TRENTE VERSETS BIBLIQUES A TROUVER (HABITER)

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Cette recherche a pour but d’encourager la lecture de la Parole de Dieu afin de mieux la connaître. Ces versets sont tirés de la version Darby. Tu ne dois pas te servir d’un ordinateur pour les rechercher…

Habiter

Les fils d’Israël devaient habiter dans des tabernacles….. Néh.

Tout le temps que la plaie sera en lui – il habitera seul….. Lév.

Quand ils commencèrent d’y habiter – ils ne craignaient pas l’Éternel….. 2 Rois

Que la parole du Christ habite en vous richement….. Col.

Dieu fait habiter en famille ceux qui étaient seuls….. Ps.

Le Dieu qui a fait le monde – n’habite pas dans des temples….. Actes

Ainsi dit celui – qui habite l’éternité – J’habite le lieu haut élevé….. Esaïe

Nous prendrons vos filles, et nous habiterons avec vous….. Gen.

Les hommes d’Israël dirent – Peut-être que tu habites au milieu de nous….. Josué

Ils s’en allèrent, et habitèrent à l’hôtellerie de Kimham….. Jér.

Que le Christ habite, par la foi, dans vos cœurs….. Éph.

Si une femme a un mari incrédule, et qu’il veuille habiter avec elle….. 1 Cor.

La foi sincère qui est en toi, et qui a d’abord habité dans – ta mère….. 2 Tim.

J’habite dans une maison – et l’arche de Dieu habite sous des tapis….. 2 Sam.

Moïse consentit à habiter avec lui ; et il donna – sa fille….. Ex.

Les fils du Kénien – allèrent et habitèrent avec le peuple….. Juges

Et le loup habitera avec l’agneau….. Esaïe

Que sa demeure soit déserte, et qu’il n’y ait personne qui y habite….. Actes

J’habiterai au milieu d’eux, et j’y marcherai, et je serai leur Dieu….. 2 Cor.

Lui – qui habite la lumière inaccessible….. 1 Tim.

Ils habitaient là, auprès du roi, pour ses travaux….. 1 Chron.

Il habitera avec toi, au milieu de toi, dans le lieu qu’il choisira….. Deut.

Ce juste qui habitait parmi eux – tourmentait – son âme juste….. 2 Pierre

Je sais où tu habites, là où est le trône de Satan….. Apoc.

J’ai fait habiter les fils d’Israël dans des tabernacles….. Lév.

Ne savez-vous pas – que l’Esprit de Dieu habite en vous….. 1 Cor.

En lui habite toute la plénitude de la déité….. Col.

Le lieu où nous habiterons devant toi est trop étroit pour nous….. 2 Rois

Celui qui habite dans la demeure secrète du Très-haut….. Ps.

Il habitera avec eux – et Dieu lui-même sera avec eux, leur Dieu….. Apoc.

Tiré de Recueil de passages destiné à encourager les Recherches bibliques 2006.

LA BIBLE DÉCHIRÉE

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LA BIBLE DÉCHIRÉE

 

