ÉTUDE SUR 2 THESSALONICIENS

Ch. 1

Nouvellement convertis, les Thessaloniciens avaient beaucoup d’amour et une grande foi ; mais ils avaient besoin d’être plus profondément enseignés quant à la venue du Seigneur : pour enlever Son Église, d’abord (1 Thess. 4. 13 à 18), et pour, ensuite, juger le monde et établir Son royaume (2 Thess. 1. 8 à 10).

De mauvais docteurs avaient enseigné à ces croyants que le jour du Seigneur était déjà là (ch. 2. 2). Cela provoquait des désordres : certains ne travaillaient plus et s’occupaient de tout (ch. 3. 11).

L’apôtre, alors, doit redresser ce mauvais enseignement. L’ennemi avait agi dans cette assemblée, initialement en bon état spirituel.

Dans sa première épître, pourtant, Paul leur avait parlé en détail de la venue du Seigneur pour enlever Son Église.

Dans la deuxième épître, il leur parle de la venue du Seigneur en gloire, et du jugement des persécuteurs (ch. 1).

Dans le deuxième chapitre, il va leur montrer dans quel contexte religieux se trouvera le monde, lorsque le Seigneur interviendra pour le juger : il sera volontairement soumis à « l’homme de péché », « l’inique » qui, reniant tout ce qui concerne Dieu, s’assiéra au temple de Dieu et se fera adorer comme étant lui-même Dieu.

Des exhortations suivent ensuite, pour les croyants, en attendant ce jour-là (ch. 3).

De nouveau associé à Silvain et Timothée, Paul adresse aux Thessaloniciens presque la même salutation.

Dans chaque épître, Paul adapte ses salutations aux circonstances des différentes assemblées.

Dans la première épître, il dit : « en Dieu le Père ». Dieu était connu comme le Père des croyants, de manière générale.

Dans la deuxième épître, il dit : « en Dieu notre Père » : la relation est plus intime, avec Dieu (Jean 20. 17).

Avant de les reprendre, Paul, avec beaucoup de grâce, rappelle tout d’abord ce qui était à la gloire de Dieu parmi les Thessaloniciens, au point qu’il leur dit : « en sorte que nous-mêmes nous nous glorifions de vous dans les assemblées de Dieu » (v. 3 et 4). L’apôtre pourrait-il en dire autant de nous ?

Leur foi augmentait et leur amour les uns pour les autres abondait, au milieu des persécutions.

Cette épître prophétique enseigne ce qui se passera après l’enlèvement de l’Église.

Dans l’Ancien Testament, c’est Israël qui est concerné par les prophéties. Dans le Nouveau Testament, c’est surtout la vraie Église, mais aussi l’Église professante.

Au v. 2, la Parole nous place devant le Seigneur ayant toute autorité sur l’Assemblée, et non devant le Sauveur.

Dans leurs souffrances, les Thessaloniciens ont dû être encouragés par « la grâce et la paix » que leur rappelle l’apôtre (v. 2). Eux étant assurés de la grâce de Dieu, et jouissant de la paix du cœur, Paul leur parle ensuite des persécutions qu’ils subissaient, mais pour leur en montrer la vraie portée, comme discipline (Héb. 12. 7 à 10), pour faire briller leur foi, exercer leur patience, et non comme un châtiment qui, lui, tombera sur leurs persécuteurs (v. 6 à 9).

La vengeance appartient à Dieu, et non aux croyants (Mat. 5. 44 ; Rom. 12. 19 ; 1 Thess. 5. 14 et 15). La discipline, pour nous, peut aussi nous amener à une marche plus conforme à la volonté de Dieu. Paul rendait grâces et priait pour eux (v. 3 et 11). Imitons l’apôtre, pour rendre grâces pour le bien qui se trouve chez nos frères, et prier pour eux.

Si Paul reconnaît encore la foi, l’amour et la patience chez ces croyants, il ne mentionne plus « l’espérance », comme dans la première épître. Les Thessaloniciens étaient troublés par la pensée que le « jour du Seigneur » était là. Par conséquent, où était l’espérance ? A eux qui souffraient, il leur restait la patience, avec la foi et l’amour (Jean 13. 35) ! En cela, ils étaient des modèles (1 Thess. 1. 7). La discipline avait pour but de les rendre « dignes du royaume de Dieu », « dignes de l’appel » (v. 5 et 11). Comme eux, nous sommes à l’école de Dieu, pour la même cause.

Rom. 14. 17, parle du « royaume de Dieu » sous son aspect moral.

Matthieu 5, du « royaume des cieux », ayant son siège dans les cieux.

Ici, le royaume est montré, à la fois dans les cieux et sur la terre.

Paul encourage les croyants dans les difficultés ou les souffrances, en appelant ces circonstances : une « légère tribulation d’un moment, qui opère pour nous, un poids éternel de gloire » (2 Cor. 4. 17) ; nous invitant à lever nos yeux vers l’avenir glorieux qui nous est réservé en Christ. Dans le ciel pour l’éternité, nous ne serons « que joyeux ».

Paul rassure les Thessaloniciens, en leur montrant que leurs souffrances ne sont pas un jugement – qui tombera, en son temps, sur les méchants (Apoc. 6 et suivants) – ce qui est une chose juste, devant Dieu, tandis que les croyants goûteront au repos de Dieu, inaltérable, éternel.

Déjà, nous jouissons du repos de la conscience et du cœur ; mais bientôt, de ce « repos sabbatique » avec Jésus (Héb. 4. 9) : repos qui a pour fondement la mort expiatoire, la résurrection et la glorification du Seigneur ; repos que rien ne peut plus venir troubler.

Dieu s’était reposé après la création (Gen. 2. 2) ; mais, le péché étant entré dans le monde, Il a dû se remettre au travail, afin d’assurer la rédemption des pécheurs et d’être glorifié. « Mon Père travaille… et moi je travaille » (Jean 5. 17).

« Si du moins… » (v. 6), expression solennelle concernant le sort des incrédules ! Pour le présent, les croyants doivent être animés d’un esprit de grâce (Rom. 12. 20 et 21), non de vengeance, comme les saints de l’Ancien Testament, dont la délivrance, au moment où le Seigneur apparaîtra, s’accompagnera de la vengeance divine. Notre délivrance à nous se réalisera lors de l’enlèvement de l’Église au ciel. Prions pour tous les hommes.

