
Un démon que les disciples n’ont pas pu chasser (Mat. 17. 14 à 21 ; Marc 9. 14 à 29 ; Luc 9. 37 à 43)
Au moment où se déroulait la scène glorieuse de la transfiguration, les disciples que Jésus avait laissés étaient en difficulté en présence d’une grande foule et des scribes qui disputaient avec eux.
Alors que Jésus interrogeait ses disciples sur ce qui leur arrivait, un homme s’approche de Lui, se jetant à genoux devant Lui, et lui dit : « Maître, je t’ai amené mon fils qui a un esprit muet, et, partout où il le saisit, il l’agite violemment ; et il écume, et grince des dents, et il devient sec ; et j’ai dit à tes disciples de le chasser, et ils n’ont pas pu. Et Lui, leur répondant, dit : Ô génération incrédule, jusques à quand serai-je avec vous ? jusques à quand vous supporterai-je ? Amenez-le-moi ». Aussitôt en présence de Jésus, l’esprit malin déchira l’enfant qui, tombant à terre, se roulait en écumant.
En réponse à la demande de Jésus, le père déclara que son fils unique était dans cet état depuis son enfance ; et souvent le mauvais esprit qui l’habitait l’avait jeté dans le feu et dans les eaux pour le faire périr. Dans la détresse qui le torturait, il implore Jésus : « Mais si tu peux quelque chose, assiste-nous, étant ému de compassion envers nous » (Marc 9. 17 à 23).
Le Seigneur est tout à la fois en présence de la puissance de Satan qui cherchait à faire périr cet enfant, et de l’incrédulité des disciples. Quel spectacle affligeant pour son cœur ! Mais, venu en amour ici-bas, il était prêt à délivrer l’homme du terrible esclavage du diable.
Satan est encore le chef de ce monde, mais s’il court çà et là sur la terre et s’y promène (Job 1. 7), il sera jeté dehors (Jean 12. 31). Il est toujours très actif entraînant les hommes à la perdition éternelle par la violence ou par la séduction du péché, mais il ne peut anéantir le peuple de Dieu en ruine, fidèlement représenté par l’état de cet enfant.
Quant aux disciples, le Seigneur réprouve leur manque de foi, sans se départir de l’exercice de sa grâce et de sa puissance. Rien ne peut résister à cette bonté qui s’exprime dans ces paroles du Seigneur : « Amenez-le-moi ». Il ne peut laisser le cri de la foi sans réponse, quelle que soit sa faiblesse.
Tu peux toujours aller à Jésus, lui confier un vrai besoin avec une foi simple. Son cœur plein de compassion ne peut que t’accueillir, et la puissance de son bras te secourir (Ps. 31. 19).
En réponse à la faible foi de ce père si éprouvé le Seigneur déclare : « Le « Si tu peux », c’est : Crois ! toutes choses sont possibles à celui qui croit ». Voilà un secret révélé par le Seigneur à ses disciples ! La puissance de Dieu est à la disposition de la foi.
Du côté de Dieu, il n’y a pas de limite au déploiement de la puissance de sa grâce. C’est ainsi que Jésus est venu dans ce monde, Dieu manifesté en chair, pour sauver l’homme pécheur et perdu.
Mais la difficulté est du côté de la foi de l’homme, peu ou pas conscient de sa totale ruine morale. Cependant, si un homme éprouve une vraie conviction de péché, ayant un profond besoin de salut, il lui suffit de croire que Jésus est mort pour ses péchés à la croix (Rom. 4. 25).
Tout éploré, le père angoissé ajoute : « Je crois, viens en aide à mon incrédulité ». Prenant conscience de son manque de foi cet homme saisit par la foi que Dieu seul peut délivrer. Ce cœur, jusque-là incrédule, est brisé et se confie sans réserve en Celui qui peut guérir.
« Et Jésus, voyant que la foule accourait ensemble, tança l’esprit immonde lui disant : Esprit muet et sourd, je te commande, moi, sors de lui et n’y rentre plus ». Et le démon sortit après avoir crié et déchiré violemment l’enfant qui devint comme mort. Mais Jésus le prit par la main et il se leva.
Les disciples, témoins de cette délivrance, demandèrent au Seigneur lorsqu’il fut entré dans la maison, pourquoi ils n’avaient pas pu chasser ce démon. Jésus leur dit : « Cette sorte ne peut sortir en aucune façon, si ce n’est par la prière et par le jeûne ». Pourtant le Seigneur, en les appelant, leur avait donné autorité sur les esprits immondes (Marc 6. 7).
Leur incrédulité les avait privés de la communion avec Dieu sans laquelle ils ne pouvaient disposer de la puissance de Jésus.
La prière met notre âme en contact avec Dieu en qui nous avons la puissance, la grâce et la sagesse pour l’exercice de tout service. En priant, nous réalisons toute notre faiblesse, notre néant. Nous sommes rejetés sur Dieu qui seul peut et veut agir pour répondre à nos nombreux et divers besoins. Ses ressources inépuisables sont toujours à la disposition de la foi.
Jeûner correspond spirituellement au jugement de nous-mêmes, à la sobriété en toutes choses, pour nous s’abstenir de tout ce qui nourrit la chair par la satisfaction de nos convoitises (1 Jean 2. 15 et 16). Le monde est rempli d’idoles pour répondre à tous les désirs du vieil homme. Mais ce monde apparaît au nouvel homme comme un désert.
Pour servir le Seigneur avec efficacité, combien nous avons besoin d’être gardés de la puissance d’attraction qu’exerce sur le cœur naturel tout ce qui est dans le monde. C’est par la prière et par le jeûne que nous pourrons jouir de la communion avec le Père et avec le Fils et être des vases sanctifiés, utiles au maître, préparés pour toute bonne œuvre (2 Tim 2. 21).
Retenons que le Seigneur se plaît à honorer la plus faible foi face au plus grand obstacle, lorsqu’il dit à ses disciples : « Si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d’ici là et elle se transporterait ; et rien ne vous serait impossible » (Mat. 17. 20).
Au seuil d’une nouvelle année, n’aurions-nous pas foi en Dieu ? (Marc 11. 22)
Jésus annonce sa mort et sa résurrection (Mat. 17. 22 et 23 ; Marc 9. 31 ; Luc 9. 43 à 45).
Jésus rappelle à ses disciples que « le Fils de l’homme va être livré entre les mains des hommes ; et ils le feront mourir ; et le troisième jour il sera ressuscité. Et ils furent fort attristés ».
Alors que Jésus venait d’exercer sa puissance pour délivrer un démoniaque, les disciples encore impressionnés par la vision de la transfiguration sur la haute montagne, pensaient que le royaume serait bientôt établi en gloire. C’est précisément à ce moment-là que Jésus les entretient de la nécessité de sa mort et de sa résurrection au troisième jour.
C’est en vertu de cette mort qu’une part dans la gloire pouvait leur être attribuée. Les disciples n’avaient pas retenu que le Seigneur parlait de sa mort avec Moïse et Élie, sur la montagne. Cette mort était indispensable pour délivrer l’homme de son état de péché, et l’établir dans la nouvelle création, comme étant en Christ, placé sous les effets bénis de son amour et de sa puissance (2 Cor. 5. 17).
La foi en la mort et en la résurrection de Christ, fondement de tout ce que Dieu a voulu opérer pour des pécheurs, ouvre l’accès à la gloire de Dieu pour l’éternité.
Les disciples sont fort attristés par les paroles de Jésus leur annonçant sa mort. Mais le Seigneur pourra leur dire : « votre tristesse sera changée en joie… Je vous reverrai, et votre cœur se réjouira : et personne ne vous ôte votre joie » (Jean 16. 20 et 22).
Dès maintenant la joie des rachetés, conséquence de la mort de Christ, est incomparable, « ineffable et glorieuse », en attendant qu’ils soient placés irréprochables devant sa gloire avec abondance de joie (Jude 24 et 25).
Les didrachmes (Mat. 17. 24 à 27).
C’est au moment où ils arrivent à Capernaüm que Jésus et les disciples rencontrent les agents qui percevaient l’impôt pour le temple, probablement l’impôt que Moïse avait prescrit en Exode 30. 11 à 16, ou peut-être celui fixé par Néhémie (Néh. 10. 32 et 33).
Les receveurs de ces didrachmes demandent à Pierre : « Votre maître ne paie-t-il pas les didrachmes ? Il dit : Oui ». Par cette réponse spontanée Pierre, sans consulter son maître, le met au rang des Juifs zélés.
Dans le système politique et religieux officiel, il ne veut pas qu’on traite son maître comme un étranger. D’ailleurs le Seigneur en tant qu’homme, né sous la loi, dans son chemin d’obéissance et d’humiliation, se soumettait aux ordonnances et aux autorités en place.
Mais par sa réponse, Pierre renie la royauté du Seigneur et la relation qui l’unissait au Père. N’avait-il pas été témoin sur la sainte montagne de la gloire de Sa personne, Lui, le Fils de Dieu et le Fils de l’homme ?
