RÉPONSE À LA FOI

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RÉPONSE À LA FOI

Un jeune chrétien, surpris par une soudaine averse de pluie, s’abrita dans une maison où demeuraient trois familles. Une des portes, dans le couloir, était entrebâillée, et le jeune homme, debout dans l’ombre, pouvait, sans être vu, voir ce qui se passait à l’intérieur,.
Une jeune mère de famille, pâle et paraissant fatiguée, et ses trois enfants étaient dans une chambre, très propre, mais pauvrement meublée. Les enfants semblaient être juste rentrés de l’école et réclamaient leur repas.
– Est-ce que papa est rentré ? demanda l’un des garçons.
Son frère répondit :
– Pas encore ; il a peut-être trouvé du travail, et il rentrera plus tard.
– Nous attendrons papa encore un petit moment, mes enfants, dit tranquillement la maman, en commençant à mettre la table et à placer les chaises autour. Tout en travaillant, elle se répétait à elle-même à voix basse – que pourtant le jeune homme pouvait entendre : Il ne m’abandonnera pas ; toute la journée je le redirai : « votre père céleste les nourrit (les oiseaux du ciel). Ne valez-vous pas beaucoup mieux qu’eux, …gens de petite foi ? » (Mat. 6. 26, 30).
Le jeune homme regarda de nouveau à l’intérieur. La table était mise : une nappe blanche, des assiettes, des couteaux et fourchettes soigneusement placés, une cruche d’eau, des gobelets, mais rien à manger.
La mère dit alors à ses enfants qu’elle n’avait rien d’autre que de l’eau à leur offrir et que si leur père ne leur rapportait pas d’argent, ils devraient se passer de dîner. Son mari avait perdu sa place, sans qu’il y ait faute de sa part, et il ne trouvait pas de travail.
– Maman, est-ce que nous pouvons commencer ? demanda l’aîné des garçons. Papa ne rentrera sûrement pas.
Avec le consentement de leur mère, les enfants s’assirent autour de la table. Ils fermèrent les yeux pour la prière et entendirent : « Père, nous te rendons grâce pour ce que nous allons recevoir, et te remercions, au nom du Seigneur Jésus. Amen ».
Le jeune homme ne regarda pas plus longtemps.
Dans cette maison, il avait vu une foi vivante. Sans se soucier de la pluie, il courut au magasin le plus proche. Quelques minutes après, il était de retour dans ce logis où tout parlait de pauvreté, les bras chargés de provisions qu’il déchargea sur la table.
Les enfants ne purent contenir leur excitation car, à leur âge, on a bon appétit. La mère pleurait de joie et de gratitude. En prenant congé du jeune homme, elle lui dit à travers ses larmes :
Je savais que le Seigneur ne m’abandonnerait pas, Monsieur. Il ne l’a jamais fait, et Il ne le fera jamais. Il me suffit de savoir que Son amour ne fera jamais défaut.
« Ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications AVEC DES ACTIONS DE GRÂCES (le remerciant pour la réponse qu’il donnera à vos requêtes) ; et la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le christ Jésus (Phil. 4. 6 et 7).
« Qu’il demande avec foi, ne doutant nullement » (Jac. 1. 6).

D’après la Bonne Nouvelle 1966

 

LES VACANCES AU VIEUX VERGER

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LES VACANCES AU VIEUX VERGER

Chapitre 1

– Explique-moi donc, Marie, ce que signifiait cette phrase de grand-mère, quand elle disait ce matin à maman : « Il y a dans chaque famille des coussins et des angles ».
– Je ne sais pas. Je n’ai pas entendu grand-mère dire cela.
– Si, si, tu dois le savoir, car grand-mère a ajouté : « Tiens, ta fille Marie est un coussin, tandis que la pauvre Florence ne sera jamais qu’un angle, je le crains beaucoup ».
– Peut-être que grand-mère me compare à un coussin parce que je suis très grosse, et toi à un angle parce que tu es mince.
– Je suis sûre que ce n’est pas cela. Pourquoi grand-mère aurait-elle ajouté : « Pauvre Florence ! » Il n’y a pas de mal à être mince. Voyons, Gilles, je vois à ta mine que tu sais ce que grand-mère a voulu dire.
– Oui, je le sais… mais je ne désire pas te le dire.
– Pourquoi donc ?
– Parce que tu serais fâchée si je le faisais.
– Non, non, je ne me fâcherai pas.
– Tu ne devrais pas être si curieuse de le savoir, car ce n’est pas une comparaison flatteuse pour toi.
– Ainsi tu ne veux pas me le dire ? Tu n’es vraiment pas gentil ! Pourquoi donc faire des mystères de tout ?
– Demande-le à grand-mère elle-même.
– C’est ce que je vais faire, et elle saura en même temps comme tu es désagréable.
Et Florence sortit de la chambre d’un air offensé.
– Gilles, pourquoi taquiner ainsi la pauvre Florence ? demanda Marie en levant la tête de dessus son ouvrage. Ne pouvais-tu pas lui expliquer simplement ce que signifiaient les paroles de grand-mère ?
– Cela l’aurait fâchée. Grand-mère a voulu dire que tu es le plus moelleux des coussins, qui se rend agréable à tout le monde, tandis que Florence est le plus aigu, le plus désagréable de tous les angles, auquel tout le monde se heurte, et qui se fait détester.
À ce moment-là la porte s’ouvrit, et Florence rentra dans la chambre d’un air sombre.
– Eh bien, mon cher petit angle, grand-mère t’a-t-elle dit ce que signifiait sa comparaison ?
– Je te dirai aussi ce que je pense, s’écria Florence avec amertume. Si moi je suis un angle, tu es cent fois plus anguleux encore ; tu n’arrêtes pas de me dire des choses blessantes et d’inventer des moyens de me tourmenter. Quel bonheur quand tu retourneras au collège !
Florence finit son discours par un profond soupir et s’assit près de la table.
– Allons, Florence, faisons la paix, s’écria Gilles. Nous ferons une partie de croquet après le repas, et je te promets de ne pas chasser ta boule trop loin.
Le visage boudeur de Florence ne s’illumina pas le moins du monde à cette proposition, bien qu’elle l’entendît avec une secrète satisfaction.
Et maintenant, laissons les enfants prendre leur repas, et disons quelques mots de l’endroit où vont se passer les aventures que nous allons raconter.
Le Vieux Verger, où les jeunes Crammer passaient leurs vacances chez leur grand-mère, était situé à quelque distance de la ville de Danville. La maison, de construction ancienne, bâtie en briques rouges, était bien la plus gaie et la plus confortable des demeures. Mais les enfants passaient la plus grande partie de leur temps dehors, où ils trouvaient toujours de nouvelles distractions. Il y avait, en effet, tout près de la maison, une grande ferme, avec une basse-cour et une laiterie, et tous les travaux de campagne intéressaient beaucoup les enfants. Un peu plus loin s’étendait une forêt traversée par un ruisseau. De plus, le Vieux Verger tenait tout ce que promettait son nom. Des pommiers, des poiriers, des pruniers sans nombre croissaient dans l’enclos. Au printemps les fleurs des pommiers jonchaient le sol comme des flocons de neige ; en automne leurs fruits mûrs brillaient dans l’herbe touffue. On ne s’étonnera pas que ce fût un lieu de délices pour les enfants.
Leurs parents cherchaient à les élever « dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur », mais, comme nous le verrons, ils n’avaient pas encore tous donné leur cœur au Sauveur.

Chapitre 2. La partie de croquet

Après le repas, la bande joyeuse s’élança sur la terrasse pour y jouer au croquet. Gilles planta les piquets et les arceaux à la distance voulue ; puis il prit la petite Lucie avec lui, tandis que Florence et Marie formaient le camp adverse. Le petit Bobby se contentait d’être spectateur.
Tout alla bien au commencement ; mais bientôt Florence se laissa aller à sa mauvaise humeur.
– Marie ! Comment peux-tu être si maladroite ! Tu vas nous faire perdre la partie !
Pendant ce temps, Gilles, par une série de coups habiles, avait amené sa boule tout près du but.
– À toi, Florence, à présent ! Tu peux encore me rattraper !
Mais la petite fille, irritée de l’avance de son frère, donna à sa boule un coup trop violent et manqua l’arceau qu’elle devait passer.
– Tu n’es pas plus adroite que Marie, observa tranquillement Bobby.
Hors d’elle-même, Florence lança son maillet par terre et commença à s’éloigner.
– Mais, Florence, tu ne quittes pas le jeu ? Tu gâterais tout notre plaisir ! Voyons, reprends la partie.
– Non, je ne joue plus ; Marie ne sait pas viser droit.
– Reviens, Florence, je t’en prie, criait Marie en courant après elle, je tâcherai de jouer mieux. Reviens, Gilles sera si contrarié !
– Cela m’est bien égal !
– Mais nous serons tous déçus !
– Tant pis !
Et Florence s’en alla du côté du verger. Elle était d’aussi mauvaise humeur que peut l’être une petite fille d’un caractère grognon ; elle venait de faire du chagrin à tout le monde ; elle venait de se gâter son plaisir à elle-même, et le pire de tout, c’est qu’elle n’avait de reproches à faire à personne qu’à elle-même.
Elle réfléchissait pour tâcher de trouver quelqu’un sur qui rejeter la faute, lorsqu’elle entendit des exclamations partant de la terrasse. Elle ne put résister à la tentation de regarder derrière elle, et elle aperçut Alfred et Henri Norton, deux jeunes voisins, qui accouraient pour se joindre au jeu. Elle s’arrêta un instant. C’était vraiment dommage de manquer une aussi belle partie. Mais elle entendit la voix de Gilles s’adressant à ses amis :
– Bravo ! s’écriait-il, voilà ce qui s’appelle arriver au bon moment. Nous allions quitter la partie parce que Florence nous avait plantés là dans un moment de dépit.
– Et pourquoi donc ? s’écrièrent d’une même voix les deux jeunes garçons.
– Parce que j’avais réussi mes premiers coups et qu’elle avait manqué les siens, répondit en riant Gilles. Florence croit toujours qu’on fait tout exprès pour la contrarier, tandis que Marie, elle, n’est pas habile au jeu, c’est vrai, mais elle ne se fâche jamais, quoiqu’elle soit constamment battue.
Les enfants distribuèrent les maillets et les boules, mais Gilles avait perdu sa gaieté et semblait préoccupé.
– Voyons, dit-il, qu’en pensez-vous ? Si j’allais chercher Florence ? Ce serait vraiment dommage pour elle de manquer une aussi belle partie !
– Oui, oui, va la chercher, s’écrièrent en chœur tous les autres enfants.
Florence continuait à s’éloigner lentement, mais résolument. Elle venait de trouver ce qu’elle cherchait depuis un moment, un motif d’être en colère, et elle se sentait déterminée à en tirer tout le parti possible.
Elle entendit les pas de Gilles courant de toutes ses forces derrière elle.
– Florence, Florence, arrête ! Reviens jouer avec nous.
Et Gilles la saisit par la robe.
– Alfred et Henri sont là, nous allons recommencer une partie.
– Je ne me soucie pas de jouer, merci.
Et Florence repoussa son frère du coude.
– Pourquoi donc ? De quoi peux-tu avoir à te plaindre ?
– De ce que tu parles de moi avec Alfred et Henri ! De ce que vous vous moquez de moi derrière mon dos ! Je t’ai bien entendu, va !
-Bah ! C’est seulement pour ça ? Mais alors tu n’as rien de mieux à faire qu’à montrer que tu as bon caractère, ou bien j’aurai encore le droit de dire la même chose en retournant près d’eux.
Florence passa brusquement devant lui, et Gilles, désespérant de la convaincre, retourna au croquet.
Elle dirigea ses pas vers la basse-cour ; car si une chose au monde pouvait calmer son esprit irrité, c’était la vue de ses chères petites poules et de son coq à la crête superbe. Sa grand-mère lui avait donné quelques volatiles qui lui appartenaient en propre, et elle n’en était pas peu fière.
Mais ce jour-là, la fillette rencontrait à chaque pas un sujet de mécontentement.
– Qui donc s’est permis d’entrer dans mon poulailler ! s’écria-t-elle en voyant la porte grande ouverte et le cadenas avec sa chaîne par terre. Qui donc s’est permis d’entrer et de laisser la porte ouverte ! Toutes mes poules sont dehors et elles vont faire leurs œufs dans la grange !
Il n’y avait là personne pour lui répondre, sauf le coq, occupé en ce moment à gratter avec ses pattes dans un tas de poussière. Il s’arrêta un moment pour lancer dans les airs un de ses chants d’allégresse.
– Je sais maintenant qui est venu ici ! s’écria Florence, et qui a laissé la porte ouverte… C’est Gilles ; il fait toujours tout ce qu’il peut pour m’ennuyer !
Et c’était lui, en effet : sur la terre gisaient le ciseau, la scie, la hachette et la casquette de velours bleu toute neuve de Gilles ! C’était bien lui le coupable, il ne pouvait y avoir aucun doute ! Oh ! Quel méchant garçon ! Avoir laissé la porte ouverte de façon que toutes les poules de Florence puissent s’enfuir et aller pondre dehors !
Il eût été plus prudent de s’assurer d’abord de ce qui s’était passé. Mais Florence était si convaincue des torts de Gilles qu’elle ramassa le ciseau, la hachette, la scie et la casquette de velours bleu avec sa jolie bordure de fil doré, et jeta le tout par-dessus le mur dans le fossé, au milieu des ronces, des orties et de la vase ! Dans quel bel état tout cela serait quand Gilles viendrait l’y chercher ! Tant mieux ! Gilles serait bien contrarié… Tant mieux !
Florence se rendit alors au poulailler lui-même, où toutes ses poules auraient dû déposer leurs œufs dans des nids commodes qu’elle leur avait préparés.
Elle poussa la porte et s’arrêta soudain, comme suffoquée ; elle jeta une exclamation de surprise et son visage s’empourpra. Puis elle se détourna, s’assit sur les marches qui conduisaient au poulailler et se mit à sangloter.
Qu’avait donc pu voir Florence dans l’intérieur du poulailler pour la mettre dans cet état ? Tous les œufs que sa maman lui achetait gisaient-ils brisés sur le sol ? Non, c’était quelque chose de plus triste et qui pouvait bien la faire pleurer.
Voilà ce qui s’était passé. Une personne remplie de bonnes intentions (devinez-vous qui ce pouvait être ?) avait travaillé toute la matinée à construire, dans l’intérieur du poulailler, un treillage en fil de fer peint en vert, formant une séparation, ardemment désirée par la petite fille, entre les poules d’Inde et les autres volatiles.
Ah ! Il n’était pas étonnant que Florence reste assise en pleurant sur les marches du poulailler ! C’était bien la boîte à outils de Gilles qui se trouvait par terre à côté du joli treillage ; le coq d’Inde se promenait déjà dans son compartiment et les petites poules couraient autour de lui.
Après s’être essuyé les yeux, Florence s’en alla tristement de l’autre côté du mur qui entourait la basse-cour ; à ses pieds on voyait le fossé vaseux rempli de ronces et d’orties ! Ah ! Ces vilaines orties, comme elles piquaient ses bras nus pour l’empêcher de reprendre les outils de Gilles ! Ce fut à grand-peine qu’elle les ramassa. Elle secoua la casquette pleine d’une eau brunâtre et l’emporta près du ruisseau, de l’autre côté du sentier. Trempant son mouchoir dans l’eau limpide, elle réussit à enlever un peu de la boue qui salissait la jolie casquette, mais ne parvint pas à rendre au velours son bleu chatoyant, ni à la bordure dorée son premier éclat.
Enfin, désespérant de rendre à la casquette sa couleur et son brillant, elle la posa sur l’herbe pour qu’elle sèche au soleil, et resta assise à côté, honteuse d’elle-même et malheureuse.
La casquette finit par sécher, et Florence quitta le bord du ruisseau. Elle rassembla les outils et, les reportant à la basse-cour, elle les posa par terre à la place même où elle les avait trouvés, puis elle regarda autour d’elle. Plusieurs de ses poules vagabondes étaient revenues à leur logis, et Florence fit facilement rentrer le reste de la bande errante. Elle jeta encore un dernier coup d’œil au joli treillis vert avant de fermer la porte et s’en alla tristement.

Chapitre 3. Le texte de la grand-maman

Florence prit un autre chemin pour rentrer à la maison, car elle entendait au loin les voix joyeuses des joueurs de croquet et elle distinguait le rire de Gilles au milieu de tous les autres. Comme il semblait peu pressentir le méchant tour que lui avait joué sa sœur !
Écartant de la main le feuillage épais des broussailles, elle arriva près d’un vieux sapin qui couvrait de son ombre un banc rustique et fut toute surprise d’y trouver sa grand-mère qui s’y reposait, un panier rempli de fleurs fanées posé à côté d’elle, ainsi qu’un sécateur.
La grand-mère de Florence était très âgée. Quoique faible de santé, elle ne restait jamais sans rien faire, et lorsqu’elle sortait pour se promener dans le jardin, elle prenait toujours avec elle son sécateur pour faire « la toilette des rosiers », comme elle disait.
– Eh bien, ma petite fille, d’où viens-tu donc ? dit la grand-mère en poussant son panier pour faire place à Florence. Viens me raconter tout ce que tu as fait, et pourquoi tu n’es pas restée à jouer au croquet avec les autres ?
– Je ne me soucie guère du croquet, répondit Florence, d’une voix fière et triste en même temps, car elle pensait avec amertume à la belle partie qu’elle manquait en ce moment.
– Tu ne te soucies pas du croquet ? Que t’est-il donc arrivé ? Tu aimais beaucoup ce jeu jusqu’à présent.
– Marie me fait toujours perdre. Lucie joue très mal aussi, et Bobby court continuellement au milieu des boules et les déplace.
– Pauvre Bobby ! Quel gentil petit garçon ! dit la grand-maman. Il me fait plaisir à voir, quand il vient se placer en face de moi, les yeux grand ouverts, pour me montrer en confidence ses chenilles et ses escargots. Vois comme Gilles est bon et gentil pour lui, malgré la différence d’âge.
Florence poussa un profond soupir.
– Mais qu’as-tu donc, ma pauvre Florence ? Je n’aime pas t’entendre soupirer de cette façon…
– C’est que je voudrais bien que Gilles soit aussi bon et gentil pour moi ! Il ne fait que me taquiner et se moquer de moi toute la journée en m’appelant un angle.
Florence eut tout à coup honte d’elle-même ; elle venait de se rappeler le beau grillage vert dans le poulailler, et sa mauvaise action.
– Eh bien, reprit la grand-mère, croirais-tu que, lorsque j’étais une petite fille comme toi, mes frères avaient coutume de me taquiner aussi et de m’appeler un angle ?
Florence ouvrit de grands yeux et regarda sa grand-mère avec la plus grande attention, pour s’assurer si elle parlait sérieusement ou non.
– Oui, oui, ma chérie, et je méritais ce nom, car j’étais très désagréable lorsqu’ils jouaient avec moi ; je prenais très mal la plaisanterie ; j’aimais à tourner les autres en ridicule, mais je ne pouvais pas supporter qu’ils me rendent la pareille. Je me disputais avec les aînés ; et, j’ai honte de l’avouer, je maltraitais souvent les plus jeunes. Ainsi, poursuivit la grand-maman en prenant affectueusement la main de Florence dans les siennes, j’avais un petit frère, un enfant qui ressemblait à notre Bobby ; il me suivait toujours, son tablier rempli de coquillages et de toutes sortes de petites choses qui lui semblaient fort curieuses ; il voulait me les montrer, et il me demandait de lui faire des sacs en papier et des boîtes pour les y mettre. Parfois, je faisais ce qu’il me demandait, mais, le plus souvent, je le repoussais rudement. Eh bien, ma chérie, ce petit frère nous fut enlevé tout d’un coup, en une nuit. Peut-être Dieu l’a-t-Il pris dans Son ciel parce qu’Il voyait que je ne le rendais pas heureux. En tout cas, s’Il l’a pris, c’est qu’il valait mieux qu’il en fût ainsi. Je me rappelle cette nuit-là comme si c’était hier, quoiqu’il y ait bien longtemps que cela s’est passé. Un petit lapin blanc, son joujou préféré, était encore dans ses bras ; et sur une table à côté du lit, une image qu’il m’avait demandée de colorier (ce que je lui avais refusé). Je l’ai encore, cette image. Je te la montrerai un de ces jours. J’ai écrit un verset de la Bible, ce matin-là, au-dessous ; tu pourras le lire quand tu voudras. J’ai prié Dieu de graver ce texte dans mon cœur pour toujours, et j’espère qu’Il a daigné exaucer ma prière.
– Quel est ce texte, grand-maman ?
– C’est un texte qui, lorsqu’il est appliqué consciencieusement, repousse toute parole amère, toute réponse dure, toute pensée égoïste. Enfin, ma chérie, avec l’aide de Dieu, ce texte peut transformer les cœurs les plus durs en cœurs affectueux, et les angles les plus aigus en coussins moelleux.
– Mais quel est donc ce texte, grand-maman ?
– « Par amour, servez-vous l’un l’autre » (Gal. 5. 13). Tu vois que c’est une parole bien simple ; mais, si tu y rapportes tes actions de chaque jour, tu verras que tes relations avec tes frères et sœurs en seront changées.
La seule réponse de Florence fut un gros soupir.
– Ce sera difficile tout d’abord, je le sais, continua la grand-maman ; on ne peut changer son caractère tout d’un coup. Il est impossible de redresser en un instant une branche qui a poussé de travers. Ce serait même une tâche désespérée si nous n’avions quelqu’un pour nous aider.
– Mais qui peut nous aider, grand-maman ? demanda Florence, sans réfléchir à ce qu’elle disait.
– Celui-là même qui m’a aidée t’aidera, ma chère petite – Celui qui m’a aidée il y a soixante-dix ans, quand je le Lui ai demandé, et qui a continué depuis lors J’ai sans cesse besoin de Son secours, et toi, qui n’es encore qu’une enfant, tu en as aussi besoin à chaque heure de ta vie. Ce n’est que lorsque tu auras appris combien, à la fois tes propres résolutions sont faibles, et tes fautes continuelles sont grandes, que tu sauras comme il te faudra souvent chercher ce secours. Comprends-tu de quel secours je veux parler ?
– Oui, murmura la petite fille avec douceur. Veux-tu me montrer cette image, grand-maman ?
– Oui, si tu veux venir dans ma chambre avant le souper. Tu liras le texte, nous en reparlerons souvent ensemble et, si tu demandes de tout ton cœur au Seigneur Son secours, Il t’accordera de le mettre en pratique. Et dans quelque temps, continua la grand-maman d’un ton encourageant, plus personne dans la maison ne reconnaîtra l’ancienne Florence dans une petite fille toujours de bonne humeur, prévenante, et disposée à rendre service.
Florence fut silencieuse, abattue et toute radoucie ce soir-là ; et, lorsqu’elle fut dans son lit, comme elle pensait à tout ce qui venait de se passer, son cœur se gonfla et elle s’endormit en mouillant son oreiller de larmes de repentir.

