OREILLE CREUSÉE, OREILLE OUVERTE, OREILLE PERCÉE

« Au sacrifice et à l’offrande de gâteau tu n’as pas pris plaisir ; tu m’as creusé des oreilles; tu n’as pas demandé d’holocauste ni de sacrifice pour le péché… »

Ce verset 6 du Psaume 40 est, comme on le sait, cité en Hébreux 10. 5 avec un changement caractéristique. « Tu m’as creusé des oreilles » y devient : « Tu m’as formé un corps ». En fait les deux expressions sont équivalentes. C’est souvent que, dans l’Écriture – comme d’ailleurs dans le langage courant – une partie caractérise un ensemble, un élément significatif étant utilisé pour représenter une entité que chacun reconnaît sans peine. On parle d’un trône pour évoquer un royaume, de chaînes pour parler de captivité, d’une maison pour désigner ceux qui l’habitent, etc.

N’est-il pas remarquable que la partie du corps humain choisie ici par l’Esprit de Dieu pour représenter l’homme tout entier ne soit ni la tête, centre de la réflexion et des décisions, ni l’œil, la main ou le bras qui feraient penser aux découvertes, à l’activité, à la force ? C’est l’oreille, qui suggère l’écoute de Dieu, l’obéissance à sa volonté. On peut la considérer comme l’organe récepteur reliant Dieu, qui fait connaître sa volonté, à la créature responsable d’y faire attention et de s’y soumettre.

C’est sur ce point précis, mais essentiel, que l’homme s’est montré défaillant dès le début de son histoire. En se soustrayant à l’autorité divine, il a perdu sa raison d’être sur la terre où le Créateur l’avait placé avec des comptes à lui rendre.

Mais « le Fils, en entrant dans le monde » fait cette déclaration préliminaire : Tu m’as creusé des oreilles ». Il venait spécialement pour se plier à ce qui était et reste absolument lié à la condition humaine : l’obéissance à Dieu. Pour en faire la démonstration, il allait recommencer de bout en bout – et coûte que coûte – de la naissance à la mort, l’histoire de l’homme sur la terre.

« II est devenu », ce qu’il ne pouvait être avant, obéissant, et cela « jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (Phil. 2. 8). Il allait apprendre lui-même, « quoiqu’il fut Fils » (Héb. 5. 8) et nous apprendre à nous, tristes descendants d’Adam, ce que c’est que l’obéissance inconditionnelle à Dieu.

Voilà pourquoi le Fils vient du ciel, et voilà en même temps pourquoi il ne fait pas dans le monde une arrivée majestueuse qui corresponde à ses titres et à sa dignité. Cette entrée glorieuse, appelée « son apparition », il la fera plus tard, et elle lui vaudra alors le respect et l’hommage de toute créature (Ps. 24. 9).

Mais sa première venue devait nous donner, à nous les humains, une magistrale leçon d’obéissance, montrer par l’exemple que celle-ci était non seulement normale et possible, mais aussi heureuse.

« C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir… », ajoute en effet le Psaume 40. Par contraste avec la servitude et l’esclavage tels que l’homme les conçoit, ce qui caractérise la vie divine, c’est l’obéissance par amour.

« Le Seigneur l’Éternel m’a donné la langue des savants, pour que je sache soutenir par une parole celui qui est las. Il me réveille chaque matin, il réveille mon oreille pour que j’écoute comme ceux qu’on enseigne. Le Seigneur l’Éternel m’a ouvert l’oreille, et moi je n’ai pas été rebelle, je ne me suis pas retiré en arrière » (És. 50. 4 et 5).

Ésaïe, qui « vit sa gloire et parla de Lui » (Jean 12. 41 : allusion à Ésaïe 6) présente ici la gloire morale du Serviteur de l’Éternel. La condition élémentaire d’un service pour Dieu n’est pas, comme nous avons parfois tendance à le penser, le dévouement, le zèle ou l’énergie.

Avec ces seuls mobiles, Moïse, en voulant délivrer le peuple, n’a fait que tuer un Égyptien. Et Pierre, en voulant se porter au secours de son Maître, a tranché l’oreille de Malchus, l’empêchant précisément d’écouter les paroles de Jésus.

La condition d’un service pour le Seigneur n’est pas non plus dans les moyens dont on dispose. Je puis avoir les capacités, le temps, l’argent, la santé nécessaires pour entreprendre une certaine activité chrétienne et pourtant faire ma propre volonté en m’y engageant.

Inversement, quand c’est Dieu qui ordonne, l’absence de moyens n’est pas un argument valable pour se dérober. Le même Moïse nous le rappelle quand quarante ans après la scène du meurtre de l’Égyptien, il s’excuse auprès de l’Éternel : Je ne suis pas un homme éloquent… Ils ne me croiront pas (Ex. 4). Mais celui qui l’envoyait lui donnerait les moyens d’accomplir la mission qu’il lui confiait. À l’homme l’obéissance, à Dieu les conséquences.

Quelle merveilleuse illustration de ces principes nous trouvons dans la vie terrestre de notre Seigneur Jésus ! Lorsque Lazare est malade, le message des sœurs de Béthanie ne suffit pas pour qu’il se mette en route. Mais quand l’ordre lui vient d’en haut, la menace d’être lapidé ne suffit pas à l’empêcher de partir. Ce ne sont pas ses sentiments qui le font avancer ni la crainte de l’homme qui le fait reculer.

Il avait pris « la forme d’esclave », ce qui implique l’absence de volonté propre, la soumission sans réserve à Dieu, appelé pour cette raison dans notre passage « le Seigneur l’Éternel ». Christ est sur la terre son serviteur et à ce titre reçoit « la langue des savants » pour qu’il sache soutenir par une parole ceux qui sont « fatigués et chargés », selon Matthieu 11. 28. Ministère béni, abondamment illustré dans les évangiles !

Pensons à tous les « Ne crains pas », « Pourquoi pleures-tu ? », « Aie bon courage »… que nous y trouvons. Trois mots ici, trois mots là : une « parole de grâce, sortant de sa bouche », apportant la paix, la consolation, le réconfort. Ce n’était pas seulement la bonne parole ; elle était dite au bon moment, « à propos ». « Une parole dite en son temps, combien elle est bonne » (Prov. 15. 23 ; 25. 11).

Et dans ce verset 4 d’Ésaïe 50, le secret d’une telle science nous est clairement révélé. La langue est celle des savants parce que l’oreille a été ouverte. Il sait parler aux hommes celui qui sait d’abord écouter son Dieu. Et remarquons que ce lien entre une oreille docile et une langue intelligente passe par le cœur du croyant. « J’ai caché ta Parole dans mon cœur », dira le psalmiste (Ps. 119. 11). Il s’ensuit que de l’abondance du cœur, la bouche pourra parler (Mat. 12. 34). Oui, ce secret de l’homme Christ Jésus est celui de chacun de ceux qui possèdent sa vie. Bien écouter notre Dieu pour bien parler de notre Dieu.

Hélas la disposition à écouter nous manque souvent beaucoup. Il y a bien sûr ceux dont les oreilles leur démangent pour ouïr toutes sortes de nouveautés, ou ceux qui sont volontairement sourds parce que la voix de Dieu met leur conscience mal à l’aise (Prov. 1. 24 et 25).

Mais en général, et plus que jamais dans le monde bruyant qui est le nôtre, nos oreilles sont plutôt distraites ; en les ouvrant aux mille voix de la terre, nous les fermons à la voix du ciel. Et c’est grave de conséquences, parce que tout ce que nous entendons contribue à influencer notre manière de penser. Que le grand Ennemi soit appelé « le chef de l’autorité de l’air » n’est pas sans signification. Cet air est moralement pollué, saturé d’ondes malfaisantes par lesquelles lui, Satan, « opère maintenant parmi les fils de la désobéissance » (Éph. 2. 2).

« Il me réveille chaque matin ». Car l’obéissance à Dieu n’est pas l’affaire d’un jour ni d’une occasion. Ils ne manquent pas dans l’Écriture, les exemples d’hommes de Dieu obéissant dans des circonstances mémorables. « Abraham, étant appelé, obéit » (Héb. 11. 8). Plus tard, sur l’ordre de Dieu, il offre son fils.

Noé, Moïse, Josué, Gédéon, Samuel, Néhémie, Daniel… font partie de cette grande nuée de témoins qui nous entoure… en nous servant d’exemples. Tous ont obéi à Dieu dans des circonstances où leur foi était sérieusement mise à l’épreuve. Mais il est probablement plus facile d’agir sur un ordre formel et exceptionnel que dans les mille détails de la vie quotidienne, en se remettant chaque matin à l’écoute de son Dieu.

Tel nous apparaît Jésus, dès le premier chapitre de l’évangile de Marc (celui du parfait serviteur) où nous trouvons comme un échantillon d’une de ses journées si remplies. Nous l’y voyons, longtemps avant le jour, priant à l’écart dans un lieu désert. Il y avait alors sur la terre – ce désert aride peuplé exclusivement de « fils de la désobéissance » – un Homme dont les délices étaient de faire jour après jour ce qui était le bon plaisir de Dieu. Et en retour on comprend combien un tel Homme pouvait faire, jour après jour, les délices du cœur de Dieu.

« Si le serviteur dit positivement : J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas sortir libre ; alors son maître le fera venir devant les juges, et le fera approcher de la porte ou du poteau, et son maître lui percera l’oreille avec un poinçon ; et il le servira à toujours » (Ex. 21. 5 et 6).

C’est une institution particulièrement émouvante que celle du « serviteur hébreu ». La semaine d’années qu’il vient d’accomplir lui donne le droit de sortir libre. Libre mais seul ! Selon le droit établi par Dieu, sa femme et ses enfants resteraient en ce cas la propriété du maître.

Or il aime ce maître ; il se trouve bien chez lui, spécifie le passage correspondant de Deutéronome 15. 16. Il aime sa femme, il aime ses enfants. Un choix douloureux est à faire entre, d’un côté ceux qui lui sont le plus chers, de l’autre sa liberté. Briser ses chaînes serait briser en même temps les liens les plus doux, ceux de la famille. C’est ce qui va dicter sa décision.

Il va rester serviteur et le déclare sans hésiter, positivement. Mais le dire simplement ne suffit pas. Il va devoir se soumettre encore à une cruelle nécessité qui sera en quelque sorte sa signature sous le contrat passé avec son maître : son oreille doit être percée, clouée au poteau ; son sang doit couler. Ainsi le prix payé pour ce marché conclu (ceux qu’il aime, en échange de sa liberté) sera comme gravé sur lui.

Le maître sera glorifié, car il sera reconnu aux yeux de tous comme un bon maître, chez qui on se trouve bien, et lui-même saura que son serviteur l’aime. La femme, à ce sacrifice, mesurera l’amour de son mari. Et chaque enfant pourra dire à son tour : Je sais que mon père m’aime ; voyez cette petite marque à son oreille qui me le confirme.

Chacun de ces détails a sa contrepartie parfaite dans le Nouveau Testament. Nous y apprenons le grand secret du service volontaire de notre Seigneur Jésus : « J’aime le Père ; et selon que le Père m’a commandé, ainsi je fais » (Jean 14. 31) ; – le secret de son amour pour l’Église, son Épouse : « Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle » (Éph. 5. 25) ; – le secret de son amour pour chacun des siens : « Le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2. 20).

Ici encore l’oreille représente le corps tout entier. Clouée au poteau par le poinçon du maître, elle évoque de manière émouvante la crucifixion de notre Seigneur Jésus. Si nous pensons aux sentiments du maître meurtrissant même légèrement son fidèle serviteur, nous entrons un peu dans les pensées de Dieu.

« J’aime mon maître » a déclaré positivement l’esclave hébreu. À cet amour, comment va répondre le maître ? « Il plut à l’Éternel de le meurtrir ». Nous pensons aussi aux sentiments du serviteur. Il va se soumettre à cette souffrance si petite soit-elle, donner ce gage de son attachement au maître, de son amour pour sa femme et pour ses enfants. Il a désormais des droits sur eux, dont il saura montrer la preuve. Quand le Seigneur s’est présenté à ses chers disciples le soir du jour de la résurrection, ils ont pu voir dans ses mains, ses pieds, son côté, la preuve de son amour pour eux.

Nous sommes à la fois ceux que le Père a donnés au Fils (Jean 17. 6) et ceux que lui-même s’est acquis au prix de ses souffrances et de sa mort. Il a fallu le poteau, le poinçon, le sang versé, la marque ineffaçable. Mais désormais nous sommes à lui ; nul ne pourra jamais contester un droit scellé par de telles souffrances, et qui se lie à son service éternel.

L’histoire de Jacob, malgré toutes les faiblesses de ce patriarche, nous apporte une image éloquente d’un service par amour. Il s’est acquis une famille par son dur labeur en pays étranger, au point qu’il pourra dire : « J’ai passé ce Jourdain avec mon bâton ; et maintenant je suis devenu deux bandes » (Gen. 32. 10).

Sortir libre, jusqu’au dernier moment, aurait été possible pour Jésus. On l’invitait même à descendre de la croix. Mais, comme dans cette autre image du grain de blé (Jean 12), cela aurait signifié demeurer seul. La mort restait invaincue, le diable conservait son pouvoir, le monde avait bien été traversé par quelqu’un sur qui ses tentations n’avaient eu aucune prise, mais, celui-ci parti, il retrouvait son règne incontesté.

Une démonstration avait été faite de la présence du vrai bien sur la scène où règne le mal – démonstration accablante pour nous – mais rien n’aurait changé ni dans sa condition ni dans la nôtre. Lui retrouvait sa liberté et toutes les gloires qui sont les siennes, nous restions dans l’esclavage. Jamais son merveilleux amour n’aurait eu l’occasion de donner sa mesure et de fournir à l’univers entier une éclatante manifestation.

Une oreille creusée : il est devenu homme expressément pour obéir. Une oreille ouverte : de jour en jour pendant son chemin sur la terre, « il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes ». Une oreille percée : son obéissance devait aller jusqu’au suprême sacrifice, « jusqu’à la mort de la croix ».

L’amour, a dit quelqu’un, se réserve le privilège de servir. L’amour éternel de Christ se réserve le privilège de servir éternellement.

Tes saints glorifiés — ton épouse parée –

Aux noces de l’Agneau, tu les introduiras,

Et les faisant asseoir aux places préparées,

T’avançant, tu les serviras.

Aux célestes parvis, terme de notre attente,

Où dès l’éternité tu voulais des humains,

Nous pourrons contempler ta beauté ravissante,

Et les blessures de tes mains.

D’après Le Messager Évangélique 1990 (J. Koechlin)

NOUVELLE NAISSANCE ET NOUVELLE VIE

« Ne t’étonne pas de ce que je t’ai dit : Il vous faut être nés de nouveau » Jean 3. 7.

Je ne deviens pas un chrétien en évitant ou en supprimant le mal, ces « œuvres de la chair » (comme la Bible les appelle), telles que : « la fornication, l’impureté, la débauche, l’idolâtrie, la magie, les haines, les querelles, les jalousies, les colères, les rivalités, les divisions, les sectes, les envies, les meurtres, les ivrogneries, les orgies, et tout ce qui y ressemble » (Gal. 5. 19 à 21). Non ; être un chrétien ne signifie pas : « Tu ne dois pas ! », même si beaucoup pensent ainsi. Les 10 commandements – les paroles de la Loi – me disent : « Tu ne dois pas ! ». Ils me montrent, de manière indirecte, ce que je suis, et je prends seulement davantage conscience de mes mauvais penchants. Mais les 10 commandements ne produisent rien de bon en moi – rien en quoi Dieu puisse prendre plaisir. 

Ce que le christianisme a et qui est unique, c’est qu’il ne réside pas dans le fait que le mal qui est dans l’homme doit être supprimé, mais que quelque chose de nouveau est produit. Être chrétien (et par cela nous entendons quelque chose de vivant et réel, non pas une confession, une religion ou une tradition) ce n’est pas simplement un idéal que je dois essayer d’atteindre. Il ne s’agit pas d’une éthique qui corrigerait ce qu’il y a de mauvais en moi, ou d’une puissance qui m’améliorerait. Non, je deviens un chrétien en recevant une nouvelle vie – une vie qui vient de Dieu !

Quand Jésus dit ici : « Il vous faut être nés de nouveau », cela met fin à tout espoir d’attendre quelque chose par moi-même. De même qu’on ne cultive pas les mauvaises herbes, mon être naturel ne peut pas être cultivé.

« Il vous faut être nés de nouveau » ; cela montre cependant que la nouvelle vie est possible et nécessaire. Elle est reçue par quiconque croit en Jésus, le Fils de Dieu. Cette vie produit de bons fruits dans lesquels Dieu trouve du plaisir.

« Mais, quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes sont apparus, il nous sauva, non sur la base d’œuvres accomplies en justice que nous, nous aurions faites, mais selon sa propre miséricorde, par le lavage de la régénération et le renouvellement de l’Esprit Saint » Tite 3. 4 et 5.

D’après « The Good Seed » avril 2025

LE CHEMIN VERS LA VIE ÉTERNELLE

« Le sentier de la vie est en haut pour les intelligents, afin qu’ils se détournent du shéol, en bas » Proverbes 15. 24.

