MATTHIEU 18. 20

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MATTHIEU 18. 20

 

 

« Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20). Cette promesse est toujours valable, dans tous les temps, toujours précieuse pour les cœurs qui aiment le Seigneur. Ces expressions remarquables ont été analysées fréquemment. Elles sont au nombre de sept.

1)

Il y a un lieu de bénédiction : le Seigneur veut être avec les Siens dans un monde ennemi. Il y a un lieu pour cela. Nous n’avons pas à le chercher dans un autre lieu qui ne soit pas dans la Parole. C’est un lieu précis. Ce qui va être donné ne peut se faire que dans un lieu (Deut. 12. 5), le lieu où Il met Son nom pour y habiter. On a cherché à établir beaucoup de lieux ; on a construit des édifices magnifiques ; on a prétendu assigner un lieu particulier pour les révélations (pèlerinages). Cependant il y a un lieu spirituel, il n’y en a pas d’autre.

2) Deux ou trois

Deux ou trois sont suffisants, mais il peut y en avoir d’autres. Dans la Parole (2 Cor. 13. 1 ; Deut. 17. 6 ; 19. 15 et d’autres), deux ou trois sont l’expression d’un témoignage. Un témoignage, même si le nombre est très petit, a cette valeur de correspondre au lieu où est la bénédiction suprême de la présence du Seigneur. Évidemment, nous devons avoir la qualité d’être des témoins du Seigneur, c’est-à-dire que nous devons être nés de nouveau, scellés du Saint Esprit. Un lieu, un témoignage. Ce témoignage peut être très faible.

3) Sont assemblés

Un rassemblement : Il peut y avoir un témoignage et un accord dans ce témoignage s’il y a une assemblée locale. Il est précieux de pouvoir parler d’elle dans la dispersion actuelle. Qui rassemble ? Le Père de famille, le Pasteur des brebis. L’ennemi – le loup – travaille toujours pour disperser (Jean 10. 12). Il s’agit pour nous de nous rassembler autour du Seigneur. S’Il a racheté des personnes, c’est pour faire d’elles un tout, l’Église, dont l’unité est belle. Il est précieux de savoir qu’il existe toujours, pour nous, la possibilité de nous rassembler : ceux qu’Il a rachetés, il veut les rassembler (Ps. 107. 2 et 3).
Le peuple d’Israël était rassemblé pour une bénédiction terrestre. Le Seigneur travaille pour rassembler Son peuple céleste. Il y a tellement de croyants qui sont dispersés dans tellement de dénominations, alors qu’il y a un seul lieu. Quel privilège ! Apprécions-nous qu’il nous soit accordé tant de liberté extérieure ? N’abandonnons pas le rassemblement de nous-mêmes ! (Héb. 10. 25).

4) En mon nom

Un Nom : La réunion se réalise autour d’un Nom. Ce qui reste après tant de souffrances et de confusions, de désordres et d’apports de l’homme, c’est le nom du Seigneur, qui est toujours le même. La Parole aussi demeure, mais la Parole et le Nom vont ensemble.
Ce nom est le nom de Jésus, le nom que nous ne devrions jamais prononcer en le dissociant – au moins dans notre esprit – du nom de Seigneur. Seigneur Jésus est le nom qui l’accompagne depuis qu’Il a été glorifié (Act. 2. 36).
Jésus est Son nom d’homme. Jésus est le nom qui signifie Dieu Sauveur ; Jésus est le nom qui rappelle l’humiliation du Fils de Dieu.
Ce nom est toujours là. Il est tellement facile de le prononcer ; il dit tant de choses à nos âmes. Jésus Christ est le Même, hier, et aujourd’hui, et éternellement (Héb. 13. 8) ; le même, quels que soient le temps, la persécution, les ténèbres, le réveil, l’actualité si difficile dans tant de milieux quand on aime le Seigneur. Ce Nom demeure, malgré toutes les attaques pour l’éliminer. C’est le Nom de l’homme victorieux.
Nous connaissons ce nom. Oh ! ce nom ! Qu’il soit toujours plus précieux pour nous. Qu’il nous soit accordé d’être de ceux à qui il puisse être dit : « Tu n’as pas renié mon nom » (Apoc. 3. 8), de « ceux qui pensent à son nom » (Mal. 3. 16). Bien que nous soyons un très faible nombre de personnes, soyons de ceux qui pensent à son nom, le nom de Dieu connu comme Père.

Nom merveilleux qui rend visible…
Le Dieu que jamais œil ne vit.
Nom de l’homme humble et solitaire
Plein de pitié pour nos malheurs…
Nom sans pareil, dont la puissance
Répond toujours à notre foi,
Nom qui rassemble, en ton absence,
Tes rachetés autour de toi.

5) Je suis

Une personne : nous avons un nom, et maintenant nous avons ici la Personne. « Je suis celui qui suis », c’est Jéhovah de l’Ancien Testament (Ex. 3. 14), c’est Celui qui, en Lui-même, est éternel. Tel Il était ici-bas sous une forme humaine, le « Je suis » que nous sommes appelés à connaître individuellement et tous ensemble.
« Je suis la lumière » (Jean 8. 12) ; « Je suis le bon Berger » (10. 11) ; « Je suis la porte » (10. 9) ; « Je suis le chemin, et la vérité, et la vie » (14. 6) et finalement « Je suis » (8. 58) dans toute l’affirmation de Sa déité.

6) Je suis là

Nous avions une Personne, mais cette Personne vient occuper Sa place parmi d’autres. C’est une présence. C’est un Dieu de près (Jér. 23. 23), invisible mais présent. Dieu avait voulu être un Dieu de près pour Son peuple, mais ils n’ont pas joui de Sa présence. Et maintenant Jésus reste toujours actif, étant toujours vivant pour intercéder pour les Siens (Héb. 7. 25).
Je suis là : une présence. Oh ! si nous la réalisions mieux ! Nous le disons facilement, mais est-elle perceptible à nos âmes ?

7) Au milieu d’eux

Si nous nous rendons un peu compte (c’est seulement un peu, même avec les capacités de la nouvelle nature ouverte par l’Esprit) de ce qu’est cette Personne, si cette présence était plus sensible à nos âmes, quelle réalité pratique nous aurions de l’unité dont nous parlons ! Tous les sentiments, le cœur, les élans centrés sur le même point. N’est-ce pas cela l’unité visible ? Ce sera ainsi dans le ciel, toute la multitude des rachetés sera centrée en Lui qui est l’unique centre de nous tous, de nos âmes, de nos cœurs, de nos esprits.

Un lieu, un témoignage, une assemblée, un nom, une Personne, une présence, un centre…

Que Dieu nous donne de connaître la réalité de ces choses, choses que, comme chrétiens, nous sommes appelés à vivre ici-bas, que les Siens sont appelés à vivre pour Sa gloire, pour le bien de tous et pour le témoignage au milieu de ce monde.

D’après A. Gibert

 

GEORGES WASHINGTON : LE CHRÉTIEN

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GEORGES WASHINGTON : LE CHRÉTIEN

 

Les États-Unis ont célébré le bicentenaire de leur premier Président le 22 février 1932. Le monde entier a rendu hommage au général, à l’homme d’État, au grand citoyen qu’il fut. Sa valeur est incontestée et on le considère comme celui qui a fait des États-Unis une des premières puissances du monde. Mais, en général, on parle fort peu de sa foi en Dieu et de sa vie intérieure, pourtant très réelles.
Son père mourut quand l’enfant n’avait encore que onze ans. Dans cette courte période, nous apprenons qu’il se donna beaucoup de peine pour inculquer à son fils l’amour de la Parole de Dieu, le respect des services divins et la grande vertu chrétienne de l’altruisme.
Washington fut fidèle à ses principes ; malgré sa vie active, il prit toujours le temps de prier, et partout où il était, il instituait un service divin, soit chez lui, soit parmi ses soldats dans la vie de camp, donnant des ordres pour que ces derniers assistent aux services religieux, et donnant l’exemple lui-même par sa régularité au culte du dimanche.
Washington avait pour sa mère une grande vénération ; elle menait une vie sainte, « cachée avec Christ en Dieu » et elle eut, à cause de cela une profonde influence sur son fils. Elle lui inspira sa piété et ses fermes convictions chrétiennes.
A 13 ans, c’était déjà un garçon sérieux et réfléchi. Nous avons retrouvé qu’à cet âge, il copia dans un journal intime des pensées que l’on a publiées depuis sous le titre : « Règles de politesse et de bonne tenue en société et dans la conversation ». Cent dix préceptes invitent à la maîtrise de soi, à la modestie, au respect des autres. L’idée qui revient le plus fréquemment est celle d’une vie vécue pour autrui, qu’il avait certainement puisée auprès de sa mère et dans la Bible : « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Luc 22. 27). Nous citerons les trois dernières « règles » :
• Quand vous parlez de Dieu et de Ses attributs, que ce soit avec sérieux et révérence. Honorez vos parents et obéissez-leur, même s’ils sont pauvres.
• Que vos récréations soient saines et non souillées de péché.
• Efforcez-vous de garder vivante en vous cette petite flamme qui s’appelle la conscience.
Pendant les rudes années de la Révolution, Washington eut à souffrir, non seulement de privations, mais aussi des intrigues et des calomnies que la jalousie montait contre lui ; il fut trompé et trahi par ses amis, mais ces choses n’aigrirent point son caractère (ce qui prouve sa noblesse d’âme). Elles enrichirent son expérience et sa vie religieuse. Son âme mûrit sous les coups de l’épreuve.
Le problème de l’esclavage, dans son pays, le tourmenta toute sa vie. Il aurait voulu pouvoir affranchir les esclaves et était en rapports fréquents avec les autorités des États du Sud. Il libéra quelques-uns de ses propres esclaves et leur procura terres et cases. La question était trop vaste et trop compliquée pour qu’un seul homme puisse la résoudre. Lorsqu’en 1769, quelques-uns d’entre eux tombèrent victimes d’une épidémie de petite vérole, il se rendit lui-même dans sa propriété et fit tout ce qu’il put pour leur guérison ; il amena de bons médecins, des infirmières, des remèdes, des couvertures chaudes. Il les nourrit même de mets réconfortants de sa propre cuisine que surveillait et dirigeait sa femme. Il mettait en pratique ce que l’apôtre Jacques, dans son épître, indique comme étant la preuve de la vraie foi : « Je te montrerai ma foi par mes œuvres ».

