LA CROIX DE CHRIST

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LA CROIX DE CHRIST

Le sujet aujourd’hui, c’est la croix de Christ, sujet bien élevé, et nous sentons notre faiblesse pour dire quelque chose sur un tel sujet. Mais avec l’aide du Seigneur, nous désirons considérer quelques portions de la Parole en rapport avec ce sujet.

J’aimerais commencer en lisant une strophe de cantique que nous chantons parfois :

Quand je contemple, ô mon Sauveur,
La croix où tu donnas ta vie,
Devant ta mort et tes douleurs,
Mon âme adore et s’humilie.

L’œuvre du Seigneur Jésus qu’Il a accomplie à Golgotha nous est présentée dans la Parole de Dieu sous différents aspects. Tout d’abord j’aimerais lire deux versets dans les Actes au chapitre 2 au v. 22 : « Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous-mêmes vous le savez, ayant été livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu, — lui, vous l’avez cloué à une croix et vous l’avez fait périr par la main d’hommes iniques » (v. 22 et 23). Juste ces deux versets, notamment le deuxième verset, qui place devant nous très clairement ces deux côtés en rapport avec l’œuvre et la mort du Seigneur Jésus : d’une part le conseil divin de Dieu, et d’autre part la responsabilité de l’homme, du peuple, qui a crucifié le Seigneur Jésus. Donc deux aspects bien différents et fondamentaux en rapport avec l’œuvre que le Seigneur Jésus a accomplie sur la croix.

J’aimerais aussi mentionner, directement au début, que lorsque nous pensons à l’œuvre du Seigneur Jésus, à Sa mort, il y a des versets qui soulignent plus le côté du sang de Christ, du sang qui a été versé. Quand la Parole souligne ce côté-là, elle évoque le fait que le Seigneur a fait la propitiation, c’est-à-dire qu’Il a rendu Dieu propice. Un verset dans l’Ancien Testament, dans le Lévitique au chapitre 17 nous dit : « c’est le sang qui fait propitiation pour l’âme » (v. 11). Dans le Nouveau Testament, nous lisons que nous sommes rachetés par le sang précieux de Christ. Là, on a le côté du rachat, de la rédemption et donc quand cela est évoqué, la Parole parle du sang de Christ.

D’autres versets évoquent le côté de la croix, et notamment un verset dans l’épître aux Hébreux, que nous désirons lire et considérer plus en détail tout à l’heure, qui nous parle de la honte de la croix. Cela nous montre que la croix était quelque chose d’infâme, c’était quelque chose qui était lié avec le déshonneur, avec la honte, et le Seigneur Jésus l’a enduré. Là nous voyons aussi davantage le côté des souffrances que le Seigneur a endurées de la main de l’homme.
Je voudrais juste mentionner tout au début ces deux aspects bien importants : la croix d’une part et le sang d’autre part. Nous allons considérer aussi le verset où nous trouvons les deux ensemble : « le sang de la croix ». Donc on ne peut jamais les séparer. On peut juste distinguer ces différents aspects que la Parole de Dieu évoque.

Quand nous pensons à la croix, c’est en effet quelque chose qui est lié à la honte, quelque chose d’infâme. C’est un supplice pratiqué dans l’Antiquité, qui était terrible. Il y avait aussi des effets profonds pour tous ceux qui ont vu cela.

J’aimerais juste faire une citation, si vous permettez, de l’écrivain romain Cicéron qui a dit : « Ce que signifie la croix ne doit pas seulement rester à l’écart du corps des citoyens de Rome mais aussi de leur perception, de leurs yeux et de leurs oreilles ». Donc, on a très clairement cette connotation de honte qui était liée à la croix, et cela nous le trouvons dans la littérature – mais aussi la Parole de Dieu, bien sûr, parle de cela.

On trouve cela dans l’Ancien Testament, nous connaissons bien ce verset de Deutéronome où nous n’avons pas directement le mot croix ou crucifixion, mais où nous lisons : « celui qui est pendu est malédiction de Dieu » (21. 23). Donc pendu à un bois, c’était une malédiction. La Parole évoque cela très clairement. C’était quelque chose de bien solennel.

Aujourd’hui la croix est devenue un symbole dans le christianisme et le côté de la honte n’est plus là. Mais il est important d’avoir conscience de cela.

La Parole de Dieu en parle et c’est important, pour bien comprendre le sujet, de vraiment penser à ce côté de la honte. C’est juste au quatrième siècle, sous l’empereur Constantin, que le caractère de la croix a changé, parce que pour lui c’était un symbole pour vaincre, et ainsi il a introduit le christianisme dans son empire, même en utilisant la croix.

Peut-être pouvons-nous lire comme portion de la Parole quelques versets en Jean 19 qui nous parlent de la crucifixion du Seigneur Jésus. « Et il sortit portant sa croix, et s’en alla au lieu appelé lieu du crâne, qui est appelé en hébreu Golgotha, où ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Et Pilate fit aussi un écriteau, et le plaça sur la croix ; et il y était écrit : Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs. Plusieurs des Juifs donc lurent cet écriteau, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville ; et il était écrit en hébreu, en grec, en latin. Les principaux sacrificateurs des Juifs donc dirent à Pilate : N’écris pas : Le roi des Juifs ; mais que lui a dit : Je suis le roi des Juifs. Pilate répondit : Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit » (v. 17 à 22).

Juste ces versets en rapport avec la crucifixion du Seigneur Jésus.

Il a été crucifié avec deux malfaiteurs, comme s’Il était l’un d’eux – et Il ne l’était pas. Mais ils ont placé la croix du Seigneur Jésus au milieu.

C’est la place que l’homme pécheur a donnée à Celui qui était venu ici-bas pour être son Sauveur. Quelle honte en effet ! Mais c’est ce que l’homme a fait. On voit que Pilate a préparé cet écriteau, qui a été placé sur la croix comme c’était fait habituellement, et sur l’écriteau était écrit : « Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs ». On trouve dans les autres évangiles aussi ce qui était écrit sur la croix, mais l’évangile selon Jean est peut-être le plus complet.

Chacun de nous qui a déjà vu un crucifix a vu que souvent les catholiques y placent les quatre lettres INRI, du latin pour indiquer Iesus Nazarenus Rex Iudaerum, ce qui signifie Jésus le Nazaréen roi des Juifs. Dans l’Antiquité aussi et dans la Bible nous trouvons ces acrostiches, c’est-à-dire qu’on a seulement les premières lettres des mots. C’est pourquoi je le dis aussi pour les enfants : INRI est du latin.

Il est intéressant de regarder cela aussi en hébreu.

En hébreu on trouve les lettres IHVH de nouveau. Ces quatre lettres sont juste les quatre lettres du tétragramme du nom de Dieu dans l’Ancien Testament. Nous lisons parfois dans certaine traduction: Yahvé, dans notre Bible: Jéhovah ou l’Éternel, CELUI QUI SUIS.« JE SUIS CELUI QUI SUIS ».

C’est tellement frappant que probablement cela était écrit sur la croix. Comme je le formulais tout à l’heure, c’était : Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs. Donc il y a une petite incertitude, mais on n’a pas vraiment le texte original. Le Nouveau Testament a été écrit en grec. En hébreu probablement le texte était ainsi et c’est frappant. Pourquoi ? Parce que nous lisons dans l’évangile selon Jean au chapitre 8 : « Quand vous aurez élevé le fils de l’homme, alors vous connaîtrez que c’est moi, et que je ne fais rien de moi-même, mais que, selon que le Père m’a enseigné, je dis ces choses » (v. 28).

« Quand vous aurez élevé le fils de l’homme, alors vous connaîtrez que c’est moi » – on pourrait dire aussi « JE SUIS ». Le Seigneur emploie aussi ce nom de Dieu. Il est CELUI QUI SUIS. Donc on comprend bien que les Juifs étaient profondément offensés quand ils ont lu ces mots, qu’Il est le roi des Juifs.

Cela, ils ne l’ont pas aimé. Effectivement, ils ne voulaient absolument rien avoir à faire avec quelqu’un de crucifié.

Lire ce que Pilate a exprimé : « le roi des Juifs », était pour eux entièrement inacceptable. Mais plus encore que cela, ils ont crucifié leur Messie, ils ont crucifié leur Dieu. C’était cela qui était exprimé là sur la croix. Quelle chose solennelle ! Mais c’est exactement ce que l’homme a fait : il a rejeté son Sauveur.

J’aimerais lire maintenant quelques versets dans le Nouveau Testament.

Le premier, dans l’épître aux Hébreux au chapitre 12. 2 : « Jésus, le chef et le consommateur de la foi, lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu ». Nous lisons ici la honte de la croix. On commence par ce verset parce qu’il souligne vraiment très clairement la honte liée à la croix.

Le Seigneur Jésus n’a pas méprisé la croix, mais Il a méprisé la honte de la croix. Pourquoi cela ? La Parole nous dit : « à cause de la joie qui était devant lui ». Oui, le Seigneur Jésus regardait au-delà de la croix. Il a eu devant lui la joie dans laquelle Il est entré après que Son œuvre ait été achevée.

Le verset commence en parlant de la joie et il termine en parlant de la droite du trône de Dieu, et là le Seigneur Jésus a pris place. Il est entré dans la joie. Dans le psaume 16 nous lisons au verset 11 : « Tu me feras connaître le chemin de la vie ; ta face est un rassasiement de joie, il y a des plaisirs à ta droite pour toujours ». Voilà un verset de l’Ancien Testament qui évoque aussi déjà la joie. A cause de la joie, le Seigneur Jésus a méprisé la honte.

Lisons maintenant un verset dans la 1ère épître aux Corinthiens au chapitre 1 où nous trouvons l’expression « la parole de la croix ». « Car la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent, mais à nous qui obtenons le salut elle est la puissance de Dieu » (v. 18). Et aussi le verset 23 : « nous prêchons Christ crucifié, aux Juifs occasion de chute, aux nations folie, mais à ceux qui sont appelés, et Juifs et Grecs, Christ la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu » (v. 23 et 24).

Donc l’apôtre Paul, quand il était à Corinthe et dans bien d’autres endroits, a prêché la croix de Christ. C’était le sujet central de sa prédication. Nous avons lu au v. 18 que c’est une folie pour ceux qui périssent, et avant tout une folie pour ces personnes des nations parce que, être crucifié, quelle expression de la faiblesse !

2 Cor. 13. 4 nous dit que le Seigneur Jésus a été crucifié en infirmité. C’est une expression d’infirmité, de faiblesse. Mais pour les Grecs ou les Romains, c’était impensable.

C’est aussi vrai pour l’homme d’aujourd’hui. C’est impensable que quelqu’un de crucifié puisse être Celui par qui le salut est obtenu. C’est pourquoi nous lisons ici dans ces versets que c’est de la folie.

Les Grecs ou les Romains avaient leurs nombreuses divinités, et pour eux il était clair que quelqu’un qui parle de lui-même comme étant Dieu ou qui a l’approbation de Dieu, ne va jamais mourir sur une croix.

Et voilà : c’est juste le centre du message de l’évangile parce que l’évangile nous présente Christ crucifié. Et que voyons-nous là ? – La croix manifeste toute la méchanceté du cœur de l’homme. Pensons à cela.

Le Seigneur Jésus est venu dans ce monde, Il a fait du bien, Il a guéri ceux qui étaient malades, et pourtant qu’est-ce qu’on a fait ? L’homme a crié : Crucifie-le. Il n’a pas voulu du Seigneur Jésus, du Sauveur. Quelle chose solennelle ! Rien d’autre ne manifeste aussi clairement l’état de perdition de l’homme.

C’est bien solennel. C’est cela que la Parole nous présente. Nous voyons qu’il fallait que l’état du cœur de l’homme se manifeste clairement. Et là, quand nous regardons vers la croix, nous voyons vraiment ce qui est dans le cœur de l’homme.

Dans l’évangile selon Luc, au chapitre 9, juste un verset que j’aimerais lire, qui m’a frappé il y a quelque temps déjà. Le Seigneur Jésus dit : « Il faut que le fils de l’homme souffre beaucoup, et qu’il soit rejeté des anciens et des principaux sacrificateurs et des scribes, et qu’il soit mis à mort, et qu’il soit ressuscité le troisième jour » (v. 22). Le Seigneur a donc annoncé Ses souffrances, mais remarquons bien que ce verset parle vraiment des souffrances que le Seigneur a endurées de la main du monde : « Il faut que le fils de l’homme souffre beaucoup, et qu’il soit rejeté des anciens et des principaux sacrificateurs et des scribes ». Ce n’est pas, ici, que le Seigneur Jésus parle du côté de Son œuvre, des souffrances qu’Il a endurées de la main de Dieu, non, mais de ce qu’Il a enduré de la main de l’homme.

Mais aussi cela devait arriver. Il fallait que se manifeste ce qui est dans le cœur de l’homme. C’est pourquoi, quand nous regardons vers la croix, on a ces différents côtés : ce que le Seigneur a enduré de la main de l’homme, et également ce qui s’est passé pendant les heures ténébreuses.

Nous ne pouvons pas séparer ces choses. Nous le disons avec révérence, mais Dieu n’a pas voulu que Son Fils endure les souffrances expiatoires quelque part, tout seul. Non, Dieu a voulu que cela ait lieu sur la croix, où l’homme a manifesté ce qui est dans son cœur, où également devient manifeste ce qu’il y a dans le cœur du Seigneur Jésus, Sa perfection.

Et nous voyons Dieu Lui-même parfaitement révélé comme le Dieu d’amour qui a donné Son Fils, Son Fils unique, et le Dieu-lumière qui a jugé le péché. Donc cela va ensemble. Paul a prêché la parole de la croix, quelque chose que l’homme (animé par sa seule nature, pécheresse)  met de côté.

Dieu a jugé le péché dans la chair, là, en Son Fils. C’est pourquoi la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent. L’homme naturel est jugé. Le Seigneur Jésus a pris notre place.

Ceux qui sont sauvés savent que là c’est notre Sauveur, Il a payé le prix aussi de nos péchés. Pour les Juifs c’était, comme nous l’avons lu, une occasion de chute, donc un scandale pour eux, parce que, eux, attendaient en effet un Messie glorieux, qui allait établir Son règne, qui allait vaincre leurs ennemis. Et de voir un Messie comme l’homme de douleur, pour eux c’était impensable. Donc cela, c’était leur attitude vis-à-vis du Seigneur Jésus. Mais pour ceux qui croient, Celui qui a été crucifié est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu.

J’aimerais lire un verset dans l’épître aux Philippiens au chapitre 3 : « Plusieurs marchent, dont je vous ai dit souvent et dont maintenant je le dis même en pleurant, qu’ils sont ennemis de la croix du Christ, dont la fin est la perdition » (v. 18) : expression bien solennelle.

Nous lisons ici : « ceux qui sont ennemis de la croix de Christ ». La honte de la croix est quelque chose qui manifeste leur attitude. Donc ils deviennent ennemis de la croix de Christ. Ce sont des personnes qui ont une profession chrétienne, des personnes pour qui Christ était un homme de bien, un homme admirable qui a laissé un exemple remarquable à suivre, mais ils sont ennemis de la croix. Il faut faire attention : ce n’est pas ennemis de Christ ici, mais ennemis de la croix de Christ. La croix n’est pas désirée. Je répète : des personnes qui ont une profession, mais qui n’ont pas la vie, et dont la fin est la perdition. C’est bien solennel !

Au chapitre 2 de cette même épître nous avons ces versets connus : « Qu’il y ait donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le christ Jésus, lequel, étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes ; et, étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (v. 5 à 8).

Ici on a « la mort de la croix ». Ces versets placent devant nous le Seigneur Jésus, Homme, comme notre exemple. Ici, nous n’avons pas le caractère expiatoire de Son œuvre devant nous. La Parole nous parle du Seigneur Jésus, du fait qu’Il s’est anéanti comme Personne divine, comme Celui qui est Dieu.

Il s’est anéanti, Il est devenu homme. Et comme homme, encore, Il s’est abaissé, Il a été obéissant. L’obéissance a caractérisé l’humanité parfaite du Seigneur Jésus, toujours obéissant. Quel contraste avec le premier homme ! Le Seigneur Jésus n’a pas été comme Adam, désobéissant. Il a été toujours obéissant depuis Son entrée dans ce monde : « Je viens pour faire ta volonté » lisons-nous prophétiquement de lui. Et « obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » – et pas seulement dans le temps, mais cela nous montre jusqu’où l’obéissance du Seigneur Jésus est allée, jusqu’à ce point extrême. Il y a ces souffrances extrêmes. Jusque-là le Seigneur Jésus a été obéissant.

Et donc Il nous a laissé cet exemple afin que cette même pensée soit en nous, cette même attitude que nous voyons chez Lui. Quelle Personne que notre Seigneur et Sauveur ! Quelle expression « la mort de la croix » !

Tournons la page dans l’épître aux Colossiens au chapitre 1. Nous lisons au v. 19 : « car, en lui, toute la plénitude s’est plu à habiter, et, par lui, à réconcilier toutes choses avec elle-même, ayant fait la paix par le sang de sa croix, par lui, soit les choses qui sont sur la terre, soit les choses qui sont dans les cieux ».

Ici il nous est parlé de la réconciliation. L’homme est ennemi de Dieu. Nous lisons notamment dans les versets qui suivent que, sur la base de l’œuvre du Seigneur Jésus, la réconciliation avec Dieu est possible et que le croyant peut jouir de cela. Il est parlé également dans le v. 20 de la réconciliation des choses parce qu’à cause de la chute de Satan, tout l’univers est touché par le péché. Et donc, sur la base de l’œuvre du Seigneur Jésus, le péché sera ôté du monde. Il est « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1. 29).

Sur la base de Son œuvre, le péché sera ôté de l’univers. Cela est encore futur. Nous comprenons bien cela. La base est posée, mais le péché est encore là dans la création. Mais déjà aujourd’hui, ceux qui se sont tournés vers le Seigneur Jésus peuvent être réconciliés avec Dieu. Nous pouvons jouir de la paix avec Dieu, et cela sur la base de l’œuvre que le Seigneur a accomplie.

La base, c’est « le sang de sa croix ». Là en effet, nous avons le côté de la satisfaction de Dieu. Le sang du Seigneur Jésus a été versé sur la croix, Il a donné sa vie.

Le caractère expiatoire de Sa mort est clairement montré, et nous voyons ce témoignage du sang qui est sorti de Son côté. Notre Dieu est satisfait. Et maintenant nous pouvons goûter la paix avec Dieu sur la base de l’œuvre que le Seigneur Jésus a accomplie. Je donne juste quelques pensées, mais j’aimerais que nous retenions surtout cette expression : « le sang de sa croix ».

Au chapitre 2 j’aimerais lire aussi deux versets en rapport avec l’œuvre que le Seigneur a accomplie : « ayant effacé l’obligation qui était contre nous, laquelle consistait en ordonnances et qui nous était contraire, et il l’a ôtée en la clouant à la croix : ayant dépouillé les principautés et les autorités, il les a produites en public, triomphant d’elles en la croix » (v. 14 et 15).

On voit là de nouveau quelques aspects de l’œuvre que le Seigneur a accomplie. Ce n’est pas très facile. Je donne juste quelques pensées.

Il faut bien comprendre d’abord, dans le v. 14 : « l’obligation qui était contre nous ». Donc en rapport avec cela, il faut penser à ce que le peuple d’Israël avait dit, cet engagement qu’ils avaient pris à la montagne de Sinaï où ils ont dit : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons ». C’était leur engagement, leur obligation, et ils étaient incapables de le faire.

Trois fois nous lisons cela en Exode 19 et 24. Et voilà, sur la croix, le Seigneur Jésus a effacé cette obligation. Il est lui-même devenu malédiction. Il a pris la place de ceux qui étaient coupables.

Nous lisons aussi qu’Il a ôté cette obligation en la clouant à la croix. C’est juste pour indiquer qu’elle a été effacée. Le Seigneur Jésus a remporté là un triomphe merveilleux. L’ennemi était dépouillé de ses armes.

Ainsi le Seigneur, par Sa mort, a vaincu l’ennemi sur la croix. La Parole nous dit ici : « il les a produites en public, triomphant d’elles en la croix ». C’est une allusion à ces entrées des généraux romains. Après une victoire remportée, ils rentraient à Rome et montraient ceux qu’ils avaient vaincus, tous ces soldats qui étaient maintenant prisonniers. Ils démontraient donc leur victoire.

La Parole fait allusion à cela. Elle nous parle de ce triomphe de la croix, le triomphe que le Seigneur Jésus a remporté sur l’ennemi. Ici c’est devant le monde invisible, c’est le triomphe sur Satan et tous ses anges. Le Seigneur a remporté cette victoire. C’est pour dire que ce qui semble être une défaite, en réalité est une victoire merveilleuse, cette victoire que le Seigneur Jésus a remportée.

J’aimerais lire encore deux versets dans l’épître aux Galates. « Mais moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté ? — alors le scandale de la croix est anéanti » (5. 11).

Paul parle du scandale de la croix. Nous avons déjà ceci dans la 1ere épître aux Corinthiens, un verset en rapport avec une pierre d’achoppement (ou « occasion de chute », « scandale » – 1. 23).

En effet, pour les Juifs, c’était quelque chose contre quoi ils ont trébuché quand ils pensaient à la croix. Ici, nous voyons de nouveau que la croix était vraiment l’endroit où le péché a été jugé. L’homme est mis de côté par cette œuvre, l’œuvre que le Seigneur a accomplie : il n’y a rien de l’homme, absolument rien. C’est par la grâce que nous sommes sauvés. Dès le début, l’homme a essayé d’ajouter quelque chose, et à ne pas rendre le salut dépendre seulement de l’œuvre du Seigneur Jésus, mais aussi des œuvres.

Il y avait là des docteurs qui disaient : Voilà, il faut également, maintenant, suivre la loi comme règle de vie. Paul a dit : Non, ce n’est pas comme cela. Ni la circoncision ni la loi, pour le croyant. Le modèle à suivre, c’est Christ. Le croyant vit pour Christ. Ce qui était dit par les Juifs, les docteurs de la loi : il faut suivre, obéir à la loi, était complètement mis de côté. Alors cela était pour eux une pierre d’achoppement, un scandale, « le scandale de la croix », quelque chose qui était contraire à leurs pensées. L’apôtre Paul continuait donc à prêcher la croix de Christ. Il était prêt aussi à souffrir pour cela.

Dernier verset que j’aimerais lire encore, c’est dans le chapitre 6 de cette même épître. « Mais qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde » (v. 14).

Paul se glorifiait de la croix. On a quelque chose de bien touchant ici : on pourrait parler ainsi de la gloire de la croix.

