Jean 3. 1 à 16

« Ne t’étonne pas de ce que je t’ai dit : il vous faut être né de nouveau » (v. 7).
L’entretien du Seigneur Jésus avec Nicodème nous fait connaître sinon les premières paroles, du moins le premier discours que le Sauveur a prononcé, ou si vous préférez, sa première conversation. Vous avez peut être pensé, ami lecteur, que ce que l’on appelle « Le Sermon sur la montagne », tel qu’il s’ouvre au chapitre 5 de l’Évangile selon Matthieu, avait seul droit à ce titre. Il n’en est rien. Car celui-ci fut prêché alors que Jean le Baptiseur était déjà emprisonné (Mat. 4. 12) tandis que les paroles du Seigneur Jésus à Nicodème furent dites alors que le Baptiseur « n’avait pas encore été jeté en prison » (Jean 3. 24).
Combien ce fait devrait nous rendre attentifs ! Lorsqu’il est présent à notre esprit quelle importance revêtent aussi les enseignements du Sauveur ! Et si je vous ai dit un mot sur
LA DATE
de cette conversation, il convient de mentionner d’emblée, quoique très brièvement, ce qui en constitua la SUBSTANCE. À ce docteur de la loi qui, nuitamment, vint le trouver, qu’est-ce que Jésus exactement a dit ? Il lui a sans doute affirmé d’abord la NÉCESSITÉ absolue de la NOUVELLE NAISSANCE. Il lui a dit COMMENT ou de quelle manière elle s’opérait. Mais, vérité douce et précieuse, Il lui a aussi parlé de sa MORT. N’est-ce pas infiniment touchant que le Seigneur Jésus, non pas à la fin seulement, mais au commencement de son ministère, ait parlé de la CROIX ? Combien cela devrait affecter nos cœurs ! Eh quoi ? L’ombre de la croix se projetait-elle donc déjà sur le sentier du Sauveur ? Oui, au seuil de cet apostolat qui sera tout semé de miracles, Jésus a évoqué ce gibet qui serait mis en ses bras dans le prétoire de Ponce Pilate et sur lequel Il laisserait sa précieuse vie quand le temps de son sacrifice divin et parfait serait arrivé. Car,
VÉRITABLE ISAAC,
Jésus s’avancera portant le bois, en éprouvera toute la dureté, s’étendra sur l’arbre de la croix, s’y laissera attacher et sera élevé de la terre.
Lecteur, parcourez cette petite brochure et si ces questions ne vous ont pas encore légitimement préoccupé, je vous supplierai de prendre garde ! Si la lumière de l’Évangile n’a pas encore pénétré dans votre âme, que Dieu fasse qu’aujourd’hui-même vous NAISSIEZ, vous aussi, à une VIE NOUVELLE !
« Mais il y avait un homme d’entre les pharisiens dont le nom était Nicodème, qui était un chef des Juifs » (v. 1). N’est-ce pas frappant que ce soit à un tel homme que le Seigneur Jésus ait parlé de nouvelle naissance ? Car Nicodème représente, si je puis dire, l’humanité sous son meilleur aspect. Ce n’était pas un pécheur déclaré, un apôtre de l’athéisme et de l’immoralité (les deux vont souvent ensemble), une âme hideuse roulant dans le torrent du crime et de la perversité. Non ! C’était un homme très profondément religieux, ne niant pas l’authenticité de la Parole de Dieu, mais montrant au contraire une soumission absolue à la Parole écrite, un pharisien, en un mot, un personnage que l’on consultait volontiers dans les cas difficiles. Rien n’indique que Nicodème fut un monument d’hypocrisie et d’orgueil, comme c’était bien souvent le cas, hélas ! avec un bon nombre de ses collègues.
« Celui-ci vint à lui de nuit, et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire des miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui » (v. 2).