Chapitre 4. Les perles de Bobby

Le lendemain matin, Florence sauta hors de son lit de bonne heure et s’habilla rapidement. Tout en le faisant, elle se rappela son chagrin de la veille au soir et ses bonnes résolutions.
– Oh ! Il ne faut pas que j’oublie de dire à Gilles, après le déjeuner, comme je lui suis reconnaissante de m’avoir fait ce joli treillage vert ; je lui dirai en même temps comme je suis peinée de l’aventure de sa casquette.
Florence se dirigea vers la porte. Là, elle hésita un instant et revint sur ses pas : dans sa précipitation, elle avait oublié de faire sa prière du matin. Ses projets devaient être bien importants, n’est-ce pas, pour amener un pareil oubli ?
Elle n’hésita pas longtemps : elle ferait sa prière tout en marchant à travers les prés ; la dire en plein air ou dans sa chambre, peu importait ! Dieu l’entendrait aussi bien là qu’ailleurs !
Il est certain que Dieu entend toutes les prières ferventes, quel que soit le lieu d’où elles partent. Mais les prières de Florence n’étaient habituellement que des formules vides de sens pour celle qui les récitait si vite, comme une tâche qu’on veut finir le plus tôt possible ! Et elle oubliait ce qu’elle avait dit au moment même où elle venait de prononcer le dernier mot.
D’ailleurs, aucune prière, sérieuse ou non, ne sortit ce matin-là du cœur de Florence. Elle n’invoqua aucun secours pour le jour qui s’ouvrait, avec ses luttes quotidiennes et, avant même qu’elle eût atteint le bas de l’escalier, toute pensée de prière s’était évanouie. Hélas ! Qu’elle était loin des résolutions prises la veille ! Les sages conseils de sa grand-mère étaient-ils déjà effacés de sa mémoire ? Avait-elle oublié l’image et le texte de sa grand-maman ? Oui, tout avait disparu, et les brillants rayons du soleil levant ne rappelaient à Florence qu’une chose, c’est que ce jour-là treize petits canards devaient sortir des œufs qu’elle avait donnés à couver à la poule brune quatre semaines auparavant.
À son retour du poulailler, elle se précipita dans la salle à manger en s’écriant :
– Maman, maman, tu ne sais pas ?
– Chut ! ma petite, ne vois-tu pas que nous faisons la lecture ? Assieds-toi.
Florence rougit et s’assit ; mais elle n’entendit pas un mot du chapitre de l’Évangile ni de la prière qui suivit, tant elle était occupée de la nouvelle qu’elle avait à donner à sa mère. À la minute même où l’Amen fut prononcé, elle s’écria de nouveau précipitamment :
– Maman, tu ne sais pas…
– Chut ! Florence, reprit sa mère. Je crains bien, en te voyant si pressée d’arriver à la fin de la lecture en famille, que tu n’aies pas prêté ce matin une grande attention à ta prière particulière. Monte dans ta chambre, lave-toi les mains et, lorsque tu redescendras, je t’écouterai. Tu sais que je n’aime pas à vous voir entrer en retard pour la lecture en famille.
Le visage de Florence changea subitement à ce reproche, et elle sortit tout attristée.
« Personne ne s’intéresse à rien de ce qui me fait plaisir ! » se disait-elle en fermant la porte.
Quand elle redescendit, on avait commencé à déjeuner.
– Eh bien ! Florence, viens donc ; dis-nous ta grande nouvelle, nous voilà tous prêts à t’écouter, s’écria Gilles quand sa sœur entra dans la pièce.
Il s’attendait à l’entendre parler de la surprise qu’elle avait dû éprouver en découvrant le grillage vert dans le poulailler ; mais il était décidé à ne pas en dire un mot lui-même. Florence s’assit à table sans répondre.
– Qu’est-ce que c’est, Florence ? demanda Lucie, dis-nous donc ce que c’est ?
– Je crois que je le sais, dit Bobby levant la tête et regardant autour de lui d’un air assuré ; Florence a reçu une lettre pour elle toute seule ; j’ai vu entrer le facteur.
– Non, ce n’est pas une lettre, répondit Florence de mauvaise humeur ; cela ne m’intéresserait pas du tout de recevoir une lettre.
Bobby resta tout surpris.
– Florence, dis à ton petit frère ce qui en est. Dépêche-toi, dit Mme Crammer sérieusement.
– Eh bien, reprit Florence, les petits canards devaient éclore aujourd’hui et j’ai couru à la basse-cour avant le déjeuner ; et, le croiriez-vous, s’écria la petite fille en s’animant, il n’y avait pas un seul œuf manqué parmi les treize, et j’ai trouvé treize petits canards qui sont bien les plus ravissantes petites créatures qu’on puisse voir, ressemblant tout à fait à des canaris, et plus jolis encore.
– Comment ! Ils sont jaunes, Florence ? demanda Bobby, au comble de l’étonnement.
– Oui, tous les petits canards sont jaunes.
– Oh ! Il faut que j’aille les voir ! Tu m’emmèneras, Florence ?
– Je suppose que tu es allée au poulailler ce matin ? demanda Gilles à son tour, en rougissant légèrement.
– Oui, oui, j’y suis allée et j’ai trouvé quatre gros œufs.
Et ce fut le tour de Florence de rougir ; elle venait de se rappeler tout d’un coup l’aimable attention de Gilles, mais elle ne savait pas que lui dire. Elle aurait voulu le remercier, mais le souvenir de la casquette et du triste sort qu’elle lui avait fait subir arrêtait son élan.
« Je ne peux pas le remercier avant de lui avoir parlé à lui seul et de lui avoir tout avoué », pensait Florence, penchée sur son assiette et sentant le rouge lui monter au visage.
Gilles ne comprenait rien à ce qui se passait, et se demandait avec étonnement quelle pouvait être la cause de ce silence et du trouble de sa sœur ; il devinait que quelque chose de fâcheux avait dû avoir lieu au poulailler, mais il était doué de trop de tact et d’un trop bon caractère pour poser aucune question indiscrète.
Après le déjeuner, son incertitude prit fin lorsqu’à son entrée dans le poulailler, il trouva par terre sa pauvre casquette tout abîmée. Il s’ensuivit avec Florence une scène peu agréable. Des questions faites avec colère amenèrent des réponses pleines d’emportement, et la conclusion fut que Gilles s’en revint à la maison de très mauvaise humeur et s’enferma dans sa chambre.
Marie, dont le rôle était toujours de consoler les autres, entendit le bruit que fit la porte fermée avec violence, et elle suivit Gilles dans sa retraite.
Florence sentait bien, au fond de son cœur, qu’elle avait tort ; elle n’était certes pas ingrate mais, lorsque Gilles avait montré une si grande irritation contre elle, au lieu de reconnaître ses torts, comme elle se le promettait depuis la veille, sa colère avait éclaté aussi violemment que celle de son frère.
Elle retourna donc à la maison, triste et silencieuse, et elle entra avec une expression tout abattue dans le salon où se trouvait sa grand-mère. Sans parler, elle s’installa avec un livre près de la fenêtre.
À peine y était-elle que Bobby entra, la figure animée, portant quelque chose dans son tablier.
– Devine, s’écria-t-il en courant tout droit au fauteuil de sa grand-mère, devine, grand-maman, ce que j’ai trouvé dans ma boîte d’escargots ? Des perles, des vraies perles !
– Quoi ! Mon chéri ! Des perles ! demanda la grand-maman qui était un peu sourde et qui posa son ouvrage sur ses genoux pour mieux écouter Bobby.
– Des perles, répéta Bobby, sortant sa boîte de son tablier.
Le petit garçon avait facilement pu s’y tromper, car les œufs d’escargots déposés sur le foin dont sa boîte était remplie, ressemblaient à de véritables perles.
– Ne sont-elles pas belles, grand-maman ? Sais-tu ce que je vais en faire ? Mais c’est un secret !
– Tu peux me le dire, les grand-mamans savent garder les secrets.
Bobby se pencha vers sa grand-mère et chuchota :
– Je les donnerai à Florence pour sa fête : est-ce que ce ne sera pas une bonne surprise pour elle ?
– Une fameuse surprise, je crois bien ! Mais ferme ta boîte, sans quoi elle verra tout à l’avance.
Bobby, tout en regardant Florence du coin de l’œil, ferma la boîte et se dirigea vers la porte. En passant près de sa sœur, il hésita un instant, puis il dit :
– Tu ne sais pas ce que j’ai dans ma boîte, Florence ?
– Non, montre-le-moi, répondit Florence qui avait entendu parler de perles.
– Tu ne le diras pas, c’est une surprise, s’écria l’innocent Bobby.
– Mais non, montre-le-moi.
Bobby ouvrit sa boîte et, la tenant dans ses petites mains potelées, il attendit ce que dirait sa sœur.
– Bah ! Ce n’est que cela ! Pouah ! Des œufs d’escargots !
Et Florence, avec dédain, repoussa la boîte.
Le pauvre Bobby resta muet, le cœur gonflé, regardant sa sœur, les yeux pleins de larmes ; il ne pleura cependant pas tant qu’il fut dans le salon, bien que sa petite figure devînt écarlate d’émotion, et d’efforts pour retenir son chagrin.

– Florence, veux-tu m’enfiler mon aiguille ? dit la grand-mère quand la porte se fut refermée sur le petit garçon.
Florence s’approcha de sa grand-mère pour lui rendre le service demandé.
– Veux-tu que nous ayons encore une petite conversation aujourd’hui ? reprit la grand-maman. Je suis souvent seule ici le matin et, comme mes yeux ne sont plus assez bons pour lire longtemps, une petite causette est une vraie distraction pour moi ! Comment vont tes petits canards ?
– Très bien. Ils commencent déjà à manger tout seuls. Ne viendras-tu pas les voir cet après-midi, grand-maman ?
– Oui, j’irai volontiers. Les as-tu montrés à Bobby ? Je suis sûre qu’il serait ravi de les voir.
– Non, je ne les lui ai pas montrés. Il cherchait son chapeau quand je suis partie, et je n’avais pas le temps d’attendre.
– Je crois qu’à ta place, Florence, je l’aurais attendu. Ç’aurait été une bonne occasion de mettre en pratique notre texte.
– C’est vrai, répondit Florence, mais je l’ai oublié à ce moment-là.
– N’est-ce pas étrange, reprit la grand-maman, appuyant sur les mots, que ce qui te fait plaisir te fasse oublier Bobby, tandis que Bobby pense à toi dès que quelque chose lui fait plaisir ?
– Que veux-tu dire, grand-maman ? demanda la petite fille, un peu embarrassée.
– Les petits canards ont-ils donc si complètement occupé ton esprit que tu n’aies pu songer qu’à ta propre satisfaction ? – tandis que ton petit frère, croyant ses œufs d’escargots aussi précieux que de vraies perles, a eu pour première pensée de te rendre aussi heureuse que lui… J’étais trop loin et je suis trop sourde pour entendre ce que tu lui as dit, mais j’ai vu son expression déçue et ses yeux pleins de larmes.
– Oui, je sais bien que je l’ai un peu brusqué, reconnut Florence. Mais aussi pourquoi joue-t-il toujours avec des choses si laides et si sales ! Les escargots sont de si vilaines bêtes ! ajouta-t-elle, cherchant à se défendre de son mieux.
– Florence, je n’aime pas entendre des enfants critiquer l’œuvre du Créateur. Pourquoi trouver laid ce que Dieu a créé ?
– Mais, grand-maman, la cuisinière a dit l’autre jour que j’étais la petite fille la plus laide qu’on ait jamais vue. Était-ce bien de sa part de dire cela ? Car c’est aussi Dieu qui m’a faite.
– Non, ma chérie, je ne l’approuve pas d’avoir parlé ainsi. Mais Dieu fait souvent les choses jolies, et c’est nous qui les déformons et les changeons. Probablement que, lorsqu’elle a dit cela, tu avais une expression désagréable, tandis qu’elle n’en aurait pas eu l’idée si tu avais eu un visage aimable. Ah ! si je pouvais seulement te voir indulgente et gracieuse envers les plus jeunes enfants, écoutant avec patience leurs petites histoires, les aidant à supporter leurs petites peines, sympathisant avec eux… Oui, c’est là le grand secret, sympathiser avec les autres, nous réjouir de leurs joies, nous affliger de leurs chagrins ! Si l’on te voit repousser durement Bobby, taquiner Lucie, je ne suis pas être surprise qu’on te trouve laide, car tes mauvaises pensées se lisent sur ton visage. Regarde Marie, au contraire ; les gens qui ne réfléchissent pas peuvent seuls la trouver laide, tandis que, selon moi, il n’est pas de visage plus doux à regarder ; la raison en est, qu’on voit la lumière divine briller dans les yeux de cette enfant douce, paisible, ne s’irritant de rien, ne se mettant jamais en avant.
Florence gardait le silence. Sa grand-mère parlait-elle réellement de Marie, de cette pauvre Marie si ignorante, si simple, de Marie à qui il fallait une heure pour faire une addition et qui ne pouvait pas retenir dans sa mémoire la règle des participes !
– Je vais te dire ce que j’ai l’intention de faire, grand-maman, s’écria Florence tout à coup, en se levant rapidement, je donnerai un de mes petits canards à Bobby, pour lui tout seul. Est-ce que ce ne sera pas là un bon commencement ?
– Oui, certainement, mon enfant. Je vois d’ici comme ce cher petit sera ravi quand tu lui annonceras cette nouvelle.
– Je vais commencer dès aujourd’hui, et je veux m’appliquer de toutes mes forces à devenir meilleure de jour en jour, tu verras, grand-maman.
– Très bien, Florence, mais rappelle-toi que toutes tes forces ne suffisent pas ; il y a Quelqu’un dont la force est nécessaire pour opérer un véritable changement dans les cœurs.
– Oh ! Je sais, grand-maman… tu verras.
Et Florence quitta la chambre en chantant.
Pauvre Florence ! Ses propres forces la soutinrent jusqu’au haut de l’escalier, mais là elles l’abandonnèrent complètement.
Mme Crammer l’arrêta sur le seuil de sa chambre.
– Florence, redescends, s’il te plaît, et mets un peu d’ordre dans le petit salon ; je n’ai jamais vu un pareil pêle-mêle : des boîtes de peinture, des assiettes pleines de couleur, de vieux journaux ; de plus, Bobby a découpé un cerf-volant et il a laissé le parquet tout couvert de morceaux de papier : ramasse-les et mets-les à la cuisine pour allumer le feu.
– Mais c’est Marie qui peignait dans le petit salon, maman, et non pas moi.
– Eh bien, dis à Marie de remettre en ordre ce qu’elle a dérangé, mais toi, ramasse les papiers.
– C’est bien ennuyeux d’avoir toujours à courir pour réparer les sottises que fait Bobby toute la journée.
– Florence, je suis vraiment affligée de te voir montrer à chaque instant une humeur si désagréable. Maintenant, va faire ce que je t’ai dit.
Après avoir donné cet ordre, Mme Crammer entra dans sa chambre, tandis que Florence, l’air plus mécontent que jamais, allait à la recherche de sa sœur.

Chapitre 5

Revenons maintenant en arrière, et voyons ce qu’a fait Gilles depuis que Marie, la consolatrice, est entrée auprès de son frère que nous avons laissé de très mauvaise humeur.
– Voilà une étrange façon de témoigner sa reconnaissance aux gens ! s’écria Gilles en jetant sur la table les tristes restes de sa casquette. J’avais dépensé tout ce qui me restait d’argent pour acheter le fil de fer de ce treillage, et elle ne m’a même pas dit merci pour toute la peine que je me suis donnée.
– Mais elle était sincèrement affligée, je t’assure, elle a pleuré toute la soirée, dit Marie, plaidant la cause de sa sœur.
– Comme si ses larmes allaient arranger quelque chose, à ma casquette et à moi ! reprit Gilles. Ne peut-elle donc pas, une fois dans sa vie, se montrer satisfaite de quelque chose, et reconnaissante envers quelqu’un ! Mais une phrase gracieuse lui écorcherait la bouche !… À propos, ma petite Marie, va vite me chercher ma boîte à outils que j’ai laissée sur le perron, et viens m’aider à terminer mon planeur. Il sera superbe, et nous irons l’essayer en le lançant depuis le balcon du deuxième étage.
Marie, ravie, partit en courant et revint avec la boîte.
– Maintenant, lui dit Gilles, il faut que je cloue cette dernière planchette, mais c’est très difficile ; il faut que tu me la tiennes solidement pendant que par-dessous j’enfoncerai les clous.
Marie suivit les instructions de son frère, toute fière et heureuse d’avoir été choisie par lui pour cet important travail. Mais à ce moment la porte s’ouvrit et Florence entra en disant brusquement :
– Marie, descends tout de suite, maman a besoin de toi.
– Mais non, dit alors Gilles, Marie ne peut pas descendre maintenant, ou tout sera à recommencer. Pourquoi maman a-t-elle besoin d’aide ? Va, s’il te plaît, demander à maman si elle peut attendre Marie cinq minutes seulement.
– Non, répondit Florence, Marie doit aller immédiatement pour ranger toutes les affaires qu’elle a laissées en désordre. Il n’y a pas un coin du salon où l’on ne trouve quelque chose que Marie a laissé traîner.
– En tout cas il y a un angle dans la maison qui est bien pénible et contre lequel on se heurte toujours, grommela Gilles en reprenant des mains de Marie les planchettes qu’elle maintenait à leur place.
– Insupportable garçon, maugréa Florence, je dirai à maman que tu me donnes un méchant surnom et que tu te moques de moi.
Et la petite fille sortit très en colère, suivie de Marie qui disait à Gilles :
– Je reviendrai aussi vite que possible, attends-moi.
Lorsque les sœurs se furent éloignées, le jeune garçon resta seul, et pendant un moment on aurait pu l’entendre grommeler contre Florence. Mais soudain il se souvint de ce que sa mère lui avait dit bien souvent, combien c’est mal de se laisser aller à la colère et, tout honteux des mauvais sentiments qu’il avait eus envers sa sœur, il s’agenouilla pour demander à Dieu de lui aider à maîtriser sa colère et à être doux et obéissant, se souvenant qu’il est écrit : « Qui est lent à la colère vaut mieux que l’homme fort, et qui gouverne son esprit vaut mieux que celui qui prend une ville » (Prov. 16. 32).

