
LE PREMIER ROI D’ISRAËL
Samuel, après avoir entendu les paroles de l’Éternel qui lui disait d’établir un roi sur Israël, renvoya le peuple et attendit que Dieu lui montre qui Il avait désigné pour occuper cette haute position. Vous voyez, mes enfants, que Samuel n’avait pas la prétention de faire quelque chose sans être conduit par Dieu. Et nous avons à l’imiter. L’Éternel répondit à son attente, et nous allons voir de quelle manière.
Il y avait un jeune homme de la tribu de Benjamin, nommé Saül, qui était d’une beauté remarquable, plus grand de toute la tête qu’aucun autre Israélite. Ce sont des qualités qui frappent les yeux des hommes ; mais quel était le caractère de Saül ? La suite de son histoire vous le montrera, mais je crois pouvoir déjà vous dire qu’il y avait chez lui une grande volonté propre, et si, par la grâce de Dieu, cette volonté n’est pas brisée, il en résulte toujours de tristes conséquences.
Je ne serais pas non plus étonné que Saül ait pensé que ce serait bien beau si lui était nommé roi. Les jeunes gens se laissent facilement aller à de l’imagination ambitieuse. Mais il est plus heureux, mes jeunes amis, de n’avoir d’autre ambition que de connaître et servir Dieu.
Le père de Saül se nommait Kis. Un jour, on vint lui annoncer que ses ânesses s’étaient perdues. C’était un grand dommage pour lui, aussi envoya-t-il immédiatement son fils Saül avec un serviteur pour les chercher. Après trois jours de recherches inutiles, Saül dit à son serviteur : « Retournons-nous-en, de peur que mon père ne soit en peine de nous ».
Mais Dieu mit au cœur du serviteur une bonne pensée. « Il y a, » dit-il, « dans cette ville, un homme de Dieu ; allons le trouver et il nous enseignera le chemin par lequel nous devons aller ». N’était-ce pas une bonne idée ? Nous devrions toujours agir ainsi : consulter Dieu pour savoir ce que nous avons à faire quand nous nous trouvons dans l’embarras.
Mais, direz-vous, il n’y a plus de prophètes. Non, mais nous avons la Parole de Dieu et la prière. Cet homme de Dieu dont parlait le serviteur sans le connaître, était Samuel. Saül approuva le conseil de son serviteur et lui dit : « Tu dis bien, allons » et ils se dirigèrent vers la ville. En y montant, ils rencontrèrent des jeunes filles qui sortaient pour puiser de l’eau.
« Le voyant (c’est-à-dire le prophète) est-il ici ? » leur demandèrent-ils. « Oui » dirent les jeunes filles. « Il est venu, parce que le peuple offre aujourd’hui un sacrifice ». Saül et son serviteur se dirigèrent donc vers la ville, et comme ils y entraient, Samuel en sortait pour se rendre au haut lieu où l’on offrait le sacrifice.
Saül ignorait totalement ce qui allait lui arriver et qui était celui qu’il rencontrait. Il n’en était pas ainsi de Samuel. Le jour avant que Saül vienne, l’Éternel lui avait dit : « Demain, à cette heure, je t’enverrai un homme du pays de Benjamin, et tu l’oindras pour être prince sur mon peuple Israël, et il sauvera mon peuple de la main des Philistins ; car j’ai regardé mon peuple, car son cri est parvenu jusqu’à moi ».
Nous apprenons plusieurs choses dans ces paroles de l’Éternel. En premier lieu, c’est que les Philistins opprimaient de nouveau le peuple de Dieu. Pourquoi ? Vous vous rappelez, n’est-ce pas, qu’aussi longtemps que Samuel avait jugé Israël, la main de l’Éternel avait été sur les Philistins et qu’ils n’avaient rien pu faire contre les Israélites. Mais les fils de Samuel n’avaient pas suivi les traces de leur père, les Israélites aussi avaient cessé de s’attendre à leur Dieu, et la conséquence était que les ennemis du peuple avaient repris le dessus. Ah ! mes enfants, quand nous cédons au mal et que nous cessons d’être soumis à Dieu, le diable en prend occasion pour dominer sur nous (Jac. 4. 1 à 7).
Les Philistins avaient mis des garnisons dans les lieux forts du pays, et si grand était devenu leur pouvoir qu’ils avaient interdit à aucun forgeron de s’établir dans le pays d’Israël, afin que le peuple ne puisse pas se procurer des armes. Même pour faire réparer leurs instruments aratoires, il fallait que les Israélites aillent chez les Philistins. C’était une tyrannie sans pareille et qui nous montre jusqu’où ils étaient tombés.
Les Philistins, maîtres ainsi du pays, envoyaient des bandes d’hommes armés s’emparer des récoltes et ravager les campagnes, et les pauvres Israélites sans armes ne pouvaient se défendre. Dans leur détresse ils avaient crié à l’Éternel, et bien que l’Éternel eût à leur reprocher d’avoir voulu un roi pour les délivrer, et qu’ils n’aient pas mis leur confiance en Lui seul, il eut cependant compassion d’eux, et voulut bien se servir de ce roi lui-même pour qu’il soit l’instrument de leur délivrance : « Il sauvera mon peuple de la main des Philistins » dit Dieu.
Ne voyons-nous pas en cela la merveilleuse miséricorde et la grâce de Dieu envers ceux-là mêmes qui l’ont offensé ? Et cela ne nous rappelle-t-il pas que Dieu, pour une délivrance infiniment plus grande, a donné son Fils bien-aimé ? L’ange dit à Joseph : « Tu l’appelleras du nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Mat. 1. 21).
Les Philistins pouvaient faire souffrir les Israélites sur la terre ; mais les péchés attirent sur le pécheur une condamnation éternelle.
Reprenons notre histoire. Quand Samuel aperçut Saül, l’Éternel lui dit : « Voilà l’homme dont je t’ai parlé ». Au même moment, Saül, s’approchant de Samuel, lui demanda : « Je te prie, montre-moi où est la maison du voyant ». « Je suis le voyant » répondit Samuel ; « monte devant moi au haut lieu, et vous mangerez avec moi aujourd’hui, et le matin je te laisserai aller ». Ne pensez-vous pas que Saül a dû être fort surpris d’une semblable invitation ?
Mais combien plus, sans doute, de ce que Samuel ajouta : « Et je te déclarerai tout ce qui est dans ton cœur ». Je me demande si vous aimeriez que l’on déclare et mette à nu tout ce qui est dans votre cœur ? Il y aurait bien des mauvaises choses, n’est-ce pas ? Et Dieu, qui découvrait à Samuel tout ce qui était dans le cœur de Saül, ne voit-il pas tout ce qui est dans le vôtre ? Lisez le Psaume 139 et Romains 2. 16.
Qu’y avait-il donc dans le cœur de Saül ? Il était sans doute préoccupé par la commission dont son père l’avait chargé et au sujet de laquelle il était venu consulter le prophète. À cet égard, Samuel le rassure : « Les ânesses sont trouvées » lui dit-il. Puis il ajoute quelque chose qui a dû faire tressaillir Saül, en lui montrant que le prophète savait ce qu’il avait peut-être caressé dans son cœur : « Vers qui est tourné tout le désir d’Israël ? N’est-ce pas vers toi et vers toute la maison de ton père ? »
C’est-à-dire tout le désir d’Israël est d’avoir un roi, et tu seras ce roi. Saül répondit avec humilité : « Ne suis-je pas… de la plus petite des tribus d’Israël, et ma famille n’est-elle pas la moindre… de Benjamin ? » Mais ne pensez-vous pas que, au fond de son cœur, Saül ait été flatté d’avoir été choisi pour régner sur Israël ? Je le crois, car notre cœur naturel aime à être au-dessus des autres, et je suis sûr que chacun de vous sait cela.
Samuel donna à Saül la première place au festin et fit mettre devant lui une portion qu’il avait fait réserver pour lui, sachant bien que Dieu accomplirait sa parole. Quel changement déjà ! Saül occupe la première place dans un festin présidé par le prophète ! Samuel emmena ensuite le jeune homme chez lui, et le conduisit sur le toit en terrasse de la maison.
Là, Samuel parla avec Saül. Sur quels sujets ? Ah, ce ne pouvait être que des choses que Samuel avait à cœur : la gloire de l’Éternel et le bien de son peuple. Ils passèrent la nuit sur le toit, comme c’est souvent la coutume dans ces pays chauds. Le matin, à l’aurore, Samuel appela Saül et ils partirent ensemble. Lorsqu’ils furent au bout de la ville, Samuel, ayant fait passer en avant le serviteur de Saül, dit à celui-ci : « Arrête-toi maintenant, et je te ferai entendre la parole de Dieu ».
C’était pour le jeune homme un moment solennel.
Et n’est-ce pas aussi toujours pour nous bien sérieux quand nous entendons la Parole de Dieu ? Comme nos oreilles devraient y être attentives ! Et quelle était la parole de Dieu pour Saül ? Samuel prit une fiole d’huile, la versa sur la tête de Saül, l’embrassa et lui dit : « L’Éternel t’a oint pour prince sur son héritage ». L’héritage de Dieu, c’est son peuple. Dès ce moment, Saül, le fils de Kis, était, devant Dieu et pour Samuel, le roi d’Israël. Nous verrons une autre fois comment Saül fut présenté au peuple. Dieu l’avait tiré de son obscure condition pour l’élever à la plus haute dignité. Quel honneur n’était-ce pas, en effet, que d’être appelé à gouverner et conduire le peuple de Dieu ?
Dieu ne nous appelle pas, aujourd’hui, à occuper une place élevée dans ce monde. Il nous fait entendre sa parole pour nous tirer de notre misérable condition de péché et nous amener à Jésus, afin que nous soyons sauvés. Et si nous écoutons et croyons sa parole, nous sommes dès à présent enfants de Dieu et cohéritiers de Christ – et le temps viendra où nous régnerons avec Lui. N’est-ce pas un honneur et une gloire infiniment supérieurs à ce que Saül reçut ? Et il en est ainsi pour le plus faible enfant qui croit au Sauveur.
Saül avait donc été oint roi sur Israël, d’après le choix de l’Éternel. Mais, sauf Samuel et lui, personne ne le savait. II devait maintenant être présenté au peuple, et nous allons voir comment cela eut lieu.
Avant que Saül quitte le prophète, celui-ci lui annonça plusieurs choses qui devaient lui arriver ce jour-là. « En t’en allant aujourd’hui d’avec moi » lui dit-il, « tu trouveras deux hommes près du sépulcre de Rachel… et ils te diront : Les ânesses que tu étais allé chercher sont trouvées ; et voici, ton père… est en peine de vous ». C’était la première chose.
Le second signe, c’était « De là tu passeras plus loin » continua Samuel, « et tu viendras au chêne de Thabor. Là te trouveront trois hommes qui montent vers Dieu à Béthel, l’un portant trois chevreaux, l’autre portant trois gâteaux de pain, et l’autre portant une outre de vin. Et ils te demanderont comment tu te portes, et ils te donneront deux pains, et tu les prendras de leurs mains ».
« Après cela » dit le prophète, « tu viendras au coteau de Dieu, où sont des postes des Philistins ; et il arrivera qu’en entrant là, dans la ville, tu rencontreras une troupe de prophètes, descendant du haut lieu, ayant devant eux un luth, un tambourin, une flûte, et une harpe, et eux-mêmes prophétisant. Et l’Esprit de l’Éternel te saisira, et tu prophétiseras avec eux, et tu seras changé en un autre homme ». C’était le troisième signe.
Maintenant, que pensez-vous que Dieu voulait enseigner à Saül par ces choses ? Je pense que c’était un enseignement très important pour lui et dont il aurait dû toujours se souvenir pour jouir de la bénédiction de Dieu.
C’est près du sépulcre de Rachel que Saül rencontre les hommes qui lui font part de l’inquiétude de son père à son sujet. Saül était un descendant de Benjamin, second fils de Rachel, et dernier enfant de Jacob. Rachel était morte presque aussitôt après la naissance de Benjamin. En mourant, elle avait donné à son fils le nom de Ben-oni, ce qui veut dire « fils de ma douleur ». Mais Jacob avait changé ce nom en celui de Benjamin, c’est-à-dire « fils de ma droite » ou de ma force (Gen. 35. 16 à 20). Le sépulcre de Rachel devait rappeler à Saül, maintenant élevé à la dignité royale et devenu ainsi « fils de la droite », qu’il n’était qu’un homme comme les autres, « un fils de ma douleur ».
Que voulait dire sa rencontre avec les trois hommes qui montaient à Béthel pour adorer Dieu ? D’une part, c’était pour lui remettre en mémoire les scènes merveilleuses qui s’étaient passées à Béthel, la maison de Dieu. Là, l’Éternel avait promis solennellement à Jacob fugitif de lui donner le pays de Canaan, et lui avait dit : « Je te garderai partout où tu iras,… je ne t’abandonnerai pas » (Gen. 28. 10 à 15). Saül avait ainsi devant les yeux la bonté et la fidélité de l’Éternel envers son peuple.
Ces trois hommes qui allaient adorer Dieu à Béthel, l’endroit où Jacob avait dressé un autel (Gen. 35 1 à 7), montraient à Saül que, dans ces jours difficiles où était le peuple, il y avait des cœurs fidèles qui se souvenaient de Dieu. Et c’était d’eux que Saül recevait la nourriture pour le fortifier dans le chemin. Cela devait lui enseigner à rechercher en Israël, pour l’appui de son royaume, ceux qui s’attachaient à l’Éternel. Hélas ! le pauvre Saül, comme nous le verrons plus loin, ne comprit pas, ou oublia les leçons de Dieu.
Mais ensuite vient une autre circonstance, qui devait lui rappeler le triste état du peuple sous la domination de l’ennemi. Il allait passer au coteau de Dieu où étaient les postes des Philistins. Les Philistins, les ennemis d’Israël, possédaient la terre que Dieu lui avait donnée ! C’était bien douloureux et humiliant. Et à quoi était appelé un roi d’Israël ? N’était-ce pas à délivrer le peuple ? Oui, mais par quelle force Saül pourrait-il le faire ? Non point par la sienne, mais par celle de Dieu.
Voilà pourquoi, Samuel annonçait à Saül que l’Esprit de Dieu le saisirait et qu’il serait changé en un autre homme. Sans ce secours tout puissant, quelle que fût la force et la beauté de Saül, ainsi que l’énergie de son caractère, il ne pouvait rien. Et nous, pouvons-nous quelque chose par nous-mêmes pour servir Dieu et combattre Satan ? Non, nous ne sommes vainqueurs que par le Seigneur.
Samuel ajouta : « Et lorsque ces signes te seront arrivés, tu feras ce qui se présentera à toi ; car Dieu est avec toi ». Quelle précieuse assurance pour Saül, n’est-ce pas ? Mais rappelons-nous que Dieu n’est avec nous que dans le chemin de l’obéissance. Saül avait tout ce qu’il fallait pour accomplir sa tâche de roi ; mais il devait rester soumis à la parole du prophète, qui était celle de Dieu et qui devait le diriger.
Et voici ce que Samuel lui commanda : « Tu descendras devant moi à Guilgal ; et voici, je descendrai vers toi pour offrir des holocaustes et sacrifier des sacrifices de prospérité. Tu attendras sept jours, jusqu’à ce que je vienne vers toi, et je te ferai savoir ce que tu devras faire ». C’était l’épreuve de l’obéissance de Saül ; nous verrons comment il la rencontra.
Tous les signes annoncés par Samuel arrivèrent ce jour-là à Saül. Grand fut l’étonnement de ceux qui le connaissaient quand ils le virent prophétiser. « Qu’est-il donc arrivé au fils de Kis ? » disaient-ils ; « Saül aussi est-il parmi les prophètes ? » Saül ne leur dit rien de ce qui lui était survenu, et même quand son oncle lui demanda : « Que vous a dit Samuel ? » Il ne touche pas un mot de l’affaire du royaume. Il répond simplement : « Il nous a déclaré expressément que les ânesses étaient trouvées ». Jusqu’à ce que Dieu lui-même le fasse connaître, c’était un secret entre Lui, Samuel et Saül. Ce dernier ne se montre-t-il pas ici sous un beau jour ? Combien de jeunes gens, à sa place, qui n’auraient rien eu de plus pressé que de proclamer l’honneur qui leur avait été fait !
Mais le moment était venu de dire au peuple le choix de l’Éternel. Samuel convoqua donc le peuple à Mitspa, lieu qui devait rappeler aux Israélites la grande délivrance que, quelques années auparavant, Dieu leur avait accordée. Mais avant tout, l’Éternel voulut encore une fois faire appel à leur cœur et leur faire sentir leur ingratitude. Écoutez les paroles touchantes qu’il leur adresse par la bouche de Samuel : « Ainsi a dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : Moi, j’ai fait monter Israël hors d’Égypte, et je vous ai délivrés de la main des Égyptiens et de la main de, tous les royaumes qui vous opprimaient ». Un roi, un homme, si grand, soit-il, aurait-il pu faire cela ?
L’Éternel avait été pour eux un libérateur et un protecteur. N’aurait-il pas pu leur suffire toujours ? Puis l’Éternel continue : « Et vous, aujourd’hui, vous avez rejeté votre Dieu, Lui qui vous a sauvés de tous vos maux et de toutes vos détresses, et vous lui avez dit : Non, mais établis un roi sur nous ». Ne vous semble-t-il pas que le peuple aurait dû être touché et dire : « Éternel, nous ne voulons pas d’autre Roi que toi ? »
Mais notre pauvre cœur naturel est ingrat. Il oublie les bontés de Dieu, ses délivrances, et cherche plutôt les secours humains. Les Israélites ne répondent rien, et Samuel leur dit : « Tenez-vous devant l’Éternel, selon vos tribus et selon vos milliers » c’est-à-dire que chaque tribu, et chaque famille dans les tribus, se rassemblent à part.
Il fallait que la main de Dieu seule se fasse voir dans cette circonstance si solennelle. Aussi Samuel ne dit-il pas aux Israélites : « C’est Saül, fils de Kis, que L’Éternel a choisi pour roi » mais il fit approcher successivement les tribus d’Israël pour les présenter au choix de l’Éternel. L’Éternel désigna la tribu de Benjamin, puis dans cette tribu la famille de Matri, et enfin, dans cette famille, Saül, fils de Kis. Le choix de Dieu était clairement indiqué. On chercha donc Saül, mais sans le trouver. Ici encore apparaît à nos yeux un beau trait du caractère de Saül : il ne se met pas en avant, bien qu’il ait su que Dieu l’avait élu.
Ne le trouvant pas, on consulta l’Éternel, et l’Éternel dit : « Voici, il s’est caché parmi les bagages ». On courut le chercher, et on l’amena au milieu du peuple. Là, le jeune homme parut avec tous ses avantages de stature et de beauté : « Il était plus grand que tout le peuple, depuis les épaules en haut ». Et Samuel dit : « Voyez-vous celui que l’Éternel a choisi ? Il n’y en a point comme lui dans tout le peuple ». Et le peuple, satisfait d’avoir un roi selon son désir et qui avait tout ce qui plaît aux yeux et au cœur naturels, s’écria : « Vive le roi ! »
Mais croyez-vous qu’en tout cela il y ait eu beaucoup de cœurs pour Dieu ? Le peuple était satisfait pour lui-même, le désir de son cœur était accompli, il pouvait se glorifier dans son roi, mais Dieu était mis de côté. Qu’il est triste que les circonstances extérieures, quand elles plaisent à notre cœur naturel, nous fassent oublier Dieu !
Samuel, toujours occupé du bien du peuple, et conduit par l’Éternel, dit aux Israélites « le droit du royaume » c’est-à-dire les droits et les obligations réciproques du roi et du peuple, ce que nous appellerions une constitution ; et il « l’écrivit dans un livre et le posa devant l’Éternel ». L’Éternel était ainsi le témoin de ce à quoi s’engageaient le roi et le peuple.
Le royaume d’Israël était ainsi fondé. Il avait eu pour origine une faute grave du peuple, qui avait rejeté l’Éternel. Mais la miséricorde et la compassion de Dieu sont au-dessus de toutes ses œuvres, et selon ses pensées et ses desseins de grâce, la bénédiction devait venir plus tard par le moyen du roi. Non point par Saül cependant, celui qui plaisait au peuple par des avantages extérieurs, mais par le roi selon le cœur de Dieu, David, et plus tard par le glorieux Fils de David, Christ, le Seigneur Jésus.
Samuel congédia le peuple, et Saül aussi s’en retourna dans sa maison à Guibha. Il n’y revint pas seul. « La troupe de ceux dont Dieu avait touché le cœur alla avec lui ». Mais en même temps, il commença à faire l’expérience des difficultés de sa position royale. De méchants hommes le méprisèrent et ne le reconnurent pas. Ils dirent : « Comment celui-ci nous sauverait-il ? » Et cela a dû être sensible au cœur du jeune roi. Toutefois, il usa de patience.
SAÜL, SES PREMIERS PAS DANS LA ROYAUTÉ
Saül, élu roi d’Israël, était retourné à l’endroit où il habitait. Il n’y avait point alors de capitale du pays, comme Jérusalem le fut plus tard. Vous pourriez penser que Saül éleva un palais et s’entoura de gardes et de soldats. Mais non ; il était encore simple de cœur ; il reprit ses occupations habituelles et continua à labourer ses terres, comme tout autre Israélite. Il attendait que Dieu lui montre ce qu’il aurait à faire, comme Samuel le lui avait dit : « Tu feras ce qui se présentera à toi, car Dieu est avec toi ».
L’occasion ne tarda pas à survenir. Il y avait deux peuples qui habitaient à l’est du pays que Dieu avait donné aux enfants d’Israël en deçà du Jourdain. C’étaient les Ammonites et les Moabites, descendants de Lot, le neveu d’Abraham, et par conséquent proches parents des Israélites. Mais ceux-ci n’eurent pas de pires ennemis.
Dieu avait défendu aux fils d’Israël, quand ils se dirigeaient vers Canaan, d’attaquer soit les Moabites, soit les Ammonites (Deut. 2. 9, 19 et 20). Mais nous voyons, par le livre des Juges, que ceux-ci ne se firent pas faute, lorsqu’ils en eurent l’occasion, de combattre et d’opprimer Israël (Jug. 11. 12 et 14 ; 10. 6 à 9). Il est vrai que Dieu le permettait pour châtier son peuple, quand celui-ci se détournait de Lui ; mais cela n’excusait pas la haine que ces peuples portaient à Israël.
C’étaient du reste des idolâtres. Les Moabites adoraient Kemosh, et les Ammonites, l’affreuse idole Moloc, à laquelle on offrait des enfants que l’on brûlait vifs (1 Rois 11. 7 ; 2 Rois 23. 10). Les prophètes renferment quantité de prédictions contre ces deux peuples et annoncent leur ruine totale (Soph. 2. 8 à 11 ; Jér. 48 et 49). Leur nom, en effet, a disparu de la terre, car la Parole de Dieu s’accomplit toujours.
Au temps de Saül, comme au temps de Jephthé, les Ammonites voulurent profiter de la faiblesse des Israélites pour les attaquer. Ils vinrent assiéger la ville de Jabès, dans le pays de Galaad, qui s’étendait le long du Jourdain. Ce n’était plus le temps où les Israélites assiégeaient leurs ennemis et voyaient les murailles tomber devant eux (Jos. 6. 1). Ils étaient assiégés à leur tour et sans force pour se défendre. Et d’où cela venait-il ? De leur infidélité envers leur Dieu.
Serrés de près par Nakhash, le chef des Ammonites, les hommes de Jabès lui dirent : « Fais alliance avec nous, et nous te servirons ». Quelle honte pour ceux qui étaient du peuple de l’Éternel, de vouloir faire alliance avec des idolâtres et de devenir leurs serviteurs ! Mais voilà où leur péché les avait réduits. Le péché rend l’homme esclave du diable (1 Jean 3. 8).
Nakhash les traita avec mépris. Dans sa réponse, il joignit l’insulte à la cruauté : « Je traiterai avec vous » dit-il, « à la condition que je vous crève à tous l’œil droit et que j’en mette l’opprobre sur tout Israël ». C’était les rendre impropres à la guerre, et ensuite, c’était dire : Les Israélites ne se sont pas souciés de leurs frères et n’ont pas su les délivrer. On voit que c’était en effet mettre l’opprobre sur tout Israël, car le peuple de Dieu était un, et toucher aux uns, c’était toucher aux autres.
Que devaient faire les habitants de Jabès ? S’adresser à l’Éternel, n’est-ce pas ? Il ne nous est pas dit s’ils le firent, mais l’Éternel eut compassion d’eux, et montra à Nakhash qu’Israël était toujours son peuple et qu’Il ne voulait pas laisser mettre cet opprobre sur Lui. Il mit au cœur des habitants de Jabès d’adresser un appel à l’aide à tout Israël. « Donne-nous un délai de sept jours » dirent-ils à Nakash, « et nous enverrons des messagers dans tous les confins d’Israël ; et s’il n’y a personne qui nous sauve, alors nous sortirons vers toi ».
Les messagers partirent, laissant leurs pauvres concitoyens dans l’angoisse et la crainte. Viendra-t-on ou non à notre secours ? pouvaient-ils se dire. Et n’est-ce pas une image parlante du pécheur qui voit sa misère, mais ne connaît pas la voie du salut ? Rien ne nous est dit du voyage des messagers jusqu’à ce qu’ils vinrent à Guibha où demeurait Saül, et y apportèrent la triste nouvelle du sort qui menaçait Jabès. En les entendant, le peuple de Guibha ne répondit que par des larmes. Point de courage, point de force pour aider leurs pauvres frères ! Hélas, un homme ne peut en sauver un autre ; Dieu seul le peut (Ps. 49. 7 à 9).
Mais Saül, où était-il ? Il était aux champs, et comme il revenait derrière ses bœufs, il entendit les gémissements du peuple. « Qu’a donc le peuple ? » demanda-t-il. Et on lui raconta les paroles des hommes de Jabès. Alors il se souvint qu’il était le roi d’Israël, « un autre homme » que le Saül d’autrefois, qu’il avait à faire ce qui se présentait devant lui, et que « Dieu était avec lui » et l’avait choisi pour délivrer son peuple.
L’Esprit de Dieu le saisit, et une sainte colère s’embrasa en lui contre les ennemis d’Israël. Il prit une paire de bœufs qu’il coupa en morceaux, puis il envoya des messagers partout en Israël pour dire : « Celui qui ne sortira pas après Saül et après Samuel, on fera ainsi à ses bœufs ». L’Éternel agit dans les cœurs des Israélites qui vinrent en foule se rassembler autour de Saül, qui se vit à la tête d’une armée de 330 000 hommes.
Les messagers de Jabès furent renvoyés avec cet heureux message : « Demain vous serez délivrés, quand le soleil sera dans sa force ». Imaginez le soulagement des pauvres habitants de Jabès. Ils se réjouirent, et nous le comprenons bien. Mais quel soulagement plus grand et quelle joie plus vive éprouve le pécheur accablé sous la crainte du jugement, à qui est apportée la bonne nouvelle du salut : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé ». Avez-vous connu ce bonheur, lecteur ?
Les habitants de Jabès dirent aux Ammonites : « Demain nous sortirons vers vous, et vous nous ferez selon tout ce qui sera bon à vos yeux ». Voyez-vous le contraste frappant ? Les habitants de Jabès attendent avec confiance la délivrance qui approche ; les Ammonites aussi attendent, se confiant dans leur force, le moment d’assouvir leur cruauté, et ne se doutent pas que c’est la destruction qui va fondre sur eux.
Ainsi le Seigneur Jésus, a « offert une fois pour porter les péchés d’un grand nombre, apparaîtra… à ceux qui l’attendent, pour le salut » tandis que, pour le monde, « quand ils diront : « Paix et sûreté », alors une subite destruction viendra sur eux, … et ils n’échapperont point (Héb. 9. 28). (1 Thess. 5. 3). C’est ce qui arriva aux Ammonites. Dieu était avec Saül et lui donna la sagesse et la vaillance nécessaires d’un général d’armée. Il divisa ses troupes en trois corps, qui enveloppèrent les Ammonites et, de grand matin, inopinément, ils pénétrèrent dans le camp et frappèrent leurs ennemis jusqu’à la chaleur du jour. Ceux qui ne furent pas tués furent dispersés, de sorte qu’il n’en resta pas deux ensemble.
Les habitants de Jabès étaient délivrés, et nous verrons plus tard, dans l’histoire de Saül, comme ils lui restèrent toujours dévoués. De même, un cœur qui connaît le salut opéré par Christ, n’a pas de plus grand désir désormais que de servir le Sauveur. Vous voyez aussi que tout Israël, ainsi, échappa à l’opprobre que le méchant Nakhash voulait lui infliger. Le salut était pour tout le peuple. L’Éternel avait aussi mis aux yeux de tout son approbation sur Saül comme roi, et le peuple le comprit bien. Il dit à Samuel : « Qui est-ce qui a dit : Saül régnera-t-il sur nous ? Livrez ces hommes, et nous les ferons mourir ».
Ils auraient bien mérité la mort pour avoir méprisé l’oint de l’Éternel, mais Saül s’y opposa et, oubliant l’injure et avec une grande générosité de cœur, il dit : « On ne fera mourir personne en ce jour, car l’Éternel a opéré une grande délivrance en Israël ». Nous voyons que Saül ne s’attribue en rien la gloire de la victoire, mais la rapporte à Dieu. En tout cela, il agit selon la pensée de Dieu, et nous donne un bel exemple.
Alors Samuel dit au peuple : « Allons à Guilgal, et nous y renouvellerons la royauté ». C’était un endroit bien choisi, car c’était là que, au temps de Josué, le peuple revenait toujours après ses victoires. Cela rappelait à Israël ce temps heureux et devait l’encourager. L’Éternel avait montré qu’Il n’abandonnait pas son peuple. Les Israélites allèrent donc à Guilgal et, avec de grandes réjouissances et des sacrifices de prospérité offerts à l’Éternel, ils confirmèrent la royauté à Saül devant l’Éternel.
Les premiers pas de Saül avaient été heureux.
SAMUEL SE DÉMET DE SES FONCTIONS DE JUGE
Comme nous l’avons vu, la royauté avait été confirmée à Saül, à Guilgal, après sa victoire sur les Ammonites. Samuel prit occasion de ce rassemblement du peuple pour se démettre publiquement de ses fonctions de juge. Saül, qui avait jusqu’alors agi de concert avec Samuel, devait désormais, comme roi, avoir toute la responsabilité de ses actes. Cependant Samuel restait, au milieu d’Israël, le prophète, la bouche de Dieu.
C’était pour les Israélites un moment très sérieux. Ils allaient vivre sous un nouveau régime, qu’ils avaient choisi, mais où ils ne pourraient pas échapper au devoir d’obéir à l’Éternel, qui conservait tous ses droits sur eux. C’est ce que leur rappela Samuel, en prenant congé d’eux comme juge.
Le discours très touchant qu’il leur adressa nous fait voir comme il avait à cœur la gloire de l’Éternel et le bien de son peuple, deux choses qui caractérisent tous les vrais serviteurs de Dieu. À ce propos, je vous engage à comparer avec le discours de Samuel, celui que Paul adresse aux anciens de l’église d’Éphèse, en prenant congé d’eux (Act. 20).
Samuel commença en faisant appel aux Israélites, relativement à son service. « J’ai marché » dit-il, « devant vous depuis ma jeunesse, jusqu’à ce jour ». Depuis le moment où « tout Israël sut que l’Éternel avait établi Samuel pour prophète » sa vie n’avait rien eu de caché ; chacun avait pu juger de ses actions. « Me voici » continue-t-il, « témoignez contre moi, devant l’Éternel et devant son oint (Saint). De qui ai-je pris le bœuf ? ou de qui ai-je pris l’âne ? ou à qui ai-je fait tort ? à qui ai-je fait violence ? ou de la main de qui ai-je pris un présent pour que par lui j’eusse fermé mes yeux ? et je vous le rendrai ».
Et que répond le peuple, à qui toute la vie du prophète était bien connue ? « Ils dirent : Tu ne nous as point fait tort, et tu ne nous as point fait violence, et tu n’as rien pris de la main de personne ». Quel beau témoignage, n’est-ce pas ? Quelle vie irréprochable ! C’est là ce qui glorifie Dieu. Si vous vous dites chrétiens, vous avez à marcher de manière à ne jeter aucun blâme sur l’évangile mais, comme Paul le disait même à de pauvres esclaves, à orner « en toutes choses (par votre conduite), l’enseignement qui est de notre Dieu Sauveur » (Tite 1. 6 à 10.) Et c’est ce que ce saint apôtre lui-même faisait. Il jouissait du témoignage de sa conscience, qu’il s’était conduit dans le monde « avec une droiture et une sincérité de Dieu, … mais par la grâce de Dieu ». (2 Cor. 1. 12). Voilà comment nous aussi, nous avons à nous conduire.
Mais revenons à Samuel. Il rappela aux Israélites toute la bonté et la fidélité de l’Éternel envers eux, malgré leurs nombreuses rébellions. « II vous délivra de la main de vos ennemis tout autour » dit-il, « et vous avez habité en sécurité ». Puis il leur fait sentir l’ingratitude et le manque de confiance envers l’Éternel dont témoignait leur demande d’un roi.
« Vous avez vu que Nakhash, roi des fils d’Ammon, venait contre vous, et vous m’avez dit : non, mais un roi régnera sur nous – et l’Éternel, votre Dieu, était votre roi ». Ils avaient plus de confiance en un homme qu’en Dieu. C’est, hélas ! ce que nous sommes tous enclins à faire, et ce que Dieu blâme (Jér. 17. 5.). Samuel en appelle à l’Éternel pour confirmer ses paroles : « Voyez » dit-il, « cette grande chose que l’Éternel va opérer devant vos yeux. N’est-ce pas aujourd’hui la moisson des froments ? Je crierai à l’Éternel, et il enverra des tonnerres et de la pluie, et vous saurez et vous verrez que le mal que vous avez fait est grand aux yeux de l’Éternel, d’avoir demandé un roi pour vous ».
Et l’Éternel confirma la parole de son serviteur en envoyant des tonnerres et de la pluie, de sorte que le cœur des Israélites fut rempli de crainte. Ils dirent donc au prophète « Prie l’Éternel, ton Dieu, pour tes serviteurs, afin que nous ne mourions pas ; car, à tous nos péchés, nous avons ajouté ce mal d’avoir demandé un roi pour nous ». Cette confession, arrachée par la crainte, venait trop tard. Il leur aurait mieux valu ne pas suivre leur propre volonté, et écouter et suivre les conseils de Samuel qui les avait engagés à ne pas vouloir un roi et à rester sous la royauté de l’Éternel.
Rien n’est fatal, sauf de vouloir faire prévaloir sa propre volonté.
Toutefois l’Éternel eut compassion de son peuple. Il consentit à éprouver son obéissance sous ce nouveau régime. Prenez garde : toute l’histoire que la Bible nous présente jusqu’à la venue du Seigneur Jésus, est celle de l’homme pécheur, enfant d’Adam, que Dieu met à l’épreuve, pour voir si de lui peut sortir quelque chose de bon. Avant le déluge, bien qu’ayant la connaissance de Dieu par ses œuvres, les hommes s’étaient corrompus et adonnés à la violence, au point que l’Éternel dut les détruire. Après le déluge, les descendants de Noé se livrèrent à l’idolâtrie.
Alors Dieu se choisit un peuple, dépositaire de sa connaissance et de ses promesses, et Il lui donna une loi. Mais à peine le peuple d’Israël eut-il reçu cette loi, qu’il la transgressa en se faisant une idole. Dieu usa de patience et conduisit les Israélites en Canaan. Tout ce qu’Il leur demandait était d’obéir à ce qu’Il leur prescrivait dans le Deutéronome, leur promettant de les bénir s’ils étaient fidèles. Ils n’étaient pas depuis longtemps dans le bon pays, que déjà ils se livraient à l’idolâtrie. Dieu les châtia à diverses reprises en les livrant à leurs ennemis. Quand ils se repentaient, Il les délivrait par le moyen des Juges.
