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LES BÉATITUDES

Matthieu 5. 1 à 12

 

 

1. LES BIENHEUREUX DISCIPLES DE JÉSUS

Voyant les foules, il (Jésus) monta sur la montagne. Lorsqu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui ; et ouvrant la bouche, il les enseignait. Mat. 5. 1 et 2

Les « béatitudes » sont les neuf paroles par lesquelles Jésus commence à enseigner Ses disciples (Mat. 5 à 7). Ce sont des paroles d’une très grande richesse morale qui vont à contre-courant des comportements humains habituels.
Avant de réfléchir plus profondément sur leur contenu, jetons un regard sur la scène qui est devant nous en Matthieu 5. Jésus est monté sur la montagne, Ses disciples sont près de Lui et une foule de personnes les entourent. Que voient ces personnes ? Elles voient Jésus et Ses disciples. Ceux-ci, peu de temps auparavant, étaient des personnes comme les autres, mais maintenant ils sont devenus des disciples de Jésus. Eux, ils voient les foules auxquelles ils prêcheront bientôt « le royaume des cieux » (Mat. 10. 7). Ils voient aussi Jésus, leur Maître, qu’ils apprendront bientôt à connaître et à aimer.
Nous lisons : Jésus, « voyant les foules ». Et il nous est dit aussi un peu plus tard, que Jésus, « voyant les foules… fut ému de compassion, parce que ces gens étaient las et dispersés, comme des brebis qui n’ont pas de berger » (Mat. 9. 36). Mais Jésus regarde aussi Ses disciples : « Alors lui, levant les yeux vers ses disciples… » (Luc 6. 20).
Chaque affirmation de ces « béatitudes » a sa source dans ces regards pleins d’amour de Jésus. Les disciples ont été appelés à Le suivre dans un esprit de simplicité et d’humilité ; ils ont renoncé à leur maison et à leur travail, ils avaient tout quitté pour Le suivre (Mat. 19. 27). Se sentaient-ils vulnérables et sans défense ? Non, avec Jésus, ils ont tout. Et ce sont eux que Jésus, tout d’abord, aimera à nommer « bienheureux », c’est-à-dire heureux !

2. « BIENHEUREUX LES HUMBLES EN ESPRIT »

Bienheureux les humbles en esprit, car c’est à eux qu’est le royaume des cieux. Mat. 5. 3
Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles. Jac. 4. 6.

La première parole qui sort de la bouche de Jésus dans son « discours sur la montagne » est : « Bienheureux » !
Jésus nous invite à vivre quelque chose de beaucoup plus grand et de beaucoup plus fort qu’un peu de bonheur égoïste centré sur soi. Le Seigneur dit : « Bienheureux les humbles (litt. : pauvres) en esprit ». Il ne s’agit pas de ceux qui peuvent être limités intellectuellement, mais de ceux qui ont un esprit d’humilité, sans vaine gloire ni présomption, et qui sont animés d’une foi qui croit Dieu sur parole, comme le ferait un enfant, en toute confiance, sans discuter. Et Dieu se révèle alors à leur âme (Mat. 11. 25).
Le bonheur dont parle Jésus dépend d’une attitude spirituelle qui permet d’accéder au royaume des cieux. Seuls ceux qui acceptent sans réserve le jugement de la Parole de Dieu sur l’orgueil de l’homme naturel découvrent les richesses du royaume qui nous est destiné.
Tous les orgueilleux, ceux qui sont sûrs d’eux-mêmes, de leurs richesses matérielles ou intellectuelles, ou de leur propre pouvoir, ceux-là n’ont aucune estime pour les « pauvres en esprit » ; et, avec un tel comportement, ils ne feront jamais l’expérience de ce qui caractérise le royaume de Dieu, c’est-à-dire « justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rom. 14. 17).
Ceux qui vivent comme des « humbles en esprit » dans ce monde dominé par l’orgueil, seront souvent incompris et même méprisés, mais ils sont « bienheureux » et ont la meilleure part dans le royaume des cieux.
« Confie-toi de tout ton cœur à l’Éternel, et ne t’appuie pas sur ton intelligence ; dans toutes tes voies connais-le, et il dirigera tes sentiers » (Prov. 3. 5 et 6).

