MALACHIE 1

Le prophète dont l’Éternel s’est servi pour écrire ce dernier livre de l’Ancien Testament et pour parler à son peuple, est inconnu. Son nom signifie « mon messager ». Pour les autres prophètes, des indications nous sont données quant à leur origine, leur métier et leur époque :

Ésaïe, fils d’Amots… aux jours d’Ozias… , Jérémie, fils de Hilkija, d’entre les sacrificateurs qui étaient à Anathoth, dans le pays de Benjamin, Amos, qui était d’entre les bergers de Thekoa… aux jours d’Ozias… Autant de caractères qui les identifient.

Ici, rien de semblable, ni sur sa famille, ni sur l’époque à laquelle il écrit. Le messager est effacé au profit du message. L’important est ce que l’Éternel a à dire. Pour nous, l’important est donc de considérer le message.

Aucun détail précis quant à la date de cette prophétie : malgré cela, remarquons les indications morales et « politiques » qui la situent historiquement. Ainsi, le ch. 1. 8 parle du gouverneur. Donc, nous sommes après l’exil. La note i) du traducteur, mentionnant 420 A.C., le souligne. Les indications morales relevées dans les deux premiers chapitres, semblent dire que nous sommes après Esdras et Néhémie et que le peuple est dans un état de ruine.

C’est donc la fin d’une économie. Ceci évoque la période dans laquelle nous nous trouvons. Le témoignage est perturbé et nous pensons à la lettre à Laodicée, en Apocalypse 3.

Sur ce plan-là, Malachie est particulièrement instructif et c’est pourquoi nous y trouverons des avertissements et des consolations.

Avertissements parce que le cœur de beaucoup de ceux qui se réclamaient alors du nom de l’Éternel et du nom du Seigneur aujourd’hui, est endurci et indifférent.

Consolations et encouragements dans les 2 derniers chapitres : de la part de l’Éternel, il y a l’assurance qu’il connaît ceux qui lui appartiennent ; il sait leurs combats et leurs désirs ; il inscrit tout ce qui est fait pour son nom.

Que le Seigneur nous accorde d’écouter les avertissements et d’entendre les consolations !

Comme dans d’autres livres de l’Ancien Testament, nous trouvons trois aspects : historique, prophétique, et l’application morale à ce qui nous concerne.

Comme nous l’avons noté, l’aspect historique n’est pas explicite. Ainsi, l’on peut dire qu’il n’est pas pour un instant précis de l’histoire du peuple, mais pour une période plus vaste, depuis la fin de Néhémie (son livre et son époque) jusqu’à la première venue du Seigneur. Il est clair qu’au ch. 2. 11 selon quelques-uns, on se trouve dans l’état moral rapporté en Néhémie 13.

Le côté prophétique annonce la première venue du Seigneur pour laquelle existait un résidu préparé par la grâce, ceux qui, déjà, parlaient l’un à l’autre. Il y avait cet Élie qui devait faire revenir les cœurs des pères vers les enfants… (cf. Jean le baptiseur en Luc 1. 17). Est annoncé aussi le deuxième acte de la deuxième venue, quand le Seigneur viendra dans sa gloire pour juger, venger, délivrer et régner. Là encore, il y aura un résidu.

Le mot « résidu » est important dans ce livre. À toutes les époques, Dieu s’est réservé un résidu pour sa gloire et pour son témoignage. Quand Juda et Benjamin sont revenus de la transportation, après les 70 ans passés à Babylone hors du territoire national, dans leur ensemble ils ne constituaient pas un résidu, selon ce que nous constatons en Esdras et Néhémie. Mais, parmi eux, existait un noyau fidèle. Et il en est encore ainsi.

À la fin de la 70ème semaine de Daniel, il y aura aussi un résidu au sein de Juda. Malachie entrevoit déjà cette période ultime qui se terminera par l’apparition du Seigneur et la révélation de sa gloire. L’attente et l’espérance d’Israël tiennent dans ce jour où le Messie viendra juger, venger, délivrer et régner.

Quant à nous, les rachetés du Seigneur, l’Église de Christ, nous l’attendons venant en grâce sur la nue, et non sur la terre, pour nous ravir à sa rencontre.

Les applications morales de ce livre. Il faudrait qu’aucun des avertissements de ce livre ne soient détournés de la cible qu’ils visent. Il y a des mots, des expressions, des questions qui sont là pour « faire mouche », pour frapper au centre de cette cible. Ne détournons pas les flèches ; elles sont utiles pour le temps dans lequel nous sommes.

S’il n’est rien dit du prophète, ni de son origine, ni de son époque, ni de son métier, n’est-ce pas parce que l’Éternel des armées se révèle comme un Dieu jaloux, terrible parmi les nations, alors que le peuple et les sacrificateurs le méprisent ?

Nous rendons culte, nous adorons, nous bénissons notre Dieu et notre Père qui nous a révélé son amour, mais n’oublions pas qu’il reste le Dieu trois fois saint.

Malachie a écrit après le retour et après la reconstruction du temple, plusieurs fois évoqué dans ce livre, et de la muraille. Les conditions sont changées pour le peuple : la gloire de l’Éternel s’en est allée, Dieu n’est plus présent.

Comment servir ? Comment exercer la sacrificature ? Et le service de ceux que l’Éternel avait appelés, les fils de Lévi, avaient-ils changé ? Le temple dévasté avait été rebâti ; à quoi servait sa fonction maintenant ? Il n’y avait plus de roi. Quel ordre devait régner ? Néhémie a été le dernier gouverneur cité.

Une réponse est donnée en ce que l’Éternel envoie « son messager », Malachie ; mais aussi en ce qu’en 3. 1, il est dit : « Voici, j’envoie mon messager ». Exprimés de la part de l’Éternel, les messages sont de grande importance : celui de Malachie, celui de cet autre messager précédent la venue du Seigneur, Jean le baptiseur.

Le côté prophétique de ce livre se lie à une présence divine, solution de tous les exercices : le Seigneur lui-même. Malachie et Jean ont devant eux ce qui lui est dû.

Dans les deux premiers chapitres, l’état moral du peuple est décrit. Des réponses sont apportées avec les deux autres, en rapport avec la révélation, avec le Seigneur lui-même, avec l’attente de sa venue. Il importe de bien connaître notre propre état, notre but et notre espérance. L’Église est en ruine. Celui qui est l’auteur de notre salut, a établi toutes choses. Par lui, Dieu nous donne les promesses et nous en fait jouir par son Esprit. Il nous donne les ressources.

Malachie est l’un des trois prophètes qui ont écrit après le retour de Juda et Benjamin dans le pays, Aggée, Zacharie et Malachie qui parlent de celui qui allait venir.

Aggée en rapport avec le désir des nations ; Zacharie en rapport avec ses souffrances ; Malachie en rapport avec sa gloire.

En Zacharie, son amour et sa grâce ; en Malachie, le jugement.

Dans ce livre de Malachie, la première expression de l’Éternel à l’égard de son peuple est :

« Je vous ai aimés » (v. 2). Dans l’Apocalypse, livre des jugements, l’apôtre Jean qui en a eu la vision, au moment de les présenter, peut élever son cœur et dire pour les rachetés :

« A celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang ; – et il nous a fait un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père ; – à lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen » (Apoc. 1. 5 et 6).

Le jour du Seigneur venant pour juger et purifier, est annoncé ; mais le premier élément présenté, c’est l’amour. L’Éternel, l’Éternel des armées, expression si souvent employée par Malachie, dit : « Je vous ai aimés ». C’est celui qui ne change pas. Il est le même. La première flèche est celle-là et sa cible en est le cœur de chacun. Avons-nous le sentiment de l’amour éternel, insondable, de la part de Dieu, de la part du Seigneur, à l’égard de chacun d’entre nous ?

Une sœur, reconnaissant un jour s’être mal comportée à l’égard de son mari, comme la femme de Job pouvait-elle dire, s’en est rendu compte et, tout à coup, étant sortie dans le jardin pour être seule avec le Seigneur, s’écria, tournée vers lui : « Tu m’aimes toujours, il parait que tu m’aimes quand même ! ». Et la question fut résolue.

La conscience de cet amour immuable envers nous, fait fondre notre cœur et nous amène à une vraie repentance. Les choses deviennent claires et sont nettoyées.

On peut penser au reniement de Pierre. Jamais le Seigneur n’a cessé de l’aimer, ni à sa première, ni à sa deuxième, ni à sa troisième déclaration. Toujours, le Seigneur l’aimait. Quand un frère, une sœur, nous déçoivent, en quelque sorte quand ils renient notre affection, notre amitié, nous le supportons une fois. À la deuxième fois, nous nous posons des questions. Mais bien souvent, à la troisième, nous nous détournons de ce frère ou de cette sœur. Ainsi sommes-nous. Mais le Seigneur ne se détourne jamais de son racheté. Jamais ! Il nous aime sans cesse.

Jean qui commence l’Apocalypse par cet hymne à la gloire de celui qui nous aime, nous dit, dans sa première épître, que ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu les premiers, mais lui (cf. 1 Jean 4. 19). L’amour de Dieu prend sa source, son motif d’aimer, en lui-même, non dans son objet. Si cela était, il ne nous aurait jamais aimés : nous étions haïssables et nous haïssant l’un l’autre. Il ne pouvait trouver aucun motif pour nous aimer selon l’amour, sentiment humain. Mais Dieu nous a aimés avant que nous soyons rachetés et rendus parfaits à perpétuité.

« Je vous ai aimés » est la flèche pour le cœur, ensuite pour la conscience.

« L’Éternel des armées » est un terme qui comporte une notion de sainteté et de justice, de puissance et de jugement à exercer. Mais il s’y trouve autre chose. Au Psaume 46 où se trouvent de nombreuses consolations, nous lisons deux fois aux v. 7 et 11 :

« L’Éternel des armées est avec nous ; le Dieu de Jacob nous est une haute retraite » : voilà deux caractères propres à nous encourager.

L’Éternel des armées, celui qui est caractérisé par la puissance, la majesté, sa gloire créatrice, assis entre les chérubins, est avec nous, des êtres faibles, petits, misérables, sur cette minuscule planète au sein de l’univers ! C’est la force et le secours à l’égard de ceux qu’il aime.

C’est aussi le Dieu de Jacob : nous connaissons Jacob et son manque de foi, ses craintes et ses ruses. Mais Dieu s’occupait de lui pour le former, pour l’enseigner, par sa discipline d’amour, sa discipline de Père…

Par Malachie le prophète, l’Éternel s’adresse à son peuple. Il est frappant de voir que, dans ce livre, plus de vingt fois, Dieu se présente comme « l’Éternel des armées ». Si nous remplaçons « l’Éternel » ou « l’Éternel des armées » par « le Seigneur », nous saisirons peut-être mieux l’application concernant nos circonstances et notre état.

D’une part, cette déclaration divine, « Je vous ai aimés ». D’autre part, des contestations, « En quoi nous as-tu aimés ? ». Sans doute, la lettre à Laodicée nous en donne-t-elle toute la portée. L’orgueil, la suffisance spirituelle de celui qui dit « je suis riche, … je n’ai besoin de rien », qui refuse de voir qu’il n’y a pas d’autres ressources sinon celles du Seigneur auprès duquel on peut acheter de l’or et un collyre.

En Juges 6, l’ange de l’Éternel apparaît à Gédéon.

« Ah ! mon seigneur, si l’Éternel est avec nous, pourquoi donc toutes ces choses nous sont-elles arrivées ? …Et maintenant l’Éternel nous a abandonnés, et nous a livrés en la main de Madian » dit cet homme (v. 13). Ce sont des paroles de souffrance. Il ne comprend pas. Il constate cet abandon apparent de l’Éternel, mais il n’a pas de révolte comme dans le « En quoi l’Éternel nous a-t-il aimés ? ».

Il est pur et droit celui que l’ange appelle « fort et vaillant homme » lui déclarant que l’Éternel était avec lui (v. 12). Il se sent sous la discipline, se confondant avec le peuple : non pas « me sont-elles arrivées », mais nous sont-elles… La souffrance est collective. En Malachie, comme à Laodicée, le sentiment exprimé est le mépris, résultat de l’orgueil. Et leur état est tout différent, et même bien plus grave que celui de Gédéon.

Ce que le Seigneur hait par dessus tout, et nous le voyons notamment dans les Proverbes, c’est l’orgueil. Lui a été le modèle de l’humilité. Satan est le modèle de l’orgueil.

L’ensemble du peuple était sous le joug de Satan, refusant de reconnaître les réels bienfaits de Dieu. Il est remarquable de voir dans les sollicitations de Néhémie à propos de ce qu’il a fait : « Souviens-toi en bien pour moi, ô mon Dieu, de tout ce que j’ai fait pour ce peuple » (Néh. 5. 19), d’y voir donc ce sentiment que tout vient de Dieu, en grâce.

Vingt ou trente ans plus tard, voilà l’état du peuple. Il était sous la discipline, il était méprisé depuis son retour de Babylone. Mais à qui la faute ?

Le début de ce ch. 1 est merveilleux : l’Éternel n’est pas à court d’arguments et sa réponse à la question du peuple est immédiate et souveraine :

« Ésaü n’était-il pas le frère de Jacob ? dit l’Éternel ; et j’ai aimé Jacob ; et j’ai haï Ésaü, et j’ai fait de ses montagnes une désolation… » (v. 2 et 3). Il répond sans ambages, sans entrer dans d’autres considérations. Il est souverain et glorieux : « J’ai aimé… j’ai haï… ».

Entre les deux termes de cette réponse, des siècles se sont écoulés. La première fois, sans doute, que ce sentiment de haine pour Ésaü apparaît, se trouve dans le livre d’Abdias. Même dans la Genèse où Ésaü montre sa haine pour Jacob, Dieu n’a pas ce sentiment. Non plus quand Ésaü vient à la rencontre de son frère, non plus quand Édom (qui est Ésaü) interdit le passage de son pays au peuple.

Cette haine de l’Éternel ne survient que lorsqu’Édom montre la profondeur de son animosité pour Israël, telle que la dépeint Abdias. L’amour de Dieu est envers tous les hommes. S’il y a eu ce retournement, c’est à la suite de la dureté inconcevable d’Ésaü et de sa joie lors de la visitation du peuple de Dieu.

« … avant que les enfants fussent nés et qu’ils eussent rien fait de bon ou de mauvais, afin que le propos de Dieu selon l’élection demeurât, non point sur le principe des œuvres, mais de celui qui appelle… » (Rom. 9. 11). Le propos de Dieu était de faire miséricorde :

« Y a-t-il de l’injustice en Dieu ? Qu’ainsi n’advienne ! Car il dit à Moïse : « Je ferai miséricorde à celui à qui je fais miséricorde… » « … Ainsi donc ce n’est pas de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde » (v.14 à 16).

Ce qui est reproché à Édom, nous le voyons donc en Abdias, c’est qu’il s’est réjoui de ce. que le peuple était mis de côté pour un temps, de ce qu’il souffrait, de ce qu’il était déporté. Édom en a profité. Ce livre d’Abdias est une application de ce que Dieu fait dans son gouvernement pour ses enfants. Il ne faudrait pas que nous ayons la même attitude qu’Édom auquel il est reproché :

« Mais tu n’aurais pas dû regarder le jour de ton frère, le jour de son désastre ; et tu n’aurais pas dû te réjouir… et tu n’aurais pas dû ouvrir ta bouche toute grande au jour de la détresse. Tu n’aurais pas dû entrer… ni regarder… sa misère… et tu n’aurais pas dû porter la main sur ses richesses… et tu n’aurais pas dû te tenir au carrefour pour exterminer ses réchappés, et tu n’aurais pas dû livrer ceux des siens… » (Abdias 12 à 14).

Il y a eu une haine permanente d’Ésaü pour Jacob . Nous en avons un tableau avec Doëg l’Édomite (cf. 1 Sam 22). Pourtant, au terme de sa vie, Isaac donna à Ésaü une bénédiction :

« Voici, ton habitation sera en la graisse de la terre… ». (Gen. 27. 39 et 40). C’était une bénédiction obtenue par les larmes (cf. v. 38). Mais cette bénédiction fut dilapidée par les héritiers .

Jacob a été élu en amour et en grâce ; Ésaü n’a pas été élu en haine. La haine est survenue après des siècles. Auparavant, en sus de la bénédiction de son père, il était dit à Israël :

« Tu n’auras pas en abomination l’Édomite, car il est ton frère » (Deut. 23. 7). Pourtant, le refus de passage de Nombres 20. 14 à 21 avait été formulé. Malgré cela, de l’amour devait être manifesté par le peuple d’Israël : c’était toujours son frère.

– Dans le Deutéronome, par deux fois au moins, l’Éternel rappelle son amour pour Israël. Ainsi, en Deutéronome 10. 15 :

« L’Éternel s’est attaché à vos pères pour les aimer ». Il le mentionne, car au v. 12 il l’incite à l’aimer et à le servir.

« En ceci est l’amour, non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que lui nous aima et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés » (1 Jean 4. 10) . Il nous a donné son Fils pour que nous soyons sauvés par lui.

L’Éternel rappelle encore cet amour :

« L’Éternel, ton Dieu, a changé pour toi la malédiction en bénédiction, car l’Éternel, ton Dieu, t’a aimé » (Deut. 23. 5). Cela nous parle de la perfection de l’œuvre de Christ et de l’amour éternel dont nous sommes aimés à cause du propos de Dieu en amour. Les bases de l’amour de Dieu ne sont pas ce que nous sommes et ce que nous faisons, mais son propos et son élection.

Nous citons encore sur ce sujet :

« Ce n’est pas parce que vous étiez plus nombreux que tous les peuples, que l’Éternel s’est attaché à vous et vous a choisis ; car vous êtes plus le petit de tous les peuples ; mais parce que l’Éternel vous a aimés… » (Deut. 7. 7 et 8).

Et en Nombres 22. 12, la conséquence de cet amour :

« Et Dieu dit à Balaam : … tu ne maudiras pas le peuple, car il est béni ». Il en est de même pour nous, quant aux bénédictions spirituelles dont nous sommes bénis dans les lieux célestes en Christ. On sait ce qui suit dans la prophétie de Balaam, montrant les liens remarquables existant entre l’Éternel et son peuple terrestre.

Ce peuple était préconnu (cf. Rom. 11. 2), comme l’était le sacrifice de son Fils (cf. Act. 2. 23), de même que l’Agneau de Dieu (cf. 1 Pierre 2. 19). Et nous-mêmes étions préconnus (Rom. 8. 29) et élus en Christ avant la fondation du monde (cf. Éph.1. 4). Il est remarquable de voir ce que la parole nous révèle de ce qui était avant la fondation du monde, dès l’éternité. La sagesse était là, conseiller et nourrisson de Dieu, le Fils de son amour, l’Agneau de Dieu et son sacrifice, le peuple d’Israël…

Revenons à la contestation :

« En quoi nous as-tu aimés ? ». Dans la chrétienté actuelle, on conteste l’amour de Dieu. Dans la lettre à Laodicée, il faut souligner :

« Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime » (Apoc. 3. 19) dit le Seigneur. C’est une réponse à ce « en quoi… ». Il y a des voies en gouvernement de la part de Dieu, voies qui s’exercent pleinement à l’égard de ce peuple au moment où parle Malachie.

Il est nécessaire de souligner l’importance de ce par quoi l’Éternel commence avec son peuple. Il montre ce qu’était son amour. Le peuple était devenu indifférent ; son amour était refroidi. Et l’on retrouve Laodicée. L’Éternel veut montrer quel était cet état. Le fond de la question était ce « en quoi nous as-tu aimés ? » et tout le reste en est la conséquence. Le commandement était :

« Tu aimeras ton Dieu » (Deut. 6. 5). Mais le peuple montre qu’il méprise l’Éternel et que, méconnaissant son amour, il ne pouvait plus l’aimer. Ce n’est pas l’Éternel qui n’aime plus son peuple, mais l’inverse. Et, en quelque sorte, L’Éternel retourne la question.

Le passage lu en Romains 9 et ce que nous avons en Malachie place devant nous l’élection.

Le choix de Dieu, souverain, est au-delà de tout ce que nous pouvons penser ou exprimer. Nous sommes en dehors d’une sphère où nous ne pouvons entrer. Nous avons à l’accepter. Ce qu’Israël fondamentalement méprisait ou rejetait, était l’élection, ne l’ayant pas réellement mesurée.

Quand l’apôtre Paul écrit aux Éphésiens pour leur parler des bénédictions extrêmement riches, il commence par l’élection. Quand nous prenons conscience du fait que nous sommes élus, nous voyons que c’est une grâce tellement grande, un amour si merveilleux que tout le reste et tout notre engagement devrait en découler. Israël ne l’avait pas saisi.

Le choix de Dieu est sa prérogative, son propos selon l’élection. Aussi loin que l’on puisse remonter en arrière, on arrive à l’élection. C’est un mystère. Qui sommes-nous pour en parler ? Nous constatons et sommes remplis de grâce et de miséricorde.

Tel homme que nous côtoyons n’est pas réceptif, il ne croit pas. Il est étranger à la grâce. Et moi ? Dieu m’a élu. Quel amour ! Quelle grandeur !

Nous remontons à la source de tout. L’apôtre Paul l’exprime ; ce propos est insondable et nous nous inclinons devant une si grande grâce et devant la souveraineté divine. N’est-ce pas ce que nous trouvons ici ? Vous avez été choisis : Ésaü n’était-il frère de Jacob ? Et j’ai aimé Jacob.

En Romains 9, l’élection est mentionnée plusieurs fois.

La base de l’élection est la préconnaissance et nous avons été préconnus en tant qu’objets de grâce. Quand la grâce est venue, c’est encore par grâce que nous la recevons. Laissés à notre libre arbitre, nous la refuserions. Tout en étant préconnus, nous ne sommes que des objets de grâce.

L’élection touche à la souveraineté divine. Il est clair que la condamnation procède des actes d’Ésaü qui montraient ce qu’il était.

On est confondu effectivement quand on se dit : Pourquoi moi et pourquoi pas le voisin ? Cela nous dépasse, nous l’avons dit. Et nous l’acceptons avec reconnaissance et humilité. Répétons encore qu’il y a élection en amour et qu’il n’y a pas d’élection quant à la haine.

Revenons à un peu d’historique. Il y a eu deux transportations, les dix tribus d’abord, en Assyrie (cf. 2 Rois 17. 6), puis quelques 120 ans plus tard Juda et Benjamin, à Babylone et en trois étapes (cf. 2 Rois 24 et 25). Ces deux tribus devaient y rester 70 ans. À noter que l’Éternel prend en compte comme date de départ de ces 70 ans, le transport des ustensiles du temple.