Mais vous voyez que tous les essais sont vains. Dieu a beau faire en plaçant l’homme dans les meilleures conditions pour qu’il obéisse, il échappe toujours. C’est un cœur rebelle que le sien. Il ne veut pas se soumettre à Dieu. Connaissez-vous ce cœur-là ? C’est le vôtre comme le mien. N’en avez-vous pas fait souvent l’expérience ? Que faire donc de ce mauvais cœur, de cette mauvaise nature ? L’améliorer ? C’est impossible parce que « ce qui est né de la chair, est chair » a dit le Seigneur (Jean 3. 6). On peut la revêtir de beaux dehors, mais cela ne la change pas. Il faut qu’elle prenne fin, et cela ne se peut que par la mort. Faut-il donc que nous attendions de ne plus être dans ce corps, pour en avoir fini avec ce méchant cœur ? Non. Devant Dieu, la mauvaise nature a pris fin à la croix. « Sachant » dit l’apôtre, « que notre vieil homme a été crucifié avec lui » (Rom. 6. 6). Là, elle a été jugée et condamnée, et Dieu ne nous condamne pas à cause d’elle.
Quoi ! direz-vous, ma mauvaise nature est morte ? Oh ! non, nous le savons que trop, qu’il est toujours là, ce méchant cœur. Mais si nous croyons au Seigneur Jésus, non seulement nos péchés nous sont pardonnés, mais nous recevons une nouvelle nature qui, celle-là, n’aime pas le péché, mais qui, au contraire, se plaît aux choses de Dieu. Alors Dieu nous dit : tenez-vous pour morts au péché, ne l’écoutez plus ; mais vivez selon la nouvelle nature dans les choses qui me plaisent. Et comment pouvons-nous faire cela ? Par la grâce de Dieu, par la puissance de son Saint-Esprit en nous.
Dieu fait donc un nouvel essai avec le peuple d’Israël. C’est comme s’Il lui disait : Eh bien, nous verrons si cela ira mieux avec un roi. Mais je ne puis me départir de mes droits. Avec un roi, comme sans roi, il faut que vous obéissiez : « Craignez l’Éternel, et servez-le… de tout votre cœur ». Et cette obéissance, Dieu la demande de tous, chrétiens ou non. Seulement, si l’homme veut obéir en s’appuyant sur ses propres forces, il fera bientôt l’expérience de son impuissance. Mais quand on est à Christ, on obéit par amour et avec joie. Ce n’est plus la loi, mais la grâce. Nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier, et il a dit : « Si vous m’aimez, gardez mes commandements » (Jean 14. 15).
Samuel termine en disant : « Si vous vous adonnez au mal, vous périrez, vous et votre roi ». Les Israélites ont-ils été fidèles, avec un roi à leur tête ? Non. Cette nouvelle épreuve a montré une fois de plus que le cœur naturel de l’homme est incurablement mauvais (Jér. 17. 9). Les enfants d’Israël, leurs rois en tête, sont allés après des faux dieux, comme leur histoire le montre ; et cette même histoire nous fait voir aussi que la menace de l’Éternel a eu son effet : Israël et son roi ont péri. Toute désobéissance attire le châtiment sur le coupable, car Dieu est vrai et juste. N’est-ce pas bien sérieux ?
Cependant, avant de terminer, Samuel adresse aux Israélites deux paroles bien encourageantes et propres à toucher leur cœur, si le cœur naturel pouvait être touché. D’abord il leur dit : « L’Éternel, à cause de son grand nom, n’abandonnera point son peuple, parce que l’Éternel s’est plu à faire de vous son peuple ». Les dons et l’appel de Dieu sont sans repentir (voir Rom. 11. 29). Il s’est plu à choisir un peuple du milieu des nations, pour qu’il soit à Lui ; il maintiendra, à cause de son grand nom, pour sa gloire, ce qu’Il a décidé de faire pour Israël. Maintenant, Israël est abaissé, rejeté, dans la poussière ; mais l’Éternel, le Dieu fidèle, ne l’abandonne pas. Il le rétablira bientôt. (Lisez És. 54. 7 et 8 ; Jér. 31).
Et en second lieu, Samuel promet au peuple de ne pas l’oublier. « Quant à moi aussi, loin de moi que je pèche contre l’Éternel, que je cesse de prier pour vous ; mais je vous enseignerai le bon et le droit chemin ». Que manquait-il aux Israélites ? Ils avaient l’assurance que l’Éternel ne les abandonnerait pas ; ils avaient l’intercession de Samuel que Dieu venait d’exaucer d’une manière si remarquable, et ils avaient l’enseignement du prophète de Dieu pour connaître le bon et le droit chemin. Que leur reste-t-il à faire ? Marcher dans ce chemin. « Craignez l’Éternel, et servez-le en vérité, de tout votre cœur » dit Samuel.
Lecteur, Dieu n’est-Il pas pour nous ? Veut-Il nous abandonner ? Certes non. (Rom. 8. 31; Héb. 13. 5 et 6.) Et ne savons-nous pas que nous avons un grand Intercesseur, qui prie pour nous ? (Héb. 7. 25). Et n’avons-nous pas, pour nous instruire et nous conduire, la parole et la voix du bon Berger ? Que nous reste-t- il à faire ? Marcher d’une manière digne du Seigneur, pour lui plaire à tous égards (Col. 1. 10).
LA PREMIÈRE FAUTE
Nous continuons l’histoire de Saül. Après sa victoire sur les Ammonites, il ne retourna pas chez lui vaquer à ses travaux, comme il l’avait fait quand il avait été élu roi. Il se choisit trois mille hommes d’Israël, dont il garda deux mille auprès de lui, à Micmash et sur la montagne de Béthel. Il laissa les mille autres à Guibha sous le commandement de son fils Jonathan. Le reste de l’armée fut renvoyé, chacun dans sa demeure.
Vous vous demandez pourquoi Saül resta ainsi sous les armes avec une partie des Israélites. C’est que les Philistins, ces ennemis acharnés du peuple de Dieu, dominaient de nouveau sur lui. Leurs garnisons occupaient des lieux forts dans le pays de Benjamin, et ils en descendaient pour ravager le pays. Or Saül se rappelait qu’il avait été choisi par l’Éternel pour délivrer son peuple de la main des Philistins. Pour cette raison, il était sur ses gardes et attendait une occasion d’attaquer les ennemis d’Israël.
Ce ne fut pas lui, mais Jonathan qui commença l’attaque. Jonathan était un jeune homme courageux et rempli de confiance en l’Éternel, ce qui faisait sa force – comme c’est aussi la nôtre. Il frappa le poste des Philistins qui était à Guéba, et la nouvelle en fut portée au pays des Philistins. La guerre était ainsi déclarée, et Saül se hâta d’avertir tout le peuple de se rassembler auprès de lui.
Pour cela, il fit sonner de la trompette dans tout le pays, disant : « Que les Hébreux l’entendent ! » Quelle chose étrange que Saül se serve du nom d’Hébreux pour désigner le peuple de Dieu ! C’était le nom que les autres nations lui donnaient, parce qu’il descendait d’Héber, ancêtre d’Abraham (Gen. 10. 14 à 27). Mais le nom que Dieu donne à son peuple, c’est Israël, le nom qu’il donna à Jacob. Saül avait donc tort de se servir d’un terme qui mettait le peuple de Dieu au rang des nations du monde. Il avait été oint prince, non sur les Hébreux, mais « sur mon peuple Israël, » avait dit l’Éternel. Aussi l’Écriture ajoute-t-elle tout de suite après la proclamation de Saül : « Et tout Israël ouï dire : Saül a frappé le poste des Philistins, et aussi Israël est détesté par les Philistins »
Lorsque Moise parle au Pharaon, il dit : « Voici ce que dit l’Éternel, le Dieu des Hébreux » parce que, pour le Pharaon c’était leur nom. Mais quand il s’agit du peuple, c’est : « Parle aux fils d’Israël ».
Le peuple d’Israël se rassembla à Guilgal auprès de Saül. C’est là qu’était le rendez-vous pour la guerre, comme au temps de Josué. Samuel avait dit à Saül : « Tu descendras devant moi à Guilgal ; et voici, je descendrai vers toi pour offrir des holocaustes et sacrifier des sacrifices de prospérités ; tu attendras sept jours, jusqu’à ce que je vienne vers toi, et je te ferai savoir ce que tu devra faire » (ch. 10. 8). L’ordre était clair, et Saül l’avait bien compris. C’était le commandement de l’Éternel par la bouche de son prophète. Ce que Dieu nous commande est toujours clair, rappelons-nous-en.
Les Philistins, de leur côté, n’étaient pas restés oisifs. Ils s’assemblèrent pour faire la guerre contre Israël, et mirent sur pied des forces considérables : trente mille chars de guerre, six mille cavaliers ; et un peuple nombreux comme le sable de la mer. Les Israélites, plus d’une fois, avaient eu à faire avec des ennemis aussi nombreux et aussi redoutables, et Dieu leur avait donné la victoire. Guilgal devait le leur rappeler. Au temps de Samuel, ils avaient battu les Philistins. De plus, ils avaient maintenant un roi comme ils l’avaient demandé, et ce roi venait de remporter une grande victoire sur les Ammonites.
Malgré cela, les pauvres Israélites furent saisis de crainte. Les uns se cachèrent dans les cavernes, les rochers, les lieux forts et les fosses ; d’autres, que l’Écriture appelle des Hébreux, parce qu’en quittant le pays, ils n’agissaient pas en vrais fils d’Israël confiants en leur Dieu, passèrent le Jourdain et se réfugièrent au pays de Gad et de Galaad. Même ceux qui restaient avec Saül ne le suivaient qu’en tremblant.
D’où venait cette frayeur ? Simplement de ce que les israélites n’avaient pas confiance en l’Éternel, leur Dieu. Le secret pour être fort contre nos ennemis, c’est de se « fortifier dans le Seigneur ». Mais pour cela, il faut avoir une bonne conscience, et c’est ce qui manquait à ces pauvres Israélites. Ils avaient fait leur propre volonté en demandant un roi, au lieu d’être heureux d’avoir l’Éternel pour Roi, et maintenant, dans le danger, ils ne voient en Saül qu’un homme faible comme eux, qui, malgré sa beauté et sa haute stature, ne peut les délivrer. David dit : « L’homme puissant n’est pas délivré par sa grande force… L’œil de l’Éternel est sur ceux qui le craignent, sur ceux qui s’attendent à sa bonté, pour délivrer leur âme de la mort » (Ps. 33. 17 à 19). Les Israélites auraient été bienheureux s’ils avaient pu dire : « Notre âme s’attend à l’Éternel ; il est notre aide et notre bouclier. Car notre cœur se réjouira en lui, puisqu’en son saint nom nous avons mis notre confiance » (v. 20 et 21). Puissions-nous le dire pour nous-mêmes.
Jusqu’ici, Saül avait agi comme il le devait. Il était resté à son poste, ferme et sans crainte. Mais maintenant vient l’épreuve de son obéissance. Il devait attendre Samuel sept jours à Guilgal, et un jour, puis deux jours se sont écoulés, et Samuel n’est pas venu ! Le septième jour est arrivé ; et le prophète n’est pas là ! La petite troupe autour de Saül diminuait de plus en plus. C’était bien éprouvant. Mais le prophète avait dit : « Je descendrai vers toi » ; la chose était positive, et Saül aurait dû attendre jusqu’à la dernière minute de la dernière heure du septième jour. Cela aussi aurait été de la confiance en Dieu.
Hélas ! Saül ne sut pas attendre. Voyant que ses hommes se dispersaient, il suivit sa propre pensée et transgressa l’ordre de Dieu, tout en se figurant qu’il faisait bien. Il dit : « Amenez-moi l’holocauste et les sacrifices de prospérité ». Et il offrit l’holocauste, ce qui ne lui appartenait nullement, car Samuel avait dit : « Je descendrai vers toi pour offrir des holocaustes ». La désobéissance de Saül était consommée, et le châtiment ne se fit pas attendre.
Comme il achevait d’offrir l’holocauste, Samuel arriva. « Qu’as-tu fait ? » demanda le prophète au roi qui s’avançait pour le saluer. Cette question aurait dû faire rentrer Saül en lui-même, et ce qu’il aurait eu à faire, c’était de s’humilier en reconnaissant sa faute. Au lieu de cela, comme Adam autrefois, il cherche à s’excuser. Le cœur de l’homme se montre toujours le même. N’avons-nous pas souvent agi comme Adam et Saül ?
Je voudrais placer devant nous les excuses de Saül, en cherchant à nous en montrer la faiblesse. « Parce que je voyais que le peuple se dispersait d’auprès de moi » – qu’importait cela, si Dieu restait près de lui, et lui près de Dieu ? « et que tu ne venais pas au jour assigné » – ce jour n’était pas encore terminé ; « et que les Philistins étaient assemblés à Micmash » – qu’avait-il à craindre, le bras de Dieu était-il raccourci pour les retenir ? « J’ai dit… » – voilà le moi : « j’ai dit », et non pas : Dieu a dit. « Maintenant les Philistins descendront contre moi à Guilgal » – qu’en savait-il ? C’était une crainte humaine ; « et je n’ai pas supplié l’Éternel » – l’acte religieux sans l’obéissance a-t-il aucune valeur aux yeux de Dieu ? « Et je me suis fait violence et j’ai offert l’holocauste » – c’est-à-dire, finalement : j’ai désobéi.
Mais rien ne peut excuser la désobéissance. Rappelez-vous bien cela, et ne vous laissez jamais entraîner, sous aucun prétexte, quelque plausible qu’il paraisse, à enfreindre le commandement de Dieu, et celui de vos aînés, parents et maîtres. Saül doit maintenant écouter sa sentence, car Dieu ne peut laisser l’homme enfreindre impunément ce qu’Il a prescrit. Et cela est vrai de l’homme converti comme de l’inconverti. Le Seigneur Jésus a été l’homme parfaitement obéissant, et nous avons à marcher sur ses traces.
Samuel fait entendre à Saül ces paroles sévères : « Tu as agi follement, tu n’as pas gardé le commandement de l’Éternel, ton Dieu ». Nous voyons ainsi comment Dieu envisage la désobéissance ; c’est pour Lui une folie. Quelquefois un enfant, en désobéissant à son père ou à sa mère, pour goûter un plaisir défendu, croit qu’il sera heureux, mais il a commis une folie, et il en sentira l’amertume tôt ou tard.
Samuel continue et dénonce le jugement que Dieu prononce sur Saül : « Maintenant, l’Éternel aurait établi pour toujours ton règne sur Israël ; et maintenant ton règne ne subsistera pas ». Cela ne veut pas dire encore que Saül cesserait d’être roi, mais qu’il ne laisserait pas son trône à quelqu’un de ses enfants, et cela dut lui être très douloureux. Puis Samuel ajoute : « L’Éternel s’est cherché un homme selon son cœur, et l’Éternel l’a établi prince sur son peuple, car tu n’as pas gardé ce que l’Éternel t’avait commandé ». Qui est cet homme selon le cœur de Dieu ? Nous apprendrons à le connaître plus tard ; c’est David, le type du Seigneur Jésus qui fut parfaitement selon le cœur de Dieu.
Telle fut la première faute du premier roi d’Israël. Oh ! Ces terribles conséquences. Que Dieu nous donne un cœur soumis et obéissant, ce qui est selon son cœur.
JONATHAN DÉLIVRE ISRAËL
Les malheureux Israélites, bien qu’ayant maintenant un roi, étaient dans un très triste état. Les Philistins étaient campés dans leur pays, occupant des lieux forts d’où descendaient des bandes de pillards qui ravageaient le pays. Saül n’avait auprès de lui que six cents hommes, et encore sans armes de guerre. Saül et Jonathan seuls en avaient. Les Philistins dominaient avec une telle tyrannie qu’ils ne permettaient pas qu’un seul forgeron s’établisse chez les Israélites, de peur que ceux-ci se fassent fabriquer des armes. Quelle faiblesse, et quelle honte pour le peuple de Dieu d’en être réduit à cela !
Mais c’est dans la faiblesse, l’impuissance et la misère de son peuple, que Dieu montre sa miséricorde envers lui et déploie sa force en sa faveur. Il suscite des hommes de foi pour le délivrer. Il y avait alors un de ces hommes en Israël. Ce n’était pas Saül, dont nous avons vu la première faute, c’était un jeune homme, Jonathan, qui mettait sa confiance en l’Éternel, le Dieu d’Israël.
Le poste avancé des Philistins se trouvait dans un endroit élevé, où l’on n’avait accès que par un chemin très escarpé entre deux pointes de rochers. Mes lecteurs des montagnes se représenteront facilement une telle position. Sans faire connaître son dessein à personne d’autre qu’à celui qui portait ses armes, Jonathan lui dit un jour : « Passons jusqu’au poste de ces incirconcis ». Il donnait ce nom aux Philistins, en Israélites, le peuple de Dieu. Les incirconcis étaient les ennemis du peuple de Dieu.
« Peut-être » dit ensuite Jonathan, « que l’Éternel opérera pour nous, car rien n’empêche l’Éternel de sauver, avec beaucoup, ou avec peu de gens ». Jonathan ne comptait pas sur sa force et sur son courage, mais uniquement sur l’Éternel qui peut opérer des merveilles avec les instruments les plus faibles. Jonathan se souvenait peut-être de Shamgar qui, avec un aiguillon à bœufs, tua six cents Philistins, et de Samson qui en tua mille avec une mâchoire d’âne. Pourquoi l’Éternel ne lui donnerait-il pas la même force ? Le Dieu d’Israël n’avait pas changé. Et en effet, Dieu est toujours le même pour celui qui se confie en Lui.
Le jeune serviteur de Jonathan était animé des mêmes sentiments que son maître : « Fais tout ce qui est dans ton cœur » lui dit-il ; « va où tu voudras, voici, je suis avec toi selon ton cœur ». Ne trouvons-nous pas bien belle la décision de ce serviteur ? Eh bien, c’est celle que nous pourrions avoir pour Christ ; être toujours selon le cœur de ce précieux Sauveur, pour Le suivre partout.
Et Jonathan avait aussi de la sagesse. Il ne fait pas un pas sans être bien sûr que ce soit selon Dieu. Au lieu de se lancer aveuglément dans son entreprise, il dit à son serviteur : « Montrons-nous aux Philistins. S’ils nous disent de les attendre où nous sommes, nous resterons ; mais s’ils nous disent de monter vers eux, nous irons. Ce sera le signe que l’Éternel les aura livrés en nos mains ». Et c’est ce qui arriva.
En voyant ces deux Israélites, les Philistins, avec un souverain mépris, dirent : « Voici les Hébreux qui sortent des trous où ils se sont cachés » et comme pour se moquer d’eux, confiants dans leur nombre et leur force, et ne pensant pas que ces deux hommes oseraient bouger, ils ajoutent : « Montez vers nous, et nous vous ferons savoir quelque chose ». Ils ne se doutaient pas que leurs paroles attiraient sur eux le jugement de l’Éternel.
Jonathan avait maintenant l’assurance que Dieu ouvrait le chemin. Plein de courage et de confiance, il dit à son serviteur : « Monte après moi, car l’Éternel les a livrés en la main d’Israël ». Jonathan ne cherchait pas sa propre gloire, mais le bien d’Israël. Il s’oubliait lui-même pour ne penser qu’à son peuple. Et c’est ce qui plaît à Dieu qui a donné à Jonathan une place glorieuse dans son livre.
Les deux vaillants jeunes hommes se mirent donc à grimper avec les mains et les pieds. C’était bien difficile et dangereux. Une seule pierre lancée par l’ennemi aurait suffi pour les briser. Mais l’Éternel était leur bouclier ; les ennemis étaient frappés d’aveuglement et bientôt ils le furent de stupeur. Quand Jonathan fut arrivé en haut, sa seule présence glaça d’épouvante les Philistins qui tombèrent devant lui. Son serviteur n’avait qu’à les tuer. L’Éternel avait répondu à la confiance que Jonathan avait en Lui. Oh ! que bienheureux est l’homme qui se confie en toi, Éternel des armées » (Ps. 84. 12).
Mais le résultat fut bien plus grand encore. Ce que l’Éternel avait commencé par Jonathan pour délivrer son peuple, Il l’acheva. À l’ouïe de l’exploit de Jonathan, l’épouvante se répandit dans le camp des fiers Philistins. Eux aussi se souvinrent peut-être des défaites qu’autrefois un seul homme leur avait infligées, et dans leur effroi virent dans Jonathan un autre Samson. Ils se mirent à fuir dans le plus grand désordre, et hors de sens, se prenant les uns les autres pour des ennemis, ils s’entre-tuaient.
Les sentinelles de Saül, à Guibha, s’aperçurent de cette déroute et Saül, sans en connaître la cause, assembla le peuple et se mit à la poursuite des Philistins. Le désordre et la confusion augmentaient chez ceux-ci. Des Hébreux, infidèles à leur Dieu et à leur pays s’étaient joints à eux quand ils semblaient les plus forts, mais maintenant, les voyant fuir, ils se tournèrent contre eux, et ceux des Israélites qui s’étaient cachés dans la montagne, apprenant la défaite de leurs ennemis, accoururent prêter leur concours à Saül et Jonathan.
Ce fut une grande victoire que l’Éternel accorda à la foi de Jonathan. Nous verrons ensuite le grand danger que courut Jonathan, non de la part des Philistins, mais de la part de son propre père, et comment Dieu le délivra.
Nous voyons donc comment nous aussi, nous pouvons vaincre. Nous n’avons pas à combattre des ennemis de chair et de sang, mais Satan et le monde avec leurs pièges et leurs tentations. Comment serons-nous vainqueurs ? Le chemin peut paraître bien escarpé, les ennemis bien puissants, mais l’apôtre a dit : « Je puis tout par celui qui me fortifie », et « nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés ». C’est Christ, Celui qui fortifie et qui aime. Que ce soit donc sur Lui que nous nous appuyons. Prenons courage, le Chef de notre salut a vaincu le monde et le diable. Devant Lui, l’ennemi s’enfuira ; si nous sommes avec Lui, nous serons vainqueurs.
JONATHAN EN DANGER DE MORT
« Comment Jonathan qui reçoit les secours préparés de Dieu pour la fatigue de la lutte et s’en prévaut, ne blâmerait-il pas ce qui paralyse le peuple, cette ordonnance néfaste, même sortie de la bouche de son père : « Mon père a troublé le pays ». Oui, l’intervention de la chair n’est qu’un trouble et une entrave à la victoire…
Dieu permet que tout, dans cette aventure, porte ses conséquences extrêmes et soit conduit pour l’humiliation de Saül. Il demande « un sort parfait » (v. 41) ; il le reçoit enfin, mais la réponse condamne toute l’action du roi. Saül, lui, n’y voit que la condamnation de Jonathan !
C’est ainsi que la chair interprète la parole de Dieu. L’Éternel garde son serviteur fidèle, tandis que le roi selon la chair est jugé. Le peuple délivre Jonathan parce qu’il reconnaît qu’il a opéré avec Dieu » (H.R.).
SAÜL EST REJETÉ (1 Sam. 15)
C’est une triste histoire que celle de Saül. Commencée brillamment, elle se termine de la manière la plus lamentable. Nous avons vu que la propre volonté caractérisait ce premier roi d’Israël ; c’est aussi ce qui nous caractérise tous comme enfants d’Adam. « La chair » dit l’apôtre Paul, « ne se soumet pas à la loi de Dieu… elle ne le peut pas » (Rom. 8. 7). Seules la grâce et la puissance de l’Esprit de Dieu en nous peuvent la dompter.
Nous voyons maintenant une dernière désobéissance formelle de Saül qui fit que l’Éternel le rejeta définitivement.
Au chapitre 17 de l’Exode, nous trouvons que, tandis que les Israélites cheminaient tranquillement dans le désert, ils furent attaqués traîtreusement par les Amalékites, peuple très ancien qui habitait au sud du pays de Canaan. Josué, à la tête d’une troupe d’hommes d’élite, et soutenu par l’intercession de Moïse, repoussa cette agression, et l’Éternel prononça cette sentence contre les Amalékites : « J’effacerai entièrement la mémoire d’Amalek de dessous les cieux ». Cette menace fut réitérée dans la prophétie de Balaam et dans les ordres que Moïse donna aux Israélites avant qu’ils entrent en Canaan (Nomb. 24. 20 ; Deut. 25. 17 à 19.)
Près de quatre cents ans s’étaient écoulés depuis ce moment-là ; les Amalékites étaient toujours un peuple nombreux, et avaient même été, au temps des Juges, parmi les oppresseurs d’Israël (Jug. 6. 3 et 33). On aurait pu croire que les menaces de Dieu ne s’exécuteraient pas.
Mais nous savons ce que le Seigneur Jésus a dit en annonçant les jugements qui doivent un jour frapper le monde : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point » (Mat. 24. 35). Dieu n’oublie ni ses promesses, ni ses menaces. Il est patient, mais le temps vient où la sentence contre les méchants doit s’exécuter (2 Pier. 3. 9 et 10). Ce temps était arrivé pour les Amalékites, comme il arrivera aussi certainement pour le monde incrédule (1 Thess. 5. 3).
Un jour, donc, Samuel vint trouver Saül et lui dit : « Écoute la voix des paroles de l’Éternel… J’ai considéré ce qu’Amalek a fait à Israël, comment il se plaça contre lui sur le chemin quand il montait d’Égypte. Va maintenant et frappe Amalek, et vous détruirez entièrement tout ce qui est à lui, et tu ne l’épargneras pas, mais tu feras mourir les hommes et les femmes, les enfants et ceux qui tètent, les bœufs et les moutons, les chameaux et les ânes ». Jugement terrible, image de celui qui est réservé aux hommes impies, quand la terre et les œuvres qui sont en elle seront brûlées entièrement !
Remarquons comme l’ordre donné à Saül était positif et complet. Nous verrons comment Saül l’exécuta, mais auparavant il se passa un fait montrant que, si Dieu se souvient de ses menaces contre les méchants, Il se rappelle aussi le bien fait à son peuple ; et qu’Il épargne et bénit ceux qui l’ont aidé et secouru (Lisez sur ce sujet Mat. 25. 31 à 46).
Parmi les Amalékites étaient les Kéniens. C’étaient les descendants d’Hobab, beau-père de Moïse, qui avait accompagné les Israélites quand ils sortirent d’Égypte, et leur avait servi de guide dans le désert (Nomb. 10. 29 à 32 ; Jug. 1. 16). L’Éternel ne voulait pas qu’ils soient frappés avec les Amalékites. Aussi, quand Saül eut rassemblé l’armée des Israélites, il fit dire aux Kéniens de se retirer du milieu des Amalékites, de peur d’être détruits avec eux. Ainsi Dieu épargnera aux derniers jours le résidu fidèle qui devra se tenir séparé des méchants (voyez Apoc. 18. 4).
Ensuite Saül, à la tête de son armée, marcha contre les Amalékites et les frappa dans toute l’étendue de leur territoire, et détruisit tout le peuple au tranchant de l’épée. Mais là s’arrêta son obéissance à la parole de Dieu. Lui et le peuple épargnèrent Agag, roi d’Amalek, ainsi que le meilleur du menu et du gros bétail ; ils ne détruisirent entièrement que ce qui était misérable, chétif et de peu de valeur. Était-ce là obéir à la parole de Dieu ?
Non : Dieu veut une obéissance complète ; de la loi il est dit que, si quelqu’un manque en un seul point, eût-il gardé tout le reste, il est coupable comme s’il l’avait violée tout entière (Jac. 2. 10). Saül et le peuple désobéirent de concert. Le peuple estimait sans doute dommage de détruire tous ces beaux troupeaux et d’être privé de butin, et Saül les laissa faire. Saül voulait orner son triomphe en emmenant vivant le roi vaincu, et le peuple ne s’y opposa pas.
Mais, en tout cela, Saül était responsable comme chef du peuple : il n’aurait pas dû permettre la désobéissance, ni la favoriser par son exemple ; mais, comme il le dit lui-même : « J’ai craint le peuple et j’ai écouté leur voix ». Il craignit les hommes plus que Dieu, c’était de l’incrédulité, et une désobéissance flagrante en fut la conséquence. Prenons garde à cet égard. Si l’on veut nous entraîner à mal faire, résistons sans craindre ni railleries, ni menaces ; regardons à Dieu.
Dieu ne pouvait laisser à la tête de son peuple un roi qui ne donnait pas l’exemple de l’obéissance, et Il le fit savoir à Samuel. « Je me repens » dit l’Éternel, « d’avoir établi Saül pour roi ; car il s’est détourné de moi et n’a point exécuté mes paroles ». Comme c’est sérieux : se détourner de Dieu pour suivre sa propre volonté ! Peut-on être heureux dans ce chemin-là ? Non, certainement, et Saül en fit l’amère expérience.
Samuel aimait Saül et fut très affligé d’apprendre qu’il avait désobéi à l’Éternel. Toute la nuit, il pria Dieu pour ce malheureux roi ; puis, de bon matin, il se leva pour aller le trouver. Saül s’était rendu à Guilgal. C’était là, nous nous en souvenons, qu’après sa victoire sur les Ammonites, le peuple l’avait acclamé une seconde fois comme roi, au milieu de grandes réjouissances, et c’est là que Samuel va lui apporter les paroles sévères et la sentence de l’Éternel.
Samuel vient donc vers Saül qui lui dit : « Béni sois-tu de l’Éternel ! J’ai exécuté la parole de l’Éternel ». Il se hâte de parler, comme pour excuser d’avance sa désobéissance ; mais comment pouvait-il mentir ainsi à lui-même, quand les preuves de sa faute étaient là, sous ses yeux ? Samuel ne s’y laissa pas prendre, mais il voulut d’abord réveiller la conscience de Saül : « Quel est donc » dit-il, « ce bêlement de brebis à mes oreilles et ce beuglement de bœufs que j’entends ? »
Devant ces paroles, Saül aurait pu et dû confesser son péché ; au lieu de le faire, il répond : « Ils les ont amenés des Amalékites, car le peuple a épargné le meilleur du menu et du gros bétail, pour sacrifier à l’Éternel, ton Dieu ». Ainsi il rejette la faute sur le peuple et. cherche à la couvrir sous un prétexte religieux. N’est-ce pas ainsi que même les enfants (et les adultes) font souvent, en cherchant à s’excuser d’une désobéissance ? On dit : un tel m’a entraîné, ou je croyais bien faire, quand on devrait dire simplement : Oui, j’ai mal agi.
En voyant que Saül cherchait à échapper, Samuel fait une dernière tentative pour atteindre sa conscience : « Arrête » lui dit-il, « et je te déclarerai ce que l’Éternel m’a dit cette nuit… Quand tu étais petit à tes propres yeux, l’Éternel t’a oint pour roi sur Israël. Et l’Éternel… t’avait dit : Va et détruis entièrement ces pécheurs, les Amalékites… Pourquoi n’as-tu pas écouté la voix de l’Éternel, et t’es-tu jeté sur le butin, et as-tu fait ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ? » Ainsi la porte était encore ouverte à la confession et à la repentance, mais Saül s’obstine, comme le font, hélas ! tant d’hommes et d’enfants. Il veut absolument se justifier. Samuel lui avait dit : « Pourquoi as-tu fait ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ? »
Saül répond : « J’ai écouté la voix de l’Éternel, et je suis allé par le chemin par lequel l’Éternel m’a envoyé ; et j’ai amené Agag, roi d’Amalek, et j’ai entièrement détruit Amalek. Et le peuple a pris, dans le butin, du menu et du gros bétail, comme prémices de ce qui était voué à l’exécration pour sacrifier à l’Éternel, ton Dieu, à Guilgal. » Ainsi Saül affirme de nouveau qu’il a bien fait, qu’il a obéi quand ses propres paroles le condamnent et montrent qu’il a suivi sa propre volonté.
Il devait tuer tous les hommes, sans distinction, mais il a épargné Agag ; il devait détruire entièrement toutes les bêtes, mais il a laissé le peuple emmener du gros et du menu bétail, soi-disant pour sacrifier à l’Éternel. Toute sa conduite porte ainsi le cachet de la désobéissance, et il dit : « J’ai écouté la voix de l’Éternel ». N’est-ce pas profondément triste de voir une conscience aussi endurcie ? Oh ! prenons garde de ne pas entrer dans un semblable chemin.
Que restait-il à faire ? Rien, sinon de prononcer la sentence sur le roi coupable. C’est ce que fit Samuel. Saül avait donné comme prétexte, pour épargner le menu et le gros bétail, d’avoir voulu sacrifier à l’Éternel. Samuel lui dit : « L’Éternel prend-il plaisir aux holocaustes et aux sacrifices, comme à ce qu’on écoute la voix de l’Éternel ? Voici écouter est meilleur que sacrifice, prêter l’oreille, meilleur que la graisse des béliers ; car la rébellion est comme le péché de divination, et l’obstination comme une idolâtrie ».
Et Saül avait commis ces deux fautes ; la rébellion en désobéissant, l’obstination en persistant à dire qu’il avait bien fait. Nul sacrifice ne pouvait compenser cela aux yeux de Dieu. Ce qu’il demande de nous, c’est une obéissance entière, le renoncement complet à notre volonté propre. Sans cela, tout le service religieux que nous pourrions accomplir n’est rien. Que dirait-on d’un enfant qui prodiguerait à ses parents toutes les marques de respect, mais qui désobéirait à leurs ordres, ou ne les observerait qu’en partie, ou n’en ferait qu’à sa tête dans la manière de les accomplir ? Serait-ce un enfant obéissant ?
C’est ainsi que Saül avait agi ; or, un roi désobéissant à Dieu ne pouvait que conduire le peuple dans la désobéissance. Il avait perdu tout droit à régner, et Samuel lui déclare avec douleur : « Parce que tu as rejeté la parole de l’Éternel, il t’a aussi rejeté comme roi ».
Mais la terrible vérité se fit jour chez Saül. Il vit que l’on ne se moque pas de Dieu, et que Dieu ne se satisfait point par des apparences de piété, mais qu’Il veut la réalité dans le cœur, l’obéissance dans la vie. Saül se repent, mais, hélas ! c’est à cause du châtiment, et non parce qu’il est humilié d’avoir offensé Dieu. Il espère qu’en s’humiliant, il échappera à la peine : « J’ai péché » dit-il, « j’ai craint le peuple et j’ai écouté leur voix… Pardonne mon péché… et retourne-t-en avec moi, et je me prosternerai devant l’Éternel ».
Mais la sentence était irrévocable ; Samuel ne peut que répéter les terribles paroles : « Je ne retournerai point avec toi ; car tu as rejeté la parole de l’Éternel, et l’Éternel t’a rejeté pour que tu ne sois plus roi sur Israël ». Et comme Samuel s’éloignait, Saül tenta de le retenir par le pan de sa robe qui se déchira. Ce fut une nouvelle occasion pour le prophète de répéter la sentence divine : « L’Éternel a déchiré aujourd’hui la royauté d’Israël de dessus toi, et l’a donnée à ton prochain, qui est meilleur que toi. Et aussi, la sûre Confiance d’Israël ne ment point et ne se repent pas, car il n’est pas un homme pour se repentir ».
Saül craignait qu’en voyant s’éloigner Samuel, le peuple perde son respect pour lui ; il insista donc encore pour que le prophète vienne avec lui quand il se prosternerait devant l’Éternel. Samuel y consentit mais pour montrer qu’il ne tolérait pas le mal, et que la parole de l’Éternel contre Amalek devait être pleinement exécutée, il dit : « Amenez-moi Agag, roi d’Amalek ».
Malheureux Agag ! il croyait avoir échappé à la mort et vint gaîment vers Samuel. Mais d’un mot, celui-ci lui rappela ses crimes, et lui en fit subir le châtiment. Il mit Agag en pièces devant l’Éternel. Ainsi, au temps déterminé, les méchants seront punis par une destruction éternelle, par la présence du Seigneur et par la gloire de sa force (2 Thess.1. 9).