Quiconque veut emprunter ce chemin trouvera divers « panneaux routiers » sur sa route. Ils indiquent le chemin, et des faits bibliques sont écrits sur chacun d’eux. Quiconque croit ces indications et les suit fera des progrès et, un jour, il atteindra sa destination céleste.

– Panneau n° 1. L’homme est coupable. « Il n’y a pas de juste, non pas même un seul… En effet, il n’y a pas de différence, car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Rom. 3. 10, 22 et 23).

– Panneau n° 2. Dieu aime tous les hommes. « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3. 16).

– Panneau n° 3. L’œuvre rédemptrice de Christ est pleinement suffisante. « Le sang de Jésus Christ… nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7). « Par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (Héb. 10. 14).

– Panneau n° 4. Seule la foi en Jésus Christ sauve. « Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3. 36).

– Panneau n° 5. Le salut est absolument certain. « Tout cela, je vous l’ai écrit afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu » (1 Jean 5. 13).

– Panneau n° 6. Le but, c’est le ciel. « Car notre cité à nous se trouve dans les cieux, d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur » (Phil. 3. 20).

D’après « The Good Seed » – août 2025

L’ASSEMBLÉE

Actes 20. 28 à 32.

Matthieu 18. 15 à 17.

Galates 6. 1 et 2.

2 Thessaloniciens 3. 14 et 15.

L’Assemblée, ce mystère caché dès les siècles en Dieu (Éph. 3. 9), a pris naissance le jour de la Pentecôte (Act. 2). Tout découle de la mort de Christ, de sa résurrection et de son élévation à la droite de la Majesté. De là, Il a envoyé le Saint Esprit, comme personne divine, qui habite au milieu de l’Assemblée et manifeste la présence de Dieu au milieu d’elle.

Cette Assemblée est chère au cœur du Seigneur (Éph. 5. 25 : « Il s’est livré lui-même pour elle ») et elle est chère aussi au cœur de Dieu : Il l’a « acquise par le sang de son propre Fils » (Act. 20. 28).

Elle n’est pas formée de tous les chrétiens de profession, mais seulement de ceux qui sont nés de nouveau par la foi en un Christ mort et ressuscité, et qui ont donc part à une vie nouvelle qui est divine.

Dieu, dans sa grâce, a voulu nous faire connaître les vérités concernant l’Assemblée, ce qui doit caractériser sa vie. Une assemblée locale est l’expression de l’Assemblée universelle. « Or, vous êtes, dit l’épître aux Corinthiens (1. 12 et 27), le corps de Christ et ses membres chacun en particulier ».

Ce privilège comporte des responsabilités. L’Assemblée est un lieu où le mal ne doit pas entrer. Nous sommes appelés à être individuellement « imitateurs de Dieu » (Éph. 5. 1). Dans l’Assemblée les caractères divins doivent être manifestes. Dieu est Amour et Dieu est lumière. Nous devons donc marcher dans la lumière et dans l’amour.

Quand le mal est discerné, la responsabilité de l’Assemblée est de l’ôter du milieu d’elle-même. C’est, pour elle, un douloureux devoir. Et, si nous sommes exercés devant Dieu, de quelle tristesse nos cœurs ne sont-ils pas étreints, dans de telles circonstances ? Si les ressources que Dieu nous a confiées étaient mieux utilisées le mal serait freiné, prévenu, avant même de s’être manifesté.

Les soins pastoraux et les disciplines ont pour objet de prévenir et de guérir le mal, et aussi de produire le bien.

L’Assemblée étant une habitation de Dieu par l’Esprit (Éph. 2. 22), assurément tout ce qui n’est pas de Dieu y est hors de place. L’Assemblée est aussi la colonne et le soutien de la vérité. Les exercices relatifs à la marche de l’Assemblée dans la sainteté ne diffèrent pas de ceux qui sont nécessaires pour la marche individuelle.

L’état d’une assemblée locale interfère sur l’état des autres assemblées.

Dans notre vie personnelle, notre exercice répond à un état de fait, savoir que Dieu habite en nous, que nos corps sont le temple du Saint-Esprit (1 Cor. 6. 19). Pour le chrétien seul importe ce qui est « approuvé » de Dieu, savoir ce qui est en accord avec sa nature essentielle, avec ses attributs inchangeants. La chrétienté est un fruit de la confusion entre le bien et l’apparence du bien.

Dans cette recherche de la sainteté pratique nous sommes conduits à envisager non seulement les fruits extérieurs mais à remonter jusqu’à la racine qui les produits, l’égoïsme, l’orgueil, ce mal foncier dont on ne peut se débarrasser et qui est le moi.

Quand on exclut une personne, s’il y a dans l’Assemblée une réalisation sérieuse de la gravité d’une telle circonstance, on demande à Dieu qu’il touche aux racines du mal, on recherche devant Lui quelle est la cause qui a produit l’acte. Nous sommes alors tous mis à notre place, et c’est une bonne et profitable leçon. Les actes disciplinaires, pour être profitables, doivent avoir pour but de toucher l’homme dans les profondeurs de son cœur. L’exclusion, elle, est l’aveu que la discipline a échoué.

La vraie sainteté est dans les pensées, dans les sentiments ; si elle était réalisée, il n’y aurait pas de mauvais fruits à l’extérieur. Certes, il n’y a pas d’état pratique parfait, mais si nous sommes en bon état, nous progresserons et nous serons un peu plus exercés aujourd’hui que nous l’étions l’an dernier.

Nous devons considérer l’ensemble des ressources que nous avons contre le mal. Et d’abord avant l’exercice des disciplines, il y a les ministères par l’Esprit, les dons de pasteur, de docteur, de prophète, qui ont une action positive d’édification. Le ministère de la Parole, dans les réunions, occupe l’âme du bien, et par là, freine le mal. La vulnérabilité vis-à-vis du mal diminue.

Puis nous trouvons encore des « surveillants » ou « anciens » qui doivent veiller sur l’ordre ensuite à un degré inférieur, des « serviteurs », et enfin l’autorité de l’Assemblée pour agir en dernier recours.

Actes 20. 32 présente la première ressource : l’édification par la Parole et par l’Esprit : « Je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce qui a la puissance d’édifier, et de vous donner un héritage avec tous les sanctifiés ». Il faut que les âmes soient nourries, car si précieux que soient les privilèges du rassemblement, n’oublions pas que la vie chrétienne est avant tout individuelle.

Si chacun réalisait une vie de communion constante avec Dieu, quel bienfait en résulterait pour la vie de l’Assemblée, tandis que le manque de piété d’un seul entraîne des souffrances pour tous.

Le ministère de la Parole a pour objet de répondre aux besoins individuels et à ceux de l’Assemblée comme expression du Corps de Christ. L’image du corps humain que nous donne la Parole est tout à fait instructive à cet égard. Si notre corps est affaibli par le manque de nourriture, ou par une mauvaise nourriture, la maladie aura plus facilement prise sur lui, il est beaucoup plus vulnérable. Cinq paroles prononcées par un frère exercé peuvent contribuer utilement à l’édification de l’Assemblée. Demandons à Dieu les dons nécessaires pour l’édification de l’Assemblée. C’est absolument vital.

Ensuite viennent les soins pastoraux dispensés par ceux qui ont reçu du Seigneur un tel don. Il faut avoir à cœur les intérêts du Seigneur, avoir beaucoup d’amour, prendre garde d’abord à soi-même (v. 28). C’est une tenue morale convenable qui donne aux pasteurs l’autorité nécessaire pour aller voir toutes les brebis, pas seulement les malades. Ils cherchent à connaître l’état de leur âme, discerner si elles ne présentent pas des symptômes dangereux, qui plus tard produiraient du mal. Le Seigneur qui connaissait bien le cœur de ses disciples priait d’avance pour eux (Luc 22. 32).

Mais ces soins pastoraux doivent s’exercer aussi de la part de chacun et vis-à-vis de chacun. Soyons enseignés de la part du Seigneur à dire une parole, à faire une visite qui sera en aide à quelqu’un qui serait en danger. Ayons beaucoup d’amour pour le Seigneur, pour les frères et pour l’Assemblée.

Tandis qu’il y a des frères qui disent : Je ne suis pas pasteur, ni docteur et encore moins prophète, et qui tombent ainsi dans une paresse coupable. Des sœurs aussi diront : Les ministères ne sont pas pour nous, et elles ne s’occupent de personne. Il y a danger aussi que la routine vienne, dans nos réunions, remplacer un exercice qui doit être continuel. Toute réunion devrait être un sujet de prière avant et aussi après.

Chacun d’entre nous y trouverait alors un profond rafraîchissement pour son âme, rafraîchissement qu’il ne trouverait pas ailleurs au même degré. Nourries, nos âmes fortifiées de jour en jour sauront mieux discerner le bien du mal. Il ne faut pas que les réunions endorment nos consciences. Parler des choses de Dieu sans Dieu c’est profaner les choses saintes.

v. 27 : « Je n’ai mis aucune réserve à vous annoncer tout le conseil de Dieu ». Psaume 25. 14 : « Le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent ». Dieu avait dit : Vous serez un peuple saint. Et Élie pouvait dire avec vérité : « L’Éternel devant qui je me tiens ». Recherchons chacun pour soi-même la sainteté.

Dans ce passage d’Actes 20, ce qui est surtout en vue c’est le danger d’un mal doctrinal au milieu de l’Assemblée. Des hommes ont toujours cherché à entraîner des disciples après eux et non après Christ. C’est pourquoi, dit la Parole, veillez. La vigilance est de tous les temps.

Mais l’Assemblée est la colonne et le soutien de la vérité, de la vérité morale autant que doctrinale. Il faut donc veiller à garder aussi la vérité morale.

Ézéchiel 34 : Ce passage nous parle des mauvais bergers d’Israël mais il nous montre aussi comment il faut nourrir le troupeau et s’occuper des brebis.

La charge d’ancien est locale. Tandis que docteur ou pasteur sont des dons pour tout le corps. Nous sommes tenus de reconnaître Dieu dans un homme. Il n’y a rien de si fâcheux que de dénigrer un frère qui a manifestement reçu un don. Si nous agissons ainsi, Dieu nous châtiera, car on ne se moque pas de Dieu. Une telle attitude vis-à-vis des dons des frères qui nous ont précédés est tout aussi grave : nier ou affaiblir, par exemple, la valeur du témoignage de Paul comme chrétien fidèle (non pas comme apôtre, ce serait encore beaucoup plus sérieux)…

On peut le dire tout particulièrement aux jeunes : c’est une faute extrêmement grave que de discréditer les frères que Dieu nous a donnés pour les derniers jours. Il faut reconnaître l’autorité et la présence du Seigneur chez un ancien. Mais un frère aurait-il tous les dons, il reste un simple frère, serviteur de tous jusqu’à son dernier souffle.

Paul n’agit pas en maître, il n’agit pas davantage comme tel à la fin de sa course. C’est l’apôtre Pierre qui exhorte les anciens à être les modèles du troupeau. « Non pas comme dominant sur des héritages » écrit-il (1 Pier. 5. 3). Nous connaissons son histoire comment il a renié le Seigneur et aussi comment il a été restauré. Par trois fois le Seigneur a demandé à Pierre : « M’aimes-tu ». Un profond travail de jugement de lui-même, l’amène à reconnaître qu’en lui il n’y a rien, et à jouir plus profondément de l’amour du Seigneur. Il peut alors recevoir un service pastoral.

Mais s’il y a une responsabilité pour celui qui remplit ce service, il y en a une aussi pour celui qui en est l’objet. Il faut que nous manifestions un esprit de soumission. On n’aime pas à entendre une parole qui va toucher la plaie qui est dans le cœur et la conscience, mais c’est pourtant là un service nécessaire, même s’il n’est pas toujours rempli comme il convient.

Au chapitre 6, lors du choix de serviteurs pour servir aux tables, la multitude des disciples jette les yeux sur des frères « pleins de l’Esprit Saint », désireux de s’attendre au Saint Esprit pour tout ce qui concernait leur existence. Puisse un tel désir nous animer car dans la chrétienté et même, hélas, parfois parmi nous, on ne s’attend pas uniquement aux directions du Saint Esprit, ce qui conduit à improviser et à entreprendre.

Ce manque de dépendance est particulièrement sensible aujourd’hui pour les cas de discipline. Nous ne sommes pas rassemblés entre nous, sinon nous sombrerions dans le fraternisme. Mais nous le sommes sous le regard de Dieu et dans la présence du Seigneur. Il est important pour le surveillant et pour tous de se rappeler que tout vient et doit venir du Saint Esprit. L’ancien n’est d’ailleurs pas forcément âgé, un frère plus jeune peut avoir les caractères d’un ancien.

Hébreux 13. 17 : « Ils veillent sur vos âmes, comme ayant à rendre compte ». Le lavage des pieds fait partie des soins pastoraux.

Le Seigneur dit à Pierre : « Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi » (Jean 13. 8). Et il ajoute : « Vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (v. 14). Il faut ôter la souillure, qui est un obstacle à la communion avec le Seigneur. C’est un exercice personnel d’abord, et vis-à-vis des autres ensuite.

Il y a de la joie pour celui qui remplit un tel office, et de la joie pour celui qui en est l’objet, « qu’ils fassent cela avec joie, et non on gémissant, car cela ne vous serait pas profitable ». Que nos cœurs désirant ce service, du fruit sera produit.

Le don de pasteur est le plus rare et le plus difficile. Il requiert toute une science divine. Si le docteur s’occupe, lui, de vérités, le pasteur, lui, s’occupe d’âmes. Il lui faut employer toute une pharmacopée, toutes sortes d’ingrédients. Si une âme est saisie de détresse devant son péché, ce n’est pas le moment de lui marteler la conscience. Mais si au contraire elle s’endurcit, cela peut être très utile.

Il faut avoir affaire au Soigneur au moment même, être précédé par le Seigneur dans le service. Tout ceci demande de la part du serviteur un long exercice de prière. Le serviteur se met aux pieds de celui qu’il sert. Il ne vient pas à lui avec hauteur et avec des sentiments de propre justice. Il est au contraire convaincu de sa propre indignité, de sa faiblesse, ce qui le garde dans l’humilité. Mais s’il laisse percer quelque sentiment de supériorité, il aggravera la plaie au lieu de la guérir. Ceci est vrai aussi pour l’Assemblée tout entière dans un cas d’exclusion.

Combien ces choses sont délicates, et souvent nous n’y sommes pas assez attentifs. Nous manifestons plutôt de l’indifférence. Or, ne pas s’en occuper est aussi grave que de mal le faire. Le Seigneur peut agir par le moyen des frères, mais il peut aussi agir sans eux. C’est l’enseignement de 1 Corinthiens 11, nous aurons l’occasion d’y revenir.

Les atermoiements dans l’accomplissement d’un tel devoir aggravent le cas et augmentent le trouble qu’il produit. On nuit à l’intéressé, à sa famille, à l’Assemblée et même aux inconvertis. Que le Seigneur nous accorde des frères et des sœurs pieux qui aient à cœur la gloire et les intérêts de Dieu envers et contre tout. Alors les choses seront plus simples même si elles paraissent plus douloureuses. On ne saurait trop insister sur l’importance de tels enseignements.

Dieu ne saurait bénir celui qui cache une plaie, un péché caractérisé. La bénédiction est assurée à celui qui remplit le service qui vient de nous être rappelé. Ces exhortations sont de saison, surtout dans les assemblées nombreuses où l’on a tendance à s’ignorer. Que Dieu nous garde de cacher le mal et de penser qu’il pourra demeurer caché.

Mais il faut être en garde aussi contre la tendance qui porte à découvrir par plaisir et par malice des fautes ou des manquements des autres. Si un frère ou une sœur sait garder un secret, c’est une chose précieuse dans une assemblée, et nous devrions tous en être là. Il faut couvrir tout ce que Dieu couvre.

Jacques 5. 19 et 20 : « Mes frères, si quelqu’un parmi vous s’égare de la vérité, et que quelqu’un le ramène, qu’il sache que celui qui aura ramené un pécheur de l’égarement de son chemin sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés ».

Comprenons bien qu’il s’agit ici comme dans le Psaume 32, d’un péché couvert parce qu’il a été confessé et jugé.

Les passages de Matthieu 18, Galates 6. 2, 2 Thessaloniciens 3 nous parlent de la discipline. Quand les soins pastoraux ont échoué – soit parce qu’ils ont été mal appliqués, soit parce que l’âme les a mal acceptés – il faut agir autrement. D’une façon générale, quand on parle de discipline, on pense au retranchement. Le retranchement n’est pas la discipline, il consacre au contraire l’échec des soins pastoraux et de la discipline, Il faut alors ôter le méchant…

Il y a plusieurs sortes de disciplines. Dans le passage de Matthieu 18 nous avons ce que l’on peut appeler la discipline fraternelle. Si un frère fait tort à un autre, si un différend surgit entre deux frères ou deux sœurs, du trouble en découle et la communion est entravée. Si un péché est commis à notre égard, nous sommes portés à dire : Je ne lui en tiens pas grief, je lui ai déjà pardonné, inutile de s’en préoccuper… En réalité, le Seigneur ne pardonne que sur un terrain de justice. Le pardon ne peut être accordé sans repentance.