Georges Washington savait puiser dans la Bible consolation et énergie. Son journal et ses notes de voyage font mention du nombre de ses présences au culte du dimanche et nous voyons qu’elles sont aussi fréquentes dans les périodes de sa vie publique et mouvementée que dans les temps de calme et de paix. Par exemple, à la date du 1er juin 1774, nous relevons ces mots : « Suis allé à l’église et ai jeûné tout le jour ». C’était en souvenir de la mise en vigueur du « Port Bill » de Boston.
« A l’heure actuelle, où le repos du dimanche est foulé aux pieds et remplacé par un jour de vacances et de sport, de jeu et d’intempérance, il est encourageant de nous rappeler que le Père de notre Pays considérait la piété comme indispensable à sa vie. Pour lui, le culte du dimanche, l’assemblée du peuple de Dieu, était une source de joie et de satisfaction. C’était un principe, mais aussi une joie ».

A Mount-Vernon

La résidence de Washington réunissait une compagnie aussi nombreuse que brillante ; elle avait dans tout le pays une grande renommée d’hospitalité. Malgré cela, jamais aucun invité n’empêcha Washington de se rendre au temple. Un pasteur rend ce témoignage : « Je me suis souvent trouvé à Mount Vernon le dimanche matin, quand la table était remplie d’invités. Il n’est jamais resté à la maison pour faire plaisir à l’un d’eux. Au contraire, il les invitait aimablement à l’accompagner au service divin ».
C’était un joli spectacle que l’arrivée du coche de Mount-Vernon à l’église de Pohick.
De 1759 à 1774, la même scène, pleine de pittoresque et de couleur, se répétait tous les dimanches matins. Quatre chevaux étaient attelés à la voiture (il en fallait six quand les routes étaient mauvaises) ; ils étaient montés chacun par un postillon bien stylé, en livrée blanche et cramoisie (les couleurs de la famille). Le Colonel Washington et ses invités escortaient le coche à cheval, tandis que d’autres voitures ou chaises à porteurs transportaient les dames de la maison.
Pendant qu’ils étaient à Philadelphie, le président et sa femme fréquentaient les services de l’Église du Christ.
Un jour qu’il était à York, en Pennsylvanie, et ne trouvait point d’église épiscopale dans l’endroit, il se rendit à l’église réformée hollandaise. Il écrit à ce sujet que « ne pouvant comprendre un mot de la langue, il n’y avait aucun danger qu’il devienne un de leurs adeptes par suite de l’éloquence du prédicateur » !
Sa loyauté à sa propre église lui inspirait le respect pour la fidélité des autres à leurs églises particulières, d’où une grande largeur d’idées, et un esprit de tolérance religieuse étonnant pour l’époque.
Il garda cette même attitude envers les différentes confessions de son pays, et de même envers les Quakers qui refusaient de servir dans l’Armée, alors que lui était éminemment soldat et qu’il avait tant besoin d’hommes. Mais il respectait leurs opinions et les louait hautement pour leurs vertus incontestables.
A table, Washington rendait toujours grâces pour la nourriture, même lorsqu’il était très pressé. On croit que ce rôle lui était échu à l’âge de 11 ans, après la mort de son père, car il était l’aîné de la famille. Pour montrer à quel point cette habitude était ancrée chez lui, nous citerons le fait suivant qui ne manque pas de charme.
Un jour, un pasteur était parmi les invités de Mount-Vernon. Au moment du déjeuner, au lieu de demander au pasteur de prononcer la bénédiction, Washington fit comme il en avait l’habitude et le repas commença.
Plus tard, on rappela à Washington qu’il avait peut-être commis là une impolitesse vis-à-vis d’un ecclésiastique.
Washington exprima son regret de l’oubli, mais ajouta :
Au moins, ce révérend « gentleman » ne pourra pas dire qu’à Mont-Vernon, nous sommes dépourvus de « grâce ».
De bonne heure dans sa vie, Washington révéla et affirma la profondeur de ses convictions religieuses. A la fin de sa course, il montra que sa foi n’avait point changé par une phrase très brève : « Tout va bien ! » puis son âme quitta ce monde pour aller dans la présence de Celui qu’il avait si fréquemment invoqué en temps de détresse et de trouble, et à qui il rendait grâces si sincèrement pour Son conseil, Sa protection et Ses innombrables bénédictions.

Le témoignage d’un conseiller de cour.

John Marshall, que Washington nomma « Chief of Justice », le premier juge des États-Unis, qui fut si longtemps à la tête du pays, interprétant et exécutant la Constitution, ami personnel du Président, dit de lui : « Georges Washington était un croyant sincère, sans ostentation. C’était un homme pieux. Il espérait en l’avenir de son pays parce qu’il savait que sa cause était juste et que la bénédiction divine reposait sur elle… »
Aujourd’hui, où nous cherchons le secret de la prospérité pour combattre cette période de dépression, nous ferions bien de nous rappeler les principes de ce grand homme. Maintes fois, il a déclaré que le bien-être d’une nation dépendait de la piété des individus qui la composent. Il parlait de Dieu comme du « Tout-puissant dispensateur de la Providence », « du Gouverneur suprême des nations », de « l’Auteur de tout bien public ou privé ».
Washington était un grand lecteur des Saintes Écritures, semblable en cela à plusieurs autres chefs des États-Unis : Lincoln, Roosevelt, Cleveland et Wilson. Un tel homme ne peut manquer d’être aussi un grand intercesseur. C’est ce qu’il fut : un homme de prière. C’était le fondement de sa vie, un point essentiel dans son programme quotidien, aussi occupé qu’il ait été.

Des traces dans la neige à Valley Forge.

Gettysburg ! C’était l’heure la plus sombre de la Révolution américaine. Le Congrès n’avait plus d’autorité ; il était méprisé à l’intérieur et à l’extérieur. Comment aurait-il pu obtenir des fonds pour équiper la petite armée des patriotes, qui diminuait de jour en jour ? L’armée anglaise s’était installée pour passer un confortable hiver à Philadelphie. Le reste de la petite armée de Washington mourait de faim et gelait à Valley Forge. Ils n’avaient ni couvertures, ni vêtements, ni nourriture, ni médicaments, ni souliers, ni argent, ni poudre. Les hommes se groupaient, désespérés, dans ce camp, et leurs empreintes sur la neige étaient rouges !
Chaque matin, Washington disparaissait pour aller dans un fourré d’où il reparaissait l’esprit tranquille, la paix sur le visage, la volonté affermie. Cela semblait si étrange, au milieu des circonstances décourageantes, que ses officiers se mirent à le suivre et à l’épier. A leur grande surprise, ils le découvrirent à genoux dans la neige, répandant son cœur en agonie pour le grand besoin de son pays, plaidant avec Dieu pour qu’Il le sauve du chaos de la défaite et de l’anarchie, qui était prêt à l’engloutir.
Des choses extraordinaires survinrent en réponse à cette prière d’un homme de foi à un Dieu juste, pour une cause juste.
De cette cause dont il disait en 1776 à Cambridge : « A vues humaines, elle est perdue. Nous avons contre nous la plus grande puissance du monde, sur terre et sur mer (l’Angleterre). Mais c’est une cause de justice éternelle et, comptant sur le secours du Dieu de justice, je consacre ma vie et ma destinée à la poursuivre jusqu’au bout ».
Un envoyé du Congrès survint dans le camp, apportant la nouvelle officielle que la France reconnaissait la Confédération comme une nation indépendante. L’or et les munitions commencèrent à affluer de France. Une splendide armée bien équipée et une flotte de guerre apparurent sur la scène, arrivant pour coopérer avec Washington. De Grasse et Rochambeau consommèrent la victoire par la prise de Yorktown et la reddition du général anglais Cornwallis.
Le neveu de Washington, qui lui servit de secrétaire au début de sa Présidence, déclara un jour qu’il avait, par hasard, surpris son oncle dans ses dévotions privées, auxquelles il se livrait matin et soir, et qu’il l’avait vu agenouillé devant une Bible ouverte. Il était persuadé que c’était là son habitude quotidienne. A quatre heures du matin, il se rendait dans son bureau, sans doute pour y faire sa lecture journalière.
Washington n’a jamais hésité ni éprouvé aucune honte à proclamer publiquement sa foi ni, comme Président, à émettre des proclamations où il invitait les citoyens à s’humilier dans la prière pour avoir péché contre Dieu. Abraham Lincoln en fit autant pendant la Guerre civile, et Wilson pendant la Grande Guerre. Il serait bon de nous en souvenir.
Le peuple américain reconnaissait si bien la sagesse et la capacité de Washington que, lorsqu’il fallut donner un chef à l’Armée défensive, il ne voulut personne d’autre que lui, et il fut élu à l’unanimité. De même, lorsqu’on fit l’élection d’un « chairman » de la constitution, Washington fut encore élu à l’unanimité, et enfin, lorsque les treize colonies se constituèrent en République fédérale, le peuple voulut que Washington soit son premier Président.

