DEUX MAÎTRES

Trois jeunes chrétiens ont à cœur de jouer des cantiques à la trompette. Tu trouveras de temps en temps des cantiques bien connus…

Deux maîtres

(N° 26 des Venez A Moi)

Refrain

On ne peut servir deux maîtres
Sans que l’un d’eux soit trompé.
Un jour, il faut bien l’admettre,
Un jour, il faut décider.

1. Décide qui tu veux suivre,
A qui tu veux t’attacher,
Celui pour qui tu veux vivre,
A qui tu veux tout donner.

2. Le monde offre ses richesses,
Mais Jésus t’offre sa paix :
Oh ! Donne-lui ta jeunesse,
C’est lui la vraie liberté.

 

JOE-LE-CURIEUX

 JOE-LE-CURIEUX

1. Une bonne surprise

Joe-le-curieux était bien le fils de son père ! Il n’y a rien d’étrange. C’est le sort de la plupart des jeunes garçons, mais cela lui avait valu son surnom. Car Joe n’était pas seulement le portrait de son père lorsque j’avais connu celui-ci au même âge, mais comme lui, plus que lui-même, il avait besoin de savoir un tas de choses, et de poser une foule de questions. Il était plein de curiosité pour tout. Il est possible que le lieu de sa naissance y ait contribué : Joe était né dans une hutte de terre au milieu d’un village indigène, loin de toute civilisation, au cœur même de l’Afrique noire. C’est là qu’il avait passé les huit premières années de sa vie, ne voyant guère d’autres blancs que son père et sa mère, tous deux missionnaires, et de temps à autre un voyageur occasionnel. Des garçons et des fillettes noirs étaient ses seuls camarades de jeux et il parlait leur langage presque aussi couramment que sa langue maternelle.
Mais au bout d’un certain temps il fallut l’envoyer pour son éducation en Angleterre et, un beau jour, je vis arriver chez moi un petit bout d’homme brun, maigre, agile comme un singe, sans aucune timidité, et plein de curiosité pour tout ce qu’il voyait.
C’est pour cela que nous l’avons appelé : « Joe-le-curieux » et le nom lui resta.
Son père est cet intrépide jeune pionnier missionnaire que j’ai connu jadis si intimement sous le nom de Jack Wantoknow (en anglais « je voudrais savoir ») et dont j’ai suivi si affectueusement la carrière dès son enfance. Maintenant il confiait à mes soins son fils unique et ainsi, durant six années, Joe Wantoknow fut un membre de notre cercle de famille, un rappel constant, parfois bien amusant du Jack Wantoknow de jadis, et posant inlassablement des questions.
Au début de son séjour, ce fut un vrai déluge de questions et nous en étions harcelés nuit et jour. Par exemple : « D’où vient l’eau du bain, et où va-t-elle quand on le vide ? » « Qui allume la lumière électrique et pourquoi ne peut-on pas la souffler comme les lampes qu’il y avait à la maison ? » « Pourquoi la neige tombe-t-elle du ciel et qu’est-ce qui la rend si froide ? Et où s’en va-t-elle ? »
Un jour je trouvai mon appareil de radio en morceaux ; Joe-le-curieux l’avait cassé pour voir l’homme qui parlait à l’intérieur !
Toutefois il s’habitua vite à ses nouvelles conditions d’existence et, comme il avait l’intelligence vive, il n’était pas nécessaire de lui donner deux fois la même explication. Il était très populaire à l’école, car ses camarades n’étaient jamais lassés d’écouter ses histoires de sorciers, de serpents, de crocodiles, de lions et de léopards. Joe revenait tous les soirs à la maison débordant de questions nouvelles, et parfois mon savoir et mon ingéniosité étaient soumis à une rude épreuve pour que mes réponses puissent le satisfaire.
Deux ou trois ans s’écoulèrent ainsi.
– Oncle Salomon, me dit-il un soir, comme nous étions assis devant le feu, après avoir pris le thé, l’Angleterre est-elle un pays chrétien ?
Il faut dire que le père de Joe, alors qu’il était un gamin, m’avait baptisé : « Salomon » parce que, comme la reine de Sheba, il me posait des questions difficiles à résoudre ; Joe avait continué à m’appeler ainsi et avait ajouté l’« oncle » par-dessus le marché.
– Pourquoi me demandes-tu ça ? Dis-je en mettant mon journal de côté.
– Oh ! pour savoir, répondit-il.
– Eh bien, qu’en dis-tu toi-même ? Fis-je pour gagner du temps.
– Dans tous les cas les garçons à l’école ne sont pas des chrétiens !
– Que sont-ils donc, Joe ? Des païens ?
– Enfin, bien sûr, ils sont plus ou moins civilisés, tu comprends ; ils ont des vêtements convenables, ils se tiennent bien à table et tout le reste, et ils n’adorent pas des fétiches comme les païens en Afrique, mais…
– Donc ils doivent être des chrétiens, n’est-ce pas ? Dis-je avec un sourire.
– Mais oncle Salomon, ils n’adorent rien du tout ! Ils se moquent de la prière qu’on fait en classe, ils prétendent qu’ils ne vont jamais à l’église à moins qu’on ne les y oblige de temps à autre. Quelques-uns disent qu’ils ne croient pas à la religion et que personne n’y croit plus.
– Et que leur réponds-tu ?
– Eh bien ! Tu sais que je suis moniteur cette année dans la dernière classe, alors cela me donne le droit de leur dire quelque chose ! Nous avons eu une fameuse discussion aujourd’hui et je leur ai dit qu’ils ne valaient pas mieux que les Africains, à part leur couleur.
– Par exemple, mon garçon, ça c’était un coup droit.
– Oui, mais ce qui m’intrigue, oncle Salomon, si c’est la même chose partout, comment l’Angleterre est-elle un pays chrétien ?
– Je ne suis pas certain du tout qu’elle le soit, répondis-je gravement. Et au fait, je ne vois pas trop comment il peut y avoir un pays chrétien. Je peux comprendre ce qu’est un garçon chrétien, un homme chrétien, une église chrétienne, mais non pas une nation chrétienne dans le vrai sens de ce mot. Car aucune nation n’est composée que de chrétiens ni, je le crains bien fort, ne le sera jamais.
– Mais alors il faudrait qu’il y ait des missionnaires pour l’Angleterre tout comme pour l’Afrique ! dit Joe.
– Certainement, et tout de suite même, répondis-je. Pourquoi ne commencerais-tu pas avec les païens de ton école, mon ami ?
Joe prit une mine assez embarrassée et au bout d’un moment dit :
– J’aimerais bien, mais je ne saurais pas que leur dire, ils me trouveraient un drôle de garçon si j’essayais !
– D’ailleurs, ajoutais-je, il n’y a pas beaucoup de temps pour essayer, car tu vas partir au milieu du semestre.
Joe sauta en l’air :
– Partir, oncle Salomon ?
– Eh bien ! Après l’été tu entreras dans une autre école, et d’ici là il se passera quelque chose.
– Que va-t-il arriver, oncle Salomon ? dit Joe au comble de l’excitation.
– Nous allons partir ensemble pour aller faire une visite à ton père dans les solitudes de l’Afrique centrale, dis-je tranquillement.
– Oh ! Hourrah ! cria Joe.

2. Sur l’Océan

A l’école, Joe devint une sorte de héros. Le jour qui suivit l’annonce de la grande nouvelle, il informa ses camarades d’un air important qu’il allait partir en voyage dans une ou deux semaines.
– Où vas-tu donc ? lui demandèrent-ils.
– Oh ! En Afrique, avec mon oncle !
– Tu vas chasser du gros gibier, dit l’un.
– Nous enverrons quelques coups de feu, bien sûr, car, lorsqu’on voyage dans la brousse, il faut être prêt à tirer ; on ne sait jamais, dans ces hautes herbes, ce qui va vous sauter dessus, des lions, des léopards ou des serpents et toutes sortes de bêtes, dit Joe, tandis que les plus petits garçons ouvraient de grands yeux.
Les questions pleuvaient.
– Ton fusil est-il prêt ? Monteras-tu sur un chameau ? Ou sur un éléphant ? Est-ce que tu camperas dehors près d’un feu pour éloigner les bêtes féroces ?

– Envoie-nous des timbres de là-bas, dis, Joe !
– Tu as rudement de la chance ! – était le commentaire général et Joe en était bien persuadé.
Le soir, il restait éveillé, pensant à toutes les aventures à venir, et lorsqu’il s’endormit, c’était pour en rêver encore. Joe était vraiment un heureux garçon, car ce n’est pas chaque gamin de quatorze ans qui a une pareille occasion de parcourir le monde et j’étais moi-même enchanté de l’avoir pour compagnon de voyage ; car il était grand pour son âge, débrouillard, observateur, s’intéressant à tout et, comme je l’ai déjà dit, plein de curiosité. Je pensais bien que je ne m’ennuierais pas en sa compagnie.
A la fin, le jour si désiré arriva. Nos malles étaient bouclées, nos places retenues, nos passeports en ordre, il ne manquait rien à nos appareils photographiques, bien importants eux aussi. Puis après avoir fait nos adieux nous gagnâmes le port où nous devions nous embarquer pour l’Afrique du Sud.
Le bateau qui allait nous emmener était vraiment énorme. Il était là, le long du quai de Southampton, et les remorqueurs qui s’agitaient tout autour ressemblaient à de tout petits chiens jouant autour d’un grand dogue endormi. Les hommes de l’équipage, faisant sur le navire les derniers préparatifs du départ, paraissaient des fourmis courant ici et là. Joe-le-curieux était dans son élément et j’avais bien à faire à répondre à ses questions continuelles. Il voulait tout savoir à la fois, et je dus lui rappeler que l’Afrique était bien loin encore et que nous aurions tout le temps d’explorer le bateau qui devait être notre demeure pendant plus de quinze jours. Comme nous descendions le « Solent », les grands faisceaux lumineux des phares et des bateaux-phares éclairaient notre marche le long du canal. Enfin les rivages de la vieille Europe disparurent dans les brouillards du soir, et nous étions en route pour nos aventures. Joe lui-même était silencieux à mes côtés, alors que nous restions sur le pont au crépuscule ; il glissa sa main dans la mienne, comme pour se rassurer et cela signifiait : « Nous voilà en route pour l’inconnu, oncle Salomon et moi ! », puis il alla gagner sa couchette et, tandis que le grand bateau continuait sa marche, Joe glissa dans le pays des rêves.
Le Golfe de Gascogne ne nous fut pas favorable. Une grosse tempête y fit rage et Joe n’avait pas encore le pied marin. A vrai dire, ce ne fut pas ses pieds ou ses jambes qui le dérangèrent – il fut très malade du mal de mer ! Mais nous nous dirigions vers le sud, vers le soleil et au bout de quelques jours, la mer redevint calme, le soleil brillait, on put faire des jeux sur le pont et se baigner dans la grande piscine. Joe était aussi heureux que possible. Bien entendu il voulait tout voir, et sa joie fut extrême lorsque le commandant, à la table duquel nous prenions nos repas et qui s’était pris d’amitié pour lui – comme chacun du reste – nous invita à monter sur sa passerelle. C’était une faveur exceptionnelle, et Joe qui avait déjà commencé à écrire son journal, prenait activement des notes sur tout ce qu’il voyait. Le commandant n’était pas seulement un bon marin, mais un vrai chrétien, aussi je ne fus pas surpris lorsque nous pénétrâmes dans la cabine du commandant de l’entendre dire à mon jeune compagnon :
– C’est ici que nous gardons la Bible du bateau, aimerais-tu la voir ?
– Oh oui ! S’il vous plaît, dit Joe, qui s’attendait à voir un gros volume, relié en cuir, dans le genre d’une Bible de famille. Mais au lieu d’un livre il vit une carte étalée sur un grand pupitre et toute couverte de traits et de signes mystérieux.
– Voilà, dit le commandant, voilà ce qui permet à notre navire de marcher droit, c’est la carte qui nous indique la route à suivre. Si nous ne la consultions pas plusieurs fois par jour, nous nous égarerions et nous pourrions bien faire naufrage. Tu vois que cette carte fait pour le navire ce que la Bible doit faire pour toi et pour moi. Et voici ce que j’appelle la Prière du bateau.
– La prière, monsieur ? – dit Joe en regardant un étrange instrument que l’officier avait pris en main.
– Eh bien ! Le vaisseau prie par là, – répondit-il en souriant de la surprise de Joe. On appelle cet instrument un sextant et on l’emploie pour regarder le soleil.
– Mais vous pouvez bien voir le soleil sans lui, s’écria Joe tout amusé.
– Certainement, mais sans savoir ce que le soleil peut nous enseigner ; voilà à quoi sert cet appareil. Il nous indique exactement où nous nous trouvons, et si nous nous sommes écartés de la route, il nous y remet en accord avec la carte. Tu vois combien il est important de regarder à la fois en haut et sur la carte. Tu ne peux pas te perdre si tu consultes constamment l’un et l’autre.
– Et qu’est-ce que ce curieux instrument, s’il vous plaît, dit Joe qui examinait une machine ressemblant à une cloche.
– Oh ! Celui-ci est très important, dit le capitaine. Ce n’est rien moins que la conscience du vaisseau.
– Je ne savais pas qu’un navire eût une conscience, dit le jeune garçon plus intrigué que jamais.
– Eh ! Sans doute, sans cela qui l’avertirait lorsqu’un danger est proche ? Il y a tant de rochers, de bancs de sable, de périls de tous genres sous la surface de la mer, que, sans cet instrument avertisseur, le navire pourrait s’échouer vingt fois. Beaucoup de bateaux périssent de cette manière. Mais cet appareil nous avertit à temps du danger et nous pouvons l’éviter si nous prenons la peine de le consulter. Une conscience humaine elle-même ne sert à rien si on n’écoute pas sa voix.
– Mais comment cela fonctionne-t-il ? demanda Joe.
– C’est un instrument extraordinaire, dit le capitaine, il a remplacé l’ancienne sonde à plomb, c’est par le son qu’il nous renseigne.
– Par le son ?
– Oui, par le son. C’est une machine qui transmet les sons comme un gramophone, voici comment il fonctionne. Au fond du navire il y a un marteau qui tape sans cesse contre la grille. Chaque coup est renvoyé du fond de la mer comme un écho, et le temps que met le son pour aller et revenir est consigné sur ce disque. Vois-tu sur le papier cette ligne sinueuse ? Elle nous montre exactement le profil du fond de la mer au-dessus duquel nous naviguons. Comme le son voyage à travers l’eau à une vitesse fixe et déterminée, la ligne indiquée par l’écho donne les variations exactes de la profondeur de la mer. Si un récif est dans notre voisinage, le navire le sait à temps et peut l’éviter.
– C’est merveilleux ! dit Joe qui ouvrait de grands yeux, et j’étais bien de son avis, moi aussi.
– Et çà c’est le gouvernail du bateau, n’est-ce pas ? demanda-t-il encore en voyant le timonier à son poste.
– Oui, dit le capitaine, seulement je l’appelle la volonté du navire.
– Oh ! Je vois, dit Joe, c’est lui qui donne la direction ; c’est par le gouvernail que vous faites marcher le bateau où vous voulez aller, c’est bien ça, n’est-ce pas ?
– Parfaitement, mon ami, et il est de toute importance que le gouvernail soit entre les mains de quelqu’un qui connaît la route. Lorsque nous approchons d’un port, nous faisons toujours monter à bord un pilote éprouvé et nous lui confions le gouvernail.
– Je vois, dit Joe sérieusement. Mais savez-vous, capitaine, je crois que vous auriez fait un bon prédicateur !
– Une espèce de pilote pour le ciel, hein ! répliqua le capitaine en riant de bon cœur, qui sait, mon garçon !… tu y arriveras peut-être un jour toi-même.
Là-dessus, l’officier nous conduisit aux machines.
Ce que Joe vit dans la chambre des machines révolutionna ses idées sur les moteurs. Jusqu’alors son expérience s’était limitée à une auto six cylindres, de seize chevaux, et pour un garçon de son âge, il était assez au courant de son fonctionnement. Mais ici il se trouvait en face d’un mécanisme de proportions gigantesques, car notre navire possédait des moteurs de dix-huit cylindres qui donnaient une force de onze mille chevaux, et ces énormes machines marchaient silencieusement, sans un à-coup et tout était si propre, si bien tenu, qu’on pouvait se promener là en bas en pantalon blanc, sans risquer une seule tache.
L’ascenseur qui nous descendit jusque dans la cale à vingt-quatre mètres de profondeur émerveilla Joe ; là se trouvaient les tuyaux qui actionnaient les deux hélices à dix mètres sous la surface de la mer. C’était vraiment le cœur du grand navire, le secret de sa puissance, la force motrice qui l’emmenait à sa destination sans qu’il eût à compter avec le vent, les marées ou les courants contraires.
Si par accident les machines venaient à s’arrêter, le bateau flotterait sans direction, sans espoir, à la merci des vents et des vagues.
Comme nous remontions sur le pont, je dis à mon petit compagnon :
– Dans tout ceci je vois le sujet d’une parabole.
– Attends ; oncle, dit Joe ; je veux le deviner. J’y suis ! C’est quelque chose qu’on a en soi et qui vous fait avancer, c’est bien çà ?
– Oui, à peu près, répondis-je. Tiens, regarde là-bas ces poissons volants, ce sont les premiers que je vois depuis notre départ.
– Où donc, où donc, oncle ? cria Joe tout excité. Oh ! Je les vois ; ils sont magnifiques. Qu’est-ce qui les fait voler ainsi, dis-moi ?
– Le même principe, Joe : la puissance intérieure. La puissance de la vie, c’est ce qui nous rend capable de marcher contre le courant et de ne pas aller à la dérive. C’est une force aussi tranquille, aussi cachée, aussi discrète que celle des machines du vaisseau ou de l’élan des poissons. C’est la puissance intérieure, la puissance d’une nouvelle vie. C’est une chose formidable que de la posséder, Joe, ne penses-tu pas ? Et maintenant allons faire une partie de palet ; après une matinée si instructive, un peu d’exercice sera le bienvenu.

 

3. L’arbre malheureux

Nous voici enfin au Cap ! Et voici la montagne de la Table avec sa nappe, comme on appelle l’étrange nuage bleu, si souvent visible le matin, recouvrant le sommet tout plat de la montagne.
– Voici la tête du Lion, Joe !
– Eh ! Oncle, un lion, déjà ? Où est-il ?
– Non, pas un lion vivant, mais cette montagne à droite de la montagne de la Table. A cause de sa forme on l’appelle « La Tête du Lion » ; vue d’un certain côté, elle a l’air d’un énorme lion. Et maintenant, allons à terre !
Pendant les quelques jours que nous avons passés à la Ville du Cap, les sujets d’émerveillement et des questions ne manquèrent pas pour Joe, et je fus fort occupé pour y satisfaire. Le monument élevé à la mémoire de Cecil Rhodes (Cecil Rhodes, explorateur et colonisateur anglais, 1853-1902) le remplit d’admiration, et il ne se lassait pas de contempler la grande statue de bronze du fameux colonisateur qui, du haut de son cheval, regardait vers le nord, vers ces immenses solitudes de la Rhodésie, qu’il avait acquises à son pays.
– Quel homme extraordinaire, oncle Salomon ! Penser qu’un écolier quelconque peut devenir si célèbre ! Comme c’est magnifique de donner son nom à un grand morceau de continent, – et Joe regardait sur la carte qu’il tenait à la main, le mot « Rhodesia », s’étalant au sud de l’Afrique. Ne crois-tu pas qu’il a été un homme très heureux ?
– Figure-toi que quelqu’un lui a posé un jour cette question.
– Et qu’a-t-il répondu ?
– Tu vas trouver sa réponse assez surprenante : « Heureux ! Non certes ! Je donnerais tout ce que je possède pour croire ce que croit ce vieillard ! » Et il montrait un vieux monsieur qui se tenait à côté de lui.
– Qui était-ce, oncle Salomon ?
– C’était le général Booth, un pionnier de l’Armée du Salut.
– Mais pourquoi n’était-il pas heureux ? Il avait un tas d’argent et une masse d’amis, et de la gloire, qu’est-ce qu’il voulait encore ?
– C’est curieux qu’aucune de ces choses – et même toutes ces choses réunies – n’aient jamais pu satisfaire personne, et si l’on n’est pas complètement satisfait, on n’est pas complètement heureux. En fait, les humains sont les seules créatures insatisfaites et par conséquent malheureuses de ce monde.
– Je me demande d’où cela vient, dit Joe tout rêveur. Tous les animaux semblent parfaitement satisfaits – et il me montrait des moutons et des bœufs qui paissaient tranquillement dans les champs de l’autre côté de la vallée. A la maison notre chien Jack est aussi content que possible, et moi je suis très heureux… pas toujours… non, je ne crois pas que je sois réellement heureux tout le temps, bien que j’aie tant de chance et que tu sois si bon avec moi, n’est-ce pas drôle ? Je me demande pourquoi ?
– Eh ! Mon ami, il y a des gens qui sont profondément heureux tout le temps, jusqu’au fond d’eux-mêmes !
– Ils n’ont alors rien qui les chagrine ?
– Au contraire, certains d’entre eux ont beaucoup de chagrins, beaucoup d’épreuves, mais cela semble troubler seulement leur surface, comme le vent effleure l’eau. Au-dessous leur paix est « comme un fleuve », calme et tranquille et profonde malgré tout.
– Cela doit être beau d’être ainsi, fit Joe, qui était dans un de ses moments sérieux, puis il dit joyeusement :
– Allons, adieu, pauvre vieux Rhodes ! Où allons-nous maintenant ?
Nous remontâmes dans notre taxi et rentrâmes au Cap.
– Tiens, Joe, il y a ici quelque chose d’intéressant, dis-je comme nous passions sur une place devant une grande église hollandaise.
– Quoi ? Cette vieille souche d’arbre ? Que fait-elle ici ?
– Lis l’inscription qui y est fixée, – et Joe lut l’histoire du vieux tronc.
– Je crois que c’était l’arbre le plus triste du monde, dis-je, car sous ses branches de pauvres africains furent vendus et achetés pendant plus de cent ans. On les amenait de cette ancienne maison, là au coin de la place, et sous cet arbre on les offrait aux acheteurs comme du bétail. Parfois des maris et des femmes étaient vendus à des maîtres différents et ne se revoyaient plus jamais.
– Et leurs enfants, où allaient-ils ?
– On les arrachait à leurs mères, et on les vendait.
– Oh ! C’est horrible et méchant, qui faisait cela ?
– Les Hollandais qui allaient prier Dieu dans cette grande église au-delà de l’arbre. Ils priaient à l’intérieur et en sortant ils vendaient des esclaves.
– Quels affreux hypocr… ! cria Joe, mais je l’interrompis.
– Pas du tout, Joe. Ils étaient sincères, et beaucoup d’entre eux étaient des hommes bons et honnêtes aimant leurs femmes et leurs enfants, et qui auraient pleuré s’ils les avaient perdus.
– Mais alors pourquoi traitaient-ils les autres d’une manière si affreuse et cruelle ?
– Je pense qu’ils avaient oublié la Règle d’or : « Faites aux autres ce que vous voudriez qu’on vous fasse à vous-mêmes ». La plupart des choses mauvaises qui se passent dans ce monde arrivent parce que les hommes ne sont pas attachés à la Bible. Et prier dans une église ne sert à rien si hors de l’église on ne met pas sa foi en pratique.
– Tous ces africains que nous voyons-là autour de nous sont-ils donc des esclaves ?
– Non, Joe, grâce à Dieu, il n’y en a plus un seul. L’esclavage a été définitivement aboli il y a une centaine d’années, et ce malheureux arbre a disparu avec lui. Le tronc seul est resté avec cette inscription pour qu’on se souvienne et peut-être aussi comme avertissement. Et maintenant allons acheter notre auto.
– Quelle auto, oncle ? Allons-nous vraiment faire le voyage en auto ?
– Oui, jusqu’au cœur de l’Afrique noire, pendant des milliers de kilomètres, à travers la brousse, et les hautes herbes et la jungle, toi et moi, avec nos bagages, et nous frayant le chemin jusqu’au « bout du bout » ! As-tu peur, Joe, ou es-tu prêt à tenter l’aventure ?
– Je n’ai pas peur avec toi, oncle, dit Joe en se serrant contre moi ; mais est-ce que ce ne sera pas très dangereux ?
– Pas extrêmement, et tu sais, après tout nous ne serons pas vraiment seuls. Il sera avec nous tout le long de la route.
– Mais tu viens de dire : toi et moi ! Quelqu’un d’autre vient-il aussi ?
– Quelqu’un d’autre, très certainement, mon garçon ! D’ailleurs il me serait impossible de partir sans Lui, tu sais.
– Oh ! Je comprends, dit Joe ; puis il ajouta d’un ton grave : oui, oncle, j’en suis certain, moi aussi.
Puis nous allâmes acheter notre auto.

4. Mines d’or

– Oncle, est-ce vraiment la Cité de l’Or ? Cela a plutôt l’air d’une ville de boue.
C’était Joe qui faisait cette remarque comme nous approchions de Johannesburg à la fin d’une journée où la pluie n’avait cessé de tomber. Certes il n’y avait rien d’attrayant dans ces abords de la grande ville ; des montagnes de scories s’élevaient à côté des puits de mines, dominant les échafaudages, les bâtiments, les quartiers indigènes qui formaient les faubourgs de l’immense cité.
– Oui, nous sommes dans le fameux « Jo’bourg » ; il sera moins laid lorsque nous le verrons demain par le soleil.
– Mais l’or, oncle ? Où est l’or ? demanda Joe d’une voix déçue.
Tout le long de la route – et du Cap jusqu’à Johannesburg, nous avions parcouru des centaines de kilomètres. Joe n’avait fait que parler des mines d’or. Sa curiosité avait été insatiable et il m’avait accablé de questions. Je lui avais raconté comment, il y a environ une cinquantaine d’années, sur cette immense plaine dénudée, située à mille six cent cinquante mètres au-dessus du niveau de la mer, quelques prospecteurs avaient trouvé par hasard de la terre pleine d’or qui affleurait le sol ; à la suite de cette découverte une ruée folle avait eu lieu pour jalonner le terrain et se le partager. Ainsi Johannesburg avait surgi presque d’un jour à l’autre, et en un demi-siècle était devenue une très grande ville, avec près de deux mille kilomètres de rues, abritant une population immense.
C’est une des villes les plus peuplées de l’hémisphère sud. Je lui avais raconté encore que plus de la moitié de l’or est extrait de ses mines, et que sous ce rapport Johannesburg est sans doute la contrée la plus riche de l’univers. Je ne sais si Joe s’était attendu à voir les rues pavées d’or, mais il était manifestement désappointé et en regardant autour de lui il me demanda :
– Mais, oncle Salomon, où est l’or ?
– Il y en a pour une valeur de milliards, juste sous nos pieds, répondis-je.
Instinctivement Joe regarda le sol, puis leva les yeux vers moi.
– Non, pas ici, mon garçon ; mais à un millier de mètres de profondeur, au cœur de la terre, est la chambre au trésor du monde. Aimerais-tu la visiter ?

