TRADUCTIONS DE FEUILLETS (20)

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TRADUCTIONS DE FEUILLETS (20)

Nous supplions pour Christ : Soyez réconciliés avec Dieu ! Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en lui. 2 Cor. 5. 20 et 21

MOURIR EN PAIX

Il y a quelque temps est décédé le commentateur sportif légendaire Thierry Roland. Les médias ont rappelé alors le sommet émotionnel de sa carrière lorsque, en 1998, l’équipe nationale française a gagné par 3 buts à 0, et que les Français sont devenus pour la première fois champions du monde de football. Au moment du coup de sifflet final, il a prononcé cette affirmation : – Je crois que, après avoir vu cela, on peut mourir en paix ! C’était sa manière d’exprimer sa passion pour le football. Il ne pensait d’ailleurs guère à sa propre fin. Nous ne pouvons cependant pas éluder la question sérieuse : – Comment peut-on mourir en paix ? – Si l’on n’a pas réglé sa relation avec Dieu, c’est impossible. C’est pourquoi le prophète Amos, dans la Bible, nous enjoint : « Prépare-toi… à rencontrer ton Dieu » (Amos 4. 12). Par nature, comme humains, nous sommes des ennemis de Dieu. Cela se manifeste souvent par l’indifférence, quelquefois l’opposition envers Dieu. Il est pourtant possible de se réconcilier avec Dieu, parce que le Fils de Dieu, Jésus Christ, a « fait la paix par le sang de sa croix » (Col. 1. 20), étant mort pour expier les péchés de ceux qui croient en Lui. Par Sa mort Il a créé un lien avec Dieu. Quiconque reconnaît la culpabilité de sa vie et la confesse, reçoit le pardon, la justification et la paix.
Il est bien certain que le jour de la mort, même pour nous qui sommes chrétiens, n’est pas un passage facile. La mort reste une porte sombre, mais elle ouvre l’accès au lieu du bonheur éternel. Cependant, la certitude que, par le moyen de la foi au Seigneur Jésus, nous sommes réconciliés avec Dieu, nous permet de mourir en paix.

D’après Näher zu Dir Juillet 2020

Sauvez-vous. Act. 2. 40

RÉPONDRE À L’APPEL DE DIEU

Trois alpinistes avaient été pris par le mauvais temps. Il pleuvait sans arrêt. Les hommes étaient épuisés. Ils trouvèrent refuge, par bonheur, dans un creux du rocher, contre le vent et la pluie. La nuit tomba. Aucun d’eux ne put dormir. Le matin, le temps s’était encore détérioré. On ne pouvait pas penser à faire la descente. Et ce fut de nouveau la nuit. Tout à coup ils entendirent quelqu’un appeler de loin : – Où êtes-vous ? Répondez ! Nous vous cherchons !
Ils quittèrent vivement leur abri, sans se soucier de la pluie qui leur fouettait le visage. Une équipe de sauvetage était montée de la vallée à leur recherche. Ils crièrent : – Nous sommes ici ! Mais leurs cris se perdaient dans l’orage. Ils allumèrent alors une allumette et la brandirent en tous sens. C’était une question de vie ou de mort. Il leur parvint alors l’heureuse réponse : – Nous vous voyons. Ne bougez pas. Nous arrivons. Quelques heures plus tard, les hommes étaient sauvés.
Dieu désire nous sauver et nous faire don de la vie éternelle en vertu de l’œuvre de Son Fils Jésus Christ, qui S’est fait Homme, et qui est mort pour nous sur la croix. C’est pourquoi Il fait proclamer la bonne nouvelle concernant le Sauveur, mort sur la croix pour nous donner un salut éternel. Mais nous devons y répondre pour être trouvés et sauvés. Il faut que nous sortions de l’abri illusoire de notre propre sécurité, de nos peurs et de notre incrédulité, et que nous répondions à l’appel de Dieu. Laissons-nous sauver avant qu’il soit trop tard.

D’après Näher zu Dir Juillet 2020

Je ferai tomber la pluie en son temps ; ce seront des pluies de bénédiction. Éz. 34. 26

LA PLUIE

La pluie tambourine contre les vitres de la fenêtre. Un enfant pourrait croire que l’eau tombe toujours simplement et uniquement depuis le ciel. Mais les adultes savent depuis longtemps qu’il y a un circuit de l’eau parfaitement organisé.
L’eau s’évapore sous l’influence du soleil. L’air chaud et humide s’élève dans l’atmosphère. Là, les gouttes d’eau s’assemblent et forment des nuages Et quand ceux-ci sont assez lourds, il commence à pleuvoir. Par les ruisseaux et les rivières, l’eau coule vers la mer, et le cycle recommence.
Ce cycle, Dieu l’a organisé pour le bien de l’homme, pour que le sol reçoive de l’eau et que les plantes puissent y pousser. C’est là un des exemples innombrables de la manière dont Dieu prend soin de Sa créature. Il se soucie aussi de vous.
Pour la création de l’univers, la seule chose nécessaire était la Parole du Dieu tout-puissant. Mais pour pouvoir sauver les hommes pécheurs, que Dieu aime, il a fallu beaucoup plus que cela : la mort expiatoire de Son Fils. A quel point Dieu nous aime, nous l’apprenons en ce qu’Il a donné pour nous Son Fils unique et bien-aimé, afin que par Sa mort sur la croix nous puissions recevoir la vie éternelle.
La toute-puissance de Dieu, Sa sagesse et Sa force, nous pouvons les découvrir dans tous les détails impressionnants de la création. Mais Son amour et Sa grâce, nous les connaissons en Jésus Christ, en ce qu’Il est devenu Homme, dans Sa vie sur la terre, et dans Sa mort rédemptrice. Si nous croyons au Fils de Dieu et à Son œuvre de salut pour nous personnellement, notre relation avec Dieu, qui était rompue, est rétablie. Jésus Christ est le chemin vers le Père. Il est « le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14. 6).

D’après Die gute Saat Juillet 2020

L’Éternel est lent à la colère, et grand en bonté, pardonnant l’iniquité et la transgression, et qui ne tient nullement celui qui en est coupable pour innocent. Nomb. 14. 18

INDIFFÉRENT ?

Un croyant nous raconte l’histoire d’un de ses voisins, à qui il avait plusieurs fois parlé de la foi dans le Seigneur Jésus Christ.
Au cours d’une excursion dans les Alpes, la plaque de glace sur laquelle cet homme marchait a cédé, et lui et il a failli se noyer dans le lac. Une autre fois, sa barque s’est retournée pendant une tempête, et il n’a été sauvé que grâce à l’intervention du gardien de la côte. A quarante ans, il a été guéri d’une leucémie, et Dieu lui a accordé encore cinquante années de vie. A la fin, un soir, au cours d’un ouragan violent, un arbre est tombé sur sa voiture, et il est mort sur-le-champ.
Cet homme connaissait la Bible mais, d’après ce que l’on pouvait voir, il n’avait jamais éprouvé le besoin d’un Sauveur. Pourtant Dieu l’avait appelé plus d’une fois à réfléchir et à se tourner vers Lui. Sa vie a été tranchée brusquement, et il est entré dans l’éternité en un instant, sans même s’en rendre compte. Dieu seul sait s’il s’était reconnu pécheur et s’il avait reçu le pardon et la vie éternelle par la foi au Seigneur Jésus.
Dieu appelle tous les humains :
« Dieu opère toutes ces choses deux fois, trois fois, avec l’homme, pour détourner son âme de la fosse, pour qu’il soit illuminé de la lumière des vivants. » (Job 33. 29 et 30)
« Méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longue attente, ignorant que la bonté de Dieu te pousse à la repentance ? » (Rom. 2. 4)
Que ce ne soit pas votre cas, lecteur !

D’après Die gute Saat Juillet 2020

Quand on vous amènera devant… les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la manière dont vous vous défendrez ou de ce que vous direz ; car le Saint Esprit vous enseignera à l’heure même ce qu’il faudra dire. Luc 12. 11 et 12

NON PAS UNE RELIGION, MAIS UN SAUVEUR

Un chrétien chinois avait été arrêté à cause de sa foi et avait passé déjà longtemps en prison. Il fut alors amené en jugement.
– Croyez-vous toujours au christianisme ? lui demanda le juge sur un ton ironique.
– Ce n’est pas au christianisme que je crois… répondit cet homme.
– Ah non ! Alors, à quoi ?
– Je crois en Jésus Christ, donc non pas à une religion, mais à une Personne, répondit le chrétien.
– Cessez ces calembours ! répliqua le juge.
– Vous ne m’avez pas bien compris, répondit le chrétien. Vous pouvez fermer les églises, emprisonner ou tuer les chrétiens, interdire tous les exercices religieux, et même brûler les Bibles – mais pouvez-vous toucher à Jésus Christ ? Il vit éternellement ; Il vit dans mon cœur, vous ne pouvez pas L’en arracher ! Et si vous me tuez, je serai toujours auprès de Lui.
Ce n’était pas un calembour, mais une immense différence !
Une religion est un système de rituels et de persuasion. Elle est influencée par son contexte social et culturel, et être affectée par des erreurs et les faiblesses humaines.
La foi selon la Bible, au contraire, est une relation personnelle et réelle avec le Dieu vivant et avec Son Fils Jésus Christ. Cela signifie qu’on connaît Jésus Christ, qu’on croît en Lui, qu’on Lui fait confiance, qu’on L’aime et qu’on vit pour Lui.

D’après Die gute Saat Juillet 2020

Allons, descendons, et confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent pas le langage l’un de l’autre. Et l’Éternel les dispersa de là sur la face de toute la terre. Gen. 11. 7 et 8

APRÈS LA TOUR DE BABEL

Ce récit de la dispersion après le début de la construction de la tour de Babel, et de la confusion des langues, m’est venu à l’esprit lorsque j’ai lu dans un journal que les enfants de Londres parlent au moins 307 langues différentes. D’après l’article du Times, le dictionnaire des langues de Londres va du abe, une des langues de la Côte d’Ivoire, jusqu’au Zoulou. Après l’anglais, les langues parlées le plus souvent proviennent du Subcontinent indien : Bengali Pandschabi, Gujarati et Hindi.
On peut se demander si, aujourd’hui, beaucoup de personnes sont encore conscientes que la multiplicité des langues n’est pas une invention humaine, mais un jugement de Dieu ? L’homme, au début de son histoire, a voulu une fois construire une tour qui atteigne jusqu’au ciel. Peut-être pensait-on alors que le ciel visible représentait le trône de Dieu. Par cette tour, les hommes voulaient ainsi se faire un nom, et s’élever jusqu’à Dieu.
Dieu voyait que cette entreprise ne provenait que du désir de l’homme d’être toujours plus grand et de se faire une réputation qui atteigne les bouts de la terre. Et cette action devait montrer avant tout que l’homme pouvait se passer de Dieu ! La réponse de Dieu à cet orgueil, ce fut de mélanger leurs langues, ce qui signifie qu’aujourd’hui encore la plupart des humains ne peuvent pas se parler s’ils n’ont pas appris la langue de leur interlocuteur, ou ne peuvent avoir l’aide d’un traducteur.
« Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles » (1 Pier. 5. 5.). Celui qui vient à Lui avec humilité, Il le reçoit – et nous avons tous besoin de Lui.

D’après Die gute Saat Juillet 2020

L’Éternel est lent à la colère, et grand en bonté, pardonnant l’iniquité et la transgression, et qui ne tient nullement celui qui en est coupable pour innocent. Nomb. 14. 18
Je suis seul et affligé. Ps. 25. 16.
Quand mon père et ma mère m’auraient abandonné, l’Éternel me recueillera. Ps. 27. 10.

SOLITUDE

On pouvait lire dans un journal que même à l’âge de l’Internet et des téléphones portables, il y a encore partout de la solitude. Ce sont moins les jeunes que les personnes âgées que cela touche, en particulier celles de plus de 70 ans.
On voit plusieurs raisons à cela, entre autres le fait que les personnes âgées qui ne sont plus dans la vie professionnelle, ont d’autres intérêts que leur environnement plus jeune – ce qui contribue à la solitude.
On voit aussi dans le Nouveau Testament cette expérience que des intérêts différents peuvent contribuer à l’isolement. L’intérêt du Seigneur Jésus Christ consistait uniquement à faire la volonté de Dieu et à manifester aux hommes les caractères de Dieu, Sa sainteté et Son amour. C’était tout le sens de Sa vie : « Ma viande est de faire la volonté de de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre » (Jean 4. 34).
Les intérêts profonds du Fils de Dieu ne rencontraient autour de Lui qu’indifférence ou inimitié, aussi Jésus Christ était solitaire et incompris. Même Ses disciples n’étaient souvent pas capables de partager Ses pensées et Ses sentiments. Mais bien que le Seigneur Jésus ait ressenti profondément cette solitude, Il continuait à agir avec amour envers les hommes. Il annonçait à Ses disciples : « L’heure vient… que vous me laisserez seul », mais Son secret c’était : « je ne suis pas seul, car le Père est avec moi » (Jean 16. 32). Et ensuite le Seigneur Jésus a enduré la détresse profonde et la solitude de la mort de la croix – et cela, pour nous.
Personne, plus que Jésus Christ, ne comprend ce que signifie d’être seul et abandonné ! Il le ressent avec nous. Il nous offre Sa proximité et Sa communion ! Et alors la solitude se dissipe.

D’après die gute Saat Juillet 2020

En ceci est l’amour, non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que lui nous aima et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés. 1 Jean 4. 10
Grâces à Dieu pour son don inexprimable ! 2 Cor. 9. 15

REFUSER LA GRÂCE DE DIEU, UNE FOLIE

– Non, nous ne nous laissons rien donner. C’est par ces mots qu’un homme et sa femme refusent le traité qu’on leur offre. – Connaissez-vous le plus grand don de Dieu ? – C’est pour cela que nous sommes ici, répond la femme. Ses regards se portent sur le magnifique paysage avec un lac idyllique à ses pieds.
– Oui, Dieu a créé toutes choses merveilleusement pour les hommes : le Créateur rend témoignage à Sa gloire de Créateur. Mais Dieu nous a fait, à nous humains, un don infiniment plus grand, Son propre Fils, Jésus Christ, qui est devenu Homme, pour mourir sur la croix pour nous et pour nos péchés. –Ce n’est pas pour entendre cela que nous sommes ici – sur ces mots, les deux personnes s’éloignent.
Non, ils ne voulaient rien savoir du don « inexprimable » de Dieu. Ils n’avaient pas besoin de Jésus Christ comme leur Sauveur. Ils se satisfaisaient de la beauté visible de la création de Dieu, et agissaient comme si leur relation avec Dieu était normale.
– Nous ne nous laissons rien donner – combien de personnes pensent comme ces deux personnes-là et refusent, non seulement un traité chrétien, mais aussi le don merveilleux de Dieu. Ils passent, indifférents, devant la source du salut. Sont-ils trop fiers pour reconnaître que nous, comme humains, nous nous tenons devant Dieu les mains vides ?
Celui qui reconnaît devant Dieu sa propre misère, à celui-là Dieu fait don d’une richesse infinie en Jésus Christ. Mais, un don, il faut l’accepter. L’homme doit croire en Jésus Christ !

D’après die gute Saat Juillet 2020

Car lorsque Dieu fit la promesse à Abraham, puisqu’il n’avait personne de plus grand par qui jurer, il jura par lui-même. Héb. 6. 13
Mais lui (Jésus) répondant, dit : Il est écrit : « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Mat. 4. 4

L’AUTORITÉ ABSOLUE DE LA BIBLE

Dans la littérature il est habituel et logique que les auteurs appuient leurs raisonnements et leurs thèses sur des citations d’écrits d’autres auteurs. Par contre, dans ce calendrier, on ne trouvera des citations que d’un seul livre, la Bible.
La Bible elle-même ne s’en reporte jamais à des écrits antérieurs. Elle n’appuie pas la vérité et l’autorité de ses paroles sur des écrits de l’antiquité. La Bible est la Parole de Dieu, que Dieu nous a donnée, tout d’abord par Moïse, par les prophètes, et par les apôtres – et elle parle aux hommes par sa propre autorité.
Dieu est au-dessus de tout. Quand Il jure, Il ne peut jurer que par Lui-même, parce qu’il n’y a rien au-dessus de Lui. Et lorsque Dieu parle, Il n’a pas besoin de S’appuyer en outre sur des paroles des hommes. Sa Parole est la vérité, parce que c’est Sa Parole.
C’est pourquoi le Fils de Dieu, lorsqu’Il était sur la terre, n’appuyait Ses paroles que sur les Écritures, la Parole de Dieu. Au début de Son ministère public, Il fut soumis à la tentation dans le désert par le diable. Trois de ces tentations nous sont rapportées dans la Bible. Et trois fois, Jésus a répondu par une citation de la Bible. « Il est écrit ».
La Parole de Dieu est et demeure le critère auquel tout message spirituel doit se référer et se laisser mesurer.
« Ta Parole est la vérité » Jean 17. 17.

