« J’ai longtemps habité dans le sud de la France, près des calanques de Marseille, et je me souviens des courses en mer que nous faisions parfois au printemps. Le bateau n’était pas très large mais nous étions nombreux à nous y entasser en faisant confiance au capitaine. Lors d’une traversée, de fortes vagues, des courants contraires nous ont surpris. Pour moi qui ne savais pas nager, quelle angoisse  ! Le capitaine voyait sur nos visages notre trouble et nous a crié : « Regardez en haut, regardez le ciel. Oubliez les vagues  ! » Nous avons repris confiance.
Ce conseil m’est resté. Ne serait-ce pas le secret pour ma vie  ? Dans les moments de trouble ou sur la mer parfois agitée de la vie, quand je perds pied, je lève alors les yeux vers Dieu, car il est tout-puissant.
Dieu m’aime et Il a fait tout ce qui était nécessaire pour me sauver. Il veut d’abord donner la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils, Jésus, qui est mort pour effacer les péchés de ceux qui croient en Lui. Cette vie nouvelle nous permet de regarder en haut, nous ouvre le ciel où nous voyons Jésus, Sauveur et garant de notre vie avec Lui pour toujours.
Mais Dieu est aussi là tous les jours avec nous, même si nous ne Le voyons pas. Il connaît nos soucis, nos angoisses même, et les traverse avec nous. Il les porte pour nous. Il veut nous apprendre à nous confier pleinement en Lui ».

Dieu est là, vraiment là, bien plus proche qu’on ne croit.
Sa bonté nous fait revivre, et sa grâce nous délivre.
Dieu est là, vraiment là, lui qui était et qui est  ;
Il sera toujours le même, Dieu est là.

 

D’après la Bonne Semence Décembre 2019
Éditeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com)

 

FOI OU INCRÉDULITÉ

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C’est moi, l’Éternel,… qui fais retourner en arrière les sages et qui fais de leur connaissance une folie. És. 44. 24 et 25

 

FOI OU INCRÉDULITÉ

 

Damaris avait appris de sa mère à prier et à se confier en Dieu. Cette mère priait beaucoup pour sa fille. Le père, professeur d’université, avait l’habitude de dire : « Chacun peut faire son salut à sa façon. Fais ce qui est bien, et n’aie peur de personne. Personnellement, je ne peux pas croire en Dieu, et je m’en trouve bien ».
Damaris, ballottée entre eux deux, n’arrivait pas à se décider. À 17 ans, elle tomba malade  ; sa maladie était inguérissable. Sa mère cherchait des forces dans la prière et suppliait Dieu pour que sa fille croie en Lui. Le père ne supportait pas cette épreuve, il était complètement désemparé.
Un jour où les parents étaient assis près du lit de leur fille, Damaris dit à son père : « Tu sais que mon état est grave. Dis-moi donc qui a raison, toi ou maman  ? Y a-t-il un Dieu, ou même un Sauveur  ? Y a-t-il une vie éternelle et un espoir de nous revoir, ou n’y a-t-il rien de tout cela ? »
Le père pâlit, en proie à une lutte intérieure intense. Tout à coup il prit la main de sa fille et dit d’une voix étranglée : « Je ne croyais pas. Mais maintenant je t’en supplie : Si tu le peux, crois en Jésus comme ta maman  ! Je vois qu’il y a des moments où l’on ne peut pas tenir bon sans la foi ».
Après de nombreux combats intérieurs, Damaris montra que Jésus avait trouvé le chemin de son cœur, elle avait mis sa confiance en lui, il était son Sauveur. Elle ne souhaitait plus qu’une chose : revoir son père au ciel.

D’après Näher zu Dir 2016

 

UNE DÉCISION À PRENDRE RAPIDEMENT

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Voici, c’est maintenant le temps agréable ; voici, c’est maintenant le jour du salut. 2 Cor. 6. 2.

UNE DÉCISION À PRENDRE RAPIDEMENT

 

Mon regard s’arrête sur l’annonce publicitaire d’une compagnie d’assurance : pensez dès aujourd’hui à protéger votre avenir ; plus tôt vous vous déciderez, mieux ce sera.
Mais il y a beaucoup plus important que la signature d’un contrat d’assurance : c’est ce que Dieu vous propose pour votre avenir et celui de votre famille. Si vous vous rendez compte que vous marchez vers l’inconnu sans direction, vous devez vous arrêter tout de suite et consulter le seul guide fiable : la Parole de Dieu. Vous devez écouter ses avertissements et les prendre au sérieux. Elle vous montre que le « chemin large » dans lequel vous êtes engagé vous mène à la perdition. Dieu, qui connaît tout d’avance, vous avertit au sujet des jugements qui doivent arriver et qui vous concernent, vous aussi : « Il est réservé aux hommes de mourir une fois – et après cela le jugement » (Héb. 9. 27). Il est possible que vous meniez une vie honnête, mais vous devez reconnaître qu’elle est loin de répondre aux exigences de sainteté de Dieu. Comme tout être humain, vous avez besoin d’être « gracié » parce que vous êtes coupable devant Lui.
La Bible le dit clairement : c’est maintenant que vous devez croire à ce que Dieu a fait pour effacer nos péchés, et ce que vous devez faire pour obtenir son pardon. Elle annonce que « la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes » (Tite 2. 11), et elle vous dit, à vous aussi : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé » (Act. 16. 31).
Pourquoi attendre encore pour faire ce « demi-tour » dans votre vie ? Demain, il pourrait être trop tard. Plutôt vous vous déciderez, mieux ce sera !

D’après « Il buon seme » novembre 2019

 

PEUT-ÊTRE UN AUTRE JOUR

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Nul ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m’a envoyé ne le tire. Jean 6. 44.
Méprises-tu les richesses de sa bonté, et de sa patience, et de sa longue attente, ne connaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance ? Rom. 2. 4.

 

PEUT-ÊTRE UN AUTRE JOUR

 

« Vous avez de la chance d’avoir la foi ; moi, je ne l’ai pas. Je n’y peux rien. Peut-être qu’un jour Dieu me donnera une occasion ».
C’est un argument courant. Cela laisse supposer que ceux qui ont la foi ont de la chance, et que les autres n’y peuvent rien et doivent attendre passivement que cela vienne. Mais une telle pensée est opposée à l’enseignement de la Bible. Jésus a dit : « Celui qui cherche, trouve » (Mat. 7. 8). Heureusement, avoir la foi n’est pas une question de chance ! Cette façon de raisonner laisse de côté la responsabilité de l’homme envers Dieu.
Il est vrai que seul Dieu peut conduire quelqu’un à la foi en Son Fils Jésus Christ. En fait, laissés à nous-mêmes, nous ne nous tournerions jamais spontanément vers Lui. Mais il est également vrai que Dieu ordonne à tous les hommes qu’ils se repentent et croient à Sa parole. Notre devoir, c’est d’obéir. La souveraineté de Dieu qui accorde la foi, d’une part, et la responsabilité de l’homme de la recevoir, d’autre part, sont inséparables, de sorte que personne ne sera sauvé sauf par la pure grâce de Dieu. Et personne ne sera perdu sinon par sa propre faute, s’il refuse la grâce. Ces deux faits qui, à cause de notre entendement limité, semblent être irréconciliables, sont clairement établis dans la Bible, et nous nous inclinons devant la Parole de Dieu.
Aussi, au lieu d’attendre passivement que la foi vienne à nous, répondons à l’invitation pressante de Dieu, car Il nous aime et désire nous sauver.

D’après « The good Seed » novembre 2019

 

LE BONHEUR, RÉSULTAT DE L’OBÉISSANCE À DIEU

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Celui qui veut aimer la vie et voir d’heureux jours, qu’il garde sa langue du mal, et ses lèvres de proférer la fraude ; qu’il se détourne du mal et qu’il fasse le bien ; qu’il recherche la paix et qu’il la poursuive. 1 Pier. 3. 10 à 11

LE BONHEUR, RÉSULTAT DE L’OBÉISSANCE À DIEU

 

Beaucoup de personnes s’imaginent qu’obéir au Seigneur rend la vie ennuyeuse. Ceux qui raisonnent ainsi montrent, d’une part qu’ils ne connaissent pas la joie chrétienne, et d’autre part qu’ils connaissent très mal Celui auquel nous sommes invités à nous soumettre par amour.
Certains pensent : Il suffit que j’aie un peu de religion pour me mettre à l’abri de la condamnation, mais je veux aussi profiter de ma part de plaisir dans cette vie. Mais ils ne savent pas que ces plaisirs ne peuvent être comparés au bonheur que donne l’approbation de Dieu.
Quelqu’un a écrit : Le bonheur recherché comme une fin en soi s’enfuira devant nous comme un mirage, et nous ne l’atteindrons jamais ; mais, si notre priorité, en tant que chrétiens est d’obéir au Seigneur plutôt que de nous plaire à nous-mêmes, notre bonheur découlera naturellement de cette obéissance.
Quelles sont nos priorités ? Peut-être que nous, chrétiens, ne sommes pas toujours heureux comme nous pourrions l’être, parce que nous ne mettons pas la volonté et les pensées de Dieu en tête de notre échelle de valeurs. Dieu nous promet un avenir éternel de bonheur, mais pas au prix d’une vie de frustrations sur la terre. Il veut le meilleur pour Ses enfants, si nous marchons avec Lui et Lui obéissons.
« Regarde, j’ai mis aujourd’hui devant toi la vie et le bonheur… en ce que je te commande aujourd’hui d’aimer l’Éternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies, de garder ses commandements » (Deut. 30. 15 et 16).

D’après « Il buon seme » juillet 2012

 

LA BIBLE TOUTE ENTIÈRE EST UNE

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(Jésus a dit : ) Sondez les écritures… ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Jean 5. 39.
Toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance. Rom. 15. 4.

 

LA BIBLE TOUTE ENTIÈRE EST UNE

 

Au stand biblique d’une foire un jeune homme demande un Nouveau Testament. Il ne veut pas la Bible entière, parce qu’il est convaincu que l’Ancien Testament est dépassé depuis la venue de Christ.
Il est vrai que les textes de l’Ancien Testament ont été écrits il y a plus de 3000 ans, mais il est extraordinaire de constater qu’ils ont été conservés dans leur intégralité. Dans le Nouveau Testament, écrit il y a environ 2000 ans, Jésus Lui-même nous enseigne comment nous devons lire l’Ancien Testament. Après Sa résurrection, sur le chemin d’Emmaüs, Il s’approche de deux disciples découragés sans se faire reconnaître d’eux et, « commençant par Moïse et par tous les prophètes, Il leur expliquait, dans toutes les écritures, les choses qui le regardent » (Luc 24. 27). Pour les encourager, Il leur montre que les textes de l’Ancien Testament, qu’ils connaissaient bien parlent de Lui.
Même si la Bible se compose d’un certain nombre de livres, regroupés en deux testaments, une remarquable unité lie tous ces textes, parce qu’ils constituent « la Parole de Dieu ». Déjà dans la Genèse, le premier livre de la Bible, Dieu se fait connaître progressivement à Ses créatures, jusqu’au moment où Il leur donne, en Jésus – son Fils venu parmi les hommes -, la pleine révélation de ce qu’Il est.
Dans la Genèse, nous trouvons en Abraham, qui accepte d’offrir son propre fils en sacrifice, une image de Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui n’a pas épargné son Fils bien-aimé, qui est mort sur la croix à notre place. Souffrances, vertus morales, gloires de Christ, nous trouvons tout cela représenté dans la vie d’hommes de Dieu tels que Joseph, David et beaucoup d’autres.
Le Seigneur Jésus faisait continuellement référence à des passages de l’Ancien Testament : « Sondez les écritures » disait-Il, parce qu’« elles rendent témoignage de moi ».

 

D’après « Il buon seme » décembre 2019

 

L’HISTOIRE DE MA VIE DE CROYANT

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Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées. 2 Cor. 5. 17.
Nous sommes maintenant enfants de Dieu… Nous savons que quand il sera manifesté, nous Lui serons semblables. 1 Jean 3. 2.

 

L’HISTOIRE DE MA VIE DE CROYANT

 

Je ne suis plus ce que j’étais. Depuis que j’ai cru au Seigneur, je suis passé des ténèbres à la lumière (Col. 1. 13). Par le moyen de Son Esprit, Dieu a fait de moi un être nouveau. Je suis passé par une nouvelle naissance, une naissance spirituelle. Maintenant, je vois les choses différemment et je ne raisonne plus comme avant. Mon comportement vis-à-vis de Dieu et de mon prochain n’est plus le même, parce que ma priorité est de plaire à mon Sauveur. J’appartiens maintenant à une nouvelle famille, constituée de tous ceux qui ont cru en Jésus.
Je ne suis pas encore ce que je serai. Je suis sur la terre, avec beaucoup de faiblesse et de limites. Mon corps est comme une tente, un édifice fragile et provisoire (2 Cor. 5. 1). Mais j’aspire à une demeure éternelle, une maison qui est dans le ciel. Un jour, ce qui est mortel sera absorbé par la vie (2 Cor. 5. 4) ; la victoire sera complète et je serai rendu semblable au Seigneur. Et je serai avec Lui pour toujours.
Je ne suis pas ce que je devrais être. Malgré ma vie nouvelle de croyant, mon comportement est loin d’être parfait ; je commets parfois des erreurs qui me font honte. Mais Dieu a prévu une ressource pour me relever : « Si nous confessons nos péchés, Il est fidèle et juste pour pardonner nos péchés » (1 Jean 1. 9). Je suis dans une condition transitoire ; j’ai en moi, en même temps la vie de Dieu et le mal attaché à mes anciennes habitudes. Mais, conscient de ma faiblesse, j’apprécie pleinement les soins fidèles du Seigneur ; je peux dire, comme l’apôtre Paul : « Par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis » (1 Cor. 15. 10).