En Esdras 1. 5 :

« Alors se levèrent les chefs des pères de Juda et de Benjamin… tous ceux dont Dieu avait réveillé l’esprit, afin de monter pour bâtir la maison de l’Éternel qui est à Jérusalem ». Une partie de ces deux tribus remonte donc à Jérusalem. Esdras rapporte comment ils ont restauré l’autel et le temple, malgré un arrêt de quelques années dans ce travail, les deux prophètes Zacharie et Aggée intervenant pour stimuler le peuple dans son ouvrage. Néhémie fait suite pour la reconstruction de la muraille.

Au ch. 10 de son livre, il mentionne trois résolutions qui sont prises quant à l’attachement à la loi, quant au respect du sabbat, quant à la maison de l’Éternel. Au ch. 13, point par point ces résolutions sont abandonnées. Le peuple fait le contraire.

Ce sont ces gens auxquels s’adresse Malachie. Ils sont de Juda et Benjamin. Ils étaient là parce qu’il y avait eu ce réveil dont parle Esdras et auquel on a assimilé celui du 19ème siècle. Dans ces gens du réveil, comme dans Malachie, s’est produit un contre-témoignage à cause de l’état et de la conduite. Mais il y a un résidu. Les autres ne sont pas des professants sans vie, mais des croyants qui ont abandonné, qui se sont relâchés, qui disent : « En quoi… ? ». Nous sommes tous concernés par ces questions et par ce qu’en dit l’Éternel dans ce livre.

Au milieu de l’ensemble marqué par l’orgueil, par des caractères laodicéens, par l’hypocrisie et l’égoïsme, toutes choses que l’Éternel abhorre, il existe un résidu. Il était du temps de Malachie ; il était pour attendre le Seigneur à sa première venue ; il sera encore pour son apparition en gloire.

Présentement, existe aussi un résidu. Aucun groupe ne peut s’intituler tel. Ce serait prétentieux, tout autant que penser être philadelphien.

La présentation des caractères de l’ensemble, au contraire, doit nous amener à dire : nous en faisons partie et nous en souffrons. Plaise à Dieu, dans sa grâce, d’accorder à ses enfants d’être fidèles et de présenter les traits du résidu ! Mais, à Laodicée, le réveil et l’exercice sont individuels. Chacun doit se sentir concerné par Malachie et par la lettre à Laodicée.

À Laodicée, l’assemblée est là, comme telle. Ce sont des croyants. L’état est déplorable. Mais on entend frapper à la porte et c’est individuellement que l’on ouvre pour le souper avec le Seigneur. Il ne parait pas qu’il s’agisse en Malachie, pour l’ensemble, de quelque chose de semblable à la chrétienté composée de professants sans vie et de professants ayant la vie.

Malachie s’adresse à ceux qui sont remontés de la transportation et qui, par conséquent, ont eu un nouveau témoignage de la fidélité de Dieu. Mais il s’adresse aussi à tout Israël dispersé :

« L’oracle de la parole de l’Éternel à Israël par Malachie » (v. 1), ce qui donne un caractère particulier à ce livre. Aux yeux de l’Éternel, le résidu, désireux d’être fidèle, représente la totalité du peuple. Cela garde de l’esprit sectaire.

En 1 Cor.10. 5 :

« Mais Dieu n’a point pris plaisir en la plupart d’entre eux… » et en Mal. 1. 10 :

« Je ne prends pas plaisir en vous ».

Notre livre a trois destinataires : au v. 1, c’est tout Israël ; ensuite, ce sont les sacrificateurs ; enfin Juda. Dans l’empire perse, se trouvait un très grand nombre d’Israélites, et des Israélites pieux, tel un Mardochée. L’adresse est universelle. Quand l’apôtre écrit aux Juifs, il écrit à tous ceux de la dispersion, ceux des douze tribus. Dix sont perdues, mais Dieu les connaît.

Dans le monde hellénique, peu après Malachie, existent des colonies juives importantes, en Égypte notamment. Cela veut dire que le Seigneur a des témoins partout ; et à tous il adresse les mêmes déclarations, même s’il y a indifférence et oubli.

Peut-être a-t-il fallu le décret d’Haman, l’Agaguite, pour ramener les Juifs à la conscience de ce qu’ils devaient à Dieu, cette fête des Purim en étant le signe.

Certes, ils avaient oublié leur relation avec Dieu dont le nom n’est pas cité dans ce livre d’Esther, quoiqu’il y ait des jeûnes et la conscience d’une puissance providentielle qui dirige toutes choses.

Cette universalité de destination apparaît clairement au début de ce livre. Un danger nous guette, concernant la notion de résidu. Ce livre va nous montrer ce qu’est un résidu.

Il y avait le temple, mais Dieu ne s’y trouvait pas. Comment alors offrir des sacrifices sans être formaliste ? Par ailleurs, cela vient d’être dit, des Israélites étaient dispersés en de nombreuses régions, comme il y a de nos jours des croyants, des témoins, dispersés de la même manière. Le Seigneur les connaît et les suit. Ils sont ce qu’ils manifestent.

À partir du v. 3, ce que l’Éternel dit au peuple, équivaut au conseil qu’il donne à Laodicée, d’acheter un collyre pour oindre ses yeux afin de voir. Ici, c’est : regardez autour de vous, ce que j’ai fait. Où est Édom ? Il était dans un pays désolé, le Néguev et le sud de la Jordanie actuelle.

Jérémie écrit sur Édom (49. 7 à 22) :

« … Botsra sera une désolation, un opprobre, un désert, et une malédiction… Et Édom sera une désolation… ».

De même Ésaïe, au ch. 63 :

« Qui est celui-ci, qui vient d’Édom, de Botsra, avec des habits teints en rouge… ? … je les ai foulés dans ma colère, et je les ai écrasés dans ma fureur, et leur sang a rejailli sur mes habits… » (v. 1 à 6). Qui est-ce qui vaincra Édom, sinon le Seigneur juste avant de revenir à Jérusalem ?

Dieu accomplit ses promesses. Et il dit en quelque sorte : Ce que j’ai dit sur Édom, je vais l’accomplir ; ce que je dis à Israël que j’aime, je l’accomplis.

Le propos de Dieu s’accomplit. En jouissons-nous ? Avons-nous une pleine communion de sa pensée et nous approprions-nous les bénédictions qu’il nous a données, ou bien sommes-nous tièdes, ne voyant pas ce que Dieu veut pour nous ?

Que par l’Esprit de Dieu nos yeux soient ouverts sur les grandes choses que Dieu a faites et sur ses promesses accomplies et celles qu’il accomplira !

Un mot encore sur l’élection : nous pouvons nous entretenir entre enfants de Dieu ; c’est un sujet d’adoration, comme nous l’avons dit ; mais nous ne pouvons en parler à un incroyant. Comment pourrait-il y entrer ? Il faut être au Seigneur pour saisir par la foi et avec adoration que nous sommes élus avant la fondation du monde.

« … notre Dieu sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés… » (1 Tim. 2. 4) est une réponse à un incrédule qui demanderait s’il est élu. À quoi nous ajoutons :

« …mais il (le *Seigneur) est patient envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3. 9).

« Si je ne suis pas élu, comment puis-je croire » peut rétorquer l’incrédule. On peut lui dire : « Croyez et vous saurez si vous êtes élus ».

« … élus selon la préconnaissance de Dieu le Père » (1 Pier. 1. 2). Dieu embrasse d’un regard le temps et l’éternité.

Ceux dont il sait qu’ils croiront, il les a élus. L’élection est le fruit de l’amour et de la grâce, mais, en quelque sorte, est postérieure à la préconnaissance.

Le sujet de l’élection appartient à Dieu. Il est difficile d’en parler avec notre langage limité.

Une comparaison. Les hommes sont comme devant un mur. Ce qui est derrière, ils ne le connaissent pas. Cela appartient à Dieu et à sa souveraineté. Devant le mur, la croix de Christ, l’amour de Dieu et ses appels, sa grâce : tout ce que l’on peut voir et entendre. Mais il y a une porte : c’est la porte de la foi. Disons à un incrédule :

« Sitôt entré par cette porte qui est Christ, tu sauras que tu es élu ».

Le prophète Malachie parle à un peuple dont la situation morale est totalement dégradée, ce qui évoque la lettre à Laodicée : un monde d’indifférence, de révolte et de mépris à l’égard de l’Éternel. Dans les versets 1 à 5, deux points importants : l’amour de l’Éternel et sa fidélité dans l’accomplissement de ses jugements autant que dans celui de ses promesses.

« Je vous ai aimés » est l’incontestable affirmation divine de son amour à ce peuple qui le méprise et le rappel et la confirmation des promesses faites aux pères depuis Abraham. La preuve de la fidélité de Dieu était qu’il était encore avec son peuple.

De la part de Dieu, il n’y a aucun propos de haine à l’égard de qui que ce soit. La haine pour ce que représente Ésaü n’est apparue qu’au moment où ses descendants ont montré une hostilité totale contre Israël. Plus de mille ans se sont écoulés entre la bénédiction reçue par Jacob et la déclaration de Dieu par Malachie à l’égard d’Ésaü.

À la fin du paragraphe, l’Éternel souligne qu’il est fidèle, autant dans son amour que dans ses jugements. Les prophéties sur Édom que nous avons mentionnées, sont confirmées ici : Édom sera une désolation.

S’il y a refus de ce que Dieu propose, l’accomplissement des ses jugements est l’issue inéluctable. Comme si l’Éternel disait à son peuple :

« Je vous ai aimés, mais, en tout état de cause, mes desseins s’accompliront ».

Le plan de ce livre a été évoqué

1) Avertissements et reproches pour les sacrificateurs, pour Juda remonté de Babylone, mais qui a montré ce qu’était son cœur (cf. la fin du livre de Néhémie).

2) Les consolations, le cœur de Dieu s’adressant aux fidèles qui constituent le résidu d’Israël, celui que l’on retrouve dans les mêmes dispositions au début de l’évangile de Luc. Pour eux, il y a des trésors de la part de Dieu, et c’est le contenu de la fin de ce livre.

Rappelons encore ce que devait être le rôle de Lévi, la tâche confiée de la part de l’Éternel par Moïse :

« … ils ont gardé tes paroles et observé ton alliance. Ils enseigneront tes ordonnances à Jacob et ta loi à Israël ; ils mettront l’encens sous tes narines et l’holocauste sur ton autel » (Deut. 33. 9 et 10).

« Un fils honore son père, et un serviteur, son maître. Si donc je suis père, où est mon honneur ? et si je suis maître, où est la crainte qui m’est due ? dit l’Éternel des armées à vous sacrificateurs, qui méprisez mon nom, Et vous dites : En quoi avons-nous méprisé ton nom ? » (v. 6) . Un écho tout particulier de ce verset se trouve dans les paroles du Seigneur à ses disciples, dans la chambre haute, avant la croix :

« Vous m’appelez maître et seigneur, et vous dites bien, car je le suis ; si donc moi, le seigneur et le maître, j’ai lavé vos pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jean 13. 13). Loin de leur reprocher quoi que ce soit, il se propose à eux comme un modèle. Celui qui est le Maître et Seigneur, requiert l’honneur et la crainte, en Malachie ; le même ajoute, en Jean que nous le suivions, que nous l’imitions et que nous écoutions sa voix.

Une précision au sujet du plan de notre livre :

1) De 1. 1 à 2. 9, l’état des sacrificateurs est dénoncé ;

2) puis, de 2. 10 à 3. 15, l’état du peuple.

3) De 3. 16 à la fin, c’est le jour, « le jour qui vient » (4. 1), « le jour que je ferai » (4. 3), « le jour de l’Éternel » (4. 5), un jour en rétribution et en justice. Sont concernés par ce jour, « ceux qui pratiquent la méchanceté » (4. 1) et « ceux qui craignent l’Éternel » (3. 16).

« L’Éternel sera magnifié par delà les confins d’Israël » (v. 5) :

C’est une lumière. Dieu n’est jamais pris au dépourvu. Il n’a pas trouvé d’écho à son amour dans ce peuple sauvé et racheté, pour lequel il avait usé de grâce et de miséricorde . Il n’y avait pas plus d’écho en Édom. Mais cette grâce de Dieu va s’étendre « par delà les confins d’Israël ». La porte est ouverte pour que le Seigneur vienne et sauve l’homme afin d’amener à Dieu ceux qui seraient rendus capables de le magnifier.

Le deuxième reproche concerne le mépris de la sainteté de Dieu : amour et sainteté, deux caractères en rapport avec la révélation de Dieu. Là aussi, Dieu se glorifie vis à vis du jugement prononcé. Au verset 9, il y aura l’appel à la grâce , mais :

« … du soleil levant jusqu’au soleil couchant, mon nom sera grand parmi les nations, et, en tout lieu, l’encens sera brûlé à mon nom, et une offrande pure sera présentée, car mon nom sera grand parmi les nations, dit l’Éternel des armées » (v. 11) et « … mon nom est terrible parmi les nations » (v. 14), montrant que la révélation de Dieu va s’étendre.

Ce côté prophétique est merveilleux et nous touche, car nous sommes ces objets de grâce qui peuvent magnifier le nom de Dieu et célébrer la grandeur de son œuvre, considérant la puissance de ce nom.

Nous avons lu : « Un fils honore son père, et un serviteur , son maître » (v. 6). Dans les temps dégradés où nous sommes parvenus, les notions d’amour d’un fils pour son père et de crainte d’un serviteur pour son maître, disparaissent. Pourtant, Dieu se plaît à dire ce que le peuple était pour lui :

« … Israël est mon fils, mon premier-né. Et je te (le Pharaon) dis : Laisse aller mon fils pour qu’il me serve » (Ex. 4. 22),

« Ce n’est pas parce que vous étiez plus nombreux que tous les peuples, que l’Éternel s’est attaché à vous et vous a choisis… mais parce que l’Éternel vous a aimés et parce qu’il garde le serment qu’il a juré à vos pères, l’Éternel vous a fait sortir à main forte, et t’a racheté de la maison de servitude » (Deut. 7. 7 et 8) et

« Je t’ai aimée d’un amour éternel ; c’est pourquoi je t’attire avec bonté » (Jér. 31. 3). L’amour de Dieu est toujours à l’œuvre aujourd’hui pour celui qui est encore loin, comme aussi pour ceux qui lui appartiennent, mais qui ont laissé quelque chose s’interposer entre leur cœur et celui du Seigneur.

Il est aussi le maître du serviteur

« Et maintenant écoute, Jacob, mon serviteur, et toi, Israël, que j’ai choisi. Ainsi dit l’Éternel, qui t’a fait et formé dès la matrice, celui qui t’aide : Ne crains pas, mon serviteur Jacob, et toi, Jeshurun, que j’ai choisi » (És. 44. 1 et 2).

Dieu rappelle à son peuple ce qu’il est pour lui, mais aussi, la crainte qui lui est due. Le peuple n’avait conscience ni de l’amour de l’Éternel, ni de la crainte qui lui est due, ni de son propre bas état. C’est un enseignement pour nous, car le Seigneur désire que notre cœur brûle pour lui. Où serons-nous mieux que dans son sein, comme Jean, pour connaître son amour, ses pensées, et répondre à ce que son cœur désire ?

En Jérémie 31, un peu plus loin, il est parlé d’Éphraïm (ou Israël) :

« J’ai très bien entendu Éphraïm se lamentant… Éphraïm m’est-il un fils précieux, un enfant de prédilection ? … » (Quel attachement et quel amour ! ) « … Car depuis que j’ai parlé contre lui » (C’est le jugement prononcé, mais… ), « … je me souviens de lui encore constamment ; c’est pourquoi mes entrailles se sont émues pour lui ; certainement j’aurai compassion de lui, dit l’Éternel » (v. 18 à 20).

Les paroles de Malachie évoquaient peut-être chez certains ce qui avait été écrit 300 ans plus tôt par Ésaïe :

« Écoutez, cieux, et prête l’oreille, terre ! car l’Éternel a parlé : J’ai nourri et élevé des fils, et ils se sont rebellés contre moi. Le bœuf connaît son possesseur, et l’âne la crèche de son maître ; Israël ne connaît pas, mon peuple n’a point d’intelligence. Ha ! nation pécheresse, peuple chargé d’iniquité, race de gens qui font le mal, fils qui se corrompent ! Ils ont abandonné l’Éternel, ils ont méprisé le Saint d’Israël ; ils se sont retirés en arrière » (És. 1. 2 à 4). Le livre d’Ésaïe avait beaucoup d’importance pour le peuple ; et par le verset 6 de Malachie 1, l’Éternel rappelle quelque chose de ce que nous venons d’en lire.

Par cinq fois, la crainte est mentionnée dans notre livre. Elle n’est pas la frayeur. Le Seigneur le montre :

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui après cela ne peuvent rien faire de plus ; mais je vous montrerai qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne » (Luc 12. 4 et 5). C’est Dieu qui a ce pouvoir qu’il faut craindre, mais non de frayeur, car le Seigneur ajoute :

« Ne craignez donc pas : vous valez mieux que beaucoup de passereaux » (v. 7). « Ne pas craindre » (de frayeur), expression qui revient plus d’une fois dans ce chapitre 12 de Luc.

La crainte est faite de respect, de déférence, de soumission à la parole, dans l’amour et dans une position de subordination. C’est l’opposé de l’état de l’incrédule :

« Il n’y a point de crainte de Dieu devant leurs yeux » (Rom. 3. 18 , citation de Ps. 36. 1). Nous le constatons dans le monde, dans la chrétienté même, où, parfois, il n’y a aucune retenue, aucune soumission à la Parole . Il arrive qu’on dise n’importe quoi, souvent à la limite du blasphème, ou même des blasphèmes.

« Mais il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint » (Ps. 130. 4).

Ces reproches s’adressent aux sacrificateurs. Mais on peut faire un rapprochement avec la scène de Zacharie 3 où il s’agit d’un sacrificateur, Joshua. Avec ses vêtements sales, il n’était pas dans une situation convenable. Toutefois , il se tenait « debout devant l’Ange de l’Éternel » (v. 1) ; et nous le trouvons tout au long de cette scène, dans une position de dépendance et d’obéissance. Il laisse faire tout ce que l’Ange de l’Éternel commande pour lui. Et il pourra ensuite recevoir une mission particulière :

« Ainsi dit l’Éternel des armées : Si tu marches dans mes voies , et si tu fais l’acquit de la charge que je te confie, alors tu jugeras aussi ma maison, et tu auras aussi la garde de mes parvis, et je te donnerai de marcher au milieu de ceux-ci qui se tiennent devant moi » (v. 7). L’acquit de la charge signifie : accomplir intégralement et fidèlement toute la charge.

Entre cette scène et Malachie 1, 50 ans environ se sont écoulés. Mais quelle différence ! Maintenant , ce sont des sacrificateurs qui ne se tiennent pas devant l’Éternel, qui contestent, qui méprisent son nom.

C’est le propre d’une partie de la chrétienté actuelle qui invoque le nom de Dieu en vain ; c’est le mépris. Il n’y a pas l’acquit de la charge confiée.

« … vous-mêmes… êtes édifiés… une sainte sacrificature… » (1 Pierre 2. 5). L’activité de tout croyant est la sacrificature. Celui qui est « une pierre vivante », a cette charge à remplir. Ne faire que porter le nom de sacrificateur, n’en avoir que l’apparence, c’est oublier ce qui est dû à Dieu. Le vrai sacrificateur est celui qui, d’abord, respecte celui à qui il sacrifie.

Dans les Nombres, nous constatons que l’Éternel décompose le peuple en différentes catégories : ceux qui peuvent effectuer le service militaire, ensuite les Lévites, enfin les sacrificateurs et le sacrificateur oint, Aaron. De même, le désert est distingué de Canaan. Mais dans l’application qui nous concerne, ces distinctions n’existent plus : les rachetés du Seigneur sont des soldats et des Lévites et des sacrificateurs. Ce qui est dénoncé ici par l’Éternel à l’égard des sacrificateurs, nous touche donc, personne d’entre nous ne pouvant dire qu’il ne l’est pas et qu’il échappe à ces reproches.

Les Lévites ont une responsabilité particulière , comme remarqué en Deutéronome 33, mais aussi en Ézéchiel 44 :

« Mais les sacrificateurs, les Lévites , fils de Tsadok, qui ont fait l’acquit de la charge de mon sanctuaire… (on retrouve Zacharie 3 et Joshua). « … quand les fils d’Israël se sont égarés d’auprès de moi, eux s’approcheront de moi pour faire mon service, et se tiendront devant moi, pour me présenter la graisse et le sang, dit le Seigneur, l’Éternel. Eux entreront dans mon sanctuaire, et eux s’approcheront de ma table pour faire mon service, et ils feront l’acquit de la charge que je leur confie » (v. 15 et 16).

Que signifie présenter du pain souillé ?

« Mais l’heure vient, et elle est maintenant, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car -aussi le Père en cherche de tels qui l’adorent » (Jean 4. 23).

En esprit : dans la dépendance et sous la conduite de l’Esprit. En vérité : dans le respect de ce qu’il est et de ce qu’est le Seigneur, rendant au Père l’honneur qui lui est dû, au Seigneur l’honneur et la reconnaissance qui lui sont dus.

Tout ce qui est inexactitude ou oubli concernant ce que Dieu est, juste, saint, grand, amour, lumière, c’est du pain souillé. Tout ce qui ne rend pas au Seigneur Jésus la gloire qui lui est due, gloire de Fils éternel, de créateur, de fils de l’homme parfait sur cette terre, gloire de Sauveur et de Rédempteur, ne peut être que du pain souillé.

Nous avons à prendre garde quand nous approchons pour rendre culte, de ce qui est dû à la sainteté, à la justice, à la grandeur, à la lumière de Dieu.

Ce qui est mentionné à propos de l’autel, c’est le pain. On peut penser à l’offrande de gâteau de Lévitique 2. C’était « une chose très sainte entre les sacrifices de l’Éternel faits par feu » (v. 3), ce qui n’est dit, sauf erreur, qu’à propos de cette offrande. Le gâteau était fait de fleur de farine, pétri à l’huile, oint d’huile, cuit au four ou sur la plaque ou dans la poêle. De l’encens était mis dessus. Cette offrande nous parle des perfections de Christ dans son humanité.

En rapport avec le reproche adressé ici (le pain souillé), cela touche profondément nos cœurs. Connaissons-nous le Seigneur comme Dieu le désire, l’homme parfait selon le cœur de Dieu, sans péché, qui ne l’avait ni connu, ni commis, comme l’encens salé pur et saint ?

La méconnaissance du Seigneur Jésus et de son œuvre est « le pain souillé ».

On peut penser aussi que la table, en rapport avec l’autel, a aussi rapport avec celle du pain de proposition dans le lieu saint. Chaque sabbat, le sacrificateur l’arrangeait devant l’Éternel, selon Lévitique 24. 5 à 9 où l’on apprend qu’il était constitué de douze pains, un par tribu. C’était le témoignage que le peuple était un. Au moment de Malachie, dix tribus étaient déportées et un petit nombre était revenu d’entre Juda et Benjamin. Ce pain nous parle de Christ. Il est le parfait holocauste et le parfait sacrifice pour le péché.