Venu pour apporter la grâce sur la terre, le Seigneur sera un Juge terrible pour les incrédules qui la refusent. Le jugement des impies est en rapport avec Son amour, méprisé par les méchants : « L’Éternel, le Dieu des rétributions, rend certainement ce qui est dû » (Jér. 51. 56 ; Héb. 10. 30 et 31). Il jugera « en justice » par le Seigneur ressuscité (Act. 17. 30 et 31).

En persécutant les croyants, c’est le Seigneur que l’on persécute, c’est Dieu que l’on rejette : le Seigneur a dit à Saul de Tarse : « Je suis Jésus que tu persécutes » (Act. 9. 5).

A l’aube du millénium, l’évangile du royaume sera prêché par les Juifs fidèles, missionnaires envoyés dans le monde. Ceux qui l’accepteront seront sauvés ; et ceux qui le refuseront seront condamnés (Mat. 25. 41 à 46). « Le salut vient des Juifs » (Jean 4. 22). Les nations sont bénies dans les tentes de Sem (Gen. 9. 27). Il y aura la « grande tribulation » pour les croyants de cette époque, sous la domination de l’Antichrist, où ceux qui refuseront la marque de la bête, se trouveront dans un complet dénuement (Apoc. 13. 16 et 17). Alors, une « coupe d’eau froide » donnée à l’un d’eux, « ne perdra point sa récompense » (Mat. 10. 42). Le jugement des incrédules fait partie des perfections du Seigneur, afin qu’Il soit honoré (Jean 5. 22 à 30).

Les chrétiens sont sauvés par la grâce et non par les œuvres (Éph. 2. 8 à 10). Ésaïe disait : « Toutes nos justices sont (devant Dieu), comme un vêtement souillé » (És. 64. 6).

« Les anges de sa puissance en flammes de feu » (v. 7) ; ce verset montre que Dieu se sert des anges, non seulement « en faveur de ceux qui vont hériter du salut » (Héb. 1. 13 et 14), mais aussi pour les jugements de l’Apocalypse (ch. 8 et suivants). Les anges étaient aussi les serviteurs du Seigneur, pendant Sa vie sur la terre : ils étaient présents à Sa naissance et à Gethsémané.

« Vous donner, à vous qui subissez la tribulation, du repos avec nous » (v. 7) : il est beau de voir que l’apôtre s’associe à eux, dans la perspective du repos, pour les croyants persécutés pour leur foi. Déjà, le Seigneur a dit à Ses disciples : « Vous avez de la tribulation dans le monde ; mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jean 16. 33). La tribulation, maintenant ; bientôt, le repos !

Pour les incrédules, les choses sont inversées : « Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles ; et ils n’ont aucun repos, ni jour ni nuit » (Apoc. 14. 11 et 12). La parabole de Luc 16. 19 à 26, devrait faire réfléchir tous les hommes, au sujet de ce qui attend « les riches quant au monde et non riches en foi » ! La « destruction éternelle » du v. 9, signifie des « tourments éternels » (Mat. 25. 46). C’est pourquoi, nous devons prêcher ainsi, avant qu’il ne soit trop tard : « Soyez réconciliés avec Dieu » (2 Cor. 5. 20 et 21).

Le ch. 1er met en opposition le sort éternel des croyants persécutés et celui des incrédules qui les persécutent. Le Seigneur, méprisé par ce monde sans Dieu, apparaîtra en gloire (Phil. 2. 9 à 11), avec tous Ses rachetés de l’Ancien et du Nouveau Testament (2 Thess. 1. 10). Beaucoup d’hommes ne connaissent pas Dieu, bien que Son existence soit visible dans la création (Rom. 1. 19 et 20). D’autres, christianisés, « n’obéissent pas à l’évangile de notre Seigneur Jésus Christ » (1 Pier. 4. 17). Ce sont tous les « professants » n’ayant pas la vie. Les nations, depuis longtemps christianisées, « entées » sur « l’olivier franc » d’Israël qui, lui, incrédule, a été coupé pour un temps de son propre olivier, seront coupées à leur tour et rejetées, si elles ne persévèrent pas dans l’obéissance à l’évangile de la grâce. Mais à la fin, « tout Israël (le résidu) sera sauvé » (Rom. 10 et 11).

Le travail du Saint Esprit, c’est de « contraindre les gens d’entrer » (d’accepter le salut par grâce) (Luc 14. 23) ; mais, entre la foi et l’incrédulité, l’homme choisit librement, bien que « Dieu ordonne que tous, en tous lieux, ils se repentent » (Act. 17. 30 et 31). « Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3. 36). La colère divine s’abattra, à la fin, sur les « disputeurs et les désobéissants » (Rom. 2. 8 ; Tite 1. 16).

Le Pharaon ne connaissait pas Dieu ; Nabal ne connaissait pas David (figure de Christ) : ils ont été punis par Dieu. Les hommes seront jugés, non sur leurs œuvres, mais sur leur désobéissance au commandement de Dieu, de croire au salut par grâce. « Une destruction éternelle » (sans fin), leur est préparée (v. 9). Ils seront privés de la présence du Seigneur, et « de la gloire de sa force ».

Le fils aîné de la parabole de Luc 15, entendait la musique de la fête où l’on se réjouissait du retour du fils prodigue ; mais il refusait d’entrer ! De même, l’homme riche de Luc 16. 26, était définitivement privé « du sein d’Abraham », car un « grand gouffre » infranchissable l’en séparait.

Quant à nous, connaissant la doctrine du salut, nous devons progresser dans la connaissance de Dieu Lui-même, et nous réjouir, car le Seigneur sera « glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » (v. 10). Son travail ayant opéré le salut des croyants, rejaillira sur Lui en gloire, produisant l’admiration du monde (És. 52. 13 et 14) ! Les gloires du Seigneur seront vues, car elles seront publiques, officielles. « Tout œil le verra » (Apoc. 1. 7). « Les immenses richesses de sa grâce et de sa bonté » envers les croyants seront manifestées (Éph. 2. 7).

Les Thessaloniciens avaient cru le témoignage de l’apôtre, et feront partie de ceux qui régneront avec Christ, en compagnie de tous les saints, lorsqu’ils apparaîtront en gloire (Zach. 14. 5). Pour le moment, notre « vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ qui est notre vie sera manifesté, alors nous aussi, nous serons manifestés en gloire » (Col. 3. 3 et 4). Désirons ardemment et aimons « son apparition » glorieuse ! car alors, Il nous donnera la « couronne de justice » (2 Tim. 4. 8). Le but ultime de Dieu, c’est la gloire de Son Fils.