Un évangéliste se trouvait dans la ville de A… lorsqu’un régiment partant pour la guerre, y fit halte. Sa sollicitude chrétienne fut vivement excitée à la pensée de tous les dangers qu’allaient affronter ces hommes, et il obtint la permission de s’entretenir avec eux.
Tandis que, dans la cour de la caserne, il était entouré d’un groupe de soldats auxquels il parlait avec ferveur des consolations qu’ils trouveraient dans le Nouveau Testament aux jours de danger, un jeune homme sortit des rangs et, s’avançant tout près de l’évangéliste, lui dit qu’il avait été profondément touché de ses exhortations si sérieuses et si affectueuses.
– Elles m’ont convaincu, ajouta-t-il, de la nécessité de me munir de votre livre ; mais hélas ! Continua-t-il en poussant un soupir, je n’ai pas d’argent pour faire ce précieux achat !
– Qu’à cela ne tienne, répliqua aussitôt l’évangéliste ; puisque vous avez un tel désir de posséder l’évangile, il ne sera pas dit qu’un chrétien vous laissera partir sans vous en avoir donné un exemplaire.
Et sortant de son sac un Nouveau Testament, il le remit entre les mains du soldat.
Mais, ô surprise ! Ô douleur ! À peine le jeune homme fut-il en possession du livre qu’il partit d’un grand éclat de rire et qu’il s’écria :
– Mon brave homme, je vous ai eu ! Je suis le farceur numéro 1 du régiment demandez plutôt aux camarades ! Je me moque pas mal de vos bêtises, et mon évangile à moi, c’est de rire et de bien m’amuser tant que je suis en vie ! Après la mort, voyez-vous, mon cher…
Ici, l’évangéliste interrompit ces paroles légères en s’écriant, avec un accent qui fit tressaillir plusieurs de ses auditeurs :
– Après la mort, pauvre malheureux, suit le jugement ! Et quel jugement ! Je frémis d’y penser ; « Là seront les pleurs et les grincements de dents ».
Un moment le jeune soldat ne rit plus et parut tout interdit ; mais sa légèreté reprenant le dessus, il se tourna vers ses camarades et chercha à les faire rire en exerçant sa verve railleuse aux dépens de l’évangéliste.
– Rendez-moi mon livre, dit avec autorité celui-ci.
– Nenni, nenni, mon vieux, répondit le soldat. Que penseraient les camarades, je vous prie, s’ils vous voyaient reprendre de la main gauche le cadeau que votre main droite m’a offert ? D’ailleurs, votre livre me sera utile, c’est là ce que vous souhaitez, n’est-ce pas ? En campagne on n’a pas toujours sous la main les ingrédients nécessaires pour allumer sa pipe. Les voilà tout trouvés. Merci donc, mon vieux.
Sur ce, le jeune homme s’éloigna d’un pas accéléré, pas assez vite toutefois pour ne pas entendre ce sérieux avertissement donné d’une manière solennelle :
– Prenez garde, « c’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant ! » (Héb. 10. 31).
Le pauvre évangéliste se retira peu après, le cœur débordant d’une profonde tristesse. Ce qui dominait en lui, c’était une immense compassion qui le portait à s’écrier en s’adressant à Dieu : « Pardonne-lui, Seigneur, car il ne sait ce qu’il fait ; ô mon Dieu ! Dis-lui, toi, la parole qui peut changer son cœur. Seigneur ! Eclaire-le ! Touche-le ; convertis-le ; sauve-le ». Telle était son ardente prière.
Quinze mois plus tard notre évangéliste se trouvait dans un petit village situé à plus de trois cent kilomètres de la ville de A… Il se fit désigner une auberge où il pourrait se reposer des fatigues d’une journée très activement employée. Dès qu’il fut entré dans la maison, il remarqua qu’un événement malheureux avait dû s’y passer. Dans la salle une dizaine de personnes prenaient leur repas du soir, mais tout, dans leur attitude, indiquait qu’elles étaient sous le poids de pensées tristes. Lorsque l’évangéliste entra dans la cuisine il vit les gens de la maison vaquer à leurs différents travaux en silence et d’un air abattu. Près de la cheminée une femme d’un certain âge, la tête penchée sur la poitrine, paraissait en proie à la plus profonde douleur, car de temps en temps elle laissait échapper de sourds gémissements qui fendaient le cœur.
L’évangéliste, ému, s’approcha d’elle et lui adressa quelques paroles de sympathie qui gagnèrent sa confiance.
– Oui, j’ai un grand chagrin, dit-elle en pleurant. Il y a quelques heures seulement qu’on a porté au cimetière celui qui était le bonheur de ma vie, mon fils ! Et quel fils !
Ici la voix manqua tout à fait à la pauvre femme.
– Calmez-vous, chère Madame, lui dit l’évangéliste avec une vive émotion et permettez-moi de vous lire quelques lignes d’un livre que je n’ouvre jamais sans y trouver exactement ce qu’il me faut pour toutes les circonstances heureuses ou malheureuses que j’ai à traverser.
Il sortit alors de sa poche un Nouveau Testament et y lut quelques versets de consolation et d’encouragement.
En entendant cette lecture, la femme parut très agitée, puis elle se leva brusquement et arracha le livre des mains de l’évangéliste, en s’écriant :
– Malheureux ! Vous m’avez pris ce qui me reste de plus précieux de lui ! … Le trésor auquel je tiens le plus ! …
Puis, jetant un coup d’œil sur le livre dont elle s’était emparée, elle dit d’une voix plus basse :
– Non, ce n’est pas mon précieux livre ; le mien est déchiré, le vôtre est entier … Pardon.
– Votre livre ressemble donc au mien, et c’est l’héritage de votre fils ! Dieu en soit béni ! Repris l’évangéliste.
La femme passa avec rapidité dans une pièce voisine et en revint aussitôt avec un Nouveau Testament à la main, de la même version et du même format que celui dont s’était servi l’évangéliste ; mais incomplet ; bien des pages en avaient été déchirées. L’évangéliste le prenant, l’ouvrit, et ses yeux s’arrêtèrent sur les lignes suivantes, écrites en assez gros caractères : « Reçu à A…, le…, d’abord méprisé, outragé ; ensuite lu, cru et devenu l’instrument de mon salut. Signé J. L…, fusilier à la …compagnie du … régiment de ligne ».
A la vue de cette inscription, l’évangéliste porta la main à son front, comme un homme qui cherche à se rappeler un souvenir. Bientôt la lumière se fit pour lui ; l’événement qu’il reconstruisait dans sa mémoire lui apparut aussi clairement que s’il s’était passé la veille : l’endroit où il s’était passé, sa date, ce mépris du livre ouvertement confessé, tout cela lui rappela le jeune moqueur, dont il s’était séparé en lui faisant connaître les terribles jugements auxquels il s’exposait. Puis il se souvint de la fervente prière qui de son cœur était montée vers le trône de grâce. « O mon Dieu », dit-il en élevant son cœur en haut, « Tu es admirable dans toutes tes voies ! Tu es véritablement le Dieu qui fait des merveilles ! »

 

D’après la Bonne Nouvelle 1955

NOS DÉFAUTS

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NOS DÉFAUTS

 

Ils ont la vie dure. Ils paraissent très tôt pour ne mourir la plupart du temps qu’avec nous. Mais, si solide que soit leur existence, si visibles que soient leurs manifestations extérieures, nous sommes souvent les premiers à ignorer leur présence en nous, ou du moins jusqu’à quel point elle est fâcheuse. Ils peuvent, en effet, gâter notre existence et celle des autres, gâter des relations qui, sans eux, seraient douces. À cause de ses défauts qui ne se corrigent pas, à cause de son vilain caractère, tel chrétien est désagréable dans ses relations et beaucoup moins abordable qu’un homme du monde. Il ne devrait pas en être ainsi.

Chacun a, c’est vrai, ses particularités, ses défauts, comme aussi ses qualités, qui, tous deux, peuvent être considérablement influencés par l’éducation reçue. Or, cette éducation nous est donnée, à nous chrétiens, par le Livre que nous avons entre les mains. Ce Livre, nous le savons, ne nous enseigne pas l’amélioration graduelle du genre humain, mais il nous parle de renouvellement et de transformation. Il nous parle de vie nouvelle, dans la puissance de laquelle le chrétien peut réaliser toutes les exhortations qui lui sont adressées et manifester les beaux caractères de Christ. Mais, comment se fait-il que, si souvent, au lieu d’être pratiquement transformés à l’image du Seigneur, nous montrons à notre entourage et à nos frères toujours les mêmes vieux défauts, souvent si laids et si haïssables ?