 

Chapitre 6. L’échelle de Lucie

Nous n’avons pas encore parlé de Lucie, une petite rêveuse qui se tenait à part des causeries bruyantes et des querelles des autres enfants. Bobby était son fidèle compagnon et son confident. Elle lui lisait ses histoires préférées, lui chantait des cantiques, l’emmenait sous les charmilles, et là, à l’ombre des arbres, lui montrait l’endroit où les oiseaux avaient bâti leurs nids et reposaient paisiblement, les ailes étendues sur leurs œufs ; elle apprenait à Bobby à respecter ces nids, à ne pas effrayer les pauvres mères, « car ce serait bien méchant, et, ajoutait Lucie avec une solennité enfantine, quand on est méchant, on ne peut pas aller au ciel ».
Elle emmenait Bobby dans de longues promenades et, tout en marchant, elle lui disait que c’est Dieu qui a fait les marguerites, les primevères et les jolis narcisses blancs, et que c’est Lui aussi qui apprend aux oiseaux à faire leurs nids. Elle lui racontait les récits du Nouveau Testament, les miracles accomplis par le Seigneur Jésus, et, avec émotion, lui parlait de Sa mort sur la croix ; elle lui disait que Dieu qui est pourtant si bon, et qui veille sur Lucie et Bobby quand ils sont la nuit dans leurs lits, avait laissé son Fils souffrir ainsi, parce qu’Il voulait nous sauver de l’enfer.
Elle lui racontait aussi les histoires de l’Ancien Testament qu’elle mettait en action pour ainsi dire dans son esprit, tellement que dans sa pensée elle les mêlait aux évènements de sa vie de chaque jour.
Parfois, lorsqu’elle se trouvait seule, assise dans le bois de sapins, et qu’elle regardait les corbeaux voler à travers les arbres, elle s’imaginait qu’ils allaient lui apporter à manger, comme autrefois à Élie. Mais, parmi tous les récits de la Bible, il en était un qui s’emparait spécialement de l’esprit de la petite Lucie. C’était l’histoire de l’échelle mystérieuse que Jacob contempla dans une vision, cette échelle dont le pied était posé sur la terre et dont le sommet atteignait le ciel, et sur laquelle les anges de Dieu montaient et descendaient.
Construire une immense échelle qui puisse atteindre jusqu’au ciel était le plan favori de Lucie. Bien des essais mystérieux furent tentés par la petite fille pour cette construction, et elle fut souvent peinée sur ces tentatives sans résultat. À Bobby seul elle confia ce grand projet ; Bobby devint le témoin de ses efforts ; c’était le seul être qui sympathisât avec son chagrin de son peu de succès.
Un jour, une lueur d’espérance brilla sur son projet abandonné et l’excita à le reprendre avec une ardeur nouvelle. Son père, causant un soir au coin du feu, vint à parler d’un grand navire qu’il avait visité et fit la description des échelles de cordes auxquelles les matelots grimpent avec tant de hardiesse. À partir de ce moment-là, la résolution de Lucie fut prise : elle ferait une échelle de cordes semblable à celle dont son père avait parlé. Que la tâche fût longue, pénible, peu importe, elle l’accomplirait. L’échelle terminée, Lucie y monterait hardiment ; elle l’attacherait au sommet d’un des hauts peupliers qui croissent sur la colline ; elle avait vu souvent les nuages se poser sur leurs branches, et, une fois arrivée au-dessus des nuages, quelle vue merveilleuse elle aurait ! Elle verrait sans doute les rues d’or, les portes de perles dont il est parlé dans l’Apocalypse ; peut-être les anges passeraient-ils devant elle, et elle entendrait les accords mélodieux des harpes.
Pauvre petite Lucie ! Quel rêve ! Ce n’est pas étonnant qu’elle n’osât le dévoiler à personne, – surtout pas à Florence qui se serait tant moquée de la pauvre petite ! Ce fut donc dans le plus grand secret et sans autre secours que celui du fidèle Bobby que Lucie rassembla en les mettant de côté, jour par jour, dans une boîte cachée sous le foin de la grange, une quantité de bouts de corde et de ficelle.
Le jour où se passèrent les évènements que nous allons raconter était un beau jour du mois de septembre, où Lucie se préparait à célébrer la fête de sa poupée chérie, Charlotte. Un goûter devait avoir lieu en son honneur ; Lucie avait confectionné elle-même un gâteau aux raisins secs, et la boisson consistait en tisane de menthe récoltée par les deux enfants.
Le petit garçon du jardinier, Marcel, qui s’amusait souvent avec Bobby, avait été convié à la fête qui eut lieu dans le hangar. On rangea des chaises autour d’une table improvisée et couverte d’une nappe, et on y plaça le service à thé de poupée. Les murs étaient garnis de guirlandes de chèvrefeuille et la poupée, dans ses plus beaux vêtements, trônait à la place d’honneur.
Mais, au plus beau moment de la fête, alors que le visage de Lucie rayonnait de joie, un phénomène soudain et imprévu se produisit.
La fenêtre du hangar s’ouvrit violemment ; un léger bruit se fit entendre dans la haie de lauriers, puis un torrent d’eau se précipita avec force à travers la fenêtre ouverte dans la salle du festin.
La poupée fut renversée de son siège ; Marcel, assis à côté d’elle, se trouva inondé, le pauvre Bobby aveuglé, tandis que Lucie, recevant sur la tête une pluie torrentielle, restait muette de stupéfaction.

Chapitre 7. Qui troubla la fête ?

Nous avons laissé Gilles à genoux, demandant dans sa prière la force de bien faire, et nous avons vu Florence prenant de bonnes résolutions auprès de sa grand-mère. Assurément tous deux, s’ils avaient persévéré dans leur repentance, auraient triomphé de leurs mauvaises dispositions. Nos lecteurs ont sans doute déjà cherché à deviner le coupable qui inonda le festin de Lucie, et ils se refusent à croire que Gilles ou Florence aient pris part à une aussi méchante plaisanterie.
Les vacances de Gilles touchaient à leur fin, et il pensait avec quelque mélancolie à son prochain départ, car la maison lui paraissait le plus agréable séjour du monde, et Marie et Bobby, les plus gentils compagnons et les plus serviables qu’on pût trouver !
Fatigué des difficultés toujours nouvelles dans la construction de son planeur, il l’avait relégué dans un coin de sa chambre. Sa sœur Marie était occupée à faire la lecture à sa grand-mère et il ne savait pas où trouver Lucie et Bobby. Il se sentait donc tout à fait isolé et errait sans but dans le jardin, lorsqu’il découvrit tout à coup une chose bien faite pour plaire à un écolier : une pompe d’arrosage trempant dans un baquet plein d’eau !
– Quelle trouvaille ! s’écria-t-il. Voilà un bon amusement ! Oh ! Que je voudrais que Marie soit là ! Quelle belle douche je lui enverrais !
Il tourna le manche de la pompe et, après avoir rempli complètement le tube d’arrosage, il épaula son arme de guerre et marcha à la rencontre d’une victime.
Il ne fut pas long à la trouver dans la personne du vieux jardinier qui travaillait un peu plus loin.
– Attention ! cria Gilles, attention ! Je tire sur vous.
– Ah ! N’en faites rien, je vous prie. J’ai un terrible rhumatisme dans les épaules.
– Je ne viserai qu’aux jambes, alors, cria de nouveau Gilles.
– Non ! Non ! Mes pauvres jambes sont raides comme des bâtons à force de m’avoir porté toute la journée. Si vous tenez absolument à tirer un coup, tirez-le sur les pigeons. Ils n’ont pas de rhumatisme, eux !
– Ce n’est pas une mauvaise idée, dit Gilles en repartant.
Et il se dirigea vers la cour de l’étable. Les pigeons se reposaient paisiblement sur le toit et le jet d’eau causa le plus grand trouble parmi eux. Ils tournoyèrent et voltigèrent de toutes parts, quand l’eau retomba en gouttes brillantes sur leur dos. Puis ils prirent leur vol vers la prairie afin de sécher au soleil leurs plumes mouillées.
Gilles riait ; puis il regarda autour de lui pour chercher une autre victime.
– Bon ! Voilà Marie qui vient à travers les arbres. C’est bien sa robe bleue et son tablier blanc. Oh ! Il faut absolument que je l’attrape !
Et remplissant son tube rapidement, Gilles se cacha au coin du mur de la grange. La fillette apparut, mais ce n’était pas Marie, c’était Florence venant visiter son poulailler avec un plat de grains pour ses poules.
« Quel dommage ! murmura Gilles, je n’ose pas tirer sur elle, cela la mettrait en colère ».

Et pourtant il appuya la pompe sur son épaule tout en regardant la petite fille qui s’approchait sans méfiance.
– Attention ! Feu !
Et un déluge d’eau froide tomba sur le visage et la tête de Florence.
Gilles se cacha alors rapidement et prudemment dans un buisson de lauriers pendant que Florence poussait de hauts cris. Puis le silence se fit ; bien que Gilles se sentît très mal à l’aise, il ne put résister au désir de connaître le résultat de son tir.
Le plat d’étain gisait par terre, ainsi que les grains qu’il avait contenus, et Florence s’essuyait le visage avec sa manche, et regardait autour d’elle d’un air furieux pour tâcher de découvrir son adversaire.
– Eh bien, Florence, comment trouves-tu cela ? cria Gilles en sortant de sa cachette.
Florence demeura quelques instants sans pouvoir trouver les paroles pour exprimer sa colère.
– Je pensais bien que ce devait être toi ! dit-elle enfin. Je le dirai à maman, et tu seras puni pour cette farce si stupide et si lâche.
– Eh bien ! d’accord, je reconnais que c’était stupide de ma part. Allons, Florence, donne-moi la main et faisons la paix. D’ailleurs tu n’es pas trop mouillée.
Et Gilles s’avança les mains tendues vers sa sœur.
– Non, je ne te donnerai pas la main ; je vais montrer à maman mon tablier tout mouillé.
– Eh bien, reprit Gilles en jetant la pompe par terre devant sa sœur, tire sur moi autant de coups que tu le voudras, mais ne sois pas dans une telle colère pour si peu de chose.
– Je n’y toucherai pour rien au monde ! s’écria Florence repoussant du pied la pompe. Je n’aurais jamais cru qu’on pût jouer un si vilain tour.
Tout en parlant elle ramassait le plat d’étain vide et, prenant le plus court chemin, elle rentra à la maison.
– Florence ! criait Gilles, Florence, écoute ! Si tu as réellement l’intention d’aller te plaindre à maman, demande-lui de ne pas me mettre dans un coin ; rien n’est plus désagréable qu’un coin !
Il cria ce dernier mot tellement fort que Florence l’entendit en franchissant la porte de la cour. Puis il regarda de côté et d’autre d’un air indécis, et finalement s’éloigna.
Un moment après Florence apparaissait de nouveau, avec un air d’importance et un éclair de triomphe dans les yeux.
– Gilles ! cria-t-elle de loin, pensant que son frère l’entendrait, maman veut que tu laisses cette pompe ; elle dit qu’elle est surprise qu’un garçon de ton âge fasse de si mauvais tours.
Le but du discours de Florence fut quelque peu manqué lorsqu’elle s’aperçut que la pompe était couchée sur le sol et que Gilles avait disparu. Elle regarda de tous côtés pour retrouver le coupable, mais, ne le voyant pas, elle s’occupa à ramasser les grains répandus. Tout en se livrant à cette occupation, ses yeux tombèrent sur la pompe. Elle la regarda avec curiosité, puis s’en approcha et l’examina attentivement. Enfin elle la prit dans ses mains et, l’emportant jusqu’au ruisseau qui coulait près de la basse-cour, s’amusa à la remplir. Puis, comme Gilles tout à l’heure, elle chercha un adversaire.
Tout à coup elle entendit les éclats de rire de Bobby à peu de distance. Se glissant le long du mur du hangar, Florence tendit l’oreille.
-« Bobby est là, se disait-elle ; j’entends aussi la voix de Lucie. Que peuvent-ils donc faire là-dedans ? »
Une idée soudaine lui traversa l’esprit ; elle poussa la petite fenêtre, visa et tira le coup fatal dont le résultat désastreux nous est déjà connu. Puis elle jeta précipitamment la pompe et s’enfuit vers la maison ; mais à mi-chemin elle rencontra Gilles qui l’arrêta en la saisissant par le bras.
– Que faisais-tu avec cette pompe, Florence ?
– Cela ne te regarde pas. Laisse-moi passer.
– Réponds-moi ! Que faisais-tu ?
Mais la réponse de Florence n’était plus nécessaire, car la porte du hangar s’ouvrit, et une petite bande d’enfants désolée en sortit. On vit d’abord Lucie tout en larmes, tenant dans ses bras la pauvre Charlotte dont les vêtements avaient perdu tout leur éclat, puis Bobby en larmes aussi, enfin Marcel trempé des pieds à la tête.
– C’est là ce que tu as fait ! s’écria Gilles en secouant le bras de sa sœur.
– Je n’ai rien fait que ce que tu as fait toi-même, répondit Florence.
– Et qui est allé prévenir maman, pour revenir ensuite faire la même chose ? Qui a appelé cette plaisanterie lâche et stupide ?
– Lâche-moi ! criait Florence.
À ce moment, Mme Crammer parut.
– Gilles, laisse ta sœur tranquille. Florence, viens ici.
Gilles lâcha prise, et Florence se dirigea vers la maison.
Le jeune garçon était occupé à consoler et à sécher les enfants lorsque Marie arriva.
– Gilles, dit-elle, j’ai à te parler.
– Eh bien, qu’y a-t-il ?
– On a envoyé Florence au lit, elle ne descendra pas ce soir, et maman dit…
– Quoi ?
– Maman dit qu’elle ne veut pas te revoir ce soir.
Gilles s’éloigna sans rien dire. Bien qu’il eût reçu la décision de sa mère avec une apparente indifférence, Marie savait combien il devait en souffrir, car pour Gilles, une parole de reproche de sa mère valait les plus sévères punitions. Aussi, au lieu de le suivre, Marie retourna à la maison et monta à la chambre de Florence.
– Puis-je entrer ?
Florence ne répondit pas ; Marie s’avança dans la chambre et s’assit près du lit de sa sœur.
– Va-t’en ! cria brusquement Florence ; ce n’est pas généreux de venir voir la mine que font les gens punis. Je n’ai pas besoin de toi !
Cependant, à peine Marie eut-elle refermé la porte que Florence fondit en larmes ; elle s’assit sur son lit et réfléchit amèrement à sa méchanceté, à son ingratitude.
Les ombres du soir s’allongeaient de plus en plus, et Florence ne pouvait trouver le repos. On lui apporta son souper ; elle n’y toucha pas. La maison semblait plongée dans un silence mélancolique ; on n’y entendait ni Gilles, ni Marie ; la voix du petit Bobby lui-même restait muette.
Comme elle se demandait ce qu’ils pouvaient tous faire, on frappa doucement à la porte. Florence tressaillit et dit : Entrez !
La porte s’ouvrit, et Bobby s’approcha doucement.
– Florence, je voudrais t’embrasser. Et puis, Lucie te fait dire que Charlotte est tout à fait remise ; nous avons séché ses vêtements au soleil.
Florence regarda son petit frère sans parler.
– Cela ne te fait-il pas plaisir ? reprit Bobby.
– Si.
Bobby se retira satisfait.
« Gilles et Marie se promènent sans doute ensemble, pensait Florence ; ils parlent de la bouderie de leur sœur, et Marie raconte à Gilles qu’elle a voulu venir me voir, et que je l’ai renvoyée ».
Telles étaient les pénibles pensées qui préoccupaient Florence, et qu’elle s’efforçait de croire vraies, tandis que son cœur lui disait que Marie n’agirait certainement pas ainsi.

Chapitre 8. Les chagrins de Gilles

Après que Gilles eut laissé Marie retourner seule à la maison, il erra un moment dans le verger, tout pensif.
« Je n’ai que ce que je mérite », se disait-il. « Pourquoi, après avoir pris de bonnes résolutions, est-ce que je cède toujours à la tentation de taquiner les autres et de jouer de mauvais tours ? »
Tout en réfléchissant, Gilles arriva dans la cour de la ferme. Là, une nouvelle idée s’empara de lui ; il grimpa dans la grange et s’assit sur le foin. Il resterait là, pensait-il, jusqu’à l’heure du coucher ; il pourrait alors rentrer à la maison par la porte de derrière et monter à sa chambre sans être vu.
Au bout d’un moment il finit par s’endormir sur le foin. C’était un lit moelleux ; mais ce sommeil ne fut pas de longue durée ; il se réveilla mal à l’aise. Tout à coup il vit apparaître la tête de Marie au haut de l’échelle. Elle avait les cheveux remplis de paille et les joues très colorées.
Gilles ne put s’empêcher de rire d’abord ; mais le regard sérieux de Marie lui rappela bien vite ce qui s’était passé.
– Eh bien, Marie, dit-il amicalement, qu’est-ce qui t’amène ?
Marie grimpa jusqu’à lui sans répondre, puis elle le regarda fixement afin de savoir dans quelle disposition d’esprit il se trouvait.
– Es-tu là depuis longtemps ? demanda-t-elle en s’asseyant à côté de lui.
– Non, j’ai d’abord fait un tour, puis j’ai découvert cet abri où je pensais que personne ne pourrait me trouver.
– Et qu’as-tu fait tout ce temps, mon pauvre Gilles ?
– J’ai réfléchi.
– À quoi ?
– À la difficulté de ne pas céder à la tentation… Comment est maman ce soir ?
– Elle a lu toute la soirée, répondit la petite fille ; à peine a-t-elle dit un mot, excepté… mais dois-je le dire ? Elle parlait de toi à grand-mère.
– Oui, oui, dis-le-moi.
– Il n’y a pas de mal à ce que je le redise, car maman savait bien que j’étais là, poursuivit la loyale petite fille. Elle a dit : « Gilles est un honnête garçon, un brave cœur, et, lorsqu’il a eu des torts, je peux en toute sécurité le laisser à sa conscience ». Et si tu avais entendu sa voix, si tu avais vu son sourire au moment où elle disait cela, tu aurais été content.
Gilles ne répondit pas.
– Comment va Florence ? demanda-t-il enfin.
– Pauvre Florence ! Bobby m’a dit que ses yeux étaient tout rouges à force d’avoir pleuré.
Gilles se détourna comme pour regarder ce qui se passait dans la cour. Mais Marie le vit s’essuyer les yeux à la dérobée, puis il se tourna de nouveau vers elle.
– Comment t’y prends-tu, Marie, dit-il, pour ne jamais t’écarter du droit chemin ?
– Oh ! Mais je m’en écarte aussi souvent que toi !
– Non, non, et si je pouvais t’avoir toujours près de moi, je crois que cela irait mieux. Au collège c’est si difficile ! Il faut prendre son parti d’une foule de choses, mais il en est dont je ne peux supporter qu’on plaisante.
– De quelles choses, Gilles ?
– Eh bien, par exemple, le soir de mon arrivée, lorsque, avant de me coucher je me suis mis à genoux pour faire ma prière, j’ai entendu chuchoter et ricaner derrière moi ; je me suis retourné et j’ai vu un autre garçon, agenouillé comme moi, et marmottant des prières pour me singer. J’ai bondi et je lui ai donné un coup de poing dans le dos. Les autres ont crié : « Bravo, petit ! » mais celui que j’avais frappé m’a dit qu’il m’écraserait. Cependant, lorsque je me suis remis à prier, j’ai reconnu que j’avais eu tort ; je ne pouvais pas continuer à prier. Mon cœur battait si fort ! Je me suis relevé et j’ai dit au garçon que j’avais frappé, que j’étais fâché de m’être emporté ainsi, et je lui ai tendu la main. Les autres se sont alors écriés : « Lâche ! Tu as donc peur ! » Je me suis senti si confus, si troublé, que je ne savais plus distinguer le bien du mal. Un autre jour, ils ont pris ma Bible et ont mis de la colle entre les feuillets, de sorte que, lorsque j’ai voulu l’ouvrir, j’en ai déchiré les pages. J’étais si vexé que je l’ai lancée à la tête du garçon qui m’avait joué ce mauvais tour, et elle est tombée par terre et s’est complètement abîmée. J’en aurais pleuré : c’était la Bible que maman m’avait donnée !
– Et tu n’avais plus de Bible, Gilles ?
– Bernard, un de mes camarades, m’en a donné une autre. Nous étions inséparables ; malheureusement il a fait une chute et a dû rentrer chez lui pour se soigner. Quand il était là, nous étions deux à nous soutenir, et il m’aidait à bien faire, mais après son départ je suis retombé dans mes anciens défauts. Dis-moi un moyen, Marie, si tu en connais un, pour marcher dans la bonne voie ? Je voudrais tant être comme toi.
– Lis-tu régulièrement la Bible ? demanda Marie.
– Oui, certainement, mais lorsqu’un écolier est obligé de lire au galop un chapitre pour trouver le temps de préparer ses leçons, on ne peut espérer qu’il profite beaucoup de sa lecture, n’est-ce pas ?
– Et pries-tu ?
– Depuis le départ de Bernard, mes prières ne me font plus le même effet qu’autrefois ; elles ne partent plus du fond de mon cœur.
– Le malheur, dit Marie pensivement, c’est qu’on oublie Dieu tout le long du jour ; on ne pense à Lui qu’un instant le matin et le soir. Le meilleur moyen de bien faire serait d’essayer de se tenir en la présence du Seigneur toute la journée.
– Mais comment faire pour cela ? reprit Gilles.
Marie restait pensive.
– Ah ! Tiens ! s’écria soudain Gilles ; qu’est-ce qu’il y a là ?
Et il tira du foin une petite boîte.
– Voilà de la corde et de la ficelle de quoi monter un magasin ! Regarde donc, Marie, ne croirait-on pas que c’est une échelle ? Seulement il n’y aurait qu’un chat qui pourrait y grimper !
– Il faut rentrer, Gilles, il est déjà tard. Nous pourrions peut-être entrer chez la pauvre Florence qui est restée seule toute la soirée.
– C’est vrai, c’est bien égoïste à moi de n’avoir pas pensé à elle. D’autant plus que je suis la cause de ses mésaventures. Crois-tu, Marie, que je parvienne à me réconcilier avec elle en allant la trouver maintenant ?
– Je ne sais pas, mais il faut essayer.
Et Gilles et Marie, descendant de la grange, rentrèrent ensemble à la maison.