Ce que Dieu veut, pour le moment, c’est que nous soyons « trouvés dignes de notre appel » (v. 11) ; « en sorte que le nom de notre Seigneur Jésus Christ soit glorifié en nous et nous en Lui » (v. 12). Sommes-nous conscients de notre appel ? Désirons-nous glorifier le Seigneur ? Que nous appartenions au Seigneur, comme rachetés destinés à Sa glorification (2 Thess. 1. 10), c’est là le triomphe de Sa grâce, à nous qui étions si loin !

Ayant ruiné le témoignage qui lui était confié, l’Église sera revêtue, en ce jour-là, de la gloire du Seigneur, car il restera ce que le Seigneur Lui-même aura produit. Le monde alors, verra la « nouvelle Jérusalem », glorieuse, descendant du ciel (Apoc. 21. 10). En voyant l’avenir lointain d’Israël, objet de la grâce, Balaam pouvait s’écrier : « Selon ce temps il sera dit de Jacob et d’Israël : qu’est-ce que Dieu a fait ? » (Nomb. 23. 23). La reine de Shéba était pleine d’admiration pour Salomon (type de Christ dans la gloire), et tout ce qui l’entourait ! (1 Rois 10. 1 à 5). Les glorieuses couronnes que le Seigneur nous donnera, nous les jetterons à Ses pieds, car c’est Lui seul qui en est digne (Apoc. 4. 10).

L’apôtre dit aux Thessaloniciens : « que le nom du Seigneur Jésus Christ soit glorifié en vous et vous en lui » (v. 12), non seulement lorsqu’Il apparaîtra en gloire avec tous Ses saints, mais déjà aujourd’hui. C’est là l’appel dont nous sommes appelés, sur la terre : que nous reflétions Ses caractères saints, afin de glorifier Son nom « selon la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus Christ » (v. 12). Nous devons Le glorifier dans Sa position de « Seigneur » ; dans Son ministère de grâce, comme « envoyé de Dieu » (Jésus), et dans Son caractère de « Messie » pour Son peuple terrestre (Christ) : c’est un témoignage complet.

Lorsque l’Église sera au ciel, « nous lui serons semblables, car nous le verrons comme Il est » (1 Jean 3. 2). Paul disait aux Galates : « Mais quand il plut à Dieu… de révéler son Fils en moi » (ch. 1. 15). N’en est-il pas de même pour nous ?

Paul écrivait, aux Thessaloniciens, pour les encourager, que le Seigneur retirait de la gloire dans leurs tribulations, : les croyants sont étroitement unis à Christ (vous en Lui) : Sa gloire est déjà la nôtre. Souffrir pour Christ est, pour les croyants fidèles, une source de joie spirituelle (1 Pier. 4. 12 à 14). Mais que nous souffrions pour avoir fait le mal déshonore le Seigneur (cf. v. 16).

En Philippiens 2. 9 à 11, on lit, au sujet du Seigneur qui S’est abaissé lui-même : « Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou… et que toute langue confesse qu’il est Seigneur à la gloire de Dieu le Père ». Dans ces versets, Lui seul est glorifié. Mais dans les Thessaloniciens, Paul révèle que Ses saints seront glorifiés avec Lui : c’est un côté de Sa gloire de ne pas être glorifié seul, mais avec tous Ses saints.

Dans ces versets 11 et 12, notre position en Christ, intouchable, comme dans Rom. 8. 30, n’est pas en jeu, mais bien notre marche comme croyants. Quelles que soient les difficultés rencontrées, le Seigneur nous donne toujours les ressources pour les traverser. Être « en Christ, c’est une nouvelle création » (2 Cor. 5. 17) : intimement liés à Lui, Sa gloire est la nôtre. « Si nous souffrons, nous régnerons aussi avec lui » (2 Tim. 2. 11 et 12).

C’est ici-bas que « l’Épouse » du Seigneur se prépare « aux noces de l’Agneau », et elle sera revêtue de « la gloire de Dieu » (Apoc. 21. 9 à 11). Tout est grâce (v. 12).

Les Thessaloniciens avaient été réceptifs à la Parole, mais Satan les attaquait par la persécution et une fausse doctrine quant au « jour du Seigneur ». Persécutés, ils en déduisaient qu’ils subissaient « la grande tribulation », et que, par conséquent, le retour du Seigneur était imminent. C’est un danger de conclure à la réalisation des prophéties en considérant les évènements extérieurs : il faut distinguer ce qui concerne les différentes dispensations.

La « grande tribulation » ne concerne pas les croyants de la grâce. L’erreur des disciples, c’était de croire que le Seigneur établirait Son règne immédiatement ; mais Il devait d’abord passer par la croix. Paul s’attachait à leur rappeler quelle était leur vraie position en Dieu, avant de s’attaquer, au chapitre 2, à la fausse doctrine qui les troublait.

L’apôtre place les croyants devant « la venue de notre Seigneur… et notre rassemblement auprès de lui », dans le ciel, pour toujours. En attendant, nous sommes exhortés à ne pas « abandonner le rassemblement de nous-mêmes » (Héb. 10. 25) : l’enlèvement des croyants se produira comme premier événement avant les jugements pour le monde.

Puis, « l’apostasie » se répandra ; et enfin, « l’homme de péché », « l’inique », l’Antichrist apparaîtra et séduira le monde. Le retour du Seigneur en grâce ne sera vu que des croyants, qui seront pour toujours avec Lui : « ils ne sortiront plus jamais dehors » (Apoc. 3. 12). Son apparition en gloire sera vue de tous les hommes. L’apôtre avait déjà enseigné ces vérités aux Thessaloniciens (v. 5) mais, troublés par la fausse doctrine, ils les avaient oubliées. Sans doute, une fausse lettre de l’apôtre, les avait déroutés quant à ces vérités essentielles qu’il doit leur rappeler.

Aux Galates, auxquels il parle de « l’écharde qu’il avait reçue pour la chair » (ch. 6. 11), Paul avait écrit son épître lui-même. Habituellement, il adressait ses salutations aux croyants, de sa propre main, authentifiant ainsi ce qu’il écrivait.

Cette épître montre Satan comme « lion rugissant » et comme « ange de lumière ».

