LE BRIGAND CONVERTI

Luc 23. 33 à 43.

« Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé » Romains 10. 9.

Il n’y a pas d’histoire plus poignante que celle de ce brigand qui, après avoir odieusement outragé le Fils de Dieu, cloué comme lui à un gibet d’infamie, fut ensuite sauvé, alors qu’il était déjà engagé dans les tenailles redoutables de la mort. Dans toute l’Écriture il n’y a pas un exemple plus beau de la merveilleuse GRÂCE DE DIEU envers le pécheur.

Tout le monde admettra qu’avec ce malfaiteur il s’agissait d’un cas absolument désespéré. Attaché à une potence, car c’est là que ses crimes l’avaient amené, cet homme avait

MOINS DE SIX HEURES À VIVRE !

Dieu soit loué ! Le brigand profita de ces courts moments pour se tourner vers Christ, se repentir, et confesser à la face de tous le beau nom du Sauveur.

Moins de six heures ! Qui de nous peut être assuré d’avoir encore SIX HEURES de vie devant lui ? Car la mort est devant TOUS LES HOMMES. Oui, la mort, cette épouvantable réalité. Et il n’y a pas de spectacle plus affligeant, de scène plus affreuse, que celle d’un pécheur qui va mourir sans être RÉCONCILIÉ AVEC DIEU.

Ô mon lecteur, puisse cette histoire vous servir D’AVERTISSEMENT et D’INSTRUCTION à la fois ! Puissiez-vous imiter le brigand converti ! Le temps de votre séjour ici-bas est très limité car les jours passent, emportant impitoyablement vos ESPOIRS et votre DESTINÉE. Croyez-vous que vos yeux contempleront encore un grand nombre de levers de soleil, que vos oreilles percevront pendant longtemps encore le rythme régulier du balancier doré de l’horloge ? Oh ! si vous ne vous êtes pas tourné vers Christ, faites-le à l’instant même. Il se peut que vous soyez sur le point de rouler dans l’éternité. Mais, êtes-vous PRÉPARÉ à vous RENCONTRER AVEC DIEU ?

Écoutez donc, je vous en supplie, cette sainte démarche. JÉSUS SEUL peut guérir les maux dont souffre votre âme. Lui seul peut apporter le remède à vos PLAIES. Si votre cœur est comme noyé dans un torrent d’amertume, sachez que vous pouvez encore être sauvé, parce que tout le mérite, tout le fruit de la mort de Christ à la croix est maintenant encore appliqué à CELUI QUI CROIT.

Mettez-vous alors À CÔTÉ DE CE BRIGAND qui, lorsque la plus vile populace s’était ameutée contre Jésus et que tout était pour le Fils de l’homme : tristesse, sécheresse et désolation, simplement, résolument, hardiment, en dépit du jugement de Pilate, d’Hérode, d’Anne et de Caïphe, des chefs religieux, des soldats et de la foule, dit : IL EST INNOCENT, Il est saint ; je suis avec Lui ; Christ pour moi et moi pour Christ !

Ainsi, quand Jésus livré aux barbares était traité comme un séditieux, un agitateur, un séducteur, un imposteur, le brigand converti vit le Seigneur AVEC DES YEUX NOUVEAUX. Il fut à ce moment-là RETIRÉ de la profondeur de ses TÉNÈBRES et de l’abîme de ses VICES. Plus que cela, il reçut la promesse d’être INTRODUIT en ce même jour dans les splendeurs ineffables du paradis ! Que la rosée céleste qui descendit dans l’âme de ce brigand descende aussi dans la vôtre, vous dont le cours de la vie a toujours été, peut-être, rempli de maux.

LE LIEU DU CRÂNE

« Et quand ils furent venus au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, et les malfaiteurs, l’un à la droite, l’autre à la gauche » (v. 33).

Golgotha ! Ce fut le théâtre sanglant des souffrances et de la mort du Fils de Dieu. C’était le lieu où l’on exécutait les condamnés. Rocher en forme de crâne arrondi, situé HORS DES REMPARTS de Jérusalem, mais près de la ville ; c’est là qu’un jour une croix fut dressée, portant une victime sans tache. C’est là que le Fils de l’homme fut élevé au sein d’une nature frémissante, inquiète et consternée et que l’amour de Dieu fut écrit en caractères ineffaçables !

Le prétoire du procurateur romain avait été la scène d’un COURONNEMENT ignominieux, de soufflets infâmes, de crachats honteux, d’une flagellation atroce. Les hommes s’étaient INGÉNIÉS pour faire souffrir le Sauveur. Envoyé ensuite à la mort par les plus hautes autorités religieuses, Jésus avait devant lui toutes les douleurs du crucifiement. Le moment était arrivé pour Lui de gravir la colline du Calvaire. Car tout devait aboutir à ce sommet où Il serait supplicié comme criminel et mis au rang des scélérats.

