LE JEUNE HOMME RICHE

Marc 10. 17 à 22

« Si tu éloignes l’iniquité de ta tente, et que tu mettes l’or avec la poussière, et l’or d’Ophir parmi les cailloux des torrents, le Tout-puissant sera ton or, et il sera pour toi de l’argent amassé ». Job 22. 23 à 25.

C’est une physionomie vraiment attachante que celle de ce jeune homme qui, fortement occupé de son âme, justement absorbé par la question capitale de la vie éternelle, vint un jour se jeter aux pieds du Seigneur Jésus pour l’interroger et s’instruire. Le Fils de Dieu, le Sauveur, était alors sur la terre. L’Évangile, ce livre unique au monde et dont l’humanité toute entière devrait se nourrir, l’Évangile nous Le montre ayant paru sous la forme d’un Serviteur. Sachant que sur aucun marché nous ne pouvions acheter le joyau de la paix parfaite, sachant d’autre part qu’un arrêt de mort éternelle pesait sur notre tête, voulant briser nos fers et nous introduire dans la félicité souveraine, Lui l’Incréé, le Dieu bienheureux, pour nous sauver est venu à nous !

La vierge Marie, rejeton de la race royale de David, celle dont l’âme devait être transpercée, fut obligée de chercher un asile dans une étable. Là, elle mit au monde Celui qui est le Christ du Seigneur !

Adorable mystère ! Ici-bas Jésus n’eut pas de chez soi et Il ne trouva le plus souvent, hélas ! que préjugés et défiance, haine et mépris. Il souffrit la persécution et l’injustice. Mais son amour fut au-delà de toute expression car ses mains nobles et pures s’étendirent sur toutes les souffrances humaines. Tous pouvaient s’approcher du Sauveur ; Il ne repoussait personne !

Avez-vous pensé, ami lecteur, à ce que l’Évangile nous rapporte et que l’on pourrait appeler

LA SCÈNE DES PETITS ENFANTS,

comment on Lui apporta de petits enfants, afin qu’Il les touchât ? Et que lisons-nous ensuite ? « Et les ayant pris entre ses bras, Il posa les mains sur eux et les bénit » (10. 16). Vous représentez-vous cette scène ? Celui dont le bras avait étendu ces cieux d’une pureté immuable, cette voûte azurée du firmament, qui avait créé les magnifiques forêts, les glaciers et les grands lacs, le Dieu qui avait fait de rien les cieux et la terre, était là… Jésus prit

ENTRE SES BRAS

les petits enfants ! Avec quel amour ne les a-t-Il pas regardés Qui de nous n’aurait pas aimé contempler toute la tendresse exquise qu’Il y avait alors dans ses yeux ? Qui de nous ne voudrait L’adorer en silence ? Vous dites peut-être : Je ne suis plus un petit enfant et j’ignore quels sont les sentiments du Seigneur envers les autres…?

« Et comme Il sortait sur la route, un homme accourut… » (v. 17). L’Évangile selon Matthieu spécifie que c’était « un jeune homme » (19. 20) ; l’Évangile selon Luc précise que c’était « un des chefs du peuple » (18. 18). Les trois synoptiques soulignent le fait qu’il avait de « grands biens », ou qu’il était « extrêmement riche » !

Ce personnage possédait donc, humainement parlant, tout ce qui doit rendre un homme heureux. En tout premier lieu, il avait pour lui LA SANTÉ parce qu’il avait la JEUNESSE. C’est à elle qu’appartiennent les belles et fraîches apparences, la souplesse des muscles, la force aussi, la joie de vivre, l’allant et la gaieté !

En second lieu, cet homme avait LA RICHESSE parce qu’il disposait de GRANDS BIENS. Chez lui rien de comparable avec ces pauvres qui nous entourent… Eux vivent dans des villes sans arbres, dans des rues sans soleil, dans des logis sans air, auprès des âtres sans feu. Et, naturellement, ils font leur travail sans joie. Au contraire la possession d’une fortune importante assure de nombreux avantages. Le « jeune homme riche » pouvait dépenser sans compter, si bon lui semblait, se procurer tout ce qui s’acquiert avec l’argent !        

Enfin, en dernier lieu, cet homme qui nous occupe avait LA PUISSANCE parce qu’il était un des chefs du peuple. Point n’était besoin pour lui de poursuivre les honneurs, de viser à la considération et à l’estime. Placé déjà dans une position élevée, il en était déjà couronné. Combien d’hommes autour de nous recherchent les applaudissements du siècle et ont soif de gloire. Ils sont légion ceux qui désirent exercer l’autorité.

