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CORONA 71

Psaume 45

Le deuxième livre des Psaumes décrit les états d’âme du résidu des tribus de Juda et Benjamin, en fuite depuis Jérusalem, pendant la grande tribulation. Les expressions des psaumes 42 à 44 qui suivent, montrent la détresse et le questionnement qu’apporte la souffrance : « Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant. Quand viendrai-je et paraîtrai-je devant Dieu ? » (42. 2). « Je dirai à Dieu, mon rocher : Pourquoi m’as-tu oublié ? Pourquoi marché-je en deuil à cause de l’oppression de l’ennemi ? » (42. 9).
« Juge-moi, ô Dieu ! et prends en main ma cause contre une nation sans piété ; délivre-moi de l’homme trompeur et inique (43. 1). « Tu nous as mis comme proverbe parmi les nations, comme hochement de tête parmi les peuples. Tout le jour ma confusion est devant moi, et la honte de ma face m’a couvert, à cause de la voix de celui qui outrage et qui injurie, à cause de l’ennemi » c’est-à-dire l’Antichrist (44. 14 à 16). Mon âme, … attends-toi à Dieu ; car je le célébrerai encore : il est le salut de ma face et mon Dieu » (42. 11). « Et je viendrai à l’autel de Dieu, au Dieu de l’allégresse de ma joie » (43. 4). Le regard de la foi se tourne, avec l’espérance, vers la délivrance et le retour à Jérusalem. C’est dans ce contexte que le psaume 45 est placé pour présenter le Messie, le Roi.
Il a été composé par les fils de Coré. Il est particulièrement encourageant de considérer la grâce de Dieu envers les fils d’un lévite qui s’était révolté contre Dieu en méprisant le service qu’il avait reçu pour prendre une place qui ne lui appartenait pas (Nomb. 16. 1 à 33). Coré et ceux qui s’étaient joints à lui, contre Moïse et Aaron, furent engloutis vivants dans la terre qui s’ouvrit en jugement contre eux. Dieu épargna les fils de Coré et les employa plus tard à composer une dizaine de psaumes. Héman, l’un d’entre eux, est enregistré comme chantre pour la tente d’assignation (Nomb. 26. 11 ; 1 Chron. 6. 33 à 38).
Les descendants de Coré ont chanté : « Mon cœur bouillonne d’une bonne parole ; je dis ce que j’ai composé au sujet du roi ; ma langue est le style d’un écrivain habile » (45. 1) – et nous ? Pouvons-nous nous poser cette question dans notre cœur : qu’ai-je à dire de mon Seigneur ? La bien-aimée en contemplation dit : « voici, tu es beau, mon bien-aimé ; oui, tu es agréable ! » (Cant. 1. 16) et les psalmistes continuent leur chant : « Tu es plus beau que les fils des hommes ; la grâce est répandue sur tes lèvres : c’est pourquoi Dieu t’a béni à toujours » (Ps. 45. 2). À Nazareth, dans la synagogue, quand Jésus S’est assis après avoir lu dans le livre du prophète Ésaïe « tous…, s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche » (Luc 4. 22).
Si le psaume 40 nous a présenté Christ ressuscité, le psaume 45 met l’emphase sur le Roi. Dès qu’Il apparaîtra en gloire à Jérusalem, dans Sa magnificence Il mènera en avant son char « à cause de la vérité et de la débonnaireté et de la justice » (Ps. 45. 3 à 5).
Il établira Son règne « en jugement et en justice » (És. 9. 7). Le psaume continue Sa description : « Ton trône, ô Dieu, est pour toujours et à perpétuité ; c’est un sceptre de droiture que le sceptre de ton règne. Tu as aimé la justice, et tu as haï la méchanceté ; c’est pourquoi Dieu, ton Dieu, t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes compagnons » (v. 6 et 7).
Tous ceux qui sont nés de nouveau, entre la Pentecôte et l’enlèvement, forment l’Église que le Seigneur Se présentera « à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, … sainte et irréprochable » (Éph. 5. 27). Elle sera Son épouse céleste (Apoc. 19. 9 ; 21. 9). Comme les Psaumes nous entretiennent d’Israël et du Messie, les prophéties qui y sont contenues traitent des souffrances et des gloires de Christ, comme aussi des souffrances des fidèles et de leur délivrance.
Les versets 9 et 10 pourraient nous laisser penser que le psaume parle de la fille du Pharaon, que Salomon avait prise pour femme (1 Rois 3. 1), ou dans la mention de la « fille de Tyr » qui recherche la faveur du roi (Ps. 45. 12), y voir l’attitude de Hiram, roi de Tyr, durant les règnes de David et de Salomon, qui ne sont que des types du vrai Roi de gloire. Leurs règnes n’ont eu que des promesses terrestres et ont été de courte durée, mais le psaume dirige vraiment nos regards sur Christ dont le trône est « pour toujours et à perpétuité ». Au verset 8, tous Ses vêtements « sont myrrhe, aloès, et casse » ; ils rappelleront la mort et la résurrection du Seigneur. Nicodème, pour honorer le corps de Jésus, apporta « une mixtion de myrrhe et d’aloès » ; la casse, fruit d’un grand et bel arbre, parle de la gloire de Christ ressuscité.
Dans les prophètes, l’alliance de l’Éternel avec Israël est souvent présentée sous la figure du lien entre un époux et son épouse (És. 54. 5 ; Jér. 2. 32 ; 3. 14), lien que l’infidélité du peuple a rompu. Mais Dieu se plaît à annoncer comment Il établira avec ce peuple une nouvelle alliance : « Voici, moi, je l’attirerai, et je la mènerai au désert, et je lui parlerai au cœur… Et il arrivera, en ce jour-là, dit l’Éternel, que tu m’appelleras : Mon mari » (Osée 2. 14 à 16). « Tu seras une couronne de beauté dans la main de l’Éternel… et de la joie que le fiancé a de sa fiancée, ton Dieu se réjouira de toi » (És. 62. 3 et 5).
Au v. 9 du psaume 45 : « Des filles de rois ont été parmi tes dames d’honneur » : elles pourraient représenter les nations qui monteront « d’année en année pour se prosterner devant le roi, l’Éternel des armées, et pour célébrer la fête des tabernacles » (Zach. 14. 16) ; la reine « à ta droite, parée d’or d’Ophir » donne une belle image d’Israël restauré. Il faut souligner que la prophétie dirige nos regards sur Jérusalem : « La fille du roi est tout gloire, dans l’intérieur du palais » comme on le voit en Zach. 8. 3 : « Ainsi dit l’Éternel : Je suis revenu à Sion, et j’habiterai au milieu de Jérusalem ». « Exulte, fille de Sion ; pousse des cris, Israël ! Réjouis-toi et égaye-toi de tout ton cœur, fille de Jérusalem ! » (Soph. 3. 14). Au v. 10 du psaume 45, nous trouvons une invitation que nous pouvons aussi faire nôtre : « Écoute, fille ! et vois, et incline ton oreille, … car il est ton Seigneur : adore-le ». Soyons réjouis par Sa beauté, par Sa grâce, par la gloire à venir, pour L’adorer en esprit et en vérité.