Jésus donc sortit du tribunal portant le cruel instrument sur lequel il allait mourir. C’était jadis la coutume qu’une personne condamnée porte sa croix PUBLIQUEMENT.

« Et Il sortit portant sa croix » (Jean 19. 17).

Qui est Celui qui passa ainsi, chargé d’un fardeau qui était une honte ? C’est Celui qui avait créé les vastes plaines semées de soleil, le ciel et son immensité, la terre aux spectacles changeants ; Celui dont les soins s’étendent à toutes ses créatures et jusque dans les détails les plus infimes ; Celui qui compte les battements du cœur de chaque petit enfant qui dort dans son berceau !

De quel voile d’aveuglement les yeux des hommes ne furent-ils pas couverts pour ne voir en Jésus ni beauté, ni éclat ! Quoique commandant aux vents et à la mer, Jésus s’était dépouillé de tout, s’était fait pauvre à nos yeux, et maintenant Il se dirigeait vers le Calvaire pour consommer le grand ouvrage de sa mission : le rachat de notre âme immortelle !

La montée du Calvaire ! Je vous convie, lecteur, à un saint rendez-vous. Avec les yeux de VOTRE CŒUR suivez le déroulement de ce triste cortège, et puis, que votre âme vienne se placer au pied de cette croix où Jésus a été affligé et opprimé. Il a donc porté un fardeau déshonorant, marchant à cette mort que seule la fureur des impies avait demandée. Marc nous rapporte que l’on dut réquisitionner un passant, Simon de Cyrène, pour porter la croix de Jésus. On le força, on le CONTRAIGNIT… car Jésus a attendu que quelqu’un ait compassion de Lui… et il n’y eut personne !

Ainsi s’avança ce lugubre cortège, après que Jésus, véritable Isaac, eut senti LE POIDS DU BOIS sur lequel il devait mourir. Majestueux dans ses souffrances, ne donnant aucun signe de faiblesse, Jésus a gravi ce sommet aride où il serait entouré de cœurs plus durs et plus arides encore !

« Ils le crucifièrent là » … C’était la FÊTE DE LA HAINE. Sans doute la mort était-elle le baptême dans lequel Jésus aspirait à être plongé. Mais la croix était le triomphe de la méchanceté des hommes.

Près du lieu où ce peuple empressé avait jeté ses vêtements pour honorer son passage, les soldats se saisirent de Lui SANS RESPECT et Lui arrachèrent SANS PITIÉ ses vêtements. Puis Jésus sentit s’enfoncer dans ses mains et dans ses pieds les clous de la croix. Les psaumes, qui nous laissent voir les pensées et les sentiments du cœur de Christ quand Il souffrait de la part des hommes, comme aussi lorsque l’ŒUVRE s’accomplissait, nous rapportent cette parole de Jésus quand des Romains à gages, des barbares, Lui ajoutèrent blessure sur blessure : « Ils ont percé mes mains et mes pieds ».

Agneau plein de douceur ! Qui dira l’horreur de ces clous enfoncés dans ta chair ? Les mains qui avaient découpé à l’océan ses limites étaient percées !

« … et les malfaiteurs, l’un à la droite, l’autre à la gauche » (v. 33).

Quelle effronterie que celle des hommes : mettre Jésus entre deux êtres qui s’étaient engagés dans l’engrenage du crime, et dont on se détournait avec effroi et mépris ! Celui qui avait écrit le livre de l’univers, la Majesté suprême, était là. Jésus était « crucifié en infirmité »…

Pourquoi ? Parce que la coupe de nos péchés était comble et que DIEU est DIEU !

Ah ! lecteur, plus nous réalisons que Jésus a souffert, plus Il devient cher et précieux à nos cœurs.

LA PRIÈRE DE L’AMOUR

« Et Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (v. 34).

Quelle place nous avons occupée dans le cœur du Sauveur pendant ses souffrances ! C’est quand son corps éprouvait les douleurs les plus intenses que Jésus a demandé à son Père de PARDONNER.

Sa première parole de crucifié a été une EXPRESSION DE PARDON. Élevé de la terre, les deux bras étendus sur la croix, Jésus a demandé le pardon pour ses bourreaux.

« Et ayant fait le partage de ses vêtements, ils tirèrent au sort » (v. 34).

Chacun sait que les habits d’un crucifié devenaient la propriété des exécuteurs de la sentence. En présence de la plus monstrueuse injustice, les soldats romains firent le simulacre d’un partage équitable.

Quelle sinistre dérision !