Chapitre 9. Les résolutions de Florence

Était-ce le baiser de paix que Gilles déposa le soir sur la joue de Florence, tandis qu’elle dormait ou feignait de dormir ; étaient-ce les regrets qui avaient assailli la petite fille dans la solitude de sa chambre, ou les reproches affectueux de sa grand-mère, qui hantèrent ses rêves et firent qu’elle s’éveilla en pensant au texte de sa grand-mère ?
Elle s’assit sur son lit, se frotta les yeux ; elle avait dormi plus que d’habitude à force d’avoir pleuré. Par la fenêtre ouverte, elle pouvait voir sa grand-maman dans le jardin avec son panier et son sécateur, et Bobby, à côté d’elle, suivant tous ses mouvements.
Florence sauta hors du lit ; elle craignait d’être en retard pour le déjeuner, mais elle était décidée à ne rejeter sur personne la cause de son retard ; à rendre agréables à Gilles ses derniers jours de congé ; à être gentille envers les petits, afin de réparer le chagrin qu’elle leur avait causé ; enfin, à se faire remarquer par ses progrès.
« Je sais ce que je ferai aujourd’hui ! » pensa-t-elle ; « je ferai une casquette pour Gilles ; maman me donnera un morceau de tissu, grand-maman le coupera, et Gilles n’en saura rien jusqu’à ce que tout soit fini ».
Remplie de ce beau projet, Florence s’habilla rapidement ; mais son esprit était si préoccupé que cette fois encore elle oublia de faire sa prière.
Tandis que sa grand-mère faisait la lecture biblique, Florence pensait plus aux luttes qu’elle aurait à soutenir qu’au secours qui lui serait nécessaire ; aussi n’est-il pas étonnant qu’un sincère sentiment d’amour ne remplît pas son cœur.
La prière terminée, elle s’approcha du fauteuil de sa grand-maman, où Bobby était grimpé.
– Descends, Bobby, dit-elle, je voudrais parler à grand-maman.
– Est-ce que je ne peux pas rester là ? Je voudrais effacer les plis qui sont sur la figure de grand-maman.
– Non, descends.
Bobby obéit et s’éloigna, car c’était un petit garçon trop brave pour chercher à surprendre un secret.
– Grand-maman, dit Florence à voix basse, je suis décidée à être, à partir de maintenant, bonne et sage. J’ai pensé à ton texte en me réveillant ce matin, et j’y penserai toute la journée. J’espère qu’il se présentera une bonne occasion de te prouver que mon désir est sincère.
– Je suis très heureuse de tes bonnes résolutions, ma chérie, répondit la grand-mère. Tu trouveras une foule d’occasions de les mettre en pratique. Je commençais à m’affliger, ces derniers temps, en pensant que tu avais oublié notre texte.
– Oh non, je ne l’avais pas oublié ; mais par moments je n’y pensais plus, surtout quand j’aurais dû l’appliquer ; mais aujourd’hui je veux me le répéter à chaque instant, et je veux te dire une bonne idée qui m’est venue. J’ai l’intention de faire une casquette neuve pour Gilles ; voudrais-tu me couper le tissu ?
– Volontiers ; mais à présent le déjeuner est servi.
Les enfants prirent place à table et se livrèrent d’abord à une conversation un peu bruyante.
– Devinez, s’écria tout à coup Gilles, ce que j’ai trouvé dans la grange hier soir ! Une boîte remplie de cordes, de ficelles, de lacets, en quantité suffisante pour attacher tes paquets toute l’année, maman.
Bobby poussa un soupir de consternation, et ses yeux se fixèrent sur Lucie, muette à force d’émotion.
– À qui peuvent être ces cordes et ces ficelles, Gilles ? dit Mme Crammer.
– Elles sont à moi, puisque je les ai trouvées, répliqua Gilles.
– Non, non, ne les prends pas ! s’écria Bobby.
– À qui sont-elles donc ? Est-ce à toi ?
– Non, c’est à Lucie.
– À Lucie ? Mais que voulait-elle en faire ? s’écria Gilles.
– Faut-il le dire ? demanda encore Bobby, en jetant un regard de compassion sur sa sœur, ou aimes-tu mieux le dire toi-même, Lucie ?
Les yeux de Lucie se remplirent de larmes.
– Qu’as-tu donc, ma pauvre Lucie ? demanda la grand-maman.
– Je vais te dire tout bas ce que c’est, dit Bobby descendant de sa chaise et s’approchant d’un air mystérieux de sa grand-mère.
Mais les « tout bas » de Bobby s’entendaient généralement aussi bien que ce qu’il disait tout haut, et chacun put comprendre la suite de son explication :
– Gilles a trouvé l’échelle que Lucie est en train de faire pour monter au ciel ; elle grimpera d’abord, et ensuite moi.
Et Bobby, ayant achevé sa confidence, recula d’un pas pour juger de l’effet. Il n’était pas préparé à ce qui suivit : Florence éclatait de rire, Lucie, toute rouge, se cachait la figure dans les mains, et Gilles faisait de vains efforts pour réprimer sa gaieté.
– Une échelle pour monter au ciel ! s’écria Florence ; a-t-on jamais entendu parler d’une idée pareille ; une échelle en bouts de ficelle pour monter au ciel !
À ce moment Mme Crammer vint au secours de la pauvre Lucie et détourna d’elle l’attention générale.
– J’ai l’intention, dit-elle, d’aller en ville, et je prendrai quelques-uns d’entre vous avec moi ; allez courir au jardin jusqu’à ce que je vous appelle.
Florence, craignant de perdre l’heureuse chance d’une promenade en voiture, s’élança hors de la chambre, suivie de Bobby, tandis que Marie, donnant le bras à sa grand-mère, la conduisait lentement à une place ombragée dans le jardin.
Quand la porte fut fermée, Mme Crammer attira à elle la pauvre Lucie tout en larmes ; elle la prit sur ses genoux et obtint d’elle peu à peu, quand les sanglots se calmèrent, l’aveu de son plan chéri. Il suffit à Mme Crammer de quelques mots pour expliquer à Lucie que son idée était impossible à réaliser, et elle la consola aisément d’avoir dû révéler son secret.
– Ma chérie, ajouta-t-elle, quoique le ciel te paraisse bien loin, tu sais que le Seigneur Jésus est pourtant près de nous, et que tu peux Lui parler à chaque instant, même à voix basse ; Il t’entend toujours.
– Mais maman, je voudrais Le voir, et il faudra si longtemps, si longtemps, avant que je puisse aller au ciel !
– Il se peut que ce soit aujourd’hui même, ma chérie.
-Oh ! s’écria Lucie, mais il faut d’abord que je devienne vieille comme grand-maman. Ce sont les vieilles personnes qui meurent.
– Pas du tout ; Dieu reprend souvent à Lui de tout jeunes enfants. Mais ne sais-tu pas que le Seigneur Jésus va venir d’un instant à l’autre nous chercher tous ? Cela peut être aujourd’hui même ; et dans ce cas tu n’aurais pas besoin de mourir pour être au ciel auprès de Lui. Je vais te lire dans la Bible ce qui est dit à ce sujet.
Et Mme Crammer lut lentement à Lucie les beaux passages qui parlent de la venue du Seigneur dans 1 Thessaloniciens 4 et 1 Corinthiens 15, en s’assurant que la fillette comprenait. Quand elle eut terminé ses explications, Lucie, le cœur léger, alla à la rencontre de Bobby pour lui raconter à son tour ce qu’elle venait d’apprendre, et tous deux, pleins d’une heureuse attente, levèrent souvent ce jour-là les yeux vers le ciel, pour être les premiers à voir apparaître le Sauveur qu’ils aimaient.
Quand Mme Crammer eut fini ses explications à la petite Lucie, elle se dirigea vers la fenêtre.
– Venez, mes enfants, appela-t-elle. J’ai une agréable surprise à vous faire. Mme Gérard nous invite tous à passer la journée chez elle. Elle veut conduire ses enfants cet après-midi voir le zoo qui est pour quelques jours à Danville, et elle pense que la partie serait plus complète si nous y allions aussi. Mais, poursuivit Mme Crammer, vous ne pouvez pas y aller tous ; il n’y aurait pas de place dans la voiture ; et puis, il faut que quelqu’un reste avec votre grand-mère. Mais, comme je désire que celui qui restera le fasse de bon gré, je permets aux aînés de choisir entre eux celui qui gardera la maison.
Un silence général se fit parmi les enfants.
– Je crois pouvoir promettre, reprit Mme Crammer en souriant, que celui qui fera cette fois-ci le sacrifice de renoncer à cette partie viendra un autre jour avec moi voir le zoo.
– Oh ! Merci, maman ! s’écria Marie qui avait déjà arrangé la chose en elle-même.
– Je vais dire qu’on attelle le cheval ; vous me direz à mon retour la décision que vous aurez prise.
Et Mme Crammer quitta la chambre.
– Ah ! Je sais d’avance ce que tu vas proposer, Marie, mais nous ne l’accepterons pas, dit Gilles. J’ai déjà vu une fois un zoo, et je peux très bien me passer de voir celui-ci. Allez donc tous vous préparer.
– Non, non, Gilles, il vaut bien mieux que ce soit moi qui reste à la maison. Je sais bien soigner grand-maman, et d’ailleurs maman m’emmènera une autre fois.
– Et crois-tu être la seule capable de t’occuper de grand-maman ? dit Gilles en riant. Non, non, va vite te préparer, et je vais aller parler à maman, puisqu’il n’y a pas d’autre moyen de te faire entendre raison à toi.
Marie courut après lui, suivie des deux plus jeunes enfants, et Florence resta seule, pensive et abattue. Le texte de sa grand-mère lui était revenu subitement à la mémoire, et elle se sentait embarrassée et mécontente. N’était-ce pas là l’occasion qu’elle désirait, de mettre en pratique cette exhortation ?
« C’est trop ! » se disait-elle. « Je désire tant voir un zoo ! Et puis je crois que cela ne fait rien à Marie de rester à la maison ».
– Que fais-tu donc là, ma petite Florence ? demanda tout à coup la grand-mère que la petite fille, absorbée dans ses réflexions, n’avait pas entendu approcher. Les autres courent de tous côtés et ont l’air très excités. A-t-on appris quelque heureuse nouvelle ?
– Nous allons à Danville voir le zoo. Mais nous n’y allons pas tous, ajouta Florence en hésitant ; quelqu’un… Marie probablement, restera à la maison avec toi, grand-maman ; il n’y a pas de place pour tous dans la voiture.
– Pauvre Marie ! Ne désire-t-elle donc pas y aller ?
– Je ne sais pas, je ne crois pas. D’ailleurs maman dit qu’elle l’emmènera une autre fois.
– Ne pourrait-on pas trouver moyen de l’emmener aujourd’hui ? Je ne peux pas supporter que Marie reste à la maison pour moi. Oh ! Comme elle met bien en pratique notre texte !
Florence restait silencieuse et se répétait intérieurement : « Non, c’est un trop grand sacrifice, je ne peux pas m’y décider ».
La grand-mère restait silencieuse aussi ; enfin elle dit en regardant Florence :
– Qu’en dis-tu, Florence ? Si nous faisions aujourd’hui notre début dans la bonne voie ?
Florence rougit ; elle comprenait très bien ce que sa grand-mère voulait dire.
– Ne cherchais-tu pas une occasion de mettre en pratique notre texte ? reprit la grand-mère. Il serait difficile, je crois, d’en trouver une meilleure. Quel plaisir tu éprouverais toute la journée à te représenter la joie de Marie ! Nous ferions ensemble la casquette de Gilles ; elle serait prête ce soir pour son retour.
– Pourrions-nous la faire en un jour, grand-maman ?
– Sans doute, si nous travaillons de tout notre cœur. Veux-tu que j’aille faire cette proposition à ta mère ?
– Oui, répondit Florence d’une voix très mélancolique.
La grand-mère resta assez longtemps absente, et Florence l’attendit, le cœur agité. Espérait-elle que Marie consentirait à y aller ? Hélas, non ; elle espérait, au contraire, que Marie refuserait le plaisir qui lui était offert. Ah ! Si seulement Florence avait demandé au Seigneur Son secours ! Elle aurait reçu les forces nécessaires pour accomplir joyeusement ce petit sacrifice et pour supporter sa déception.
– Eh bien, ma chère enfant, Marie est d’accord pour y aller, dit la grand-mère en revenant, mais ce n’est pas sans peine. Elle ne pouvait supporter l’idée de te priver de ce plaisir ; mais je lui ai dit, ce que j’espère être la vérité, que la pensée de sa joie te dédommagerait complètement de la privation que tu pourrais ressentir.
– Pourquoi donc désires-tu tant que Marie y aille plutôt que moi, grand-maman ?
– Pour plusieurs raisons : la première, c’est que Marie n’a pas souvent des plaisirs ; elle se refuse toute distraction pour l’offrir aux autres, et je suis enchantée que cette fois elle puisse s’amuser réellement. La seconde, c’est que je pense qu’elle sera d’un grand secours à ta mère pour les petits. Mais la raison dominante pour moi, c’est que tu puisses commencer dès aujourd’hui, Florence, la grande science du renoncement, et que tu saisisses cette excellente occasion de pratiquer notre texte.
Florence tressaillit ; elle entendait à ce moment la voix de Marie.
– Où est Florence ? Je voudrais la remercier de me laisser aller.
Florence s’enfuit et se cacha dans un buisson jusqu’à ce qu’elle entendît le bruit des roues de la voiture qui s’arrêtait devant la maison. Alors elle sortit la tête pour voir ce qui se passait. Les enfants, très animés, s’installaient dans le véhicule avec leur mère.
Enfin, après beaucoup d’excitation et de rires, la voiture se mit en marche. Comme elle passait non loin de l’endroit où se cachait Florence, la petite fille entendit la voix de Gilles qui disait gaiement à Marie :
– Je suis si content que les choses se soient arrangées de façon que tu viennes ! Je n’aurais pas eu la moitié autant de plaisir sans toi !
– Mais j’aurais tant voulu, répondit Marie d’une voix moins joyeuse que celle de son frère, voir Florence, ne fût-ce qu’un instant ! Je ne sais pas si réellement elle…
La fin de la phrase de Marie se perdit dans le lointain.

Chapitre 10. La course à Danville

Florence sortit enfin de sa cachette pour rentrer auprès de sa grand-mère. Comme elle traversait la pelouse d’un pas léger :
– Eh quoi ! lui dit le jardinier, on vous a laissée à la maison ?
– On ne m’a pas laissée à la maison, répondit Florence, c’est moi qui ai voulu y rester, pour permettre à Marie d’y aller à ma place.
– Ah ! Je suis bien content qu’elle ait ce plaisir, dit le jardinier, car d’habitude c’est toujours elle qui se prive pour les autres.
Florence continua sa marche ; elle avait l’air de bonne humeur. Elle se disait que, pour cette fois, elle s’était montrée moins égoïste que Marie, et elle courait à la maison pour y trouver l’admiration due à sa conduite pleine de générosité.
– Catherine ! s’écria-t-elle en entrant à la cuisine, avez-vous entendu parler de ce que j’ai fait ?
– Oui, certainement, j’en ai entendu parler, et il n’y a pas de quoi se vanter, il me semble !
– Comment ! Qui vous a dit cela ?
– Le vieux Mason vient de me dire que le petit Marcel est bien malade. Il est au lit avec des frissons et des douleurs dans tous les membres depuis que vous l’avez inondé dans le hangar.
– Ah ! Ce n’est pas de cela que je voulais parler, répliqua Florence un peu confuse. Ne savez-vous pas que j’ai fait quelque chose de vraiment bien, cette fois ? J’ai permis à Marie d’aller à Danville à ma place pour voir le zoo.
– Et pourquoi serait-elle restée à la maison ? N’est-elle pas l’aînée ? En tout cas, c’est la première fois depuis longtemps qu’elle aura eu un plaisir, et j’espère qu’elle s’amusera bien, dit Catherine gaiement.
– Oui ; mais n’était-ce pas bien de ma part de renoncer à mon propre plaisir ?
– Il me semble qu’il n’y a pas de quoi être tellement fière ; vous êtes si contente de vous que vous n’avez pas besoin des éloges des autres.
Florence sortit de la cuisine, assez vexée. Comment se faisait-il que tous ses efforts pour obtenir des éloges tournaient en compliments pour Marie ? Sa grand-mère au moins l’approuverait. Florence entra donc résolument dans le salon.
– Eh bien, Florence, mes ciseaux sont tout prêts, ainsi que mes lunettes ; je n’attends que les matériaux pour commencer la casquette de Gilles.
– Oh ! Merci, grand-maman ; mais comment faire ? J’ai oublié de demander à maman du tissu, s’écria Florence toute déçue.
– Ce serait dommage de ne pas avoir cette casquette prête pour le retour de Gilles. Nous trouverions difficilement une autre occasion de la faire comme une surprise, puisque ton frère doit rester absent toute la journée. Il faut donc que j’aille voir si je trouve un morceau de tissu qui puisse nous convenir.
Et l’excellente grand-mère monta à sa chambre, et revint peu après, un paquet à la main.
– Voici un morceau de velours bleu qui ira très bien, et du satin pour la doublure. Cela te va-t-il ?
Florence était enchantée. Elle suivit avec le plus grand intérêt la coupe et la confection de la casquette, si bien qu’elle en oublia sa déception récente.
Mais, pendant le repas, elle reparla du zoo.
– J’aurais tant voulu le voir, grand-maman ! N’était-ce pas vraiment bien de ma part d’avoir laissé Marie y aller à ma place ?
– Je suis sûre que Marie est de cet avis, répondit la grand-mère.
– Mais ne le trouves-tu pas aussi ? Personne ne m’a dit le moindre mot d’éloge au sujet de ce sacrifice, ni Mason, ni Catherine, ni qui que ce soit.
– Je crains, Florence, qu’il n’y ait entre nous un malentendu, reprit la grand-mère en soupirant.
– Quel malentendu ? demanda Florence étonnée.
– Je crains de n’avoir pas su te faire comprendre mon texte aussi clairement que je l’aurais désiré. Ce texte parle d’un amour du prochain tout différent de ce que tu ressens, Florence, un amour qui n’admet ni la vanité, ni le désir de louange. Cet amour du prochain, qui consiste à mettre le bonheur des autres au-dessus du nôtre, le Seigneur Jésus seul peut nous l’apprendre.
Après le repas, la grand-mère demanda à Florence de lui faire la lecture pendant qu’elle reprenait son travail.
– Très volontiers, grand-maman. Veux-tu que je te lise le journal ?
– Ce sera un peu difficile pour toi ; mais passe-le-moi et je chercherai quelque chose qui puisse nous intéresser toutes les deux.
Florence lut tout haut, très distinctement, l’article choisi par sa grand-mère. Au moment où elle allait poser le journal, ses yeux furent attirés par une annonce imprimée en grosses lettres où il était dit que le zoo resterait à Danville jusqu’au mercredi 27 inclus.
– Mercredi ! s’écria-t-elle, c’est aujourd’hui le dernier jour où on peut voir le zoo ! Et maman m’avait promis que je le verrais. Oh ! Il faut que j’aille les rejoindre !
– Attends, ma petite, il y a peut-être une erreur ; montre-moi le journal.
– Oh non ! C’est bien cela : mercredi. Je ne peux pas attendre. Il faut que je tâche de trouver quelqu’un pour me conduire à Danville.
Et Florence s’enfuit hors du salon.
« Si je savais comment y aller ! » pensait-elle. « À pied, c’est trop loin. Ah ! Je pourrais prendre la charrette à âne ! ». Et elle se précipita dans la cour.
– Sam ! appela-t-elle, venez vite atteler l’ânesse ; j’en ai besoin tout de suite !
Sam était un bon garçon, timide, maladroit, toujours à la disposition des enfants, et Florence pensait pouvoir en toute sécurité faire appel à lui pour ce service.
– Vous voulez que j’attelle l’ânesse à la petite charrette ? demanda-t-il tout étonné.
– Oui, oui, le plus vite possible ; je vais à Danville faire une commission à maman.
– Si vous voulez écrire un mot, je le porterai moi-même ; car l’ânesse ne voudra jamais marcher sans son petit.
– Oh ! Il faut absolument que je fasse la commission moi-même. Vous tâcherez de faire marcher l’ânesse. Dépêchez-vous, Sam.
– Est-ce que votre grand-mère est malade ? demanda Sam d’un air indécis.
– Non, non, pas du tout ; mais il faut absolument que j’aille à Danville. Ainsi, je vous en prie, dépêchez-vous.
Sam s’achemina vers l’écurie sans plus d’objections, tandis que Florence courait s’habiller.
À son retour, la voiture était prête et Sam sur le siège. Florence y grimpa à son tour et l’on se mit en marche. Mais au bout d’un instant l’ânesse s’arrêta.
– C’est comme je vous le disais, elle ne veut pas avancer parce qu’elle n’a pas son petit avec elle, dit Sam.
– Donnez-lui un bon coup de fouet, répliqua Florence, et dépêchez-vous. Nous n’en finirons jamais !
Sam secoua les rênes, frappa l’ânesse et, après quelques soubresauts, la voiture finit par sortir de la cour et, passant par le sentier, arriva sur la grande route, suivie de près par l’ânon qui s’était échappé et trottinait sur ses longues jambes, minces comme des échasses.
Le temps était superbe, la route unie n’offrait aucun obstacle, l’ânesse trottait maintenant avec entrain et Sam semblait très bien disposé, car il chantait à tue-tête.
Et Florence ? Se trouvait-elle heureuse, satisfaite, maintenant qu’elle avait fait sa volonté ? Non, la première excitation un peu calmée, elle était forcée de réfléchir. Avait-elle eu raison d’agir ainsi ? Oh ! oui, puisque sa maman lui avait promis de lui faire voir le zoo et que c’était le dernier jour. Et pourtant sa conscience ne se contentait pas de cet argument…
Puis, était-ce bien d’avoir laissé sa grand-mère seule ? Sa grand-mère qui venait encore à l’instant même de lui donner une preuve de sa bonté ! Qui prendrait soin d’elle ? Oh ! Catherine était là ! Grand-mère n’avait-elle pas dit d’ailleurs qu’on ne s’inquiétât pas d’elle si tout le monde voulait aller à Danville ? N’était-ce pas la preuve qu’elle-même désirait voir Florence y aller ? Mais sa conscience ne se trouvait pas plus satisfaite de ce second arrangement que du premier. Madame Crammer serait-elle contente de voir sa petite fille se rendre à la ville sans permission, et déranger ainsi Sam de son travail ?
Tandis que Florence était plongée dans ses réflexions, on approchait de la ville. Tout à coup l’ânon se refusa net à avancer ; il se coucha par terre et se roula dans la poussière, au grand amusement de quelques gamins qui se trouvaient là. L’ânesse s’arrêta court. En vain Sam, par des cris et par des coups, voulut la forcer à avancer… Elle reculait, reculait toujours, si bien que le chapeau neuf de Florence se trouva accroché par les épines de la haie.
– Descendez, Sam, et conduisez-la par la bride ; nous sommes presque arrivés.
Sam obéit et réussit à faire avancer l’ânesse, au milieu des moqueries de la foule que ce spectacle amusait.
– À présent, il nous faut rattraper l’ânon, dit Sam, je l’attacherai derrière la voiture. Donnez-moi un bout de corde, et tout marchera bien.
– Mais je n’ai rien, gémit Florence, aussi ennuyée des moqueries des gamins que du retard apporté à son expédition. Ah ! Tenez, voici ma ceinture.
Et elle détacha de sa taille le ruban bleu qui retenait sa robe.
Sam déploya une grande activité pour rattraper l’ânon ; il y parvint et, lui passant au cou le ruban bleu, il l’attacha aussi solidement qu’il put derrière la voiture. Il remonta ensuite sur son siège et l’ânesse, satisfaite de sentir que son petit la suivait, fit son entrée à Danville. Cette entrée triomphale formait sans doute un spectacle des plus drôles, car toute une troupe de petits gamins déguenillés faisait cortège à l’équipage avec des plaisanteries et des éclats de rire.