– Oh ! oncle, c’est vrai ? Nous pourrons y aller ? On nous le permettra ? Oh ! C’est trop beau !
Et mon petit compagnon sautait de joie dans l’auto de telle façon que j’avais de la peine à garder ma direction.
– Un peu de calme, je t’en prie, ou tu passeras par-dessus bord, et alors tu verrais plutôt un hôpital qu’une mine d’or !
Ainsi nous sommes arrivés sans encombre à notre hôtel.
Le matin suivant, vêtus de vieux vêtements qu’on nous avait prêtés, qui nous donnaient l’allure de deux voleurs, nous descendîmes dans les entrailles de la terre. Pour commencer nous sommes entrés dans une petite cage de fer – sorte d’ascenseur – qui nous déposa en trois ou quatre minutes au fond du puits de mine à 1500m sous le sol.
Nous nous trouvâmes alors dans un étroit couloir obscur, et nous vîmes des mineurs à l’ouvrage, creusant, creusant pour trouver de l’or. C’était des hommes à demi-nus, noirs, transpirant à cause de la terrible chaleur qui régnait là au fond. Avec de grandes perforatrices pneumatiques, ils attaquaient la roche, y faisant les trous où ensuite on place la charge de dynamite. Ces machines accomplissaient en quelques minutes ce que représentait jadis le travail d’un homme en une demi-journée.
– Mais où est l’or ? demanda encore Joe en regardant de tous côtés sans voir traces du précieux métal.
– Le voilà, mon ami, dis-je en lui montrant sur la paroi du couloir une veine qui s’enfonçait en diagonale dans le sol. La composition de la roche était bizarre ; certes elle n’avait rien qui rappelât de l’or, et lorsque j’en donnai un fragment à Joe pour l’examiner, il dit en riant :
– Oh ! Par exemple, cela a l’air d’un morceau de nougat !
– Exactement, et c’est de là qu’il tire son nom hollandais : « Banket ». Vois-tu ces sortes de petits cailloux qui ressemblent à des noix encastrées dans la roche ? Ce sont des cailloux de quartz et l’or y adhère comme la pelure des noisettes adhère à l’amande dans le nougat. Tu peux garder ce morceau de « Banket », et le montrer à tes camarades ; il contient vraiment de l’or, mais très peu !
Joe le fourra dans sa poche et se sentit soudain presque riche.
– La mine est-elle vraiment très productive ? Cela n’a pas l’air immense…
– Ce n’est qu’une mine étroite, mais elle s’étend sur des kilomètres et des kilomètres et s’enfonce toujours plus profondément. On peut en suivre la trace sur le sol d’après les quarante ou cinquante installations, avec leurs monceaux de scories, qui s’échelonnent à travers le «Rand ». Les puits sont de plus en plus profonds à mesure que la veine s’abaisse. Les mines du « Raid » sont les plus profondes du monde. Mais allons retrouver la lumière du soleil !
En un quart d’heure, notre cage-ascenseur nous ramena à la surface, où un bain chaud et une grande tasse de cacao nous attendaient.
– Mais, oncle Salomon, comment peut-on extraire l’or s’il est incrusté dans la roche, cela doit être très difficile ?
– Viens, et tu vas voir comment cela se pratique, – et nous nous dirigeâmes vers de grands bâtiments près de l’orifice du puits. – Je t’avertis qu’il sera inutile de me questionner, là-dedans, car nous ne pourrons pas nous entendre parler.
En effet, le vacarme était intense, chacune des deux cents broyeuses laissait tomber quatre-vingt-quinze fois par minute un poids de deux mille deux cents livres. Là le banket était réduit en poudre, mais toujours pas d’or visible !… Cette poudre passait ensuite par plusieurs manipulations jusqu’à ce qu’enfin elle sortît comme une masse liquide et gluante, aussi noire que de la suie !
– Voilà ce qui est presque de l’or pur, dis-je.
– Impossible, – répondit Joe, mettant ses mains dans le liquide et le remuant ; – il n’y a pas un brin d’or là-dedans !
– Nous allons bien voir, mais auparavant il faut te laver les mains, on ne te laisserait pas sortir de cette salle sans cela ; – ayant enlevé de nos mains la moindre parcelle de la précieuse bouillie, nous allâmes assister à la suprême opération. Enfin Joe vit de l’or – un ruisseau d’or liquide s’échappant des cornues et remplissant les moules pour être converti en barres d’or.
– Voilà de l’or, tiens, prends et pèse-le ; – et Joe saisit une brique jaune et brillante d’or solide.
– Oh ! C’est aussi lourd que du plomb.
– Oui, l’or est un des métaux les plus lourds comme il en est un des plus précieux. Maintenant nous irons à la raffinerie.
C’était une faveur toute spéciale qu’on nous accordait de pouvoir visiter la raffinerie, où tout l’or du « Rand » est amené avant d’être mis en circulation.
Inutile de dire que ce bâtiment est sévèrement gardé ; il a autant de serrures et de clés qu’une prison ; il est beaucoup plus difficile d’y pénétrer que dans une geôle et presque aussi difficile d’en sortir ! A l’entrée il y avait un baril plein de « banket », et à côté la quantité d’or qu’on en avait extrait : un petit lingot d’or gros comme un bouton de faux-col !
– Toute cette quantité de matières, qu’on a cherchée si loin, là-dessous, qu’on a écrasée, purifiée pour produire si peu ! Qu’en penses-tu, Joe, trouves-tu que cela vaut la peine ?
– Mais c’est de l’or, tu comprends.
– Oui, c’est de l’or, bien que ce matin tu aies cru que c’était de la suie. Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent, vois-tu.
Plus loin encore c’était passionnant de regarder les cornues pleines d’or liquide et de voir les chlorures d’argent et de cuivre monter à la surface, pour être soigneusement enlevés, jusqu’à ce que tout corps étranger fût éliminé et qu’il ne restât plus que de l’or pur. Alors, et seulement alors, le visage du raffineur put se refléter sur la surface comme dans un miroir, le travail était achevé, l’or était parfait et n’avait plus qu’à être estampillé de la marque officielle.
Comme nous rentrions à la maison, Joe me dit :
– Je n’oublierai jamais cette journée. Je ne pourrai plus jamais voir une pièce d’or sans penser à son long voyage et à toutes les épreuves qu’elle doit traverser pour devenir si magnifique, si pure.
– Oui, on peut faire bien des réflexions, d’une manière ou d’une autre, dans une mine d’or, dis-je avec gravité. Allons jusqu’à cette grille et je te montrerai une autre espèce de mine d’or ; – et je me dirigeai vers l’entrée d’un quartier indigène.
– Qu’est-ce ce que c’est que ça, oncle ? demanda Joe.
– C’est là que vivent les Africains qui travaillent aux mines, dis-je en traversant une foule d’hommes et de femmes entassés pêle-mêle derrière les hauts murs et les palissades barbelées de leur quartier spécial.
– Je vois que tu n’apprécies pas cette mine d’or autant que l’autre, dis-je tranquillement.
– Une mine d’or ? Je ne vois rien qu’une foule de Noirs.
– Un peu comme de la suie, dis-moi ? Comme la suie que nous avons vue ce matin ?
– Oui, mais après tout, oncle, c’était bien de l’or, n’est-ce pas ?
– Oui, Joe, c’était de l’or – et je regardai mon petit compagnon bien en face – et ces hommes, eux aussi, sont de l’or, du vrai or, de l’or infiniment précieux !
Joe eut l’air très impressionné par mon sérieux.
– Écoute, mon ami, cette mine d’or-là est mille fois plus précieuse que toutes les mines du « Rand ». C’est pour chercher cet or que ton père est venu dans l’Afrique Centrale et qu’il y reste. Il est certain que ces pauvres gens ne ressemblent pas plus à de l’or que le « banket » ne ressemble à un beau lingot. Il est certain qu’il y a ici aussi beaucoup d’immondices, beaucoup de scories qui cachent le pur métal, mais le Grand Chercheur des âmes a trouvé cette mine et l’a achetée à un prix plus grand que « celui de l’or qui périt »… (1 Pierre 1. 7). Penses-y Joe – Christ est mort pour ceux que tu vois autour de toi. Et maintenant ses serviteurs travaillent pour les arracher à leurs ténèbres, et Lui, le merveilleux Ouvrier, purifie cet or jusqu’à ce qu’il reflète Son image. Et Il agit, Joe ; j’ai vu cela sur bien des visages noirs.
Joe passa son bras sous le mien et marcha un moment en silence ; je voyais qu’il réfléchissait. A la fin il dit :
– Oncle, maintenant, quand je verrai un africain, je penserai à de l’or !
Après un silence plus long encore, il dit :
– Oncle, crois-tu que Jésus peut voir un peu d’or en moi ? – à quoi je répondis :
Mon cher enfant, Il t’a aimé et s’est livré Lui-même pour toi.

5. L’arc-en-ciel lunaire

Par un beau matin de mai nous quittions Johannesburg pour notre longue randonnée jusque dans l’Afrique Centrale. La curiosité de Joe était en éveil tout le long de la route vers le nord, dans notre bonne auto chargée des objets les plus divers et les plus hétéroclites. Ce n’était pas un voyage ordinaire qui commençait pour nous, et il avait fallu songer à toutes les choses extraordinaires qui pouvaient nous arriver. Si notre voiture avait un accroc, pas moyen de téléphoner à un garage de venir nous secourir, et cela pour deux bonnes raisons : nous ne devions plus rencontrer de téléphone ou de garage sur notre chemin ! Aussi fallait-il être prêt à tout. D’ailleurs cela ne faisait qu’accroître l’excitation de Joe. A Johannesburg, il avait passé des heures dans un garage, questionnant les mécaniciens, et avait récolté une foule d’informations utiles. Puis il s’était occupé du bagage, des provisions, comme un vrai courrier. Il s’était vraiment montré réfléchi au-delà de son âge et avait été jusqu’ici un charmant compagnon, m’amusant par ses observations et ses remarques sur tout ce que nous rencontrions.
La route était naturellement peu fréquentée. Aucun trafic n’y passait, et nous pouvions rouler pendant des kilomètres sans rencontrer un véhicule quelconque. Après la région de collines du Transvaal la route escalade les montagnes de Salt-Pan et entre dans la Rhodésie (Aujourd’hui la Rhodésie est devenue indépendante, sous le nom de Zambie pour le Nord et de Zimbabwe pour le Sud).

Nous suivions la grande route qui relie le Sud au Nord de l’Afrique, mais son importance stratégique nous touchait peu lorsque nous étions cahotés sur l’étroite piste serpentant à travers la prairie, dont l’herbe était si haute qu’elle dépassait notre auto. Notre vaillante voiture allait à travers trous et ornières, passait par-dessus les pierres, tanguait et plongeait comme un bateau sur la mer. Puis ce furent des étendues de sable où nous n’avancions qu’avec peine, l’auto labourant péniblement le sol trop mou. Enfin une sorte d’abri se dressa devant nous, où nous pûmes dormir ; c’était une hutte ronde couverte de chaume ; en tout semblable aux huttes indigènes qu’on nomme « rondavel ». Au lever du soleil nous étions de nouveau en route à travers les grandes plaines sablonneuses jusqu’aux montagnes appelées Mica Hills. En gravissant la côte notre auto faisait des embardées, sautait, bondissait, puis après un col, descendait pour recommencer encore ; vraiment notre voiture fit des prouesses extraordinaires qu’on n’est guère en droit d’exiger d’un véhicule quelconque, et elle nous emmenait de plus en plus loin vers le cœur de l’Afrique. Pas une âme, pendant des centaines de kilomètres excepté de temps à autre un Noir avec sa lance à la main.
Le soir, nous allumions un feu – par mesure de précaution – nous nous blottissions dans nos sacs de couchage et après nous être recommandés aux soins de notre Père céleste, nous nous endormions profondément sous un ciel étoilé où brillait la magnifique Croix du Sud.
Un jour Joe qui fixait l’horizon s’écria :
– Oh ! Oncle, regarde ce drôle de nuage blanc qui monte tout droit du sol ? Qu’est-ce que cela peut bien être ?
– C’est exactement ce que David Livingstone (David Livingstone, explorateur et missionnaire anglais, 1813-1873) s’est demandé lorsqu’il a vu ce nuage pour la première fois. Des kilomètres et des kilomètres nous en séparent encore, mais, comme nous allons de ce côté, tu verras bientôt ce que c’est. Écoute : entends-tu quelque chose ?
Le grondement sourd parvenait à nos oreilles.
– Les indigènes appellent cela : « La fumée qui résonne ».
– Et quel nom lui donnons-nous ?
– Livingstone l’a baptisée : « Les chutes Victoria » (Les chutes Victoria sont situées sur le fleuve Zambèze).
– Oh ! Mais alors c’est comme le Niagara, n’est-ce pas ? s’écria Joe hors de lui.
– Elles sont beaucoup plus importantes que le Niagara, et celui-ci paraît insignifiant à côté d’elles. Mais nous allons y arriver et tu jugeras par toi-même.
Nous nous arrêtâmes sur le pont jeté au travers du gouffre où le puissant fleuve se précipite avec un fracas de tonnerre.
Comme nous nous penchions au-dessus du parapet, je sentis la main de Joe trembler dans la mienne.
– Voilà une chute de cent trente mètres environ à côté de laquelle les cinquante mètres du Niagara sont peu de chose, dis-je. Et en largeur elle a presque deux kilomètres. Lorsque le Zambèze est en crue, quatre cent cinquante millions de litres d’eau se précipitent d’un coup toutes les minutes. Regarde ! Il y a un arc-en-ciel au-dessus de la chute. C’est le soleil qui éclaire la vapeur d’eau. J’aime cet arc-en-ciel, et toi ? Il est si rassurant au milieu de ce paysage terrible et grandiose. Cela nous rappelle le premier arc-en-ciel, n’est-ce pas ?
– Quand était-ce, oncle Salomon ?
– Je ne te donne pas un bon point pour cette question, dis-je en riant.
– Oh ! Attends, attends, bien sûr je me le rappelle, c’était au Déluge.
– En effet, c’est bien cela et l’arc-en-ciel enseigna à Noé à porter ses regards en-haut au lieu de les arrêter sur la désolation qui l’entourait de tous côtés. Regarde là, en bas, Joe, dans le précipice, et tu trembleras – (une dame y est tombée il y a quelques années), mais regarde en-haut et tu auras confiance. Car le Dieu qui a fait les abîmes a aussi fait l’arc-en-ciel qui les franchit.
– C’est merveilleux ! dit Joe en contemplant ce spectacle unique ; mais d’où viennent ces couleurs ?
– D’un rayon de lumière blanche. Les sept couleurs de l’arc-en-ciel mélangées donnent la couleur blanche, et lorsque la lumière blanche traverse la vapeur d’eau projetée en l’air par la cataracte, elle révèle toute sa beauté en formant l’arc-en-ciel.
– Oncle Salomon, je ne savais pas que la lumière était si magnifique. Est-ce bien ce que la Bible veut dire lorsque nous lisons : « Dieu est lumière » ? Est-ce parce qu’Il est Admirable ?
– Une bonne note pour toi, Joe. C’est tout à fait juste ce que tu dis là. Vois-tu, comme la lumière est faite de toutes les couleurs parfaitement mélangées, ainsi Dieu est sainteté, beauté, grâce, vérité, toutes ces choses réunies en une Personne merveilleuse. Un jour la Lumière descendit sur notre terre bouleversée et Jésus fut comme un arc-en-ciel de toute beauté. Si quelqu’un désire savoir ce qu’est Dieu, il n’a qu’à regarder Jésus, et il verra toute la gloire, la beauté et la perfection divines déployées en Lui. Les sept couleurs de l’arc-en-ciel sont comme les sept « Je suis » qui nous montrent Jésus. Cherche ces passages dans l’évangile de Jean et tu verras Dieu reflété dans le Seigneur Jésus.
– Et qu’est-ce que la couleur noire alors ? demanda Joe.
– Le noir n’est rien du tout ! Le blanc est la combinaison de toutes les couleurs et le noir est l’absence de toutes ces couleurs. L’une d’elle manquant, la lumière est obscurcie, si toutes font défaut, c’est l’obscurité complète. C’est une chose affreuse de vivre dans les ténèbres, car nous ne voyons pas sur quoi nous pouvons trébucher. C’est une vie lamentable « sans Dieu et sans espérance dans ce monde ». Mais c’est une chose plus terrible encore de mourir dans les ténèbres, car cela signifie « l’obscurité des ténèbres pour toujours ».
Le jour suivant était un dimanche et ce soir-là, il faisait un magnifique clair de lune. Il ne fallait pas manquer une occasion pareille, et de l’Hôtel Livingstone où nous étions descendus, nous retournâmes à la chute pour la voir éclairée par la lune. C’était un spectacle inoubliable ; l’énorme chute d’eau brillait non seulement d’un éclat argenté féérique, mais un arc-en-ciel lunaire, formant une arche hardie et parfaite encadrait le paysage, ses deux extrémités s’appuyant au fond du gouffre au pied de la chute.
Comme nous regardions, absolument extasiés, nous vîmes un second arc-en-ciel formé au-dessus de l’abîme où se précipitaient les eaux grondantes.
– Regarde, oh ! Regarde, oncle ! Il y en a un autre ! C’est comme une boucle immense qui remplit tout l’espace depuis le fleuve jusqu’au bord du rocher ! Oh ! C’est trop merveilleux, – et Joe battit des mains dans son enthousiasme.
Comme nous rentrions un peu plus tard, il me dit :
– Je ne savais pas qu’il pouvait y avoir un arc-en-ciel sans le soleil.
– Et c’est bien vrai : sans le soleil et sans la buée, aucun arc-en-ciel est possible.
– Mais alors, n’était-ce pas la lune pourtant qui a fait ces arcs-en-ciel ?
– Oui, certainement, mais le soleil en était pourtant la cause !
– Mais il n’y avait pas de soleil du tout !
– Tu veux dire qu’on ne le voyait pas ? Il était là quand même. Il est toujours au firmament. S’il n’avait pas été présent, il n’y aurait pas eu d’arc-en-ciel et de plus pas de clair de lune.
– Oncle Salomon, tu plaisantes, il me semble.
– Au contraire, mon garçon, c’est la vérité pure et solennelle, une vérité qui contient tout un sermon. Puisque c’est un dimanche soir, es-tu prêt à écouter une courte prédication ? Elle peut se diviser en quatre parties : d’abord le Soleil, puis la Lune, ensuite la Buée, et enfin l’Arc-en-ciel. Le soleil débute, la lune suit, la buée joue un rôle important et le magnifique résultat c’est l’arc-en-ciel.
– Mais le soleil… comment a-t-il commencé ?
– En éclairant la lune naturellement. La pauvre lune ne peut pas s’enorgueillir d’un seul rayon de lumière qui lui soit propre. Tout y serait froid, sombre et affreux sans le soleil ; mais lorsque celui-ci l’éclaire, elle est changée en un admirable globe de lumière ; nous l’avons vu tout à l’heure.
– Oncle Salomon, tu me fais là un de tes sermons-paraboles, n’est-ce pas ?
– Oui, mais dis-moi, trouves-tu la parabole ?
Joe réfléchit, puis dit :
– Il me semble que je comprends un peu. Jésus n’est-il pas le Soleil, dans ta parabole ?
– Oui, vraiment, la Bible lui donne un nom magnifique : « Soleil de justice ». Et ensuite ?
– Est-ce qu’Il nous éclaire comme le soleil éclaire la lune ?
Si nous sommes dans une juste relation avec Lui, Il le fait et nous transforme et nous donne de luire, mais c’est Sa lumière d’un bout à l’autre.
– Et l’arc-en-ciel, oncle, que fait-il ?
– C’est là que le troisième élément de ma parabole arrive : la Buée. Il faut la buée produite par la cascade qui se précipite, ou par la pluie d’une grosse nuée d’orage pour qu’on voie un arc-en-ciel. Ce sont ces choses agitées qui font apparaître les douces couleurs contenues dans la lumière et qui révèlent leur beauté aux yeux des hommes.
– Je vois, dit Joe, après un silence. Lorsque les choses vont de travers, c’est alors que les chrétiens doivent se montrer à leur avantage, n’est-ce pas ?
– Oui, mais ce n’est pas leur mérite, ni leur lumière ; ils l’ont du soleil. As-tu remarqué que les arcs-en-ciel lunaires ont les mêmes couleurs que les solaires ?
– Oui, mais ils ne sont pas si brillants.
– C’est cela ; les mêmes couleurs, mais pas aussi parfaites. Et je crains bien qu’elles ne le soient jamais, car nous ne sommes après tout que de bien pauvres réflecteurs.
– Tu sais, oncle, dit Joe en baissant la tête, je crois que je ne suis pas du tout un réflecteur, alors même que je désire en être un !
– Mon cher ami, tout dépend de notre position à l’égard du Soleil.
– Ah ! Je vois que je commence à comprendre, mais cela va très lentement – et le jeune garçon poussa un soupir.
– Lentement et sûrement, Joe, lentement et sûrement. J’espère que tu y arriveras un jour, et ce sera peut-être bientôt.

 

6. Aventure avec un lion

Notre route devenait de plus en plus difficile et les pistes toujours plus primitives à mesure que nous avancions vers le nord. Nous étions maintenant dans le Congo belge. Les indigènes que nous rencontrions de temps à autre étaient armés et cela nous fit soupçonner quelque danger. Ils marchaient par petites bandes, chaque homme portant sa lance, quelques-uns même armés d’un arc et de flèches et ils ne flânaient pas en chemin. Joe-le-curieux avait découvert avec grande satisfaction que le Banto, qu’il avait parlé dans sa petite enfance, lui revenait peu à peu à la mémoire, et bien que les dialectes fussent un peu différents selon les régions traversées, il pouvait se faire comprendre presque partout. Cela nous était fort utile et le devint encore davantage plus tard.
Un petit groupe d’africains se trouva sur notre chemin et Joe leur demanda pourquoi ils étaient armés et quel danger ils craignaient. La réponse qu’ils lui firent en deux mots le fit tressaillir des pieds à la tête ; ces mots étaient : Les lions !
Jusqu’ici, nous n’avions rencontré aucune bête dangereuse, bien que Joe eût reconnu et m’eût montré des empreintes qu’il avait appris à identifier dans son enfance. Les léopards, les lions, les cheetahs ou les éléphants laissent naturellement des traces sur le sol où ils passent, et Joe avait été habile à les reconnaître, mais pas un seul de ces animaux ne nous était apparu. Les hautes herbes de la brousse forment un écran parfait, au travers duquel les fauves peuvent voir sans être vus. Une fois, comme nous pique-niquions, nous avons entendu remuer tout près de nous et avions senti une violente odeur de fauve, Joe avait murmuré :
– Un léopard, oncle Salomon ! Et nous avions décampé en vitesse et regagné l’auto ; mais nous n’avions rien vu.
Un jour notre route devint presque impraticable. La piste était envahie par de grandes herbes, hautes de deux à trois mètres, à travers lesquelles nous avancions comme à travers des tas de foin. Nous protégeâmes notre radiateur avec de la gaze, mais les petites semences pénétraient dans les trous, les obstruaient presque complètement. Plus tard nous avons appris que depuis trois mois notre route n’avait plus été utilisée, un pont de bois auquel elle aboutissait ayant été détruit. Ce pont venait seulement d’être réparé et cela nous fit comprendre l’état déplorable de cette voie.
– Il est heureux que ce ne soit pas la saison des pluies, dit Joe, sans cela nous ne pourrions guère avancer.
– En effet, mais je n’aime pas trop l’aspect du ciel là vers l’ouest ; je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi menaçant.
Au même moment nous vîmes un gros nuage d’orage, tout noir, monter à l’horizon, et obscurcir tout le ciel.
L’après-midi était déjà avancée, et nous avions encore à parcourir plusieurs kilomètres avant d’arriver à la station missionnaire où nous devions passer la nuit. Si l’orage allait nous surprendre, et nous obliger à camper dans la brousse ! Je gardai mes craintes pour moi et poussai mon moteur autant que possible, à travers l’enchevêtrement des herbes.
Soudain un éclair éblouissant, suivi immédiatement d’un coup de tonnerre qui fit trembler le sol, sembla tomber sur nos têtes. Le pauvre Joe sauta en l’air et sa main saisit mon bras. Encore un éclair, puis un autre!
L’orage tropical était déchaîné, et la pluie tombait en trombes violentes. Impossible de nous abriter quelque part ; il fallait avancer coûte que coûte, mais la piste fut vite changée en rivière et l’eau giclait sous les roues. Il faisait de plus en plus sombre, puis avec la soudaineté habituelle aux tropiques, la nuit tomba, nous laissant dans une obscurité profonde traversée de temps en temps par la clarté aveuglante des éclairs.
Notre auto était secouée, cahotée, à droite et à gauche ; nos phares ne faisaient qu’accentuer les ténèbres environnantes. Une embardée d’un côté, une autre dans la terre détrempée, une autre encore le long d’un talus en pente et nous voilà dans un fossé rempli d’eau ! Les roues tournèrent en vain, la voiture se pencha sur le côté et s’immobilisa à demi-enfoncée dans la boue ! Quelle situation critique ! A des kilomètres de toute aide et de tout abri, dans la solitude de la brousse, sous des averses tropicales et avec le danger possible des animaux sauvages de la forêt.
Nous sortîmes de l’auto, avec nos imperméables tout ruisselants de pluie. Joe était visiblement effrayé, mais s’efforçait de faire bonne contenance.
– Qu’allons-nous faire maintenant ? me demanda-t-il en me regardant anxieusement.
– Eh bien ! Dis-je avec un sourire (ceci pour le rassurer !) je crois que la première chose à faire est de prier, qu’en penses-tu ? – et l’un à côté de l’autre, nous avons demandé du secours, là où le secours est toujours assuré.
– Et maintenant, que faisons-nous ?
– Je crois que ce serait une bonne chose d’avoir notre fusil sous la main ; prends-le et charge-le s’il te plaît.
Joe, content de faire quelque chose, eut bientôt préparé l’arme ; cela sembla lui redonner du courage et, se tournant vers moi, il me dit :
– Quelle aventure j’aurai à raconter à l’école !
Il avait à peine prononcé ces mots que j’entendis les herbes s’agiter tout près de nous ; je me tournai du côté d’où venait ce bruit et essayai de percer l’obscurité ; la lumière de nos phares me montra alors un spectacle qui figea mon sang dans mes veines : un énorme lion fauve était aplati dans les herbes, prêt à bondir sur mon petit compagnon qui lui tournait le dos.
– Joe, criai-je, Joe, vite le fusil !
L’angoisse de mon cri alarma Joe qui fit demi-tour, mais à ce moment le lion s’élança, le pauvre enfant tomba, lâcha son arme, et la bête féroce s’abattit sur lui. Je me précipitai sur le fusil avec la terreur d’arriver trop tard, mais juste à cet instant un autre acteur, sortant des hautes herbes, entra en scène : un indigène se jeta sur le lion et le saisit par la queue ! Il la tira de toutes ses forces sans crainte du danger qu’il courait lui-même, et n’ayant en vue que de dégager l’enfant couché à terre. Avec un rugissement furieux le lion lâcha le pauvre Joe et se tourna vers son nouvel adversaire. Tout cela ne dura qu’un instant, mais ce fut le répit dont j’avais besoin et une seconde plus tard le lion était étendu sans vie sur le sol avec une balle dans la tête.
Je me jetai à genoux à côté de Joe. L’orage avait cessé aussi brusquement qu’il avait commencé, et la lune paraissait entre deux nuages. Elle éclairait le pâle visage du jeune garçon, ses yeux clos, ses vêtements couverts de sang, et le roi du désert gisant, mort à côté de lui. Je mis ma main sur le cœur de Joe ; il battait encore, et je poussai un soupir de soulagement. Il vivait et pouvait être sauvé ; mais une blessure béante à l’épaule, une déchirure profonde dans la cuisse témoignaient des crocs et des griffes de la terrible bête. Dans l’auto, j’avais tout ce qu’il fallait pour appliquer un premier pansement. Au bout d’un instant les plaies étaient bandées et le sang ne coulait plus. Tout en m’occupant du blessé, je me tournai vers l’africain qui me regardait faire avec un large sourire.
– Qui a bien pu t’amener ainsi à notre secours juste au bon moment, mon brave ? Lui dis-je.
J’avais naturellement parlé en anglais et ne m’attendais guère à une réponse ; aussi vous comprenez ma surprise lorsque je l’entendis me dire :
– Jésus, c’est Jésus ! Il dit : va vite ! Et moi aller. Jésus dit : tire la queue ! Et moi la tire très fort. Et maintenant Jésus dit : partir, et moi partir.
Et avec la même rapidité avec laquelle il était apparu, l’africain disparut, nous laissant seuls dans la nuit. Était-ce une vision ? Comme je l’appelais en vain pour le faire revenir, je me demandais si je n’étais pas victime d’une hallucination.
Et maintenant, que pouvais-je faire et où chercher du secours ?
Le danger était grand encore. La lionne pouvait surgir à la recherche de son compagnon. Comment pourrais-je quitter Joe pour aller trouver de l’aide ? Pourquoi cet africain n’était-il pas resté ? Que pouvais-je faire abandonné ainsi ? Une seule chose ! Assis sur le sol, avec la tête du pauvre Joe sur mes genoux, je la fis de tout mon cœur. Combien j’ai prié pour avoir du secours, pendant cette longue nuit ! Lorsque les premières lueurs de l’aube se montrèrent au ciel, j’entendis un bruit indistinct. Je saisis mon fusil, bandai mes nerfs et écoutai… du bruit encore – mais quel soulagement ! C’était une voix humaine ! J’appelai, criai, et au bout d’un moment je vis réapparaître le brave africain accompagné d’une demi-douzaine d’hommes dont un blanc ! C’était le missionnaire chez lequel nous aurions dû arriver le soir précédent.
Nous nous serrâmes les mains avec effusion. Il me dit :
– Vous pouvez remercier Danieli ! Il a couru toute la nuit pour nous avertir de votre malheur et pour nous conduire ici. Mais ce n’est pas le moment de bavarder ; mon auto est là-bas sur la route et il nous faut, sans tarder, y porter ce pauvre garçon.
Doucement des mains attentives transportèrent le blessé, toujours sans connaissance, et comme le soleil se levait, nous nous mîmes en route pour la station missionnaire.
– Danieli, dis-je, tu as sauvé mon cher Joe !
C’est Jésus qui a tout fait. Il a dit : aller, Danieli ; moi aller et moi voir lion. Il dit : Danieli, tirer queue !
Il dit à moi : Courir chercher aide ! Et moi ramener missionnaire.
Et son honnête figure noire était rayonnante comme le radieux soleil.

