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AU PUITS DE SICHAR
Jean 4

(Jésus) quitta la Judée et retourna en Galilée. Or il lui fallait traverser la Samarie. Il arrive donc à une ville de Samarie nommée Sichar… Il y avait là une fontaine de Jacob. Jésus, fatigué du chemin, se tenait assis au bord de la fontaine… Une femme de la Samarie vint pour puiser de l’eau. Jean 4. 5 et 6.

Nous avons dans le chapitre 4 de l’évangile selon Jean une scène très belle et tout à fait remarquable. Le Créateur des mondes, le Fils éternel de Dieu, étant devenu Homme, a habité « au milieu de nous… [Lui, La Parole] pleine de grâce et de vérité » (Jean 1. 14). Nous Le voyons poursuivre Sa route à travers le pays d’Israël, non pas dans la dignité royale, mais comme un humble étranger, non pas sur le char d’un roi avec tout son apparat, mais à pied. « Lui qui était riche a vécu dans la pauvreté, afin que par sa pauvreté nous soyons enrichis » (2 Cor. 8. 9).
Nous Le voyons assis au bord d’un puits, fatigué et ayant soif. Et pourtant Il est le Dieu éternel, le Créateur de l’univers, « qui ne se lasse pas et ne se fatigue pas » (És. 40. 28). Celui qui a créé chaque goutte d’eau dans l’univers a souffert de la soif dans ce monde.
Une femme s’approche du puits. C’est elle que le Fils de Dieu attendait. Il lui demande à boire en toute simplicité. Le puits était profond, et Il n’avait pas de vase pour puiser de l’eau. N’aurait-Il pas pu accomplir un miracle pour étancher sa soif ? Il l’a fait pour d’autres, mais Il ne le fait pas pour Ses propres besoins. La soif du Seigneur Jésus n’avait pas la priorité dans Ses pensées. Il avait été envoyé pour le salut du monde (3. 17). Aussi, Il s’adresse à une étrangère pour avoir un peu d’eau, afin de lever ses doutes, car « les Juifs n’ont pas de relations avec les Samaritains » (v. 9).
Mais quelle surprise pour elle lorsqu’un Juif s’adresse à elle et Lui demande à boire ! Elle le reconnaît comme étant un Juif par la frange qui était au bord de Son vêtement, comme cela était commandé par l’Éternel (voir Nomb. 15. 38).

Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. Jean 4. 10.

La réponse remarquable de Jésus fait clairement apparaître trois choses :
1. Il montre que Dieu est Celui qui donne, ce que la femme ne réalisait probablement pas. Elle connaissait quelque chose de la Loi, mais ici nous apprenons ce que Dieu attend des hommes : c’est qu’ils comprennent que maintenant Dieu S’est révélé dans Son Fils Lui-même, comme un Dieu d’amour qui donne aux hommes beaucoup plus que ce qu’ils peuvent imaginer.
2. Il éveille la curiosité de la femme. Elle parviendra progressivement à la connaissance du Fils de Dieu Lui-même. Qui aurait pu deviner que ce voyageur fatigué était le Fils de Dieu Lui-même ?
3. Le but du Seigneur, en fait, était de donner à la femme quelque chose de bien meilleur que ce qu’Il lui avait demandé. Par « l’eau vive », Il ne faisait pas allusion à de l’eau naturelle, mais Il parlait du Saint Esprit, le don le plus grand qu’un croyant puisse recevoir : « celui qui croit en moi, comme l’a dit l’Écriture, des fleuves d’eau vives couleront du plus profond de son être ; Or il [Jésus] disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en Lui » (7. 38 et 39).

La femme lui dit : Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond ; d’où as-tu donc cette eau vive ? Jean 4. 11.