SANTÉ, RICHESSE, PUISSANCE,

le jeune homme de l’Évangile jouissait pleinement de tout cela. Étant jeune, possédant une fortune immense et étant une sorte de président de synagogue, nombreux sont ceux qui devaient l’envier.

Mais il y a encore trois points sur lesquels je désire, lecteur, attirer votre attention, trois faits importants que nous pourrions ajouter à l’actif de ce sympathique jeune homme, puisque j’ai aujourd’hui entrepris de vous parler de lui. Il était animé d’un ZÈLE ARDENT car il est dit « qu’il accourut » (v. 17). Son sérieux, sa gravité, son empressement sont louables et devraient faire honte à plusieurs. Le Seigneur Jésus était sorti sur la route et le jeune homme de venir A LA HÂTE. Le moment était solennel, l’occasion pouvait être unique.

Savez-vous qu’il, est écrit ailleurs « Voici, IL PASSE PRÈS DE MOI, et je ne le vois pas ; et II passe à côté de moi, et je ne l’aperçois pas » (Job 9. 11). Oui, lecteur, encore aujourd’hui Jésus passe et je vous dirai ; Pourquoi vous tenez-vous à l’écart ? Pourquoi Le fuyez-vous ? Ne voudriez-vous pas faire comme le jeune homme riche qui ACCOURUT à Jésus ?

Et puis, ce chef du peuple était plein de RESPECT dans sa manière de s’adresser au Seigneur. Quoique totalement ignorant de la Personne devant qui il se trouvait, il faut noter qu’il parla avec déférence. Sa salutation était empreinte de la plus sincère cordialité. Il dit : « Bon maître ».

Enfin, nous trouvons même chez lui une profonde RÉVÉRENCE envers le Seigneur, car il se jeta « à genoux » (v. 17). Lorsqu’il L’aborda IL FLÉCHIT LES GENOUX. Peut-être que cela, mon cher lecteur, vous ne l’avez jamais encore fait… Donc,

ZÈLE, RESPECT, RÉVÉRENCE,

tout cela est à inscrire au « crédit » de ce jeune homme. Ces traits forment un contraste frappant avec l’indifférence, l’irrespect et la moquerie qui, trop souvent hélas ! s’étalent sous nos yeux.

Malgré tout ce que nous venons de voir le « jeune homme riche » n’était pas heureux. Pourquoi ? Ah ! c’est parce qu’il était tourmenté par ces problèmes que les consciences remuent. Sans avoir aucunement recherché les plaisirs qui TUENT LE CORPS et qui SOUILLENT L’ÂME, – car le mal amène l’homme à sa propre destruction, – sans avoir mené une vie entièrement livrée au monde et à la chair, il y avait pour lui une angoissante question : celle de la vie ! Il était mal à l’aise ; que dis-je ? inquiet, agité par ce qui se rattache à la VIE ÉTERNELLE. Il savait qu’il lui manquait quelque chose et ceci nous amène à considérer

SA QUESTION.

« Bon maître, que ferai-je afin que j’hérite de la vie éternelle ». Dans l’Évangile selon Matthieu sa question est même celle-ci : « Maître, quel BIEN ferai-je pour avoir la vie éternelle ? » (19. 16). Ce qui revenait à dire à Jésus : Tu es BON, je le suis aussi, sans doute dans une mesure moindre, mais je suis susceptible de faire le BIEN ; instruis-moi donc, enseigne-moi touchant cette vie que je n’ai pas et que je voudrais tant posséder ».

Et aussitôt Jésus de répondre à cette question par une autre question « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon, sinon, un seul, Dieu » (v. 18). Pour ce chef de synagogue Jésus était BON. Or, Jésus de déclarer péremptoirement que nul n’est bon, SINON UN SEUL, Dieu. Que fallait-il en conclure ? Que devait-on en déduire ? Puisqu’il n’y en a SUR TERRE « aucun qui exerce la bonté » (Rom. 3. 12), – « pas même un seul », – et que DIEU SEUL EST BON, si le témoignage du jeune homme riche à l’égard de Jésus était vrai, alors JÉSUS ÉTAIT DIEU ! oh ! ne croyez-vous pas, qu’à ce moment-là, Jésus fournissait à ce jeune homme une occasion magnifique de Lui dire, CONTRAINT et CONVAINCU , et dans une humble CONFESSION :

MAIS TU ES DIEU !