D’après la Bonne Revue 1932
C.E. Scott (du « Sunday School Times » de Philadelphie

DIVINS PARADOXES

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DIVINS PARADOXES

Pour devenir maître, il faut être d’abord serviteur.
Pour monter, il faut être descendu
Pour recevoir, il faut savoir donner.
Pour être riche, il faut se faire pauvre.
Pour être sage, il faut être fou aux yeux du monde.
Pour s’élever, il faut premièrement s’abaisser.
Pour vivre, il faut mourir à soi-même.

 

D’après la Bonne Revue 1938

CE QUE L’ON NE REGRETTE JAMAIS

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CE QUE L’ON NE REGRETTE JAMAIS

 

D’avoir fait du bien à tous.
De n’avoir dit du mal de personne.
D’avoir écouté avant de juger.
D’avoir réfléchi avant de parler.
D’avoir tenu sa langue en bride.
D’avoir montré de la sympathie aux affligés.
D’avoir demandé pardon de ses torts.
D’avoir usé de patience envers tous.
D’avoir refusé de prêter l’oreille aux rapporteurs.
De n’avoir pas ajouté foi aux faux rapports.

D’après la Bonne Revue 1938

 

LA PETITE LILY ET LE VIEUX MISANTHROPE

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LA PETITE LILY ET LE VIEUX MISANTHROPE

Chapitre 1. Découverte de Lily

– Max, dit un jour la petite Lily, en courant d’un air effaré vers son frère, qui était occupé à ratisser une plate-bande de son jardin, Max, sais-tu ce que c’est qu’un misanthrope ?
Ces mots furent prononcés à voix basse, d’un ton de perplexité et presque d’effroi. Quant au dernier mot, celui de misanthrope, on aurait dit que la fillette osait à peine l’articuler.
Max s’appuya sur son râteau, et parut fort amusé du sérieux de sa sœur.
C’était un grand garçon de douze ans, et Lily, qui n’en avait que sept, le considérait comme le personnage le plus habile, le plus remarquable et le meilleur qu’il y ait au monde. Aussi recourait-elle à lui dans toutes ses difficultés, grandes ou petites.
– Un misanthrope ? répondit-il en riant ; mais c’est un sauvage, un homme qui déteste tout le monde.
– Vraiment ! balbutia Lily, l’air toujours plus grave et les yeux toujours plus ronds. Alors, c’est à peu près comme un ogre, comme un cannibale ?…
(La petite connaissait le premier de ces mots pour l’avoir rencontré dans les contes de fées, et le second, dans les récits missionnaires).
Max rit de plus belle.
– Oh ! Non, ce n’est pas tout à fait la même chose, répondit-il. Les misanthropes ne se nourrissent pas de chair humaine : ils se contentent de haïr leurs semblables. Mais quelle mouche t’a piquée, petite sœur ? Pourquoi me fais-tu ces drôles de questions ?
Lily ne se fâchait jamais quand Max la traitait de « petite » ou qu’il la taquinait ; car elle savait qu’au fond, il l’aimait tendrement et que, si parfois il se moquait d’elle, il ne permettrait à personne d’autre de faire de même.
– Je vais tout t’expliquer, Max, dit-elle en conduisant son frère sous un arbre et en s’asseyant à côté de lui. Tu sais que la dame qui me garde a une infection à la main, et le docteur Barquier est venu tout à l’heure pour lui faire un pansement. J’étais dans la chambre avec maman ; le docteur a beaucoup causé avec elle, et je ne sais pas comment, ils en sont venus à parler du jeune accidenté qui est arrivé depuis peu au château. Tu comprends que cela m’intéressait ; aussi, j’ai écouté de toutes mes oreilles. Le docteur a dit que le petit garçon est bien faible, bien délicat.
– Et n’a-t-il aucun ami de son âge ? a demandé maman. Il doit mener une vie bien triste. Ne pourrait-on rien faire pour l’égayer un peu ? Mes enfants iraient volontiers jouer avec lui.
M. Barquier a secoué la tête.
– Il ne faut pas y songer, a-t-il répondu. Il est bien sûr que seul, avec son grand-père et les domestiques, l’enfant doit s’ennuyer mortellement, et cela ne peut que nuire à sa santé ; mais le vieux monsieur est un misanthrope. Il ne veut se lier avec aucun de ses voisins, a donné ordre à ses domestiques de ne recevoir personne et a même paru très vexé quand je lui ai conseillé de permettre à son petit-fils de voir quelques enfants.
Puis le docteur est parti ; maman l’a accompagné et moi je suis venue te demander ce que c’est qu’un misanthrope. J’ai répété plusieurs fois ce long mot en venant, de peur de l’oublier. Je m’étonne que M. Barquier ose aller chez un homme qui déteste tout le monde : j’aurais une peur affreuse si je le voyais.
– Oh ! Il ne te mangerait pas, dit Max d’un ton rassurant ; mais je suppose que la société lui déplaît. C’est vrai que voilà un mois que le vieux monsieur est au château, et personne, que je sache, n’a encore vu le bout de son nez. Je crains, en effet, que son petit-fils ne mène pas une existence très gaie. Sais-tu comment il s’appelle ?
– Gérard ; le docteur l’a appelé Gérard de Laporte. Pauvre garçon ! J’aimerais beaucoup jouer avec lui ; cela l’égaierait, comme dit maman. Mais jamais je n’oserais aller dans le parc : je craindrais de rencontrer le vieux sauvage.
Max pinça en souriant la joue rose de Lily.
– Et ne penses-tu pas que ton grand frère pourrait te protéger ? demanda-t-il. Tiens, il me vient une idée ; si nous allions à la recherche de Gérard, sans rien dire à personne ? Tu regrettes souvent qu’il ne t’arrive pas quelque chose d’extraordinaire, comme aux petites filles de tes livres ; eh bien ! voici une occasion de chercher les aventures.
Lily leva vivement la tête, d’un air mi-joyeux, mi-craintif.
– Que veux-tu dire ? demanda-t-elle, en baissant la voix.
– Rien de si terrible qu’on ne puisse en parler à voix haute, repartit Max. Tu sais que l’homme d’affaires de M. de Laporte nous a permis de nous amuser tant que nous voudrions dans les avenues et les allées bordées d’arbres du parc. Depuis le retour du propriétaire, nous avons cessé d’y aller, de nous-mêmes et par discrétion ; mais si aujourd’hui nous reprenions nos anciennes habitudes, nous ne désobéirions à personne, puisqu’aucune défense ne nous a été faite.
Le visage de Lily était rouge d’émotion.
– Oh ! Max, dit-elle, oserais-tu vraiment…
– Mais bien sûr, petite nigaude, interrompit son frère. Je n’ai pas peur d’un vieux grincheux. D’ailleurs, quel mal pourrait-il nous faire ?
– Et tu crois que si nous allions dans le parc nous verrions Gérard ?
– C’est probable. Le temps est si beau et les allées sont si sèches qu’il doit passer la plus grande partie de ses journées dehors. Le docteur Barquier recommande à tous ses malades de sortir autant que possible, et comme Gérard ne peut faire aucun exercice, je pense qu’il a doublement besoin de grand air.
Lily paraissait très excitée.
– Il n’y aurait rien de mal à chercher à le voir, n’est-ce pas ? reprit-elle.
– Je ne le crois pas.
– Mais nous n’en dirions rien à personne ?
– Pour ma part, ça n’a pas d’importance ; mais je sais que tu aimes les secrets, Lily.
– Oui, interrompit la fillette ; je trouve qu’il est très amusant d’avoir un secret à garder. Tu sais que nous en avons eu un l’année dernière, toi et moi, à l’occasion de la fête de papa : je lui ai brodé des pantoufles en cachette, et toi, tu lui as fait un dessin. Maman m’a dit, l’autre jour, que pourvu qu’il n’y ait rien de mal dans nos secrets, elle nous permettait d’en avoir. Certainement, ce n’est pas mal de chercher à faire plaisir à Gérard, n’est-ce pas ?
– Non, bien sûr. Je crois que maman, loin de désapprouver notre projet, l’approuverait entièrement.
La petite fille resta pensive un moment ; puis, se rapprochant de son frère, elle lui dit tout bas :
– Max, quand irons-nous ?…
– Je n’en sais rien, répondit celui-ci ; demain peut-être. Mais tu n’auras pas peur au moins ?
– Oh ! Si, je crois que j’aurai bien peur, au contraire, dit naïvement la fillette ; mais c’est égal, j’irai avec toi. Pour rien au monde, je ne voudrais te laisser aller seul chez cette espèce de sauvage qui déteste tous les hommes : je craindrais qu’il ne te fasse du mal. Moi, tu sais, je ne suis qu’une petite fille, et peut-être sera-t-il moins méchant avec moi.
– Je ne pense pas qu’il soit aussi méchant que tu te l’imagines, répondit Max. Ce doit être un vieux bourru, qui aime la solitude et qui se méfie de tout le monde. De toute façon, il n’est pas probable que nous le voyions : le parc est si grand et nous ferons attention de nous tenir à une bonne distance du château.
Mais la petite tête de Lily travaillait toujours. Elle se représentait le châtelain comme un être farouche et terrible. Il faut dire que la fillette avait une imagination très vive, et, de plus, un goût prononcé pour le mystérieux et le dramatique. C’était donc avec un étrange mélange de frayeur et de plaisir, d’appréhension et d’impatience qu’elle pensait au projet que son frère et elle allaient tenter de mettre à exécution.
Après le souper, les deux enfants se retrouvèrent seuls au jardin.