Cette conversation entre Jésus et la femme Samaritaine était vraiment spéciale. Le Fils de Dieu, voyageant comme un homme humble et dépendant, rencontre dans cette femme une personne dont les désirs sont très éloignés des Siens. Elle ne ressentait peut-être pas une soif physique, mais son âme était dans la souffrance. Si elle avait su que « le Sauveur du monde » était assis là, devant elle, elle Lui aurait confié toutes ses difficultés.
Cette femme, qui n’est pas nommée, était dans une situation semblable à celle de Nicodème, cet homme instruit. Ni l’un ni l’autre ne comprenait que les questions et les réponses du Seigneur avaient en vue les choses spirituelles plutôt que matérielles. Il parle « d’eau vive » ; cela semblait prometteur, mais d’où viendrait-elle ? Les pensées de la femme sont centrées sur le puits, qui datait du temps de Jacob, le patriarche d’Israël. Y puiser était un véritable privilège. Elle appelle même Jacob « notre père » (v. 12). Les grands personnages et les évènements relatés dans les cinq livres de Moïse étaient importants pour les Samaritains aussi.
Est-ce que cet homme Juif qui était devant elle pouvait être plus grand que Jacob ? Elle avait du mal à le croire. Ses sentiments religieux rejetaient cette pensée ; elle était attachée à ses traditions de plusieurs siècles.
Ce n’est pas différent aujourd’hui : les gens respectent les traditions humaines, ne réalisant pas qu’elles les empêchent d’apprécier la grandeur du Fils de Dieu. Jésus lui dit : « Si tu connaissais … ». Il n’est pas seulement plus grand qu’Abraham et Jacob ; Il n’y a personne qui soit plus grand et plus glorieux que Lui !

Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif, à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle. Jean 4. 14.

La conversation que Jésus avait avec la femme Samaritaine avait commencé très simplement. Mais quand le Seigneur a parlé de « l’eau vive », qu’Il pouvait lui donner, la femme a eu du mal à comprendre les paroles de Jésus, parce que ses pensées étaient fixées sur les choses terrestres : ses traditions religieuses, son travail quotidien, ses besoins naturels de base. Que pouvaient signifier ces choses éternelles, spirituelles dont le Fils de Dieu lui parlait ?
L’eau du puits était là pour les choses terrestres, qui ne peuvent jamais étancher la soif de l’âme humaine. Argent, plaisirs, carrière, ou devoirs et liens de famille, peuvent donner une satisfaction temporaire, mais pas de satisfaction permanente.
« L’eau vive », par contre, a un effet puissant sur la vie d’une personne. D’une part l’âme est désaltérée, d’autre part elle est comme une fontaine qui fait bouillonner l’eau de la source. Quand quelqu’un reçoit une vie nouvelle (voir les paroles du Seigneur à Nicodème, au chapitre 3, versets 3 à 8) et le Saint Esprit, son âme ne peut pas trouver de satisfaction et d’accomplissement sur la terre, mais seulement au ciel où sa demeure est en relation avec Dieu Lui-même.
Ceux qui connaissent cela sont vraiment heureux !

Jésus lui dit : Va, appelle ton mari et viens ici. La femme lui répondit : Je n’ai pas de mari. Jésus lui dit : Tu as bien dit : Je n’ai pas de mari ; car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; en cela tu as dit vrai. La femme lui dit : Seigneur, je vois que tu es un prophète. Jean 4. 16 à 19.

La conversation entre le Seigneur Jésus et la femme Samaritaine semblait tendre à sa fin. Ce que le Seigneur Jésus avait rendu si désirable, les « richesses insondables du Christ » (Éph. 3. 8), avait réveillé ses attentes, mais elle n’était pas parvenue à la compréhension de ces choses. Le Seigneur allait-Il la laisser dans cet état ? Pas du tout ! Même s’il semblait inutile de poursuivre cet entretien, le Seigneur avait vu qu’Il avait gagné la confiance de la femme et qu’elle était réceptive à la bénédiction divine. En conséquence Il changea de sujet. En tant que Fils de Dieu omniscient, Il connaissait tout de la vie de cette femme, et ce n’était pas digne d’éloges. Peut-être était-ce pour cette raison qu’elle ne pouvait pas bien comprendre ce que Jésus lui disait. Elle désirait la bénédiction de Dieu, mais y avait-elle quelque droit que ce soit ? Elle aurait dû avoir mauvaise conscience.
La femme vivait avec un homme sans avoir de certificat de mariage. Pour beaucoup, aujourd’hui, ce n’est pas un problème. Pour Dieu, cependant, c’est un péché. Jésus lui dit qu’elle avait été mariée cinq fois. Mais, quelles que soient ses circonstances, le Seigneur ne lui fait pas de reproches. Sa situation actuelle, cependant, n’était pas en ordre ; elle était en contradiction avec la volonté de Dieu.
Ici, le Seigneur Jésus agit comme un prophète, non pas en disant à la femme quel sera son avenir, mais en touchant sa conscience. Lecteurs, si vous vous sentez coupables à cet égard, vous devriez être aussi francs et honnêtes que la femme de Sichar.