D’après die gute Saat Juillet 2020

Seigneur Éternel, toi, tu es Dieu, et tes paroles sont vraies. 2 Sam. 7. 28

RECHERCHER LE SALUT

Il y a bien des années, en Amérique, un Indien âgé avait l’habitude d’aller et venir d’un endroit à l’autre en mendiant pour son pain quotidien. Il arriva un jour dans un village, affamé une fois de plus, et dévora rapidement le pain qu’on lui donna. Quelqu’un, ensuite, lui demanda ce qu’il avait dans un petit sac défraîchi qui pendait de son cou par un ruban de couleur. Il expliqua que c’était un charme qu’on lui avait donné au retour d’une bataille, et sortit un morceau de papier plié qu’il tendit à celui qui l’avait questionné.
Celui-ci commença à déchiffrer l’écriture décolorée. Il se trouva que c’était un document officiel de démobilisation de l’armée fédérale américaine. Il était signé par George Washington lui-même, et assurait à l’Indien une pension à vie… Si l’homme avait demandé à jouir de cette pension, il aurait eu les moyens de vivre sans errer çà et là sans toit et sans nourriture.
Qu’ils sont nombreux, ceux qui ressemblent à cet Indien ! La Bible donne la connaissance des promesses et des assurances que Dieu offre, et cependant ils vont leur chemin sans en profiter.
La Parole de Dieu est éternelle, et elle est la vérité même : toutes ses promesses sont assurées. Mais le pardon des péchés, la paix avec Dieu, la vie éternelle, et la gloire éternelle, que Dieu désire donner à tous, doivent être réellement recherchées. Comment cela ? – En se tournant vraiment vers Dieu. Nous devons Lui confesser avec droiture que nous n’avons pas, jusqu’ici, vécu selon Sa volonté, et reconnaître les fautes que nous nous souvenons avoir commises. Nous pouvons alors être certains que Dieu a pardonné notre culpabilité, parce que Son Fils, Jésus Christ, est mort sur la croix pour expier nos péchés.

D’après The good Seed Juillet 2020

Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme inique, ses pensées, et qu’il retourne à l’Éternel, et il aura compassion de lui, – et à notre Dieu, car il pardonne abondamment. És. 55. 7.

UN LONG CHEMIN SANS DIEU

Il est possible de vivre sans Dieu, et de mener cependant une vie droite et recommandable. Mais quoi que ce soit que nous affirmions, cela ne conduira jamais à un réel bonheur. Nous faisons semblant, en général, d’être plus indifférents que nous ne le sommes réellement.
Il est possible de mourir sans Dieu, même d’une mort douce. Asaph, qui a écrit plusieurs psaumes, enviait les personnes arrogantes et méchantes, de ce qu’elles ne souffraient souvent pas de tourments à leur mort (Ps. 73. 3 et 4). Mais quand il a reconsidéré les choses du point de vue de Dieu, il a dû réviser son jugement : « Car voici, ceux qui sont loin de toi périront » (Ps. 73. 27).
Il est possible de ressusciter sans appartenir à Christ. Mais seul celui qui meurt, étant un chrétien racheté par le sang de Christ, sera ressuscité pour la vie éternelle. Ceux qui meurent sans avoir reçu le pardon de leurs péchés ressusciteront plus tard, pour comparaître en jugement devant le trône de Dieu.
Il sera possible de paraître devant Dieu avec ses péchés, mais alors, le Juge saint et juste prononcera une sentence juste qui condamnera de tels humains.
Il est donc possible de poursuivre un chemin sans Dieu : de vivre, de mourir, d’être ressuscité et de paraître devant le trône de jugement de Dieu : un long chemin vers la condamnation éternelle loin de Dieu.
Il vaut la peine de considérer cela aujourd’hui, et de choisir l’autre voie : se tourner à temps vers Dieu par Jésus-Christ.

D’après The good Seed Juillet 2020

La parole de Dieu est vivante et opérante, plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants ; elle atteint jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; et elle discerne les pensées et les intentions du cœur. Héb. 4. 12

LE RÉCIT DU CAPITAINE

Un vieux capitaine de la marine expliqua comment il avait trouvé la foi en Christ.
– Il n’y a malheureusement que huit ans que je suis converti. J’avais dû passer une fois deux heures dans une salle d’attente, dans le port de Malmö en Suède. Pour passer le temps, je lisais les journaux qui se trouvaient là, mais j’en ai eu bientôt assez. Mes yeux sont alors tombés tout à coup sur une Bible posée à côté. Au moment où je l’ai ouverte, j’ai entendu un vieillard, près de moi, murmurer : – Regarde, Seigneur Jésus, quelqu’un a pris ta Parole. Donne-lui de la lumière afin qu’il Te trouve là.
Quand j’ai entendu cela, j’ai jeté la bible et je suis sorti comme un ouragan. Que voulait cet homme ? Que voulait-il dire ? Sa paisible prière m’avait mis mal à l’aise. Jusque-là, Jésus Christ ne représentait pas grand-chose pour moi. Cela m’en avait fait prendre conscience, et cela me dérangeait. Cela me faisait réfléchir. Je rentrai chez moi, mais je ne pouvais pas me débarrasser de la pensée de Jésus.
Dans la ville où j’habitais, je connaissais quelqu’un qui était un chrétien. Je finis par aller le voir, et je lui demandai : – Qu’ai-je à faire avec Jésus ? Qu’est-ce qu’Il attend de moi ? Mon ami m’a expliqué que le Fils de Dieu était venu sur la terre pour mourir pour des pécheurs, et qu’Il attend maintenant que nous nous tournions vers Lui et Lui confessions franchement la culpabilité de notre vie. Nous pouvons alors mettre notre confiance dans Son œuvre de rédemption pour avoir Son pardon, et Le suivre avec joie. La grâce de Dieu m’a amené à accepter Jésus Christ comme mon Sauveur, et à Lui remettre ma vie.

D’après The good Seed Juillet 2020

Parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez. Jean 14. 19

LE CHRÉTIEN POSSÈDE LA VIE ÉTERNELLE

La grande pierre, devant l’entrée du tombeau où avait été déposé le corps de Jésus Christ, avait été scellée, et une garde avait été placée devant. Cependant, même ces précautions prises par les ennemis de Jésus ne purent empêcher le Seigneur de ressusciter des morts en vainqueur, puis d’être vu par plus de cinq cents témoins, qui pouvaient rendre témoignage publiquement que Christ était vivant. Leur témoignage digne de confiance est relaté dans plusieurs passages de la Bible, en particulier en 1 Cor. 15. 3 à 8.
Martin Luther devait fréquemment lutter contre des périodes de doute et d’hésitation. Dans ces jours pénibles, il trouvait du réconfort dans le mot « vivit », c’est-à-dire Il vit. Il écrivait ce mot à la craie sur sa table, sur les portes et sur les murs. On lui demanda une fois ce que cela voulait dire, et il répondit : – Jésus vit, et s’Il n’était pas vivant, je ne souhaiterais pas vivre une heure de plus. Mais parce qu’Il vit, nous aussi nous vivrons en Lui, comme Il l’a dit : « Parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez ».
Le Seigneur Jésus a donné cette promesse à Ses disciples avant Sa crucifixion et Sa résurrection, lorsqu’Il les préparait à vivre Son retour au ciel. Par la foi en Lui, ils avaient reçu la vie éternelle, et leur vie était liée indissolublement à Lui et à Sa vie, même au-delà de la mort physique.
Déjà auparavant, le Fils de Dieu avait dit : « Celui qui entend ma voix et qui croit en celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie » (Jean 5. 24).

D’après The good Seed Juillet 2020

Ainsi Sodome, Gomorrhe et les villes d’alentour, qui s’étaient abandonnées à la fornication de la même manière qu’eux et étaient allés après une autre chair, sont là comme exemple, subissant la peine d’un feu éternel. Jude 7
Jésus lui dit (à Thomas) : – Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. Jean 20. 29

LES RUINES DE SODOME : UN SUPPORT POUR LA FOI ?

La ville de Sodome est située au sud de la Mer Morte, dans la Jordanie actuelle. On dit que les ruines de l’ancienne cité ont été retrouvées par l’archéologue américain Steven Collins et son équipe, cachées au sud de la vallée du Jourdain. Le verset ci-dessus nous rappelle la destruction complète de Sodome et des villes voisines, à cause de l’immoralité de ses habitants ; c’est une preuve évidente que Dieu juge le mal quand il arrive à son comble. Mais est-ce que, peut-être, la découverte d’un site archéologique peut confirmer ce que la Bible a écrit, et amener les hommes à la croire ? – Les moqueurs, par exemple, ignorent « volontairement » la réalité du déluge universel (2 Pier. 3. 5 et 6), et voudraient des preuves archéologiques sans pourtant être disposés à les accepter.
Comme le disciple Thomas, aujourd’hui aussi, de nombreuses personnes refusent de croire à quelque chose dont ils n’ont pas sous les yeux la preuve concrète. Mais « la foi vient de ce qu’on entend – et ce qu’on entend par la parole de Dieu » (Rom. 10. 17). Prendre la parole de quelqu’un et y ajouter foi – croire ce que Dieu dit dans la Bible, c’est L’honorer, et Dieu honore cette foi, en délivrant de sa culpabilité celui qui Lui fait confiance, et en Se révélant à lui.
Évitons de mettre en parallèle notre foi avec les progrès de l’archéologie : la science est le domaine des humains, la foi est le domaine de Dieu ; rien d’autre que Sa Parole ne permet de Le croire et de Le connaître.

D’après Il buon Seme juillet 2020

LE CHEMIN DU CIEL

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LE CHEMIN DU CIEL

Chapitre 1. La rue du Paradis

Marguerite Andell suivait la rue du Marché en portant un panier rempli des différents achats qu’elle venait de faire chez l’épicier.
Ce n’était pas une soirée très agréable, car le vent de mars soufflait et la pluie commençait à tomber. Mais Marguerite, bien abritée sous sa veste imperméable à capuchon, ne souffrait pas du mauvais temps. De toute façon, elle n’avait pas à aller loin. Elle habitait la rue du Marché, dans l’une des deux petites maisons serrées entre un grand garage et un magasin de meubles.
Soudain la fillette entendit une voix d’homme qui chantait. Il marchait lentement le long de la route, en tenant un vieux chapeau à la main, et il chantait :

Lieu de repos, sainte patrie,
Séjour heureux des rachetés,
Ô ville d’or, cité chérie,
J’aspire à tes félicités.
Repos, repos ! Près de Jésus,
Peines, douleurs, ne seront plus.

Là, j’entrerai, sauvé par grâce,
Là, Tu m’attends aux saints parvis.
Viens, me dis-Tu, J’acquis ta place
Par Ma croix, dans le Paradis.
Repos, repos ! Près de Jésus,
Peines, douleurs, ne seront plus.

Marguerite resta un moment immobile devant le garage, brillamment éclairé, ne s’occupant pas pour une fois des belles voitures aux carrosseries luxueuses, mais écoutant attentivement ces paroles.
– Il parle de chez nous, dit une voix tout près de Marguerite.
Elle se retourna avec surprise et vit une fillette de son âge, tenant un petit garçon par la main. Tous deux étaient assis sur le large rebord plat de la vitrine. C’était le petit garçon qui avait parlé.
– Non, non, répliqua sa sœur. Il n’y a pas de séjour heureux dans la rue du Paradis, que je sache.
– Mais alors, de quel endroit parle-t-il ? demanda le petit garçon.
En posant cette question, l’enfant regardait Marguerite et elle se sentit en quelque sorte obligée de répondre, quoiqu’il s’adressât sans aucun doute à sa sœur. Le contraste entre ces deux enfants pauvrement vêtus, insuffisamment nourris, et elle-même qui était confortablement habillée, lui faisait de la peine. Elle ne s’étonna pas que les mots « séjour heureux » aient été retenus.
– Ce chant parle du ciel, dit-elle.
– Oh ! s’écria la fillette, je savais que cela ne pouvait pas être la rue du Paradis. La connais-tu ? Tu y arrives par là, ajouta-t-elle en désignant du doigt une étroite ruelle.
– Je n’y suis jamais entrée, et elle ne me plaît pas, répondit Marguerite.
Elle avait souvent jeté un coup d’œil sur l’étroite et sombre ruelle, bordée de maisons noires et dégradées, et s’estimait heureuse de vivre à la Villa des roses, à quelque distance de là.
– Écoutez ! interrompit le petit garçon, il chante de nouveau. « Repos, repos ! Près de Jésus, peines, douleurs, ne seront plus ». Connais-tu ce chant ? Je l’aime.
– Non, je ne le connais pas, dit Marguerite, mais j’en connais un autre sur la cité d’or, et c’est le ciel.
– Oh ! Dis-le nous, s’il te plaît, implora le petit garçon, levant vers elle son visage amaigri et fatigué.
– J’essayerai, mais je ne sais pas si je me souviens de toutes les strophes, balbutia Marguerite, un peu intimidée.
Lentement et distinctement, elle commença à réciter le cantique, aidée par les commentaires admiratifs dont Sammy ponctuait chaque phrase. À la fin, il poussa un profond soupir et dit avec conviction :
– J’aimerais y aller !
Puis il ajouta vivement :
– Est-ce que toi tu y vas ?
Marguerite tressaillit. Jamais elle n’aurait autant désiré pouvoir répondre « oui », mais elle ne le pouvait pas. Elle resta silencieuse.
La petite fille la regarda avec étonnement et demanda à son tour :
– Eh bien, y vas-tu ? Je te le demande parce que je pensais que tu pourrais nous dire comment il faut faire.
– Oui, intervint Sammy, c’est pour cela. Tu pourrais nous emmener avec toi, n’est-ce pas ?
Puis, comme Marguerite continuait à garder le silence, il demanda d’un ton découragé :
– Est-ce que tu n’y vas pas ?
– Non, dit Marguerite en détournant la tête. Il faut être sauvé pour y aller, et je ne le suis pas – pas encore.
La fillette regardait Marguerite avec le plus grand étonnement.
– Oh ! soupira-t-elle, je me dépêcherais d’être sauvée si cela devait m’amener là ! Et Sammy aussi. N’est-ce pas ?
Le petit garçon approuva énergiquement de la tête et dit :
– Sûrement. Je n’aime pas notre Paradis, pas du tout.
– Est-ce que vous vivez toujours là ? demanda Marguerite, s’étonnant de ne les avoir jamais vus auparavant.
– Non, répondit la fillette, en général, nous voyageons d’une foire à l’autre.
Juste à ce moment, quelqu’un apparut dans la zone de lumière projetée par la vitrine, et sourit aux enfants. C’était la mère de Marguerite. Plus d’une fois elle s’était avancée sur le seuil de la porte, s’étonnant du retard de sa petite fille.
La voyant en conversation avec les deux pauvres enfants, elle s’était dirigée vers le garage pour leur parler. Mais le mot de Paradis l’avait arrêtée et elle s’était tenue un moment dans l’ombre, écoutant le cantique récité par Marguerite et se sentant émue par les commentaires du petit garçon. Puis était venue la question importante à laquelle Marguerite n’avait pu répondre « oui ». La mère soupira.
– Eh bien, Marguerite, dit-elle, je suis venue voir ce qui te retenait. Et qui sont ces enfants ?
Sammy, jamais embarrassé, dit aussitôt :
– Nous sommes Laurette et Sammy Thomas, et nous habitons à la rue du Paradis.
– Papa rentrera ce soir de Londres, ajouta Laurette. Il est allé à l’hôpital pour voir maman. Nous allons partir bientôt pour la foire de M.
– Je comprends. Voulez-vous venir dans notre maison boire une tasse de chocolat ?
Sammy poussa sa sœur de côté et mit sa main dans celle de Mme Andell sans une minute d’hésitation, déclarant avec décision :
– Nous viendrons, merci. Je serai content d’avoir du chocolat et quelque chose à manger.
Mais Mme Andell, tout en passant amicalement son bras autour des épaules de Sammy, s’adressa à Laurette :
– Ton père n’en sera pas mécontent, ma petite ?
– Il nous a recommandé de prendre garde à qui nous parlions, mais je suis sûre qu’il nous permettrait d’aller avec vous, répondit la fillette. Il ne peut pas être déjà rentré, mais peut-être que je ferais mieux de laisser un message sur notre table pour lui dire où nous sommes ?
– C’est une excellente idée. Entrez alors chez nous et je vous donnerai du papier et un crayon, dit Mme Andell, marchant en avant en tenant Sammy par la main.
Il ne fallut pas beaucoup de temps pour écrire le message et le porter dans la misérable chambre de la rue du Paradis, et ensuite la petite troupe s’assembla autour de la table dans la Villa des Roses, où les deux pauvres enfants partagèrent un repas copieux avec Marguerite et sa mère.

 

Chapitre 2. La route bénie

Sammy, qui savourait son chocolat en le buvant à petites gorgées, reposa sa tasse et se tourna vers Marguerite.
– Qui donc peut entrer dans cette cité d’or ? demanda-t-il.
Ce fut Mme Andell qui répondit en chantant à mi-voix :

« Le pécheur, de ses souillures
Dans le sang de Christ lavé,
Seul franchit tes portes pures :
Il est saint, il est sauvé ».