D’après « Il buon seme » novembre 2019

 

LE MIEL DÉCOULANT DU ROCHER QUI EST CHRIST

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LE MIEL DÉCOULANT DU ROCHER QUI EST CHRIST

 

Préface de l’auteur

Lecteur,

Depuis quelque temps je sens que la bonté de Christ me presse. Elle a envoyé dans mon cœur des rayons si puissants, qu’il en est tout pénétré et comme enflammé.
C’est trop peu pour moi de bénir, dans le silence, le meilleur ami des hommes, je veux dire Jésus, notre cher Sauveur. Son amour surpasse toute connaissance (Éph. 3. 19) .
Je me sens aussi poussé à embrasser en esprit tous les enfants de Dieu, et à leur souhaiter du bien. Mon cœur se livre d’autant plus volontiers à ce doux penchant, que, dans ces derniers temps, il se trouve çà et là dans le monde beaucoup de pauvres âmes qui, avec de bons désirs, sont encore indécises et inclines à se laisser emporter par tout vent de doctrine, dans la tromperie des hommes et par leur adresse dans l’art de séduire (Éph 4. 14) .
Il s’en trouve plusieurs qui, pour travailler à leur édification et à celle des autres, édifient sur un fondement faux et nuisible ; ce qui rend inutiles toutes les peines qu’ils se donnent.
La raison de cela est qu’il y a peu de personnes qui, comme le dit l’apôtre, aient une bonté sincère et qui croissent à tous égards vers Celui qui est notre chef, savoir Jésus-Christ (Éph. 4. 15) .

Cela étant, il ne faut pas s’étonner qu’on remarque si peu de solidité et d’accroissement parmi les âmes. Tout ce qu’on fait sans être uni à Christ et sans être enraciné en lui, est inutile et perdu.

Cher lecteur ! s’il plaît à Dieu de bénir la lecture de ce petit ouvrage, j’espère que vous y reconnaîtrez le langage d’un fidèle ami.
Peut-être entendrez-vous une douce voix qui vous dira intérieurement : « C’est ici le chemin, marchez-y », ne vous en écartez ni à droite, ni à gauche (És. 30. 21). En effet, l’heureuse route qui mène le pécheur à la justification devant Dieu est celle qui le conduit à la justice de Jésus-Christ.

Quant à notre propre justice, c’est un vêtement souillé (És. 64. 6), et il faut que chacun dise : « En l’Éternel seul j’ai justice et force » (És. 45. 24).

Il n’y a de réconciliation ni de réunion avec Dieu qu’en ce seul Juste par excellence, qui est mort pour nos injustices. Celui qui n’a pas connu le péché a été fait péché pour nous, afin que, par lui, nous qui sommes pécheurs, soyons revêtus d’une justice valable devant Dieu (2 Cor. 5. 21) .

Lecteur chrétien ! jetez aux pieds de Jésus tout ce qui en vous appartient encore au vieil homme. Rendez hommage au Fils de Dieu en Lui donnant la préférence sur tout autre.
Le Nouveau Testament nous enseigne qu’il faut que tous les vases du temple spirituel de Dieu, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, soient consacrés et attachés à Jésus-Christ. Cet honneur Lui est dû, et Il en est seul digne. C’est Lui qui bâtit le temple de Dieu, et selon le conseil éternel du Père Il doit en être le fondement, la pierre angulaire et la couronne. En Lui réside la plénitude de la grâce et de la gloire du Père.
N’hésitez donc pas à aller à Lui, quel que soit votre état. Il n’est aucune sorte de péchés, de misères, ni de maladies, qui doivent vous en empêcher. Il est le vrai et unique Médecin des âmes, chez qui vous trouverez le remède à tous les maux.

Cher lecteur ! Dieu vous fasse la grâce d’éprouver la réalité de toutes les paroles que vous lirez dans ce petit ouvrage. Que tout ce qui y est contenu soit pour vous un baume qui restaure votre âme, qui vous fortifie dans vos faiblesses, et guérisse vos langueurs. Alors votre âme se félicitera elle-même de son bonheur.
Je suis, dans l’unité de la foi et dans la communion du saint Évangile,

Votre frère.

 Eph. 3. 19 : … Connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance ; afin que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu.
Éph. 4. 14 : … afin que nous ne soyons plus de petits enfants, ballotés et emportés çà et là par tout vent de doctrine dans la tromperie des hommes, dans leur habileté à user de voies détournées pour égarer.
Éph. 4. 15 : …que, étant vrais dans l’amour, nous croissions en toutes choses jusqu’à lui qui est le chef, le Christ.
2 Cor. 5. 21 : Celui qui n’a pas connu le péché a été fait péché pour nous afin que nous devenions justice de Dieu en lui.

Porter le nom de Chrétien
Vous qui lisez ces lignes, c’est à votre cœur et au mien que je veux parler.
Vous portez le nom de chrétien, vous vivez dans la communion extérieure de l’Église, et vous jouissez de ses privilèges. J’avoue que ces prérogatives sont précieuses ; mais, avec tout cela, si votre piété n’a pas pris racine dans le sang de Jésus-Christ, elle sera sèche et stérile, elle se réduira à une fausse apparence, avec laquelle vous pouvez devenir la proie de notre adversaire, le diable (1 Pier. 5. 8) .

1 Pier. 5. 8 : Votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde autour [de vous], cherchant qui il pourra dévorer.

Aussi longtemps que vous serez rempli de votre propre justice, vous demeurerez sous la puissance du péché. Vous nourrissez dans votre sein un serpent, qui soufflera sur votre piété, et portera un coup mortel à votre âme.
Examinez donc avec une sévère exactitude, quelle est la base de votre espérance. Est-ce la main de Jésus-Christ Lui-même qui l’a posée ? S’il n’en est pas ainsi, votre édifice ne résistera jamais à l’orage qui éclatera sur lui. L’ennemi parviendra à le saper et le renversera de fond en comble.

Passer par les épreuves et les tentations
Âme présomptueuse, attendez-vous à être criblée. Vous allez passer par des épreuves qui dévoileront tout le fond de votre christianisme. Quelle affreuse situation quand tout vous échappera et que vous ne saurez plus à quoi vous en tenir !
Esprit qui volez trop haut, ne vous fiez pas à vos ailes de cire. Elles se fondront dans l’ardeur des tentations, et votre chute en sera d’autant plus grande. Qu’il est triste de se voir réduit à une honteuse banqueroute, après avoir fait longtemps un brillant commerce ! Tel est le sort d’une âme qui néglige de prendre ses précautions pour l’éternité.

Chrétien éclairé, prenez garde qu’il n’y ait à votre racine un ver capable de gâter toute la plante, et de vous faire devenir un tronc sec et pourri. Sondez votre cœur et demandez-vous à vous-même : Mon âme est-elle teinte du sang de Jésus-Christ ? Est-ce que j’en porte la marque ? Et sur quelle justice est fondée l’espérance que j’ai d’être sauvé ?
Suis-je entièrement dépouillé de ma propre justice ? Cet examen est d’autant plus nécessaire que plusieurs chrétiens des plus considérés ont vu, à la fin de leur vie, toutes leurs œuvres disparaître de devant leurs yeux. Combien, dans ce moment-là, se sont écriés qu’ils étaient perdus et sans ressource !

Maintenir des péchés
Réfléchissez au fait qu’un homme, même accomplissant de bonnes œuvres, peut maintenir plusieurs de ces péchés criants qui en font gémir un autre dans la plus grande angoisse de son âme, et que souvent, une conscience travaillée n’annonce pas plus de crimes secrets qu’une âme n’en cache sous le manteau de ses prétendues vertus.
N’ayez pas de repos jusqu’à-ce que votre âme blessée par le péché soit guérie radicalement par le sang de Jésus-Christ.
Ne vous contentez pas du fait que la cicatrice soit légèrement couverte par la pratique des devoirs de la religion, par des actes de repentance, par des humiliations ou par des consolations. Tout ce que vous y appliquerez, hormis le sang de Jésus-Christ, ne fera que maintenir le venin dans la plaie. Vous vous apercevrez bientôt que le péché n’a pas été ôté, parce que vous n’avez jamais vraiment contemplé Jésus-Christ répandant son sang pour vous sur la croix. Rien ne peut détruire le péché, sinon le regard de la foi fixé sur la justice du Sauveur.

La guérison de l’âme
La nature ne saurait préparer de remède pour la guérison de l’âme. Toute guérison opérée par la voie des œuvres et des devoirs, et non par le sang de Jésus-Christ, est pire que la maladie la plus incurable. Les lumières et les forces de la nature corrompue ont beau être cultivées et portées au plus haut degré, elles ne sauraient fournir à l’âme qu’un habit souillé pour couvrir sa nudité. Le seul habit pur et sans tache qu’il faut à notre âme, c’est la justice de Dieu et le mérite parfait du Sauveur.

Que deviendra l’ouvrage que la faible nature a tissé ? Ou il faut consentir à vous en voir dépouillé, pour vous laisser revêtir de la justice de Dieu, ou bien, si vous gardez sur vous ce tissu de la nature, Satan le mettra en lambeaux ; et alors votre âme, nue et confuse, n’aura d’autre attente que la colère à venir. Non, la nature, avec toutes ses forces, ne saurait attirer sur votre âme un seul rayon de la grâce divine, capable de détruire le péché en vous, et de vous éclairer jusque devant la face du Seigneur.
Vous faites profession d’être chrétien, vous assistez au culte divin, vous participez aux réunions chrétiennes, tout cela est bon ; mais savez-vous bien qu’en faisant tout cela vous pouvez être le plus malheureux de tous les hommes ?
Pouvez-vous vous souvenir d’un moment auquel Jésus se soit approché de votre cœur pour demeurer si bien présent à vos yeux ? préfériez-vous cet unique objet à tout ce qu’il y a de perfections, de beautés et de vertus dans le monde ?

Les bonnes œuvres
Tout ce que vous présumiez avoir fait de bon est-il réputé de votre part comme le linge le plus souillé ? Tout cela est-il abaissé devant la gloire magnifique de sa grâce et de son amour (És. 2. 17.19) ?
Si jamais vous avez appris à connaître véritablement Jésus-Christ, vous n’avez découvert en Lui que pure grâce, que justice parfaite, qui abonde infiniment sur tout péché et sur toute misère humaine. Si vous avez véritablement vu et connu Jésus-Christ, vous pouvez fouler aux pieds la justice des hommes et des anges, plutôt que de chercher, par l’une ou par l’autre, un libre accès auprès de Dieu. Si vous connaissez Jésus-Christ, vous ne voudrez pas, pour tout au monde, faire aucune bonne œuvre sans lui (2 Cor. 3. 5) .
Si jamais vous l’avez connu, vous devez l’avoir reconnu comme le rocher du salut, infiniment élevé au-dessus de toute propre justice, de même qu’au-dessus de Satan et du péché (Ps. 61. 2) . Et ce rocher, qui est Christ, vous suivra partout (1 Cor. 10. 4) .
C’est de Lui que découle continuellement l’eau de la grâce qui peut vous désaltérer, le miel de la grâce, qui peut vous rassasier.

És. 2. 17 à 19 : La hauteur de l’homme sera humiliée, et l’élévation des hommes sera abaissée, et l’Éternel seul sera haut élevé en ce jour-là… On entrera dans les cavernes des rochers, et dans trous de la terre, de devant la terreur de l’Éternel, et de devant la magnificence de sa majesté, quand il se lèvera pour frapper d’épouvante la terre.
2 Cor 3.5 : Non que nous soyons capables par nous-mêmes de penser quelque chose comme de nous-mêmes, mais notre capacité vient de Dieu.
Ps. 61. 2 : Du bout de la terre je crierai à toi, dans l’accablement de mon cœur ; tu me conduiras sur un rocher qui est trop haut pour moi.
1 Cor. 10. 4 : Ils buvaient d’un rocher spirituel qui les suivait : et le rocher était le Christ

La communion avec Christ
Sondez-vous bien, et voyez si vous avez contemplé Jésus comme le Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité (Jean 1. 14) . Ne vous relâchez pas jusqu’à ce que vous soyez bien assuré que vous êtes entré dans la communion avec Christ, que vous êtes assis sur ce rocher des siècles, que vous avez suivi l’appel que sa voix a adressé à votre âme, et que votre justification est une affaire réglée entre Lui et vous. Rien de plus commun que d’entendre des gens parler admirablement bien de la foi, lorsqu’ils sont jeunes et en bonne santé ; mais rien de plus rare que ceux qui en connaissent, par expérience, la nature et l’efficace.

Le grand mystère révélé dans l’Écriture sainte, c’est Jésus-Christ, ou Dieu manifesté en chair. Le mystère de la doctrine de Christ, c’est la grâce acquise par Lui, destinée, offerte et accordée aux pauvres pécheurs. L’ouvrage le plus merveilleux de Dieu dans le monde, c’est la foi. Dès que vous y mêlez quelque chose de vous-même, c’est un ouvrage défiguré, sur lequel le Sauveur ne daigne pas jeter le moindre regard.