 

7. L’histoire du sorcier

Le missionnaire chez lequel nous étions enfin arrivés était – bonheur inespéré ! – un excellent chirurgien. Joe n’eût pas pu se trouver en de meilleures mains. Mais l’état du pauvre enfant était très grave. Il avait une fièvre ardente, et pendant une quinzaine de jours il fut entre la vie et la mort. Dans son délire il poussait des cris de terreur, appelait au secours, s’imaginait toujours que le lion lui sautait dessus. Ses blessures étaient profondes et pendant quelque temps on craignit qu’il ne perdît son bras droit. Mais le Seigneur répondît à nos prières. L’habileté du docteur et nos soins assidus prévalurent, et un matin Joe se réveilla d’un profond sommeil, bien faible et fragile encore, mais tout à fait conscient et lucide. J’étais allé prendre quelques moments de repos, après mes veillées constantes à son chevet, mais rien n’avait pu décider Danieli à quitter un seul instant son poste auprès du petit malade. Quand Joe ouvrit les yeux et regarda autour de lui, la première chose qui frappa ses regards fut la bonne figure rayonnante de Danieli qui le contemplait en souriant.
– Qui es-tu ? Et où suis-je ? Où est oncle Salomon ? Qu’est-il arrivé ? – demanda le jeune garçon d’une voix faible, si différente de sa voix ordinaire !
– Tout bien et heureux ici, maître Jo-Jo, répondit Danieli. Plus lion, plus avoir peur !
– Ah ! Je me souviens du lion, dit Joe. Raconte-moi comment je ne suis pas mort.
– Grand maître tuer gros lion avec fusil, plus lion, plus peur, maître Jo-Jo, répétait Danieli en arrangeant les oreillers. Il ne voulut pas dire un mot de plus, et Joe dut se contenter de cela pour le moment. Quelle fut ma joie un moment plus tard de le retrouver avec son gai sourire d’autrefois !
Il fallut attendre plusieurs jours encore qu’il eût repris des forces avant de lui faire le récit de cette nuit terrible. Je ne sais alors ce qui fut le plus touchant : la reconnaissance de Joe lorsqu’il saisit la main noire de Danieli et la baisa, ou le sourire timide et modeste du brave africain.
Une amitié intime et profonde se noua bientôt entre eux deux, et lorsque Danieli s’aperçut que maître Jo-Jo, – comme il persistait à appeler le jeune garçon – pouvait parler son langage, sa joie ne connut plus de bornes ! Il bavardait pendant des heures, auprès du lit du blessé, ou plus tard installé près de son fauteuil dans le jardin de la mission. Joe recouvrait peu à peu des forces. Danieli était à la fois son infirmier et son compagnon, et son dévouement pour l’enfant qu’il avait sauvé d’une mort affreuse, ne se relâchait pas un instant.
Un jour que, bien installés dans un coin ombragé du jardin, ils causaient comme d’habitude, Joe dit soudain :
– Danieli, as-tu toujours été un chrétien comme tu l’es aujourd’hui ?
– Moi, toujours chrétien ! Oh ! Non, maître Jo-Jo. Une fois mon cœur était plus noir que ma figure. J’étais le sorcier de ma tribu, et j’ai commis beaucoup de mauvaises actions, j’ai dit d’affreux mensonges, j’ai gagné beaucoup d’argent. Tous me craignaient terriblement et j’ai tué des hommes et des femmes par mes sorcelleries. J’avais un fils, un petit garçon que j’aimais tendrement et lorsqu’un missionnaire arriva dans notre village, je laissai mon enfant aller à l’école des blancs, pour apprendre à lire leurs livres et devenir savant. Mon petit garçon était éveillé et apprenait vite et il m’enseignait à son tour les lettres, en les traçant sur le sable. Un jour que nous étions occupés de la sorte, il me dit :
– Père, le missionnaire dit que les hommes méchants vont en enfer après leur mort. Es-tu un méchant homme, père ?
– Oh ! Danieli, dit Joe, vivement intéressé, qu’as-tu répondu ?
– Je me mis à rire, et assurai que le missionnaire disait des mensonges. Qu’en sait-il après tout ? Personne n’était revenu de ce pays-là pour nous le raconter, mais mon fils secoua la tête et dit :
– Mon père, le missionnaire est un homme bon et juste, il ne ment pas. Père, es-tu un homme méchant ?
– Maître Jo-Jo, je savais bien que j’étais un homme très, très mauvais, mais je n’avais pas envie que mon fils le sache. Je me fâchai et lui dis : « N’écoute pas le missionnaire. A l’école tu n’as qu’à apprendre à lire, à écrire et à compter, et rien d’autre ».
Mais mon petit garçon écoutait quand même et un jour en rentrant, il me dit :
– Père, le missionnaire nous a dit aujourd’hui que son Dieu aime les hommes méchants, et ne veut pas qu’ils aillent en enfer quand ils meurent ! Et père, il a dit encore que son Dieu avait un Fils unique et qu’Il l’aimait beaucoup.
Cela commençait à m’intéresser, car moi j’aimais mon fils plus que n’importe qui au monde.
– Eh bien ! le missionnaire a-t-il encore dit autre chose ?
– Oui, père ; il a dit que son Dieu a donné son Fils pour qu’il meure pour des hommes méchants, et qu’Il porte la punition à leur place, afin que les mauvais n’aillent pas en enfer après leur mort.
– Cela ne peut pas être vrai, ai-je répondu. Personne ne ferait une chose pareille. Ne m’en parle plus, et reprenons notre leçon.
– Danieli, demanda Joe, as-tu alors oublié ce que ton fils t’avait dit ?
– J’essayai de ne plus y penser, mais chaque nuit je restais éveillé, pensant à toutes mes vilaines actions et à l’enfer, et j’espérais que ce n’était pas vrai.
– Oh ! Danieli, qu’est-il arrivé ensuite ? dit Joe de plus en plus captivé par le récit de son ami.
– Eh bien ! Je ne voulais pas aller à la mission parce que j’avais peur ; et je ne voulais pas cesser d’être sorcier parce que cela me rapportait beaucoup d’argent. Toutefois je continuais à apprendre à lire et un jour mon fils revînt de l’école avec un cadeau comme récompense.
– Qu’était ce cadeau, Danieli ?
– Un évangile. C’était le premier livre que je voyais et je pouvais le lire. Chaque jour j’allais dans la brousse pendant des heures et là je lisais page après page ; je découvris bien vite que le récit du missionnaire n’était que trop vrai ! J’étais trop terrifié pour pouvoir dormir la nuit ; je n’osais plus pratiquer la sorcellerie, mais je lisais, je lisais jusqu’à ce que j’arrive au récit de Jésus mourant sur la croix pour les pécheurs. Et cela arrangea tout !
– Comment donc, Danieli ?
– Vois-tu, maître Jo-Jo, j’ai vu que c’était pour moi qu’Il était mort. J’étais un pécheur, tout noir ; Il était le Sauveur. J’étais tout seul dans la brousse, il n’y avait pas de missionnaire pour me dire ce qu’il fallait faire, mais je parlai à Jésus dans mon cœur, et Son sang lava mon cœur noir et le rendit plus blanc que la neige. Oh ! Comme j’étais heureux ! Je dansais et sautais de joie là dans la brousse, tout seul, puis je rentrai à la maison, pris tous mes instruments de sorcier et les jetai dans la rivière.
– Et alors ?
– Alors le même après-midi, mon petit garçon rentra de l’école et me dit : « Père, ne sois pas fâché ! Mais je suis chrétien ! » « Et moi aussi, mon fils », répondis-je, et nous allâmes ensemble chez le missionnaire lui dire ces bonnes nouvelles. Voilà comment cela m’est arrivé, maître Jo-Jo ; et maintenant dis-moi aussi comment cela s’est passé pour toi !
Dans son fauteuil, Joe était tout tranquille, il tenait les yeux baissés et avait l’air triste. Soudain il dit :
– Danieli, je crains bien que cela ne se soit jamais produit pour moi ! Et une grosse larme roula sur sa joue. J’ai peur en pensant à ce qui me serait arrivé, si tu ne m’avais pas sauvé du lion, car je vois bien que je ne suis pas prêt à mourir !
Danieli tourna vers le jeune garçon en pleurs son regard affectueux. « Si Jésus a pu sauver un grand pécheur noir, Il peut aussi en sauver un petit blanc », dit-il.
Et le brave vieil africain, s’agenouilla tout simplement auprès de son petit ami et répandit son âme en une ardente prière pour l’enfant qu’il aimait si fort. Joe priait, lui aussi, et comme son cœur se tournait vers Jésus, la lumière se fit dans son esprit et une joie nouvelle éclaira son visage.
– Danieli, Danieli, tout va bien, tu peux cesser de prier, moi aussi je suis venu à Lui !
Et Danieli avec un visage rayonnant s’écria :
– Seigneur, sois loué et béni !

8. La forêt en flammes

Quelques heures plus tard, en rentrant d’une excursion faite avec le missionnaire, je trouvai Joe bien mieux qu’il n’avait été depuis son accident. Il était debout et vint à ma rencontre avec des joues roses, une joyeuse lumière dans ses yeux.
– Eh ! Joe, qui t’a donné un remède magique pour te remettre ainsi d’aplomb ?
– Danieli, oncle Salomon ! C’est le meilleur remède du monde !
Et Joe me raconta la merveilleuse histoire. Ce soir fut le plus heureux de ma vie ; il se termina par une petite réunion de prières, à laquelle tous les membres de la mission prirent part, pour rendre grâces à Dieu d’avoir guéri notre cher Joe et d’avoir sauvé son âme. Quant à Danieli, il rayonnait positivement.
– Maintenant, Joe, lui dis-je le jour suivant, il va falloir continuer notre voyage. L’auto n’a pas souffert de notre aventure et nous emportons la peau du lion comme trophée. Tu sais que ce vieux mangeur d’hommes terrorisait tout le pays depuis des mois et avait fait plusieurs victimes, avant de terminer sa vie en voulant te dévorer.
– Oncle, est-ce encore loin jusqu’à la station de papa ?
– Trois ou quatre jours, si tout va bien. J’ai essayé de lui faire parvenir un message, mais on ne l’a pas trouvé chez lui, il était en tournée ; cela arrive souvent à un missionnaire ; il est difficile de le rencontrer.
– J’espère qu’il sera de retour quand nous arriverons, oncle !
– Si ce n’est pas le cas, nous nous installerons à la mission et l’attendrons, mais on me dit qu’il doit revenir d’un jour à l’autre.
Il fallut dire adieu à tous nos nouveaux amis ; le départ de Joe suscitait des regrets unanimes, le jeune garçon était devenu le favori général. Quant à Danieli, il était inconsolable et pleurait sans se cacher. Je m’étais entendu avec le missionnaire pour que notre vieil ami pût être désormais à l’abri de tout besoin, et mener une vie paisible et douce, mais perdre Joe était presque au-delà de ses forces. Joe lui-même était bien ému et promit d’écrire souvent – promesse qu’il tint fidèlement, je suis heureux de le dire.
Nous voici de nouveau sur la piste, cahotés, secoués à qui mieux mieux. A mesure que la distance diminuait entre son père et nous, Joe était de plus en plus excité, et la perspective de revoir mon cher Jack me remplissait aussi de joie. Que devait-il ressentir lui-même ? Sa vie avait été bien solitaire, car il avait perdu sa femme peu après la naissance de leur seul enfant. Comme il lui en avait coûté de se séparer de son fils ! Maintenant il allait enfin le retrouver, et le retrouver tel qu’il pouvait le souhaiter à tous égards.

Nous avancions pleins de joyeuses perspectives, et mon compagnon se montrait plus bavard et questionneur que jamais.
Trois jours après notre départ, comme nous approchions d’une chaîne de collines, je fus frappé de l’étrange aspect du ciel devant nous ; l’horizon avait une teinte extraordinaire, que je ne m’expliquais pas.
– Oncle, ce n’est pas un nouvel orage ? demanda Joe avec une certaine angoisse.
– Non, ce ne sont pas des nuages de tempête ; je n’y comprends rien, jamais je n’ai vu un ciel semblable.
Un peu plus loin, une brise légère nous parvint, chargée d’étranges odeurs, et lorsque je vis notre auto se couvrir de suie, de cendres, comme échappées d’une énorme cheminée, je réalisai en un éclair ce qui se passait.
La brousse était en feu !
J’arrêtai la voiture, hésitant sur le parti à prendre ; aucun doute n’était plus possible : tout l’horizon n’était qu’une ligne de flammes et de fumée.
– Voilà qui n’est pas rassurant, mon ami, il n’y a pas un instant à perdre ! Et je tournai vivement l’auto pour filer dans la direction d’où nous venions.
Les flammes avançaient comme une armée menaçante ; nous battions en retraite à toute allure devant elles. Nous grimpions maintenant sur les collines dépassées tout à l’heure ; au sommet, une large plateforme rocheuse tout à fait aride nous offrit un refuge.
Quel spectacle, de là-haut ! Tout le pays était en feu. Fuyant l’incendie qui avançait rapidement, des hordes de bêtes sauvages galopaient éperdues à travers la plaine ; toute la faune de la brousse défilait affolée sous nos yeux : des troupeaux de buffles, des gazelles, des girafes, des zèbres, des autruches, sans parler de bien d’autres espèces inconnues. Au loin, un troupeau d’éléphants fuyait à toute vitesse, et des carnassiers, lions et léopards, qui n’étaient plus en quête d’une proie mais d’un abri, bondissaient dans toutes les directions. Nous pouvions voir aussi des reptiles, des serpents de toutes grosseurs, et des vols d’oiseaux au-dessus de la prairie. Nous regardions ce spectacle avec stupeur ; l’air devenait de plus en plus brûlant, et à mesure que l’incendie se rapprochait, nous étions plus épouvantés. Les arbres flambaient comme des torches, rien ne pouvait subsister dans cette fournaise ; nous étions heureux encore d’avoir pu atteindre le rocher dénudé où nous nous trouvions, mais ce refuge était bien précaire lui aussi. Enfin l’incendie atteignit la chaîne – barrière – de rochers. Nous étions couchés par terre tandis qu’alentour des langues de flammes cherchaient une pâture. Notre voiture était en danger ; si l’essence prenait feu, que deviendrions-nous ? Que faire ? Rester tranquille, prier et espérer. Les pierres sur lesquelles nous étions étendus devenaient brûlantes, mais nous ne pouvions changer de place. Après des heures d’angoisse, le vent tourna ; à notre inexprimable soulagement, les flammes s’éloignèrent peu à peu, laissant toute la contrée désolée.
Assis sur nos rochers, nous nous regardâmes, moi avec un cœur plein de reconnaissance, Joe tout vibrant de ce que nous venions de vivre.
– Oncle Salomon, quelle histoire à raconter à mes camarades d’école ! On aurait dit tout un jardin zoologique décampant en vitesse. Et quel feu ! Parlez-moi d’un incendie après ça !
– Mais Joe, dis-moi, n’as-tu pas eu peur ?
– Un tout petit peu, c’est vrai ; mais je n’ai plus peur comme autrefois, tu comprends, – et il me sourit d’un air entendu.
– Oui, mon garçon ; « nous savons que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu », n’est-ce pas ?
Mais il n’est pas facile de décider ce que nous allons faire maintenant. De toute manière, nous allons passer la nuit ici. Il nous faut dresser notre tente pour attendre le jour.
Je n’avais rien dit de mes craintes pour ne pas alarmer Joe, mais cette nuit-là, je ne pouvais dormir, plein d’appréhension au sujet de la station missionnaire de Jack Wantoknow. Nous n’en étions plus guère éloignés que de quatre-vingt kilomètres ; s’était-elle trouvée sur la ligne du feu ? Peut-être avait-elle été épargnée ? Ces incendies de brousse suivent des parcours bizarres, et changent parfois soudain de direction. Je sentais qu’il nous fallait continuer notre voyage sans tarder, et de grand matin nous descendions de notre colline, comme le soleil se levait sur un paysage d’une infinie désolation. La contrée était dévastée. Nous rencontrions ici et là les corps à demi calcinés d’animaux et de reptiles qui avaient péri dans les flammes ; mais le plus triste spectacle fut celui d’un grand village indigène. Les murs de boue des huttes restaient debout, mais les toits de chaume avaient tous disparu ; aucun signe de vie nulle part, mais des cadavres noircis d’hommes, de femmes, de petits enfants, témoignaient de la soudaineté et de la violence du fléau. Plus j’avançais et plus j’avais des craintes pour Jack Wantoknow. Sa mission n’était plus qu’à quarante kilomètres maintenant. Que lui était-il arrivé ? Il fallait avancer, vite, vite. Joe était étrangement silencieux et j’avais si peur des questions qu’il pourrait me poser, que je ne parlais pas non plus.
L’incendie couvait encore ici et là ; une ou deux fois il nous fallut descendre de voiture, éteindre l’herbe enflammée en battant le sol, et écarter les cendres brûlantes qui recouvraient la route. Partout un silence terrible sur cette scène de mort et d’horreur. Pas un oiseau, sinon parfois un vautour qui, à notre passage, s’envolait lourdement d’une carcasse.
– Oncle Salomon, y sommes-nous bientôt ? demanda Joe, comme nous avions roulé une heure.
Il parlait bas et sa voix tremblait légèrement, mais il regardait droit devant lui d’un air résolu.
– Nous sommes tout près maintenant ! Veux-tu rester ici et m’attendre pendant que j’irai jusqu’au village ?
Je n’osais penser à ce que la prochaine vallée – le but de notre destination – allait nous révéler.
– Non, oh ! Non ; je veux être avec toi, quoi qu’il arrive ; ne me laisse pas en arrière !
Et nous poursuivîmes notre route.
Hélas ! Hélas ! Toutes mes craintes se trouvaient réalisées. Au sommet de la dernière colline, un regard dans la vallée au-dessous de nous nous révéla toute l’affreuse, la cruelle vérité. La mission n’existait plus ! Rien que des ruines noircies et fumantes. La petite chapelle, que Jack nous avait décrite avec tant de joie, n’était plus que quatre murs croulants ; son bungalow s’était effondré, l’école était en ruines et toutes les huttes des indigènes étaient incendiées.
Pas un être humain, aucun signe de vie nulle part. C’était la vallée de la mort. Joe se couvrit la figure de ses mains et éclata en sanglots ; j’avais bien peine à retenir mes larmes.
N’avions-nous voyagé à travers les mers et les continents pendant près de vingt mille kilomètres que pour aboutir à cette catastrophe ? Nous avions tant rêvé et parlé du revoir, nous nous étions si bien imaginé cette scène heureuse, et maintenant toutes nos espérances étaient anéanties ? Oh ! C’était trop affreux, presque au-delà de mes forces, et cela dépassait certainement celles de mon petit compagnon. Que pouvais-je faire pour le consoler ? Pas grand-chose, et je restai silencieux à côté de lui, tandis qu’il sanglotait.
Mais il me fallait tâcher d’avoir quelques précisions sur les gens de la mission et surtout sur Jack. S’ils étaient tous en vie, le reste avait peu d’importance, mais je devais faire seul mon enquête, impossible que Joe soit témoin du pire, si vraiment le malheur suprême était arrivé.
– Écoute-moi, Joe, lui dis-je. Tout ce que nous avons vu est certes bien triste, mais si ton père est sain et sauf, quelle ne sera pas notre reconnaissance ! Et j’ai confiance, sais-tu ? Rappelle-toi qu’il était en tournée loin du village, la dernière fois que nous avons eu de ses nouvelles. Reste ici, et attends que je revienne.
Le laissant dans l’auto, je descendis tristement dans la vallée. Quel spectacle lamentable lorsque je franchis le mur qui entourait la station missionnaire ! Tout était brûlé, et personne pour m’accueillir ! Je cherchai, je fouillai de tous côtés : pas une âme vivante. Qu’allais-je encore découvrir ? A chaque pas, je tremblais de trouver ce qui m’aurait laissé inconsolable. Mais aucun cadavre, rien que les restes calcinés de quelques chèvres et de quelques poules ; mais partout des signes évidents de fuite précipitée. Tout semblait sens dessus dessous et je me représentais un départ affolé pour fuir l’incendie approchant.
Ce fut avec un soupir de soulagement que je revins près de Joe ; il pouvait aller visiter les lieux-mêmes maintenant et nous les parcourûmes ensemble bien tristement.
– Oncle Salomon, que crois-tu qu’il soit arrivé à père ?
– Je n’en sais rien, mon ami. Il ne pouvait pas rester ici sans nourriture et il doit s’être réfugié avec les indigènes, en quête de secours. Mais où ? Qui peut le dire ?

9. Seul dans la brousse

– Qu’allons-nous faire maintenant, oncle Salomon ? demanda Joe en me regardant avec anxiété.
Il était bien difficile de lui répondre, nous nous trouvions dans une situation des plus graves. Je savais qu’une distance de quatre cents kilomètres nous séparait de l’endroit civilisé le plus proche. Nous avions encore peut-être assez d’essence pour nous y conduire, mais nous n’avions aucune provision, car nous avions compté trouver tout le nécessaire chez Jack. Le pauvre Joe avait déjà assez de chagrin, sans que je lui fasse part de mes inquiétudes. Aussi, m’efforçant de paraître calme et confiant, je lui dis :
– Il nous faut tâcher de gagner les bords du lac Victoria le plus vite possible, Joe. C’est là que nous pourrons avoir des nouvelles de ton père. Il faut regarder les malheurs en face, et non pas s’en effrayer ainsi, mon garçon, du courage et en route !
Je dois dire que Joe fit un effort magnifique pour se montrer à la hauteur de la situation ; je voyais bien qu’il faisait cela pour moi, et bientôt son énergie jointe à son optimisme naturel lui redonnèrent son entrain accoutumé. De mon côté, je m’efforçai de le distraire et cela nous fit du bien à tous deux. Je disposai le carburateur afin d’économiser l’essence le plus possible et nous partîmes voulant tout espérer pour le mieux. Avant la nuit nous avions dépassé la région incendiée et nous nous décidâmes à camper au bord d’un ruisseau, afin d’avoir un bon repos avant d’affronter les inconnues du lendemain.
– Rations réduites ce soir, dis-je en brandissant notre seule miche de pain et notre dernière boîte de sardines.
Joe ne savait pas à quel point notre garde-manger était dégarni, et il mangea sa part de bon appétit ; quant à moi je ne touchai pas à la mienne, sous un prétexte quelconque, ne sachant pas ce que le jour suivant nous réservait, et j’essayai d’oublier la faim en dormant.
Au point du jour, nous étions de nouveau en route. Ce jour-là était le jour critique, deux cent cinquante kilomètres jusqu’au lac Victoria-Nyanza et pas assez d’essence pour ce parcours. Nos provisions étaient presque épuisées. On dit qu’une miche vaut mieux que point de pain du tout, mais c’est une maigre ration pour soutenir la vie de deux personnes ! Il y avait la chance de rencontrer un village, mais elle était bien peu sûre.
– Un morceau de pain et un verre d’eau font un assez bon déjeuner, étant donné nos circonstances. Qu’en penses-tu, Joe ?
– Oui, assez… – mais le regard affamé de mon compagnon contredisait ses paroles.
Il n’est pas facile d’être très loquace, lorsque l’estomac est vide, et nous continuâmes notre course en silence. Je ne quittai pas des yeux l’indicateur de ma réserve d’essence, et je la voyais baisser rapidement.
– Voilà, dis-je comme l’auto venait de s’arrêter, nous ne pouvons pas aller plus loin ce soir. La nuit va tomber, et cet endroit serait très favorable pour y planter notre tente. Dépêche-toi ; nous allons faire un bon feu et nous serons très bien ici. Ce ruisseau est commode aussi ; dans tous les cas nous ne mourrons pas de soif !
– Non, bien sûr, mais mourir de faim ne doit pas non plus être drôle, dit Joe, qui avait l’air sombre.
– Oui, sans doute et nous serions mal en point sans ces bananes. Quel bonheur que le seul indigène que nous ayons rencontré aujourd’hui en ait eu avec lui et ait bien voulu nous en vendre. Tu vois que nous n’avons pas à craindre la famine.
Je n’avais pas envie de dire à Joe ce que nous avions à redouter, et pourquoi j’avais choisi cet endroit pour y passer la nuit. A vrai dire, je n’avais pas à choisir : l’auto s’était arrêtée faute d’essence !
Nous nous trouvions dans une contrée absolument déserte, à quatre-vingt-dix kilomètres d’une station d’Européens, sans provisions – sauf quelques bananes – et privés de tout moyen de transport. La situation semblait désespérée. Que pouvions-nous faire ? Dans tous les cas mon pauvre Joe devait avoir encore une nuit tranquille et n’apprendre les nouvelles que le lendemain.
J’assumai un air gai, et nous nous installâmes confortablement près du feu, comme la nuit tombait, très froide.
Tout en mangeant notre maigre souper de bananes, nous nous amusions à imaginer quel repas nous commanderions si nous pouvions avoir ce que nous voulions. Joe était pour des saucisses et de la purée de pommes de terre, une tarte aux prunes, et un verre de bière pour arroser le tout ! Mon menu était autre, mais tout aussi appétissant !
Comme la nuit était venue, que les étoiles apparaissaient l’une après l’autre, je dis à Joe :
– Lorsque nous étions bien tranquilles et à l’abri à la maison, nous nous sommes bien souvent recommandés à notre Père céleste. Crois-tu, mon ami, que tu pourrais être aussi confiant ici, dans cette brousse perdue ?
Je crois que maintenant j’aurai confiance en Lui n’importe où et pour n’importe quoi, oncle Salomon, dit Joe en appuyant sur le mot : maintenant.
– Même si demain ta foi en Lui était durement mise à l’épreuve, mon cher enfant ?
Je ne crois pas que je pourrais jamais douter de Lui, oncle, quoi qu’il arrive. Tu comprends, Il est mon Sauveur à présent comme Il est Celui de père, de Danieli et le tien. Et je suis sûr qu’Il a pris soin de père et l’a mis en sécurité, quelque part ; ne le crois-tu pas aussi ?
– Certes, Joe, j’en suis assuré. Veux-tu que nous priions pour ton père, pour nous-mêmes, avant de dormir ?
Tout simplement et naturellement Joe se mit à prier, bien que ce fût la première fois qu’il le fît à haute voix. Il ne se douta pas combien sa foi inébranlable fortifia la mienne ce soir-là, et m’aida à prendre une grave résolution. Je m’étais décidé à aller chercher du secours, et à partir seul. C’était dur de laisser Joe en arrière dans la brousse, et le danger était grand, mais sans lui je pouvais marcher plus vite. C’était le seul moyen qui me parut possible et il me fallait le tenter. Dès que Joe fut profondément endormi sous notre tente, je pris un feuillet de mon agenda et écrivis les lignes suivantes à ce cher enfant :
« Mon cher Joe,
Nous n’avons plus d’essence et je vais chercher de l’aide. Reste ici jusqu’à ce que je revienne. Il n’y a pas grand-chose à craindre et tu as le fusil. Réfugie-toi dans l’auto s’il le faut. Économise tes bananes ; c’est tout ce qui te reste.
Adieu mon cher garçon. N’oublie pas ce que tu m’as dit ce soir. Le temps de l’épreuve est venu.
Ton affectionné,

Oncle Salomon »

Me penchant sur l’enfant endormi, je l’embrassai. Puis je mis le billet à côté de son oreiller, jetai quelques bûches sur le feu, et m’enfonçai dans la nuit. J’emportai quelques bananes et j’avais rempli ma gourde de l’eau du ruisseau ; j’avais aussi un révolver et une lampe électrique. J’espérais par une marche forcée toute la nuit, atteindre du secours avant vingt-quatre heures au plus.
J’ouvris le petit résumé de textes bibliques que je portais toujours sur moi, je cherchai le verset pour ce soir-là et voici ce que je lus :
« En toutes tes voies connais-Le. Il dirigera tes sentiers », et je demandai dans une ardente prière que moi-même, Son enfant par grâce, je puisse trouver mes pas dirigés et affermis.