Le petit garçon fixa sur elle un regard sérieux et demanda avec ardeur :
– Est-ce que vous, vous y allez ?
– Oh oui ! j’en suis sûre, Sammy, répondit-elle, tandis qu’un éclair de joie illuminait son visage.
– Vraiment ! Mais alors Marguerite restera seule dehors, s’écria l’enfant avec étonnement, en tournant ses grands yeux vers la fillette silencieuse.
– Et nous espérions qu’elle nous prendrait avec elle, ajouta Laurette pensivement, mais elle ne peut pas, paraît-il.
Mme Andell, avec un étrange petit tremblement dans la voix, répliqua :
– Je pense qu’elle se mettra bientôt en route, et qu’elle ne manquera pas d’emmener quelqu’un avec elle. Ce n’est pas possible que ma petite Marguerite soit laissée dehors. Tiens, Sammy, prends encore une tartine. Et toi, Laurette, en veux-tu encore une ?
– Quel bon repas nous faisons ! dit le petit garçon en mordant à belles dents la tartine que Mme Andell lui avait offerte. Papa sera content, car il n’a pas beaucoup d’argent.
– Il en gagnera de nouveau quand nous retournerons sur les foires, dit Laurette d’un ton un peu réprobateur.
– Ne m’avez-vous pas dit que votre mère était à l’hôpital ? demanda Mme Andell.
– Oui, elle y est depuis des semaines et des semaines. Papa a reçu un message il y a quatre jours et il est parti pour Londres. Il a dit qu’il ne pourrait pas rentrer avant ce soir.
– Êtes-vous restés seuls à la rue du Paradis tout ce temps ? demanda Marguerite stupéfaite.
– Oui, papa pleurait presque en partant, et il nous a recommandé d’être prudents et de ne laisser entrer personne, et, quand nous sortirions, de ne parler à personne dans la rue, dit Laurette.
Puis elle ajouta rapidement :
– Mais il ne pensait pas à quelqu’un comme vous.
– Non, non, il serait d’accord pour cela, ajouta Sammy qui continuait à manger avec faim. J’aime mon papa, et il vous aimera aussi.
Puis il demanda à Marguerite :
– Où est ton papa ?
– Il va bientôt rentrer, répondit la petite fille.
À ce moment, on entendit sonner à la porte de la rue.
Mme Andell, qui alla ouvrir, ne fut pas étonnée de voir un homme à la figure pâle et triste dont la boutonnière portait un ruban noir indiquant la perte qu’il venait de subir.
– Bonsoir, Madame, dit-il en soulevant son chapeau. J’ai trouvé un mot de Laurette, me disant de venir ici dès que je serais de retour. Les enfants sont-ils là ? Mon nom est Thomas.
– Oui, ils sont là. Nous parlions justement de vous. Leur mère est…
Elle s’arrêta, ayant bien deviné ce qui s’était passé.
– Les enfants vous attendent. Entrez pour souper, voulez-vous ? Mon mari va revenir dans un instant et il n’aimerait pas que je vous laisse partir sans rien prendre.
Murmurant un remerciement, il franchit le seuil, et un instant plus tard Sammy était dans ses bras, tandis que Laurette s’appuyait à son épaule.
– As-tu ramené maman ? demanda Sammy en tournant la tête vers la porte.
– Non, Sammy. Elle est morte peu après mon arrivée à l’hôpital, balbutia le père.
Laurette poussa un cri :
– Ne la reverrons-nous jamais ? gémit-elle.
– Si, je l’espère. Elle m’a chargé de vous embrasser de sa part et de vous dire à tous les deux qu’elle partait auprès du Seigneur Jésus dans le ciel, et que nous en trouverions le chemin, comme elle.
La voix lui manqua, et Laurette, qui s’était penchée sur l’accoudoir de son fauteuil, appuya sa tête contre son épaule et éclata en pleurs.
Marguerite, les lèvres tremblantes, considérait le petit groupe.
Puis on entendit la porte de la rue s’ouvrir de nouveau, et, un moment après, M. Andell entra dans la pièce. Sa femme avait été à sa rencontre dans le couloir et, en quelques mots, l’avait mis au courant de ce qui s’était passé ; aussi s’avança-t-il doucement, la main tendue cordialement.
– Nous comprenons, dit-il d’une voix pleine de sympathie. Vous allez rester et vous mangerez quelque chose, n’est-ce pas ?
M. Thomas était trop ému pour pouvoir parler et dire qu’il était d’accord, mais son regard reconnaissant était suffisant. Mme Andell eut vite fait d’ajouter au repas un plat plus nourrissant, car elle se rendait compte que l’étranger était épuisé.
Quand il se fut restauré, il leur raconta brièvement la maladie de sa femme, et comment elle s’était endormie en paix, assurée que le Sauveur en qui elle se confiait serait aussi la force et le soutien de son mari et de ses enfants ; elle leur avait recommandé de Le rechercher sans tarder.
– Il y a un verset qu’elle avait appris de la dame qui la visitait ; et elle me l’a fait apprendre également pour que je puisse vous le répéter, mes enfants…
– Dis-le nous, papa ! supplia Sammy.
Le père poursuivit :
– C’est le Seigneur Jésus Lui-même qui l’a dit : « Moi, Je suis le chemin, et la vérité, et la vie ; personne ne vient au Père que par Moi ».
Il prononça ces paroles lentement et distinctement, et Sammy les commenta en disant :
– Maman a pris ce chemin, je voudrais bien le prendre aussi.
Le père serra ses bras plus fort autour de son petit garçon, puis il se leva en disant :
– Il nous faut partir. Merci pour votre grande bonté. Peut-être reviendrons-nous ici au moment de la foire, et dans ce cas nous ne manquerons pas de venir vous voir. Demain nous devons nous remettre en route.
M. Andell fixa un regard sérieux sur le pauvre homme fatigué et lui dit doucement :
– N’oubliez pas de trouver le Chemin dont votre chère épouse vous a parlé. Ce serait merveilleux si, lorsque vous vous mettrez en route demain, vos pieds se trouvaient également sur le chemin du ciel.
M. Thomas inclina la tête et, tendant la main à Sammy qui se sentait maintenant assez à l’aise pour ouvrir et fermer le couvercle d’un petit harmonium, il dit :
– Ce doit certainement être un bon chemin, mais il nous faut partir maintenant.
– S’il vous plaît, implora Sammy, ne voulez-vous pas nous jouer quelque chose sur l’harmonium ?
Mme Andell s’assit aussitôt devant l’instrument en disant :
– Seulement quelque chose de court, car votre papa désire que vous alliez vous coucher. Chantons le cantique que nous avons appris la semaine dernière, dit-elle en se tournant vers son mari.
Sur un signe de son père, Marguerite sortit d’un tiroir quelques feuillets sur lesquels était imprimé le cantique, et elle les distribua à la ronde.
Puis ils chantèrent :

Jésus a tout quitté pour venir sur la terre
Te chercher, te sauver, pauvre pécheur perdu.
Celui qui se chargea de toute ta misère,
Le connais-tu ? Le connais-tu ?

Jésus, le Fils de Dieu, est venu sur la terre,
Pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus ;
Il peut te libérer du poids de ta misère ;
Le connais-tu ? Le connais-tu ?

Accepte le pardon, le salut et la vie,
Qu’on trouve par la foi dans Son sang précieux ;
En vérité, Son sang est la route bénie
Suis-Le donc ici-bas sur la route bénie
Qui mène aux cieux ! Qui mène aux cieux !

Hymnes et Cantiques n° 260

– Encore, s’il vous plaît, demandèrent Laurette et Sammy d’une seule voix.
Ainsi le cantique fut répété encore deux fois.
– Aimeriez-vous garder vos feuilles ? demanda Mme Andell. Vous pourrez ainsi le chanter quand vous voudrez.
Cette proposition fut acceptée avec reconnaissance, puis les étrangers prirent congé de leurs hôtes.
– Bonne nuit, dit M. Thomas d’une voix émue. Merci pour votre bonté.
– Ne manquez pas de venir nous voir lorsque vous serez de nouveau dans la ville, lui recommanda Mme Andell.
– Vous trouverez un cordial accueil, ajouta son mari.
– Il y aura la foire annuelle à Pâques, dit Laurette. Je me demande si je serai sur « la route bénie qui mène aux cieux » la prochaine fois que je te verrai, Marguerite.
Sammy regarda sa sœur avec un étonnement réprobateur.
– Tu as dit que tu te dépêcherais d’être sauvée si cela devait te conduire au ciel, lui dit-il, et maintenant tu n’as plus l’air pressée. Quand nous serons tous sur cette route, et que Marguerite et toi vous serez seules en dehors, vous ne trouverez pas cela agréable !
Puis il leva les yeux vers M. Andell et demanda :
– Serons-nous bien reçus sur cette route, comme nous l’avons été ici ?
– Beaucoup mieux ! fut la réponse. Le Seigneur désire vous recevoir et Il prendra soin de vous avec tendresse jusqu’au bout. « Comme un Berger Il paîtra Son troupeau ; par Son bras Il rassemblera les agneaux et les portera dans Son sein ».
Sammy poussa un soupir de soulagement.
– Cela paraît merveilleux, dit-il.
– C’est encore bien plus merveilleux que cela ne paraît. Manquer ce chemin est la pire chose qui puisse arriver à quelqu’un. Ainsi, ne faites pas cela ! recommanda M. Andell comme les trois étrangers sortaient.

 

Chapitre 3. Pèlerins sur la route bénie

Marguerite se réveilla de bonne heure le lendemain matin, et sa première pensée fut pour Laurette et Sammy qui devaient se mettre en route ce jour-là avec leur père.
Elle se glissa hors de son lit pour regarder par la fenêtre si elle les apercevait. De la petite chambre qu’elle occupait au haut de la maison, on voyait toute la rue du Marché. Le soleil s’était levé et, comme il avait un peu plu pendant la nuit, le soleil faisait miroiter le sol humide qui resplendissait « comme les rues d’or de la sainte cité », pensa Marguerite. Cela lui rappela le cantique chanté la veille et elle se demanda si Laurette et Sammy s’étaient engagés sur « la route bénie qui mène aux cieux ».
Puis soudain elle les aperçut à quelque distance, éclairés par un rayon de soleil, comme ils se dépêchaient le long de la route brillante. Ils devaient avoir quitté la rue du Paradis avant qu’elle arrive à la fenêtre. Elle regretta de ne pas s’être levée une ou deux minutes plus tôt. Ils lui auraient fait signe de la main. À présent il lui faudrait attendre quelque temps avant de les revoir. Pâques était à un mois de là, et sans doute reviendraient-ils plusieurs jours avant. Le temps passerait vite.
Lorsque Marguerite descendit déjeuner, sa mère lui dit :
– Lis ce qui est écrit sur ce bout de papier, ma chérie. Ce sont vraiment de bonnes nouvelles.
Et elle lui tendit une demi-feuille de papier déchirée que Marguerite reconnut pour celle qu’elle avait donnée à Laurette pour écrire à son père. Elle était rose et provenait d’une boîte que Marguerite avait reçue de sa grand-mère.
Sur ce chiffon de papier, elle lut :

« Nous sommes tous sur la route bénie qui mène aux cieux, grâce à Dieu ».

William Thomas,
Laurette Thomas,
Sammy Thomas.

Marguerite le relut plusieurs fois. Ainsi Laurette avait fait ce qu’elle avait dit ! Elle s’était dépêchée de trouver le salut, quoique Sammy lui eût fait la veille au soir le reproche de n’être pas pressée. Marguerite se souvenait des paroles du petit garçon : « Quand nous serons tous sur cette route et que Marguerite et toi, vous serez seules en dehors, vous ne trouverez pas cela agréable ! » Le reproche s’adressait à Laurette et à elle-même, et maintenant elle n’avait même plus la compagnie de Laurette. Elle se sentait réellement solitaire !
– Je les ai vus de ma fenêtre s’en allant sur la route que le soleil faisait briller comme de l’or, dit-elle à sa mère. Cela m’a fait penser aux rues d’or de la sainte cité.
-Vraiment, ma chérie ? Eh bien, ils seront un jour dans cette sainte cité, car ils sont sur le bon chemin.

« Le pécheur, de ses souillures
Dans le sang de Christ lavé,
Seul franchit ses portes pures :
Il est saint, il est sauvé ».

Ils sont sauvés parce qu’ils ont mis leur confiance dans le Seigneur Jésus Christ qui est mort pour les sauver. Oh, Marguerite, comme je voudrais que toi aussi tu sois sur « la route bénie » !
Marguerite baissa les yeux et dit :
– Je ne suis pas assez bonne.
– Qui t’a dit cela, ma petite ? lui dit son père en prenant place à la table du déjeuner, et en lui faisait signe de s’asseoir à la sienne.
– Personne, je le pense moi-même, voilà tout, répondit la petite fille.
– Et comment peux-tu devenir assez bonne ? lui demanda doucement sa mère.
– Je ne sais pas, bégaya Marguerite.
– Personne ne peut s’améliorer soi-même, ma petite fille. Seul le Seigneur Jésus peut changer notre cœur.
M. Andell feuilletait rapidement sa Bible, inscrivant quelques références sur un morceau de papier.
– Tu chercheras ces passages dans ton Nouveau Testament, Marguerite et, quand tu les auras lus, ou copiés, tu verras quelle sorte de personnes le Seigneur est venu chercher pour les amener sur le chemin du ciel.
Il lui mit le papier dans la main, et sa mère ajouta :
– Voilà ce qui a le plus de valeur. C’est ce que dit la Parole de Dieu, non ce que nous pensons nous-mêmes.
Marguerite se dit que c’était bien là en effet ce qui valait le mieux, et elle prit la résolution de faire le plus vite possible ce que son père lui avait conseillé.
– Je le ferai à mon retour de l’école cet après-midi, dit-elle.
Se parents, sachant que ce serait le premier moment de libre dont elle disposerait, furent tranquillisés et prièrent tous deux dans leur cœur que le Seigneur l’attirât à Lui.
En revenant de l’école à midi, avec une de ses camarades, Marguerite lui raconta tout ce qui concernait les Thomas. Élisabeth Brun parut très intéressée.
– Je n’aime pas penser à mourir maintenant, dit-elle.
– Je ne te parlais pas de mourir, protesta Marguerite.
– Si, puisque tu me parles d’être prête pour le ciel. Je m’en occuperai lorsque je serai vieille et près de mourir.
Marguerite la regarda et dit solennellement :
– Tu n’en auras peut-être pas le temps. Le Seigneur Jésus peut venir d’un instant à l’autre pour chercher les Siens, et ceux qui ne Lui appartiennent pas seront laissés dehors.
Élisabeth regarda à son tour Marguerite.
– Ce n’est quand même pas dit dans la Bible ? demanda-t-elle tout étonnée.
– Si, bien sûr. Il est dit qu’Il descendra du ciel et que tous ceux qui Lui appartiennent seront enlevés à Sa rencontre en l’air ; « et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur », acheva Marguerite.
– Vraiment ! Comme c’est étrange ! S’en aller en l’air vers Lui comme cela ! Où est-ce que c’est dit ? J’aimerais bien le lire.
Marguerite connaissait bien sa Bible et n’eut pas de peine à se souvenir où se trouvait ce verset souvent lu.
– C’est dans la première épître aux Thessaloniciens, au chapitre 4, les derniers versets, dit-elle.
– Je me demande ce que tu ressentiras, dit Élisabeth. Tu seras un de ceux qui s’en iront, sûrement ?
– Non, pas s’Il venait maintenant, répondit Marguerite à voix basse. Je serais laissée en arrière.
Puis, comme elles étaient arrivées devant chez elle, elle dit au revoir à Élisabeth et se dépêcha d’entrer et de se préparer pour le repas.
Tout en s’essuyant les mains près de la fenêtre, elle jeta un regard anxieux vers le ciel. Comme ce serait terrible si elle n’était pas prête lorsque le Seigneur appellerait les Siens à Le rencontrer en l’air. Elle savait que, lorsque cela arriverait, ce serait très rapide – « en un instant, en un clin d’œil ». Aurait-elle le temps de s’accrocher à sa mère et à son père qui, eux, s’en iraient certainement ? Ou bien disparaîtraient-ils trop rapidement de sa vue ? Cela pouvait arriver pendant qu’elle était à l’école. Alors elle trouverait la maison vide en rentrant ! Cela pourrait se passer pendant la nuit, et le matin en descendant elle ne trouverait plus personne !
Cette après-midi là, Marguerite ne perdit pas son temps en rentrant de l’école. Elle était anxieuse de faire ce que son père lui avait conseillé, et bientôt elle était assise devant sa table avec un papier, un crayon et sa Bible devant elle.
Habituée à faire ses devoirs d’école avec soin et méthode, elle décida de copier les versets soigneusement. Elle écrivit sur son papier :

N° 1. « Le lendemain, Jean voit Jésus venant à lui, et il dit : Voilà l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1. 29).
N° 2. « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance » (Luc 5. 32).
N° 3. « Car Christ, alors que nous étions encore sans force, au temps convenable, est mort pour des impies » (Rom. 5. 6).
N° 4. « Mais Dieu constate son amour à Lui envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Rom. 5. 8).
N° 5. « Cette parole est certaine et digne de toute acceptation, que le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont moi je suis le premier » (1 Tim. 1. 15).

Lorsqu’elle eut terminé, elle écrivit sur une autre feuille :

N° 1. Le Seigneur Jésus est venu pour ôter le péché du monde.
N° 2. Il est venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs.
N° 3. Il est mort pour les impies.
N° 4. Lorsque nous étions encore pécheurs, Il est mort pour nous.
N° 5. Il est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont Paul disait qu’il était le premier. Paul savait qu’il était celui que Jésus était venu sauver.

Elle regarda les derniers mots qu’elle avait écrits, et se dit :
« Alors je suis celle qu’Il est venu sauver. C’est parce que je ne suis pas assez bonne pour le ciel qu’Il est mort pour me sauver. Il est venu sauver Marguerite, comme elle est. Je peux donc aussi marcher sur la route bénie, en me confiant simplement en Son sang ».
Et le Sauveur plein d’amour, dont les oreilles sont toujours ouvertes à nos cris (Ps. 34. 15), qui sait tout ce qu’il y a dans nos cœurs et qui est toujours prêt à nous recevoir, reçut Marguerite. Elle était sur « la route bénie ».
L’instant d’après, elle chantait avec joie le cantique qui parle de la cité d’or, puis le répéta avec une légère variante, en remplaçant les « il » par « je ».
C’était une bonne nouvelle à apporter à ses parents au repas du soir, et, lorsque son père lui dit : « Il y a de la joie au ciel à ton sujet, petite Marguerite », elle prit un peu conscience de ce que son salut signifiait pour son Sauveur. Il y avait Son côté à Lui à considérer, aussi bien que son côté à elle.