Avant sa conversion, Paul avait une grande renommée, il y avait des choses desquelles il se glorifiait. Et en Philippiens 3 nous avons certains détails en rapport avec cela. Il a mis tout cela de côté. Il parle même des ordures en Philippiens 3. Cela ne veut pas dire qu’il n’avait plus rien pour se glorifier. Mais maintenant il se glorifiait en la croix. Il ne voulait pas une autre gloire, rien qui fut indépendant du Seigneur Jésus. Et ce qui est associé avec Lui et avec Son œuvre, c’étaient les choses dont Paul se glorifiait.

Et il dit ici qu’il se glorifie dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ. Au chapitre 2 il parle d’une manière très personnelle quand il dit au v. 20 : le « Fils de Dieu… m’a aimé et… s’est livré lui-même pour moi ». C’est quelque chose de très personnel. Ici il parle de « la croix de notre seigneur Jésus Christ ». Il inclut donc aussi les Galates quand il parle de la croix de notre Seigneur Jésus Christ.

Nous trouvons ici qu’il exprime tout d’abord « par laquelle le monde m’est crucifié ». C’est vraiment ce qui séparait complètement l’apôtre du monde : la croix.

Le monde est crucifié pour lui, pour indiquer que le monde a mérité le jugement là sur la croix.

C’est vraiment quelqu’un qui a réalisé qu’il n’a pas une part en commun avec le monde. Non, le monde est crucifié pour lui, et il ajoute à la fin : et lui aussi au monde, lui-même aussi pour indiquer, comme on l’a lu au chapitre 6, qu’il est crucifié avec le Seigneur Jésus. Et c’est bien solennel.

Nous remarquons ici que le langage que l’apôtre emploie est très personnel. Il n’exprime pas une vérité générale, même si c’est vrai en principe que, pour le croyant, le monde est crucifié et que le croyant est crucifié au monde, mais la manière dont cela est dit est très personnelle.

Cela s’adresse aussi à moi, et à chacun de nous. Quelle bonne attitude à l’égard du monde ! Est-ce que c’est une réalité pour nous comme pour l’apôtre Paul, qui a pu dire : Pour moi le monde est crucifié ? Je n’ai rien à faire avec lui, je suis crucifié au monde.

C’est quelque chose qui parle à nos cœurs. Nous voyons que la croix de Christ est vraiment la pierre de touche. Si nous regardons vers la croix – le croyant le fait – il voit Celui qui est là, et son Sauveur qui a payé le prix pour ses péchés.

Et notre désir c’est aussi que chacun de ceux qui écoutent le message connaisse le Seigneur Jésus comme son Sauveur personnel. C’est pour lui-même, oui, Celui qui était là sur la croix, c’est mon Sauveur.

Récemment encore j’ai écouté une interview avec un politicien allemand. Il parlait de la croix. C’était pour lui un symbole plein de signification. Il parlait avec respect. Il y a une chose que j’ai regrettée. Il n’a pas dit : la croix pour moi c’est l’endroit où mon Sauveur a payé le prix pour mes péchés. C’est cela qui est fondamental, savoir que Christ a payé le prix pour nos péchés, là sur la croix.

Par la suite, il y a des conséquences pour notre vie ici-bas. La croix de Christ définit notre attitude aussi à l’égard de ce monde. N’oublions pas cela. C’est vraiment la pierre de touche, c’est vraiment ce qui est la ligne de séparation. Aux États-Unis il y a un endroit qui est la séparation des eaux. D’un côté elles coulent vers l’océan Pacifique, de l’autre côté vers l’Atlantique et le golfe du Mexique. C’est une ligne de séparation. Ainsi en effet la croix est vraiment ce qui nous sépare du monde.

Que le Seigneur nous aide à être de ceux qui sont des disciples du Seigneur Jésus, qui Le suivent, qui sont prêts aussi à endurer la honte et à vivre encore pour Lui ! Glorifions-nous aussi de la croix. Il y a le côté de la honte, mais aussi ce côté qui est appelé la gloire. Nous savons que le Seigneur a triomphé sur l’ennemi. C’est pourquoi nous sommes avec joie et reconnaissance, comme rachetés du Seigneur, vraiment de Son côté. Que le Seigneur nous donne aussi de vivre avec toutes les conséquences que cela implique !

D’après Message donné sur : https://edification.bible/
Mai 2020

 

LA FORTUNE D’ALBERT

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LA FORTUNE D’ALBERT

Ou les meilleures richesses

 

Chapitre 1

Par un magnifique après-midi d’automne, deux jeunes garçons étaient allés cueillir des noisettes dans les bois voisins de leur village. Leurs paniers furent bientôt à moitié pleins, mais ce n’était pas assez pour eux et ils continuèrent leurs recherches.
Le plus jeune des deux, Albert Hardouin, beau garçon fort, intelligent et gai, dit à son camarade, tout en cueillant rapidement des noisettes, qu’il avait la ferme intention de faire une grande fortune.
– Et tu veux commencer, je pense, avec la vente de ces noisettes !
– Allons, ne te moque pas de moi. Tu peux me croire, j’ai l’intention de faire rapidement fortune et d’être un jour un homme très riche.
– Comme le monsieur du château ?
– Peut-être, je ne dis pas non !
– Tu m’amuses ! C’est bien probable, alors que ton père n’est qu’un petit maître d’école primaire dans un village !
– Je te prie de ne pas parler ainsi de mon père, il n’y a pas un homme qui arrive à sa cheville, et, quand je serai riche, il aura tout ce qu’il pourra désirer !
– Enfin, comment veux-tu y arriver ?
– Je n’en sais rien, dit Albert d’un ton moins excité.
Car il sentait qu’après l’avoir entendu parler avec tant d’assurance, Sylvain devait s’attendre à apprendre qu’il avait un plan tout prêt pour réaliser ses désirs. Il n’aurait pas voulu lui laisser croire que c’était un simple château en Espagne.
Alors il reprit courageusement :
– Il y a mille moyens de faire fortune et je saurai bien trouver le meilleur. J’ai entendu dire à mon père que le propriétaire actuel du château a fait la sienne en inventant une nouvelle couleur, et maintenant il nage dans l’or ! Je suis certain que je trouverai aussi quelque bon moyen de gagner beaucoup d’argent, tu peux en être sûr !
– Quand tu l’auras trouvé, fais-le-moi savoir et je viendrai m’associer avec toi ! dit Sylvain en riant.
Sylvain était un garçon, qui ne pensait qu’au moment présent, quoiqu’il fût plus âgé qu’Albert et qu’il dût déjà travailler dans la ferme de son père.
Cette conversation fut interrompue par le passage d’un écureuil qui sautait de branche en branche. Albert voulut attraper la charmante bête, mais elle était plus agile que lui et il la perdit bientôt de vue. Cependant elle lui avait rendu service, car en la poursuivant il arriva près d’un noisetier bien plus couvert de fruits qu’aucun de ceux qu’il avait vus précédemment.
– Hourra ! s’écria-t-il, voici une vraie fortune !
Naturellement Sylvain s’empressa d’arriver pour aider à cueillir ces belles noisettes, et les garçons furent tellement occupés qu’ils ne pensèrent plus à causer.
Lorsqu’il commença à faire sombre, ils se dirigèrent vers le village, portant leurs paniers tout pleins et fort contents du résultat de leur après-midi.
La maison d’école et le logement de l’instituteur se trouvaient un peu en dehors du village. Le petit jardin devant l’habitation était parfaitement tenu et tout paraissait très paisible lorsque les garçons y pénétrèrent.
La mère d’Albert était morte à sa naissance, mais son père le soignait avec tant de tendresse, que le garçon n’avait jamais ressenti cette grande perte. Ce père était donc tout pour son enfant qui le lui rendait bien ; ils n’auraient pu être plus étroitement liés. Ils vivaient seuls dans cette maison isolée, mais une voisine venait deux fois par semaine nettoyer la maison bien à fond et laver le linge. Elle était justement dans la cuisine, occupée à repasser, lorsqu’Albert entra, et le premier mot de celui-ci fut :
– Où est mon père ?
– Il est allé à Allières.
– À Allières ? Il ne m’en avait rien dit ! s’écria le jeune garçon.
Car son père lui disait en général tout ce qu’il avait l’intention de faire.
– Il reviendra de bonne heure, m’a-t-il dit, mais il était absolument nécessaire qu’il y aille.
Albert la regarda avec anxiété, mais il ne questionna pas plus et retourna très attristé dans la chambre à côté. Il se souvenait que, depuis quelques jours, son père n’était pas comme d’habitude, et il craignait quelque malheur. Ce n’était pas naturel qu’il fût allé à Allières sans l’en prévenir.
Sylvain triait les noisettes ; cette occupation fît bientôt oublier à Albert son anxiété ; et il se mit à plaisanter avec son camarade comme s’il n’y avait rien de pénible dans ce monde.
– Eh bien, dit enfin Sylvain, il faut que je m’en aille ! Je dois faire rentrer les vaches et c’est bien le moment ! Mon père est très sévère pour cela ! C’est agréable d’être comme toi et de n’avoir rien à faire !
– Rien à faire ! Mais je t’assure que je n’ai pas un moment à perdre. Il faut que je scie du bois, que je cultive le jardin, car autrement nous n’aurions point de légumes, et papa entend que tout soit parfaitement bien fait !
– Mais tu vas encore à l’école ! Il y a bien longtemps que je l’ai quittée, moi ! Vas-tu continuer jusqu’à ta majorité ?
Albert se mit à rire, et il répondit :
– Mon père désire que j’apprenne tout ce qu’il peut m’enseigner. Il dit qu’on ne peut pas en savoir trop et, tu comprends, si je veux faire fortune, il faut que je m’instruise le plus possible !
– Je ne vois pas à quoi te serviront, pour cela, la géographie, l’histoire et les mathématiques ?
– Je ne sais pas, mais il paraît que tout cela est utile. Tu comprends, si je ne connaissais pas la géographie, je ne pourrais pas faire du commerce avec les pays étrangers, ni savoir d’où il faut faire venir les marchandises qui me seraient nécessaires ! Et si je n’étais pas bien au courant de la comptabilité, comment pourrais-je m’assurer qu’on ne me trompe pas ? Ce que je voudrais, ce serait de connaître les langues étrangères, mais mon père ne peut pas me les enseigner, ne les parlant pas lui-même.
Sylvain regarda avec étonnement son compagnon, qui mettait beaucoup d’ardeur à lui exposer cela. Quant à lui, il n’avait aucun désir d’en savoir davantage, et ne pouvait comprendre Albert qu’à moitié. Il était allé à l’école et y avait appris tout ce qu’on l’obligeait à apprendre, mais rien de plus ! Il savait, naturellement, lire et écrire, mais jamais il n’aurait eu envie de prendre un livre, de sorte que, dans ses moments de loisirs, il flânait autour de la maison de son père ou allait plus loin dans la campagne. C’était ce qu’on appelle « un bon garçon », un aimable compagnon, mais qui ne partageait en rien les aspirations d’Albert.

 

Chapitre 2

Dès qu’il fut parti, Albert se mit à préparer ses leçons pour le lendemain ; mais la nuit arrivait si rapidement qu’il alla s’installer à la cuisine pour profiter de la lumière qui y était allumée. Mme Michel, la voisine, était encore occupée à repasser, et Albert admira le linge qui devenait lisse sous le fer.
– Ce doit être bien amusant de repasser, lui dit-il, et c’est charmant de voir ces objets froissés devenir lisses sous votre fer.
– Cela les change bien, en effet, et il est toujours agréable d’avoir tout propre et en ordre autour de nous ; d’ailleurs c’est une manière de glorifier Dieu.
– Vous pensez donc que Dieu désire que nous fassions tout avec soin et avec goût ?
– Certainement. Crois-tu que Dieu aurait mis tant de beauté dans ce monde s’Il n’avait pas eu l’intention que nous aimions le beau et que nous en jouissions ? Vois toutes les belles fleurs que Dieu a créées et toutes les belles couleurs qui ornent même les feuilles ! Et, quand la neige tombe, comme elle est belle avant que l’homme la salisse ! Même la glace forme des dessins charmants sur nos fenêtres !
– Oui ! Hier encore papa me disait que chaque flocon de neige est un cristal en lui-même.
– Ah ! Je suis sûre que plus on étudie les œuvres de Dieu, plus on les trouve belles !
La brave femme continua à repasser un moment en silence, puis elle reprit :
– Je suis convaincue que tous les enfants de Dieu devraient s’arranger pour avoir tout, autour d’eux, aussi joli et agréable que possible ! Je sais bien qu’une pauvre femme, chargée de beaucoup d’enfants, ne peut jamais avoir les choses aussi belles qu’elle le voudrait. Mais on peut au moins être propre et en ordre, et la Parole de Dieu nous dit : « Quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu ».
– Eh bien, madame Michel, moi j’ai l’intention de faire tout de la meilleure manière possible, car je veux devenir riche.
– J’en suis bien contente, et j’espère que tu réussiras.
– Vraiment ? C’est bien aimable de votre part. Quand j’ai dit la même chose à Sylvain Nicolas, il s’est mis à rire et a eu l’air de penser que cela n’arriverait jamais.
– Je crois que tu pourras réussir, si tu t’y prends de la bonne manière. Mais il y a deux sortes de richesses, Albert, et j’espère que tu auras les meilleures.
– Deux sortes ? Que voulez-vous dire ?
– Il y a des richesses qui peuvent disparaître, et il y a aussi des richesses durables.
– Oh ! Je veux avoir une fortune qui me restera ! Des richesses qui risquent de disparaître ont bien peu de valeur, je veux mieux que ça !
– Je l’espère, je l’espère vraiment, dit la femme en changeant de fer.
Albert ne répliqua pas tout de suite. Il sentait qu’il y avait une signification cachée dans les paroles de Mme Michel, mais il ne comprenait pas bien ce qu’elle voulait dire.
Il se tut et reprit ses leçons, de sorte que le silence ne fut plus interrompu que par le bruit du fer sur le linge.
Bientôt Albert leva la tête et, se tournant vers Mme Michel :
– Mon père a-t-il dit quand il rentrerait ?
– Non, il a dit qu’il n’en était pas sûr, mais qu’il tâcherait de ne pas rentrer trop tard.
– Connaissiez-vous ma mère ? Oh ! Que je voudrais qu’elle soit encore en vie !
– Ah ! Oui, je la connaissais et je l’ai soignée jusqu’à sa mort. Je n’ai jamais vu une femme meilleure et plus charmante. C’est elle qui était riche !
– Elle était riche ! Que voulez-vous dire ?
– Elle était riche en foi et en bonnes œuvres. Ce sont là les richesses qui durent éternellement. Tu ne seras jamais riche éternellement, à moins que tu n’obtiennes ces richesses-là.
– Le monsieur du château est bien riche, et pourtant il n’est pas… vous savez ce que je veux dire, il ne semble pas être un croyant.
– Oui, je crains bien, en effet, qu’il ne soit pas un enfant de Dieu, et alors je le considère comme un très pauvre homme. Il est riche en biens terrestres, mais cette terre ne durera pas toujours. Il est donc bien important de posséder des richesses qui ne nous quitteront pas. Il vaut mieux être pauvre ici-bas et riche dans le monde à venir, que riche sur cette terre et pauvre à toujours.
– Mais est-ce que tous les gens riches ici-bas seront pauvres pour l’éternité ?
– Oh ! Non, Dieu donne quelquefois à ses enfants des richesses dans ce monde, comme des talents qu’ils doivent faire valoir à Son honneur et à Sa gloire. Ceux des enfants de Dieu qui ont des richesses sur cette terre, se considèrent comme des économes, et ils estiment leur argent comme la partie la plus infime de leur fortune. Un chrétien fort riche perdit tout ce qu’il avait par la faute de banquiers infidèles. Un de ses amis, le rencontrant peu après, lui dit : « J’ai appris avec grand chagrin que vous aviez perdu tout ce que vous possédiez ». « Vous vous trompez, répondit-il, je n’ai pas tout perdu. Je n’ai perdu ni mon Sauveur, ni la paix que me donne mon Dieu, ni mon espérance céleste ; et, sur la terre, je n’ai perdu ni ma femme, ni mes enfants, ni ma santé, ni ma raison, ni mes meilleurs amis ». Tu vois donc qu’on peut avoir bien des richesses tout en possédant peu d’argent.
– Cependant l’argent est une bonne chose, on ne peut pas s’en passer !
– Oui, l’argent est une bonne chose quand on sait bien s’en servir. Mais il n’est bon à rien si l’on veut seulement l’amasser ou mal l’employer. Au contraire, l’argent est une vraie bénédiction, si on le dépense convenablement sous le regard du Seigneur. Cependant je crois que les gens les plus heureux sont ceux qui ont juste ce qu’il leur faut pour vivre.
– Quant à moi, madame Michel, je voudrais avoir plus que cela !
– Dieu veuille qu’il n’en soit pas ainsi, Albert, cela pourrait te ruiner l’âme et le corps. Recherche les richesses durables et laisse à Dieu le soin de te donner ce qu’Il jugera le meilleur pour toi ici-bas. Tiens, prends cette Bible, et lis les versets 17 à 21 du chapitre 8 des Proverbes.
Albert obéit et lut à haute voix : « J’aime ceux qui m’aiment ; et ceux qui me recherchent me trouveront. Avec moi sont les richesses et les honneurs, les biens éclatants et la justice. Mon fruit est meilleur que l’or fin, même que l’or pur ; et mon revenu meilleur que l’argent choisi. Je marche dans le chemin de la justice, au milieu des sentiers de juste jugement, pour faire hériter les biens réels à ceux qui m’aiment, et pour remplir leurs trésors ».
– Voilà la vraie fortune, ajouta Mme Michel, puisses-tu la rechercher et l’obtenir.
Albert ne répondit rien. Il resta assis, avec ses livres sur les genoux et les yeux fixés sur le feu, jusqu’à ce que, tout à coup, il entendît un pas bien connu sur le chemin, et, se levant, il courut au-devant de son père.

 

Chapitre 3

M. Hardouin était un homme grand, maigre et à l’expression très anxieuse, fort différente de celle de son fils. Il entra lentement et s’assit dans son fauteuil, comme s’il était à bout de forces.
– N’es-tu pas bien, papa ? lui demanda affectueusement Albert.
– J’ai fait une grande course, mon enfant, et je serai mieux après avoir soupé.
Albert, qui avait l’habitude de servir son père, eut vite fait le café au lait qui composait, avec du pain et du fromage, leur repas du soir.
Mme Michel mit son fer à repasser de côté et plia soigneusement le linge qui restait encore, sans prononcer un seul mot. Seulement, au moment où elle mettait son chapeau, elle dit :
– Je suppose, M. Hardouin, que vous avez pu terminer votre affaire ? Cela paraît vous avoir terriblement fatigué.
– Oui. Le résultat a été justement ce que j’attendais ; mais cela m’afflige davantage pour les autres que pour moi-même.
– Dieu peut prendre soin des autres encore mieux que vous ne pouvez le faire vous-même, répondit-elle. Il sait mieux que nous ce qui nous convient.
– Sans doute, mais il est souvent bien difficile de le réaliser.
Mme Michel n’ajouta rien, car elle remarqua qu’Albert prêtait l’oreille, mais elle soupira en pensant : « Pauvres gens ! »
En rentrant chez elle, elle dit à son mari :
– Je crains que M. Hardouin ne soit fort mal. Depuis longtemps il se sentait peu bien, mais il ne voulait pas l’avouer. Aujourd’hui il est allé à la ville consulter le docteur Fourrier ; il vient de rentrer et, d’après son expression, il doit avoir appris de bien mauvaises choses sur sa santé, car il avait l’air tout à fait écrasé en arrivant, mais Albert était là et je n’ai pu le questionner.
– Ce sera un coup terrible pour ce garçon, si son père est sérieusement atteint, répondit M. Michel. Je n’ai jamais vu une intimité pareille entre un père et son fils.
Pendant ce temps Albert et son père causaient ensemble. Le pauvre garçon avait très bien compris qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas, et il se sentait fort mal à l’aise ; aussi, dès qu’il eût débarrassé la table du souper, il vint s’asseoir tout près de son père et lui demanda :
– Qu’y a-t-il, papa ? Quelque chose ne va pas, je le sens.
M. Hardouin posa sa main sur la tête de son fils et lui dit :
– Tu as souvent parlé de faire fortune, aimerais-tu aller chez ton oncle Jacques et faire un apprentissage de commerce ?
– Je serais très content de faire un apprentissage de commerce, papa, mais je ne voudrais pas te quitter. As-tu la pensée de m’envoyer loin de toi ?
– Non, mon enfant, mais il se pourrait que ce soit moi qui te quitte ; en effet, il faut que je te le dise, le docteur trouve que j’ai une maladie de cœur fort avancée.
M. Hardouin ne put en dire davantage, car il fut effrayé de l’expression de son fils.
Albert fit un effort surhumain pour se contenir et ne pas éclater en sanglots, et il parla seulement quand il sentit qu’il pourrait le faire d’une voix tranquille. Alors il dit :
– Le docteur peut se tromper, papa, et avec des soins tu te remettras. Les médecins se trompent souvent.
– Peut-être, dit M. Hardouin, afin de ne pas trop accabler son enfant.
Dès qu’il le put, Albert se hâta de s’échapper un moment pour donner libre cours à sa douleur. Ce fut terrible, car son père était tout pour lui ; mais il se reprit à espérer, et, quand il rentra dans la cuisine, il était bien plus calme que son père n’aurait osé l’attendre.
Les jours et les semaines s’écoulèrent sans amener de changements dans leur vie. M. Hardouin continuait de tenir son école, et son fils faisait tout ce qui était en son pouvoir pour lui éviter de la peine, soit en classe, soit à la maison. Il se réveillait longtemps avant son père, pour que tout fût prêt au moment où celui-ci se levait ; et ils ne parlèrent plus jamais ensemble de sa santé. M. Hardouin en parlait certainement avec Mme Michel ; mais ils ne le faisaient jamais devant Albert, et le jeune garçon en vint à espérer que ce que lui avait dit son père n’avait été qu’une fausse alerte.
L’hiver fut précoce ; il y eut abondance de neige et de gel, aussi Albert et son ami Sylvain allaient, dès qu’ils en avaient le temps, glisser ou patiner sur l’étang.
Un soir, comme il rentrait rempli de joie après cet exercice, son père lui demanda :
– Que diras-tu de vivre en ville ? Ce sera une grande différence pour toi, habitué comme tu l’es à la campagne ?
– Je suis sûr que je ne l’aimerai pas du tout ; la seule consolation, c’est qu’on peut y gagner beaucoup d’argent.
– Peut-être. Ton oncle passe pour un homme qui a fait de bonnes affaires ; il m’en a voulu autrefois, parce que je n’ai pas voulu entrer comme lui dans le commerce ; mais mes goûts ne me portaient pas du tout de ce côté-là. La vie à la campagne a toujours eu bien plus d’attrait pour moi. Je crois que toi, tu sauras te tirer d’affaire, car tu as plus d’initiative que moi. Seulement, mon enfant, je t’en prie, ne permets pas aux richesses de ce monde de t’aveugler. J’ai trop négligé moi-même de chercher mon trésor dans le ciel. Toi, mon fils bien-aimé, fais mieux que ton père dans ce sens-là et cherche premièrement le royaume de Dieu et Sa justice, sachant que toutes les choses qui te sont nécessaires te seront données par-dessus.
Ce furent les dernières paroles qu’Albert entendit sortir de la bouche de son père. Il n’avait pas paru plus mal ce soir-là, mais le lendemain matin il était mort !
Au premier moment, Albert fut inconsolable, mais tous les voisins l’entourèrent amicalement et, dès le même soir, son oncle arriva, appelé par télégramme, d’après les instructions que le père, sachant que sa fin arriverait subitement, avait données à Mme Michel.
M. Jacques Hardouin formait un grand contraste avec son frère. Il était fort, actif, énergique, tout à fait un homme d’affaires, et savait exactement tous les arrangements qu’il fallait prendre. Il ne pouvait guère s’arrêter, parce que ses affaires l’attendaient, mais il avait promis à son frère de s’occuper d’Albert et il entendait le ramener avec lui.
Il décida que l’on vendrait tout ce qui restait. Albert demanda à garder le fauteuil où son père s’asseyait ordinairement, une petite armoire dans laquelle il rangeait des collections de botanique, les livres de sa mère et un certain nombre d’autres choses qui étaient pour lui comme des trésors. Mais son oncle trancha la question en disant :
– Pas de ça ! Ce sont des vieilleries et je ne puis en remplir ma maison ! Tu prendras tes habits et quelques livres, si tu veux, mais il faut vendre tout le reste ! L’argent te sera utile jusqu’à ce que tu puisses en gagner. Moi, j’ai commencé la vie avec rien, et, à force de travail, j’ai obtenu une bonne position. Tu auras plus que moi pour commencer et tu dois réussir d’autant mieux.
Albert n’insista pas ; mais, en allant dire adieu à Mme Michel, il lui confia combien il était chagriné de ne pouvoir conserver aucun des souvenirs de la maison paternelle. Mme Michel l’écouta avec sympathie ; elle savait que ces choses n’avaient pas seulement une valeur matérielle, mais que de tels souvenirs pourraient être utiles au jeune garçon pour le préserver des tentations de la ville.
Cet aperçu du caractère de l’oncle Hardouin lui faisait craindre que le jeune garçon ne fût désormais influencé de manière bien différente qu’il ne l’avait été jusqu’ici. Ne voulant pas le décourager, elle lui dit affectueusement :
– Je suis fâchée que ton oncle n’ait pas la place chez lui pour que tu puisses garder ces souvenirs de ton père ; mais je crois que je pourrai t’aider en cela. Tu me diras quels sont les objets que tu aimerais garder ; j’en dirai un mot aux voisins qui ont aimé ton père et qui lui sont reconnaissants de la peine qu’il a prise pour instruire leurs enfants ; nous nous mettrons d’accord pour acheter ces objets et, quand tu auras la place de les loger, tu pourras venir les reprendre.
– Merci, madame ! dit Albert avec reconnaissance. Je vous les paierai dès que je le pourrai, car j’espère faire bientôt fortune, et je vais beaucoup travailler pour cela.
– J’espère que tu réussiras, mon ami ; fais toujours le mieux possible tout ce que tu entreprendras ; mais quant à faire fortune, c’est une autre chose, et je ne crois pas que je puisse te souhaiter d’en arriver là. Cherche avant tout les richesses célestes, et, au milieu des tentations du monde, conserve ton cœur pur en te donnant entièrement au Sauveur.