Quant à la tunique, un autre évangéliste nous dit qu’elle fut jetée au sort. Il fallait que l’Écriture fût accomplie qui dit :

« Ils partagent entre eux mes VÊTEMENTS, et sur ma ROBE ils jettent le sort ».

LE TRIOMPHE DE LA HAINE

« Et le peuple se tenait là, regardant ; et les gouverneurs aussi se raillaient de Lui, disant : Il a sauvé les autres ; qu’Il se sauve Lui-même, si Lui est le Christ, l’élu de Dieu » (v. 35).

Tous ceux qui entouraient la croix étaient ses ennemis, sauf quelques personnes. Jean est d’ailleurs le seul disciple qui se tint là. Aussi Jésus connut-Il la SOLITUDE au milieu de ses adversaires.

Il entendit les rires bruyants et grossiers. Il avait été bafoué pour ses ENSEIGNEMENTS, méprisé pour ses OFFICES, insulté comme ROI, outragé comme PROPHÈTE.

Et maintenant, après que l’on eut meurtri son corps, Il essuyait encore des avanies et des affronts.

Pourtant, ceux qui étaient à tort ses ennemis auraient eu LE TEMPS DE SE REPENTIR, car les foules qui avaient demandé à grands cris sa mort se tenaient là, REGARDANT…

Oh ! quel délaissement cruel pour Jésus lorsqu’Il fut ainsi abandonné des siens, alors que le PEUPLE, les CHEFS religieux et les SOLDATS, tous ensemble, étaient animés du parti-pris de vouloir déshonorer la victime…

La populace vociférait et les gouverneurs de Lui adressaient les flèches les plus mordantes. Jésus reçut les huées. Il souffrit la honte. Car, sur la croix, à Golgotha, notez-le bien, cher lecteur, ce ne sont pas les brigands qui furent la CIBLE DES OUTRAGES. N’ayant autour de Lui que des faces haineuses, Jésus était entré dans la mer noire et immense de sa sainte passion. Tous étaient ligués contre Christ : « les GENS DU COMMUN, les CHEFS aussi, eux qui, peu de temps auparavant, avaient tramé contre Lui un injuste complot, résolus qu’ils étaient à Le perdre, et qui voyaient maintenant leur fureur satisfaite.

Parlant des PRÊTRES et des PRINCES, qui peuvent être également cruels, le Psalmiste avait dit :

« Les puissants taureaux de Basan l’ont entouré ».

Ah ! la fausse piété AIME toujours à VOIR SOUFFRIR.

« Il a sauvé les autres ; qu’Il se sauve Lui-même, si Lui est le Christ, l’élu de Dieu ».

Il était bien vrai que Jésus avait SAUVÉ LES AUTRES, en ce sens qu’Il avait REMIS les péchés des pécheurs repentants. Oui, mais ne l’oublions pas, les heures terribles de L’EXPIATION allaient venir, les heures de la redoutable échéance où Dieu Lui-même allait paraître sur le Calvaire. L’intervention divine était devenue absolument nécessaire. Dieu, avec son glaive justicier, se devait de punir le péché.

Aaron, le sacrificateur, ne confessait-il pas autrefois les péchés du peuple sur la tête du bouc azazel, le grand jour des expiations ? (Lév. 16. 21).

Ésaïe le prophète n’avait-il pas dit aussi :

« L’Éternel a fait tomber sur Lui les iniquités de nous tous » (53. 6) ?

Comment donc Jésus serait-Il rentré dans les profondeurs de son ciel, puisque dans quelques instants la tempête allait se déchaîner sur sa tête ? Quelques moments encore, et Christ serait chargé du plus accablant de tous les fardeaux. En étant la victime de propitiation, l’Agneau expiatoire, Jésus sauverait des pécheurs.

Que son saint nom soit à jamais béni, Christ est resté sur la croix et tous les flots des cataractes divines ont passé sur sa tête innocente. Jésus a enduré des souffrances infinies dans leur étendue et leur intensité. La tendresse de son amour fut parfaite pour chacun de nous.

Combien diabolique fut ce petit mot : « si » !

« Si Lui est le Christ, l’élu de Dieu ».

Or, Ésaïe qui, plusieurs siècles avant son accomplissement, raconte toutes les circonstances du GRAND SACRIFICE, avait dit aussi :

« Voici mon serviteur que je soutiens, MON ÉLU en qui mon âme trouve son plaisir ».

Jésus fut l’Objet de la dilection du Père, de ses complaisances et de son cœur ! Puis-je VOUS demander s’Il est aussi l’Objet de VOTRE AMOUR tendre et pur ?

Du haut de sa croix Il vous dit encore :

« Venez et voyez s’il est une douleur pareille à la mienne ! »

Combien est malheureux celui qui n’a jamais compati aux souffrances du Sauveur ! Lecteur ! il est impossible de Le voir souffrir sans L’aimer. Que Dieu fasse que vous soyez de ceux qui méditent avec amour sur les douleurs qui furent la part de Christ.