 

Chapitre 4. Pauvre Élisabeth

Les jours s’écoulèrent rapidement jusqu’au mercredi précédant Pâques, et ce jour-là les caravanes de forains commencèrent à arriver, descendant lentement la rue du Marché pour rejoindre la place de la foire, près du canal.
Marguerite ne pensait qu’aux Thomas et elle guettait les roulottes et les charrettes avec une grande excitation. Elle aurait voulu savoir dans quel genre de véhicule ils voyageaient, car cela aurait été alors plus facile de les arrêter. Peut-être, pensait-elle, ont-ils oublié que j’habite la rue du Marché, et ils ne me feront pas signe à leur passage.
Mais elle se trompait, et ils l’appelèrent en criant pendant qu’elle était occupée dans la maison.
– Marguerite ! Marguerite ! criait Sammy, voilà Laurette et Sammy qui viennent te voir !
Elle courut dehors et trouva M. Thomas et ses enfants arrêtés devant la caravane. Le père tenait les rênes du cheval qui tourna la tête vers Marguerite en s’ébrouant, ce qui la fit reculer précipitamment. Sammy se mit à rire.
– Il voudrait un morceau de sucre, dit-il. Il pense que tu lui en apportes.
– Je vais lui en chercher, répondit Marguerite.
Mais en cet instant, ses parents arrivèrent à leur tour, et Mme Andell apportait justement une tranche de pain avec quelques morceaux de sucre.
– Nous avons pensé que vous étiez arrivés, dit M. Andell. Marguerite vous a guettés toute la matinée.
Pendant que le cheval mangeait son pain et son sucre, Mme Andell demanda s’ils voulaient tous revenir souper, lorsqu’ils auraient fini de s’installer sur le champ de foire.
– Oh ! Oui, merci, nous viendrons, s’écria Sammy avec joie avant que son père ait eu le temps de répondre. Aurons-nous du chocolat comme la dernière fois ?
– Oui, si vous voulez, dit Mme Andell en souriant.
– Et dépêchez-vous de revenir, dit Marguerite. Nous aurons beaucoup de choses à nous raconter.
– Nous ferons vite, dit Laurette. Marguerite, es-tu sur le chemin du ciel ?
– Oui, maintenant j’y suis, répondit Marguerite.
Puis elle ajouta :
– « Je sais Qui j’ai cru, et je suis persuadé qu’Il a la puissance de garder ce que je Lui ai confié, jusqu’à ce jour-là ». C’est le verset qui est sur notre calendrier aujourd’hui.
– Et c’est un beau verset, bien encourageant, dit M. Thomas. Merci, Marguerite.
Puis il donna une secousse aux rênes, et ils se mirent en route.
M. et Mme Andell rentrèrent dans la maison, mais Marguerite s’attarda un moment au bord du trottoir, regardant la caravane s’éloigner sur la route ensoleillée. La rue du Marché était tracée d’est en ouest et, par les beaux jours, le soleil l’éclairait du matin au soir. Marguerite songeait à cette matinée où elle avait vu partir les Thomas, avec le soleil levant brillant devant eux, et maintenant ils s’en allaient vers le soleil couchant. « Et nous allons tous vers la cité d’or », se disait la petite fille.
– Alors ce sont là les Thomas ? dit une voix à côté de Marguerite.
C’était Élisabeth Brun.
– Je suis restée là depuis qu’ils t’ont appelée, et je t’ai entendu réciter ton verset.
– Vraiment ? Alors je suis contente de l’avoir appris, dit Marguerite.
– Cela m’a fait désirer de connaître aussi Quelqu’un dont je puisse être sûre. Mon papa est parti je ne sais où, comme il le fait souvent pour bien des jours, et maman et moi sommes venues vivre à la rue du Paradis.
– Oh ! Est-ce vous qui avez déménagé lundi dernier ? demanda Marguerite, se souvenant d’avoir remarqué un pauvre mobilier transporté sur une vieille charrette.
– Oui, nous changeons souvent de domicile. Je me souviens du temps où nous avions une jolie maison. Maintenant nous n’avons qu’un misérable appartement, et maman doit aller travailler au dehors. Elle ne le faisait pas autrefois.
Mme Andell arriva sur le seuil de la porte juste à temps pour entendre la triste remarque de la pauvre Élisabeth.
– Qui est cette petite fille, Marguerite ? demanda-t-elle pleine de sympathie pour l’enfant qui avait une si triste vie.
– C’est Élisabeth Brun, maman, elle va à la même école que moi. Nous rentrons quelquefois ensemble. Elle habite maintenant à la rue du Paradis.
– Ce n’est pas un très joli endroit, je le crains. Mais tu as ta mère, ma petite ? Les enfants qui étaient là tout à l’heure ont perdu la leur.
– Oh ! Les pauvres ! s’exclama Élisabeth. Je n’aimerais pas perdre la mienne. Si c’était papa, cela ne me ferait rien.
– Oh ! Tais-toi ! Comment peux-tu dire une chose pareille ! s’écria Mme Andell en attirant la fillette près d’elle. Je n’aime pas t’entendre parler ainsi, et ta mère ne l’aimerait pas non plus.
Élisabeth éclata soudain en pleurs et répondit d’une voix entrecoupée :
– Non, maman n’aimerait pas m’entendre ; mais c’est qu’il ne s’occupe pas de nous. Il est parti je ne sais où…
– Il est allé chercher du travail, et il va peut-être revenir vous dire qu’il en a trouvé, dit Mme Andell d’une voix encourageante en serrant la pauvre enfant contre elle.
– Non, depuis qu’il a perdu sa place, au lieu de chercher du travail, il s’est mis à chanter dans les rues. Il a une belle voix, et il sait beaucoup de chansons de toutes sortes, mais quelquefois il chante aussi des cantiques que sa mère lui avait appris autrefois.
– Oh ! Est-ce que c’est l’homme qui chantait dans cette rue ? s’informa Marguerite avec ardeur. Un homme avec un vieux chapeau de paille et un manteau brun ?
Élisabeth secoua la tête affirmativement.
– Oui, c’est lui, dit-elle. Il nous a amenées dans ce nouveau logement, maman et moi, en nous disant que cela nous porterait chance d’habiter dans la rue du Paradis ; et après cela il est parti, et nous n’avons plus entendu parler de lui.
– Il reviendra, dit Mme Andell. Vois-tu, Élisabeth, le cantique qu’il a chanté une fois dans cette rue a été le commencement de beaucoup de bonheur pour plusieurs personnes. Nous te raconterons cela un jour. Maintenant, je voudrais savoir quel genre de travail fait ta mère…
– Elle fait n’importe quoi, mais ce qu’elle préfère, c’est la couture, parce qu’elle peut le faire à la maison.
– C’est justement ce qu’il me faut. A-t-elle beaucoup de travail en ce moment ?
– Non. Elle met seulement en ordre notre nouveau logement, mais cela va être fini, dit Élisabeth en essuyant ses larmes et en s’efforçant de sourire. Si vous avez un travail de couture à lui donner, elle sera très contente !
– Eh bien, je lui serai très reconnaissante si elle peut travailler pour moi, répondit gaîment Mme Andell. Demande-lui de venir chez moi demain matin vers dix heures, n’est-ce pas ?
– Merci. Je ne pourrais pas lui apporter de meilleures nouvelles. Maintenant je vais vite aller acheter des petits pâtés. J’ai couru après le chapeau d’une dame tout à l’heure. Le vent l’avait emporté, et la dame était trop vieille pour courir après. Quand je le lui ai rendu, elle m’a donné cette pièce, et je veux apporter des petits pâtés comme surprise à maman pour le souper, dit Élisabeth joyeusement.
– Voici une autre pièce pour t’acheter quelque chose à manger avec tes pâtés, dit Mme Andell. Marguerite, tu peux accompagner Élisabeth, et tu me rapporteras aussi trois petits pâtés pour le souper de nos amis ce soir.
Les deux fillettes s’éloignèrent joyeusement dans la direction des magasins brillamment éclairés.

 

Chapitre 5

– Que ta maman est bonne, Marguerite, dit Élisabeth. Pense donc à tout ce qu’elle a fait en moins de cinq minutes. Voilà du travail pour maman, et cette pièce d’un franc pour moi. J’ai peur de lui avoir fait de la peine en parlant de papa comme je l’ai fait. Mais aussi, elle ne le connaît pas. De toute façon, je ne le ferai plus. Il semble qu’il avait raison en prédisant que la chance nous viendrait lorsque nous habiterions la rue du Paradis.
– Je ne pense pas que ce soit de la chance, dit Marguerite avec un peu d’hésitation.
On ne me permet pas d’utiliser ce mot.
– Pourquoi ? Qu’est-ce que c’est alors, si ce n’est pas de la chance ?
– Eh bien, je pense que c’est Dieu qui t’envoie ces bonnes choses, dit Marguerite pensivement. Ne le crois-tu pas ?
– Oui, répondit Élisabeth après un instant de réflexion. Ce doit être Lui, et j’aime à le croire. Et, tu sais, tu as changé depuis la dernière fois que je t’avais vue, il y a trois semaines environ. J’ai passé quinze jours au lit, c’est pour cela que je ne suis pas allée à l’école et que je ne t’ai pas vue. Si le Seigneur venait maintenant, tu partirais, je suppose ?
– Oui, répondit joyeusement Marguerite. Je Lui appartiens maintenant. « Mes brebis écoutent Ma voix, et Moi Je les connais, et elles Me suivent, et Moi, Je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de Ma main » (Jean 10. 27 et 28).
– C’est un beau verset. Oh ! Que je voudrais être sauvée ! soupira la pauvre Élisabeth, comme elles entraient dans le magasin.
– S’Il a pu me sauver, Il peut aussi te sauver. Et Il le fera, répondit Marguerite d’une voix encourageante.
La famille Thomas arriva à l’heure fixée, et ce fut une heureuse compagnie qui se trouva réunie dans la maison de M. Andell.
Sammy, naturellement, avait beaucoup de choses à raconter. L’une de ses remarques éveilla l’intérêt général.
– Nous avons vu l’homme du Paradis, dit-il tout en savourant à petites gorgées sa tasse de chocolat.
– L’homme que nous avions vu dans la rue ? s’informa vivement Marguerite.
– Oui. Il chantait encore la même chose. Mais cette fois, je ne m’en suis pas inquiété parce que je sais que j’y serai – au ciel, je veux dire – un jour.
Mme Andell se tourna vers M. Thomas et demanda :
– Pouvez-vous me dire où vous l’avez vu ? Sa femme et sa petite fille vivent près d’ici, et elles n’ont aucunes nouvelles de lui.
– C’était à Cornaux, mais il s’est échappé avant que j’aie pu lui parler. Laurette m’a dit qui il était, et Sammy a couru vers lui et lui a dit quelques mots, mais avant que j’aie pu l’atteindre, il s’était enfui. Raconte ce que tu lui as dit, Sammy.
Sammy ne demandait pas mieux que de le faire.
– Je lui ai demandé s’il allait vers ce séjour heureux des rachetés, et il a ri, ce qui ne m’a pas plu. Alors je lui ai dit que nous l’avions entendu chanter ce cantique dans la rue du Marché, près de là où nous habitions à la rue du Paradis. Alors il m’a regardé d’un air fâché et il s’est mis à courir, à courir, jusqu’à ce qu’il ait été hors de vue.
– Il désire probablement que personne ne sache où il est, observa M. Andell.
– Eh bien ! Dieu le sait, et Il peut le ramener, dit Mme Andell. Il nous faut tous prier pour M. Brun. Il a été l’instrument de Dieu pour sauver plusieurs d’entre nous.
– Je prierai pour lui, dit Laurette. Je me souviendrai toujours de cette soirée où il chantait un cantique sur le séjour heureux des rachetés. C’est depuis ce moment que tout a été changé pour nous.
Avant de se séparer ce soir-là, nos amis adressèrent à Dieu de ferventes prières pour le vagabond, et pour sa femme et sa petite fille.
Le matin suivant Mme Brun vint voir la mère de Marguerite.
– Je ne peux pas vous dire à quel point je suis reconnaissante de votre offre de me donner du travail, dit-elle, mais il faut d’abord que j’aie une chambre aménagée pour cela. Nous avons un grenier avec une lucarne, que je pourrais arranger pour ma couture, mais il faudrait y faire quelques petites réparations.
– Eh bien, que diriez-vous de commencer par travailler chez moi ? Cela vous aiderait à payer vos réparations, et vous donnerait le temps de les faire, suggéra Mme Andell.
Le visage fatigué de Mme Brun s’éclaira en entendant cette proposition.
– Ce serait magnifique, dit-elle.
Avant que Mme Andell pût ajouter un mot, on entendit frapper fortement à la porte et, lorsqu’elle l’ouvrit, elle trouva Sammy qui, ne pouvant atteindre la sonnette, se servait de ses deux poings pour frapper à coups redoublés, non sans succès.
– S’il vous plaît, Madame, papa et Laurette vont venir. Il nous emmène promener. Où est Marguerite ?
– Elle est allée faire une commission. Entre et attends une minute, dit Mme Andell en souriant à l’enfant. Voici Mme Brun, ajouta-t-elle, se demandant ce qui allait se passer ensuite.
– Nous avons vu M. Brun à Cornaux, dit Sammy en s’adressant à Mme Brun.
– Vraiment ? répondit-elle.
– Oui, et il s’est enfui quand je lui ai dit que nous l’avions entendu chanter ici et que nous vivions à la rue du Paradis. Oh ! Voilà papa. Il vous le racontera aussi.
– Oui, Madame, dit M. Thomas en lui donnant une poignée de main. Il faut croire que nous l’avons effrayé, mais il vous reviendra une fois ou l’autre. Je lui dois quelque chose, vous savez, pour avoir chanté ce cantique. Peut-être pourrais-je vous être utile ?
Ils racontèrent alors à la pauvre femme tout ce qui avait découlé pour eux du chant de ce cantique, Laurette ajoutant aussi son mot à ce récit, ainsi que Marguerite qui revenait au même moment. Mme Brun, tout émue, retenait ses larmes avec peine. Heureusement elles furent interrompues.
– Maman, pourquoi restes-tu si longtemps ? J’ai fini de laver la fenêtre.
C’était Élisabeth.
Mme Andell l’accueillit amicalement et Élisabeth entra, un peu intimidée en trouvant réuni autant de monde, alors qu’elle pensait que sa mère serait seule avec Mme Andell.
– Ainsi vous êtes la petite Élisabeth de Mme Brun ? dit M. Thomas. Nous avons pensé que nous devrions aider votre mère, puisque votre père est absent. Nous devons quelque chose à « l’homme du Paradis », comme l’appelle Sammy. Voyons, Mme Brun, en quoi pouvons-nous vous aider ?
Mme Brun ne savait pas trop que répondre, mais Mme Andell intervint :
– Si son petit grenier était propre, elle pourrait l’utiliser pour sa couture. J’ai quelques rouleaux de papier avec lesquels on pourrait recouvrir les murs, et un pot de peinture blanche.
– Eh bien, moi, j’ai du temps, des mains pas trop maladroites et de la bonne volonté. Voulez-vous nous laisser faire, Mme Brun ?
– Je ne peux pas vous dire à quel point cela me serait utile, répondit Mme Brun, les lèvres tremblantes d’émotion.
– Merci. Nous aurons terminé ce soir, j’espère, car j’engage tous les enfants comme ouvriers.
Jamais une chambre ne fut plus vite remise en état que le grenier du n° 2 de la rue du Paradis. Mme Brun, Marguerite et Élisabeth coupaient le papier à la longueur voulue. Laurette et Sammy, enveloppés dans de grands tabliers appartenant à Marguerite, arrachaient l’ancien papier sous la direction de leur père ; bref, chacun travaillait avec entrain.
– J’ai repeint le plafond moi-même il y a deux mois, dit M. Thomas. Il n’y a pas besoin de le blanchir.
– Tu ne savais pas alors que ce serait aussi utile à Mme Brun, dit Laurette. Nous n’aurions pas terminé ce soir s’il avait fallu peindre encore le plafond.
– Quel bel atelier vous aurez ! dit joyeusement Marguerite. Je suis sûre que cela vous amènera beaucoup de clientes.
– Et tout cela grâce à « l’homme du Paradis », ajouta Sammy. Je l’aime beaucoup, vous savez. Il nous a chanté le séjour heureux des rachetés, quand Laurette et moi avions froid et que nous nous sentions tristes.
– Et alors nous avons parlé à Marguerite et elle nous a chanté « la cité d’or » et expliqué que c’est le ciel ; et depuis ce moment, nous sommes tous sur la route bénie qui mène aux cieux.
Marguerite jeta un coup d’œil vers Élisabeth et remarqua son visage sombre. Était-ce parce qu’on parlait de son père, ou parce qu’elle n’était pas sur la route bénie du ciel ? Une prière fervente monta de son cœur en faveur d’Élisabeth et de sa mère. Si ces deux-là étaient sauvées, et que « l’homme du Paradis » était aussi gagné au Seigneur, alors il y aurait trois familles appartenant au Seigneur Jésus.
« Quelle heureuse bande de pèlerins nous ferions ! » se dit-elle.

