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(Jésus dit à Simon : ) Ne crains pas ; dorénavant tu prendras des hommes. Luc 5. 10.

 

PÉCHEUR D’HOMMES

 

En Angleterre, à une certaine époque, toutes les réunions à caractère religieux étaient interdites, à l’exception de celles de l’Église anglicane. En ce temps-là, quelques prédicateurs prêchaient la Parole de Dieu en cachette, dans les maisons. Richard Baxter (1615-1691) était l’un d’eux. Il avait l’habitude de se rendre le soir précédent au lieu où il devrait tenir la réunion prévue, tôt le lendemain matin.
Un soir, dans l’obscurité complète, il perdit son chemin. Après avoir erré longtemps, il arriva finalement devant une grande demeure distinguée et demanda à être reçu, afin d’obtenir des informations sur son chemin. Un domestique annonça à son maître la visite d’un étranger respectable. Le maître de la maison examina Baxter et l’invita à rester chez lui pour la nuit.
Pendant la soirée, au cours de la conversation, l’hôte fut immédiatement frappé par le comportement et la grande culture de son invité. Et, désirant mieux le connaître, il voulut savoir quel était son métier. Baxter se souvint de la parole du Seigneur Jésus : « Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes » (Mat. 10. 16).
Il répondit alors : – Je suis un pécheur d’hommes. – Vous êtes un pécheur d’hommes ? lui répondit le noble seigneur, alors vous êtes tout à fait la personne dont j’ai besoin. Je suis le juge de paix de ce district et je viens de recevoir l’ordre de faire arrêter un certain Richard Baxter qui, demain matin, devrait tenir une réunion illégale. Venez avec moi demain et ainsi nous n’aurons aucune difficulté à mettre la main sur cet homme.
Baxter accepta. Le lendemain, de bonne heure, ils se rendirent ensemble à l’endroit prévu. Il y avait déjà beaucoup de gens qui se trouvaient devant la maison où devait se tenir la réunion. Voyant arriver le carrosse du juge de paix, ils furent très mal à l’aise et ils n’osaient pas entrer dans la maison. Le juge se rendit compte du malaise des gens et dit à son compagnon : – Baxter aura probablement entendu parler de mon mandat contre lui et il ne se présentera pas. Nous ferions mieux de nous en aller afin que tous ces gens se sentent en sécurité, puis nous reviendrons un peu plus tard. Et ils firent ainsi.
Mais, à leur retour, les gens étaient encore dehors. Le juge de paix, pensant qu’il ne réussirait pas à capturer le prédicateur, dit à Baxter : – Je vous serais très reconnaissant si vous pouviez adresser un message à toutes ces personnes pour les inviter à se soumettre aux ordres des autorités.
Baxter lui répondit : – Comme ces gens sont venus pour assister à un service religieux, ils n’apprécieraient certainement pas un tel sermon. Peut-être que vous, monsieur le juge, pourriez commencer en faisant une prière, et je verrai alors comment poursuivre.
Oh ! répondit le juge, je n’ai pas mon livre de prières avec moi ; mais je suis certain que vous êtes parfaitement capable de prier avec eux et de leur communiquer le message. Je vous en prie, commencez donc.
Cette proposition plut beaucoup à Baxter ; c’était une formidable occasion !
Ils entrèrent alors ensemble dans la maison, et les gens les suivirent. La prière de Baxter fut tellement fervente et pleine d’affection qu’elle fit venir les larmes aux yeux de tous, même du juge. Puis le prédicateur, avec une foi pleine de courage, exposa son sermon.
Il se fit ensuite reconnaître du juge comme étant l’homme qu’il aurait dû arrêter. Mais le juge, encore impressionné par la prière et le sermon, était perplexe…
Peu de temps après, il devint lui-même un vrai croyant et un ami de ceux qui étaient persécutés.

D’après « Paroles de grâce et de vérité »