LIVINGSTONE ET STANLEY

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LIVINGSTONE ET STANLEY

 Il est peu de noms plus célèbres dans l’histoire des explorations, et surtout dans les annales missionnaires, que celui de David Livingstone. On sait en particulier que, après avoir entrepris de grands voyages dans le centre de l’Afrique, il demeura plusieurs années sans donner de ses nouvelles. On le crut perdu et un grand journal américain, le New-York Herald, chargea Stanley d’aller à sa recherche. Stanley réussit à retrouver sa trace et finit par retrouver Livingstone à Ujiji, dans la région des grands lacs africains.
Livingstone venait de rentrer d’une nouvelle expédition au cours de laquelle il avait de nouveau essayé de découvrir les sources du Nil. Du reste, ces voyages ne détournaient nullement son attention du but essentiel qu’il poursuivait : la conversion des indigènes. Mais ses forces le trahirent et il dut rebrousser chemin.
– Mes amis ne me reconnaîtraient plus, disait-il à ses deux fidèles compagnons, Chuma et Susi. A force de me nourrir de ces grains de blé si durs, mes dents sont toutes tombées et, si ma fille me revoit jamais, elle devra me parler très fort car je n’entends presque plus. Mes pieds sont couverts d’horribles ulcères. Il vous faut faire un brancard pour me transporter.
– O maître ! Répondit Chuma, combien je voudrais vous voir retrouver une meilleure forme physique ! Que vos joues sont creusées ! Nous craignons de vous voir mourir.
– Je n’aurais pas dû entreprendre cette expédition, mais comme j’ai promis d’aller, il me faut tenir parole.
– Retournons à Ujiji, dirent ses deux compagnons avec insistance. Là nous trouverons des médicaments et une nourriture convenable pour le maître et sûrement les Anglais n’oublieront pas leur frère en Afrique.
Livingstone finit par céder. Sur le chemin du retour, tandis que sa petite caravane traversait l’immense forêt équatoriale, des brigands l’attaquèrent et lui enlevèrent à peu près tout ce qu’il possédait. Puis, arrivé à Ujiji, il trouva que les provisions qu’il y avait laissées en réserve avaient été gaspillées, cela surtout à cause de faux bruits mis en circulation par une troupe de ses anciens partisans qui prétendaient que le missionnaire était mort et que tout ce qui lui appartenait pouvait se partager parmi les gens de l’endroit.
Mais c’est souvent au moment le plus sombre que le Seigneur envoie aux siens le secours dont ils ont besoin. Cinq jours après son arrivée à Ujiji, tandis que Livingstone pouvait se demander sérieusement pour combien de temps il en avait encore à vivre, Stanley arriva au village. Il a raconté en ces termes sa rencontre avec le vaillant pionnier de l’évangile :
Nous nous trouvions à trois cent mètres à peine d’Ujiji, entourés d’une foule immense. Soudain j’entendis une voix s’adresser à moi en anglais et me dire :
– Bonjour, Monsieur.
Je me retournai vivement pour voir qui me saluait de la sorte, et aperçus à côté de moi un homme, au visage noir comme l’ébène, mais illuminé d’une joyeuse animation. Il portait une longue chemise blanche et, sur la tête, un turban de toile américaine.
– Qui êtes-vous donc ? Lui demandai-je.
– Je suis Susi, le domestique du docteur Livingstone, répondit-il, et un large sourire éclaira sa bonne et honnête figure, tandis que ses dents brillaient d’une blancheur d’ivoire.
– Comment ? Le docteur Livingstone est ici ?
– Mais oui !
– Dans ce village ?
– Oui, Monsieur.
– En êtes-vous sûr ?
– Très sûr. Je viens de le quitter.
– Bonjour, Monsieur, dit une autre voix.
– Et vous, demandai-je, qui êtes-vous ?
– Je m’appelle Chuma, Monsieur.
– Le docteur se porte-t-il bien ?
– Pas très bien, Monsieur.
– Où a-t-il été si longtemps ?
– A Manynema.
– Eh bien, Susi, courez annoncer au docteur mon arrivée.
– Oui, Monsieur, et le brave garçon partit comme une flèche. Il ne tarda pas à revenir pour me demander mon nom. Il avait prévenu Livingstone de ma venue, mais le docteur ne voulut pas ajouter foi à ses paroles et lui demanda comment je m’appelais, ce qui remplit le pauvre serviteur d’une consternation douloureuse.
Cependant, tandis que ces événements se déroulaient, on avait fait savoir au docteur qu’un homme blanc était arrivé en effet ; qu’on avait entendu les détonations de ses fusils et qu’on avait vu son drapeau. Les grands dignitaires du village se réunirent devant la case du missionnaire et le docteur lui-même se rendit sous la véranda pour dire ce qu’il avait à faire.
Pendant ce temps la tête de la colonne de mes gens fit halte. Le porte-étendard sortit des rangs, faisant flotter bien haut son drapeau, puis je m’avançai au-devant de Livingstone avec toute la dignité possible, afin de produire un certain effet sur les africains ; mais mon cœur battait si vite que j’aurais donné tout au monde pour pouvoir donner libre cours à la joie indicible qui m’envahissait. Tandis que je m’avançais vers le docteur, je remarquai qu’il était très pale, qu’il avait l’air épuisé, que ses vêtements étaient usés et défraîchis.
– Le docteur Livingstone ? Dis-je en soulevant ma casquette. C’est le New-York Herald qui m’envoie à votre recherche pour vous ramener en Angleterre.
– C’est moi-même, répondit Livingstone en me serrant la main avec effusion. Vous me rendez la vie. J’en bénis le Seigneur.
– Moi aussi, répliquai-je, je l’en remercie.
– Et vous, Monsieur, croyez à toute ma reconnaissance.
Là-dessus il me conduisit dans sa modeste demeure et me fit asseoir sur le seul siège qu’il eût à m’offrir ; c’était son propre fauteuil, à savoir une peau de chèvre étendue par terre avec une autre peau clouée à la muraille pour garantir le dos contre les courants d’air.
Livingstone ne tarda pas à recouvrer ses forces, partiellement du moins, grâce à la nourriture que je pus lui donner et, avec les forces, lui revint sa gaieté, son entrain. Je n’ai jamais entendu qui que ce soit rire comme il le faisait. Tout son être semblait participer à sa joie, mais, en même temps, il s’y mêlait tant de bonté et de grâce que ses ennemis se laissaient gagner. C’était un exemple remarquable de ce que peut produire dans le cœur une communion constante avec le Seigneur.
Un jour Stanley lui dit :
– Rentrez donc en Angleterre avec moi. Vous prendrez quelque repos, puis vous viendrez reprendre ici votre travail interrompu.
– Non, répondit le missionnaire. Ma propre fille m’écrit : Malgré tout le désir que j’éprouve de te retrouver au milieu de nous, je préfère te voir achever ta tâche à ta complète satisfaction, plutôt que de penser que tu rentres au pays simplement pour me faire plaisir. C’est bien là ma pensée aussi, continua Livingstone. J’ai près de soixante ans ; mes cheveux sont tout à fait blancs ; je sens que mes jours sont comptés. Je dois donc songer avant tout à ce pour quoi le Seigneur m’a placé ici et non pas chercher à accomplir mes propres désirs.
– Ah ! Livingstone, ne put s’empêcher de dire Stanley, combien vous me faites envie ! J’ai vu et entendu bien des hommes se vanter de ce qu’ils appelaient leur religion, mais ce n’était que de la religiosité, une vaine forme extérieure, sans profondeur aucune. Je n’ai jamais vu personne comme vous ; on dirait que vos convictions vous ont pénétré de part en part. Vous m’avez gagné le cœur ; je me sentirai un homme meilleur pour vous avoir rencontré.
– Ne dites pas cela, répliqua avec chaleur le missionnaire. Vous ne savez pas combien j’ai murmuré quand je me suis cru abandonné de tous au centre de l’Afrique. J’ai cherché, il est vrai, à étouffer mes mauvaises pensées, mais c’est quelquefois dur d’avoir à céder.
– Il n’y a rien d’étonnant à cela. Nul être humain n’aurait montré autant d’endurance. Je suis sûr que vous pratiquez une religion dont je n’ai jamais entendu parler.
– Stanley, pendant que j’attendais à Manynema, j’ai lu la Bible quatre fois d’un bout à l’autre. Tout ce que je suis, tout ce que j’ai, je le dois à Christ révélé dans ce livre divin. Oui, Stanley, c’est là que se trouve la force et la puissance qui transforme. Quand je contemple le Seigneur Jésus, j’entends au fond de mon cœur quelque chose qui répond, bien faiblement, il est vrai, à son amour merveilleux. Je ne puis lui résister et je considère ces indigènes comme des gens pour lesquels il s’est donné lui-même et qu’il veut avoir pour Lui. Je ne puis me fâcher contre eux quand ils me volent et me trompent. Pauvres gens ! Le Seigneur est mort pour eux et cherche à les sauver.
– Depuis que je vous ai rencontré, répondit Stanley, j’ai beaucoup pensé à cette question du salut. J’ai énormément voyagé ; j’ai vu bien des choses, mais je n’ai jamais oublié un ami d’enfance. Il aimait à me prendre auprès de lui, puis il ouvrait sa vieille Bible et me lisait les histoires de David et de Joseph. J’aimais l’entendre et me sentais profondément ému ; mais ces premières impressions s’effacèrent bien vite lorsque je vis d’autres pays et d’autres peuples. Je le regrette amèrement.
Livingstone saisit avec empressement l’occasion qui s’offrait à lui pour éclairer son nouvel ami et, de l’aveu de Stanley lui-même, un des résultats les plus heureux pour lui du long et périlleux voyage qu’il accomplit à travers l’Afrique, ce fut d’avoir été remis en contact avec les précieuses vérités concernant le salut gratuit offert à tout pécheur.