Nicodème reconnaissait que les miracles de Jésus étaient la preuve de la puissance divine. Mais il faut autre chose qu’une simple conviction humaine quant à Christ ! Il est un fait certain : Nicodème ne se connaissait pas et il ne connaissait pas non plus le Seigneur. Toutefois, il avait, lui, ce maître en Israël, ce membre du tribunal suprême qu’on appelait sanhédrin, cet homme profondément religieux, de vrais besoins. Car,
LA RELIGION NE SATISFAIT PAS
les besoins profonds et impérieux de l’âme. N’avez-vous pas fait vous aussi cette expérience ? Êtes-vous heureux et en paix ? Mais si l’Esprit de Dieu a commencé à agir dans votre cœur, des BESOINS RÉELS ont été produits ! Vous êtes troublé et vous sentez que vous ne pouvez répondre aux justes droits de Dieu. Il y a actuellement, de par le monde, des milliers et des milliers de personnes qui ressemblent à Nicodème, dans ce sens que
LES CÉRÉMONIES DE LA LOI
n’avaient pas comblé le vide qui était dans son cœur. Et l’harmonie des orgues, et le parfum pénétrant de l’encens, et toute la pompe grandiose qui se déroule à l’intérieur des plus belles cathédrales, laissent l’âme affamée, oui, le cœur malheureux et la conscience non purifiée. Pourquoi Nicodème serait-il donc venu à Jésus s’il n’avait pas été tourmenté et anxieux ? Très souvent nous constatons que les hommes ne sont pas joyeux de vivre et il semble même qu’un malaise contagieux gagne l’humanité tout entière. Mais cela ne va pas plus loin. Tandis qu’avec Nicodème il y avait une FAIM, une SOIF, une AVIDITÉ, un SENTIMENT DE BESOIN. Plaise à Dieu, lecteur, que ce soit aussi votre cas !
Ici, néanmoins, nous devons remarquer que si Nicodème vint à Jésus, comme un disciple s’approche de son maître, il y vint de nuit. Le caractère de ce
VISITEUR NOCTURNE
n’est pas difficile à discerner. Pourquoi préférait-il l’ombre ? Pourquoi choisissait-il les heures calmes de la nuit ? Ah ! il avait conscience de l’hostilité du monde, du monde religieux surtout. N’est-ce pas lui le plus cruel ? Aussi, n’était-ce pas tellement pour éviter la foule qui, de jour, assiégeait inlassablement Jésus, – Celui qui « faisait des miracles », – que pour FUIR L’OPPROBRE, que Nicodème vint de nuit, à pas feutrés, trouver le Seigneur. Il espérait que personne ne le verrait et que nul ne le saurait ! Pauvre nature humaine ! On peut être brave devant la bouche des canons et se montrer parfaitement lâche devant le monde. Enfin, le fait important avec Nicodème, c’est qu’il vint ! Cela pourrait-il être aussi dit de vous, mon cher lecteur ?
Nicodème, après le début de son discours s’est arrêté un instant et immédiatement Jésus de lui dire : « En vérité, je te dis ; Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu » (v. 3). Quelle réponse étrange que celle-là Réponse qui même, au premier abord, ne semble pas avoir de rapport visible avec la phrase qui l’a provoquée ! D’emblée Jésus parla à Nicodème de la NÉCESSITÉ de la NOUVELLE NAISSANCE.
C’est comme si Jésus lui avait dit : « Halte-là ! Tu veux être instruit, mais je ne puis
ENSEIGNER LES MORTS
Tu dois, premièrement avoir la VIE. Tel que tu es, tu n’as pas les yeux pour VOIR LE ROYAUME de Dieu. La vieille nature ne les possède point et ne saurait le discerner ». Et alors que Nicodème avait parlé de CONNAISSANCE, le Seigneur Jésus parla de NOUVELLE NAISSANCE. « Si quelqu’un n’est né de nouveau… ». On nous apprend qu’il n’y a pas de règle sans exception. En voici une qui n’en souffre pas ! Et qu’est-ce que la NOUVELLE NAISSANCE ? Ce terme éveille-t-il en vous le sentiment de quelque chose de VAGUE et d’ÉTRANGE ? Il ne devrait pas en être ainsi. La nouvelle naissance est une ŒUVRE DIVINE opérée dans l’homme et que Dieu seul peut produire. Cette œuvre a-t-elle été produite en vous ? Sans elle impossible de VOIR le royaume ni d’y ENTRER.
« Il ne peut voir le royaume… ». Un aveugle-né peut-il voir les massifs neigeux et les verts pâturages, les grands lacs et les riantes vallées, le soleil éclatant sur les cimes déchiquetées ? Parlez-lui du scintillement des rivières près des vastes forêts, et il ne vous COMPRENDRA PAS Il n’a pas le POUVOIR de concevoir ce qui vous est parfaitement familier. Ainsi l’homme naturel, l’homme EN QUI une œuvre divine n’a pas encore été opérée,
NE PEUT PAS VOIR
ce qui est de Dieu, car il est écrit : « Il n’y a personne qui ait de l’intelligence ». Il ne s’agit pas ici à proprement parler d’ANTAGONISME, d’inimitié, mais d’INCAPACITÉ. Cher lecteur, savez-vous que ce défaut, ce manque de capacité est aussi le VÔTRE, si vous n’êtes pas encore passé par la nouvelle naissance ? Il ne s’agit donc pas d’avoir simplement une CONVICTION HUMAINE à l’égard de Christ. Beaucoup ont cela. Il faut une NOUVELLE NATURE, et non comme, hélas ! une foule d’écrivains et de prédicateurs se plaisent encore à le proclamer, une RÉFORME de la vieille nature. Pourquoi ? Parce que celle-ci est foncièrement MAUVAISE. Ne serait-ce pas une folie que de recouvrir d’une couche de peinture neuve et bien brillante, de garnir un bâtiment, de gréer son mât de voiles, de poulies et de cordages, alors que sa coque serait entièrement pourrie ? Ne ferait-il pas naufrage, même avant d’avoir essuyé la première tempête ?
« Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ? » (v. 4). Grand fut l’étonnement de Nicodème lorsqu’il entendit ces paroles de Jésus I Ce docteur d’Israël était lui-même un vieillard aux cheveux d’argent et qui allait bientôt glisser vers la mort. Lui faudrait-il rentrer dans le sein de sa mère ? La NOUVELLE NAISSANCE lui était complètement étrangère. Il ne connaissait que la PREMIÈRE NAISSANCE et, évidemment, s’élevait contre la possibilité d’une SECONDE NAISSANCE, contraire à la nature. En cela il avait raison. Mais Jésus N’AVAIT PAS PARLÉ de seconde naissance, mais de nouvelle naissance, ce qui est totalement différent.
D’ailleurs, quel profit y aurait-il si,
DANS LE SEIN DE SA MÈRE
un homme pouvait entrer une seconde fois ? Aucun ! Une seconde naissance ne serait qu’une réédition de la première. Pas autre chose. La question n’aurait pas avancé d’un pas ! Le péché ne continuerait-il pas à OPPRESSER et les efforts pour atteindre le bonheur ne seraient-ils pas tout aussi stériles que par le passé ? N’aurions-nous pas encore dans nos veines le poison de l’impureté ? Et, sans se ruer aux orgies immondes, aux vices les plus bas et les plus dégradants, n’aurions-nous pas comme précédemment une NATURE qui recherche la mondanité et aime les amusements corrupteurs ? Tout comme autrefois nous aurions une oreille beaucoup plus attentive aux divagations des philosophes qu’aux enseignements de la Parole de Dieu.
Ô mon lecteur, seriez-vous comme Nicodème ne connaissant que
LE VIEIL HOMME
alors que c’est d’une NOUVELLE NATURE dont vous avez besoin ? Si un homme ne peut naître une SECONDE FOIS, il peut, Dieu soit loué, naître à UNE VIE NOUVELLE. Si seulement vous étiez animé d’une vie nouvelle ! C’est là ce que Dieu requiert. Je vous en supplie, ne restez pas tel que vous êtes !
« Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te dis : Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (v. 5). À la question insensée, absurde, de Nicodème, le Seigneur Jésus répondit avec patience et bonté. La répétition de ces paroles déjà prononcées : « En vérité, en vérité », introduit à nouveau le sujet avec une
TRÈS GRANDE SOLENNITÉ
car il s’agissait d’enseignements de très haute valeur. Toutes les paroles de Jésus sont « esprit et vie », et à combien plus forte raison devons-nous prendre garde lorsque le Fils de Dieu les souligne par des mots qui équivalent à : « Amen, Amen » !
« Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit », Jésus a dit, et que faut-il entendre par là ? Notez bien, mon cher lecteur que le fait de nous tromper quant à la valeur de ces mots peut entraîner les conséquences les plus graves. Que dis-je ? Notre avenir éternel en dépend. Car sur les lèvres de tous les hommes la mort va imprimer le sceau de l’éternel silence. Tous sont destinés à être happés, aspirés, dans son fatal tourbillon. Et comme les lourds plis de la nuit doivent envelopper à jamais les perdus, écoutons ce que le Seigneur signifiait quand Il a dit : Si quelqu’un n’est
NÉ D’EAU ET DE L’ESPRIT…
Certains ont pensé qu’il s’agissait-là du baptême chrétien. On enseigne que c’est le baptême qui est désigné par cette formule, et c’est sa nécessité qui est énergiquement indiquée dans ces lignes. Or, il y a des multitudes qui auront été baptisées, tout en n’étant jamais que de simples professants, – c’est-à-dire sans qu’une relation vitale existe entre leur âme et Christ, qui seront perdus quand leurs yeux seront voilés par les ombres de la mort et qu’ils exhaleront le dernier soupir.