Le jour suivant, Albert et son oncle se mirent en route. Le voyage était assez long et nouveau pour Albert, qui ne s’était guère éloigné de son village jusqu’alors. Au départ, il était extrêmement triste, car il quittait tout ce qu’il avait aimé depuis sa naissance, et il sentait qu’aucun lieu ne pourrait jamais être pour lui comme son village natal. Il souffrait surtout en pensant qu’il ne reverrait plus son bien-aimé père, mais il était content de faire ce que celui-ci avait lui-même décidé.
Plus tard il se trouva seul dans le compartiment avec son oncle, et il aurait aimé que M. Hardouin lui parlât de sa famille et le mît au courant de ses intentions à son égard. Il sentait que, si c’était avec son père qu’il avait voyagé, celui-ci lui aurait indiqué les divers endroits que l’on traversait et lui aurait expliqué une quantité de choses ; mais son oncle était enfoncé dans ses propres pensées et ne faisait aucune attention à lui.
Pour rompre ce silence qui l’oppressait, il s’aventura enfin à dire :
– Est-ce encore très loin ?
– Nous en avons encore pour une bonne heure, répondit l’oncle en se tournant brusquement, comme s’il s’était tout à coup rendu compte de la présence de son neveu.
Puis il reprit au bout d’un moment :
– Que sais-tu faire ? As-tu été habitué au travail ?
– Je m’occupais du ménage à la maison, mais je n’ai jamais travaillé au dehors. Mon père tenait surtout à ce que j’apprenne tout ce qui était possible.
– Ah ! Il voulait faire de toi un savant ?
– Oh ! Non. Mais il disait que l’instruction est toujours une bonne chose, et il m’en a donné autant qu’il a pu.
– Oh ! Ton père n’a jamais été pratique. Si l’on t’avait mis plus tôt au travail, tu aurais déjà gagné une bonne somme.
– Mais peut-être que je pourrai mieux travailler maintenant, grâce à ce que mon père m’a enseigné, dit timidement Albert.
M. Hardouin regarda attentivement son neveu et lui dit plus affectueusement :
– Cela se peut. Ton père était le meilleur homme que j’aie connu, quoiqu’il n’eût aucune idée de la manière de gagner de l’argent. Connais-tu l’arithmétique ?
– Oh ! Oui, et je l’aime beaucoup.
– C’est bien ; je pense que tu as compris que tu devras maintenant travailler ferme, et, si tu sais bien calculer, cela te sera utile.
– Est-ce que ma cousine Clarisse travaille aussi dans le magasin ?
– Oui, elle a une dizaine d’années de plus que toi, et c’est elle qui tient la comptabilité. C’est une bonne femme d’affaires. Mon opinion est que, jeune ou vieux, il faut s’attacher à son travail. Si chacun faisait cela, il n’y aurait pas autant de pauvres ! Chacun, en y mettant de la bonne volonté, doit pouvoir gagner sa vie, et ceux qui ne travaillent pas n’ont pas le droit de manger.
Albert ne répondit rien ; il trouvait que son oncle avait une manière de juger les choses bien différente de celle de son père. Heureusement, la fin du voyage approchait. On vit bientôt au loin de longues rangées de maisons et une quantité de cheminées, d’où s’échappait une fumée noire, et bientôt ils se trouvèrent dans l’atmosphère brumeuse qui entoure toujours les grandes villes industrielles.
Le train s’arrêta dans une gare immense, et alors tout fut pour Albert bruit et confusion, car les voyageurs s’empressaient de rassembler leurs bagages et de s’éloigner.
L’oncle pensa qu’Albert pouvait bien porter sa valise et, marchant le premier, il s’engagea d’abord dans une rue étroite, puis passa sur un pont au-dessus d’une rivière sillonnée de bateaux. Albert aurait bien aimé s’arrêter pour regarder, car c’était le soir, et les lumières des diverses embarcations se reflétant dans l’eau faisaient un effet charmant. Mais son oncle continuait à marcher rapidement devant lui, et le jeune garçon était presque obligé de courir pour ne pas le perdre de vue. Enfin ils arrivèrent à une grande place et entrèrent dans un beau magasin d’épicerie, sur la porte duquel Albert eut juste le temps de lire en lettres dorées : HARDOUIN.
Son oncle traversa le magasin, se dirigeant tout droit vers le bureau qui était au fond. Il se mit tout de suite à causer avec animation avec un homme qui était là, mais personne ne fit attention à l’orphelin, qui s’était assis à l’entrée du magasin avec sa valise, jusqu’à ce qu’une voix agréable lui dît enfin :
– Es-tu mon cousin Albert ?
Albert tressaillit, se leva bien vite et répondit qu’il était en effet Albert. Sa cousine lui dit de la suivre et, le faisant passer derrière le magasin, elle le mena au premier étage, dans une jolie pièce où le souper était servi.
– Mon père est occupé avec l’employé pendant un moment encore, mais je crois que maman pourra bientôt venir. Ah ! La voici ! – Maman, voici Albert qui est arrivé. Dans quelle chambre doit-il aller ?
– Dans la petite mansarde tout en haut des escaliers, répondit la nouvelle arrivante, qui considérait Albert sans lui dire une seule parole de bienvenue.
Et, le regardant d’un œil scrutateur :
– Tu as l’air capable. Es-tu décidé à bien travailler ?
– Oh ! Oui, certainement. Je ferai tout mon possible.
– C’est cela ! dit Clarisse affectueusement. Viens, je te montrerai ta chambre pour que tu puisses te rafraîchir avant le souper ; tu dois en avoir besoin après ce long voyage.
Albert prit sa valise et suivit sa cousine, sentant son cœur plein de reconnaissance pour les manières affectueuses de celle-ci.
La petite mansarde dans laquelle elle le conduisit était bien triste en comparaison de la jolie chambre qu’il avait eue chez son père. Mais Albert était décidé à ne pas considérer le mauvais côté des choses. Il regarda dehors et ne vit qu’une ruelle étroite, des toits et des cheminées à perte de vue ; il se demandait à quelle distance il était maintenant de la campagne, des prés et des bois. Il trouvait que sa tante avait été bien froide à son égard, et il était prêt à pleurer lorsque, se souvenant du conseil de sa cousine, il se mit à se laver la figure et les mains.
Cela lui fit du bien. Il redescendit à la salle à manger, et n’y trouva que Clarisse.
– Nous allons prendre notre souper tous les deux, lui dit-elle, mon père n’est pas encore prêt et ma mère est redescendue vers lui. Voici une bonne tasse de café. Veux-tu une tranche de jambon ? Prends du pain et du beurre.
Et Clarisse causait gaiement, cherchant à mettre son cousin à l’aise. Le café lui fit du bien, il sentit qu’il avait faim, et il mangea de bon appétit. Sa cousine lui disait :
– Je suis si contente que tu sois venu, car je n’ai ni frère, ni sœur, et tu es mon seul cousin. Nous serons bons amis ; tu le veux bien, n’est-ce pas ?
Albert, enchanté, répondit :
– De tout mon cœur, car je n’ai non plus aucun proche parent, excepté vous !
– Je suis bien plus âgée que toi, reprit Clarisse, et je travaille depuis si longtemps dans le magasin que je pourrai te mettre au courant de bien des choses. Je dois beaucoup travailler, car mon père et ma mère ne peuvent supporter qu’on soit paresseux. Ils veulent arriver bientôt à la fortune !
Elle dit cela d’un ton passablement amer, et Albert ne savait que lui répondre. Pourtant il lui dit :
– N’as-tu pas envie aussi de faire fortune ?
– J’aimerais mieux jouir de l’argent que nous possédons. À quoi sert-il d’amasser toujours de l’argent et de ne jamais jouir des choses qu’il pourrait nous procurer ?
– Voilà un peu ce que me disait Mme Michel.
– Qui est Mme Michel ?
– Une de nos voisines. Elle me parlait toujours de la nécessité d’obtenir plutôt des richesses durables.
– Quelles sont ces richesses ?
– Je ne sais pas très bien, mais je crois qu’il en est parlé dans la Bible.
– Oh ! dit Clarisse, je ne sais pas grand-chose de la Bible. Ce serait peut-être mieux si je la connaissais davantage ; mais mon père ne serait pas content si je perdais mon temps à lire ! Veux-tu une autre tasse de café ? Non ? Alors nous ferons bien de descendre, et mes parents pourront monter. Papa ne quitte jamais le bureau sans que l’un d’entre nous ne l’y remplace.
Albert suivit sa cousine en bas. Le magasin était brillamment éclairé et rempli d’une bonne odeur de café grillé. Par les grandes portes du magasin on voyait aussi la rue étincelante de lumière, ce qui était tout nouveau pour le petit provincial.
– À quelle heure se couche-t-on ici ? demanda-t-il à sa cousine.
– Ah ! Pas de longtemps encore, répondit-elle en riant.
– C’est étrange. On va et on vient comme si c’était au milieu du jour !
Clarisse rit en disant :
– Ah ! Tu verras bien des choses auxquelles tu n’es pas habitué !

Le lendemain matin, M. Hardouin dit à son neveu de se mettre tout de suite au travail et il lui montra ce qu’il devait faire, à la grande joie d’Albert, qui détestait rester inactif. C’était tout nouveau pour lui d’être ainsi occupé dans un magasin ; mais cela lui plaisait. Il avait été convenu que, pendant les trois premiers mois, il ne recevrait rien, mais qu’ensuite, s’il se donnait de la peine, il aurait un petit salaire.
– Naturellement, lui avait dit son oncle, tu devras acheter tes habits et tout ce dont tu auras besoin, à part la nourriture et le logement. Mais, si tu désires réellement faire fortune, suis mon conseil : n’achète jamais rien dont tu puisses te passer, évite toute dépense inutile et épargne tout ce que tu peux !
Albert promit de suivre ce conseil, et il mit à son travail tout son cœur et son énergie.
Pauvre garçon ! Dans son désir de devenir riche, il était en grand danger d’oublier les leçons de son père. Personne dans la maison de son oncle ne semblait se préoccuper de quoi que ce soit en dehors de la vie présente. Son oncle, quoique assez sévère avec lui, le traitait pourtant avec une certaine amitié, mais sa tante était toujours froide et rude. Quant à Clarisse, elle était la bonté même avec son petit cousin et, chaque fois qu’elle pouvait en obtenir la permission de son père, elle le faisait sortir un moment et le conduisait le long de la rivière ou dans un jardin public.
Albert fut attiré vers un des jeunes garçons qui servaient de commissionnaires, David, qui devint bientôt son ami. Il était très complaisant et toujours prêt à aider Albert de toutes manières. Il n’en était pas de même de Dutoit, l’employé principal, qui semblait mettre tout son plaisir à le contrarier et à le trouver en faute.
Un jour que David avait un grand nombre de paquets à porter, on dit à Albert de l’accompagner pour lui aider. Comme ils marchaient ensemble, Albert lui demanda quel était son nom de famille.
– Je m’appelle David Nicolas, répondit-il.
– Tu as dit Nicolas ?
– Eh oui, pourquoi pas ?
– C’est que mon meilleur ami dans mon village s’appelait Sylvain Nicolas, et je suis étonné d’entendre que tu as le même nom.
– Comment s’appelle ton village ?
– C’est Villany par Allières, bien loin d’ici.
– Villany ! Ah ! J’ai bien souvent entendu mon père en parler, et je sais que son frère y habite. Ce Sylvain doit être mon cousin. Je le demanderai à mon père.
– Oh oui ! s’il te plaît. Est-ce que ton père habite près d’ici ?
– Oui, pas très loin ; mais nous ne pouvons pas y aller maintenant.
– Pourquoi ?
– Parce que c’est maintenant le temps qui appartient au patron. Et mon père dit que c’est un vol d’employer pour soi le temps qui appartient au patron. Mais ce soir, je l’interrogerai sur mon oncle de Villany et je pourrai te dire ce qui en est.
– Ton père doit ressembler au mien… Si tu savais comme il était bon ! Ce n’est pas lui qui aurait voulu faire tort à qui que ce soit !
– Est-ce qu’il est mort ?
– Oui, malheureusement. S’il vivait encore, je ne l’aurais jamais quitté.
Lorsque les garçons rentrèrent au magasin, il y avait tellement de travail qu’ils ne purent plus rien se dire ce jour-là. Mais le lendemain, en arrivant, David se trouva un moment seul avec Albert.
– C’est bien ce que j’avais supposé, dit David. Sylvain est mon cousin, et mon père m’a chargé de te dire qu’il espère que tu pourras venir un jour chez nous. Il aimerait bien avoir des nouvelles de Villany.
Albert se mettait rapidement au courant des habitudes du commerce ; il était vif et intelligent, et il n’était pas nécessaire de lui dire deux fois la même chose. Son oncle le regardait donc favorablement et lui permettait souvent d’aider Clarisse dans le bureau, quand celle-ci avait trop à faire.
Quant à lui, cette vie si absorbante lui paraissait parfois assez dure après la grande liberté dont il avait joui à la campagne. Il aurait bien aimé avoir de temps en temps une journée de congé, mais il n’en dit rien à son oncle et continua à travailler ferme, depuis tôt le matin jusque bien tard dans la soirée. Il était alors si fatigué qu’il se jetait sur son lit et s’endormait profondément.
Le dimanche, tous les gens de la maison étaient tellement épuisés, après avoir veillé tard le samedi, qu’ils se reposaient avec satisfaction toute la matinée. L’après-midi, lorsqu’il faisait beau, M. Hardouin et sa fille allaient faire une petite promenade, mais, si le temps était mauvais, ils restaient à la maison, somnolant près du feu.
Les premiers dimanches qu’Albert passa chez son oncle, il fut très malheureux, car jusqu’alors le dimanche avait été pour lui le plus beau jour de la semaine. Le matin, tout était si propre et paisible chez lui, rien ne pressait, et après avoir déjeuné tranquillement avec son père, ils se rendaient ensemble au culte. L’après-midi, Albert suivait une classe biblique pour les jeunes garçons de son âge et, quoiqu’il ne fût pas toujours très attentif aux explications qu’il entendait, il aimait à s’y rendre.
Un dimanche, après avoir appris que David était le cousin de son ami de Villany, Albert s’enhardit jusqu’à demander à son oncle s’il pourrait aller, pendant l’après-midi, voir le jeune commissionnaire. Son oncle le lui permit car, pourvu qu’Albert fît bien son travail pendant la semaine, il ne s’inquiétait pas de ce qu’il faisait le dimanche.
Albert partit donc très joyeux et, au tournant de la rue, il rencontra David qui lui avait promis de venir le chercher.
Ils marchèrent ensemble jusqu’à une rue étroite et sombre ; enfin David s’arrêta devant une maison plus convenable que les autres, et fit entrer son ami dans une pièce tenue fort proprement.
– Voici Albert Hardouin ! dit David en le présentant à son père.
– Je suis heureux de vous voir, dit M. Nicolas, mais excusez-moi si je ne me lève pas, je suis perclus de rhumatismes et ne peux pas bouger. David, donne une chaise à ton ami.
Albert, ne sachant que dire, s’assit tranquillement.
– Vous venez de Villany, reprit M. Nicolas, je connais très bien ce village, car autrefois j’y allais bien souvent.
– Vraiment ! Monsieur. Avez-vous connu mon père ?
– Je l’ai certainement vu, mais je ne crois pas lui avoir jamais parlé. Les visites que je faisais à mon frère étaient toujours très courtes, de sorte que je n’avais pas le temps de faire la connaissance de ses amis. Ainsi votre cher père est maintenant parti pour les demeures célestes ? C’est un heureux changement pour lui, même si pour vous la perte est grande.
– Oui, il était heureux de partir pour le ciel, quoiqu’il eût bien du chagrin de me laisser. Ma mère est morte à ma naissance, de sorte que maintenant je suis seul au monde.
– Est-ce que Jésus n’est pas votre Ami ?
Albert leva la tête d’un air étonné. Il ne comprenait pas exactement ce que M. Nicolas voulait dire.
– Le Sauveur vous aime, mon cher garçon, et vous, n’avez-vous rien dans votre cœur pour Lui ? N’êtes-vous pas un enfant de Dieu ?
Cette question était faite avec tendresse, et Albert, regardant le visage qui le considérait avec intérêt, répondit :
– Je ne crois pas.
– Alors, mon cher ami, vous êtes en effet pauvre et seul au monde !
– Oh ! oui, je suis pauvre, car mon père avait très peu à me laisser, mais je suis venu ici pour faire fortune.
– J’espère que vous trouverez les vraies richesses. Elles vous sont offertes, vous n’avez qu’à les accepter.
– Qu’appelez-vous les vraies richesses ?
– C’est d’appartenir à Christ. La paix et la joie qu’Il donne à ceux qui Lui appartiennent sont des richesses d’un prix infini, des richesses qui dureront à toujours.
– Comment peut-on les obtenir ?
– D’abord, en comprenant combien on est pauvre. Vous et moi, nous ne sommes que de misérables pécheurs, et nous ne pouvons rien faire par nous-mêmes pour être sauvés. Alors Dieu nous dit d’aller à Lui tels que nous sommes, et de croire en Son Fils qui est mort sur la croix pour nous sauver.
Albert écoutait très sérieusement. Il avait certainement entendu dire cela bien souvent ; mais il n’y avait pas, jusqu’alors, prêté attention. Il lui semblait maintenant que c’était tout nouveau pour lui, et au bout d’un moment il dit :
– Une des dernières recommandations de mon père a été de m’engager à rechercher les richesses célestes.
– Et les avez-vous recherchées ?
– Pas jusqu’à présent. Je n’en ai vraiment pas le temps. Du matin au soir, je n’ai pas un moment de relâche ; il est souvent plus de dix heures avant que je puisse remonter dans ma chambre, et alors je suis si fatigué que je m’endors immédiatement.
– Pauvre enfant !… Mais souvenez-vous de ceci : Dieu ne permet pas que vous soyez jamais dans une position où il ne vous soit pas possible de Le rechercher. Ne priez-vous donc pas ?
– Pas maintenant. J’espère que plus tard j’aurai davantage de temps.
– Ah ! Ne croyez pas cela ! C’est aujourd’hui le jour du salut, vous ne savez pas jusqu’à quand vous vivrez…
La conversation fut interrompue par Mme Nicolas qui apportait le goûter, et ensuite les deux garçons allèrent ensemble dans une salle du voisinage où le père de David savait qu’ils entendraient annoncer l’Évangile d’une manière claire et simple.
Quant à lui, incapable de bouger, il resta à prier pour ces chers garçons, demandant à Dieu d’ouvrir leurs cœurs à la vérité et de les bénir abondamment.