3. « BIENHEUREUX CEUX QUI MÈNENT DEUIL »

Bienheureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés. Mat. 5. 4.
L’Éternel… m’a envoyé pour panser ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, … pour consoler tous ceux qui mènent deuil. És. 61. 1 et 2.

Le Seigneur Jésus a rencontré un jour un cortège funèbre ; un jeune homme était mort, le fils unique de sa mère veuve, et celle-ci pleurait. « Ne pleure pas », lui dit le Seigneur (Luc 7. 13). Dans Son immense sensibilité et Son amour pour le prochain, Jésus a pleuré devant le tombeau de Lazare, Son ami ; Il a pleuré, ému par la douleur de ceux qui pleuraient et qu’Il aimait. Toute perte, et spécialement la perte d’un être cher, produit en nous des peines et des douleurs difficilement surmontées. Lequel d’entre nous, dans le cours de sa vie, n’a jamais éprouvé un tel chagrin ?
Mais pour tous ceux qui ont accepté Jésus comme leur Sauveur personnel, qui croient en Son sacrifice sur la croix et à Sa résurrection, il y a une grande consolation : s’ils doivent passer par la mort, ils ont la certitude qu’ils ressusciteront un jour pour être avec Lui pour l’éternité ! Et si leurs bien-aimés qui sont décédés ont cru au Seigneur Jésus, ils les reverront dans le ciel. C’est pour cela qu’ils sont appelés « bienheureux ». Si nous choisissons d’obéir au Seigneur avec humilité et si nous nous confions en Sa grâce, nous ne serons pas exempts de souffrances, mais Il nous fera certainement éprouver Ses consolations et la joie d’être Ses témoins, conscients de Sa présence constante auprès de nous.
Daniel, déporté à Babylone, et affligé à cause de la dispersion de son peuple, priait trois fois par jour, malgré le décret du roi qui l’interdisait. Jeté dans la fosse aux lions, il en a été retiré indemne le lendemain et a été manifesté comme témoin de la puissance de Dieu dans tout l’empire (Dan. 6).
« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console à l’égard de toute notre affliction » (2 Cor. 1. 3 et 4).

4. « BIENHEUREUX LES DÉBONNAIRES »

Bienheureux les débonnaires (ceux qui sont doux), car c’est eux qui hériteront de la terre. Mat. 5. 5.
Qui est sage et intelligent parmi vous ? Que par une bonne conduite il montre ses œuvres avec la douceur de la sagesse. Jac. 3. 13.
Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Phil. 4. 5.

Cette troisième béatitude rappelle les paroles du Psaume 37 : « Les débonnaires posséderont le pays, et feront leurs délices d’une abondance de paix » (v. 11). Comme toutes les béatitudes, elle fait un contraste complet avec les valeurs d’un monde dominé par les abus de pouvoir des puissants sur les faibles. Mais cette béatitude nous affirme qu’un jour tout cela changera ! Jésus, pendant Sa vie sur la terre, était « débonnaire (doux) et humble de cœur » (Mat. 11. 29) et Il le sera toujours lors de Son règne, à l’égard des humbles qui régneront avec Lui sur la terre (Mat. 5. 5).
Les disciples de Jésus sont donc invités à être doux. Douceur ne signifie pas manque de courage ou faiblesse ; au contraire, la douceur découle de la présence de Jésus en nous, qui nous permet de savoir nous maîtriser nous-mêmes pour le bien des autres. C’est le contraire de l’arrogance et des émotions non contrôlées. Dans certains cas, par exemple quand on entend que le nom du Seigneur est injurié, même celui qui est humble pourra se dresser et protester fortement, mais il ne le fera pas avec un sentiment d’orgueil personnel ! L’homme doux soumet humblement à Dieu ses capacités personnelles et ses émotions, et il reste vigilant afin d’empêcher que les circonstances extérieures, même si elles sont hostiles, ne troublent sa paix intérieure.
Nous ne pouvons être humbles et doux que si la douceur de Christ habite en nous. Notre relation avec Lui dans la prière nous fait découvrir Sa mansuétude infinie qui élimine progressivement de notre cœur la dureté, l’amertume, la rigueur. « Revêtez-vous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d’affection miséricordieuse, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience » (Col. 3. 12). Cet esprit de Christ caractérise-t-il toujours nos rapports dans notre couple, dans notre famille, dans l’église, dans le monde ? (Phil. 4. 5 ; 1 Pier. 3. 4).