10. Secours du ciel

Il y avait clair de lune, et la piste était assez bonne, de sorte que pendant quelques heures – quatre environ je marchai d’un bon pas et me sentis plein d’espoir à mesure que j’avançais. Mais la lune se coucha, la nuit se fit très sombre, si sombre que ma lampe m’était indispensable pour suivre le chemin recouvert d’herbe et mal tracé. Mais j’allais toujours, perdant parfois ma route, me retrouvant à la lueur de ma petite lanterne, jusqu’à ce que soudain, à ma consternation, la lumière s’éteignît : la pile était à bout et je me trouvais dans l’obscurité absolue !
Mais il fallait avancer, chaque heure était précieuse. Impossible de laisser Joe mourir de faim tout seul dans la brousse, et il n’avait de vivres que pour un jour. Priant Dieu de m’envoyer de l’aide, j’avançais à tâtons, mais me rendis bientôt compte que je m’étais égaré ! Ma boussole lumineuse m’indiquait bien la direction du nord, mais ce n’était qu’une donnée incertaine et lorsque le jour parut après une longue nuit de marche, je dus m’avouer que j’étais perdu dans la brousse.
Dans ma hâte j’avais commis une grave erreur : j’aurais dû rester sur place après avoir perdu la piste, jusqu’à ce que la lumière me permît de la retrouver. Maintenant je ne pouvais m’avancer avec certitude, ni retourner vers Joe. Qu’allais-je faire ? J’étais vraiment dans une situation désespérée. Sans nouvelles de Joe, le sachant seul et affamé, moi-même dans un terrible embarras… était-ce ainsi que Dieu avait « dirigé » mes pas ?
Ma foi était à une dure épreuve, et des doutes m’assaillaient, mais la simple prière que Joe avait faite le soir précédent me revint à la mémoire, ainsi que les mots tracés dans mon billet. Le temps de l’épreuve était venu pour nous deux. Ma confiance allait-elle défaillir ? Non, cela ne devait pas être et, tout en avançant à l’aide de ma boussole, je me mis à chanter un cantique de tout mon cœur :

Simple confiance, jour après jour,
Confiance lorsque la route est sombre,
Même lorsque la foi chancelle.
Confiance en Jésus, c’est tout ce qu’il faut.

Et alors il me sembla entendre un appel ! Mon cœur sauta dans ma poitrine ; je m’arrêtai pour écouter.
M’étais-je trompé ? Je criai de toutes mes forces : Holà ! Et immédiatement je reçus une réponse : « Holà, ici ! »

Et je vis alors que Dieu avait bien dirigé mes pas. En me guidant par des appels et des réponses j’arrivai à la fin dans une clairière où je vis un spectacle qui me remplit à la fois de surprise et de joie : deux aviateurs anglais affairés autour d’un avion qui avait atterri.
Nous eûmes vite fait d’échanger saluts et explications ; j’appris que le jour précédent une panne les avait obligés à descendre dans la forêt, mais la réparation nécessaire était presque achevée et les deux pilotes comptaient repartir le matin même.
– Ce vieux cantique que vous chantiez, je l’avais appris à l’école du dimanche, là-bas, au pays, lorsque j’étais petit, me dit l’un des mécaniciens. Je me demande un peu ce qui vous faisait chanter ! Si j’avais été perdu comme vous je n’aurais pas eu grande envie de chanter, hein, camarade ? ajouta-t-il en s’adressant à son compagnon.
– Pas de risque, répondit celui-ci, plutôt envie de jurer !
– Eh bien ! Dis-je, le chant a produit ce que des jurons n’auraient pu accomplir, et je leur racontai mon texte et comment il avait été réalisé. C’est plus qu’une coïncidence ! Qu’en pensez-vous ? Et c’est bien d’avoir Quelqu’un qui dirige vos pas lorsque vous êtes perdu. Maintenant je me demande comment je vais retrouver mon garçon et l’auto ?
– Je crois que nous pouvons arranger cela, dit le pilote. Lorsque notre machine sera prête, nous verrons ce que nous pourrons faire. En attendant, si nous déjeunions ?
A ma grande satisfaction je fus invité à partager le repas des deux hommes ; après avoir vécu deux jours d’une demi-douzaine de bananes, j’avoue que je l’appréciai beaucoup.
– Et maintenant à l’appareil, dit un des pilotes.
Après quelques essais infructueux, l’hélice commença soudain à tourner, nous sautâmes dans l’avion qui, après avoir effleuré la cime des arbres, s’éleva fièrement dans les airs.
Nous tournions en rond, décrivant de grands cercles, regardant de tous côtés, mais rien n’apparaissait. Après une heure de vaines recherches nous commençâmes à devenir inquiets. Que faire si nous n’arrivions pas à repérer mon auto ? La brousse était épaisse à certains endroits et, bien que la piste fût assez visible, nous la suivîmes au nord, et au sud, sans résultat.
– Rien à faire, déclara le pilote. Allons à Kisuma organiser une équipe de recherche. Ce n’est pas loin ; vous voyez d’ici le lac Victoria qui brille là-bas à l’horizon.
Mais j’hésitai à abandonner la lutte et nous volâmes encore, aussi bas que possible, espérant contre toute espérance apercevoir quelque trace de celui que nous cherchions. De guerre lasse nous allions quitter les lieux, lorsque j’entendis un coup de fusil, un autre encore…
– Regardez, regardez, criai-je, voilà de la fumée là-bas, près de la rivière, et voilà l’auto, je l’aperçois à travers les arbres !
Notre avion descendit encore, et bientôt nous vîmes distinctement la voiture sur la piste herbeuse, la petite tente tout à côté et puis Joe lui-même, dans l’auto, fusil en main, nous faisant signe par la fenêtre. Par bonheur il y avait tout près de là une clairière où l’on pouvait essayer d’atterrir, ce qui fut fait sans accident, puis nous courûmes vers l’auto.
– Oh ! Oncle Salomon, cria Joe ; vous arrivez du ciel ! Et juste à temps ; j’ai tiré ma dernière cartouche. Dieu fait des choses merveilleuses !
L’histoire que Joe nous raconta était émouvante. A l’aube, après qu’il avait lu mon billet, il avait entendu du bruit dans la brousse et, à sa terreur, avait vu toutes sortes de bêtes se dirigeant vers la rivière où était évidemment leur abreuvoir habituel. Le pauvre Joe s’était réfugié dans l’auto, d’où il avait surveillé allées et venues des léopards, des jaguars et des lions qui allaient boire à quelques deux cents mètres. Il était resté tapi dans la voiture toute la matinée, n’osant pas bouger, et de sa prison avait bien vu l’avion qui tournait au-dessus de lui, mais sans se douter que c’était lui-même qu’on cherchait ! Un léopard, intrigué par l’auto, s’était approché et avait sauté sur le capot. Joe avait tiré et manqué, tiré encore et touché l’animal, et tiré encore comme la bête féroce s’éloignait, et c’est cette salve de coups de feu qui avait été son salut en nous indiquant où il se trouvait.
L’un et l’autre nous avions été merveilleusement sauvés, gardés et dirigés, et du ciel vraiment nous était venu tout le secours nécessaire.
Dieu, qui avait nourri le prophète Élie par le moyen des corbeaux, nous avait sauvés par le moyen d’un aéroplane !

11. A la maison

Ce fut le cœur bien lourd que je pris la résolution de repartir pour l’Angleterre avec Joe. Nous étions enfin arrivés sans encombre sur les bords du lac Victoria, et nos aventures personnelles étaient terminées. Mais qu’était-il arrivé à Jack Wantoknow ? Qui le savait ? Nous n’avions eu aucune nouvelle de lui dans les villages que nous avions traversés, et encore aucune nouvelle à Kisuma où nous nous étions arrêtés. Laissant Joe à Kisuma, je partis pour Nairobi, la capitale du Kenya où je passai plusieurs jours, faisant toutes sortes de recherches et d’enquêtes auprès des autorités, de la police, et des différents postes missionnaires. Tout cela sans aucun résultat : Jack avait disparu aussi complètement que son village, et je dus m’avouer qu’il n’y avait plus rien à faire qu’à rentrer en Angleterre le plus vite possible.
Joe attendait mon retour avec une anxiété extrême. J’essayai de sourire et d’avoir l’air rassuré, mais le pauvre garçon ne fut pas trompé par l’apparence et se détourna pour cacher son chagrin et sa déception. Mais c’était un cœur brave, et au bout d’un moment il vint vers moi, mit sa main dans la mienne et me dit simplement :
– Et maintenant, oncle Salomon ?
– Maintenant, Joe ? En route pour l’Angleterre et aussi vite que l’avion nous y emmènera.
– En avion ? Oncle ? Et malgré sa peine, je vis que ses yeux brillaient. Veux-tu dire que nous allons vraiment voler pour le retour ?
– Oui, vraiment, mon ami, jusqu’à la maison ; et qui sait quelles nouvelles nous y trouverons ? Ton père m’y aura fait savoir quelque chose s’il n’est… je veux dire que tôt ou tard nous entendrons parler de lui, et si nous sommes là-bas, nous saurons mieux comment lui venir en aide. Ainsi, bon courage, Joe, et espérons tout pour le mieux.
Il était impossible à Joe de ne pas être enchanté de la nouvelle expérience qu’il allait faire. En vérité c’était en grande partie pour le distraire de son chagrin accablant, que je m’étais décidé à revenir par la voie des airs, et mon plan avait parfaitement réussi. Durant mon absence, Joe avait vu le grand avion du Sud de l’Afrique atterrir et repartir, et il avait assailli le pilote de tant de questions que celui-ci l’avait appelé « le petit curieux », sans savoir que Joe portait ce titre depuis longtemps.
– Regarde, oncle, voilà l’hydravion qui nous emmènera en Angleterre demain matin à six heures. Il est là sur l’eau près du quai. N’est-il pas magnifique ? Et aussi grand qu’un bateau ! Il a vingt-sept mètres de long, et il pèse vingt tonnes. N’est-ce pas incroyable qu’il puisse s’élever dans les airs ! Et son moteur est de trois mille chevaux !
Et pour un moment Joe redevint l’heureux garçon de jadis, avec la perspective de ce long voyage aérien de neuf mille kilomètres.
Le lendemain à l’aube nous survolions le lac Victoria, pendant neuf cents kilomètres, puis les vastes plaines de l’Uganda avec le Nil Blanc qui déroulait au-dessous de nous son long cours sinueux. Soudain nous commençâmes à descendre et Joe me jeta un regard inquiet.
– Rien à craindre, mon garçon, regarde là en bas ! Et nous vîmes d’énormes bêtes qui pataugeaient dans l’eau du fleuve. L’avion était descendu pour nous permettre de mieux les voir.
– Qu’est-ce que c’est, oncle Salomon ?
– Des hippopotames, et ils sont affolés en voyant notre avion au-dessus d’eux.
Plus tard dans la journée nous nous rapprochâmes de nouveau de terre pour considérer un autre spectacle.
– Des éléphants ! cria Joe, des éléphants, il y en a mille peut-être !
– Non pas mille, mais deux cents au moins qui fuient éperdument au bruit de nos moteurs.
Nous voici au-dessus du Soudan, et nous allons arriver à Khartoum, où le général Gordon (Gordon, explorateur et officier anglais, 1833-1885) mourut pour son pays. Nous allons y passer la nuit, et nous verrons la magnifique statue de Gordon. Quelle délicieuse fraîcheur nous avons ici à trois mille mètres au-dessus des sables brûlants du désert ! Voici de nouveau le Nil, et voici Khartoum.
– Oncle Salomon, qu’est-ce que ces drôles de construction dans le sable, là au-dessous de nous, me demanda Joe le jour suivant.
– Ce sont les monuments les plus étranges et les plus mystérieux du monde, et parmi les plus anciens aussi. Moïse les a vus il y a quatre mille ans. Ce sont les Pyramides ; d’ici en haut elles ont l’air petites et basses, mais en réalité elles sont énormes et l’on se demande comment les Égyptiens ont pu les construire. Et voici Le Caire que le Nil traverse ; le Nil est large et puissant ici ; nous allons arriver à Alexandrie sur les bords de la Méditerranée.
– Je vois la mer maintenant, oncle, et un grand port, et des navires de guerre, et nous descendons vers eux ! Est-ce Alexandrie ?
– Oui, et ces bateaux font partie de la flotte britannique. Quels merveilleux spectacles vu de cette hauteur !
Décrivant une courbe gracieuse, notre grand hydravion vint se poser à côté d’un croiseur anglais, notre traversée de l’Afrique était finie.

12. Le retour.

« Nous voici sur la Méditerranée, Joe, à environ mille kilomètres d’Athènes. Adieu l’Égypte, et saluons l’Europe ! »
Nous volions au-dessus de la mer bleue et les grands vaisseaux avaient l’air de jouets au-dessous de nous.
– Voici l’île de Crète, avec le Mont Cnossos, dont le sommet émerge des nuages floconneux qui l’entourent. Et cela est la petite île rocheuse de Milos, avec son port et sa ville charmante. Et voici enfin Athènes où se trouvait l’aréopage, dans lequel l’apôtre Paul prêcha Christ aux sages de son temps. Hélas ! Ils se moquèrent de lui, comme les sages de ce monde l’ont toujours fait depuis.
– Vois-tu le canal de Corinthe creusé à travers l’isthme et aussi droit qu’une règle ?
Voici Corinthe ! C’est ici que Paul passa plusieurs années. Il écrivit deux lettres aux Corinthiens, t’en souviens-tu ?
– Oui, oncle Salomon, et je sais par cœur le chapitre 13 de la première épître. Il y parle de l’amour. Et au bout d’un instant Joe ajouta :
– C’est vraiment merveilleux !
– Qu’est-ce qui est merveilleux, Joe, le paysage ?
– Oui, bien sûr, oncle, mais je pensais à ce chapitre 13 ; je crois que l’apôtre Paul n’a jamais rien écrit d’aussi beau !

– Voilà Corfou, Joe ; c’est ici le palais qui appartint jadis à l’empereur d’Allemagne. Quel endroit ravissant ! Maintenant nous allons tout droit à Brindisi en Italie ; au talon de la botte !
Nous volions vers le nord, suivant la ligne des Apennins, vers Rome. Joe avait lu bien des choses sur les empereurs romains, le Colisée où les chrétiens devaient combattre contre les bêtes fauves, le Forum, place des assemblées populaires, et les sept collines sur lesquelles est bâtie la Ville Éternelle. Nous survolions tout cela et à l’horizon s’élevait le Dôme majestueux de St-Pierre, tout éclairé par le soleil couchant.
Après avoir passé la nuit à Rome, nous pûmes visiter rapidement la ville avant de reprendre notre voyage le lendemain à l’aube.
– Quand serons-nous en Angleterre, oncle Salomon ?
– A quinze heures trente environ, nous devons débarquer à Southampton, si notre voyage continue à bien se passer, et alors… à la maison !
– Oui, à la maison, répéta Joe, avec un soupir étouffé. Oncle, crois-tu… y a-t-il quelque chance pour nous d’avoir quelque nouvelle ? Et mon jeune ami me regardait anxieusement.
– Joe, je n’ai jamais cessé d’espérer, et je continuerai encore. Mais sais-tu quels mots le chrétien emploie à la place du mot : désappointement ?
– Non, lesquels ?
– Il dira : « C’est Sa volonté ! » N’oublie pas cela, mon garçon, si en arrivant tu es désappointé.
– J’essayerai de toutes mes forces, oncle, mais tu sais, oh ! Tu sais j’espère quand même…
– Moi aussi, Joe, j’espèrerai jusqu’à la fin. Nous y voici, Joe ! Voilà les blanches falaises de l’Angleterre, et l’île du Wight, nous survolons Southampton ; là c’est l’énorme paquebot, « Queens Mary », et nous voilà déposés sains et saufs sur la mer à ses côtés. Voilà la vedette qui va nous emmener à quai. Il y a une foule de gens qui nous font des signes, qui nous souhaitent la bienvenue. Et là… oh ! Joe ! Regarde – est-ce bien vrai ? Mais regarde donc, – là-bas !
Le pauvre Joe regardait de tous ses yeux et devint soudain tout pâle. Je crus qu’il allait s’évanouir et étendis mon bras pour le soutenir. Mais il poussa un cri : « Père ! » et éclata en sanglots.
Oui, c’était bien vrai ; Jack Wantoknow était là, en chair et en os, nous faisant des signes, nous appelant, sans plus se soucier de la foule qui l’entourait comme si elle n’existait pas. Il criait à tue-tête : « Joe ! Mon cher petit Joe ! »
L’instant d’après ils étaient dans les bras l’un de l’autre.
– Oh ! Père, père, comme Dieu est bon. Il a répondu à mes prières, Il a exaucé chaque mot !
– Et les miennes aussi, dit Jack qui, se tournant vers moi, me saisit et me serra les mains avec force.

13. Épilogue

Il est impossible de laisser nos lecteurs dans l’ignorance de ce qui était arrivé à Jack Wantoknow, et il faut leur dire pourquoi il était sur le quai de Southampton au lieu de se trouver au centre de l’Afrique. L’histoire est bientôt contée.
Lors de l’incendie de la brousse, Jack était absent, à plusieurs kilomètres des lieux du sinistre. En revenant chez lui, il ne trouva que des ruines, la désolation et pas une âme. Nous ne pouvons raconter en détail comment il finit par arriver sur les bords du lac Victoria, misérable, affamé, et sans un sou. Il dit que c’est la main de son Père auquel il se confiait à chaque pas, qui l’a conduit, guidé, et certes il a bien raison. Il nous raconta qu’il avait été gardé « dans une paix parfaite », bien qu’il eût mille sujets d’inquiétude. Il s’était décidé à regagner l’Angleterre si c’était possible ; car il savait que là seulement il pourrait avoir de nos nouvelles, bonnes ou mauvaises. Mais l’Angleterre était à douze mille kilomètres et il était seul, sans argent et inconnu. Et pourtant non ! Pas seul et pas inconnu, car Celui qui le connaissait, qui se tenait à ses côtés, était puissant en ressources diverses et Jack s’attendait patiemment à Lui.
Le jour même où il arriva à Kisuma, il rencontra un touriste anglais auquel il raconta son histoire.
– Mon ami, dit cet étranger, vous allez venir avec moi, et sans plus d’embarras, Jack se trouva embarqué dans l’avion qui précéda immédiatement celui qui nous emporta, Joe et moi. En Angleterre il eut de nos nouvelles ; c’est ainsi que nous avons pu nous retrouver, ce qui mit une fin heureuse à toutes nos aventures.
Le soir de notre retour, nous étions réunis à la maison autour de la cheminée lorsque Joe dit tout d’un coup :
– Père, il m’a fallu aller jusqu’en Afrique pour trouver le Seigneur Jésus, et revenir jusqu’ici pour te retrouver. Cela a été un voyage merveilleux, tant à l’aller qu’au retour ! Puis, se tournant vers moi, il ajouta :
– Oncle Salomon, je n’ai pas eu le moindre désappointement à l’arrivée !
– Non, mon ami, car d’un bout à l’autre de notre voyage nous avons été conduits par Sa volonté.

D’après la Bonne Nouvelle 1994.

 

MARIE ET LES DEUX BANDITS

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Marie et les deux bandits

Il y a bien des années, vivaient dans une contrée isolée, un fermier chrétien et sa famille. Chaque dimanche, cet homme avait l’habitude de conduire toute sa famille à l’église, ne laissant en arrière qu’une seule personne pour garder la ferme. Les gens de cette région avaient la réputation d’être très honnêtes ; jamais on n’y avait entendu parler de vol ou de mésaventures graves.
Or, un beau dimanche d’été, le père partit laissant sa petite fille à la maison. C’était la première fois qu’on la trouvait assez âgée pour lui confier cette responsabilité. Mais Marie n’avait pas peur : elle ne s’ennuyait pas non plus. N’avait-elle pas pour la protéger et lui tenir compagnie son ami Médor, le bon vieux chien ? Marie regarda partir la voiture, puis elle prit la grosse Bible et, pendant une heure, lut les histoires qu’elle préférait – celle de Joseph vendu par ses frères et celle de David et du géant Goliath. Ensuite elle s’en alla dans le verger où elle s’amusa paisiblement à cueillir des fleurs et à observer les petits oiseaux. Ainsi s’écoula la matinée.
A midi, Marie rentra dans la maison et commença à mettre la table pour le repas de la famille. Ce fut alors qu’elle vit deux hommes qui s’approchaient de la porte de la cuisine. Ils étaient sales et mal habillés, pas endimanchés le moins du monde. Mais Marie qui avait toujours vu ses parents exercer l’hospitalité, les invita à entrer. Les étrangers parurent surpris et se regardèrent en ricanant.
– Tu es donc seule à la maison, petite fille ? Dit le plus jeune, en s’asseyant près de la table de la cuisine.
– Oui, Monsieur, seule avec Médor.
– Qui est Médor ?
– C’est notre chien. Je suis étonnée qu’il n’ait pas aboyé en vous voyant.
– Les chiens ne nous font jamais de mal ; nous ne le leur permettons pas, fit l’autre homme.
– Qu’importe Médor, fit le premier. Je ne crois pas que tu saches pourquoi nous sommes venus, gamine.
– Non, Monsieur, mais je suis sûre que vous aimeriez avoir quelque chose à manger. Vous avez l’air d’avoir faim.
– Tu as raison. Dépêche-toi de nous apporter quelque chose à mettre sous la dent. Et un peu vite ! Entends-tu ? Dit brusquement le plus vieux des deux.
– N’effraye donc pas la petite demoiselle, reprit son camarade. Puis, se tournant vers Marie :
– Il est de mauvaise humeur parce qu’il a faim.
Rassurée, l’enfant chargea la table de tout ce que contenait le garde-manger, puis s’assit avec ses hôtes.
Le plus jeune s’apprêtait à couper une tranche de rôti froid quand Marie dit doucement :
– Ne voulez-vous pas remercier Dieu tout d’abord ?
L’homme parut embarrassé.
– J’ai oublié comment on le fait. Prie toi-même, petite fille.
Marie, toute surprise, hésita ; puis joignant les mains, elle dit : « Donne-nous, ô Dieu, des cœurs reconnaissants pour la nourriture que tu nous accordes dans ta bonté. Nous te le demandons pour l’amour de Jésus. Amen ».
Quand les hommes eurent copieusement mangé, ils questionnèrent Marie, lui demandant quand elle attendait son père, s’il avait été au marché la veille, etc.
– N’as-tu pas peur d’être seule ici ? Ajouta le plus jeune. Pense donc, si de méchants hommes, des voleurs, par exemple, venaient te prendre ?
– Je n’ai pas du tout peur, répondit l’enfant en le regardant en face. Dieu prendra soin de moi. Je pense que vous connaissez le psaume où il est dit que l’Éternel garde ceux qui se confient en Lui.
– Je ne puis pas dire que je m’en souvienne. Comment est-il ce psaume ?
Voici un verset, dit Marie : « L’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et les délivre » (Ps. 34. 7).
– Et que dit le verset suivant ? Demanda l’homme, sans paraître remarquer l’impatience croissante de son compagnon.
– « Craignez l’Éternel, vous ses saints ; car rien ne manque à ceux qui le craignent » (Ps. 34. 9).
L’homme semblait très mal à l’aise. Il se trémoussait sur sa chaise. Enfin, il se leva, entraînant son camarade dans l’embrasure de la fenêtre. Là, ils se mirent à discuter vivement à voix basse. Enfin, l’enfant saisit ces paroles du plus jeune :
– Je te le dis, Thomas, que je ne le ferai pas et si toi tu essayes, nous verrons lequel de nous deux sera le plus fort !
Là-dessus les deux hommes sortirent dans la cour.
Au bout d’un instant, le plus jeune rentra dans la cuisine et demanda à Marie comment elle se nommait.
– Je ne veux pas oublier de te dire adieu, ajouta-t-il. Nous n’attendrons pas le retour de ton père. Peut-être reviendrons-nous un autre jour.
Il lui tendit la main et s’en alla.
– Où peut bien être Médor ? Se demanda Marie.
Et elle appela le vieux chien, mais en vain. Alors elle rentra dans la maison et attendit le retour de la famille.
Lorsque ses parents revinrent, la fillette leur raconta la visite des deux hommes et, peu de temps après, on trouva le pauvre Médor étendu mort dans le verger. Alors ils comprirent que ces hommes étaient des bandits, venus dans l’intention de dévaliser la ferme, mais qui n’avaient pas mis leur criminel projet à exécution.
Cependant les deux voleurs furent pris et déportés en Australie. Le plus vieux mourut en voyage, mais l’autre, Joseph S. arriva à destination. Il se conduisit si bien au milieu des autres criminels qu’il fut placé chez un fermier qui élevait des moutons. Un dimanche, Joseph assista à un service religieux. Le pasteur se mit à lire : « L’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et les délivre » (Ps. 34. 7). L’attention de Joseph fut immédiatement captivée et ses pensées se reportèrent vers la petite Marie. A l’issue du service, il s’approcha du pasteur et lui demanda un exemplaire du livre des Psaumes. Le prédicateur prit son adresse et lui envoya une Bible et quelques traités, montrant le salut que Dieu offre à tout pécheur. Le pauvre malfaiteur lut avidement et, par la grâce de Dieu, trouva le Sauveur.
Joseph resta chez le fermier jusqu’au terme de sa condamnation et, par sa conduite chrétienne, il montra que bien réellement il avait passé des ténèbres à la lumière. Le bandit d’autrefois était devenu un enfant de Dieu.