Après cela, le vieux prophète se sépara pour toujours du roi qu’il avait aimé. Il retourna dans sa maison à Rama, où il mena deuil sur Saül. Celui-ci, de son côté, s’en alla à Guibha, roi encore de nom, roi pour ceux qui lui restèrent associés, mais non plus roi devant Dieu. À cet égard, son histoire est finie. Elle s’est terminée sur une désobéissance ; Dieu n’est plus avec lui ; il n’y aura plus désormais pour Saül que douleur et trouble.
DAVID, LE SECOND ROI – DIEU CHOISIT DAVID (1 Sam. 16)
Saül ayant été rejeté de Dieu, nous commençons l’histoire du second roi d’Israël. Y eut-il donc deux rois, puisque Saül vivait encore ? me demanderez-vous. Dans un sens, oui. Saül continue à exercer la royauté, extérieurement du moins, et d’une manière misérable, comme nous le verrons.
Mais aux yeux de Dieu, il n’était plus roi. Le vrai roi fut celui que l’Éternel choisit, mais qui resta, pour ainsi dire, caché pendant un certain temps où il eut à souffrir de la part du roi rejeté, Saül.
Cela ne nous fait-il pas souvenir de quelqu’un qui était aussi venu pour être roi sur Israël, mais qui ne fut pas reconnu comme tel, et demeura caché, méprisé, persécuté, et enfin mis à mort ? Oui, c’est le Seigneur Jésus, Lui dont David était un type.
Il était né dans le monde pour être roi, et les mages venus de l’Orient L’adorèrent comme tel, quand Il était un petit enfant. Il entra aussi dans Jérusalem comme un roi humble et débonnaire, et les foules criaient : « Hosanna au fils de David ! » Mais les principaux du peuple ne voulurent pas Le recevoir, et Le firent prendre comme un malfaiteur. On Lui donna pour couronne des épines, pour sceptre un roseau, et pour trône, la croix. Mais là encore, le gouverneur romain, sans savoir ce qu’il faisait, rendit hommage à sa royauté en plaçant au-dessus de sa tête ces mots : « Celui-ci est le roi des, Juifs ! »
Son royaume n’était pas alors de ce monde : d’autres rois régnaient, et Lui passa ici-bas inaperçu, méconnu, méprisé et haï, jusqu’à ce qu’Il eût donné sa vie sur la croix. Et maintenant, Il est caché dans le ciel. Mais il n’en sera pas toujours ainsi. Jésus reviendra couronné de gloire, mettra ses ennemis sous ses pieds, et régnera sur l’univers. Son règne sera un règne de paix et de justice. Nous verrons comment David et Salomon son fils, le troisième roi d’Israël, ont été des figures de Jésus, à ces différents égards. Mais maintenant nous commençons l’histoire si intéressante de David.
Samuel était toujours très affligé de ce que Saül avait été rejeté. Mais l’Éternel voulait consoler son vieux serviteur et lui faire connaître enfin « l’homme selon son cœur » qui devait remplacer Saül. II lui dit donc : « Jusques à quand mèneras-tu deuil sur Saül, vu que moi je l’ai rejeté ?… Remplis ta corne d’huile, et va : je t’enverrai vers Isaï, le Bethléhémite, car j’ai vu parmi ses fils un roi pour moi ». Vous comprenez que c’était pour oindre le fils d’Isaï qui serait choisi, que Samuel devait prendre avec lui corne remplie d’huile.
Mais que signifiait cette onction ? C’était la marque que la personne ointe était mise à part pour remplir une charge, et l’huile représentait le Saint-Esprit donnant la sagesse et l’énergie nécessaires pour l’accomplir. Les sacrificateurs étaient oints (Ex. 28. 41 ; Lév. 8. 12), les prophètes aussi (1 Rois 19. 16), de même que les rois, comme nous l’avons vu pour Saül, et maintenant pour le fils d’Isaï. Et du Seigneur Jésus, qui était à la fois, Roi, Prophète et Sacrificateur, il est dit : « Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance » (Act. 10. 38).
Tout ce qui servait au culte israélite, le tabernacle, les autels, les vases et ustensiles, étaient aussi oints d’huile pour indiquer qu’ils étaient sanctifiés, c’est-à-dire consacrés à l’Éternel.
Il faut vous rappeler que cet Isaï de Bethléhem était de la tribu de Juda, et petit-fils de Boaz, qui avait épousé Ruth la Moabite dont vous savez l’histoire. Et si vous lisez dans le livre de la Genèse, au chapitre 49 (v. 8 à 12), vous verrez que le patriarche Jacob, dans ses bénédictions prophétiques, avait assigné à Juda un rang royal parmi les tribus : « Toi, Juda, tes frères te loueront… Les fils de ton père se prosterneront devant toi. Juda est un jeune lion… Le sceptre ne se retirera point de Juda, ni un législateur d’entre ses pieds jusqu’à ce que Shilo vienne ; et à lui sera l’obéissance des peuples ».
Ainsi Juda devait être à la tête des tribus, et dans cette tribu devait être placée l’autorité royale. Aussi voyons-nous que, dans l’ordre de marche au désert, la bannière du camp de Juda marchait la première (Nomb. 2. 3), et dans les dénombrements elle apparaît la plus nombreuse. (Nomb. 2 et 26). Caleb, un des espions fidèles, était de cette tribu, ainsi qu’Othniel, le premier juge.
Dieu n’oubliait pas ses desseins et ses promesses, et en choisissant le fils d’Isaï, il les accomplissait plus entièrement. Mais ils ne l’ont été dans leur plénitude que quand le grand fils de David, Shilo, l’Envoyé, le Seigneur Jésus, est venu, Lui duquel l’ange disait à Marie sa mère : « Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera sur la maison de Jacob à toujours, et il n’y aura pas de fin à son royaume » (Luc 1. 32 et 33).
C’est ce qui aura lieu bientôt, mes enfants ; à Jésus appartiendra « l’obéissance des peuples » quand tout genou ploiera devant Lui (Phil. 2). En même temps qu’il est l’Agneau qui a été immolé, il est aussi « le Lion de la tribu de Juda » (Apoc. 5). Quelles choses glorieuses, n’est-ce pas, mes jeunes amis ? Bien plus que tout ce que les histoires des grands hommes de la terre peuvent nous dire. Comme il est beau de voir Dieu poursuivant ses desseins et accomplissant ses paroles. « Le ciel et la terre passeront, mais ses paroles ne passeront point ».
Maintenant que nous avons vu qui était Isaï, revenons à notre récit. Il semblerait que Samuel dut s’empresser d’exécuter la parole de l’Éternel ; mais non, il a peur ! Et de quoi ? Il a peur de Saül. « Saül l’entendra » dit-il, « et il me tuera ». Samuel devait avoir une triste idée de l’état du cœur de Saül pour dire cela, mais la suite, hélas ! nous montrera qu’il n’avait pas tort, et que Saül était bien capable de vouloir tuer celui qui attenterait à la royauté qu’il prétendait posséder encore, en dépit de la déclaration de l’Éternel. Voilà où peuvent conduire l’orgueil et la volonté propre.
L’Éternel eut compassion de son vieux serviteur, dont la confiance semblait défaillir, et il lui dit : « Tu prendras avec toi une génisse, et tu diras : Je suis venu pour sacrifier à l’Éternel ; et tu appelleras Isaï au sacrifice, et moi je te ferai savoir ce que tu auras à faire, et tu oindras pour moi celui que je te dirai ». Quel repos pour l’âme de n’avoir à faire que ce que Dieu nous dit ! Samuel pouvait aller tranquillement.
Il partit donc pour Bethléhem. Mais si lui avait craint en recevant l’ordre de l’Éternel, les anciens de Bethléhem n’eurent pas moins peur en voyant arriver le prophète. « Ils allèrent tremblants à sa rencontre, et dirent : ta venue est-elle la paix ? » N’est-ce pas une chose étrange, mes enfants ! Ah ! ce malaise devant Dieu, ou devant un de ses envoyés porteurs de sa parole, montre qu’au fond on se sent coupable, sans peut-être se rendre compte de quoi. Et je serais bien étonné s’il ne vous est pas arrivé parfois quelque chose de semblable, quand votre père ou votre maître, ou quelqu’un que vous respectez, s’est trouvé inopinément près de vous.
D’un mot Samuel rassura les anciens : « La paix » dit-il. « Je suis venu pour sacrifier à l’Éternel ; sanctifiez-vous, et venez avec moi au sacrifice ». C’était en effet un gage de paix que d’aller avec le serviteur de Dieu participer à un sacrifice. Mais je ne puis m’empêcher, à ce sujet, de penser à une autre scène qui se passa aussi à Bethléhem plus de mille ans plus tard. Des hommes de Bethléhem furent alors aussi bien effrayés par l’apparition soudaine d’un messager de Dieu auprès d’eux. Vous savez de qui je parle. Quand l’ange se présenta aux bergers, ils eurent peur.
Mais que leur dit-il ? « N’ayez point de peur ; je vous annonce un grand sujet de joie » et il leur dit la naissance du Sauveur, du descendant de David ; puis d’autres anges vinrent qui chantaient : « Paix sur la terre ! » Et vous savez que, plus tard, il y eut aussi un sacrifice pour fonder cette paix que Dieu envoyait aux hommes ; ce fut le sacrifice de Jésus. Dieu vous invite aussi, mes jeunes amis, à jouir de ce sacrifice ; c’est celui qui ôte les péchés et qui donne la paix.
DAVID, LE SECOND ROI – DIEU CHOISIT DAVID (1 Sam. 16)
Samuel, venu dans la ville de Bethléhem pour oindre un autre roi, avait dit aux anciens de la ville d’aller se préparer pour assister au sacrifice qu’il voulait offrir à l’Éternel. Pour lui, il se rendit chez Isaï, afin d’accomplir la partie importante de sa mission, celle de choisir un roi parmi les fils de ce descendant des princes de Juda. Isaï était, vous vous le rappelez, le petit-fils de Boaz et de Ruth, et au temps de Saül, c’était un homme très avancé en âge qui avait huit fils. Samuel en allant chez lui, lui avait sans doute dit le but de sa visite, car Isaï fit appeler ses fils pour les présenter au prophète par ordre de naissance.
Quand Samuel vit l’aîné, il fut frappé de sa haute taille et de sa belle apparence, et dit : « Certainement, c’est celui que l’Éternel a choisi ». Il se souvenait, sans doute, de la beauté du premier roi dont il disait au peuple : « Il n’y en a point de tel » et il aurait aimé le remplacer par quelqu’un de semblable. Mais qu’est-ce que la beauté extérieure seule ? Saül avait bien montré que tous les avantages qui frappent la vue des hommes ne suffisent pas.
L’Éternel qui avait dit à Samuel : « Je te ferai savoir ce que tu auras à faire » ne lui laissa pas suivre la première impulsion de son cœur. Il lui dit « Ne regarde pas son apparence, ni la hauteur de sa taille, car je l’ai rejeté ; car l’Éternel ne regarde pas à quoi l’homme regarde, car l’homme regarde à l’apparence extérieure, et l’Éternel regarde au cœur ».
C’est une grande parole, celle-là mes enfants, et vous ferez bien de la garder dans vos cœurs. Ce ne sont pas les avantages extérieurs, beauté, force, savoir, intelligence, richesses, qui comptent pour Dieu. Il peut nous donner toutes ces choses, et c’est à nous d’en faire bon usage ; mais ce que Dieu recherche, ce qui Lui plaît, c’est un cœur obéissant, dévoué, dépendant de Lui, et qui l’aime. Si on a un tel cœur, on peut être pauvre, faible, laid, difforme, sans savoir et sans intelligence – l’Éternel prend plaisir en vous. Ah ! David avait ce cœur, lui qui disait : « Je t’aimerai, ô Éternel, ma force » (Ps. 18. 1).
Les six fils suivants d’Isaï passèrent successivement devant Samuel, mais pour chacun le prophète dit : « L’Éternel n’a pas choisi celui-ci ». Alors il dit à Isaï : « Sont-ce là tous tes fils ? » « Non » répondit le père ; « il reste encore le plus jeune, et voici, il paît le menu bétail ». Humble occupation, n’est-ce pas ? C’était ce dont on l’avait trouvé digne dans la famille. Il était un berger et le dernier de tous les fils, bien plus petit, sans doute, qu’Éliab, et c’était celui-là que Dieu choisissait. C’est ainsi, mes enfants, que nous voyons se réaliser toujours cette parole de l’apôtre : « Dieu a choisi les choses faibles du monde » (1 Cor. 1. 27).
« Envoie » dit Samuel à Isaï, « fais-le amener, car nous ne nous placerons point autour de la table jusqu’à ce qu’il soit venu ici ». Comme autrefois le serviteur d’Abraham, Samuel voulait avant tout accomplir sa mission. On fit donc chercher David. Combien le jeune berger dut être surpris en entendant le message : « Ton père te demande et Samuel, le prophète, est avec lui ! » Il vint, et si l’Écriture nous dit que Saül et Éliab étaient d’une belle stature, elle ne se tait pas non plus sur les avantages extérieurs de David. « Il avait le teint rosé, avec de beaux yeux, et était beau de visage » nous est-il dit. Tel était le jeune homme de Juda, choisi de Dieu pour devenir le conducteur de son peuple.
Mais il avait une autre beauté encore que celle qui frappe les yeux ; il avait celle qui plaît à Dieu, la beauté d’une âme qui craint, qui honore et qui sert Dieu. Celle-là, mes enfants, ne se flétrit point.
Le jeune berger était aussi un poète et un musicien habile à jouer de la harpe. Plus tard, il est nommé « le doux psalmiste d’Israël ». Nous pouvons nous représenter qu’en gardant ses troupeaux durant les veilles de la nuit, il élevait ses yeux vers le ciel étoilé, et qu’en le contemplant, rempli de l’Esprit Saint, il célébrait les merveilles de la création dans les cieux et sur la terre.
Puis allant plus loin, il prophétisait touchant ce Fils de l’homme qui, un jour, s’assujettira toutes choses (Ps. 8). Il voyait aussi le soleil se lever le matin, et il chantait sa splendeur ; mais aussitôt son âme se tournait vers une autre lumière, celle de l’âme, la parole de Dieu (Ps. 19). C’est ainsi, dans les diverses circonstances de sa vie, plus tard si agitée, que David composa ses Psaumes.
En même temps, ce beau jeune homme, au teint rosé, était loin d’être dépourvu d’énergie. C’était un courageux berger, qui savait exposer sa vie pour ses brebis et qui accomplissait des exploits ignorés des autres. Et c’était un jeune homme dont l’intelligence était connue. Mais nous verrons ces choses plus loin dans sa vie.
Lorsqu’il entra devant le prophète, l’Éternel dit à celui-ci : « Lève-toi, oins-le ; car c’est celui-là ». Et il oignit le jeune David au milieu de ses frères. Que pensèrent ceux-ci en voyant leur frère cadet choisi de préférence à eux-mêmes ? D’après quelques paroles rapportées plus loin, il semble qu’ils n’eussent pas des sentiments bienveillants envers lui. Mais vous vous rappelez que Joseph fut aussi haï de ses frères, et que Jésus, dont Joseph et David étaient les types, fut méconnu de ses frères (Jean 7. 5). C’est à quoi doivent s’attendre de la part du monde ceux qui sont de Dieu : « Le monde ne nous connaît pas, parce qu’il ne l’a pas connu » (1 Jean 3. 1). Le monde ne connaît pas les enfants de Dieu, parce qu’il ne connaît pas Dieu.
C’est un doux nom que celui de David, mes enfants. Savez-vous ce qu’il signifie ? Il veut dire « bien-aimé » et désigne bien l’homme selon le cœur de Dieu, n’est-ce pas ? Oh ! puissiez-vous tous être des David, mes chers jeunes amis : des « bien-aimés de Dieu ».
Une fois oint pour roi sur Israël, l’Esprit de l’Éternel saisit David depuis ce jour-là et dans la suite, afin de le conduire et de lui donner d’agir en roi. Il faut nous rappeler, mes enfants, relativement à l’Esprit Saint, qu’il n’en était pas alors comme maintenant. L’Esprit de Dieu venait sur un homme revêtu d’une charge spéciale pour la lui faire remplir, pour accomplir des actions de valeur ou pour prophétiser (voyez Jug. 6. 34 ; 11. 29 ; 14. 6 et 19 ; 15. 14 ; 1 Sam. 10. 10), mais il ne restait pas toujours sur cette personne. Maintenant, l’Esprit Saint est donné à tous ceux qui croient au Seigneur Jésus, à tous les enfants de Dieu pour demeurer toujours en eux.
S’il plaît au Seigneur, nous continuerons une autre fois l’histoire de David. Mais quel changement pour ce jeune berger ! C’était la réalisation de cette parole que, bien des siècles après, la descendante de David, Marie, la mère de Jésus, prononçait dans son cantique de louange : « Il a fait descendre les puissants de leurs trônes, et il a élevé les humbles » (Luc 1. 52). Et l’Éternel le rappelle une fois à David, quand il fut monté sur son trône : « Je t’ai pris des parcs, d’auprès du menu bétail, pour que tu fusses prince sur mon peuple, sur Israël » (2 Sam. 7. 8), et David lui-même ne l’oublia jamais.
DAVID COMMENCE A DÉLIVRER ISRAËL (1 Sam. 17)
David était maintenant oint roi sur Israël, et l’Esprit de l’Éternel était venu sur lui ; mais il devait encore attendre avant que sa royauté fût publiquement reconnue. Et le pauvre Saül, que devenait-il ? Ce qu’il devenait est triste à dire, mes jeunes amis : « L’Esprit de l’Éternel se retira d’avec Saül, et un mauvais esprit envoyé par l’Éternel le troublait ». Voilà la conséquence de sa rébellion aux ordres de Dieu et de son manque de repentance. Il n’avait plus l’Esprit de l’Éternel pour être sa lumière et sa force, et, au lieu de cela, c’était un mauvais esprit qui venait le tourmenter. Il était malheureux. Il ne peut jamais en être autrement, mes jeunes amis. Ou bien Dieu est avec nous, et alors nous sommes heureux, ou bien le péché nous tient, éloignés de Lui et nous sommes misérables.
Saül ne connaissait pas encore le jeune David ; nous allons voir comment ils se rencontrèrent.
Les serviteurs de Saül étaient affligés de voir leur maître ainsi tourmenté et misérable. Ils comprenaient bien que cela venait de Dieu ; et, en effet, tout ce qui arrive à l’homme vient de Lui, soit en bénédiction, en avertissement ou en châtiment, et nous ne devrions jamais l’oublier. Et ils cherchaient comment soulager Saül dans ces tristes moments de mélancolie, où de sombres pensées remplissaient son cœur. Ils pensèrent que les sons harmonieux de la harpe pourraient le calmer, et ils lui dirent : « Tes serviteurs chercheront un homme qui sache jouer de la harpe, … et quand le mauvais esprit envoyé de Dieu sera sur toi, il jouera… et tu t’en trouveras bien ». Saül répondit : « Trouvez-moi un homme qui sache bien jouer, et amenez-le-moi ».
Vous vous rappelez que je vous ai dit que David était un habile joueur de harpe. Un des serviteurs de Saül le connaissait et dit : « J’ai vu un fils d’Isaï, le Bethléhémite, qui sait jouer, un homme fort et vaillant, et un homme de guerre, et qui a l’intelligence des choses, et un bel homme, et l’Éternel est avec lui ». Quel magnifique éloge, n’est-ce pas ? Mais surtout cette dernière parole qui vient couronner le tout : « L’Éternel est avec lui ! »
Cela frappait ceux qui connaissaient David, non moins que sa vaillance, son intelligence et sa beauté. Pourquoi l’Éternel était-il avec David ? C’est que David l’aimait et le servait. Ne désirez-vous pas, mes enfants, que l’on voie, non que vous êtes beau et bien doué, mais que Dieu est avec vous ?
Saül fit donc demander à Isaï de lui envoyer son fils, et David vint auprès du roi, en lui apportant un présent de la part de son père. N’est-ce pas une réunion frappante que celle du pauvre roi Saül, tourmenté par un mauvais esprit, et de l’heureux berger David avec qui l’Éternel était ? Dieu conduisait tout cela. Saül d’abord aima beaucoup David. Lorsque son esprit était troublé et agité, David prenait sa harpe et en jouait, et Saül, peu à peu, était soulagé, et le mauvais esprit le quittait. Voilà comment David et Saül se trouvèrent pour la première fois en présence l’un de l’autre, et comment le premier fut employé à faire du bien au second.
David resta toujours fidèle et attaché au roi. David cependant ne demeurait pas toujours auprès de Saül. Il continuait à remplir ses humbles occupations de berger, et allait et revenait d’auprès de Saül pour paître les brebis de son père. Son élévation n’avait pas enorgueilli son cœur ; il ne méprisait pas sa condition première, et restait soumis à son père. Il vous donne, mes enfants, un bel exemple à suivre.
Mais nous arrivons maintenant à un événement important destiné à montrer quel était le vrai roi d’Israël. Les ennemis constants des Israélites, les Philistins, assemblèrent de nouveau leurs armées pour faire la guerre à Israël. Ils voulaient prendre leur revanche et espéraient bien réussir. Saül, de son côté, assembla aussi les hommes d’Israël et, sans se demander si Dieu était avec lui, marcha à la rencontre des ennemis. Il pensait, sans doute, que les ayant vaincu une fois, il remporterait encore la victoire. Il ignorait l’obstacle qui allait l’arrêter, et qu’un autre que lui vaincrait les Philistins. Les deux armées étaient campées chacune sur les pentes d’une montagne, et entre elles, s’étendait la vallée d’Éla, au fond de laquelle coulait un torrent.
Mais d’où vient que les Israélites, ayant à leur tête leur roi autrefois si vaillant, et Jonathan, le jeune héros, se tiennent à leur place au lieu de marcher contre l’ennemi ? Pourquoi ont-ils l’air abattus et effrayés ? Ah ! mes enfants, quand Dieu n’est pas avec nous, nous sommes sans force devant l’ennemi. C’est ce qui arrivait aux Israélites, et cette fois l’ennemi venait avec une puissance qu’ils n’avaient pas connue jusqu’alors.
Les Philistins restaient aussi à leur poste ; mais de leur camp était sorti celui qui glaçait de terreur le cœur des pauvres Israélites. C’était un géant nommé Goliath, c’est-à-dire le grand ou l’illustre. C’était sur sa taille, sa force et sa renommée, que se confiaient les Philistins. Et on peut comprendre la frayeur des Israélites devant un tel ennemi, et l’assurance des Philistins avec un semblable champion.
Goliath avait six coudées et un empan de hauteur, c’est-à-dire environ trois mètres et un tiers, presque le double de la taille d’un homme ordinaire. Et il était aussi fort que grand, comme nous le voyons par le poids de son armure. La cotte de mailles d’airain dont il était couvert pesait plus de cinquante-huit kilos, et le fer de sa lance, dont le bois était épais comme l’ensouple des tisserands, avait un poids de sept kilos. Outre cela, un casque d’airain défendait sa tête et des jambières d’airain lui couvraient les jambes. Comme armes offensives, il avait sa lance, un javelot et une épée proportionnés à sa taille. La vue d’un tel colosse, armé d’une manière si complète, pouvait bien effrayer les pauvres Israélites. Comme les espions d’autrefois, ils devaient se dire : « Nous ne paraissons à côté de lui que comme des sauterelles.
Et le géant avait bien la même idée de sa propre force et de la faiblesse de ses adversaires. Plein de son importance et de l’orgueil que lui inspiraient sa taille et sa vigueur, pensant bien que personne n’oserait se mesurer avec lui, il s’avançait entre les deux armées et portait un défi aux troupes d’Israël : « Choisissez-vous un homme » disait-il, « et qu’il descende contre moi. S’il est capable de combattre avec moi et qu’il me tue, nous serons vos serviteurs; et si moi j’ai l’avantage sur lui et que je le tue, c’est vous qui serez nos serviteurs ».
Mais tous ceux d’Israël tremblaient, pas un n’osait s’avancer, de sorte que le fier Philistin disait : « Moi, j’ai outragé aujourd’hui les troupes rangées d’Israël ! ». Et en outrageant le peuple de Dieu, il outrageait Dieu lui-même. Et c’était là une triste conséquence du péché de Saül.
Mais, direz-vous, Saül, le roi d’Israël, homme de guerre, qui dépassait de toute la tête tous les autres hommes de son peuple, ne pouvait-il pas, ne devait-il pas combattre et exposer sa vie pour son peuple ? Sans doute, mes enfants, c’était sa place et son devoir, mais Dieu n’était pas avec lui, l’Esprit de l’Éternel s’était retiré de lui, et dès lors que pouvait-il faire ? Rien que trembler comme les autres.
Et ici, mes enfants, je voudrais que nous tirions de ces faits une grande leçon. Que représente Goliath ? Le grand ennemi, Satan, qui tient l’homme sous sa puissance, à cause du péché. Qui peut lutter contre Satan et le vaincre ? Personne ; il est trop fort pour l’homme livré à ses propres ressources, trop fort pour l’homme pécheur. Prenez l’homme le plus intelligent, le plus sage, le plus pieux, le plus religieux, il sera toujours vaincu par Satan, s’il lutte avec ses propres forces.
Voyez le démoniaque dont l’histoire nous est racontée dans l’évangile. On essayait de le lier avec des chaînes et de lui mettre des fers aux pieds, mais il brisait tout. Et comme Goliath était armé de sa redoutable épée avec laquelle il donnait la mort, ainsi Satan a aussi le pouvoir de la mort. C’est son domaine où il règne par le péché. Vous ne pouvez tuer Satan, ni briser son pouvoir, mais lui a le pouvoir de vous tuer. Il vous tient déjà. Il faut pour être délivré que Dieu intervienne, et c’est ce qu’il a fait, comme nous le verrons.
Pendant quarante jours, matin et soir, le géant se présenta, renouvelant son défi. Les quarante jours, mes enfants, désignent le temps d’une épreuve complète. Les quarante jours durant lesquels Moïse fut sur le Sinaï ; les quarante ans dans le désert ; les quarante jours de la tentation du Seigneur.
Après ces quarante jours, l’impuissance de Saül et d’Israël contre les ennemis était complètement démontrée. Mais où les hommes avaient montré leur faiblesse, Dieu allait montrer sa puissance. Avant de voir de quelle manière, je voudrais encore répondre à une question qui pourrait monter dans votre esprit. Où était Jonathan, le jeune et vaillant guerrier, qui autrefois seul, plein de foi et de confiance en l’Éternel, avait frappé les avant-postes des Philistins et jeté l’effroi dans leur armée ? Avait-il peur comme les autres ?
Jonathan était là, mes jeunes amis, la suite le montre, et je ne crois pas qu’il eût peur. L’Écriture ne nous dit rien de lui, mais je pense qu’il aurait été heureux de délivrer Israël au péril de sa vie, d’après ce que nous savons de lui ; mais Dieu ne lui avait pas dit de le faire. Or l’homme de foi est aussi l’homme obéissant.
Dieu réservait la gloire de la délivrance de son peuple à « l’homme selon son cœur ». Saül était rejeté, et le véritable roi n’était pas le fils de Saül, ainsi Jonathan ne pouvait être en avant dans cette occasion. Mais nous verrons quand la délivrance a eu lieu, avec quelle ardeur Jonathan s’attache à David, le vrai roi, qui met sa vie pour ses brebis. Nous en reparlerons une autre fois, si Dieu le permet.
DAVID DÉLIVRE ISRAËL (1 Sam. 17)
Nous avons vu l’impuissance d’Israël et de son roi Saül pour se défaire du terrible Goliath. Aujourd’hui, nous parlerons du libérateur d’Israël et de la manière dont il remporta la victoire.
Les trois frères aînés de David avaient suivi Saül à la guerre. C’étaient Éliab, Abinadab et Shamma, ceux-là mêmes qui avaient passé les premiers devant Samuel et que l’Éternel n’avait pas choisis. Ils n’étaient pas capables, en effet, de sauver le peuple, et nous les voyons confondus ici avec tous les autres qui tremblaient devant Goliath.
Le vieil Isaï désirait avoir des nouvelles de ses trois fils absents et exposés aux périls de la guerre. Il leur envoya donc David pour s’informer d’eux et leur porter en même temps des provisions. Isaï lui dit aussi de prendre pour le capitaine de leur millier dix fromages de lait, un mets délicat, désirant ainsi lui témoigner de l’honneur (voyez Rom. 13. 7).
Comme autrefois Joseph envoyé à ses frères, David s’empressa d’obéir aux ordres de son père. Il arriva au camp au moment où les deux armées se rangeaient en bataille l’une contre l’autre. David s’empressa de courir vers ses frères pour s’enquérir de leur bien-être. Et c’est alors qu’il fut témoin d’un spectacle qui dut le remplir à la fois d’étonnement et de douleur. Le géant Goliath s’avançait hors des rangs des Philistins et portait aux guerriers d’Israël un défi outrageant.
Et ni Saül, ni aucun homme de guerre ne répondait à cette insulte, mais tremblants, ils s’enfuyaient. Pour David, ces troupes effrayées étaient celles de l’Éternel et leur frayeur jetait le déshonneur sur le nom du Dieu d’Israël. C’est ainsi que, lorsque nous faisons profession d’être chrétiens et que nous cédons à Satan et au péché, nous déshonorons le Seigneur.
Que fera notre jeune berger, qui se savait oint roi sur Israël ? Il entend des hommes d’Israël se dire entre eux : « Avez-vous vu cet homme-là qui monte ? Car c’est pour outrager Israël qu’il est monté. Et il arrivera que l’homme qui le frappera, le roi l’enrichira de grandes richesses, et il lui donnera sa fille, et affranchira la maison de son père en Israël ». Mais si grande que fût la récompense offerte, personne n’avait le courage, ni ne se sentait la force de se mettre en avant et d’exposer sa vie. Pour faire l’œuvre de Dieu, il faut d’autres motifs que l’appât d’une haute position ou de richesses terrestres. Il faut avoir à cœur la gloire de Dieu et le bien de son peuple. C’était là ce que David éprouvait.
Cependant, il ne se met pas en avant avec présomption, il attend que Dieu l’envoie. Il se contente de demander : « Que fera-t-on à l’homme qui aura frappé ce Philistin-là, et qui aura ôté l’opprobre de dessus Israël ? Car qui est ce Philistin, cet incirconcis, pour outrager les troupes rangées du Dieu vivant ? » Vous le voyez, pour David, Goliath n’est pas un géant ; sa force, sa haute stature, sa puissante armure, ne sont pas ce qui frappe ses yeux. C’est un Philistin, un incirconcis, un ennemi du peuple de Dieu, quelqu’un qui jette l’opprobre et l’outrage sur Israël et sur l’Éternel.
David ne voit pas autre chose ; son cœur s’enflamme, et sa foi lui montre la puissance du Dieu vivant qui saura bien abattre la puissance du géant. Cela ne nous rappelle-t-il pas Josué et Caleb disant au peuple effrayé par les discours des espions : « Montons hardiment et ne les craignez pas ? » C’est que la foi est toujours la même ; elle voit Dieu et alors, avec Lui, il n’y a rien qui ne soit impossible (Marc 9. 23).
Tandis que David s’entretenait avec le peuple, Éliab, son frère aîné, l’entendit. Aussitôt il s’irrita de ce que son jeune frère, le berger, parlait de ces grandes choses, comme s’il avait eu la pensée d’accomplir cet exploit, ou comme s’il blâmait les autres de leur lâcheté. Il lui dit : « Pourquoi donc es-tu descendu ? et à qui as-tu laissé ce peu de brebis dans le désert ? Je connais, moi, ton orgueil et la méchanceté de ton cœur ; car c’est pour voir la bataille que tu es descendu ». C’était témoigner son mépris pour David, comme s’il lui avait dit « Mêle-toi de tes brebis, et non de ce qui ne te regarde pas et de ce qui est au-dessus de toi ».
Et pourtant Éliab savait que Samuel avait oint David pour roi, mais c’était l’envie et la jalousie qui le faisaient parler ainsi. Il avait dans le cœur les mêmes sentiments que les frères de Joseph envers ce dernier (Gen. 37). Et cela nous rappelle Quelqu’un de plus grand que David et Joseph. Les frères même de Jésus « ne croyaient pas en lui », nous est-il dit (Jean 7). Comme Jésus à ses frères, David, au lieu de se fâcher, fit à Éliab une réponse pleine de douceur. Nous aussi, si nous désirons obéir à Dieu, si nous nous efforçons de vivre chrétiennement, on vous accusera peut-être d’être orgueilleux, de prétendre être meilleurs que les autres ; ne vous irritez pas alors, mais soyez heureux d’être comme David dans le sentier de l’obéissance.
David ayant encore parlé à d’autres Israélites dans les mêmes termes, le bruit en vint aux oreilles de Saül, qui fit chercher le jeune berger. C’est alors que David vit le moment venu de découvrir ouvertement la pensée que Dieu lui mettait au cœur, celle de délivrer Israël. « Que le cœur ne défaille à personne à cause de lui ! » dit-il. « Ton serviteur ira et combattra avec ce Philistin ».
Grand dut être l’étonnement de Saül et de ses vieux guerriers. Un jeune berger, sans expérience de la guerre, veut aller combattre celui qu’eux n’osent affronter ! Aussi Saül lui dit-il : « Tu n’es pas capable d’aller contre ce Philistin pour combattre avec lui ; car tu es un jeune homme, et lui, il est homme de guerre dès sa jeunesse ». Saül et ses guerriers ne voyaient la chose qu’avec les yeux de la chair, mais David avait l’assurance que donne la foi qui, dit le Seigneur, transporte les montagnes, c’est-à-dire surmonte toutes les difficultés.
David alors découvre à Saül le secret de sa force, en lui racontant une chose dont il n’avait encore jamais parlé à personne : « Ton serviteur », dit-il, « paissait le menu bétail de son père, et un lion vint, et un ours : et il enleva un mouton du troupeau. Et je sortis après lui et le frappai, et je délivrai le mouton de sa gueule ; et il se leva contre moi, et je le saisis par sa barbe, et le frappai et le tuai. Ton serviteur a frappé et le lion et l’ours ; et ce Philistin, cet incirconcis, sera comme l’un d’eux, car il a outragé les troupes rangées du Dieu vivant ». Il dit encore : « L’Éternel qui m’a délivré de la patte du lion et de la patte de l’ours, lui me délivrera de la main de ce Philistin ».
Quelle histoire simple et touchante ! David ne veut pas qu’une seule des brebis que son père lui a confiées périsse. Pour elles il expose sa vie. Mais il ne s’avance pas avec sa propre force ; c’est en se confiant en l’Éternel, et il est vainqueur de ces deux fiers animaux. Qu’est-ce que cela nous rappelle ? Ah ! n’est-ce pas Jésus qui ne veut pas laisser périr une seule des brebis que son Père Lui a données, qui est allé les arracher de la gueule et des griffes de Satan, ce lion rugissant, qui pour cela a donné sa propre vie, et qui donne à ses brebis la vie éternelle ? (Jean 10) Béni soit Celui qui nous a aimés d’un tel amour !
En entendant les simples paroles de foi de David, en voyant sa confiance inébranlable en l’Éternel, le cœur de Saül est saisi, et il ne peut dire que ceci : « Va, et que l’Éternel soit avec toi ».
Mais Saül a toujours des pensées humaines. Il ne se confie pas simplement en Dieu, puissant pour délivrer. Il estime que, pour combattre, il faut à David l’armure d’un guerrier, et il le revêt de ses propres vêtements, lui fait endosser une cotte de mailles, place sur sa tête un casque et lui ceint son épée. David se soumet au désir de Saül, mais il reconnaît bientôt que ce n’est pas l’équipement qu’il lui faut. Là-dedans, il n’a pas de liberté, cette armure ne fait que l’entraver. Les secours humains, la sagesse humaine, les précautions humaines, ne font que gêner l’enfant de Dieu dans sa lutte contre Satan.