Pourquoi percent-ils si souvent encore, ces restes du vieil homme : caractère prompt, irritable, exigeant, prédisposition à l’envie, à la plaisanterie, à la critique, recherche des plaisirs, vanité, fierté, paresse, égoïsme, insoumission, inconstance, vulgarité de langage ou de manières, manque de franchise, d’amour, de douceur, de calme, de patience, de support, de tempérance ? Misère humaine sous toutes ses formes, inconsciente peut-être, mais sujet de souffrance et de faiblesse, et de déshonneur pour le Seigneur.

Pourquoi cette mauvaise humeur, ces paroles dures qui blessent comme une épée ? La grâce de Dieu ne serait-elle pas suffisante pour nous faire triompher, non seulement du péché à proprement parler, mais aussi de tous nos regrettables penchants ? Ne serait-elle pas capable de faire de nous de vrais chrétiens, des chrétiens toujours heureux, toujours contents, toujours aimables ? Une simple contrariété devrait-elle embrunir notre ciel et faire naître sur nos lèvres la voix du murmure et du mécontentement, et faire reparaître toujours ces mêmes tendances fâcheuses ? Non, la vie de chrétien doit être une vie de victoire sur toute la ligne. « Grâces à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ ! » (1 Cor. 15. 57).

En nous, il n’y a aucune force pour changer quelque chose à notre état. La victoire nous est donnée. Mais il faut, pour que nous puissions être victorieusement débarrassés de nos défauts, que nous soyons amenés de bonne heure, à les reconnaître, à pleurer sur eux et à désirer ardemment la délivrance du Seigneur. Jésus nous dit : « Que veux-tu que je te fasse ? »

C’est alors qu’il faut mettre le doigt sur la plaie, et répondre : Seigneur, tu vois ! Sa délivrance est acquise à tous ceux qui la recherchent. Elle est le remède gratuit à toutes nos faiblesses, nos défaillances, à notre insuffisance dans l’accomplissement de notre tâche de chaque jour, à notre impatience, à notre souci, à nos vieilles habitudes.

Et pour être débarrassés de toute cause de faiblesse intime, n’oublions pas de répéter souvent avec le psalmiste : « Sonde-moi, ô Éternel ! Et éprouve-moi ; examine mes reins et mon cœur » ; « Qui est-ce qui comprend ses erreurs ? Purifie-moi de mes fautes cachées » (Psaume 26. 2 et 19. 12 ; voir aussi Psaume 139. 23 et 24).
Dans la lumière de la présence de Dieu, avec le miroir de la Parole entre les mains, nous serons amenés à voir beaucoup de choses. Nous y découvrirons et y jugerons nos erreurs, nos fautes cachées, nos défauts, la « poutre » qui est dans notre œil, et nous verrons alors assez clair pour ôter le fétu de l’œil de notre frère.

Qu’elle est belle la vie d’un disciple de Jésus qui porte sur lui, partout, à la maison comme au dehors, la dignité de son Maître, dans toute sa manière d’être, dans ses actes, dans ses paroles ! Qu’elle est belle la vie d’un enfant du Dieu du ciel et de la terre qui laisse pénétrer la lumière divine jusque dans le plus profond de son être, pour ne rien tolérer qui ne s’harmonise avec sa céleste vocation !

Heureux est celui qui, jusque dans les petits détails de son existence, expérimente la délivrance du Seigneur pour être un « vase » tout rempli de Sa personne, à la gloire de Son nom !

« Ôte de l’argent les scories, et il en sortira un vase pour l’orfèvre » (Prov. 25. 4.) Ôtons de notre vie ce qui ne s’allie pas à ce que la grâce de Dieu a fait de nous, et nous serons des vases à la gloire du divin Maître !

D’après Feuille aux jeunes n°39
A. B.-P.