——–

Stanley avait eu une enfance des plus malheureuses. Il s’appelait de son vrai nom John Rowlands ; on verra tout à l’heure comment il vint à porter celui sous lequel il est universellement connu. Abandonné de ses parents, il fut recueilli dans une maison d’accueil, sorte d’asile de mendicité, où il eut cruellement à souffrir. Il y apprit, dit-il, l’inutilité des larmes. Il y entra cependant, de façon bien inattendue, en contact avec la Parole de Dieu. Les murs de l’établissement étaient, en effet, ornés de panneaux de fer dans lesquels on avait gravé des textes bibliques. Se reportant plus tard à cette époque de sa vie, il écrivait : J’ai toujours su gré à la maison d’accueil, de m’avoir inculqué les principes d’une éducation biblique. L’horreur de faire le mal volontairement, le sentiment du respect, l’instinct de secourir les faibles, la conscience, voilà ce que je dois à cet enseignement. C’est lui qui m’a guidé vers le bien et qui m’a détourné du mal. Il m’a donné comme un avertisseur très sensible et très juste, capable de déceler le mal sous ses formes les plus subtiles, une boussole qui m’a permis de prendre une route plus droite que toutes celles que j’avais suivies auparavant.
En ces noires années, une seule éclaircie : la visite de l’évêque anglican. Johnny lui est présenté comme le meilleur sujet de l’école, et le révérend, en souvenir et comme récompense, lui donne une Bible.
Pour cet abandonné, qui de sa vie n’a jamais rien possédé, cette Bible devient un trésor, un talisman, une relique sacrée ! Au moindre loisir, il la tire de sa poche et la lit avec ferveur. Il apprend à prier. Désormais l’espoir en Dieu l’exalte du fond de son abîme d’opprobre et de misère…
Enfin, maltraité de plus en plus, il s’enfuit.
Ce sont de nouvelles souffrances. Seul au monde, bafoué, menacé, frappé, John erre éperdument, mendie du travail et du pain de maison en maison. Il gagne Liverpool ; il y adjure quelques parents de le prendre comme serviteur ; puis, traité de vagabond, chassé par eux, il se fait apprenti mercier, ensuite garçon boucher. John n’avale pas une bouchée qu’on ne la lui reproche injurieusement. La détresse physique et morale de l’enfant est de si poignante horreur que, pris de désespoir, il s’étend sur le sol pour attendre la mort. Mais il sent la petite Bible de l’évêque au fond de sa poche. Il l’ouvre. Il lit. L’espoir lui revient. La foi le ranime. Il se relève, retourne à la vie et trouve un engagement comme mousse.
Ses souffrances sont pires encore. La traversée, jusqu’à la Nouvelle-Orléans, est une torture de cinquante-deux jours. C’est pis que la maison d’accueil car John ne peut tirer sa Bible de sa poche sans être hué, bousculé et battu.
A la Nouvelle-Orléans, le pauvre enfant est si profondément pénétré de son abandon, il pressent tant d’humiliations et de souffrances nouvelles sur le sol étranger que, seul entre les mousses, il hésite à quitter le navire. Capitaine et matelots usent alors de telles violences que John se sauve, le soir, sans oser ni prendre ses habits, ni parler de son salaire. Brisé, il se laisse tomber sur le port entre deux balles de coton et s’endort en tremblant de l’inquiétude du lendemain.
La faim l’éveille à l’aube. Tête basse, afin de cacher ses larmes, le malheureux enfile la première rue qui s’offre et s’avance d’un pas traînant. Vers sept heures, affamé, pris de faiblesse, Johnny s’arrête en face d’un homme d’âge mûr qui, assis devant son beau magasin, lit tranquillement son journal. Ce commerçant a la physionomie si douce que le petit Rowlands se risque, non pas à mendier, car la honte lui étranglerait les mots dans la gorge, mais à demander d’une voix timide dont sa fierté cherche en vain à dissimuler le tremblement désespéré :
– N’auriez-vous pas besoin d’un petit garçon, monsieur ? Le commerçant, riche, marié et sans enfants, tressaille à cette question si naturelle, qui, brusquement, pourtant, ravive l’unique chagrin de sa vie.
– Un petit garçon ? répète-t-il.
Et, surpris, troublé, d’un geste rassurant, il fait signe à John d’approcher. Tandis que, interrogé avec bienveillance, le mousse raconte sa vie tragique en toute sincérité poignante, le monsieur l’enveloppe d’un regard pénétrant qui, peu à peu s’attendrit de pitié.
– Qu’est-ce que tu as là, dans ta poche ? Demande le négociant quand l’histoire est finie.
Et John, sans se douter que ce geste va le sauver, tire très simplement sa Bible, et non moins simplement, explique :
– C’est mon livre : je sais lire, monsieur.
– Montre !
Le commerçant prend la Bible, l’ouvre, et dès la première page, voit l’autographe de l’évêque : « Offert à John Rowlands pour son application et sa bonne conduite ».
Près de cet homme, aussi croyant que lui-même, John ne pouvait montrer meilleur diplôme. Le négociant devine du coup comment cet enfant misérable, à travers tous les maux et tous les vices, a été gardé honnête, brave et pur. Il l’accueillit chez lui, le protégea, l’instruisit et finit par l’adopter et lui donner son nom.
