
Lire : Matthieu 6. 19 à 25, 33 et 34.
Marc 4. 18 et 19.
Luc 1. 23 et 24.
2 Pierre 1. 3, 4, 8, 16, 11.
Dans la Parole de Dieu nous trouvons deux grands principes :
1) Celui de la grâce, de notre position, de nos privilèges. C’est le côté de Dieu.
2) Celui de la responsabilité, de notre état, de la marche sous le gouvernement divin. C’est le côté de l’homme.
Ces deux principes ont une égale importance. Ils ne se contredisent pas, ne se gênent pas. Ils suivent leur voies rigoureusement parallèles et s’équilibrent toujours, de sorte que si les privilèges augmentent, la responsabilité augmente aussi. Car « à celui qui a beaucoup reçu, il sera beaucoup redemandé ». Nous devons leur accorder une égale attention et maintenir l’équilibre.
Au Moyen Âge l’équilibre a été rompu au détriment du premier principe. Pour le rétablir, les Réformateurs ont appuyé sur le principe de la grâce. Mais l’équilibre s’est trouvé rompu à nouveau au détriment du deuxième principe. Il est maintenu en Éphésiens 2. 8 à 10 : « Car vous êtes sauvés par la grâce… (premier principe) pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance afin que nous marchions en elles » (deuxième principe).
En général nous préférons les expressions qui se rapportent au premier principe et nous évitons ou tordons celles qui se rapportent au deuxième en voulant les placer dans le cadre du premier. Les versets que nous venons de lire au début de cette méditation font partie du deuxième principe. C’est pourquoi ils ne plaisent guère : ils nous reprennent dans notre conscience. Laissons pénétrer leur pointe aiguë pour qu’ils nous soient utiles. Ils nous libéreront de ce qui nous empêche de nous épanouir. La pointe de l’épée s’aiguise sur la pierre de la responsabilité. Quand le Saint Esprit agit dans un homme, pécheur ou croyant, il lui fait sentir sa responsabilité. Plus un homme sent sa responsabilité et plus le Saint Esprit agit fort en lui.
Qu’est-ce que la responsabilité ? Elle dépend de la position donnée à l’homme. Ainsi Adam en Eden devait, obéir à Dieu comme étant dans la position de créature bénie. Il désobéit, devient coupable. Le pécheur a failli à sa responsabilité de créature et il ne peut pas payer sa dette. Mais attention, il la doit toujours ! Si je dois 100 000 francs et que je ne puisse les payer, je les dois quand même. Je dois et devrai toujours 100 000 francs tant que la dette n’est pas payée. L’impuissance ne supprime pas la responsabilité ni la culpabilité.
Jésus est venu. Il a payé la dette et a fait face à notre responsabilité de créature perdue. Quelle est maintenant la nouvelle responsabilité du pécheur ? Se repentir, reconnaître sa dette et accepter le Sauveur. C’est entendu : « Nul ne peut venir à moi… » dit Jésus en Jean 6. 44. Mais les pécheurs impénitents et rebelles sont coupables parce qu’ils ne veulent pas. « Vous ne voulez pas venir à Moi pour avoir la vie » (Jean 5. 40).
C’est vrai, nous ne pouvons rien par nous-mêmes. Notre impuissance est réelle. Mais ce qui constitue notre culpabilité c’est que nous ne voulons pas, soit venir à Jésus pour avoir la vie, soit demeurer en Lui pour porter des fruits.
Responsabilité du croyant
Elle dépend :
1) De la relation.
Une nouvelle relation appelle une nouvelle responsabilité. Une nouvelle position exige une nouvelle responsabilité. Maintenant nous avons la responsabilité d’enfants vis à vis d’un Père.
2) Des privilèges et des dons reçus.
Un exemple : un fils est capable de remplacer son père à la tête d’une entreprise. Celui-ci se retire des affaires, l’installe à sa place en lui laissant tout ce qui regarde l’entreprise. La responsabilité du fils consiste à faire valoir ce qu’il a reçu : il doit travailler, ne pas être oisif, ni stérile, pour éviter la faillite. C’est l’enseignement de 2 Pierre 1 : « Dieu nous a donné tout ce qui regarde la vie et la piété (v. 3).