LA BIBLE VOLÉE

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LA BIBLE VOLÉE

C’était un cadeau de sa mère, maintenant auprès du Seigneur ; pour cette raison, Mary D. aimait cette Bible plus que toute autre.
Elle l’avait lue bien longtemps ; il y avait tant de passages et de chapitres marqués, tant d’endroits favoris qu’elle semblait s’ouvrir d’elle-même à ceux-ci.
Plus que tout cela, elle l’avait tellement lue aux garçons de sa classe biblique – et plusieurs d’entre eux avaient accepté la vérité – qu’il lui semblait qu’une bénédiction spéciale était attachée à cette Bible.
Et maintenant quelqu’un l’avait volée ! Une forte récompense avait été offerte, mais personne ne la rapporta.
Bien que plusieurs de ces garçons fussent méchants et grossiers, elle ne pouvait penser que l’un deux eût volé sa Bible. Mais le précieux volume n’était plus là, et Mary pria Dieu qu’il soit en bénédiction pour celui dans les mains duquel il tomberait.
La guerre vint, et Mary partit comme infirmière militaire. Juste après une bataille terrible, beaucoup de blessés et mourants furent amenés à l’hôpital. Comme Mary passait au milieu d’eux, elle vint vers un soldat qui la reconnut, mais qu’elle ne put identifier. Il lui dit son nom et ajouta :
– Je suis le garçon qui a volé votre Bible. J’ai fait cela pour m’amuser. Mais quand vous nous avez dit combien vous l’aimiez parce qu’elle avait appartenu à votre mère, j’en ai été bouleversé. J’aurais donné n’importe quoi pour ne l’avoir jamais prise ; mais j’étais trop fier pour avouer ce que j’avais fait. Je pensais que si je la rapportais, on croirait que ce serait pour la récompense. Bientôt peu après, je suis parti. Puis je suis devenu très mauvais ; je ne peux commencer à vous raconter tout, mais j’ai gardé la Bible, espérant qu’un jour je pourrais vous la renvoyer et que vous ne sauriez pas que c’était moi qui l’avais prise. Je me suis engagé dans l’armée. J’ai passé par bien des choses depuis ces trois dernières années ; marches exténuantes et batailles désespérées. J’ai été cité à l’ordre du jour ; puis envoyé à l’avant-garde et fait prisonnier, mais je me suis échappé ; je mourrais de faim quand j’ai atteint nos lignes.
Pendant tout ce temps, cette Bible me rendait misérable. Je me sentais méprisable d’accepter des louanges alors que je la gardais. J’ai essayé de vous retrouver. Puis j’ai commencé à parcourir cette Bible. Quelquefois je tombais sur les Dix commandements et celui-ci me transperçait : « Tu ne déroberas pas ». D’autres fois la Bible s’ouvrait sur ces versets : « Bienheureux ceux qui sont purs de cœur ». « Demandez et vous recevrez ». « Comme vous voulez que les hommes vous fassent, vous aussi faites-leur de même ». Chaque fois que je la prenais, elle me faisait un sermon qui me rendait malheureux. Une fois, j’ai résolu de la brûler, mais j’ai réfléchi que cela n’arrangerait rien. J’ai compris alors que je ne serais plus jamais heureux si je ne confessais pas ma faute et ne rendais le livre.
Comme je ne pouvais vous trouver, j’ai pensé à en parler au capitaine. Je lui ai dit que c’était lâche de ma part de me faire passer pour un honnête homme pendant que j’avais cette Bible volée à une femme. Le capitaine était un homme grossier, qui jurait et ne croyait pas en Dieu. Il s’est moqué de moi, m’a dit que je vous avais joué un vilain tour en prenant cette Bible, mais qu’elle n’avait pas plus de valeur que n’importe quel autre livre. Je savais mieux que cela. Je savais qu’il en était autrement et je l’ai lue plus que jamais. Enfin, j’ai commencé à prier le Seigneur Jésus, reconnaissant tous mes péchés et demandant le pardon. Il m’a exaucé. Puis j’ai prié pour le capitaine.
Quand j’ai été blessé, il est venu vers moi et m’a dit qu’il ferait n’importe quoi pour moi. Je lui ai demandé de sortir cette Bible de ma poche ; vous voyez mes deux mains ont été emportées. Il m’a promis d’en prendre soin et de vous la rendre, si jamais il pouvait vous trouver, en vous racontant tout ce qu’il en était. Il devait repartir au front et il m’a amené ici. Mais le Seigneur le conduira comme Il l’a fait pour moi. Lui aussi trouvera les mêmes passages. Que Dieu le bénisse.
Peu de temps après ce récit, le soldat rendit le dernier soupir. Mary pria souvent depuis lors que ce livre continuât à être en bénédiction à tous ceux entre les mains desquels il tomberait.
Des années passèrent. Mary, de retour dans sa ville natale, continuait à travailler et à prier pour les pauvres garçons des rues. C’était étrange de voir combien ils étaient émus par l’histoire du soldat mourant et de la Bible. Était-ce l’histoire elle-même, ou bien était-ce une réponse à ses prières ?
Un dimanche, le colonel B., le célèbre évangéliste qui venait d’arriver pour prêcher dans cette ville, donna une réunion dans l’école où Mary avait une classe nombreuse. Il leur raconta l’histoire de sa conversion, disant que c’était grâce à un soldat et à sa Bible. Il sortit de sa poche un livre abîmé par une balle et taché de sang et leur raconta l’histoire que nous savons et dit en terminant : Enfants, la prière de ce soldat et cette Bible ont transformé l’homme grossier et mauvais que j’étais en un chrétien et en un serviteur du Seigneur ; il semble qu’une bénédiction spéciale soit attachée à ces faits qui ont été le moyen d’amener beaucoup plus d’âmes à Christ que toutes mes prédications. Je n’ai jamais pu retrouver le possesseur du livre quoique son nom soit écrit ici : Mary D.

Lorsqu’elle reçut son livre perdu depuis si longtemps, Mary remercia Dieu pour le travail que sa Bible avait déjà accompli et Lui demanda que cette œuvre ne finisse jamais.

 