Malheureusement, la connaissance qu’avait Stanley de la Parole paraît avoir été plus superficielle que réelle. Sa position s’améliora rapidement ; il se lança dans le journalisme où il fit une carrière brillante ; mais, pendant longtemps, il perdit complètement de vue les vérités qui l’avaient encouragé et soutenu dans son enfance. En 1871, on le chargea de se mettre à la recherche du missionnaire Livingstone dont on n’avait, depuis longtemps, plus aucune nouvelle. Le sentiment de la grandeur de la tâche qu’il assumait dut éveiller chez Stanley quelque chose des impressions d’autrefois. En effet, à la veille de son départ pour l’Afrique, un de ses amis, Sir W. Mackinnon, lui dit :
– Je veux vous faire un cadeau, mais je désire que vous le choisissiez vous-même. Peu importe le prix. Dites seulement ce dont vous avez envie.
Stanley répondit sans hésiter :
– Donnez-moi une Bible !
Plus tard Stanley, racontant ce fait lui-même à un ami, ajouta :
– Pendant que j’étais en Afrique, j’ai lu cette Bible trois fois.
Et ce ne fut pas sans profit, car voici ce qu’il rapporte à ce sujet :
Ce fut une dure école, parmi des jungles impénétrables, des marécages pestilentiels et des savanes infestées d’insectes ; rien dans ce début ne semblait m’encourager. Mes chevaux mouraient, mes porteurs désertaient, un mal très redoutable décimait ma colonne ; mais malgré tant d’obstacles, je ne me laissai pas surmonter par l’adversité.
J’avais emporté ma Bible et le consul américain m’avait donné, pour envelopper des flacons médicaux, une quantité de New-York Herald et d’autres journaux américains. Curieuse rencontre ! Mais ce qu’il y eut de plus remarquable, ce fut la transformation qui s’opéra en moi à la lecture de la Bible, au cœur de l’Afrique mélancolique.
J’étais souvent malade, et lors de mes premières attaques de fièvre équatoriale, je lisais souvent la Bible pour dissiper l’ennui des heures interminables passées au lit. Bien qu’incapable de marcher (j’avais constamment plus de 40 degrés de fièvre) je pouvais lire, quand je ne perdais pas connaissance. Je lus Job, puis les Psaumes, et quand je fus guéri et de nouveau en état de marcher, je passai mon temps sous la tente à parcourir les colonnes de journaux et je fus amené à refondre complétement mon opinion sur les périodiques, non que je ne reconnaissais plus ma profession, pour laquelle j’avais encore beaucoup d’estime, trop d’estime, mais je réfléchis à l’abus qu’on faisait des journaux.
La solitude m’apprit bien des choses, me présenta les journaux sous un jour tout nouveau. Bien des questions m’y paraissaient traitées d’une façon qui faisait honte à la grande nature sauvage.
Il m’apparut alors que tout ce qu’on lit dans les journaux, en dehors de ce qui fait leur objet à savoir, des nouvelles, est une perte de temps, une déperdition de force vitale et de valeur personnelle. Mais la Bible, au langage noble et simple, je continuai de la lire en la pénétrant d’une façon plus profonde, plus sincère que jamais auparavant. Ses versets pleins de force prenaient un sens différent, avaient une influence plus pénétrante dans le silence des déserts. Je sentais comme un rayonnement se dégager de ces pages et comme un charme mystérieux qui s’harmonisait étrangement avec la profonde mélancolie des paysages africains.
Quand je posais le livre, du fond de mon cœur venaient affluer à mon esprit des souvenirs anciens. Et je voyais surgir toutes mes ambitions d’autrefois et la longue théorie des espoirs déçus et des désirs irréalisés. Je me voyais là, pauvre journaliste, sans amis, conscient pourtant d’une puissance en moi qui m’entraînait à l’action victorieuse. Comment était-ce possible ? Alors passaient et repassaient dans mon esprit des versets de la Bible qui s’appliquaient merveilleusement à mon cas, parfois pour m’encourager et souvent pour me mettre en garde.
Seul dans ma tente, à l’abri des regards, mon esprit travaillait et méditait ; ma consolation et mon soutien furent de me rappeler ce qui m’avait consolé et soutenu pendant mon enfance misérable. Je me jetai à genoux et je répandis mon cœur devant Dieu, de qui je m’étais si longtemps éloigné, qui m’avait mystérieusement conduit en Afrique, pour m’y révéler sa volonté et m’y faire trouver le Sauveur dont j’avais besoin. Je fus remplis du désir de le servir complètement, ce même désir qui jadis à la Nouvelle-Orléans me remplissait de joie chaque matin et m’envoyait en chantant à mon travail. Vus du fond de ma solitude, quelle différence entre la Bible et les journaux ! Celle-là me rappelait que loin de Dieu ma vie n’était qu’une bulle d’air, et m’invitait à me souvenir de mon Créateur. Ceux-là n’engendraient qu’orgueil et vanité. Le ciel insondable, la terre couverte de forêts à l’infini, et la savane désolée marquaient tant le contraste de ma propre petitesse que je m’en sentais souvent humilié ; et mes compagnons noirs s’étaient aperçus que l’Afrique était en train de me transformer.