Et puis, si David remporte la victoire, ne l’attribuera-t-on pas en partie aux armes de Saül, et n’en diminuera-t-on pas d’autant la gloire de l’Éternel ? Ce ne sont pas là les armes avec lesquelles il a vaincu le lion et l’ours. Aussi David dit-il résolument à Saül : « Je ne puis marcher avec ces choses ; car je ne l’ai jamais essayé ». Et il ôte ces armes embarrassantes pour en prendre d’autres bien méprisables, bien faibles, et même ridicules aux yeux du monde, mais qui seront puissantes par la foi.
Que sont-elles ? Un bâton, peut-être celui dont il a frappé le lion et l’ours, cinq pierres lisses prises du torrent, et sa fronde, l’arme dont il se servait pour écarter les oiseaux et les bêtes de proie. C’était comme l’aiguillon à bœufs de Shamgar, les cruches de Gédéon et la mâchoire d’âne de Samson, les armes de l’arsenal de Dieu, un néant aux yeux des hommes ; mais Dieu se sert des choses qui ne sont pas pour annuler celles qui sont (1 Cor. 1). David, comme les autres fidèles, avait d’autres armes que Saül ne connaissait pas. C’était le casque du salut et la cuirasse de la foi, qui sont invulnérables. Puissions-nous les revêtir pour résister à Satan !
C’est dans cet équipement de berger que le « jeune homme » comme le nommait Saül, s’avance contre le redoutable champion des Philistins. C’est ainsi que, dans une apparente faiblesse, en infirmité, méprisé du monde, Jésus, le grand Berger des brebis, s’est avancé contre Satan (2 Cor. 13. 3 et 4 ; Héb. 13. 20).
Le Philistin, voyant un homme d’Israël s’avancer enfin contre lui, en ressentit, sans doute, de la joie. L’orgueil gonfla son cœur ; il allait donc faire sentir la force de son bras. Il pensait assurément : « On aura envoyé contre moi le plus fameux des guerriers d’Israël, le seul qui soit digne de moi ». Et quel dut être sa déception lorsque, sortant des rangs des Philistins et s’approchant, il vit à qui il avait à faire ! Ce n’était pas un guerrier au teint bronzé, endurci à la guerre, muni d’armes bien trempées, mais un jeune homme au teint rosé, beau de visage, délicat d’apparence, en habits de berger, un bâton et une fronde à la main ! Quel misérable ennemi !
Est-ce pour se moquer de lui, Goliath ? Il n’y aura aucune gloire à le vaincre, mais n’importe, le succès n’en sera que plus facile. Plein de mépris, le Philistin s’adresse à David, et lui dit : « Suis-je un chien, moi, que tu viennes à moi avec des bâtons ? » Et le Philistin maudit David par ses dieux. Puis il dit : « Viens vers moi, et je donnerai ta chair aux oiseaux des cieux et aux bêtes des champs ».
Comme il se doutait peu, dans son orgueil et sa confiance en lui-même, du sort qui l’attendait ce jour même ! David ne défaille pas en entendant ces paroles. Il connaît l’Éternel qui est avec lui, et dont il pouvait dire : « L’Éternel est ma lumière et mon salut : de qui aurai-je peur ? L’Éternel est la force de ma vie : de qui aurai-je frayeur ? »
Il répond donc au Philistin : « Toi, tu viens à moi avec une épée, et avec une lance, et avec un javelot ; et moi, je viens à toi au nom de l’Éternel des armées, du Dieu des troupes rangées d’Israël, que tu as outragé. En ce jour, l’Éternel te livrera en ma main ; et je te frapperai, et j’ôterai ta tête de dessus toi, et je donnerai en ce jour les cadavres du camp des Philistins aux oiseaux des cieux et aux animaux de la terre ; et toute la terre saura qu’il y a un Dieu pour Israël ; et toute cette congrégation saura que ce n’est ni par l’épée, ni par la lance, que l’Éternel sauve ; car la bataille est à l’Éternel, et il vous livrera entre nos mains ».
Quelle différence entre ce langage et celui du Philistin ! David ne parle ni de lui-même, ni de ses armes. Il ne vient ni en son nom, ni en sa force ; c’est au nom de l’Éternel, c’est l’Éternel qui combattra, c’est l’Éternel qui sauve, c’est Lui qui livrera Goliath au faible berger. Et de plus la délivrance aura lieu, non pour la gloire de David, mais pour la gloire de l’Éternel qui sera ainsi connu de toute la terre. Puissions-nous mettre ainsi notre confiance en notre Dieu et rechercher avant tout sa gloire.
Le moment suprême était arrivé. Représentez-vous les deux armées assistant à cette lutte qui paraissait si inégale. Les Philistins se reposaient sur la force et la vaillance de leur homme de guerre ; les Israélites étonnés avaient-ils la même confiance dans le pauvre et humble berger ? Le monde encore maintenant a confiance dans ses ressources; et nous, regardons-nous à Jésus, nous appuyons-nous sur Lui ?
Le Philistin s’avança dans sa force, sûr de vaincre sans peine le faible adversaire qu’il méprisait. Mais David ne lui laisse pas le temps de le rejoindre. Il se hâte, court vers lui, met une pierre dans sa fronde, et la lance d’un bras fortifié par la force toute-puissante de Dieu ; la pierre conduite par l’œil infaillible de Dieu va droit à son but, atteint le Philistin à la tête, s’enfonce dans son front, et le géant tombe la face contre terre. « David, avec une fronde et une pierre, fut plus fort que le Philistin » parce que l’Éternel combattait avec lui. De même, nous serons plus forts que le diable et le monde, et les tentations de notre mauvais cœur, si nous nous attendons à Christ ; « nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés ».
David avait dit : « J’ôterai ta tête de dessus toi » mais il n’avait pas d’épée en sa main. Le Philistin impuissant était étendu par terre ; David tire du fourreau la forte épée de son adversaire, lui tranche la tête, et met fin à sa vie.
Et que représente pour nous cette scène ? Une autre bien plus solennelle. C’est celle où notre bien-aimé Sauveur s’avança seul à la rencontre d’un ennemi mille fois plus redoutable que Goliath, d’un ennemi invincible pour nous, de Satan, et remporta sur lui une complète victoire. Mais comment ? Par un instrument encore plus étrange et plus méprisable qu’une fronde et une pierre ; par la croix, où la tête de Satan fut brisée, où sa puissance fut annulée.
Pour achever sa victoire, Jésus descendit dans la mort. « Par la mort, il a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et délivra tous ceux qui… étaient… tenus en esclavage » (Héb. 2. 14 et 15). L’épée de Goliath donnait la mort ; pour ceux qu’elle atteignait, elle était la mort. David la lui enlève, et le tue avec sa propre arme. Ainsi, le Seigneur, à la croix, a vaincu Satan, et lui a pris son arme, la mort, en la subissant Lui-même. Il a arraché à Satan l’arme que cet ennemi maniait contre nous, de sorte que, pour ceux qui croient en Jésus, la mort a perdu ses terreurs et Satan son pouvoir. La mort du Seigneur nous arrache à nos ennemis et nous acquiert la vie, une vie que la mort ne peut plus toucher. Que le nom de Jésus soit béni !
Quel fut le résultat de la victoire de David ? Les Philistins, frappés de terreur, s’enfuirent. Les Israélites, dont le courage est relevé et qu’une force nouvelle anime, s’élancent à la poursuite de leurs ennemis, et les refoulent dans leur pays, jusqu’à Gath et Ékron. Les Philistins apprennent quelle est la puissance du Dieu d’Israël. Les Israélites reviennent de leur poursuite, pillent leur camp et s’enrichissent de leurs dépouilles. Quelle reconnaissance devait remplir leur cœur envers l’Éternel et envers David, leur libérateur !
Celui-ci s’était montré le vrai roi, en mettant sa vie pour les siens et en les délivrant. C’était le sceau mis à son onction. Ainsi Jésus, par sa mort, a scellé son amour pour nous, et nous a sauvés, de sorte que maintenant, délivrés de l’esclavage du diable, nous sommes enrichis des bénédictions célestes et pouvons en jouir. Oh ! Quelle reconnaissance devrait remplir nos cœurs pour cet adorable Sauveur ! Que nos cœurs et notre vie soient tout à Lui !
DAVID ET JONATHAN (1 Sam. 18)
– Maman, ce que j’ai lu de la victoire du jeune berger David sur le géant Goliath m’a paru bien intéressant. J’aimerais beaucoup m’entretenir avec toi de ce qui arriva ensuite.
– Je le ferai volontiers. Tu te rappelles que les Philistins, privés de leur homme fort, perdirent courage et s’enfuirent. Ils sentirent bien qu’il y avait dans le camp d’Israël une puissance à laquelle ils ne pourraient résister.
– Oui, maman ; c’était celle de l’Éternel, n’est-ce pas ?
– En effet. L’Éternel avait opéré par le moyen de David une délivrance complète. Les Israélites n’eurent plus qu’à poursuivre leurs ennemis et à prendre leurs dépouilles. Mais il y a une délivrance bien plus grande, plus complète et plus glorieuse, que celle que Dieu accorda alors aux Israélites.
– Je sais, maman. C’est la délivrance que nous avons par le Seigneur Jésus. Il a remporté la victoire sur Satan, sur le péché et sur la mort. Tu m’as dit cela.
– Je suis bien contente que tu t’en souviennes. Satan, le grand ennemi de Dieu et des hommes, est comparé à un homme fort. Mais Jésus l’a lié et l’a dépouillé de ses biens (Mat. 12. 29). Nous étions devenus ses prisonniers à cause du péché ; mais Christ « étant monté en haut, a emmené captive la captivité, et a fait des dons aux hommes » (Éph. 4. 8). » Et sais-tu par quel moyen notre adorable Sauveur a ainsi triomphé de nos ennemis et nous a délivrés ?
– Oh ! oui, maman. C’est en mourant pour nous sur la croix (Col. 2. 14 et 15). Et cela me rappelle ce beau verset de cantique :
Célébrons du Sauveur l’amour et la puissance,
L’abaissement profond, l’entière obéissance ;
Il vint et triompha de tous nos ennemis ;
Il les a, par sa croix, pour toujours asservis.
Après sa victoire, David dépouilla le Philistin de ses armes et les porta dans sa tente. Mais plus tard il les consacra, sans doute, à l’Éternel des armées, car l’épée du géant se trouve sous la garde du sacrificateur (1 Sam. 21. 8 et 9). Saül avait contemplé avec étonnement le jeune berger, armé seulement d’un bâton et d’une fronde, s’avançant contre le puissant Goliath. Sa surprise fut encore bien plus grande, lorsqu’il vit ce redoutable champion renversé et mis à mort par son faible adversaire.
Frappé de ce spectacle, il dit à Abner, le chef de l’armée : « Abner, de qui ce jeune homme est-il fils ? » Et Abner avait dit : « Ton âme est vivante, ô roi ! je n’en sais rien. » Et le roi dit : « Enquiers-toi de qui ce jeune homme est fils ».
– Mais, maman, ce que tu me dis m’étonne beaucoup. Saül devait bien connaître David, puisque celui-ci était venu jouer de la harpe auprès du roi pour chasser le mauvais esprit.
– C’est vrai. Mais avant la guerre, David n’était venu auprès de Saül qu’à de rares intervalles, je pense. Et c’était quand le mauvais esprit agitait Saül. David, la plus grande partie du temps, continuait de garder les troupeaux de son père (v. 15). Il se pouvait donc très bien que Saül ait oublié qui il était, d’autant plus que l’esprit de ce pauvre roi était bien troublé. Quant à Abner, rien d’étonnant à ce qu’il n’ait pas connu David, occupé comme il était de ses fonctions de général de l’armée.
– Je comprends, maman. Il me semble que nous voyons en cela un exemple de ce qui arrive souvent. C’est que l’on oublie ceux qui nous ont fait du bien.
– En effet. C’est ainsi que le monde, que Dieu supporte à cause de Christ, ne reconnaît pas cet adorable Sauveur. Abner prit David qui portait dans ses mains la tête du Philistin et l’amena à Saül : « Jeune homme, de qui es-tu fils ? » dit le roi. Et David dit : « Je suis fils de ton serviteur Isaï, le Bethléhémite ». Dès ce jour-là, Saül voulut que David reste auprès de lui et il ne lui permit pas de retourner chez son père.
– Saül était bien content d’avoir auprès de lui un si vaillant guerrier, je pense.
– Oui, il regardait à son avantage et à son intérêt particulier. Mais à côté de Saül, il y avait quelqu’un qui avait d’autres sentiments et appréciait bien autrement David. C’était Jonathan, le fils de Saül.
– Celui qui avait aussi remporté une grande victoire sur les Philistins, n’est-ce pas ? N’était-il pas jaloux de David ?
– Non, bien au contraire. Comme David achevait de parler à Saül, « l’âme de Jonathan se lia à l’âme de David, et il l’aima comme son âme ». Jonathan était sans doute heureux, comme tous les autres Israélites, de profiter de la victoire remportée par David, mais ce qui attirait son cœur, c’était la personne même de David. En voyant son humilité, en même temps que sa grâce et sa grandeur, son âme fut entièrement gagnée à David. Il oublia ses propres exploits et ne vit plus que ceux de celui qu’il aimait. En cela il y a pour nous une grande leçon et un bel exemple à suivre.
– Je crois te comprendre, maman. Tu veux dire que nous ne devons pas seulement nous réjouir du salut que Jésus nous a acquis en remportant la victoire sur nos ennemis, mais qu’il nous faut Le connaître.
– Oui, mon enfant. La Parole de Dieu a placé devant nous l’excellence et la beauté parfaite du Sauveur, le Fils de Dieu, en qui le Père a mis toute son affection. Elle nous dit sa gloire avant qu’Il soit venu sur la terre : Il est le Créateur de toutes choses. Elle nous raconte son humiliation, son abaissement, quand Il devint un homme. Elle nous Le montre humble, doux, débonnaire, plein de compassion, de tendresse, d’amour, de patience, tout en restant toujours le puissant Fils de Dieu qui commandait aux éléments, aux maladies, aux démons et à la mort.
Nous Le voyons encore, le même, sur la croix. Jamais son support, sa bonté, sa patience ne se démentent. Puis la Parole Le présente à nos cœurs vainqueur, ressuscité, glorifié, assis sur le trône du Père, à la droite de la Majesté, mais toujours le même Jésus aimant les siens jusqu’à la fin. Comme David pour Jonathan, nous avons sa Personne et ses paroles. Et qu’attend-Il de nous ?
– Ah ! maman, c’est que nous L’aimions comme Jonathan aima David ; bien plus encore. Que tout notre cœur soit à Lui, et que nous ne pensions plus à nous-mêmes. Oui. Demandons à Dieu que nous sachions ainsi apprécier son Fils bien-aimé et que notre cœur soit lié au sien. De son amour à Lui, nous ne saurions douter ; que nos cœurs puissent aussi dire : « Nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier ». Que Jésus ait à nos yeux tout son prix, comme il est précieux pour Dieu son Père.
C’est ainsi que Jésus était tout pour Marie de Magdala, qu’Il avait délivrée de sept démons ; pour Marie, sœur de Lazare, dont Il avait ressuscité le frère ; pour la pauvre pécheresse dont Il avait ôté les nombreux péchés. C’est le vrai et seul bonheur, de connaître et d’aimer Jésus.
– Merci, maman, de ce que tu viens de me dire. Cela me fait penser à cet autre cantique :
De l’amour dont Il nous aime,
Rien ne peut rompre le cours ;
Il nous acquit pour Lui-même,
Il est à nous pour toujours.
S’Il veut que notre cœur l’aime
Sans partage, ni détour,
C’est qu’Il est d’abord Lui-même
Immuable en son amour.
Je vois, maman, comme Jésus est digne d’être aimé. Que nous serons heureux dans le ciel, où nous Le verrons comme Il est et L’aimerons parfaitement !
– Ce temps approche, mon enfant. Mais Jonathan montra aussi son amour à David. Il voulut qu’un lien indestructible l’unisse à son ami. « Jonathan fit alliance avec David, parce qu’il l’aimait comme son âme ». En faisant ainsi alliance, ils se promettaient mutuellement de rester toujours unis, de se soutenir l’un l’autre, et de ne rien faire l’un contre l’autre. Et nous verrons par la suite de l’histoire, que Jonathan et David furent fidèles à cette alliance. Leur amour l’un pour l’autre dura jusqu’à la mort.
– Et il en est ainsi de l’amour de Jésus, n’est-ce pas, maman ?
– Oui, mon enfant, car il est écrit : « Qui nous séparera de l’amour de Christ ? » (Rom. 8. 35) Il surpasse toute intelligence, et c’est pour cela que notre amour pour Lui subsiste aussi. Il nous dit : « Je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour » Jean 15. 9 et 10). Hors de Lui, nous ne pouvons rien faire.
Mais l’amour de Jonathan se montra encore autrement. Il avait donné son cœur et sa vie entière à David. Il lui donne en même temps tout ce qu’il avait de précieux. « Jonathan se dépouilla de la robe qui était sur lui, et la donna à David, ainsi que ses vêtements, jusqu’à son épée, et à son arc, et à sa ceinture ». Tu vois, mon enfant, qu’il se dépouille de tout ce qui faisait sa gloire et sa force comme homme, comme prince, et comme guerrier. Il s’était donné lui-même, et avec lui tout ce qu’il possédait. N’est-ce pas là aussi ce que fait un cœur qui aime Jésus ?
– J’en suis sûre, maman. Quand nous aimons vraiment quelqu’un, tout ce que nous avons, nous sommes prêts à le lui donner.
– Et ne te souviens-tu pas d’avoir lu dans les évangiles l’histoire d’une personne qui aimait ainsi le Seigneur ?
– Oh ! oui, maman. C’est celle de la pécheresse avec ses nombreux péchés. Elle apporta un beau vase d’albâtre plein de parfum, et elle en oignait les pieds de Jésus, les arrosait de ses larmes, et les essuyait avec ses cheveux. Et le Seigneur dit qu’elle avait beaucoup aimé, et que ses nombreux péchés étaient pardonnés. Que c’est beau de voir l’amour de Jésus pour une si misérable femme, mais elle y répondait bien. Elle Le connaissait.
– Oui. Si elle n’avait pas connu le cœur de Jésus, elle n’aurait pas osé entrer dans la maison du pharisien. Mais son amour pouvait tout braver, car « l’amour est fort comme la mort » (Cant. 8. 6). Rien ne lui résiste. Ainsi cette femme vient donner à Jésus ce qu’elle a de plus précieux, et ce qui ornait sa personne, lui sert à essuyer les pieds du Sauveur. C’est ainsi que fit aussi Marie, sœur de Lazare.
– Celle qui était assise aux pieds de Jésus et qui écoutait sa parole, n’est-ce pas ? Je sais ce qu’elle fit. Elle avait un vase d’albâtre plein d’un parfum pur de grand prix. Et elle brisa le vase et en oignit la tête et les pieds du Seigneur. Elle aussi essuya les pieds de Jésus avec ses cheveux.
– C’était leur amour pour Jésus qui les faisait agir ainsi. D’autres femmes l’assistaient de leurs biens. Mais l’apôtre Paul est aussi un bel exemple d’un cœur dévoué pour Christ et qui, pour Lui, abandonne tout ce qui faisait sa gloire devant le monde, tout ce à quoi il tenait. « Les choses qui pour moi étaient un gain » dit-il, « je les ai considérées, à cause du Christ, comme une perte. Plus encore, je considère toutes choses comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur, à cause de qui j’ai fait la perte de toutes et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ» (Phil. 3. 7 et 8).
Ainsi Paul ne désirait connaître qu’une chose, ne voulait jouir que d’une chose, et c’était Christ, de même que Jonathan ne voyait plus autre chose que David. Et Jonathan et David restèrent toujours unis, n’est-ce pas ?
– Oui, mon enfant, nous le verrons dans la suite. Que le Seigneur fasse que nous soyons des Jonathan pour le Seigneur, et que le Seigneur soit pour nous ce que David était pour Jonathan.
DAVID EST PERSÉCUTÉ PAR SAUL (1 Sam. 18 et suivants)
– Nous allons continuer l’histoire de David, n’est-ce pas, maman ? Veux-tu me dire ce qu’il fit après que Jonathan soit devenu son ami ?
– Saül ne voulut pas le laisser retourner chez son père. David resta donc au service du roi, qui l’établit sur les hommes de guerre. Le jeune berger était ainsi devenu comme un général d’armée. C’était une haute position dans le monde ; mais David ne s’en enorgueillissait pas : il restait humble et dépendant. De même qu’il obéissait autrefois à son père en gardant les troupeaux, de même il était soumis à Saül en commandant ses troupes ; « il allait partout où Saül l’envoyait ».
C’est ainsi que nous voyons Jésus être soumis à ses parents et faisant en tout la volonté de Dieu (Jean 8. 29), et ce sont des exemples que Dieu nous donne à suivre. « Que toute âme » dit sa parole, « se soumette aux autorités qui sont au-dessus d’elle » (Rom. 13. 1). David, en tout ce qu’il faisait ainsi pour le service du roi, prospérait et « il était agréable aux yeux de tout le peuple, et même des serviteurs de Saül ».
– Cela me rappelle Joseph quand il était en Égypte. Tout ce qu’il faisait prospérait (Gen. 39. 5, 21 à 23).
– Oui, et nous pouvons aussi nous souvenir qu’il est dit du Seigneur qu’il avançait en sagesse et en faveur auprès de Dieu et des hommes (Luc 2. 40 et 52). L’Écriture ajoute, quant à David, qu’il était « sage dans toutes ses voies » ce qui est bien beau pour un jeune homme comme il l’était. Mais d’où venait à David cette sagesse, cette prudence, la prospérité qui l’accompagnait, la bienveillance dont il jouissait de la part de tous ?
– Cela venait de Dieu, maman.
– En effet, mon enfant. Le grand secret est que « l’Éternel était avec lui ». C’est l’Éternel qui était avec lui et lui avait donné le courage et la force pour combattre et vaincre Goliath, et c’est l’Éternel qui était avec lui et lui donnait le tact et la prudence nécessaires pour bien se conduire dans sa nouvelle position. C’est le secret pour nous aussi. Pour vaincre Satan et pour nous conduire sagement et saintement, nous avons besoin que Dieu soit avec nous.
– Est-ce que la guerre continua contre les Philistins ?
– Oui. C’était un peuple belliqueux et ennemi acharné du peuple de Dieu. Durant toute la vie de Saül, il fallut les combattre. Cependant, après la mort de Goliath, ils furent découragés pendant quelque temps, de sorte que l’armée des Israélites revint dans ses foyers. Et sur leur passage les femmes sortaient des villes au-devant des vainqueurs avec des instruments de musique, chantant et dansant et disant : « Saül a frappé ses mille, et David ses dix mille ». Elles donnaient ainsi la première place à David.
– Et c’était bien juste, maman. Sans lui, Goliath n’aurait pas été tué, et les Philistins auraient battu les Israélites, puisque l’Éternel avait abandonné Saül, et que ce pauvre roi n’avait plus ni force, ni courage.
– Sans doute, mais ce fut un coup très douloureux pour Saül, qui cherchait sa propre gloire et ses propres intérêts, plus que la gloire de l’Éternel et le bien de son peuple. Le fond de son méchant cœur fut dévoilé ; il conçut à l’égard de David une amère jalousie qui se changea bientôt en une haine violente. Il avait pensé rehausser son mérite et sa dignité royale en approchant de sa personne un homme aussi vaillant que David, et maintenant David l’éclipsait, il passait avant lui.
« Il fut très irrité » en entendant les femmes, et dit : « On en a donné à David dix mille, et à moi, on m’a donné les mille : il n’y a plus pour lui que la royauté ». Et depuis ce moment Saül eut l’œil sur David, mais un œil défiant et envieux, cet « œil méchant » dont le Seigneur parle comme étant une des choses qui proviennent du cœur corrompu de l’homme (Jean 12. 6), cet œil qui recherche toutes les occasions de faire du mal, et se réjouit du mal qui arrive à celui envers qui l’on ressent de l’envie.
– Pauvre Saül ! Il devait être bien malheureux.
– En effet ; rien ne rend misérable comme la jalousie. Elle conduit à la haine, qui à son tour conduit même au meurtre. Ne te rappelles-tu pas des exemples de cet affreux sentiment ?
– Tu veux parler de Caïn, n’est-ce pas ? Il fut jaloux d’Abel et le tua. Ah ! je me rappelle aussi les méchants frères de Joseph qui eurent de l’envie contre lui, parce que son père l’aimait plus qu’eux (Gen. 37. 4).
– Oui, « les patriarches étant remplis d’envie, vendirent Joseph (Act. 7. 8). » Combien nous avons à veiller pour que ce mauvais fruit de notre mauvais cœur – la jalousie – ne se produise pas. Bien des enfants s’y laissent aller.
Mais revenons à Saül. La jalousie qu’il avait laissée entrer dans son cœur, se montra bientôt par des effets. Le lendemain du jour où les femmes d’Israël avaient célébré la gloire du jeune vainqueur, le « mauvais esprit » saisit Saül. Comme les autres jours, David vint pour calmer le pauvre roi en jouant de la harpe. Mais cette fois le mauvais esprit ne céda point. Saül ne fut pas apaisé. Pourquoi ? Parce qu’il y avait de la haine dans son cœur. Quand on laisse un mauvais sentiment entrer en soi, au lieu de le repousser, le diable s’en sert pour nous dominer. Judas aimait l’argent ; il ne résista pas à ce penchant ; il devint voleur ; puis Satan entra dans son cœur, et il vendit Jésus (Jean 13. 27).
C’est ainsi que Saül, dominé par sa jalousie et par le mauvais esprit, saisit sa lance et la jeta contre David pour le clouer à la paroi et ainsi le tuer. Deux fois il renouvela sa tentative ; mais David se détourna de devant le coup. L’Éternel ne permit pas que Saül consomme son crime. Mais depuis ce moment-là, Saül n’eut qu’une pensée, celle de se débarrasser de David. « Il eut peur de David ; car l’Éternel était avec lui, et il s’était retiré de Saül ». Sais-tu qui cela nous rappelle ?
– C’est le Seigneur Jésus n’est-ce pas ?
– Oui. Les méchants Juifs haïssaient le Seigneur, ils cherchèrent plus d’une fois à Le faire mourir et enfin Le tuèrent. Pourquoi cela ? Parce que leurs œuvres étaient mauvaises et que la présence de Jésus, qui était saint et juste, le leur faisait sentir. Les méchants sont toujours mal à l’aise devant ceux qui aiment Dieu et Le servent. C’est pourquoi le monde a toujours haï les vrais chrétiens.
– Est-ce que David ne quitta pas le méchant Saül, qui voulait le tuer ?
– Non, mon enfant. David était un serviteur fidèle qui restait à la place que Dieu lui avait assignée. Mais ce fut Saül qui l’éloigna d’auprès de lui, l’envoya combattre les Philistins, en lui promettant de lui donner en mariage sa fille aînée Mérab. Ce fut avec de belles paroles qu’il le congédia : « Voici ma fille aînée, Mérab » dit-il ; « je te la donnerai pour femme ; seulement, sois-moi un homme vaillant, et combats les combats de l’Éternel ». Mais c’étaient des paroles trompeuses ; au fond de son cœur Saül se disait : « Je ne veux pas le tuer moi-même, mais il perdra la vie dans quelque combat contre les Philistins ».
Ainsi Saül n’en était pas moins un meurtrier, car la Parole dit : « Quiconque hait son frère est un meurtrier ». Et il oubliait que l’Éternel était avec David et que par conséquent celui-ci n’avait rien à craindre. David pouvait dire : « L’Éternel est ma lumière et mon salut ; de qui aurai-je peur ? Quand une armée camperait contre moi, mon cœur ne craindrait pas ». Celui qui marche avec Dieu est dans une parfaite sécurité.
– David était bien heureux.
– Certainement, mais ce bonheur d’être avec Dieu, gardé par Lui, nous appartient aussi, si nous sommes humbles et obéissants.
DAVID EST PERSÉCUTÉ PAR SAÜL (1 Sam. 18 et suivants)
– Nous allons continuer l’histoire de David et des persécutions qu’il éprouva de la part de Saül. Si ce méchant roi avait peur de David, s’il était jaloux de lui au point de vouloir le faire mourir, sa famille ne partageait point ses sentiments. Jonathan aimait tendrement David, et sa sœur Mical, la seconde fille de Saül, l’aimait aussi. Saül l’apprit et en fut bien aise.
– Je ne comprends pas cela, maman. Puisque Saül haïssait David, comment pouvait-il être content que sa fille l’aime ?
– Saül espérait faire servir cette affection à ses désirs de vengeance. C’est ainsi, mon enfant, que quand nous avons laissé un mauvais sentiment contre quelqu’un s’emparer de nos cœurs, nous voulons faire tout servir à lui nuire. Saül imagina ceci pour faire périr David. D’abord, il lui fit dire par ses serviteurs : « Le roi prend plaisir en toi ». Ce qui était une horrible fausseté, « et tous ses serviteurs t’aiment ; maintenant donc sois gendre du roi ».
– Ainsi il voulait lui faire épouser sa seconde fille après l’avoir trompé en ne lui donnant pas l’aînée. David ne devait plus avoir confiance en Saül.
– David ne se plaint point d’avoir été trompé. Il pensait que ce n’était pas à lui de juger la conduite du roi, son maître. Et quand les serviteurs de Saül viennent lui insinuer qu’il pourrait cependant devenir gendre du roi en épousant Mical, il ne pense pas à s’enorgueillir, mais reste dans l’humilité en disant : « Est-ce peu de chose à vos yeux que de devenir gendre du roi ? et moi je suis un homme pauvre et peu considérable ». Il ne pense point aux grands services qu’il a rendus au roi et au peuple d’Israël. C’est un caractère généreux et désintéressé.
– Mais pourquoi le roi lui fait-il dire cela ?
– Saül pensait : « Ce sera un piège pour lui, il périra de la main des Philistins ». Pour cela il fit dire à David par ses serviteurs : « Le roi ne demande point de dot pour sa fille, mais seulement que tu tues cent Philistins ». Saül couvrait son méchant dessein du prétexte de combattre les ennemis de Dieu. Mais il ignorait, comme je te l’ai dit, que l’Éternel gardait David et qu’il l’entourait de sa puissance comme d’un bouclier. David consentit à devenir gendre du roi et à épouser la sœur de son ami Jonathan. Il accepta aussi la condition que Saül avait mise à son mariage, et comme l’on était toujours en guerre contre les Philistins, il se mit en campagne avec ses guerriers, et leur tua deux cents hommes. Alors Saül lui donna sa fille Mical pour femme, et il devint gendre du roi.
– Ainsi Dieu élevait David toujours plus haut, malgré les méchants desseins de Saül.
– Oui. L’Éternel montrait aux yeux de tous qu’Il était avec l’homme selon son cœur, celui qu’Il avait choisi pour être le roi de son peuple. Comme on est heureux quand on a Dieu pour soi ! Quand même le monde entier serait contre nous, avec Dieu, nous n’avons rien à craindre.
– Est-ce que Saül ne cessa pas de chercher à tuer David maintenant qu’il était le mari de sa fille ?
– Non, il voyait que Mical l’aimait, et il eut encore plus peur de lui et fut son ennemi tous ses jours. David cependant se montrait un fidèle serviteur, ne craignant pas d’exposer sa vie en combattant les Philistins qui avaient recommencé leurs attaques contre le peuple d’Israël. Et toujours Dieu donnait à David la victoire.
– Est-ce que cela ne touchait pas le cœur de Saül, et ne voyait-il pas là bien clairement que l’Éternel protégeait David ? Il aurait dû craindre de s’opposer à Dieu.
– Comme je te l’ai dit, mon enfant, quand on a laissé le péché s’emparer de son cœur, qu’on a nourri un mauvais sentiment, qu’on ne s’est pas humilié devant Dieu, le diable conserve son empire. Saül n’avait jamais reconnu véritablement son péché de désobéissance qui l’avait fait rejeter de Dieu. Et lorsque Dieu l’eut délivré de la main des Philistins par le moyen de David, il ne montra pas de reconnaissance envers l’Éternel, mais fut jaloux du serviteur de Dieu ; et son cœur devint ainsi la proie de ses passions et du mauvais esprit. Voyant que David était sorti sain et sauf et vainqueur dans ses combats contre les Philistins, il parla à ses serviteurs, et même à Jonathan son fils, de faire mourir David.
– Oh ! mais Jonathan aimait trop David pour faire ce que Saül demandait, n’est-ce pas ?
– Sans doute. Il lui était très affectionné et il avertit David des desseins de son père.
– Pauvre David ! Il devait regretter le temps où il était un berger, gardant paisiblement les troupeaux de son père. Il était alors bien plus heureux.
– David connaissait Dieu et il était heureux d’accomplir la volonté de Dieu, soit en gardant les troupeaux, soit en combattant les Philistins, soit en étant exposé au mauvais vouloir et à la haine de Saül. Le Seigneur Jésus fut aussi exposé à la haine de ceux qu’Il venait sauver, et ses serviteurs le furent également.
L’un d’eux, l’apôtre Paul, disait dans sa prison, qu’il avait appris à être content dans les circonstances où il se trouvait (Phil. 4. 11). Nous aussi, nous devons apprendre cela. L’important n’est pas d’avoir une vie tranquille où l’on à toutes ses aises, point de luttes, ni de combats, mais c’est d’être dans le chemin de Dieu. Et le Seigneur Jésus a dit à ses disciples : « Vous aurez de la tribulation dans le monde, mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jean 16. 33).
– Et que fit Jonathan pour son ami David ? Il lui dit : « Mon père cherche à te faire mourir ; … cache-toi. Et moi je sortirai… dans la campagne où tu seras ; et je parlerai de toi à mon père, et je verrai ce qu’il en est, et je te le ferai savoir ». C’est ce qu’il fit, en effet. Il rappela à Saül les services que David avait rendus à Saül et à Israël, comment il avait exposé sa vie en combattant les Philistins. « Il n’a point péché contre toi » dit Jonathan au roi ; « pourquoi donc pécherais-tu contre le sang innocent, en faisant mourir David sans cause ? » Cette fois, pour un moment, Saül fut touché et il jura, en disant : « L’Éternel est vivant, si on le fait mourir ! »
– Je suis bien heureuse de voir la belle conduite de Jonathan. Je l’aime ; il ne craint pas de dire la vérité pour défendre son ami.
– C’était un cœur dévoué ; nous avons aussi à avoir un cœur dévoué pour Jésus, et ne pas craindre de le confesser devant le monde (1 Pier. 3. 14 et 15 ; Luc 9. 23 à 26).
– Jonathan fut tout heureux, je pense, de voir son père bien disposé en faveur de David.
– Certainement. Il s’empressa d’aller annoncer cette bonne nouvelle à son ami, et l’amena à Saül. Et David fut auprès du roi comme auparavant. Mais ce bon sentiment du cœur de Saül ne fut que « comme la rosée qui s’en va de bonne heure » (Osée 6. 4). David remporta de nouveaux succès sur les Philistins, et, étant revenu auprès du roi, celui-ci était de nouveau troublé par le mauvais esprit.
Alors David prit sa harpe, afin de dissiper par ses accords les souffrances du roi. Mais Saül, qui n’avait pas cessé d’être jaloux de David, et sur qui, par conséquent, le mauvais esprit avait tout son empire, prit sa lance et voulut en percer David. Nos bons sentiments, nos bonnes résolutions, ne tiennent pas, si nous ne cherchons pas le secours de Dieu. Sans Lui, Satan est toujours plus fort que nous.
– David ne devait plus savoir que faire.
– En effet. Mais c’était un homme qui le poursuivait, et Dieu le défendait, qu’avait-il à craindre? Mais qui poussait ainsi Saül ?
– C’était Satan, n’est-ce pas ?
