SEIGNEUR, À PARTIR D’AUJOURD’HUI…

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Venez, et plaidons ensemble, dit l’Éternel : si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige. Ésaïe 1. 18.
Le sang de Jésus Christ [le Fils de Dieu], nous purifie de tout péché. 1 Jean 1. 7.

« SEIGNEUR, À PARTIR D’AUJOURD’HUI… »

 

À l’âge de 13 ans, Erino Dapozzo était un apprenti vivant loin de chez lui. Sa mère priait pour lui et elle lui rappelait, dans chacune de ses lettres, de lire sa Bible. Un jour Erino trouva sa Bible au fond d’une valise et l’ouvrit par hasard. La Parole de Dieu réveilla sa conscience et lui montra que sa vie n’était pas en ordre avec Dieu.
« Les choses doivent changer », se dit-il. Il décida de prendre de nouvelles résolutions : « Seigneur, à partir d’aujourd’hui, j’obéirai à mon patron et j’arrêterai de mentir ».
Malgré ses efforts, les jours passaient sans succès. Il décida finalement d’écrire sur une feuille de papier : « Seigneur, à partir d’aujourd’hui, je ne pécherai plus, je te le promets. C’était la dernière fois ! – signé Dapozzo ». Vains efforts !
Il dut admettre l’échec de toutes ses tentatives et l’inutilité de toutes ses résolutions. Il prit alors conscience que seul Jésus Christ, parce qu’Il était mort pour lui, pouvait, dans Sa grâce, le délivrer de ses péchés.
Plus tard, lorsqu’il fut un évangéliste, il dit à ses auditeurs : « Mille millions de pièces d’argent, un million de prières, un plein chargement de bonnes œuvres et un océan de larmes ne peuvent ôter de votre vie un seul péché, mais le sang précieux de Jésus Christ, qui a coulé à la croix, peut les effacer tous ».
Cher lecteur, dites-vous, comme Dapozzo : « Seigneur, à partir d’aujourd’hui… » ? Est-ce que vous essayez de vous améliorer et de satisfaire Dieu par vos propres efforts ? Faites ce qu’il a fait : arrêtez d’essayer par vous-même et demandez de l’aide à Jésus, le Sauveur. Il vous aime tel que vous êtes et désire vous sauver et vous libérer de toute culpabilité.

D’après « The Good Seed » Septembre 2019

QUI EST JÉSUS ? (2)

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Jésus leur parla encore, disant : Moi, je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. Jean 8. 12.
En vérité, en vérité, je vous dis : avant qu’Abraham fût, je suis. Jean 8. 58

QUI EST JÉSUS ? (2)

 

C’est une question essentielle pour chacun de nous : Jésus est-il seulement un homme, ou plus que cela ? Cette question se posait déjà lorsqu’Il était sur la terre : était-Il le Messie promis par Dieu et annoncé par les prophètes, ou fallait-il en attendre un autre ?
Un jour, des hommes religieux eurent une longue discussion avec Lui. Tout avait commencé parce que Jésus avait déclaré être « la lumière du monde ». Après beaucoup de tergiversations, ils finirent par Lui poser la question : « Qui es-tu ? » (Jean 8. 25). Alors Jésus leur déclare qu’Il existait déjà avant qu’Abraham soit né ! Avant de venir sur la terre, Il était avec Dieu (Jean 1. 1 à 3), mais plus que cela, Il est Dieu, Fils de Dieu de toute éternité, et Il peut dire de Lui-même : « Je suis », comme l’Éternel l’avait dit à Moïse : « Je suis Celui qui suis » (Ex. 3. 14).
Jésus existe depuis toujours. A un moment donné, Il est venu sur la terre et a partagé notre humanité, à part le péché. Il a été crucifié, Il est mort, mais Il est ressuscité et a été élevé au ciel, dans la gloire, Dieu et Homme en même temps.
Quand, depuis le ciel, Il a appelé Saul – celui qui est devenu ensuite l’apôtre Paul – Il lui a dit : « Je suis Jésus que tu persécutes » (Act. 9. 5). En fait, Saul persécutait les croyants, et il est beau de voir que le Seigneur s’identifie avec eux. Les croyants, sauvés par la foi en Lui, purifiés de leurs péchés par Son précieux sang, rachetés de l’esclavage de Satan et du péché, constituent l’Église du Seigneur. À eux, à nous tous qui croyons, Jésus a dit : « Dans la maison de mon Père il y a plusieurs demeures… si je m’en vais et que je vous prépare une place, je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi » (Jean 14. 2 et 3). Les croyants attendent avec patience l’accomplissement de cette promesse. L’attendez-vous, vous aussi ?

 

D’après « Il buon seme » Mai 2016

 

QUI EST JÉSUS ?

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Quand Il (Jésus) leur dit : C’est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre. Jean 18. 6

 

QUI EST JÉSUS ?

