BERACA 75 : LE ROI SALOMON

Rien n’est dit sur l’enfance de Salomon, mais si l’on se réfère au livre des Proverbes, nous pouvons en déduire que son père et sa mère l’ont enseigné : « Écoute, mon fils, l’instruction de ton père, et n’abandonne pas l’enseignement de ta mère ; car ce sera une guirlande de grâce à ta tête, et des colliers à ton cou » (Prov. 1. 6 à 9). Si Salomon a été conduit par le Saint Esprit pour écrire les Proverbes, nous pouvons bien penser qu’il a été, au moins en partie, instruit par ses parents.

Le testament du roi David en rend témoignage et se lit comme suit : « Et les jours de David s’approchèrent de la mort ; et il commanda à Salomon, son fils, disant : Je m’en vais le chemin de toute la terre ; fortifie-toi, et sois un homme ; et prends garde à ce qui doit être observé devant l’Éternel, ton Dieu, en marchant dans ses voies, en gardant ses statuts, et ses commandements, et ses ordonnances, et ses témoignages, comme il est écrit dans la loi de Moïse, afin que tu réussisses dans tout ce que tu fais et où que tu te tournes ; afin que l’Éternel accomplisse sa parole, qu’il a prononcée à mon sujet, disant : Si tes fils prennent garde à leur voie, pour marcher devant moi en vérité, de tout leur cœur et de toute leur âme, tu ne manqueras pas d’un homme sur le trône d’Israël » (1 Rois 2. 1 à 4).

Son père lui parle aussi de ce qui reste à juger pour établir le royaume dans la justice et dans la paix. Longtemps restés impunis, les crimes de Joab et les outrages de Shimhi sont à juger. Ce qui efface un péché, c’est la confession, et cela n’a jamais eu lieu. L’usurpation échouée du royaume par Adonija, type de l’Antichrist, et la trahison d’Abiathar le sacrificateur devaient aussi être jugées. Mais le bien qu’a fait Barzillaï pour le roi David et les siens n’est pas oublié. Salomon, type de Christ, roi de justice, doit rendre à chacun selon ce qu’a été son œuvre. Le jour où le Seigneur établira son royaume en gloire sera aussi celui des rétributions. Aux justes qui auront part à la vie éternelle, il sera dit : « Héritez du royaume qui vous est préparé… » (Mat. 25. 34), quant aux autres, ils entendront cette voix solennelle : « Allez-vous en loin de moi dans le feu éternel » (v. 41).

« Et David dit à Salomon, son fils : Fortifie-toi, et sois ferme, et agis ; ne crains point, et ne t’effraye point ; car l’Éternel Dieu, mon Dieu, sera avec toi : il ne te laissera point et ne t’abandonnera point, jusqu’à ce que soit achevé tout l’ouvrage du service de la maison de l’Éternel » (1 Chron. 28. 20). Pour ce transfert de la royauté, le premier livre des Chroniques met l’emphase sur le service : « Et toi, Salomon, mon fils, connais le Dieu de ton père, et sers-le avec un cœur parfait et avec une âme qui y prenne plaisir ; car l’Éternel sonde tous les cœurs et discerne toutes les imaginations des pensées. Si tu le cherches, il se fera trouver de toi ; mais si tu l’abandonnes, il te rejettera pour toujours » (1 Chron. 28. 9). Quel enseignement pour chaque enfant de Dieu ! En attendant de régner avec Christ en gloire, il est de toute importance de Le représenter sur la terre « avec un cœur parfait » et « une âme y prenne plaisir ». Ce service sera béni si nous marchons dans l’obéissance à la volonté de Dieu, qui est « bonne, agréable et parfaite » (Rom. 12. 2).

L’alliance de Salomon avec le Pharaon roi d’Égypte, en mariant sa fille, nous étonne. C’était une nation qui, autrefois, avait asservi son peuple. Joseph, amené en Égypte contre son gré et tiré de la prison pour être le deuxième sur le trône, est un type de Christ rejeté puis glorifié. L’Égyptienne qui fut la femme de Joseph est un type de l’Église tirée des nations et unie à Christ (Act. 15. 14). La femme égyptienne que Salomon prend nous offre une autre perspective : Le royaume est affermi en sa main, le temps de la réjection de celui que l’Éternel a choisi : David type de Christ, est du passé ; Salomon est établi comme roi de justice sur Israël, son peuple. Alors, il confirme une alliance avec le Pharaon, en prenant sa fille pour femme.