 

Chapitre 4

David Nicolas conduisit Albert dans une petite salle, bien éclairée, et déjà presque pleine. Ils trouvèrent pourtant deux places et, dès qu’ils se furent assis, le service commença. Le chant d’un beau cantique et la parole vive et simple du prédicateur gagnèrent tout de suite l’attention d’Albert.
Le passage de la Parole de Dieu qui fut lu était celui-ci : « Vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, comment, étant riche, il a vécu dans la pauvreté pour vous, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis » (2 Cor. 8. 9).
– « Vous voyez », disait le prédicateur, « Lui qui était riche, Il a tout quitté, afin que vous, hommes, femmes et enfants, vous puissiez devenir riches ! C’est merveilleux, car Il a fait cela pour nous qui étions Ses ennemis. Et Il l’a fait parce qu’Il avait le cœur rempli d’amour. Qui est Celui qui a fait cela ? C’est le Seigneur Jésus Christ, le Roi de gloire.
« Si c’était un homme qui avait accompli de telles choses, nous trouverions qu’il est admirablement bon ; mais quand nous pensons que c’est Dieu, le Seigneur du ciel et de la terre, qui S’est abaissé jusqu’à nous, nous pouvons bien être remplis d’étonnement et d’admiration ! Il aurait pu rester dans le ciel, entouré des anges qui se prosternaient devant Lui, et nous laisser dans notre misérable état de pauvreté et de mort éternelle ! Mais non, à cause de Sa miséricorde sans bornes, Il est venu sur la terre pour nous faire connaître l’amour de Dieu, et pour mourir à notre place !
« Oui, Il a fait tout cela pour nous, parce qu’Il a vu que nous étions de pauvres misérables pécheurs. Il a donc quitté le ciel, Il a vécu sur la terre comme un homme pauvre et Il a subi la mort d’un criminel pour nous racheter. Ne voudrions-nous donc pas profiter de ce salut qui nous est offert gratuitement et avec tant d’amour ? Vous pouvez le refuser, Dieu ne vous force en rien, mais « comment échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut ? » (Héb. 2. 3).
« Vous êtes pour la plupart d’entre vous ce qu’on appelle des pauvres de ce monde, et vous aimeriez tous probablement devenir riches. Écoutez ce que dit la Bible : « La bénédiction de l’Éternel est ce qui enrichit, et il n’y ajoute aucune peine » (Prov. 10. 22). Les richesses célestes ne déçoivent jamais, personne ne peut les voler, elles durent toujours, et elles augmentent de jour en jour jusque dans l’éternité. Chers auditeurs, lesquels d’entre vous veulent venir à Christ et connaître ces richesses insondables ?… »
Ces paroles, dites tout simplement et sans prétention, allèrent à bien des cœurs.
Albert ne parla pas avec son ami en s’en allant, car il était très préoccupé de ce qu’il avait entendu. Il était très frappé de ce que le sujet de la prédication avait été précisément en rapport avec ses préoccupations secrètes, et il lui semblait avoir reçu un message direct de Dieu. Ce soir-là, il chercha sa Bible et ne se coucha pas sans avoir prié.
Pendant toute la semaine il fut fort préoccupé, attendant impatiemment le dimanche suivant, espérant en apprendre davantage. Pourtant il ne négligea pas son ouvrage ; au contraire, il fut encore plus diligent qu’à l’ordinaire, bien que fatigué par ses longues journées de travail.
« Il n’y ajoute aucune peine », répétait-il un jour, tandis qu’il copiait quelque chose dans le bureau.
– Que dis-tu, Albert ? lui demanda sa cousine.
– Pardon ! Je ne savais pas que j’avais parlé à haute voix.
– Mais que disais-tu de peine ?
– C’est quelque chose que j’ai entendu dimanche soir : « La bénédiction de l’Éternel est ce qui enrichit, et il n’y ajoute aucune peine ».
– De telles richesses méritent qu’on les recherche, dit Clarisse sérieusement.
– Oui, c’est ce que je pense aussi, dit Albert.
Et il continua à travailler activement.
Quelques jours plus tard, M. Hardouin appela son neveu et lui dit :
– Il faut que Clarisse aille faire une commission de l’autre côté de la rivière, et elle me demande de te laisser aller avec elle. Va vite te préparer pour ne pas la faire attendre !
– Merci, oncle Jacques, dit le jeune garçon en se dépêchant d’obéir.
Cette expédition, qui lui donna l’occasion de sortir de la ville et de marcher en pleine campagne, lui fit grand plaisir. Il ne se lassait pas de regarder autour de lui et il posait à sa cousine toutes sortes de questions auxquelles elle répondait avec plaisir.
Tout à coup Clarisse lui dit :
– Sais-tu pourquoi j’ai demandé à mon père de te laisser venir avec moi ?
– Parce que tu es bonne et que tu voulais me faire plaisir.
– Ce n’est pas seulement cela ; je voulais avoir l’occasion de parler tranquillement avec toi sur le sujet que tu as abordé l’autre soir.
– Je n’ai rien de plus à t’en dire, je t’ai dit tout ce que je savais.
– Mais comment pouvons-nous obtenir cette bénédiction de l’Éternel qui seule enrichit ?
Albert hésita puis il dit :
– Tu devrais venir dimanche soir avec moi à la réunion d’évangélisation, tu apprendrais ce que tu désires savoir.
-Je ne peux pas, maman ne me le permettrait pas, ni papa non plus, je crois.
– Ils ne m’ont pourtant rien dit.
– Non, mais je sais qu’ils en ont parlé ensemble. Maman trouvait qu’on ne devrait pas t’y laisser aller, mais papa a dit qu’aussi longtemps que tu ferais bien ton travail pendant la semaine, on ne devait pas t’empêcher d’aller où tu voudrais le dimanche. Tu peux donc y aller, toi, et tu me répéteras ce que tu y apprends.
– Je ne saurais pas trop que te dire. Je ne comprends pas encore très bien moi-même. Le prédicateur a parlé d’accepter le salut que Dieu nous offre, grâce à l’œuvre de Jésus Christ, qui est mort sur la croix afin que nous puissions être sauvés. Il a recommandé de lire soigneusement la Bible et de prier. Il a dit que le Seigneur Jésus nous aime et désire que nous devenions les enfants de Dieu.
– Es-tu un enfant de Dieu ?
– Je ne sais pas… Je le voudrais bien… Je sais que mon père et ma mère étaient des enfants de Dieu, et…
– Je veux absolument en savoir davantage, dit Clarisse. Il faut que tu écoutes, quand tu retourneras à la réunion, non seulement pour toi, mais pour moi, et que tu tâches de bien te souvenir de ce que tu entendras, afin de me le rapporter fidèlement.
Quand ils rentrèrent, ils virent tout de suite que M. Hardouin n’était pas de bonne humeur. Il parlait très haut d’un air fort ennuyé et, dès qu’il aperçut Albert, il l’appela vivement et lui dit :
– N’as-tu pas fait préparer la commande pour M. Duport ? J’avais mis la liste entre tes mains.
– Certainement, je l’ai préparée tout de suite, j’ai pesé les marchandises, j’ai ficelé les paquets et je les ai mis à l’endroit où David les prend pour les emporter.
– Voilà comment on peut se fier aux garçons ! reprit l’oncle amèrement. Mais je croyais que tu étais différent des autres. M. Duport est venu ce matin et il dit qu’il n’a rien reçu !
– En tout cas j’ai tout préparé d’après la commande, reprit Albert poliment, mais fermement.
– Qui est-ce qui devait l’emporter ?
– C’est David.
– Ainsi l’affaire reste entre David et toi ! Qui est-ce qui me trompe ? Dutoit m’a souvent dit qu’on ne devait pas se fier à vous deux ; il me répète que vous vous entendez trop bien et que cela ne vaut rien !
– Nous trouverons sans doute que c’est Dutoit qui est au fond de cette affaire ! dit Clarisse.
– Bêtise ! Dutoit est dans le magasin depuis des années, et j’ai plus de confiance en lui qu’en qui que ce soit d’autre ! – Albert, va dans ta chambre jusqu’à ce que j’aie décidé ce que je dois faire.
Pauvre Albert, c’était une triste fin de cet après-midi qui lui avait procuré tant de plaisir ! Qu’allait-il se passer ? Il était sûr d’avoir parfaitement préparé la commande et de l’avoir posée toute prête à l’endroit où l’on venait les prendre pour les expédier. Mais comment le prouver ? Dutoit était là tandis qu’il pesait les diverses marchandises et il aurait pu le dire ; mais non, il ne le voulait pas, et il n’y avait aucun autre témoin. Que fallait-il faire ? Que déciderait son oncle ? Aurait-il perdu toute confiance en lui ?
Pendant ce temps on questionnait David ; il dit qu’il n’y avait eu aucun paquet pour M. Duport, et que, naturellement, il n’avait pas pu le porter. Il montra son carnet sur lequel étaient inscrites toutes les maisons où il avait dû se présenter, et il put faire cela si clairement qu’il n’y avait pas moyen de jeter aucun blâme sur lui.
– C’est certainement ton neveu qui ment, dit Mme Hardouin à son mari. C’est un rusé qui cherche à se faire valoir devant toi par son activité, mais qui ne vaut pas grand-chose.
– On peut avoir confiance en Albert, j’en suis sûre, dit Clarisse ; il ne ment certainement pas.
– Oh ! Je sais bien que tu es entichée de lui. Ton père et toi vous auriez dû me croire et ne pas l’introduire dans la maison. Maintenant nous aurons toutes sortes d’ennuis !
M. Hardouin avait grande confiance en sa fille et, quand ils furent seuls, il lui demanda :
– Tu crois ce que dit Albert ?
– Parfaitement. Je suis convaincue qu’il dit la vérité. Ce n’est certes pas la première fois que des paquets ont disparu ! Si j’étais toi, c’est d’un autre côté que se porteraient mes recherches.
Elle n’ajouta rien. Les affaires continuèrent comme si de rien n’était jusqu’au moment de la fermeture du magasin. On avait été d’autant plus occupé qu’Albert manquait, et personne ne s’était inquiété de lui !
Enfin Clarisse se souvint qu’il n’avait rien mangé et, prenant du pain et du fromage, elle monta à sa mansarde.
Il s’était endormi, la tête appuyée contre son lit, et on voyait qu’il avait beaucoup pleuré. Elle lui toucha le bras, ce qui le réveilla en sursaut.
– Je t’ai apporté quelque chose à manger, lui dit-elle, je suis bien fâchée de n’y avoir pas pensé plus tôt.
– Cela ne fait rien, je n’y ai pas pensé non plus… Que dois-je faire ?
– En tout cas rien pour ce soir ; il te faut manger et puis te coucher. Je sais que mon père veut aller au fond des choses, et je suis sûre que la vérité se découvrira. Demandons à Dieu de nous montrer ce qui en est, et je crois qu’Il le fera.
M. Hardouin ne put rien trouver contre Albert, et il lui permit de reprendre son travail, mais tant que cette affaire ne s’éclaircirait pas, Albert sentait qu’il ne serait pas considéré comme auparavant.
Le dimanche suivant, Albert fut très heureux d’aller passer un moment chez les Nicolas ; le père, ayant appris par David ce qui avait eu lieu, questionna Albert qui ne put lui donner aucun éclaircissement. Il était parfaitement certain d’avoir fait les paquets, mais ne pouvait imaginer comment ils avaient disparu.
– C’est étonnant, dit Albert, que cette épreuve m’arrive justement quand je désirais plus que jamais marcher droit. Cette semaine, j’ai lu ma Bible et prié régulièrement, et voilà que j’ai un terrible ennui, tandis qu’avant tout allait bien.
– Ah ! Mon enfant, tandis que tu te contentais de vivre dans l’indifférence, l’ennemi de ton âme ne s’inquiétait pas de toi ; mais du moment que tu as voulu rechercher Dieu, le diable a fait tout son possible pour t’en empêcher. Il a probablement poussé l’un de ses serviteurs à te susciter ces difficultés ; mais, sois-en sûr, Dieu viendra à ton aide et te délivrera.

En général, Clarisse et Albert déjeunaient les premiers pour se rendre tout de suite au magasin. La jeune fille était très peinée de constater que Dutoit ne cessait d’accuser son cousin devant son père, rendant ainsi la vie très difficile au jeune garçon ; aussi fut-elle bien étonnée de voir Albert entrer un matin dans la salle à manger avec un visage très heureux.
– Qu’as-tu ? lui dit-elle. Est-ce que mon père a découvert la vérité ?
– Ah ! Non, je le voudrais bien.
– Qu’est-ce donc qui te donne un air si joyeux ?
– Clarisse… je sais maintenant que Jésus Christ est mort pour me sauver et que je suis un enfant de Dieu.
– Oh ! que je voudrais pouvoir en dire autant !
– Tu le peux. Prie et tu l’obtiendras.
Le reste du déjeuner se passa en silence. Clarisse réfléchissait et Albert ne savait que dire de plus ; son cœur était plein, mais il lui était difficile d’exprimer le bonheur qu’il ressentait.
Une quinzaine de jours s’écoulèrent après ces choses, mais rien ne venait prouver l’innocence d’Albert. Dutoit était toujours avec lui aussi désagréable que possible, cherchant toujours à le trouver en faute mais Albert, grâce à sa droiture constante, ne se laissa pas prendre aux pièges qui lui étaient constamment tendus. Cela fâchait toujours plus Dutoit. Mme Hardouin aussi continuait à le traiter avec plus de froideur encore, car elle était vexée de voir un changement chez Clarisse, ce qu’elle attribuait à l’influence de son cousin.
– Je ne sais pas ce qu’a cette fille, disait-elle un jour à son mari. Ton neveu a apporté ici des idées qui ne me conviennent pas ! Je me suis donné une peine infinie pour tenir ma fille éloignée des mômiers, craignant qu’ils ne lui remplissent la tête d’imaginations folles, et malgré cela elle a la tendance à devenir aussi religieuse que les plus sérieux d’entre eux. J’aurais bien pu m’épargner la peine que j’ai prise !
– Certainement, répondit froidement son mari.
– On dirait vraiment que tu as envie d’en faire autant !
– Je pourrais faire plus mal.
– Et après toute la peine que nous nous sommes donnée pour faire marcher notre commerce !
– Le commerce n’en subira pas de dommages…
Pendant ce temps, Dutoit dirigeait le magasin ; il avait chargé Albert de transporter des marchandises dans la cave en dessous, où l’on gardait les réserves. Pour cela il fallait lever une trappe et descendre par une échelle très raide.
Albert se préparait à descendre, les deux bras chargés de paquets, mais Dutoit trouvait qu’il n’allait pas assez vite et, soit par méchanceté, soit autrement, il le poussa ; chargé comme il l’était, il ne put se retenir et tomba lourdement jusqu’en bas !
– Qu’il est maladroit ! s’écria Dutoit, il n’est pas fait pour le commerce, cet endormi !
– Dutoit ! s’écria Clarisse en sortant rapidement du bureau, j’ai vu ce que vous avez fait ! Vous l’avez poussé ! Mon père le saura !
– Vous vous trompez, mademoiselle, je n’ai rien fait du tout, mais c’est le garçon le plus maladroit que j’aie jamais vu !
Un des employés se dépêcha de descendre et de relever Albert qui ne bougeait pas ; mais peu après il se mit à gémir.
M. Hardouin, entré à ce moment, demanda ce qui était arrivé, et chacun lui raconta l’histoire à sa manière.
– Quoi qu’il en soit, dit-il en examinant son neveu, il s’est blessé ! David, cours chercher le Dr Charlier, et demande-lui de venir tout de suite. Est-ce que deux d’entre vous pourraient le porter sur son lit sans lui faire mal ? ajouta-t-il en s’adressant aux employés.
Quand Mme Hardouin apprit ce qui s’était passé, elle dit qu’il fallait vite envoyer ce garçon à l’hôpital. Mais son mari lui répondit que, de jour en jour, Albert lui rappelait davantage son frère, et qu’il avait bien l’intention qu’il fût soigné dans sa maison.
L’avis du docteur trancha la question. Il n’était pas question de faire voyager le jeune garçon, car il s’était cassé la jambe, et l’immobilité complète était nécessaire.
Quand l’os eut été remis en place, le pauvre garçon se sentit un peu mieux, quoique encore bien faible et bien souffrant.
Clarisse monta vers lui et ne put retenir ses larmes en le voyant si pâle.
– Est-ce toi, Clarisse ? dit-il.
– Oui, comment te sens-tu maintenant ?
– Je pense que c’est une bien bonne chose que j’aie fait ma paix avec Dieu avant ceci, car maintenant j’ai trop mal pour y penser calmement, mais ce mal est tout extérieur, mon cœur est heureux, je sens que le Seigneur Jésus me dit : « Je te donne Ma paix ! »
Clarisse resta auprès de lui un moment et lui dit :
– Je connais aussi cette paix, à présent, Albert, et c’est toi qui m’a enseigné où je pourrais la trouver.
Un sourire heureux brilla sur le pâle visage et Albert répondit :
– Il vaut la peine de souffrir pour apprendre une si bonne nouvelle.
– J’ai aidé mon père à faire fortune, reprit-elle, et toi tu es venu ici pour essayer de faire fortune, mais Dieu nous a donné les véritables richesses.
– Voudrais-tu me lire quelque chose ? J’ai si mal à la tête qu’il me semble que cela me ferait du bien et me donnerait des pensées apaisantes.
Elle prit la Bible et lut lentement le Psaume 23 ; puis, sans rien ajouter, voyant comme son cousin paraissait fatigué, elle sortit doucement de la chambre.

Dès que M. Hardouin en eut le temps, il monta aussi à la chambre de son neveu pour voir comment il était et l’assurer qu’il le ferait bien soigner. Il ajouta qu’il ne devait plus se mettre en peine de l’accusation lancée contre lui, car il l’avait constamment observé depuis lors, et il s’était convaincu qu’il était innocent, car on voyait clairement qu’il ne mentait pas. Il termina en disant :
– David te veillera cette nuit, et demain nous nous procurerons une bonne garde-malade qui pourra te donner tous les soins nécessaires.
Albert fut très surpris des paroles affectueuses de son oncle, car jusque-là celui-ci était si absorbé par ses affaires qu’il ne semblait pas avoir le temps de parler amicalement à son neveu.
Le pauvre garçon souffrait énormément car, en plus de sa jambe cassée, il était meurtri un peu partout. Clarisse entrait dans sa chambre aussi souvent qu’elle le pouvait, cherchant toujours à lui apporter quelque rafraîchissement ; c’est encore la dernière chose qu’elle fît avant de se coucher.
David arriva alors, il regarda son ami avec douleur et lui dit :
– Tu as bien mal ?
– Bien assez !
– Quel affreux lâche que ce Dutoit ! Le patron devrait le renvoyer tout de suite.
– Mon oncle sait-il que c’est lui qui m’a poussé ?
– Je ne sais pas, j’ai vu qu’il parlait au patron avec son air tout gentil, et je pense qu’il cherchait à le persuader qu’il n’avait absolument rien fait ; mais je voudrais le dire moi-même à M. Hardouin !
– Il ne faut pas faire cela.
– Pourquoi pas ?
– Parce que nous ne devons pas nous accuser les uns les autres.
– Mais c’est parfaitement vrai qu’il t’a poussé !
– Oui, et si mon oncle te questionne, tu ne peux pas mentir, mais tu ne dois pas aller le lui dire s’il ne te demande rien.
– C’est que M. Hardouin n’était pas là, il ne sait pas ce qui s’est passé, et il peut croire que c’est une maladresse de ta part.
– Dieu sait ce qu’il en est, et cela doit me suffire. Il sait pourquoi Dutoit cherche constamment à me faire du tort et j’ai confiance qu’Il arrangera les choses Lui-même…
Mais c’était déjà trop parler. Il souffrait tellement qu’il ne pouvait le supporter qu’en restant complètement tranquille.
Deux heures s’écoulèrent ainsi, puis Albert fut étonné d’entendre la voix de son oncle qui disait doucement derrière la porte :
– David !
– Oui, monsieur.
– Est-ce qu’Albert dort ?
– Non, monsieur, il souffre trop pour pouvoir dormir.
– Eh bien, viens un moment avec moi, tu retourneras bientôt auprès de lui.
David sortit, la porte fut refermée doucement et Albert n’entendit plus rien pendant longtemps.
Une chose extraordinaire était arrivée. L’accident d’Albert avait beaucoup ébranlé M. Hardouin et, juste au moment où il allait enfin se mettre au lit, bien plus tard que d’habitude, il se souvint qu’il avait laissé dans le bureau la caisse contenant son argent, qu’il emportait chaque soir avec lui. C’était une chose qui ne lui était encore jamais arrivée et il fut très contrarié en se le rappelant.
Mettant vite sa robe de chambre et ses pantoufles, il descendit bien doucement pour ne pas déranger Albert. Il n’alluma pas la lumière, car il savait si exactement où se trouvait la caisse qu’il lui était facile de mettre la main dessus. Il avait atteint ainsi la porte vitrée qui donnait dans le magasin et il allait l’ouvrir, quand il lui sembla voir la faible lumière d’une lampe tenue par quelqu’un. Tout d’abord il se sentit comme paralysé d’effroi ; mais il ne fit aucun bruit et se contenta de regarder. Alors il vit très bien le visage masqué d’un homme qui ouvrait des tiroirs, des caisses métalliques, et qui prenait une partie de leur contenu.
C’était sans doute peu dans chaque endroit, mais il y avait un grand panier à terre dans lequel il déposait ce qu’il prenait, et le tout représentait une grande quantité. Après avoir observé un moment, M. Hardouin monta rapidement et appela David. Il lui ouvrit doucement à l’arrière de la maison et l’envoya chercher la police, tandis qu’il resterait à surveiller son voleur.
Le temps lui parut long tandis qu’il voyait le voleur aller et venir dans le magasin, prenant du thé, du sucre, des épices, des fruits secs et d’autres denrées, comme quelqu’un qui savait parfaitement où mettre la main. Qui cela pouvait-il être ?
M. Hardouin se sentit bien soulagé quand David revint avec deux agents de police qui ne dirent pas un mot mais qui, après avoir regardé à leur tour par la porte vitrée, l’ouvrirent.
Ce bruit fit tourner la tête au voleur, il éteignit aussitôt sa lumière, traversa en courant le magasin et se dirigea vers une petite fenêtre tout au fond, par laquelle il était entré évidemment, en ayant eu bien soin, le soir, qu’elle ne fût pas fermée solidement.
Les agents eurent de la peine à s’emparer du voleur, mais ils y réussirent pourtant, et David se hâta d’allumer une lampe qui se trouvait sur le bureau.
M. Hardouin se rapprocha pour voir qui c’était, et quelle ne fût pas sa surprise et son indignation en reconnaissant Dutoit !
– Est-ce possible ? lui dit-il, à quoi avez-vous pensé ?
– Laissez-moi aller, monsieur Hardouin, je vous en prie, dit-il d’un ton pleureur, laissez-moi aller pour cette fois !
– Par exemple ! Nous voudrions bien voir cela ! dirent les agents en l’entraînant dehors.
Quand ils furent partis, M. Hardouin fit une nouvelle tournée dans la maison pour bien fermer portes et fenêtres, David le suivant partout avec la lampe, puis ils remontèrent.
– Où avez-vous été ? dit Albert très intrigué. Veux-tu avoir la gentillesse d’arranger un peu mon oreiller, je suis si mal !
David fit ce que son ami lui demandait ; mais il avait l’air si agité qu’Albert lui dit de nouveau :
– Où avez-vous été ?
– M. Hardouin avait besoin de moi au magasin.
– Pendant la nuit ! Quelle heure est-il ?
– Deux heures.
– Comment mon oncle pouvait-il avoir besoin de toi à ces heures ?
– Nous avons surpris un voleur qui prenait des marchandises dans le magasin. J’ai dû aller chercher des agents de police et on l’a attrapé.
– Que c’est affreux pour ce malheureux !
– Je crois bien.
David n’en dit pas davantage, car M. Hardouin lui avait expressément recommandé de ne rien raconter à Albert, de peur de l’exciter davantage. Il eut bien de la peine à garder le secret du nom du voleur, mais il y parvint tout de même, parce qu’il était obéissant.