 

En fait, qui est Jésus ? Cette question ne concerne pas seulement ceux qui pensent à Lui. Quand Il vivait sur la terre, Il faisait l’objet de vives discussions. Les miracles qu’Il accomplissait ne pouvaient s’expliquer par le cours normal de la nature. Et il y avait aussi ce qu’Il prêchait et qui faisait une grande impression sur plusieurs.
Les principaux sacrificateurs voulurent une fois le faire arrêter par leurs huissiers afin qu’ils Le leur amènent pour L’interroger. Mais les huissiers revinrent sans Lui. Quand on leur demanda : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené », ils répondirent : « Jamais homme ne parla comme cet homme » (Jean 7. 45 et 46). Ses paroles les avaient tellement impressionnés qu’il leur avait été impossible de l’arrêter.
D’autres tentatives ultérieures pour se saisir de Jésus échouèrent. Mais au moment auquel se réfère le verset en en-tête, les choses étaient sérieuses. Un grand nombre de soldats, avec les principaux sacrificateurs et leurs serviteurs, vinrent à l’endroit où ils pensaient trouver Jésus, tard dans la soirée, avec des armes et des torches. En effet, Il était là, avec Ses disciples, qui avaient certainement entendu la foule qui approchait. Au lieu de s’enfuir, Jésus s’avança vers eux et leur demanda : « Qui cherchez-vous ? » Ils répondirent : « Jésus le Nazaréen » (Jean 18. 5). Alors les hommes d’armes firent eux-mêmes l’expérience de Sa puissance divine : quand Il leur dit : « C’est moi », ils tombèrent par terre.
Réalisaient-ils qui Il était ? Non ! Ils se relevèrent, prirent leurs chaînes et Le lièrent. Ils n’auraient pas pu faire cela s’Il ne s’était pas laissé faire volontairement. Il l’a fait parce que le temps était venu pour Lui de mourir pour sauver les pécheurs de la perdition éternelle. C’est à cause de Son grand amour envers les hommes perdus qu’Il se laissa prendre et clouer sur la croix.

 

D’après « The Good Seed » Septembre 2019

 

QUESTIONS ET RÉPONSES

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Jésus dit : Parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez. Jean 14. 19.

1. JE ME POSAIS TELLEMENT DE QUESTIONS

« Je suis né à Madras, en Inde. Pendant mon adolescence j’ai été soumis à beaucoup de pressions parce qu’il fallait absolument que je réussisse dans mes études. Dans notre culture, si l’on n’est pas dans les premiers, on ne peut pas réussir sa vie ; mais je ne pouvais pourtant pas accepter une telle chose. Comme on peut l’imaginer, mon père me punissait souvent et je vivais avec une souffrance secrète ; et je me posais tellement de questions sur le sens de la vie, sans obtenir de réponses !
A l’âge de 17 ans, je décidai d’en finir. Je pensais que si j’étais mort, j’épargnerais des déceptions à ma famille, et à moi-même d’autres échecs. Un jour, à l’école, j’ai trouvé les clés du laboratoire, je suis entré et, en me cachant, j’ai pris des substances toxiques. A la maison, je les ai mises dans un verre d’eau, je les ai bues et… je me suis écroulé par terre. Par un pur hasard, un employé de mes parents me trouva et m’emporta en urgence à l’hôpital, où les médecins réussirent à me désintoxiquer de tout le poison que j’avais ingéré. Si cet homme ne s’était pas trouvé à la maison ce jour-là, je serais certainement mort.
Quelques temps plus tard, un ami venu me visiter m’apporta un Nouveau Testament et me suggéra de lire le chapitre 14 de l’Évangile de Jean. Les paroles de Jésus : « Parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez », me sont entrées droit dans le cœur et, spontanément, j’ai prié ainsi : « Jésus, je ne sais pas bien qui Tu es, mais on me dit que Tu donnes la vraie vie ». Je n’avais pas conscience de ce que représente le péché, et notre culture n’aurait jamais pu le comprendre. Mais, ce que j’ai saisi pour la première fois, c’est que Jésus m’offrait Sa propre vie afin que j’obtienne la vie éternelle ».

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Il [Jésus] est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui pour eux est mort et a été ressuscité. 2 Cor. 5. 15.

2. « VIVRE POUR JÉSUS QUI M’A SAUVÉ »

« A partir de ce moment-là, je décidai de me confier dans le Seigneur et de remettre ma vie et mes problèmes entre Ses mains; et le changement fut spectaculaire ! Dès lors, avec Son aide, toutes mes aspirations, mes espérances, mes rêves et mes forces eurent comme centre Jésus, qui m’avait sauvé. La passion d’apprendre des choses toujours nouvelles, la grande importance que je donnais aux études et la nécessité de comprendre les grands penseurs, tout cela perdit peu à peu sa valeur et prit une place secondaire par rapport à la connaissance de mon grand Sauveur.
Avec le temps, Dieu m’a accordé le privilège de parler de Jésus Christ sur tous les continents. J’aime les peuples de cette terre, chacun avec ses propres particularités. Au fil de ces années, j’ai acquis la conviction, toujours plus profonde, que Jésus est exactement ce qu’Il dit être. Il est venu pour nous donner une plénitude de vie, pour nous attirer vers la beauté et la liberté de la Vérité, nous délivrant des ténèbres du péché et de la puissance de Satan. Il est venu pour nous donner Sa propre joie.
J’encourage maintenant les jeunes et les moins jeunes à ne pas hésiter à chercher à mieux connaître la Bible. Au long de tous mes voyages, je n’ai rien trouvé d’autre qui soit en mesure de satisfaire les besoins les plus profonds de mon cœur et de mon âme. Seul le Seigneur Jésus a pu faire cela. Il n’est pas seulement « le chemin, et la vérité, et la vie », mais Il est mon chemin, ma vérité, ma vie, comme Il l’est pour quiconque se confie en Lui. Souvenez-vous de ce que l’apôtre dit aux Athéniens : « [Dieu n’est] pas loin de chacun de nous » (Act. 17. 27) ! »

Ravi Zacharias
D’après « Il buon seme » Septembre 2019

QUATRE VERSETS FONDAMENTAUX

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[Jésus leur dit :] Vous errez… vous ne connaissez pas les écritures ni la puissance de Dieu. Marc 12. 24.
Les paroles que moi je vous ai dites sont esprit et sont vie. Jean 6. 63.