– Tu as raison. Satan est l’adversaire de Dieu et des serviteurs de Dieu. Il s’efforce toujours de traverser les desseins de Dieu. L’Éternel voulait opérer le bien de son peuple Israël par le moyen de son serviteur David, et Satan voulait l’empêcher en se servant du pauvre Saül. N’est-ce pas terrible d’être un instrument de Satan ? Eh bien, mon enfant, il n’y a pas de milieu. Ou bien on est un enfant de Dieu, et Dieu veut employer ses enfants pour son service ; ou bien on est un enfant du diable qui se sert aussi des siens pour faire le mal.
Et l’Évangile est annoncé, pour faire passer ceux qui le reçoivent, des ténèbres à la lumière, et de la puissance de Satan à Dieu. Pauvre Saül, il restait dans les liens de l’ennemi et continua à persécuter David, comme nous le verrons une autre fois.
DAVID EST PERSÉCUTÉ PAR SAÜL (1 Sam. 18 et suivants)
– Nous avons vu comment Saül, malgré le serment qu’il avait fait à Jonathan de ne point faire mourir David, essaya encore de le percer de sa lance. C’est que le malheureux roi était sans force contre le mauvais esprit qui le dominait par la passion de la jalousie. Quelle terrible chose d’être dans les liens de Satan ! Après la tentative de Saül, David s’enfuit chez lui. C’était le soir ; et Saül envoya aussitôt des hommes pour surveiller la maison et saisir David dès le lendemain afin de le faire mourir.
– Pauvre David ! Il n’avait ni trêve, ni repos.
– C’est vrai, mais il avait l’Éternel avec lui pour le délivrer. Il dit dans un Psaume : « Les maux du juste sont en grand nombre ; mais l’Éternel le délivre de tous » (Ps. 34. 19). Et il en fit la précieuse expérience. Tu te rappelles qu’il avait pour femme Mical, la fille de Saül, et qu’elle aimait David.
Elle avait appris le méchant dessein de son père, et s’était aperçue qu’il y avait des hommes qui surveillaient la maison. Elle en avertit David et lui dit :
« Si tu ne sauves pas ta vie cette nuit, demain tu seras mis à mort ». Et ayant sans doute vu que les hommes de Saül gardaient seulement la porte, elle aida David à descendre par la fenêtre. C’était le moyen de salut que Dieu laissait à David.
– Oh ! maman, cela me rappelle un autre serviteur de Dieu qui échappa de la même manière à ses ennemis. C’est l’apôtre Paul. Les méchants Juifs voulaient le tuer et on gardait les portes de la ville afin qu’il ne sorte pas. Alors les disciples le firent descendre, dans une corbeille, par une fenêtre qui donnait sur la muraille de la ville (Act. 9. 24).
– Oui ; et l’apôtre dit à ce sujet : « Je me glorifierai dans ce qui est de mon infirmité » (2 Cor. 11. 30 et 33).
Ce n’était pas bien glorieux, en effet, pour un grand apôtre, ni pour le vainqueur de Goliath, d’échapper à leurs ennemis par un moyen aussi humiliant. Mais Dieu veut que nous restions humbles et petits. Voilà pourquoi il fait passer ses serviteurs par des circonstances humiliantes aux yeux des hommes, même pour les délivrer. Il n’emploie pas toujours des moyens éclatants, comme lorsqu’Il ébranla les murailles et ouvrit les portes de la prison où Paul et Silas étaient enfermés (Act. 16. 25 et 26). Mais nous pouvons toujours compter sur Lui pour nous faire sortir de l’épreuve (2 Pier. 2. 9), par un moyen ou par un autre.
Il y a, à cet égard, un grand contraste entre le Seigneur Jésus quand Il était sur la terre et les plus éminents serviteurs de Dieu. Jésus se délivrait par sa vertu divine. Quand les hommes de Nazareth Le conduisent hors de la ville pour Le précipiter du haut de la colline escarpée, Il passe au milieu d’eux, dans sa calme majesté, sans que personne ne Le touche (Luc 4. 29 et 30).
C’est bien beau, maman. Et cela me rappelle que, dans le jardin de Gethsémané, quand on vient pour Le prendre et qu’Il dit : « C’est moi » tous tombent par terre (Jean 18. 4 à 6).
– Oui. Personne ne pouvait Le saisir, personne ne pouvait Lui ôter la vie, à moins qu’Il ne se livre Lui-même. Et c’est ce qu’Il a fait pour nous sauver et glorifier son Père. « À cause de ceci, le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie » (Jean 10. 17). Quel précieux Sauveur nous avons !
– Saül fut sans doute très fâché de voir que David s’était sauvé.
– Il ne le sut pas tout de suite ; Mical voulait donner à David le temps de s’enfuir aussi loin que possible, et voici ce qu’elle imagina. Elle prit le théraphim et le mit dans le lit, et plaça à son chevet un tissu de poils de chèvre, et le couvrit d’un tapis ». Et quand Saül envoya des hommes pour prendre David, Mical, en leur montrant le lit, leur dit : « Il est malade ».
– C’était bien imaginé, en effet ; mais il y a là plusieurs choses qui m’étonnent et que je ne comprends pas. Voudrais-tu d’abord me dire ce que c’est qu’un théraphim ?
– Plusieurs passages de l’Ancien Testament nous l’apprennent. Ainsi, lorsque Jacob quitta Laban, Rachel emporta les théraphim de son père. Et quand Laban a rattrapé Jacob, il lui dit, entre autres reproches : « Pourquoi m’as-tu volé mes dieux ? » (Gen. 31. 19 et 30). Dans le livre des Juges, nous lisons qu’un certain Mica ou Michée fit une image taillée et une image de fonte, et ainsi il eut, est-il dit, « une maison de dieux, et il fit un éphod et des théraphim » (Jug. 17. 4 et 5). Lis à ce sujet Juges 17. 1 à 5, où le nom de l’Éternel est employé par la mère de Michée, en même temps qu’elle parle de son dessein de faire des idoles.
– C’étaient donc des idoles ?
– Oui, c’étaient des images représentant des divinités qui étaient censées protéger la maison, la famille. Mais c’était une idolâtrie que Dieu condamnait (1 Sam. 15. 23), d’autant plus si on voulait l’associer à son culte. On donnait une certaine place à Dieu mais on gardait tout de même des idoles.
C’est comme de nos jours les chrétiens qui veulent servir en même temps Dieu et le monde (2 Cor. 6. 16 ; Jac. 4. 4 ; 1 Jean 2. 15), ce qui n’est pas possible.
– Comment donc David pouvait-il avoir une idole dans sa maison, lui un fidèle serviteur de l’Éternel ?
– Je pense, mon enfant, que c’était Mical qui avait apporté et vénérait cette idole. David, au milieu de ses préoccupations et de ses épreuves sans nombre, n’en avait pas eu connaissance quand Mical lui fut donnée pour femme, ou n’avait pas encore pu y mettre ordre. Il y a plus tard, dans la vie de David, un fait qui montre que Mical n’avait guère la connaissance de ce qui est dû à l’Éternel (2 Sam. 6. 16 et 20). Mais, de nos jours et au milieu de la chrétienté, on trouve une idolâtrie semblable à celle des théraphim ou dieux domestiques.
– Que veux-tu dire, maman ?
– Certains chrétiens n’ont-ils pas leurs saints patrons, qu’ils croient pouvoir les protéger, eux et leur maison, et dont ils ont les images ? N’est-il pas bien meilleur d’avoir l’Éternel comme Celui qui nous garde ? (Lisez le Ps. 121)
– Certainement, maman. Une autre chose qui m’a frappée, c’est que Mical dit un mensonge en faisant croire que David était malade.
– Sans doute, et nous ne pouvons l’excuser, bien qu’elle ait pu donner, selon le monde, de bonnes raisons. On peut dire que Mical n’avait pas la connaissance que nous avons. Mais pour nous, l’Écriture dit : « Ayant renoncé au mensonge, parlez la vérité chacun à son prochain » (Éph. 4. 25). Et dans l’Ancien Testament même, nous lisons : « Le juste hait la parole mensongère » (Prov. 13. 5). Le diable est le « père du mensonge » (Jean 8. 44).
– Mais si Mical n’avait pas dit cela, peut-être que l’on aurait rattrapé David ?
– L’Éternel était là pour le délivrer. Devons-nous faire du mal pour qu’il en arrive du bien ? Non, jamais, mon enfant. Nous avons à agir droitement en tout, et laisser le reste à Dieu. L’Éternel aurait délivré David, sans les mensonges de Mical.
– Oui, je comprends bien, maman. Mais que dit Saül, quand on lui rapporta que David était malade ?
– Il dit : « Apportez-le-moi dans le lit, pour le mettre à mort ».
– Quelle horrible méchanceté !
– Tel est le mauvais cœur de l’homme livré à ses passions. Dieu dit de lui qu’il est « sans miséricorde » avec des « pieds rapides pour verser le sang » (Rom. 1. 32 ; 3. 15), comme le diable « qui est meurtrier dès le commencement » (Jean 8. 44) ». De même que Saül poursuivit David jusqu’à la mort, ainsi le Seigneur Jésus fut aussi poursuivi par ses ennemis.
Quand les messagers de Saül vinrent pour prendre David, ils furent bien surpris de ne trouver dans le lit que le théraphim, et Saül fut irrité contre Mical. « Pourquoi » lui dit-il, « as-tu laissé aller mon ennemi ? »
– Mais David n’était pas l’ennemi de Saül. Il l’avait servi fidèlement.
– Tu as bien raison ; mais les méchants considèrent comme leurs ennemis ceux dont la conduite les condamne. Ainsi Caïn regardait sans doute Abel comme son ennemi. Mical répondit à son père par un nouveau mensonge. Elle prétendit que David l’avait menacée de la tuer, si elle ne le laissait pas aller. Elle eut tort. Elle aurait dû avoir le courage de dire : « Comment aurais-je exposé à la mort celui que j’aime ? » Quand nous faisons le bien, nous devons avoir le courage de ce que nous faisons. Mais nous nous sommes longtemps arrêtés sur cette partie de l’histoire de David. Nous verrons une autre fois où il s’enfuit et ce qui lui arriva.
DAVID EST PERSÉCUTÉ PAR SAÜL (1 Samuel 18 et suivants)
– Veux-tu me dire, maman, où David s’enfuit quand il fut descendu par la fenêtre pour se sauver ?
– Il se réfugia auprès du vieux prophète Samuel qui demeurait toujours à Rama.
– Je pense, maman, que David ne pouvait pas mieux choisir sa retraite.
– En effet. Il croyait, sans doute, que Saül n’oserait pas le faire prendre auprès de l’homme de Dieu, et il avait bien besoin des consolations et des encouragements du prophète. Ils allèrent ensemble dans un endroit nommé Naïoth, près de Rama. Là se trouvait une assemblée de prophètes que Samuel présidait. Comme David, après ces épreuves devait être heureux au milieu de ces serviteurs de Dieu ! C’est ce qu’il exprime en disant : « Qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble » (Ps. 133. 1). Mais Saül apprit que David était là.
– Est-ce qu’il osa le faire prendre ?
– Il l’essaya au moins, car « il ne connaît pas la honte » (Soph. 3. 5) et en vient à ne plus rien respecter. Saül envoya des hommes pour prendre David. Mais la puissance de Dieu était là pour le protéger et montrer à Saül sa folie. Et cette puissance se manifesta d’une manière bien étrange et merveilleuse. Ce ne fut pas en consumant les messagers de Saül, comme plus tard ceux que le roi Achazia avait envoyés à Élie (2 Rois 1).
Non, quand les hommes qui devaient prendre David arrivèrent à Naïoth, l’Esprit de Dieu se saisit d’eux, et ils se mirent à prophétiser. On le rapporta à Saül qui, insensible aux manifestations divines, poursuivit son méchant dessein en envoyant une seconde et une troisième fois d’autres messagers qui, les uns et les autres, prophétisèrent.
– Saül aurait pourtant dû voir que Dieu ne voulait pas qu’il fasse du mal à David.
– Sans doute, mon enfant. Mais son cœur était tellement possédé par sa haine contre David, qu’il partit lui-même pour Rama.
– Pauvre Saül ! Il croyait donc être plus fort que Dieu ?
– Dieu lui montra le contraire. Il n’était pas encore arrivé que l’Esprit de Dieu le saisit en chemin, et il fut contraint de prophétiser jusqu’à ce qu’il fût arrivé à Naïoth. Et là, se dépouillant de ses vêtements devant Samuel, il continua à prophétiser et tomba nu par terre, et resta là tout un jour et toute une nuit.
– Quelle chose extraordinaire, maman ! Ainsi il ne put rien faire à David ?
– Non, le bras de l’Éternel protégeait « l’homme selon son cœur ». Et son adversaire gisait à terre, abattu, humilié, dépouillé, sous la puissante main de Dieu qu’il avait bravé. Qu’il est bon d’être sous la garde de Dieu ! L’étonnement de tous ceux qui virent Saül dans cet état fut grand, et l’on disait : « Saül aussi est-il parmi les prophètes ? »
– Je me rappelle, maman, qu’au commencement, il avait déjà prophétisé, et on avait dit de lui la même chose (1 Sam. 10. 11).
– C’est vrai, mais alors la puissance de Dieu était en lui pour l’encourager au début de son règne, tandis que maintenant c’était pour arrêter sa méchanceté.
– Il prophétisait comme le méchant prophète Balaam qui voulait maudire le peuple de Dieu, et qui fut forcé de le bénir (Nomb. 23).
– En effet. Et comme Balaam aussi, Saül ne fut pas détourné de sa mauvaise voie et continua à persécuter David.
– Et David, que fit-il ensuite ?
– II comprit que sa place n’était plus auprès de Saül qui n’avait pas craint de chercher sa vie même auprès du prophète de Dieu, et chez lequel il n’y avait plus de crainte de Dieu. Son cœur en était sans doute bien affligé, et il alla trouver son ami Jonathan pour lui confier ses peines, et lui raconta comment Saül cherchait à le faire mourir. Jonathan ne pouvait pas croire cela de son père, puisqu’il lui avait juré de ne pas faire mourir David. Mais David insista et dit : « Certes, il n’y a qu’un pas entre moi et la mort ».
– Je trouve très beau de Jonathan de ne pas vouloir croire du mal de son père.
– Tu as raison, mon enfant. Il l’aimait et l’honorait, et il agissait comme Sem et Japheth qui refusaient de voir la honte de leur père (Gen. 9. 23). Alors David voulut éprouver si, en effet, Saül était peut-être revenu à d’autres sentiments à son égard après avoir été sous la main de Dieu. Il dit donc à Jonathan : « C’est demain la fête de la nouvelle lune (voyez Nomb. 28. 11), et je devrai m’asseoir auprès du roi pour manger. Laisse-moi donc aller, et je me cacherai dans les champs jusqu’au troisième soir. Si ton père s’aperçoit de mon absence, tu diras : David m’a demandé instamment de courir à Bethléhem, sa ville, car il y a là un sacrifice annuel pour toute la famille. S’il dit ainsi : « C’est bon ! » il y a paix pour ton serviteur. Mais s’il se met dans une grande colère, sache que le mal est décidé de sa part ».
– C’était un bon moyen de connaître les sentiments de Saül, mais David n’engageait-il pas Jonathan à dire un mensonge ?
– Nous ne savons pas si, à l’occasion de cette fête de la nouvelle lune, la famille de David ne se réunissait pas à Bethléhem pour offrir un sacrifice. David pouvait donc dire vrai. Quoiqu’il en soit, David supplia Jonathan d’user de bonté envers lui, de se rappeler l’alliance qu’ils avaient faite ensemble et de le faire mourir lui-même, plutôt que de le conduire à Saül.
– Oh ! Jonathan n’aurait jamais voulu faire du mal à David.
– Certainement, non. Mais pour que tu voies la tendre affection de tes deux amis, je veux te dire le touchant entretien qu’ils eurent ensemble. Jonathan dit à son ami : « Loin de toi une telle pensée ; car si je savais certainement que mon père fût décidé à faire venir le mal sur toi, ne t’en informerais-je pas ? Et David dit à Jonathan : qui m’en informera ? Et si ton père te fait une réponse dure… ? Et Jonathan dit à David : Viens et sortons aux champs ».
– Pourquoi lui dit-il cela ?
– Je pense que c’était afin d’être plus tranquilles. Ils sortirent donc aux champs. « Et Jonathan dit à David : Éternel, Dieu d’Israël ! quand j’aurai sondé mon père demain à cette heure, ou après-demain, s’il y a quelque chose de bon pour David, et qu’alors je n’envoie pas vers toi et ne te le découvre pas, que l’Éternel fasse ainsi à Jonathan, et ainsi y ajoute ! »
– Que voulait dire Jonathan, maman, par ces dernières paroles ?
– C’était la forme d’un serment solennel. Il appelait sur soi la colère et le châtiment de Dieu que si l’on n’accomplissait pas ce que l’on avait dit (voyez 1 Sam. 14. 44 ; 2 Sam. 3. 9). Jonathan prenait ainsi l’Éternel à témoin de sa fidélité envers David. Il continua ainsi : « S’il semble bon à mon père de te faire du mal, je te le ferai savoir, et je te laisserai aller, et tu t’en iras en paix. Et que l’Éternel soit avec toi, comme il a été avec mon père ».
– II me semble, maman, que Jonathan devait beaucoup souffrir de voir son père rejeté de Dieu, et son ami David persécuté par Saül.
– Oui, sans doute. C’était un cœur fidèle et aimant, rempli de tendresse. Mais en même temps, il avait la foi dans la parole de Dieu, et savait que l’Éternel accomplirait ce qu’Il avait dit touchant David, et que David régnerait. Aussi, prévoyant ce moment, ajoute-t-il ces paroles touchantes : « Et n’est-ce pas ? si je suis encore vivant, n’est-ce pas, tu useras envers moi de la bonté de l’Éternel, et je ne mourrai point ; et tu ne retireras point ta bonté de ma maison, à jamais, non pas même lorsque l’Éternel retranchera chacun des ennemis de David de dessus la face de la terre ? » Tu vois, il ne nomme pas son père, mais il sait que Dieu qui aime David le délivrera de tous ses ennemis. Et David se souvint plus tard de l’amour de Jonathan.
– Je suis bien contente, maman, d’entendre toutes ces belles paroles de Jonathan. En t’écoutant, j’ai les larmes aux yeux. Quelle tendre et fidèle amitié. C’est bien doux de trouver un ami tel que Jonathan ou David.
– En effet, c’est un vrai trésor qu’un véritable ami. Le roi Salomon le dit : « L’ami aime en tout temps, et un frère est né pour la détresse ». Et aussi : « Il est tel ami plus attaché qu’un frère » (Prov. 17. 17 ; 18. 24). Voyez l’histoire de Mephibosheth (2 Sam. 9).
Mais les plus solides amitiés de la terre peuvent manquer, tandis qu’il existe un Ami qui ne manque jamais et qui nous aime plus tendrement que David et Jonathan ne s’aimaient l’un l’autre.
– Je sais qui tu veux dire. C’est Jésus ; comme le dit notre beau cantique :
Jésus est notre Ami suprême ;
Oh ! quel amour !
– Oui, que ton cœur s’attache à cet Ami qui a donné sa vie pour nous, car ainsi que dit un autre cantique :
Jamais son amour fidèle
À nos vœux ne manquera ;
C’est une source éternelle
Qui jamais ne tarira.
Continuons l’histoire de nos deux amis. « Jonathan fit alliance avec la maison de David », et dit : « Que l’Éternel le redemande de la main des ennemis de David ! Et Jonathan fit encore jurer David par l’amour qu’il lui portait ; car il l’aimait comme il aimait son âme » (1 Sam. 20). Il n’y a pas d’expression plus forte pour exprimer l’affection de ces deux amis, mais l’amour de Jésus est plus grand encore ; Il nous a aimés quand nous étions ses ennemis et s’est alors donné pour nous.
Après ce que je t’ai raconté, Jonathan convint avec David de le rencontrer, le troisième jour, en un certain endroit. David se tiendrait caché, et ils se séparèrent.
– Je me demande ce que fit Saül en voyant que David était absent. Il me semble qu’il devait s’y attendre. Il pouvait bien penser que David aurait peur de venir en sa présence.
– Il croyait, sans doute, que David n’oserait pas manquer à ce que Saül regardait comme un devoir envers lui. Le premier jour, il ne dit rien en voyant que la place de David était vide. Il se dit : « Il n’est pas pur ». Il y avait diverses circonstances selon la loi de Moïse qui rendaient un homme impur pendant un jour (Nomb. 19. 22 ; Lév. 11. 31) et il devait rester à part. Mais le second jour, voyant que David n’était encore pas là, il dit à Jonathan : « Pourquoi le fils d’Isaï n’est-il pas venu au repas ni hier, ni aujourd’hui ? » Jonathan répondit comme il en était convenu avec David.
Mais Saül entra dans une violente colère et dit en effet à Jonathan les paroles les plus dures : « Ne sais-je pas que tu as choisi le fils d’Isaï à ta honte et à la honte… de ta mère ? Car tous les jours que le fils d’Isaï sera vivant sur la terre , tu ne seras pas établi, ni toi ni ton règne ; … Amène-le-moi; car il mourra certainement ».
– Pauvre Jonathan ! Comme il a dû être affligé !
– Sans doute, mais il se montra fidèle envers David, comme nous devons l’être à Christ. Il répondit courageusement : « Pourquoi serait-il mis à mort ? Qu’a-t-il fait ? » Dans une autre occasion, Saül avait écouté son fils ; mais comme il ne s’était jamais humilié réellement devant Dieu, son cœur s’était toujours plus endurci, et dans sa colère, il jeta sa lance contre Jonathan pour le frapper. Celui-ci vit bien alors que c’était chez Saül une chose décidée de faire mourir David.
Rempli de douleur, il quitta la table du roi, et le lendemain matin, se rendit au lieu convenu avec David. Il lui avait donné pour signe qu’il lancerait trois flèches et enverrait son serviteur les chercher. S’il criait au serviteur :« Les flèches sont en deçà de toi » c’était un signe favorable à David ; s’il criait : « Les flèches sont au-delà de toi » c’était la marque des dispositions meurtrières de Saül. C’est, hélas cette dernière chose qu’il eut à faire ; Jonathan renvoya son serviteur, David sortit du lieu où il se tenait, et Jonathan et lui s’embrassèrent l’un l’autre et pleurèrent l’un avec l’autre, jusqu’à ce que les pleurs de David devinrent excessifs.
Ils devaient se séparer. « Va en paix » dit Jonathan, « selon que nous avons juré, nous deux, au nom de l’Éternel, disant : « L’Éternel sera entre moi et toi, et entre ma descendance et ta descendance, à toujours ! ». Et David commença sa vie errante, devant les poursuites acharnées de Saül, et Jonathan retourna auprès de son père, mais toujours attaché à son ami.
DAVID EST PERSÉCUTÉ PAR SAÜL (1 Sam. 18 et suivants)
– Nous allons maintenant suivre David dans le cours de sa vie errante, poursuivi avec acharnement par Saül. Il nous offre ainsi une figure du Seigneur Jésus dans son humiliation ici-bas, persécuté par les Juifs, ses ennemis. Nous voyons aussi en David un type de ce que sera plus tard le résidu juif fidèle, en butte aux violences du faux roi, l’Antichrist. C’est pourquoi nombre de psaumes écrits par David et qui rappellent les incidents de sa vie errante, ont été inspirés par l’Esprit de Christ en vue des souffrances de ce résidu (Ps. 11, 35, 52, 54, 57, 59, 142 etc).
Mais tandis que Christ, le divin Modèle, endurant à la contradiction des pécheurs (Héb. 12. 3), n’a jamais manqué, nous voyons plus d’une fois David, dans les circonstances éprouvantes où il se trouvait, montrer qu’il n’était qu’un homme faillible comme nous. Toutefois, il était toujours le bien-aimé de Dieu, et dans ses manquements même, nous trouvons des leçons pour nous.
– Il y a une chose qui m’étonne. Pourquoi David, qui était pourtant le vrai roi, et qui était aimé du peuple, ne se met-il pas à la tête des guerriers d’Israël pour résister à Saül, qui n’était plus roi ? Cela aurait été plus beau que de fuir toujours.
– Aux yeux des hommes, peut-être ; mais il y a une raison toute simple à la conduite de David, mon enfant, et elle fait ressortir la beauté de son caractère : L’Éternel ne lui avait pas dit de prendre les armes contre Saül. Le moment n’était pas venu de manifester ouvertement sa royauté. Elle n’existait que pour ceux qui avaient la foi, comme Jonathan et quelques autres. Et cela ne nous rappelle-t-il pas le Seigneur Jésus ? Lorsque la multitude vient pour Le prendre et Le faire roi, Il se retire sur la montagne (Jean 6. 15). Pourquoi ? C’est que, bien qu’il fût roi, le moment n’était pas venu pour que sa royauté soit reconnue publiquement. Il devait d’abord souffrir.
Quand Pilate lui dit : « Toi, tu es le roi des Juifs ? » Jésus répond : « Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu afin que je ne sois pas livré aux Juifs ; mais maintenant mon royaume n’est pas d’ici » (Jean 18. 31 à 37). Plus tard, la royauté de Jésus, comme le fut celle de David, sera proclamée à la face de l’univers (Ps. 2. 6 à 9 ; Apoc. 11. 15). David, de même que le Seigneur Jésus, devait aller à la gloire par les souffrances, et il en est de même de nous, si nous sommes fidèles (1 Pier. 1. 11 ; 2 Tim. 2. 3 et 11).
– Je comprends maintenant pourquoi David, qui avait vaincu Goliath, et avait été le libérateur d’Israël, consent à n’être qu’un pauvre fugitif. Elle est bien belle, cette ressemblance entre David et le Seigneur.
– Continuons maintenant notre histoire. Te rappelles-tu où nous avions laissé David ?
– C’est quand lui et son ami Jonathan se sont séparés l’un de l’autre. Où alla le pauvre David ?
– Il se rendit à Nob, ville de la tribu de Benjamin, où se trouvaient le tabernacle et le souverain sacrificateur Akhimélec.
– Mais je croyais que le tabernacle était à Silo (1 Sam. 1. 3 ; Jos. 18. 1).
– En effet, il y avait été. Mais à une époque qui ne nous est pas indiquée, il fut transféré à Nob. Peut-être Saül avait-il voulu l’avoir sur le territoire de sa tribu ? Plus tard, sans doute après la destruction de la ville de Nob, dont nous parlerons, il fut transporté à Gabaon (2 Chron. 1. 3 ; 1 Chron. 16. 39 et 40). Gabaon était une des villes données aux sacrificateurs (Jos. 9. 17). Mais l’arche de l’alliance n’était pas dans le tabernacle. Elle était restée dans la maison d’Abinadab, depuis qu’elle était revenue du pays des Philistins (1 Sam. 7. 1). David vint donc à Nob, peut-être pour consulter l’Éternel. Mais quand Akhimélec le vit, il fut tout effrayé.
– Pourquoi eut-il peur ? Il savait bien que David était un serviteur de Dieu et ne voulait point lui faire de mal.
– Akhimélec avait sans doute entendu parler des mauvais desseins de Saül contre David, et en le voyant venir seul, sans escorte, il pensa que David s’enfuyait pour échapper à son ennemi. « Pourquoi es-tu seul » lui dit-il, « et n’y a-t-il personne avec toi ? » David, pour rassurer le sacrificateur, et en même temps ne rien dire qui puisse attirer sur lui la colère de Saül, répondit : « Le roi m’a commandé quelque chose, et m’a dit : que personne ne sache rien de l’affaire pour laquelle je t’envoie, ni de ce que je t’ai commandé. Et j’ai indiqué à mes jeunes hommes (« Mes jeunes hommes » signifie « mes gens » « mes serviteurs ») un certain lieu ».
– Mais, maman, ces paroles de David me semblent encore un affreux mensonge.
– Pour ce qui est des jeunes hommes, David disait vrai, car le Seigneur Jésus, rappelant ce fait de la vie de David, dit : « Lui et ceux qui étaient avec lui » (Marc 2. 25) ». Mais pour ne point attirer l’attention, David était venu seul auprès du sacrificateur. Quant au reste, tu as raison : c’était un mensonge. Pourquoi David le proféra-t-il ? En voici, je pense, la raison. David avait vu auprès d’Akhimélec un serviteur de Saül, Doëg, et il craignait que cet homme n’aille rapporter à son maître qu’il était venu chez le sacrificateur, et que cela ne nuise à Akhimélec. C’est pourquoi, pour que l’on n’ait rien à reprocher à ce dernier, il feint d’être envoyé par le roi. Mais, mon enfant, rien n’excuse le mensonge.
La loi le défendait ; Dieu le hait ; le diable est menteur et le père du mensonge, et l’Esprit Saint, dans le Nouveau Testament, l’interdit aux chrétiens (Lév. 19. 11 ; Prov. 12. 22 ; Jean 8. 44 ; Éph. 4. 25 ; Col. 3. 9). Et, comme nous le verrons plus loin, cette triste précaution de David ne servit à rien.
– Mais pour quelle raison David s’était-il rendu auprès d’Akhimélec ?
– Je t’ai dit que c’était peut-être pour consulter l’Éternel. Mais, outre cela, David, dans sa fuite précipitée, n’avait pas eu le temps de prendre des armes, ni des vivres. Puisqu’il faisait semblant d’être venu de la part du roi, il pouvait demander à Akhimélec de lui donner ce qui lui manquait. Il lui dit donc : « Et maintenant, qu’as-tu sous la main ? Donne-moi dans ta main cinq pains, ou ce qui se trouvera ». Mais le sacrificateur lui répondit : « Je n’ai point sous la main de pain commun, il n’y a que du pain sacré ».
– Qu’est-ce que c’était que ce pain sacré, maman ?
– Tu devrais t’en souvenir. On appelait ainsi les pains de proposition, au nombre de douze, cuits sans levain et placés sur la table d’or dans le lieu saint. On les remplaçait tous les jours de sabbat. Ceux que l’on ôtait ne pouvaient être mangés que par les sacrificateurs dans un lieu saint (Lév. 24. 6 à 9 ; Marc 2. 23 à 27).
– Le sacrificateur ne pouvait donc pas les donner à David ?
– Il le fit cependant ; Dieu le permettait dans cette occasion, car c’était pour le roi qu’il avait oint et que les méchants rejetaient, et la grâce de Dieu envers ce roi s’élevait au-dessus des ordonnances de la loi. La vie de David était plus précieuse que le pain. Le Seigneur Jésus nous enseigne que c’était bien la pensée de Dieu, lorsqu’il cite cet exemple pour défendre ses disciples contre les pharisiens, et qu’il dit à ceux-ci « Le Fils de l’homme est seigneur du sabbat » (Mat. 12. 8). David dit aussi à Akhimélec : « N’as-tu pas ici sous la main une lance ou une épée ? car je n’ai pris dans ma main ni mon épée ni mes armes, parce que l’affaire du roi était pressante ».
– Je me figure qu’il ne devait point y en avoir. Les sacrificateurs ne faisaient pas la guerre.
– En effet. Akhimélec n’avait point d’armes dont il se soit servi. Mais il dit à David : « L’épée de Goliath, le Philistin, que tu as frappé dans la vallée d’Éla, la voilà, enveloppée dans un manteau derrière l’éphod ; si tu veux la prendre, prends-la ; car il n’y en a point d’autre ici que celle-là ».
– Sais-tu comment elle se trouvait-là ?
– Non ; il ne nous en est rien dit. Nous savons seulement que les anciens peuples consacraient souvent dans leurs temples les armes de leurs ennemis vaincus (1 Sam. 31. 10). Nous pouvons supposer que David en avait fait de même de l’épée qui avait ôté la vie à l’ennemi d’Israël. Et maintenant, elle va servir à défendre le roi fugitif contre Israël devenu son ennemi. Quelle chose étrange ! « Il n’y en a point de pareille » dit David ; Il en avait éprouvé la puissance ; mais nous ne voyons nulle part qu’il s’en soit servi ni contre Saül, ni contre les Israélites. Seulement, errant çà et là, il pouvait avoir à tirer l’épée contre d’autres que ceux de sa nation, et nous verrons que cela arriva (1 Sam. 23. 1 à 5).
Ainsi David était nourri du pain du sanctuaire et armé de l’épée qui avait été consacrée à Dieu après avoir détruit l’ennemi. Nous aussi, en traversant la terre, nous sommes nourris dans nos âmes du pain de Dieu, de Christ (Jean 6. 32 à 35 ; 48 à 51), et nous sommes armés, pour la lutte contre Satan, de l’épée de la Parole de Dieu (Éph. 6. 17).
– Tu m’as parlé d’un serviteur de Saül qui se trouvait auprès d’Akhimélec. Qui était-il et que faisait-il là ?
– Doëg était un Édomite, c’est-à-dire un descendant d’Ésaü, frère de Jacob. Bien qu’ils aient été ainsi proches parents des Israélites, les Édomites s’étaient toujours montrés leurs pires ennemis (Nomb. 20. 14 à 21 ; Abdias 7 à 14). Et c’est une chose tristement frappante de voir Saül, devenu ennemi de David, être associé à un homme de cette race, qui se montra, comme nous le verrons, l’adversaire impitoyable des amis de David.
Doëg était le chef des bergers de Saül ; car Saül était devenu riche. Ce n’était plus comme au temps où il labourait lui-même ses terres (1 Sam. 11. 5). Il avait prospéré extérieurement, sans doute, par le butin pris sur ses ennemis. Il était un roi entouré de ses gardes, distribuant des honneurs, des champs et des vignes, à ceux qui s’attachaient à lui (1 Samuel 22. 7). Il n’en était pas plus heureux ; car comment pourrait-on l’être quand on est loin de Dieu ? Saül avait peut-être envoyé Doëg porter un message à Akhimélec, et c’est ainsi qu’il se trouvait « retenu devant l’Éternel » c’est-à-dire devant le tabernacle. Nous verrons, une autre fois, le triste résultat de la présence de Doëg à l’entrevue de David et d’Akhimélec.
DAVID EST PERSÉCUTÉ PAR SAÜL (1 Sam. 18 et suivants)
– Te rappelles-tu où nous en étions restées de l’histoire de David ?
– Oui, maman ; c’est lorsqu’il quitte le sacrificateur Akhimélec, après avoir pris l’épée de Goliath. J’aimerais bien savoir où il alla ensuite.
– Tu aurais de la peine à le deviner. Il se réfugia auprès d’Akish, roi de Gath.
– Mais ce n’était pas du tout sa place d’aller chez les ennemis de son peuple.
– Non, mon enfant, et Dieu le lui fit bientôt sentir. Ce fut de la part de David un manque de confiance en son Dieu. Il agit comme autrefois Abraham qui, craignant la famine, descendit en Égypte (Gen. 12. 9 à 20). Nous ne devons jamais, pour éviter un danger, ou pour sortir d’une difficulté, faire quelque chose que Dieu n’approuve pas.
– Comment Akish reçut-il David ?
– Akish aurait peut-être bien accueilli le pauvre fugitif, mais ses serviteurs ne furent pas de cet avis. Ils se souvenaient trop bien des défaites réitérées que David avait infligées aux Philistins. « N’est-ce pas là David, le roi du pays ? » dirent-ils. « N’est-ce pas au sujet de celui-ci qu’on s’entre-répondait dans les danses, en disant : Saül a frappé ses mille, et David ses dix mille ? » Et ils auraient sans doute été tout disposés à faire payer cher à David ses exploits, comme ils l’avaient fait à Samson (Jug. 16. 21 à 24).
En entendant cela, David eut peur. Il n’avait échappé à Saül que pour tomber entre les mains d’autres ennemis. Comment sortir de ce mauvais pas ? Ce ne fut pas d’une manière bien honorable. Il contrefit l’insensé. Et il avait été bien insensé, en effet, d’aller chez les Philistins. Mais quelle humiliation pour le roi d’Israël d’être réduit à faire le fou devant les ennemis du peuple de Dieu !
– Qu’est-ce que lui fit Akish, en le voyant dans cet état ?
