UN SACRIFICE VIVANT

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Mon fils, donne-moi ton cœur. Prov. 23. 26

UN SACRIFICE VIVANT

 

Dans les états du sud des États-Unis, un missionnaire prêchait lors d’un rassemblement dans la forêt. Il parla du Bon berger qui vint dans le monde pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il raconta aussi comment le Sauveur a prié instamment dans le jardin de Gethsémané lorsque sa crucifixion était proche. Et il décrivit comment Il fut pris et lié, et les mauvais traitements qu’il subit de la part des hommes ; puis comment Il fut abandonné de Dieu lorsqu’Il souffrit pour nous en s’offrant en sacrifice expiatoire ; et enfin comment Il mourut.
Alors un Indien solidement bâti s’approcha du missionnaire, les larmes aux yeux, et lui demanda : « Est-ce que Jésus est aussi mort pour moi, pauvre Indien que je suis ? Je ne peux pas Lui donner des terres, mais je Lui donnerai mon chien et mon fusil ».
Avec des mots affectueux, le missionnaire lui répondit que Jésus attendait quelque chose de tout à fait différent de sa part.
« Bon, alors je Lui donnerai mon chien, mon fusil et aussi ma couverture de laine. Je ne suis qu’un pauvre indien qui ne peut pas Lui donner plus. Je donne à Jésus tout ce que j’ai ».
Le missionnaire lui répéta ce qu’il venait de lui dire. Le pauvre homme de la forêt baissa tristement la tête, semblant réfléchir. Tout à coup il regarda le missionnaire avec assurance et lui dit : « Voici l’indien lui-même. Est-ce que Jésus veut de lui ? » Quel moment émouvant lorsque cet Indien vint à Jésus et se donna lui-même et toute sa vie à Lui !
« Ce que je vis maintenant…, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré Lui-même pour moi » (Gal. 2. 20).

D’après « The Good Seed »
Mai 2018

EST-CE QUE LA FOI EST UN SAUT DANS L’OBSCURITÉ ?

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« En vérité, je vous dis : quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n’y entrera point » (Marc 10. 15).

« Confie-toi de tout ton cœur à l’Éternel, et ne t’appuie pas sur ton intelligence ; dans toutes tes voies connais-le, et il dirigera tes sentiers » (Prov. 3. 5 et 6).

EST-CE QUE LA FOI EST UN SAUT DANS L’OBSCURITÉ ?

 

La foi n’est certainement pas un saut dans l’obscurité ! Cependant, ce doit être une foi basée sur des faits solides et le témoignage crédible de Dieu. Chacun doit les examiner et les accepter. Personne ne pourra reprocher à Dieu de ne pas avoir donné de Lui-même un témoignage suffisant.
D’un autre côté, notre propre intelligence ne pourra jamais nous amener à comprendre Dieu. Des arguments logiques ne suffiront jamais à nous convaincre totalement ; c’est pourquoi Dieu s’adresse à notre cœur et à notre esprit par le moyen de la Bible. Comme un enfant accepte et croit les explications de son père, ainsi, nous aussi nous devons accepter ce que Dieu nous a révélé. Le salut ne peut être saisi que par un acte dans lequel notre conscience, notre volonté et nos affections sont également impliquées.
Aux yeux de ceux qui sont perdus, la foi au Christ crucifié est une folie. Pour le croyant, cependant, elle est l’assurance qui libère et convainc son cœur.
Mais la foi ne sauve pas parce qu’elle est harmonieuse, logique, attractive ou même convaincante. La foi sauve parce que Dieu a décidé qu’il en était ainsi. Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. C’est pourquoi Il ordonne à tous de se repentir (cf. 1 Tim. 2. 4 ; Act. 17. 30).
Quiconque ne croit pas en Lui, ne change pas sa façon de vivre complètement pour se tourner vers Dieu, est désobéissant envers Lui.