À ce moment-là, on présentait une bête boiteuse ou malade, quelque chose qui ne convenait pas à la sainteté de Christ, Christ Fils de Dieu, Fils de l’homme. Chaque sacrifice étant un type de Christ et de ses perfections, c’est une faute très grave que de ne pas voir cette exigence en perfection (cf. « un agneau sans défaut »).

Rappelons quelque chose de l’histoire d’Éli, le sacrificateur et de ses fils.

Les fils d’Éli, le sacrificateur, et sacrificateurs eux-mêmes, s’étaient conformés à un usage qui n’était pas selon la pensée de Dieu : on prenait une bête, on en faisait bouillir une partie dont quelques morceaux étaient prélevés pour eux.

« Et le péché de ces jeunes hommes fut très-grand devant l’Éternel ; car les hommes méprisaient l’offrande de l’Éternel » (1 Sam. 2. 17). Remarquons bien : l’offrande de l’Éternel et non à…, car ce que nous apportons est ce qu’il est lui-même.

Le pain souillé, que nous puissions y trouver l’offrande de gâteau et le pain de proposition, sans doute. Mais, Nombres 15 nous parle aussi du « pain du pays ».

« Quand vous serez entrés dans le pays où je vous fais entrer, et que vous mangerez du pain du pays, vous en offrirez à l’Éternel une offrande élevée… » (Nomb. 15. 17 à 21).

Ce pain était dans le pays, de même que le peuple et les sacrificateurs. Ils avaient à l’offrir. Pour nous, le pays de Canaan est la figure des lieux célestes. Ce pain est la figure du corps dans lequel toute la plénitude de la déité habite présentement (cf. Col. 2. 10). C’est une vérité et une richesse que nous découvrons petit à petit en habitant dans les lieux célestes et en profitant de notre position en Christ.

En Nombres 15. 1 à 13, la nature, la qualité et la quantité des sacrifices offerts par les fils d’Israël, quand ils seront entrés dans le pays, va croissant : l’agneau, le bélier, puis le jeune taureau ; la quantité d’huile, de farine, de vin vont croissant. L’état spirituel du croyant va croissant dans l’appréciation qu’il a de la personne de Christ dans son sacrifice pour Dieu.

Dans les lieux célestes, nous avons communion avec le Père et son Fils Jésus Christ, dans la mesure où, de ces lieux célestes, nous faisons notre sanctuaire, transformant notre part en Christ en une part avec Christ.

En Nombres 15, voilà donc le sacrifice qui va croissant, l’appréciation de Dieu quant au sacrifice de son Fils, sans qu’il soit question d’ailleurs du sacrifice pour le péché ; puis, il est question du pain. Il y a là une activité spirituelle pour discerner ce qu’est ce corps dans le ciel, le corps de l’homme Christ Jésus ressuscité, élevé et glorifié. Nous avons à offrir également cela à notre Dieu et Père pour réaliser un culte en esprit et en vérité.

Mais, en Canaan, le peuple s’est souillé avec l’idolâtrie. Alors, le pain du pays n’est plus, passant par leur activité, ce qu’il aurait dû être, un pain pur. C’est un pain souillé. Dans la fabrication du pain, il y a une multitude d’activités, depuis le labour et les semailles jusqu’à la sortie du four, image des différentes phases de l’activité spirituelle du croyant. S’il se souille lui-même, chacune de ces phases le sera aussi.

De nos jours, parmi les croyants, il y a certainement un manque de crainte qui manifeste le mépris de son nom que, souvent, on ne réalise même pas. Si nous craignions davantage, nous marcherions plus soigneusement. Les nombreux passages qui ont trait à la crainte dans les Psaumes et dans les Proverbes nous montreront ce qui devrait remplir nos cœurs.

« … Unis mon cœur à la crainte de ton nom » (Ps. 86. 11) : peut-être est-ce le secret de la vie et de la communion avec Christ ?

« La crainte de l’Éternel, c’est de haïr le mal » (Prov. 8. 13). L’histoire de Joseph nous montre combien il craignait l’Éternel. Devant la tentation , il s’écrie :

« Comment ferais-je ce grand mal, et pécherais-je contre Dieu ? » (Gen. 39. 9). L’apôtre Paul disait à Timothée :

« Ceux qui pèchent, convaincs-les devant tous, afin que les autres aussi aient de la crainte » (1 Tim. 5. 20). La crainte, mais non pas la peur. Dans le ciel, il n’y aura plus de péché et l’amour parfait fera disparaître toute crainte. Ici-bas, nous sommes loin de cette perfection céleste et la crainte qui est de haïr le mal, devrait nous caractériser… la crainte de déshonorer le Seigneur, de pécher contre lui et de porter atteinte à son honneur.

« … vous dites : En quoi t’avons-nous profané ? En ce que vous dites : La table de l’Éternel est méprisable » (v. 7).

Le pain était souillé parce que présenté d’une manière inconvenante, dans un mauvais état.

Les sacrificateurs ne disaient pas positivement : La table de l’Éternel est méprisable, mais ils le disaient par leurs actes. C’est une leçon pour nous : nos actes parlent ; car si le Seigneur lit dans nos cœurs, il lit aussi nos actes. Ainsi, lisait-il dans le cœur des sacrificateurs.

Ce livre est un constat de l’état du peuple. Le Seigneur voit toujours l’état réel de nos cœurs. Nous pouvons avoir des apparences sans aucune correspondance avec l’intérieur ; et en fait, nous méprisons le Seigneur et ce qui le concerne. Que notre état soit en accord avec nos paroles !

Et vous dites… Et vous dites… L’Éternel veut révéler l’état moral du peuple, mais chaque fois, le peuple conteste. Que le Seigneur nous accorde de nous laisser sonder sans contester ! Vivons-nous ce que nous disons ? L’Éternel dit : « Vous faites cela et voilà ce que cela veut dire ». « Vous dites » : v. 2, 7, 8, 12 ; 2. 14.

Ne nous arrive-t-il pas de nous satisfaire de belles paroles ? Ce qui compte, c’est ce que l’on fait et ce que l’on est dans son cœur, et non ce que l’on dit.

« Vous fatiguez l’Éternel par vos paroles, et vous dites : En quoi l’avons-nous fatigué ? » (2. 17).

Ne nous séduisons pas par nos paroles. Ne trompons pas les autres par nos paroles. En tout cas, on ne trompera jamais Dieu.

Aux chapitres 1 et 2 de 1 Jean, les choses sont dites et ne sont pas vécues. En Malachie, nous avons des paroles d’incrédulité montrant que les sacrificateurs et le peuple ne se rendaient pas compte de l’état dans lequel ils se trouvaient.

Pour ces sacrificateurs, comme pour les fils d’Éli, leur service est devenu un métier, un métier humain qu’ils exerçaient pour un gain. Des instructions avaient été données. Ainsi, en Néhémie, on devait fermer les portes avant le coucher du soleil et ne les rouvrir qu’au matin, des barrages quant au mal afin qu’il n’entre pas.

Et maintenant :

« Qui même d’entre vous fermerait les portes ? et vous n’allumeriez pas le feu sur mon autel pour rien ! » (v. 10).

Il y a le souci de tirer profit du service, comme chez les fils d’Éli. Là, réellement, c’est le mépris et l’incrédulité, l’oubli que son nom est grand parmi les nations. Ils ne veulent rien faire pour lui, recherchant seulement une récompense ou un salaire.

Ce que Dieu demandait aux sacrificateurs et maintenant aux croyants, c’est de le faire par reconnaissance et par amour – non pour obtenir un salaire. Ils avaient oublié le fondement même de leur activité. En raison de ce qu’ils avaient fait, les fils de Lévi avaient reçu un service. La récompense était la sacrificature et non ce qu’ils pouvaient en tirer.

« Et maintenant, implorez donc *Dieu, afin qu’il use de grâce envers nous » (v. 9). Il y a la grâce, « il y a pardon auprès de toi afin que tu sois craint ». Au milieu de tous ces reproches, est comme glissée une phrase de grâce. Tout n’était pas perdu.

Remarquons dans ce verset : « envers nous » et non « envers vous ». Tout le peuple, car ses bontés sont envers chacun.

En Malachie, l’Éternel parle lui-même de son nom.

« Mon nom sera grand parmi les nations » (1. 11) ;

« (Lévi) me craignit et trembla devant mon nom » (2. 5) ;

« ceux qui craignent l’Éternel, … ceux qui pensent à son nom » (3. 16) ;

« Et pour vous qui craignez mon nom, se lèvera le soleil de justice » (4. 2).

Quand les apôtres ont prêché Christ crucifié et ressuscité, ils l’ont fait au nom du Seigneur Jésus. Par ce nom, le paralytique fut guéri (cf. Act. 3. 6).

« … il n’y a de salut en aucun autre ; car aussi il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné aux hommes, par- lequel il nous faille être sauvés » (Act. 4. 12).

Marie de Béthanie, nous y pensons souvent lors du culte, a fait ce qu’elle a fait par amour pour son Sauveur et son Seigneur, non par intérêt. Elle a rendu ce culte qui a rempli de joie le cœur du Seigneur. Elle seule avait saisi que cela correspondait à son désir. Le disciple pensait que le parfum aurait pu être vendu, mais pour le cœur du Seigneur, il y avait là un sacrifice combien plus précieux.

Que le Seigneur nous accorde de nous juger nous-même, avant les réunions notamment, par amour pour lui qui s’est donné pour nous !

Le peuple, selon les Nombres et le Deutéronome, devait penser au Lévite et à l’étranger qui était dans ses portes. Le Lévite, n’ayant ni possession, ni héritage en Canaan, n’avait pas de revenu. L’Éternel était son héritage. Les autres tribus avaient la possession et le revenu.

Nombres 18. 20 à 24 et Deutéronome 14. 27 à 29 sont clairs à ce sujet.

Au verset 7, nous avons bien remarqué : « … la table de l’Éternel est méprisable ». Cela nous touche de très près, surtout si nous remplaçons « Éternel » par « Seigneur ». Ce qui donne : « la table du Seigneur est méprisable ». Sans doute, avons-nous à nous arrêter un peu sur cette question.

Actuellement, qu’en est-il des enseignements concernant 1 Corinthiens 10 et la table du Seigneur ? Certains disent que ce sont des « pensées de frères » et s’emploient à dévaloriser ce qui a été présenté à ce sujet et qui l’est encore, malgré toutes les suspicions jetées sur cet enseignement. En les dévaluant, ne les méprise-t-on pas, et donc la table du Seigneur ? Et c’est de toute importance que de « vivre » la table du Seigneur.

C’est le lieu où l’on reconnaît l’autorité et les droits du Seigneur, le lieu où nous annonçons que, sur la terre, existe le corps de Christ, disant que « nous qui sommes plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps » (1 Cor. 10. 17).

En prenant chacun un morceau de ce pain sur la table, nous voyons que nous sommes plusieurs, mais en même temps nous rendons témoignage de l’Église, corps de Christ, et à son unité. Et cet acte que nous faisons ensemble, est un acte de communion, nous l’avions noté en son temps, avec ce qui est sur l’autel, avec l’autel et avec ceux qui sont autour de l’autel.

Mais c’est aussi un acte collectif qui implique le corps tout entier. Et c’est pour cela qu’il est important de réaliser ce que nous faisons à cette table en rapport avec ces vérités.

Dès qu’en Eden le serpent a entendu l’Éternel lui dire : « (La semence de la femme) te brisera la tête », il n’a eu de cesse d’essayer de détruire cette semence.

On peut trouver, dans l’Ancien Testament, cinq occasions où il l’a fait. La sixième est en Matthieu 2 avec le massacre des enfants ordonné par Hérode. La dernière fut quand « Satan entra dans Judas » (Luc 22. 3).

Alors Jésus est trahi, livré, lié, emmené, crucifié, mis à mort. Il meurt, laissant sa vie ; il est enseveli. On met une pierre et une garde sûre. C’est fini pour le monde qui ne le verra plus. Les siens vont le voir durant les 40 jours précédents son ascension.

Mais Satan sait très bien que chaque croyant est une preuve de la mort et surtout de la résurrection de Christ, et qu’il y a un Christ vivant, celui qu’il voulait mettre à mort. Chaque fois que Satan voit un croyant témoigner de cette vie, il s’emploie à le saisir : il rôde… Chaque fois qu’il voit les croyants assemblés pour rompre le pain, il ne peut le supporter, car chacun annonce la mort du Seigneur, donc la victoire de Christ, donc sa défaite à lui, Satan.

Mais ce qu’il ne peut supporter par dessus tout, c’est la table où est annoncée la vérité du corps de Christ vivant sur la terre, maintenant, ce corps dont il a pensé se débarrasser quand c’était un corps d’homme qu’il avait revêtu pour subir la souffrance et mourir de la mort de la croix. Ce corps présent sur la terre, chaque fois que l’on en proclame l’existence, Satan va s’employer à détruire ce témoignage, faisant en sorte que nous méprisions la table du Seigneur et les enseignements qui y sont attachés.

Un lien est fait, ici, entre la table et le culte, Dieu voulant nous montrer que, s’il n’y a plus de table, il n’y a plus de culte. L’ennemi s’active pour saper sournoisement cet élément, afin qu’il n’y ait plus de culte rendu à Dieu, mais des sacrifices tels que Malachie les dépeint : bête aveugle, boiteuse ou malade. Or :

« Tu ne sacrifieras à l’Éternel, ton Dieu, ni bœuf ni mouton qui ait un défaut corporel, quoi que ce soit de mauvais ; car c’est une abomination pour l’Éternel, ton Dieu » (Deut. 17. 1). S’il en est ainsi, le culte ne peut être agréé.

« Offre-la donc à ton gouverneur : t’agréera-t-il, ou te recevra-t-il avec faveur ? » (v. 8). Même les hommes ne recevraient pas cette offrande ; combien plus Dieu !

Ceci est capital. Il y a un déclin croissant : crainte oubliée, mépris de son nom, pain souillé, table profanée, qui est le point ultime. La profanation est quelque chose que l’on fait sans Dieu, sans sa pensée, sans la conscience de ce qui lui est dû et de ce qu’est sa présence. S’il n’y a plus cette conscience, le culte et l’offrande ne peuvent plus être présentés. Il ne peut y avoir de culte en dehors du lieu où est reconnu ce qu’est la table de l’Éternel, la table du Seigneur.

Rappelons quelques autres tables, sans toutefois les nommer toutes :

« Tu dresses devant moi une table, en la présence de mes ennemis » (Ps. 23. 5). C’est la table de la communion, réchauffant le cœur au travers des difficultés dans lesquelles le Seigneur désire que nous trouvions sa communion.

« Pendant que le roi est à table, mon nard exhale son odeur » (Cant. 1. 12). C’est la table du roi. Mephibosheth y avait été invité. Tel est l’honneur que Dieu nous fait, par grâce. Elle aussi, réchauffe nos cœurs.

Ces choses ne doivent pas être « banalisées », comme si elles étaient ordinaires. On en oublie la source et la valeur, on en oublie tout ce qui en fait la grandeur et tout ce qui engendre la crainte. Reconnaissons ce que nous avons reçu de Dieu et la position qu’il nous a donnée, et que nos cœurs y soient plus sensibles !

Cette table de Malachie est celle d’Ézéchiel 41. 22, « un autel de bois » et « la table qui est devant l’Éternel », et de 44. 16, « ma table ».

Il est question des bêtes à ne pas offrir à l’Éternel :

« Et s’il a un défaut corporel, s’il est boiteux ou aveugle, s’il a un mauvais défaut quelconque, tu ne le sacrifieras pas à l’Éternel, ton Dieu : tu le mangeras dans tes portes » (Deut. 15. 21), et :

« Quiconque… présentera son offrande… offrira un mâle sans tare… Vous ne présenterez aucune chose qui ait quelque défaut corporel, car elle ne sera point agréée pour vous… Vous ne présenterez point à l’Éternel ce qui est aveugle, ou qui a une fracture ou qui est mutilé, ou qui a des ulcères, ou une gale, ou une dartre, et vous n’en ferez pas un sacrifice fait par feu sur l’autel, à l’Éternel » (Lév. 22. 18 à 22). Il s’agissait de vœux et d’offrandes volontaires.

Il s’agissait d’offrir un « mâle sans tare ». Or, un peu plus loin en Malachie 1, nous lisons :

« Et maudit est celui qui trompe, et qui a dans son troupeau un mâle, et fait un vœu et sacrifie au Seigneur ce qui est corrompu ; car je suis un grand roi… » (v. 14). En fait, quoi qu’ayant un mâle, selon Lévitique 22, il offre, à la place, ce qui est corrompu. Au verset 21 de Lévitique 22, c’est ce qui concerne le sacrifice de prospérités pour lequel l’offrande devait être sans tare. L’holocauste devait être sans défaut (cf. Lév. 1. 3 et 10).

L’agneau de Dieu était sans défaut et sans tache (cf. 1 Pier. 1. 19).

Le début du verset 9, comme remarqué tout à l’heure, est une pensée de grâce, à rapprocher de « L’Éternel sera magnifié… » du verset 5, qui était en rapport avec le jugement qui allait s’abattre sur Édom. Mais, dans l’exaucement de la prière du verset 9, là aussi il sera magnifié. Reportons-nous à :

« Et maintenant, je te prie, que la puissance du Seigneur soit magnifiée, comme tu as parlé disant : L’Éternel est lent à la colère… pardonnant l’iniquité… Pardonne, je te prie, l’iniquité de ce peuple… comme tu as pardonné à ce peuple depuis l’Égypte jusqu’ici. Et l’Éternel dit : J’ai pardonné selon ta parole » (Nomb. 14. 17 à 20).

Comment la puissance du Seigneur allait-elle être magnifiée ? Par son pardon.

En Néhémie 9, se trouve une bien belle expression, sans doute unique dans la Parole :

« Mais toi, tu es un +Dieu de pardons… » (v. 17). De pardons, et non de pardon au singulier, comme s’il y avait un sens général ; mais c’est le pardon multiple et répété, aussi souvent qu’on tombe et qu’on confesse ses péchés devant un Dieu fidèle et juste, prêt à les pardonner et à nous purifier de toute iniquité (cf. 1 Jean 1. 9).

Voilà cette grâce qu’on implore envers soi et envers nous afin qu’en cela aussi, Dieu soit magnifié, c’est-à-dire rendu plus grand.

*Dieu, c’est El, le Dieu fort, celui qui ne change pas, le *Dieu Très-haut, celui d’Abraham (Gen. 14. 19).

N’avons-nous pas une leçon à recevoir de ce verset 9 ?

Dans l’état où nous sommes, nous avons tendance à « nous regarder l’un l’autre », comme autrefois les fils de Jacob :

« Et Jacob dit à ses fils : Pourquoi vous regardez-vous les uns les autres ? … il y a du blé en Égypte ; descendez-y, et achetez-nous-en là, afin que nous vivions, et que nous ne mourions pas » (Gen. 42. 1 et 2). Il fallait qu’ils aillent plutôt vers Joseph, type de Christ, auprès duquel était la nourriture et la vie.

En nous regardant l’un l’autre, nous voyons les manquements, les fautes ; et cela ne nous conduit-il pas à avoir une attitude de supériorité ? Examinons-nous chacun devant le Seigneur. Au lieu de nous sentir solidaires et co-responsables d’un état général, n’aurions-nous pas tendance à nous isoler ? Ne deviendrions-nous pas plus exigeants que le Seigneur ? Au lieu de savoir pardonner, ce en quoi il est magnifié.

Le caractère de celui qui porte le nom de Christ est de pardonner, sans être plus dur et exigeant que le Seigneur, dans tant d’occasions, dans nos rapports les uns avec les autres – surtout quand nous avons la parole entre les mains. Il est dangereux d’avoir raison avec la Parole : quand nous allons vers un frère, une sœur, pour leur faire un reproche, pour l’avertir, on a la Parole, on est sûr de soi et de ce qu’on a à dire. Cela nous amène à être durs et intransigeants.

Mais si nous allons avec les caractères de Christ, en le laissant agir, si c’est Christ qui opère, alors tout est changé. Ce n’est plus un affrontement entre ma dureté et l’amour propre de l’autre.

Boaz, type de Christ, avait dit à Ruth :

« Je le ferai pour toi » (Ruth 3. 11). C’est Christ qui agit, qui le fait pour nous. Il lave les pieds comme seul il peut le faire.

Usons de grâce avec la vérité qui discerne l’état.

« La miséricorde se glorifie vis-à-vis du jugement » (Jac. 2. 13).

Le jugement est le premier étage : on a les yeux ouverts, on discerne et apprécie. Le deuxième, c’est la miséricorde. C’est pourquoi elle se glorifie vis-à-vis du jugement.

On aurait pu dire à Malachie : Combien tu es triste Qu’as-tu vu et entendu ? D’où viens-tu ? Il est le messager et dit ce que Dieu lui a montré ; et c’est difficile et humiliant. Et quand il dit, au verset 9, « envers nous », ce n’est pas « envers vous », montrant son caractère sacerdotal, en s’identifiant avec le peuple.

Il connaît l’origine profonde du mal. C’est l’oracle qu’il transmet à Israël. Il a commencé par ce « je vous ai aimés ». Et vient à lui l’infinie majesté et souveraineté de Dieu. Il en est pénétré. Mais le peuple n’a plus devant lui cette majesté, cette souveraineté et cette grandeur. Telle est l’origine du mal.

« Fais-moi voir, je te prie, ta gloire » demande Moïse en Exode 33. 18. L’Éternel lui répond :

« Je ferai passer toute ma bonté devant ta face… je ferai grâce à qui je ferai grâce… » (v. 19). Moïse avait dit auparavant :

« … si j’ai trouvé grâce à tes yeux, fais-moi connaître, je te prie, ton chemin » (v. 13).

L’état d’Israël en Malachie est celui de tout témoignage chrétien qui perd de vue l’infinie grandeur de celui que l’on sert. Le danger est que la lettre prenne la place de l’Esprit, à cause des coutumes, des formes établies. Chaque chrétien est un messager qui devrait faire connaître la grandeur du Seigneur.

C’est un message qui est lourd à porter et à délivrer que celui de Malachie. Nous sommes là pour nous voir nous-mêmes, participant à la ruine réelle du témoignage et de l’Église, à la fin des temps, alors que le Seigneur est à la porte.

Mais il y a un immense encouragement « L’Éternel sera magnifié… « et… implorez donc *Dieu, afin qu’il use de grâce envers nous ». Regardons à celui qui fait grâce, revenant chacun sur ses voies : cela est le secret pour retrouver et entretenir une communion avec Dieu, et pour voir le Seigneur dans sa gloire et dans sa majesté. Cela nous rendra humbles, paisibles et confiants.

N’y a-t-il pas une réponse quant à la venue du Seigneur, dans ces quelques âmes pieuses, ce résidu qui craint l’Éternel, Siméon, Anne et quelques autres ? Cela nous encourage alors que le Seigneur vient.