——–

Stanley fut encore, dans les mains de Dieu, l’instrument qui fit pénétrer la Bible dans le pays d’Ouganda dont le roi, Mtesa, répandait la terreur autour de lui et dans tous les pays voisins.
Lorsque Stanley partit pour son second voyage en Afrique, en 1875, Mlle Livingstone, la fille du missionnaire, lui remit une Bible richement reliée. Reçu à la cour de Mtesa, Stanley lui montra le précieux volume et lui en lut quelques chapitres qui impressionnèrent fortement le roi. Lorsque, quelques temps après, Stanley, continuant son voyage à travers le continent noir, allait franchir la frontière de l’Ouganda, il vit accourir un messager de Mtesa qui avait fait plus de deux cent cinquante kilomètres pour le rejoindre et lui dire que le roi voulait absolument avoir « le livre ». Stanley lui donna sa Bible.
De retour en Angleterre, l’explorateur rendit compte, dans le Daily Telegraph, de ce qui s’était passé entre lui et Mtesa et pressa vivement ses amis chrétiens d’envoyer dans l’Ouganda des missionnaires. Ceux-ci partirent deux ans plus tard et, malgré de terribles persécutions qui éclatèrent sous le successeur de Mtesa, l’Évangile s’est largement répandu dans ce pays.

D’après la Bonne Nouvelle 1913

SOUS LE LIT

Un nouveau chant : « Le plus fort » et une nouvelle histoire : « Sous le lit » !

 

 

 

 

 

Tiré de CD Vieilles histoires jeunes oreilles. B. Durst

Éditeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com) et

Éditions Bibles et Littérature Chrétienne (http://www.eblc.ch).

LA BIBLE DANS LA PORCHERIE

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LA BIBLE DANS LA PORCHERIE

 

Un missionnaire qui annonçait l’évangile en Amérique du Sud raconta une fois les circonstances plutôt étranges dans lesquelles un homme et sa famille furent convertis.
Cet homme était un fermier qui élevait des cochons. Un jour, quelqu’un vint lui offrir une Bible. Mais, satisfait de sa propre religion, le fermier n’éprouvait aucun besoin pour le Livre. Aussi jeta-t-il avec colère et mépris le précieux volume dans la porcherie.
Le lendemain matin, lorsqu’il alla nourrir ses cochons, quelle ne fut pas sa surprise de les trouver tous morts. Avec une grande frayeur, il ramassa la Bible, pensant que c’était là le jugement de Dieu sur lui, pour avoir traité ainsi le saint Livre. Le résultat fut qu’il commença à lire, avec sa famille, ces Saintes Écritures ; et une lumière nouvelle et merveilleuse jaillit dans ces âmes plongées dans les ténèbres. Ce fut le moyen de la conversion de cet homme et de toute sa famille. « Le peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière » (Matt. 4. 16).
« Or c’est ici le jugement, que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière : car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jean 3. 19).
Le fermier, cependant, et sa famille vinrent à la lumière. Ils découvrirent avec joie que Dieu est non seulement Lumière, mais qu’Il est aussi Amour (1 Jean 1. 5 ; 4. 16). Cette lumière manifeste les ténèbres et le péché de nos cœurs, mais elle nous conduit aussi au Sauveur que Dieu Lui-même nous a donné, un Sauveur qui est mort pour ôter le péché par le sacrifice de Lui-même. « Le sang de Jésus-Christ nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7).
Les Ecritures nous disent que tout enfant d’Adam a été enfanté dans le péché (Ps. 51. 5) ; et nous lisons ailleurs que « tous ont péché » (Rom. 3. 23). L’apôtre Pierre nous dit que nous devons être « rachetés » non par « de l’argent ou de l’or, mais par le sang précieux de Christ » (1 Pierre 1. 18 et 19). Ceux qui ne sont pas rachetés connaîtront un jour le jugement éternel.
La cause de la mort de ces cochons resta un mystère. Le missionnaire pensa à la couverture de la Bible, mais on lui dit qu’elle était restée intacte. Les cochons n’avaient manifestement pas touché au Livre. Comme le dit un poète : « Pour accomplir ses miracles, Dieu agit de façon mystérieuse ».
Avant sa conversion, le fermier avait une religion – froide, sans vie. Mais maintenant il avait Christ – le Sauveur, l’ami qui se tiendrait près de lui durant toute sa vie, et l’introduirait ensuite au ciel. Cher lecteur, que possèdes-tu – une religion ou Christ ?

 

D’après la Bonne Nouvelle 1969

VOICI, IL PRIE !

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« VOICI, IL PRIE ! »

(Actes 9. 11)

Encore un article sur la prière ! Allez-vous dire en lisant le titre ; n’a-t-on déjà pas assez écrit, et médité, et exhorté sur ce thème ? C’est vrai, et pourtant que devons-nous constater ? Quels sont les résultats effectifs de tant d’exhortations dans nos vies individuelles, dans nos maisons, dans nos réunions collectives ?

On déplore la ruine actuelle ; on constate avec douleur et étonnement que pour qu’une âme se convertisse il faut je ne sais combien de prédications et d’exhortations personnelles ; on entend dire : le monde envahit l’Église ; la vie spirituelle s’étiole ; l’amour se refroidit ; la tiédeur gagne chaque jour du terrain ! A quoi donc l’attribuer ? A la persécution ? Nous n’avons jamais été si tranquilles, en tout cas pour ce qui concerne nos pays. Au manque de nourriture spirituelle ? Nous sommes parvenus à une époque de grandes richesses à ce point de vue: partout on prêche, on exhorte, on édifie ; les études, les livres d’exhortations, d’encouragements, de consolation chrétienne de tout genre sont à la disposition de quiconque se donne la peine d’en profiter.

Alors qu’y a-t-il que nous devions constater si peu de vie ? Serait-ce l’Esprit de Dieu qui n’agit plus comme autrefois ? Serait-ce que les promesses faites dans la Parole n’auraient plus cours dans les temps actuels ? Le simple fait de soulever la question y répond déjà : comment Dieu peut-Il changer, puisqu’Il est le même hier, aujourd’hui et éternellement ? Serait-ce enfin manque de vie, manque d’amour, manque de fruit de l’Esprit en général ? C’est bien un peu cela et par là nous arrivons à la véritable raison de cette léthargie spirituelle dans tous les domaines :

C’est le manque de PRIÈRES.