« Je souffre de l’éloignement de mon âme et Toi seul peut combler le vide infini de mon cœur, ce que toutes mes richesses n’ont jamais pu faire. Las de m’abuser, de me séduire et DE ME MENTIR, je veux enfin fermer mes oreilles à toutes les voix de la terre. Je t’ouvre la porte, car c’est Toi et Toi seul qu’il me faut ! »

Avant de poursuivre, puis-je vous demander, lecteur, si vos yeux ont été dessillés pour contempler en Jésus le Fils de Dieu, Celui qui a entendu tous les sanglots du cœur des hommes et qui est descendu ici-bas pour vous consoler et vous relever dans votre détresse ? Car Jésus est le Souverain Maître de l’univers, réunissant en Lui-même toutes les perfections, Celui qui de toute éternité habite la lumière inaccessible, et qui pour nous sauver est descendu ici-bas.

Puissiez-vous Lui renouveler chaque jour vos hommages et votre adoration ! Car IL EST DIEU et IL VOUS AIME ! Oh ! que votre cœur soit aujourd’hui même profondément remué et par sa grandeur incomparable et par la profondeur de son amour !

QUEL BIEN FERAI-JE ?

Tel est le langage de quelqu’un qui n’a pas compris que le péché s’attache à nous tel une lèpre. Il passe sur nos âmes comme une vague qui se déroule et s’étale sur une plage de sable. N’est-ce pas à cause de la perversité inouïe des hommes que Dieu a fait jadis venir le déluge sur la terre ? Et depuis le péché ne s’est-il pas inscrit au frontispice de toutes les civilisations ? La vérité est que les hommes n’ont jamais cessé de se dépraver. « Quel bien ferai-je ? » Le cœur naturel est le repaire des plus viles superstitions, du mensonge, de l’injustice et de l’impureté !

Ainsi, le spectacle le plus affligeant est, sans contredit, celui d’un pécheur qui NE DISCERNE PAS en Jésus le Fils de Dieu, et qui NE SE CONNAIT PAS lui-même. Le « jeune homme riche » se fiait à lui-même pour accomplir le bien. Il pensait pouvoir faire ce qui lui DONNERAIT DROIT à la vie. Il parlait « d’hériter » montrant par là que, comme la possession d’un héritage est UN DROIT DE NAISSANCE, ainsi aussi en « faisant » il pourrait obtenir comme UN DROIT la vie éternelle. Quelle funeste erreur ! La vie éternelle est

UN DON DE DIEU

« Car le don de GRÂCE de Dieu, c’est la vie éternelle ». Sachez, lecteur, que si jamais vous recevez la vie éternelle ce ne sera que comme UN DON !

TU SAIS LES COMMANDEMENTS

Puisque le jeune homme riche voulait avoir la vie éternelle par la loi, Jésus le renvoya à Moïse et au Sinaï. On a dit : « Si un homme vient en voulant FAIRE, il faut lui dire ce qu’il y a À FAIRE ; si un homme vient comme un pécheur, on lui dit ce qu’il doit CROIRE ». Aussi, ce chef religieux de s’entendre rappeler ces paroles : « Ne commets point adultère ; ne tue point ; ne dérobe point; ne dis point de taux témoignage : ne fais tort à personne ; honore ton père et ta mère » (v. 19). Il y avait dix commandements dont quatre concernaient les obligations de l’homme envers Dieu et six qui traitaient des devoirs de l’homme envers son prochain. C’est sur ces derniers que Jésus attira l’attention du jeune homme. Il est remarquable de voir que c’est le septième commandement que le Seigneur énonça en tout premier lieu

NE COMMETS POINT ADULTÈRE !

Jésus s’adressait à un « jeune homme » et qui était « riche » et Il savait combien nombreux seraient ceux qui, écoutant les suggestions de l’ennemi tomberaient dans les abîmes du PÉCHÉ QUI DÉPARE LA VIE ! Il est possible que cette brochure soit lue par des jeunes gens, aussi une parole d’avertissement à leur endroit ne sera pas déplacée. Oui, il y en a des multitudes qui, recherchant la griserie des sens, sont entrés dans des rues mal famées et dans les antres du vice « comme un daim qui se jette dans le piège, jusqu’à ce que la flèche lui transperce le foie ; comme l’oiseau se hâte vers le piège et ne sait pas QU’IL Y VA DE SA VIE » (Prov. 7. 23). Grande est actuellement la déliquescence des mœurs et légions sont ceux qui se sont rendus coupables d’adultère, de fornication ou d’impureté. Ne serait-il pas antiscripturaire de garder le silence et de ne pas dénoncer ce péché auquel Satan pousse et que le monde favorise ? Satan et le monde s’appliquent toujours à satisfaire les pires instincts des hommes, tout en déguisant le véritable caractère de ce péché, lui donnant les noms de légèreté ou de mondanité. Mais quel est, tout au long de la Parole, le témoignage des prophètes et des apôtres ? Il se résume en ceci : « Dieu jugera les fornicateurs et les adultères » (Héb. 13. 4).

