
« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne vers moi ? » (Luc 1. 43)
Élisabeth, la mère de Jean le Baptiseur
Quatre personnes dans le Nouveau Testament se sont exclamées, à un moment critique de leur vie, « mon Seigneur » : Élisabeth, la femme de Zacharie, Marie de Magdala, le disciple Thomas et l’apôtre Paul. Nous pouvons retirer de chacun de ces exemples une leçon pour nos cœurs.
Considérons aujourd’hui Élisabeth, la mère de Jean le Baptiseur. Elle et son mari, Zacharie le sacrificateur, étaient sans enfant, et compte tenu de leur âge, ils avaient perdu tout espoir d’en avoir un – une descendance était pourtant, pour tout Israélite, tellement désirée. Mais Dieu est intervenu miraculeusement pour leur donner un fils, et plus encore, un enfant qui serait « grand devant le Seigneur », un prophète et le précurseur du Messie (Luc 1. 15 et 17). Quel événement extraordinaire pour ce couple croyant, dont il nous est dit : « Ils étaient tous deux justes devant Dieu, marchant dans tous les commandements et dans toutes les ordonnances du Seigneur, sans reproche » (v. 6) !
C’est alors qu’a eu lieu un fait remarquable, lors de la visite d’une jeune cousine, Marie de Nazareth, dans la maison d’Élisabeth. Quand Marie est entrée et l’a saluée, « le bébé a tressailli » dans le ventre d’Élisabeth (v. 41) ! Remplie du Saint Esprit, elle s’est exclamée : « Et d’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne vers moi ? » Ces paroles étonnantes ont réjoui les cœurs des croyants de tout temps. Élisabeth n’a pas été simplement submergée par l’émotion, mais il lui a été donné une révélation de Dieu concernant Celui qui, bien qu’il ne soit pas encore né, était entré dans sa maison. Il s’agissait de son Seigneur, le Dieu de ses pères, qui venait pour racheter son peuple.
Quelle confession et quelle profondeur dans ces mots : « mon Seigneur » ! Il n’y a pas de vérité plus merveilleuse dans la Bible ou dans le monde que cette affirmation : Dieu est devenu un homme !
« On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a mis » (Jean 20. 13).
Marie de Magdala
Voilà trois jours que Jésus est mort. Le dimanche matin, avant le lever du soleil, Marie se rend au tombeau et découvre avec effroi la pierre roulée sur le côté et le tombeau vide. Se tenant à la place où aurait dû se trouver le corps, deux anges l’interrogent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Elle leur dit : Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a mis » (Jean 20. 13).
Touchante réponse ! Marie aimait profondément Jésus. Elle qui avait été délivrée de sept démons (Luc 8. 2) connaissait mieux que personne l’étendue de son amour et de sa grâce. Sa réponse aux anges, puis à celui qu’elle prend pour le jardinier, montre à quel point Jésus était au centre de sa vie. Elle ne dit pas :
Je cherche le corps de Jésus ; elle dit : « On a enlevé mon Seigneur ».
Trois éléments sont particulièrement intéressants dans ces deux mots. Tout d’abord, Marie ne semble pas avoir imaginé une seule seconde que son interlocuteur puisse ne pas savoir qui est Jésus ; il lui paraît tellement évident que Jésus est le seul Seigneur, et le seul qui soit digne d’être recherché, qu’elle ne précise même pas son nom. Ensuite, elle utilise un déterminant possessif : « mon », qui dit mieux que tous les discours ce que Jésus représentait pour elle. Enfin, elle ne demande pas le corps de Jésus mais bien son Seigneur, comme si elle refusait d’accepter sa mort, comme on le fait lorsqu’on perd quelqu’un de très proche.
Marie n’était qu’une femme, pécheresse de surcroît, et elle ne devait vraisemblablement pas avoir reçu une grande instruction religieuse. Mais son amour et son dévouement sont récompensés. Jésus lui donne l’intelligence spirituelle qui avait si souvent fait défaut aux disciples. C’est à elle qu’il confie ce merveilleux message : « Va vers mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20. 17) !
Au jardin d’Éden, la première femme, trompée par le serpent, avait plongé l’humanité dans le péché et condamné tous les hommes à vivre loin de leur Créateur ; et voilà que le tableau s’inverse. Dans cet autre jardin, Marie, libérée de la puissance de Satan, devient la première annonciatrice d’une nouvelle relation entre Dieu et les hommes devenus ses enfants !
« Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu ! (Jean 20. 28)
Thomas appelé Didyme (jumeau)
Thomas n’était pas présent lorsque le Seigneur ressuscité est apparu pour la première fois aux disciples rassemblés (Jean 20. 24). Lorsque ses compagnons lui rapportent la nouvelle, il refuse de les croire : « À moins que je ne voie dans ses mains la marque des clous, que je ne mette mon doigt dans la marque des clous, et que je ne mette ma main dans son côté, je ne le croirai pas » (v. 25).
On entend parfois dire que les croyants sont des gens crédules, prêts à écouter n’importe quelle fable pour donner un sens à leur vie. Thomas prouve le contraire. Le peu que les évangiles nous rapportent de lui nous apprend qu’il était au contraire très cartésien. Un peu plus tôt, il avait déjà montré des difficultés à accepter ce qu’il ne pouvait pas comprendre immédiatement : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas ; comment pouvons-nous en savoir le chemin ? » (Jean 14. 4 et 5). Lors de la première apparition du Seigneur, malgré l’annonce que Marie avait faite aux disciples, Thomas ne s’était pas déplacé. Il a fallu attendre le deuxième témoignage, celui des autres disciples, pour qu’il se décide à venir vérifier par lui-même. La marche par la foi était difficile pour Thomas, comme pour beaucoup de chrétiens. Il croyait que Jésus était le Messie, toute sa marche sur la terre le lui avait prouvé ; mais cette fois la situation était différente : il lui fallait croire sans avoir rien vu.
Thomas est un encouragement pour tous ceux qui doutent, pour tous ceux qui raisonnent trop, pour tous ceux qui ont du mal à croire ce qu’ils ne peuvent ni comprendre ni voir. Il est incrédule, certes, mais il se met en position de recevoir des réponses. Il interroge Jésus (Jean 14. 5), il demande des preuves (20. 25), vient avec les autres disciples la semaine suivante pour obtenir sa réponse (v. 26). Et Jésus ne l’abandonne pas. Lors de sa deuxième apparition, il répond à son incrédulité de la plus belle manière qui soit : « Avance ton doigt ici et regarde mes mains… ne sois pas incrédule, mais croyant » (v. 27).
Thomas ne prend même pas le temps d’avancer sa main. Il répond immédiatement : « Mon Seigneur et mon Dieu ! », reconnaissant ainsi en Jésus non seulement le Maître qu’il avait suivi, mais aussi Celui qui peut tout. Le disciple le plus incrédule donne l’une des déclarations les plus claires de la divinité de Christ !
« Plus encore, je considère toutes choses comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur, à cause de qui j’ai fait la perte de toutes et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ » (Phil. 3. 8).
L’apôtre Paul
Paul n’était vraiment pas prédisposé à devenir un serviteur de Dieu. Il était même tristement connu comme un persécuteur acharné des chrétiens (voir Actes 8. 3).
Et pourtant, Paul est finalement devenu l’un des missionnaires les plus actifs de son époque et l’auteur d’au moins 13 livres de la Bible, tous des lettres d’encouragement et d’enseignement aux assemblées de croyants. Lorsqu’il écrit l’Épître aux Philippiens, d’où est tiré le verset du jour, il est assigné à résidence et enchaîné à un soldat romain. Lui qui avait fait tant de mal aux chrétiens accepte de souffrir à son tour pour le nom de Celui qu’il avait rejeté. Plus encore, il déclare considérer toute son ancienne vie comme « une perte » (littéralement : des ordures), en la comparant à la connaissance de Christ.
Une telle transformation paraît plus qu’invraisemblable. Et pourtant, c’est Celui que Paul appelle le « Christ Jésus mon Seigneur » qui est devenu le centre de sa vie, après l’avoir arrêté sur le chemin de Damas (Act. 9. 3 et 4). Ce « mon Seigneur », en effet, signifie beaucoup chez Paul. Sa lettre aux Philippiens, qui présente la vie chrétienne en pratique basée sur la connaissance de Christ, est très révélatrice à ce sujet. Paul y présente Jésus comme sa vie au chapitre 1 : « Pour moi, vivre, c’est Christ » (v. 21) ; son exemple au chapitre 2 : « Ayez donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus » (v. 5) ; son but au chapitre 3 : « Je cours droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » (v. 14) ; sa force au chapitre 4 : « Je peux tout en celui qui me fortifie » (v. 13). Jésus suffisait véritablement à tous les détails de la vie de Paul, et nous sommes encore aujourd’hui encouragés à suivre son exemple, en mettant toute notre confiance en Dieu : « Ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces ; et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus » (4. 6 et 7).
Puissions-nous, nous aussi, avoir accepté le don de Jésus, l’appeler « mon Seigneur », et le suivre avec confiance en remettant tout entre ses mains.
D’après Le Seigneur est proche septembre 2026 – B. Reynolds