
Fritz Oberlin, pasteur au Ban-de-la-Roche en Alsace, avait la réputation d’être un excellent éducateur. Pendant la Révolution française, il avait recueilli dans sa maison une fillette de la haute noblesse, dont les parents et toute la famille avaient été guillotinés. Le pasteur Oberlin parlait souvent avec l’enfant, lui enseignant la droiture et le courage de dire toujours la vérité, quoiqu’il puisse en coûter. Il lui parlait du Sauveur, Lui, la Vérité et la Vie, dont l’amour infini n’avait pas reculé devant le terrible supplice de la croix, pour y subir le jugement de Dieu à notre place et nous sauver de la mort éternelle.
Un matin, de bonne heure, des soldats français vinrent frapper à la porte du pasteur Oberlin et lui dirent : « Citoyen Oberlin, nous savons que tu es un honnête homme ; nous avons reçu l’ordre de fouiller ta maison pour y découvrir la fille de N. guillotiné comme antirévolutionnaire. Dis-nous simplement si cette jeune fille est chez toi, et nous t’épargnerons le désagrément d’une perquisition ».
M. Oberlin savait qu’un « Oui » livrerait l’enfant à une mort certaine ; mais il ne voulait pas mentir. « Faites votre devoir, dit-il aux soldats, cherchez ! » En silence, son cœur s’éleva au Seigneur en instante prière : « J’ai fait ce que je devais. Toi, Dieu tout-puissant, fais maintenant ce que Tu peux ». Les recherches commencèrent dans la cave, puis dans toutes les dépendances ; toutes les chambres furent ouvertes et visitées à fond. Il ne restait plus qu’une petite mansarde sous le toit, dont la porte était grande ouverte : c’était justement la chambre de la fillette. Les soldats, en passant, n’y jetèrent qu’un coup d’œil, sans entrer, ne se doutant pas que l’enfant, dissimulée derrière la porte, s’y était glissée en entendant des pas d’hommes dans l’escalier. Elle faisait sa toilette du matin et, à moitié dévêtue, s’était cachée rapidement, ignorant que les soldats la cherchaient partout, et qu’un danger mortel la menaçait. N’ayant rien trouvé, ils s’en allèrent : la petite fille était sauvée et le pasteur Oberlin n’avait pas eu besoin de mentir ni de tromper pour délivrer la jeune orpheline.
Dieu répond à la confiance des siens, Il bénit la droiture de ceux qui Lui appartiennent, et Il exauce leurs supplications.
D’après La Bonne Nouvelle 1948