Au grand soulagement des deux garçons, dès cinq heures du matin, Clarisse ouvrit doucement la porte. Elle envoya vite David se coucher sur le divan d’une chambre à côté, puis elle se dépêcha de préparer une bonne tasse de chocolat qu’elle apporta à Albert.
– Pauvre enfant ! lui dit-elle en lui caressant la main, tu souffres beaucoup ? Je voudrais bien pouvoir te soulager, mais Dieu le fera, j’en ai la ferme confiance.
– Oh ! Il le fait. Il me donne des pensées qui me consolent. Pendant que j’étais seul, je pensais que je serais bientôt réuni dans le ciel avec mon cher père.
– Je crois que ce ne sera pas encore. Mais que dis-tu d’être seul ? Je croyais que David était resté tout le temps avec toi ?
– Oh ! Oui, la plus grande partie de la nuit. Mais mon oncle l’a appelé pour lui aider à prendre un voleur.
– Un voleur !
– Oui, c’est ce que m’a dit David.
Clarisse était sûre qu’Albert délirait, aussi elle ne lui posa plus de questions, mais lui parla de manière à le calmer, puis lut de nouveau le Psaume 23.
Albert restait si tranquille pendant cette lecture que sa cousine espérait qu’il s’était enfin endormi et que cela lui ferait du bien.
Quand elle se rendit à la salle à manger, elle y trouva ses parents levés plus tôt que d’habitude ; ils étaient très agités et ennuyés par les événements de la nuit. On lui raconta ce qui s’était passé, à quoi elle répondit qu’elle n’en était pas du tout étonnée, car elle n’avait jamais pensé que Dutoit fût un homme de confiance.
– Je sais bien que tu ne l’aimais pas, lui dit son père, mais je pensais que ce n’était qu’une imagination de jeune fille. Comment se trouve Albert ce matin ?
– Il souffre énormément, et ce malheureux accident n’aurait jamais eu lieu sans Dutoit ! J’ai parfaitement vu qu’il l’a poussé et, comme Albert avait les deux bras chargés, il n’a pas pu se retenir. Évidemment il était jaloux d’Albert et il aurait voulu s’en débarrasser.
M. Hardouin monta pour voir son neveu et resta un moment auprès de lui.
Albert demanda à être envoyé à Villany, où il espérait que sa voisine, en souvenir de son père, voudrait bien le soigner. Ce qui le poussait à dire cela, c’est qu’il n’avait jamais oublié la parole que son oncle lui avait dite dans le train, « que ceux qui ne travaillaient pas n’avaient pas le droit de vivre ».
– Mon cher enfant, il est impossible de te transporter dans l’état où tu es ! Pourquoi voudrais-tu t’en aller ?
– Parce que je ne peux pas travailler maintenant, et qu’il se passera probablement longtemps avant que je puisse le faire, dit-il tristement.
– Ne t’inquiète pas de cela, mon enfant. Il faut que je te dise que, depuis que tu es ici, j’ai beaucoup réfléchi et j’en viens à comprendre que l’argent n’est pas tout ! Je vois que l’honnêteté, la droiture et la fidélité ont plus de valeur que beaucoup d’argent, et je te le montrerai en n’économisant rien pour te soigner, pour que tu puisses te remettre complètement. Ne t’inquiète pas, quand tu seras guéri, tu gagneras bien vite tout ce que tu voudras.
– Merci, merci, oncle Jacques, dit Albert réconforté. Je ferai tout mon possible pour être bientôt sur pied.
Mais les journées paraissaient bien longues à ce garçon, si actif jusque-là ; et souvent découragé en sentant sa faiblesse, il se demandait s’il pourrait être un jour comme auparavant.
Il ne craignait aucun travail et avait espéré faire rapidement son chemin, gagner beaucoup d’argent et s’en servir pour faire beaucoup de bien autour de lui ! Et le voilà couché sur le dos, incapable de quoi que ce soit et se demandant s’il ne serait pas handicapé toute sa vie !
C’était une véritable épreuve pour ce jeune chrétien, au moment où il désirait avancer dans le chemin étroit. Mais il se montrait très patient, supportait courageusement son mal, et témoignait beaucoup de reconnaissance pour tout ce qu’on faisait pour lui.
Son oncle venait souvent passer un moment auprès de lui, et leurs conversations étaient fort intéressantes pour tous les deux, car Albert avait ainsi l’occasion de montrer à M. Hardouin la paix et la joie qui remplissaient son cœur, même au milieu de cette dure épreuve.
Un jour M. Hardouin lui dit en arrivant :
– Mon brave garçon, tout est découvert à propos de cette commande qui n’avait pas été remise à M. Duport. Je viens d’assister au jugement de Dutoit et voici ce qu’il a révélé. Il paraît qu’il était associé avec sa sœur pour une petite boutique d’épicerie dans une partie de la ville très éloignée de chez nous. Or, depuis longtemps, il la fournissait de marchandises prises peu à peu dans nos magasins. Il voulait te faire trouver en faute, de peur que tu ne découvres ses combines. C’est lui qui avait pris cette commande qu’il t’accusait de n’avoir pas préparée. Quand il n’a plus pu faire autrement, il a tout avoué. Il a été condamné à deux ans de prison.
– Oh ! Que c’est triste !
– Il l’a bien mérité !
– Oui, mais c’est d’autant plus triste !… C’est extraordinaire qu’on ne se rende pas compte qu’on sera découvert un jour ou l’autre. Mon père disait toujours que, en fin de compte, on réussissait mieux en étant juste et honnête en tout. Quand on n’agit pas avec droiture, on doit être dans la crainte perpétuelle d’être découvert…
– Ton père était un brave homme, et je suis bien heureux d’avoir son fils pour m’aider ! Dépêche-toi de te rétablir, et tu verras que je te traiterai comme mon fils.
– Merci, oncle Jacques, je suis si content d’avoir retrouvé ton estime. J’ai été bien malheureux quand j’ai vu que tu n’avais pas confiance en ma parole.
– Tu as été malheureux ? dit M. Hardouin d’un ton de regret.
– Oh ! Oui, extrêmement. Ma seule consolation était que Dieu voit toutes choses et qu’Il savait bien que je disais la vérité.
-Cela te console, de savoir que Dieu voit tout ce que tu fais ?
– Oh ! Oui, et aussi cela me préserve du mal.
M. Hardouin se tut. Ces paroles lui ouvraient de nouveaux horizons ; il n’avait pas pensé jusque-là que Dieu voit tout ce que nous faisons et sait tout ce que nous pensons. C’était effrayant peut-être, mais, en considérant l’expression heureuse de ce garçon pâle et souffrant, il sentit que cette présence de Dieu pouvait aussi donner le bonheur.
Dès lors il passait de plus longs moments avec Albert et se montrait toujours tendre et affectueux pour lui.
M. Nicolas lui avait aussi envoyé des messages aimables par David, lui faisant dire combien il regrettait de ne pouvoir aller le voir lui-même. Cela lui était impossible à cause de ses rhumatismes, mais il parvint pourtant à lui écrire quelques lignes qui réjouirent beaucoup Albert, car c’était une chose toute nouvelle pour lui de recevoir une lettre !
Enfin le docteur lui permit de se lever et il l’assura que, dans quelques jours, il pourrait essayer de marcher à l’aide de béquilles. Ce fut déjà un grand plaisir que de sortir du lit, quoique le mouvement lui causât d’abord des vertiges.
Il se levait depuis quelques jours lorsque Clarisse monta vers lui et lui dit :
– Te sens-tu assez bien pour recevoir une visite ?
– Une visite ? Pour moi ! Qui cela peut-il bien être ?
– Une de tes anciennes amies, répondit Clarisse en souriant.
Et quelques minutes après, elle introduisait Mme Michel.
– Oh ! Madame Michel ! Est-ce bien vous ? Je suis si content de vous voir !
– Comment vas-tu, mon pauvre enfant ? Je viens d’apprendre ton accident par ton oncle dit-elle en s’asseyant près d’Albert. J’ai dû venir en ville pour aider ma fille mariée qui déménage, et je m’étais dit que je ne manquerais pas de te voir… Tu as bien changé, on voit que tu as beaucoup souffert, mais souffres-tu encore ?
– Oh ! Cela va beaucoup mieux… J’ai eu de la peine à le supporter au commencement, mais Dieu est venu à mon secours.
– Je suis si heureuse de t’entendre dire cela. « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rom. 8. 31). Nous ne pouvons qu’être heureux si nous réalisons Sa présence.
– Oh ! Oui, même au milieu de mes plus grandes souffrances, je peux dire que j’ai été heureux… Mais racontez-moi ce qu’on fait à Villany, j’ai soif de nouvelles du pays. Il me semble qu’il y a si longtemps que je l’ai quitté.
– Je n’en doute pas. Mais pour nous qui y sommes restés, il nous semble que le temps a passé bien vite et que rien n’est changé. Cependant je dois te dire que ton cher père nous manque beaucoup. Il ne parlait guère, mais sa bonne influence se faisait sentir autour de lui et surtout sur les enfants du village… Tu sais, nous avons gardé le meilleur de son mobilier et, quand tu le voudras, nous te le remettrons.
– Je crains, madame, dit tristement Albert, qu’il s’écoule bien du temps avant que j’aie la place de le loger, et il se passera sans doute des années avant que j’aie l’argent nécessaire pour vous payer ce que vous avez eu la bonté de donner pour cela. Je ne m’attends plus à faire fortune, je crains même de rester estropié.
– Je ne le crois pas. À ton âge les membres se raccommodent fort bien, et je pense qu’avec le temps tu seras aussi fort que si cet accident ne t’était pas arrivé, mais il faut prendre patience et ne faire aucune imprudence. Quant à la fortune, je vois avec joie que tu as commencé à avoir les meilleures richesses, continua Mme Michel en regardant le jeune garçon.
Un sourire brillant illumina le pâle visage d’Albert et il répondit :
– Oui, madame, c’est vrai. J’ai réellement les meilleures richesses, car je sais que Dieu m’a reçu comme Son enfant, et que, quoiqu’il m’arrive, je ne risque plus rien. Et, maintenant que j’ai le temps de lire beaucoup ma Bible, j’y découvre tous les jours de nouveaux trésors.
Mme Michel ne put rester longtemps auprès d’Albert, mais, lorsqu’elle le quitta, elle était remplie de reconnaissance envers Dieu pour l’œuvre qu’Il avait accomplie dans ce jeune cœur.
Quelques semaines plus tard, Albert fut en état d’accepter l’affectueuse invitation que lui fit le fermier Nicolas de venir passer un mois à Villany, dans son pays natal.
L’air de la campagne et la liberté dans ce lieu si rempli pour lui de souvenirs, lui firent un bien extraordinaire, même s’il n’avait pas encore la force de faire, avec son ami Sylvain, ces longues excursions dans les bois qu’ils aimaient tant.
Mais ils eurent pourtant beaucoup de plaisir à se retrouver ensemble et le joyeux Sylvain apprit de son ami à goûter des plaisirs supérieurs à ceux de la terre.
Avant son départ, Albert put visiter toutes ses anciennes connaissances ; et, quand enfin il retourna chez son oncle, ce fut le cœur plein de reconnaissance, et déterminé à se rendre le plus utile possible, tout en conservant continuellement devant lui la pensée que les richesses célestes sont les meilleures. Il désirait, selon la recommandation de l’apôtre, n’être « pas paresseux », mais rester en même temps « fervent en esprit » et « servant le Seigneur » (Rom. 12. 11).

D’après la Bonne Nouvelle 1953

 

L’ŒUVRE DE LA GRÂCE

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C’est par la grâce que vous êtes sauvés. Éph. 2. 8.

 

L’ŒUVRE DE LA GRÂCE

 

Les fils de Coré avaient la conscience de la grâce de Dieu, qui leur avait donné un service et une place dans l’habitation de l’Éternel, dans le temple (cf. Ps. 84).
L’apôtre Paul avait une conscience encore plus grande de la grâce. Il se nomme en Éph. 3. 8, « moins que le moindre de tous les saints » ; ailleurs, le premier des pécheurs (1 Tim. 1.15), et « le moindre des apôtres » (1 Cor. 15. 9). Pourtant, c’est précisément ce Saul de Tarse que la grâce a sauvé et a appelé à être un serviteur.
L’apôtre Pierre renia le Seigneur, et connut pour lui-même ce qu’est la vraie restauration ; la grâce lui donna la maturité pour être le berger et le gardien des brebis de Christ.
Jean-Marc s’était découragé, n’étant pas prêt pour le service, mais il fut relevé et put, plus tard, dans l’évangile qu’il écrivit, présenter le Seigneur Jésus comme le Serviteur de Dieu, fidèle et infatigable. (Act. 15. 37 à 39 ; 2 Tim. 4. 11).
Onésime, dont le nom signifie utile, était un esclave qui s’était enfui de chez son maître. C’est seulement après que, à Rome, il ait été amené au Seigneur par Paul, qu’il put rendre son nom honorable. Paul trouva en lui une assistance utile. (Philémon 10 à 13).
Lorsque Marie de Magdala vivait encore dans son état de pécheresse, elle était dans l’esclavage des puissances démoniaques ; mais quand elle fut libérée de la puissance du mal, elle aimait le Seigneur Jésus, et elle put apporter aux disciples le message infiniment merveilleux de Sa résurrection (Marc 16. 9 ; Jean 20. 17).
Tout cela, c’est ce que peut faire la grâce !
La grâce ne connaît pas de limites, et l’amour demeure éternellement.

 

D’après Der Herr ist nahe Mai 2020

 

LES NOMS COMPOSÉS DE JÉHOVAH (L’ÉTERNEL)

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LES NOMS COMPOSÉS DE JÉHOVAH (L’ÉTERNEL)

 

Et Dieu dit à Moïse : JE SUIS CELUI QUI SUIS. Et il dit : Tu diras ainsi aux fils d’Israël : JE SUIS m’a envoyé vers vous. Ex. 3. 14.

 

JÉHOVAH

Jéhovah est le deuxième nom de Dieu qu’on trouve dans l’Ancien Testament. Il apparaît pour la première fois en Genèse 2. 4, et il est employé, en tout, environ 6 000 fois. Il signifie : Celui qui était toujours, qui est toujours, qui sera toujours, l’Éternel. Il est mentionné beaucoup plus souvent dans la Bible que tout autre nom de Dieu.
Le sens du nom Jéhovah est donné par Dieu Lui-même. C’est un nom qui exprime la relation d’alliance avec l’homme. Vous vous souvenez sans doute comment l’Ange de l’Éternel – dans ce cas, nul autre que Jéhovah Lui-même – parla à Moïse à partir du buisson en feu qui n’était pourtant pas consumé. Il lui annonça qu’Il était descendu pour délivrer les fils d’Israël de l’esclavage cruel de l’Égypte, et donna à Moïse la mission d’être Son serviteur dans cette affaire.
Il semble que les Juifs avaient une révérence particulière pour ce nom de Jéhovah, au point qu’ils ne se permettaient pas de le prononcer. Ils employaient à sa place d’autres noms de Dieu. Puissions-nous, comme chrétiens, montrer de la révérence lorsque nous prononçons le saint nom de Dieu !
Nous allons par la suite considérer les différentes manières dont ce Nom merveilleux est amené devant nos yeux, en ajoutant un deuxième nom à celui de Jéhovah, montrant de quelle manière une bénédiction après l’autre vient à l’homme, et cela dans le fait de l’humanité de notre Seigneur, de Sa vie merveilleuse, et de Sa mort expiatoire sur la croix.

Et Abraham leva ses yeux, et vit, et voici, il y avait derrière lui un bélier retenu à un buisson par les cornes ; et Abraham alla et prit le bélier, et l’offrit en holocauste à la place de son fils. Et Abraham appela le nom de ce lieu-là : Jéhovah-Jiré, comme on dit aujourd’hui : En la montagne de l’Éternel il y sera pourvu. Gen. 22. 13 et 14

Et Isaac parla à Abraham, son père, et dit : Mon Père ! Et il dit : Me voici, mon fils. Et il dit : Voici le feu et le bois ; mais où est l’agneau pour l’holocauste ? Et Abraham dit : Mon fils, Dieu se pourvoira de l’agneau pour l’holocauste. Et ils allaient les deux ensemble. Gen. 22. 7 et 8.

 

JÉHOVAH-JIRÉ

On trouve ce nom composé en Gen. 22. 1 à 14. Nous lisons là que Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui commanda de prendre Isaac, le fils de la promesse, dont le nom même signifie rire, son fils unique né miraculeusement, et de l’offrir en holocauste. Nous nous souvenons qu’Abel offrit un sacrifice des premiers-nés de son troupeau. Noé, quand il sortit de l’arche, prit de toute bête pure et de tout animal pur, et les offrit en holocauste à l’Éternel. Mais là, c’était la première occasion où un sacrifice humain était demandé. Ce sacrifice est ainsi prophétique du Père offrant Son Fils bien-aimé.
Au moment critique précis où Abraham allait égorger son fils en obéissance à l’Éternel, sa main fut retenue, et Isaac fut épargné. C’est à ce moment-là que se placent les versets ci-dessus.
Cette scène eut lieu sur le Mont Morija. Des siècles s’écoulèrent, et nous voyons Jésus, le Jéhovah de l’Ancien Testament, mourir sur la croix infâme à Jérusalem, en vue du Mont Morija, comme accomplissement de la prophétie proférée par Abraham.

Dans les versets précédents, Isaac avait posé une question qui dut transpercer d’une angoisse profonde le cœur de son père. Il y avait là le bois et le feu, mais où était l’agneau pour l’holocauste ? La réponse prophétique d’Abraham fut que Dieu (Élohim) Lui-même pourvoirait à un agneau pour l’holocauste.
Comme cela est vu de façon glorieuse quand Jean le Baptiseur, le précurseur de Christ, contempla Jésus venant à lui et s’exclama : « Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! » (Jean 1. 29). Et cela fut montré de façon encore plus merveilleuse quand notre Sauveur mourut sur la croix du Calvaire, pour la gloire de Dieu, et pour procurer le salut à tous ceux qui mettent leur confiance en Lui.
On voit ainsi comment le mot Jiré, ajouté au mot Jéhovah, nous présente ce qui est préparé dans la pensée de Dieu pour la bénédiction de l’homme tristement tombé – le récit complet de la manière dont un Dieu qui conclut une alliance s’approcherait des hommes au prix de la mort de Son Fils bien-aimé.
Il ne nous sera jamais permis d’oublier cela. Dans la vision de la sainte cité descendant du ciel – présentation symbolique de l’Église en relation avec la période du Millénium, il nous est rappelé que le Dieu Tout-puissant, et l’Agneau, en sont la lumière ; que l’Église elle-même est la femme de l’Agneau. Quel privilège de pouvoir nous souvenir de ce précieux Agneau de Dieu dans Sa mort, encore de nos jours dans la fraction du pain !

Je suis l’Éternel qui te guérit. Puis ils vinrent à Élim, où il y avait douze fontaines d’eau et soixante-dix palmiers ; et ils campèrent là, auprès des eaux. Ex. 15. 27.

 

JÉHOVAH-ROSHI

L’Éternel qui te guérit (Ex. 15. 26) est la traduction du titre hébraïque Jéhovah-Roshi. La maladie, comme nous le savons, est la conséquence du péché. Si notre Seigneur devait s’occuper avec justice du fruit, Il devait s’occuper de la racine, et cela nécessitait la croix avec toutes ses souffrances et sa terreur. La vie de notre Seigneur, sous cet aspect, était extraordinaire.
Toutes les fois qu’Il guérissait un lépreux, toutes les fois qu’Il faisait marcher un boiteux, qu’Il rendait la vue à un aveugle, qu’Il faisait entendre un sourd, Il devait être profondément conscient que, en faisant cela, seule Sa mort en sacrifice sur la croix serait capable de résoudre la racine de la question du péché, et qu’elle montrerait qu’Il avait été juste en guérissant la pauvre humanité de ses souffrances, tristes fruits du péché. Par ces miracles à la vue des hommes, Il donnait sur la terre la preuve de Sa puissance pour pardonner. Nous lisons, en Luc 5. 24 et 25 : « Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés – il dit au paralytique : – Je te dis, lève-toi, prends ton petit lit et va dans ta maison. Et à l’instant, il se leva devant eux, prit le lit sur lequel il était couché et alla dans sa maison, glorifiant Dieu ».
Ce que le Seigneur accomplissait en partie lorsqu’Il était ici-bas dans l’humiliation, sera exposé dans sa plénitude et sa puissance au jour où Lui, le Soleil de justice, se lèvera avec la guérison dans Ses ailes (Mal. 4. 2).

 

Et Moïse bâtit un autel, et appela son nom : Jéhovah-Nissi ; et il dit : Parce que Jah a juré, l’Éternel aura la guerre contre Amalek de génération en génération. Ex. 17. 15.

 

JÉHOVAH-NISSI

Nous voyons, en Exode 17. 8 à 16, Amalek combattant contre les fils d’Israël à Rephidim. Moïse monta au haut de la colline, ayant le bâton de l’Éternel à la main, accompagné par Aaron et Hur. Quand Moïse levait la main, Israël avait le dessus ; quand il l’abaissait, c’était Amalek qui avait le dessus. Mais les mains de Moïse devenant pesantes, Aaron et Hur le firent asseoir sur une pierre, en lui tenant les mains élevées. Ils firent cela jusqu’au coucher du soleil. Et ainsi, Josué brisa le pouvoir d’Amalek et de son peuple avec le tranchant de l’épée.
Nous avons là un type merveilleux de l’intercession de notre Seigneur dans les hauts-lieux pour Son peuple dans son combat contre l’ennemi – le monde, la chair, et le diable.
Mais comme le contraste est frappant : les mains de Moïse devenant pesantes et fatiguées, nécessitant d’être soulevées – notre Souverain Sacrificateur, le Seigneur Jésus Christ, [intercède] ou [exerce sa fonction] dans la puissance d’une vie éternelle (Héb. 7. 16). En Lui, on ne voit pas que Ses mains saintes cessent d’être élevées, il n’y a jamais de défaillance en Lui. Ce qui, pour nous, cause défaite et humiliation, c’est que nous manquons de faire appel aux merveilleuses ressources que nous avons dans notre Seigneur pour nous aider dans le combat. Avec Lui, il n’y a que victoire.
Nous lisons que, à la suite de cette victoire sur Amalek, « Moïse bâtit un autel et appela son nom : Jehovah-Nissi » (L’Éternel mon enseigne) (Exode 17. 15). Sous une telle bannière, la seule chose possible, c’est la victoire.