– Lily, commença Max, veux-tu que nous allions voir si le trou de la haie par lequel nous entrions dans le parc existe toujours ? Il y a plusieurs semaines, tu sais, que nous ne sommes pas allés par là, et pendant ce temps on aurait pu réparer la haie.
– Je veux bien, dit Lily en hésitant ; mais est-ce tout de suite ?
– Pourquoi pas ? fit Max. Le soleil va se coucher, et sous les arbres, il fait déjà sombre. Nous pourrons même nous approcher du château sans risquer d’être vus. Bien sûr, Gérard est rentré, à cause de l’humidité du soir, et son grand-père est probablement en train de dîner. Ce serait amusant, n’est-ce pas, de reconnaître le terrain, sans que personne ne le sache.
– Oui, c’est vrai… balbutia la petite ; mais tu ne penses pas, au moins, que nous courions aucun danger ?
– Pas le moindre ! interrompit le jeune garçon avec quelque impatience. Viens-tu, oui ou non ?
Pour toute réponse, Lily glissa sa petite main dans celle de son frère, et se laissa conduire par lui.
La maison appartenant aux parents de nos deux jeunes amis était entourée d’un jardin, qui n’était séparé du grand parc de la famille de Laporte que par une forte haie d’acacia.
Comme on l’a vu plus haut, Max et sa sœur avaient été habitués, dès leur plus jeune âge, à courir dans les allées désertes et dans les jardins négligés de ce vaste domaine. Deux ou trois fois même, ils avaient visité le manoir inhabité qui, avec son escalier monumental, ses grands salons aux lambris dorés, ses corridors silencieux, avait produit sur eux une vive impression ; ils ne se représentaient pas autrement les palais enchantés des contes de fées. Ces idées enfantines s’étaient complètement effacées de l’esprit de Max ; mais pour Lily, le vieux château restait encore aussi merveilleux, aussi fantastique que par le passé. Elle s’attendait toujours à en voir sortir quelque étrange apparition ; et maintenant qu’elle suivait son frère dans les étroits sentiers y conduisant, il lui semblait qu’elle entrait pour de bon dans le pays des aventures.
Nos deux enfants marchaient sans bruit, comme sur un tapis moelleux, dans les allées couvertes de mauvaises herbes. Enfin, Max retira sa main de celle de Lily ; et rasant une haute bordure de buis taillé, il s’approcha avec précaution d’une sorte de rond-point d’où l’on découvrait le château.
Pendant quelques secondes, le jeune garçon regarda furtivement autour de lui ; puis, posant un doigt sur ses lèvres, il se retourna vers sa petite sœur et lui fit signe de venir le rejoindre.
Pâle et anxieuse, la fillette s’avança sur la pointe des pieds et regarda à son tour.
L’antique manoir se dressait devant eux, éclairé par les derniers rayons du soleil couchant. On distinguait parfaitement la longue terrasse rongée par la moisissure, les statues qui la décoraient, ainsi que les grands vases de pierre, espacés sur la balustrade, où croissaient des plantes.
Les enfants remarquèrent que la grande pièce de gazon, « le tapis vert », comme on l’appelait, avait été récemment tondue, et que de belles fleurs ornaient les corbeilles qui se trouvaient sous les fenêtres du château. Mais ce n’était ni les fleurs ni la terrasse qui les occupaient le plus : leurs yeux étaient rivés sur un vieillard de haute taille et à cheveux blancs qui, penché sur la balustrade de pierre, semblait regarder le jardin. Les enfants ne voyaient pas son visage, car il leur tournait presque le dos ; mais il avait l’air si morne, si mélancolique, sur cette grande terrasse délabrée, que le cœur de Lily se serra. Elle se demandait à quoi pouvait bien penser le pauvre solitaire, quand Max lui toucha le bras et lui dit à l’oreille :
– Filons à présent !
Lily reprit la main de son frère, et tous deux s’éloignèrent en silence.
Ce fut la fillette qui parla en premier.
– Max, dit-elle, est-ce le sauvage qui déteste tout le monde que nous venons de voir ?
– Oui, je pense que c’est M. de Laporte, répondit le frère aîné.
– Pauvre vieux monsieur ! soupira Lily ; qu’il avait donc l’air triste et malheureux ! Je voudrais pouvoir le consoler.
Max rit de son bon rire, si franc et si joyeux.
– Toi, Lily ! s’écria-t-il ; et comment le pourrais-tu, petite sœur ? Sais-tu que tu n’es guère encore qu’un bébé ?
– C’est vrai, acquiesça Lily, d’un air très humble. Je ne peux faire que bien peu de chose.
Cependant, la petite fille conservait, au fond de son cœur, un intime et ardent désir d’alléger en quelque mesure le lourd nuage qui semblait peser sur la tête blanche du vieillard. Elle était, en tout cas, aussi préoccupée de lui que de Gérard, le jeune accidenté dont elle et son frère allaient essayer de faire la connaissance. Cette nuit, la pensée de M. de Laporte la poursuivit, même pendant son sommeil : elle rêva qu’il lui faisait visiter le château, lui montrait de vieux portraits de famille, et lui racontait l’histoire de sa jeunesse.

 