 Chapitre 6. Un pique-nique

 À la tombée de la nuit, tout le travail était terminé ; même les quelques meubles nécessaires à Mme Brun pour son métier de couturière étaient à leur place : une table, deux chaises, une petite commode, un grand miroir et la machine à coudre. Plus tard on pourrait ajouter une armoire.
– Eh bien, hier soir encore je ne me serais jamais imaginée une chose pareille ! s’exclama Mme Brun, tandis qu’elle examinait le joli grenier, en compagnie des trois Andell et des trois Thomas.
– C’est splendide ! s’écria le père de Marguerite. Je saurai où m’adresser lorsqu’il me faudra un homme capable d’exécuter un travail rapide.
M. Thomas se mit à rire.
– N’oubliez pas que j’avais cinq ouvriers, dit-il.
Avant de se séparer, la petite troupe organisa un pique-nique pour le lundi de Pâques. M. Thomas devait naturellement être à son poste à la foire, mais tous les autres se rendraient à la campagne et chercheraient un joli coin ombragé où ils pourraient allumer un feu. Mme Andell avait en vue une carrière abandonnée depuis très longtemps, et couverte maintenant de buissons et de frênes, et où un petit ruisseau leur fournirait l’eau dont ils auraient besoin.
– Nous irons de bonne heure, dit Mme Andell, car nous ne serons peut-être pas les seuls à avoir projeté un pique-nique à cet endroit.
Lorsque le lundi arriva, c’était une journée d’avril splendide : ciel bleu, légers nuages blancs, petites bouffées de vent, soleil brillant. Quand Laurette et Sammy arrivèrent chez Marguerite, ils trouvèrent une grande voiture devant la porte. Élisabeth était déjà dedans et les accueillit, le visage rayonnant.
– Nous allons en auto à la carrière, leur dit Marguerite. M. Gildas, le propriétaire du garage, a dit à papa qu’il envoyait cette voiture à une grande maison près de la carrière et que, s’il voulait, nous pourrions en profiter pour y aller et en revenir. Il sait que nous allons presque toujours pique-niquer là-bas les jours de fête.
– Je pensais que nous devrions marcher, dit Sammy, et je ne savais pas si mes jambes me porteraient aussi loin. Mais ainsi nous y serons vite et sans fatigue.
La petite troupe trouva place sans peine dans la vaste voiture et parvint très rapidement à sa destination.
On choisit une jolie place pour s’installer. Sammy regarda M. Andell construire un foyer de pierres et fit observer qu’il s’y prenait presque aussi bien que son papa.
– Nous sommes souvent obligés de camper quand nous allons d’une foire à l’autre, dit Laurette.
– Alors, ma chère petite, remarqua Mme Andell, ceci ne constitue pas un changement pour Sammy et pour toi. J’espère que vous aurez du plaisir quand même.
Laurette sourit.
– Tout est mieux aujourd’hui, dit-elle. Habituellement nous ne campons pas avec de bons amis, et nous ne nous amusons pas toute la journée.
– Aujourd’hui nous pouvons nous promener où nous voulons, ajouta Sammy, et cueillir des fleurs, et explorer.
– Je vous conseille d’attendre le moment du départ pour cueillir des fleurs, suggéra Mme Andell. Ainsi elles seront plus fraîches.
– Et vous pouvez explorer les environs, ajouta M. Andell, mais n’allez pas trop loin.
– Pouvons-nous grimper là-haut ? demanda Élisabeth en montrant le sommet de la carrière.
– Oui, et vous pourrez jeter un coup d’œil sur la grande maison qui est là-haut. C’est une belle maison.
Marguerite surprit un clignement dans les yeux de son père comme il accordait cette permission, mais d’un regard il lui fit comprendre de ne pas poser de questions. Elle eut très envie de voir la maison. Quand les yeux de son père brillaient de cette manière, on pouvait être sûr qu’il y avait quelque surprise en vue.
Les quatre enfants se mirent en route après avoir reçu de nombreuses recommandations des parents. Ils découvrirent un sentier qui montait en serpentant vers le haut de la falaise, et se mirent à grimper lentement et régulièrement vers leur but, mais le chemin était bordé d’une haie de noisetiers si épaisse qu’il n’était pas facile de se rendre compte si on suivait ou non le bord de la carrière.
– Nous ferions mieux de quitter le sentier et de passer entre les arbres, dit Laurette.
Sammy s’élança dans la direction désirée, et Marguerite, se sentant responsable de la sûreté de la petite troupe, le suivit aussitôt. Avant qu’elle l’eût atteint, Sammy s’arrêta brusquement.
– Il y a une barrière, grommela-t-il.
Oui, il y avait une haute et solide barrière de fer, impossible à escalader, et même le petit corps maigre de Sammy n’aurait pas pu se faufiler entre les barreaux.
– Je voulais me tenir au bord et leur faire signe quand nous serions arrivés en haut, murmura Sammy.
– Papa ne nous aurait pas laissés venir s’il n’y avait pas eu de barrière, dit Marguerite, mais je pense que nous pourrons les voir depuis le sommet malgré les barreaux. Continuons à monter.
Encouragés par ces paroles, ils se remirent à grimper et arrivèrent à un endroit découvert où l’on avait placé un banc à l’usage des promeneurs, en face d’une très belle vue. La barrière, il est vrai, était bien là, mais en se tenant juste derrière elle, les enfants pouvaient voir le sol de la carrière – non pas leur campement qui était trop en arrière – mais Marguerite vit son père s’avancer à l’endroit d’où l’on pouvait les voir. Il fut suivi de Mme Andell et de Mme Brun qui firent des signes aux enfants, et ceux-ci répondirent en agitant leurs mouchoirs.
– Je me demande s’ils nous entendraient chanter notre cantique, dit Marguerite. Essayons.
Ainsi, le petit chœur d’enfants chanta à pleine voix « Cité d’or, ô ville sainte », puis s’arrêta pour écouter s’il venait une réponse de la carrière. À sa grande joie, Marguerite entendit ses parents chanter la dernière strophe « Gloire à Celui qui nous aime ! » Le son ne parvenait que très faiblement à leurs oreilles ; néanmoins ils pouvaient reconnaître les paroles.
– Maintenant, allons voir la maison dont papa a parlé, suggéra Marguerite.
Qu’est-ce donc qui faisait briller les yeux de son père ? Sûrement il savait quelque chose au sujet de cette maison.
Ils traversèrent le pré qui les séparait de la barrière entourant le jardin et jetèrent un coup d’œil à travers les fentes de la palissade.
– Je vois des primevères rouges, dit Sammy.
– On les appelle polyanthus, lui dit Élisabeth. J’en ai eu une fois dans mon petit jardin.
Suivant la barrière, ils arrivèrent à une grande route sur laquelle ouvrait la porte du jardin. C’était une large porte à deux battants, peints en blanc, qui, pour l’instant, étaient fermés. Sur le portail, en lettres brillantes comme de l’or, étaient écrits ces mots : Villa Paradis.

 

Chapitre 7. Villa Paradis

– Villa Paradis ! s’exclamèrent ensemble Marguerite, Laurette et Élisabeth.
– Est-ce que c’est cela qui est écrit en lettres d’or ? demanda Sammy.
– Oui, mais ce n’est pas en vrai or, tu comprends, lui dit Laurette, ajoutant, lorsqu’elle vit sa déception : mais je pense que c’est pour nous faire penser à l’or. Éloignons-nous un peu, nous verrons mieux.
Ils reculèrent de quelques pas, et alors, à la grande joie de Sammy, les lettres dorées brillèrent au soleil.
– Je me demande si nous pourrions entrer, dit le petit garçon lorsqu’ils se furent de nouveau approchés de la porte pour regarder à travers les barreaux. Il y a une quantité de fleurs jaunes comme de l’or, et des primevères rouges, et je voudrais courir sur ces pelouses.
Marguerite secoua la tête.
– Nous ne devons pas entrer sans permission, Sammy, dit-elle doucement.
– C’est dommage, dit le petit garçon. J’aurais aimé entrer, parce que je me demande si cela ne pourrait pas être le chemin du ciel. C’est si beau dedans, et l’entrée ressemble à ce qui est dit : des portes de perles.
– Oui, c’est beau, approuva Élisabeth. Mais nous pouvons au moins regarder sans que ce soit mal. Voilà la maison là-bas, je la vois entre les buissons.
– Eh bien, les enfants, que faites-vous là ? demanda une voix derrière eux.
Se retournant avec un sursaut de surprise, les enfants virent un homme de grande taille, vêtu d’un costume gris et portant une fleur rose à la boutonnière. Il avait sans doute suivi le bord herbeux de la route, car ils ne l’avaient pas entendu venir.
– Nous regardons cette porte et le jardin, répondit Marguerite.
– Et je voudrais entrer par cette porte, parce que cela pourrait peut-être conduire au ciel. Est-ce à vous ? demanda Sammy.
– Oui, c’est à moi, et pour moi, c’est le ciel. Voilà pourquoi je l’ai appelé le Paradis. Vous pouvez entrer si vous voulez. Je vous ai entendu parler depuis le jardin et je suis sorti par une petite porte de côté pour arriver derrière vous. Poussez le battant et entrez.
Ils obéirent avec joie, et le monsieur les conduisit le long de belles pelouses où poussaient en abondance des jonquilles et des crocus jaunes comme l’or.
Ils arrivèrent ainsi à une petite place ensoleillée où se trouvaient une table et des fauteuils de jonc. Assise sur l’un d’eux, une dame lisait, et leva la tête au bruit des pas.
– Ces enfants désiraient voir de près notre Paradis, dit le monsieur, aussi je les ai amenés. Ils étaient en contemplation devant la porte.
– Tu as bien fait, dit la dame en souriant. Je suis sûre qu’ils se conduiront bien, sans marcher sur les plates-bandes ni arracher les fleurs. Est-ce que vous habitez près d’ici, mes enfants ?
– Non, répondit Sammy. Mais nous vivions dans un endroit qui s’appelle la rue du Paradis et qui ne ressemble pas du tout à cela, pas du tout ! Élisabeth y habite maintenant.
– Racontez-moi tout cela, dit la dame avec un sourire engageant.
Ainsi, à eux trois, ils lui décrivirent la rue du Paradis, et les fillettes racontèrent comment elles avaient aidé à tapisser la chambre.
Le monsieur écoutait, l’air amusé.
– Comment vous appelez-vous ? demanda-t-il. Mettez-vous en ligne et je vous questionnerai à tour de rôle. Vous pourrez ajouter quelques mots chacun pour m’expliquer qui vous êtes.
Les enfants s’alignèrent en riant, par ordre de grandeur.
– Comment t’appelles-tu ? demanda-t-il en commençant par Sammy.
– Sammy Thomas. Mon papa est sur le champ de foire. Maman est partie au ciel.
Le monsieur resta un moment pensif, puis, désignant soudain Élisabeth, lui demanda son nom.
– Élisabeth Brun. Maman est en bas, dans la carrière. Papa est parti depuis quelque temps.
– Ah ! Et c’est toi qui habites la rue du Paradis ? Maintenant à ton tour, ajouta-t-il en indiquant Laurette.
– Je m’appelle Laurette Thomas. Papa, Sammy et moi nous voyageons d’une foire à l’autre pendant l’été.
– À toi à présent, dit-il à Marguerite.
– Marguerite Andell. Nous habitons rue du Marché, tout près de la rue du Paradis. Papa et maman sont en bas dans la carrière. Nous faisons un pique-nique.
– Eh bien, Marguerite, je connais ton père. Il travaille pour moi depuis bien des années.
– Oh ! Alors c’est pour cela que les yeux de papa brillaient lorsqu’il nous a dit d’aller regarder cette maison. Il savait qu’elle se nomme le Paradis, dit Marguerite. Êtes-vous celui qu’il appelle son patron ?
– Oui, je suppose.
– Il dit qu’il ne pourrait pas désirer un meilleur patron, et pourtant il soupire toujours lorsqu’il parle de vous, dit Marguerite d’un air pensif.
Le monsieur se mit à rire.
– Vraiment ? Il soupire ? Pauvre ami ! C’est parce qu’il se fait du souci pour mon âme, dit-il.
– Est-ce que vous n’êtes pas sur le chemin du ciel ? demanda Marguerite, consternée.
– Eh bien, ne suis-je pas au Paradis ? répliqua-t-il en riant.
– Oh, Francis ! Ne plaisante pas avec ces petits. Ils parlent sérieusement, dit la dame d’une voix émue. Mes chers enfants, il n’est pas sur ce chemin, et il le sait. Moi, j’y suis.
– Alors, si le Seigneur Jésus venait, comme tu me l’as dit, Marguerite, dit Élisabeth, il ne resterait que le patron de ton papa et moi qui serions laissés sur ce gazon ?
– Allons, allons, intervint vivement le monsieur, c’est simplement impossible. Vous prétendez que vous serez tous enlevés, qu’un moment vous seriez là, et que l’instant d’après vous n’y seriez plus !
– C’est exactement ainsi que cela arrivera, monsieur, dit une voix derrière lui.
Il se retourna brusquement.
– Andell ! s’écria-t-il. Nous étions tellement occupés à discuter que nous ne vous avons pas entendu venir.
Et il lui tendit amicalement la main.
– Nous commencions à être un peu anxieux au sujet des enfants ; aussi ai-je pris le raccourci à travers le bois pour venir voir s’il ne leur était rien arrivé de fâcheux. Je ne m’attendais certainement pas à les trouver ici avec vous, puisque vous m’aviez dit que vous seriez à Beaufort aujourd’hui. Comme ils montaient au haut de la carrière, j’ai voulu qu’ils voient votre portail et le nom de votre maison, pensant que tout serait fermé, naturellement. Et voilà que je les trouve à l’intérieur du jardin. Ils ont été sages, j’espère ?
Et le regard interrogatif de M. Andell allait du mari à sa femme.
– Oh, très sages, répondit le monsieur. Nous les avons entendus chanter et, pendant qu’ils faisaient des commentaires sur mon portail, j’ai fait un contour et les ai surpris en arrivant derrière eux ; puis je les ai introduits ici. À présent, je crains qu’ils ne soient scandalisés parce que je ne suis pas sur le chemin du ciel. Comme vous l’avez entendu, ils me racontaient cette histoire fantastique selon laquelle ma femme et eux tous, excepté Élisabeth, disparaîtraient subitement si le Seigneur Jésus venait. C’est invraisemblable !
– Mais cela arrivera, monsieur. Je ne pense pas que les incrédules entendront ou verront quoi que ce soit du Seigneur à ce moment-là. Ils s’apercevront seulement de ce qui est arrivé par la soudaine disparition de ceux qui appartiennent au Seigneur. Eux, les Siens, seront enlevés vers Lui, et cela se passera en « un instant, en un clin d’œil ».
– Mais votre Bible ne dit-elle pas : « Tout œil Le verra ? » Que répondez-vous à cela ?
– Cela, c’est lorsqu’Il apparaîtra pour régner sur la terre. « Ses pieds se tiendront, en ce jour-là, sur la montagne des Oliviers ». Tous les croyants auront été enlevés à Sa rencontre, en l’air, quelques années auparavant. Nous viendrons avec Lui à ce moment-là.
M. Gervais mit ses mains dans ses poches et considéra fixement les six personnes qui l’observaient avec tant d’intérêt, puis il dit :
– Eh bien, Andell, comme je vous l’ai dit souvent, personne ne peut porter d’accusation contre moi pour aucun de mes actes. Certainement c’est là un passeport pour le ciel ?
– Non, monsieur. Le seul passeport pour le ciel est le sang de Christ. Aussi longtemps que vous ne vous abriterez pas sous ce sang, vous serez en danger de subir la seconde mort.
Il y eut un moment de silence, pendant lequel M. Gervais tint les yeux baissés. Alors Marguerite dit timidement :
– S’il vous plaît, monsieur, ce qui m’arrêtait d’accepter le salut, c’était la pensée que je n’étais pas assez bonne. Et vous, vous pensez que vous êtes trop bon. Vous devez être un de ceux dont parlait le prédicateur que j’ai entendu dimanche soir. Il disait : « Si vous n’êtes pas un pécheur, le Seigneur Jésus n’est pas venu pour vous sauver ». Cela m’a fait chercher autour de moi si je voyais quelqu’un qu’Il n’était pas venu sauver. Alors le prédicateur a dit : « La Parole de Dieu dit que tous ont péché ; si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous ». Dieu doit avoir raison, n’est-ce pas ?
M. Gervais posa amicalement sa main sur l’épaule de Marguerite.
– Si l’on pouvait descendre à ce niveau, dit-il, ce serait la fin de toute difficulté.
– Ne pourriez-vous pas y descendre ? demanda Marguerite.
– J’essaierai, répondit-il doucement.

 

Chapitre 8. L’homme du Paradis réapparaît

Dès que ses visiteurs furent retournés à la carrière, M. Francis Gervais entra dans sa maison pour chercher un livre dans sa bibliothèque. Parcourant d’un regard exercé les rayons bien garnis, il découvrit bientôt le volume qu’il désirait et le feuilleta pour trouver la page qu’il cherchait.
Alors il lut : « Si le Paradis existait réellement sur la surface de ce monde, n’y aurait-il pas plus d’un homme, parmi ceux qui mettent tant d’ardeur à apprendre et à sonder toutes choses, qui ne se laisserait pas détourner jusqu’à ce qu’il l’ait atteint ? Lorsque nous voyons des hommes qui vont jusqu’aux extrémités de la terre dans la poursuite d’un profit matériel et qui ne se laissent détourner par rien de leur but, comment pouvons-nous croire qu’ils se laisseraient arrêter avant d’avoir vu le Paradis ? » Plus loin il lut : « où personne ne peut entrer sans la permission de Dieu ».
Il resta un moment les yeux fixés sur ces derniers mots. Il pensait à toutes ces années qu’il avait passées à travailler pour s’enrichir, et comment il s’était fait un paradis terrestre pour lui-même. Cela lui avait paru un but désirable, mais quelque chose pouvait-il compenser la perte du Paradis de Dieu, où, il le savait bien, personne ne pouvait entrer sans la permission de Dieu ?
Pourtant, s’il voulait le suivre, le chemin de cette demeure de la félicité éternelle lui était ouvert. La permission de Dieu était donnée par le sang de Jésus. Son paradis terrestre tomberait un jour en d’autres mains. Un jour, lui-même devrait passer par la mort, et alors ?
« Oh, quelle folie de ne pas accepter une offre aussi merveilleuse ! Je le ferai, je dois le faire ».
Il tomba sur ses genoux. Un quart d’heure après, sa femme le trouva ainsi – heureux, sauvé et délivré.