D’après la Bonne Nouvelle 1931.

(Tu trouveras cette histoire lue dans l’espace Audio, d’ici quelques jours…)

JE NE METTRAI POINT DEHORS…

Un nouveau chant « J’ai donné mon cœur au Seigneur »
et une nouvelle histoire : « Je ne mettrai point dehors… ».

 

 

 

Tiré de CD Vieilles histoires jeunes oreilles. B. Durst
Éditeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com) et
Éditions Bibles et Littérature Chrétienne (http://www.eblc.ch).

DEBOUT

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DEBOUT

« Que celui qui croit être debout prenne garde qu’il ne tombe»
1 Corinthiens 10. 12.

Quand nous constatons autour de nous les chutes qui atteignent, hélas, plus d’un jeune homme, d’une jeune fille, qui avaient pourtant dit aimer et suivre le Seigneur Jésus, quelle est notre réaction intérieure ? La tristesse, la peine, sans doute, surtout lorsque l’humiliation collective devient nécessaire; mais dans le secret de nous-mêmes n’avons-nous jamais eu, presque inconsciemment peut-être, cette pensée cachée : A moi, cela n’arrivera pas. Ou même, une telle pensée n’est pas formulée, mais une attitude de pitié, sinon de jugement sévère, envers le coupable, montre que dans le fond de notre cœur nous ne nous croyons pas capables d’en faire autant que lui. «Je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes».

Et pourtant la Parole vient nous dire: « Que celui qui croit être debout, prenne garde qu’il ne tombe. » Et ailleurs elle ajoute: « Toi, tu es debout par la foi. Ne t’enorgueillis pas, mais crains » (Romains 11. 20). Une chute grave ne survient pas en un jour. Elle n’est presque toujours que l’aboutissement d’une longue suite d’écarts, de fautes non jugées, qui ont affaibli en nous le sens de la sainteté divine, ont attristé le Saint Esprit et interrompu la communion. Et si Dieu permet que nous assistions chez d’autres à des chutes douloureuses, n’est-ce pas pour nous avertir aussi ? Pour que nous examinions bien, à sa lumière, si nous ne sommes pas sur le même chemin, de doute, d’incrédulité ou de corruption? La puissance de l’ennemi est terrible, beaucoup plus grande que nous n’imaginons : « Comme un lion rugissant, il rôde autour de vous, cherchant qui il pourra dévorer » (1 Pierre 5. 8).

« C’est par la foi que vous êtes debout »
2 Corinthiens 1. 24.

Mais il y a une ressource, une seule. Non pas les résolutions de la chair, non pas la soumission légale à des commandements, mais la foi. La foi qui compte sur une puissance qui n’est pas de nous, mais à la fois hors de nous et en nous. « Vous êtes gardés par la puissance de Dieu par la foi », dit Pierre (I Pierre 1. 5). « Ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu…je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi » (Galates 2. 20), dit Paul. La foi croit donc à la puissance de Dieu pour nous garder. Mais aussi elle nous fait réaliser que Christ est en nous, demeurant « en nous par l’Esprit qu’il nous a donné » (1 Jean 3. 24). Et selon Romains 8, nous voyons que cet Esprit est la seule puissance par laquelle nous pouvons « faire mourir les actions du corps » (v. 13.) Galates 5 ajoute : « Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point la convoitise de la chair » (v. 16.). Pour cela, il nous faut confesser et abandonner sans retard (1 Jean 1. 9) tout ce qui l’attriste (Eph. 4. 30), afin qu’il soit libre d’opérer en nous le fruit qui glorifiera Dieu. Ayant reçu l’Esprit par la foi (Galates 3. 14), c’est par la foi que nous sommes debout. « Et c’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi » (1 Jean 5. 4).

« Le Seigneur est puissant pour le tenir debout ».
Romains 14. 4.

Et si l’ennemi est puissant, notre Seigneur est encore plus puissant que lui. Non seulement, il nous a mis debout, mais il est « puissant pour nous tenir debout ». Si les fautes que nous avons trop souvent à reconnaître en nous, si les chutes auxquelles nous assistons nous font craindre, ne nous décourageons pas. Le danger est pour celui qui « croit être debout ». Mais : « Si j’ai dit : Mon pied glisse, Ta bonté, ô Éternel ! m’a soutenu » (Psaume 94. 18). La main qui s’est étendue « aussitôt » (Matthieu 14. 31) pour secourir Pierre enfonçant dans l’eau, est la même aujourd’hui, prête à répondre à celui qui crie : « Seigneur, sauve-moi » Et la même grâce est à l’œuvre pour relever ceux qui sont tombés.

Sentir sa faiblesse, crier à Dieu avec foi, c’est faire l’expérience merveilleuse de sa bonté et de sa puissance, qui veulent nous maintenir debout, en attendant le jour où, la marche de la foi étant terminée, nous serons « assis » dans le repos éternel autour de l’Agneau immolé, dans la maison du Père.

D’après Feuille aux jeunes n°66
G. André

LA HARDIESSE

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… et ils annonçaient
la Parole avec hardiesse

Le chapitre 2 des Actes nous rapporte que les disciples furent tous remplis de l’Esprit Saint et commencèrent à parler d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’énoncer; ils annonçaient les choses magnifiques de Dieu, certainement ce que nous trouvons plus loin dans le discours de Pierre : Dieu avait donné à Israël un Seigneur et un Christ, ce Jésus même qu’Israël venait justement de crucifier. Voilà donc des gens simples, des gens du commun, sans aucune autorité morale en Israël, qui commencent à proclamer, face à la foule, qu’un homme exécuté, cinquante jours auparavant, comme malfaiteur avec deux autres malfaiteurs, est le Christ, le Seigneur glorieux attendu ; que cet homme, jugé et condamné par les autorités religieuses établies par l’Eternel même, Dieu l’a ressuscité des morts, et qu’il est prêt à venir pour rétablir toutes choses. Plus encore, voilà ces hommes qui, sans détour, accusent le peuple d’être directement responsable de la mort du saint et du juste: «Vous l’avez cloué à une croix et vous l’avez fait périr», «ce Jésus que vous avez crucifié ». Quelle audace !
Nous vivons, nous, au milieu de nations habituées au nom de Jésus, habituées à entendre parler de sa mort, de sa résurrection, de nations qui, même, ont fait de la croix un objet d’ornement, un bijou. Pouvons-nous imaginer un instant la hardiesse qu’il fallait aux disciples pour annoncer ces choses, et lancer de telles accusations à la foule, cette foule venue pour adorer l’Éternel ? Quoi d’étonnant à ce qu’on les ait accusés d’être pleins de vin doux ? Des hommes qui, devant tous, proclamaient des choses aussi déraisonnables, risquant de leur attirer les pires ennuis, devaient être ivres assurément, et cette hardiesse devait leur venir du vin ! Comment Pierre, qui, peu de temps auparavant, avait renié Jésus devant une simple servante, aurait-il pu, s’il avait été lui-même, annoncer à la foule cette chose invraisemblable, la résurrection de ce Jésus? Comment aurait-il eu l’audace d’accuser ce peuple de l’avoir mis à mort ? Il fallait bien qu’il ait perdu le sens. Pourtant, Pierre n’était pas ivre ; certes, il ne parlait pas par sa propre force ; ce n’était pas son courage naturel, si faible, qui le soutenait ; non, mais Pierre était rempli de l’Esprit Saint.
Les chapitres 3 et 4 nous montrent l’opposition commençant à se manifester, à se préciser. On met les mains sur eux. Pierre et Jean, hommes illettrés et du commun, se trouvent traduits devant l’assemblée la plus instruite d’Israël, représentant la plus haute société, les chefs, les anciens, les scribes, et tous ceux de la race souveraine sacerdotale, tous ceux qui faisaient autorité en matière religieuse, ceux également qui avaient, en fait, pouvoir dans le pays. Comment Pierre et Jean vont-ils se comporter ? Vont-ils chercher à plaire à cette brillante assemblée ? Vont-ils chercher à diminuer ce qu’ils prêchaient la veille ? Vont-ils essayer de dire la vérité sans lui donner cette forme directe, brutale, accusatrice ? Il semble, en effet, qu’avec un peu de prudence dans leurs paroles, un peu de précaution, ils auraient pu présenter presque toute la vérité, l’essentiel du moins, et en même temps ménager leurs juges, et ainsi préserver leurs intérêts en évitant de s’attirer l’opposition des puissants. Mais Pierre et Jean ne sont pas occupés de leur propre intérêt, ils n’adoucissent pas la parole, ils ne diminuent pas la vérité pour la rendre plus acceptable à la raison ou à l’orgueil des hommes ; ils ne disent pas «presque» toute la vérité, ils disent «toute» la vérité, celle qui heurte la raison, mais celle aussi qui frappe la conscience ; ils ne cherchent pas de compromis, ils sont pour Dieu contre le monde. Pierre ouvre la bouche et annonce Jésus « que vous, vous avez crucifié et que Dieu a ressuscité d’entre les morts », les accusant par là d’un crime et d’un crime contre le Dieu dont ils sont les sacrificateurs. Quelle hardiesse ! Que ce soit devant la foule du commun peuple ou devant les plus hautes autorités, le message de Pierre est le même, aussi direct en ses termes, aussi percutant pour les consciences : « Vous avez livré …, vous avez renié le saint et le juste, vous avez mis à mort le prince de la vie, vous l’avez cloué à une croix, vous l’avez crucifié … ». Comment Pierre pouvait-il avoir une telle hardiesse qui le faisait reconnaître pour avoir été avec Jésus ? Pierre était rempli de l’Esprit Saint.
On pensera, peut-être, que les révélations reçues par les disciples, le fait d’avoir vu le Seigneur ressuscité, les avaient mis dans un tel état d’exaltation qu’ils n’avaient plus conscience du danger. Mais ils le voyaient très bien, le danger, ils sentaient très bien aussi leur faiblesse, ils sentaient très bien la crainte, la peur, s’immiscer dans leur cœur. C’est pourquoi, nous les voyons, aussitôt qu’on leur a interdit avec menaces de parler de Jésus, s’adresser au « Souverain », à celui qui a fait les cieux, la terre, et la mer et toutes les choses qui y sont, celui qui domine sur toutes choses et qui est donc parfaitement capable de les secourir, d’abattre l’opposition, de préserver leurs vies ou leurs libertés. Mais que demandent-ils ? Que le danger soit ôté ? Que leurs vies ou leurs libertés soient préservées ? Nullement. Leurs propres intérêts, leurs existences mêmes ne sont l’objet de leurs soucis en aucune manière ; une seule chose les occupe : la Parole du Seigneur ; une seule crainte devient la leur : celle de fléchir devant le danger ; aussi ne présentent-ils qu’une seule prière : « Donne à tes esclaves d’annoncer ta parole avec toute hardiesse … ». Annoncer la parole, malgré la moquerie, l’opposition, les menaces, le danger, voilà quel était l’unique souci des disciples, parce que leur cœur était rempli d’un unique objet : le Seigneur Jésus. En réponse à leur prière « ils furent tous remplis du Saint Esprit… ils annonçaient la parole avec hardiesse ».
Et nous, mes amis, montrons-nous quelque chose de cette sainte hardiesse pour annoncer la Parole, cette hardiesse produite par l’Esprit Saint remplissant un cœur dont l’unique objet est le Seigneur ? Avons-nous un tel souci du témoignage ? Désirons-nous seulement, au fond de nous-mêmes, dans notre cœur, remplir un tel service ? On dira : mais nous ne sommes pas tous appelés à prêcher sur les places publiques, il y a un témoignage rendu, simplement, par la conduite, sans parole … Certainement, nous ne sommes pas tous appelés à prêcher aux foules, mais annoncer la Parole de Dieu ne signifie pas seulement cela. Le témoignage rendu par la conduite, indispensable certes, ne doit pas être considéré comme seul nécessaire: il est incomplet. Si nous ne sommes pas tous appelés à la prédication, à tous il nous est réclamé de confesser de la bouche Jésus comme Seigneur. Si nous le faisons chaque fois que l’occasion nous en est donnée, cela en soulèvera des questions auxquelles il faudra répondre ! Et tous nous avons à parler la vérité chacun à notre prochain, toute la vérité, même si elle est dure à entendre ou à dire, la vérité sur Dieu, sur l’homme, sur Satan, sur le monde, en ces temps où les hommes s’interrogent et s’inquiètent, ou s’exaltent devant les progrès extraordinaires de leur science, devant le bouleversement des empires établis. Nous connaissons, nous, la vérité, et même la vérité concernant l’avenir l’avons-nous dite ? C’est cependant ce que Dieu veut, de même qu’il veut que nous disions la parole qui est bonne, propre à l’édification selon le besoin, afin qu’elle communique la grâce à ceux qui l’entendent.
Il ne faut pas entendre les ordres à moitié, accepter le côté négatif, rejeter le côté positif ; Dieu ne dit pas que pour ne pas mentir, il nous faille nous taire, mais il dit : « Parlez la vérité » Éphésiens 4. 25 et suivants. Dieu ne veut pas qu’au lieu de prononcer des paroles déshonnêtes, nous gardions la bouche fermée, mais que nous disions la parole bonne qui communique la grâce. L’avons-nous fait ? Nous sommes bien élevés, nous ne disons que rarement des paroles déshonnêtes, nous ne mentons pas ou peu, mais quantité de gens font de même qui – et ils – ne sont pas pour autant des disciples du Seigneur. Ce qui distingue le disciple c’est que, non seulement il ne ment pas, mais il dit la vérité ; non seulement il ne dit pas de paroles déshonnêtes, mais il dit la parole d’édification. Nous sommes-nous ainsi distingués ?
Et tous encore nous avons à répondre à quiconque nous demande raison de l’espérance qui est en nous (1 Pierre 3. 15), ce qui suppose d’abord que nous ne cachons pas cette espérance, mais qu’elle se voit en nous. Tous aussi, nous avons à suivre un chemin de bonnes œuvres préparées à l’avance (Éphésiens 2. 10), qui forcément nous conduira à ne pas agir comme les autres, à ne pas réagir comme les autres, à ne pas parler comme le monde autour de nous.
Il faut le dire : penser à ces choses nous humilie. Reconnaissons-le, nous avons eu des occasions, souvent, et souvent aussi, manqué de hardiesse pour les saisir. N’avons-nous pas rencontré beaucoup de monde dans notre vie ? Je pense plus particulièrement à la période de jeunesse, au collège, à l’armée… tous ces cama-rades venus de tous les milieux, de toutes les régions, et que nous n’avons peut-être jamais revus de notre vie, avons-nous toujours saisi l’occasion ? Puis au bureau, à l’atelier, dans le voisinage, avec ceux que nous côtoyons journellement. .. Oui, elles ne nous ont pas manqué, les occasions d’annoncer la Parole, et sans discours.
Hélas ! Trop souvent nous avons été timides. Pourquoi ? Par orgueil, par amour-propre, c’est-à-dire amour de soi ; par respect humain, parce que annoncer la Parole c’est réellement endosser l’opprobre de Christ ; nous avons craint de déplaire aux hommes parce que la vérité les condamne et risque de les indisposer à notre égard ; nous avons craint de choquer le monde, nous avons craint de perdre la considération de notre entourage, nous avons craint de passer pour des illuminés, des fanatiques, des rétrogrades ; nous avons craint la moquerie, le sourire ironique, et surtout, surtout, nous avons craint ce que les autres en pourraient dire par derrière …
Et pourtant, mes amis, nous n’avons pas devant nous, par la pure grâce de Dieu, une opposition violente, nous sommes au milieu de nations dites christianisées, habituées à entendre parler de Christ de temps en temps, au milieu d’hommes que la vérité scandalise peu, à cause de leur indifférence, ou ne scandalise que lorsqu’elle est dite tout entière et sans mélange, et c’est notre responsabilité. On ne met pas les mains sur nous ; on ne nous fait tort en rien dans nos intérêts ; des autorités qui se réclament plus ou moins de Christ protègent et assurent la liberté, et nous avons peur …
Oh! Craignons d’être de ceux qui ont honte de Lui et de ses paroles ; entendons l’avertissement: « Celui qui aura honte de moi et de mes paroles, le fils de l’homme aura honte de lui … » (Luc 9. 26). Mais, dirons-nous, nous n’avons pas honte du Seigneur, nous ne craignons pas de dire que nous sommes chrétiens. Oui, mais craignons d’avoir honte de «ses paroles», de ses paroles rapportées dans leur totalité ; celles qui font grâce et celles qui condamnent, celles qui sont tolérées par tous et celles qui sont une folie et un scandale pour tous … ; et d’avoir honte, aussi, de celles qu’il faudrait dire, mais qui nous jugent et nous condamnent nous-mêmes.
Ah, si nos cœurs et nos pensées étaient remplis de lui, si nous désirions réellement son approbation plutôt que l’approbation et la considération des hommes, si nous n’avions, véritablement, dans le cœur que le seul souci de le servir, lui et sa Parole, plutôt que nous servir, nous, alors, nous aussi, nous serions remplis de l’Esprit Saint, et nous aurions, nous aussi, toute hardiesse pour dire la parole à propos. Prenons garde ; nous sommes ceux qui voient venir l’épée sur le pays ; ne sonnerons-nous pas de la trompette ? Nous sommes ceux qui ont entendu la parole de la bouche de Dieu : « Méchant, certainement tu mourras! » N’avertirons-nous pas le méchant ? (Ézéchiel 33. 1 à 9)
Puisse la prière des disciples être aussi, sincèrement, la nôtre : « Donne à tes esclaves d’annoncer ta parole avec toute hardiesse … », et que nous soyons de ceux qui ne peuvent pas ne pas parler des choses qu’ils ont vues et entendues (Actes 4. 20).

D’après Feuille Aux Jeunes n°172
J. Thomas

LES « MOI JE SUIS » DE L’ÉVANGILE DE JEAN

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LES « MOI JE SUIS »… DE L’ÉVANGILE DE JEAN

COMPTE RENDU RENCONTRES ADOLESCENTS
AOÛT 2015

Cantique 26 des Venez à Moi.

On ne peut servir deux maîtres
Sans que l’un d’eux soit trompé.
Un jour, il faut bien l’admettre,
Un jour, il faut décider.
Décide qui tu veux suivre,
A qui tu veux t’attacher,
Celui pour qui tu veux vivre,
A qui tu veux tout donner.

On ne peut servir deux maîtres
Sans que l’un d’eux soit trompé.
Un jour, il faut bien l’admettre,
Un jour, il faut décider.
Le monde offre ses richesses,
Mais Jésus t’offre sa paix :
Oh ! Donne-lui ta jeunesse,
C’est lui la vraie liberté.

On ne peut servir deux maîtres
Sans que l’un d’eux soit trompé.
Un jour, il faut bien l’admettre,
Un jour, il faut décider.

Qui est celui qui engage son cœur pour venir à moi dit l’Éternel ? Jér. 30. 21.

Il y a sept « Moi je suis » dans l’Évangile de Jean et ce n’est pas pour rien. Sept nous parle de quelque chose de complet, comme les sept jours de la semaine.

– Moi, je suis le pain de vie (Ch. 6. 35).
– Moi, je suis la lumière du monde (Ch. 8. 12).
– Moi, je suis la porte (Ch. 10. 9).
– Moi, je suis le bon berger (Ch. 10. 14).
– Moi, je suis la résurrection et la vie (Ch. 11. 25).
– Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie (Ch. 14. 6).
– Moi, je suis le vrai cep (Ch. 15. 1).

– Moi, je suis le pain de vie (Ch. 6. 35).

« Et Jésus leur dit : Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. Moi, je suis le pain de vie. Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; or le pain aussi que moi je donnerai, c’est ma chair, laquelle moi je donnerai pour la vie du monde » (Jean 6. 35, 48, 51).

Trois fois le Seigneur dit : Moi, je suis le pain de vie. Le pain était déjà à cette époque un aliment très important pour la vie. Le Seigneur donne une image.
Si on veut vivre, on a besoin du Seigneur comme on a besoin de manger et boire pour vivre une vie avec Dieu, une vie qui continue dans le ciel, une vie éternelle.
« En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui croit [en moi], a la vie éternelle. Moi, je suis le pain de vie » (Jean 6. 47 et 48). Ce pain de vie donne la vie éternelle.
Celui qui croit en moi à la vie éternelle (et non pas aura). Il suffit donc de croire.
« Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; or le pain aussi que moi je donnerai, c’est ma chair, laquelle moi je donnerai pour la vie du monde. Jésus donc leur dit : En vérité, en vérité, je vous dis : Si vous ne mangez la chair du fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes » (Jean 6. 51 et 53). C’est manger et boire tout ce que le Seigneur a dit.
Dieu a pensé à Son peuple dans le désert et leur a donné la manne. Cela leur a permis de vivre un moment sur la terre.
Mais maintenant c’est non seulement pour une vie heureuse sur la terre mais aussi pour l’éternité.
A la multiplication des pains (Jean 6. 9 et 10), le Seigneur les éprouve. Qu’est-ce que l’on va faire ? Le petit garçon avait cinq pains et deux poissons et avec cela le Seigneur a nourri cinq mille personnes. Il était bien le pain de vie. Il était bien plus qu’un prophète, il était le Fils de Dieu, le vrai pain de vie.
C’est à Capernaüm que le Seigneur a dit qu’Il était le pain de vie, là où il avait fait beaucoup de miracles (Ch. 6. 24 et 59). Il avait enseigné ces choses dans la synagogue.
Est-ce que le pain de vie est uniquement donné pour les adultes ? Non, mais il est aussi pour les enfants.
Il y avait aussi des enfants sûrement. Dieu donne le pain de vie aussi pour les enfants. Le Seigneur aimait beaucoup les enfants, Il les a béni, Il les a pris dans ses bras.
« Vos pères ont mangé la manne au désert, et sont morts ; c’est ici le pain qui descend du ciel, afin que quelqu’un en mange et ne meure pas » (Jean 6. 49 et 50).
Dans le désert, un million de personnes sont mortes. Ici on voit partout des cimetières, c’est un peu triste. Mais le Seigneur donne la vie. Il vient du ciel. Ce n’est que par Lui que l’on peut avoir la vie éternelle. Notre âme ne peut pas mourir.
Les chrétiens meurent aussi, ou plutôt s’endorment. Le corps reste sur la terre et l’esprit va vers le Seigneur.
Ce verset 63 est capital : « Les paroles que moi je vous ai dites sont esprit et sont vie ». Toutes ses paroles donnent la vie. Il nous faut les recevoir, les garder.
« Jésus donc dit aux douze : Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? Simon Pierre lui répondit : Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6. 67 et 68).
Si nous nous attachons à ce que le Seigneur a dit, si nous écoutons Dieu dans les évangiles, les paroles du Seigneur Jésus nous permettent de saisir la vie éternelle.
Il est important de lire la Parole tous les jours, c’est par elle que nous pouvons connaître le Seigneur.
« Dès l’enfance, tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi qui est dans le christ Jésus » (2 Timothée 3. 15). Comment être sage à salut ? Par la foi au Seigneur Jésus. Les saintes lettres – toute la Bible – vous pouvez toutes les lire, les connaître et elles vous rendront sages à salut, si vous les croyez vraiment dans votre cœur !

– Moi, je suis la lumière du monde (Ch. 8. 12).

« Jésus donc leur parla encore, disant : Moi, je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8. 12).
La première fois où il est parlé de la lumière est : « Et Dieu dit : Que la lumière soit. Et la lumière fut » (Genèse 1. 3). Au verset 2, c’était les ténèbres. Qui donne la lumière ? C’est Dieu. Est-ce que vous aimez être dans la lumière ou dans le noir ? La lumière nous montre tout. Alors on peut voir si c’est beau ou pas, propre ou sale. La lumière de Dieu nous montre non seulement le dehors mais aussi ce qu’il y a dans notre cœur.
«La vraie lumière était celle, qui, venant dans le monde, éclaire tout homme » (Jean 1. 9). Le Seigneur est la vraie lumière. Il éclaire tout homme, même ceux qui n’en veulent pas.
Dieu va lire ce qu’il y a dans le cœur, dans les petits recoins, ce qui est bien caché, même à vos parents.
Si on ne veut pas de la lumière, que se passe-t-il ? On reste dans la nuit.
Si on veut la vie éternelle, la lumière, il nous faut le Seigneur Jésus.
La Bible n’est pas un livre quelconque qui va nous expliquer les choses mais c’est une Personne qui parle à travers sa Parole.
Il nous est parlé plusieurs fois dans l’évangile de Jean de la lumière :
« Or c’est ici le jugement, que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jean 3. 19). Le prince des ténèbres c’est Satan.
Nos cœurs sont naturellement ténébreux mais le Seigneur éclaire tout notre cœur.
« Jésus donc leur dit : Encore pour un peu de temps la lumière est au milieu de vous ; marchez pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne s’emparent pas de vous ; et celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez fils de lumière. Jésus dit ces choses, et s’en allant, il se cacha de devant eux. Moi, je suis venu dans le monde, [la] lumière, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres » (Jean 12. 35, 36, 46).
Le Seigneur veut éclairer notre vie. Il dit : « Celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres mais il aura la lumière de la vie. » (Jean 8. 12). Le Seigneur ne dit pas : Tous ceux qui me suivent…mais Celui qui me suit. C’est individuel. Il faut que chacun décide de suivre le Seigneur et alors il marchera dans la lumière.
Nous sommes aussi des porte-lumière. «Car vous étiez autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ; marchez comme des enfants de lumière (car le fruit de la lumière [consiste] en toute bonté, et justice, et vérité), éprouvant ce qui est agréable au Seigneur » (Éphésiens 5. 8 à 10).
Nous sommes des enfants de lumière. A l’école, c’est les ténèbres qui ont envahi les cœurs chez les hommes comme chez vos camarades. Si vous connaissez le Seigneur, vous pouvez être une lumière au milieu de ces ténèbres.
« Vous êtes la lumière du monde : une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Aussi n’allume-t-on pas une lampe pour la mettre ensuite sous le boisseau, mais sur le pied de lampe ; et elle luit pour tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, en sorte qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matthieu 5. 14 à 16).
Nous sommes aussi des disciples. Le Seigneur dit : Vous êtes la lumière du monde. Ce n’est pas une possibilité mais c’est un fait que le Seigneur exprime.
On ne va pas mettre la lumière sous le lit, sous le boisseau mais sur le pied de lampe.
C’est ce que l’on voit : une bonne œuvre, ce que l’on dit, ce que l’on fait, comment on se comporte à l’école, avec ses camarades et ses enseignants.
Vos camarades vont observer comment vous parlez, vous réagissez quand on vous ennuie.
Le Seigneur nous donne la lumière. Il nous éclaire et nous devons refléter cette lumière devant les hommes comme la lune reflète la lumière du soleil.
Si c’est une bonne œuvre, cela va luire.
Le Seigneur ne veut pas que nous restions cachés mais que les hommes voient quelque chose de la lumière du Seigneur. « Car le fruit de la lumière [consiste] en toute bonté, et justice, et vérité » (Éphésiens 5. 9).
Dans cette épitre aux Éphésiens il nous est parlé de 3 caractères de la lumière :
La bonté : ce qui est bon ou mauvais.
La justice : les actes justes.
La vérité : dire la vérité.
Ce qui n’est pas vrai, c’est du mensonge.
Ce n’est pas facile, dans le monde on l’on vit, on voit souvent l’opposé. On trouve de l’injustice, du mensonge. On doit être gardé de cela.
La bonté, c’est aimer. Et que voit-on autour de nous ? Les guerres, les bagarres à l’école ou à la maison avec ses frères et sœurs.
Ce n’est donc pas naturel. Nous avons besoin que le Seigneur nous aide à montrer la bonté, la justice, la vérité.
Nous devons être des luminaires, comme des étoiles, là où nous sommes à l’école ou à la maison.
« Afin que vous soyez sans reproche et purs, des enfants de Dieu irréprochables, au milieu d’une génération tortue et perverse, parmi laquelle vous reluisez comme des luminaires dans le monde » (Philippiens 2. 15). Un enfant qui a reçu Jésus dans son cœur est donc appelé à reluire.
Vous êtes dans une génération qui use de violence. « Il est une génération qui maudit son père et qui ne bénit pas sa mère, une génération pure à ses propres yeux et qui n’est pas lavée de son ordure, une génération,… que ses yeux sont hautains, et ses paupières élevées ! – une génération dont les dents sont des épées et les molaires des couteaux, pour dévorer les affligés de dessus la terre, et les nécessiteux d’entre les hommes » (Proverbes 30. 11 à 14). C’est ce que l’on voit dans ce monde, on se moque de Dieu, on méprise ses parents.
Au milieu de cette génération méchante, vous pouvez montrer autre chose en étant des luminaires. C’est soit la lumière, soit les ténèbres.
La lumière ce n’est pas comme les couleurs qui se mélangent entre elles. La lumière ne peut se mélanger aux ténèbres.
« Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules ; car quelle participation y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou quelle communion entre la lumière et les ténèbres ? » (2 Corinthiens 6. 14).
Communion veut dire : quelque chose de commun. Il n’y a rien de commun entre la lumière et les ténèbres.
Alors quelqu’un qui appartient au Seigneur ne peut pas se marier avec quelqu’un qui ne croit pas en Lui : c’est incompatible. C’est comme vouloir mélanger la lumière et les ténèbres. Le Seigneur nous montre un chemin aussi pour le mariage.
Moi, je suis la lumière du monde (Ch. 8. 12) a dit le Seigneur.