Dès son entrée dans la maison, Jésus, selon sa divine connaissance de toutes choses, s’adresse à Pierre : « Que t’en semble, Simon ? Les rois de la terre, de qui reçoivent-ils des tributs ou des impôts, de leurs fils ou des étrangers ? Pierre lui dit : Des étrangers. Jésus lui dit : Les fils en sont donc exempts. Mais, afin que nous ne les scandalisions pas, va-t’en à la mer, jette un hameçon, et prends le premier poisson qui montera ; et quand tu lui auras ouvert la bouche, tu y trouveras un statère ; prends-le, et donne-le-leur pour moi et pour toi ».
Ici le Seigneur associe son disciple avec Lui dans sa dignité de fils. Il le place dans la même relation que Lui, comme homme, vis-à-vis du Père (Ps. 2. 7 ; Luc 1. 35). Lui est le Fils selon sa propre dignité et nous, ses rachetés, nous sommes fils par la foi en Son œuvre (Jean 20. 17 ; Rom. 8. 15).
Remarquons aussi l’extrême pauvreté du Seigneur qui n’avait même pas un statère sur lui pour répondre à la demande de ceux qui collectaient le tribut (2 Cor. 8. 9).
Le Seigneur explique à Simon que Lui, le Fils du Roi, ne peut être soumis aux impôts. Le Seigneur du temple devait-il payer le tribut du temple ? Ainsi Il unit à cette gloire de fils, comme faisant partie de la même famille, un simple pécheur de la Galilée méprisée, mais aussi chaque croyant, aussi faible soit-il.
Quelle grâce insondable est soulignée dans cette expression de notre cher Sauveur : « Afin que nous ne les scandalisions pas, va-t’en à la mer » ! Et sa gloire de Créateur, de Fils de l’homme qui dispose de toutes choses dans sa création, est exaltée quand il commande à un poisson indomptable, du fond de la mer, d’apporter dans sa bouche un statère couvrant exactement le tribut demandé pour Lui et pour son disciple.
Celui qui est notre Sauveur démontre dans cette scène qu’Il sait tout et qu’Il peut tout. Ainsi le Seigneur se soumettait aux lois en vigueur (Rom. 13. 1 et 7), pour éviter tout scandale, n’ayant aucun droit à faire valoir dans ce monde, et en même temps Il magnifie la grâce et la puissance de Dieu.
Nos cœurs ne sont-ils pas profondément remués par ces paroles de Jésus, empreintes de sollicitude : pour moi et pour toi ? Il est venu du ciel pour mourir à la place des coupables, afin de les établir dans la position de fils devant Dieu, semblables à Lui, et avec Lui.
Quelles délices pour son cœur lorsqu’il contemplera en gloire le fruit du travail de son âme et que son amour divin en sera satisfait ! Il amènera plusieurs fils à la gloire qui, dans des corps glorifiés, pourront considérer les perfections infinies de sa Personne, et apprécier les résultats merveilleux de son œuvre à la croix.
C’est en vertu de ses souffrances expiatoires et de sa mort que, par une grâce ineffable, nous pourrons durant l’éternité l’adorer et le louer comme il en est digne, chantant autour du trône de l’Agneau le cantique nouveau.
Sur nous resplendira ta face.
Dans nos cœurs remplis de ta grâce,
Toi seul aura toute la place
A toujours.
Le plus grand dans le royaume des cieux (Mat. 18. 1 à 5 ; Marc 9. 33 à 37 ; Luc 9. 46 à 48).
C’est au moment où le Seigneur vient de les entretenir de ses souffrances et de sa mort, d’après le récit de Marc (9. 30 à 32), que les disciples sont préoccupés de savoir lequel sera le plus grand dans le royaume des cieux ; il en résulte même une dispute entre eux. Ils sont convaincus de faire partie de ce royaume, d’autant plus que Pierre venait de constater dans quelle position élevée il avait été placé avec Jésus.
Puis, dans la maison, le Seigneur qui sonde les secrets des cœurs, les interroge : « Sur quoi raisonniez-vous en chemin ? »
Quelque peu gênés, ils gardaient le silence. « Toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui à qui nous avons affaire » (Héb. 4. 13). Et Il ajoute : « Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous » (Marc 9. 35).
Celui qui était le Messie d’Israël est venu sur cette terre dans l’abaissement qu’annonce bien le prophète : « Il n’a ni forme, ni éclat ; quand nous le voyons, il n’y a point d’apparence en lui pour nous le faire désirer » (És. 53. 2). Ce n’était pas le moment de l’établissement du royaume en gloire.
Combien il est affligeant de penser que les sentiments des disciples étaient si opposés à ceux du Seigneur qui avait devant lui l’œuvre de la croix. L’égoïsme de nos cœurs naturels nous éloigne toujours de la pensée de Christ.
Et Jésus appela auprès de lui un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et l’ayant mis entre ses bras leur dit : « En vérité, je vous dis : si vous ne vous convertissez et ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux ».
Il ne suffisait donc pas d’être Juif, descendant d’Abraham, pour être un sujet du royaume. Il fallait être né de nouveau, recevoir une nouvelle nature par la conversion, moyennant la foi au Seigneur Jésus mort pour nos péchés. C’est ce que le Seigneur enseigne à Nicodème en Jean 3. 3 à 6. « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création… toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor. 5. 17), mais « la chair et le sang ne peuvent pas hériter du royaume de Dieu » (1 Cor. 15. 50).
Il n’y a point de salut par les œuvres, ni par la seule connaissance des vérités de l’Écriture. Dieu nous communique la vie qui est en Christ par l’action du Saint Esprit et de la vivante et permanente Parole de Dieu (1 Pier. 1. 23). A nous de recevoir par la foi le témoignage des Écritures.
Perdu ou sauvé ! il n’y a pas de condition intermédiaire ! Où passeras-tu l’éternité ? Es-tu converti(e) ?
Le caractère de ceux qui sont convertis, c’est celui d’un petit enfant ; c’est-à-dire qu’ils renoncent à toute prétention, à leurs propres opinions, pour croire tout ce que Dieu dit dans sa Parole, avec la simplicité d’un petit enfant.
Dieu ne peut recevoir l’homme pécheur dans son état naturel, avec son orgueil et sa vanité. « Tout cœur orgueilleux est en abomination à l’Éternel » (Prov. 16. 5). Dieu doit employer toutes sortes de moyens pour briser notre résistance orgueilleuse, et nous amener en toute humilité à accepter le salut qu’il nous offre gratuitement en Jésus.
Puis le Seigneur donne sa réponse à la question des disciples : « Quiconque donc s’abaissera comme ce petit enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des cieux ». Ne possédant rien, un petit enfant dépend entièrement de ses parents ; ne connaissant rien, il met toute sa confiance en eux ; ne gagnant rien de ses propres mains, il reçoit tout comme un cadeau de leur part.
Pour réussir dans ce monde, il faut être quelqu’un ou quelque chose, il faut en avoir fini avec le caractère du petit enfant. Combien d’enfants aspirent après ce qu’ils estiment être les avantages des adultes ? L’homme se tourne volontiers vers ce qui est grand, haut estimé dans ce monde de vanité (Luc 16. 15).
Dans le royaume de Dieu, il en est tout autrement. Et le Seigneur reste notre modèle parfait. Lui qui est Dieu, possédant la gloire de toute éternité, Créateur de toutes choses, s’est anéanti pour devenir un homme ; prenant la forme d’esclave, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix (Phil. 2. 5 à 11). Dans son amour, Il voulait introduire des hommes dans le royaume de Dieu, dans le ciel même.
Mais c’est encore le temps de son rejet, et celui où ceux qui ont la foi en Lui sont méprisés comme Lui. Et l’humilité, l’abaissement, doivent caractériser ceux qui sont entrés dans le royaume. Ils apprennent ainsi à rechercher la dernière place pour découvrir qu’elle est déjà occupée par Christ, Lui, le Serviteur de tous.
Le chemin dans lequel nous acceptons par la foi de n’être rien, le « moi » étant cloué à la croix, nous conduit à la gloire. N’oublions jamais la place que les hommes ont réservée au Seigneur de gloire quand il est venu dans ce monde, une crèche ; et quand il l’a quitté, une croix.
Enfin le Seigneur ajoute : « et quiconque reçoit un seul petit enfant tel que celui-ci en mon nom, me reçoit ». L’exemple du petit enfant sert au Seigneur à caractériser les siens, qui ont tant de prix pour son cœur (Mat. 25. 34 à 40).
Avec quelle grâce et quelle patience Il nous apprend ce qu’est la vraie humilité qui conduit à la gloire (Prov. 15. 33). C’est être occupé de lui, pénétré de Sa pensée à l’égard des siens, après avoir jugé la chair qui est en nous.
Quelle belle promesse nous est offerte ! Nous avons ici-bas l’occasion de recevoir le Seigneur en recevant l’un de ces petits. L’honneur que Dieu attribuera à chacun sera à la mesure de son dépouillement. Oui, la gloire de Dieu est réservée aux humbles. (Lire Ps. 34. 19 ; 131. 2 ; 51. 17 ; És. 57. 15 ; Mat. 5. 3 ; 10. 40 à 42).