LES BOURREAUX

Une soldatesque grossière se moqua du Seigneur de gloire. Or, les soldats romains ne connaissaient pas Jésus, PAS MÊME DE VUE ; quand en Gethsémané, toute une troupe de soldats et d’huissiers était venue pour le prendre avec des épées et des bâtons, Judas l’Iscariote leur avait donné un signe :

« Celui que je baiserai, c’est lui… » (Marc 14. 44).

Dites-moi donc pourquoi les soldats, lorsqu’ils eurent enfoncé les clous dans les mains nobles et pures, délicates et sensibles du Sauveur, et qu’ils eurent percé ses pieds saints et dressé la croix, pourquoi, ne POUVANT PLUS AJOUTER aux tortures de son corps, ajoutèrent-ils aux tortures de son cœur ?

Ô profondeur de la perversion de notre chair !

Dans cette posture humiliante, TOUS L’ONT VU SOUFFRIR sans Le plaindre. Telle fut, lecteur, la noirceur de notre crime. Et tels furent le fiel et l’absinthe de son calice.

LE VINAIGRE

À ces abîmes de souffrances devaient s’ajouter encore D’AUTRES DOULEURS.

Il est dit que les soldats de corvée, préposés à la garde des suppliciés, s’approchèrent de Jésus et Lui présentèrent du vinaigre. Historiquement, la soif du Seigneur abreuvée de vinaigre se place après les heures de l’expiation. Toutefois, Luc l’Évangéliste indique ici ce fait important parce que, sans lui, il aurait manqué un trait à l’ingratitude humaine, dans le tableau qu’il nous dépeint.

Il ne faut pas confondre ce vin aigri, offert à la soif du Fils de l’homme ET QU’IL PRIT (Jean 19. 30), avec le vin mixtionné de myrrhe que le Seigneur DÉCLINA. Il s’agissait là d’un vin bon marché et âpre mélangé de myrrhe et que l’on donnait aux suppliciés pendant leur crucifiement.

Car le Sauveur adorable ne voulut pas se soustraire à la pleine conscience de ces douleurs qu’Il avait acceptées.

L’ÉCRITEAU

« Et il y avait au-dessus de Lui un écriteau en lettres grecques, romaines et hébraïques : Celui-ci est le roi des Juifs » (v. 38).

On écrivait généralement la nature du crime du condamné sur une tablette de bois et l’Évangile selon Jean spécifie que c’est Pilate qui fit l’écriteau placé sur la croix de Jésus (19. 19).

Les Juifs, nous le savons, protestèrent quant à la rédaction faite par le procurateur romain, mais celui-ci refusa de modifier son texte.

Quoique les Juifs aient rejeté le Seigneur Jésus, un témoignage puissant fut rendu à la ROYAUTÉ DE CHRIST. Le grec était la langue de la LITTÉRATURE et de la PHILOSOPHIE ; le latin était celle de la PUISSANCE MILITAIRE, des conquêtes ; l’hébreu était la langue de la RELIGION.

De sorte que c’est le monde tout entier qui a dit : Nous ne voulons pas de Jésus !

Ainsi donc, à la croix, pour Jésus l’amitié s’était comme exilée aux quatre coins de la terre. Celui qui, depuis la crèche jusqu’au Calvaire, nous avait offert un même spectacle d’amour, n’eut qu’affliction d’esprit, amertume de cœur, un immense océan de douleur…

Tout a conspiré pour rendre à Christ la croix effrayante et terrible. Ô mon lecteur, la réjection de Christ est le plus grand crime de l’humanité. Il a été l’objet d’une contradiction violente de la part de tous. Personne n’est resté avec Lui.

Cher Sauveur ! Il n’avait plus un ami et la solitude du cœur est la plus douloureuse qui soit. Car Jésus avait été abandonné par ses plus chers disciples et avait été renié par son ami le plus vrai !

Déjà, au jardin des Oliviers, les disciples affaissés, anéantis, étaient tombés dans la torpeur. Et à Golgotha leur défection générale témoignait hautement de la faiblesse de la chair au moment même où la haine meurtrière de ses adversaires triomphait.

MÊME LES BRIGANDS

« Et l’un des malfaiteurs qui étaient pendus l’injuriait, disant : N’es-tu pas le Christ, toi ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi » (v. 39).

Trois croix, nous l’avons vu, avaient été étendues par terre. Des coups de marteau s’étaient fait entendre, des gémissements, des cris… des coups de marteau encore !