LE SANG DE JÉSUS CHRIST…

Je ne puis, toutefois, quitter ce sujet en bonne conscience sans dire à celui qui aurait commis ce péché-là, que le sang de Christ versé à la croix peut aussi laver de cette affreuse souillure. Ô vous qui êtes tombé dans le gouffre et peut-être à cette heure sentez peser un bien lourd fardeau sur votre conscience, au plus fort de votre angoisse le témoignage de l’Écriture se fait encore entendre disant : « LE SANG de Jésus Christ son Fils nous purifie de chaque péché » (1 Jean 1. 7).

Dieu soit loué ! il y en a beaucoup qui ont été gardés de cette tache morale dont nous venons de parler ; beaucoup de jeunes gens peuvent dire : je n’ai jamais fait cela ! Le « jeune homme riche » lui, avait observé toute cette partie de la loi qu’avait citée le Seigneur. De sorte qu’à l’audition des commandements il répondit : « Maître, j’ai gardé toutes ces choses dès ma jeunesse » (v. 20). Examinons toutefois la question de plus près. Si même nous nous conformions à ces actes extérieurs que la loi exigeait, – et, comme nous allons le voir IL Y A AUTRE CHOSE QUE LES ACTES EXTÉRIEURS de la loi mosaïque, – si notre conduite était parfaite extérieurement vis-à-vis des hommes, est-ce que cela nous donnerait UNE ASSURANCE POUR L’ÉTERNITÉ ? En aucune manière ! Ne pas commettre adultère, ne point tuer, ne pas dérober, ne pas apporter devant les juges de faux témoignage, ne faire tort à personne, honorer son père et sa mère, tout cela pouvait assurer à un Juif des BÉNÉDICTIONS SUR LA TERRE mais ne qualifiait nullement pour LE CIEL !

Oh ! mon lecteur, ce n’est pas parce que vous n’aurez pas fait de tort à votre prochain que vous serez propre pour les joies de Dieu. Croyez-vous que c’est pour cela que Jésus vous entraînera sur les sommets de sa gloire et vous introduira dans son domaine magnifique ? Ce n’est pas parce que vous n’aurez pas tué, que vous contemplerez la magnificence du Seigneur, ayant part aux splendeurs glorieuses de la résurrection !

Ô mon lecteur, combien je voudrais que par la lecture de ces lignes plusieurs pécheurs soient attirés à Jésus-Christ, afin que lorsqu’Il viendra sur les nuées avec un grand son de trompette, dans la lumière magnifique de l’aurore, beaucoup soient enlevés au-dessus des plaines étoilées pour être AVEC LUI dans le ciel et pour l’éternité ! Ceci est infiniment meilleur que de garder les commandements et de jouir d’une longue vie SUR LA TERRE !

« Et Jésus, l’ayant regardé, l’aima… » (v. 21). Ce fut

UN REGARD D’AMOUR !

Le Seigneur savait apprécier les QUALITÉS NATURELLES qui se trouvaient dans un homme, alors même que celui-ci ne Le connaissait pas et ne se connaissait pas non plus. Il en est toujours ainsi, car le Seigneur voit nos plus secrètes pensées. Il estimait la sincérité, la droiture de ce jeune chef de synagogue. Souvenons-nous qu’avant la chute primitive l’homme était innocent et quoique le péché ait changé la condition de celui-ci de sorte qu’il naît impur et qu’il succombe sous le poids de ses iniquités, néanmoins il y a encore ce que le Seigneur peut approuver. Ainsi il est beau de voir comment au sein d’une humanité déchue, alors qu’une génération se lève après l’autre, superbe et oublieuse du Dieu vivant, Jésus discernait une nature droite, honnête, sincère, des qualités attrayantes. Mais, et on ne peut trop insister là-dessus, de beaux traits moraux, une conscience délicate, un caractère digne d’être apprécié N’AMÈNENT PAS L’ÂME À DIEU. Il faut donc l’œuvre de la grâce dans le cœur.