Pourquoi y a-t-il si peu d’amour pour le Seigneur et entre croyants, si peu de compassion pour les âmes qui s’en vont à la perdition ? Pourquoi si peu de fruit manifesté ? Pourquoi le monde a-t-il pénétré dans nos cœurs, dans nos vies, dans nos maisons ? Pourquoi ce manque de joie, ces fronts soucieux, ces visages sombres ? Parce qu’on ne prie pas assez, tant personnellement que collectivement, et que le peu de prières que nous faisons sont souvent formalistes, sans vie, sans ferveur, résultant d’un simple devoir.

Voici, il prie ! De tous les chrétiens du passé, celui qui a laissé la plus profonde impression de piété, de consécration, d’abnégation, est bien l’apôtre Paul. Ne disait-il pas lui-même, poussé par l’Esprit de Dieu : Soyez mes imitateurs, comme je le suis du Christ ? Quel était donc le secret de sa force ? La prière. La première chose qu’il fait après sa conversion c’est de prier : Voici, il prie ! Ensuite ne le voyons-nous pas tout le long de sa carrière vivre cette vie de prières continuelles ? Il suffit de relire ses épîtres pour s’en persuader. Y a-t-il aussi un apôtre qui exhorte autant les autres à prier ? Priez sans cesse; j’exhorte avant toutes choses à faire des supplications, des prières… etc.

Dans l’histoire de l’Église, tout réveil individuel ou collectif a été précédé d’un temps spécialement consacré à la prière. Voulons-nous nous réveiller de notre tiédeur ? Désirons-nous voir l’Esprit de Dieu agir avec puissance, les âmes se convertir, les croyants être éclairés ? Désirons-nous voir au milieu de nous plus de zèle pour le Seigneur, plus d’affection fraternelle et d’amour pour les pécheurs perdus ? Oh ! Alors, ne nous contentons pas seulement de nous nourrir mais avec la force du Seigneur, comptant sur Ses promesses, avec foi et ferveur, mettons en pratique ces exhortations, étant saisis d’un véritable esprit de prière ; que, seul dans notre cabinet, nous sachions prier avec persévérance ; que deux ou trois nous puissions nous retrouver régulièrement pour prier ensemble ; et qu’enfin, dans nos réunions, nous apportions cet esprit de prière par plus de vie, plus de réalité. Plus de participation.
Voulons-nous vraiment réagir ? Désirons-nous sincèrement et réellement prier davantage, avec plus de foi ?

Prenons, par exemple, chacun la ferme résolution devant le Seigneur de prier en tout cas une fois par jour pour une âme déterminée que nous savons ne pas encore appartenir au Sauveur, et aussi pour une autre âme déterminée que nous savons croyante, mais qui n’a pas encore été éclairée quant aux vérités du rassemblement, et cela, avec la foi que le Seigneur nous exaucera. Si chaque croyant prenait une telle résolution et la mettait en pratique avec persévérance en la renouvelant chaque fois que sa prière a été exaucée, ne pensez-vous pas que bien vite nous assisterions à un vrai réveil au milieu de la chrétienté ?

Faisons comme Esdras, mettons-nous à l’œuvre tout de suite, sans nous demander si notre exemple sera suivi ou non, et veuille le Seigneur nous faire faire alors la précieuse expérience que fit son serviteur, comme nous lisons dans son livre au chapitre 10. 1 :
« Et comme Esdras priait et faisait sa confession, pleurant et se prosternant devant la maison de son Dieu, il se rassembla vers lui d’Israël une très grande congrégation d’hommes, de femmes et d’enfants, car le peuple pleurait beaucoup ».

D’après Feuille aux jeunes n°21
J. A.

L’ALCOOL TUE !

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L’ALCOOL TUE !

 

L’alcool dans la Bible

L’alcool a présenté un danger pour l’humanité dès le début. Noé a été le premier homme mentionné dans la Bible qui a planté une vigne, un homme de foi, craignant Dieu. Il est aussi le premier de qui il est dit qu’il a été complètement ivre. Il perdit le contrôle de ses sens, si bien qu’il se découvrit au milieu de sa tente (Genèse 9. 21).

Lot a également cédé aux tentations de l’alcool. Par sa grave faute, il est devenu à la fois le père et aussi le grand-père d’enfants que ses filles avaient mis au monde. Il les avait engendrés en état d’ivresse (Genèse 19. 30 et suivants).

La Bible comme excuse ?

Est-ce qu’un chrétien utiliserait comme défense les paroles de la mère de Lemuel, en Prov. 31. 6 et 7 ? : « Donnez de la boisson forte à celui qui va périr, et du vin à ceux qui ont l’amertume dans le cœur : qu’il boive et qu’il oublie sa pauvreté, et ne se souvienne plus de ses peines ». En ce qui concerne l’interprétation et l’application correctes de ce verset au roi Lemuel, nous ne pouvons qu’adhérer à ce qu’a dit Henri Rossier sur ce passage, commentateur apprécié de la Bible, et mettre en garde ceux qui prendraient ce verset comme une autorisation d’abuser de l’alcool. Car, pour nous chrétiens, s’applique ce verset en toutes circonstances : « Ne vous enivrez pas de vin, en quoi il y a de la dissolution (c’est une source de débauche) ; mais soyez remplis de l’Esprit » (Eph. 5. 18) et « la fornication et le vin et le mou ôtent le sens » Osée 4. 11.

La consommation d’alcool n’est pas interdite dans la Parole (1 Tim. 5. 23). Mais il n’y a peut-être pas d’autre produit dont la consommation raisonnable puisse dégénérer en abus si préjudiciables. Dieu nous met en garde. Et je désire également te mettre en garde, toi, jeune chrétien.

L’abstinence

Parole d’un ancien : « Ne bois pas une goutte d’alcool avant d’avoir 16 ans ». Il y a eu malheureusement des exemples parmi des chrétiens sérieux, des jeunes qui ont non seulement bu des quantités excessives d’alcool lors de « parties » débridées, mais se sont aussi livrés à des actes immoraux : la fornication et l’impureté. Par conséquent, l’assemblée a dû interrompre la communion pratique avec eux (1 Cor. 5 et 6). Des jeunes ont ainsi été séduits et entraînés dans le monde. Il faut suivre ensuite un chemin extraordinairement rocailleux pour retrouver la communion. Ne cherche pas à en faire toi-même l’expérience, mais tiens compte de l’expérience des quelques-uns qui y sont parvenus – par la grâce de Dieu.