Chapitre 2. Aventure de Lily

Le lendemain, vers deux heures, Max dit à Lily que le moment était venu de mettre à exécution leur projet de la veille.
Nos petits amis avaient constaté que le trou dans la haie mitoyenne existait toujours, et qu’ils pouvaient s’introduire dans le parc tout aussi facilement que par le passé. Arrivés devant ce trou, ils regardèrent de l’autre côté, et ils aperçurent dans une allée sablée, à l’ombre de grands arbres, une sorte de chariot roulant. Un jeune garçon, à peu près de l’âge de Max, y reposait, soutenu par des coussins. Évidemment, on avait conduit là le jeune malade afin qu’il respirât le grand air. Quant au grand-père, on n’en voyait pas la trace. Gérard avait pour seul compagnon un superbe lévrier couché à côté de lui.
– Allons, c’est parfait ! dit Max en franchissant la haie. Suis-moi, petite sœur.
Le moment d’après, Lily, un peu agitée, mais très contente au fond, avait rejoint son frère.
Les deux enfants s’approchèrent, à pas de loup, du petit garçon. Celui-ci ne les vit que lorsqu’ils furent tout près de lui : il poussa un cri de surprise.
Lily recula épouvantée, d’autant plus que le grand lévrier faisait entendre de sourds grognements ; mais son jeune maître l’apaisa aussitôt, et sourit plutôt de bon gré à ses visiteurs inattendus.
– Tu es Gérard de Laporte, n’est-ce pas ? dit Max en lui tendant la main. Moi, je suis Max Forestier, et voici ma petite sœur Lily. Nous demeurons dans la maison voisine, et nous avons l’habitude de venir nous amuser dans le parc. Te sachant malade et seul au château, nous avons pensé qu’il te serait peut-être agréable de nous voir quelquefois.
Gérard sourit de nouveau ; et Lily, ayant rencontré son regard, fut complètement rassurée : elle comprit qu’il n’était pas du tout contrarié de leur démarche.
– Nous te plaignons d’être tout seul, expliqua-t-elle ; nous désirions te faire plaisir et devenir tes amis : c’est pour cela que nous sommes venus. Personne n’en sait rien : c’est un secret entre nous.
Ces derniers mots semblèrent réjouir Gérard.
– Tant mieux, répondit-il. Je suis très heureux de vous voir, mais tenons la chose secrète ; car si mon grand-père l’apprenait, peut-être en serait-il mécontent.
Lily prit un air très sérieux. Elle se demandait si, dans ces conditions, son frère et elle devaient continuer leurs visites au jeune malade. Mais, tandis qu’elle examinait cette question délicate, les deux garçons, moins scrupuleux, avaient engagé une conversation des plus animées. Gérard ne parlait pas beaucoup de lui-même, mais il voulait connaître toute l’histoire de ses nouveaux amis. Il écouta aussi avec un vif intérêt ce que Max lui raconta de ses études et de ses amusements préférés. Lily s’éloigna peu à peu.
Depuis qu’elle n’était plus venue dans le parc, les jardins et les allées bordées d’arbres avaient subi de notables changements. Les massifs de fleurs étaient mieux garnis, les arbustes mieux taillés. Lily savait qu’au bout d’une certaine allée retirée, et au milieu d’une bordure de gazon, il y avait un bassin, et dans ce bassin, une fontaine représentant un groupe de tritons. On lui avait dit que lorsque la fontaine se mettait à couler le jet d’eau fonctionnait, les tritons lançaient par leurs narines une eau jaillissante qui retombait sur une sorte de large coquille de marbre soutenue par leurs queues. À son grand regret, la fillette n’avait jamais vu les tritons en action.
– Qui sait, se demanda-t-elle tout à coup, si on n’aurait pas arrangé la fontaine ? Quel bonheur si j’allais la voir couler !
D’un pas léger et sautillant comme celui d’un oiseau, elle remonta l’allée ombreuse qui conduisait à la fontaine.
Rien ne semblait changé dans ce petit coin solitaire. La seule différence que remarqua la petite, c’est que l’eau du bassin, autrefois croupissante, était maintenant plus abondante et plus claire. Lily était toute déçue.
– Quel dommage ! dit-elle à haute voix ; j’aurais tant voulu que la fontaine coule !
À peine avait-elle prononcé ces paroles, que quelque chose de très étrange se produisit.
En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, les tritons se mirent à lancer, dans les airs, comme des fusées d’une eau étincelante, qui retombaient dans la vasque avec un murmure harmonieux et cristallin.
La petite fille croyait rêver. Elle se frotta les yeux et regarda de nouveau. Mais non ; ce n’était pas un rêve : la fontaine fonctionnait réellement. Au comble de la surprise et de l’admiration, Lily s’avança, les mains jointes, et resta quelques instants plongée dans une sorte d’extase.
Mais, tout à coup, la fillette tressaille et pousse un petit cri étouffé. A-t-elle donc vu quelque être surnaturel ? Oh ! Non ; mais, dans un bosquet de laurier, elle venait d’apercevoir un vieillard, qui, assis sur un banc rustique, la regardait fixement.
La première pensée de Lily fut de s’enfuir au plus vite ; toutefois, un second coup d’œil jeté sur le vieillard la rassura complètement. Son extérieur était, en effet, des moins imposants. Il tenait à la main un sécateur. Une longue blouse de toile grise recouvrait ses habits et une drôle de casquette, à large visière, était enfoncée sur ses oreilles.
– Bien sûr, c’est le jardinier de M. de Laporte, pensa Lily ; aussi, quand le bonhomme, qui restait immobile sur son banc, lui fit signe d’approcher, obéit-elle sans trop d’hésitation.
– Qui es-tu ? demanda l’inconnu d’une voix creuse.
Quoique le son de cette voix ne lui plaise pas trop, cependant ce fut assez bravement que la fillette répondit :
– Je suis Lily Forestier. Nous habitons la maison tout à côté du château. Avant l’arrivée de M. de Laporte, Max et moi nous venions tous les jours nous amuser ici ; l’homme d’affaires nous en avait donné la permission.
– Qui est ce Max dont tu parles ?
– C’est mon frère, Monsieur.
– Où est-il à présent ?
Lily eut quelques secondes d’hésitation, puis elle s’approcha de celui qui l’interrogeait.
– C’est un secret, murmura-t-elle ; mais je veux bien vous le dire, si vous me promettez de ne pas le répéter.
Il sembla à Lily que les lèvres du vieillard ébauchaient un sourire ; toutefois, ce fut d’un ton presque dur qu’il répondit :
– Tu peux parler ; à mon âge, on sait se taire quand il le faut.
Lily n’était pas très satisfaite de cette réponse ; toutefois, elle pensa qu’elle devait continuer. Posant la main sur le genou de l’homme à la blouse, elle lui dit d’un ton tout à fait confidentiel :
– Mon frère est en train de parler là-bas, avec Gérard de Laporte.
– Vraiment ! Et pourquoi cela, je te prie ?
– On nous a dit, expliqua gravement Lily, que le pauvre enfant s’ennuyait, qu’il n’avait aucun ami de son âge, et nous avons pensé que peut-être nous pourrions le distraire.
– Ah ! Très bien. Mais pourquoi fais-tu un mystère de cela ?
La petite fille baissa la tête et balbutia :
– Parce que…, parce que j’ai peur…
– Peur de quoi ? interrompit sa nouvelle connaissance.
– Je vous le dirai, reprit l’enfant, mais encore à condition que vous n’en parliez à personne.
– D’accord !
– Eh bien ! J’ai peur du grand-père de Gérard, du vieux M. de Laporte, vous savez… Quelqu’un l’a appelé devant moi un misanthrope, et Max m’a dit que ce mot signifie un sauvage, un homme qui déteste tout le monde. Cela m’a effrayée. L’avez-vous vu une fois, Monsieur ? Est-il réellement aussi méchant qu’on le dit ?
En posant cette question, Lily leva la tête et fixa un regard inquiet et candide sur son interlocuteur.
Pour toute réponse, celui-ci l’enleva de terre, l’assit sur son genou et la regarda en clignant des yeux d’un air étrange. Au bout d’un moment, il reprit :
– Ainsi donc, tu as entendu dire que M. de Laporte est un sauvage, un homme terrible ? Je m’étonne que tu aies osé venir aussi près de ses griffes, petite demoiselle.
– Oh ! Je ne sais pas ce que je deviendrais si je voyais le vieux monsieur… Mais peut-être bien, qu’après tout, il ne prendrait pas la peine de me détester ; je suis si petite ! D’ailleurs…
Elle s’arrêta, comme si elle avait craint de trop parler.
– Continue, fit le vieillard.