Chapitre 11. La fin de l’aventure

Chez Mme Gérard, le dîner avait été très gai. La maison, située à l’entrée de la ville, sur le penchant d’une colline, était entourée d’un grand jardin où les enfants s’étaient joyeusement défoulés le matin.
Après le repas, en attendant l’heure de se rendre au zoo, nos jeunes amis, réunis sur la terrasse, s’amusaient à regarder à travers des jumelles.
– Nous laisserons Bobby regarder le premier, dit Marie.
– Oui, répliqua Gilles, je le tiendrai dans mes bras. Tiens, Bobby, voici la place du marché, cela t’amusera.
Bobby eut d’abord un peu de peine à comprendre quel œil il lui fallait fermer ; mais lorsqu’il eut commencé à voir quelque chose, il poussa des exclamations de joie.
– Oh ! Comme on voit bien ! On dirait que les gens sont tout près ! Voici un chien qui boit à la fontaine ! Et voilà la boutique où tu as acheté tes cahiers, Marie ; voilà le marchand sur le pas de la porte, je le reconnais. Oh ! Lucie, il faut que tu regardes aussi !
Lucie ne demandait pas mieux que d’avoir son tour, et, déplaçant les jumelles, eut un nouveau champ d’observation.
– Voilà la route par laquelle nous sommes arrivés. Oh ! Il y a une masse d’enfants qui courent et sautent. Il y a quelque chose qui avance au milieu d’eux, je ne peux pas voir ce que c’est. On dirait un cortège, qu’est-ce que cela peut bien être ? Regardez donc.
Paul Gérard s’empara des jumelles.
– C’est une charrette tirée par un âne, s’écria-t-il, conduite par un jeune garçon. Mais c’est curieux ! Il y a un petit ânon attaché derrière la voiture ! Il donne des ruades à ce gamin qui cherche à monter dessus. La dame essaye de descendre de son équipage ! Ah ! Mais ce n’est pas une grande personne, c’est une petite fille. Regarde donc, Gilles !
Mais, après avoir jeté un coup d’œil, Gilles rendit les jumelles à son ami sans faire aucune observation et, s’approchant de Marie, il lui dit à voix basse :
– On dirait que c’est Florence !
– Oh ! Gilles, c’est impossible.
– C’est Florence qui vient nous voir, répéta joyeusement Bobby qui avait entendu.
– Florence ! dit Mme Crammer. Laissez-moi voir. Mais c’est elle, en effet. Oh ! Gilles, viens vite avec moi. Je crains que ta grand-mère ne soit très malade.
Au bout de quelques minutes, Mme Crammer et son fils arrivèrent sur la route.
– Florence, qu’est-ce qui t’amène ici ? Grand-mère n’est pas malade ?
Florence, en voyant la pâleur répandue sur les joues de sa mère, se repentit plus amèrement que jamais de sa malencontreuse équipée.
– Oh ! non, maman, répondit-elle, il n’y a rien de fâcheux à la maison, seulement c’est le dernier jour du zoo, et alors… alors… Oh ! Ne sois pas fâchée contre moi… je suis venue parce que tu m’avais promis que je le verrais.
– Ainsi tu as laissé ta grand-mère seule à la maison et tu es venue sans permission ? Oh ! Florence ! Je n’aurais pas attendu cela de toi !
– Oh ! Maman, ne sois pas fâchée, reprit Florence d’un ton suppliant ; je suis peinée, je t’assure ; mais j’avais une telle envie de voir le zoo, et c’est le dernier jour, je l’ai lu dans le journal.
– Tu vas retourner immédiatement à la maison, reprit Mme Crammer, et nous reparlerons plus tard de ta conduite qui me fait beaucoup de peine.
– Oh ! Maman, ne me renvoie pas ! supplia Florence, les yeux pleins de larmes.
– Maman, laisse-moi retourner auprès de grand-mère à sa place, dit Gilles. J’ai déjà vu un zoo, cela ne me fait rien de rentrer ; et Florence désire tant y aller !
– Non, je ne peux pas le lui permettre, répondit Mme Crammer. Mais si tu veux bien l’accompagner à la maison, je n’y vois pas d’objection.
– Oh ! Oui, ramène-moi à la maison, je t’en prie, Gilles.
Et Florence jeta les bras autour du cou de son frère et se cacha le visage sur son épaule.
– Eh bien, allons. Calme-toi, Florence ; donne-moi la main et ne t’occupe pas des moqueries de ces gamins.
Gilles prit la place de Sam sur le siège et fit faire demi-tour à l’ânesse. Celle-ci, sentant qu’on la ramenait à l’écurie, se mit au trot sans difficulté, tandis que Sam suivait à pied en conduisant l’ânon.
– Veux-tu changer de place avec moi, Florence ? dit Gilles au bout d’un moment. Essuie tes yeux et prend les rênes, cela t’amusera.
– Non, merci, continue à conduire, répliqua Florence en soupirant. Je t’ai assez enlevé de plaisir. Je sais bien que je t’ai privé de tout amusement, et je me suis rendue malheureuse par ma faute.
– Eh bien, ce que tu as de mieux à faire, c’est d’aller tout droit à grand-mère quand nous rentrerons ; dis-lui combien tu regrettes ce que tu as fait. Elle est si bonne qu’elle te pardonnera, j’en suis sûr. Mais, dis-moi, quelle idée t’a pris de nous suivre à Danville ? Tu savais pourtant que maman t’y mènerait une autre fois.
– C’est que j’avais lu dans le journal que mercredi était le dernier jour où le zoo était installé, et c’est aujourd’hui mercredi.
– Petite folle ! C’est mercredi 27 le dernier jour, ce n’est pas aujourd’hui, mais la semaine prochaine.
À peine eurent-ils franchi le seuil de la maison, que Florence courut à sa chambre. Elle se jeta à genoux et pleura amèrement.
On frappa à la porte. Florence se releva et s’essuya les yeux.
– Qui est là ? dit-elle.
– Grand-maman.
Florence se dirigea vers la porte ; elle hésita, puis, prenant courage, elle ouvrit. N’était-ce pas la plus cruelle punition que de revoir le visage tendre et expressif de son excellente grand-maman, après l’avoir abandonnée d’une façon aussi ingrate ?
– Eh bien, ma petite, dit la grand-mère en lui tendant les bras. Tu t’es sauvée loin de ta pauvre grand-maman ; mais à quoi bon pleurer maintenant ? Quand ton frère montera, nous pourrons, si tu veux, lui montrer la surprise que nous avons pensé à lui faire ce matin.
Et la grand-mère tendit à Florence un petit paquet sur lequel était écrit en grosses lettres : « Pour Gilles, souvenir affectueux de Florence ».
– Oh ! Tu l’as finie, grand-maman ?
– Oui, complètement finie.
– Oh ! Merci, grand-maman. Tu es trop bonne ! Et moi qui ai été si affreusement égoïste et ingrate !
Et Florence se mit à sangloter de plus belle.
– Ma chère petite, je crois que cette leçon est venue à propos pour te montrer ce qu’il y avait dans ton cœur, et pour te faire comprendre que, malgré tes bonnes résolutions, tu ne peux pas marcher par toi-même dans le bon chemin. Si ta mésaventure d’aujourd’hui a pu servir à te montrer ta propre faiblesse et ton besoin constant du Seigneur, elle n’aura pas été inutile. Je te laisse pour le moment ; lorsque tu seras calmée, tu descendras.
Florence se jeta à genoux profondément humiliée ; les prières qui s’échappaient de ses lèvres étaient entrecoupées, inachevées, mais, si courtes que soient des prières, lorsqu’elles partent d’un cœur vraiment humble, contrit, lorsqu’elles sont accompagnées de larmes de repentance, Dieu les entend.

Chapitre 12. La confusion de Florence

Gilles, très reconnaissant de la surprise de sa sœur, tâcha de la distraire en lui racontant des histoires de collège ; quant à la grand-maman, elle se montra aussi tendre et affectueuse que d’habitude. Mais Florence n’était pas facile à distraire. Elle était fatiguée, abattue ; la pensée du juste mécontentement de sa mère la rendait si malheureuse ! De retour dans sa chambre, appuyée contre le rebord de la fenêtre, elle se mit à réfléchir sur cette journée si mal commencée, si mal finie !
Sans s’apercevoir que le soleil couchant avait fait place au crépuscule, que l’air doux et pur s’était changé en un brouillard humide et froid, Florence tomba dans un lourd et profond sommeil. Elle resta ainsi jusqu’au moment où quelqu’un, lui touchant l’épaule, la réveilla.
C’était Marie, avec une expression d’inquiétude qu’on lisait sur son visage.
– Florence, comment t’es-tu endormie ainsi à la fenêtre ouverte, sans rien sur tes épaules ? Viens vite te mettre au lit.
Florence se retourna tout effarée au son de la voix de sa sœur. En se réveillant, elle se retrouvait en proie à la honte, à la tristesse. Elle fit ce que Marie lui disait ; elle était toute glacée, toute frissonnante, tandis que Marie l’aidait rapidement à se coucher.
– Je me sens si malheureuse ! s’écria Florence. Maman est-elle toujours bien fâchée contre moi ?
– Je crois qu’elle a été très mécontente, mais tu lui diras demain matin que tu es bien peinée, n’est-ce pas ?
– Oh ! Oui, j’essayerai.
Marie se leva de bonne heure le matin suivant, elle savait que la journée serait fort remplie, car il devait y avoir du monde à dîner au Vieux Verger, une famille amie avec plusieurs enfants, et le docteur et Mme Forel avec leur fille unique.
Florence ne parut pas au déjeuner ; elle se leva très languissante. Elle se sentait la tête très lourde et, bien que la matinée fût chaude, des frissons lui parcouraient tout le corps ; elle savait que, tant qu’elle n’irait pas trouver sa mère et lui demander pardon, elle ne pourrait ni jouer, ni causer avec ses frères et sœurs. L’orgueil la retenait encore et, chaque fois qu’elle formulait dans son esprit une phrase de repentir, les mots semblaient s’arrêter dans son gosier et son cœur battait violemment.
Quand elle fut habillée, elle se glissa dans le bureau. Elle y était depuis quelques minutes seulement, lorsque Mme Crammer parut, portant une grosse gerbe de fleurs dans une main, et de l’autre un vase dans lequel elle se mit à arranger les fleurs.
Pendant quelque temps, ni l’une ni l’autre ne parlèrent, bien que Mme Crammer regardât souvent avec inquiétude du côté de Florence, comme s’attendant à ce qu’elle parle en premier ; enfin elle rompit le silence.
– Florence, ma chère enfant, n’as-tu donc rien à me dire ?
Le sang monta aux joues de Florence ; elle ressentit à la tête une douleur aiguë, des larmes lui vinrent aux yeux ; mais elle ne regarda même pas autour d’elle.
– Je suis venue ici exprès pour te rencontrer, reprit sa mère, car je ne peux faire autrement que de croire que ma petite fille a un réel chagrin de sa conduite d’hier.
Il n’y eut toujours pas de réponse. Florence comptait les livres qui remplissaient le casier en face d’elle, et gardait un mutisme absolu.
Elle laissa sa mère achever son bouquet, passer devant elle et la porte se refermer ; alors elle jeta un cri de détresse :
« Ah ! Maman ne sait pas comme je souffre ! Elle ne sait pas comme j’ai mal à la tête ! Oh, pourquoi, pourquoi ne lui ai-je pas dit à quel point je souffre ! »
Oui, Florence, pourquoi ? Tu aurais dû parler à ta mère lorsqu’elle était là, attendant avec une si grande patience un mot de repentir ; et maintenant elle est partie, et tes paroles qui auraient pu t’apporter le repos, tu ne les as pas prononcées !
L’heure du dîner trouva Florence dans le même abattement. Marie lui apporta son repas et le plaça sur une table à côté d’elle ; mais la seule vue des plats redoubla le mal de la pauvre petite fille. Le soir, sa douleur de tête devint si intense qu’elle ne pouvait plus supporter le bruit des voix de ses frères jouant au jardin. Enfin elle s’étendit sur le canapé et essaya de dormir ; elle sommeillait, se réveillait en sursaut, puis sommeillait de nouveau. Elle entendait vaguement les pas des enfants dans la pièce à côté ; la porte fut poussée avec précaution, et Bobby regarda à l’intérieur.
– Florence, es-tu là ?
Florence ne répondit pas.
– Entre donc, Lucie, tu peux entrer, dit Bobby avec un accent d’inquiétude et de compassion tout à la fois. Entre, il fait bien sombre, et il n’y a personne ici.
Lucie entra en se cachant le visage dans ses mains.
– Qui t’a dit, demanda Bobby, essayant affectueusement d’écarter les mains qui couvraient la figure de sa sœur ; qui t’a dit que le pauvre Marcel est mourant ?
– C’est Catherine ; alors j’ai couru de toutes mes forces chez les Mason ; mais on ne m’a pas laissé entrer, et le vieux Mason disait que… que…
Et un sanglot termina la phrase de Lucie.
– Quoi donc ?
– Il disait… que c’était la faute de Florence, et que, si Marcel mourait, c’est elle qui l’aurait tué.
– Comment l’a-t-elle tué ? demanda Bobby pétrifié.
– En l’inondant, le jour où nous étions dans le hangar ; il était malade, et nous ne le savions pas.
Un silence absolu régna dans la chambre pendant quelque temps ; un silence tel que Florence, dont le cœur battait avec violence, s’imagina que les autres pouvaient entendre les battements de son cœur. Enfin Bobby poussa un profond soupir et demanda :
– Si Marcel meurt, est-ce que la pauvre Florence ne pourra jamais aller au ciel ?
C’était plus que Florence ne pouvait supporter. Elle se leva toute droite et dit d’une voix brève et effrayée :
– Comment peux-tu dire des choses aussi cruelles, Bobby ? C’est très mal de ta part.
Ces paroles retentissant d’une manière si subite et si imprévue, et partant d’un coin sombre de la chambre, effrayèrent tellement les enfants qu’ils se précipitèrent à la porte, et Florence ne chercha pas à les rattraper. Elle monta dans sa chambre, se jeta sur son lit et finit par s’endormir d’un sommeil fort agité.
Quand elle se réveilla, elle vit plusieurs personnes autour d’elle. Sa mère et le docteur Forel étaient tous deux debout près de la cheminée, et Marie assise près du lit avec une expression grave et inquiète.
– Je n’ai rien su jusqu’à ce soir, dit Mme Crammer à voix basse, et je viens d’apprendre qu’il est sérieusement malade.
– Oui, répondit le docteur, je l’ai revu ce soir ; c’est un cas de rougeole qui a été aggravé parce que l’enfant a été mouillé au début de la maladie.
Mme Crammer soupira profondément, mais ne répondit pas. Un accès de toux de Florence rapprocha sa mère et le docteur du lit.
– Est-ce que tu souffres beaucoup, ma chère enfant ? dit le docteur en prenant sa main dans les siennes. As-tu bien mal à la tête ?
– J’ai été souffrante toute la journée, répliqua brièvement Florence.
– Eh bien, tu te trouveras mieux lorsque tu seras couchée. Voici Marie toute prête à t’aider. Avant de m’en aller, je reviendrai te voir.
Le docteur quitta la chambre.
– Maman, dit Florence d’une voix basse et troublée, maman, viens tout près de moi.
– Me voici, ma chérie.
– Maman, j’aurais voulu toute la journée te dire combien je regrettais ma conduite d’hier ! Veux-tu me pardonner ?
Et Florence jeta ses bras autour du cou de sa mère.
Il n’était pas besoin de paroles pour exprimer ce pardon. Florence comprit par la longue étreinte de sa mère que son mécontentement de la veille ne provenait que de sa profonde tendresse.