Que la perspective de la gloire éternelle marque toute notre vie présente !
Une récompense (Marc 9. 38 à 41 ; Luc 9. 49 et 50).
Alors que Jésus vient de dire à Ses disciples de recevoir un petit enfant en Son Nom, Jean intervient : « Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait des démons en ton nom, qui ne nous suit pas ; et nous le lui avons défendu, parce qu’il ne nous suit pas » (Marc 9. 38).
Comme nos paroles révèlent souvent les dispositions de nos cœurs naturels, cette occupation de nous-mêmes, de notre importance, ces tendances sectaires avec un manque de grâce évident ! Et pourtant, en apparence, les disciples semblent revendiquer la gloire du Maître.
Mais l’expression : « il ne nous suit pas » met l’accent sur un égoïsme de caste qui place au second plan le nom du Seigneur : aussi le Seigneur leur dit : « Ne le lui défendez pas, car il n’y a personne qui fasse un miracle en mon nom, et qui puisse aussitôt mal parler de moi, car celui qui n’est pas contre nous est pour nous » (v. 39 et 40).
C’était le temps sérieux où Jésus était de plus en plus rejeté, et accepter ou refuser Sa Personne aurait dû beaucoup plus absorber les pensées des disciples. Ceux qui suivent le Seigneur s’engagent dans un chemin d’obéissance à Sa parole parce que Sa personne exerce un puissant attrait sur leur cœur. Mais il est exclu de voir en cela un mérite quelconque.
Un cœur occupé de lui-même, c’est le terrible fléau de l’égoïsme qui entraîne la jalousie. Mais un cœur occupé de Christ s’élargit, et de saintes affections y sont produites pour Dieu et pour le prochain. Alors se réalise une croissance harmonieuse à la ressemblance de Christ.
Les disciples avaient chassé des démons au nom du Seigneur sans toujours y réussir (v. 28), mais ici ils interdisent à un autre de le faire par étroitesse d’esprit.
Avec quelle grâce le Seigneur s’associe à Ses disciples qui partageaient si rarement Ses pensées. C’est ainsi qu’Il leur dit : « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous ». Que dans le chemin où le Seigneur nous appelle à Sa suite, nous soyons gardés de l’étroitesse d’un esprit sectaire, rétrécissant le cœur ! Qu’en toutes choses Il tienne, Lui, la première place (Col. 1. 18).
Que nous apprenions à juger la chair dès son premier mouvement dans notre cœur, et que toute gloire soit donnée au Seigneur Jésus dans nos vies ! Il apprécie tout ce que nous pouvons faire ou dire par amour pour Lui. Qu’y-a-t-il de plus insignifiant qu’une coupe d’eau donnée à un disciple de Christ ? N’est-ce pas à la portée d’un enfant qui connaît Jésus comme son Sauveur ? Pour celui qui le fait humblement, en Son Nom, une récompense est promise.
Nous pensons à la pauvre veuve qui a jeté ses deux pites au trésor du temple. Cette modique somme représentait tout ce qu’elle avait pour vivre (Luc 21. 3). Comme une telle confiance a du prix pour Son cœur !
Les occasions de chute (Mat. 18. 6 à 9 ; Marc 9. 42 à 49 ; Luc 17. 1 à 3).
Maintenant le Seigneur aborde, sur un ton très solennel, le thème des occasions de chute. Quiconque sera une occasion de chute pour un petit enfant qui croit en Lui, « il vaudrait mieux pour lui qu’on lui mît au cou une pierre de meule et qu’il fût jeté dans la mer » (Marc 9. 42).
Dieu apprécie toutes choses dans nos vies sur cette terre, en relation avec Son Fils bien-aimé. Alors que les hommes L’ont méprisé et crucifié, Dieu l’a exalté à sa droite.
Le Seigneur souligne l’importance d’entrer dans la vie, c’est-à-dire dans le royaume de Dieu, coûte que coûte. Que le sort d’une âme est sérieux ! Car si les occasions de chute existent pour les petits, il y en a aussi pour chaque individu.
La main, le pied ou les membres, organes si nécessaires, peuvent nous entraîner au péché et à la perte de notre âme. Chacun doit examiner devant Dieu et juger, sans complaisance, tout ce qui peut le détourner d’accepter le salut que Dieu offre gratuitement à quiconque.
La main peut commettre des actes répréhensibles, le pied s’engager dans une voie de désobéissance à la Parole, et l’œil, cette fenêtre de l’âme, peut favoriser par les nombreux appâts de ce monde séducteur l’excitation des convoitises.
Et comme il s’agit d’une question de vie ou de mort à l’égard de l’éternité, une douloureuse amputation doit être pratiquée par le renoncement impitoyable à l’occasion de chute. C’est ce qu’impliquent les verbes : coupe-le, arrache-le.
Réalises-tu toute l’importance de recevoir aujourd’hui la vie éternelle, par la foi en l’œuvre parfaite du Seigneur Jésus mort sur la croix pour tes péchés ?
Quand nous quittons cette terre, le sort de notre âme est fixé pour toujours : ou bien c’est le bonheur éternel avec Jésus, ou bien c’est le feu éternel, ce lieu où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. Ce sont des tourments éternels pour l’âme qui aura refusé la grâce de Dieu. Où passerai-je l’éternité ?
« Chacun sera salé de feu » (v. 49). Dieu a en horreur le mal et Il doit le juger. Pour tous ceux qui sont perdus, c’est le jugement éternel. Le croyant, lui aussi sur cette terre, a des comptes à rendre à Dieu qui juge selon l’œuvre de chacun (1 Pier. 1. 17). Et chacun sera manifesté devant le tribunal de Christ pour recevoir les choses accomplies dans le corps selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal (2 Cor. 5. 10).
De plus, « tout sacrifice sera salé de sel ». En retour des compassions de Dieu, le racheté est exhorté à présenter son corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service intelligent (Rom. 12. 1), comme Christ l’a réalisé dans Son humanité parfaite que typifie l’offrande de gâteau. « Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix entre vous ».
La paix selon Dieu ne peut être réelle et durable qu’en vivant dans la sainteté. Que dès ton jeune âge tu puisses servir le Seigneur par la foi et dans la séparation du mal !
À propos des offenses entre frères et de la présence du Seigneur dans l’Assemblée (Mat. 18. 15 à 20).
Le Seigneur présente ici des principes de toute importance et souvent négligés dans les relations entre frères en Christ. Leur application aurait évité bien des souffrances parmi les enfants de Dieu.
C’est dans un esprit de grâce, d’humilité que doivent se régler les offenses personnelles entre disciples de Jésus. Il s’agit de gagner son frère et non pas de se justifier ou de colporter le mal connu.
Le frère offensé a la responsabilité de parler à celui qui est coupable d’un péché envers lui (Lév. 19. 17). Dans l’amour vrai, il montrera à ce frère qu’il s’est fait du tort à son âme, plutôt que d’insister sur son propre préjudice. Dans bien des cas, cette première démarche fraternelle, accomplie dans la crainte de Dieu, devra suffire.
Par contre, si le frère rencontré n’écoute pas, une autre visite de l’offensé est nécessaire – sans divulguer ce mal – mais en présence d’une ou deux personnes, afin que les faits soient établis devant témoins (Deut. 19. 15). S’il y a encore refus d’écouter, une troisième et dernière étape est envisagée. Il faut en parler à l’assemblée.
Dans le cas où le frère n’accepte pas la répréhension, il sera tenu comme un étranger, un païen et comme un publicain. Il y a rupture de communion avec lui. L’assemblée a la responsabilité et l’autorité de traiter de tels cas.
Qu’un esprit de douceur et d’humilité nous anime envers ceux qui nous ont fait tort. Notre Père n’est-il pas miséricordieux envers nous ? De plus, c’est Dieu qui justifie. Ayons en vue le bien de l’âme du coupable, qui peut être rendu sensible à une démarche empreinte de grâce.
Dès votre jeune âge, évitez, avec le secours du Seigneur, toute médisance et toute calomnie qui sont de véritables fléaux pour le peuple de Dieu, et appliquez-vous à pardonner comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné (Éph. 4. 32).
Le Seigneur montre ici que l’assemblée chrétienne va prendre la place d’Israël comme témoignage de Dieu sur la terre. Avant la mort de Christ, l’assemblée était le peuple d’Israël qui avait pour centre le temple de Jérusalem, dans lequel Dieu avait fait Sa demeure. Mais après le rejet, la mort et l’ascension de Jésus, Israël est mis de côté, et le Seigneur est le centre du rassemblement de Ses rachetés.
Lorsque l’assemblée est réunie au nom de Jésus, Il est présent au milieu d’elle, et les décisions qu’elle prend sont revêtues de Son autorité. Le ciel ratifie ce que l’assemblée lie ou délie sur la terre. L’assemblée est l’unique autorité ecclésiastique que Dieu reconnaisse sur la terre, et le croyant est tenu de s’y soumettre.
