BERACA 80 : LE ROI SALOMON

« (Salomon) Il fit un autel de bronze long de vingt coudées, et large de vingt coudées et haut de dix coudées » (2 Chron. 4. 1). Il y des différences et des ressemblances entre l’autel de bronze du désert et celui qui a été bâti dans le pays ; entre la cuve de bronze transportée et « la mer de fonte (bronze) » à Jérusalem qui, elle aussi, était une cuve.

La différence entre les deux autels : Celui du désert a des barres pour le transporter, celui qui fut bâti dans le pays reste stable au même endroit.Pour le désert, selon les dimensions données à Moïse, l’autel a cinq coudées de long, cinq coudées de large et trois coudées de haut (voir : Ex. 27. 1).

Ce qui a été montré à David et exécuté par Salomon multiplie la largeur et la longueur par quatre. Fait remarquable, la largeur et la longueur sont identiques à celles de l’oracle dans le temple. Cela nous montre que les gloires du lieu très-saint correspondent à la grandeur et à la perfection du sacrifice de Christ représenté par l’autel. Quant à la hauteur de l’oracle, elle est le double de celle de l’autel. Notre Seigneur Jésus Christ s’est abaissé Lui-même jusqu’à la mort de la croix, aussi « Dieu l’a élevé très haut » et « a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié » (Phil. 2. 9 ; Act. 2. 36).

Un cantique exprime cette pensée :

Si ton Dieu, juste et saint, à cette heure suprême,

se détourna de toi, le Fils de son amour,

Ton front, meurtri jadis, porte le diadème,

où resplendit sa gloire au céleste séjour.

Hymnes et Cantiques n°11 strophe 4

Leur ressemblance : Les deux autels sont de bronze. Nous savons que le bronze est un alliage de deux métaux qui, fondus ensemble, donnent un métal pouvant supporter une chaleur intense. En image, l’intensité du feu sur l’autel pour consumer les victimes nous montre quelles souffrances notre Seigneur a endurées. Lui, le saint et le juste, s’est chargé de nos péchés et fut abandonné de Dieu dans les ténèbres de Golgotha. Il s’est alors écrié « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mat. 27. 46).

La cuve de bronze, la mer de métal coulé et leurs dimensions : Pour « la cuve » nous ne trouvons pas de dimensions. Quant à la mer de métal coulé, elle « était de dix coudées d’un bord à l’autre bord, à pourtour circulaire, et haute de cinq coudées ; et un cordon de trente coudées l’entourait tout autour. Au-dessous d’elle, l’environnant tout autour, des bœufs étaient représentés, dix par coudée, entourant la mer tout autour, deux rangs de bœufs coulés en une seule pièce avec elle. Elle était posée sur douze bœufs, trois tournés vers le nord, trois tournés vers l’ouest, trois tournés vers le sud et trois tournés vers l’est ; la mer était sur eux, par-dessus ; et toute la partie arrière de leur corps était vers l’intérieur. Son épaisseur était d’une paume, et son bord était travaillé comme le bord d’une coupe, en fleurs de lis : elle pouvait contenir trois mille baths. Il fit aussi dix cuves, et en plaça cinq à droite et cinq à gauche, pour laver : … on y lavait ce qu’on préparait pour l’holocauste, tandis que la mer était pour les sacrificateurs, pour s’y laver » (2 Chron. 4. 2 à 6 ; 1 Rois 7. 23).

Leur ressemblance : La cuve de bronze fut placée par Moïse « entre la tente d’assignation et l’autel, il y mit de l’eau pour se laver » (Ex. 38. 8 et 40). La mer de fonte « était pour les sacrificateurs, pour s’y laver ». Elle fut posée, elle aussi, entre l’autel et « la maison », c’est-à-dire le temple. Toutes deux étaient remplies d’eau. Leur importance était capitale en ce que les sacrificateurs devaient s’y laver. Premièrement, il fallait passer devant l’autel où étaient offerts l’holocauste et la graisse des sacrifices pour les péchés. Tous ceux qui sont devenus enfants de Dieu, dès la glorification du Seigneur Jésus et la descente du Saint Esprit, sont au bénéfice du sang de la nouvelle alliance, « versé pour un grand nombre en rémission de péchés » (Mat. 26. 28). Le premier mouvement relatif à la nouvelle naissance est de se reconnaître pécheur et d’accepter que Christ soit mort pour nos péchés, Lui, « le Juste pour des injustes » (1 Pier. 3. 18).

« Celui qui nous aime, … nous a faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père » (Apoc. 1. 6). Pour assumer le service de sacrificateur et d’adorateur, il est impératif de passer à la cuve, qui parle du « lavage d’eau par la Parole » (Éph. 5. 26). Avant d’instituer la cène, notre Seigneur s’est ceint d’un linge et a lavé les pieds de ses disciples. À Pierre récalcitrant, il dit : « Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi » (Jean 13. 8). La communion avec le Seigneur ne peut être entretenue que par l’efficace de sa Parole lue et méditée sous l’action du Saint Esprit. La participation à la table du Seigneur nécessite de s’être examiné à la lumière de la Parole de Dieu (1 Cor. 11. 28).

Les douze bœufs sur lesquels était posée « la mer » symbolisent la fermeté et la patience de Dieu dans ses voies ; le bœuf est l’un des quatre animaux qui forment les attributs du trône gouvernemental et judiciaire de Dieu (Apoc. 4. 7). Le lion représente la force et la puissance ; le veau (bœuf), la fermeté, la patience ; la face d’un homme, l’intelligence, et l’aigle volant, la rapidité. Les bœufs regardaient dans les quatre directions. Rien n’échappera au jugement de Dieu et, « s’il est patient…, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3. 9), le jour vient en lequel « il doit juger en justice la terre habitée, par l’Homme qu’il a destiné à cela, ce dont il a donné une preuve certaine à tous, en le ressuscitant d’entre les morts » (Act. 17. 31).

Nous pouvons aussi y voir la fermeté que nous avons à exercer, dans toutes les directions, pour résister aux influences de ce monde et préserver la pureté de notre marche. Le psalmiste a écrit : « Je laverai mes mains dans l’innocence, et je ferai le tour de ton autel, ô Éternel ! Pour entonner la louange, et pour raconter toutes tes merveilles » (Ps. 26. 6 et 7) ; et l’apôtre inspiré : « Bien-aimés, purifions-nous nous-mêmes de toute souillure de chair et d’esprit, achevant la sainteté dans la crainte de Dieu » (2 Cor. 7. 1). Dans le ciel, il n’y aura plus besoin d’une cuve ou d’une mer pour s’y laver, car devant le trône, il y aura « comme une mer de verre, semblable à du cristal », image d’une stabilité parfaite. Et là, ceux qui auront « remporté la victoire sur la Bête, sur son image et sur le nombre de son nom. Ils [se tiendront] debout sur la mer de verre, avec des harpes de Dieu » (Apoc. 4. 6 ; 5. 8 et 9 ; 15. 2). Le service de la louange sera parfait.