« Né d’eau et de l’Esprit ». L’EAU est l’emblème bien connu de la PAROLE DE DIEU. Peut-être savez-vous que le Seigneur Jésus dans la chambre haute où Il s’est trouvé avec ses disciples juste avant sa mort, leur a lavé les pieds ? Et que leur a-t-Il dit ensuite ? « Vous, vous êtes déjà nets ». Parce que je vous ai lavé les pieds ? Pas du tout ! « A cause de la PAROLE que je vous ai dite » ! Et comment le Seigneur sanctifie-t-Il maintenant son Église, en la purifiant ? « Par le lavage d’eau par la PAROLE ». Je pourrais citer ainsi de nombreuses écritures dans lesquelles encore et toujours l’EAU représente la PAROLE DE DIEU. Mais qu’est-ce donc qu’être NÉ D’EAU ET DE L’ESPRIT ? Ah ! la nouvelle naissance est TOUJOURS produite par
LA PAROLE DE DIEU !
Cette Parole est appliquée à l’âme dans la puissance vivante du SAINT ESPRIT. La PAROLE DE DIEU est le MOYEN. Le SAINT ESPRIT est la PUISSANCE. La Parole éternelle d’un Dieu qui ne peut mentir, juge tout ce qui provient de la chair, ne laissant rien subsister du vieil homme, y apportant LA MORT, mais apportant aussi à l’âme une VIE entièrement nouvelle, la vie divine. Ô mon lecteur, avez-vous été « engendré » comme le dit l’apôtre Jacques, « par la PAROLE de la vérité » ? Avez-vous été, comme le dit Pierre « Régénéré par la vivante et permanente PAROLE DE DIEU » ? Car si par notre naissance naturelle dans le monde nous sommes « sa race » (Act. 17. 29), par la nouvelle naissance seulement nous devenons ENFANTS DE DIEU (Jean 1. 12).
Et Jésus d’ajouter immédiatement pour confirmer ce qui précède :
« CE QUI EST NÉ DE LA CHAIR
est chair ; et ce qui est né de l’Esprit est esprit » (v. 6). Ce qui est né de la chair participe à la nature de la chair. Si l’on éduque la chair, on a la chair « éduquée » ; si on la cultive, on a la chair « cultivée ». Mais la chair RESTE LA CHAIR.
À ce moment-là l’ÉTONNEMENT le plus complet, la STUPÉFACTION la plus grande devait se LIRE sur le visage de Nicodème. Jamais il n’avait entendu rien de semblable. Et c’est ce qui explique les paroles de Jésus : « Ne T’ÉTONNE PAS de ce que je t’ai dit : Il vous faut être né de nouveau » (v. 7). Ce « FAUT » est inexorable. Il ne peut être fléchi.
« Le vent souffle où il veut, et tu en entends le son ; mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit » (v. 8).
L’opération du Saint Esprit dans un homme est comparable à celle du vent. Nous le sentons passer sur notre visage et nous entendons les souffles cruels de la bise dans les arbres ayant perdu leur feuillage, quand les oiseaux se sont tu et que la nature est morne et désolée. Au temps des moissons fécondes, il courbe doucement la tête des épis mûrs dans la radieuse gaîté d’un paysage. Mais qui dira d’OÙ il vient et OÙ il va ? Eh bien ! comme les EFFETS du vent sont VISIBLES, alors que lui-même, la CAUSE, demeure INVISIBLE, ainsi aussi les EFFETS du Saint Esprit sont VISIBLES aujourd’hui dans la vie de certains hommes, quoique le Saint Esprit lui-même, la GRANDE CAUSE, demeure INVISIBLE (Jean 14. 17).
LE VENT SOUFFLE OU IL VEUT,
sur la neige poudreuse des massifs montagneux, dans les jardins transportant sur ses ailes les arômes les plus délicats, sur les plaines immenses, sur les fleurs des pierres tombales dans le calme du petit cimetière. Ainsi en est-il de l’Esprit de Dieu. D’ailleurs, dans le livre de la Genèse, avant que Dieu ne commençât l’œuvre des six jours, il y avait déjà le mouvement et l’activité de l’Esprit de Dieu, car il est écrit : « Et l’Esprit de Dieu planait sur la face des eaux ». De la même manière, pour que la nouvelle naissance ait lieu, il faut le travail de l’Esprit de Dieu dans une âme. Notre cœur ténébreux n’est-il pas aussi naturellement « désolation et vide » ? Le péché ne croupit-il pas dans l’âme de chaque homme ? Mais ce qu’il est IMPOSSIBLE D’EXPLIQUER, c’est l’opération de l’Esprit Saint dans un cœur. Comment en suivre les détails ? Œuvre mystérieuse s’il en fut ! Dieu agit dans sa souveraineté et par l’énergie de son Esprit II fait, – ô merveille, – que des hommes jusqu’alors enchaînés par !es passions et les préjugés sont NÉS DE NOUVEAU !
