LA PRIÈRE EXAUCÉE (2)

William Sutherland avait treize ans lorsqu’il apprit à connaître Jésus comme son Sauveur. Depuis ce moment, il cherchait souvent à être seul et passait quelques minutes à prier le Seigneur.

À l’âge de quatorze ans, William entra au service d’une banque comme commissionnaire. Le banquier découvrit bientôt que le garçon était honnête et il lui confia de grandes sommes. Une de ses courses le conduisit à une ville industrielle éloignée de plusieurs lieues ; il devait y apporter la paye des ouvriers d’un moulin. Un après-midi, comme il se préparait à partir, sa mère lui dit :

– Mon fils, je crains beaucoup de te voir partir par ce chemin solitaire avec tant d’argent.

– Oh ! maman, ne t’inquiète donc pas, répondit le garçon gaîment, en montant son poney. Tu sais que j’ai fait ce chemin bien des fois sans que rien ne m’arrive.

– Oui, je le sais, répliqua la bonne femme, mais aujourd’hui j’ai peur. Je prierai pour toi jusqu’à l’heure où tu dois arriver à destination.

William lui dit au revoir et se mit en route, sifflant et chantant le long du chemin. Mais comme il s’approchait du chemin solitaire qui devait le conduire à travers la forêt, une peur étrange le saisit et il se demanda ce qu’il devait faire. Alors il entendit en lui-même une voix douce qui lui disait : « Prie ». Cette voix, il l’avait entendue bien des fois et il avait appris à lui obéir. Il s’avança jusqu’à la lisière du bois, descendit de son poney et se mit à genoux près d’un buisson.

« Seigneur Jésus », dit-il à haute voix, « je ne sais pas pourquoi, mais j’ai bien peur. Prends soin de moi pendant que je traverse ce lieu solitaire. Je sais que tu le feras, parce que tu as écrit dans ton livre : « Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point ».

Et pendant qu’il était agenouillé là, seul avec Dieu, tout sentiment de crainte disparut. Il se leva, remonta sur son poney et continua son chemin, le cœur léger. Il remit le rouleau d’argent au contre-maître du moulin et revint le lendemain sain et sauf à la maison.

Sa mère l’attendait à la porte.

– Mon fils, dit-elle, quelque chose de curieux m’est arrivé hier pendant que tu étais absent. J’étais très occupée, mais bientôt je cessai mon travail, me mis à genoux et priai pour toi. Je sentais que tu étais en danger et que je devais demander à Dieu de te garder. Je priai ainsi pour toi jusqu’à ce que je fusse certaine que tu étais tout à fait en sûreté.

Alors William lui raconta ce qui lui était arrivé et comment il pria Dieu de le garder lorsqu’il entrait dans le bois solitaire. Dans la suite ils s’entretinrent encore souvent de cette expérience étrange, et ils se demandaient ce que cela pouvait bien signifier.

William continua à travailler dans la banque pendant quelques temps, puis il quitta l’établissement pour entrer au collège et après avoir bien passé ses examens, il se consacra au service du Seigneur.

Un jour William reçut une lettre venant d’une ville éloignée. « Je suis très malade », lui écrivait quelqu’un, « et je ne guérirai pas. Je dois vous voir et vous dire quelque chose de très important avant de mourir. Je vous prie de venir aussi vite que possible ». La lettre était signée « un ami ».

William était très embarrassé, car il ne connaissait personne dans la ville en question. Mais il fit ce qui était son habitude depuis bien des années, il présenta la chose à Dieu par la prière. Une voix sembla lui dire avec insistance : Va, quelqu’un est en détresse et comme serviteur de Dieu tu dois aider chaque âme qui demande du secours. « Mais après qui demanderai-je en arrivant ? » Et la voix répondit : Va seulement ; Dieu prendra soin du reste.

Alors William prit un train pour la ville éloignée. Quand il descendit de wagon, un monsieur vint directement vers lui et demanda :

– Êtes-vous M. Sutherland ?

– Oui, je le suis, répondit William.

– On m’a demandé de vous rencontrer à la station, dit l’étranger. Je suis allé à chaque train pendant la semaine passée. Ayez la bonté de me suivre.

Bientôt après il fit entrer William dans une chambre où se trouvait un malade. Celui-ci tendit la main et dit d’une voix faible.

– Êtes-vous M. Sutherland ?

– Oui, dit William, où donc nous sommes-nous rencontrés, et que puis-je faire pour vous ?

– Vous ne m’avez jamais vu, répondit le malade, et moi, je ne vous ai vu qu’une fois il y a bien des années. On vous avait confié une grande somme d’argent que vous deviez remettre à un certain moulin. En un endroit solitaire de la route, vous êtes descendu de votre poney et vous avez prié Dieu de vous protéger. Vous en souvenez-vous ? J’entendis votre prière. J’étais caché dans les buissons, mon fusil dirigé contre votre cœur. Je voulais vous tuer, prendre votre argent et votre cheval et m’en aller ainsi. Mais pendant que vous priiez, mes yeux s’obscurcirent, je ne savais ce que cela signifiait, mais je crus que Dieu envoyait cela pour vous protéger. J’étais assis dans les broussailles, trop faible pour déclencher le fusil et je vous vis vaguement vous en aller, entièrement incapable de vous faire du mal. Ce souvenir m’a continuellement hanté depuis lors ; je ne puis pas rencontrer Dieu sans vous avoir tout avoué. Pouvez-vous me pardonner ?

William, prenant la main du mourant dans la sienne, lui parla de Christ le Sauveur et à la fin la lumière se fit dans cette âme et le pauvre homme apprit que ses péchés étaient pardonnés et qu’il était sauvé. Peu après il s’en alla auprès de son Sauveur et M. Sutherland rentra chez lui le cœur débordant de reconnaissance envers Dieu.

D’après La Bonne Nouvelle 1941