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CORONA 90

 

La traversée du Jourdain : de la mort à la vie

Pour entrer dans le pays promis, les fils d’Israël devaient traverser le Jourdain au moment de l’année où le courant des eaux était le plus fort, quand « le Jourdain regorge par-dessus tous ses bords » (Jos. 3. 15). Considérant la force du courant, entrer dans le fleuve, c’était être emporté et même noyé. En image, le Jourdain se compare à la mort.
L’arche, type de Christ, entre la première dans les eaux et ouvre un passage pour le peuple : « les sacrificateurs qui portaient l’arche de l’alliance étaient devant le peuple. Et comme ceux qui portaient l’arche arrivèrent au Jourdain et que les pieds des sacrificateurs qui portaient l’arche trempèrent au bord de l’eau… les eaux qui descendaient d’en haut s’arrêtèrent : elles s’élevèrent en un monceau très-loin, près d’Adam, ville qui est à côté de Tsarthan. … Et les sacrificateurs qui portaient l’arche de l’alliance de l’Éternel, s’arrêtèrent de pied ferme sur le sec, au milieu du Jourdain ; et tout Israël passa à sec, jusqu’à ce que toute la nation eut achevé de passer le Jourdain » (Jos. 3. 14 à 16).
L’entrée de Christ dans la mort ouvre pour les enfants de Dieu « un chemin nouveau et vivant » (Héb. 10. 20).  Avant la croix, personne n’était définitivement sorti de la mort après y être entré. Mais Christ a fait cela, en sorte qu’à présent nous la traversons avec Lui sans en connaître l’amertume. « Ils passèrent le fleuve à pied : là nous nous réjouîmes en lui » (Ps. 66. 6). « Nous constatons que l’arche est restée dans le lit du fleuve jusqu’à ce que toute la nation ait achevé de passer (Jos. 3. 17). Merveilleuse garantie de la sécurité du peuple ! La mort ne peut nous engloutir. Christ s’y est tenu à notre place. Mais pensons à ce que cela fut pour le Prince de la vie que de livrer Lui-même Son âme à la mort. Le livre de Jonas ch. 2. 4 mentionne toutes les terribles vagues qui ont passé sur Lui dans leur pleine réalité : « Les eaux l’ont environné jusqu’à l’âme… » ; « … toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi » (Ps. 42. 7). Cher Sauveur ! Pour Lui la souffrance et la mort ; pour nous la délivrance, la vie, le bonheur » (J.K.). « Beaucoup d’eaux ne peuvent éteindre l’amour, et des fleuves ne le submergent pas » (Cant. 8. 6 et 7). Par amour, notre Sauveur est entré dans la mort et en est ressorti vivant afin que nous ne la connaissions jamais !
Sur l’ordre de l’Éternel, Josué a fait retirer douze pierres du fond du lit du fleuve pour en faire un monument à Guilgal (Jos. 4. 20). Dans le Jourdain, il en dresse douze autres que les eaux vont recouvrir (v. 9). Cette démarche particulière revêt une signification importante pour le peuple : « Lorsque dans l’avenir vos fils demanderont, disant : Que signifient pour vous ces pierres ? alors vous leur direz que les eaux du Jourdain furent coupées devant l’arche de l’alliance de l’Éternel ; lorsqu’elle passa dans le Jourdain, les eaux du Jourdain furent coupées. Et ces pierres serviront de mémorial aux fils d’Israël pour toujours » (v. 6 et 7). Les douze pierres représentaient les douze tribus d’Israël, elles manifestaient l’unité du peuple de Dieu. Cette unité fut vite perdue. Deux tribus et demie sont restées de l’autre côté du Jourdain (Nomb. 31). Par la suite, il ne resta que deux tribus autour de Jérusalem, dix d’entre elles ayant été déportées en Assyrie (2 Rois 15. 29 ; 17. 6). Malgré toutes les infidélités de ce peuple, Dieu a voulu que cette unité soit toujours rappelée jusqu’au jour où elle sera à nouveau vécue (voir : Ex. 39. 14 ; 1 Rois 18. 31 ; Éz. 47. 13 ; Rom. 11. 2, 25 et 26).
L’aspect spirituel, pour les chrétiens, de ce mémorial formé de douze pierres, est présenté dans l’épître aux Romains. Les pierres laissées au fond du fleuve et celles sur les rives du pays sont une image des croyants, associés à Christ dans Sa mort et dans Sa résurrection. « En effet si nous avons été identifiés avec lui dans la ressemblance de sa mort, nous le serons donc aussi dans la ressemblance de sa résurrection, sachant ceci, que notre vieil homme a été crucifié avec lui… Or si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui, sachant que Christ, ayant été ressuscité d’entre les morts, ne meurt plus ; la mort ne domine plus sur lui. Car en ce qu’il est mort, il est mort une fois pour toutes au péché ; mais en ce qu’il vit, il vit à Dieu. De même vous aussi, Considérez-vous vous-mêmes comme morts au péché, mais comme vivants à Dieu dans le christ Jésus » (Rom. 6. 5 à 11). L’apôtre Paul écrit aussi : « Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi » (Gal. 2. 20).
La traversée du Jourdain correspond à ce qu’on appelle l’affranchissement. C’est la prise de conscience que, étant arrivés sur le rivage, nous n’avons pas à retourner en arrière. Pour les fils d’Israël, l’entrée en Canaan les plaçait devant la responsabilité de prendre possession du pays, un pays rempli d’ennemis qu’ils devraient combattre. À Guilgal, les hommes furent circoncis, ce qui n’avait pas été fait durant la traversée du désert. Cette intervention les démarquait des autres peuples. La circoncision pour le chrétien signifie qu’il appartient à Dieu et non au monde.
« Et nous voici sur cette rive de la résurrection ! Qu’y trouvons-nous ? Pénible découverte ! D’abord les ennemis extérieurs qui ont reparu. Mais courage ! Ils sont sans force (Jos. 5. 1), déjà vaincus par Christ à la croix (Col. 2. 15). L’ennemi intérieur, la chair, est là également. N’a-t-elle donc pas été déclarée morte, ensevelie dans les profondeurs du Jourdain ? Assurément ! Aux yeux de Dieu, c’est là sa place. Mais il faut que nous nous tenions nous-mêmes pour morts au péché (Rom. 6. 11), ne lui reconnaissant aucun droit de se manifester. La circoncision correspond à ce jugement que nous avons à porter sur chaque réapparition de la chair en nous. Quand ce jugement de soi-même est pratiqué, alors nous découvrons les ressources et les joies qui nous attendent sur ce « rivage » des lieux célestes. En premier lieu, le vieux blé du pays, qui vient remplacer la manne : image d’un Christ glorifié dont le racheté se nourrit. Puis vient la Pâque ; elle peut être célébrée sous les murs mêmes de Jéricho. « Tu dresses devant moi une table, en la présence de mes ennemis » (Ps. 23. 5). Enfin voici l’Ange promis par l’Éternel dès les premiers jours de l’Exode : Jésus est pour nous dans le ciel et dirigera nos combats si nous Lui en laissons la direction » (J.K.). « Oubliant les choses qui sont derrière », courons « droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le christ Jésus » (Phil 3. 14).