– Nous l’avons aperçu hier soir, dit-elle en baissant la voix, et je ne lui ai pas trouvé l’air méchant du tout ; il est vrai que je n’ai pas vu sa figure. Le pauvre monsieur était tout seul sur la grande terrasse, et il avait l’air si triste, que cela m’a fait de la peine. J’ai pensé que, si c’était possible, je voudrais essayer de le consoler et de l’aimer.
Lily rougit un peu et sa voix trembla en prononçant ces mots, mais les yeux de son nouvel ami avaient une expression si bienveillante que la petite ne tarda pas à reprendre confiance.
– Comment ? dit-il ; tu pourrais aimer un ogre, un monstre comme celui-là ? Il me semble, jeune demoiselle, que tu donnes tes affections bien facilement.
– Je tâche d’aimer tout le monde, répondit candidement la fillette. C’est ainsi que nous devons faire, m’a dit maman.
– Et pourquoi, je te prie, devons-nous aimer tout le monde ? Maman te l’a-t-elle dit aussi ?
– Oh oui ! interrompit l’enfant avec un doux sourire : c’est parce que Jésus nous aime tous, et qu’Il nous a dit de nous aimer les uns les autres, pour l’amour de Lui.
Le vieillard la regarda avec surprise, et lui dit d’un ton brusque :
– Tu ne peux pas comprendre ces choses ; tu es trop jeune.
À son tour, Lily eut l’air étonné.
Je ne suis pas trop jeune pour aimer Jésus et pour tâcher de Lui obéir, répondit-elle. Il me semble qu’on doit être bien malheureux quand on ne L’aime pas et qu’on ne cherche pas à Lui plaire. Voilà pourquoi je plains tant ce pauvre monsieur qui déteste tous ses semblables. C’est affreux de faire tout le contraire de ce que Jésus nous a commandé ! Quand nous agissons ainsi, maman dit que nous attristons notre Sauveur, que nous Lui faisons de la peine.
– Alors pourquoi ne vas-tu pas dire franchement tout cela à M. de Laporte ? demanda le bonhomme sèchement.
– Oh ! Je n’oserais jamais… Mais si je ne peux pas lui parler, je penserai à lui tous les soirs, en faisant ma prière, et je demanderai à Dieu de changer son cœur.
Il y eut un moment de silence ; puis le vieillard reprit :
– Tu m’as demandé le secret, petite demoiselle : eh bien, je te le demande à mon tour. Ne parle pas, pour le moment, de notre rencontre, et reviens me voir.
– Je vous le promets, dit Lily, enchantée d’avoir un second secret à garder. Quand Max sera avec Gérard, moi je viendrai dans cette allée, et, si vous y êtes, nous causerons sans que personne ne le sache. Mais, dites-moi, Monsieur : vous croyez, n’est-ce pas, que nous pouvons venir, comme autrefois, dans le parc ? Si M. de Laporte devait en être fâché, il va sans dire que nous ne viendrions plus.
– Mais, s’il ne le sait pas, il ne sera pas fâché…
– Oh ! Ça ne change rien ! interrompit la petite, d’un air fort grave. Même s’il ne le savait pas, je ne voudrais, pour rien au monde, agir contre sa volonté : ce serait très mal.
– Je peux t’assurer que tu n’agiras point contre sa volonté en venant dans son parc. Mais pourquoi me demandes-tu mon avis, Lily ? Pour qui donc me prends-tu ?
– N’êtes-vous pas le jardinier de M. de Laporte ? répondit la fillette un peu embarrassée. Le jardinier qui travaille à la maison est habillé comme vous : il porte une blouse et une casquette dans le genre de la vôtre. Je cause souvent avec lui ; il est gentil et bon comme vous.
– Allons, sauve-toi, ma belle enfant, sinon l’horrible misanthrope pourrait bien te surprendre, dit le bonhomme en posant doucement Lily par terre. Tu as deviné juste : oui, je suis le jardinier en chef de ce domaine. À ta prochaine visite je te ferai admirer mes fleurs.
– Et nous tâcherons aussi d’amuser Gérard, ajouta Lily. Mais n’oubliez pas au moins que vous m’avez promis le secret.
– Non, non, je n’oublierai pas. Je tiendrai ma promesse : tiens aussi la tienne. Ne vas pas raconter à toute la terre que tu as fait la connaissance du vieux jardinier.
– Oh ! non, dit-elle ; je n’en parlerai pas jusqu’à ce que vous me l’ayez permis.
La petite allait se retirer quand une pensée soudaine parut la frapper.
– Puisque vous connaissez M. de Laporte, recommença-t-elle d’un air anxieux, ne pourriez-vous pas lui faire comprendre, lui expliquer qu’on ne doit pas détester tout le monde ? Il cause souvent avec vous, je pense.
Le vieillard fixa les yeux sur la petite figure sérieuse et pensive qui était devant lui.
– Et que dois-je dire à M. de Laporte ? demanda-t-il.
– Oh ! Vous le savez mieux que moi, répondit Lily. Vous savez que le Seigneur Jésus nous a commandé de nous aimer les uns les autres. Maman m’a fait apprendre l’autre jour de beaux versets de l’Évangile, où il est dit que si nous aimons Jésus, nous devons aussi aimer nos frères, et que celui qui n’aime point son frère qu’il voit, ne peut aimer Dieu qu’il ne voit pas. Vraiment je souffre quand je pense à ce pauvre vieux monsieur qui n’aime personne – pas même Dieu !
Une grosse larme brilla dans les yeux de Lily. Le vieillard posa doucement la main sur la tête blonde de l’enfant.
– Comment sais-tu que M. de Laporte n’aime pas Dieu ? demanda-t-il.
– Parce que s’il L’aimait, il ne détesterait pas les hommes.
– Et tu crois que c’est un grand malheur de ne pas aimer Dieu ?
– Certainement, affirma la petite. Personne ne peut être heureux sans aimer Dieu.
– Bah ! C’est une idée. Les enfants surtout sont toujours heureux.
Lily secoua la tête.
– Vous vous trompez, dit-elle résolument. Les enfants sont malheureux quand ils ne sont pas sages, et ils ne peuvent pas être sages quand ils n’aiment pas Dieu.
– Tu crois ?
– J’en suis sûre. Ah ! C’est bien difficile d’être toujours sage. Quelquefois je suis si méchante que je me sens tout à fait malheureuse ; alors, je vais le dire à maman, et nous prions ensemble le Seigneur Jésus de me pardonner et de m’apprendre à obéir à Ses commandements. Après cela, je me sens toute contente : il me semble que je ne suis plus la même personne. C’est parce que Jésus nous aime qu’Il nous pardonne ; Il nous a aimés le premier et nous devons L’aimer en retour de Son grand amour.
– Et tu veux dire tout cela au vieux misanthrope, Lily ? Es-tu bien sûre qu’il te croira ?
– Oh ! Je le pense, répondit Lily, d’un air presque solennel. Ces choses ne sont pas de moi, mais de Dieu ; elles sont écrites dans Sa Parole : comment donc quelqu’un pourrait-il en douter ? Maman me fait chercher, tous les matins, dans la Bible, de beaux passages où il est question de l’amour de Jésus.
– Ta maman croit donc, elle aussi, à cet amour ?
– Oh oui ; elle me dit souvent que ceux qui n’y croient pas sont bien à plaindre.
Le vieillard sourit tristement et détourna la tête. Lily, craignant de l’avoir vexé, se dépêcha de prendre congé de lui et s’éloigna en courant.
Gérard et Max étaient encore absorbés dans leur discussion quand la petite fille les rejoignit. Ils s’étaient à peine aperçus de son absence. Le jeune malade avait l’air tout ranimé.
– Revenez bientôt, n’est-ce pas ? dit-il, comme ses deux visiteurs s’apprêtaient à le quitter. Mais, ne dites à personne que vous m’avez vu, de peur que cela vienne aux oreilles de mon grand-père. J’aime mieux qu’il ne le sache pas.
Max et Lily retournèrent chez eux, enchantés de leur après-midi.
– Gérard restera-t-il handicapé toute sa vie ? demanda la petite.
– Non, répondit son frère ; les médecins ne le pensent pas. Gérard m’a tout raconté : c’est à la suite d’un accident qu’il est dans cet état. Malgré la défense de son grand-père, il a voulu monter un cheval rétif, qui, un beau jour, l’a jeté dans un fossé. Il a eu une de ses jambes fracturée en plusieurs endroits et voilà un an qu’il est obligé de rester couché. Mais il va mieux et il espère pouvoir bientôt recommencer à marcher.
– Oh ! J’en suis bien contente, s’écria Lily. Le trouves-tu gentil, Max ?
– Oui ; il me plaît. Il est intelligent et très gai. Mais par contre, je ne crois pas qu’il ait un caractère commode.
– Penses-tu qu’il aime son grand-père ? demanda Lily.
– Je n’en suis pas sûr ; cependant, je le crois ; je crois aussi qu’il le craint un peu.
Max ne demanda pas à sa sœur ce qu’elle avait fait dans le parc, en sorte que la petite n’eut aucune peine à garder son secret. Mais elle pensait beaucoup au vieux jardinier et se demandait pourquoi il l’avait beaucoup encouragée à revenir.