Trois croix avaient été dressées portant chacune un supplicié. Seul des trois, Jésus était juste. Il n’y avait pas de « bon larron » et de « mauvais larron ». Seul Jésus était la victime immaculée. Il est le Saint Fils de Dieu.

Mais Ésaïe, qui avait prophétisé les souffrances du Sauveur, s’était exprimé de cette manière :

« … Il aura été compté parmi les transgresseurs » (53. 12).

Cette parole est citée dans l’Évangile selon Marc, où nous lisons :

« Et Il a été compté parmi les iniques » (15. 27).

Et voilà que les brigands eux-mêmes joignirent leurs voix à ce concert de blasphèmes. Des insignes malfaiteurs à leur tour traitèrent le Sauveur comme un objet méprisable.

Par l’Esprit prophétique Jésus avait dit :

« J’ai été comme un vase de rebut » (Ps. 31. 12).

L’Évangile selon Marc déclare d’une manière expresse et positive :

« CEUX aussi qui étaient crucifiés avec Lui l’insultaient » (15. 32).

Matthieu est non moins affirmatif :

« ET LES BRIGANDS AUSSI qui avaient été crucifiés avec Lui l’insultaient de la même manière » (27. 44).

Ah ! cher lecteur, c’est bien en regardant à la croix de Christ que nous apprenons la ruine totale de notre nature, la grandeur et l’horreur du péché.

Car, notez-le, les brigands ne s’injurièrent pas l’un l’autre. Ces gens sans aveu employèrent les derniers souffles de leur vie pour insulter le Sauveur. Même des brigands mourants, les membres disloqués et éprouvant les plus grandes tortures, sur le point d’entrer dans l’éternité après tout un passé de vols, de violences et de crimes, même ces impies tournèrent Jésus en dérision. Le Fils de l’homme, le cœur brisé par l’opprobre, entendit leurs paroles acerbes.

Telle est la dureté du cœur humain, du mien et du vôtre, lecteur, aussi longtemps qu’il n’a pas été touché par la grâce.

Que dit l’Écriture ?« Sine affectione », « Sine misericordia », sans affection et sans miséricorde…

Ainsi voyons-nous chez l’homme, du haut en bas de l’échelle sociale, la meute des passions déchaînées.

Il n’y a pas un être humain chez qui le péché n’a pas été la sclérose de l’âme.

Mais David, le doux psalmiste d’Israël, avait dit :

« Il boira du torrent dans le chemin » (Ps. 110. 7).

Aussi y eut-il un moment où, grâce adorable ! toute la scène changea. Car nous lisons :

« Mais l’autre, répondant, le reprit, disant : Et tu ne crains pas Dieu, toi, car tu es sous le même jugement ? » (v. 40).

Quelques heures auparavant cet homme aveugle et insensé, cet homme pervers, déversait sur Jésus souffrant ses plus odieux sarcasmes. À présent il est REPENTANT.

Que s’était-il donc passé ?

Comment un pécheur mourant mais CONTRIT, peut-il répondre soudainement de cette manière à un autre pécheur également mourant mais, hélas ! foncièrement endurci ?

Oui, comment un HOMME peut-il répondre ainsi à un autre homme ?

Mystère dont tout le secret réside uniquement dans la miséricorde divine.

Ô mon lecteur, écoutez aujourd’hui, je vous en supplie, la voix de ce brigand ! Peut-être avez-vous jusqu’à ce jour refusé d’écouter un père aimé, une mère chérie, un frère ou une sœur affectionnée, une épouse pleine de tendresse. Prêtez alors l’oreille à ce que disait un malfaiteur à son compagnon de supplice :

« Mais l’autre, répondant, le REPRIT »…

Quoique étant mort, cet homme REPREND encore tous les pécheurs sans repentance, parce que tous ceux qui ne sont pas sauvés raillent toujours le Fils de Dieu.

Depuis le jardin d’Éden jusqu’à maintenant, ils se font l’écho du sifflement du serpent qui disait :

« Quoi, Dieu a dit…? »

Le brigand repentant avait entendu la prière de l’amour :

« Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ».

Je crois que c’est à ce moment-là que ce voleur a été converti ; alors la lumière a pénétré dans sa conscience et dans son cœur. Le soleil de la grâce a fondu les glaces de son âme.

N’est-ce pas pour lui aussi, pauvre misérable, que Jésus avait fait monter sa douce prière ?

C’est cette expression adorable de pardon, de bonté et d’amour, qui produisit dans l’âme de ce scélérat un travail profond.

Essayons de démêler les sentiments qui, successivement, se firent jour dans ce cœur. Les apostrophes directes, comme aussi les paroles indirectes qui s’adressaient à Jésus, avaient frappé son oreille.