5. « BIENHEUREUX CEUX QUI ONT FAIM ET SOIF DE LA JUSTICE »

Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car c’est eux qui seront rassasiés. Mat. 5. 6.
Que je sois trouvé en lui (Christ) n’ayant pas ma justice qui vient de la Loi, mais celle qui est par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu, moyennant la foi. Phil. 3. 9.

Étonnante béatitude que celle-ci, qui compare la justice à un aliment et promet un rassasiement de justice dans un monde qui en est privé – un monde dans lequel beaucoup éprouvent une faim et une soif intenses de « vraie » justice, pour eux-mêmes et dans leurs relations sociales !
Mais de quelle justice s’agit-il ? – De celle de l’homme, basée sur des lois à mettre en pratique dans la vie ? Nous nous sentons troublés à la pensée de vivre dans une société dans laquelle on tend à appeler bien ce qui est mal !
Non, la justice est ici la condition essentielle pour entrer dans le royaume de Dieu (Mat. 5. 20). Ce n’est donc pas la justice des hommes, même s’ils sont religieux, ni une justice basée sur l’observation stricte de lois et de traditions. C’est la justice vécue et démontrée d’une manière parfaite par Jésus Christ lorsqu’Il était sur la terre : « Christ a souffert… le juste pour les injustes » (1 Pier. 3. 18). Et c’est cette justice que Dieu veut donner à tous, sur la base de la foi au sacrifice de Son Fils, mort pour nos péchés. Dieu est juste lorsqu’Il rend parfaitement justes ceux qui croient au Seigneur Jésus : Il est « juste et … il justifie celui qui est de la foi en (ou : de) Jésus » (Rom. 3. 26). Cette justice, que le croyant possède, est la seule qui puisse satisfaire Dieu.
Mais alors, pourquoi devons-nous encore avoir faim et soif de vivre d’une manière juste ? Parce que celui qui a été rendu juste a le désir de conformer sa vie à la volonté de Dieu, en écoutant Sa parole et en y obéissant.
Christ établira bientôt Son règne, dans lequel la justice habitera (2 Pier. 3. 13). Et alors ceux qui ont faim et soif de justice « seront rassasiés ».

6. « BIENHEUREUX LES MISÉRICORDIEUX »

Bienheureux les miséricordieux, car c’est à eux que miséricorde sera faite. Mat. 5. 7.
L’Éternel est miséricordieux, et plein de grâce, lent à la colère et d’une grande bonté. Ps. 103. 8.

Être miséricordieux signifie regarder à l’autre, au « prochain » qui souffre ou qui peut nous faire souffrir, avec le même regard que celui de Dieu, c’est-à-dire avec douceur et bonté, la bonté de Dieu.
Mais la miséricorde ne doit pas être seulement une attitude intérieure, elle doit se montrer par des actes concrets : donner à manger à celui qui a faim, à boire à celui qui a soif, consoler les affligés, visiter les malades et les prisonniers…, voilà ce qu’est la miséricorde en action !
Et n’oublions pas les œuvres de miséricorde moins visibles : conseiller ceux qui doutent, instruire ceux qui sont dans l’ignorance, exhorter ceux qui se laissent dominer par le mal, consoler ceux qui pleurent, intercéder pour tous…
Il est remarquable de constater, dans cette béatitude, la symétrie qu’elle présente entre ce dont nous faisons l’expérience et l’action de Dieu. C’est comme si Dieu nous traitait comme nous traitons les autres. En fait, nous trouvons cette symétrie dans certaines paroles de Jésus, comme, par exemple : « Remets-nous nos dettes comme nous aussi nous remettons à nos débiteurs » (Mat. 6. 12). Dieu désire que nous manifestions Ses caractères, et pour cela, Il nous a donné la capacité d’agir envers les autres comme Il a agi envers nous.
Mais attention ! Être miséricordieux ne nous fait absolument pas mériter la miséricorde de Dieu. Notre miséricorde est un effet de la pure grâce de Dieu, le résultat de Son œuvre en nous, dans nos cœurs et nos consciences, le reflet de Sa miséricorde. L’apôtre Paul disait volontiers : « Miséricorde m’a été faite » (1 Tim. 1. 13 et 16), et aussi : « Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants » (Éph. 5. 1).