 

Et l’Éternel lui dit : Paix te soit ; ne crains point, tu ne mourras pas. Et Gédéon bâtit là un autel à l’Éternel, et l’appela Jehovah-Shalom. Jusqu’à ce jour il est encore à Ophra des Abiézerites. Jug. 6. 23 et 24.

 

JÉHOVAH-SHALOM

Nous lisons que, au temps des Juges, les Madianites opprimaient fortement les fils d’Israël. Quand les Israélites crièrent à l’Éternel dans leur détresse, Il envoya un prophète avec un message très sérieux. Puis un ange de l’Éternel apparut à Gédéon, un jeune homme occupé à battre du froment dans le pressoir pour le cacher de devant les Madianites pillards. L’Ange de l’Éternel, Jéhovah Lui-même, impressionna le jeune homme en lui disant : « L’Éternel est avec toi, fort et vaillant homme » (Jug. 6. 12) et lui donna ensuite la mission de délivrer Israël du joug asservissant des Madianites.
Gédéon, voyant que Celui qui parlait avec lui était l’Ange de l’Éternel, demanda un signe, ce qui lui fut accordé. Gédéon prépara un chevreau et des pains sans levain d’un épha (22 litres) de farine. Il présenta ces choses à son Visiteur céleste, qui étendit le bout de son bâton et les toucha – et le feu monta du rocher et les consuma. Et l’Ange de l’Éternel disparut de devant lui.
Lorsque Gédéon s’aperçut que le Visiteur céleste était un ange de l’Éternel, il fut consterné. L’Éternel apaisa son esprit en lui disant : « Paix te soit ; ne crains point ; tu ne mourras pas » (Jug. 6. 23).
Ne pouvons-nous pas transposer cela dans le Nouveau Testament, et bénir Dieu pour la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, qui gardera nos cœurs et nos pensées dans le Christ Jésus. En conséquence, lorsque nos pensées sont occupées des choses qui sont vénérables, justes, pures, aimables, de bonne renommée, nous pouvons compter que le Dieu de paix, Jehovah-Shalom, sera avec nous. (cf Phil. 4. 4 à 9).

 

L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien. Ps. 23. 1.

 

JÉHOVAH-RAAB

Comme les premiers mots de ce Psaume 23 si connu sont connues et aimées partout par les chrétiens. Combien est réconfortante la pensée que le Seigneur est notre Berger. Comme Il prend soin de Ses brebis, et comme Il est patient quand elles s’écartent de dessous Sa main qui les protège et les guide.
Ces paroles ont apporté du réconfort à des multitudes de croyants éprouvés dans les temps de l’Ancien Testament, et également à des multitudes de croyants de la période chrétienne. On a écrit beaucoup de livres sur ce Psaume, et le thème en reste inépuisable.
N’est-ce pas merveilleux que l’Éternel Lui-même soit notre Berger alors que nous marchons à travers ce désert hostile, dans la vallée de l’ombre de la mort ? Le Bon Berger, non seulement est mort pour nous, mais comme le Grand Berger ressuscité d’entre les morts (Héb. 13. 20), Il vit pour nous et s’engage à prendre soin de nous à chaque pas de notre marche vers la Maison du Père. L’enfant de Dieu peut chanter avec triomphe : « Oui, la bonté et la gratuité me suivront tous les jours de ma vie, et mon habitation sera dans la maison de l’Éternel pour de longs jours ».

Ô Toi, notre grand Pasteur plein de grâce
Dont le sang a été versé pour nous,
Toi qui as été livré à la honte et à la mort,
Et tout cela pour nous amener près de Dieu !
Nos cœurs maintenant désirent T’adorer,
Nous jouissons maintenant de Ton amour qui a été jusqu’à la mort,
Alors que par la foi nous venons devant toi,
Cette foi qui élève nos âmes.

C. A. Wellesley

 

L’Éternel des armées est avec nous ; le Dieu de Jacob nous est une haute retraite. Sélah. Ps. 46. 7.

 

JÉHOVAH- SABAOTH

Ce nom signifie L’Éternel des armées [de l’univers]. On le trouve plus de 300 fois dans l’Ancien Testament. Il vaut la peine de remarquer que c’est la seule exception, parmi tous ces noms composés, qu’on trouve également dans le Nouveau Testament. En Rom. 9. 29, nous lisons : « Si le Seigneur Sabaoth ne nous avait laissé quelque semence, nous serions devenus comme Sodome et nous aurions été semblables à Gomorrhe ». De cette expression résulte l’emploi du mot Sabaoth, qui est l’équivalent grec de l’hébreu Tsaba (armée). Ce mot composé se trouve abondamment dans l’Ancien Testament. Dans Ésaïe seulement, on trouve soixante fois ce beau titre. Il implique la pensée d’une puissance et de ressources puissantes et irrésistibles dans les mains de l’Éternel.
Qu’il est heureux d’avoir l’assurance que nous avons l’Éternel, Jéhovah-Sabaoth, avec nous : rien de moins qu’un pouvoir tout-puissant de notre côté ; de savoir que le Dieu de Jacob est avec nous ; ce qui signifie que, si Dieu pouvait avoir de la patience avec une branche tordue comme l’était Jacob, ne sera-t-Il pas patient avec nous, qui sommes si loin de ce que nous pourrions être ?

Si nous nous étions confiés dans nos propres forces,
Nos efforts auraient été vains ;
Si nous n’avions pas eu à nos côtés l’Homme qui convenait,
L’Homme du propre choix de Dieu.
Demandes-tu qui cela peut être ?
C’est Jésus Christ, c’est Lui.
Son nom, c’est Jéhovah- Sabaoth,
Qui est le Même d’âge en âge,
Et Il gagnera la bataille.

Martin Luther

 

Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, et je susciterai à David un Germe juste ; et il régnera en roi et prospérera, et exercera le jugement et la justice dans le pays. Dans ses jours Juda sera sauvé et Israël demeurera en sécurité ; et c’est ici le nom dont on l’appellera : l’Éternel notre justice. Jér. 23. 5 et 6.

 

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Ce nom signifie L’Éternel notre justice. (Jér. 23. 6 et 33. 16). Lorsque le Seigneur viendra pour régner en justice sur ce monde débarrassé du péché et de sa triste histoire de sang et de larmes, il nous est dit quel sera Son nom.
Qu’il est précieux de savoir que la justice divine a été établie au travers de la mort propitiatoire de notre Seigneur, de sorte que la bénédiction peut en découler en faveur des pécheurs perdus.
Et lorsque nous voyons toutes les tourmentes au milieu des nations, certains régimes politiques menaçant de couvrir le monde de leur propagande opposée à Dieu, qu’il est heureux pour nous de savoir que le Seigneur établira Son gouvernement en justice dans ce monde.
Où la Ligue des nations unies, et toutes les autres organisations d’union, tous les efforts de l’homme échouent, notre Seigneur réussira, apportant la paix et la sécurité dans ce monde troublé. La création qui soupire réclame à haute voix le Prince de paix.

Seigneur, nos cœurs soupirent
Pour le jour glorieux, lorsque, à Ton retour,
Tous reconnaîtront Ton autorité.
Les chaînes tomberont devant Toi,
Ô puissant Roi des rois ;
Les anges T’adoreront,
Cependant que la création chantera.

C. A. Wellesley

 

Le circuit était de dix-huit mille coudées (9kms) ; et le nom de la ville, dès ce jour : l’Éternel est là. Éz. 48. 35.

 

JÉHOVAH-SHAMMA

Ce beau titre se trouve dans les dernières paroles de la prophétie d’Ézéchiel. Jérusalem a été en vérité une pierre pesante pour les nations, et le sera encore bien davantage : « Et il arrivera, en ce jour-là, que je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples : tous ceux qui s’en chargeront s’y meurtriront certainement ; et toutes les nations de la terre seront rassemblées contre elle. (Zach. 12. 3.)» Ce qui ne peut être accompli par les projets de l’homme, par ses parlements, par ses armées, par les astuces de sa diplomatie, sera effectué en un instant quand notre Seigneur prendra en mains les rênes du gouvernement. La paix viendra sur Jérusalem, qui a été la scène de conflits pendant des siècles. Lorsque le Prince de paix sera présent, comme tout sera tranquille.
Maintenant même, nous pouvons, individuellement, avoir la présence du Seigneur avec nous. Quel calme cela apporte à l’esprit. Quelle paroles merveilleuses, de terminer cette série de noms composés par :

L’Éternel est là

 

Dans Ta présence, nous sommes heureux,
Dans Ta présence, nous sommes en sécurité ;
Dans Ta présence, toutes les afflictions,
Nous pouvons les supporter.
Dans Ta présence nous pouvons triompher,
Nous pouvons souffrir, nous pouvons mourir.
Éloignés de Toi, nous sommes faibles ;
Que Ton amour nous garde donc près de Toi.

W. Williams

D’après The Lord is near Juillet à Août 1980

SAUL DE TARSE

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SAUL DE TARSE – Actes 9

Ce qu’il a ressenti dans des moments difficiles

 

Le sujet de ce message, c’est l’apôtre Paul, mais pas l’apôtre Paul dans l’immense ministère qui lui a été confié, mais plutôt l’apôtre Paul dans ce qu’il a pu ressentir dans trois circonstances difficiles de sa vie.
Pour cela nous allons commencer par lire un premier passage dans le livre des Actes au chapitre 9. « Or Saul, respirant encore menace et meurtre contre les disciples du Seigneur, alla au souverain sacrificateur et lui demanda pour Damas des lettres adressées aux synagogues, en sorte que, s’il en trouvait quelques-uns qui fussent de la voie, il les amenât, hommes et femmes, liés à Jérusalem. Et, comme il était en chemin, il arriva qu’il approcha de Damas ; et tout à coup une lumière brilla du ciel comme un éclair autour de lui. Et étant tombé par terre, il entendit une voix qui lui disait : Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? Et il dit : Qui es-tu, Seigneur ? Et il dit : Je suis Jésus que tu persécutes. Mais lève-toi, et entre dans la ville ; et il te sera dit ce que tu dois faire… Or il y avait à Damas un disciple nommé Ananias ; et le Seigneur lui dit en vision : Ananias ! Et il dit : Me voici, Seigneur. Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, et va dans la rue appelée la Droite, et cherche dans la maison de Judas un nommé Saul, de Tarse ; car voici, il prie, et il a vu en vision un homme nommé Ananias, entrant et lui imposant la main pour qu’il recouvrât la vue. Et Ananias répondit : Seigneur, j’ai ouï parler à plusieurs de cet homme, combien de maux il a faits à tes saints dans Jérusalem ; et ici il a pouvoir, de la part des principaux sacrificateurs, de lier tous ceux qui invoquent ton nom. Mais le Seigneur lui dit : Va ; car cet homme m’est un vase d’élection pour porter mon nom devant les nations et les rois, et les fils d’Israël ; car je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom » (v. 1 à 6, 10 à 16).
Pensons à ce qu’était Saul de Tarse : hébreu des Hébreux, depuis sa plus tendre enfance élevé dans le judaïsme. Dès qu’il a pu entendre, comprendre, cet enfant a été nourri de cette religion.
On peut dire, concernant Saul de Tarse, que le judaïsme, il l’a eu dans le biberon. Et non seulement cela, mais Saul de Tarse a adhéré de toutes les fibres de son être à ce qu’on lui a enseigné. Il a bu cette religion. Il a eu un zèle extraordinaire pour cette religion.
Il était plus avancé que les autres dans la connaissance du judaïsme. Il avait eu des maîtres renommés comme Gamaliel. Il avait développé une haine mortelle contre tout ce qui s’appelait chrétien. Il sentait, peut-être confusément, que le christianisme était la ruine du judaïsme.

Déjà dans le livre de Ruth, le premier qui a le pouvoir de rachat sur les possessions d’Élimélec, qui représente la loi, dit : « Je ne puis pas le racheter pour moi, de peur que je ne ruine mon héritage » (4. 6). Et peut-être que Saul de Tarse se rendait compte que ce christianisme risquait de ruiner le judaïsme auquel il était tellement attaché.
Et à cause de cette haine, le voilà sur le chemin de Damas, des lettres en poche pour lui faciliter l’accès auprès de tout ce qui était religieux à Damas et pour qu’il puisse ramener, liés, les chrétiens qu’il exécrait. Le voilà qui est arrêté sur son chemin, et jeté par terre. Voilà que, dans une poignée de minutes, peut-être une poignée de secondes, tout son judaïsme va voler en éclats, tout ce à quoi il s’était raccroché jusqu’à ce jour-là. Eh bien ! tout, tout a été pulvérisé.
Le voilà par terre comme un autre, son homonyme dans l’Ancien Testament. Lui aussi de la tribu de Benjamin, lui aussi, il s’appelle Saül. Il est le premier roi d’Israël. Lui aussi était grand, grand de taille, dépassant tout le peuple de la tête. Vous me direz : Saul de Tarse était-il si grand ? Peut-être pas physiquement, mais il dépassait tout le monde sur le plan religieux.
Il avançait plus que ses congénères dans la connaissance du judaïsme, et le voilà aussi par terre. Seulement la grande différence, c’est que, si Saül est tombé par terre de toute sa hauteur, cette chute à En-Dor (1 Sam. 28. 20) annonçait la chute définitive de cet homme qui s’est jeté sur son épée pour se suicider (1 Sam. 31. 4).

Saul de Tarse est aussi par terre. Il y a aussi une épée, mais cette épée c’est la parole du Seigneur qui s’adresse à lui, qui va lui donner une vie éternelle. Lorsque, par terre, il a perdu tout son judaïsme, cet homme qui ne peut plus se raccrocher à rien, entend cette voix : « Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? »
Nous avons, dans la Parole, sept personnes qui sont appelées deux fois par leur nom, et dans chacun de ces sept cas, on peut dire qu’il y a une émotion divine dans des circonstances particulièrement émouvantes où nous sentons battre le cœur de Dieu.

La première fois, c’est quand Abraham, à Morija, a son couteau levé sur son fils et que pour lui se sont éteintes en cet instant toutes ses aspirations, tous ses espoirs. Isaac, c’était le fils de la promesse et voilà qu’il lui faut le sacrifier, là à Morija. Et au moment où il est déterminé à obéir quoiqu’il lui en coûte, la voix de l’Éternel se fait entendre : « Abraham ! Abraham !… N’étends pas ta main sur l’enfant ». Dieu, en arrêtant la main d’Abraham levée sur son fils Isaac, pensait à ce moment où il n’y aurait personne pour arrêter Sa main lorsqu’Il frapperait Son Fils bien-aimé et qu’il revendiquerait sur Sa tête sainte l’éternité de notre châtiment.

Le deuxième qui a été appelé deux fois par son nom, c’est Jacob. Jacob est un homme qui a toujours été conduit par sa propre volonté. Là, il se trouve aux confins d’Israël, prêt à descendre en Égypte d’où l’appelle son fils bien-aimé, Joseph, ce fils qu’il pensait ne jamais revoir. Eh bien ! cet homme s’arrête. Il a appris à faire passer Dieu d’abord, et là il entend la voix divine s’adresser à lui pour lui dire : « Jacob ! Jacob !… ne crains pas de descendre en Égypte » (Gen. 46. 2 et 3). Dieu a mûri pour Lui-même, dans la vie de cet homme, un fruit infini pour Son cœur, parce que c’est Lui qui l’a fait.

Un troisième qui s’est fait appeler deux fois par son nom, c’est Moïse au buisson ardent. A l’âge où l’on met les gens largement à la retraite, Dieu, l’Éternel, va l’appeler du milieu du buisson : « Moïse, Moïse ». A ce moment-là, dans ce buisson, Moïse avait déjà un avant-goût de tout ce qui l’attendait. Un buisson à épines, c’était Israël, c’était dans le désert qu’il allait traverser avec ce peuple pendant quarante ans, et puis il y avait la présence de Dieu, la présence du Dieu de jugement dont le feu nous parle, mais en même temps le Dieu de grâce parce que le buisson n’était pas consumé.

Abraham, Jacob, Moïse et puis aussi – peut-être – pour des enfants qui nous écoutent – un enfant qui a entendu la voix de l’Éternel l’appeler deux fois par son nom : « Samuel, Samuel ». Il n’y a pas d’enfant trop petit pour entendre la voix de Dieu. Dieu t’appelle. Le Seigneur Jésus désire entrer en communication avec toi.
S’il y a quatre exemples d’hommes appelés deux fois par leur nom dans l’Ancien Testament, il y en a trois dans le Nouveau.

Le premier dans le Nouveau Testament, c’est dans Luc 10 : « Marthe, Marthe » (v. 41), qui était tellement accaparée par son service. Elle en oubliait peut-être un peu les motifs. Elle avait peut-être fait passer son service avant son Maître et par ce qu’elle faisait ; elle a besoin que le Seigneur l’appelle deux fois par son nom : « Marthe, Marthe, tu es en souci et tu te tourmentes de beaucoup de choses ». Mes amis, est-ce que, souvent, cette frénésie de Marthe ne peut pas aussi nous gagner ? Elle avait oublié qu’il y avait quelque chose de plus important que le service qui l’accaparait tant. Il y avait cette place que sa sœur occupait aux pieds du Seigneur. Quelle est la priorité dans notre vie ? Est-ce que c’est l’activité, ou d’abord cette communion avec le Seigneur à la veille de Sa mort ? « Marthe, Marthe ».

Et puis, peu avant qu’Il souffre sur la croix, le Seigneur s’est adressé à son disciple Simon Pierre : « Simon, Simon, voici, Satan a demandé à vous avoir pour vous cribler comme le blé ; mais moi, j’ai prié pour toi » (Luc 22. 31 et 32). Oui, le Seigneur savait de quoi serait capable Pierre – de Le renier. Pierre, lui, ne se connaissait pas. Il avait affirmé beaucoup de belles choses, et nous aussi, nous sommes capables d’affirmer de très belles choses. Nous sommes capables de chanter des cantiques magnifiques : « Aussi rien sur la terre n’a d’attrait pour mon cœur ». Et puis, qu’en est-il dans la pratique ? Ne devons-nous pas tous confesser qu’il y a un immense fossé entre ce que nous disons, ce que nous sommes capables de dire, et ce que nous réalisons ? Le Seigneur disait des pharisiens à Ses disciples : « Toutes les choses donc qu’ils vous diront, faites-les et observez-les ; mais ne faites pas selon leurs œuvres, car ils disent et ne font pas » (Mat. 23. 3).

Mes amis, est-ce que ce n’est pas une parole pour nos consciences ? Le Seigneur dit aussi : « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13. 17). Le Seigneur a prié pour Pierre. Pierre a affirmé au Seigneur qu’il ne le quitterait point, et il a dû faire la triste expérience de ce qu’était son cœur.
Et là, nous avons le dernier, le septième. « Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? » Saul de Tarse alors va poser cette question : « Qui es-tu, Seigneur ? » Il ne pose pas une question sur la doctrine, il ne pose pas une question pour avoir une explication. Il a eu à faire à une Personne. Et cette question peut aussi résonner dans notre cœur : « Qui es-tu, Seigneur ? ». Est-ce que ce n’est pas l’interrogation qui devrait jalonner chaque jour de notre vie ? « Qui es-tu, Seigneur ? » Dans le chapitre 24 de la Genèse, nous avons Rebecca qui sort du désert, accompagnée par le serviteur, et lorsqu’elle lève ses yeux, elle voit un homme qui marche dans les champs. Elle aussi pose une question : « Qui est cet homme qui marche dans les champs à notre rencontre ? Et le serviteur dit : C’est mon seigneur » (Gen. 24. 65). Bien-aimés, est-ce que nous sommes conscients que notre vie chrétienne, c’est avant tout une Personne que nous sommes invités à découvrir chaque jour de notre vie ?

L’apôtre Paul dit dans l’épître aux Philippiens, au chapitre 3 : « pour le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances » (v. 10).
Alors le Seigneur répond à Saul de Tarse : « Je suis Jésus que tu persécutes ». Et là, déjà, nous avons un des mystères, qui sera confié à l’apôtre Paul, d’expliciter spécialement aux Éphésiens, ce lien indissoluble qui existe entre la Tête glorifiée dans le ciel et Son corps sur la terre. « Je suis Jésus que tu persécutes ». En persécutant les chrétiens, c’était Christ Lui-même qu’il persécutait. Nous sommes liés, bien-aimés, d’une manière indissoluble à la Personne de notre Bien-aimé.

Ce mystère de Christ composé de la Tête glorifiée dans le ciel et de Son corps que nous constituons sur la terre : voilà cette intimité dans laquelle nous sommes introduits. Nous avons ensuite aussi ces paroles du Seigneur s’adressant toujours à Saul de Tarse tombé par terre : « il te sera dit ce que tu dois faire ». Jusqu’à présent, c’est Saul de Tarse qui tenait les rênes. Et voilà les rênes de sa vie qui vont changer de mains. Qu’en est-il de notre christianisme ? Ce n’est pas suffisant de dire : Dieu voulant par ci, Dieu voulant par là. Mais est-ce que nous réalisons que les rênes de notre vie, normalement, ne sont plus entre nos mains, mais entre les mains de Celui qui nous a aimés jusqu’à la mort de la croix ? Saul de Tarse, qui avait fait des démarches pour avoir ces lettres, qui avait pris l’initiative d’aller à Damas, entend maintenant que quelqu’un d’autre que lui a un plan pour sa vie. Est-ce que nous réalisons aussi que le Seigneur désire prendre les rênes de notre vie ?
Il ne désire pas que nous les tenions et que nous soyons toujours conduits par notre propre volonté. Lui désire maintenant nous diriger.

Imaginons Saul de Tarse maintenant aveugle pendant trois jours. Il lui fallait bien trois jours pour surmonter cet évènement inouï, ce cataclysme dans sa vie qui s’est produit sur le chemin de Damas. Mes amis, n’y avait-il pas, humainement, le risque d’en perdre la raison ? Tout ce sur quoi il s’était appuyé avait été pulvérisé. Il a fallu les soins du Seigneur pour garder l’esprit de Paul. « Tes soins ont gardé mon esprit » dit Job (10. 12).