Lecteur ! Que Dieu fasse que vous connaissiez aussi cette OPÉRATION INEXPLICABLE, ce souffle de l’Esprit Saint en vous, afin que né de Dieu, vous ayez une NOUVELLE NATURE. « Le vent souffle où il veut », et il se peut que vos parents soient déjà chrétiens, dans ce sens qu’une VIE NOUVELLE leur a été communiquée. Vous avez peut-être aussi un frère ou une sœur à qui une vie qui n’EXISTAIT PAS AUPARAVANT a été donnée ! Mais VOUS, vous faites peut-être encore partie de ce troupeau lugubre des mortels qui s’achemine en rangs pressés vers les tourments de la nuit sans fin… Oh ! sachez que l’Évangile est aussi pour vous, car Jésus a dit : « Il en est ainsi de
TOUT HOMME…
De sorte que la bonne nouvelle ne s’adresse pas seulement à ceux qui se sont adonnés aux plaisirs grossiers, mais aussi à ceux qui ont simplement mené jusqu’à maintenant une vie molle et mondaine, tiède, et infidèle, qui se sont montrés à l’égard du salut lâches et négligents. Et remarquez, avant de poursuivre, combien sont beaux les emblèmes de l’Esprit Saint que le Seigneur Jésus emploie dans cet Évangile. Ici, c’est le VENT pour parler à un pharisien de la NOUVELLE NAISSANCE. Au chapitre 4, c’est une FONTAINE D’EAU en rapport avec la VIE SPIRITUELLE. Enfin au chapitre 7, ce sont ces FLEUVES d’EAU VIVE, pour ce qui concerne le SERVICE et le TÉMOIGNAGE du croyant devant le monde. A l’ouïe de ces paroles de Jésus, Nicodème dit : « Comment ces choses peuvent-elles se faire ? » (v. 9). Heureux moment que celui-là, quand un homme cesse enfin de discuter, d’argumenter, pour
SIMPLEMENT S’ENQUÉRIR,
étant désormais pleinement conscient et de ses ténèbres et de son ignorance ! Je voudrais, lecteur, que ce moment soit aussi arrivé pour vous. Car c’est encourageant lorsqu’un homme a fini de raisonner et s’informe humblement, disant : « COMMENT ces choses peuvent-elles se faire ? » Au docteur de la loi, Jésus répondit : « Tu es le docteur d’Israël, et tu ne connais pas ces choses ? » (v. 10). Hélas celui qui ne connait pas ces choses, ne CONNAIT RIEN ! Nicodème n’aurait pas dû ignorer qu’Israël devait, lui aussi, naître de nouveau. Dieu avait clairement parlé à ce sujet par la bouche du prophète Ézéchiel, disant : « Je répandrai sur vous des EAUX PURES, et vous serez purs… Et je vous donnerai un CŒUR NOUVEAU, et je mettrai au dedans de vous un ESPRIT NOUVEAU » (36. 24 à 27). Isaïe avait tenu le même langage : « Car je verserai de l’EAU sur celui qui a soif, et des ruisseaux d’EAU sur la terre sèche ; je verserai mon ESPRIT sur ta semence, et ma bénédiction sur ceux qui sortent de toi » (44. 3).
« En vérité, en vérité, je te dis ; Nous disons ce que nous connaissons et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage » (v. 11). Par ces paroles le Seigneur Jésus affirma au docteur de la loi
SON AUTORITÉ DIVINE,
exprimée d’une saisissante manière par ces quatre « NOUS » : « Nous disons », « Nous connaissons », « Nous rendons témoignage », « Nous avons vu ». Jésus était en effet UN avec le Père. Merveilleux dans son abaissement volontaire, pauvre des biens de ce monde, Il était Dieu et les légions d’anges étaient à son commandement ! Aussi pouvait-Il révéler les pensées de Dieu et tout ce qui concerne SON ROYAUME. C’est ce qu’Il signifie par ces paroles : « Si je vous ai parlé des choses TERRESTRES, et que vous ne croyez pas, comment croirez-vous, si je vous parle des choses CÉLESTES ? (v. 12). Ce docteur d’Israël aurait dû connaitre et comprendre ces « choses TERRESTRES », c’est-à-dire ce qui concerne l’établissement du royaume de Christ sur la terre. Les écrivains sacrés n’avaient-ils pas parlé du Christ qui devait venir ? Jésus avait été
ANNONCÉ PAR LES PROPHÈTES
II avait été l’objet d’une promesse réitérée pendant près de 4000 ans. Nicodème aurait dû savoir que les plus éclatantes figures de l’Ancien Testament se rapportaient à Christ et à Christ seulement.