 

QUATRE VERSETS FONDAMENTAUX
(Tous au chapitre 3 verset 16)

 

Afin de favoriser la mémorisation des textes de la Bible particulièrement importants, voici quatre citations à apprendre par cœur, dont les références sont toutes « chapitre 3, verset 16 » :
Jean 3. 16 : « Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ». Au centre de l’annonce de l’Évangile se trouve l’amour de Dieu pour tous les hommes, manifesté par le don de son Fils unique – Christ – et l’offre de la vie éternelle.
1 Timothée 3. 16 : « Dieu a été manifesté en chair, a été justifié en Esprit, a été vu des anges, a été prêché parmi les nations, a été cru au monde, a été élevé dans la gloire ». Au centre de la foi chrétienne se trouve ce mystère : Jésus, Dieu fait homme, mort sur la croix, ressuscité et reçu dans la gloire. Il a ainsi accompli l’œuvre de salut pour les pécheurs qui croient en Lui.
2 Timothée 3. 16 : « Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice ». Au centre de la foi se trouve la Bible. « Inspirée de Dieu », elle agit avec puissance en ceux qui la reçoivent comme ce qu’elle est : « la Parole de Dieu » (1 Thess. 2. 13).
1 Jean 3. 16 : « Par ceci nous avons connu l’amour, c’est que Lui (Jésus) a laissé sa vie pour nous ; et nous, nous devons laisser nos vies pour les frères ». Au centre de la vie chrétienne, se trouve l’amour pour le Seigneur et l’amour pour le prochain, spécialement pour tous les croyants, les enfants de Dieu que le Seigneur appelle « ses frères ».

 

D’après « Il buon seme » Septembre 2019

PAS DE DROIT À L’ERREUR

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[Jésus leur dit :] Vous errez… vous ne connaissez pas les écritures ni la puissance de Dieu. Marc 12. 24.
Les paroles que moi je vous ai dites sont esprit et sont vie. Jean 6. 63.

 

PAS DE DROIT À L’ERREUR

 

« Bonjour ! Je vous rapporte cet appareil que j’ai acheté chez vous la semaine dernière ; il ne correspond pas au code que je vous avais donné ». Au lieu de recevoir des excuses, j’ai seulement eu droit à un haussement d’épaules et au simple commentaire : « Tout le monde peut se tromper ! » En effet, lorsqu’il s’agit de petites choses matérielles, cette expression peut même être justifiée, mais il y a des circonstances de la vie dans lesquelles nous n’avons pas le droit de nous tromper. Dire « Tout le monde peut se tromper » ne justifiera personne lorsque l’on se trouvera devant Dieu au moment de répondre de sa vie passée, de ses choix et de ses actions. On peut se tromper quand on est ignorant, mais les enseignements de Dieu en ce qui concerne la morale et notre conduite, nous devrions les connaître.
Dieu nous parle de plusieurs façons et par plusieurs moyens. Entre autres :
Notre conscience : n’avons-nous pas souvent entendu sa voix ?
Les dix commandements, énoncés par Dieu il y a des milliers d’années ;
L’évangile, annoncé par le Seigneur Jésus et prêché ensuite au monde entier ;
La Bible tout entière. Dieu nous a parlé. Non seulement pour nous dire ce qu’Il est en droit d’attendre de Ses créatures et leur faillite complète à cet égard, mais aussi pour nous donner le moyen d’être libérés de Sa juste condamnation, par le repentir et la foi en Jésus Christ. Personne ne pourra dire : Je ne le savais pas !
– Aujourd’hui encore, Dieu « ordonne » : le message est urgent, mais plein d’amour, afin que personne ne soit privé de Sa grâce.

 

D’après « Il buon seme » Septembre 2019

 

DÉPENDRE DE DIEU

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Dès le matin… fais-moi connaître le chemin où j’ai à marcher… Enseigne-moi à faire ce qui te plaît, car tu es mon Dieu. Ps. 143. 8, 10.
Un ange du Seigneur parla à Philippe, disant : Lève-toi, et va vers le midi, sur le chemin qui descend de Jérusalem à Gaza, lequel est désert. Act. 8. 26.

