BERACA 70 : LE ROI DAVID ET LE PSAUME 51

Dans combien de combats ce roi n’avait-il pas été impliqué ? Nombreuses furent les délivrances pour lesquelles il pouvait glorifier son Dieu. Les ennemis du dehors, les ennemis du dedans, desquels David avait été délivré, n’étaient pas les seuls. Il en restait un qui se trouve en chacun de nous. Il s’agit du vieil homme, cette nature pécheresse. Satan, l’adversaire, le sait bien. Le serpent ancien utilise la tentation et place cette arme redoutable au moment où la vigilance s’est relâchée.

« A la nouvelle année, au temps où les rois entrent en campagne, David envoya Joab, et avec lui ses serviteurs, et tout Israël ; ils détruisirent les fils d’Ammon et assiégèrent Rabba ; mais David resta à Jérusalem. Au temps du soir, David se leva de son lit de repos et se promena sur le toit [en terrasse] de la maison du roi. Du toit, il vit une femme qui se lavait, et la femme était très-belle » (2 Sam. 11. 1 à 2). David était dans la force de l’âge, aussi pourquoi se reposait-il, alors que ses soldats étaient au front ? Ah ! qu’il est facile de s’asseoir sur sa propre satisfaction, en s’appuyant sur ses propres forces, et en ne regardant plus au Seigneur.

C’est quand la vigilance fait défaut que Satan se présente en employant une arme qu’il a utilisée pour séduire Ève et que la loi, par la suite, interdira : « tu ne convoiteras pas » (Rom. 13. 9), « la femme de ton prochain » (Deut. 5. 21). « Que personne, quand il est tenté, ne dise : Je suis tenté par Dieu ; car Dieu ne peut pas être tenté par le mal, et lui ne tente personne. Mais chacun est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise ; ensuite la convoitise, ayant conçu, enfante le péché ; et le péché, une fois commis, produit la mort » (Jac. 1. 13 à 15).

C’est ce qui arriva à David qui « envoya prendre des informations au sujet de cette femme, et on lui dit : N’est-ce pas là Bath-Shéba, fille d’Éliam, femme d’Urie, le Héthien ? David envoya des messagers la chercher, elle vint vers lui, et il coucha avec elle… ; et elle s’en retourna dans sa maison. Puis la femme conçut ; elle envoya informer David et lui dit : Je suis enceinte » (2 Sam. 11. 4 à 5). « La convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie » (1 Jean 2. 16), ces choses qui sont dans le monde, ont conduit David au meurtre d’un fidèle serviteur qui avait à cœur « l’arche, et Israël et Juda » (2 Sam. 11. 11).

« Le péché était d’autant plus grave qu’il avait lieu dans la vie de cet homme qui, malgré plus d’une faiblesse, avait reçu le témoignage que « la méchanceté » n’avait jamais été trouvée en lui (1 Sam. 25. 28). Et voici que, au milieu de sa carrière, ce serviteur de Dieu devient adultère, hypocrite et meurtrier ! Ah ! si nous avons quelque zèle pour la gloire du Seigneur, quelque affection pour ses rachetés, pleurons de voir un David, reniant tout son passé, fouler aux pieds la sainteté de l’Éternel, lui qui devait en être le représentant devant le monde ! Qu’il est humiliant de penser que David, le bien-aimé, ait pu compromettre le nom de l’Éternel invoqué sur lui, lui qui avait été favorisé par une proximité si spéciale avec Dieu et comblé de grâces merveilleuses ! » (Henri Rossier).

Les conséquences de la convoitise ont amené David jusqu’au meurtre. L’Éternel envoya un prophète pour réveiller sa conscience et lui montrer son péché. Les psaumes 51 et 32 ont été écrits par lui et à la suite de sa restauration. Cette restauration passa – et passe par la confession, qui se résume en deux expressions : « J’ai péché » ; « Use de grâce envers moi, ô Dieu ! selon ta bonté ; selon la grandeur de tes compassions, efface mes transgressions. Lave-moi pleinement de mon iniquité, et purifie-moi de mon péché. Car je connais mes transgressions, et mon péché est continuellement devant moi. Contre toi, contre toi seul, j’ai péché, et j’ai fait ce qui est mauvais à tes yeux » (Ps. 51. 1 à 4).

L’Esprit Saint amène à la confession de la faute commise (v. 3) ; à la pensée que Dieu a été offensé (v. 4) ; au rappel de notre mauvaise nature (v. 5) ; au sentiment des exigences de Dieu quant à « la vérité dans l’homme intérieur » (v. 6) ; au désir d’une conscience pure et droite (v. 10) ; au retour à la sainteté pratique (v. 11).

Nous savons que quiconque a reçu le Seigneur Jésus est un enfant de Dieu et qu’il ne peut pas perdre son salut (Jean 10. 27 à 29 ; Rom. 8. 1 ; 38 et 39). Lorsqu’il nous arrive de pécher, nous perdons la jouissance de ce salut. La confession est le seul chemin pour en retrouver la joie. Déjà, David sait qu’en Dieu seul est le salut, c’est pourquoi il peut dire : « Rends-moi la joie de ton salut, et qu’un esprit de franche volonté me soutienne » (Ps. 51. 12). Une fois restauré, le croyant peut faire connaître à d’autres la grâce qui lui a pardonné (v. 13). Ce fut le cas du disciple Pierre qui, une fois restauré, a accompli la volonté de son Maître (voir Luc 22. 31 et 32 et Act. 2. 14 à 36 ; 3. 12 à 26).

David et Pierre auraient pu sombrer dans le désespoir et se taire pour toujours mais Dieu ne méprise « pas un cœur brisé et humilié » (Ps. 51. 17). C’est pourquoi David dit encore : « Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange » (v. 15). Satan, l’adversaire, cherchera à faire taire tous les témoins de la grâce de Dieu mais « nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés » (Rom. 8. 37).

David avait des craintes quant à la présence de l’Esprit Saint en lui, aussi il dit : « Ne me renvoie pas de devant ta face, et ne m’ôte pas l’esprit de ta sainteté » (Ps. 51. 11). Pour l’enfant de Dieu, présentement, il n’y a aucune crainte de ce côté-là. L’Esprit habite dans le croyant – même Dieu, Père et Fils sont en lui (considérez 1 Cor. 6. 19 ; Gal. 2. 20 ; 1 Jean 4. 4 ; Éph. 4. 6). David n’avait pas connaissance, comme nous, de l’œuvre accomplie à la croix et des résultats glorieux de la glorification de Christ, c’est pourquoi il a des craintes. Pour nous, craignons de déshonorer le Seigneur et cherchons, à l’instar de l’apôtre, « qu’avec toute hardiesse, maintenant encore comme toujours, Christ [soit] magnifié dans [nos] corps, soit par la vie, soit par la mort » (Phil. 1. 20).

« Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée, et dont le péché est couvert ! Bienheureux l’homme à qui l’Éternel ne compte pas l’iniquité, et dans l’esprit duquel il n’y a point de fraude. Réjouissez-vous en l’Éternel, et égayez-vous, justes ! et jetez des cris de joie, vous tous qui êtes droits de cœur » (Ps. 32. 1 et 2 ; 11).