Les semaines avaient passé. Le mois de mai était venu, et l’air était embaumé du parfum des fleurs. Pour nos amis, ces semaines avaient été remplies d’heureux évènements. M. Francis Gervais avait acheté la ruelle du Paradis et une parcelle de terrain à côté, qui avait été transformée en jardins pour les habitants de la ruelle, dont toutes les maisons avaient été réparées. Les Thomas étaient installés dans l’une d’elles, car M. Thomas avait renoncé à sa vie errante, M. Gervais lui ayant procuré un travail régulier dans la grande entreprise qu’il dirigeait. Quant à Mme Brun, elle avait autant de couture à faire qu’elle pouvait le désirer, pour Mme Gervais et ses amies, sans compter quelques petits travaux pour Mme Andell, sa première cliente. Mme Brun et Élisabeth s’étaient jointes aux autres et suivaient avec eux le chemin étroit.
– Je ne désire plus qu’une chose, observait Sammy que tous ces heureux évènements avaient rempli de joie, c’est de voir l’homme du Paradis.
Et ils sentaient tous que c’était là la seule ombre à leur bonheur.
– Il reviendra un jour, par la bonté de Dieu, disait le père de Marguerite. Ne vous lassez pas de l’attendre.
Cela devint une habitude pour chacun d’eux, de surveiller attentivement la rue du Marché, dans l’espoir de voir apparaître M. Brun.

C’était une belle soirée et, à la suggestion de Marguerite, Élisabeth, Laurette et Sammy, arrêtés devant le grand garage, s’amusaient à choisir des autos, comme ils le faisaient souvent. Ce jour-là il y avait justement quelques nouveaux modèles, aussi le jeu était-il spécialement captivant.
Mme Brun travaillait avec Mme Andell auprès de la fenêtre ouverte ; M. Thomas et le père de Marguerite se promenaient le long de la rue en s’arrêtant pour observer une partie de boules à travers une palissade.
Tout à coup, dominant le joyeux bavardage de Sammy, ils entendirent une voix qui chantait :

Lieu de repos, sainte patrie,
Séjour heureux des rachetés,
Ô ville d’or, cité chérie,
J’aspire à tes félicités.
Repos, repos ! Près de Jésus,
Peines, douleurs, ne seront plus.

Là, j’entrerai, sauvé par grâce,
Là, Tu m’attends aux saints parvis.
Viens, me dis-Tu, J’acquis ta place
Par Ma croix, dans le Paradis.
Repos, repos ! Près de Jésus,
Peines, douleurs, ne seront plus.

– C’est l’homme du Paradis ! s’écria Sammy.
Sur le conseil de Marguerite, les enfants se tinrent tranquilles.
Mme Brun, pâle et anxieuse, parut sur le seuil, accompagnée de Mme Andell. M. Thomas et M. Andell s’approchaient lentement, suivant de près le chanteur.
Après une courte pause, le chant reprit, et les paroles étaient prononcées avec un tel accent de vérité qu’on sentait qu’elles venaient du cœur.
– Papa est sauvé ! Il ne pourrait pas chanter ainsi s’il ne l’était pas, dit Élisabeth, avec un tremblement dans la voix.
Se tournant vers sa mère, elle ajouta :
– Allons vers lui, maman. Il revient à la maison pour y rester.
Ainsi elles allèrent à sa rencontre, et un instant après ils étaient tous réunis chez les Andell, écoutant son histoire.
Ce matin-là, il avait décidé de revenir pour quelques jours à la maison, mais avait voulu essayer de gagner auparavant quelques sous en chantant devant les belles maisons au-dessus de la carrière.
– J’étais devant la villa Paradis, et je chantais en pensant que je recevrais sûrement quelque chose à cause du nom de la maison. Et un monsieur est sorti – vous le connaissez, M. Francis Gervais – il m’a fait entrer chez lui. Il savait qui j’étais. Il m’a raconté comment vous étiez tous venus, et comment il avait été sauvé ; puis il m’a demandé directement si je ne désirais pas changer de vie et marcher avec vous sur le chemin étroit qui mène au ciel. Il m’a lu plusieurs versets de la Bible, et tout le temps je pensais à la misérable vie que j’avais menée, et combien j’avais rendu malheureuses ma femme et ma petite fille.
Il dut s’éclaircir la voix et sa femme posa doucement la main sur son bras pour l’encourager.
– Ce cher M. Gervais comprenait bien ce que je ressentais, continua-t-il. Confiez-vous au Sauveur, M. Brun, me dit-il, et Lui-même vous aidera à changer de vie. Je peux vous procurer un travail dans mes ateliers dès lundi. Ainsi j’ai fini par céder aux appels du Seigneur. Ce bon Sauveur m’a reçu – moi, le plus misérable pécheur qui soit – et avec Son secours, j’essayerai désormais d’être un bon mari et un bon père.
– Papa, nous avons deviné que tu étais sauvé en t’entendant chanter, dit Élisabeth en appuyant sa tête contre l’épaule de son père.
– C’est ce que je désirais, répondit-il.
– Et ce que moi je désirais, c’est que l’homme du Paradis revienne à la maison, et à présent il est revenu, et il est sauvé, alors je ne sais plus que désirer, remarqua Sammy.
– Je vais te le dire, Sammy, dit M. Andell d’un ton rempli de conviction. Ce que nous devons tous désirer, c’est que chacun de ceux que nous rencontrons apprenne à connaître le Seigneur comme son Sauveur. Parlons-leur du seul vrai chemin. Cherchons à attirer sur le chemin étroit qui mène à la vie beaucoup de ceux qui suivent le chemin large qui mène à la perdition. Puissions-nous tous être de fidèles serviteurs pour notre Maître bien-aimé !

D’après la Bonne Nouvelle 1954

SÉRÉNITÉ

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La piété, avec le contentement, est un grand gain. 1 Tim. 6. 6.
Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur. Phil. 4. 4.

 

SÉRÉNITÉ

 

Je garde le souvenir d’une chrétienne âgée, veuve, séjournant dans une maison de retraite. Sa foi était simple et vivante. Elle connaissait le poids du handicap lié à son âge, et avait même perdu la vue des deux yeux. Malgré ces difficultés, elle montrait une grande sérénité intérieure : c’était le contentement, la satisfaction quotidienne, dont il est question ci-dessus. Être content, direz-vous, c’est possible quand tout va bien, mais quand viennent de tels ennuis… Et ne sommes-nous pas, souvent, mécontents pour bien moins que cela  ?
Pour être contents, nous avons en effet besoin d’une grâce particulière, et elle n’est pas en nous. Le verset ci-dessus donne la clé pour la trouver. Elle accompagne la piété, une relation étroite, entretenue, avec Dieu connu comme Père, et avec Jésus Son Fils, qui nous L’a révélé – relation faite de confiance, parce que nous savons qu’Il nous aime et veut notre bien. Nous prenons donc de Sa main ce qu’Il nous donne. Et ce qu’Il nous donne, c’est tout ce dont nous avons besoin. Voilà le contentement qui va de pair avec la piété.
Nous pouvons aussi parler à Dieu, Le prier, L’écouter jour après jour en lisant Sa Parole. L’apôtre Paul, souffrant dans son corps, a entendu le Seigneur lui dire : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » (2 Cor. 12. 9).
Dieu veut nous apprendre à être satisfaits : « J’ai appris à être content », écrit Paul (Phil. 4. 11). Pour cela, restons en communication avec Dieu, moment après moment, la force vient de Lui.

D’après la Bonne Semence Juillet 2020
Éditeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com)

 

CŒURS INQUIETS

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L’inquiétude dans le cœur d’un homme l’abat, mais une bonne parole le réjouit. Prov. 12. 25.
Rejetez sur Dieu tout votre souci, car il prend soin de vous. 1 Pier. 5. 7.

 

CŒURS INQUIETS

 

Les occupations de la vie actuelle produisent beaucoup de stress, et nous font souvent perdre notre sérénité. Notre société occidentale recherche une bonne qualité de vie et lutte pour améliorer le bien-être et la sécurité, mais cela n’empêche pas l’inquiétude générale de grandir. La plupart de nous vivons plus aisément que nos parents, pourtant nous sommes facilement agités et anxieux, toujours en quête de sécurité et de confiance. Avoir l’esprit en paix est le plus grand bienfait que nous puissions souhaiter. Peut-on trouver cela dans un monde troublé ? Bien des personnes essayent d’atteindre cette paix de l’âme et de l’esprit par leurs propres moyens, mais en vain : rien de ce monde ne remplit le vide de l’âme. « Notre cœur est inquiet tant qu’il ne repose pas en Dieu », a écrit Saint Augustin.
Jésus seul apporte la réponse efficace à l’inquiétude : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28). Venir à Jésus Christ, c’est recevoir cette invitation pour moi-même, croire qu’Il est puissant pour me délivrer du vide, des interrogations et des tourments de mon âme. Le laisser prendre les commandes de ma vie, voilà le véritable antidote à l’inquiétude.
« Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix ; je ne vous donne pas, moi, comme le monde donne. Que votre cœur ne soit pas troublé, ni craintif » (Jean 14. 27).

D’après la Bonne Semence Juillet 2020
Éditeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com)

 

LES CHRÉTIENS

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Ce fut à Antioche premièrement que les disciples furent nommés chrétiens. Act. 11. 26.

 

LES CHRÉTIENS

 

Le mot « « chrétien » » signifie « « disciple de Christ ». A Antioche, une ancienne métropole où l’on parlait le grec, ce nom fut donné à ceux qui reconnaissaient Jésus comme le Christ, le Sauveur envoyé par Dieu. Il a apporté « la grâce et la vérité », mais les hommes l’ont rejeté et crucifié. Dieu, cependant, L’a ressuscité et L’a reçu dans le ciel. Depuis ce moment-là, Il a été prêché dans le monde entier.
Il y a peu de chances que ce soit les Juifs qui aient donné aux disciples de Jésus de Nazareth le nom de « chrétiens », car eux-mêmes attendaient leur Christ, mot grec qui traduit le mot hébreu « Messie », qui avait été annoncé par les prophètes. Mais ils ont refusé de reconnaître le Messie dans la Personne de Jésus.
Pendant ce temps, l’évangile s’était répandu au-delà des frontières d’Israël. De nombreuses personnes des contrées environnantes l’ont entendu et beaucoup l’ont cru. Ces croyants, qu’ils aient été d’origine juive ou de nations païennes, furent appelés « chrétiens » par les habitants du pays où ils vivaient.
Ce titre fut probablement utilisé aussi, avec mépris, pour ceux qui, comme chrétiens, adoraient comme leur Dieu Celui qui avait été crucifié. Mais quel titre d’honneur pour les disciples de Christ !
Depuis des siècles, le terme « chrétien » désigne, d’une façon générale, d’innombrables personnes, quoiqu’il ait perdu beaucoup de sa signification au cours du temps. Ceux qui ont été rachetés par Christ devraient porter ce nom d’une manière digne de Lui, en Le suivant réellement.
« Si quelqu’un souffre comme chrétien, qu’il n’en ait pas honte, mais qu’il glorifie Dieu en ce nom » (1 Pier. 4. 16).

 

D’après « The Good Seed » juillet 2020

 

LE PÉCHÉ : UN OBSTACLE POUR VENIR À DIEU

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Vos iniquités ont fait séparation entre vous et votre Dieu. És. 59. 2.

 

LE PÉCHÉ : UN OBSTACLE POUR VENIR À DIEU

Des glissements de terrain, des éboulis et des avalanches, causés par d’incessantes pluies torrentielles dans les contrées montagneuses, isolent des maisons et même des villages entiers. Les rues et les chemins sont bloqués et les secours doivent souvent venir par voie aérienne.
Dans la vie des gens, il y a aussi un chemin bloqué : c’est le chemin d’accès à Dieu. Quelle est la cause de cette obstruction ? Une autre forme de nature – la nature humaine : le péché ! Nos péchés empêchent le contact avec Dieu. Dans ce cas aussi, le secours ne peut venir que d’en-Haut.
Qu’est-ce que le péché ? Que l’assassinat et les vols à main armée soient des péchés, cela est incontestable. L’infidélité entre deux personnes mariées est aussi considérée (encore !) comme un péché par beaucoup. Mais de tels péchés grossiers, qui affectent nos contemporains, ne donnent pas une idée claire de ce que Dieu entend par péché : « le péché est l’iniquité » (1 Jean 3. 4), c’est-à-dire une marche sans loi, sans retenue.
L’homme désire être indépendant de Dieu. Il ne recherche ni Dieu ni Ses principes. C’est cela « l’iniquité ». Aussi, quoi que quelqu’un fasse, s’il agit dans une telle attitude, c’est un péché aux yeux de Dieu. Cela peut signifier que des choses que l’homme croit pouvoir se permettre entravent ou empêchent le contact avec Dieu.
Il y a cependant Quelqu’un qui enlève les obstacles du chemin qui conduit à Dieu : c’est Jésus Christ, dont la Bible nous dit : « Lui a été manifesté afin qu’il ôte nos péchés » (1 Jean 3. 5). Son œuvre de rédemption sur la croix a ouvert un chemin vers Dieu. Quiconque reconnaît ses péchés et les confesse à Dieu peut se reposer par la foi sur Christ et Son œuvre expiatoire ; et il peut se réjouir de ce que Dieu est toujours disponible si nous nous approchons de Lui par Jésus.

D’après « The Good Seed » juillet 2020

 

JÉSUS CHRIST, LE JUSTE

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Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu. 1 Pier. 3. 18.
Mes enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas ; et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le Juste. 1 Jean 2. 1.

 

JÉSUS CHRIST, LE JUSTE

 

Dans la Bible, différents titres sont donnés au Seigneur Jésus. L’un d’entre eux est : « le Juste » (1 Jean 2. 1). Jésus Christ s’est acquis un tel titre par Sa vie sur la terre, qui était en parfaite harmonie avec la volonté de Dieu. Il n’a jamais pensé, dit ou fait quoi que ce soit qui ne corresponde pas à la pensée de Dieu. Dans toute l’histoire de l’humanité, Il a été le seul homme en qui Dieu ait pu trouver Sa joie, constante et sans mélange. Nous pouvons bien comprendre pourquoi Dieu le Père a ouvert le ciel pour Lui, témoignant que : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17).
Parce que Jésus Christ a démontré qu’Il était le Juste pendant Sa vie sur la terre, Il a pu prendre la place des pécheurs sur la croix, et souffrir et mourir pour leurs péchés. Qu’Il reçoive louanges et actions de grâce éternelles pour ce qu’Il a ainsi fait ! Lorsque Christ a souffert et qu’Il est mort pour les injustes que nous étions par nature, Il avait devant Lui un grand objectif : nous « amener à Dieu ».

Dieu ne voulait pas que nous restions éloignés à cause de nos péchés qui nous séparaient de Sa présence ; Il voulait nous avoir près de Lui. Son plan était que Ses créatures humaines deviennent Ses fils, avec lesquels Il pourrait avoir communion dans l’amour. Mais nos péchés nous maintenaient à distance du Dieu saint. Ils devaient être expiés, et nous avions besoin d’être réconciliés avec Lui pour être rendus capables de nous approcher de Lui. Le Seigneur Jésus a répondu à toutes les exigences de Dieu, étant le Juste, de sorte que nous pouvons maintenant nous tenir devant Dieu comme croyants « transportés dans le royaume du Fils de son amour » (Col. 1. 13). Quel changement !

Les enfants de Dieu ont reçu la vie divine par la régénération (nouvelle naissance) lors de leur conversion. En outre, ils possèdent le Saint Esprit qui demeure en eux. Cela leur donne la condition préalable et la force pour s’abstenir de pécher. Malgré cela, nous savons trop bien que nous pouvons pécher, car la vieille nature est toujours en nous. Nous lisons en Jac. 3. 2 : « Nous faillissons tous » – un fait qui nous remplit de honte.
Quand un croyant pèche, il fait quelque chose qui ne correspond pas à son caractère d’enfant de Dieu. Le Seigneur veut que nous en soyons toujours conscients et que nous vivions en accord avec ce caractère dans notre vie de chaque jour, sans pécher.
Que se passe-t-il si cela se produit néanmoins ? Alors, notre communion avec le Père, comme enfants de Dieu, est gravement compromise. La chose doit être réglée devant Lui. Pour cela, nous avons besoin d’un avocat qui plaide notre cause. C’est Jésus Christ, le Juste. Notre Sauveur porte ce titre à cet égard aussi.
Comme notre Avocat, Il nous rend conscient de notre péché, afin que nous le confessions devant Dieu notre Père. Il peut alors nous pardonner. C’est ainsi que nous sommes personnellement restaurés (c’est-à-dire la communion est retrouvée avec Dieu).
Parce que Christ est « le Juste », Il accomplit ce service en perfection. Il remet tout en ordre, en maintenant parfaitement les droits et la sainteté de Dieu. Nous pouvons alors nous tenir devant Dieu avec la conscience libre. Quel soulagement pour le croyant, et quelle grâce de la part de notre Dieu !

D’après « The Good Seed » juin 2020

INSTRUITS PAR DIEU

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Je t’instruirai, et je t’enseignerai le chemin où tu dois marcher ; je te conseillerai, ayant mon œil sur toi. Ps. 32. 8.