Ch. 2

Ce paragraphe montre ce qui arrivera après l’enlèvement de l’Église, et avant l’apparition du Seigneur, en gloire, pour régner : la révélation de « l’homme de péché », « l’inique », « le roi » (Dan. 11. 36 et 37), « le pasteur de néant » (Zach. 11. 17), « l’Antichrist » (1 Jean 2. 22), la seconde « bête » (Apoc. 13. 11).

Cet homme séduira le monde par « toute sorte de miracles et signes et prodiges de mensonge, et en toute séduction d’injustice pour ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Et à cause de cela, Dieu leur envoie une énergie d’erreur pour qu’ils croient au mensonge » (v. 9 à 11). Ce chapitre résume ce qui était annoncé, déjà en Daniel 11, et développé dans l’Apocalypse. À l’époque où ces choses se passeront, les hommes atteindront les sommets de l’orgueil humain qui les dirige depuis l’origine de l’humanité : « vous serez comme Dieu » (Gen. 3. 5). Ce sera l’aboutissement de la pensée humaniste : l’homme, le centre de la création sans Dieu ! Le monde se plongera dans l’« apostasie » qui est le rejet de Dieu, pour vénérer cet homme satanique qui « s’assiéra au temple de Dieu, se présentant lui-même comme étant Dieu » (v. 4). C’est l’homme s’adorant lui-même !

Summum de l’orgueil. Cet « homme de péché » tiendra sa puissance directement de Satan et imitera ses caractères ; parodie du Seigneur qui était la pleine manifestation du Père sur la terre. Déjà, ces choses existent en germe, même si elles n’atteignent pas encore leur plein développement.

Nous sommes exhortés à ne pas nous laisser séduire (v. 3) car, dans toute fausse doctrine se trouve « la séduction d’injustice ». Satan est appelé : « celui qui séduit la terre habitée tout entière » (Apoc. 12. 9). C’est ce qui caractérise surtout « les derniers temps » (1 Tim. 1. 2). Prenons garde, car « le mystère d’iniquité opère déjà » (v. 7). « La femme Jézabel » d’où émanaient les fausses doctrines de la chrétienté, existe et agit (Apoc. 2. 19 à 22).

Paul avait déjà enseigné aux Thessaloniciens ces choses essentielles, mais il les leur répète, pour leur sûreté (2 Pier. 3. 1 et 2 ; Phil. 3. 1).

On pense que l’Antichrist sera un Juif, de la tribu de Dan, qui sera « un serpent… une vipère… qui mord les talons du cheval, et celui qui le monte tombe à la renverse » (Gen. 49. 17). Cet homme est désigné, dans l’Apocalypse, par la deuxième « bête » du ch. 13. 11. « Le Seigneur le consumera par le souffle de sa bouche » (v. 8).

Par grâce, tant que l’Église est encore sur la terre, il y a « ce qui retient » le plein développement du mal. Dieu se sert, pour le freiner, même des autorités qu’Il place à la tête des nations (Rom. 13. 12). De même, la présence de l’Église, sur la terre, freine le développement du mal. Mais il y a aussi, « celui qui retient » (v. 7) : la présence du Saint Esprit dans les croyants, encore ici-bas.

On relève deux sphères différentes de l’apostasie : l’apostasie juive qui « nie le Fils » de Dieu et, par conséquent « nie aussi le Père » (1 Jean 2. 22) ; et l’apostasie de la chrétienté professante, rejetant tout ce qui ne peut être reçu que par la foi.

Après l’enlèvement des croyants, l’apostasie se généralisera dans le monde, sur lequel tomberont les jugements divins. Pour nous, l’Esprit Saint qui habite en nous pour l’éternité, nous fait désirer le retour du Seigneur (Apoc. 22. 17) et, lorsque le Saint Esprit remontera au ciel, Il nous enlèvera avec Lui.

Cependant, soyons sur nos gardes, car l’ennemi est puissant pour attirer les âmes dans de fausses doctrines, et il est actif ! Peut-être que « l’homme de péché » qui nous est montré dans ce chapitre, existe déjà, sur la terre ; mais il sera « révélé », lorsque le Saint Esprit et l’Église seront remontés au ciel.

Le verset 11 annonce « une énergie d’erreur » suscitée par Dieu sur le monde qui aura « pris plaisir à l’injustice » (v. 12).

Le pharaon, dans l’Exode, avait obstinément endurci son cœur. Aussi, à la fin, Dieu Lui-même le lui endurcit encore plus. De même, les hommes de ce temps de la fin endurciront leurs cœurs ; alors, pour eux, la vérité ne sera plus accessible : en Apocalypse 6. 12 à 14, tout, sur la terre, sera ébranlé et deviendra obscur : « le ciel se retira comme un livre qui s’enroule ». Les pensées divines seront cachées.

Le verset 4 montre « l’inique » qui « s’oppose » et « s’élève », en contradiction avec le Seigneur qui Lui, « s’est anéanti » et « s’est abaissé » (Phil. 2. 6 à 8). « Le christ Jésus, lequel étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu ». Il se détournait lorsque Son peuple voulait Le faire roi, ou lorsque Ses frères voulaient qu’Il se fasse connaître ; l’homme de péché, lui, se fera adorer « comme étant Dieu ».

Le Seigneur parcourait les villes et les villages pour annoncer la vérité ; l’inique, lui, « s’assiéra au temple de Dieu ». « Débonnaire et humble de cœur » (Mat. 11. 29), le Seigneur a fait des miracles de grâce ; l’Antichrist fera des miracles de jugement et de mensonge (v. 9 ; Apoc. 13. 11 à 13). Le Seigneur est venu au nom de Son Père, et a été rejeté ; l’Antichrist viendra en son propre nom et beaucoup d’hommes le recevront (Jean 5. 43).

Satan cherche à parodier Dieu, mais la trinité satanique ne sait faire que le contraire de la Trinité divine. L’homme, dès le jardin d’Éden, a voulu être « comme Dieu » (Gen. 3. 5). Le chiffre six, symbole de l’homme cherchant à s’élever de sa condition, se trouve trois fois répété en Apocalypse 13. 18, représentant l’exaltation de l’homme cherchant à s’élever jusqu’à Dieu. Sept est le chiffre représentant la perfection divine.