Chapitre 13. Inquiétudes et délivrances

Le docteur avait dit que, si Florence ne commettait pas d’imprudence, on pouvait espérer la voir bientôt hors d’affaire. Mais il ignorait, en disant cela, ce sommeil néfaste à l’air froid du soir, et les excitations de la course à Danville. Aussi fut-il très surpris des symptômes alarmants qui se produisaient. Son visage devenait chaque jour plus soucieux, et enfin chacun sut que Florence luttait entre la vie et la mort.
Quelles poignantes émotions dans cette maison auparavant si heureuse ! Les enfants se réunissaient autour de la grand-mère durant les longues journées pour écouter ses sages conseils et ses paroles sympathiques. Elle leur enseignait à remettre leur gros souci au Seigneur et à se confier en Sa bonté pour faire tourner cette maladie au bien de chacun.
La pauvre Florence voyait sans cesse son repos troublé par les visions qui hantaient ses rêves : parfois, assise sur son lit, elle déclarait énergiquement qu’elle n’avait pas tué le petit Marcel, puis elle demandait avec terreur si ces paroles de Bobby étaient vraies : « Si Marcel meurt, Florence ne pourra pas aller au ciel ! »
Enfin, après de longs jours de souffrances, une crise salutaire se produisit et, après un paisible sommeil, Florence se réveilla beaucoup mieux.
Oh ! Quelle joie profonde fut ressentie dans cet intérieur, quelles ferventes actions de grâces s’élevèrent des paisibles chambres du Vieux Verger, quand le docteur annonça à la famille rassemblée que Dieu, dans Sa miséricorde, leur laissait Florence !
La convalescence fut longue ; le docteur avait peine à s’expliquer la tristesse de la petite malade et la persistance d’un abattement si peu naturel chez une enfant.
Un jour, on avait placé le fauteuil de Florence près de la fenêtre afin qu’elle pût se distraire en regardant dehors. Tout à coup elle tressaillit. Quelqu’un venait de quitter la demeure du jardinier et se dirigeait vers la maison. Oh ! Pourquoi les larmes de Florence l’aveuglaient-elles au point de ne pouvoir distinguer qui c’était !… Il fallait qu’elle sache…
Du revers de sa main, elle s’essuya énergiquement les yeux. Mais la personne venait de disparaître sous l’ombre des grands saules. Soudain elle apparut de nouveau en pleine lumière. Florence poussa un soupir de déception. Ce n’était pas celui qu’elle espérait, mais bien la petite Lucie qui, les bras chargés de fleurs, s’approchait rapidement.
« Il est mort !… J’en suis sûre, il est mort !… Personne n’ose me le dire. On pense que c’est moi qui l’ai tué !… »
Et Florence se rejeta en arrière en pleurant amèrement.
À cet instant Gilles entra.
– Qu’as-tu donc, ma petite Florence ? dit-il d’une voix caressante.
– C’est que je suis si malheureuse… Je n’ai jamais fait que de la peine à ceux qui m’entourent. Je n’ai de ma vie dit une bonne parole, ni fait une bonne action. J’ai essayé de me rappeler une seule chose aimable de ma part envers les autres ; une seule ! Et je n’ai jamais pu…
– Comment peux-tu dire cela, Florence ? répondit Gilles d’une voix encourageante. Tiens, par exemple, le jour où tu as donné à Bobby un de tes petits canards !
– Que je lui ai repris peu après parce que cela m’ennuyait de le voir me demander toujours la clef du poulailler !
– Bien, laissons cela, mais quand tu as permis à Marie d’aller à Danville à ta place ?
– Oh ! Ne me parle pas de cet horrible jour, s’écria Florence avec véhémence, jamais je n’ai été si méchante, si ingrate envers tout le monde. D’ailleurs c’est grand-maman qui m’avait poussée à laisser aller Marie. Pour moi, j’ai été fâchée tout le temps de lui avoir cédé ma place. Ainsi, ne me parle pas de cela, je t’en supplie.
– Eh bien, tu admettras au moins que c’était une attention charmante de me faire cette belle casquette neuve ! reprit Gilles.
– Ah ! J’ai été plus mauvaise encore en cette occasion ! Après avoir abîmé ton ancienne casquette dans un accès de colère, je me suis sauvée au lieu de travailler à la nouvelle ! J’ai laissé grand-maman la faire toute seule et je me suis échappée pour aller m’amuser.
– Je vais aller chercher grand-maman et te l’amener. Elle sait toujours trouver quelque chose de bon à dire ; elle te fera du bien.
Florence ferma les yeux, et renversa sa tête sur son oreiller. Elle comprenait enfin qu’en elle il n’y avait « point de bien » et que sa mauvaise nature ne pouvait produire que le mal. Du fond de son cœur s’éleva ce cri : « Seigneur, donne-moi un cœur nouveau ! »
La petite fille était plongée dans ses réflexions quand elle entendit la porte de sa chambre s’ouvrir et des pas légers se diriger vers elle.
Elle pensait voir entrer sa grand-mère, mais c’était la petite Lucie, s’avançant les mains pleines de fleurs qu’elle posa timidement sur les genoux de sa sœur. Ni l’une ni l’autre ne parla pendant une minute. La vue de Lucie renouvela toute l’amertume de la douleur de Florence, et l’aspect de Florence, que Lucie revoyait pour la première fois depuis sa maladie, rendit à la petite fille toute sa timidité habituelle. Enfin elle reprit courage et dit en rougissant et souriant tout à la fois :
– Marcel t’envoie ces fleurs, Florence ; maman m’a permis de te les apporter.
– Qui me les envoie ?
Il y avait dans le regard de Florence une telle anxiété que Lucie se retira tout effrayée et se rapprocha de la porte.
– C’est Marcel, Marcel Mason, je te l’ai déjà dit, répliqua-t-elle en tremblant. Il est guéri maintenant, tout à fait guéri. Il peut se promener dans son jardin. Il a cueilli lui-même ces roses pour toi. Il a eu bien du chagrin de te savoir malade.
– Oh ! Lucie, ma chérie, comme tu me fais plaisir ! Tu ne peux t’imaginer à quel point ! Je t’en supplie, retourne tout de suite chez Marcel et dis-lui que ces fleurs me causent plus de joie que les plus beaux cadeaux du monde !
Et les larmes de repentir et de joie qui brillaient dans les yeux de Florence prouvaient en effet la vérité de ses paroles.
Lucie fit de la tête un geste pour dire qu’elle était d’accord et, le sourire sur les lèvres, la joie dans le cœur, elle quitta la chambre de Florence. Il eut été impossible de trouver une petite messagère plus rapide à se charger d’une commission comme celle qu’on lui demandait de remplir.
Florence suivit des yeux la petite fille jusqu’à ce qu’elle disparût sous l’ombre des saules ; puis elle laissa paisiblement retomber sa tête sur son oreiller. Son cœur se sentait en communion avec Celui qui s’était montré si miséricordieux pour elle, le fardeau qu’elle portait depuis tant de jours avait disparu… Marcel vivait !
C’est dans ces heureuses dispositions que sa grand-mère la trouva lorsqu’elle vint à son tour lui rendre visite. Florence n’eut pas de peine à ouvrir son cœur à la vieille dame ; elle lui raconta le souci qui l’avait oppressée au sujet de Marcel, et comme elle venait d’être soulagée en apprenant la guérison du petit garçon. Enfin elle exprima une vraie repentance de sa conduite passée et l’ardent désir qu’elle avait de vivre désormais tout autrement. La grand-mère ne fit pas un long discours ; elle dit seulement à la petite fille quelques mots encourageants, puis elle prit la Bible posée au chevet du lit et, l’ouvrant à l’épître aux Galates, elle lut ce verset : « Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; – et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi » (chapitre 2. 20).
– Florence, peux-tu dire : « Le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi » ?
– Oui, grand-maman, répondit la petite fille à voix basse.
– Eh bien, veux-tu que nous Lui demandions ensemble la grâce de te faire vivre désormais pour Lui, qui t’a achetée à un si grand prix ?
Florence, trop émue pour répondre, fit signe qu’elle était d’accord, et ce fut de tout son cœur qu’elle se joignit à la fervente prière de sa grand-mère.

D’après la Bonne Nouvelle 1945

 

TRADUCTIONS DE FEUILLETS (22)

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TRADUCTIONS DE FEUILLETS (22)

Il n’y a point d’homme qui ait pouvoir sur l’esprit pour emprisonner l’esprit, et il n’y a personne qui ait de la puissance sur le jour de la mort. Éccl. 8. 8.

L’ORGUEIL DE L’HOMME ABAISSÉ PAR DIEU

Le 24 juillet 2000, les premières études préliminaires pour l’achat de l’Airbus A 380 furent conclues. Cet appareil de grande capacité est le plus grand aéroplane civil de transport, qui soit fabriqué en série. La conclusion des accords fut annoncée le lendemain dans le journal régional du Sud de la France. C’est en effet à Toulouse que se trouve le siège de l’Airbus.
Le même journal fit paraître, un jour plus tard, un article sur un super avion un peu plus ancien, le Concorde. Le rapport se terminait ainsi : Le Concorde devrait encore voler en 2020.
Et cependant, au soir du 25 juillet, se produisit, lors du décollage depuis l’aéroport parisien, l’accident tragique qui causa la mort de 113 personnes, et qui eut pour résultat la fin du Concorde.
Entre-temps, la demande pour l’Airbus A 380 a chuté, et en 2021 sa production va cesser.
L’Airbus A 380, le Concorde, comme aussi le Colombia, l’engin mondial américain, ont démontré, en leur temps, de manière impressionnante, les progrès de la technique et les capacités de leurs constructeurs. Le monde, rempli d’orgueil, prend connaissance de ces capacités extraordinaires. Mais, lorsque, plus tard, que ce soit par déficience technique ou humaine, survient une catastrophe, un sentiment d’insécurité nous envahit, et nous prenons conscience avec crainte de notre incapacité.
Le Prédicateur aussi, dans le verset ci-dessus, parle de force et de développement, que nous ne pouvons pas empêcher, d’évènements sur lesquels nous sommes incapables d’intervenir.
Cet homme (Salomon) était un observateur avisé. Il avait fait l’expérience de la vie. Il saisit l’occasion de l’incapacité de l’homme pour diriger notre regard sur le Dieu d’éternité. C’est Lui que nous devons honorer, et c’est à Sa main toute-puissante que nous devons nous confier (chap. 8. 12 ; 9. 1).

D’après die gute Saat Juillet 2020

 

Les yeux de tous s’attendent à toi, et tu leur donnes leur nourriture en son temps. Tu ouvres ta main, et tu rassasies à souhait tout ce qui a vie. Ps. 145. 15 et 16.
Mon âme, bénis l’Éternel et n’oublie aucun de ses bienfaits. Ps. 103. 2.

L’AVEZ-VOUS REMERCIÉ ?

J’avais retenu une chambre pour des vacances à la ferme, en partageant la vie de la famille. Au premier repas, le soir, tout le monde s’est levé – les membres de la famille, les employés, et les hôtes. Le père de famille a prié : – Les yeux de tous s’attendent à toi, et tu leur donnes leur nourriture en son temps. Tu ouvres ta main, et tu rassasies à souhait tout ce qui a vie. Seigneur, notre Dieu, bénis ce repas. Amen. Tous se tenaient, recueillis, les mains jointes – même moi. Mais mes genoux tremblaient, car je n’avais jamais dans ma vie vécu une telle chose.
Après le repas, le fils du paysan, un petit garçon de cinq ans, me demanda : – Peux-tu me raconter quelque chose du Seigneur Jésus ? – Mais je ne le pouvais pas ! Je ne connaissais rien de Lui ! Comme l’enfant me regardait avec tellement d’attention, j’ai commencé à lui parler de vaches, de chevaux et de moutons… Il m’a interrompu : – Non, pas ça, mais parle-moi du Seigneur Jésus. Quand je lui ai dit que je ne savais rien de Lui, il a secoué la tête en disant : – Comment, tu ne sais rien de Lui ? Et tu es pourtant si grand !
Au repas suivant, je suis arrivé exprès en retard. Pourtant on m’avait gardé un repas. Quand j’ai voulu commencer à manger, mon petit ami s’est levé devant moi et m’a dit très sérieusement : – Tu dois d’abord prier ! Comme j’hésitais, il a joint les mains et a prié : – Seigneur Jésus, bénis ce repas. Amen.
Plus tard, dans ma chambre, j’ai aussi prié – pour la première fois de ma vie. J’ai dit : – O Dieu, tu es Dieu dans cette maison. Deviens aussi mon Dieu !
Et c’est ce qu’Il est devenu. Je Lui ai confessé mes péchés, et j’ai accepté Jésus Christ comme mon Sauveur. Aujourd’hui, je prie aussi avant chaque repas, et je remercie Dieu de ce qu’Il me le donne.

D’après die gute Saat Septembre 2020

 

Nous concluons que l’homme est justifié par la foi, sans œuvres de loi. Rom. 3. 28.
C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ; non pas sur la base des œuvres, afin que personne ne se glorifie ; car nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles. Éph. 2. 8 à 10.

JE FAIS DE MON MIEUX

– Êtes-vous sauvé ? demanda un jour un croyant chrétien à son interlocuteur. – Je fais de mon mieux, fut la réponse. – Moi aussi, continua le chrétien, mais non pas pour être sauvé, mais parce que je le suis !
Beaucoup de personnes religieuses pensent qu’elles pourraient être sauvées par le moyen de leurs bonnes œuvres – par leurs propres accomplissements. Elles voient bien que, telles qu’elles sont, elles n’ont pas l’approbation de Dieu. Elles ne font pas partie de la masse des indifférents, qui ne se posent pas de questions sur Dieu et sur l’éternité – et c’est une bonne chose. Mais nous, comme humains, avons au plus profond de nous-mêmes la pensée d’apaiser Dieu à notre manière. Il en a toujours été ainsi. Dans de nombreuses religions païennes cela va jusqu’à une telle extrémité, qu’on pense même pouvoir apaiser la divinité en sacrifiant ses propres enfants.
L’erreur provient de ce que Dieu n’a absolument pas à se réconcilier avec nous. Dieu n’est pas l’ennemi de l’homme, mais c’est nous, les humains, qui vivons en rébellion contre Lui. Quand Dieu, alors, intervient parfois de manière douloureuse dans la vie d’un individu ou d’un peuple entier, Il le fait pour nous réveiller et nous rappeler Ses droits sur nous. Comme juste Juge, Il doit juger le mal, mais Il n’est jamais contre nous.
Non, c’est nous qui devons être réconciliés avec Lui, et cela ne peut se produire que par un changement profond, qui doit se produire en nous. Ce retour, de notre côté, commence par le fait que nous confessons nos péchés devant Dieu et que, par la foi au Seigneur Jésus, Son Fils, nous recevons le pardon et la paix.
Le salut que reçoit chaque personne qui reconnaît devant Dieu la culpabilité de sa vie, est un don, un don qu’on ne peut pas acquérir par des bonnes œuvres, mais qu’on reçoit par la foi au Seigneur Jésus. On ne peut rien y employer qui vienne de nous-mêmes. Dieu seul est le Donateur.
Avec le salut, Dieu donne en même temps un commencement entièrement nouveau : « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor. 5. 17). Chaque croyant, ainsi, vu du point de vue spirituel, est une nouvelle création, fruit d’un nouveau travail du Créateur : l’ouvrage de Dieu, créé dans le Christ Jésus.

D’après die gute Saat Septembre 2020

 

L’Éternel est dans le palais de sa sainteté. Ses yeux sondent les fils des hommes. Ps. 11. 4.
Tourne-toi vers moi, et use de grâce envers moi ; donne ta force à ton serviteur. Ps. 86. 16.

L’ESTIMATION DE DIEU

Celui qui veut étudier ne doit pas nécessairement, aujourd’hui, sortir de ses quatre murs. Quand on se décide à faire des études à distance, les éléments d’enseignement nous sont adressés, soit par voie postale, soit par Internet. On étudie donc confortablement chez soi.
Toutefois, même si l’on fait des études à distance, cela ne supprime pas les examens finaux. Pourtant, même dans ce cas, des cursus d’études proposent une solution pour faire chez soi une partie de ces contrôles. L’étudiant s’annonce par téléphone ou par email pour l’examen, et immédiatement les épreuves lui sont envoyées sans frais sur Internet. Le candidat a alors un temps défini pour donner ses réponses. Mais cela ne fonctionne pas en ce qui concerne les examens finaux.
Que pouvons-nous comprendre de ce psaume ?
– L’examinateur est le Dieu saint lui-même.
– Les élèves sont tous les hommes.
– L’examen consiste en ceci, que Dieu, depuis le ciel, voit et estime la vie de chaque humain.
Mais ce qui est frappant dans cette estimation, c’est qu’aucun des hommes ne peut réussir à cet examen. Nous sommes tous recalés ! « Il n’y a pas un juste, non pas même un seul » (Rom. 3. 10). Mais nous pouvons reprendre courage parce qu’il y en a Un qui a réussi à l’examen : « Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, pour nous amener à Dieu » (1Pier. 3. 18). Celui qui connaît Jésus Christ comme son Sauveur, n’a plus à craindre le jugement de Dieu.

D’après die gute Saat Juillet 2020

 

Bienheureux l’homme dont la force est en toi, et ceux dans le cœur desquels sont les chemins frayés. Passant par la vallée de Baca (les pleurs), ils en font une fontaine ; la pluie aussi la couvre de bénédictions. Ils marchent de force en force, ils paraissent devant Dieu en Sion. Ps. 84. 6 à 8.

LA FORCE DE DIEU

Le Lac des Dix, dans le canton du Valais, est le plus grand lac de barrage de la Suisse.
Le mur de barrage, la Grande Dixence, a 285 mètres de haut, et 200 mètres de large à la base. Avec 400 millions de mètres cubes d’eau, qui sont amenés de 35 glaciers, c’est le plus grand réservoir d’énergie renouvelable de la Suisse. Les ouvrages de force motrice adjacents sont capables, dans l’espace de trois minutes, de fournir l’équivalent électrique des deux grandes centrales atomiques de la Suisse.
En contemplant ce lac de barrage, j’ai pensé : Si on n’ouvrait pas les déversoirs du barrage, même cet immense volume d’eau ne pourrait pas descendre dans la vallée, et ne pourrait pas produire d’électricité dans les turbines.
Cette réserve d’énergie impressionnante me fait penser à la force de Dieu, qu’Il met volontiers à la disposition de l’homme pour son bien. Mais pour que Sa puissance soit active dans notre vie, nous devons avoir une bonne relation avec Lui. Nous devons avoir des voies ouvertes, tout ce qui les obstrue doit être enlevé. Par exemple, quand un manquement pèse sur notre conscience, et que nous ne l’avons pas confessé à Dieu, Sa puissance ne peut pas se déployer en nous. Car Dieu est saint : Il ne peut pas nous accorder Sa force et Sa bénédiction si nous tolérons du mal dans notre vie.
Mais quand nous avons confessé à Dieu notre écart – tout ce dont nous sommes conscients – et que nous nous confions en Jésus Christ, nous avons alors des « chemins frayés » dans notre vie, et la puissance de Dieu peut agir sans entraves. Elle nous aide dans toutes les difficultés que nous rencontrons, et elle nous conduit en toute sécurité au but éternel.

D’après die gute Saat Août 2020

 

J’ai fait de grandes choses : je me suis bâti des maisons, je me suis planté des vignes, je me suis fait des jardins et des parcs… Je me suis fait des réservoirs d’eau. Éccl. 2. 4 à 6.

LA CONCLUSION DE QUELQU’UN QUI A BIEN RÉUSSI

Ce devait être un homme qui réussissait bien, pour avoir non seulement fait des plans, mais aussi avoir pu les réaliser ! Combien de gens ne peuvent que rêver d’avoir de telles possibilités ! Plus d’un emploierait volontiers sa force et son temps pour pouvoir vérifier ses capacités artistiques et mettre à exécution ses conceptions de la beauté, et pour attirer sur soi les regards émerveillés des autres gens.
L’entrepreneur actif dans ce passage se nomme lui-même « le Prédicateur ». De la description de sa vie qu’il donne lui-même, on déduit qu’il n’est autre que le roi Salomon du royaume d’Israël d’antan (cf. ch. 1. 12). Cet homme, non seulement mettait à profit des possibilités presque illimitées, mais il voulait aussi communiquer les résultats de cette série d’essais aux autres pour leur profit.
A quelle conclusion arrive donc Salomon, ce roi immensément riche ? : – « Tout était vanité et poursuite du vent, et il n’y en avait aucun profit sous le soleil » (ch. 2. 11).
L’homme a bien parlé, pourrait-on penser, mais comment puis-je l’appliquer ? Salomon a pourtant raison : Lorsque nous, comme humains, n’avons que des buts sur le monde visible « sous le ciel », notre vie, tôt ou tard, deviendra immanquablement ennuyeuse et vide. Pensons donc aussi à ce qu’il y a après la vie : l’éternité !
Mais le Prédicateur a encore quelque chose à dire ; c’est en même temps la conclusion de ses observations : « Crains Dieu, et garde ses commandements ; car c’est là le tout de l’homme » ch. 12. 13). C’est tout à fait différent de la satisfaction de soi.

Cela signifie : – Rechercher la volonté de Dieu est un gain – maintenant et pour toujours !

D’après die gute Saat Juillet 2020

 

QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES DE LA JUSTIFICATION ?

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Ayant donc été justifiés sur la base de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, par lequel nous avons trouvé aussi accès, par la foi, à cette faveur dans laquelle nous sommes, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu. Rom. 5. 1 et 2.

QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES DE LA JUSTIFICATION ?

Trois conséquences de la justification sont placées devant nous dans ces versets : nous avons la paix avec Dieu, nous sommes établis dans la grâce et nous nous réjouissons dans l’espérance de la gloire de Dieu.
– Nous avons la paix avec Dieu. Notre paix est basée sur l’œuvre de la rédemption accomplie par le Seigneur Jésus à la croix. Il a « fait la paix par le sang de sa croix » (Col. 1. 20). Quiconque saisit cela par la foi est justifié et entre dans la jouissance de cette paix. Il n’a plus à craindre de condamnation, sachant que le Seigneur Jésus a souffert pour sa culpabilité et a porté ses péchés.
– Nous demeurons dans la grâce. C’est notre privilège : par grâce, nous avons été admis dans la faveur de Dieu. Ceux qui étaient autrefois ennemis de Dieu sont maintenant acceptés comme étant des fils. Cette relation avec Dieu dépend de la grâce, non de la loi. Dieu nous voit dans Son Fils. Ainsi le croyant peut s’approcher de Dieu en pleine assurance de foi. Il a un accès permanent auprès de Dieu.
– Nous nous réjouissons dans l’espérance de la gloire de Dieu. Cela nous parle de notre avenir. Un jour, nous jouirons de la gloire de Dieu. Dans Sa prière à Son Père, le Seigneur Jésus Lui-même exprime le désir que nous contemplions Sa gloire (Jean 17. 24). Cette espérance ne comporte aucune incertitude, car les promesses de Dieu s’accompliront certainement. En conséquence, nous attendons la gloire future avec des cœurs heureux et reconnaissants.

D’après « The Good Seed » septembre 2020

 

LA JUSTIFICATION PAR LA FOI

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Comment l’homme sera-t-il juste devant Dieu ? Job 9. 2.
(Dieu dit : ) J’ai trouvé une propitiation. Job 33. 24.
Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. Tous ceux qui croient sont justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus, lui que Dieu a présenté pour propitiatoire, par la foi en son sang… en vue de montrer sa justice dans le temps présent, de sorte qu’il est juste et qu’il justifie celui qui est de la foi en Jésus. Rom. 3. 23 à 26.