– David, au fond de son cœur, dans l’opprobre et l’angoisse où il se trouvait, cria à son Dieu, comme nous le montre le Psaume 56. Nous y lisons ces paroles touchantes : « Use de grâce envers moi, ô Dieu, car l’homme voudrait m’engloutir… Tu comptes mes allées et mes venues ; mets mes larmes dans tes vaisseaux… Mes ennemis retourneront en arrière, au jour où je crierai ; je sais cela, car Dieu est pour moi ». Dieu, en effet, le délivra. Akish le chassa de devant lui et David échappa. Il put dire alors : « Tu as délivré mon âme de la mort ».
C’est alors aussi qu’il exprima par le beau Psaume 34 les sentiments de reconnaissance, de confiance et d’adoration qui remplissaient son cœur après sa délivrance : « J’ai cherché l’Éternel » dit-il « et il m’a répondu, et m’a délivré de toutes mes frayeurs… Cet affligé a crié ; et l’Éternel l’a entendu, et l’a sauvé de toutes ses détresses. L’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et les délivre. Goûtez et voyez que l’Éternel est bon ! Bienheureux l’homme qui se confie en lui ! »
– C’est bien beau, maman… et on le comprend surtout en pensant aux circonstances où David se trouvait quand il disait ces paroles. Pauvre David ! Il était chassé de partout. Il me fait penser au Seigneur Jésus, qui n’avait pas un lieu pour reposer sa tête (Mat. 8. 20).
– Oui, comme je te l’ai dit, à part ses manquements, David persécuté est un type du Seigneur « qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même » (Héb. 12. 3). David quitta le pays des Philistins et vint chercher un refuge dans la caverne d’Adullam.
– Où est cet endroit, maman ?
– C’est dans une gorge très sauvage, à environ deux heures au sud-est de Bethléhem. Un voyageur la décrit ainsi : « Nous partîmes pour la caverne, ayant au-dessous de nous une terrible gorge, et au-dessus des rochers gigantesques. Le sentier court en serpentant le long d’une corniche de rochers, et il est étroit à faire frissonner ceux d’entre nous dont la tête n’aurait pas été solide. À la fin, depuis un quartier de roc suspendu au bord de la corniche, nous fîmes un grand saut, pour entrer sous une porte basse s’ouvrant dans la face perpendiculaire du rocher. Nous étions dans le lieu fort de David.
Après avoir rampé, courbés en deux, à travers un étroit couloir de quelques mètres de longueur, nous nous trouvâmes sous la sombre voûte de la première chambre de cette mystérieuse caverne, dans un air étouffant. Toutes nos lumières ne faisaient guère que rendre plus visible l’humide obscurité.
Nous revînmes à la lumière du jour pleinement convaincus que Saül, à la tête de toutes les troupes d’Israël, n’aurait jamais pu se frayer un passage dans un tel lieu défendu par David et ses guerriers au cœur de lion… David, quand il était berger et qu’il conduisait ses troupeaux sur ces collines, avait sans doute appris à connaître, dès son enfance tous les recoins de cette caverne, familière aussi aux bergers d’aujourd’hui (voyez ch. 30. 2, 3, 6, 18, 19 et 22).
Un autre voyageur dit : « La caverne a cent-vingt pieds de long et quarante de large, mais elle est d’une forme irrégulière. Elle pourrait facilement donner asile à sept cents hommes… »
Ces détails te feront mieux comprendre pourquoi David choisit cet endroit pour s’y réfugier. Ses frères et toute la maison de son père, ayant appris qu’il était là, se rendirent auprès de lui. Ils craignaient peut-être que le méchant Saül ne veuille aussi se venger sur eux. Comme la caverne d’Adullam n’était pas loin de Bethléhem, il leur fut facile de s’y rendre. Même son vieux père et sa mère y vinrent.
– Ce devait être une grande consolation pour David d’avoir sa famille avec lui. Mais cette caverne d’Adullam me fait penser à un passage du beau chapitre 11 de l’épître aux Hébreux. Veux-tu que je te le lise ?
– Volontiers, mon enfant.
– C’est le verset 38 : « Eux (desquels le monde n’était pas digne), ils ont été errants dans les déserts et les montagnes, et les cavernes et les trous de la terre ». Ne penses-tu pas que cela s’applique bien à David ?
– Certainement, et depuis David à beaucoup d’autres qui, parce qu’ils étaient fidèles au Seigneur, ont dû fuir et se cacher de devant leurs persécuteurs. Outre la famille de David, d’autres hommes d’Israël se joignirent à David dans la caverne d’Adullam. Ils vinrent là, sans doute, avec leurs familles.
– Qui étaient ces hommes, maman ? Ils aimaient David sans doute et voulaient le défendre, n’est-ce pas ?
– Je pense bien qu’ils étaient attachés à David, mais ce qui les conduisit d’abord auprès de lui, ce fut leur condition misérable. C’étaient « tout homme qui était dans la détresse, et tout homme qui était dans les dettes, et tout homme qui avait de l’amertume dans l’âme s’assembla vers lui, et il fut leur chef ; et il y eut avec lui environ quatre cents hommes ».
– Il me semble d’après cela, maman, que ce n’étaient peut-être pas des gens très estimables.
– Ceux qui soutenaient Saül, le roi rejeté de Dieu, pouvaient penser ainsi et les traiter de vagabonds et de gens de rien, mais rien ne dit qu’on eût quelque chose à leur reprocher, au contraire (v. 15). Mais Saül faisait peser sa tyrannie sur le pays, comme Samuel l’avait annoncé aux Israélites (Comparez 1 Sam. 8. 14 à 16, et 22. 7), et rien d’étonnant à ce que, pour satisfaire aux exigences du roi, aux impôts qu’il levait, il y eût des hommes ruinés, dans les dettes, la détresse et l’amertume.
Ils se réfugiaient donc vers David pour échapper à l’oppression qui pesait sur eux, et leur cœur s’attacha au vrai roi persécuté. Nous voyons par un exemple, quel était leur dévouement à sa personne. Lis au chapitre 23 du second livre de Samuel, les v. 13 à 17.
– « Et trois des trente chefs descendirent et vinrent au temps de la moisson vers David, dans la caverne d’Adullam, comme une troupe de Philistins était campée dans la vallée des Rephaïm. Et David était alors dans le lieu fort, et il y avait alors un poste des Philistins à Bethléhem. Et David convoita, et dit : qui me fera boire de l’eau du puits de Bethléhem, qui est près de la porte ? Et les trois hommes forts forcèrent le passage à travers le camp des Philistins, et puisèrent de l’eau du puits de Bethléhem, qui est près de la porte, et la prirent et l’apportèrent à David ; et il ne voulut pas la boire, mais il en fit une libation à l’Éternel. Et il dit : loin de moi, Éternel, que je fasse cela ! N’est-ce pas le sang des hommes qui sont allés au péril de leur vie ? Et il ne voulut pas la boire ».
– Je vois, maman, comme ils devaient aimer David. Mais, sais-tu, maman, à quoi tout cela me fait penser ? C’est à Jésus, auprès duquel venaient les pauvres pécheurs et les affligés, et Il les sauvait, les délivrait et les consolait. Et alors, ils L’aimaient de tout leur cœur.
– Tu as raison, mon enfant. C’est ainsi que la grande pécheresse qui vint à Lui dans la maison de Simon, reçut le pardon de ses péchés et aima beaucoup le Seigneur. Marie de Magdala aussi, ayant été délivrée par Lui de la puissance de sept démons, s’attacha à Lui de tout son cœur (Luc 7. 47 à 50 ; 8. 2). Et maintenant encore, c’est auprès de Lui seul que les cœurs brisés à la vue de leurs péchés, que les âmes troublées et affligées, peuvent trouver le repos et le pardon. Et ce précieux Sauveur, dont le cœur est rempli d’amour, leur dit : « Venez à moi, et je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28). Et lorsque, une fois, on a trouvé le repos près de Lui, comment ne l’aimerait-on pas ? « Nous l’aimons, parce que Lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4. 19).
Mais comme au temps de David, ceux qui se réfugiaient auprès de lui, qui se rangeaient sous sa bannière, étaient méprisés, ainsi de nos jours, les fidèles serviteurs de Jésus ne sont pas bien vus du monde. « Le monde ne nous connaît pas, parce qu’il ne l’a pas connu » (1 Jean 3. 1). Mais que valait-il mieux, être avec Saül ou avec David ? Que vaut-il mieux, être avec le monde qui passe, ainsi que sa vanité, ou avec Jésus qui demeure éternellement ?
– Oh ! avec Jésus, maman. Jésus nous aime et nous a ouvert le ciel, et Il nous y conduit. Il vaut bien mieux que le monde ne nous connaisse pas et être une des brebis de Jésus.
– Nous verrons une autre fois la suite de l’histoire de David.
DAVID EST PERSÉCUTÉ PAR SAÜL (1 Sam. 18 et suivants)
– Est-ce que David resta longtemps dans la caverne d’Adullam ?
– Nous ne savons pas ; mais pendant qu’il y était, voulant mettre en sûreté ses vieux parents et leur épargner les privations inhérentes à sa position, il les conduisit chez le roi de Moab auquel il dit : « Je te prie, que mon père et ma mère se retirent chez vous jusqu’à ce que je sache ce que Dieu fera de moi ». Ils demeurèrent là tout le temps que David fut dans la caverne.
– J’aime bien voir David prendre ainsi soin de son père et de sa mère au milieu de ses propres épreuves. En t’entendant, maman, je ne puis m’empêcher de me rappeler le Seigneur Jésus qui, sur la croix, pensait à sa mère (Jean 19. 25 à 27).
– Tu as raison. Et il est aussi très touchant de voir la confiance que David a en Dieu. Il ne dit pas : « Jusqu’à ce que j’aie échappé à Saül ; » mais « jusqu’à ce que je sache ce que Dieu fera de moi ». Il attend tout de Dieu, à Qui il disait : « Garde ma vie de la crainte de l’ennemi » (Ps 64). Après un certain temps, Gad, le prophète, dit à David : « Ne demeure pas dans le lieu fort ; va et entre dans le pays de Juda ».
Pourquoi, maman, Gad dit-il cela à David ? N’était-il pas beaucoup plus en sûreté dans cette caverne ? Est-ce que David lui obéit ?
– Sans doute, mon enfant. Gad était prophète. L’Éternel parlait à David par sa bouche, et David ne devait-il pas obéir sans raisonner ?
– Oh ! certainement, maman ; je n’y avais pas pensé. Il faut toujours faire ce que Dieu nous dit. Il sait mieux que nous où il est bon que nous allions, et ce qu’il est utile que nous fassions. David était bien heureux d’avoir quelqu’un qui lui parle de la part de Dieu pour lui dire ce qu’il devait faire.
– Nous avons aussi un guide divin. C’est la Parole de Dieu, dont David disait : « Ta parole est une lampe à mon pied, et une lumière à mon sentier (Ps. 119. 105).
Mais David était, en effet, très heureux, tout fugitif qu’il ait été, d’avoir près de lui le prophète Gad. Le pauvre Saül, désobéissant à Dieu, n’avait pas cet avantage. Pour se diriger, il n’avait que les pensées de son méchant cœur conduit par Satan, aussi nous allons voir jusqu’où il se laissa entraîner.
– Dans quel endroit David se rendit-il en quittant la caverne d’Adullam ?
– Il alla dans la forêt de Héreth ; et Saül apprit que David et ses hommes étaient sortis de leur lieu fort. Cela réveilla, pour ainsi dire, les mauvais sentiments de Saül à l’égard de David. Il pensa qu’il pourrait aisément se saisir de lui. Mais l’Éternel veillait sur David et toute la haine de Saül ne pouvait empêcher Dieu d’accomplir ses desseins envers l’homme qu’Il avait choisi, « l’homme selon son cœur ».
Mais, aux yeux du monde, quelle différence entre le vrai roi et le roi rejeté ! Tandis que David était obligé de fuir et de se cacher comme un malheureux, Saül était assis à Guibha sous un tamarisc, sur la hauteur, la lance à la main, comme un prince puissant entouré de tous ses serviteurs. Mais qui était le plus heureux ?
– David, à coup sûr, maman ; car Dieu était avec lui.
– Oui. David pouvait dire, malgré la haine de son ennemi : « Sur Dieu seul mon âme se repose paisiblement ; de lui vient mon salut. Lui seul est mon rocher et mon salut, ma haute retraite ; je ne serai pas beaucoup ébranlé… Mais toi, mon âme, repose-toi paisiblement sur Dieu ; car mon attente est en lui (Ps. 62. 1 à 7).
– Tandis que le malheureux Saül agité, inquiet, ne trouvait aucun repos – car « il n’y a point de paix pour les méchants (És. 57. 21). Son esprit était toujours possédé du désir de saisir David et de le faire mourir, comme plus tard les méchants Juifs complotaient sans cesse contre le Seigneur Jésus (Jean 5. 16 et 11. 53 ; Mat. 27. 1 et 12. 14). Plein de ces pensées, il disait, avec reproche, à ses serviteurs : « … que personne ne m’avertis quand mon fils fait alliance avec le fils d’Isaï… , et que mon fils a soulevé contre moi mon serviteur pour me dresser des embûches, comme il le fait aujourd’hui ? » (ch. 22. 8)
– Mais c’était très injuste, maman. Jonathan n’avait pas excité David contre son père, et David ne voulait point faire de mal à Saül.
– Tu as bien raison ; mais la jalousie et la haine sont toujours injustes, et accusent les autres de ce qu’elles désirent faire elles-mêmes. Les paroles insensées de Saül tombèrent dans des oreilles trop bien disposées à saisir l’occasion de faire du mal afin d’en tirer quelque avantage. Doëg, l’Édomite, dont tu te souviens bien, n’est-ce pas, était là, parmi les serviteurs de Saül ; le premier d’entre eux. Voulant sans doute se faire bien voir de Saül, il lui dit : « J’ai vu le fils d’Isaï venir à Nob vers Akhimélec, fils d’Akhitub ; et il a interrogé l’Éternel pour lui, et il lui a donné des provisions, et il lui a donné l’épée de Goliath, le Philistin ».
– Ah ! pauvre Akhimélec, j’ai bien peur pour lui. Et cependant il n’avait voulu rien faire contre Saül, puisque David lui avait dit qu’il était envoyé par le roi.
– Je t’ai dit que la haine rend aveugle et injuste. Saül fut bien aise de décharger sa colère sur quelqu’un, à défaut de David. Il fit donc venir Akhimélec et toute sa famille, et tous les sacrificateurs qui étaient à Nob. « Pourquoi, Akhimélec, avez-vous conspiré contre moi, toi et le fils d’Isaï, que tu lui aies donné du pain et une épée, et que tu aies interrogé Dieu pour lui, afin qu’il s’élevât contre moi pour me dresser des embûches ? »
– C’était vrai que David avait reçu du sacrificateur du pain et une épée ; mais non pas qu’il ait conspiré contre Saül, n’est-ce pas ?
– Non sans doute ; mais c’est ainsi que font toujours les méchants pour nuire aux justes. Ils mêlent la vérité avec le mensonge. Quand les sacrificateurs et les anciens accusent Jésus devant Pilate, ils disent : « Il soulève le peuple en enseignant par toute la Judée, ayant commencé depuis la Galilée jusqu’ici » (Luc 23. 5). Jésus enseignait, c’était vrai, mais il ne soulevait pas le peuple.
– Et que répondit Akhimélec à Saül ?
– La vérité : Qui est fidèle au roi comme David, gendre du roi et honoré dans ta maison ? Ce n’est pas la première fois que j’ai interrogé Dieu pour lui. Et s’il y a autre chose, je l’ignore. Mais Saül ne voulut rien écouter et, poussé par Satan qui est « meurtrier dès le commencement » (Jean 8. 44), il donna ordre à ses serviteurs de tuer les sacrificateurs.
– Quelle affreuse méchanceté ! J’espère bien, maman, qu’on ne lui obéit pas.
– Les serviteurs de Saül refusèrent, en effet, de mettre les mains sur les sacrificateurs de l’Éternel, ayant sans doute horreur d’un tel sacrilège. Ce refus aurait dû faire rentrer Saül en lui-même. Mais son cœur s’endurcissait toujours plus, et il commanda à Doëg, l’Édomite, d’exécuter son ordre cruel. Doëg, d’une race ennemie du peuple de Dieu, comme nous le lisons en plusieurs endroits, obéit sans scrupule à Saül, et tua quatre-vingt-cinq sacrificateurs.
– C’est affreux ! Comment un homme peut-il commettre un tel crime ?
– Saül fit plus, tant est vraie cette parole que Dieu a dite en traçant le portrait du cœur de l’homme : « Leurs pieds sont rapides pour verser le sang » (Rom. 3. 15). Il ordonna, dans sa rage, de mettre à mort tous ceux qui étaient dans la ville de Nob, hommes, femmes, enfants, et même les tout petits enfants. Il fit même tuer les bêtes.
– Il ne resta donc plus de sacrificateurs ?
– Si. D’abord, il y avait les descendants d’Eléazar, le fils aîné d’Aaron ; Akhimélec, lui, descendait d’Ithamar, son second fils. Mais, outre cela, un fils d’Akhimélec, nommé Abiathar, échappa au massacre, et s’enfuit auprès de David. Il fut souverain sacrificateur jusqu’au commencement du règne de Salomon. Abiathar rapporta à David le crime de Saül. David en fut bien attristé et dit à Abiathar : « Je savais que Doëg ne manquerait pas de rapporter à Saül ce qu’il avait vu, et je suis cause de la mort de ceux de ta famille. Demeure avec moi, ne crains point ; car celui qui cherche ma vie, cherche ta vie, et près de moi tu seras bien gardé ».
– Cela me rappelle, maman, le Seigneur Jésus et ceux qui Lui appartiennent. Quand on s’est réfugié auprès de Lui on est bien gardé, car Il a dit de ses brebis qu’elles ne périraient pas (Jean 10. 28).
– Tu as raison, et tu vois aussi quelle étroite union il y avait entre David et ceux qui venaient auprès de lui. Ils partageaient les mêmes dangers et les mêmes travaux que lui, pour avoir ensuite part à la gloire de son royaume. Et il en est de même des chrétiens. Ils sont si étroitement unis à Christ que, quand Saul de Tarse les persécutait, Jésus disait : « Pourquoi me persécutes-tu ? » (Act. 9. 4 et 5). Et après avoir souffert ils régneront plus tard avec Lui (2 Tim. 2. 12).
– Sait-on ce que devint le méchant Doëg ?
– Il n’est plus parlé de lui dans l’histoire de David, mais à cette occasion celui-ci prononça les paroles du Psaume 52 : « Pourquoi te glorifies-tu du mal, homme fort ? La bonté de Dieu subsiste de jour en jour. Ta langue trame des malheurs, pratiquant la fausseté, comme un rasoir affilé. Tu as aimé le mal plus que le bien, le mensonge plus que la parole de justice. Tu as aimé toutes les paroles de destruction, langue trompeuse ! »
Comme cela s’applique bien aux sentiments méchants de Doëg, mis en contraste avec la bonté constante de Dieu. Et comme on voit dans ces paroles le mal que fait une langue trompeuse, qui répand des calomnies contre l’innocent. Mais ce que David ajoute est bien terrible, et nous apprend quel a dû être, tôt ou tard, le sort du malheureux Doëg : « Aussi Dieu te détruira pour toujours ; il te saisira et t’arrachera de ta tente ; et te déracinera de la terre des vivants. … Et les justes verront, et craindront, et ils se riront de lui : Voilà l’homme qui n’a pas pris Dieu pour sa force, mais qui s’est confié en la multitude de ses richesses, et qui se fortifiait dans son avidité ! »
Doëg a pu recevoir de Saül de grandes récompenses pour sa méchante action. Il se confiait dans sa puissance et dans ses richesses ; son cœur s’y était attaché, y avait pris racine, et ne pensant pas à Dieu, dont la crainte n’était pas devant ses yeux. Et voilà que la puissance irrésistible de Dieu l’arrache de sa tente et le précipite dans la mort. À quoi lui auront servi ses grands biens ? Quelle différence avec le fidèle qui, bien que persécuté comme David, peut dire avec lui : « Mais moi, je suis dans la maison de Dieu comme un olivier vert. Je me confierai en la bonté de Dieu pour toujours, et à perpétuité ».
– Cela me rappelle, maman, d’autres paroles d’un beau psaume qui montrent le bonheur de ceux qui aiment Dieu. Veux-tu que je te les récite ?
– Certainement, mon enfant.
C’est dans le Psaume 84 : « L’Éternel Dieu est un soleil et un bouclier ; l’Éternel donnera la grâce et la gloire ; il ne refusera aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité. Éternel des armées ! bienheureux l’homme qui se confie en toi ! »
– Bien que David fut poursuivi avec tant d’acharnement par Saül, il n’oubliait pas qu’il était le vrai roi d’Israël et qu’il devait défendre son peuple.
Il apprit que les Philistins avaient attaqué une ville nommée Kehila et pillaient les aires où se trouvaient les blés, et il voulut aller délivrer cette ville. Mais avant tout, il consulta l’Éternel, il ne voulait rien faire sans l’ordre de Dieu. L’Éternel lui répondit : « Va, et tu frapperas les Philistins, et tu sauveras Kehila ».
– C’était bien beau de la part de David d’oublier ainsi ses propres souffrances pour aider son peuple. Mais c’est ce que Jésus a fait, n’est-ce pas ? Bien qu’il fût haï et persécuté par les sacrificateurs et les chefs du peuple, Il ne cessait pas de faire du bien en guérissant les malades et en délivrant ceux qui étaient opprimés par le diable (Act. 10. 38).
– Tu as raison. David était bien un type du Seigneur. Mais il rencontra un obstacle à son dessein de délivrer Kehila. Cela ne vint pas des Philistins, mais de ceux qui étaient avec lui. Les hommes de David lui dirent : « Voici, même ici en Juda, nous avons peur, et comment irions-nous à Kehila, contre les troupes rangées des Philistins ? »
Le Seigneur Jésus aussi rencontra plus d’une fois chez ses disciples de l’opposition à son dessein de sauver les hommes. Par exemple, quand Pierre l’entendit parler de ses souffrances et de sa mort, il se mit à Le reprendre et dit : « Seigneur, Dieu t’en préserve, cela ne t’arrivera point » (Mat. 16. 22). Que devait faire David ?
– Obéir à l’Éternel, maman, et ne pas tenir compte de ce que ses hommes disaient.
– C’est vrai. Pour lui-même il était bien persuadé, mais il voulait que ses hommes soient pleinement rassurés, c’est pourquoi il consulta encore une fois l’Éternel qui répondit d’une manière encore plus affirmative. Le Seigneur Jésus a aussi supporté ses pauvres disciples, et après être ressuscité d’entre les morts, il leur a fait comprendre la nécessité de ses souffrances et de sa mort : « Le chef de notre salut devait être consommé par les souffrances (Héb. 2. 10).
– Je pense qu’après la réponse de l’Éternel, les hommes de David le suivirent.
– Oui, et comme ils obéissaient au commandement de l’Éternel, ils remportèrent une victoire complète sur les Philistins et s’emparèrent de leurs troupeaux. David sauva Kehila. Il entra alors dans cette ville et y demeura. On est toujours vainqueur quand on marche avec le Seigneur (Rom. 8. 37).
– Est ce que Saül pensa encore à poursuivre David ? Il aurait dû voir que Dieu était avec lui.
– Le méchant cœur de Saül ne vit en cela qu’un moyen de satisfaire sa haine. Il se dit : « David s’est enfermé dans une ville ; j’irai l’assiéger et il ne pourra pas s’échapper, cette fois ». Il convoqua donc tout le peuple pour marcher contre David. Celui-ci apprit le méchant dessein de Saül, et n’ayant pas une entière confiance en ceux qui étaient chefs à Kehila, il consulta l’Éternel. Remarque comme David dépendait de l’Éternel ! C’est une heureuse disposition du cœur quand l’on s’attend ainsi constamment à Dieu. Quel bonheur pour David, dans tous ses maux, d’avoir avec lui le sacrificateur qui interrogeait l’Éternel. David supplia donc l’Éternel de lui faire savoir si les gens de Kehila le livreraient à Saül. Dieu ne répondit pas immédiatement à son serviteur. Il se contenta de lui dire : « Saül descendra ». Mais David désirait une réponse à sa requête concernant les gens de Kehila. Il pria donc encore à ce sujet. Il persévérait dans la prière, sans se lasser (Luc 18. 1). Et l’Éternel lui répondit que les gens de Kehila le livreraient.
– C’était bien méchant à eux. Quelle ingratitude envers celui qui avait exposé sa vie pour les sauver !
– Il ne faut pas nous en étonner, mon enfant. C’est encore là le fond du cœur de l’homme. Le Seigneur Jésus est venu du ciel pour sauver les pécheurs, et Il n’a rencontré aussi qu’ingratitude et haine. Les Juifs, son peuple, Le livrèrent pour être crucifié (Jean 1. 11 ; 15. 24 ; Act. 2. 23). Et maintenant encore, combien ne voyons-nous pas de personnes ingrates envers le Sauveur ?
– C’est vrai, maman. Nous ne valons pas mieux ; mais Jésus a eu pitié de nous et, malgré notre méchanceté, Il nous a sauvés dans sa grâce. Que fit David après cela ? – Il quitta Kehila avec ses hommes, et s’en alla où il put. Il errait dans le désert de Ziph, cherchant des lieux forts dans la montagne, afin de s’abriter.
– Pauvre David ! Il était bien comme le Seigneur, sans un lieu pour reposer sa tête.
– Saül cependant le cherchait tous les jours. Alors l’Éternel envoya à son serviteur une douce consolation. Comme il se tenait caché dans un bois, son ami Jonathan vint le trouver, le consola, et fortifia sa main en Dieu ». Il lui dit : « Ne crains pas, car la main de Saül, mon père ne te trouvera pas, et tu régneras sur Israël ». Jonathan rappela ainsi à David que, puisqu’il était de Dieu, il ne pouvait pas périr. C’est aussi notre consolation quand nous sommes les brebis du Seigneur Jésus ; nous ne pouvons pas périr ; nous n’avons rien à craindre.
– Je pense aussi à une autre chose, c’est que le Seigneur Jésus, au milieu de ses peines, avait des amis qui l’accueillaient avec amour. C’étaient Marthe et Marie et Lazare. N’est-ce pas que c’était une consolation pour son cœur ?
– Je n’en doute pas. Le tendre cœur du Sauveur était sensible à l’affection que Lui témoignaient ceux qui L’aimaient. Plus d’un passage le montre. Quant à David, après ce rafraîchissement que l’Éternel lui accorda, il se trouva de nouveau en présence de la haine de ses ennemis. Les Ziphiens vinrent trouver Saül et lui proposèrent de lui livrer David.
– C’est comme Judas, quand il proposa aux sacrificateurs (Mat. 26. 14 et 15) de leur livrer Jésus.
– David apprit que Saül, conduit par les Ziphiens, était venu pour s’emparer de lui. Que faire dans cette détresse ? Il éleva son cœur à Dieu, Celui qui jusqu’alors l’avait délivré. « Ô Dieu ! » dit-il, « sauve-moi par ton nom, et fais-moi justice par ta puissance. Ô Dieu ! écoute ma prière, prête l’oreille aux paroles de ma bouche. Car des étrangers se sont levés contre moi, et des hommes violents cherchent ma vie ; ils n’ont pas mis Dieu devant eux. Voici, Dieu est mon secours ; le Seigneur est entre ceux qui soutiennent mon âme » (Ps 54. 1 à 4).
Et Dieu qui tient toutes choses dans ses mains, l’exauça d’une manière remarquable. Saül et ses hommes allaient d’un côté de la montagne qui les séparait de David, cherchant à l’envelopper, et David fuyait de devant Saül lorsqu’un messager arriva, annonçant à Saül que les Philistins avaient fait irruption dans le pays. Saül cessa alors de poursuivre David, et marcha à la rencontre des Philistins. Alors David put dire avec reconnaissance « Je célébrerai ton nom, ô Éternel ! car tu es bon. Car il m’a délivré de toute détresse ». Ainsi Dieu fait travailler toutes choses pour le bien de ceux qui l’aiment (Rom. 8. 28). Une autre fois, si Dieu le permet, nous verrons comment David rendit à Saül le bien pour le mal, et épargna sa vie.
DAVID PERSÉCUTÉ PAR SAUL ÉPARGNE LA VIE DE SON ENNEMI (1 Sam. 24 et 26)
-Tu m’as dit, maman, que David se montra généreux envers le méchant Saül, et ne lui fit aucun mal quand il l’aurait pu. Je serai contente que nous nous entretenions de cette conduite de David, que je trouve bien belle.
– C’est en deux occasions que David épargna la vie de Saül, et cela nous est rapporté aux chapitres 24 et 26 du premier livre de Samuel. David s’était réfugié dans les lieux forts d’En-Guédi.
C’est une localité non loin des bords de la mer Morte où se trouvait une petite vallée étroite et fertile arrosée par de nombreuses sources, et renommée pour les arbres odoriférants qui y croissaient ; nous y avons une allusion dans le Cantique de Salomon « Mon bien-aimé est pour moi une grappe de henné (Le henné est un arbrisseau qui porte des fleurs en grappe, très odoriférantes) dans les vignes d’En-Guédi » (Cant. 1. 14). De chaque côté de la vallée s’élèvent des rochers dans lesquels il y a de nombreuses et profondes cavernes, propres à servir de refuge. Devant ces cavernes, les bergers construisent avec des pierres sèches des enclos pour les brebis. Si le mauvais temps survient, et durant la nuit, on les fait mettre à l’abri dans les cavernes. Les choses se passaient sans doute ainsi du temps de David, car il nous est dit que Saül, ayant pris 3000 hommes d’élite d’Israël, « alla chercher David sur les rochers des bouquetins. Et il vint aux parcs du menu bétail, sur le chemin ; et là il y avait une caverne où Saül entra pour se couvrir les pieds ». David et ses hommes étaient au fond de la caverne.
– Est-ce que Saül ne les vit pas en entrant ?
– Non, évidemment. Dans ces cavernes, dit un voyageur, il fait aussi sombre que dans la nuit la plus obscure. En y entrant, les yeux accoutumés au jour ne peuvent voir à cinq pas devant eux, tandis que ceux qui sont dedans depuis quelque temps voient distinctement ce qui se passe à l’entrée. Tu comprends donc que, tandis que Saül n’apercevait rien, David et ses hommes pouvaient observer tous ses mouvements.
– Saül se trouvait dans un grand danger. Il était pris comme dans un piège, et David aurait pu le tuer.
– Oui, sans doute, et les hommes de David l’y encourageaient. Ils lui dirent : « Voici le jour dont l’Éternel t’a dit : voici, je livre ton ennemi en ta main ». Alors David se leva et vint tout doucement couper le pan du vêtement de Saül. Mais aussitôt il se sentit repris en son cœur et dit à ses hommes : Loin de moi que j’étende ma main sur lui, car il est l’oint de l’Éternel. Il ne permit pas à ses gens de rien faire à Saül.
– C’est bien beau de la part de David, chère maman. Il n’avait point de haine pour Saül, ni de sentiment de vengeance.
– Non et durant toute la vie de Saül, et même après sa mort, David le respecta comme l’oint de l’Éternel. Il laissait à Dieu le soin d’agir à l’égard de Saül, et quant à lui, il mettait en pratique ce que l’apôtre recommandait plus tard : « Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés ; mais laissez agir la colère, car il est écrit : À moi la vengeance ; moi je rendrai, dit le Seigneur. Si donc ton ennemi a faim, donne-lui à manger s’il a soif, donne-lui à boire ; car en faisant cela tu entasseras des charbons de feu sur sa tête » (Rom. 12. 19 et 20).
– Que veulent dire ces dernières paroles, maman ?
– Je pense qu’elles signifient, qu’en rendant le bien pour le mal, on vainc les mauvais sentiments de celui qui nous veut du mal, et c’est ce que nous montre la suite de notre histoire. Saül, réveillé, sortit de la caverne sans se douter du péril de mort auquel il avait été exposé. Lorsqu’il fut à une certaine distance, David sortit aussi et l’appela : « Ô roi, mon seigneur ! » Saül se retourna, et David se prosterna pour lui rendre honneur. Puis il lui dit : « Que le roi n’écoute pas ceux qui lui disent : David cherche à te faire du mal. L’Éternel t’a livré aujourd’hui en ma main, dans la caverne, et on m’a dit de te tuer, mais je t’ai épargné. Regarde le pan de ta robe que j’ai coupé, et je ne t’ai pas tué. L’Éternel juge entre moi et toi, mais ma main ne sera pas sur toi ».
– Saül dut être bien profondément surprit en entendant cela.
– Il le fut en effet. Cette générosité de David remua son cœur et sa conscience. « Est-ce là ta voix, mon fils David ? » et son émotion fut si grande qu’il pleura. Et il dit à David : « Tu es plus juste que moi, car tu m’as rendu le bien, et je t’ai rendu le mal. Que l’Éternel te fasse du bien en récompense de ce que tu as fait à mon égard. Et maintenant je sais que certainement tu régneras. Jure-moi par l’Éternel que tu ne feras pas périr mes descendants ». Et David le jura à Saül, qui, pour le moment, cessa de le poursuivre et s’en retourna chez lui. Quant à David et ses hommes, ils remontèrent au lieu fort.
– Tu as dit, Maman, que Saül cessa pour le moment de poursuivre David. Il me semble qu’il n’aurait jamais dû recommencer.
– C’est vrai, mais l’exemple de Saül nous montre, d’une manière bien frappante, que l’homme n’a en lui-même aucune force pour exécuter les bonnes résolutions qu’il prend. Saül ne s’était jamais vraiment repenti d’avoir désobéi à l’Éternel. Dieu l’avait abandonné à sa propre volonté ; l’homme ne peut rien sans Dieu. Et Dieu n’est qu’avec ceux qui ont un cœur humble, brisé et obéissant (És. 66. 2). Ce n’était pas le cas pour le pauvre Saül. Il pouvait être touché un moment, mais le mauvais esprit prenait bientôt le dessus et ses bons sentiments étaient comme « la nuée du matin et comme la rosée qui s’en va de bonne heure » (Osée 6. 4)
– Est-ce que Saül poursuivit encore David ?
– Oui, les Ziphiens, qui semblent avoir été des ennemis acharnés de David, vinrent de nouveau dire à Saül que David était caché dans le désert. Saül rassembla ses trois mille hommes et se mit à la recherche de David. Celui-ci apprit par des espions que Saül était près de lui, et il se leva et vint à l’endroit où Saül était campé.
La nuit était venue ; Saül dormait au milieu d’une enceinte formée avec les chars, et Abner, le chef de son armée, était auprès de lui, tandis qu’à l’entour le reste du peuple était couché. Au chevet de Saül, sa lance était fichée en terre. Il est intéressant de savoir que, de nos jours encore, quand un parti d’Arabes est en campagne, l’endroit où se trouve le chef est distingué par une grande lance fichée en terre. David retourna vers ses hommes sur la colline et dit à Akhimélec et à Abishaï, deux de ses compagnons : « Qui descendra avec nous vers Saül, au camp ? » Et Abishaï, parent de David, répondit « J’irai avec toi ».
– Il fallait bien du courage à David pour aller ainsi au milieu de tous ces gens armés et près de son ennemi. Saül pouvait se réveiller, et David été perdu. Et Abishaï courait le même danger.
– C’est vrai, mais l’Éternel était avec eux. David ne voulait pas faire de mal à Saül, mais pour montrer une fois de plus qu’il n’avait à son égard que des sentiments de bienveillance. Et l’Éternel l’approuvait. Quant à Abishaï, c’était un homme vaillant, d’un courage éprouvé, et d’un cœur tout dévoué à David, l’un de ceux qui persévérèrent avec lui dans toutes ses épreuves, un type d’un fidèle disciple de Christ. Ils se rendirent donc au camp de Saül.
– Que firent-ils là ? Est-ce que David fit comme dans la caverne ; coupa-t-il encore un pan du vêtement de Saül ?
– Non ; mais de nouveau la générosité de David se montra. Abishaï lui dit : « Dieu a livré ton ennemi en ta main ; que je frappe avec la lance, et je le clouerai à terre [une seule fois], et je ne le referai pas ».