Que la méditation de ces versets nous soit utile pratiquement !

L’Éternel, par le prophète, révèle au peuple son état moral, avant que le Seigneur ne vienne. Nous sommes à la fin de l’histoire de l’Église sur la terre. Que nous laissions Dieu nous parler en nous révélant notre état moral avant la deuxième venue du Seigneur ! Que nous laissions agir sur nos cœurs les constatations de Dieu ! Il a dit « Je vous ai aimés » – une pierre de touche. Sommes-nous conscients de cet amour ? Revenons toujours à ce qu’il a fait pour nous, non à notre amour pour lui, mais à son amour à lui.

Dieu dit : « Je suis père… je suis maître… ». L’amour de Dieu et sa sainteté : nous sommes en danger de nous en écarter, mais aussi de sa grandeur et de sa gloire. La relation père-fils est faite de crainte et d’amour.

Que faisons-nous de la table du Seigneur, pour laquelle il y a actuellement tant de méconnaissance ? Qu’elle nous soit chère et non méprisable ! Nous y prenons la cène, rappelant ce que le Seigneur a fait pour nous. Nous y avons communion les uns avec les autres, avec le Seigneur, avec Dieu. Que Dieu nous accorde d’être réveillés quant à son amour, quant à sa sainteté, quant à ce qui concerne la table du Seigneur !

v. 10 : Ne pas allumer le feu pour rien, c’est présenter une offrande qui ne peut être agréée. « Je ne prends pas plaisir en vous… l’offrande, je ne l’agréerai pas de vos mains » sont des paroles extrêmement dures.

Qu’il nous soit accordé, par grâce, de pouvoir recevoir, comme Hénoc, le témoignage d’avoir plu au cœur du Seigneur, avant l’enlèvement – au lieu d’entendre : « Je ne prends pas plaisir en vous ! ».

À la lecture, nous avons certainement remarqué l’importance de l’expression « le nom de l’Éternel » employée si souvent. Et c’est ce nom que le peuple méprisait malgré tout l’amour dont il avait été aimé. Mépris manifesté dans les offrandes présentées, comme le pain souillé, incompatible avec la sainteté de l’Éternel et avec tout ce que son nom représentait.

Si cela est dit du peuple à la fin d’une période de son histoire, la leçon est aussi pour nous tellement ce que nous avons là est proche de la lettre à Laodicée. Oubli des exigences de Dieu et de ce qui lui est dû, mépris de ce qu’il est, mépris de l’offrande dans le culte, mépris de la table du Seigneur avec ce qu’elle nous dit de la communion et de ses exigences.

Dans l’offrande, qu’il s’agisse de l’offrande de gâteau, type du Seigneur dans sa vie, qu’il s’agisse des offrandes sanglantes, types du Seigneur dans sa mort, tout nous parle de sa perfection, de son excellence, de tout ce qu’il est aux yeux de Dieu. Le peuple avait tout oublié.

Au milieu de ce qui est exposé, se trouve une parole de grâce, un recours et un secours :

« Et maintenant, implorez donc *Dieu, afin qu’il use de grâce envers nous » (v. 9), le prophète ne se séparant pas d’un peuple qui, pourtant, s’est détourné de l’Éternel.

« … Si tu prends garde aux iniquités, Seigneur, qui subsistera ? Mais il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint » (Ps.130. 3 et 4). Le prophète invite à ce retour en repentir, pour que la grâce puisse s’exercer. S’il y a beaucoup de fautes et beaucoup d’éloignement, il y a encore un recours. Exactement comme à Laodicée :

« Voici, je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi » (Apoc. 3. 20).

Tout cela s’adressait aux sacrificateurs, mais nous tous, achetés par le sang de Christ, sommes des sacrificateurs. Et donc, ces avertissements, ces exhortations et aussi ces encouragements sont pour nous.

De toutes façons, les conseils de Dieu s’accompliront. La gloire de Dieu sera révélée. Les versets 11 et 14 évoquent la grandeur de son nom parmi les nations. La vision du prophète s’élargit. Au milieu d’Israël, le nom de l’Éternel aurait dû être honoré et considéré comme grand ; mais il a été méprisé et oublié. Dieu ne renonce pas à sa gloire ni à ses prérogatives. Alors, il y aura une autre famille, d’autres hommes appelés à glorifier Dieu :

« Mon nom sera grand parmi les nations » (v. 11 – 2 fois).

Il était selon Dieu que son serviteur n’aille pas seulement dans les confins d’Israël, mais plus loin encore :

« Et maintenant, dit l’Éternel, qui m’a formé dès le ventre de ma mère pour lui être serviteur afin de lui ramener Jacob… C’est peu de chose que tu me sois établi serviteur pour rétablir les tribus de Jacob et pour ramener les préservés d’Israël ; je te donnerai aussi pour être une lumière des nations, pour être mon salut jusqu’au bout de la terre. Ainsi, dit l’Éternel, … à celui que l’homme méprise, à celui que la nation abhorre, au serviteur de ceux qui dominent : Des rois verront, et se lèveront, – des princes, et ils se prosterneront, à cause de l’Éternel qui est fidèle… » (És. 49. 5 à 7).

Le prophète Malachie confirme ce propos. Le verset 11 s’ouvre et se ferme par la même expression :

« Mon nom sera grand parmi les nations » ; et, au milieu du verset se trouve ce que l’Éternel veut pour lui et dont il était frustré par ce peuple rebelle, car il est jaloux de sa gloire et de ce qui lui revient :

« L’encens sera brûlé à mon nom, et une offrande pure sera présentée ».

Ce peuple, dans l’état où il est à l’époque de Malachie, ou au moment de la venue du Seigneur sur la terre et dès les premiers jours de l’Église, ce peuple n’admet pas que la Parole, la personne de Christ, le message de la part de Dieu, ne le concernent pas exclusivement, mais aussi les nations. Ce peuple est jaloux de son origine et de ses droits. Quand l’apôtre Paul raconte :

« Et il me dit : Va, car je t’enverrai au loin vers les nations », les Juifs répondirent :

« Et ils l’écoutèrent jusqu’à ce mot, et ils élevèrent leur voix, disant : Ôte de la terre un pareil homme, car il n’aurait pas dû vivre » (Act. 22. 21 et 22). Nous avons encore une preuve de cet état d’esprit en 1Thessaloniciens 2 :

« … les Juifs , qui ont mis à mort et le Seigneur Jésus et les prophètes, et qui nous ont chassés par la persécution, et qui ne plaisent pas à Dieu, et qui sont opposés à tous les hommes, – nous empêchant de parler aux nations afin qu’elles soient sauvées, pour combler toujours la mesure de leurs péchés ; mais la colère est venue sur eux au dernier terme » (v. 15 et 16) Ce peuple, plein de jalousie et de haine, ne peut supporter que les nations entendent le message du salut. Quand même, le dessein de Dieu s’accomplira par Paul, l’apôtre des gentils, Pierre étant celui de la circoncision.

Déjà, durant son ministère, le Seigneur était sorti des limites morales d’Israël, se tournant vers les nations. La parabole du semeur, sorti dans le grand champ de ce monde nous le montre bien (cf . Luc. 8. 5). D’autre part, géographiquement, nous le voyons aller vers les confins de Tyr et de Sidon (cf. Marc 7. 24).

Dans l’évangile de Jean, son message s’adresse au monde entier. Il est l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde (1. 29), le Sauveur du monde (4. 42), parce que Dieu qui l’a donné aimait tellement le monde (cf. 3. 16). Il a dit :

« … j’attirerai tous les hommes à moi-même » (12. 32). Déjà, le Seigneur veut que les nations entières soient concernées. Il sera manifesté comme étant le prince des rois de la terre (cf. Apoc. 1. 5).

« Car, comme la terre produit son germe et comme un jardin fait germer ses semences, ainsi le Seigneur l’Éternel fera germer la justice et la louange devant toutes les nations » (És. 61. 11). La justice et la louange. Déjà nous faisons partie des nations qui peuvent louer et bénir. En Apocalypse 7, nous voyons le résidu d’entre les nations louer le Seigneur.

C’est une anticipation de ce que nous avons en Éphésiens 2 et 3 :

« C’est pourquoi souvenez-vous que vous, autrefois les nations dans la chair qui étaient appelées incirconcision… vous étiez en ce temps-là sans Christ, sans droit de cité en Israël et étrangers aux alliances de la promesse, n’ayant pas d’espérance, et étant sans Dieu dans le monde. Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang du Christ. Car c’est lui qui est notre paix… » (Éph. 2. 11 à 14).

« … les nations seraient cohéritières et d’un même corps et coparticipantes de sa promesse dans le Christ Jésus, par l’évangile » (Éph. 3. 6).

« Et tous les anges se tenaient à l’entour du trône et des anciens et des quatre animaux ; et ils tombèrent sur leur face devant le trône, et rendirent hommage à Dieu, disant : Amen ! La bénédiction, et la gloire et la sagesse, et l’action de grâces et l’honneur, et la puissance, et la force, à notre Dieu, aux siècles des siècles ! Amen » (Apoc. 7. 11 et 12).

Les droits du Seigneur sont proclamés en Sion :

« Et moi, j’ai oint mon roi sur Sion, la montagne de ma sainteté » (Ps. 2. 6). Immédiatement après, sa grandeur et sa dignité de Fils sont proclamées :

« L’Éternel m’a dit : Tu es mon Fils, aujourd’hui, je t’ai engendré. Demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage, et, pour ta possession, les bouts de la terre » (v. 7 et 8). Ce n’est pas seulement le roi en Israël, en Jacob. Son héritage, c’est la totalité, la totalité de la création appelée à rendre hommage à celui qui est le Fils. Cette dignité de Fils n’est pas explicite en Malachie, mais nous la sentons comme sous-jacente dans l’expression « nom de l’Éternel des armées ».

« Que son nom est grand et précieux » (Cantiques 60 strophe 1).

Le cœur de l’enfant de Dieu est plein de joie quand il discerne et voit la jalousie de son Dieu et Père. Ayant communion avec le Père et son Fils, nous sommes heureux de cette jalousie de Dieu exprimée avec tant de grandeur dans la Parole.

Entre les deux expressions du verset 11 « mon nom sera grand parmi les nations », il y a l’encens qui est brûlé et l’offrande pure présentée.

« … Prends des drogues odoriférantes, du stacte, et de la coquille odorante, et du galbanum, des drogues odoriférantes et de l’encens pur : de tout, à poids égal ; et tu en feras un encens composé d’ouvrage de parfumeur, salé, pur, saint. Et tu en pileras très-fin, et tu en mettras sur le devant du témoignage dans la tente d’assignation… ce vous sera une chose très sainte » (Ex. 30. 34 à 36). C’est un sujet d’adoration que le nom du Seigneur, le nom qui est un parfum répandu, le nom de celui qui s’est livré en offrande et sacrifice à Dieu pour nous en parfum de bonne odeur, de celui qui s’est livré comme un agneau sans défaut et sans tache, pour la gloire de Dieu et pour notre salut. Le parfum de notre louange est l’amour de Jésus, celui qui est grand au-delà de toute expression. Le Seigneur est le centre, le thème de la louange. Cet encens nous parle de tout cela et il est au centre de notre verset 11.

La signification morale des éléments de l’encens composé est intéressante à rappeler :

Le stacte est une petite gouttelette au centre de la goutte de myrrhe. La myrrhe parle des souffrances de Christ. Au centre se trouve quelque chose d’inscrutable sinon aux yeux et au cœur de Dieu. Ce stacte appartient à Dieu.

La coquille odorante était pêchée au fond des mers ; elle nous parle de la profondeur dans laquelle le Seigneur est descendu dans sa mort.

Le galbanum était un produit dont l’écrasement donnait une odeur âcre et désagréable qui évoque l’odeur de la mort, de la mort de Christ, en relation avec l’amertume de l’aloès.

L’encens pur était l’odeur de la vie de Christ pour Dieu.

« De tout à poids égal », parce que, dans la personne de Christ, dans ses actes, dans ses caractères, rien n’est inférieur ou supérieur. Tout est égal ou uni. L’encens composé devait être pilé très-fin.

En Romains 11, nous avons un développement de la pensée de Dieu et du but qu’il poursuivait pour sa louange. Les nations sont incluses dans ce propos.

« Tu diras donc : les branches ont été arrachées, afin que moi je fusse enté. Bien ! elles ont été arrachées pour cause d’incrédulité, et toi tu es debout par la foi. Ne t’en enorgueillis pas, mais crains (si en effet Dieu n’a pas épargné les branches qui sont telles selon la nature) qu’il ne t’épargne pas non plus. Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : la sévérité envers ceux qui sont tombés ; la bonté de Dieu envers toi, si tu persévères dans cette bonté » (Rom.11. 19 à 22).

« Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère-ci ; c’est qu’un endurcissement partiel est arrivé à Israël jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée ; et ainsi tout Israël sera sauvé » (v. 25 et 26).

« En ce qui concerne l’évangile, ils sont ennemis à cause de vous ; mais en ce qui concerne l’élection, ils sont bien-aimés à cause des pères. Car les dons de grâce et l’appel de Dieu sont sans repentir. Car comme vous aussi vous avez été autrefois désobéissants à Dieu et que maintenant vous êtes devenus des objets de miséricorde par l’obéissance de ceux-ci, de même ceux-ci aussi ont été maintenant désobéissants à votre miséricorde, afin qu’eux aussi deviennent des objets de miséricorde » (v. 28 à 31).

Est présentée la perspective de l’entrée des nations avant la venue du Seigneur. Et en même temps parallèlement le jugement est prononcé sur Israël, car ils méprisent et ignorent les droits et l’amour de Dieu. Quand on ignore l’amour, la sainteté et la crainte, il n’y a plus d’intérêt et on dit : « Voilà, quel ennui ! ». C’est le dégoût. Nous avons à prendre garde à nous-mêmes. Si nous nous éloignons du Seigneur, nous perdons le goût.

Tant que la grâce de Dieu n’a pas agi en nous, nous n’avons pas d’intérêt pour les choses de Dieu. Si le Seigneur touche notre cœur en grâce, si nous connaissons son amour et son œuvre, alors nos cœurs et nos affections feront que nous serons attirés. Si, ensuite, nous oublions, et si d’autres choses prennent la place du Seigneur dans nos cœurs, nous nous refroidirons et nous nous éloignerons moralement jusqu’à ce que notre état se traduise par « Voilà, quel ennui ! ».

Cela est important pour nous, car si, ici, nous voyons la fin d’une page de l’histoire d’Israël, nous comprenons bien que nous sommes à la fin du témoignage selon la grâce. Les mêmes dangers nous guettent. Nous avons à veiller sur nous-mêmes et à nourrir nos âmes. Que nous soyons gardés du désintérêt !

On est frappé par les expressions du verset 11, « en tout lieu… une offrande pure sera présentée ». En Hébreux 13, nous sommes invités à offrir :

« sortons vers lui hors du camp… », hors du camp, c’est-à-dire parmi les nations.

« Offrons donc, par lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom » (v. 13 à 16), voilà l’offrande pure, l’encens pur et l’excellence du nom de Jésus que ces croyants hébreux, amenés à la connaissance de Christ, sont invités à présenter en sortant hors du camp, puisque, dans sa majorité et dans sa nature, Israël avait abdiqué ses privilèges en refusant son Messie.

Le camp, en première application, est le camp juif, la religion juive. C’est de cela qu’il fallait sortir. En même temps, on sortait hors de la ville, c’est-à-dire là où Christ a souffert, là où il est mort. Il est bien vrai, le plus beau sacrifice de louanges est de confesser, là, ce nom de Jésus : c’est l’offrande pure et l’encens brûlé.

Autant nous employons le mot « personne », la personne de Christ, autant la parole ne l’emploie pas, sinon une fois en Cantique des cantiques ch. 5. En fait dans la Parole, quand nous lisons « nom », nous pourrions dire « personne ». Des passages s’éclairent en remplaçant nom par personne. Quand nous confessons son nom, nous confessons sa personne, ce qu’il est dans sa vie, ce qu’il a été dans sa vie et dans sa mort. « Mon nom sera grand » : nous avons là ce que Christ sera au milieu des nations dans sa personne.

Dans les chapitres 40 à 47 d’Ézéchiel, la gloire de l’Éternel revient dans sa maison. Ici, dans notre verset 11, cette gloire liée à son nom est « en tout lieu », « du soleil levant jusqu’au soleil couchant », c’est-à-dire tout ce qui est éclairé par le soleil sur toute la terre. Le nom y sera grand. En tout lieu. Pas un endroit où il n’y aura cette louange exprimée devant le Seigneur par les nations. Ce verset ne nous parle-t-il pas non seulement du lieu, mais aussi du jour, du temps durant lequel le Seigneur sera le roi au milieu de son peuple et des nations ?

Dans le verset 12 est peut-être une indication éclairant la question que nous nous étions posée à propos du pain souillé. Nous avions rappelé l’offrande de gâteau, le pain de proposition et celui du pays. Il est dit ici : « ce qu’elle fournit, sa nourriture ». C’est peut-être une indication plus précise nous montrant qu’il s’agit du sacrifice de prospérités. « La table du Seigneur » est cet autel sur lequel les victimes étaient présentées. On sait ce qu’est le sacrifice de prospérités où chacun avait sa part, l’Éternel, le sacrificateur, l’adorateur. Il est la réalisation pratique de la communion, anticipant avec la pâque sur ce qu’est la cène.

« La table du Seigneur est souillée ; et ce qu’elle fournit, sa nourriture, est méprisable » (v. 12) , est l’amorce du verset suivant

« Et vous dites : Voilà, quel ennui ! et vous soufflez dessus… » (v. 12). La nourriture est méprisée de la même manière que le peuple disait de la manne qu’elle était un pain misérable (cf. Nomb. 21. 5).

À propos de cette nourriture, on pense aussi aux pains de Lévitique 24 qu’Aaron et ses fils devaient manger dans un lieu saint (cf. v. 9).

En Lévitique 3. 11, le sacrifice de prospérités est un pain de sacrifice par feu à l’Éternel, présenté sur l’autel (cf. v. 6 à 11). C’est une indication précise qui nous montre que le pain était le sacrifice de prospérités. D’autre part, toute bête que l’Israélite voulait manger, devait être sacrifiée sur la base du sacrifice de prospérités (cf. Lév. 17. 1 à 9).

Le mépris de la table et de cette nourriture, c’est le mépris du nom de l’Éternel. C’est la profanation de son nom : « Mais vous, vous le profanez » (v. 12), où « le » est mon nom. Il y a offense à la sainteté et à la gloire de Dieu. L’appréciation que nous sommes appelés à avoir du sacrifice de Christ, est quelque chose d’infiniment grand. Toute méconnaissance de cette grandeur est une profanation de son nom. Quelle solennité dans le culte quant à l’appréciation faite de celui qui est venu jusqu’à nous !

Nous pensons beaucoup au culte au travers de ces lignes, mais elles vont plus loin. Nous sommes assemblés au nom, vers le nom, vers la personne de Christ, non seulement pour rendre culte, mais encore parce qu’il y a une assemblée, l’existence d’une assemblée dans un lieu donné. Là, il y a des saints assemblés par cette personne, vers ce nom. Cette assemblée manifeste sa vie et se manifeste elle-même par les réunions d’assemblée.

Nous ne sommes pas seulement assemblés à ce nom selon Matthieu 18. 20 quand il y a une réunion d’assemblée, mais pendant les sept jours de la semaine.

En Hébreux 13, il est bien dit « d’offrir sans cesse » ; ce n’est pas seulement lors de la réunion de culte. Cette vie des saints et de l’assemblée est un hommage rendu à celui qui nous rassemble. Dans nos vies personnelles, comme membres du corps, ayons conscience de ce qui est dû à la personne de Christ. Le verset 11 n’est pas limitatif à la seule réunion de culte.

Il est frappant de constater que ceux auxquels s’adresse le prophète, n’avaient pas conscience de la gravité de leur état.

« En quoi avons-nous méprisé ton nom ? » (v. 6). Les sacrificateurs n’ont pas conscience du mépris, de la souillure, de la profanation. Le message, la parole de l’Éternel, doit venir leur souligner l’honneur dû à Dieu et sa grandeur. C’est important et solennel pour nous qui pouvons nous éloigner de la connaissance de Dieu et de sa Parole, et même ne pas avoir conscience de cet éloignement.

Pour illustrer ce mépris de la part des sacrificateurs, nous voyons dans les évangiles les reproches que le Seigneur leur adresse ainsi qu’aux pharisiens : « Vous avez substitué votre tradition aux ordonnances de Dieu. Vous avez oublié la crainte de Dieu » leur dit-il en substance. « Vous avez remplacé par vos propres concepts, ce qui était ordonné de la part de Dieu ».

C’est une offrande souillée, car c’est une offrande d’homme et non le respect de la pensée et des exigences divines.

« Malheur à vous scribes et pharisiens hypocrites ! car vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth, et du cumin et vous avez laissé les choses plus importantes de la loi, le jugement et la miséricorde et la fidélité… » Matthieu 23. 23. Les pharisiens demandaient pourquoi Jésus et ses disciples ne se lavaient pas les mains avant le repas. Et le Seigneur leur répond : « Pour vous, pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, mais au dedans vous êtes pleins de rapine et de méchanceté » (Luc 11. 38 et 39). Voilà ce qu’étaient les pharisiens de l’époque de Jésus et les sacrificateurs de Malachie ! Il y avait de la souillure en eux-mêmes et ils la camouflaient avec hypocrisie par leurs règles établies et leur application méticuleuse.

Il s’agit de l’état de la sacrificature, de l’état du peuple. Les apparences sont préservées. Ils continuent à apporter l’offrande, mais leur état n’était pas bon.

La fête des pains sans levain durant sept jours typifie le « sans cesse » d’Hébreux 13. Elle est rappelée en 1 Corinthiens 5 :

« … notre pâque, Christ, a été sacrifiée : c’est pourquoi célébrons la fête avec des pains sans levain de sincérité et de vérité » (v. 8).

La fête que nous célébrons n’est pas le culte, mais la fête des pains sans levain qui durait sept jours, c’est-à-dire une plénitude de temps, c’est-à-dire une vie entière. À travers ce qui concerne les sacrifices d’Israël, nous voyons ce qui est solennel pour nous.

Dieu ne regarde pas à l’apparence extérieure, mais au cœur. On peut assister à un culte composé de belles paroles, avec beaucoup d’éloquence et de connaissance, mais si le cœur n’y est pas, il n’y a rien.

« Vous ne prenez pas à cœur de donner gloire à mon nom » (2. 2).

Profaner le nom de l’Éternel est très grave. Au fond, c’est assimiler ce qui est divin à ce qui est vil :

« … si tu sépares ce qui est précieux de ce qui- est vil, tu seras comme ma bouche » (Jér. 15. 19).