Je dois souffrir de voir mon frère en mauvais état. J’irai le trouver sans aucune amertume. Ce ne sera pas pour lui faire des reproches, mais pour essayer de le gagner avec douceur, avec humilité, avec un désir sincère de le ramener. N’allons pas raconter à droite ou à gauche ce qu’il nous a fait, comme nous le faisons si souvent. Si le frère écoute, il est gagné, l’affaire est réglée. Mais s’il n’écoute pas, il se peut que ma démarche ait manqué d’amour ou que le cœur auquel je m’adresse soit dans un mauvais état. Il faut alors prendre avec soi un ou deux frères.

Pour que l’affaire soit placée devant l’assemblée, elle doit être appuyée par deux ou trois témoins. Le tort doit être nettement établi. « Si encore il ne veut pas écouter, dis-le à l’assemblée ». Il a une nouvelle possibilité de se repentir. S’il ne se repent pas : « Qu’il te soit comme un homme des nations et comme un publicain ». Ce n’est pas une discipline de l’assemblée. Je le tiens à l’écart, nos relations sont interrompues. Le but c’est d’atteindre sa conscience.

Cette attitude n’est pas de la dureté ni une attitude de supériorité. Ce cas n’est pas, en principe, le plus grave. Il correspond au tort fait au prochain dont nous parle l’Ancien Testament. Et nous sommes tous atteints dans notre cœur et dans notre conscience par le reproche indirect que la simple lecture de la Parole sur ce sujet nous adresse. L’Israélite ne devait pas rester indifférent vis-à-vis d’un frère, c’est encore plus vrai pour un croyant.

Dans ce monde, ce n’est pas du tout la loi exposée ici qui régit les rapports entre offensé et offensant.

Mais ici l’offensé faisant taire la voix de son ressentiment, de ses revendications légitimes (pour parler à la manière du monde) montre que l’amour qui est dans son cœur vis-à-vis de son frère l’emporte sur tout autre considération. C’est d’un profond enseignement. L’amour est la somme de la loi : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». À quel niveau moral de telles instructions nous élèvent !

Le Seigneur a été continuellement offensé, outragé. Et non seulement jamais Il n’a rendu outrage pour outrage, mais il n’a jamais cessé d’agir envers ceux qui lui faisaient du tort de la manière convenable : selon la loi royale de l’amour.

Si un tel état d’âme ne suit pas immédiatement en nous l’offense, il peut être produit par des exercices. Combien nous perdons facilement de vue les admirables profondeurs de la vérité morale divine. Elle est l’expression de ce que Dieu est, non dans ses actes, mais dans son Être. Elle reflète son admirable perfection vis-à-vis du mal.

Un tel comportement de notre part peut produire chez l’offensant de la contrition, de la repentance, ce qui est l’effet souhaitable. Certains, rares hélas, ont été touchés par les paroles de grâce et de vérité qui sortaient de la bouche du Seigneur Jésus. D’autres ont répondu par un endurcissement dans leur mauvais état, ce fut le grand nombre.

Les versets 21 à 35 nous montrent que si nous sommes amenés à pardonner à notre frère, c’est parce que nous avons été les objets d’un pardon infiniment plus étendu de la part de Dieu.

Nous désirons lire le passage cité tout à l’heure : Lévitique 19. 17 : « Tu ne haïras point ton prochain dans ton cœur. Tu ne manqueras pas à reprendre ton prochain et tu ne porteras pas de péché à cause de lui (note : Tu ne souffriras pas de péché en lui). Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas rancune aux fils de ton peuple ; mais tu aimeras ton prochain comme toi-même. Moi je suis l’Éternel ».

Je pense que nous devons tous reconnaître que lorsque des situations semblables ont pu surgir, nos sentiments spontanés vis-à-vis de l’offenseur – à moins de nous tenir dans une communion de chaque instant avec Dieu – n’ont pas été tels. Mais la Parole ne suppose pas de fléchissement quant à la vérité. Il arrive qu’il s’écoule un intervalle de temps entre le moment où nous avons reçu l’offense et celui où des dispositions conformes à la pensée de Dieu se trouvent dans notre cœur.

Cette façon d’agir n’est pas un commandement à exécuter de façon mécanique. Si nous le faisons, nous ajoutons ainsi une faute à la première. Il faut que Christ agisse en nous par son Esprit et par sa Parole. Un tel amour prend sa source en Dieu lui-même. C’est dans des faits de ce genre que nous sommes mis à l’épreuve le plus fortement.

C’est le moment alors de mettre on pratique l’amour versé dans notre cœur. C’est une victoire de Dieu sur l’égoïsme d’un homme, sur son amour-propre blessé. C’est la chose la plus difficile à réaliser. Donner encore à quelqu’un qui nous a frustré, c’est plus facile.

On remarque, chez les frères qui ont été nos conducteurs, un tel comportement au milieu de l’opposition générale… tout en continuant à montrer un intérêt sincère à l’égard de leurs adversaires. « Priez pour ceux qui vous font du tort »… avec tout ce qu’un tel état d’âme suppose. Pas de correction de façade. Ne soyons pas passifs mais actifs. L’amour sait attendre il sait aussi supporter, mais il sait aussi surmonter.

Christ doit être en nous d’une manière vivante. Il nous est très facile de nous réjouir dans la contemplation de la perfection humaine de Jésus… mais qu’il nous soit donné de ne pas oublier qu’Il a senti tout cela et avec d’autant plus d’acuité qu’il n’y avait en Lui aucun égoïsme, mais une horreur constante du mal. Que nos cœurs ne soient pas toujours un champ de bataille entre le mal et le bien, mais un lieu où le bien triomphe. Au tribunal de Christ, la vie de chacun sera pesée. Et ce ne sera pas sur l’apparence extérieure mais selon les secrets de nos cœurs.

Romains 12 : La deuxième partie de ce chapitre contient des exhortations pratiques et ce n’est pas sans intention qu’elles commencent par ces mots : « Que l’amour soit sans hypocrisie, ayez en horreur le mal, tenez ferme au bien » (v. 9) et qu’elles s’achèvent par ce verset : « Ne sois pas surmonté par le mal, mais surmonte le mal par le bien » (v. 21).

Si l’offensé va trouver son frère, il manifeste d’une part de l’amour pour son frère et, d’autre part, il montre qu’il a en horreur le mal. Le Seigneur connaît les mobiles qui nous font agir. Ils peuvent ne pas être parfaitement louables. Nous pouvons avoir le désir que l’on parle de nous, que l’on dise : « Vous savez, dans telle ou telle circonstance, il a montré qu’il savait oublier les offenses. L’affaire doit être réglée entre les deux frères sans que personne ne sache comment. « Entre toi et lui seul » commande la Parole. Et que nos motifs soient saints et purs.

Matthieu 5. 23 et 24 – Ce passage nous montre que l’exercice de la sacrificature et la louange sont entravés par un désaccord survenu entre deux frères. Une pensée mal fondée suffit… Va aussitôt, réconcilie-toi. Il faut d’abord tout régler dans la lumière. Puis vient et offre la louange, le culte pourra être rendu. Nous souffrons souvent d’une faiblesse marquée dans le culte, la louange a de la peine à s’élever ; Dieu est frustré de la louange qui lui est due.

On peut être étonné de ce que la Parole parle si souvent de situations difficiles. C’est que Dieu nous connaît bien et que son cœur aussi est rempli d’amour pour nous ; aussi veut-Il nous aider. Il sait bien que ses enfants seraient surmontés par les difficultés s’Il ne leur venait en aide.

L’histoire de l’Église est assez triste pour que nous comprenions que si Dieu ne nous aidait pas, nous aurions tôt fait de sombrer. Mais il nous montre ses moyens à Lui pour s’occuper de la chair qui se manifeste chez les siens. Ces ressources, c’est l’activité et la puissance de l’amour.

Dieu n’a pas dit : Allez… j’interviendrai partout, je sais tout ce qui se passe dans les cœurs… Sans doute Il a la haute main et règle ainsi bien des cas. Mais Il ne veut pas garder les siens comme on garde un bijou dans un écrin. Il veut qu’ils aient une confiance acquise par l’expérience de ses soins constants, de sa grâce. Elle agit pour mater la chair en chacun de nous.

Croyez-vous d’ailleurs qu’une telle victoire soit remportée sans que le lien qui nous unit à Christ en soit affermi ? Le croyant ainsi béni dira dans son cœur : Le Seigneur m’a fait sortir de cette difficulté, sans Lui qu’aurais-je fait ? Je lui dois tout.

Un mot sur Galates 6 – Il s’est « laissé surprendre ». Il n’est pas habituellement dans cet état, mais il a manqué de vigilance. L’exhortation est adressée à des « frères spirituels », qui marchent par l’Esprit. Ici, c’est ce que l’on peut appeler la discipline paternelle, celle d’un père vis-à-vis de son enfant, empreinte, à la fois de douceur et de fermeté.

Il le redresse et le ramène à un état correspondant à la pensée de Dieu. Il faut cette douceur de la grâce. Et il est ajouté (comme dans Actes 20) : « Prenant garde à toi-même de peur que tu ne sois toi aussi tenté ». Il y a une supériorité… en grâce.

Dans le cas précédent, la difficulté pour le frère offensé était de surmonter ses sentiments naturels par l’amour. Le danger ici n’est pas de se venger mais d’être indifférent, de dire en somme : Dieu s’occupera de lui. Notre premier sentiment est toujours tel. Il est rare que l’on soit indifférent à l’égard de celui qui nous a fait du tort.

Le passage de Galates 6. 1 et 2 concerne une chute occasionnelle, ce n’est pas un état. Si quelqu’un tombe dans le fossé et que je sois encore sur la route, je dois chercher à l’en retirer en pensant que je puis y tomber à mon tour. Il faut porter les charges les uns des autres, s’occuper d’eux en grâce. Et si même un inconverti étale sous nos yeux dans la rue son intempérance, devrait-il y avoir dans nos cœurs autre chose que de la compassion ? Le Seigneur n’a ressenti partout qu’une compassion infinie, et si un cœur était endurci, il usait de la répréhension, mais toujours en amour.

Hébreux 12. 12 : « C’est pourquoi redressez les mains lassées et les genoux défaillants… ». C’est une exhortation individuelle. Marchons avec prière et supplication dans un sentier droit afin que ce qui est boiteux ne se dévoie pas, mais plutôt se guérisse. La contagion de l’exemple amènera ceux qui marchaient comme des boiteux à se redresser.

Ce n’est pas le service de Galates 6. Mais la marche fidèle d’un croyant amènera ceux qui sont en danger de s’écarter à revenir. Nous avons une influence sur ceux qui nous entourent, elle peut être bonne ou mauvaise.

Au sujet de Galates 6, il ne s’agit pas de brandir la menace d’une mise hors de communion. Un discernement spirituel est nécessaire pour apprécier la gravité des cas. Ici la défaillance est indiscutable mais elle peut être réglée par les ressources de l’amour. Mettre hors de communion montre que tous les moyens ont échoué.

Matthieu 18 n’est pas une discipline de l’assemblée à proprement parler : « Qu’il te soit… ». C’est une attitude de réserve à son égard.

Galates 6 ne présente pas non plus une discipline de l’assemblée. C’est un service accordé à des frères spirituels.

2 Thessaloniciens 3 présente la discipline de l’assemblée. L’ordre convient dans notre vie, dans nos maisons, dans l’assemblée. Ici quelqu’un ne reçoit pas les enseignements de la Parole. Il montre un esprit de désobéissance et de propre volonté. « Notez-le et n’ayez pas de commerce avec lui ; afin qu’il en ait de la honte ».

Cette discipline doit être respectée par tous. Il serait anormal de continuer à avoir avec lui des relations quelconques. Ce serait se croire plus sage que Dieu, que sa Parole. Cette discipline n’est pas souvent exercée. Peut-être amènerait-elle des frères et des sœurs à s’humilier. Sinon on en arrive à être obligé d’exclure le méchant.

L’avertissement réside plutôt dans l’attitude de l’assemblée que dans des paroles. Elle signifie : Vous êtes noté, nous ne pouvons plus avoir de relations avec vous si vous persistez dans ce chemin. Reste bien entendu le service de sacrificateur et les frères qui ont ce service peuvent aller voir le coupable pour discerner s’il y a de la repentance dans son cœur.

Dans un tel cas l’obéissance à la Parole nous commande de ne pas manger avec lui. Nous garderons aussi le silence sur les choses de Dieu comme sujet de joie en commun. Notre attitude doit toujours lui rappeler que quelque chose reste à régler. Que le Seigneur nous donne de la sagesse à cet égard aussi.

L’épître à Timothée nous parle aussi d’une forme de discipline : « Ceux qui pèchent, reprends les devant tous ». C’est une chose que l’on ne voit plus faire maintenant. Elle se propose d’éviter la propagation du mal. Le Dieu plein de grâce peut aussi employer des moyens sévères pour brider la chair en nous.

Il est très grave qu’une assemblée se laisse surmonter par le mal et n’exerce pas les disciplines appropriées à chaque cas, examiné à part avec le seul désir de plaire à Dieu. C’est pour elle une responsabilité capitale si elle n’y fait pas face. Des frères, des sœurs peuvent venir à la table du Seigneur et manger et boire indignement à la table du Saint et du Véritable (1 Cor. 11). Il y a d’abord une responsabilité, individuelle. « Que chacun s’éprouve soi-même… ». Il faut se laver les mains et les pieds à la cuve d’airain, se purifier des souillures contractées pendant la marche.

Si nous manquons à cet égard et que les soins pastoraux ou les disciplines ne soient pas exercés, alors Dieu intervient dans son juste gouvernement. Il peut ôter la lampe de son lieu. En tout cas chez les Corinthiens plusieurs étaient faibles ou malades, d’autres dormaient, c’est-à-dire qu’ils avaient été retirés. Tout ceci doit nous rendre extrêmement sérieux. Si nous voulons jouir de son amour et de sa grâce, nous ne le pourrons que sur un terrain de vérité et de sainteté. Que ceci parle à la conscience des assemblées.

On peut dire : Il se passe pourtant tant de choses graves dans la chrétienté et le Seigneur n’intervient pas… C’est vrai, mais là où la vérité est connue, le Seigneur exige une marche qui corresponde avec les lumières qu’Il donne. Il y a trop de lumière parmi les saints pour que le mal y soit toléré, malgré notre misère.

L’admission à la table du Seigneur est une chose sérieuse et pour ceux qui reçoivent et pour celui qui demande : celui-ci doit désirer venir là pour le Seigneur lui-même. C’est très simple, mais c’est aussi très sérieux, car nous sommes dans la présence du Seigneur.

Ce qui entraîne le déclin d’un rassemblement, ce ne sont pas seulement les manifestations extérieures de la chair, mais avant tout nos manquements intérieurs. Ils ont une répercussion autrement importante qu’un fait extérieur précis. L’assemblée ne s’occupe que des faits extérieurs. Nous n’avons pas à juger les secrets des cœurs : c’est la prérogative de Dieu de le faire. Si un frère est orgueilleux, égoïste, avare, ce n’est pas toujours facile à voir, mais Dieu le sait. Et il s’en occupe.

Il y a autre chose qui affaiblit le niveau de l’assemblée. C’est que l’assemblée de Dieu se trouve sur un terrain où la nature même n’a pas de place. Il y a sur le plan humain un ensemble de sentiments familiaux, d’affinités interfamiliales ou entre individus. La nature est reconnue, elle doit l’être absolument ; mais dans l’assemblée en tant que telle elle n’a aucune place.

Là il n’y a homme, ni femme, ni esclave, ni homme libre… Ce qui peut combattre la nature c’est l’action du Saint Esprit. Elle permet de laisser à sa place, très légitime ailleurs, la nature. C’est une chose nécessaire de redire cela. Combien de fois la nature n’a-t-elle pas la première place !

Il n’y a pas de réunion qui devrait être plus bienfaisante que la réunion du culte. Mais il faut de la fraîcheur d’affections pour le Père et pour le Fils et pour cela une sanctification préalable. Si nous ne goûtons pas ces joies divines et que la nature vienne prendre dans nos cœurs la place qui revient au Seigneur, l’assemblée sera vite tombée.

L’assemblée des saints n’est pas une confrérie humaine. Si nous nous contentons d’être nous-mêmes sans que nos pensées ne soient nourries par la grâce, nous aurons bientôt des difficultés qui nous surmonteront. Nous tournons bien vite les pages incisives de l’Écriture et nous oublions qu’elle dit : « Si quelqu’un aime père ou mère… plus que moi, il n’est pas digne de moi ». Et souvent alors nos difficultés sont multipliées.

Le Seigneur est le Maître souverain. Il rétablit l’ordre ou il peut retirer la lampe. Ne nous laissons pas aller… car le Seigneur, s’il a patience, interviendra enfin. Au lieu de sa bénédiction nous connaîtrons son juste gouvernement et nous apprendrons dans la souffrance ce qu’Il voulait nous apprendre en grâce et en amour.

D’après Études de La Rochelle 1963

TRADUCTION DE FEUILLETS (157)

« Pourquoi es-tu abattue, mon âme ? et pourquoi es-tu agitée au-dedans de moi ? Attends-toi à Dieu, car je le célébrerai encore : il est mon salut et mon Dieu » Psaume 43. 5.