Nous avons reçus des dons de grâce, des talents etc… Si nous ne sommes pas oisifs, ni stériles(v. 8), nous ne faillirons jamais (v. 10).
Par le moyen d’un puissant tracteur, un ouvrier doit retourner un champ à 80 cm de profondeur. Cet homme surpris dans l’inaction prolongée aurait-il pu dire : « Mais comment pouvez-vous exiger de moi, un être faible, un tel travail : retourner un grand champ à 80 cm de profondeur ? » Car la réponse aurait été : Tu as à ta disposition la puissance du tracteur. Tu sais t’en servir. Tu l’as montré en d’autres occasions. Mais aujourd’hui, tu ne veux pas, tu es un paresseux, tu n’as pas d’excuses ». Que de fois nous cherchons aussi à nous abriter sous la fausse excuse de notre faiblesse quand nous ne voulons pas faire la volonté de Dieu.
Que trouvons-nous en Romains 8. 13 ?
« Si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez ». – comme l’ouvrier qui par la puissance du tracteur, retournait la terre. Mais souvent nous ne voulons pas faire mourir les actions du corps parce que nous les aimons, parce que nous prenons soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises (Rom. 13. 14), parce que cela nous ferait mal. Opération pourtant libératrice. Le tranchant de l’épée, comme un scalpel, coupe les liens et nous débarrasse de ce qui nous empêche de porter du fruit… et de nous développer, et de nous nourrir, et de respirer, et de vivre !
« … vous vivrez » (Rom. 8. 13).
Notre responsabilité de croyant est entière et précise. Elle n’a rien de partiel, de vague et d’imaginaire. Nous ne la sentirons jamais assez et nous ne désirerons jamais trop plaire à Dieu.
Qui dit « désir », dit « objet », Qui dit « objet », dit :
Choix
Le choix est impliqué dans ce verset de Matthieu 6. 24 : « NUL NE PEUT SERVIR DEUX MAÎTRES ». On ne peut avoir deux objets, désirer deux choses contraires et opposées. Il faut choisir. Certains refusent le choix. Ils veulent les deux ! le ciel et la terre, le monde et le Père, la chair et l’Esprit, le Moi et Jésus. Mais refuser de choisir, c’est encore choisir et mal choisir. « Car celui qui aime le monde, se constitue ennemi de Dieu » : 1 Jean 2. 15 et Jacques 4. 4.
Le Choix dans la Parole de Dieu, est une vérité importante. D’abord le choix initial : « J’ai mis devant toi la vie et la mort. Choisis la vie, afin que tu vives » (Deut. 30. 19). Mais ce choix initial commande une suite de choix. Ainsi, avec un frère, avant de partir de La Rochelle, nous avons choisi notre destination : la Suisse. Mais ce choix initial ne suffisait pas ; à chaque carrefour nous devions le continuer. Trois routes s’offraient à nous. Il fallait en choisir une et par conséquent en laisser deux. On ne pouvait aller à la fois à gauche et à droite. Ainsi dans le voyage de la vie, chaque jour nous devons confirmer le choix initial en prenant « notre croix chaque jour » pour Le suivre, Lui, le vrai chemin (Luc 9. 23). Ainsi se trouve confirmé et « affermi » non seulement le choix initial, mais « votre appel et votre élection » (1 Pier. 1. 10).
Dans le verset 23 de Luc 9 nous avons le choix essentiel entre deux personnes : le Moi et Jésus. En Matthieu 6, le Moi se cache sous le Mammon. Nous servons. Jésus ou le Moi, le tyran le Moloch, le monstre jamais satisfait, exigeant toujours. Le Moi est servi sans murmure, avec un zèle infatigable. Que d’heures passées pour le satisfaire, que de travaux, de veilles, de fatigues ! Les richesses servent à satisfaire ses convoitises, à l’élever. Paul parle de ce dieu, le ventre : Philippiens 3. 19.
Le choix du verset 24 de Luc 9 découle de celui du verset 23 : « Choisis la vie afin que tu vives » (Deut. 30. 19). – « Saisis la vie éternelle » (1 Tim. 6. 19) .
