
Un jeune homme se rendait un dimanche soir à une fête mondaine lorsqu’il fut accosté par quelqu’un qui lui mit dans la main une carte imprimée. Il la prit et, à la lumière d’un lampadaire, il lut : Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige (És. 1. 18). Jetant la carte loin de lui, il continua son chemin. Dans tous les cas cela ne peut s’appliquer à moi, se dit-il, puisque je ne crois rien de ces choses.
Mais ces mots lui revenaient sans cesse à l’esprit, il ne pouvait s’en débarrasser. Ah ! maudites paroles !… Des péchés !… Mais je ne crois ni à Dieu, ni même à une existence après cette vie ; quel besoin ai-je donc que mes péchés deviennent blancs puisque je ne me reconnais d’autres devoirs que ceux qui ont nécessaires à l’existence naturelle de l’homme ?
Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige. Mais je suis un incrédule, répéta-t-il en frappant du pied. Je ne crois pas à la Bible, ni au Dieu de la Bible, ni à rien au delà de la tombe. C’est pourquoi, puisqu’il n’y a qu’une courte vie, qu’elle soit joyeuse…
Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige. La phrase importune revenait toujours à sa pensée. Malédiction sur ces paroles, dit-il, comment donc les éloigner de mon esprit ?
Comme le cramoisi… comme la neige. Quelle opposition puissante et poétique ! Certainement la Bible est un livre étonnant. Supposons qu’elle soit vraie et qu’il y ait un Dieu, je puis comprendre que ceux qui croient à un avenir éternel de bonheur de souffrances s’attachent à de tels passages.
Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige. Admirable langage clair et énergique. Qui peut avoir écrit cela ? Dieu je suppose. Dieu ? Mais il n’y a pas de Dieu. Je m’oublie. Si seulement je pouvais me rappeler mes principes et les solides arguments qui les appuient…
Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige. Rien ne viendra donc arrêter ces malencontreuses pensées. Mais qu’est-ce que tous ces gens qui entrent dans cette salle ? Une conférence ? Si j’entrais un instant, cela ferait diversion.
Il entra et s’assit sur un banc près de la porte. Un silence solennel régnait dans l’auditoire. Le prédicateur venait de lire son texte et après s’être tu un instant il répéta : Venez et plaidons ensemble, dit l’Éternel : si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; s’ils sont rouges comme l’écarlate, ils seront comme la laine.
Le jeune homme fut vivement frappé d’entendre encore ces paroles, sa conscience était réveillée.
Ce soir là, quand tout le monde fut sorti, l’un assistants était encore à sa place et priait : Seigneur Jésus, quoique mes péchés soient comme l’écarlate le plus foncé, toi, rends-moi plus blanc la neige. Celui qui prononçait cette prière était le même qui avait reçu la carte où se trouvaient les merveilleuses paroles.
D’après Le Salut de Dieu 1926