D’après « The Good Seed »
Mai 2018

 

L’AFFINAGE

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« Ô Dieu, tu nous as éprouvés, tu nous as affinés comme on affine l’argent » Ps. 66. 10.
« … l’épreuve de votre foi, bien plus précieuse que celle de l’or qui périt et qui toutefois est éprouvé par le feu » 1 Pier. 1. 7.

 

L’AFFINAGE

 

La valeur d’un métal précieux se détermine en principe par sa pureté. Dans la nature, les métaux se trouvent en majeure partie sous la forme d’un mélange ou bien associés à des matériaux moins nobles ; c’est pour cela que l’or et l’argent en particulier, sont soumis à « l’affinage ». Cette opération consiste en une fusion à température très élevée afin de séparer les divers éléments : ceux qui sont précieux de ceux qui sont communs.
La Parole nous instruit sur cette vérité : Dieu peut nous soumettre à l’épreuve afin de mettre en évidence en nous ce qui est à son honneur et ce qui ne l’est pas. Ces épreuves peuvent être douloureuses, mais elles seront utiles dans la mesure où nous comprendrons que Dieu veut nous approcher de Lui et ôter de notre vie tout ce qui n’est pas en accord avec les exigences de Sa sainteté.
Pour ce qui nous concerne, nous possédons, pour être « affinés », quelque chose de mieux que la cuisson des métaux précieux : nous possédons les paroles pures et parfaites du Seigneur, qui se trouvent dans la Bible. Quand elles sont comparées à l’argent, il est écrit qu’il s’agit d’« un argent affiné dans le creuset de terre, coulé (ou : purifié) sept fois » (Ps. 12. 6).
Regardons à Christ devenu Homme sur la terre, parfaitement pur et saint ; Il pouvait dire, en s’adressant à Dieu, selon la parole prophétique du psalmiste : « Tu as sondé mon cœur, tu m’as visité de nuit ; tu m’as éprouvé au creuset, tu n’as rien trouvé ; ma pensée ne va pas au delà de ma parole » (Ps. 1. 3). Toutes les souffrances auxquelles le Seigneur Jésus a été soumises n’ont fait que confirmer sa parfaite pureté.
Dieu soit béni de nous avoir donné un tel Sauveur !

D’après « Il buon seme » septembre 2017

LA REVANCHE DE DAPOZZO

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LA REVANCHE DE DAPOZZO

 