Dieu retient le déferlement du mal sur la terre par le moyen des croyants, dont le rôle consiste à être des témoins de Sa grâce. « Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Mat. 5. 45). Mais aussi, dans Son amour, Il ne veut pas que Ses bien-aimés connaissent la grande épreuve qui viendra sur le monde, après l’enlèvement de l’Église.

Les autorités établies de Dieu sur les nations ont aussi ce rôle de freiner l’avancée du mal. Cependant, ce n’est pas la place d’un croyant de s’immiscer dans le monde politique, car il est du ciel, et non du monde (Jean 17. 14 et 16). Le Seigneur a répondu à Pilate : « Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu » (Jean 18. 36). Notre royaume est du ciel où est notre Roi.

Cependant, nous devons nous soumettre aux autorités établies au-dessus de nous, même si elles sont « fâcheuses » (1 Pier. 2. 17 à 19). Pourtant, si elles nous commandaient des choses contraires à la Parole de Dieu, il nous faudrait résister (Ex. 1. 15 à 20). « Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Act. 4. 19). Daniel 1. 6 à 8, nous en donne un excellent exemple, et Dieu, dans de telles circonstances, nous dit : « Ne crains pas » (Dan. 10. 12).

La vie chrétienne est un exercice permanent : séparation du monde, témoignage autour de nous, nous garder du mal qui gagne peu à peu. A l’approche de l’époque où régnera l’Antichrist, le chemin des croyants peut devenir très dur. Nous pouvons connaître les premiers « orages » de l’épreuve qui vient sur le monde, en jugement, afin de nous pousser à dire du fond du cœur : « Viens, Seigneur Jésus ».

Aux v. 13 et 14, l’apôtre se réjouit de ce que Dieu a produit chez les Thessaloniciens, ces « frères aimés de Dieu » (1 Thess. 1. 4) ; « frères aimés du Seigneur », « choisis dès le commencement ». Cela rappelle notre élection – ou prédestination – dans « la préconnaissance » de Dieu (Rom. 8. 29 ; 1 Pier. 1. 2).

Les incrédules se servent souvent de ces vérités pour se dérober au salut, avançant que les uns sont prédestinés au salut, et non pas les autres. Alors que Dieu veut que « tous les hommes soient sauvés ». Mais Dieu « préconnaît », de toute éternité, ceux qui se convertiront et ceux qui ne se convertiront pas. Il laisse à chacun la responsabilité de choisir la vie : « J’ai mis devant toi la vie et la mort… choisis la vie afin que tu vives » (Deut. 30. 19).

Dieu, dans Sa grâce, a préparé des « vases de miséricorde » ; et a « supporté avec une grande patience des vases de colère » qui se préparent eux-mêmes « pour la destruction » (Rom. 9. 22). Ceux-là sont destinés au « feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges » (Mat. 25. 41).

« Nous devons toujours rendre grâces à Dieu » pour le bien qu’Il produit en nos frères, comme le faisait Paul pour les Thessaloniciens marchant « dans la sainteté de l’Esprit et la foi de la vérité » (v. 13). Et le but ultime divin, c’est que Christ soit glorifié dans le fait même qu’Il nous revêtira de Sa propre gloire de Fils de l’homme (v. 14).

Au terme de son épître, Paul exhorte les Thessaloniciens à « demeurer fermes », dans les persécutions qu’ils enduraient. Cela suppose un état de cœur habituel. Dans l’hostilité prolongée qui les entourait, il leur était difficile de rester fermes. « Après avoir tout surmonté, tenir ferme » (Éph. 6. 13 ; 1 Thess. 3. 13 ; 2 Thess. 3. 3). Il ne s’agissait pas de retenir les « traditions », mais d’être fermes, dans les circonstances difficiles, pour garder les enseignements de la Parole qui, à l’époque, n’était pas complète : ils n’avaient que les enseignements de l’apôtre, soit de vive voix, soit par lettres (Col. 1. 25 à 29) : c’était « la Parole de Dieu » (1 Thess. 2. 13).

Nous avons la Parole complète, inspirée par l’Esprit Saint, et nous devons la garder et l’aimer telle qu’elle nous a été conservée. Chaque livre de la Bible fait partie du « canon » des Écritures. Nous devons nous y soumettre et, si un frère la présente, vérifier s’il en est bien « ainsi » (Act. 17. 10 et 11). La Parole doit être « gravée » dans nos cœurs, afin que, si des erreurs nous sont présentées, nous soyons capables de les déceler.

Le v. 16 nous rappelle l’unicité des Personnes divines : « Notre Seigneur Jésus Christ lui-même, et notre Dieu et Père, nous a aimés » : les sujets sont au pluriel et le verbe au singulier, de même que dans la première épître (ch. 3. 11). Ici, le Fils est nommé en premier (chose rare, mais non unique (Jean 10. 30). Le Père et le Fils sont « objets » et agissent ensemble, quoique chacun à Sa place ; et le Saint Esprit, « agent », agissant en nous.

L’apôtre Jean mêle souvent, dans ses écrits, le Père et le Fils (1 Jean 5. 20), où « le Fils du Dieu véritable est présenté comme étant lui-même le Dieu véritable ».

« Il nous a aimés et nous a donné une consolation éternelle et une bonne espérance par grâce ». Cet amour a été pleinement manifesté lorsque le Seigneur s’est livré pour nous. La consolation est pour le temps présent et est en relation avec nos souffrances (2 Cor. 1. 3 à 7), mais a des prolongements dans l’éternité. Puis, l’espérance de voir bientôt le Seigneur dans Sa gloire nous tient en éveil. Dieu a pourvu au passé, au présent et à l’avenir, en ce qui nous concerne. Le but de Dieu est de nous faire obtenir « la gloire de notre Seigneur Jésus Christ » (v. 14). Cette perspective nous procure une consolation, déjà aujourd’hui, dans nos afflictions, mais aussi pour l’éternité (Luc 16. 19 à 25), dans la contemplation de la gloire du Seigneur. Lorsque nous serons avec le Seigneur, l’espérance cessera, mais l’amour demeurera. Dans Son amour, Dieu prend soin de nous.

Le verset 17 nous montre l’ordre divin, quant à la primauté de nos actes sur nos paroles, comme le faisait le Seigneur Lui-même (Luc 24. 19 ; Act. 1. 1). Dans la prédication de l’évangile, nos actes parlent plus fort que nos paroles. A l’inverse du Seigneur, « Moïse… était puissant dans ses paroles et dans ses actions ». Nous parlons, souvent, plus que nous n’agissons.