– Sais-tu, maman, à quoi cela me fait penser ? C’est à Jean et Jacques qui voulaient faire descendre le feu du ciel sur les Samaritains qui ne voulaient pas recevoir Jésus (Luc. 9. 51 à 56).
– C’est bien le même esprit qui animait Abishaï, un vrai zèle pour son maître, mais pas de connaissance des pensées de Dieu. Comme le Seigneur censura ses deux disciples, ainsi David reprit Abishaï. « Ne le détruis pas » dit-il, « car qui étendra sa main sur l’oint de l’Éternel et sera innocent ? Loin de moi que j’étende ma main sur l’oint de l’Éternel ». Puis il commanda à Abishaï de prendre, la lance et la cruche à eau qui étaient au chevet du roi, et ils s’en allèrent.
La cruche à eau au chevet de Saül s’accorde exactement avec les coutumes existantes encore de nos jours dans ces pays. Personne ne s’aventure à traverser ces déserts sans sa cruche à eau, et sa place ordinaire est au chevet du lit, afin que l’on n’ait qu’à étendre la main pour la trouver, la nuit.
Et personne ne les vit et personne ne le sut, et personne ne s’éveilla.
– C’est ce qui m’étonne, maman, que d’entre tant de gens, personne ne se soit éveillé.
– L’Écriture nous en donne la raison, mon enfant : « Un profond sommeil envoyé par l’Éternel était tombé sur eux ». Dieu gardait David et son compagnon, et voulait par leur moyen donner encore un avertissement à Saül.
David passa de l’autre côté de la vallée et se tint sur la montagne, de loin, et appela Abner. « N’es-tu pas un homme ? » lui cria-t-il. « Pourquoi n’as-tu pas gardé le roi, ton seigneur ? car quelqu’un est venu pour tuer le roi, ton seigneur… L’Éternel est vivant, que vous êtes dignes de mort, vous qui n’avez pas gardé votre seigneur, l’oint de l’Éternel ! Regarde où est la lance du roi, et la cruche à eau qui était à son chevet ».
– Comment David pouvait-il se faire entendre de si loin, et ne craignait-il pas que les gens de Saül ne s’emparent de lui ?
– Les vallées, dans ces lieux déserts, sont étroites ; ce sont plutôt des ravines aux flancs escarpés. David était donc en sûreté, et au milieu des solitudes, la voix porte loin. Saül reconnut celle de David, et encore une fois son cœur fut touché.
« Est-ce là ta voix, mon fils David ? » « C’est ma voix, ô roi, mon seigneur ! » répondit David.
– « Pourquoi mon seigneur poursuit-il son serviteur ? Qu’ai-je fait, et quel mal y-a-t-il dans ma main ? » Alors Saül dit : « J’ai péché ; reviens, mon fils David ; car je ne te ferai plus de mal, puisque aujourd’hui mon âme a été précieuse à tes yeux. Voici, j’ai agi follement et j’ai commis une très grande erreur ».
– Ce sont des paroles bien bonnes de la part de Saül. J’espère que désormais il laissa David tranquille.
– Nous ne savons pas ce qu’il aurait encore fait. Mais il allait avoir à faire directement avec Dieu, et il ne tenta plus rien contre David. Le moment du jugement arrivait pour lui. David lui répondit : « Voici la lance du roi ; qu’un des jeunes hommes passe ici, et la prenne. L’Éternel t’avait livré aujourd’hui en ma main et je n’ai pas voulu étendre ma main sur l’oint de l’Éternel. Et voici, comme ton âme a été aujourd’hui précieuse à mes yeux, que de même aussi mon âme soit précieuse aux yeux de l’Éternel, et qu’II me délivre de toute détresse ! » Alors Saül dit : « Béni sois-tu, mon fils David ! Certainement tu feras de grandes choses et tu en viendras à bout ».
Telle fut la dernière entrevue du pauvre Saül avec David. David, type du Seigneur, avait usé de grâce envers son ennemi, comme Jésus qui disait : « Père, pardonne-leur » (Luc 23. 34). David alla son chemin, mais ne retourna pas avec Saül qui s’en alla chez lui.
HISTOIRE D’ABIGAÏL (1 Samuel 25)
– Tu te rappelles les deux occasions dans lesquelles David épargna la vie de Saül ?
– Oui. En y repensant, j’ai été bien touchée et me suis souvenu des paroles du Seigneur Jésus : « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent » (Mat. 5. 44). J’aimerais avoir ces sentiments-là, ne jamais en vouloir à ceux qui m’ont ennuyée ou fait du chagrin, et au contraire être aimable et bonne envers eux, et leur rendre service quand je le puis.
– Le Seigneur qui met ce désir dans ton cœur, mon enfant, te donnera aussi la force de l’accomplir, si tu le Lui demandes (Phil. 2. 13 ; 1 Jean 5. 14). Nous allons maintenant continuer l’histoire de David. Ce que j’ai à te raconter est un événement très intéressant dans sa vie, et qui eut lieu avant sa dernière rencontre avec Saül. Mais d’abord, il faut que je te dise qu’à cette époque le vieux prophète Samuel mourut, « et tout Israël s’assembla et se lamenta sur lui ; et on l’enterra dans sa maison à Rama ».
– David dut être bien affligé de cette mort.
– Sans doute, et d’autant plus qu’il n’avait pu se joindre à ce deuil public autrement que de cœur, puisqu’il était errant dans les déserts. Samuel, après Moïse, avait été le premier et le plus grand des prophètes. Il avait rétabli en Israël l’autorité et le culte de l’Éternel ; aussi est-il cité parmi les hommes de foi qui ont accompli de grandes choses (Héb. 11. 32 et 33).
Quant à David, il avait quitté les lieux forts d’En-Guédi et était allé avec ses hommes dans le désert de Paran, au sud de la tribu de Juda. Non loin de là, au nord, se trouvaient deux villes de cette tribu, voisines l’une de l’autre, Maon et Carmel (voir Jos. 15. 55). À Maon vivait un homme nommé Nabal, qui avait ses affaires à Carmel. Il était très riche et possédait trois mille moutons et mille chèvres. Sa femme, qui s’appelait Abigaïl, était belle et pleine de bon sens ; mais lui était un homme dur de cœur et méchant dans sa manière d’agir. Il était, dit l’Écriture, de la race de Caleb.
– Mais, chère maman, Caleb n’était pas un méchant homme, n’est-ce pas ? Il s’était montré plein de foi et de courage, quand les autres espions décourageaient le peuple (voyez Nomb. 13. 31).
– Tu as raison. Caleb joignait à une grande énergie de caractère la foi qui le faisait agir pour l’Éternel. Ses descendants, comme Nabal, pouvaient avoir hérité de son énergie naturelle, mais non de sa foi. Et alors cette énergie, n’étant pas dirigée par l’Esprit de Dieu, avait dégénéré en rudesse et dureté. Comme nous le verrons, Nabal ne croyait pas les déclarations de l’Éternel et ne pensait qu’à ses jouissances et à ses intérêts matériels.
– Est-ce que Nabal connaissait David ?
– Sans doute, mais il n’avait que du mépris pour lui, comme le montre la suite de son histoire. Et pourtant, pendant que ses bergers paissaient ses troupeaux au désert, ils avaient été avec David et ses gens. Et non seulement David n’avait pas permis que ses hommes touchent à ce qui appartenait à Nabal, mais il avait protégé les bergers et les troupeaux contre les voleurs et les bêtes féroces. Avec ses bergers, il avait été autour d’eux, disait un serviteur de Nabal, « une muraille de nuit et de jour ».
– C’était bien beau de la part de David, ne trouves-tu pas ?
– Certainement. Bien que fugitif, il se montrait vrai roi d’Israël, en défendant et protégeant son peuple. Il apprit que Nabal était venu à Carmel pour la tonte des brebis. C’était une occasion de réjouissances (voyez 2 Sam. 13. 23), et David pensait qu’en un jour semblable le riche Nabal aurait le cœur incliné à faire part d’un peu de son bien à lui et à ses hommes toujours errants dans les déserts et les rochers.
Il lui envoya donc dix de ses serviteurs pour le saluer en son nom et lui dire « Vis longtemps ! paix te soit, et paix à ta maison, et paix à tout ce qui t’appartient. J’ai entendu dire que tu as les tondeurs ; or tes bergers ont été avec nous, et nous ne les avons pas molestés, et nous ne leur avons rien pris. Que nous trouvions donc grâce à tes yeux, car nous sommes venus dans un bon jour. Donne, je te prie, à tes serviteurs et à ton fils David, ce que ta main trouvera ». Les serviteurs de David firent part à Nabal de leur message et se tinrent tranquilles en attendant sa réponse.
– David demandait bien humblement, lui qui était le roi d’Israël et qui avait avec lui une troupe d’hommes aguerris et courageux.
– C’est vrai ; mais David n’était roi que pour ceux qui croyaient ce que l’Éternel avait dit à son égard. Pour le moment, il passait par l’humiliation. Il en était ainsi, pour Jésus ici-bas. La foi seule Le reconnaissait pour ce qu’Il était réellement (voyez Jean 1. 50).
– Sais-tu, maman, à quoi cette demande de David à Nabal me faisait penser ? C’est à Jésus quand il demandait à boire à la femme samaritaine (Jean 4. 6 et 7). C’était encore plus beau et plus touchant. Lui, Jésus, le Seigneur de gloire, qui avait tout créé et qui possédait toutes choses, s’abaisse jusqu’à demander un peu d’eau à une pauvre femme pécheresse ! Mais que fit Nabal ?
– Sa réponse montra toute sa méchanceté. « Qui est David ? Et qui est le fils d’Isaï ? » dit-il. C’était jeter le mépris sur David, car Nabal, comme tout le monde en Israël, savait très bien que Saül avait été rejeté de Dieu, et que David, le vainqueur de Goliath, avait été oint comme roi par Samuel. S’il était un pauvre fugitif, c’était à cause de la haine que Saül lui avait vouée. David était en cela le type du Seigneur Jésus.
Comme je te l’ai dit, tous les Juifs pouvaient savoir qu’en Jésus s’accomplissaient les prophéties. Le Seigneur leur disait : « Sondez les Écritures… ce sont elles qui rendent témoignage de moi » (Jean 5. 39), mais sauf le petit nombre de ses disciples, ils ne voulaient pas croire et Le haïssaient (Jean 15. 22). Nabal continua à parler de David avec le plus profond mépris. « Aujourd’hui ils sont nombreux » disait-il, « les serviteurs qui se sauvent chacun de son maître. Donnerai-je mon pain, ma viande et mon eau, que j’ai préparés pour mes tondeurs, à des hommes dont je ne sais d’où ils sont ? »
– Pauvre David ! Il avait bien été forcé de s’enfuir pour sauver sa vie. Mais ne trouves-tu pas, maman, que ce mépris de Nabal pour David ressemble à celui des Juifs pour Jésus, lorsqu’ils disaient : « Celui-ci n’est-il pas le fils du charpentier ? » (Mat. 13. 55)
– Oui, certainement. En tout temps, les impies ont à l’égard des justes les mêmes sentiments.
– Que fit David quand ses serviteurs lui rapportèrent la réponse de Nabal ? Je suis sure qu’il en fut bien fâché.
– Oui. Il se sentit très blessé, et céda à ce que le monde aurait appelé juste colère. « Mais la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu » (Jac. 1. 20). David, dans cette occasion, ne ressembla pas à Christ « qui, lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement » (1 Pier. 2. 23). David agit en homme offensé qui veut venger une insulte personnelle. Il oublia que Dieu a dit : « À moi la vengeance ; moi je rendrai » (Rom. 12. 19). Il ne consulta pas l’Éternel, mais son propre cœur.
Oh ! comme nous avons besoin que Dieu nous donne un cœur humble et débonnaire, comme celui de Jésus, l’amour qui « supporte tout » (1 Cor. 13. 7). Car nous sommes aussi enclins à nous irriter contre ceux qui nous ont fait quelque tort, au lieu de leur pardonner. David donc dit à ses hommes : « Ceignez chacun votre épée » ; lui aussi prit ses armes, laissa deux cents hommes à la garde du bagage, et se mit en route contre Nabal avec environ quatre cents autres, en disant : « Certainement c’est en vain que j’ai gardé tout ce que cet homme avait au désert, et que rien n’a manqué de tout ce qui était à lui : il m’a rendu le mal pour le bien. Que Dieu fasse ainsi aux ennemis de David, et ainsi y ajoute si, de tout ce qui est à lui, je laisse jusqu’à la lumière du matin un seul homme de reste ».
– Mais maman, Nabal seul était coupable ; ses serviteurs n’avaient rien fait à David. Pourquoi voulait-il les tuer ?
– C’est que la colère est aveugle ; elle ne raisonne pas, et c’est ce qui nous montre le danger de s’y livrer. Et remarque que David donnait en cela un bien mauvais exemple à ses hommes. Il les entraînait au meurtre et au pillage pour satisfaire sa vengeance. David avait autrefois épargné Saül, son persécuteur acharné, et maintenant, il voulait tuer les serviteurs de Nabal et prendre son bien, parce que celui-ci lui avait répondu grossièrement. Ce n’était pas du tout selon Dieu. Mais Dieu eut compassion de lui et l’arrêta dans son mauvais dessein. Il se servit pour cela d’Abigaïl, la femme sensée et vertueuse du méchant Nabal.
– Je serai bien contente, maman, d’apprendre ce que fit Abigaïl pour arrêter David.
– S’il plaît au Seigneur, nous le verrons une autre fois. Mais ne te rappelles-tu pas une circonstance où le Seigneur Jésus empêcha ses disciples de Le venger lorsqu’on lui avait fait injure ?
– Oui, maman. C’est quand des Samaritains refusèrent de le recevoir, et que Jean et Jacques voulaient faire descendre sur eux le feu du ciel (Luc 9. 54).
– C’est bien cela, mon enfant. Le Seigneur n’était pas venu pour juger et faire périr les hommes. Dans sa douceur, sa patience et son amour, comme en toutes choses, Il nous a laissé un modèle pour que nous suivions ses traces (1 Pier. 2. 21).
HISTOIRE D’ABIGAÏL (1 Samuel 25)
– Maman, tu as promis de me dire aujourd’hui comment Abigaïl empêcha David de se venger de Nabal.
– Le serviteur de Nabal qui avait entendu la manière grossière dont celui-ci avait répondu aux envoyés de David, vint le rapporter à Abigaïl. En même temps, il lui dit comme les hommes de David avaient été bons pour eux. Ce serviteur de Nabal craignait que David ne puisse souffrir une telle injure et, connaissant la sagesse d’Abigaïl, il espérait qu’elle trouverait un moyen de détourner l’orage qui les menaçait. « Sache et vois », lui dit-il, « ce que tu as à faire, car le mal est décidé contre notre maître et contre toute sa maison ; mais il est trop fils de Bélial (trop méchant) pour qu’on parle avec lui ».
– Abigaïl devait être bien embarrassée.
– Je le pense, mais Dieu lui mit au cœur ce qu’elle devait faire pour écarter le danger et empêcher David de commettre un péché. Elle se hâta de faire mettre sur des ânes deux cents pains, deux outres de vin, cinq moutons tout apprêtés, cinq mesures de grain rôti, cent gâteaux de raisins secs et deux cents gâteaux de figues sèches. Puis elle monta sur son âne, fit passer ses serviteurs avec les provisions devant elle, et alla avec eux à la rencontre de David.
– N’avait-elle pas peur de se trouver devant cette troupe de gens armés ?
– Non. Il ne faut jamais avoir peur quand on fait le bien. D’ailleurs Abigaïl avait confiance en David. Dès qu’elle le vit, elle descendit de son âne, se prosterna devant lui, et dit : « À moi l’iniquité, mon seigneur ! Écoute les paroles de ta servante ».
– Pourquoi parle-t-elle ainsi, maman ? Elle n’avait fait aucun mal. Mais je vois, elle prend sur elle la faute de son mari, n’est-ce pas ? Oui c’est beau de sa part. Jésus a ainsi pris nos fautes sur Lui. C’est du dévouement cela, n’est-ce pas ?
– Oui, et je suis bien contente que tu voies cela. Abigaïl continua en disant : « Que mon seigneur ne fasse pas attention à cet homme de Bélial, à Nabal ; car il est tel que son nom. Son nom est Nabal, et la folie est avec lui ».
– Mais, maman, ce n’était pas bien à Abigaïl de parler ainsi de son mari.
– Elle ne voulait certainement pas l’injurier, mon enfant. C’est comme si elle avait dit à David qu’il ne devait pas s’irriter des paroles d’un homme qui n’était pas dans son bon sens. « Je n’ai pas vu » dit-elle, « les jeunes hommes que tu as envoyés ». Sa pensée était que, si elle les avait vus, elle ne les aurait pas renvoyés à vide, et elle le regrette. Puis elle ajoute ces belles paroles. « L’Éternel est vivant, et ton âme est vivante, que l’Éternel t’a empêché d’en venir au sang et de te faire justice par ta main ».
– Vois, qu’Abigaïl ne s’attribue pas la gloire d’avoir arrêté David ; non, c’est l’Éternel qui l’a fait. Elle n’a été que l’instrument dont l’Éternel s’est servi. C’est à cela que l’on reconnaît le vrai serviteur et la vraie servante de Dieu : ils sont humbles.
– Je comprends maintenant mieux, maman, la louange qui est donnée à Abigaïl. Mais je suis bien contente que tu continues à me montrer son beau caractère. J’aimerais être comme elle.
– En effet. La Parole de Dieu, dans ses divers récits, nous retrace des exemples à imiter et d’autres à éviter. Abigaïl n’était pas seulement une personne de bon sens, dévouée, humble, mais elle avait aussi foi dans ce que Dieu avait dit à l’égard de David. Nous allons voir comment elle l’exprime. D’abord elle offre son présent, puis elle dit en s’humiliant de nouveau : « Pardonne, je te prie, la transgression de ta servante ».
Mais ensuite elle ajoute : « L’Éternel fera certainement une maison stable à mon seigneur, car mon seigneur combat les combats de l’Éternel, et la méchanceté n’a jamais été trouvée en toi. Et un homme s’est levé pour te poursuivre et pour chercher ta vie, mais la vie de mon seigneur est liée dans le faisceau des vivants par devers l’Éternel ton Dieu ; et l’âme de tes ennemis, il la lancera du creux de la fronde ». Tu vois qu’Abigaïl reconnaissait David pour le vrai roi d’Israël, dont Saül, un homme, dit-elle, était le persécuteur ; elle avait la certitude que Dieu l’établirait d’une manière stable comme roi, que l’Éternel gardait soigneusement la vie de son serviteur et que, quant aux méchants, ses ennemis, ils périraient.
La foi d’Abigaïl était bien grande, car David était alors pauvre et persécuté, mais elle croyait Dieu, et apportait à « l’homme selon le cœur de Dieu » l’hommage de ses biens et de sa personne.
– Je comprends ce que tu me dis, maman, et il me semble que telle était la foi des disciples du Seigneur Jésus. Il était pauvre, méprisé, et cependant ils croyaient pas qu’Il était le Christ, le Fils de Dieu, et qu’Il régnerait un jour. Et c’est aussi notre foi, n’est-ce pas ? La parole de Dieu nous dit que, après avoir souffert et être mort pour nos péchés, Jésus à été ressuscité et est maintenant au ciel dans la gloire d’où nous L’attendons. Nous croyons cela, parce que Dieu le dit dans sa Parole, et nous en sommes heureux. Mais dans ce que tu m’as dit, il y a une chose qui m’a frappée, c’est qu’Abigaïl dise : « Et la méchanceté n’a jamais été trouvée en toi ». David avait pourtant commis bien des fautes.
– C’est vrai ; il a commis de grandes fautes, et nous ne devons ni ne pouvons les excuser. Mais son cœur a toujours été pour l’Éternel, et c’est dans ce sens que la méchanceté n’était pas trouvée en lui. S’il avait commis une faute, il s’en humiliait et la confessait (Ps. 32 et 51 ; 2 Sam. 12. 13).
C’est comme l’apôtre Pierre, qui aimait certes le Seigneur Jésus, et pourtant il le renia. Mais il pleura amèrement, et Jésus le restaura (Mat. 26. 69 à 75). Il faut bien nous souvenir que, quand même nous sommes des enfants de Dieu si, comme David et Pierre, nous écoutons notre propre cœur, nous tomberons. Il n’y a de force pour nous qu’en restant attachés au Seigneur.
– Je crois bien comprendre, maman. David n’était pas un homme comme Nabal. Il ne vivait pas dans la méchanceté ; il ne suivait pas habituellement les pensées, les désirs et les convoitises de son cœur.
– Abigaïl continua à exprimer sa confiance dans l’accomplissement des promesses de Dieu à l’égard de David : « Il arrivera » dit-elle, « que, lorsque l’Éternel aura fait à mon seigneur selon tout le bien dont il a parlé à ton sujet, et qu’il t’aura établi prince sur Israël, ceci ne sera point pour toi une occasion de chute, ni un achoppement pour le cœur de mon seigneur, d’avoir sans cause versé le sang, et que mon seigneur se soit fait justice à lui-même ».
Abigaïl était bien certaine que David régnerait, mais elle ne voulait pas qu’il ait alors ce grand remords d’avoir versé le sang et de n’avoir pas remis sa cause à Dieu. Dieu se servait ainsi d’Abigaïl pour parler à la conscience de David. Elle était fidèle pour accomplir sa mission. Elle le faisait humblement, mais courageusement.
– Cela me rappelle, maman, que Paul parlait aussi fidèlement et courageusement à Félix (Act. 24. 24 et 25).
– C’est vrai. Le serviteur de Dieu ne fait pas acception de personnes. Écoute maintenant les dernières paroles d’Abigaïl à David : « Et quand l’Éternel aura fait du bien à mon seigneur, souviens-toi de ta servante ».
– Oh ! maman, c’est comme les paroles du brigand crucifié avec Jésus. Il disait : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume » (Luc 23. 42). Il avait la même foi et la même espérance qu’Abigaïl. Bien que Jésus ait été crucifié, il croyait en Lui comme au Roi à venir. Que c’est beau !
– Oui. Toute la parole de Dieu est instructive et remplie de beauté. David eut son cœur touché et dit : « Béni soit l’Éternel, le Dieu d’Israël, qui en ce jour t’a envoyée à ma rencontre ! Et bénie soit ta sagesse, et bénie sois-tu, toi qui en ce jour m’as empêché d’en venir au sang et de me faire justice par ma main ! » Puis il accepta le présent d’Abigaïl, et comme un roi lui dit : « Monte en paix dans ta maison ; regarde, j’ai écouté ta voix, et je t’ai accueillie avec faveur.
– Comme Abigaïl devait être heureuse ! Et cela encore me fait souvenir de la pauvre femme pécheresse qui était venue apporter à Jésus son offrande, un vase de parfum, et à qui Jésus dit avec tant d’amour : « Tes péchés sont pardonnés ; ta foi t’a sauvée, va-t’en en paix » (Luc 7. 48 et 50). N’est-ce pas, maman, David agit ici comme le Seigneur ?
– Il était, en effet, le type du Seigneur, mais David était un homme pécheur, et Jésus était le Fils de Dieu. David épargne à Nabal et Abigaïl la mort du corps, mais Jésus, en pardonnant, donne la vie éternelle.
– Est-ce qu’Abigaïl a dit à Nabal ce qu’elle avait fait ?
– Elle ne le lui dit pas tout de suite, car lorsqu’elle rentra, elle trouva Nabal faisant un festin de roi et ivre à l’excès. Mais le lendemain matin, quand il fut sobre, elle lui raconta tout.
– La bonté de David ne toucha-t-elle pas son cœur ?
– Non. Ni la pensée du grand danger qu’il avait couru, ni le dévouement de sa femme, ni la générosité de David ne parlèrent à sa conscience et à son cœur, et ne l’amenèrent à reconnaître le roi choisi de Dieu. « Son cœur mourut au-dedans de lui et devint comme une pierre » dit l’Écriture, c’est-à-dire qu’il s’endurcit dans ses mauvais sentiments.
Alors, comme il était arrivé autrefois au Pharaon, l’Éternel lui-même frappa Nabal, dix jours après ces événements, et il mourut. Tel sera le sort de tous les pécheurs qui s’endurcissent et ne veulent pas recevoir Jésus : ils tomberont sous le coup du jugement divin (2 Thess.1. 8 et 9). Comme Dieu prit en main la cause de David, ainsi Dieu vengera aussi un jour son Fils des injures et du mépris des hommes.
– Ce sera terrible, maman. Abigaïl était bien heureuse d’avoir échappé. Mais que devint-elle ?
– David, qui avait été touché de sa sagesse, de son dévouement et de sa foi, envoya des serviteurs pour lui demander d’être sa femme. Et bien que David fût encore pauvre et fugitif, Abigaïl n’hésita pas un moment à accepter la proposition de David. Elle se prosterna et dit : « Voici, ta servante sera une esclave pour laver les pieds des serviteurs de mon seigneur ». Elle préféra, comme Moïse (Héb. 11. 26), l’opprobre avec David, aux aises et aux richesses du monde. Elle se donna tout entière à son seigneur pour lui être soumise en tout, même dans les choses les plus humbles.
Et c’est ainsi qu’Abigaïl est un type de l’Église du Seigneur, de « l’Assemblée » qui est soumise au Christ (Éph. 5. 24). Et elle nous est en exemple, afin que nous préférions Christ à tout et que nous aimions à Le servir dans les plus petites et les plus humbles circonstances de la vie.
– Maman, c’est une très belle histoire que celle d’Abigaïl. Je te remercie beaucoup de me l’avoir racontée et expliquée. Je désire être comme elle, sage, dévouée, humble et fidèle au Seigneur Jésus.
– Dieu t’en fera la grâce, mon enfant.
DAVID CHEZ LES PHILISTINS (1 Sam. 27)
– J’ai beaucoup pensé à David et à Abigaïl, et j’ai été bien contente que David ait trouvé une femme aussi sage et aussi dévouée, mais il y a une chose qui m’a étonnée et que je voudrais te dire. David n’avait-il pas déjà pour femme Mical, la fille de Saül ?
– Oui, mais Saül avait ôté sa fille à David et l’avait donnée à un autre mari. C’était une grande injure qu’il lui avait faite.
– Et cela avait dû faire beaucoup de peine à Mical, qui aimait David.
– Sans doute, mais le méchant Saül ne regardait à rien, pourvu qu’il fasse du mal à David. Rien n’est terrible comme d’avoir de la haine dans le cœur. Maintenant, je dois te dire que David avait pris une autre femme nommée Akhinoam. Abigaïl était ainsi sa seconde femme.
– Mais crois-tu que c’était bien ?
– Non. Ce n’était certainement pas selon l’ordre établi de Dieu qui n’a donné à Adam qu’une seule femme. Aussi voyons-nous que ce désordre a commencé dans la race de Caïn (Gen. 4. 19). La loi de Moïse tolérait cette chose, mais comme le Seigneur le dit à propos d’une autre question, c’était à cause de la dureté de cœur du peuple d’Israël. (Mat. 19. 8).
C’est vrai que nous voyons des hommes de Dieu comme Abraham, Jacob, Elkana, avoir plus d’une femme, mais nous pouvons remarquer que ce fut toujours une source de chagrins dans les familles.
– Que fit David après sa dernière rencontre avec Saül ? Il ne devait plus avoir aussi peur de lui.
– David ne se fiait pas à Saül, et resta d’abord dans son lieu fort. Mais ce que j’ai à te dire maintenant de lui est très triste. David tomba dans une grande faute. Sais-tu d’où cela vint ?
– Oh ! cela vint de son méchant cœur. C’est notre cœur qui nous fait toujours faire de mauvaises choses quand nous l’écoutons (Mat. 15. 19 ; Jér. 17. 9).
– Tu as raison. David avait fait l’expérience que l’Éternel l’avait toujours merveilleusement gardé contre tous les efforts du méchant Saül, et il aurait dû avoir la confiance que Dieu le protégerait jusqu’au bout. Mais tout d’un coup il oublie ce que Dieu avait fait pour lui et il dit en son cœur : « Maintenant, je périrai un jour par la main de Saül ; il n’y a rien de bon pour moi que de me sauver dans le pays des Philistins ». Tu vois, qu’il perd confiance en Dieu et dans ses promesses.
Pouvait-il périr, lui, l’oint de Dieu ? Pas plus que les disciples, quand ils étaient dans la barque avec le Seigneur et qu’ils eurent peur (Mat. 8. 23 à 27 ; Gen. 12. 10). Et ce manque de foi et de confiance en Dieu l’entraîne tout de suite dans une autre faute, celle de chercher du secours et une retraite chez les ennemis de Dieu, comme autrefois Abraham quand il descendit en Égypte (Gen.12. 10).
« Saül », dit encore David « renoncera à me chercher dans tous les confins d’Israël, et j’échapperai à sa main ». Pauvre David ! Il agit comme si le bras de l’Éternel avait perdu sa puissance et n’était pas plus fort que Saül. Il a plus de confiance dans les Philistins. Quand on cesse de regarder au Seigneur, il vous arrive comme à Pierre qui se mit à penser aux vents et aux vagues, perdit de vue Jésus et commença à enfoncer (Mat. 14. 30).
– Est-ce que David se sauva tout seul chez les Philistins, comme il l’avait fait la première fois ? (1 Samuel 21. 10 à 15)
– Non et ce qu’il fit fut une nouvelle faute. Il emmena avec lui ses deux femmes, et tous ses gens, six cents hommes avec leurs familles. Ils vinrent tous à Gath, auprès d’Akish, roi des Philistins. Et ainsi David, le vrai roi d’Israël, l’homme choisi de Dieu, oublie sa dignité, ses privilèges, et s’abaisse jusqu’à se placer avec tous les siens dans la dépendance d’un roi païen. Quelle honte et quel exemple funeste David donna à ses gens !
Oui, c’est une bien triste chose de voir un enfant de Dieu manquer de confiance envers son Père céleste, se placer dans la servitude du monde et y entraîner les siens. Et tu peux remarquer, mon enfant, que quand une fois on est entré dans une voie de péché, on va toujours plus loin, si Dieu ne nous arrête. Voilà pourquoi il faut bien prendre garde à ne pas entrer dans le chemin des pécheurs (Prov. 4. 14, 26 et 27).
Un premier pas mène au-delà de ce qu’on aurait pensé. Dieu agit pour délivrer les siens du piège mais c’est souvent par des châtiments sévères. Il les traite comme un père qui fouette son enfant pour le corriger (Héb. 12. 6).
David en fit l’expérience, comme nous le verrons plus tard.
– David devait se trouver bien malheureux au milieu des Philistins. Comment pouvait-il y servir Dieu ?
– Je pense, mon enfant, que David faisait comme font souvent des enfants désobéissants qui cherchent à s’étourdir et à se tromper eux-mêmes. Il sentait bien que sa place n’était pas auprès d’un roi philistin. Mais au lieu de retourner au pays d’Israël, il demanda à Akish de lui assigner une demeure dans une autre ville que Gath ; « car pourquoi » dit-il, « ton serviteur habiterait-il dans la ville royale avec toi ? »
David prenait une apparence d’humilité, comme s’il n’était pas digne d’être auprès d’Akish, et il se met en même temps, pour ainsi dire, à son service. Comme cela convenait peu au roi d’Israël ! Mais c’est ainsi que le péché nous dégrade. Quand le fils prodigue eut quitté son père et la maison paternelle, il descendit toujours plus bas jusqu’à devenir un misérable gardien de pourceaux (Luc 15. 15).
– Pauvre David ! Mais est-ce que le roi lui accorda sa demande ?
– Il lui donna pour demeure la ville de Tsiklag, loin au sud de Gath. C’est là que David, ses hommes et leurs familles, allèrent habiter. Mais David revenait de temps à autre auprès d’Akish qui le considérait, semble-t-il, comme un de ses capitaines (1 Sam. 27. 12).
– Et David resta-t-il longtemps dans cette mauvaise position ?
– « Un an et quatre mois », nous dit la Parole de Dieu, comme pour nous faire sentir la longue durée du péché de David et la patience de Dieu. La fausse position où il était lui fit commettre de nouvelles fautes. Il se mit à faire avec ses hommes des incursions chez des peuples voisins et amis des Philistins, les Gueshuriens, les Guirziens et les Amalékites. Peut-être voulait-il tranquilliser sa conscience, en se disant qu’il faisait la guerre à des ennemis d’Israël. Cela arrive souvent, même à des enfants, de chercher à s’excuser d’une faute, en faisant une chose qu’ils estiment bonne. Mais Dieu veut d’abord que l’on confesse ses péchés, et qu’on les abandonne.
Dans ces incursions, David n’était pas tranquille, et cela le conduisit à être cruel. Il ne se contentait pas de piller les biens et les troupeaux de ces peuples qu’il combattait. Il faisait mettre à mort tous les habitants, hommes et femmes, « de peur, disait-il, qu’ils ne rapportent quelque chose contre nous ».
– Tout cela était bien mal, maman, Dieu ne lui ordonnait pas d’agir ainsi.
– Certainement non. À tout cela, David ajouta un péché encore plus grave, le mensonge. Lorsqu’il allait voir Akish, et que le roi lui demandait : « N’avez-vous pas fait d’incursions aujourd’hui ? » David répondait « Vers le midi de Juda, et vers le midi des Jerakhmeëlites, et vers le midi des Kéniens ». Il faisait ainsi croire à Akish qu’il avait fait ses incursions chez les Israélites.
Voilà pourquoi il ne laissait vivre ni homme, ni femme. Être cruel et menteur, c’était agir comme Satan, et David ne voyait pas qu’il s’enfonçait toujours plus dans le mal. Oh ! comme nous devons être sur nos gardes contre cet ennemi rusé, et demander à Dieu de nous préserver du mal en nous tenant près de Lui. Akish croyait David ; il était tout satisfait et disait : « Il s’est mis en mauvaise odeur auprès de son peuple, auprès d’Israël, et il sera mon serviteur à toujours ».
– Tout cela est bien affligeant, maman. On a peine à penser que ce soit le même David, le vainqueur de Goliath.
– En effet. Nous avons là un sérieux exemple qui nous fait voir où l’on peut arriver si l’on écoute son propre cœur et que l’on manque de confiance en Dieu. David alla encore plus loin dans cette triste voie. Il en vint jusqu’à être prêt à combattre pour un roi philistin contre son propre peuple.
Car « en ces jours-là, les Philistins rassemblèrent leurs armées pour combattre contre Israël. Et Akish dit à David : Sache bien que tu sortiras avec moi pour aller au camp, toi et tes hommes. Et David dit à Akish : aussi tu sauras ce que ton serviteur fera. Et Akish dit à David : aussi je t’établirai pour toujours gardien de ma personne ».
– Mais maman, David avait peut-être la pensée que, dans la bataille, il se mettrait tout d’un coup contre les Philistins, et ainsi procurerait la victoire aux Israélites.
– Et crois-tu qu’un tel acte de trahison aurait été une bonne chose aux yeux de Dieu ? Non, mon enfant. Dieu hait la tromperie et aime la droiture. Il ne veut pas que l’on fasse du mal pour produire du bien. David s’était placé dans une position telle que Dieu seul pouvait le délivrer. Il le fit, comme nous le verrons, mais ce fut en le faisant passer par une terrible épreuve.
Dieu était sur le point de le délivrer aussi de son cruel ennemi Saül. Mais il eût mieux valu que David attende paisiblement et humblement cette délivrance, sur la terre d’Israël. Mais Dieu accomplit ses desseins malgré nos fautes. Il se montre toujours fidèle (2 Tim. 2. 13).
DAVID CHEZ LES PHILISTINS (1 Sam. 29 et 30)
– De qui me parleras-tu aujourd’hui, maman ? Est-ce de David ou de Saül ?