« En 1943 je fus condamné à mort par un tribunal militaire allemand ; mais comme j’avais femme et enfants, la sentence fut remplacée par une longue détention dans un camp allemand ».
C’est Dapozzo qui parle ; soldat italien, pendant l’invasion de son pays, il fut envoyé en Allemagne, où il subit des tortures indicibles pour le faire avouer des crimes qu’il n’avait pas commis. Il fut fouetté, battu jusqu’à avoir un bras cassé, qui se guérit sans avoir reçu de soins ; la nourriture n’était pas meilleure que celle qu’on jetait aux animaux ; mais Dapozzo, enfant de Dieu, supporta ces souffrances, soutenu par la puissance de son Dieu.
« La veille de Noël, écrit-il encore, j’étais assis dans la baraque avec d’autres prisonniers lorsque le commandant du camp me fit appeler ».
Le gardien, qui était venu le chercher, le poussa avec dureté dans une chambre en lui ordonnant de se mettre au garde-à-vous. Le pauvre homme, à moitié mort de faim, fut obligé de se tenir en face d’une table chargées des mets les plus fins, et de voir son commandant ennemi manger un repas de fête. « Il me fit tenir au garde-à-vous, et le regarder manger tout ce repas, ce qui lui prit à peu près une heure, et durant tout ce temps, il me tourmentait parce que j’avais parlé de Christ à mes camarades ».
L’italien n’avait pas vu une table mise depuis qu’il avait quitté son foyer ; de plus il était si faible qu’il sentait ses dernières forces l’abandonner.
« Je fus terriblement tenté par le diable qui essayait de me dire : Dapozzo, crois-tu encore au Psaume 23 ? »
Malgré un cerveau fatigué et affaibli, le chrétien, au bout d’un moment, put se répéter les paroles : « Tu dresses devant moi une table en la présence de mes ennemis ».
Une prière ardente monta de son cœur afin que Dieu lui vienne en aide et qu’il ne perde pas sa foi. « Oui Seigneur, murmura-t-il, je crois que tu me délivreras de mes ennemis, et que tu me donneras tout ce dont j’ai besoin ».
Au dessert, le prisonnier espérait en avoir fini avec ses souffrances, quand un domestique entra, apportant du café chaud, fumant et des tranches de cake. Tout en buvant son café, le commandant mangea les douceurs, puis il se tourna et dit : « Votre femme est une bonne cuisinière, Dapozzo ». Voyant que l’autre ne comprenait pas, il continua : « Depuis sept mois, régulièrement, votre femme a envoyé des gâteaux pour vous et je les ai mangés ».
« Je fus alors terriblement tenté, raconte Dapozzo ; je savais que ma famille manquait de la nourriture nécessaire, et ma femme épargnait sur leurs maigres portions pour faire quelque chose pour moi. Cet homme mangeait donc la nourriture de mes enfants ! Le diable me souffla : « Tu as toutes les raisons de le haïr ! Tu peux le détester ! » Je criai à Dieu pour ne pas en arriver là.
Lorsqu’enfin je pus parler, je dis : « Vous êtes un pauvre homme, et je suis riche. Je suis riche parce que je crois en Dieu, et que je suis sauvé par le sang de Christ ».
« L’allemand se fâcha terriblement, mais je pus retourner dans la baraque ».
La guerre finie, Dapozzo rentra chez lui ; sa santé ébranlée exigea plusieurs mois de repos. Dès qu’il put il chercha à retrouver la trace de l’officier allemand qui l’avait fait souffrir neuf mois durant ; on savait qu’il se cachait mais nul ne pouvait donner de renseignements.
Au bout de dix ans seulement, l’italien apprit le lieu de sa retraite, il s’y rendit.
« Je pris un ami chrétien avec moi, raconte-t-il, pour ma première visite. Comme l’allemand ne me reconnaissait pas, je lui dis : Je suis le numéro 175, vous souvenez vous de la veille de Noël 1943 ? » L’homme et sa femme devinrent blanc de terreur ; après un long silence, il murmura : « Vous êtes venu prendre votre revanche ? »
Dapozzo répondit en ouvrant le paquet qu’il tenait à la main ; il en sortit un grand cake que sa femme avait confectionné, le même que ceux qu’elle envoyait au camp, puis il demanda qu’on voulut bien faire du café. « L’homme se mit alors à pleurer, poursuit Dapozzo, il me demanda pardon ; je pus répondre que, pour l’amour du Christ, je l’avais fait depuis longtemps. Une année plus tard, l’allemand et sa femme croyaient au nom de Jésus et l’acceptaient comme leur Sauveur ».
« Christ seul, conclut Dapozzo, peut nous faire aimer nos ennemis, et changer le cœur d’un homme méchant et sans Dieu en un chrétien heureux et bienveillant ».

D’après Almanach Évangélique 1966.

JEAN 3. 16

 

 

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JEAN 3.16

 

DIEU                                                        Le Tout Puissant

a tant aimé                                             Le plus grand amour

le monde                                                La plus grande assistance

qu’il a donné son Fils unique                            Le plus grand don

afin que quiconque                                    La plus grande possibilité

croit                                                     La plus grande simplicité

en Lui                                                     Le plus grand

ne périsse pas                                           La plus grande promesse

mais                                                           La grande différence

qu’il ait la vie éternelle                                   La plus grande certitude

 

D’après l’Almanach Évangélique 1966

EN TEMPS ET HORS DE TEMPS

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EN TEMPS ET HORS DE TEMPS

 