Pour que la présence du Seigneur soit une réalité dans une assemblée de croyants, il est indispensable qu’elle Lui soit soumise et que la Parole de Dieu exerce toute son autorité sur les cœurs.
Puis, dans ce rassemblement des deux ou trois, d’accord, selon ce qu’exprime Jésus, pour prier, une précieuse promesse leur est assurée. « Quelle que soit la chose qu’ils demanderont, elle sera faite pour eux par mon Père qui est dans les cieux ».
Cette promesse est sans limite dans la mesure où nous respectons la condition morale de l’accord de ceux qui sont réunis au nom du Seigneur. Ce commun accord a été réalisé dans la prière d’Actes 4. 24 à 30, pour que la Parole de Dieu soit annoncée avec toute hardiesse. Et c’est le bon plaisir de notre Père de répondre richement à de telles requêtes (Éph. 3. 20 et 21).
Retenons toute l’importance de la réunion de prières !
Ainsi l’assemblée du Dieu vivant (1 Tim. 3. 15) se compose des croyants réunis au nom du Seigneur, selon ce qu’Il déclare : « Car là où deux ou trois sont assemblés à mon nom, je suis là au milieu d’eux ».
Voilà une promesse inestimable, mais aussi un privilège incomparable pour les rachetés encore ici-bas ! Il y a un lieu sur la terre où un témoignage est rendu dans un rassemblement qui peut être réduit à sa plus simple expression : « deux ou trois ».
C’est au nom du Seigneur Jésus que sont assemblés Ses rachetés. Lui leur assure Sa présence au milieu d’eux, pourvoyant à tout. Il est le seul centre de ces rachetés qui reconnaissent Ses droits, Son autorité sur leurs cœurs. Le Seigneur se plaît à être présent au milieu de ces quelques croyants, sans apparence aux yeux des hommes, sans organisation humaine Ils constituent Son trésor particulier.
Lui se révèle à eux en leur montrant les marques de Ses souffrances en Son corps, ce qu’Il a enduré pour eux à la croix.
Ils se réjouissent en Le voyant par la foi, et leurs cœurs brûlent d’amour pour Lui. Il n’a pas honte de les appeler frères, disant : « J’annoncerai ton nom à mes frères ; au milieu de l’assemblée je chanterai tes louanges » (Héb. 2. 12).
Autour du Seigneur sur cette terre, ils sont dans l’espérance d’être autour de Lui dans la gloire, où tous les rachetés seront réunis pour toujours, chantant le cantique nouveau.
Ceux qui ont été amenés dès leur tendre enfance aux réunions de l’assemblée, dans la présence du Seigneur, ont bénéficié d’un très grand privilège. « Voici, qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble ! » (Ps. 133. 1).
Chers jeunes lecteurs, n’abandonnez pas un tel rassemblement pour satisfaire les désirs du cœur naturel, ou par incrédulité, comme Thomas qui voulait voir la marque des clous et mettre sa main dans le côté du Seigneur pour croire en Lui.
Que Dieu ouvre vos yeux sur le Seigneur de gloire, qui doit dire de celui qui se retire : « Mon âme ne prend pas plaisir en lui » (Héb. 10. 38).
Puissiez-vous prononcer les paroles spontanées de Thomas reconnaissant Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jean 20. 29).
Comment pardonner ? (Mat. 18. 21 à 35)
Le Seigneur vient d’expliquer comment, à travers trois démarches possibles, doivent se régler les torts entre frères (Mat. 18. 15 à 17). Cet enseignement suscite sans doute la question spontanée de Pierre au sujet du pardon. De ce fait le Seigneur va traiter avec clarté et autorité ce sujet en l’illustrant par la parabole du serviteur impitoyable.
Voici la question de Pierre : « Seigneur, combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi, et lui pardonnerai-je ? Sera-ce jusqu’à sept fois ? »
Malgré la générosité de sa proposition, craignait-il les conséquences malheureuses d’une indulgence excessive ? Jésus lui répond : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois ». Il montre ainsi qu’il faut pardonner autant de fois que l’occasion se présente, c’est-à-dire toujours.
L’esprit du royaume, c’est d’être imprégné de la grâce qui pardonne. Comme cela est contraire à notre nature adamique ! N’oublions jamais que nous sommes des objets de la grâce : si nous sommes souvent exhortés à nous pardonner les uns aux autres, c’est parce que Dieu nous a pardonné en Christ (Éph. 4. 32 ; Col. 3. 13).
Le roi de la parabole, c’est Dieu qui, selon les droits de Sa justice, veut compter avec Ses esclaves. L’un deux, représentant tout homme dans son état naturel, lui devait la somme extraordinaire de dix mille talents. Or il n’avait pas de quoi payer.
C’est l’image saisissante de l’énorme dette de nos péchés vis-à-vis de Dieu. « Un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon » (Ps. 49. 7). Devant un Dieu juste et saint, l’homme est un débiteur insolvable.
Selon sa justice le roi devait exiger le paiement ; mais devant la supplication de l’esclave qui, selon sa propre justice, se sentait capable de tout payer, touché de compassion, le roi relâche l’esclave et lui remet sa dette. Celui-ci, oubliant la faveur dont il a été l’objet, dès qu’il sort, rencontre un autre esclave qui lui devait cent deniers, montant dérisoire à côté de la dette qui lui avait été remise.
Selon Matthieu 20. 2, le denier représente le salaire quotidien d’un ouvrier agricole. Impitoyable, il étranglait son compagnon en disant : « Paye, si tu dois quelque chose », et il le jeta en prison jusqu’à ce qu’il eût payé la dette.
Cette parabole représente fidèlement notre manière de nous comporter en face des petites injustices que nous pouvons avoir à subir. Nous disons que nous avons pardonné, mais n’avons-nous pas parfois de la peine à oublier un tort peut-être bien insignifiant ? Par contre écoutons ce que Dieu déclare à Son peuple : « Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités » (Héb. 10. 17).
Le pardon divin, dont nous sommes les objets à cause de la foi au sang précieux de Christ qui purifie de tout péché, nous rend responsables d’exercer la miséricorde auprès de notre frère (Mat. 5. 7 ; Jac. 2. 13).
Selon les lois de Son gouvernement dans Son royaume, Dieu tient compte de la manière dont nous nous comportons vis-à-vis de nos frères. Les compagnons de l’esclave maltraité, extrêmement affligés, rapportèrent à leur seigneur tout ce qui s’était passé. En colère, le maître livre le méchant esclave aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût tout payé.
Le Seigneur ajoute : « Ainsi aussi mon Père céleste vous fera, si vous ne pardonnez pas de tout votre cœur, chacun à son frère » (v. 35). Quand nous sommes victimes d’une injustice, avec tristesse, sachons la confier au Seigneur, au lieu de préparer une vengeance ou de nous livrer à une médisance. Le Seigneur rétribuera chacun selon ses œuvres et selon ses motifs, car Il regarde au cœur.
Les dispensations de Dieu envers les Juifs sont évoquées dans cette parabole. Leur dette envers Dieu était immense. Non seulement ils avaient transgressé la loi, mais ils ont comblé la mesure de leur méchanceté en crucifiant le Fils de Dieu. Et la première parole de Christ sur la croix fut une intercession pour Ses bourreaux : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23. 34).
En réponse à cette prière, Dieu avait comme remis la dette au peuple juif, puisqu’Il ne l’a pas frappé immédiatement après la croix. Pierre, par la puissance du Saint Esprit, a présenté l’évangile au peuple : « Repentez-vous donc et vous convertissez pour que vos péchés soient effacés » (Act. 3. 19). Mais cette grâce a été rejetée après le discours d’Étienne, lors de sa lapidation.
En outre, les Juifs s’opposèrent à ce que la grâce, dont ils auraient pu bénéficier pour eux-mêmes, soit offerte aux nations païennes, représentées par l’esclave qui devait les cent deniers. Dans leur jalousie, ils empêchaient les serviteurs de Dieu, comme Paul, de parler aux nations afin qu’elles soient sauvées (1 Thess. 2. 16).
Il n’y avait pas d’autre issue, selon le juste gouvernement de Dieu, que de livrer ce peuple aux mains des Romains pour qu’il soit soumis à un terrible châtiment, et enfin dispersé parmi les nations. La parole de Jacques 2. 13 est ainsi confirmée : « Le jugement est sans miséricorde pour celui qui n’a pas usé de miséricorde. La miséricorde se glorifie vis-à-vis du jugement » pour tous ceux qui ont cru au Seigneur Jésus.
Comment suivre Jésus ? (Mat. 8. 18 à 22 ; Luc 9. 57 à 62)
Suivre Jésus peut être un bon désir, mais les conditions requises montrent qu’il ne s’agit pas d’une décision prise à la légère (Mat. 14. 28 à 31). Il est nécessaire d’abord de calculer la dépense, et ensuite de ne pas se laisser arrêter par quelqu’obstacle que ce soit. Jésus n’engage personne à Sa suite par surprise, ou par un élan irréfléchi.