Les Thessaloniciens, persécutés, avaient particulièrement besoin de jouir de cet amour divin et de cette espérance, pour goûter la consolation ! C’est dans les souffrances que l’on apprécie le prix des consolations divines : « Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ Jésus, lorsque vous aurez souffert un peu de temps, vous rendra Lui-même accomplis, vous affermira, vous fortifiera, et vous établira sur un fondement inébranlable » (1 Pier. 5. 10).

Ch. 3

Paul priait beaucoup pour ses frères et pour les assemblées, et rendait grâces aussi (ch. 1. 2 et 3 ; 2. 13).

Mais, dans l’humilité, conscient de sa propre faiblesse (2 Cor. 12. 8 à 10), il demandait aussi que les frères prient pour lui (1 Thess. 5. 25 ; Rom. 15. 30 à 33 ; Col. 4. 2 et 3 ; Éph. 6. 18 et 19).

Les prières de Paul, pour les Thessaloniciens, avaient pour but la gloire du Seigneur (2 Thess. 1. 11 et 12).

Le chapitre 3 commence de la même manière que Phil. 4. 8 et 9 : « Au reste, frères » mettant en relief la pensée de Paul d’attirer l’attention, de manière particulière, sur « toutes les choses qui sont vraies… vénérables… justes… pures… aimables… de bonne renommée », afin qu’elles occupent les pensées des croyants auxquels il s’adressait.

Mais, dans le ch. 3 de 2 Thessaloniciens, Paul demandait les prières des saints, pour lui et pour ceux qui travaillaient avec lui, « afin que la parole du Seigneur coure et qu’elle soit glorifiée » : « Il envoie ses oracles sur la terre : sa parole court avec vitesse » (Ps. 147. 15).

Si la Parole porte des fruits dans notre vie pratique, le Seigneur est glorifié dans Ses saints. Nous devons prier pour ceux qui répandent la Parole dans le monde. Paul reconnaissait, encore une fois, que la Parole avait « couru », de chez les Thessaloniciens, et avait « retenti » au loin (1 Thess. 1. 8). Le but divin, c’est que la Parole se répande.

Mais Paul avait un deuxième but : d’être, lui et ses compagnons, « délivrés des hommes fâcheux et méchants » (v. 2). Il convient que nous combattions par la prière (Rom. 15. 30). La Parole désigne Satan comme étant : le méchant, et il a ses agents sur la terre (Éph. 6. 16) !

En Genèse 38. 7, on lit : « Er, premier-né de Juda, était méchant aux yeux de l’Éternel, et l’Éternel le fit mourir ». Er portait le caractère de celui qui dominait sur lui : Satan. Les hommes fâcheux sont ceux qui, n’étant pas à leur place, entravent le travail de Dieu.

En Actes 13. 6 à 12, le magicien Bar-Jésus, s’opposait à la prédication de l’apôtre ; et Dieu l’a rendu aveugle pour un temps.

Paul, sur le chemin de Damas, avait, lui aussi, été rendu aveugle ; mais Dieu avait eu pitié de celui qui deviendrait un fidèle serviteur, et l’avait guéri. En 2 Timothée 3. 11, Paul révèle que le Seigneur l’avait délivré de ses persécuteurs. Tout serviteur fidèle rencontre des « hommes fâcheux » sur son chemin car « la foi n’est pas de tous » (2 Thess. 3. 2).

Au v. 3, Paul rappelle les promesses et la fidélité du Seigneur, pour notre délivrance, et le v. 4 nous montre que c’est en Lui que nous devons placer notre confiance (Gal. 5. 10), afin d’être vainqueurs dans nos combats. Ayons à cœur d’être, tous, ces « jeunes gens » qui sont « forts » et qui ont « vaincu le méchant » (1 Jean 2. 13 et 14) : Il s’agit, là, d’un âge spirituel. « Celui qui vous appelle est fidèle, qui aussi le fera » (1 Thess. 2. 4 ; 1 Cor. 1. 8 et 9).

Dans ses épîtres, Paul mettait souvent en avant ce qui était bon, avant de parler de ce qui n’allait pas. Ici, il leur enjoint de « se retirer de tout frère qui marche dans le désordre » (v. 6). Il arrive toujours un moment, dans notre vie, où un combat s’engage pour notre conversion. Mais, ensuite, des combats se poursuivent, pour marcher avec fidélité à la Parole, et ces combats-là durent toute la vie.

David avait eu des combats personnels et secrets, lorsqu’il avait dû combattre contre le lion et l’ours, de la patte desquels l’Éternel l’avait délivré (1 Sam. 17. 37). Ce n’est qu’ensuite, qu’il a pu combattre victorieusement, et publiquement, contre Goliath (v. 38 à 51).

Quant au Seigneur Jésus, Lui-même s’est soumis à un combat mystérieux contre Satan, au début de Son ministère (Mat. 4. 1 à 10). Et, vainqueur de ce terrible ennemi, Il a pleinement manifesté, dans Sa parfaite sainteté, que le péché n’avait aucune prise sur Lui !

Le verset 5 nous enjoint de laisser se manifester à l’égard de nos frères « l’amour de Dieu qui est versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom. 5. 5), car Dieu laisse libre cours à Son amour pour tous, à travers chacun de nous.

Par nature, nous sommes « haïssables, nous haïssant l’un l’autre » (Tite 3. 3). Si nous sommes appelés : « enfants de lumière », nous ne sommes pas appelés : enfants d’amour.

C’est l’amour de Dieu qui doit nous occuper, mais cet amour que Dieu a mis en nous, nous devons le laisser couler librement vers nos frères (Jean 13. 34 et 35) : il ne doit pas rester enfermé en nous.

Cependant, nous devons être tout entiers tournés vers Dieu : « Nous, nous l’aimons parce que Lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4. 19).

David se réjouissait de ce que le peuple avait donné « volontairement » pour la construction du temple (1 Chron. 29. 17 et 18) ; et il demande à Dieu que le cœur de ce peuple soit tourné vers Lui. Que cela soit aussi notre prière pour nous-mêmes.

Ayant le Saint Esprit, « marchons par l’Esprit » (Gal. 5. 25). Nous avons reçu l’amour de Dieu, marchons dans l’amour (Éph. 5. 2) ; nous sommes « lumière dans le Seigneur, marchons comme des enfants de lumière » (Éph. 5. 8).