Il se peut que celui qui a pensé tout-à-l’heure : Je ne suis pas comme ces petits enfants, objets de l’amour du Seigneur, – dise maintenant du jeune homme riche Je ne lui ressemble pas…

LE SEIGNEUR VOUS AIME,

car son amour est envers tous. Sans doute, y a-t-il UN AMOUR PARTICULIER pour ceux en qui IL SE COMPLAÎT. Et c’est dans ce sens qu’il est dit : « Or Jésus AIMAIT Marthe, et sa sœur, et Lazare » (Jean 12. 5). Mais DANS SES COMPASSIONS, son amour s’exerce aussi à l’égard de ceux qui ont mené une vie inutile et perdue, parce que pécheresse, et qui se sont adonnés aux plaisirs et aux passions. Son amour visite encore maintenant les abîmes où gisent les grands pécheurs ! Il se peut que VOUS, vous ne l’ayez jamais aimé. Son Nom n’a jamais fait votre espérance et votre joie. MAIS LUI VOUS AIME, car il est écrit : « Nous, nous L’aimons parce que Lui nous a aimés le premier » ! S’il n’y a en nous RIEN D’AIMABLE, il n’en demeure pas moins vrai que son cœur est ému de compassion ENVERS TOUS, même envers ceux qui ont écouté de mauvais conseils, suivi de mauvais exemples et dont la conduite a été UN SCANDALE PERPÉTUEL.

« Et Jésus… lui dit : Une chose te manque… » (v. 20). Il est remarquable de voir comment dans l’Évangile selon Matthieu c’est le jeune homme lui-même qui dit au Seigneur :

QUE ME MANQUE-T-IL ENCORE ?

Quoiqu’il eut gardé les commandements, il sentait qu’il lui manquait quelque chose pour avoir droit aux bénédictions éternelles. Serait-ce là aussi VOTRE QUESTION ? Moral, religieux, charitable même, celui qui ne s’est pas plongé et replongé dans la fange du péché, conscient de sa supériorité sur l’esclave de la boisson et du vice, dit peut-être : « Que me manque-t-il encore ? »

IL VOUS MANQUE TOUT…

si vous n’avez pas Christ ! Si vous ne connaissez pas Jésus, Celui qui sur la croix a senti et les clous qui déchirent et la soif qui s’allume et qui, sur ce gibet de torture lente et raffinée EST MORT POUR VOUS ! Sans le Sauveur il vous manque TOUT, aussi belle votre vie aurait-elle pu être extérieurement.

UNE CHOSE TE MANQUE !

Jésus semble dire au jeune homme riche : Ta conduite a été irréprochable ; dans les voies de la Providence tu as été gardé de la corruption, des mœurs licencieuses et de toutes les ruses du diable pour perdre la jeunesse. Mais… une chose te manque et c’est

UN ATTACHEMENT PERSONNEL

à Moi, le Sauveur des pécheurs. Oh ! combien malheureux est un homme aussi longtemps que Christ n’est pas L’OBJET DE SON CŒUR ! Sur ce jeune homme riche, pourtant si sympathique, intéressant à plus d’un chef, aimable au possible, Jésus n’exerçait pas UN IRRÉSISTIBLE ATTRAIT.

« Va, vends tout ce que tu as et donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel, et viens, suis-moi, ayant chargé la croix » (v. 21). Cette attraction mystérieuse que Christ doit exercer sur le cœur est exprimée par ces simples mots :

VIENS ET SUIS-MOI !

Jésus était avec ses disciples « en chemin, montant à Jérusalem ». C’est là, qu’après avoir souffert des peines affreuses, des opprobres, et que la confusion aurait couvert son visage, Il serait crucifié comme coupable sur le calvaire.

« … ayant chargé la croix ». Lecteur ! avez-vous réfléchi au progrès qu’il y eut dans les humiliations du Fils de l’Homme ? Il fut insulté par d’indignes valets et les ivrognes allèrent jusqu’à composer des couplets contre Lui. Agneau muet, il endura la cruauté des hommes, laissant faire lorsqu’on lui arracha le poil de ses joues et qu’on lui cracha au visage. On joua avec son caractère de Prophète et on se moqua de lui en qualité de Roi. Il fut l’objet de toutes les dérisions lorsqu’environné de soldats éhontés, ceux-ci mirent sur ses épaules meurtries par le fouet, un vêtement de pourpre. Et comme insigne de sa royauté on Lui donna un roseau ! Quelles profondeurs d’humiliations que les siennes !