Et alors ? Vous avez entre vous des rencontres, êtes dans une cabane ou un autre endroit, vous vous rencontrez après l’école ou une journée de travail : est-on considéré comme marginal si l’on refuse de boire de l’alcool ? Est-ce que l’ambiance de la rencontre serait «plate» si l’on n’y buvait que du coca ou de la limonade ?

Les «parties» et les fêtes

J’ai entendu dire dernièrement qu’en certains endroits, il est devenu une habitude que des jeunes chrétiens se retrouvent un soir de semaine dans une discothèque, ou un autre soir à une «party». Il me faut te rendre attentif au fait que cela est péché.

Les chrétiens jeunes (et âgés) osent et doivent pouvoir éprouver de la joie. Mais comment un chrétien peut-il éprouver de la joie et du bonheur, si le Seigneur Jésus ne peut s’y associer ?
Ce n’est pas que l’on doive seulement s’entretenir de Christ et de sa Parole. Pourtant, ne le pourrait-on pas aussi ? Le fais-tu aussi ?

Celui qui met en garde contre l’alcool se rend impopulaire, même si cela est exprimé avec ménagement. « Où est le problème ? Qu’y a-t-il à redire si l’on boit un ou deux verres ? ». A vrai dire, absolument rien. Mais pourquoi en a-t-on vraiment besoin ? L’ambiance s’améliore-t-elle seulement lorsque le niveau d’alcool grimpe ?

D’un petit verre… à la dépendance

Nous ne devons pas oublier que la jouissance de l’alcool et la quantité ingurgitée sont étroitement liées. S’agit-il toujours et seulement de un ou deux petits verres, ou… ? On s’habitue très rapidement à l’alcool. Et il n’existe pas seulement les buveurs invétérés, mais aussi les buveurs occasionnels qui ne s’enivrent « que » tous les quinze jours et qui ne sont ensuite plus maîtres d’eux-mêmes pendant trois jours. Qu’en est-il alors de notre témoignage de chrétiens auprès de nos camarades d’école, collègues et voisins ?

Dans beaucoup d’écoles, il y a une grande «party» presque chaque week-end. Celui qui, en tant que chrétien, n’y participe pas, est un marginal. Y renoncer n’est pas facile ! Mais tu peux précisément prouver que tu as compris ce que le Seigneur Jésus a dit dans sa prière au Père : « Le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde » (Jean 17. 14). Et Pierre nous dit : « Car il nous suffit d’avoir accompli, dans le temps passé, la volonté des gens des nations, alors que nous marchions dans la débauche, les convoitises, l’ivrognerie, les orgies et les beuveries et les idolâtries criminelles» (1 Pi. 4. 3).

Aucune statistique ne peut mesurer les dégâts psychiques énormes que l’alcoolique et sa famille ont à supporter. Comment un enfant ou un conjoint peut-il se remettre de l’expérience traumatisante d’un père constamment ivre, et qui tient des propos cyniques à sa femme ou à ses enfants ? Le risque augmente ainsi qu’ils deviennent eux-mêmes des alcooliques.
Nous connaissons malheureusement des cas parmi les chrétiens où la dépendance à l’alcool s’est transmise de génération en génération.

Des illusions

En ce qui concerne l’alcool, les demi-vérités et les mensonges, qui légitiment depuis toujours la beuverie et qui devraient calmer la mauvaise conscience, proclament sans cesse et sans être inquiétés que le vin rouge est bon pour le cœur, la bière est la boisson la plus désaltérante, un digestif aide à la digestion, un apéritif produit ce que son nom indique ! L’appétit et l’alcool aident aussi à mieux dormir. Rien de tout cela n’est vrai. Mais on le croit si volontiers…

L’alcool tue, lorsqu’on a pris goût à ce « délice ». C’est pourquoi j’aimerais te mettre en garde expressément de ne pas te mettre à en consommer des quantités toujours croissantes. Personne ne peut noyer ses soucis dans la bière ou dans l’eau-de-vie. C’est impossible. Ils seront toujours là. De même que les problèmes de travail ou les difficultés dans ton couple ou dans la famille ne disparaîtront pas à l’aide de l’alcool.

Des gens dans la misère

Lorsque quelqu’un a des difficultés, il peut s’adresser à Dieu. Du ciel, le Seigneur exalté a donné des frères comme dons à l’Assemblée, frères qui agissent en tant que pasteurs pour le bien des croyants. Il existe des couples qui ont une maison et une oreille ouvertes pour prendre connaissance des différents besoins.

Et si, une fois, tu réalises que tu as atteint un niveau si élevé de consommation, et que tu sens que tu ne peux plus t’en sortir tout seul, rends-toi chez une personne qui saura t’écouter. Il est probable que tu ne pourras pas échapper à une cure de désintoxication. Mieux vaut ça que de persister à pécher et, à cause de l’alcool, écourter ta vie et la gaspiller. Une aide spirituelle t’accompagnera et te redonnera du courage.

Nous devons tous être sensibilisés, lorsque nous notons que quelqu’un sent l’alcool, paraît en avoir bu, ou en boit plus que d’autres. Nous ne sommes pas des détectives, certainement pas. Mais combien de fois nous sommes-nous dit, après les faits, que cela ne devrait plus arriver et que le courage nous a manqué d’attirer l’attention d’une personne. Le courage et le doigté vont de pair et contribuent à la bénédiction. « Si quelqu’un parmi vous s’égare de la vérité et que quelqu’un le ramène, qu’il sache que celui qui aura ramené un pécheur de son égarement de son chemin, sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés » (Jacques 5. 20).

D’après Manuel Seibel
« Folge mir nach »

VEILLER UNE HEURE

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« Ainsi vous n’avez pas pu
VEILLER UNE HEURE
avec moi ? » (Mat. 26. 40)

 

Le Fils de l’homme, méprisé, s’engage dans l’ultime passage d’un chemin de souffrance, de larmes, de combats. Derrière Lui, Judas, le traître, s’entretient avec les hauts dignitaires du peuple sur le moyen de le faire mourir ; puis, la foule qu’Il a tant de fois comblée de ses bienfaits, à laquelle Il a adressé ses appels les plus tendres, attend, frémissante, pour s’écrier tôt après : « Crucifie-le ! » Devant Lui, la croix, l’abandon de Dieu, l’expiation des péchés, la mort. Avec Lui, ses onze disciples.

GETHSÉMANÉ ! C’est l’heure de l’angoisse, de la tristesse jusqu’à la mort !