(La femme dit : ) Nos pères ont adoré sur cette montagne-ci, et vous, vous dites qu’à Jérusalem se trouve le lieu où il faut adorer. Jésus lui dit : Crois-moi, femme : l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne, ni à Jérusalem que vous adorerez le Père… L’heure vient, et c’est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. Jean 4. 20 à 22.

« Si tu connaissais… qui est celui qui te dit… » (v. 10), dit le Seigneur Jésus à la femme Samaritaine. Elle ne savait pas bien encore qui était Celui qui était devant elle. Après que le Seigneur Jésus ait mis au jour un point sensible et douloureux, et lui ait clairement fait comprendre qu’Il connaissait sa triste histoire, elle a constaté qu’Il était un prophète. A-t-elle alors changé de conversation et parlé de sujets religieux parce que sa conscience avait été touchée à l’égard de sa situation personnelle ? Ou saisissait-elle l’occasion d’éclaircir une question qui la préoccupait ? Ce qui est frappant, c’est qu’elle, une Samaritaine, se pose des questions sur ses propres traditions : Où faut-il rencontrer Dieu, sur le mont Garizim, ou à Jérusalem ?
Une première vraie rencontre avec Dieu se produisait à ce moment-là : le Fils de Dieu se tenait là avec cette femme en proie au doute. Jésus met en évidence que :
1. Dans un avenir proche, c’est-à-dire dans le christianisme, ce n’est pas le lieu de l’adoration qui serait important, mais la Personne centrale : Dieu le père.
2. Les Samaritains ne connaissaient pas vraiment Dieu, puisqu’ils rejetaient beaucoup de choses que Dieu avait révélées dans l’Ancien Testament. Les Juifs, par contre, savaient que le Christ, « qui est sur toutes choses Dieu béni éternellement » (Rom. 9. 5), viendrait de la tribu de Juda.

L’heure vient, et c’est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; et en effet le Père en cherche de tels qui l’adorent. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité. Jean 4. 23 et 24.

Dans sa conversation avec la femme Samaritaine, Jésus annonce que les temps changent : une nouvelle ère a commencé avec Son incarnation. Dieu s’est révélé Lui-même comme Père, dans Son Fils Jésus Christ. Cela dépasse de beaucoup ce qui avait été révélé dans l’Ancien Testament. De plus, Dieu désire maintenant être adoré comme Père par les croyants.
Si l’adoration, autrefois, était faite dans l’ignorance et même peut-être sans véritable engagement de cœur, il y a maintenant de vrais adorateurs, comme Dieu le désire.
La vraie adoration, dans sa nature, est « en esprit », c’est-à-dire qu’il n’y a plus de rites extérieurs ou de sacrifices d’animaux, comme c’était le cas dans l’Ancien Testament. Le Saint Esprit est la puissance qui dirige l’adoration. Il peut conduire l’esprit humain à s’émerveiller devant Dieu et Ses œuvres, à n’importe quel moment et n’importe quel endroit.
« En vérité » signifie que l’adoration doit être en connexion avec la Parole de Dieu dans son entier, car c’est en elle seulement que nous trouvons la vérité concernant Dieu, le monde et l’humanité.
Dieu le Père cherche des adorateurs. A cet égard, nous ne devons pas négliger les mots « il faut ». Dieu nous prescrit de quelle façon nous devons adorer ; Il souhaite être adoré en esprit et en vérité. Ce n’est pas par nos propres pensées et nos idées personnelles que nous devons Lui rendre hommage, de façon indépendante de l’Écriture. Dieu n’accepte que ce qui vient de Lui-même, Lui qui, dans Sa merveilleuse grâce, a donné Son propre Fils, qui est mort sur la croix afin de nous assurer une place dans la maison de Son Père, avec Lui, pour l’éternité ?