Ésaü est mentionné comme profane, car, « pour un seul mets il vendit son droit de premier-né ? » (cf. Héb. 12. 16 et 17). Il avait été mis en contact avec les promesses faites à son père et à son grand père ; mais, il les a estimées viles et méprisables. « Plus tard, désirant hériter de la bénédiction, il fut rejeté (car il ne trouva pas lieu à la repentance) quoiqu’il l’eut recherchée avec larmes ».

Nous nous adressons à ceux qui, depuis plusieurs années, ont été en contact avec les choses de Dieu, avec la vie d’assemblée, avec la présence du Seigneur au milieu des siens, rappelant sa mort et ce qu’il a fait pour eux, avec ce qu’il est dans le ciel maintenant ; si ces choses sont estimées comme méprisables, qu’ils se tournent vers Dieu, tant qu’il en est temps, et qu’ils reconnaissent que, dans sa grâce, Dieu a donné un moyen de salut. À celui qui croit, ses péchés sont pardonnés.

Les sacrificateurs et les scribes étaient en contact étroit avec la vérité de Dieu. Qu’en ont-ils fait ?

Pour nous, nous avons besoin, pratiquement, dans nos vies, de ne pas être des profanes. Dans le détail, il se trouve tant d’occasions où nous pouvons agir selon la volonté de Dieu et non pas selon les principes du monde. Soyons vigilants pour séparer ce qui est précieux de ce qui est vil !

Le prophète rappelle l’alliance faite avec Lévi et les caractères d’Aaron comme type, mais non pas dans sa réalité d’homme susceptible de défaillances.

1) « La loi de vérité était dans sa bouche ».

2) « L’iniquité ne se trouva pas sur ses lèvres ».

3) « Il marcha avec moi dans la paix et dans la droiture ».

4) Le témoignage extérieur et l’activité : « Il détourna de l’iniquité beaucoup de gens ».

Voilà ce que devait être la tâche du sacrificateur. N’oublions pas que nous sommes tous des sacrificateurs, dès notre conversion ! Ces quatre éléments, les réalisons-nous ?

La vérité dans la bouche, pas d’iniquité sur les lèvres, ni dans la marche, mais droiture et témoignage vis à vis des autres.

La sacrificature a failli lors de l’affaire du veau d’or (cf. Ex. 32) et avec les fils d’Éli :

« Et tu honores tes fils plus que moi » (1 Sam. 2. 29).

La sacrificature a été retirée de cette famille, mais l’alliance maintenue avec Lévi. Si Lévi avait montré qu’il était fidèle lors du veau d’or, Phinées le fut avec l’affaire de Péor : jaloux pour l’Éternel, ils sont intervenus pour détourner la colère de l’Éternel. L’Éternel montre en quoi la sacrificature a été infidèle, mais rappelle que lui demeure fidèle à cette alliance avec Lévi.

Dans les quatre caractères du verset 6, ainsi qu’au verset 7 (« il est le messager de l’Éternel »), apparaissent ceux du Seigneur. Il est, lui, le parfait sacrificateur, ayant reçu cet office après sa mort et sa résurrection (cf. Héb. 5. 10).

Outre ces caractères de Lévi, il y a lieu de considérer aussi le combat, celui des fils de Lévi en Exode 32. 27 et 28, celui de Phinées en Nombres 25. 7 et 8. Ils avaient une arme et s’en sont servi. Leurs différents caractères, tout comme leur combat, viennent du cœur.

Si nous ne prenons pas à cœur de donner gloire à son nom (cf. v. 2), tout s’en suivra, oubli de la personne de Christ, de ce qui lui est dû, de ce qu’est l’encens en rapport avec sa vie et avec sa mort, de sa sainteté et de son amour. On va le profaner (cf. v. 12) parce que on ne l’a pas à cœur. Et on va dire : « Voilà, quel ennui ! » Cela aussi est une question de cœur.

Cette exclamation est simple, d’un langage courant, quotidien : « On s’ennuie ». Ce sujet de l’ennui a deux aspects.

1) L’ennui dans le mépris qui est le nôtre, concernant la personne du Seigneur, selon ce que nous en avons déjà dit. On souffle sur la table du Seigneur : pour nous , il n’y a rien, sinon de la poussière.

2) Il y a un autre ennui dont nous avons à parler, bien qu’il ne soit pas explicite ici, mais parce que c’est pratique et que cela vient devant nous maintenant. C’est l’ennui généré par des formes, sans spiritualité, sans engagement de cœur. Les formes d’un bon vocabulaire et de belles phrases sont là ; on y a fait allusion tout à l’heure. Une certaine hypocrisie recouvre ainsi le vide du cœur et la souillure.

On peut se faire illusion, mais n’oublions pas, frères qui prenons de l’action dans l’assemblée, que, dans la réunion, des yeux et des oreilles de jeunes gens et de jeunes filles sont bien ouverts, dans un désir de droiture, ce désir que, nous les adultes qui les précédons, nous soyons vrais. Et peut-être disent-ils : « Voilà, quel ennui ! »

Pensons-y ! Un Onésime avait fui la maison de Philémon et d’Apphie où il était esclave. L’assemblée à Colasses se réunissait dans cette maison. Peut-être Onésime s’y ennuyait-il d’un autre ennui, celui de la chair qui ne peut se trouver à l’aise dans la présence du Seigneur et devant l’amour de Dieu. Alors, il s’est enfui à Rome, à 1800 kilomètres ; et là, le Seigneur l’a trouvé.

Mais il peut se trouver des jeunes qui s’ennuient, d’abord parce qu’ils perdent de vue la réalité de la présence du Seigneur, parce qu’allant à la réunion par simple habitude, en ayant perdu goût et saveur ; mais aussi à cause de l’ennui dont nous sommes responsables et fautifs, nous frères qui agissons, sans que le cœur soit engagé, parce que nous ne le prenons pas à cœur. Et cela se sent.

Une courte histoire. Un frère évangéliste alla un jour chez un marchand de chaussures pour en changer ; celui-ci regarda celles qu’il portait et lui dit : « C’est vrai, elles sont bien fatiguées ! » Et l’évangéliste enchaîne dans son récit en disant : « Ne croyez-vous pas que nos réunions sont fatiguées, que nos prières sont fatiguées, que même nos cantiques sont bien fatigués ? »

Certains peuvent très bien percevoir cette fatigue, la jeunesse surtout, peut-être ; et dire : « Quel ennui ! » Certains s’en vont, cherchant un milieu où le cœur est plus engagé et où il y a davantage de rafraîchissement.

Si notre cœur est remué, si nous percevons ce qu’est la personne du Seigneur autour duquel nous sommes assemblés, il y aura un changement dans la vie de l’assemblée, dans la vie du corps selon 1 Corinthiens 12 ; et cela se verra dans les réunions d’assemblée dont parle 1 Corinthiens 14. Qu’il y ait un changement dans nos vies de membres du corps de Christ, que nos cœurs soient engagés ! Alors, il y aura des paroles rafraîchissantes, quelque chose qui exprimera ce que l’Esprit aura mis dans nos cœurs et dans nos âmes. Il ne sera pas dit : « Quel ennui ! » parce que la présence du Seigneur sera véritablement réalisée et la réunion ne sera pas « fatiguée ».

La première cause du déclin et de la faiblesse n’est-elle pas dans ce que le cœur n’est pas engagé ?

« … j’ai contre toi que tu as abandonné ton premier amour » (Apoc. 2. 4) est-il dit à Éphèse, au début de l’histoire de l’Église. Malachie correspond, nous l’avons dit, au temps où nous sommes arrivés, à la fin de cette histoire, longtemps après Éphèse.

« La table du Seigneur est souillée ». On entend dire autour de nous : « Vous faites de la table du Seigneur une doctrine au-dessus de toute autre, alors qu’il n’en est parlé qu’une fois dans la Parole. Beaucoup de choses sont bien plus importantes ! ». En disant cela, ne souffle-t-on pas dessus ? La cause en est dans ce : « En quoi nous as-tu aimés » qui est la perte de conscience de l’amour dont Dieu nous a aimés.

Que nos cœurs soient engagés, non la raison, ni l’intelligence, ni la connaissance ! Avant toutes choses, le cœur ! Dans notre verset 2, se trouvent deux fois : « Si vous ne prenez pas à cœur ». Prenons garde aux formes, aux discours de belle apparence. Que notre cœur soit engagé ! Il le sera à cause de l’amour dont nous avons été aimés. Amour éternel, amour à la croix, amour dans le chemin, amour futur quand nous serons dans la maison du Père…

« … voici, je les (ceux de la synagogue de Satan) ferai venir et se prosterner devant tes pieds, et ils connaîtront que moi je t’ai aimé » (Apoc. 3. 9) dit le Seigneur à Philadelphie.

Voilà le témoignage ! Au milieu des deux autres lettres à Sardes et à Laodicée, est un témoignage, celui de l’amour des frères, dit-on souvent, puisque telle est la signification du mot « Philadelphie », mais aussi celui de l’amour dont l’assemblée est aimée. Un frère a écrit que Malachie se trouvait dans le contexte de ces trois épitres à Sardes avec la souillure et le manque de vie, à Laodicée avec ce que nous en avons déjà dit et à Philadelphie. À Philadelphie qui évoque le résidu de Malachie, demeure le témoignage de cet amour dont elle a été aimée… Il va engendrer une ardeur dans nos cœurs qui empêche tout déclin.

Encore un mot à propos du déclin avec une allusion au livre de Josué et à celui des Juges.

En Josué, c’est le combat pour s’établir en Canaan, figure des lieux célestes. En Juges, c’est le déclin parce que le peuple ne vient plus à Guilgal comme en Josué où il y est allé sept fois.

Il n’y a plus cette mise de côté de la chair et le peuple n’a plus le goût de la terre de Canaan. Tout s’affaiblit. On verse beaucoup de larmes, mais sans humiliation véritable. C’est Bokim. L’Ange de l’Éternel monte de Guilgal où il se trouve « sans emploi » , a écrit un frère, à Bokim.

Ne soyons pas comme le peuple, perdant le goût des lieux célestes et ne mettant plus la chair de côté.

L’oubli de son amour est associé à la méconnaissance de sa sainteté. Nous connaissons l’amour de Dieu qui nous a aimés alors que nous étions haïssables. Nous savons à quel prix il nous a rachetés, le prix que Christ a payé lui-même .

Nous ne pouvons parler de l’amour de Dieu sans parler en même temps de ce qu’il a fait par Jésus Christ et de l’œuvre de Christ. Nous ne pouvons parler de cet amour sans dire ce que Christ a fait pour expier le péché et pour sauver ceux qui étaient perdus.

Devant la connaissance de l’amour de Dieu et de sa sainteté, devant ce que Christ a fait, germe la crainte qui revient à Dieu, non pas une crainte servile, mais un engagement de cœur. Nous ne nous appartenons plus à nous-mêmes, mais à celui qui, pour nous, est mort et a été ressuscité (cf. 2 Cor. 5. 15). Nous nous sommes tournés des idoles vers Dieu pour le servir et attendre son Fils (cf. 1Thess. 1. 9 et 10).

Lévi est vu comme une sorte d’entité sacerdotale, au verset 4 où il est dit : « afin que mon alliance subsiste avec Lévi » ; et au verset 7 où il est parlé des « lèvres du sacrificateur ». Il s’agit comme d’un principe général en dehors de toute époque et de toute dispensation.

Mais on revient à la période de Malachie avec le :

« Mais vous vous êtes écartés du chemin, vous avez fait broncher beaucoup de gens à l’égard de la loi, vous avez corrompu l’alliance de Lévi » (v. 8). On peut être dans un mauvais chemin soi-même, mais ce qui est plus grave, c’est d’entraîner avec soi d’autres personnes influençables que l’on fait broncher, ici à l’égard de la loi. Ceci est d’une application multiple pour chacun de nous.

À ce propos , remarquons dans ce livre des expressions très actuelles et très simples, mais aussi très fortes : « Quel ennui ! » (2. 13) ; « maudit est celui qui trompe » (2. 14) qui nous fait penser à Ananias et Sapphira qui avaient usé de tromperie ; « vous avez fait broncher… » (3. 8).

À propos de la malédiction, en Deutéronome 27. 11 à 26, l’Éternel avait dit à Moïse qu’il y aurait deux montagnes, Garizim, lieu de la bénédiction et Ébal, lieu de la malédiction. Six tribus devaient se tenir sur chacune d’elles. Mais seules les paroles de malédiction, en douze points, sont dictées par l’Éternel (v. 15 à 26).

L’Ancien Testament et Malachie se terminent par la malédiction.

Ceci nous dit bien que la malédiction s’attache à celui qui est sous la loi.

« … Choisis la vie, afin que tu vives… en aimant l’Éternel… en écoutant sa voix, et en t’attachant à lui ; car c’est là ta vie… » (Deut. 30. 19 et 20) : c’est un rayon de lumière et de grâce. C’est une question de cœur, aussi vrai pour l’incrédule que pour nous. Dieu place devant nous un chemin, celui de la vie. Mais désirons-nous y marcher ? Son but est de bénir (cf. Éph. 1. 3). Telle est la part du racheté durant la période de la grâce.

Que nous saisissions mieux quelle est la part merveilleuse qui est la nôtre, depuis que Christ est mort pour nous sur la croix, étant « devenu malédiction de Dieu pour nous » (Gal. 3. 13) !

Que faut-il entendre par le terme, deux fois répété au versets 1 et 4, « commandement » ? Est-ce ce qui est indiqué au verset 2, « donner gloire à son nom », ou est-ce autre chose ?

« La loi de vérité » du verset 6, « on recherche la loi » du verset 7, « à l’égard de la loi » du verset 8, « dans ce qui concerne la loi » du verset 9, sont autant d’expressions qui ont rapport, sans doute, avec ce commandement qui serait la loi sous ces différents aspects. Les sacrificateurs avaient la tâche d’enseigner la loi.

L’importance de la Parole et de la connaissance du Seigneur est contenue dans :

« … croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » (2 Pier. 3. 18), croissance qui est sans fin. Nous n’avons jamais fini de croître.

Les versets 2 et 3 ne nous donnent-ils pas également la réponse ? Le commandement du verset 1 est ce qui suit et le verset 4 conclut en parlant du commandement qui vient d’être donné. Et donné, dans quel but l’a-t-il été ? : « afin que mon alliance subsiste avec Lévi, dit l’Éternel des armées » (v. 4).

Le commandement est donné avec une condition assez claire :

« Si vous n’écoutez pas, et si vous ne prenez pas à cœur de glorifier mon nom… j’enverrai parmi vous la malédiction… » (v. 2). Mon désir est que l’alliance subsiste.

On peut comprendre plus aisément peut-être, en lisant d’une manière positive :

« Écoutez , et prenez à cœur… , mais si vous ne le faites pas, voici ce que je ferai ».

Quelle était cette alliance ? La réponse est donnée au verset suivant, le verset 5 :

« Mon alliance avec lui était la vie et la paix, et je les lui donnai pour qu’il craignit ; et il craignit et trembla devant mon nom » .

Le tout est d’un enchaînement logique très clair.

Ce commandement est donc d’écouter la Parole et de prendre à cœur de glorifier son nom – prendre à cœur, c’est-à-dire aimer. En 1 Jean 2, nous avons deux points semblables, la parole :

« Bien-aimés, je ne vous écris pas un commandement nouveau, mais un commandement ancien que vous avez eu dès le commencement. Le commandement ancien est la parole que vous avez entendue » (v. 7, et l’amour :

« Celui qui aime son frère demeure dans la lumière… Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres… » (v. 10 et 11).

Un mot d’explication sur ces versets 7 et 8 où il est question de commandement ancien et de commandement nouveau, d’autant plus que l’apôtre dit au verset 7 : « Je ne vous écris pas un commandement nouveau » , et le contraire au verset 8 : « Je vous écris un commandement nouveau ».

Le commandement ancien est la parole manifestée en chair dans cet homme Jésus. À cela, il n’y a rien de nouveau à ajouter comme le faisaient les antichrists.

Mais le commandement nouveau qu’il écrit, c’est « ce qui est vrai en lui et en vous ». Ce qui est vrai en lui, est la vie éternelle manifestée en Jésus et c’est l’évangile. Ce qui est vrai en vous, c’est la vie en nous, communiquée par la puissance de Christ en nous et c’est l’épître.

« Parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez » (Jean 14. 19) : « moi je vis » est l’évangile ; « vous aussi vous vivrez » est l’épître.

Ces deux versets 7 et 8 de 1 Jean 2 sont incompréhensibles sans les écrits. On ne peut étudier la Parole sans eux.

Afin de préserver l’alliance de toute souillure, elle fut appelée une « alliance de sel » par l’Éternel (cf. Nomb. 18. 19), le sel empêchant la corruption.

Mais les efforts de l’homme sont tels que cette alliance a quand même été corrompue (v. 8). Dans une alliance, il y a deux parties. L’une des deux a manqué, la sacrificature.

À partir du verset 8, le mal progresse selon trois points :

1) « Vous vous êtes écartés du chemin » ; cela peut paraître imperceptible aux hommes, mais Dieu le voit.

2) « Vous avez fait broncher beaucoup de gens ».

3) « Vous avez corrompu l’alliance de Lévi ».

Tenons-nous dans la présence du Seigneur afin de voir les choses comme lui les voit et en nous jugeant nous-même, prenant garde « aux petits commencements ».

« Sonde-moi, ô *Dieu ! et connais mon cœur… Et regarde s’il y a en moi quelque voie de chagrin, et conduis-moi dans la voie éternelle » (Ps. 139. 23 et 24). Voilà le but glorieux de Dieu ! Alors, nous aimerons écouter ce que le Seigneur nous dit dans le secret, dans des moments de communion seul à seul avec lui.

Les bases du service accordé à Lévi se trouvent en Deut. 33. 8 à 10 que nous avions cité en commençant l’étude.

Les Lévites n’avaient pas d’héritage en Israël, sinon leur service et l’Éternel. Ils étaient répartis dans tout le pays, en différentes villes. Ils étaient là parmi le peuple pour l’enseigner, selon le verset 10 de Deutéronome 33.

Les sacrificateurs étaient de la famille de Lévi : ils mettaient l’encens « sous tes narines et l’holocauste sur ton autel » (ibid.).

Quant à Phinées, le résultat de sa conduite fut que l’Éternel dit :

« Voici, je lui donne mon alliance de paix ; et ce sera une alliance de sacrificature perpétuelle… » (Nomb. 25. 12 et 13).

Pour nous, dans la période de l’Église, nous sommes :

« … une sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pier. 2. 5).

« … une sacrificature royale… pour que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière… » (ibid. v. 9).

Nous avons dans ces deux passages les deux côtés du service de Lévi : la présentation de l’encens et de l’holocauste, et l’enseignement. Le premier point, c’est en quelque sorte entrer pour adorer ; le deuxième, c’est sortir pour enseigner et rendre témoignage de Christ. Un juste équilibre est nécessaire entre les deux, sans privilégier l’un au détriment de l’autre.

Ch. 3

L’Éternel a adressé tout d’abord des reproches à Lévi, c’est-à-dire à la sacrificature, une sacrificature qui a failli à sa tâche, la fonction pour laquelle elle avait été qualifiée. Et ces reproches nous concernent, car nous avons été faits « un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père » (Apoc. 1. 6). Une invitation nous est faite, en tant que tels, à présenter l’offrande comme le Seigneur le désire.

Puis, il s’agit de la nation tout entière représentée par Juda pour laquelle le reproche majeur est l’infidélité et l’adultère, parce qu’elle a renoncé à sa position privilégiée et s’est alliée à des dieux étrangers.

En ce qui nous concerne, cela se voit, sur le plan individuel, par l’extension actuelle du divorce en opposition avec les dispositions divines ; mais aussi sur le plan collectif, avec l’oubli des droits de Dieu, véritable adultère eu égard au fait que nous avons été acquis. Cela existait en Israël ; cela existe aussi dans la chrétienté, et même parmi les croyants.

Au milieu de cet état, le Seigneur donne ses encouragements à ceux qui écoutent. Le début de notre lecture en est comme le résumé. Pour Israël dans un état précaire, il est annoncé l’envoi d’un messager, lequel est, à la fois, Jean le baptiseur, mais aussi le Seigneur lui-même.

Quant à nous, se trouve une telle promesse pour ceux qui, au milieu de la ruine, gardent le respect, l’obéissance, le souci d’écouter les enseignements, afin de -marcher selon la Parole.

Prenons garde à notre esprit et à nos pensées pour qu’ils soient dirigés par Dieu.

« Je t’instruirai, et je t’enseignerai le chemin où tu dois marcher ; je te conseillerai, ayant mon œil sur toi » (Ps. 32. 8). Cette promesse demeure. Il suffit d’écouter et d’attendre, et non pas de nous complaire dans des redites et de la routine qui ne font que fatiguer l’Éternel, car nous ne le prenons pas à cœur. Puissions-nous éprouver toute la grandeur et toute la richesse de ses encouragements !

Cette venue du messager, manifestation de la pensée de Dieu, va être impromptue, soudaine. Quant à nous, le Seigneur Jésus nous a dit : « Je viens bientôt » – en un clin d’œil ! Aussi devons-nous être attentifs, comme des serviteurs qui attendent leur maître.

« Bienheureux sont ces esclaves, que le maître, quand il viendra, trouvera veillant » (Luc 12. 37). Les caractères de cet état de vigilance sont donnés par le Seigneur au verset 35 : les reins ceints, les lampes allumées, dans l’attente du maître à quelque moment qu’il revienne des noces, aptes à lui ouvrir aussitôt. Il s’agit d’un état, veiller.

« Bienheureux est cet esclave-là, que son maître lorsqu’il viendra, trouvera faisant ainsi » (v. 43). Ici, c’est l’activité.

S’il y a ce qui nous concerne, se trouve aussi ce qui concerne le Seigneur, quant à sa venue : il se ceindra, nous fera mettre à table et s’avançant, nous servira (cf. v. 36), ce qui suggère ses affections et sa joie quand il trouvera ses esclaves dans la veille ou faisant ainsi, selon l’activité qu’il a donnée à chacun.

Précédemment, le Seigneur avait recommandé :

« … recherchez son royaume… Ne crains pas, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le royaume… faites-vous… un trésor… dans les cieux… là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » (v. 31 à 34).

Nous revenons au cœur : c’est une affaire de cœur. Nos cœurs sont-ils dirigés vers le ciel, car nous y avons notre trésor ?

Nous avons à rechercher davantage à être riches quant à Dieu, plutôt qu’à amasser des biens pour nous-mêmes, pour la satisfaction de nos intérêts et de notre égoïsme.

Il y aurait une illustration de cet état dans les premiers chapitres de Luc. Deux personnages nous sont présentés comme attendant : Siméon et Anne (et avec elle, tous ceux qui attendaient la délivrance – cf. Luc 2. 36 à 38).

