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CORONA 69

Psaume 22

 

Nous trouvons dans les psaumes de nombreux versets qui parlent de Christ ; par exemple : « Il me délivra, parce qu’il prenait son plaisir en moi » ; « j’ai été parfait avec lui (l’Éternel) » (Ps. 18. 19 et 23). Malgré certaines allusions aux souffrances et aux gloires de Christ, plusieurs psaumes ne se distinguent pas comme parlant essentiellement du Messie. Le roi David, qui en a écrit un grand nombre, savait que le Seigneur prenait son plaisir dans les « saints » et les « excellents » qui sont sur la terre (Ps. 16. 3), c’est pourquoi le Seigneur l’a délivré de ses ennemis. Les apôtres en parlent : « Dieu, … qui nous a délivrés d’une si grande mort et qui nous délivre ; en lui nous avons mis notre espérance qu’il nous délivrera aussi encore » (2 Cor. 1. 10). Ils faisaient allusion aux circonstances qu’ils traversaient en étant « dans les faiblesses, dans les outrages, dans les nécessités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ » (2 Cor. 12. 10).
Dans cette perspective, le roi David pouvait se classer parmi les « excellents » bien qu’il fût un pécheur. Conscient de ses péchés, il les a confessés et a réalisé le pardon de Dieu : « Je t’ai fait connaître mon péché, et je n’ai pas couvert mon iniquité ; j’ai dit : Je confesserai mes transgressions à l’Éternel ; et toi, tu as pardonné l’iniquité de mon péché » (Ps. 32. 5). Seul notre Seigneur a réalisé en perfection cette phrase : « j’ai été parfait avec lui » (Ps. 18. 23). Qui, d’entre nous, peut revendiquer une telle perfection ? Nous voyons bien que seul « l’homme Christ Jésus » (1 Tim. 2. 5) a été parfait, étant sans péché et ne l’ayant, ni connu, ni commis (1 Jean 3. 5 ; 2 Cor. 5. 21 ; 1 Pier. 2. 22).
Adam a péché en désobéissant à Dieu. La conséquence en fut la mort. Non seulement physique mais aussi spirituelle. Le péché a enlevé à l’homme la possibilité d’être dans la présence de Dieu. Dieu, qui est éternel, a voulu s’entourer d’humains (fils des hommes), créés à Son image (Gen. 1. 27 ; 9. 6). À Adam, non seulement Il a donné un corps formé de la « poussière du sol », mais « il souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante » (Gen. 2. 7) ; une âme en relation immédiate avec Dieu. La chute d’Adam a mis un terme à cette relation. Seul, « l’Agneau de Dieu », « sans défaut et sans tache » (Jean 1. 29 ; 1 Pier. 1. 19), pouvait la rétablir. Pour que la nudité d’Adam et d’Ève soit couverte, « l’Éternel Dieu fit à Adam et à sa femme des vêtements de peau, et les revêtit » (Gen. 3. 21). Il a fallu une ou des victimes, et que le sang soit versé sur la terre. Abel avait compris que pour s’approcher de Dieu il fallait sacrifier un animal. Ainsi, « par la foi, Abel offrit à Dieu un meilleur sacrifice que Caïn ;  par ce sacrifice, il a reçu le témoignage d’être juste » (Héb. 11. 4).
Par la foi, Moïse « a fait la pâque et l’aspersion du sang, afin que le destructeur des premiers-nés ne les touche pas » (Héb. 11. 28) ; « un agneau sans défaut » devait être immolé. (Ex. 12. 5). Encadré par le psaume 21 qui nous présente Christ délivré de la mort, couronné d’or fin, revêtu de majesté et de magnificence et les Psaumes 23 et 24 où Il apparaît comme le Berger et le Roi de gloire, le psaume 22 nous montre Jésus mourant pour nos péchés.
« Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné » ? (Ps. 22. 1 ; Mat. 27. 46). Combien ces paroles entendues par les soldats romains et les Juifs venus assister à la crucifixion nous touchent : c’était pour moi, c’était pour toi que Jésus fut abandonné. Ce jour-là, aucune réponse à Son cri jeté dans les ténèbres. « Mon Dieu ! je crie de jour, mais tu ne réponds point ; et de nuit, et il n’y a point de repos pour moi » (v. 2). Le ciel reste muet, il ne peut plus s’ouvrir pour dire « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17 ; 17. 5). Jésus est là, « blessé pour nos transgressions, … meurtri pour nos iniquités » ; le châtiment qui nous procure la paix est tombé sur Lui ! Mettons ce psaume en parallèle avec les Évangiles : Celui que Pilate a appelé « le roi des juifs » est « l’opprobre des hommes, et le méprisé du peuple » (Ps. 22. 6) ; « ceux qui passaient par là l’injuriaient ; ils hochaient la tête » (Mat. 27. 39). « Ils ouvrent la bouche, ils hochent la tête : Il se confie à l’Éternel : qu’il le fasse échapper, qu’il le délivre, car il prend son plaisir en lui ! » ; « Ils ouvrent leur gueule contre moi, comme un lion déchirant et rugissant » (Ps. 22. 7, 8 et 13). – « Il s’est confié en Dieu, qu’il le délivre maintenant s’il tient à lui » (Mat. 27. 43). – « tous mes os se déjoignent » (v. 14), « … ma langue est attachée à mon palais » (v. 15) ; c’est ce que ressentait un crucifié, agonisant dans d’intenses douleurs ; « Jésus dit… afin que l’écriture soit accomplie : J’ai soif » (Jean 19. 28). « Ils ont percé mes mains et mes pieds » (v. 16) ; « Ils partagent entre eux mes vêtements, et sur ma robe ils jettent le sort » (v. 18). – « Et l’ayant crucifié, ils partagèrent ses vêtements, en tirant au sort » (Mat. 27. 35). Il est impressionnant de voir comment l’Esprit de Christ, en David, a dicté exactement ce qui s’est passé à l’heure de la croix, à cause de laquelle Jésus a dit : « Père, délivre-moi de cette heure ; mais c’est pour cela, pour cette heure que je suis venu » (Jean 12. 27).
Personne ne Lui a ôté Sa vie, car Il avait dit : « j’ai le pouvoir de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre : j’ai reçu ce commandement de mon Père » (Jean 10. 18). « Et  ayant crié d’une forte voix, Jésus dit : Père ! entre tes mains je remets mon esprit. Ayant dit cela, il expira » (Luc 23. 46).
Le troisième jour, Jésus ressuscité apparaît à Marie pour lui dire : « Va vers mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20. 17). Ainsi se réalise la prophétie : « J’annoncerai ton nom à mes frères » (Ps. 22. 22), et nous sommes Ses frères (Rom. 8. 29). Bientôt tout ce qui concerne Israël s’accomplira : « Louez-le ; toute la semence de Jacob, glorifiez-le, … car il n’a pas méprisé ni rejeté l’affliction de l’affligé, et n’a point caché sa face de lui ; mais, quand il a crié vers lui, il l’a écouté » (v. 23 à 27). Comme il fut répondu au Seigneur Jésus par la résurrection, Lui-même répondra au résidu d’Israël dans la grande tribulation, pour le délivrer et l’introduire dans Son règne ; ensuite la bénédiction s’étendra sur toute la terre. « Tous les bouts de la terre se souviendront, et ils se tourneront vers l’Éternel, et toutes les familles des nations se prosterneront devant toi. Car le royaume est à l’Éternel, et il domine au milieu des nations » (v. 27 et 28). Ce psaume nous a présenté Jésus sur la croix, Sa honte, Ses douleurs – et les résultats de Sa mort : une relation nouvelle pour nous avec Dieu devenu notre Père, un royaume à venir apportant la bénédiction à Israël et aux nations.