Un scribe faisant partie de l’élite du peuple, à cause de son instruction, s’approche du Seigneur. Gagné à la cause du Christ, n’aurait-il pas pu exercer une grande influence ?
Il se présente avec des paroles qui paraissent montrer de bonnes dispositions : « Maître, je te suivrai où que tu ailles ». La réponse du Seigneur est immédiate : « Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des demeures, mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête ».
Remarquons que ce scribe ne répond pas à un appel précis du Seigneur. Voulait-il s’engager après Jésus à cause de l’honneur qu’il pourrait en retirer ? Aussi le Seigneur lui montre-t-Il qu’on ne peut Le suivre que dans un chemin de renoncement, où il suffit au disciple qu’il soit comme son Maître (Mat. 10. 25). Si même les renards et les oiseaux du ciel ont un domicile dans ce monde, le Fils de l’homme, venu du ciel, ne pouvait trouver un lieu de repos ici-bas, dans une création asservie à Satan et souillée par le péché.
Jésus était dans ce monde l’Étranger céleste. Et, dans ce chemin qu’Il a Lui-même frayé, il n’y a aucune satisfaction pour la propre volonté et l’égoïsme.
Il faut faire abandon de ses aises, de tout ce que convoite le cœur naturel, et parfois de ses droits. Mais le Seigneur conduit Ses disciples hors du monde, à la gloire dans laquelle Il est Lui-même entré après Sa résurrection, alors qu’ils ont à vivre en étrangers pour le présent.
Le Seigneur confirme ce qu’Il a déjà exprimé : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix chaque jour et me suive » (Luc 9. 23).
Puis Jésus appelle un autre homme : « Suis-moi ». Mais une objection se présente, comme un conflit de priorités : « Seigneur, permets-moi d’aller premièrement ensevelir mon père. Et Jésus lui dit : Laisse les morts ensevelir leurs morts ; mais toi, va, et annonce le royaume de Dieu » (Luc 9. 59 et 60).
Nul ne peut suivre Jésus si son cœur est accaparé par les affaires de la vie. Il importe au disciple de reconnaître que le Seigneur seul a des droits absolus sur son cœur. C’est un devoir légitime d’honorer ses parents selon ce que recommande l’Écriture, mais la priorité revient au Seigneur en face des droits de la nature. Il faut premièrement suivre Jésus et Lui obéir (Mat. 10. 37).
Aux yeux de Dieu, le monde est dans un état de mort morale tel qu’une séparation complète est nécessaire pour tout croyant utile au Maître, préparé pour toute bonne œuvre. Jésus nous appelle hors de ce monde dans la puissance de la vie.
Celui qui appartient au Seigneur, enseigné par la Parole de Dieu et le Saint Esprit habitant en lui, éprouvera ce qui est agréable au Seigneur (Éph. 5. 10). La vraie obéissance est sans réserve, sans regret, sans délai.
Y aurait-il dans nos vies quelque chose que nous ferions passer premièrement, avant ce que le Seigneur nous demande : chercher et annoncer le royaume de Dieu ? (Mat. 6. 33 ; 1 Cor. 4. 20) Et celui qui ne marche pas après Lui, sur le chemin qui aboutit au ciel, ne peut se trouver que dans le chemin spacieux qui mène à la perdition (Mat. 7. 13 et 14). Sur quel chemin te trouves-tu aujourd’hui ?
Enfin un autre aussi lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais permets-moi de prendre premièrement congé de ceux qui sont dans ma maison. Et Jésus lui dit : Nul qui a mis la main à la charrue et qui regarde en arrière n’est propre pour le royaume de Dieu » (Luc 9. 61 et 62).
Cet homme s’offre de lui-même pour suivre Jésus comme dans le premier cas, et il demande un délai comme dans le second cas. Il n’avait pas rompu de cœur avec ceux qu’il avait laissés dans sa maison. Le Seigneur le compare au laboureur qui trace un sillon en détournant sa vue du travail qui est devant lui. Regardant en arrière, il ne peut que dévier et ne rien faire de bon.
Comme les affections naturelles, les habitudes ou les relations anciennes dans le monde peuvent vite prendre le pas sur l’obéissance due au Seigneur, et nous conduire ensuite à des regards en arrière, à des regrets et parfois à un abandon bien humiliant.
Quoique très naturelle, la demande de cet homme de prendre congé des siens risquait de l’entraîner à se détourner de son dessein par sa famille. Il y a des moments décisifs dans la vie de tout homme en présence de l’évangile, qu’il s’agit de saisir, sous peine de tout perdre. Le Seigneur donne un avertissement solennel à ce propos : « Souvenez-vous de la femme de Lot » (Luc 17. 32). Elle regarda en arrière et elle devint une statue de sel (Gen. 19. 26). Le monde était dans son cœur et elle périt avec lui.
Fixons nos regards sur Jésus, le Modèle parfait de tout ce qu’Il enseigne. Il dressa sa face résolument pour aller à Jérusalem pour y accomplir sur la croix l’œuvre que le Père Lui avait donnée à faire. « Rien n’arrêta son ineffable amour ».
A cause de la joie qui était devant lui, il a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu » (Héb. 12. 2).
Que rien ni personne ne nous détourne du chemin de l’obéissance au Seigneur ; que tout en répondant à Son appel nous soyons plus conscients qu’Il s’est acquis tous les droits sur nos vies ! « Qu’en toutes choses, il tienne lui, la première place » (Col. 1. 18).
Christ et la fête des tabernacles (Jean 7. 1 à 13).
A cause de l’hostilité ouverte des Juifs, Jésus se tenait en Galilée, car en Judée ils cherchaient à Le faire mourir.
Certes ce dessein meurtrier ne pouvait encore se réaliser, car c’est Lui qui se livrerait quand Son heure serait venue (17. 1). L’heure de Sa mort serait le couronnement de son obéissance (Phil. 2. 8) et alors seulement, les hommes méchants pourraient se saisir de Lui.
Le récit précise que la fête des Juifs, celle des tabernacles, était proche. Venu sous le régime de la loi, Jésus allait-Il, selon Deutéronome 16. 16, célébrer cette fête de huit jours ? Typiquement, c’était un événement très important en Israël, avec deux traits essentiels. D’abord il rappelait chaque année, dès l’entrée dans le pays, le pèlerinage d’Israël à travers le désert pendant quarante ans.
De plus, il annonçait l’établissement du règne de Christ où le peuple pourrait exulter de joie et entrer dans le repos qu’il n’avait jamais pu obtenir sous la loi.
C’était la dernière fête de l’année, après la moisson et la vendange, c’est-à-dire après l’exécution du jugement de Dieu. La moisson est la figure du jugement séparant l’ivraie du bon grain et, la vendange, celle de la vengeance exécutée dans le pressoir de Dieu par le Seigneur d’après Ésaïe 63. Le huitième jour évoque l’état éternel selon Apocalypse 21.
Selon Lévitique 23, sept fêtes devaient être célébrées à l’Éternel au cours de l’année. Ces fêtes manifestaient la perfection des voies de Dieu pour rassembler Son peuple et l’introduire dans Son repos.
Le sabbat occupe une place à part, Il est le grand résultat de tout : repos de l’Église dans le ciel, repos d’Israël sur la terre, auquel s’ajoute celui de la création dans la bénédiction à venir. Si le sabbat, jour de repos, se renouvelait tous les sept jours, les autres fêtes étaient annuelles.
À l’origine de toutes ces fêtes, la Pâque (v. 5) représentait la mort de Christ. La fête des pains sans levain (v.6 à 8), qui l’accompagnait pendant sept jours, parlait d’une vie de sainteté dans la séparation de tout mal. Le levain, dans la Parole, est le symbole du péché.
Quant à la gerbe des prémices (v. 9 à 14), elle évoquait la résurrection de Christ, prémices de ceux qui sont au bénéfice de Sa mort.
Et la Pentecôte, cinquante jours plus tard, annonçait le rassemblement des croyants et la descente du Saint Esprit sur la terre (Act. 2). Puis il s’écoulait un intervalle de temps assez long jusqu’au septième mois, correspondant à la dispersion d’Israël parmi les nations après le rejet de son Messie et, en même temps, à la formation de l’Église par le Saint Esprit sur la terre depuis la Pentecôte.
Enfin, après l’enlèvement de l’Église au ciel, Dieu va rassembler son peuple terrestre, ce qu’évoque la fête des trompettes (Nomb. 29. 1) ou de Jubilation (v. 23 à 25), en vue du règne millénaire.
Mais il y aura pour l’Israël de Dieu une grande tribulation et un travail profond de repentance annoncé par le jour des propitiations (v. 26 à 32). Il reconnaîtra comme son Messie Celui qui a été crucifié à Golgotha.
Alors la fête des tabernacles, au quinzième jour (v. 33 à 44), pourra être célébrée dans une joie ininterrompue (Deut. 16. 15) par un peuple restauré et heureux sous le règne de justice et de paix de Christ.