 

DÉPENDRE DE DIEU

 

Philippe, disciple de Jésus et évangéliste, avait apporté l’évangile dans les villages de la Samarie, rencontrant beaucoup de personnes attentives au message de Dieu. « Il y eut une grande joie dans cette ville-là » (Act. 8. 8) – et beaucoup de travail pour ce fidèle serviteur du Seigneur.
Mais, au milieu de cette activité encourageante, un message étonnant lui parvient de la part du Seigneur : « Lève-toi, et va vers le midi, sur le chemin qui descend de Jérusalem à Gaza, lequel est désert ». Comment cela était-il possible ? Laisser un champ de travail où se trouvaient tant d’âmes bien disposées à écouter, pour se rendre où ? Combien d’objections Philippe aurait pu soulever ! Il aurait même pu faire comme Jonas et s’en aller dans la direction opposée (Jon. 1. 3), désobéissant ainsi à Dieu. Au contraire, Philippe, « se levant, s’en alla » (Act. 8. 27). Il laissa son champ de travail pour se rendre sur un chemin désert, seul vers l’inconnu. Tout cela pourrait sembler insensé, mais Philippe prend la position bénie du serviteur qui écoute la voix de son Seigneur et se laisse diriger par Lui. Un peu d’hésitation ou de précipitation aurait compromis tout son voyage. Mais voilà, Philippe s’est trouvé au bon endroit et au bon moment pour parler du Sauveur à une personne qui avait le cœur disposé à Le recevoir, un ministre éthiopien qui passait justement par là.
Nous avons tous besoin d’apprendre la vraie dépendance. Il ne suffit pas de désirer servir le Seigneur, il faut que ce soit Lui qui nous montre l’endroit et le moment. Si nous recherchons Sa volonté, nous pourrons éviter de nombreux obstacles et nous porterons du fruit à sa gloire.
« Je t’instruirai, et je t’enseignerai le chemin où tu dois marcher ; je te conseillerai, ayant mon œil sur toi » (Ps. 32. 8).

 

D’après « Il buon seme » Septembre 2019

 

SUIS-JE CONCERNÉ  ?

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Si tu vois le bœuf de ton frère, ou son mouton, égarés, tu ne te cacheras pas de devant eux  : tu ne manqueras pas de les ramener à ton frère. Deut. 22. 1.

 

SUIS-JE CONCERNÉ  ?

 

Le verset du jour, avouons-le, nous paraît un peu déconnecté de notre vie du 21ème siècle ! Et pourtant, toutes les paroles de la Bible sont utiles pour nous enseigner, nous convaincre, nous corriger, nous instruire, comme le dit l’apôtre Paul (2 Tim. 3. 16). Si un Israélite voyait dans un champ un animal égaré appartenant à son voisin, il pouvait faire comme s’il n’avait rien vu et rentrer chez lui en se disant  : ce sont ses problèmes, et non pas les miens. Or Dieu commande à son peuple de ne pas agir de la sorte, mais d’être attentif au bien-être de son prochain.
Lors d’une randonnée en montagne dans un pays étranger, dès que nous nous écartions du bon chemin, les habitants nous indiquaient à grands gestes par où il fallait passer. Cette prévenance et cette attention nous ont touchés. Rien n’obligeait les villageois à nous indiquer le bon chemin. Et pourtant, n’attendant rien en retour, ils ont pris soin de nous.
Nous aussi, nous croisons dans notre vie des situations tristes, des personnes démunies ou des croyants qui semblent s’éloigner du chemin de la foi. Faisons-nous comme si de rien n’était  ? Passons-nous à côté, en nous disant qu’il y aura bien quelqu’un d’autre pour s’en occuper  ?
Pensons à l’exemple que nous donne Jésus dans la parabole du bon Samaritain (Luc 10. 30 à 37). Soyons attentifs à ceux qui nous entourent, prions pour eux, et prenons soin les uns des autres avec amour.

 

D’après la Bonne Semence Septembre 2019
Éditeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com)

 

UN ÉPISODE DE LA GUERRE DE SÉCESSION

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UN ÉPISODE DE LA GUERRE DE SÉCESSION (1861-1865)

Depuis plusieurs années, la question de l’abolition de l’esclavage agitait violemment les esprits aux États-Unis. Un des plus ardents adversaires de l’esclavage était Abraham Lincoln.
En 1860 Lincoln fut élu président de l’Union (États-Unis). Il se fit alors une profonde division entre les États du Sud, partisans de l’esclavage, et les États du Nord, opposés à cette pratique inhumaine et cruelle. Dix États du Sud se détachèrent successivement de l’Union, et se constituèrent en Confédération indépendante. Ils élurent un président, adoptèrent la ville de Richmond comme capitale, et levèrent une armée opposée à celle de l’Union.

Les batailles se succédèrent pendant quatre ans, avec des victoires et des défaites dans les deux camps.

Enfin les Fédéraux l’emportèrent. La ville de Richmond fut prise et incendiée en avril 1865, et les divers corps d’armée de la Confédération indépendante capitulèrent.

Un riche propriétaire du Nord, M. Owen, ardent patriote, pensa que c’était son devoir de pousser son fils unique à prendre les armes pour la défense de l’Union et contre l’esclavage. Ce sacrifice produisit en lui de grandes angoisses. Chaque jour il craignait de recevoir la nouvelle douloureuse que son fils ait reçu quelque grave blessure ou fut compté parmi les morts.