7. « BIENHEUREUX CEUX QUI SONT PURS DE CŒUR »

Bienheureux ceux qui sont purs de cœur, car c’est eux qui verront Dieu. Mat. 5. 8.
Qui est-ce qui montrera en la montagne de l’Éternel ? et qui se tiendra dans le lieu de sa sainteté ? Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur, qui n’élève pas son âme à la vanité. Ps. 24. 3 et 4.

Les hommes religieux du temps du Seigneur Jésus reprenaient les disciples parce qu’ils ne se lavaient pas les mains avant de manger, et transgressaient ainsi la tradition. Alors Jésus intervient et, quoique ne s’opposant pas à leurs traditions, Il soutient que ce qui souille l’homme, ce n’est pas de manger avec des mains non lavées, mais c’est ce qui provient de notre cœur et de nos pensées (Mat. 15. 18 à 20). La fausse tendance à identifier la pureté intérieure avec le respect des traditions a des origines très anciennes, et elle est encore bien enracinée aujourd’hui.
Une vie pure présuppose avant tout que le cœur soit purifié. Flageller le corps ou l’âme ne sert à rien : la purification du cœur est l’œuvre de Dieu. Notre devoir consiste à accepter avec reconnaissance Son amour, qui nous pardonne et nous purifie de nos péchés. « Crée-moi un cœur pur, ô Dieu ! » demandait David par la prière (Ps. 51. 10). Des siècles plus tard, l’apôtre Pierre dira : « Dieu… n’a fait aucune différence entre nous (les Juifs) et eux (les gens des nations), ayant purifié leurs cœurs par la foi » (Act. 15. 8 et 9).
La pureté de cœur se reconnaît par des manifestations extérieures et des faits concrets. Le croyant au cœur pur met Dieu au centre de sa vie ; et ses pensées, en accord avec sa conduite, sont marquées par la constance et la transparence devant le Créateur et devant les hommes.
Seul le cœur de Jésus est absolument pur, exempt de duplicité. Le croyant est appelé à faire des progrès dans cette recherche de pureté : « Poursuivez… la sainteté » (Héb. 12. 14), et cela par un engagement continu, rendu possible par la puissance de l’Esprit Saint qui agit en lui.
Seuls ceux dont le cœur est pur « verront Dieu ». Aujourd’hui déjà, par les yeux de la foi, ils voient leur Sauveur et Seigneur Jésus Christ, mais un jour ils Le verront « comme il est » (1 Jean 3. 2) et ils Lui seront rendus semblables !

8. « BIENHEUREUX CEUX QUI PROCURENT LA PAIX »

Bienheureux ceux qui procurent la paix, car c’est eux qui seront appelés fils de Dieu. Mat. 5. 9.
Si donc tu présentes ton offrande à l’autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord, réconcilie-toi avec ton frère. Mat. 5. 23 et 24.