 

INSTRUITS PAR DIEU

 

Le Dieu de grâce qui a pardonné nos transgressions (Ps. 32. 1 et 2), veut aussi nous enseigner le chemin dans lequel nous devons marcher. Nous trouvons dans ce psaume trois expressions qui soulignent la même pensée : instruction, enseignement, conseil (ou : guide). N’avons-nous pas en Lui le Conseiller le plus excellent et le plus sage, qui non seulement désire notre bien, mais qui aussi connaît la fin d’une chose dès son commencement (És. 46. 10). Serions-nous insensés au point de nous fier plutôt à notre propre intelligence ou notre propre jugement ?
Rappelons-nous qu’Il garde les yeux sur nous, désirant nous conseiller. Mais nous avons besoin de regarder à Lui afin de bénéficier des Ses conseils et de Sa direction. Le chemin de Dieu pour chacun de nous n’est pas une large rue tracée aussi loin que l’œil peut voir, afin que nous n’ayons qu’à la suivre tout droit. En fait, Il a établi dans Sa Parole des principes qui déterminent notre chemin. Mais Il ne nous a pas donné un livre de recettes pour toutes les circonstances de notre vie, que nous aurions juste à consulter pour savoir quoi faire, quelle que soit la situation. Cela nous conduirait facilement à agir d’une manière purement mécanique et indépendante de Dieu.
Dieu veut nous enseigner Ses pensées et Sa volonté par un contact intime avec Lui. De cette manière Il nous rend capables de recevoir la lumière qui éclaire notre chemin dans les situations particulières que nous rencontrons dans notre vie. Notre cœur doit apprendre à être occupé de Lui. Nous connaîtrons et nous discernerons alors « les choses excellentes » (Phil. 1. 9 et 10).
Ce n’est que lorsque nous serons « remplis de la connaissance de sa volonté » que nous serons capables de « marcher d’une manière digne du Seigneur » (Col. 1. 9 et 10) en toute occasion.

D’après « The Good Seed » août 2014

 

ÊTRE CHRÉTIEN

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Ce fut à Antioche premièrement que les disciples furent nommés chrétiens. Act. 11. 26.

 

ÊTRE CHRÉTIEN

Nous ne trouvons le terme de « chrétien » que trois fois dans le Nouveau Testament.
Ce mot apparaît à Antioche, une ville de la Syrie actuelle. La foi chrétienne s’était répandue et avait dépassé les limites d’Israël. Non seulement des Juifs, mais des gens des nations avaient reçu Christ, comme là à Antioche. Les personnes de leur entourage reconnaissaient qu’ils s’attachaient à Jésus Christ et Le suivaient, et en conséquence les appelaient chrétiens.
Nous trouvons la deuxième occasion où il est parlé de chrétien, lorsque l’apôtre Paul se tient devant le roi Agrippa. Cet Hérode Agrippa-II était roi dans la région nord et nord-est de la Palestine. Avant sa conversion, l’apôtre Paul avait persécuté les chrétiens. Maintenant il se tient lui-même, prisonnier comme disciple de Christ, devant le roi, et lui fait le récit de sa conversion. Agrippa lui dit : « Tu me persuaderas bientôt d’être chrétien » (Act. 26. 28).
Quelques années plus tard, les croyants étaient persécutés et mis à mort par l’empereur romain Néron. L’apôtre Pierre leur écrit : « Si quelqu’un souffre comme chrétien, qu’il n’en ait pas honte, mais qu’il glorifie Dieu en ce nom » (1 Pier. 4. 16). Des hommes étaient alors persécutés, simplement parce qu’ils étaient chrétiens.
Dans ces trois occasions, ce n’était pas les croyants qui se nommaient eux-mêmes ainsi. Mais ils étaient reconnus comme suivant Jésus Christ – et on les appelait chrétiens.
Aujourd’hui, beaucoup de personnes se disent chrétiennes. Mais il y en a peu qui suivent réellement Jésus Christ. Et pourtant Il a dit : « Moi je suis le chemin, et la vérité, et la vie » (Jean 14. 6).
Qu’en est-il de vous-même ? Avez-vous déjà reçu Jésus Christ comme votre Sauveur et votre Seigneur, et Le suivez-vous ? – C’est seulement ainsi que vous êtes réellement un chrétien !

D’après « Die Gute Saat » juillet 2020

 

TROIS PRINCIPES IMPORTANTS CONCERNANT LE RASSEMBLEMENT

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TROIS PRINCIPES IMPORTANTS CONCERNANT LE RASSEMBLEMENT

 

 

Ce message a comme titre : Trois principes importants concernant le rassemblement autour du Seigneur. On aurait pu dire aussi : trois principes importants en rapport avec le « terrain » (terrain : domaine où s’exerce une activité) du rassemblement. Nous désirons considérer ce sujet maintenant.

Est-ce que la vérité de l’Église peut être pratiquée dans les conditions actuelles ?
Est-ce quelque chose encore praticable aujourd’hui, et comment faut-il agir, de quelle manière le faire dans la situation présente ?

Ce sont quelques questions, et nous désirons répondre à ces questions au cours de ces méditations. J’aimerais aussi lire une strophe d’un cantique où nous chantons :

Quand c’est ton cœur, Jésus, qui nous rassemble
Autour de toi, dans ton fidèle amour,
Oh ! quel bonheur d’adorer tous ensemble,
Et d’annoncer ta mort et ton retour !

J’aimerais faire une remarque qui me semble importante. Quand nous ouvrons maintenant la Bible et quand nous considérons ce sujet, ce n’est pas avec le but de défendre une position ecclésiastique (ecclésiastique : qui concerne l’Église). J’aimerais être bien clair là-dessus.
Nous désirons défendre et montrer ce que la Parole de Dieu nous montre, avec l’aide du Seigneur bien sûr. Si nous trouvons que notre position ecclésiastique est conforme à cela, tant mieux. Mais le désir est vraiment de considérer ce que la Parole de Dieu nous dit.

Dans le premier passage, au début de Matthieu 16, le Seigneur Jésus lui-même parle pour la première fois de l’Assemblée. Maintenant j’aimerais lire le deuxième verset où nous trouvons l’Assemblée mentionnée. C’est dans Matthieu 18. Je ne lirai pas tout le paragraphe où nous trouvons le mot Assemblée déjà au v. 17. Je lis seulement le v. 20 : « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux ».
Quel verset précieux ! Quelle promesse que celle que le Seigneur nous a donnée ! Ce verset nous amène tout de suite vers le premier principe important en rapport avec le « terrain » du rassemblement. Le centre, c’est Christ.
Nous sommes assemblés à Son nom. C’est Lui qui nous rassemble, c’est Lui qui nous attire maintenant. Nous allons vers Lui pour être en Sa présence. C’est Sa personne, Son nom, qui nous révèlent qui est le Seigneur Jésus. C’est cela qui est le centre du rassemblement.
Ainsi nous sommes assemblés. Ce qui est dit ici, c’est passif : « sont assemblés ». Cela ne souligne pas une activité de notre part, mais vraiment que le Seigneur est Celui qui nous attire. Comme nous l’avons lu dans le cantique : « c’est ton cœur, Jésus, qui nous rassemble ». C’est le Seigneur qui nous attire et ainsi nous désirons être là où Il est.
Et Il a promis Sa présence. Il a dit : « je suis là au milieu d’eux ». C’est le centre divin du rassemblement. Ce principe est le premier que j’aimerais souligner, et encore illustrer un peu. Il est si important.
Il s’agit ici d’un rassemblement autour du Seigneur, à Son nom ou comme nous le lisons dans la 1ere épître aux Corinthiens : « quand vous vous réunissez en assemblée » (11. 18). Comme croyants, nous pouvons nous retrouver sous d’autres caractères, pour une étude biblique, pour une réunion de jeunes croyants, mais ce n’est pas une réunion qui a ce caractère : « réunis en assemblée ».

Nous voulons donc d’abord considérer deux réunions qui sont une telle rencontre avec le Seigneur Jésus. Il a promis sa présence. C’est Son nom qui nous rassemble et ainsi nous sommes là réunis autour de Lui.
Ce n’est pas un autre nom autour duquel nous nous rassemblons. Là nous voyons tout de suite un problème très répandu dans la chrétienté. On donne toutes sortes de noms à l’église, autour d’une vérité, autour d’une personne, n’est-ce pas. Mais en faisant cela, on enlève quelque chose de ce qui est si important : se réunir au seul nom du Seigneur Jésus et vraiment avec ce désir d’être là où Il est, où Il a promis Sa présence, où Il aime être au milieu de nous.
Bien sûr, quand nous sommes là, cela n’est pas seulement une profession, mais dans la pratique aussi nous donnons au Seigneur Jésus la place qui Lui revient, la place au centre. C’est vers Lui que notre attention est dirigée, Celui dont nous désirons reconnaître l’autorité. Il désire diriger toutes choses quand nous sommes réunis en assemblée, Il désire diriger toutes choses par Son Esprit. Cette place si importante à donner au Seigneur Jésus, c’est donc la place au centre.
Que le Seigneur nous aide à le faire aussi dans la pratique de la vie d’assemblée, de Lui donner cette place qui Lui revient !

J’aimerais encore mentionner quelques passages où nous voyons des croyants qui ont posé cette bonne question :
Où est le Seigneur ?
Où est vraiment Celui qui a cette place centrale ?
Tout d’abord dans l’évangile selon Jean au chapitre 1er, nous avons une de ces questions. Ce n’est pas une réunion d’assemblée qui est devant nous ici, mais nous voyons plutôt le Seigneur Jésus comme le centre d’attrait. Je pensais à ces versets en Jean 1 où deux disciples entendent Jean le baptiseur qui dit : « Voilà l’agneau de Dieu ! » (v. 36). Les versets suivants nous disent : « Et les deux disciples l’entendirent parler, et ils suivirent Jésus. Et Jésus se retournant, et voyant qu’ils le suivaient, leur dit : Que cherchez vous ? Et ils lui dirent : Rabbi (ce qui, interprété, signifie maître), où demeures-tu ? Il leur dit : Venez et voyez. Ils allèrent donc, et virent où il demeurait ; et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là : c’était environ la dixième heure » (v. 37 à 40).
Quelle belle question ils posent après le témoignage de Jean le baptiseur : « où demeures-tu ? » Le Seigneur les met à l’épreuve quand Il leur dit : « Que cherchez-vous ? », quelque chose ? Mais ces deux disciples ne cherchaient pas quelque chose, mais une Personne, le Seigneur lui-même. Ils voulaient être avec Lui, dans Sa présence.
Ce devrait être aussi la question que chaque croyant sincère doit se poser : « où demeures-tu ? », où est-ce que je peux Te rencontrer parce que Ta présence se trouve là. Donc cela est bien important. Nous voyons que ces disciples ont fait quelque chose qui n’était pas mauvais, de suivre Jean le baptiseur. Mais ils ont réalisé que Jean le baptiseur était tout simplement le précurseur, qui montrait le chemin vers Jésus. Et maintenant ils ont trouvé le Messie. Ils voulaient rester avec Lui. Que cela soit tout d’abord sur nos cœurs : « où demeures-tu ? », être là où Il est.

Deuxième question un peu similaire dans le Cantique des cantiques au chapitre 1 où nous lisons : « Dis-moi, toi qu’aime mon âme, où tu pais ton troupeau, où tu le fais reposer à midi ; car pourquoi serais-je comme une femme voilée auprès des troupeaux de tes compagnons ? » (v. 7) Et la réponse : « Si tu ne le sais pas, ô la plus belle parmi les femmes ! sors sur les traces du troupeau, et pais tes chevreaux près des habitations des bergers » (v. 8).
On a donc ces questions ici :
Où pais-tu ton troupeau ?
Où le fais-tu reposer à midi ?
On voit que ce n’est pas tellement la question : où sont les meilleurs pâturages ? – réflexion légitime en soi, mais non, elle aimerait savoir où le bien-aimé paît son troupeau. De nouveau la Personne du bien-aimé est devant le cœur. Elle parle de Lui comme de Celui que son âme aime, pour nous cette affection pour le Seigneur Jésus. Et dans Sa réponse, le Bien-aimé dit que pour Le trouver, il faut sortir.
C’est intéressant. Nous allons revenir là-dessus. Et il faut suivre les traces du troupeau. Il y a des traces aussi que Dieu nous a laissées dans Sa Parole et on peut suivre ces traces que nous trouvons dans la Parole de Dieu, également pour trouver le lieu où le Seigneur désire nous rassembler autour de Lui.
Dans le prophète Jérémie, au chapitre 6 verset 16, nous lisons : « Tenez-vous sur les chemins, et regardez, et enquérez-vous touchant les sentiers anciens, quelle est la bonne voie ; et marchez-y, et vous trouverez du repos pour vos âmes ». Ces chemins anciens qui nous sont tracés dans la Parole de Dieu, nous pouvons donc les suivre pour trouver ainsi le lieu où le Seigneur assemble les Siens autour de Lui. Son chemin, c’est celui que nous trouvons dans la Parole.

Troisième verset où nous avons une telle question qui commence avec ce mot « où ».
« Et le premier jour des pains sans levain, lorsqu’on sacrifiait la pâque, ses disciples lui disent : Où veux-tu que nous allions préparer ce qu’il faut, afin que tu manges la pâque ? Et il envoie deux de ses disciples et leur dit : Allez à la ville ; et un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre ; suivez-le. Et où qu’il entre, dites au maître de la maison : Le maître dit : Où est mon logis où je mangerai la pâque avec mes disciples ? Et lui vous montrera une grande chambre garnie, toute prête » (Marc 14. 12 à 15).
On n’a pas le temps d’entrer dans les détails de ce passage, mais il y a de nouveau la question : « Où veux-tu que nous allions préparer ».
Nous remarquons clairement que ce qui compte, c’est la volonté du Seigneur Jésus, la volonté du Maître pour préparer ainsi ce souper que le Seigneur voulait avoir avec Ses disciples. C’est la volonté du Seigneur qui compte et Il nous montre sa volonté.
Cette expression est intéressante : l’homme qui porte une cruche d’eau, l’eau qui nous parle de la Parole de Dieu. En rapport avec cet homme, nous pouvons penser à l’Esprit Saint, qui désire nous ouvrir la Parole pour nous montrer ainsi le chemin, la volonté du Seigneur Jésus, afin que nous puissions vraiment réaliser encore aujourd’hui ce rassemblement autour de Lui, où nous pouvons goûter Sa présence. Voilà, c’est Son logis.
C’est vraiment l’endroit où le Seigneur est Celui qui décide. Il est Celui qui dirige toutes choses. Que le Seigneur nous aide aussi dans la pratique à penser à cela et à nous soumettre vraiment à Son autorité au milieu de l’assemblée, afin que nous puissions goûter Sa présence. On voit tout de suite que c’est quelque chose qui a des implications pratiques.

Donc, le premier principe – on l’a vu – Christ est le centre.

Maintenant j’aimerais regarder un deuxième point, c’est-à-dire quel est le terrain, quelle est l’étendue de ce qui caractérise le terrain du rassemblement – et l’unité des croyants ou l’unité du corps de Christ.
Tout d’abord quelques remarques générales sur l’unité des croyants. Lisons quelques versets dans l’évangile selon Jean. Jean ne nous parle pas tellement de l’assemblée, il parle plutôt de la famille de Dieu. Mais il a devant lui aussi l’ensemble des rachetés du temps de la grâce.
Tout d’abord, un verset au chapitre 10 où le Seigneur Se présente comme le bon Berger. Et Il dit au v. 16 : « j’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les amène, elles aussi ; et elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger ». Cela met l’accent sur ce seul troupeau, dont le Seigneur Jésus est le seul Berger. C’est quelque chose qui touche nos cœurs.
Le Seigneur Jésus parle tout d’abord des brebis qui venaient de la bergerie d’Israël. Il les a amenées dehors et Il amène maintenant d’autres brebis qui ne viennent pas de cette bergerie d’Israël. Mais tous ces croyants ensemble forment ce seul troupeau dont le Seigneur Jésus est le Berger.
Le Seigneur Jésus ne les amène pas dans une autre bergerie, non. C’est Lui-même qui est le centre d’attrait, ce seul Berger qui garde le troupeau ensemble. C’est très beau.
Cela n’enlève rien à l’importance de la muraille. Il y a des portes dans la muraille. On peut tirer beaucoup d’applications de cela, mais ici nous voyons que le Seigneur est Celui qui est vraiment le Berger et qui rassemble Son troupeau autour de Lui-même, ce troupeau formé des croyants des Juifs et des nations. Au chapitre 11 on a ces paroles de Caïphe au v. 50 qui dit qu’il « est avantageux qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation entière ne périsse pas ». Et ensuite, l’évangéliste nous dit au v. 51 qu’il a dit cela parce qu’il était souverain sacrificateur. Il a prophétisé que Jésus allait mourir pour la nation, c’est-à-dire le peuple d’Israël.
Son œuvre est à la base aussi de la restauration de ce peuple d’Israël. « Et non pas seulement pour la nation, mais aussi pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés ». C’est une pensée similaire. Mais nous voyons tout de suite que l’évangéliste n’a pas seulement devant lui les croyants du peuple d’Israël, mais aussi les enfants de Dieu dispersés et qui sont rassemblés en un par le Seigneur Jésus Lui-même. Et cela est basé sur la mort du Seigneur Jésus.
Il a dû tout d’abord mourir sur la croix. Il s’est livré Lui-même pour l’assemblée. Et ainsi cela a été primordial afin que l’assemblée puisse être formée. Mais la mort du Seigneur Jésus, comme nous le voyons ici, est la base pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés. La famille de Dieu existe aujourd’hui.