Mais quelque chose de bien autrement terrible vint le frapper : il apprit que le jeune homme avait été surpris endormi à son poste de sentinelle, et qu’il avait été condamné, au vu de la gravité de la faute, à être fusillé dans les vingt-quatre heures.
Consterné, le père était en proie à la plus profonde douleur lorsque sa fille Blanche entra et lui tendit une lettre, en disant d’une voix étouffée : – C’est de lui.
Il semblait au père que le message venait d’outre-tombe. Il prit la lettre d’une main tremblante, mais n’avait pas la force de la lire. Il la passa à un ami qui l’ouvrit et la lut à haute voix :
– Cher père,
Quand cette lettre vous parviendra, je ne serai peut-être plus en vie. Cette pensée me parut d’abord terrible, mais maintenant la terreur est passée. On m’a assuré que je ne serai pas lié ni bandé : je pourrai mourir en homme. J’avais espéré, cher père, que si je devais mourir, ce serait sur le champ de bataille en combattant pour ma patrie. Mais être fusillé comme un malfaiteur, pour avoir manqué à mon devoir et presque trahi la patrie, ah ! mon père, cette pensée me fait horreur ! Mais il est nécessaire que tu saches tout, afin que tu ne te sentes pas humilié dans ton cœur ; plus tard, tu pourras le faire savoir à nos amis et à mes camarades ; maintenant je ne puis ni ne dois en parler à aucun autre.
Tu sais que j’avais promis à la mère de Jacques Carr de prendre soin de son fils ; ainsi quand il tomba malade, j’ai fait pour lui tout ce que j’ai pu. Il n’avait pas encore retrouvé des forces quand il reçut l’ordre de reprendre le service. Presque aussitôt après, nous avons dû faire une marche rapide, et durant toute la journée qui précéda cette malheureuse nuit, j’ai cherché à le soulager, en portant tout son bagage en plus du mien. Vers le soir on nous fit marcher à une allure telle que même les plus forts étaient épuisés. Jacques serait certainement tombé au bord de la route s’il ne s’était pas appuyé sur mon bras. Nous sommes enfin arrivés au camp ; j’ai alors été atterré d’entendre que Jacques devait monter la garde. Je lui dis aussitôt que je pouvais très bien le remplacer. Mais, à ce qu’il paraît, j’étais moi aussi trop fatigué ! Je m’endormis à mon poste, et je crois que même un coup de canon ne m’aurait pas réveillé. On m’a dit que, vu ces circonstances atténuantes, il m’est accordé un délai pour que j’aie le temps de vous écrire.
Ne gardez aucun ressentiment à mon colonel, cher père. Il est si bon, il aurait voulu me sauver, mais la loi militaire me condamne. Et vous devez encore moins accuser Jacques de ma mort : ce cher ami est désespéré, et il ne cesse de me supplier de le laisser mourir à ma place.
Je puis à peine penser à ma mère et à Blanche. Vous les consolerez, oh ! mon père ! Dites-leur que je meurs honnête, et qu’elles n’ont aucun motif d’avoir honte de moi. C’est une dure épreuve. Que Dieu nous aide ! Il est près de moi, et Sa présence m’est bien précieuse. Je sais qu’Il ne veut pas que je périsse : Il regarde avec compassion le pauvre pécheur humilié, repentant, qui ne cesse de crier à Lui ; oui, Il m’a donné l’assurance qu’Il me prendra auprès de Lui pour vivre avec Lui, mon Sauveur, dans une vie meilleure.
Ce soir, au crépuscule, je vous verrai en pensée pour la dernière fois, à l’heure où vous rentrez des champs comme d’habitude. Je vous voie tous en train de m’attendre, comme cela vous arrivait si souvent, mais je ne reviendrai plus …
Que Dieu vous bénisse tous, mes bien-aimés père, mère et sœur, et pardonnez à votre Benjamin

Le même soir, la porte de la maison fut ouverte sans bruit, et une fillette sortit et se mit à courir – elle paraissait plutôt voler – dans le sentier conduisant à la ville.
Deux heures plus tard, elle arrivait à la gare, juste à l’heure pour prendre le train de nuit. C’était Blanche, la pauvre sœur de Benjamin, qui se rendait à Washington implorer pour son frère la grâce auprès du Président de la République, Abraham Lincoln. Elle était partie sans que personne ne s’en aperçoive, laissant seulement un mot pour expliquer à ses parents le but de son voyage. Elle emportait avec elle la lettre de Benjamin ; il lui paraissait impossible qu’un cœur tel que celui du Président puisse rester insensible aux termes de cette lettre.