Dans la Bible, le mot « paix » a une signification plus large que celle de l’absence de guerre ou de conflit. Elle exprime une totale absence d’inquiétude, comme conséquence de la pleine confiance en Dieu.
Un chrétien a pu dire : L’un des derniers souvenirs que j’ai de mon frère, alors qu’il souffrait des conséquences d’une grave maladie, c’est la paix qui irradiait de son visage. Il goûtait vraiment la paix que Jésus, son Sauveur, lui avait donnée.
Dieu donne gratuitement la paix avec Lui, mais elle Lui a coûté un prix infini : la mort de Son Fils unique sur la croix. Par la foi en ce sacrifice, le croyant peut, avec l’aide de son Père céleste, expérimenter Sa paix.
Si nous présentons à Dieu, par la prière, toutes nos angoisses, Sa paix gardera nos cœurs et nos pensées dans le Christ Jésus (Phil. 4. 7), et le Dieu de paix sera avec nous pour la faire resplendir.
Que signifie « procurer la paix » ? – Un moyen de le faire, c’est d’annoncer, dans un monde ennemi de Dieu, le message de la réconciliation avec Lui, offert par Dieu Lui-même : pour obtenir cette paix, il suffit de croire au Seigneur Jésus et à Son sacrifice expiatoire sur la croix.
Même dans les rapports entre chrétiens, il est nécessaire de procurer la paix. Quand Jésus parle pour la première fois d’une église (ou : assemblée) locale (Mat. 18. 20), Il nous indique le comportement juste que nous devons adopter afin de favoriser la réconciliation en cas de conflit, et d’atteindre au pardon et à la paix (v. 15 à 17). La réconciliation entre frères est une condition nécessaire pour pouvoir rendre culte à Dieu.
Ceux qui « procurent la paix » font connaître, même sans beaucoup de paroles et de bruit, quelque chose de l’essence même de Dieu, qui est le Dieu de paix ; et « ils seront appelés fils de Dieu ».

9. « BIENHEUREUX CEUX QUI SONT PERSÉCUTÉS À CAUSE DE LA JUSTICE »

Bienheureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, car c’est à eux qu’est le royaume des cieux. Mat. 5. 10.
Si on vous insulte pour le nom de Christ, vous êtes bienheureux, car l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. 1 Pier. 4. 14.

On peut être troublé lorsqu’on lit cette béatitude : « Bienheureux ceux qui sont persécutés ». En effet, dans le temps actuel, beaucoup de chrétiens souffrent pour des questions de justice, c’est-à-dire à cause de leur fidélité à Dieu et à l’obéissance à Sa volonté. Ne les oublions pas dans nos prières ! Leur exemple doit nous encourager à dépasser nos peurs et à être des témoins de Christ. Nous sommes parfois tentés de limiter notre fidélité à Dieu en restant dans le cadre de ce qui nous paraît socialement opportun, pour éviter d’éventuelles moqueries ou persécutions. On ne peut se satisfaire de « cacher son drapeau », mais on doit accepter de suivre franchement Jésus Christ jusqu’au bout.
Les qualités décrites dans les sept premières béatitudes : humilité, sérieux, douceur, pureté de cœur, soif de justice, miséricorde, désir de paix… auraient dû attirer sympathie et bienveillance ; mais, au contraire, les disciples de Jésus ont été rejetés, justement parce qu’ils ressemblaient à leur Maître. Les hommes avaient vu les œuvres que Jésus avait faites parmi eux, mais Il a dû dire : « Ils ont à la fois vu et haï aussi bien moi que mon Père » (Jean 15. 24) ; Il avertissait Ses disciples : « s’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean 15. 20).
La persévérance dans l’épreuve était un effet de l’espérance qui les animait, et leur joie découlait du fait qu’ils avaient reçu courage et liberté de la part du Seigneur. Le Royaume de Dieu leur appartenait déjà. Cette joie qu’ils manifestaient dans l’épreuve était un signe que l’Esprit de Dieu reposait sur eux. Patience, courage et joie leur venaient en fait de l’Esprit Saint.

10. « BIENHEUREUX, VOUS L’ÊTES QUAND ON VOUS INJURIERA »

Bienheureux, vous l’êtes quand on vous injuriera, qu’on vous persécutera et qu’on dira, en mentant, toute espèce de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous et tressaillez de joie, parce que votre récompense est grande dans les cieux. Mat. 5. 11 et 12.