La femme lui dit : Je sais que le Messie, qui est appelé Christ, vient ; quand il sera venu, lui, il nous fera tout connaître. Jésus lui dit : Je le suis, moi qui te parle. Jean 4. 25 et 26.

La femme Samaritaine a posé la question qui la préoccupait : Où est le lieu où il faut adorer ?, mais elle n’a pas bien compris ce que Jésus a dit. Elle a été rassurée par la pensée que le Messie attendu clarifierait tout. Elle sentait qu’elle ne pourrait pas se passer de Lui.
Mais de quoi le Seigneur Jésus avait-Il parlé ? Il avait parlé à la femme d’une bénédiction extraordinaire, l’eau vive qui jaillirait en vie éternelle. Il avait aussi touché sa conscience, car elle vivait dans le péché. Et Il venait de lui parler d’un changement qui allait se produire.
La femme attendait ardemment le Messie. Quel moment émouvant, lorsqu’Il se révèle à elle : « Je le suis, moi qui te parle ». Elle L’avait identifié comme étant un Juif. Elle avait reconnu qu’Il était un prophète, à cause des paroles qu’Il lui avait dites. Mais le fait que ce voyageur assoiffé était le Messie l’a impressionnée, même si elle ne pouvait pas encore le saisir.
Leur conversation est alors interrompue par l’arrivée des disciples avec les vivres qu’ils avaient achetés. Ils sont étonnés de trouver leur Maître parlant avec une étrangère. S’ils avaient connu le sujet de leur entretien, ils auraient été encore plus étonnés ! Ils restent silencieux et gardent leurs distances. C’est regrettable, si nous nous demandons ce que Jésus a pu dire et faire, sans prendre cela à cœur.

Alors la femme laissa sa cruche et revint à la ville ; elle dit aux gens : venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; celui-ci n’est-il pas le Christ ? Ils sortirent de la ville et venaient vers lui… beaucoup de Samaritains de cette ville-là crurent en lui, à cause de la parole de la femme qui avait rendu témoignage : Il m’a dit tout ce que j’ai fait. Jean 4. 28 à 30, 39.

Les paroles de grâce de Jésus ont ouvert le cœur de la femme Samaritaine. Quand elle découvre enfin qu’il est le Christ, l’effet est instantané. Elle laisse sa cruche et s’en va à la ville.
Elle laisse derrière elle tout ce qui constituait son labeur et ses efforts quotidiens – symbolisés par la cruche. Ce qu’elle avait découvert était beaucoup plus important. Même le puits, avec ses traditions et la religion de ses ancêtres, avait perdu toute signification. Cette Personne, qui était là, devant elle, qui l’avait tellement impressionnée, était incomparablement plus grande que le patriarche Jacob. Quel changement cela opérait dans la vie de cette femme !
« De l’abondance du cœur, la bouche parle » (Luc 6. 45). Ce verset s’est vérifié dans la vie de cette femme. Elle en a invité d’autres à venir connaître le Christ. Le Seigneur lui avait dit : « Va, appelle… et viens ici » (v. 16). Elle a pris ces paroles à cœur et elle a demandé aux gens de la ville de venir. Elle souhaitait les conduire à Christ. Elle est devenue une missionnaire.
Combien sont sortis depuis lors, invitant sans cesse les gens à venir à Christ ! Ils ont tous fait l’expérience de ce qui avait encouragé la femme Samaritaine. Leur vie de péché avait été dévoilée, ils avaient alors confessé leurs péchés et avaient été convertis, la grâce en pardon de Jésus avait tout effacé.
La femme n’a pas eu peur de révéler son passé de pécheresse aux autres. Cela prouvait l’authenticité de sa foi. Ses quelques paroles ont atteint les cœurs et ont eu leur effet : plusieurs sont venus à Jésus.
Si seulement cela pouvait se reproduire, encore à nouveau !

D’après « Pensées sur l’évangile de Jean »
« The Good Seed » avril à juin 2021