A peine Blanche était-elle arrivée à New-York, que le conducteur du train, plein de compassion pour Blanche, et comprenant que la vie de son frère pouvait dépendre de quelques minutes de retard, la fit monter dans un train express en direction de Washington. Ainsi, au petit matin, Blanche arrivait au terme de son voyage et se trouvait à l’entrée de la maison du Président.
Lincoln était occupé à examiner des papiers importants qu’il avait à signer, lorsque la porte s’ouvrit doucement et que Blanche se trouva devant lui, les yeux baissés et les mains jointes.
– Eh bien ! ma fillette, que désires-tu de si bon matin ? questionna-t-il avec bienveillance.
– La vie de Benjamin, Monsieur, balbutia l’enfant.
– Benjamin ! Qui est Benjamin ?
– Mon frère, Monsieur ; ils doivent le fusiller parce qu’il s’est endormi à son poste.
– Ah ! Je m’en souviens, dit Lincoln, parcourant du regard quelques-uns des papiers sur son bureau. Ce fut un sommeil fatal, mon enfant ; c’était un moment de grave danger, et des milliers de vies auraient pu périr à cause de cette négligence coupable.
– Mon père le dit aussi, suggéra timidement Blanche, mais Benjamin était si fatigué, et Jacques si faible ! Mon frère a fait la part de deux. C’était Jacques, et non pas Benjamin, qui devait monter la garde, mais Jacques était trop épuisé, et Benjamin n’a pas pensé qu’il était aussi à bout de forces …
– Que dis-tu, ma petite ? Je ne te comprends pas. Voyons, approche-toi, dit l’homme généreux, toujours heureux lorsqu’il pouvait trouver une excuse à une faute commise.
Blanche s’approcha. Lincoln lui prit la main, lui fit relever son visage pâle et angoissé, et l’encouragea à parler tranquillement. Elle lui raconta alors la terrible histoire, et lui montra la lettre de son frère.
Le président la lut avec soin, puis appela, écrivit quelques lignes en hâte, et dit à un fonctionnaire :
– Expédiez cette dépêche immédiatement.
Puis, se retournant vers Blanche, il ajouta : – Retourne à la maison, ma chère enfant, et vers ton père, qui a eu le courage d’approuver la justice de son pays, alors que celle-ci frappait son fils unique, et tu lui diras qu’Abraham Lincoln estime une telle vie trop précieuse pour la laisser perdre. Retourne donc, ou si tu veux, attends jusqu’à demain : Benjamin aura besoin de quelques jours de congé, et pourra retourner à la maison avec toi.
– Ah ! Que Dieu vous bénisse ! dit l’enfant, toute tremblante d’émotion.
Deux jours plus tard, le frère et la sœur rentraient, débordant de joie, sous le toit paternel. Le père, en les serrant sur son cœur, s’écria :
– Seigneur ! tu es bon et miséricordieux !

Nous trouvons certainement tous cette histoire particulièrement belle et émouvante. Et nos cœurs sont touchés par le dévouement de Benjamin pour son ami Jacques, faible et malade, qui lui en aura certainement gardé toute sa vie une profonde reconnaissance.

Mais sommes-nous tous conscients qu’il y en a Un qui a fait infiniment plus pour nous que Benjamin pour son ami : Jésus Christ, le Fils de Dieu, est venu dans ce monde, un Homme parmi les hommes, pour sauver de la perdition éternelle tous ceux qui mettraient leur confiance en Lui et dans l’œuvre qu’Il a accomplie en mourant sur la croix.
Il a subi le jugement de Dieu sur les péchés que nous avions tous commis, pour donner le pardon et la vie éternelle à tous ceux qui croient en Lui. Que ce soit la part de tous nos lecteurs, et qu’ils puissent affirmer en vérité :

Je la connais, cette joie excellente
Que ton Esprit, Jésus, met dans un cœur ;
Je suis heureux, oui, mon âme est contente
Puisque je sais qu’en Toi j’ai mon Sauveur.

D’après la Bonne Nouvelle 1912

LE RÉCIT DE L’ÉTRANGER

Vigne

 

LE RÉCIT DE L’ÉTRANGER

 

Au cours d’un voyage, un chrétien entra dans un cimetière pour s’y reposer un moment. Il vit, près d’une tombe, un étranger plongé dans ses pensées. Grand et fort, il avait un visage rougeaud qui aurait pu faire penser qu’il buvait beaucoup, mais son attitude écartait cette pensée.
Le chrétien s’approcha de lui et lui dit :
– Cette tombe est sans doute celle d’une personne que vous aimiez beaucoup ?
– Vous avez raison, répondit l’étranger. Ici repose le corps d’un homme avec lequel j’étais très lié, un homme bon, même très bon.
– Ah oui ! Mais votre ami avait-il toujours été ainsi ?
– Certainement pas ! Qui a toujours été bon, si ce n’est Dieu ? Mais il s’opéra, à un moment donné, un grand changement chez mon ami, et il devint un fidèle témoin de la puissante grâce de Dieu en Christ. Voici son histoire.
– Mon ami était boulanger et habitait dans le village qu’on voit là-bas. C’était un homme intelligent, bien élevé, et estimé de tous. Il était d’ailleurs le bras droit du maire et son conseiller. Mais malgré cela, il ne connaissait rien du royaume de Dieu. Il avait bien un certain respect pour la Bible, mais ne voyait en Jésus Christ qu’un homme parfait, et non pas le Fils de Dieu.
Et malheureusement, le pasteur du village, bien que très honorable, n’était pas un croyant. L’ordre et les bonnes mœurs étaient de règle, mais la paix de Dieu ne régnait ni dans les cœurs, ni dans les maisons. On s’occupait beaucoup plutôt de commerce et de politique, et spécialement à l’auberge de l’Aigle Noir, dont le propriétaire était l’intime ami du boulanger. Mais si ce dernier allait plutôt à l’auberge pour parler avec les clients que pour boire avec eux, toutefois cela attirait une nombreuse compagnie, au grand plaisir de l’aubergiste.
Le boulanger avait un cousin, étudiant en théologie, qui venait habituellement passer ses vacances chez lui. Le jeune homme était très instruit, et ils abordaient toute sorte de sujets, y compris celui de la religion, sur lequel ils s’accordaient parfaitement car le jeune étudiant n’était pas un chrétien. Mais Dieu, dans Sa grâce, toucha à salut le cœur de ce dernier, qui eut alors le grand désir d’être en bénédiction à d’autres, en particulier à son cousin le boulanger. Malheureusement, il se heurta chez lui à une violente résistance, et le boulanger, cette fois, fut satisfait de voir repartir son cousin – qui, lui, continua à prier pour son parent.
L’année suivante, le jeune chrétien revint chez son cousin, mais lorsque la conversation venait sur les choses de Dieu, ce dernier s’échauffait facilement, au grand regret de sa femme, qui lui reprochait ses emportements, mais à qui il dit un jour :
– Tu as raison, je ne devrais pas me mettre en colère, pourtant il me semble absolument normal et logique que Dieu nous juge selon nos œuvres. Mais notre cousin prétend que ce n’est pas selon nos œuvres, mais par la grâce, que nous serons justifiés, et il me donne en exemple le brigand sur la croix, ce qui a bien pu me fâcher ! Et il ajoute qu’il me souhaite d’être un jour là où est ce brigand, mais que ce n’est que par la grâce de Dieu que cela est possible.
Et à sa femme, qui reconnaissait la vérité de cette parole, il répondit qu’il n’acceptait pas d’être placé sur le même pied qu’un bandit.