Dans cette neuvième et dernière béatitude, le Seigneur Jésus s’adresse directement à Ses disciples. Injuriés, persécutés, calomniés… c’est parce qu’ils sont disciples de Jésus que de tels traitements leurs sont infligés. Mais ce n’est pas d’aujourd’hui que les fidèles ont été ainsi persécutés. C’était déjà la part des prophètes autrefois, comme le Seigneur Jésus le dit (v. 12 – voir Act. 7. 52).
Et, quant à Lui-même, n’a-t-Il pas connu tous ces outrages de la part de Sa créature lorsqu’Il était sur la terre, au milieu des hommes ? Les Juifs n’ont pas cessé, par leurs paroles injurieuses à Son égard, de dire « toute espèce de mal » contre Lui. On l’a même accusé à plusieurs reprises d’avoir un démon – mais Il répondait calmement et simplement : « Je n’ai pas un démon, mais j’honore mon Père » (Jean 8. 48 et 49).
Les injures, les persécutions, les mensonges à notre égard, tout cela peut paraître bien dur à supporter et pourrait nous rendre malheureux plutôt que bienheureux. Mais ces souffrances que peuvent connaître ceux qui sont disciples de Jésus auront leur contrepartie : une récompense leur est promise dans les cieux (v. 2. Cor. 4. 17). Cette perspective doit les remplir de joie déjà sur la terre ; ils sont bienheureux même dans les mauvais traitements, comme autrefois les disciples de Jésus se réjouissaient « d’avoir été estimés dignes de souffrir des outrages pour le Nom » (Act. 5. 41).
L’apôtre Pierre engage les croyants à poursuivre dans les bonnes œuvres, et à garder toujours une bonne conscience, car Dieu en sera glorifié et ceux qui médisent d’eux et calomnient leur bonne conduite en Christ seront rendus confus (1 Pier. 2. 12 ; 3. 16).
Et l’apôtre Paul, qui nous engage à être ses imitateurs comme lui-même l’était de Jésus Christ, écrit : « injuriés, nous bénissons ; persécutés, nous le supportons ; calomniés, nous supplions » (1 Cor. 4. 12 et 13). C’était le comportement de Jésus sur la terre, le parfait exemple pour ceux qui sont Ses disciples.

11. LES BÉATITUDES, UN PORTRAIT DE JÉSUS

(Jésus a dit : ) Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, mais tout disciple bien formé sera comme son maître. Luc 6. 40.
Je vous ai dit cela afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. Jean 15. 11.

Les béatitudes tracent un portrait « en filigrane » du Seigneur Jésus. Par conséquent, plus elles seront présentes dans notre vie chrétienne, plus nous laisserons voir la Personne de Christ. Sur la terre, Jésus n’avait pas un endroit où Il pouvait reposer Sa tête (Mat. 8. 20), Il a vécu dans la pauvreté (2 Cor. 8. 9), Il a été « doux et humble de cœur » (Mat. 11. 29).
Jésus est, par excellence, Celui qui procure la paix, car Il a « fait la paix par le sang de sa croix » (Col. 1. 20). Humilié, persécuté, Il a été « l’homme de douleurs » (És. 53. 3). En même temps, Il connaissait la plénitude d’une joie qu’Il communiquait à Ses disciples (Jean 15. 11).
Pour vivre les béatitudes, il faut avoir cru en Jésus. Nous pourrons alors accepter Ses paroles avec joie, conscients qu’elles sont le projet de Dieu pour notre vie, la direction qu’Il nous indique, la promesse qu’Il nous a faite. Nous pourrons écouter ces béatitudes sans être découragés par les exigences requises pour les réaliser, mais comme une invitation à nous engager sur le chemin que Jésus a ouvert.
Les caractères des béatitudes doivent être ceux des disciples de Jésus aujourd’hui. « Nous attendons le Seigneur et il désire nous trouver dans la fidélité et la vigilance lorsqu’il viendra. Cherchons donc tous à réaliser ces caractères, qui sont ceux que le Seigneur a manifestés ici-bas, lui notre parfait modèle » (S. Prod’hom)

D’après « Il buon seme » février-mars 2022