ENFANT PRODIGUE
Oui, j’ai quitté cette maison de mon Père
Je ne voulais pas me mettre sous tutelle,
Pour être asservi, ainsi que mon frère,
Au dur régime, d’une Loi sans pareille !
Je veux être « libre », puisque je suis majeur.
Je veux profiter aussi des biens qui sont à moi.
Ah ! « ni Dieu, ni Maître », mais je veux, sur l’heure,
Rejeter même : tout ce qui est Loi, ou Foi !
Mangeons et buvons, car demain nous mourrons !
Pourquoi donc se priver des délices de la vie ?
La nature est bonne, même en ses passions :
Je veux goûter à tout ce qui fait notre envie !
Ainsi parlent des hommes, « loin du Créateur »
Des foules, des peuples ont choisi ces voies :
Ils oublient, que rapidement, vient l’heure,
Où il faudra répondre de leurs vaines joies !
Et c’est pourquoi, au pays de la famine…
Si éloigné de ses grandes origines,
L’imprévu vient contrarier ses desseins :
Ses peines s’accumulent, sans en voir la fin !
Il court partout pour satisfaire son âme :
Mais, rien ne peut suffire, ni science, ni plaisirs,
Ni sports, ni violences, ni la gousse infâme,
Dont on veut saturer ses heures de loisirs !
Rien… pour apaiser cette « faim » qui le dévore :
On veut être « moderne », on veut du nouveau ! »
Rivalités de luxe, de biens, de confort :
Rien n’y fait, ni autos, ni plages, ni bateaux.
Il se lance aux poursuites de l’espace :
C’est exaltant, magnifique, admirable !
Tant on est petit, et faible notre race
Qu’on ne discerne pas « l’incommensurable ».
Atteindre : « Lune » ou « premières Planètes… »
Sont moins que « sauts de puces… » en l’immensité !
Mais concevoir, en nos si faibles têtes,
Aller au-delà, est stérile vanité !
O homme – loin de Dieu – ne sens-tu pas cela ?
Tu perds ta vie, ta jeunesse, et ta santé :
Les trésors qu’en « providence » Il t’a donné,
Puis vient la mort qui te guette, et après : Quoi ?
Tu n’es pas satisfait et tu n’as pas la paix !
Nul ne te donne rien et ne « peut rien donner » :
Errant, malheureux, le cœur vide… tu « péris ».
Assieds-toi ! Revois un peu ta vie ! Réfléchis !
Il y a du « pain », et en riche abondance…
Mais tu l’as vu, ami : il n’est pas en ce lieu !
Ne penses-tu pas qu’un peu de repentance…
Serait le « vrai » chemin du retour vers ton Dieu ?
Le Prodigue l’a fait : Il est un exemple !
Le Sauveur nous l’a dit pour nous encourager :
Nous montrant qu’en haut, sur le seuil de son Temple,
Le Père désirait de pouvoir l’embrasser !
À l’étonnement du monde angélique,
Il ne tait pas sa joie, quand un seul Lui revient !
Et la Parabole sert ainsi d’ « applique »,
Pour dire à chacun : Vois, comprends et reviens !
Tu ne seras ni mis dehors, ni méprisé,
Car déjà, c’est Lui qui vient à ta rencontre,
Et loin de te montrer un visage irrité,
Il t’appelle : Qu’est-ce que son amour montre ?
Viens au Calvaire : Vois Son Fils crucifié !
C’est pour toi, pour chacun, qu’Il a payé, mon cher,
Pour te vêtir, ici, du vêtement de la paix,
Et surtout te révéler « Son cœur de Père ! »
Entre, écoute les mélodies et les accords !
Fais bonne chère, bois aux joies éternelles !
Et tu diras aussi, avec de saints transports
Quelles sources, que les sources éternelles !
Que riche est cette grâce qui pardonne,
Par la croix solennelle, mon triste passé ;
Pur cet amour, qui en Jésus, nous donne
Tout, ce qu’avec Lui, le Père pouvait donner !
E.G.
D’après le Salut de Dieu 1966