Tout homme en Israël devait se présenter devant l’Éternel trois fois par an : à la Pâque, à la Pentecôte et à la fête des tabernacles. Dieu montrait ainsi qu’il désirait s’entourer d’hommes purifiés par la foi en l’œuvre de Christ pour les rendre heureux dans Sa présence. Cela aura lieu à toujours dans l’état éternel (Apoc. 21. 2 et 3).
Au moment de cette fête des tabernacles, les Juifs cherchent à faire mourir le Seigneur qui devait apporter de telles bénédictions. L’homme animal ne peut entrer dans le dessein de Dieu, d’assurer le bonheur de l’homme sur la base de la rédemption. Les frères de Jésus, représentant les Juifs, ne croyaient pas en Lui non plus, car ils recherchaient, comme le trahissent leurs paroles, la gloire qui vient de l’homme (Jean 5. 44 ; 7. 4 et 5).
Incrédules, ils n’étaient pas conscients qu’Il était le Fils de Dieu, mais ils désiraient qu’Il soit approuvé du monde, et qu’Il déploie Sa puissance pour exalter l’orgueil des Juifs. L’homme naturel cherche toujours à faire valoir ses dons, à se faire un nom dans ce monde pour son profit personnel. Cependant les miracles de Jésus attestaient qu’il était bien le Messie promis à Israël.
Sans l’œuvre de la croix, le Seigneur ne pouvait établir Son règne sur l’homme pécheur et en inimitié contre Dieu. C’est pourquoi Il doit dire : « Mon temps n’est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt ». Ils étaient du monde qui ne pouvait les haïr.
Le monde a toujours le temps de se réjouir dans ses fêtes religieuses d’où il exclut le Seigneur et ceux qui ont cru en Lui. C’est pourquoi Il ne pouvait pas monter avec ses frères à la fête.
Mais lorsque ses frères furent montés, alors Lui aussi se rendit à Jérusalem, comme en secret et non dans Sa gloire. Il obéissait aux commandements de la loi, prenant la place des humbles. Il cherchait la gloire de Celui qui L’avait envoyé (v. 18). Serviteur dépendant, Il attend le moment de Dieu pour aller à la fête.
Et là, les opinions du monde les plus diverses s’expriment à Son sujet. Pour les uns Il est homme de bien, et pour d’autres Il séduit la foule. Mais personne ne parlait ouvertement de Lui par crainte des Juifs, à cause de l’opprobre qui aurait pu en résulter.
Aujourd’hui encore, Jésus est méprisé, et prendre position pour Lui, c’est s’exposer au rejet ou même à la persécution de la part du monde.
Vous qui avez accepté Jésus comme votre Sauveur personnel, soyez comme Moïse qui, par la foi, estima l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses en l’Égypte. (Héb. 11. 26).
Jésus à la fête (Jean 7. 14 à 36).
Si Jésus monte à la fête des tabernacles, c’est comme en secret et non pas publiquement. Il se trouvait au milieu d’un peuple incrédule et ne pouvait manifester à ce moment-là Sa puissance et Sa gloire comme Messie. Il ne pourra le faire qu’après l’enlèvement de l’Église au ciel, en faveur d’Israël repentant, qui reconnaîtra Celui qu’il a crucifié. Cependant, en la dernière journée de la fête Il révèle le privilège de celui qui croira en Lui après sa glorification.
Sans se laisser arrêter par la haine des Juifs qui cherchaient à Le faire mourir, Jésus monte au temple où Il enseigne avec une autorité divine. C’est ce qui provoque une première objection des Juifs : « Comment celui-ci connaît-il les lettres, vu qu’il ne les a point apprises ? » (v. 15).
Ils ne pouvaient pas admettre que l’on soit capable de prêcher sans avoir fait des études comme les rabbins. Mais Jésus leur répond : « Ma doctrine n’est pas mienne, mais de celui qui m’a envoyé. Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra de la doctrine si elle est de Dieu, ou si moi je parle de par moi-même » (v. 17).
Sa doctrine était du Père, et non pas humaine.
Comment alors discerner que la doctrine ou l’enseignement est de Dieu ? C’est lorsque quelqu’un désire faire Sa volonté. Dieu répondra à ce besoin de Lui obéir en communiquant Sa Parole, qui apportera la lumière et les directions nécessaires. Ainsi la soumission à la volonté de Dieu est le moyen pour le croyant de connaître la vérité.
Conformons notre vie à la volonté de Dieu, décidons dans notre cœur de Lui obéir, selon ces saints désirs que produit le Saint Esprit dans une âme vivifiée – et la lumière de la Parole jaillira !
De plus, l’obéissance à une vérité déjà reçue dans le cœur sera l’occasion pour Dieu de nous révéler d’autres vérités. C’est selon ce principe qu’une âme peut faire des progrès spirituels. La conscience est sondée et le cœur disposé à recevoir la vérité. L’enseignement de Dieu est vrai, il porte le cachet de la sainteté. Dieu est glorifié et l’homme naturel est humilié et condamné.
Si, au contraire, notre volonté propre agit, la Parole de Dieu demeure incompréhensible, car elle est l’expression de la volonté de Dieu opposée à celle de l’homme.
C’est pourquoi les Juifs ne pouvaient comprendre que Jésus venait de Dieu. Ne cherchant pas Sa propre gloire, Il ne parlait pas de Lui-même. Homme toujours dépendant de Celui qui L’avait envoyé, Il ne communiquait que les paroles données par Son Père.
Depuis que Jésus avait guéri l’infirme de Béthesda un jour de sabbat (5. 16), les Juifs dans leur haine fanatique cherchaient à Le faire mourir. Or eux-mêmes violaient la loi en pratiquant la circoncision un jour de sabbat (v. 19).
Prescription légale, cette ordonnance ne pouvait délivrer l’homme de son état de péché, alors que Jésus était venu dans ce monde pour sauver des pécheurs. C’est ainsi qu’Il avait guéri un homme tout entier un jour de sabbat. C’est pourquoi Il déclare : « Ne jugez pas sur l’apparence, mais portez un jugement juste ». Cela ne peut se réaliser que si nous acceptons par la foi le Seigneur, qui pouvait dire : « Je leur ai donné les paroles que tu m’as données » (17. 8).
L’homme, livré à ses propres opinions, regarde à l’apparence extérieure, mais Dieu regarde au cœur (1 Sam. 16. 7).
Par leurs raisonnements sur ce qu’était Jésus et sur Son origine, les Juifs montraient qu’ils ne voulaient rien de Lui. L’homme, dans son état naturel, est incrédule. Aussi Jésus doit-il crier dans le temple : « Je ne suis pas venu de par moi-même, mais celui qui m’a envoyé est véritable, et vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais, car je viens de lui, et c’est lui qui m’a envoyé » (v. 28).
Savoir qui est Jésus et qui L’a envoyé, voilà ce qui importe ! Ses paroles et Ses œuvres en rendaient témoignage. Quelle responsabilité pour celui qui n’accepte pas Jésus, le Fils de Dieu, comme Sauveur !
Les paroles de Jésus atteignent les consciences mal à l’aise de ses auditeurs et ils cherchent à Le tuer, mais « personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue » (v. 30). Mais il y aura un temps décrété par Dieu seul où Son heure sera venue, celle de Sa mort et de Sa glorification (12. 23 ; 13. 11 ; 17. 1).
Devant les huissiers chargés de Le prendre, Jésus déclare : « Je suis encore pour un peu de temps avec vous, et je m’en vais à celui qui m’a envoyé. Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas ; et là où moi je serai, vous, vous ne pouvez venir » (v. 33 et 34).
Il retournerait au ciel où personne ne pourrait Le suivre, sauf tous ceux qui croiraient en Lui et en Son œuvre expiatoire. Cette parole très solennelle de Jésus annonçait un jugement inexorable pour ce peuple, après Son départ. Il y aura un temps où il sera trop tard pour saisir la grâce de Dieu (12. 35 et 36 ; 2 Cor. 6. 2 ; Mat. 25. 10).
Les temps actuels sont marqués par la grâce et la patience de notre Dieu Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité (1 Tim. 2. 4). Mais les hommes élaborent toutes sortes de raisonnements pour ne pas croire.
Ils mettent en question la divinité de Jésus, parfois Sa parfaite humanité, souvent la pleine inspiration par le Saint Esprit de la Parole de Dieu. Ils s’arrêtent aussi aux opinions des hommes religieux, dont les titres sont sanctionnés par des études, ou ils sont rebutés par la conduite des chrétiens inconséquents. Le Seigneur doit leur dire : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (5. 40).
Jésus est-il ton Sauveur ? Crois-tu à la Parole de Dieu qui est la vérité ? Alors le Saint Esprit peut te faire comprendre les paroles du Seigneur Jésus pour le bien de ton âme.
La dernière journée de la fête (Jean 7. 37 à 53).
La fête des tabernacles où l’Israélite ne devait être que joyeux, comportait un huitième et dernier jour appelé « la grande journée de la fête » (v. 37 ; Lév. 23. 36).