« Et personne n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel » (v. 13). Ah ! combien ces paroles mettent les hommes à leur véritable place ! Quelle réponse magnifique aux prétentions des orgueilleux et des superbes ?
PERSONNE N’EST MONTÉ AU CIEL
Interrogez les hommes de science, les érudits. savants, docteurs, chercheurs, inventeurs, explorateurs, et que vous diront-ils ? Des faits très intéressants, sans aucun doute, mais qui ne nous instruirons qu’à l’égard de la TERRE. Qui nous parlera du ciel ? Qui nous apportera la révélation du CÉLESTE ? Il n’y en a qu’UN, Celui qui est descendu du ciel !
Le Fils de Dieu, Jésus, a quitté le lieu de sa magnificence éternelle et est devenu l’Enfant merveilleux dont Marie avait le privilège de s’occuper ! Insondable mystère ! Ésaïe avait prédit la naissance de Jésus Christ d’une vierge et, si les séraphins dans le ciel se voilaient la face devant la Majesté de sa présence, on vit le Fils du Très-Haut dans les bras du vieillard Siméon. Il fut
L’ENFANT DE BETHLÉEM
et de Nazareth, Lui, la sagesse incréée, le Verbe éternel, le Fils de Dieu ! Et, quoique descendu du ciel, Il était toujours le Fils de l’homme
QUI EST DANS LE CIEL !
Jamais par les routes de l’esprit l’homme ne pourra sonder ce mystère. Quand Jésus passait ses nuits à prier sur la montagne, écrivant ensuite, l’histoire de ses compassions sur le front des MORTS, sur le corps des LÉPREUX, sur les yeux des AVEUGLES, sur les oreilles des SOURDS, – car il n’y avait pas de maladie ou d’infirmité qui ne céda à la puissance de sa parole, – il ne cessait jamais d’être le Fils de l’homme QUI EST DANS LE CIEL ! Contemplez, ô mon lecteur, le Maître absolu de l’univers, le Dieu qui n’a ni commencement ni fin, Celui à qui est la puissance créatrice et la puissance conservatrice, l’Être infini, suprême et parfait, Jésus, quand Marie connut la joie d’avoir mis au monde le Sauveur. Alors, pas un ange, mais des myriades d’anges, la multitude de l’armée céleste a loué Dieu au-dessus de l’Enfant emmailloté. Bénédiction ineffable, il nous est né un Sauveur ! Car, si dans L’UNITÉ absolue de la DÉITÉ il y a trois Personnes distinctes, le Fils de Dieu, Lui, est DESCENDU du ciel, tout en, demeurant Celui qui EST dans le ciel. Ainsi Jésus affirma
SA DÉITÉ
« Car je lève la main aux cieux, et je dis : Je vis éternellement ». Lecteur, ce que je ne puis pas COMPRENDRE, je puis le CROIRE ! Dans l’océan que je ne puis SONDER, je puis me PLONGER ! Ce que je ne puis SAISIR, je puis en JOUIR !
« Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi il faut que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (v. 14 et 15). Alors, le Seigneur Jésus parla de sa MORT. C’est exactement comme s’il avait dit à Nicodème : Pour que tu VIVES, il faut que je MEURE ; pour que tu NAISSES à une VIE NOUVELLE, il faut que Moi je passe par la MORT. Oui, mon cher lecteur, il ne pouvait en être autrement. Comment croyez-vous que ce grand salut de Dieu pouvait s’accomplir ? Sans doute, fallait-il en tout premier lieu l’incarnation du Fils de Dieu et c’est, comme nous l’avons vu, sous un voile d’humiliation que Dieu s’est caché en Christ. Mais il ne suffisait pas que, de sa main bénie Jésus toucha les plaies répugnantes des lépreux. Incontestablement, ses miracles étaient la preuve irrécusable de ce qu’Il était, Dieu sur toutes choses béni éternellement, Mais, et j’insiste là-dessus, l’éclat de ses miracles n’aurait pas pu nous sauver. La sainteté de toute sa vie elle-même ne pouvait pas expier les crimes de nos âmes. IL FALLAIT SA MORT, son immolation sanglante. Et c’est pourquoi Jésus parla de ce
SERPENT MYSTÉRIEUX
qui, autrefois, avait été élevé sur une perche, alors que le peuple d’Israël était dans le désert. Vous connaissez peut-être, lecteur, cette histoire. Le peuple avait parlé contre Dieu et contre Moïse. – ce dernier étant un type de Christ. Il n’y a pas de plus triste état que lorsqu’on en vient à parler contre Dieu et contre Christ ! De sorte que le jugement était devenu une nécessité et Dieu envoya dans le camp des serpents qui mordaient le peuple. Quand celui-ci reconnut son péché, alors Dieu commanda à Moïse de faire un serpent d’airain et de le dresser au sommet d’un poteau. Tous pouvaient le voir et sa seule vue guérissait les hébreux mordus par les serpents. Celui qui REGARDAIT au serpent d’airain VIVAIT. Savez-vous pourquoi ? Ah ! c’est parce que ce serpent d’airain, qui n’avait réellement que la FIGURE du serpent
ET NON PAS LE VENIN
était une image de Celui que Dieu a envoyé dans le monde « en RESSEMBLANCE de chair de péché », mais qui était Lui-même « SAINT, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs ». Ô mon lecteur, êtes-vous de ceux qui adorent cet ineffable mystère ? Quand Jésus est venu ici-bas n’a pas revêtu la NATURE DES ANGES. Il devint HOMME et sous le voile de son humanité nous pouvons contempler ses augustes perfections. Son corps fut toujours UN TEMPLE SANS SOUILLURE. Si Jésus s’est présenté dans un appareil modeste, – et non dans l’éclat de sa gloire qui nous aurait foudroyé, – LA TÂCHE DU PÉCHÉ n’a jamais été sur Lui, comme elle est en NOUS TOUS !