Siméon attendait la consolation d’Israël.

Aussi son attitude est-elle un encouragement infini. Il avait été averti par l’Esprit. Il vint par l’Esprit dans le temple au moment même où est présenté l’envoyé de Dieu. Dans cette réponse divine, il obtient un encouragement, car c’est la réalisation de son désir :

« Maintenant, Seigneur, tu laisses aller ton esclave en paix selon ta parole ; car mes yeux ont vu ton salut… » (Luc 2. 29).

Dans la mesure où il y a l’attente, il y a les directives de l’Esprit et la récompense. Pour nous, ce n’est pas du même ordre, car la récompense sera notre entrée dans la maison du Père.

Mais l’attitude qui doit être la nôtre, est celle qui était dans le cœur de Siméon, d’Anne et de beaucoup d’autres, « tous ceux qui, à Jérusalem, attendaient la délivrance » (2. 38).

Jusqu’à la fin du verset 3 de ce chapitre 3, nous voyons Dieu honorer ceux qui, au travers de grandes souffrances, vont être fidèles. Nous en verrons les conséquences pour Juda et Jérusalem avec le verset 4, pour tout le peuple aux versets 5 et 6.

Nous avons là une très belle description de ce qu’est un résidu. Dieu ne le met pas à part du peuple, sauf en honorant sa fidélité. Il l’encourage, car ce résidu trouvera dans l’écriture, éclairée par le Saint Esprit, les ressources nécessaires et la force pour marcher fidèlement. L’Esprit de Dieu éclaire et dirige, nous l’avons vu pour Siméon.

Les deux venues du Seigneur sont confondues, la portion de temps qui concerne l’Église n’étant pas spécialement envisagée par les prophéties de l’Ancien Testament, comme si c’était une parenthèse.

Le Nouveau Testament emploie les mêmes expressions de purification et d’affinage pour ceux qui sont fidèles. Ainsi en est-il en Éphésiens 5. 26 qui nous dit ce que le Seigneur fait pour l’assemblée, en 1 Pierre 1. 6 et 7 avec la foi, éprouvée par le feu afin que puisse briller le métal précieux.

Les applications morales et spirituelles de ces souffrances sont à faire prudemment, car ce sont celles de la tribu de Lévi ; toutefois, leur aspect moral nous touche profondément.

L’enseignement pour nous réside dans l’exhortation que Dieu fait au peuple après le constat de son état moral. L’histoire de l’Église est à part. Son attente est tout autre chose que ce qui concerne la première et la deuxième venue du Seigneur. Cependant, l’enseignement est là, s’appliquant à l’état moral, le dénominateur commun étant la crainte de l’Éternel, présente ou absente.

« Où est la crainte qui m’est due ? » (1. 6).

« … la vie et la paix, et je les lui donnai pour qu’il craignit ; et il me craignit… » (2. 5) etc…

Ce qui caractérise le résidu, les approuvés de l’Éternel, c’est la crainte de son nom. Là déjà, est un enseignement essentiel pour nous. En même temps, sont devant nous les conséquences de cette crainte, ou de son absence.

Le but du travail de Dieu est de faire retourner le cœur des pères vers les fils et celui des fils vers leurs pères.

Actuellement, la chrétienté perd « la crainte de son nom ». Il convient d’entretenir cette crainte du Seigneur et de trembler à sa Parole.

« Voici, j’envoie mon messager ». De la sorte, Dieu intervient. Il prend toujours l’initiative. Il est encourageant et consolant de le savoir. En son temps, à son heure, c’est lui qui agit. Quoique nous fassions ou que nous pensions, il intervient.

Le sacrificateur était le messager de l’Éternel (2. 7). Dans l’ancienne alliance, c’était sa place particulière. Et cela, ils l’avaient perdu de vue. Ils ne l’étaient qu’en type, annonçant celui qui devait venir comme le parfait messager.

Ce début du chapitre 3 est donc encourageant parce que Dieu prend l’initiative et qu’il annonce que le Seigneur va venir à son temple. La pensée éternelle de Dieu est bien celle-là qu’il vienne à son temple, en étant manifesté comme le sacrificateur par excellence. À cause de cette venue, tout sera remis en ordre. Rien ne nous apaise comme cette pensée.

Dès le début de l’évangile de Jean, au chapitre 2. 13 à 22 le Seigneur vient dans « la maison de son Père », alors que, dans les autres évangiles, cette scène est présentée à la fin. Nous savons ce que le Seigneur y a fait à l’égard des changeurs, des marchands et de leurs tables. Il est venu dans son temple.

Mais il fallait qu’à ce temple-là, succède le temple de son corps dont le Seigneur parle dans le même passage.

Nous avons, deux ou trois fois, employé les mots encouragement et consolation. Nous pouvons rappeler qu’au tout début de Marc, ce verset 1 de Malachie 3 est cité par l’évangéliste qui le réfère à Ésaïe, erreur volontaire de la part de l’Esprit, tellement il y a de relations entre Ésaïe et Marc. Et il est ajouté une citation d’Ésaïe 40. 3 :

« Voix de celui qui crie dans le désert… ».

Ce chapitre 40 commence par :

« Consolez, consolez mon peuple… » ce qui est, en quelque sorte le titre, ou le résumé de ce chapitre qui, jusqu’à la fin, n’est qu’encouragement et consolation.

Au verset 2, nous lisons :

« Mais qui supportera le jour de sa venue, et qui subsistera lorsqu’il se manifestera ? »

Ce verset concerne le peuple dans son ensemble, ou Juda et Benjamin dans leur ensemble, mais non pas les fils de Lévi que le Seigneur va affiner et purifier. Ce verset a trait à sa venue en jugement et en gloire.

Dieu ne sépare pas le résidu, c’est bien vrai et nous ne devons pas non plus le faire, même en pensée. Soyons plus précis. Dans la vie d’une assemblée locale, nous serions tentés justement de considérer qu’il se trouve quelques-uns pour craindre le Seigneur, et d’autres pour ne pas le faire.

Attention à cette manière de juger ! Sommes-nous le Seigneur pour sonder les reins et les cœurs ? Cette amorce de jugement des cœurs peut nous mener très loin. Et c’est un danger qui nous guette actuellement ; nous en sommes certainement conscients les uns et les autres.

Il est vrai aussi que nous sommes toujours solidaires de la chrétienté, dans son ensemble et dans sa ruine. Les frères du 19ème siècle le discernaient déjà, réunis au nom du Seigneur à part, mais éléments toujours constitutifs de cette chrétienté.

« Résidu » ne se trouve pas dans ce livre, mais il est caractérisé par 3. 16 et 17. Qu’entend-on par « résidu », et en quoi cela nous concerne-t-il aujourd’hui ?

Certainement, nous trouvons ici des expressions qui le caractérisent : le Seigneur que vous cherchez, l’Ange de l’alliance en qui vous prenez plaisir. De plus, ce résidu est vu dans les fils de Lévi affinés et purifiés. Et à ce sujet, pouvons-nous voir là ce que nous avons en 1 Pierre 4. 12 :

« Bien-aimés, ne trouvez pas étrange le feu ardent qui est au milieu de vous, qui est venu sur vous pour votre épreuve… ». Et,

« Car le temps est venu de commencer le jugement par la maison de Dieu (1 Pierre 4. 17). Comment est-ce possible que des fidèles soient l’objet de ce travail d’affineur et de jugement ?

La première épître de Pierre a reçu un titre qui est son résumé et qui est « le gouvernement de Dieu à l’égard des siens », en parallèle avec celui de 2 Pierre, « le gouvernement de Dieu sur ce monde ». Aussi trouvons-nous, en 1 Pierre, des expressions qui illustrent l’affinage que le Seigneur pratique à l’égard des fils de Lévi. Il le fait par amour, mais aussi pour sa gloire.

« Résidu » est un terme employé par la Parole, comme aussi « reste », dans le livre d’Ésaïe notamment. Le résidu est faible et sans apparence, marqué par la crainte et la piété. Le seul qui est apte à discerner le résidu, ceux qui ont ces caractères de résidu, c’est le Seigneur, celui qui connaît les reins et les cœurs.

Mais qui sommes-nous pour dire qu’à tel endroit moral se trouve un résidu, qu’au sein de telle assemblée locale existe un résidu ? Lors de notre deuxième réunion sur ce livre, il avait été dit à peu près ceci :

« Où va-ton en nous appliquant à nous-mêmes cette notion de résidu ? Nous allons, dans cette recherche, découvrir un résidu de résidu… ce qui est une pensée sans fin ».

Laissons au Seigneur et à sa sagesse, le soin de discerner ceux qui ont les caractères du résidu.

Il doit y avoir une réponse individuelle, réponse que nous trouvons au Psaume 15. Le peuple attendait le règne en justice du fils de David et le psalmiste s’exprime ainsi :

« Éternel ! qui séjournera dans ta tente ? qui demeurera en ta montagne sainte ? » expressions à rapprocher de notre « Qui supportera le jour de sa venue ? »

Dans les versets qui suivent, sont énumérés des caractères individuels que nous avons à rechercher et pour lesquels une récompense est accordée au dernier verset

« Celui qui fait ces choses ne sera jamais ébranlé » (v. 5). Bien sûr, le seul à avoir manifesté ces caractères est celui qui est venu en perfection sur la terre.

Mais, de la part de celui qui craint Dieu, qui pense à son nom, il est indispensable qu’il recherche ces caractères pour lui-même. C’était pour Israël, mais aussi pour ceux qui connaissent leur Sauveur et leur Seigneur.

L’épreuve dont il est parlé au verset 3 s’applique aux fils de Lévi. Précédemment, il était question de Lévi, mais ici des fils. Cette alliance est celle de Deutéronome 33. 10 :

« Ils enseigneront tes ordonnances… ils mettront l’encens sous tes narines et l’holocauste sur ton autel ». Le propre de Lévi, c’était la sacrificature :

« Tes thummim (perfections) et tes urim (lumières) sont à l’homme de ta bonté » (v. 8). C’étaient les signes distinctifs de la sacrificature et « l’homme de ta bonté » était Moïse qui faisait partie de cette tribu de Lévi. Il s’agit aussi du Seigneur Jésus, en type, dans ce qu’il accomplira et dans ce pourquoi il est venu.

Nous avons vu, au chapitre 2, que celui qui a pleinement accompli cette alliance, c’est le Seigneur.

Qu’en est-il maintenant de la descendance de Lévi ? Nous la voyons dans le désert et en Israël, avec des moments de fidélité, et d’autres où elle s’est écartée de ce que Dieu avait établi.

Cette sacrificature transmise aux fils, est liée à la fidélité. Avant de rétablir ses relations avec son peuple et d’établir le règne, il est beau de voir ce que Dieu recherche : l’offrande, la sacrificature, pour nous maintenant, l’adoration.

Si Dieu nous fait passer par l’épreuve, par l’affinage, c’est afin que soit réalisée l’adoration, étant autour du Seigneur pour rendre à Dieu ce qui lui est dû. Le premier des services de ces fils de Lévi était la sacrificature exercée dans le temple.

Nous avons à apporter le culte dans la présence du Seigneur, dans la connaissance de cette liberté dans laquelle nous sommes, à cause du sang de Jésus, ceci pour honorer le Père.

Les épreuves permises par l’affineur sont destinées à nous faire apprécier un peu mieux, dans le secret de nos cœurs, mais aussi tous ensemble, combien le privilège est immense d’apporter l’offrande en justice.

À la fin du verset 1 : « voici, il vient » ; au début du verset : « voici, j’envoie » ; au verset 3 : il s’assiéra, il purifiera, il affinera. Et au verset 4, la conséquence :

« Alors l’offrande de Juda et de Jérusalem sera agréable à l’Éternel, comme aux jours anciens, et comme aux années d’autrefois ».

Au dernier livre du Nouveau Testament, il est dit : « Voici, il vient avec les nuées » (Apoc. 1. 7), comme à la fin de l’Ancien Testament. Ici comme là, le but de Dieu est : sa venue. Son intervention est source de paix. Nous avons tendance à nous trouver le centre de toutes choses et à nous rechercher partout, ce qui est un piège. Mettre l’accent sur ce que Dieu a fait, discerner comment il le fait, voir son œuvre à lui, procure la paix.

Il est venu, pour s’asseoir à son temple, pour accomplir cette œuvre. Purifier, affiner est salutaire. La sacrificature s’était souillée, déconsidérée et disqualifiée. Tout était perdu ; mais Dieu intervient. La conséquence est le verset 4. La portée profonde est pour Israël. La portée morale est pour nous : persévérer dans la fidélité, en allant tranquillement dans le chemin du témoignage et en lui demandant la force et les ressources.

Le Père cherche des adorateurs et il les a trouvés. Dans les moyens de Dieu en vue de ce résultat, il est une chose et une personne : le feu de l’affineur, c’est-à-dire les circonstances permises par Dieu, et l’affineur, celui qui s’assied pour cela. Et c’est cela qui est encourageant.

C’est une œuvre patiente du Seigneur qui fait que le feu n’agit pas de par lui-même. Le Seigneur produit dans ceux qu’il appelle, les résultats qui conviennent à sa présence. C’est à la fois l’œuvre du Seigneur et l’œuvre du Père (le Père cherche…). Il s’agit d’une œuvre persévérante pour que l’adoration soit une offrande agréable à l’Éternel.

Mon Père travaille et moi je travaille (cf. Jean 5. 17). Le Père tire du monde ceux qu’il va donner à son Fils (cf. Jean 6. 44). Nous retrouvons là des caractères de Lévi. Il avait été tiré d’Égypte parce que faisant partie du peuple, mais aussi pour une autre raison.

Lévi a été entièrement donné à Aaron et à ses fils. Et ainsi ils pouvaient présenter la sacrificature fondée sur le sang, le sang de l’agneau pascal. Nous avons évoqué plusieurs fois le début de l’Apocalypse, à propos de celui qui vient, qui nous aime, qui nous a lavés de nos péchés dans son sang, et qui nous a faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père – parce que nous sommes lavés.

En vertu du sang de l’agneau pascal, l’Éternel avait sauvé de la mort les premiers-nés, des fils d’Israël. Chaque premier-né, à l’abri du sang dont on avait fait aspersion sur les poteaux et sur le linteau de la porte, était sauvé.

En Nombres 3, l’Éternel dit, en quelque sorte à Moïse : Nous allons faire un échange ; ces premiers-nés, au nombre de 22 273 m’appartiennent de droit ; je désire la tribu de Lévi en échange. Or cette tribu ne comportait que 22 000 hommes recensés. Il manquait 273 lévites. Et l’Éternel réclame ce qui lui manquait, à raison de 5 sicles par tête.

À partir de cet échange, les lévites appartenaient donc à l’Éternel au lieu et place de ceux qui étaient au bénéfice du sang de l’agneau pascal. Ceci est très important pour saisir ce qu’est cette tribu aux yeux de l’Éternel.

Il y a eu ensuite ce qui nous est rapporté en Deutéronome 33, Exode 32 et Nombres 25, mais fondamentalement, les lévites procédaient de cette délivrance due à l’efficace du sang de l’agneau.

Alors, ils sont propres à l’adoration. Ceci est le fondement. Et cela nous concerne. Mais pratiquement, nous avons besoin de cette purification que le Seigneur opère de différentes manières pour pouvoir présenter l’offrande du verset 4.

À propos du verset 3, rappelons ce qui a souvent été raconté. L’affineur a besoin de surveiller l’état de la surface du métal en fusion. Il surveille l’éclat que donne cette surface, notamment son effet de miroir. Il prend le temps de surveiller pour savoir le moment où il convient d’arrêter l’affinage.

Le Seigneur ne permet pas que nous soyons tentés (éprouvés) au-delà de notre mesure (cf. 1 Cor. 10. 13). Il fait en sorte que le feu n’agisse pas de par lui-même.

Les fils de Lévi sont affinés et c’est l’offrande de Juda et de Jérusalem qui est agréable. Ils offraient pour le peuple. C’était leur rôle de sacrificateurs.

En Lévitique, tout homme pouvait offrir un sacrifice. Ce n’était pas Lévi, mais il était l’intermédiaire. Il était qualifié pour cela. En fait, nous avons constaté qu’il était d’abord question de Lévi, avec sa responsabilité de sacrificateur, mais ensuite de tout Juda.

Nous avons ce privilège de pouvoir adorer le Père en esprit et en vérité.

« … vous êtes une race élue, une sacrificature royale, une nation sainte… » (1 Pierre 2. 9). L’offrande est apportée dans l’Église par quelques témoins. On ne peut séparer le témoignage de l’Église entière. Ceci est fondamental et nous garde de tout sectarisme.

En Lévitique 1, nous voyons que tout homme présente un holocauste, à l’entrée de la tente d’assignation. Il pose sa main sur la tête de la victime qui sera agréée pour faire propitiation pour lui. Il égorge le jeune taureau. C’est le rôle de l’adorateur, individuellement. Puis, le sacrificateur intervient. Il présente le sang et en fait aspersion tout autour sur l’autel, avant d’arranger les morceaux.

Il est clair que, dans l’Ancien Testament, les choses nous sont présentées de façon séparée : d’une part le fils d’Israël, d’autre part le sacrificateur. Mais toutes ces fonctions sont regroupées en une pour ce qui nous concerne. Nous sommes à la fois militaires (Nomb. 1), lévites, adorateurs, sacrificateurs. Pour nous faire mieux comprendre, la Parole nous les présente de façon distincte.

Le message de la grâce est là. Si les caractères de la corruption remplissent le verset 5 (magiciens, adultères…), la grâce de Dieu attend :

« Car moi, l’Éternel, je ne change pas ; et vous, fils de Jacob, vous n’êtes pas consumés ». Ce n’est pas pour rien que ceux qui ont été appelés fils de Lévi ou Juda, sont appelés maintenant fils de Jacob, celui qui a si souvent été le supplanteur, le menteur, cherchant à acquérir des biens. Mais il y a l’infinie patience de celui qui s’assied pour affiner, pour parvenir à faire de ces fils de Jacob de vrais adorateurs.

« Écoutez ceci, maison de Jacob… » (És. 48. 1), puis « … je te connais : tu agis toujours perfidement, et tu as été appelé transgresseur dès la matrice » (v. 8) : voilà les fils de Jacob. « À cause de mon nom je différerai ma colère, et à cause de ma louange je me retiendrai à ton égard, pour ne pas te retrancher » (v. 9) ; c’est le « vous n’êtes pas consumés » de notre verset 6. « Voici, je te purifierai, mais non comme de l’argent : je t’ai choisi au creuset de l’affliction. À cause de moi-même, à cause de moi-même, je le ferai ; car comment mon nom serait-il profané ? Et je ne donnerai pas ma gloire à un autre… Moi, je suis le Même, moi, le premier, et moi, le dernier » (v. 10 à 12). C’est le « Je ne change pas ».

Lisons encore le verset 18 :

« Oh ! si tu avais fait attention à mes commandements, ta paix aurait été comme un fleuve, et ta justice comme les flots de la mer ».

« Ôte de l’argent les scories, et il en sortira un vase pour l’orfèvre » (Prov. 25. 4). Le feu d’affineur est nécessaire pour que les scories montent à la surface.

Nous sentons très bien ce que sont spirituellement pour nous les scories, toutes les manifestations de notre vieille nature qui est encore en nous. Seul le feu de- l’affineur les fait monter à la surface, de sorte qu’elles peuvent être enlevées, car visibles, jugées, abandonnées.

Il en sortira un vase pour l’orfèvre, semblable au « vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre » (2 Tim. 2. 21).

En un seul, l’homme parfait, il n’a pas été trouvé de scories :

« Tu as sondé mon cœur, tu m’as visité de nuit ; tu m’as éprouvé au creuset, tu n’as rien trouvé » (Ps. 17. 3).

Au verset 5 , l’idolâtrie n’est pas mentionnée, mais la fin est une flèche : « Ils ne me craignent pas ». Ce n’est pas la crainte d’être châtiés, mais de lui déplaire. C’est avoir à faire à Dieu dans toute notre vie, dans toute notre activité, dans toutes nos pensées.

En ce qui concerne l’idolâtrie, nous songeons souvent aux choses grossières, mais elle peut aussi se présenter sous des aspects subtils, ne concernant pas la déité directement, et qui, toutefois, nous accaparent entièrement. La dépendance de Dieu s’en ressent profondément, ce qui ne le concerne pas devenant plus important que ce qui est de lui.

Magiciens, adultères, jurer faussement, sont bien visibles actuellement. Rien n’est changé. Ce qui caractérise tous ces points, c’est qu’ils sont profanes.

Ils sont le fait de ce peuple qui ne connaît plus Dieu et ne se rend pas à l’invitation du verset 7 :

« Revenez à moi, et je reviendrai à vous, dit l’Éternel des armées ».

Dieu a été manifesté en chair ; les hommes n’ont plus à attendre une autre manifestation de ce type. Tout homme a donc à revenir à Dieu pour qu’il puisse, lui, venir dans l’homme ; c’est ce que Dieu attend.

Que cette crainte soit pour nous quelque chose d’excellent ! ce qui est dans le verset 16 ; et cela, Dieu l’apprécie.

Une autre pensée au sujet de ce verset 5 . Les Psaumes 36 et 73 nous présentent une difficulté que rencontre le fidèle, celle de voir le méchant prospérer. Il peut se décourager, se disant :

« Le méchant prospère, et moi, je passe par l’affliction ».

Le remède est dans la présence de Dieu pour s’y tenir. Au Psaume 36 , c’est la crainte et la droiture. Au Psaume 73, c’est le voir, dans le sanctuaire où le croyant comprend leur fin (celle des méchants).

À la lumière de ce que Dieu nous dit, vivant en communion avec lui, nous comprendrons que la part des méchants n’est qu’illusion, qu’elle n’ira pas au-delà de leur passage sur la terre, et qu’ensuite, ce seront les tourments éternels.

Au verset 6, Dieu est le même dans ses promesses, depuis l’alliance faite avec Abraham. Il ne change pas. S’il n’était plus proche de son peuple, c’est parce que celui-ci l’avait abandonné.

La grâce de Dieu, souligne ce verset 6, est telle que, sans elle, Israël n’existerait plus, et nous non plus, du reste. Tout au long de ce chapitre 3, les interrogations sont multiples : « En quoi retournerons- nous ? : « En quoi te frustrons-nous ? » Le prophète construit un dialogue fictif, faisant intervenir, tour à tour, l’Éternel et le peuple dans son incrédulité. Seule la grâce peut faire qu’il retourne à l’Éternel pour que Dieu retourne vers eux.

« Alors vous reviendrez… » (v. 18) semble être la conséquence des versets précédents. Dieu accomplit son œuvre envers et contre tout, à notre insu. Il est le Même ; il est lumière et amour. « Vous n’êtes pas consumés », c’est le fait mystérieux.