Georges Cutting, fidèle serviteur de Dieu, était un homme paisible et tranquille, qui ne désirait nullement se faire entendre ou se mettre en vue. Pourtant un jour qu’il traversait un village de l’ouest de l’Angleterre, il se sentit poussé par quelque force invisible à proclamer d’une voix aussi forte que possible : « Voilà l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! » (Jean 1. 29). Il le fit malgré lui ; peu après l’impulsion incompréhensible le força à élever la voix encore une fois et à répéter les mêmes paroles ; puis il continua son chemin.
Environ six mois plus tard, Cutting retourna dans ce même village pour y visiter quelques personnes et y prêcher la bonne nouvelle. Il frappa à la porte d’une masure, et sitôt entré, il posa à la femme qui lui avait ouvert la porte en question qui faisait l’objet de sa visite : « Êtes-vous sauvée ? »
« Oh ! oui, répondit-elle ; il y a six mois à peu près, je me trouvais dans une angoisse terrible. Je suppliai Dieu de me venir en aide, et pendant que je criais ainsi, j’entendis une voix qui criait : « Voilà l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! » Je demeurais interdite : avais-je bien compris ? Je demandai à Dieu de me répéter ce message, s’il disait la vérité, et la voix répéta les mêmes mots. Depuis lors, j’ai regardé à Lui, et je sais qu’Il a pris tous mes péchés sur Lui ; maintenant j’ai mis toute ma confiance en Jésus, mon Sauveur et mon Seigneur ».
Cutting avait troublé la quiétude de ce village en proclamant la bonne nouvelle de l’amour du Sauveur et la promesse de la vie éternelle aux pécheurs perdus. Cela peut paraître étrange ; mais Cutting œuvrait dans une communion entière avec son Maître. Il comprit l’ordre qui lui venait d’en haut et l’exécuta tel qu’il lui était envoyé. Son obéissance devint le moyen de salut d’une âme dans la peine, qui était d’un grand prix devant Dieu.

D’après Almanach Évangélique 1962

 

LA PRIÈRE

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LA PRIÈRE

 

La Prière – la prière intime, fervente, faite avec foi – est la source de toute piété personnelle. William Carey.

La Prière est la chose la plus importante dans ma vie. Si je négligeais de prier un seul jour, ma foi en serait fortement affaiblie. Martin Luther.

La Prière fait éclater la puissance de Dieu, car, en priant, nous demandons à Dieu de faire ce que nous ne pouvons pas. Charles Trumbull.

La Prière nous élève et nous rapproche de Dieu par l’intelligence, le cœur et l’esprit. Alexandre Whyte.

La Prière est une chose sérieuse, nous pouvons être pris au mot. Dr L. Moody.

D’après Almanach Évangélique 1961

LES DEUX CORDONNIERS

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LES DEUX CORDONNIERS

 