 

Chapitre 3. Surprise de Lily

Le surlendemain, nos deux enfants retournèrent dans le parc. Gérard, toujours étendu sur sa couchette et gardé par son beau lévrier, était exactement au même endroit ; il fit le meilleur accueil à ses jeunes visiteurs. Lily causa avec lui pendant quelques instants ; puis, elle s’esquiva sans rien dire et courut dans la direction du jet d’eau. Arrivée près de la fontaine, elle vit l’homme à la blouse, assis, comme l’avant-veille, dans le bosquet de laurier.
– Désires-tu que la fontaine coule, petite demoiselle ? lui demanda-t-elle.
Lily répondit qu’elle l’aimerait beaucoup ; et elle découvrit que c’était le vieillard qui, sans avoir à se lever, faisait jaillir l’eau, en tournant un robinet, placé sous le banc.
– Maintenant, je vais te montrer mes fleurs, dit-il, après que la fillette eut admiré la fontaine.
Elle mit sa petite main dans la main du vieillard et se laissa conduire par lui.
– Nous ne rencontrerons pas M. de Laporte, au moins, dit-elle timidement, comme ils s’éloignaient du bosquet.
Il la regarda, avec cette même expression étrange qu’elle avait déjà surprise dans ses yeux.
– Non, dit-il, nous ne le rencontrerons pas, je te le promets. Mais ne m’as-tu pas dit, l’autre jour, que tu avais envie de le consoler et de lui rendre la vie plus douce ?
– Oui, répondit Lily en baissant la tête, mais je crois que j’aurais trop peur…
– Peur du terrible misanthrope qui déteste tout le monde, hein ?… Il est sûr que ce n’est pas rassurant. Toutefois, je peux t’assurer que, quelques pointus que soient les ongles du vieux sauvage, il ferait pour toi patte de velours.
Lily ne sut pas trop que penser de cette réponse ; peut-être même ne la comprit-elle pas tout à fait ; et le jardinier ne lui parla plus de rien ce jour-là si ce n’est de ses fleurs et de ses arbres fruitiers.
Une semaine s’écoula. Max et Gérard, qui s’étaient vus à peu près tous les jours, étaient devenus de grands amis. Ils ne se préoccupaient plus du tout de ce que M. de Laporte penserait ou dirait de leur intimité. Max en était arrivé à oublier presque l’existence du vieil original, et Lily commençait à croire qu’il se tenait enfermé tout le jour dans sa grande maison solitaire, pour n’en sortir qu’à la tombée de la nuit, quand il était sûr de ne rencontrer personne.
Elle continuait à s’intéresser beaucoup à son triste sort et parlait souvent de lui au jardinier ; mais elle éprouvait toujours une grande appréhension à l’idée de le voir.
– Tu devrais aller faire visite au vieil homme et rester quelques jours au château, lui dit un jour son nouvel ami. La présence d’une gentille petite demoiselle comme toi pourrait l’apprivoiser, ton frère viendrait lui aussi et s’amuserait avec Gérard. S’il te demandait d’aller le voir, accepterais-tu son invitation ?
Lily devint très pâle.
– Oh ! Je ne sais pas, balbutia-t-elle ; je crois que j’aurais trop peur…
– Alors tu ne désires pas réellement le consoler et le rendre heureux ? Tu fais semblant de le plaindre, c’est tout.
– Non, non ! répondit vivement la petite. Je le plains de tout mon cœur, au contraire. Mais… mais… je crois que je n’aurais jamais le courage…
– Comment ? Tu n’as pas le courage de faire ce que tu considères comme une bonne action ? interrompit le vieillard. Tu dis que tu aimes tout le monde : si tu aimais le vieux misanthrope, tu n’aurais pas peur de lui. Réfléchis à cela, Lily ; peut-être un jour t’enverra-t-il chercher.
Un léger frisson parcourut les membres de Lily, mais elle parvint à se dominer.
– Si vous pensez réellement que je puisse faire quelque bien à M. de Laporte, dit-elle avec effort, en pressant convulsivement ses petites mains l’une dans l’autre, j’irai chez lui, à condition, bien entendu, que maman me le permette. Je tâcherai de l’aimer, quoiqu’il déteste tout le monde, et je lui dirai que le Seigneur Jésus l’aime aussi.
– C’est très bien, petite demoiselle, dit le jardinier. Il est probable qu’un de ces quatre matins j’irai chez ta maman de la part de M. de Laporte, afin de te rappeler devant elle la promesse que tu viens de faire.
Quelques jours après cet entretien, Max, tout essoufflé, courut au jardin, à la recherche de sa petite sœur.
– Lily ! Lily ! cria-t-il, où es-tu donc ?… Ah ! Te voilà enfin ! Je te cherche depuis une heure… Devine ce qui arrive ?
– Je ne sais pas, je ne peux pas deviner, balbutia la fillette toute surprise.
– Eh bien, apprête-toi à tomber de haut ! répliqua son frère, sans reprendre son souffle. Le vieux misanthrope, M. de Laporte en personne, est au salon avec maman ! Il est venu et veut à tout prix nous ramener avec lui au château pour y passer toute une semaine. Moi, je distrairai Gérard, a-t-il dit, et toi, tu l’aideras à mettre en ordre sa collection de papillons qui, depuis plus de dix ans, n’a pas été nettoyée. J’ai répondu que je ne croyais pas que tu veuilles accepter son invitation ; mais maman m’a dit de t’appeler : elle te laisse parfaitement libre d’agir comme tu voudras. Ne te gêne donc pas, mignonne ; refuse net, si tu as trop peur.
Lily avait l’air fort troublée ; néanmoins, au bout d’un moment, elle répondit d’un ton assez ferme :
– Après tout, je crois que j’irai au château. C’est sot d’avoir peur. M. de Laporte est peut-être bien meilleur qu’on ne dit, et le pauvre homme doit s’ennuyer à travailler toujours tout seul.
– C’est ce qu’il dit, continua Max. Gérard ne peut l’aider, et moi je suis trop brusque ; il a besoin de petits doigts agiles : c’est pour cela qu’il a pensé à toi.
– Eh bien, j’irai, répéta Lily, d’un air très déterminé cette fois. Maman nous attend au salon, n’est-ce pas ?
– Oui, je te suis ; n’aie pas peur.
Quand Lily, toute rougissante, ouvrit la porte, elle ne se sentait plus aussi brave. Elle eut conscience qu’un monsieur était assis à côté de sa mère, mais elle n’osa pas lever les yeux sur lui, en sorte qu’elle ne vit guère que ses pieds.
– Lily, commença Mme Forestier, M. de Laporte a la bonté de vous proposer, à ton frère et à toi, d’aller passer huit jours chez lui. Il désire que tu l’aides à arranger une belle collection de papillons. Pour ma part, je suis d’accord ; mais je ne veux t’influencer en rien, ma petite : agis comme il te plaira.
– J’accepte l’invitation de M. de Laporte, maman, répondit la fillette d’une voix légèrement altérée. Il est bien bon de m’avoir invitée sans me connaître.
En ce moment, elle entendit tout près d’elle un rire dont le son lui était familier. Elle leva bien vite la tête et regarda en face le visiteur de sa mère.
– Mais vous n’êtes pas M. de Laporte ! s’écria-t-elle en tressaillant de soulagement et de joie. Vous êtes son jardinier. Je ne vous crains pas du tout, vous le savez bien.
En un clin d’œil elle fut auprès du vieillard, lui prit la main et lui sourit amicalement. Celui-ci la caressa avec beaucoup de tendresse.
– Vous voyez Madame, dit-il à la maman étonnée, que Lily et moi, nous sommes déjà de vieux amis.
– Mais, Lily, s’écria Max, qui ne pouvait revenir de sa surprise, où donc as-tu vu Monsieur ?
– C’est notre secret, reprit en souriant le soi-disant jardinier ; secret bien gardé de part et d’autre, vous le voyez. Eh bien, ma chère petite, tu consens donc à visiter le redoutable misanthrope dans son repaire et à lui tenir compagnie ?
– Lily, ma chère petite, insista Mme Forestier, où et quand as-tu fait connaissance avec M. de Laporte ?
Lily avait l’air absolument ahurie. Il était évident qu’elle ne comprenait rien à ce qui se passait autour d’elle.
– Mais ce n’est pas M. de Laporte, maman, balbutia-t-elle enfin, en se serrant contre son vieil ami ; c’est le jardinier du château : je l’ai rencontré plusieurs fois dans le parc.
– Je suis, en effet, mon jardinier en chef, Madame, expliqua le grand-père de Gérard (car c’était bien lui) en se tournant vers Mme Forestier ; et jusqu’ici votre petite fille ne m’a connu que sous ce nom. Lily, continua-t-il en se penchant vers l’enfant toute émue, sais-tu que tu es une petite charmeuse ? Je me sentais bien triste, bien isolé dans mon jardin jusqu’au jour où tu m’es apparue près de la fontaine. L’épreuve avait aigri mon caractère. De plus, Gérard, qui est de nature volontaire et emporté, n’a jamais pu vivre en paix avec les camarades de son âge : toutes les amitiés ont fini par des brouilles. En venant à la campagne, nous avons donc pris tous les deux la résolution de vivre dans la solitude la plus complète, de ne faire aucune connaissance et de ne recevoir aucune visite. Vous avez forcé la consigne, mes chers enfants, et vous nous avez rendu un grand service, car notre vie d’ermites nous pesait plus que nous ne voulions l’avouer. Mon pauvre Gérard semble renaître depuis que Max vient causer avec lui, et quant à moi, aucune fleur de mon parterre ne me fait autant de plaisir à contempler qu’une certaine petite figure gracieuse et souriante…
En parlant ainsi, M. de Laporte passait et repassait doucement la main sur les boucles soyeuses de Lily.
– Maintenant, jeune demoiselle, reprit-il, tu connais mon histoire tout ce qu’il faut que tu saches. Auras-tu le dévouement de venir réjouir, par ta présence, un pauvre solitaire, un affreux misanthrope tel que moi ?
Lily fit entendre un petit rire argentin et avança son visage pour recevoir un baiser.
– Certainement que j’irai avec vous ! dit-elle. Je suis si contente, si heureuse ! À présent, je vous aime tout à fait, et je suis sûre que jamais de votre vie vous n’avez détesté personne : vous êtes trop bon.
Le vieillard soupira et, se penchant de nouveau vers l’enfant, il lui dit, avec une gravité douce et attendrie :
– Peut-être, en effet, n’ai-je point haï mes semblables, mais je crains de n’avoir pas su les aimer. J’ai besoin que ma petite amie me parle plus longuement de Celui qui nous a aimés le premier jusqu’à donner sa vie pour subir le châtiment dû à nos péchés, et qui nous a commandé de nous aimer les uns les autres.

D’après la Bonne Nouvelle 1961

CORONA 16

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CORONA 16

LES DONS DE L’ESPRIT

 

 

Avec Corona 15, nous avons vu les dons que le Seigneur a donnés pour poser le fondement de l’Église : les apôtres et les prophètes. Une fois le fondement d’un édifice posé, il faut bâtir. Si nous savons que le Seigneur seul, par l’action du Saint Esprit, ajoute « tous les jours à l’Assemblée ceux qui doivent être sauvés » (Act. 2. 47), nous apprenons, par sa Parole, que les dons de pasteur et docteur sont utilisés pour l’accroissement spirituel des saints.

« Or, pour ce qui est des manifestations spirituelles, frères, je ne veux pas que vous soyez ignorants. Vous savez que, quand vous étiez gens des nations, vous étiez entraînés vers les idoles muettes, selon que vous étiez menés. C’est pourquoi je vous fais savoir que nul homme parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit : « Anathème à Jésus » (ou Jésus est maudit) ; et que nul ne peut dire « Seigneur Jésus, si ce n’est par l’Esprit Saint » (1 Cor. 12. 1 à 3). Reconnaître Jésus comme Seigneur prouve que celui qui proclame une telle vérité est né de nouveau et qu’il a reçu le Saint Esprit.
Avant de parler des dons de l’Esprit, l’apôtre Paul démontre aux Corinthiens la différence entre celui qui maudit le Seigneur et celui qui Le glorifie, entre celui qui est habité par l’esprit du mal et celui en qui l’Esprit Saint a fait sa demeure pour l’éternité. Ensuite il expose l’étendue du ministère de l’Esprit : « Or il y a diversité de dons de grâce mais le même Esprit, diversité de services mais le même Seigneur, diversité d’opérations mais le même Dieu qui opère tout en tous » (1 Cor. 12. 4 à 6). Ces dons de grâce sont donnés à l’un ou à l’autre et, « suivant que chacun de vous a reçu quelque don de grâce, employez-le les uns pour les autres, comme bons dispensateurs de la grâce variée de Dieu » (1 Pier. 4. 10).
« Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ » (Éph. 4. 7).
« Or à chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue de l’utilité » (1 Cor. 12. 7).

Trois dons de révélation
Une parole de sagesse
Une parole de connaissance
Des discernements d’esprits

Trois dons de puissance
La foi
Les dons de grâce de guérison
Des opérations de miracles

Trois dons d’inspiration
La prophétie
Diverses sortes de langues
L’interprétation des langues

Il y a diversité dans l’unité : « le seul et même Esprit opère toutes ces choses, distribuant à chacun en particulier comme Il lui plaît. Car de même que le corps est un et qu’il a plusieurs membres, mais que tous les membres du corps, quoiqu’ils soient plusieurs, sont un seul corps, ainsi aussi est le Christ. Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps » (1 Cor. 12. 11 à 13 et suivants).
« Dieu a placé les membres, — chacun d’eux, — dans le corps, comme il l’a voulu » (v. 18).
La main, le pied, l’oreille, l’œil font tous partie du corps, et chacun a une fonction différente mais tous reçoivent le mouvement par le cerveau. Si quelqu’un dit : « oh ! …, je n’ai reçu qu’un petit don », il jette du déshonneur sur le Seigneur qui est la Tête du corps (Col. 1. 18). En plus, il affaiblit l’ensemble. Dans le corps humain, il y a des membres que nous voyons en mouvement et d’autres que nous ne voyons pas, comme par exemple le foie ou les reins, mais ces derniers ont une influence capitale sur l’ensemble. Si l’un ou l’autre est déficient, c’est tout le corps qui en souffre. Ainsi il est écrit : « si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est glorifié, tous les membres se réjouissent avec lui » (1 Cor. 12. 26). « Or vous êtes le corps de Christ, et ses membres chacun en particulier » (v. 27).
Savoir reconnaître ce que le Seigneur nous a donné pour le bien de nos frères et sœurs est une chose bonne, utiliser ce don pour l’édification de l’ensemble est une chose plus excellente. C’est pourquoi il est impératif que les membres aient un égal soin les uns des autres (v. 25) et, « que dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même » (Phil. 2. 3).
Il y a un lien indispensable qui se nomme l’amour. C’est pourquoi, après avoir décrit toutes les diverses facettes des dons de l’Esprit, l’apôtre écrit : « je vous montre encore un chemin bien plus excellent » (v. 31). Ce chemin, c’est l’amour « qui est le lien de la perfection » (Col. 3. 14). L’amour est plein de bonté, il n’est pas envieux, il ne se vante pas, il ne s’enfle pas d’orgueil, il n’agit pas avec inconvenance, ne cherche pas son propre intérêt, ne s’irrite pas, n’impute pas le mal, ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit avec la vérité ; il supporte tout, croit tout, espère tout, endure tout. L’amour ne périt jamais (voir 1 Cor. 13).
« Marchons dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous » (Éph. 5. 1).
Bien-aimés, la barre est haute ! Oui elle est haute, « mais Dieu est puissant pour faire abonder toute grâce envers vous, afin qu’ayant toujours en toutes choses tout ce qui suffit, vous abondiez pour toute bonne œuvre » (2 Cor. 9. 8) ; que ce soit sur le plan matériel, pour aider son prochain, ou sur le plan spirituel.
Ainsi « vous aussi, puisque vous désirez avec ardeur des dons de l’Esprit, cherchez à en être abondamment doués pour l’édification de l’assemblée ». (1 Cor 14. 12).

