BERACA 78 : LE ROI SALOMON

Salomon a conscience de la position dans laquelle le Dieu d’Israël l’a placé, et de la grande responsabilité qui repose sur ses épaules. Il a demandé à l’Éternel la sagesse et la connaissance, pour sortir et entrer devant le peuple ; « car qui jugera ton peuple qui est si grand ? » (2 Chron. 1. 10). Il se souvient aussi des paroles de son père David lorsque, au terme de sa vie, il s’adressait à l’Éternel devant tout le peuple par ces mots : « Et qui suis-je, et qui est mon peuple, que nous ayons le pouvoir d’offrir ainsi volontairement ? car tout vient de toi ; et ce qui vient de ta main, nous te le donnons » (1 Chron. 29. 14). Dans la lettre qu’il fait parvenir à Hiram, Salomon emploie les mêmes expressions qui furent dans la bouche de son père : « La maison que je bâtis sera grande, car notre Dieu est grand au-dessus de tous les dieux. Qui a le pouvoir de lui bâtir une maison car les cieux, et les cieux des cieux, ne peuvent le contenir ? Et qui suis-je, moi, pour lui bâtir une maison ? » (2 Chron. 2. 5 et 6).

Ce sont les deux seules fois que nous retrouvons ce « qui suis-je » dans les Écritures. Oui, qui sommes-nous, comparés à notre Dieu éternel, créateur et rédempteur ? Des vermisseaux ! comme il est dit de Jacob : « Ne crains pas, toi Jacob, vermisseau ! et vous, hommes d’Israël ! Moi je t’aiderai – dit l’Éternel – [moi] ton rédempteur, le Saint d’Israël » (És. 41. 14). Tout est grâce ! Si nous ne sommes rien par naissance, nous sommes tout par la nouvelle naissance, en vertu de la grâce de Dieu : « Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés » (Rom. 8. 30). Le fait que Salomon emploie les mêmes termes que son père nous montre combien l’exemple d’un père a d’impact sur son ou ses fils. Il en est de même pour les mères ; nous en retrouvons plusieurs exemples, positifs mais aussi négatifs, dans la Parole de Dieu : Ayons cela à cœur !

Précédemment, nous avons vu tout le travail, pendant sept ans, pour la construction du temple : La carrière où sont préparées les pierres, transportées une à une à l’édifice, préfigurant la maison de Dieu qui est l’Église, bâtie par notre Seigneur pour « être une habitation de Dieu par l’Esprit » (Éph. 2. 22). Jésus a aussi parlé du temple comme étant sa propre personne : « Détruisez ce temple, dit-il, et en trois jours je le relèverai ». Il était ici-bas le temple dans lequel le Père demeurait (Jean 14. 10). Si les hommes ont voulu Le détruire, le troisième jour, Il s’est relevé de Lui-même, « d’entre les morts » (Jean 10. 18). L’apôtre Pierre présente le Seigneur aux Juifs en proclamant que Dieu L’a ressuscité, « ayant délié les douleurs de la mort, puisqu’il n’était pas possible qu’il soit retenu par elle. Car David dit de lui : « … tu ne laisseras pas mon âme en hadès, et tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption » (Act. 2. 24 à 27 ; Ps. 16. 10).

Le tabernacle dressé par Moïse dans le désert, et le temple, présentent Christ et les saints en Christ. Ce temple a été construit pour accueillir « l’arche de l’alliance du Seigneur de toute la terre » (Jos. 3. 11). Cette arche, de bois de sittim, entièrement recouverte d’or à l’intérieur comme à l’extérieur, montrait par avance la parfaite humanité du Seigneur (le bois de sittim) et sa divinité (l’or). Elle contenait « les deux tables du témoignage, tables de pierre, écrites du doigt de Dieu » (Ex. 31. 18). Personne d’autre que Lui ne pouvait dire : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au-dedans de mes entrailles » (Ps. 40. 9). Si les ais (planches) formant le tabernacle étaient de bois de sittim et recouvertes d’or, les murs du temple, en pierres taillées, et revêtus à l’intérieur de planches de cèdre couvertes d’or, font penser aux croyants nés de nouveau, pierres vivantes, sauvés par la grâce et par la foi. Ils sont « revêtus des vêtements du salut, [et] couverts de la robe de la justice », cette justice divine (És. 61. 10).