D’après la Bonne Nouvelle 1953

LIVINGSTONE ET STANLEY

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LIVINGSTONE ET STANLEY

 Il est peu de noms plus célèbres dans l’histoire des explorations, et surtout dans les annales missionnaires, que celui de David Livingstone. On sait en particulier que, après avoir entrepris de grands voyages dans le centre de l’Afrique, il demeura plusieurs années sans donner de ses nouvelles. On le crut perdu et un grand journal américain, le New-York Herald, chargea Stanley d’aller à sa recherche. Stanley réussit à retrouver sa trace et finit par retrouver Livingstone à Ujiji, dans la région des grands lacs africains.
Livingstone venait de rentrer d’une nouvelle expédition au cours de laquelle il avait de nouveau essayé de découvrir les sources du Nil. Du reste, ces voyages ne détournaient nullement son attention du but essentiel qu’il poursuivait : la conversion des indigènes. Mais ses forces le trahirent et il dut rebrousser chemin.
– Mes amis ne me reconnaîtraient plus, disait-il à ses deux fidèles compagnons, Chuma et Susi. A force de me nourrir de ces grains de blé si durs, mes dents sont toutes tombées et, si ma fille me revoit jamais, elle devra me parler très fort car je n’entends presque plus. Mes pieds sont couverts d’horribles ulcères. Il vous faut faire un brancard pour me transporter.
– O maître ! Répondit Chuma, combien je voudrais vous voir retrouver une meilleure forme physique ! Que vos joues sont creusées ! Nous craignons de vous voir mourir.
– Je n’aurais pas dû entreprendre cette expédition, mais comme j’ai promis d’aller, il me faut tenir parole.
– Retournons à Ujiji, dirent ses deux compagnons avec insistance. Là nous trouverons des médicaments et une nourriture convenable pour le maître et sûrement les Anglais n’oublieront pas leur frère en Afrique.
Livingstone finit par céder. Sur le chemin du retour, tandis que sa petite caravane traversait l’immense forêt équatoriale, des brigands l’attaquèrent et lui enlevèrent à peu près tout ce qu’il possédait. Puis, arrivé à Ujiji, il trouva que les provisions qu’il y avait laissées en réserve avaient été gaspillées, cela surtout à cause de faux bruits mis en circulation par une troupe de ses anciens partisans qui prétendaient que le missionnaire était mort et que tout ce qui lui appartenait pouvait se partager parmi les gens de l’endroit.
Mais c’est souvent au moment le plus sombre que le Seigneur envoie aux siens le secours dont ils ont besoin. Cinq jours après son arrivée à Ujiji, tandis que Livingstone pouvait se demander sérieusement pour combien de temps il en avait encore à vivre, Stanley arriva au village. Il a raconté en ces termes sa rencontre avec le vaillant pionnier de l’évangile :
Nous nous trouvions à trois cent mètres à peine d’Ujiji, entourés d’une foule immense. Soudain j’entendis une voix s’adresser à moi en anglais et me dire :
– Bonjour, Monsieur.
Je me retournai vivement pour voir qui me saluait de la sorte, et aperçus à côté de moi un homme, au visage noir comme l’ébène, mais illuminé d’une joyeuse animation. Il portait une longue chemise blanche et, sur la tête, un turban de toile américaine.
– Qui êtes-vous donc ? Lui demandai-je.
– Je suis Susi, le domestique du docteur Livingstone, répondit-il, et un large sourire éclaira sa bonne et honnête figure, tandis que ses dents brillaient d’une blancheur d’ivoire.
– Comment ? Le docteur Livingstone est ici ?
– Mais oui !
– Dans ce village ?
– Oui, Monsieur.
– En êtes-vous sûr ?
– Très sûr. Je viens de le quitter.
– Bonjour, Monsieur, dit une autre voix.
– Et vous, demandai-je, qui êtes-vous ?
– Je m’appelle Chuma, Monsieur.
– Le docteur se porte-t-il bien ?
– Pas très bien, Monsieur.
– Où a-t-il été si longtemps ?
– A Manynema.
– Eh bien, Susi, courez annoncer au docteur mon arrivée.
– Oui, Monsieur, et le brave garçon partit comme une flèche. Il ne tarda pas à revenir pour me demander mon nom. Il avait prévenu Livingstone de ma venue, mais le docteur ne voulut pas ajouter foi à ses paroles et lui demanda comment je m’appelais, ce qui remplit le pauvre serviteur d’une consternation douloureuse.
Cependant, tandis que ces événements se déroulaient, on avait fait savoir au docteur qu’un homme blanc était arrivé en effet ; qu’on avait entendu les détonations de ses fusils et qu’on avait vu son drapeau. Les grands dignitaires du village se réunirent devant la case du missionnaire et le docteur lui-même se rendit sous la véranda pour dire ce qu’il avait à faire.
Pendant ce temps la tête de la colonne de mes gens fit halte. Le porte-étendard sortit des rangs, faisant flotter bien haut son drapeau, puis je m’avançai au-devant de Livingstone avec toute la dignité possible, afin de produire un certain effet sur les africains ; mais mon cœur battait si vite que j’aurais donné tout au monde pour pouvoir donner libre cours à la joie indicible qui m’envahissait. Tandis que je m’avançais vers le docteur, je remarquai qu’il était très pale, qu’il avait l’air épuisé, que ses vêtements étaient usés et défraîchis.
– Le docteur Livingstone ? Dis-je en soulevant ma casquette. C’est le New-York Herald qui m’envoie à votre recherche pour vous ramener en Angleterre.
– C’est moi-même, répondit Livingstone en me serrant la main avec effusion. Vous me rendez la vie. J’en bénis le Seigneur.
– Moi aussi, répliquai-je, je l’en remercie.
– Et vous, Monsieur, croyez à toute ma reconnaissance.
Là-dessus il me conduisit dans sa modeste demeure et me fit asseoir sur le seul siège qu’il eût à m’offrir ; c’était son propre fauteuil, à savoir une peau de chèvre étendue par terre avec une autre peau clouée à la muraille pour garantir le dos contre les courants d’air.
Livingstone ne tarda pas à recouvrer ses forces, partiellement du moins, grâce à la nourriture que je pus lui donner et, avec les forces, lui revint sa gaieté, son entrain. Je n’ai jamais entendu qui que ce soit rire comme il le faisait. Tout son être semblait participer à sa joie, mais, en même temps, il s’y mêlait tant de bonté et de grâce que ses ennemis se laissaient gagner. C’était un exemple remarquable de ce que peut produire dans le cœur une communion constante avec le Seigneur.
Un jour Stanley lui dit :
– Rentrez donc en Angleterre avec moi. Vous prendrez quelque repos, puis vous viendrez reprendre ici votre travail interrompu.
– Non, répondit le missionnaire. Ma propre fille m’écrit : Malgré tout le désir que j’éprouve de te retrouver au milieu de nous, je préfère te voir achever ta tâche à ta complète satisfaction, plutôt que de penser que tu rentres au pays simplement pour me faire plaisir. C’est bien là ma pensée aussi, continua Livingstone. J’ai près de soixante ans ; mes cheveux sont tout à fait blancs ; je sens que mes jours sont comptés. Je dois donc songer avant tout à ce pour quoi le Seigneur m’a placé ici et non pas chercher à accomplir mes propres désirs.
– Ah ! Livingstone, ne put s’empêcher de dire Stanley, combien vous me faites envie ! J’ai vu et entendu bien des hommes se vanter de ce qu’ils appelaient leur religion, mais ce n’était que de la religiosité, une vaine forme extérieure, sans profondeur aucune. Je n’ai jamais vu personne comme vous ; on dirait que vos convictions vous ont pénétré de part en part. Vous m’avez gagné le cœur ; je me sentirai un homme meilleur pour vous avoir rencontré.
– Ne dites pas cela, répliqua avec chaleur le missionnaire. Vous ne savez pas combien j’ai murmuré quand je me suis cru abandonné de tous au centre de l’Afrique. J’ai cherché, il est vrai, à étouffer mes mauvaises pensées, mais c’est quelquefois dur d’avoir à céder.
– Il n’y a rien d’étonnant à cela. Nul être humain n’aurait montré autant d’endurance. Je suis sûr que vous pratiquez une religion dont je n’ai jamais entendu parler.
– Stanley, pendant que j’attendais à Manynema, j’ai lu la Bible quatre fois d’un bout à l’autre. Tout ce que je suis, tout ce que j’ai, je le dois à Christ révélé dans ce livre divin. Oui, Stanley, c’est là que se trouve la force et la puissance qui transforme. Quand je contemple le Seigneur Jésus, j’entends au fond de mon cœur quelque chose qui répond, bien faiblement, il est vrai, à son amour merveilleux. Je ne puis lui résister et je considère ces indigènes comme des gens pour lesquels il s’est donné lui-même et qu’il veut avoir pour Lui. Je ne puis me fâcher contre eux quand ils me volent et me trompent. Pauvres gens ! Le Seigneur est mort pour eux et cherche à les sauver.
– Depuis que je vous ai rencontré, répondit Stanley, j’ai beaucoup pensé à cette question du salut. J’ai énormément voyagé ; j’ai vu bien des choses, mais je n’ai jamais oublié un ami d’enfance. Il aimait à me prendre auprès de lui, puis il ouvrait sa vieille Bible et me lisait les histoires de David et de Joseph. J’aimais l’entendre et me sentais profondément ému ; mais ces premières impressions s’effacèrent bien vite lorsque je vis d’autres pays et d’autres peuples. Je le regrette amèrement.
Livingstone saisit avec empressement l’occasion qui s’offrait à lui pour éclairer son nouvel ami et, de l’aveu de Stanley lui-même, un des résultats les plus heureux pour lui du long et périlleux voyage qu’il accomplit à travers l’Afrique, ce fut d’avoir été remis en contact avec les précieuses vérités concernant le salut gratuit offert à tout pécheur.