Un dernier verset dans l’évangile selon Jean au chapitre 17, versets 20 et 21. Le Seigneur dit dans cette prière : « je ne fais pas seulement des demandes pour ceux-ci, mais aussi pour ceux qui croient en moi par leur parole ; afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi ; afin qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que toi tu m’as envoyé ».
De nouveau le Seigneur parle ici de l’unité. Il le fait trois fois dans ce chapitre. Ici nous avons cette unité des enfants de Dieu, qui n’est rien autre que l’unité de l’Église, du point de vue des personnes qui font partie de cette unité. C’est un autre aspect, bien sûr, mais cela souligne ce que le Seigneur Jésus demandait à Son Père, afin que cela soit réalisé. L’ennemi ne peut rien changer à cela.
Cette unité existe, l’unité des enfants de Dieu, de tous ceux qui sont nés de Dieu, qui ont la vie éternelle, la famille de Dieu, qui connaissent Dieu comme leur Père et connaissent le Seigneur Jésus comme leur Sauveur.
Cette unité est caractérisée par la communion avec les Personnes divines. C’est ce que nous lisons ici : « afin qu’eux aussi soient un en nous » – comme moi avec le Père à l’égard du Fils – et avoir communion avec le Fils parce que nous nous adressons à Son Père maintenant aussi comme notre Père : Abba, Père. Quelle grâce !
Donc cette unité de la famille de Dieu existe. Mais quant à l’unité de l’Assemblée, c’est un sujet que nous trouvons beaucoup plus dans les épîtres de l’apôtre Paul.
J’aimerais lire un verset en 1 Cor. 12, bien important en rapport avec ce sujet de l’unité de l’Assemblée et de l’unité du corps de Christ. « Car de même que le corps est un et qu’il a plusieurs membres, mais que tous les membres du corps, quoiqu’ils soient plusieurs, sont un seul corps, ainsi aussi est le Christ. Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres ; et nous avons tous été abreuvés pour l’unité d’un seul Esprit » (v. 12 et 13). On voit ici que l’apôtre Paul parle du corps humain qui a plusieurs membres et qu’il compare le corps humain avec quelque chose de tout à fait nouveau qui a trouvé son existence, qui a été créé le jour de la Pentecôte, quand le Saint Esprit est venu sur la terre et quand les croyants ont été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps.
Cet organisme existe, l’assemblée, cet organisme vivant, et nous voyons qu’il est formé de tous les croyants. La Parole nous en montre différents aspects.
Parfois nous voyons les croyants depuis le jour de la Pentecôte jusqu’à l’enlèvement de l’église, parfois nous voyons les croyants qui vivent sur la terre à un certain moment, parfois nous avons plutôt l’aspect en rapport avec le rassemblement local. Mais ce qu’il est important de réaliser, c’est que le rassemblement local n’est pas un corps qui existe indépendamment du corps de Christ, mais qu’un rassemblement local est vraiment l’expression locale du corps de Christ.
Nous trouvons cela un plus loin dans ce chapitre : « vous êtes le corps de Christ » (v. 27). Il faut enlever l’article « le » parce que nous voyons ici que le rassemblement à Corinthe n’était pas le corps de Christ dans son ensemble, mais juste une expression locale qui porte ce caractère : corps de Christ. C’est quelque chose d’important à réaliser.
Donc il n’y a pas plusieurs corps dans différentes localités, pas du tout. Il y a un seul corps. Il n’y a pas plusieurs églises. Il y a une seule église formée de tous les croyants.
Chers frères et sœurs, quand nous sommes réunis autour du Seigneur Jésus et que nous sommes là pour nous souvenir de Lui, nous pouvons donner aussi expression à cette vérité qu’il y a un seul corps, quand nous voyons ce seul pain devant nous. Ce seul pain nous parle du seul corps qui est là, formé de tous les croyants.
Dans ce pain qui est devant nous, on ne voit pas seulement les croyants avec qui nous rompons le pain. Non, on voit dans ce seul pain l’ensemble des rachetés du Seigneur qui vivent sur la terre. Nous en sommes l’expression locale et nous pouvons ainsi jouir de l’unité qui existe et la proclamer à la table du Seigneur. C’est un privilège que le Seigneur Jésus nous a encore laissé.
Je passe rapidement, je n’entre pas dans d’autres détails de ce chapitre. Mais retenons cela, que l’assemblée est un organisme comme notre corps est un organisme. Et retenons aussi cela, que c’est quelque chose de grave quand nous commençons à introduire une organisation humaine, quand nous faisons quelque chose avec des membres etc. qui introduit quelque chose à côté du corps de Christ, cet organisme vivant qui est Christ.
Parfois on nous pose la question : comment puis-je devenir membre de votre rassemblement ? J’ai parfois entendu cette question sur le champ missionnaire. C’est toujours un privilège d’expliquer au croyant : Écoute, si tu es vraiment un racheté du Seigneur Jésus, tu fais déjà partie du corps de Christ. Il n’y a rien à faire de supplémentaire. Tu es déjà membre du corps de Christ. Tu n’as pas besoin de devenir membre. C’est quelque chose qui est une réalité. Bien sûr, il y a d’autres choses importantes à considérer, comme la responsabilité collective. Mais tout d’abord réaliser cela, qu’il y a un seul corps dont chaque vrai croyant fait partie.

Encore un passage en Éph. 4 : « marcher… avec toute humilité et douceur, avec longanimité, vous supportant l’un l’autre dans l’amour ; vous appliquant à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés pour une seule espérance de votre appel » (v. 2 à 4).
Il est parlé de nouveau ici de ce seul corps : « Il y a un seul corps » (v 4). La Parole ne nous exhorte jamais à garder l’unité du corps. Nous ne pouvons pas le faire et ce n’est pas nécessaire de le faire, parce qu’elle est inaltérable. L’unité du corps de Christ ne dépend pas de nous. Combien nous sommes reconnaissants pour cela ! Autrement, que dire avec toutes les divisions qui sont là ? Non, le seul corps existe, « il y a un seul corps ».
Ce que nous sommes exhortés à faire c’est, au v. 3 : « garder l’unité de l’Esprit ». Là non plus nous ne lisons pas qu’il soit nécessaire de la créer. Elle a été créée le jour de la Pentecôte quand l’Esprit Saint est venu sur la terre. Les croyants ont été baptisés en un corps.
Maintenant il faut la garder cette unité de l’Esprit. Elle est fragile. Pourquoi ? Parce que nous avons encore la chair. C’est aussi une vérité de la Parole. Parce que nous avons encore la chair, il peut aussi vite arriver que nous agissions d’une manière charnelle, et quand nous le faisons il y a toujours un danger. C’est pourquoi il faut s’appliquer, comme nous le lisons ici, à garder l’unité de l’Esprit. Ce qui est de la chair doit être mis de côté.
Les Corinthiens, pour donner un exemple, étaient charnels. L’apôtre va le leur dire. Qu’est-ce qu’ils faisaient ? Ils disaient : Moi  je suis de Paul, je suis d’Apollos. Ils suivaient les hommes. C’était charnel. Cela était un danger à Corinthe. Ils étaient en danger de ne pas garder l’unité de l’Esprit. L’apôtre les a corrigés afin qu’ils rejettent ces raisonnements charnels ou mondains – parce que dans le monde un tel raisonnement est tout à fait normal.
Il fallait rejeter tous ces raisonnements pour vraiment s’appliquer à garder l’unité de l’Esprit, l’unité formée par le Saint Esprit. Donc nous allons voir les intentions du Saint Esprit. Comment agit-Il ? La chair est mise de côté, le Seigneur est glorifié. Il doit vraiment avoir la place primordiale, la première place au milieu de Son Assemblée.
Il y a bien des tendances qui sont là. Il faut être vigilant.
Une tendance mentionnée à Corinthe était le sectarisme : former des sectes.
Un autre danger, c’est aussi le laxisme, c’est-à-dire qu’on tolère effectivement aussi ce qui est de la chair.
Un autre danger encore, ce sont les prétentions ecclésiastiques.
Un autre danger complémentaire, c’est l’indépendance ecclésiastique.
Tout cela n’est pas selon la Parole de Dieu, selon les pensées du Seigneur. On a des dangers des deux côtés. Il faut rester sur le bon chemin. Que le Seigneur nous aide à le faire !

Je résume brièvement ce deuxième point : c’est l’étendue du terrain du rassemblement, l’Église composée de tous les croyants. Ils forment ensemble un seul corps. C’est une vérité précieuse. Nous désirons la maintenir et refuser tout ce qui met en question cette vérité précieuse. Tout ce que l’homme a introduit est un obstacle pour garder l’unité de l’Esprit que nous avons lue dans ce verset.

Maintenant, le troisième principe important, c’est la condition nécessaire, c’est la séparation du mal. Et la Parole nous montre cela très clairement. On l’a déjà touché un peu avec le verset d’Éphésiens 4, mais il faut ajouter encore quelques pensées, parce que nous voyons que la Parole parle toujours de nouveau de l’importance de se séparer de ce qui est contraire aux pensées du Seigneur Jésus.
Pour les Juifs, il y avait ce que Dieu avait introduit dans le temps de l’Ancien Testament, ils avaient le temple à Jérusalem. Mais quand l’écrivain de l’épître aux Hébreux a écrit à ces croyants hébreux et juifs qui avaient été en Israël, en ce temps-là, quand l’Église était déjà là, on voit qu’il y avait toujours toujours cet attachement au culte juif.
L’apôtre leur montre tout d’abord la grandeur du Seigneur Jésus et de Son œuvre, pour les aider à se détacher de ce système juif, et tout à la fin, au chapitre 13. 13 il leur dit : « Ainsi donc, sortons vers lui hors du camp, portant son opprobre ».
L’écrivain doit dire que ce qui se réalisait encore à Jérusalem avait le caractère d’un camp où, ni le Seigneur, ni Dieu, n’avaient une place. Le Seigneur a souffert hors du camp. Il fallait sortir vers lui tout d’abord si on abandonnait le camp juif, il faut bien le réaliser. Nous pouvons en faire une application aussi à ce que nous voyons dans la chrétienté aujourd’hui, parce qu’elle a aussi ce caractère d’un camp où il y a toute sorte de traditions, d’organisations que l’homme a introduites, et la Parole nous dit : « sortons vers lui hors du camp ».

Deuxième passage que j’aimerais lire et ce sera le dernier que nous désirons considérer.
« Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont siens, et : Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur. Or, dans une grande maison, il n’y a pas seulement des vases d’or et d’argent, mais aussi de bois et de terre ; et les uns à honneur, les autres à déshonneur. Si donc quelqu’un se purifie de ceux-ci, il sera un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre. Mais fuis les convoitises de la jeunesse, et poursuis la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur » (2 Tim. 2. 19 à 22).
C’est un passage bien important, que l’apôtre Paul a écrit à son enfant dans la foi, Timothée, dans un temps de déclin, quand tous ceux en Asie s’étaient détournés de lui. Il y a ceux qui avaient introduit déjà des fausses doctrines, comme si la résurrection avait déjà eu lieu, le v. 18 le mentionne, et deux personnes sont citées, Hyménée et Philète, qui avaient introduit de telles choses dans la chrétienté.
Donc nous lisons cette exhortation plusieurs fois dans ces versets, qu’il faut se séparer de ces personnes. Voyons les verbes qui sont employés par l’apôtre au v. 16 : « évite les discours vains et profanes », v. 19 : il faut se retirer de l’iniquité, v. 20 : se purifier de ceux-ci, des vases à déshonneur, v. 22 : fuir les convoitises de la jeunesse, v. 23 : « évite les questions folles et insensées », ch. 3. 5 : se détourner de ceux-ci. Six verbes différents sont employés pour souligner l’importance de la séparation.
Il dit tout d’abord au v. 19 : « le solide fondement de Dieu demeure » : il est immuable. Il a une base solide. Qu’ajoute-t-il ? – Ce fondement est comparé à un sceau qui a deux faces.
Le premier côté, la première face nous dit : « Le Seigneur connaît ceux qui sont siens ». C’est quelque chose de merveilleux. Nous, nous ne le savons pas toujours. Non, nous rencontrons une personne, ce peut être un croyant. « Le Seigneur connaît ceux qui sont siens ». C’est le côté de Dieu.
Ensuite, notre responsabilité, c’est la deuxième face de ce sceau : « Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur ». Il est important de se retirer de l’iniquité, de ce qui n’est pas en accord avec les relations dans lesquelles Dieu nous a placés, ce qui n’est pas en accord avec la Parole de Dieu.
On voit qu’il faut se retirer de cela. Cela a été un verset décisif pour bien des croyants au 19e siècle, et certainement aussi déjà avant. Agir comme ce verset le dit, se retirer de l’iniquité, c’est très général. On voit qu’un cœur pieux a ce désir de plaire au Seigneur Jésus, et ainsi de mettre de côté ce qui n’est pas en accord avec la Parole de Dieu.
Ensuite nous voyons que le v. 20 fait une comparaison. Il est parlé ici d’une grande maison. Ce n’est pas que la maison de Dieu soit devenue une grande maison, ce n’est pas juste. La maison de Dieu est la maison de Dieu. Elle est toujours aussi aujourd’hui, comme nous le lisons au chapitre 3 de la 1ere épître au v. 15 « la colonne et le soutien de la vérité ». C’est la maison de Dieu, c’est le côté de Dieu.
Mais ce que nous lisons ici, c’est comment la chrétienté se présente aujourd’hui. Elle est comparée à une grande maison, une maison où il y a toutes sortes de vases et nous voyons aussi, avec les vases comme avec le sceau qui est mentionné au v. 19, que des distinctions sont faites en rapport avec la matière utilisée pour le vase. Il y a des vases d’or et d’argent d’une part, et aussi des vases de bois et de terre.
Dans une maison on trouve ces différents vases, distingués par la matière utilisée. Nous comprenons bien que l’apôtre fait allusion au fait que le Seigneur connaît ceux qui sont Siens, Il sait qui est un vase d’or, d’argent et Il sait qui est un vase de bois ou de terre, qui a seulement une profession, qui est là dans la maison, mais qui n’a pas la vie, qui n’est pas un vrai croyant.
Et ensuite, il y a une deuxième distinction en rapport avec l’utilisation du vase. Nous lisons qu’il y a donc des vases à honneur et des vases à déshonneur. Il semble que, dans le contexte, notamment les versets précédents, il y a un exemple clair des vases à déshonneur comme Hyménée et Philète qui introduisaient des fausses doctrines. Nous lisons par la suite qu’il faut se purifier, se séparer de ces vases à déshonneur.
La question n’est pas de savoir si cette personne est une croyante ou pas, non. La question est : est-ce que moi je suis prêt à me séparer des vases à déshonneur ? Ainsi je peux être un vase à honneur. C’est cela qui est important. Dans cette illustration que l’apôtre emploie dans une maison, il y a toutes sortes de vases. J’ai par exemple ici un vase de verre et je l’utilise pour boire. J’utilise bien sûr pour boire un vase qui est bien purifié. Je ne bois pas dans un vase sale. On comprend bien cela.
D’autre part, dans chaque maison, il y a des vases à déshonneur. Leur utilisation n’est pas pour l’honneur. Par exemple ici j’ai ma poubelle. C’est un vase à déshonneur dans ma maison, vous comprenez bien. Je l’utilise pour jeter des choses.
Donc la Parole nous dit qu’il y a des vases avec des utilisations différentes, et ce qui est important, c’est de se purifier des vases à déshonneur. Je ne vais pas utiliser dans un but honorable un vase qui n’est pas pur, pas purifié.
Donc c’est quelque chose de très simple mais important pour comprendre bien ce principe de la séparation qui est nécessaire, séparation ainsi des personnes, notamment de celles qui apportaient de fausses doctrines, mais plus généralement, au v. 19, se retirer de l’iniquité. Cela vraiment veut nous dire tout ce qui est contraire à la Parole de Dieu. Il y déjà de l’iniquité et il faut se retirer de cela pour être un vase à honneur, utile au maître.
Le v. 22 parle encore des convoitises de la jeunesse et de ce qu’il faut poursuivre, mais à la fin on a cette pensée qui est précieuse, qu’on n’est pas appelé à s’isoler maintenant. Cette pensée pourrait paraître bonne si on avait seulement le v. 21 : purifier, c’est s’isoler ? Non, ce n’est pas le but de Dieu. Dieu désire que nous goûtions la communion avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur, qui ont cette droiture devant le Seigneur, qui l’invoquent d’un cœur pur. Avec eux nous pouvons goûter la communion et cela encore aujourd’hui.

Pour résumer, nous avons vu ces trois principes fondamentaux en rapport avec le rassemblement autour du Seigneur, dans leur réalisation pratique aujourd’hui.
Christ est le centre. Nous nous rassemblons à Son nom autour de Lui et nous nous demandons : où est le Seigneur, où Ses droits sont-ils reconnus au milieu de Son Assemblée ?
On a vu donc l’étendue du terrain du rassemblement. Il y a un seul corps qui existe, et c’est précieux. C’est une vérité à maintenir et ceux qui la remettent en question sont à mettre de côté.
Et troisièmement, la condition nécessaire, c’est la séparation du mal. Si nous gardons cela vraiment dans nos cœurs et mettons cela en pratique, nous pouvons encore goûter aujourd’hui ce privilège du Seigneur qui est au milieu de Son Assemblée.
C’est un privilège que le Seigneur nous accorde si nous pouvons être là et goûter Sa présence jusqu’à ce qu’Il vienne. Que le Seigneur parle à nos cœurs, que le Seigneur nous aide à vraiment chercher à Lui plaire à tous égards et qu’Il nous donne des cœurs qui soient vraiment obéissants envers Lui, et à sa Parole. Je pensais à ce verset du cantique 62 où l’auteur parle tout d’abord de ce que Dieu a fait en donnant son Fils, en nous donnant la vie éternelle.

Pour un si grand amour, que te rendre, ô bon Père ?
Ah ! donne-nous des cœurs obéissants.

Que le Seigneur nous donne cela, des cœurs obéissants, qui désirent vraiment suivre la Parole de Dieu et la mettre en pratique.

D’après Message donné sur : https://edification.bible/
Juin 2020