Lorsque j’étais jeune, raconte un chrétien, je travaillais pendant mes vacances chez un cordonnier pour gagner un peu d’argent afin de venir en aide à notre famille pauvre. Mon patron avait suspendu aux murs de son atelier des tableaux : les uns représentaient des scènes bibliques, les autres avaient des versets de la Bible imprimés en gros caractères. Les clients, dès leur entrée, pouvaient lire un message de Dieu et, s’ils devaient attendre, le méditer tout à loisir ; cet artisan, fidèle serviteur de son Maître, prenait soin encore d’ajouter une feuille d’évangélisation à chaque paire de souliers qu’il rendait à son propriétaire, et n’omettait jamais de parler à ses visiteurs du salut de leur âme, dès que l’occasion s’en présentait.
Mon travail dans cet atelier consistait à faire tremper les semelles dans l’eau, puis, avant de les ajuster, à les marteler pour les rendre dures et fermes. L’effort exigé me fatiguait à un tel point que je finis par prier M. M. de bien vouloir me donner autre chose à faire. Je fus alors chargé de courses et de commissions en ville, notamment chez un autre cordonnier, M. B. Mes visites assez fréquentes me permirent d’observer sa façon de travailler : après avoir trempé ses semelles, il les clouait immédiatement sans les taper de sorte que, chaque fois qu’il enfonçait un clou, l’eau jaillissait de tous côtés. Je l’interrogeai un jour : « Pourquoi, lui dis-je, dois-je marteler les semelles, tandis que vous, vous les clouez quand elles sont encore toutes mouillées ? » Il cligna des yeux, puis répondit : « Ah ! vois-tu, mon petit, les gens reviennent plus vite, et je gagne davantage ».
Je crus avoir appris quelque chose, et, en arrivant chez mon patron, je lui déclarai : « Je ne comprends pas, Monsieur, pourquoi vous me faites marteler si longuement les semelles ; M. B. ne le fait pas du tout ; il dit que les clients reviennent chez lui beaucoup plus vite et qu’il gagne davantage ».
Avant de répondre, M. M. prit sa Bible et lut : « Quelque chose que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus ». Puis il ferma le saint Livre et continua : « Henri, je n’ai pas suffisamment pris ta jeunesse en considération ni le fait que tu n’as pas encore beaucoup de force ; désormais je ferai moi-même une partie du martelage et te confierai un autre travail. Je veux attirer ton attention sur une chose : je ne consentirai pas à ce que quoi que ce soit quitte mon atelier sans avoir été fait très exactement et très bien. M. B. n’est pas un chrétien et ne connaît pas le Seigneur ; moi-même je serais volontiers devenu évangéliste, mais Dieu m’a donné un talent que je ne dois pas négliger. Il m’a appris à réparer les souliers et m’a placé ici afin de Lui rendre témoignage. Tu sais, n’est-ce pas ? que le Seigneur viendra nous chercher pour nous emmener avec Lui dans la gloire ; Il nous fera comparaître devant son tribunal, et je m’attends à voir entassés à ce moment-là tous les souliers que j’aurai ressemelés ; il faudra donc, après les avoir examinés, qu’Il puisse me dire : « Bien, bon et fidèle esclave ! »

D’après Almanach Évangélique 1961

 

LA VÉRITABLE HISTOIRE DE ROBINSON CRUSOÉ

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LA VÉRITABLE HISTOIRE DE ROBINSON CRUSOÉ

 

Au début du 18ème siècle, un navire anglais, croisant sur les côtes du Chili, s’arrêta au large de l’île de Fernandez pour y chercher de l’eau douce. Au bout de quelques heures, la chaloupe du navire ramena à bord une quantité d’écrevisses et un homme vêtu de peaux de chèvres, qui paraissait plus sauvage que ces animaux. Seul habitant de l’île, il avait si bien oublié de parler qu’il fut assez longtemps avant de parvenir à se faire comprendre. Enfin, après plusieurs semaines, il put raconter son histoire :
« Je m’appelle Alexandre Selkirk et suis né en Écosse en 1676. Marin, j’eus une querelle avec mon commandant, le capitaine Stradling, qui, pour me punir, me débarqua sur cette île. Lorsqu’il m’abandonna je ne possédais pour toute richesse que mes habits, mon fusil, une livre de poudre, des balles, du tabac, une hache, un couteau et un chaudron ; outre ces objets nécessaires, j’avais emporté une Bible qui fut ma seule lecture durant ces six années de solitude complète et m’apporta le réconfort.
Pendant ce temps, je vis passer bien des navires au large, mais deux seulement relâchèrent. Hélas ! C’étaient tous deux des Espagnols avec lesquels nous étions en guerre, et qui, m’entendant parler anglais, répondirent par des coups de fusil.
Quand je me vis ainsi délaissé sur cette île solitaire, je commençai par construire deux cabanes avec du bois de myrte-piment et les recouvris avec du jonc. Je les doublai intérieurement avec les peaux de chèvres que je tuais au fur et à mesure de mes besoins et tant que dura ma poudre. J’appris le moyen de faire du feu avec deux morceaux de bois bien sec. Les poissons ne manquaient pas, mais je n’avais rien pour les attraper. Heureusement je ramassais en masse de grosses écrevisses de rivière que je mangeais soit rôties, soit bouillies. Lorsque j’eus épuisé mes munitions, je ne pouvais plus poursuivre les chèvres sauvages ; mais à la longue, je devins si agile à force de courir à travers les bois que je parvins à en tuer plus de cinq cents. Un jour, en courant après une chèvre, je la saisis au bord d’un précipice masqué par des buissons et je roulai en bas avec elle. Je perdis connaissance, et lorsque je revins à moi la chèvre morte gisait sous moi, elle m’avait sauvé la vie. J’eus bien du mal à regagner ma cabane. Pour manger ma viande, je n’avais ni sel, ni pain ; comme légume, je récoltai des navets qu’un navire autrefois avait dû planter et qui étaient redevenus à l’état sauvage ; de nombreux palmiers m’assurèrent une récolte de choux-palmistes. Lorsque mes souliers et mes habits furent usés et déchirés, je me fis un justaucorps avec des peaux que je cousis au moyen d’un clou avec de fines lanières. Quand à mes pieds ils s’endurcirent si bien que je pus aller partout sans me faire de mal. Pour seuls amis je n’avais que quelques chevreaux apprivoisés ».
Son histoire serait tombée dans l’oubli sans l’écrivain anglais Daniel Defoë qui en reprit les détails pour composer l’œuvre qu’on connaît et qu’il a agrémentée des expériences d’autres aventuriers.