Jean. 1. 14 : Et la Parole devint chair, et habita au milieu de nous… pleine de grâce et de vérité.

Ma propre justice, un obstacle
Désirez-vous aller par la foi à Jésus-Christ ? Laissez toute votre propre justice bien loin en arrière, et apportez-Lui vos péchés et votre misère. Vous répondrez que cette parole est dure ! Oui, dis-je encore une fois, il faut que vous abandonniez toute votre sainteté, vos vertus, vos bonnes œuvres, vos actes d’humiliation, et que vous n’ayez à présenter au Seigneur Jésus que vos défauts et votre misère.
Sans cela, Il n’est pas le Jésus qu’il vous faut, et vous ne Lui convenez pas non plus. Il est un Médiateur et un Sauveur qui ne tolère pas qu’on ajoute quoi que ce soit à ce qu’Il est et à son œuvre. Il ne peut déclarer que vous soyez autre chose qu’un pauvre pécheur entièrement perdu. Si cela ne vous convient pas, jamais vous ne viendrez à Lui.

Rien de plus difficile pour l’homme que de chercher toute sa justice par la foi en Jésus. Cependant personne ne Le reconnaît pour son Sauveur, sinon celui qui recherche toute justice par la foi en Lui seul . Dès que vous Lui associez quelque chose d’autre, vous niez sa qualité de Sauveur parfait.

S’il vous arrive, en vous présentant devant Dieu pour être reçu en grâce, de vous prévaloir d’autre chose que du mérite de Jésus-Christ, soyez certain que cette pensée est un antichrist. Repoussez-la loin de vous, afin que la justice de Jésus demeure seule triomphante. Partout où elle ne domine pas, là est le règne de Babel ; et il faut que ce règne soit détruit, pour faire place en vous à celui de Christ.
Christ a été tout seul à fouler au pressoir, et personne n’était avec lui (És. 63. 3) . Tout mérite que vous voudriez associer au sien, Il le foulera aux pieds sans ménagement, parce que ce serait une tache sur la robe de Sa parfaite justice.

Phil. 3. 9 : n’ayant pas ma justice qui est de [la] loi, mais celle qui est par [la] foi en Christ, la justice qui est de Dieu moyennant la foi.
És. 61. 3 : J’ai été seul à fouler le pressoir, et d’entre les peuples pas un homme n’a été avec moi ; et je les ai foulés dans ma colère, et je les ai écrasés dans ma fureur, et leur sang a rejailli sur mes habits, et j’ai souillé tous mes vêtements.

La foi et l’épreuve de la foi
Vous qui vous imaginez que la foi est une chose si facile, la vôtre a-t-elle jamais passé par le creuset des épreuves ? A-t-elle tenu bon lorsque toute la laideur de vos péchés vous a été mise devant les yeux ?
Car une foi non éprouvée est toujours suspecte et chancelante. Vous souvenez-vous si Satan a eu la permission de s’approcher de vous ? Et votre conscience a-t-elle senti le poids de la colère de Dieu ?
S’il en est ainsi et que vous vous soyez vu sur le bord de l’abîme, alors il doit vous avoir été manifesté que le sang de Jésus est votre rançon, votre justice et votre délivrance.
Alors vous avez pu dire : Il y a abondance de grâce en Jésus. Alors il vous aura été donné de proférer la plus importante parole qu’un pécheur puisse prononcer : Je crois, j’ai la foi.

Quand un homme a la foi, il est vivement pénétré du sentiment de ses péchés ; il est convaincu du prix immense et de l’efficace divine du sang de Christ, et persuadé de la bonté de cœur avec laquelle le Seigneur Jésus veut le sauver parce qu’il est un misérable pécheur. Cette œuvre de grâce présente quelque chose de plus grand que la création d’un monde. Quand une âme est remplie de crainte à cause de ses innombrables forfaits, effrayée des peines que méritent ses péchés, toutes les forces de la nature réunies ne sauraient l’amener à croire fermement qu’il y a une grâce et une volonté en Christ de sauver le pécheur.

Le secret de l’Évangile
Une âme possède le secret de l’Évangile quand elle se décharge sur l’Agneau de Dieu du poids des péchés que Satan reproche à sa conscience.
C’est là faire hommage à Jésus comme à notre Sauveur, parce que c’est pour cela qu’Il a voulu l’être.
Ne connaître de justice qu’en Jésus, et ne vouloir être sauvé que par son sang, c’est la somme de l’Évangile.
Ce qui met une âme à couvert de tout assaut, c’est lorsque ni le souvenir de ses meilleures œuvres, ni le sentiment de ses grandes misères, ne l’empêchent de dire avec confiance :

Rien, ô Jésus ! que ta grâce,
Rien que ton sang précieux,
Qui seul mes péchés efface,
Ne rend juste, saint, heureux.
Ne me dites autre chose,
Sinon qu’il est mon Sauveur,
L’auteur, la source et la cause
De mon éternel bonheur.

Pourquoi les tentations ?
Une des causes des tentations, aussi bien que des avantages que l’ennemi peut remporter sur nous, et la principale source de nos plaintes, se trouve dans la propre justice et dans la présomption de nous-mêmes.
C’est pour nous dépouiller de cette propre justice et de cette présomption que Dieu permet à Satan de nous poursuivre, comme Laban poursuivait Jacob pour l’obliger à laisser en arrière les idoles qu’il emportait avec lui. Il faut que celles que vous gardez dans votre cœur vous soient enlevées, à quelque prix que ce soit ; sans cela, Jésus-Christ ne pourra pas prendre place chez vous.
La condamnation reposera sur vous jusqu’à ce qu’Il ait pris possession de votre cœur. Partout où la condamnation se trouve encore, elle suppose nécessairement une dureté et une résistance de cœur.
Par conséquent, la condamnation que l’homme sent encore dans son cœur est une preuve, ou que Jésus-Christ ne s’en est pas encore rendu le maître, ou qu’il s’y trouve encore de l’opposition.

Jusqu’à ce qu’Il ait établi son trône de grâce dans votre cœur, vous n’y sentirez que condamnation, frayeur et méfiance secrète ; ainsi votre âme flottera toujours entre la crainte et l’espérance, et vous ne goûterez jamais la douceur de l’Évangile.

La paix en Jésus
Quand votre conscience est agitée par le sentiment de vos péchés, gardez-vous bien de chercher du soulagement ailleurs que dans le sang de Christ ; votre cœur ne ferait que s’endurcir davantage.
Cherchez votre tranquillité en Jésus, qui est seul notre paix (Éph. 2. 14) . Mais ne la cherchez ni dans vos œuvres, ni dans vos larmes, ni où que ce soit d’autre. Établissez votre justice uniquement en Jésus, et non dans les dons que vous pouvez avoir reçus de Lui. La confiance dans les bonnes œuvres ne nous éloigne pas moins du Sauveur que l’attachement au péché.

Si votre regard est uniquement fixé sur Jésus, ce divin maître vous fera bientôt exécuter toute sa volonté. Appuyez-vous sur Lui, de façon que tout le poids de votre âme repose sur sa Personne. Gardez-vous bien de poser un de vos pieds sur votre propre justice, tandis que vous posez l’autre sur la sienne.

Celui qui hésite à arrêter ses regards sur l’extrême laideur de ses péchés et de porter la vue jusqu’au fond de l’abîme de son propre cœur, n’a pas encore confiance dans les mérites de Jésus-Christ. J’admets que vous soyez le plus grand de tous les pécheurs ; essayez d’aller vous jeter à ses pieds et vous trouverez certainement en Lui un Sauveur tout-puissant, le Saint et le Juste, dont le sang justifie le pécheur .

Éph. 2. 14 : Car c’est Lui qui est notre paix, qui des deux en a fait un, et a renversé le mur mitoyen de ayant aboli dans sa chair l’inimitié…
Rom. 5. 9 : Ayant été maintenant justifiés par son sang.

Regardez à Jésus
Au milieu de tous vos doutes, des détresses et des angoisses de votre conscience, regardez à Jésus, sans jamais le perdre de vue. Ne vous laissez pas entraîner dans des contestations avec Satan, ce serait lui donner trop beau jeu ; réfugiez-vous plutôt auprès de Christ, c’est Lui qui saura le vaincre. Intercéder et combattre pour nous, c’est son service (Jean. 17. 9) .
Comme notre caution, c’est à Lui de répondre aux accusations de la loi (Héb. 7. 22) . Et c’est enfin à Lui de plaider notre cause devant le tribunal de la justice divine, parce qu’il est notre Médiateur (1 Tim. 2. 5.) . Il s’est obligé à cela par serment (Héb. 7. 21) .

Ainsi, remettez-lui toutes vos affaires. Si vous prétendiez contribuer pour quelque chose à l’expiation de vos péchés, vous renonceriez par là à Jésus-Christ le Juste, qui a été fait péché pour vous (2 Cor. 5. 21).

Éph. 2. 14 : Car c’est Lui qui est notre paix, qui des deux en a fait un, et a renversé le mur mitoyen de ayant aboli dans sa chair l’inimitié…
Rom. 5. 9 : Ayant été maintenant justifiés par son sang.
Jean. 17. 9 : Moi, je fais des demandes pour eux… pour ceux que tu m’as donnés.
Héb. 7. 22 : C’est d’une alliance… meilleure que Jésus a été fait le garant.
1 Tim. 2. 5 : Car Dieu est un, et le médiateur entre Dieu et les hommes est un, [l’] homme Christ Jésus.
Héb. 7. 20 : (Christ est devenu sacrificateur) avec serment, par celui qui a dit de lui : « Le Seigneur a juré et ne se repentira pas : Tu es sacrificateur pour l’éternité [selon l’ordre de Melchisédec ».

La Parole de Dieu, une épée pour le combat
Satan a bien le talent de citer et de tordre les Écritures, mais il ne peut rien répliquer quand la foi s’en sert pour le combattre. La Parole de Dieu est l’instrument dont notre Sauveur s’est servi lui-même pour fermer la bouche à l’ennemi (Mat. 4. 1 à 11).

Parcourez tous les livres saints, vous n’y trouverez aucune parole dure, capable de décourager un pauvre pécheur dépouillé de toute propre justice. Bien loin de là, Jésus y est dépeint sous des traits qui font juger que c’est Lui, et nul autre, qui est le vrai et le plus cher objet de la grâce.

Le cœur de Jésus
Comptez sur les dispositions du cœur de Jésus à vous recevoir, et le vôtre sera disposé à aller à Lui. Vous apercevez-vous que vous manquez de foi, alors souvenez-vous que c’est Lui qui produit la foi.
Demandez-la-Lui avec larmes ; c’est Lui qui produit en nous avec efficace « le vouloir et le faire, selon son bon plaisir » (Phil. 2. 13).
Regrettez votre incrédulité, qui veut vous persuader que votre péché abonde par-dessus la grâce, qui déprécie le mérite de Christ et veut faire passer son précieux sang pour impuissant et insuffisant à opérer pour vous une pleine et entière satisfaction.

Quand vous vous plaignez de vous-même, voyez si votre misère vous conduit à regarder moins à vous-même qu’au Seigneur Jésus.
Les âmes ne sont jamais plus à plaindre que lorsqu’elles considèrent avec indulgence leurs bonnes œuvres, leurs bons mouvements et les consolations qu’elles peuvent avoir reçues, alors que Jésus seul devrait fixer toute leur attention. La considération de tous ces avantages ne sert qu’à vous enfler, alors qu’un constant regard sur Jésus vous retiendra dans les bornes de l’humilité. C’est par grâce que vous êtes sauvé (Éph. 2. 5).

Du courage dans l’adversité
Que votre courage ne faiblisse pas dans les adversités (Jac. 1. 2) . Ces épreuves, selon l’intention du Seigneur, ne tendent pas à vous abattre, mais elles ont pour but de vous faire perdre toute confiance en vous-même, pour ne chercher d’appui qu’en Jésus-Christ, le Rocher inébranlable.
Vous pouvez être abaissé jusqu’à vous voir sur le bord de l’abîme et sur le point d’y être précipité ; et qu’y aurait-il en cela d’étonnant ? Plus d’un saint s’est trouvé dans ce cas et s’est vu criblé par Satan.
Supposons que vous soyez aussi réduit à cette extrémité : rien ne vous empêche de crier au Seigneur et de tourner vos yeux vers le temple de sa sainteté (Jonas 2. 4 et 5) .
Personne ne pouvait entrer dans l’ancien temple sinon celui qui était purifié et qui y apportait une victime. Or Jésus-Christ est notre temple, notre victime, notre autel et notre souverain sacrificateur ; et ce qu’il y a de consolant dans l’Évangile, c’est que les plus grands pécheurs y sont invités à s’approcher de Jésus.
Ils osent le faire, lorsqu’ils ont renoncé à présenter toute autre offrande que le sang qu’il a Lui-même offert en sacrifice (Héb. 7. 26 et 27) .

Jac. 1. 2 : Mes frères, estimez-le comme une parfaite joie quand vous serez en butte à diverses tentations.
Jonas 2. 4-5: Tu m’as jeté dans l’abîme, dans le coeur des mers, et le courant m’a entouré ; toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi. Et moi je disais : Je suis rejeté de devant tes yeux : toutefois, je regarderai encore vers le temple de ta sainteté.
Héb. 7. 22 à 27 : Un tel souverain sacrificateur nous convenait, saint, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs, et élevé plus haut que les cieux, qui n’est pas journellement dans la nécessité, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple ; -car cela, il l’a fait une fois pour toutes, s’étant offert lui-même.