– Nous continuerons la triste histoire de David chez les Philistins, et nous verrons comment la bonté de Dieu le tira du piège où il s’était laissé prendre. Tu te rappelles que les Philistins s’étaient assemblés pour faire la guerre à Israël, dont jusqu’à la fin ils restèrent les ennemis irréconciliables. Ils avaient réuni toutes leurs armées, c’est-à-dire tous les princes qui commandaient dans les principales villes des Philistins.
Il y avait cinq villes principales gouvernées par cinq princes. C’étaient Asdod, Askalon, Gaza, Gath et Ékron (voyez 1 Sam. 6. 16 à 18), qui avaient amené leurs guerriers. Akish, roi de Gath, était aussi venu, et avait pris avec lui David et ses hommes, qui devaient être ses gardes du corps et occuper un poste de confiance.
– Quelle triste chose, maman, de voir le vainqueur de Goliath marcher avec les ennemis du peuple de Dieu ! Comment David n’en avait-il pas honte ?
– David, sans doute, n’était pas heureux. Quelqu’un qui connaît Dieu ne saurait être à l’aise dans un état de désobéissance. Tu le sais bien, n’est-ce-pas ?
– Oh ! oui maman. Il m’est arrivé plus d’une fois d’avoir fait quelque chose de mal, et je n’étais pas heureuse jusqu’à ce que je te l’aie dit.
– David avait manqué de confiance en Dieu, il avait cherché du secours auprès du monde, et maintenant il est obligé de marcher avec le monde. Dieu seul pouvait le délivrer de cette fâcheuse position, et il le fit par le moyen des princes des Philistins. Lorsqu’ils virent David et ses hommes avec Akish, ils furent tout surpris. « Que sont ces Hébreux ? » dirent-ils au roi de Gath. « C’est David, le serviteur de Saül », répondit Akish, « Voilà longtemps qu’il est avec moi, et je n’ai rien trouvé de mal en lui ».
Mais les princes philistins n’eurent pas une aussi grande confiance en celui qui avait si souvent défait leurs armées. Ils se mirent en colère contre Akish et lui dirent : « Renvoie cet homme et qu’il retourne en son lieu, de peur qu’il ne se tourne contre nous dans la bataille. Comment pourrait-il se rendre agréable à son seigneur, sinon par la mort de nos hommes ? »
– Ne penses-tu pas qu’ils avaient raison ?
– En tout cas, ils raisonnaient en hommes prudents. David n’était pas fidèle à son peuple, pourquoi le serait-il envers des étrangers ? Et c’est ainsi, mon enfant, que si un chrétien ne se conduit pas en chrétien, mais veut marcher avec le monde, le monde n’a pas une grande confiance en lui.
– Et que fit Akish ?
– Il dit à David : « L’Éternel est vivant que tu es un homme droit, mais tu n’es pas agréable aux yeux des princes. Retourne-t’en et va en paix ».
– Oh ! maman, David devait rougir d’entendre Akish dire de lui qu’il était un homme droit, car il l’avait toujours trompé.
– La conscience et le cœur de David n’étaient pas encore atteints. Aussi insista-t-il auprès d’Akish pour rester et « combattre les ennemis du roi, mon seigneur ». Mais c’était assez : Dieu, ne voulait pas que son pauvre serviteur aille plus loin dans cette terrible voie de péché, et qu’il parte sur le champ de bataille, uni aux Philistins contre Israël. Akish refusa de consentir à la demande de David. « Les chefs des Philistins ont dit : Il ne montera pas avec nous à la bataille » fut la raison qu’il donna, et David dut retourner à Tsiklag. C’est là que Dieu l’attendait.
– Je suis bien contente, maman, de voir David obligé de se séparer des Philistins.
– Oui, c’était une grande marque de la bonté de Dieu. Mais David n’était pas encore rentré en lui-même pour voir sa faute. Il fallait qu’il sente combien il est amer de quitter le chemin de Dieu pour s’associer au monde. S’il était resté en Juda, Dieu n’aurait pas cessé de l’entourer, lui et les siens, de sa protection comme d’une muraille de feu. Il n’en était pas de même au pays des Philistins où son cœur l’avait conduit. Loin de Dieu, l’ennemi est plus fort que nous. Lorsque David et ses hommes arrivèrent à Tsiklag, ils ne trouvèrent de la ville que des ruines fumantes.
– Oh ! maman, qu’était-il arrivé ? Et les femmes et les enfants, qu’étaient-ils devenus ?
– David et ses guerriers avaient été absents trois jours. Pendant ce temps les Amalékites avaient fait une incursion et, ayant trouvé Tsiklag sans défenseurs, ils s’en étaient emparé, avaient pillé les biens, brûlé la ville, et emmené captifs les femmes et les enfants, mais sans faire mourir personne – Dieu ne l’avait pas permis.
– Comme David et ses hommes durent être désolés ! Et comme David surtout dut regretter de s’être mis dans la dépendance d’Akish !
– La douleur la plus vive saisit les cœurs de ces fiers guerriers. « David et le peuple qui était avec lui élevèrent leurs voix et pleurèrent jusqu’à ce qu’il n’y eut plus en eux de force pour pleurer ». Et ce ne fut pas tout. Le peuple se mit à accuser David et parla de le lapider, de sorte qu’il fut dans une grande détresse.
– Mais, maman, était-ce juste ? David avait aussi tout perdu. Ses deux femmes étaient captives comme les autres.
– C’est vrai, mon enfant. Mais David, comme chef, était responsable, et c’est ce que Dieu voulait lui faire sentir. Ses hommes l’avaient suivi avec confiance, et maintenant ils avaient tout perdu par sa folie. Rien d’étonnant qu’ils s’en prennent à lui. C’est une grande leçon pour ceux qui ont une place d’autorité.
– Pauvre David ! De quel côté se tourner ?
– Dieu seul pouvait le délivrer, et la détresse où se trouvait David lui fit tourner les yeux vers Lui. C’est à cela que Dieu voulait l’amener. Quand Dieu nous châtie, c’est pour notre profit, afin que nous nous rapprochions de Lui (voyez Héb. 12. 10). David, voyant que toute ressource du côté des hommes lui faisait défaut, « se fortifia en l’Éternel son Dieu ».
– Et Dieu l’exauça, n’est-ce pas ?
– Oui, mon enfant. Dieu est plein de miséricorde, et si nous nous sommes égarés et que nous revenions à Lui, Il pardonne, nous reçoit et nous délivre. « Cet affligé a crié ; et l’Éternel l’a entendu, et l’a sauvé de toutes ses détresses » (Ps. 34. 6). C’est David qui a écrit cela, et il en fit l’expérience. Il ne voulut plus suivre ce que son cœur lui disait, mais il chercha auprès de Dieu ce qu’il avait à faire.
Le sacrificateur Abiathar était venu avec lui. Par son moyen, David interrogea l’Éternel. « Poursuivrai-je cette troupe ? L’atteindrai-je ? » demanda-t-il. C’était bien naturel, n’est-ce pas, de se mettre à la poursuite des ravisseurs ? Mais David ne veut plus rien faire de lui-même ; il veut savoir ce qui est la volonté de Dieu. Et l’Éternel lui répond : « Poursuis, car tu l’atteindras certainement » Et pour leur encouragement et leur consolation, Dieu ajoute : « Tu recouvreras tout ».
– David et ses hommes durent être bien heureux d’aller ainsi avec l’assurance que Dieu était avec eux.
– Certainement, si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ? (Rom. 8. 31) Ils se mirent donc courageusement en route, bien qu’en petit nombre, et ce nombre fut encore diminué. Deux cents hommes trop fatigués pour continuer une marche si rapide et incessante, s’arrêtèrent au torrent de Besçor qui est près de la frontière sud du pays de Canaan. On leur laissa la garde des bagages, et David et les quatre cents hommes qui lui restaient continuèrent à poursuivre une armée victorieuse.
– Sais-tu ce que cela me rappelle ? C’est quand Abraham avec trois cent dix-huit de ses serviteurs va délivrer Lot (Gen. 14).
– En effet, dans les deux cas, nous voyons une poignée d’hommes attaquer et vaincre des ennemis nombreux. Nous voyons la même chose quand Gédéon défait les Madianites. L’Éternel est un vaillant guerrier quand il combat pour les siens, qui tiendra contre Lui ?
– Je me demande, maman, comment David put savoir quel chemin suivre pour trouver les Amalékites, car il ne savait pas même que c’était eux qui avaient brûlé Tsiklag.
– Dieu y pourvut aussi, mon enfant. Les hommes de David trouvèrent dans les champs un homme égyptien presque mort de faim, de soif et de fatigue. Durant trois jours et trois nuits, il était resté sans boire, ni manger. On lui donna de l’eau à boire, et à manger, du pain, des figues et des raisins secs, et quand il eut repris des forces, on le conduisit à David, qui lui demanda : « À qui es-tu ? et d’où es-tu ? » – « Je suis un garçon égyptien, serviteur d’un homme Amalékite. Mon maître m’a abandonné, il y a trois jours, car j’étais malade ».
– Quelle cruauté !
– Cela arrive encore de nos jours. Les marchands d’esclaves abandonnent ainsi ceux qui sont malades et qui entraveraient leur marche. Ils les laissent mourir de faim et de soif dans le désert. La route qu’ils ont suivie se reconnaît aux ossements dont elle est semée. Le cœur naturel de l’homme est sans pitié (Luc 10. 30 à 37). Les Amalékites avaient hâte de rentrer avec leur butin dans leurs déserts. Un malade à soigner les aurait embarrassés. Ils laissent donc là ce pauvre garçon.
Mais dans les voies de Dieu, ce fut pour leur perte. Il continua ainsi son histoire : « Nous avons fait une incursion sur ce qui est à Juda… et nous avons brûlé Tsiklag ». David a trouvé un guide : c’est Dieu qui le lui a envoyé. « Me ferais-tu descendre vers cette troupe ? » demanda-t-il au garçon. « Jure-moi par Dieu que tu ne me feras pas mourir, et que tu ne me livreras pas en la main de mon maître, et je te ferai descendre vers cette troupe » répondit le jeune homme.
– C’est une très belle histoire, maman, que celle de ce pauvre garçon égyptien. Il me semble que l’on y voit comme une image de ce que Jésus a fait pour nous. Cela me rappelle l’histoire du Samaritain et de l’homme tombé entre les mains des voleurs (Luc 10. 30 à 37).
– Tu as raison. Et une fois que Jésus nous a sauvés de la mort, Il ne nous laisse ni périr, ni redevenir la proie de Satan, notre ancien maître (Jean 10. 28). Nous sommes dès ce moment affranchis du péché et serviteurs de Dieu (Rom. 6. 14 et 18). L’homme égyptien conduisit David et ses guerriers à l’endroit où étaient les Amalékites. Ceux-ci, se croyant à l’abri de tout danger, joyeux du butin qu’ils avaient fait, s’étaient répandus çà et là, mangeant, buvant et dansant. C’était le soir, David tomba sur eux à l’improviste et les tailla en pièces. Quatre cents jeunes hommes seuls échappèrent.
Comme l’Éternel l’avait dit, David recouvra tout ce qui avait été enlevé, de plus il prit le butin que les Amalékites avaient fait en d’autres endroits que Tsiklag.
– Comme David et ses hommes durent être heureux de retrouver leurs femmes et leurs petits enfants, et quelle joie pour tous ces captifs et captives d’échapper à l’esclavage.
– Dieu, comme toujours, s’était montré fidèle. Du moment que David marchait avec Lui, tout allait bien. Mais bientôt nous avons un nouvel exemple de ce qu’est le méchant cœur de l’homme, dur et égoïste. Comme David et ses quatre cents hommes revenaient triomphants, les deux cents restés à la garde du bagage vinrent à leur rencontre pour partager leur joie. Alors quelques hommes de ceux qui étaient allés avec David, hommes méchants et sans pitié, dirent : « Puisque ceux-ci ne sont pas venus avec nous, nous ne leur donnerons pas du butin que nous avons recouvré, sauf à chacun sa femme et ses fils. Qu’ils les emmènent et qu’ils s’en aillent ».
– C’était en effet bien méchant, maman.
– Ils oubliaient que leur délivrance venait de Dieu seul et que ceux qui étaient restés étaient leurs frères. Si Dieu nous accorde quelque bien, ne devons-nous pas être heureux de le partager avec nos frères ? David, qui maintenant vivait près de Dieu, sentit cela et leur dit : « Vous ne ferez pas ainsi, mes frères, avec ce que nous a donné l’Éternel, qui nous a gardés et a livré entre nos mains la troupe qui était venue contre nous… Car telle qu’est la part de celui qui descend à la bataille, telle sera la part de celui qui demeure auprès du bagage : ils partageront ensemble ». Et ce fut dès lors une loi en Israël. David se montra ainsi un roi juste et équitable.
– On voit, maman, comme tout va bien, maintenant que son cœur est à l’aise avec Dieu.
– Il se montra aussi généreux envers ses amis, et reconnaissant envers ceux qui l’avaient secouru pendant les jours où il avait été fugitif au pays de Juda. Il leur envoya une part du butin, avec ces paroles : « Voici un présent pour vous, sur le butin des ennemis de l’Éternel ». Il allait bientôt revenir au milieu d’eux, non plus comme fugitif, mais comme roi. Ses jours d’épreuve étaient passés, et Saül allait terminer misérablement sa vie.
MORT DE SAÜL ET DE SES FILS (1 Sam. 28 et 31)
– Tu te rappelles que les Philistins avaient rassemblé leurs armées pour faire la guerre à Israël.
– Oui maman, et ils ne voulurent pas que David vienne avec eux, et ce fut très heureux pour David.
– Les Philistins campèrent à Sunem et Saül, ayant rassemblé tout Israël, vint camper en face d’eux à Guilboa. Ces deux endroits sont loin au nord de Jérusalem, près du torrent de Kison et de la plaine de Jizreël. C’est aussi près de là qu’autrefois Barak et Debora vainquirent Sisera (Jug. 4). Mais quand « Saül vit le camp des Philistins, il eut peur, son cœur trembla très fort ».
– C’est qu’il sentait que Dieu n’était pas avec lui, n’est-ce pas, maman ?
– Sans doute, il ne s’était jamais repenti de sa désobéissance. Il avait déjà eu très peur quand Goliath s’était présenté à la tête des Philistins (1 Sam. 17. 11). Mais alors, l’Éternel avait envoyé David pour délivrer son peuple. Mais maintenant Saül avait ajouté à son péché. Il avait chassé et persécuté David, et Israël l’avait suivi dans cette mauvaise voie ; l’Éternel ne pouvait pas être avec eux et le jugement allait les atteindre. Saül en acquit bientôt la certitude. Dans son angoisse, il voulut interroger l’Éternel, mais « l’Éternel ne lui répondit pas, ni par les songes ni par l’urim, ni par les prophètes ».
– Qu’est-ce que cela veut dire, maman ?
– C’étaient les trois moyens par lesquels l’Éternel faisait connaître sa pensée. Ou bien il envoyait des songes à quelqu’un, comme nous en avons bien des exemples ; ou bien il parlait en vision à des prophètes et mettait sa parole en leur bouche (Gen. 15. 1; Ex. 3. 3 ; Nomb. 12. 6 ; És. 1. 1 ; Éz. 1. 1 ; Act. 18. 9) ; ou bien c’était par les lumières qu’il donnait au sacrificateur, quand celui-ci l’interrogeait, après avoir revêtu l’éphod (« Urim » veut dire lumières (Ex. 28. 30). Par aucune de ces choses, l’Éternel ne répondit à Saül. Que pouvait-il faire ?
– N’est-ce pas qu’il aurait dû s’humilier et reconnaître son péché ? Alors l’Éternel aurait eu pitié de lui.
– C’est bien sûr, mais son cœur était endurci et, au lieu de cela, il ajouta encore un péché a tant d’autres. Autrefois, on ne sait à quelle époque de son règne, il avait montré un grand zèle pour Dieu, bien que parfois un zèle sans connaissance (2 Sam. 21. 1 et 2). Selon ce qui est écrit dans la loi de Moïse (Deut. 18. 10 et 11), « Saül avait ôté du pays les évocateurs d’esprits et les diseurs de bonne aventure », tous ceux qui prétendaient, par des moyens diaboliques, connaître l’avenir.
Et maintenant Saül oublie la parole de Dieu et ce qu’il a fait selon cette parole. Dans son trouble, il dit à ses serviteurs : « Cherchez-moi une femme qui évoque les esprits, j’irai vers elle et je la consulterai. Et ses serviteurs lui disent : « Voici, il y a à En-Dor une femme qui évoque les esprits ». Tu vois par là que ces mauvaises pratiques étaient répandues parmi le peuple d’Israël, puisque les serviteurs de Saül savent tout de suite lui indiquer « une femme qui évoque les esprits ».
– Mais qu’est-ce que cela veut dire « évoquer les esprits ? »
– C’était rappeler sur la terre et faire paraître et parler l’esprit d’une personne décédée.
– Crois-tu que ce soit une chose possible ?
– Ces évocateurs d’esprits le prétendaient, comme de nos jours il y en a aussi qui le disent. Mais du moment que l’Éternel défendait sévèrement cette chose, nous devons juger que c’était une œuvre de mensonge et de tromperie, et certainement en rapport avec les puissances diaboliques, ainsi que nous le voyons dans l’histoire de la fille possédée d’un esprit de python (Act. 16. 16 à 18). Les évocateurs d’esprit, les sorciers et autres personnes de cette sorte, sont abusés par Satan, qui se sert d’eux pour tromper d’autres personnes.
– Où était En-Dor ?
– Un peu au nord de Sunem. C’est un endroit où il y a beaucoup de cavernes creusées dans les rochers. Cette femme qui évoquait les esprits se cachait peut-être dans une de ces cavernes pour exercer son métier coupable. Saül se déguisa et se rendit de nuit avec deux de ses serviteurs auprès de cette femme. « Devine pour moi par un esprit » lui dit-il, « et fais-moi monter celui que je te dirai ».
– Pourquoi Saül dit-il de faire monter ?
– Parce que l’on supposait que l’esprit sortait de la terre, hors du sépulcre. La femme répondit à Saül : « Tu sais que Saül à retranché du pays les évocateurs d’esprits et les diseurs de bonne aventure ; pourquoi me dresses-tu un piège pour me faire mourir ? » Cette misérable femme craignait que ce ne fût quelque espion envoyé pour la surprendre. On n’est jamais tranquille, lorsqu’on a une mauvaise conscience.
– Il me semble, maman, que Saül aurait dû aussi rentrer en lui-même en entendant cette femme et se dire : « Oh ! je commets un péché contre Dieu, en consultant une telle femme ».
– Saül s’était endurci, mon enfant. Il errait maintenant en aveugle, malheureux et angoissé. C’est le sort affreux de ceux que Dieu abandonne. Pour rassurer la femme, Saül ne craignit pas de prendre l’Éternel à témoin qu’il ne lui arriverait aucun mal. « L’Éternel est vivant », dit-il, « s’il t’arrive aucun mal pour cette affaire ! » Jusqu’à présent, nous n’avons vu sur la scène que le roi désobéissant, et celle qui évoquait les esprits, les deux esclaves de Satan, mais maintenant l’Éternel va se manifester aussi pour la confusion et la terreur de tous deux. Ce fut une nuit solennelle et terrible dans la triste demeure de cette femme.
– « Qui te ferai-je te fasse monter ? » et il dit : « Fais-moi monter Samuel » répondit-il. Et l’Éternel, et non pas la femme, fit monter Samuel. La femme cherchait à faire croire à ses dupes qu’elle voyait et entendait celui qu’on lui avait demandé. Mais cette fois, par la puissance de l’Éternel, et non la sienne, celui qu’elle a évoqué paraît. Elle voit Samuel et, terrifiée, elle pousse un grand cri. En même temps, Dieu lui ouvre les yeux et elle reconnaît que celui qui est venu la consulter est Saül, le roi d’Israël. « Pourquoi m’as-tu trompée ? Tu es Saül ! » s’écrie-t-elle.
– Oh ! maman, comme Saül et ceux qui étaient là devaient être frappés !
– Dieu montrait sa présence. Mais le roi, au lieu de s’humilier, continue dans sa voie de péché : « Ne crains point » dit-il à la femme, « mais que vois-tu ? » Et elle répondit : « Je vois un dieu qui monte de la terre ». Elle exprimait ainsi l’apparence majestueuse de la vision. « Quelle est sa forme ? » demanda Saül. Et elle dit : « C’est un vieillard qui monte, et il est enveloppé d’un manteau ». Le manteau était le vêtement spécial des prophètes (Zach. 13. 4; 1 Rois 19. 13 ; 2 Rois 2. 8 et 13). Saül à ses traits, reconnaît Samuel qu’il n’avait jamais revu depuis le jour où le prophète lui avait annoncé sa déchéance comme roi d’Israël à cause de sa désobéissance (1 Sam. 15. 28 à 35). « Et Saül se baissa le visage contre terre et se prosterna ».
– C’était bien effrayant pour Saül, n’est-ce pas ?
– Ce fut encore bien plus solennel lorsque Saül entendit la voix de Samuel lui dire : « Pourquoi as-tu troublé mon repos en me faisant monter ? » Dieu avait donné du repos à son serviteur après tout le labeur et les peines de sa longue vie, après le deuil qu’il avait mené sur Saül, et maintenant, par Saül encore, ce repos était troublé ; mais Dieu le permettait pour que, du sein des morts, son fidèle prophète vînt apporter un dernier message au roi désobéissant.
Saül dit à Samuel : « Je suis dans une grande détresse ; car les Philistins me font la guerre, et Dieu s’est retiré de moi, et ne me répond plus, ni par les prophètes, ni par les songes ; et je t’ai appelé pour me faire savoir ce que j’ai à faire ».
Samuel lui répondit : « Pourquoi, m’interroges-tu, quand l’Éternel s’est retiré de toi et qu’il est devenu ton ennemi ? L’Éternel a fait pour lui-même comme il l’a dit par moi ; l’Éternel a déchiré le royaume d’entre tes mains et l’a donné à ton prochain, à David ; parce que tu n’as pas écouté la voix de l’Éternel et que tu n’as pas exécuté l’ardeur de sa colère contre Amalek : à cause de cela, l’Éternel t’a fait ceci aujourd’hui ». Tu vois, Samuel remonte à la source du mal : la désobéissance première, dont jamais Saül ne s’était humilié et repenti, et qui l’avait conduit de péché en péché, de misère en misère, en le séparant de Dieu.
– Je comprends cela, maman. Je désire bien, si j’ai été désobéissante, le confesser tout de suite, car c’est terrible d’avoir Dieu contre soi. J’ai été frappée de ce que Samuel dit : « L’Éternel est devenu ton ennemi ».
– Ce qui suit est aussi bien terrible. Samuel prononce la sentence de l’Éternel contre le malheureux Saül, ses fils, et le peuple qui l’a suivi : « L’Éternel livrera aussi Israël avec toi en la main des Philistins ; demain, toi et tes fils, vous serez avec moi ; l’Éternel livrera aussi l’armée d’Israël en la main des Philistins ». Ainsi, il n’y avait point d’espoir de délivrance. Saül ne s’était pas repenti de son péché, et ses fils, Jonathan lui-même, étaient restés avec lui ; ils tombent tous sous le même jugement. « Demain, toi et tes fils, vous serez avec moi », vous serez dans le séjour des morts.
– Maman, cela me semble bien étrange pour Jonathan qui avait toujours aimé David.
– C’est vrai, mais il avait préféré rester avec Saül plutôt que de se joindre à David persécuté, et il partage le sort de Saül. Il savait que David était le vrai roi ; sa place était avec lui. Il en est de même pour le chrétien, il doit renoncer à tout pour Christ, quand il y est appelé. Le Seigneur, dont David était le type, a dit : « Celui qui aime père ou mère plus que moi, n’est pas digne de moi » (Prov. 1. 24 à 33, Mat. 25. 10 à 12, Mat. 10. 37). Israël aussi subit le châtiment pour être resté attaché au roi que Dieu avait rejeté.
– Saül dut être profondément frappé en entendant ces paroles.
– Ah ! sans doute. Il en fut extrêmement effrayé. Lui, l’homme fort, l’homme de guerre, tomba à terre de toute sa hauteur. Il était déjà très affaibli car, dans son angoisse, il n’avait rien mangé de tout le jour précédent, et cette terrible sentence acheva de le briser.
– Je suis toujours étonnée, maman, de voir que Saül, ainsi frappé, ne se tourne pas vers Dieu. Dieu l’aurait reçu, n’est-ce pas ?
– Ma chère enfant, il y a plus d’un exemple qui nous montre que, quand un pécheur s’est obstiné dans son péché, il y a un moment où il est trop tard pour se tourner vers Dieu. La Parole de Dieu nous le dit en plus d’un endroit, et c’est bien sérieux. Aussi est-il écrit : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 3. 7 et 8).
Pour reprendre notre récit, « la femme vint à Saül, et elle vit qu’il était très troublé ». Elle lui dit :« Ta servante a écouté ta voix et j’ai mis ma vie dans ma main. Maintenant, je te prie, écoute la voix de ta servante, et je mettrai devant toi une bouchée de pain, et mange, et tu auras de la force pour aller ton chemin ». Mais Saül refusa, disant : « Je ne mangerai point ».
Cependant, sur les instances de la femme et de ses serviteurs, il prit avec ceux-ci la nourriture que la femme leur apprêta, et ils s’en retournèrent cette même nuit. Si le Seigneur le permet, nous verrons une autre fois l’événement qui suivit.
MORT DE SAÜL ET DE SES FILS (1 Samuel 31)
– Je serai bien contente, maman, que tu me dises ce qui arriva au malheureux Saül après sa visite à la femme qui évoquait les morts.
– Il lui arriva ce que Samuel lui avait annoncé. Le lendemain, le combat s’engagea. Mais l’Éternel n’était pas avec Saül et son peuple, et les Israélites furent défaits, un grand nombre furent tués et les autres s’enfuirent. Saül combattit sans doute vaillamment, ainsi que ses trois fils et les gens de sa maison ; mais tous ceux-là furent tués.
– Et Jonathan, était-il là ?
– Oui, Sophie ; il périt avec les autres.
– Pauvre Jonathan ! Il avait espéré voir son ami David régner sur Israël et être le second après lui (1 Samuel 23. 7), et maintenant le voilà tué par les Philistins. Que c’est triste !
– Bien triste, en effet. Les hommes estimeraient, sans doute, que Jonathan mourut avec gloire, sacrifiant sa vie pour son père et pour son peuple. Mais si nous jugeons au point de vue de Dieu, nous verrons que Jonathan en restant avec Saül, au lieu de suivre David qui était le vrai roi d’Israël, s’associait à la désobéissance de son père, et c’est pourquoi il est enveloppé dans sa ruine.
– Je comprends bien. Il faut aimer le Seigneur plus même que ses parents ; je me souviens que tu me l’as dit. L’homme que Jésus appelait à le suivre, ne devait pas même aller ensevelir son père (Luc 9. 59 et 60). Que je suis heureuse, chère maman, de n’avoir pas à faire un tel choix. Je puis rester avec toi et t’aimer sans désobéir à Dieu. Dieu est bien bon de m’avoir donné de chers parents qui le servent et qui m’apprennent à le connaître. Maintenant j’aimerais que tu me dises encore quelque chose de Saül.
– La fin de sa vie est aussi très triste. Il ne mourut pas comme ses fils, en combattant. Les Philistins voulaient peut-être le prendre vivant et l’emmener captif, comme autrefois Samson (Jug. 16. 21 à 24). Quoi qu’il en soit, la bataille se renforça contre lui après la mort de ses fils. Il se vit serré de près, et lui, autrefois si vaillant guerrier (1 Sam. 11), eut une très grande peur.
Et, en effet, lorsqu’on est abandonné de Dieu, on peut bien avoir peur de tout, et c’est une chose remarquable de voir Saül, après sa désobéissance, être si souvent dans la crainte (1 Sam. 17. 11 ; 18. 12 ; 28. 5). Mais si l’on a Dieu avec soi, rien ne saurait effrayer. Redoutant de tomber vivant entre les mains des Philistins, Saül dit à celui qui portait ses armes : « Tire ton épée et perce-m’en, de peur que ces incirconcis ne viennent et ne me percent, et ne m’outragent ». Oh ! si Saül avait eu recours à l’Éternel, comme plus tard le roi Josaphat qui, pressé aussi par des ennemis, cria à l’Éternel et fut secouru (2 Chron. 18. 31) Mais Saül ne voyait de refuge que dans la mort.
– Et que fit celui qui portait ses armes ?
– Il refusa de porter les mains sur son roi. Alors Saül tira son épée et se jeta dessus. Il périt ainsi de sa propre main, et l’homme qui portait ses armes suivit son exemple.
– Mais cela était aussi un grand péché.
– Sans doute, mon enfant. Dieu, qui a donné la vie, a aussi seul le droit de la reprendre. Dieu a dit : « Tu ne tueras point (Ex. 20. 13) ; » et celui qui s’ôte la vie désobéit à ce commandement tout autant que celui qui tue un autre homme.
Nous ne trouvons dans la Bible que trois exemples de suicide ; tu sais que c’est ainsi qu’on nomme le meurtre de soi-même. Le premier est celui de Saül, le roi désobéissant ; le second, celui d’Akhitophel, le conseiller perfide ; et le troisième, celui du traître Judas (2 Sam. 17. 23 ; Mat. 27. 5). Ces trois exemples nous montrent clairement qu’un tel acte ne peut être commis que par ceux qui sont loin de Dieu, qui n’ont point « la vie éternelle demeurant en eux » (1 Jean 3. 15).
De nos jours, hélas ! dans les pays qui se disent chrétiens, les suicides sont nombreux. Les uns s’ôtent la vie parce qu’ils ne peuvent supporter, disent-ils, la perte de leur fortune ou de quelqu’un qu’ils aiment ; d’autres pour échapper à des souffrances, ou à ce qu’ils appellent la perte de leur honneur ; d’autres encore, pour une simple contrariété. On a vu même des enfants irrités par un reproche mérité ou non, se donner la mort. Et tous ceux-là ne pensent pas qu’ils se précipitent au-devant d’un jugement terrible ! Quelle folie, quelle lâcheté et quel oubli de Dieu !
– Est-ce que David apprit ces tristes nouvelles ?
– Oui, et je te dirai plus tard de quelle manière. Pour le moment, terminons ce qui a rapport à Saül. Le lendemain de la bataille, les Philistins vinrent pour dépouiller les tués, et ils trouvèrent Saül et ses trois fils morts sur la montagne de Guilboa. Ils dépouillèrent Saül de ses armes, lui coupèrent la tête, et les envoyèrent partout dans le pays des Philistins pour annoncer la nouvelle de leur victoire dans les maisons de leurs idoles et au peuple.
Puis, comme trophée, ils placèrent ses armes dans un de leurs temples, et clouèrent sa tête dans la maison de leur grand dieu Dagon (1 Chron. 11. 10). Tu vois qu’ils attribuaient leur victoire à leurs dieux et pensaient que ceux-ci avaient triomphé de l’Éternel, le Dieu d’Israël. Ainsi la désobéissance de ceux qui professent être le peuple de Dieu, jette du déshonneur sur le nom du Seigneur.
– Et il n’est plus rien dit de Jonathan ?
– Une seule chose que je te dirai. Quant à leur esprit, lui, ses frères et son père étaient avec Samuel, comme le prophète l’avait dit. Ils étaient retranchés de la terre des vivants. Mais quant à leurs corps, les Philistins les prirent et les clouèrent à la muraille de Beth-Shan.
– Pourquoi firent-ils cela ?
– C’était une dernière insulte faite à leurs ennemis vaincus. Beth-Shan, dont les ruines subsistent encore et que les Arabes nomment Beisan, était une ville située entre Guilboa et le Jourdain. Elle était bâtie sur une sorte de plateau rocheux qui s’élève au-dessus de la plaine et est coupé de profondes ravines au fond desquelles coulent des ruisseaux rapides. La ville se trouvait ainsi coupée en plusieurs quartiers. Sur le plateau se trouve une éminence escarpée dont le flanc qui regarde le Jourdain tombe presque à pic. Sur cette hauteur était bâtie la forteresse entourée d’une muraille. C’est là sans doute que furent attachés les corps du malheureux roi et de ses fils, de sorte qu’on pût les voir de loin, comme pour annoncer à Israël le triomphe des Philistins et lui jeter un défi.
– Mais comment les Philistins se trouvaient-ils dans cette ville si bien fortifiée ?
– C’est que quand la déroute des Israélites et la mort de Saül et de ses fils fut connue, les hommes d’Israël abandonnèrent leurs villes et s’enfuirent. Ils portèrent ainsi la nouvelle de ce désastre de l’autre côté du Jourdain, et cela donna lieu aux hommes de Jabès de Galaad d’accomplir une bien belle action.
– Où est cette ville dont tu parles ?
– De l’autre côté du Jourdain, juste en face de Beth-Shan. Tu dois te souvenir qu’au commencement du règne de Saül, les habitants de Jabès étaient assiégés par le roi des Ammonites. La ville était près de succomber quand elle fut délivrée par l’énergique intervention de Saül à la tête des Israélites (1 Sam. 11. 1 à 11). Les habitants de Jabès conservèrent dans leurs cœurs une profonde reconnaissance envers leur libérateur.
Lorsqu’ils eurent appris la manière indigne dont les Philistins avaient traité les restes de Saül et de ses fils, les vaillants hommes de Jabès, sans craindre le péril auquel ils s’exposaient, se levèrent, marchèrent toute la nuit vers Beth-Shan, détachèrent les corps et les rapportèrent à Jabès.
– Je suis étonnée que les Philistins ne les aient point empêchés de faire cela.
– Ils ne s’en aperçurent point. Ils ne pensaient sans doute pas, à cause de la terreur produite par leur victoire, qu’aucun Israélite osât s’aventurer près d’eux. Ensuite, il faut remarquer que les hommes de Jabès arrivèrent de nuit et qu’abrités par l’escarpement du rocher, ils purent monter sans être vus, et qu’enfin le bruit du torrent qui coulait au pied du rocher empêchait de les entendre.
– C’était bien courageux et bien beau de leur part, chère maman, et montrait en effet un cœur reconnaissant.
– Oui, Sophie, et c’est un sentiment qui plaît à Dieu. Mais si les habitants de Jabès avaient lieu d’être reconnaissants envers Saül qui les avait délivrés seulement d’une affliction terrestre, combien n’avons-nous pas plus lieu d’être reconnaissants envers Jésus qui nous a sauvés de la colère qui vient ! (1 Thess. 1. 10)
– C’est bien vrai, chère maman, et je sens que nous devrions chaque jour le remercier et être tout dévoués pour le servir. Je voudrais te faire encore une question. Que firent les habitants de Jabès des corps de Saül et de ses fils ?
– Ils les brûlèrent, puis ils enterrèrent les os qui restaient sous un tamarisc près de leur ville, et jeûnèrent sept jours en signe de deuil.
– Je suis surprise de ce que tu me dis qu’ils brûlèrent les corps. Je croyais que les Israélites enterraient leurs morts.
– Tu as raison, Sophie. Ils rendaient à la terre ce qui a été tiré de la terre, et en cela ils agissaient selon la pensée de Dieu dans sa parole (Gen. 3. 19). Brûler les corps est une coutume païenne. Ce que font les habitants de Jabès est un fait exceptionnel, motivé peut-être par la mutilation exercée sur les corps de Saül et de ses fils, peut-être aussi par leur état de décomposition. Brûler les corps semble se rattacher à un temps de calamité, comme on le voit par un passage du prophète Amos annonçant la destruction de la capitale du royaume d’Israël, à cause des péchés du peuple. « Il arrivera, » dit-il, « que s’il reste dix hommes dans une maison, ils mourront ; et le parent de l’un d’eux qui doit le brûler, le prendra pour sortir de la maison les os » (Amos 6. 9 et 10).
– Maintenant, j’aimerais que tu me dises comment David apprit ce qui était arrivé à Saül et à ses fils.
– Je le ferai volontiers, mon enfant, mais ce sera une autre fois, s’il plaît à Dieu.
D’après la Bonne Nouvelle 1890 à 1893