O Jésus! Qui comprendra la souffrance qui saisit ton âme sainte ? Qui viendra t’apporter une parole de sympathie, une pensée d’amour ? Comme une faveur particulière, tu demandes à trois de tes disciples : « Demeurez ici et veillez avec moi », parce que ton cœur aurait tant besoin de cette communion d’amour dans cet abîme de souffrance. Puis tu t’avances, seul, dans la nuit, pour alors te jeter sur ta face et supplier ton Père de faire passer la coupe loin de toi, toutefois « non pas comme toi tu veux, mais comme Lui Il veut ! » Le combat est terrible, ta sueur ruisselle en gouttes de sang ! Puis tu reviens vers tes trois disciples; mais quelle peine ton cœur doit-il éprouver ? Pas de communion dans ta souffrance de leur part, pas de sympathie pour l’amertume de ta coupe : ils dorment ! Et par trois fois tu reviens la chercher cette pensée d’amour, ce regard de consolation, mais ô Sauveur adorable, tu es laissé seul dans la lutte suprême, seul dans l’angoisse: pas un cœur ne vient répondre à l’effroi de ton âme !

Quel tableau ! Chers jeunes amis. Combien nos cœurs se serrent en pensant d’un côté à l’angoisse profonde de notre précieux Sauveur et de l’autre côté à la faiblesse de ses trois disciples qui dorment, n’ayant pas une seule pensée d’affection, pas une seule parole d’encouragement pour leur Seigneur engagé dans le plus terrible des combats. Et pourtant, si c’est à ses trois disciples que Jésus adressa cette parole : « Ainsi vous n’avez pas pu VEILLER UNE HEURE avec moi ? » c’est aussi à nous, jeunes croyants, qu’Il l’adresse aujourd’hui parce qu’aussi nous nous sommes endormis. Allons-nous laisser le Seigneur veiller seul, prier seul, travailler seul, appeler seul ? Ne voulons-nous pas répondre à son appel si tendre et si pressant : « Demeurez ici et veillez avec Moi ? » Désirons-nous, de tout cœur, sincèrement, nous réveiller une fois pour toutes et veiller avec Lui, alors que la nuit est déjà fort avancée et que l’aube va se lever d’un moment à l’autre ?

VEILLER une heure avec Lui pour PRIER.

Où en sommes-nous avec la prière ? Ne devons-nous pas baisser la tête en pensant au peu d’énergie, au peu de persévérance que nous manifestons pour prier, pour, comme Daniel, ses fenêtres étant ouvertes du côté de Jérusalem, nous agenouiller sur nos genoux trois fois le jour et prier et rendre grâce devant notre Dieu (Dan. 6. 10). Prions- nous trois fois par jour, agenouillés sur nos genoux avec la foi de Daniel ?

VEILLER une heure avec Lui pour LIRE LA PAROLE.

Paul disait à Timothée: « Attache-toi à la lecture », parce qu’il en savait toute l’importance. Aujourd’hui, le Seigneur nous demande de veiller avec Lui une heure pour lire sa Parole ; combien de temps Lui accordons-nous ? Oh! Il a tant de choses à nous dire, à nous enseigner, tant de grâces à nous communiquer; allons-nous le laisser veiller Seul, dans l’impossibilité de nous faire part de Ses richesses parce que nous ne venons pas l’écouter ? « Marie a choisi la bonne part qui ne lui sera pas ôtée », parce qu’elle s’était assise aux pieds de Jésus et « écoutait sa Parole » (Luc 10. 39 et 42).

 

VEILLER une heure avec Lui pour SE SOUVENIR DE LUI.

Chers jeunes croyants qui n’avez pas encore répondu à l’invitation du Seigneur, laisserez-vous votre siège vide à sa Table ? Ne voulez-vous pas participer à ce repas d’amour et de souvenir « en mémoire de Lui », par amour pour Lui « pour annoncer Sa mort jusqu’à ce qu’Il vienne » ? (1 Cor. 11. 26).

 

VEILLER une heure avec Lui pour TÉMOIGNER DE LUI, PORTANT SON OPPROBRE.

Notre vie est-elle vraiment un reflet de celle de Christ ? Peut-on dire en nous voyant marcher : « lIs les reconnaissaient pour avoir été avec Jésus ? » (Act. 4. 13). Et lorsque les moqueries ou le mépris ou même les persécutions surviennent, pouvons-nous comme les premiers disciples « nous réjouir d’avoir été estimés dignes de souffrir les opprobres pour le Nom ? » (Act. 5. 41). Jésus nous demande si nous sommes prêts à témoigner pour Lui et avec Lui ; allons-nous le laisser appeler en vain, en restant dans notre tiédeur, en marchant un pied dans le monde et un pied dans son chemin, ayant honte de son opprobre et de son Nom ?

VEILLER une heure avec Lui pour LE SERVIR.

« Une heure ! » c’est l’heure présente, c’est maintenant ; ce n’est pas quand nous serons plus âgés, que nous aurons acquis beaucoup de connaissance et de cheveux blancs qu’il faudra commencer de veiller une heure avec Lui pour le servir. C’est maintenant, à cet instant même, tout de suite. Demain, Il sera peut-être venu et ce sera trop tard, éternellement trop tard ; nous ne pourrons alors qu’éprouver le regret des disciples lorsqu’ils ont entendu cette parole de reproche : « Dormez dorénavant et reposez-vous, car l’heure s’est approchée » (Mat. 26. 45.). L’occasion sera manquée pour toujours, l’occasion de veiller pour le servir, pour répandre quelque chose de son amour autour de nous; le servir dans notre famille, dans l’assemblée, parmi les enfants pour leur parler du beau nom de Jésus ; parmi les malades pour leur apporter quelque sympathie, quelque parole de secours ou de salut ; parmi les affligés pour les consoler ; parmi les défavorisés pour leur faire part de nos biens matériels et spirituels; parmi la foule des âmes perdues pour proclamer la Bonne Nouvelle par tant de moyens si facilement mis à notre disposition : traités, invitation à des réunions, conversations particulières, etc…

« Rappelons-nous que « nous avons été tournés des idoles vers Dieu pour servir le Dieu vivant et vrai » (1 Thess. 1. 9). L’amour de Christ nous étreint-il comme il étreignait le cœur de l’apôtre afin « que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux- mêmes, mais pour CELUI qui pour eux est mort et a été ressuscité ? » (2 Cor. 5. 14 et 15). Vivons-nous pour nous-mêmes, ou veillons-nous avec lui pour vivre pour Lui et pour le servir ?

