BERACA 26 : LES CONFIDENTS DE DIEU

Suite sur Moïse : Moïse, à cause du péché du peuple, avait brisé les premières tables, écrites du doigt de Dieu. En face de la sainteté de Dieu, s’opposait un peuple rebelle et impatient qui avait demandé à Aaron de faire « un dieu qui marche devant eux » (Ex. 32. 23). Comme les autres nations, ce peuple voulait une de ces idoles, faite d’or, celles qui « ont une bouche et ne parlent pas ; qui ont des yeux et ne voient pas » (Ps. 115. 5 ; 135. 15). L’Éternel entre en dialogue avec Moïse, lui disant qu’il pourrait bien détruire ce peuple et tout recommencer avec lui, Son serviteur (voir Ex. 32. 7 à 14). Alors Moïse intercède, et l’Éternel accepte son intervention, mais un jugement a eu lieu « l’Éternel frappa le peuple, parce qu’ils avaient fait le veau qu’Aaron avait fait » (Ex. 32. 35). Dès ce moment, Dieu va rester à distance : « J’enverrai un ange devant toi… Je ne monterai pas au milieu de toi » (Ex. 33. 2 et 3). Le peuple entend cette parole fâcheuse, mène deuil, et se dépouille de ses ornements.

Le camp avait été livré au désordre. La présence de Dieu se retirant, que devait faire Moïse dans une telle situation ? Sur la montagne, il avait reçu les instructions pour construire le tabernacle, la demeure de Dieu, qui devait occuper la place centrale, au milieu des douze tribus d’Israël. Alors, il prit une tente et la tendit pour lui hors du camp, loin du camp, et l’appela la tente d’assignation (de rencontre). « Il arriva que tous ceux qui cherchaient l’Éternel sortirent vers la tente d’assignation qui était hors du camp » (v. 7).

Ensuite, quand Moïse s’y rendait, le peuple se tenait chacun à l’entrée de sa tente, et le suivait des yeux jusqu’à ce qu’il y pénètre (v. 8). Il y avait donc deux catégories de personnes : ceux qui cherchaient l’Éternel et sortaient vers la tente ; les autres qui, simplement depuis l’entrée de leur propre tente, regardaient de loin. Nous trouvons une réalité semblable au temps des apôtres : les fidèles devaient sortir vers Christ « hors du camp, portant son opprobre » (Héb. 13. 13) ; le camp à ce moment-là, était le judaïsme. La chrétienté, aujourd’hui, ressemble beaucoup au camp d’Israël, à cause de tous les mélanges et de toutes les erreurs qui l’ont envahie. À notre tour nous sommes invités à sortir hors du camp, pour nous réunir simplement au nom du Seigneur Jésus en comptant sur la promesse qu’Il a donnée aux disciples : « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (voir Mat. 18. 20 et 2 Tim. 2. 19 à 22). Comme alors, tous ne suivent pas ; seul un « résidu (un reste) » en comparaison avec la masse, se retrouve autour du Seigneur, mais nous pouvons compter sur la promesse de Sa présence.

« Il arriva que, comme Moïse entrait dans la tente, la colonne de nuée descendit, et se tint à l’entrée de la tente, et l’Éternel parla avec Moïse » (Ex. 33. 9). Tout le peuple a pu reconnaître que la présence de Dieu se manifestera là, et non plus au milieu du camp. Le fidèle serviteur trouve lui-même une communion comme il n’en avait jamais connue : l’Éternel parle avec lui « face à face, comme un homme parle avec son ami, et Moïse retournait au camp » (v. 11).

« Son serviteur Josué, fils de Nun, jeune homme, ne sortait pas de l’intérieur de la tente » ; quelle place bénie pour Josué, quel endroit unique pour être instruit, lui qui devra conduire le peuple en Canaan quand, plus tard, Dieu aura repris Moïse.

Moïse est en constante communion avec son Dieu, cherchant Sa grâce pour lui-même et pour le peuple qu’il porte sur son cœur. « Et maintenant, je te prie, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, fais-moi connaître, je te prie, ton chemin, et je te connaîtrai, afin que je trouve grâce à tes yeux ; et considère que cette nation est ton peuple. Et l’Éternel dit : Ma face ira, et je te donnerai du repos. Et Moïse lui dit : Si ta face ne vient pas, ne nous fais pas monter d’ici ; car à quoi connaîtra-t-on que j’ai trouvé grâce à tes yeux, moi et ton peuple ? Ne sera-ce pas en ce que tu marcheras avec nous ? Ainsi, moi et ton peuple, nous serons séparés de tout peuple qui est sur la face de la terre. Et l’Éternel dit à Moïse : Je ferai cela aussi dont tu as parlé ; car tu as trouvé grâce à mes yeux, et je te connais par nom » (Ex. 33. 12 à 17). Dans l’intimité avec l’Éternel, Moïse reçoit la promesse d’être accompagné : « ma face ira ». Mais il désire plus et dit : « Fais-moi voir, je te prie, ta gloire » (v. 18).

– « Mais le temps n’était pas encore venu où la connaissance de la gloire de Dieu luirait dans la face de Christ (voir 2 Cor. 4. 6). L’Éternel doit dire à Son serviteur : « Tu ne peux pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre ». Si la gloire ne peut encore être révélée, l’Éternel déclare : « Je ferai passer toute ma bonté devant toi » (Ex. 33. 19). C’est dans la fente du rocher, seul dans le sanctuaire de la présence divine, que Moïse a une révélation nouvelle de Dieu qu’il a si fidèlement suivi jusque-là. Au buisson, il a appris à Le connaître comme celui qui est et ne change pas : Je suis celui qui suis. En Égypte, Dieu s’est révélé à lui comme l’Éternel, Jéhovah, le Dieu de l’alliance. Au Sinaï, il a reçu la loi du Dieu juste et saint. Mais dans la fente du rocher, il apprend à connaître la nature même de Celui qui est amour : « L’Éternel, l’Éternel ! Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité, gardant la bonté envers des milliers de générations, pardonnant l’iniquité, la transgression et le péché » (Ex. 34. 6 et 7) (G. André).

Obéissant, Moïse se retrouve sur la montagne pour recevoir une seconde fois les tables « écrites du doigt de Dieu », celles qui seront placées dans l’arche de l’alliance, type de Christ. Lorsqu’il redescend, il n’est plus le même, la question du veau d’or est derrière, Dieu fait grâce en anticipation de l’œuvre que Christ seul pourra accomplir à la satisfaction du Dieu saint. Moïse va pouvoir mettre en place le sanctuaire terrestre, le tabernacle qui sera pour un temps. La peau de son visage rayonne, reflet de la bonté et de la grâce de Dieu car il avait « parlé avec Lui » (Ex. 34. 29). Chaque enfant de Dieu, connaissant le Seigneur Jésus, peut contempler « à face découverte la gloire du Seigneur », pour être « transformé en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3. 18). Que ce soit notre part dans ces temps troublés. Que la contemplation de Celui qui est plus grand que Moïse, qui « est plus beau que les fils des hommes » (Ps. 45. 2) réchauffe nos cœurs pendant que nous L’attendons du ciel !