C’est selon ce qui est donné à Ésaïe en vue des temps de la fin : « Et l’Éternel se fera connaître des Égyptiens, et les Égyptiens connaîtront l’Éternel, en ce jour-là ; et ils serviront avec un sacrifice et une offrande, et ils voueront un vœu à l’Éternel et l’accompliront. Et l’Éternel frappera l’Égypte ; il frappera, et il guérira ; et ils se tourneront vers l’Éternel, et il leur sera propice et les guérira. En ce jour-là, il y aura un chemin battu de l’Égypte à l’Assyrie ; et l’Assyrie viendra en Égypte, et l’Égypte en Assyrie ; et l’Égypte servira avec l’Assyrie. En ce jour-là, Israël sera le troisième, avec l’Égypte et avec l’Assyrie, une bénédiction au milieu de la terre ; car l’Éternel des armées le bénira, disant : Béni soit l’Égypte, mon peuple, et l’Assyrie, l’ouvrage de mes mains, et Israël, mon héritage » (És. 19. 21 à 25). Quel temps béni ce sera pour ces nations et pour toute la terre quand Christ régnera ! Il y aura une communion basée sur la gloire de l’Éternel manifestée à Jérusalem.

Le second livre des Chroniques s’ouvre ainsi : « Et Salomon, fils de David, s’affermit dans son royaume ; et l’Éternel, son Dieu, fut avec lui et l’agrandit extrêmement » (2 Chron. 1. 1). Salomon, bien qu’encore « jeune et délicat », « parla à tout Israël, aux chefs de milliers et de centaines, et aux juges, et à tous les princes de tout Israël, aux chefs de familles, … » (v. 2). Ensemble ils se sont rendu là où se trouvait la tente d’assignation (de la rencontre) de Dieu – celle « que Moïse, serviteur de l’Éternel, avait faite dans le désert… ; et l’autel d’airain… qui était là, devant le tabernacle de l’Éternel. … Et Salomon offrit là, devant l’Éternel, sur l’autel d’airain qui était devant la tente, … mille holocaustes » (v. 3 à 6). L’attachement de David à la présence de l’Éternel a marqué ce jeune roi, Salomon, et c’est vers l’autel que, instinctivement, il se rend pour offrir à l’Éternel, qu’il aimait, « marchant dans les statuts de David, son père » (1 Rois 3. 3).

Salomon se trouve donc à Gabaon, offrant les holocaustes, et l’Éternel lui apparaît là, dans un songe de la nuit. « Et Dieu dit : Demande ce que tu veux que je te donne. Et Salomon dit : Tu as usé d’une grande bonté envers ton serviteur David, mon père, selon qu’il a marché devant toi en vérité et en justice, et en droiture de cœur avec toi ; et tu lui as gardé cette grande bonté, et tu lui as donné un fils qui est assis sur son trône, comme il en est aujourd’hui. Et maintenant, Éternel, mon Dieu, tu as fait roi ton serviteur en la place de David, mon père, et moi je suis un jeune garçon, je ne sais pas sortir et entrer ; et ton serviteur est au milieu de ton peuple, que tu as choisi, un peuple nombreux, qui ne se peut compter ni nombrer à cause de sa multitude. Donne donc à ton serviteur un cœur qui écoute, pour juger ton peuple, pour discerner entre le bien et le mal ; car qui est capable de juger ton si grand peuple ? Et la parole fut bonne aux yeux du Seigneur, que Salomon eût demandé cette chose. Et Dieu lui dit : Parce que tu as demandé cela, et que tu n’as pas demandé pour toi de longs jours, et que tu n’as pas demandé pour toi des richesses, et que tu n’as pas demandé la vie de tes ennemis, mais que tu as demandé pour toi du discernement afin de comprendre le juste jugement, voici, j’ai fait selon ta parole ; voici, je t’ai donné un cœur sage et intelligent, en sorte qu’il n’y aura eu personne comme toi, avant toi, et qu’après toi il ne se lèvera personne comme toi » (1 Rois 3. 5 à 12).

Quand nous sommes devant le Seigneur, humbles et sans hypocrisie, que cela est bon ! Salomon reçoit « de la sagesse et une très-grande intelligence, et un cœur large comme le sable qui est sur le bord de la mer » (1 Rois 4. 29). Dieu lui ajoute les richesses et la gloire. Pour tout ce dont nous avons besoin, il y sera pourvu. Nos vraies richesses sont en Christ, l’Esprit Saint habite le croyant et, si nous sommes fidèles, Il aura la liberté d’agir en nous et par nous.