Je voudrais aussi dire un mot d’Ananias. C’est la seule mention que nous avons de ce serviteur du Seigneur. Et comme cela est touchant. L’important pour nous, ce n’est pas d’en faire beaucoup. L’important pour nous, c’est de faire exactement ce que le Seigneur désire que nous fassions.
Ananias est là, disponible. Lorsque le Seigneur l’appelle, nous l’entendons dire : « Me voici, Seigneur ». Voilà la disposition d’Ananias. Où en sommes-nous par rapport au Seigneur ? Lorsqu’Il veut nous employer, sommes-nous prêts à dire : « Me voici, Seigneur » ? Et lorsqu’il entend la mission qui lui est confiée, on peut imaginer que ses oreilles ont quelque peu tinté quand il a entendu le nom de Saul de Tarse. Il ne l’avait peut-être jamais vu, mais il en avait entendu parler. Pour lui, Saul de Tarse était un ennemi juré du christianisme. Et non seulement cela, mais il savait que Saul de Tarse était en route pour venir à Damas, respirant menace et meurtre contre des gens comme lui.
Imaginons les chrétiens de Damas. Peut-être ont-ils prié, peut-être ont-ils supplié le Seigneur : « Seigneur, un terroriste vient pour nous persécuter. Empêche-le de venir ». Ils ont peut-être prié pour que le Seigneur empêche Saul de Tarse de venir. Le Seigneur a répondu à leur prière, mais différemment. Ils craignaient un ennemi, le Seigneur leur envoie un frère.
Et lorsque Ananias entend parler de Saul de Tarse, il entend aussi : « cet homme m’est un vase d’élection ». Un vase, c’est un récipient. Souvent dans la Parole on parle de vases. Aujourd’hui, un vase est fait pour mettre des fleurs. Mais dans ce temps-là, un vase, c’était en général tout ce qui était un récipient, un récipient dans lequel on met quelque chose. Et nous sommes, à ce titre-là, tous des vases que le Seigneur voudrait remplir. Bien sûr, si le vase est plein de choses du monde, le Seigneur ne pourra rien y mettre. Mais si le vase que nous représentons tous est disponible dans la main du Seigneur, le Seigneur voudra, selon ce qui est dit dans la 2e épître aux Corinthiens au chapitre 4, y mettre un trésor. « Cet homme m’est un vase d’élection ».
Quel projet majestueux, souverain, avait le Seigneur à l’égard de Saul de Tarse ! Quand nous pensons que cet homme était un danger. Quelquefois on dit : oui, il y a un grand miracle dont nous parle la Parole. C’est le Seigneur qui dit : « si ceux-ci se taisent, les pierres crieront » (Luc 19. 40). Bien sûr, cette phrase du Seigneur a un aspect prophétique. Les ruines sont là pour nous enseigner. Mais malgré tout, une pierre qui crie, c’est un grand miracle. Mais quand même, une pierre n’a pas de volonté opposée au Seigneur. Une pierre, c’est inerte, tandis que Saul de Tarse avait une volonté complètement opposée au Seigneur, et le Seigneur l’a brisé pour en faire un vase à honneur pour lui.

Aussi, dernier point quant à cette scène. Il est dit : « je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom ». Le Seigneur Jésus ne nous a jamais promis une vie facile. Le Seigneur Jésus n’a jamais dit que, quand on devient chrétien, on doit annoncer l’évangile en disant : « Devenez chrétien et tout sera merveilleux ». Oui, d’un côté tout sera merveilleux, mais d’un autre côté les souffrances ne nous seront pas forcément épargnées.
Et l’apôtre Paul en a fait l’expérience plus que la plupart d’entre nous. Lorsque nous lisons le chapitre 11 de la 2e épître aux Corinthiens nous voyons dans quelles conditions d’adversité, de persécutions, de difficultés, il a exercé le ministère que le Seigneur lui avait confié. Mais en même temps, lorsqu’il se trouve une fois dans le banc des accusés, en face d’Agrippa et de Bérénice qui sont là en grande pompe, si on avait pu à ce moment-là prendre une photo et qu’on montre cela à un enfant : d’un côté, le roi, la reine, et d’un autre côté un prévenu dans le banc des accusés, on aurait pu demander à un enfant : « à la place duquel tu aurais aimé être ? » Humainement la réponse est : « je voudrais être comme le roi et pas comme ce pauvre prisonnier qu’on sort de sa cellule et qui va y retourner ». Et pourtant l’apôtre Paul va dire à tous ces gens bien, à tous ces gens qui tiennent le haut du pavé, tous ces gens qui semblent avoir la vie si facile : « Plût à Dieu que non seulement toi, mais aussi tous ceux qui m’entendent aujourd’hui, vous deveniez de toutes manières tels que je suis, à part ces liens » (Actes 26. 29). C’est-à-dire que Paul n’enviait absolument personne. Il avait trouvé dans le cœur du Seigneur Jésus ce qu’il n’était prêt à échanger contre rien du tout.

Nous allons passer à une autre circonstance que nous trouvons aussi dans les Actes, cette deuxième circonstance où l’apôtre Paul a passé un moment difficile. Nous lirons simplement le verset 11 d’Act. 23 :
« Et la nuit suivante, le Seigneur se tint près de lui et dit : Aie bon courage ; car comme tu as rendu témoignage des choses qui me regardent, à Jérusalem, ainsi il faut que tu rendes témoignage aussi à Rome ».
Je ne sais pas s’il vous arrive, le soir, en posant votre tête sur l’oreiller, de repasser mentalement la journée. Vous vous souvenez peut-être que vous n’avez pas été tout à fait ce qu’il faut, peut-être que vous n’avez pas su saisir une occasion d’annoncer l’évangile, vous vous souvenez peut-être d’une parole qui n’était pas vraiment dans la lumière, d’une pensée qui n’était pas digne de notre Seigneur.
L’apôtre Paul en est un peu là. Il est là dans une prison froide, peut-être n’a-t-il pas d’oreiller, mais on peut imaginer qu’il repasse les évènements de la journée. Il pouvait penser à sa comparution devant le sanhédrin, un tribunal qui lui est particulièrement hostile parce que, pour le sanhédrin, ce tribunal religieux, Paul est un traître, c’est un renégat. Il y a peut-être, parmi le tribunal, des gens avec lesquels il a grandi, certains avec lesquels il a échangé sur le judaïsme autrefois, et maintenant ses anciens coreligionnaires sont tous ses ennemis, par dessus tout parce que tous ces gens-là ne peuvent pas lui pardonner une chose : c’est d’avoir osé toucher à leur monopole. Les Juifs étaient absolument persuadés d’avoir l’exclusivité de la bénédiction divine. Et dans ce que Paul avait dit dans son dernier discours du chapitre 22, on l’a écouté jusqu’à cette dernière phrase où le Seigneur a dit à Paul : « Va, car je t’enverrai au loin vers les nations » (v. 21).
Comment ces nations qui étaient honnies des Juifs, comment ose-t-il dire que ces gens peuvent accéder à la bénédiction ? Alors, devant ce tribunal, Paul a pu mesurer combien il était loin de son Maître.
Peut-être que c’était le même endroit où le Seigneur Jésus a comparu devant Caïphe. Bien sûr, le Seigneur a été là dans ce tribunal dans Sa perfection divine, alors que Paul a commencé à mal parler au souverain sacrificateur et qu’il a dû s’en excuser publiquement devant tout le monde. Il a pu mesurer ce qui le distançait de son Maître.
Il a aussi, en utilisant les tensions qui existaient dans ce sanhédrin entre les pharisiens et les sadducéens,  jetés ces hommes les uns contre les autres en lançant le sujet de la résurrection. Oui, c’était peut-être très diplomatique, mais était-ce digne de son Maître ? Paul est là maintenant dans sa prison.
Il y a bien des choses aussi dans notre vie que nous voudrions peut-être faire, et nous ne le pouvons pas. Et puis au milieu de cette prison, cette nuit-là, tout à coup quelque chose s’éclaire : le Seigneur est là pour encourager Son serviteur découragé. Oui, Paul pouvait mesurer qu’il n’avait pas été ce qu’il fallait. Pourtant le Seigneur est là pour l’encourager, pour lui renouveler son mandat : « tu as rendu témoignage des choses qui me regardent, à Jérusalem, ainsi il faut que tu rendes témoignage aussi à Rome ».
Le Seigneur l’encourage. Lorsque nous sommes découragés – et peut-être est-ce le cas de l’un ou l’autre de ceux qui écoutent ce message – souvenons-nous que nous ne sommes pas des surhommes, l’apôtre Paul non plus. Mais nous avons le même Seigneur, Celui qui veut se tenir auprès de chacun de Ses bien-aimés, alors que, bien souvent, nous ne sommes pas ce qu’il faut. Nous pouvons nous remémorer des journées qui n’ont pas été à Sa gloire. Le Seigneur est là. Il est Celui qui ne fait pas de reproches, toujours disposé à Se tenir auprès des Siens pour les encourager.
Le programme, le Seigneur le lui annonce : tu rendras témoignage à Rome. Les Juifs avaient bien un autre projet pour l’apôtre Paul. Ils voulaient, avec ruse, le faire transporter, le faire sortir, pour le faire interroger. Leur intention : c’était de le tuer. Ils s’étaient même inscrits dans une espèce de conjuration. Ils avaient dit qu’ils ne mangeraient pas jusqu’à ce qu’ils aient tué Paul. Mais ce n’est pas ce que les hommes échafaudent, les complots des hommes, qui s’accomplissent. La Parole de Dieu, c’est celle-là qui s’accomplira. On pense à ces hommes qui avaient fait un vœu de ne pas manger. J’imagine, au bout de quelques jours, comment ils ont été devant la nourriture… Ils ont bien été obligés de manger, reconnaissant que le vœu par lequel ils s’étaient liés, ils avaient bien été obligés de l’enfreindre, désobéissant ainsi à la loi. Mais leur judaïsme était tellement attaché à leur corps, que cela n’a pas parlé, semble-t-il, à leur conscience et à leur cœur.

La troisième circonstance, et la dernière, c’est lorsque Paul est en prison. Nous savons que Paul a été surabondamment en prison. Il le dit dans le chapitre 11 de la 2e épître aux Corinthiens.
Là, Paul est dans une prison particulièrement difficile. C’est sa dernière captivité à Rome. Il y en avait eu une première, où c’était plutôt de la garde à vue, où il avait été, bien sûr, gardé par des soldats, mais où il avait quand même possibilité de voir des frères et sœurs, et de les recevoir dans son appartement (Act. 28. 16,30).
Mais là, dans la 2e épître à Timothée au chapitre 1er, il écrit :
« Tu sais ceci, que tous ceux qui sont en Asie, du nombre desquels sont Phygelle et Hermogène, se sont détournés de moi. Le Seigneur fasse miséricorde à la maison d’Onésiphore, car il m’a souvent consolé et n’a point eu honte de ma chaîne, mais, quand il a été à Rome, il m’a cherché très-soigneusement et il m’a trouvé. Le Seigneur lui fasse trouver miséricorde de la part du Seigneur dans ce jour-là ; et tu sais mieux que personne combien de services il a rendus dans Éphèse » (v. 15-18).
C’est la dernière captivité de Paul. Il n’en sortira que pour aller au supplice. Nous lisons aussi l’autre passage qui nous parle, dans cette même captivité, de ce qu’a connu ce serviteur à la fin de sa vie.
« Or j’ai envoyé Tychique à Éphèse. Quand tu viendras, apporte le manteau que j’ai laissé en Troade chez Carpus, et les livres, spécialement les parchemins. Alexandre, l’ouvrier en cuivre, a montré envers moi beaucoup de méchanceté ; le Seigneur lui rendra selon ses œuvres. Garde-toi aussi de lui, car il s’est fort opposé à nos paroles. Dans ma première défense, personne n’a été avec moi, mais tous m’ont abandonné : que cela ne leur soit pas imputé. Mais le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié, afin que par moi la prédication fût pleinement accomplie et que toutes les nations l’entendissent ; et j’ai été délivré de la gueule du lion. Le Seigneur me délivrera de toute mauvaise œuvre et me conservera pour son royaume céleste. À lui la gloire, aux siècles des siècles ! Amen » (2 Tim. 4. 12 à 18).
Paul est un vieillard, dans une prison difficile, mêlé peut-être avec toute sorte de prisonniers de droit commun. C’est un vieillard, et il a besoin d’un manteau. Le grand apôtre, grelottant peut-être dans une nuit froide, était emprisonné – et pourtant ce n’était pas cela qui étreignait le plus son cœur. Bien sûr, il n’était pas un surhomme, bien sûr, il ne passait pas au-dessus des circonstances. Mais sa tristesse, c’est ce qu’il exprime dans le début de notre lecture lorsqu’il dit « tous ceux qui sont en Asie, du nombre desquels sont Phygelle et Hermogène, se sont détournés de moi ».
Ce n’était pas tellement qu’on avait abandonné physiquement l’apôtre Paul, c’est qu’on ne voulait plus de son enseignement. Et cela, c’est extrêmement solennel dans les jours dans lesquels nous sommes arrivés. L’apôtre Paul avait enseigné fidèlement ce que le Seigneur lui avait confié. On avait voulu un christianisme plus facile, en particulier il y avait ce qu’il a enseigné dans l’épître aux Romains, la ruine totale de l’homme, ce qui est diamétralement opposé à l’esprit du monde qui base tout sur l’humain. Eh bien ! cela on n’en voulait plus. Quelle tristesse pour l’apôtre !

Dans un temps aussi très sombre, celui du livre des Juges au chapitre 2, nous avons ce verset si poignant qui ressemble un peu à ce que nous avons là lorsqu’il nous est dit que « l’Ange de l’Éternel monta de Guilgal à Bokim ». Guilgal c’était justement l’endroit du jugement de la chair, de la circoncision. Et pourquoi l’ange quitte-t-il ce lieu ? Il le quitte parce qu’il n’y avait plus personne, et il s’en va à Bokim, le lieu des pleurs.
Où en sommes-nous par rapport à cela ? Est-ce que, dans notre vie chrétienne, nous intégrons ce « mourir de Jésus » (2 Cor. 4. 10), est-ce que nous intégrons cet enseignement que Paul nous a donné d’une manière si nette, ou bien ou est-ce que nous voulons abandonner Paul, nous aussi, pour un christianisme plus facile ? Et alors que Paul était en proie à un découragement que l’on peut bien comprendre, une visite s’est trouvée là.
Chercher un prisonnier à Rome, dans cette immense fourmilière, était un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Mais on voit avec quelle persévérance Onésiphore l’a fait, la persévérance que Dieu lui a donnée d’avoir pour chercher Paul. Onésiphore est là. Il encourage Paul, une fois ? Non, plusieurs fois.
Sa présence est là, mais aussi les paroles que Dieu lui a données. N’oublions pas aussi ce service. Nous avons peut-être des frères et sœurs qui sont découragés. Est-ce que nous avons à cœur ces âmes qui passent peut-être silencieusement, sans le dire, par un grand découragement ?

Onésiphore – alors que ce n’est pas tellement reluisant d’aller visiter un prisonnier, on préfère aller visiter un prince – lui n’a pas eu honte de la chaîne de Paul. Il est allé dans sa prison pour lui prodiguer les encouragements que le Seigneur lui a donnés à son égard. Il y a eu des comparutions devant le tribunal de l’empereur, Paul s’est senti tout seul, mais en même temps il a réalisé la proximité de son Seigneur, qui est Celui qui a promis d’être avec chacun des Siens, dans quelque circonstance que ce soit.

Le Seigneur est là, bien-aimés, près de chacun. Vous êtes seul, personne à qui parler ? Le Seigneur veut se tenir auprès de chacun. Nous ne sommes pas l’apôtre Paul, mais nous avons le même Seigneur, et Ses promesses demeurent. « Et voici, moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle » (Mat. 28. 20). Ce sont les dernières paroles du Seigneur dans l’évangile selon Matthieu.

D’après Message donné sur : https://edification.bible/
Mai 2020

 

NOS PRIORITÉS

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Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ, cherchez ce qui est en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu ; pensez à ce qui est en haut, non pas à ce qui est sur la terre. Col. 3. 1 et 2.
Levé le matin, longtemps avant le jour, Jésus se rendit dans un lieu désert, et il priait là. Marc 1. 35.

 

NOS PRIORITÉS

 

Tout se précipite, le temps est si court, la vie si trépidante… Les agendas sont souvent si remplis que le risque est grand, pour un chrétien, de négliger la lecture de la Bible et la prière. Le matin, c’est la course pour ne pas être en retard, et le soir, la fatigue est là ! Il arrive que nos semaines passent sans un contact réel avec notre Seigneur.
Si le début de nos journées Lui est consacré, les heures qui suivront seront vécues sous Son regard et dans Sa dépendance. Ne nous cherchons pas d’excuses, remettons nos priorités dans le bon ordre, et nous pourrons affronter la journée dans la paix et avec la force de la foi.
Si nous négligeons la lecture de la Parole de Dieu, nous en ressentons un vide. Peut-être tentons-nous de le combler par ce qu’offre le monde, mais cela ne le remplira jamais. Mettons notre confiance en Dieu, qui nous a réservé quelque chose de meilleur : la joie de la présence de Jésus. Prenons le temps de prier et de lire notre Bible. Cherchons-y le Seigneur Jésus. Puisque Lui de son côté, a cherché des disciples pour « être avec lui » (Marc 3. 14) nous ne pouvons pas manquer de goûter Sa présence.
Plus qu’une activité, la prière est avant tout une attitude. Elle exprime notre relation avec Dieu, une relation de confiance et d’amour. Un chrétien disait : « Un moment passé avec Dieu dans la prière fait pâlir les plaisirs et les joies de cette terre ». Est-ce aussi notre expérience  ?

D’après la Bonne Semence Mai 2020
Éditeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com)

TRADUCTIONS DE FEUILLETS (16)

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TRADUCTIONS DE FEUILLETS (16)

 

Je considère toutes choses comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur, à cause de qui j’ai fait la perte de toutes et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ. Phil. 3. 8.
Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ. Éph. 1. 3.

RICHESSES CÉLESTES

Un commerçant chinois était très à l’aise. Mais quand il se convertit au Seigneur Jésus, ses conditions de vie changèrent. Tout à coup, les membres de sa parenté lui tournèrent le dos. Et ses clients aussi s’éloignèrent, de sorte que, petit à petit, il dut vendre la plus grande partie de ses biens.
Un jour, un ami lui rendit visite. Quand il vit sa maison des plus modestes avec un petit jardin, dont il devait maintenant se contenter, il le plaignit. Mais le chrétien lui répondit : – Oui, mon jardin est petit, ni long ni large, mais – en pointant le ciel du doigt, il ajouta en souriant : – mais il est très haut ! Sur la terre, il avait presque tout perdu, mais au ciel sa richesse était illimitée.
Comme l’apôtre Paul dans le verset ci-dessus, cet homme est un modèle pour tous ceux qui connaissent le Seigneur Jésus comme leur Sauveur. Comment réagirions-nous, si tout ce qui nous rend la vie facile nous était enlevé ? Serions-nous satisfaits des richesses que nous possédons en Christ ?
Le Seigneur Jésus a dit à Ses disciples :
« Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la mite et la rouille détruisent, et où les voleurs font effraction et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le ciel … car là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur (Mat. 6. 19 à 21).

D’après Der Herr ist nahe Avril 2020

Tu les caches dans le lieu secret de ta face… tu les mets à couvert. Ps. 31. 20.

LE BONHEUR DE LA PRÉSENCE DE DIEU

Fritz von Bodelschwingh (1831-1910), qui a accompli une œuvre d’amour remarquable envers les enfants déficients et en détresse, racontait :
Un soir, quand nous étions encore petits, ma sœur et moi, nous ne pouvions pas nous endormir, et l’obscurité nous faisait de plus en plus peur. Ma sœur me dit : – Viens, nous irons dans le séjour. Cela me semblait être une entreprise bien difficile : il fallait traverser deux pièces sombres et froides. Mais nous l’avons fait quand-même.
Je ressens encore aujourd’hui comme mon cœur battait de peur et d’espérance à la fois. Mais quand la dernière porte s’ouvrit et que la lumière et la chaleur de la pièce nous accueillirent, nous qui étions tout tremblants de froid, quand mon père ouvrit tout grands ses bras et me serra contre lui, tout était bien. – Qu’est-ce que tu voulais donc, mon petit ? me demanda-t-il en me caressant. – Papa, lui dis-je, je voulais juste être près de toi.
Que Dieu nous donne, à nous aussi, cette belle confiance enfantine, le désir d’être près de Lui ! Sa présence et Sa proximité signifient la protection au milieu de tous les dangers. Comme le disait David : « Au mauvais jour, il me mettra à couvert dans sa loge, il me tiendra caché dans le secret de sa tente » (Ps. 27. 5).
La prière nous ouvre l’entrée dans la conscience vécue de Sa présence. La prière nous retire des zones froides et ténébreuses du monde. Dans la prière, il n’y a pas seulement quelque chose à recevoir – bien que cela aussi soit vrai. Mais prier signifie d’abord, jouir consciemment de la communion avec Dieu, notre Père céleste.
Vivons-nous tous avec ce souhait profond dans notre cœur : – Père, je désirais seulement venir vers Toi ?

D’après Der Herr ist nahe Mai 2020

Méprises-tu les richesses de sa bonté (de Dieu) de sa patience et de sa longue attente, ignorant que la bonté de Dieu te pousse à la repentance ? Rom. 2. 4.

 

COMMENT J’AI REÇU L’ASSURANCE DU SALUT

Comme enfant de parents croyants, il se peut qu’on ne vive pas une expérience de conversion telle que l’apôtre Paul. Mais ce qui est important, c’est que chacun de ceux qui ont reçu le Seigneur Jésus comme leur Sauveur personnel ait l’assurance du salut.
A 14 ans j’ai confessé le Seigneur Jésus par le baptême. Mais ensuite ont commencé des luttes intérieures. Je rejetais la Parole de Dieu. Quand elle était annoncée, tout me semblait étranger. Elle glissait sur moi. Le soir, je n’avais plus envie de m’agenouiller pour prier. Je me couchais en me tournant vers le mur.
En même temps, il me venait continuellement à l’esprit cette pensée : – tu peux bien Me tourner le dos, mais tu ne peux pas M’empêcher de t’aimer. Je n’aurais jamais pu nier que Jésus Christ, par amour, était mort pour moi. Pourtant je savais que ma vie de foi n’était pas en ordre. Ce n’était qu’une chose extérieure.
Parce que je ne voulais pas, ni ne pouvais en parler à personne, cet état dura des années. Quand je ne pus plus le supporter, je commençai à m’accrocher aux paroles de Jean 10. 28 : « Personne ne les arrachera de ma main », et aussi « Personne ne peut les arracher de la main de mon Père » (v. 29). Cette double affirmation me fournit enfin le fondement sur lequel je pouvais me confier pleinement dans le Seigneur Jésus et, me détournant de ma misère, regarder à Lui.
Ce fut bien la bonté et la patience de Dieu qui triomphèrent sur moi.