LA JUSTIFICATION PAR LA FOI

Job a vécu d’une manière droite et dans la crainte de Dieu, autant que cela est possible pour un homme. Cependant il avait le sentiment de ne pas être absolument juste devant Dieu. De là vient sa question : « Comment l’homme sera-t-il juste devant Dieu ? ».
Il se voyait lui-même comme un pécheur et il se demandait : « Qui est-ce qui tirera de l’impur un [homme] pur ? Pas un ! » (Job 14. 4).
L’homme ne peut pas obtenir par lui-même une justice qui puisse satisfaire Dieu. Elle doit venir de Dieu Lui-même. Mais comment ?
Dieu pourrait-il simplement déclarer dans Son amour que tous sont justes, sans que la question du péché soit prise en compte et réglée ? Non ! Sinon les crimes de l’histoire du monde et la culpabilité personnelle de chacun demeureraient sans être expiés. Quelle sorte de justice serait-ce là ? Dieu ne peut pas renoncer à Sa justice.
Mais supposez seulement que Dieu donne libre cours à Sa justice et nous juge selon ce qui est enregistré dans Ses « livres » !
Nous recevrions alors « ce que méritent les actes que nous avons commis » (Luc 23. 41). Cela prouverait difficilement l’amour de Dieu.
Alors, comment Dieu peut-Il, dans Son amour, déclarer juste le pécheur, sans renoncer à Sa justice ? N’avons-nous aucune possibilité d’échapper au sort que nous méritons ?…
Nous n’en voyons pas, mais Dieu a le moyen de se montrer parfaitement juste sans laisser de côté son amour. Connaissez-vous ce moyen ?

Les versets de l’épître aux Romains, chapitre 3, nous montrent que Dieu a fourni un moyen pour Se rendre propice à l’homme, afin que le pécheur puisse être déclaré juste.
Pour cela, Dieu a donné Son Fils, Jésus Christ, qui est entré dans la mort comme Substitut pour les pécheurs. Le sang de Jésus a été versé pour expier les péchés. Le châtiment de Dieu est tombé sur Lui quand Il a porté la culpabilité des pécheurs perdus, en prenant la place qu’ils méritaient.
La mort de Jésus Christ sur la croix témoigne du fait que Dieu ne laisse pas le moindre péché impuni. Ainsi, la justice de Dieu a été satisfaite. En déployant Son amour par le don de Son Fils et en nous offrant une pleine justification, Dieu est juste et en même temps plein de grâce.
Nous ne pouvons être déclarés justes que par la foi en Jésus Christ et en Son sang répandu. Son œuvre de rédemption ne nous est pas simplement et automatiquement imputée.
Comme Job, nous devons reconnaître que notre propre justice ne peut absolument pas nous rendre justes devant Dieu, même si nous nous efforçons de vivre une vie honorable.
Pour être justifiés devant Dieu, nous ne pouvons pas nous confier en nous-mêmes, mais seulement dans le Seigneur Jésus et dans la mort qu’Il a endurée à notre place. Cela peut paraître humiliant pour notre fierté.
Mais quiconque s’incline devant Dieu, croit en Jésus et en la vertu de Son sang, est déclaré libre de toute culpabilité.

D’après « The Good Seed » février 2008

 

DIEU SUR LA TERRE

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Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître. Jean 1. 18.
Dieu nous a parlé dans le Fils… par qui aussi il a fait les mondes. Héb. 1. 1 et 2.

DIEU SUR LA TERRE

On entend souvent dire : Si je voyais Dieu, je croirais en Lui. Mais ne pouvons-nous croire qu’en ce que nous voyons ? Quant à Dieu, Il est esprit (Jean 4. 24) ; l’œil humain ne peut Le voir et notre esprit ne peut Le comprendre. « Dieu est plus grand que l’homme » (Job 33. 12).
Pourtant, Dieu se fait connaître : ne s’est-Il pas révélé par Ses œuvres, dans la nature splendide qu’Il a créée ? Ai-je besoin de voir l’horloger pour être certain que quelqu’un a conçu et construit ma montre ? Que dire aussi de toutes les merveilles du corps humain ? La création est la démonstration évidente qu’elle a eu un Créateur.
Mais Dieu a fait beaucoup plus : Il est venu Lui-même sur la terre et Il s’est fait connaître par le moyen de Jésus Christ, Son Fils.
Pour quelques-uns, les évangiles ne sont que des fables, mais l’authenticité des miracles et des récits qu’ils nous rapportent ne peuvent être mis en doute : les faits sont établis par quatre témoins différents, les évangélistes.
Les quatre évangiles parlent tous des œuvres de puissance et d’amour que Jésus a accomplies par Sa parole. Ils nous présentent Sa vie sainte et pure, ils nous rapportent Ses enseignements, caractérisés par l’amour, la paix et le pardon, et en même temps par la vérité et la justice.
Ils nous montrent qu’Il juge le mal, mais qu’Il accueille tous les malheureux, pardonnant les péchés de tous ceux qui se repentent et croient en Lui, qui placent leur confiance en Lui. Le Seigneur Jésus a été la révélation du Dieu juste et saint.
« Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, ne leur imputant pas leurs fautes » (2 Cor. 5. 19).

D’après « Il Buon seme » septembre 2020

COMMENT VOYEZ-VOUS DIEU ?

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Dieu nous a parlé dans le Fils… le resplendissement de sa gloire et l’empreinte de ce qu’il est,… (qui) soutient tout par la parole de sa puissance. Héb. 1. 2 et 3.
(Jésus dit : ) Celui qui m’a vu a vu le Père. Jean 14. 9.

COMMENT VOYEZ-VOUS DIEU ?

Les hommes imaginent Dieu comme cela leur plaît, selon leur imagination et selon leurs exigences, un Dieu qui correspond à leurs aspirations, qui est compréhensif et tolérant envers tous. Mais ce n’est pas là le Dieu de la Bible. Dieu n’est pas « le bon Dieu » comme beaucoup le surnomment. « Dieu est amour » (1 Jean 4. 8), c’est vrai ; mais Il est aussi saint et juste et Il ne peut supporter le péché (Hab. 1. 13).
Sa Parole affirme que le péché a privé l’homme de la connaissance intime de son Créateur. Souvenons-nous qu’Adam et Ève, à cause de leur désobéissance, ont dû être chassés du jardin d’Éden (Gen. 3. 9, 22 à 24) ! Dès lors l’homme ne peut voir Dieu et vivre (Ex. 33. 20).
Toutefois, Dieu n’a jamais renoncé à Sa volonté de Se faire connaître à l’homme et Il l’a démontré en se révélant à nous dans Son Fils unique, Jésus Christ, qui a pris un corps semblable à celui d’un homme, Lui qui est « l’image du Dieu invisible » (Col. 1. 15).
De plus, Jésus nous a fait connaître Dieu comme « Père », un nom qui, pour le croyant, a une valeur infinie : « Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (Jean 1. 18).
C’est par Sa mort et Sa résurrection que le Seigneur Jésus a ouvert le chemin du salut à tous les hommes qui L’acceptent comme leur Sauveur personnel.

D’après « Il Buon seme » septembre 2020

 

CORONA 28

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CORONA 28

Le combat du chrétien contre sa vieille nature

 

En septembre 2020, le virus a repris de l’activité en Europe et en Amérique du nord. On parle de deuxième vague qu’il faut combattre par la vigilance. Cette situation nous fait penser au combat contre « le péché qui nous enveloppe si aisément » (Héb. 12. 1).
« Et Amalek vint, et combattit contre Israël, à Rephidim. Et Moïse dit à Josué : Choisis-nous des hommes, et sors, combats contre Amalek ; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu dans ma main… et Moïse, Aaron, et Hur montèrent au sommet de la colline. Et il arrivait, lorsque Moïse élevait sa main, qu’Israël avait le dessus ; et quand il reposait sa main, Amalek avait le dessus. Mais les mains de Moïse étaient pesantes ; et ils prirent une pierre, et la mirent sous lui, et il s’assit dessus ; et Aaron et Hur soutenaient ses mains, l’un deçà, et l’autre delà ; et ses mains furent fermes jusqu’au coucher du soleil (Ex. 17. 8 à 14) ».
Les fils d’Israël avaient été délivrés de l’esclavage subi en Égypte, et amenés libres dans le désert. L’Éternel leur avait donné la manne comme nourriture et l’eau du rocher pour étancher leur soif. – Nourri, désaltéré, voilà le peuple préparé par l’Éternel pour une nouvelle expérience, celle du combat contre Amalek. C’est après avoir été « fortifiés dans le Seigneur et dans la puissance de sa force » que les croyants sont en mesure de résister à leurs ennemis (Éph. 6. 10 à 13). À la Mer Rouge, l’Éternel combattait pour les Siens et eux demeuraient tranquilles (Ex. 14. 14). De même la croix était le combat du Seigneur seul. Nous ne pouvions lutter pour notre salut.
Mais après la conversion, commencent aussitôt les combats (Gal. 5. 17). Comme une armée, tous nos anciens défauts reviennent nous harceler, nous faire la guerre (1 Pier. 2. 11). Pouvons-nous encore compter sur le Seigneur ? Bien sûr ! Mais à la croix, Il combattait pour nous, à notre place ; maintenant Il combat avec nous, Lui le vrai Josué. Cependant c’est sur la montagne que se décide la victoire. Christ, à la fois vrai Moïse et vrai Aaron, est dorénavant dans le ciel, intercédant pour les Siens. Et Ses mains ne sont jamais lasses (Rom. 8. 34, 37 ; Héb. 7. 25). L’issue de la bataille ne dépend pas de la force des combattants mais de leur foi et des prières du Seigneur Jésus. Dans ce récit, Josué nous enseigne à combattre et Moïse à prier (Ps. 144. 1 et 2) »
Lorsque Josué et les hommes qui l’ont accompagné pour combattre contre Amalek furent revenus en ayant remporté une victoire complète, « Moïse bâtit un autel, et appela son nom : Jéhovah-Nissi ou, « l’Éternel notre bannière » ; et il dit : Parce que Jah a juré, l’Éternel aura la guerre contre Amalek de génération en génération » (Ex. 17. 15 et 16).
En méditant sur ce sujet, nous sommes devant le constat que d’autres batailles sont à venir. Elles existeront jusqu’à ce que le Seigneur vienne nous chercher pour nous introduire dans Sa gloire par l’enlèvement ou par la résurrection.
Le chrétien doit comprendre et accepter que la chair habite encore en lui, et que Satan se servira d’elle pour le tenter et le faire chuter. Attaché à son Maître, il s’exclamera : « Grâces à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ ! » (1 Cor. 15. 57).
Nous trouvons dans l’histoire de David une instruction à ce sujet :
Jeune homme, il avait gardé les troupeaux de son père, il avait combattu contre un lion et un ours. Lorsque son père l’envoya porter de la nourriture à ses frères qui étaient sous les ordres de Saül à la guerre, il rencontra un ennemi beaucoup plus dangereux, même terrifiant. À la vue des troupes rangées de l’Éternel, tremblantes de peur devant Goliath, la foi qui animait le jeune berger le poussa à prendre les choses en main. Il s’approcha du roi Saül et dit : « Ton serviteur paissait le menu bétail de son père, et un lion vint, et un ours : et il enleva un mouton du troupeau. Et je sortis après lui et le frappai, et je délivrai le mouton de sa gueule ; et il se leva contre moi, et je le saisis par sa barbe, et le frappai, et le tuai. Ton serviteur a frappé et le lion et l’ours ; et ce Philistin, cet incirconcis, sera comme l’un d’eux, car il a outragé les troupes rangées du Dieu vivant. Et David dit : L’Éternel qui m’a délivré de la patte du lion et de la patte de l’ours, lui me délivrera de la main de ce Philistin. Et Saül dit à David : Va, et que l’Éternel soit avec toi. (1 Sam. 17. 34 à 37).
David s’avança au-devant de Goliath avec son bâton de berger, sa fronde et cinq pierres lisses. Par une seule pierre il le mit à terre et, saisissant l’épée du géant, lui ôta la vie. Image frappante de notre Seigneur qui, par Sa mort « rendît impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable » (Héb. 2. 14).
La résurrection de Jésus d’entre les morts a manifesté Son triomphe sur Satan et sur la mort. Le chrétien est appelé à tenir dans la mort sa propre chair (sa nature) pour vivre par l’Esprit une vie nouvelle, en Christ (voir : Rom. 6. 4 ; Gal. 5. 16).
Lorsque David fut devenu vieux et que ses forces diminuaient, il aspirait certainement au repos, mais « il y eut encore une guerre des Philistins contre Israël ; et David descendit, et ses serviteurs avec lui, et ils se battirent avec les Philistins ; et David était fatigué. Et Jishbi-Benob (1) qui était des enfants du géant pensa frapper David… Et Abishaï, fils de Tseruïa, le secourut, et frappa le Philistin et le tua. Et il arriva, après cela, qu’il y eut encore un combat, à Gob, avec les Philistins. Alors Sibbecaï, le Hushathite, frappa Saph (2), qui était un des enfants du géant… Et il y eut encore un combat, à Gob, avec les Philistins : et Elkhanan, fils de Jaaré-Oreguim, le Bethléhémite, frappa Goliath, le Guitthien (3) ;… Et il y eut encore un combat, à Gath : et il y avait là un homme de haute stature qui avait six doigts aux mains et six orteils aux pieds, en tout vingt-quatre (4) ; et lui aussi était né au géant. Et il outragea Israël ; mais Jonathan, fils de Shimha, frère de David, le frappa. Ces quatre étaient nés au géant, à Gath, et tombèrent par la main de David et par la main de ses serviteurs » (2 Sam. 21. 15 à 22).
Cette énumération nous montre clairement que l’ennemi reste l’ennemi jusqu’au bout, outrageant et assaillant le peuple de Dieu. Que cela ne nous décourage pas, mais nous stimule pour nous attacher au Seigneur : par Lui et avec Lui, nous serons « plus que vainqueurs » (Rom. 8. 37). Appuyons-nous sur les promesses du Dieu de paix qui « brisera bientôt Satan sous nos pieds » (Rom. 16. 20) et combattons « le bon combat de la foi » (1 Tim. 6. 12).

 

TRENTE VERSETS BIBLIQUES À TROUVER (FILLES)

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TRENTE VERSETS BIBLIQUES À TROUVER (FILLES)

Lien PDF: TRENTE VERSETS BIBLIQUES À TROUVER (FILLES)

Où se trouve le passage ?

1. Dieu donna à Héman quatorze fils et trois filles ……………………. 1 Chron.
2. Les filles de Manassé reçurent un héritage ………………………….. Josué
3. Les filles de Tselophkhad ont bien parlé ……………………………… Nomb.
4. Vous filles qui vivez en sécurité ………………………………………….. És.
5. Les fils de Dieu virent les filles des hommes ………………………… Gen.
6. Qui aime fils ou fille plus que moi, n’est pas digne de moi ……… Mat.
7. La fille du roi du midi viendra vers le roi du nord …………………… Dan.
8. Il lui donnera sa fille, et affranchira la maison de son père …….. 1 Sam.
9. Point de femmes belles comme les filles de Job …………………… Job
10. Tu te réjouiras dans ta fête, toi, et ton fils, et ta fille ………………. Deut.
11. Combattez pour vos frères,… et pour vos filles ……………………. Néh.
12. Telle mère, telle fille ! Tu es la fille de ta mère ……………………… Éz.
13. Va, le démon est sorti de ta fille …………………………………………. Marc
14. Il n’avait, à part elle, ni fils ni fille ………………………………………… Juges
15. Si c’est une fille, elle vivra …………………………………………………. Ex.
16. Une place et un nom meilleurs que des fils et des filles ………… És.
17. Tes fils et tes filles mangeaient et buvaient du vin ………………… Job
18. Rien que leur manquât, petits ou grands, fils ou filles ……………. 1 Sam.
19. Il baisa ses fils et ses filles, et les bénit ……………………………….. Gen.
20. Nul de nous ne donnera sa fille pour femme à Benjamin ……….. Juges
21. Vous vous réjouirez devant l’Éternel… et vos fils, et vos filles … Deut.
22. Pour mon bonheur ! car les filles me diront bienheureuse ………. Gen.
23. Nous irons avec nos fils et nos filles ……………………………………. Ex.
24. Nos filles comme des pierres d’angle …………………………………… Ps.
25. Il habita dans une caverne, lui et ses deux filles ……………………. Gen.
26. Ma fille vient de mourir, mais viens et pose ta main sur elle ……. Matt.
27. Bénie sois-tu de l’Éternel, ma fille ! ………………………………………. Ruth
28. Que tes pieds sont beaux dans ta chaussure, fille de prince ! …. Cant.
29. Dites à la fille de Sion : Voici, ton salut vient ………………………….. Es.
30. La fille du roi est tout gloire, dans l’intérieur du palais ……………… Ps.

D’après le recueil de 360 passages 1980

TRADUCTIONS DE FEUILLETS (21)

Vigne

TRADUCTIONS DE FEUILLETS (21)

Nous désirons voir Jésus. Jean 12. 21.
Les disciples furent remplis de joie quand ils virent le Seigneur. Jean 20. 20.

EXPÉRIENCES D’UN PRÉDICATEUR

Pendant les premières années où j’étais actif dans le service pour le Seigneur, j’avais décidé que mes prédications devaient être riches de pensées profondes. Dans ce but j’étudiais mes livres jour et nuit. Mais l’assistance diminuait à vue d’œil. Je mis encore plus d’ardeur à mes études, mais seulement pour voir la congrégation devenir toujours plus petite, et ceux qui restaient demeurer froids et formalistes.
Un dimanche, lorsque j’ouvris la Bible, dans la salle de réunions, pour prêcher, je fus bien étonné d’y trouver un papier avec ces mots : « Nous désirons voir Jésus » (Jean 12. 21). Perplexe et troublé, je réfléchis pour savoir ce que cela voulait dire. Après avoir relu mon texte préparé, je m’aperçus que dans ma prédication – quoique riche en bonnes pensées – Christ Lui-même et Son œuvre accomplie étaient à l’arrière-plan. Je me suis agenouillé, bien humilié, et j’ai décidé, dès lors, de ne connaître que « Jésus Christ crucifié ».
J’ai fait part de cette décision à la congrégation. La vie spirituelle s’est réveillée, les croyants se sont réjouis à nouveau par la Parole de Dieu et y ont trouvé de l’encouragement. Et moins de trois mois après, la congrégation avait doublé. Dans cette période, j’ai trouvé un jour un second papier dans ma Bible sur le pupitre. De la même écriture était le message : « Les disciples furent remplis de joie quand ils virent le Seigneur » (Jean 20. 20).

Écrit au 19ème siècle

« Je n’ai pas jugé bon de savoir quoi que ce soit parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié» (1 Cor. 2. 2.)

D’après Der Herr ist nahe septembre 2020

Sauvez-vous. Act. 2. 40.

RÉPONDRE À L’APPEL DE DIEU

Trois alpinistes s’étaient trouvés dans un orage. Il pleuvait sans discontinuer, depuis des heures Les hommes étaient épuisés. Par bonheur ils trouvèrent une grotte comme abri contre le vent et la pluie. La nuit tomba. Pas un d’eux ne put dormir. Le matin, le temps était encore plus mauvais. On ne pouvait envisager la descente. Aussi arriva la deuxième nuit. Tout à coup ils entendirent de loin quelqu’un appeler : – Où êtes-vous ? Répondez ! Nous vous cherchons.
Tout excités, ils quittèrent la grotte sans prendre garde à la pluie qui leur fouettait le visage. Une équipe de sauvetage était montée de la plaine à leur recherche. Ils crièrent : – Nous sommes ici ! Mais leur voix se perdait dans l’orage. Ils grattèrent alors une allumette et la firent tourner au-dessus d’eux. C’était une question de vie ou de mort. Alors leur parvint la bonne nouvelle : – Nous vous voyons. Ne bougez pas ! Nous arrivons. Quelques heures plus tard, les hommes étaient sauvés.
Sur le plan moral, Dieu, également, désire nous sauver et nous faire don de la vie éternelle, et cela, par Son Fils Jésus Christ qui est mort sur la croix pour nous. Et Dieu fait annoncer cette bonne nouvelle. Mais il faut que nous répondions, afin d’être trouvés et sauvés. Il faut que nous sortions de la réserve de notre propre sécurité, de nos peurs et de notre incrédulité, et que nous répondions à l’appel de Dieu. Laissons Dieu nous sauver avant qu’il soit trop tard !

D’après Näher zu Dir juillet 2020

 

Mais toi, mon âme, repose-toi paisiblement sur Dieu ; car mon attente est en lui. Ps. 62. 5.

LE PLUS LOIN, LE MIEUX

C’était la devise de Steve, un acteur légendaire et un grand aventurier. Dieu n’avait aucune place dans sa vie. Quand on lui demandait s’il croyait en Dieu, il répondait : – Je crois en moi-même. Pourtant, à 49 ans, il confia à un ami : – J’ai tellement souvent frôlé la mort que je me demande parfois pourquoi je vis encore. C’est comme si quelqu’un, pendant tout ce temps, veillait sur moi et me protégeait.
Pendant cette période, Steve eut l’occasion de parler de Dieu et de la Bible avec un chrétien. Jusque-là il ne s’était intéressé qu’à l’argent, au succès et au plaisir. Mais à présent sa conscience le tourmentait. Comme il avait péché contre Dieu et contre les hommes ! Après de longs entretiens et un profond repentir à l’égard de son triste passé il trouva, par la foi en Jésus Christ, le pardon et la paix.
Peu de temps après, sa vie sur la terre prit fin. Mais Steve jouissait de la paix intérieure. Il savait qu’il possédait la vie éternelle parce qu’il avait cru au Fils de Dieu. Plein de confiance, dans ses derniers moments, il s’appuyait sur son Sauveur. Et il partit en paix dans l’éternité, à l’âge de 50 ans.
Cette paix, Jésus Christ l’offre encore aujourd’hui à tous les hommes. Il nous appelle, vous et moi : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » Mat. 11. 27).