LES CHOSES PEUVENT CHANGER

Tout le monde ne peut pas se remémorer une jeunesse insouciante. Nombreux sont ceux qui souffrent des expériences vécues alors. Leur passé non résolu pèse lourdement sur eux. À cela s’ajoute le présent qui, pour certains, est loin d’être heureux. Et lorsqu’on se tourne vers l’avenir, les perspectives ne sont guère réjouissantes.

Dieu ne veut pas que nos vies soient si sombres. Il nous aime et a une solution à nos problèmes. Son Fils est venu sur terre en tant qu’homme, Jésus-Christ, et a sacrifié sa vie sur la croix afin que nous puissions entrer dans une relation véritable avec Dieu. C’est pourquoi il nous invite : – Tournez-vous vers moi dans vos difficultés !

Lorsque nous confessons nos péchés à Dieu, il nous pardonne et nous conduit vers le Sauveur Jésus-Christ : – Croyez en celui qui est mort sur la croix pour vous ! Ainsi, le problème de notre culpabilité devant Dieu est résolu. Nous sommes désormais ses enfants bien-aimés.

Lorsque nous confions à Dieu notre Père toutes les épreuves que nous avons traversées, il nous aide à faire face au passé. Grâce à son pardon, nous pouvons aussi pardonner aux autres et nous libérer des souvenirs douloureux.

Dans le moment présent, nous prenons conscience que notre Père céleste pourvoit à nos besoins. La conscience de son amour nous aide à surmonter les difficultés. Notre avenir est entre ses mains. Il nous conduira assurément à notre port, la maison du Père.

D’après Näher zu Dir février 2026

« Pour moi, vivre, c’est Christ » Philippiens 1. 21.

CHRIST OU LE MONDE ?

Avez-vous récemment accepté le Seigneur Jésus comme votre Sauveur personnel ? Alors ce message vous est tout particulièrement destiné aujourd’hui.

Vous vous réjouissez du pardon de vos péchés et de la paix que vous avez maintenant avec Dieu. Vous savez que vous possédez la vie éternelle et que vous serez un jour au ciel. Votre vie sur la terre est maintenant entre les mains du Seigneur Jésus. Vous pouvez désormais vivre avec Lui et pour Lui.

C’est pourquoi le Seigneur vous appelle : « Donne-moi ton cœur ! » Mais le monde, qui aspire au succès sans Dieu et qui est sous l’emprise de Satan, cherche lui aussi à gagner votre cœur. Lequel des deux l’obtiendra ? À qui appartiennent votre affection et votre force vitale ?

La réponse dépend de la place que vous accordez au Seigneur Jésus dans votre cœur et dans votre vie. Il ne s’agit pas de faire de grandes promesses ou de prendre de grandes résolutions. Cela ne sert à rien.

Si votre cœur appartient inconditionnellement à votre Sauveur et Seigneur, vous vivrez pour Lui. Alors, la vie nouvelle que vous avez reçue de Dieu se déploiera par la puissance du Saint-Esprit. Elle s’épanouit dans la prière et se nourrit de la lecture de la Bible.

Si vous laissez le monde prendre place dans votre cœur, il influencera votre vie. Chaque jour passé à poursuivre les intérêts du monde est un jour perdu pour Jésus-Christ. N’oubliez pas que nul ne peut servir deux maîtres.

D’après Näher zu Dir février 2026

« Le Pharaon, roi d’Égypte, n’est qu’un bruit ; il a laissé passer le temps ! » Jérémie 46. 17.

DÉLAI NON RESPECTÉ

Nous connaissons tous les échéances : payer une facture, signaler des défauts après un emménagement, etc. Pour certaines échéances, nous recevons un premier, un deuxième et un dernier rappel. Mais ensuite, le délai est définitivement passé.

Dieu agit de la même manière. Il frappe à la porte de chaque personne au moins deux ou trois fois. Aujourd’hui, il frappe à votre porte. Il déploie des efforts considérables pour vous atteindre. Mais le verset d’aujourd’hui montre qu’avec Dieu, il arrive un moment où votre temps est écoulé. Le pharaon a laissé passer le temps que Dieu lui avait accordé pour se repentir. Il n’a pas voulu écouter la voix de Dieu et a obstinément refusé de Lui obéir. Alors le pharaon a été perdu, car le jugement annoncé s’est abattu sur lui.

Dieu est patient et attend. Il ne veut pas que nous soyons perdus. Mais il ne se plie pas à nos désirs ni à notre calendrier. C’est pourquoi nous ne devons pas ignorer ses avertissements. Son appel pressant est : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 4. 7). C’est le moment de se tourner vers Dieu, de confesser ses péchés et de croire en Jésus-Christ le Sauveur. Demain, il sera peut-être trop tard. Ne laissez pas passer le temps !

D’après Näher zu Dir février 2026

« Certainement, lui, a porté nos souffrances et s’est chargé de nos douleurs ; et nous, nous l’avons estimé battu, frappé de Dieu, et affligé ; mais il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris » Ésaïe 53. 4 et 5.

L’ATTENTE DU MESSIE

Mark, âgé de douze ans, a grandi à Odessa, au bord de la mer Noire. Un jour, il entra dans la chambre de sa grand-mère et la trouva avec sa Bible hébraïque sur les genoux. Des larmes brillaient dans ses yeux.

– Mark, dit-elle, j’aimerais te lire un passage de la Bible.

Puis elle commença à réciter le verset du jour, tiré du prophète Ésaïe. Ces versets parlent de notre Messie, le Rédempteur du peuple d’Israël, expliqua-t-elle. Un jour, il viendra et souffrira pour nos péchés. Mark, je l’attends depuis plus de quarante ans, mais il n’est pas encore venu. Mais tu es encore jeune. Peut-être vivras-tu assez longtemps pour Le voir. Souviens-toi de cela et attends-Le : Il viendra assurément accomplir tout ce qui a été prophétisé à son sujet.

Cette vieille femme est morte sans jamais avoir entendu parler de Jésus-Christ. Mais ceux qui connaissent non seulement l’Ancien, mais aussi le Nouveau Testament, sont bien plus heureux : nous savons que le Fils de Dieu, le Messie promis, est déjà venu. Il a souffert sur la croix et Il est mort pour les péchés de tous ceux qui croient en Lui.

Ce message heureux du Nouveau Testament s’adresse à chaque personne, quelles que soient ses origines. Il s’adresse tout particulièrement aux descendants du peuple de Dieu, Israël. Quiconque croit aux paroles du prophète Ésaïe recevra le salut par Jésus-Christ.

D’après die gute Saat février 2026

Jésus a dit : « Moi, la lumière, je suis venu dans le monde afin que quiconque croit en moi ne reste pas dans les ténèbres » Jean 12. 46.

UN POSTE À RESPONSABILITÉS

Long Island est une île de l’État de New York. En 1871, un phare y fut mis en service. Sur pilotis, il ressemble à un scarabée d’eau et est affectueusement surnommé le « phare-insecte ». En 1911, un bateau à vapeur s’y échoua dans un épais brouillard, le gardien du phare ayant fait preuve de négligence et n’ayant pas actionné la corne de brume à temps. Heureusement, tous les passagers s’en sortirent.

Les gardiens de phare – un métier aujourd’hui rare – devaient être consciencieux et attentifs, car des vies humaines dépendaient de leur travail. Ils devaient entretenir le phare, l’allumant au coucher du soleil et l’éteignant au lever du soleil. Les vitres et la lentille devaient être maintenues propres pour que la lumière porte le plus loin possible. Les mèches des lampes devaient être taillées pour éviter l’accumulation de suie ; de plus, les cornes de brume ou les cloches devaient être actionnées. La tour et les logements devaient également être entretenus et repeints régulièrement.

Jésus-Christ est venu « comme une lumière dans le monde ». Avec lui, rien n’était vague ni obscur. Il parlait de Dieu avec clarté et précision et plaçait les hommes dans sa lumière. Nul ne pouvait alors prétendre l’ignorer.

Ceux qui suivent Jésus sont « la lumière du monde » (Matthieu 5. 14). Les chrétiens sont donc appelés à rayonner, à témoigner clairement et intelligemment de Jésus par leur vie et leurs paroles. Une tâche importante, exigeante, mais non impossible. La question est donc : Rayonnez-vous, ou êtes-vous encore en train de recevoir la lumière ?

D’après die gute Saat février 2026

« Jésus, l’ayant regardé, dit : Tu es Simon, le fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas (ce qui se traduit par : Pierre) » Jean 1. 42

APPRENDRE À CONNAÎTRE JÉSUS CHRIST – IL TRANSFORME LES GENS

Jésus n’a pas encore débuté son ministère public en Israël et séjourne à Béthanie avec Jean-Baptiste, au bord du Jourdain. Il vient de rencontrer André de Galilée (Jean 1. 37 à 39). André, tellement enthousiaste et convaincu du message de Jésus, amène aussitôt son frère Simon à Jésus, en s’exclamant avec joie : Nous avons trouvé le Messie ! Jésus regarde Simon et, comme Il le fait pour chaque personne, Il peut lire dans son cœur. Il connaît le passé de Simon, voit son présent et connaît son avenir. Tout cela est exprimé dans cette brève phrase : « Tu es Simon ; tu seras appelé Pierre (en grec : Petros) ». En Jésus, ce simple charpentier, résident la connaissance et la sagesse de l’éternité. Il n’est pas étonnant qu’André et Simon se sentent attirés par le Fils de Dieu.

En suivant la biographie de Simon dans les évangiles, nous sommes émerveillés de voir comment un homme sincère mais impulsif et téméraire, qui se surestimait, est devenu une pierre – un homme qui s’enracine et s’appuie uniquement sur le roc : Jésus-Christ. Cette transformation ne peut s’expliquer par des influences humaines. Jésus, le Fils de Dieu, a fait de Pierre un homme nouveau ! Son exemple, son enseignement patient et ses corrections ont certainement joué un rôle important. Mais le moment décisif fut celui où Jésus a donné le Saint-Esprit à ses disciples. Le Saint-Esprit, cette Personne divine, continue jusqu’à aujourd’hui à transformer les hommes. Il libère les rachetés des fardeaux qui les accablaient. Il fait d’eux des enfants de Dieu !

Étoile splendide,

Brillant dans ma nuit,

Bâton qui me guide,

Pain qui me nourrit,

Fontaine d’eau vive,

Phare que je vois,

Là-bas, sur la rive :

Tout cela, c’est toi.

D’après die gute Saat février 2026

L’ASSEMBLÉE ICI-BAS

1 Timothée 3. 14 et 15.

Matthieu 18. 15 à 20.

1 Corinthiens 12.

Éphésiens 4. 1 à 16.

Nous avons à considérer la position et la mission de l’Assemblée, la marche pratique dans les assemblées, ainsi que les ressources dont elles disposent pour y faire face.

Il semble que 1 Timothée 3. 15 contienne la substance de ce sujet. Ce verset présente, d’une part, l’Assemblée du Dieu vivant comme colonne et soutien de la vérité et, d’autre part, attire l’attention sur la conduite qui convient dans la Maison de Dieu.

Nous n’aurons jamais une idée assez élevée de ce qu’est l’Assemblée pour le cœur de Dieu. L’Écriture nous dit que c’est « le mystère caché de tout temps en Dieu » (Éph. 3. 9). De toute éternité Dieu avait cette pensée dans son cœur.

L’Assemblée est vue comme liée à la gloire de son Fils. Nous trouvons ce mystère en figure dès le chapitre 2 de la Genèse quand Dieu déclare : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je lui ferai une aide qui lui corresponde ». Dieu a tout fait pour la gloire de son Fils et Il lui a donné une épouse : l’Assemblée ; Dieu la voyait déjà selon le propos de son cœur, unie à Christ, l’épouse, la femme de l’Agneau (Apoc. 21. 9).

La position de l’Assemblée est céleste. Elle est bâtie sur un Roc et ce Roc c’est Christ lui-même, le Fils du Dieu vivant (Mat. 16. 16). Elle est vue au-delà de la mort, comme fruit de l’œuvre de Christ. Sa formation commence le jour de la Pentecôte quand le Saint Esprit est descendu sur la terre comme Personne divine.

Son fondement est un Christ mort et ressuscité, « les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle » ; elle est vue déjà dans les lieux célestes en Christ. Quelle est la mission qui lui incombe ? Elle a ici-bas un témoignage à rendre, elle est appelée à présenter Dieu et Christ à ce monde, en tant qu’elle est la colonne et le soutien de la vérité.

L’Assemblée est l’Assemblée du Seigneur. Elle est appelée à manifester que Christ est au milieu d’elle et que l’Esprit est libre d’y agir. Elle doit garder le dépôt qui lui a été confié : la Parole. « Ta Parole est la Vérité ». Par son moyen, un témoignage à l’unité du Corps est rendu, la plénitude de Celui qui remplit tout en tous. Et, de fait, l’ensemble du Corps est appelé « le Christ » (1 Cor. 12. 12).

Ce témoignage ne peut être rendu que dans la séparation, car, de nos jours, la Maison de Dieu est devenue « la grande maison » de 2 Timothée 2. 20. Aussi la position qui convient maintenant pour ceux qui sont fidèles, c’est de rester séparés. « Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur » (2 Tim. 2. 19).

Nous devons être pénétrés de ce qu’est l’Assemblée si nous voulons réaliser d’une manière pratique une marche digne de l’appel dont nous avons été appelés (Éph. 4. 1).

D’après ce passage de Timothée, nous voyons donc l’Assemblée présentée comme une demeure, comme une habitation de Dieu par l’Esprit. Ce n’est pas le seul endroit où elle est vue ainsi. Nous pouvons rapprocher ce passage de celui, bien connu, de la fin du chapitre 2 des Éphésiens. Les saints y sont présentés comme une habitation, un temple qui croit pour l’avenir, préparé par l’Esprit (v. 21).

Mais aussi, ce qui est également précieux, le verset suivant déclare que les saints sont déjà présentement une habitation de Dieu par l’Esprit. Cette pensée, évidemment, est méconnue d’un grand nombre de croyants, dans ce monde. C’est ce qui distingue au point de vue responsabilité un frère instruit à ce sujet : Sa marche, sa conduite doivent être en rapport avec la connaissance qu’il possède.

Voilà la raison pour laquelle le besoin de ces lectures se fait sentir dans les assemblées où les jeunes prennent leur place dans le témoignage et ont besoin d’être instruits. Car les responsabilités sont toujours en rapport avec la position.

Pour le chrétien perdu dans une masse de professants, le point important est sa marche personnelle devant Dieu et devant les hommes. Mais il se pose peu de questions quant à la marche collective. Des chrétiens peuvent ainsi être isolés toute leur vie. Tandis qu’une assemblée locale connaît d’autres exercices liés au témoignage collectif des saints. C’est ce que nous allons considérer.

Il est très important de retenir que l’Assemblée est une habitation de Dieu. Dans une demeure celui qui donne le caractère, le ton, c’est le chef de la maison. Il est responsable de maintenir sa gloire, son honneur, son caractère dans la maison où il habite. Retenons donc cette pensée que dans l’Assemblée celui qui y habite qui en est le Chef absolu, c’est Dieu.

Ce n’est pas en nous comparant les uns aux autres que nous verrons juste, mais en rapportant toutes choses à Dieu. Ceci est tout à fait nécessaire car notre tendance à tous, surtout si nous sommes depuis longtemps dans l’Assemblée, c’est de considérer le rassemblement local comme un groupement de chrétiens se suffisant à lui-même. Au contraire, nos pensées et nos cœurs doivent toujours être tournés vers Dieu, sinon Dieu sera oublié et l’homme, lui, ne le sera pas.

Nous trouvons souvent dans la chrétienté des croyants vivants, pieux, fidèles, mais il est tout à fait frappant de voir qu’ils ignorent complètement la pensée de Dieu quant à l’Église. Si l’on s’entretient avec eux de l’Assemblée corps de Christ, habitation de Dieu, ils ne comprennent pas. Pour plusieurs de ces chrétiens l’Église c’est leur église.

L’apôtre dans le chapitre 3 des Éphésiens parle de mystère maintenant révélé. C’est un privilège que Dieu nous ait accordé d’être instruits sur cette révélation de ce qu’est l’Église. Mais nous pouvons bien nous humilier d’avoir été si infidèles pour en montrer la puissance en témoignage. Nous avons besoin d’être exercés, réveillés, pour faire connaître dans ce monde les caractères de l’Assemblée.

Deux faits essentiels caractérisent la vraie Église : la possession de la vie divine par chacun de ses membres et la présence du Saint Esprit habitant et agissant en elle.

Quels sont la nature et le caractère de Celui qui a fait l’Assemblée sa maison ? Si nous les connaissons nous aurons immédiatement une foule d’instructions à l’égard de la conduite qui convient pour ceux qui constituent cette maison. Or nous savons que Dieu est amour et qu’Il est lumière, qu’Il est saint, qu’Il est juste. L’Assemblée est la colonne et le soutien de la vérité et la vérité c’est Christ qui nous fait connaître le Père et sa pensée. La vérité à soutenir est doctrinale et aussi morale.