D’après Näher zu Dir Avril 2020

Si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même. Or il disait cela pour indiquer de quelle mort il allait mourir. La foule lui répondit : Nous, nous avons appris de la Loi que le Christ demeure éternellement : comment peux-tu dire, toi, qu’il faut que le Fils de l’homme soit élevé ? Qui est ce Fils de l’homme ? Jean 12. 33 à 34.

Dans les versets 20 à 34 de ce chapitre, la mort de Jésus sur la croix est présentée sous divers aspects : Elle porterait beaucoup de fruit (v. 24), mais elle signifierait aussi des douleurs infinies sous le jugement de Dieu (v. 27) ; Dieu le Père, serait glorifié (v. 28), le jugement sur ce monde serait annoncé (v. 38), et le pouvoir de Satan serait anéanti (v. 31) ; Christ serait « estimé pour rien », mais en même temps Lui, le Sauveur, attire des hommes à Lui-même (v. 32).
La foule des Juifs est irritée : On leur a enseigné que le Messie viendrait à eux et demeurerait avec eux. Et le titre de Fils de l’homme leur était familier, car on le trouve déjà dans l’Ancien Testament (Ps. 8. 5 ; Dan. 7. 13) Ils connaissaient le Fils de l’homme, auquel la domination, l’honneur et la royauté seraient données, pour que tous les peuples, les peuplades et les langues Le servent (Ps. 8. 6). Qui était donc le Fils de l’Homme, qui devait être crucifié ?
Ils n’avaient pas compris que le Fils de l’Homme, devait être fait « un peu moindre que les anges » et devait mourir (Héb. 2. 9). D’autre passages aussi, dans les prophètes, concernant la mort du Messie, avaient été obscurcis ou occultés par les Juifs. Ainsi, nous trouvons dans Dan. 9. 26 : « Après les soixante-deux semaines, le Messie sera retranché et n’aura rien ».
Il en est de même pour beaucoup d’hommes aujourd’hui : ils ont entendu, ou lu, une chose ou l’autre au sujet de Jésus Christ, et se sont fait leur propre idée sur le Seigneur Jésus : un guérisseur miraculeux, un conducteur religieux, ou un martyr. Mais ce que Jésus Christ est réellement, et ce que Sa croix signifie pour eux, leur reste caché – s’ils ne sont pas prêts à croire en Lui.

D’après Die gute Saat Avril 2020

Il le trouva dans un pays désert et dans la désolation des hurlements d’une solitude ; il le conduisit çà et là : il prit soin de lui, il le garda comme la prunelle de son œil. Deut. 32. 10.

Mais, quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes sont apparus, il nous sauva, non sur la base d’œuvres accomplies en justice que nous, nous aurions faites, mais selon sa propre miséricorde. Tite 3. 4 et 5.

L’AMOUR DE CHRIST

Un médecin-missionnaire qui, il y a bien des années, travaillait chez les Indiens Navajo, dans le désert de l’Arizona, vécut une fois l’expérience suivante :
Lors d’un de ses déplacements, il distingua un fourré, visible de loin dans le désert. A mesure qu’il en approchait, il entendait plus distinctement de terribles cris. Il pensa qu’un animal était pris dans un piège, sortit de sa voiture, prit son fusil, et se fraya un chemin entre les buissons.
A peine était-il sorti de ce taillis, qu’il trouva, à sa grande surprise… non pas un animal, ni un piège, mais une Indienne, qui gisait par terre sans force.
Le médecin comprit rapidement qu’elle ne pouvait pas se mouvoir et qu’elle souffrait de douleurs indescriptibles. Après un bref examen, il se rendit compte qu’il n’y avait plus d’espoir pour elle ; la gangrène, mortifiant les tissus, agissait déjà. Il lui fit une injection de morphine, pour atténuer ses douleurs, l’enveloppa dans une couverture, la porta avec soin dans sa voiture et la conduisit à l’hôpital de la mission.
Pendant le trajet, il essaya d’apprendre de cette femme, comment elle était arrivée dans cet endroit solitaire. – Elle était bien malade, et le médecin n’avait pas réussi à l’exorciser. Il l’avait simplement jetée dehors et abandonnée à son sort.
Elle était restée là déjà depuis quatre jours, paralysée, sans nourriture ni boisson, exposée tout le jour à la brûlure du soleil, et la nuit, au froid mordant, car la région était à plus de 2000 mètres d’altitude.

Pendant neuf jours et neuf nuits, le médecin ne put guère quitter des yeux la grande malade. Enfin la forte fièvre fut jugulée. Lorsque la malade eut complètement repris conscience, l’infirmière indienne lui raconta de quelle manière le médecin avait pris soin d’elle.
Pourquoi a-t-il fait cela ? demanda la patiente. Je suis pourtant une Indienne, et lui est un Blanc. Mon propre peuple m’a rejetée, et lui m’a amenée ici et m’a rendu la vie. Pourquoi a-t-il fait cela ? L’infirmière répondit : C’est l’amour de Christ qui l’a fait agir ainsi.
Qu’est-ce que cela, l’amour de Christ ? voulut savoir la femme. Je n’en ai jamais entendu parler. Que voulez-vous dire par là ? Il se passa encore quelques jours jusqu’à ce que la malade puisse comprendre qui est Jésus Christ, et ce que, dans Son amour infini, Il avait fait aussi pour elle.
Il lui devint alors toujours plus clair qu’elle avait un choix devant elle : Devait-elle abandonner les croyances païennes, qui ne lui avaient apporté que peurs et souffrances ? Devait-elle, au lieu de cela, recevoir Jésus Christ dans sa vie comme son Sauveur et Seigneur ?
Comme elle parlait justement de cette décision avec le responsable chrétien de la station missionnaire, de manière inattendue le médecin qui l’avait sauvée arriva à sa porte pour la voir. Le visage de la femme s’éclaira, elle se tourna vers le missionnaire et lui dit : – Si Jésus Christ est comme ce médecin, je Lui ferai confiance pour toujours.
« Jésus qui était de Nazareth… lui qui a passé de lieu en lieu, faisant du bien et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance, car Dieu était avec lui ». (Act. 10. 38 et 39)

D’après Die gute Saat Avril 2020

Jésus leur répondit : – (aux pharisiens et aux scribes) :- Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin de médecin, mais ceux qui se portent mal. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance. Luc 5. 31 et 32.

 

PENSÉES

Ne dites pas que vous êtes trop mauvais ; Christ est venu parce que nous sommes mauvais.
Ne dites pas que vous êtes trop malheureux ; Christ est venu parce que nous sommes malheureux.
Ne dites pas que le mal est trop grand ; rien n’est trop grand pour Dieu.
Beaucoup de personnes sont prêtes à écouter quelque chose sur Dieu, si on ne met pas trop clairement en vue Sa justice et Sa sainteté. Mais on n’écoute pas volontiers parler de Sa grâce, parce que le mot grâce suppose notre culpabilité, et que l’homme se sent humilié par cela.
La foi n’est pas un saut dans l’inconnu. C’est bien un saut dans l’invisible, mais vers une Personne connue.

Nous supportons quelquefois avec plus de patience les épreuves lourdes de la vie que les petits problèmes quotidiens. Dans les grandes difficultés nous ressentons plus la nécessité de déposer notre fardeau devant Dieu, alors que nous avons tendance à vouloir résoudre les petits problèmes quotidiens par nos propres forces.

D’après Die gute Saat Mai 2020

Mon secours vient d’auprès de l’Éternel, qui a fait les cieux et la terre. Ps. 121. 2.

 

LA PUISSANCE DE LA CONFIANCE ET DE LA PRIÈRE

Un aborigène d’une île des Mers du Sud, avec son canot, avait été éloigné de son île par un fort orage. Il vogua en pleine mer pendant 32 jours, jusqu’à ce que l’équipage d’un bateau de pêche japonais le sauve.
Plus tard, cet homme fit ce rapport étonnant : qu’il avait survécu pendant tout ce temps dans le véritable sens des paroles du Ps. 121. Parce que, véritablement, il priait sans cesse selon les paroles de ce psaume, qu’il méditait sur elles, et qu’il s’accrochait aux promesses de Dieu, il fut gardé de la panique et d’un état de confusion. Chaque fois qu’il priait, il ressentait un grand calme. Quand il pensait que sa fin approchait, Dieu lui donnait exactement ce dont il avait besoin. Des poissons volants tombèrent dans son canot. Avec sa ligne il put aussi attraper d’autres poissons. Une fois, une tortue de mer heurta sa barque. Il put la tirer à bord à la main. Sa carapace lui servit à récolter de l’eau de pluie. Le dernier jour, quand il était déjà tellement faible qu’il ne pouvait plus s’asseoir, il vit à proximité un navire de commerce. Trop faible pour faire un signe quelconque, il pria : – Seigneur, fais voir ma barque au capitaine. Pourtant, il ne semblait pas que personne, sur le bateau, l’ait aperçu. Prêt à mourir, il remit sa femme et ses enfants dans la main de Dieu. Alors apparut brusquement un bateau de pêche japonais, qui lui sauva la vie à la dernière extrémité.
Ce fait est un témoignage de la fidélité de Dieu et de la puissance de Sa Parole. Cet insulaire, dans sa détresse, y puisa une confiance et une assurance toujours renouvelées.

« L’Éternel te gardera de tout mal ; il gardera ton âme ». Ps. 121. 7.

D’après Die gute Saat Mai 2020

Je n’ai pas honte de l’évangile, car il est la puissance de Dieu pour sauver quiconque croit, le Juif d’abord, et aussi le Grec. Rom. 1. 16.
Il n’y a plus ni Juif, ni Grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus ni homme, ni femme ; car vous tous, vous êtes un dans le Christ Jésus. Gal. 3. 28.

 

LA PUISSANCE DE LA PAROLE DE DIEU

En 1932, deux chrétiens entreprirent un long voyage à travers le désert libanais, depuis le nord-ouest du Liban, à travers l’Égypte, jusqu’à l’extrémité est de la Libye. Une caravane de quatorze chameaux transportait leur bagage : de la nourriture, l’eau indispensable, et une charge précieuse de Bibles et de Nouveaux Testaments en langue arabe.
Ces messagers de l’Évangile avaient juste atteint l’oasis de Siwa, quand un cheikh s’approcha d’eux et se mit à dévisager l’un d’eux. Les connaissait-il peut-être ? Et voulait-il empêcher qu’on offre des Bibles dans cette oasis ?
L’Arabe s’adressa alors au chrétien : – Puis-je vous poser une question ? N’êtes-vous pas l’homme qui vend des livres ? – Oui, c’est moi. Mais je ne vous connais pas. – N’étiez-vous pas dans l’oasis de kharga ? Vous vous souvenez peut-être de la librairie là-bas, et du cheikh qui vous a acheté des portions de la Bible. Je suis cet homme. J’ai lu ces textes tellement souvent que je les sais par cœur.
Les deux hommes parlèrent ensuite de la Parole de Dieu et de Jésus Christ pendant un grand moment. Deux ans plus tard, le colporteur reçut de cet Arabe une lettre qui commençait par ces mots : – Mon frère en Christ !
Depuis, 88 ans ont passé, mais l’évangile n’a rien perdu de sa puissance. Il est toujours capable de changer complètement le cœur et la vie d’un homme.

D’après The good seed Avril 2020

Ma Parole n’est-elle pas comme un feu, dit l’Éternel, et comme un marteau qui brise le roc ? Jér. 23. 29.

 

UNE CONVERSION INESPÉRÉE

Un missionnaire était assis dans un port de la Chine, regardant un bateau qu’on déchargeait. Le capitaine le reconnut à ses vêtements occidentaux, et lui cria avec mépris :
– J’ai un mauvais gars ici à bord. Si vous êtes capable de le convertir, j’aurai alors beaucoup de respect pour votre religion. C’est un pécheur invétéré.
– Je ne peux convertir personne, mais Dieu le peut par Sa grâce. Où est cet homme, capitaine ? Le missionnaire fut conduit à une cabine d’un pont inférieur, où un homme à l’allure fruste était assis, raccommodant ses vêtements.
– Bonjour Jacob, lui dit le missionnaire. J’ai un message pour vous.
– Pour moi ? demanda l’homme avec un juron. Qui, au monde, veut m’envoyer un message ?
– Dieu Lui-même, répondit le missionnaire. Le marin, jurant de plus belle, répliqua :
– Je ne crois à aucun dieu.
Le missionnaire n’en tint pas compte, mais continua calmement, en regardant l’homme avec un sourire amical : « Nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin » (És. 53. 6). Quelques instants plus tard, l’homme avait les larmes aux yeux. – C’est vrai ! et Dieu le sait, dit-il. Il était clair que Dieu avait touché le cœur de cet homme. Aussi le missionnaire put-il citer la deuxième partie du verset : « Et l’Éternel a fait tomber sur lui (sur l’Agneau de Dieu, notre Sauveur) l’iniquité de nous tous ». Il expliqua ensuite le message glorieux de Christ, qui était mort pour ses péchés, à lui, Jacob, pour le sauver. Celui-ci confessa à Dieu la culpabilité de sa vie et, par la foi, accepta Jésus comme son Sauveur.
Le capitaine suivit-il son exemple, ou estima-t-il qu’il n’avait pas besoin de Jésus Christ, nous ne le savons pas.

D’après The good seed Avril 2020

Jésus lui dit (à Thomas) : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. Jean 20. 29.

 JÉSUS EST VIVANT

Ne soyez pas incrédules, mais croyez à l’évangile

Un lecteur nous a écrit une fois : – J’aimerais bien croire tout ce qui est écrit dans ce calendrier, mais il y a beaucoup de choses qui sont tellement fantastiques ! Ceux qui écrivent croient-ils réellement ce qu’ils écrivent ?
Disons-le avec conviction : – Oui, nous le croyons. Mais il y a toujours eu des gens sceptiques. Voyez le disciple Thomas. Il croyait bien que Jésus était le futur roi d’Israël. Mais il ne pouvait pas être persuadé d’accepter ce qu’il croyait impossible. Ses amis venaient de lui dire qu’ils avaient vu, vivant, leur Seigneur crucifié. C’était trop : lui, il avait vu le Seigneur cloué sur la croix par les soldats. Et on lui avait à la fin percé le côté avec une lance. Une personne, quelle qu’elle soit, à qui cela serait arrivé devait être morte, cela ne faisait aucun doute. Si Christ était véritablement ressuscité d’entre les morts, il devait y avoir une preuve irréfutable de cela.
Thomas n’eut pas à attendre longtemps : quelques jours plus tard, il était avec les autres apôtres. Soudain, le Seigneur Jésus s’est tenu au milieu d’eux. Il a dit à Thomas : « Avance ton doigt ici et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais croyant (v. 27). Thomas a été subjugué. « Mon Seigneur et mon Dieu » a-t-il répondu (v. 28).
A la fin de son évangile, l’apôtre Jean affirme la vérité de tout ce qu’il avait écrit (ch. 21. 24). Beaucoup ont fait confiance aux récits bibliques des témoins oculaires. Ils ont aussi vécu l’expérience de la réalité de la résurrection de Christ dans leur propre vie : Jésus est vivant !

D’après The good seed Mai 2020

Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger. 2 Tim. 3. 16

La prophétie n’est jamais venue par la volonté de l’homme, mais de saints hommes de Dieu ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint. 2 Pier. 1. 21

 

LA RÉVÉLATION DE DIEU

L’Éternel Dieu, le Créateur des cieux et de la terre, s’est révélé à l’humanité. Dans la création, « sa puissance éternelle et sa divinité » (Rom. 1. 20) peuvent être vérifiées.
De plus, dans le cours de l’histoire du monde, Dieu s’est continuellement fait connaître par Ses paroles et Ses actes, en particulier à Son peuple, Israël.
Toutefois, la plus grande révélation de Dieu est vue dans Son Fils, Jésus Christ.
Lorsqu’Il était un Homme sur la terre, le Fils de Dieu a donné à connaître la Personne et les voies de Dieu dans Sa sainteté et Son amour.
Des témoins oculaires ont rapporté les actes de Dieu et la révélation de Jésus Christ, non seulement oralement mais aussi sous une forme permanente, dans les Écritures de l’Ancien et du Nouveau Testament.
Les écrivains des livres de la Bible avaient tous une vue limitée, et étaient sujets à l’erreur. Mais leurs textes dans la Bible étaient écrits sous l’inspiration de Dieu. Lorsqu’ils les composaient, ils étaient « poussés par l’Esprit Saint ». Il nous est ainsi possible de distinguer le style individuel des différents auteurs dans les divers livres de la Bible, mais en même temps, toute possibilité d’erreur humaine est absolument exclue. De plus, ces écrivains recevaient des révélations divines sur des sujets qu’ils ne connaissaient pas, par exemple l’origine et l’avenir du monde.
Parce que la Bible a été inspirée par Dieu Lui-même, elle porte le sceau de Son autorité. C’est le document absolument digne de confiance concernant la révélation de Dieu.

D’après The good seed mai 2020

UNE BONNE QUESTION

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Elle appela le nom de l’Éternel… Tu es le Dieu qui te révèles. Gen. 16. 13.
Dieu… nous a parlé dans le Fils. Héb. 1. 2.

UNE BONNE QUESTION

 

L’existence de Dieu est un sujet difficile, sur lequel chacun exprime volontiers son propre point de vue. Certains font valoir des théories scientifiques, anciennes ou récentes, pour contester l’existence d’un Créateur ; d’autres font référence aux catastrophes et aux injustices, pour démontrer que Dieu n’existe pas ou que, en tout cas, ce n’est pas un « bon Dieu ».
Mais Dieu existe-t-Il ? Cela n’est pas la bonne question. Il vaudrait mieux demander humblement : – Dieu s’est-Il révélé à Sa créature ? Et de quelle manière l’a-t-Il fait ? Si nous nous arrêtions au problème de Son existence, nous pourrions Le voir comme un Dieu lointain, indifférent au destin de l’homme. Nous nous sentirions alors peu concernés.
Mais Dieu s’est révélé, Il nous a parlé, et nous devons en tenir compte. Son message est un projet dans lequel nous sommes impliqués et qui concerne notre vie éternelle. C’est bien à nous de nous informer à cet égard.
La Bible nous fait connaître ce message. La question qui s’impose est donc la suivante : – Est-ce que je m’y suis intéressé ? Est-ce que j’en ai pris connaissance ?
Il ne s’agit plus d’un débat intellectuel ou théologique, mais d’un problème moral dans lequel interviennent la sincérité et la confiance.
Une dernière question surgit alors : – Voulons-nous vraiment nous informer et lire la Bible ? Et comment comptons-nous le faire : avec un sentiment de défi ou comme une requête du cœur, afin de découvrir l’amour de Dieu ?
Jésus dit : « Sondez les Écritures… ce sont elles qui rendent témoignage de moi » (Jean 5. 39).

D’après « Il Buon seme » avril 2020

TEMPÊTE SUR LE LAC

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Et ayant renvoyé la foule, ils le prennent dans une barque, comme il était ; et d’autres barques aussi étaient avec lui. Et il se lève un grand tourbillon de vent, et les vagues se jetaient dans la barque, de sorte qu’elle s’emplissait déjà. Marc 4. 36 et 37.

TEMPÊTE SUR LE LAC – UN AVERTISSEMENT !

Les disciples de Jésus faisaient naviguer la barque. Certains d’entre eux étaient des pécheurs, et ils avaient donc l’habitude de la manœuvre. Ils avaient Jésus avec eux, après qu’Il a prêché à la multitude sur le bord de la mer, depuis la barque.
Soudain, une tempête se leva. Les vagues se jetaient dans la barque, et la remplissaient d’eau. Le visage de ces pécheurs expérimentés reflétait leur crainte. Chacun d’eux se rendait compte de la gravité de la situation et était conscient qu’il s’agissait de lutter pour sa vie. Leurs propres forces ne suffisaient pas : les forces de la nature étaient plus puissantes qu’eux. Mais le Seigneur Jésus était dans le bateau ! Il dormait à la poupe. Dans leur désespoir, les disciples le réveillèrent et Lui dirent leur angoisse.
Notre vie est comme un voyage sur la mer. Quelquefois, la traversée est calme et sans problèmes, parfois les choses s’accélèrent, et quelquefois même s’annoncent des signes avant-coureurs de tempête : la crainte, l’échec, la maladie, le chômage, la solitude. Et toutes les traversées se termineront finalement.
Est-ce que je voyage avec, ou sans Jésus ? Si je suis avec Lui, Il est à la barre de ma vie et en est le Seigneur. S’il est à mes côtés, j’atteindrai ma destination, car Il me conduira au port désiré (Ps. 107. 30).
Sans Jésus, ma vie n’a ni soutien ni avenir. Sans Lui, il se peut que je cherche du secours auprès des autres, mais je ne trouverai pas de voix, personne qui réponde ou qui fasse attention (cf.1 Rois 18. 29).
N’est-il pas mieux et plus sûr de faire la traversée avec le Seigneur Jésus ?

D’après « The Good Seed » avril 2020

QUI EST JÉSUS POUR VOUS ?

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Qui dites-vous que je suis ? Mat. 16. 15.

QUI EST JÉSUS POUR VOUS ?

 

Jésus Christ a posé à ses disciples la question qui est en tête de ce feuillet, après qu’ils lui eurent rapporté ce que ses contemporains pensaient Le concernant. On pourrait vous poser la même question, qui exige une réponse personnelle. Il ne s’agit pas de ce que les personnes de votre parenté, ou vos amis, pensent de Lui, mais de ce que vous pensez vous-même.
La Bible donne beaucoup d’informations à Son sujet. Elle nous dit qu’Il est le Fils éternel de Dieu ; elle nous rapporte Sa naissance, elle décrit Sa vie parfaite et Sa mort dans la honte de la crucifixion. Elle rend témoignage de Sa résurrection d’entre les morts et de Son ascension au ciel. Elle le présente comme le Rédempteur qui est mort pour sauver les hommes pécheurs.
Croyez-vous ce que la Bible dit de Jésus Christ ? Êtes-vous prêt à vous saisir, pour vous-même, de Son œuvre de rédemption ? Il s’est chargé d’accomplir l’œuvre de votre salut et de vous rendre éternellement heureux. Il attend maintenant votre réponse à Son amour.
Si vous l’acceptez comme votre Sauveur, vous serez en règle avec Dieu. Il vous pardonnera tous vos péchés parce que vous croyez en Son Fils. En même temps, vous entrerez dans une relation de foi en Christ. Votre vie changera fondamentalement, parce que Jésus y prendra une place assurée. Il désire en prendre la direction, afin que votre vie puisse réjouir le cœur de Dieu. Vous pouvez Lui faire entièrement confiance, car Il ne désire que votre bénédiction.
Alors, nous vous posons encore une fois cette question cruciale : – Où en êtes-vous par rapport à Jésus Christ ? Est-Il votre Sauveur et Seigneur personnel ?

D’après « The Good Seed » avril 2020
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