La « patience du Christ » doit aussi se manifester en nous. Christ est patient envers tous, et nous avons besoin de toute Sa patience, car nous sommes souvent rebelles à Sa volonté, oubliant Son amour. Christ attend que le dernier élu soit sauvé, avant d’enlever Son Assemblée vers Lui, car « sa patience est salut » (2 Pier. 3. 14 et 15).

Nous nous réjouissons de la prochaine venue du Seigneur, mais aussi de Sa patience envers ceux qui doivent encore être sauvés. Imitons cette patience divine.

Les Thessaloniciens croyaient que « le jour du Seigneur » était déjà là. Paul a dû leur montrer leur erreur, et il les exhorte, maintenant, à imiter la patience du Christ à cet égard.

A partir du v. 6, Paul exhorte les Thessaloniciens à user de discipline envers « tout frère qui marche dans le désordre ».

La discipline, dans l’Assemblée, revêt plusieurs formes graduelles : la discipline fraternelle envers quelqu’un qui « s’est laissé surprendre par quelque faute » (Gal. 6. 1), et qui appelle le lavage des pieds de Jean 13 ; le tort fait à un frère, par un autre, demande une action plus sévère (Mat. 18. 15 à 17) ; la réprimande publique envers ceux qui pèchent sans retenue (1 Tim. 5. 20) ; puis, la mise à l’écart de ceux qui causent des divisions par de fausses doctrines (Rom. 16. 17).

Ces différentes formes de discipline devraient être davantage pratiquées dans l’Assemblée, afin d’éviter l’exclusion, qui marque l’échec de la discipline, celle-ci ayant pour but, de ramener une personne qui s’égare. Si le frère averti n’écoute pas (v. 14), il convient de s’éloigner de lui « afin qu’il en ait de la honte ». Cependant, fermeté et douceur doivent s’équilibrer : « Ne le tenez pas pour un ennemi, mais avertissez-le comme un frère » (v. 15).

Chez les Thessaloniciens, certains ne travaillaient pas et se mêlaient de tout. L’apôtre les avait déjà avertis, alors qu’il était encore au milieu d’eux (v. 10). Paul avait été un exemple pour eux : il avait travaillé « nuit et jour pour n’être à charge à aucun de vous », dit-il. Il avait agi de la même façon parmi les Corinthiens. Les Thessaloniciens devaient l’imiter, comme lui-même imitait Christ (1 Cor. 11. 1). Cependant, nous devons subvenir aux besoins de ceux qui travaillent pour le Seigneur.

L’expression du v. 6 est très forte : « nous vous enjoignons » est un ordre impératif auquel les Thessaloniciens ne devaient pas se soustraire. Paul, comme un berger attentif à l’état des brebis du Seigneur, avait compris quels étaient leurs besoins, et il y pourvoyait. Son enseignement revêtait beaucoup de puissance, car il mettait lui-même en pratique ce qu’il enseignait aux autres. Il est un exemple aussi pour nous tous ! Nous n’en trouverons la force que dans la contemplation du Seigneur Lui-même : « Nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3. 18).

Les versets 6 et 11, révèlent que certains Thessaloniciens ne travaillaient pas et, en conséquence de leur oisiveté volontaire, se mêlaient de tout. L’apôtre parle à Timothée des « veuves… oisives, allant de maison en maison… se mêlant de tout, disant des choses qui ne conviennent pas » (1 Tim. 5. 11 à 13). Nous devons prendre soin les uns des autres, mais surtout de ceux qui sont dans le besoin. L’oisiveté crée des situations moralement dangereuses, conduisant à la chute.

Quelles que soient nos circonstances, le Seigneur désire que nous Le servions par un témoignage qui soit une évangélisation vécue. Mais, étant tous appelés à être des serviteurs et des servantes, soyons fidèles, « conduisant bien nos enfants et nos propres maisons » (1 Tim. 3. 8 à 12). La venue prochaine du Seigneur ne doit pas nous inciter à l’oisiveté, mais à poursuivre notre tâche.

Dans une situation de chômage involontaire que permet le Seigneur, le temps Lui appartient, bien qu’une grande activité soit nécessaire pour rechercher un emploi.

Il faut veiller à rechercher la pensée de Dieu : « J’ai vu l’occupation que Dieu a donnée aux fils des hommes pour s’y fatiguer » (Éccl. 3. 10). « Tout ce que ta main trouve à faire, fais-le selon ton pouvoir » (Éccl. 9. 10). Même si quelqu’un est au chômage, le Seigneur place toujours devant lui une activité utile, en attendant qu’Il fasse l’issue à cette situation difficile.

La paresse est rejetée par la Parole : « À cause de la paresse, la charpente s’affaisse ; et à cause des mains lâches, la maison a des gouttières » (Éccl. 10. 18). « Celui qui dort durant la moisson est un fils qui fait honte » (Prov. 10. 5). Spirituellement, c’est durant la bonne saison de la vie (la jeunesse, surtout), qu’il faut moissonner, dans la Parole de Dieu, la nourriture pour l’hiver de l’existence (la vieillesse). « Souviens-toi de ton créateur dans les jours de ta jeunesse, avant que soient venus les jours mauvais, et avant qu’arrivent les jours où tu diras : je n’y prends point de plaisir » (Éccl. 12. 1).

Cependant, ne tombons pas dans l’excès inverse : la finalité du travail n’est pas d’accabler l’homme jusqu’à ne pas lui laisser le temps de prier et de lire la Parole. Paul exhorte les Thessaloniciens à « travailler paisiblement » (v. 12). Dans les Éphésiens, il présente le travail comme un moyen d’avoir « de quoi donner à celui qui est dans le besoin » (ch. 4. 28).

Certains frères, comme Paul le faisait, travaillent pour subvenir aux besoins de leur famille, et travaillent aussi pour le Seigneur. Nos activités (quel que soit notre âge), ne doivent pas faire obstacle au témoignage pour le Seigneur.

Les v. 12 et 13 ne présentent pas une opposition : « ceux qui sont tels… » sont aussi des frères (v. 15) et sont exhortés à « travailler paisiblement » (v. 13). Cependant, ceux qui, volontairement, ne travaillaient pas, ne manifestaient plus ce caractère de frères. L’appellation « frères » dénote une relation bénie dans le Seigneur. L’apôtre équilibre son injonction qui est un commandement ferme, par une exhortation destinée à les encourager et à les fortifier (v. 12).