« Je suis la lumière »,
A dit le Seigneur ;
Avec moi, mon frère,
Ouvre-Lui ton cœur.
Le monde est plein d’ombre :
Brillons, brillons bien,
Toi dans ton coin sombre,
Et moi dans le mien.

Si la pure flamme
Parfois baisse un peu,
Veillons sur notre âme,
Ravivons le feu.
Le monde est plein d’ombre :
Brillons, brillons bien,
Toi dans ton coin sombre,
Et moi dans le mien.

Quand le jour se voile
Au clair firmament,
La plus humble étoile
Brille doucement.
Le monde est plein d’ombre :
Brillons, brillons bien,
Toi dans ton coin sombre,
Et moi dans le mien.

Cantique 227.

Jésus-Christ nous apporte
Le salut par la foi ;
Il dit : « Je suis la porte,
Il faut entrer par moi ».
Pour nous conduire au Père,
Il est mort sur la croix,
Et déjà sur la terre
Nous connaissons sa voix.

De ses brebis qu’il aime
Il est le bon berger :
Il les garde lui-même
Et sait les protéger.
S’il leur donne la vie
C’est pour l’éternité ;
Sa puissance infinie
Est leur sécurité.

Nul ne pourra nous nuire,
Nous ravir de sa main ;
Il saura nous conduire
Dans le seul vrai chemin.
Voyant notre faiblesse,
Il veut nous rassurer,
Des soins de sa tendresse
Toujours nous entourer.

Goûtons, en la présence
Du souverain Berger,
La vie en abondance
Qu’il nous fait partager ;
Et dans sa dépendance,
Marchant en liberté,
Gardons la jouissance
De son intimité.

Dans ce cantique le Seigneur est la porte et le bon Berger.

– Moi, je suis la porte (Ch. 10. 9).

« Jésus donc leur dit encore : En vérité, en vérité, je vous dis que moi je suis la porte des brebis. Moi, je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; et il entrera et il sortira, et il trouvera de la pâture » (Jean 10. 7 et 9).
On voit deux fois que le Seigneur est la porte.
La porte permet d’entrer. Pour entrer au ciel il y a une porte. Elle est encore ouverte mais un jour elle sera fermée. Pour chacun, elle est encore ouverte, il faut entrer par la porte.
On trouve cette expression « En vérité, en vérité » seulement dans l’évangile de Jean. C’est très important quand le Seigneur le dit. Il veut insister.
Pourquoi est-il question de brebis ? Pourquoi sommes-nous des brebis ?
La brebis est un animal plutôt bête, il faut la guider sinon elle va se perdre ou se faire manger. Il n’y a qu’un seul endroit où elle peut passer et c’est le Seigneur Jésus. Le seul qui peut nous donner la vie éternelle, le seul qui éclaire notre chemin et la seule porte pour aller au ciel c’est le Seigneur Jésus.
«Et il n’y a de salut en aucun autre ; car aussi il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés » (Actes des Apôtres 4. 12). C’est le seul nom, il n’y a pas d’autre nom, c’est le nom de Jésus (qui veut dire Sauveur). Qui a donné ce nom ? C’est Dieu. « Tu appelleras son nom Jésus » (Mat. 1. 21).
« Or, comme elles s’en allaient pour en acheter, l’époux vint ; et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui aux noces ; et la porte fut fermée. Ensuite viennent aussi les autres vierges, disant : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! Mais lui, répondant, dit : En vérité, je vous dis : je ne vous connais pas. Veillez donc ; car vous ne savez ni le jour ni l’heure » (Matthieu 25. 10 à 13).
Il y a un moment où lors des noces, « La porte fut fermée ». Il y en a qui voulaient entrer mais c’était trop tard. Il peut y avoir encore aujourd’hui des personnes (des enfants de parents chrétiens par exemple) qui voudraient entrer mais qui tardent à le faire. Ce soir, la porte peut être fermée ! C’est aujourd’hui qu’il faut se décider pour le Seigneur Jésus.
« Moi, je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; et il entrera et il sortira, et il trouvera de la pâture » (Jean 10. 9). Le Seigneur ne dit pas : si toute une famille entre ou si 5 personnes entrent, non, si quelqu’un. Celui qui entre est sauvé. Il ne dit pas qu’il y a quelques marches à monter ensuite pour y arriver, c’est-à-dire des efforts à faire pour être sauvé.
Non, une fois la porte franchie, on est sauvé.
Quand on entre par le Seigneur, c’est merveilleux. On ne sait pas bien ce qu’il y a derrière la porte, vous ne savez pas encore tout ce que le Seigneur donne mais c’est merveilleux.
Et puis on sort : on va à l’école et on peut servir le Seigneur. Il nous utilise comme des instruments pour parler ou aider nos camarades, nos parents. « Il entrera et il sortira » (Jean10. 9).

– Moi, je suis le bon Berger (Ch. 10. 14).

« Moi, je suis le bon Berger : le bon Berger met sa vie pour les brebis ; Moi, je suis le bon Berger, et je connais les miens et je suis connu des miens » (Jean 10. 11, 14).
Le bon Berger donne sa vie sur la croix, il est mort sur la croix. Il connaît ses brebis. Chacun de vous il vous connaît par son nom : «Il appelle ses propres brebis par leur nom, et les mène dehors » (Jean 10. 3) Il nous appelle chacun. On peut dire : oui je viens maintenant, mais ne remets pas à plus tard, car le plus tard ne nous appartient pas.
Il nous appelle à l’écouter, à Le suivre aujourd’hui.
« Nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin, et l’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous » (Ésaïe 53. 6). Nous avons tous été des brebis errantes. On est perdu, on ne connaît pas son chemin. Une brebis perdue va se faire manger, va mourir.
Tous les hommes sont errants, sont perdus. Chacun suit son propre chemin. On veut choisir comment on veut vivre. Le Seigneur avant de pouvoir conduire les brebis a dû donner Sa vie. Pourquoi devait-Il mourir ? Ça ne suffisait pas qu’Il guérisse, qu’Il ressuscite les morts ? Il voulait nous sauver nous donner la vie éternelle et parce que Son Dieu le Lui avait demandé. Son sang nous lave.
Le péché nous sépare de Dieu, le Seigneur a porté nos péchés sur la croix. Si quelqu’un croit simplement, c’est certain, il est sauvé.
La Bible est la vérité, il nous faut la croire. Elle nous donne des certitudes.
Le bon Berger aime toutes ses brebis, chacune d’elle, individuellement. Il aime chacun d’entre vous personnellement.
« Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi » (Jean 6. 37).
« Moi, je suis le bon Berger : le bon Berger met sa vie pour les brebis » (Jean 10. 11). Le Seigneur a fait cela.
« Moi, je suis le bon Berger, et je connais les miens et je suis connu des miens » (Jean 10. 14). Maintenant le Seigneur connaît le nom de ses brebis. Le Seigneur connaît ses brebis, celle qui boîte, qui est vieille…
Le Seigneur nous connaît : Il connaît nos soucis, nos problèmes. Il connaît tout ce qui se passe chez chacun d’entre vous.
« L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien » (Psaume 23. 1). Il nous dit : Tu ne manqueras de rien. Il veut nous donner ce que l’on a besoin chaque jour.
Dans l’Ancien Testament, il y avait déjà des « Moi je suis ».C’est Dieu qui parle à Moïse :
« JE SUIS CELUI QUI SUIS. Et il dit : Tu diras ainsi aux fils d’Israël : JE SUIS m’a envoyé vers vous » (Exode 3. 14). Quel est ton nom dit Moïse et Dieu dit : JE SUIS CELUI QUI SUIS. Je suis, Yahvé c’est le nom de Dieu et le Seigneur dit : Moi je suis. C’est le même que Celui qui a parlé à Moïse et qui nous parle. Dieu se révèle là et dit Qui Il est.
Il est toujours le Dieu qui existe éternellement, toujours le même.
Chacun peut mettre un mot après « Je suis ». Tu as besoin de paix ? Je suis la paix, de lumière ? Je suis la lumière, de vérité ? Je suis la vérité.
« Avant qu’Abraham fut, je suis. » (Jean 8. 58). Il était de toute éternité (Ps.90. 2).

Cantique 140 des Venez à Moi.

Je ne sais pourquoi dans sa grâce
Jésus m’a tant aimé,
Pourquoi par son sang il efface
Ma dette, mon péché.
Mais je sais qu’en lui j’ai la vie,
Il m’a sauvé dans son amour,
Et gardé par sa main meurtrie,
J’attends l’heure de son retour.

Je ne sais comment la lumière
Éclaire tout mon cœur,
Comment je compris ma misère
Et reçus mon Sauveur.
Mais je sais qu’en lui j’ai la vie,
Il m’a sauvé dans son amour,
Et gardé par sa main meurtrie,
J’attends l’heure de son retour.

Je ne sais quelle est la mesure
De joie et de douleur
Que pour moi, faible créature,
Réserve mon Sauveur.
Mais je sais qu’en lui j’ai la vie,
Il m’a sauvé dans son amour,
Et gardé par sa main meurtrie,
J’attends l’heure de son retour.

Je ne sais quand de la victoire
L’heure enfin sonnera,
Quand l’Agneau, l’Époux dans sa gloire,
Avec lui me prendra
Mais je sais qu’en lui j’ai la vie,
Il m’a sauvé dans son amour,
Et gardé par sa main meurtrie,
J’attends l’heure de son retour.

Cantique 166 des Venez à Moi.

Dans tes mains, je remets ma vie entière :
Elle est en sûreté pour l’éternité.
Sous ton regard d’amour, je pourrai m’épanouir,
Vivant tout près de toi, le Dieu souverain.
Mes soucis semblent trop lourds à porter
Et le lendemain semble incertain…
Mais tu m’aimes et tu veux m’aider,
Père, tu te tiens tout près.

Dans tes mains, je remets ma vie entière :
Elle est en sûreté pour l’éternité.
Sous ton regard d’amour, je pourrai m’épanouir,
Vivant tout près de toi, le Dieu souverain.

Engagé dans l’engrenage de la vie,
Je n’ai plus le temps de m’arrêter…
Viens, Seigneur, viens, Jésus, libère-moi
Et conduis mes pas dans ton chemin.

Dans tes mains, je remets ma vie entière :
Elle est en sûreté pour l’éternité.
Sous ton regard d’amour, je pourrai m’épanouir,
Vivant tout près de toi, le Dieu souverain.

Les jours passent, mais quel est leur sens ?
Incontrôlable, le temps fuit…
Maintenant, la question se pose à moi :
Qu’ai-je fait de tout ce temps ?

Dans tes mains, je remets ma vie entière :
Elle est en sûreté pour l’éternité.
Sous ton regard d’amour, je pourrai m’épanouir,
Vivant tout près de toi, le Dieu souverain.

– Moi, je suis la résurrection et la vie (Ch. 11. 25).

« Jésus lui dit : Moi, je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, encore qu’il soit mort, vivra ; et quiconque vit, et croit en moi, ne mourra point, à jamais. Crois-tu cela ? Elle lui dit : Oui, Seigneur, moi je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde » (Jean 11. 25 à 27).

Le Seigneur dit cela à Marthe. C’est la sœur de Lazare et de Marie. « Or il y avait un certain homme malade, Lazare, de Béthanie, du village de Marie et de Marthe sa sœur » (Jean 11. 1).
Lazare va mourir. Le Seigneur avait dit : «Cette maladie n’est pas à la mort, mais pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle » (Jean 11. 4). Il savait déjà que celui qu’Il aimait – comme nous Il nous aime – allait mourir. Le Seigneur allait le ressusciter pour glorifier Dieu.
Le Seigneur annonce à Marthe : « Moi, je suis la résurrection et la vie ».
Pourquoi la mort sur la terre ? Le salaire du péché c’est la mort.
« Car les gages du péché, c’est la mort ; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le christ Jésus, notre Seigneur » (Romains 6. 23).
Lazare est mort parce qu’il avait péché. Les croyants meurent aussi, ils sont endormis en Jésus et par Jésus.
Le Seigneur est capable de prendre quelque chose qui n’a plus la vie, qui est poussière et de lui redonner la vie.
Dans la Genèse, Dieu a donné la vie aux oiseaux, aux poissons, à la nature toute belle.
« Enseigne-nous ainsi à compter nos jours, afin que nous en acquérions un cœur sage » (Psaume 90. 12).
On est tous vivants aujourd’hui et on a tous des jours à vivre. Dieu sait combien de jours, de mois, d’années nous vivrons. Il nous faut donc compter nos jours, et se préparer à devoir quitter cette terre, soit au retour prochain du Seigneur Jésus, soit à notre mort.
Dieu compare la vie d’un homme à une vapeur. « Vous qui ne savez pas ce [qui arrivera] le jour de demain ; (car qu’est-ce que votre vie ? Car elle n’est qu’une vapeur paraissant pour un peu de temps et puis disparaissant) » (Jacques 4. 14).
Cela montre la fragilité de la vie.
Nos temps sont en la main de Dieu qui nous aime.
Il nous faut donc être prêt à rencontrer Dieu.
Si on connaît le Seigneur Jésus, il va nous introduire auprès de Lui, et nous n’avons pas à avoir de crainte. Si nous devons passer par la mort, nous serons ressuscités lors de la venue du Seigneur.
Le Seigneur a juste parlé et Lazare est ressuscité. Tous les chrétiens qui sont endormis attendent le grand réveil.

Exemples de résurrections que nous trouvons dans les évangiles et les Actes:

– La résurrection du Seigneur après trois jours, à la fin de chaque évangile.
– La résurrection de Tabitha. « Mais Pierre, les ayant tous mis dehors et s’étant mis à genoux, pria ; et, se tournant vers le corps, il dit : Tabitha, lève-toi. Et elle ouvrit ses yeux, et voyant Pierre, elle se mit sur son séant » (Actes des Apôtres 9. 40).
– La résurrection de la fille de Jaïrus. « Et un des chefs de synagogue, nommé Jaïrus, vient ; et le voyant, il se jette à ses pieds ; et il le suppliait instamment, disant : Ma fille est à l’extrémité ; [je te prie] de venir et de lui imposer les mains, afin qu’elle soit sauvée, et qu’elle vive » (Marc 5. 22 et 23). Jaïrus était chef de synagogue et sa fille était très malade. « Comme il parlait encore, il vient des gens de chez le chef de synagogue, disant : Ta fille est morte ; pourquoi tourmentes-tu encore le maître ? Et Jésus, ayant entendu la parole qui avait été dite, dit aussitôt au chef de synagogue : Ne crains pas, crois seulement. Et ayant pris la main de l’enfant, il lui dit : Talitha coumi ; ce qui, interprété, est : Jeune fille, je te dis, lève-toi. Et aussitôt la jeune fille se leva et marcha, car elle avait douze ans ; et ils furent transportés d’une grande admiration » (Marc 5. 35, 36, 41 et 42).
Tous les hommes vont ressusciter. Il y a premièrement la résurrection des croyants lors de la venue du Seigneur et deuxièmement la résurrection de tous les autres, pour comparaître devant le grand trône blanc.
Tout n’est pas fini à la mort. « Or il y avait un homme riche qui se vêtait de pourpre et de fin lin, et qui faisait joyeuse chère, chaque jour, splendidement. Et il y avait un pauvre, nommé Lazare, couché à sa porte, tout couvert d’ulcères, et qui désirait de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; mais les chiens aussi venaient lécher ses ulcères. Et il arriva que le pauvre mourut, et qu’il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Et le riche aussi mourut, et fut enseveli. Et, en hadès, levant ses yeux, comme il était dans les tourments, il voit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. Et s’écriant, il dit : Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare, afin qu’il trempe dans l’eau le bout de son doigt, et qu’il rafraîchisse ma langue, car je suis tourmenté dans cette flamme. Mais Abraham dit : [Mon] enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement les maux ; et maintenant lui est consolé ici, et toi tu es tourmenté. Et outre tout cela, un grand gouffre est fermement établi entre nous et vous ; en sorte que ceux qui veulent passer d’ici vers vous ne le peuvent, et que ceux qui [veulent passer] de là ne traversent pas non plus vers nous. Et il dit : Je te prie donc, père, de l’envoyer dans la maison de mon père, car j’ai cinq frères, en sorte qu’il les adjure ; de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de tourment. Mais Abraham lui dit : Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent. Mais il dit : Non, père Abraham ; mais si quelqu’un va des morts vers eux, ils se repentiront. Et il lui dit : S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne seront pas persuadés non plus si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts » (Luc 16. 19 à 31).
C’est trop tard pour l’homme riche. Tant que l’on est vivant il faut croire.
Le Seigneur est ressuscité tout seul. Lui seul a ce pouvoir car il est en lui-même la résurrection et la vie.

– Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie (Ch. 14. 6).

« Jésus lui dit : Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie ; nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14. 6). Le Seigneur répond à Thomas qui avait posé une question : « Thomas lui dit : Seigneur, nous ne savons pas où tu vas ; et comment pouvons-nous en savoir le chemin ? » (Jean 14. 5).
Le Seigneur avait parlé du ciel, du chemin pour y aller. Il est Le chemin. Pour aller au ciel ou pour en connaître le chemin, il faut seulement aller au Seigneur. C’est un chemin étroit. Il est petit, on ne peut pas y passer deux à deux. C’est comme la porte. Il faut se faire petit pour passer.
Vous êtes des enfants, vous êtes petits, alors pour vous c’est facile d’aller à Jésus.
« Entrez par la porte étroite ; car large est la porte, et spacieux le chemin qui mène à la perdition, et nombreux sont ceux qui entrent par elle ; car étroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent » (Matthieu 7. 13 et 14).
Il y a deux chemins : un chemin large, c’est très facile d’y aller. On peut y aller ensemble mais ce chemin va à la perdition.
Le Seigneur nous dit la vérité, il nous dit que si on suit ce chemin du monde, on va à la perdition.
Satan va nous mentir, nous dire : regarde ces belles choses…
Il y a l’autre chemin étroit qui va au ciel. Il faut que chacun décide d’y entrer.
Il n’y a que deux chemins, pas trois. Il y avait deux brigands à la croix : l’un était sauvé, l’autre perdu.
La vérité est dans le Seigneur seul. Dans le monde, il y a le mensonge.
« Vous, vous avez pour père le diable, et vous voulez faire les convoitises de votre père. Lui a été meurtrier dès le commencement, et il n’a pas persévéré dans la vérité, car il n’y a pas de vérité en lui. Quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur, et le père du mensonge. Mais moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas » (Jean 8. 44 et 45).
Il n’y a pas de vérité dans le diable, quand il parle il dit un mensonge, il ne peut pas dire autre chose car il est menteur.
On ne voit pas le diable, c’est lui le chef sur la terre. Il conduit les hommes dans le monde à faire la guerre, le mensonge, le mal.
Il dit aux hommes : tout va bien aller, ce n’est pas la peine de vous inquiéter de la mort.
Est-ce que l’on peut avoir confiance en quelqu’un qui ment ? Non, bien sûr !
Le Seigneur nous dit la vérité. Il nous dit que nous sommes des pécheurs, parce qu’Il nous aime et qu’Il vient nous donner le remède.
Deux autres choses sont la vérité :
« Sanctifie-les par la vérité ; ta parole est la vérité » (Jean 17. 17).
La Bible est la Parole de Dieu, c’est Dieu qui l’a écrite, c’est donc la vérité.
« C’est lui qui est venu par [l’] eau et par [le] sang, Jésus le Christ, non seulement dans [la puissance de] l’eau, mais dans [la puissance de] l’eau et du sang ; et c’est l’Esprit qui rend témoignage, car l’Esprit est la vérité » (1 Jean 5. 6). Le croyant a reçu l’Esprit de Dieu. Il nous fait comprendre les choses de Dieu. Il nous parle et nous dit la vérité. « Mais quand le Consolateur sera venu, lequel moi je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité, qui procède du Père, celui-là rendra témoignage de moi » (Jean 15. 26). Il rend témoignage du Seigneur et nous fait comprendre la Bible. « Mais quand celui-là, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité : car il ne parlera pas de par lui-même ; mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses qui vont arriver » (Jean 16. 13).

« Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie » (Jean 14. 6). Le Seigneur est La vie. Il a donné la vie aux hommes et aux animaux.
Au jardin d’Éden, l’homme a désobéi et a apporté la mort.
Dans le jardin, il y avait aussi l’arbre de vie. Dieu a fermé l’entrée du jardin, car l’homme pécheur ne devait pas en manger.
A la fin de la Bible, il y a encore un arbre de vie. « Bienheureux ceux qui lavent leurs robes, afin qu’ils aient droit à l’arbre de vie et qu’ils entrent par les portes dans la cité » (Apocalypse 22. 14). Dieu veut donner la vie mais il faut aller à Jésus pour avoir cette vie. Il est la vie.
« Et l’Éternel Dieu commanda à l’homme, disant : Tu mangeras librement de tout arbre du jardin ; mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, au jour que tu en mangeras, tu mourras certainement » (Genèse 2. 16 et 17).
Dieu avait dit : « Tu mourras ». L’homme a écouté Satan, il est mort.
Adam devait comprendre ce que cela voulait dire. La mort c’est la séparation de Dieu (du moins pour la seconde mort).
« Au milieu de sa rue, et du fleuve, de çà et de là, était l’arbre de vie, portant douze fruits, rendant son fruit chaque mois ; et les feuilles de l’arbre sont pour la guérison des nations » (Apocalypse 22. 2). Cet arbre donne du fruit pour la vie des croyants.
« Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées. À celui qui vaincra, je lui donnerai de manger de l’arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu » (Apocalypse 2. 7).
Dieu nous a donné la vie et nous devons la montrer si nous sommes sauvés.
« Portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans notre corps » (2 Corinthiens 4. 10). La vie de Jésus doit être montrée dans ce que l’on fait chaque jour. Si on ne la voit pas on peut se demander si elle est réelle. C’est comme une plante qui est vivante : elle pousse.
Lorsque vous parlez, parlez-vous comme le monde, dites-vous des gros mots ? Ou parlez-vous différemment ?
Nous avons besoin de demander chaque jour au Seigneur de nous aider à montrer Sa vie. C’est comme un arbre qui a sa sève qui le fait pousser.

– Moi, je suis le vrai cep (Ch. 15. 1).

« Moi, je suis le vrai cep, et mon Père est le cultivateur. Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l’ôte ; et tout sarment qui porte du fruit, il le nettoie, afin qu’il porte plus de fruit. Vous, vous êtes déjà nets, à cause de la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, et moi en vous. Comme le sarment ne peut pas porter de fruit de lui-même, à moins qu’il ne demeure dans le cep, de même vous non plus [vous ne le pouvez pas], à moins que vous ne demeuriez en moi. Moi, je suis le cep, vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit ; car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15. 1 à 5).
C’est sur les sarments qu’il y a des grappes de raisins. Pour qu’il y en ait, il faut que le sarment reste accroché au cep. En dehors du Seigneur Jésus, on ne peut pas porter de fruit.
Si je coupe un sarment et le met par terre, va-t-il pousser ? Non. Le sarment ne sert à rien quand il est coupé, on ne peut rien faire avec.
Nous aussi, n’ayons pas d’illusion : sans le Seigneur, on ne peut pas porter de fruit. Qu’est-ce que c’est porter du fruit ?
« Mais le fruit de l’Esprit est l’amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance : contre de telles choses, il n’y a pas de loi » (Galates 5. 22 et 23)
C’est un fruit qui est différent des œuvres de la chair qui sont très nombreuses !
Si on reste attaché au Seigneur, il y aura du fruit porté dans nos vies.
Comment montre-t-on qu’on est attaché au cep, au Seigneur ? En lisant la Parole de Dieu, en l’aimant, en pensant à Lui souvent, en priant. Tout cela va nous aider à faire ce qui plaît au Seigneur.
Le Seigneur désire que l’on porte beaucoup de fruit et que l’on soit Ses disciples.

Le Seigneur a dit : Moi je suis… Est-ce que nous nous disons : Moi je suis ceci ou cela ? Non, seulement le Seigneur ! Nous on est petits.
Nous pouvons dire : Moi je suis aimé du Seigneur Jésus et je désire Le suivre.

Cantique 254 des Venez à Moi.

Je louerai l’Éternel de tout mon cœur,
Je raconterai toutes tes merveilles,
Je chanterai ton nom.
Je louerai l’Éternel de tout mon cœur,
Je ferai de toi le sujet de ma joie,
Alléluia !

Cantique 78 des Venez à Moi.

Chaque instant de chaque jour qui passe,
En Jésus je puis me confier ;
Cet Ami que jamais rien ne lasse,
Me soutient, sait me fortifier.

Et son cœur si patient, si tendre,
Sait pourvoir aux besoins de ma foi ;
A lui seul j’ai appris à m’attendre
Et je sais qu’il s’occupe de moi.

Aide-moi à n’avoir confiance
Qu’en toi seul, mon Maître, mon Seigneur.
Tu connais toutes mes défaillances ;
Mais je suis toujours dans ta faveur.

Et ton cœur si patient, si tendre,
Sait pourvoir aux besoins de ma foi ;
A toi seul j’ai appris à m’attendre :
Je sais que tu t’occupes de moi.

Prends ma main, tiens-moi quand je chancelle ;
Le chemin est sombre et rocailleux.
Oh ! Donne-moi de t’être fidèle,
Conduis-moi jusqu’au séjour des cieux.

Et ton cœur si patient, si tendre,
Sait pourvoir aux besoins de ma foi ;
A toi seul j’ai appris à m’attendre :
Je sais que tu t’occupes de moi.