——–

Stanley avait eu une enfance des plus malheureuses. Il s’appelait de son vrai nom John Rowlands ; on verra tout à l’heure comment il vint à porter celui sous lequel il est universellement connu. Abandonné de ses parents, il fut recueilli dans une maison d’accueil, sorte d’asile de mendicité, où il eut cruellement à souffrir. Il y apprit, dit-il, l’inutilité des larmes. Il y entra cependant, de façon bien inattendue, en contact avec la Parole de Dieu. Les murs de l’établissement étaient, en effet, ornés de panneaux de fer dans lesquels on avait gravé des textes bibliques. Se reportant plus tard à cette époque de sa vie, il écrivait : J’ai toujours su gré à la maison d’accueil, de m’avoir inculqué les principes d’une éducation biblique. L’horreur de faire le mal volontairement, le sentiment du respect, l’instinct de secourir les faibles, la conscience, voilà ce que je dois à cet enseignement. C’est lui qui m’a guidé vers le bien et qui m’a détourné du mal. Il m’a donné comme un avertisseur très sensible et très juste, capable de déceler le mal sous ses formes les plus subtiles, une boussole qui m’a permis de prendre une route plus droite que toutes celles que j’avais suivies auparavant.
En ces noires années, une seule éclaircie : la visite de l’évêque anglican. Johnny lui est présenté comme le meilleur sujet de l’école, et le révérend, en souvenir et comme récompense, lui donne une Bible.
Pour cet abandonné, qui de sa vie n’a jamais rien possédé, cette Bible devient un trésor, un talisman, une relique sacrée ! Au moindre loisir, il la tire de sa poche et la lit avec ferveur. Il apprend à prier. Désormais l’espoir en Dieu l’exalte du fond de son abîme d’opprobre et de misère…
Enfin, maltraité de plus en plus, il s’enfuit.
Ce sont de nouvelles souffrances. Seul au monde, bafoué, menacé, frappé, John erre éperdument, mendie du travail et du pain de maison en maison. Il gagne Liverpool ; il y adjure quelques parents de le prendre comme serviteur ; puis, traité de vagabond, chassé par eux, il se fait apprenti mercier, ensuite garçon boucher. John n’avale pas une bouchée qu’on ne la lui reproche injurieusement. La détresse physique et morale de l’enfant est de si poignante horreur que, pris de désespoir, il s’étend sur le sol pour attendre la mort. Mais il sent la petite Bible de l’évêque au fond de sa poche. Il l’ouvre. Il lit. L’espoir lui revient. La foi le ranime. Il se relève, retourne à la vie et trouve un engagement comme mousse.
Ses souffrances sont pires encore. La traversée, jusqu’à la Nouvelle-Orléans, est une torture de cinquante-deux jours. C’est pis que la maison d’accueil car John ne peut tirer sa Bible de sa poche sans être hué, bousculé et battu.
A la Nouvelle-Orléans, le pauvre enfant est si profondément pénétré de son abandon, il pressent tant d’humiliations et de souffrances nouvelles sur le sol étranger que, seul entre les mousses, il hésite à quitter le navire. Capitaine et matelots usent alors de telles violences que John se sauve, le soir, sans oser ni prendre ses habits, ni parler de son salaire. Brisé, il se laisse tomber sur le port entre deux balles de coton et s’endort en tremblant de l’inquiétude du lendemain.
La faim l’éveille à l’aube. Tête basse, afin de cacher ses larmes, le malheureux enfile la première rue qui s’offre et s’avance d’un pas traînant. Vers sept heures, affamé, pris de faiblesse, Johnny s’arrête en face d’un homme d’âge mûr qui, assis devant son beau magasin, lit tranquillement son journal. Ce commerçant a la physionomie si douce que le petit Rowlands se risque, non pas à mendier, car la honte lui étranglerait les mots dans la gorge, mais à demander d’une voix timide dont sa fierté cherche en vain à dissimuler le tremblement désespéré :
– N’auriez-vous pas besoin d’un petit garçon, monsieur ? Le commerçant, riche, marié et sans enfants, tressaille à cette question si naturelle, qui, brusquement, pourtant, ravive l’unique chagrin de sa vie.
– Un petit garçon ? répète-t-il.
Et, surpris, troublé, d’un geste rassurant, il fait signe à John d’approcher. Tandis que, interrogé avec bienveillance, le mousse raconte sa vie tragique en toute sincérité poignante, le monsieur l’enveloppe d’un regard pénétrant qui, peu à peu s’attendrit de pitié.
– Qu’est-ce que tu as là, dans ta poche ? Demande le négociant quand l’histoire est finie.
Et John, sans se douter que ce geste va le sauver, tire très simplement sa Bible, et non moins simplement, explique :
– C’est mon livre : je sais lire, monsieur.
– Montre !
Le commerçant prend la Bible, l’ouvre, et dès la première page, voit l’autographe de l’évêque : « Offert à John Rowlands pour son application et sa bonne conduite ».
Près de cet homme, aussi croyant que lui-même, John ne pouvait montrer meilleur diplôme. Le négociant devine du coup comment cet enfant misérable, à travers tous les maux et tous les vices, a été gardé honnête, brave et pur. Il l’accueillit chez lui, le protégea, l’instruisit et finit par l’adopter et lui donner son nom.
