6

 

 

 

BERACA 7
Sur le Cantique des Cantiques

 

 

Le texte qui suit est tiré d’un exposé que nous trouvons sur le site de Bibliquest. Il vous est présenté avec quelques légères modifications pour une meilleure compréhension. Adrien Ladrierre (1825-1902) en est probablement l’auteur. Je recommande vivement l’utilisation du site Bibliquest sur lequel nous trouvons une sélection d’études sur la Parole de Dieu et en accord avec elle. La fin de cet exposé a été écrit par Jean Kœchlin.
« C’est du même homme, le roi Salomon, que Dieu a voulu se servir pour nous montrer deux choses fondamentales. Premièrement, par le livre de l’Écclésiaste, Il nous prouve qu’il est impossible de trouver le bonheur ici-bas ; deuxièmement, par le livre du Cantique des cantiques, Dieu nous montre où le cœur peut goûter un repos qui ne peut être troublé. Sur la terre, « tout est vanité et poursuite du vent », mais le repos dont nous parlons devient toujours plus précieux et plus désirable à mesure que l’on en jouit davantage. Ce repos, c’est en Christ qu’il se trouve, et c’est Christ qui est véritablement le sujet du Cantique des Cantiques.
Un cantique est l’expression de ce que le cœur ressent. On ne peut pas chanter lorsqu’on est triste. Ceci nous fait comprendre d’emblée le grand contraste qui existe entre le livre de l’Écclésiaste et le Cantique des Cantiques. L’Écclésiaste nous dit comment il faut se conduire pour être heureux « dans les jours de la vie de sa vanité » sur la terre, mais il ne nous donne pas un objet pour le cœur ; bien au contraire, il déclare positivement que rien dans ce monde ne saurait satisfaire celui qui y recherche le bonheur. Mais, dans le Cantique des Cantiques, cet objet est clairement présenté à l’âme afin qu’elle s’y attache et en jouisse. Cet objet, nous l’avons dit, est Christ lui-même. C’est avec ce qui fait l’objet des affections que l’on est en relation, et dans le sujet qui nous occupe cette relation est celle de l’homme avec son épouse.
Le cantique de Salomon est une prophétie faisant partie de l’Écriture, dont l’apôtre Pierre dit que « de saints hommes de Dieu ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint » (2 Pier. 1. 21). Mais il faut avoir soin de remarquer qu’il ne s’agit pas, dans cette prophétie, des relations de Christ avec l’Église. Elle est appelée le « mystère caché dès les siècles en Dieu » (Voyez Rom. 16. 25 ; Éph. 3. 2 à 12 ; Col. 1. 25 à 28).
Un mystère dans la Parole de Dieu ne signifie pas quelque chose d’extraordinaire que personne ne peut comprendre, mais bien un secret qui n’a pas encore été révélé. Ainsi, le mystère ou secret de l’Église était caché pendant tout le temps de l’Ancien Testament, mais il a été révélé dans le Nouveau. En Éphésiens 3, il est dit que ce mystère a été maintenant donné à connaître.
Néanmoins, il se peut que l’on fasse cette objection : Quoique le mystère de l’Église ne fût pas encore révélé dans l’Ancien Testament, est-ce que Dieu n’avait pas celle-ci en vue lorsqu’Il poussa le roi Salomon à écrire son cantique, et ce cantique ne serait-il pas comme une prophétie de ce qui devait être révélé plus tard ?
Eh bien, non ! Cela est impossible. D’abord, une prophétie est une révélation, de sorte que le Cantique des Cantiques ne peut pas être une prophétie de l’Église, car l’Église était alors un mystère. Ensuite, le caractère de l’épouse, telle qu’elle est décrite dans le Cantique des Cantiques, et ses rapports avec son époux, ne correspondent pas avec ce qui est écrit touchant l’Église ; c’est un tout autre genre de relations.
Dans le livre de la Parole qui nous occupe, le Saint Esprit fait allusion au royaume terrestre de notre Seigneur Jésus Christ : Sion, Jérusalem, et le peuple d’Israël, qui sera rétabli en gloire dans le pays de la promesse, Canaan, alors que Dieu donnera au peuple un « nouveau cœur » (Comparez Ézéchiel 36). Les Juifs ont rejeté leur Messie la première fois qu’Il s’est présenté à eux pour être reçu ; mais, lorsqu’Il reviendra pour la seconde fois, ils Le recevront, après s’être repentis et avoir confessé tous leurs péchés. Ils seront alors comme une épouse terrestre du Seigneur (Psaume 45), tandis que l’Église est son épouse céleste.
Toutefois le Cantique de Salomon, comme les Psaumes de David, trouve de nos jours son application à chaque âme individuellement. On y découvre, divinement exprimés, les progrès que l’âme fait dans la connaissance du Seigneur Jésus Christ. Sous ce point de vue, le Cantique des Cantiques est très actuel et très précieux. Ce qui donne à ce livre beaucoup de crédibilité pour décrire les progrès de l’âme, c’est que la relation dont il parle, de l’épouse avec son époux, existe avant qu’il soit question de progrès. Il faut être dans une relation pour en comprendre les devoirs, et faire des progrès dans l’intelligence des privilèges qui s’y rattachent. La relation d’époux – épouse ne vient pas en un jour : il faut, pour la former, la volonté de l’époux et les affections réciproques de ceux qui s’engagent mutuellement et, une fois formée, cette relation, selon l’ordonnance de Dieu, ne peut pas être rompue tant que la vie dure. Nous savons que personne, en venant dans ce monde, ne naît enfant de Dieu. Nous naissons tous enfants d’Adam et, pour devenir enfant de Dieu, il faut une nouvelle naissance. C’est une relation toute nouvelle et l’on y entre dès l’instant que l’on croit au Seigneur Jésus. Une fois dans cette relation, il faut progresser et c’est avec l’intelligence spirituelle que Dieu communique à l’âme qui vit près de Lui, que les affections croissent, se fortifient et se développent » (A.L.).
« L’amour est le lien vital qui unit chaque racheté à son Sauveur. De Lui à nous cet amour est infini, immuable. De nous à Lui, combien faible et inconséquent ! Demandons-Lui qu’Il nous tire pour que nous puissions courir après Lui (Cant. 1 v. 4). Les v. 5 et 6 sont la confession du passé coupable. Celle qui parle ici le sait bien : si elle est agréable, ce n’est pas à cause de ses propres mérites. Mais maintenant elle recherche la présence du Berger (v. 7 et 8), du Roi (v. 12). Elle aime son bien-aimé ; il est continuellement sur son cœur comme un sachet de myrrhe parfumée, imprégnant ses vêtements et l’accompagnant en tous lieux (v. 13 ; 2 Cor. 2. 14 à 16) » (J.K.). Pour nous, c’est Dieu qui « nous a rendus agréables dans le Bien-aimé » (Éph.1. 6).