Mais jusqu’alors, cet incident du serpent d’airain avait été pour Nicodème, UN FAIT HISTORIQUE et pas autre chose. Jésus s’en servit pour illustrer la grande vérité fondamentale de l’Évangile, savoir l’obligation absolue de
SON SACRIFICE EXPIATOIRE
Et comme l’Israélite mordu jadis par un serpent et voué à la mort, reconnaissait son péché et ACCEPTAIT le moyen de délivrance auquel Dieu avait pourvu, ainsi aussi maintenant le pécheur conscient de ses besoins REGARDE par la foi à Jésus élevé sur la croix, et REÇOIT la vie comme un don de Dieu.
Et pour vous, mon cher lecteur, il se peut que la MORT DE CHRIST ait été jusqu’à maintenant un simple FAIT HISTORIQUE, comme l’était pour Nicodème l’incident du serpent d’airain. Je vous demanderai : Avez-vous pensé à ce que l’on pourrait appeler
LA SCÈNE DE L’ÉLÉVATION
du Fils de l’homme sur la croix ? Car le corps de Jésus, victime silencieuse, a été cloué sur le bois. Oh ! combien a été terrible le péché au Calvaire ! Après cette âpre et douloureuse montée de Golgotha, Jésus, Agneau sans plainte, s’est étendu sur l’arbre de la croix. Voici qu’un bras, se lève et le premier coup de marteau retentit. Le ciel frissonne ! Ainsi le Sauveur a senti s’enfoncer les clous dans les paumes de ses mains et dans ses pieds. Et savez-vous ce qu’Il a dit ? Simplement ceci : « Ils ont percé mes mains et mes pieds » ! Hommage suprême rendu aux Écritures !
Quand l’horrible crucifixion fut achevée, la croix fut dressée et on la laissa brusquement tomber dans le trou qu’on avait creusé pour elle. Voilà Jésus au rang des malfaiteurs, des brigands ! Et quand le Fils de l’homme parut aux yeux de tous dans cette posture humiliante, en posture de criminel, savez-vous ce qu’Il a dit du haut de sa croix sanglante ? Écoutez ses paroles, car elles s’adressent à tous les hommes : Ô vous qui passez par le chemin, donnez-vous le loisir de voir et de considérer attentivement s’il y eut jamais une douleur semblable à la mienne… Oui, lecteur, parcourez avec les yeux de votre âme tous les membres affligés du Sauveur…
Telle fut la scène de son élévation. D’ailleurs, vous savez peut-être que dans cet Évangile selon Jean, le Seigneur parla TROIS FOIS de cette mort dont Il devait mourir. Ici, au chapitre 3, dans son entretien avec Nicodème. Ensuite, au chapitre 8, s’adressant aux Juifs, pour mettre en évidence leur terrible responsabilité. Enfin, au chapitre 11, pour proclamer les résultats glorieux de son sacrifice.