Tour à tour les foules et les chefs, les principaux sacrificateurs, les anciens et les scribes, les passants et les soldats, avaient parlé du Fils de Dieu, du roi d’Israël, du Christ, de l’Élu de Dieu.

Le malfaiteur insensible venait de dire :

« N’es-tu pas le Christ, toi ? »

Si tu es vraiment le Messie, commence par te sauver et nous ensuite !

Alors, en présence de ce martyr qui avait pardonné, qui s’était montré parfait dans ses souffrances, le brigand repentant embrassa d’un regard l’injustice flagrante des hommes. Il entrevit les clartés redoutables de la justice de Dieu.

Ce ne fut pas une RÉPONSE, mais une répartie prompte et vive, une RIPOSTE énergique que le brigand repentant fit à son compagnon.

« Et tu ne crains pas Dieu, toi, car tu es sous le même jugement ? » (v. 40).

La CRAINTE DE DIEU était, ô merveille, entrée dans ce cœur jusqu’ici incrédule et rebelle.

Or, « la crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse » (Prov. 9. 10). Comme Dieu prend rapidement possession d’une âme !

Puis-je vous demander si vous avez la crainte de Dieu ?

Or, un des premiers effets de la crainte de Dieu dans le cœur est de chasser une autre crainte : celle de l’homme.

Jésus avait enseigné disant :

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui après cela ne peuvent rien faire de plus ; mais je vous montrerai qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne ; oui, vous dis-je, craignez celui-là » (Luc 12. 4 et 5).

Le brigand converti illustre pleinement cela ; la CRAINTE DE DIEU le rendit « plein d’assurance comme un jeune lion ».

À cette réplique hardie le brigand repentant ajouta une CONFESSION dont la simplicité fera toujours l’émerveillement des âmes attentives.

Et tout est condensé, cristallisé dans ce seul mot : JUSTEMENT !

« Et pour nous, nous y sommes JUSTEMENT ; car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises ; mais celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire » (v. 41).

IL Y A UN LIEU…

Il y a un lieu, lecteur, où, pendant l’éternité, le PÉCHÉ ou le MAL sera RELÉGUÉ ou PUNI.

C’est le « feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges ».

Là seront jetés aussi les HOMMES SANS REPENTANCE, après leur jugement devant le grand trône blanc, car il est écrit :

« Et si quelqu’un n’était pas trouvé écrit dans le livre de vie, il était jeté dans l’étang de feu » (Apoc. 20. 15).

Dans ce lieu de tourments aucune ACTIVITÉ DE PÉCHÉ ne sera permise, quoique la HAINE CONTRE DIEU et contre CHRIST devront nécessairement subsister.

Car, dans la géhenne, la nouvelle naissance et la repentance ne seront jamais possibles pour les hommes, comme elles le sont maintenant.

Toutefois, ceux-ci reconnaîtront qu’ils souffrent JUSTEMENT ; que c’est eux seuls qui auront été les artisans de leur éternel malheur, qu’ils ont été acharnés à se perdre et qu’ils ont délibérément choisi une si affreuse destinée…

L’enfant en naissant fait entendre SES CRIS et SES PLEURS. Il semble présager les maux dont le cours de sa vie sera rempli.

Peu nombreux sont, en effet, les jours sereins et tranquilles qui nous éclairent !

Mais si même un homme pécheur souffrait pendant toute son existence et mourait, comme mourut le brigand au paroxysme de la douleur, si, dis-je, la vérité de Dieu se faisait jour à ce moment-là dans le cœur de cet homme, ne croyez-vous pas que ses dernières paroles seraient aussi :

« Je souffre JUSTEMENT ; tout ceci est la JUSTE RÉCOMPENSE de la vie que j’ai vécue, des pensées que j’ai nourries, des motifs et des intentions qui m’ont gouverné tous les jours que j’ai passés sur la terre » ?

Une âme enseignée de Dieu parle de cette manière : « Car nous recevons ce que méritent

LES CHOSES QUE NOUS AVONS COMMISES »

Et VOUS, ô mon lecteur, attendrez-vous pour confesser à Dieu que vous êtes un pécheur ruiné et perdu et que vous avez JUSTEMENT mérité la MORT et le JUGEMENT ?

Dites donc, avec le Psalmiste :

« Contre toi, contre toi seul, j’ai péché, et j’ai fait CE QUI EST MAUVAIS à tes yeux ; afin que tu sois JUSTIFIÉ quand tu parles, trouvé pur quand tu juges » (Ps. 51. 4).

Et savez-vous comment un pécheur JUSTIFIE DIEU ? Ah ! c’est en se CONDAMNANT lui-même !

Voyez maintenant combien est beau L’AUTRE CÔTÉ DU TABLEAU :

« Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire » (v. 41).