Le miracle de la grâce
Peut-être pensez-vous en vous-même : La grâce pourrait-elle opérer un miracle aussi surprenant que le serait celui de ma conversion ?
Mais représentez-vous l’assemblée des bienheureux dans le ciel : vous trouverez sûrement parmi eux des milliers d’exemples de la grâce du Seigneur la plus éclatante. Vous n’êtes pas trop misérable pour en devenir un monument semblable ! Le Sauveur ne connaît pas de pécheur à qui Il ne puisse accorder la même grâce.
Ne vous laissez pas aller au désespoir, mais persévérez dans l’espérance. Lorsque les nuages les plus épais environneront votre âme, que votre foi perce à travers eux pour découvrir Christ : c’est Lui qui est cette colonne de grâce et de charité que le Père céleste a érigée et qui va de la terre au ciel, afin que tous les pauvres pécheurs y aient recours.
Quelles que soient les accusations que Satan et votre propre conscience puissent intenter contre vous, n’en tirez pas un jugement définitif contre vous-même ; c’est Jésus-Christ qui se prononcera et Sa parole demeurera la seule valable. Comme il est le Juge des vivants et des morts, il n’appartient qu’à Lui de dicter la sentence définitive.
Or son sang plaide pour notre réconciliation (Col. 1. 20) , pour notre purification (1 Jean 1. 7) , pour notre rançon (Act. 20. 28) , pour notre rédemption (1 Pier. 1. 18 et 19) , pour notre sanctification (1 Cor. 1. 30) , pour notre justification (Rom. 5. 9) , et pour nous procurer un libre accès auprès de Dieu (Éph. 2. 13) . Il ne se peut pas qu’une seule goutte de ce divin sang perde sa valeur.

1 Jean 1. 7 : Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché.
Act. 20. 28 : Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Église du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang.
1 Pier. 1. 18 et 19 : sachant que ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent ou de l’or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous avez héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache.
1 Cor. 1. 30 : Or, c’est par lui que vous êtes en Jésus Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption.
Rom. 5. 9 : A plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère.
Éph. 2. 13 : Mais maintenant, en Jésus Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christ.

Écoutez le Seigneur et regardez à Lui
Arrêtez-vous pour écouter ce. que le Seigneur dira : David nous assure qu’Il prononcera la paix sur son peuple et sur ses bien-aimés, de peur qu’ils ne retournent à leur première folie (Ps. 85. 9) ; Il promet grâce, miséricorde et paix (2 Tim. 1. 2) . C’est là le langage du Père et celui que parle Jésus-Christ.

Attendez la manifestation de Jésus-Christ dans votre cœur, comme la sentinelle attend l’étoile du matin (Ps. 130. 5) . Il se lèvera comme l’aurore, et Il viendra à vous comme la rosée qui arrose la campagne (Osée 6. 3) .
Comme rien ne peut retarder le lever du soleil, rien ne peut empêcher que Jésus, le Soleil de justice, ne vienne vous éclairer (Mal. 4. 2) . Que rien ne puisse détourner vos regards de sa Personne. Le premier objet qui doit les arrêter, c’est le Sauveur. Quand la douleur d’avoir péché ne vous permet pas de regarder à Christ, votre repentance est vaine.

En tout ce que vous faites, regardez à Jésus : avant l’action, pour Lui demander sa grâce ; pendant l’action, pour implorer son assistance ; et après l’action, pour le supplier qu’Il agrée votre service et qu’Il en pardonne les défauts.
Être négligent sur ces points c’est agir à la légère et en homme charnel.

Ps. 85. 9 : J’écouterai ce que dit Dieu, l’Éternel ; Car il parle de paix à son peuple et à ses fidèles, Pourvu qu’ils ne retombent pas dans la folie.
2 Tim. 1. 2 : à Timothée, mon enfant bien-aimé : que la grâce, la miséricorde et la paix te soient données de la part de Dieu le Père et de Jésus Christ notre Seigneur !
Ps. 130. 5 et 6 : J’ai attendu l’Éternel ; mon âme la attendu et j’ai eu mon attente en sa parole. Mon âme attende le Seigneur plus que les sentinelles [n’attendent] le matin, que les sentinelles [n’attendent] le matin.
Osée 6. 3 : nous connaîtrons et nous nous attacherons à connaître l’Éternel. Sa sortie est préparée comme l’aube du jour : et il viendra à nous comme la pluie, comme la pluie de la dernière saison arrose la terre.
Mal. 4. 2 : Et pour vous qui craignez mon nom, se lèvera le soleil de justice.

L’évangile n’est pas une loi
Ne faites pas de l’Évangile une seconde loi, comme s’il vous restait quelque chose à faire et à souffrir pour l’expiation de vos péchés, après ce que le Sauveur a fait et souffert pour vous. Jésus-Christ ne serait pour vous qu’un Médiateur imparfait, si vous vous croyiez obligé de porter et d’expier une partie de vos péchés. Que le péché afflige et brise votre cœur, mais qu’il n’abatte pas votre confiance en la grâce que l’Évangile présente au pécheur.
Assurez-vous avant tout de votre justification devant Dieu. Dans l’observation des commandements les plus importants, n’envisagez pas Jésus-Christ comme un Moïse qui a toujours le bâton levé quand il commande, mais considérez-Le comme celui qui s’est chargé de faire Lui-même en vous l’œuvre qu’Il vous commande.
S’il vous arrive de faire plus de fond sur vos œuvres, sur vos vertus et sur la pratique de vos devoirs, que sur ses mérites, vous vous préparez de grands regrets pour l’avenir.
Il n’est pas étonnant que vous vous plaigniez de votre état, malgré tant de ces attraits de la grâce que vous avez sentis dans votre cœur. Ces opérations de la grâce prévenante ne doivent pas être le fondement de votre espérance ; ce n’est que sur le mérite de Jésus que vous devez vous reposer. Lui seul est l’espérance de notre gloire (Col. 1. 27) .

Col. 1. 27 : Christ en vous l’espérance de la gloire

Paraître devant Dieu
Quand nous paraissons devant Dieu, n’ayons avec nous que Jésus Christ. Tout autre accompagnement tiré de notre propre fonds, tout appareil ou préparatif venant de nous-mêmes est un poison qui éteint la foi.
Quiconque bâtit sur ses bonnes œuvres, fût-ce même sur des mouvements que la grâce produit en lui, celui-là méconnaît le mérite de Jésus-Christ.
Voulez-vous savoir ce qui rend la foi si difficile, et ce qui la met tellement au-dessus de toutes les forces de la nature ?
C’est que, pour croire, il faut vous résoudre à ne plus regarder comme œuvres méritoires vos avantages, votre obéissance, l’observation de vos devoirs, vos dons, vos bonnes œuvres, vos larmes, vos émotions, vos humiliations, etc.
Mais vous devez regarder tout cela comme une perte, comme de la balayure et de l’ordure, afin de gagner Christ, et de ne vous attacher qu’à lui (Phil. 3. 7 et 8) .

Phil. 3. 7 et 8 : Les choses qui pour moi étaient un gain, je les ai regardées, à cause du Christ, comme une perte. Et je regarde même aussi toutes chose comme étant une perte, à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur, à cause duquel j’ai fait la perte de toutes et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ…

Jésus, le Don gratuit de Dieu
Il faut que vos propres œuvres et vos propres forces soient anéanties de jour en jour. C’est de la main de Dieu que vous devez tout recevoir ; Jésus-Christ est le grand don de Dieu (Jean 3. 16) . La foi est un don de Dieu (Éph. 2. 8) ; la rémission des péchés est un don gratuit de Dieu (Rom. 5. 16) .
Ah ! que ces vérités sont révoltantes pour la nature orgueilleuse ! Rien ne la blesse et ne l’irrite plus que quand on lui dit que tout est grâce, que tout est don gratuit, qu’elle ne peut rien acquérir ou mériter, ni par ses œuvres, ni par ses larmes, ni par tout ce qu’elle peut faire de plus beau ; et que tout ce qui est produit par les seules forces humaines n’a aucune valeur dans le ciel.

Si l’homme avait pu choisir comment régler l’ordre de la grâce et la voie du salut, il ne se serait pas avisé de chercher son bonheur auprès de Jésus-Christ, qui le donne gratuitement, et qui, par là même, ne saurait gagner la confiance du cœur humain. Il l’aurait plutôt placé entre les mains des anges ou des saints, à condition qu’ils la vendent.
Il aurait disposé de l’acquisition du salut de manière à pouvoir l’acheter par des œuvres. L’homme naturel aimerait mieux, pour être sauvé, faire toute autre chose que d’aller à Jésus et d’entrer en liaison avec lui.
Quant au Sauveur, Il n’exige absolument rien de l’âme pour sa justification ; mais l’âme voudrait à toute force l’obliger à recevoir quelque chose d’elle !

Jean 3. 16 : Dieu… a donné son Fils unique.
Éph. 2. 8 : Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.
Rom. 5. 16 : … le don de grâce [vient] de plusieurs fautes en justification.

Sondez-vous vos pensées ?
Puisque les idées et les inclinations de la nature sont si peu d’accord avec l’économie de Dieu, sondez-vous bien pour voir si le mérite de Christ, si la parfaite propitiation qu’Il a opérée par sa mort est pour vous une chose claire. Cette vérité vous a-t-elle été manifestée lorsque votre conscience gémissait sous le poids du péché et de la colère de Dieu ?
Si vous répondez par l’affirmative, vous avez reçu la grâce.

Il n’est donné qu’à une pauvre âme travaillée et angoissée de connaître la valeur immense du mérite de Jésus-Christ. Celui qui n’a qu’une conviction vague et un sentiment passager de sa corruption, ne saurait apprécier les mérites du sang de Jésus-Christ.

Qui me fera voir ce qui est bon ?
Pécheur désolé, vous vous tournez à droite et à gauche pour demander : Qui me fera voir ce qui est bon (Ps. 4. 6) ?
Vous parcourez dans votre esprit tout l’amas de vos bonnes œuvres et de vos actes de religion, pour composer un fantôme de justice à la faveur duquel vous puissiez vous sauver. Arrêtez ces vains efforts, il est plus que temps de vous adresser à Jésus-Christ !
Il vous y invite Lui-même, en disant : « Tournez-vous vers moi, et soyez sauvés, vous, tous les bouts de la terre » (És. 45. 22). Aussi est-ce Lui, et Lui seul, qui est Sauveur ; il n’y en a pas d’autre.
De quelque autre côté que vous vous tourniez, vous ne verrez que votre perte. Dieu lui-même ne regarde qu’à Jésus ; c’est donc Lui seul qui doit aussi fixer vos regards.

Ps. 4. 6 : Beaucoup disent : Qui nous fera voir du bien ?

Jésus, le Salut
Comme le serpent d’airain fut élevé dans le désert, de même Jésus l’a été sur le Calvaire (Jean 3. 14), afin que les pécheurs, même les plus éloignés, puissent L’apercevoir et Le contempler en croix. Le plus faible regard jeté sur Lui est déjà salutaire, le geste le plus léger envers lui porte avec soi la guérison.
C’est aussi pour L’exposer aux regards de votre foi que le Père L’a exalté publiquement sur le trône de sa gloire. Il est placé là pour être le refuge de tous les pauvres pécheurs. Vous avez mille raisons de vous adresser à Lui, et vous n’en avez aucune de vous en tenir éloigné, car Il est doux et humble de cœur (Mat. 11. 29).

Il ne manquera pas de faire Lui-même ce qu’Il commande à ses enfants ; comme par exemple d’user de support envers les faibles, ne pas fermer ses entrailles à celui qui est dans le besoin, ne pas s’attacher à la vengeance, ne pas se prévaloir de la rigueur de la loi.

Gal. 6. 1 et 2 : Frères, quand même un homme s’est laissé surprendre, vous qui êtes spirituels, redressez un tel homme dans un esprit de douceur.
Ps. 103. 11 et 12 : Car comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, sa bonté est grande envers ceux qui le craignent. Autant l’orient est loin de l’occident, autant il a éloigné de nous nos péchés.
És. 40. 15 : Voici, les nations sont réputées comme une goutte d’un seau, et comme la poussière d’une balance.

Le pardon, une délivrance
Jésus vous corrigera avec un esprit de douceur, et Il vous soulagera de ce qui pèse sur votre cœur (Gal. 6. 1) . Il pardonnera, non-seulement sept fois, mais soixante-dix fois sept fois (Mat. 18. 21 et 22). L’un de ses disciples eut de la peine à admettre cette maxime, et comme il nous en coûte de pardonner, nous nous figurons que le Seigneur est aussi dur que nous le sommes.
Quand notre conscience est réveillée, nous nous imaginons que le Seigneur ne peut pas nous pardonner nos péchés. C’est ainsi que nous prétendons réduire une bonté infinie à la mesure de la nôtre, et établir une proportion égale entre nos péchés et les infinis mérites du Sauveur. Imagination qui a sa source dans l’orgueil, et qui approche du blasphème (Ps. 103. 11, 12 ; És. 40. 15) .