Les planches de bois de sittim ou de cèdre évoquent la vie de Christ dans les rachetés : « Christ vit en moi » a écrit l’apôtre inspiré (Gal. 2. 20) ; l’or recouvrant les planches représente la justice qui vient de Dieu. Les croyants, rachetés par le sang précieux de Christ, sont « justifiés gratuitement par sa grâce » (Rom. 3. 24). Les bois de sittim ou de cèdre ont la particularité de ne pas pourrir. Nous avons reçu une vie impérissable car Jésus a dit : « quiconque vit et croit en moi, ne mourra pas, à jamais » (Jean 11. 26). Lorsque David a écrit : « Éternel ! j’ai aimé la maison où tu habites, et le lieu de la demeure de ta gloire » (Ps. 26. 8), il parlait certainement de la présence de l’arche, car sans l’arche, qu’auraient été le tabernacle ou le temple ? Sans la vie de Christ dans un être humain, qu’est-il, sinon une vapeur qui paraît et disparaît ? Mais par Christ il reçoit la vie éternelle et parce que Jésus vit, nous vivons et vivrons à toujours !

Voici ce qu’un frère a écrit au sujet du temple : « Si, d’une manière générale, le temple est Christ, toutes ses parties nous le présentent sous autant de caractères divers. L’arche avec la loi dans ses entrailles, le propitiatoire sur l’arche, le voile, tous les ustensiles du lieu saint et du parvis, jusqu’aux parois et aux fondements de l’édifice, tout, absolument tout, comme dans le tabernacle au désert, nous parle de Lui. Tout nous présente ses gloires, l’efficace de son œuvre, la lumière de son Esprit, le parfum de son nom, la valeur de son sang, la pureté, la sainteté, la gloire de sa personne. Quelque part que nous nous tournions, quelque objet que notre œil contemple, dans ce merveilleux édifice, toujours nous y retrouvons les perfections de Celui dans lequel le Père trouve tout son plaisir et dans lequel il s’est manifesté à nous. Si nous entrons dans la maison du Père, c’est pour y trouver la manifestation parfaite de tout ce qu’il est, dans la personne de son Fils » (H.R.).

« … et la onzième année, au mois de Bul, qui est le huitième mois, la maison fut achevée dans toutes ses parties et selon toute son ordonnance. Salomon la bâtit en sept ans » (1 Rois 6. 38). « Il dressa les colonnes près du portique du temple ; et il dressa la colonne de droite, et lui donna pour nom Jakin ; et il dressa la colonne de gauche, et lui donna pour nom Boaz. Au sommet des colonnes, il y avait un ouvrage de lis. Ainsi l’ouvrage des colonnes fut achevé » (1 Rois 7. 21 et 22 ; 2 Chron. 3. 17). Ces deux colonnes, par leur nom, anticipent l’établissement du règne glorieux de Christ ; Jakin signifie : Il établira et affermira ; Boaz : en Lui est la force.

« Ainsi fut achevé tout l’ouvrage que le roi Salomon fit pour la maison de l’Éternel. Et Salomon apporta les choses saintes de David son père, l’argent, et l’or, et les ustensiles : il les mit dans les trésors de la maison de l’Éternel » (1 Rois 7. 51). Il est vraiment intéressant de méditer sur tous les objets liés au temple ; que ce soit l’arche et les deux chérubins, ou le voile, ou encore l’autel et la mer d’airain, etc. Nous pourrons nous y arrêter dans un prochain article.

Salomon a construit quatre édifices : en premier, le temple avec ses chambres, image de la maison du Père en laquelle il y a des demeures pour plusieurs, et où nous serons bientôt introduits (Jean 14. 2). En deuxième, sa propre maison, image de la maison du Fils qui fait penser à l’Église, comme cela est montré en Hébreux 3. 6 : « … Christ, comme Fils, sur sa maison ; et nous sommes sa maison ». Troisièmement, la maison de la forêt du Liban, qui montre les relations futures du Seigneur avec Israël, car c’est là qu’il y avait « le trône où [Salomon] jugeait : Christ établira et soutiendra son royaume « en jugement et en justice » (1 Rois 7. 7 ; Ps. 122. 3 à 5). Quatrièmement, une maison pour sa femme égyptienne, montrant les relations de Christ avec les nations, dans le règne millénaire à venir (voir : Ésaïe 2. 2 à 4).