Le temps passa. Le jeune chrétien continuait à prier pour son cousin, et lui envoya plusieurs fois des traités évangéliques, mais qui étaient chaque fois refusés. Toutefois, un jour, un traité bref mais très clair arriva chez lui en son absence, et sa femme le reçut et se mit à le lire dans l’arrière-magasin. Un client étant entré dans la boulangerie, elle vint le servir, et son mari, revenant de sa course, s’assit dans l’arrière-magasin et se mit à lire la brochure. Sa conscience avait commencé à être touchée, et il se posait des questions. Ce jour-là, il n’alla pas passer la soirée à l’auberge, et pendant la nuit il réveilla sa femme et lui avoua qu’il était malheureux, qu’il avait fait fausse route, et souhaitait tellement trouver le vrai chemin du salut. Sa femme lui répéta ce qu’elle avait retenu des paroles de leur cousin. Il l’écoutait avidement, et tout à coup s’écria : – C’est cela, c’est la vérité … que j’étais donc insensé ! Il accepta alors le message du salut, se mit à genoux avec sa femme, et implora la grâce et la miséricorde de Dieu.
Le jeune cousin, qui était maintenant un prédicateur de l’Évangile, hésitait à retourner visiter le boulanger, mais il s’y décida tout de même, et quelle ne fut pas sa joie et sa reconnaissance de voir le changement que Dieu avait opéré chez eux : le salut était venu à cette maison, et le boulanger comme sa femme se réjouissaient de ce que Dieu, dans Sa grâce, leur avait ouvert les yeux et leur avait donné le salut et la paix.
Mais quelle fut la réaction dans le village ? Le Seigneur Jésus a dit à Ses disciples : « Je ne suis pas venu mettre la paix sur la terre, mais l’épée » (Matthieu 10.34). Il se forma alors deux camps dans le village. Le boulanger, par la grâce de Dieu, rendait autour de lui un témoignage clair de sa foi. Les quelques croyants qu’il y avait déjà dans le village, se joignirent à lui, puis d’autres aussi. Ceux qui n’acceptaient pas l’Évangile se détachèrent de lui et devinrent même ses ennemis – et parmi eux, l’aubergiste de l’Aigle noir, qui voyait son auberge se vider …
Le boulanger commença à réunir chez lui les enfants pour une école du dimanche, et le soir il y avait une étude biblique. Il y avait aussi de temps à autre une réunion d‘évangélisation. Et ces soirs-là, l’auberge était presque déserte …