D’après Almanach Évangélique 1963

 

SOUVENIR DE GEORGES MULLER

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SOUVENIR DE GEORGES MULLER

 

Georges Muller, chrétien bien connu, fonda un orphelinat à Bristol (Angleterre) qui marchait entièrement par la foi. Il parlait un jour aux étudiants de l’Université de cette ville et leur faisait part entre autres de ses expériences personnelles.
« J’ai été étudiant, disait-il, je lisais les classiques latins et grecs, je peux parler plusieurs langues étrangères, lire l’hébreu, l’arabe, le syriaque, j’ai étudié les mathématiques, la philosophie, la chimie et bien d’autres choses semblables. Je suis licencié de l’Université de Halle, en Allemagne, qui comptait à cette époque mille deux cents étudiants. Pour la plupart ces jeunes gens profitaient de leur temps d’études pour mener une vie de plaisirs, ils passaient leurs soirées à s’amuser, à se divertir en buvant, jurant, fumant, et je me faisais moi-même le meneur de toutes ces folies. Sur les mille deux cents élèves, huit seulement étaient chrétiens ; gars courageux, ils tenaient bon et ne négligeaient pas leur réunion de prières hebdomadaire malgré nos sarcasmes et nos méchancetés à leur endroit.
Près de la fin de mes études, je me trouvais dans une mauvaise passe ; je n’étais pas malade, je n’avais ni soucis, ni contrariétés, mais je n’étais pas heureux. Qu’est-ce qui n’allait pas ? J’essayai de me concentrer davantage sur mes études ; je tentai un voyage en Suisse, mais mon fardeau devenait toujours plus pesant sur mes épaules. Je rentrai à Halle, cela devenait toujours pire. Que faire, de quel côté me tourner ? Je pensai alors à mes camarades chrétiens, et cherchai à rencontrer l’un d’entre eux que je connaissais plus particulièrement. J’eus beaucoup de peine à le convaincre de ma sincérité, il croyait que je voulais me joindre à eux pour me moquer. Finalement il m’emmena à leur réunion ; on lut un chapitre de la Bible, on fit quelques remarques, des prières s’élevèrent. Au terme de ces entretiens si simples, je retins mes camarades et leur dit : Je ne sais pas si vous possédez ce dont j’ai besoin, mais dites-moi ce que vous avez. L’un après l’autre me parlèrent de Christ, de son amour, de la paix qu’Il répand dans le cœur qui se confie en Lui, puis ils prièrent avec moi. Dans les jours qui suivirent, je trouvai le Sauveur dont j’avais besoin, je fus libéré de mon fardeau inexplicable, et je fus envahi d’un grand amour pour Celui qui s’était donné pour moi. Cette expérience se passait il y a plus de cinquante ans, depuis lors mon amour pour Christ n’a fait que croître, et mon Dieu ne m’a jamais fait défaut ».

D’après Almanach Évangélique 1963