L’Assemblée ne doit pas supporter quelqu’un qui serait très sain au point de vue moral et qui serait infidèle au point de vue doctrinal. Et l’inverse est vrai également. Une assemblée locale qui ne tiendrait pas ces deux points se disqualifierait comme assemblée de Dieu. Individuellement d’ailleurs, le danger existe pour tout croyant d’abandonner ainsi d’une manière ou d’une autre toute la vérité.

Les serviteurs dont le Seigneur s’est servi pour remettre ces vérités en lumière ont été exercés pour être fidèles à tous points de vue. C’est cet équilibre qui a fait la qualité de leur témoignage, qui leur donne cette plénitude qui n’avait pas été retrouvée depuis le temps des apôtres, même au temps de la Réforme. À la Réforme, en effet, il y eut plus de puissance, mais un développement doctrinal moins profond et moins complet. À Philadelphie, le Seigneur se présente comme le Saint et le Véritable (Apoc. 3. 7).

1 Timothée 3. 15 : « Pour que tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu… ». Cette question de la marche pratique nous amène à considérer Éphésiens 4 : « Je vous exhorte… à marcher d’une manière digne de l’appel dont vous avez été appelés ». L’épître aux Éphésiens nous présente un appel individuel et un appel collectif.

Nous y trouvons des vérités doctrinales importantes dont la méconnaissance est une des causes principales de la ruine. Nous y voyons les conseils de Dieu quant à Christ, quant à l’homme. Ce que Dieu a pensé pour nous et ce qu’Il a voulu nous donner comme position : « Ainsi, il nous a élus en Lui avant la fondation du monde pour que nous soyons saints et irréprochables devant Lui en amour » (1. 4). Dès maintenant Dieu nous voit tels. Il nous a introduits dans une relation nouvelle : Il nous a adoptés pour Lui par Jésus Christ (v. 5), selon le bon plaisir de sa volonté.

Christ, lui, sera le centre. Le propos de Dieu c’est de « tout réunir en un dans le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui était sur la terre, en lui » (v. 10). « L’espérance de son appel » (v. 18). Ce que nous serons effectivement en gloire n’a pas encore été manifesté (1 Jean 3. 2), mais nous sommes déjà en Christ. Toutefois, le conseil de Dieu n’est pas encore achevé puisque nous ne sommes pas entrés dans la gloire avec Christ. C’est pourquoi il est ainsi parlé de l’espérance de son appel.

Il s’agit d’un appel collectif quand, à la fin de ce chapitre, l’Assemblée est présentée comme la plénitude de Celui qui remplit tout en tous (v. 23). Elle est le Corps de Christ que Dieu forme actuellement. Le chapitre 2 touche à l’unité de famille (v. 18 et 19) et à la fin nous avons la pensée d’un temple saint qui croît dans le Seigneur (v. 21).

Le chapitre 3 n’est qu’une parenthèse et le chapitre 4 fait suite directement au chapitre 2. La marche est aussitôt présentée, une marche digne de l’appel. Ces pensées doivent être présentes à nos cœurs et à nos esprits pour que nous les vivions pratiquement. Si nous voulons marcher ainsi, il faut boire à la source, et jouir de la communion de l’amour de Christ. Il y aura un accroissement du Corps selon la pensée de Dieu.

Le chapitre 3 se termine par une prière de l’apôtre : « Je fléchis les genoux devant le Père – dit-il – … afin que… Il vous donne d’être fortifiés en puissance par son Esprit quant à l’homme intérieur… que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour » (v. 14 à 18).

On peut noter le parallélisme entre le passage de la première épître à Timothée et les versets considérés à la fin du chapitre 2 et au début du chapitre 4 de l’épître aux Éphésiens. Les exhortations du commencement de ce chapitre 4 découlent de l’affirmation que Dieu habite dans l’Assemblée.

Donc les enseignements les plus pratiques ne sont pas une morale bien qu’ils en aient les effets. Les préceptes chrétiens visent à rapprocher pratiquement le chrétien de Dieu. Nous avons tendance à prendre les choses à la légère. Nous nous prévalons souvent d’appartenir à Dieu pour l’éternité, alors que bien des choses maintiennent dans la pratique une distance entre Dieu et notre cœur.

L’Assemblée, colonne et soutien de la vérité, n’est pas un noyau de personnes d’élite, mais l’ensemble de tous les croyants, sans distinction, du plus modeste en apparence au plus doué au point de vue spirituel. L’assemblée locale est l’expression de l’Assemblée tout entière.

Qu’il y ait des différences dans les services, dans les dons, les qualifications, l’Écriture elle-même nous le dit, mais l’Assemblée colonne et soutien de la vérité, c’est l’ensemble de tous les chrétiens. Voilà ce que Dieu dit devant tous les hommes, devant tous les anges, devant tout l’univers. Où donc Dieu a-t-il désiré manifester sa présence et faire briller sa gloire d’une manière infiniment supérieure à tout ce qui précédait ? Dans l’Assemblée.

Une poignée de frères sans instruction mais qui seraient fidèles à la Parole dans leur comportement, dans leur marche, seraient l’expression de l’Assemblée de Dieu, même s’il leur était impossible de toujours justifier doctrinalement ce qu’ils savent.

Il nous faut citer Éphésiens 3. 10 : « Afin que la sagesse si variée de Dieu soit maintenant donnée à connaître aux pouvoirs et aux autorités [qui sont] dans les lieux célestes, par le moyen de l’assemblée… ». Qui connaît Dieu ? Les vrais croyants, qui seuls possèdent la vie divine. Eux seuls sont ainsi qualifiés pour être des témoins.

Mais les chrétiens sont vus dans l’Écriture comme un ensemble. C’est l’Assemblée qui est la colonne et le soutien de la vérité ; un chrétien isolé ne l’est pas. L’Assemblée n’enseigne pas, ce sont les dons. Mais les dons ne sont pas colonne et soutien de la vérité. L’Assemblée est appelée à juger dans toutes les questions de bien et de mal. C’est la présence du Seigneur au milieu d’elle qui la qualifie pour cela, comme nous le voyons en Matthieu 18.

C’est pourquoi Satan trouve une poignée de chrétiens fidèles beaucoup plus gênante que des milliers de chrétiens dispersés. Aussi il s’acharne contre ces témoignages qui subsistent et qu’il voudrait détruire. Il nous faut insister sur ce point car l’on rencontre des âmes troublées en constatant que dans l’Assemblée il y a des luttes, des combats pour la vérité et qu’il en résulte des heurts, même des départs… Ces âmes ne comprennent pas pourquoi l’on défend tel ou tel point et certaines seraient tentées d’abandonner le rassemblement pour un milieu où l’on soulève moins de questions.

Mais ces luttes sont souvent le fruit du travail de l’Ennemi qui cherche à nous amener à abandonner telle ou telle vérité en assurant qu’elle est sans importance, secondaire pour tout dire. Si une brèche est ouverte, il s’empressera de l’élargir. Mais ne nous décourageons pas de ce que l’Ennemi travaille contre le témoignage Que la grâce de Dieu nous accorde assez de fidélité et de fermeté pour garder le dépôt qui nous a été confié.

II n’y a pas de conflits dans une masse de gens qui dorment tous. D’ailleurs, l’Écriture nous montre qu’il y avait déjà des questions qui se posaient dès le commencement, justement parce que c’était le témoignage (ex. Ananias et Sapphira). Dans le monde chrétien l’on peut très bien faire comme ceux-ci et recevoir de la louange au lieu d’un blâme. Le cas de Corinthe est également instructif pour nous.

Dieu ne supporte pas le mal en sa présence et nous n’avons pas à le supporter. Dans certains milieux chrétiens l’on prétend que seul le coupable est souillé et par suite qu’il est seul responsable, de sorte qu’on ne lui refuse même pas la cène. Un tel enseignement est Intolérable dans l’Assemblée de Dieu, Il est contraire à la sainteté de la présence de Dieu, et à la vérité de l’Écriture. L’assemblée qui accepte une telle erreur n’est plus colonne et soutien de la vérité.

Des difficultés peuvent survenir, soit parce que la vérité est battue en brèche, soit parce que nos rapports entre frères et sœurs ne sont pas ce qu’ils devraient être et que nous perdons de vue l’exhortation : « Marcher d’une manière digne de l’appel ». Si nous avions toujours présente à l’esprit la pensée que l’Assemblée est une habitation de Dieu par l’Esprit, que Dieu est amour et qu’Il est aussi lumière, nous serions plus exercés dans nos cœurs. Il nous faut garder aussi l’unité de l’Esprit, réaliser que nous sommes membre d’un seul corps. Nous proclamons cette vérité, mais il faut en tirer les conséquences pratiques.

Cette figure du corps humain est bien remarquable. Dans le corps humain il n’y a pas d’action qui ne soit dirigée par la tête et même s’il s’agit de ces mouvements que nous appelons instinctifs, il y a cependant une impulsion, si courte soit-elle, donnée par la tête. À plus forte raison pour un acte volontaire dit réfléchi. À tel point que si une personne avait le cerveau paralysé, elle devrait rester dans l’inaction, elle serait incapable d’accomplir un acte quelconque. Cette vérité devrait être réalisée dans l’Assemblée, tout ce qui s’y fait devrait être non le fruit de notre propre volonté, mais de celle du Seigneur, chef du corps, de l’Assemblée. C’est la tête qui commande, c’est elle qui dirige.

Dans le corps humain les membres s’entraident. Si la tête commande d’aller prendre tel ou tel objet, les yeux ne se refuseront pas à le regarder, les pieds à se diriger vers lui et les mains à le saisir. Cette entraide tout à fait normale dans le corps humain, manque souvent dans le corps de Christ.

Il y a des pensées de jalousie et une mésentente qui entravent la marche. Tout ceci est une source de faiblesse et une cause de trouble. D’ailleurs, un membre qui ne remplit pas sa fonction naturelle, qui reste inactif, s’atrophie et finit par se paralyser. Toute l’Assemblée en souffre.

Le Seigneur est l’exemple parfait. Il a été séparé de tout mal, constamment guidé par un amour profond pour son Père. Tel a été son témoignage vis-à-vis de ce monde et nous devons, nous aussi, rendre le même témoignage, conduits par l’amour pour le Père et pour la vérité de Dieu.

Ne perdons pas de vue que le corps de Christ est composé de tous les croyants. Si la fidélité au Seigneur nous pousse à nous séparer de beaucoup de croyants (en particulier pour la cène), n’ayons pas de mauvaises pensées à leur égard. Nous devrions nous montrer plus humbles que nous ne le faisons. Il n’y a pas de chrétiens au monde qui ne devraient être plus humbles que les frères. L’humilité n’est pas le fruit d’un effort accompli par un chrétien, sinon elle serait une chose gagnée par l’homme. L’humilité est une grâce comme toutes les vertus chrétiennes. Et c’est l’une des premières : « L’Éternel est dans le palais de sa sainteté… que toute la terre fasse silence devant lui » (Hab. 2. 20).

Qu’est-ce qui peut faire taire la chair ? La présence de Dieu. Dieu connaît ceux qui sont vraiment humbles. Il n’est pas trompé par l’apparence et il donne la grâce aux humbles. Que dans l’Assemblée l’un des traits essentiels soit une vraie humilité. « Qu’il y ait en vous cette pensée qui a été dans le Christ Jésus… ».

Dans les réunions, dans la présence de Dieu, les frères peuvent se retremper, se rafraîchir. Mais nous n’avons pas le droit d’être durs vis-à-vis des chrétiens qui vivent dans des milieux où existent des organisations officielles. À l’occasion nous avons à expliquer avec crainte pourquoi nous ne les suivons pas. Mais nous ne devons pas les juger – dans le mauvais sens du mot. Nous déplorons cet état de choses. Que de fois, au contraire, nous portons des jugements supérieurs, oubliant que sur bien des points la marche de ces personnes condamnerait facilement la nôtre.

Un de nos conducteurs disait : « Les frères ont le droit de penser à eux-mêmes avec un mépris silencieux ». Que chaque assemblée locale manifeste cette humilité qui est un trait de la vérité morale.

À la cène, la fidélité la plus élémentaire nous conduit, en rompant le pain, à penser à tous les saints avec amour, Nous avons à y penser ailleurs aussi. Peut-être nous faut-il élargir un peu nos pensées pour ne pas tomber dans un sectarisme toujours coupable. Tous les chrétiens dans une localité ont en principe le droit de participer à la cène. La difficulté vient, de ce que l’Écriture nous montre que dans le désordre actuel il faut exercer un contrôle sur la vie pratique et sur la marche.

Doit-on reconnaître un don dans l’église catholique, protestante ou baptiste ? Sans nul doute, mais nous ne devons pas confondre l’amour et la communion. C’est une distinction vraie même dans l’Assemblée, encore qu’il soit souhaitable de toujours pouvoir réaliser un haut degré de communion.

À plusieurs reprises, Paul se plaît à associer Démas aux salutations qu’il adresse aux assemblées (Col. 4. 14 ; Philémon 24). Et pourtant, il vient un moment où l’apôtre en parle avec une sécheresse surprenante et voulue. C’est que Démas était devenu mondain (2 Tim. 4. 10). La communion entre Paul et Démas avait baissé, mais un de nos conducteurs disait qu’il ne doutait pourtant pas que Paul aurait donné sa vie pour Démas.

Une assemblée locale n’est pas un rassemblement de chrétiens qui se réunit contre d’autres. Il ne faut pas que ce soit dans l’esprit des frères. Le Seigneur n’était contre personne et pourtant tout le monde était contre Lui. Il ne faut pas s’attendre à ce que le monde aime davantage Dieu manifesté au milieu des saints qu’il ne l’a aimé en Christ (Act. 28. 22).

Il est impossible qu’une assemblée de Dieu ne soit pas contredite et elle le sera dans la mesure où, justement, elle sera fidèle. L’amour vrai nous commande de nous séparer de tout mal. Qu’un corps de témoins fidèles soit taxé de sectarisme, c’est presque inévitable. Donc sur ce point il ne doit y avoir aucun trouble pour le fidèle, qui est ainsi jugé, mais il peut y avoir le cas où cette accusation serait justifiée.

Celui qui est vraiment sectaire détruit ainsi l’unité de l’Esprit. Et il doit être rejeté après un premier et un second avertissement (Tite 3. 10).

À la fin du livre des Juges, le désordre était général. Chacun faisait ce qui était bon à ses propres yeux (Jug. 21. 25). Lorsqu’il y a des tendances diverses, il faut s’attendre au Seigneur, il faut montrer de l’humilité. Quelqu’un peut paraître sectaire beaucoup plus par la manière que par le fond de ce qu’il défend.

On peut redire une fois de plus combien nous sommes privilégiés, entre beaucoup de croyants, d’avoir à notre disposition l’Écriture et aussi des dons écrits qui nous restent, bien que leurs auteurs soient maintenant auprès du Seigneur. Nous y trouverons souvent des réponses aux questions qui se posent dans l’Assemblée si nous sommes assez humbles pour les accepter.

Quant aux activités parmi les saints, un point de toute première importance c’est de réaliser de façon profonde la communion avec le Seigneur. Alors le service est fait avec intelligence et dans la grâce. Il faut aussi beaucoup de patience, c’est aussi l’une des premières vertus chrétiennes. Souvent nous laissons agir la chair et les bons effets du service sont compromis. La communion avec le Seigneur nous fera trouver celle de l’Assemblée, ce qui est désirable pour l’accomplissement de tout service.

On entend quelquefois dire que du moment que l’Assemblée ne sert pas elle-même, il n’est pas nécessaire de rechercher sa communion. C’est une grave erreur. S’il y a, d’une part, la responsabilité personnelle du serviteur devant le Seigneur, il y a, d’autre part, une dépendance mutuelle entre les membres du corps. La communion avec Dieu est avant tout précieuse, mais il est bon de rechercher aussi la communion des saints. Dans cette communion nous pourrons servir à la gloire du Seigneur et d’une façon utile au Maître.

C’est ce que nous présente Éphésiens 4. Nous y trouvons les dons d’évangéliste, de pasteur et de docteur. À cet égard, les frères, qui ont été instruits dans la vérité de l’Assemblée corps de Christ et qui de ce fait savent ce qu’est le témoignage, ont une responsabilité toute particulière. Il s’ensuit qu’ils ne peuvent pas s’associer pour l’évangélisation à des frères et sœurs attachés à telle ou telle dénomination chrétienne.

Ces derniers, tout en annonçant souvent l’Évangile avec simplicité et en pureté, ne vont pas au-delà du salut de l’âme. Notre service va plus loin. Nous devons amener une âme à comprendre qu’elle fait partie du corps de Christ. Si d’autres oublient le corps de Christ c’est souvent parce qu’ils ne connaissent pas cette vérité. Les frères ont la responsabilité de présenter un évangile complet.

Cette question du service et des dons est très importante. Nous avons lu deux passages à ce sujet ; il y en a deux autres : 1 Pierre 4 et Romains 12. Dans l’épitre aux Éphésiens les dons sont vus comme donnés par la Tête du corps, le Seigneur montrant qu’Il édifie son corps, qu’Il bâtit son Église.