Si la fête des tabernacles préfigurait le millénium, dispensation finale pour l’histoire d’Israël et du monde, le dernier jour évoque l’état éternel avec les nouveaux cieux et la nouvelle terre (Apoc. 21. 1). En attendant d’établir Son règne terrestre, le Seigneur, par Son rejet et Sa mort, met un terme à l’histoire du peuple juif responsable, placé sous le régime de la loi, jusqu’à ce que le peuple repentant reconnaisse Celui qu’il a percé et L’accueille comme son vrai Messie.
Le Seigneur a passé le septième jour, appartenant au système légal, dans le sépulcre. Il est ressuscité le huitième jour, introduisant par Sa résurrection un nouvel ordre de choses dont ce jour est le premier. Ainsi, ce n’est pas le septième jour, c’est-à-dire le sabbat, que Jésus se présenta, mais le huitième jour, jour de la gloire de la résurrection.
Il se tint là, et cria disant : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’Écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre » (v. 37 et 38).
L’invitation du Seigneur suppose que quelqu’un a soif, c’est-à-dire qu’il a un profond besoin dans son âme. Au sein de la masse qui allait Le rejeter et Le crucifier, certaines personnes, venant à Christ avec de réels besoins et une vraie conviction de péché, trouveraient une pleine satisfaction dans Sa parfaite grâce. L’âme se désaltère en jouissant d’une joie accomplie dans ce que donne le Saint Esprit.
En vertu de la mort, de la résurrection et de la glorification de Christ, le Saint Esprit a été envoyé sur la terre comme source de vie et de puissance divines dans le croyant. Certes, rien n’est changé du côté de l’homme dont l’iniquité subsiste, ni dans ce monde dont l’inimitié contre Dieu s’affirme toujours plus.
Mais c’est au milieu du désert de ce monde que l’âme est invitée à venir à Christ pour être désaltérée au fleuve de la grâce et goûter déjà sur la terre un bonheur incomparable.
Dans l’expression « des fleuves d’eau vive couleront de son ventre », le Seigneur affirme que celui qui a répondu à Son appel par la foi, tout en étant rassasié pour lui-même, sera un canal pour rafraîchir d’autres âmes autour de lui. Car le ventre ou les entrailles dans la Parole évoquent le siège des affections, la partie sensible aux impressions les plus secrètes.
Le croyant, qui a goûté dans son cœur la grâce et les perfections de Christ, peut transmettre à autrui ce qui l’a rafraîchi. Il s’agit bien des affections renouvelées du cœur et non pas de l’intelligence.
Les affections spirituelles étant exercées, ce besoin de communiquer à d’autres ce qui a été bienfaisant pour l’âme sera spontané sous l’effet de la puissance du Saint Esprit.
A ce sujet nous avons l’explication de l’Écriture : « Or Il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en Lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus, n’avait pas encore été glorifié » (v. 39).
Au préalable, l’œuvre de la rédemption devait s’accomplir pour que le Seigneur entre dans Sa gloire, d’où Il enverrait le Saint Esprit sur la terre pour habiter dans le croyant. L’Esprit est dans le racheté la puissance de la vie nouvelle. Il l’occupe de Christ exalté dans le ciel et le conduit dans toute la vérité (Jean 16. 13 et 14).
Les Écritures avaient annoncé que le Saint Esprit déploierait toute Sa puissance pour la bénédiction d’Israël lorsque Dieu reprendrait Ses relations avec lui (Joël 2. 28 ; És. 44. 3 ; 58. 11). Mais en attendant que le peuple terrestre reconnaisse par la foi son Messie qu’il a rejeté, la part de ceux qui croient au Seigneur dans le temps actuel où Il est méprisé est bien plus excellente, car le Saint Esprit fixe leur cœur sur un Christ céleste, source de toute bénédiction spirituelle et éternelle.
Quelle grâce est accordée à ceux qui, aujourd’hui, viennent à Jésus pour étancher la soif de leur âme et s’abreuver au fleuve de ses délices ! (Ps. 36. 8). Puis, par eux, « des fleuves d’eau vive » coulent vers autrui, dans un monde comparable à un lieu aride pour l’âme, en attendant que Dieu exerce sur lui Ses jugements.
Ces paroles de Jésus ne manquent pas de produire un certain effet sur des gens de la foule, entraînant encore une contestation sur ce qu’Il était (v. 40 à 42). N’ayant pas la foi, ils ne peuvent que raisonner et se diviser.
Certains veulent Le prendre, mais personne ne met les mains sur Lui. Les huissiers chargés de se saisir de Lui sont obligés de reconnaître auprès des sacrificateurs et des pharisiens, sans leur avoir amené Jésus : « Jamais homme ne parla comme cet homme » (v. 46). Quel beau témoignage !
Occupons la place de Marie assise aux pieds du Seigneur pour écouter Sa parole ! (Luc 10. 39).
Mais les pharisiens sont irrités par cette réponse et déclarent : « Et vous aussi, êtes-vous séduits… Mais cette foule qui ne connaît pas la loi est maudite » (v. 48 et 49). Ils sont imbus de l’esprit de tout clergé qui veut être un intermédiaire entre Dieu et les hommes au lieu de mettre l’âme en contact direct avec la Parole de Dieu.
Ils ne pouvaient supporter que la foule ait, sur Jésus, une opinion différente de la leur. La seule intelligence humaine ne peut comprendre l’Écriture. La foi, sous l’action de l’Esprit Saint, est indispensable pour en jouir.
Enfin, c’est l’intervention timide de Nicodème (v. 50 et 51) qui, sans doute, n’a pas oublié l’entretien qu’il a eu avec le Seigneur (ch. 3). Cependant il n’a pas eu l’énergie de se séparer du mal puisqu’il était l’un d’entre les pharisiens. Son conseil ne fait qu’exciter leur haine.
Retenons l’injonction toujours actuelle : « Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche » (Jér. 15. 19).
Jésus et la femme adultère (Jean 8. 1 à 11).
Jésus s’était retiré sur la montagne des Oliviers, conscient de ne pas avoir de chez-soi sur la terre, alors que chacun de Ses contestataires s’en allait dans sa maison (Mat. 8. 20).
Et malgré l’opposition haineuse des Juifs qui, rejetant Sa grâce, cherchaient à Le faire mourir, Jésus revient dès le point du jour au temple pour enseigner la Parole de Dieu au peuple.
Les scribes et les pharisiens, hommes religieux, surviennent à ce moment-là et, s’appuyant sur la loi de Dieu, tendent un piège subtil au Fils de Dieu dans le désir pervers de L’embarrasser.
Ils lui amènent une femme ayant commis un grave péché qui, selon la loi, la condamnait à mort (Lév. 20. 10 ; Deut. 22. 22). C’est le cas de tout péché commis par fierté (Nomb. 15. 30 et 31). Ils pensaient mettre ainsi le Seigneur en contradiction, soit avec la loi, soit avec la grâce qu’Il manifestait et enseignait.
Ils déclarent au Seigneur que Moïse a commandé de lapider de telles femmes : « Toi donc, que dis-tu ? Or ils disaient cela pour l’éprouver, afin qu’ils eussent de quoi l’accuser » (v. 5 et 6).
Ils ne sont pas conscients qu’ils sont en présence de Dieu manifesté en chair, Celui qui « discerne les pensées et les intentions du cœur » (Héb. 4. 12).
Si Jésus condamnait cette femme coupable, n’était-ce pas en opposition avec la grâce, alors qu’on l’appelait « L’ami des publicains et des pécheurs » ? (Luc 7. 34). N’était-Il pas venu dans ce monde pour « chercher et sauver ce qui était perdu » ? (Luc 19. 10). N’avait-Il pas déclaré : « Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’Il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par lui ? (Jean 3. 17)
Si Jésus prononçait le pardon, n’était-ce pas nier l’autorité de la Loi et porter atteinte à la vérité ? N’avait-Il pas dit : « Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes : je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir » ? (Mat. 5. 17). Ne pouvaient-ils pas L’accuser de se compromettre avec le péché, alors que toute Sa vie manifestait son respect de la sainteté de Dieu et de la justice de la loi ?
Mais comme était vaine leur ruse satanique devant le Fils de Dieu ! Ils cherchaient à diriger la pointe de l’épée de l’Esprit vers Jésus, et aussitôt ils en sont transpercés eux-mêmes. Selon Sa sagesse parfaite, le Seigneur leur prouve que cette loi divine les atteint tous, telle une épée sans poignée qui pénètre d’abord celui qui l’utilise.
Jésus ne répond pas immédiatement à Ses interlocuteurs. S’étant baissé, Il écrivait sur la terre ». Ils ne peuvent supporter ce silence et continuent à l’interroger. S’étant relevé, Il leur dit : « Que celui de vous qui est sans péché, jette la première pierre contre elle ». « Et s’étant encore baissé, Il écrivait sur la terre » (v. 7 et 8).
Le Seigneur donne sa vraie force à la loi. Elle condamne tout homme et le place sous la sentence de mort. Elle défend même le mouvement du cœur en interdisant la convoitise.