Jésus ne fut jamais « populaire ». Son peuple devint comme un animal féroce. On voulut l’arracher du nombre des vivants et effacer à toujours la mémoire de son Nom. Or, c’est

UN SAUVEUR REJETÉ

que le jeune homme riche était appelé à suivre et que vous et moi, lecteur, sommes appelés à suivre. C’est un Jésus qui fut ici-bas méprisé, bafoué et moqué ! C’est un Christ qui fut salué ironiquement, ayant autour de lui des faces haineuses et qui entendit même le coq qui chantait et Pierre qui le reniait !

« … viens, suis-moi, ayant chargé la croix », dit Jésus au jeune homme riche. Mais au fait, débarrasse-toi d’abord de tout ce qui constitue un obstacle pour me suivre dans la rudesse et l’âpreté de mon chemin. Laisse définitivement sur le bord de la route tout ce bagage encombrant et inutile, fais-en l’abandon une fois pour toutes, et alors, libre et joyeux tu pourras marcher avec moi dans le chemin !

VENDS TOUT CE QUE TU AS !

Oui, « vends tout ce que tu as et donne aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel ». Mais, direz-vous, la vie éternelle les bénédictions célestes s’obtiennent donc en distribuant ses richesses, en dispersant sa fortune, en se dépouillant de ses biens terrestres ? Non, mon cher lecteur, ce n’est pas ainsi que l’Évangile nous enseigne, savoir que nous devons premièrement DONNER, pour ensuite nous-mêmes RECEVOIR. Soyez bien persuadés que lorsque Christ devient notre TOUT, alors, oh ! alors, tout ce qui n’est au fond que tourment et rongement d’esprit, arrive à tomber

COMME LES FEUILLES D’AUTOMNE

lorsqu’un arbre est secoué par un grand vent…

Pourquoi le Seigneur Jésus a-t-Il présenté la vérité de cette manière ? Ah ! ne l’oublions pas, Il parlait à un homme qui, sur le principe de « faire », voulait obtenir les BÉNÉDICTIONS ÉTERNELLES. N’avait-il pas dit : « Maître, quel bien ferai-je pour avoir la vie éternelle ? » Et si même la vie avait pu s’obtenir par la loi, par les œuvres, si vous préférez, croyez-vous que ce jeune chef de synagogue était prêt à faire les sacrifices qui s’imposaient ? En aucune manière ! Impérative et puissante, la voix de Jésus se fit entendre disant :

DONNE AUX PAUVRES !

Car il ne s’agissait pas de rechercher la vie éternelle et de retenir en même temps les jouissances du monde. Les deux ne pouvaient pas aller ensemble. S’il n’y avait eu que les ACTES EXTÉRIEURS DE LA LOI, passe encore ! Mais l’amour pour le prochain était résumé dans cette parole : « Tu aimeras ton prochain COMME TOI-MÊME » (Mat. 22. 39). Ainsi le jeune homme riche prétendait avoir observé la loi, et dans une mesure, il disait vrai. Il n’avait pas commis adultère, il n’avait point tué, ni volé, ni chargé son semblable par de faux témoignages etc… Mais, et c’est ici la pierre de touche, avait-il aimé son prochain COMME LUI-MÊME ? Certainement pas ! IL ÉTAIT RICHE ! Il aurait tout vendu, tout donner, partageant encore et toujours, aussi longtemps qu’il aurait trouvé un plus pauvre que lui sur son chemin.

COMMENT POUVEZ-VOUS ÊTRE RICHE

en toute bonne conscience, vous qui prétendez que l’homme peut-être sauvé par des œuvres de loi ? Lecteur ! il est de toute évidence que « nulle chair ne sera justifiée devant Dieu par des œuvres de loi » (Gal. 3. 21). « Tous ceux qui sont sur le principe des œuvres de loi sont sous la malédiction… Or que, par la loi, PERSONNE NE SOIT JUSTIFIÉ devant Dieu, cela est évident parce que le juste vivra de foi » (Gal. 3. 10 à 12).

À tous ceux qui entretiendraient de dangereuses illusions dans leur cœur, sur leur ÉTAT DE PÉCHÉ et de PERDITION, et qui ignoreraient la profondeur DE LEUR RUINE, de sorte que, par « des œuvres » ils penseraient RÉCLAMER LA VIE de la part de Dieu, je leur dirais : « N’ÉCOUTEZ-VOUS PAS la LOI ? » Vous n’en connaissez, ni la SAINTETÉ, ni l’ÉTENDUE ! Ceux qui parlent d’observer la loi, « n’entendent ni ce qu’ils DISENT, ni ce sur quoi ils INSISTENT » !