Écoutez ce qu’Il dit lui-même : « J’ai trouvé une propitiation » (Job 33. 24). Écoutez la voix du Père : C’est en Lui que j’ai trouvé mon plaisir (Mat. 3. 17 ; 17. 5). Dieu n’attend rien de vous ; rien ne peut vous faire subsister devant Lui ; rien ne peut tranquilliser votre conscience que Jésus seul. Il n’y a que Lui qui ait donné à la justice divine une pleine satisfaction. Le Père fait tout en faveur de son Fils.

Voulez-vous savoir quel est le prix de vos propres mérites ? C’est l’enfer, c’est la colère, l’abandon et la réjection. Le fruit des mérites de Jésus, c’est la vie, le pardon, la réconciliation et l’adoption. Il ne vous met devant les yeux ce que vous avez mérité que pour vous donner ce qu’Il vous a acquis.
Pardonner : c’est en cela que Jésus fait consister sa gloire, sa plus grande joie, et, si j’ose le dire, une partie de sa félicité.

Jésus et les pécheurs dans l’Évangile
Parcourez l’histoire de sa vie, durant les jours de sa chair, vous verrez qu’Il a eu plus de conversations avec les publicains et avec les pécheurs qu’avec les docteurs de la loi et les pharisiens, qui étaient ses ennemis jurés, et qui se regardaient comme des justes.
Ne vous figurez pas qu’en passant de son état d’abaissement à celui de la gloire Il ait changé de sentiment, qu’Il soit devenu indifférent envers les pauvres pécheurs, ou qu’Il les regarde avec mépris. Bien loin de là : son cœur est le même aujourd’hui, dans le ciel, qu’il était autrefois, sur la terre, Il est Dieu, Il ne change point.

Il est l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde (Jean 1. 29). Il a lui-même éprouvé les tentations, les inquiétudes, les embarras auxquels vous pouvez être exposé.

L’œuvre complète et suffisante de Jésus
Il a été rejeté des hommes et abandonné de Dieu, Il a bu toute l’amertume du calice pour ne vous en laisser que la douceur.
Plus de condamnation pour ceux qui sont en Lui. Il a bu jusqu’au fond toute la coupe de la colère divine, et Il ne vous a laissé pour part que la coupe de louange, la coupe du salut.

Vous direz peut-être : Si seulement je pouvais croire ; mais je n’ai pas même de vrai remords, ni de vifs repentirs à la vue de mes péchés. Mais sachez que, du fait qu’il n’y a en vous que péché et misère, vous êtes dans le cas où Jésus peut d’autant mieux exercer sa grâce envers vous.
Allez seulement à Lui avec tout votre endurcissement et votre incrédulité, pour recevoir de Lui le don de la repentance et de la foi. En cela vous L’honorerez.
Dites-lui : Seigneur, je ne t’apporte ni justice ni don, pour t’engager à me recevoir et à me justifier. Ce sont tes dons que je viens te demander. C’est La justice absolument nécessaire que je réclame.

Nous ne pouvons pas nous défaire de la prétention de vouloir apporter quelque chose au Sauveur ; cependant il n’y a rien de si déplacé. Les plus brillants talents de la nature ne valent pas la monnaie d’un denier dans le ciel. La grâce de Dieu et le mérite des œuvres sont deux choses à jamais incompatibles (Tite 3. 5 ; Rom. 11. 6) .

Rien ne déplaît autant à l’homme naturel, et rien ne lui est plus incompréhensible, que de se voir dépouillé de tout, au point qu’il ne lui reste pas la moindre ombre de bien dont il puisse se glorifier.
La propre justice et le penchant à chercher des ressources en soi-même, sont les deux enfants chéris de la nature ; elle en est aussi jalouse qu’elle l’est de sa propre vie. Mais ils aveuglent tellement leur mère, qu’ils ne lui laissent pas la faculté de voir Jésus-Christ dans sa véritable forme, et qu’ils étouffent en elle tout désir d’aller à Lui.
Lui, de son côté, est l’ennemi irréconciliable des productions les plus apparentes de l’amour-propre raffiné.

Tite 3. 5 : Il nous sauva, non sur le principe d’œuvres [accomplies] en justice, que nous, nous aurions faites, mais selon sa propre miséricorde.
Rom. 11. 6 : Si c’est par la grâce, ce n’est plus sur le principe des œuvres.

L’Évangile selon l’homme : un autre Évangile
Si vous permettez à l’homme naturel de dresser un Évangile à sa façon, vous verrez qu’il sera diamétralement contraire à celui que Jésus-Christ nous a donné. Selon cet homme naturel, il n’y aurait de grâce et de salut que pour les justes, pour les saints, pour les parfaits.
Il est donc heureux pour vous que ce soit Jésus-Christ qui ait donné l’Évangile, parce qu’il est fait exprès pour des pécheurs misérables, corrompus, injustes et ne méritant que la condamnation.
L’esprit humain se révolte contre la simple idée d’un Évangile qui n’est que pour des pécheurs. Le parti du désespoir est moins affreux pour lui, que celui d’aller à Christ dans une posture si humiliante, et à des conditions si mortifiantes pour lui.
Dès que la nature se sent serrée de près et mise à l’étroit par le sentiment de ses péchés et par la crainte du jugement, aussitôt, pour se défendre, elle fait une arme de sa propre justice, de sa piété, de sa dévotion. Il ne faut pas moins qu’une grâce toute-puissante pour détruire ses retranchements.

S’il est vrai que Jésus-Christ exclut quelqu’un de la grâce, ce ne peut être que ceux qui se justifient eux-mêmes. Il favorisera les plus insignes pécheurs de ses regards propices, tandis qu’Il les détournera de ces faux justes. La raison en est qu’Il ne peut pas être leur justice, parce qu’à leurs yeux ils ne sont pas pécheurs.

Rien de plus facile que de dire, sans sentir la valeur de ses paroles : Je suis une créature pécheresse.
Mais dire avec sincérité, dans les sentiments du pauvre publicain : « O Dieu, sois apaisé envers moi pécheur ! » (Luc 18. 13), c’est à mon avis la prière la plus rare, la plus difficile.
C’est ainsi qu’il est facile de dire : Je crois en Jésus-Christ, mais reconnaître en la personne de Jésus crucifié ce Fils de Dieu plein de grâce et de vérité, de la plénitude duquel on reçoit grâce sur grâce, c’est là le grand point.

Jésus, mon Sauveur
Il en coûte peu d’avoir dans la bouche le nom de JÉSUS ; mais confesser de cœur, comme Pierre, qu’Il est le CHRIST, le Fils du vivant, et le seul Médiateur, c’est ce qui n’est pas au pouvoir de la chair et du sang. Rien de plus commun que d’entendre nommer Jésus-Christ le Sauveur, et rien de plus rare que les gens qui le reconnaissent véritablement pour tel.
Quel objet plus admirable pour un cœur, que la grâce et le salut qui résident en Jésus-Christ ! L’a-t-on découvert, on éprouve à l’instant que ce glorieux salut est notre partage. Le connaître et l’embrasser, sont deux choses inséparables.

Je ne saurais me rappeler sans rougir, qu’au milieu de mes plus grandes dévotions j’ai oublié le sang de Jésus-Christ, qui pourtant est le fondement et l’essence de l’Évangile. Après l’image de l’enfer, il n’y en a pas de plus affreuse qu’un système de christianisme dont Jésus-Christ n’est pas la base et le centre.

Mes dispositions envers Jésus
Quoique vous ayez nombre de bonnes dispositions, il suffit qu’il vous en manque une pour que, à l’exemple du jeune homme dont parle l’Évangile, vous sortiez avec tristesse de la présence du Sauveur (Luc 18. 23) .
Vous n’avez pas encore consenti à renoncer à tout, et à vous dépouiller de toute propre justice. Vous pouvez passer pour un modèle de vertu devant les hommes, et avec cela être un ennemi secret, que dis-je ! un adversaire déclaré de Jésus-Christ, même dans vos prières et dans tous vos autres exercices de piété.

Luc 18. 23 : Et lui, ayant entendu ces choses, devint fort triste.

La sainteté pratique
Ne négligez rien pour avancer dans la sanctification, mais gardez-vous bien d’y fonder votre espérance d’être sauvé, comme si elle pouvait vous tenir lieu de Sauveur. Si vous tombiez dans cette erreur, vous ne pourriez en revenir qu’en consentant à voir toute votre sainteté anéantie.
Ce n’est pas par votre sainteté que vous pouvez être justifié devant Dieu, mais par la satisfaction infinie de Jésus-Christ. La propre justice sera consumée par le feu, comme le foin et le chaume, au jour où le Seigneur paraîtra glorieux sur son tribunal.

Alors, aucune religion ne sera trouvée véritable, que celle qui se réduit précisément à ceci :

1. N’avoir pour unique fondement que la grâce et la charité éternelle de Dieu en Jésus-Christ, et s’y tenir fermement attaché comme au Rocher immuable des siècles ;

2. Vivre continuellement dans la foi au Fils de Dieu, en regardant à lui comme à Celui dont les mérites font notre justice éternelle ; aussi n’y a-t-il que cela qui sanctifie le cœur ; sans quoi il demeure toujours charnel ;

3. Pouvoir, sans perdre le Sauveur de vue, voir toute l’étendue de notre misère, dans l’assurance que tous nos péchés nous sont pardonnés, et que, dès lors, le Seigneur les regarde comme s’ils n’avaient jamais été commis ;

4. Dans cette situation, être assidu pour prier, lire et méditer la Parole de Dieu, et s’appliquer à d’autres exercices de piété, en conservant toujours le sentiment de la corruption de notre nature et de l’imperfection de nos œuvres, quoique agréées de la part du Seigneur ;

5. Renoncer, aux pieds du Sauveur, à toute estime de nous-mêmes, à toutes prérogatives et à toute propre justice, et fouler cela aux pieds, comme ce qu’il y a de plus vil ;

6. Être continuellement trouvé revêtu de la justice de Dieu et sentir notre cœur rempli d’amour pour Christ ;

7. Pouvoir nous réjouir de voir tous nos prétendus mérites anéantis, afin que toute gloire soit rendue à l’Agneau qui est sur le trône.

8. Enfin, regarder comme autant de péchés et déplorer amèrement toutes les œuvres que nous pourrions avoir faites hors de la communion du Sauveur et par un autre principe que par amour pour Lui. Aussi bien, tout culte et toute œuvre qui ne provient pas d’un cœur arrosé du sang de Jésus-Christ est une œuvre morte.

L’impuissance de notre volonté
Rien n’est plus facile que de prouver l’impuissance de notre propre volonté en ce qui regarde le salut. L’incapacité de l’homme ne se démontre pas seulement par l’Écriture ; elle se fait sentir dans le cœur, pour peu qu’on se connaisse et qu’on ait eu une relation avec Jésus-Christ.
Toute présomption quant à nous-mêmes cesse quand il s’agit de nous approprier ses mérites et de nous couvrir de la robe de la justice divine.
Le Fils de Dieu est une personne trop élevée pour que la faible nature puisse d’elle-même entrer dans une union étroite avec Lui, ou seulement atteindre jusqu’à Lui.
Il est si souverainement saint que la nature ne peut l’envisager qu’en tremblant. Sa bonté est si inconcevable qu’il n’est pas possible à l’homme naturel de se la représenter aussi grande qu’elle est, surtout lorsqu’il a la vue frappée par la laideur de son péché.
La gloire et la majesté de Christ sont trop infinies pour que la nature ose seulement s’approcher de Lui pour le toucher. Il faut qu’une vertu divine survienne dans l’âme pour lui inspirer cette liberté. Tant il est vrai qu’il est impossible à la nature abandonnée à elle-même de connaître Jésus-Christ et de s’attacher à Lui.

Un Sauveur que l’imagination et la volonté de l’homme se forgent n’est qu’une production de l’homme. Ce n’est pas ce Sauveur, ce Jésus, ce Fils du Dieu vivant, auquel nul ne peut aller, à moins que le Père ne l’attire (Jean 6. 44) .

Jean 6. 44 : Nul ne peut venir à moi, à moins que le Père… ne le tire.

Se laisser conduire par l’Esprit Saint
Voulez-vous recevoir un conseil ? Laissez-vous conduire par l’Esprit de Dieu toujours plus avant dans l’intelligence de l’Écriture sainte. C’est la vraie mine où vous trouverez le plus précieux de tous les trésors. Vous y découvrirez le cœur de Christ.

Soyez en garde contre les péchés de toute espèce, et principalement contre ceux auxquels votre caractère vous incline le plus. Mais ne vous contentez pas de voir toute l’énormité des péchés qui blessent Celui qui vous a tant aimé.
Comme Il est mort pour les expier, recourez aussi d’abord à Lui. Lui seul peut vous en affranchir. Si vous observez cette règle, les mauvaises pensées n’allumeront pas la convoitise, et la convoitise n’enfantera pas le péché (Jac. 1. 14 et 15) .

Jac. 1. 14 et 15 : Chacun est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise ; puis, la convoitise, ayant conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort.

La disposition d’esprit du croyant
Qu’on vous trouve toujours dans la situation d’un pauvre pécheur,
– ayant le cœur abaissé et plein de remords à la vue de vos innombrables fautes,
– sensible à vos plus légers écarts,
– attentif à toutes les impressions de la grâce,
– ouvert à tous les dons qu’elle voudra répandre en vous et disposé à recevoir toutes ses visitations.