« Car Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle (v. 16). Après l’élévation du Fils de l’homme, je vous demanderai de considérer, lecteur, le
DON DU FILS DE DIEU
car il est la mesure de l’amour insondable de Dieu envers nous, pauvres pécheurs, qui roulions vers l’abîme. Car mourir était notre destinée. Et pouvions-nous échapper à la mort éternelle ? Non, n’est-ce pas ? Mais Dieu a eu compassion de notre navrante détresse. Il ne pouvait prendre son parti de notre malheur sans fin. Dieu ne pouvait pas non plus ABANDONNER sa sainteté, mais II pouvait nous DONNER SON FILS, et Il nous l’a donné. Immense grâce ! Que dire d’un verset des Écritures qui COMMENCE avec Dieu et qui FINIT avec la vie ? Et qu’est-ce à dire, sinon que SÉPARÉ DE DIEU il m’est impossible d’avoir la VIE ? Oh ! combien est beau le côté de Dieu et simple le côté de l’homme ! Le côté de Dieu ? Dieu AIME et II DONNE ! Le côté de l’homme ? L’homme CROIT et il POSSÈDE ! Ne pensez-vous pas que l’Évangile est
MERVEILLEUSEMENT SIMPLE
puisque je CROIS en l’amour de Dieu, en sa Parole, et je REÇOIS la vie, la vie éternelle ? Car il ne s’agit plus seulement de NOUVELLE NAISSANCE, mais de la VIE ÉTERNELLE ! Il ne s’agit rien moins que du ciel avec Jésus dans les félicités de la maison du Père.
Ô mon lecteur, bientôt ce sera l’étincellement de la lumière matinale car les croyants seront avec le Fils de L’HOMME GLORIFIÉ dans la magnificence des cieux. Ils jouiront de sa présence auguste et sacrée, car les rachetés Le verront dans sa MAJESTÉ qui rayonne ! Allez-vous entrer dans l’aurore éternelle ou dans la nuit éternelle ? Le Seigneur Jésus aura une riche et abondante moisson d’âmes, la multitude innombrable des épis mûrs. Serez-vous là, avec les saintes cohortes chantant des cantiques d’action de grâce, contemplant ses plaies, marques touchantes, illustres et glorieuses de sa victoire éclatante sur la mort et de son amour ? Vous POUVEZ ÊTRE LÀ, où il y a TOUS LES PLAISIRS et la GLOIRE, parce que l’amour de Dieu est envers tous les hommes et que le salut est offert à
QUICONQUE !
Nicodème pensait sans doute que Dieu aimait uniquement les Juifs. Mais Dieu a aimé le MONDE, tous ceux qui le composent, sans exception, les pauvres dans leur logement insalubre, l’enfance déshéritée des galetas sans feu, les riches aussi dans leur demeure somptueuse, et Il a DONNÉ son Fils unique. Quel DON inexprimable que celui du Fils bien-aimé du Père, Jésus, qui s’est élevé ici-bas comme un mince arbrisseau au milieu d’une terre sèche, mais qui était le Christ du Seigneur ! Oh ! si vous saviez de quel amour vous êtes aimé ! Si vous connaissiez l’excellence du don qui vous a été fait !
Et à L’AMOUR DE DIEU et au DON du FILS DE DIEU viennent s’ajouter encore deux grands autres faits : LA SÛRETÉ éternelle des croyants et le don de LA VIE ÉTERNELLE.
« Afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas… ». Il n’y a pas de plus merveilleuse simplicité : CROIRE ! Il n’y a pas de plus sublime délivrance : NE PÉRISSE PAS ! Car, périr était notre destinée. Pouvions-nous échapper à la perdition éternelle ? Aussi quelle responsabilité que celle que vous encourez, lecteur, si vous refusez la grâce !
PÉCHEUR INCONVERTI, vous qui avez connu la ruée vers les plaisirs, ou l’amour des richesses et des honneurs, vous qui avez peut-être été élevé dans un milieu athée et sur qui une influence mauvaise a été exercée dès votre jeunesse, de sorte que vous avez rencontré des séductions dangereuses, je vous dirai tout comme à l’homme qui a mené jusqu’ici une vie morale, voire même religieuse : Il vous faut être NÉ DE NOUVEAU !
PÉCHEUR RÉVEILLÉ au sentiment de votre faillite honteuse, de votre misérable banqueroute morale, et qui êtes aussi averti des ruses malicieuses de Satan pour vous perdre, écoutez donc la voix de Celui qui, le corps suspendu à des plaies, a dit du haut de sa croix : « TOURNEZ-VOUS vers moi, et soyez, SAUVÉS, vous, tous les bouts de la terre ».
Et vous, qui avez CRU AU NOM du FILS UNIQUE DE DIEU, et qui savez que le prix infini de votre âme est inscrit sur le gibet de Golgotha, oui Christ est mort pour une humanité noyée dans la souffrance et la misère, – vous qui avez reçu la VIE ÉTERNELLE, puissent les fruits de cette vie divine se manifester toujours davantage en vous, par la puissance du Saint Esprit : l’obéissance et l’amour.
A. S. L.