Dans la première épître aux Corinthiens, chapitre 12, ce sont des manifestations spirituelles. Mais je voudrais simplement faire remarquer que dans les quatre passages c’est le Seigneur qui remplit les siens de dons. Et c’est une merveille pour les anges de voir que les hommes ont un service à accomplir de la part du Seigneur. Mais tout dépend du Seigneur et du Saint Esprit. C’est un principe de toute première importance. Il n’y a pas d’initiative humaine. La pensée initiale et la réalisation pratique viennent de Lui. Tout frère ou toute sœur exercé sur ce point apprend qu’en dehors de ce que le Seigneur fait, rien ne compte.

Il arrive aussi que nous péchions par paresse, par la recherche de nos aises, à cause aussi de nos occupations dans la vie présente. Donc il y a deux dangers extrêmes et nous devons avoir les yeux ouverts pour les discerner. D’abord la paresse : ne pas faire valoir le talent qui nous a été confié. Ensuite manquer de dépendance, vouloir agir, ne pas s’attendre au Seigneur, à Celui qui produit en nous le vouloir et le faire selon son bon plaisir (Phil. 2. 13). De Lui, et par Lui, et pour Lui, sont toutes choses (Rom. 11. 36). Tout est de Dieu, nous sommes des collaborateurs dans son travail, mais tout bien produit vient de Lui seul.

L’Assemblée est le domaine du Saint Esprit et la sphère où, seule, son action est légitime. Dieu veuille nous aider à ne pas gêner son action bénie. Nous pouvons remarquer que l’apôtre parle tout d’abord des pasteurs. Le Seigneur chérit son Assemblée. Il la nourrit et la sanctifie. Nous sommes des instruments dans sa main, il pourrait se passer de nous. Soyons des instruments dociles, soumis à sa volonté, gardés de toute volonté propre.

Les soins pastoraux manquent dans les rassemblements. Nous ne savons pas prendre assez de temps pour visiter et apporter la Parole du Seigneur donnant ainsi parfois la réponse – sans peut-être jamais le savoir ici-bas – à un besoin de l’âme. Il faut nous intéresser aux âmes des saints. Il fût dit à Archippe : « Prends garde au service que tu as reçu dans le Seigneur, afin que tu l’accomplisses » (Col. 4. 17).

Nous disons quelquefois : Je n’ai rien reçu, je suis incapable, je suis un pauvre croyant qui a plutôt besoin de recevoir que de donner. Nous sommes ainsi des membres inactifs en danger d’atrophie et de paralysie. Pourtant Dieu veut y apporter un remède, il nous appelle certainement à remplir un service. Par trois fois, au début et à la fin du chapitre 12 et au début du chapitre 14 de la première épître aux Corinthiens, nous trouvons la même exhortation « Désirez avec ardeur des dons spirituels ». Est-ce notre cas à chacun ? Demandons-le Lui par la prière.

L’apôtre Jacques dit dans son épître : « Vous avez d’ardents désirs… » (4. 2). Hélas ce sont ceux de la chair. Nous nous contentons trop souvent de profiter des dons que le Seigneur a suscités dans son Assemblée. Demandons avec persévérance à Dieu par la prière ses dons. Que ce ne soit pas pour nous enorgueillir d’une position particulière dans l’Assemblée, mais pour servir le Seigneur avec amour, zèle et crainte aussi, pour le bien des âmes et celui de l’Assemblée.

La sacrificature est-elle un don ? Tous les saints sont sacrificateurs. Le sacrificateur est un adorateur. C’est une position, un état, elle est supérieure à un don. Les évangélistes, les pasteurs, les docteurs, les prophètes sont des lévites. Les dons sont pour la terre, ils ne s’exerceront plus dans le ciel, tandis que l’activité sacerdotale, elle, n’aura pas de fin. Les fils d’Aaron occupaient une place supérieure à celle des autres fils de Lévi.

Le don de pasteur est le plus important et aussi le plus rare. Le docteur a affaire à des vérités. Il doit « découper droit » et veiller à exposer la vérité avec ordre, sans confusion. Le pasteur, lui, a affaire à des âmes, soit pour les nourrir, soit pour les soigner (bien que le docteur aussi nourrisse les âmes). Une âme a toujours besoin de Christ, qu’elle soit en bon état ou qu’elle soit malade. Le pasteur doit s’intéresser à son état, lui apporter une parole à propos. Les soins préventifs, les soins curatifs sont donnés par le pasteur. Alors une âme est consolée, fortifiée, sanctifiée et aussi soignée et guérie. Le don de pasteur peut s’exercer aussi en public par le ministère de la Parole.

Que faut-il entendre par « selon la mesure du don de Christ » ? (Éph. 4. 7). Dieu ne s’est pas contenté de nous arracher au bourbier où nous gisions et de nous justifier mais il nous a revêtus d’une livrée de serviteurs : ce sont les dons. Le Seigneur a arraché des mains de Satan ceux qui étaient ses esclaves et en a fait ses serviteurs. Telle est sa grâce.

Nous pouvons remarquer que ces dons sont vus comme des personnes. Il ne s’agit pas d’une qualification abstraite : le doctorat, le pastorat… mais du pasteur, du docteur. Une telle personne, nous devons la reconnaître là où elle est, même, au sein de la chrétienté. Il faut reconnaître Dieu dans les saints dans la mesure où il s’y manifeste. Nous sommes tenus de le faire. C’est très grave quand un chrétien ne reconnaît pas ce que Dieu a donné à un autre frère. C’est une grande cause de misère dans les assemblées. Aussi grave que de se moquer comme jadis d’un Élie ou d’un Élisée.

Un peu partout dans les Assemblées, on a besoin d’entendre ces avertissements. On ne s’improvise pas docteur. On ne s’arroge pas cet honneur. Rejeter un don c’est rejeter le Seigneur. Les frères qui le font ne mesurent pas la folie qui les emporte. C’est un devoir facile pour la foi et agréable de reconnaître les dons. Ne pas le faire est très grave et nous pensons en particulier aux frères qui ne reconnaissent pas les dons qui se manifestaient chez des personnes maintenant retirées de la scène et qui sont avec le Seigneur. C’est un bien sérieux égarement. En lisant de tels écrits nous pouvons y reconnaître l’effet des dons de docteur, de pasteur, de prophète. Dans la mesure où je suis droit devant Dieu, je ne puis manquer de faire ainsi.

Plusieurs ont reçu un don et ils reculent ensuite devant les conséquences. Car pour tout don et pour tout service, il ne suffit pas de l’avoir reçu, mais il faut du dévouement et de la consécration.

« Faites paître le troupeau de Dieu qui est avec vous, en veillant sur lui, non par contrainte, mais de plein gré » (1 Pier. 5. 2).

L’ancien est une charge locale, tandis qu’un don est pour tout le corps. Un pasteur à La Rochelle l’est aussi partout, et de même pour un docteur et un prophète.

Le conducteur est un don ; il est difficile qu’il soit tel sans être pasteur ou docteur. Il a un ascendant moral qui lui est donné de la part du Seigneur. Il a un discernement spirituel qui le rend propre à conduire selon l’autorité morale que Dieu lui a donnée. Hélas nous sommes dans des temps comparables à ceux des Juges. Trop souvent chacun prétend voir le chemin aussi clairement que quiconque sans tenir compte des autres.

Ézéchiel 34. 4 : « Vous n’avez pas fortifié les [brebis] faibles, et vous n’avez pas guéri celle qui était malade, et vous n’avez pas bandé celle qui était blessée, et vous n’avez pas ramené celle qui était égarée, et vous n’avez pas cherché celle qui était perdue ». Nous avons ici quelques-unes des activités du pasteur et en tout premier lieu le service du pasteur c’est de paître les brebis du troupeau et de les fortifier.

L’Ennemi nous affaiblit d’abord et il nous attaque ensuite. Si cette activité pastorale était exercée encore aujourd’hui, nous ne verrions pas tant de doctrines étrangères et tant d’activités qui n’ont pas la sanction de la Parole, tant il est vrai que la carence de pasteurs favorise l’apparence des maux les plus divers.

Le Seigneur lui-même est appelé le Bon Berger (Jean 10), le grand Pasteur des brebis (Héb. 13. 20), le souverain Pasteur (1 Pier. 5. 4).

Quelle chose sérieuse de prendre une initiative quelconque de son propre chef et d’y persévérer ! Si le témoignage des derniers jours commençait aujourd’hui, on pourrait comprendre qu’il y ait des hésitations. Mais nous avons derrière nous toute une pléiade de témoins, des générations de croyants qui ont marché et servi le Seigneur. Est-il convenable d’effacer tout ce témoignage d’un trait de plume ? Dieu lui-même nous donne la réponse : « Souvenez-vous de vos conducteurs… et, considérant l’issue de leur conduite, imitez leur foi » (Héb. 13. 7).

L’imitation machinale et routinière est aussi un autre danger. L’installation tranquille et paresseuse dans une situation de fait extérieure est un mal très grand. Marchons par la foi en tenant compte de tout ce que le Seigneur nous a donné. Le service des pasteurs, des docteurs et des prophètes a pour effet de tenir les saints en éveil. Car on peut continuer à faire en dormant ce que l’on faisait l’année précédente en étant réveillé. Voilà un constant danger. D’où la nécessité et l’utilité des différents services dans le Corps.

Mais les dons sont en vue du perfectionnement des saints pour les amener à comprendre leur position en Christ, à remplir une œuvre de service, à atteindre l’état d’homme fait. Ainsi le corps s’édifie. Aussi les dons seront-ils maintenus jusqu’à la fin. L’évangéliste s’avance et prêche l’Évangile. Une âme entend le message et le reçoit par la foi, la lumière se fait en elle. Elle est rachetée.

Maintenant c’est au tour du pasteur et du docteur de s’occuper d’elle, car elle a beaucoup à apprendre. Et tout d’abord elle doit être affranchie, c’est-à-dire réaliser que le croyant est mort et ressuscité avec Christ. Ce ne sont pas de vaines formules, mais une vérité admirable. C’est le chemin merveilleux de la liberté chrétienne : l’affranchissement. Le croyant enseigné apprendra également la vérité relative à l’Assemblée et au témoignage.

Les chrétiens ont besoin d’autre chose que d’entendre dire pendant toute une vie qu’ils sont sauvés. Il faut leur ouvrir les chemins de la liberté. Ce n’est pas l’effet d’un raisonnement mais le travail du Seigneur qui persuadera un croyant que le monde est mauvais. Il a des ouvriers, des pasteurs et des docteurs pour faire ce travail et Il s’en sert. Si ces soins pastoraux ne sont pas donnés, les âmes se referment sur elles-mêmes ou tombent dans le sommeil ou encore oublient la purification de leurs péchés d’autrefois. Elles seront sans force pour résister aux tentations, n’ayant pas de discernement spirituel. Bien plus, elles succomberont à la tentation et accepteront une offre qui leur est faite sans se rendre compte qu’elles font un faux-pas.

L’Adversaire ne se présente pas toujours avec des choses grossières que nous repousserions. Mais il se présente avec des ruses subtiles et il commence par des choses qui paraissent insignifiantes et pourtant ce sont des petits commencements qui peuvent finalement conduire à de grands désastres. Si nous avions d’abord fait des stages dans certaines sphères de la chrétienté, nous serions plus reconnaissants et plus désireux de connaître ce qu’il nous a donné par le moyen de ses serviteurs, au lieu de nous conduire comme des enfants gâtés.

Nous sentons mal nos besoins. « Vous n’avez pas, parce que vous ne demandez pas ; vous demandez, vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal » (Jac. 4. 2 et 3). Il y a beaucoup de problèmes dans la vie de tous les jours et l’assurance – dernier recours – d’aller un jour au ciel ne suffit pas pour les résoudre. Écoutons l’exhortation : « Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi » (Éph. 5. 14).

Dans les périodes de crise, quand un gouvernement est embarrassé pour assurer la subsistance d’une population, il fait appel à des succédanés. Nous ne trouvons rien de semblable dans l’Écriture. Le sain enseignement ne doit pas être remplacé par un mélange de notre cru. Nous devons manger des pains sans levain. Il nous faut le Christ de Dieu et nul autre. Nous savons où conduit toute production de l’esprit de l’homme telle que la théologie. Un vrai pasteur nous présentera la Parole, la Vérité, Christ enfin.

On pourrait poser la question : Si quelqu’un n’a pas l’un de ces dons, s’il n’est pas spécialement qualifié pour un tel service, pourra-t-il cependant travailler à l’édification du corps ? Il a certainement une responsabilité à cet égard ainsi que l’indique la fin du passage : « Gardant la vérité dans l’amour, nous croissions en tout jusqu’à lui qui est le chef, le Christ, de qui tout le corps, bien ajusté et lié ensemble par chaque jointure qui le soutient, produit, selon l’action de chaque partie dans sa mesure, la croissance de ce corps pour être lui-même édifié en amour » (Éph. 4. 15 et 16).

L’édification du corps par lui-même se produit sous l’impulsion donnée par la tête. La croissance ne doit pas être tellement en nombre mais plutôt en profondeur ; c’est ce que nous devons rechercher. Chacun doit prendre garde à l’activité qui est sienne pour aider à cette croissance harmonieuse.

On peut très bien, sans être ni pasteur ni docteur, accomplir toutes sortes de services pour le bien de tous. Une sœur peut faire une visite qui apportera un très grand bien à l’âme de la personne visitée. Un frère présentera de la doctrine au cours d’une réunion, comme l’eût fait un docteur, ou des exhortations pratiques qui auront elles aussi un effet heureux semblable à celui qu’aurait eu le don d’un pasteur.

Un jeune frère disait qu’un pasteur doit être un frère d’un certain âge et d’expérience, pour être à même de comprendre les exercices de conscience et de cœur de ses interlocuteurs. Cela n’a rien d’absolu et un jeune frère ou une jeune sœur peut être appelé à exercer un ministère pastoral auprès d’un autre jeune dont il sera mieux à même de comprendre les circonstances.

Dans le chapitre 4 des Éphésiens, nous avons les dons en Christ. Le chapitre 12 de la première aux Corinthiens nous présente les dons de l’Esprit qui fournit ce qui est nécessaire pour l’édification du corps en vue de l’utilité, distribuant à chacun en particulier comme il lui plaît (v. 7 et 12).

Quelle est la différence entre le docteur et le prophète ? Le prophète présente la Parole, conduit par Dieu qui connaît les besoins exacts de sorte que l’âme se trouve placée en contact avec Dieu. Ce frère peut se trouver dans la localité pour la première fois, mais l’effet de son ministère est tel que les âmes seront atteintes et portées à dire : Ce message était pour moi.

On comprend pourquoi il est dit : « Désirez avec ardeur les dons spirituels, mais surtout de prophétiser » (1 Cor. 14. 1). C’est la parole dite en son temps qui correspond aux besoins du moment. L’âme est saisie et se sentant manifestée devant Dieu, a les yeux ouverts sur ses voies. L’âme est placée devant Dieu. Elle peut emporter sa bénédiction sans que le serviteur ne sache jamais ni désire même le savoir. Les réunions sont irremplaçables, les négliger c’est risquer de perdre l’occasion de recevoir toutes sortes de bénédictions. Combien de chutes peuvent être expliquées par un relâchement, soit de ceux qui exercent le don, soit de ceux qui ont à écouter.

Le prophète agit en relation avec les circonstances du moment, révèle la pensée de Dieu et met ainsi l’âme en présence de Dieu lui-même. Il peut réveiller des âmes par son ministère. Les réunions que nous avons n’ont pas lieu entre nous, mais nous sommes devant Dieu et autour du Seigneur (Mat. 18). En conséquence, toutes les bénédictions sont possibles. Nous recevons tous ainsi dans le secret de nos cœurs un avertissement salutaire qui peut nous arrêter dans un chemin mauvais ou nous encourager.

Mais Dieu ne peut pas approuver un mauvais état chez ses enfants et Il s’en occupe. Outre la lecture personnelle de la Parole, les réunions sont, répétons-le, irremplaçables. Il n’y a pas de meilleure ressource pour répondre à tant de maux qui sont l’indice d’un état morbide des âmes.

À propos des réunions, il faut bien insister sur un point : À savoir qu’elles sont tout autre chose qu’une réunion de croyants pour la lecture de la Parole en commun. Il faut que tous réalisent ce privilège, cette faveur, d’être réunis autour du Seigneur. Gardons-nous de penser que nous n’avons qu’à nous attendre à un frère. L’apôtre insiste sur la diversité des dons de l’Esprit. Il faut qu’il y ait un exercice chez les frères pour que chacun apporte ce qui vient de l’Esprit.

Si nous nous attendions au Seigneur avec simplicité, nous éprouverions davantage ce qu’est une réunion d’assemblée. Nous serions rafraîchis, restaurés, nous goûterions l’onction de l’Esprit. Le but de Dieu dans les réunions – dans toutes les réunions – c’est de nous faire jouir de sa présence. « Ta présence est le bien suprême ». Le but de tout ministère est d’amener les saints dans cet état. Il y a une qualité de joie supérieure dans la réalisation collective de la présence de Dieu.

Les réunions d’administration ne sont pas exclues de ces considérations. Ce ne sont pas des réunions d’assemblées. Mais elles peuvent être très heureuses et se terminer par une note d’actions de grâces. Il faut y voir autre chose que des frères désireux de s’occuper de l’assemblée. Nous devons y réaliser la présence du Seigneur, ses directions. Tout ce qui concerne son Assemblée a de l’importance à ses yeux et dans ces réunions peuvent s’exercer certains dons de l’Esprit : la parole de sagesse, de connaissance, de foi.