Confessez-vous à Dieu
Vous êtes-vous rendu coupable de quelque faute, ne supportez pas que votre conscience en demeure longtemps chargée. Recourez aussitôt au sang de Jésus-Christ.
Dieu ne rend le sentiment du péché douloureux à votre conscience que pour vous porter à chercher votre guérison en Jésus, comme les Israélites trouvaient la leur en regardant le serpent d’airain . Voir Nb. 21. 5 à 9
Jugez de la grandeur de l’amour du Sauveur, non pas tant par vos circonstances extérieures, heureuses ou pénibles, que par l’étendue des promesses qu’Il vous a faites.

Bénissez Dieu de ce qu’Il vous enlève tous vos faux appuis, et de ce qu’Il vous oblige, par tous les moyens, à ne regarder qu’à Jésus-Christ. La sécurité et la légèreté sont mille fois plus à craindre que les maladies et les difficultés.

Le chrétien tiède
Un chrétien qui tombe dans la tiédeur, dans la légèreté et l’indifférence envers le Sauveur, dégénère insensiblement en un pécheur déterminé. Il trouve le malheureux secret de prier et de pécher en même temps.
La tiédeur est la peste et le poison du christianisme. Si cette racine vénéneuse n’est pas détruite dans votre mur par une relation continuelle avec le Sauveur et par un regard de foi fixé sans cesse sur Lui, elle deviendra toujours plus forte et plus mortelle, par là même que vous garderez encore les bienséances extérieures et les dehors de la religion.

Les dons du chrétien sont reçus de Dieu
Ne comparez pas les dons que vous avez reçus avec ceux des autres ; mais examinez-les sur la véritable pierre de touche, qui est la Parole de Dieu.
Ce qui vous est commandé, faites-le avec zèle et fidélité ; et que la moindre chose vous soit importante, dès qu’elle fait partie de vos devoirs. Mais ne cherchez jamais de consolation qu’en Jésus-Christ. De quelque part que la consolation vienne, elle est dangereuse et funeste quand ce n’est pas le Sauveur qui la donne.

La prière et la communion
Persévérez dans la prière ; sans quoi, n’espérez pas pouvoir vous maintenir dans la communion avec Dieu.
Que le recueillement où vous êtes en priant seul dans votre chambre, vous accompagne dans toutes vos autres occupations.
Ne jugez pas vos bonnes actions par l’éclat qu’elles peuvent produire, mais par l’abaissement de cœur dont elles sont suivies, et par la disposition où elles vous laissent de vous approcher de Jésus en pauvre pécheur.
Tremblez de vous enorgueillir à la vue des œuvres et des dons par lesquels vous pourriez vous faire remarquer.

Mon Sauveur m’aime
Conservez comme votre plus riche trésor les impressions que le Sauveur vous donne de son amour ; elles rendront votre cœur toujours plus humilié à ses pieds, et élevé au-dessus des assauts du péché.
Ne méprisez pas le moindre témoignage de sa grâce. Un temps viendra peut-être où les grâces que vous avez regardées comme les moins importantes vous seront les plus utiles, et où la grâce de pouvoir vivre fraternellement avec les enfants de Dieu vous sera plus précieuse que toutes les richesses de la terre (1 Jean 3. 14) .

1 Jean 3. 14 : Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères.

Envers les autres
Soyez un zélé défenseur de la vérité, mais que votre zèle soit exempt d’aigreur et d’emportement. Quelqu’un est-il tombé dans l’erreur ou dans quelque faute, tâchez de le ramener avec cette douceur et cette bonté de cœur dont Jésus nous a donné l’exemple. Que la main de la douceur et le baume de la charité évangélique soient les moyens que vous employiez pour remettre à leur place les membres disloqués du corps spirituel de Christ.
Si vous êtes un esprit orgueilleux, sachez que vous ne devez pas regarder avec mépris les enfants de Dieu, à cause de leurs faiblesses. Vous pourriez vous trouver dans le cas d’envier le bonheur d’être le plus petit d’entre eux.

Supportez patiemment les défauts d’autrui, et ne soyez pas indulgent à l’égard des vôtres. Fréquentez assidûment les âmes qui ont passé par toutes sortes d’épreuves ; vous acquerrez de l’expérience à leur école.
Étudiez-vous à être fidèle dans votre vocation, et que votre fidélité envers le Seigneur règle celle que vous devez à votre prochain. Soyez en garde contre l’envie de posséder beaucoup ; peu suffit à vos besoins. Si vous regardez à la main qui donne et à l’indignité de celui qui a reçu, même si-vous étiez dans la plus grande médiocrité, vous serez confus de vous voir aussi riche. Mais quand le Seigneur vous comble de ses dons spirituels, que l’abondance de ses bienfaits et le nombre de ses libéralités ne vous en fassent pas méconnaître le prix.

Demandez des yeux qui ne voient personne moindre et plus indigne que vous. Portez partout dans votre cœur un mépris si profond de vous-même, que vous vous jugiez indigne de la société et même du support de tous les enfants de Dieu.

L’incrédulité du monde, même religieux
Si vous êtes obligé de voir les objets du monde qui passent rapidement, n’ayez des yeux que pour en voir la vanité, et que Jésus soit l’objet qui fixe votre cœur. Lui seul est digne de votre amour et de votre attachement.
Que votre plus grand sujet d’affliction soit de voir que le Seigneur Jésus est presque inconnu au monde, et qu’il y a si peu d’hommes qui fassent cas de Lui.
Un objet vain, un jeu, une futilité est capable de leur plaire et de les occuper, tandis qu’ils n’ont pour Lui que mépris et indifférence. Tel est l’effet de la funeste incrédulité du cœur humain, qu’il regarde Jésus-Christ comme un personnage chimérique, et son Évangile comme une fable et une fiction.

Ayez le cœur étreint de douleur, quand vous considérez que, parmi ceux qui ont été baptisés, il y en a plusieurs qui observent les rites extérieurs de l’Eglise, mais peu qui entrent dans l’économie de la grâce. Les plus dévots s’appliquent à la pratique de certains devoirs, mais le nombre est petit de ceux qui font de Jésus leur principal objet, et qui se rangent sous la discipline de son Esprit.

Le joug du Seigneur
Acceptez de porter le joug de Christ ; recevez-le avec joie, et que votre plus grande gloire soit d’être chargé de sa croix. Que ce soient mépris, railleries, affronts, injures, persécutions, ou d’autres mauvais traitements, peu importe, pourvu que ce soit véritablement la croix de Christ que vous portiez et non une croix que vous vous soyez choisie et forgée vous-même.
Une bouche qui se glorifie de la croix de Christ, et un cœur qui aime encore le péché, sont deux choses incompatibles. Retenir captive une seule vérité dont la conscience est convaincue, cela suffit pour y allumer un feu tout aussi dévorant que les remords des plus grands crimes.

Le bonheur et la reconnaissance
Jouissez-vous du bonheur d’avoir été arraché des griffes de l’ennemi, pour être transporté dans le sein du Fils de Dieu, et assis parmi les princes de son peuple ?
Oh ! pensez pendant toute votre vie à vous comporter comme un vase d’élection, comme un éternel monument de sa miséricorde !

Âme rachetée et sauvée, que ne devez-vous pas à votre Sauveur ! Combien sont infinies les obligations que vous avez envers Lui !
Votre reconnaissance doit être sans bornes. Si elle est telle, toutes vos paroles et vos actions, aussi bien que tous les mouvements de votre cœur, en seront autant de témoignages.
Chaque fête de l’année, que dis-je, chaque jour de la semaine, sera pour vous un jour de réjouissance et de louanges.

Faire partie du peuple et de la maison de Dieu, être un membre vivant de Christ, un concitoyen des saints, quel glorieux privilège, quel doux bonheur ! C’est un paradis sur terre.

Quand vous avez la grâce de participer à la cène du Seigneur, vous entrez dans l’immensité de l’amour de Dieu, dans une mer profonde, où votre âme doit nager et se plonger jusqu’au fond. Là, vous devez vous ensevelir avec Christ, et mourir à toutes choses, pour ne vivre que pour Lui.
Quand on a goûté la douceur de son amour, le souvenir en est présent à chaque instant, et l’on ne pense jamais à Lui sans avoir le cœur saisi de honte et d’admiration.

Rappelez-vous sans cesse ce temps heureux où l’Ami des âmes cherchait la vôtre, et cette époque de grâce où Il vous saisit et étendit le pan de sa robe sur vous, lorsque vous étiez nu et gisant dans votre sang (Éz. 16. 8 et 9) .
Si vous aviez la faiblesse de donner lieu à la moindre pensée d’orgueil et de présomption de vous-même, regardez à la main charitable qui vous a soutenu dans votre infirmité. Sans cet appui, vous auriez fait autant de chutes que de pas. C’est cette main qui a retiré votre âme de l’abîme le plus profond (Ps. 86. 13) .

Bénissez l’Auteur de votre salut. Que vos chants de louange retentissent jusqu’aux oreilles des armées célestes ! Publiez à jamais l’excellence de sa grâce (Ps 147).

Éz. 16. 8 et 9 : Et je passai près de toi, et je te vis ;… et j’étendis sur toi le pan de ma robe, et je couvris ta nudité.
Ps. 86. 13 : car ta bonté est grande envers moi, et tu as sauvé mon âme du shéol profond.

Ma vie avec Jésus
Heureuse l’âme qui sera ainsi trouvée en Jésus, non avec sa propre justice (Phil. 3. 9),  mais lavée et blanchie dans le sang de l’Agneau (Apoc. 7. 14) !
Vous qui n’avez jamais éprouvé dans votre cœur l’efficace de l’Évangile de Christ, ni la vertu de sa grâce, que votre état est triste ! Personne n’est plus à plaindre que vous.
C’est une faible consolation pour vous, de voir que l’Église vous tolère. Vous pourriez même être regardé par vos semblables comme un de ses vrais membres, et avec cela être méconnu et rejeté de Christ au grand jour du jugement. Vous pouvez avoir été baptisé, et pourtant ne pas vous être approché de Jésus ni du sang de l’aspersion (Héb. 12. 24) .
Faire tous ses efforts pour pratiquer la vertu sans les mérites, sans la justice et le sang de Jésus, c’est quitter la route que l’Évangile nous trace ; et toute âme qui s’en écarte marchera infailliblement dans un pays d’incertitudes, de craintes et de perplexités continuelles.
Ces doutes, quand ils ne sont pas dissipés à temps, plongent l’âme dans la tiédeur et le découragement, état tout à fait dangereux et le plus nuisible que l’on puisse imaginer.

Phil. 3. 9 : … que je sois trouvé en lui, n’ayant pas ma propre justice qui est de [la] loi, mais celle qui est par [la] foi en Christ.
Héb. 12. 24 : Vous êtes venus… au sang d’aspersion qui parle mieux qu’Abel.

Le comportement du chrétien
Ayez un grand respect pour les choses saintes et pour tout ce qui a rapport à la religion : gardez-vous de les traiter à la légère, et surtout d’en faire des plaisanteries. Entrez souvent dans le recueillement pour méditer et prier. Ne négligez aucune des occasions où vous pouvez être instruit et édifié.

L’instruction, la correction, les encouragements et les consolations sont, pour la vie spirituelle de l’âme, ce que sont pour l’accroissement des plantes la chaleur, la pluie et la rosée (Deut. 32. 2) .

Tout ce que vous faites, faites-le de cœur, au nom de Jésus-Christ, et en vue de lui obéir (Col. 3. 23) . Dans toutes vos occupations, agissez comme si c’était directement avec Lui que vous ayez à faire, comme ayant les yeux fixés sur Lui, et Lui sur vous.
Surtout, qu’Il soit la source où vous alliez, à chaque instant, puiser les lumières et les forces dont vous avez besoin.

Soyez attentif aux mouvements intérieurs de la grâce, et suivez fidèlement ce qu’elle vous met au cœur. Considérez comme un don inestimable la grâce que le Sauveur vous fait de pouvoir penser à Lui, d’oser vous approcher de Lui, d’avoir la liberté de parler de Lui avec sentiment de cœur ; et n’oubliez jamais de L’en bénir.

Deut. 32. 2 : Ma doctrine distillera comme la pluie ; ma parole descendra comme la rosée, comme une pluie fine sur l’herbe tendre, et comme des ondées sur l’herbe mûre.
Col. 3. 23 : Quoi que vous fassiez, faites[le] de cœur, comme pour le Seigneur.

La lumière de Jésus, chaque jour
Vous apercevez-vous chaque matin que le Soleil de justice vous visite d’en haut, pour attendrir votre cœur par la rosée qui distille de Lui, et pour faire couler des larmes de repentir et d’amour ?
L’étoile matinière, en se levant sur vous, vous apporte-t-elle de nouvelles influences de grâce et de paix ? Sentez-vous les douces approches de Jésus, le fidèle ami de votre âme ?
Songez que tout travail qui nous empêche de nous élever vers les choses spirituelles appesantit notre âme et l’entraîne vers les choses terrestres et charnelles. Tout ce qui ne sert pas à notre avancement dans l’humilité et dans la vie spirituelle, éteint cette vie et affaiblit la sensibilité du cœur.