Néhémie revient en arrière sur l’histoire du peuple et en arrive à :

« Mais toi, tu es un Dieu de pardons (pas une fois, mais de multiples fois) faisant grâce, et miséricordieux… tu ne les as point abandonnés… ils te firent de grands outrages… tu ne les abandonnas point dans le désert ; la colonne de nuée… la colonne de feu… tu leur donnas ton bon Esprit pour les rendre intelligents, et tu ne refusas pas ta manne à leur bouche, et tu leur donnas de l’eau pour leur soif… ils ne manquèrent de rien… » (Néh. 9. 16 à 21).

Pendant 12 000 matins, jamais la manne, nourriture quotidienne, ne s’est retirée, et jamais même, l’Éternel n’a menacé son peuple de l’en priver.

Revenez à moi, et je reviendrai à vous. C’est la démarche illustrée par le fils prodigue qui se lève et qui dit :

« Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi… » (cf. Luc 15. 11 à 32). Il revient et son Père vient à sa rencontre.

La grâce a toujours l’initiative. Sans la grâce, nous ne pourrions pas revenir vers Dieu. La bonté de Dieu pousse les hommes à la repentance (cf. Rom. 2. 4). D’un côté (cf. Act. 17. 30 et 31), Dieu ordonne aux hommes de se repentir, mais d’un autre côté, sa grâce, sa bonté, les poussent…

Dans notre état d’enfant de Dieu, reviendrions-nous vers Dieu pour confesser nos péchés, s’il n’y avait pas l’office de l’avocat qui, par grâce, opère dans nos cœurs et dans nos consciences pour nous amener à cette confession ? C’est toujours la grâce qui a l’initiative.

Dans le livre de Ruth, quatre personnes sont parties en Moab. Alors, la grâce de l’Éternel va agir en retirant Élimélec, puis Makhlon et Kilion, et en donnant du pain au peuple. Puis, Naomi et Ruth vont revenir. C’est le chemin du retour et de la restauration qui les conduit jusqu’à Boaz, un merveilleux type de Christ.

Une autre illustration se trouve en Aggée.

En 1. 9 :

« À cause de ma maison, qui est dévastée, et vous courez chacun à sa maison », ce qui marque leur abandon.

Puis, aux versets 12 et 13 :

« Et Zorobabel… et Joshua… et tout le reste du peuple écoutèrent la voix de l’Éternel, leur Dieu ; et le peuple craignit l’Éternel. Et Aggée, le messager de l’Éternel, parla au peuple par le message de l’Éternel, disant : Je suis avec vous, dit l’Éternel » ce qui est remarquable.

Enfin, au verset 14 :

« Et l’Éternel réveilla l’esprit de Zorobabel… et l’esprit de Joshua… et l’esprit de tout le reste du peuple ; et ils vinrent et travaillèrent à la maison de l’Éternel » : voilà l’intervention divine.

« Vous n’êtes pas consumés ». Il est le Dieu de grâce, de toujours. Il ne change pas à cet égard. Mais il est aussi comme celui qui affine. Le buisson d’Exode 3. 2 à 6 n’était pas consumé, et pourtant, il était « tout ardent de feu ». Toutefois, l’Éternel est toujours là pour affiner, selon que nous en avons besoin.

« En quoi retournerons-nous ? » C’est l’illustration de ce qu’est le cœur de l’homme qui ne saisit pas ce qu’est la conversion, ce retour vers Dieu. Sa conscience est cautérisée, et son cœur insensible.

Certainement que ceux dont le service est de présenter l’évangile à des âmes, le savent beaucoup mieux ; mais, il nous arrive de nous trouver les uns et les autres devant de tels incrédules qui, dans leurs paroles, leurs agissements, sont l’image même de ce : « En quoi retournerons-nous ? »

Comment revenir ? Le prophète Osée l’indique à la fin de son livre :

« Israël, reviens à l’Éternel, ton Dieu… Prenez avec vous des paroles, et revenez à l’Éternel ; dites-lui : Pardonne toute iniquité, et accepte ce qui est bon, et nous te rendrons les sacrifices de nos lèvres » (Os. 14. 1 et 2). Et Dieu répond :

« Je guérirai leur abandon de moi, je les aimerai librement… » (v. 4).

La note du verset 2 de Osée 14 nous dit, pour « les sacrifices de nos lèvres » : « les taureaux » ; ce qui nous fait penser au Psaume 51 dans lequel est exprimée la repentance d’un croyant après un grave péché :

« … alors on offrira des taureaux sur ton autel » (v. 19). Ce sont les taureaux, les sacrifices de nos lèvres que l’on offre quand on est revenu.

Nous avons en Exode 3, ce buisson qui n’est pas consumé et qui représente le peuple avant même qu’il ne soit délivré hors d’Égypte. En Malachie, à la fin de l’Ancien Testament, il en est encore ainsi.

En Hébreux 12. 29, il est dit que notre Dieu est un feu consumant. Or il est dit un peu plus haut :

« Car vous n’êtes pas venus à la montagne qui ne peut être touchée, ni au feu brûlant… mais vous êtes venus à la montagne de Sion », la montagne de la grâce (Héb. 12. 18 à 22).

L’action du feu est de détruire les matériaux combustibles. Le bois, le chaume, sont entièrement détruits. Par contre, l’argent, l’or, qui sont des matériaux précieux ne le sont pas. Toutefois, le feu les purifie de leurs scories. C’est ce que Dieu veut faire en grâce.

À la fin de l’histoire de l’Église, 2 Timothée 2. 20 fait apparaître la grande maison. D’un côté, Dieu agit, purifiant et affinant. Faisons-lui confiance. D’un autre côté, nous avons à nous retirer de l’iniquité, individuellement (v. 19), à nous purifier des vases à déshonneur (v. 21). C’est notre responsabilité dans un temps de ruine.

L’homme participe à la construction, apportant bois et mauvais matériaux (cf. 1 Cor. 3. 12 à 15). Le feu les éprouvera. Nous, nous avons à nous retirer de l’iniquité et à nous purifier des vases à déshonneur.

Au milieu de l’incrédulité, de l’indifférence et de l’opposition générale, il y avait encore une place pour un appel, une place pour la grâce. Nous avons souligné :

« Car moi, l’Éternel, je ne change pas ; et vous, fils de Jacob, vous n’êtes pas consumés » (v. 6). La voix divine s’adresse à l’individu, comme à Laodicée. À celui qui demeure dans la fidélité, qui écoute, qui craint l’Éternel et qui pense à son nom, est accordé quelque chose de particulier, une jouissance particulière de ce qui est en Dieu, de ce qui est en Christ :

« Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi » (Apoc. 3. 20) dit le Seigneur à chacun de ceux qui sont à Laodicée. Bénédictions et ressources sont en réserve pour celui qui répond – une promesse de communion avec celui qui appelle à sa propre connaissance et à sa propre gloire.

Dieu est sensible à tout ce qui est fait pour lui :

« Montez à la montagne et apportez du bois, et bâtissez la maison ; et j’y prendrai plaisir et je serai glorifié » (Aggée 1. 8). Le prophète poursuit en montrant que l’oubli des devoirs à l’égard de Dieu avait entraîné sécheresse et perte du blé, du moût et de l’huile. Mais, après ce qui s’est passé dans la suite du chapitre et au début du chapitre 2, la promesse est là :

« Dès ce jour-ci, je bénirai » (2. 19).

Si nous ne recherchons pas la pensée de Dieu pour lui obéir, il s’ensuivra sécheresse et manque de bénédictions, choses qui sont présentées par ces prophètes, Aggée et Malachie, sous un aspect matériel. Les raisonnements sont là : « En quoi… En quoi te frustrons-nous ? » ; mais celui qui sonde les reins et les cœurs sait parfaitement ce qui est en nous.

Le reproche adressé par le Seigneur ne va-t-il pas au fond de nos consciences ? Ne le privons-nous pas de ce à quoi il a droit ?

Dans les versets 8 à 12, existe un principe général qui nous atteint tous. Nous aimons beaucoup recevoir, attendant beaucoup de Dieu ; mais, il désire que nous apportions :

« Apportez toutes les dîmes à la maison du trésor… » (v. 10), apport sous deux formes, la dîme, nécessaire à la vie des bien-aimés de Dieu, les lévites et les sacrificateurs, et les offrandes élevées, tribut de reconnaissance et de louanges, c’est-à-dire pour nous, le culte.

1) Le désir d’apporter quelque chose à Dieu est la preuve d’un bon état spirituel. Quand nous réclamons sans apporter, quelque chose ne va pas. Ici, le degré est extrême l’éloignement de Dieu est total. En Néhémie 13, Dieu reproche au peuple de ne pas apporter de dîmes. Pourtant dans ce peuple, il y avait de la joie venant du sentiment d’avoir répondu à l’appel de Dieu. Dans nos jours actuels, avec notre bien-être matériel, même accompagné de disparités, nous avons à songer à ce qui est dû à Dieu, ce que nous lui apportons, matériellement ou spirituellement. En Hébreux 13. 15 et 16, sacrifice de louanges et sacrifice de nos biens sont associés ; et il est clair qu’ils procèdent d’un bon état spirituel.

2) L’autre côté du sujet, c’est « éprouvez-moi… ». Cela nous lie à Dieu qui répond à la foi, non pas à la foi qui attendrait une rétribution, mais à la foi qui agit à l’égard de celui qui nous a tout donné. Dans un sentiment de profonde reconnaissance, nous apportons, et nous éprouvons alors que Dieu répond. Cette réponse découle de l’exercice de foi de celui qui apporte. Quoi que ce soit que nous apportions, spirituellement ou matériellement, les écluses des cieux seront ouvertes. Il s’agit d’Israël et de bénédictions matérielles ; mais, faisons de ce passage une application spirituelle.

Quelques passages à propos de la dîme :

« … vous chercherez le lieu que l’Éternel, votre Dieu, choisira… pour y mettre son nom… vous apporterez là vos holocaustes, et vos sacrifices, et vos dîmes, et l’offrande élevée de vos mains, et vos vœux, et vos offrandes volontaires… vous mangerez devant l’Éternel… vous vous réjouirez… là vous apporterez tout ce que je vous commande… vos dîmes… vous vous réjouirez devant l’Éternel… vous, et vos fils, et vos filles, et vos serviteurs… et le Lévite qui est dans vos portes, car il n’a point de part ni d’héritage avec vous » (Deut. 12. 4 à 12).

« Tu dimeras exactement tout le rapport de ta semence, que ton champ produira chaque année. Et tu mangeras devant l’Éternel… la dîme de ton froment… afin que tu apprennes à craindre toujours l’Éternel… » (puis le cas où le chemin est trop long pour aller jusqu’à ce lieu, est envisagé en grâce). « Et tu ne délaisseras pas le Lévite qui est dans tes portes… Au bout de trois ans, tu mettras à part toute la dîme de ta récolte de cette année-là et tu la déposeras dans tes portes. Et le Lévite… et l’étranger, et l’orphelin„ et la veuve… viendront, et ils mangeront et seront rassasiés ; afin que l’Éternel te bénisse… » (Deut.14. 22 à 29).

« Quand tu auras achevé de lever toute la dîme de ta récolte, dans la troisième année… tu la donneras au Lévite, à l’étranger, à l’orphelin, et à la veuve ; ils la mangeront dans tes portes et seront rassasiés » (Deut. 26. 12).

La dîme était destinée essentiellement au Lévite, imposée par l’Éternel, comme d’autres sacrifices, en sus de ce qui était volontaire, en particulier ce qui concernait les vœux.

En Néhémie 13. 10 et 11, le peuple avait négligé d’apporter ces portions et les lévites étaient partis chacun à son champ. Notons l’égoïsme des uns et des autres, comme en Ésaïe 56. 11 (« chacun vers son intérêt particulier »), en Aggée 1. 9 (« chacun à sa maison »). Les lévites avaient été frustrés, mais au travers des lévites, c’était l’Éternel qui l’était.

La dîme présente deux aspects : le côté matériel, important, puisque le Lévite n’ayant ni part ni héritage en Israël, il lui était porté le dixième du revenu ; le côté spirituel dans l’application qui nous concerne.

Nous avons une part, un héritage, « des champs » dans les lieux célestes où se trouvent des bénédictions spirituelles qui constituent notre « revenu », notre « bénéfice ». Tout croyant vivant de la sorte acquiert un accroissement spirituel, ce qui constitue son « revenu » spirituel. Une partie de ce revenu, figurée par la dîme, est à présenter au lieu où le Seigneur se trouve, c’est-à-dire dans l’assemblée ; c’est-à-dire que chaque croyant en bon état, vivant dans les lieux célestes et jouissant de ses bénédictions, ayant bénéficié d’un accroissement spirituel, ne peut rester à l’écart. En vivant la vie d’assemblée, en se trouvant aux réunions d’assemblée, il pourra faire part de son propre accroissement au corps tout entier, à chacun de ceux qui le composent, et, en définitive, au Seigneur. En se tenant à l’écart, il ne le pourra pas. S’il ne jouit pas des lieux célestes, il ne le pourra pas non plus.

C’est un sujet d’actualité, tellement on serait vite tenté par le « chacun pour soi », se disant : « Peu importent les réunions d’assemblée, peu importe le corps… Moi je suis heureux avec le Seigneur, moi j’ai la Parole ». Chaque croyant, comme membre du corps de Christ, fait partie d’un tout et il se doit de vivre la vie d’assemblée, d’être là aux réunions d’assemblée . Faisant ainsi, il ne frustrera pas le Seigneur. Notre présence dans les réunions est, oserions-nous dire, un devoir – mot impropre dans l’économie de la grâce, mais il convient bien dans le contexte de notre livre.

Frustrer quelqu’un, c’est le priver de ce qui lui est dû.

Il est question de l’attitude du peuple et Dieu fait appel à sa conscience d’une part, à sa foi d’autre part. Constatant l’état du peuple à ce moment-là, on comprend qu’il y aurait eu beaucoup de raisons d’être tristes et découragés. D’un autre côté, l’Éternel n’a pas changé (cf. v. 6) et il ajoute, en quelque sorte : « Venez, apportez et vous verrez… Ai-je changé ? ». Et la réponse est « Non ».

Le chapitre 31 de 2 Chroniques dépeint le réveil sous Ézéchias.

« Et Azaria, le principal sacrificateur,… lui (à Ézéchias) parla… : Depuis qu’on a commencé d’apporter l’offrande dans la maison de l’Éternel, on a mangé et on a été rassasié, et il en est resté en abondance ; car l’Éternel a béni son peuple ; et ce qui reste, c’est cette grande quantité… et on apporta fidèlement l’offrande, et la dîme, et les choses saintes… » (v. 10 à 12). L’Éternel a répondu. Ils avaient commencé par apporter. C’est une démarche de foi. Si nous sommes découragés, ou tentés de rester seuls, le Seigneur nous dit : « Avance, confie-toi en moi ».

Revenons sur le côté matériel de la dîme, sur les dons, c’est-à-dire la collecte. On en parle peu, car l’argent est devenu suspect dans la civilisation où nous sommes. Pourtant, 1 Corinthiens 16. 1 à 3 ; 2 Corinthiens 8 et 9 ; Hébreux 13. 16 nous expliquent l’importance de faire part de nos biens, parce que cela a du prix pour Dieu.

« Grâces à Dieu pour son don inexprimable ! » (2 Cor. 9. 15) est la conclusion des deux chapitres qui précèdent et qui exposent le sujet des collectes et de la bienfaisance. Voyons quelques-uns des caractères des libéralités, dans leur esprit et dans leurs conséquences : Au chapitre 8. 3, les macédoniens ont donné spontanément ; au verset 5, ils se sont donnés premièrement au Seigneur (c’est se donner soi-même) ; au verset 7, en abondance ; le verset 12 insiste sur la promptitude et sur le principe du « selon ce qu’on a » ; au chapitre 9. 6, il s’agit de donner libéralement ; au verset 7, non à regret, ni par contrainte, mais joyeusement.

Les conséquences des libéralités pratiquées de la sorte pour répondre aux besoins des saints, sont, au verset 12, les actions de grâces rendues à Dieu de la part de celui qui reçoit ; au verset 13, la réalité de notre profession de vie chrétienne, rendue manifeste et des liens tissés entre les croyants ; au verset 14, les prières communes et l’affection fraternelle se développent ; et au verset 15, suprême conséquence, la louange et l’adoration : « Grâces à Dieu pour son don inexprimable ! »

Le petit geste en mettant de l’argent pour la collecte, a de l’importance devant Dieu.

En Philippiens 4. 18, l’apôtre Paul peut dire qu’il était dans l’abondance ; pourtant, les croyants de cette assemblée lui avaient envoyé un don. Il dit avec gratitude ce que c’était pour lui, mais surtout pour Dieu : « Un parfum de bonne odeur, un sacrifice acceptable, agréable à Dieu ». Dieu ne peut être que glorifié et heureux de ce que de ses enfants manifestent pratiquement qu’ils ont sa nature qui est amour, et qu’ils s’aiment pratiquement. Ce parfum s’élève vers lui.

Quand ce sujet des libéralités et des dons est abordé, peut survenir en nous une arrière-pensée : « Si je donne trop, cela va me manquer ; que vais-je devenir ? » Aussi l’apôtre ajoute aussitôt : « Mais mon Dieu suppléera à tous vos besoins selon ses richesses en gloire par le christ Jésus » (v. 19). Nous retrouvons Malachie 3. 10 avec les richesses de Dieu qui débordent en abondance. « Que votre conduite soit sans avarice, étant contents de ce que vous avez présentement ; car lui-même a dit : Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point ; en sorte que, pleins de confiance, nous disions : Le *Seigneur est mon aide et je ne craindrai point ; que me fera l’homme ? » (Héb. 13. 5 et 6). C’est le même encouragement et la même ressource.

Amatsia, roi de Juda, avait tenté de s’allier avec Israël. Un homme de Dieu lui est envoyé qui lui dit :

« Ô roi ! que l’armée d’Israël ne marche pas avec toi ; car l’Éternel n’est pas avec Israël… c’est en Dieu qu’est le pouvoir pour aider et pour faire tomber. Et Amatsia dit à l’homme de Dieu : Mais que faire quant aux cent talents que j’ai donnés à la troupe d’Israël ? Et l’homme de Dieu dit : Il appartient à l’Éternel de te donner beaucoup plus que cela » (2 Chron. 25. 5 à 13). C’est à retenir comme une devise, les jeunes, notamment, ayant à s’en servir ; car dans leur vie, ils auront, comme nous qui les précédons, des choix à faire : d’un côté, on va être « de perte » et d’un autre, on suit son intérêt.

La démarche de la foi dans un temps difficile pourrait conduire à un sentiment d’abattement, de découragement. À ce titre et sous cet aspect, le contexte de ce livre est triste.

« Éprouvez-moi par ce moyen, dit l’Éternel des armées, si je ne vous ouvre pas les écluses des cieux » (v. 10).

Cela nous fait penser à la veuve de Sarepta. Élie arrive vers elle dans une scène de tristesse. Elle n’a qu’un peu de farine et qu’un peu d’huile.

« … voici, je ramasse deux bûchettes, afin que j’entre, et que je prépare cela pour moi et mon fils ; puis nous le mangerons et nous mourrons » (1 Rois 17. 12). Le prophète, en communion avec Dieu, est un homme de foi. Il lui dit :

« … fais-moi premièrement de cela un petit gâteau, et après, tu en feras pour toi et pour ton fils » (v. 13). La femme pourrait dire : « Si le peu que j’ai, je te le donne, que va-t-il nous rester ?

Mais au v. 14, le prophète ajoute :

« … ainsi dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : Le pot de farine ne s’épuisera pas, et la cruche d’huile ne manquera pas ».

« Et elle s’en alla, et fit selon la parole d’Élie. Et elle mangea, elle, et lui, et sa maison, toute une année. Le pot de farine ne s’épuisa pas et la cruche d’huile ne manqua pas, selon la parole de l’Éternel » (v. 15 et 16). C’est une illustration de la démarche de la foi.

Nous sommes dans un temps comparable à celui de Malachie, où nous sommes tentés de regarder à ce qui nous manque, à ce qui ne va pas. Et nous ne sommes plus portés à donner. C’est le laisser-aller et l’égoïsme qui nous gagnent. On se referme sur soi. Qu’avons-nous à faire ? Nous craignons tant de choses pour ce qui nous concerne, oubliant la main souveraine de celui qui ne veut que donner. Mais il veut que nous lui apportions premièrement… Telle est la démarche qui doit être la nôtre. La farine ni l’huile ne manqueront !

Ne nous lassons pas. « Le peu » que Dieu nous a donné, donnons-le, quand nous sommes assemblés, mais aussi, individuellement, l’un à l’égard de l’autre. Continuons à donner. Nous aurons en retour de riches bénédictions. Dieu nous enverra tout ce dont nous craignons de manquer.

Le Nouveau Testament est riche sur ce sujet. Nous pensons à :

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! car vous payez la dîme de la menthe et de l’aneth et du cumin, et vous avez laissé les choses plus importantes de la loi, le jugement et la miséricorde et la fidélité ; il fallait faire ces choses-ci, et ne pas laisser celles-là » (Mat. 23. 23). Pour agir ainsi, nous avons à faire avec Dieu.

La veuve rencontrée dans le temple par le Seigneur avait peu de chose, mais elle a donné beaucoup. Les pharisiens et les scribes agissaient pour se montrer. Le sage équilibre que nous avons à maintenir, provient de notre communion avec Dieu, et non d’une règle.

Ce doit être lié à l’état spirituel de notre cœur. « Vous avez laissé les choses plus importantes de la loi ». Ananias et Sapphira avaient gardé une partie pour eux ; et pourtant, les croyants avaient toutes choses en commun.

C’est à réaliser comme le fruit d’une communion avec Dieu. Non pas pour notre satisfaction, mais pour l’honorer. La rétribution est là, mais ce n’est pas pour autant que nous le faisons.

Le Seigneur ne regardait pas combien on mettait dans le trésor, mais comment (Marc 12. 41). Ce qui compte pour lui, c’est la qualité de cœur qui est engagé dans ce que nous donnons et dans ce que nous faisons.

Nous avons pensé aux dons matériels, aux dons en argent. Mais nous avons aussi à songer au temps. Nous avons à donner du temps. Dieu nous donne du temps. Qu’en faisons-nous ?

Une femme âgée, catholique, disait « Chaque matin, je dis à Dieu : tu me donnes cette journée, eh bien ! qu’elle soit pour toi ». C’est une pensée qui, parfois, nous échappe.

Si les enfants de Dieu parlent de communion, c’est qu’ils ont une part en commun, Christ. Mais nous avons aussi du temps en partage, à passer ensemble. À Béthanie (cf. Luc 10. 38 à 42), les gens qui sont là, y compris le Seigneur, partagent du temps. Marie donnait de son temps, Marthe donnait de son temps, chacune à sa manière ; et le Seigneur aussi, ô combien !