Malheureusement, la connaissance qu’avait Stanley de la Parole paraît avoir été plus superficielle que réelle. Sa position s’améliora rapidement ; il se lança dans le journalisme où il fit une carrière brillante ; mais, pendant longtemps, il perdit complètement de vue les vérités qui l’avaient encouragé et soutenu dans son enfance. En 1871, on le chargea de se mettre à la recherche du missionnaire Livingstone dont on n’avait, depuis longtemps, plus aucune nouvelle. Le sentiment de la grandeur de la tâche qu’il assumait dut éveiller chez Stanley quelque chose des impressions d’autrefois. En effet, à la veille de son départ pour l’Afrique, un de ses amis, Sir W. Mackinnon, lui dit :
– Je veux vous faire un cadeau, mais je désire que vous le choisissiez vous-même. Peu importe le prix. Dites seulement ce dont vous avez envie.
Stanley répondit sans hésiter :
– Donnez-moi une Bible !
Plus tard Stanley, racontant ce fait lui-même à un ami, ajouta :
– Pendant que j’étais en Afrique, j’ai lu cette Bible trois fois.
Et ce ne fut pas sans profit, car voici ce qu’il rapporte à ce sujet :
Ce fut une dure école, parmi des jungles impénétrables, des marécages pestilentiels et des savanes infestées d’insectes ; rien dans ce début ne semblait m’encourager. Mes chevaux mouraient, mes porteurs désertaient, un mal très redoutable décimait ma colonne ; mais malgré tant d’obstacles, je ne me laissai pas surmonter par l’adversité.
J’avais emporté ma Bible et le consul américain m’avait donné, pour envelopper des flacons médicaux, une quantité de New-York Herald et d’autres journaux américains. Curieuse rencontre ! Mais ce qu’il y eut de plus remarquable, ce fut la transformation qui s’opéra en moi à la lecture de la Bible, au cœur de l’Afrique mélancolique.
J’étais souvent malade, et lors de mes premières attaques de fièvre équatoriale, je lisais souvent la Bible pour dissiper l’ennui des heures interminables passées au lit. Bien qu’incapable de marcher (j’avais constamment plus de 40 degrés de fièvre) je pouvais lire, quand je ne perdais pas connaissance. Je lus Job, puis les Psaumes, et quand je fus guéri et de nouveau en état de marcher, je passai mon temps sous la tente à parcourir les colonnes de journaux et je fus amené à refondre complétement mon opinion sur les périodiques, non que je ne reconnaissais plus ma profession, pour laquelle j’avais encore beaucoup d’estime, trop d’estime, mais je réfléchis à l’abus qu’on faisait des journaux.
La solitude m’apprit bien des choses, me présenta les journaux sous un jour tout nouveau. Bien des questions m’y paraissaient traitées d’une façon qui faisait honte à la grande nature sauvage.
Il m’apparut alors que tout ce qu’on lit dans les journaux, en dehors de ce qui fait leur objet à savoir, des nouvelles, est une perte de temps, une déperdition de force vitale et de valeur personnelle. Mais la Bible, au langage noble et simple, je continuai de la lire en la pénétrant d’une façon plus profonde, plus sincère que jamais auparavant. Ses versets pleins de force prenaient un sens différent, avaient une influence plus pénétrante dans le silence des déserts. Je sentais comme un rayonnement se dégager de ces pages et comme un charme mystérieux qui s’harmonisait étrangement avec la profonde mélancolie des paysages africains.
Quand je posais le livre, du fond de mon cœur venaient affluer à mon esprit des souvenirs anciens. Et je voyais surgir toutes mes ambitions d’autrefois et la longue théorie des espoirs déçus et des désirs irréalisés. Je me voyais là, pauvre journaliste, sans amis, conscient pourtant d’une puissance en moi qui m’entraînait à l’action victorieuse. Comment était-ce possible ? Alors passaient et repassaient dans mon esprit des versets de la Bible qui s’appliquaient merveilleusement à mon cas, parfois pour m’encourager et souvent pour me mettre en garde.
Seul dans ma tente, à l’abri des regards, mon esprit travaillait et méditait ; ma consolation et mon soutien furent de me rappeler ce qui m’avait consolé et soutenu pendant mon enfance misérable. Je me jetai à genoux et je répandis mon cœur devant Dieu, de qui je m’étais si longtemps éloigné, qui m’avait mystérieusement conduit en Afrique, pour m’y révéler sa volonté et m’y faire trouver le Sauveur dont j’avais besoin. Je fus remplis du désir de le servir complètement, ce même désir qui jadis à la Nouvelle-Orléans me remplissait de joie chaque matin et m’envoyait en chantant à mon travail. Vus du fond de ma solitude, quelle différence entre la Bible et les journaux ! Celle-là me rappelait que loin de Dieu ma vie n’était qu’une bulle d’air, et m’invitait à me souvenir de mon Créateur. Ceux-là n’engendraient qu’orgueil et vanité. Le ciel insondable, la terre couverte de forêts à l’infini, et la savane désolée marquaient tant le contraste de ma propre petitesse que je m’en sentais souvent humilié ; et mes compagnons noirs s’étaient aperçus que l’Afrique était en train de me transformer.