D’après Näher zu Dir septembre 2020

 

Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela (nourriture, vêtement) vous sera donné par-dessus. Mat. 6. 33.

LE ROYAUME DE DIEU D’ABORD

Il y a quelque temps, un correspondant spécial de l’ O.N.U. est venu dans la classe de ma fille pour raconter son parcours de vie. Lorsqu’il était jeune homme, il s’intéressait beaucoup à l’espace et serait volontiers devenu astronaute. C’est pourquoi il avait, une fois, écouté une conférence d’un ancien astronaute. Il avait expliqué aux élèves que, à la fin de la conférence, il avait demandé à l’orateur : – Qu’est-ce qui est le plus important, pour devenir astronaute ? Celui-ci avait alors pris un crayon et avait écrit dans le carnet du jeune homme : « Votre Père sait que vous avez besoin de ces choses ; mais recherchez son royaume, et ces choses vous seront données par-dessus » (Luc 12. 31). Cette réponse ne l’avait pas beaucoup renseigné à ce moment-là, expliqua le correspondant aux élèves.
Est-ce que nous ne recherchons pas tous une recette pour atteindre les buts de notre vie ? – Jésus Christ nous donne un principe qui a toujours un résultat positif : – rechercher d’abord le royaume de Dieu. Qu’est-ce que cela veut dire ? – Cela signifie, dans la vie de tous les jours, se conformer toujours à ce que Dieu nous enseigne dans Sa Parole. Par exemple : – Comment Dieu désire-t-Il que je me conduise avec ma femme, mes enfants, mes voisins, mes frères dans la foi ? Nous devons donc d’abord rechercher la volonté de Dieu. Une telle attitude ne manquera pas d’être approuvée par Dieu.

D’après Näher zu Dir septembre 2020

 

La parole de Dieu est vivante et opérante, plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants : elle atteint jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; et elle discerne les pensées et les intentions du cœur. Héb. 4. 12.

DIEU INTERVIENT DE TOUTES SORTES DE MANIÈRES

Un vieux capitaine marin expliqua une fois comment il avait trouvé la foi en Christ :
– Je n’ai malheureusement été converti qu’il y a huit ans seulement. J’avais dû rester deux heures dans une salle d’attente, dans le port de Malmö, en Suède. Pour passer le temps, j’ai lu les journaux déposés là, mais j’ai eu vite terminé. Tout à coup, j’ai remarqué qu’il y avait là une Bible. J’ai d’abord hésité, puis je l’ai prise. Et quand je l’ai ouverte, j’ai entendu un vieillard, à côté de moi, murmurer : – Regarde, Seigneur Jésus, quelqu’un a pris ta Parole. Donne-lui ta lumière, afin qu’il te trouve en elle.
Quand j’ai entendu cela, j’ai jeté la bible sur la table, et je suis sorti en coup de vent. – Que me voulait cet homme ? Qu’est-ce qu’il voulait dire ? Sa prière paisible m’avait mis mal à l’aise. Jusque-là, Jésus Christ n’avait pas représenté grand-chose pour moi. Cette prière m’en avait rendu conscient, et cela me dérangeait. Cela me questionnait. Je rentrai chez moi, mais je ne pouvais pas me débarrasser de la pensée de Jésus.
Dans la ville où j’habitais, je connaissais quelqu’un qui était un chrétien. J’ai fini par aller le voir et lui ai demandé : – Qu’est-ce que j’ai à faire avec Jésus ? Qu’est-ce qu’Il attend de moi ? Mon ami m’a expliqué que le Fils de Dieu est venu sur la terre pour mourir pour les pécheurs perdus, et qu’Il attend maintenant que nous nous tournions vers Lui et Lui confessions honnêtement nos péchés. Nous pouvons alors nous confier dans Son œuvre de rédemption pour être pardonnés, et Le suivre joyeusement. La grâce de Dieu m’a amené à accepter Jésus Christ comme mon Sauveur, et à Lui remettre ma vie.

D’après The Good Seed juillet 2020

 

C’est ici ma consolation dans mon affliction, que ta parole m’a fait vivre. Ps. 119. 50.
Tes paroles ont été pour moi l’allégresse et la joie de mon cœur. Jér. 15. 16.

LA BÉNÉDICTION DE MÉMORISER DES PASSAGES DE LA BIBLE

Après que les communistes eurent pris le pouvoir en Chine, un missionnaire étranger fut arrêté et emprisonné pendant quinze mois. Pendant tout ce temps, il était seul, sans aucun contact avec sa parenté et ses amis, et sans aucun livre. Deux fois par jour, on lui tendait son repas à travers une ouverture dans la porte de sa cellule. Il ne vit jamais un visage humain pendant tout le temps où il était emprisonné. Il ignorait même si sa famille savait où il était.
Il raconta plus tard qu’il serait devenu fou s’il n’avait pas pu se rappeler de nombreux versets de la Bible, qu’il avait appris par cœur longtemps auparavant. C’était la seule chose qui avait conservé son esprit actif et équilibré. Il savait que Dieu ne l’avait pas abandonné. Quel réconfort c’était pour lui, de pouvoir se répéter des versets de la Bible chaque jour, et de s’encourager ainsi.
Tous ceux qui ont ainsi des passages de la Bible dans leur mémoire et dans leur cœur reçoivent aide et consolation, même dans les circonstances les plus éprouvantes. Mais ce n’est pas seulement dans ces cas-là que la Parole de Dieu révèle sa puissance : elle attire continuellement notre attention vers Christ, le Fils de Dieu, le Sauveur. Et elle soutient le croyant dans sa communion avec Christ, dans les bons comme dans les mauvais jours. Elle le guide dans les décisions de la vie quotidienne. De plus, elle a une influence bénie dans les devoirs et les contacts journaliers.
« Celui qui prend garde à la parole trouvera le bien, et qui se confie en l’Eternel est bienheureux ». Prov. 16. 20.

D’après The Good Seed août 2020

Nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin. És. 53. 6.
Revenez donc, et vivez. Éz. 18. 32.

WILLIAM

Ce fait s’est produit dans une station missionnaire au Canada.
Un jour, quelques Indiens amenèrent un petit garçon qui avait perdu ses parents. Un missionnaire prit soin de cet enfant, et l’appela William. Bien des années s’écoulèrent. L’enfant grandit et apprit à lire et à écrire. Il apprit aussi à prier et acquit la connaissance du Dieu des cieux.
Des Indiens venaient souvent à la station missionnaire pour le commerce des fourrures. Un jour, ils persuadèrent le garçon de partir avec eux. William fut d’accord, et partit sans prendre congé de la mission.
Sa nouvelle vie se trouva être bien différente de celle à laquelle il s’était accoutumé. Il souffrait souvent de la faim, et les Indiens étaient quelquefois durs et cruels. Avec le temps, il oublia tout ce qu’il avait appris au sujet de Dieu et de Son Fils Jésus Christ. Il épousa une femme indienne et ils eurent des enfants.
La vie était dure, et ils manquaient souvent du nécessaire. Aussi William décida de partir avec sa famille. Ils s’installèrent dans une région où, dans une expédition précédente, il avait découvert une abondance de gibier. Mais, curieusement, tous les animaux semblaient avoir tout à coup disparu. Il rentrait souvent à son wigwam sans avoir rien pris. L’hiver était arrivé, il était épuisé et se sentait désespéré. Toute sa famille souffrait. William fit encore une tentative. S’il ne trouvait rien cette fois-ci, il s’ôterait la vie. Les jours passèrent, mais rien n’arriva. Désespéré, il prit sa carabine, la chargea, et pointa le canon vers sa tête. Et alors, il entendit un cri : William !
L’Indien avait cru s’entendre appeler au moment même où il allait s’ôter la vie. William n’était pas son nom de naissance, mais celui que les missionnaires lui avaient donné des années auparavant.
Il abaissa son fusil et regarda autour de lui, mais il n’y avait personne. Il se rendit compte que c’était sa conscience qui l’appelait, qui semblait lui dire : – William, as-tu complètement oublié ce qu’on t’a dit du Dieu de bonté ? – qu’Il t’attend et te pardonnera si tu te tournes vers Lui. Pourquoi ne Lui demandes-tu pas de la nourriture ?
Mais William était trop fier pour cela. Il était conscient de son ingratitude, mais opposait de la résistance. Cependant, la voix ne cessait pas de l’appeler. Il se représentait sa femme et ses enfants pleurant de faim… il tomba sur ses genoux et pria. Il demanda au grand Dieu de pardonner au pauvre Indien qui s’était écarté loin. Il demanda à Dieu de la nourriture. Il continua à prier, confessant la vie qu’il menait sans Dieu. Il sentit que Dieu était près et l’entendait. Alors il se leva et prit son fusil ; un moment plus tard, il avait tué un daim. Il alluma un feu, rôtit de la viande et en mangea, puis emporta le reste à sa famille. Pendant les semaines suivantes, ils ne connurent pas la faim. Lorsque la neige fondit, ils se mirent en route pour la mission. C’était maintenant une autre génération de missionnaires qui l’habitait, qui leur souhaitèrent joyeusement la bienvenue, à lui et à sa famille.
Dieu avait appelé William à revenir à Lui, pour connaître une vie heureuse, ici-bas sur la terre et dans l’éternité. Le même Dieu appelle encore :
« Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28).
Y a-t-il aujourd’hui quelqu’un qui fuie et oublie Dieu ? Y a-t-il une personne, aujourd’hui, qui entendra l’appel de Dieu et se tournera vers Lui ?

D’après The Good Seed août 2020

 

Les lèvres d’un sot l’engloutissent. Le commencement des paroles de sa bouche est folie, et la fin de son discours est un mauvais égarement. Éccl. 10. 12 et 13

UNE IDÉE BIEN APPROPRIÉE

Un chrétien âgé raconta une fois : – Dans mon équipe de travailleurs dans la construction, j’avais un ouvrier qui jurait de manière scandaleuse. Cela m’attristait toujours de l’entendre. Le lundi, c’était le pire, quand, après avoir bu surabondamment le dimanche, il trouvait le travail encore plus dur.
Un certain lundi matin, il m’est venu une idée : j’ai appelé l’homme. En venant, il a dit : – Je sais que je ne fais pas le travail très correctement aujourd’hui – vous n’avez pas besoin de me le dire. Mais il faut bien se donner un peu de bon temps. Allez-vous me reprocher quelques verres de bière ?
– Non, lui ai-je répondu. Ce n’est pas de votre ivrognerie que je veux vous parler. Si vous pensez que votre temps libre doit servir à vous ruiner la santé, je ne peux pas vous l’interdire. Ce qui importe, c’est que vous fassiez votre travail correctement. Mais ce que je ne permettrai pas, c’est que vous priiez sur le lieu de travail. – Moi, prier ? Je ne prie jamais ! – Mais si ! Toute la matinée je vous entends demander à Dieu de vous damner. Désirez-vous réellement qu’Il vous condamne ? Votre vie vous est-elle tellement à charge que vous souhaitiez être damné avant le temps ? Pour ma part, je prierai Dieu que vous puissiez être sauvé.
L’homme devint rouge comme une tomate, fit demi-tour et retourna à son travail. Avait-il pris la chose à cœur ? Dieu seul le sait. Du moins, depuis ce jour-là, il fit l’effort d’arriver au travail en état de sobriété. Et je ne l’entendis plus jamais jurer.

D’après The Good Seed août 2020

 

Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité. 1 Jean 1. 9.

UNE PARTIE DE LA VÉRITÉ N’EST PAS LA VÉRITÉ

Un missionnaire reçut un jour la visite d’un indigène, qui semblait être troublé au sujet de quelque chose. Il expliqua qu’il avait quelque chose sur la conscience et qu’il voulait en parler. Il hésitait un peu, mais à la fin, il reconnut qu’il avait volé quelque chose. – Volé ? demanda le missionnaire. – Qu’avez-vous volé ? – Oh ! C’était seulement une corde. – Eh bien, allez voir la personne à qui vous l’avez volée, et rendez-la lui. Avouez ce que vous avez fait, et dites-lui que vous le regrettez.
Quelques jours plus tard, le voleur réapparut, disant qu’il ne trouvait pas la paix. Aussi le missionnaire lui demanda : – Est-ce que vous m’avez vraiment raconté toute l’histoire ? – En fait, non. Il y avait quelque chose au bout de la corde. – Et qu’est-ce que c’était ? – Une vache.
Cette anecdote illustre une tendance commune : par crainte de la punition, ou pour ne pas perdre la face, nous sommes plus prêts à avouer la corde que la vache. Et nos semblables se contentent souvent de ce que nous ayons reconnu une partie de notre faute.
Dieu, cependant, ne se satisfait pas d’une confession incomplète. Il désire une confession franche et entière de toute la culpabilité de notre vie. Et nous n’avons pas à craindre de perdre la face devant Lui, parce qu’Il nous connaît à fond, jusque dans nos pensées les plus secrètes. Mais si nous Lui confessons sincèrement nos péchés, Il ne nous punira pas, mais nous pardonnera entièrement. Dieu « est fidèle et juste » en nous pardonnant nos péchés, parce que Son Fils, Jésus Christ, est mort pour des pécheurs.

D’après The Good Seed septembre 2020

 

Je suis vivant, dit le Seigneur, l’Éternel, si je prends plaisir en la mort du méchant… mais plutôt à ce que le méchant se détourne de sa voie et qu’il vive ! Détournez-vous, détournez-vous de vos mauvaises voies ; et pourquoi mourriez-vous ? Éz. 33. 11.

VIE OU MORT ?

C’était construit pour protéger la vie, et cependant la mort était là. Malgré des mesures de sécurité, beaucoup d’oiseaux de mer sont encore tués lorsqu’ils volent vers la lumière d’un phare. Les phares sont construits sur la côte ; leur lumière luit la nuit et pendant les tempêtes. Les oiseaux volent et se heurtent si violemment aux fenêtres qu’ils sont assommés et tombent à la mer avant d’échouer sur les plages.
Cela semble amer et cruel : les oiseaux perdent leur vie parce qu’ils se heurtent à quelque chose qui est construit pour préserver la vie.
L’évangile brille comme la lumière d’un phare. La grâce et l’amour de Dieu sont révélés afin d’amener les humains dans la sécurité d’un port, à Jésus Christ. Tous les humains peuvent être sauvés, mais beaucoup refusent l’évangile. Ils ressemblent à ces oiseaux. Le message de Dieu est pour eux une pierre d’achoppement, ils se débattent devant la lumière, et ils sont perdus pour l’éternité.
Quelqu’un, peut-être, connaît bien le message de l’évangile de Jésus Christ ; il l’a entendu ou l’a lu dans la Bible. Peut-être même qu’il écoute ou qu’il chante des cantiques, et il est presque certain qu’il connaît des gens qui ont accepté Jésus Christ comme leur Sauveur et leur Seigneur. Mais quant à lui-même, il n’a pas accepté l’évangile, et il est perdu !
Dans l’épître aux Romains, nous lisons que l’évangile est « la puissance de Dieu pour sauver quiconque croit ». Il révèle l’amour et la grâce de Dieu. Mais en même temps que l’évangile, il révèle la justice et la colère de Dieu : « Car la colère de Dieu est révélée du ciel contre toute impiété et toute iniquité des hommes » (Rom. 1. 16 et 18).

D’après The Good Seed septembre 2020

Sauve-toi pour ta vie ! Ne regarde pas derrière-toi, et ne t’arrête pas. Gen. 19. 17.

INCONSCIENT DU DANGER

Un panorama magnifique se déploie devant le regard de l’artiste : des formations curieuses de rochers, empilées comme des témoins silencieux de l’attaque constante des vagues. Après avoir admiré cette scène pendant un moment, il recherche le meilleur endroit pour peindre son tableau. Il s’installe sur l’un des rochers, d’où il aura la meilleure vue, et commence à peindre. Il ne s’aperçoit pas, cependant, que la marée monte lentement. Quelques-uns des rochers les moins hauts sont déjà couverts. A deux reprises il a été éclaboussé par une grande vague, mais il est trop absorbé par sa peinture pour le remarquer.
Tout à coup il entend un homme crier depuis la falaise, en gesticulant. L’artiste regarde autour de lui et se rend compte de la situation dangereuse où il se trouve : le rocher sur lequel il se trouve est déjà entouré par l’eau. Il ramasse vivement tout son attirail, saute du rocher dans l’eau et avance à travers la marée montante jusqu’à la terre ferme. Quand il atteint son sauveteur, il apprend qu’on appelle cet endroit dangereux la porte de l’enfer. Plusieurs personnes insouciantes avaient déjà été emportées par la marée, et étaient décédées.
N’est-ce pas le cas de nombreuses personnes qui, prises par leurs devoirs et leurs occupations quotidiennes, n’ont pas conscience que, elles aussi, sont pour ainsi dire à la porte de l’enfer ? Quelquefois elles sont réveillées par une maladie ou quelque situation critique. C’est là la manière dont Dieu nous parle. Il veut nous avertir que nous courons le danger d’être éternellement perdus si nous ne recevons pas dans notre cœur le Seigneur Jésus comme Sauveur.

D’après The Good Seed septembre 2020

 

Nous étions, nous aussi, autrefois, insensés, désobéissants, égarés… vivant dans la méchanceté et la jalousie, détestables, et nous haïssant l’un l’autre. Mais, quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes sont apparus, il nous sauva. Tite 3. 3 à 5.

PRISONNIER DE GUERRE

J’avais tout perdu, ma famille, mon pays, et pour finir, mon nom ; je n’étais plus qu’un numéro : 46466. Je le portais sur une planchette de bois attachée à mon cou. Un jour, dans un chantier de terrassements, le chef estimait mon travail insuffisant, et en me menaçant violemment, il inscrivit mon numéro sur son carnet, mais de façon erronée : 46446. Le soir, sur le campement, pendant qu’on défilait pour recevoir un bol de soupe, un caporal avait en main une fiche avec ce numéro : 46446, l’homme qui doit être puni. Les 800 prisonniers ont défilé l’un après l’autre, personne n’avait ce numéro… – L’erreur est humaine !
Mais au ciel, au jour du jugement que décrit la Bible, il n’y aura pas d’erreurs. Il y aura un trône, et le Juge suprême sera assis.
Tous ceux qui auront refusé le salut que Dieu offre encore aujourd’hui, passeront devant ce trône. Des livres seront ouverts, sur lesquels seront écrites toutes leurs œuvres, et ces œuvres les condamneront. Mais le « livre de vie » sera ouvert également, avec les noms des croyants, et « si quelqu’un n’était pas trouvé écrit dans le livre de vie, il était jeté dans l’étang de feu » (Apoc. 20. 15).
C’est aujourd’hui qu’il faut se préoccuper de savoir où est inscrit notre nom !
Qui a ce livre de vie ? – C’est Jésus, l’Agneau de Dieu qui a été immolé (Apoc. 13. 8) : Lui, la victime expiatoire, mort sur la croix et ressuscité.
Qui sont ceux dont les noms sont écrits dans ce livre ? – Ceux que l’Agneau a acquis pour Dieu par Son sang, des personnes « de toute tribu, et langue, et peuple, et nation » (Apoc. 5. 9), qui ont cru que « le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7).

D’après Il buon Seme août 2020

Il est réservé aux hommes de mourir une fois, – et après cela le jugement. Héb. 9. 27.
Notre Sauveur Jésus Christ… a annulé la mort et a fait luire la vie et l’incorruptibilité par l’évangile. 2 Tim. 1. 10.

ET ENSUITE ?

– J’ai la santé, la fortune, et la beauté… et ensuite ?
– J’ai de nombreux immeubles et de l’argent en abondance… et ensuite ?
– Même si j’étais la seule à posséder du génie et de la connaissance, qu’arrivera-t-il ensuite ?
– Si je devais jouir du monde pendant mille ans, tôt ou tard la mort m’enlèvera tout. Que trouverai-je derrière la porte ?… Dieu seul mérite d’être servi.
Ces réflexions, écrites par la reine Marie Christine Ferdinande de Bologne (1806-1878), ont été trouvées après sa mort, dans son livre de messe. Elle avait compris quel était le secret du vrai bonheur : la foi en Dieu qui est amour. Elle savait que le succès, la fortune ou la santé n’apportent pas la joie ; que les plaisirs qu’offre le monde peuvent aider à oublier pour un moment les inquiétudes de la vie… mais ensuite ?
La Bible, déjà depuis les temps anciens, nous dit que rien ne peut satisfaire celui qui cherche le bonheur dans ce monde (Éccl. 6). L’apôtre Paul a fait l’expérience que « l’excellence de la connaissance du Christ Jésus» est la seule chose importante (Phil. 3. 8). Nous serons heureux si nous savons que nous sommes aimés de Dieu et que nos péchés sont pardonnés par le sacrifice du Seigneur Jésus « qui a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification » (Rom. 4. 25).
Le Seigneur Jésus délivre de la crainte de la mort tous ceux qui, se reconnaissant coupables, Le reçoivent comme Sauveur et Seigneur (Héb. 2. 15). « Il n’y a de salut en aucun autre » (Act. 4. 12).

D’après Il buon Seme août 2020