Soyez proches de Jésus
Il peut être permis à un Judas de tremper avec Jésus dans le plat, c’est-à-dire de participer au baptême, à la sainte cène et à la communion extérieure de l’église ; mais il n’est donné qu’à un Jean d’oser se pencher sur le sein de son cher Maître (Jean 13. 23) .
L’attitude de ce disciple bien-aimé est positivement celle où il nous convient d’être en priant, en écoutant la parole de Dieu, et en étant occupés par nos différents devoirs.
Ce n’est qu’en nous approchant du cœur du Sauveur que le nôtre s’attendrit, qu’il devient sensible à sa misère, et que nous sommes guéris de cette tiédeur et de cette indifférence qui étouffent l’esprit de la piété.
Cette heureuse proximité du Sauveur est ce qu’il y a de plus efficace pour nous conserver dans une profonde humilité, pour nous lier plus intimement avec Lui, et pour nous inspirer de l’aversion pour tout ce qui lui déplaît. Que dis-je ? D’un pécheur condamné, elle fait une nouvelle créature formée à la ressemblance de Jésus-Christ.

Ne présumez pas que votre état soit tel qu’il doit être, et gardez-vous bien de vous considérer comme un chrétien avancé dans la voie du salut, jusqu’à ce que vous soyez parvenu au point de vivre dans une continuelle relation de cœur avec le Fils bien-aimé qui est dans le sein du Père (Jean 1. 18).
Allez avec assurance au trône du Père, pour le supplier de révéler et de glorifier son Fils en vous. Certainement Il écoutera votre demande, et vos vœux seront accomplis.
Vous ne pouvez Lui présenter aucune requête qui Lui soit plus agréable et qu’Il se plaise tant à exaucer.
Pourquoi ce Père des miséricordes a-t-Il voulu que son cher Fils sorte de sa présence pour venir dans le monde ? C’est pour en faire un signe visible aux yeux de tous les pécheurs, et un monument éternel de son amour infini.

Jean 13. 23 : Or l’un d’entre ses disciples, que Jésus aimait, était à table dans le sein de Jésus.

Regardez à Jésus
L’éclat du soleil blesse la vue de ceux qui le regardent fixement. Il n’en est pas de même de Jésus-Christ, le Soleil de justice.
Plus nos regards sont fixés sur Lui, plus l’œil de la foi en devient clairvoyant.
Regardez à Jésus ; plus vous le considérerez de près, plus vous l’aimerez et plus vous désirerez de vous nourrir de Lui.
Souvenez-vous sans cesse de ce qu’Il est et de ce qu’Il a fait pour vous ; et surtout, pensez beaucoup au précieux sang découlant de ses plaies. Si cette pensée ne vous attache pas fermement à sa Personne, le moindre souffle de vent sera capable de vous agiter et de vous faire tomber dans la tentation.
Voulez-vous considérer à quel point vos péchés sont énormes et dignes de condamnation, pour apprendre à les détester et à en gémir ? Ne vous arrêtez pas à les examiner tels qu’ils sont en vous, mais approchez-vous de Jésus sur la croix, et lisez sur son corps sanglant et meurtri ce que c’est que le péché.

Voulez-vous en même temps vous assurer d’être avancé dans la carrière du salut ? Ne commencez pas par examiner les œuvres de grâce et de sainteté qui peuvent avoir été produites en vous, mais allez d’abord au Sauveur, pour voir comment vous êtes avec Lui. Si vous le possédez, vous avez tout.
Avant que la foi soit épurée, on saisit chaque objet qui se présente dès qu’on y voit quelque apparence de bien ; et, dans l’idée que ce sera pour nous un moyen d’avancement, nous y rattachons nos espérances.
Ne vous y trompez pas : allez à Jésus-Christ ayant égard à vos péchés et vos misères, et non à vos bonnes œuvres ; n’ayez pas égard aux attraits de grâce que vous avez sentis. Ne vous occupez ni des unes ni des autres. Cela vous empêcherait d’aller au Sauveur, en qui repose tout votre salut.

Ceux qui n’ont de confiance dans le Sauveur que selon la proportion du bien qu’ils font, imitent cet homme qui considère au fond de l’eau l’image réfléchie du soleil, lequel semble se mouvoir en différents sens en fonction de l’agitation de l’eau.
Pour voir Jésus-Christ dans sa forme naturelle, contemplez-Le tel qu’Il est dans son amour, et qu’Il reluit dans le firmament de la grâce du Père. C’est là que sa gloire paraît dans tout son éclat, et que sa beauté est inexprimable.

Être occupé de Jésus
Le résultat de l’esprit d’orgueil et d’incrédulité est de porter les hommes à s’occuper d’eux-mêmes avant toute autre chose, et à regarder avec complaisance le bien qui peut se trouver en eux.
Le propre de la foi, au contraire, est de s’occuper uniquement de Jésus-Christ. Cet objet seul touche et enchante l’âme.
Son approche fait disparaître toute la prétendue sainteté de l’homme, comme elle opère la destruction du péché. C’est pour cela que le Sauveur a été fait péché pour nous, comme Il a été fait justice et sanctification (2 Cor. 5. 21 ; 1 Cor. 1.30) .

Quiconque établit sa propre sainteté pour s’y contempler et s’en faire un sujet de consolation, celui-là se forge une idole monstrueuse, qui ne lui servira qu’à multiplier ses doutes et ses frayeurs.
En effet, il arrive à tout homme ce qui arriva autrefois à Pierre, lorsque la défiance le plongea dans les eaux sur lesquelles la foi le faisait marcher (Mat. 14. 30) . Le moment où le cœur s’écarte du Sauveur est celui où il tombe dans le doute.

Jamais un vrai chrétien n’est privé de consolation, si ce n’est lorsqu’il sort de l’ordre et de la voie de l’Évangile. Or, il quitte cette voie, lorsque, perdant de vue la justice surabondante de Jésus, il regarde avec satisfaction les bonnes œuvres et les belles qualités dont il se croit orné. Agir ainsi, c’est fermer les yeux à la lumière du soleil, pour marcher à la lumière d’une lampe.

2 Cor. 5. 21 : Celui qui n’a pas connu le péché, [Dieu] l’a fait péché pour nous. 1 Cor. 1. 30 : Le christ Jésus… nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption.
Mat. 14. 30 : Mais voyant que le vent était fort, [Pierre] eut peur ; et… il commençait à enfoncer.

Le miel se change en fiel
Prenez-y garde : si vous prétendez tirer de votre propre justice un miel pour vous en délecter, sa douceur se changera en un fiel des plus amers pour votre âme, et toute lumière que vous tirerez de votre propre fonds pour vous conduire, au lieu de vous éclairer vous plongera dans les ténèbres les plus épaisses.
Considérez comme une tentation de l’ennemi toute pensée qui vous vient à l’esprit de considérer le bien qui est en vous, pour en tirer un motif de consolation. Laissez-vous attirer par le Père qui vous présente la grâce acquise en son Fils, grâce infiniment riche et abondante, grâce qui seule rend l’homme pécheur agréable à son Dieu.
Il doit vous être doux de suivre la volonté de votre Père céleste, qui vous commande de rechercher la justice de Jésus ; et ce qu’Il commande, Il le produit lui-même.

Les invitations du Seigneur
Ces pressantes sollicitations qu’Il vous adresse sont des moyens également doux et puissants pour confondre votre incrédulité et pour ranimer votre confiance.
Toutes les fois que vous goûtez de telles invitations de la part du Seigneur, recevez-les comme autant de faveurs inestimables, et répondez-y par des soupirs ardents, accompagnés d’actions de grâce.
Ces sortes de grâces devraient vous être d’autant plus chères qu’elles vous sont autant de garants de celles que Dieu vous destine encore.

Lorsque vous vous prosternez dans la prière, et qu’il ne vous est pas donné de pouvoir prier, au lieu de vous en affliger longtemps, regardez à Jésus priant et intercédant continuellement pour vous auprès du Père.

Des inquiétudes ?
Que pouvez-vous désirer de plus ? Vous reste-t-il encore quelque inquiétude, attachez-vous à Jésus, qui est votre paix (Éph. 2. 14). Cette paix, Il vous l’a laissée lorsqu’il est monté au ciel ; et Il vous a averti plus d’une fois que vous ne deviez vous laisser troubler par aucune chose, ni d’aucune manière afin que votre consolation soit entière et votre foi fortifiée (Jean 14. 1 et 27) .

Après que votre Sauveur, dans son suprême abaissement, ait détruit et aboli sur la croix tout ce qui peut vous blesser et vous tourmenter ; après qu’Il ait porté tous vos péchés, vos peines, vos inquiétudes et vos tentations, Il est entré dans le ciel pour vous y préparer une place. Vous avez maintenant le Sauveur dont vous aviez besoin, dans la Personne de Celui qui est assis sur le trône à la droite du Père.

Que votre part est heureuse, vous qui faites du Seigneur Jésus votre principal et unique objet ; vous qui vous regardez vous-même comme n’étant rien afin que Jésus seul soit votre tout, votre vie, votre plus cher objet et votre plus riche trésor. Vous enfin, qui êtes mort à toute autre chose, même à toute propre justice, pour n’être revêtu que de la justice de Dieu, votre bonheur est digne d’envie ; vous êtes du nombre de ses bien-aimés ; vous avez trouvé grâce devant Dieu ; vous êtes un de ses enfants qu’il chérit.

Jean 14. 1 : Que votre cœur ne soit pas troublé ; vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Jean 14. 27 : Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix.

Pour conclure
Voulez-vous que je vous dise comment vous pouvez réjouir le cœur de notre adorable Sauveur, en reconnaissance de l’amour qu’Il a pour vous ?
Aimez-Le, gardez la parole des souffrances de l’Agneau immolé pour vous ; et puisque vous avez été racheté par son sang, pour être son éternel salaire glorifiez-Le dans votre corps et dans votre esprit, qui Lui appartiennent, en cheminant d’une manière digne, comme il convient selon l’Évangile de Christ.

Avec cela, ayez un amour fraternel fervent pour tous les membres du corps de Christ, pour le troupeau du bon Berger, même pour les plus faibles et les plus chétifs des serviteurs du Maître.
Que la diversité d’opinions et de sentiments sur des points non essentiels au salut ne vous empêche pas de les regarder et de les aimer comme des frères. Souvenez-vous qu’ils appartiennent tous au Sauveur, qui les porte sur son cœur, comme les noms des enfants d’Israël étaient gravés sur le pectoral du souverain sacrificateur, Aaron ; et puisqu’ils ont place dans le cœur de Jésus, ne les bannissez pas du vôtre.

Enfin, demandez à Dieu qu’il donne la paix à Jérusalem et qu’il fasse prospérer ceux qui l’aiment (Ps. 122. 6) . Amen.

Ps. 122. 6 : Demandez la paix de Jérusalem ; ceux qui t’aiment prospèreront.

D’après Publié par la Société des Traités religieux de Lausanne Huitième édition (entre 1870 et 1889)
(1ère édition 1762 – trad. de l’anglais sur la 40e éd. de Londres)
WILCOX THOMAS

RÉSUMÉ D’ÉTUDE SUR LA SANCTIFICATION

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RÉSUMÉ D’ÉTUDE SUR LA SANCTIFICATION

 

La sanctification est une action exclusivement divine dans le croyant, c’est un privilège, une grâce.
Dès qu’une personne naît de nouveau (Jean 3. 3) c’est-à-dire naît spirituellement : « né de Dieu » (1 Jean 3. 9), elle possède la même nature que celui par qui elle est née ou engendrée (Jac. 1. 18). C’est à ce moment-là que Dieu, dans son amour et sa sainteté, fait de cette personne un justifié, un saint, c’est-à-dire une personne sans péché. Il la met à part pour lui, Il la consacre pour que : « …vous participiez de la nature divine, ayant échappé à la corruption qui est dans le monde par la convoitise… » (2 Pier. 1. 4).

L’apôtre Paul écrit : « … selon qu’il (le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ) nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints… » (Éph. 1. 4).
Nous lisons en Hébreux 10. 10 : « C’est par cette volonté que nous avons été sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes ».
En Col. 1. 22, il est écrit : « Il vous a toutefois maintenant réconciliés dans le corps de sa chair, par la mort, pour vous présenter saints… devant lui ».
Paul écrit en 1 Cor. 6. 11 : « … Vous avez été lavés, … vous avez été sanctifiés, … vous avez été justifiés au nom du seigneur Jésus, et par l’Esprit de notre Dieu ».
Par ces citations, Dieu montre son amour envers Ses enfants, Il se plaît à les placer dans la position de sainteté par l’œuvre de Christ ; de plus Dieu nous dit comment Il le réalise. Ces passages montrent que c’est par l’activité commune des trois Personnes de la Déité, Père, Fils et Saint Esprit, que le croyant est fait un saint ou un sanctifié.
La sanctification fait partie de l’œuvre de Dieu en nous. Par ces versets et d’autres encore, nous connaissons ce travail de Dieu en nous.

Quelques passages de la Parole :

« Or vous êtes de lui (de Dieu) dans le christ Jésus, qui nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption… » (1 Cor. 1. 30).
« Car, par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (Héb. 10. 14).
« Car, et celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous d’un » (Héb. 2. 11).
Act. 26. 18 : «…pour qu’ils reçoivent une part avec ceux qui sont sanctifiés, par la foi en moi ».

Les apôtres en particulier s’adressent aux croyants par ces expressions : saints ou sanctifiés.
« C’est pourquoi, frères saints, participants à l’appel céleste, considérez… Jésus » (Héb. 3. 1).
1 Cor. 1. 2 : « aux sanctifiés dans le christ Jésus » (forme passive).
1 Cor 1. 30 « le Christ Jésus…nous a été fait sagesse de la part de Dieu, justice, sainteté et rédemption ».
1 Cor. 6. 11 « vous avez été sanctifiés … au nom du Seigneur Jésus, et par l’Esprit de notre Dieu.
Héb. 10. 10 : « c’est par cette volonté que nous avons été sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ.