À l’exemple du Seigneur, qui savait reprendre sévèrement tout en manifestant un amour sans faille, Paul, malgré ces paroles sévères, laissait ressortir son amour pour les Thessaloniciens. Il était un « imitateur de Christ » (1 Cor. 11. 1), et nous invite à être comme lui. Prions pour nos frères encore en activité et que le contexte social actuel oblige à travailler outre mesure. Notre époque ressemble à celle où le peuple de Dieu, esclave en Égypte, était écrasé de travail par la dureté de cœur du Pharaon. Satan, qui gouverne le monde, est un ennemi sans pitié ! « Vous n’ignorez pas ses desseins » qui consistent à ôter notre communion avec le Seigneur.

Les chutes arrivent plus souvent par l’oisiveté que par le surcroît de travail. David est « tombé », non lorsqu’il était à la guerre, mais lorsqu’il se reposait, tandis que le peuple guerroyait. Paul avait « confiance dans le Seigneur », et exhortait « dans le Seigneur Jésus Christ » (v. 4 et 12). L’oisiveté conduit à la pauvreté (Prov. 6. 11). La Parole nous avertit, et l’exhortation du v. 13 nous trace un vaste programme ! Ne défaillons pas « en faisant le bien, surtout à ceux de la maison de la foi » (Gal. 6. 9 et 10), à l’image du Seigneur (Act. 10. 36 à 38) – et comme Dieu (Act. 14. 15 à 17), qui prend soin « des méchants et des bons » (Mat. 5. 45). « Surmonte le mal par le bien » (Rom. 12. 21).

L’apôtre enjoint les Thessaloniciens à « noter » ceux d’entre eux qui n’obéiraient pas à la parole apostolique qui leur était adressée dans cette lettre : « N’ayez pas de commerce avec lui, afin qu’il en ait de la honte » (v. 14). Il fallait maintenir une certaine distance relationnelle avec une telle personne, afin de la restaurer. Désobéir à la Parole est grave. Cependant, ici, il ne s’agit pas d’une rupture de communion, comme dans 1 Cor. 5. 11, où il fallait « ôter le méchant » du milieu des croyants de Corinthe, tandis que Dieu « juge ceux de dehors ».

Les v. 14 et 15 lient la sévérité et l’amour fraternel envers ce frère qu’il fallait gagner en touchant sa conscience. Agir en discipline produit toujours de la tristesse, car nous ne pouvons plus manifester librement notre amour fraternel. L’assemblée est l’instance suprême, sur la terre, en ce qui concerne la discipline en son sein, mais cela doit se faire dans l’amour ; car c’est par amour, pour nous enfants de Dieu, que notre Père céleste nous discipline (Héb. 12. 7).

Mais l’Assemblée doit éviter deux dangers : soit laisser tout faire au Seigneur en ne s’occupant pas d’un frère qui s’égare – soit exercer une discipline dure, sans amour. La responsabilité de l’Assemblée est permanente. « Ceux qui pèchent, convaincs-les devant tous » (1 Tim. 5. 20). Cette admonestation publique des plus délicates, et qui demande beaucoup de discernement, n’est guère exercée dans les assemblées. Avant d’en arriver là, toute une procédure progressive est indispensable (Mat. 18. 15 à 17). Ramener un « pécheur de l’égarement de son chemin » (Jac. 5. 19 et 20), (c’est-à-dire un frère qui s’égare), peut le sauver d’une « mort » disciplinaire.

Le v. 15 nous met en garde contre le fait de tenir un frère pour « un ennemi ». Les hommes du monde portent ce caractère car, dominés par Satan, ils sont ennemis de Dieu et de Ses enfants (Jac. 4. 4). Un témoignage fidèle au milieu des hommes du monde, provoque leur hostilité. Satan sait « se transformer en ange de lumière » (2 Cor. 11. 14), pour séduire les hommes ; mais il faut prier pour eux, car Dieu les aime et « veut que tous viennent à la repentance ».

Le Seigneur nous enseigne à ce sujet : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous font du tort et vous persécutent, en sorte que vous soyez les fils de votre Père qui est dans les cieux » (Mat. 5. 43 et 44).

L’Assemblée appartient au « Dieu de paix » (Phil. 4. 8 et 9) ; et le Seigneur nous dit : « Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix » (Jean 14. 27). L’épître aux Éphésiens (ch. 4. 1 à 3), nous exhorte à « garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix ». Nous ne pouvons réaliser cela qu’avec « toute humilité et douceur, avec longanimité, nous supportant l’un l’autre dans l’amour » ; et cela par la puissance du Seigneur, et non par nos propres facultés.

« Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Cor. 14. 32 et 33). « Or le Dieu de paix brisera bientôt Satan sous vos pieds » (Rom. 16. 20). Ce Dieu de paix veut être avec nous (Rom. 15. 33).

Évodie et Syntiche troublaient l’assemblée des Philippiens par leur désaccord ; et Paul les supplie « d’avoir une même pensée » (ch. 4. 2). Soyons aussi « chaussés de la préparation de l’évangile de paix » (Éph. 6. 15). Dans cette deuxième épître, ch. 3, nous avons affaire au « Seigneur de paix » ; au Seigneur en tant que tel, dans Sa personne (v. 16) ; puis, au « Seigneur Jésus Christ » apportant la grâce en Lui-même (v. 18).

Une des ruses de l’ennemi consistait à faire parvenir de fausses lettres de l’apôtre aux Thessaloniciens (ch. 2. 2). Aussi Paul sent-il la nécessité d’authentifier sa lettre, à la fin (v. 17). Il avait l’habitude de faire écrire ses épîtres par un frère qui le servait. C’était « Tertius » qui écrivit l’épître aux Romains. Une seule de ses lettres a été écrite entièrement de sa propre main : celle aux Galates (ch. 6. 11). Ici, Paul met ostensiblement l’accent sur le fait qu’il a signé personnellement sa lettre aux Thessaloniciens (v. 17).

Dans sa première épître, il avait mis en avant tout ce qui, chez les Thessaloniciens, réjouissait son cœur. Dans sa seconde épître, il a dû reprendre la fausse doctrine qui se faisait jour chez eux, ainsi que les désordres qui se manifestaient parmi eux. Mais dans son amour, il n’exclut personne de ses salutations et de l’évocation de la grâce du Seigneur (v. 17 et 18).

D’après Réunion d’études à Bordeaux-Lac