Pour terminer, rappelons les paroles vibrantes qu’un frère adressait aux jeunes : « Le Seigneur désire vos vies jeunes et neuves ! Il ne veut pas de vos années superflues, Il veut le meilleur de vous ! » N’en est-Il pas digne ? Ne nous a-t-Il pas assez aimés ? Et aussi, ne nous a-t-Il pas achetés à prix ? Oh ! Qu’Il nous donne réellement, sincèrement et dès cette heure : « de demeurer là et de VEILLER avec Lui », en L’attendant.

« Veillez donc; car vous ne savez pas quand le maître de la maison viendra, le soir ou à minuit ou au chant du coq, ou au matin; de peur qu’arrivant tout à coup il ne vous trouve dormant. Or ce que je vous dis à vous, je le dis à tous: VEILLEZ ! » (Marc 13. 35 à 37).

 

D’après feuille aux jeunes n°16
J. A.

PERSÉVÈRE

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PERSÉVÈRE

…dans ces choses.
(1 Tim. 4. 16)

On avait demandé à une personne d’adresser un message dans un quartier populeux à quelques enfants qu’on réunissait le soir une fois par semaine pour entendre la parole du Sauveur. La tâche n’était pas facile, les enfants en question étant suprêmement indisciplinés.

Celui-ci avait accepté avec joie, heureux de pouvoir rendre ce petit service au Maître qu’il aimait. Les jours précédents, conscient de sa faiblesse et de son incapacité, il avait supplié avec instance le Seigneur de le revêtir de Sa force et de lui donner le message qui pouvait vraiment répondre aux besoins de ces enfants.

Le soir de la petite réunion arriva et, confiant dans le Seigneur, il put délivrer un pressant appel aux enfants qui l’écoutèrent avec une attention soutenue, oubliant pour un instant leurs esprits malicieux. Encouragé par ce premier succès, pressé par une nouvelle invitation, il retourna une seconde fois, avec plus de confiance en lui-même et peut-être moins de préparation avec le Seigneur. Le message fut moins vibrant et, à certains moments, l’attention des enfants laissait beaucoup à désirer.

Comme il devait quitter cet endroit et probablement ne plus y revenir pour longtemps, on lui demanda de se souvenir fidèlement de ces enfants dans ses prières, car le succès de l’œuvre dépendait beaucoup de la persévérance dans la prière de ceux qui avaient été mis en contact avec elle.

Les premiers jours, encore tout enthousiaste de cette œuvre parmi les enfants, ses requêtes à leur égard furent vivantes et fidèles… Puis les semaines passèrent ; l’ardeur du début s’était un peu refroidie, et il arrivait qu’un soir, bien fatigué, il renvoyait au lendemain sa prière pour les enfants de la ville lointaine… Les mois passèrent ; d’autres occupations, d’autres intérêts accaparaient son temps, ses pensées, ses aspirations ; peu à peu la prière, la prière promise, devint très intermittente ; il se passait parfois des semaines sans que ces enfants pour lesquels son attachement avait tout d’abord été si grand, fussent placés devant le Seigneur; puis tout d’un coup, leur souvenir réapparaissait et pendant deux, trois jours, ils étaient mentionnés dans la prière journalière… Les années passèrent; leur souvenir passa aussi de la mémoire de notre jeune ami. Mais Lui, le Seigneur, les avait-il oubliés ? Non, jamais, car Lui demeure fidèle, même si nous manquons de persévérance.

Il est facile de bien commencer, plus difficile de bien continuer et de bien finir, car la persévérance nécessaire pour mener à bonne fin ce que le Seigneur nous a confié vient de Lui seul. Il suffit de détourner les regards de sa Personne et de les fixer sur les vagues houleuses de ce monde pour se lasser, pour tomber dans le découragement et parfois déshonorer le nom du Seigneur.

Il est facile de prendre la bonne résolution de lire la Parole et de prier chaque matin, puis de la mettre en pratique pendant quelques jours, peut-être une semaine, même deux. Puis un matin, on se sent trop las pour se lever assez tôt; on émet la facile excuse que le temps pour ce moment de communion personnelle se trouvera bien pendant le reste de la journée et on néglige une première fois. Plus tard c’est une seconde, une troisième, car une fois qu’on a cédé à la voix de l’Ennemi, il trouve mille nouvelles excuses toutes plus subtiles les unes que les autres pour nous rendre négligents ; mais elles n’ont aucune valeur aux yeux de Dieu.

La Parole nous exhorte à : « Persévérer dans la prière». Il est facile de prier dix fois, quinze fois pour la conversion d’une âme, ou pour la bénédiction d’une œuvre, ou pour demander aide et direction dans telle ou telle difficulté, ou encore pour connaître la volonté du Seigneur sur tel ou tel point. Mais si le Seigneur ne répond pas aussi vite que nous le pensions, il est difficile d’avoir la foi et de persévérer dans la prière jusqu’à ce qu’Il réponde ; persévérer pendant des semaines, des mois, parfois des années, sachant que, selon Sa promesse fidèle, Il nous exaucera.

Il est facile d’entreprendre avec beaucoup d’ardeur un service que le Seigneur nous confie : c’est quelque chose de nouveau, qui semble avoir beaucoup de succès au début : soit distribuer des traités, soit faire des visites, soit tenir l’école du dimanche, soit parler à une âme, soit aider une personne en difficultés ; tout est facile au début, mais ce qui a de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est de continuer, de persévérer, lorsque l’ennemi sème les obstacles, lorsque viennent les contrariétés, les critiques, que, malgré tous nos efforts, les résultats espérés n’apparaissent pas, qu’à la place de rencontrer de l’intérêt et un accueil favorable, on ne trouve qu’indifférence, incrédulité et même parfois moqueries et injures. Persévérer malgré les difficultés, parce qu’il ne s’agit pas de notre service, de notre œuvre, mais de celle du Maître !

Un grand missionnaire, pionnier de l’œuvre du Seigneur en Afrique du Sud, avait comme devise : « En haut et en avant ! »

L’apôtre oubliait les choses qui étaient en arrière et tendait avec effort vers celles qui sont devant, fixant les yeux sur Jésus.

Les trois cents hommes de Gédéon étaient « fatigués, mais poursuivant toujours » (Juges 8. 4).

Oh ! Que le Seigneur nous accorde, à nous les jeunes, de Le glorifier par notre persévérance dans tout ce qu’Il nous confie, persévérant dans la prière, dans le service, dans le témoignage, dans l’amour fraternel, persévérant jusqu’à ce qu’Il vienne, afin qu’Il puisse dire à chacun de nous : « Bien, bon et fidèle esclave; tu as été fidèle en peu de choses, je t’établirai sur beaucoup: entre dans la joie de ton Maître » (Mat. 25. 21).

D’après feuille aux jeunes n°6
J. A.