Trois versets ont encore été rappelés :

Héb. 13. 12 : « Jésus, afin qu’il sanctifiât le peuple par son propre sang, a souffert… ».
Jean 13. 10 : « Jésus dit : Celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds ; mais il est tout net ».
1 Jean 5. 20 : « Nous sommes dans le Véritable, savoir dans son Fils Jésus Christ : lui est le Dieu véritable et la vie éternelle ».

Application pratique de la sanctification dans la vie du croyant et ses résultats.

Héb. 12. 14 : « Poursuivez… la sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur », non pour acquérir la sainteté, mais pour rester saint : dans notre marche, notre vie.
Jean 17. 17 : « Sanctifie-les par la vérité ; ta parole est la vérité », sanctifiés par la Parole, puissance sanctifiante de la vérité.
1 Pier. 1. 2 : « élus… en sainteté de l’Esprit », sanctifiés par l’Esprit Saint, comme aussi :
2 Thess. 2. 13 : « Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, dans la sainteté de l’Esprit et la foi de la vérité ».
1 Thess. 5. 23 : « Or le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement… », nous avons là le côté d’une sanctification progressive.
2 Tim. 2. 21 : « Si donc quelqu’un se purifie de ceux-ci, il sera un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre » : sanctification liée à une responsabilité.

Nous avons donc :

La puissance sanctifiante de la vérité (Jean 17. 17).
La puissance sanctifiante de la foi (Act. 26. 18).
La puissance sanctifiante du Saint Esprit (1 Pier. 1. 2).
La grâce sanctifiante du Père Jude 1.
La sainteté dans la vie journalière du croyant s’applique à :
Notre cœur, nos pensées, voir : Ps. 51. 6 – Prov. 4. 23 – 2 Cor. 7. 1.
Notre corps, voir : 1 Cor. 6. 13 à 19 – 1 Thess. 4. 4 et 7 – Rom. 6. 12 ; 12. 1.
Nos paroles, voir : 1 Pier. 2. 1 – Éph. 4. 29 – Col. 3. 9.
Notre marche, voir : 1 Jean 2. 6 – Éph. 5. 8 à 10.
Premièrement, veillons sur la source des pensées de notre cœur, parce que c’est là que tout commence, soit le bien, soit le mal – en particulier la souillure.
Pourquoi devons-nous veiller sur la source de nos pensées ? Parce que le croyant a deux natures. Il faut donc qu’il reconnaisse si ses pensées proviennent de sa nature mauvaise, d’Adam, ou bien de la nature divine. Au début de notre conversion surtout, il peut y avoir de l’hésitation, puis par le fait de l’habitude, avec l’Esprit et la lecture de la Parole, cela deviendra plus facile.
« Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, qui, par le fait de l’habitude, ont les sens exercés à discerner le bien et le mal » (Héb. 5. 14). Cela premièrement en soi-même et ensuite dans son environnement.

Qu’est-ce que la souillure ?

Un exemple : Le cochon laisse des traces partout où il passe, non seulement l’empreinte de ses ongles mais aussi ses excréments. Je vois ces choses et si je ne fais pas attention, je salis mes pieds et je prends le risque d’avoir les « tshics », des larves qui pénètrent sous la peau et provoquent des infections. Je dois donc éviter ou ôter cette saleté, cette souillure, si je désire rester propre.
De la même façon le mal laisse des traces dans mon esprit ou dans mon cœur. Quand, dans mon esprit, j’ai des mauvaises pensées, elles laissent des traces ou des empreintes. Ces traces, ces empreintes s’appellent de la souillure, « qui amène la ruine : la ruine est terrible ! » (Michée 2. 10). Elle nous prive d’une pleine communion avec le Seigneur.
D’où provient cette souillure ?
– Soit de l’intérieur, de moi-même, de la nature pécheresse qui est en moi, le vieil homme (nature d’Adam pécheur). La Parole dit que « notre vieil homme a été crucifié avec Christ, afin que le corps du péché soit annulé, pour que nous ne servions plus le péché » (Rom. 6. 6).
Un exemple : J’ai eu une bonne éducation, je pense être très intelligent et même instruit, je suis très fort dans mon travail, très respectable et par cela je crois être au-dessus des autres ; si je ne juge pas ces pensées qui ne sont pas selon Dieu, et ne les abandonne pas, elles alimenteront mon orgueil, puis me feront pécher.
Conduit par le Saint Esprit, l’apôtre Paul écrit : « Je dis à chacun de ceux qui sont parmi vous de ne pas avoir une haute pensée de lui-même, au-dessus de celle qu’il convient d’avoir, mais de penser de manière à avoir de saines pensées » (Rom. 12. 3).
– Soit de l’extérieur, du monde qui m’environne et qui est dirigé par Satan. Je vois, j’entends des choses malsaines, ou bien ce peut être un croyant qui annonce de faux enseignements et je l’écoute. Nous devons fuir ces choses comme Paul le dit à Timothée, sinon nous serons souillés. Si nous ne fuyons pas, alors nous devrons nous purifier de cette souillure contractée, en nous jugeant nous-mêmes par la confession à Dieu et par l’abandon. Il nous faudra tout le secours du Saint Esprit et beaucoup d’énergie morale pour abandonner cette souillure, car les souillures non jugées engendrent la convoitise, puis un acte qui est un péché.
« La convoitise, ayant conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort » (Jac. 1. 15).
La souillure, comme le péché, sont appelés quelquefois dans la Parole, « le levain ». Le levain a la particularité de se répandre, de contaminer, de faire fermenter et de mener le tout à la corruption. Ôter le levain est une chose selon Dieu. « Ne savez-vous pas qu’un peu de levain fait lever la pâte tout entière ? », dit l’apôtre. Et il ajoute : « Ôtez le vieux levain, afin que vous soyez une nouvelle pâte, comme vous êtes sans levain (1 Cor 5. 7). Il est très important d’ôter le levain de mon cœur, sinon je porterais le caractère d’un méchant. C’est la suite de l’enseignement de Paul en 1 Cor. 5. 13.

Une souillure non jugée devient aussi un péché :
« Si mon pas s’est détourné du chemin, et si mon cœur a suivi mes yeux, et si quelque souillure s’est attachée à ma main…, c’est là une infamie » (Job 31. 7, 11).

« Si, après avoir échappé aux souillures du monde par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus Christ, étant de nouveau enlacés, ils sont vaincus par elles, leur dernière condition est pire que la première » (2 Pier. 2. 20).

« Ayant donc ces promesses, bien-aimés, purifions-nous nous-mêmes de toute souillure de chair et d’esprit, achevant (ou réalisant jusqu’au bout) la sainteté dans la crainte de Dieu » (2 Cor. 7. 1).

Les Psaumes 51 et 73 montrent la différence entre la souillure et l’action de pécher.
Le but de la sanctification pratique, c’est que le croyant ressemble toujours plus à Christ et qu’il jouisse davantage de ce que Dieu est dans tous Ses caractères.
Pour vivre cette position de mise à part pour Dieu, le croyant s’empare par la foi de trois faits :
1- Il est mort – au péché (Rom 6. 11) Il est mort – avec Christ (Col. 2. 20), il est mort – au monde (Gal. 6. 14),
2- Il est ressuscité en Christ, avec lui (Col 2. 12 ; 3. 1),
3- Il est assis dans les lieux célestes dans le Christ Jésus (Éph. 2. 6).
De plus, lisons et croyons 1 Jean 4. 17 : « Comme il est, lui, nous sommes, nous aussi dans ce monde ».
Le croyant est uni à Christ sur la croix, dans le tombeau, en résurrection et dans les lieux célestes. Il marche par l’Esprit qui agit en lui directement (Rom. 8. 16) et par la Parole de Dieu.
« Sanctifie-les par la vérité : ta parole est la vérité », demande le Seigneur à son Père en pensant aux Siens (Jean 17. 17).
« Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur » (Héb. 12. 14). Poursuivre la sainteté, c’est poursuivre sa vie nouvelle en Christ, c’est vivre en nouveauté de vie à chaque instant de sa vie. C’est par l’Esprit Saint que le croyant fait mourir les actions de la chair et c’est l’Esprit qui combat contre elle.

Les ressources divines sont à notre disposition :

Notre Père, le Seigneur, l’Esprit Saint, la Parole, la prière.
Le désir de la sanctification pratique prend une réelle place en moi et dans ma vie dans la mesure où je jouis de l’amour que Dieu, notre Père, et le Seigneur Jésus ont pour moi et pour l’assemblée. Apprenons à connaître toujours plus cet amour divin en lisant et en méditant les Écritures. La jouissance de la communion avec Dieu notre Père et avec son Fils notre Seigneur est la ressource la plus sûre pour nous aider à réaliser la sanctification dans notre vie chrétienne. La sanctification pratique fait partie de l’obéissance par amour.
La communion fortifie la foi. La communion avec Dieu notre Père est la part de tout croyant, mais elle se réalise dans la prière, la lecture de la Parole, la méditation ou la réflexion sur ce qu’on a lu, et dans la sanctification pratique.
D’autre part, l’Esprit Saint qui est en nous, Esprit de puissance, d’amour et de conseil, nous aide à tenir la volonté de la chair inactive ; se tenir pour mort au péché n’est pas possible par nos efforts mais par la foi en l’action du Saint Esprit et de la Parole.
La communion avec le Père, avec son Fils et les uns avec les autres (1 Jean 1. 1 à 5), n’est possible que si nous nous purifions de tout ce qui, dans notre vie, est contraire à la Parole de Dieu. Pour cela, il est important que nous lisions et connaissions la Parole.
Encore une remarque fondamentale.
La sanctification et la communion avec Dieu sont seulement pour ceux qui sont « nés de nouveau » (Jean 3. 5) mais pas pour ceux qui sont encore incrédules. Pour eux, c’est une impossibilité totale.

Qu’est-ce que « naître de nouveau » ?

Tu es né une première fois de par tes parents, cette fois il faut naître à nouveau, mais d’une manière spirituelle, pour être « enfant de Dieu ». C’est tout l’enseignement du Seigneur Jésus à Nicodème en Jean 3.
Naître « d’eau ». L’eau est l’image de la Parole. Elle dit que tout homme est pécheur, qu’il est coupable devant Dieu et mérite le jugement éternel. Est-ce que tu crois que c’est ton cas ? Si oui, confesse avec tristesse à Dieu tes péchés et accepte le Seigneur Jésus comme ton Sauveur.
La Parole dit aussi : « Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3. 16). Est-ce que tu crois cela ? Oui, Dieu a donné son Fils Jésus Christ, et Lui-même a pris tes péchés et a été puni à ta place sur la croix par Dieu. C’est la preuve que Dieu t’aime beaucoup. Celui qui croit cela a la vie éternelle, dès qu’il croit.
Alors si tu crois cela, l’Esprit te vivifie (Jean 6. 63), le Père et le Fils te vivifient (Jean 5. 21) ; c’est ainsi que celui qui croit a en lui-même la vie nouvelle, divine, éternelle. Quand tu as reçu la vie divine, l’Esprit vient habiter en toi ; le Seigneur Jésus a dit, en parlant du Consolateur, de l’Esprit : « Il sera en vous » (Jean 14. 17). Il en est ainsi depuis le jour de la Pentecôte, quand Dieu a effectivement envoyé le Saint Esprit sur la terre (Actes 2).
Un dernier conseil pour la joie de ton cœur :
Lis attentivement les chapitres 14, 15, 16 de l’évangile de Jean, puis Romains 8. 12 à 17.

UNE VIE SAUVÉE

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Si, étant ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, ayant été réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie ! Rom. 5. 10.

 

UNE VIE SAUVÉE

Des croyants parlèrent une fois à une jeune Libanaise de l’amour de Dieu envers l’humanité. La femme ne prit pas à cœur le message de la Bible, s’y opposant par des raisonnements.
Un jour, son fils eut un accident et eut besoin d’une transfusion urgente de sang. Dans cette région isolée, il fallait tout d’abord trouver une personne ayant le groupe sanguin adéquat et prête à donner son sang. Le prêtre de la paroisse était la seule personne qui corresponde à cela, et il n’hésita pas à venir en aide au jeune garçon qui, grâce à la transfusion, retrouva la santé.
Quelques temps plus tard, le prêtre vint rendre visite à la famille. Les parents l’accueillirent avec joie et le remercièrent chaleureusement. Vous avez sauvé la vie de mon fils, dit la mère. Le prêtre répondit amicalement : Ce n’était pas grand-chose. Considérez plutôt ce que Dieu a fait pour nous. La Bible dit que nous étions « morts dans nos fautes » (Éph. 2. 1), mais elle dit aussi que « Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3. 16). Une transfusion de sang peut être parfois le seul moyen de sauver une vie. Mais Jésus Christ, le Fils de Dieu a donné sa vie pour moi par amour. Il est mort à ma place, Il a porté Lui-même le châtiment que je méritais à cause de mes péchés. Il a ainsi obtenu la paix avec Dieu pour tous ceux qui croient en Lui.
La femme Libanaise, elle aussi, a ouvert son cœur à l’amour de Dieu et du Seigneur Jésus Christ.

 

D’après « The Good Seed » novembre 2019