——–

Stanley fut encore, dans les mains de Dieu, l’instrument qui fit pénétrer la Bible dans le pays d’Ouganda dont le roi, Mtesa, répandait la terreur autour de lui et dans tous les pays voisins.
Lorsque Stanley partit pour son second voyage en Afrique, en 1875, Mlle Livingstone, la fille du missionnaire, lui remit une Bible richement reliée. Reçu à la cour de Mtesa, Stanley lui montra le précieux volume et lui en lut quelques chapitres qui impressionnèrent fortement le roi. Lorsque, quelques temps après, Stanley, continuant son voyage à travers le continent noir, allait franchir la frontière de l’Ouganda, il vit accourir un messager de Mtesa qui avait fait plus de deux cent cinquante kilomètres pour le rejoindre et lui dire que le roi voulait absolument avoir « le livre ». Stanley lui donna sa Bible.
De retour en Angleterre, l’explorateur rendit compte, dans le Daily Telegraph, de ce qui s’était passé entre lui et Mtesa et pressa vivement ses amis chrétiens d’envoyer dans l’Ouganda des missionnaires. Ceux-ci partirent deux ans plus tard et, malgré de terribles persécutions qui éclatèrent sous le successeur de Mtesa, l’Évangile s’est largement répandu dans ce pays.

D’après la Bonne Nouvelle 1913

SOUS LE LIT

Un nouveau chant : « Le plus fort » et une nouvelle histoire : « Sous le lit » !

 

 

 

 

 

Tiré de CD Vieilles histoires jeunes oreilles. B. Durst

Éditeur : Bibles et Publications Chrétiennes (http://www.labonnesemence.com) et

Éditions Bibles et Littérature Chrétienne (http://www.eblc.ch).

LA BIBLE DANS LA PORCHERIE

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LA BIBLE DANS LA PORCHERIE

 

Un missionnaire qui annonçait l’évangile en Amérique du Sud raconta une fois les circonstances plutôt étranges dans lesquelles un homme et sa famille furent convertis.
Cet homme était un fermier qui élevait des cochons. Un jour, quelqu’un vint lui offrir une Bible. Mais, satisfait de sa propre religion, le fermier n’éprouvait aucun besoin pour le Livre. Aussi jeta-t-il avec colère et mépris le précieux volume dans la porcherie.
Le lendemain matin, lorsqu’il alla nourrir ses cochons, quelle ne fut pas sa surprise de les trouver tous morts. Avec une grande frayeur, il ramassa la Bible, pensant que c’était là le jugement de Dieu sur lui, pour avoir traité ainsi le saint Livre. Le résultat fut qu’il commença à lire, avec sa famille, ces Saintes Écritures ; et une lumière nouvelle et merveilleuse jaillit dans ces âmes plongées dans les ténèbres. Ce fut le moyen de la conversion de cet homme et de toute sa famille. « Le peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière » (Matt. 4. 16).
« Or c’est ici le jugement, que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière : car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jean 3. 19).
Le fermier, cependant, et sa famille vinrent à la lumière. Ils découvrirent avec joie que Dieu est non seulement Lumière, mais qu’Il est aussi Amour (1 Jean 1. 5 ; 4. 16). Cette lumière manifeste les ténèbres et le péché de nos cœurs, mais elle nous conduit aussi au Sauveur que Dieu Lui-même nous a donné, un Sauveur qui est mort pour ôter le péché par le sacrifice de Lui-même. « Le sang de Jésus-Christ nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7).
Les Ecritures nous disent que tout enfant d’Adam a été enfanté dans le péché (Ps. 51. 5) ; et nous lisons ailleurs que « tous ont péché » (Rom. 3. 23). L’apôtre Pierre nous dit que nous devons être « rachetés » non par « de l’argent ou de l’or, mais par le sang précieux de Christ » (1 Pierre 1. 18 et 19). Ceux qui ne sont pas rachetés connaîtront un jour le jugement éternel.
La cause de la mort de ces cochons resta un mystère. Le missionnaire pensa à la couverture de la Bible, mais on lui dit qu’elle était restée intacte. Les cochons n’avaient manifestement pas touché au Livre. Comme le dit un poète : « Pour accomplir ses miracles, Dieu agit de façon mystérieuse ».
Avant sa conversion, le fermier avait une religion – froide, sans vie. Mais maintenant il avait Christ – le Sauveur, l’ami qui se tiendrait près de lui durant toute sa vie, et l’introduirait ensuite au ciel. Cher lecteur, que possèdes-tu – une religion ou Christ ?

 

D’après la Bonne Nouvelle 1969