La loi qu’ils voulaient appliquer à cette femme coupable, les concernait aussi. Elle met leur conscience à nu. Celui qui l’avait écrite de Son doigt sur les deux tables en Sinaï était là devant eux (Ex 31. 18). « La vraie lumière était celle, qui, venant dans le monde, éclaire tout homme » (Jean 1. 9).
Convaincus de péché « ils sortirent un à un, en commençant depuis les plus anciens jusqu’aux derniers ». N’ayant pas accompli la loi, comment pouvaient-ils condamner l’accusée ? Ils redoutent que leurs péchés ne soient révélés devant tous.
Cependant Dieu déclare : « Il n’y a pas de différence, car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu » (Rom. 3. 23). N’avaient-ils pas alors l’occasion de saisir la grâce par la foi en Jésus, qui manifestait la lumière de la vie ? (v. 12). Mais, pensant à leur réputation, tous se retirèrent.
« Jésus s’étant relevé et ne voyant personne que la femme, lui dit : Femme, où sont-ils, ceux-là, tes accusateurs ? Nul ne t’a-t-il condamnée ? Et elle dit : Nul, Seigneur. Et Jésus lui dit : Moi non plus, je ne te condamne pas, va, dorénavant ne pèche plus » (v. 10 et 11).
Nous avons dans cette scène une parfaite expression de la grâce et de la vérité. Celui qui seul était sans péché aurait eu le droit d’exercer le châtiment et Il ne condamne pas la coupable, tout en condamnant sa conduite. Celui qui est déclaré : « Juge des vivants et des morts » était venu dans ce monde comme Sauveur.
Aucun homme n’avait pu accomplir la sainte loi de Dieu, alors Jésus s’offre lui-même à Dieu à la place du pécheur. C’est à la croix que « la bonté et la vérité se sont rencontrées, la justice et la paix se sont entre-baisées » (Ps. 85. 10).
Les accusateurs n’ont pas pu supporter l’effet de la lumière révélant leur état de péché. Selon cette parole de Jésus : « Les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises ; car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière » (Jean 3. 19 et 20). S’ils étaient restés auprès de Jésus pour confesser leurs péchés que manifestait la vérité, ils auraient aussi découvert comment la grâce peut tout pardonner et délivrer des coupables d’un jugement mérité. Seule la femme condamnée par ses semblables va pouvoir apprécier cette grâce dans les paroles de Jésus, car elle est restée auprès de Lui. Elle devait encore compter sur la grâce pour réaliser l’injonction du Seigneur : « Va, dorénavant ne pèche plus ».
« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » (Rom. 8. 1). N’oublions pas cette parole du bon Berger : « Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent, et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais » (Jean 10. 27 et 28).
Jésus, la lumière du monde (Jean 8. 12 à 32).
Jésus vient de confondre les scribes et les pharisiens en atteignant leur conscience par Sa parole, alors qu’ils pensaient Lui tendre un piège. En outre, Il ne condamne pas la femme pécheresse, mais la renvoie avec ces paroles : « Dorénavant ne pèche plus ».
Cette scène illustre l’enseignement qu’Il va donner maintenant : « Moi, je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (v. 12). Cette parole proclame la déité du Seigneur Jésus. Car Dieu, dans Sa nature, est Esprit (Jean 4. 24), lumière (1 Jean 1. 5), et amour (1 Jean 4. 8 et 16).
Venant dans le monde plongé dans les ténèbres du péché, Christ, la vraie lumière, éclaire tout homme, comme ce fut le cas pour les scribes et les pharisiens qui n’en profitèrent pas. Ce qui manifeste tout c’est la lumière (Éph. 5. 13). Mais celui qui suit le Seigneur aura la lumière de la vie. C’est bien le cas de Ses brebis qui écoutent Sa voix et Le suivent (Jean 10. 27).
Ainsi la possession de la vie, l’acceptation du salut par la grâce et par la foi, concernent chacun individuellement, si même l’évangile s’adresse à tous les hommes, puisque notre Dieu Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité (1 Tim. 2. 4).
Depuis que l’homme désobéissant a été chassé du jardin d’Éden, le monde est enveloppé de ténèbres morales, à tel point que dans le temps présent Christ est rejeté de ceux qui portent encore Son nom, comme faisant partie de la profession chrétienne.
Mais les appels de la grâce à la fin de l’ère chrétienne sont toujours plus pressants : « Celui qui me suit aura la lumière de la vie ». Nul ne peut suivre et servir deux maîtres. Suivre le Seigneur dans le chemin qu’II a frayé ici-bas implique le renoncement aux vanités de ce monde, aux convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme (1 Pier. 2. 11).
L’âme, ayant Christ pour objet, possède alors la lumière de la vie, la paix et le bonheur dans la jouissance d’une communion intime avec Lui. Ayant sa source en Dieu, la lumière a brillé en Jésus, au sein des ténèbres morales de ce monde, communiquant la vie à ceux qui le reçoivent et le suivent.
En réponse aux paroles de Jésus, les pharisiens lui dirent : « Tu rends témoignage de toi-même ; ton témoignage n’est pas vrai » (v.13). C’est comme Fils de Dieu, lumière du monde, que le Seigneur affirmait ce qu’il était, alors que les Juifs ne voyaient en lui qu’un homme sans apparence et de ce fait n’acceptaient pas son témoignage.
Mais si Dieu parle, ce qu’Il dit est vrai et Il se révèle par Sa parole. Jésus savait d’où Il venait et où Il allait, après avoir accompli l’œuvre de la croix. Mais les Juifs, en jugeant selon la chair, étaient étrangers à la révélation de Dieu que seule la foi saisit. Tout au long de l’évangile de Jean, le Seigneur Se présente comme l’Envoyé du Père qui, de plus, était avec Lui ; si bien que selon la loi il y avait un témoignage divin (Deut. 17. 6).
A une première question des Juifs : « Où est ton père ? », Jésus répond : « Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père ; si vous m’aviez connu, vous auriez connu aussi mon Père » (v. 19). L’homme naturel, aveuglé par le péché, ne peut connaître Dieu, alors que Son Fils était venu en grâce. « Le monde, ne l’a pas connu. Il vint chez soi ; et les siens ne l’ont pas reçu » (Jean 1. 11).
Malgré la haine de ces hommes, personne ne Le prit, parce que Son heure n’était pas encore venue (v. 20).
Jésus était venu pour sauver le pécheur mais, rejeté, Il met en relief les conséquences de l’incrédulité de ceux qui ne L’avaient pas reçu : « Si vous ne croyez pas que c’est moi, vous mourrez dans vos péchés » (v. 24).
Ce qui était vrai pour les Juifs de l’époque, l’est aussi pour tous ceux qui, aujourd’hui, refusent d’accepter l’évangile de la grâce de Dieu.
Puis les pharisiens posent leur deuxième question : « Toi, qui es-tu ? Et Jésus leur dit : Absolument ce qu’aussi je vous dis ». Ses paroles étaient la parfaite expression de ce qu’Il était, Son langage Le présentait Lui-même, étant la vérité. Toute Sa vie, Ses pensées, Ses paroles et Ses actes démontraient qu’Il était l’envoyé du Père. Les huissiers du chapitre précédent doivent reconnaître : « Jamais homme ne parla comme cet homme » (7. 46). Tout ce que Jésus disait ou faisait était en accord avec la volonté de Son Père.
N’y-a-t-il pas parfois un écart sensible entre ce que nous disons ou montrons à notre prochain et ce que nous sommes réellement ?
Malgré Sa solitude le Seigneur pouvait exprimer : « Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que moi, je fais toujours les choses qui lui plaisent » (v. 29). Il était venu dans le monde pour faire la volonté de Dieu. Et dans ce chemin qui Le conduisait à la croix de Golgotha, Il jouissait de toute l’approbation de Son Père. « Comme il disait ces choses, plusieurs crurent en lui » (v. 30). Voilà les effets bénis de la Parole de Dieu qui opère dans les cœurs et dans les consciences, dans un milieu hostile !
« Jésus donc dit aux Juifs qui avaient cru en lui : Si vous persévérez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » (v 31 et 32).
Dès que la foi est communiquée à une âme qui a entendu la Parole de Dieu, une vie nouvelle commence dans laquelle Jésus, d’abord connu comme Sauveur, devient le modèle du jeune disciple. Christ étant l’objet qu’il contemple, il reproduira en paroles et en actes quelques traits de cette vie de perfection morale.
Il importe de persévérer dans la Parole qui nous éclaire quant à la pensée de Dieu en toutes choses. Elle est la vérité dans laquelle nous fait entrer le Saint Esprit, qui sonde les choses profondes de Dieu. La vérité affranchit l’âme du péché, du « moi », du monde, de la loi.
C’est la vraie délivrance, la pleine liberté, par la puissance du Saint Esprit. C’est la vie consacrée au Seigneur dont Paul disait : « Pour moi, vivre c’est Christ ».
D’après La Bonne Nouvelle 1990