L’aubergiste imagina alors un plan qu’il mit bientôt à exécution.
Le boulanger avait un très bon ouvrier, le jeune Frédéric, intelligent et travailleur, qui pourrait peut-être un jour succéder à son patron. Frédéric habitait chez sa mère veuve, bien connue pour être avare. Leur maison appartenait à l’aubergiste. Ce dernier alla un jour voir la mère, lui disant qu’il voulait ouvrir une boulangerie dans la maison, et qu’il prendrait volontiers son fils comme gérant. Frédéric, tout d’abord, refusa net de quitter son patron mais, poussé par sa mère, il finit par accepter cette offre.
Quelques semaines plus tard, il quittait son patron et devenait son concurrent. Cette deuxième boulangerie n’était pas du tout nécessaire mais, Frédéric étant soutenu par l’aubergiste, elle prospéra tellement que le premier boulanger dut abandonner son magasin et entrer comme domestique au service du meunier du village. Il n’avait plus de place pour tenir des réunions chez lui, et les gens du village retournaient à l’auberge.
Mais l’amour avec la foi est ingénieux. Pour pouvoir avoir une réunion le soir, le boulanger entassait ses meubles d’une pièce dans une autre, et mettait à leur place des bancs étroits ; ainsi les réunions continuèrent, de même que l’école du dimanche. Tous écoutaient avec attention la lecture et la méditation de la Parole de Dieu.
Mais après quelque temps, Dieu intervint selon Sa sagesse : une grave épidémie sévit dans le village, et il y eut de nombreux décès. L’Aigle noir était à peu près désert.
A la nouvelle boulangerie, Frédéric et son ouvrier tombèrent tous deux malades. La jeune femme et la mère de Frédéric allaient devoir fermer la boulangerie. Mais un soir quelqu’un y entra : c’était l’ancien patron de Frédéric, qui venait prendre des nouvelles des malades, et offrir ses services pour les remplacer.
– Comment ! s’écria la mère âgée, vous êtes assez bon pour cela ! Et elle se mit à pleurer. – Nous n’avons pas mérité cela de votre part. Mais nous sommes bien misérables, malades, et oubliés de tous.
Mais Dieu ne vous a pas oubliés, et Il m’a envoyé au bon moment. Puis-je voir vos malades ?
Dans la chambre voisine, Frédéric, qui avait tout entendu, ne savait comment exprimer sa reconnaissance.
– Dieu vous récompensera. Faites ici comme si vous étiez chez vous.
– Bien, répondit le boulanger. Demain, ma femme, ma fille et moi, nous nous occuperons de votre boulangerie. Frédéric accepta avec soulagement.
Le pain se vendit comme d’habitude, les jours et les semaines se passèrent. Le boulanger tenait à jour la caisse et les comptes. Quand Frédéric put reprendre son travail, il demanda à son ancien maître ce qu’il lui devait pour toute sa peine et son dévouement.
– Rien, répondit-il. Tu verras dans le livre de comptes que j’ai prélevé juste le salaire que j’aurais eu chez le meunier. J’ai été heureux de pouvoir te rendre ce service. Que Dieu te bénisse, toi et toute ta famille.
Frédéric était muet d’émotion, et quand il voulut parler, son maître était déjà sorti.

Le lendemain, Frédéric alla trouver son propriétaire et lui raconta ce qui s’était passé. L’aubergiste ne put cacher son étonnement.
– C’est un noble cœur, dit-il enfin.
– Certainement, dit le jeune homme, et pourtant c’est lui que nous avons tellement mal traité. Si j’étais mort de cette épidémie, je serais perdu pour toujours. Mais Dieu a eu pitié de moi et Il m’a donné le temps d’accepter le salut qu’Il offre. Il me fournira aussi les moyens de réhabiliter mon ancien maître, envers qui je me suis conduit de manière si indigne.
Et Frédéric, épuisé, se mit à pleurer.
L’aubergiste ne savait pas quoi penser ni dire. Il protesta toutefois :
– Avait-il donc besoin de mettre tout le village sens-dessus-dessous, par ses chants et ses prières ?
Autrefois nous étions bons amis.
– Oui, répondit Frédéric, tant que votre auberge se remplissait, devriez-vous ajouter. Mais il n’était pas trop tôt qu’un réveil se produise dans notre village. Si nous avions écouté la voix de l’Évangile, peut-être que Dieu n’aurait pas eu besoin de nous punir par cette maladie. Mais vous aviez peur pour votre bourse.
L’hôtelier se mordit les lèvres et répondit d’un ton menaçant :
– Frédéric, sais-tu à qui tu parles ?
– Je le sais bien, mais je peux réagir et je désire être de nouveau l’ouvrier de mon ancien patron.
– Quoi ! s’écria l’aubergiste hors de lui, mais il ne put en dire plus : sa conscience avait été atteinte.
Quelques jours plus tard, on aurait pu voir, dans l’ombre, derrière la porte de l’ancien boulanger, deux hommes qui ne se reconnurent pas, tellement ils étaient captivés par ce qu’ils entendaient : la prédication de l’Évangile. Au bout d’un moment, ils entrèrent en même temps, et il y eut, ce soir-là, de la joie au ciel pour deux pécheurs qui étaient venus à la repentance.
Peu de temps après, l’hôtelier ferma son auberge, vendit sa maison, et fit construire, à l’extrémité du village, un spacieux local pour les réunions évangéliques.

L’étranger termina son récit en précisant : tout cela remonte à plusieurs années en arrière. Le boulanger, dont la tombe est ici, a toujours été un fidèle serviteur de Dieu. Il est entré dans la joie de son Sauveur et Seigneur. Vous comprenez maintenant pourquoi je vous disais : – C’était un homme bon, même très bon. On peut bien dire de lui : « La mémoire du juste est en bénédiction » (Prov. 10. 7).
Les deux hommes se levèrent pour se diriger vers la sortie du cimetière. Au moment de se quitter, le chrétien demanda son nom à l’étranger. Ce dernier lui serra cordialement la main, en lui disant : Mon nom est Gaspard S., mais je suis plus connu sous les termes de L’aubergiste de l’Aigle noir. Et avant que son interlocuteur ait pu exprimer son étonnement, il était parti du côté du village …
Mais quel réconfort pour ces deux croyants, de savoir qu’ils se retrouveront au ciel.

Voici, c’est maintenant le jour du salut. 2 Cor. 6. 2.
Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs. Héb. 3.7 et 15, et 4. 7.

D’après la Bonne Nouvelle 1912