Revenons encore sur les choix que, particulièrement les jeunes ont à faire. Ils auront, peut-être, un chemin qui se présentera devant eux avec des perspectives financières extrêmement intéressantes, mais, par exemple, une situation pour laquelle il faudra s’associer avec tel ou tel homme que, moralement ou spirituellement, il vaudrait mieux éviter. D’un autre côté, il y aura le chemin de la fidélité, qui fera passer en premier le Seigneur et l’assemblée. Et nous pensons à : « Si je t’oublie, ô Jérusalem, que ma droite s’oublie ! Que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens de toi, si je n’élève Jérusalem au-dessus de la première de mes joies ! » (Ps. 137. 5 et 6). Que nous ne perdions rien de ce qui est dû au Seigneur et à l’assemblée ! Que ce soit cela que nous fassions passer en premier dans nos choix ! Il appartiendra au Seigneur de nous donner beaucoup plus.

En ce qui concerne le don de notre argent, de notre travail ou de notre temps, nous pouvons nous demander combien et à qui. Pour le peuple, c’était clair : le dixième.

Un frère anglais disait : « Étant sous la grâce, nous ne devrions pas donner moins que la dîme, ce qui serait une disgrâce », utilisant une sorte de jeu de mots difficile à traduire.

« Je vous ai montré en toutes choses, qu’en travaillant ainsi il nous faut secourir les faibles, et nous souvenir des paroles du seigneur Jésus, qui lui-même a dit : Il est plus heureux de donner que de recevoir » (Act. 20. 35).

À qui ? à Dieu, au Seigneur, à l’œuvre du Seigneur, aux serviteurs du Seigneur. La dîme était pour eux, comme nous l’avons vu. Nombres 18, antérieur au Deutéronome, est peut-être plus précis encore :

« … j’ai donné pour héritage aux Lévites les dîmes des fils d’Israël, qu’ils offrent à l’Éternel en offrande élevée… » (v. 24). Ainsi, la dîme leur revenait afin qu’ils fassent le service pour le peuple et pour Dieu, et qu’ils tirent « la dîme de la dîme », offerte par eux en offrande élevée à l’Éternel (cf. v. 26).

Le don va donc au Seigneur et à ses serviteurs. La bienfaisance s’exerce par le moyen de la collecte, mais aussi individuellement. Nous éprouvons un grand exercice pour la réaliser et bien souvent, on ne sait comment faire.

Les serviteurs du Seigneur, comme les Lévites, dépendent du Seigneur pour qu’il soit pourvu à leurs besoins. Nous avons à penser à leurs besoins matériels.

Un « badge » existe portant cette inscription : « Prends du temps pour Dieu ». Dans notre vie de tous les jours, Satan et le monde nous volent du temps.

Ceux qui sont dans la vie professionnelle savent qu’il y a lieu d’ajouter des « bouts de temps » les uns aux autres pour avoir un peu de temps pour le Seigneur. Un traité s’intitule : « Une heure avec Jésus » qui fait allusion à ce qu’il a dit à Pierre : « Tu n’as pu veiller une heure ? » (Marc 14. 37). Il est bien difficile de disposer d’une heure… On peut se lever plus tôt, ou se coucher plus tard – mais, dans la journée, c’est difficile.

Notre cœur doit être tourné vers lui et nous avons à nous contenter, bien souvent, de dix minutes par ci par là pour prier, méditer et revenir sur ce qu’il nous a donné, En retour, les bénédictions, « les écluses des cieux ».

D’autre part, dans le verset 11 , il y a sa protection :

« Et je tancerai en votre faveur celui qui dévore, afin qu’il ne détruise pas le fruit du sol, et que, pour vous, la vigne ne soit pas stérile, dans la campagne… ». Le monde nous agresse et peut détourner nos pensées ; mais Dieu va nous protéger. Et aussi, dans la vie d’assemblée. Les conséquences sont « le fruit du sol », une nourriture et la joie dont la vigne nous fournit une image, et encore :

« Toutes les nations vous diront bienheureux, car vous serez un pays de délices… » (v. 12), ce qui correspond au témoignage : montrer, sans le chercher, mais en le vivant, que nous sommes au Seigneur. Ainsi, des gens pourront voir des croyants qui, par leur paix, les attireront. Mais si nous sommes tourmentés et loin du Seigneur, cela se verra aussi et les repoussera.

La bénédiction proposée par l’Éternel a un caractère mentionné au verset 10 :

« … jusqu’à ce qu’il n’y ait plus assez de place (ou cf. note : jusqu’à ce qu’il y ait surabondance) ». Israël avait la loi qu’il était tenu d’accomplir. En retour, l’Éternel avait promis des bénédictions.

« … j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives… » (Deut. 30. 19).

Le chapitre 8 de 2 Corinthiens nous montre que les macédoniens jouissaient de la grâce. Dieu désire que nous bénéficiions de cette grâce qui est surabondante. Nous avons été rachetés à prix, un prix qui a une valeur infinie et nous bénéficions d’une grâce qui n’est pas à notre mesure, mais à la hauteur de l’infini de ce prix. La grâce divine n’est pas limitée, mais surabondante :

« … là où le péché abondait, la grâce a surabondé » (Rom. 5. 20).

« … étant animés d’une ardente affection envers vous, à cause de la surabondante grâce de Dieu qui repose sur vous » (2 Cor. 9. 14).

Quel est le moyen pour en bénéficier ? Par la connaissance du grand salut qui nous a été donné, mais, par reconnaissance, avec un cœur engagé (« ils se sont donnés premièrement eux-mêmes au Seigneur, et puis à nous, par la volonté de Dieu » (2 Cor. 8. 5).

Si Israël était tenu à l’obéissance, nous aussi, mais en grâce. Nous ne sommes plus esclaves, mais des serviteurs, appelés « mes amis » par le seigneur Jésus. Dieu n’exige rien, mais il donne. Qu’il y ait en nous quelque chose pour lui ! conscients de l’infini de la grâce, n’oubliant pas les souffrances de Christ, ni son sacrifice. La jouissance de la grâce réchauffe et ranime nos cœurs.

Les macédoniens avaient donné spontanément, selon leur pouvoir et même au-delà, à cause du cœur. Nos dons sont à la mesure de nos affections.

« Vos paroles ont été fortes contre moi, dit l’Éternel » (v. 13). Il s’adresse à ceux dont le raisonnement découle d’un principe contraire à ce qui vient d’être souligné : « Si je donne cela, il me faut autant en retour ». Mais le Seigneur dit dans une parabole :

« Quand tu fais un dîner… n’appelle pas tes amis… ni de riches voisins… de peur que la pareille ne te soit rendue. Mais quand tu fais un festin, convie les pauvres… car ils n’ont pas de quoi te rendre la pareille… » (Luc 14. 12 à 14).

Ce que blâme l’Éternel, est aussi ce raisonnement consistant à dire : « Nous avons fait telle et telle chose, et ceux-ci qui n’ont rien fait, prospèrent ». C’est un peu la plainte d’Asaph, psalmiste du Psaume 73, quoique celui-ci ne s’arrête pas là, car il entre dans les sanctuaires de Dieu, y comprenant que les méchants auront leur rétribution au moment voulu de Dieu.

Pour ceux qui craignent l’Éternel, un livre de souvenir est écrit : la récompense ne sera pas immédiate, du moins pas forcément. Dieu a écouté. Ce livre de souvenir a été écrit devant lui.

L’Éternel a dit : « Vous serez un pays de délices » (v. 12). Ce pays est Éden, dans lequel, sans effort à fournir, la bénédiction divine était immédiate et continuelle. Et c’est ce qui se passera durant le millénium. Nous avons à attendre le moment choisi par Dieu, moment où « Vous serez un pays de délices » dans la mesure où obéissance et crainte sont réalisées, à la différence de ceux qui, orgueilleux, bravent l’Éternel.

Ce principe est fondamental. Qui n’a eu cette pensée : « C’est en vain qu’on sert Dieu », étant fidèle sans en voir les fruits ?

Les Israélites, au temps de Malachie, regardaient autour d’eux, aux circonstances, voyant la prospérité des méchants. Ils ne voyaient que le mal, et que ce mal n’était pas sanctionné, tirant de cette situation des conclusions pour eux-mêmes : « Il est inutile de bien faire ».

L’apôtre Paul pouvait dire :

« Or je me suis grandement réjoui dans le Seigneur de ce que maintenant enfin vous avez fait revivre votre pensée pour moi, quoique vous y ayez bien aussi pensé, mais l’occasion vous manquait ; non que je parle ayant égard à des privations, car, moi, j’ai appris à être content en moi-même dans les circonstances où je me trouve. Je sais être abaissé, je sais aussi être dans l’abondance ; en toutes choses et à tous égards, je suis enseigné aussi bien à être rassasié qu’à avoir faim, aussi bien à être dans l’abondance qu’à être dans les privations. Je puis toutes choses en celui qui me fortifie. Néanmoins vous avez bien fait de prendre part à mon affliction » (Phil. 4. 10 à 14).

1) Premier point : « J’ai appris à être content en moi-même dans les circonstances où je me trouve ». La source de notre joie est dans la communion avec le Seigneur. Ce n’est pas autour de nous que nous pouvons la trouver.

2) Deuxième point : « Je puis toutes choses en celui qui me fortifie ». Nous avons à faire avec une personne vivante, à la réalité de la présence du Seigneur en nous et au milieu de nous, secret fondamental pour devenir comme l’apôtre, quelles que soient les circonstances.

Et on éprouvera comme lui l’a éprouvé à la fin de sa course et lors de son deuxième emprisonnement, alors qu’il était tout seul et que les circonstances adverses étaient bien propres à lui suggérer qu’il avait servi pour rien, on éprouvera donc que :

« … le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié… » (2 Tim. 4. 17).

Nous retrouvons le Psaume 73 et la leçon apprise par Asaph dans les sanctuaires de Dieu : la fin des méchants est dans les tourments éternels. C’est là, dans le sanctuaire, que nous connaîtrons le secret de la pensée de Dieu à l’égard de ce dont nous avons besoin pour être heureux malgré tout.

« Vos paroles ont été fortes contre moi », et l’Éternel les cite. Elles revenaient à dire : « Dieu n’est pas juste ».

Aujourd’hui, la question peut se poser : « Vaut-il la peine d’engager sa vie pour le Seigneur ? ». Quand on a un peu vieilli, on peut dire au contraire qu’on regrette de ne pas l’avoir fait davantage. Ce n’est jamais en vain :

« … Dieu n’est pas injuste pour oublier votre œuvre et l’amour que vous avez montré pour son nom, ayant servi les saints et les servant encore » (Héb. 6. 10). Ces croyants étaient peut-être un peu découragés à cause de toutes leurs épreuves ; mais Dieu n’oublie pas : un livre de souvenir est écrit.

À la fin du chapitre 15 de 1 Corinthiens, chapitre qui traite de la résurrection :

« … sachant que votre travail n’est pas vain dans le Seigneur » (v. 58), vérité que nous avons à considérer dans la perspective du jour où nous serons avec lui, par rapport avec la résurrection. Ce verset 58 commence par :

« … mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, abondant toujours dans l’œuvre du Seigneur », peut-être, semble dire l’apôtre, des choses viennent-elles vous troubler, vous décourager ; soyez fermes ; votre travail n’est pas vain dans le Seigneur…

Ce qui est vain, c’est le temps perdu. À la fin de sa vie, un serviteur, mort pratiquement à l’œuvre, disait : « Je me suis beaucoup fatigué en te servant, mais je ne me suis pas lassé de le faire ».

« Tel disperse, et augmente encore ; et tel retient plus qu’il ne faut, mais n’en a que disette. L’âme qui bénit sera engraissée, et celui qui arrose sera lui-même arrosé » (Prov. 11. 24 et 25). Il s’agit d’une récompense présente. Les récompenses dans la Parole sont généralement futures, ainsi que nous l’avons remarqué ; mais il en est aussi de présentes.

Le Seigneur sait que nous en avons besoin, non pas pour nous faire avancer, car la récompense n’est pas le motif de l’activité, mais l’amour, l’affection, l’engagement du cœur. Le Seigneur sait que nous avons besoin d’une récompense pour nous stimuler quand nous sommes fatigués.

Tout à l’heure, nous nous posions la question du « combien » avons-nous à donner. Dans l’Ancien Testament, c’était le dixième. En 1 Corinthiens 16, c’est selon ce que chacun aura prospéré : ici, il n’y a pas de proportionnalité : disperser est à la limite du gaspillage pourrait-on dire.

« Gaspiller » du temps, des forces, des moyens financiers, ce que Dieu nous donne. En fait, ce n’est pas du gaspillage, mais disperser. Il disperse et il augmente encore ! C’est la récompense immédiate, celle de Malachie 3. L’âme sera engraissée et arrosée. Ce sont des choses que l’on éprouve dans le chemin et qui rejoignent ce que nous avons vu en Philippiens 4.

« Et toutes les nations vous diront bienheureux » est en opposition avec le verset 15 : « Nous tenons pour heureux les orgueilleux ». Mais il est une autre pensée à ce sujet. Léa, femme de Jacob, quand son deuxième fils est né, l’appela Aser, « pour mon bonheur ! car les filles me diront bienheureuse » (Gen. 30. 13). Jacob dira d’Aser :

« D’Aser viendra le pain excellent ; et lui, il fournira les délices royales » (Gen. 49. 20). Il y a une relation entre ce pain, ces délices royales, rien moins que la personne de Christ, et notre verset 12 où ce bonheur est aussi en relation avec Christ lui-même, les gloires de sa personne, les délices que Dieu a trouvées en lui.

Le langage des méchants est d’appeler heureux, ceux qui sont orgueilleux. Ce sont des paroles dures, fortes, injustes, rappelant la fin du chapitre 2 de notre livre :

« … vous dites : Quiconque fait le mal est bon aux yeux de Dieu, et c’est en eux qu’il prend plaisir – ou bien : Où est le Dieu de jugement ? » (2. 17). Les versets 16 et 17 du chapitre 3 sont en complète opposition avec ces propos.

Le Saint Esprit est présent dans chaque croyant, afin de nous conduire dans toute la vérité, prenant des choses de Christ pour nous les annoncer. C’est Christ dont nous avons besoin, avant tout.

« L’Esprit qui demeure en nous, désire-t-il avec envie ? Mais il donne une plus grande grâce » (Jac. 4. 5 et 6). Nos cœurs peuvent être paisibles, satisfaits, heureux du don inexprimable que Dieu nous a fait.

En 2 Rois 4, Élisée est en présence d’une pauvre veuve. Elle n’a qu’un peu d’huile, figure du Saint Esprit. Il lui dit :

« Va, demande pour toi, du dehors, des vases à tous tes voisins, des vases vides (n’en demande pas peu)… verse dans tous ces vases… (ses fils) lui apportaient les vases, et elle versait. Et il arriva, quand les vases furent remplis, elle dit à son fils : Apporte-moi encore un vase. Et il lui dit : Il n’y a plus de vase. Et l’huile s’arrêta » (v. 3 à 6). Ils ont été remplis par Dieu lui-même. La mesure était la foi de cette femme.

N’est-ce pas un exemple touchant ? Il nous parle. Dieu veut bénir. Sommes-nous prêts à recevoir cette bénédiction ? La désirons-nous ? Que le Seigneur nous accorde d’avoir des cœurs ouverts et vides, car il veut et peut les remplir dans son amour infini !

Promesses : « Je reviendrai à vous » (v. 7), « si je ne vous ouvre pas les écluses des cieux » (v. 10), « ils seront à moi, mon trésor particulier » (v. 17), vous sortirez, et vous prospérerez » (4. 2).

Trois impératifs : « Revenez à moi » (v. 7), « apportez » (v. 10), et « craignez » (4. 2). Ils sont à retenir comme conditions de ces bénédictions.

Au verset 14, les Israélites incrédules cherchent le profit :

« et quel profit y a-t-il à ce que nous fassions l’acquit de la charge qu’il nous a confiée… ? » L’Éternel avait confié une charge à son peuple, celle d’être un témoignage au milieu des nations. À Timothée, Paul disait :

« … garde ce qui t’a été confié » (1 Tim. 6. 20). Que le Seigneur nous l’accorde !

« Alors ceux qui craignent l’Éternel ont parlé l’un à l’autre… » (v. 16). Au milieu de l’ensemble qui ne craint pas, il y a ceux qui craignent l’Éternel. Le secret pour garder ce qui nous est confié, pour faire le service du Seigneur, pour vivre la vie chrétienne telle que le Seigneur attend que nous la vivions, pour vivre ensemble, le secret est la vraie crainte de Dieu : chercher à lui plaire.

« Ils ont parlé » : d’un côté, la crainte de Dieu se traduisant par une communion avec lui ; de l’autre, la communion l’un avec l’autre et les uns avec les autres, comme ayant quelque chose en partage. Et il n’est pas écrit qu’ils ont parlé l’un de l’autre.

Nous allons trouver un tout autre état d’esprit :

« Et toi, fils d’homme, les fils de ton peuple parlent contre toi auprès des murs et aux entrées des maisons , et ils parlent l’un avec l’autre, chacun avec son frère, disant : Venez donc, et écoutez quelle est la parole qui est sortie de la part de l’Éternel. Et ils viennent vers toi comme vient un peuple, et ils s’asseyent devant toi comme étant mon peuple ; et ils entendent tes paroles, mais ils ne les pratiquent pas car de leur bouche ils disent des choses agréables , mais leur cœur va après leur gain déshonnête. Et voici, tu es pour eux comme un chant agréable, et quelqu’un qui joue bien ; et ils entendent tes paroles, mais ils ne les pratiquent nullement » (Éz. 33. 30 à 32). Ce qui caractérise ces gens, c’est qu’ils n’ont pas du tout l’intention d’obéir à la Parole de Dieu. La conséquence en est qu’ils passent du temps à « parler contre… », contre le prophète.

Ce qui caractérise ceux qui craignent l’Éternel, c’est qu’ils ont le désir d’obéir au Seigneur. En conséquence, les communications entre eux sont pour se fortifier les uns les autres. L’Éternel a été attentif. Il a entendu. Ce que nous faisons, ce que nous disons, tous les jours, le Seigneur le voit et l’entend. Cela doit nous rendre sérieux quant à nos paroles et quant à ce que nous colportons.

D’un autre côté, cela doit nous aider à toujours nous placer dans la lumière :

« Mon fils, si ton cœur est sage, mon cœur s’en réjouira, oui, moi-même, et mes reins s’égayeront quand tes lèvres diront des choses droites » (Prov. 23. 15). Cette sorte de paroles plaît à Dieu. Elles sont inscrites dans son livre de souvenir pour ceux qui craignent l’Éternel et qui pensent à son nom.

« Et ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l’Éternel des armées, au jour que je ferai ; et je les épargnerai comme un homme épargne son fils qui le sert ». Ce verset 17 exprime la conséquence, la communion entre ceux-là et l’Éternel.

Ils constituent un petit groupe, un résidu. En Romains 11, l’apôtre dira :

« Ainsi donc, au temps actuel aussi, il y a un résidu selon l’élection de la grâce » (v. 5). À ceux qui désiraient être fidèles, le Seigneur a offert la porte du salut. Par la grâce, ils sont sauvés et ajoutés à l’assemblée.

En rapport avec l’histoire d’Israël, il y a là une continuité qui touche nos cœurs. Ces quelques juifs qui connaissent le salut et font partie de l’assemblée, à leur tour, peuvent parler l’un à l’autre. Ils constituent une preuve de la continuité des pensées de Dieu en ce qu’il a réservé en grâce un résidu, malgré des temps difficiles, malgré le rejet du Seigneur. Sa grâce les a réunis, les mettant ensemble pour qu’ils s’entretiennent ensemble.

C’est un bien grand privilège que de pouvoir parler l’un à l’autre du Seigneur lui-même. Dans la lettre à Philadelphie, se trouvent des pensées comparables. Leurs noms sont écrits dans le livre de vie. Dieu se souvient de ce qui est lié à la fidélité de ceux qui n’ont pas renié le nom du Seigneur et qui ont gardé sa Parole.

Avant que le temps fût, dans le ciel, était « le rouleau du livre ». Les pensées et le propos de Dieu y étaient inscrits. Son propos à l’égard de son Fils et à l’égard de sa créature :

« Il est écrit de moi dans le rouleau du livre » (Ps. 40. 7 et Héb.10. 7).

Ensuite, il y a eu « le livre de vie » dont parle déjà Moïse en Exode 32. 33, avant Philippiens 4. 3 et Apocalypse 20. 15.

Il y eu « le livre des guerres de l’Éternel » (cf. Nomb. 21. 14).

Il y a aussi celui où il écrit nos larmes (Ps. 56. 8). On n’écrit pas des larmes, mais pourquoi elles ont coulé, leur motif. Les larmes d’un Pierre, celles de Christ sur la terre, et tant d’autres, celles que nous avons versées les uns et les autres. Elles sont dans les vaisseaux de Dieu et inscrites dans son livre.

Il y en a d’autres ; on peut en compter sept, en tout, sauf erreur. On pourrait dire que Dieu a une véritable « bibliothèque » devant lui. Mais parmi tous ces livres, se trouve celui du souvenir auquel nous aimons à faire référence. Celui qui est attentif, qui écoute ce qui se dit dans l’obscurité, dans l’intimité, à deux ou trois ; Dieu le sait, le Seigneur le sait ; et ce n’est pas perdu : il l’écrit dans son livre.

N’est-ce pas merveilleux de penser que, dans le ciel, se trouve devant Dieu, une telle collection de livres ? Lequel est le plus beau ? Le rouleau du livre, le livre de vie, celui où sont placées les larmes, ou le livre de souvenir ? Que nous pensions davantage, pour notre consolation, à ce qui est ainsi, en permanence et pour l’éternité, devant notre Dieu et devant notre Sauveur et Seigneur Jésus Christ !

« Que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés. Personne n’a un plus grand amour que celui-ci, qu’il laisse sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis, si vous faites tout ce que moi je vous commande. Je ne vous appelle plus esclaves, car l’esclave ne sait pas ce que son martre fait ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai ouï de mon Père. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai choisis et qui vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure ; afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. Je vous commande ces choses, c’est que vous vous aimiez les uns les autres » (Jean 15. 12 à 17).

Tu nous aimes, Seigneur, comme t’aime le Père ;

Ton amour tout-puissant couvre notre misère

Et soutient notre faible cœur.

Tu l’as offert, Jésus, le sang qui purifie.

Oui, par amour pour nous, tu quittas cette vie,

Que par amour tu pris, Seigneur !

Et près de la quitter, à cette heure suprême,

Tu nous dis : Aimez-vous, comme moi je vous aime.

Donne-nous d’aimer comme toi.

Afin que dans les tiens le monde reconnaisse

Ta vie et ton amour, accorde-nous sans cesse

De te contempler par la foi !

Hymnes et Cantiques n°104.

D’après Étude régionale de l’assemblée à Pau