L’AFFRANCHISSEMENT

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L’AFFRANCHISSEMENT

COMPTE RENDU RENCONTRES ADOLESCENTS
AOÛT 2015

– Que veut dire : être affranchi ? C’est être libéré. Quand nous étions perdus, quand nous n’appartenions pas au Seigneur Jésus, quand nous étions dans nos péchés, quand nous dépendions d’un maître qui s’appelle Satan qui était dur et cruel, un jour nous avons compris que le Seigneur Jésus est mort sur la croix pour nos péchés, nous l’avons accepté comme notre Sauveur, nous avons pleuré sur nos péchés, nous avons réalisé que nous ne pouvions pas aller au ciel avec Lui car nous étions pécheurs, nous l’avons accepté comme notre Sauveur, nous avons réalisé qu’auparavant nous dépendions d’un autre maître. Le Seigneur à la croix nous a payé très cher, Il a donné Sa vie, Il a accepté d’être traité comme un criminel, Il a accepté d’être abandonné de Dieu, pendant trois heures il a expié nos péchés et depuis comme Il nous a libérés, nous appartenons maintenant au Seigneur. En nous il y a maintenant deux natures : l’ancienne nature, le péché, le moi, la chair, le vieil homme qui était déjà en nous mais nous avons aussi maintenant en nous le nouvel homme et la nouvelle nature.
On pourrait commencer par un verset important : « Mais maintenant, ayant été affranchis du péché et asservis à Dieu, vous avez votre fruit dans la sainteté et pour fin la vie éternelle » (Romains 6. 22). Nous avons été affranchis du péché, c’est-à-dire que nous avons été libérés du péché, nous n’en sommes plus esclave, nous ne sommes plus sous sa domination, le péché ne règne plus sur nos corps mortels (Romains 6. 12). Le péché devient un accident pour le chrétien et donc nous avons été libérés du péché alors que les gens du monde, ceux qui n’appartiennent pas au Seigneur, pour eux, c’est tout à fait normal – comme manger, boire, respirer – de pécher et ils le font sans souffrir. Mais nous, chrétiens, il nous arrive malheureusement de pécher mais c’est un accident, ce n’est pas un état normal de pécher. Nous avons été délivrés, libérés du péché et « asservis » à Dieu c’est-à-dire que nous avons changé de maître et ce Maître ce n’est plus Satan mais c’est Dieu, c’est le Seigneur Jésus.

– On peut peut-être donner un exemple concret. On dit tout le monde ment. Lorsque l’on a la nouvelle nature, nous sommes repris. Notre conscience nous dit : Tu as menti. La nouvelle nature souffre car toutes les bonnes décisions et les bonnes actions ne suffisent pas pour compenser les mauvaises.

– Lorsque l’on est converti, va-t-on arrêter de pécher ? On se rend très vite compte que malheureusement on continue à pécher. Ce qui nous rend malheureux car l’on veut plaire au Seigneur Jésus et l’on se rend compte que l’on fait des choses qui ne conviennent pas. On appartient au Seigneur et on sert encore deux maîtres. Le moi, la chair, la vieille nature me font faire des choses que je n’aimerai pas faire. Il y a des choses que je regarde, que j’entends, que je fais. Et je sais que ce n’est pas bon et j’aimerai arrêter de le faire cela mais je ne peux pas m’en empêcher, cela revient tout le temps.
En Romains 7, on se rend compte que la personne qui parle dans ce chapitre est un chrétien – et c’est important car si l’on pèche on pourrait se dire : mais non je ne suis pas chrétien, je pèche donc je ne suis pas chrétien, non ! – en Romains 7 c’est un chrétien malheureux car il veut faire le bien mais il n’y arrive pas !
« Que dirons-nous donc ? La loi est-elle péché ? – Qu’ainsi n’advienne ! Mais je n’eusse pas connu le péché, si ce n’eût été par [la] loi ; car je n’eusse pas eu conscience de la convoitise, si la loi n’eût dit : «Tu ne convoiteras point. Mais le péché, ayant trouvé une occasion par le commandement, a produit en moi toutes les convoitises, car sans [la] loi [le] péché est mort. Or moi, étant autrefois sans loi, je vivais ; mais le commandement étant venu, le péché a repris vie, et moi je mourus ; et le commandement qui était pour la vie, a été trouvé lui-même pour moi pour la mort. Car le péché, ayant trouvé une occasion par le commandement, me séduisit, et par lui me tua. La loi donc est sainte, et le commandement est saint, et juste, et bon. Ce qui est bon est-il donc devenu pour moi [la] mort ? – Qu’ainsi n’advienne ! Mais le péché, afin qu’il parût péché, m’a causé la mort par ce qui est bon, afin que le péché devînt par le commandement excessivement pécheur. Car nous savons que la loi est spirituelle : mais moi je suis charnel, vendu au péché ; car ce que je fais, je ne le reconnais pas, car ce n’est pas ce que je veux, que je fais, mais ce que je hais, je le pratique. Or si c’est ce que je ne veux pas que je pratique, j’approuve la loi, [reconnaissant] qu’elle est bonne. Or maintenant, ce n’est plus moi qui fais cela, mais c’est le péché qui habite en moi. Car je sais qu’en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien ; car le vouloir est avec moi, mais accomplir le bien, [cela] je ne le trouve pas. Car le bien que je veux, je ne le pratique pas ; mais le mal que je ne veux pas, je le fais. Or si ce que je ne veux pas, moi, – je le pratique, ce n’est plus moi qui l’accomplis, mais c’est le péché qui habite en moi. Je trouve donc cette loi pour moi qui veux pratiquer le bien, que le mal est avec moi. Car je prends plaisir à la loi de Dieu selon l’homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi qui combat contre la loi de mon entendement et qui me rend captif de la loi du péché qui existe dans mes membres. Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ? Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur. Ainsi donc moi-même, de l’entendement je sers la loi de Dieu ; mais de la chair, la loi du péché » (Romains 7. 7 à 25).

– On voit qu’il y a un combat et on voit que l’Ennemi va se servir de ce combat pour nous dire : tu vois, tu pèches toujours : tu n’es pas converti. Dieu nous dit le contraire. Parce qu’il y a ce combat, le Seigneur veut que l’on fasse ce constat que le mal que je ne veux pas faire, je le fais et que le bien que je veux faire je ne le fais pas. Et quand j’y arrive, qu’est-ce qui se passe ? J’ai tendance à m’enorgueillir. Et de nouveau l’orgueil c’est le moi.

– Quelle est la différence entre le péché et les péchés ? Les péchés se sont les actes individuels tandis que le péché c’est un état et c’est notre nature pécheresse.

– Je voudrais simplement dire une chose importante. Dans ce chapitre 7 – et il faut le serrer dans nos cœurs – ce n’est pas un homme incrédule qui parle. Satan n’est pas divisé contre lui-même. Un homme du monde, sa conscience le tracasse un petit peu, c’est vrai, mais d’une façon générale il continue à vivre dans le péché. Ici c’est quelqu’un qui a reçu la nouvelle nature et alors on a vu des versets très précieux et il faut passer par ce chapitre 7. Ici l’apôtre Paul fait exprès de parler à la première personne du singulier : je, pour bien montrer que cet enseignement qu’il présente, il est passé par là. Des frères sont restés plusieurs années dans cet état-là. On trouve aussi quelque chose de cette figure dans le Psaume 88. Mais dans Romains 7 retenez, ce verset 15 : « Ce que je fais, je ne le reconnais pas, car ce n’est pas ce que je veux, que je fais, mais ce que je hais, je le pratique ». C’est une constatation plutôt décourageante. Au verset 20 : « Or si ce que je ne veux pas, moi, – je le pratique, ce n’est plus moi qui l’accomplis, mais c’est le péché qui habite en moi. Je trouve donc cette loi pour moi qui veux pratiquer le bien, que le mal est avec moi ». C’est une constatation douloureuse et sans doute plus d’une personne est déjà passée par là. Évidemment après un moment très douloureux, après que l’on ait donné son cœur au Seigneur, que l’on a confessé ses péchés et que l’on est plein de joie, on se dit : maintenant je vais vivre une autre vie, l’on s’aperçoit que la vieille nature est toujours là et cherche à se manifester. Mais on va voir que Dieu nous donne des ressources.

– Quel est le mot qui revient le plus souvent dans ce paragraphe ? « Moi, je ». Le moi c’est la nature humaine, la volonté de l’homme. Ce chrétien – cela peut nous arriver – est tourmenté : il voudrait faire le bien et il n’y arrive pas. Il ne voudrait pas faire le mal et il le fait. Et c’est quelqu’un où tout tourne autour de lui. Il s’enfonce petit à petit dans un marécage. Il aimerait en sortir mais plus ça va et plus il s’enfonce et c’est terrible ! Je suis resté aussi des années dans cet état en me disant : mais comment on peut se sortir de cela, comment puis-je me délivrer ? On essaye par ses efforts, par de bonnes résolutions et après on se rend compte que l’on retombe. Alors c’est terrible mais il faut que l’on passe par ces expériences. Il faut arriver à comprendre que l’on est misérable (verset 24). Je suis misérable, je n’ai aucune force en moi, je ne peux rien faire, je ne peux pas m’en sortir, c’est impossible. Je ne peux pas m’appuyer sur les autres ni sur ma volonté. Je ne peux pas m’en sortir tout seul. Il faut arriver à comprendre cela !

– Alors dans cette lutte, dans ce combat, il y a des phases. On s’aperçoit qu’après la conversion, il y a de la joie et l’on se remet sous la loi. La chair religieuse se met en avant, nous trompe souvent et veut nous faire croire qu’il faut obéir à la loi pour plaire à Dieu. Seulement je suis toujours dans la lutte car je cherche à obéir à la loi et je n’y arrive pas. Ce n’est pas possible. Et chaque fois que je réussi un peu je me mets à juger les autres qui ne réussissent pas. C’est un état où l’on est malheureux et où l’on rend les autres malheureux. Et là aussi, on a besoin d’être affranchi de cela parce que c’est un état qui peut durer. Cet état nous trompe car la chair religieuse a l’apparence de la sainteté mais en fait c’est encore moi qui agis.

– La loi, c’est Dieu qui l’a donné – elle l’a été par le doigt de Dieu et par la disposition des anges – et il est dit qu’elle est sainte et bonne (verset 12) mais voilà je suis absolument incapable de l’accomplir. Le résultat c’est que la loi a rendu le péché excessivement pécheur et finalement elle me condamne. Pourquoi ? Parce que je suis incapable de l’accomplir. Or il est dit : « Fais cela et tu vivras » (Luc 10. 28). La Parole de Dieu est très claire : Tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu » (Romains 3. 23). Tous : il n’y a pas d’exception. C’est parce que nous étions dans cet état désespéré que Dieu a fait « tout le chemin » que nous étions absolument incapables de faire vers Lui. C’est la merveille de l’œuvre de la croix.

– Pourquoi est-ce important de passer par Romains 7, de se rendre compte que l’on ne peut rien faire ? Pour comprendre que l’on est faible, que l’on n’a pas de force en nous, que notre chair est toujours là. Nous ne devons plus avoir confiance en la chair, ne plus croire que nous pouvons nous appuyer sur nous. C’est très important de passer par ces étapes car Dieu ne veut pas que le mal triomphe du bien. Si je ne peux pas m’empêcher de retomber dans cet état (regarder tel film, par exemple), je ne dois jamais penser que Dieu permet que le mal triomphe du bien, ce n’est jamais vrai. Dieu veut que le bien triomphe du mal. Il faut déjà perdre ses illusions, comprendre que l’on ne peut pas s’en sortir tout seul.

– C’est important que toujours je me souvienne que maintenant je suis un enfant de Dieu. « Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent, et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main » (Jean 10. 27 et 28). Une certitude que rien ne peut éteindre, c’est que : si nous avons donné notre cœur au Seigneur, Il prendra un soin particulier de nous et  nous fera perdre cette confiance en nous-même qui continue à nous faire du mal.

– On trouve quelque chose d’un peu similaire dans l’histoire de Job où il emploie beaucoup le : « je », le : « moi », dans le chapitre 29. Job s’appuyait sur sa propre justice, sur ce qu’il pouvait faire, sur ce qu’il avait fait et Dieu est obligé de l’éprouver pour lui montrer que finalement il ne pouvait absolument pas faire confiance en la chair.

– Quand le travail de Dieu qu’Il s’est proposé dans son cœur – comme Il le fait dans le nôtre – est arrivé à maturité, Job peut dire : « C’est pourquoi j’ai horreur de moi, et je me repens dans la poussière et dans la cendre » (Job 42. 6). Quelle différence avec le chapitre 29 ! Pourquoi Dieu a-t-il permis une si grande épreuve pour Job ? Pour le délivrer de son orgueil. C’est quelque chose de très vivace dans nos cœurs. On s’enorgueillit de tout, on pense que l’on n’est pas si mal que ça. Si on est un enfant de Dieu, cela nous empêche d’avancer dans la vie chrétienne.

– On a parfois quelque chose de secret dans nos cœurs, on a une bonne opinion de nous. Aller dans tel ou tel lieu dangereux pour mon âme, moi je pense que je vais m’en sortir. Je pense que je vais me débrouiller tout seul, je ne vais pas être entraîné dans le mal. J’ai la force en moi. Et c’est la catastrophe ! On se rend compte que l’on est très faible, très petit, que le diable est bien plus fort que nous. On comprend que l’on a besoin de quelqu’un. On pousse un cri de désespoir. A la fin de Romains 7, il y a un cri de désespoir qui est poussé. C’est une détresse où il faut passer. « Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ? » C’est quelqu’un d’accablé, il a besoin d’aide, une aide extérieure. Il ne peut pas s’en sortir tout seul, il ne peut pas s’appuyer sur des amis. Il est en train de s’enfoncer, il ne peut pas se sortir du mal, il est dans un engrenage. Et alors il se demande qui est-ce qui pourra l’aider. Quand on est converti, on a Quelqu’un qui habite en nous : le Saint Esprit. Cet Esprit est une puissance qui va nous aider face à nos difficultés. On a aussi le Seigneur Jésus qui intercède pour nous, qui prie pour nous, qui veut nous aider. Je n’ai pas la force mais le Seigneur va m’aider. Je vais savoir dire : non ! Ce n’est pas une honte de ne pas aller à un endroit où je sais que cela va me faire du mal, cela va me souiller. Ce n’est pas une honte de refuser.

– Quand je suis converti, j’accepte toutes les bénédictions de Dieu pour moi et c’est plus grave de perdre les bénédictions ou de ne pas en jouir que de jouir pour un instant de la compagnie des copains qui vont me rejeter. Je ne vais plus faire partie du groupe, je vais avoir de l’opprobre, je serai mis de côté. Il faut apprendre que les copains me rejetteront un jour parce que le monde prend et ne donne pas. Il donne un peu pour prendre beaucoup. Alors que Dieu nous a donné beaucoup.
On retrouve très souvent dans la Parole la constatation de notre état. « Et je dis : Malheur à moi ! Car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures, et je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures ; car mes yeux ont vu le roi, l’Éternel des armées. Et l’un des séraphins vola vers moi ; et il avait en sa main un charbon ardent qu’il avait pris de dessus l’autel avec des pincettes ; et il en toucha ma bouche, et dit : Voici, ceci a touché tes lèvres ; et ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché » (Ésaïe 6. 5 à 7). Voilà un cri et une réponse !
« Car le peuple habitera en Sion, dans Jérusalem. Tu ne pleureras plus ; à la voix de ton cri, il usera richement de grâce envers toi ; aussitôt qu’il l’entendra, il te répondra. » (Ésaïe 30. 19). Ce cri il faut le pousser. Si on ne le pousse pas Dieu n’agira pas. On ne peut sauver un nageur qui se noie que lorsqu’il est épuisé. Malheur à moi ! Je n’en peux plus, Seigneur délivre-moi ! Alors Il ne tarde pas. « Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur » (Romains 7. 25). On voit cela tout de suite après le cri.
Cette délivrance, il faut se l’approprier et là on arrive de nouveau à la croix et le Seigneur nous répond : je suis mort pour toi. Cela aussi fait partie de l’œuvre de la croix.
Il y a un constat qu’il faut faire. L’iniquité a deux sens. Le premier sens c’est une marche sans loi et sans frein : c’est l’homme inconverti qui marche sans Dieu, qui marche par sa propre chair, qui ne connaît rien que lui-même et ses besoins propres. Le deuxième sens d’iniquité c’est l’injustice c’est-à-dire que j’ai conscience que je fais mal et je le fais quand même. Et le Seigneur Jésus est mort pour les deux sens du mot iniquité, pour ces péchés que j’ai commis et pour cette injustice que j’ai dans mon cœur.
« Le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7). Tous mes péchés sont pardonnés.
« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1. 9). La note dit, ailleurs aussi : injustice. On constate ces injustices et alors il faut revenir à la croix. Dans le « C’est accompli » du Seigneur à la croix ces injustices, Il les a prises sur Lui.

– Donc on a vu que l’on a aucune force en nous-mêmes, la force est dans le Saint Esprit. On arrive à Romains 8. « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le christ Jésus ; car la loi de l’Esprit de vie dans le christ Jésus, m’a affranchi de la loi du péché et de la mort » (Romains 8. 1 et 2).
Il n’y a aucune condamnation pour ceux qui appartiennent au Seigneur Jésus, alors comment se fait-il qu’il y a pourtant un tribunal de Christ dans le ciel ? « Car il faut que nous soyons tous manifestés devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive les choses [accomplies] dans le corps, selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal » (2 Corinthiens 5. 10). Si on est sauvé c’est pour l’éternité. Dieu ne nous condamnera jamais car notre position est dans le Christ Jésus et que dans ce tribunal de Christ sera exaltée la grâce de Dieu. Elle sera vue dans notre vie. Ce verset de 2 Corinthiens 5 n’est pas pour m’effrayer parce qu’il y aura un tribunal mais c’est pour m’aider à me sanctifier, c’est-à-dire pour que je me rapproche de plus en plus du Seigneur, que je désire Lui plaire un peu plus chaque jour.

– On peut lire une belle image de ce que l’on vient de dire en Zacharie. « Et il me fit voir Joshua, le grand sacrificateur, debout devant l’Ange de l’Éternel, et Satan se tenant à sa droite pour s’opposer à lui. Et l’Éternel dit à Satan : Que l’Éternel te tance, Satan ; que l’Éternel, qui a choisi Jérusalem, te tance ! Celui-ci n’est-il pas un tison sauvé du feu ? Et Joshua était vêtu de vêtements sales, et se tenait devant l’Ange. Et [l’Ange] prit la parole et parla à ceux qui se tenaient devant lui, disant : Ôtez de dessus lui les vêtements sales. Et il lui dit : Regarde, j’ai fait passer de dessus toi ton iniquité, et je te revêts d’habits de fête. Et je dis : Qu’ils mettent une tiare pure sur sa tête ; et ils mirent la tiare pure sur sa tête, et le revêtirent de vêtements ; et l’Ange de l’Éternel se tenait là » (Zacharie 3. 1 à 5).
Évidemment nous sommes dans l’Ancien Testament et les choses ne sont pas révélées comme aujourd’hui nous les comprenons après la croix. Mais quand même nous avons une image tout à fait précieuse de ce travail que Dieu a fait, que Lui finalement était le seul à pouvoir faire. Joshua était le grand sacrificateur et était à la tête de tout Israël. Il était devant l’Ange de l’Éternel – figure du Seigneur Jésus – et Satan est là pour s’opposer à lui et alors voilà que l’Éternel parle à Satan : « Que l’Éternel te tance, Satan ; que l’Éternel, qui a choisi Jérusalem, te tance ! » (Tancer veut dire reprendre vivement). Et il met l’accent immédiatement sur le fait que Joshua, malgré ses vêtements sales, était un tison sauvé du feu. Un feu brûle un fagot de bois et du milieu de ce bois qui brûle on retire très vite un bout de bois pour le sauver du feu et ainsi il n’est pas consumé. On peut dire que chacun de nous nous sommes des tisons que le Seigneur a tiré du feu. Si nous paraissions avec nos fautes passées devant ce tribunal, nous serions sûrement condamnés, comme l’on voit en Apocalypse 20 au grand trône blanc.
Voyez comment Dieu s’est plût à agir envers cet homme qui n’avait absolument rien à dire pour se défendre, son état était, semble-t-il, sans espoir. L’Ange de l’Éternel prend la parole et donne cet ordre : « Ôtez de dessus lui les vêtements sales » alors on le revêt avec des habits de fête. C’est ce que le Seigneur Jésus a fait pour nous. C’est parce que Son sang a été répandu que l’on peut être revêtu d’habits de fête. Nous lui appartenons même si au début nous n’en sommes pas entièrement conscients. Nous avons été scellés du Saint Esprit au moment de la conversion (Éphésiens 1. 13). On en jouit vraiment quand on est arrivé à Romains 8. Dans cette scène, Zacharie est là, il était tout jeune, il aimait l’Éternel et posait beaucoup de questions – et c’est une très bonne attitude que les jeunes doivent avoir ! Demandez au Seigneur et Il vous éclairera. Nous avons tous besoin du Seigneur pour nous éclairer. Ici Zacharie intervient – et c’est exceptionnel dans la Parole de Dieu – et demande que l’on mette une tiare sur la tête de Joshua (Une tiare c’est une grande couronne à plusieurs étages), sur celui qui était si sale auparavant. Le Seigneur veut nous amener à cette conclusion absolue que tout est réglé. Le sang de Jésus Christ répond à nos péchés, ceux que nous avons commis avant d’être converti mais aussi après notre conversion. Dieu soit béni !
« Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur et sa parole n’est pas en nous » (1 Jean 1. 10).
« Mes enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas ; et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le juste ; et lui est la propitiation pour nos péchés, et non pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour le monde entier » (1 Jean 2. 1 et 2). Le Seigneur plaide toujours pour nous. Chaque enfant de Dieu peut dire : le Seigneur ne cesse pas de plaider pour moi devant le Père. Ceci est précieux !

– Qu’est-ce que la propitiation ? Le propitiatoire est le siège de la grâce. Le Seigneur a payé la dette de nos péchés, Il les a couverts.
Ce que l’on voit c’est que l’on continue à pécher. Dans ces conditions cet affranchissement va-t-il être définitif, faut-il s’en préoccuper ou ne pas y revenir ? En fait, on est citoyen du ciel, gens de la Maison de Dieu mais on est dans le monde même si l’on n’est pas du monde. Et donc le monde nous souille. Dans la Parole il est question de pécher involontairement mais l’on constate que l’on a péché quand même. Et on est obligé de revenir à ce constat que notre vieille nature est toujours là. Il faut se rappeler qu’elle est crucifiée, elle doit être tenue pour morte. Il y a une belle image dans l’Ancien Testament, c’est le passage du Jourdain à l’entrée du pays. Lorsqu’on jouit de cet affranchissement, on entre dans le pays. On peut être utile à Dieu et jouir de ses bénédictions. En fait, malgré nos préoccupations, notre travail et même la famille, on a besoin d’habiter le pays, sinon on est occupé des choses de la terre. Le passage obligé c’est toujours le Seigneur Jésus. Le Jourdain nous parle de cela. Les eaux ont été arrêtées et on a pu passer. On voit dans ce passage qu’il y a douze pierres qui sont restées au fond du Jourdain et douze pierres au bord du Jourdain. Il faut toujours se souvenir que la chair doit être tenue dans la mort. Il y aussi douze pierres pour dire que je suis ressuscité et vivant avec Christ. Et je veux vivre et ne pas être entraîné. Et le Seigneur est toujours avec nous dans tout ce cheminement. Il intercède pour nous, Il nous suit. Il nous dit : « Moi je suis avec vous tous les jours » (Matthieu 28. 20). Ce n’est pas un moment, ce n’est pas un jour par semaine, ce n’est pas le dimanche.

– Voyez ce verset : « Je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas » (1 Jean 2. 1). Nous avons maintenant compris, par la grâce de Dieu, que nous avons le Saint Esprit qui habite en nous, qui à la puissance de la vie nouvelle et que si nous nous appuyons sur Lui et regardons au Seigneur, nous ne pécherons pas. Le péché ne règne plus sur nous. Il a régné sur nous autrefois. Nous ne sommes pas obligés de pécher. « Si quelqu’un a péché » : une ressource nous est donnée aussitôt. Nous avons à veiller et réaliser que le Seigneur a dû souffrir les terribles souffrances de la croix pour ce péché que, peut-être, je commets légèrement. Beaucoup de gens pourront dire peut être : oh, un petit péché ce n’est pas important. En quelque sorte c’est comme si on restait insensible aux souffrances du Seigneur par ces péchés que nous nous permettons et qui ne sont pas à la gloire de Dieu. Nous ne sommes pas abandonnés à nous-mêmes, Dieu soit béni ! Si même nous avons péché, réalisons que nous avons un avocat auprès du Père. Le service du Seigneur Jésus nous est présenté sous divers aspects : il est notre souverain sacrificateur, il est aussi notre avocat. Si nous avons péché, nous avons besoin d’un avocat. Savez-vous ce que dit cet avocat ? Il dit : celui-ci est à moi. J’ai versé mon sang pour lui. Et Dieu passe par-dessus. Cela ne veut pas dire que l’on peut se permettre de pécher à la légère.

– Comment peut-on nourrir le vieil homme ? En désobéissant à Dieu, en vivant comme le monde. Comment entretenir le nouvel homme ? En priant, en lisant la Parole, en étant occupés du Seigneur, des choses excellentes de Christ dans la Parole de Dieu. Cela nous donnera de la force par rapport à ce monde car il y a deux choses : soit on va pécher volontairement, je suis attiré, amorcé par ma propre convoitise et je vais vouloir faire telle ou telle chose. Il y a aussi des choses qui nous tombent dessus, on ne les a pas cherchées. Je vois une image et elle me souille et engendrer quelque chose en moi qui n’est pas à la gloire du Seigneur. Quand quelque chose fait du mal à mon âme, j’ai une solution c’est revenir près du Seigneur, Lui confesser mon péché, rechercher la communion avec Lui, me nourrir de Lui. La vie chrétienne n’est pas une vie dans laquelle je vais tout le temps éviter le péché mais il faut être occupé des bonnes choses. La vie chrétienne est une vie positive. Ce n’est pas dire tout le temps : Il faut que je fasse attention parce que le Seigneur me voit. Au contraire, c’est une vie heureuse. Je voudrais beaucoup insister et dire que le Seigneur veut que l’on soit heureux. Il veut que l’on soit occupé des choses qui Le concerne. La Parole de Dieu, la prière vont nous faire du bien. Ce sont des ressources qui sont à notre disposition. Recherchons le contact avec d’autres chrétiens et chrétiennes, allons aux réunions de jeunes, allons prier avec d’autres jeunes ensemble : cela nous fera du bien. On a besoin de s’encourager. On est dans un monde extrêmement dangereux et entre chrétiens on doit s’épauler spirituellement. Si quelqu’un à un problème, on ne va pas le laisser tomber, on va prier avec lui. Ces choses sont pratiques et il faut les rechercher. Cherchez tout ce qui va faire du bien à votre âme, allez aux réunions, écoutez. C’est extrêmement important de chercher pourquoi on vous dit telle ou telle chose. Il faut que vous creusiez pour vous-même dans la Parole de Dieu. Il faut acquérir personnellement ce dont vous avez hérité. On vous donne des enseignements et il faut chercher pourquoi on vous le dit. Sinon vous aurez un christianisme de forme. Le Seigneur ne veut pas que l’on suive les autres mais qu’on Le suive, Lui. « Toi suis-moi » (Jean 21. 23). Suivre le Seigneur, c’est l’essentiel.

– Dans le Psaume 107, on voit des réponses à plusieurs cris différents. « Alors ils crièrent à l’Éternel dans leur détresse, [et] il les délivra de leurs angoisses, et les conduisit dans un chemin droit, pour aller dans une ville habitable. Qu’ils célèbrent l’Éternel pour sa bonté, et pour ses merveilles envers les fils des hommes ! » (Psaumes 107. 6 à 8).
Le Seigneur nous délivre de nos angoisses et répond à nos cris dans toutes les circonstances de notre vie. Il faut retenir de l’expérience de l’affranchissement que le Seigneur répond aussi à notre cri.