Comment donc AVOIR LA VIE ÉTERNELLE ? Uniquement comme UN DON DE DIEU ! « Car les gages du péché, c’est la mort ; mais le DON DE GRÂCE de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur » (Rom. 6. 23). « Qui croit au Fils À LA VIE ÉTERNELLE » (Jean 3. 36). Écoutez donc ces saintes déclarations, et possédez la vie éternelle simplement en croyant au nom du Fils de Dieu !

IL DEVINT TOUT TRISTE…

Qui ? Le jeune homme riche ! Il est dit :

« Et lui, affligé de cette parole, s’en alla tout triste, car il avait de grands biens » (v. 22). Luc dit « Il était extrêmement riche ». Il fut ASSOMBRI, affligé par cette parole qu’il entendit et… il s’en alla. Si la vie éternelle avait pu être sa part en « vendant » et en « donnant » il n’était pas disposé à en payer le prix. Le montant en était TROP ÉLEVÉ, de beaucoup supérieur à ses moyens, oui, si POUR AVOIR LA VIE, il fallait LAISSER SES RICHESSES !

Et pourtant. « observer la loi » pour avoir un DROIT POSITIF À LA VIE, – sur la terre, – c’était « aimer son prochain comme soi-même », tout VENDRE et tout DONNER ! Qui pourrait être sauvé sur ce terrain-là ? Le jeune chef avait de grandes richesses et il n’eut pas le courage d’y renoncer. Il voulait les BÉNÉDICTIONS TERRESTRES pour la vie présente et les BÉNÉDICTIONS CÉLESTES pour la vie à venir. Il ressemblait en cela à beaucoup ! alors que Dieu nous appelle à choisir entre les deux ! Suivre un Christ méprisé et rejeté, un Christ qui marcherait sur le dur chemin de la mort, qui entendrait le sifflement sinistre du fouet, le choc du marteau qui enfoncerait les clous, les chansons des buveurs, les apostrophes injurieuses, les rires grossiers, les paroles sévères, mordantes et acerbes ;

SE CHARGER DE LA CROIX, c’était beaucoup plus que le jeune homme riche n’était disposé à faire… Il aurait voulu concilier la vie éternelle et la jouissance du monde ! Or, lecteur, ce sera toujours L’UNE ou L’AUTRE… Et ceci m’amène à dire quelques mots de

CE QUE LES HOMMES AIMENT

de ce à quoi ils préfèrent Jésus et les splendeurs immaculées du ciel. La Bible nous le déclare, car ce Livre nous révèle toutes les actions, les pensées et les expériences des humains. Lisez, et jugez !

D’abord, l’ARGENT : « Car c’est une racine de toutes sortes de maux que l’AMOUR DE L’ARGENT : ce que quelques-uns ayant ambitionné, ils se sont égarés de la foi et se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de douleurs » (1 Tim. 6. 10).

Ensuite, le MONDE : « Si quelqu’un AIME LE MONDE, l’amour du Père n’est pas en lui » (1 Jean 2. 15).

Puis, c’est le MOI : « Car les hommes seront ÉGOÏSTES » (2 Tim. 3. 2). Enfin, pour clôturer cette sombre liste ce sont les PLAISIRS : « … AMIS DES VOLUPTÉS plutôt qu’amis de Dieu, ayant la forme de la piété, mais ayant renié la puissance » (2 Timothée 3. 4).

Lecteur, ne croyez-vous pas que c’est une triste histoire que celle de ce « jeune homme riche » qui a recherché la vie… et y a passé à côté ? Il n’avait pas de cœur pour Jésus, aucun sentiment de vive affection qui l’unissait à Lui. Point d’attachement vrai, sincère, profond, à Christ, le Sauveur du monde ! Il n’avait rien trouvé dans le Fils de Dieu qui lui plut au point que toutes choses s’estompent et disparaissent ! Voilà ce qu’il lui manquait. Aussi Jésus de dire :

UNE CHOSE TE MANQUE !