« Quiconque voudra sauver sa vie », c’est-à-dire occuper ses années d’existence au service du Moi-Moloch, « la perdra ». En apparence il aura pleinement profité de son temps pour lui-même, faisant sa volonté, voulant sauver sa vie, être heureux sans Jésus.
« Quiconque perdra sa vie pour l’amour de moi, celui-là la sauvera ». En apparence, n’ayant pas employé son temps pour lui-même, il a perdu sa vie, son temps ; il n’en a pas profité. Mais, en réalité, la piété a les promesses de la vie présente et de celle qui est à venir (1 Tim. 1. 8). – « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Mat. 6. 33). « Il boira du torrent dans le chemin » (Ps. 110. 7). De distance en distance, Dieu avait placé pour Jésus des soulagements, des joies, des rencontres. Jésus ne cherchait rien en dehors du chemin. Il se confiait pleinement en son Dieu et s’attendait à Lui, dans une entière dépendance et une parfaite soumission.
Il le servait, Lui seul (Mat. 4. 10). Si nous sortons du chemin par impatience, non seulement nous ne trouvons pas ce que, nos cœurs désirent, mais encore nous manquerons la bénédiction, placée par Dieu dans le chemin qu’Il a tracé pour nous. Ainsi celui qui voudra sauver sa vie, la perdra, n’ayant ni les promesses de la vie présente, ni les promesses de celle qui est à-venir. Le chrétien mondain n’a ni les joies du monde, ni celles des hommes pieux.
En Marc 4. 19, le Seigneur montre que les soucis sont aussi mauvais que les convoitises, car ils ont même effet et même cause. Nous veillons contre les convoitises, nous leur faisons la chasse, mais nous chérissons nos soucis. Nous désapprouvons celui qui convoite, mais nous sympathisons avec celui qui est plein d’inquiétudes. Les soucis et les inquiétudes donnent un air triste et faussement sérieux, tandis que les convoitises nous paraissent convenir aux gens frivoles, légers, inconvertis. Les soucis et les convoitises ont le même effet : ils étouffent la Parole; ils ont la même cause : l’incrédulité. Nous pensons que Dieu nous exhorte à ne nous inquiéter de rien (Phil. 4) surtout parce qu’il veut notre bonheur, car nous ramenons tout à nous-mêmes. Mais nous sommes exhortés à fuir les inquiétudes parce qu’elles empêchent la production du fruit que Dieu recherche.
Le remède aux soucis, inquiétudes, convoitises ? Un abandon total à la volonté de Jésus, une satisfaction entière en Lui. Celui qui se réjouit toujours dans le Seigneur, n’a ni soucis, ni inquiétudes, ni convoitises. Il n’a qu’un objet, il a choisi ; son œil est simple parce qu’il ne voie qu’un objet ; son corps est plein de joie et de lumière (Mat. 6) il est délivré de la tyrannie du Moi-Moloch. Il livre ses membres à la justice, à Jésus, comme des instruments de justice et peut dire : « Je ne vis plus moi, mais Christ vit en moi » (Gal. 2. 20). Cette mort n’est pas la destruction de la barque, mais la mise de côté de la volonté propre remplacée par celle du Seigneur. Le gouvernail change de main. Désormais c’est Jésus qui dirige ta vie et non plus toi ; Il dirige la barque livrée à sa volonté pour sa gloire et pour ton bien. Tu deviens, dans sa main, un instrument docile et utile. Cet instrument, il l’entretient. Il n’est plus malmené par le Moloch exigeant. Ta personne, ton corps, ton âme, ta vie abandonnés à Jésus et perdus pour le Moi, se trouvent sauvés et délivrés de la tyrannie des mauvais traitements et des exigences du Moloch (voir Col. 2. 23). Plusieurs retrouvent même la santé du corps après celle de l’âme, étant délivrés des soucis, des inquiétudes et du surmenage. Jésus prendra soin de son instrument.
Oui, la piété a les promesses de la vie présente. Cherchez premièrement le royaume de Dieu et toutes ces choses vous seront données par-dessus.
CHOISIS la vie… afin que tu VIVES !