Quelqu’un qui a un don doit le savoir. Il est le serviteur des autres, jamais leur maître. Personne n’est directeur. C’est au Seigneur que nous avons affaire. Beaucoup de chrétiens ont trouvé que c’était irréalisable. Alors, manquant de foi, ils ont créé des cadres. La foi, elle, s’attend à Dieu pour toutes les questions.

Ceux qui prient beaucoup sont les meilleurs serviteurs. Ce service caché ne risque pas au moins d’être encensé. C’est un service très important et que rien ne limite. Il peut être accompli toujours et partout. Le travail de l’apôtre Paul était peut-être dû à la prière persévérante d’une sœur ignorée. Actuellement on a plus de peine à accepter la faiblesse, à se contenter de n’être rien, de n’avoir rien, de tout devoir à Dieu continuellement.

Aussi fait-on appel aux valeurs humaines, aux puissances humaines. Or c’est le Saint Esprit qui convertira une âme ou qui l’édifiera et ce n’est pas tous les instruments que l’on peut employer. Dieu se sert de tout, Il peut le faire. Mais pour le chrétien dans l’Assemblée, mille questions se posent sans cesse ailleurs, qui pour lui sont réglées dans son cœur.

Les anciens sont là pour maintenir l’ordre moral, bien qu’ils puissent aussi enseigner. Il n’y a pas d’anciens officiels. Les dons viennent directement du Seigneur. Le mot même de don exclut l’idée de transmission. Dans la chrétienté, des surveillants ou des anciens on en a fait des évêques. En réalité, des frères peuvent avoir cette qualification d’anciens. « Si quelqu’un aspire à la charge de surveillant, il désire une œuvre bonne » (1 Tim. 3. 1).

L’ancien veille sur l’ordre extérieur, la tenue générale et individuelle. Il n’agit pas avec rigueur mais avec bonté, connaissant les faiblesses de la nature humaine sans en tolérer tous les excès. Le service d’un ancien peut être extrêmement utile. Son action est publique ou cachée. Il cherche à redresser avant qu’il n’y ait des manifestations publiques. C’est un ministère pastoral. Il avertit pour garder un bon ordre dans l’Assemblée. C’est une charge locale pour laquelle un ensemble de qualités sont requises (1 Tim. 3).

On ne doit pas confondre l’ancien ou le frère âgé. Il peut se faire que ce dernier ne soit pas qualifié moralement, tandis qu’un jeune frère peut l’être comme ce fût le cas pour Timothée : « Que personne ne méprise ta jeunesse ».

Ils sont conduits par la grâce de Dieu avec fidélité, avec amour, à agir souvent en tête à tête avec les saints. Ils ne se complaisent pas à étaler les défaillances, les misères, car l’amour couvre une multitude de péchés. Les anciens couvrent donc tout ce qui peut être couvert et découvrent quand Dieu Lui-même découvre.

L’amour ainsi peut se montrer en empêchant qu’un mal devienne public, tandis que la médisance n’est jamais selon Dieu. Elle n’est pas dans l’esprit chrétien qui, lui, considère avec larmes la chute d’un autre. Elle se complaît avec malignité et méchanceté à faire connaître les fautes des autres. Dieu ne se réjouit pas si l’un de ses enfants tombe, Il en est déshonoré.

Quand il y a des défaillances, tous doivent-ils être mis au courant, ou seulement quelques-uns ? Tout dépend de quoi il s’agit. Supposons qu’une personne ait péché et que personne ne l’ait su. Elle s’en ouvre à quelqu’un. Si la restauration est évidente, s’il n’y a pas eu de scandale public, ce péché peut être couvert. Des frères le gardant sur eux devant Dieu.

Mais s’il y a eu scandale public, c’est différent, les consciences ont été troublées. Des frères graves peuvent examiner la chose avec l’intéressé et devant Dieu. Mais il n’est pas du tout nécessaire que tout soit découvert devant l’Assemblée. Il y a toujours un danger à s’occuper du mal.

Porter les charges les uns des autres ne signifie aucunement porter les souillures. Il faut que l’assemblée porte ce qui est mauvais devant le Seigneur, mais c’est le coupable qui reste le coupable et qui parfois doit être exclu. « Ôtez le méchant du milieu de vous-mêmes » (1 Cor. 5. 13). Il ne faut pas identifier les frères innocents avec celui qui est coupable.

Dans l’assemblée il n’y a pas d’un côté des juges et de l’autre un coupable. Elle se purifie, donc elle n’était pas pure, mais il ne faut pas affaiblir le péché du coupable. Ce qui est important, c’est d’avoir du discernement pour voir la gravité et les conséquences de l’acte commis. Le sacrificateur attendait (Lév. 13). Il faut veiller à ne pas mettre au jour ce qui n’est pas d’une extrême gravité et, d’autre part, ne pas affaiblir la gravité du mal devant Dieu. Il faut avoir en horreur le mal. Demandons à Dieu d’entretenir ce sentiment en nous.

Quand on exclut quelqu’un, ce devrait être avec larmes, avec humiliation. On ne se débarrasse pas d’un frère. Un homme peut devenir un méchant de bien des manières. Ce n’est pas toujours facile à discerner.

L’assemblée à La Rochelle n’est pas qualifiée pour s’occuper d’un cas qui se présente à Bordeaux. Or une décision prise dans une assemblée locale engage toutes les assemblées. Supposez donc que l’on ait exclu une personne par passion. Quelle chose grave ! Il faut agir en sacrificateur, c’est-à-dire se tenir dans la présence de Dieu dans le sanctuaire. Sinon on risque d’être influencé par des passions, des partis pris, des coalitions d’intérêts ou de se montrer indifférent. Si la chair agit, tout mal est possible (Jac. 5. 19 et 20).

La décision de « lier » ou de « délier » est prise par l’assemblée et non par les frères. Il faut que les sœurs aient l’occasion, la possibilité d’exprimer leur pensée. Matthieu 18. 20 nous montre la gravité d’une décision dans l’assemblée, le saint tremblement qui convient.

Mais nous avons deux grandes ressources, la prière et la présence du Seigneur. La décision est prise au nom du Seigneur, c’est là ce qui en fait la valeur ; il faut donc que sa présence soit effectivement réalisée par l’Assemblée qui doit prendre une décision. Comme la décision de l’Assemblée engage toutes les assemblées du monde, il n’est pas interdit en principe de pouvoir consulter un frère d’une autre Assemblée, mais c’est localement que la décision est prise.

D’après le faux principe des assemblées indépendantes, on voudrait qu’un frère exclu à Bordeaux ne le soit pas à La Rochelle. Or un frère n’est pas membre d’une assemblée locale, mais de l’Assemblée universelle. Abandonner l’enseignement scripturaire, c’est ouvrir la porte au désordre. Si une assemblée locale ne juge pas le mal dans son sein, des frères d’autres assemblées peuvent intervenir auprès des frères de la localité.

Mais là où la question devient plus éprouvante, c’est de savoir comment une assemblée doit se comporter vis-à-vis d’une autre assemblée où un désordre s’est installé et s’est maintenu. Quelle ressource scripturaire aurons-nous dans ce cas si grave où une assemblée tolère ou soutient le mal ? Sur quel principe pouvons-nous et devons-nous agir à son égard ?

Sur le principe fondamental et immuable dont la force a été sentie par tous les croyants de toutes les dispensations : la séparation du mal. Pour obéir à cette injonction divine, point n’est besoin de l’attribution d’un pouvoir quelconque. La Parole tout entière est là pour éclairer la conscience du chrétien. C’est pourquoi puisqu’on n’excommunie pas une assemblée, on s’en sépare.

D’après Études à La Rochelle 1962

TRADUCTION DE FEUILLETS (156)

« La multitude de ceux qui avaient cru étaient un cœur et une âme » Actes 4. 32.

EXPRESSIONS IDIOMATIQUES TIRÉES DE LA BIBLE

Les personnes très proches, qui s’aiment et se comprennent parfaitement, sont souvent décrites comme « n’ayant qu’un seul cœur et qu’une seule âme ». Ces liens sont indéfectibles : chacun soutient l’autre et tous deux recherchent un équilibre harmonieux pour éviter les conflits. Cette expression, d’origine biblique, décrit un idéal dans nos relations interpersonnelles.

Aux débuts du christianisme, cependant, ce précepte était plus qu’un idéal : c’était une réalité. Les premiers chrétiens formèrent une communauté de personnes d’origines, de classes sociales et de personnalités diverses. Mais grâce à leur foi commune dans le Seigneur Jésus-Christ, ils surmontèrent ces différences. Ils veillaient à ce que rien ne trouble la paix de cette communauté. Leurs semblables pouvaient constater qu’ils suivaient le commandement de Jésus, qu’il avait proclamé peu avant sa mort : « À ceci tous sauront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13. 35).

La Bible montre qu’une seule personne peut surmonter les différences et unir les peuples malgré leur diversité : Jésus-Christ. Seule la foi en Lui crée une telle relation, qui commence ici-bas et se poursuit pour l’éternité. Les chrétiens ne sont jamais seuls : outre leur Seigneur au ciel, ils savent qu’ils sont unis à tous les vrais croyants sur terre. Et un jour, ils seront tous réunis à Jésus-Christ au ciel.

D’après die gute Saat février 2026

« Il n’y a pas de crainte dans l’amour, mais l’amour parfait chasse la crainte, car la crainte comporte du tourment ; et celui qui craint n’est pas accompli dans l’amour » 1 Jean 4. 18.

L’AMOUR PARFAIT DE CHRIST POUR SES RACHETÉS

L’amour parfait de Jésus chasse la crainte, parce que « comme il est, nous sommes aussi dans ce monde ». Cela, est-ce quand Il est mort ? Non. Quand Il était dans un état de perfection ? Non « dans ce monde ».

Je ne connais rien de plus doux pour le cœur que de voir cet Homme sans égal, qui a été dans la mort, mais qui est remonté au ciel à la droite de Dieu – et d’entendre l’apôtre dire : « comme il est, nous sommes aussi dans ce monde ». Comment est-Il ? Est-Il de l’autre côté de la mort ? Nous aussi. Est-Il là où aucun péché ne peut Le toucher ? Nous aussi. Fait-Il les délices du Père ? Nous aussi. Si vous croyez cela, vous aurez la vie, la paix, la puissance, et la hardiesse au jour du jugement. Je serai près de Lui en ce jour-là. Il est Celui qui a subi mon jugement sur la croix.

Le Seigneur nous conduit à nous reposer sur Lui, et ainsi à marcher dans la jouissance de son amour jusqu’à ce que nous Le voyions face à face.

D’après The Lord is near septembre 1988 (W.T.P. Wolston)

« Moïse étendit sa main vers les cieux, il y eut d’épaisses ténèbres dans tout le pays d’Égypte pendant trois jours… mais pour tous les fils d’Israël il y eut de la lumière dans leurs habitations » Exode 10. 22 et 23.

LA LUMIÈRE DU CROYANT

Croyant, avez-vous remarqué comme il fait sombre dans le monde incrédule autour de vous ? Jouissez-vous de la lumière dans votre habitation ? Avez-vous remarqué comment la lumière brille dans les ténèbres et les chasse ? Et cela est le message que nous avons entendu de Lui, et que nous vous annonçons, c’est que « Dieu est lumière, et il n’y a en Lui aucunes ténèbres » (1 Jean 1. 5)

Vous chagrinez-vous, dans votre habitation bien éclairée, pour ceux qui sont perdus dans les ténèbres ? Leur souhaitez-vous, en conséquence, de sortir des ténèbres et de venir dans la lumière ? Votre lumière, chez vous, est-elle claire ? L’avez-vous cachée sous le boisseau ? Ou bien, la lumière brille-t-elle, attirant ceux qui sont dans les ténèbres ? Jésus a appelé et a dit : « Moi, [la] lumière, je suis venu dans le monde afin que quiconque croit en moi ne reste pas dans les ténèbres » (Jean 12. 44 à 46).

D’où vient la lumière qui brille dans les habitations des enfants de Dieu ? Elle vient de l’Agneau qui est dans la maison. Alors que l’Égypte était dans les ténèbres et la mort (Ex. 12. 12 et 13), les fils d’Israël demeuraient dans la lumière et la vie, et cela, à cause du sang de l’agneau. Jean lie ces types quand il écrit que l’Agneau de Dieu est aussi la lumière qui brille dans les ténèbres (Jean 1. 36, 5). Si vous voulez avoir plus de lumière dans votre habitation, de la lumière pour tous ceux qui y habitent et entrent là, écoutez l’Agneau qui dit : « Moi, Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8. 12).

D’après The Lord is near septembre 1988 (L.J. Ondrejack)

« Parce que tu as gardé la parole de ma patience, moi aussi je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière, pour éprouver ceux qui habitent sur la terre. Je viens bientôt ; tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne » Apocalypse 3. 10 et 11.

LES CROYANTS ENLEVÉS

Cette promesse si précieuse à l’assemblée de Philadelphie est destinée à tous ceux qui sont sauvés par la pure grâce de Dieu. Ils ont gardé la parole de la patience de Christ, attendant avec confiance Celui qui a été rejeté par les hommes, pour prendre ensuite son trône de grande gloire et puissance – et en attendant, supportant patiemment les souffrances du temps présent. Ils n’auront pas à supporter les souffrances de la grande tribulation qui éclatera très bientôt sur le monde des impies, pour éprouver ceux qui ne sont que des habitants de la terre.

Les paroles du Seigneur Jésus sont très claires : « Moi aussi je te garderai de l’heure de l’épreuve ». Ce n’est pas qu’ils seront préservés à travers l’heure de l’épreuve, mais gardés en-dehors d’elle. Il n’est pas dit non plus qu’ils seront protégés au cours de l’heure de l’épreuve, mais gardés en-dehors d’elle. Il n’est pas dit non plus qu’ils seront gardés hors de l’épreuve, mais gardés hors de l’heure, du temps même de l’épreuve. Cela n’est possible que parce qu’ils seront complètement retirés de la terre. Telle est la vérité merveilleuse concernant la véritable Église de Dieu, l’Assemblée, qui est composée de tous les vrais croyants dans le Seigneur Jésus Christ.

Le chapitre 4 de 1 Thessaloniciens déclare, de manière merveilleuse, le moyen par lequel cela sera accompli. Le monde ne comprendra pas ce qui arrive ; mais le Seigneur Lui-même descendra du ciel. Non seulement les croyants vivants seront enlevés pour Le rencontrer en l’air, mais les morts en Christ seront ressuscités en premier, de sorte que, avec les vivants, ils seront enlevés, pour être emmenés loin au-dessus de tous les cieux, vers la maison du Père.

D’après The Lord is near septembre 1988 (L.M. Grant)

« Ma colombe, [qui te tiens] dans les fentes du rocher, dans les cachettes des lieux escarpés, montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix ; car ta voix est douce, et ton visage est agréable » Cantiques des cantiques 2. 14.

UN CŒUR ENGAGÉ DANS LA PRIÈRE

Dans le dernier chapitre de l’Apocalypse, après que le Seigneur ait parlé de Lui-même comme « Moi, Jésus » – Celui qui est le même, hier, aujourd’hui, et éternellement – il y a une réponse d’affection de la part de l’Église envers Lui : « Et l’Esprit et l’épouse disent : Viens ». Et ensuite Il ajoute : « Oui, je viens bientôt », et l’épouse répond : « Amen, viens, Seigneur Jésus ».

Nous devrions désirer prier intelligemment et être capables de nous adresser à notre Dieu et Père par l’Esprit, au nom de notre Seigneur Jésus Christ ou, dans les cas convenables, d’adresser des prières, des supplications, et des actions de grâce au Seigneur Jésus. Il faut faire la distinction, en nous adressant au Père ou au Fils, comme lorsque nous parlons du Père envoyant et donnant son Fils – et du Fils se donnant Lui-même pour nous.

Il serait bon, toutefois, d’ajouter un mot d’encouragement ici. Nous n’empêcherions pas le plus faible croyant de prier – et de prier sans crainte de commettre des erreurs. Le Père comprend le cœur, et même si nos expressions peuvent être erronées, Il aime entendre ces souffles créés par l’Esprit et s’adressant à Lui comme Père. Le Seigneur aussi connaît tout de notre fragilité et de notre manque de compréhension. Les expressions d’un cœur rempli ou d’un cœur chargé ont plus de sens que l’exactitude intellectuelle d’un cœur froid ou les prières de routine au sujet de difficultés en général. Puisse le Seigneur nous donner de la ferveur d’esprit dans nos prières et nos louanges, et aussi nous donner la mesure pour nous exprimer plus en accord avec sa Parole.

D’après The Lord is near septembre 1988

« J’ai vu la fin de toute perfection ; ton commandement est très étendu » Psaume 119. 96.

« Tu as commandé tes témoignages avec justice, et parfaite fidélité » Psaume 119. 138.