Vous manque-t-elle aussi, vous qui lisez ces lignes ? Le cas du jeune homme serait-il VOTRE CAS ? À qui ou à quoi préférez-vous le Seigneur ? Vous avez peut-être parfois UN GRAND BESOIN DE PURETÉ, de justice et de salut, et puis les choses de la terre l’emportent… Oh ! Écoutez aujourd’hui cette sainte démarche : Vous ployez sous un fardeau trop lourd, celui de vos péchés. La condamnation repose sur vous comme elle repose sur la tête de chaque homme. Or, pour vous bénir, Jésus a quitté le ciel et tous ont pu Le voir dans cette humanité qu’Il a prise à part la souillure. Il a souffert toutes nos nécessités innocentes. Et Lui, le Sauveur adorable fut insulté avec rage, Il entendit des cris de HAINE et des cris de MORT : « Ôte, Ôte, crucifie-Le ». Il monta jusqu’au Golgotha et là, sur cette colline de Judée, Il fut mis au rang de brigands qui avaient un triste passé de vices et de crimes. Ainsi Jésus endura-t-Il les plus cruelles tortures.

Quand les heures de l’expiation furent arrivées, la nature s’associa tout entière au grand drame qui se jouait. Le disque lumineux du soleil fut caché, les feux de l’astre du jour s’éteignirent. La nature affligée PLEURA à sa manière. Nuit épaisse, nuit subite au milieu du jour ! Phénomène étrange et grandiose quand un immense voile de crêpe et de deuil se répandit sur le monde. Et là, sur la croix du Calvaire, Jésus rencontra de Dieu l’impitoyable justice au mal. Le Sauveur paya un prix très élevé pour vous obtenir le pardon ;

POURQUOI NE L’AIMEZ-VOUS PAS ?

Pourquoi sa Personne n’a-t-elle pas d’attrait pour votre cœur ? L’amour que vous donnez à ce monde est un GASPILLAGE INUTILE. Jésus est « plus beau que les fils des hommes ». Il est l’Être seul digne d’amour et d’adoration.

Âmes irrégénérées, quand donc se produira pour vous LA GRANDE RENCONTRE avec Jésus ? Votre plus grande faim est, à votre insu, votre faim de Christ. Lui seul peut vous satisfaire. Je vous disais il y a un instant que Jésus passait encore « sur la route ». Mais, plus que cela, Il se tient à cette minute même à la porte de votre cœur. Si, en lisant ces lignes, vous avez ressenti UN CHOC, sachez que c’est le Sauveur qui attend et qui FRAPPE. « Voici, Je me tiens à la porte et je frappe » ! Oh ! entendez l’appel de Dieu ! Cessez d’être sourd et aveugle et NE VOULANT PAS VOIR, ni entendre !

Âmes qui croyez être susceptibles de quelque « bien », qui pensez qu’il vous suffit seulement d’ajouter maintenant aux prétendues « bonnes œuvres » du passé, pour vous sentir satisfaites et obtenir la vie éternelle, apprenez qu’il n’y a pas UN COMPARTIMENT INTIME de nous-mêmes qui ne soit souillé. Nous ne pouvons pas nous soustraire à L’ENGRENAGE DU PÉCHÉ et, seule la grâce peut nous sauver. Quel est l’être humain qui serait capable d’appliquer A SA PROPRE CONDUITE les règles strictes de la Loi ? Il n’existe pas ! Dieu soit loué, il est écrit : « non pas sur le principe DES ŒUVRES, afin que personne ne se glorifie » (Éph. 2. 9).

Et vous qui êtes « riche » de ce que le monde appelle « richesses » et qui avez peut-être entrevu un jour les splendeurs de la vie éternelle, esclave de l’argent et de la peur, préférant la sécurité de vos biens à la sécurité de votre âme, à la justice et à la joie, pensant que suivre un Christ rejeté mettait en péril votre « avoir », vous vous en êtes allé… Que Dieu ait pitié de vous qui avez mis L’ARGENT à la place de DIEU, comme le « jeune homme » mit ses biens à la place de Jésus ! C’est là le désir de mon cœur et mon humble prière.

A. S. L.

CANTIQUE

1. Jésus est notre Ami suprême.

Oh ! quel amour !

Mieux qu’un tendre frère Il nous aime.

0h ! quel amour !

Ici, famille, amis, tout passe ;

Le bonheur paraît et s’efface ;

Son cœur seul jamais ne se lasse.

0h ! quel amour !

2. Il est notre vie éternelle.

Oh ! quel amour !

Célébrons son œuvre immortelle !

Oh ! quel amour !

Par son sang notre âme est lavée ;

Au désert II l’avait trouvée,

Et dans sa grâce Il l’a sauvée.

Oh ! quel amour !

3. Il s’est offert en sacrifice.

Oh ! quel amour !

Nous bénir est tout son délice.

Oh ! quel amour !

Qu’à sa voix notre âme attentive,

Toujours en paix, jamais craintive,

Près de son cœur doucement vive :

Oh ! quel amour !