En passant condamnation sur lui-même, en se jugeant sans réserve, en reconnaissant sa non-valeur, plus que cela sa misère profonde, le brigand converti se fit aussi L’AVOCAT de Celui qu’il insultait un moment auparavant. Il proclama hautement son innocence.

IL EST JUSTE, IL EST SAINT,

dit le brigand converti. TOUS avaient donné leur voix pour envoyer à la mort le SAINT et le JUSTE. Le sanhédrin, tribunal suprême composé d’intellectuels, sacrificateurs, scribes et anciens, le peuple aussi, Pilate et Hérode, TOUS sans exception aucune L’avaient jugé digne de mort.

Et maintenant voici qu’un individu qui jusque-là n’avait vécu que d’attaques à main armée, de vols et de rapine, qui était en révolte ouverte contre les lois, SE RANGE résolument à son côté et prend énergiquement SA DÉFENSE !

Que lui importait à cette heure les SACRIFICATEURS et leurs NÉGOCIATIONS avec le traître, les CHEFS et leur honteux COMPLOT, le PROCONSUL des Romains et sa LÂCHETÉ, le PEUPLE et ses HURLEMENTS sanguinaires ?

Dieu soit loué ! Il y en eut un pour qui toutes les RÉSOLUTIONS concertées en commun, tout le PROCÈS, le JUGEMENT et la SENTENCE n’avaient aucune valeur.

Il fit table rase du verdict du JURY et de la condamnation des JUGES. Il dit :

« Vous L’avez déclaré coupable, je Le proclame juste ; vous L’avez déclaré un malfaiteur, et moi je vous dis qu’Il n’a RIEN FAIT qui ne se dût faire ! »

Telle fut, ô mon lecteur, la CONFESSION admirable du brigand converti. En ces heures si profondément douloureuses et solennelles, quand toutes les forces humaines et sataniques étaient coalisées contre Christ et que le conflit avait atteint son point culminant, à la face de l’univers le malfaiteur repentant proclama LES VERTUS de Celui qui venait de l’appeler des ténèbres à sa merveilleuse lumière.

Et alors, tournant vers Jésus ses regards :

« Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume » (v. 42).

Après ce court dialogue que le brigand avait eu avec l’autre voleur, n’est-elle pas magnifique cette PRIÈRE plus courte encore, qu’il fit à Jésus ?

Prière marquée davantage par sa PROFONDEUR que par sa LONGUEUR !

Prière dont nous devrions nous inspirer tous !

Prière dont la SIMPLICITÉ nous charme et dont la DENSITÉ nous étonne !

IL DIT : SEIGNEUR !

Cet homme exécrable, dont les mains avaient été teintes du sang de ses semblables, mais qui était maintenant humilié, dit :

« Seigneur ».

Quand la calomnie répandait son fiel sur toutes les langues, il confessa :

« Jésus comme Seigneur ».

Tels sont les miracles de la grâce divine.

Voilà comment un être qui avait toujours été infesté du venin du péché devint un saint authentique.

Or, qu’avait-il devant les yeux ce brigand ?

Celui dont le prophète avait parlé en ces termes :

« Son visage était défait plus que celui d’aucun homme, et sa forme, plus que celle d’aucun fils d’homme… Il est méprisé et délaissé des hommes, homme de douleurs, et sachant ce que c’est que la langueur, et comme quelqu’un de qui on cache sa face ».

Le malfaiteur vit un CRUCIFIÉ et confessa néanmoins le SEIGNEUR DE GLOIRE !

Ô mon lecteur ! savez-vous que Jésus aimerait que VOUS prononciez ce simple mot : Seigneur ?

Son oreille est attentive et Il attend que vous disiez, ne serait-ce que dans un léger murmure, mais du fond du cœur :

« Seigneur… ».

Pour le brigand converti Jésus était…

LE SEIGNEUR, LE ROI, LE SAUVEUR !

Il est beau de voir cet homme jugé par tous abominable, et à juste titre, à cause de ses crimes, proclamer en ce moment et en ce lieu la SEIGNEURIE de Jésus, sa ROYAUTÉ et sa puissance pour SAUVER.

« Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton ROYAUME ».

Le brigand comprit qu’il n’était pas possible que cet Homme qui souffrait et qui mourait de cette manière fût un homme ordinaire. Par dérision on L’avait appelé Christ, Roi des Juifs et Fils de Dieu. Le brigand converti crut que Jésus était tout cela.

Non seulement il ressentit l’énormité de l’INJUSTICE humaine et que le grand souffle de la JUSTICE DIVINE passerait sur le peuple comme elle passe sur les individus, mais il salua en Jésus un grand Roi qui possédait un riche ROYAUME.