SONDER LA PAROLE DE DIEU, ET MARCHER SUIVANT SES ENSEIGNEMENTS

Le premier passage est la déclaration de celui qui a passé beaucoup de temps à lire la Parole de Dieu qu’il a entre les mains et qu’il garde dans son cœur. L’auteur de ce psaume 119 emploie le mot commandement pour exprimer l’idée de l’autorité de la Parole de Dieu dans son entier, plutôt que de la limiter aux dix commandements que Dieu avait écrits sur des tables de pierre et donnés à Moïse. Le psalmiste, dans ses méditations, prend conscience de sa propre incapacité à comprendre l’étendue de tout ce que Dieu a dit, car par lui-même, et même au travers de ses études, l’homme ne peut jamais sonder les profondeurs de Dieu. Le seul moyen, pour comprendre les choses de Dieu et en jouir, c’est par le ministère du Saint Esprit, qui nous ouvre la Parole et présente Christ à notre cœur. Ce ministère est vraiment extrêmement vaste, mais c’est celui dont le plus faible enfant de Dieu peut jouir.

Le psalmiste, dans le deuxième passage, est à nouveau impressionné et attiré quand il médite sur la Parole de Dieu. Cette fois-ci, c’est la fidélité extrême de Dieu qui est devant lui. La Parole de Dieu n’est pas le produit de la volonté, de l’imagination, de la tradition, ou d’une activité quelconque de l’esprit humain. Dieu, qui a inspiré de saints hommes à rapporter ses témoignages, a agi avec droiture et une entière fidélité en nous les donnant. Il veille sur sa Parole et l’accomplira. De plus, Il a envoyé le Saint Esprit pour nous donner la compréhension de la Parole. Cependant, ce ne sera que lorsque nous serons dans la maison du Père, au ciel, que nous la connaîtrons dans toute sa plénitude.

Mais maintenant, c’est le moment, pour nous, de marcher dans la lumière qu’Il nous a donnée dans sa Parole.

D’après The Lord is near septembre 1988 (E. Gast)

« Vous sanctifierez la cinquantième année, et vous publierez la liberté dans le pays à tous ses habitants : ce sera pour vous un jubilé » Lévitique 25. 10.

« La rédemption de la possession acquise » Éphésiens 1. 14.

COMMENT ÊTRE LIBÉRÉ DE L’ESCLAVAGE

La terre, aussi bien que l’humain, est l’objet de la rédemption. Elle a déjà été achetée, et au temps propre, elle sera rachetée ou délivrée. C’est le sujet des deux côtés de la rédemption connus dans l’Écriture – la rédemption par le prix et la rédemption par la puissance.

Mais bien que la terre soit rachetée, elle n’est pas encore délivrée. Elle est encore sous « la servitude de la corruption » (Rom. 8. 21). Elle a été rachetée à prix, mais pas encore par puissance. Nous attendons donc la « rédemption » de ce qui est déjà une « possession acquise ».

Cette vérité brillante et heureuse, ce mystère trouvé au milieu des mystères de Dieu, a eu ses garanties et ses ombres dans les Écritures de l’Ancien Testament.

L’ordre du Jubilé semble présenter cette double rédemption – par prix et par puissance. Lévitique 25 nous enseigne que, pendant toute la période des quarante années, la possession perdue d’un Israélite pouvait être achetée par les parents de l’héritier, et ainsi rachetée, ou rapportée, à la famille à laquelle, selon Dieu, elle avait appartenu. Mais si cela n’était pas fait, elle retournerait à l’héritier dans la cinquantième année – le Jubilé – sans être achetée.

Ces deux ordonnances paraissent mettre en vue ce mystère : la rédemption par l’argent ou la rédemption par la puissance. Le parent pouvait racheter avec de l’argent ; le Jubilé rachèterait sans argent, en vertu de son propre titre, en vertu de cette force, ou de cette autorité qui lui avait été donnée par Celui qui était le Dieu d’Israël et le Seigneur du pays. Nous-mêmes attendons encore d’être rachetés par la puissance. La venue du Seigneur accomplira cela.

D’après The Lord is near septembre 1988

« Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix » Jean 14. 27.

LA PAIX QUE JÉSUS NOUS DONNE

Quand nous comparons différents aspects de la paix, cela nous aide, de remarquer que, en Jean 14. 27, le Seigneur distingue entre la paix qui nous est laissée et celle qui nous est donnée.

« Je vous laisse la paix », c’est la paix avec Dieu quant à la question du péché. Il a fait la paix par le sang de sa croix, et en a annoncé la bonne nouvelle, quand Il s’est tenu au milieu des siens, le soir du jour de sa résurrection, et les a salués par ces paroles : « Paix vous soit ». Il leur a montré aussi ses mains et son côté, comme témoignage de l’œuvre qui avait été accomplie. Puis il leur a donné la mission d’aller vers les autres avec cette parole (Jean 20. 19 à 21). C’était le précieux legs de sa mort. Nous le recevons (Rom. 5. 1) lorsque nous croyons au témoignage de Dieu quant au fait qu’Il a été livré pour nos offenses et ressuscité pour notre justification. C’est la paix de la conscience. Il ne pouvait pas en parler comme étant la sienne : Il n’en avait jamais eu besoin – nous, oui, et Il l’a faite et nous l’a laissée.

Mais le Seigneur poursuit, pour parler d’un caractère plus profond de paix : « Je vous donne ma paix ». C’est la paix qu’Il avait toujours en marchant avec le Père, la paix calme et sans trouble dans laquelle Il se reposait dans l’amour du Père et se soumettait entièrement à tout ce que ses voies comportaient. Il la caractérise comme étant sa paix, et l’a donnée pour qu’elle soit absolument à nous. En fait, Il ne donne pas comme donne le monde ; mais Il donne comme nous amenant dans la possession de sa paix avec Lui-même. C’est ici appliqué à sa paix, mais le principe est vrai de tout ce qu’Il donne – comme sa joie (Jean 15. 11), sa gloire, et la place qu’Il a dans l’amour de son Père (Jean 17. 22 à 26).

D’après The Lord is near septembre 1988

« Malheur à moi ! je suis perdu ! car moi je suis un homme aux lèvres impures, et je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures ; car [aussi] mes yeux ont vu le roi, l’Éternel des armées » Ésaïe 6. 5.

N’ÊTRE RIEN POUR ÊTRE RENDU UTILE

Nous voyons ici l’Éternel préparant un vaisseau à honneur pour son usage. Ésaïe est d’abord amené dans cette sainte lumière dans laquelle il voit tout clairement, exactement comme cela est ; et aussitôt il s’écrie, terriblement alarmé : « Je suis perdu ». Dites-vous de lui : Quel homme malheureux ? Non, car c’est la voie dans laquelle sont conduits tous ceux que Dieu désire employer. La lumière qu’Il fait briller révèle toujours en nous tous, d’abord, que tout est un chaos, « désolation et vide » (Gen. 1. 2). Cependant cette lumière est toujours bonne. Il en était ainsi de Job, de Daniel, de Saul de Tarse, de Jean à Patmos, et d’Ésaïe. Saint ou pécheur, Juif ou Gentil, roi ou paysan, – tous humiliés au même niveau de la poussière dans cette lumière.

Ésaïe se rend compte immédiatement que ce sont ses lèvres qui sont impures, pas seulement celles de ses voisins. Il est fait de la même argile que les autres (Rom. 9. 21). Dans la lumière de cette gloire « il n’y a pas de différence, car tous ont péchés et n’atteignent pas » à cette gloire.

Il n’est pas meilleur qu’un autre, pas plus que le brigand sur le Calvaire ne l’était plus que son compagnon, car il était aussi un brigand. Le publicain dans le temple n’était pas meilleur que le pharisien. La seule différence, c’était que le publicain et le brigand repentant confessaient qu’il n’y avait pas de différence – les autres ne le faisaient pas. Mais malheureusement, après avoir été sauvés nous agissons souvent comme si nous étions meilleurs !

Mais confesser qu’il n’y a pas de différence fait une si grande différence quant à apporter une bénédiction au lieu d’une malédiction, un baiser au lieu d’un coup, le ciel au lieu de l’enfer. C’est, invariablement, à un degré plus ou moins grand, la condition nécessaire pour toute bénédiction ou utilité.

D’après The Lord is near septembre 1988

« Heureux les humbles en esprit, car c’est à eux qu’est le royaume des cieux » Matthieu 5. 3.

QU’EST-CE QU’ÊTRE HUMBLE D’ESPRIT ?

Qu’est-ce que cela signifie, d’être humble (litt : simple) en esprit ? A première vue, cette expression ne suggère rien de positif ou de béni, mais c’est seulement parce que nous ne la comprenons pas. Elle ne signifie pas de manquer d’esprit ou d’enthousiasme. Cela suggère plutôt la pensée de l’humilité de l’esprit. C’est une personne qui n’a pas de ressources spirituelles en elle-même et en est consciente. Quelques exemples de cela peuvent nous aider à mieux comprendre.

1. Le publicain qui s’écriait : « Ô Dieu, aie compassion de moi, un pécheur », reçut la bénédiction de retourner dans sa maison, justifié. Il fait un grand contraste avec le pharisien fier, dont les platitudes ne dépassaient pas ses lèvres. Les humbles en esprit ne sont pas des propre-justes.

2. Considérez la femme de Canaan, dont l’appel au secours à Jésus comme Fils de David semblait tomber dans des oreilles sourdes. Comment le Fils de David, envoyé aux brebis perdues de la maison d’Israël, pouvait-il aider une Cananéenne maudite ? Mais quand sa grande pauvreté d’esprit la poussa à prendre la place d’un chien, se satisfaisant des miettes qui tombent de la table du Maître, elle fut richement bénie et sa fille fut guérie. Les pauvres en esprit ne sont pas vantards.

3. Le Seigneur met dans la lumière, l’assemblée tiède de Laodicée par des paroles fortes : « Parce que tu dis : je suis riche, je me suis enrichi, je n’ai besoin de rien – et tu ne sais pas que toi tu es le malheureux et misérable, pauvre, aveugle, et nu » (Apoc. 3. 17). Les Laodicéens n’étaient pas humbles en esprit, et donc ils se vantaient par des paroles creuses. Les humbles en esprit ne se vantent pas.

Êtes-vous humble en esprit ?

D’après The Lord is near septembre 1988 (G.W. Steidl)

« Heureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés » Matthieu 5. 4.

LE DEUIL SELON LA PENSÉE DE DIEU

Dans un temps de pensées creuses et de gaieté superficielle, il y en a peu qui mènent deuil. Mais précisons les termes. Le deuil, ce n’est pas d’abord de la tristesse, ou une disposition morbide. Il semble que ce soit un chagrin spécial réservé à des situations critiques, et qu’il résulte en bénédiction et réconfort selon les paroles de notre Seigneur citées dans le passage ci-dessus.

Considérons quelques personnes, dans la Bible, qui ont mené deuil :

1. Le prophète Samuel a mené deuil sur le roi Saül quand il devint évident que Saül avait rejeté la parole de l’Éternel et ne pouvait plus régner sur Israël pour la gloire de Dieu. Bien que ce chagrin ait eu un effet profond sur Samuel, il eut le réconfort d’oindre un successeur à Saül dans la personne de David, un homme selon le cœur de Dieu, qui apporterait gloire et prospérité à Israël. Avec tous les fils d’Israël au cœur pur, il regardait vers un temps où l’Éternel serait la lumière éternelle de son peuple et où les jours de deuil prendraient fin (És. 60. 20).

2. Néhémie menait deuil pour le résidu de Juifs méprisés et affligés qui étaient revenus à Jérusalem depuis la captivité à Babylone. Mais ce deuil se changea en joie quand Dieu lui permit de demeurer au moins dix années au milieu de ce résidu. Il fut grandement béni par la bonne main de l’Éternel sur lui, et il amena le peuple à reconstruire la muraille de Jérusalem, à renouveler l’alliance et à restaurer la morale au milieu d’eux.

Dieu cherche encore ceux qui mènent deuil parmi son peuple, ceux qui partageront son chagrin sur leur éloignement de Lui ; et alors, sa bénédiction et son réconfort viendront quand Il agira en réponse à leurs prières, et les emploiera pour ramener son peuple à Lui-même.

D’après The Lord is near septembre 1988 (G.W. Steidl)

TOUT POUR CHRIST !

« Je considère toutes choses comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur, à cause de qui j’ai fait la perte de toutes et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ » Philippiens 3. 8.

Dans le chapitre 3 de l’épître aux Philippiens, l’apôtre Paul commence par énumérer les avantages dont il jouissait en tant que Juif, avant de connaître Jésus. Du point de vue moral et religieux, il se sentait comblé, ayant reçu les préceptes nécessaires – et, quant à l’observation de la Loi de Moïse, il ne pouvait rien se reprocher.

Un jour, alors qu’il était en route vers Damas, où il se rendait pour persécuter les chrétiens, Jésus lui apparut. C’était Celui qu’il rejetait de toutes ses forces. En cet instant, Paul comprit que Jésus était ressuscité et que, dans le ciel, Il resplendissait de majesté divine.

Cette rencontre extraordinaire le bouleversa et transforma radicalement sa vie, inversa son échelle de valeurs et son appréciation des choses : ce qu’il considérait jusque-là comme un gain et le remplissait d’orgueil et de zèle contre Jésus, était devenu « comme des ordures ». Tout ce qui avait été important à ses yeux disparut, et maintenant, dans sa vie, il ne restait que Christ. C’était justement pour Lui, pour ce Sauveur qui l’avait tant aimé, qu’il valait la peine de vivre !

À partir de ce jour mémorable, Paul courut « droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » (v. 14), et il ne se laissa plus jamais distraire par quoi que ce soit d’autre.

Amis lecteurs, Christ remplit-Il et possède-t-Il notre cœur, au point que nous accepterions de tout perdre (ou peut-être seulement quelque chose qui nous paraît indispensable) pour vivre chaque jour dans sa présence ?

D’après « Il buon seme » octobre 2025

CHRIST, UN MODÈLE À CONTEMPLER

« Or nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » 2 Corinthiens 3. 18.

Au chapitre 34 de l’Exode, Moïse vient de passer quarante jours avec Dieu sur le mont Sinaï. Lorsqu’il redescend et arrive au camp où se trouve le peuple, il est obligé de mettre un voile pour cacher son visage, car « la peau de son visage rayonnait parce qu’il avait parlé avec Lui » (voir Ex. 34. 28 à 35). À cette époque, seul Moïse pouvait demeurer dans la présence de Dieu ; c’est Lui qui l’avait appelé.

Depuis que l’œuvre de la croix a été accomplie, tous les croyants peuvent contempler le Seigneur Jésus par la foi, sans aucune crainte, dans l’attente de le voir bientôt au ciel.

Dieu, notre Sauveur, veut que nous Lui donnions la place centrale dans notre vie et que nous ressemblions chaque jour un peu plus à notre parfait modèle, son Fils Jésus Christ : « Car ceux qu’il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, pour qu’il soit premier-né parmi beaucoup de frères » (Rom. 8. 29).

Le verset de 2 Corinthiens 3. 18 parle d’une transformation. Que devons-nous faire pour être « transformés » ? Simplement contempler Jésus par la foi et diriger constamment nos pensées vers Lui, qui est dans la présence de Dieu. Nous apprendrons ainsi à le connaître et à l’aimer toujours plus, et cette contemplation imprimera, peut-être à notre insu, un caractère céleste à toute notre vie, comme cela est arrivé à Moïse. Quand nous serons enfin introduits dans la merveilleuse présence de Dieu, dans le ciel, nous serons parfaitement conformes à Christ.

« Nous savons que, quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est » (1 Jean 3. 2).

D’après « Il buon seme » octobre 2025

CHRIST, CENTRE ET SOUTIEN DE NOTRE FOI

« Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; et ce que je vis maintenant dans [la] chair, je le vis dans [la] foi, [la] foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » Galates 2. 20.

Au moment de sa conversion à Jésus Christ, le chrétien prend conscience qu’il est libéré de sa propre culpabilité et qu’il est rendu juste devant Dieu. Il a « la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ » (Rom. 5. 1). Jésus, en qui il a cru, devient le centre de sa nouvelle vie, son but et sa motivation.

L’apôtre Paul en est un exemple pour nous : Jésus Christ, son Sauveur et Seigneur, était tout ce qui comptait pour lui. Le reste n’avait plus d’importance. Il disait : « Pour moi, vivre, c’est Christ, et mourir, un gain » (Phil. 1. 21). Dans l’attente d’être au ciel avec Lui, Paul vivait sur la terre pour son Maître, cherchant à le servir, à l’honorer et à Lui plaire à tous points de vue.

Si Jésus Christ est au centre de la foi, Il devient aussi le soutien de la foi elle-même. Jésus dit : « Comme le Père [qui est] vivant m’a envoyé, et que moi, je vis à cause du Père, de même celui qui se nourrira de moi, celui-là aussi vivra à cause de moi » (Jean 6. 57). Se « nourrir » de Christ signifie Lui parler chaque jour par la prière, et l’écouter par la lecture de la Bible ; cela veut dire entrer dans ses pensées et assimiler ses paroles afin d’apprendre à le connaître plus intimement.

Jésus est la source de la vie et de la foi, et le canal qui nous relie à cette source : celui qui croit en Lui vit par la foi en Lui et dépend de Lui.

« Le juste vivra par sa foi » (Habakuk 2. 4).

D’après « Il buon seme » octobre 2025