PROCRASTINATION. QU’EST-CE QUE CELA SIGNIFIE ?

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Exhortez-vous l’un l’autre chaque jour, aussi longtemps qu’il est dit « Aujourd’hui », afin qu’aucun d’entre vous ne s’endurcisse par la séduction du péché. Héb. 3. 13.
Voici, c’est maintenant le temps favorable ; voici, c’est maintenant le jour du salut. 2 Cor. 6. 2.

PROCRASTINATION. QU’EST-CE QUE CELA SIGNIFIE ?

La procrastination consiste à remettre à plus tard ce qui peut être fait tout de suite. Il est toujours risqué de remettre à plus tard. Reporter la date d’un examen, tarder pour effectuer la déclaration d’impôts, retarder le paiement d’une facture, différer une visite médicale quand on est malade… tous ces comportements peuvent avoir des conséquences désagréables. La paresse, le manque d’énergie, l’indécision, (sont les causes qui) nous poussent à remettre au lendemain les choses qui doivent être faites rapidement.
Mais il y a un domaine dans lequel il est encore plus dangereux de remettre à plus tard notre décision. C’est celui de notre relation avec Dieu, car c’est une décision qui conditionne notre avenir éternel. Il s’agit de vie éternelle ou de mort éternelle ! « J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives » (Deut. 30. 19).
La « mort » dont il est question ici est l’absence de relation avec Dieu après la mort physique, les conséquences de Son jugement et de Sa condamnation. A l’inverse, la « vie » est la relation que nous pouvons avoir avec Dieu, dès maintenant et pour toujours, sur la base du pardon de nos péchés, ces péchés que seul le sang de Christ versé pour nous à la croix peut effacer.
La foi en Lui et dans Son sacrifice expiatoire nous acquiert le pardon de Dieu. C’est pourquoi Dieu nous exhorte à choisir la vie et à prendre d’urgence cette décision. Notre vie est éphémère et fragile, et elle peut se terminer d’un instant à l’autre. C’est donc folie de reporter un tel choix, dont dépend notre avenir éternel !
« Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 3. 15). Demain, ce pourrait être trop tard.

D’après « Il buon seme » juin 2020

POURQUOI DIEU N’INTERVIENT-IL PAS

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Ils ont dit… l’Éternel ne voit pas. Ez. 9. 9.
Confiez-vous en lui en tout temps… Dieu est notre refuge. Ps. 62. 8.

POURQUOI DIEU N’INTERVIENT-IL PAS ?

On pose souvent la question : Si Dieu est véritablement bon et puissant, pourquoi y a-t-il tant de souffrances, de violences et de désordres moraux dans le monde ?
Pourquoi ? – Parce que Dieu respecte la liberté humaine. Malheureusement, cette liberté a été utilisée tout d’abord pour désobéir à Dieu et finalement pour crucifier Son Fils, Jésus, le Prince de paix. Elle a conduit les hommes à choisir volontairement Satan comme conducteur, lui qui est appelé : « le chef de ce monde ».
Dieu n’aurait-Il pas pu intervenir ? – Il appelle chacun aujourd’hui à revenir à Lui, à venir à Jésus Christ. Il invite, Il ordonne même, mais Il ne contraint pas.
Mais Ses plans s’accompliront ; bientôt, Sa longue patience prendra fin et Sa toute- puissance sera vue de tous, soit dans la délivrance de ceux qui ont cru en Jésus Christ comme leur Sauveur, soit dans le jugement de ceux qui L’ont rejeté.
La création n’est-elle pas la preuve de la puissance de Dieu ? Et n’a-t-Il pas révélé son amour à la croix de Jésus ? De plus, la certitude que Dieu a la puissance d’accomplir toutes choses donne au vrai croyant une confiance paisible, car il sait que la divine puissance de Dieu va de pair avec Son amour infini.
C’est pourquoi les croyants peuvent confier tranquillement à leur Dieu tout ce qui les préoccupe ou les trouble. Ils savent que tous leurs problèmes, petits ou grands, peuvent être résolus par leur Sauveur, et qu’Il le fera si c’est pour leur réelle bénédiction.

D’après « The Good Seed » août 2012

POURQUOI DIEU N’INTERVIENT PAS

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En ceci a été manifesté l’amour de Dieu pour nous : c’est que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui ; 1 Jean 4. 9.

POURQUOI DIEU N’INTERVIENT PAS

Pourquoi Dieu ne répond-t-Il pas à toute la misère, les guerres et la violence dans le monde ? Pourquoi n’intervient-Il pas pour ces millions de personnes qui sont dans la famine ? N’est-Il pas censé être un Dieu d’amour ? En quoi cela se voit-Il ?
Ce sont là des questions que les hommes ne cessent de poser. Mais il y en a peu parmi eux qui croient en l’existence de Dieu. Quiconque croit au Dieu Créateur, à qui nous devons rendre compte, sentira certainement qu’on ne peut pas parler de Dieu de cette manière. Il est (tout simplement trop grand pour cela) infiniment élevé au-dessus de nous, sinon Il ne serait pas Dieu. Nous ne devrions même pas soulever de telles questions ni nous cacher derrière elles.
Si Dieu intervenait aujourd’hui en jugement sur les injustices d’une race d’hommes qui L’ont renié, cela signifierait une condamnation implacable. Il en a été ainsi aux jours de Noé, quand l’humanité a péri sous le jugement de Dieu dans le déluge, parce que Dieu « vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre » (Gen. 6. 5). Et l’homme n’est pas meilleur aujourd’hui. Son problème de base est le péché, qui détermine toute sa conduite.
Mais Dieu est amour. Il s’est révélé en envoyant Son Fils, Jésus Christ, dans ce monde. Dieu a jugé Jésus Christ à la croix pour une culpabilité qui n’était pas la Sienne, mais la nôtre, afin que tous ceux qui croient reçoivent la vie éternelle.
Dieu ne demeure pas silencieux. Il parle par Jésus Christ, au moyen de l’évangile. Tous les hommes ont encore aujourd’hui la possibilité d’entendre le langage de la croix. C’est pourquoi Dieu n’est pas encore intervenu en jugement.
« Voici, c’est maintenant le temps favorable ; voici, c’est maintenant le jour du salut » (2 Cor. 6. 2).

D’après « The Good Seed » mai 2013

LA DERNIÈRE VIBRATION

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Il leur dit aussi une parabole, pour montrer qu’ils devaient toujours prier et ne pas se lasser. Luc 18. 1.

Persévérez dans la prière. Col. 4. 2.

La fervente supplication du juste peut beaucoup. Jac. 5. 16.

 LA DERNIÈRE VIBRATION

Brigitte a quitté son métier d’enseignante pour s’établir dans un pays du Tiers Monde où elle apporte l’Évangile aux femmes d’un village. Elle a commencé à apprendre leur langue, mais le manque de résultats l’a découragée. Combien d’heures elle a passé sur ses genoux ! Est-ce que ses prières n’étaient pas en accord avec la volonté de Dieu ?

Une nuit, il arriva quelque chose d’étrange. Le mur qui séparait sa maison de la boulangerie voisine s’écroula. Brigitte fit appel à un ouvrier qui découvrit la cause de l’incident. Chaque nuit le boulanger démarrait la machine qui pétrit la pâte pour faire le pain. Les vibrations causées par la machine ébranlaient la cloison en pisé. Cette nuit-là, une dernière vibration fit tomber tout le mur.

Brigitte comprit ce que Dieu voulait lui apprendre par cet incident ! Ses prières n’étaient pas vaines. Un jour, une dernière prière ferait s’effondrer l’incrédulité des personnes incrédules pour lesquelles elle priait. Un jour, Dieu répondrait. Alors qu’elle patientait, Dieu lui a montré qu’elle devait persévérer.

La persévérance dans la prière est une arme puissante dans le combat chrétien contre Satan. De nombreux exemples illustrant cette vérité sont mentionnés dans la Bible (par exemple Act. 12. 5 – une réponse de Dieu à la prière en commun ; Jac. 5. 17 – une réponse à la prière d’un serviteur de Dieu). Persévérons dans la prière avec foi en Dieu !

D’après « The Good Seed »  2012