– « Jésus donc dit aux Juifs qui avaient cru en lui : Si vous persévérez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. » (Jean 8. 31 et 32, 36). Voilà la pensée du Seigneur : avoir des chrétiens libres, heureux de servir le Seigneur. Et pour cela, il faut persévérer dans la Parole. Autrement dit, il faut passer du temps à lire cette Parole et puis cette Parole qui est la vérité, on va la connaître : « vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira ». Si je passe du temps avec le Seigneur j’en passerai moins avec moi-même et donc mon cœur va être occupé de Lui. On voit souvent des statues de Marie qui tient un petit Enfant dans ses bras. Quelqu’un a dit : si on veut faire disparaître cette idole, il faut que le petit Enfant grandisse et plus Jésus va grandir dans nos cœurs plus tout ce qui est une idole va disparaître. On ne verra plus que Jésus seul, comme les disciples sur la montagne.

– « Si le Seigneur remplit mon cœur Satan ne peut rien y mettre ». On a parlé des convoitises, de tout ce que Satan ne manque pas de nous présenter mais si vraiment je suis rempli du Seigneur – et je peux Lui demander de m’y aider – Satan n’a plus de place pour s’infiltrer. Et ça c’est une expérience très bénie que l’on peut quand même faire dans la mesure où on reste dans la communion du Seigneur. Autour de nous et même en nous il y a des choses qui pourraient nous éloigner du Seigneur. Le Seigneur nous a donné des ressources dont nous devons faire un plein usage. Cela fait plusieurs fois que l’on parle du Saint Esprit, de la Parole de Dieu, de la prière. Ce sont des choses que nous possédons par grâce, avec lesquelles nous pouvons résister aux efforts de l’Ennemi. Les ressources de Dieu sont supérieures aux attaques de l’Ennemi. Un verset est très encourageant : « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été une tentation humaine ; et Dieu est fidèle, qui ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de ce que vous pouvez [supporter], mais avec la tentation il fera aussi l’issue, afin que vous puissiez la supporter » (1 Corinthiens 10. 13). Personne ne peut dire : cette tentation est trop forte, je ne peux y résister. Si je me jette dans les bras du Seigneur et que je crie vers Lui à tout moment, Il m’écoute et va me délivrer. Il fera l’issue afin que je puisse résister. Je crois que c’est très pratique et que nous devons vraiment nous souvenir d’un verset comme ça. Il y a des tentations fortes, c’est vrai, mais ce que Dieu vous donne est plus certain que ce que l’Ennemi propose.

– Le Seigneur Jésus a demandé à l’homme infirme depuis trente-huit ans, avant même que le Seigneur ne vienne sur la terre : « Veux-tu être guéri ? » (Jean 5. 6). Voulons-nous marcher avec le Seigneur, voulons-nous jouir de ces choses, pratiquement dans notre vie ? Non pas pour être plus être plus grand, plus fort, plus beau – c’est fini tout cela – mais pour glorifier le Seigneur.

– Cet infirme n’avait personne pour le mettre à l’eau pour être guéri et le Seigneur lui pose cette question si importante qu’Il nous pose aussi souvent. Si nous savons l’écouter Il nous dit : « Veux-tu être guéri ? » On dira : mais cet homme est infirme depuis trente-huit ans et bien sûr qu’il veut être guéri ! Je ne suis pas sûr que je suis toujours prêt à ce que le Seigneur me délivre de tendances, de choses qui pratiquement viennent plus ou moins ruiner ma communion avec Lui. Et c’est extrêmement important de pouvoir répondre, de tout notre cœur, en nous jetant dans les bras du Seigneur : oui Seigneur, guéris-moi. Il n’y a que Toi qui peux le faire, moi je n’ai pas la force. Guéris-moi parce que je sais que tant que je ne suis pas guéri je ne peux pas te servir entièrement. Souvenez-vous de ce beau verset ! Il est pour nous tous.

Cantique 77.

Seigneur ! Sanctifie
Nos jours, nos moments ;
Fais que notre vie
T’honore en tout temps.
Que de ta présence
Au milieu de nous
L’heureuse influence
Nous pénètre tous.

Puissions-nous sans cesse
Marcher par la foi,
Et dans la détresse
Regarder à toi !
Heureux qui repose
Sur ton bras puissant.
On a toute chose
En te possédant.

C’est un cantique que l’on peut chanter à la première personne du singulier !

Cantique 26 des Venez à Moi.

On ne peut servir deux maîtres
Sans que l’un d’eux soit trompé.
Un jour, il faut bien l’admettre,
Un jour, il faut décider.
Décide qui tu veux suivre,
A qui tu veux t’attacher,
Celui pour qui tu veux vivre,
A qui tu veux tout donner.

On ne peut servir deux maîtres
Sans que l’un d’eux soit trompé.
Un jour, il faut bien l’admettre,
Un jour, il faut décider.
Le monde offre ses richesses,
Mais Jésus t’offre sa paix :
Oh ! Donne-lui ta jeunesse,
C’est lui la vraie liberté.

On ne peut servir deux maîtres
Sans que l’un d’eux soit trompé.
Un jour, il faut bien l’admettre,
Un jour, il faut décider.

LES DEUX NATURES

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LES DEUX NATURES

COMPTE RENDU RENCONTRES ADOLESCENTS
AOÛT 2015

Cantique 71 strophes 2, 3 et 4.

Oui, ton amour, toujours le même,
Sollicite mon faible cœur
A jouir de l’éclat suprême
De ses doux rayons de bonheur.

Oh ! Si mes yeux pouvaient sans cesse
Suivre cet astre glorieux,
Si je pouvais de ta tendresse
Voir tous les reflets radieux,

Mon âme alors, pleine de zèle,
Saurait t’aimer plus ardemment,
Et, connaissant mieux son modèle,
Prendrait tout son accroissement.

– Le poète dit : Oh ! Si mes yeux pouvaient sans cesse suivre cet astre glorieux. Le sujet qui a été choisi pour ces moments, c’est les deux natures et on voit que le poète prend conscience qu’il ne suit pas toujours cet astre. Et quel est cet astre glorieux ? Le Seigneur qui éclaire notre chemin.
L’an dernier, on a vu la conversion. Qu’est-ce que la nouvelle naissance ? C’est lorsque l’on croit au Seigneur Jésus, on a une nouvelle vie, il y a un changement du cœur. « Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te dis : Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jean 3. 5). On entre dans les choses de Dieu par la nouvelle naissance. Que veut dire : être né d’eau et d’Esprit ? L’eau c’est la Parole de Dieu et l’on a le Saint Esprit qui habite en nous. L’Esprit Saint nous convainc de péché et la Parole nous amène au Seigneur.
Donc on va partir de ce point c’est que l’on a tous cette nouvelle vie, cette nouvelle naissance et que maintenant il faut continuer le chemin.
On a deux natures : l’ancienne nature qui reste toujours tant que nous sommes sur la terre et la nouvelle nature.

– Alors du moment que l’on est sauvé, on ne pèche plus ? On est d’accord ? Non, on continue à pécher et pourquoi ? Parce que dans le chrétien, il y a deux natures. Il y a la nature divine, qui plaît à Dieu et l’ancienne nature. Quand j’étais incrédule, que je n’étais pas sauvé, j’ai gardé cette vieille nature en moi et alors la Parole de Dieu nous présente cette vieille nature de plusieurs façons. Il y a plusieurs termes dans la Parole qu’il faut définir : le moi, la chair, la vieille nature et le vieil homme. C’est le côté négatif puis il y a le côté positif : on a le nouvel homme, la nouvelle nature, la vie divine est manifestée.
« Car je sais qu’en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien ; car le vouloir est avec moi, mais accomplir le bien, [cela] je ne le trouve pas » (Romains 7. 18). Dans ce verset, on trouve le moi et la chair. Le moi c’est notre égoïsme, notre propre volonté : Dieu demande quelque chose et on ne veut pas le faire. C’est la propre volonté de l’homme qui ne veut pas obéir à Dieu. Dieu dit : croyez en mon Fils et tous les incrédules répondent : non, je ne croirais pas en ton Fils ! Donc le moi, c’est la volonté arrêtée de l’homme de ne pas obéir à Dieu.

– On a un exemple dans la Parole : Jonas. Ce n’était pas un incrédule mais un prophète. Dieu lui a dit d’aller à Ninive et il est parti à l’opposé. Ce peut être Dieu mais aussi les parents. Dieu nous demande : Enfants, obéissez à vos parents. Quand je fais l’inverse, c’est une manifestation de cette chair, de cette propre volonté. Jonas a eu quelques soucis et quand on fait sa propre volonté, on a souvent quelques soucis.

– Qui est-ce qui est allé à un endroit alors que Dieu lui avait dit de ne pas y aller ? Dieu a dit à Jonas d’aller à Ninive et il voulait aller à Tarsis. Balaam est allé alors que Dieu lui a dit de ne pas aller ! Il a été contraint de prononcer une bénédiction.

– On pourrait citer aussi Jean 5. 39 et 40 : « Sondez les écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi : – et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ». La volonté propre caractérise l’incrédule, l’homme qui n’est pas converti, qui n’appartient pas au Seigneur. C’est aussi un piège pour le croyant de vouloir faire sa volonté. Donc là c’est véritablement la volonté de l’homme incrédule qui ne veut pas. Une fois que j’appartiens au Seigneur, je me rends compte que ne pas faire ce que je veux ce n’est pas si évident.

– Ça c’est la propre volonté. Alors on va parler de la vieille nature. C’est ce que l’on a eu à la naissance, depuis qu’Adam a désobéi le péché est entré dans le monde. L’homme est corps, âme et esprit et notre corps à des besoins naturels, charnels (animal on peut dire parfois). L’esprit c’est notre intelligence, la capacité de raisonnement que l’on a. L’âme c’est la capacité d’avoir des relations avec Dieu. Dieu nous a créés pour avoir des relations avec Lui. Dans le jardin d’Éden, Il venait pour parler avec l’homme. Et cette dimension est vitale pour nous. Tant que je ne suis pas converti je suis mort et la Parole parle de mort. Le Seigneur dit, par exemple : « Laisse les morts ensevelir leurs morts » (Luc 9. 60). Parce qu’ils n’ont aucune vie avec Dieu. Quand on est converti, Dieu veut avoir cette relation avec chacun de nous. Quand je laisse la vieille nature agir, elle prend le dessus sur ma relation avec Dieu. On a des choix à faire.

– Qu’est-ce que la chair ? C’est la nature pécheresse de l’homme. Quand on naît, on naît pécheur. Dans un petit bébé, quand il fait une crise par exemple, on se rend très vite compte qu’en nous on a une nature pécheresse qui nous fait faire des choses qui ne plaisent pas à Dieu, même si dans le monde on dit que l’on naît innocent. C’est important de distinguer la volonté humaine, la nature pécheresse, telle que la chair, le vieil homme qui sont opposés à Dieu et à la nouvelle nature.
Et après il y a les choses positives : la nouvelle nature et le nouvel homme. Quand j’appartiens au Seigneur, j’ai une nouvelle vie, une vie qui plaît à Dieu, une nature divine. Je vais faire ce que Dieu veut. Mais on se rend vite compte, et plus on vieillit d’autant plus, que l’on a deux natures : la mauvaise et la bonne. On ne peut pas se débarrasser de la vieille nature. Comment fait-on pour empêcher le vieil homme qui est en nous d’agir ? Ce vieil homme, on va l’enfermer dans une pièce de notre maison, on ne va plus s’en occuper, on ne va plus le nourrir mais on va le tenir dans la mort. Et après, on va lire la Parole de Dieu et l’on va prier. Donc on va nourrir le nouvel homme.

– Comment va-t-on faire pour que le vieil homme n’agisse plus pratiquement ? Il faut reconnaître ses agissements, voir ce qui le fait agir. Quand est-ce qu’il est vivant ? L’épître de Jean nous dit que Satan se sert de trois choses pour nous amorcer. Il faut le reconnaître ce vieil homme car on ne peut pas s’en débarrasser définitivement. « Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, et que la parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le méchant. N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde : si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui ; parce que tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, n’est pas du Père, mais est du monde ; et le monde s’en va et sa convoitise, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement » (1 Jean 2. 14 à 17). Il y a de quoi dire sur la convoitise des yeux. On voit des affiches dans les rues, il y a les dangers de l’ordinateur … C’est quelque chose que l’on a à tenir dans la mort. Il y a des choses utiles et d’autres qu’il faut absolument tenir dans la mort.

– Il faut décider dans son cœur que je ne vais pas regarder cela car ça va me faire du mal. Le mal souille et il y a des choses que l’on ne peut pas regarder quand on appartient au Seigneur. On sait que cela va faire du mal à sa vie chrétienne. Il y a des choses qu’il faut décider dans son cœur. Il faut arrêter dans son cœur de ne pas se souiller, comme l’a fait Daniel.

– La curiosité est un caractère bien précis de notre vieille nature. On est curieux de nature. Oh c’est juste pour savoir, juste pour être au courant ! Mais il vaut mieux ne pas être au courant, en fait. Le contraire de cela c’est d’être curieux pour ce que Dieu nous révèle et là cela va nourrir notre nouvelle nature. La Parole de Dieu est d’une richesse infinie, insondable. Soyons curieux de ce que Dieu veut nous dire par elle.
La convoitise de la chair c’est vouloir paraître, porter des marques, faire comme le monde. Tout n’est pas négatif mais il faut faire attention car l’on nourrit le vieil homme lorsque l’on s’occupe trop de soi, du moi.
L’orgueil de la vie c’est être devant les autres. On peut vouloir être riche et puissant, ne pas supporter d’être commandé. Comment lutter contre cet orgueil de la vie ? En regardant ce que le Seigneur a fait, a été. C’est intéressant de voir que lorsque le Seigneur a été tenté par Satan dans le désert on retrouve ces trois caractères de tentation : la convoitise des yeux, la convoitise de la chair et l’orgueil de la vie. Si tu te jettes en bas, je te donne la domination. Ce sont les trois points où il faut être très vigilants car dans ce cas on perd de vue ce que Dieu veut de bon pour nous.

– Je voudrais revenir sur le travail car vous arrivez à un âge où vous allez bientôt faire des études, en vue d’un travail. Pourquoi travaille-t-on ? Pour subvenir à ses besoins et ceux de sa famille (Actes 20. 34), pour n’être à charge à personne et ne pas dépendre d’eux (2 Cor. 11. 8) et pour donner à ceux qui sont dans le besoin (1 Jean 3. 17).

– On fait peut être partie de ceux qui veulent gagner de l’argent (1 Tim. 6. 9) ?

– Ce qui peut nourrir le moi, l’orgueil de la vie. On voudrait avoir la plus belle maison, la plus belle voiture.
Ne pas vouloir être à charge à personne n’est pas de l’orgueil. Si on ne veut pas travailler et dépendre des autres, ce n’est pas normal.
La vie chrétienne n’est pas une vie égoïste. On ne va pas essayer d’avoir un maximum de choses, pour pouvoir vivre le mieux possible sur la terre pendant notre vie ! Le but c’est de pouvoir aider les autres et de penser à eux.

– Jean le Baptiseur a dit : « Il faut que Lui croisse, et que moi je diminue » (Jean 3. 30). Il faut que le Seigneur croisse dans ma vie.
On peut aussi parler de l’exemple d’Ésaü et de Jacob. Ces deux enfants sont nés ensemble, au même moment, des jumeaux qui ont eu deux vies totalement différentes. Ésaü ne s’est occupé que de son moi, a cherché à le nourrir. Il s’est marié dans le monde. Il a été profane c’est-à-dire qu’il connaissait les choses et les a méprisées. Il a méprisé son droit d’aînesse c’est-à-dire l’héritage que Dieu voulait lui donner. Il l’a échangé contre un plat de lentilles, contre les choses de la terre, contre quelque chose qui satisfaisait son ventre, ses propres besoins. Et nous, enfants de parents chrétiens, que faisons-nous de notre héritage ? Ésaü avait tout ce qu’il fallait pour jouir de cet héritage.
Jacob, au contraire, n’a pas méprisé l’héritage mais il a trompé son père. Il s’est fait passer pour son frère aîné. Notre cœur est trompeur. On peut tromper les autres mais on ne peut pas tromper Dieu et Il va travailler dans nos cœurs et nous faire prendre conscience de notre propre cœur, de cette chair qui est en nous qui agit et qui est contre Dieu, en fait.
« Mais je dis : Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point la convoitise de la chair. Car la chair convoite contre l’Esprit, et l’Esprit contre la chair ; et ces choses sont opposées l’une à l’autre, afin que vous ne pratiquiez pas les choses que vous voudriez. Mais si vous êtes conduits par [l’] Esprit, vous n’êtes pas sous [la] loi. Or les œuvres de la chair sont manifestes, lesquelles sont la fornication, l’impureté, l’impudicité, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les colères, les intrigues, les divisions, les sectes, les envies, les meurtres, les ivrogneries, les orgies, et les choses semblables à celles-là, au sujet desquelles je vous déclare d’avance, comme aussi je l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront pas du royaume de Dieu » (Galates 5. 16 à 21). Donc la Parole nous dit tout, c’est clair. Elle dit tout ce que la chair produit.
Que veut dire les intrigues ? Intrigue veut dire comploter, monter un complot, se mettre d’accord secrètement contre quelqu’un. Les fils de Jacob ont comploté contre Joseph.

– Quelle est la différence fondamentale entre Ésaü et Jacob ? Ésaü était incrédule et Jacob était croyant. Ésaü n’avait que la vieille nature tandis que Jacob avait la vieille et la nouvelle nature.

– Peut-on parler de vieille et nouvelle nature pour les croyants d’alors ? Ils avaient la nouvelle nature dans le sens qu’ils craignaient Dieu. Les croyants de l’Ancien Testament n’avaient l’Esprit que ponctuellement.

– Dans le passage de Galates 5, il est parlé de l’Esprit. Quand on appartient au Seigneur Jésus, on a le Saint Esprit en nous et la chair va convoiter contre l’Esprit et l’Esprit contre la chair. Il va y avoir une lutte intérieure et nous avons à marcher par l’Esprit. Comment peut-on marcher par l’Esprit ? Très simplement, pour plaire au Seigneur, je vais réaliser les caractères qui sont donnés : « Mais le fruit de l’Esprit est l’amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance : contre de telles choses, il n’y a pas de loi. Or ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’Esprit. Ne soyons pas désireux de vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres [et] en nous portant envie les uns aux autres » (Galates 5. 22 à 26).

– Alors cette vaine gloire c’est l’orgueil de la vie, c’est une manifestation de la chair.

– Dans ces œuvres de la chair, je voudrais juste faire une remarque c’est que, on a parlé de Joseph qui avait affaire avec Dieu et quelque fois on fait un petit classement dans ce que l’on peut appeler les œuvres de la chair qui sont citées ici – on pourrait rajouter des choses à cette liste – on voit les envies et les meurtres au verset 21. On voit que l’on a souvent une vision fausse de la pensée de Dieu par rapport au mal. Aux yeux de Dieu, un meurtre est au même niveau que les envies. Dieu vient voir très profondément dans nos cœurs. Il voit très bien les racines de ce qui se passe dans nos cœurs.

– Il y a un verset qui m’a toujours interpellé c’est : « Que nul, quand il est tenté, ne dise : Je suis tenté par Dieu ; – car Dieu ne peut être tenté par le mal, et lui ne tente personne. Mais chacun est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise ; puis la convoitise, ayant conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort » (Jacques 1. 13 à 15). Cela laisse songeur. Quand on pèche, on a tendance à s’excuser, à trouver de bonnes raisons. « Le Seigneur a permis cela. Ce n’est pas ma faute si j’étais dans cette classe avec cette jeune fille, avec ce jeune homme etc… » Qu’est-ce que l’on vient de lire ? Dieu ne tente personne. Par contre, Il nous met à l’épreuve, l’épreuve de notre foi. Si je m’attends à Lui, si je compte sur Lui, si je marche par l’Esprit les choses seront totalement différentes. Elles seront à sa gloire car je veux glorifier Dieu dans ma vie. Combien on est béni en obéissant à la Parole, en s’attendant à Dieu !

– Comment peut-on échapper à ce qui est dit dans ce verset 14. Est-ce de la fatalité ? On amorce un poisson en lui présentant un ver, par exemple. S’il mord il va être pris au piège. Satan aussi nous prend au piège en nous proposant quelque chose qui est attrayant pour notre chair. Pour chacun c’est différent mais l’Ennemi va nous présenter quelque chose qui est très agréable. Comment peut-on faire pour éviter ce piège de tomber dans la convoitise ou est-ce que c’est fatal ? Il faut demander au Seigneur de nous aider, prier, beaucoup prier. On a beaucoup besoin d’avoir une vie de prières. Constamment, tout au long de la journée, disons : Seigneur, gardes moi. Je suis dans une école, un collège, un lycée, une université où il y a beaucoup de souillure. Tenons-nous éloignés de tout ce qui va être dangereux pour notre âme. Il ne faut pas simplement éviter le mal mais chercher le bien. Le chrétien, la chrétienne ne va pas essayer toute sa vie d’éviter le mal mais va plutôt être occupé du bien. C’est un aspect positif. Si je suis occupé du bien, le mal ne m’intéressera plus. Si je m’intéresse aux choses du Seigneur petit à petit je ne m’intéresserai plus aux choses du monde.

– Est-ce possible de ne plus pécher du tout ? Un verset de la première épître de Jean nous le dit : « Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, car la semence de Dieu demeure en lui, et il ne peut pas pécher, parce qu’il est né de Dieu. » (1 Jean 3. 9). Notre nouvelle nature, elle, ne peut pas pécher parce qu’elle est en relation permanente avec le Seigneur et elle ne peut pas pécher. La vieille nature, elle, est toujours contre Dieu et nous amène à pécher.

– Est-ce possible que la nouvelle nature surpasse la vieille nature ? Pour le chrétien, le péché doit être accidentel, ce n’est pas un état. Par exemple, si je vole des fruits à un étalage, je ne vais pas dire : je ne peux pas m’en empêcher d’en voler, c’est comme ça c’est ma nature. Le chrétien ne va pas pécher volontairement. Quelqu’un du monde ça ne le gêne pas de pécher. Pour le chrétien c’est un accident. « Que le péché donc ne règne point dans votre corps mortel pour que vous obéissiez aux convoitises de celui-ci » (Romains 6. 12). Voilà, le péché ne doit pas régner dans le chrétien. Quand on a péché, c’est souvent sans le vouloir, c’est accidentel et quand j’ai péché je n’ai qu’une seule solution pour retrouver la communion avec le Seigneur – communion qui est extrêmement fragile – c’est la confession.

– Si on se laisse aller à convoiter et si l’on n’en prend pas conscience on dégringole. En fait on pratique le péché. Comme j’ai la nouvelle nature en moi, je serai malheureux. C’est le pire des états, en fait. Si quelqu’un est né de nouveau et vit charnellement au fond de lui il est malheureux. Le fils prodigue voulait se nourrir des gousses des pourceaux, de ce dont se nourrit le monde, cela ne lui apportait rien. Il n’a qu’une solution et il revient vers son père.

– Pour répondre à la question : on pèche jusqu’à la fin de notre vie. On ne devient jamais parfait ici-bas.

– Dans l’épître aux Éphésiens on a des choses très élevées qui sont exposées dans les premiers chapitres. Pourtant dans les chapitres suivants, on voit l’apôtre Paul qui exhorte en disant : attention à ceci, à cela – ce qui montre que nous sommes encore sur la terre, avec la chair toujours prête à se manifester.

– On connaît l’image d’un aigle et d’un chien rattachés par une corde. Si je nourris l’aigle, il va s’envoler plus vers le ciel, il sera toujours plus fort quoiqu’il soit rattaché au chien. Il va en quelque sorte monter vers le ciel, de plus en plus haut. Si je nourris le chien, il va entraîner l’aigle vers la terre. Il va en quelque sorte le forcer à descendre. Si je me nourris des choses de Dieu, mon chien a de moins en moins de force et mon aigle en aura plus. Si je me nourris des choses du monde (la convoitise des yeux, la convoitise de la chair, l’orgueil de la vie), si je m’occupe de ces choses mon chien aura plus de force. Au lieu de penser aux choses de Dieu, je serai occupé aux choses de la terre. C’est quelque chose qu’il faut décider dans son cœur et dire : Maintenant, je veux plaire au Seigneur, je veux Le suivre, je veux m’occuper des choses qui le concerne. Et après nous aurons une vie de chrétiens et de chrétiennes épanouis qui sont heureux, heureuses dans le Seigneur.

– Le «selfie» c’est être occupé du moi. On se donne une image sur un réseau virtuel. On étale sa vie privée. Non seulement on s’occupe de soi mais on a besoin de l’étaler. Si on se vante c’est aussi la chair qui se manifeste.
Chacun a ses luttes. Il n’y en a qu’Un qui n’avait pas de luttes, le péché n’avait aucune atteinte sur Lui. C’est le Seigneur, l’Homme parfait. L’apôtre Paul avait une écharde. Dieu permet cela pour que l’on soit dépendant de Lui, pour que l’on reste dans l’humilité, pour que l’on s’appuie sur Lui. Il veut que l’on soit toujours dépendant de Lui, quotidiennement, tous les matins.

– « L’homme » est un être dont la face est tournée vers le haut et Dieu veut que nous soyons ainsi tournés vers le haut. Si on regarde vers le haut, on ne sera pas comme les bêtes qui regardent vers la terre. Nous serons occupés des choses d’en haut et qui font du bien à nos âmes. On a été créé pour cela.

– «Dès l’enfance, tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi qui est dans le christ Jésus. Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre » (2 Timothée 3. 15 à 17). Nous sommes enseignés par la Parole de Dieu en étant dépendant de l’Esprit Saint qui est en nous et l’on voit que ces saintes lettres sont inspirées de Dieu, pour enseigner, pour convaincre, pour corriger : elles sont utiles à toutes choses en fait pour nous ramener dans le bon chemin. Par contre si on laisse agir notre chair, c’est un autre maître que l’on va écouter, c’est l’Ennemi, c’est Satan, un maître fort méchant. Il y a deux solutions dans la Parole, il n’y en a pas trois. Soit on est un enfant de Dieu, soit on est un enfant du diable. Il n’y a que deux chemins possibles. Si on va de l’un à l’autre, le Seigneur dit que les tièdes il va les vomir de sa bouche (Apoc. 3. 16). Il a des paroles très sévères car Il est saint. Nous avons affaire à un Dieu très saint. Il faut donc lire la Parole car elle a la puissance de nous régénérer. « Vous qui êtes régénérés, non par une semence corruptible, mais [par une semence] incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu » (1 Pierre 1. 23).
Le Seigneur, quand il prie le Père, dit : « Sanctifie-les par la vérité ; ta parole est la vérité. » (Jean 17. 17). Sanctifier veut dire séparé, mis à part du monde. C’est déjà une grâce que le Seigneur nous ait appelés ! « Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de l’appel dont vous avez été appelés » (Éphésiens 4. 1). C’est un appel de Dieu, nous sommes choisis. On chante au cantique 137 : Enfants de Dieu, race choisie. Ce n’est pas rien que d’être ainsi choisis !

Cantique 189 des Venez à Moi.

Seigneur, attire mon cœur à toi,
Je te désire tout près de moi.
Ma délivrance dans le danger,
C’est ta présence, Divin Berger (bis).

Par ta puissance, brise, soumets
Ma résistance, à tout jamais.
Courbe mon être, ma volonté ;
Sois en le Maître incontesté (bis).

Rends-moi docile, obéissant,
Le cœur tranquille en te servant.
Et, sous ton aile, loin du péché,
Sauveur fidèle, tiens-moi caché (bis).