De sorte que, tournant vers Lui des regards suppliants, il dit :

« Souviens-toi de moi, Seigneur ! »

C’est comme si le brigand disait : « Tu meurs, mais je sais que tu es le Roi. Tu quittes la scène de ce monde dans la souffrance et l’ignominie, mais tu reviendras. Alors, je te prie, Seigneur, souviens-toi de moi quand tu prendras possession de ton royaume ».

Enfin, la foi du brigand reconnut en Jésus LE SAUVEUR, car il se confiait en sa grâce parfaite. Il s’attendait à Lui pour accorder à un pauvre malfaiteur repentant ce qu’Il jugerait bon…

Lui ne parla que d’un simple souvenir lorsque Jésus, grand Roi revêtu de magnificence et dans tout l’éclat de sa majesté, établirait son royaume. Il s’en remettait entièrement à sa grâce ineffable.

Ah ! si pour les hommes, Jésus était alors un objet de mépris, le brigand rendu intelligent par la foi, discerna qu’après sa mort pour nos âmes perfides la splendeur rayonnerait de la face royale du Ressuscité !

Contemplez maintenant, lecteur, l’amour du Sauveur envers celui qui se confie humblement en sa bonté. Magnifique fut

LA RÉPONSE DE JÉSUS

au malfaiteur repentant. Ces paroles chassèrent les dernières ténèbres et firent luire dans cette âme la radieuse beauté de l’aurore.

« Et Jésus lui dit : En vérité, je te dis : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (v. 43).

À la PRIÈRE de la foi le Seigneur Jésus répondit par une magnifique PROMESSE qui, dans quelques instants, oh ! cela ne serait pas long, se changerait en une glorieuse RÉALITÉ.

AUJOURD’HUI !

Ne vous étonnez pas, lecteur, si vous avez souvent entendu dire que l’Évangile était pour AUJOURD’HUI et non pas pour DEMAIN.

C’est le mot que le Sauveur Lui-même a employé et que l’évangéliste est autorisé à employer encore.

Car Jésus sait que si vous n’êtes pas venu à Lui vous courez des risques trop certains. Il ne veut PAS que vous donniez votre vie au monde et à Satan. La mort et le jugement vous menacent.

Dans les cimetières ne pouvez-vous pas lire des noms de personnes de votre âge ?

Approchez-vous donc de Jésus AUJOURD’HUI sans DOUTE et sans MÉFIANCE !

TU SERAS !

La parole du Seigneur ne laisse place à aucune INCERTITUDE.

Si nous vivons dans des temps tumultueux et si toutes les ressources du savoir humain ne sont d’aucun secours à l’heure de la mort, rien ne peut porter atteinte à la sécurité du croyant.

AVEC MOI !

Être avec Jésus est l’espérance de celui qui se repose sur Lui.

Savez-vous que le trône est à Christ et pour l’éternité ?

La plus éclatante lumière rayonne maintenant de la face de Jésus glorifié et les siens seront éternellement en sa sainte présence, contemplant en Lui une prééminence parfaite de grâces, de mérites et de faveur. Ils verront ses plaies profondes et ignominieuses qui déjà excitent leur respect et réveillent leur reconnaissance. Car ses mains sont encore marquées des blessures éclatantes qu’Il a reçues pour nous. Et celles-ci demeureront éternellement les signes glorieux de sa victoire et de son amour.

DANS LE PARADIS !

Le brigand converti apprit que lorsqu’il s’endormirait sur cette croix ce serait pour aller avec Jésus dans les splendeurs ineffables du paradis. Il avait regardé au-delà des horizons terrestres pour voir le ROYAUME, et Jésus lui parla d’un LIEU DE REPOS en attendant l’action de grâce éternelle des rachetés dans la GLOIRE et l’exultation de la louange sans fin.

Lecteur ! Jésus a dompté toutes les puissances de l’enfer ; Il a triomphé du prince de ce monde ; Il a vaincu la mort même. Des fleurons sont maintenant encore ajoutés à la couronne du Sauveur, des joyaux à son trésor.

Et que sont ces fleurons et ces joyaux ?

De pauvres pécheurs qui se tournent vers Lui !

Alors pourquoi mener ici-bas une vie de fièvre et de passion pour avoir ensuite la honte et le remords ?

Regardez aujourd’hui à Jésus et sachez que s’Il était Lui avec le brigand sur la croix, c’est afin que le brigand fût avec Lui dans le ciel. Et non seulement le brigand, mais aussi tous ceux qui croiraient en Lui.

Si le premier brigand a vu en Christ un MALFAITEUR avec DURETÉ, le second brigand a vu en Christ le ROI et le SAUVEUR avec REPENTANCE.

Lecteur ! avec lequel de ces deux brigands passerez-vous l’ÉTERNITÉ ?

A.S.L.